Chroniques 1872

 
 

Dernière mise à jour : 02 / 05 / 2022

 

Auteur de la page : MJR.

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction ou de modernisation

 

Empire allemand

 

Cette rubrique concerne les fortifications allemandes en cours de construction ou de modernisation, sur le territoire allemand, en tenant compte des frontières de l’année en cours.

 

Allemagne, Front Nord, côte de la mer du Nord « Nordsee »

 

A la suite à la crise du Luxembourg puis de la guerre franco-allemande de 1870-1871, on assiste à un renforcement des fortifications côtières allemandes.

 

Embouchure de la Weser - Places fortes et fortifications côtières de Bremerhaven & Gestemündung

 

Ouvrages en cours de construction :

 

Fort Langlütjen I (1869-1872), à Gestemünde. Ouvrage au tracé elliptique sur une île artificielle, sur laquelle on a érigé une batterie cuirassée comprenant 9 canons frettés de 21 cm Ringkanone L/22 sur affûts à embrasure minima « Minimalschartenlafetten » alignés dans une galerie cuirassée en fonte durcie, conçue et construite par la société Gruson de Magdebourg. Au milieu de l’île a été erigé un ouvrage rectangulaire appelé « Kernwerk » qui était initialement prévu pour trois tourelles cuirassée tournante de Gruson, mais jamais installées. Elle abrite la cuisine, les locaux d’hébergement et la salle des machines pour les groupes électrogènes. La construction de cet ouvrage a été longue et très difficile à cause des nombreuses tempêtes et du sou-sol vaseux. 1870 : lors du déclanchement de la guerre franco-allemande de 1870-1871, l’ouvrage avait été mis provisoirement en état de défense.

Gravure représentant le montage de la galerie de casemates cuirassée de Gruson.

Source : S0875.

 

Fort Langlütjen II (1872-1880), à Gestemünde. Ouvrage installé sur une île artificielle qui comprend un bâtiment central allongé et entouré d’un fossé sec précédé d’une enveloppe en terre, couverte côté mer par des pierres en grès qui forment le glacis de l’ouvrage. L’envelope en terre comprend des parapets d’infanterie et un chemin couvert. La construction centrale comporte 6 tourelles cuirassées tournantes « Grusonpanzertürme » : 5 tourelles comprenant 1 canons de 28 cm L/22 sous tourelle cuirassée individuelle et une tourelle avec 2 canons jumelé de 15 cm L/23. Deux tourelles cuirassées supplémentaires étaient programmées, mais non jamais été installée par mesure d’économie. Système de communication entre le poste de commandement et les tourelles par tuyaux accoustiques. Citerne avec filtre à sable pour les eaux de ruissellement.

 

Fort Brinkamahof I (1867-1872), érigé près de la localité de Wedewarden, 4 tourelles cuirassée. 1885-1886 : installation de deux postes d’obervation cuirassé.

 

Place forte de Cuxhaven

 

Fort Kugelbake (1869-1879) fort pentagonal, aux dimensions d’environ 250 m et 150 m. Comprend un mur d’escarpe maçonné en briques avec de nombreuses embrasures pour la défense rapprochée au fusil. Le fort est muni d’un fossé plein d’eau à la gorge et sur les flancs, et d’un fossé devant les deux faces. Flanquement du fossé par une caponnières d’épaule gauche, une caponnière de saillant et une caponnière de gorge. Entrée munie d’un blockhaus de garde en maçonnerie et d’un pont-levis aujourd’hui disparu. Armé initialement de 10 canons de 28 cm répartis en deux batteries de 5 pièces qui tenaient sous leur feu tout le chenal. Sur le flanc gauche 4 canons de 12 cm orientés vers la mer. 1899 : le fort est relié à la gare de Cuxhafen par une ligne de chemin de fer à voies étroites. 1909 : dotation d’un plus puissant projecteur du monde, qui éclairait jusqu’à 4,5 km de distance, était escamotable et abrité dans un ouvrage en béton. L’ouverture du canal de la Mer du Nord à la Baltique a accrue l’importance du fort qui a été modernisé jusqu’en 1911. 1914 : retrait de 5 pièces de 28 cm transférée vers les Flandres. 1937 : installation de batteries antiaériennes « Flak » 8,8 cm. 1941 : remplacement des canons par du 10,5 cm à chargement rapide et installation d’un poste de commandement et de tir et d’un poste de mesure de type Freya. 1947 : le fort retourne à un usage civil. 1992-1994 : restauré avec des fonds allemands et eurpéens, il est le dernier exemplaire de forts de défense côtière.

 

Allemagne Front Est

 

Posen place forte

 

1872 : projet de construction de forts détachés.

 

Allemagne Front Ouest

 

À l’ouest, à la suite de la guerre franco-allemande de 1870-1871, le nouvel empire allemand s’attache protéger rapidement les territoires nouvellement annexés en renforçant les deux places fortes de Metz et de Strasbourg. Les ouvrages de la ceinture des forts détachés de ces deux grandes têtes de pont doivent être opérationnels avant l’évacuation complète du territoire français par les troupes d’occupation. Les anciennes places fortes de Thionville et de Neuf-Brisach sont réparées et conservées. La citadelle de Bitche est conservée comme fort d’arrêt. Par ailleurs l’empereur a ordonné la construction de la ceinture fortifiée de la grande place forte de Cologne. A l’Est, la place de Posen ainsi que Neisse doivent être renforcées. Cependant on procède au démantèlement de nombreuses petites places fortes devenues inutiles, y compris les anciennes places fortes françaises d’Alsace-Lorraine.

 

Place forte de Köln (Cologne)

 

Ordonnance impériale du 24 juin 1872 : ordonne l’extension de la place forte.

 

Place forte de Koblenz

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Rive droite du Rhin

 

Arzenheimer Schanze (1866-1867, 1869-1873), initialement un ouvrage en terre, transformé en ouvrage de fortification permanente. Lunette comportant 2 faces de 60 m et 2 flancs de 40 m entourée d’un fossé. Remparts aménagés pour l’infanterie et l’artillerie. Sur la gorge une entrée avec pont-levis et une caserne de gorge casematée à un nivezau pour l’hébergement des troupes. 1875-1877 : relié aux fortifications principales par un chemin fortifié « Kolonnenweg ». 1920/1921 : ouvrage arasé complètement dans le cadre du traité de Versailles.

 

Place forte de Metz

 

Après l’apparition en 1859 de l’artillerie rayée, qui permet un accroissement sensible de la précision, de la portée et de la puissance des tirs par l’adoption du projectile cylindro-ogival, le réaménagement des fortifications s’avère nécessaire. Il s’agit d’éloigner l’artillerie de l’assiégeant du noyau des places fortes par la construction de forts détachés et de batteries, qui sont éloignés de 2 à 10 km du noyau urbain, en fonction de la prise en compte des progrès de l’artillerie.

A Metz, ce n’est que vers 1867 que l’on commence les travaux de construction de forts détachés sous la direction du colonel Séré de Rivières, chef du Génie de la place de 1864 à 1869. Alors que la construction de 8 forts détachés avait été planifié, en juillet 1870, au déclenchement de la guerre franco-prussienne de 1870, seuls 4 forts détachés sont pratiquement terminés : les forts de Saint-Julien, Fort de Queuleu, Fort Diou et Fort de Plappeville. En mai 1870 on commence les travaux du Fort des Bordes, du Fort de Saint-Privat et du Fort de Saint-Eloy. Alors que ces derniers sont à peine commencés, ils ne servent que de batteries d’artillerie pendant le conflit. En effet dès le 19 août 1870 le maréchal Bazaine se laisse enfermer avec 170 000 hommes dans la place de Metz qui est assiégée. Il capitule le 27 octobre 1870.

Après la chute de la place forte de Metz, ce sont les Allemands qui poursuivront les travaux de construction de cette première ceinture de fortifications détachées. Après l’entrée des Allemands dans Metz le 29 octobre 1870 le feldmarschal von Moltke, chef de l’état-major général, par l’ordre du cabinet royal prussien du 8 novembre 1870, ordonne d’achever immédiatement et de compléter les forts, ouvrages intermédiaires et batteries commencés sous la domination française. Ces travaux comportent également l’aménagement des routes circulaires et radiales qui y mènent.

Le 11 avril 1872 une ordonnance impériale déclare l’urgence de la construction des fortifications de Metz pour permettre l’expropriation des terrains. D’après les informations révélées par la presse allemande, les travaux sur les divers chantiers des forts de Metz ont repris avec vigueur au printemps, dès le mois de mars 1872. Un autre article d’avril 1872 confirme que les travaux sont en cours notamment sur le futur Fort Goeben et Fort Manteuffel. Le 19 avril 1872 la presse nous informe que l’on vient d’adjuger des travaux de construction de deux nouveaux forts ; il s’agit du Fort Manstein qui sera installé sur le Mont Saint-Quentin et le Fort Prinz August von Württemberg près de Saint-Privat. D’autres articles du mois d’août 1872 nous confirment que les travaux sont menés avec vigueur sur ces nouveaux chantiers et que la construction du fort Manstein est fortement ralentie à cause de la présence de rocaille.

 

Rive gauche de la Moselle

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Fort Alvensleben (1867-1870 puis 1871-1874) actuel fort de Plappeville. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapets d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge.

 

Ostfort (1867-1870 puis 1872-1875) actuel fort Diou. Intégré au groupe fortifié Feste Prinz Friedrich Karl actuel groupe fortifié du Mont Saint-Quentin. Le fort Diou est construit par les Français. Il est de forme trapézoïdale au tracé bastionné quadrangulaire (4 bastions), dont deux avec casemates d’artillerie, avec fossé sec taillé dans le roc, en partie maçonné. Artillerie disposée sur le tracé bastionné et sur un cavalier polygonal placé en équerre, avec caserne à 2 niveaux et un magasin à poudre. L’entrée est munie d’un pont-levis. Les Français avaient conçu le fort pour recevoir 38 pièces d’artillerie et 692 hommes. 1872-1879 : les Allemands installent à l’autre extrémité du plateau le Fort Manstein et organisent puissamment l’espace entre les deux forts pour former le groupe fortifié. Ils réaménagent du tambour couvrant l’entrée à la gorge avec un blockhaus de garde. 1887-1890 environ, renforcement d’une partie des locaux, installation d’une cloche lourde d’observation d’artillerie à priori du type « P.B.St. 1896 » au centre du cavalier central, monte-charge à munition avec panier rond et câble, cuisinières autoclaves, réseaux de fil, grilles défensives, coffres de contrescarpe avec chambres de tir munies de dispositif d’accrochage mural des canons-révolvers de 3,7 cm et volets blindés sur les créneaux de fusillade.

Metz, Fort Diou, ancien Ostfort : intégré au groupe fortifié Feste Prinz Friedrich Karl actuel groupe fortifié du Mont Saint-Quentin : façade de gorge de la caserne.

Source : photographie MJR.

 

Fort Manstein (1872-1875) autrefois Fort Saint-Quentin, actuel fort Gérardin, fort au tracé pentagonal, avec fossé sec taillé dans le roc sur le front et les flancs, caponnières du saillant et d’épaules, caserne de gorge avec caponnière et une petite caserne sur l’aile gauche de la gorge, casemates d’artillerie sous le rempart des faces, un grand magasin à poudre sous chaque flanc, abris-traverses sur les remparts. Vers septembre 1874 : installation d’une tourelle d’artillerie cuirassé Gruson sur la caponnière du saillant. 1887-1894 renforcement partiel, 1 poste d’observation d’artillerie cuirassé type « P.B.St. 87 » de Gruson, 2 coupoles d’observation tournantes type « W.T.90 », 3 coffres de contrescarpe à la place des caponnières, un double au saillant et un simple à chaque angle d’épaule.

Metz, Fort Gérardin, ancien Manstein : intégré au groupe fortifié Feste Prinz Friedrich Karl actuel groupe fortifié du Mont Saint-Quentin : façade de gorge de la caserne avec l’entrée dans la poterne principale.

Source : photographie MJR.

 

Rive droite de la Moselle

 

Fort Manteuffel (1867 puis 1871-1875) actuel fort de Saint-Julien. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge. L’artillerie sur les parapets des fronts bastionnés est destinée à la défense rapprochée et au flanquement et celle du parapet du cavalier à la défense éloignée. L’ouvrage comporte une grande caserne de gorge avec caponnière sur la partie centrale et une caserne sous le centre du cavalier. Les Français avaient prévu un armement de 75 pièces d’artillerie et un effectif de 1 750 hommes. 1871-1890 les divers travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charges à projectiles, traverses-abris, blindage des fenêtres. 1877 : installation de 4 canons longs frettés de 15 cm sur affût de côte. Vers 1887-1894 renforcement d’une partie des locaux du fort, batteries annexes de part et d’autre, mise en place de grilles et de réseaux de fils de fer.

 

Fort de Queuleu (1867-1870, puis 1871-1879) Fort Goeben. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un vaste fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front large de 800m et profondeur de 450 m, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie et d’artillerie. A la gorge une grande caponnière centrale relie les 2 casernes. Au centre du fort un important cavalier polygonal ouvert à la gorge formant réduit avec une grande casernes, magasins et abris, très surélevé, qui forme la batterie haute pour le combat éloigné. L’artillerie des parapets des bastions est prévue pour le combat rapproché. 23 août 1869 : décision ministérielle fixe l’effectif à 2 000 hommes. Dotation prévue en artillerie : 122 pièces d’artillerie et une garnison de 2 000 hommes. 1871-1890 les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, 2 observatoires d’artillerie cuirassé modèle 1887 sur le cavalier, 3 observatoires cuirassés d’infanterie modèle 1890 sur la pointe de chaque bastion du front de tête, batteries annexes de part et d’autre et à la gorge, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charge, traverses-abris, blindage des fenêtes, vers 1887-1890 renforcement d’une partie des locaux du fort, mise en place d’une réseau de fils de fer. Octobre 1943 : la Gestapo installe un camp de concentration dans la casemate A jusqu’en août 1944. Actuellement le fort est un parc public et un musée mémorial des internés déportés.

Metz, Fort Goeben. Tableau d’André Brauch.

Metz, Fort Queuleu, ancien fort Goeben : façade de gorge de la caserne.

Photographie © MJR 06/2014.

 

Fort Zastrow (1870 puis 1871-1875) actuel fort des Bordes. Les Français ont commencé le terrassement en 1870. Pendant le siège de Metz en 1870, on y a installé une batterie. Après la guerre les Allemands construisent un fort de forme trapézoïdale, comportant au centre une caserne pour 80 hommes, un magasin à poudre sous le rempart du flanc gauche et 3 abris à munitions sous les remparts. A la gorge une caserne pour 500 hommes. Le fort est muni d’un fossé sec battu par trois coffres de contrescarpe. 1887-1890 : installation de 2 batteries annexes avec 6 alvéoles et un abri à munition encadraient l’ouvrage de part et d’autre des angles de gorge. Armement : 16 pièces dont 6 du premier armement. L’essentiel du fort a été remblayé.

 

Fort Prinz August von Württemberg (début 1870 puis 1872-1875) actuel fort de Saint-Privat. 1870 Construction des terrassements par les Français. 1872-1875 reprise des travaux par les Allemands selon leurs plans d’un Fort de type Biehler ; en août 1872 la presse précise que les travaux sont menés activement. Lunette élargie, à fossé sec, grand fort comportant une gorge pseudo bastionnée avec caserne brisée vers l’intérieur, 4 traverses-abris par face. Modernisé vers 1887-1890 suppression des caponnières d’épaule remplacée chacune par un coffre de contrescarpe simple et caponnière du saillant remplacée par un coffre double de contrescarpe, 2 batteries annexes, 2 observatoires cuirassés. Fort conçu pour 750 hommes et environ 44 pièces d’artillerie.

 

Enceinte urbaine

 

Französisches Thor porte des Français : avril 1872, aménagement des abords du porte de garde avec des arbres, chaises et bancs.

 

Place forte de Strasbourg

 

Les préparatifs des futurs chantiers de constructions des forts détachés de Strasbourg sont menés depuis l’année 1871. Il s’agit de l’implantation des emplacements des futurs forts détachés, des relevés de terrain et de l’établissement de la cartographie, ainsi que la publication des ordonnances impériales concernant la construction des forts du 17 novembre 1871 et l’autorisation de procéder aux expropriations, et enfin au début de l’année 1872, et le 12 février 1872 l’adjudication de la construction des cinq premiers forts sur la rive gauche du Rhin (en réalité 6 forts seront construits à partir de 1872) et l’ordonnance impériale du 11 avril 1872 relative à l’urgence de la construction des forts de Strasbourg pour permettre les expropriations conformément aux lois française du 3 mai 1841 et du 30 mars 1831. D’après les informations livrées par la presse, à Strasbourg, les travaux de préparation des chantiers commencent dès le mois d’avril 1872, avec le début d’extraction des pierres dans les carrières entre Saverne et Lutzelbourg ainsi que l’arasement des anciennes fortifications de Phalsbourg avec l’extraction des pierres qui sont ramenées à Strasbourg par le canal de la Marne au Rhin. Sur les chantiers ont creuse les puits et on prépare les accès ainsi que l’installation des colonies de travailleurs. Les travaux du premier fort détaché, le Fort de Reichstett, commencent en mai 1872. Dès le mois de juin 1872 on procède à l’installation d’un chemin de fer de ceinture sur la rive droite du Rhin, desservant les divers chantiers et le port de souffelweyersheim sur le canal de la Marne au Rhin et au sud à Illkirch le canal de Rhône au Rhin. Les divers chantiers de la rive droite commencent leurs travaux au fur et à mesure de la mise en service de cette ligne. Pour les anciennes fortifications de la ceinture urbaine, il s’agit de travaux de réparation et de simplification des ouvrages. Les ouvrages à corne de la citadelle sont arasés, et les ponts levis des portes sont supprimés. L’Allemagne a donné la priorité aux ouvrages de la rive gauche du Rhin, pour mettre la place de Strasbourg à l’abri avant l’évacuation complète des départements français occupés par l’armée allemande.

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Rive gauche du Rhin

 

Fort II, Fort Reichstett, Fort Moltke (mai 1872 – 1875) actuel fort Rapp, construit par la société « Baugesellschaft Pathe, Jerschke & Schneider » au SE de Reichstett. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 6 + 5 + 5 + 6 casemates et des latrines à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par la caponnière double de saillant, les deux caponnières d’épaule et les 2 coffres de flanquement sur 2 niveaux de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement des projectiles ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permet le franchissement du fossé de gorge ; système de contres mines sur la contrescarpe des deux faces avec galerie enveloppe, magasins à poudre, latrines, comportant 4 galeries d’écoute sur le saillant et 2 galeries d’écoute à l’angle d’épaule. Vers 1877 aménagements de deux positions pour 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de côte sur la face gauche. 1887-1894 environ : renforcement de la partie centrale et de l’aile gauche de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par un coffre double de contrescarpe, renforcement de la poudrière du flanc gauche, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face gauche, et de deux batteries annexes avec abris à munitions (M1 & M2) reliés au fossé de gorge par une poterne. Après 8 février 1919 : suppression des 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de marine. Edifice protégé dans le cadre des monuments historiques. Le fort Rapp est ouvert aux visites. Voir la fiche concerne ce fort et voir la page Facebook de l’association qui restaure le fort.

 

Fort III, Fort Mundolsheim, Fort Roon (5 juillet 1872-1875), actuel fort Desaix, construit par la société « Uffinger », au SE de Mundolsheim. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 9 + 4 + 4 + 9 casemates et des latrines à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par la caponnière double de saillant, les deux caponnières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central pour le franchissement du fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 rameaux sur le saillant et 2 rameaux par face. Vers 1877 aménagements de deux positions pour 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de côte. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc droit, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 », une batterie annexe sur le flanc droit. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques. Voir la fiche concernant ce fort.

 

Fort IV, Fort Niederhausbergen, Fort Veste Kronprinz (juillet 1872-1875) actuel fort Foch, construit par la société « Pathe - Jerschke – Schneider », SO de Niederhausbergen. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 11 + 4 + 4 + 13 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, les deux caponnières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 galeries d’écoute sur le saillant et 2 galeries d’écoute sur chaque angle d’épaule. Vers 1877, aménagement de deux positions pour 4 canons de 15 cm fretté long sur affût de côte. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de contrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 », deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M23 et M24) reliés par une poterne au fossé de gorge. 1953 : explosion accidentelle d’une partie des munitions entreposées avec destruction d’une grande partie de la caserne de gorge. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques.

 

Fort V, Fort Oberhausbergen, Fort Grossherzog von Baden (août 1872-1875) dénommé fort Pétain en 1919 puis fort Frère vers 1945, construit par la société « August Pasdach & Compagnie », NO d’Oberhausbergen. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 11 + 6 + 6 + 9 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponnières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 galerie d’écoute sur le saillant et 2 galeries d’écoute sur chaque angle d’épaule. Vers 1877, aménagement de deux positions pour 4 canons de 15 cm fretté long sur affût de côte, 2 pièces sur le parapet d’artillerie de chaque front. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne de gorge, saillant et locaux d’artillerie de la face et du flanc gauche), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de contrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc gauche qui est reliée par une poterne de communication avec le casernement de gorge, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » sur la face gauche et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face droite, deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M30 et M31) reliés par une poterne au fossé de gorge. Après 8 février 1919 : suppression des 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de côte. 1939-1940 : installation de sanitaires (lavabos, douches, WC) par le génie militaire français. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques. Etat actuel : ouvrage situé sur un terrain militaire. Les visites guidées du fort sont assurées par le Club Sportif et Artistique de Garnison de Strasbourg, section Fortification.

 

Fort VI, Fort Wolfisheim, Fort Fürst Bismarck (août 1872 – 1875), actuel fort Kléber, construit par la société « August Pasdach & Compagnie », au NE de Wolfisheim. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 10 + 6 + 6 + 10 travées de casemates à l’épreuve de la bombe et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponnières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 galerie d’écoute sur le saillant et 2 galeries d’écoute sur chaque angle d’épaule. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant et des caponnières d’épaule remplacées par une un coffre double de constrescarpe et deux coffres simples aux épaules, renforcement de la grande poudrière du flanc gauche et installation d’une poterne de liaison avec le casernement de gorge, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, deux coupoles tournantes d’observation modèle « W.T.90 » un sur chaque face. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques. Voir la fiche concernant ce fort. Etat actuel : le fort Kléber appartient à la commune de Wolfisheim qui l’a transformé en parc public, et est visitable en partie.

 

Fort VII, Fort Holtzheim, Fort Kronprinz von Sachsen (1872-1875) actuel fort Joffre. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie de taille moyenne, au NE de Holtzheim. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 6 + 5 + 5 + 10 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponnières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grande poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur la contrescarpe des deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 galerie d’écoute sur le saillant et 2 galeries d’écoute sur chaque angle d’épaule. Vers 1877, aménagement de deux positions pour 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de côte, une pièce au milieu de la face droite et une pièce à l’angle d’épaule droit. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de contrescarpe, renforcement de la poudrière du flanc droit reliée par une poterne au casernement de gorge, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » sur la face droite et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face droite, deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M30 et M31) reliés par une poterne au fossé de gorge. Après 8 février 1919 : suppression des 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de marine. Installation de nombreux hangars en tôles ondulés pour le centre de mobilisation du génie n°1. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques. Etat actuel : le fort Joffre appartient au ministère de l’éducation nationale. Malheureusement il fait l’objet de nombreuses intrusions et de dégradations.

 

Ancienne enceinte urbaine : 1872 travaux sur les différentes portes y compris celles de la Citadelle ; suppression des ouvrages avancés autour de la Citadelle.

 

Belgique

 

Cette rubrique concerne les fortifications belges en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

Place forte d’Anvers

 

Ouvrages en cours de construction :

 

Fort van Kruibeke – Fort de Kruibeke (1870-1880), également dénommé Fort Van Eopoel ou Fort Kapitaen, fort détaché à fossé plein d’eau de type Brialmont. 1912 : Renforcé. Site Internet.

 

Fort Van Mersem - Fort de Merksem (1871-1882), fort détaché à fossé plein d’eau de type Brialmont. 1912 : Renforcement avec du béton. 1914 : Réduit transformé en dépôt de poudre. 1946-1972 : Caserne de la Marine belge. 1978 : Propriété de la commune de Merksem qui installé des terrains de sport. Site Internet.

 

Fort Van Zwindrecht - Fort de Zwinjdrecht (1870-1880), également dénommé Fort Brosius ou Fort Kolonel I.M.F., fort détaché à fossé plein d’eau de type Brialmont. 1912 : Renforcé. Terrain militaire du 11e bataillon du génie. Site Internet des forts d’Anvers.

 

France

 

Cette rubrique concerne les fortifications françaises en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Langres

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Fort de la Bonnelle (1869-1875) Fort Decrès.

 

Fort de Peygney (1869-1875) fort Constance-Chlore, NE de Langres. 1870 : mise en état de défense.

 

Place forte de Besançon

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Redoute de Montfaucon (1870-1872) fort Donzelot, dénommé Vieux fort de Montfaucon. Ancienne redoute en terre sur laquelle on a construit des abris en maçonnerie.

 

France Front Sud Côtes de la Méditérannée

 

Place forte de Toulon

 

Ouvrage en cours de construction :

 

Fort de la Croix Faron (1872-1875), englobe une tour datant de 1845. Après 1944 : baptisé fort Commandant Ducuing.

 

 

Déclassement, abandon, démantèlement et arasement - démolition des anciennes fortifications

 

Allemagne :

 

Place forte de Bitche : En avril 1872 la presse annonce le projet de suppression des fortifications et de ne conserver que la Citadelle en tant que fort d’arrêt.

 

Place forte d’Erfurt : En décembre 1872 la presse évoque un projet de démantèlement. On a commencé à démolir quelques ouvrages et à transférer le matériel à Magdebourg et à Coblence.

 

Place forte de Graudenz : En août 1872 la presse évoque un ordre de sursoir à tout travail de réparation à la suite du projet de déclassement.

 

Place forte de Kosel sur l’Oder : En août 1872 la presse évoque un projet de déclassement.

 

Place forte de Koblenz (Coblence) : Par l’ordonnance impériale du 6 juin 1872, la place forte de Coblence est réléguée en place forte de 2e ligne.

 

Place forte de Lauterbourg : Une commission mixte s’est rendue sur les lieux, à la fin du mois d’octobre 1872, pour étudier la question du démantèlement. En décembre 1872 la presse évoque un projet de démantèlement.

 

Place forte de Magdebourg, Bastion Anhalt : arasement entre 1871-1873.

Source : S3550.

 

Place forte de Metz : En mars 1872 la presse évoque le projet de démolition de la lunette devant le Bahnhofstor (Porte Serpenoise) dans le cadre de la construction de la nouvelle gare de Metz.

 

Place forte de Neuf-Brisach : Ordonnance impériale du 24 juin 1872 relègue cette place en place forte de 2e ligne.

Source : S0476.

 

Place forte de Phalsbourg : Démolition des anciennes fortifications avec comblement des fossés entre avril 1872 et juillet 1872.

 

Place forte de Rastatt : En août 1872 la presse évoque un projet de démantèlement qui est en cours de discussions.

 

Place forte de Sélestat : Mai 1872 le colonel du génie Schott se concerte avec le conseil municipal pour le dérasement des remparts y compris les ouvrages extérieurs avec comblement des fossés dans un délai de trois ans.

 

Place forte de Strasbourg : En mars 1872 la presse annonce la démolition en cours des ouvrages extérieurs de la citadelle et le comblement des fossés.

 

Place forte de Wissembourg : Une commission mixte s’est rendue sur les lieux, à la fin du mois d’octobre 1872, pour étudier la question du démantèlement. En décembre 1872 la presse évoque un projet de démantèlement.

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

 

Allemagne

 

1872 : Le fabriquant Hermann Gruson a construit en 1872, une coupole cuirassée en fonte dure.

 

1872 : mise en service du mortier de 21 cm C/71 « 21-cm-Mörser C/71.

 

1872 : mise en service du canon de 15 cm frété (premier tube en acier) « 15-cm-Ringkanone ».

 

1872 : mise en service du canon frété de 15 cm long sur affût de côte à pivot pour les batteries côtières « Lange 15 cm-Ringkanone in Pivotlafette für die Küste ». Il s’agit d’une pièce d’artillerie que l’on retrouvera ultérieurement sur les forts allemands.

 

1872 : mise en service de l’affût en fer pour obusier court de 15 cm. Ce nouvel affût remplace l’ancien affût en bois qui pesait 1 250 kg pour un angle de tir de 31°, alors que le nouvel affût pèse 1 447 kg pour un angle de tir de 40. Source : S0596.

 

1er janvier 1872 : Depuis le 1er janvier 1872, l’Allemagne emploie le système métrique, et le calibre des bouches à feu n’est plus désigné que par le diamètre de l’âme exprimé en centimètres. Mais pour faciliter la lecture des ouvrages militaires allemands écrits avant cette époque, on indique ici la valeur des mesures dont il y est fait usage. Longueurs et poids. L’unité de longueur qu’on trouve dans ces ouvrages est le pied du Rhin, valant 0,3138 m ; il est divisé en 12 pouces (‘’) et le pouce est divisé en cent centièmes ; les distances y sont généralement exprimées en pas de 2 pieds 4 dixièmes = 0,753 m ; 10 000 de ces pas font un « Mille » prussien. L’unité de poids est la livre métrique adoptée en 1858 par le Zollverein allemand ; elle se divise en 30 loths, et 100 livres font un centner. Le calibre était le poids exprimé par un nombre rond de livres, du boulet en fonte pour les canons, et du boulet en pierre pour toutes les autres espèces de bouches à feu. Pour les canons, les calibres désignés dans ce système par les chiffres 3, 4, 6, 12, 24, 36, 72, 96 livres correspondent respectivement à ceux de 7, 8, 9, 12, 15, 17, 21, 24 centimètres, dans la nouvelle dénomination ; pour les mortiers, les calibres de 7, 25 et 50 livres correspondent à 15, 23 et 28 centimètres. L’artillerie prussienne comprend des bouches à feu de campagne, de siège, de place et de marine.

 

Juillet 1872 : Une commission spéciale étudie les côtes de la Prusse entre Emden et Memel pour déterminer les mesures à prendre pour en assurer la défense.

 

Août 1872 : Voyage d’état-major en Alsace présidé par le maréchal von Moltke, chef de l’état-major général de l’armée allemande.

 

Autriche-Hongrie

 

Octobre 1872 environ : Expériences sur un mortier rayé de 8 pouces (20,9 cm) en fonte se chargeant par la culasse. Les expériences commencées antérieurement sur cette bouche à feu, ont été continuées cette année. Les résultats obtenus, tant au point de vue de la précision du tir que des effets contre les abris blindés, ont été tout à l’avantage de cette pièce qui à pleinement justifié sa réputation. Au 4 octobre 1872, une des bouches à feu, en essai, avait tiré 677 coups, avec des charges variant de 6 à 10 livres (3,360 kg à 5,600 kg) sans qu’on puisse reconnaître, sur la pièce elle-même, ou sur son affût, des dégradations sérieuses. L’affût en tôle, employé dans ces expériences, s’est montré bien supérieur à l’affût en bois qui, après 118 coups, avait été mis hors de service. Il sera, sans aucun doute, adopté d’une façon définitive après avoir subi de légères modifications destinées à rendre la manœuvre plus facile. Dans les différents tirs, les pénétrations obtenues avec des projectiles non chargés ont dépassé 70 pouces (1,80 m) et les ébranlements ont agi jusque sur les ciels des abris, tandis que les projectiles chargés, l’inflammation avait lieu avant qu’ils se fussent enfoncés complètement, et l’explosion ne pouvait produire tout son effet. Le comité a remédié à cet inconvénient, en modifiant convenablement la fusée. Pour corriger les dérivations et pointer, on se servait de deux appareils construits par les soins du comité et qui atteignent parfaitement le but. (Die Vedette). Source : S0476.

 

21 décembre 1872 : Essais du canon-révolver de Hotchkis au polygone de Steinfeld en Autriche-Hongrie. Il s’agit d’un modèle comportant six canons accolés du diamètre d’un pouce et demi avec obus explosifs..

 

France

 

Juillet 1872 : Création du Conseil Supérieur de la Guerre qui va s’occuper de la réorganisation de l’armée française.

 

28 juillet 1872 : Création du Comité de défense qui doit étudier l’installation de nouvelles fortifications pour boucher la brèche à la suite de l’annexion de l’Alsace et de la Moselle et remettre à niveau les autres fortifications.

 

5 août 1872 : Première réunion du Comité de défense.

 

Grande-Bretagne

 

21 juin 1872 : Expériences concernant la torpille fusée à Shoeburyness, dont le résulat fut médiocre et les expériences avec le canon de 35 tonnes modifié qui ont paru satisfaisant. Exécution de tirs comparatifs entre les nouveaux canons anglais de 9 et d e16 livres et le canon de campagne prussien. Pour le tir des obus les canons anglais se sont avérés supérieurs cependant pour le tir de shrapnels se sont le canon prussien qui est supérieur.

 

Décembre 1872 : Expériences d’artillerie à Plymouth, à la batterie Picklecombe. On a fait récemment à Plymouth une série d’expériences importantes, devant une commission présidée par le colonel du génie Inglis, et composée d’officiers d’artillerie et du génie. Ces expériences, exécutées à la batterie de Picklecombe, avaient pour but de constater pratiquement l’effet d’ébranlement produit sur les casemates de construction moderne à boucliers en fer, par le tir simultané de plusieurs canons de gros calibre, et d’apprécier la valeur des perfectionnements nouvellement introduits, pour faciliter le chargement ou la mise en batterie des canons : monte-charges, aménagement de magasins, mécanismes divers appliqués à la manœuvre ou au chargement des pièces. Picklecombe est une batterie à deux étages, construite en granit, briques et fer, avec bouclier en fer. Cet ouvrage, qui commande l’entrée occidentale du port de Plymouth, et qui n’est pas encore complètement armé, doit recevoir 32 pièces rayées se chargeant par la bouche, de 10 pouces (1,254 m, 18 tonnes), de 9 pouces (0,178 m, 7 tonnes). Les pièces qui servaient aux expériences étaient : au rez-de-chaussée, 3 canons de 0,254 m ; au premier étage, 3 canons de 0,229 m. Le champ de tir était limité de chaque côté, sur la mer, par des bouées portant pavillon bleu, tandis que les cibles, distinguées par des pavillons rouges, étaient disposées aux distances de 1 000, 2 000, 3 000, 4 000 yards (le yard est de 0,914 m). La première expérience a consisté à tirer dans l’obscurité trois coups à blanc avec chacun des canons de 10 pouces, afin de rechercher les dispositions à adopter pour éclairer les casemates pendant le tir de nuit. Le système de lanternes et de lampes à réflecteur qui avait été proposé, bien que satisfaisant dans une certaine mesure aux conditions du problème, à besoin d’être perfectionné. Dans les autres expériences, on tira les différentes pièces en faisant varier les charges et les hausses. Les deux dernières, septième et huitième, furent plus intéressantes. Dans la septième, on exécuta pendant dix minutes un feu à volonté avec les 6 pièces à la fois. Les charges de 31,700 kg pour les pièces de 10 pouces, et de 22,500 kg pour les canons de 9, étaient celles que l’on emploie dans le tir à courte distance pour percer les plaques (battering-charges) ; les projectiles étaient des obus Palliser. L’ébranlement qui, dans les précédentes expériences, était considérable, fut énorme dans la dernière ; mais l’ensemble de la construction présente tant de solidité, que rien ne bougea ni dans les boucliers, ni dans les maçonneries, et que tout le dommage se borne à la rupture de quelques carreaux d’une fenêtre de l’étage inférieur, située en arrière des grosses pièces. Les servants étaient protégés contre la flamme et la fumée, que le recul du canon ramène sur eux par l’embrasure, au moyen de masques en cordes imprégnés de chlorure de chaux. Les expériences ont permis de constater que les nouveaux affûts rendaient très facile la manœuvre des pièces, et que les monte-charges, placés pour élever les projectiles jusqu’à la bouche de la pièce, répondaient au but que l’on se proposait. En résumé, le résultat de ces essais doit être considéré comme satisfaisant. (Extrait du Times).

 

Italie

 

Décembre 1872 : La presse publie des renseignements concernant un canon de 38 tonnes : cette pièce du colonel Rosset aux proportions gigantesque d’un calibre supposé de 38 cm, a été coulée au grand arsenal de Turin. Il pèse 38 tonnes sans son affût. Le nouveau canon complètement terminé et équipé côute 70 000 francs

 

Chroniques 1872

Mercredi 3 janvier 1872

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : création de la direction générale impériale des chemins de fer d’Alsace-Lorraine.

Le journal Straßburger Zeitung du 3 janvier 1871 a publié l’ordonnance impériale relative à la création de la direction impériale des chemins de fer d’Alsace-Lorraine : « Partie officielle. N°1. Ordonnance impériale du 9 décembre 1871, relative à la création d’une administration appelée « kaiserliche Generaldirektion der Eisenbahnen in Elsass-Lothringen » (direction générale impériale des chemins de fer d’Alsace-Lorraine).

Par suite de votre rapport du 5 de ce mois, je vous autorise à compléter le réseau, à gérer et mettre en œuvre les chemins de fer impériaux en Alsace-Lorraine, qui sont du ressort immédiat du service du chancelier de l’empire « Reichskanzler-Amt », à installer le siège à Strasbourg, et d’avoir dans leurs domaines tous les droits nécessaires à une administration publique. Cette ordonnance doit être portée à la connaissance du public par le Bulletin impérial des lois « Reichsgesetzblatt für Elsass-Lothringen ». Fait à Berlin le 9 décembre 1871. (L.S.) Wilhelm. Fürst Bismarck. An den Reichskanzler ». 

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : dommages de guerre.

Le journal Straßburger Zeitung du 3 janvier 1871 a publié le communiqué suivant : « Partie officielle. N°875. Communiqué. La commission formée pour la fixation des indemnités relatives aux dommages de guerre pour le département du Bas-Rhin (hormis les arrondissements de Wissembourg et de la commune de Sélestat), conformément à l’article 1 de la loi du 14 juin 1871, a décidé ce qui suit : « Les personnes civiles, qui ont subies des dommages corporels suite au bombardement ou aux incendies provoqués par des moyens militaires lors de la dernière guerre (frais de cure, handicap, perte d’une personne subvenant à ses besoins,, etc.), doivent déposer leurs demandes écrite auprès de la préfecture pendant un délais de six semaines. S’ils ont déjà effectué une démarche semblable auprès du comité d’entre aide, il suffit d’écrire et de donner des précisions sur cette précédente déclaration. Strasbourg, le 18 décembre 1871. Au nom de la Commission, le préfet du Bas-Rhin von Ernshausen ».

 

Vendredi 12 janvier 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : annulation deux avis de recherche de déserteurs par le régiment IR 126.

Le « königliches würtenbergische 8. Infanterie-Regiment Nr. 126 » annule l’avis de recherche du 8 décembre 1871 concernant le fusillier Johannes E. de Mehrstetten près de Münsingen et l’avis du 22 décembre 1871 concernant le fusillier Christian Friedrich Hausch de Tübingen.

 

Mercredi 17 janvier 1872

 

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication pour l’acquisition de vaisselle par l’administration de garnison.

Une adjudication publique a lieu mercredi 17 janvier 1872 à 9h00 au bureau de l’administration de garnison, concernant la livraison en 1872, au profit des casernes locales, de poteries, faïences et vaisselle en verre, c’est-à-dire : environ 4 000 assiettes “Essnäpfe“ ; environ 800 carafes à eau “Wassertrüge” (uniquement en poterie) ; environ 1 000 bassines à eau “Waschtrüge” ; de la vaisselle en faïence (en quantité limitée) ; de la vaisselle en verre (en quantité limitée).

 

Samedi 20 janvier 1872

 

Strasbourg, garnison : vol de tuiles sur un chantier de construction de baraquements militaires.

La presse locale publie le communiqué suivant : « Prime de 100 francs pour celui qui m’indiquera qui a enlevé les tuiles, fin novembre ou au cours des premiers jours de novembre (1872), qui étaient entreposées au niveau de la partie inférieure des baraquements militaires de la porte Blanche « Militärbaracken am Weissthurm-Thor ». Otto Back, Architeckt und Bau-Unternehmer, Strasbourg ».

 

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication concernant la réalisation de bottes de cavalerie pour le Train-Bataillon Nr. 15.

Le königliches Train-Bataillon Nr. 15 procède à l’adjudication concernant la réalisation d’environ 1 000 paires de bottes longues de cavalerie « langschäftige Cavallerie-Stieffeln » ; tout le matériel sera livré prédécoupé. Les candidats capables de déposer une caution et entrepreneurs légitimes peuvent déposer leurs offres concernant ce travail de confection, au bureau du bataillon, Kalbgasse n°18, jusqu’au 1er février 1872.

 

Dimanche 21 janvier 1872

 

Reichsland : mise en application de la loi allemande sur le service militaire.

Mise en application de la loi relative aux obligations militaires en Alsace-Lorraine : « Loi relative aux obligations militaires “Verplichtung zum Kriegsdienst”. Nous Wilhelm, roi de Prusse par la grâce de Dieu, ordonnons au nom de l’Alliance de l’Allemagne du Nord après accord de la Diète “Bundesrathes” et du Reichstag, ce qui suit : (Traduction des principaux articles).

§ 1. Chaque Allemand du Nord “Norddeutsche” est soumis aux obligations militaires, et dans le cadre de l’exécution de ces obligations, il ne peut se faire remplacer. Sont exemptés des obligations militaires :

a) Les membres des familles régnantes ;

b) les membres des anciennes familles médiatisées “mediatisirten” de l’Empire et des soi-disant maisons, à qui on a assuré l’exemption des obligations militaires par des contrats, ou possèdent des titres de droits particuliers “oder auf Grund besonderer Rechtsplicht”.

Les autres citoyens qui ne peuvent pas être appelés servir sous les armes, mais qui peuvent être appelés à d’autres services militaires, correspondant à leur profession civile, peuvent être également être appelés à faire leur service militaire.

§ 2. La puissance armée “bewaffnete Macht” est constituée de l’armée de terre “Heer”, de la marine “Marine” et du “Landsturm”.

§ 3. L’armée de terre “Heer” est réparti en :

1) L’armée de terre levée (d’active) “Stehendes Heer”,

2) L’armée de terre de réserve “Landwehr”,

La marine “Marine” est répartie en :

1) La flotte “Flotte”,

2) La flotte de réserve “Seewehr”.

L’armée de terre de réserve “Landsturm” est constitué de tous les hommes soumis aux obligations militaires à partir de l’âge de 17 ans révolu jusqu’à la fin de leur 42ème année, et qui n’appartiennent ni à l’armée de terre “Heer”, ni à la marine “Marine”.

§ 4. L’armée de terre levée “stehendes Heer” et la flotte “Flotte” sont en permanence prête au service de guerre “Kriegsdienst”.

§ 5. L’armée de terre de réserve “Landwehr” et la flotte de réserve “Seewehr” sont destinées au soutien de l’armée de terre levée “stehendes Heer” et de la flotte “Flotte”.

L’infanterie de l’armée de terre de réserve “Landwehr-Infanterie” formée en corps de troupe spécifiques de Landwehr “Landwehr-Truppenkörpern”, pour la défense de la nation “Vaterland” en temps que réserve pour l’armée de terre levée “stehendes Heer”.

Les hommes de troupe “Manschaften” des contingents les plus jeunes de l’infanterie de Landwehr “Landwehr-Infanterie” peuvent en cas de besoin, lors de la mobilisation, être employés dans des unités de remplacement “Ersatz-Truppentheile”.

Les hommes de troupe de la cavalerie de l’armée de réserve “Landwehr-Cavallerie” peuvent, en temps de guerre et selon les besoins, être versé dans des corps de troupe particuliers “in besondere Truppenkörper”.

Les hommes de troupes des autres armes peuvent, dès l’état de danger imminent de guerre “eintretender Kriegsgefahr”, selon les besoins, être appelés sous les drapeaux de l’armée levée “stehendes Heer”, et les hommes de troupe de la marine, versé dans la Flotte.

§ 6. Le service militaire obligatoire, dans l’armée de terre levée “stehendes Heer” ou dans la flotte, commence le 1er janvier, en règle générale, de l’année où s’achève sa vingtième année, et dure sept ans.

Pendant ses sept années, les hommes de troupe sont astreints à un service militaire actif au cours des trois premières années, sans interruption.

La durée du service militaire actif est calculée de la manière suivante, pour que les hommes de troupe, qui ont été incorporés du 2 octobre au 31 mars, soit considérés comme étant entré au service actif à compter du 1er octobre.

La libération des hommes de troupe embarqués de la marine, peut être différée, si les circonstances l’exigent, jusqu’au retour effectif du navire dans un des ports de la Confédération.

Pendant le restant du temps de leur sept années de service militaire, les hommes de troupe sont congédiés dans la réserve “zur Reserve beurlaubt”, mais sont tenus aux ordres de mobilisation, en cas de nécessité de renforcer l’armée de terre, aux convocations annuelles pour les exercices, ou pour les armements de la flotte “Ausrüstungen der Flotte”.

Tout réserviste est, au cours de sa période d’affectation à la réserve, obligé de participer à deux exercices. Ces chacun de ces exercices, la durée de ceux-ci ne doit pas excéder huit semaines.

Chaque convocation dans l’armée de terre ou dans la flotte compte comme un exercice.

§ 7. Les obligations militaires dans l’armée de réserve “Landwehr” ou la flotte de réserve “Seewehr” ont une durée de cinq ans.

L’entrée dans la Landwehr ou Seewehr s’effectue après avoir satisfait aux obligations du service militaire dans le “stehenden Heer” ou dans la “Flotte”.

Les hommes de troupe de la “Landwehr” ou de la “Seewehr”, qui ne sont pas convoqués, sont considérés comme étant en congé “beurlaubt”.

Les hommes de troupe de l’infanterie de Landwehr peuvent être convoqués au sein de compagnie ou de bataillons particuliers, à deux reprises, à l’occasion d’exercices, d’une durée maximum de 8 à 14 jours.

Les hommes de troupe des chasseurs “Jäger” et tirailleurs “Schützen”, de l’artillerie, du génie et du train, s’entraîne de la même façon que l’infanterie, mais au sein des formations de ligne de leur arme d’origine. Les hommes de troupe de la cavalerie de la Landwehr ne sont pas convoqués en temps de paix.

§ 8. La mobilisation “Einberufung” de la réserve “Reserve”, de l’armée de terre de réserve “Landwehr” et de la flotte de réserve ”Seewehr”, est ordonnée par le chef des armées de la confédération “Bundesfeldherrn”.

Les généraux commandants ordonnent les convocations :

a) pour les exercices annuels ;

b) quand une partie du territoire de la confédération “Bundesgebiet” est mis en état de défense “Kriegszustand”.

§ 9 Le chef des armées de la confédération “Bundesfeldherrn” détermine chaque année, conformément aux prescriptions de la loi, le nombre de recrue à incorporer au profit de l’armée levée “stehendes Heer” et de la marine “Marine”. L’ensemble des besoins en recrues est réparti au prorata de la population, par la commission de la Confédération pour l’armée de terre et les fortifications “Bundesausschuss für das Landheer und die Festungen”, la commission identique pour les affaires maritimes “Bundesausschuss für das Seewesen”, les différents états de la Confédération “Bundesstaaten”.

Lors des recensements de la population des différents états de la Confédération, ne sont comptabiliser que les étrangers résidant dans ces états sans hormis les membres des autres états de la Confédération.

…………etc…………

§ 19.   ….etc.

Pour l’application de cette loi, des directives particulières seront publiées par ordonnances.

“Urkundlich unter Unter höchsteigenhändigen Unterschrift und beigedruckten Bundes-Insiegel”.

Ordonné à Berlin, le 9 novembre 1867. Wilhelm.  Gr. v. Bismarck – Schönhausen.

Cette loi a été publiée dans les journaux n°28 et 53 de cette année, dans la rubrique des nouvelles officielles, et est applicable pour l’Alsace-Lorraine depuis le 21 janvier 1872 ».

 

Strasbourg, IR 25 : concert de musique militaire.

La presse locale annonce qu’un grand concert par l’orchestre du « 1. Rheinische Infanterie-Regiment Nr. 25 », sous la direction du chef d’orchestre Monsieur Manns se déroulera à l’Hôtel d’Angleterre le Dimanche 21 janvier 1872 à partir de 19h30. Entrée 60 centimes par personne.

 

Lundi 22 janvier 1872

 

Strasbourg, IR 25 : avis de recherche pour désertion.

Le « Füsilier » Mathias Esser, 11. Compagnie, 1. Rheinischen Infanterie-Regiment Nr. 25, né le 1er juin 1845 à Aachen, Kreis et Regierungsbezirck identique, a été déclaré déserteur et condamné à une amende de 50 Thaler lors des audiences du 17 au 22 janvier 1872 du tribunal militaire compétent. A Strasbourg, le 23 janvier 1872. « Königl. Gericht der 31. Division ».

 

Allemagne, Phalsbourg - Lutzelbourg garnison : vente aux enchères d’ustensiles du château de Lutzelbourg par l’administration de garnison.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué : « À la suite de la demande de l’intendance du XVe corps d’armée, le mercredi 22 janvier 1872 à 11 heures, l’administration royale de la garnison procède à une vente aux enchères de différents ustensiles de caserne, comme : tables, armoires, miroirs, bancs, échafaudages, poêles, etc., au château de Lutzelbourg, une vente au plus offrant contre règlement immédiat en liquide. Phalsbourg, le 6 janvier 1872. Königliche Garnison-Verwaltung ». 

 

Mercredi 24 janvier 1872

 

Reichsland : convention additionnelle au Traité de Frankfort relative à la nationalité et à l’option.

Convention additionnelle du traité de paix du 10 mai 1871, entre la France et l’Allemagne, signé à Francfort s. M. le 11 décembre 1871 : « Sa Majesté l’Empereur d’Allemagne, d’une part, et le Président de la République Française, d’autre part, ayant résolu, conformément à l’article 17 du traité de paix conclu à Francfort, le 10 avril 1871, de négocier une convention additionnelle à ce traité, ont, à cet effet, nommé pour leurs Plénipotentiaires, savoir :

Sa Majesté l’Empereur d’Allemagne, Monsieur Weber, conseiller d’Etat de Sa Majesté le Roi de Bavière etc. et le Président de la République Française, etc. lesquels après s’être communiqué leurs pleins pouvoirs, trouvés en bonne et due forme, sont convenus des articles suivants :

Article 1. Pour les individus originaires des territoires cédés, qui restent hors d’Europe, le terme fixé par l’article 2 du traité de paix pour l’option entre la nationalité allemande et la nationalité française est étendue jusqu’au 1er octobre 1873.

L’option en faveur de la nationalité française résultera pour ceux de ces individus qui résident hors d’Allemagne d’une déclaration faite, soit aux mairies de leur domicile en France, soit devant une chancellerie diplomatique ou consulaire française, ou de leur immatriculation dans une de ces chancelleries.

Le Gouvernement français notifiera au Gouvernement allemand par voie diplomatique et par périodes trimestrielles, les listes nominatives qu’il aura fait dresser d’après ces mêmes déclarations.

Article 2. Les pensions tant civiles qu’ecclésiastiques régulièrement acquises ou déjà liquidées jusqu’au 2 mars 1871, au profit, soit d’individus originaires des territoires des cercles, soit de leurs veuves ou de leurs orphelins qui opteront pour la nationalité allemande, restent à leur titulaire en tant qu’ils auront leur domicile sur le territoire de l’Empire, et seront désormais, à dater du même jour, acquittées par le Gouvernement allemand.

Sous les mêmes conditions, et à dater du jour même, le Gouvernement allemand se chargera des pensions militaires, régulièrement acquises ont déjà liquidées jusqu’au 19 juillet 1870, au profit, soit d’individus ordinaires des pays cédés, soit de leurs veuves et orphelins.

Le même gouvernement tiendra compte aux fonctionnaires civils, de tout ordre et aux militaires et marins originaires des territoires cédés et qui seraient confirmés par le Gouvernement allemand dans leurs emplois ou grades des droits qui leur sont acquis par les services rendus au Gouvernement français.

Article 3. Les Hautes Parties Contractantes voulant, dans l’intérêt des justiciables obvier aux difficultés qui pourraient, en matières civiles, résulter du démembrement des anciennes circonscriptions judiciaires, il est entendu :

1°) que tout jugement prononcé par les tribunaux français entre citoyens français et ayant acquis l’autorité de la chose jugée avant le 20 mai 1871, sera considéré comme définitif et excentoire de plein droit dans les territoires cédés ;

2°) qu’aucune exception d’incompétence, à raison du changement des frontières respectives, ne pourra être élevée contre les jugements d’un tribunal civil ou d’une cour d’appel française, rendus avant le 20 mai 1871 et qui seraient encore passibles d’appel ou de recours en cassation ;

3°) que la solution des procès engagés sur des matières non personnelles appartiendra au tribunal de la situation de l’objet litigieux ;

4°) que le tribunal du domicile du défendeur sera compétent pour vider les procès de première instance engagés sur des matières personnelles ;

5°) que le même principe sera appliqué aux procès civils en première ou en seconde instance, qui n’auraient pas encore acquis force de chose jugée, mais dont les pourvois d’appel ou les recours en cassation ne seraient interjetés que postérieurement au 20 mai 1871, et

6°) qu’en ce qui concerne les procédures d’appel et les pourvois en cassation régulièrement engagés avant le 20 mai 1871, ils seront vidés par les tribunaux qui s’en trouvent saisis, à moins que, par suite de la nouvelle démarcation des frontières respectives, les parties en cause ne se trouvent toutes deux soumises en matière personnelle, à la compétence des tribunaux de l’autre Etat.

Article 4. Les condamnés originaires des territoires cédés, qui sont actuellement détenus dans les prisons, maisons centrales et établissements pénitentiaires de la France ou de ses colonies, seront dirigés sur la ville la plus rapprochée de la nouvelle frontière pour y être remis aux agents de l’autorité allemande.

Réciproquement, le Gouvernement allemand fera remettre aux autorités françaises compétentes les condamnés français non originaires des territoires cédés qui sont actuellement détenus dans les prisons, maisons centrales et établissements pénitentiaires des pays cédés.

Il en sera respectivement de même des personnes recueillies dans les maisons d’aliénés.

Article 5. Dans les provinces cédées, l’Allemagne recouvrera, par ses agents et à son profit, les frais de justice criminelle et les amendes : elle prendra à sa charge et payera aux intéressés les frais de justice criminelle qui leur sont actuellement dus.

Article 6. Les extraits de casiers judiciaires relatifs aux communes que la nouvelle frontière sépare de leurs anciens arrondissements, seront réciproquement échangés entre l’Empire allemand et le Gouvernement français.

Les autorités judiciaires et administratives françaises ainsi que les particuliers auront la faculté de se faire délivrer des extraits des casiers judiciaires conservés dans les territoires cédés.

L’Empire allemand remettra à l’avenir, sans frais, à la France, les bulletins des condamnations prononcés par les tribunaux de répression des territoires cédés contre les individus de nationalité française.  Réciproquement la France remettra à l’avenir, sans frais, à l’Allemagne, les bulletins des condamnations prononcés par ses tribunaux contre des individus originaires des territoires cédés qui seront devenus sujets allemands. Etc ».

 

Mardi 6 février 1872

 

Strasbourg : article de la presse officielle et locale concernant l’instauration du service militaire en Alsace-Lorraine.

Voici une synthèse des arguments des autorités allemandes pour l’instauration du service militaire en Alsace-Lorraine. Le journal publie ici l’opinion des autorités allemandes.

L’armée allemande n’a pas un besoin vital des 5 200 hommes levés chaque année dans le Reichsland ;

Le service militaire allemand fait partie de l’éducation des jeunes allemands, en tant qu’école de la nation en armes “Schule der Nation in Waffen”, et, étant donné que l’Alsace-Lorraine fait partie de cette nation, il est tout à fait normal que ses jeunes en profitent également ;

Certains préconisaient d’attendre encore cinq ou six années avant d’instauré le service militaire dans le Reichsland : l’opinion allemande préfère que les jeunes générations rejoignent au plus vite cette école de la nation, pour clarifier leurs esprits et gagner leur confiance “die Köpfe zu klären, die Gemühter zu gewinnen” ; En résumé, afin d’accélérer le “prussianisation” des jeunes Alsaciens-Lorrains, il est urgent de les soumettent aux obligations militaires.

 

Mardi 13 février 1872 (Mardi gras)

 

Allemagne, Phalsbourg garnison : départ des réservistes.

Nouvelles locales et provinciales. Phalsbourg, le 13 février 1872. Il y a quelques jours, un grand nombre de réservistes de notre régiment de Braunschweig « Braunschweiger Regiment » ont été congédiés. Les gens se sont rassemblés dans une ambiance joviale sur la place du marché. Accompagné de la musique du régiment avec en son milieu le drapeau prussien noir rouge et blanc, ils se dirigèrent vers la porte d’Allemagne « Deutschen Thor », en direction de Saverne et de leur cher pays natal. Avec quels sentiments joyeux ils pourront à nouveau voir leurs montagnes du Hartz alors que nombre de ces personnes, ont participé à la guerre et humé la poudre jusqu’à satiété. Pour ceux qui restent, cela est la preuve d’une part que le gouvernement impérial a confiance dans l’avenir et ne craint pas de trouble de la paix, et d’autre part qu’en partie, que la population n’éveille ici pas de méfiance.

Le règlement des demandes d’indemnités de guerre avance rapidement. On admet que l’on ne pourra pas satisfaire toutes les demandes, mais que les indemnités sont bien dotées.

 

Vendredi 16 février 1872

 

Strasbourg, ville : retour des cigognes.

Nouvelles locales et provinciales. Strasbourg, 16 février 1872. Dimanche dernier ont avait déjà eut le plaisir de voir la première cigogne à la Robertsau ; aujourd’hui nous pouvons ajouter qu’ont peut les voir en grand nombre, et qu’ils dès à présent repris possession de leurs nids.

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : multiplication des voies fluviales de Strasbourg, et de l’Alsace.

Extrait d’un article d’un journal local du 16 février 1872 à Strasbourg concernant une réflexion menée par la chambre locale de commerce et d’industrie au sujet du projet d’agrandissement de la place forte de Strasbourg et de ses conséquences. « Cela est connu de tous le monde, que conformément à la plus haute volonté, Strasbourg sera agrandi par l’extension des fortifications du front nord, où l’enceinte sera repoussée jusqu’au canal. Ceci libérera un important secteur, et si l’on se penche sur le plan d’urbanisme on constate, que tous les intérêts y compris ceux de l’industrie et du commerce ont été pris en compte. Dès le départ il ne devrait pas y avoir de contestation, si ce nouveau terrain, qui est situé à l’ouest de l’Ill est destiné à l’habitat et aux bâtiments publics, mais il serait judicieux de réserver le terrain situé à l’est de l’Ill au commerce et à l’industrie. Dans le cadre de ce projet, Monsieur le Président de Basse-Alsace a demandé à la chambre de commerce et d’industrie locale, de répondre un certain nombre de questions et de les argumenter :

1) Est-il envisageable d’installer un canal de navigation pour les liaisons commerciales avec le Rhin moyen, et est-il possible que sa rejoint le canal de l’Ill au Rhin ? Ce canal devrait avoir des dimensions permettant la circulation des grandes péniches du Rhin ?

2) Est-il possible de rendre navigable le Rhin pour les péniches tractées de la berge à la place du canal cité en 1, où peut-on envisager éventuellement cette réalisation ultérieurement ?

3) A-t-on besoin d’installer un nouveau port de commerce comportant des zones de stockage à l’intérieur de l’enceinte urbaine de la ville et où pourrait-on l’installer ? Doit-il être en mesure de recevoir des péniches rhénanes de grande dimension et qu’elle dimension devrait-il alors avoir ? Comment ce port doit il être relié au système des canaux ? Le terrain situé à l’est du Fischerthor pourrait éventuellement être adapté à l’installation d’un tel port, toutefois, il ne faudra pas laisser une bande de terrain trop étroite entre la route et le quai ?

4) De quelle manière doit-on relier le port au réseau ferré et où doit-on installer la gare de marchandise ? Pour cela on devra prendre en considération de ne pas couper par une voie ferrée le secteur situé à l’ouest de l’Ill.

La chambre de commerce et d’industrie locale a répondu de la manière suivante après avoir procédé à des réunions :

5) L’installation d’une voie navigable, pour les bateaux rhénans de grande taille dans le cadre des relations commerciales avec le Rhin moyen et le Rhin inférieur, dans le cadre de l’agrandissement de la ville de Strasbourg, est un grand projet plébiscité depuis fort longtemps par la chambre de commerce et d’industrie ? Les membres de la chambre pensent avoir déjà répondu à la question par la publication du projet de voie fluviale sous la forme d’un canal destiné au trafic fluvial. Ce canal devrait rejoindre le canal de l’Ill au Rhin au niveau de la jonction du canal des Français.

6) La proposition de permettre l’accès au Rhin à la navigation tractée depuis la berge ne semble pas nécessaire à la chambre ; face à la concurrence du chemin de fer Ludwigshafen - Strasbourg, ce projet n’apporterait que peut d’intérêt. Si cette question revenait de nouveau dans des conditions plus favorables, il faudrait considérer cette voie d’eau autant que le canal.

7) Dans les deux cas, c’est-à-dire la construction d’un canal ou les travaux de navigabilité du Rhin, il est très important d’installer un port et de zones de stockage à l’intérieur de l’enceinte urbaine, car sinon, une grande partie de l’apport des voies d’eau ne profiterait pas à Strasbourg. Un tel canal doit être en mesure d’accueillir tous les bateaux rhénans en grand nombre, et pour cela sa dimension devrait être de 40 à 50 000 m² pour être parfait. Le terrain situé à l’est de la porte des Pêcheurs pourrait très bien faire l’affaire pour installer ce port, car cet emplacement idéal pour l’accès des voies d’eau et la liaison avec une gare ferroviaire. La liaison avec le réseau des voies navigables serait assurer par le canal Rhin-Ill pour l’accès à l’Ill, au Rhin ou canal de la Marne au Rhin, ou par le canal des Faux-Remparts pour accéder au canal du Rhône au Rhin. Au cas où il serait question de construire un canal en direction de la Haute-Alsace, comme cela serait normal pour une province très industrialisée, il serait judicieux d’installer un canal de jonction entre la ville et la Citadelle, avec une jonction avec le canal du Rhône au Rhin au niveau de la ligne de chemin de fer Kehl-Strasbourg (au-dessus de l’écluse 85). Ce canal, par l’adjonction de quai de déchargement, permettrait d’agrandir à terme la capacité du futur port.

8) Dans le même cadre que ci-dessus pour l’installation d’un canal de jonction, une voie ferrée pourrait joindre la gare de marchandise du port avec le réseau ferré, qui devrait trouvée un passage adapté en partant de la ligne Kehl Strasbourg, en partant de la route de Colmar, en passant par la ville et l’Ill, près des Ponts-Couverts et l’Hôpital. Dans ce cas la voie ferrée projetée à l’ouest de l’Ill couperait le nouveau quartier de la ville et favoriserait la communication entre voie ferrée et voies fluviales ».

 

Mercredi 21 février 1872

 

Reichsland, fortifications : entrée en vigueur en Alsace-Lorraine de la loi concernant les restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresse.

Loi du 21 février 1872, relative à l'introduction et à l'application en Alsace-Lorraine de la loi impériale du 21 décembre 1871, concernant les restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresses. Le champ d'application de la loi impériale du 21 décembre 1871, concernant les restrictions à la propriété aux alentours des forteresses, sera étendue à l'Alsace-Lorraine à partir de sa date de publication. Signé et muni par du sceau impérial, à Berlin, le 21 février 1872. Wilhelm et Fürst von Bismarck. Voici quelques détails concernant cette loi.

Loi relative aux restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresses.

Le droit de propriété, sis à proximité d'ouvrages de fortifications existants ou à construire, est soumis à des restrictions permanentes énoncées dans la présente loi. Après avoir constaté la nécessité de ces restrictions, le terrain situé aux environs des fortifications est divisé en trois zones portant la dénomination suivante : « Erster, zweiter, dritter Rayon » (Premier, deuxième, troisième rayon).

Dans les forteresses qui ont plusieurs lignes de fortification, le terrain, compris entre deux lignes de fortification, constitue une zone intermédiaire dénommée « Zwischenrayon ». Dans les places munies d'une citadelle, le terrain, frappé de servitude en avant des ouvrages des fronts de la ville, prend le nom « Esplanade » (esplanade). Les rayons des zones se mesurent à partir des angles saillants du chemin couvert de la crête de glacis, de la crête du talus de contrescarpe ou, en l'absence de fossé, de la ligne de feu des parapets ou du pied du mur crénelé.

La première zone "Erster Rayon" embrasse :

1° dans toutes les places fortes et dans les forts détachés à construire, un espace de 600 mètres ;

2° dans les forteresses bâties le long d'un cours d'eau et dont la gorge est fortifiée, l'espace compris entre cette gorge et la berge.

La deuxième zone "Zweiter Rayon" comprend le terrain sis entre la limite de la première zone et une ligne située à 375 mètres en avant.

Les forts détachés n'ont pas de deuxième zone, mais le terrain, qui s'étend depuis la limite de la première zone jusqu'à une distance de 1 650 mètres, est soumis aux servitudes propres à la troisième zone "Dritter Rayon".

La troisième zone "Dritter Rayon" comprend, dans toutes les places fortes, le terrain situé au-delà de la limite de la deuxième zone et jusqu'à une distance de 1 275 mètres.

Les zones intermédiaires "Zwischenrayon" se subdivisent en zones simples "Einfache" et zones rigoureuses "Strenge". La zone rigoureuse embrasse le terrain situé entre l'enceinte intérieure et une ligne menée à 75 mètres en avant. La zone simple commence au-delà.

Lors de l'établissement de nouvelles fortifications, les deux premières zones, les esplanades ou zones intermédiaires sont mesurées par le commandant de la place, avec le concours des agents de la police, en présence des autorités locales et des propriétaires. Les limites sont indiquées par des bornes.

A partir de ce moment, les terrains sont soumis aux servitudes indiquées dans la présente loi. Aussitôt après l'arpentage des zones « Absteckung der Rayonlinie », le commandement doit établir un plan terrier (Rayonplan) et une matrice cadastrale « Rayon Kadaster » des zones. Le plan terrier donne la délimitation exacte des zones, la position et le numéro des bornes, ainsi que la nature et le genre d'exploitation des parcelles englobées.

La matrice comprend :

1° Les noms des propriétaires des parcelles.

2° La description de l'état des lieux, la date de l'établissement des bâtisses et constructions situées dans les deux premières zones et dans les zones intermédiaires.

3° Des notes sur les droits des propriétaires à une indemnité en cas de démolition. Etc.

En résumé, pour un fort détaché nous avons :

Un premier rayon jusqu'à 600 mètres autour du fort. Un troisième rayon, allant jusqu'à 1 650 mètres de la limite précédente.

 

Lundi 26 février 1872

 

Allemagne, Strasbourg et Metz, fortifications : application de la loi du « rayon de fortification » aux places fortes de Metz et de Strasbourg.

Un journal de Strasbourg a publié cette ordonnance : « Sur la base de l’article 35 de la loi impériale concernant les restrictions apportées aux propriétés aux alentours des fortifications, du 21 décembre 1871 (Bulletin des lois impériales, 1871, n°51, paragraphe 459, bulletin de loi d’Alsace-Lorraine 1872, n°8, paragraphe 133), nous portons à la connaissance du public que l’agrandissement des places fortes de Metz et de Strasbourg et la mise en application des servitudes est prévue. Berlin, le 26 février 1872. Le Chancelier d’empire Fürst v. Bismarck ».

 

Mercredi 28 février 1872

 

Strasbourg, garnison : vente aux enchères d’ustensiles.

Un journal local a publié ce communiqué : « Vente aux enchères publique le mercredi 28 février 1872 matin à 9 heures sur la place de l’Académie (à côté de la caserne Saint-Nicolas » de différents ustensiles inutilisés provenant des attelages et des harnais des chevaux. Strasbourg le 22 février 1872. Le commandement du « Fusilier Bataillon 1. Rheinischen Infanterie-Regiment Nr. 25 ».

 

Vendredi 1er mars 1872

 

Allemagne, place forte de Neuf-Brisach : germanisation des noms de rues.

Neuf-Brisach. 1er mars 1872. Sur ordre du ministre de la Guerre, les ouvrages de fortification et les bâtiments militaires ont reçu désormais une dénomination en langue allemande. Les noms des rues seront également renommés en allemand.

 

Samedi 2 mars 1872

 

Strasbourg, Festungs-Artillerie-Abteilung 11 : avis de recherche d’un déserteur.

Le canonnier Conrad Philipp Jacob Bürger de la 3e compagnie « 3. Compagnie hessischer Festungs-Artillerie-Abteilung Nr. 11 », né le 8 avril 1850 à Wiesbaden, c’est absenté le 26 février 1872, après-midi, de la caserne « Artillerie Kaserne » de Strasbourg, est n’est pas revenu jusqu’à présent et soupçonné de désertion. Toutes les autorités civiles et militaires sont priées de rechercher ce citoyen, et si nécessaire de l’arrêter et de le faire transporter ici. Strasbourg, le 29 janvier 1872. « Königliches Commando der hessischen Festungs-Artillerie-Abteilung Nr. 11 ». Signalement : taille 171 centimètres. Les effets militaires que l’intéressé à emmener : une vareuse « Waffenrock », un pantalon en toile bleue, une chemise de service « Diensthemd », une casquette de service « Dienstmütze », un foulard et un couteau à fascines de l’artillerie avec son fourreau.

 

Lundi 4 mars 1872

 

Strasbourg, garnison : adjudication pour la livraison de caisses à poudre pour munitions d’exercice.

Un journal local a publié ce communiqué : « Adjudication le 4 mars 1872 matin à 8 heures pour la fourniture de 10 à 12 caisses de poudres pour le stockage de munitions d’exercice doivent être fournis au profit de la garnison locale, au bureau de l’administration de garnison « Garnison-Verwaltung », Schiffleutgasse 11 à Strasbourg. Les conditions particulières et le plan peu être consulté sur place. Strasbourg, le 26 février 1872. Königliche Garnison-Verwaltung ».

 

Mardi 12 mars 1872

 

Strasbourg, garnison : vente aux enchères de bois.

Un journal local a publié ce communiqué : « Vente aux enchères publique le mardi 12 mars 1872 matin à 9 heures au restaurant Zur Rheinlust près du pont de bateau de Kehl, du bois suivant en provenance de la forêt du service des fortifications sur l’Ile aux Epis « Sporeninsel » : 6 troncs d’épicia comme bois d’usage (3,6 mètres linéaires), 2 acacia comme bois d’usage (112 mètres linéaires), 134 m3 de grumes de bois tendre, 96 m3 de petit bois de 1ère classe, 47 m3 de petit bois de 2e classe, 47 m3 de fagots de branchages de 3e classe. Le garde forestier Büdel à Zigelau a été avisé de montrer sur demande le bois concerné. Strasbourg, le 24 février 1872, Kaiserliche Fortifikation ».

 

Lundi 18 mars 1872

 

Allemagne, Colmar garnison : conseil de révision.

Un journal local nous livre les informations suivantes : « Colmar, 18 mars 1872. Le journal local l’Alsacien écrit : Le recrutement des hommes soumis aux obligations militaires dans l’armée de terre entraîne des audiences « commissarische Verhandlungen » pour constater en fonction des diverses armes et vérifier, s’il y a des demandes d’exemption de service militaire ou de demandes de sursis de quelques années.

L’instruction relative aux complément « Erstatz-Instruktion » cite la liste des raisons pouvant entraîner un sursis aux obligations militaires du temps de paix ou les raisons exceptionnelles pour une exemption de service militaire. Pour cela on tient particulièrement compte de :

Les hommes soumis aux obligations militaires en tant qu’unique nourricier de la famille ou les pères de famille monoparentale, ou le seul fils d’une famille d’une veuve ;

Les propriétaires de terrain, dont l’exploitation personnelle est absolument nécessaire, qui ne peut être immédiatement abandonné par soucis de perte de revenus existentiels ;

Les loueurs de parcelles avec les mêmes conditions que les précédentes ;

Les propriétaires d’usines et grandes maisons de commerce avec plusieurs employés, et qui ont pris en compte la direction au cours de l’année précédente et qui ne peuvent abandonner leur poste sans grand préjudice ;

Les fils des propriétaires d’entreprises, de propriétaires et de loueurs qui ne peuvent être remplacés par leurs parents ;

Le frère le plus âgé d’un homme tombé au combat devant l’ennemi ou de ses blessures ou les soldats devenus inaptes au travail, dont le sursis de leurs proches pourraient apporter un grand soutient ;

Les hommes qui sont entrain d’apprendre un métier d’art ou de commerce dont l’interruption est préjudiciable à sa carrière.

L’étude des demandes qui sont à chaque fois valables pour un an est à la charge d’une commission composée par le commandant du secteur de la réserve « Landwehr-Bezirkscommandeur » et le directeur de l’arrondissement « Kreisdirektor » et quelques autres autorités de l’arrondissement.

Le « Landwehr-Bezirkscommandeur » et l’adjudant d’arrondissement « Bezirks-Feldwebel » placé sous son commandement sont en charge du contrôle permanent des hommes soumis aux obligations militaires et qui ne sont pas en service actif. Ces travaux auront ici en Alsace encore au cours des prochaines années beaucoup d’importance et se limitera aux contrôles des hommes en provenance des pays allemands, puisque d’après la loi il est connu que seuls les Alsaciens nés avant le 1er janvier 1851 sont complètement exemptés des obligations militaires ».

 

Jeudi 21 et vendredi 22 mars 1872

 

Allemagne, Mulhouse garnison : festivités à l’occasion de l’anniversaire de l’Empereur.

Un journal local nous livre les informations suivantes : « Nouvelles locales et provinciales. Mulhouse, 12 mars 1872. A l’occasion de l’anniversaire de Sa Majesté l’Empereur, diverses festivités auront lieu et nous somme en mesure de vous communiquer les informations suivantes issues du programme : Le 21 mars 1872, le soir à 20 heures, grandes cérémonie militaire « Grosser Zapfenstreich » ; le 22 mars 1872 matin à 6 heures, le réveil « Reveille » ; le matin vers 10 heures l’office religieux catholique à la Mariahilf Kirche, vers 10h30 l’office religieux protestant à la Marktkirche, vers 12h30 le grand défilé sur l’avenue du Commerce, l’aile droite de la Bassinstraße et l’après-midi vers 15h00, un repas solennel des messieurs des autorités civiles et militaires à l’hôtel Romann ».

 

Vendredi 22 mars 1872

 

Allemagne, Colmar, garnison : inspection du régiment IR 112.

Colmar, 23 mars 1872. Depuis hier, séjourne ici Monsieur le “General-Lieutenant” von Glümer, de Fribourg, pour inspecté le régiment d’infanterie “Infanterie-Regiment 112 qui stationne ici.

 

Samedi 23 mars 1872

 

Allemagne, Alsace-Lorraine, Haguenau : obligations militaires des Alsaciens.

Haguenau, le 23 mars 1872. Kaiserliche Kreisdirector, Sittel. Ces derniers temps, les rumeurs relatives au service militaire allemand, inventée par les agitateurs, et qui sont surtout destinées à inciter la population à quitter le pays, parcourent également notre arrondissement. Ces rumeurs préviennent de la prochaine incorporation des jeunes gens qui ont déjà faits leur service militaire français et leur attachement à la Landwehr. En Alsace-Lorraine, conformément au § 2 de la loi sur les obligations militaires de l’Empire en Alsace-Lorraine du 23 janvier 1872, personne n’est obligé a intégrer l’armée allemande s’il est né avant le 1er janvier 1851, c’est-à-dire s’il n’avait pas 21 ans au premier janvier de cette année. Les jeunes gens plus âgés ne peuvent entrer en service ni dans la “Linie” ni dans la “Landwehr”, et comme l’obligation militaire entre en vigueur au 1er octobre 1872, ces derniers ne pourront être pris en compte dans la Landwehr que dans sept ans, c’est-à-dire en octobre 1879. J’incite messieurs les maires de rendre public ce communiqué auprès des habitants de leurs communes, et de l’afficher d’ici un délai de 8 jours. D’autre part je demande à messieurs les maires de s’opposer vigoureusement contre les agitations d’où qu’elles viennent. Face à toutes ces tentatives de troubler l’ordre public et la tranquillité publique, il est du devoir des maires de lutter énergiquement contre ces agissements.

 

Dimanche 24 mars 1872

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : conseil de révision pour les futurs conscrits.

Communiqué. Conformément au § 2 relatif à l’introduction de la loi sur les obligations militaires “Reichs-Kriegs-Wesen” en Alsace-Lorraine du 26 janvier 1872, le conseil de révision “Musterung” des futurs conscrits ne se fera qu’après le 1er octobre 1872, et les jeunes gens appartenant aux autres états fédéraux, résidant au Reichsland, peuvent également remplir leurs obligations sur place. Les autorités de recrutement des corps voisins, le 8ème (Rhénanie) et le 14ème (Grand-duché de Bade), ont été avisés sur la possibilité offerte au cas précédents, conformément au § 20, article 5 de l’instruction militaire “Militär Erlass-Instruction”. Les intéressés doivent se présenter auprès des autorités de recrutement locales pour mettre leurs papiers à jour.

 

Strasbourg : festivités de l’anniversaire de l’Empereur.

Strasbourg, 29 mars 1872. Les hautes festivités de la journée précédente ont également été célébrées ici. Une prise d’armes a été organisée la veille, le matin le réveil “Reveille”, exécuté par trois corps de musique, pour commencer les festivités. Après l’office religieux officiel à la Cathédrale et à l’église Saint Thomas, une grande parade s’est déroulée place Broglie, au cours de laquelle son excellence le gouverneur de la place von Hartmann a porté un hurra à l’Empereur, auquel répondirent les spectateurs. Au cours de l’après-midi, un repas a été organisé pour les officiers n’appartenant pas à un régiment et pour les fonctionnaires, dans la salle des fêtes et la cour du « Englische Hof ». A cette occasion, Monsieur le président supérieur « Oberpräsident » von Möller, a fait le discours suivant : « Toute l’Allemagne, tout le peuple allemand jusqu’au-delà des océans, fête aujourd’hui l’anniversaire de sa majesté l’Empereur. Mille fois aujourd’hui on le remerciera d’avoir recréé l’Empire allemand, ce qui lui vaut le respect de tout le Monde. Même les Alsaciens fêteraient également aujourd’hui de tout leur cœur cette journée, s’ils s’étaient rapprochés un peu plus de l’Empereur. Ils le vénéreraient comme un grand seigneur, qui ne vit que pour ces devoirs envers son peuple, alors qu’il possède les meilleures valeurs humaines que l’on puisse posséder, et que dans son grand Empire, il n’oublie jamais le bonheur même du plus petit de ces sujets, etc. ».

 

Mercredi 28 mars 1872

 

Allemagne, Strasbourg garnison : tentative d’évasion avortée par un sapeur du 15e bataillon de pionniers.

Strasbourg, 29 mars 1872. Hier, un gardien de la paix “Schutzmann” voulait emmener une femme à la prison “Arresthaus”, lorsque celle-ci sauta à l’eau par-dessus la courtine du pont. Elle a rapidement regretté cette audacieuse tentative d’évasion, puisqu’elle appela au secours, et attrapa un objet tendu par le “Pionier” Wilhelm Matter, de la 2ème compagnie du 15. Pionier-Bataillon, qui la ramena rapidement à la rive. Elle a été accompagnée avec ces vêtements trempés par deux gardiens de la paix à la rue du Fil “Fadengasse”, pour être mise au sec au “Neuen Thurm”.

 

Jeudi 29 mars 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : cambriolage à l’hôpital militaire.

Strasbourg, 29 mars 1872.Comme nous l’avions déjà évoqué, on a essayé à plusieurs reprises de cambrioler l’hôpital militaire “Militär-Lazareth” au niveau du côté arrière “Rückfront”. Hier, il a été possible de retrouver la trace des cambrioleurs, et toute une famille, le père, les fils et même la belle-fille, ont été arrêté.

 

Vendredi 30 mars 1872

 

Allemagne, Metz, garnison : manœuvres du bataillon de pionniers et projet de cimetière militaire.

Metz, 30 mars 1872. Le bataillon de pionniers stationné dans notre ville partira le lundi de Pâques pour Ars pour y faire des exercices dénommés “Strauchübungen”.

On vient de réaliser le plan pour le cimetière militaire “Militärkirchhof” qui sera installé devant la porte de Thionville “Didenhofer-Thor”.

 

Mardi 2 avril 1872

 

Allemagne, Strasbourg ville : projet de nouvelle gare centrale.

Un journal local a publié cet article : « Strasbourg, 2 avril 1872. Le trafic voies ferrées augmente d’une façon incroyable. Pendant les jours fériés, le transport des passagers était difficilement maîtrisable. Afin d’améliorer le confort des voyageurs en direction de Barr, un guichet central sera érigé près de l’endroit du départ de ce train. D’autres constructions prévues au niveau de la gare, comme l’installation d’un second étage, ont été abandonnées, puisque l’on a conclu que le secteur de la gare était trop étroit, un terrain doit être acquis devant les fortifications entre les portes de Cronenbourg « Kronenburgerthor » et porte Blanche « Weissthurmthor », pour y installer une gare centrale adaptée au trafic ».

 

Vendredi 5 avril 1872

 

Allemagne, Metz, fortifications : aménagement de la porte Französiches Thor.

Metz, 5 avril 1872. Les autorités militaires ont fait aménager un petit carré avec des arbres, un banc et des chaises, pour améliorer le confort de la garde de la porte “Französischen Thor”.

 

Dimanche 7 avril 1872 (Pâques)

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : concert de la musique militaire du régiment IR 25.

Schiltigheim. Maison Rouge “Rothes-Haus”, dimanche et lundi de Pâques, grand concert exécuté par la fanfare du « 1. Rheinische Infanterie-Regiment 25 » sous la direction du “Kappelmeister” Monsieur Manns. Début 15 heures, entrée 50 centimes.

 

Mardi 9 avril 1872

 

Allemagne, Metz, place forte : construction des fortifications de la 1ère ceinture.

Metz, le 9 avril 1872. La construction des fortifications extérieures de Metz progresse de jours en jours, et c’est pour cela que c’est l’occasion, d’agrandir la ceinture de fortification intérieure. On a d’ailleurs déjà créé une commission, qui est chargée de voir les modalités d’une extension de la ville au-delà des fossés des fortifications.

 

Allemagne, Bitche, place forte : projet de suppression des fortifications hormis la Citadelle.

Metz, le 9 avril 1872. Pour Bitche, on a également l’intention de supprimer sa qualité de ville fortifiée et de ne conserver que la Citadelle en tant que forteresse de montagne “Bergfeste” et fort d’arrêt “Sperrfort”.

 

Vendredi 19 avril 1872

 

Allemagne, Metz, place forte et garnison : casernement des troupes.

Metz, le 19 avril 1872. L’administration de garnison va faire procéder prochainement à la rénovation de toutes les casernes hormis la caserne “Genie-Kaserne” et l’actuelle “Wilhelm-Kaserne”. La caserne “Kaserne Chambière“ “König Johann-Kaserne” doit être complètement rénovée. Cette caserne avait été érigée au siècle dernier lors de la construction des ouvrages de fortification. Les autres casernes sont également de cette époque – la caserne “Kaserne Coilsin” (“König Ludwigs-Kaserne”), “Basse-Seille”, la manutention “Proviantamt” et d’autres. C’était le maréchal de Belle-Isle, le neveu de Fouquet, le fameux intendant de Louis XIV, qui a fait construire ces prestigieux bâtiments que l’on peut encore admirer aujourd’hui, au frais par de la ville. L’île de la Préfecture “Präfekturinsel”, sur laquelle est érigé notre beau théâtre, était autrefois une place appelée “place de Saulcy”, sans construction où les marchands stockaient le bois.

Le fort Moselle a également été construit à la demande du maréchal, les frais étant couvert pour une moitié par le Roi et l’autre moitié par la ville ; on appelait ce quartier la ville nouvelle “Neustadt”.

La “Kaserne Coislin”, une construction qui a été financée par l’évêque dont elle porte le nom, pour soulager la ville des frais d’hébergement des troupes, sera probablement abandonnée ; se quartier est particulièrement mauvais pour la santé ; mais on n’a pas encore pris de décision plus précise. La belle manufacture de tabacs situées près du “Rempart Belle-Isle”, sera transformée en caserne, et elle deviendra l’une des plus belles de Metz.

Au fort Bellecroix on doit également ériger un bâtiment destiné à l’hébergement de militaires. Le fort Saint-Privat près d’Augny sera considérablement agrandi. Les coûts de tous ces travaux de construction ou de rénovation sont estimés à environ 10 millions de Francs.

 

Mardi 14 mai 1872

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : vols sur les remparts de la ceinture urbaine de fortification.

Communiqué du gouverneur militaire le General-Lieutenant Von Hartmann « Kaiserliches Festungs-Gouvernement » : À la suite des vols répétés de matériels provenant des pièces d’artillerie mises en batterie ou stockée sur les remparts, j’ordonne et informe le public que l’accès aux remparts de la place forte n’est autorisé que sur le tronçon du rempart principal entre les portes Fischerthor et Steinthor. Les sentinelles « Posten » et les patrouilles de rempart « Wallpatrouilleurs » ont reçu pour consigne de chasser ou éventuellement d’arrêter toute personne qui pénètrerait dans cette zone des remparts et qui ne serait pas porteuse d’une autorisation d’accès du gouvernement de la place ou de la Commandantur. Strasbourg, le 11 mai 1872.

 

Samedi 18 mai 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : installation d’écuries au profit du bataillon du Train.

Adjudication de l’installation d’écuries au profit de l’artillerie et du bataillon du train à Strasbourg, se déroulera le 18 mai 1872 à 11 heures, au bureau de la direction des travaux de la garnison « Garnison Bau-Direktion », Schiffleutstaden n°11. Les conditions particulières peuvent être consultées à ce même bureau et les offres doivent être envoyées sous pli cachetés portant la mention « Offerte für die Einrichtung der Pferdeställe für die Artillerie und das Train-Bataillon zu Strassburg » jusqu’à la date fixée. Strasbourg, le 6 mai 1872 « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : installation des stands de tir de l’Ochsenwörth.

Adjudication de l’installation de stands de tir au profit de la garnison de Strasbourg, sur l’Ochsenwörth, près de Strasbourg, pour un montant fixé à 39 120 francs, le 18 mai 1872 à 9 heures, au bureau de la direction des travaux de la garnison. Strasbourg, le 6 mai 1872. « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

 

Mercredi 22 mai 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : démolition des ruines de la caserne Finckmatt.

Pour les travaux de déblaiement des pierres de taille et la démolition des fondations restantes de la caserne Finkmatt, nous avons fixés un rendez-vous au 22 mai prochain, à 10 heures, au bureau de la direction des travaux de la garnison « Garnison Bau-Direktion », Schiffleutstaden n°11, où les entrepreneurs sont invités à présenter leurs offres sous pli cacheté portant la mention suivante « Offerte über Wegräumung des Bruchstein-Materials pp. der Finkmatt-Kaserne » avant le rendez-vous fixé. Strasbourg, le 10 mai 1872 « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

 

Mercredi 29 mai 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : convocations de déserteurs du régiments IR 47 au tribunal.

Avis de convocation publique “Oeffentliche Aufforderung” concernant les affaires suivantes :

Contre le “Musquetier” Ernst Traugott Menzel de la 6e compagnie du “2. Niederschlesischen Infanterie-Regiment Nr. 47”, né le 25 décembre 1849 à Barbisdorf, arrondissement de Schönau ;

Contre le “Gefreiter” Jacob Beerbaum de la 10e compagnie du même régiment, né le 1er janvier 1850 à Vendenheim, canton de Brumath, pour désertion.

Le “Musquetier” Ernst Traugott Menzel et le “Gefreite” Jacob Beerbaum convoqués à cette cession, sont condamnés en cas d’absence, à une amende de 50 à 100 Thaler et déclarés déserteurs.

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : concert de musique militaire du régiment IR 47.

Jardins Lips. Mercredi, 29 mai 1872, ainsi que tous les dimanches et mercredi. Grand concert militaire par la fanfare du “2. Niederschlesischen Infanterie-Regiment 47”, sous la direction du chef de fanfare “Kappelmeister” A. Kraeling.

 

Allemagne, Alsace-Lorraine, Thann : bénédiction du drapeau du régiment IR 17.

Thann, 29 mai 1872. Comme nous le supposons, la bénédiction du drapeau décoré de la croix de fer du 2e bataillon de “Infanterie-Regiment Nr. 17“ stationné ici, se déroulera vendredi prochain à 14h30 en ce lieu. Cette cérémonie sera suivie d’un spectacle pour lequel les officiers donnent rendez-vous dans les ruines du château.

 

Jeudi 30 mai 1872

 

Allemagne, Metz, garnison : manœuvres de brigade et de division.

Metz, le 30 mai 1872. Les grandes manœuvres d’automne de notre garnison ont été fixées et elles se dérouleront de la manière suivante : du 5 au 15 août 1872, exercices au niveau des régiments dans la région de Metz, du 15 au 20 août 1872, exercices au niveau des brigades également dans la région de Metz, du 20 au 27, exercices au niveau de la division, qui se dérouleront en commun avec les troupes de la garnison de Strasbourg, avec l’artillerie et la cavalerie, dans la région de Sarreguemines ou de Haguenau.

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : intervention du génie pour contrer les inondations.

Kehl, 30 mai 1872. Le niveau du Rhin commence à baisser sérieusement et il retourne au fur et à mesure dans son lit et la population de la ville et du village de Kehl est soulagée des soucis qui pesaient sur elle. C’est grâce à des efforts conséquents qu’on a pu éviter l’écroulement de la digue juste en face de Kehl. Des deux Kehl, tout le monde était à pied d’œuvre. Les matériaux ont été amenés par des charrettes mais sur place, on peut regretter que les autorités techniques n’aient mis en place qu’un seul spécialiste de l’aménagement des digues « Dammmeister », qui était chargé de la mise en place des matériaux sur une distance de plus d’une demi-heure, et pour l’aider il ne disposait que des deux maires, puis ultérieurement du “Amtsvorstandt” Sonntag pour diriger les travaux ce qui représentait une tâche bien énorme. À la suite d’un ordre télégraphique qui a entraîné l’inspection des digues par Monsieur le lieutenant-colonel « Oberstlieutenant » Grund, qu’une compagnie du génie est arrivée de l’autre rive vers 15 heures, qui sous le commandement d’excellents officiers est intervenue rapidement et avec efficacité si bien qu’à l’arrivée de l’obscurité, l’essentiel du danger était écarté. Les parties les plus menacées de la digue étaient les emplacements des batteries lors du siège, ce qui a entraîné une fragilisation de l’ouvrage.

 

Vendredi 31 mai 1872

 

Strasbourg, ville : crue de l’Ile et du Rhin.

Strasbourg, 31 mai 1872. Crues de l’Ill et du Rhin. Comme d’habitude, le Rhin baisse plus doucement qu’il ne monte... Une complète dérivation des crues de l’Ill au profit de la ville de Strasbourg serait faisable en amont d’Erstein, où on a dérivé l’Ill vers le Rhin lors du siège de Strasbourg (près de Kraft).

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : exercice de tir d’artillerie au Polygone.

D’après un communiqué de la “15. Artillerie Brigade”, des exercices de tir se dérouleront du 31 mai au 27 juin 1872, hormis les dimanches, sur le champ de tir du Polygone à Strasbourg. Il est porté à la connaissance du public que, pendant les tirs, les chemins traversant le champ de tir seront fermés. Strasbourg, le 27 mai 1872. “Polizeidirector” J.A. Manz.

 

Samedi 1er juin 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : concert militaire au restaurant « Zum Lammle ».

Aujourd’hui, samedi soir du 1er juin : Concert militaire dans le jardin « Gartenwirtschaft » « Zum Lammle », Fegergasse Nr. 11. Entrée à partir de 19 heures. Entrée gratuite.

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : abonnement aux concerts militaires du régiment IR 25 au Tivoli.

Tivoli. Abonnements aux concerts du « Tivoli ». Jardin à concerts de l’ancien marché aux vins « Concertgarten des Alten Weinmarktes ». Le sousigné a l’intention, au cours des mois d’été de juin, juillet août et septembre, de donner des concerts pour les abonnés tous les mercredis dans le local nommé, dont la liste des abonnés est à présent ouverte. Par ailleurs des listes d’émargement sont disponibles au restaurant « Zum Alten Weinmarkt » et au « Tivoli ». Abonnement pour une famille : 10 francs ; Abonnement pour une personne : 5 francs ; valables pour tous les concerts d’abonnement. Nous vous y invitons cordialement. « Manns. Capellmeister im 1. Rhein. Inf.-Regiment Nr. 25 ».

 

Dimanche 2 juin 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : concert de la musique du régiment de Ulans n°15.

Un journal local a publié cette annonce : « Schiltigheim “Rothes Haus”. Dimanche 2 juin 1872, grand concert militaire du corps des trompettes du régiment de Ulans “Schleswigholsteinische Ulanen-regiment Nr. 15” sous la direction du “Stabstrompeter“ (trompette-major) B. Schwesler. Après le concert, bal paré ».

 

Lundi 3 juin 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : nouvelles constructions.

Construction d’un hangar d’instruction « Übungs Schuppen ». Deux grands hangars « Schuppen » et un abri transportable « transportable Bude » doivent être construits sur le terrain d’exercice des pontonniers « Pontonnier Übungsplatz vor dem Kronenburger Thore » situé devant la porte de Saverne « Kronenburger Thor » ; ces travaux et la livraison des matériaux doivent seront adjugés. Strasbourg, le 19 mai 1872. « Königl. Pionier-Bataillon Nr. 15 ».

 

Mardi 4 juin 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : recherche de déserteur du bataillon du Train n°15.

Avis de recherche : le soldat du Train Christian Leuther du Train Bat. 15, originaire de Wallerode dans l’arrondissement de Malmedy, a été déclaré déserteur par le tribunal de guerre, le 28 ce mois. Strasbourg, le 1er juin 1872 “königl. Gericht des 15. Armee-Corps”.

 

Allemagne, Neuf-Brisach, garnison : adjudication pour l’acquisition de mobilier.

Adjudication de la livraison de 52 bancs, 12 chaises tressées, une armoire et 2 tables, au moins offrant. Les offres doivent être déposées pour le mardi 4 juin à 15 heures au bureau local de la “kaiserliche Garnison-Verwaltung” (bureau de l’administration de garnison). Neuf Brisach, le 30 mai 1874.

 

Jeudi 6 juin 1872

 

Allemagne, Koblenz place forte : rélégation en place forte de 2e ligne.

Ordonnance impériale « A.K.O. » du 6 juin 1872 reléguant la place en place forte de 2e ligne.

 

Allemagne, armée : nouveaux insignes des brancardiers.

Un ordre de cabinet, en date du 6 juin 1872, décide qu'à l'avenir les brancardiers auxiliaires des corps de troupe, au lieu de porter le brassard de la convention de Genève (bande blanche et croix rouge), porteront au bras gauche une simple bande rouge. On sait que dans chaque compagnie quatre hommes étaient désignés pour faire le service de brancardiers auxiliaires et, en cette qualité, étaient couverts par l'insigne de neutralité qui vient d'être supprimé. Ces hommes, au lieu de marcher sans armes, à la gauche de leur compagnie, portaient le fusil et faisait le coup de feu quand ils n'avaient personne à transporter. De là des accusations de violation de la Convention de Genève. Ces accusations s'élevèrent non-seulement en France, mais même en Allemagne, et cela par l'organe des médecins militaires les plus éminents (Loeffler, Beck et autres). C'est probablement pour rentrer dans la légalité que le gouvernement allemand a rendu l'ordonnance du 6 juin.

 

Mercredi 12 juin 1872

 

Allemagne, Colmar garnison : inspection des troupes.

Nouvelles locales et provinciales. Colmar, 13 juin 1872. Hier après-midi son Excellence Monsieur le Generalleutnant (général de division) von Blümer, accompagné du colonel « Oberst von Redow », qui sont arrivés ici de Fribourg, pour inspecter le régiment de dragons qui est en garnison dans la ville. La revue des troupes a commencé aujourd’hui, et comme nous l’avons entendue, se poursuivra encore demain.

 

Jeudi 13 juin 1872

 

Alsace-Lorraine : retour des Alsaciens venant des régiments français.

Presse locale, Strasbourg le 13 juin 1872. Tous les jours des hordes de jeunes Alsaciens, quittent leurs régiments en France et à Alger pour retourner au pays natal. Ceux qui cherchent du travail ont toutes les occasions de trouver un emploi bien rémunéré. Beaucoup d'entre eux sont à présent en activité dans les chemins de fer. Remarque : Est-ce la réalité ou de la propagande ?

 

Allemagne, Than, garnison : adjudication pour l’acquisition d’armoires troupe.

Le 13 juin 1872, adjudication de la réalisation d’environ 210 armoires type “deux hommes” et de 40 armoires type “un homme” pour une somme de 229 Thaler. Les propositions doivent être adressées au bureau de la “kaiserliche Garnison-Verwaltung” (bureau de l’administration de la garnison), au Café de France, où l’on peut également consulter les plans. Than, le 30 mai 1872.

 

Vendredi 14 juin 1872

 

France, Paris - Allemagne : négociations pour un retour prématuré des troupes d’occupation allemandes.

Paris. La nouvelle transmise par les journaux locaux et également par le Times que les négociations entamées avec l’Allemagne pour l’avancement de la date du départ des troupes d’occupation allemandes seraient à ces points avancés que l’Allemagne est prête à faire une déclaration, n’est à notre avis pas fondée. Jusqu’à présent aucune déclaration n’a été faite à ce sujet par l’Allemagne.

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : augmentation du tarif douanier avec la France.

Nouvelles locales et provinciales. Strasbourg, 14 juin 1872. Le Syndicat industriel de Basse-Alsace rappelle aux industrielles du secteur, que d’après le texte de l’article 1, paragraphe 2 de la convention douanière du 12 octobre 1871 que les produits exporter l’Alsace-Lorraine vers la France entre le 1er juillet et le 31 décembre de cette année, sont soumis à la moitié du tarif d’importation. Ce tarif est applicable à tous les produits d’Alsace-Lorraine qui n’ont pas été présenté avant le 30 juin 1872 à la douane française. Cette taxe est également applicable pour les produits français qui sont importés en Alsace-Lorraine avec une fiche de provenance « Berechtigungsschein » sur la base de l’article 5 de la Convention entrée en application en Alsace-Lorraine. Messieurs les industriels sont priés de modifiés leurs déclarations de provenance à partir du 1er juillet 1872 en remplaçant le mot « un quart » par le mot mot « la moitiée ».

 

Samedi 15 juin 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : travaux d’aménagement à la caserne des Juifs « Judenthor Kaserne ».

Adjudication, le 15 du mois, à 9 heures, concernant les travaux d’aménagement de la caserne « Judenthor Kaserne » au bureau de la « Garnison Bau – Direction », Schiffleutstrasse 11. Strasbourg le 4 juin 1872, « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : construction d’une écurie à la Nikolaus Kaserne.

Adjudication, le 15 du mois, à 10 heures, concernant l’aménagement d’une écurie pour le refroidissement des chevaux « Kühlstall » à la caserne « Nikolaus Kaserne » au bureau de la « Garnison Bau – Direction », Schiffleutstrasse 11. Strasbourg le 4 juin 1872, « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : travaux d’aménagement des caves à l’Artillerie Kaserne et la Nikolaus Kaserne.

Adjudication, le 15 du mois, à 11 heures, concernant l’aménagement de caves dans les casernes « Nikolaus Kaserne » et « Artillerie Kaserne » au bureau de la « Garnison Bau – Direction », Schiffleutstrasse 11. Strasbourg le 4 juin 1872, « kaiserliche Garnison Verwaltung ».

 

Allemagne, Metz garnison : inspection des troupes.

Un journal de Strasbourg a publié cette information : « Metz, 11 juin 1872. Le directeur de la police publie ce communiqué : Après ordonnance du ministre de la Guerre il a été décidé, que les troupes recrutées en septembre en provenance d’Alsace-Lorraine seront envoyées dans les corps de troupes de la Garde à Berlin et à Potsdam, au 14e corps d’armée badois, au 7e corps d’armée (de Westphalie), au 8e corps d’armée (Rhénan), au 11e corps d’armée (Hesse-Nassau) et à la 20e division à Hanovre ». 

 

Lundi 17 juin 1872

 

Allemagne, Metz, garnison : vente aux enchères de matériels du service des fortifications.

Vente aux enchères le 17 juin 1872, à 9 heures, de différents outillages, machines, une emboutisseuse, 24 étaux, une plieuse pour cerclage de roue, un grand pilon à vapeur, un petit pilon à vapeur, une machine à vapeur d’une puissance de 20 chevaux, etc. Metz “Kaiserliche Fortification”.

 

Jeudi 20 juin 1872

 

Allemagne, armée : le nouveau code pénal militaire.

L’introduction du nouveau code pénal militaire, sanctionné le 20 juin dernier, ainsi que des modifications conformes dans le domaine du droit pénal, dit le Reichsanzeiger, nécessitent une nouvelle rédaction des stipulations concernant les peines disciplinaires dans l’armée et des articles de guerre : les premières datent du 21 juillet 1867, et les derniers du 9 décembre 1852. En vertu d’un ordre suprême, ces stipulations et ces articles doivent être révisés et rédigés à nouveau ; et, à cet effet, une commission immédiate se réunira le 15 août au ministre de la Guerre, à Berlin, afin d’unifier autant que possible la législation sur les peines disciplinaires dans l’armée allemande, lesquelles présentent encore, à l’heure qu’il est, en Wurtemberg, surtout, maintes déviations des principes généralement mis en pratique. Cette commission, dont les travaux dureront trois ou quatre semaines sera composée du président, le lieutenant-général de Budritzky, commandant la 2e division d’infanterie de la garde, et de onze membres, dont un pour la Saxe, un pour le Wurtemberg et huit pour la Prusse (y compris les pays dont les contingents sont incorporés dans l’armée prussienne ». (Journal de Saint-Pétersbourg, 26 juillet – 7 août). Source : S0476.

 

Vendredi 21 juin 1872

 

Grande-Bretagne, Shoeburyness : expériences avec le canon de 35 tonnes.

Le 21 juin 1872 ont eut lieu à Shoeburyness, en présence des ducs d’Edimbourg et de Cambridge, ainsi que d’un grand nombre d’officiers appartenant principalement aux armes spéciales, les expériences déjà annoncées concernant la torpille-fusée. Le résultat a été fort médiocre. Les nouveaux essais concernant le canon de 35 tonnes modifié (on ne dit pas comment), ont paru plus satisfaisants. Pour terminer, on a exécuté un tir comparatif entre les canons anglais nouveaux de 9 et de 16 livres d’une part, et le canon de campagne prussien d’autre part. Les bouches à feu anglaises tiraient des shrapnels ; la pièce prussienne tirait des obus ordinaires. Comme l’année précédente, l’avis des spécialistes a été que, dans ces conditions, le système anglais s’était montré supérieur au système prussien. Ils ont toutefois changé d’avis pour ce qui concerne le tir de shrapnels dans les deux espèces de canons, et ils ont dû convenir, qu’avec ces projectiles, le canon prussien avait le premier rang. (Allgemeine-Zeitung).

 

Samedi 22 juin 1872

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : visite du chef de l’inspection du génie.

Strasbourg, le 22 juin 1872. Son Excellence Monsieur le général “General-Lieutenant” von Kamecke est arrivé hier matin à 8h43 et est descendu à l’hôtel “Englischer Hof”.

 

Lundi 24 juin 1872

 

Allemagne, Neuf-Brisach place forte : la place forte est classée en 2e ligne.

Ordonnance impériale « A.K.O. » du 24 juin 1872 reléguant la place en place forte de 2e ligne. D’après cet ordre de l’empereur Kaiser Wilhelm I : « la place devait être dotée de moyens mis en place ou planifiés pour résister à une attaque brusquée ». Une note complémentaire du GFM von Moltke précise la mission de la place : « La place forte doit rendre plus difficile l’action ennemie vers l’aval du Rhin, empêché tout franchissement ennemi du fleuve dans son rayon d’action, et facilité tout le franchissement de notre armée ».

 

Allemagne, Cologne, place forte : ordonnance impériale lançant l’extension de la place forte.

Ordonance impériale « A.K.O. » du 24 juin 1872 ordonnant l’extension de la place forte de Cologne.

 

Lundi 1er juillet 1872

 

Europe, alimentation des armées : adoption de la marmite à vapeur comme appareil de coction dans quelques armées étrangères.

« Voulez-vous bâtir une Armée ? Commencez par le ventre, c’est là le fondement ». Avec cette citation de Frédéric-le-Grand comme épigraphe, le docteur Froelich, mécedin-major du corps d’armée saxon, publie un article sur la cuisson des aliments dans les appareils à vapeur comprimée (Deutsche Militairaerztliche Zeitschrift n°5 1872).

Comme récemment, en France, par les expériences et des travaux publiés par la presse compétente, on a étudié l’application de ce mode de coction aux armées en campagne, il nous a paru intéressant de faire connaître les éléments que la presse militaire apporte aux débats de cette question.

Commençons par constater, avec l’un des auteurs que nous analysons, que, depuis assez longtemps déjà ; la marmite de Papin, la marmite suédoise et plusieurs autres appareils analogues reposant tous sur le principe de la possibilité d’élever la température de l’eau à une température supérieure à 100°, sous une pression supérieure à 0,76 m, sont en usage dans la vie commune des peuples, qui comme les Anglais et les Américains, savent apprécier la valeur du temps.

En ce qui concerne l’emploi de ces appareils dans les armées, nous voyons d’abord, en Suisse, les médecins divisionnaires réunis en conférence, émettre le vœu d’adopter, pour la préparation des aliments de l’armée en campagne, la marmite de Papin ou tout autre appareil analogue (Bericht der divisionaertzlichen Conferenz an das Schweiz. Militaer-Departement (Berne 11-14 octobre 1871).

La Russie, s’il faut en croire le Journal de la Médecine militaire allemande, serait également sur le point de décider de l’emploi de cet ustensile pour son armée.

Dans l’armée allemande, on propose de réunir une commission d’officiers de toutes armes, de médecins et d’employés du service des subsistances, à l’effet de statuer sur la question de savoir s’il y a ou non avantage à faire adopter par l’administration la marmite à vapeur, soit pour l’armée entière, soit pour certaines fractions, les lazarets principalement.

En Austro-Hongrie, cette adoption est un fait accompli. Sur le nouvel état de l’équipement des ambulances, figure, comme appareil de coction, une marmite à vapeur d’un modèle spécial, imaginé par un ingénieur viennois, M. Beuerle. Cette mesure paraît même n’être qu’un essai, des résultats duquel dépend l’adoption des marmites à vapeur sur une plus vaste échelle.

Nous empruntons au travail du docteur Froelich la description de la marmite à vapeur.

La capacité varie selon le but auquel on utilise la marmite. La forme est doublement conique, avec fond convexe en dedans. L’appareil est construit avec de la tôle à chaudières, de 1 à 2 lignes viennoises d’épaisseur, et est revêtu à l’intérieur d’une fine couche d’étain. L’appareil résiste à une pression de 5 atmosphères (la pression à produire s’élève au plus à 2 atmosphères ½). Le couvercle est fixé sur la marmite à l’aide de quatre vis ; entre le couvercle et le bord de la marmite, on obtient une très exacte occlusion à l’aide d’un anneau en feutre, en chanvre, en caoutchouc ou en carton. Dans la masse du couvercle, se trouve une soupape d’un demi-pouce viennois de diamètre ; cette soupape, chargée d’un poids de 2,5 livres s’ouvre quand, dans la marmite, la pression dépasse d’une atmosphère la pression extérieure. Un arrêt qui traverse la soupape permet de la maintenir fermée dans la marmite est éloignée du feu.

Le prix d’une marmite ainsi construite, suffisante pour 8 personnes, se monte à 5 thalers ½.

Pour faire servir l’appareil en campagne, Beuerle a fabriqué un trépied, lequel, muni de ses barres, suffit pour maintenir au-dessus du feu 4 marmites, d’une capacité de 22 litres d’eau chacune, d’un poids de 26 livres, et suffisantes pour 25 personnes. 8 marmites suffiraient pour un lazaret de campagne de la contenance normale de 200 malades ; 10 suffisent pour une compagnie de 250 hommes.

Pour préparer les aliments à l’aide de cet appareil, il suffit de dévisser le couvercle, d’introduire dans la marmite la viande, le sel, etc., et de l’eau en quantité suffisante pour la faire affleurer à trois travers de doigt du bord ; l’espace qui reste est destiné à recevoir la vapeur. En employant une mesure viennoise d’eau pour 2 livres ½ de viande, on obtient un bouillon si chargé qu’il devient nécessaire de l’étendre d’eau. Quand l’eau, la viande et les condiments sont introduits dans la marmite, on applique sur le rebord l’anneau de feutre destiné à boucher hermétiquement l’appareil, on ferme le couvercle et l’on le visse sur le rebord. Quand le tout à été placé 15 à 20 minutes sur le feu, la vapeur commence à se produire, ce dont on s’assure en soulevant la soupape. On peut alors se contenter de chauffer modérément. La marmite ne sera ouverte qu’après complète coction de son contenu, ce qui dure en moyenne 1 heure ½.

Quand on veut cuire la viande sans obtenir de bouillon, on la suspend dans l’’intérieur de la marmite à l’aide d’un vase en fer blanc qu’on peut y adapter, et on y remplit d’eau le vase qu’au tiers de sa hauteur.

On en fait de même pour la cuisson des légumes.

Pour le transport des aliments dans cette marmite, il suffit de fermer la soupape et d’envelopper l’appareil dans la paille, de l’étoupe, une couverture, etc.

Les avantages qui résultent de ce mode de coction sont les suivants :

1° La fermeture hermétique du vase préserve, en plein air, les aliments contre la poussière, la pluie, etc., et en facilite le transport ;

2° La coction s’obtient plus rapidement, et les aliments conservent leur température élevée ;

3° A l’aide de cette marmite, il est déjà possible de manger le bœuf après 1 heure ½ de coction, le mouton et le porc au bout d’une heure, des lentilles au bout de trente minutes, du riz au bout de 22 et des pommes de terre après 20 minutes de cuisson ;

4° Grâce à l’action exercée par la vapeur, il y a économie de 50% de combustible ;

5° La viande cuite dans la marmite à vapeur est plus succulente et plus tendre ; le bouillon est plus concentré et à meilleur goût.

L’auteur ne parle pas des inconvénients résultants, pour le transport du poids de ces appareils. Cette difficulté peut-elle être éludée ou les avantages de cet appareil en compensent-ils les défauts ? Nous l’ignorons. Toujours est-il que cette question mérite d’être étudiée, car la nourriture est la masure du travail ; pour obtenir du soldat les efforts les plus considérables possibles, il faut lui donner l’alimentation, la meilleure possible. « Deutsche Militairaerztliche Zeitschrift » n°5 de 1872.

 

Mardi 2 juillet 1872

 

Allemagne, armée : réorganisation de l’artillerie.

Une revue militaire française a publié cet article dont certaines informations sont tirées de la Gazette de Cologne du 2 juillet 1872 : « L’empereur vient de signer l’ordre qui prescrit pour toute l’artillerie allemande l’organisation actuelle de l’artillerie bavaroise. En conséquence, chaque corps d’armée aura dorénavant, 2 régiments d’artillerie de campagne, fort chacun de 8 batteries. Le premier de ces régiments fournira, lors d’une mobilisation, l’artillerie divisionnaire, c’est-à-dire qu’il comprendra deux divisions (Abtheilungen) de 4 batteries à pied chacune. Le second régiment, composé de 6 batteries à pied et de 2 batteries à cheval, est destiné à fournir ces dernières aux divisions de cavalerie, tandis que le reste sera employé comme artillerie de corps (voir la Revue n°11). On voit par là qu’il y aura autant de régiments d’artillerie de campagne que de divisions dans l’armée allemande, savoir : 2 pour la garde et 35 pour les corps d’armée de la ligne. Il y aura donc lieu d’augmenter l’artillerie de la garde des 1er, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 9e et 10e corps d’une batterie, celle des 7e, 8e et 11e corps de deux batteries ; dans les 13e, 14e et 15e corps, l’artillerie de campagne atteindra seulement peu à peu et successivement son nouvel effectif ; dans le 12e corps et dans les deux corps bavarois les 16 batteries existent déjà. (Gazette de Cologne, 2 juillet). L’artillerie de campagne de l’armée allemande est ainsi appelée à compter un chiffre total de 296 batteries, non compris les batteries de réserve ».

 

Jeudi 4 juillet 1872

 

France, troupes d’occupation allemandes : plans de renforcement des troupes du territoire français en cas de problèmes.

On écrit de Darmstadt, 4 juillet 1872 : « Il a été prescrit à tous les Etats de l’Empire allemand, au cas où des complications se produiraient pendant l’occupation du territoire français, d’envoyer directement à Metz, et sans attendre aucun ordre, tous les officiers et hommes de troupe du Beurlaubtenstand, c’est-à-dire de la réserve et de la Landwehr, qui sont classés pour leur service militaire dans des sections de chemins de fer. Ils devront être arrivés quatre jours au plus tard après avoir reçu leur ordre. Ils voyageront par les trains de poste et de grande vitesse. S’ils n’ont pas d’argent pour payer leurs billets, afin d’éviter tout retard, les autorités locales sont autorisées à leur faire des avances ».

 

Vendredi 5 juillet 1872

 

Allemagne, armée : colones d’équipages auxiliaire en cas de mobilisation.

Une revue militaire française a publié un article tiré du journal Norddeutsche Allgemeine Zeitung du 5 juillet 1872 : « En raison de l’expérience tirée de la dernière guerre, il est décidé que pour une mobilisation à l’avenir, les moyens de transport nécessaires pour la formation des colonnes d’équipage auxiliaires, qu’on ne pourrait se procurer par achat direct ou par location, seront fournis de la manière suivante : les chevaux seront levés conformément à la loi sur les charges de guerre ; les voitures et le harnachement seront fournis par les communes, d’après les dispositions correspondantes de la même loi et acquis au compte de l’administration contre indemnité, suivant les tarifs établis. Il n’est pas douteux que ce système ne soit pour le pays moins onéreux que celui des voitures réquisitionnées par les corps et les suivant en campagne ».

 

Allemagne, Alsace : projet de voyage de l’état-major général prussien en 1872.

La Strassburger-Zeitung, journal créé par la Prusse, et qui, d’après son sous-titre, contient les nouvelles officielles pour l’Alsace-Lorraine, enregistre celle-ci : « Mulhouse, 5 juillet (1872). D’après ce qui ressort d’un avis de la direction impériale d’arrondissement (Kreisdirektion), publié dans le Sundgauer Boten, le voyage d’étude des officiers du grand état-major général aura lieu cette année, pendant la seconde moitié du mois d’août, dans la zone de Belfort-Colmar ».

 

Samedi 6 juillet 1872

 

Allemagne, armée :  exercices des bataillons de pionniers et des pionniers d’infanterie.

Une revue militaire française a publié cet article repris dans la Gazette de Francfort : « Les bataillons de pionniers d’Ingolstadt procéderont dans le courant de l’été à des exercices importants. Des officiers, des sous-officiers, des hommes d’infanterie et des chasseurs seront détachés pour assister à ces travaux. Ceux-ci sont préalablement instruits à faire des abatis, des tranchées-abris, des barricades, etc., de manière à pouvoir aider les compagnies du génie dans la construction d’ouvrages de campagne, la mise en état de défense des villages, l’établissement des ponts, etc. Les sapeurs de l’infanterie sont spécialement et complètement exercés à dresser des ponts volants, à faire des passages de ravins, de chemins creux, de fossés ».

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : nouvelles diverses concernant les places fortes d’Alsace-Lorraine.

On lit dans la « Metzer-Zeitung », un des deux journaux allemands crées à Metz pour la garnison et la colonie : « Les fonctions de commandant et de major de place à Bitche viennent d’être supprimées. L’ensemble du réseau des places fortes de la nouvelle province allemande se réduit donc à Metz, Thionville, Strasbourg et Brisach.

La direction générale des travaux de Strasbourg, comprenant l’achèvement de ceux qui sont commencés, les projets nouveaux à proposer, l’extension à donner, vient d’être confiée au colonel de génie Klotz.

On assure que la construction des forts s’exécutera d’après des principes nouveaux. Il sera donné la plus grande attention aux travaux de communication, par télégraphe et chemins de fer, des forts avancés, soit entre eux, soit avec la ville ou les dépôts, magasins, quartier-général, etc., qu’elle renferme. Des systèmes nouveaux sont également appliqués à l’organisation des hôpitaux, et à l’établissement des abris pour les garnisons destinées à la défense de ces grandes places d’armes. La plus grande partie de l’armement de l’artillerie de ces forteresses consistera en pièces de plus gros calibre ».

 

Lundi 8 juillet 1872

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : loi sur la répartion des indemnités de guerre versées par la France et utilisées pour la construction des nouvelles fortifications.

La loi du 8 juillet 1872, en vertu de laquelle l’indemnité de guerre payé par la France a été répartie, avait consacré une somme de 19 000 000 thalers (71 250 000 fr.) aux travaux de fortification à élever en Alsace-Lorraine. Sur cette somme, 3 750 000 fr. étaient réservés pour l’agrandissement de la ville de Strasbourg. Restaient donc, pour être employés à la construction de nouveaux ouvrages, 67 500 000 fr. La portion de ce crédit, à dépenser en 1872 et en 1873, devait s’élever à 51 181 875 fr. : un reliquat de 16 318 125 fr. restait donc disponible pour les exercices suivants et était destiné à compléter le système de défense de Strasbourg et de Metz, les gros œuvres devant être achevés grâce aux crédits consacrés aux années 1872 et 1873.

 

Samedi 13 juillet 1872

 

Allemagne, armée : le XIIIe corps d’armée wurtembergeois.

Par décision du 4 juillet dernier, trois officiers supérieurs prussiens, les colonels von Salviati, chef d’état-major du 7e corps d’armée, von Hertzberg, commandant le 6e régiment d’infanterie du Rhin n°68, et von Flatow, commandant le 3e régiment d’infanterie de Brandebourg n°20 ont été envoyés en Wurtemberg pour y prendre le commandement de brigades du 13e corps d’armée, le premier dans la cavalerie, les deux autres dans l’infanterie. Par décision du 13 juillet suivant, le colonel von Jagemann, inspecteur du train, prend le commandement de la 13e brigade d’artillerie (même corps d’armée). On voit que la prussification marche.

 

Mardi 16 juillet 1872

 

Allemagne, armée : mutation dans le personnel de l’état-major général.

La nomination du colonel von Verdy du Vernois aux fonctions de chef d’état-major du 1er corps d’armée inspire les réflexions suivantes à un journal de Berlin cité par la Gazette de Cologne : « La nouvelle de cette nomination a causé quelque étonnement dans les cercles militaires. Le colonel Verdy du Vernois était un des membres les plus distingués du grand état-major, un des officiers à qui l’on confiait de préférence des travaux de littérature militaire. Il a été un des principaux collaborateurs du nouvel ouvrage publié par l’état-major sur la dernière guerre, dont la première livraison vient de paraître. On dit même que c’est à lui qu’est dû le plan général de cet ouvrage. Les nouvelles fonctions confiées à cet officier vont l’empêcher, au moins temporairement, de se livrer à ces travaux ».

De son côté, la Gazette de Francfort remarque que l’emploi de cet officier distingué, dans des provinces voisines de la Russie, est de nature à produire une certaine sensation.

 

Allemagne, armée : création présumée de nouveaux régiments.

Nous lisons dans la Wehr-Zeitung de Vienne, bien qu’elle n’ait encore paru dans aucun journal allemand, la nouvelle suivante : « L’armée prussienne va très prochainement être augmentée de 4 régiments d’infanterie et d’un régiment de fusiliers de la garde. L’un d’eux se recrutera en Thuringe, un autre dans le Hesse et le Nassau, un troisième dans le Schleswig-Holstein ; enfin le régiment de la garde tirera ses hommes de toutes les provinces. L’armée de l’empire allemand comptera donc en tout 152 régiments d’infanterie de ligne et un nombre égal de régiments de landwehr ».

 

Dimanche 21 juillet 1872

 

Allemagne, fortifications : défense des côtes. 

D’après la Gazette de l’Allemagne du Nord, une commission spéciale serait réunie avec mission d’étudier attentivement les côtes de la Prusse d’Emden à Memel, et de déterminer les mesures qui seraient à prendre pour en assurer la défense en cas de guerre. Cette commission aurait déjà mis sous les yeux du ministre de la Guerre des rapports concluant à la suppression de quelques postes côtiers.

 

Allemagne : Bavière, armée : commissions d’habillement.

On vient de former en Bavière, sous la présidence du général-major K. von Dieti, une commission chargée d’examiner les changements utiles et pratiques qu’il y aurait lieu d’introduire dans l’habillement et l’équipement de l’armée bavaroise, et de faire s’il y a lieu les propositions convenables à ce sujet. La commission doit prendre pour base de son travail les expériences de la dernière campagne et les principes établis par la commission d’habillement prussienne. On songe, dit-on, à distinguer les régiments par des numéros sur les pattes d’épaule (au lieu des cols et parements de différentes couleurs), à donner aux officiers la capote de petite tenue (interimsjacke) en usage dans les autres contingents de l’empire, et à adopter partout les pantalons gris foncé. La couleur bleu-clair de la tunique et le casque à chenille serait conservée. (Gazette de Darmstadt).

 

Allemagne, places fortes : chemin de fer stratégique.

Une revue militaire française à publié cet article tiré du journal militaire Esercito : « Le chemin de fer destiné à réunir toutes les places fortes de la nouvelle frontière allemande est à l‘étude, et la ligne principale, avec ses nombreux embranchements, sera bientôt concédée à. des Compagnies déjà formées. La convention a été conclue par des commissions mixtes, composées d’officiers du génie et d’ingénieurs civils. Les stations sont des positions militaires protégées par des ouvrages de défense et des batteries cuirassées. Non-seulement le réseau mettra toutes les forteresses en communication, mais, en outre, elle les reliera au centre de l‘Allemagne, grâce à des raccords avec les lignes existantes, de façon que les Allemands puissent concentrer en quelques jours de grandes masses de troupes devant la frontière française.

Les travaux doivent commencer bientôt ; l‘inauguration de la voie pourrait se faire en janvier 1874, c‘est-à-dire avant l’évacuation complète du territoire français ».

 

Allemagne, armée : mutation dans le personnel de l’état-major général.

La Gazette d’Augsbourg, en réponse à l’article de la Gazette de Francfort, que nous avons cité dans le n°40 de la Revue, dit que la nomination du colonel Verdy du Vernois (du grand état-major) aux fonctions de chef d’état-major du 1er corps d’armée n’est pas de nature à produire l’étonnement qu’elle a suscité. Il est, en effet, d’usage d’envoyer les officiers du grand état-major dans les troupes avant de les faire avancer, et le nouvel emploi donné au colonel du Vernois prouve simplement que le maréchal de Moltke a pris cette mesure autant dans l’intérêt d’un officier dont il apprécie le mérite, que dans l’intérêt du service.

 

Mercredi 24 juillet 1872

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : budget pour les constructions des garnisons.

Berlin, le 24 juillet 1872. Le “deutsche Reischanzeiger” publie la loi du 8 juillet 1872, concernant les dommages de guerre français. Nous avions déjà parlé du contenu de la loi il y a quelques temps, mais revoyons ce qui intéresse plus spécifiquement l’Alsace-Lorraine dans les articles 1 et 2 :

Art. 1. Pour la remise en état, le recomplètement et l’équipement des fortifications situées en Alsace-Lorraine, ainsi que pour la construction ou le réaménagement des casernes, des hôpitaux militaires et des entrepôts qui sont nécessaires aux garnisons d’Alsace-Lorraine, il faut réserver des fonds versés par la France, la somme de 40 250 930 Thaler.

Cette somme doit être versée pour :

Pour l’équipement de l’artillerie et la construction de bâtiments d’artillerie : 9 000 000 Thaler.

Pour la reconstruction de l’arsenal d’artillerie de Strasbourg et le renouvellement des moyens de production de la fabrique de poudre de Metz : 210 000 Thaler.

Pour l’extension et la construction des fortifications de Strasbourg, Metz, Bitche, Neuf-Brisach et Thionville : 19 000 000 Thaler.

Pour l’équipement et l’ameublement des casernes, des écuries et de toutes les autres installations des garnisons : 9 500 000 Thaler.

Pour la construction, le remaniement et l’équipement des hôpitaux militaires de place forte : 386 100 Thaler.

Pour les mêmes opérations au profit des hôpitaux militaires de garnison : 348 000 Thaler.

Pour la construction et l’aménagement intérieur de nouveaux hangars à voitures “Wagenhäuser” du dépôt du Train à Strasbourg : 182 000 Thaler et pour l’extension et l’équipement de l’école de guerre de Metz “Kriegsschule” : 100 000 Thaler.

Pour la reconstruction des magasins de boulangerie et des moulins à grains : 906 950 Thaler.

Pour assurer les approvisionnements des places fortes en ingrédients pour le pain et en avoine : 442 900 Thaler.

La remise en état du Haras de Strasbourg “Montierungs-Depotgebäudes in Strassburg” : 25 000 Thaler.

Pour l’achat et l’aménagement et équipement de l’hôtel du gouvernement “Gouvernementgebäude” de Strasbourg : 180 000 Thaler.

Total : 40 250 950 Thaler.

Art. II. Des sommes prévues par l’article I de 40 250 950 Thaler, le chancelier de l’Empire aura a sa disposition pour l’année 1872 le montant de 15 817 328 Thaler et pour l’année 1873 le montant de 13 700 200 Thaler. Le restant sera inscrit au budget de l’Empire “Reichshaushalts-Etats” des années concernées.

 

Vendredi 26 juillet 1872

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : chemin de fer stratégique.

Le chemin de fer destiné à réunir toutes les places fortes de la nouvelle frontière allemande est à l’étude, et la ligne principale, avec ses nombreux embranchements, sera bientôt concédée à des Compagnies déjà formées. La convention a été conclue par des commissions mixtes, composées d’officiers du génie et d’ingénieurs civils. Les stations sont des positions militaires protégées par des ouvrages de défense et des batteries cuirassées. Non-seulement le réseau mettra toutes les forteresses en communication, mais, en outre, elle les reliera au centre de l’Allemagne, grâce à des raccords avec les lignes existantes, de façon que les Allemands puissent concentrer en quelques jours de grandes masses de troupes devant la frontière française. Les travaux doivent commencer bientôt ; l’inauguration de la voie pourrait se faire en janvier 1874, c’est-à-dire avant l’évacuation complète du territoire français. (Esercito).

 

Allemagne, fortifications : défense des côtes.

D’après la Gazette de l’Allemagne du Nord, une commission spéciale serait réunie avec la mission d’étudier attentivement les côtes de la Prusse d’Emden à Memel, et de déterminer les mesures qui seraient à prendre pour en assurer la défense en cas de guerre. Cette commission aurait déjà mis sous les yeux du ministre de la Guerre des rapports concluant à la suppression de quelques petits postes côtiers.

 

Allemagne, Strasbourg garnison : noyade.

La presse locale a livré des informations sur ce tragique accident : « Strasbourg, 27 juillet. Hier après-midi vers 17 heures s’est noyé le « Musquetier » Herrmann Schauer de la « 4. Compagnie 1. Rheinische Infanterie-Regiment Nr. 25 pendant une baignade aux bains militaires « Militär-Badeplatze » ; son corps a été emmené à l’hôpital militaire « Militär-Hospital ».

 

Allemagne, Metz garnison : inspection pendant les prochaines manœuvres d’automne.

Un journal de Strasbourg a publié cette information : « Metz, 26 juillet 1872. Comme nous l’avions appris par une source antérieure, sa Majesté royale le Prince « Prinz Friedrich-Karl », en tant qu’inspecteur du 3e groupe d’armée « III. Armee-Abtheilung » profitera des manœuvres d’automne de cette année pour venir inspecter les troupes en garnison en Alsace-Lorraine ; on aura à cette occasion un accueil cérémoniel et ou uniquement militaire. D’après ce que l’on sait son Excellence royale il devrait venir en Alsace-Lorraine fin août et début septembre, ce qui permettra de façon vivante à se remémorer les combats qui se sont déroulés dans la région il y a deux ans. Au 45e régiment prussien d’infanterie local « 45. Preußischen Infanterie-Regiment », récemment deux Lorrains sont entrés en service, l’un comme volontaire d’un an et l’autre comme volontaire de trois ans ».

 

Allemagne, Mulhouse garnison : visite du général von Werder.

Le journal officiel de Strasbourg a publié cet article tiré d’un journal de Mulhouse : « Mulhouse, 26 juillet 1872. Hier soir vers 22 heures est arrivé le général commandant le 14e corps d’armée « 14. Armeecorps », le général von Werder, en provenance de Thann, et il est descendu à l’hôtel Romann. Ce matin se déroulait le conseil de révision « Musterung » des deux bataillons en garnison dans la ville, sur le terrain d’exercice près du pont de la Doller « Dollerbrücke ». Le général a également donner son accord pour participer ce soir à une fête de jardin « Gartenfest » de la société le « Club ». (Article de la Mulhauser-Zeitung).

 

Dimanche 28 juillet 1872

 

France : places fortes : création du Comité de Défense (1872-1888) par décret.

La tâche énorme de réorganisation de la défense des frontières – toutes les frontières – terrestres et maritimes – était aussi urgente que celle du corps de bataille car l’armée convalescente ne pouvait se reconstituer qu’à l’abri d’une barrière solide qui, en cas de nouveau conflit, devait couvrir la mobilisation, servir d’ossature à la couverture, contrarier la manœuvre ennemie et favoriser les notres.

Son exécution comportait deux aspects :

Boucher la grande brèche créée par le traité de Francfort entre Longwy et Belfort, et où ne subsistaient plus sur les voies menant à Paris, que les enceintes archaïques de Verdun, Toul et Vitry-le-François.

Remettre à la hauteur tout le reste, soit en modernisant les places existantes, soit en créant de nouvelles. Pour concevoir et mener à bien dans le minimum de temps une entreprise d’une telle ampleur, il fallait un maître d’œuvre spécifique au niveau le plus élevé, mais distinct du Conseil Supérieur de la Guerre, créé en juillet 1872 et bien assez occupé avec la réorganisation générale de l’armée.

C’est le 3 mai 1872 que le général Ducrot, alors membre de l’Assemblée Nationale, dépose sur le bureau de la Chambre, le projet de loi relatif à la création d’un « Comité de Défense » qu’il vient défendre la semaine suivante en commission. Le projet est alors repris par Thiers, chef du pouvoir exécutif, et que l’on sait passionné par les affaires militaires. Bizarrement, par soucis de discrétion, et probablement pour ne pas irriter l’Allemagne, l’affaire ne fera pas l’objet d’un vote mais, simplement d’un décret présidentiel du 28 juillet approuvant un bref rapport du ministre, le général de Cissey. Cette procédure était en principe illégale, mais n’empêche pas le comité de fonctionner pendant seize ans.

 

Allemagne, Strasbourg ville : projet de nouvelle gare.

Un journal de Strasbourg a livré cette information : « Le projet de transfert de la gare de Strasbourg, c’est-à-dire la transformation de l’actuelle station de tête de ligne « Kopfstation » en une station de passage « Durchfahrtstation » tout comme l’extension d’une grande partie de l’enceinte urbaine devient de plus en plus une certitude ».

 

Jeudi 1er août 1872

 

Allemagne, armée : réorganisation de l’artillerie.

Une revue militaire française nous apporte quelques précisions sur la réorganiation de l’artillerie de l’empire allemand : « Nous avons déjà, dans le numéro 38 de la Revue, enregistré les bruits courant sur cette réorganisation, qui est considérée comme décidée en principe ; l’Allgemeine militair Zeitung, dans son dernier numéro, donne sur le même sujet les renseignements suivants : La question de la réorganisation de l’artillerie donne lieu à deux versions contradictoires. D’après les uns, cette réforme se ferait bien plus tôt qu’on ne le croyait d’abord, et dès après la fin des exercices de tir d’automne. Il ne s’agirait pas seulement de créer un second régiment d’artillerie de campagne par corps d’armée, de telle sorte qu’à chaque division corresponde un régiment portant le même numéro, mais encore d’augmenter l’artillerie de forteresse.

On ne doublerait pas le nombre de ces derniers régiments, mais on augmenterait chaque régiment d’une troisième division. De sorte que le régiment d’artillerie de forteresse se composerait dorénavant de trois divisions ; il compterait donc, comme les régiments d’infanterie, douze compagnies. L’artillerie de campagne et celle de forteresse cesserait de composer un seul tout. L’avancement serait séparé pour chacune de ces armes, et les artilleurs recevraient une instruction spéciale, selon qu’ils appartiendraient à l’une ou à l’autre artillerie. On espère, par cette spécialisation, augmenter la valeur pratique de l’instruction.

Tout le matériel nécessaire à l’augmentation résultant de cette réorganisation serait construit à neuf et actuellement tout prêt. Pour faciliter le recrutement de l’artillerie de campagne et de l’artillerie de forteresse, on supprimerait l’artillerie de marine. D’après une autre version, au contraire, on n’aurait encore pris aucune décision définitive au sujet de l’époque de la réorganisation, mais on serait parfaitement fixé sur la nature des réformes à introduire dans l’artillerie, et elles seraient certainement opérées tôt ou tard ».

 

Allemagne, Neuf-Brisach : rôle de la place de Neuf-Brisach dans la prochaine guerre.

La Gazette d’Augsbourg a publié, dans son numéro du 21 juin dernier, un article sur un projet de loi concernant les chemins de fer d’Alsace-Lorraine, et particulièrement sur la construction d’une ligne qui relierait Saint-Louis et Leopoldshoehe par Huningue. L’auteur a été amené à examiner quelle serait la meilleure voie à établir pour relier la haute Alsace à l’Allemagne du Sud ; s’il faudrait prolonger la ligne Saint-Louis-Leopoldshoehe jusqu’à Geisingen par Loerrach et Schopfheim, ou s’il n’y aurait pas avantage à construire une ligne directe de Neuf-Brisach à Donaueschingen par Fribourg. Il se prononce pour cette dernière direction et appuie son raisonnement sur ce fait que Neuf-Brisach deviendra par la suite le point de rassemblement indiqué des armées allemandes destinées à couvrir la haute Alsace, la base de leurs opérations dans le Sud et le Sud-Ouest de la France, et le dépôt général de leurs approvisionnements.

Cette assertion a provoqué quelques observations que la Gazette d’Augsbourg publie dans son numéro du 21 juillet. Les considérations sur lesquelles elles sont basées nous ont paru assez intéressantes pour être mises sous les yeux de nos lecteurs. Neuf-Brisach, dit l’auteur de ces observations, a pu servir pendant la dernière guerre de base au 14e corps d’armée et à la 13e division, pour couvrir du côté du Sud les communications de l’armée principale marchant sur Paris ; mais il est inexact d’affirmer que cette place pourra, par la suite, remplir le même rôle à l’égard d’une armée qui agirait dans la direction du Sud ou du Sud-Ouest, vers Besançon par exemple. La ligne directe de Neuf-Brisach à Besançon nous sera absolument fermée, tant que nous ne serons pas maîtres de Belfort, qui est resté à la France. Le siège de cette place a déjà offert de grandes difficultés en 1870-71 ; dans l’avenir, il en présenta de bien plus sérieuses encore, développer son système défensif. Une armée allemande du Sud ne pourrait, en tout cas, pas attendre la chute de cette place et, par suite, le libre accès de la route de Neuf-Brisach à Besançon pour assurer les communications d’une armée principale qui pénètrerait au cœur de la France, en opérant de son côté dans la direction de cette dernière place. Il serait, au contraire, très important de pouvoir lancer une armée dans cette direction dès le début des opérations.

Il nous paraît donc évident que cette armée du Sud ne devra pas se concentrer dans la haute Alsace. Sa concentration s’effectuera comme celle de l’armée principale dans les environs de Metz ; c’est de là qu’elle partira pour opérer dans la direction de Vesoul et de l’Ognon, par Nancy ou par Pont-à-Mousson et Commercy. Les Français, de leur côté, selon les combinaisons qu’ils adopteront, établiront à Langres une force plus ou moins considérable. Ce sera alors à l’armée du Sud à décider si elle doit éviter cette place, en marchant directement sur Vesoul par Epinal, ou si elle doit, avant tout, dans le cas où l’ennemi en aurait fait un point de concentration important, marcher sur cette place et y livrer bataille. Si elle s’avance près de Vesoul, à la suite de cette bataille, elle intercepte les communications entre Belfort et Besançon, inquiète les derrières de l’ennemi rassemblé à Belfort, et lui interdit toute entreprise contre l’Alsace.

Dans de pareilles conditions, l’armée du Sud ne saurait avoir son dépôt à Neuf-Brisach ; sa ligne d’étapes, suivant la direction des chemins de fer disponibles, passerait par Lunéville ; le dépôt principal serait à Strasbourg.

Quand l’armée du Sud aura atteint Vesoul, elle devra employer tous les moyens à sa disposition pour rétablir la ligne de fer Vesoul-Epinal-Blainville, qui aura, sans nul doute, été détruite par l’ennemi.

Ainsi, la place de Neuf-Brisach ne peut jouer un autre rôle que celui-ci : servir de base à la défense de la haute Alsace et au corps de siège chargé des opérations ultérieures contre Belfort. Nous avons expliqué plus haut comment la défense de la haute Alsace serait facilitée par l’apparition d’une armée allemande dans les environs de Vesoul.

Même dans le cas où Belfort serait isolé et assiégée, il n’y aurait aucun avantage à faire passer la ligne d’étapes de l’armée du Sud par Mulhouse et les Vosges, parce que cette route, passant par Remiremont pour atteindre Vesoul, fait un long détour. La meilleure direction à assigner à cette ligne est Epinal, Strasbourg.

Nous approuvons, du reste, la construction d’un chemin de fer de Neuf-Brisach à Donaueschingen. Nos objections ne portaient que sur le rôle assigné à Neuf-Brisach. Quoique le Rhin supérieur soit devenu un théâtre secondaire de la guerre depuis que l’Autriche ne fait plus partie de la Confédération des Etats allemands, il importe, pour la défense de la haute Alsace, de relier aussi directement que possible Neuf-Brisach à Ulm. Il faudra, en conséquence, établir un pont fixe sur le Rhin à Neuf-Brisach, faire passer une ligne de fer à travers la forêt Noire de Fribourg à Donaueschingen, et ouvrir une nouvelle section de Tuttlingen à Mengen par Sigmaringen. Par ce moyen, on mettra en communication les lignes de fer déjà existantes, et l’on obtiendra une liaison directe entre Neuf-Brisach et Ulm.

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : voyage d’état-major.

On lit dans la Gazette de l’Allemagne du Nord : « Les officiers supérieurs et les plus anciens capitaines du grand état-major se sont rendus en Alsace, pour prendre part au voyage d’état-major dirigé par le feldmaréchal de Moltke ».

 

France, Armée d’occupation allemande : démobilisation des réservistes qui ne seront pas remplacés.

On lit dans le Camarade, de Pirna, cette nouvelle qui a besoin de confirmation : « Les officiers et les hommes de l’armée d’occupation en France, qui appartiennent à la réserve, doivent être congédiés, et les vides qui en résulteront ne seront pas provisoirement remplis, afin de diminuer les charges des pays qui resteront occupés après l’évacuation de la Marne et de la Haute-Marne ».

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : course hippique des officiers.

Communiqué. La course des officiers « Offizier-Rennen » proposée aux officiers des garnisons de Neuf-Brisach, de Strasbourg, d’Haguenau et de Colmar, comportant une course de trot « Trabrennen », 1 course d’obstacles « Hürdenrennen » et 2 Steeplechases se déroulera sur l’hippodrome de Strasbourg le jeudi 1er août 1872, l’après-midi à 15 heures. La commission : Major Eggers, Hauptmann Zimmermann, Lieutenant Montû.

 

Vendredi 2 août 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : adjudication de livraison de bois, de fer et de tôle par l’administration de garnison.

Les établissements de la garnison locale demandent la livraison de bois, de fer et de tôle par voie d’adjudication pour un prix global fixé à 18 677 thalers : le vendredi 2 août de l’année, le matin à 9 heures, au bureau de l’administration de garnison « Garnison-Verwaltung » - Schiffleutstrasse Nr. 1.

Les entrepreneurs sont priés de déposés leurs offres avant la date d’adjudication citée, en apposant sur l’enveloppe : « Offre pour la livraison d’ustensiles ». Strasbourg le 25 juillet 1872, l’administration impériale de garnison « Kaiserliche Garnison-Verwaltung ».

 

Lundi 5 août 1872

 

France : places fortes : 1ère réunion du Comité de Défense.

La première réunion s’est tenue le 5 août 1872, une semaine après le décret de création, la quarantième et dernière le 9 janvier 1888, quatre mois avant la suppression par décret de Freycinet, le 12 mai. Entre les deux, 78 membres s’y sont succédés, par le jeu normal du renouvellement, des disparitions, des mutations et des evictions.

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : travaux à l’ancienne prison militaire de la Kleine Schleuse Kaserne.

Avis. Les travaux de construction concernant les aménagements et les réparations de l’ancienne prison militaire utilisée en tant que caserne située à côté de la caserne près de l’écluse (barrage Vauban) vont être attribués par voie d’adjudication : Le lundi 5 août de l’année, le matin à 10 heures, au bureau de la direction des constructions de garnison « Garnison-Bau-Direction » - Schiffleutstrasse Nr. 11. Strasbourg le 25 juillet 1872, l’administration impériale de garnison « Kaiserliche Garnison-Verwaltung ».

 

Mardi 6 août 1872

 

Allemagne, armée : voyage d’état-major.

D’après la Gazette de l’Allemagne du Nord, des voyages d’état-major auront lieu cette année après les manœuvres d’automne dans les 1er, 5e, 6e, 8e, 9e, 11e, 13e, 14e, 15e corps d’armée et dans la garde.

 

Samedi 10 août 1872

 

Allemagne, armée : commande de fusils Mauser.

Une revue militaire française a publié cet érticle puisé dans un article écrit de Munich, le 10 août, à la Wehr-Zeitung de Vienne : « La fabrique d’armes bavaroise d’Amberg a été chargée, par le gouvernement de l’empire, de fabriquer 100 000 fusils Mauser pour l’armée impériale. L’armée bavaroise conservera l’excellent fusil Werder, qu’elle a actuellement ».

 

Dimanche 11 août 1872

 

Allemagne, armée : manœuvres de pontonniers à Neuwied.

On sait qu’en vertu de l’ordre en date du 29 février dernier, et qui a fait l’objet d’un article du numéro 20 de la revue, des exercices de pontonniers ont eu lieu cette année à Neuwied. La Gazette de Cologne, du 14 août, donne à ce sujet les renseignements suivants : « Les troupes commandées pour prendre part aux exercices de pontonniers ont quitté leurs garnisons respectives, Deutz, Coblentz, Metz, Kastell, Rastadt et Strasbourg, pour se réunir le 29 juillet dernier, en cantonnements à Neuwied, à Weissenthurm et dans d’autres localités des environs sur la rive gauche du Rhin. Ces troupes, conformément à l’ordre du 29 février, consistaient en six compagnies de pontonniers, celles des 7e, 8e, 9e 11e 14e et 15e bataillons de pionniers et en un détachement du 8e bataillon du train. Le colonel Maentell, chef du génie de la place de Cologne, avait le commandement des manœuvres, sous la direction du général-lieutenant von Kameke, inspecteur du corps du génie. En même temps que les compagnies dont il s’agit, on a réuni sur le théâtre de cette école pratique tout le matériel de ponts des 7e, 8e et 11e corps d’armée.

Du 29 au 11 août, les exercices ont consisté dans la construction de ponts entre la rive gauche du Rhin et l’île qui sépare en deux le cours du Rhin en amont de Neuwied. Ces ponts ont été établis au moyen de pontons, de tonneaux, de radeaux, de chevalets ; puis on a procédé à la construction de ponts sur toute la largeur du Rhin en amont de Neuwied. Le fleuve a une profondeur moyenne de quatorze pieds à hauteur du point où un pont devait être jeté. En raison des hautes eaux, la rapidité du courant était très considérable (2,30 m à la seconde).

Ces circonstances augmentaient la difficulté de la construction. L’opération, commencée à 9 heures du matin, était achevée à 11 heures 27 minutes. La longueur du pont, jeté sur 92 pontons, était de 434 mètres. Un deuxième pont, par portières, a jeté le lendemain en aval de Neuwied. Il comprenait 61 pontons, sa longueur était de 300 mètres. Il a été jeté en deux heures. Un troisième pont sera construit demain à hauteur d’Andernach ».

Cette partie du cours du Rhin où ont lieu actuellement les manœuvres de pontonniers, a servi de point de passage à l’armée de Sambre-et-Meuse, une première fois le 15 septembre 1795 sous les ordres de Jourdan, et une deuxième fois le 18 août 1797 sous les ordres de Hoche.

La Gazette de Cologne, du 17 août, donne les détails suivants sur la construction du pont jeté à hauteur d’Andernach, et qui a terminé la série des manœuvres de pontonniers : « Ce troisième pont a été jeté en amont d’Andernach, en face le village de Fahr. L’opération offrait quelques difficultés en raison de l’agitation exceptionnelle des eaux du Rhin ; le vent soufflait avec violence et soulevait des vagues de deux pieds de haut. Malgré cela, le pont d’une longueur de 300 mètres, a été construit en une heure cinquante minutes. Il a nécessité l’emploi de 72 pontons ; 24 ont été amenés isolément : les 48 autres ont été répartis en 12 portières de 4 pontons chacune, dont 6 furent amenées d’amont et les 6 autres d’aval. Parmi les officiers étrangers qui ont assisté à ces manœuvres, on cite le général Totleben ».

 

Samedi 17 août 1872

 

Allemagne, Metz place forte construction des nouvelles fortifications.

On lit dans l’Allgemeine Militair Zeitung du 17 août (1872) : « On élève à Metz un nouveau fort sur l’emplacement de l’ancien fort Saint-Privat ; les travaux sont poussés avec une grande activité, et sa construction avance rapidement, malgré deux difficultés qu’il a fallu surmonter : la première consiste dans une nappe d’eau qu’on a dû épuiser pour établir les fondations de l’ouvrage, au moyen d’un canal qui va rejoindre la Seille. La seconde provient du commandement du mont Saint-Blaise et des hauteurs de la rive gauche de la Moselle. On a été dans la nécessité d’élever des traverses considérables pour se procurer un défilement suffisant. Grâce à la forme très allongée du nouveau fort, sa ligne de feu a un grand développement, et son terre-plein est parfaitement à couvert derrière un parapet à profil élevé. On le munira probablement d’un système de galeries de mines, pour retarder les approches, car on ne pourra l’attaquer que par des travaux d’approche ; il est disposé de telle sorte, en effet, qu’il sera impossible de la battre en brèche de loin.

Des batteries cuirassées isolées seront élevées des deux côtés du fort Saint-Privat ; elles commanderont par un tir rasant les vallées de la Seille et de la Moselle.

On travaille également à un ouvrage en avant du fort Saint-Quentin. La rapidité de sa construction est retardée en raison de la nature rocailleuse du sol sur lequel il s’élève. Sa communication avec le fort Saint-Quentin sera assurée au moyen de coupoles tournantes cuirassées. Une batterie sera disposée de façon à battre Lessy et l’étroite vallée qui, prenant naissance au col de Lessy, débouche dans la vallée de la Moselle.

On entreprendra au printemps prochain la construction du fort des Bordes, entre Queuleu et Saint-Julien. Il est aussi question de mettre en état de défense les hauteurs de Woippy, afin de commander plus directement la vallée de la Moselle en aval de Metz, et de flanquer efficacement la fort de Plappeville.

Quant aux anciens forts, on continue sans relâche à les perfectionner. Les revêtements des forts de Saint-Julien et de Queuleu, compromis par la poussée des terres, ont été l’objet d’importants travaux de consolidation, et on peut dès à présent considérer ces deux ouvrages comme parfaitement en état de se défendre : il suffira pour les achever entièrement, de les munir de quelques magasins à poudre et de quelques abris.

Tous les anciens forts de Metz seront reliés au quartier général du commandement par des fils télégraphiques. Deux réseaux, partant l’un du Saint-Quentin, l’autre de Plappeville, se réunissent à la gare de Devant-les-Ponts et pénètrent en ce point dans la ville. Ces deux forts communiquent entre eux télégraphiquement et par des signaux optiques. Deux autres réseaux, partant l’un de Queuleu, l’autre de Saint-Julien, se réunissent à la Lunette Chenau, derrière le village de Plantières, d’où ils pénètrent dans Metz. Des dispositions semblables seront prises pour les nouveaux forts ».

 

Lundi 19 au mercredi 21 août 1872

 

Allemagne : manœuvres d’attaque des places à Mayence.

Une revue militaire française a publié cet article à l’aide d’informations puisées dans la presse allemande : « La garnison de Mayence s’est livrée récemment à une manœuvre consistant dans l’attaque de vive force d’un ouvrage extérieur de la place. La Gazette de Cologne a donné à ce sujet les renseignements suivants : La défense ayant reçu avis que l’ennemi s’avançait sur le terrain fortement découpé qui s’étend entre le Rhin et la route fortement découpé qui s’étend entre le Rhin et la route dite Gaustrasse, dans le but de tenter une surprise, se mit en mesure d’armer sans retard le front sud de la place, ainsi que les ouvrages avancés qui couvrent ce front, savoir les forts de Weissenau, d’Heiligenkreuz et de Marienborn. Ils furent armés et palissadés dans l’espace de quarante-huit heures. Dans l’après-midi du 19 août l’ennemi se montra dans le rayon de la place. Le 21 au soir, il attaqua les avant-postes et s’établit sur la hauteur de Hechtsheim qui domine le front sud. Il y construit une batterie de campagne qui ouvrit le feu avec l’artillerie de la place. Favorisé par la nuit tombante et protégés par une forte canonnade dirigée spécialement sur le fort de Weissenau, les colonnes ennemies s’approchèrent de la place, profitant des abris que leur offrait un terrain accidenté, et parvinrent à repousser jusqu’à la contrescarpe la ligne de tirailleurs qui s’étendait en avant du glacis des glacis du fort d’Heiligenkreuz. Accueillies par un feu violent d’artillerie et de mousqueterie, elles ne purent continuer leur mouvement et furent même obligées à se retirer précipitamment. Mais en même temps une forte colonne ennemie se dirigeait vers le fort de Weissenau et approchait des glacis de cet ouvrage. La défense s’aperçut de ce mouvement, grâce à des fusées éclairantes qui répandaient la lumière sur le terrain de l’action. L’alarme est aussitôt donnée, et deux compagnies reçoivent ordre de sortir de la place pour soustraire au danger qui la menaçait la garnison du fort de Weissenau, qui n’était plus susceptible de se défendre contre une escalade qu’au moyen de son feu de mousqueterie et de l’arme blanche, ses munitions d’artillerie étant épuisées. Le fort d’Heiligenkreuz appuyait cette sortie par un feu dirigé sur l’aile gauche ennemie. L’assaillant repoussé regagna la hauteur d’Hechtsheim. Cette attaque simulée dura deux heures et demie. Les détails de cette manœuvre ont présenté un grand intérêt. On a surtout remarqué la tentative d’escalade du fort de Weisenau. Couvert par une ligne de tirailleurs bien fournie, un détachement de pionniers amena des échelles et l’infanterie descendit dans le fossé pour gravir l’escarpe. Cet épisode de l’action dura sept minutes. Cette manœuvre, à laquelle pris part le personnel de l’école des sous-officiers de Bieberich, a été dirigée par le général von Medem, commandant la place de Mayence. Un public nombreux suivait avec intérêt les diverses phases de l’opération. Il a surtout été frappé de la rapidité avec laquelle on a armé le front menacé, et il n’a pu s’empêcher d’évoquer le souvenir des jours de la Confédération. On opérait autrement à cette époque, et l’on se rappelait qu’il avait fallu quatre heures, le 27 juin 1866 pour disposer six pièces de campagne sur les remparts de Mayence, à la nouvelle de l’apparition à Bingen de deux compagnies de la landwehr prussienne ».

 

Mercredi 21 août 1872

 

Allemagne, Alsace-Lorraine fortifications : voyage d’état-major.

On lit dans la Gazette de l’Allemagne du Nord : « Les officiers supérieurs et les plus anciens capitaines du grand état-major se sont rendus en Alsace, pour prendre part au voyage d’état-major dirigé par le Feldmaréchal de Moltke ».

 

Vendredi 23 août 1872

 

Allemagne : Reichsland Alsace-Lorraine, armée : voyage du Feldmarechal de Moltke.

Le Feldmarechal de Moltke, chef de l’état-major de l’armée, est arrivé à Colmar le 23 août, venant de Mulhouse par Soultz et Guebwiller, accompagné des officiers qui prennent part au voyage d’état-major dont il a la direction.

 

Lundi 26 août 1872

 

France, Armée d’occupation allemande : prochaine concentration dans les quatre derniers départements occupés.

Par suite de la prochaine évacuation des départements de la Marne et de la Haute-Marne, l’emplacement des troupes de l’armée d’occupation va subir de notables modifications, que nous indiquerons prochainement en détail. Nous nous contenterons d’en donner aujourd’hui le résumé, en ajoutant que la composition de ces troupes ne changera pas, et qu’elles resteront composées des trois divisions prussiennes et de la division bavaroise, dont nous avons publié le tableau numéro 2 du Bulletin militaire de l’étranger, auquel nos lecteurs peuvent se reporter.

Voici les dispositions nouvelles :

La 2e division bavaroise rappellera les troupes qu’elle a au camp de Châlons, et continuera à occuper : le département des Ardennes, l’arrondissement de Montmédy (Meuse) et l’arrondissement de Briey (Meurthe-et-Moselle).

La 4e division prussienne évacuera le département de la Haute-Marne et se concentrera dans le département des Vosges, sauf les cantons de Neufchâteau et de Coussey, et l’arrondissement de Belfort.

La 6e division, qui occupait le département de la Marne, sera répartie dans le département de la Meuse, à l’exclusion de l’arrondissement de Montmédy, et dans les cantons de Neufchâteau et de Coussey, du département des Vosges.

Enfin, la 19e division, dont une partie était stationnée dans le département de la Meuse, sera toute entière concentrée dans le département de Meurthe-et-Moselle, non compris l’arrondissement de Briey.

Quant à l’artillerie de forteresse, elle continuera à occuper Belfort, Mézières, Toul et Verdun.

 

Allemagne, Posen place forte : projet de construction de forts détachés.

La place de Posen doit être renforcée par des forts détachés ; les travaux préparatoires sont déjà en train ; cependant Graudenz doit être déclassée, ou du moins ordre est donné de sursoir à tout travail de réparation. La petite place de Kosel sur l’Oder doit également être déclassée, tandis que Neisse, au confluent de la Neisse de Glatz et de la Viela de Moravie, acquerrait une résistance plus efficace contre les pièces à longue portée, grâce à des forts élevés sur les hauteurs environnantes. Ce cette façon, la Silésie, qui comptait sept places fortes n’en aura que trois : Glogau, place de l’Oder, - Glatz, place de montagne – et Neisse, en basse Silésie.

 

Allemagne, Rastatt place forte : projet de démantèlement.

Il est question du démantèlement de Rastadt, mais la question n’est pas encore décidée.

 

Mardi 27 août 1872

 

Allemagne, Alsace-Lorraine, service militaire : époque de l’incorporation du contingent.

Un ordre du 27 août fixe l’époque à laquelle cette incorporation devra avoir lieu. Dans la garde, dans les troupes stationnées en Alsace-Lorraine et dans les troupes à cheval, les recrues seront incorporées le 4 novembre prochain, en partie le 4 mai 1873. Les ouvriers des corps de toutes armes seront incorporés le 1er octobre 1872 ; toutes les autres catégories de recrues, le 27 novembre prochain.

Les chasseurs instruits, ainsi que les engagés volontaires pour trois ou pour quatre ans (dans la cavalerie) seront admis dans les corps, à partir du 1er octobre prochain.

 

Samedi 31 août 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : passage d’une haute autorité militaire.

La presse locale a publié cette information : « Strasbourg, le 31 août 1872. Sa majesté royale le « General

Dans les derniers jours d’août et premiers jours de septembre de l’année 1872, Son Altesse royale Prinz Friedrich Karl en tant qu’inspecteur de la 3ème Inspection d’armée a participé aux manœuvres d’automne du 15ème corps d’armée et passe en revue une partie du corps lors de la parade du 30 août 1872, au Polygone, un ancien terrain d’exercice française ; le 1er groupe d’artillerie à pied « 1. Fuß-Abtheilung » du régiment avait l’honneur de participer à cette parade et obtient la satisfaction de l’inspecteur.

 

Jeudi 5 septembre 1872

 

Allemagne, armée : voyage d’état-major en Wurtemberg et en Schleswig-Holstein.

A la suite des manœuvres d’automne du 13e corps d’armée (Wurtemberg) qui ont été terminées le 5 de ce mois, un voyage d’état-major sera entrepris dans la Forêt-Noire, sous la direction du lieutenant-colonel Bronsart de Schellendorf, chef d’état-major du 13e corps d’armée. Quatorze officiers de toutes armes prendront part à ce voyage d’études.

D’après la Gazette de Cologne, le voyage d’état-major qui doit avoir lieu dans le 9e corps d’armée (Schleswig-Holstein) sera dirigé, cette année, par le Feldmarechal de Moltke. On sait qu’un pareil voyage a déjà été entrepris sous ses ordres en Alsace-Lorraine.

 

Allemagne, armée : modifications dans l’armement de quelques catégories d’hommes du Train.

En vertu d’une décision du mois d’août dernier, les catégories suivantes d’hommes du Train seront armées de carabine au lieu de pistolet, savoir : les hommes à cheval des bataillons du Train et des administrations, les ouvriers, les conducteurs de réserve des colonnes d’approvisionnements et des colonnes d’équipages auxiliaire, les hommes des colonnes de boulangerie et les brancardiers des détachements sanitaires.

 

Allemagne, armée : la traduction française du premier fascicule de l’Histoire de la guerre franco-allemande 1870-71.

La traduction française du premier fascicule de l’Histoire de la guerre franco-allemande 1870-71, rédigée par l’état-major prussien, vient de paraître à Berlin, chez Mittler, l’éditeur officiel. A notre regret, aucune autre traduction dans notre langue n’a été autorisée par la Prusse. On nous annonce qu’une traduction française de la deuxième partie de l’ouvrage du colonel Verdy du Vernois vient également de paraître. Elle est due au même officier que la première partie publiée l’an dernier. D’après la réponse venue de Berlin, la librairie Muquardt de Bruxelles, ayant obtenue le monopole de cette traduction qu’elle avait commencée, le 2e bureau a dû renoncer à publier la sienne, qui avait été annoncée dans le numéro 17 de la Revue.

 

Lundi 16 septembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : travaux de réparation des infrastructures de la garnison.

Adjudication : hangar à pontons de la citadelle « Pontonwagenhaus in der Citadelle » à Strasbourg, pour des travaux de couverture (ardoise) le 16 septembre 1872. La direction impériale de la construction de la garnison « kaiserliche Garnison-Bau-Direktion ».

 

Jeudi 19 septembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg, garnison : remerciements pour l’hébergement des troupes lors des exercices du 15e corps d’armée.

Communiqué. Lors des manœuvres d’automne qui viennent de s’achever et lors des exercices de tir de l’artillerie en cours des troupes du XVème corps d’armée, les officiers et hommes de troupe ont été bien accueillis lors de leur séjour dans les cantonnements ou leurs quartiers, si bien que je me sens obligé d’adressé mes remerciements particuliers et publics aux communes et aux autorités concernées. Le général commandant le XVème corps d’armée. Von Fransecky.

 

Mercredi 25 septembre 1872

 

Allemagne, armée : Au sujet de la publication de l’ouvrage officiel sur la guerre franco-allemande de 1870-1871.

D’après le dernier numéro du Militair Wochenblatt, quelques journaux de Belin sembleraient craindre que la publication de la suite de l’ouvrage du grand état-major prussien, sur la campagne de 1870-71, ne fût compromise par la nomination du chef de la section historique du grand état-major à une autre emploi. Nous avons rendu compte de cette nomination, qui concerne le colonel von Verdy du Vernois, dans les numéros 40 et 41 de la Revue. Le Militair Wochenblatt fait observer que les fonctions toutes spéciales de cet officier supérieur ne pouvaient s’opposer à ce qu’il alliât remplir un poste auquel l’appelait l’intérêt du service (chef d’état-major du 1er corps d’armée) et qu’il est, du reste, remplacé comme chef de la section historique par un officier choisi page 200 par le chef de l’état-major de l’armée et parfaitement apte à diriger le travail de l’ouvrage en question. Le Militair Wochenblatt ajoute que le maréchal de Moltke s’occupe personnellement de cette publication, et qu’il y apporte même sa collaboration. Ainsi, l’avant-propos du premier fascicule serait en entier de lui. Le deuxième fascicule paraîtra probablement à la fin de l’automne et comprendra les combats de Woerth et de Spicheren.

 

Allemagne, Haute-Alsace – Suisse : émigration entre Bâle et Mulhouse.

Un journal local a publié l’article suivant : « Mulhouse, 25 septembre 1872. Un grand nombre d’émigrants de la Haute-Alsace se rend à Bâle, pour se trouver à proximité de leur chez soi natal et sous la protection d’un gouvernement neutre à l’égard de l’Allemagne et ami avec la France ; et pour y attendre la marche des événements en Alsace. Là ils ont un œil sur la France, à laquelle ils n’osent encore se fier, et l’autre sur l’Allemagne, dans laquelle ins n’ont pas encore confiance ; ils pourront ainsi, dès que les affaires s’éclairciront, se trouver d’un bon en France ou bien dans leur Alsace chérie. Par cette affluence il y a eu à Bâle une grande rareté d’habitations, en divers quartiers les habitations ont augmenté de 75 jusqu’à 100 pour cent, sans que le revenu des locataires ait été accru proportionnellement, ce qui pèse non seulement sur la classe ouvrière, mais aussi sur la classe moyenne. Les Alsaciens qui se rendent à Bâle, y répandent le bruit que l’Alsace est dépeuplée et qu’à Mulhouse il y a plus de logements vacants que de logements occupés, ce qui fait que bon nombre de Bâlois viennent ici dans l’espoir de trouver du travail bien payé et des logements à bon marché ; s’ils se trompent sur ce dernier point, il n’en est pas ainsi quant au premier. C’est ainsi que les émigrants favorisent eux-mêmes l’immigration, car quiconque arrive chez nous trouve à gagner sa vie et à s’abriter. Les nouveaux arrivants sont des Suisses ; des Allemands fixés à Bâle voir même des Français nous arrivent en masse de Bâle ». 

 

Jeudi 26 septembre 1872

 

Allemagne, Metz, garnison : inspection des réservistes troupes bavaroises par le général commandant le 2e corps d’armée bavarois.

Metz, le 23 septembre 1872. Son excellence le général commandant le 2e corps d’armée bavarois « II. Baierische Armeekorps », le général « Generallieutenant » von Hartmann, arrive ici jeudi prochain, pour procéder le jour suivant à l’inspection des réservistes de la brigade bavaroise locale, à l’issue de laquelle ces derniers seront renvoyés chez eux.

 

Samedi 28 septembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : pose de la première pierre de la nouvelle ceinture de fortification au Fort V.

Les autorités allemandes ont choisi le samedi 28 septembre 1872, le jour anniversaire de la capitulation de Strasbourg, pour célébrer de manière festive la pose de la première pierre des nouvelles fortifications de Strasbourg, sur le chantier du Fort V – Fort Oberhausbergen – Fort Grossherzog von Baden, actuel fort Frère. A cette occasion, ils ont invité, au moyen du rapport de garnison « Parolebefehl », tous les officiers, médecins et fonctionnaires de l’armée, et des cartons d’invitation ont également été envoyés aux représentants des diverses branches de l’administration civile et à leurs épouses. Grâce aux articles publiés par la presse, nous avons reconstitué le déroulement de cette cérémonie.

Les alentours du fort ont été piquetés de drapeaux noir, blanc et rouge sur un large rayon, et la place de la cérémonie a été ornée de sapins, de guirlandes qui virevoltaient gaiment dans le vent. Du haut de la crête des parapets du front, sur lesquels les invités civils avaient pris place, parmi lesquels on trouvait de nombreuses dames, la place offrait à leur vue une image idyllique en arrière-plan, avec la tour de la cathédrale éclairée par le soleil et les sommets bleus des hauteurs des Vosges et de la Forêt-Noire. Parmi les invités ont été aperçus en plus de l’intégralité des autorités militaires et civiles, le conseiller du gouvernement von Quast, conservateur des monuments historiques de Prusse et de nombreuses dames alsaciennes des environs, reconnaissables à leur couvre-chef traditionnel.

La solennité a été ouverte ponctuellement à 10 heures, lorsque son excellence le général commandant le 15e corps d’armée von Fransecky pénétra dans le carré formé par des détachements de troupes de toutes les armes, et dès cet instant la fanfare de trompettes du régiment d’Uhlans annonça l’ouverture officielle de la cérémonie.

Sur cela, le gouverneur de la place von Hartmann prononça le discours officiel ; ce discours est certes assez long, mais nous le publions en intégralité car il reflète bien l’opinion des dirigeants allemands de l’époque : « Après que Strasbourg avait ouvert ses portes à Louis XIV, le roi reconnu que sa première mission était de sécuriser ce bien précieux par la modernisation des fortifications. Il chargea de cette mission son ingénieur le plus célèbre et le plus doué, Vauban. Les anciens bastions et redoutes, auxquels avaient œuvré les architectes militaires Specklin et Rimpler, ont été renforcés, les fossés ont été approfondis et régulés, un grand nombre d’ouvrages avancés ont été construits, la citadelle qui a été érigée était un modèle du genre reflétant l’art de la fortification de l’époque, sa jonction à l’enceinte urbaine de la ville a été réalisée, une ingénieuse zone inondable a été installée et protégée, tous les fronts de la forteresse étaient préparés contre toute attaque ennemie. Strasbourg était considérée comme une place imprenable. Cette ville d’Empire qui a gardé sa culture germanique derrière ses murs crénelés et préservée son indépendance grâce à l’appui de ses bastions, bien que l’Alsace eût été perdue, était devenue une place d’armes française, c’est-à-dire une place avancée base de départ des conflits contre l’Allemagne.

Les successeurs de Louis XIV ont renforcé Strasbourg, des plans dirigés contre l’Allemagne et sa puissance. Le fabuleux arsenal qui a été érigé contenait de nombreuses armes destinées à combattre l’Allemagne ; on a créé une fonderie de canons, des ateliers et des écoles militaires, qui avaient acquis très rapidement une réputation européenne. C’est de Strasbourg que partirent de nombreuses armées pour soumettre et dévaster l’Allemagne. Les portes de Strasbourg ont été baptisées des noms des victoires françaises.

Strasbourg était considérée comme une sentinelle inquiétante, avec laquelle le voisin menaçait la réunification et le déploiement de la puissance allemande. Les guerres de libération et les accords de paix de 1814 et 1815 avaient laissé l’Alsace et Strasbourg à la France. Avec la reconstitution de la puissance de la France, Strasbourg a repris le rôle qu’elle jouait auparavant. Les vieilles traditions françaises ont été reprises, les hommes politiques et les historiens français ont pour but permanent d’abaisser le développement de l’Allemagne, ce qui était le guide permanent de la politique française. Le deuxième empire estimait que son existence était compromise en cas d’unification allemande. Génial ! Pendant que la politique française prônait les anciens souvenirs et objectifs, elle délaissait sa défense, qui était très efficace auparavant. On oublia que la défense nécessite des moyens extraordinaires pour rester au niveau des progrès techniques de l’armement et des techniques militaires. On ne fit que très peu pour la défense de Strasbourg. La pensée que Strasbourg pourrait être assiégée était absente de l’esprit français. C’est ainsi que Strasbourg aborda la guerre de 1870 sans aucune préparation sur le plan matériel ou humain. Toutefois, cela engendra une longue lutte et dure lutte : du sang noble a coulé, d’importantes parties de Strasbourg ont été ruinées, avant que le drapeau tricolore français, défendu par un commandant courageux et valeureux n’ai été abaissé. Le 28 septembre 1870, les bannières allemandes flottaient à nouveau sur les bastions de Strasbourg.

Deux années se sont écoulées à présent, la paix a uni définitivement l’Alsace et la Lorraine au nouvel Empire allemand. C’était deux années de durs labeurs et de grande activité ; ce qui a été détruit devait être réparé, ce qui était trop vieux devait être renforcé. Par-dessus cela il fallait construire du nouveau. La nouvelle importance de Strasbourg en tant que capitale et point central d’une terre allemande située sur la rive gauche du Rhin, il fallait revoir à grande échelle sa sécurité et ses fortifications ; elles devaient être adaptées à la volonté énergique de l’empire uni, pour prouver qu’elle sera désormais inséparable de la nouvelle alliance ; elle devait avec la mise en œuvre des moyens phénoménaux par l’empire allemand, assurer sa défense. Les fortifications devaient donner de l’espace à la ville, nécessaire à sa nouvelle prospérité ; la ville doit allier son aisance avec sa sécurité ; ses admirables monuments et les locaux scientifiques ne doivent pas à nouveau être exposés à un bombardement, si la furie de la guerre devait à nouveau revenir par ici. C’est ainsi qu’a été réalisé le plan de ses fortifications, et nous nous sommes réunis ici pour la pose de la première pierre.

Sa Majesté l’Empereur a choisi ce jour pour procéder à cette cérémonie de pose de la première pierre, le jour de la capitulation de la place forte française de Strasbourg. C’est ainsi que cette cérémonie allie le passé avec l’avenir. Oui, nous commémorons aujourd’hui le jour où la place forte est tombée, nous nous souvenons des actions des contingents de l’armée allemande, qui nous a rendu notre vieille ville de l’empire allemand ; nous commémorons nos chers camarades, qui ont dû mettre en jeu leur sang et leur vie pour réussir cette œuvre, et ceux qui a présent reposent dans leur tombe sur cette nouvelle terre d’empire ; nous commémorons la valeur symbolique de la prise de Strasbourg qui a influencée la poursuite de la guerre ; nous nous rappelons qu’avec la prise de cette capitale, l’espoir de la rattacher avec l’Alsace à l’empire allemand est revenu ; nous rappelons encore une fois que la conquête de Strasbourg a permis de délivrer la ville de ses liens, et permet son développement dans une Allemagne libre.

Mais laissons le passé, et tournons notre regard vers l’avenir ; du nouveau renait, fort et puissant, et pour que vous saisissiez l’importance de ce nouveau, que l’on peut voir aux alentours, que la fête de ce jour a été transférée ici dans cette forteresse. A présent regardez vers le bas à partir de ce parapet, et vous voyez devant vous tout étendu la montagne frontière, qui sépare depuis 1 500 ans la langue allemande de celle de l’ouest. Là-haut sur les hauteurs et les cols, commence la vie française ; derrière la croupe de ces montagnes, s’arme, soustraite à nos yeux, l’attaque ennemie ; de chaque vallée qu’ils aperçoivent, entreront les armées ennemies avides de vengeance, auxquelles ont devra crier halte à partir de cette forteresse. Et regardez plus loin, là est étalée la joyeuse Alsace, une perle de l’empire, avec ses champs cossus, avec ses nombreux villages et masures, ses nombreuses églises dans lesquelles retentissent les vieux chants religieux allemands à la gloire de Dieu, et maintenant vous voyez l’étendue de la construction de cette forteresse, qui doit pour la germanité de l’Alsace, assurer l’appartenance de l’Alsace à l’empire allemand. Là juste derrière nous est Strasbourg, le symbole de l’art allemand, et c’est ici devant cette forteresse que doit être repoussée la marée qui tenterait d’arracher Strasbourg à l’empire. Plus loin reluit la bande cristalline du Rhin. Les remparts qui se dressent ici doivent rendre tout leur sens à ces mots de poète : le Rhin n’est pas la frontière de l’Allemagne, non, mais le fleuve de l’Allemagne !

Ici les passages d’un côté ou de l’autre doivent à nouveau se faire en sûreté, que ce soit en temps de paix comme en temps de guerre. Mais pour que l’on sache ce qu’il y a derrière nous, lorsque nous installons ici le fondement de la sécurité allemande, nous saluent de l’autre côté du Rhin ses gardiens fidèles, les montagnes allemandes, très étendues, du nord au sud ; ils nous apportent les salutations de l’empereur et de l’empire, de ses contes et de ses nombreuses tribus, qui nous disent, qu’ils allaient venir tous derrière les remparts, avec leur garde et tout leur savoir ; ils nous adressent les salutations du pays, et c’est pour sa liberté et son honneur que nous sommes ici dans cette forteresse.

Ce ne sont que peu de lunes qui sont allées dans le pays, depuis que nous étions à Strasbourg, le lieu de naissance d’une nouvelle création allemande ; la cérémonie d’aujourd’hui complète la première. A l’époque il s’agissait d’arriver à un lieu de mémoire de l’instruction et de la science allemande ; aujourd’hui nous inaugurons une place d’armes de la capacité de défense allemande.

Pour les deux, que ce soit la science ou la capacité de défense allemande, culmine la vie de notre peuple. Le peuple des penseurs est devenu, appelé par nos rois prussiens des Hohenzollern, un peuple en armes ! Où ils règnent dominent les créations de la science et l’honneur de l’homme. Et c’est ainsi qu’ils nous laissent aller à l’ouvrage de ce jour, à la pose de la première pierre de cette forteresse ; et nous y entreposons notre nouvelle promesse de fidélité ! Nous voulons être derrière notre empereur et notre empire ; nous y entreposons nos espoirs et nos souhaits ; que cette première pierre devienne une pierre angulaire de la sécurité et de la paisible vie allemande en l’honneur de notre empereur et la vie éternelle de notre patrie, et enfin nous y entreposons nos souhaits. Et si l’exubérance de l’ennemie devait s’en prendre à cette forteresse, alors que des hommes fiers au cœur vaillant se tiennent ici, qu’ils interviennent au risque de leurs biens, leur sang et leur amour, pour le pays qu’on leur a confié. Ainsi la forteresse et son pays resteront immuablement la propriété de l’empire allemand ! ».

Monsieur le lieutenant-colonel Grund, ingénieur de la place, a lu sur ceux le texte impérial du 7 novembre 1871, par lequel le plan de la construction des nouvelles fortifications de Strasbourg obtint l’approbation impériale.

Puis vint la signature du document par les invités les plus prestigieux qui s’avancèrent. Le document fut ensuite inséré dans le cylindre en fer blanc qui était préparé à proximité, en même temps que les plans du fort, l’annuaire prussien 1870-71 et d’autres documents. L’ensemble des invités rentra par la suite à l’intérieur du local, où tout avait été prévu pour la pose de la première pierre, et c’est là que son Excellence le général commandant frappa les trois coups de marteau symboliques. Les paroles qu’il prononça n’étaient pas très audibles à cause d’une météo avec beaucoup de vent, mais il a dit à peu près cela : « Ici s’érige sûrement et fidèlement la garde sur le Rhin ».

Son excellence le président supérieur von Möller prononce les paroles suivantes : « Que ce beau pays qui s’étend sous nos regards puisse évoluer favorablement sous la protection de ces remparts dans sa particularité et qu’il puisse être reconnaissant à l’Allemagne, qui l’a délivré il y a quelques semaines ».

Monsieur le Gouverneur : « Pour les amis une protection pour les ennemis un rempart ».

Monsieur le président du cercle Monsieur von Ernsthausen : « Vivat Floreat Crescat Germania ».

Monsieur le lieutenant-colonel Grund, ingénieur de la place : « Le premier coup pour celui qui ordonna la construction de l’ouvrage. Le deuxième pour celui qui l’a conçu. Le troisième, pour ceux qui ont réalisés l’ouvrage ».

Pendant que les troupes présentèrent les armes et que les drapeaux furent abaissés, le général commandant entonna un « Hurrah » à sa majesté l’empereur d’Allemagne, auxquels répond avec enthousiasme toute l’assemblée présente. La cérémonie se termina vers 12 heures par l’hymne national, suivi de « Heil dir im Sieggeskranze » (Soit loué celui qui porte les lauriers de la victoire) et par « Die Wacht am Rhein » (La garde au Rhin), puis par 21 coups de canons tirés par la 2ème batterie lourde « 2. Sschwere Batterie » du régiment d’artillerie de campagne n°15.

 

Lundi 30 septembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg garnison : cérémonies militaires à l’occasion du 61ème anniversaire de l’impératrice allemande.

Une gazette locale a publié cette nouvelle : « Strasbourg, 30 septembre 1872. A l’occasion du 61ème anniversaire de sa Majesté l’impératrice allemande, tous les musiques et groupes de tambours militaires des troupes en garnison ont participés au « Reveil » dénommé « Morgenreveille », et cet après-midi a lieu une grande parade militaire sur la place Broglie ».

 

Mardi 1er octobre 1872

 

Allemagne : Alsace-Lorraine, service militaire : mise à exécution de la loi militaire prussienne.

On sait que l’Alsace-Lorraine est soumise, à partir du 1er octobre de cette année, aux exigences du service militaire. Une ordonnance spéciale dispose que l’instruction du 26 mars 1868 sur les opérations de recrutement, dont nous avons donné l’analyse dans le numéro 4 du Bulletin militaire de l’étranger, va entrer en vigueur dans les provinces conquises ; elle porte à la connaissance des intéressés les mesures transitoires suivantes :

Il sera tenu compte, pour l’admission au volontariat d’un an, de la disposition particulière des Alsaciens-Lorrains. On se montrera facile dans les appréciations des conditions requises, qui ne seront exigées dans toute leur rigueur qu’à partir de 1877. Les jeunes gens nés en 1851 et en 1852 pourront être admis à servir comme volontaires d’un an, jusqu’au 1er octobre 1872 (D’après l’instruction du 26 mars 1868, les jeunes gens qui veulent être admis au volontariat d’un an doivent, en règle générale, se présenter avant le 1er février de l’année où ils ont accompli leurs vingt ans).

Les autorités de recrutement tiendront compte, dans une large mesure, des motifs d’exemption, invoqués par les jeunes gens de la classe de cette année, et pourront notamment dispenser du service militaire ceux d’entre eux qui étaient établis à l’étranger, ou qui étaient déjà mariés au moment de la publication de la loi du 26 mars 1872, qui a introduit le mode de recrutement allemand en Alsace-Lorraine. Seront également dispensés du service, les jeunes gens qui pourront prouver, par des pièces officielles, qu’ils ont servis dans les rangs de l’armée française, avant le 17 décembre 1870. Ces dispenses seront valables, même en cas de guerre. Le commandant du 15e corps d’armée et le président de province, qui constituent l’autorité de recrutement de troisième instance pour l’Alsace-Lorraine, prendront toutes les mesures nécessaires pour que les classes 1851 et 1852 puissent être incorporées le 1er octobre de cette année.

 

Mercredi 2 octobre 1872

 

France, armée d’occupation allemande : retard dans le processus d’évacuation.

L’évacuation projetée des deux départements de la Marne et de la Haute-Marne, qui devait s’effectuer le 15 octobre, parait devoir subir des retards. Le Journal des Débats dit à cette occasion : « Nous le disons à regret, mais ce n’est pas l’armée allemande qui est cause de ce retard. Elle était prête à partir le 22 septembre dans les délais prescrits et après le payement de la rançon de ces deux départements. Elle avait même ce jour-là, effectué presque entièrement une marche rétrograde pour prendre sas cantonnements dans les Vosges, les Ardennes, la Meuse et Meurthe-et-Moselle. Mais elle est obligée de faire volte-face et de retourner d’où elle était venue, au grand mécontentement de la population qui croyait déjà en être débarrassée. Les baraques destinées à leur logement ne sont pas encore achevées et on serait, par conséquent, obligé de les loger chez l’habitant ».

 

Allemagne, Colmar garnison : examen des volontaires d’un an.

Colmar, 1er octobre 1872. L’examen des aspirants au service militaire d’un an aura lieu ici les jeudi et vendredi, 3 et 4 de ce mois. Le nombre des jeunes gens qui se sont faits inscrire est vraiment surprenant, et se monte, d’après nos informations, à 74. La bienveillance que l’autorité joint à ces procédés est prouvée par le fait suivant : Parmi les candidats figurent 14 israélites ; comme il se trouve que les 3 et 4 sont des jours fériés pour les juifs, un de ces 14 jeunes gens a déclaré qu’un examen auxdits jours serait contraire à ses vues religieuses, tandis que les 13 autres se déclarèrent prêts à subir l’examen. La commission des examens, pour ne pas blesser les sentiments d’un seul, a décidé qu’elle se réunira en assemblée extraordinaire pour le 2 courant, à l’effet de soumettre ce dernier à un examen particulier.

 

Samedi 12 octobre 1872

 

France, Bayonne : incendie à l’arsenal.

Le journal Le Constitutionnel nous livre cet article : « Bayonne, 12 octobre. Un triste accident a eu lieu hier à une heure de l’après-midi à l’arsenal de Bayonne dans la cartoucherie. Une cartouche a pris feu dans les mains d’un homme par l’explosion de la capsule et le fau s’est communiqué aux cartouches que manipulaient les travailleurs voisins. Treize hommes ont été brûlés aux mains et au visage. On espère que leurs blessures n’auront pas de suites fâcheuses. Le commencement d’incendie a été promptement éteint ».

 

Dimanche 13 octobre 1872

 

France, Paris : le prince Napoléon au château de Millemont.

Le journal le Constitutionnel a publié les articles suivants suit à l’expulsion du prince Napoléon : « Nous lisons dans le Gaulois : L’arrestation de S.A.I. Mgr le prince Napoléon, dont la rumeur s’est répandue avant-hier soir dans Paris, n’est pas un fait accompli à l’heure où ces lignes seront sous les yeux de nos lecteurs » L’ârrêté suivant a été pris par le gouvenrment : « Ministère de l’intérieur. Sous-secrétaire d’Etat. Nous ministre de l’intérieur, d’après les ordres de M. le président de la République, le conseil des ministres entendus : Considérant que le prince Napoléon Bonaparte est entré en France sans avoir obtenu l’autorisation du gouvernement et en présentant à la frontière un passeport qui ne lui avait été remis que pour un cas déterminé ;

Arrêtons :

Art. 1er. Le prince Jérôme-Napoléon Bonaparte sera immédiatement reconduit à la frontière.

Art. 2. M. Patinot, chef de cabinet de M. le préfet de police est chargé de notifier la présente décision et d’en assurer l’exécution.

Art. 3. Les autorités civiles et militaires sont invitées à donner assistance pour l’exécution du présent arrêté.

Le ministre de l’intérieur.

Pour le ministre de l’intérieur, le sous-secrétaire d’Etat, Calmon ».

« Départ du prince Napoléon. Nous lisons dans le Soir : La prince Napoléon a quitté Paris aujourd’hui à deux heures. Ce matin, au point du jour, un commissaire de police, accompagné par la gendarmerie, s’était présenté à la porte du château de Millemont chez M. Maurice Richard ; mais il n’avait pu entrer qu’après avoir exhibé son écharpe, le propriétaire ayant déclaré qu’il empêcherait par la force l’introduction de tout agent qui ne serait pas muni de pouvoirs réguliers. D’ailleurs tous les gardes-chasses de la propriété étaient réunis, comme pour témoigner de la résistance que M. Maurice Richard était disposé à opposer. Le commissaire de police ayant justifié de son identité, il a pu pénétrer dans le château et faire connaître l’objet de sa mission. Le prince Napoléon a déclaré de nouveau qu’il ne céderait qu’à la force et qu’il ne partirait que si on lui mettait la main au collet. Cette formalité ayant été remplie, le prince Napoléon et la princesse Clotilde sont montés en voiture après avoir prévenu que si on cessait de les faire escorter ils se considéraient comme dégagés et reprendraient leur liberté. C’est donc accompagné par deux gendarmes et par M. Maurice Richard, qui n’a point voulu quitter ses hôtes, que le prince Napoléon et sa femme arriveront en Suisse ».

 

Jeudi 31 octobre 1872

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, garnisons : emplacement de troupes.

D’après une nouvelle répartition des troupes, ordonnées le 31 octobre 1872, et qui sera mise à exécution le 1er janvier 1873 :

La 5e compagnie du régiment d’artillerie n°2 doit se rendre de Colberg à Belfort.

Les 7e et 8e compagnies du régiment d’artillerie n°2 doit se rendre à Strasbourg.

La 3e compagnie du régiment d’artillerie n°6 doit se rendre de Neisse à Belfort.

Les 5e et 6e compagnies du régiment d’artillerie n°8 doivent se rendre de Sarrelouis à Metz.

La 7e compagnie du même régiment, qui se trouve actuellement faire partie de l’armée d’occupation, doit également, à la même date, prendre garnison à Metz. La 8e, en ce moment à Thionville, l’y rejoindra, quand les travaux d’armement de cette dernière place le permettront.

 

Vendredi 1er novembre 1872

 

Vendredi 1er novembre 1872 : Allemagne, armée : la nouvelle organisation de l’artillerie prussienne.

Une revue militaire française a publié les informations suivantes sur la nouvelle organisation de l’artillerie prussienne : « L’expérience de la guerre de 1870 avait révélé certaines imperfections de l’organisation de l’artillerie prussienne et, dès la fin de la campagne, on cherchait les moyens d’y remédier. Les études nombreuses faites sur ce sujet par les écrivains militaires ou dans la presse allemande en général témoignèrent de l’intérêt qu’on attachait à cette question. Un ordre de cabinet du 18 juillet 1872 avait déterminé les modifications à introduire ; un second ordre du 4 septembre 1872 les rend exécutoires à partir du 1er novembre et fixe la manière dont elles devront provisoirement s’accomplir.

D’après l’ordre du 18 juillet 1872, l’artillerie de campagne de la garde et celle des onze premiers corps comprendra une brigade composée de deux régiments. Dans chacun de ces corps, un des régiments comptera trois divisions à trois batteries, et l’autre deux divisions à quatre batteries, dont, jusqu’à nouvel ordre, deux sont armées de pièces de 9 centimètres et les deux autres de pièces de 8 centimètres.

Le régiment d’artillerie de campagne de la Hesse conservera son organisation actuelle et continuera d’appartenir au 11ème corps, qui comptera ainsi trois régiments.

L’artillerie de campagne du 14ème corps formera, pour le moment, une brigade de deux régiments. L’un d’eux doit comprendre une division à quatre batteries lourdes, une à trois batteries légères, et de plus une batterie à cheval ; l’autre comprendra deux divisions à quatre batteries.

L’artillerie de campagne du 15ème corps ne comptera qu’un régiment à deux divisions de quatre batteries. La division à cheval, attachée jusqu’ici à ce régiment, est dissoute, et les trois batteries qui la constituaient retournent aux 8ème, 9ème et 11ème corps, auxquels elles appartenaient précédemment.

D’après cela, il faudra donc créer deux batteries lourdes dans la garde et les 11 premiers corps, et transformer en batteries lourdes deux des batteries légères actuelles.

Le 14ème corps sera augmenté de 6 batteries nouvelles, dont trois seront créées à l’automne de l’année prochaine.

Le nombre réglementaire des batteries à cheval sera diminué de trois ; mais il faut remarquer que trois de ces batteries n’avaient pas encore été réellement constituées, en sorte que le chiffre réel reste le même que précédemment, savoir trente-huit.

En passant, notons que, contrairement à l’opinion répandue, une batterie à cheval ne coûte que 5 000 Thalers (18 750 fr.) de plus qu’une batterie montée, et non pas 20 000 (75 000 fr.).

La composition en hommes et en chevaux reste la même pour les batteries à cheval, et celle des batteries montées est modifiée. On supprime un sous-officier de troisième classe, un Gefreite et quatre hommes. Jusqu’à nouvel ordre, l’effectif de ces batteries comprendra trois chevaux en moins.

Les capitaines de troisième classe de l’artillerie de campagne et de l’artillerie de forteresse seront supprimés, ainsi que les directeurs des ateliers de l’artillerie de campagne. Le nombre des officiers supérieurs d’artillerie attachés aux places fortes ou directeurs des dépôts d’artillerie sera réduit de quarante-quatre à seize (pour les places les plus importantes), les autres emplois seront donnés par moitié aux capitaines de première classe et à ceux de la deuxième.

Chaque brigade d’artillerie recevra, au contraire, un officier supérieur de plu.

Tous les capitaines présents dans les régiments, ainsi que tous les lieutenants qui comptent à l’effectif, reçoivent pour leur service un cheval appartenant à la batterie et qui suit l’officier lorsque celui-ci change de position sans quitter le régiment. Le commandant de la batterie reçoit de plus une ration légère pour l’entretien d’un cheval à lui appartenant.

Les régiments et les divisions d’artillerie de forteresse conserveront l’organisation qu’ils possèdent actuellement et seront désignés par les dénominations de régiments ou bataillons d’artillerie à pied, en ajoutant le nom de la province, comme par le passé.

L’effectif actuel des compagnies à cent hommes sera augmenté de deux Gefreite et dix-sept canonniers, et celles qui comptent aujourd’hui cent quarante-six hommes seront réduites aussi à ce même effectif. Provisoirement, les compagnies détachées en Alsace-Lorraine, ainsi que les compagnies du bataillon d’artillerie à pied de Sleswig n°9, conserveront leur effectif de cent quarante-six hommes, et toutes les autres ne seront augmentées que de seize hommes.

L’effectif du personnel des artificiers comptera douze lieutenants en plus.

Jusqu’à nouvel ordre, l’artillerie de campagne continuera de dépendre d’un côté de l’inspection générale et de l’inspection d’artillerie, et de l’autre du commandant du corps d’armée.

Les régiments et les bataillons indépendants de l’artillerie cesseront de faire partie des brigades et dépendront directement de l’inspection de l’artillerie, à laquelle ils appartiennent.

Pour toute l’artillerie de campagne ou de forteresse, les commandants de régiments auront les mêmes droits et la même responsabilité, particulièrement au point de vue du recrutement des officiers, que les commandants des régiments des autres armes. Comme on sait, ces droits et ces devoirs étaient dévolus aux commandants des brigades d’artillerie, par suite de la réunion des artilleries de campagne et de forteresse.

La première répartition des officiers entre les deux espèces d’artillerie est réservée à la décision du roi. Dans la suite, les passages de l’artillerie de campagne dans l’artillerie à pied et réciproquement, pour les capitaines et les lieutenants, ne pourront se faire qu’avec l’assentiment du chef de l’Etat.

Les changements à introduire dans l’uniforme de l’artillerie de campagne ou de l’artillerie à pied seront l’objet de dispositions ultérieures.

Pendant toute la durée de ce provisoire, le nombre et les emplois des officiers, médecins et employés seront conformes à l’effectif entretenu de paix, d’après le budget actuel. Les places créées par suite de la nouvelle organisation seront données à des officiers comptant à l’effectif normal budgétaire. Ces officiers recevront, à titre d’indemnité extraordinaire, le supplément de solde et d’accessoires correspondant à leur nouvelle position, et toucheront les rations attribuées à leur nouvel emploi.

On ne nommera plus de capitaines de troisième classe. Les officiers de cette catégorie, qui n’auraient pas été classés comme commandant de batterie, de compagnie ou de dépôt d’artillerie, seront comptés à l’effectif des premiers lieutenants.

Les régiments, divisions, batteries d’artillerie, de nouvelle création, n’ont pas encore reçu de dénominations définitives. Les régiments d’artillerie de campagne seront désignés de la façon suivante :

Régiment d’artillerie de campagne de la garde, artillerie de corps.

Régiment d’artillerie de campagne de la garde, artillerie divisionnaire.

Régiment d’artillerie de campagne de la Prusse orientale n°1, artillerie divisionnaire, etc.

Les divisions de nouvelle formation seront appelées :

Division de campagne provisoire du régiment d’artillerie de campagne de la Prusse orientale n°1, artillerie de corps (ou divisionnaire).

Toutes les autres seront dénommées :

Première, deuxième, etc. division de campagne (ou à cheval) du régiment d’artillerie de campagne de la Prusse orientale n°1, artillerie de corps (ou divisionnaire).

Les batteries de nouvelle création seront appelées : « Première, deuxième, etc. batterie provisoire ».

En raison des conventions militaires qui existent entre la Prusse d’une part, et d’autre part la Saxe, le Wurtemberg et la Bavière, conventions dont nous avons eu plus d’une fois l’occasion de parler, l’ordre de cabinet du 4 septembre 1872 ne concerne pas l’artillerie des douzième et treizième corps ni celle des deux corps bavarois.

La Saxe ayant seize batteries, dont deux à cheval, le Wurtemberg douze batteries, et la Bavière trente-deux, dont quatre à cheval, on voit que, jusqu’à nouvel ordre, l’armée allemande comptera deux cent quatre-vingt-quatorze batteries, dont deux cent cinquante montées et quarante-quatre à cheval, soit au total 1 764 canons attelés ».

 

Mercredi 6 novembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg fortifications : expropriation sur le ban de Holtzheim pour la construction des fortifications.

La presse locale a publié ce communiqué le 6 novembre 1872 : « Communiqué. Avis. En conséquence de l’acte dressé le 25 octobre 1872 par le directeur impérial d’arrondissement « kaiserliche Kreisdirektor » Hasse à Erstein, mandaté par le président impérial de Basse-Alsace « kaiserliche Präsidenten des Unter-Elsas », les personnes nommées ci-dessous dont les parcelles ont été expropriées conformément à l’ordonnance impériale du 11 avril 1872 ordonnant les expropriations au profit de l’agrandissement de la place forte de Strasbourg, ces parcelles sont cédées librement à l’Empire allemand contre dédommagements. Le montant des dédommagements qui ont été fixés doivent être payés dès que les conditions prévues par le titre III de la loi du 3 mai 1841, en ce qui concerne la liberté de tout privilège ou hypothèques seront remplies. Ban communal de Holtzheim, lieudits… ».

Strasbourg, le 28 octobre 1872. Kaiserliche Fortifikation. Grund, Oberst-Lieutenant und Ingenieur vom Platz.

Bilan : Expropriation de 41 parcelles du ban communal de Holtzheim, sur les lieudits suivants : Auf die Werb im Grimling, Auf der Werb nach dem Erwerbstitel im Burgholz, Auf die weitete Klamm im Grimling, Beim Durchweg, Beim Gefrücht, Gewand beim Burgweg, Gewand beim Durchgang im Burgholz, Jenseitz der Werb, Jenseitz der Werb auf die Lingolsheimerstrasse, Über dem Pfad. Surface totale : 483,96 ares pour un prix variant entre 140 et 175 F / are.

 

Vendredi 8 novembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : adjudication de prestations par le service impérial des fortifications pour l’année 1873.

Avis. Adjudication pour la fourniture en 1873, au profit de la place forte, de matériaux et des prestations suivantes : des travaux de maçonnerie,             des travaux de tailleurs de pierres, des travaux de couvreurs, des travaux de charpentiers, des travaux de menuisiers, des travaux de forge et de serruriers, des travaux de plomberie, des travaux de peinture, des travaux de vitrerie, des travaux de pavage et des prestation de transport, qui doivent être attribués par voie de soumission pour la date suivante du : Lundi le 9 décembre vers, le matin à 10 heures, au Bureau du service des fortifications locales, les conditions d’exécutions peuvent être consultés, pendant les heures de bureau. Strasbourg, le 8 novembre 1872. Le Service de Fortification impérial.

 

Dimanche 17 novembre 1872

 

Allemagne, armée : organisation de l’artillerie à pied.

Un journal local nous livre des informations relatives à l’organisation de l’artillerie à pied (artillerie de siège et de forteresse) : « Strasbourg, le 17 novembre 1872. En ce qui concerne les dislocations de l’artillerie à pied, les modifications suivantes, qui entreront en vigueur le 1er janvier, viennent d’être ordonnées. L’arrivée du “Pommerschen Fussartillerie-Regiment Nr. 2, son état-major du 2e bataillon, la 7e et 8e compagnie venant respectivement de Colberg et de Stralsund, viennent à Strasbourg ; la 5e compagnie passe de Colberg à Belfort, la 3e compagnie du “Schlessischen Fussartillerieregiment” quitte Neisse pour Belfort ; la 5e et 6e compagnie du 2e bataillon du “Rheinische Fussartillerieregiment Nr. 8” ainsi que son état-major du 2e bataillon quitte Sarrlouis pour Metz.

Au cours de la même période, Metz deviendra la garnison de temps de paix de la 7e compagnie du “Rheinische Fußartillerieregiment Nr. 8” de l’armée d’occupation en France, alors que la date du transfert de la 8e compagnie de ce régiment, de Thionville à Metz, en raison des impératifs de mise en état de défense de cette première place, sera décidée par le ministre de la guerre. En effet le ministère de la guerre doit se prononcer ultérieurement sur l’effectif des garnisons des places fortes de Sarrelouis et Thionville en ce qui concerne les détachements d’artillerie à pied. Pour la mise en route des détachements pour Belfort, les commandements concernés les mettront sur pied avec un effectif du temps de paix ».

 

Jeudi 21 novembre 1872

 

Allemagne, garnison de Strasbourg-Kehl : exercices de destruction de voies ferrée.

Une note française de de renseignement nous livre cette information : « Renseignements sur la destruction des voies ferrées. 21 novembre 1872 : expériences de destruction des voies ferrées avec des cartouches de dynamite, près du port de Kehl, par le bataillon de pionniers de Strasbourg en présence du général bavarois Hartmann ».

 

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de travaux au profit du mess des Officiers.

La presse locale et officielle a publié cette adjudication : « Pour le bâtiment arrière du mess des officiers de la garnison « Hintergebäude des Offizier-Casinos » place Broglie à Strasbourg, les travaux suivants doivent être adjugé en procédure publique :

1. Couverture du toit avec des tuiles en couverture double.

2. Asphaltage de la buanderie et de la base de la cave « Kellersohle ».

3., 4., 5. Exécution des travaux nécessaires de menuiserie, de serrurerie et de plomberie.

La date de l’adjudication est fixée au 21 novembre (1872), le matin à 10 heures, au bureau de la direction des travaux de garnison « Garnison-Bau-Direction ». Strasbourg, le 6 novembre 1872. L’administration impériale de garnison « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

 

Vendredi 22 novembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication pour la livraison de matériaux pour le magasin des voitures de pont d’équipage.

La presse locale a publié cette adjudication : « Pour le magasin des voitures à ponts d’équipage « Ponton-Wagenhaus » à la Citadelle de Strasbourg doit être adjugé la livraison et le stockage des matériaux suivant :

1) 10 portes en fer forgé « schmiedeeiserne Thore » von Eisenblech en deux dimensions différentes ;

2) 129 fenêtres en fer forgé « schmiedeeiserne-Fenster » en « Façon-Eisen » en quatre dimensions différentes ;

3) 35 fenêtres de toit en fonte « Gußeiserne-Dachfenster ».

4) Environ 1 422 kg de fer forgé « Schmiedeeisen » (cornières ou fers plats) ;

5) Environ 714 kg de fonte « Gußeisen ».

L’adjudication est fixée au 22 novembre (1872), le matin à 10 heures, au bureau de la direction des travaux de la garnison de Strasbourg, Schiffleutstraße Nr. 11 et les artisans qualifiés ou les fabricants sont priés de déposer leurs offres avant l’adjudication. Strasbourg, le 5 novembre 1872. La direction impériale des constructions de garnison « Kaiserliche Garnison-Bau-Direction ».

 

Samedi 23 novembre 1872

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, armée : destruction de voies ferrées par la cavalerie.

Les différents régiments de cavalerie de l’Alsace-Lorraine et ceux de l’Armée d’occupation viennent de s’exercer à la destruction des chemins de fer au moyen de cartouches de dynamite (Strassburger Zeitung, 23 novembre 1872).

 

Mercredi 27 novembre 1872

 

Allemagne, armée : bataillon des chemins de fer.

Le Militair Wochenblatt du 27 novembre 1872 donne une liste des officiers du Beurlaubtenstandt classés, par décision du 21 novembre 1872, dans la réserve et la landwehr du bataillon des chemins de fer. Le total de ces officiers, premiers ou seconds lieutenants, affectés ainsi à ce service spécial est, de 43 officiers de réserve, dont 4 des pionniers, 9 de l’artillerie et 30 de l’infanterie et de la cavalerie, et 118 officiers de landwehr, dont 13 des pionniers, 15 de l’artillerie et 90 de l’infanterie, de la cavalerie et du train.

 

Samedi 7 décembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : réunion relative au projet de nouvelle gare.

Un journal a publié cet article : « Strasbourg, le 7 décembre 1872. Ce matin vers 10 heures, se rassemblèrent sur l’invitation du président de Basse-Alsace au « Bezirks-Präsidial-Gebäude » des représentants des autorités municipales et du service des fortifications, pour voir le projet de nouvelle gare de Strasbourg développé par la direction générale impériale des chemins de fer d’Alsace-Lorraine « General-Direction der Reichs-Eisenbahnen in Elsaß-Lothringen », qui doit être érigée hors des remparts actuels entre la porte de Kronenbourg « Kronenburgerthor » et porte Blanche « Weissthurmthor », et qui avait émis le souhait d’une réunion, où l’on abordera les principaux points, le nivellement de la gare et les accès, pour décider du tracé des accès ».

 

Lundi 9 décembre 1872

 

Allemagne, Strasbourg place forte : adjudication de prestations par le service impérial des fortifications pour l’année 1873.

La presse locale a publié cet avis « Adjudication pour la fourniture en 1873, au profit de la place forte, de matériaux et des prestations suivantes : des travaux de maçonnerie, des travaux de tailleurs de pierres, des travaux de couvreurs, des travaux de charpentiers, des travaux de menuisiers, des travaux de forge et de serruriers, des travaux de plomberie, des travaux de peinture, des travaux de vitrerie, des travaux de pavage et des prestation de transport, qui doivent être attribués par voie de soumission pour la date suivante du : Lundi le 9 décembre vers, le matin à 10 heures, au Bureau du service des fortifications locales, les conditions d’exécutions peuvent être consultés, pendant les heures de bureau. Strasbourg, le 8 novembre 1872. Le Service de Fortification impérial ». Ce type d’adjudication est publié tous les ans.

 

Mercredi 11 décembre 1872

 

Allemagne, fortifications : démantèlement d’Efurt, de Wissembourg et de Lauterbourg.

Il n’existe encore aucun ordre connu prescrivant le démantèlement d’Erfurt ; mais les faits tendent à prouver que la chose est décidée. On a en effet déjà commencé à démolir quelques ouvrages de fortification, et à transporter le matériel, partie vers Magdebourg, partie vers la province du Rhin, particulièrement sur Coblentz. Le génie a fait, avec l’administration du chemin de fer de Thuringe, un contrat d’après lequel cinq wagons au moins doivent être mis journellement à la disposition de l’autorité militaire pour enlever le matériel de la place.

On s’attend aussi au démantèlement de Wissembourg et de Lauterbourg qui ont perdu toute valeur défensive. Une commission mixte s’est rendue sur les lieux, à la fin du mois d’octobre, pour étudier la question. (Allgemeine Zeitung).

 

Allemagne, Alsace-Lorraine, Metz : travaux exécutés par les Allemands dans les forts de Metz.

Un journal local a publié cette information : « Les ouvrages extérieurs des forts de Metz, commencés par les Français en 1867, ont été considérablement augmentés par les Allemands. Le Saint-Quentin présente actuellement, par la grande quantité de terre qu’il a fallu remuer, l’aspect d’une immense fourmilière. Un chemin couvert le relie au fort de Plappeville.

Le Saint-Julien sera également bientôt terminé. Le fort de Queuleu exigera encore quelque temps pour son achèvement, quoique 1 300 hommes y aient travaillé chaque jour pendant l’été. Un chemin de fer atmosphérique le relie à Peltre, permettant ainsi d’y faire arriver facilement tous les matériaux de construction. On travaille activement au fort Saint-Privat. Une caserne est déjà terminée ».

 

Samedi 21 décembre 1872

 

Autriche-Hongrie, armée : essais du canon revolver de Hotchkiss.

Une revue militaire a publié cette information : « On a essayé récemment au polygone de Steinfeld un canon-revolver, système Hotchkiss perfectionné. Ce canon, qui ressemble aux canons Gatling, est formé de six canons accolés, d’un diamètre d’un pouce et demi. Il lance des projectiles explosifs d’un poids un peu plus grand que celui qui a été fixé comme minimum par la convention de Saint-Pétersbourg. Dans ses expériences on a trouvé le mécanisme du canon simple et commode, et la précision du tir suffisante lorsque l’on enflammait les cartouches successivement. Mais dans les deux d’ensemble les cartouches se sont montrées défectueuses, et un dérangement dans le mécanisme a forcé d’interrompre les expériences de cette nature ». Il s’agit là d’une arme qui équipera les forts allemands et français, pour la défense rapprochée des ouvrages.

 

Mardi 31 décembre 1873

 

Allemagne, Metz place forte et garnison : arrivée d’une partie du Fuss.Art.-Rgt Nr 8.

La presse nous livre l’information suivante : « Metz, 1 janvier 1873. Hier, sont arrivés dans la garnison : l’état-major et 2 compagnies du 2e bataillon « Rheinische Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 8 » s’installent dans la garnison ».

 

Sources

 

S0111

Grabau, Albert, Dr., Major a.D. : Das Festungsproblem in Deutschland und seine Auswirkung auf die strategische Lage von 1870-1914 ; Junker und Dünnhaupt Verlag Berlin ; 1933.

 

S0155

Straßburger-Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß 1872.

 

S0476

Revue militaire de l’étranger n°69 du 11 décembre 1872, tome 2.

 

S0568

Le Temps 1872 (journal quotidien).

 

S0927

Jung, Premierlieutenant im Feldartillerie-Regiment Nr. 15 : Geschichte des Königliche Preussischen Feldartillerie-Regiment Nr. 15 und seiner Stamm-Batterien ; Ernst Siegfried Mittler und Sohn, Berlin, 1896.

 

S0596

Schirmer, Hermann, Generalleutnant a.D. : Das Gerät der Artillerie vor, in und nach dem Weltkrieg, V. Teil : Das Gerät der schweren Artillerie, Verlag Bernard & Graefe, Berlin, 1937.

 

S1000

Informations, documents et illustrations provenant de divers sites Internet.

 

S1940

Bearbeitet von Wienfried Bließ : Die Festungspläne des preußischen Kriegsministeriums – Ein Inventar Teil 1 – Band 59,2 ; Veröffentlichungen aus den Archiven preußischer Kulturbesitz, Herausgegeben von Jürgen Klosterhuis und Dieter Heckmann, Böhlau Verlag, Köln, Weimar, Berlin, 2008.

 

S2177

Auteurs divers : Revue d’Artillerie – Tome 1er – Octobre 1872 – mars 1873.

 

S3550

Site Internet Wikipedia. Documents, illustrations et textes divers provenant de ce site.

 

S3553

Le Constitutionnel n°287 du 13/10/1872.

 

S3585

Fortifikation ; Ausgabe 17 – 2003, Interfest Studienkreis e.V., Saarbrücken :

Faesi, Peter : Die Linea Cadorna – das italienische Réduit, p. 4-20.

Lacoste, Werner : Versuch einer Zusammenstellung der der Ära Biehler zuzuordneden Forts, Zwischenwerke und ihrer Weiterentwicklungen von 1872 – 1890, p. 21-38.

Brouwers, Florian : Die Festung Salses im Roussillon (Südefrankreich), p. 39-57.

Lacoste, Werner : Der Hartmannsweiler Kopf und sein festungsmässiger Ausbau im Ersten Weltkrieg, p. 58-77.

Striffler, Robert : Eine Anweisung für Laien zur Ausspionierung von Befestigungen im Ausland, p. 78-86.

Lacoste, Werner, Theile, Markus : Erkenntnisse zur Aufstellung von Panzertürme der Landesbefestigung aus dem Jahre 1877, p. 87-105.

 

 

Archives & Bibliothèques

 

AVES = Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg.

AD-67 = Archives départementales du Bas-Rhin ; Strasbourg.

BCGS = Bibliothèque du cercle de garnison de Strasbourg (fermée, ouvrages seront transférés).

BNF = Bibliothèque Nationale de France

BNUS = Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg

BMS = Bibliothèques Municipales de Strasbourg.

BA = Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

BA-MA = Bundesarchiv Abteilung Militärarchiv, Freiburg

GSTaPK = Geheimes Staatsarchive Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

GLAKa = Generallandessarchiv Karlsruhe

BA-St = Bundesarchiv, Stuttgart.

SHD = Service Historique de la Défense, Vincennes.

 

Archives personnelles, collections, dessins, photographies, relevés sur le terrain, de sources privées

 

BA = Brauch Andre

MJR = MOHR-JOERGER Richard

 

Sites Internet

 

BNF – Gallica : accès aux ouvrages en ligne de la Bibliothèque Nationale de France et autres sites associés :

https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/content/accueil-fr?mode=desktop

 

Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

https://www.bundesarchiv.de/DE/Navigation/Home/home.html

 

Site très complet recensant les fortifications françaises 1874-1918 environ :

https://www.fortiffsere.fr/

 

Arme du Génie et fortifications diverses

https://franchissement.forumgratuit.org/

 

AVES Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg

https://archives.strasbourg.eu/