Communications

 

Dernière mise à jour : 31 / 12 / 2021

 

Auteur de la page : MJR

 

Les sources sont en fin de page.

 

Introduction

 

La place forte de Strasbourg dispose d’un réseau télégraphique filaire souterrain utilisant des signaux du « code Morse » qui relie les ouvrages de fortification de la place et les principaux services au gouvernement de la place forte. La place forte de Strasbourg est elle-même reliée à l’état-major à Berlin.

 

En cas de rupture de ces lignes de communications il reste des moyens de secours comme l’héliotrope qui permet de communiquer par signal lumineux également avec le code « Morse », en utilisant le soleil ou de nuit avec une lampe à acétylène, les pigeons voyageurs dont la station principale est située à l’Esplanade à Strasbourg ou les estafettes à pied, à cheval. Enfin vers la fin du XIXe siècle, les messages peuvent être transmis par téléphone ou portés par des estafettes à bicyclette. Puis pour les communications stratégiques, on commence à utiliser la télégraphie sans-fil au début du siècle.

 

 

Réseau de fils de télégraphie militaire en 1899

 

 

Voici la description et le fonctionnement du réseau de télégraphie militaire de la place forte de Strasbourg, conformément au règlement général de télégraphie militaire de Strasbourg de l’année 1899.

Source : S0634.

 

Autorités supérieures, administrations

 

Gouvernement de la place forte

 

L’ensemble du domaine du télégraphe de forteresse est placé sous le commandement supérieur du gouverneur militaire. Le Gouvernement règle et ordonne la mise à disposition de sous-officiers et d’hommes de troupe pour les stages de formation et la mise en place du personnel chargé des stations en service du télégraphe de forteresse.

Source : S0634, p. 3.

 

Service des fortifications « Fortifikation »

 

La surveillance, la direction et l’administration du télégraphe de forteresse est à la charge de l’officier ingénieur de la place forte « Ingenieur-Offizier vom Platz ». Le service des fortifications assure le service relatif à la construction et à la maintenance du télégraphe de forteresse. L’officier ingénieur de la place a les mêmes prérogatives en matière de punition et de commandement des sous-officiers et des hommes du rang qu’un commandant de bataillon indépendant.

Source : S0634, p. 3.

 

Poste de construction du télégraphe de forteresse.

 

Dans le détail la direction du télégraphe de forteresse est prise en compte par le poste de construction du télégraphe de forteresse. Ce dernier comprend :

Comme directeur du télégraphe de forteresse « Vorstand des Festungs-Telegraphen » un officier ingénieur du service des fortifications « Ingenieur-Offizier der Fortifikation » dénommé « Oberpostenoffizier ». Ce dernier règle l’ensemble du fonctionnement du service. Il surveille l’entretien et la gestion des matériels et installations, ainsi que l’instruction des télégraphistes de forteresse, la direction du tableau des effectifs « Kommandirrolle » et du registre de tous les télégraphistes de forteresses formés de la garnison.

Le directeur « Vortsand » du télégraphe de forteresse a les compétences d’un commandant de compagnie sur le plan disciplinaire envers tous les sous-officiers et militaires du rang détaché dans ce service.

2. Un fonctionnaire dénommé « Festungs-Bauwart » du service des fortifications en tant qu’officier du poste de construction.

3. Un ou deux gardes du génie « Wallmeister » formés dans le service du télégraphe ou en cas de pénurie un sous-officier ancien du nombre des télégraphistes de forteresse en tant que représentant du garde du génie de télégraphie « Telegraphen-Wallmeister ».

Pour assurer le service sur les stations de télégraphies « Telegraphen-Stationen » des télégraphistes de forteresses sont désignés par un ordre du gouvernement de la place forte « Gouvernementbefehl » pour être détaché auprès du service des fortifications et relevés tous les mois.

Tous les télégraphistes de forteresse qui sont détachés passent sous l’autorité de l’officier-ingénieur de la place « Ingenieur-Offizier vom Platz », du directeur du télégraphe de forteresse et de tous ces personnels.

Source : S0634, p. 4.

 

But et couverture du télégraphe de forteresse

 

a) En temps de paix le télégraphe de forteresse transmet en première ligne les messages et ordres pour le service de la garnison.

b) Lors de la mise en état de défense et pendant une éventuelle défense de la place, le télégraphe de forteresse sert à transmettre les ordres, compte rendu et demandes.

c) Le télégraphe de forteresse comporte déjà en tant de paix les lignes et stations suivantes, avec entre parenthèses le nom de code Morse de la station :

Ligne 1 par la porte de la Robertsau « Ruprechtsauer Thor » (R) vers le Fort Fransecky (F),

Ligne 2 par le cavalier 13 « Kaserne 13 » (à l’est de la porte de Pierre « Steinthor ») vers le Fort Moltke (M),

Ligne 3, par la porte de Pierre « Steinthor » vers le Fort Roon (Ro),

Ligne 4, par la porte de Cronenbourg « Kronenburgerthor » vers le Fort Podbielski (P)

Ligne 5, par la porte de Pierre « Steinthor » vers le Fort Veste Kronprinz (K),

Ligne 6, par la porte de Pierre « Steinthor » vers le Fort Grossherzog von Baden (G),

Ligne 7, par la porte de Cronenbourg « Kronenburgerthor » vers l’ouvrage intermédiaire Baden-Bismarck (BB),

Ligne 8, par la porte Blanche « Weissthurmthor » vers le Fort Fürst Bismarck (B)

Ligne 9, par le cavalier 16 « Kaserne 16 » (au nord de la porte Weissthurmthor) vers le Fort Kronprinz von Sachsen (Sa),

Ligne 10, par la porte de Cronenbourg « Kronenburgerthor » vers l’ouvrage intermédiaire Sachsen-Tann (SaT),

Ligne 11, par la porte Blanche « Weissthurmthor » vers le Fort Tann (T),

Ligne 12, par la porte Blanche « Weissthurmthor » vers le Fort Werder (W),

Ligne 13, par la station de pompage « Pumpstation » vers le Fort Schwarzhoff (S),

Ligne 14, par la caserne « Esplanadenbaracke » vers la station de Kehl (Kl) ;

Source : S0634, p. 5.

 

De cette dernière station trois lignes sont dérivées vers :

Ligne 14a, vers le Fort Kirchbach (Ki),

Ligne 14b, vers le Fort Bose (Bo),

Ligne 14c, vers le Fort Blumenthal (Bl).

Source : S0634, p. 6.

 

Ligne 15, jusqu’à la caserne « Esplanadenbaracke » (Eb),

Ligne 16, jusqu’au secrétariat du service des fortifications « Fortifikation-Geschäftzimmer » (Fr),

Ligne 17, jusqu’au secrétariat du dépôt d’artillerie « Geschäftzimmer des Artilleriedepots » (Ar),

Ligne 18, jusqu’au au service impérial du télégraphe « Reichstelegraphenamt » (Str),

Ligne 19, jusqu’à l’administration de garnison « Garnison-Verwaltung » (Ga) ;

Ligne 20, jusqu’au dépôt du génie « Festungs-Schirrhof » (Fs).

 

Toutes les lignes citées précédemment partent de la station « Gouvernement » et hormis les lignes 19 et 20, ainsi que le tronçon qui passe sur le Rhin à Kehl (Ligne 19, Go-Kl) passent par un câble souterrain.

En dehors de ces lignes radiales « Radialleitungen » il existe les lignes circulaires suivantes « Ringleitungen », qui comportent également des câbles souterrains :

Source : S0634, p. 6.

 

Ligne 1a, du Fort Fransecky à l’ouvrage intermédiaire « Zwischenwerk Neu-Empert » (NE),

Ligne 2a, du Fort Moltke au Fort Roon,

Ligne 2b, du Fort Moltke à l’ouvrage intermédiaire « Zwischenwerk Fransecky-Moltke » (FM),

Ligne 3a, du Fort Roon au Fort Podbielski,

Ligne 4a, du Fort Podbielski au Fort Veste Kronprinz,

Ligne 5a, du Fort Veste Kronprinz au Fort Grossherzog von Baden,

Ligne 6a, du Fort Grossherzog von Baden à l’ouvrage intermédiaire Baden-Bismarck,

Ligne 7a, de l’ouvrage intermédiaire Baden-Bismarck au fort Fürst Bismarck,

Ligne 8a, du fort Fürst Bismarck au Fort Kronprinz von Sachsen,

Source : S0634, p. 6.

Carte du réseau télégraphique de la place forte de Strasbourg en 1899. Source : S0634.

 

Ligne 8b, du Fort Bismarck à la Feste Kaiser Wilhelm II (Ostfort (Kw) et Westfort (Bt),

Ligne 9a, du Fort Kronprinz von Sachsen à l’ouvrage intermédiaire Sachsen-Tann,

Ligne 10a, de l’ouvrage intermédiaire Sachsen-Tann au fort Tann,

Ligne 11a, du Fort Tann au Fort Werder,

Ligne 12a, du Fort Werder à l’ouvrage Werder-Schwarzhoff (WS),

Ligne 13a, de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff au Fort Schwarzhoff.

Source : S0634, p. 7.

 

Utilisation du télégraphe de forteresse

 

1. Les personnes habilités à utiliser le télégraphe de forteresse en temps de paix sont les suivantes :

a) Les officiers et les fonctionnaires ayant un rang d’officier,

b) les états-majors et les unités militaires jusqu’au niveau compagnie ou assimilé,

c) les autorités et administrations militaires y compris les inspecteurs de caserne et les inspecteurs d’hôpitaux militaires et les personnels du service du casernement « Kasernenwärter »,

d) Les chefs des détachements de garde des forts « Führer der Fort-Wachtkommandos », les personnels de garde, les patrouilles et les chefs de convoi de transport « Transportführer »,

e) dans le cadre du service des fortifications, tous les sous-officiers et fonctionnaires du service des fortifications « Fortifikation » et du dépôt d’artillerie, les sous-officiers du service de santé des forts dans le cadre du service de soin aux malades,

f) les adjudants « Feldwebel, Wachtmeister » ainsi que les militaires du même rang.

2. Pour l’acheminement des télégrammes à caractères privés en temps de paix, les directives sont les suivantes :

Les télégrammes privés, munis de la signature ou adressés à un officier ou d’un fonctionnaire ayant rang d’officier, sont accepté à la transmission.

Source : S0634, p. 7.

 

Les télégrammes privés vers ou en provenance de Kehl ne sont autorisés à la diffusion, que s’ils sont envoyés ou destinés à des officiers ou à des fonctionnaires ayant rang d’officier.

Les sous-officiers qui veulent transmettre un télégramme privé, si celui-ci n’est pas adressé à un officier ou à un fonctionnaire ayant rang d’officier, si ce télégramme doit passer par la ligne Gouvernement-Kehl, doivent se chercher la signature d’un officier.

Les garde du génie, les gardes d’artillerie et les artificiers mariés en service, peuvent utiliser le télégraphe de forteresse lorsque les télégrammes sont adressés à leur famille, dans la mesure ou son contenu contient des problèmes domestiques.

Source : S0634, p. 8.

 

3. Horaire de service des stations de télégraphie en temps de paix :

a) en semaine :

7h (hiver 8h) jusqu’à 12e, matin,

2h jusqu’à 7h (station Kehl 2h à 4h, 6h à 7h après-midi) ;

 

b) les dimanches et jours fériés :

7h (hiver 8h) à 12h du matin,

1h à 2h après-midi.

 

La durée du service dans les stations « Fortification » et « Artilleriedepot » est réglée en fonction des heures de bureau de ces services.

Sur toutes les stations (hormis les stations « Fortification » et « Artilleriedepot ») les télégrammes sont également acheminés en dehors des heures de service pour les cas urgents. Ces derniers portent la mention « urgent et à transmettre en dehors des heures de service » inscrite par l’émetteur.

Mais cette exception ne concerne pas les télégrammes privés.

 

Avec le début de la mise en état de défense, le droit d’usage du télégraphe de forteresse dans le cadre du service par les troupes et services nommés en 1b et c, et ultérieurement pour les officiers et fonctionnaires du service des fortifications et du dépôt d’artillerie est restreint, et ce n’est qu’en cas d’urgence que dans le cadre du service les officiers ou chef de poste de garde peuvent utiliser le télégraphe de forteresse.

Source : S0634, p. 8.

 

Directives générales pour toutes les stations

 

A) Comportement des télégraphistes sur les stations

 

Le changement des personnels des stations de télégraphie s’opère habituellement tous les 1ers du mois. Le télégraphiste qui est relevé, donne en compte au télégraphiste prenant le service, qui fait l’inventaire des appareils, matériels et objets un à un, et des télégrammes, rouleau d’appareil Morse « Morserollen », formulaires etc., ainsi que l’inventaire de l’administration de garnison.

Le montant en vérifie la quantité et l’état de ces matériels.

Les systèmes d’alarme et les armoires à batteries installées dans la pièce du télégraphe doivent également être pris en compte. Les armoires ne doivent pas être utilisées pour stocker d’autres matériels, broc à eau, etc. pour préserver les matériels qui y sont stockés.

Toutes les remarques doivent immédiatement faire l’objet d’un compte rendu au Gouvernement. Tous les comptes rendus des stations, si rien d’autre n’est demandé, ou si leur contenu ne semble pas approprié, doivent être transmis par moyen télégraphique.

Après la relève la responsabilité concernant l’inventaire des matériels et de l’état de propreté et de rangement de ces derniers passe au nouveau télégraphiste. Les deux télégraphistes (là où les stations sont occupées par plusieurs télégraphistes, il s’agit des deux plus anciens de chaque groupe) attestent la transmission des matériels : date…. Donné en compte par nom prénom et pris en compte par nom et prénom, ainsi que les remarques éventuelles de chaque partie, avec signature, sur l’inventaire et sur tous les autres registres. Après cette relève un compte rendu de relève et de présence des tous les matériels est envoyé.

Le télégraphiste de service est responsable du bon fonctionnement de sa station.

En cas d’orage proche ou violent, les appareils et les lignes ne doivent pas être touchées.

Le télégraphiste doit veiller à la propreté du local de télégraphie et de ces appareils et matériels.

Tous les matériels de bureau, les télégrammes, les rouleaux « Morse » et les registres, hormis pour la station « Gouvernement », où règne des prescriptions particulières, dont les lieux de rangement sont précisément prescrits, sont rangés dans le bureau, les outils manuels dans la caisse de l’appareil, la peinture de l’appareil et l’huile sur une étagère de l’armoire à piles.

Source : S0634, p. 8.

 

 

Le matériel du réseau de fils de télégraphie souterrain

 

 

Appareil de télégraphie de campagne

 

L’appareil de télégraphie de campagne est dénommé « Feld-Telegraphen Apparat ».

Appareil de télégraphie filaire de la place forte de Strasbourg d’après le règlement de 1899.

Source : S0634, collection MJR.

 

Manipulateur « Taste »

 

Description :

a) Manipulateur ou corps.

b) Pointe de contact.

c) Pointe de contact du télégraphe.

d) Réglette.

e) Réglette centrale.

f) Réglette de travail

g) Vis du manipulateur.

 

Levier d’écriture

Source : S0634, collection MJR.

 

Galvanoscop

 

Description :

ki) Vis pour la ligne entrante.

k) Vis pour le câble de l’appareil.

ni) Début des connexions du galvanoscope.

ne) Fin des connexions du galvanoscope.

m) Aiguille magnétique.

n) Pointe de l’aiguille magnétique.

 

Alarme « Wecker »

 

Pile « Universal Thor-Element

 

Description :

a) récipient en verre.

b) électrode en zinc.

c) électrode en charbon.

d) couvercle en bois.

 

Pile Meiniger « Meiniger Element »

 

 

 

Description :

a) Verre.

b) Anneau en zingue.

c) Les bras de cet anneau.

d) Câble avec connexion.

e) Plaque de plomb avec bain de plomb.

f) Connexion de câble.

 

Commutateur type n°3

 

Source : S0634, collection MJR.

 

Commutateur type n°5

 

Source : S0634, collection MJR.

 

Commutateur type n°6

 

Source : S0634, collection MJR.

 

Commutateur type n°7

 

Source : S0634, collection MJR.

 

Relais

Source : S0634, collection MJR.

 

Paratonnerre à plaques

Source : S0634, collection MJR.

 

 

Répartition des matériels au sein de la place forte

 

L’affectation des matériels de télégraphie est répartie en fonction du type de station. D’après le règlement de 1899, il existe trois types de station avec les matériels suivants :

 

Station intermédiaire « Zwischenstation »

 

Câblage d’une station intermédiaire. Source : S0634, collection MJR.

Câblage d’une station intermédiaire comportant 2 appareils et câbles d’alimentation. Source : S0634, collection MJR.

 

Station terminale « Endstation »

 

Deux appareils télégraphiques de campagne « Feld-Telegraphen-Apparat » ;

Des piles de type « Universal-Thor-Element » ou « Weidinger-Element » ;

Deux manipulateurs morse « Schreibhebel » ;

D’un commutateur n°7 « Umschalter Nr. 7 » permettant de passer sur l’une des trois lignes ;

D’un galvanoscope pour vérifier la charge des piles ;

D’une alarme « Wecker » ;

Deux relais, destinés à renforcer le signal ;

D’un paratonnerre « Platten-Blitzableiter » qui permet la mise à terre des différentes lignes.

Câblage d’une station terminale. Source : S0634, collection MJR.

 

Fonctionnement des stations de télégraphie en 1899

 

En temps de paix, le réseau permet la transmission des messages, des ordres et même de messages à caractères privés (uniquement avec l’accord de l’officier responsable). Chaque pièce de télégraphie « Telegraphenzimmer » est occupée par un télégraphiste et une ordonnance chargée de porter les messages. Toutefois dans les forts, deux personnels supplémentaires instruits au service de télégraphie détachés de la garde du fort peuvent également être affectés à ce service.

Les horaires de service en temps de paix sont les suivants : en semaine de 7h00 (8h00 en hiver) à 12h00 et de 14h00 à 19h00 ; le dimanche et jours fériés de 7h00 (8h00 en hiver) à 12h00 et de 13h00 à 14h00. Le service commence tous les matins à 7h00 ou 8h00 par l’émission par la station centrale d’une série de signaux longs et courts, qui permet aux autres de stations de régler leur montre.

Chaque poste dispose d’une alarme qui permet d’alerter l’opérateur de l’arrivée d’un message à caractère urgent en dehors des horaires de service. En cas d’orage le service est interrompu.

En temps de guerre, dès la mise en état de défense de la place, seuls les télégrammes concernant le service seront diffusés.

Le personnel occupant ses stations télégraphiques est relevé tous les 1ers du mois. Lors de cette relève il transmet tous les matériels et documents à son successeur.

 

Eclairage et chauffage des stations de télégraphie

 

L’administration militaire allemande a fixé la quantité de charbon et de pétrole pour chaque station, en fonction des horaires de service et de la saison. Par exemple, au mois de janvier, la station Fransecky, installée dans une chambre pouvant être occupée par 8 à 12 hommes, a une dotation journalière de 1 ¼ de portions de matériaux de chauffage. Une portion journalière comprend 2,702 kg de charbon, 1,828 morceaux de bois tendre, 1 cm3 de bois tendre est composé de 36 paquets de bois tendre, et chaque paquet de bois tendre à 40 baguettes d’allumage. Pour l’éclairage, la station du fort à une dotation de 510 grammes de pétrole pour le mois de janvier et 60 grammes uniquement pour les mois de juin, juillet et août.

 

Télégraphie optique

 

En cas de défection des lignes télégraphiques, les forts peuvent communiquer grâce aux télégraphes optiques portatifs « Heliotrop-Signalapparat » et aux pigeons voyageurs.

 

D’autre part, le Journal d’Alsace du 21 mars 1878, fait connaître que tous les forts sont désormais reliés entre eux et avec les bâtiments du gouvernement militaire par des fils télégraphiques.

Source : S0634.

Source : S0634.

Système de captage de la lumière du soleil. Source : S0634.

 

 

Inspections des stations télégraphiques

 

Les installations télégraphiques sont régulièrement soumises aux visites de l’inspecteur de la télégraphie. La presse locale nous livre quelques informations à ce sujet : « Alsace-Lorraine. Strasbourg, le 15 août 1877. L’inspecteur de la télégraphie militaire venant de Berlin, le colonel “Oberst” Fahland est ici pour inspecter les installations de télégraphies militaires de la place forte. La visite concerne les stations télégraphiques des forts, ainsi que celle du gouvernement, et à cette occasion on a examiné l’utilité des câbles souterrains. La colombophilie militaire est également du domaine de cet inspecteur de la télégraphie militaire, et il a donc également visité la station locale de pigeons voyageurs, pour laquelle on vient de construire récemment un nouveau bâtiment sur un terrain dégagé près de la citadelle. L’inspecteur partira d’ici pour inspecter Ulm en passant par Rastatt. (Kölner Zeitung). »