Septembre 1914

Dernière mise à jour : 6 novembre 2018

 
 

Mardi 1er septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Aujourd’hui, pour la deuxième fois, une charrette chargée de fruits est partie vers les Lazarets de Strasbourg. Par l’appariteur municipal : tous les hommes sans formation militaire du landsturm âgé de 17 à 45 ans, doivent se présenter à la mairie jusqu’au 15 septembre dernier délais. A partir d’aujourd’hui un train part à nouveau régulièrement en direction de Strasbourg, c’est-à-dire, départ le matin à 6h58 et retour le soir à 18h04. Après que la circulation des trains pour les civils était complètement arrêtée dans les premiers jours de la mobilisation, les liaisons suivantes vers et en provenance de Strasbourg étaient les suivantes : aller le matin à 11 et 23 heures, et retour le matin à 2 heures. Une petite quantité de personnes, qui étaient employés dans cette très belle ville, devait à présent s’y rendre à pied, par un chemin long et peu urbanisé, d’autres remirent rapidement les bicyclettes en service ; les uns comme les autres vivent de cette façon un morceau de la guerre. Aujourd’hui vers 14 heures, passèrent en se suivant rapidement 7 trains avec des réservistes de complément « Ersatzreservisten ». Ils sont transférés vers des anciennes villes de garnisons allemandes pour y recevoir une instruction militaire. Comme au sein d’entre eux il y avait également des hommes de troupe du Ersatzregiment Nr. 126, qui était longtemps encaserné ici, de nombreuses personnes se rendirent à la gare pour les saluer ou leur dire adieux. Peut-être pour toujours ? ».

9h55 : France, télégramme chiffré de Joffre à Millerand, n°3 175, du 1er septembre 1914, à 9H55 : « Général commandant en chef à ministre de la Guerre. Dans la journée d’hier, le recul accentué de l’armée anglaise a mis à découvert le flanc gauche de la 5e armée et, de ce fait, un corps de cavalerie allemand a pu s’avancer jusqu’à Soissons rendant impossible le transport que j’avais ordonné du 18e corps d’armée sur Paris. J’ai fait étudier le moyen d’amener un autre corps en remplacement du 18e. Ce sera le 4e qui commencera à être embarqué demain 2 septembre, dont une division arrivera à Paris le 3 et le reste des forces le 4 septembre. Je ferai connaître au gouverneur militaire de Paris les conditions exactes du transport dès quelles seront réglées. La garnison de Paris sera constituée en outre par l’armée du général Maunoury – 7e corps et 5 divisions de réserve. Ces dernières, très bons derrières des retranchements, peuvent constituer la garnison des ouvrages. Les corps actifs formeraient la défense mobile et pourraient être appelés à participer aux opérations. Si, au cours de cette retraite, les armées anglaises acceptaient de coopérer à une bataille sur le front nord de Paris, cela serait très avantageux ; mais je ne puis le leur demander, n’ayant rien obtenu d’eux. Je ne sais trop d’ailleurs s’ils y consentiraient. La direction prise par les colonnes ennemies les éloigne un peu de Paris, ce qui pourra donner un peu de répit. J’estime néanmoins nécessaire que le gouvernement s’en éloigne ce soir ou demain et j’ai demandé que la Place de Paris soit comprise dans la zone des armées. Mon quartier général sera ce soir à partir de 15 heures, à Bar-sur-Aubes ». (Dans télégramme au ministre, Joffre se plaint amèrement du peu de coopération des Anglais).

France : Le gouvernement français se replie à Bordeaux.

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Aujourd’hui nous avons rencontrés trois soldats au village : Hirsch Joseph, Wengert Alois et le « Radmacher » Albert, qui avaient participés aux combats de Mulhouse et de Sarrebourg et qui séjournaient provisoirement ici. Naturellement on ne manqua pas de sujets de conversation : champ de bataille, chance de guerre « Kriegsglück », etc. ».

 

Mercredi 2 septembre 1914

Nuit du 02 au 03/09/1914 : Front Ouest : le général allemand von Moltke décide d’éviter Paris et de marcher en direction du sud-est dans la nuit du 2 au 3 septembre 1914 : « L’intention du commandant suprême est de couper les Français de Paris en direction du sud-est. La Ire armée suivra en s’échelonnant, la IIe, et s’assurera dorénavant la protection du flanc des armées […]. Il est à propos que la cavalerie d’armée apparaisse devant Paris et détruise les voies ferrées qui y conduisent ».

Allemagne, Strasbourg : les informations livrées par le journal Straßburger Bürger-Zeitung du 2 septembre 1914 :

Front-Est, bataille de Gilgenburg et Ortelsburg : les articles de la première page nous informent que le grand quartier général a communiqué que 70 000 hommes dont 300 officiers russes ont été faits prisonnier ainsi que la dotation d’artillerie de 5 corps d’armée russes a été détruite ou capturée après l’encerclement complet de ces unités. On parle de l’effondrement complet de l’armée russe. On évoque également la bataille de Krasnik et les combats près de Lublin où les troupes allemandes et austro-hongroises ont écrasé une dizaine de divisions russes. Le journal évoque le début de la bataille de Lemberg

Front Ouest : d’après les informations tirées de la presse du Danemark (pays neutre), Paris se préparerait pour un siège et de nombreux animaux auraient été parqué au Bois de Boulogne et sur les pistes de l’hippodrome de Longchamps. La population serait inquiète.

En Belgique, à Ostende c’est un corps expéditionnaire anglais qui aurait occupé les environs. La reine de Belgique et ses enfants ont quitté Anvers pour s’installer à Londres.

Allemagne : un article incite à pratiquer l’élevage de petits animaux pour assurer son propre ravitaillement en viande.

Strasbourg : un long article évoque qu’aujourd’hui c’est le « Sedantag », la journée de la capitulation de Napoléon III du 2 septembre 1870 à Sedan. Cette journée est fêtée tous les ans en Allemagne et à cette occasion un long article patriotique accompagne cet événement qui se termine en évoquant les nombreux succès de l’armée allemande, par ce cri : « Vorwärts bis zum Ende ! », en avant jusqu’à la fin. L’évêque de Strasbourg à publié un communiqué contre l’Abbé Wetterlé et le menace de prendre des mesures disciplinaires à la suite d’un article paru dans l’Echo de Paris.

A Strasbourg les travaux de mise en état de défense semblent avoir pris un nouveau tournant. Les colonnes de travailleurs semblent avoir reçu de nouvelles missions ou ont été congédiées. Les places et les rues sont très calmes hormis quelques colonnes de réservistes qui viennent d’être instruit et qui rejoignent la gare. Des femmes et jeunes filles assurent le ravitaillement des blessés ou des prisonniers de passage qui viennent du front des Vosges. Ainsi à minuit est arrivé un train avec des blessés allemands, qui avaient d’abord été transporté par ambulances automobile de Blamont à Sarrebourg, puis en train jusqu’à Strasbourg. A l’avant du train se trouvait des prisonniers français, qui restent dans le train. Cependant le commandant de la gare « Banhofskommandant » demande à 8 médecins militaires français de descendre du train pour les envoyer au Festungs-Lazarett I afin de soigner les prisonniers français blessés. Hier après-midi un groupe de civils, hommes femmes et un garçonnet a été escorté par la troupe avec baïonnettes entre la gare et les quais, qui d’après leurs vêtements semblaient être des paysans lorrains, peut-être des francs-tireurs.

Communiqué sur ordre du gouverneur : Toutes les quêtes organisées pour le soutien des séquelles de la guerre ou pour des actions de bienfaisance sont soumises à une autorisation préalable. Je rappelle l’interdiction de port d’insignes interdits. Strasbourg, 31 août 1914, Militär-Polizeimeister von Lauß.

Colmar : A Colmar, le commandant d’armes communique que les trois personnes suivantes de la ville ont trahi leur pays et sont désormais chez les troupes françaises : l’artiste-peinte Jean Jacques Walz dit Hansi, l’avocat Albert Helmer et le dentiste Karl Huck. Toute personne qui les hébergerait serait fusillée. Le tribunal de guerre a condamné à mort le 29 août 1914 le tailleur de pierre Alexander Käufling et la sentence a été exécutée le 29 août 1914.

Allemagne, Strasbourg place forte : travaux au cavalier 14.

Offre d’emploi. Cherche travailleurs, sur le rempart, porte de Cronenbourg « Kronenburger Tor Kavalier 14. Entreprise de construction Baugeschäft Urban. Même annonce le 4 septembre 1914.

 

Jeudi 3 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « La maison communale est ornée de drapeaux pour l’avance victorieuse des Allemands en France et en Russie. Les gens vont cueillir le houblon ».

Allemagne, Strasbourg : les informations du journal Straßburger Bürger-Zeitung du 3 septembre 1914 :

Front-Est, Le journal titre « Und auch im Osten ist der Feind geschlagen ! » également à l’Est l’ennemi est battu. 

Front Ouest : Le journal titre « Ein neuer wunderbarer Sieg ! » le grand quartier général allemand communique que 10 corps d’armée français ont été battus et repoussés entre Reims et Verdun. « Vorwärts auf Paris ! » en avant vers Paris. D’après une nouvelle reprise dans la presse anglaise, un avion allemand aurait largué deux bombes sur Paris. La place forte de Givet est tombée le 31 août 1914. 

Strasbourg : l’école du couvent des capucins de Koenigshofen a été transformé en hôpital militaire pour les blessés légers. L’article insiste sur la qualité de l’hébergement, des soins et des nombreux repas. A côté des aides-soignants volontaires, se trouve 14 soldats de la 2e compagnie sanitaire « 2. Sanitätskompagnie », encadré par un sous-officier infirmier-policier et 3 sœurs de Niederbronn. Les frères gèrent le jardin pour l’approvisionnement en fleurs et en légumes. Le réseau de tramway a repris partiellement sont exploitation, surtout pour le transport de marchandises et d’animaux, aussi bien au niveau local qu’au niveau régional. Sont exclus pour l’instant les lignes Boofzheim – Markolsheim, Boofzheim – Rhinau et Marlenheim – Westhofen. L’utilisation privée n’a pas encore complètement reprise. Cependant le trafic a repris sur la ligne 2 et la ligne 5 entre Neudorf et Bischheim. L’état-major a commandé 30 ambulances automobiles à la Daimlerschen Motorenfabrik, véhicules identiques à ceux construits pour la Bulgarie, mais avec quelques améliorations, avec réservoir d’eau, coffres de rangements et éclairage électrique intérieur qui peuvent transporter 4 blessés couchés ou dix blessés assis. Les 10 premières ambulances ont été livrées au XIII. Armeekorps wurttembergeois. Le service de l’intendance vend aux enchères les 3 et 4 septembre 1914 plus d’une centaine de quintaux de pommes de terre.

Ostwald : 2 septembre 1914. Un jeune homme de18 ans du Landsturm-Arbeiterbataillon, dénommé Paul Bernhardt a été victime d’un malaise pendant une baignade dans l’Ill. Il a été enterré dans le cimetière local.

17h00 : Front Ouest, France : communiqué de victoire de la Ire Armée allemande : « La Ire armée, refoulant les Français avec son aile gauche, franchit la Marne près de Château-Thierry et à l’ouest ; elle pousse son centre au-delà de la Ferté-sous-Jouarre et couvre le flanc droit avec le IIe corps et le IVe corps de réserve dans la région de Nanteuil-le-Haudoin. Signes partiels de désorganisation chez l’ennemi ; ils seront exploités dans la mesure de nos forces » (Radiogramme envoyé par von Kluck à von Moltke, le 3 septembre à 17 heures).

 

Vendredi 4 septembre 1914

Allemagne, Strasbourg : les informations du journal Straßburger Bürger-Zeitung du 4 septembre 1914 :

Front Ouest : le journal titre combat contre les forts d’arrêt, les Allemands devant Paris et les Français retraitent partout. D’après une nouvelle reprise dans un journal italien, le gouvernement français et le corps diplomatique ont été transféré à Bordeaux. Anvers a été bombardé hier par un zeppelin.

Strasbourg : la liste nominative des pertes sur les champs de bataille peut désormais être consulté au bureau militaire de la mairie. De plus en plus de nos héros reposent désormais au cimetière militaire et il serait opportun que les femmes et jeunes filles fleurissent les tombes. Dimanche 6 septembre 1914 le repos dominical est supprimé pour les usines et les commerces. A Strasbourg ont a trouvé un cadavre victime d’une agression sur la rive gauche du Rhin au km 119.

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Par l’appariteur municipal : celui qui veut donner des lits ou des cadres de lits pour contribuer à l’installation d’un Lazaret doit se faire connaître demain à la mairie. Les bateliers, qui veulent faire des voyages sur le canal au profit des militaires, doivent se faire connaître auprès du commandant du port « Hafenkommandant » à Strasbourg. Salaire journalier : 5 M. Ceux qui sont pour satisfaire aux obligations militaires ne seront pas acceptés. Cet après-midi c’est déroulé au presbytère une conférence relative aux mesures économiques à prendre suite à la guerre. A cette conférence participait : le vicaire général « Generalvikar » Dr. Fahrner, Professeur Dr. Spahn, le député « Abgeordneter Dr. Didio, le maire Bornert, le président du conseil de paroisse « Kirchenrathpräsident » Joh. Klein et les conseillers Roth et Weinum. Aucune décision n’a été prise ».

 

Dimanche 6 septembre 1914

France : Bataille de la Marne. Succès français. Les Allemands sont contraints à la retraite sur tout le front. Cette bataille se déroule du 6 au 11 septembre 1914.

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Après les vêpres, 160 hommes du Landwehr-Bataillon Nr. 80 de Kassel arrivèrent ici et prirent leurs quartiers ; mais la plupart d’entre eux devaient encore partir le soir même pour Bischheim, puisqu’un ordre erroné avait été donné. Vraiment, ce n’était guère une bonne nouvelle pour ces hommes qui avaient trouvés un peu de repos ! Le curé du village a tenu une réunion dans la grande salle du restaurant Au Saumon « Zum Salmen », à laquelle 70 hommes sont apparus. En quelques traits grossiers il présenta la situation internationale et passa ensuite au thème sur les moyens et les voies pour parvenir à faire de la place pour les petits et moyens producteurs de houblons, pour stocker le houblon séché. La résolution suivante a été acceptée : tous les greniers des maisons de la commune, de l’église et des maisons des associations doivent être mis à la disposition pour y entreposer en cas de besoin les sacs de houblon. Thomas donna ensuite de précieux conseils pour bien sécher le houblon ».

 

Lundi 7 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Ce matin les hommes de troupe du Landsturm-Bataillon Molsheim, qui n’étaient pas de service, sont partis pour la première fois (en chemins de fer), pour réaliser des exercices de tir au Polygone. Le soir, par l’appariteur : demain N. N. va tuer un porc. La livre coûte entre 80 et 85 Pf. Celui qui n’héberge pas les soldats qui lui sont affectés, doit subvenir au frais de leur hébergement ».

 

Jeudi 10 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Hier, un grand nombre d’hommes de troupe du Arbeiter-Bataillon Nr. 12 qui est stationné ici, c’est-à-dire des hommes de 17 – 25 ans et de 36 – 45 ans, ont été libérés. Les jeunes hommes issus des régions francophones ont été gardés ici. Egalement nos soldats travailleurs « Arbeitssoldaten », dont la plupart étaient à Ittenheim, sont revenus après plus de 5 semaines d’absence. Les plus jeunes sont rentrés en chantant ou plutôt en criant : à la maison, à la maison, il y un au revoir « In der Heimat, in der heimat, das gibt’s fin Wiedersehen » ! Mais ils ne surent pas plus de que ces quelques mots de la chanson. Et le soir commença à nouveau à la Wantzenau les cris et les beuglements de ces soldats dont on dit qu’il n’aurait même pas gagné de quoi s’acheté l’eau potable journalière (Ils ont reçu pour se nourrir 1,20 M et 53 Pf. En tant que salaire, ainsi que de l’argent pour les vêtements et les chaussures) ».

 

Vendredi 11 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Par l’appariteur municipal : demain après-midi, environ 30 chevaux seront mis aux enchères à la Zeughausgasse à Strasbourg. Seuls les agriculteurs seront autorisés à enchérir et ils doivent montrer les papiers adéquats. Celui qui a encore du « Halfter », doit les ramener pour les vendre demain à la mairie ».

 

Samedi 12 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Le matin par l’appariteur municipal : les hommes de troupe qui ont été licenciés par l’Arbeiter-Bataillon doivent immédiatement retourner sur leurs lieux de travail. Les soldats ne s’y attendaient pas. On racontait qu’ils avaient mal exécutés les travaux, et c’est pour cela qu’on les rappelle ».

 

Dimanche 13 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Une tempête sévit dans la nuit de samedi à dimanche, et même encore une partie de la matinée de dimanche matin. 16 plantations de houblons ont été dévastées par cette tempête ». 

 

Lundi 14 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Ce soir, 400 soldats travailleurs « Arbeitersoldaten » sont arrivés ici ».

 

Mardi 15 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Vers 11 heures du matin, 13 jeunes gens se rendirent à la gare en chantant. Ils appartenaient au bataillon de travailleurs qui est arrivé hier soir, et désormais ils se portaient volontaires pour partir à la guerre au Regiment Nr. 99 « Kriegsfreiwillige beim Regiment Nr. 99 ». Ces jeunes gens sont originaires de Saverne. Aujourd’hui, le commandant local « Ortskommandant », le Major Engels, avec ses soldats du Landsturm « Landstürmer » (Landsturm-Bataillon Nr. 60 Molsheim), ont quitté le village. Cet officier, qui avec ces hommes étaient hébergé ici pendant 40 jours, par son comportement calme et serein, laisse un bon souvenir aux habitants ».

 

Mercredi 16 septembre 1914

France : Le gouvernement belge se replie au Havre.

 

Jeudi 17 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Ce matin arrivèrent 25 artilleurs, pour participer aux travaux de mise en état de défense au Fort Empert. Une grande agitation c’est produit ici le soir à la suite d’une rumeur relative à l’imminence d’un siège de Strasbourg. Cette rumeur est due à l’hébergement prévu chez nous de 500 Bavarois, qui doivent arriver cette nuit ou demain. Cette nouvelle a été ramenée de Strasbourg par des personnes de chez nous. Ce n’est qu’avec difficulté que l’on pu démontrer que cette rumeur était fausse ».

 

Vendredi 18 septembre 1914.

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Par l’appariteur municipal : tous ceux qui ont été déclarés inaptes au service lors des 1er, 2e, 3e et 4e jours de mobilisation et qui ne se sont pas encore déclaré auprès du commandement du district de recrutement « Bezikskommando », doivent le faire demain et ramener leurs papiers. Demain aura à nouveau lieu une vente aux enchères de chevaux militaires à Strasbourg. L’épidémie « Maul-und Klauenseuche » s’est déclarée au Pays de Bade, en conséquence la vente de bétail est interdite. Le premier houblon a été livré aujourd’hui. Le prix pour 100 kg : 32 M ».

 

Samedi 19 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Dr. Aloys Postina : « Il est interdit de parler français dans la rue, sinon ont risque d’être incarcéré. Vers 20 heures du soir, sous une pluie battante, arrive les 500 Bavarois qui avaient été annoncés, que des « Landstürmer » du Landsturm-Bataillon Rosenheim. Ils avaient quitté Munich hier après-midi, vers 13 heures, et ils arrivèrent aujourd’hui vers 17 heures à Bischheim. De là ils se rendirent à Reichstett ; mais comme l’ordre était erroné, ils ont été obligé de marcher jusque chez nous dans la soirée ».

 

Dimanche 20 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Fête des 7 douleurs de Marie. L’église est comble, puisque les soldats participent également à l’office religieux. Au cours de l’office de l’après-midi une quête en faveur des familles dans le besoin suite à la mobilisation du chef de famille a été organisée. Résultat : 290 M. Aujourd’hui journée pluvieuse et froide. Le thermomètre indique entre 7 et 8 degrés ».

 

Lundi 21 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Dr. Aloys Postina : « De nombreux attelages cherchent du ciment à la gare pour l’emmener au Fort Empert. Au cours de l’après-midi, 135 hommes « Arbeitersoldaten » arrivèrent ici. Ce matin, pour la première fois, on a distribué les aides pécuniaires au profit des familles des combattants partis en campagne. A la Wantzenau, pratiquement toutes les familles reçoivent cette aide. Une épouse touche chaque mois entre 10 et 12 M, un enfant 6 M ».

 

Vendredi 25 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : Des attelages chargés de ciment, de poteaux et de fil de fer barbelé se rendent au Fort Empert. Par l’appariteur municipal : qui diffuse de fausses rumeurs, sera conduit devant le tribunal de guerre « Kriegsgericht ». Ce soir, ce sont les Bavarois qui ont pris en compte les postes de gardes établis dans différents endroits du village ainsi qu’aux Fort Empert et Fransecky. Mais la garde des voies ferrées « Bahnschutz » continue à être assuré par le Landsturm-Bataillon Molsheim.

 

Samedi 26 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : Aujourd’hui, les Bavarois répartis en deux détachements, exécute un exercice de marche en direction de Kilstett. Au retour, un des détachements chanta une chanson « Landsturmlied 1914 » (d’après la mélodie : « Zu Mantua in Banden ») avec ce refrain : « Que Dieu soit avec femme et enfants, le Landsturmmann part en campagne ! » (Gott sei mit Weib und Kinder, der Landsturmmann zieht ins Feld !). Ce chant sérieux et fort a impressionné plus d’un auditeur. Le soir le télégramme suivant de l’aumônier militaire principal de Strasbourg « Militäroberpfarrer » Wilhelm arriva au presbytère : les troupes présentes doivent se rendre demain à l’office religieux de 7h30.

 

Dimanche 27 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « L’église était comble à la messe matinale et principale, puisque beaucoup de Bavarois y avaient assistés. Les officiers, avec à leur tête le lieutenant-colonel « Oberstleutnant » Koerle, ont également assisté à la messe. Les soldats protestants avaient aujourd’hui pour la deuxième fois un office religieux dans la maison des associations. Avec le train de 11 heures de nombreux Bavarois s’étaient rendu à Strasbourg, pour visiter cette très belle ville. Le manque de quelque chose de bavarois avait vraisemblablement été une de leur motivation. En réalité, plus d’un d’entre eux rentrait bien chargés ».

S0216

 

Mardi 29 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Aujourd’hui, un nouvel attelage avec des fruits frais s’est rendu à Strasbourg. Les pêcheurs de la Wantzenau ont reçu 14 barques pour leur usage, qu’ils étaient obligés de récupérer à 3 kilomètres en aval du pont flottant de Gambsheim, sur le coté badois. C’est là que se trouvent toutes les autres barques. Le soir, tous les chasseurs, hormis 10 hommes, quittèrent notre village ».

 

30 septembre 1914

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Dr. Aloys Postina : « Hier soir, les 25 hommes de l’artillerie à pied qui étaient cantonnés chez nous et qui exécutaient des travaux de mise en état de défense près du Fort Empert, ont également été rappelés. Egalement le « Oberwachtmeister » de la Gendarmerie, qui était stationné ici depuis la mobilisation, quitta le village ».

Publicité parue dans la Strassburger Bürger-Zeitung pour vendre des vêtements, ustensiles et chocolat pour les combattants.