Chroniques 1873

 
 

Dernière mise à jour / Letzte Änderung : 02 / 05 / 2022

 

Auteur de la page : MJR.

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction ou de modernisation

 

Empire allemand

 

Cette rubrique concerne les fortifications allemandes en cours de construction ou de modernisation, sur le territoire

 

Allemagne, Front Nord, côte de la mer du Nord « Nordsee »

 

 

Embouchure de la Weser - Places fortes et fortifications côtières de Bremerhaven & Gestemündung

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Fort Langlütjen II (1872-1880), à Gestemünde. Ouvrage installé sur une île artificielle qui comprend un bâtiment central allongé et entouré d’un fossé sec précédé d’une enveloppe en terre, couverte côté mer par des pierres en grès qui forment le glacis de l’ouvrage. L’enveloppe en terre comprend des parapets d’infanterie et un chemin couvert. La construction centrale comporte 6 tourelles cuirassées tournantes « Grusonpanzertürme » : 5 tourelles comprenant 1 canons de 28 cm L/22 sous tourelle cuirassée individuelle et une tourelle avec 2 canons jumelé de 15 cm L/23. Deux tourelles cuirassées supplémentaires étaient programmées, mais non jamais été installée par mesure d’économie. Système de communication entre le poste de commandement et les tourelles par tuyaux accoustiques. Citerne avec filtre à sable pour les eaux de ruissellement.

 

Place forte de Cuxhaven

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Fort Kugelbake (1869-1879) fort pentagonal, aux dimensions d’environ 250 m et 150 m. Comprend un mur d’escarpe maçonné en briques avec de nombreuses embrasures pour la défense rapprochée au fusil. Le fort est muni d’un fossé plein d’eau à la gorge et sur les flancs, et d’un fossé devant les deux faces. Flanquement du fossé par une caponnières d’épaule gauche, une caponnière de saillant et une caponnière de gorge. Entrée munie d’un blockhaus de garde en maçonnerie et d’un pont-levis aujourd’hui disparu. Armé initialement de 10 canons de 28 cm répartis en deux batteries de 5 pièces qui tenaient sous leur feu tout le chenal. Sur le flanc gauche 4 canons de 12 cm orientés vers la mer. 1899 : le fort est relié à la gare de Cuxhafen par une ligne de chemin de fer à voies étroites. 1909 : dotation avec le plus puissant projecteur du monde, qui éclairait jusqu’à 4,5 km de distance, qui était escamotable et abrité dans un ouvrage en béton. L’ouverture du canal de la Mer du Nord à la Baltique a accrue l’importance du fort qui a été modernisé jusqu’en 1911. 1914 : retrait de 5 pièces de 28 cm transférée vers les Flandres. 1937 : installation de batteries antiaériennes « Flak » 8,8 cm. 1941 : remplacement des canons par du 10,5 cm à chargement rapide et installation d’un poste de commandement et de tir et d’un poste de mesure de type Freya. 1947 : le fort retourne à un usage civil. 1992-1994 : restauré avec des fonds allemands et eurpéens, il est le dernier exemplaire de forts de défense côtière.

 

Allemagne, Front Ouest

 

Place forte de Köln Cologne

 

La construction de la nouvelle ceinture de la place forte de Cologne a été ordonnée par l’empereur en 1872. En prenant pour référence le plan du Fort V de Strasbourg, c’est à partir de septembre 1873 qu’est érigé le premier fort détaché de Cologne. De nombreux autres chantiers s’ouvrent au cours des années 1874-1877.

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Rive gauche du Rhin

 

Fort VI (septembre 1873-1877) ancien Fort III avant 1882, situé à l’ouest de Deckstein. Fort détaché de ceinture de type Biehler, de taille moyenne : largeur 285 m profondeur 190 m.

 

Place forte de Koblenz

 

Rive droite du Rhin

 

Ouvrage en cours de modernisation :

 

Arzenheimer Schanze (1866-1867, 1869-1873), initialement un ouvrage en terre, transformé en ouvrage de fortification permanente. Lunette comportant 2 faces de 60 m et 2 flancs de 40 m entourée d’un fossé. Remparts aménagés pour l’infanterie et l’artillerie. Sur la gorge une entrée avec pont-levis et une caserne de gorge casematée à un niveau pour l’hébergement des troupes. 1875-1877 : relié aux fortifications principales par un chemin fortifié « Kolonnenweg ». 1920/1921 : ouvrage arasé complètement dans le cadre du traité de Versailles.

 

Place forte de Metz

 

Après l’apparition en 1859 de l’artillerie rayée, qui permet un accroissement sensible de la précision, de la portée et de la puissance des tirs par l’adoption du projectile cylindro-ogival, le réaménagement des fortifications s’avère nécessaire. Il s’agit d’éloigner l’artillerie de l’assiégeant du noyau des places fortes par la construction de forts détachés et de batteries, qui sont éloignés de 2 à 10 km du noyau urbain, en fonction de l’année de la prise en compte des progrès de l’artillerie.

A Metz, ce n’est que vers 1867 que l’on commence les travaux de construction des forts détachés sous la direction du colonel Séré de Rivières, chef du Génie de la place de 1864 à 1869. Alors que la construction de 8 forts détachés avait été planifié, en juillet 1870, au déclanchement de la guerre franco-prussienne de 1870, seuls 4 forts détachés sont pratiquement terminés : les forts de Saint-Julien, Fort de Queuleu, Fort Diou et Fort de Plappeville. En mai 1870 on commence les travaux du Fort des Bordes, du Fort de Saint-Privat et du Fort de Saint-Eloy. Alors que ces derniers sont à peine commencés, ils ne servent que de batteries d’artillerie pendant le conflit. En effet dès le 19 août 1870 le maréchal Bazaine se laisse enfermer avec 170 000 hommes dans la place de Metz qui est assiégée. Il capitule le 27 octobre 1870.

Après la chute de la place forte de Metz, ce sont les Allemands qui poursuivront les travaux de construction de cette première ceinture de fortifications détachées. Après l’entrée des Allemands dans Metz le 29 octobre 1870 le Feldmarschal von Moltke, chef de l’état-major général, par l’ordre du cabinet royal prussien du 8 novembre 1870, ordonne d’achever immédiatement et de compléter les forts, ouvrages intermédiaires et batteries commencés sous la domination française. Ces travaux comportent également l’aménagement des routes circulaires et radiales qui y mènent.

Le 11 avril 1872 une ordonnance impériale déclare l’urgence de la construction des fortifications de Metz pour permettre l’expropriation des terrains. D’après les informations révélées par la presse allemande, les travaux sur les divers chantiers des forts de Metz ont repris avec vigueur au printemps, dès le mois de mars 1872. Un autre article d’avril 1872 confirme que les travaux sont en cours notamment sur le futur Fort Goeben et Fort Manteuffel. Le 19 avril 1872 la presse nous informe que l’on vient d’adjuger des travaux de construction de deux nouveaux forts ; il s’agit du Fort Manstein qui sera installé sur le Mont Saint-Quentin et le Fort Prinz August von Württemberg près de Saint-Privat. D’autres articles du mois d’août 1872 nous confirment que les travaux sont menés avec vigueur sur ces nouveaux chantiers et que la construction du Fort Manstein est fortement ralentie à cause de la présence de rocaille. En 1873 les travaux se poursuivent avec intensité. Il s’agit en effet de défendre les territoires nouvellement acquis avant l’évacuation complète du territoire français par les troupes allemandes d’occupation.

Source : S0081. S0111.

 

Ouvrages en cours de construction :

 

Rive gauche de la Moselle

 

Fort Alvensleben (1867-1870 puis 1871-1874) actuel fort de Plappeville. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapets d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge.

Source : S0111.

 

Ostfort (1867-1870 puis 1872-1875) actuel fort Diou. Intégré au groupe fortifié Feste Prinz Friedrich Karl actuel groupe fortifié du Mont Saint-Quentin. Le fort Diou est construit par les Français. Il est de forme trapézoïdale au tracé bastionné quadrangulaire (4 bastions), dont deux avec casemates d’artillerie, avec fossé sec taillé dans le roc, en partie maçonné. Artillerie disposée sur le tracé bastionné et sur un cavalier polygonal placé en équerre, avec caserne à 2 niveaux et un magasin à poudre. L’entrée est munie d’un pont-levis. Les Français avaient conçu le fort pour recevoir 38 pièces d’artillerie et 692 hommes. 1872-1879 : les Allemands installent à l’autre extrémité du plateau le Fort Mannstein et organisent puissament l’espace entre les deux forts pour former le groupe fortifié. Ils réaménagent le tambour couvrant l’entrée à la gorge avec un blockhaus de garde. 1887-1890 et modernisations ultérieures : renforcement d’une partie des locaux, installation d’une cloche lourde d’observation d’artillerie à priori du type P.B.St. 1896 au centre du cavalier central, monte-charges à munitions à panier rond et câble, cuisinières autoclaves, réseaux de fil, grilles défensives, coffres de contrescarpe avec chambres de tir munies de dispositif d’accrochage mural des canons-révolvers de 3,7 cm et volets blindés sur les créneaux de fusillade.

 

Fort Manstein (1872-1875) autrefois Fort Saint-Quentin, actuel fort Gérardin, fort au tracé pentagonal, avec fossé sec taillé dans le roc sur le front et les flancs, caponnières du saillant et d’épaule, caserne de gorge avec caponnière et une petite caserne sur l’aile gauche de la gorge, casemates d’artillerie sous le rempart des faces, un grand magasin à poudre sous chaque flanc, abris-traverses sur les remparts. Vers septembre 1874 : installation d’une tourelle d’artillerie cuirassé Gruson sur la caponnière du saillant. 1887-1894 renforcement partiel, 1 poste d’observation d’artillerie cuirassé type « P.B.St. 87 » de Gruson, 2 coupoles d’observation tournantes type « W.T.90 », 3 coffres de contrescarpe à la place des caponnières, un double au saillant et un simple à chaque angle d’épaule.

Source : S0111.

Fort Manstein, actuel fort Gérardin du groupe fortifié du Mont Saint-Quentin à Metz.

© Photographie MJR – Tous droits réservés

 

Veste Prinz Friedrich Karl (1873-1880) groupe fortifié du Mont Saint-Quentin. Groupe fortifié qui englobe tout le plateau du Mont Saint-Quentin, avec le Fort Manstein et l’Ostfort avec deux branches de jonction surmontées de parapets d’artillerie. Cet espace a été transformé et modernisé jusqu’en 1914 : 1877 : installation de 11 positions pour canons de 15 cm fretté long sur affût de côte ; Ultérieurement une grande caserne de guerre centrale à 2 niveaux, une batterie pour 2 obusiers de 21 cm avec observatoire cuirassé d’artillerie tournant, un emplacement pour 2 mortiers lourds et un grand magasin à poudre. La jonction Nord est flanquée par deux caponnières. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie des bâtiments.

Source : S0111.

 

Rive droite de la Moselle

 

Fort Manteuffel (1867 puis 1871-1875) actuel fort de Saint-Julien. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge. L’artillerie sur les parapets des fronts bastionnés est destinée à la défense rapprochée et au flanquement et celle du parapet du cavalier à la défense éloignée. L’ouvrage comporte une grande caserne de gorge avec caponnière sur la partie centrale et une caserne sous le centre du cavalier. Les Français avaient prévu un armement de 75 pièces d’artillerie et un effectif de 1 750 hommes. 1871-1890 les divers travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charges à projectiles, traverses-abris, blindage des fenêtres. 1877 : installation de 4 canons longs frettés de 15 cm sur affût de côte. Vers 1887-1894 renforcement d’une partie des locaux du fort, batteries annexes de part et d’autre, mise en place de grilles et de réseaux de fils de fer.

Source : S0111.

 

Fort de Queuleu (1867-1870, puis 1871-1875) Fort Goeben. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un vaste fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front large de 800m et profondeur de 450 m, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie et d’artillerie. A la gorge une grande caponnière centrale relie les 2 casernes. Au centre du fort un important cavalier polygonal ouvert à la gorge formant réduit avec une grande casernes, magasins et abris, très surélevé, qui forme la batterie haute pour le combat éloigné. L’artillerie des parapets des bastions est prévue pour le combat rapproché. 23 août 1869 : décision ministérielle fixe l’effectif à 2 000 hommes. Dotation prévue en artillerie : 122 pièces d’artillerie et une garnison de 2 000 hommes. 1871-1890 les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, 2 observatoires d’artillerie cuirassé modèle 1887 sur le cavalier, 3 observatoires cuirassés d’infanterie modèle 1890 sur la pointe de chaque bastion du front de tête, batteries annexes de part et d’autre et à la gorge, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charge, traverses-abris, blindage des fenêtes, vers 1887-1890 renforcement d’une partie des locaux du fort, mise en place d’une réseau de fils de fer. Octobre 1943 : la Gestapo installe un camp de concentration dans la casemate A jusqu’en août 1944. Actuellement le fort est un parc public et un musée mémorial des internés déportés.

Source : S0111.

 

Fort Zastrow (1870 puis 1871-1875) actuel fort des Bordes. Les Français ont commencé le terrassement en 1870. Pendant le siège de Metz en 1870, on y a installé une batterie. Après la guerre les Allemands construisent un fort de forme trapézoïdale, comportant au centre une caserne pour 80 hommes, un magasin à poudre sous le rempart du flanc gauche et 3 abris à munitions sous les remparts. A la gorge une caserne pour 500 hommes. Le fort est muni d’un fossé sec battu par trois coffres de contrescarpe. 1887-1890 : installation de 2 batteries annexes avec 6 alvéoles et un abri à munition encadraient l’ouvrage de part et d’autre des angles de gorge. Armement : 16 pièces dont 6 du premier armement. L’essentiel du fort a été remblayé.

Source : S0111.

 

Fort Prinz August von Württemberg (Début 1870 puis 1872-1875) actuel fort de Saint-Privat. 1870 Construction des terrassements par les Français. 1872-1875 Reprise des travaux par les Allemands selon leurs plans d’un fort de type Biehler. Lunette élargie, à fossé sec, grand fort comportant une gorge pseudo bastionnée avec caserne brisée vers l’intérieur, 4 traverses-abris par face, 2 batteries annexes, 2 observatoires cuirassés. Modernisé vers 1887-1890 suppression des caponnières d’épaule remplacée chacune par un coffre de contrescarpe simple et caponnière du saillant remplacée par un coffre double de contrescarpe. Fort conçu pour 750 hommes et environ 44 pièces d’artillerie.

Source : S0111.

 

Place forte de Strasbourg

 

Les préparatifs des futurs chantiers de constructions des forts détachés de Strasbourg sont menés depuis l’année 1871. Il s’agit de l’implantation des emplacements des futurs forts détachés, des relevés de terrain et de l’établissement de la cartographie, ainsi que la publication des ordonnances impériales concernant la construction des forts du 17 novembre 1871 et l’autorisation de procéder aux expropriations, et enfin au début de l’année 1872, et le 12 février 1872 l’adjudication de la construction des cinq premiers forts sur la rive gauche du Rhin (en réalité 6 forts seront construits à partir de 1872) et l’ordonnance impériale du 11 avril 1872 relative à l’urgence de la construction des forts de Strasbourg pour permettre les expropriations conformément aux lois française du 3 mai 1841 et du 30 mars 1831. D’après les informations livrées par la presse, à Strasbourg, les travaux de préparation des chantiers commencent dès le mois d’avril 1872, avec le début d’extraction des pierres dans les carrières entre Saverne et Lutzelbourg ainsi que l’arasement des anciennes fortifications de Phalsbourg avec l’extraction des pierres qui sont ramenées à Strasbourg par le canal de la Marne au Rhin. Sur les chantiers ont creuse les puits et on prépare les accès ainsi que l’installation des colonies de travailleurs. Les travaux du premier fort détaché, le Fort de Reichstett, commencent en mai 1872. Dès le mois de juin 1872 on procède à l’installation d’un chemin de fer de ceinture sur la rive droite du Rhin, desservant les divers chantiers et le port de souffelweyersheim sur le canal de la Marne au Rhin et au sud à Illkirch le canal de Rhône au Rhin. Les divers chantiers de la rive droite commencent leurs travaux au fur et à mesure de la mise en service de cette ligne. Pour les anciennes fortifications de la ceinture urbaine, il s’agit de travaux de réparation et de simplification des ouvrages. Les ouvrages à corne de la citadelle sont arasés, et les ponts levis des portes sont supprimés. En 1873, les trois chantiers des forts à fossés pleins d’eau sont lancés dès le printemps tandis que la construction des 6 forts à fossés sec se poursuit activement malgré les premiers effondrements du printemps 1873. L’Allemagne a donné la priorité aux ouvrages de la rive gauche du Rhin, pour mettre la place de Strasbourg à l’abri avant l’évacuation complète des départements français occupés par l’armée allemande.

 

Ouvrages en cours de construction :

 

Rive gauche du rhin

 

Fort I, Fort Wantzenau, Fort Fransecky (1873-1876) actuel fort Ney. Grand fort détaché de ceinture à fossé plein d’eau de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, implanté au N de Strasbourg. Comprend 4 traverses par face, une grande poudrière de guerre sous chaque flanc. Gorge à tracé bastionné et caserne à deux niveaux comprenant à l’aile gauche 15 + 4 au saillant et à l’aile droite 14 casemates (2 cages d’escaliers par aile comprises) ; locaux d’artillerie également sous les faces et le saillant ; flanquement à partir du rempart et des deux caponnières d’épaule ; poterne principale sous traverse en capitale munie de 2 x 7 pièces de chaque côté ; latrines dans le bloc droit et gauche de la gorge (2 x 4 pièces) ; entrée protégée par un tambour avec blockhaus de garde et place d’armes de gorge. Caponnière du saillant esquissée mais à priori non construite initialement. 1887-1890 environ : renforcement partiel de l’ouvrage, installation d’une caponnière double de saillant, obturation du premier couloir transversal gauche ; rampes de la cour transferrées le long du rempart de gorge. 1943-1944 : installation d’un laboratoire sercret nazi comportant 3 chambres à gaz. 1970-1977 environ : transformé en annexe du centre d’antrînement commando de Kehl. 1978 environ : utilisé comme simple terrain d’exercice. Etat actuel : ouvrage qui est en assez bon état, situé sur un terrain militaire. Accès interdit.

Source : S0111.

 

Fort II, Fort Reichstett, Fort Moltke (mai 1872 – 1875) actuel fort Rapp, construit par la société « Baugesellschaft Pathe, Jerschke & Schneider ». Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 6 + 5 + 5 + 6 casemates et des latrines à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par la caponnière double de saillant, les deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement des projectiles ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permet le franchissement du fossé de gorge ; système de contres mines sur la contrescarpe des deux faces avec galerie enveloppe, magasins à poudre, latrines, comportant 4 galeries d’écoute sur le saillant et 2 galeries d’écoute à l’angle d’épule. Vers 1877-1878 aménagements de deux positions pour 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de côte sur la face gauche. 1887-1894 environ : renforcement de la partie centrale et de l’aile gauche de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par un coffre double de constrescarpe, renforcement de la poudrière du flanc gauche, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face gauche, et de deux batteries annexes avec abris à munitions (M1 & M2) reliés au fossé de gorge par une poterne. Après 8 février 1919 : suppression des 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de marine. Edifice protégé dans le cadre des monuments historiques.

Source : S0111.

 

Fort III, Fort Mundolsheim, Fort Roon (5 juillet 1872-1875), actuel fort Desaix, construit par la société « Uffinger ». Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 9 + 4 + 4 + 9 casemates et des latrines à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par la caponnière double de saillant, les deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central pour le franchissement du fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux par face. Vers 1877-1878 aménagements de deux positions pour 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de côte. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 », une batterie annexe sur le flanc droit. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques.

Source : S0111.

 

Fort IV, Fort Niederhausbergen, Fort Veste Kronprinz (juillet 1872-1875) actuel fort Foch, construit par la société « Pathe - Jerschke – Schneider ». Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 11 + 4 + 4 + 13 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, les deux caponnières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 galeries d’écoute sur le saillant et 2 galeries d’écoute sur chaque angle d’épaule. Vers 1877-1878, aménagement de deux positions pour 4 canons de 15 cm fretté long sur affût de côte. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 », deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M23 et M24) reliés par une poterne au fossé de gorge. 1953 : explosion accidentelle d’une partie des munitions entreposées avec destruction d’une grande partie de la caserne de gorge. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques.

Source : S0111.

 

Fort V, Fort Oberhausbergen, Fort Grossherzog von Baden (août 1872-1875) dénommé fort Pétain en 1919 puis fort Frère vers 1945, construit par la société « August Pasdach & Compagnie ». Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 11 + 6 + 6 + 9 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 galerie d’écoute sur le saillant et 2 galeries d’écoute sur chaque angle d’épaule. Vers 1877-1878, aménagement de deux positions pour 4 canons de 15 cm fretté long sur affût de côte, 2 pièces sur le parapet d’artillerie de chaque front. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne de gorge, saillant et locaux d’artillerie de la face et du flanc gauche), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc gauche qui est reliée par une poterne de communication avec le casernement de gorge, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » sur la face gauche et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face droite, deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M30 et M31) reliés par une poterne au fossé de gorge. Après 8 février 1919 : suppression des 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de côte. 1939-1940 : installation de sanitaires (lavabos, douches, WC) par le génie militaire français. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques.

Source : S0111.

 

Fort VI, Fort Wolfisheim, Fort Fürst Bismarck (août 1872 – 1875), actuel fort Kléber, construit par la société « August Pasdach & Compagnie ». Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 10 + 6 + 6 + 10 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 galerie d’écoute sur le saillant et 2 galeries d’écoute sur chaque angle d’épaule. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant et des caponnières d’épaule remplacées par une un coffre double de constrescarpe et deux coffres simples aux épaules, renforcement de la grande poudrière du flanc gauche et installation d’une poterne de liaison avec le casernement de gorge, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, deux coupoles tournantes d’observation modèle « W.T.90 » un sur chaque face. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques.

Source : S0111.

 

Fort VII, Fort Holtzheim, Fort Kronprinz von Sachsen (1872-1875) actuel fort Joffre. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 6 + 5 + 5 + 10 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grande poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur la contrescarpe des deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 galerie d’écoute sur le saillant et 2 galeries d’écoute sur chaque angle d’épaule. Vers 1877-1878, aménagement de deux positions pour 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de côte, une pièce au milieu de la face droite et une pièce à l’angle d’épaule droit. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement de la poudrière du flanc droit reliée par une poterne au casernement de gorge, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » sur la face droite et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face droite, deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M30 et M31) reliés par une poterne au fossé de gorge. Après 8 février 1919 : suppression des 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de marine. Installation de nombreux hangars en tôles ondulés pour le centre de mobilisation du génie n°1. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques.

Source : S0111.

 

Fort VIII, Fort Ostwald ou Fort Geispolsheim, Fort von der Tann (1873-1876) actuel fort Lefèbvre. Grand fort détaché de ceinture à fossé plein d’eau de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 4 traverses-abris et 5 plates-formes d’artillerie doubles par face, 1 traverse-abri et 2 traverses en terre et 4 plates-formes d’artillerie simples par flanc, une grande poudrière de guerre sous chaque flanc. Vaste corps de casemates pour la caserne et les locaux d’artillerie, à deux niveaux, situé sous les plates-formes d’artillerie des faces et du saillant, comprenant de l’aile gauche, saillant à l’aile droite 14 + 4 + 14 au saillant (3 cages d’escaliers non comprises). Les deux façades de la caserne s’ouvrent sur deux cours intérieures. Le flanquement à partir du rempart, des deux caponnières d’épaule et des demi-bastion droit et gauche de la gorge ; poterne principale sous traverse en capitale munie de 2 x 7 pièces de chaque côté et d’une grande pièce de stockage à l’étage au-dessus de l’entrée dédiée aux subsistances ; latrines dans le bloc droit et gauche de la gorge (2 x 4 pièces) ; entrée protégée par un tambour avec blockhaus de garde et place d’armes de gorge. Caponnière du saillant esquissée mais à priori non construite. 1887-1890 environ : renforcement partiel de l’ouvrage, installation d’une caponnière double de saillant, obturation du premier couloir transversal gauche ; rampes de la cour transferrées le long du rempart de gorge, protection de la digue d’accès à l’entrée par des grillages. Autres modernisation 1895, 1904 : installation d’une coupole cuirassée tournante d’observation modèle « W.T.90 ». Après 1946 à priori : maison d’habitation édifier sur l’ancien blockhaus de gorge. Lors de la construction de la bretelle d’accès à l’autoroute A35, le fossé du flanc droit a été remblayé. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques.

Source : S0111. S3585.

 

Fort IX, Fort Illkirch, Fort Werder (mai 1873-1876 ou 1877) actuel fort Uhrich. Grand fort détaché de ceinture à fossé plein d’eau de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, situé au S d’Illkirch-Graffenstaden. Comprend 4 traverses-abris et 5 plates-formes d’artillerie doubles par face, 1 traverse-abri et 2 traverses en terre et 4 plates-formes d’artillerie simples par flanc, une grande poudrière de guerre sous chaque flanc. Vaste corps de casemates pour la caserne et les locaux d’artillerie, à deux niveaux, situé sous les plates-formes d’artillerie des faces et du saillant, comprenant de l’aile gauche Les deux façades de la caserne s’ouvrent sur deux cours intérieures. Le flanquement à partir du rempart, des deux caponnières d’épaule et des demi-bastion droit et gauche de la gorge ; poterne principale sous traverse en capitale comportant des locaux de stockage et une écurie ; latrines dans le bloc droit et gauche de la gorge (2 x 4 pièces) ; entrée protégée par un tambour avec blockhaus de garde et place d’armes de gorge. Caponnière du saillant esquissée mais à priori non construite. 1887-1890 environ : renforcement partiel de l’ouvrage, installation d’une caponnière double de saillant ; rampes de la cour transférées le long du rempart de gorge, protection de la digue d’accès à l’entrée par des grillages, installation de deux batteries annexes sur les angles de gorge droit et gauche avec l’abri à munitions M67a. Autres modernisations vers 1898-1899 : installation d’un observatoire cuirassé d’artillerie modèle « P.B.St.96 » au profit de la batterie n°38 pour 3 canons de 10 cm sur affûts à boucliers installée sur le glacis du flanc gauche du fort. Nuit du 23 au 24 novembre 1944 : l’ouvrage servant de dépôt de carburant est incendié par la Wehrmacht et endommage très fortement l’aile droite de la caserne sous le front droit. 30 juin 2012 inauguration d’un parc public par la commune d’Illkirch-Graffenstaden. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques. Etat actuel : appartient à la commune d’Illkirch-Graffenstaden, transformé en parc public. Seule la partie extérieure est accessible pendant la bonne saison, l’accès à l’intérieur de l’ouvrage est interdit et très dangereux, puisque les maçonneries sont ruinées et très affaiblies suite à l’incendie.

Source : S0111. S3585.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ingolstadt

 

Projet de construction d’une ceinture de forts détachés. Une revue militaire française a publié en 1873 cette information : On lit dans la Gazette d’Augsbourg : « Une somme de 7 millions de florins a été accordée sur les ressources financières de l’empire pour la construction autour d’Ingolstadt d’une ceinture de forts avancés qui permettra de mettre sous la protection de cette place d’armes les établissements techniques de l’armée bavaroise ».

Source : S0474.

 

Belgique

 

Cette rubrique concerne les fortifications belges en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

Place forte d’Anvers

 

Ouvrages en cours de construction :

 

Fort van Kruibeke – Fort de Kruibeke (1870-1880), également dénommé Fort Van Eopoel ou Fort Kapitaen, fort détaché à fossé plein d’eau de type Brialmont. 1912 : Renforcé. Site Internet.

 

Fort Van Mersem - Fort de Merksem (1871-1882), fort détaché à fossé plein d’eau de type Brialmont. 1912 : Renforcement avec du béton. 1914 : Réduit transformé en dépôt de poudre. 1946-1972 : Caserne de la Marine belge. 1978 : Propriété de la commune de Merksem qui installé des terrains de sport. Site Internet.

 

Fort Van Zwindrecht - Fort de Zwinjdrecht (1870-1880), également dénommé Fort Brosius ou Fort Kolonel I.M.F., fort détaché à fossé plein d’eau de type Brialmont. 1912 : Renforcé. Terrain militaire du 11e bataillon du génie. Site Internet des forts d’Anvers. Site Internet.

 

France

 

Cette rubrique concerne les fortifications françaises en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Langres

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Fort de la Bonnelle (1869-1875) fort Decrès.

 

Fort de Peygney (1869-1875) fort Constance-Chlore, NE de Langres. 1870 : mise en état de défense.

 

Place forte de Verdun

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Batterie de l’Ollier (1873).

 

France Front Sud Côtes de la Méditerranée

 

Place forte de Toulon

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Fort de la Croix Faron (1872-1875), englobe une tour datant de 1845. Après 1944 : baptisé fort Commandant Ducuing.

 

Pays-Bas

 

Cette rubrique concerne les fortifications néerlandaises en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

Ligne d’Utrecht « Waterlinie »

 

Place forte de Muiden – Vesting Muiden

 

Ouvrage en cours de modernisation :

 

Muiderslot – Château de Muiden (1285, détruit 1296, reconstruit 1373). Modernisé avec des remparts des demi-bastions par Adrian Anthoniz et une digue maritime, en 1741 extension des bastions, transformé en arsenal, en 1840-1860 transformé en réduit à l’épreuve des bombes et en 1873 construction de casernes avec remises à l’épreuve des bombes et une batterie de flanquement casematée. En 1955 les deux casernes sont arasées. Site classé Musée national « Rijksmuseum ».

 

Place forte de Naarden

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Fort Ronduit (1873-1874), sur l’emplacement d’une redoute construite en 1747, transformée en retranchements en 1786. Fort polygonal en terre levée, implanté sur le chemin couvert de la face Nord de l’enceinte de Naarden. Caserne de gorge et poste de garde maçonnée en briques.

 

Position de Honswijk

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Lunet aan de Snel (1845, 1873-1874). Ouvrage en terre installé au nord du Fort buj Honswijk. En 1873-1874 renforcée par des remparts en terre et une caserne et une remise à canons à l’épreuve des bombes. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument ».

 

Déclassement, abandon, démantèlement et arasement - démolition des anciennes fortifications

 

Allemagne

 

Place forte de Lauterbourg : la presse régionale nous informe : « Lauterbourg, 1er septembre 1873. Une convention est intervenue aujourd’hui entre l’Etat et la ville de Lauterbourg relativement à la cession de la propriété du terrain provenant des fortifications à la ville, moyennant l’obligation de faire exécuter à son compte plusieurs travaux de démolition ».

Place forte de Magdebourg, Bastion Anhalt : arasement entre 1871-1873.

Source : S3550.

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

 

 

Allemagne

 

1873 : le ministère de la guerre commande à la société Gruson de Buckau près de Magdebourg une galerie de casemates cuirassée en fonte durcie pour 9 pièces de 21 cm sur affût à embrasure minima « Hartguss-Kasemattengelerie für 9 21 cm Kanonen L/22 in Minimalscharten-Lafette » pour le Fort Langlütjen I, mais ce contrat est réalisé sous condition de l’installation de deux blocs d’essais au champ de tir d’essais de la firme Gruson à Buckau, pour étudier la résistance au tir d’obus de 28 cm en fonte durcie, non chargée. Les travaux de construction et d’installation quant à eux, se déroulent entre 1874 et 1875.

Source : S1091.

 

1873 : Mise en service du canon de campagne léger de 7,85 cm dénommé « Leichtes Feld-Geschütz C/73 ». Il utilise trois types de munition : un obus doté de la fusée « Feldgranatzünder C/73 », tiré avec une charge de 0,195 kg de poudre. Le poids du projectile avec fusée est de 5,07 kg ; un obus fusant « shrapnel » d’un poids total avec fusée de 5,33 kg, doté de la même fusée, renfermant 2,14 kg de balles en plomb ; et une boîte à mitraille d’un poids total de 5 kg contenant 76 balles légères de shrapnel.

Source : S1042.

 

1873 : Mise en service du canon de campagne lourd de 8,8 cm dénommé « Schweres Feld-Geschütz C/73 ». Il utilise trois types de munition : un obus doté de la fusée « Feldgranatzünder C/73 », tiré avec une charge de 0,280 kg de poudre. Le poids du projectile avec fusée est de 7 kg ; un obus fusant « shrapnel » d’un poids total avec fusée de 8,15 kg, doté de la même fusée, renfermant 3,665 kg de balles en plomb, soit 210 balles de cavalerie ; et une boîte à mitraille d’un poids total de 7,5 kg contenant 76 balles lourdes de shrapnel.

 

1873 : Mise en service du canon de siège et de forteresse de 12 cm « 12-cm-Kanone C/73 »

Source : S0596.

 

1873 : Dans le but d’augmenter la puissance explosive des projectiles de l’artillerie, on a essayé sans succès en Allemagne, de remplacer l’habituelle poudre noire par du coton-poudre humide. Les essais menés au cours des années suivantes avec du coton poudre amélioré n’ont pas donné les résultats escomptés.

Source : S0083.

 

14/05/1873 : La première tourelle en fonte dure pour deux pièces de 15 cm des fortifications de terre « Hartguss-Drehturm für zwei 15 cm Ring-Geschütze der Landesbefestigung » du fabriquant Hermann Gruson est été testée au printemps 1873 sur le champ de tir de Tegel, mais à la suite d’une trop faible épaisseur du cuirassement de la tourelle, elle ne résistait pas aux épreuves de tir. Cependant l’avant-cuirasse a bien résisté aux tirs d’essais. La commission concluait donc le 14 mai 1873 que cette tourelle ne pouvait être mise en service et ordonne la poursuite des essais avec un blindage plus épais. Néanmoins la tourelle concurrente du Major Schumann résiste bien au tir et est validée.

Sources : S0083. S1091.

 

30/10/1873. Tirs comparatifs des nouvelles pièces pour l’artillerie de campagne.

L’ouvrage « Les Armées françaises et étrangères en 1874 » a publié cet intéressant article dont nous vous reproduisons l’intégralité : « Dès le 30 octobre 1873, à la suite de tirs comparatifs faits en présence de l’empereur Guillaume, on s’était prononcé d’une façon définitive en faveur d’une nouvelle pièce légère de campagne ; l’usine Krupp travaille sans relâche depuis lors à ces nouveaux canons. La nouvelle pièce légère, du calibre de 7,85 cm, ressemble assez à l’ancienne pièce de 4 livres ou de 8 cm ; la grosse pièce, celle de 8,8 cm est, au contraire, d’un calibre un peu inférieur à celui de l’ancienne pièce de 9 livres, dont le calibre réel était de 9,15 cm. Les batteries à cheval, seules, seront armées de pièces de 7,85 cm, toutes les autres batteries n’auront que des pièces de 8,8 cm ; les deux espèces de pièces sont bâties de la même façon ; toutes deux sont frettées depuis la culasse jusqu’au tourillons et recouvertes dans toute cette portion par un manchon en acier et se resserre sur lui par le refroidissement. Les pièces ont chacune vingt-quatre rayures de cinquante calibres de long. Quant à l’affût, en tôle de fer, il est pour ainsi dire le même pour ces deux pièces. Les flasques, au lieu d’être parallèles, convergent vers leur extrémité. L’essieu est en acier, les roues seules, plus hautes de 6 pouces environ, sont encore faites avec du bois qui, au lieu d’être peint en bleu comme jadis, conservera sa couleur naturelle et sera simplement revêtu d’une couche d’huile de lin. L’avant-train est, lui aussi, monté sur des roues plus hautes ; les caissons d’avant-train sont en tôle de fer et, au lieu de s’ouvrir par le haut, sont divisés en quatre compartiments superposés. Ils renferment deux coups de mitraille et vingt obus ou shrapnels. De plus, dans des coffres disposés contre les flasques mêmes de l’affût, on placera deux charges à mitraille qui serviront dans les cas du besoin absolu.

Voici, du reste, différentes données sur les nouvelles pièces d’artillerie de campagne prussienne :

Ancienne pièce de 4 livres ou de 8 cm

Poids en kilogrammes : Poids de la pièce : 290 kg. Affût : 453 kg. Affût avec la pièce : 772 kg. Avant-train vide : 459 kg. Avant-train approvisionné en temps de guerre : 805 kg. Pièce et avant-train en temps de guerre : 1 579 kg. Poids à tirer par cheval (les pièces sont attelées de 6 chevaux) : 262 kg.

Nouvelle pièce de 7,85 cm

Poids en kilogrammes : Poids de la pièce : 391 kg. Affût : 473 kg. Affût avec la pièce : 890 kg. Avant-train vide : 472 kg. Avant-train approvisionné en temps de guerre : 830 kg. Pièce et avant-train en temps de guerre : 1 725 kg. Poids à tirer par cheval (les pièces sont attelées de 6 chevaux) : 290 kg.

Ancienne pièce de 6 livres ou de 9 cm

Poids en kilogrammes. Poids de la pièce : 433 kg. Affût : 520 kg. Affût avec la pièce : 1 016 kg. Avant-train vide : 459 kg. Avant-train approvisionné en temps de guerre : 822 kg. Pièce et avant-train en temps de guerre : 1 837 kg. Poids à tirer par cheval (les pièces sont attelées de 6 chevaux) : 305 kg.

Nouvelle pièce de 8,8 cm

Poids en kilogrammes : Poids de la pièce : 452 kg. Affût : 525 kg. Affût avec la pièce : 1 010 kg. Avant-train vide : 480 kg. Avant-train approvisionné en temps de guerre : 870 kg. Pièce et avant-train en temps de guerre : 1 890 kg. Poids à tirer par cheval (les pièces sont attelées de 6 chevaux) : 322 kg.

Les munitions, elles aussi, diffèrent beaucoup de celles des anciennes pièces. Les obus sont à doubles parois qui s’entrecroisent et se recouvrent l’une l’autre, disposition qui contribue à augmenter considérablement le nombre des éclats et l’effet du projectile. Le forcement du projectile ne s’obtient plus à l’aide d’un manteau en plomb, mais par deux anneaux en cuivre laminé de 5 millimètres, rivés et comprimés dans les rainures disposées à cet effet sur le projectile. Ces anneaux en cuivre laminé ne sont pas encore adoptés définitivement, et l’on vient, tout dernièrement encore, de faire à Tegel plusieurs expériences avec des projectiles revêtus d’un mantelet de plomb, établis d’après un nouveau système par la fabrique Gruson, à Buckau. Ce mantelet en plomb est également pourvu de deux anneaux d’une largeur de 2 centimètres.

Jusqu’à présent, cependant, l’avantage reste acquis aux anneaux en cuivre, qui, outre qu’ils impriment au projectile une vitesse initiale un peu plus considérable (10 mètres de plus), coûtent aussi meilleur marché que les mantelets de plomb.

L’obus du canon de 7,85 cm pèse 6,5 kg, le shrapnel 6,8 kg, l’obus du canon de 8,8 cm 7 kg, le shrapnel 7,6 kg. Les projectiles sont chargés d’une poudre qui ressemble beaucoup au pebble powder de l’artillerie anglaise. La charge de poudre pour le projectile de 7,85 cm, est de 1,26 kg, pour le projectile de 8,8 cm de 1,5 kg. Une charge aussi forte donne naturellement au projectile une vitesse initiale des plus grandes, et à la trajectoire une tension considérable.

L’impulsion imprimée à la fabrication a été telle que, l’on a déjà pu familiariser les officiers et les soldats avec les manœuvres et le tir des nouvelles pièces. De plus, on a rédigé pour l’artillerie prussienne une nouvelle instruction en vertu de laquelle les pièces devront être désormais enterrées d’un demi-mètre, tandis que des tranchées longitudinales serviront à mieux couvrir les hommes. La terre provenant de ces travaux servira à former un épaulement derrière lequel les pièces tireront à barbette. On a par suite augmenté sensiblement le nombre des outils attribués à chaque batterie, et l’on estime que dans les terrains les moins favorables il suffira de trois quarts d’heure ou de cinq quarts d’heure au plus pour établir ces épaulements ».

Source : S0209.

 

05/12/1873. Expériences de tir contre une tourelle d’artillerie tournante à Buckau.

Une revue militaire française nous livre ces informations : On lit dans le Journal de Strasbourg, du 12 décembre 1873 : « Le 5 décembre 1873 ont eu lieu à Buckau, un des faubourgs de Magdebourg, sur l’ancien champ de tir de la 4e brigade d’artillerie, appartenant aujourd’hui à M. Gruson, les dernières expériences de tir contre la tourelle tournante cuirassée présentée par ce constructeur. Ces expériences ont eu lieu en présence du président de la commission d’expériences d’artillerie, général de Kameke. Dans les semaines précédentes des expériences de tir concluantes avaient déjà eu lieu à Tegel contre cette tourelle et avaient permis de constater l’impossibilité de la détruire aux grandes distances avec des pièces en usage aujourd’hui. La tourelle avait été battue à 1 500 mètres avec des mortiers de 21 et de 28 centimètres, et avec des canons de 21, 24 et 26 centimètres ; mais présentant de tous côtés des surfaces convexes sur lesquelles glissaient les projectiles, elle n’avait subi que des dommages tout à fait insignifiants.

La tourelle a un diamètre intérieur de 7 mètres, une épaisseur de cuirasse de 7 pouces qui est portée à 9 pouces près des embrasures ; la partie bombée, qui la recouvre, a une épaisseur de 4 pouces. Elle est armée de deux canons frettés de 21 centimètres. La tourelle ne doit pas être enterrée, mais placée sur un sol surélevé et entouré d’une espèce de glacis s’élevant jusqu’à hauteur du fond des embrasures et ne laissant apercevoir que la partie supérieure sur une hauteur de six pieds. Les expériences de Buckau avaient surtout pour objet l’examen d’un nouveau perfectionnement apporté par M. Gruson ; ce perfectionnement consiste à pouvoir remplacer sous le feu de l’ennemi quelques plaques endommagées.

A la suite de cette dernière expérience, la fabrique de Buckau a reçu aussitôt une commande de deux de ces tourelles tournantes, dont l’une est destinée à Metz et l’autre au fort Langlütjensand sur la mer du Nord à l’embouchure du Geeste. En dernier lieu, on doit réunir une commission mixte d’officiers d’artillerie, du génie et de la marine pour examiner si pendant le tir des pièces de la tourelle, l’appareil de rotation fonctionne bien, si l’aération est suffisante, et pour proposer s’il y a lieu les perfectionnements nécessaires ».

Source : S0474.

Une autre source apporte les précisions suivantes : « Début des essais de tir sur une batterie cuirassée côtière fixe pour pièce de 21 cm de Gruson « Feste Panzerbatterie der Küstenbefestigung für 21 cm Geschütz », à Buckau. Deux blocs d’essais, installés au champ de tir d’essais de la firme Gruson à Buckau, sont soumis au tir d’obus de 28 cm en fonte durcie, non chargée. Essais menés le 05/12/1873, 27/07/1874 et le 21/08/1874 ».

Source : S1091.

 

France

 

1873 : Adoption du système d’artillerie dit de Reffye. Ce système ne comporte plus que 3 canons : les 5 et 7 de campagne (calibres 75 et 85 mm) et le canon de 138 mm de siège et de places. Ses pièces ne portent plus de noms, élément « des plus utile de leur signalement » que le comité d’artillerie recommandait encore avec insistance vers 1860. Mais elles portent mention de leur lieu de coulé sur le bandeau de culasse et de leur lieu d’usinage sur la tranche de la bague de culasse.

Source : S0183.

 

Chroniques de l’année 1873

 

 

Mercredi 1er janvier 1873

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : emplacement de troupes.

D’après une nouvelle répartition des troupes, ordonnées le 31 octobre 1872, et qui sera mise à exécution le 1er janvier 1873 :

La 5e compagnie du régiment d’artillerie n°2 doit se rendre de Colberg à Belfort.

Les 7e et 8e compagnies du régiment d’artillerie n°2 doit se rendre à Strasbourg.

La 3e compagnie du régiment d’artillerie n°6 doit se rendre de Neisse à Belfort.

Les 5e et 6e compagnies du régiment d’artillerie n°8 doivent se rendre de Sarrelouis à Metz.

La 7e compagnie du même régiment, qui se trouve actuellement faire partie de l’armée d’occupation, doit également, à la même date, prendre garnison à Metz. La 8e, en ce moment à Thionville, l’y rejoindra, quand les travaux d’armement de cette dernière place le permettront.

Source : S0476.

 

Allemagne, Metz : arrivée du régiment d’artillerie de forteresse « FAR 8 ».

Un journal de Strasbourg a publié l’annonce suivante : « Metz, 1 janvier 1873. Hier, sont arrivés dans la garnison : l’état-major et 2 compagnies du 2e bataillon du régiment d’artillerie à pied n°8 « Rheinische Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 8 » s’installent dans la garnison ».

Source : S0156.

 

Allemagne, Haguenau, garnison : départ des conscrits alsaciens pour effectuer leur service militaire à Mainz et Koblenz.

Un journal local de Strasbourg nous apporte quelques précisions sur le départ des premières recrues alsaciennes à Haguenau : « Haguenau, le 2 janvier 1872. La journée de hier a apporté beaucoup d’animation dans notre ville. Les recrues de notre arrondissement “Kreis”, tout comme celles des arrondissements de Wissembourg et de Saverne, soit environ 600, avait reçu l’ordre de se présenter pour effectuer leur service au sein de l’armée de terre allemande “Deutschen Reichsheer” et à l’aube ils passèrent les portes de notre ville. Le peu de liberté qui restait à ses vaillants garçons était utilisé pour boire un dernier verre d’adieu. C’est en chantant comme toutes les recrues qu’ils se dirigeaient ensuite vers la place du Théâtre, où en peu de temps il y avait pas mal d’agitation. Il n’y a eu que peu d’incidents, et seulement un petit incident a créé un attroupement. Une jeune recrue s’était présentée jusqu’à ce que l’on constate qu’il ne possédait aucune convocation « Einstellungsordre » et qu’il n’en avait encore pas le droit. Ce n’est qu’avec réticence qu’il quitta le groupe. Après l’appel et la formation de groupes, les jeunes se rendirent à la caserne. Les recrues destinées à Coblence partirent le soir même avec deux trains spéciaux, qui accueillirent 2 300 recrues alsaciennes, pour se rendre dans leur nouvelle garnison. De ce groupe, 1 500 hommes restent à Mayence et 800 à Coblence ». Naturellement la presse allemande n’évoque pas les incidents, mais uniquement que tout se passerai pour le mieux pour les recrues. Il s’agit de convaincre les jeunes Alsaciens-Lorrains de faire leur service militaire et de ne pas les inciter à s’expatrier en France.

Source : S0156.

 

Vendredi 3 janvier 1873

 

Allemagne, Mainz place forte et garnison : arrivée des premiers Alsaciens pour effectuer leur service militaire actif.

Une gazette de Strasbourg rend compte de l’arrivée des recrues alsaciennes dans les garnisons allemandes, comme Mayence : « Strasbourg, le 5 janvier 1872. On écrit de Mayence le 3 janvier 1873 : Hier, sont arrivés 1 700 Alsaciens avec deux trains spéciaux ; leur arrivée était annoncée depuis quelques temps. Pour la plupart ce sont des grands et costauds, en blouse bleue, avec des bagages contenus dans un sac en lin portés sur le dos, et qui portent des couvertures blanches en laine jetées sur leurs épaules ; ils traversèrent la ville par groupes, pour s’installer dans leurs quartiers. Une grande partie de ces recrues sont affectés aux régiments locaux, les autres ont été dirigés vers d’autres destinations à partir d’aujourd’hui ».

Source : S0156.

 

Dimanche 5 janvier 1873

 

Allemagne, Berlin : nouvelles attributions du comte de Roon et du général Kamecke au sein du Ministère de la Guerre.

La presse locale nous livre ces informations par dépêche télégraphique : « Berlin, 5 janvier 1873. Le bulletin officiel de l’armée « Armeeverordnungsblatt » contient une ordonnance impériale adressée au ministre de la guerre, où l’on évoque, que le Roi tient particulièrement que, le Graf Roon, en temps que ministre de la guerre et président de la commission de l’armée de terre et des forteresses « Auschusses für das Landheer und die Festungen », reste particulièrement impliqué dans la direction supérieure des affaires militaires. En tennant toutefois compte des tâches supplémentaires confiées à Roon, à la suite de la prise en compte du ministère de la guerre, le général Kamecke doit suppléer celui-ci en temps que ministre d’Etat du ministère de la guerre, tout en restant sous la direction de Roon qui reste le responsable, et il devra représenter le ministre de la guerre partout où cela s’avère nécessaire. Cette ordonnance demande à Roon de rendre compte du partage de la nouvelle répartition des tâches. Dans l’intérêt d’un service plus prompt et efficace, le général Kamecke est autorisé à remplacer le ministre de la guerre partout où cela s’avère nécessaire, si bien que les décisions qu’il aura prises ne pourront être contestées qu’auprès du roi ».

Source : S0156.

 

Mardi 7 janvier 1873

 

Allemagne, Strasbourg : installation du Gouvernement et de la Commandantur au 25 rue de la Nuée Bleue.

C’est par le journal officiel et local qu’a été diffusé le communiqué suivant : « Strasbourg : avis n°11, signé le 5 janvier 1873 par le gouverneur General-Leutnant Hartmann : le bureau du gouverneur « Gouvernement » et la « Commandantur » sera installé à compter du mardi 7 janvier 1873 au rez-de-chaussée, à gauche, de la rue de la Nuée Bleue « Blaue Wolkengasse ».

Un deuxième communiqué a été publié le même jour : « Avis officiel n° 11. Le bureau du « Gouvernement » et de la « Commandantur » sont transféré à compter d’aujourd’hui au numéro 25 de la rue de la Nuée Bleue « Blaue Wolkengasse », au niveau du rez-de-chaussée, à gauche. A Strasbourg, le 5 janvier 1873. Le gouverneur Hartmann, « General-Lieutnant ».

Remarque : Le Gouvernement comprend en 1873 l’état-major du gouverneur militaire de la place forte et la Commandantur les services du commandant de la garnison.

Source : S0156.

 

Allemagne, Strasbourg : dispositions pour l’envoi de courrier, de colis et de virements d’argent au profit des Alsaciens-Lorrains effectuant leur service militaire dans les garnisons allemandes.

Un journal de Strasbourg apporte des précisions pour l’envoi de courriers et de colis aux Alsaciens partis faire leur service militaire. Compte tenu que l’alimentation des militaires du rang allemands était largement insuffisante, il est important que les familles puissent envoyer des vivres de complément : « Strasbourg, le 8 janvier 1873. Les familles des jeunes gens qui ont été incorporés aujoud’hui dans l’armée de terre allemande, la nouvelle suivante sera la bienvenue : les lettres et les paquets bénéficient des franchises postales suivantes :

1) Pour les lettres ordinaires adressées aux soldats, si la lettre porte la mention « Soldatenbrief » et « Eigene Angelegenheit des Empfängers », et le poids ne dépasse pas 60 grammes, le courrier l’acheminement du courrier est gratuit.

2) Pour les virements postaux d’un montant allant jusqu’à 5 Thalers, le coût s’élèvera à 1 Groschen (13 centimes), sans tenir compte de la distance.

3) Pour les paquets adressés aux soldats sans indication de valeur et dont le poids n’éxède pas 6 livres, l’affranchissement à tarif réduit sera de 2 Groschen (25 centimes) sans tenir compte de la distance ou d’utilisation.

Les envois postaux, tout comme les lettres d’accompagnement doivent également être munis des mentions « Soldatenbrief - Eigene Angelegenheit des Empfängers ». Ces franchises postales ne sont pas valables pour les militaires en congés et les volontaires d’un an « Einjährige-Freiwillige ».

Source : S0156.

 

Allemagne, Strasbourg : affectation des Alsaciens-Lorrains effectuant leur service militaire au 11ème corps d’armée.

Strasbourg, le 8 janvier. Le journal de Cologne « Kölner Zeitung » nous écrit de Thuringe : « Chaque régiment d’infanterie du 11ème corps d’armée a reçu 12 recrues alsaciennes pour chaque bataillon, et elles seront réparties équitablement au sein des différentes compagnies. Des recrues alsaciennes ont également été affecté aux régiments de cavalerie de ce corps. Proportionnellement de nombreuses recrues de l’Alsace ont été affectées à la garde et surtout selon leurs désirs à la cavalerie de la Garde. Pratiquement toutes les recrues d’Alsace parlent et comprennent l’Allemand et au niveau physique ce sont des jeunes gens forts et doués ».

Source : S0156.

 

Mercredi 15 janvier 1873

 

Allemagne, Metz & Thionville place forte et garnison : adjudication au profit du dépôt d’artillerie.

La presse locale a publié cette adjudication : « Metz. Artillerie-Depot, Bureau im Zeughaus I. Adjudication de livraison de bois (450 kieferne Rippen 5,66 m x 0;16 m, 1620 kiefernen Rippen 4,40 m x 0,16 m, 8350 kieferne Bohlen 2,80 m x 0,314 m x 0,08 m dont 400 seront livrés à Thionville, 322 kieferne Bohlen 1,27 m ou 1,15 m par 0,30 m x 0,085 m, 391 kieferne Bohlenstücke 1 m x 0,30 m x 0,085 m) au profit des dépôts d’artillerie des places de Metz et Thionville, le 15 janvier 1873, au bureau du dépôt d’artillerie “Artillerie-Depot – Zeughaus I ».

Sources : S0156.

 

Jeudi 16 janvier 1873

 

Allemagne, Strasbourg : méthode de conversion des monnaies en cours.

Un journal local nous livre l’article suivant : « Strasbourg, 17 janvier 1873. Dans le « Zaberner Wochenblatt » nous trouvons une formule simple, que finalement beaucoup de monde utilisera. Il s’agit de la conversion des francs en Thalers. Voici la procédure.

Divisez les francs par 2. Le résultat devient des Groschen. Redivisez ces Groschen par 2. Le résultat devient des Thalers. Exemple : pour 20 francs, combien de thalers ?

Résultat : La moitié de 20 est 10. Donc 10 Groschen.

Divisez 10 par 2. Le résultat est de 5, c’est à dire 5 Thalers.

Donc, 20 francs nous donnes 5 Th. 10 Groschen ».

Source : S0156.

 

Dimanche 19 janvier 1873

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : nouvelles militaires diverses.

La presse locale nous livre ces informations : « Strasbourg, 23 janvier 1873. Aux cérémonies militaires qui se sont déroulées à Potsdam le 19 janvier 1873, ont également participé des représentant de l’armée en provenance des régiments d’Alsace-Lorraine, notamment le général « Generallieutenant » von Sandrart, un officier d’état-major « Stabsoffizier », un capitaine « Rittmeister » et un sous-officier « Unteroffizier ».

Dans la citadelle locale, à laquelle le nouveau plan des fortifications ne donne plus d’importance particulière, quelques nouvelles casernes ont été érigées, dans lesquelles, des militaires extérieurs prisonniers sont hébergés. En ce qui concerne le recrutement du contingent 1853 « Aushebung des Jahrgangs 1853 », qui se déroulera en février et en mars de cette année, on a constaté une ressource de 8 000 recrues. Pour faciliter l’entrée des volontaires d’un an et de trois ans, l’allégement des conditions destinées aux recrues locales est maintenu ».

Source : S0156.

 

Mardi 21 janvier 1873

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : modification de la loi pour l’acquisition de la nationalité allemande.

Un journal local et officiel a publié une synthèse de la loi relative à l’acquisition de la nationalité allemande. Le journal a en effet publié les modifications apportées à cette loi du 8 janvier 1873, concernant l’acquisition de la nationalité allemande ainsi que les modalités d’application de la loi initiale du 1er novembre 1867 à l’Alsace-Lorraine (article 1). Il s’agit essentiellement d’une énumération des droits et des devoirs.

Source : S0156.

 

Mercredi 22 janvier 1873

 

Allemagne, Strasbourg : publications concernant le siège de Strasbourg.

La presse locale à publié cet article : « Strasbourg, 22 janvier 1873. D’après les nombreuses publications sur le siège de Strasbourg on pourrait croire qu’il ne reste plus rien à dire. Mais il n’en est pas ainsi. Il y a toujours de nouveaux récits relatifs à ces événements qui parraîssent chaque jour. Après l’étonnant rapport du général Uhrich qui s’est défendu avec bravoure contre la commission d’enquête parisienne, l’ancien rédacteur de « L’impartial du Rhin » (ancien journal dela préfecture) diffuse un récit très partial mais très prenant des événements qui se sont déroulés entre mi-juillet jusqu’à fin septembre 1870. Mr. Signouret est un Français qui nous éclaire encore beaucoup mieux sur les événements locaux que ses prédécesseurs Schneegans et Fischbach (deux anciens collaborateurs du Ried. Kur.) avec des feux de bengales rouges sang. Et l’on lit se récit très engagé avec attention. Il ne nous étonnera pas que des persones extérieures le fassent de même. Bien qu’il ne s’agît en grande partie que d’articles de journaux qui ont été rassemblés, que le rédacteur de l’Impartial diffusait tous les jours ; mais il apporte quand même des précisions à plusieurs épisodes qui demeuraient assez flous. Il évoque également la notice que lui avait transmis le préfet républicain Valentin, c’est-dire les obstacles qui se dressèrent devant cet homme héroique pour s’introduire dans la place de Strasbourg, car ces précisions n’étaient pas connues jusqu’à présent. L’audace, la présence d’esprit et le courage de Valentin est équivalente à celle d’un héros de roman d’aventure. Mais pour Strasbourg, son arrivée s’avéra être un véritable malheur ; la ville continua à résister sept jours de plus et agrave considérablement sa situation. Naturellement Mr. Signouret n’a que des remerciements et des louanges à exprimer à ce préfet très actif mais éphémaire. Il appartient à la classe des habitants strasbourgeois transvosgiens, qui aurait préférés que Strasbourg soit transformé en un tas de ruines et de cendres plutôt que capituler. Ils n’avaient rien d’autre à perdre que leur vie ».

Source : S0156.

 

Jeudi 23 janvier 1873

 

Allemagne : article du journal Le Temps relatif à M. de Bismarck.

Le journal français Le Temps a publié cert article tiré de la presse alelmande : « Berlin, 23 janvier 1873, soir. La Gazette de l’Allemagne du Nord publie le texte de la lettre autographe de l’Empereur, en date du 1er janvier 1873, laquelle confère à M. de Bismarck les insignes en brillants de l’ordre de l’Aigle Noir. Cette lettre constate que c’est à contre-cœur que l’Empereur a déféré au désir à M. de Bismarck d’être relevé de la présidence du ministère. Toutefois, la fatigue morale et physique que M. de Bismarck a dû s’imposer durant les dix dernières années, ne permettait pas de différer plus longtemps la satisfaction de ce vœu. La lettre insiste sur ce point, que durant cette période si grosse d’événements importants le conseil et l’activité de M. de Bismarck ont permis a sa majesté l’Empereur de développer la puissance de la Prusse et conduire l’Allemagne à son unité. Le nom de M. de Bismarck est écrit en caractères ineffaçables dans les annales de la Prusse et de l’Allemagne, et c’est à juste titre que la reconnaissance souveraine lui est acquise. Que si l’Empereur a consenti à le relever de la direction des affaires de la Prusse qu’il conduisait d’une main si sûre et si ferme. M. de Bismarck n’en demeurera pas moins en sa qualité de chancelier de l’Empire, chargé d’une mission étroitement liée à la direction politique prussienne. En lui conférant les insignes en brillants de l’ordre de l’Aigle Noir, l’Empereur veut lui donner un nouveau témoignage de sa haute gratitude et de son impérissable reconnaissance. La lettre impériale émet ensuite le vœu de voir l’allégement accordé à M. de Bismarck assurer le rétablissement complet de sa santé. L’Empereur souhaite, en conséquence, que M. de Bismarck puisse longtemps encore consacrer à l’intérêt de la grande patrie allemande et de la patrie restreinte prussienne, ses services éprouvés. La lettre se termine part ces mots: « Votre roi fidèle, dévoué et reconnaissant ».

Source : S0569.

 

Samedi 25 janvier 1873

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : remise de décorations aux autorités militaires.

La presse locale a publié cet article : « Strasbourg, 25 janvier 1873. L’Empereur a conféré les décorations suivantes : Grosskreuz der kgl. kaiserlichen Militär-Verdienst-Orden au “General der Infanterie” von Fransecky commandant le 15e corps d’armée ; Grosskreuz des kgl. kaiserlichen Militär-Verdienst-Orden au “General-Leutnant” von Bertheim, gouverneur de la place de Metz ; Conthurkreuz des kgl. kaiserlichen Militär-Verdienst-Orden au colonel von Brandenstein, commandant “Commandanten” de la place de Metz ; Ritterkreuz erster Klasse des kgl. kaiserlichen Militär-Verdienst-Orden au “Major” Röhl, “Platzmajor” de Metz, à la suite du 8. Ostfriesischen Infanterie-Regiment Nr. 78 ».

 

Allemagne, Strasbourg : bilan financier de la commission internationale.

Le journal Le Temps du samedi 25 janvier 1873 a publié cet article : « La commission internationale siégeant à Strasbourg en vertu des traités de Francfort, pour régler les créances envers la France et envers l’Allemagne, vient d’établir un premier compte de liquidation de 27 millions de francs. Il comprend le solde définitif et complet des caisses d’épargne des deux provinces, s’élevant à 21 800 000 francs, celui de la justice et de l’administration, s’élevant à 2 millions, le remboursement des centimes des communes et des cautions et dépôts, s’élevant à 400 000 francs, enfin le remboursement de 3 millions de francs déposés dans le trésor français par les communes annexées. On s’occupera maintenant du règlement des pensions civiles et militaires, des masses et prêts arriérés des régiments, et des gratifications des militaires qui ont optés pour l’Allemagne ».

Source : S0569.

 

Dimanche 28 janvier 1873

 

Allemagne, Strasbourg : instauration de la loi relative aux livrets des travailleurs.

La presse officielle et locale a publié des informations concernant la loi relative aux livrets des travailleurs « Arbeiterbücher ». Les Alsaciens-lorrains disposent d’un délai jusqu’à la fin du mois de février pour acquérir les livrets des travailleurs. Ces livrets doivent être perçus au bureau de la police, mais les travailleurs sont tenus de présenter les pièces justificatives concernant leur emploi actuel. Lorsqu’ils quittent un employeur, celui ci est tenu de viser le livret. Ce document peut être utilisé comme pièce d’identité à l’intérieur de l’Empire. Aucun employeur n’a le droit d’embaucher du personnel s’il n’est pas muni du livret réglementaire. Signé : directeur de la police « Polizei Director » Back. Cette mesure contraignante est mise en œuvre alors que les chantiers de construction des nouvelles fortifications de Strasbourg sont en cours.

Source : S0156.

 

Jeudi 30 janvier 1873

 

Allemagne, Strasbourg : avis de recherche de déserteur.

La presse locale publie un avis de recherche concernant un déserteur originaire de la région de Aachen, de la 9. Compagnie 1. Rheinische Infanterie Regiment Nr. 25, qui s’est absenté de la caserne « Finkmattkaserne ».

Source : S0156.

 

Février 1873

 

Sur les chantiers des cinq premiers forts détachés de Strasbourg on a constaté le départ d’une partie des ouvriers italiens, qui préfèrent œuvrer sur le chantier du tunnel du Saint-Gothard qui vient de s’ouvrir.