1903
Chroniques 1903
Dernière mise à jour : 08 / 01 / 2026
Auteur de la page : MJR.
Fortifications, ouvrages en cours de construction ou de modernisation
Les opérations en cours sont surlignées en gras.
Allemagne – Empire allemand
Cette rubrique concerne les fortifications allemandes en cours de construction ou de modernisation, sur le territoire allemand, en tenant compte des frontières de l’année en cours.
Allemagne Front Ouest
Place forte de Metz
Dénomination : Feste Graf Haeseler – Groupe fortifié Verdun.
Construction : 1899-1905.
Source : S0275, p. 154.
Dénomination : Feste Kaiserin – Groupe fortifié Jeanne-d’Arc.
Construction : 1899-1908.
Source : S0275, p. 154.
Dénomination : Feste Kronprinz – Groupe fortifié Driant.
Construction : 1899-1905.
Source : S0275, p. 154.
Dénomination : Feste Lothringen – Groupe fortifié Lorraine.
Construction : 1899-1905.
Source : S0275, p. 154.
France
Place forte de Verdun
Dénomination : Fort de Douaumont.
Construction : 1885-1889.
Modernisation : 1901-1903 ; 1907-1909 ; 1911-1913.
Source : S275, p. 149.
Dénomination : Ouvrage de Charny.
Construction : 1887-1888.
Modernisation : 1902-1904.
Source : S0275, p. 149.
Dénomination : Ouvrage de Froideterre.
Construction : 1887-1888.
Modernisation : 1902-1905.
Source : S275, p. 149.
Dénomination : Ouvrage de Thiaumont.
Construction : 1887-1888.
Modernisation : 1902-1905.
Source : S275, p. 149.
Place forte de Toul
Dénomination : Ouvrage de La Cloche.
Construction : 1902-1906.
Armement : 1 tourelles de 75 ; 1 observatoires cuirassés ; 1 casemate de Bourges.
Source : S0275, p. 151.
Place forte d’Epinal
Dénomination : Ouvrage de Deyvillers.
Construction : 1900-1908.
Type : Fort détaché de ceinture.
Armement : 1 tourelle de 75 ; 2 tourelles de mitrailleuses ; 3 observatoires cuirassés ; 2 casemates de Bourges.
Source : S0275, p. 152.
Forts de rideaux
Dénomination : Fort de Gyromagny.
Construction : 1875-1879.
Modernisation : 1889 ; 1899-1913.
Type : Fort de rideaux.
Armement : 2 tourelles de 155.
Source : S0275, p. 153.
Forts d’arrêt
Dénomination : Fort de Frouard.
Construction : 1879-1883.
Modernisation : 1894 ; 1901-1907.
Type : Fort d’arrêt.
Armement : 1 tourelle de 75 ; 2 tourelles de 155 (1 sur batterie de l’Eperon à proximité) ; 3 tourelles de mitrailleuses ; 7 observatoires cuirassés ; 1 tourelle de projecteur à éclipse.
Source : S0275, p. 153.
Batteries
Dénomination : Batterie de l’Eperon.
Construction : 1879-1883.
Modernisation : 1901-1907.
Type : Batterie d’artillerie.
Armement : 1 tourelles de 155.
Source : S0275, p. 153.
Chroniques 1903
1903 divers
Allemagne, Molsheim – Mutzig : Installation du poste du commandant n°1 du groupe fortifié.
Feste Kaiser Wilhelm II, groupe fortifié de Mutzig : De 1902 à 1903, installation du poste du commandant n°1 du groupe fortifié « Kommandeurstelle I » sur la pointe du Blotten « Blottenspitze ».
Source : S1251, p. 135.
Allemagne, Molsheim – Mutzig : Installation de liaisons et téléphoniques souterraines.
Feste Kaiser Wilhelm II, groupe fortifié de Mutzig : En 1903, installation de lignes téléphoniques entre la caserne n°1 et toutes les batteries et tranchées. Installation de liaison télégraphiques entre le fort Est « Ostfort » et le fort Ouest « Westfort » et les casernes n°1, 2 et 3.
Source : S1251, p. 135.
Allemagne, Molsheim – Mutzig : Construction de la route d’accès de Soultz-les-Bains.
Feste Kaiser Wilhelm II, groupe fortifié de Mutzig : En 1903 – 1904, construction de la route en provenance de Soultz-les-Bains « Kriegsstrasse » qui passe par le Kaltenbronn jusqu’au groupe fortifié.
Source : S1251, p. 135.
Allemagne, Mutzig, Feste Kaiser Wilhelm II : Officier ingénieur de la place.
En 1903, le Major Greiner est l’officier Ingénieur de la place. Les noms des officiers ont été recherchés dans l’annuaire de l’armée royale et prussienne « Ranglisten » pour les années 1900-1914.
En temps de paix la Feste K.W.II ne disposait pas de commandant, cependant uniquement l’officier ingénieur de la place « Ing. Offz. v. Platz » en tant qu’officier le plus gradé des autorités du service des fortifications « Festungsbehörde ».
Source : S1251, p. 172.
Mercredi 1er avril 1903
Allemagne, armée : Mutations dans le haut commandement.
Par décision impériale du 1er avril 1903, le général Hentschel von Gilgenheimb, commandant la 3e division, a été nommé commandant du XVe corps d’armée, en remplacement du général de l’infanterie Herwarth v. Bittenfeld, retraité.
Remarque : Le XVe corps d’armée allemand est essentiellement stationné en Alsace annexée, et son état-major est à Strasbourg.
Source : S0463 n°906 du 05/1903, p. 438.
Lundi 18 mai 1903
Allemagne, armée : Mutations dans le haut commandement.
D’après un ordre de Cabinet, daté du 18 mai 1903, le général von Haeseler, commandant du XVIe corps (Metz), est admis à la pension de retraite et placé dans la catégorie dite « à la disposition ». Il est remplacé à la tête du XVIe corps par le général Stoetzer, gouverneur de Metz, auquel succède le général von Hagenow, gouverneur de Cologne. En outre de la décoration de l’Aigle-Noir avec brillants qui vient d’être accordée au général von Haeseler, l’Empereur a décidé que, comme marque de faveur particulière, le 11e ulans dont ce général est le chef honoraire, porterait le nom de « Régiment de ulans comte Haeseler, n°11 ». Un autre ordre de Cabinet, en date du 12 mai, a chargé de l’intérim du ministère de la guerre le général von Einem, chef du département général, pendant le congé accordé au Ministre de la guerre von Gossler.
Source : S0463 n°907 du 06/1903, p. 508.
Samedi 28 mars 1903
Allemagne, armée : Le budget de la guerre de l’empire allemand pour 1903.
La loi d’Empire du 28 mars 1903 a fixé à 3 021 286 140 francs le budget de l’empire allemande pour l’exercice 1903. Malgré les efforts du Reichstag, qui s’est appliqué à rejeter toute nouvelle dépense, ce budget présente donc une augmentation de 140 682 246 francs sur celui de 1902 et n’a pu être équilibré qu’au moyen d’un emprunt de 199 860 406 francs. Le budget de la guerre, auquel sont affecté pour plus du quart, les crédits alloués par la loi d’Empire, subit nécessairement le contre-coup de la situation financière ; il est donc intéressant de jeter sur cette situation un rapide coup d’œil.
L’examen des chiffres ci-dessous, qui présentent la succession des budgets votés au cours de la dernière période législative et publiés par le Reichs-Gesetzblatt (Bulletin des lois de l’empire d’Allemagne), permet de constater que, durant cette période, le total des dépenses s’est élevé de plus d’un milliard et que l’équilibre n’a pu être obtenu, chaque année, que grâce à un emprunt qui a oscillé entre 137 et 284 millions de francs.
1899 : dépenses ordinaires 1 626 563 399 francs, dépenses extraordinaires sur ressources ordinaires 206 758 927 francs, dépenses extraordinaires sur ressources extraordinaires 139 012 540 francs, total des dépenses 1 972 334 866 francs, montant de l’emprunt 137 400 040 francs.
1900 : dépenses ordinaires 2 229 691 334 francs, dépenses extraordinaires sur ressources ordinaires 246 278 927 francs, dépenses extraordinaires sur ressources extraordinaires 298 298 014 francs, total des dépenses 2 774 267 515 francs, montant de l’emprunt 284 237 536 francs.
1901 : dépenses ordinaires 2 394 072 705 francs, dépenses extraordinaires sur ressources ordinaires 278 951 865 francs, dépenses extraordinaires sur ressources extraordinaires 270 236 056 francs, total des dépenses 2 943 260 626 francs, montant de l’emprunt 254 319 683 francs.
1902 : dépenses ordinaires 2 466 034 779 francs, dépenses extraordinaires sur ressources ordinaires 225 700 591 francs, dépenses extraordinaires sur ressources extraordinaires 188 868 524 francs, total des dépenses 2 880 603 894 francs, montant de l’emprunt 141 500 549 francs.
1903 : dépenses ordinaires 2 496 536 904 francs, dépenses extraordinaires sur ressources ordinaires 274 938 206 francs, dépenses extraordinaires sur ressources extraordinaires 249 811 030 francs, total des dépenses 3 021 286 140 francs, montant de l’emprunt 199 860 406 francs.
Les chiffres suivant, extrait de l’Annuaire statistique de l’empire d’Allemagne (année 1902), enregistre d’autre part la progression continue de la dette qui, en 1875, n’était que de 150 millions de francs, dépassait en 1893 la somme de 2 milliards et s’élevait progressivement jusqu’en 1901 à celle de 3 144 000 000 francs.
1875 : Montant de la dette d’Empire : 150 403 750 francs.
1893 : Montant de la dette d’Empire : 2 326 075 625 francs.
1894 : Montant de la dette d’Empire : 2 544 665 625 francs.
1895 : Montant de la dette d’Empire : 2 751 547 250 francs.
1896 : Montant de la dette d’Empire : 2 806 591 375 francs.
1897 : Montant de la dette d’Empire : 2 826 575 000 francs.
1898 : Montant de la dette d’Empire : 2 877 830 625 francs.
1899 : Montant de la dette d’Empire : 2 928 710 500 francs.
1900 : Montant de la dette d’Empire : 3 023 147 125 francs.
1901 : Montant de la dette d’Empire : 3 144 584 625 francs.
Pour se donner une idée de la dette totale de l’Allemagne, il convient d’ajouter à cette dette d’Empire celle des différents Etats et villes libres dont le total, d’après les renseignements donnés par la même source statistique, s’élevait, à la fin de l’année 1901, à environ 13 750 000 000 de francs.
A la fin de l’année 1901, la dette totale de l’Allemagne était donc à peu près de 17 milliards ; elle a continué à s’accroître en 1902 et en 1903.
En présence de cette situation financière peu favorable, le Reichstag se décidait, en 1902, à réduire de 63 millions le chiffre des dépenses et, pour la première fois depuis bien des années, le budget de l’Empire se trouvait sensiblement inférieur à celui de l’exercice précédent. S’inspirant de la même idée, le Parlement s’est efforcé d’écarter, cette année encore, toute nouvelle dépense et les chaudes discussions ont eu lieu, tant devant la commission du budget qu’au Reichstag, ont permis aux députés d’affirmer, avant de se présenter devant leurs électeurs, leur vif désir d’entrer résolument dans la voie des économies. Malgré tous ces efforts, nous l’avons dit, le budget de 1903 a dépassé de 140 682 246 francs celui de 1902 et n’a pu s’équilibrer qu’au moyen d’un emprunt important.
Source : S0463 n°908, tome 62, du 07/1903, p. 1-36.
Allemagne, armée : Le budget de la guerre de l’empire allemand pour 1903 (suite).
La situation financière ne s’est pas améliorée et il est possible qu’elle soit plus défavorable encore en 1904. En même temps que la législature actuelle, se termine, en effet, la période quinquennale au cours de laquelle la loi militaire du 25 mars 1899 a reçu son entière application ; la présentation d’une nouvelle loi est à prévoir pour l’automne prochain et, s’il faut croire la presse, certaines dispositions du projet tendrait à réaliser quelques augmentations d’effectifs. Nombre d’articles tendancieux ont fait ressortir la nécessité pour l’Allemagne d’augmenter le chiffre de ces unités de cavalerie ; la constitution à trois bataillons des régiments d’infanterie à deux bataillons serait aussi à l’ordre du jour ; il est certain, d’autre part, que le fonds des Invalides, qui, chaque année, doit prélever de grosses sommes sur son capital pour assurer le service des pensions d’invalidité de guerre, va s’épuiser rapidement ; enfin une nouvelle réglementation, des pensions militaires serait à peu près unanimement réclamée. Ces diverses modifications, dont nous ne mentionnons ici que les principales, ne pourront avoir lieu sans crédits nouveaux ; le Reichstag de 1904, placé entre ces desiderata et les déficits accumulés des dernières années, aura une tâche probablement difficile.
Considérons maintenant la succession des budgets de la guerre votés au cours de la dernière période législative :
1899 : Dépenses ordinaires 642 572 437 francs, dépenses extraordinaires sur ressources ordinaires 78 786 686 francs, dépenses extraordinaires sur ressources extraordinaires 52 230 110, total des dépenses 773 589 233 francs.
1900 : Dépenses ordinaires 676 901 366 francs, dépenses extraordinaires sur ressources ordinaires 122 987 739 francs, dépenses extraordinaires sur ressources extraordinaires 37 758 013, total des dépenses 837 647 117 francs.
1901 : Dépenses ordinaires 698 893 911 francs, dépenses extraordinaires sur ressources ordinaires 106 924 645 francs, dépenses extraordinaires sur ressources extraordinaires 35 587 306, total des dépenses 841 405 862 francs.
1902 : Dépenses ordinaires 710 592 030 francs, dépenses extraordinaires sur ressources ordinaires 69 655 226 francs, dépenses extraordinaires sur ressources extraordinaires 36 911 244, total des dépenses 817 158 500 francs.
1903 : Dépenses ordinaires 719 066 522 francs, dépenses extraordinaires sur ressources ordinaires 54 235 107 francs, dépenses extraordinaires sur ressources extraordinaires 37 166 979, total des dépenses 810 468 608 francs.
L’examen des chiffres ci-dessus permet de constater la répercussion que peut avoir sur les dépenses de ce budget spécial la situation financière de l’empire. La loi de finances de 1902 n’a pu, en effet, réaliser une économie de 63 millions, par rapport à l’exercice précédent, qu’en faisant subir une réduction de près de 25 millions aux crédits affectés à l’armée ; or, cette réduction représente plus du tiers de la valeur de l’économie totale réalisée. Le chiffre des dépenses ordinaires a d’ailleurs augmenté en 1902, aussi bien que les années précédentes.
En ce qui concerne l’exercice 1903, les sommes affectées au département de la guerre figurent dans la loi d’Empire du 28 mars 1903 pour un total de 810 468 608 francs dont : Dépenses ordinaires 719 066 522 francs, dépenses extraordinaires sur ressources ordinaires 54 235 107 francs, dépenses extraordinaires sur ressources extraordinaires 37 166 979 francs, total des dépenses 810 468 608 francs.
Le projet de budget de la guerre prévoyait un total de 820 248 210 francs ; il ne comportait donc, par rapport au budget de 1902, qu’une augmentation d’environ 3 millions, d’ailleurs justifiée par quelques créations nouvelles. Il faut noter toutefois que cette augmentation était en réalité plus considérable ; car, si d’après les propositions présentées au Parlement, les dépenses extraordinaires étaient diminuées de 6 millions, les dépenses ordinaires présentaient au contraire une augmentation de 9 millions sur les dépenses correspondantes de 1902. Il semble que l’autorité militaire se soit efforcée cette année, de réduire ses demandes au minimum indispensable ; cette conclusion ressort du moins des explications qui, d’après les journaux, auraient été données par le général von Gossler, ministre de la guerre, dès l’ouverture de la discussion devant la commission du budget. Le projet n’en a pas moins subi une réduction de 9 779 602 francs et les sommes accordées par le Parlement présentent, en définitive, une diminution de 6 689 892 francs par rapport à celles de 1902.
Les effectifs budgétaires prévus par le projet de budget pour l’exercice 1903 étaient :
Officiers : Effectif à partir du 1er octobre 1903 de 24 358, soit une augmentation par rapport à l’effectif de 1903 de 84.
Sous-officiers : Effectif à partir du 1er octobre 1903 de 81 097, soit une augmentation par rapport à l’effectif de 1903 de 197.
Troupe : Effectif à partir du 1er octobre 1903 de 495 500 (non compris les volontaires d’un an), soit une augmentation par rapport à l’effectif de 1903 de 0.
Médecins militaires : Effectif à partir du 1er octobre 1903 de 2 206, soit une augmentation par rapport à l’effectif de 1903 de 8.
Payeurs : Effectif à partir du 1er octobre 1903 de 1 057, soit une augmentation par rapport à l’effectif de 1903 de 3.
Vétérinaires : Effectif à partir du 1er octobre 1903 de 682, soit une augmentation par rapport à l’effectif de 1903 de 4.
Armuriers : Effectif à partir du 1er octobre 1903 de 1 012, soit une augmentation par rapport à l’effectif de 1903 de 1.
Selliers : Effectif à partir du 1er octobre 1903 de 94, soit une augmentation par rapport à l’effectif de 1903 de 1.
Chevaux de troupe : Effectif à partir du 1er octobre 1903 de 105 642 (non compris les chevaux d’officiers volontaires d’un an et les chevaux de corvée qui portent le total à 130 000 environ), soit une augmentation par rapport à l’effectif de 1903 de 499.
Les effectifs pour 1903 étaient, on le voit, à peine supérieurs à ceux de l’année précédente ; parmi les quelques augmentations prévues, il faut citer principalement :
a) La création d’un état-major de régiment qui devait être placé à la tête des cinq escadrons de chasseurs à cheval réunis à Posen et celle de deux emplois d’officiers supérieurs qui devaient recevoir, l’un le commandement de deux escadrons de la même subdivision d’arme à Graudenz, l’autre d’un groupe semblable à Chemnitz ;
b) La constitution de deux détachements de mitrailleuses en Saxe ;
c) L’accroissement des effectifs des bataillons d’infanterie et des bataillons de chasseurs saxons encore à effectif réduits, afin de les mettre sur le même pied que les bataillons prussiens ; un accroissement analogue dans l’effectif des bataillons de pionniers saxons ;
d) La formation de quatre nouvelles compagnies d’artillerie à pied.
Toutes les augmentations d’effectifs résultant de ces diverses créations étaient d’ailleurs compensées, en ce qui concerne les hommes de troupe, par des diminutions correspondantes : étendant à trois nouveau corps la mesure appliquée l’année dernière, à titre d’essais, dans deux corps d’armée, l’autorité militaire proposait le remplacement des ouvriers militaires des ateliers par la main-d’œuvre civile des ouvriers militaires des ateliers et magasins d’habillement de ces trois corps d’armée. Le chiffre des hommes de troupe se maintenait donc à 495 500, maximum fixé par la loi du 25 mars 1899 et les accroissements ne portaient que sur un petit nombre d’emplois d’officiers et de sous-officiers.
Se conformant à l’avis de sa commission du budget, le Reichstag a approuvé les propositions de l’autorité militaire en ce qui concerne les trois derniers points, mais a refusé de sanctionner la première mesure consistant à doter d’états-majors les divers groupes d’escadrons de chasseurs à cheval.
Parmi les principales innovations du projet de budget de la guerre allemand pour l’exercice 1903, il convient encore de citer :
a) La création de l’école des hautes études techniques militaire (cette proposition, qui avait été rejetée l’année dernière par le Reichstag, n’a été agréée cette année qu’après de longues discussions) ;
b) Le relèvement de la solde des 180 plus anciens lieutenants-colonels d’infanterie (rejeté par le Reichstag).
Source : S0463 n°908, tome 62, du 07/1903, p. 1-36.
Allemagne, armée : Le budget de la guerre de l’empire allemand pour 1903 (suite).
Conformément au plan adopté dans les études des années précédentes, nous examinerons en détail ces diverses questions dans les paragraphes des armes et services.
Etat-major et personnel des attachés militaires.
Création de nouveaux postes aux états-majors de Saxe et Wurtemberg.
L’étude sur le budget 1902 a signalé la création d’un commandement de pionniers saxons. Ce commandement a été confié au plus ancien officier supérieur qui avait rempli jusqu’alors les fonctions de directeur du génie et qui, était en même temps chargé de la direction du service topographique ; ce poste sera occupé par un officier supérieur ayant rang de commandant de régiment.
Notons aussi, à l’état-major wurtembergeois, la création d’un deuxième poste d’officier supérieur titulaire des fonctions de commissaire de ligne. On remplace ainsi un officier détaché des corps de troupe, qui ne remplissait ces fonctions qu’à titre temporaire.
Personnel des attachés militaires.
Le personnel des attachés militaires vient d’être augmenté de deux officiers supérieurs par suite de la création de deux postes d’attachés, le premier à Washington et le second à Tokio.
Infanterie.
Détachements de mitrailleuses.
La Revue militaire des armées étrangères (2ème semestre 1902, p. 210) a donné la composition et la répartition des treize détachements de mitrailleuses, dont cinq constitués en 1901 et huit le 1er octobre 1902. Le budget prévoit, cette année, la création en Saxe, de deux nouveaux détachements à partir du 1er octobre 1903 ; toutefois, la mise au complet de leur effectifs ne sera réalisée qu’en octobre 1904. L’un des détachements tiendra garnison à Dresde et l’autre à Leipzig, où les casernements qui leur sont destinés sont en voie de construction. Les augmentations d’effectifs qui résulteront de ces créations seront compensées par la substitution de la main d’œuvre militaire, en octobre 1904, dans les ateliers et magasins d’habillement des deux corps d’armée saxons.
L’uniforme des officiers des nouveaux détachements saxons sera celui des détachements prussiens. Tunique et culotte en drap gris-vert ; bottes montantes en cuir fauve ; col, parements et passepoil rouge-ponceau. Casquette en drap gris-vert avec bandeau rouge-ponceau ; shako en drap gris-vert avec plumet noir.
En vue d’assurer l’instruction des officiers et de leur faire connaître l’emploi des nouveaux engins, la Prusse a décidé que deux mitrailleuses et un caisson de munitions seront affectés d’une façon permanente à l’école de tir d’infanterie de Spandau. Les servants et attelages nécessaires seront détachés de leurs corps d’origine, les attelages à raison de sept mois par an.
Le détachement d’instruction comprendra :
2 officiers instructeurs auxiliaires.
20 hommes à pied, savoir : 3 sous-officiers, 16 Gemeine servants, 1 armurier.
9 hommes montés, savoir : 2 sous-officiers, 6 Gemeine conducteurs, 1 vétérinaire.
17 chevaux : 6 chevaux de devant, 6 de derrière et 5 de selle.
Effectif des bataillons d’infanterie et de chasseurs saxons.
Les bataillons d’infanterie et de chasseurs saxons, à effectif réduit, vont être mis sur le même pied que les bataillons prussiens ; il en résultera pour l’infanterie une augmentation de 285 Gemeine, à raison de 142 le 1er octobre 1903 et de 143 en 1904. De même que pour les deux détachements de mitrailleuses créés en Saxe, ces accroissements seront compensés, au moment de leur réalisation, par la substitution de la main d’œuvre civile à la main d’œuvre militaire.
Source : S0463 n°908, tome 62, du 07/1903, p. 1-36.
Allemagne, armée : Le budget de la guerre de l’empire allemand pour 1903 (suite).
Cavalerie.
La question du groupement des escadrons de chasseurs à cheval. On se rappelle qu’à la date du 1er janvier 1895 se place la formation des premiers détachements d’estafettes (Meldereiter). Leur but, d’après les arguments fournis par le ministre de la guerre devant la commission du budget, était « d’assurer la transmission des renseignements, rendue plus difficile par l’emploi de la poudre sans fumée et des pièces à longue portée, sans appauvrir pour ce service les unités de cavalerie existantes ».
Quatre corps d’armée furent aussitôt dotés de ces unités ; deux nouveaux détachements furent ensuite créés en 1897, puis un dernier en 1898, époque à partir de laquelle la dénomination « d’estafettes » fut remplacée par celle de « chasseurs à cheval ».
La réunion en régiments des escadrons de chasseurs à cheval, demandée pour la première fois en 1899, lors de la discussion de la loi militaire, fut refusée par le Reichstag, qui n’accorda la création de dix escadrons nouveaux que sous la réserve expresse que chacun d’eux resterait affecté à un corps d’armée. Ces unités ont été successivement constitués, savoir : quatre en 1900, cinq en 1901 et une en 1902.
La répartition des 17 escadrons est actuellement la suivante :
1er escadron : 1er corps, Koenigsberg.
2e, 3e, 4e, 5e, 6e escadron : 5e corps, Posen.
7e escadron : 7e corps, Wesel.
10e, 11e escadron : 11e corps, Langensalza.
12e escadron : 12e corps, Dresde.
14e escadron : 14e corps, Colmar.
15e escadron : 15e corps, Strasbourg.
17e escadron : 17e corps, Graudenz.
19e escadron : 19e corps, Chemnitz.
Escadron de la Garde : Garde, Potsdam.
1er escadron bavarois : 1er corps bavarois, Munich.
2e escadron bavarois : 3e cors bavarois, Nuremberg.
Malgré la décision du Reichstag, deux des escadrons créés en 1900 furent réunis à Langensalza et placés sous le commandement d’un major. Les cinq escadrons constitués en 1901 furent réunis à Posen, également sous les ordres d’un major, mais le Parlement refusa de les doter d’un état-major de régiment.
Revenant pour la troisième fois à la charge, l’autorité militaire a réclamé, cette année encore, la création d’un état-major pour les cinq escadrons de Posen ; elle comptait en outre grouper à Graudenz les 1er et 17ème escadron, et à Chemnitz les 12ème et 19ème, ces deux groupes étant désormais placés sous les ordres de deux officiers supérieurs (places à créer).
Au dire des journaux, la question donna lieu, devant la commission du budget, à un long débat, tenu en partie secret ; mais, malgré l’insistance du ministre de la guerre, les propositions du gouvernement furent encore une fois rejetées sous prétexte qu’elles étaient contraires à la loi déterminant les effectifs de paix. La majorité des membres de la commission aurait vu, en réalité, dans la création du régiment de chasseurs à cheval à Posen « un ballon d’essai » en vue de propositions nouvelles. Les explications annexées au projet de budget ne le laissent guère, en effet, de doutes sur ce point. « Il est nécessaire, disaient-elles en substance, de porter remède aux inconvénients que présente le manque de cavalerie dans la constitution de certaines unités. Pour parer aux besoins les plus pressant, il est urgent de grouper progressivement les escadrons de chasseurs à cheval qui existent actuellement ». Le Reichstag s’est rangé à l’avis de sa commission du budget et a refusé les crédits demandés.
Nouveau matériel de ponts pour la cavalerie.
Depuis 1893, la cavalerie allemande disposait, pour le passage des cours d’eau, d’un matériel régimentaire comprenant, pour chaque régiment, deux bateaux pliants en toile imperméable, démontables en trois parties et transportés sur une voiture spéciale (Faltbootwagen) attelée à six chevaux. En 1897, on mit en service des bateaux se composant plus que de deux parties. Aucun de ces modèles n’a sans doute paru satisfaisant, car l’autorité militaire se décide, cette année, à en créer un nouveau.
Le matériel de pont actuellement employé, disent les explications annexées au projet de budget, est reconnu défectueux. Ces bateaux pliants n’offrent pas une résistance suffisante ; ils nécessitent de fréquents remplacements et de coûteuse réparations. Les voitures qui les transportent sont trop lourdes et trop peu mobiles. Il importe de remédier à ces inconvénients et la création d’un nouveau matériel s’impose. Les bateaux en acier, dont l’adoption est prévue, exigent la construction de voitures spéciales et la transformation du matériel existant. D’autre part, le matériel de télégraphie qui, jusqu’ici, était chargé sur les voitures à bateaux, réclame une voiture particulière. Toutefois, le matériel actuellement en usage ne sera remplacé que progressivement.
Comme mesure accessoire, il est indispensable de pourvoir tous les régiments de cavalerie, y compris ceux de la réserve et de la Landwehr, de scies articulées.
La transformation immédiate ne sera réalisée que dans six régiments prussiens, un régiment saxon et un régiment wurtembergeois. Le crédit prévu pour 1903 est de 101 250 francs sur une dépense totale évaluée à 1 046 250 francs.
Source : S0463 n°908, tome 62, du 07/1903, p. 1-36.
Allemagne, armée : Le budget de la guerre de l’empire allemand pour 1903 (suite).
Artillerie.
Création de quatre compagnies d’artillerie à pied.
L’autorité militaire a obtenu cette année la création des quatre compagnies d’artillerie à pied que le Reichstag lui avait refusé l’année dernière par raison d’économie.
La suppression des ouvriers militaires dans les magasins et ateliers de la Garde et du 15° corps d’armée viendra, bien entendu, compenser l’augmentation d’effectif qui eût résulté de cette création. Les nouvelles compagnies seront constituées à partir du 1er octobre 1903 ; elles formeront les 9ème et 10ème compagnie des régiments d’artillerie à pied n°9 et 13. Les deux compagnies du régiment n°9 tiendront garnison à Thionville et y remplaceront les deux compagnies du régiment n°8, qui s’en iront à Metz. Les deux compagnies du régiment n°13 seront installées ultérieurement à Mühlheim, mais provisoirement casernées à Neuf-Brisach.
Matériel de l’artillerie à pied.
Depuis trois ans, la Prusse a consacré 34 375 000 francs au matériel de l’artillerie à pied (artillerie de siège, de côte et artillerie lourde d’armée) ; une dernière annuité de 12 500 000 francs était demandée n 1903. Comme l’année dernière, la commission et le Reichstag ont réduit le crédit à 10 000 000 francs.
Création d’un groupe d’attelages en Saxe.
Il est créé, en Saxe, pour les besoins de l’artillerie à pied, un groupe d’attelages ne comprenant toutefois que 22 Gemeine en 1903 ; il ne sera complété à 48 Gemeine qu’en octobre 1904. Ce groupe doit être affecté au régiment d’artillerie à pied n°12, en garnison à Metz. Cette nouvelle augmentation des effectifs sera compensée de la même manière que celle des bataillons d’infanterie et de chasseurs saxons.
Source : S0463 n°908, tome 62, du 07/1903, p. 1-36.
Allemagne, armée : Le budget de la guerre de l’empire allemand pour 1903 (suite).
Génie et fortifications.
Création d’une inspection de forteresses et de deux directions du génie.
En raison du développement toujours croissant des travaux de défense et de la nécessité d’assurer, en cas de guerre, la mise au complet du personnel nécessaire, le budget de 1902 avait autorisé la création d’une 4ème inspection des ingénieurs et d’une 8ème inspection de forteresses.
Pour les mêmes raisons, le budget de 1903 a prévu la constitution à Graudenz, à partir du 1er avril, d’une 9ème inspection de forteresses, que l’ordre de cabinet du 28 mars a rattachée à la 2ème inspection des ingénieurs (Berlin). La 9ème inspection de forteresses comprend les directions du génie (Fortifikationen) de Graudenz, Culm et Marienburg, ces deux dernières de création nouvelle. En outre, en vue de décharger les officiers ingénieurs de place de toutes les questions d’administration du service courant, on augmente de deux unités (6 au lieu de 4) le nombre des officiers supérieurs retraités qui, dans les grandes places, leur sont adjoints ; les deux nouveaux titulaires sont affectés aux places de Cologne et de Posen. Enfin, un cinquième adjudant, du grade de capitaine, est attribué au chef du corps des ingénieurs et des pionniers, inspecteur général des forteresses.
Corps des officiers de construction des fortifications (Festungs-Bau-Offizierkorps).
Les modifications introduites en 1902 (voir revue militaire des armées étrangères, 2e semestre 1902, page 154) dans le personnel de construction des fortifications se poursuivent cette année suivant les conditions prévues. Le corps d’officiers subalternes qui doit remplacer le personnel d’employés de l’administration militaire (directeurs ou sous-directeurs des travaux) s’accroît en 1903 de 30 unités. Le nombre des lieutenants de construction des fortifications est donc porté cette année à 45. Cependant, 15 directeurs ou sous-directeurs ont disparu depuis l’année dernière ; on sait que ces employés seront progressivement supprimés par voie d’extinction ; leur effectif est actuellement réduit à 120. Comme en 1902, les créations nouvelles sont compensées en tant que budget par la suppression de 20 places de lieutenant du génie.
Augmentation de l’effectif des bataillons de pionniers saxons.
Les deux bataillons de pionniers saxons, dont l’effectif en gemeine était légèrement inférieur à celui des bataillons prussiens, seront mis sur le même pied que ces derniers. Il en résulte une augmentation de 16 gemeine par bataillon.
Places fortes.
L’autorité militaire demandait un crédit global de 24 240 500 francs pour continuer la mise en état du système défensif de l’Allemagne. La commission du budget avait jugé l’année dernière que la réunion en un seul bloc des divers fonds affectés aux fortifications manquait de clarté et elle avait exigé leur répartition habituelle en trois paragraphes, les deux premiers comprenant les fonds des places classées selon leur importance, le dernier, les dépenses des fortifications du Haut-Rhin. Moins rigoureuse cette année, la commission a accordé un crédit global, mais l’a réduit à vingt-deux-millions de francs.
Ce total comprend d’ailleurs une somme de 5 490 500 francs provenant de la vente des fortifications déclassées, parmi lesquelles figure pour la plus grosse part la démolition de l’enceinte des places de Metz et de Posen. Notons en passant que, jusqu’à présent, les produits des déclassements étaient toujours venus grossir les recettes du budget général de l’Empire ; cette année, pour la première fois, nous les trouvons classés au budget de la guerre ; il ne faut y voir qu’un simple changement de rubrique, car ce budget n’en bénéficiait pas moins les années précédentes.
Le budget ne donne aucune explication sur l’emploi des fonds accordés ; il dit simplement que la transformation et le perfectionnement du système défensif de l’Empire résultent des conditions nouvelles de la guerre moderne ; il ajoute que, pendant quelques années, il sera nécessaire de prévoir, dans ce but, une somme de 18 750 000 francs à laquelle viendra s’ajouter le produit de la vente des terrains et matériaux des enceintes délassées.
Un crédit de 2 125 000 francs a été accordé pour les travaux de renforcement de l’enceinte d’Ulm, sur la rive gauche du Danube et la mise au complet du matériel d’artillerie de la place. Ce crédit porte à 4 375 000 francs le total des sommes affectées, depuis 1901, à la place d’Ulm. D’après les prévisions de l’autorité militaire, il faudra encore 1 250 000 francs pour terminer les travaux.
Source : S0463 n°908, tome 62, du 07/1903, p. 1-36.
Allemagne, armée : Le budget de la guerre de l’empire allemand pour 1903 (suite).
Troupes de communication.
Aérostation dans les places fortes.
Des crédits, dont le total s’est élevé à 345 625 francs, avaient été demandés en 1900 et 1901 pour effectuer, à Strasbourg, des essais intéressant l’aérostation des places fortes. Le budget de 1903 prévoit une somme de 21 250 francs pour assurer l’entretien du matériel destiné aux expériences.
Essais automobiles.
Depuis 1899, on a employé, au titre des dépenses extraordinaires, une somme de 718 750 francs à expérimenter divers systèmes de voitures automobiles destinées à effectuer le transport de poids lourds ; en 1902, le ministre de la guerre, d’accord avec celui de l’agriculture, a organisé un concours de tracteurs avec moteurs à alcool. L’autorité militaire a jugé nécessaire de poursuivre dorénavant, d’une manière permanente, les expériences commencées ; le Parlement a voté, dans ce but, au titre des dépenses ordinaires, une somme de 125 000 francs.
Train.
Bicyclettes attribuées aux bataillons du train
L’expérience des dernières manœuvres a démontré la nécessité de doter de bicyclettes militaires les bataillons du train. Chacun d’eux sera désormais pourvu de six bicyclettes ; le prix de revient de ces instruments est de 269 francs.
Matériel d’escrime, de gymnastique et de natation.
Le crédit affecté pour le matériel d’escrime, de gymnastique et de natation est devenu insuffisant, le prix de la main-d’œuvre pour confection et entretien des engins ayant sensiblement augmenté. Chaque compagnie recevra désormais à ce titre une somme de 64 francs au lieu de 45 francs, et chaque détachement de mitrailleuses 34 francs au lieu de 22 francs ; il en résulte, pour la Prusse, une dépense totale de 57 285 francs.
Camp d’instruction et polygones.
Acquisition et aménagements.
Le montant total des dépenses inscrites au budget de 1903, pour les camps d’instruction, s’élève à environ 6 millions de francs contre 5 millions en 1902 ; la Bavière n’est pas comprise dans ces chiffres.
Le détail est le suivant :
Troisième annuité de 562 500 francs pour l’agrandissement du camp d’Arys (Ier corps) ;
Septième annuité de 68 750 francs pour l’aménagement du camp d’instruction de Posen (Ve corps) ;
Deuxième annuité de 1 000 000 de francs pour achat des terrains du camp d’instruction du XIe corps ;
Cinquième annuité de 2 375 000 francs pour achat des terrains et aménagement du camp d’instruction de Bitche (XVème corps).
Cinquième annuité de 1 875 000 francs pour achat des terrains et aménagement du camp d’instruction de Neuhammer (VIe corps) ; cette dernière dépense a fait l’objet de très vives discussions. Lors de l’allocation des quatre premières annuités, on avait tablé, en effet, sur une dépense totale de 7 500 000 francs ; l’autorité militaire a dû avouer, cette année, qu’elle s’était trompée dans son évaluation primitive et a déclaré qu’il ne lui faudrait pas moins de 11 250 000 francs pour l’installation complète du camp de Neuhammer. La commission et le Reichstag reprochèrent au ministre d’avoir présenté un projet insuffisamment mûri et estimèrent qu’un pareil accroissement dans les dépenses était tout à fait anormal. On décida en conséquence de réduire la cinquième annuité à 1 250 000 francs et de refuser le crédit de 150 000 francs destiné aux aménagements pour tirs d’artillerie. Le général Gallwitz, défenseur du projet devant le Parlement, déclara qu’un incendie avait détruit 1 200 hectares de forêts, dont l’autorité militaire avait escompté la vente, et exposa diverses circonstances imprévues qui avaient occasionné des mécomptes ; il fit valoir enfin que la diminution des crédits aurait pour effet de léser dans leurs intérêts les paysans expropriés. Après une nouvelle délibération de la commission du budget, le Parlement se décida à accorder les crédits sans les réduire.
Au total de 6 millions, utilisés pour acquisition et aménagement des camps d’instruction, il convient d’ajouter :
1° Les sommes consacrées par la Bavière à ses divers terrains d’exercices, soit environ 500 000 francs ;
2° Les dépenses faites par la Prusse en vue d’aménager les camps d’instruction pour des tirs d’artillerie, savoir : 150 000 francs pour le camp de Neuhammer et 50 000 francs pour celui de Bitche ;
3° Une dernière annuité de 76 250 francs pour aménagement de casernes et dépendances sur le polygone de Thorn.
Commandement des camps d’instruction et des champs de tir de l’artillerie à pied.
Les camps d’instruction et les polygones de l’artillerie à pied étant utilisés d’une manière à peu près permanente, il a paru nécessaire de donner au commandement un adjudant permanent pour remplacer les officiers qui, jusqu’alors, n’étaient détachés qu’à titre temporaire. Cet adjudant est du grade de lieutenant en premier ou de lieutenant.
Un aspirant payeur est également affecté à chacun des camps d’instruction et polygones.
Les mêmes mesures sont prises en Saxe et en Wurtemberg.
Source : S0463 n°908, tome 62, du 07/1903, p. 1-36.
Allemagne, armée : Le budget de la guerre de l’empire allemand pour 1903 (suite).
Subsistance. – Habillement. – Casernement.
Construction et agrandissement de magasins.
Organisation des magasins et ateliers d’habillement.
En étudiant le budget de 1902, la Revue militaire (2ème semestre 1902, page 164) a indiqué les phases successives de l’organisation des magasins et ateliers d’habillement et signalé les essais tendant à remplacer les ouvriers militaires par la main d’œuvre civile. Cette mesure, appliquée l’année dernière au VIème corps et à une partie des ateliers de la Garde, sera étendue, cette année, en Prusse, à toute la Garde et au XVème corps d’armée ; elle sera également appliquée, en octobre 1903, au XIIème corps saxon et, en octobre 1904, au XIXème corps saxon. Il en résultera, au total, une diminution de 466 ouvriers militaires en 1903 et de 497 en 1904.
Le nombre des ouvriers civils à admettre dans les magasins et ateliers de la Garde sera de 328 ; il sera de 236 dans ceux du XVème corps ; soit un total de 564 ouvriers civils recevant un traitement moyen annuel de 1 625 francs. Sans tenir compte des dépenses d’installation, cette mesure occasionne donc pour la Prusse seule, un supplément de dépense de 916 500 francs. Rappelons que la substitution a permis le renforcement de quelques unités existantes et la création d’unités nouvelles, dont les principales sont les quatre compagnies d’artillerie à pied, en Prusse, et les deux détachements de mitrailleuses, en Saxe.
A l’opposé de ce qui a lieu en Prusse et en Saxe, le Württemberg renforce, le 1er avril 1903, les magasins et ateliers d’habillement du XIIIème corps (Ludwigsburg) de 2 officiers, 8 sous-officiers, 121 ouvriers militaires, ainsi que d’un certain nombre d’employés divers. Les motifs mis à l’appui de cette demande d’augmentation font ressortir qu’à l’instar de ce qui se passe en Prusse, le magasin et les ateliers devront à l’avenir, soit par eux-mêmes, soit à l’aide de l’entreprise ou de la main d’œuvre pénitentiaire, assurer la confection et la livraison des chaussures, effets d’habillement, linge, instruments de musique, etc. La construction des ateliers et l’installation des machines, entamées avec les crédits accordés en 1898, ont été achevées au cours de l’hiver dernier et l’exploitation en grand peut désormais commencer.
Construction, amélioration et agrandissement de bâtiments militaires.
Les crédits affectés à cet objet sont, en chiffres ronds, de 8 339 000 francs en Prusse, 2 107 000 francs pour l’Alsace-Lorraine, 2 594 000 francs en Saxe, 240 000 francs en Wurtemberg ; soit 13 280 000 francs au total, Bavière non comprise.
Cette somme est inférieure à celle des budgets précédents en raison de l’achèvement d’une partie des travaux commencés au cours des dernières années ; on peut toutefois y ajouter des crédits, s’élevant à 2 millions environ, affectés à divers bâtiments militaires tels que ; hôtels et bureaux pour les états-majors, stands, églises de garnison, etc.
Source : S0463 n°908, tome 62, du 07/1903, p. 1-36.
Sources
S0275
Gaber, Stéphane : La Lorraine fortifiée 1870-1940, de Séré de Rivières à Maginot ; Editions Serpenoise, Metz, 1997.
S0463
Revue militaire des armées étrangères 1903, Imprimerie R. Chapelot & Cie, Paris.
S1251
Fischer G. & Bour Bernard : Die Feste Kaiser Wilhelm II, La position de Mutzig, 1893-1918, Société d’Histoire de Mutzig et environs, 1980.