1904
Chroniques 1904
Dernière mise à jour : 08 / 01 / 2026
Auteur de la page : MJR.
Fortifications, ouvrages en cours de construction ou de modernisation
Les opérations en cours sont surlignées en gras.
Allemagne – Empire allemand
Cette rubrique concerne les fortifications allemandes en cours de construction ou de modernisation, sur le territoire allemand, en tenant compte des frontières de l’année en cours.
Allemagne Front Ouest
Place forte de Metz
Dénomination : Feste Graf Haeseler – Groupe fortifié Verdun.
Construction : 1899-1905.
Source : S0275, p. 154.
Dénomination : Feste Kaiserin – Groupe fortifié Jeanne-d’Arc.
Construction : 1899-1908.
Source : S0275, p. 154.
Dénomination : Feste Kronprinz – Groupe fortifié Driant.
Construction : 1899-1905.
Source : S0275, p. 154.
Dénomination : Feste Wagner – Groupe fortifié Aisne.
Construction : 1904-1910.
Source : S0275, p. 154.
Dénomination : Feste Lothringen – Groupe fortifié Lorraine.
Construction : 1899-1905.
Source : S0275, p. 154.
Dénomination : Wolfsberg-Stellung – Ouvrage Kellermann.
Construction : 1904-1906.
Source : S0275, p. 154.
France
Place forte de Verdun
Dénomination : Fort de Bois-Bourru.
Construction : 1881-1887.
Modernisation : 1892-1894 ; 1904-1907 ; 1913.
Source : S275, p. 149.
Dénomination : Fort de Dugny.
Construction : 1875-1877.
Modernisation : 1904.
Source : S275, p. 149.
Dénomination : Fort de Vaux.
Construction : 1881-1884.
Modernisation : 1889 ; 1895 ; 1904-1906 ; 1910-1912.
Source : S275, p. 149.
Dénomination : Ouvrage de Charny.
Construction : 1887-1888.
Modernisation : 1902-1904.
Source : S0275, p. 149.
Dénomination : Ouvrage de Froideterre.
Construction : 1887-1888.
Modernisation : 1902-1905.
Source : S275, p. 149.
Dénomination : Ouvrage de La Laufée.
Construction : 1887-1888.
Modernisation : 1904-1905 ; 1913.
Source : S275, p. 149.
Dénomination : Ouvrage de Thiaumont.
Construction : 1887-1888.
Modernisation : 1902-1905.
Source : S275, p. 149.
Place forte de Toul
Dénomination : Fort de Bruley.
Construction : 1885-1887.
Modernisation : 1904-1907.
Armement : 1 tourelles de 75 ; 1 tourelle de mitrailleuses ; 2 observatoires cuirassés ; 1 casemate de Bourges.
Source : S0275, p. 151.
Dénomination : Fort de Lucey.
Construction : 1876-1880.
Modernisation : 1889 ; 1904-1906.
Armement : 2 tourelles de 75 ; 4 tourelles de 155 (1 tourelle Mougin au fort, 1 tourelle tournante extérieure, 2 tourelles à éclipse en batterie extérieure) ; 8 observatoires cuirassés.
Source : S0275, p. 151.
Dénomination : Fort de Trondes.
Construction : 1876-1877.
Modernisation : 1889 ; 1906-1909.
Armement : 1 tourelles de 75 ; 1 tourelle de mitrailleuses ; 2 observatoires cuirassés.
Source : S0275, p. 151.
Dénomination : Ouvrage de La Cloche.
Construction : 1902-1906.
Armement : 1 tourelles de 75 ; 1 observatoires cuirassés ; 1 casemate de Bourges.
Source : S0275, p. 151.
Place forte d’Epinal
Dénomination : Ouvrage de Deyvillers.
Construction : 1900-1908.
Type : Fort détaché de ceinture.
Armement : 1 tourelle de 75 ; 2 tourelles de mitrailleuses ; 3 observatoires cuirassés ; 2 casemates de Bourges.
Source : S0275, p. 152.
Forts de rideaux
Dénomination : Fort de Gyromagny.
Construction : 1875-1879.
Modernisation : 1889 ; 1899-1913.
Type : Fort de rideaux.
Armement : 2 tourelles de 155.
Source : S0275, p. 153.
Forts d’arrêt
Dénomination : Fort de Frouard.
Construction : 1879-1883.
Modernisation : 1894 ; 1901-1907.
Type : Fort d’arrêt.
Armement : 1 tourelle de 75 ; 2 tourelles de 155 (1 sur batterie de l’Eperon à proximité) ; 3 tourelles de mitrailleuses ; 7 observatoires cuirassés ; 1 tourelle de projecteur à éclipse.
Source : S0275, p. 153.
Batterie
Dénomination : Batterie de l’Eperon.
Construction : 1879-1883.
Modernisation : 1901-1907.
Type : Batterie d’artillerie.
Armement : 1 tourelles de 155.
Source : S0275, p. 153.
Chroniques 1904 divers
Allemagne, Molsheim – Mutzig : Construction de la route d’accès de Soultz-les-Bains.
Feste Kaiser Wilhelm II, groupe fortifié de Mutzig : En 1903 – 1904, construction de la route en provenance de Soultz-les-Bains « Kriegsstrasse » qui passe par le Kaltenbronn jusqu’au groupe fortifié.
Source : S1251, p. 135.
Allemagne, Molsheim – Mutzig : Construction de la batterie n°6.
Feste Kaiser Wilhelm II, groupe fortifié de Mutzig : De 1904 à 1906, de construction de la batterie cuirassée n°6, équipée de 4 canons de 10 cm PT, sous coupole blindée sur la hauteur 374. Cette batterie sera destinée au flanquement de la position de la Bruche « Breuchstellung » et le bombardement du passage étroit de la vallée de Wasselonne. La décision de construire cette batterie avait été prise par l’ordonnance impériale du 9 avril 1901. Elle croisera ses feux avec une batterie identique dénommée batterie des Cerisiers, installées sur les hauteurs de Niederhausbergen, près de Strasbourg.
Source : S1251, p. 135.
Allemagne, Molsheim – Mutzig : Début de construction du poste de commandement n°2.
Feste Kaiser Wilhelm II, groupe fortifié de Mutzig : Construction du poste de commandement n°2 du groupe fortifié de Mutzig, sur la hauteur 375 « Kommandeurstelle II » de 1904 à 1905 et du poste d’observation de secours « Hilfsbeobachter » du fort Est « Ostfort ».
Source : S1251, p. 135.
Allemagne, Mutzig, Feste Kaiser Wilhelm II : Officier ingénieur de la place.
En 1904, le Major Thelemann est l’officier Ingénieur de la place. Les noms des officiers ont été recherchés dans l’annuaire de l’armée royale et prussienne « Ranglisten » pour les années 1900-1914.
En temps de paix la Feste K.W.II. ne disposait pas de commandant, cependant uniquement l’officier ingénieur de la place « Ing. Offz. v. Platz » en tant qu’officier le plus gradé des autorités du service des fortifications « Festungsbehörde ».
Source : S1251, p. 172.
Mercredi 27 janvier 1904
Allemagne : Association prussienne des anciens militaires.
Un ordre de Cabinet, du 27 janvier 1904, a nommé le Prince héritier président d’honneur de l’Association prussienne des anciens militaires.
Source : S0468, n°916, de mars 1904, p.269.
Jeudi 28 janvier 1904
Empire allemand : Emploi et promotion des soldats ordonnances.
En vertu d’une décision ministérielle du 28 janvier 1904, il est interdit d’employer comme soldats ordonnances des militaires possédant le grade de Gefreite et comptant à ce titre dans l’effectif budgétaire ; en outre, les ordonnances ne pourront plus, soit pendant leur temps de présence sous les drapeaux, soit à l’époque de leur libération, être nommés Gefreite en surnombre, à moins qu’ils ne soient rengagés.
Source : S0468, n°916, de mars 1904, p.269.
Février 1904
Budget des chemins de fer d’Alsace-Lorraine pour 1904.
Le projet de budget des chemins de fer d’Empire pour 1904 contient, au titre des dépenses extraordinaires, les demandes de crédits suivants, applicables au réseau d’Alsace-Lorraine :
Construction d’une ligne secondaire à voie normale de Metz à Château-Salins (6e annuité) : 750 000 francs ; aménagement d’une gare de triage près de Strasbourg et quadruplement de la voie sur la section Strasbourg-Vendenheim (5e annuité) : 2 500 000 francs ; agrandissement de la gare de Colmar (5e annuité) : 1 875 000 francs ; doublement de la voie sur la section Hagondange (dernière annuité) : 781 250 francs ; création d’une gare de triage à Florange, reliée avec les gares d’Uckange et d’Ebange (4e annuité) : 2 037 500 francs ; prolongement de la ligne de Lutterbach à Wesserling jusqu’à Krüth (3e annuité) : 237 500 francs ; réfection de la gare de Metz (4e annuité) : 5 000 000 francs ; construction d’une ligne à double voie de Metz par Vigy et Anzeling, et amélioration du profil de la section Anzeling-Bouzonville (3e annuité) : 1 875 000 francs ; déplacement de la ligne Strasbourg - pont de Kehl (3e annuité) : 1 250 000 francs ; établissement des projets définitifs pour la construction de voies ferrées entre Dannemarie, Pfetterhausen et la frontière suisse, et entre Sélestat et Sundhouse (dernière annuité) : 35 750 francs ; triplement et quadruplement de la voie entre Woippy et Hagondange, et agrandissement des stations de Woippy et de Maizières (1re annuité) : 250 000 francs ; établissement des projets définitifs pour la construction d’une ligne ferrée de Sarrebourg ou Reding à Drulingen et Adamswiller : 160 000 francs.
Le total des crédits extraordinaires prévus au budget de 1904 dépasse de 2 602 000 francs celui du budget de 1903.
Source : S0468, n°915, de février 1904, p.188.
Lundi 1er février 1904
Allemagne : Répartition des districts de Landwehr du XVIe corps.
A la date du 1er février 1904, l’unique district de brigade constitué par la région du XVIe corps d’armée a été dédoublé ; les districts de Landwehr de Metz et de Thionville forment seuls le district de la 66e brigade ; celui de Forbach, le district de la 65e brigade, de nouvelle création.
Source : S0468, n°916, de mars 1904, p.270.
Mardi 16 février 1904
Allemagne : Le nouveau quartier-maître général.
Par ordre de Cabinet en date du 16 février 1904, le lieutenant-général von Moltke, précédemment général-adjudant et commandant la 1ère division de la Garde, a été nommé quartier-maître général (emploi vacant). Depuis le 1er janvier 1904, le général von Moltke était détaché pour faire le service auprès du chef de l’état-major de l’armée.
Source : S0468, n°916, de mars 1904, p. 270-271.
Jeudi 18 février 1904
Allemagne : Les grandes manœuvres en 1904.
Un ordre de Cabinet, en date du 18 février 1904, contient les prescriptions suivantes au sujet des grandes manœuvres prochaines :
La garde et le IXe corps manœuvreront l’un contre l’autre devant l’Empereur.
Des colonnes de subsistances (Proviant Kolonnen) seront constituées dans ces corps d’armées à l’aide d’éléments fournis par les 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 7e, 10e et 11e bataillons du train.
La Garde disposera, pour les manœuvres du régiment, de grenadiers du corps n°8 et du régiment de dragons n°2 (du IIIe corps), ainsi que d’une section d’aérostiers.
Au XIe corps seront de même affectés la 37e brigade d’infanterie et la 19e brigade d’artillerie (Xe corps), le régiment de hussards n°3 et le détachement de mitrailleuses n°7 (IIIe corps), ainsi qu’une section d’aérostiers.
Des divisions de cavalerie (A et B) seront formées dans les IXe et VIIe corps, savoir :
La division A, au moyen des 3e, 18e et 19e brigades de cavalerie (IIe, IXe et Xe corps), d’un groupe à cheval du Xe corps, du détachement de mitrailleuses n°7 (IIIe corps) et d’un détachement de pionniers du IXe corps ;
La division B, au moyen des 13e, 21e et 22e brigades de cavalerie (VIIe, XVIIIe et XIe corps) et d’un groupe à cheval du XIe corps.
Ces deux divisions de cavalerie ainsi que la Garde, exécuteront des manœuvres spéciales dans les camps de Münster, Senne et Alten Grabow.
Une division de cavalerie sera formée également dans le XIIIe corps (wurtembergeois), dont les éléments seront renforcés de la 16e brigade de cavalerie (VIIIe corps) et du groupe à cheval de Sarrebourg (XVe corps).
Des exercices d’attaque de positions fortifiées avec participation de l’artillerie lourde auront lieu dans les IIIe et VIIe corps, dans ce dernier avec tris réels. Un exercice de même nature sera effectué dans le XIXe corps, qui disposera à cet effet du 4e régiment d’artillerie à pied (IVe corps).
Des manœuvres de pionniers auront lieu sur l’Oder, près de Custrin, et sur le Rhin, près de Neuf-Brisach.
Des voyages d’instruction de cavalerie seront exécutés dans les IVe, VIIe, IXe, Xe, XVe, XVIIe et XVIIIe corps et la Garde. Il est alloué pour ces voyages :
Au corps de la Garde : 4 125 francs
Au XVIIe corps : 2 625 francs
Aux autres corps : 2 062 francs.
Un voyage d’état-major de forteresse aura lieu dans chacun des Ve et XVIIe corps.
Les troupes à pied devront, comme d’habitude, être rentrées dans leurs garnisons le 30 septembre au plus tard.
Source : S0468, n°916, de mars 1904, p. 270-272.
Vendredi 1er avril 1904
Allemagne : Administration des troupes de communications.
Les prérogatives de l’inspecteur des troupes de communications, dont la résidence est à Berlin, ont été déterminées par l’ordre de Cabinet du 25 mars 1899. Ce même ordre avait en outre réglé comme il suit les pouvoirs des commandants de corps d’armée à l’égard de ces troupes : « Les troupes de communication dépendent du commandement du corps d’armée, sur le territoire duquel elles tiennent garnison, dans les mêmes conditions que les bataillons de pionniers. En particulier, les affaires concernant le recrutement, l’administration de garnison, les congés par réforme, la retraite des employés subalternes, les payeurs, la justice militaire relèvent du commandant de corps d’armée ».
Un ordre ministériel, en date du 7 janvier 1904, vient de donner à l’inspecteur des troupes de communications, à l’égard des troupes et établissements de son ressort qui se trouvent à Berlin et environs immédiats, les attributions d’un général commandant de corps d’armée. Ces dispositions nouvelles, prises à titre d’essai, entreront en vigueur le 1er avril 1904.
En outre, toujours à titre d’essai, le fonctionnaire de l’intendance, qui remplissait auprès de l’inspecteur des troupes de communication, les fonctions dévolues aux intendants divisionnaires auprès des généraux commandant les divisions, aura désormais les attributions d’un intendant de corps d’armée et relèvera directement du Ministre de la guerre. L’ordre énumère les divers bâtiments militaires qui seront entretenus sous la surveillance et le contrôle de ce fonctionnaire, les affaires qui rentrent dans ses attributions et celles qui continuent, au contraire, à relever de l’intendance du corps de la Garde ; parmi ces dernières, citons notamment les magasins d’habillement, les magasins de subsistances et les hôpitaux.
Source : S0468, n°916, de mars 1904, p.268-269.
Allemagne, Saint-Avold : Changement de garnison.
En vertu d’une décision du 10 décembre 1903, l’état-major de la 86ème brigade d’infanterie sera transféré de Metz à Saint-Avold le 1er avril 1904. Cette brigade comprend les 173ème et 174ème régiments, établis respectivement à Saint-Avold et à Metz.
Source : S0468, n°914, de janvier 1904.
Samedi 30 avril 1904
Allemagne, La Vancelle : Salve d’honneur à l’occasion de la visite de l’empereur Guillaume II.
La Vancelle, 30 avril 1904. Lors de la visite de l’empereur Guillaume II au château de Haut-Koenigsbourg, une salve d’honneur de 101 coups a été tirée à l’aide de 4 fauconnettes du 17e siècle. Ces tirs provoquèrent une petite explosion de poudre, par laquelle trois soldats du 10e régiment d’artillerie à pied de Strasbourg ont été blessés, dont l’un a subi une grave blessure au bas-ventre et les deux autres des blessures plus légères au niveau du visage. Après avoir administré les premiers soins aux blessés, ils ont été transportés à l’hôpital militaire de Sélestat.
Source : S4023, du 02/05/1904, p.3.
Dimanche 1er mai 1904
Allemagne, Strasbourg, inauguration du monument Goethe sur la place de l’Université.
Le monument du jeune Goethe érigé sur la place de l’Université , qui a été financé par des cotisations de tout l’Empire et de l’étranger, une œuvre réalisée par Ernst Waegeners-Berlin, a été dévoilée ce matin, sous ce beau temps, en présence du Statthalter (gouverneur d’Alsace-Lorraine), du secrétaire d’Etat von Möller, de la direction des autorités, du corps enseignant de l’Université, des représentants des différentes écoles supérieures et corporations, de la gilde des étudiants, ainsi que d’une forte participation de la population. Le sous-secrétaire d’Etat von Schraut, qui avait autrefois incité à la création de ce monument, prononça le discours inaugural, qui mettait l’accent sur la personnalité harmonieuse de Goethe, et transmis ce monument au maire Back, qui l’a pris en compte au nom de la ville. Le monument représente le jeune Goethe faisant une halte lors de ses pérégrinations, et qui dirige son regard vers la cathédrale située à proximité. L’assemblée se dirigea après l’inauguration dans la cour de lumière du bâtiment, où les professeurs Martin de Strasbourg et Erich Schmidt de Berlin ont prononcé le discours de fête. Le premier parle de la personne de Goethe en tant que symbole de ce qui relie l’Alsace à la vieille Allemagne, et le second souligné l’image de l’importance, due le poète allemand Goethe avait pour Strasbourg française. La gilde des étudiant termine cette fête demain par une marche aux flambeaux, auquel s’associe une représentation créée par un auteur alsacien.
Source : S4023, du 02/05/1904, p.3.
Lundi 2 mai 1904
Allemagne, Colmar : Démolition de l’ancienne gare de marchandises.
L’ancienne gare de marchandise disparaît peu à peu et le terrain est ainsi libéré pour la construction de la gare de voyageurs. En ce moment l’ancien hangar de marchandises et démoli. Ce dernier a été acheté par la jeune société de transport de marchandises Heinrich et Kien, qui utilisera les matériaux pour construire un nouvel hall de stockage.
Source : S4023, du 02/05/1904, p.3.
Samedi 28 mai 1904
Allemagne : Emploi des musiques militaires en dehors du service.
La Militär-Zeitung de Berlin n°22 du 28 mai 1904 annonce qu’une décision impériale vient de réglementer l’emploi des musiques militaires en dehors du service. D’après certains journaux, le but poursuivi serait de restreindre la concurrence faite aux musiciens civils et de faire disparaître certains inconvénients des dispositions qui étaient jusqu’alors en vigueur.
En Allemagne, les musiciens militaires peuvent, en dehors du service, se mettre en tenue civile pour aller jouer ou donner des leçons chez des particuliers ; les propriétaires de brasseries, restaurants, etc., demandent fréquemment le concours de musiques entières, qu’ils payent d’ailleurs assez cher. Ces bénéfices, dont une partie est versée au fonds de musique du corps, permettent, dans la plupart des garnisons, de recruter facilement les musiciens nécessaires aux unités qui y sont stationnées.
D’après les nouvelles prescriptions, le commandement sera tenu de veiller à ce que l’emploi des musiques ne porte préjudice ni au service de ces musiques, ni à la considération dont elles doivent jouir. Les concerts “de genre humoristique”, exigeant que les musiciens soient déguisés, sont interdits ; il en est de même des réclames publiques en faveur des séances de musique chez les particuliers, et de la participation de musiciens réservistes à ces séances. En outre, l’autorisation de jouer dans des bals ne sera accordée que quand plus de la moitié des musiciens devront y figurer. Enfin, dans chaque ville, on appliquera des tarifs aussi réduits que possible à l’emploi des musiciens militaires en dehors du service.
Source : S0468, n°921 d’août 1904, p. 168.
Samedi 9 juillet 1904
Allemagne : Mauvais traitement dans l’armée allemande et la marine impériale.
(D’après les Neue Militärische Blätter du 9 juillet 1904. D’après la statistique officielle de l’armée allemande et de la marine impériale, le nombre des punitions infligées pour mauvais traitements envers les subordonnées s’est élevé à 773 en 1903, contre 777 en 1902 et 770 en 1901.
Sous ce rapport, les années se ressemblent donc sensiblement et il ne paraît pas que, jusqu’à ce jour, on ait pu trouver un remède à ce mal.
C’est le XVIe corps d’armée (Metz) qui accuse le plus grand nombre de punitions pour sévices envers les subordonnés (69). Déjà en 1902 il en avait eu 69 ; ce nombre avait alors été dépassé par la Garde, avec 74 punitions ; mais maintenant elle est passée au second rang avec 52.
La plupart des autres corps d’armée ont de 30 à 40 punitions pour ce motif, 46 pour le IIe et 47 pour le XIVe. Dans ces deux dernières années, le XIe corps (Kassel) en a eu particulièrement peu : 16 chaque année. En Bavière, le nombre de ces punitions est également peu élevé : 18 pour le Ier corps, 19 pour le IIe et seulement 6 pour le IIIe. Toutefois, dans ces dernières années, leur nombre a augmenté d’une façon constante : en effet, en 1901, il était de 17 seulement dans les trois corps bavarois ; il est passé à 28 en 1902 et à 43 en 1903.
Source : S0468, n°921 d’août 1904, p. 170.
Octobre 1904
Allemagne : Budget de la guerre de l’empire allemand pour 1904.
Ecoles et instruction générale. Académie technique militaire de Berlin.
L’Académie technique militaire de Berlin, créée en 1903, est encore dans la période d’installation. Elle a reçu, le 1er octobre 1903, 50 officiers, qui doivent y faire un séjour de trois ans ; elle en recevra le même nombre en octobre 1904 et ne sera, par conséquent, en plein fonctionnement qu’à partir du 1er octobre 1905, époque à laquelle elle comprendra trois promotions d’officiers élèves. La progression des dépenses afférentes au personnel et au matériel de l’Académie suit naturellement une marche parallèle.
Le Parlement a accordé cette année :
1° Un crédit de 136 874 francs pour assurer le traitement des officiers du cadre ; le supplément de solde des 100 officiers détachés à l’Académie, les honoraires des professeurs, l’achat des matières destinées aux expériences de laboratoire, l’ensemble, enfin, des menues dépenses qu’exige le développement progressif du fonctionnement de l’Académie. Il est prévu, notamment, une somme de 8 125 francs pour le traitement d’un professeur civil du cours de balistique ;
2° Une somme de 225 000 francs à titre de première annuité pour la construction et l’aménagement d’un laboratoire de physique, chimie et balistique ; l’autorité militaire fixe actuellement à 750 000 francs la dépense totale d’installation de ce laboratoire, qu’elle n’avait évaluée l’année dernière qu’à environ 500 000 francs environ.
Source : S0468, n°923 octobre 1904, p. 311-334.
Allemagne : Budget de la guerre de l’empire allemand pour 1904.
Ecole de fortifications de Charlottenburg.
« Les dispositifs mécaniques, dit le projet de budget, devenant d’un usage de plus en plus fréquent en fortification, il fallait que le personnel de construction en fortifications fût mis à même de surveiller leur fonctionnement ; ce qui impliquait des connaissances sérieuses en électricité et en mécanique. Il a fallu, en conséquence, étendre le programme d’études de l’Ecole de construction des fortifications et y organiser des cours pratiques. Il en résulte un supplément d’heures de travail pour un professeur militaire, qui recevra un supplément de solde proportionnel, et l’allocation d’honoraires à quelques professeurs civils ».
Source : S0468, n°923 octobre 1904, p. 311-334.
Allemagne : Budget de la guerre de l’empire allemand pour 1904.
Camps d’instruction et polygones.
Acquisition et aménagements.
Le montant total des dépenses inscrites au budget de 1904 pour les camps d’instruction, s’élève à peine à trois millions de francs contre six millions en 1903 : la Bavière n’est pas comprise dans ces chiffres.
Le détail est le suivant :
Quatrième annuité de 462 500 francs pour l’agrandissement du camp d’instruction d’Arys (Ier corps) ;
Huitième annuité de 62 500 francs pour l’aménagement du camp d’instruction de Posen (Ve corps) ;
Sixième annuité de 1 556 250 fr. pour l’achat de terrains et aménagement du camp d’instruction de Neuhammer (VIe corps) ;
Sixième annuité de 500 000 francs pour l’aménagement du camp d’instruction de Bitche (XVIe corps) ;
La plupart des camps d’instruction des différents corps d’armées étant complètement achevés et installés, les crédits afférents à ce chapitre vont aller sans cesse en diminuant et se réduire bientôt à de simples dépenses d’entretien. Depuis 1883, l’Allemagne a déjà consacré près de 151 millions à cette organisation et, d’après les prévisions de l’autorité militaire, il ne reste plus à dépenser maintenant qu’une somme de 5 397 500 francs pour achever l’aménagement des camps d’instruction en cours d’installation. Cette somme s’applique, pour la plus grosse part, au camp d’instruction d’Arys (1266 250 fr.) et de Neuhammer (2 656 250 fr.).
Au total de trois millions utilisés pour l’acquisition et aménagement des camps d’instruction, il convient d’ajouter :
1° Les sommes consacrées à la Bavière à ses divers terrains d’exercices, soit environ 500 000 francs ;
2° Les dépenses faites par la Prusse pour l’agrandissement du polygone d’artillerie à pied de Wahn (500 000 fr.) et l’agrandissement du polygone de la commission d’expériences de l’artillerie (41 250 fr.).
Source : S0468, n°923 octobre 1904, p. 311-334.
Allemagne : Budget de la guerre de l’empire allemand pour 1904.
Allocations supplémentaires aux sous-officiers et aux rengagés faisant partie des troupes qui tiennent garnison en Alsace-Lorraine.
Comme chaque année, on voit figurer au titre des dépenses extraordinaires sur ressources ordinaires, une somme de 531 250 francs, destinée à assurer les allocations supplémentaires allouées aux sous-officiers et aux rengagés faisant partie des troupes stationnées en Alsace-Lorraine.
Ce supplément, répètent depuis 1877 les explications annexées au budget, est alloué en raison du manque d’affinité qui existe entre les populations de l’Alsace-Lorraine et les sous-officiers appartenant aux troupes qui y tiennent garnison. Ces sous-officiers ne se sentent pas chez eux au milieu d’une population dans laquelle ils ne sont pas recrutés, sauf dans des cas tout à fait particuliers, et ils sont peu disposés à rester dans ces provinces. La situation n’ayant pas changé, puisque 2,5 % seulement des sous-officiers sont Alsaciens-Lorrains, il est nécessaire de continuer à allouer le supplément, qui s’élève à 3,75 francs pour le sous-officier, à 3,75 francs pour sa femme et à 2,50 francs pour chaque enfant.
Les sous-officiers temporairement détachés en Alsace-Lorraine ou y faisant une période au titre des réserves, n’ont droit qu’à une allocation personnelle, à l’exclusion des allocations pour femme et enfants.
D’après les journaux, la commission du budget crut devoir faire remarquer qu’au cours des trente dernières années, la situation s’était sensiblement améliorée, que, de l’aveu du secrétaire d’état, les employés des postes de l’empire se rendaient volontiers en Alsace-Lorraine, et qu’il devait en être de même pour les sous-officiers ; que, dès lors, il n’était plus nécessaire de les y inciter par des avantages spéciaux.
En réponse à cette observation, le général von Einem, ministre de la guerre, rappela que, depuis l’automne dernier, les régiments prussiens d’Alsace-Lorraine se recrutaient dans la proportion de 25% dans la population indigène et si, ajouta-t-il, cette expérience réussit, si on trouve dans le recrutement local les éléments nécessaires au recrutement des sous-officiers, on pourra peut-être alors renoncer au supplément d’allocation.
Faisant droit à cette remarque, la commission du budget et le Reichstag ont encore accordé cette année le crédit habituel.
Source : S0468, n°923 octobre 1904, p. 311-334.
Allemagne : Budget de la guerre de l’empire allemand pour 1904.
Casernements, habillement, subsistances.
Construction, amélioration et agrandissement de bâtiments militaires.
Les crédits affectés à cet objet sont en chiffres ronds : en Prusse de 7 764 000 francs ; en Alsace-Lorraine de 1 775 000 francs ; en Saxe de 428 000 francs ; en Wurtemberg de 747 000 francs.
Soit au total, Bavière non comprise : 10 714 000 francs.
Cette somme est inférieure à celle des budgets précédents en raison de l’achèvement d’une partie des travaux en cours ; il convient toutefois d’y ajouter un crédit de 850 000 francs pour la construction de bâtiments du service de l’habillement et des sommes, s’élevant à 4 500 000 francs environ, affectées à la construction de divers bâtiments militaires tels que : hôtels pour les quartiers généraux, bureaux pour les états-majors, stands, églises de garnison, etc…
Source : S0468, n°923 octobre 1904, p. 311-334.
Allemagne : Mesures contre la propagande socialiste ou révolutionnaire.
Le ministre de la guerre von Einem adresse l’avis suivant aux sous-officiers et aux hommes de troupe de l’armée d’active et du Beurlaubtenstand :
Sont défendues aux sous-officiers et hommes de troupe :
1° Toute participation à des réunions, assemblées, solennités, quêtes pour laquelle aucune autorisation particulière n’a été accordée ;
2° Toute manifestation ayant un caractère révolutionnaire ou socialiste ;
3° Toute possession ou propagation d’écrits révolutionnaires ou socialistes, ainsi que toute introduction de semblables écrits dans les casernes ou autres locaux militaires.
De plus, il est ordonné à toute personne appartenant à l’armée d’active de rendre compte, dès qu’elle en aura connaissance, de l’existence d’écrits révolutionnaires ou socialistes dans les casernes ou autres locaux militaires.
Ces défenses et cet ordre s’étendent aussi aux personnes du Beurlaubtenstand pendant leur convocation à des périodes d’instruction ou à des réunions de contrôle.
Source : S0468, n°923 octobre 1904, p. 352.
Vendredi 21 octobre 1910
Allemagne, Molsheim – Mutzig : Autorisation de construction de la tranchée n°8.
Feste Kaiser Wilhelm II, groupe fortifié de Mutzig : Le 21 octobre 1904, les autorités militaires autorisent la construction de la tranchée n°8.
Source : S1251, p. 135.
Sources
S0275
Gaber, Stéphane : La Lorraine fortifiée 1870-1940, de Séré de Rivières à Maginot ; Editions Serpenoise, Metz, 1997.
S0468
Revue militaire de l’Etranger 1874.
S1251
Fischer G. & Bour Bernard : Die Feste Kaiser Wilhelm II, La position de Mutzig, 1893-1918, Société d’Histoire de Mutzig et environs, 1980.
S4023
Journal Elsässer Kurier 1904, Colmar.