Fort Bismarck - Kléber

Ancien Fort VI – Fort Wolfisheim – Fort Fürst Bismarck - actuel fort Kléber

 

 

Dernière mise à jour : 17 / 04 / 2026

 

Auteur de la page : MJR.

 

Voici l’essentiel des informations actuellement disponibles concernant le Fort VI – Fort Fürst Bismarck –– actuel Fort Kléber à Wolfisheim. Les connaissances concernant cet ouvrage ne sont pas figées ; régulièrement lors de nos recherches nous trouvons de nouvelles informations, qui nous permettent de compléter voir de corriger nos écrits. Aussi, nous vous invitons à venir régulièrement sur cette page pour « picorer l’histoire ».

 

Sources :

Une grande partie des sources a été précisée. Chaque source est munie d’un numéro personnel précédé d’un S qui permets de ne pas répéter à chaque fois l’intégralité de la référence (S0001). La liste des sources est indiquée en bas de page. « p. » = numéros de pages.

 

Droits relatifs aux photographies : Tous droits réservés. En cas de besoin, pour les photographies de MJR, il suffit d’envoyer un mail pour obtenir éventuellement le cliché souhaité en version originale.

Entrée de la caserne de gorge du fort Kléber.

Photographie MJR, 04/2026.

Fiche Synthèse

 

Cette fiche a pour de donner l’essentiel des informations importantes au sein d’un court résumé. Pour voir le détail des renseignements, il faut consulter les chroniques de l’année correspondante. Cette fiche est complétée au fur et à mesure.

 

Dénomination de l’ouvrage : Fort VI, Fort Wolfisheim, Fort Fürst Bismarck, actuel fort Kléber.

01/09/1873 : Ordre du cabinet de l’Empereur : Fort VI est baptisé Fort Fürst Bismarck.

Fiche synthèse mise à jour : 16 / 04 / 2026 par MJR.

Situation : Sur la ceinture de fortification, à l’ouest de Strasbourg, NE de Wolfisheim. Couvre la route de Paris, vers Wasselonne ainsi que le canal de la Bruche. Ouvrage qui est avec le fort Kronprinz von Sachsen, sur le point d’attaque de la place forte de Strasbourg.

Date de construction : 08/1872-1875.

Procédures d’expropriations : 16/05/1874 : Document établi par le directeur impérial de l’arrondissement de Strasbourg, relatif à l’expropriation de 4 parcelles de la commune de Wolfisheim, concernant le montant des indemnisations, pour la construction du fort.

09/12/1874 : Ban de Wolfisheim, lieu-dit « Stückwald », section II : Documents enregistrés le mois courant au nom du Président de Basse-Alsace par le directeur impérial d’arrondissement, indemnisation de trois parcelles expropriées pour un montant de 261 francs.

Adjudication au consortium d’entreprises : 07/02/1872 : Information : Les matériaux doivent être récupérer à Phalsbourg et dans les carrières de l’administration militaire et font l’objet d’une adjudication particulière.

02/1872 : Directives pour la réduction de la taille des forts. Magasins pour les stocks de vivres limités pour une durée de 6 semaines. Le revêtement de l’escarpe est remplacé par un mur détaché.

07/02/1872 : Le service des fortifications informe que les pierres de taille pourront être récupérées lors du démantèlement et arasement de la place forte de Phalsbourg.

12/02/1872 : Adjudication de la construction du fort : 240 000 m3 de terrassement et 100 000 m3 de maçonnerie.

Construction & aménagement : 10/1871 : Pose des jalons et des 2 petites tours en bois avec drapeaux pour l’alignement de l’axe du futur fort. Sondages du terrain.

17/11/1871 : Ordre du cabinet de l’Empereur relatif à la construction des forts détachés et d’entreprendre bientôt une extension de la forteresse de Strasbourg à financer en vendant les terrains de construction provenant des anciennes fortifications.

21/12/1871 : Loi allemande sur les servitudes militaires « Rayongesetz ».

30/12/1871 : Loi relative à l’Administration de l’Alsace-Lorraine annexée. Le Président supérieur d’Alsace-Lorraine von Moeller reçoit les mêmes prérogatives que l’ancien Conseil général français, ce qui lui permet de nommer les personnels faisant partis des Commission d’évaluation des terrains à exproprier et permet d’utiliser les anciennes lois françaises pour ces opérations.

02/1872 : Directives pour la réduction de la taille des forts. Magasins pour les stocks de vivres limités pour une durée de 6 semaines. Le revêtement de l’escarpe est remplacé par un mur détaché.

03/1872 : Relevé des terrains soumis aux servitudes par les gardes du génie (Wallmeister).

25/03/1872 : Directives relative à la réduction de taille des forts détachés. Réalisation du plan projet du fort V.

04/04/1872 : L’adjudication de construction des forts V et VI est attribuée à Pasdach et Comp., de Danzig.

14/04/1872 : La pose des jalons du tracé du chemin de fer de ceinture de la rive gauche est terminée.

05/1872 : Le général von Biehler apporte les dernières corrections à l’emplacement des forts.

29/05/1872 : La société Rauschert & Becker installe le chemin de fer de ceinture en commençant au niveau du port de Souffelweyersheim sur le canal de la Marne au Rhin. Les commissions d’expropriation ont commencé leur travail.

Début 08/1872 : Pose des rails pour acheminer les pierres de Phalsbourg au bord du canal de la Marne au Rhin.

28/09/1872 : Cérémonie de la pose de la pierre fondamentale de la ceinture de fortification au fort V.

09/02/1873 : Départ d’une partie des ouvriers italiens vers le chantier du tunnel du Saint-Gothard.

12/07/1873, entre 22h30 : Incendie de la cantine du fort de Wolfisheim. Le feu s’est propagé avec une telle rapidité qu’en un clin d’œil tout le bâtiment se trouva en flammes. La pompe de campagne s’est empressée d’accourir sur le lieu de l’incendie. Pour comble de malheur, un enfant du sieur Buchmann, le propriétaire de la cantine, a trouvé la mort dans l’incendie. On a trouvé son corps carbonisé dans les décombres et aujourd’hui on lui a donné la sépulture.

19/09/1873 : Avertissement du gouverneur : Les sentinelles qui gardent les matériels d’artillerie dans les forts sont armées de fusils chargés.

01-03/1874 : Installation des lignes de télégraphie souterraines.

02/04/1874 : A Oberhausbergen, à 9 heures, et Wolfisheim à 11 heures, vente aux enchères publiques de 580 vieilles traverses de chemin de fer du chemin de fer de ceinture « Ringbahn. »

08/04/1874 : Adjudication pour la livraison de 175 étagères pour stocker les projectiles d’artillerie.

04/05/1874 : Adjudication pour la livraison de 178 mètres linéaires de râteliers à fusils.

19/06/1874 : Par la presse : Les ouvrages entre Reichstett et Lingolsheim seront en état de défense complète dès le mois prochain.

21/08/1874 : Note du 2e bureau français sur les nouveaux forts de Strasbourg : « Les nouveaux travaux exécutés par les Allemands à Strasbourg comprennent 12 forts, 3 sur la rive droite du Rhin, 9 sur la rive gauche. Les forts de la rive droite sont à peine commencés, ceux de la rive gauche au contraire sont terminés sauf toutefois ceux dont les fossés sont pleins d’eau ».

21/08/1874 : D’après une reconnaissance effectuée par le 2e bureau français, le point d’attaque le plus favorable de la ceinture de fortification de Strasbourg serait la ligne Wolfisheim Holtzheim.

08/10/1874 : La municipalité de Strasbourg « Bürgermeisteramt der Stadt Straßburg » : Les plans des 1er et 3e rayon du cadastre du Fort Fürst Bismarck qui ont été constatés aujourd’hui par cette directive notamment dans les communes de Wolfisheim et d’Oberschaeffolsheim sont présentés pendant une durée de 6 semaines c’est-à-dire du 18 octobre au 28 novembre de l’année avec l’indication du montant de l’indemnisation demandée. Les propriétaires de ces parcelles, qui s’estiment lésé par ces restrictions, doivent présenter leur demande d’indemnisation dans un délais de 6 semaines Strasbourg, à partir du 8 octobre 1874.

30/12/1874, 11 heures : Adjudication du nettoyage des latrines et de l’enlèvement des effluents de toutes les casernes et établissements de la garnison de Strasbourg, au bureau de l’administration de garnison.

25/01/1875 : Augmentation du budget alloué aux fortifications d’Alsace-Lorraine.

25/03/1875 : Adjudication pour la livraison de collecteurs en fonte et de tuyaux d’évacuation des fumées.

06/04/1875 : Vente aux enchères des traverses de chemin de fer, des ponts et bâtiments en bois du chemin de fer de ceinture situé entre le Fort Großherzog von Baden au Fort Kronprinz von Sachsen. A priori les rails sont stockés.

30/04/1875 : Adjudication de la démolition du chemin de fer de ceinture « militärischen Ringbahn » entre la gare de Mundolsheim et la gare de Holtzheim.

20/03/1876 : Adjudication de livraison de 1 020 hm3 pour la route de ceinture « Ringstrasse » du Fort Roon à la Feste Kronprinz, Fort Fürst Bismarck au Fort Kronprinz von Sachsen, y compris son étalement et le nivellement de ce gravier sur la plate-forme de la route. Livraison de 200 hm3 de gravier en tant que tas de réserve près du Fort Bismarck.

1877-1878 : Elargissement du parapet d’artillerie et installation de 4 pièces de 15 cm long fretté sur affût de côte.

23/11/1876 : Travaux de démontage du chemin de fer de ceinture « Ringbahn ». Les traverses et baraquements sont vendues aux enchères à Oberhausbergen ; les rails sont a priori stockés.

29/05/1878 : Adjudication de la livraison et d’installation des 72 cuves en fer forgé avec plaques de cuisson en fonte et 18 cuisinières à priori pour les neuf forts détachés de la rive gauche.

20/04/1881 : Réalisation de plan projet pour l’installation des fours à pain « Entwurf für die Anlage von Backöffen in den Forts, dans les forts détachés à fossé sec de la rive gauche du Rhin : Fort Moltke, Fort Roon, Fort Mundolsheimerkopf, Fort Veste Kronprinz, Fort Grossherzog v. Baden, Fort Fürst Bismarck et Fort Kronprinz von Sachsen.

Type d’ouvrage : Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler.

Description : Tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plateformes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 10 + 6 + 6 + 10 travées de casemates à l’épreuve de la bombe et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; un grand magasin à poudre sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponnières d’épaule et les 2 coffres à deux étages de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grande poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 galeries d’écoute sur le saillant et 2 galeries d’écoute sur chaque angle d’épaule.

Armement & équipement : Défense éloignée : Initialement des canons de 12 et de 15 cm ; éventuellement des mortiers en temps de guerre ; canons de 12 cm lisses sur les flancs ; 1890 environ : canons de 9 cm sur les flancs et sur le saillant. Défense rapprochée : 4 canons de 8 cm sur affût de casemate pour le flanquement du fossé de gorge, 4 canons de 8 cm dans la caponnière du saillant ; 1887-1890 : 4 canons-révolvers de 3,7 cm pour le flanquement du fossé de gorge, 4 canons révolvers pour le coffre de contrescarpe du saillant et 2 canons de 9 cm sur chaque coffre de contrescarpe de chaque angle d’épaule.

Modernisation : 1887-1894 environ : Renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant et des caponnières d’épaule remplacées par une un coffre double de contrescarpe et deux coffres simples aux épaules, renforcement de la grande poudrière du flanc gauche et installation d’une poterne de liaison avec le casernement de gorge, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts.

1888-1889 : Installation d’un éclairage électrique.

1892-1895 environ : Installation de deux coupoles tournantes d’observation modèle « W.T.90 » sur la face droite et aménagement du saillant en point d’appui d’infanterie, avec 2 traverses-abris munie d’un garage pour canons de 9 cm.

Etat : Appartient à la commune de Wolfisheim, transformé en parc public accessible librement. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques.

Histoire : 06-07/07/1878 : Exercice de siège de l’artillerie contre le Fort Bismarck et le Fort Kronprinz von Sachsen par le 15e régiment d’artillerie à pied. Une partie des états-majors et des officiers cantonnent dans les villages environnants. Une troupe destinée à représenter l’adversaire s’avance à partir de Breuschwickersheim et assaille d’abord le fort Kronprinz von Sachsen avant de s’en prendre au Fort Bismarck. Les défenseurs utilisent avec plein succès les fusées lumineuses qui furent lancées des forts pour éclairer le terrain de combat. Le lendemain, le général von Kameke, chef de la 2e inspection d’artillerie à pied, arrive à Strasbourg, venant de Mayence, pour assister à la suite des exercices de sièges de l’artillerie ; on y a étudié une partie des diverses positions d’artillerie contre les forts.

25/07/1878 : Installation en garnison d’un bataillon du régiment d’infanterie saxon IR-105.

01/08/1914 à 18h00 : Ordre de mobilisation générale. Début des travaux de mise en état de défense. Le fort Prinz Bismarck est inclus dans le secteur défensif NO.

1940-1941 : Pendant l’annexion de fait allemande, camp de prisonniers de guerre originaires de l’Europe de l’Est.

1942 : Camp de prisonniers de guerre originaires de l’Inde.  

23/11/1944 : Lors des combats de la libération par la 2e division blindée commandée par le général Leclerc, le fossé antichar située à proximité est forcé et les chars tirent quelques obus sur le fort qui sert de point d’appui, où les Allemands ripostent avec des mitrailleuses.

24/11/1944 : Le fort Kléber est encerclé par les troupes françaises. A la nuit tombée, les Allemands ont tenté de s’échapper, mais ont été repris.

12/1944 environ : Les troupes américaines remplacent les troupes françaises. 

1951 : Dépôt de munitions du 421e Régiment d’Artillerie Antiaérienne (RAA).

1957 : Début du comblement du fossé entourant l’ouvrage et édification de cinq hangars tôlés.

01/11/1966 : Créé en 1955 (Annexe à la caserne Clerc à Mutzig, PC au quartier Lecourbe et le reste au quartier Giraudon à Strasbourg), le Centre Mobilisateur 66 est transféré au fort Kléber à Wolfisheim.

30/06/1996 : Dissolution du Centre Mobilisateur 66. Il assurait la mise sur pied de 20 formations, soit 2 000 réservistes. Son effectif était de 4/17/60. Dernier chef de corps : LCL Bled. Taille de l’emprise : 11 hectares.

1996 environ : Création de l’Association des Amis du fort Kléber.

28/08/1996 : La commune a acquis le fort Kléber pour 2,7 millions de francs soit environ 410 000 €. Le fort a environ 11 hectares et une parcelle de 16 ares. Les locaux ont une surface de 13 000 m² et 1 200 m² de hangars.  

16/10/1996 : Le général Keller, gouverneur militaire de Strasbourg, remet symboliquement les clefs du fort à Rémy Schlichter, maire de Wolfisheim.

Sources : S0030 ; S0111, p. 146 ; S0155, n°6 du 09/01/1872 ; S0175 ; S0191 ; S0200 ; S0220 ; S0234, p. 54.55 ; S0590, n°250 du 20/10/1871, p. 3 ; S3716 ; S4222.

 

Façade de gorge et entrée du fort Kléber. Photographie © MJR 2009-08.

 

Cartographie

 

Avant la construction du fort Bismarck, actuel fort Kléber.

 

1870 : Extrait de carte des environs du site de construction de l’actuel fort Kléber.

Source : S1000, Collection CESFS.

 

18/12/1872

Publication d’une carte de relevés de terrains sur la ligne des forts n°1 à 9 de la rive gauche du Rhin, à l’échelle 1/125 000e, dimension 152,5 cm x 123 cm, attachée au rapport du 18 décembre 1872.

 

Pendant et après la construction du fort V – Fort Fürst Bismarck actuel fort Kléber

 

1873

 

Extrait de la carte des forts détachés de Strasbourg, éditée en 1873 (Collection BF). Sur cette carte on voit la position du Fort Fürst Bismarck (actuel fort Kléber) par rapport aux autres forts détachés ainsi que le tracé du chemin de fer de ceinture et des gares d’Oberhausbergen, de Wolfisheim et de Holtzheim. Cette partie du chemin de fer de ceinture s’achève près de la ligne de chemin de fer Strasbourg Molsheim.

Carte topographique de 1873 environ avec en rouge le tracé du chemin de fer de ceinture qui alimente les chantiers, et les embranchements des gares de Niederhausbergen, d’Oberhausbergen, et de Wolfisheim. Après le Fort VII Kronprinz von Sachsen, actuel fort Joffre, la ligne rejoint la ligne de chemin de fer de Strasbourg – Molsheim, entre Holtzheim et Lingolsheim. Source : S4165.

 

1883

Carte extraite de la planche n°19 de l’ouvrage Plessis H. : Manuel complet de fortification ; Berger-Levrault & Cie, 1883.

Collection MJR.

 

1904

Extrait d’une carte spéciale à l’échelle 1 :75 000 avec l’emplacement du Fort Baden / fort Frère inscrit à l’encre noire.

Extrait d’une carte spéciale à l’échelle 1 :75 000 avec l’emplacement du Fort Prinz Bismarck / actuel fort Kléber inscrit à l’encre noire.

 

1914/05

Extrait de la carte du plan de mise en état de défense de la place forte de Strasbourg par l’artillerie. En bleu les positions, abris et batteries à construire ou aménager pendant les 20 premiers jours de la mise en état de défense, et en rouge ceux qui doivent être construits après les 20 premiers jours de la mise en état de défense. Chaque position sur la colline comprend en règle générale un abri d’infanterie, un réseau de tranchées couverts par un réseau de fils surmonté de bfil de fer arbelé. La ligne principale de résistance est désormais environ 1 km devant le fort Kléber, la ligne de défense du fort et des anciens abris d’infanterie doit être érigée après le 20e jour de mise en état de défense. L’essentiel des positions d’artillerie sont installées derrière la ligne des forts ou près de la route d’Oberhausbergen à Mittelhausbergen. Malheureusement, la position du fort est sur le pli de la carte et peu visible. Au sud du fort une petite zone inondable en bleu. A l’ouest d’Oberschaeffolsheim, l’embranchement des lignes de la Bruche.

Source : S1934, Archives Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz (GSTAPK) Berlin-Dalem, collection CESFS / MJR.

 

Extrait de la carte des réseaux ferrés installés et utilisé par l’armée allemande dans le cadre de l’approvisionnement logistique des positions de défense de Strasbourg « Artillerie Förderbahnen ». La ligne U6 en bleu est la ligne de tramway déjà existante ; qui passe au sud du Fort Fürst Bismarck. En rouge le réseau de voies ferrées de l’artillerie de forteresse.

 

Source : S3863. Archives GSTAPK. Collection BA.

1939

Extrait de carte Michelin du section ouest de Strasbourg.

Carte Michelin de 1939 : Emplacement du fort Kléber. Source : S2158, collection MJR.

 

Vues aériennes

 

1950

Vue aérienne du fort Kléber prise le 13/07/1950. Source IGN-F.

 

Situation stratégique et missions

 

1872 - 1886

 

Le Fort Wolfisheim est un fort à fossés secs établi près du village de Wolfisheim, sur un terrain plat. Il bat la route de Wasselonne, la route de Soultz et le canal de la Bruche. 

Il est situé sur la ceinture de fortification, à l’ouest de Strasbourg, au nord-est de Wolfisheim. Les forts détachés sont sur la ligne de défense principale de Strasbourg. Il couvre la route de Paris, vers Wasselonne ainsi que le canal de la Bruche. Ouvrage qui est avec le fort Kronprinz von Sachsen, situé sur le point d’attaque de la place forte de Strasbourg, l’endroit le plus probable pour une attaque de la place forte. En effet, à cette époque, pour attaquer une ceinture de fortification comportant des forts détachés, il faut prendre au-moins deux ouvrages.

 

Distances avec les autres ouvrages

 

Distance avec les ouvrages voisins :

Fort Grossherzog von Baden : 2 900 mètres.

Fort Kronprinz von Sachsen : 3 500 mètres.

Enceinte urbaine : 4 300 mètres.

 

Expropriations des terrains pour la construction du Fort Prinz Bismarck, actuel fort Kléber

 

Nous vous présentons ici les procédures d’expropriation des terrains nécessaires à la construction du Fort VI, Fort Wolfisheim, Fort Fürst Bismarck, actuel fort Kléber. Compte tenu que ces procédures d’expropriation et d’indemnisation couvrent différentes périodes, nous avons fait le choix de la présenter en dehors des autres rubriques. Les terrains nécessaires pour la construction du Fort de Wolfisheim ont été exproprié conformément à la loi française du 3 mai 1841. Toutefois, pour employer cette loi, il fallait attribuer les prérogatives de l’ancien Conseil général français au Président Supérieur de l’Alsace-Lorraine en les intégrant dans la loi relative à l’administration de l’Alsace-Lorraine et de faire déclarer par l’Empereur d’Allemagne l’urgence de la construction des nouvelles fortifications. Après le passage des commissions d’expropriation sur les terrains privés, le tribunal de Strasbourg prend sa décision et la liste des parcelles est publiée dans la presse locale et officielle. Les propriétaires peuvent demander au tribunal de modifier cette décision s’ils estiment qu’il y a des erreurs quant à la surface ou au prix. Les premiers remboursements concernent l’indemnité versée pour les récoltes et les arbres. La valeur des parcelles est remboursée après de nombreuses démarches administratives, deux ou trois ans après. Les parcelles appartenant aux fondations « Stift » sont traitées dans une procédure à part. Les terrains des communes font l’objet d’enquêtes publiques et en général d’échanges de terrain avec le fisc militaire.

 

Voici quelques exemples des procédures d’expropriations et de versement des indemnités parus dans la presse officielle locale, pour la commune de Wolfisheim. Il s’agit des terrains nécessaires à la construction du Fort VI, Fort Wolfisheim, actuel fort Kléber, et des terrains nécessaires à l’installation du chemin de fer de ceinture.

 

30/12/1871

Allemagne, Alsace-Lorraine : Loi relative à l’installation de l’Administration d’Alsace-Lorraine.

Straßburger Zeitung n°6 du mardi 9 janvier 1872 : La loi relative à l’installation de l’administration d’Alsace-Lorraine date du 30 décembre 1871. En voici juste quelques extraits importants : « Nous Wilhelm, Empereur Loi relative à l’installation de l’administration (d’Alsace-Lorraine) du 30 décembre 1871.d’Allemagne par la volonté de Dieu, roi de Prusse, ordonnons au nom de l’Empire allemand, après accord du conseil fédéral « Bundesrath », pour l’Alsace-Lorraine, ce qui suit : Voici une synthèse décrivant surtout l’organisation territoriale de l’Alsace-Lorraine annexée.

L’organisation administrative des territoires annexés de l’Alsace-Lorraine est fixée par la loi du 30 décembre 1871, promulguée par le roi de Prusse au nom de l’empire allemand, avec l’accord de la diète fédérale « Bundesrat. » Cette loi attribue au Président Supérieur d’Alsace-Lorraine les mêmes attributions que celles de l’ancien Conseil général français. Cette prérogative permet au Président Supérieur d’Alsace-Lorraine de nommer les personnes faisant parties des commissions d’expropriation, qui sont chargées d’évaluer la valeur des terrains et des récoltes, dans le cadre de la construction des fortifications de Strasbourg et par exemple de l’installation de nouvelles voies ferrées. Elle permet surtout d’utiliser les deux lois françaises pour l’expropriation, en y ajoutant l’ordonnance de l’Empereur d’Allemagne instaurant l’urgence de ces constructions et expropriations.

 

Mercredi 17 avril 1872

 

Allemagne, Strasbourg : Ordonnance impériale indiquant l’urgence de la construction des fortifications de Strasbourg pour permettre l’application des lois d’expropriation.

Ordonnance impériale publiée par la Journal Straßburger Zeitung n°91 du vendredi 19 avril 1872 et le journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Pour permettre l’expropriation des terrains situés sur la rive gauche du Rhin, conformément aux lois françaises encore en vigueur, l’empereur Allemand Guillaume 1er signe une ordonnance autorisant les expropriations des terrains pour la construction des futurs forts détachés de Strasbourg sur la base de la loi française sur les expropriations pour le bien public du 3 mai 1841 et de la loi française sur l’expropriation et de la réquisition temporaire de bien privés dans le but de la construction urgente d’ouvrages de fortification du 30 mars 1831. Voici la traduction intégrale de ce texte : « Nous Wilhelm, Empereur d’Allemagne et Roi de Prusse par la grâce de Dieu, nous ordonnons pour l’Alsace-Lorraine au nom de l’Empire d’Allemagne, à la requête du Chancelier d’Empire et sur la base de la loi sur les expropriations pour le bien public du 3 mai 1841 (Bulletin des lois 9, série n°9285) et de la loi sur l’expropriation et de la réquisition temporaire de bien privés dans le but de la construction urgente d’ouvrages de fortification du 30 mars 1831 (Bulletin des lois 9, série n°98), ce qui suit : Conformément à l’intérêt public de la nécessité urgente d’agrandir les fortifications de Strasbourg, conformément au plan qui nous est présenté, les autorités chargées des travaux peuvent, par cette ordonnance, acquérir les parcelles de terrain nécessaires par des expropriations. Avec notre haute signature manuscrite et le cachet impérial ; A Berlin, le 11 avril 1872. Signé Wilhelm ». En foi de quoi nous avons signé de notre main et apposé le sceau impérial. Fait à Berlin, le 11 avril 1872. Guillaume. Pour le chancelier de l’empire, Delbrück. L’ordonnance ci-dessus est rendue publique par la présente. Strasbourg, le 17 avril 1872. Le président supérieur de l’Alsace-Lorraine. De Möller ».

Source : S0155 ; S3720, p. 3.

 

Mercredi 9 décembre 1874

 

Communiqué. En conséquence des documents enregistrés le mois courant au nom du Président de Basse-Alsace par le directeur impérial d’arrondissement Monsieur Halle, les parcelles des personnes susnommées qui font l’objet d’une expropriation dans le cadre de l’agrandissement de la place forte de Strasbourg conformément à l’ordonnance du 11 avril 1872, ont cédé à l’Empire ces parcelles avec dédommagements sous réserve de l’accomplissement des formalités prévues au titre III de la loi du 3 mai 1874 qui prouvent que les parcelles sont libres de tout privilèges et d’hypothèques.

Ban de Wolfisheim, lieu-dit « Stückwald », section II :

1) Lorenz Schär et son épouse Margarethe Münch, Nr. 77, 16 centiares pour 24 francs.

2) Jacob Schär et son épouse Salemea Krenker, Nr. 78, 1,47 Ares pour 220,50 francs.

3) Michael Rehn, Vater : Lieu-dit « Neustraß », section II, Nr. 106, 11 centiares pour 16,50 francs.

Ban d’Eckbolsheim.

1) Johann Wolfkin, cultivateur habitant à Eckbolsheim. Lieu-dit « Oberholz » section 1, Nr. 344, 11 centiares pour 16,50 francs.

La conformité des articles 15 et 16 de la loi du 13 mai 1841, ce communiqué est porté à la connaissance du public, que dès la transcription de ce texte tous les privilèges et hypothèques qui ne sont pas signalés dans un délai de 15 jours, ainsi que les plaintes et revendications de toutes sortes, ne peuvent plus être prises en compte. Strasbourg, le 9 décembre 1874.  Service impérial de la fortification « Kaiserliche Fortifikation, Herrfahrd, commandant et ingénieur de la place « Major und Ingenieur vom Platz ».

Source : S0191, n°291 du 11/12/1874.

 

Construction du fort VI, Fort Wolfisheim, Fort Fürst Bismarck

 

Processus décisionnel et préparation du chantier

 

Voici les principales étapes de la préparation de la construction de la future ceinture des forts détachés de Strasbourg. J’ai ajouté quelques repères importants de l’histoire du nouvel empire allemand et de la région. Par ailleurs quelques articles concernant la construction des autres forts détachés nous apportent de précieuses informations.

C’est essentiellement au travers des journaux et des publications militaires, que nous avons réussi à reconstituer à peu près le déroulement de la construction du Fort de Wolfisheim.

 

Mercredi 28 septembre 1870

 

France, Strasbourg : Entrée des troupes allemandes.

Strasbourg : La place forte capitule le 27 septembre 1870 à 17 heures. Dès le 28 septembre 1870, entrée des troupes allemandes après la capitulation de la place forte.

Source : S0126, p.90-91.

 

Jeudi 29 septembre 1870

 

France territoires occupés, Strasbourg : Le Roi de Prusse demande l’étude de l’extension de la place forte.

Ordonnance du roi de Prusse relative à l’étude de l’extension de la place forte de Strasbourg émise au lendemain de la capitulation de la place forte.

Source : S0111.

 

Mercredi 18 janvier 1871

 

France, Versailles : Proclamation de l’Empire allemand.

Proclamation de l’Empire allemand à Versailles : le roi Guillaume de Prusse est reconnu Empereur allemand par les princes et Etats des deux Confédérations du Nord et du Sud. La confédération de l’Allemagne du Nord cesse donc d'exister.

Sources : S2786, p. 39. S3477, p. 10.

Versailles : proclamation de l’Empire allemand. Source : S1583.

 

Dimanche 26 février 1871

 

France, Versailles : Conclusion des préliminaires de la paix et seconde prorogation de l’armistice.

La guerre de 1870-71 s’est achevée par une défaite de la France et la signature le 26 février 1871 du traité préliminaire de paix le 26 février 1871 à Versailles, entre Thiers, assisté de Jules Favre, et le chancelier allemand von Bismarck. Clauses essentielles : cession de l'Alsace et de la Moselle et de deux cantons des Vosges au nouvel empire allemand (hormis le territoire de Belfort), payement d'une indemnité de 5 milliards de francs or, occupation du territoire comme garantie de ce payement, qui devra être complètement effectué en 1875, etc. Seconde prorogation de l'armistice, jusqu'au 12 mars 1871, avec cette clause spéciale que 30 000 Allemands entreront à Paris le 1er mars 1871 et y séjourneront jusqu'à l'échange des ratifications du traité préliminaire.

Sources : S0234, p. 54. S2786, p. 45. S3477.

 

Lundi 20 mars 1871

 

Allemagne, armée : Création du 15e corps d’armée.

Alors que la guerre ne s’achevait officiellement le 10 mai 1871 avec le Traité de Francfort, l’ordonnance impériale A.K.O. du 20 mars 1871, instaure la création d’un nouveau corps d’armée, le XVème corps d’armée qui devait être stationné en Alsace-Lorraine reconquise. Les unités de ce nouveau corps d’armée allemand sont transférées au fur et à mesure dans les garnisons d’Alsace-Lorraine annexée. Le siège de l’état-major général appelé « General-Commando » est installé à Strasbourg, au 11 rue Brûlée. Le général von Fransecky, nommé le même jour en tant que commandant le 15e corps d’armée, est directement sous les ordres de l’Empereur d’Allemagne. Il résidait avec son cabinet militaire au numéro 13 de la rue Brûlé « Brandgasse 13 », l’actuel Palais du gouverneur. C’était un des personnages clef de la terre d’Empire « Reichsland » Alsace-Lorraine. Il commande non seulement les troupes mais également toute la zone de responsabilité de ce corps d’armée qui couvrait initialement une grande partie du territoire annexé de l’Alsace-Lorraine. Le corps d’armée lui-même, devient petit à petit le plus puissant corps d’armée allemande jusqu’à la création du 16e corps d’armée à Metz. Compte tenu de la proximité de la frontière française, les unités d’infanterie auront en permanence un effectif renforcé proche de l’effectif du temps de guerre. En temps de paix, le général commandant ce corps d’armée était donc un des acteurs incontournables de la place forte de Strasbourg. Il était notamment chargé de la répartition du budget annuel destiné à l’entretien des places fortes situées sur le territoire du corps.

Source : S0590, n°53 du 03/03/1871, p. 4.

Portait du General von Fransecky (1807-1890), commandant le 15. Armee-Korps, 15e corps d’armée allemand nouvellement créé. Source : S1011.

 

Mercredi 5 avril 1871

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Projet de construction de la ceinture extérieure de fortification.

La presse régionale nous livre cette information : « Nous apprenons au sujet des nouvelles fortifications de Strasbourg que la ligne de défense s’étendra à une distance de 7 000 pas autour des remparts actuels jusqu’au Rhin et comprendra Kehl, Mittelhausbergen, d’où la ville a été bombardée, deviendra un point principal, et un des plus grand fort y sera établi. Au nord les fortifications s’étendront jusqu’à Hœnheim, au sud jusqu’à Illkirch. Les pièces actuelles n’ayant guère d’effet à une distance de plus de 8 000 pas, mais pouvant être rarement placées plus près qu’à 2 à 3 000 pas des forts, il sera impossible de bombarder Strasbourg. Quelques îles du Rhin seront également fortifiées, de sorte que l’investissement même de cette place de guerre serait très difficile. La ligne avancée se composera d’une vingtaine de forts et d’ouvrages. Ce serait alors au camp retranché, une place de guerre qui ne pourrait être comparée qu’à la place de Metz ».

Source : S0215, n°41, 05/04/1871.

 

Vendredi 5 mai 1871

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : Mémoire du Feldmarechal von Moltke, chef de l’état-major général de l’empire d’Allemagne concernant les fortifications de Strasbourg et Neuf-Brisach.

« Ici il est nécessaire d’établir une série de forts détachés, et c’est seulement s’il n’y a pas trop de difficultés avec le terrain et la mise en place du rayon de fortification, on pourra éventuellement étudier la possibilité d’intégrer Neuf-Brisach dans les grandes places fortes ». Avec ce mémoire on aurait pu croire que la place de Neuf-Brisach est aussi importante que Strasbourg, mais ce ne sera pas le cas.

Dans ce mémoire Moltke opte à nouveau pour l’abandon de toutes les places fortes non indispensables pour transférer le maximum de forces à l’armée de campagne. Il souligne aussi, que d’après les enseignements tirés du dernier conflit, il est impératif de protéger les voies ferrées indispensables au ravitaillement de l’armée, par des places fortes, ce qui ne signifie pas qu’il faille construire des forts d’arrêts mais qu’il faut faire passer les lignes de chemin de fer par les grandes places fortes installées le long des cours d’eau, des places qu’il faudra agrandir en les dotant de forts détachés.

 

Mercredi 10 mai 1871

 

Allemagne-France : Conclusion du traité de paix à Francfort.

Conclusion du traité de paix définitif à Francfort-sur-le-Main, sur les bases consenties dans le traité préliminaire. L’Alsace (hormis Belfort), une partie de la Lorraine et deux cantons Vosgiens sont annexés à l’Empire allemand et la France doit verser 5,316 milliards de franc-or au titre des indemnités de guerre. Les troupes allemandes occupent 22 départements français, qui sont évacués au fur et à mesure du règlement de la dette de guerre. Le nouvel Empire allemand doit désormais intégrer les forteresses des territoires nouvellement annexés dans son système de défense.

Sources : S2786, p. 46. S3477, p. 10.

 

Jeudi 18 mai 1871

 

France, politique : L’Assemblée nationale ratifie le Traité de Francfort.

L'Assemblée nationale ratifie le traité de Francfort, déjà ratifié le 16 mai 1871 par l'empereur allemand. L'échange officiel des ratifications a lieu le 20 mai 1871 à Francfort.

Source : S2786, p. 46. S3477.

 

Jeudi 1er juin 1871

 

Allemagne, Berlin : Réunions du comte de Moltke avant son inspection des positions à fortifier en Alsace-Lorraine.

La presse régionale a publié cette information : « Dépêches télégraphiques. Berlin, 1er juin 1871. – Le chef du haut Etat-major de l’armée, comte de Moltke, avant son départ par Frankfort en Alsace-lorraine a eu plusieurs conférences avec le prince de Bismarck et le ministre d’Etat Delbruck. On résume que son voyage a pour but une inspection des positions à fortifier dans ces contrées ».

Source : S0215, n°66 du 02/06/1871.

 

Vendredi 2 juin 1871

 

Allemagne, Alsace-Lorraine places fortes : Inspections des futurs emplacements à fortifier.

Le chef du Haut Etat-major de l’armée impériale allemande, le comte de Moltke commence sa visite en Alsace pour déterminer les positions à fortifier. La source S0141 page 383 indique que le général Moltke serait venu à Strasbourg le 29 mai 1871 pour étudier la transformation de la place forte. Le jour de son arrivé il aurait eu un entretien avec l’adjoint Klein de la Commission municipale auquel il a demandé quels étaient les souhaits de la population dans la mesure du possible où l’on agrandi le tracé de l’enceinte urbaine. M. Klein a été autorisé par la Commission municipale de demander une extension de la place forte, en englobant les Contades et l’Orangerie, comme le projet du maire Schützenberger de 1848.

Lors de leur inspection en Alsace-Lorraine annexée, le Generalfeldmarschal Johann Ludwig Graf (comte) Moltke, chef de l’état-major général de l’armée impériale allemande et le général Georg von Kameke, chef du corps des ingénieurs militaires, rédigent un mémoire commun sur la place forte de Strasbourg dont voici quelques extraits : « […] Ce que Cologne est pour le Rhin inférieur, Strasbourg devrait le devenir pour le Rhin supérieur. La place renferme une ville prospère, elle gagne en importance particulière en tant que point de franchissement du Rhin et en tant que nœud routier et ferroviaire. Metz et Strasbourg seront lors d’une guerre contre la France, des places de rassemblement de notre armée et des points d’appui pour leurs opérations. » Ils prévoient également une extension ultérieure de l’enceinte urbaine.

Source : S0141, p. 383 ; S0599, p. 56-57.

 

Vendredi 9 juin 1871

 

Allemagne, Berlin : Vote de la loi d’Union du Reichsland au Reichstag.

Le 9 juin 1871 est voté la loi d’union de « Pays d’empire d’Alsace-Lorraine » (Reichsland) à l’Empire allemand par le Reichstag. Source : S3477, p. 10.

 

Lundi 26 juin 1871

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Expertise de la commission de défense du territoire sur les fortifications de Strasbourg.

La commission de défense du territoire « Landes-Verteidigungs-Kommission » du nouvel empire allemand a publié le 26 juin 1871 une expertise relative aux nouvelles fortifications de Strasbourg. Ce mémoire a été évoqué en 1935 par le commandant « Major » en retraite Grabau dans l’ouvrage « Das Festungsproblem in Deutschland ». Il avait trouvé cette information dans les anciennes archives à Berlin. Malheureusement nous n’avons pas connaissance du texte de cette expertise qui a entraîné la décision de l’empereur d’Allemagne de faire construire les nouvelles fortifications de Strasbourg.

Source : S0111, p. 146.

 

Octobre 1871

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Pose des jalons sur emplacements des futurs forts détachés.

Matérialisation de l’emplacement des forts par la mise en place de jalons et de perches en bois représentant le profil de chaque ouvrage. On installe également sur chaque emplacement deux tours en bois surmontée de drapeaux, destinées à matérialiser l’axe du futur ouvrage et de pouvoir les aligner par rapport au futurs ouvrages voisins.

Echafaudage sous la forme d’une petite tour quelquefois surmonté d’un drapeau qui permet de réaliser l’alignement des futurs forts détachés sur le terrain. Au sol on aperçoit également les jalons délimitant l’ouvrage sur le terrain et les premiers rails posés pour alimenter le futur chantier. Ce dessin de 1874 précise qu’il s’agit du fort détaché situé sur la rive droite du Rhin, dans le grand-duché de Bade, le Fort Neumühl, baptisé ensuite Fort Bose. Source : S2210, p. 332, collection MJR.

 

 

Sur la gravure représentant le chantier du Fort d’Oberhausbergen, on aperçoit bien les deux tours en bois, ressemblant à des miradors, surmontées chacune d’un drapeau. Ces tours avaient servi à l’alignement du fort par rapport à ses voisins. Gravure publiée par la presse française vers 1872.

 

Mercredi 18 octobre 1871

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Projet de construction de forts détachés.

Un journal local nous livre cette information : « Strasbourg, le 18 octobre 1871. La décision définitive vient d’être prise, au nord de la ville, près de Mundolsheim et de Hausbergen, entre la route et le chemin de fer sera érigé un grand fort, qui évitera un éventuel bombardement de la ville de ce côté. Des sondages du terrain sont effectués actuellement ; les travaux de constructions devraient commencer vraisemblablement au cours de l’hiver ».

Source : S0590, n°250 du 20/10/1871, p. 3.

 

05/11/1871

À la suite du mémoire du comte de Moltke, une ordonnance impériale demande la révision et la présentation d’un nouveau projet de défense du territoire du nouvel empire allemand.

 

Vendredi 17 novembre 1871

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Ordonnance impériale relative à l’agrandissement de Strasbourg en Alsace.

Ordonnance impériale « A.K.O. » du 17 novembre 1871 relative à l’agrandissement de la place forte de Strasbourg en Alsace : J’ordonne au ministère de la guerre, conformément à l’expertise de la commission de défense du territoire du 26 juin, de ceinturer la forteresse de Strasbourg de forts détachés de telle sorte que la ville soit à l’abri d’un bombardement, et de réaliser ces ouvrages le plus rapidement possible. Entre autres, il faudra également planifier et entreprendre bientôt une extension de la forteresse, au niveau du front Nord. Pour débloquer les fonds nécessaires à ces nouveaux ouvrages, le ministre de la guerre doit entrer en contact avec le chancelier d’Empire, à condition de financer l’agrandissement de la forteresse avec l’argent provenant de la vente des terrains de construction provenant des anciennes fortifications, mis à la disposition de la ville. Berlin, le 17 novembre 1871. Au ministère de la guerre. Wilhelm, Graf v. Roon.

Source initiale : Archive de l’Empire, section Berlin, Ministère de la Guerre, section ministérielle 1868-1872. V17.1.1910.

Sources : S0111, p. 146, S0234, p. 54-55 ; S0599, p. 56.

 

Samedi 30 décembre 1871

 

Allemagne, Strasbourg : Le président supérieur d’Alsace-Lorraine prend en compte les anciennes attributions du Conseil général et nomme de comité d’expropriation.

Précision importante concernant les futures expropriations pour la construction des fortifications en Alsace-Lorraine annexée.

Chroniques d’Alsace-Lorraine. Strasbourg, 16 janvier. La loi d’organisation administrative du 30 décembre 1871 (insérée dans le numéro 6 de la Strassburger Zeitung confère, par son dernier paragraphe, au président supérieur l’attribution importante de prendre provisoirement les dispositions nécessaires pour remplacer le Conseil général. En vertu de cette autorisation légale, M. le président supérieur désignera prochainement l’autorité qui, en remplacement du Conseil général (art. 29 de la loi d’expropriation du 3-6 mai 1841), dressera la liste dans laquelle les membres du jury d’expropriation devront être pris. Les procédures d’expropriation commencées, relatives à un certain nombre d’entreprises de chemin de fer, d’agrandissement de la ville et à d’autres entreprises d’utilité publique, pourront alors être poursuivies sans interruption par suite de la réorganisation légale de cette branche du service administratif.

Source : S3720, n°16 du 19/01/1872, p. 3.

 

1872

 

Samedi 20 janvier 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Recherche d’un lieu de stockage par un entrepreneur.

Journal Straßburger-Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß n°16 du samedi 20 janvier 1872 : « Recherche location d’un lieu de stockage près du canal et du chemin de fer. La location d’un lieu de stockage est recherchée à proximité de la voie de chemin de fer et du canal ». Nota : il s’agit de l’annonce d’un entrepreneur probablement en lien avec les futurs travaux de constructions des forts détachés de Strasbourg. Source : S0155, n°16, du 20/01/1872.

 

Samedi 27 janvier 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Un entrepreneur souhaite s’associer pour la construction des fortifications.

Straßburger Zeitung n°22 du samedi 27 janvier 1872 : « Un entrepreneur local de construction de fortifications souhaite dans le cadre de la participation à l’adjudication proposée par le service impérial des fortifications de s’associer avec des spécialistes du métier. Les offres à envoyer avec la mention M.A.R. au service expédition de ce journal, poste restante Straßburg. »

Source : S0155 n°22 du 27/01/1872.

 

Février 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Nouvelles directives pour réduire les coûts de construction des forts détachés.

L’inspection générale des fortifications allemandes donne des directives pour réduire le prix des forts : il s’agit de baisser les coûts de construction en réduisant l’effectif des garnisons, la dimension des locaux demandés et des capacités de stockage (par exemple réduction du stock de vivres à une durée de six semaines), pour les forts à fossé sec du remplacement du revêtement de l’escarpe par un mur détaché. En conséquence, en mars 1872, la 3e section du Comité des Ingénieurs demande que le coût de construction d’un grand fort détaché s’élève au maximum à 750 000 thalers au lieu des 1 million de thalers prévu initialement.

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : La municipalité est informée du projet des nouvelles fortifications.

En février 1872 le Conseil municipal de Strasbourg est officiellement informé que la place forte sera munie d’une ceinture de forts détachés qui a l’avenir empêchera tout bombardement de la ville et que le gouvernement de l’empire est chargé du projet d’agrandissement de la ville vers le front Nord.

 

Mardi 6 février 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Proposition commerciale de livraison de briques.

Straßburger Zeitung n°30 du mardi 6 février 1872 : « Livraison de briques. Nous cédons 3 à 6 millions de briques au format utilisé pour les fortifications pour un prix annuel compétitif. Faire parvenir les offres écrites à « Annonce Expédition de Rudolf Mosse à Strasbourg chiffre. »

Remarque : Rudolf Mosse est une agence qui diffuse les annonces publicitaires.

 

Mercredi 7 février 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Complément d’informations concernant l’adjudication de la construction des forts détachés II à VI.

Le service des fortifications de Strasbourg « kaiserliche Fortification » publie au sujet de l’adjudication des forts II à VI à Strasbourg un complément d’informations. Les matériaux doivent être récupérer à Phalsbourg et dans les carrières de l’administration militaire et font l’objet d’une adjudication particulière, à laquelle pourront participer les consortiums, qui ont gagné l’adjudication de construction des forts du 12 de ce mois. Nous informons ces derniers que la construction d’une voie de chemin de fer de liaison permettra de transporter ces matériaux jusqu’aux chantiers. Pour l’adjudication future de l’exploitation de l’arasement de la place forte de Phalsbourg et pour l’éventuelle installation du chemin de fer de ceinture, aucune restriction n’est imposée, à part la nécessité de fournir des attestations de bonne exécution des contrats précédents délivrés par les autorités aux entrepreneurs. Strasbourg, le 7 février 1872.

 

Vendredi 9 février 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Proposition commerciale de livraison de briques.

Straßburger Zeitung n°33 du vendredi 9 février 1872 : « Tuilerie / briqueterie de campagne « Feldbrand-Ziegelei ». Un maître doué dans la fabrication de briques offre toute quantité de briques avec ou sans livraison des matériaux au cours de cet été en fabrication sous le procédé de « Feldbrand ». Il entreprend aussi la seule cuisson des briques sous garantie. Les offres correspondantes sous B.H. poste restante à Eberfeld. »

Remarque : Source Internet. Le système de fabrication ancien appelé Feldbrand est une ancienne méthode de cuisson des briques qui est gourmande en charbon dont les briques ne sont pas cuites uniformément ; certaines sont trop cuites d’autres pas assez, ou recouvertes de détritus. Ultérieurement on emploi le système des fours ronds. Ce système nécessitait 500 kg de charbon pour 1 000 pierres.

Source : S0155 n°33 du 09/02/1872.

 

Samedi 10 février 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Publicité relative à la livraison de matériaux en fayence.

Straßburger Zeitung n°33 du mardi 10 février 1872 : Livraison de matériaux en fayence « Thonwaren » de toutes sortes ; comme des tuiles « Dachziegel » (tuiles d’Altkirch) ; puits, carrelages, tuyaux de cheminée et d’égout (en pure fayence « Thon »), illisible, briques en très bon matériaux, illisible, au prix usine. E. Deuster, Brandgasse 4. 509,2.2.

Remarque : Ce type d’annonces permet de faire le point sur les matériaux de construction disponibles pour les constructions de garnison et des nouvelles fortifications.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Proposition commerciale de livraison de briques.

Straßburger Zeitung n°33 du mardi 10 février 1872 : « Important pour les entrepreneurs. Une grande briqueterie des environs de Strasbourg est en mesure, au cours de l’année, de fabriquer des milliers de briques cuites au four de campagne « Feldofenbacksteine » dans une qualité de dureté à tous les formats. Les intéressés adresseront leurs demandes avec une indication de quantité et de dimension au plus tard jusqu’au 12 février 1872 à l’expédition de l’annonce de Rudolf Mosse à Strasbourg, sous la mention ab. W.F.B., et ils obtiendront plus de précision quant au prix et conditions de livraisons. »

Source : S0155 n°33 du 10/02/1872.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de la construction de 5 forts détachés.

Le journal Straßburger Zeitung n°20 du jeudi 25, n°21 du vendredi 26 et n°22 du samedi 27 janvier 1872 a publié cette adjudication relative à l’adjudication des travaux de construction des cinq premiers forts détachés de Strasbourg : « Le 12 février 1872 matin, à 10 heures, doivent être adjugés au bureau du service des fortifications « Bureau der Fortification » cinq grands forts sous le régime de « General-Entreprise » (consortium d’entreprises) aux entreprises proposant le meilleur prix.

Ces entreprises devront comprendre 3 à 4 maîtres maçons « Mauermeister » ou architectes « Baumeister », qui sont capables de déposer de bonnes attestations avant le 6 février 1872 à Strasbourg ; avec ces dernières il faudra prouver, que les intéressés ont déjà satisfait les autorités publiques lors de la construction de grandes fortifications ou de grands bâtiments publics. Pour l’adjudication, un minimum de trois participants de chaque consortium est suffisant, auquel il faudra ajouter un quatrième s’il s’agit d’un fort de classe 1 « Fort Erster Klasse » qui est adjugé. De grandes entreprises de travaux existant déjà, c’est-à-dire une société solide et bien organisée, qui s’allient à un bon maître maçon ou architecte « Maurer oder Bau-Meister », pourront également être candidates. Les conditions détaillées sont consultables au bureau local du service des fortifications, ainsi que la liste des prix, sur la base de laquelle tous les travaux ont été calculés. La fourniture de matériaux, les moellons et les pierres concassées, est assurée, et les entrepreneurs doivent prendre connaissance auparavant des conditions particulières, car cela aura une importance particulière sur les offres. De toute façon nous répondrons rapidement à toutes les questions.

Les offres doivent être proposées individuellement pour chaque fort, car un consortium comportant trois à quatre associés ne se verra adjugé qu’un seul fort. Une entreprise de construction qui aura entre six et huit associés peut se voir adjugé deux forts, si elle est la moins chère. Pour un grand fort, il faudra environ : 240 000 m3 de terrassement et 100 000 m3 de maçonnerie. Pour un fort de taille plus petite, il faut environ 2/3 du volume précédent. La construction doit être achevée dans un délai de deux à trois ans, y compris l’installation intérieure et les travaux annexes. Les offres doivent être déposées sous plis bien cacheté comportant la mention « Offerte für die Forts bei Strassburg », au plus tard avant 10 heures du matin du jour de l’adjudication ; les offres ne sont acceptées que si elles sont exprimées en pourcentage, celles qui surpasse le prix proposé ne sont pas validées. Strasbourg, le 22 janvier 1872. « Kaiserliche Fortifikation ».

Sources : S0155, n°20 du 25/01/1872, p. 4 ; n°21 du 26/01/1872, p. 4 ; n°22 du 27/01/1872, p. 4 ; n°33 du 09/02/1872, p. 4.

 

Mercredi 21 février 1872

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : Application de la loi relative aux restrictions à la propriété autour des forteresses.

Journal Straßburger Zeitung n°55 du mercredi 6 mars 1872 : Partie officielle. N°100. Loi du 21 février 1872, relative à l’introduction et à l’application en Alsace-Lorraine de la loi impériale du 21 décembre 1871, concernant les restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresses. Nous Wilhelm, Empereur d’Allemagne par la grâce de Dieu, Roi de Prusse, ordonnons pour l’Alsace-Lorraine, au nom de l’Empire allemand, après accord de la Diète « Bundesrath », ce qui suit : Le champ d’application de la loi impériale du 21 décembre 1871, concernant les restrictions à la propriété aux alentours des forteresses, sera étendue à l’Alsace-Lorraine à partir de sa date de publication. Signé et muni par du sceau impérial, à Berlin, le 21 février 1872. Wilhelm et Fürst von Bismarck. Voici le détail de cette loi :

Partie officielle. N°101. Loi relative aux restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresses. Nous Wilhelm, Empereur d’Allemagne par la grâce de Dieu, Roi de Prusse, ordonnons, Lorraine, au nom de l’Empire allemand, après accord de la Diète « Bundesrath », ce qui suit :

§1 Le droit de propriété, sis à proximité d’ouvrages de fortifications existants ou à construire, est soumis à des restrictions permanentes énoncées dans la présente loi.

§2 Après avoir constaté la nécessité de ces restrictions, le terrain situé au environs des fortifications est divisé en trois zones portant la dénomination suivante : « Erster, zweiter, dritter Rayon » (Premier, deuxième, troisième rayon). Dans les forteresses qui ont plusieurs lignes de fortification, le terrain, compris entre deux lignes de fortification, constitue une zone intermédiaire dénommée « Zwischenrayon ». Dans les places munies d’une citadelle, le terrain, frappé de servitude en avant des ouvrages des fronts de la ville, prend le nom “Esplanade” (esplanade).

§3 Les rayons des zones se mesurent à partir des angles saillants du chemin couvert de la crête de glacis, de la crête du talus de contrescarpe ou, en l’absence de fossé, de la ligne de feu des parapets ou du pied du mur crénelé.

§4 La première zone « Erster Rayon » embrasse : 1° dans toutes les places fortes et dans les forts détachés à construire, un espace de 600 mètres ; 2° dans les forteresses bâties le long d’un cours d’eau et dont la gorge est fortifiée, l’espace compris entre cette gorge et la berge.

§5 La deuxième zone « Zweiter Rayon » comprend le terrain sis entre la limite de la première zone et une ligne située à 375 mètres en avant. Les forts détachés n’ont pas de deuxième zone, mais le terrain, qui s’étend depuis la limite de la première zone jusqu’à une distance de 1 650 mètres, est soumis aux servitudes propres à la troisième zone « Dritter Rayon ».

§6 La troisième zone « Dritter Rayon » comprend, dans toutes les places fortes, le terrain situé au-delà de la limite de la deuxième zone et jusqu’à une distance de 1 275 mètres.

§7 Les zones intermédiaires « Zwischenrayon » se subdivisent en zones simples « Einfache » et zones rigoureuses « Strenge ». La zone rigoureuse embrasse le terrain situé entre l’enceinte intérieure et une ligne menée à 75 mètres en avant. La zone simple commence au-delà.

§8 Lors de l’établissement de nouvelles fortifications, les deux premières zones, les esplanades ou zones intermédiaires sont mesurées par le commandant de la place, avec le concours des agents de la police, en présence des autorités locales et des propriétaires. Les limites sont indiquées par des bornes.

A partir de ce moment, les terrains sont soumis aux servitudes indiquées dans la présente loi.

§9 Aussitôt après le mesurage des zones « Absteckung der Rayonlinie », le commandement doit établir un plan terrier « Rayonplan » et une matrice cadastrale « Rayon Kadaster » des zones. Le plan terrier donne la délimitation exacte des zones, la position et le numéro des bornes, ainsi que la nature et le genre d’exploitation des parcelles englobées. La matrice comprend :

1° Les noms des propriétaires des parcelles.

2° La description de l’état des lieux, la date de l’établissement des bâtisses et constructions situées dans les deux premières zones et dans les zones intermédiaires.

3° Des notes sur les droits des propriétaires à une indemnité en cas de démolition.

§10 Dans le cadre de la préparation du plan terrier « Rayonplan » et de la matrice cadastrale terrier « Rayoncataster », les autorités sont tenues de mettre gratuitement à la disposition du commandement, ou de lui fournir, contre récépissé, les cartes, plans, dessins, registres donnant les superficies, relevés des contributions, cadastres, et généralement tous les documents pouvant servir à l’établissement du plan terrier et de la matrice des zones.

§11 Le plan terrier et la matrice cadastrale des zones sont déposés, pendant six semaines, dans les communes, dont le territoire est en totalité ou en partie frappé de servitudes, pour y être consulté par les intéressés. L’autorité municipale informe le public, par voie ordinaire, de la date de la remise de ces deux pièces. Elle invite en même temps les propriétaires à produire leurs réclamations devant le maire de la commune dans les délais, on procédera à la rédaction définitive de la matrice cadastrale. Toutes les réclamations, qui ont été formulées en temps utile, sont, avec la date de leur remise, envoyées au commandement de la place, à l’expiration des six semaines. Le maire de la commune y joint un certificat attestant que le plan terrier et la matrice cadastrale ont été déposés en un lieu public, et que les publications légales ont été faites. Le commandant de la place examine les réclamations, et prononce sur la suite qu’il y a lieu de leur donner. Les intéressés ont, à dater du jour où notification leur a été faite de la décision prise par le commandant de la place, un délai de quatre semaines pour se pourvoir devant la commission des zones. Passé ce délai, ou après la décision de la commission des zones, le commandant de place prend un arrêté, fixant définitivement le plan terrier et la matrice cadastrale des zones. Communication de cet arrêté est donnée aux maires des communes, qui le font publier.

§12 Le commandant de place doit veiller à ce que le plan terrier et la matrice cadastrale soient toujours tenus à jour, et que l’on y indique toutes les mutations de propriétés comme toutes les modifications apportées aux bâtiments, à l’exploitation ou à l’affectation des parcelles.

§13 Dans toute l’étendue des zones, il est interdit (sauf dans les cas prévus par l’article 30), d’exécuter, sans l’autorisation du commandant de place, les travaux suivants :

1° Travaux modifiant d’une manière permanente la surface du terrain, tels que : ouverture et exploitation de fosses à sable ou à argile, de carrières de pierres à chaux ou de terres à bâtir, établissement de lieux de dépôt pour le ballast en dehors des emplacements spéciaux ;

2° Création et transformation de barrages, digues, fossés, travaux d’irrigation ou d’assèchement, et construction hydraulique de toute nature ; création ou transformation de chaussée, routes et voies ferrées ;

3° Plantation de grands parcs, de pépinières ou de bois ;

4° Erection et transformation de clochers et beffrois, tours et tourelles. L’autorisation ne peut être refusée quand les constructions ou modifications projetées n’ont pas pour effet de créer des couverts contre le feu rasant des ouvrages, sont sans influence sur les manœuvres d’eau de la place, sur les inondations, ou sur la profondeur des cours d’eau qui communiquent avec les fossés de la place, ou n’augmentent pas les vues qui pourraient exister dans l’intérieur des ouvrages.

§14 Dans la troisième zone, les projets de routes doivent être soumis à la commission des zones (art. 31) qui statue sur leur largeur et leur direction.

§15 Dans la deuxième zone : A. Sont prohibés d’une façon absolue :

1° Les constructions en pierre de bâtiments ou portions de bâtiments, à l’exception des foyers ou cheminées et des fondations ne s’élevant pas à plus de 0m30 au-dessus du sol ;

2° Les caves voûtées ou recouvertes d’un plancher en fer ;

3° L’établissement à demeure de fours à chaux ou à briques, ou de fourneaux d’usine de grande dimension.

B. Nécessitent une autorisation spéciale du commandant de la place.

1° La création de cimetière ;

2° L’érection de tumuli de plus de 0m50 de hauteur, de monuments en pierre ou en fer, dont la partie supérieure (c’est à dire qui est située à plus de 0m50 au-dessus du sol) a au plus 0m15 d`épaisseur de pierre ou 0m02 d’épaisseur de fer ;

3° La construction des bâtiments acquis ne sont pas prohibés par le § A.

L’autorisation du commandant de place ne peut être refusée du moment qu’on se conforme aux prescriptions suivantes :

a). Les bâtiments seront des constructions en bois ou des constructions en fer faciles à démolir de l’avis des autorités militaires, ou des pans de bois de 0m15 d’épaisseur au plus ; ces bâtiments pourront être couverts en ardoises et contenir des cheminées en pierre, en tant que ces cheminées ne tombent pas sous le coup des prohibitions énoncées ci-dessus. Les fondations ne devront pas s’élever à plus de 0m30 au-dessus du sol.

b). La hauteur des bâtiments sous faîte ne dépassera pas 13 mètres.

c). Les caves ne pourront être couvertes qu’avec des poutres de bois ou des planchers légers en fer, à entrevous et parquets.

4° La construction de cheminées d’usines.

L’autorisation ne pourra être refusée quand la hauteur ne dépassera pas 20 mètres.

§16 Dans les zones intermédiaires, on applique les prescriptions de l’art. 15, sauf les modifications suivantes : Au § A. Dans certaines circonstances particulières, on peut autoriser l’établissement de bâtissent et de locaux voûtés. Au § B. 3° b. La hauteur des bâtiments sous faite ne doit pas dépasser 8 mètres.

§17 Dans la première zone : A. Sont prohibées :

1° Toutes les constructions prohibées déjà dans la seconde zone ; Les fondations maçonnées ne doivent pas s’élever á plus de 0m15 au-dessus du sol.

2° Les maisons d’habitation de tout genre ;

3° Les constructions dans lesquelles entrent d’autres matériaux que le bois, à moins que ce ne soient des bâtis en fer dont la destruction soit regardée comme facile par les autorités militaires ; les caves, les foyers solidement fondés et reliés au sol ; les constructions de plus de 7 mètres de hauteur sous faîte ; les toitures employant d’autres matériaux que le bois, le chaume, le roseau, le carton-pierre, le feutre bitumé, le zinc et l’ardoise ;

4° L’installation de locomobiles à demeure dans une construction, ou en plein air, dans des conditions telles qu’elles ne puissent être immédiatement enlevées ;

5° Les monuments en pierre ou en fer qui auraient plus de 0m30 de largeur dans la portion qui se trouve placée à plus de 0m50 au-dessus du sol.

B. Ne peuvent être exécutés sans l’assentiment du commandement de place gouverneur :

1° L’établissement de cimetières ;

2° L’érection de tumuli funéraires de plus de 0m50 de hauteur, ou de monuments funéraires en pierre ou en fer ayant à leur sommet (c’est-à-dire à une hauteur au-dessus du sol supérieure à 0m50) plus de 0m15 d’épaisseur de pierre ou 0m02 d’épaisseur de fer ;

3° L’installation de moulins à vent en bois ;

Le gouverneur ne pourra pas refuser son assentiment quand ces moulins seront situés à 300 mètres ou à des distances plus grandes des ouvrages de la place.

4° Toutes les constructions qui ne sont pas frappées de prohibition : les foyers mobiles ; les clôture en bois ; les clôture en fer ; à condition que leur suppression ne présente pas de difficulté ; les puits.

Le gouverneur ne peut refuser son assentiment que lorsqu’il s’agit d’une habitation, qu’elle soit d’ailleurs. Toutefois, s’il lui est démontré que la présence d’un gardien est nécessaire sur une propriété, il ne pourra pas s’opposer à l’installation d’une hutte de gardien munie d’un poêle en fer transportable, étant donné que cette hutte n’aura pas plus de 20 mètres carrés de superficie, qu’elle ne sera pas reliée à d’autres constructions, et que le poêle sera muni d’un tuyau en tôle.

§18 Les constructions à élever dans les premières et deuxième zones intermédiaires simples sont soumises à des alignements sur les ouvrages de la place, à moins que ces constructions ne soient établies en bordure de chemins ou de routes existantes ; les alignements sur les ouvrages de la place, à moins que ces constructions ne soient établies en bordure de chemins publics ou de routes existantes ; les alignements sont donnés par le commandant de place.

§19 Dans l’intérieur des zones intermédiaires rigoureuses, toutes les bâtisses sont prohibées.

Sur les esplanades militaires, on n’autorise que celles pouvant, d’après les autorités militaires, servir la défense. Les haies sont interdites dans les zones intermédiaires rigoureuses aussi bien que sur les esplanades.

§20 Dans les premières et deuxièmes zones, ainsi que dans les zones intermédiaires simples, on ne peut pas établir, sans l’assentiment du commandant de place, des dépôts et chantiers pour empiler à l’air libre ou sous des hangars des matériaux destinés à l’industrie.

L’autorisation ne peut être refusée quand la distance de ces dépôts aux ouvrages de la place dépasse 225 mètres. La hauteur des dépôts est réglée ainsi qu’il suit :

a). Matières incombustibles, charbons de terre, anthracites, cokes et produits similaires ; dans la première zone, 1m50 ; dans la seconde et dans les zones intermédiaires simples, 2 mètres ;

b). Tourbes et mottes de tan, 3 mètres ;

c). Bois de construction et de chauffage ; dans la première zone 4 mètres, dans la seconde et dans les zones intermédiaires simples, 5 mètres.

Toute augmentation dans la hauteur des dépôts doit être autorisée par le commandant de place.

Dans les places situées sur des cours d’eau navigables ou flottables, et ayant une gorge fortifiée, on n’a pas besoin de demander l’assentiment du commandant de place pour établir des dépôts ou installations des bateaux, sur terrain compris entre la gorge et la berge. Toutefois, le commandant de place règle la distance à laquelle on doit se tenir de la gorge, et l’époque de l’évacuation des lieux.

§21 En ce qui concerne les modifications passagères apportées aux reliefs du terrain, les dépôts de matériaux pour la construction de bâtiments autorisés, l’utilisation du bord des fossés pour y déposer les terres provenant de leur curage, etc., il suffit dans la première et deuxième zone et dans les zones intermédiaires simples, d’en faire préalablement la déclaration au commandant de place. Celui-ci, toutefois, fixe l’époque à laquelle les lieux devront être remis en état. Pour l’établissement de tas de compost, l’autorisation du commandant de place est nécessaire.

§22 Les bâtiments ou autres établissements existants, qui ne sont pas déjà assujettis à la condition de disparaître par suite de vétusté ou d’être reconstruits d’une manière plus légère, doivent être conservés, sauf dans le cas spécifié à l’article 43, alors même qu’ils ne seraient pas conformes aux prescriptions de la présente loi. En cas de dégradation complète ou partielle, ils peuvent être reconstruits dans la forme et avec les matériaux primitifs, moyennant une déclaration préalable au commandant de place. Si les travaux de reconstruction ne doivent pas rester compris dans les limites indiquées ci-dessus, ils ne peuvent pas être exécutés sans l’approbation du commandant de place.

§23 La commission des zones décide quand et dans quelles limites il convient, par suite de circonstances locales, de restreindre l’étendue des zones ou d’introduire des adoucissements dans l’application des prescriptions légales.

§24 Les zones des fortifications existantes, spécialement celles des forts détachés actuels, qui ne sont pas conformes aux dispositions ci-dessus édictées, seront conservées telles quelles jusqu’à la reconstruction ou l’amélioration des ouvrages. Les esplanades existantes conserveront également leur étendue actuelle ; lors de la création d’une citadelle, la commission des zones déterminera, dans chaque cas, les limites de l’esplanade. Toutes les autres zones particulières, en ce moment existantes, telles que les zones des camps retranchés, des fortifications de ville, des retranchements intérieurs dans les places fortes ne subiront aucun changement.

§25 Dans les forteresses existantes, le soin de dresser le plan terrier et la matrice cadastrale est confié au commandant de place. Ces deux pièces devront être établies dans la forme prescrite aux articles 8-12, quand les zones subiront des modifications par suite de l’exécution de travaux neufs ou d’amélioration. Jusqu’à la fixation définitive de la matrice cadastrale, on continuera à faire signer des revers pour les constructions projetées.

§26 En ce qui concerne les travaux de premier établissement, ou de remaniement, pour lesquels, aux termes de l’article 13, l’assentiment du commandant de place est nécessaire, il faut, avant le début des travaux, envoyer une demande d’autorisation.

§27 Cette demande, accompagnée des dessins nécessaires en double expédition, est adressée au chef de la police locale. Celui-ci examine la demande, et, s’il n’y trouve pas d’illégalités, il la transmet au commandant de place. Celui-ci, prononce et renvoie au chef de police locale, pour qu’il les communique à l’intéressé, la décision qu’il a prise, et un des deux plans fournis avec les rectifications imposées par nécessités de la défense.

§28 L’autorisation, délivrée par le commandant de place, doit énoncer, d’une façon précise, les conditions spéciales à chaque cas particulier, auxquelles, conformément à cette présente loi, le propriétaire, ainsi que tous les locataires doivent se soumettre, ainsi que les constructions, les dépôts de matériaux, l’installation ou l’exploitation d’une industrie. Dans les cas où, d’après la loi, l’autorisation ne peut être refusée, il n’y a pas lieu d’imposer des conditions au postulant. Toute autorisation, dont il n’a pas été fait usage dans les deux ans, est périmée. Si l’autorisation est refusée, en tout ou en partie, on devra faire connaître les motifs du refus.

§29 En matière d’affaires de zones, on a quatre semaines pour en appeler à la commission des zones de la décision prise par le commandant de place. La commission des zones de la décision prise par le commandant de place. La commission des zones juge en dernier ressort. Les délais expirés, ou après arrêt de la commission de la zone, les décisions sont exécutoires. Dans le cas où le commandant de place met opposition à des travaux, on ne peut ni les commencer, ni les continuer tant que l’affaire est en seconde instance.

§30 Les projets de grands travaux (routes, digues, chemins de fer, etc.), à exécuter dans les zones des places fortes, sont discutés par une commission mixte, composée d’employés supérieurs du ministère de la guerre, et des diverses administrations compétentes ; les communes intéressées sont également représentées à cette commission par des délégués. Les procès-verbaux des conférences sont envoyés à la commission des zones « Reichs-Rayoncommission », qui, de concert avec les autorités administratives centrales, prend, ou provoque, au besoin, une décision.

§31 La commission des zones est une commission militaire permanente, nommée par l’Empereur, et dans laquelle sont représentés les Etats ayant des places fortes sur leur territoire.

§32 Les propriétaires qui construisent ou font construire un bâtiment, exécuter des réparations, installer des établissements sans avoir l’autorisation du commandant de place, ou sans se conformer sur le plan approuvé, sont punis d’une amende de 50 thalers. L’entrepreneur ou maître-ouvrier qui a dirigé les travaux est passible de la même peine. Quand le commandant de place juge que les travaux commencés ne peuvent être autorisés, le propriétaire est tenu de les démolir dans le délai fixé par l’autorité militaire ; sinon il est procédé à cette démolition, sur un ordre du commandant de place, par les soins de la police et aux frais du propriétaire. Le dépôt de l’appel arrête cette exécution, sous réserve des prescriptions de l’article 29. Tout propriétaire qui a négligé de faire les déclarations ordonnées par les articles 21, 22, est puni d’une amende allant jusqu’à 5 thalers.

§33 Pour exercer, dans l’étendue des zones, leur contrôle sur les constructions, établissement et exploitations de terrains, les commandants de place, les autorités de police et leurs agents ou délégués ont le droit de pénétrer, de 8 heures du matin à 4 heures du soir, dans toutes les propriétés privées ou publiques comprises dans ces zones. Les délégués du commandant de place sont les officiers du Génie de la place, les officiers de poste et les gardes des fortifications « Wallmeister ». Une fois par an, les commandants de place ou leurs délégués passent une inspection générale des constructions ou établissements compris dans les zones, avec le concours des agents de police et des autorités municipales.

§34 Des indemnités sont accordées par l’Etat, en compensation des restrictions apportées, par la présente loi, à l’exercice du droit de propriété dans l’intérieur des zones. Il n’y a pas lieu d’accorder d’indemnité :

1° Pour les servitudes de tout genre auxquelles la propriété, dans les anciennes zones des places existantes, était soumise, en vertu de la loi antérieure, et reste soumise d’après la présente loi ;

2° Pour les servitudes imposées aux immeubles qui sont propriétés de l’Empire ou d’un Etat fédéral, ainsi que pour celles qui frappent les cimetières ;

3° Pour la tolérance des bornes ;

4° Pour les servitudes de zones reposant sur des conventions particulières, lorsqu’il n’a pas été stipulé d’indemnité.

§35 L’indemnité est destinée à compenser la dépréciation subie par l’immeuble qui se trouve grevé de servitudes auxquelles il n’était pas soumis auparavant. Lors de l’appréciation de la valeur de l’immeuble, on ne doit pas tenir compte du temps qui s’est écoulé depuis l’avis officiel émané du chancelier de l’Empire, faisant connaître l’intention du gouvernement de fortifier la place, d’augmenter le réseau des fortifications existantes ou d’étendre les zones de servitudes. Si la parcelle frappée de servitude est liée à un autre immeuble appartenant au même propriétaire, de sorte que la restriction de jouissance qui grève cette parcelle puisse influer sur la valeur de l’immeuble, il est tenu compte, dans l’évaluation de l’indemnité, de la dépréciation subie par l’ensemble de la propriété.

§36 L’indemnité est accordée sous forme de rente ; cependant, dans le cas où la dépréciation atteint de la valeur primitive de l’immeuble, l’indemnité peut être servie soit en rente, soit en capital, au choix du propriétaire. Quand l’indemnité est servie sous forme de capital, elle comprend, outre la somme représentative de la dépréciation de l’immeuble, les intérêts à 50/0 de cette même somme, depuis le jour de la mesure des zones jusqu’à celui du paiement. Quand l’indemnité est servie sous forme de rente, la rente annuelle est de 60/0 de la somme représentative de la dépréciation, dont 50/0 sont considérés comme l’intérêt proprement dit. La rente est payée pendant 37 ans à dater du jour du mesurage des zones ; toutefois, elle est supprimée dès que la propriété cesse d’être grevée des servitudes propres aux deux premières zones ou aux zones intermédiaires. Cette rente est payée, par trimestre et à terme échu, à chaque propriétaire inscrit sur la matrice cadastrale sur les fonds de la caisse de la forteresse. Lorsque la rente est payée, par trimestre et à terme échu, à chaque propriétaire inscrit sur la matrice cadastrale sur les fonds de la caisse de la forteresse. Lorsque la rente annuelle est inférieure à 1 thaler, le propriétaire perçoit immédiatement le capital correspondant, soit 16 2/3 fois la valeur de la rente.

§37 Les prétentions des autres ayants-droits à l’indemnité, sont réglées par les lois du pays.

§38 Il n’est pas accordé d’indemnités pour les propriétés situées dans la troisième zone. Si, cependant, on refusait une autorisation dans les cas prévus par l’article 13, l’Etat devrait une indemnité. Pour la fixation de cette indemnité, on doit se reporter à l’époque où la demande a été adressée au commandant de la place. Les prescriptions énoncées aux articles 33 – 37 sont applicables dans le cas ; les intérêts de l’indemnité payés en capital, ou la rente, courent à partir du jour où le commandant de place a rejeté la demande.

§39 Les possesseurs d’immeubles frappés de servitudes doivent faire valoir, auprès du commandant de place, leurs droits à l’indemnité, dans un délai de six semaines, après l’établissement des zones.

Le commencement et la fin de ce délai sont notifiés en même temps que l’établissement des zones.

§40

Le commandant de place transmet les réclamations au chef de l’administration civile, qui nomme un commissaire. Le commissaire discute les droits à l’indemnité en présence du propriétaire et d’un délégué du commandant de place. Si les parties tombent d’accord, il rédige un contrat qui a l’autorité d’un jugement ou d’un acte notarié. Si les parties ne parviennent pas à s’entendre, le propriétaire peut, dans le cas où le droit à l’indemnité est contesté par le commandant de place, recourir à la voie des tribunaux. Si le différend porte, au contraire, sur le montant de cette indemnité, la question est réglée par expertise. Quand les parties ne peuvent s’entendre pour le choix d’un expert, elles en nomment chacun un et le commissaire en désigne un troisième.

Les experts sont tenus de motiver leur estimation et d’en certifier, par serment, l’exactitude, ou bien de produire une attestation constatant qu’ils ont prêté une fois pour toutes le serment professionnel.

Lorsque la dépréciation reconnue par l’expertise est assez considérable pour donner droit à une indemnité sous forme de capital, le propriétaire est tenu, à la requête du commissaire, de déclarer, dans un délai de quatre semaines, s’il désire toucher l’indemnité en capital ou en rente.

§41 Le commissaire transmet les pièces de l’affaire au chef de l’administration civile, en y joignant son avis personnel. L’administration, après examen des pièces, statue sur l’indemnité. On n’a égard à l’estimation des experts qu’à titre de renseignement. L’indemnitaire a un délai de quatre-vingt-dix jours, à partir de la notification de cette décision, pour se pourvoir devant les tribunaux. Durant le même délai, l’autorité militaire a le droit de provoquer l’expropriation de l’immeuble. Dans ce cas, le propriétaire peut exiger que cette expropriation s’étende à toutes les parties de l’immeuble pour lesquelles, par suite de la séparation de la partie comprise dans les zones, l’exploitation, sous la forme antérieure, se trouverait, au jugement des experts, ou entravée, ou totalement empêchée. La déclaration par laquelle l’autorité militaire notifie l’intention où elle est de faire usage de ce droit, interrompt le délai de quatre-vingt-dix jours et suspend le cours de l’instance judiciaire relative à l’indemnité. Il est procédé à l’exportation dans les formes ordinaires.

§42 Les actions intentées par les propriétaires, en vertu des art. 40 et 41, sont dirigées contre l’administration des finances « Reichsfiscus », représentée par le commandant de place. Le tribunal, dans le ressort duquel est situé l’immeuble, est compétent. Le tribunal apprécie, en toute liberté d’action, le résultat de l’enquête qui a été faite.

§43 Quand l’ordre est donné de procéder à la mise en état de défense d’une place forte, les propriétaires d’immeubles situés dans les zones, sont tenus de se conformer aux prescriptions émanant, soit par écrit, soit par voie de publication, du commandant de la place, en ce qui concerne la démolition des constructions de tous genres, l’enlèvement des matériaux, l’arrachement des plantations, la cessation des exploitations. Si les propriétaires n’ont pas obtempéré à ces prescriptions dans le délai fixé, l’administration a recours à des mesures coercitives pour les y contraindre.

§44 Quand le commandant d’une place mise en état de défense ordonne de débarrasser le terrain compris dans les zones, il fait établir, avant la démolition des bâtiments et autres établissements, l’enlèvement des plantations, etc., une description exacte de l’état des lieux ; cette opération est faite par l’autorité municipale assistée du propriétaire, d’un délégué du commandant de place et de deux experts. Le commandant de place délivre, ensuite, un certificat constatant les troubles apportés dans la jouissance de l’immeuble. Les procès-verbaux relatifs à cette opération sont transmis par l’autorité municipale à l’Administration supérieure ; copie en est laissée au commandant de place et au propriétaire. Les indemnités sont réglées aussitôt que possible, et au plus tard immédiatement après la levée de l’état de siège, conformément aux prescriptions de l’article 39. L’Etat donne une reconnaissance de l’indemnité à accorder ; cette reconnaissance porte l’intérêt à 50/0 à partir du premier jour du mois qui suit l’époque à laquelle ont été faites les démolitions jusqu’au jour du payement. Il n’y a pas lieu d’accorder d’indemnité :

1° Pour les bâtiments et établissements existants avant la promulgation de la présente loi et qui, en vertu des lois antérieures ou de conventions particulières, étaient assujettis à être démolis, sans indemnité, sur la réquisition du commandant de la place.

2° Pour les bâtiments et établissements qui, après la promulgation de la présente loi et après le mesurage des zones, ont été élevés :

a) Dans la première ou la deuxième zone, ou dans une zone intermédiaire d’une place forte nouvellement construite.

b) Sur un terrain qui, en raison des travaux d’amélioration ou d’agrandissement exécutés dans une place existante, se trouve grevé de servitudes plus rigoureuses. Les frais de la démolition des bâtiments ou établissements, mentionnés au §§1 et 2, sont supportés par les propriétaires. Ceux de la démolition des autres constructions sont à la charge de l’Etat.

§45

Toutes les instances, en matière d’affaires de zones, sont valables, quand elles sont formées suivant les prescriptions en vigueur pour les actions civiles.

Les procès-verbaux des agents assermentés de l’administration font foi comme ceux des officiers de justice.

§46 Tous les actes administratifs et requêtes relatifs aux affaires de zones sont gratuits et exempts de la formalité du timbre.

§47 Toutes les dispositions contraires à la présente loi sont abrogées. Les prescriptions nécessaires pour la mise à exécution de cette loi feront l’objet d’ordonnances spéciales.

 

Mars 1872

 

Allemagne, Strasbourg fortifications : Relevés de terrains sur la future ceinture de forts détachés.

Les gardes du génie « Wallmeister » effectuent des relevés de terrain pour dresser des plans détaillés des communes soumises aux servitudes du rayon des fortifications. Ces relevés concernent dans un premier temps les environs des futurs ouvrages de la ceinture des forts détachés de Strasbourg.

 

Vendredi 8 mars 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction des forts détachés.

Journal Straßburger Zeitung n°57 du vendredi 8 mars 1872 : Nouvelles locales et provinciales. Strasbourg. Les journaux extérieurs à la ville ont écrit : comme nous l’avions déjà annoncé, la construction des nouveaux forts va bientôt commencer. En liaison avec ce remodelage des fortifications, il y a l’agrandissement de la ville, qui sera mené en même temps que les projets de nouveau canal et d’installations de voies ferrées. Les plans de ces projets sont examinés en ce moment par l’administration municipale, et en général ils devraient obtenir une approbation unanime. Que ce projet prévu sur les plans prévoie de commencer par la construction des ouvrages de fortification dans un premier temps n’est pas surprenant ! Car c’est seulement lorsque les ouvrages de fortification chargés d’assurer la sécurité contre un bombardement de la ville seront achevés que l’on pourra démolir l’étroit corset de fortification qui enserre la ville. Les chantiers pour les cinq forts détachés les plus importants, c’est-à-dire ceux de Wolfisheim, Niederhausbergen, Oberhausbergen et Reichstett sont désormais prêt, d’ailleurs les adjudications pour la construction de ces ouvrages ont été attribuées le 12 février 1872. Au cours des années suivantes, l’adjudication des autres forts sera réalisée, on parle d’ailleurs que ce sont 12 forts qui seront érigés et ils seront reliés entre eux par une ligne de chemin de fer. Naturellement la réalisation de tels ouvrages va mobiliser d’énormes moyens : ce sera l’occasion de vérifier si la fameuse pingrerie allemande est toujours d’actualité “deutsche Sparsamkeit”. De temps en temps, ce système économique s’est avéré efficace, en arrivant à réaliser des ouvrages de fortification aux prix fixés sans surcoût. Les personnels concernés peuvent être fier de ce résultat alors que l’on avait préconisé le contraire. L’administration civile a projeté la construction d’un canal de Strasbourg à Lauterbourg ainsi que des travaux pour rendre le Rhin navigable en amont de Strasbourg, ce qui permettrait d’augmenter sa de défense et facilitera son agrandissement, et grâce à cette coopération la main dans la main que l’on a les meilleurs espoirs pour la sécurité et le développement de Strasbourg.

Source : S0155, n°57 du 08/03/1872, p. 3.

 

Mardi 19 mars 1872

 

Allemagne, Metz & Strasbourg place forte : Construction des forts détachés.

Journal : Straßburger Zeitung n°67 du mercredi 20 mars 1872 : Nouvelles locales et provinciales. Strasbourg, le 19 mars 1872. De la Lorraine allemande. La construction des forts de Strasbourg commencera bientôt à grande échelle, ceux de Metz –où il s’agit d’achever les travaux commencés par les Français en 1866 et 1867, et qui n’ont pas été achevés- sont menés avec vigueur depuis le début de l’année. Pour ce faire une idée sur le volume de ces travaux, les entrepreneurs qui ont reçu le droit d’exploiter des carrières de grès, font extraire chaque jour 100 charrettes de pierres de taille qui sont acheminées à partir des Vosges vers les chantiers avec le chemin de fer. De plus, on procède également à la reconstruction des maisons endommagées, alors qu’à Strasbourg, de nombreux bâtiments ne sont encore que des tas de gravats, mais peut-être que l’agrandissement de cette ville commencera bientôt. Mais également dans les autres villes, comme Mulhouse par exemple, où les chantiers de construction dureront de nombreuses années si bien que les salaires ont rapidement augmenté et sont d’ailleurs toujours à la hausse. Cependant rien n’a été décidé pour la construction de fortifications qui feraient le contrepoids face à Belfort, en revanche il semble que les matériaux qui seront utilisés à Strasbourg ne viendront pas seulement de Phalsbourg mais également de Sélestat.

Source : S0155, n°67 du 20/03/1872, p. 3.

 

Lundi 25 mars 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Réduction des projets de nouvelles fortifications.

Dans les directives de l'inspection générale royale du 21 février 1872, signées par général von Biehler, les restrictions demandées sont encore plus importantes, comme avec les fonds prévus il faut également financer la construction de la route de liaison entre les forts eux-mêmes et l'enceinte, ainsi que les lignes télégraphiques. Voici l’expertise n°62.4.72.AIII, du 25 mars 1872, établie par la 3e section du comité des ingénieurs « Ingenieur-Comité – Abtheilung 3 » relative à la réduction des projets de fortifications de Strasbourg pour les forts II à VI, du 15 janvier 1872 signé par le général von Biehler et Riebel. .

En tenant compte de ces nouvelles directives, les projets de construction doivent être revues à la baisse pour respecter les montants maximums suivants : pour un grand fort, de 550 000 à 560 000 thalers ; pour un petit fort, de 450 000 à 460 000 thalers.

Voici les directives particulières fixées par l'inspection générale et le département général de la guerre concernant les modifications à apporter au projet :

1). Réduction des effectifs de l'infanterie en tenant compte du fait que les personnels de l'artillerie de forteresse, qui sont équipés d'un fusil, peuvent également être employés pour une mission d'infanterie ;

2). Limitation par le service des fortifications des demandes de l'officier de la place, qui concernent la surface des locaux pour le stockage des réserves etc., de même que ceux de l'artillerie de forteresse et du service des fortifications ;

3). Réduction des capacités de stockage des magasins à poudre, et construction d'un seul laboratoire au lieu de deux prévus initialement ;

4). Remplacement du revêtement de l'escarpe par un mur d'escarpe détaché ;

5). Réductions éventuelles des locaux de stockage des vivres en prenant comme base de calcul une réserve de 6 semaines ;

6). Procéder à une modification structurelle du bâtiment en regroupant tous les locaux d'habitation en un corps de casemate à 2 étages au niveau de la gorge. A cela s'ajoute d'autres mesures que comme la réduction de l'effectif de l'infanterie.

A cela s’ajoute : Les locaux de l’artillerie et un grand magasin à poudres à ériger au niveau de la gorge, ainsi que des locaux de casernement pour les 100 hommes des batteries annexes.

On a essayé de réaliser un projet qui prend en compte toutes les directives précédemment citées, et qui respecte les limites de coût tout en gardant l’équipement normalisé de l’artillerie, mais ce fut un échec, même en abandonnant le revêtement de l’escarpe, bien que le maintien de celui-ci, au moins pour les forts les plus exposés, même en réduisant les personnels et l’armement, avait été tenu comme beaucoup plus avantageux. On avait même préconisé, puisque c’était nécessaire, de réduire le revêtement de l’escarpe de 7 à 6 mètres. Il ne restait donc pas d’autre solution que de réduire les dimensions du fort jusqu’à ce que l’on atteigne les limites fixées.

À la suite de cela, on a été contraint de réduire le nombre de pièces sur les parapets. Mais une réduction des équipes de pièces ne pouvait concerner que les servants de l’artillerie destinés aux parapets tout en tenant compte, conformément aux directives du département général de la guerre, la nécessité d’héberger un nombre important d’artilleurs des batteries annexes. Cependant, une réduction importante de l’infanterie est autorisée, c’est à dire à 400 hommes pour un grand fort et 300 hommes pour un petit fort.

Pour les autres propositions visant à baisser les coûts en réduisant les locaux de stockage, on ne peut pas les approuver. Des locaux suffisants pour un effectif conséquent pour stocker 6 semaines de vivres n’engendrent pas de coûts complémentaires. En revanche les grandes boulangeries du projet sont indispensables. En tenant compte des restrictions précédemment citées, la section fait la proposition suivante :

Les grands forts seront dotés de : 28 pièces d’artillerie pour les parapets : 16 de 15 cm et 12 de 12 cm ; 8 pièces d’artillerie pour le flanquement : des canons de 12 cm lisses ; 6 mortiers lourds : à voir en commission pour les mettre en position 2 « à disposition ».

Pour la mise en état de défense d’un grand fort : Equipe de pièce d’artillerie : 28 + 6 x 9 = 306 hommes.

Equipes de pièces d’artillerie : 8 x 6 = 48 hommes.

Artificiers : 12 hommes.

Pour les batteries annexes : 100 hommes.

Total : 466 hommes, soit un total arrondi pour l’artillerie de 500 hommes environs.

Pour l’infanterie : 400 hommes.

Soit un effectif total : 900 hommes.

Pour les officiers : 1 commandant du fort, 2 commandants de l’artillerie, 3 ingénieurs, 20 officiers subalternes en incluant le médecin et le trésorier.

Les petits forts seront dotés de 22 pièces d’artillerie pour les parapets : 14 pièces de 15 cm et 8 pièces de 12 cm ; 8 pièces pour le flanquement et 4 mortiers lourds.

Effectif pour l’artillerie : 400 hommes ; pour l’infanterie : 300 hommes ; soit un total de 700 hommes.

Effectif en officiers : 3 + 16.

Pour ce qui concerne les locaux habitables, il faut prendre en compte pour les grands forts comme pour les petits, l’installation sous le rempart principal des locaux pour les 100 hommes du piquet d’alerte, tout en tenant également compte du détachement journalier d’environ 80 à 100 hommes vers les locaux de flanquement, et la réalisation d’une capacité d’hébergement de temps de guerre de 800 ou 600 hommes au niveau du casernement de gorge à deux étages.

Le projet détaillé du fort V (actuel fort Frère) est répertorié sur les annexes A et B ci-jointe et comprend le schéma pour les autres forts. Les modifications particulières se porteront sur les différentes dimensions, sur le saillant et la longueur de la gorge.

En ce qui concerne les modifications a apporté par rapport au modèle initial, nous avons relevés :

« La gorge a reçu un tracé bastionné, parce que cela permet non seulement de réaliser des économies, mais également pour la disposition avantageuse au profit du tambour de gorge : en analogie au projet de Plappeville : mise en place de magasins à poudres et de locaux d’artillerie pour les batteries annexes ».

« La poterne d’entrée est, conformément aux directives du département général de la guerre, prolongée sous la traverse centrale jusqu’au corps de casemates du rempart ».

Le chemin des remparts est : contrairement aux directives antérieures, installé au niveau du socle des traverses-abris enracinées et les rampes d’accès pour les pièces sont adaptées sous la plupart des traverses-abri, notamment celles qui sont au-dessus de la poterne, et l’installation de cet étage intermédiaire de 2,50 m de haut permet un meilleur approvisionnement. »

« L’agencement du casernement de gorge est représenté sur l’annexe. »

« En tenant compte de la révision des coûts unitaires, les résultats suivants sont pris en comptes : pour un grand fort 555 000 Thalers et 460 000 Thalers pour un petit fort.

La construction des 11 forts nécessiteront un montant d’environ 5 500 000 Thalers. Pour le 12ème fort du côté de Kehl, qui paraît être indispensable, un budget particulier doit encore être mise en place.

Les limites hautes des coûts de construction ont été atteintes sans qu’il ne soit possible de projeter une construction permanente des galeries de mines, seules les galeries situées sur la contrescarpe, au niveau du saillant et des épaules seront financées. L’extension permanente des huit galeries de mines, c’est-à-dire de la galerie principale et des paires d’embranchement avant dont la construction a été jugée suffisante, coûterait 30 500 Thalers pour chaque fort.

L’avis exprimé est que le système de contreminage devait être réalisé au fur et à mesure, avec les budgets courants, et qu’il est souhaitable que l’on achète les terrains jusqu’au niveau des têtes de galeries.

Sur la feuille III du service des fortifications, sous le titre dispositions générales, sont présentés les emplacements des forts II à VI en tenant compte de l’état actuel du projet, ainsi que le tracé de la route de ceinture passant derrière les forts, et sur les plans de situation V – IX du service des fortifications sont représentées les projets généraux pour les forts et leurs dispositions, ainsi que les besoins en terrain.

Globalement voici les remarques concernant les ouvrages :

Fort VI actuel fort Kléber. Nous approuvons l’abandon du cavalier, puisque d’après les artilleurs, la présence de cet ouvrage très coûteux n’apporte aucune valeur ajoutée. La proposition du service des fortifications qui consiste à baisser la ligne de feux de la gorge à 2 mètres sous celle du saillant est approuvée : c’est-à-dire – 159 m et + 157 m.

Les batteries annexes, actuel fort Ducrot et fort Hoche. Pour la construction de manière permanente des batteries annexes, il ne restera plus que 1 000 000 Thalers, une somme qui à notre point de vue devrait suffire pour ériger les batteries les plus importantes. Tout d’abord, il est nécessaire d’installer au nord du promontoire des Hausbergen près de Mundolsheim, une puissante batterie autonome, une enquête locale plus détaillée permettra de décider si entre cette batterie et le fort IV, c’est-à-dire sur la petite croupe + 183,74 m, s’il est possible d’aménager sur le plus petit espace possible des emplacements de pièces d’artillerie, avec lesquelles on peut couvrir par le feu les pentes ouest entre le fort IV et la batterie près de Mundolsheim.

Finalement, sur le front des Hausbergen il faudra sans doute encore installer une troisième batterie en style permanent, c’est-à-dire sur la croupe située à 900 mètres en avant de la ligne de liaison entre les forts V et VI : + 171,2 m. La situation très isolée et la grande importance du grand intervalle entre les forts V et VI, voir la batterie, exigent de les mettre à l’abri d’un assaut et de les rendre autonome, ce qui n’est possible qu’avec des constructions permanentes, comme nous le proposons, et de munir les batteries planifiées avec au moins 6 tourelles à canon et la batterie située entre la batterie B et le fort V, avec 2 tourelles analogues à celles prévues pour la place de Metz. Le montant des coûts serait donc d’environ 600 000 à 700 000 Thalers, plus encore 300 000 Thalers pour 2 batteries annexes qui seraient disponibles pour les autres fronts. Signé von Biehler. Signé Riebel.

 

Mardi 2 avril 1872

 

Allemagne, Lutzelbourg : Augmentation du trafic sur le canal et projet de transporter les pierres des fortifications de Phalsbourg vers Strasbourg.

Journal Straßburger Zeitung n°82 du mardi 9 avril 1872 : Nouvelles locales et provinciales. Du canton de Lutzelbourg, 2 avril 1872. Le 30 mars 1872, un feu de forêt s’était déclaré dans la forêt communale de « Büst », mais il a été circonscrit dès le début par les habitants.

La circulation fluviale sur le canal est déjà très soutenue comme jamais, et cela risque encore d’augmenter puisque les pierres de taille prélevées lors de l’arasement des fortifications de Phalsbourg seront acheminées à Strasbourg pour servir de matériaux de construction pour la construction des nouveaux ouvrages de fortification.

En ce moment se déroule à Saverne, sous la direction de l’inspecteur des écoles Zanter, un stage de gymnastique, auquel participent de nombreux instituteurs de l’arrondissement.

Source : S0155, n°82 du 09/04/1872, p. 3.

 

Allemagne, Strasbourg fortifications : Liste des entrepreneurs a qui ont été adjugés les travaux de construction des 5 premiers forts détachés.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Les nouveaux travaux de fortification viennent d’être adjugés définitivement, à savoir : les forts de Niederhausbergen et de Souffelweyersheim à MM. Uringer et Comp., de Mayence ; ceux d’Oberhausbergen et Wolfisheim à MM. Pasdach et Comp., de Danzig ; et celui de Reichstett à M. Pathe.

Source : S3720, p. 2.

 

Allemagne, Strasbourg, place-forte : Déclaration de l’urgence de la construction des nouvelles fortifications dans le cadre de la procédure d’expropriation.

Ordonnance a été publiée par la Journal Straßburger Zeitung n°91 du vendredi 19 avril 1872 et le journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Pour permettre l’expropriation des terrains situés sur la rive gauche du Rhin, conformément aux lois françaises encore en vigueur, l’empereur Allemand Guillaume 1er signe une ordonnance autorisant les expropriations des terrains pour la construction des futurs forts détachés de Strasbourg sur la base de la loi sur les expropriations pour le bien public du 3 mai 1841 et de la loi sur l’expropriation et de la réquisition temporaire de bien privés dans le but de la construction urgente d’ouvrages de fortification du 30 mars 1831. Voici la traduction intégrale de ce texte : « Nous Wilhelm, Empereur d’Allemagne et Roi de Prusse par la grâce de Dieu, nous ordonnons pour l’Alsace-Lorraine au nom de l’Empire d’Allemagne, à la requête du Chancelier d’Empire et sur la base de la loi sur les expropriations pour le bien public du 3 mai 1841 (Bulletin des lois 9, série n°9285) et de la loi sur l’expropriation et de la réquisition temporaire de bien privés dans le but de la construction urgente d’ouvrages de fortification du 30 mars 1831 (Bulletin des lois 9, série n°98), ce qui suit : Conformément à l’intérêt public de la nécessité urgente d’agrandir les fortifications de Strasbourg, conformément au plan qui nous est présenté, les autorités chargées des travaux peuvent, par cette ordonnance, acquérir les parcelles de terrain nécessaires par des expropriations. Avec notre haute signature manuscrite et le cachet impérial ; A Berlin, le 11 avril 1872. Signé Wilhelm ». En foi de quoi nous avons signé de notre main et apposé le sceau impérial. Fait à Berlin, le 11 avril 1872. Guillaume. Pour le chancelier de l’empire, Delbrück. L’ordonnance ci-dessus est rendue publique par la présente. Strasbourg, le 17 avril 1872. Le président supérieur de l’Alsace-Lorraine. De Möller. »

Source : S0155 n°91 du 19/04/1872.

 

Vendredi 12 avril 1872

 

Allemagne, Metz place forte : Construction des forts détachés.

Journal Straßburger Zeitung n°90 du jeudi 18 avril 1872 : Metz, 12 avril 1872. Comme les ouvrages des fortifications locales ne seront pas achevées avant longtemps, et comme on a encore besoin de nombreux travailleurs, il n’est pas inintéressant pour la classe des ouvriers, surtout sur ces ouvrages avancés, d’avoir quelques renseignements sur les salaires. Un terrassier reçoit une rémunération de 7 à 8 sous de l’heure, un maçon 10 sous. Comme l’on travaille 12 heures par jour, le premier peut gagner entre 4 et 5 francs et le second 6 franc par jour. De plus, pour 1,13 francs par jour, ils sont nourris et logés.

Les ouvriers sont toujours admis sans limitation du nombre ; sur le fort de Queuleu travaillent environ 1 300 hommes, pas moins sur le fort Saint Julien, car comme sur ceci il faut encore ériger deux nouvelles casernes, on embauchera encore 300 maçons. Etant donné que ces travaux dureront encore quelques années, on peut forcément trouver un emploi pour une longue durée.

Remarque : 1 sous = une pièce de 5 centimes. 8 sous = 40 centimes de l’heure. Il s’agit certes des chantiers de fortification à Metz, mais il ne doit pas y avoir de grandes différences avec ceux de Strasbourg.

Source : S0155 n°90 du 18/04/1872.

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : Construction des forts détachés.

Journal Straßburger Zeitung n°85 du vendredi 12 avril 1872 : Annonce commerciale. Pour les chantiers locaux de construction des forts nous recherchons des brouettes et des rails usagés mais en bon état. Les offres avec les prix doivent être déposées à l’adresse suivante : Pathe, Jerschke, Schneider, General-Entrepreneurs für das Fort Reichstett, Strasbourg « Rothes Haus » (Hôtel de la Maison Rouge).

Source : S0155 n°85 du 12/04/1872.

 

Allemagne, Strasbourg, fortifications : Construction des nouvelles fortifications.

Journal Straßburger Zeitung n°86 du samedi 13 avril 1872 : Nouvelles locales et provinciales. Strasbourg le 12 avril 1872. De Strasbourg, d’après la « Spener’schen » à propos de la construction des ouvrages de fortifications” : La ville doit être munie d’une ceinture de 18 forts distants en moyenne d’environ d’une lieu « Meile » de l’enceinte de la ville. Dans un premier temps la construction de 5 forts au nord-ouest va être commencée, et l’exécution de ces travaux a été adjugée à plusieurs consortiums de maître maçons. La construction de ces 5 premiers forts doit être complètement achevée au 1er avril 1875. Les plans délivrés aux entrepreneurs sont assez succins, la réalisation des dessins de détail reste à leur charge, bien que les plans délivrés soient déjà de grande qualité. Ces consortiums commencent à présent à ériger sur les emplacements des futurs chantiers un certain nombre de logements et même des cantines pour les colonies de travailleurs d’une capacité d’environ 800 à 1 000 personnes. Ces derniers viendront essentiellement de l’ancienne Allemagne « Alt-Deutschland », puisque les Alsaciens ne veulent pas s’adonner librement à ces travaux. Seulement après l’achèvement de ces 5 forts que l’on commencera la construction des 13 autres, et là seulement, lorsqu’ils seront tous terminés, alors que le coût global est estimé entre 30 et 40 millions de Thaler, commencera la démolition des anciennes fortifications.

Remarque : L’emploi des Alsaciens-Lorrains sur les chantiers des nouvelles fortifications de Strasbourg n’était pas souhaité à cause de l’espionnage. Mais petit à petit, il s’avère nécessaire pour compléter les effectifs d’ouvriers étrangers et pour assurer les transports des matériaux avec des attelages locaux. Par ailleurs, ce sont finalement 14 forts détachés qui seront construits à Strasbourg et non 18.

Source : S0155, n°86 du 13/04/1872, p. 3.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction des nouvelles fortifications.

Journal Straßburger Zeitung n°87 du dimanche 14 avril 1872 : Nouvelles locales et provinciales. Du canton de Schiltigheim, par le Niederrheinische Kurier du 12 avril 1872 : « La construction des forts de Strasbourg n’a pas encore commencé et les terrains sur lesquels ils doivent être érigés ont été labourés et ensemencés comme d’habitude. Mais à causes de différentes raisons, on peut conclure que les travaux vont bientôt commencer. Le garde du génie « Wallmeister » qui est chargé de la surveillance des travaux des entrepreneurs, s’est installé à Mundolsheim avec sa famille. Il procède actuellement à dresser un plan détaillé des villages qui sont soumis aux servitudes du Rayon de fortification, et il a informé les propriétaires concernés qu’à l’avenir ils ne pouvaient plus ériger de constructions ni procéder à des réparations sur les constructions existantes sans en demander l’autorisation au service du génie.

La pose de jalons du tracé du chemin de fer de ceinture, qui doit relier les différents forts est terminé depuis quelques jours. Cette ligne qui dérivera de la ligne ouest au bas du fort de Mundolsheim, reliera le canal de la Marne au Rhin au canal de la Bruche, et elle servira au début au transport des nombreux matériaux de construction. Cette ligne aura une largeur de 16 mètres avec le fossé et sa clôture « Einfriedigung » ; elle coupera les belles terres au détriment des agriculteurs des environs de Souffelweyersheim, Mundolsheim, des trois Hausbergen et de Wolfisheim. En conséquence, les exigences des propriétaires ne cessent de croître. »

Source : S0155, n°87 du 14/04/1872, p. 3.

 

Mardi 16 avril 1872

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : Construction du Fort II, Fort de Reichstett.

Journal Straßburger Zeitung n°89 du mercredi 17 avril 1872 : « Strasbourg, 16 avril 1872. Comme nous venons de l’apprendre, la société chargée de la construction du fort de Reichstett a commencé l’extraction des pierres entre Saverne et Lutzelbourg, et elle va mener ces travaux à grande échelle. Cette même société a également entrepris avec la même vigueur l’arasement du bastion n°2 de Phalsbourg, si bien que cette fortification sera bientôt complètement démontée. » Le journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin n°91 du 18 avril 1872 a publié un article similaire.

Source : S0155 n°89 du 17/04/1872 ; S3720 n°91 du 18/04/1872.

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : Construction du Fort II, Fort de Reichstett.

Journal Straßburger Zeitung n°89 du mercredi 17 avril 1872 : « Strasbourg, 16 avril 1872. Comme nous venons de l’apprendre, la société chargée de la construction du fort de Reichstett a commencé l’extraction des pierres entre Saverne et Lutzelbourg, et elle va mener ces travaux à grande échelle. Cette même société a également entrepris avec la même vigueur l’arasement du bastion n°2 de Phalsbourg, si bien que cette fortification sera bientôt complètement démontée. » Le journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin n°91 du 18 avril 1872 a publié un article similaire.

Remarque : Les premiers travaux de construction des forts détachés commencent au niveau du Fort Reichstett. En effet ce fort est le plus proche du port de Souffelweyersheim où sont débarqués les matériaux transportés par le canal de la Marne-au-Rhin. Les autres chantiers commenceront au fur et à mesure de l’installation du chemin de fer de ceinture avec successivement le Fort III, Fort Mundolsheim, le Fort IV, Fort Niederhausbergen, puis le Fort V, Fort Oberhausbergen, le Fort VI, Fort Wolfisheim.

Source : S0155 n°89 du 17/04/1872 ; S3720 n°91 du 18/04/1872.

 

Mercredi 17 avril 1872.

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : Construction des forts détachés.

Journal Straßburger Zeitung n°89 du mercredi 17 avril 1872 : « Offre d’emploi. 1 000 maçons « Maurer » et tailleurs de pierres « Steinmetzen » trouvent immédiatement un emploi bien rémunéré pour trois et plusieurs années sur les carrières de grès « Sandsteinbrüchen » de Saverne et de Lutzelbourg pour la construction du Fort de Reichstett. Nous donnerons des lots des travaux de maçonnerie qui commenceront au début du mois de mai, ainsi que mes gigantesques travaux de terrassement, sous la forme de petits contrats de sous-traitance. Les entrepreneurs autorisés, qui souhaitent y participer avec un groupe de gens doués, auront de plus ample information auprès de la société de construction Pathe, Jerschke & Schneider à Strasbourg. »

Source : S0155 n°89 du 17/04/1872.

 

Mai 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Corrections apportées à l’emplacement des forts détachés.

En mai 1872 le général von Biehler aurait apporté des corrections au piquetage sur le terrain de l’implantation des forts n°II à VII.

 

Vendredi 3 mai 1872

 

Allemagne, Strasbourg et environs : Livraison de gravier.

Le journal Straßburger Zeitung n°103 du vendredi 3 mai 1872 et le journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin n°106 du 5 mai 1872 ont publié cette annonce relative à la livraison de gravier au profit de la construction du chemin de fer de ceinture destiné à alimenter les chantiers de constructions des futurs forts détachés de Strasbourg : « Gravier « Kies ». Pour la livraison d’une grande quantité de gravier à Wolfisheim, Reichstett et Holtzheim, nous recherchons des livreurs efficaces. Faites vos offres chiffrées, par mètre cube livré pour chaque site, et déposer les chez Becker & Rauchert, entrepreneur de construction « Bauunternehmer », Broglie n°8. »

Sources : S0155, n°103 du 03/05/1872, p. 2. S3720, n°106, p. 3.

 

Allemagne, Sélestat : Projet de démolition des fortifications.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin qui nous apporte des précisions sur le futur arasement des fortifications de Sélestat, dont une partie des pierres sera utilisée à partir de 1873 pour la construction des forts détachés de Strasbourg : « Schlestadt. La question de la démolition de notre forteresse semble entrer dans une phase nouvelle. M. le colonel du génie Schott est venu visiter notre ville dimanche dernier et a fait à l’administration municipale des propositions, qui d’ici à quelques jours devront être soumises aux délibérations du Conseil municipal. Il s’agirait, dans un délai de trois ans, de rendre la forteresse de Schlestadt impropre à être employée comme place de guerre ; ce résultat serait obtenu par l’enlèvement des cavaliers, des parapets jusqu’au niveau du terre-plein des remparts, et par des travaux analogues dans les ouvrages extérieurs. Les terres et les matériaux de démolition serviraient à combler les fossés, sans que cependant le nivellement de ces derniers soit nécessaire. Ces travaux seraient à la charge de la ville qui deviendrait propriétaire de tous les terrains formant actuellement le domaine militaire. Il y a lieu d’espérer que cette question aura bientôt une solution favorable aux intérêts de notre ville. (Nouvel Alsacien). »

Source : S3720, n°104, p. 3.

 

Vendredi 10 mai 1872

 

Allemagne, Metz place forte : Interdiction d’embaucher des étrangers sur les chantiers des fortifications.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Metz, 10 mai. Par ordre supérieur, il est enjoint aux entrepreneurs des travaux de fortification de Metz de ne plus engager des ouvriers de nationalité française et de renvoyer les ouvriers français et étrangers qu’ils occupent actuellement.

 

Mercredi 29 mai 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction du chemin de fer de ceinture.

Journal Straßburger Zeitung n°123 du mercredi 29 mai 1872 : Cherche travailleurs. 200 terrassiers et poseurs de rails, travailleurs consciencieux, qui trouveront un emploi pour une durée assez longue sur le chantier du chemin de fer de ceinture « Ringbahn », allant du canal de la Marne-au-Rhin « Marne Canal » à Souffelweyersheim, Mundolsheim, Oberhausbergen et Niederhausbergen, pour un très bon salaire. L’entrepreneur : Rauschert & Becker. 

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction du chemin de fer de ceinture.

Début de construction du chemin de fer de ceinture destiné à alimenter les chantiers de construction des forts de la rive gauche du Rhin. Ces travaux ont été adjugés aux entrepreneurs Rauschert & Becker. Cette ligne qui part du port de Souffelweyersheim sur le canal de la Marne au Rhin passe par Mundolsheim, Oberhausbergen et Niederhausbergen, et rejoint d’un côté au nord-est la rive gauche de l’Ill près du futur Fort I (Fort Fransecky) et au sud-ouest la berge du canal du Rhône-au-Rhin, près du chantier du Fort IX (Fort Werder) à Graffenstaden. La ligne est mise en service au fur et à mesure de l’avancement des travaux, en desservant dans un premier temps le fort II et le fort III, puis le forts IV, et enfin les forts V et VI.

 

Vendredi 31 mai 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Acquisition des terrains du chemin de fer de ceinture et des nouvelles fortifications.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin n°126 écrit un article relatif à l’acquisition des terrains du chemin de fer de ceinture et des nouvelles fortifications : « On nous écrit de Hausbergen : D’après des ordres récents, les terrains pour l’établissement du chemin de fer de ceinture ne seront pas pris provisoirement en possession, mais achetés définitivement, comme ceux des forts. Depuis quelques jours, les Commissions chargées des expropriations de terrains ont commencé leurs opérations. »

Source : S3720, n°126, p.23.

 

Jeudi 13 juin 1872

 

Le journal Straßburger Zeitung n°137 du vendredi 14 juin 1872 nous livre ces informations : « On vient de publier dans le journal Niederrheinische Courrier, sur Hausbergen : Depuis plusieurs jours les travaux du chemin de fer de ceinture ont commencé ; sur la colline on a commencé à creuser un puit pour le fort et à ériger des baraquements pour les ouvriers. Les terrains destinés au fort sont débarrassés de leurs récoltes. Les propriétaires espèrent être indemnisés bientôt, puisque à la suite de l’expropriation le nouveau propriétaire vient d’en prendre possession. »

Remarque : Cet article concerne à priori le chantier du futur Fort IV, Fort Niederhausbergen, ou éventuellement le Fort V, Fort Oberhausbergen, dont la construction est un peu plus tardive que le premier.

Source : S0155, n°137 du 14/06/1872, p. 3.

 

Samedi 15 juin 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Demande de permis de construire dans le rayon des fortifications.

Journal Straßburger Zeitung n°166 du jeudi 18 juillet 1872 : N°342. Communiqué. Comme ces derniers temps, les demandes de permis de construire « Baugesuche » au sein du rayon de fortification ont dû être renvoyés, parce que la destination de ces constructions était erronée, nous portons à la connaissance du public :

1) Chaque demande de permis de construire doit être rédigé sur un papier timbré à cinquante centimes, daté et signé par le propriétaire du bâtiment et non par l’entrepreneur.

2) Dans la demande de permis de construire, il faut présenter chaque partie qui doit être construite ; tout ce qui apparaît en dehors du dessin du bâtiment, et qui n’apparaît pas dans le texte, ne sera pas pris en compte dans le permis de construire.

3) A chaque demande il faut joindre un plan de situation d’où on peut voir la position de la construction par rapport aux ouvrages de fortification.

4) Les dessins joints à la demande de permis de construire doivent être joints en deux exemplaires.

Ces dessins doivent :

a) Pour les construction neuve et les ajouts de construction, comporter le plan, les coupes en longueur et en largeur ; pour la compréhension du plan les mesures doivent être indiquées.

b) Pour la modification des constructions, il suffit d’y adjoindre un simple croquis, qui indiquent avec les mesures la situation de la construction et modifications. Pour les réparations de la construction aucun dessin n’est exigé. En cas d’excavation, il faut ajouter un dessin en coupe qui donne le composé géologique. Tous les dessins doivent être signés par le propriétaire de la construction. Strasbourg, le 15 juin 1872. Polizei-Director Back.

 

Samedi 22 juin 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Visite du chef de l’inspecteur du génie.

Le journal Straßburger Zeitung n°145 du dimanche 23 juin 1872 nous livre cette information : « Strasbourg, le 22 juin 1872. Son excellence Monsieur le Generalleutnant Georg von Kameke, chef du corps des ingénieurs militaires est arrivé hier matin à 8h43 et est descendu à l’hôtel « Englischer Hof ». »

Source : S0155, n°145 du 23/06/1872.

 

Dimanche 23 juin 1872

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : Travaux des nouvelles fortifications.

Journal Straßburger Zeitung n°145 du dimanche 23 juin 1872, n°146 du mardi 24 juin 1872, n°148 du jeudi 27 juin 1872 : « Fort Reichstett près de Strasbourg. 500 terrassiers peuvent trouver immédiatement trouver un travail durable et rétribué par un bon salaire à la construction du fort à Reichstett. La société de construction Pathe & Comp. »

Source : S0155 n°145 du 23/06/1872.

 

27/06/1872

Le journal Straßburger Zeitung n°150 du samedi 29 juin 1872 nous livre cette information : « Le journal de Vienne Neue Freihe Presse écrit d’ici : « Des forts qui doivent transformer notre ville en place forte de 1er rang, depuis quelques temps les travaux de certains d’entre eux ont été pris à bras le corps, et plus précisément les deux, qui couronnent les Hausbergen, une croupe de terrain allongée fort imposante, situé environ sur la ligne entre Strasbourg et Saverne.

C’est seulement après l’achèvement des forts que l’on commencera l’extension de la ville qui est d’ailleurs fort attendue, une date surveillée par l’association de promotion de la construction « Bauverein » qui vient d’être créé. Cette association d’entre aide doit aider les familles dans l’acquisition des logements, en leur permettant de payer par fractions ces investissements. D’ailleurs, le manque de logements actuel sera bientôt résorbé, puisque dès cet automne on aura reconstruit la plupart des immeubles détruits lors du siège ». Remarque : A priori il ne s’agit là que des travaux préparatoires des deux chantiers, des Fort IV Fort Niederhausbergen et Fort V Fort Oberhausbergen.

Source : S0155, n°150 du 29/06/1872.

 

Lundi 1er juillet 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Travaux des nouvelles fortifications.

Journal Straßburger Zeitung n°152 du mardi 2 juillet 1872 : De l’Alsace le journal « Deutsche Presse » publié à Francfort a écrit sur les fortifications de Strasbourg : « Au Strasbourg, 1er juillet (1872). Au nord entre l’Ill et le Rhin l’enceinte de la ville, qui reliera à 3 kilomètres l’actuel front jusqu’au canal, sera avancée de telle façon, que les belles promenades entre la Robertsau et la place de la Robertsau seront incluses dans l’enceinte. C’est à cet endroit que l’on construira un port et canal, qui vient du Rhin et passe par Kehl, et permette un meilleur approvisionnement. A l’ouest, au-delà du front qui regarde vers la France, le côté qui nécessite naturellement une meilleure défense, la Prusse érige un vaste camp retranché « verschanztes Lager » qui peut accueillir une armée de 200 000 hommes, qui avec Strasbourg et cinq grands forts en forme d’étoile (sternformige Forts) qui seront érigés sur les points suivants, en commençant par le nord : le Fort Reichstett, à environ 8 kilomètres au nord-est de la nouvelle enceinte, qui contrôle face à l’ouest la route vers Lauterbourg et vers l’est le chemin de fer vers Paris et ultérieurement deux lignes de chemin de fer projetées dont l’une relie la ville et les forts et l’autre qui relie les forts entre eux. Plus au sud à environ 3 kilomètres de ce premier Fort Reichstett où se trouve d’une part la route vers Wissembourg, et d’autre la grande ligne de voies ferrées vers Paris, le Fort Souffelweyersheim, à un kilomètre au sud-ouest le Fort Niederhausbergen près de la grande route de Strasbourg à Bouxwiller et enfin, les ouvrages d’Oberhausbergen et de Wolfisheim qui commandent la route allant à Saverne, Paris et le canal de la Bruche. Les emplacements de ces cinq forts ont été astucieusement choisis. Tous dominent le terrain dans la plaine de Strasbourg, qui est située à une hauteur de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le Fort Reichstett est à une hauteur de 150 mètres, celui de Souffelweyersheim a une hauteur identique, ceux de Niederhausbergen et d’Oberhausbergen respectivement à 191 et 173 mètres, et enfin celui de Wolfisheim à 160 m au-dessus du niveau de la mer. Le premier, situé au nord du camp retranché, s’appuie sur les marais de la Souffel, et le cinquième au sud, sur les bras confluents de l’Ill. Sur le Rhin, en passant par Kehl, il est toujours possible d’amener de l’aide de toute sorte en provenance d’Allemagne ».

Remarque : Il n’y aura pas de fort au tracé en étoile à Strasbourg.

Source : S0155 n°152 du 02/07/1872.

 

Mercredi 3 juillet 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction des nouvelles fortifications de Strasbourg.

Le journal français Le Temps du 3 juillet 1872 a publié l’article suivant : « Un correspondant strasbourgeois de la Presse allemande de Francfort donne à ce journal des détails sur les nouvelles fortifications de Strasbourg ; ces renseignements sont reproduits par la Gazette de Strasbourg. Du côté de la France on construira un vaste camp retranché pouvant contenir 200 000 hommes et relié la ville par cinq forts ; le fort de Reichstett, à 8 kilomètres au nord de la nouvelle enceinte ; le fort de Souffelweyersheim (habituellement dénommé Fort Mundolsheim) ; le fort de Niederhausbergen ; celui de Oberhausbergen et celui de Wolfisheim. Le fort de Reichstett dominera la route de Lauterbourg et le chemin de fer de Paris ; celui de Souffelweyersheim dominera également cette dernière ligne ; celui de Niederhausbergen, la route de Bouxwiller ; les deux autres forts, la route de Saverne et le canal de la Bruche. »

Source : S0568.

 

Allemagne, Phalsbourg fortifications : Travaux de démolition des anciennes fortifications.

Journal Straßburger Zeitung n°160 du jeudi 11 juillet 1872 : « Metz, le 5 juillet 1872. Nous avons lu dans le journal Deutsche Allgemeine Zeitung : Lors d’une de mes récentes excursion à Phalsbourg j’ai pu constater l’avancement des travaux d’arasement de la place forte. Les murs hauts de 40 pieds sont pratiquement entièrement démolis et les gravats de ces derniers comblent les fossés sur une hauteur de 3 à 4 pieds. Le transport des pierres nécessaires aux autres travaux de fortification entraînera encore plus d’efforts et de frais que les travaux de démolition. Etant donné que l’installation d’une voie de chemin de fer est projetée entre Phalsbourg et Lutzelbourg et que le transport des pierres en voiture par-dessus la montagne est impossible, elles resteront sur place en attendant la construction de cette ligne. Les 41 maisons situées à l’intérieur de la ville qui ont été détruites par les bombardements ou par le feu, ont été, à part deux d’entre elles, toutes reconstruites et sont plus belles qu’avant ; en réalité la ville ne perd rien à l’arasement de ces ouvrages de fortification et à l’avenir elle n’est plus menacée par un bombardement. Phalsbourg doit recevoir une forte garnison, qui pourra être largement hébergée dans ces belles et grandes casernes. »

Source : S0155 n°160 du 11/07/1872.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Travaux des nouvelles fortifications.

Journal Straßburger Zeitung n°158 du mardi 9 juillet 1872 : Mundolsheim, 5 juillet 1872. A propos du Fort de Mundolsheim, le journal Niederrheinische Zeitung a publié les informations suivantes : Cet après-midi s’est déroulé une petite fête à l’endroit où le fort doit être érigé. Les officiers du génie de Strasbourg, en compagnie de leurs épouses et de différents civils, ont participé à la cérémonie de pose de la première pierre du fort. C’est pour cette raison que l’entrepreneur Uffinger c’est servi d’une truelle et d’un marteau en argent, que son père et son grand-père utilisaient déjà pour ce genre d’occasions.

Après la pose de la première pierre vint le tour des vins, des toasts et des trois coups de marteau que chacun des participants à la cérémonie frappe sur la pierre. Les 300 ouvriers reçoivent un bon pour un litre de bière chacun. Cette cérémonie d’inauguration simple et exceptionnelle sera suivie d’une grande fête organisée à l’occasion de la pose de la première pierre du fort d’Oberhausbergen.

Comme on dit : La garnison de Strasbourg doit exécuter diverses manœuvres si bien que le tonnerre des canons remplacera le silence légèrement troublé par le crissement des charrues qui règnent encore sur ces hauteurs.

Les travaux du Fort de Mundolsheim sont menés avec vigueur. Plusieurs galeries de mines profondes ont déjà été installées ; une route pavée de moellons reposant sur un lit de gravier relie le fort à la route de Brumath. Le chemin de fer de ceinture est déjà en service entre le canal près de Reichstett et Niederhausbergen. Les énormes masses de matériaux qui arrivent chaque jour par le canal à Reichstett sont facilement et très rapidement amenés à l’intérieur du fort.

 

Jeudi 11 juillet 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Travaux des nouvelles fortifications.

Journal Straßburger Zeitung n°161 du vendredi 12 juillet 1872 : Strasbourg, 11 juillet 1872. On lit dans le journal Frankfurter Zeitung : « Au « Reichsland » (Terre d’Empire) on entreprend de grands travaux publics, on accélère l’installation des voies de chemin de fer tout comme les autres voies de communication, grâce auxquels le pays est déjà plus riche que la plupart des autres provinces allemandes, au niveau des installations déjà achevées ou celles qui sont projetées. La fortification à grande échelle de la capitale de la Terre d’Empire est menée rondement et nécessite des sommes colossales pour réaliser une place d’armes qui lorsqu’elle sera achevée n’aura pas d’égal au monde. Elle est prévue pour une population de plus de 300 000 habitants, entourée par 16 forts détachés, qui sera également un camp retranché capable d’accueillir une armée forte de 200 000 hommes. Avec deux nouvelles gares, dont une gare centrale, une liaison par bateau à vapeur avec Mannheim et Rotterdam, sur le canal projeté du Rhin au Neckar ou sur le Rhin rectifié, Strasbourg voit son avenir avec confiance. »

Source : S0155 n°161 du 12/07/1872.

 

Vendredi 12 juillet 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Proposition d’outillages pour terrassiers.

Journal Straßburger Zeitung n°161 du vendredi 12 juillet 1872 : « Annonce commerciale. S’il vous plaît, à bien prendre en compte ! Pour les terrassiers, des griffes type « Kreuzhaken », des soi-disant pics « Pickel » complet sont disponibles. G. Hollaender, Kleberplatz Nr. 3. »

Source : S0155 n°161 du 12/07/1872.

 

Lundi 15 juillet 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Modalités pour construire dans les rayons de forteresse.

Journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin du vendredi 19 juillet 1872 : Des demandes d’autorisation de construction dans les rayons de forteresse ayant dû être fréquemment renvoyées parce qu’elles ne répondaient pas, quant à la forme, aux prescriptions existantes. Ces dernières sont, par le présent avis, portées à la connaissance du public dans l’intérêt de ceux qui veulent élever des constructions :

1° Chaque demande doit être écrite sur une feuille de papier timbrée de 50 centimes, porter la date et la signature du propriétaire et non de l’entrepreneur du bâtiment.

2e La demande doit contenir les détails des constructions ou reconstructions à exécuter ; les parties d’un dessin, qui ne sont pas appuyée d’une demande spéciale, sont toujours regardées comme non approuvée.

3° Chaque demande doit être accompagnée d’un plan constatant la situation de la place à sur bâtir, eu égard aux fortifications.

4e Les dessins à joindre à la demande doivent toujours être fournis en deux exemplaires. Ces dessins doivent contenir :

a) Pour les constructions nouvelles et les reconstructions, le plan, la coupe en long et en large, ainsi que l’élévation ; pour l’intelligence du projet, les métrages doivent être indiqués ;

b) Pour les changements de construction, une simple esquisse suffit, qui indiquera, outre les métrages, la situation et les dimensions du changement projeté. Pour les réparations, un dessin n’est pas exigible ; il suffit d’indiquer l’étendue des travaux de réparation. En cas de travaux de creusement, la présentation d’un dessin indiquant la coupe géologique est nécessaire. Tous les dossiers sans distinction doivent paraphés par le propriétaire.

5e Toutes les demandes d’autorisation de constructions dans les rayons de la forteresse sont à adresser à la direction de la police, rue Brûlée, 2.

Strasbourg, le 15 juillet 1872. Le directeur de la police, Back.

Source : S3720 du 19/07/1872.

 

Jeudi 18 juillet 1872

 

Allemagne, Strasbourg : Projet de construction d’une ceinture de forts détachés.

Le journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin du vendredi 19 juillet 1872 nous apporte les précisions suivantes : « Strasbourg, le 18 juillet. J’ai lu dans votre estimable feuille des détails inexacts sur les travaux de fortification. Je vous communique par conséquent de source compétente, qu’à la vérité on ne construit en ce moment que cinq forts, parce qu’on n’a pas pu les commencer tous à la fois, les matériaux et les ouvriers manquant, mais qu’on élèvera en tout 12 forts, qui, pendant leur construction, seront reliés entre eux par des chemins de fer, qu’on supprimera dès que les forts seront achevés, par ce que, le cas échéant, ils ne feraient que gêner la défense. Si votre correspondant avait dit que 12 forts seront reliés par un réseau télégraphique, il eût été plus près de la vérité. Tout aussi peu il est question d’un camp retranché de 200 000 hommes, car dans les cercles compétents on n’a pas encore pris la moindre décision à ce sujet. » Remarque : en réalité ce sont 14 forts détachés qui seront érigés autour de Strasbourg.

Source : S3720, n°168 du 19/07/1872, p. 3.

 

Lundi 22 juillet 1872

 

Allemagne, Phalsbourg place forte : fortifications Travaux de démolition.

Journal : Straßburger Zeitung n°173 du vendredi 26 juillet 1872 : « Strasbourg, 22 juillet 1872. L’arasement de la place forte solide comme un roc de Phalsbourg est pour l’essentiel pratiquement achevé, bien qu’il faille compter encore quelques mois pour achever ce qui a été commencé. Ces travaux ont entraîné une pénurie d’eau dans la place, puisque la population de cette petite place enclavée était déjà obligée de chercher péniblement de l’eau à l’extérieur à cette période de l’année. Deux bataillons de « Braunschweiger » sont encore en garnison dans la ville. La population se montre très réticente à leur départ.

On peut encore signaler qu’une importante partie des maçonneries des fortifications qui ont été arasées, ont été transportées vers le canal près de Lutzelbourg à l’aide d’une voie ferrée spéciale et chargée dans les péniches pour être transporté à Strasbourg, où elle sera employée pour la construction des nouveaux forts extérieurs. Les bâtiments de Phalsbourg endommagés lors du bombardement sont systématiquement remplacés par de nouvelles constructions. »

Source : S0155 n°173 du 26/02/1872.

 

Vendredi 26 juillet 1872

 

Allemagne, Phalsbourg : Récupération des pierres de taille.

Le journal Straßburger Zeitung n°173 du vendredi 26 juillet 1872 nous livre cet article sur les travaux de fortification : « Des travaux encore plus importants sont menés actuellement à Strasbourg, et à Phalsbourg sont entreposées d’énormes masses de pierres provenant des fortifications locales, et qui n’attendent que le transport pour être employées aux travaux de construction. Depuis peu de temps, on a également érigé ici une nouvelle briqueterie – tuilerie et elle est d’ailleurs déjà en fonction, si bien que cet établissement est déjà en mesure de livrer les briques nécessaires à ces travaux. »

Source : S0155, n°173 du 26/07/1872, p. 3.

 

Samedi 27 juillet 1872

 

Allemagne, Phalsbourg place forte : Pose d’une voie ferrée provisoire pour le transport des pierres.

Journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin du mardi 30 juillet 1872 : « Phalsbourg, 27 juillet. Le chemin de fer à Lützelbourg. Au commencement du mois d’août des rails seront posés sur la nouvelle route presque achevée de Lützelbourg à Phalsbourg. Ainsi s’évanouit l’espoir de nos habitants ainsi que des carrières de pierres voisines, de pouvoir bientôt profiter de cette nouvelle voie à pentes douces. La voie ferrée servira au transport des pierres provenant de la démolition des ouvrages de fortification au canal de la Marne-au-Rhin, et même pour la descente, les voitures seront trainées par des locomobiles. »

Source : S3720 du 30/07/1872.

 

Allemagne, Phalsbourg place forte : Transport des pierres de taille vers le canal de la Marne au Rhin.

Un article similaire du journal Straßburger Zeitung n°177 du mercredi 31 juillet 1872 nous informe également sur ce sujet : « Phalsbourg, 27 juillet 1872. Au début du mois d’août on installera sur le « Steinbahn », la pratiquement toute nouvelle route du district de Lutzelbourg à Phalsbourg, une voie étroite pour wagonnets « Rollbahn ». Avec cela les habitants et les propriétaires de carrières voisines ont fondé l’espoir de pouvoir bientôt l’utiliser, sur ce nouveau chemin à très faible pente descendante. Ce voie étroite « Rollbahn » doit être utilisée pour assurer le transport des pierres issues de la démolition des ouvrages de fortification de notre ville jusqu’au canal de la Marne-au-Rhin « Rhein-Marnekanal », et les wagonnets qui descendront tout seuls jusqu’à la vallée, remonteront avec des locomobiles. La durée des transports et avec cela l’activité de cette voie étroite a été fixée à 6 mois, peut-être que cette voie provisoire serait remplacée par une voie définitive, si les besoins de l’industrie locale s’avéraient suffisant, pour que l’installation soit rentable. » 

Source : S0155, n°177 du 31/07/1872, p. 3.

 

Dimanche 28 juillet 1872

 

Allemagne, Phalsbourg place forte : Démolition des fortifications et transfert des matériaux à Strasbourg.

Le journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin du dimanche 28 juillet 1872 : « Phalsbourg, 25 juillet. Les ouvrages en maçonnerie de cinq bastions sur les six qui forment les fortifications de Phalsbourg ont été démolis et les pierres gisent dans les fossés. Elles sont destinées aux forts de Strasbourg. On évalue à 30 000 mètres cubes les pierres de taille des six bastions ; le mètre cube pesant 50 quintaux, ma masse totale se monte à 500 000 quintaux. La ville étant éloignée de 3 kilomètres de Lützelbourg, la station la plus proche du chemin de fer, on a jugé nécessaire de construire un chemin de fer spécial d’ici à Lützelbourg pour le transport de cette masse énorme de pierres et on se servira à cet effet de la nouvelle chaussée commencée au printemps de cette année et qui est déjà terminée. Le service sera inauguré le 1er août et le 1er février la chaussée sera livrée définitivement à la circulation du public ; par conséquent le transport des pierres aura cessé à cette époque. Les fossés comblés au moyen des remparts et la place qu’on gagnera sera convertie en jardins. Cet emplacement sera mis à la disposition des habitants de la ville qui pourront le louer ou l’acheter à certaines conditions. En attendant, ces fortifications démantelées offrent un triste aspect et plus d’un Phalsbourgeois sent son cœur se briser dans sa poitrine, bien que l’avantage soit pour nous ».

Source : S3720 du 28/07/1872.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Faits divers sur les chantiers de construction des forts.

Le journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin du mercredi 31 juillet 1872 : « Niederhausbergen, 28 juillet. L’autre jour déjà un ouvrier travaillant au fort de Reichstett succomba à un coup de soleil. Hier un ouvrier du fort de Mundolsheim eut le même sort, et aujourd’hui même un ouvrier du fort de Niederhausbergen a dû être transporté chez lui dans un état désespéré. »

Source : S3720 du 31/07/1872.

 

Mardi 30 juillet 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Embauche de maçons pour les forts de Wolfisheim et Oberhausbergen.

Journal Straßburger Zeitung n°176 du mardi 30 juillet 1872 : Les maçons compétents trouveront un emploi bien rémunéré sur les forts de Wolfisheim et d’Oberhausbergen, près de Strasbourg. Se présenter soit aux forts soit chez August Pasdach & Comp. à Strasbourg, Goldgiessen Nr. 3.

Source : S0155, n°176 du 30/07/1872, p. 4.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Briques pour les forts V et VI.

Journal Straßburger Zeitung n°176 du mardi 30 juillet 1872 ; n°177 du mercredi 31 juillet 1872 ; n°178 du jeudi 1er août 1872 ; n°179 du vendredi 2 août 1872 ; n°180 du samedi 3 août 1872 ; n°182 du mardi 6 août 1872 : Briques « Backsteine » de dimensions règlementaires de 25 x 12 x 6 ½ peuvent être livrés tous les jours aux forts de Wolfisheim et d’Oberhausbergen.

Sources : S0155 : n°176 du 30/07/1872, p. 4 ; n°177 du 31/07/1872, p. 4 ; n°178 du 01/08/1872, p. 4 ; n°179 du 02/08/1872, p. 4 ; n°180 du 03/08/1872 ; n°182 du 06/08/1872, p. 4.

 

Construction du gros œuvre du Fort Fürst Bismarck

 

1872 – 1875

Dates officielles de construction.

Source : S0111.

 

08/1872 – 08/1874

Dates affinées de construction du gros œuvre d’après les renseignements disponibles.

 

02/08/1872

Strasbourg : Accès aux chantiers des forts détachés est strictement interdit.

Le journal Straßburger Zeitung n°179 du vendredi 2 août 1872 a publié ce communiqué interdisant l’accès sur les chantiers des forts détachés : « Il est interdit à toute personne hormis les ouvriers de pénétrer sur les chantiers des fortifications des environs de Strasbourg hormis les travailleurs et personnes habilitées porteur d’une autorisation du service des fortifications de Strasbourg. Le gouverneur impérial von Hartmann. »

Source : S0155, n°179 du 02/08/1872, p. 1.

 

Vendredi 2 août 1872

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : Accès interdit aux chantiers des forts.

Journal Straßburger Zeitung n°179 du vendredi 2 août 1872 : « Communiqué. Il est interdit à toute personne hormis les ouvriers de pénétrer sur les chantiers des fortifications des environs de Strasbourg hormis les travailleurs et personnes habilitées porteur d’une autorisation du service des fortifications de Strasbourg. Le gouverneur impérial von Hartmann. »

Source : S0155 n°179 du 02/08/1872.

 

Dimanche 4 août 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Accident au fort de Wolfisheim.

Journal Straßburger Zeitung n°182 du mardi 6 août 1872 : Un journal local nous rapporte cette nouvelle au sujet d’un accident survenu au Fort VI à Wolfisheim, actuel fort Kléber : « Wolfisheim, 4 août 1872 : Lors de la construction de la caserne de gorge du fort local, un maçon dénommé Philipp Dietz, originaire de Rechtenbach près de Bergzabern, c’est blessé en tombant de telle façon que l’on a dû le transporter à l’hôpital de Strasbourg ».

 

Vendredi 9 août 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Recherche des ouvriers pour la production de briques.

Journal Straßburger Zeitung n°185 du vendredi 9 août 1872 ; n°187 du dimanche 11 août 1872 : « (Mise en forme « Former »). Des ouvriers doués sachant fabriquer des briques trouvent un travail bien payé pour un travail à la pièce « Accord ». Franz Jos. Ufinger & Comp. »

Source : S0155 n°185 du 09/08/1872.

 

Dimanche 11 août 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction des forts détachés.

Journal Straßburger Zeitung n°188 du mardi 13 août 1872 : « Strasbourg, 11 août 1872. Plutôt aujourd’hui que demain, doit penser chaque bon Allemand, lorsqu’il voit avec quel zèle et quelle énergie a commencé et est réalisé la construction des forts autour de Strasbourg. Là il règne de l’activité et se développe avec un extraordinaire rapidité de la vie et travaux que bien des habitants du plat pays semblent croire au miracle. Et on se pose la question quel est l’esprit de cette activité, le ressort principal de ce remarquable ouvrage ? Une poignée fort heureuse semble avoir été saisie, pour désigner les personnalités de direction. Le directeur des travaux de construction des forts est le lieutenant-colonel « Oberstlieutenant » Grund. Il exécute son service de jour comme de nuit, et aucun effort que ce soit tôt ou tard ne lui ai de trop, lorsqu’il s’agit de la mission, de protéger la vieille ville impériale allemande contre toute éventualité venant de l’Ouest. Également les différentes sociétés, qui participent à la construction des forts, réalisent ce qui en temps normal est considéré comme impossible. Mais c’est particulière la personnalité loyale et fidèle du directeur cité précédemment, dont l’influence est stimulante et encourageante pour les entrepreneurs et travailleurs. Avec un tel travail en commun le succès ne peut pas être absent, et dans de telles conditions, toutes les difficultés sont surmontées avec facilité. Les durées de construction qui a été fixée pour les cinq premiers forts, ne sera pas entièrement utilisée, et lorsque dans deux ans nos troupes d’occupation en France se retireront, nous serons consolés de pouvoir regarder et construire sur notre forteresse de la frontière. Le dicton Oh Straßburg, Oh Straßburg, du wunderschöne Stadt, est tel le Phoenix qui renaît des cendres, n’est plus une moquerie. »

Source : S0155 n°188 du 13/08/1872.

 

Vendredi 16 août 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction des nouvelles fortifications de Strasbourg.

La revue militaire de l’étranger a publié un article tiré de journal militaire allemand et de la Gazette d’Augsbourg : « On vient de former une commission, sous le nom de : Inspection impériale des nouvelles fortifications de Strasbourg. Comme son nom l’indique, elle est spécialement chargée des travaux qui s’exécutent à Strasbourg ; le colonel Klotz, du corps des ingénieurs, est à sa tête. L’enceinte de Strasbourg sera avancée à 3 kilomètres au nord, entre l’Ill et le Rhin, jusqu’au canal qui unit ces deux cours d’eau. Ainsi, la promenade de Robertsau sera comprise dans la nouvelle enceinte. Un canal, qui communiquera avec de la Marne au Rhin, permettra de tirer facilement des approvisionnements de Kehl. Le front qui regarde la France recevra naturellement les plus fortes défenses. On établira à l’ouest de la place un camp retranché susceptible de recevoir 200 000 hommes et qui sera couvert par cinq grands forts, à savoir : Le fort de Reichstett, à 8 kilomètres nord-ouest de la nouvelle enceinte, commandant la route de Lauterbourg ; A 3 kilomètres au sud de ce premier fort, le fort de Souffelweyersheim, commandant la route de Wissembourg et le chemin de fer de Paris ; A 1 kilomètre au sud-ouest, le fort de Niederhausbergen commandant la route de Strasbourg à Bouxwiller, et enfin les forts d’Oberhausbergen et de Wolfisheim commandant les routes de Saverne et de Paris, et le canal de la Bruche. Tous ces forts dominent la plaine de Strasbourg. On se propose, en outre de construire une ligne de fer qui reliera tous ces forts entre eux avec la place.

Nous ajoutons à ces renseignements la nouvelle suivante, tirée d’un des derniers numéros de la gazette d’Augsbourg : « Trois forts faisant partie du système général de Strasbourg seront construits sur le territoire du grand-duché de Bade : Le premier, entre Sundheim et Eckartsweier ; Le second, au sud de Neumühl ; Le troisième, à Altenheim. »

Source : S0476, n°46 du 16/08/1872, p. 120.

 

Mercredi 11 septembre 1873

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : Offre d’emploi pour des ouvrier de briqueterie.

Journal Straßburger Zeitung n°213 du mercredi 11 septembre 1872, n°215 du 13 septembre 1872 et n°217 du 15 septembre 1872 : « Cherche 15 – 20 travailleurs fabriquant en briques « Backstein-Arbeiter » pour des briques de fortification pour 7 francs pour mille, trouvent immédiatement un emploi pour une longue durée. Demande personnelle à faire à Strasbourg, route de Bischwiller « Bischweilerstrasse » Nr. 9, 1er étage. »

Sources : S0155, n°213 du 11/09/1872, p. 4 ; n°214 du 12/09/1872, p. 4 ; n°215 du 13/09/1872, p. 4 ; n°217 du 15/09/1872, p. 4.

 

Samedi 14 septembre 1872

 

Allemagne, Sélestat place forte : Arasement des fortifications.

Journal Straßburger Zeitung n°218 du mardi 18 septembre 1872 : « Strasbourg, 14 septembre 1872. Comme l’a appris la gazette de Karlsruhe « Karlsruher-Zeitung », on est maintenant sûr à Sélestat que l’arasement des fortifications sera commencé sans délais. Les travaux doivent être terminés dans les trois ans. C’est toutefois une bonne nouvelle pour les habitants de Sélestat. »

Source : S0155 n°218 du 18/09/1872.

 

Samedi 28 septembre 1872

 

Allemagne, Oberhausbergen : Cérémonie de pose de la pierre fondamentale de la ceinture de fortification au Fort V.

Les autorités allemandes ont choisi le samedi 28 septembre 1872, le jour anniversaire de la capitulation de Strasbourg, pour célébrer de manière festive la pose de la première pierre des nouvelles fortifications de Strasbourg, sur le chantier du Fort V – Fort Oberhausbergen – Fort Grossherzog von Baden, actuel fort Frère. A cette occasion, ils ont invité, au moyen du rapport de garnison « Parolebefehl », tous les officiers, médecins et fonctionnaires de l’armée, et des cartons d’invitation ont également été envoyés aux représentants des diverses branches de l’administration civile et à leurs épouses. Grâce aux articles publiés par la presse, nous avons reconstitué le déroulement de cette cérémonie.

Les alentours du fort ont été piquetés de drapeaux noir, blanc et rouge sur un large rayon, et la place de la cérémonie a été ornée de sapins, de guirlandes qui virevoltaient gaiment dans le vent. Du haut de la crête des parapets du front, sur lesquels les invités civils avaient pris place, parmi lesquels on trouvait de nombreuses dames, la place offrait à leur vue une image idyllique en arrière-plan, avec la tour de la cathédrale éclairée par le soleil et les sommets bleus des hauteurs des Vosges et de la Forêt-Noire. Parmi les invités ont été aperçus en plus de l’intégralité des autorités militaires et civiles, le conseiller du gouvernement von Quast, conservateur des monuments historiques de Prusse et de nombreuses dames alsaciennes des environs, reconnaissables à leur couvre-chef traditionnel.

La solennité a été ouverte ponctuellement à 10 heures, lorsque son excellence le général commandant le 15e corps d’armée von Fransecky pénétra dans le carré formé par des détachements de troupes de toutes les armes, et dès cet instant la fanfare de trompettes du régiment d’Uhlans annonça l’ouverture officielle de la cérémonie.

Sur cela, le gouverneur de la place von Hartmann prononça le discours officiel ; ce discours est certes assez long, mais nous le publions en intégralité car il reflète bien l’opinion des dirigeants allemands de l’époque : « Après que Strasbourg avait ouvert ses portes à Louis XIV, le roi reconnu que sa première mission était de sécuriser ce bien précieux par la modernisation des fortifications. Il chargea de cette mission son ingénieur le plus célèbre et le plus doué, Vauban. Les anciens bastions et redoutes, auxquels avaient œuvré les architectes militaires Specklin et Rimpler, ont été renforcés, les fossés ont été approfondis et régulés, un grand nombre d’ouvrages avancés ont été construits, la citadelle qui a été érigée était un modèle du genre reflétant l’art de la fortification de l’époque, sa jonction à l’enceinte urbaine de la ville a été réalisée, une ingénieuse zone inondable a été installée et protégée, tous les fronts de la forteresse étaient préparés contre toute attaque ennemie. Strasbourg était considérée comme une place imprenable. Cette ville d’Empire qui a gardé sa culture germanique derrière ses murs crénelés et préservée son indépendance grâce à l’appui de ses bastions, bien que l’Alsace eût été perdue, était devenue une place d’armes française, c’est-à-dire une place avancée base de départ des conflits contre l’Allemagne.

Les successeurs de Louis XIV ont renforcé Strasbourg, des plans dirigés contre l’Allemagne et sa puissance. Le fabuleux arsenal qui a été érigé contenait de nombreuses armes destinées à combattre l’Allemagne ; on a créé une fonderie de canons, des ateliers et des écoles militaires, qui avaient acquis très rapidement une réputation européenne. C’est de Strasbourg que partirent de nombreuses armées pour soumettre et dévaster l’Allemagne. Les portes de Strasbourg ont été baptisées des noms des victoires françaises.

Strasbourg était considérée comme une sentinelle inquiétante, avec laquelle le voisin menaçait la réunification et le déploiement de la puissance allemande. Les guerres de libération et les accords de paix de 1814 et 1815 avaient laissé l’Alsace et Strasbourg à la France. Avec la reconstitution de la puissance de la France, Strasbourg a repris le rôle qu’elle jouait auparavant. Les vieilles traditions françaises ont été reprises, les hommes politiques et les historiens français ont pour but permanent d’abaisser le développement de l’Allemagne, ce qui était le guide permanent de la politique française. Le deuxième empire estimait que son existence était compromise en cas d’unification allemande. Génial ! Pendant que la politique française prônait les anciens souvenirs et objectifs, elle délaissait sa défense, qui était très efficace auparavant. On oublia que la défense nécessite des moyens extraordinaires pour rester au niveau des progrès techniques de l’armement et des techniques militaires. On ne fit que très peu pour la défense de Strasbourg. La pensée que Strasbourg pourrait être assiégée était absente de l’esprit français. C’est ainsi que Strasbourg aborda la guerre de 1870 sans aucune préparation sur le plan matériel ou humain. Toutefois, cela engendra une longue lutte et dure lutte : du sang noble a coulé, d’importantes parties de Strasbourg ont été ruinées, avant que le drapeau tricolore français, défendu par un commandant courageux et valeureux n’ai été abaissé. Le 28 septembre 1870, les bannières allemandes flottaient à nouveau sur les bastions de Strasbourg.

Deux années se sont écoulées à présent, la paix a uni définitivement l’Alsace et la Lorraine au nouvel Empire allemand. C’était deux années de durs labeurs et de grande activité ; ce qui a été détruit devait être réparé, ce qui était trop vieux devait être renforcé. Par-dessus cela il fallait construire du nouveau. La nouvelle importance de Strasbourg en tant que capitale et point central d’une terre allemande située sur la rive gauche du Rhin, il fallait revoir à grande échelle sa sécurité et ses fortifications ; elles devaient être adaptées à la volonté énergique de l’empire uni, pour prouver qu’elle sera désormais inséparable de la nouvelle alliance ; elle devait avec la mise en œuvre des moyens phénoménaux par l’empire allemand, assurer sa défense. Les fortifications devaient donner de l’espace à la ville, nécessaire à sa nouvelle prospérité ; la ville doit allier son aisance avec sa sécurité ; ses admirables monuments et les locaux scientifiques ne doivent pas à nouveau être exposés à un bombardement, si la furie de la guerre devait à nouveau revenir par ici. C’est ainsi qu’a été réalisé le plan de ses fortifications, et nous nous sommes réunis ici pour la pose de la première pierre.

Sa Majesté l’Empereur a choisi ce jour pour procéder à cette cérémonie de pose de la première pierre, le jour de la capitulation de la place forte française de Strasbourg. C’est ainsi que cette cérémonie allie le passé avec l’avenir. Oui, nous commémorons aujourd’hui le jour où la place forte est tombée, nous nous souvenons des actions des contingents de l’armée allemande, qui nous a rendu notre vieille ville de l’empire allemand ; nous commémorons nos chers camarades, qui ont dû mettre en jeu leur sang et leur vie pour réussir cette œuvre, et ceux qui a présent reposent dans leur tombe sur cette nouvelle terre d’empire ; nous commémorons la valeur symbolique de la prise de Strasbourg qui a influencée la poursuite de la guerre ; nous nous rappelons qu’avec la prise de cette capitale, l’espoir de la rattacher avec l’Alsace à l’empire allemand est revenu ; nous rappelons encore une fois que la conquête de Strasbourg a permis de délivrer la ville de ses liens, et permet son développement dans une Allemagne libre.

Mais laissons le passé, et tournons notre regard vers l’avenir ; du nouveau renait, fort et puissant, et pour que vous saisissiez l’importance de ce nouveau, que l’on peut voir aux alentours, que la fête de ce jour a été transférée ici dans cette forteresse. A présent regardez vers le bas à partir de ce parapet, et vous voyez devant vous tout étendu la montagne frontière, qui sépare depuis 1 500 ans la langue allemande de celle de l’ouest. Là-haut sur les hauteurs et les cols, commence la vie française ; derrière la croupe de ces montagnes, s’arme, soustraite à nos yeux, l’attaque ennemie ; de chaque vallée qu’ils aperçoivent, entreront les armées ennemies avides de vengeance, auxquelles ont devra crier halte à partir de cette forteresse. Et regardez plus loin, là est étalée la joyeuse Alsace, une perle de l’empire, avec ses champs cossus, avec ses nombreux villages et masures, ses nombreuses églises dans lesquelles retentissent les vieux chants religieux allemands à la gloire de Dieu, et maintenant vous voyez l’étendue de la construction de cette forteresse, qui doit pour la germanité de l’Alsace, assurer l’appartenance de l’Alsace à l’empire allemand. Là juste derrière nous est Strasbourg, le symbole de l’art allemand, et c’est ici devant cette forteresse que doit être repoussée la marée qui tenterait d’arracher Strasbourg à l’empire. Plus loin reluit la bande cristalline du Rhin. Les remparts qui se dressent ici doivent rendre tout leur sens à ces mots de poète : le Rhin n’est pas la frontière de l’Allemagne, non, mais le fleuve de l’Allemagne !

Ici les passages d’un côté ou de l’autre doivent à nouveau se faire en sûreté, que ce soit en temps de paix comme en temps de guerre. Mais pour que l’on sache ce qu’il y a derrière nous, lorsque nous installons ici le fondement de la sécurité allemande, nous saluent de l’autre côté du Rhin ses gardiens fidèles, les montagnes allemandes, très étendues, du nord au sud ; ils nous apportent les salutations de l’empereur et de l’empire, de ses contes et de ses nombreuses tribus, qui nous disent, qu’ils allaient venir tous derrière les remparts, avec leur garde et tout leur savoir ; ils nous adressent les salutations du pays, et c’est pour sa liberté et son honneur que nous sommes ici dans cette forteresse.

Ce ne sont que peu de lunes qui sont allées dans le pays, depuis que nous étions à Strasbourg, le lieu de naissance d’une nouvelle création allemande ; la cérémonie d’aujourd’hui complète la première. A l’époque il s’agissait d’arriver à un lieu de mémoire de l’instruction et de la science allemande ; aujourd’hui nous inaugurons une place d’armes de la capacité de défense allemande.

Pour les deux, que ce soit la science ou la capacité de défense allemande, culmine la vie de notre peuple. Le peuple des penseurs est devenu, appelé par nos rois prussiens des Hohenzollern, un peuple en armes ! Où ils règnent dominent les créations de la science et l’honneur de l’homme. Et c’est ainsi qu’ils nous laissent aller à l’ouvrage de ce jour, à la pose de la première pierre de cette forteresse ; et nous y entreposons notre nouvelle promesse de fidélité ! Nous voulons être derrière notre empereur et notre empire ; nous y entreposons nos espoirs et nos souhaits ; que cette première pierre devienne une pierre angulaire de la sécurité et de la paisible vie allemande en l’honneur de notre empereur et la vie éternelle de notre patrie, et enfin nous y entreposons nos souhaits. Et si l’exubérance de l’ennemie devait s’en prendre à cette forteresse, alors que des hommes fiers au cœur vaillant se tiennent ici, qu’ils interviennent au risque de leurs biens, leur sang et leur amour, pour le pays qu’on leur a confié. Ainsi la forteresse et son pays resteront immuablement la propriété de l’empire allemand ! ».

Monsieur le lieutenant-colonel Grund, ingénieur de la place, a lu sur ceux le texte impérial du 7 novembre 1871, par lequel le plan de la construction des nouvelles fortifications de Strasbourg obtint l’approbation impériale.

Puis vint la signature du document par les invités les plus prestigieux qui s’avancèrent. Le document fut ensuite inséré dans le cylindre en fer blanc qui était préparé à proximité, en même temps que les plans du fort, l’annuaire prussien 1870-71 et d’autres documents. L’ensemble des invités rentra par la suite à l’intérieur du local, où tout avait été prévu pour la pose de la première pierre, et c’est là que son Excellence le général commandant frappa les trois coups de marteau symboliques. Les paroles qu’il prononça n’étaient pas très audibles à cause d’une météo avec beaucoup de vent, mais il a dit à peu près cela : « Ici s’érige sûrement et fidèlement la garde sur le Rhin. »

Son excellence le président supérieur von Möller prononce les paroles suivantes : « Que ce beau pays qui s’étend sous nos regards puisse évoluer favorablement sous la protection de ces remparts dans sa particularité et qu’il puisse être reconnaissant à l’Allemagne, qui l’a délivré il y a quelques semaines ».

Monsieur le Gouverneur : « Pour les amis une protection pour les ennemis un rempart. »

Monsieur le président du cercle Monsieur von Ernsthausen : « Vivat Floreat Crescat Germania. »

Monsieur le lieutenant-colonel Grund, ingénieur de la place : « Le premier coup pour celui qui ordonna la construction de l’ouvrage. Le deuxième pour celui qui l’a conçu. Le troisième, pour ceux qui ont réalisés l’ouvrage. »

Pendant que les troupes présentèrent les armes et que les drapeaux furent abaissés, le général commandant entonna un « Hurrah » à sa majesté l’empereur d’Allemagne, auxquels répond avec enthousiasme toute l’assemblée présente. La cérémonie se termina vers 12 heures par l’hymne national, suivi de « Heil dir im Sieggeskranze » (Soit loué celui qui porte les lauriers de la victoire) et par « Die Wacht am Rhein » (La garde au Rhin), puis par 21 coups de canons tirés par la 2ème batterie lourde « 2. schwere Batterie » du régiment d’artillerie de campagne n°15. »

Sources : S0155, n°225 25/09/1872, p. 4 ; n°229 du 29/09/1872 ; n°230 du 01/10/1872, p. 2 ; S0927.

 

Lundi 7 octobre 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Les travaux de construction des nouvelles fortifications.

Journal Straßburger-Zeitung n°238 du jeudi 10 octobre 1872 : Strasbourg, 7 octobre 1872. Dans le même journal (Niederrheinische Courier) on écrit : Depuis la pose festive de la première pierre de la nouvelle forteresse de Strasbourg, les travaux sur les forts dont la construction a commencé se poursuive comme on le constate avec vigueur. Les travaux de déboisement de la forêt communale sur le terrain du futur Fort n°1 « Fort I » à la Robertsau, au lieu-dit « Niederwald », doivent également être accélérés, si bien que dans quelques semaines les sept premiers forts soient déjà réalisés par des constructions en terre. Les projets de construction et les terrassements sont déjà très visibles, et dans une période plus courte que l’on aurait imaginé, la ceinture moderne de pierres cerner la vieille ville d’empire. Dès ce moment la ceinture urbaine tombera, pour que l’on puisse enfin procéder à l’agrandissement tant attendu de la ville, et que l’on puisse bénéficier des avantages de la navigation rhénane dans un nouveau quartier créé pour le commerce et l’industrie.

 

Mercredi 23 octobre 1872

 

Allemagne, Strasbourg : Emigration de Hollandais.

Journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin n°251 du jeudi 24 octobre 1872 : Strasbourg, 23 octobre. Un grand nombre d’ouvriers émigrent en ce moment de la Hollande pour se rendre en Alsace-Lorraine. Dans ce dernier pays les salaires sont de 5 à 6 francs supérieurs à ceux de la Hollande, et par conséquent ces ouvriers trouvent chez nous une meilleure existence que chez eux.

Source : S3720, n°251 du 24/10/1872, p. 2.

 

Vendredi 8 novembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de prestations par le service impérial des fortifications pour l’année 1873.

Avis. Adjudication pour la fourniture en 1873, au profit de la place forte, de matériaux et des prestations suivantes : des travaux de maçonnerie, des travaux de tailleurs de pierres, des travaux de couvreurs, des travaux de charpentiers, des travaux de menuisiers, des travaux de forge et de serruriers, des travaux de plomberie, des travaux de peinture, des travaux de vitrerie, des travaux de pavage et des prestation de transport, qui doivent être attribués par voie de soumission pour la date suivante du : Lundi le 9 décembre vers, le matin à 10 heures, au Bureau du service des fortifications locales, les conditions d’exécutions peuvent être consultés, pendant les heures de bureau. Strasbourg, le 8 novembre 1872. Le Service de Fortification impérial.

 

Jeudi 14 novembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction des forts détachés de Strasbourg.

Journal Straßburger Zeitung n°270 du samedi 16 novembre 1872 : Strasbourg, le 14 novembre 1872. Ces derniers temps, les travaux de terrassement et de maçonnerie des forts de Strasbourg ont bien avancé. Plus de 1 800 travailleurs et charretiers œuvrent actuellement sur les forts de Niederhausbergen, Mundolsheim et Reichstett. Ce chiffre augmente tous les jours par la venue de journaliers et de valets de ferme « Bauernknächte », qui quittent les paysans pour percevoir un salaire plus conséquent. Ce rassemblement de force de travail permet d’espérer que les travaux de construction des forts seront achevés dans 6 mois, c’est-à-dire avant l’échéance qui a été fixée. Pour stimuler le rendement des travailleurs, ils ne sont pas payés au tarif journalier mais à la tâche. De cette façon, un bon tailleur de pierre gagne jusqu’à 84 francs par semaine et récemment un charretier équipé de deux chevaux solides a gagné 235 F en deux semaines. Les mineurs quant à eux gagnent bien 7 à 8 F par jour. Pour ce travail ce sont plus particulièrement les Italiens qui démontrent leur assiduité au travail. Lors d’un tel rassemblement d’ouvriers en provenance de toutes les régions d’Europe, on trouve également certains individus qui ont une attirance particulière pour les vêtements d’hiver qu’ils échangent contre leurs effets déchirés, et ces vols exécutés dans les cantines, sont fréquents. D’autres ont la même attirance pour les légumes plantés par les paysans. Espérons que l’hiver qui approche veuille nous épargner de ces rigueurs, sinon en cas d’un arrêt des travaux de nombreuses mains seraient sans emploi, ce qui entraînerait des conséquences fâcheuses pour les villages environnants.

Source : S0155 n°270 du 16/11/1872.

 

Lundi 18 novembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Pose de jalons sur l’emplacement des futurs forts de la rive droite et état d’avancement des travaux de la rive gauche.

Journal Straßburger Zeitung n°274 du jeudi 21 novembre 1872 : Strasbourg, 18 novembre 1872. Comme l’a écrit la Kehler Zeitung de Kehl, on trouve comme sur les huit emplacements des forts de Strasbourg de l’autre côté du Rhin, à savoir entre Sundheim et Eckartsweier, entre Neumühl et Kork et près d’Auenheim, on peut voir depuis plusieurs jours des gabarits en bois « hölzerne Stiegenhäuser » d’une hauteur de 55 pieds, qui indique la hauteur des forts à construire. Une commission d’ingénieurs du service des fortifications de Strasbourg « Commission von Festungs-Ingenieure » est arrivé sur place pour examiner et fixer définitivement le niveau, les « Stiegenhäuser » ont vraisemblablement été relevés à 65 pieds. D’après nos suppositions, les travaux de terrassement devraient encore commencer cet hiver, et une ligne de voie ferrée sera posée de Kehl à travers le Ried en direction de Lahr, pour permettre d’amener de la terre en provenance de la Forêt Noire.

Dans les trois forts strasbourgeois de Niederhausbergen, Reichstett et Mundolsheim, sont employés environ 2 000 travailleurs (les conducteurs d’attelages exceptés), de toutes les régions d’Europe, et les travaux se déroulent de telle façon qu’ils seront vraisemblablement achevés avant le délai fixé. Les murs de l’enceinte urbaine ne tombent que lorsque les forts seront achevés. Il est donc intéressant pour le projet d’extension de la ville de faire avancer les travaux.

 

Lundi 16 décembre 1872

 

La presse nous livre les informations suivantes concernant la construction des forts de la rive gauche du Rhin : « Depuis quelques temps, la construction des forts de la rive gauche paraît très avancée. On aperçoit actuellement des échafaudages en bois, hauts de 55 à 65 pieds, servant à profiler les remblais. 2 000 travailleurs sont occupés aux trois forts de Niederhausbergen, Reichstett et Mundolsheim. Cet effectif augmente chaque jour. On espère que la construction des forts sera terminée avant six mois, c’est-à-dire avant le délai fixé. Les murs d’enceinte tomberont dès que ces travaux seront achevés. »

 

Mercredi 18 décembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte ; Réalisation d’une carte des forts détachés n°1 à 9.

Réalisation de la carte de relevé de terrains sur la ligne des forts n°1 à 9 de la rive gauche du Rhin, à l’échelle 1/125 000e, dimension 152,5 cm x 123 cm, attachée au rapport du 18 décembre 1872.

 

Vendredi 20 décembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de la construction des trois forts détachés à fossé plein d’eau de la rive gauche du Rhin.

Journal Straßburger Zeitung n°279 du 27 novembre 1872 et n°301 du dimanche 22 décembre 1872 : Adjudication pour la construction de 3 forts dans les environs de Strasbourg. Le 20 décembre 1872, le matin à 10 heures, doivent être soumissionné par entreprise générale au bureau du service de fortification de Strasbourg les trois forts situés sur la rive gauche du Rhin, près de la Wantzenau, Illkirch et au sud d’Ostwald. La prise en charge d’un fort nécessite un consortium comportant au moins trois maîtres maçons, mais les grandes entreprises de travaux étant une société solidement organisée peuvent soumissionner pour la construction de plusieurs forts dans le cas où elles s’engagent à mettre sur chaque fort, en permanence, un maître maçon expérimenté dans la conduite d’un tel chantier. Les consortiums qui participent à cette soumission doivent présenter les attestations de leurs membres pour le 10 décembre, documents à envoyer au service de la Fortification et doivent disposer en plus, d’un capital d’entreprise certifié d’au moins 50 000 thalers. La caution a déposé pour la construction d’un fort est fixée à 20 000 thalers, de celle-ci 10 000 thalers doivent être déposés à la signature du contrat sous forme d’obligation d’Etat, et le reste sous forme de payement d’environ 5% des sommes successives à percevoir. Chaque construction de fort nécessite : environ 195 000 m3 de terrassement et environ 30 000 m3 de maçonnerie. La durée de construction d’un fort est fixée à 3 ans. Les conditions particulières peuvent être consultées au bureau des fortifications.

 

Samedi 21 décembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Précisions relatives à l’adjudication des trois forts à fossé plein d’eau de la rive gauche du Rhin.

Journal Straßburger Zeitung n°301 du dimanche 22 décembre 1872 : Adjudication des forts. Strasbourg, le 21 décembre 1872. Hier, la construction de trois nouveaux forts situés de ce côté-ci du Rhin, dont la date de soumission avait été publiée, a été adjugé aux entrepreneurs Messieurs Pathe, Jerschke et Schneider, en tant qu’offre la moins chère. L’offre était de 6% inférieure au prix proposé « Kostenanschlag », d’autres avaient proposé 10% au-dessus de ce prix pour les mêmes travaux. 

 

Samedi 28 décembre 1872

 

Allemagne, Phalsbourg place forte : Accident sur la ligne de transport des pierres vers le canal.

Le journal Niederrheinische Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin a publié l’annonce suivante : Phalsbourg, 28 décembre. Aujourd’hui un ouvrier de nos environs travaillant à la nouvelle route de Phalsbourg à Lutzelbourg et qui n’a pas pu éviter un train de pierres s’avançant avec une grande vitesse sur le railway provisoire établi pour le transport des matériaux de construction, a été renversé par lui et blessé si gravement aux deux jambes qu’une demi-heure après son transport à Phalsbourg il expira.

 

1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Elaboration de cartes et plans.

Cote C-70743 : Route stratégique circulaire « Ringstraße » entre le Fort Kronprinz von Sachsen et le Fort Fürst Bismarck, échelle 1/250 et 1/2500, 1873, situation et nivellement, profils transversaux, passage souterrain. Source : S1940.

 

Jeudi 2 janvier 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Arrêté de la police concernant les livrets d’ouvriers.

Le journal Niederrheinische Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin a publié l’arrêté suivant : Une ordonnance ayant reconnue que l’obligation des ouvriers de se munir, en conformité de la loi du 22 juin 1854 et de l’arrêté du 30 avril 1855, d’un livret, existe toujours ; les dispositions suivantes basées sur l’arrêté du préfet du 13 novembre 1855, sont prises pour l’exécution de cette prescription dans l’arrondissement urbain de Strasbourg.

1. Les livrets d’ouvriers sont délivrés au bureau de police, rue Brûlée, 2, où ils seront également revêtus d’un visa, afin de servir de passeport à l’intérieur.

2. Les ouvriers qui sont tenus d’avoir un livret, devront s’en procurer un dans le délai de deux mois, à dater du jour de cette publication. Afin d’obtenir un livret, l’ouvrier doit présenter un certificat d’un commissaire de police de son canton ou un ancien livret tenu régulièrement.

3. Le certificat du commissaire de police est délivré sur la vue de papiers de légitimation ou la déclaration de personnes connues constatant l’identité et la profession de l’ouvrier ; s’il ne peut pas produire ces constatations, une déclaration signée par lui, en conformité de l’art. 13 de la loi du 22 juin 1854, dont il sera fait communication.

4. Tout porteur de livret ouvrier non délivré en cette ville, est obligé, avant d’en faire usage ici, de le faire viser par la direction de police, et, à cette occasion, le livret sera examiné et enregistré. Aucun établissement ne peut admettre des ouvriers, même munis de livrets réguliers, avant l’accomplissement de cette formalité du visa.

5. Après que le patron, en vertu des dispositions des art. 4 et 5 de la loi précitée et de l’art. 9 de l’arrêté en question, a inscrit sur le livret le jour de l’entrée de l’ouvrier ou le jour où pour la première fois, on lui a donné du travail, il soumettra, dans le délai de 24 heures, cette inscription au visa du commissaire de police, qui examinera le livret et le rendra ensuite, en envoyant un extrait de son visa à la direction de police.

6. Dès qu’un ouvrier quitte son patron, il doit faire viser dans le délai de 24 heures sa sortie par le commissaire de police du canton de son patron ; le commissaire examinera l’authenticité du certificat de sortie et enverra un extrait de son visa à la direction de police.

Aucun patron ne peut engager un ouvrier avant l’accomplissement de cette formalité ; du reste, le visa du commissaire de police n’en peut pas remplacer ou tenir lieu du visa de voyage dont il est question au § 1er de cet arrêté.

7. Il est interdit aux logeurs, aubergistes ou autres personnes de retenir le livret comme gage.

8. Les patrons devront être munis au plus tard jusqu’à la fin du mois de février 1873 du registre prescrit par l’art. 4 de la loi et l’art. 8 de l’arrêté précisé, et le commissaire de police le cotera et le paraphera. Les inscriptions devront être lisibles et se suivre sans intervalle visible.

9. Les contraventions seront poursuivies et punie d’après l’art. 11 de la loi du 22 juin 1854, l’art. 18 du décret du 30 avril 1855 et du § 363 du code pénal de l’Empire germanique.

10. Cet arrêté sera publié dans les journaux, Strasbourg, le 2 janvier 1873.

Le directeur de police, Back.

Source : S3715, n°8 du 10/01/1873, p. 2.

Annonce pour la vente de livret du travailleur parue en 1873. Source : S0156.

Dimanche 5 janvier 1873

 

Allemagne, Berlin : Nouvelles Attributions du comte de Roon et du général Kamecke au sein du ministère de la Guerre.

Article du journal Straßburger Zeitung qui nous livre ces informations par dépêche télégraphique : « Berlin, 5 janvier 1873. Le bulletin officiel de l’armée « Armeeverordnungsblatt » contient une ordonnance impériale adressée au ministre de la guerre, où l’on évoque, que le Roi tient particulièrement que, le Graf Roon, en tant que ministre de la guerre et président de la commission de l’armée de terre et des forteresses « Auschusses für das Landheer und die Festungen », reste particulièrement impliqué dans la direction supérieure des affaires militaires. En tenant toutefois compte des tâches supplémentaires confiées à Roon, à la suite de la prise en compte du ministère de la guerre, le général Kamecke doit suppléer celui-ci en tant que ministre d’Etat du ministère de la guerre, tout en restant sous la direction de Roon qui reste le responsable, et il devra représenter le ministre de la guerre partout où cela s’avère nécessaire. Cette ordonnance demande à Roon de rendre compte du partage de la nouvelle répartition des tâches. Dans l’intérêt d’un service plus prompt et efficace, le général Kamecke est autorisé à remplacer le ministre de la guerre partout où cela s’avère nécessaire, si bien que les décisions qu’il aura prises ne pourront être contestées qu’auprès du roi ».

Source : S0155.

 

Mardi 28 janvier 1873

 

Allemagne, Strasbourg : Instauration de la loi relative aux livrets des travailleurs.

Article du journal Straßburger Zeitung contenant des informations concernant la loi relative aux livrets des travailleurs « Arbeiterbücher ». Les Alsaciens-lorrains disposent d’un délai jusqu’à la fin du mois de février pour acquérir les livrets des travailleurs. Ces livrets doivent être perçus au bureau de la police, mais les travailleurs sont tenus de présenter les pièces justificatives concernant leur emploi actuel. Lorsqu’ils quittent un employeur, celui-ci est tenu de viser le livret. Ce document peut être utilisé comme pièce d’identité à l’intérieur de l’Empire. Aucun employeur n’a le droit d’embaucher du personnel s’il n’est pas muni du livret réglementaire. Signé : directeur de la police « Polizei Director » Back. Cette mesure contraignante est mise en œuvre alors que les chantiers de construction des nouvelles fortifications de Strasbourg sont en cours.

Source : S0156.

 

Samedi 1er février 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication des travaux de constructions de 3 forts sur la rive droite du Rhin.

Un journal militaire allemand du 1 février 1873 a publié l’article suivant au sujet de la future construction des trois forts à fossé plein d’eau de la rive gauche du Rhin à Strasbourg : « On a soumissionné il y a quelques semaines les travaux de trois forts situés sur la rive gauche du Rhin, de Graffenstadt, de la Wantzenau et d’Illkirch, qui exigeront une somme d’environ sept millions. Les maçonneries de ces forts seront exécutées avec les matériaux tirés de la place de Phalsbourg : ces maçonneries seront payées à l’entrepreneur comme matériaux neufs à charge par lui de procéder à la démolition de Phalsbourg. L’ordre dans lequel on se livre à la construction des forts de Strasbourg est remarquable ; on commence à élever d’abord les ouvrages tournés vers la France ; on travaillera que plus tard à ceux qui doivent compléter sur la rive droite du Rhin le système de défense de la ville. Le temps nécessaire pour l’achèvement de ces ouvrages est encore indéterminé ; la première chose à faire est de pousser les travaux de terrassement assez activement pour être à même de résister à une attaque plus ou moins prochaine des Français ».

 

Samedi 8 février 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Chantiers de construction des forts détachés.

Article du journal Straßburger Zeitung évoquant la construction des trois forts détachés sur la rive droite du Rhin : « Kehl, 8 février 1873. Alors que notre ville en ruine a été reconstruite en grande partie de bâtiments neufs et de plus beaux, et la vie des habitants est nettement plus sereine à la suite de la disparition de la menace du voisin français. On a commencé les travaux préparatoires à la construction des 3 forts, de ce côté-ci du Rhin, des ouvrages qui vont également être intégrés à la place forte de Strasbourg, et les travaux de terrassement devraient commencés dans les prochains temps. Toutefois, un nouveau plan a été dévoilé, qui prévoit de remplacer la tête de pont virtuelle avec ses forts fantômes au sud et au nord du pont du Rhin, par un nouvel ouvrage adapté à l’importance de du lieu. C’est pour cette raison que les travaux de reconstruction des bâtiments en ruine de la gare et de l’ancienne douane ont été suspendus.

La mission principale des trois forts de la rive droite du Rhin est de sécuriser le camp retranché constitué des forts de Reichstett, Souffelweyersheim, Niederhausbergen, et de Wolfisheim. Il sera difficile à un ennemi de constituer une armée capable de cerner la place de Strasbourg, et grâce aux forts de la rive droite, cela sera impossible. Les localités badoises qui sont touchées par le rayon de fortification doivent respectée la police du bâtiment du gouvernement de la place forte de Strasbourg ».

 

Dimanche 9 février 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Rumeurs concernant le départ des ouvriers italiens des chantiers de construction des forts détachés.

Article du journal Straßburger Zeitung : « Strasbourg, 9 février 1873. La rumeur rapportée par plusieurs journaux concernant le départ des Italiens employés à la construction des forts de Strasbourg, pour aller en Espagne et combattre pour le roi Amadeus, est totalement fausse. Il est vrai qu’une partie des Italiens a quitté l’Alsace, mais pas pour récupérer les lauriers de la gloire au pays des châtaignes, mais pour travailler au percement du tunnel du Saint-Gothard contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Cette nouvelle est certainement plus crédible que la première rumeur, et en plus, tous les travailleurs italiens que l’on a interrogés ont répondus dans ce sens ».

Source : S0156.

Gravure représentant un chantier de construction d’un fort détaché. On remarque également la présence d’une locomobile à vapeur, et l’on voit une des tours en bois qui servaient de repère à l’emplacement du fort par rapport aux ouvrages voisins. On aperçoit également les attelages des paysans qui contribuent au soutien logistique du chantier.

 

Mercredi 12 mars 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Recherche de fournisseurs pour le transport de pierres au profit de la construction des forts détachés de Strasbourg.

Article du journal Straßburger Zeitung : Pour la construction des forts, un entrepreneur publie cette annonce : « Recherche des livreurs efficaces, pour le transport de quelques millions de pierres pour les fortifications, Rudolf Mosse, à Strasbourg ».

Remarque : Rudolph Mosse est le responsable de l’agence publicitaire qui émet des annonces dans tous les journaux. Source : S0156.

 

Jeudi 20 mars 1873

 

Allemagne, Sélestat ancienne place forte : Travaux de démolition de l’enceinte.

Article du journal Niederrheinische Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Sélestat, 20 mars. Les travaux de démolition des fortifications n’avançant pas aussi vite qu’on l’avait cru dans ces derniers temps. A la vérité plusieurs entrepreneurs ont eu l’intention de prendre les pierres des ouvrages dont la démolition ne regarde pas la ville. M. le lieutenant-colonel Grund est même allé chez nous pour régler cette affaire. Mais on n’avait pas encore entendu l’avis des autorités municipales, qui par conséquent n’ont pas pu donner encore leur consentement. Toute l’affaire se bornait sur une convention conclue par l’ancien maire et qui n’a aucun caractère légal. L’administration municipale actuelle a cependant adressé à Berlin un tout autre projet de convention dont elle attend la confirmation. Il ne peut donc pas être question du premier projet. Sans compter l’influence nuisible à la santé publique exercée par les eaux stagnantes sur lesquelles se transporteront les pierres enlevées aux fortifications, la ville ne pourrait approuver qu’on enlève les pierres de couronnement d’ouvrages qui ne seront pas démolies pendant de longues années et qui seraient ainsi mutilées. Il serait plus rationnel si la ville s’entendait avec les entrepreneurs des forts de Strasbourg et les chargeaient de raser les fortifications de Schlestadt. Nous verrons jusqu’à quel point cette idée, qui prédomine en ce moment dans les cercles dirigeants, sera exécutée.

 

Mardi 6 mai 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Etat d’avancement de la construction des forts détachés.

Le journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin a publié cet article : Niederhausbergen, le 6 mai 1873. (Correspondant particulier.) Pendant tout le printemps règne la plus grande activité, qui y avance à vue d’œil. Plus de seize cents ouvriers y sont occupés. Parmi ce nombre se trouvaient 800 maçons et terrassiers italiens ; mais la semaine dernière on a dû en congédier deux cents, par suite d’insubordination. Cependant ils n’ont pas été longtemps sans occupation. Ils se sont immédiatement dirigés sur Schlestadt (Sélestat) pour travailler à la démolition des remparts et à la reconstruction de la gare.

Les travaux des forts d’Oberhausbergen, Mundolsheim et Reichstett peuvent être poussés avec la même activité. Les entrepreneurs disposent partout de beaucoup d’ouvriers. Les tisserands du cercle de Schlestadt, dont les métiers chôment, y sont représentés par un contingent nombreux. D’ailleurs le gain ne va pas manquer de sitôt chez nous. J’ai appris de bonne source que le génie a fait lever des plans dans le but d’élever encore un petit fort, à proximité de l’église de Mundolsheim, et de construire une route qui longera les hauteurs de tout le Halterberg, pour relier les forts d’Oberhausbergen, Niederhausbergen et Mundolsheim.

Nos habitants viennent de consentir à la cession de leurs vignes expropriées moyennant le prix de 350 francs de l’are. Quant aux terrains, cédés pour l’établissement du chemin de fer de ceinture et de la route circulaire, traversant la banlieue, rien ne paraît encore être décidé par rapport au prix d’acquisition. Jusqu’à présent on a fait qu’indemniser les récoltes.

Source : S3715, n°107 du 05/05/1873, p. 3.

Voici une des rares photographies connues d’un chantier de construction d’un fort détaché. Il s’agit du chantier du Fort Off à Ingolstadt en 1876. On aperçoit les gabarits en bois pour profiler les parapets, et surtout la tenue des ouvriers, en chemise blanche avec chapeau ou casquette et la tenue d’un des chefs de chantier en costume. Là aussi on a élevé en priorité les parapets du front de tête. Les brouettes sont en bois. Source : S1000.

Détail de la gravure représentant un chantier de construction d’un fort détaché à Strasbourg. On aperçoit le détail de la traverse en capitale et le début des travaux de maçonnerie pour construire les deux ailes de la caserne de gorge. Gravure publiée par la presse française.

 

Lundi 30 juin 1873

 

Allemagne, Strasbourg et Neuf-Brisach places fortes : Transfert de poudre en provenance de Belfort.

Article du journal Straßburger Zeitung : « Mulhouse, le 30 juin. Tout le matériel de guerre évacué de Belfort n’est transporté vers Strasbourg, également Neuf-Brisach en reçoit une partie. Huit wagons contenant de la poudre ont stationné ici ces derniers jours, pour être chargés sur un bateau qui devait se rendre à Neuf-Brisach par le canal ».

 

Mardi 1er juillet 1873

 

France, Belfort place forte : Récupération des matériels par les troupes allemandes avant l’évacuation.

Article du journal Elsässer Journal - Journal d'Alsace : « On continue énergiquement l’évacuation de Belfort. Même hier, dimanche, pendant toute la journée, des détachements militaires étaient occupés du déchargement de nombreux canons, parmi lesquels il s’en est trouvé de fort gros calibre. Ces canons sont transportés à l’arsenal de Strasbourg ».

 

Dimanche 6 juillet 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Exercice d’alarme et point de situation de la construction des forts détachés.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Strasbourg, 6 juillet. On écrit de cette ville à la Karlsruher Zeitung : Les travaux des nouvelles fortifications sont poursuivis avec activité. Les six forts situés sur la rive gauche du Rhin, entre les villages de Reichstett et de Lingolsheim, auront des fossés profonds sans eau, et sont déjà tellement avancés qu’ils pourraient déjà servir à une défense énergique. Le mois dernier, la garnison de cette ville a été alarmée deux jours de suite et a occupé les forts, ainsi que le terrain qui s’étend devant les ouvrages de défense, pour que les troupes apprennent à connaître la configuration du terrain. En ce moment, on pousse vivement la construction des casernes, qui seront placées à l’abri des remparts de terre pour n’avoir pas à craindre un bombardement. Les forts situés près d’Illkirch, station de Graffenstaden, et La Wantzenau, dont les fossés pourront être inondés, n’ont été commencés que cette année et, par suite, ne seront pas aussi avancé que les autres forts. Dans tous les cas, jusqu’à la fin de cette année, tout le front de la rive gauche pourra être mis en état de défense, et sur la rive droite, autour de Kehl, on a désigné l’endroit que doivent occuper trois autres forts, pour lesquels on commence à exproprier le terrain. La semaine dernière, on a également cessé les transports de matériel d’artillerie de Belfort, parce que tout le matériel est déjà ici et est conservé à l’arsenal. Une partie de ce matériel doit servir à l’armement des nouveaux forts.

Source : S3715, n°160 du 11/07/1873, p. 2.

 

Samedi 12 juillet 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Incendie de la cantine du fort de Wolfisheim le samedi 12 juillet 1873 vers 22h – 23h.

Article du journal Elsässer Journal - Journal d'Alsace : « Samedi soir, entre 10 et 11 heures, une vive lueur rouge, éclairait le ciel dans la direction de la porte Nationale, faisant croire à un violent incendie. Le sinistre qui, de loin, d’après ces reflets, semblait fort considérable, s’est borné heureusement à une cantine en planches, établie près du fort de Wolfisheim. La pompe de campagne s’est empressée d’accourir sur le lieu de l’incendie ».

Dans une autre édition le journal précise : « Vous avez succinctement raconté dans votre dernier numéro l’incendie de la cantine du fort de Wolfisheim. Permettez-moi de vous communiquer quelques détails sur ce sinistre. Le feu a éclaté samedi soir, à dix heures et demie et s’est propagé avec une telle rapidité qu’en un clin d’œil tout le bâtiment se trouva en flammes. Rien ne put être sauvé, et pour comble de malheur, un enfant du sieur Buchmann, le propriétaire de la cantine, un charmant enfant de dix ans, a trouvé la mort dans l’incendie. On a trouvé son corps carbonisé dans les décombres et aujourd’hui on lui a donné la sépulture ».

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Départ de deux compagnies qui ont participé aux travaux des forts.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Strasbourg, 12 juillet. Lundi prochain, deux compagnies du régiment d’artillerie à pied, n°2, qui étaient venus, il y a quelques mois, de Stralsund (Poméranie), pour prendre part aux travaux des forts, partiront pour Sonderburg (île d’Alsen). Officiers et soldats ne quittent Strasbourg qu’à regret.

Source : S3715, n°162 du 13/07/1873, p. 3.

 

Dimanche 13 juillet 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Incendie de la cantine du fort de Wolfisheim.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Oberhausbergen, 13 juillet. Dans la nuit de samedi à dimanche, vers 11 heures, un incendie a éclaté dans la cantine Buschmann et Mauser, située près du fort de Wolfisheim et s’est propagé si rapidement qu’en peu de temps tout le bâtiment était embrasé et qu’il a été impossible de rien sauver. Malheureusement cet incendie a causé la mort d’un jeune garçon de 10 ans, fils de M. Buschmann, qui a été brûlé dans son lit. On croit que la malveillance n’est pas étrangère à cet accident.

 

Lundi 14 juillet 1873

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : Travaux de déforestation.  

Article du journal Straßburger Zeitung : 2 compagnies du régiment d’artillerie à pied n°2 « Fußartillerie-Regiments Nr. 2 », qui avaient été envoyés à Strasbourg il y a quelques mois en provenance de Stralsund pour exécuter des travaux forestiers, sont reparties ce matin vers Sonderburg (près d’Alsen).

Remarque : I

Il est fort probable que ces travaux forestiers concernent la préparation de chantier de construction d’un ou des forts à fossés plein d’eau.

Source : S0156, n°163 du 15/07/1873.

 

Samedi 19 juillet 1873

 

Allemagne, Vendenheim : Manque de main d’œuvre pour les moissons à cause de travaux des forts.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Vendenheim, 19 juillet. Nous sommes ici à la veille des moissons. Malheureusement les nombreuses bandes de moissonneurs, venant autrefois de la Lorraine et de la Bavière rhénane, font complètement défaut jusqu’à présent. Les constructions de voies ferrées et de forts occupent ces bras ailleurs.

Source : S3715, n°169 du 22/07/1873, p. 2.

 

Vendredi 25 juillet 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Point de situation des travaux dans les forts.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Niederhausbergen, le 25 juillet. Les travaux de notre fort sont tellement avancés, qu’on a pu congédier la majeure partie des ouvriers. De 1 800 terrassiers et maçons, il ne s’y trouve plus même 400. La grande activité que l’on déployait ici l’hiver dernier s’est portée sur les forts en construction de La Wantzenau et d’Illkirch-Graffenstaden.

 

Samedi 26 juillet 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Démission d’un associé du consortium Pathe & Compagnie chargé de la construction de deux forts détachés.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Avis. Les associés qui ont signés cet avis du consortium d’entrepreneurs Pathe & Compagnie de Strasbourg « Baugesellschaft Pathe & Comp. Zu Straßburg » informe le public que notre associé M. Johann Georg Schneider d’Edenkoben est démis de son poste de président du conseil d’administration « Vorstand » et de toutes les participations personnelles et des activités commerciales de notre consortium.

En prenant en compte le texte précédent, nous portons à la connaissance du public, que toutes les procédures contractuelles de quelque nature que ce soit, que ce soit pour notre contrat de société du consortium Pathe & Comp., ainsi que pour l’ancien consortium Pathe, Jerschke & Schneider, ne sont reconnus comme valable que si elles ont conclu de manière orale ou écrite, simultanément par les trois membres du consortium. A Strasbourg, le 26 juillet 1873.

Julius Pathe, August Jerschke, Adam Münch.

Remarque : Cette société construit les Fort Oberhausbergen et Fort Wolfisheim.

Source : S3715, n°175 du 28/07/1873, p. 3.

 

Dimanche 3 août 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Noyade d’un ouvrier italien du chantier du fort de Wolfisheim.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Strasbourg, 6 août. Dimanche dernier, plusieurs ouvriers se baignaient dans le canal près de Wolfisheim. Un Italien, occupé aux travaux du fort, ne sachant pas nager, s’est noyé. Son cadavre a été transporté hier soir, à 10 heures, dans l’hôpital civil de notre ville.

 

Jeudi 21 août 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Article de la presse sur l’état d’avancement des travaux de fortification.

Le journal quotidien l’Univers a publié cet article rédigé à l’aide des informations de la presse allemande : « On pousse les travaux des nouvelles fortifications de Strasbourg d’une façon extraordinaire. Les dix forts destinés à protéger cette place d’armes principale, les constructions dans cinq sont assez avancés, déjà pour que, si la nécessité poussait extraordinairement, les cinq forts puissent être armés et servir, à la rigueur, à la défense ; ils s’appellent : d’Oberhausbergen, de Mittelhausbergen, de Wolfisheim, de Mundolsheim et de Reichstett. Des sept forts de la rive gauche du Rhin, il n’y a plus d’arriérés dans la construction que ceux de Graffenstaden et de Wantzenau. Les piquets sont plantés et l’arpentage fait sur les emplacements destinés aux constructions de forts près Auenheim, Neumühl, on est en train de construire, et près d’achever un chemin de fer de service pour le transport des matériaux ».

Remarque : D’après cet article, les fort Moltke, Roon, Kronprinz, Baden et Bismarck sont déjà en mesure d’être mis en état de défense avec de l’artillerie.

Source : S3454.

 

Lundi 1er septembre 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Baptême des 12 premiers forts détachés.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué officiel : « Sa Majesté l’Empereur et Roi a ordonné par l’ordonnance du cabinet impérial du 1er septembre 1873, pour commémorer le jour anniversaire où il y a trois ans les troupes allemandes ont remporté une si grande victoire, en baptisant les nouveaux forts de Strasbourg avec les noms de ces hauts personnages qui ont œuvrés à la victoire par leurs actions au cours de cette guerre, qui sont remis désormais à la postérité : Nr. 1 : Fort Fransecky ; Nr. 2 : Fort Moltke ; Nr. 3 : Fort Roon ; Nr. 4 : Veste Kronprinz ; Nr. 5 : Fort Großherzog von Baden ; Nr. 6 : Fort Fürst Bismarck ; Nr. 7 : Fort Kronprinz von Sachsen ; Nr. 8 : Fort Tann ; Nr. 9 : Fort Werder. Pour les forts de la rive droite dont la construction n’a pas encore commencé, il reste les noms suivants : Kirchbach pour le Fort 10 ; Bose pour le Fort 11 ; Blumenthal pour le fort 12. Strasbourg, le 20 septembre 1873. Le Gouverneur signé « von Hartmann, General der Cavalerie ».

Les noms des plus illustres personnages qui ont eu un rôle ou un commandement important pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871 seront utilisés à cet effet. Les personnages les plus importants pour les grands forts, et les autres pour les forts de taille moyenne. Ces noms seront en vigueur jusqu’en avril 1918 et pendant l’occupation de fait allemande de mi-juin 1940 au 23 novembre 1944. Initialement, le nom était inscrit au-dessus de l’entrée de la poterne principale, sur la façade de gorge, à l’aide de lettres métalliques, en étain doré à la flamme. Dans chaque fort, au niveau de la pièce du commandant du fort, on trouvait en règle générale le portrait offert par l’illustre personnage du nom qu’il portait. Le Fort V, Fort Oberhausbergen est baptisé Fort Grossherzog von Baden, dénommé à l’époque par les Français Fort Grand-Duc de Bade. Il s’agit du deuxième personnage le plus important, le gendre de l’empereur d’Allemagne.

Sources : S0111. S0156. S0599 ; S3715, n°216 du 14/09/1873, p. 2.

 

Dimanche 14 septembre 1873

 

Allemagne, armée d’occupation en France : Fin de l’évacuation.

La revue militaire de l’Etranger nous livre cette information : « Armée d’occupation. Fin de l’évacuation. Nous n’aurons plus, grâce à Dieu, à nous occuper de l’armée d’occupation. Les cinq milliards étant payés, Verdun a été évacué samedi 13 septembre, et aujourd’hui l’arrière-garde prussienne, après s’être reposée avant-hier et avoir couché hier à Etain, repasse la frontière nouvelle que nos revers nous ont forcé à subir. Ainsi se termine une des plus tristes périodes de notre histoire militaire ; il est permis d’espérer qu’elle sera pour nous féconde en enseignements et en résultats, car dans l’armée nul des survivants ne l’oubliera sans doute. Les enfants eux-mêmes survivants de nos provinces de l’Est conserveront la mémoire de ces jours néfastes de l’occupation et ils en profiteront comme soldats ».

Source : S0474.

 

Vendredi 19 septembre 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Sentinelles armées près de forts détachés.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Nouvelles officielles. Avis. Le public est prévenu que les sentinelles qui gardent le matériel d’artillerie dans les forts détachés de la rive gauche du Rhin sont armées de fusils chargés. Strasbourg, le 19 septembre 1873. Le gouverneur de la forteresse, de Hartmann, général de cavalerie.

Source : S3715, n°222 du 24/09/1873, p. 2.

 

Mardi 30 septembre 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Armement des forts de Strasbourg.

Article du journal Straßburger Zeitung repris d’un article d’un journal lorrain : « On arme avec une étonnante diligence les forts de Hausbergen, Reichstett et Mundolsheim, et les routes qui y conduisent sont depuis quelques jours sillonnées de pièces de canon, parmi lesquelles se remarquent des pièces françaises et des caissons de munitions. On ne peut s’empêcher d’être étonné de la rapidité avec laquelle les travaux des forts en général ont marché depuis six mois. Non seulement on les aperçoit parfaitement de la route, mais il est plus d’un qui serait déjà en état de servir ». Remarque : la mise en place des pièces d’artillerie sur les parapets des forts concerne vraisemblablement les forts de la rive gauche du Rhin, dont la construction a le plus avancée et coïncide avec l’évacuation du territoire français par les dernières troupes allemandes. Il s’agit là de la volonté du commandement allemand de mettre la place forte allemande à l’abris d’une éventuelle attaque. Il est donc vraisemblable que les parapets d’artillerie des faces et flancs des forts aient été construits en priorité. Les forts qui sont vraisemblablement concernés par cet armement sont : Fort II à Reichstett, Fort III à Mundolsheim, Fort IV à Niederhausbergen.

Source : S0156.

 

Mercredi 8 octobre 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Armement du fort de Reichstett.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Reichstett, 8 octobre. Construction de forts. Les travaux de notre fort ont rapidement avancé dans les derniers temps. En ce moment les soldats sont occupés à placer les canons dans les batteries.

 

Mercredi 15 octobre 1873

 

Allemagne, Strasbourg garnison : Agrandissement de l’arsenal et armement des forts.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Strasbourg, 15 octobre. Agrandissement de l’arsenal. D’après le correspondant strasbourgeois de la National Zeitung, on a l’intention de faire de l’arsenal de cette ville un des plus importants de toute l’Allemagne. Le bâtiment a déjà été agrandi : il a 500 pieds de longueur sur 80 de hauteur. Jusqu’à présent tout le mécanisme était mis en mouvement par une seule machine à vapeur ; on veut aujourd’hui établir 4 machines ; depuis 15 jours, on a également établi un martinet, dont le besoin se faisait sentir depuis longtemps. Les canons venus de Belfort sont refondus pour la plupart, et en outre près de 800 ouvriers sont occupés à remettre en état le matériel de guerre ancien ou à en fabriquer de nouveau. Chaque nuit, des trains partent pour armer les nouveaux forts d’Oberhausbergen, Niederhausbergen et Wolfisheim, qui seront bientôt achevés.

Source : S3715, n°245 du 18/10/1873, p. 3.

 

Samedi 25 octobre 1873

 

Allemagne, Strasbourg fortifications : Armement des forts.

Article du journal Elsässer Journal - Journal d'Alsace : « On adresse à la Gazette de Carlsruhe la correspondance intéressante qui suit : « Depuis quelques jours notre ville a repris un air guerrier. Pour l’armement de plusieurs forts extérieurs maintenant terminés, de longues files de bouche à feu, de voitures de munition et d’autres objets nécessaires à l’établissement de fortifications, parcourent les rues de notre ville. Parmi les canons destinés particulièrement à l’armement des remparts, on rencontre surtout dans nos rues le canon en bronze de 12 centimètres et à culasse. En général une grande activité règne chez nous dans les constructions militaires ; les ateliers de l’arsenal ont été agrandis et le seront encore ; déjà maintenant près de 800 ouvriers y sont occupés. Prochainement quatre nouvelles casernes seront mises sous toit dans notre citadelle, qui de la sorte offrira six grandes casernes, sans parler de la vaste prison militaire et d’un très-grand magasin. Tout le régiment wurtembergeois n°126 doit aller occuper la citadelle. En dehors de ces bâtiments, la citadelle offre encore la « caserne des pigeons » ; en effet, on y entretient environ 500 pigeons voyageurs, dont le nombre doit être porté successivement au-delà de 1 000, et qui sont destinés, en cas de siège, à faire le service de la poste. A diverses reprises déjà, on a fait des expériences avec ces messagers aériens. D’abord on les a fait rentrer du Polygone distant de 1 ½ lieu ( ?) dans leur pigeonnier ; plus tard, on les a fait revenir de Bühl et de Rastatt. Lors des premiers exercices, tous les pigeons sont revenus ; si dans les courses postérieures, quelques-uns ne sont pas rentrés, c’est probablement qu’ils ont été abattus par des chasseurs. En effet, on a trouvé dans les plumes de quelques-uns des messagers revenus des traces de petit plomb. Prochainement se fera une grande expérience à partir de Würzbourg. On est très-curieux du résultat qui s’obtiendra, car pour ces grands voyages il s’agit de décider si la perte de 30 % admise jusqu’à présent est exacte ou non. Chaque pigeon portant sur sa plume caudale un monogramme et un numéro d’ordre, le contrôle en est facile et leur rapidité au vol peut facilement être constatée. Les pigeons les plus rapides sont réservés à la reproduction ».

Source : S2932.

 

Lundi 27 octobre 1873

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : Fortifications dans les pays de l’Empire.

Article du journal Elsässer Journal - Journal d'Alsace : Strasbourg, 27 octobre. Notre correspondant militaire à Berlin nous écrit : Le général de Kamecke qui, comme l’on sait, était inspecteur du génie avant d’être appelé au ministère, a fait (comme nous l’avons annoncé, Red) récemment un voyage d’inspection des forteresses d’Alsace-Lorraine. Le but de ce voyage était en premier lieu d’inspection des travaux de fortification élevés à Strasbourg et à Metz et les 7 premiers des 12 forts de Strasbourg à élever sur la rive gauche du Rhin, sont sur le point d’être terminés. En outre, le général de Kameke a désigné d’une manière définitive les emplacements sur lesquels devront être construits les forts à élever sur la rive droite du Rhin par Bodersweyer, Kork et Eckartsweier. A Metz, il a dû décider si le mont Saint-Blaise, éloigné de Metz d’environ 20 km, doit être compris dans les fortifications ou non. Les idées des ingénieurs allemands sont considérablement divergentes sur ce point. Suivant des communications dignes de foi, ce serait une troisième question qui aurait été la cause principale du voyage du deuxième ministre de la guerre en Alsace-Lorraine. Dans le monde compétent on est arrivé à la conviction qu’en laissant Belfort à la France ; on a commis un acte qui, bien que politiquement justifiable en raison de la nationalité des habitants de la ville, n’en est pas moins une faute militaire. Les constructions grandioses que la France y prépare tout de suite après qu’elle est rentrée en possession de la place, rendent absolument nécessaire un point central solide couvrant le coin sud-ouest de l’empire. On avait pensé d’abord à agrandir Neuf-Brisach en y rattachant Vieux-Brisach, situé sur la rive droite du Rhin. Mais la situation de cette forteresse loin des voies de grande communication, ne semble pas la rendre apte à devenir un point central moderne, tandis que Mulhouse, autant comme centre industriel de la Haute-Alsace que comme point de jonction des routes de Bâle, de Strasbourg et de Belfort, et pas trop éloigné du Rhin, semble parfaitement disposée dans ce but. Il paraît décidé que l’établissement d’un camp fortement retranché près de Mulhouse est formellement arrêté, que dans le courant de cet hiver on effectuera des travaux préparatoires et que les véritables travaux de fortification commenceront au printemps prochain.

Source : S3715, n°254 du 29/10/1873, p. 3.

 

Vendredi 21 novembre 1873

 

Allemagne, Strasbourg et Metz, places fortes : Informations diverses concernant ces deux places.

La Revue militaire de l’étranger a repris des articles de la presse allemande pour nous donner quelques informations diverses sur les places fortes de Strasbourg et de Metz : « Alsace-Lorraine. Forts de Strasbourg. On lit dans la Gazette d’Augsbourg et dans la Journal de l’Allemagne du Nord que le général Kameke, deuxième ministre de la guerre, et antérieurement inspecteur général du génie, a désigné, pendant son séjour à Strasbourg, les emplacements des trois nouveaux forts qui doivent être construits sur la rive droite du Rhin, autour de Kehl, à Bodersweier, Kork et Eckardsweier. Quant aux douze forts sur la rive gauche du Rhin, que l’Empereur a baptisé en septembre dernier, les sept premiers, Fransecky, Moltke, Roon, Prince Royal, Grand-Duc-de-Bade, Bismarck et Prince-Royal-de-saxe, sont sur le d’être terminés ; les cinq autres seront achevés plus tard, et probablement pas avant l’été de 1874. Tous les forts de Strasbourg sont placés à six kilomètres environ de la ville, avec un intervalle de trois kilomètres entre chacun d’eux. Le terrain entre les forts sera occupé par des batteries supplémentaires de 8 pièces (12 ou 24 rayé), dont les terrassements seuls seront exécutés en temps de paix. Le flanquement des fossés à eau sera obtenu par des caponnières étanches qui sont en ce moment en construction, et qui seront blindées avec des plaques de fer crénelées. Probablement, jusqu’en 1875, les forteresses d’Alsace-Lorraine conserveront leur armement en matériel français (24 de siège, 12 de place, se chargeant par la bouche), jusqu’à ce que l’on ait construit un matériel prussien suffisant pour pouvoir se passer du matériel français. Mais les forts détachés autour de Strasbourg et de Metz recevront tout de suite, outre les pièces de flanc et les mortiers français, du matériel exclusivement prussien ».

Source : S0474.

 

Samedi 13 décembre 1873

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication des divers travaux au sein de la place forte au cours de l’année 1874.

Article du journal Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Avis. Adjudication des divers travaux suivants à réaliser au cours de l’année 1874 au sein de la place forte y compris les livraisons de matériaux et matériels : Travaux de maçons, de tailleurs de pierre, de couvreur, de charpentier, de menuisier, de forgeron et de serrurier, de plombier, de peintre, de vitrier, de carreleur, de paveur et de puisatier, ainsi que les services de transport, le samedi 13 décembre 1873 au bureau du service des fortifications où les conditions particulières peuvent être consultées. Les offres doivent être envoyées sous couverts scellé sur papier timbré, avec la mention en lettre et chiffres lisibles des travaux concernés. Strasbourg, le 30 novembre 1873. Kaiserliche Fortifikation.

 

Aménagements complémentaires pour le Fort Fürst Bismarck et démontage du chemin de fer de ceinture, et autres modernisations 1874-1885.

 

1874

 

D’après un document du service historique de la défense, article 8 : Un compte rendu du 2e bureau de l’état-major général français fait état des problèmes rencontrés lors de la construction des forts Moltke, Grossherzog von Baden, et Bismarck. Au fort Bismarck, toute l’aile droite de la caserne s’est écroulée.

Source : S1267, Service historique de la Défense : article 8.

 

Compte rendu français relatif aux problèmes liés à la construction des forts détachés :

Fort Moltke à Reichstett, Fort Baden à Oberhausbergen, Fort Bismarck à Wolfisheim. Les renseignements suivants datés de janvier 1874 ont été communiqués par le 2e Bureau de l’Etat-major général au Ministère : « Forts de Strasbourg. Le fort de Wolfisheim s’est presque totalement effondré, celui de Reichstett s’est effondré en partie, notamment la poudrière et enfin celui d’Oberhausbergen et les autres forts ont été légèrement endommagés, on a été obligé d’étayer leurs murs. Les causes de ces effondrements sont les suivants :

1° La mauvaise qualité des matériaux de toute nature employés à la construction des voutes, tels que pierres gélives, moellons, mortier, briques mal cuites à la méthode allemande, c’est-à-dire en plein vent, la matière première servant à la fabrication des briques n’étant pas la même que celle employée en Allemagne, a besoin d’une cuisson plus forte et doit être faite dans des fours clos, les tuileries en Alsace ne possèdent que des fours de ce genre, les frais de fabrication dont il est vrai plus onéreux, mais on obtient des produits qui résistent et durcissent en vieillissant tandis que la brique allemande, celle fabriquée pour les forts de Strasbourg se dissous, se désagrège.

2° L’inexpérience des entrepreneurs et officiers du Génie allemand dirigeants les travaux, de construire sur une terre glaise. Pareils inconvénients s’est produit d’ailleurs de 1850 à 1857, lorsque les brasseurs Strasbourgeois voulurent construire des caves voutées et des glacières pour les bières de conserve hors les portes de Saverne, Nationale et de Pierre dans la direction de Koenigshoffen, Eckbolsheim, Oberhausbergen, Mittelhausbergen et Schiltigheim, localités dont le terrain est identique à celui sur lequel on vient de construire les forts. Eh bien, les entrepreneurs d’alors virent s’effondrer plusieurs fois les voûtes et les murs qu’ils avaient élevés, ce n’est qu’après plusieurs années d’expériences et d’essais qu’ils parvinrent à construire solidement et à établir des voutes résistantes.

3° La hâte que l’on a mise à construire : on prétend que la plupart des voutes n’ont pas de mur de soutènement ou culées. Dès que les effondrements en question se furent produits (octobre et novembre 1873), leur accès fut rigoureusement interdit, des sentinelles, armes chargées furent échelonnées avec ordre de tirer sur les curieux qui violeraient la consigne, et une Commission composée d’hommes compétents fut envoyée de Berlin pour juger de visu de la gravité des détériorations et y porter remède : cette Commission chercha à cacher le but réel de son voyage, elle fit répandre le bruit qu’elle avait pour mission de s’assurer si, aux point de vue sanitaire, les forts étaient en état de recevoir de la garnison. A l’occasion de cette visite, on attribue les propos suivants à un membre de cette Commission : « Puisqu’il en est ainsi, la tâche des Français se trouvera simplifiée ; si une nouvelle venait à éclater, les voutes se réduisant déjà d’elles-mêmes ».

On s’attend à un effondrement général au printemps prochain, lorsque la terre actuellement durcie et gelée aura été détrempée par les pluies et ramollie par la température. Depuis la visite faite par la Commission Berlinoise, les charrois de matériaux ont cessé et les travaux suspendus, on assure qu’un nouveau projet de construction est en ce moment à l’étude. Les journaux allemands et ceux d’Alsace-Lorraine sont restés muets sur les accidents des forts. Un sieur Fischbach, rédacteur d’un journal rédigé en Allemand, paraissant à Strasbourg pourrait à ce sujet, car, lors de l’effondrement du fort de Wolfisheim, l’autorité supérieure allemande (intima l’ordre à ce journaliste de ne pas publier cette nouvelle) ».

Remarque : Le problème essentiel pour moi est la dimension insuffisante des fondations qui ont une profondeur de 60 cm initialement, et après l’écroulement de l’aile droite du Fort Fürst Bismarck passent à 1,20 m sous chaque pied droit

Source : S1267, Service historique de la Défense : article 8.

 

Allemagne, Wolfisheim : Retard dans la construction du Fort Bismarck.

En 1874, la revue française sur les armées étrangères publie les renseignements suivants : L’achèvement du fort Bismarck (actuel fort Kléber) a été retardé par les tassements considérables qui se sont produits. Il s’élève en plaine près de Wolfisheim, à gauche de la route, près du débouché de la vallée de Bruche, en face de la hauteur d’Oberschaeffolsheim. Remarque : En réalité, l’aile droite de la caserne de gorge s’est complètement écroulée et a dû être reconstruite.

 

Janvier 1874

 

Evénements divers du mois de janvier 1874.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Compte rendu concernant l’installation des lignes de télégraphies souterraines entre les forts détachés de Strasbourg.

D’après un document du service historique de la défense, article 8 : Les renseignements suivants datés de janvier 1874 ont été communiqués par le 2e Bureau de l’Etat-major général au Ministère : « Forts de Strasbourg : Télégraphie souterraine. Le télégraphe souterrain qui doit relier les forts entre eux et ensuite ces derniers à la ville de Strasbourg sera probablement établi d’ici trois mois, on y travaille sans relâche ».

Pour connaître en détail l’installation des réseaux de télégraphie par câbles souterrains, consultez la page « Télégraphie filaire » : Télégraphie filaire :: Fort Baden - Frère

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Compte rendu du renseignement militaire concernant les problèmes liés à la construction des forts Moltke à Reichstett et Bismarck à Wolfisheim.

D’après un document du service historique de la défense, article 8 : Les renseignements suivants datés de janvier 1874 ont été communiqués par le 2e Bureau de l’Etat-major général au Ministère : « Forts de Strasbourg. Nouveaux renseignements précis, sur les éboulements des forts de Strasbourg. Au fort de Wolfisheim, deux étages de casemates se sont écroulés sur une longueur de 75 mètres. Au fort de Reichstett, le même fait s’est produit sur une longueur de 45 m. Les briques employées dans la construction, sont tellement mauvaises, mal cuites, que d’autres éboulements sont attendus, non-seulement dans ces deux forts mais dans d’autres. Ces briques imprégnées d’eau, vont se défaire complètement après de fortes gelées. Les deux éboulements ci-dessus indiqués n’ont d’autre cause que la mauvaise qualité des briques ».

 

Mardi 13 janvier 1874

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : Point de situation français relatif au nouveau type de forts détachés allemands et à la construction des nouvelles fortifications.

D’après un document du service historique de la défense, article 8 : Dans une note française du deuxième bureau, on retrouve un document allemand qui nous apporte quelques informations concernant la place forte de Strasbourg (note en allemand, incomplète, seule la partie la plus utile a été traduite) : « Avec l’amélioration conséquente de ces derniers des temps des performances des pièces d’artillerie, on a été obligé de prendre en compte la modification des objectifs qui seraient les cibles de cette artillerie en temps de guerre. Les cibles privilégiées de cette artillerie sont les forteresses et leurs ouvrages individuels. Alors qu’autrefois les parties des murs des ouvrages de fortification qui étaient les plus exposés ont été réalisés en grande masse compacte, ce qui leur permettaient de résister réellement au tirs lointains, alors que ces tirs provenant des nouvelles pièces d’artillerie a désormais une efficacité trois fois supérieure, en conséquence on était désormais obligé, de ne plus utiliser la pierre pour ces parties les plus exposées, mais simplement de la terre coulante, sous laquelle se cache la masse des murs compacts. Ce système, qui a été inventé récemment, même si les ouvrages du système de Vauban ont toutefois été gardés, dévie pour l’essentiel du dernier système. Par ailleurs, comme les parties à nu des ouvrages exposées au tir direct sont désormais en terre, le but essentiel était aussi l’aménagement intérieur des ouvrages, que désormais les communications soient également protégées par des masses de terre, que les pièces d’artillerie tout comme l’équipage, soient couverts par des masses de terre. D’autre part l’assiégé ne peut que procéder à des réparations des ouvrages endommagés, puisqu’il nécessite pour cela que de la terre, si les circonstances l’autorisent, de procéder à des travaux nocturnes sur les ouvrages endommagés en comblant la terre, toutefois si l’ennemi ne continue pas ces bombardements de nuit. Les nouveaux ouvrages de fortifications et surtout les ouvrages détachés de Strasbourg, Cologne et Ingolstadt, ont été érigé ou sont encore en construction dans ce système. Le nombre des forts de Strasbourg est de 12, auquel on doit encore en ajouter deux. Sur ces 12 la moitié sont situés sur des terrains secs, c’est-à-dire ceux de Reichstett, Mundolsheim, Niederhausbergen, Oberhausbergen, Wolfisheim et Lingolsheim, tandis que les forts de la Wantzenau, Grafenstaden, Illkirch, Sundheim, Auenheim et Neumühl – dont les trois derniers sont sur la rive droite du Rhin derrière Kehl – ont été construits sur des terrains humides et en conséquence sont dotés de fossés pleins d’eau. Des deux forts qui doivent encore être ajoutés, l’un sera érigé à l’extrémité de la colline des Hausbergen, sur la soi-disant tête de Mundolsheim « Mundolsheimer-Kopf », en tant que fort à fossé sec, alors que le second fort trouvera sa place à proximité du fort d’Illkirch, près du Altenheimerhof. Dans l’ensemble les forts sont situés à une distance moyenne de 15 à 20 kilomètres du centre de la ville et de son enceinte. Cette dernière sera agrandie vers l’Ouest et le Nord-Ouest, et la ligne porte de Pierre « Steintor » à la Citadelle sera arasée et la nouvelle enceinte s’étendra à partir de ces points jusqu’au Contades, l’Orangerie et y compris tous les terrains situés entre ces points. Il s’agit surtout d’agrandir la partie nord-ouest de la ville sans toutefois trop s’approcher de la ligne des fort détachés. Dans les prochains temps je ferais également de la même manière un compte-rendu de Cologne et d’Ingolstadt. L’ensemble des forts détaché de Strasbourg sont en partie reliés par des routes renforcées, comme c’est le cas de celle partant à gauche du fort d’Oberhausbergen sur les hauteurs jusqu’à la Tête de Mundolsheim, également reliée en partie par une voie ferrée, même si actuellement ces voies ferrées ne sont pas en service, et que les installations de cette dernière sont déjà partiellement détruites et arrachées, mais la plate-forme reste en place, et peut être remis en place en cas d’urgence dans un délai de 24 heures. La liaison technique des forts détachés avec la ville ainsi qu’avec le Gouvernement de la place forte, qui relie individuellement chaque fort, comprend une ligne télégraphique souterraine, comprenant des câbles qui ont été enterrées à une profondeur moyenne de 0,75 m. Ainsi chaque fort a un télégraphiste, auquel peut faire appel les fonctionnaires et les gardes du génie « Wallmeister » des forts. C’est grâce à ces liaisons télégraphiques que l’on peut en cas de siège, faire transiter e toute circonstances les ordres et les comptes rendus, sans que l’on soit obligé d’ouvrir une porte ».

Remarque : il s’agit d’une note assez précise hormis la distance des forts détachés par rapport au centre-ville.

Source : S1265, Service historique de la défense : article 8.

 

Mercredi 4 février 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Etablissement d’un plan projet de reconstruction du Fort Fürst Bismarck.

Après l’écroulement de l’aile droite de la caserne de gorge du fort Bismarck, le service des fortifications de Strasbourg établi un plan de reconstruction de cette aile. On remarque notamment un renforcement des fondations de cette future construction.

Vues du plan projet décrit ci-dessus (collection MJR).

Source : Geheime Staatsarchiv preußischer Kulturbesitz.

 

Lundi 16 février 1874

 

Allemagne, places fortes : La stratégie du maréchal von Moltke et ses relations avec le système fortifié.

Même après la publication de l’ordonnance impériale « A.K.O. » du 24 juin 1872 relative à la réduction du nombre des places fortes, le maréchal von Moltke, chef d’état-major général, demande dans une lettre envoyée au général von Kameke, une nouvelle réduction du nombre des places fortes, en argumentant sur le fait qu’en agrandissant certaines places, on n’a pas pu réaliser les économies de personnel envisagés, alors que l’effectif des armées étrangères voisines ont été sensiblement augmentées.

Déjà le 16 février 1874, le maréchal von Moltke constate, que depuis la guerre de 1870 - 1871, la France a augmentée l’effectif de son armée du temps de paix de 40 000 hommes, c’est-à-dire qu’elle a porté ses effectifs à 471 170 hommes. La Russie stimulée par l’exemple allemand disposait d’une armée moderne à la suite de l’instauration plus rigoureuse de la conscription. En particulier le maréchal von Moltke souligne la nécessité d’abandonner la place de Sarrelouis devenue obsolète à la suite de l’extension des ouvrages de Metz et Thionville et, plus tard, l’abandon de Wesel, Rastatt et Ingolstadt, ainsi qu’à une partie des ouvrages de Dantzig. Ces demandes se justifièrent par le fait que les nouvelles places de l’Ouest, acquises et agrandie, formaient une première ligne de défense, tandis que les grandes places du Rhin constituaient avec le cours d’eau une seconde ligne de défense face à la France et donnait ainsi de la profondeur au système fortifié. Ces conditions si favorables à une stratégie défensive constituaient la base de la stratégie de Moltke à l’ouest. Alors que juste après la guerre, grâce à la suprématie militaire allemande il préconise une tactique offensive sur les 2 fronts en cas de besoin, il ordonna par la suite qu’une tactique offensive sur un seul front face à la très rapide montée en puissance de l’armée française et de la balance des forces si peu favorable.

 

Dimanche 1er mars 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Renseignements relatifs aux nouveaux forts de Strasbourg d’après une revue militaire française.

La Revue militaire de l’étranger 1874 nous livre ces informations : « Alsace-Lorraine. Les forts de Strasbourg. Nous pensons intéresser les lecteurs de la Revue en rassemblant les renseignements publiés déjà en France sur les travaux qu’exécutent les Allemands autour de Strasbourg et en complétant par quelques détails empruntés à la Gazette de Silésie et aux journaux de Metz et d’Alsace. Douze forts ont été construits ou sont en cours de construction : le fort Fransecky, situé dans la forêt de la Wantzenau, a exigé le déboisement d’une partie des bois communaux de la ville. Commencé au printemps dernier, ce fort ne doit pas être terminé maintenant ; il est probable, en effet, que les ingénieurs allemands ont rencontrés des difficultés à asseoir un fort sur ces terrains d’alluvions à demi inondés. Le fort aura ses fossés pleins d’eau. Il est destiné à commander, avec le fort Blumenthal, le cours inférieur du Rhin. Il bat, d’ailleurs, la chaussée de Lauterbourg et la vallée. Le fort Moltke, situé sur la hauteur, un peu en arrière de Reichstett, croise ses feux avec ceux du fort Fransecky sur toute la vallée et assure avec ce fort la défense du secteur limité par le canal de la Marne au Rhin et par le Rhin. Le fort Moltke est maintenant armé ; il est relié à la ville par une ligne télégraphique souterraine. Le fort Roon est avantageusement placé à droite de la voie ferrée commune aux lignes de Wissembourg et de Nancy, entre Mundolsheim et Souffelweyersheim. Plus à l’ouest, les hauteurs de parallèles au Rhin, qui s’étendent de Mundolsheim à Oberhausbergen sont couronnées de deux forts, le fort Kronprinz, ou de Niederhausbergen, et le fort Grossherzog von Baden, ou d’Oberhausbergen, qui possèdent déjà, une partie de leur armement. Les casernes de ces forts vont être terminées ce printemps ainsi que celle du fort Bismarck. Une route de ceinture, qui suit la crête des collines, part de Mundolsheim et conduit aux deux forts. L’on parle d’établir, en outre, une batterie près de l’église de Mundolsheim pour mieux battre les vallons de la Leisbach et de la Kolbsenbach. Commencé en même temps que les quatre derniers forts susnommés, le fort Bismarck, soit par suite de malfaçons, soit plutôt à cause de la nature argileuse du terrain, a subi des tassements qui ont déterminé l’automne dernier des éboulements considérables et singulièrement retardés son achèvement. Ce fort est établi dans la plaine près de Wolfisheim, à gauche de la route de Paris qu’il commande, au débouché de la vallée de la Bruche, et en face des hauteurs d’Oberschaeffolsheim. Le fort Kronprinz von Sachsen, ou de Lingolsheim, commande un vaste plateau que traversent la voie ferrée de Mutzig et la chaussée de Schirmeck. Il doit être maintenant armé. Les forts von der Thann, ou de Graffenstaden, et Werder, ou d’Illkirch, qui commandent la partie supérieure de la rive gauche du Rhin, sont loin d’être aussi avancés. Ils ont été entrepris seulement l’an dernier ; ils auront des fossés pleins d’eau de même que les forts de la rive droite.

La construction de ces derniers ne fait que commencer. Le premier d’entre eux, le fort Kirchbach, situé entre Marlen et Sundheim, commande la route Altenheim-Lahr et la vallée de la Kinsig. Le fort Bose, situé près de la voie ferrée Strasbourg-Kehl-Appenweier, couvre les communications avec le Wurtemberg par la vallée de la Renchen. Enfin le fort Blumenthal, situé tout près d’Auenheim, bat la route de Rastadt.

Deux batteries et un fort doivent encore, d’après la Nouvelle Presse de Francfort, compléter la défense de la rive droite du Rhin. Les batteries doivent être établies, l’une près de Bodersweier pour couvrir la route de Carlsruhe et le chemin d’Offenbourg ; l’autre, près de Kork, pour protéger la voie ferrée Kehl-Appenweier et la route Kehl-Offenbourg ; enfin le fort doit être établi presque au confluent de l’Ill et du Rhin, à Diersheim, à une distance de 11 à 12 kilomètres de Strasbourg. Il est destiné à agrandir la zone de la vallée du Rhin comprise sous le canon de la place, et à mettre Strasbourg en communication intime avec Rastadt. Le terrain entre les forts sera rempli par des batteries d’annexion ou intermédiaires, chacune de huit pièces, probablement, dit la Gazette de Silésie, des canons de 12 c. et des mortiers de 21 c. Les forts sont éclairés au gaz ; ils sont pourvus d’appareils pour l’éclairage électrique ; presque tous communiquent avec la ville par des lignes télégraphiques souterraines et quelques-uns auraient, dit-on, un dépôt de pigeons voyageurs. Un chemin de fer de ceinture, dès maintenant achevé, même sur la rive droite du Rhin, met en relation les différents forts. On a renoncé à l’intention de caserner en permanence, pendant la paix, des troupes dans les forts, à cause de leur éloignement de la ville. Comme conséquences de l’établissement des forts, les Allemands se proposent d’agrandir la ville dès que les travaux extérieurs auront été terminés. Cet agrandissement commencerait par la Finckmatt, avancerait de près d’un kilomètre tout le front nord jusqu’à la citadelle et engloberait encore l’Orangerie et le Contades ».

Source : S0340 n°157, du 01/03/1874, p. 182.

 

Vendredi 19 mars 1874

 

Empire allemand, Strasbourg : Vente aux enchères de traverses du chemin de fer de ceinture.

Le service des fortifications de Strasbourg avait fait installer un chemin de fer de ceinture pour le transport des matériaux destinés à la construction des forts de Strasbourg. A partir de 1874 et pendant plusieurs années, au fur et à mesure que les travaux de gros œuvre de la construction des forts s’achèvent, ce service fait démonter les installations du chemin de fer de ceinture et commence à vendre aux enchères les différents composants. Article paru dans le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß avec le communiqué suivant : « Communiqué. Vendredi, le 19 mars (1874) matin à 9 heures, à Oberhausbergen, et le matin à 11 heures à Wolfisheim, sur le chemin de fer de ceinture « Ringbahn », seront vendu aux enchères publiques au plus offrant, 580 vieilles traverses de chemin de fer, contre payement immédiat en liquide. Strasbourg, le 18 mars 1874. Le service impérial des fortifications « Kaiserliche Fortifikation ».

Source : S0191 n°66, du 19/03/1874, p. 4.

 

Mardi 31 mars 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Communiqué du gouverneur rappelant la règlementation pour les monuments funéraires situés dans les 1ers et 2e rayon de fortification.

La loi dite sur le « Rayon des fortifications » impose un certain nombre de servitudes militaires à toutes les constructions situées à proximité. Le gouverneur militaire de Strasbourg publie dans le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß un communiqué qui rappelle la règle en ce qui concerne les monuments funéraires : « N°135. Communiqué. Il arrive fréquemment de refuser les demandes de monuments funéraires parce que leurs dimensions ne sont pas conformes avec les directives de la loi sur les servitudes militaires dites du rayon de fortification du 21 décembre 1871, publiée dans le n°8 du journal des lois pour l’Alsace-Lorraine de 1872 et publié dans le n°55 du journal Straßburger-Zeitung du 6 mars 1872. Voici les dimensions d’exécution de cette loi nous présentons dans quelles sont les dimensions pour les monuments funéraires qui doivent être spécifiquement respectées. 

1) Dans le 1er rayon.

a) Hauteur : illimitée.

b) Epaisseur : Dans les parties situées 50 cm au-dessus de 50 centimètres du sol, un maximum de 15 cm pour la pierre et de 2 cm pour le fer ; dans les parties inférieures à 50 cm de sol naturel, illimité.

c) Largeur : dans les parties dont la hauteur est supérieure à 50 cm au-dessus du sol, zu maximum 30 cm pour la pierre et le fer, et pour les hauteurs inférieures à 50 cm la largeur est illimitée.

2) Dans le 2ème rayon :

a) Hauteur : illimitée.

b) Epaisseur : identique au rayon n°1.

c) Largeur : illimitée.

Les talus des tombes ne doivent pas dépasser la hauteur de 50 cm par rapport au terrain naturel.

Le gardien de cimetière pourra informer si la tombe est dans le 1er ou 2e rayon.

Strasbourg, le 27 mars 1874. Le gouverneur militaire von Hartmann, « General der Cavalerie » général de corps d’armée ».

Source : S0191, 31/03/1874.

 

Jeudi 2 avril 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte, ceinture des forts détachés : Vente de traverses du chemin de fer de ceinture.

Le service des fortifications de Strasbourg avait fait installer un chemin de fer de ceinture pour le transport des matériaux destinés à la construction des forts de Strasbourg. A partir de 1874 et pendant plusieurs années, au fur et à mesure que les travaux de gros œuvre de la construction des forts s’achèvent, ce service fait démonter les installations du chemin de fer de ceinture et commence à vendre aux enchères les différents composants. Communiqué paru dans le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß : « Le 2 avril, matin à 9 heures à Oberhausbergen, à 11h00 à Wolfisheim, près du chemin de fer de ceinture, seront mises aux enchères publiques au plus offrant avec règlement en liquide sur place, de 580 vieilles traverses. Strasbourg, le 18 février 1874. 3074. Le service impérial des fortifications « Kaiserliche Fortifikation ».

Source : S0191. 

 

Mercredi 8 avril 1874

 

Allemagne, Strasbourg garnison, dépôt d’artillerie : Adjudication d’étagères pour stocker les projectiles.

Le dépôt d’artillerie de Strasbourg est chargé d’équiper les pièces destinées à l’entreposage des munitions des ouvrages de fortification et des divers dépôts avec des étagères à munitions. Compte tenu du nombre et de la période qui correspond à l’achèvement du gros œuvre des premiers forts détachés de Strasbourg, il est fort probable que ces étagères soient destinées au stockage des projectiles d’artillerie dans ces ouvrages. Voici un exemple de communiqué publié par le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß : « Adjudication le 8 avril matin à 9 heures, au dépôt d’artillerie local, Broglieplatz 18, de la livraison de 175 étagères en bois destinées au stockage des projectiles. Les conditions particulières peuvent être consultées au bureau concerné. Strasbourg le 18 mars 1874. « Kaiserliches Artillerie-Depot ».

Remarque : Il est fort probable que ces étagères doivent équiper les magasins à projectiles des forts détachés.

 

Vendredi 1er mai 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Plans des rayons du Fort prince Bismarck ouverts à la consultation.

Article du Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Avis. Par décision de M. le Kreisdirector de l’arrondissement de Strasbourg, les plans des rayons du fort Prince Bismarck seront exposés pendant six semaines à la mairie de Wolfisheim, et pendant 6 autres semaines à celle d’Oberschaeffolsheim, où chacun pourra en prendre connaissance, et les intéressés pourront s’il y a lieu faire consigner réclamations. Strasbourg, 1er mai 1874. Pour l’administration de la mairie. De Reichlin. 

 

Dimanche 3 mai 1874

 

Allemagne, Strasbourg : Mutation du colonel Grund de l’inspection du génie.

Mutation du colonel du génie Grund. Straßburger Zeitung : Dans le cadre de la construction des forts détachés de Strasbourg, les autorités allemandes avaient installé à Strasbourg une inspection du génie, qui est dirigée par le colonel du génie Grund. Article paru dans le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß qui nous annonce son départ : « Le colonel du génie « Genieoberst » Grund, l’ancien directeur des constructions de fortifications, a été muté à Königsberg, et à sa place nous trouvons le commandant « Major » Herfarth. »

Source : S0191.

 

Lundi 4 mai 1874

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg garnison : La presse locale annonce une adjudication concernant des râteliers à fusils.

L’administration impériale de garnison est également chargée de l’installation de râteliers à fusils dans les couloirs des casernes et des forts détachés. Compte tenu que les chantiers des premiers forts détachés s’achèvent, il est fort probable que cette adjudication concerne bien ces ouvrages de fortification. Communiqué publié dans le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß : « L’administration impériale de la garnison publie une adjudication qui aura lieu le 4 mai 1874, à 10 heures. Il s’agit de la livraison de 178 mètres linéaires de râteliers à fusils « Gewehrgerüsten ».

Source : S0191.

 

Mardi 19 mai 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Proposition de sable et de gravier.

Article paru dans le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß :  Offre de service. « Dans la gravière de Wolfisheim on peut à nouveau obtenir en petites ou grandes quantités du sable ou du gravier. S’adresser à Louis Moser, entrepreneur à Holtzheim ». Remarque : annonce intéressante concernant la fourniture de sable et de gravier, qui est nécessaire à la construction des forts détachés de Strasbourg.

 

Allemagne, Strasbourg place-forte : le roi Carl von Württemberg visite la garnison et les forts détachés.

Article paru dans le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß qui nous livre quelques renseignements sur la visite du roi de Wurtemberg à Strasbourg : « Strasbourg, le 2 juin (1874). Sa Majesté le roi Carl von Württemberg est arrivé aujourd’hui à 17H05 et réside à l’auberge « Stadt Paris » Ville de Paris, où il a été accueilli par les autorités civiles et militaires locales. Pour son séjour ici, d’après ce que nous avons entendus, il suivra le programme suivant : le matin à 8H30, parade des régiments d’infanterie n°25 et 126 à l’Esplanade ainsi que la visite des casernes du régiment d’infanterie à la Citadelle. Puis déjeuner chez le général commandant von Fransecky. L’après-midi, vers 14h00, un parcours passant par la ceinture des forts extérieurs de notre place forte. Le soir à 18h00 dîner chez sa Majesté. Son départ est prévu jeudi matin à 8h40. Demain, mercredi soir, sera organisé également une grande prise d’armes en l’honneur de sa Majesté ». 

Source : S0191

 

Mercredi 3 juin 1874

 

Visite du roi de Wurtemberg. Article du Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Sa Majesté est arrivée hier en notre ville. Une grande affluence s’était portée vers la gare et aux abords de l’hôtel de la Ville-de-Paris où le roi est descendu. Sa Majesté n’a pas visité le théâtre du Tivoli. Aujourd’hui les casernes et les portes de la ville sont pavoisées. A 9 heures et demie, il y a eu une revue sur l’esplanade de la citadelle des régiments d’infanterie n°25 et n°126 et inspection du casernement du 126e régiment à la citadelle, suivie d’un déjeuner chez le commandant général de Fransecky. A 2 heures a dû avoir lieu une inspection des forts extérieurs de la place, et à 6 heures il y aura diner chez Sa Majesté. A 9 heures il y aura grande retraite militaire. Le roi repartira probablement jeudi à 2 heures 40 minutes.

Source : S3716, n°128 du 04/06/1874, p. 3.

 

04/06/1874

Le trésor de guerre entreposé à Berlin-Spandau.

La Revue militaire de l’étranger 1874 nous livre cette information tirée de la presse allemande : « Trésor de guerre. La Gazette de Cologne annonce que les 40 millions monnayés qui constituent le trésor de guerre et doivent être conservés dans la tour Julius, à Spandau, seront entièrement transportés dans cette ville à la fin de la semaine. Un premier convoi de voitures du train a amené les 20 premiers millions le 4 juin ; un deuxième convoi a dû y déposer le 12 les 20 millions restants ». Remarque : le trésor de guerre est constitué d’une partie de la dette de guerre payée par la France à la suite de la guerre de 1870-1871. Il est constitué de caisses remplie de pièces d’or, en règle générale des 10 et 20 francs Napoléon. La tour Julius est actuellement un musée et peut être visité.

Source : S0340.

 

Mardi 16 juin 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Vente aux enchères de tonnelets de ciment vides sur les chantiers des forts de la rive gauche.

L’année 1874 est celle de la fin des chantiers de construction du gros œuvre des premiers forts détachés de Strasbourg. D’après le communiqué qui suit, c’est bien le service des fortifications de Strasbourg qui a fourni les tonnelets de ciment, une façon de s’assurer de sa qualité. A priori après l’utilisation du ciment, les tonnelets vides sont revendus aux enchères. Article paru dans le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß : « Les tonnelets de ciment vides stockés près des forts nommés ci-dessous, seront mis aux enchères au plus offrant en lieu et place et remis contre payement immédiat en liquide, le mardi 16 du mois (juin), le matin à 8 heures, au Fort près de Mundolsheim, environ 300pièces ;

Le mardi 16 du mois (juin), le matin à 10 heures, au Fort près de Niederhausbergen, environ 400 pièces ;

Le mardi 16 du mois (juin), le matin à 11h30, au fort près d’Oberhausbergen, environ 227 pièces ;

Le mercredi 17 du mois (juin), le matin à 8 heures, au fort près de Lingolsheim, environ 174 pièces ;

Le mercredi 17 du mois (juin), le matin à 10 heures, au fort près de Ostwald, environ 400 pièces ;

Le mercredi 17 du mois (juin), le matin à 11h30, au fort près de Grafenstaden, environ 123 pièces.

Nous informons les acheteurs intéressés que les conditions d’achat et les points de rendez-vous peuvent être consultés au bureau du service impérial des fortifications. Kaiserliche Fortification. Signé Herrfahrt ».

Sources : S0191 n°133, du 10/06/1874 ; n°137, du 14/06/1874 ; n°138, du 16/06/1874, p. 4.

 

Vendredi 19 juin 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Etat d’avancement de la construction des forts de la rive gauche du Rhin.

Article du Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin : Strasbourg, 19 juin. Les forts du côté gauche du Rhin. On y travaille avec une très-grande activité, de façon qu’on peut prévoir que les ouvrages sur la hauteur entre Reichstett et Lingolsheim seront en état de défense complète dès le mois prochain. On a dû renoncer à mettre en garnison, dans les forts, des masses de troupes considérables, parce qu’ils sont trop éloignés de la ville, ce qui représente une foule d’inconvénients. Mais, d’un autre côté, il y aurait trop de difficultés à relever chaque jour les détachements charger de garder les forts et le matériel qui s’y trouve. On y mettra donc, à partir du mois d’octobre, des piquets, commandés par un officier, qui ne seront changés qu’une fois toutes les quatre semaines. On est occupé, en ce moment, à approprier les logements nécessaires.

 

Vendredi 21 août 1874

 

Description du secteur sud. Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte quelques précisions le secteur sud à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Au Sud les deux forts à grand relief de Grafenstaden et de Illkirch situés au milieu de la plaine marécageuse de l’Ill, commandent au loin la route de Colmar, le canal du Rhône au Rhin et le chemin de fer d’Alsace. La lacune comprise entre le fort de Grafenstaden et le plateau de Hausbergen, est comblé par les forts de Holtzheim et de Wolfisheim, distants entre eux de 3 000 m environ ».

Source : S1266.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Description de l’emplacement du Fort n°6.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte nous décrit l’emplacement et la mission du Fort n°6 de Strasbourg à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Le fort n°6 est situé tout près du village de Wolfisheim, à 200 m environ à droite de la route de Wolfisheim et à 100 m en avant du chemin de Dingsheim. Ce fort est du grand type, les faces armés de 18 pièces et ses flancs de 10. Il est dominé à 1 900 m de distance par le cercle de hauteur qui s’étend de Oberschaeffolsheim à Oberhausbergen., ses abords sont bien vus par le fort de Oberhausbergen ».

Remarque : les reconnaissances faites par les officiers français ne leur permettent pas en principe d’accéder dans les ouvrages. Il en résulte souvent une description très approximative de l’armement ou des locaux non visibles de l’extérieur.

Source : S1266.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Le point d’attaque de la place forte.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte quelques renseignements sur le point d’attaque de la place forte de Strasbourg à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Il en résulte de l’examen détaillé de la position des forts que le point le plus favorable pour une attaque en règle est la ligne Wolfisheim Holtzheim. Le plateau de Hausbergen offrirait en effet des difficultés très considérables en raison des pentes qu’il faudrait descendre sous le feu de ces forts et de la petite quantité de couverts qu’offrent les plateaux de Dingsheim, Biblenheim. En attaquant par le Nord on serait obligé de marcher sur les trois forts de Mundolsheim, Reichstett et Wantzenau qui sont presque en ligne droite. Au contraire, en attaquant par Wolfisheim et Holtzheim qui forment saillant, on tourne le plateau des Hausbergen les hauteurs de Hangenbieten et Ittenheim permettant d’établir des batteries de combat, au moyen desquelles, on contrebattrait les forts, on ferait évacuer les villages occupés par l’ennemi et on pourrait prendre d’écharpe le fort n°5. On disposerait d’ailleurs sur ses dernières :

1°- De la route de Paris à la condition de la dévier à partir d’Ittenheim vers Breuchwickersheim,

2°- De la route de Wolxheim à Wasselonne et Saverne avec l’embranchement de Schirmeck,

3°- Du chemin de fer de Saverne à Wasselonne actuellement en construction.

L’une des attaques marcherait sur Holtzheim par la vallée de la Bruche, l’autre déboucherait du ravin d’Achenheim sur Oberschaeffolsheim… ».

Source : S1266.

 

Etat d’avancement de la construction des forts détachés. Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte quelques précisions sur l’avancement des travaux à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Les nouveaux travaux exécutés par les Allemands à Strasbourg comprennent 12 forts, 3 sur la rive droite du Rhin, 9 sur la rive gauche. Les forts de la rive droite sont à peine commencés, ceux de la rive gauche au contraire sont terminés sauf toutefois ceux dont les dossés sont pleins d’eau ».

Source : S1266.

 

Description française des forts à fossés secs et pleins d’eau. Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte nous décrit les forts détachés de Strasbourg à fossés secs ou pleins d’eau à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Les forts de Strasbourg tant à fossés secs qu’à fossés pleins d’eau sont conçus dans le même ordre d’idées ! Organisés exclusivement pour l’artillerie, devant être reliés par des tranchés-abris et des batteries intermédiaires que l’on construirait en temps de guerre, ces ouvrages constituent de grandes batteries servant de réduit à la ligne des tranchées et contenant de vastes logements, des nombreux abris et des magasins de munitions intérieurs et extérieurs. …

Mines s’étendent en avant de certains de ces forts, rien ne semble y avoir été prévu en ce qui concerne l’artillerie pied à pied qui, d’après les idées des Allemands sur la défense offensive des places, devrait être soutenue par les défenseurs des tranchée-abri avoisinantes et par les batteries intermédiaires.

Les forts à fossés secs sont tous semblables ; ils ne diffèrent que par leurs dimensions et par leur armement qui varie de 28 à 22 pièces.

Leur forme est celle d’une lunette aplatie, leur relief peut être évalué à 9 m au-dessus du terrain naturel.

Le fossé étroit et profond tire son flanquement d’une caponnière et à deux ailerons. L’escarpe détachée est tenue très basse, la contrescarpe que surmonte immédiatement le talus du glacis à 7 mètres de hauteur environ.

Une grande traverse en capitale sur laquelle se trouvent les principales communications divise le fort en deux parties et se prolonge jusqu’à la gorge. La gorge terrassée est brisée suivant un tracé bastionné de façon à assurer le flanquement de son fossé ; elle contient 2 étages de logements.

Les pièces sont traversées de deux en deux sur les faces et de pièce en pièce sur les flancs.

Les forts à fossés secs pleins d’eau sont construits sur le même type, seulement les flancs paraissent destinés à recevoir un armement moins considérable. Les logements à deux étages sont installés sous le parapet ; la gorge que ferme un tracé à profil bas de constructions voûtées servent de corps de garde et de logements s’élève à gauche et à droite de la porte d’entrée ; enfin, l’intérieur du fort est divisé par une grande traverse en capitale. On accède au terre-plein par deux rampes en maçonnerie aboutissant aux angles d’épaule ».

Source : S1266.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Critiques françaises relatives à l’emplacement des forts détachés.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte quelques précisions le secteur sud à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Les Allemands dans la détermination de l’emplacement de ces forts semblent s’être préoccupés de les tenir à une distance moyenne de 6 kilomètres de la place et avoir reculé devant l’éloignement qu’aurait nécessité l’occupation des hauteurs dangereuses situées entre Ittenheim et Hangenbieten, à 1 900 et 3 000 mètres en avant des positions choisies par eux. Bien que le fort de Holtzheim voie suffisamment la vallée de la Bruche, le groupe de Wolfisheim – Holtzheim. Holtzheim voie suffisamment la vallée de la Bruche, le groupe de Wolfisheim – Holtzheim paraît constituer le point faible de la nouvelle enceinte des forts ».

Source : S1266.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Le chemin de fer de ceinture de la rive gauche du Rhin.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte quelques renseignements sur le chemin de fer de ceinture de la rive gauche du Rhin à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Chemin de fer de ceinture. A l’époque de la construction des forts leurs emplacements ont été reliés par un chemin de fer de ceinture s’embranchant à la station d’Holtzheim sur le chemin de fer Barr, et aboutissant au canal de la Marne au Rhin. Ce chemin de fer était destiné au transport des matériaux ; bien que la construction des forts soient terminés, on ne le démolit pas ; il est probable que les Allemands l’utiliseront pour le ravitaillement de leurs forts ».

Remarque : Le chemin de fer de ceinture sera démonté et vendu aux enchères. L’affirmation française semble erronée.

Source : S1266.

 

Jeudi 3 septembre 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Arrivée de l’inspecteur des fortifications, le général von Biehler.

Article paru dans le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß : « Strasbourg, le 4 septembre 1874. Le général von Biehler, Inspecteur des fortifications, est arrivé hier à 16 h en provenance de Metz et a pris une chambre à l’hôtel « Zum rothen Hause » hôtel de la Maison Rouge ».

 

Dimanche 11 octobre 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Consultation des 1er et 3e rayon de fortification du cadastre du Fort Fürst Bismarck.

Avis paru dans le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß a publié cette directive officielle le dimanche 11 octobre 1874 : « Municipalité de Strasbourg « Bürgermeisteramt der Stadt Straßburg ». Directive. Les plans des 1er et 3e rayon du cadastre du Fort Fürst Bismarck qui ont été constatés aujourd’hui par cette directive notamment dans les communes de Wolfisheim et d’Oberschaeffolsheim sont présentés pendant une durée de 6 semaines. Les propriétaires de ces parcelles, qui s’estiment lésé par ces restrictions, doivent présenter leur demande d’indemnisation dans un délais de 6 semaines c’est-à-dire du 18 octobre au 28 novembre de l’année avec l’indication du montant de l’indemnisation demandée. Strasbourg, le 8 octobre 1874. Le gouvernement impérial de la place forte. Signé von Hartmann, « General der Cavalerie » (équivalent à un actuel général de corps d’armée). Cette directive est par cela portée à la connaissance du public. L’administrateur de la municipalité. Signé Back ».

 

Samedi 21 novembre 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Nouvelles fortifications.

La revue française Le Monde Illustré du 21 novembre 1874 a publié l’article suivant : Les nouvelles fortifications de Strasbourg se composent de trois parties connexes, dont la première comprend l’agrandissement de la ville et la création d’un vaste bassin sur l’esplanade de la citadelle, mis en communication directe avec le Rhin au moyen d’un canal. La seconde partie a pour but la modification et le complément du tracé des voies de fer existantes, l’établissement de lignes nouvelles, ainsi que deux gares, dont la centrale et l’autre servant de dépôt au matériel de guerre. Enfin la troisième partie consiste dans la construction de douze forts détachés établis dans un rayon d’environ sept kilomètres : neuf de ces forts sont situés sur la rive gauche du Rhin, à proximité des villages suivants : La Wantzenau, Reichstett, Souffelweyersheim, Niederhausbergen, Oberhausbergen, Wolfisheim, Lingolsheim, Graffenstaden et Illkirch ; les trois autres forts se trouvent sur la rive gauche du Rhin, près de Sundheim, Neumühl et Auenheim. Tous ces points sont reliés par un chemin de fer de ceinture, qui se raccorde sur son parcours aux lignes principales et assure les communications réciproques des forts et de la place.

 

Mercredi 30 décembre 1874

 

Allemagne, Strasbourg garnison : Adjudication du nettoyage des latrines.

Article paru dans le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß : « Le nettoyage des latrines et l’enlèvement des effluents des toutes les casernes et des établissements de la garnison à Strasbourg au cours de l’année 1875 est encore une fois adjugée le mercredi 30 décembre 1874 à 11 heures, au bureau de l’administration de garnison, Schiffleutstrasse 11, où les conditions particulières peuvent être consultées. A Strasbourg, le 26 décembre 1874, l’administration impériale de garnison ».

Remarque : Il est fort probable que les latrines des forts détachés soient également compris dans cette adjudication.

 

Jeudi 31 décembre 1874

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : Ordonnance instaurant le Reichsmark en Alsace-Lorraine à compter du 31 décembre 1874, mais publiée uniquement le 9 janvier 1875.

Le journal Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß 1875a publié ce communiqué officiel : « Annonces légales. N°15. Ordonnance relative à l’instauration du Reichsmark du 31 décembre 1874. Nous Wilhelm, Empereur allemand par la volonté divine, Roi de Prusse, ordonnons pour l’Alsace-Lorraine, au nom du peuple allemand, sur la base de l’article 1 de la loi du 15 novembre 1874 (Gesetzbl. S 39), et conformément à la loi monétaire pour l’Alsace-Lorraine du 9 juillet 1873, ce qui suit : La monnaie du Reichsmark est mise en circulation auprès de toutes les caisses publiques et est instaurée officiellement. Par document signé personnellement de notre main, muni du cachet impérial. A Berlin, le 31 décembre 1874. Signé Wilhelm. Signé Fürst von Bismarck ».

Source : S0198.

 

1875

 

Strasbourg : achèvement des travaux d’installation du réseau de télégraphie reliant les forts aux principaux états-majors et services de la garnison.

La place de Strasbourg est dotée désormais d’un vaste réseau de télégraphie qui relie les ouvrages de fortifications avec les états-majors et les services. L’essentiel de ce réseau est souterrain. En règle générale chaque fort est relié aux deux ouvrages voisins par une ligne circulaire et directement à la place forte par une ligne radiale. On communique à l’aide de télégraphe de campagne, en utilisant le code « Morse ». Au fur et à mesure de la construction des derniers forts détachés, puis ultérieurement des ouvrages intermédiaires et des batteries, ils seront reliés à ce vaste réseau. Au début du siècle on installe même une ligne jusqu’au futur point de franchissement du Rhin, pour l’installation d’un pont de guerre au nord de Strasbourg. Puis lors de la mise en état de défense à partir du mois d’août 1914, c’est un vaste maillage de câbles souterrains qui relie les positions avancées, les observatoires sur la ligne des villages située devant la ceinture fortifiée ainsi que les nouvelles lignes de défense appelées position de la Bruche. Le fort de Mutzig est relié dès sa construction au fort Bismarck à Strasbourg. Ce réseau peut également être utilisé par des téléphones dès la généralisation de ce moyen de communication à la fin du 20e siècle.

Sources : S0175, p. 49, S0634.

Page spécifique sur ce sujet : Télégraphie filaire :: Fort Baden - Frère

 

Lundi 25 janvier 1875

 

Augmentation du budget alloué aux fortifications allemandes. La revue militaire de l’étranger nous apporte ces précisions : « La loi du 8 juillet 1872, en vertu de laquelle l’indemnité de guerre payé par la France a été répartie, avait consacré une somme de 19 000 000 thalers (71 250 000 francs) aux travaux de fortification à élever en Alsace-Lorraine. Sur cette somme, 3 750 000 francs étaient réservés pour l’agrandissement de la ville de Strasbourg. Restaient donc, pour être employés à la construction de nouveaux ouvrages, 67 500 000 francs. La portion de ce crédit, à dépenser en 1872 et en 1873, devait s’élever à 51 181 875 francs : un reliquat de 16 318 125 francs restait donc disponible pour les exercices suivants et était destiné à compléter le système de défense de Strasbourg et de Metz, les gros œuvres devant être achevés grâce aux crédits consacrés aux années 1872 et 1873. Mais ces crédits ont été dépassés et cela pour diverses causes parmi lesquelles on peut citer : les travaux supplémentaires occasionnés par les écroulements qui ont eu lieu dans les principaux forts de Metz, l’obligation de payer à des propriétaires des indemnités dues pour expropriation par l'administration française, obligation passée à la charge du gouvernement allemand, et enfin la hausse subite de la main-d’œuvre et des matériaux de construction occasionnée par la précipitation apportée dans les premiers travaux.

L’administration allemande voulant en effet parer au plus pressé, a fait exécuter à tout prix, avant l’automne de 1873, les travaux qui avaient été reconnus indispensables à la défense du territoire. Il est résulté de ces divers motifs d’augmentation de dépenses que, 62 590 875 francs se trouvaient dépensés à la fin de 1874, et qu’il ne restait plus qu’un reliquat de 4 909 125 francs absorbé lui-même en partie, par de nouvelles dépenses imprévues causées par des écroulements considérables qui se seraient récemment produits au fort Saint-Quentin. Le Reichstag, reconnaissant la nécessité d’un nouveau crédit, a voté le 25 janvier 1875 une nouvelle allocation de 10 412 432 francs, à prélever sur le restant de l’indemnité de guerre. »

Source : S0470.

 

Jeudi 25 mars 1875

 

Allemagne, Strasbourg place-forte : Adjudication de la réalisation et de la livraison de collecteurs en fonte et de tuyaux d’évacuation des fumées pour le service des fortifications.

Un journal de Strasbourg a publié à trois reprises ce communiqué : « La réalisation et la livraison de 151 entonnoirs collecteurs en fonte de fer « gußeiserne Trausschachttrichtern » et de 12 tuyaux d’évacuation des fumées « Dampfabzugsröhren » doit être adjugée publiquement au moins offrant, le délai de la soumission est fixé au jeudi 25 mars 1875 à 10 heures, au bureau du service des fortifications « Bureau der Fortifikation ». Les plans et les conditions de livraisons peuvent être consultés à ce bureau et les offres doivent parvenir avant le délai fixé. Strasbourg, le 2 mars 1875. Kaiserliche Fortification ».

Sources : S0198 n°54, du 05/03/1875 ; n°60 12/03/1875 ; n°66 du 19/03/1875 ; n°69, du 23/03/1875.

 

Jeudi 1er avril 1875

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Garnison permanente dans les forts de la rive gauche.

A priori l’essentiel des travaux de gros œuvre sont pratiquement achevés le 1er avril 1875, puisqu’un article tiré d’un journal allemand du 3 avril 1875 indique que les trois forts à fossés pleins d’eau situés sur la rive gauche du Rhin, sont occupés depuis le 1er avril 1875 par une garnison permanente : « Les casemates sont maintenant complètement terminées dans les forts de la rive gauche à fossés pleins d’eau, c’est-à-dire dans les forts Fransecky, Tann et Werder, et assez sèches pour pouvoir être habitées. En conséquence, à dater du 1er avril, ces forts ont été occupés par une garnison permanente, et non plus par des détachements relevés chaque jour ». Mais compte tenu que d’autres auteurs indiquent comme date de fin de travaux l’année 1876, il est vraisemblable que la plupart des locaux étaient achevés, pour que le détachement de garde puisse y séjourner.

Source : S0470.

 

Lundi 5 au mercredi 7 avril 1875

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de la démolition et vente au plus offrant des équipements du chemin de fer de ceinture situés entre le Fort Moltke et le Fort Großherzog von Baden.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué : « Les diverses constructions établies sur le chemin de fer de ceinture « Ring-Eisenbahnstrecke » entre les forts II / VII et VIII / IX, tel les stations « Stationsgebäude », les châteaux d’eau « Wasserstationshäuser », les postes d’aiguillages « Weichenstellerbuden », les postes des patrouilleurs « Patrouilleurstuben », les latrines « Latrinengebäude », les remises à charbon « Kohlenschuppen » et une baraque en bois « Holzbude » pour le mécanicien contrôleur des wagons « Wagenrevisor », doivent vendus aux enchères à la démolition, au plus offrant, contre payement immédiat en liquide en lieu et place, la vente se déroulera le lundi 5 avril 1875 pour la ligne entre le Fort Moltke et le Fort Großherzog von Baden”, le mardi 6 avril 1875, pour la ligne entre le Fort Großherzog von Baden au Fort Kronprinz von Sachsen inclus, le mercredi 7 avril 1875 pour la ligne entre le Fort Tann jusqu’au Fort Werder. La vente aux enchères commencera pour les trois jours, à 9 heures, à la station de départ, c’est-à-dire, respectivement à la gare de Reichstett, à la gare d’Oberhausbergen et au Fort IX, et les intéressés seront informés des conditions particulières, le jour même de la vente. Strasbourg, le 20 mars 1875. Kaiserliche Fortification ».

Source : S0198.

 

Vendredi 30 avril 1875

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de la démolition de la ligne du chemin de fer de ceinture situé sur la rive gauche du Rhin, du canal de la Marne-au-Rhin et la route de Wissembourg, entre la gare de Mundolsheim et la gare de Holzheim, entre Graffenstaden et le fort IX.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué : « Les travaux de démolition « zum Abruch » du chemin de fer militaire de ceinture « militärischen Ringbahn » à Strasbourg, doivent être adjugés pour l’ensemble ou en trois lots : a) entre le canal de la Marne au Rhin et environ 200 mètres à l’est de la route de Wissembourg ; b) entre la gare de Mundolsheim et la gare de Holzheim ; c) entre Graffenstaden et le fort IX. L’adjudication est fixée au vendredi 30 avril 1875 à 10 heures, au bureau du service des fortifications. Strasbourg, le 5 avril 1875. Kaiserliche Fortification ».

Sources : S0198 n°8 du 07/04/1875 ; n°86 du 14/04/1875.

 

Lundi 20 mars 1876

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication pour la construction de la route de ceinture des forts.

La presse locale a publiée à deux reprises ce communiqué : « Lundi, le 20 mars (1872), matin à 10 heures, doivent être adjugées au bureau du service des fortifications les livraisons de gravier par voie de soumission sans limite, c’est-à-dire : 1) Environ 900 hm3 (= 900 000 000 m3) de gravier pour la route de ceinture « Ringstrasse » du Fort Roon à la Feste Kronprinz ; 2) Environ 1020 hm3 (= 1 020 000 000 m3) de gravier pour la route de ceinture Fort Fürst Bismarck au Fort Kronprinz von Sachsen, y compris son étalement et le nivellement de ce gravier sur la plate-forme de la route ; 3) De 200 hm3 (= 200 000 000 m3) de gravier en tant que tas de réserve près du Fort Roon ; 4) De 200 hm3 (= 200 000 000 m3) de gravier en tant que tas de réserve près du Fort Bismarck. Les offres correspondantes faites sur papier timbré doivent déposées au plus tard le jour de l’adjudication avant le matin à 9 heures, sous pli bien cacheté, sans timbre postal. Les conditions particulières peuvent être consultées sur place aux heures de bureau. Strasbourg, le 10 mars 1876. Le service impérial des fortifications « Kaiserliche Fortifikation ». 2312.1 ».

Sources : S0200.

 

Lundi 19 juin 1876

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de la livraison d’asphalte et de fourniture de lettres en étain pour les noms des forts.

Un journal local a publié à deux reprises ce communiqué : « Le lundi 19 juin 1876 seront adjugés publiquement au bureau du service des fortifications local la livraison et l’application de 8 000 m² d’asphalte et la fourniture de 35 lettres en étain fondu et doré au feu. Les deux objets seront adjugés séparément.

Les conditions peuvent être consultées sur place et une copie peut être fournie pour une somme de 0,75 marcs. Strasbourg, le 6 juin 1876. Le service impérial des fortifications « Kaiserliche Fortification ». Strasbourg, le 6 juin 1876 ». Nota : 35 lettres correspondent à priori à la fourniture des lettres destinée au forts Bose, Kirchbach et Blumenthal sur la rive droite du Rhin.

Source : S0200 n°132 du 02/05/1876, p. 4 ; n°137 du 15/06/1876, p. 4.

 

Samedi 22 juillet 1876

 

Allemagne, fortifications : Classement des places fortes.

D’après une décision prise récemment par le ministre de la guerre prussien et rapportée par l’Allgemeine Miltair Zeitung du 22 juillet 1876, les places fortes allemandes sont classées ainsi qu’il suit :

1° Forteresses avec armement de première classe : Strasbourg, Rastadt, Mayence, Metz, Coblence, Cologne, Wesel, Ulm, Magdebourg, Glogau, Neisse, Custrin, Spandau, Thorn, Posen, Dantzig, Koenigsberg.

2° Forteresses avec armement de deuxième classe : Neuf-Brisach, Thionville, Bitche, Sarrelouis, Torgau, Koenigstein, Glatz, Marienburg, Boyen.

3° Ouvrages de défense des côtes : Wilhelmshaven, Frederichsort, Pillau, Memel, Colberg, Swinemünde, Stralsund, Sinederbourg, Bouches de l’Elbe et du Weser.

Les places de Glogau, Custrin, Thorn et Spandau, qui comptaient autrefois dans la deuxième classe, passent dans la première classe. Les motifs de ce changement de classe sont les suivants : Spandau est un grand centre d’approvisionnements militaires ; c’est dans cette place qu’on mettrait à l’abri, en cas de besoin, les caisses, les autorités et les documents de la capitale. Thorn et Glocau constituent d’importantes têtes de pont sur la Vistule et sur l’Oder ; elles servent à la fois de places d’armes et de places de dépôt pour l’est et le sud de l’Empire ; Custrin protége le passage de l’Oder et de la Wartha.

Les changements apportés à l’ancienne organisation nous paraissent plus considérables que ne semble le supposer l’écrivain de l’Allgemeine militair Zeitung. Les forteresses allemandes étaient anciennement divisées en trois classes. On a compris dans les forteresses avec armement de premier ordre toutes les places de première classe, à l’exception de Koenigstein, les places de deuxième classe de Wesel, de Magdebourg, de Glogau, de Neisse, de Spandau et de Thorn et la place de Custrin, qui était jusqu’ici de troisième classe. Parmi les forteresses avec armement de deuxième ordre se trouvent rangées la petite place de Königstein (première classe), les places de deuxième classe de Thionville, De Sarrelouis, de Torgau et de Glatz, les places de troisième classe de Bitche et de Neuf-Brisach et les places anciennement non classées de Marienburg et Boyen.

On voit que sur la frontière occidentale de l’Allemagne la valeur de la place de Wesel est de plus en plus appréciée, tandis qu’à la frontière orientale on semble disposé à remanier complètement les fortifications, afin de préparer de ce côté aux armées allemandes un terrain d’opérations avantageux.

Source : S0353.

 

Samedi 23 septembre 1876

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de la livraison et du montage de couvercles de puits de lumière et de ponts levis pour les forts détachés de Strasbourg.

La presse locale a publié cette adjudication : « Mardi le 26 septembre 1876, à 10 heures, seront adjugés publiquement et à montant illimité, au bureau du service des fortifications, la livraison et le montage de 36 couvercles pour puits de lumière « Lichtschachthaube » en fer forgé et grillage, d’un poids d’environ 100 kg par pièce, ainsi que de 3 pont-levis métalliques « Eiserne Zugbrücken », comprenant environ 2 800 kg de fer forgé et de fer laminé « Schmiede –und Walzeisen », 950 kg de fonte et 1 700 kg de plomb durci « Hartblei ». Les conditions générales et particulières ainsi que les plans peuvent être consultés au bureau, ou par la poste contre l’envoie de 6 marks. Strasbourg, le 8 septembre 1876. “Kaiserliche Fortification” ».

Source : S200 n°216 du 15/07/1876, p. 3.

 

Mardi 21 au lundi 27 novembre 1876

 

Allemagne, Strasbourg, ceinture des forts détachés : Revente des matériels du chemin de fer de ceinture.

La presse locale a publié ce communiqué à deux reprises : Les matériels rendus disponibles par le démontage des lignes de voies ferrée de ceinture « Ring-Eisenbahnstrecke » et par la fin des chantiers des forts de la rive gauche, seront vendus au plus offrant immédiatement contre payement immédiat sur place en liquide. Les matériels sont les suivants : environ 28 aiguillages, 23 800 traverses de chemin de fer, 800 traverses d’aiguillages, 10 770 clous pour rails « Schienennägel », 39 780 sièges de rails « Schienenstühle », 24 260 clous pour sièges de rails « Stühlnägel », 6 750 cales de sièges pour rails « Stühlkeile », 2 440 « Laschen » ?, 180 plaques de sous-bassement « Unterlags’platen », ainsi que des vieilles portes, fenêtres, planches, bois à brûler « Brennholz » ; 2 remises à planches « Bretterschuppen » ainsi que d’autres matériaux, qui ne sont plus nécessaire sur cette rive. Il est nécessaire de tenir compte des rendez-vous suivants qui ont été fixés le :

Mardi 21 novembre 1876 : pour les forts Fransecky, Moltke et la station Reichstett de la « Ringbahn ».

Mercredi 22 novembre 1876 : Veste Kronprinz et gare près de Niederhausbergen.

Jeudi 23 novembre 1876 : Gro18761876ssherzog von Baden et gare d’Oberhausbergen.

Vendredi 24 novembre 1876 : Fürst Bismarck.

Samedi 25 novembre 1876 : les forts Kronprinz von Sachsen et Tann ;

Lundi 27 novembre 1876 : le Fort Werder.

La vente aux enchères commence à chaque fois pour les 7 journées, le matin à 9 heures, aux forts Fransecky, Roon, Veste Kronprinz, Grossherzog von Baden, Fürst Bismarck, Kronprinz von Sachsen et Werder, et les acheteurs potentiels sont informés que les conditions sont évoquées sur place et qu’ils peuvent également les consulter au bureau des Fortifications pendant les heures de bureau. Strasbourg le 9 novembre 1876. Kaiserliche Fortification ». 4796.1.

Sources : S0200 n°263 du 10/11/1876 ; n°265 12/11/1876, p. 3.

 

Samedi 17 mars 1877

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de travaux pour les ouvrages intérieurs et extérieurs de la place forte.

Une gazette a publié ce communiqué : « Adjudication des travaux et livraisons à effectuer du 1er avril 1877 au 31 mars 1878, au profit de la place forte de Strasbourg et de ses ouvrages extérieurs : travaux de maçonnerie et de taillage de pierres ; travaux de couverture ; travaux de charpente ; travaux de menuiserie ; travaux de forge et de serruriers ; travaux de plomberie ; travaux de peinture ; travaux de vitrerie ; travaux de carrelage ; travaux de carrelage ; travaux de pavage ; travaux de puisatier ; missions de transport ; ainsi que la livraison des fournitures et de dessins, et la livraison de la nourriture pour les pigeons seront attribués par voie d’adjudication le samedi 17 mars 1877, à 10 heures. Strasbourg le 5 mars 1877. « Kaiserliche Fortification ». Remarque : Cette adjudication annuelle de travaux sur les ouvrages de fortifications de la place est utilisée pour assurer leur entretien, les travaux de modernisation, où mêmes les travaux de construction ou d’aménagement qui n’ont pas pu être financer lors de la construction de l’ouvrage et qui sont réalisés ultérieurement grâce à ces budgets.

 

Vendredi 4 mai 1877

 

Allemagne, Strasbourg : Visite de l’Empereur Kaiser Wilhelm I.

Au cours de la journée il visite les forts situés au sud : Weissthurmthor, passage devant la grüne Warte vers Ostwald au Fort Tann, Fort Kronprinz von Sachsen (Lingolsheim), par Wolfisheim au Fort Bismarck, retour par le Weissthurmthor.

 

Samedi 12 mai 1877

 

Allemagne, places fortes : Un deuxième officier d’artillerie de la place pour Köln, Metz, Strasbourg et Spandau.

Une revue militaire française a publié cet article : « Officiers d’artillerie des places de Cologne, Metz, Strasbourg et Spandau. On sait que dans chaque place forte de l’empire allemand se trouve un officier appartenant à l’artillerie à pied, généralement un major ou un capitaine, qui porte le nom d’officier d’artillerie de place. C’est lui qui, en temps de guerre, est chargé, sous la haute direction du gouverneur ou du commandant de la place, de la partie de la défense qui regarde spécialement l’artillerie ; il doit, par suite, en temps de paix, prendre les mesures nécessaires pour que cette défense se fasse dans les meilleures conditions possibles, notamment en ce qui concerne l’armement ou l’approvisionnement en munitions. Dans le courant de l’année dernière, les majors d’artillerie, remplissant les fonctions d’officiers d’artillerie de place, dans les places de Cologne, Mayence, Metz, Strasbourg et Spandau, ont reçu, en raison de l’importance de leur service, un adjoint du grade de capitaine appartenant également à l’artillerie à pied ; on a pourvu à ces emplois de nouvelle création par la suppression des directeurs des dépôts d’artillerie de Wittemberg, Graudenz, Minden et Boyen. Un ordre de cabinet, en date du 12 mai 1877, a fixé les dénominations qui seront attribuées à l’avenir aux deux officiers des places désignées ci-dessus : le major doit prendre le titre de premier officier d’artillerie de la place et le capitaine celui de deuxième officier d’artillerie de la place ».

 

Samedi 21 juillet 1877

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de râteliers à fusil pour les forts Roon et Kronprinz.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué : « Adjudication. Pour le Fort Roon et la Veste Kronprinz, la livraison et l’installation de nouveaux râteliers à fusils doit être adjugée pour un montant initial fixé à 2 310 marks. Adjudication de nouveaux râteliers à fusils. Cette adjudication est fixée au samedi 21 juillet 1877, à 11 heures, au bureau de l’administration de garnison, Züricherstrasse 10, et les conditions particulières peuvent également y être consultées. Strasbourg le 17 juillet 1877. 3777.1. Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

 

Lundi 29 mai 1878

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de la livraison des 72 cuves et 18 cuisinières à priori pour les neuf forts détachés de la rive gauche.

Adjudication pour la livraison de 72 cuves de cuisine en fer forgé, de plaques de cuisson en fonte pour 18 cuisinières le 29 mai 1878 par le service impérial des fortifications.

Source : S0214 n°115 du 18/05/1878.

 

Mardi 11 janvier 1881

 

Allemagne, marine : Adoption du canon-revolver Hotchkiss.

La Revue d’artillerie tome 17 d’octobre 1880 à mars 1881 a publié l’article suivant tiré du journal militaire allemand Militär-Wochenblatt du 22 janvier 1881 : « Un ordre impérial du 11 janvier 1881 a prescrit l’introduction du canon-revolver modèle Hotchkiss dans l’artillerie des vaisseaux de la marine allemande. Chaque navire de guerre aura dans son armement assez de canons-revolvers pour que, à 200 mètres, tout point soit battu à la fois par deux canons-revolvers au moins ».

 

Avril 1881

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Réalisation d’un plan projet pour l’installation des fours à pain des boulangeries de forts à fossés secs pour le rapport du 20 avril 1881.

Le service impérial des fortifications de Strasbourg fait réaliser un plan de masse à l’échelle 1/100e sur deux feuilles pour l’installation des fours à pain des boulangeries des forts détachés à fossé sec de la rive gauche du Rhin à Strasbourg. La page 1 comporte les inscriptions suivantes : « Fortifikation Strassburg » service des fortifications de Strasbourg ; « Entwurf für die Anlage von Backöffen in den Forts : Moltke, Roon, Mundolsheimerkopf, Veste Kronprinz, Grossherzog v. Baden, Fürst Bismarck und Kronprinz von Sachsen » projet d’installation de four à pain dans les forts : … » ; « Zum Bericht von 20. April 1881 gehörig » appartenant au rapport du 20 avril 1881, « Blatt II » feuille II ; pour chaque fort mentionné ce plan présente une coupe et un plan de masse de l’implantation détaillée des deux pièces, l’une avec le four à pain et l’autre voisine en tant que dépôt de vivres, pour chaque fort. Le plan comporte plusieurs signatures : « B illisible », « Major und Ingenieur vom Platz » chef de bataillon du génie et ingénieur de la place ; « Hoelzer » « Major im Stabe des Ingenieur Corps » chef de bataillon du génie à l’état-major du Corps des Ingénieurs ; « gelesen » lu, « Krieger », reste illisible ; « gelesen » lu, et illisible.

Fort Fürst Bismarck : plan de masse de l’implantation d’un four de boulangerie au premier étage de l’aile gauche de la caserne de gorge

Collection CESFS. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Fort Fürst Bismarck : plan de coupe de l’implantation d’un four de boulangerie au premier étage de l’aile gauche de la caserne de gorge

Collection MJR, archives GSTAPK, Berlin.

Lundi 30 janvier 1882

 

Allemagne, fortifications : Interdiction d’usage d’armes à feu autour des ouvrages de fortification.

Une revue militaire française nous informe d’un projet de loi interdisant l’usage des armes à feu autour des ouvrages de fortification en Allemagne : « D’après une correspondance publiée par la Metzer Zeitung dans son numéro du 6 janvier 1882, on se préoccuperait en Allemagne de l’adoption d’une loi de servitude ayant pour objet d’interdire l’usage des armes à feu aux environs des ouvrages de fortification dans une certaine zone que l’on appellerait zone de tir ou de chasse prohibés. Cette zone s’étendrait à 400 mètres des ouvrages. Le but de cette loi paraît être de mettre plus complètement à l’abri des risques d’explosion les magasins à poudres, dépôts de projectiles, etc., qui sont installés sous les remparts mêmes ou dans leur voisinage. Bien que les locaux qui renferment ces substances explosives soient séparés de l’extérieur par des masses couvrantes de terre, on ne jugerait pas inutile de multiplier les précautions autour de ces magasins ».

 

1883

 

Empire allemand : La crise de la « brisance » ou de « l’obus torpille. »

L’empire allemand subit la crise de l’obus chargé d’explosif brisant qui remplace petit à petit la poudre noire à partir de 1883. Cette crise est suivie par celle de l’explosif dénommé mélinite en France. Compte tenu de la puissance destructrice de ces nouveaux explosifs et de l’adoption de l’obus torpille, il est désormais nécessaire de revoir le rôle des forts détachés et de renforcer les ouvrages de fortification en Europe. Pour l’empire allemand, la concrétisation des travaux de renforcement se déroulent surtout à partir de 1887.

Source : S0175, p. 47.

 

1885 – 1890 environ : Renforcement du Fort Fürst Bismarck et des intervalles dans le cadre de la crise de l’obus torpille.

 

Lundi 17 mai 1886

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Projet de remplacement des ponts des forts à fossé sec par des rampes.

Une note française de renseignement nous apprend ceci : « Dans une quinzaine de jours, on doit commencer les travaux d’établissement des rampes dans tous les forts à fossés secs de Strasbourg. Dans une note du 17 mai 1886, j’ai fait connaître que ce travail avait été fait, à titre d’essais au Fort Bismarck.

Remarque : Les premiers essais sont souvent réalisés au Fort Fürst Bismarck avant de généraliser les travaux aux autres forts à fossés secs. Le pont-levis qui défend l’entrée de la poterne principale a également été expérimenté au Fort Fürst Bismarck.

Source : S1216.

 

18/05/1885

Fort Bismarck : Plan des futures grilles de contrescarpe.

Réalisation de plans pour équiper la contrescarpe des forts à fossés secs avec des grilles d’assaut. A priori, d’après les compte-rendu d’espionnage français, ces travaux ont été réalisés à partir de l’année 1887.

Plans du 18/05/1885, avec une grille de 2,50 m de hauteur. Seul le Fort Podbielski aura une grille haute seulement de 2 m. Sur les deux derniers plans de masse, on constate que la suppression de la caponnière du saillant des forts à fossés secs, ou des caponnières d’épaule du Fort Bismarck et du Fort Podbielski, n’était pas encore programmée en 1885. Source : archives GSTAPK de Berlin-Dalem, document transmis par l’Association des Amis du Fort Ducrot de Mundolsheim.

Samedi 26 juin 1886

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Note de renseignement française.

Une note de renseignement française établie le 26 juin 1886 nous livre les informations suivantes concernant les travaux au niveau des forts et ouvrages détachés de Strasbourg.

Dans une quinzaine de jours doivent commencer les travaux d’établissement des rampes dans tous les forts à fossés secs de Strasbourg.

Des éboulements se sont produits au Fort Fransecky Wantzenau, on construit en ce moment des murs de soutènements dans cet ouvrage.

Le fort se trouvant à une trop grande distance de celui de Blumenthal - Auenheim rive droite il est question de construire un fortin sur une île formée par un bras du Rhin entre la Wantzenau et Auenheim.

Remarque : un plan relatif à la modification de l’entrée du Fort Grossherzog von Baden à Oberhausbergen confirme ce renseignement, et à Strasbourg tous les forts à fossé sec ont subi cette transformation. Pour la dernière phrase on évoque ici la construction du futur ouvrage intermédiaire Neu-Empert.

 

Lundi 19 juillet 1886

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Travaux de construction des rampes dans les forts à fossé sec.

D’après une notre française de renseignement datée du 20 juillet 1886, hier 19 juillet 1886, on a commencé la démolition des ponts dans les forts à fossés secs, et à construire des rampes d’accès ; ces travaux devront être terminés dans six semaines. En tenant compte des notes précédentes, il s’agit des rampes installées dans les forts Moltke, Roon, Kronprinz, Baden et Kronprinz von Sachsen. Les travaux au niveau du Fort Bismarck étaient déjà en cours en mai 1886 à titre d’essais.

 

Jeudi 22 juillet 1886

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Travaux de construction des rampes dans les forts à fossé sec.

Une note française de renseignement du 22 juillet 1886 nous informe que le projet d’établissement des rampes dans les forts à fossés secs de Strasbourg est approuvé. Dans les bureaux du génie à Strasbourg on est actuellement occupé à faire des croquis d’exécution. La modification dont il s’agit existe déjà au Fort Bismarck, elle reste à exécuter dans les cinq autres forts à fossés secs. Les travaux seront commencés dans un délai de deux mois. Cette note est un peu contradictoire par rapport à celle du 19 juillet 1886 où l’on annonce le début des travaux de démolition. Il est également fort probable que le service des fortifications a pris de l’avance en lançant les travaux de démolition pour préparer ces futurs travaux. Ils nécessitent toutefois la démolition du pont en maçonnerie enjambant le fossé, une modification importante du blockhaus de garde et un abaissement général de la hauteur du portail d’entrée au niveau de la façade de gorge.

 

Samedi 9 octobre 1886

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Projet de modification des murs de contrescarpe des forts détachés et de démolition de la caponnière du saillant.

Une notre française de renseignement datée du 9 octobre 1886 nous informe : « Etude sur la fortification des murs de contrescarpe et des glacis aux saillants des forts. La Direction du génie de Strasbourg vient de recevoir l’ordre de Berlin d’avoir à élaborer et sur de nouvelles bases un projet de modification des murs de la contrescarpe et des glacis aux saillants des forts ; les fossés ne seront plus élargis, ils seront au contraire rétrécis, les murs de la contrescarpe seront plus élevés ainsi que les parapets des glacis, qui auront au moins 3 mètres d’élévation en plus. Les travaux de modification qu’on veut exécuter seront considérables. On parle aussi de la démolition des caponnières maçonnées pour les remplacer par des caponnières cuirassées. La Direction du Génie vient aussi de louer une bande de terrain autour des forts et notamment au fort Bismarck, terrain qui confine aux glacis des saillants et des épaules, à raison de 10 marks l’are. Ces travaux seront exécutés aussitôt que les projets seront élaborés et ratifiés ».

Source : S1216.

Lundi 18 octobre 1886

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Remplacement des portes et volets de casemates.

Une note française de renseignement du 18 octobre 1886 nous livre les informations suivantes : « Remplacement des volets des casemates jugés insuffisants et rectification du tracé des forts de Strasbourg. Il paraît que l’on a constaté que la porte et les volets des casemates des forts et de l’enceinte de la place de Strasbourg ne pourraient pas résister aux balles du fusil à répétition français. Pour ce motif, on va les remplacer dans le courant de cet hiver par d’autres en acier Bessemer. Un correspondant de Strasbourg nous a également fait savoir qu’à la suite de récentes expériences, le tracé des forts de Strasbourg serait modifié : la ligne brisée au milieu de laquelle se trouve la caponnière serait changée en ligne droite ou tout au moins le saillant serait-il sensiblement aplati. Notre correspondant n’a que des renseignements très vagues à ce sujet, renseignements qui lui ont été donnés par un garde du génie ».

Une autre note française de renseignement nous livre les informations suivantes : « Rectification des profils des glacis et des fossés aux saillants. Dans une récente correspondance il a été dit que le génie allemand venait d’établir des projets en vue de changer les profils du glacis et des fossés aux saillants. L’ordre d’en faire les devis est arrivé de Berlin à Strasbourg. Mais depuis, tout a été ajourné. Le 14 octobre 1886, l’ordre est arrivé de Berlin de suspendre le travail et d’attendre l’arrivée de nouveaux projets qu’on est en ce moment en train d’élaborer à Berlin. Les changements prévus dans les premiers projets ont été trouvé insuffisants. Il paraît que les fossés seront en partie déplacés, d’après les nouveaux projets, les glacis seront plus élevés, enfin les profils seront complètement changés ».

Remarque : a priori il s’agit du projet de suppression des caponnières du saillant dans les forts à fossés secs. Indications intéressantes, ces renseignements proviennent d’un garde du génie « Wallmeister » travaillant vraisemblablement au service des fortifications de Strasbourg.

Source : S1216.

Jeudi 30 décembre 1886

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Ordonnance impériale pour la construction de 5 ouvrages intermédiaires.

Par une ordonnance du cabinet impérial les autorités allemandes décident de la construction de cinq ouvrages intermédiaires « Zwischenwerke » à Strasbourg.

Source : S0111.

 

Lundi 10 janvier 1887

 

Allemagne : Strasbourg, place forte : Arrivée de nouvelles pièces d’artillerie pour les forts, garnison des forts, travaux de renforcement des ouvrages.

Une notre française de renseignement évoque les informations suivantes concernant l’artillerie et les travaux de renforcement de la place forte : « Informations concernant l’artillerie de la place : « Depuis quelques jours il arrive ici des pièces de siège en bronze toutes neuves de 15 cm. Ces pièces viennent de Spandau et seront transportées dans les forts pour y remplacer les pièces de 12 cm. Ces dernières pièces seront toutes remplacées par des pièces de 15 cm. Plusieurs wagons de poudre et autres munitions sont également arrivés ces jours derniers à la gare d’Austerlitz. Le tout a été transporté dans les magasins de la nouvelle enceinte du côté de la citadelle. Début des travaux de renforcement de la ceinture des forts détachés en conséquence de la crise de l’obus torpille : « Au 1er avril prochain, tous les forts et cavaliers de l’enceinte qui ont des casernes seront garnis de troupes. La direction des fortifications est actuellement en pourparlers avec les propriétaires pour l’achat des terrains servant de champs d’exercices. Tous ces forts sont munis de tout ce qui sera nécessaire pour recevoir leurs garnisons au complet. Aujourd’hui même, la fortification a commencé à faire poser les grillages barrières sur les murs de la contrescarpe aux saillants des forts à fossés secs. Il n’est donc plus question quant à présent de modifications de profils dans les saillants ; tout reste dans l’état actuel. La fortification fait faire encore pour 70 000 marks de grillages en plus afin de pouvoir garnir toute la contrescarpe des faces et des flancs des forts à fossés secs. Ces travaux devront être terminés sans faute dans un délai de deux mois. Je tiens tous ces renseignements de sources certaines. Le personnel de la fortification croit que la guerre éclatera bientôt ; car, dit-il, si la guerre n’était pas prévue, on aurait certainement procédé aux modifications projetées, des profils, qu’on aurait pu terminer, dans le courant de l’été prochain ».

Remarque : Voir les plans des grilles présentés sous la date précédente du 15/05/1885.

Source : S1216, note française de renseignement n°8742 du 10 janvier 1887

 

Allemagne, Metz place forte : Livraison de fil de fer pour les forts.

Une notre française de renseignement du 10 janvier 1887 évoque les informations suivantes concernant les travaux de renforcement de la place forte : « On vient de recevoir à Metz, plusieurs wagons de fil de fer galvanisé destiné à border les fossés secs, là où il n’y a pas de grilles ».

Remarque : c’est bien à partir de 1887 que l’on installe les réseaux de fils autours des ouvrages de Metz.

 

Jeudi 27 janvier 1887

 

Allemagne, fortifications : Liste des places fortes devant être conservées et renforcées.

D’après les ordres du cabinet impérial « A.K.O. » du 3 décembre 1885, du 8 décembre 1886 et du 27 janvier 1887, les fortifications suivantes devaient être conservée et renforcées : 1. Metz. 2. Strasbourg. 3. Neuf-Brisach. 4. Les fortifications projetées à Sarrebourg-Molsheim. 5. Bitche. 6. Thionville. 7. Cologne. 8. Königsberg. 9. Boyen. 10. Thorn. 11. Posen. 12. Pillau. 13. Weichselmünde. 14. Swinemünde. 15. Friedrichsort. 16. Die Befestigungen an der unteren Elbe. 17. La même chose sur l’embouchure de la Weser. 18. Les défenses côtières de Wilhelmshaven.

Ont été classé comme indispensable : 19. Saarlouis, dès l’achèvement des futures fortifications de Sarrebourg et de Molsheim. 20. Sonderburg, dès que les ouvrages de Prier et de Röbsdorf dans la baie de Kiel seront terminés. 21. On devrait prendre ses distances de l’installation des ouvrages Kiel côté terre.

Doivent fournir une résistance renforcée à une attaque brusquée, et être conservé dans l’état : 22. Mayence, en tant que barrage protégeant toutes les voies ferrées et routes qui se rencontrent ici et en tant que tête de pont, par-dessus le Rhin, pour une armée de campagne précédent la place. 23. Ingolstadt.

Doivent rester et être maintenu dans leur état : 24. Coblence. 25. Spandau. 26. Les fortifications côté terre autour de Wilhelmshaven. 27. Le Nehrungsfort à Memel. 28. Le reste des fortifications de Marienburg. 29. Stralsund. 30. Kolberg. 31. Graudenz.

Les autres forteresses : 32. Ulm. 33. Rastatt. 34. Wesel. 35. Glocau. 36. Neisse. 37. Glatz. 38. Torgau. 39. Danzig. 40. Küstrin. 41. Magdebourg. 42. Germersheim. 43. Königstein, classée comme peu importante, parce que qu’elles sont pour une partie loin de la frontière d’Etat, ne doivent pas être en mesure de contrer une attaque en règle, quelles n’avaient plus une grande capacité de résistance face à une attaque en règle.

Pour leur transformation et simplification la commission de défense du territoire fait des propositions précises, qui ont été approuvées par le roi par l’ordre du cabinet di 8 décembre 1886.

 

Allemagne, places fortes : Ordonnance impériale relative au renforcement des intervalles entre les forts détachés.

On a décidé par l’ordonnance impériale « A.K.O. » du 27 janvier 1887, qu’il fallait, à la hauteur des forts, aménager une position d’infanterie dont les points d’appui principaux devaient être les forts, qui devaient également servir de position à quelques pièces d’artillerie lourde. Pour les intervalles on a ordonné la construction d’ouvrages intermédiaires aptes à résister à un assaut et à des abris pour l’infanterie, tandis que la masse de l’artillerie prendra place derrière les forts, il fallait aménager des remparts de protection, des voies d’accès pour les pièces, des abris pour les munitions et les servants, prendre des mesures pour le camouflage et préparer le matériel pour la réalisation des obstacles. Les abris d’infanterie « A-Räume » et les abris à munitions « M-Räume » ont été construits dans un premier temps en maçonnerie (en briques) et plus tard, le plus souvent en béton avec une épaisseur de 1,50 à 3 mètres. Avec tout cela, les intervalles ont reçu un treillis d’ouvrages qui devaient être complétés lors de la mise en état de défense.

Source : S0083.

 

Lundi 7 février 1887

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : Travaux de renforcement des forts détachés.

Une notre française de renseignement du 7 février 1887 nous livre les informations suivantes concernant les travaux de renforcement de la place forte.

Installation dun chemin fer de ceinture : « Belfort, le 7 février 1887. Sur un ordre télégraphique arrivé tout récemment de Berlin à Strasbourg, le génie militaire a mis immédiatement en œuvre la construction d’un chemin de fer de ceinture destiné à relier entre eux les forts extérieurs qui entourent la place. L’établissement de ce chemin de fer est prévu depuis longtemps, mais son exécution, d’après les renseignements antérieurs, ne devait se faire qu’au moment d’une guerre. La ligne se composera d’une voie étroite, pour servir au transport des matériaux, et d’une voie normale, devant servir à l’armement des ouvrages ; cette voie sera raccordée avec le chemin de fer de l’Etat ».

Travaux de renforcement des forts détachés :

« L’entreprise des travaux a été donnée à la société Heydt et Cie, maison avec laquelle on a traité de gré à gré, et qui est la même que celle chargée des travaux de revêtement au ciment et au béton à exécuter dans les forts. Les travaux, commencés immédiatement sur plusieurs chantiers, doivent être terminés dans le délai de deux mois. Le génie vient de charger M.M. Heydt et Schuster, sans adjudication et au prix du devis, de tous les travaux de renforcement des casemates. Les casemates, abris etc., seront découverts afin qu’on puisse les recouvrir d’une couche de béton. Ce béton sera formé de mortier-ciment et de silex cassé.

On conduit déjà du matériel et des matériaux dans les forts pour l’exécution de ces travaux, qui devront être terminés sans faute le 1er avril prochain. A cet effet l’administration militaire, vient de commander 900 wagons de ciment Portland et 1 000 wagons de silex-pierre bleue. Elle vient aussi de commander à M. Schaeffer, tuilier à Achenheim, près Strasbourg, 400 000 briques pour les forts. Il y aura donc aussi beaucoup de maçonnerie, ce qui est tout naturel, car si l’on veut couler du béton, il faut que les côtés soient fermés par des murs. Les travaux en question sont évalués à 1 million ».

Source : S1216, note française de renseignement n°8873 du 07/02/1887.

 

Dimanche 20 février 1887

 

Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie : Renouvellement de la Triplice.

L’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie renouvellent l’accord de la Triplice, c’est-à-dire une assistance mutuelle sui l’un de ses pays était attaqué.

 

Mercredi 23 février 1887

 

Allemagne, places fortes : Ordonnance relative à la transformation des remparts des fortifications.

Le 23 février 1887, le ministère de la guerre a émis une ordonnance donnant l’ordre de transformer toutes les portions de rempart non indispensables à l’artillerie, au profit de la défense de l’infanterie, et en même temps, de commencer la construction de batteries annexes qui avaient été planifiées mais non réalisées et de les doter d’abris à munition à l’épreuve des bombes.

Source : S0083.

 

Samedi 5 mars 1887

 

Allemagne : Strasbourg, place forte : Installation d’un chemin de fer de ceinture.

Une notre française de renseignement du 5 mars 1887 nous livre les informations suivantes concernant les travaux de renforcement de la place forte : « Installation du chemin de fer de ceinture : A la date du 12 février 1887, le Gouverneur de Strasbourg a décidé l’établissement d’un chemin de fer à voie étroite passant du pont du canal près de Hœnheim en prenant ensuite la chaussée du chemin de fer de ceinture, la route de ceinture derrière le Fort Roon, puis le chemin vicinal n°63 à partir du kilomètre 12.000 jusqu’au kilomètre 13.100, ensuite la route vers le fort Podbielski et là par le chemin vicinal n°11 du kilomètre 14.700 au kilomètre 14.870 jusqu’au fort Grand-Duc de Bade. Ce chemin de fer est destiné à transporter les matériaux dans les divers forts sur son passage. Par ordre subséquent, et pour le même objet, un chemin de fer doit être établi de la gare de Holtzheim au fort Prince de Bismarck ».

Source : S1216 note de renseignement française n°9.032 du 05/03/1887.

 

Vendredi 1er avril 1887

 

Allemagne, Strasbourg : Garnison des forts de Strasbourg.

A partir du 1er avril 1887, tous les grands forts de la ceinture fortifiée de Strasbourg, sont doté d’une garnison permanente comprenant une ou deux compagnies d’infanterie, qui s’installent pour une durée d’un an. Ce système est appelé « Bataillons-Wechsel ». Tout simplement, un des trois bataillons de chaque régiment d’infanterie est chargé d’assurer pendant un an tous les services de garde attribués au régiment. Ainsi, ce bataillon détache en règle générale deux compagnies dans chaque grand fort dont il doit assurer la garde.

 

Lundi 6 février 1888

 

Allemagne, politique : Discours de Bismarck au Reichstag.

Lors d’un discours du chancelier Bismarck au Reichtag, il prononce la phrase suivante : « Nous Allemands ne craignons que Dieu, mais rien d’autre sur la terre ! » « Wir Deutschen fürchten Gott, aber sonst nichts in der Welt ! », encore un avertissement à la Russie.

 

Dimanche 19 février 1888

 

Allemagne, Strasbourg place forte : La plupart des voutes des forts seraient à découvert.

Une note française de renseignement datant du 19 février 1888 nous livre l’information suivante : « La plupart de voûtes des forts de Strasbourg seraient à découvert. On les démolirait sans toucher aux piédroits pour les reconstruire avec un rayon plus grand que précédemment, mais en les surbaissant de plus d’un mètre, avec deux petites voûtes intérieures. Un revêtement de plus d’un mètre d’épaisseur macadam et béton de ciment de Portland est ensuite placé sur la voûte ».

Remarque : Une partie des voûtes des ouvrages ont effectivement été renforcés par une couche de béton non armée épaisse de 1,20 m reposant sur une couche d’un mètre de sable (plutôt du lœss à Strasbourg). Il est vrai que le béton a été recouvert d’enduit bituminé avant de remettre la terre qui couvre les ouvrages et non un mètre de macadam comme le signale ce témoin. Toutefois, la couche de béton peut avoir des épaisseurs variables, comme il a été constaté au Fort Werder, actuel fort Uhrich.

 

Jeudi 8 mars 1888

 

Allemagne, politique : Délégation de pouvoirs au Prince Guillaume.

Compte tenu de l’agonie de l’Empereur Guillaume Ier et de la maladie du Prince héritier Friedrich, un décret impérial préparé depuis le 17 novembre 1887, permet au prince Guillaume de remplacer l’Empereur pour toutes les affaires courantes et pour la signature des ordres. Voici le décret publié le 8 mars 1888 matin au Bulletin des Lois : « En raison des changements qui peuvent se produire dans ma santé et m’empêcher temporairement de m’occuper des affaires, et en raison de la maladie et d’absence prolongée de mon fils, le Prince impérial, j’autorise Son Altesse Royale le Prince Guillaume à me remplacer dans tous les cas où je croirai avoir besoins d’être remplacé pour les affaires courantes du gouvernement, notamment pour la signature d’ordres, et cela sans qu’il soit besoin d’une autorisation spéciale pour chaque cas particulier ». Signé : Guillaume. Contre-signé : Bismarck. La Constitution n’exige pas la présence du souverain dans la capitale, et pour la prestation du serment royal, les deux chambres du Landtag prussien peuvent envoyer, pour le recevoir, une délégation dans la localité où se trouve le nouveau souverain

 

Vendredi 9 mars 1888

 

Allemagne, politique : Décès de l’empereur Guillaume Ier – Kaiser Wilhelm I.

Un journal régional a publié cet article en première page : « L’empereur Guillaume 1er s’est éteint ce matin à 8h30 ! »et ajoute : « Alors que hier très tard le soir les nouvelles parvenues semblaient encore donner un peu d’espoir, les mêmes du bulletin communiqué ce matin à 7 heures s’étaient envolés. L’empereur Guillaume 1er n’est plus ! Quel est le cœur qui peut rester insensible, quels sont les yeux qui peuvent rester sans larmes avec cette nouvelle ? ».

C’est le prince héritier, le Kronprinz, qui lui succède pour quelques semaines. Le nouvel empereur d’Allemagne Kaiser Friedrich III déjà malade, ne survivra que quelques semaines à son père.

Le journal régional publie l’ordonnance dans le cadre du deuil par suite du décès de l’empereur Guillaume Ier : « D’après une ordonnance le décès de sa Majesté l’Empereur Guillaume doit être officiellement rendu public dans toutes les communes du Land ; toutes les communes feront sonner la sonnerie de cloches de deuil « Trauergeläute ». Les bâtiments officiels mettent leurs drapeaux en berne. A cause de la tenue d’office religieux pour le deuil « Trauergottesdienste », d’autres directives seront données ultérieurement.

Les fonctionnaires supérieures y compris les assesseurs, portent le deuil (« Flor am Hut » sur le chapeau et sur l’avant-bras gauche). Le théâtre reste fermé jusqu’à nouvel ordre ».

La presse avait déjà évoqué la maladie et l’agonie de l’Empereur Guillaume Ier. Toutefois les nouvelles étaient assez confuses et se contredisaient. Toutefois nous allons en tirer les éléments les plus intéressant publié par le journal Le Petit Parisien qui reprenait les dépêches de l’Agence Havas et de l’Agence libre.

« Berlin, 8 mars 1888, 8h25 : D’après une communication donnée ce soir à sept heures, l’état de faiblesse continue. L’Empereur prend de temps en temps un peu de vin et des aliments liquides. L’état général est plus tranquille ».

Comme certains journaux avaient déjà annoncé sa mort, le journal précise : Dernière édition. L’Empereur Guillaume. L’agence Havas a publié hier soir la dépêche suivante : Berlin, 8 mars. L’Empereur Guillaume est mort à cinq heures de l’après-midi. L’agence Havas ajoutait : Cette dépêche nous est arrivée sous mots commerciaux conventionnels. Elle était datée de 6h45 et nous est parvenue d’urgence. Nous croyons néanmoins devoir publier ci-dessous les télégrammes « officiels » qui nous ont été expédiés postérieurement à la précédente, que, seule, nous tenons exacte. Voici les télégrammes « officiels » dont parle l’Agence Havas : « Mais l’Agence Havas affirme que le vieux souverain a rendu le dernier soupir, et on remarquera, d’ailleurs, que les télégrammes officiels eux-mêmes, tout en ne disant pas que l’Empereur Guillaume a succombé, montrent la situation comme désespérée. Comme on le voit, les télégrammes officiels ne donnent pas comme certaine la mort de l’Empereur d’Allemagne ».

De son côté, l’Agence libre a reçu la dépêche suivante : « Berlin, 8 mars 1888. L’Empereur d’Allemagne est mort à cinq heures sept minutes. La consternation est grande. Le Kronprinz est attendu ce matin à Berlin ». Autre dépêche qui est parvenue au journal le 9 mars 1888 en parlant de la journée du 8 mars 1888 : « Le prince Guillaume est rentré à Berlin plus tôt qu’il ne pensait lui-même, à la suite d’une dépêche qu’il a reçu à San-Remo et qui donnait les renseignements les plus inquiétants sur la santé de l’Empereur, qui est, depuis quelques jours, sujet à de fréquentes syncopes. L’Empereur est atteint d’hématurie, c’est-à-dire qu’il perd du sang par les voies urinaires ; le jour où cette émission sanguine sera abondante, une syncope se produira qui amène la mort. Le prince de Bismarck n’a pas voulu s’exposer à ce que ce redoutable événement arrivât en l’absence des deux héritiers de la couronne impériale ; il a donc fait rappeler en toute hâte le prince Guillaume ».

Autres dépêches datées de Berlin, 8 mars 1888 : « L’Empereur a eu hier une somnolence qui a duré quatre heures et qui a mis le comble à l’inquiétude » ; « Hier, à sept heures, l’Empereur a eu une syncope. A ce moment arrivait le prince Guillaume, qui débarquait à l’instant de San-Remo. Il ne fut pas introduit aussitôt auprès de l’Empereur. Ce ne fut que vers onze heures seulement qu’il pénétra dans la chambre. L’Empereur ne le reconnu pas, non plus que le prince de Bismarck, qui entrait en même temps que lui. Ce n’est que vers trois heures de l’après-midi que l’Empereur revint à lui sans reconnaître son entourage. On lui tendit une tasse de bouillon, qu’il pu absorber. Bientôt le sommeil arriva et les médecins commencèrent à espérer l’ajournement de la crise fatale qu’ils attendaient d’un moment à l’autre. L’Empereur dormit à deux heures et demie. A son réveil, il sembla redevenir maître de lui-même et demanda à manger. Les médecins lui firent donner des huitres. Rassurés par le sommeil réconfortant dont l’Empereur avait joui pendant quelques temps, le prince Guillaume et le prince de Bismarck ont quitté le lit de l’Empereur, auprès duquel ils étaient restés pendant six heures, s’attendant à chaque instant à le voir rendre le dernier soupir. Dans la soirée, les douleurs ont reparu. Les médecins espèrent encore, mais très faiblement, pouvoir prolonger quelques temps l’existence de l’Empereur. Cependant, il n’est pas probable qu’il puisse résister aux suites de la crise d’aujourd’hui » ; « Berlin, 8 mars. Le bulletin signé par le docteur von Lauer annonce que l’Empereur a passé une nuit très agitée et que son état de faiblesse est très grand » ; « Berlin, 8 mars 1888 : L’impératrice et la grande-duchesse de Bade ont rendu visite à l’Empereur un peu avant deux heures. A deux heures, l’empereur a reçu le prince de Bismarck et s’est entretenu avec lui. L’état de santé de l’Empereur demeure sans changement. Le prince de Bismarck a quitté le palais à deux heures trois quarts. Un avis affiché sur les colonnes extérieures des théâtres annonce que les théâtres royaux seront fermés aujourd’hui ». « Berlin, 8 mars 1888. M. Kroegel, premier prédicateur de la cour, s’est rendu auprès de l’Empereur. Le prince de Bismarck a conféré longuement avec le prince Guillaume. Les princes de la famille royale qui sont présents à Berlin sont venus également au Palais » ; « Berlin, 8 mars 1888, 21 h : L’Empereur est à toute extrémité. On s’attend d’un instant à l’autre à une issue fatale. La grande-duchesse de Bade, fille de l’Empereur, a été appelée par dépêche ; elle est arrivée ce matin. Le prince impérial est tenu par dépêches au courant de la maladie de son père. On a remarqué hier qu’au moment de la garde montante, la musique n’a pas joué en passant sous les fenêtres du Palais impérial » ; « Berlin, 8 mars 1888, 22h50 : De nombreux groupes stationnent dans les rues ; l’émotion est très-vive ; dans le public, l’avis est que l’Empereur est mort et qu’on retarde le plus qu’on peut l’instant où il faudra en donner la nouvelle » ; « Sanremo, 8 mars 1888, 22h50 : Le prince Henri et le prince de Hesse-Darmstadt partent ce soir, à huit heures, pour Berlin. Le Prince impérial et sa famille partiront samedi pour Berlin ; mais on croit qu’ils n’arriveront pas à temps. Toutes les mesures sont prises pour le départ du train spécial qui doit conduire samedi le Prince impérial à Berlin. La princesse impériale, vivement affligée des intentions de son mari, a pleuré devant le docteur Mackenzie des volontés arrêtées du Kronprinz » ; « Berlin, 8 mars 1888, 23 h : Berlin est très animé. Les abords du palais sont encombrés par la foule, avide de nouvelles. Tous les membres de la famille royale présents à Berlin sont en ce moment au palais impérial. A une heure, l’agonie de l’Empereur aurait commencé. Le départ du Kronprinz de Sanremo pour Berlin aurait été décidé à la demande expresse de la majorité des membres de la famille royale ; la dépêche demandant le retour immédiat et annonçant à la princesse royale l’issue fatale prochaine aurait été envoyé ce matin » ; « Berlin, 8 mars 1888 : Un bulletin médical tranquillise la population, qui avait été vivement émotionnée par les éditions spéciales des journaux qui ont annoncé la mort de l’Empereur ». Le journal se pose toutefois la question : « L’Empereur n’est donc pas mort hier. Est-il encore en vie ce matin ? Combien d’heures encore doit durer l’agonie, en supposant que le vieux souverain n’ait pas déjà succombé à l’heure où paraissait ces lignes ». Sa mort est finalement officiellement annoncée le vendredi 9 mars 1888 matin.

 

Jeudi 15 mars 1888

 

Allemagne, fortifications : Budget alloué au remaniement des fortifications.

Une revue militaire française nous informe : « On trouve inscrite au projet de budget de 1888-89 une somme de 30 500 000 marks pour remaniement des fortifications, en raison des progrès récents de l’artillerie. L’an dernier, 29 500 000 marks ont été dépensés dans le même but. La dépense totale est évaluée à 126 300 000 marks ».

 

Lundi 10 décembre 1888

 

Allemagne, fortifications : Lancement d’une nouvelle étude du système fortifié.

Les derniers essais de tir ont permis de constater que les que les fortifications plus faibles pourraient être vaincus avec les moyens de l’artillerie lourde de campagne même sans amener vers l’avant le train des sièges, un ordre du cabinet impérial du 10 décembre 1888 ordonne une nouvelle étude de l’ensemble du système fortifié allemand.  

 

Jeudi 24 janvier 1889

 

Allemagne, fortifications : Nouvelle étude de l’ensemble du système fortifié.

A la suite des essais de tir on constate que les fortifications les plus faibles pourront être vaincus, même sans amener vers l’avant le train des sièges, mais avec les moyens de l’artillerie lourde de l’armée de campagne. C’est pour cela que l’on ordonna par les ordres du cabinet impérial « A.K.O. » du 10 décembre 1888 et du 24 janvier 1889 d’étudier à nouveau l’étude de l’ensemble du système fortifié.

 

Allemagne, fortifications : La couche de sable placée entre la maçonnerie et le béton s’avère néfaste.

A partir de 1887 le génie allemand lance une vaste campagne de renforcement des ouvrages en plaçant une couche de sable entre la maçonnerie et le béton. Toutefois peu de temps après, on constate que les forts qui venaient à peine d’être remaniés nécessitaient de nouveaux travaux puisque la couche de sable entre la maçonnerie et le béton s’était avérée néfaste. Reuleaux décrit le problème de la façon suivante : « Lors des fortes vibrations initiées par l’explosion des obus percutant, l’ouvrage se fissure et le sable tassé s’écoule, le prochain projectile atteint alors probablement des parties de l’ouvrage où le sable a disparu et transperce alors cette faible épaisseur et explose à l’intérieur avec sa charge brisante avec d’autant plus d’efficacité ». La solution désormais consiste à remplacer la couche de sable par du béton. Par l’ordre du cabinet impérial « A.K.O. » du 24 janvier 1889, la Commission de défense du territoire devait se charger de la question suivante : « Jusqu’à quel point fait-il combler les lacunes dans la défense du territoire que constitue les petites places fortes les plus anciennes qui ne répondent plus aux nouvelles exigences et où est-il possible de créer des dépôts de matériels destinés à l’aménagement rapide des fortifications provisoires et dont le complément par des ouvrages permanents est indispensable ».

 

1890

Empire allemand, Magdebourg : Mise en service des tourelles de guet modèle 1890 de la société Gruson de Magdebourg.

En 1890, la société Gruson de Magdebourg, met en service une tourelle de guet modèle 1890 « Splittersicherer Wachturm 90 » « W.T.90 ». Il s’agit d’un observatoire rotatif à l’épreuve des éclats d’artillerie. D’après M. Burtcher, ce sont dix W.T. 90 qui sont installés sur les ouvrages de la ceinture fortifiée de Strasbourg à partir de 1892. Il a relevé certaines plaques de fabriquant, et la dernière porte la date de 1895. Un des premiers observatoires, sur le Fort Podbielski, porte encore la marque de fabrique de l’usine « Gruson-Werke », tandis que la dernière celle de l’usine « Friedrich-Krupp, Magdeburg-Buckau ». En effet la société Gruson avait été rachetée par la société Krupp. Ces observatoires ont été installés sur une traverse-abri, et l’observateur accédait à l’intérieur de la coupole par une échelle, et s’installait sur un petit siège métallique. La coupole était dotée d’un support pour jumelle, et l’observateur communiquait à l’aide d’un tuyau acoustique avec la salle du piquet d’alerte installé dans la traverse-abri. Il disposait également d’une commande en tige métallique qui permettait d’actionner une cloche d’alerte.

Source : S0175, p. 49.

 

1892-1895

Forts et ouvrages de Strasbourg : Installation des coupoles de guet WT 90.

En 1892, commence la mise en place de petits observatoires rotatifs dénommés tourelles de guet modèle 1890 à l’épreuve des éclats – Splittersichere Wachttürme 90 – dans plusieurs forts. Au nombre de dix, ils seront installés progressivement (leurs numéros de série ne se suivent pas et date la plus tardive relevée sur une plaque de fabricant est 1895). Les premiers (dont Podbielski) portent encore la marque de fabrique des Gruson-Werke, tandis que les derniers sont estampillés Friedrich-Krupp, Magdeburg-Buckau depuis le rachat des usines Gruson par cette firme.

Source : S0175.

 

1887 – 1890 environ

Installation d’un chemin couvert précédé d’une petite élévation de terre et d’un blockhaus de garde sur le saillant.

 

Jeudi 20 mars 1890

 

Allemagne : Démission de Bismarck et non renouvellements de l’accord de protection mutuelle avec la Russie.

Allemagne : Bismarck s’en va. De graves dissensions entre Guillaume II et Otto von Bismarck au sujet de la politique sociale et du pacte d’alliance germano-russe ont abouti à la démission du chancelier qui a décidé de se retirer de la vie publique ; nomination de Caprivi en tant que Chancelier. Non renouvellement de l’accord de protection mutuelle avec la Russie.

 

1905 Divers

 

Allemagne, Berlin : Edition du règlement technique T.V. A13.

En 1905, édition du règlement technique (Technische Vorschrift) T.V. A13 : Directives pour l’installation de systèmes d’alarme avec annexe 1 et 2 – Anleitung für die Anlage von Alarmeinrichtungen (Anl. F.A1) mit Anlagen 1 und 2. Remarque : Ce règlement concerne tous type de fortification, dont les forts détachés de Strasbourg et Metz.

Source : S1251, p. 171.

 

Allemagne, Berlin : Edition du règlement technique T.V. A26.

En 1905, édition du règlement technique (Technische Vorschrift) T.V. A26 : Directives pour l’aménagement intérieure des locaux à l’épreuve des bombes avec annexe 1 : Directives de base pour l’éclairage électrique et les systèmes de ventilation - Anleitung für den inneren Ausbau bombensicherer Raüme (Ausbauanleitung – Aussb. Anl.) mit Anhang 1 : Grundzüge für die elektrischen Beleuchtungs- und Lüftungseinrichtungen (1905).

Source : S1251, p. 171.

 

1907

 

Allemagne, Berlin : Edition du règlement technique T.V. A6.

En 1907, édition du règlement technique (Technische Vorschrift) T.V. A7 : Grilles en fer avec annexe : Assemblage des avis pour l’installation d’obstacles en fil de fer dans les fortifications permanentes – Eiserne Gitter mit Anhang : Zusammenstellung der Gesichtspunkte für die Anlage von Drahthindernisse in ständige Befestigungen.

Source : S1251, p. 171.

 

1910

 

Allemagne, Berlin : Edition du règlement technique T.V. A7.

En 1910, édition du règlement technique (Technische Vorschrift) T.V. A7 : Avis pour l’installation de position d’infanterie dans les fortifications permanentes – Gesichtpunkte für die Anlage von Schützenstellungen in ständigen Befestigungen.

Source : S1251, p. 171.

 

Allemagne, Berlin : Edition du règlement technique T.V. A26.

En 1905, édition de l’annexe 1 du règlement technique (Technische Vorschrift) T.V. A27 de 1910 : Mesures contre l’identification des fortifications (Mesures de protection) avec annexe 2 de 1910 : Etablissement et entretien des plantations dans la construction des fortifications de 1905 et annexe 2 : assemblage de semences adaptées pour ensemencer des terrassements frais et des excavations - Massnahmen gegen die Erkennbarkeit von Befestigungen (Schutzmassnahmen) mit Anhang 1 :  Anhang 1 : Anlage und Unterhaltung von Planzungen im Festungsbau (1905) und Anhang 2 : Zusammenstellung geeigneter Samensorten zum Einsäen in frische Schüttungen und Abgrabungen (1910).

Source : S1251, p. 171.

 

1912

 

Allemagne, Berlin : Edition du règlement technique T.V. A13.

En 1912, édition de l’annexe 2 du règlement technique (Technische Vorschrift) T.V. A26 : Directives pour l’aménagement intérieure des locaux à l’épreuve des bombes avec annexe 1 : Directives de base pour l’éclairage électrique et les systèmes de ventilation - Anleitung für den inneren Ausbau bombensicherer Raüme (Ausbauanleitung – Aussb. Anl.) mit Anhang 1 : Grundzüge für die elektrischen Beleuchtungs- und Lüftungseinrichtungen (1905).

Annexe 2 : Directives de base pour l’équipement des locaux de la troupe avec des hamacs – Grundzüge zur Ausstattung von Mannschaftsräumen mit Hängematten (1912).

Source : S1251, p. 171.

 

Sources

 

S0030

Journal Dernières Nouvelles d’Alsace, 1996.


S0081

Rolf, Rudi : Die Deutsche Panzerfortifikation. Die Panzerfesten von Metz und ihre Vorgeschiche ; Biblio Verlag, Osnabrück, 1991.

 

S0083.

Dumsky, Walter : Die deutschen Festungen von 1871 bis 1914 : Strategische Bedeutung und technische Entwicklung.  Erlanger Historische Studien herausgegeben von Professor Dr. Karl-Heinz Ruffmann Professor Dr. Hubert Rumpel. Bd. / Vol. 11 ; Peter Lang, Frankfurt am Main, New York, Paris, 1987. 

 

S0111

Grabau, Albert, Dr., Major a.D. : Das Festungsproblem in Deutschland und seine Auswirkung auf die strategische Lage von 1870-1914 ; Junker und Dünnhaupt Verlag Berlin ; 1933.

 

S0126

Revue historique des Armées n°3 / 1981.


S0155

Straßburger-Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß 1872.

 

S0156

Straßburger-Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß 1873.

 

S0170

Straßburger-Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß 1877.

 

S0175

Burtscher, Philippe : De la ceinture fortifiée de Strasbourg à la Position de la Bruche, 1870-1918 ; Cercle d’Etudes des Fortifications - Société d’histoire de Mutzig et environs ; 1999.

 

S0191

Straßburger-Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß 1874.

 

S0195

Les forts de Strasbourg et leur contexte fortifié 1870 à 1918 ; Exposition de tableaux originaux André Brauch, Société d’Histoire de Mutzig & Cercle d’Etude des Fortifications, 1997.

 

S0198

Straßburger Zeitung und Amtliche Nachrichten für das General-Gouvernement Elsaß 1875.

 

S0200

Straßburger Zeitung und Amtliche Nachrichten für das General-Gouvernement Elsaß 1876.

 

S0214

Straßburger-Zeitung und Amtliche Narichten für Elsaß-Lothringen 1878.

 

S0215

L’Alsacien journal du peuple et du commerce ; Elsässische Volks und Handels-Zeitung 1871.


S0234

Fortifikation, Sonderausgabe 3: Straßburg die Geschichte seiner Befestigung, Interfest, Saarbrücken, 1996.

Rainer Schröder : Straßburg – Von den Römer bis 1870 ; p. 6-40 ;

Günter Barthel : Die Belagerung 1870 ; p. 39-51 ;

Werner Lacoste : Die Reichsfestung Straßburg ; p. 54-80 ;

Friedrich Wein : Die drei rechtsrheinische Forts von Straßburg ; p. 81-82 ;

Herbert Jäger / Dennis Quarmby : Die eiserne Grabenwehren von Straßburg ; p. 83-91 ;

Eugène Brisbois : Die deutschen Befestigungen im Süden von Reichstett ; p. 92-109 ;

Bernard Bour : Die Feste Kaiser Wilhelm II ; pages 110-123 ;

Andreas Boy : Die Verteidigung Straßsburgs im Rahmen der Maginotlinie ; p. 124-129.

 

S0237

Rau, S., capitaine d’état-major : Aperçu sur l’état militaire des principales puissances étrangères au printemps 1877 ; Berger-Levrault & Cie, Paris, Nancy ; 1877.

 

S0340

Revue militaire de l’Etranger 1874 ; 5ème volume, janvier à juin 1874 ; 6ème volume, juillet à décembre 1874 ; Rédigé avec l’aide des documents statistiques de l’Etat-Major général du Ministre de la Guerre, 2ème Bureau ; publié par ordre du ministre par le Moniteur de l’Armée, Paris.

 

S0350

Plessix : Manuel complet de fortification, 1883.

 

S0353

Revue militaire de l’étranger 1876, tome 9 & 10.

 

S0354

Revue militaire de l’étranger, tome 15, 1er semestre 1879.

Revue militaire de l’étranger, tome 16, 2e semestre 1879.

 

S0357

Revue militaire de l’Etranger, onzième volume (janvier-juin 1877) et douzième volume (juillet-décembre 1877), Moniteur de l’Armée, Paris, 1877.

 

S0359

Revue Militaire de l’Etranger, tome 17, 1880.

 

S0372.

Revue militaire de l’Etranger 1881, 19e & 20e volume, Moniteur de l’Armée, Paris.

 

S0375.

Revue militaire de l’Etranger 1882, 21e & 22e volume, Moniteur de l’Armée, Paris.

 

S0385.

Revue militaire de l’Etranger 1883, 23e & 24e volume, L. Baudoin et Cie, Paris.

 

S0397

Revue militaire de l’Etranger 1888, 33e et 34e volume.

 

S0440

Documents, photographies, dessins, archives, des anciennes expositions du Fort Frère, 2002 environ.

 

S0474

Revue militaire de l’Etranger 1873 ; 3e volume, janvier à juin 1873 ; 4e volume, juillet à décembre 1873 ; Rédigé à l’aide des documents statistiques de l’Etat-major général du Ministre de la guerre (Deuxième Bureau) : publié par ordre du Ministre par le Moniteur de l’Armée, Paris.

 

S0476

Revue militaire de l’étranger n°69 du 11 décembre 1872, tome 2.

 

S0554

Straßburger-Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß 1879.

 

S0585

Règlement allemand : D.V.E. Nr. 250a Anlagen zur Anleitung für den Kampf um Festungen (K. u. F. Anl.) vom 13. August 1910, Gedruckt in der Reichsdruckerei, Berlin.

 

S0590

Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß 1871.

 

S0596

Schirmer, Hermann : Das Gerät der Artillerie vor, in und nach dem Weltkrieg, V. Teil : Das Gerät der schweren Artillerie, Verlag Bernard & Graefe, Berlin, 1937.

 

S0599

Fortifikation, Sonderausgabe 3: Straßburg die Geschichte seiner Befestigung, Interfest, Saarbrücken, 4. Auflage, 1998.

Schröder, Rainer : Strassburg – Von den Römern bis 1870, p. 6.

Barthel, Günther : Die Belagerung 1870, p. 41.

Lacoste, Werner : Die Reichsfestung Strassburg, p.54.

Lacoste, Werner : Anlagen zur Reichsfestung Strassburg :

1. Gutachten der Generale Graf von Moltke und von Kameke, p. 133.

2. Gutachten von Biehler zu den Strassburger Forts, p. 137.

3. Allgemeiner tactischer Theil des fortificatorischen Armierungs-Entwurfes, p. 145.

4. Beschreibung der Festung Strassburg von ihrer Erweiterung ab 1875, p. 149.

5. Pläne der Strassburger Forts, p. 158.

Wein, Friedrich: Di drei rechtsrheinischen Forts von Strassburg bei Kehl, p. 175.

Jäger, Herbert, Quarmby, Dennis : Die eiserne Grabenwehren von Strassburg, p. 178.

Brisbois, Eugène : Die deutschen Befstigungen im Raum Reichstett, p. 187.

Bour, Bernard : Die Feste Kaiser Wilhelm II, p. 207

Maier, Wilhelm : Auf der Feste Kaiser Wilhelm II, p. 221

Boy, Andreas : Die Verteidigung Strassburgs im Rahmen der Maginot Linie, p. 223.

Die Autoren stellen sich vor, p. 229.

 

S0634

Dienst-Anweisung für die Benutzung, den Betrieb und die Verwaltung des Festungs-Telegraphen von Straßburg i.E., genehmigt durch A.K.D. Nr. 212/8.99, 1899.

 

S0662

Journal Central Anzeiger für Elsaß – Indicateur Central d’Alsace, E. Humbert & E. Hammer, successeurs de M. E. Simon, Strassburg,1874.

 

S0966

Brialmont, A. : La fortification du temps présent, tome premier, Guyot Frères imprimeurs, Bruxelles, 1885.

 

S1000

Informations, documents et illustrations provenant de divers sites Internet.

 

S1042

Handbuch für die Offiziere der königlichen preußischen Artillerie ; Zweite Auflage ; Wossische Buchhandlung (Strikker), Berlin ; 1877.

 

S1074 : Listes d’ouvrages antérieurs à 1930 des départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle ; D.M. n°338 DG/T du 14 janvier 1946 ; SHAT, CDAOA 6.

 

S1138

Garnison-Bestimmungen für Strasburg i. E., Straßburg 1902.

 

S1233

Landes-Zeitung Elsaß-Lothringen de 1887.

 

S1263

SHAT 1N31 CSG 1930-31 : Rapport du général Brécard, membre du Conseil Supérieur de la Guerre et Gouverneur militaire de Strasbourg au sujet des fortifications de Strasbourg du 18 octobre 1930.

 

S1264

SHAT 1N28 CSG 1926 : Rapport au Ministre sur l’organisation des frontières.

 

S1491

Paoli, François-André, colonel breveté : L’Armée française de 1919 à 1939 ; Tome 3, 4 et 5 : La phase de fermeté ; publié vers 1977.

 

S1764

Technische Vorschrift A.27 (TVA.27) Maßnahmen gegen die Erkennbarkeit von Befestigungsanlagen (Schutzmaßnahmen) mit 2 Anhängen : 1. Anlage und Unterhaltung von Pflanzungen im Festungsbau. 2. Zusammenstellung geeigneter Samensorten zu Einsäen in frische Schüttungen oder Abgrabungen; Berlin, 1905.

 

S1766

Technische Vorschrift A13 : Anleitung für die Anlage von Alarm-Einrichtungen 30/08/1907.

 

S1843

Spezialkarte der Umgegend von Straßburg, das Gebiet von Haguenau bis Lahr und von Zabern bis Oberkirch ca. 60 Meilen umfassend mit Straßburg als Mittelpunkt bearbeitet von Gustav Müller, Kartograph der köngl. Preuß. Landesaufnahme. Massstab 1 :75 000. Ausgeführt in 5 fachen Farbendruck. 2. Nach amtlichen Angaben sorgfältig berichtete und ergänzte Auflage. Straßburg, Verlag von Schlesier & Schweikhardt, 1904. Collection MJR.

 

S1850

Burtscher Philippe & Hoff François : Les fortifications allemandes d’Alsace-Lorraine 1870-1918 ; Histoire & Collections, Paris, 2008.

 

S1875

Das Ehrenbuch der Deutschen Pioniere.

 

S1881

Carte de la région de Strasbourg en 1870 plan Wagner.

 

S1934

Plan d’artillerie de Strasbourg du 22/05/1914 GSTAPK n°A70957, version lourde.


S1940

Bliß, Winfried : Die Festungspläne des preußischen Kriegsministerium ; GStA PK ; Ein Inventar ; Teil 1 ; Band 59,1 ; Böhlau Verlag, Köln, Weimar, Wien ; 2008.

 

S2022

Wagner, Rheinhold : Fortificatorischer Atlas 1876 in Fortifikation Spezial 4-2003, Studienkreis Interfest, Saarbrücken.

 

S2158

Carte Michelin n°62 Chaumont-Strasbourg au 1/200 000e, 1939, collection MJR.

 

S2483

Fortifikation Sonderausgabe 3, 5. Auflage, Interfest, 2014.

 

S2907

Granier, Jacques : Et Leclerc prit Strasbourg, Editions des Dernières Nouvelles, Strasbourg, 1970.

 

S3550

Site Internet Wikipedia. Documents, illustrations et textes divers provenant de ce site.

 

S3551

Site Internet Wikimapia Strasbourg. Documents, illustrations et textes divers provenant de ce site.

 

S3552

Site Géoportail, Institut National de Géographie (I.G.N.). Cartes, photographies aériennes et documents divers téléchargé sur ce site.

 

S3716

Journal Niederrheinischer Kurier 1874


S3720

Niederrheinischer Kurier – Le Courrier du Bas-Rhin, Strasbourg, 1872.

 

S3829

Brochure Le fort en fête les 7 et 8 mai 2000, Association des Amis du Fort Kléber, Wolfisheim.

 

S4007.

Journal Elsaß-Lothringische Zeitung, Straßburg, 1879.

 

S4035

Revue militaire de l'Etranger Volume 1 du n°1 1er novembre 1871 au n°36 du 26 juin 1872, édité par le Moniteur de l'Armée, Paris, 1872.

 

S4142

Liste des ouvrages de la ceinture des forts de Strasbourg du Service du Génie datant de 1980 environ.

 

S4143

Plan des dessus du Fort Kléber 1947 environ.

 

S4165

Übersicht plan der Festung Strassburg 1873, AVES.

 

S4203

Challeat, J., général : L’artillerie de terre en France pendant un siècle ; Histoire technique (1816-1919) ; Tome second 1880-1910 ; Supplément au mémorial de l’Artillerie française ; Charles-Lavauzelle & Cie, Paris 1935.

 

S4222

Journal Neueste Nachrichten – Dernières nouvelles 1878, Druck und Verlag H.L. Kansen, Strassburg.

 

Répertoire des archives et bibliothèques

 

A-CICR = Archives de la Croix Rouge à Genève.

A-ONU = Archives de l’ONU à Genève.

AVES = Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg.

AD-67 = Archives départementales du Bas-Rhin ; Strasbourg.

BA-St = Bundesarchiv, Stuttgart.

BAB = Bundesarchiv Berlin-Lichterfelde.

BAL = Bundesarchiv-Assenstelle Ludwigsburg, anciennement Zentrale Stelle der Landesjustizverwaltungen de Ludwigsburg.

BCGS = Bibliothèque du cercle de garnison de Strasbourg (fermée, ouvrages seront transférés).

BNF = Bibliothèque Nationale de France

BNUS = Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg

BMS = Bibliothèques Municipales de Strasbourg.

BA = Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

BA-MA = Bundesarchiv Abteilung Militärarchiv, Freiburg

BA-St = Bundesarchiv, Stuttgart.

BLB = Badische Landesbibliothek

DDB = Deutsche Digitale Bibliothek

ECPA-D = Etablissement Cinématographique et Photographique des Armées – Défense.

GSTaPK = Geheimes Staatsarchive Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

GLAKa = Generallandessarchiv Karlsruhe

NUM = Numistral Bibliothèque Numérique Patrimoniale

SHD = Service Historique de la Défense, Vincennes.

SAK = Stadt-Archiv Karlsruhe.

SIR = Service international de recherches, Arolsen.

WLB = Württembergische Landesbibliothek

 

Archives personnelles, collections, dessins, photographies, relevés sur le terrain, de sources privées

 

BA = Brauch André

BF = Burckel Franck

BP = Burtscher Philippe

MJR = Richard