Ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche / Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff 

& Batterie Nr. 39 Schirmlefetten-Batterie links vom Zw. Werder-Schwarzhoff

& Munitions-Raum M-72 – Abri à munitions M-72.

 

 

Dernière mise à jour / Letzte Änderung : 7 juillet 2020

 

 

Voici l’essentiel des informations disponibles concernant l’ouvrage d’intervalle Uhrich-Hoche et la batterie n°39 attenante à l’ouvrage et son abri à munitions M-72. Ces textes sont encore rédigés en langue française. Toutefois, petit à petit nous traduisons les différentes rubriques en langue allemande. Lorsque cela est possible nous utilisons les textes originaux avec l’orthographe de l’époque.

 

Hier finden Sie die Informationen zu dem zwischenwerk Werder-Schwarzhoff und die neben Werke Schirmlafetten-Batterie Nr. 39 und Munitions-Raum M-72. Die meisten Texte sind noch in französicher Sprache verfasst. Nach und nach übersetzen wir jedoch die verschiedene Abschnitte ins Deutsche. Soweit es möglich ist verwenden wir die Originaltexte mit der Schreibweise aus dieser Zeit.

 

Sources / Bibliographie : voir rubrique Bibliographie en dernière page du site / Sehe letzte Seite.

 

Signification des raccourcis utilisés pour les sources des photographies et documents :

Bedeutung der Abkürzungen der Quellen für Fotos und Dokumente :

 

1er RG : documents et photographies des archives du 1er régiment du génie.

AD67 = Archives départementales du Bas-Rhin ; Strasbourg.

AVES = Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg.

BA = Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

BA-M = Bundesarchiv Abteilung Militärarchiv, Freiburg

BA-Stutt = Bundesarchiv, Stuttgart.

BCGS = Bibliothèque du cercle de garnison de Strasbourg

BMS = Bibliothèques Municipales de Strasbourg.

BNF Paris = Bibliothèque Nationale de France

BNUS = Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg

GAK = Generallandessarchiv Karlsruhe GEN =documents du service du génie, actuel USID et ESID de Strasbourg.

GSTAPK = Geheimes Staatsarchiv für Preussischer Kulturbesitz (Archives secrètes de l’héritage culturel de Prusse), Berlin - Dalem.

SHD = Service Historique de la Défense, Vincennes.

 

Auteurs des photographies :

 

1er régiment du génie = 1°RG

BA = Brauch André

BP = Burtscher Philippe

CESFS = Cercle d'études et de sauvegarde des fortifications de Strasbourg

MJR = Mohr-Joerger Richard

 

L’ouvrage Werder-Schwarzhoff (actuel Uhrich-Hoche), la batterie n°39 et l’abri à munitions M 72 sont encore visibles et sont sur le même terrain militaire.

Voici le plan de la parcelle mis à jour en 2002 sur laquelle sont implantés ces trois ouvrages. La limite du terrain militaire est matérialisée par le trait de couleur verte. Source : collection MJR.

Plan von dem Militär-Gelände von 2002 das in grün eingezeichnet ist, mit den drei Werken.

Source / Quelle : collection / Sammlung MJR.

Façade de gorge de la caserne centrale. L’ouvrage a été nettoyé et débroussaillé pour la marche populaire et les portes ouvertes du 1er régiment du génie de 2006. Depuis la végétation a repris le dessus et des visiteurs ont jeté leurs déchets et tagués les murs.

Kehlfassade der Zentral-Kaserne. Diese Kaserne wurde gereinigt und von den Sträuchern gesäubert für den Volksmarch und Tag der Offene Tür vom 1. französischen Pionier-Regiment im Jahr 2006. Zeit her sind wieder die Gebüsche gewachsen und haben die Oberhand genommen und Besucher haben ihren Müll hier weggeworfen und die Wände besprüht.

Photographie / Foto © MJR 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Batterie n°39. Vue extérieure de l’abri à munitions n°3 attenant à l’observatoire et au poste de commandement de l’officier d’artillerie.

Batterie Nr. 39. Innere Ansicht vom Munitions-Raum Nr. 3 nebst Beobachter und Artillerie-Offizier-Befehlsraum.

Photographie / Foto © MJR du 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Illkirch : abri à munitions M-72 qui assurait le ravitaillement de la batterie n°39.

Munitions-Raum Nr. 72 für den Nachschub der Batterie Nr. 39.

Photographie / Foto © MJR du 03/04/2010 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Plan détaillé du site. Les deux plans d’eau qui ont vraisemblablement été créés lors de l’extraction du gravier et du sable pour la construction des ouvrages, contribuent à sécuriser le site qui était à l’origine entouré par un réseau de fils de fer surmonté de barbelés.

Detaillierten Plan von der Anlage. Die zwei Wasserflächen sind wahrscheinlich bei der Ausgrabung von Kies und Sand für den Bau der Werke entstanden, und helfen zur Sicherung der Anlage, die von einem Drahthinderniss umringt war.

Source / Quelle : Plan de 1947, collection / Sammlung MJR.

 

Situation géographique et stratégique / Geographische und Strategische Lage

 

Situation géographique / Geographische Lage

 

L’ouvrage Uhrich-Hoche est situé au sud de Strasbourg, sur le ban de la commune d’Illkirch-Graffenstaden. Il est implanté à la lisière sud de la forêt d’Illkirch-Graffenstaden entre les cours d’eau « Schwarzwasser » et « Forst-Rhein », actuel Rhin Tortu.

 

Das Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff liegt im Süden von Straßburg, in der Gemeinde Illkirch-Graffenstaden. Es ist am südlichen Rande vom Illkircher-Wald, zwischen den Gewässer Schwarzwasser und dem Forst-Rhein, aktuell Rhin Tortu.

 

Références cadastrales / Kataster Referenz : section 49, parcelle 28.

Lieu-dit : Heissel.

Surface / Fläche : 8 ha 84 ares 47.

Carte de 1870 avec le front sud de la ceinture des forts de Strasbourg. L’ouvrage Uhrich-Hoche a été érigé au-dessus de l’inscription Altenheimerhof. (Collection Burtscher Philippe).

Karte von der Sud-Front des Festungsgürtels von Straßburg. Das Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff wurde über der Inschrift Altenheimerhof errichtet. (Sammlung Philippe Burtscher).

Les ouvrages du front sud de Strasbourg sur une photographie de Wikimapia de 2018.

Die Festungswerke der Süd-Front von Straßburg auf einer Aufnahme von Wikimapia von 2018.

 

Situation stratégique / Strategische Lage

 

1889-1918 : l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche est situé dans le secteur défensif sud de la place forte de Strasbourg, sur la ligne principale de résistance de la ceinture des forts. Il renforce l’intervalle entre le fort Uhrich et le fort Schwarzhoff. A partir de 1900 environ, il est adossé à une digue qui limite la vaste zone inondable implantée entre le l’Ill et le Rhin au sud de Strasbourg. Cette zone inondable mise en œuvre en temps de guerre, est alimentée par les cours d’eau « Ill », « Schwarzwasser » et Forst-Rhein » actuel Rhin Tortu.

 

1889-1918 : das Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff liegt im Verteidigungsbereich Sud der Festung Straßburg, auf der Hauptverteidigungslinie vom Fortgürtel. Es verstärkt den Zwischenraum Fort Werder – Fort Schwarzhoff. Ab 1900 ungefähr, liegt es hinter einer Böschung die das sehr große südliche Überschwemmungsgebiet, zwischen den Ill und Rhein, eingrenzt. Dieses Überschwemmungsgebiet wird nur bei der Armierung eingesetzt, und wird von den Gewässer Ill, Schwarzwasser und Forst-Rhein aktuell Rhin Tortu gefüllt.

 

Distances avec les autres ouvrages / Abstand zu den Nachbarwerke

 

 

Fort Werder – Fort Uhrich : 2,322 km (1,449 miles).

Fort Schwarzhoff – Fort Uhrich : 1,486 km (0,923 miles).

Carte de 1904 avec les emplacements de l’ouvrage Uhrich-Hoche et du fort Hoche indiqué à la plume à l’encre noir. (Collection MJR).

Karte von 1904. Das Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff und das Fort Schwarzhoff wurden mit schwarzer Tinte eingezeichnet (Sammlung MJR).

 

Caractéristiques générales / Allgemeine Eingenschaften

 

Ouvrage intermédiaire dont le tracé est celui d’une demi-redoute quasi-rectangulaire à fossé plein d’eau. Il comprend un rempart en terre sans revêtement qui ceinture l’ouvrage, muni de deux traverses-abris sur le front, d’une traverse en terre et deux plates-formes d’artillerie sur chaque flanc, dévolues aux pièces d’artillerie destinées essentiellement au flanquement des intervalles. Il comprend au centre de l’ouvrage un abri avec des locaux à l’épreuve de la bombe muni de 8 travées de casernement, d’une cuisine et de locaux de stockage. Sur le front de tête deux traverses-abri installées sous le rempart à chaque angle du front de tête. Au niveau de la gorge, l’entrée est encadrée et flanquée par deux blockhaus munis chacun d’une chambre de tir pour armes d’infanterie. Un pont protégé par des grilles enjambe le fossé. Ces deux blockhaus ont une double fonction : en plus d’assurer la défense rapprochée de l’entrée, celui de gauche fait office de poste de garde et celui de droite contient les latrines.

L’ouvrage a été modernisé vers 1894-1900 par l’installation d’une digue face au sud, le renforcement des locaux, l’allongement de l’abri central, la transformation de la traverse-abri gauche en abri de piquet d’alerte avec d’un observatoire cuirassé d’artillerie type « P.B.St. 96 » sur la traverse-abri gauche, relié par tuyaux acoustiques à la Batterie n°39 établie à gauche de l’ouvrage, qui armée de 3 canons à bouclier de 10 cm. Sur la traverse-abri droite installation vers 1894 d’une salle pour le piquet d’alerte et d’une coupole tournante d’observation cuirassée modèle « W.T. 90 ». A partir du début du siècle, une importante zone inondable alimentée par « l’Ill », le « Schwarzwasser » et le Forst-Rhein » actuel Rhin Tortu est aménagée sur tout le front sud, entre le Rhin, le Fort Schwarzhoff (actuel fort Hoche), l’ouvrage Werder-Schwarzhoff, le Fort Werder (fort Uhrich) et le Fort von der Tann (fort Lefebvre). Les cours d’eau sont munis de barrages et l’ensemble du front sud est couvert par une importante digue qui est raccordée aux flancs de l’ouvrage Werder-Schwarzhoff. Les batteries n°38 et 39 situées à gauche du Fort Werder et de l’ouvrage Werder-Schwarzhoff, sont dotés de 6 canons de 10,5 cm sous bouclier, adossés derrière la digue, qui avec leur portée de plus de 10 km peuvent tirer par-dessus la zone inondable. De taille trop réduite pour justifier la présence d’un système de défense contre l’infanterie, les ouvrages intermédiaires sont donc dépourvus de caponnières de tête ou de flancs et cette mission est assurée à partir du rempart lui-même. Armement d’après l’état de 1905 : 4 pièces de 9 cm de siège et de place dans le cadre de la mise en état de défense. Aucun armement d’après le plan d’artillerie de 1914.

 

Déroulement de la construction / Verlauf vom Bau

 

L’ouvrage a été construit dans le cadre du renforcement de la ceinture des forts détachés de Strasbourg à la suite de la crise dite de « l’obus torpille » avec la mise en service de nouveaux projectiles contenant de nouveaux explosifs brisants. La ceinture des forts détachés a été renforcée par 5 ouvrages intermédiaires.

 

1888-1889 : date officielle de la construction de l’ouvrage intermédiaire. L’ouvrage est relié au réseau souterrain de télégraphie de la place forte.

Offizielle Bauzeit vom Zwischenwerk. Das Zwischenwerk wurde an das Festungstelegrafennetz angeschlossen.

 

1895 environ : modernisation de l’ouvrage : au niveau de la traverse-abri droite, installation d’une coupole de guet cuirassée de type « W.T. 90 » (Wachturm Model 1890 de Gruson), allongement de la traverse-abri pour l’installation d’une salle de piquet d’alerte, et renforcement du bâtiment.

 

1898-1899 environ : installation de la digue et de la batterie n°39 sur la gauche de l’ouvrage ; renforcement et modernisation de l’ouvrage par un allongement de l’abri central, modification de la traverse-abri gauche avec l’installation d’un observatoire cuirassé d’artillerie modèle 1896 « P.B.St. 1896 » (Panzer-Beobachtungstand Model 1896) et d’un observatoire à ciel ouvert, qui sont reliés par tuyaux acoustiques au poste d’observation de l’officier d’artillerie de l’ouvrage et au poste de commandement de l’officier d’artillerie de la batterie n°39. Allongement de la traverse-abri pour l’installation d’une salle de piquet d’alerte sur l’aile droite. Renforcement de l’ensemble du bâtiment.

 

1904 environ : nouveaux travaux de modernisation de l’ouvrage intermédiaire :

Caserne centrale : une partie des fenêtres sont obturées et les autres sont munies de blindage ; à l’intérieur construction de cloisons en béton ; pose d’un système de ventilation ; construction d’un abri de piquet d’alerte dans l’aile gauche.

Traverses-abris : aménagement d’un accès en chicane, pose de vantaux et de bouches de ventilation.

 

1907-1910 environ : suppression de la dotation d’artillerie de l’ouvrage prévue lors de la mise en état de défense.

 

1914-1917 environ : démontage des 3 canons de 10 cm sur affût à bouclier de la batterie n°39. En effet 30 canons de 10 cm sur affût à bouclier sont transformés en un affût roulant pour permettre leur emploi sur le front. Cette nouvelle pièce était dénommée « 10,5 cm Schnelladekanone L/35 in Räderlafetten. Une partie de ces pièces transformées ont été prélevée dans la place forte de Strasbourg.

 

1939-1940 environ : installation d’un poste de commandement pour un bataillon  d’infanterie pour la défense du secteur.

 

Les matériaux utilisés pour la construction du fort / Die Materialien für den Bau des Forts

 

En règle générale : tous les murs exposés à un tir direct d’un assaillant sont en pierres de taille et moellons en grès des Vosges. Tous les murs non exposés au tirs direct sont en briques. Toutefois les façades de la caserne, des deux traverses-abris et des deux blocs de défense de l’entrée sont en briques recouvertes par un placage en pierre de taille, généralement du grès rose des Vosges. Le revêtement de façade imite un appareil en pierres équarries à tête taillée, bouchardée pour le parement. Les encadrements de porte comportant un placage en pierres de taille arrondie sont une des caractéristiques qui contribuent à la particulière beauté de cet ouvrage. Les modifications sont souvent réalisées en béton tout en essayant d’imiter en relief les façades en pierres de taille.

 

Im Allgemeine: alle Außen Mauern, die beschossen werden können, sind aus Natursteinen aus Bundsandstein aus den Vogesen. Alle Mauern, die nicht direkt beschossen werden können, sind aus Ziegelsteinen. Die Fassaden der Kaserne, der zwei Traversen und von den zwei Eingangsverteidigungs-Blöcke bestehen jedoch aus Backsteinen, die mit Bundsandstein-Furnier bedeckt sind. Die abgerundeten Türen mit Bundsandstein-Furnier sind ein großer Bestandteil zur Schönheit dieses Werkes.

Etude de la maçonnerie de la traverse-abri droite.

Das Mauerwerk der rechten Hohltraverse wird studiert.

Photographie / Foto © MJR de 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Les fondations sont en béton de ciment Portland. Murs en maçonnerie de moellons, pierres de taille et en briques, couverture en béton légèrement armé système « Monier ». Voûtes en maçonnerie de moellons ou en briques. Les maçonneries en contact avec la terre sont recouvertes d’une couche de bitume pour l’étanchéité de l’ouvrage. Vantaux de portes en bois ou en fer, puis portes blindés et plaques de blindage pour les fenêtres, en acier. Renforcement des passages pour accéder aux deux blocs du poste de garde, des sas d’entrée de la caserne centrale et des accès des traverses-abris par des tôles ondulées en acier galvanisé, destinées à éviter la chute de ménisques et un blocage des portes blindés en cas de bombardement. Grilles défensives en fer. Blocs de défense de l’entrée : béton système Monier sur les voûtes des deux blocs de défense de l’entrée. Portes blindées à deux vantaux en acier. Volet d’obturation des meurtrières des créneaux de défense en acier. Plaques blindées et perforées pour l’aspiration d’air frais à priori en acier.

 

Dénominations successives / Bennenungen

 

En règle générale, les ouvrages intermédiaires prennent le nom des deux ouvrages voisins, dans l’ordre de numérotation allemand, qui commence au nord de Strasbourg, sur la rive gauche du Rhin, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (valable pour tous les ouvrages intermédiaires de Strasbourg hormis l’ouvrage Neuf-Empert).

 

Pour l’ouvrage :

 

1888 - 1918 : Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff.

 

Avril 1919 : Ouvrage Uhrich – Hoche.

 

Juin 1940 : Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff.

 

1945 : Ouvrage Uhrich – Hoche.

 

Pour la batterie :

 

1898-1899 : Schirmlafetten-Batterie links von Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff.

 

Avant 1914 : Batterie Nr. 39.

 

Pour l’abri à munitions :

 

1898-1899 : M.R. 72 (Munitions-Raum Nr. 39).

 

Mission / Aufgabe

 

Pour l’ouvrage :

 

1888 – 1898 : Couvrir l’intervalle entre le Fort Werder et le Fort Schwarzhoff.

Sicherung vom Raum zwischen Fort Werder und Fort Schwarzhoff.

 

1898 – 1918 : Couvrir l’intervalle entre le Fort Werder et le Fort Schwarzhoff et assurer la surveillance de la vaste zone inondable avec ses observatoires, protéger la batterie n°39, fournir un poste d’observation pour la direction des tirs d’artillerie et assurer l’hébergement en temps de guerre des artilleurs de la batterie n°39.

Sicherung vom Raum zwischen Fort Werder und Fort Schwarzhoff und Überwachung vom südlichen großen Überschwemmungsgebiet mit seinen Beobachtungsposten, Sicherung der Batterie 39, Beobachtungsposten für die Schießleitung der Batterie 39 und Unterbringung vom Personal der Batterie 39.

 

Pour la batterie et son abri à munitions / Für die Batterie und den Munitions-Raum :

 

1899 – 1913 environ : batterie permanente couvrant le front sud de Strasbourg.

Permanente-Batterie zur Sicherung von der Südfront des Festungsgürtels von Straßburg.

 

1914 environ : batterie antiaérienne.

1914 ungefähr: Flak-Batterie, auf dem Artillerie-Armierungs-Plan bezeichnet als « Batterie zur Bekämpfung von Luftfahrzeugen ».

 

Accès et visites / Zugang und Besuche

 

Propriétaire : L’ouvrage Uhrich-Hoche appartient au Ministère de la Défense, service des Domaines, 10, rue Simonis, 67000 Strasbourg. En tant que terrain d’exercice il est géré par le 2e régiment de Hussards de Haguenau (camp d’Oberhoffen). Il s’agit donc d’un terrain militaire dont l’accès est interdit. Par ailleurs, il est situé dans la forêt d’Illkirch qui est classée en tant que zone naturelle protégée. La circulation des véhicules à moteur y est interdite.

 

Accès à l’ouvrage : par la rue du fort Uhrich depuis Illkirch, stationnement sur le parking à l’entrée de la route de la Schafhardt. Prendre cette dernière qui traverse la forêt d’ouest en est. Cette route est interdite aux véhicules motorisés. Puis après le pont sur le Schwarzwasser, prendre sur la droite le deuxième chemin forestier, qui est muni d’une barrière à l’entrée. A gauche de l’ouvrage on accède également à la batterie à bouclier n°39 et un peu plus loin à l’abri à munitions M-72.

 

Eigner: das Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff gehört dem französischen Verteidigungs-Ministerium, Verwaltung der Militär Gelände, 10 rue Simonis, 67100 Straßburg. Es ist ein Militär-Gelände deren Zugang verboten ist. Dass das Werk im Illkircher-Wald ist, ein Wald, der unter Naturschutz-Gebiet gestellt ist, in dem alle Motor-Fahrzeuge verboten sind.

 

Zugang: von der Straße rue du fort Uhrich in Illkirch ab, parken auf dem Parkplatz vor der Straße « route de la Schafhardt ». Diese Straße nehmen, die den Wald von West nach Ost durchquert, und dann den zweiten Waldweg nach der Brücke über dem Schwarzwasser. Links vom Zwischenwerk findet man die Schirm-Lafette Batterie Nr 39.

Entrée de l’ouvrage Uhrich-Hoche. / Eingang zum Zwischenwerk Uhrich-Hoche.

Photographie / Foto © MJR de 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

 

Description / Beschreibung

 

Description de l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche / Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff

 

Description générale de l’ouvrage intermédiaire / Allgemeine Beschreibung vom Zwischenwerk

 

L’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche a un tracé rectangulaire et comporte un rempart en terre non revêtu, entouré d’un fossé plein d’eau. Il comporte deux plates-formes d’artillerie sur chaque flanc, deux traverses-abris, une caserne centrale et deux blocs de défense de l’entrée à l’épreuve de la bombe. Il est modernisé dans un premier temps vers 1894-1895 lors de l’installation d’une coupole d’observation modèle 1890 sur la traverse-abri droite et d’une salle de piquet d’alerte, puis vers 1897-1898, il est muni d’un observatoire d’artillerie modèle 1896 et une d’une salle de piquet d’alerte lors de la construction de la batterie n°39 pour 3 canons à boucliers de 10,5 cm sur le côté droit de l’ouvrage et vers 1900 il est raccordé à une digue lors de l’aménagement d’une vaste zone inondable devant le front sud de la ceinture des forts de Strasbourg. L’ouvrage ne comporte pas d’organes de défense du fossé.

Tableau d’André Brauch représentant l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff vers 1910.

Bild von André Brauch vom Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff gegen 1910 ungefähr.

Plan des dessus de l’ouvrage extrait du plan général du site de 1947.

Plan des Zwischenwerkes aus dem Generalplan von 1947.

Source / Quelle : collection / Sammlung MJR.

 

Le fossé plein d’eau / Der nasse Graben

L’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff, actuel ouvrage Uhrich-Hoche est entouré par un fossé plein d’eau. Ce fossé est muni d’un système de canalisation pour évacuer le trop plein en cas de montée du niveau de la nappe phréatique. L’accès à l’ouvrage se fait par une digue barrée par deux portes-grilles encadrant un pont en bois qui enjambe le fossé. Des grilles métalliques protègent l’ensemble de l’entrée.

Vers 1900 l’ouvrage est relié à la digue qui prend naissance sur les bords du Rhin au fort Hoche, et longe les forts et ouvrages du front sud jusqu’au fort Lefèbvre, lors de l’aménagement de la zone inondable du front sud de Strasbourg. Remarque : à cette époque, le niveau de la nappe phréatique était plus haut qu’actuellement. En effet, les travaux de rectification du Rhin commencée au début du XIXe siècle ont créé un courant plus puissant ce qui a entraîné une érosion du lit principal du cours d’eau et la baisse du niveau de la nappe phréatique. Par ailleurs le secteur était souvent inondé, ce qui explique tous ces dispositifs pour contrer les inondations dans le Fort Schwarzhoff ‘actuel fort Hoche) et Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff (actuel ouvrage Uhrich-Hoche).

Fossé plein d’eau au niveau de l’angle de gorge gauche.

Nasser Graben am linken Kehlpunkt.

Photographie / Foto © MJR de 07/1996 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Canalisation pour évacuer le trop plein d’eau du fossé.

Überlaufkanalisation vom Graben.

Photographie / Foto © MJR de 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Pont enjambant le fossé plein d’eau au niveau de l’entrée. Il a été très endommagé lors de la tempête de décembre 1979.

Brücke über den Nassen Graben am Eingang. Sie wurde schwer beschädigt bei dem Sturm von Dezember 1999.

Photographie / Foto © MJR de 07/1996 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Les blockhaus de défenses de l’entrée / Die zwei Blöcke zur Verteidigung vom Eingang

 

L’entrée est encadrée et défendue par deux petits blockhaus qui encadrent le portail métallique de l’entrée. Pour assurer la défense de l’entrée et du pont enjambant le fossé, ces deux bâtiments comportent chacun une seule pièce, avec deux créneaux de fusillade face au fossé, et d’un petit créneau de fusillade en direction de la porte, munis de volet blindés coulissant et d’une porte blindée du modèle des portes installées vers 1907. Le bloc de gauche fait office de poste de garde et celui de droite sert de latrines. Les portes d’entrée sont munies d’un dispositif anti-inondation, comportant un dispositif permettant de mettre en place des planches pour empêcher l’eau d’entrer dans les bâtiments.

Juste derrière les deux blocs de défense de l’entrée, on trouve un grand portail métallique. Le poste de garde est relié à la caserne par un dispositif d’alarme mécanique, relié vraisemblablement à une cloche. Le bloc de droit comporte à son extrémité, vers le fossé, un renfoncement formant une petite guérite permettant à une sentinelle de se mettre à l’abri.

Pont enjambant le fossé plein d’eau au niveau de l’entrée ; il reste quelques grilles de défense. Le pont et les grilles ont été très endommagées lors de la tempête de décembre 1999.

Brücke, die den Kehlgraben am Eingang überquert: es bleiben nur noch wenige Sturmgitter. Die Brücke und die Gitter wurden schwer beschädigt während des Sturms vom Dezember 1999.

Photographie / Foto © MJR de 04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Portail de l’entrée encadré par les deux blockhaus de défense.

Das Eingangs-Portal wird durch zwei Blockhäuser verteidigt.

Photographies / Foto © MJR du 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Blockhaus gauche : vue intérieure, sur la couche de béton faiblement armée (Système Monier). Ce système permet de limiter la chute de débris en cas de bombardement.

Linkes Blockhaus: Innere Ansicht. Das Monier-Gewölbe ist einen leichten Eisenbeton. Mit diesem System kann man bei einem Beschuss das Herunterfallen von Beton Stücke zum größten Teil verhindern.

Photographies / Fotos © MJR du 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Blockhaus gauche : vue du dispositif permettant de fermer la base de l’entrée en cas d’inondation.

Linkes Blockhaus: Vorrichtung mit der man den Unteren Teil vom Eingang bei einer Überschwemmung Schließen kann.

Photographies / Fotos © MJR du 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Blockhaus gauche : Chambre de tir qui office de poste de garde. Elle est munie d’un petit point de chauffe encastré dans le mur. En bas un volet blindé coulissant sur un des créneaux du blockhaus.

Linkes Blockhaus: Schiess-Raum der als Wachposten dient. Der Raum hat einen kleinen Wandhofen. Unten einen gepanzerten Schiebe-Laden auf einer Schiessscharte.

Photographies / Fotos © MJR du 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Blockhaus gauche abritant le poste de garde. Il dispose de deux créneaux de fusillade avec volets blindés face au fossé de gorge et d’un créneau face à la porte. En haut à gauche la sortie des deux cheminées aujourd’hui disparues et au centre deux petites grilles d’aération. La base de l’ouvrage est couverte par un revêtement en pierres de taille bouchardé et les fondations sont vraisemblablement en béton.

Linkes Blockhaus mit Wachposten. Zwei Schießscharten mit gepanzerte Schieben-Läden flankieren den Kehlgraben und eine Scharte den Eingang. Oben links sind die zwei Ausgänge für die Kamine, die nicht mehr vorhanden sind und zwei kleine Öffnungen für die Lüftung. Die Basis vom Mauerwerk ruht auf einer Reihe von Buntsandsteinen und das Fundament ist wahrscheinlich aus Beton.

Photographie / Foto © MJR du 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Blockhaus droit : vue extérieure.

Rechtes Blockhaus: Äußere Ansicht.

Photographies / Fotos © MJR du 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Blockhaus droit abritant les latrines ; il a trois créneaux de fusillade et une guérite encastrée dans l’aile droite. Sur cette succession de photos on constate les importants travaux de nettoyage et de sécurisation menés en 2005-2006 par le 1er régiment du génie.

Das rechte Blockhaus mit den Latrinen; es beträgt auch drei Schießscharten und eine in den Mauern eingefügtes Schildhaus im rechten Flügel. Auf dieser Reihe von Bildern bemerkt man die Wichtige Arbeiten für die Säuberung und Sicherheit vom Zwischenwerk die 2005-2006 vom 1. französische Pionier-Regiment gemacht wurden.

Photographie / Foto © MJR du 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Guérite encastrée dans la façade de gorge du blockhaus droit.

In das Mauerwerk eingefügtes Schildhaus im rechten Blockhaus.

Photographie / Foto © MJR du 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Blockhaus droit : vue intérieure des latrines.

Rechtes Blockhaus: Innere Ansicht der Latrinen.

Photographies / Fotos © MJR du 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

La caserne de l’ouvrage intermédiaire / Die Kaserne vom Zwischenwerk

 

La caserne ou l’abri central à l’épreuve de la bombe est installé au centre de l’ouvrage. Il s’agit d’un bâtiment qui comporte 8 travées, aménagées. Six travées ont vocation de casernement, tandis que les travées d’extrémité droite et gauche sont à l’origine affectées à l’artillerie. La seconde travée à partir de la gauche abrite une cuisine très moderne pour l’époque, un puits et les réserves de vivres.

Plan général des bâtiments de l’ouvrage Uhrich-Hoche extrait du plan de 1947.

Plan von der Zentral-Kaserne vom Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff aus dem Plan von 1947.

Source / Quelle : collection / Sammlung MJR.

 

En 1894-1898, cette caserne est allongée de part et d’autre pour abriter les niches et locaux à munitions lors de la transformation des deux traverses-abris. Ces deux ailes sont semi-enterrées.

Deux couloirs encadrent l’ensemble des locaux, l’un le long du mur de gorge et l’autre le long du mur du front. Le couloir côté gorge est cloisonné par des portes blindées du modèle en usage courant depuis 1907. La caserne est munie de ventilation manuelle, et comporte deux prises d’air blindée sur la façade de gorge. La cuisine est dotée de deux cuves autoclaves et d’une rôtissoire, identique à celles qui équipent le fort de Mutzig. Dans le local de la cuisine on trouve également un puits avec une pompe manuelle.

L’ouvrage Uhrich-Hoche en coupe extrait du plan de 1947.

Schnitt durch das Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff aus dem Plan von 1947.

Source / Quelle : collection / Sammlung MJR.

 

Sur l’extension de l’aile droite, deux niches à munitions ont été installées.

Lors de la modernisation de 1904 environ, toutes les fenêtres de la façade de gorge de l’ouvrage ont été obturées. A l’intérieur des cloisons en béton ont été construites. Un système de ventilation mécanique avec des prises d’air sous plaques cuirassées a été installé. Un abri de piquet d’alerte a été installé dans l’aile gauche.

Caserne centrale : Façade de gorge / Zentral-Kaserne: Kehlfassade.

Photographies / Fotos © MJR de 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Caserne centrale : Aile gauche de la façade de gorge / Zentral-Kaserne: Kehlfassade vom linken Flügel.

Photographies / Fotos © MJR de 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Caserne centrale : Aile droite de la façade de gorge / Zentral-Kaserne: Kehlfassade vom rechten Flügel.

Photographies / Fotos © MJR de 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Caserne centrale : vue de la façade de gorge / Zentral Kaserne: Ansicht der Kehle.

Photographie / Foto © MJR de 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Caserne centrale : cuisine. La cuisine est très bien conservée / Zentral-Kaserne: Küche, sie ist sehr gut erhalten.

Photographies / Fotos © MJR de 19/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Caserne centrale : cuisine. Puits avec une pompe à bras / Zentral-Kaserne: Brunnen mit Pumpe.

Photographies / Fotos © MJR de 19/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Caserne centrale : Chambre. Le tuyau de ventilation est encore complet. A priori il s’agit de la peinture d’origine allemande : murs et voûte peints à la chaux blanche, base du mur peint avec un enduit goudronné. Cet ouvrage pouvait être inondé. A gauche de l’entrée et de la fenêtre le point de chauffe. Sur la voûte il reste les crochets d’accrochage de la planche à paquetages.

Zentral-Kaserne : Manschaftsraum. Das Lüftungs-Rohn ist noch komplet. Warscheinlich sind die Farbe der Wand noch Original von der deutschen Zeit, Mauer und Gewölbe in Kalk-Weiss und der Untere Teil der Mauern mit Teer angestrichen. Dieses Werk konnte überschwemmt werden. Links vom Eingang und Fenster, der kleine Wand-Offen. Am Gewölbe sieht man noch die Hacken für die Bretter zur ablagerung der Ausrüstung.

Photographies / Fotos © MJR de 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Caserne centrale : Point de chauffe de la chambre. / Zentral-Kaserne : kleiner Wand-Offen vom Manschaftsraum.

Photographie / Foto © MJR de 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Caserne centrale : chambres troupe avec leurs systèmes de ventilation. / Zentral-Kaserne: Mannschaftsraum mit ihren Lüftungsanlagen.

Photographies / Fotos © MJR de 05/05/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Caserne centrale : Chambre avec un système de ventilation manuel très complet. / Zentral-Kaserne : Manschaftsraum Handgetriebene Lüftungsanlage.

Photographies / Fotos © MJR de 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Caserne centrale : Chambre avec un système de ventilation et un point de chauffe. Cette fois la base des murs a été peinte en rouge orangé, avant ou après la première guerre mondiale ?.

Zentral-Kaserne : Mannschaftsraum mit und einem kleinen Wand-Offen. Dies mahl ist der untere Teil in Rot / Orange Farbe, ein Anstrich von vor oder nach dem Ersten Weltkrieg?

Photographies / Fotos © MJR de 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Caserne centrale : couloir de l’aile gauche avec le système de ventilation et une protection de l’entrée par de la tôle ondulée.

Zentral Kaserne: Gang im linken Flügel mit seiner Lüftung und den Eingang der mit einem Wellblech geschützt ist.

Photographies / Fotos © MJR de 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Caserne centrale : couloir côté gorge avec les portes blindées installées de chaque côté des sas d’entrée.

Zentral Kaserne: Gang auf der Kehl-Seite mit den Panzer-Türen die auf beiden Seiten der Eingänge eingebaut sind.

Photographies / Fotos © MJR de 01/05/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Les plates-formes d’artillerie des flancs et du front / Artillerie Stellungen der Flanken und der Front

 

Compte tenu que l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff doit surtout flanquer les intervalles, avec le fort Schwarzhoff sur sa gauche et le Fort Werder sur sa droite, chaque flanc comporte deux plates-formes d’artillerie séparée entre elles par une traverse en terre. L’ouvrage était armé de canons de 9 cm sur affût de forteresse, une dotation qui a été enlevée avant 1914.

 

La traverse-abri gauche / Die linke Traverse

 

L’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche comporte une traverse-abri à chaque angle du front sous le rempart du front de tête. A l’origine, elle ne comportait d’une seule pièce et étaient destinées à abriter les artilleurs.

La traverses-abri gauche a été entièrement modifier vers 1899, lors de l’installation de la batterie n°39 comportant trois canons à boucliers de 10,5 cm sur la gauche de l’ouvrage. Un observatoire cuirassé d’artillerie de type « P.B.ST. 96 » ou « Panzer-Beobachtungs-Stand Model 1896 », a été installé sur l’aile gauche de la traverse-abri, doublé par un observatoire à ciel ouvert en béton, d’un poste pour un officier d’artillerie et d’une salle de piquet d’alerte dans l’aile droit qui a été rallongée. Ces observatoires sont reliés d’une part au poste de l’officier d’artillerie par tuyaux acoustiques, et d’autre part au poste de l’officier d’artillerie de la batterie n°39, distant de plusieurs centaines de mètres, par tuyaux acoustiques et par téléphone.

Lors de la modernisation de 1904, un accès en chicane avec porte blindée a été installé ainsi que des bouches de ventilation.

Traverse-abri gauche ; sur le flanc gauche le masque en béton au niveau de l’entrée de l’observatoire d’artillerie. Au centre l’entrée dans la salle du piquet d’alerte. Devant l’espace en sable était la zone de mise en œuvre des explosifs.

Linke Hohltraverse: au der linken Flanke ein betonierter Eingang in der Höhe vom Artillerie-Beobachtungstand. In der Mitte der Eingang des Bereitschaftsraums. Davor auf der Sandfläche, wurden Sprengstoff Übungen vorgenommen.

Photographie / Foto © Philippe Burtscher 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Traverse-abri gauche : vue iextérieure de cloche d’observation cuirassée modèle 1896 « P.B.St. 96 ».

Linke Hohltraverse: Äußere Ansicht vom Panzer-Beobachtungsstand Model 1896.

Photographie © Philippe Burtscher de 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Traverse-abri gauche : poste de l’officier d’artillerie à côté de la cloche d’observation cuirassée modèle 1896 « P.B.St. 96 ». Au mur la table à cartes repliable.

Linke Hohltraverse: Posten vom Artillerie-Offizier neben dem Panzer-Beobachtungsstand Model 1896. An der Wand den Einklappbaren Karten-Tisch.

Photographie / Foto © MJR de 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Traverse-abri gauche : salle du piquet d’alerte. / Linke Hohltraverse: Bereitschaftsraum.

Photographie / Foto © MJR de 17/04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Observatoire à ciel ouvert en béton. L’observatoire en béton intégré dans la digue est muni d’un tuyau acoustique dont on voit bien l’embout en forme d’entonnoir et juste en dessous une niche pour la lampe. En 2006 un arbre est tombé sur l’observatoire ce qui rend l’accès assez difficile.

Photographie © MJR de 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

La traverse-abri droit / Die rechte Traverse

 

La traverse-abri droite est située à l’angle droit du front de l’ouvrage. Elle a été modernisée et complètement transformée vers 1895 environ. Sur son aile droite on a installé une coupole cuirassée tournante d’observation modèle « W.T. 90 » ou « Wachturm Model 1890 » et on a allongé le bâtiment pour l’installation d’une salle de piquet d’alerte, et l’ensemble a été renforcé.

Lors de la modernisation de 1904, un accès en chicane avec porte blindée a été installé ainsi que des bouches de ventilation.

Traverse-abri droite.

Photographie © MJR de 04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Traverse-abri droite après les campagnes de nettoyage et de débroussaillage de l’ouvrage par le 1er régiment du génie.

Photographie © MJR du 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Traverse-abri droite : vue extérieure de l’observatoire de type « WT90 ». La coupole a été tournée à l’envers et reposé sur l’observatoire.

Rechte Hohl-Traverse : Äussere Ansicht vom Wachturm « WT90 ». Die Kuppel wurde umgedreht un wieder auf den Wachturm gelegt.

Photographie © MJR du 04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Traverse-abri droite : vue intérieure de l’observatoire de type « WT90 ». On aperçoit encore le siège de l’observateur et l’échelle d’accès.

Rechte Hohl-Traverse : Innere Ansicht vom Wachturm « WT90 ».

Photographie © MJR du 04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Traverse-abri droite : Salle du piquet d’alerte. A gauche le point de chauffe et près de la porte la sortie des câbles du système d’alarme.

Rechte Hohl-Traverse : Bereitschaftsraum. Links ein kleiner Wand Offen und vor der Tür die Kabel der Alarm-Anlage.

Photographie © MJR du 04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Traverse-abri droite : Salle du piquet d’alerte. Porte blindée à deux vantaux entre le sas d’accès et la salle de piquet d’alerte qui mène à l’observatoire WT90.

Rechte Hohl-Traverse : Bereitschaftsraum. Gepanzerte Tür mit zwei Flügel zwischen dem EIngang und dem Bereitschaftsraum der zum Wachturm führt.  

Photographie © MJR du 04/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

 

Description de la batterie n°39 – Batterie à bouclier à gauche de l’ouvrage Uhrich-Hoche.

Beschreibung der Batterie Nr. 39 – Schirmlafetten-Batterie links vom Zwischenwerk Werder-Schwarzhof

Poste d’observation à ciel ouvert droit.

Offener Beobachter Rechts.

 

 

La batterie n°39 adossée à la digue, comprend les ouvrages suivants d’Ouest en Est, c’est-à-dire à partir du glacis de l’ouvrage intermédiaire :

Le poste d’observation à ciel ouvert droit, un peu isolé sur l’aile droite de la batterie, tout près de l’ouvrage.

L’emplacement de la tourelle n°1 « Turm 1 ».

L’abri à munition n°1 « M.R. 1 ».

L’emplacement de la tourelle n°2 « Turm 2 ».

L’abri à munition n°1 « M.R. 2 ».

L’emplacement de la tourelle n°3 « Turm 3 ».

L’abri à munition n°3 « M.R. 3 » avec le poste de commandement de l’officier d’artillerie et l’observatoire d’artillerie « P.B.St. 96 ».

Le poste d’observation à ciel ouvert gauche.

L’ensemble du site était muni d’une clôture et pendant la première guerre mondiale, entouré d’un réseau de fil de fer et de barbelés. Deux plans d’eau contribuent à la défense de ses arrières.

La batterie était reliée à l’abri à munitions M-72 par une voie étroite à priori de 40 cm de large, parcouru par des wagonnets pour l’approvisionnement en munitions d’artillerie.

Plan de la batterie extrait du plan général de 1947.

Source : collection MJR.

Vue de la batterie n°1 du Fort de Mutzig (Feste Kaiser Wilhelm II). Il s’agit de la dernière batterie de canons de 10,5 cm à boucliers, à avoir encore ses tourelles. La seule différence avec la batterie n°39 est le fait qu’elle ait quatre canons, et que ce modèle comporte un étage souterrain pour abriter l’équipage de la batterie ainsi qu’une cuisine. Les observatoires sont identiques à ceux de la batterie n°39 de Strasbourg. Les deux tubes posés à l’arrière des tourelles ne sont pas les tubes de rechange de cette batterie.

Photographie / Foto © MJR 17/04/2007 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Même batterie n°1 du Fort de Mutzig (Feste Kaiser Wilhelm II).

Photographie / Foto © MJR 01/05/2005 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Vue détaillée d’une tourelle de la batterie n°1 du Fort de Mutzig (Feste Kaiser Wilhelm II).

Photographie / Foto © MJR 14/08/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Vue détaillée d’une tourelle de la batterie n°1 du Fort de Mutzig (Feste Kaiser Wilhelm II).

Photographie / Foto © MJR 17/04/2017 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Cette batterie est sur le parcours de visite du fort de Mutzig.

 

 

Abri à munitions n°1 et tourelle n°1 de la batterie n°39 et le poste de commandement et observatoire attenant.

Munitions-Raum 1 « M.R.1 » und Turm Nr. 1 mit dem beistehende Artillerie-Leitungsstand und Beobachter.

 

Dessin en trois dimensions d’André Brauch de 2009 représentant l’observatoire à ciel ouvert gauche, l’observatoire cuirassé modèle « P.B.St. 96 leicht », le poste de commandement de la batterie et l’abri à munitions n°1 et la tourelle n°1. Ces dessins ont été réalisés après de nombreuses journées de relevés effectués sur la batterie n°39 et l’ouvrage Uhrich-Hoche, par l’équipe d’historiens du CESFS.

Dessin en trois dimensions d’André Brauch de 2009 avec coupes représentant l’observatoire à ciel ouvert gauche, l’observatoire cuirassé modèle « P.B.St. 96 leicht », le poste de commandement de la batterie et l’abri à munitions n°1 et la tourelle n°1 d’après les relevés du CESFS.

Batterie n°39. Vue extérieure de l’abri à munitions n°1 attenant au poste de l’observatoire et de l’officier d’artillerie

Batterie Nr. 39. Innere Ansicht vom Munitions-Raum Nr. 1 nebst Beobachter und Artillerie-Offizier-Stand.

Photographie / Foto © MJR du 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Batterie n°39. Vue extérieure de l’abri à munitions n°1 attenant au poste de l’observatoire et de l’officier d’artillerie

Batterie Nr. 39. Innere Ansicht vom Munitions-Raum Nr. 1 nebst Beobachter und Artillerie-Offizier-Stand.

Photographie / Foto © MJR du 05/05/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Batterie n°39. Vue intérieure de l’abri à munitions n°1.

Batterie Nr. 39. Innere Ansicht vom Munitions-Raum Nr. 1.

Photographie / Foto © MJR du 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Batterie n°39. Observatoire cuirassé d’artillerie modèle 1896 léger.

Batterie Nr. 39. Panzer-Beobachtungs-Stand Model 1896 leicht, « PBSt. l ».

Photographie / Foto © MJR du 07/1999 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Batterie n°39 : poste d’observation cuirassé de l’artillerie modèle 1896 léger et le poste d’observation à ciel ouvert attenant.

Panzer-Beobachtungs-Stand Model 1896 leicht nebst dem Offenen Beobachtungs-Stand.

Photographies / Fotos © MJR du 05/05/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Batterie n°39. Emplacement de la tourelle n°1. A gauche le petit abri pour l’équipage chargé de l’approvisionnement en munitions de la tourelle.

Batterie Nr. 39. Turm Nr. 1. Links der kleine Unterstand für die Besatzung die für die Munitions-Zufuhr verantwortlich ist.

Photographie / Foto © MJR du 05/05/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Batterie n°39. Abri à munitions n°1. Les obus encartouchés sont sortis par cette lucarne pour être amenées à la tourelle.

Batterie Nr. 39. Turm Nr. 1. Die Granaten werden durch dieses kleine Fenster zu dem Turm gebracht.

Photographie / Foto © MJR du 05/05/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Abri à munitions n°2 et tourelle n°2 de la batterie n°39.

Munitions-Raum 2 « M.R.2 » und Turm Nr. 2.

 

Batterie n°39. Vue extérieure de l’abri à munitions n°2.

Batterie Nr. 39. Äussere Ansicht vom Munitions-Raum Nr. 2.

Photographie / Foto © MJR du 01/04/2005 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Batterie n°39. Vue extérieure de l’abri à munitions n°2.

Batterie Nr. 39. Äussere Ansicht vom Munitions-Raum Nr. 2.

Photographie / Foto © MJR du 05/05/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Batterie n°39. Vue intérieure de l’abri à munitions n°2. A gauche au sol la tranchée permettant le passage des tubes acoustiques, à droite les râteliers à munitions encartouchées de 10,5 cm.

Batterie Nr. 39. Innere Ansicht vom Munitions-Raum Nr. 2. Links am Boden der Verlauf der Sprachröhre und rechts die Munitions Regalen für die 10,5 Granaten.

Photographie / Foto © MJR du 01/04/2005 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Abri à munitions n°3 et tourelle n°3 de la batterie n°39.

Munitions-Raum 3 « M.R.3 » und Turm Nr. 3.

 

Dessin en trois dimensions d’André Brauch de 2009 deux abris à munitions et une tourelle pour canon de 10,5 cm à bouclier, réalisé d’après les relevés du CESFS.

Batterie n°39. Emplacement de la tourelle n°3. A gauche le petit abri pour l’équipage chargé de l’approvisionnement en munitions de la tourelle.

Batterie Nr. 39. Turm Nr. 3. Links der kleine Unterstand für die Besatzung die für die Munitions-Zufuhr verantwortlich ist.

Photographie / Foto © MJR du 05/05/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Poste d’observation à ciel ouvert droit.

Offener Beobachter Rechts.

 

Le poste d’observation à ciel ouvert est un ouvrage circulaire muni de murs en béton et d’une porte blindée à deux vantaux. Sur sa droite un escalier permet de monter sur la digue. Ce type d’observatoire permet de vraisemblablement de repérer les lueurs ou les fumées des départs des coups des batteries adverses, ou de les repérer par le son. La position des batteries peut donc être calculée sur une carte en recoupant les mesures faites par les deux postes d’observation à ciel ouvert de la batterie et celle du poste d’observation à ciel ouvert situé sur la traverse-abri gauche de l’ouvrage Werder-Schwarzhoff (Uhrich-Hoche). Le poste d’observation est muni d’une niche à lampe et d’un embout de tuyau acoustique. En effet les trois postes d’observation à ciel ouvert sont reliés au poste de commandement de l’officier d’artillerie de la batterie, ce qui lui permet de transmettre les azimuts des batteries adverses repérées. A priori, ce poste s’avère également utile pour la nouvelle mission de la batterie au cours de la 1ère guerre mondiale. Il permet de repérer à la vue ou au bruit les aéronefs ou les éventuels ballons d’observation. La batterie est bien placée pour cette mission, puisqu’à cette époque les avions alliés suivent généralement le Rhin, qui servait de repère. En l’absence de règlement précis sur l’emploi de ces observatoires, mes propos ne sont que des suppositions.

Malheureusement l’ouvrage a été pillé entre 2006 et 2012 : les portes blindées ont été coupées au chalumeau et dérobées alors que l’accès était interdit aux véhicules !

Batterie n°39. Observatoire à ciel ouvert droit.

Batterie Nr. 39. Offener Beobachtungstand Rechts.

Photographie / Foto © MJR du 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

Batterie n°39. Observatoire à ciel ouvert droit.

Batterie Nr. 39. Offener Beobachtungstand Rechts.

Photographie / Foto © MJR du 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Description de l’abri à munitions M-78

Beschreibung vom Munitions-Raum M-78

 

Plan de situation de l’abri à munitions M-72 extrait du plan général du site de 1947.

Source : collection MJR.

Répartition des locaux, de gauche à droite :

Travée n°1 : petit local toilettes avec 3 cuvettes et pissoir.

Travée n°2 : abri pour artilleurs avec banc central, étagère à paquetages suspendue au centre.

Travées n°3 et 4 : locaux de stockage des munitions.

Travées n°5 et 6 : locaux de travail sur les munitions, à priori pour confectionner les munitions à l’aide d’une presse.

Travée n°7 : local à munitions.

Petite travée n°8 : magasin de stockage des fusées et salle d’eau. Grand évier et arrivée d’eau du puits.

Cette répartition a été tirée de l’article de Pierre Rhode et Roman Fixemer : Die Befestigungsgruppen Obersaasheim und Geiswasser der Festung Neubreisach, in Fortifikation Nr. 22, Interfest, 2008 dans lequel ils comparent la batterie n°39 et le M72 avec les ouvrages en ruines de Neuf-Brisach.

Illkirch : Façade de gorge de l’abri à munitions M-72 ; cet abri était relié par une voie de 40 cm à priori, à la batterie n°39 située à gauche de l’ouvrage-Uhrich-Hoche pour assurer le ravitaillement en munitions.

Photographies / Fotos © MJR du 03/04/2010 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Les traces laissés par les anciens occupants / Die Spuren der ehemaligen Bewohner

 

 

Traces de la garnison allemande / Spuren der deutschen Garnison

 

Traverse-abri gauche : Arrivée du tuyau acoustique dont l’embout a été malheureusement subtilisé. Au-dessus l’inscription allemande d’origine « Off. Art. Beob. », c’est-à-dire « Offizier Artillerie Beobachter », poste d’observation de l’officier d’artillerie, dans la pièce attenante à l’observatoire cuirassé.

Photographie © MJR de 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

 

Traces de la garnison française / Spuren der französichen Garnison

 

Dessin dans le poste de garde (Blockhaus de gauche) réalisé vraisemblablement vers 1939-1940.

Photographie © MJR de 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Etat de l’ouvrage et intérêt patrimonial / Zustand vom Werk und Denkmahlschutz Interesse

 

 

L’ouvrage intermédiaire est un terrain militaire qui servait de terrain d’exercice et de polygone de mise en œuvre des explosifs. Depuis la dissolution du 1er régiment du génie, ce n’est plus qu’une friche abandonnée toujours classé en tant que terrain militaire. Alors qu’il avait été nettoyé pour la dernière porte ouverte du 1er régiment du génie, une végétation très dense envahit désormais le site. Les grilles défensives extérieures sont encore présentes. Le pont enjambant le fossé avait été reconstruit lorsque le terrain avait été transformé en polygone de mise en œuvre des explosifs. Le casernement est en bon état. La façade est intacte, ainsi que le gros œuvre. L’abri central est quasi intégralement dans son état initial et possède toujours une bonne partie de ses équipements d’origine. On peut y découvrir une cuisine en bon état avec l’ensemble de ses équipements (trois cuves autoclaves) et son système de ventilation ainsi qu’un puits avec sa pompe. Il n’existe plus à Strasbourg de cuisine aussi complète avec ses matériels d’origine. Les vantaux des portes intérieures et l’ensemble du système de ventilation mécanique subsistent (gaines et ventilateurs). Les plaques blindées de protection des prises d’air en façade et les conduits de cheminée extérieurs subsistent. Les bâtiments périphériques – les deux blockhaus de gorge défendant l’entrée et les deux traverses-abris sont tous en bon état et très proche de leur état initial. Le blockhaus droit possède toujours ses latrines. Les deux cuirassements sont toujours en place : poste d’observation cuirassé modèle 1890 et poste d’observation cuirassé modèle 1896. Ces deux cuirassements sont assez rares. A Strasbourg on trouvera plusieurs exemplaires du premier et seulement deux exemplaires du second.

En conclusion, l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche est bien préservé. La configuration globale du site est très proche de celle du début du XXème siècle. Ses locaux à l’épreuve sont en bon état et pourvus de la quasi-totalité des équipements d’origine, ce qui en fait un ouvrage exceptionnel sur le plan patrimonial. L’ouvrage Uhrich-Hoche est un bel ouvrage, très intéressant, beaucoup plus complet que son homologue Neu-Empert sur le front Nord. C’est sans aucun doute un des plus beaux sites de la ceinture fortifiée de Strasbourg. La construction de la batterie pour canons de 10 cm sur affût à boucliers attenante à l’ouvrage et les aménagements réalisés dans ce dernier contribuent à sa valeur historique.

 

L’ouvrage Uhrich-Hoche (Werder-Schwarzhoff est sans aucun doute un des plus beaux sites de la ceinture fortifié de Strasbourg. La construction en 1898 de la batterie pour canons de 10 cm sur affûts à boucliers attenante à l’ouvrage contribue à sa valeur historique. Cet ouvrage devrait toutefois bénéficier d’un entretien minimum et surtout d’une meilleure sécurisation pour éviter les dégradations usuelles sur ce type de bâtiment. CE site mériterait à être pris en compte par une association de sauvegarde, qui assurerait son entretien. Toutefois, compte tenu qu’il est situé dans une zone naturelle protégée et à proximité de la piste cyclable des forts, son ouverture au public ne pourrait être que ponctuelle.

 

Son intérêt réel milite pour une mesure de protection.

(Texte de Philippe Burtscher, inventaires des ouvrages allemands de la place forte de Strasbourg réalisé au profit de la Direction Régionale des Affaires Culturelles en 2000-2001, complété et mis à jour par MJR).

 

Chroniques / Kurze Zeittafel

 

Samedi 26 juin 1886

 

Allemagne, Strasbourg place forte : projet de construction d’un ouvrage intermédiaire.

Une note de renseignement française établie le 26 juin 1886 nous livre les informations suivantes concernant les travaux au niveau des forts et ouvrages détachés de Strasbourg : « Le fort (fort Fransecky) se trouvant à une trop grande distance de celui de Blumenthal - Auenheim rive droite il est question de construire un fortin sur une île formée par un bras du Rhin entre la Wantzenau et Auenheim ». C’est ici la première évocation du projet de construction d’un ouvrage intermédiaire à Strasbourg, pour le cas présent il s’agit de l’ouvrage Neu-Empert situé au nord de Strasbourg.

 

Mardi 5 octobre 1886

 

Allemagne, Strasbourg place forte : projet de construction d’ouvrages intermédiaires.

Une notre française de renseignement datée du 5 octobre 1886 nous informe : « Il a été rendu compte, le 26 juin dernier, que le génie militaire allemand devait faire construire un ouvrage dans une île formée par un bras du Rhin entre Wantzenau et Auenheim. Notre correspondant apprend que le plan de cet ouvrage est adopté par le Ministre de la guerre et que les travaux commenceront sous peu. D’autres ouvrages du même genre, c’est-à-dire devant renfermer 6 pièces de canon, doivent être établis entre divers forts de la place ». Cette note évoque l’ouvrage Neuf-Empert situé au nord de Strasbourg.

 

Jeudi 30 décembre 1886

 

Allemagne, Strasbourg place forte : ordonnance impériale pour la construction de 5 ouvrages intermédiaires.

Par une ordonnance du cabinet impérial les autorités allemandes décident de la construction de cinq ouvrages intermédiaires « Zwischenwerke » à Strasbourg.

 

Jeudi 27 janvier 1887

 

Allemagne, fortifications : liste des places fortes devant être conservées et renforcées.

D’après les ordres du cabinet impérial « A.K.O. » du 3 décembre 1885, du 8 décembre 1886 et du 27 janvier 1887, les fortifications suivantes devaient être conservée et renforcées : 1. Metz. 2. Strasbourg. 3. Neuf-Brisach. 4. Les fortifications projetées à Sarrebourg-Molsheim. 5. Bitche. 6. Thionville. 7. Cologne. 8. Königsberg. 9. Boyen. 10. Thorn. 11. Posen. 12. Pillau. 13. Weichselmünde. 14. Swinemünde. 15. Friedrichsort. 16. Die Befestigungen an der unteren Elbe. 17. La même chose sur l’embouchure de la Weser. 18. Les défenses côtières de Wilhelmshaven.

Ont été classé comme indispensable : 19. Saarlouis, dès l’achèvement des futures fortifications de Sarrebourg et de Molsheim. 20. Sonderburg, dès que les ouvrages de Prier et de Röbsdorf dans la baie de Kiel seront terminés. 21. On devrait prendre ses distances de l’installation des ouvrages Kiel côté terre.

Doivent fournir une résistance renforcée à une attaque brusquée, et être conservé dans l’état : 22. Mayence, en tant que barrage protégeant toutes les voies ferrées et routes qui se rencontrent ici et en tant que tête de pont, par-dessus le Rhin, pour une armée de campagne précédent la place. 23. Ingolstadt.

Doivent rester et être maintenu dans leur état : 24. Coblence. 25. Spandau. 26. Les fortifications côté terre autour de Wilhelmshaven. 27. Le Nehrungsfort à Memel. 28. Le reste des fortifications de Marienburg. 29. Stralsund. 30. Kolberg. 31. Graudenz.

Les autres forteresses : 32. Ulm. 33. Rastatt. 34. Wesel. 35. Glocau. 36. Neisse. 37. Glatz. 38. Torgau. 39. Danzig. 40. Küstrin. 41. Magdebourg. 42. Germersheim. 43. Königstein, classée comme peu importante, parce que qu’elles sont pour une partie loin de la frontière d’Etat, ne doivent pas être en mesure de contrer une attaque en règle, quelles n’avaient plus une grande capacité de résistance face à une attaque en règle.

Pour leur transformation et simplification la commission de défense du territoire fait des propositions précises, qui ont été approuvées par le roi par l’ordre du cabinet di 8 décembre 1886.

Pour leur transformation et simplification la commission de défense du territoire fait des propositions précises, qui ont été approuvées par le roi par l’ordre du cabinet di 8 décembre 1886.

Allemagne, places fortes : ordonnance impériale relative au renforcement des intervalles entre les forts détachés.

On a décidé par l’ordonnance impériale « A.K.O. » du 27 janvier 1887, qu’il fallait, à la hauteur des forts, aménager une position d’infanterie dont les points d’appui principaux devaient être les forts, qui devaient également servir de position à quelques pièces d’artillerie lourde. Pour les intervalles on a ordonné la construction d’ouvrages intermédiaires aptes à résister à un assaut et à des abris pour l’infanterie, tandis que la masse de l’artillerie prendra place derrière les forts, il fallait aménager des remparts de protection, des voies d’accès pour les pièces, des abris pour les munitions et les servants, prendre des mesures pour le camouflage et préparer le matériel pour la réalisation des obstacles. Les abris d’infanterie « A-Räume » et les abris à munitions « M-Räume » ont été construits dans un premier temps en maçonnerie (en briques) et plus tard, le plus souvent en béton avec une épaisseur de 1,50 à 3 mètres. Avec tout cela, les intervalles ont reçu un treillis d’ouvrages qui devaient être complétés lors de la mise en état de défense.

 

Lundi 7 février 1887

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : travaux de renforcement des forts détachés.

Une notre française de renseignement du 7 février 1887 nous livre les informations suivantes concernant les travaux de renforcement de la place forte.

Installation du chemin de fer de ceinture : « Belfort, le 7 février 1887. Sur un ordre télégraphique arrivé tout récemment de Berlin à Strasbourg, le génie militaire a mis immédiatement en œuvre la construction d’un chemin de fer de ceinture destiné à relier entre eux les forts extérieurs qui entourent la place. L’établissement de ce chemin de fer est prévu depuis longtemps, mais son exécution, d’après les renseignements antérieurs, ne devait se faire qu’au moment d’une guerre. La ligne se composera d’une voie étroite, pour servir au transport des matériaux, et d’une voie normale, devant servir à l’armement des ouvrages ; cette voie sera raccordée avec le chemin de fer de l’Etat ».

Travaux de renforcement des forts détachés :

« L’entreprise des travaux a été donnée à la société Heydt et Cie, maison avec laquelle on a traité de gré à gré, et qui est la même que celle chargée des travaux de revêtement au ciment et au béton à exécuter dans les forts. Les travaux, commencés immédiatement sur plusieurs chantiers, doivent être terminés dans le délai de deux mois. Le génie vient de charger M.M. Heydt et Schuster, sans adjudication et au prix du devis, de tous les travaux de renforcement des casemates. Les casemates, abris etc., seront découverts afin qu’on puisse les recouvrir d’une couche de béton. Ce béton sera formé de mortier-ciment et de silex cassé.

On conduit déjà du matériel et des matériaux dans les forts pour l’exécution de ces travaux, qui devront être terminés sans faute le 1er avril prochain. A cet effet l’administration militaire, vient de commander 900 wagons de ciment Portland et 1 000 wagons de silex-pierre bleue. Elle vient aussi de commander à M. Schaeffer, tuilier à Achenheim, près Strasbourg, 400 000 briques pour les forts. Il y aura donc aussi beaucoup de maçonnerie, ce qui est tout naturel, car si l’on veut couler du béton, il faut que les côtés soient fermés par des murs. Les travaux en question sont évalués à 1 million ».

 

Mercredi 23 février 1887

 

Allemagne, places fortes : ordonnance relative à la transformation des remparts des fortifications.

Le 23 février 1887, le ministère de la guerre a émis une ordonnance donnant l’ordre de transformer toutes les portions de rempart non indispensables à l’artillerie, au profit de la défense de l’infanterie, et en même temps, de commencer la construction de batteries annexes qui avaient été planifiées mais non réalisées et de les doter d’abris à munition à l’épreuve des bombes.

 

Samedi 5 mars 1887

 

Allemagne : Strasbourg, place forte : installation du chemin de ceinture.

Une notre française de renseignement du 5 mars 1887 nous livre les informations suivantes concernant les travaux de renforcement de la place forte : « Installation du chemin de fer de ceinture : A la date du 12 février 1887, le Gouverneur de Strasbourg a décidé l’établissement d’un chemin de fer à voie étroite passant du pont du canal près de Hœnheim en prenant ensuite la chaussée du chemin de fer de ceinture, la route de ceinture derrière le Fort Roon, puis le chemin vicinal n°63 à partir du kilomètre 12.000 jusqu’au kilomètre 13.100, ensuite la route vers le fort Podbielski et là par le chemin vicinal n°11 du kilomètre 14.700 au kilomètre 14.870 jusqu’au fort Grand-Duc de Bade. Ce chemin de fer est destiné à transporter les matériaux dans les divers forts sur son passage. Par ordre subséquent, et pour le même objet, un chemin de fer doit être établi de la gare de Holtzheim au fort Prince de Bismarck ».

 

1888

 

Allemagne, Strasbourg place forte : construction de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff.

Les travaux de construction de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff ont vraisemblablement commencés au printemps 1888. Cet ouvrage prend le nom des deux forts voisins et s’appelle désormais Zwischenwerk (ouvrage intermédiaire) Werder-Schwarzhoff.

 

Jeudi 15 mars 1888

 

Allemagne, fortifications : budget alloué au remaniement des fortifications.

Une revue militaire française nous informe : « On trouve inscrite au projet de budget de 1888-89 une somme de 30 500 000 marks pour remaniement des fortifications, en raison des progrès récents de l’artillerie. L’an dernier, 29 500 000 marks ont été dépensés dans le même but. La dépense totale est évaluée à 126 300 000 marks ».

 

Jeudi 30 août 1888

 

Allemagne, armée : Nomination du Maréchal de Moltke à la présidence de la commission de défense, et du général de Waldersee, à la tête de l’état-major général.

Une revue militaire française du 30 août 1888 a publié cet article : « Le maréchal de Moltke a officiellement quitté ses fonctions de chef d’état-major général, dans lesquelles il a été remplacé par son adjoint, le général de Waldersee. Le maréchal a été nommé président de la Commission de défense, dont, jusqu’à la mort de l’Empereur Guillaume, le prince impérial Frédéric a été le chef. Cette commission est actuellement est actuellement composée du maréchal de Moltke, président ; du chef de l’état-major de l’armée, général de Waldersee ; des grands maîtres de l’artillerie et du génie, les généraux von Voigts-Rehts, von Roerdansz et von Stiehle ; du représentant du ministre de la guerre, le général Blume ; du chef de l’Amirauté, le vice-amiral von Monts, et de membres nommés spécialement par l’Empereur, parmi lesquels figure seul le général Pape, commandant du corps de la garde ».

 

1889

 

Allemagne, Strasbourg place forte : construction de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff.

Les travaux de construction de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff se sont achevé en 1889.

 

1895

 

Allemagne, Strasbourg place forte : modernisation de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff.

En 1895, à peine 5 ans après la construction de l’ouvrage, ce dernier est modernisé. La traverse-abri droite est allongée et l’on installe une coupole de guet cuirassée de type « W.T. 90 » (Wachturm Model 1890 de Gruson), une salle de piquet d’alerte l’ensemble du bâtiment est renforcé.

 

1897

 

Allemagne, fortifications : début de l’installation de batteries de 10,5 cm sous affût à bouclier.

De 1897 à 1899, on installe 46 pièces de 10,5 cm in Schirmlafetten dans les 5 places fortes et forteresse suivantes :

Strasbourg : 1 batterie à 4 pièces ; 3 batteries à 3 pièces (soit un total de 13 pièces) ;

Mutzig : 1 batterie à 4 pièces ; 2 batteries à 3 pièces (10 pièces) ;

Neuf-Brisach : 2 batteries à 4 pièces ; 2 batteries à 3 pièces (14 pièces) ;

Graudenz : 2 batteries à 3 pièces (6 pièces) ;

Thorn : 1 batterie à 3 pièces (3 pièces).

 

Samedi 30 janvier 1897

 

Allemagne, fortifications : ordre de cabinet relatif à la généralisation de batteries sous cuirassements.

Un ordre du cabinet impérial « A.K.O. » du 30 juin 1897, évoque la généralisation de l’emploi des batteries sous cuirassement : « Le renforcement de nos grandes places fortes doit être systématiquement recherché par la mise en place de batteries sous cuirassement. Pour la situation de ces batteries, leurs emplacements sont décisifs. Pour obliger l’ennemi à dévoiler très tôt ces intentions et pour gagner du temps pour l’aménagement du champ de bataille, il faut également envisager l’aménagement de telles batteries même au-devant de la ligne des forts ». Le contenu de l’A.K.O. montre l’ouverture d’esprit aux innovations techniques de la défense du territoire, et sera concrètement réalisé dans les grandes places fortes comme Metz, Strasbourg et Thorn par la construction de batteries au-devant de la ligne principale de défense, une impulsion importante à l’évolution technique et tactique.

 

Mercredi 31 mars 1897

 

Allemagne, fortifications : Budget 1897-98. Crédits accordés pour l’exercice 1897-98, pour le génie.

Le budget extraordinaire contient un crédit de 7 500 000 francs pour travaux urgents de fortification. Sur cette somme, 5 000 000 francs sont destinés aux constructions et 2 500 000 francs pour l’artillerie. C’est la cinquième annuité d’un programme de dépenses, commencé en 1893 et s’élevant à la somme totale de 41 925 000 francs, sur lesquels 28 750 000 francs sont maintenant accordés.

 

1898

 

Schirmlafette-Batterie Nr. 39 (1898-1899) batterie n°39 avec 3 canons de 10 cm sur affût à bouclier érigé à l’est du Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff actuel ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche, doté d’un observatoire cuirassé type Panzer-Beobachtung-Stand leicht Model 1896 avec un poste de commandement et de tir et trois abris à munitions attenant, et un grand abri à munitions bétonné M 72.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : modernisation de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff.

A l’occasion de l’installation de la batterie n°39 sur la gauche de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff, ce dernier fait à nouveau l’objet de travaux de rénovation conséquents. La traverse-abri gauche est allongée et renforcée. Installation sur l traverse-abri d’un observatoire cuirassé d’artillerie modèle 1896 « P.B.St. 1896 » (Panzer-Beobachtungstand Model 1896) et d’un observatoire à ciel ouvert, qui sont reliés par tuyaux acoustiques au poste de l’officier d’artillerie de l’ouvrage et au poste de l’officier d’artillerie de la batterie n°39. Allongement de la traverse-abri pour l’installation d’une salle de piquet d’alerte sur l’aile droite.

Compte tenu que les niches à munitions ont été supprimées lors des modernisations des traverses-abris, la caserne centrale a été allongée par l’adjonction d’une aile droite et gauche, semi-enterrée. L’aile droite est munie de deux niches à munitions.

 

1899

 

Allemagne, Strasbourg place forte : aménagement d’une zone inondables devant le front sud.

 

A partir de 1899 environ, une vaste zone inondable est installée devant le front sud de la ceinture des forts de Strasbourg. Cette zone inondable est alimentée par les cours d’eau du Rhin Tortue, le Schwarzwasser et l’Ill qui ont été munis de barrages. Une digue en terre est installée. Elle prend naissance sur la berge du Rhin, passe devant la batterie n°40, le Fort Schwarzhoff (actuel fort Hoche), l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff (actuel ouvrage Uhrich-Hoche), devant la batterie n°38, le Fort Werder (actuel fort Uhrich) et le Fort von der Tann (actuel fort Lefèbvre).

 

1902

 

Allemagne, Strasbourg place forte : garde de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff.

L’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff n’a pas de garnison permanente en temps de paix. Mais il est gardé par un détachement de garde, relevé toutes les 24 heures. Le règlement de garnison de Strasbourg de 1902 nous informe que la garde de l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche est fournie par le fort Schwarzhoff. La garde est assurée par un caporal et 1 homme du rang. Le poste de jour est assuré par un « Patrouilleur », c’est-à-dire une sentinelle mobile, avec fusil et cartouches. Il s’agit là des personnels en faction 24h / 24h. EN conséquence il faut au-moins 3 hommes du rang pour assurer cette garde pendant 24 heures.

 

1904

 

Allemagne, Strasbourg place forte : modernisation de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff.

Vers 1904, l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff est à nouveau modernisé :

Caserne centrale : toutes les fenêtres sont obturées ; à l’intérieur construction de cloisons en béton ; pose d’un système de ventilation ; construction d’un abri de piquet d’alerte dans l’aile gauche.

Traverses-abris : aménagement d’un accès en chicane, pose de vantaux et de bouches de ventilation.

 

1907-1910 environ

 

Allemagne, Strasbourg place forte : suppression de la dotation d’artillerie de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff.

Vers 1907 – 1910 la dotation d’artillerie en canons de 9 cm pour la mise en état de défense est supprimée.

 

1912

 

Allemagne, Strasbourg place forte : les bâtiments annexes de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff.

Le plan des garnisons du XVe corps d’armée a inventorié les bâtiments suivants, gérés par l’administration de garnison « Garnison-Verwaltung », au niveau de l’ouvrage Werder-Schwarzhoff, numéro XIa sur la carte ci-dessous :

N°14 : « Bennmateriamien-Schuppen » remise avec les combustibles.

N°14a : « Bretterschuppen » remise à planches, vraisemblablement les planches qui servaient à obturer les bas de porte en cas d’inondation.

N°14b : « Abort » toilettes. A priori les latrines présentes dans le blockhaus droit à l’entrée d el’ouvrage n’étaient pas utilisées.

Extrait de la carte de la ceinture des forts de Strasbourg du plan des garnisons du XVe corps d’armée allemand de 1911. Source : collection MJR.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : garde de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff.

L’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff n’a pas de garnison permanente en temps de paix. Mais il est gardé par un détachement de garde, relevé toutes les 24 heures. Le règlement de garnison de Strasbourg de 1912 nous informe que la garde de l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche est fournie par le fort Schwarzhoff, c’est-à-dire par le 105e régiment d’infanterie « Infanterie-Regiment Nr. 105 ». La garde est assurée par un caporal et 1 homme du rang. Le poste de jour est assuré par un « Patrouilleur », c’est-à-dire une sentinelle mobile. Il s’agit là des personnels en faction 24h / 24h. En conséquence il faut au-moins 3 hommes du rang pour assurer cette garde pendant 24 heures.

 

Vendredi 22 mai 1914

 

Allemagne, Strasbourg place forte : l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff sur le nouveau plan de mise en état de défense de l’artillerie.

 

Le 22 mai 1914 l’officier d’artillerie de la place forte de Strasbourg édite deux nouveaux plans de mise en état de défense. Ces plans représentent tous les emplacements de batteries, les abris, les dépôts de munitions, les observatoires, les postes de commandement, les postes de mesure, les positions probables de l’artillerie adverse, les voies ferrées permanente du tram, les voies ferrées militaires à établir, les points de stationnement des ballons d’observation, les différents secteurs défensifs de la place forte, les zones inondables, les tranchées et réseaux de fils de fer et de barbelé. Ces deux cartes couvrent toute la place forte de Westhoffen à Appenweier, et de Niederschaeffolsheim à Erstein.

Extrait de la carte d’artillerie du 22 mai 1914, avec le front sud entre le Fort von der Tann à Geispolsheim et le Fort Schwarzhoff. La zone inondable est colorée en bleu.

Source : GSTA-PK, archives MJR & CESFS.

Extrait de la carte d’artillerie du 22 mai 1914, avec le front sud entre la Schafhardt et le Fort Schwarzhoff. L’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff est au niveau de la pliure centrale, à côté on aperçoit la batterie 39, qui est désignée comme une batterie contre aéronefs. La zone inondable est colorée en bleu.

Source : GSTA-PK, archives MJR & CESFS.

Extrait de la carte d’artillerie du 22 mai 1914 avec les voies ferrées et les batteries, avec le front sud entre la Grafenstaden et le Fort Schwarzhoff. L’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff est au niveau de la pliure centrale, à côté on aperçoit la batterie 39, qui est désignée comme une batterie contre aéronefs.

Source : GSTA-PK, archives André Brauch.

Vue détaillée du secteur de l’ouvrage intermédiaire Werder-Schwarzhoff extrait de la carte d’artillerie du 22 mai 1914 avec les voies ferrées et les batteries.

Source : GSTA-PK, archives André Brauch.

 

D’après ce premier extrait de plan d’artillerie, on constate :

Que le front sud est flanqué par la batterie de flanquement n°29 qui est implantée près de la Schafhardt, au niveau de l’actuel terrain de golf, et elle tire en direction du Rhin, le long de la digue. La batterie de flanquement n°30 est implantée entre l’ouvrage Werder-Schwarzhoff et la batterie de 10,5 cm à bouclier et tire également en direction du Rhin, juste devant le Fort Schwarzhoff, le long de la digue.

La vaste zone inondable alimentée dans ce secteur par les cours d’eau du « Schwarzwasser » et du « Forst-Rhein » (actuel Rhin Tortue) s’étend vers le sud jusqu’au environs d’Eschau.

Une ligne de chemin de fer militaire à voie étroite « Artillerie-Förderbahn » destinée à la réserve de l’artillerie à pied « Fuss-Artillerie-Reserve », comprenant une seule voie, doit être implantée et passer derrière la ligne des forts : elle est reliée à la ligne de Tram du Neuhof, traverse la forêt du Neuhof et bifurque près de la Schafhardt pour passer juste à l’arrière des emplacements des batteries de réserve n°17, 19, 20, 21, et remonte vers le Rohrschollen vers les batteries de réserve n°22 et 23.

Sur l’ouvrage Werder-Schwarzhoff on trouve l’observatoire n°129.

La batterie n°39 est destinée à la lutte contre les aéronefs « Batterie für Bekämpfung von Luftfahrzeugen ».

Le front sud n’est couvert que par de larges réseaux de fil de fer et de barbelé. Compte tenu que le niveau de la nappe phréatique est très proche, il était impossible d’installer des tranchées. Cependant la levée de terre qui faisait office de digue servait également au retranchement de l’infanterie. Cette digue couvrait tout le front sud entre le Fort von der Tann au Fort Schwarzhoff.

 

Vendredi 31 juillet 1914

 

14h30 : Allemagne, Reichsland, place forte de Strasbourg : arrivé de l’ordre de l’état de danger de guerre. A 14h30, nouveau télégramme du ministre de la guerre : « Danger de guerre imminent » !

Bien que cette missive ait été attendue du ministère de la guerre, elle permet enfin au Gouverneur militaire de disposer des pleins pouvoirs et de prendre toutes les dispositions jugées urgentes. L’une d’entre elles concernait tout particulièrement les massifs forestiers vosgiens. Il fallait procéder à certains déboisements qui permettraient à l’artillerie lourde de mieux contrôler les routes d’accès de l’ennemi.

Soir : Allemagne, Reichsland, place forte de Strasbourg : A l’entrée en guerre contre la France, le Gouvernement de Strasbourg, ainsi que le XIV. AK (commandé par le général von Huene), le XV. AK, le XIV. Reserve AK constitué en pays de Bade et la 7ème division de cavalerie, sont placés sous l’autorité du Generaloberst von Heeringen au sein de la VIIe Armée.

Si au cours de la guerre, la place forte devait être située dans la zone d’opération d’une autre armée, le Gouverneur serait placé sous le commandement de son chef. Quel que soit le déroulement des événements pendant le conflit, il doit garder l’initiative de toutes les opérations lui permettant d’assurer une résistance maximale. A l’inverse, si une grande unité se retrouve isolée autour de la place, c’est à l’état-major de décider qui assurera le commandement, par défaut ce sera l’officier le plus âgé dans le grade le plus élevé. En revanche, si des troupes se sont placées sous la protection de la ceinture fortifiée de la place, c’est le Gouverneur qui en assure le commandement.

Malgré l’existence de ces liens hiérarchiques, le Gouverneur reste personnellement responsable de la résistance de la place jusqu’à l’épuisement de tous ses moyens. L’abandon de la place ou sa reddition ne peut être ordonné que par l’état-major de l’armée.

 

Samedi 1er août 1914

 

Allemagne, titre du journal Strassburger Bürger-Zeitung : « La décision concernant la guerre européenne est tombée ! ». « Hier, la Russie a lancé l’ordre de mobilisation générale. Dans la foulée, conformément à l’article 68, l’empereur Guillaume II a immédiatement l’état de danger imminent de guerre. L’Allemagne a lancé un ultimatum à la Russie pour qu’elle précise sa position et ordonne l’arrêt de sa mobilisation dans un délai de 12 heures et une demande à la France sur sa position en cas de guerre entre l’Allemagne et la Russie ».

Journée : Allemagne, Strasbourg : Le district du 15ème corps d’armée allemand placée en Etat de guerre.

Je journal local « Der Elsässer » du samedi 1er août 1914 publie un communiqué du vendredi 31 juillet 1914, signé par le général von Deimling commandant le 15ème corps d’armée : « An die Bevölkerung des Bezirks des XV. Armeekorps. Seine Majestät der Kaiser hat das Reichsgebiet in Kriegszustand erklärt. Für diese Maßregeln ist nicht die Besorgniss, daß die Bevölkerung die vaterländische haltung werden vermissen lassen, maßgebend gewesen, sondern es haben lediglich Gründe der raschen und gleichmäßigen Durchführung aller notwendigen Maßnahmen dazu geführt. Die Schnelligkeit und Sicherheit der Durchführung unserer Maßnahmen erfordert einheitliche Leitung der gesamten vollziehenden Gewalt. Wenn durch die Durchführung Erklärung des Kriegszustandes die Gesetze verschärft werden, so wird niemand, der das Gesetz beachtet un den Anordnungen der Behörden Folge leistet, in seinem Tun und Wirken beschränkt. Ich vertraue, daß die gesamte Bevölkerung alle Militär- und Zivilbehörden freudig und rückhaltlos unterstützen und uns die Erfüllung unserer hohen vaterländischen Pflichten erleichtern wird.

Straßburg, den 31. Juli 194. Der kommandierende General von Deimling ».

Traduction MJR : A la population du district du 15ème corps d’armée. Sa Majesté l’Empereur a placé le territoire de l’Empire en Etat de guerre. Ces mesures n’ont pas été prises dans le souci que la population n’aurait pas une attitude patriotique, mais dans le but de permettre une exécution rapide de toutes les mesures nécessaires.

La réalisation de nos mesures de défense sous une direction unique, dépendent de la rapidité et de leur sécurité. Si par la déclaration de l’Etat de guerre les lois deviennent plus contraignantes, ces contraintes ne concernent guerre les personnes qui respectent les lois et se conforment aux directives des autorités civiles et militaires, et nous facilitent l’exécution de hauts devoirs patriotiques. Strasbourg, le 31 juillet 1914. Le général commandant le 15e corps d’armée. General von Deimling ».

18h00 : Allemagne, Reichsland, place forte de Strasbourg : Enfin, l’ordre de mobilisation générale était donné pour le 1er août, à 18 heures. Cette mobilisation préparée laborieusement e avec minutie, allait pouvoir commencer.

Avec leurs effectifs du temps de paix, les troupes de couverture de la frontière reçurent l’ordre de mouvement et gagnèrent leurs secteurs, ainsi que les détachements chargés de la protection des lignes de chemin de fer et des principaux ponts. Les premiers groupes d’hommes arrivaient en ville, de tous côtés.

 

Lundi 3 août 1914

 

Allemagne, Strasbourg : titre du journal Strassburger Bürger-Zeitung : Annonce officielle et légale : « Ordre de mobilisation générale diffusé par le général commandant le XVe corps d’armée allemand : Le premier jour de mobilisation est le 2 aôut 1914 ».

Allemagne, Strasbourg : titre du journal Strassburger Bürger-Zeitung : Annonce officielle et légale : « Publication des dispositions de la loi concernant l’état de siège ».

Allemagne, Strasbourg : titre du journal Strassburger Bürger-Zeitung : Annonce officielle et légale, ordre du gouvernement de la place :

Interdiction d’envoyer des missives privées contenant des renseignements sur les mouvements de troupe et les ouvrages de fortification ;

Interdiction de monter sans autorisation sur la plate-forme de la Cathédrale ;

Interdiction de posséder des pigeons, tous les pigeons détenus doivent immédiatement être tués ;

Toutes les personnes qui n’ont pas le statut de fonctionnaire d’Etat ou d’officier doivent immédiatement remettre toutes leurs armes au bureau de police ;

Interdiction d’exporter des vivres et des matériaux stratégiques.

 

18h45 : France : l’ambassadeur Allemand remet une lettre déclarant l’état de guerre avec la France : Les minutieuses précautions prises le 30 juillet et multipliées les jours suivants pour éviter le moindre prétexte à toute violation de frontière adverse ou neutre n’empêchent pas le gouvernement allemand de nous reprocher les méfaits dont lui-même se rend délibérément coupable. L’Allemagne a décidé la guerre : il lui faut un prétexte.

C’est ainsi que le 3 août à 18h45, au cours de son audience de départ, l’ambassadeur d’Allemagne le baron de Schoen, remet à M. Viviani une lettre qui, arguant d’actes d’hostilités caractérisés qui auraient été commis sur le territoire allemand par des aviateurs français près de Wesel, dans le région de l’Eifel, à Karlsruhe et à Nuremberg, se termine par la déclaration suivante : « En présence de ces agressions, l’empire allemand se considère comme en état de guerre avec la France du fait de cette dernière puissance » (Lettre remise à M. Viviani par l’ambassadeur d’Allemagne, 3 août 1914 à 18h45. Livre Jaune, 1914, pièce n°147). Dans la soirée, l’ambassadeur d’Allemagne recevait ses passeports et quittait aussitôt Paris.

Ces accusations mensongères ne sont qu’une nouvelle manifestation de la mauvaise foi germanique. Aussi, dans une lettre qu’il adresse le même jour à M. Paul Cambon, ambassadeur à Londres, M. Viviani signale « la campagne allemande de fausses nouvelles qui commence ». « Il me revient, écrit le président du conseil, que l’ambassadeur d’Allemagne aurait déclaré au Foreign-Office qu’hier matin 80 officiers français en uniforme prussien auraient essayé de traverser la frontière allemande dans douze automobiles à Walbeck, ouest de Geldern, et que ceci constituaient une très sérieuse violation de neutralité par la France. Veuillez démentir cette nouvelle de pure invention » (M. Viviani. Lettre à M. Paul Cambon, ambassadeur à Londres. Livre Jaune, 1914, pièce n°146).

Ce même jour, les violations de territoires ont continué sur la frontière de Lorraine, qui est franchie en plusieurs endroits par des patrouilles de cavalier ou de cyclistes allemands.

Des rencontres se produisent avec nos éléments avancés de couverture à Réméréville, Arrancourt, Leintrey et dans la région de Réchicourt.

 

Mardi 4 août 1914

 

Belgique, violation des frontières : L’armée allemande viole la neutralité de la Belgique

 

Grande-Bretagne : La Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : ordre secret du Gouvernement de la place adressé aux bataillons de travailleurs.

« Strasbourg, le 4 août 1914. Gouvernement. 1 C IVa 10/14 M.

En ce qui concerne l’annexe des mesures de mobilisation du Gouvernement de la place forte du 25 mars 1914, Ib. N° 180 « Secret », les ordres complémentaires suivants sont donnés.

Pour le ravitaillement des travailleurs des vivres ont été entreposés conformément à la liste suivante.

La perception de ce fait contre un reçu, comme suit :

Pour le secteur Sud au dépôt de Grafenstaden

Si les travailleurs sont en mesure d’assurer eux-mêmes leur subsistance ou si des restaurateurs prennent en charge leur alimentation contre une somme de 1,20 M par personne, cela est naturellement souhaité. Les factures doivent mentionner le nombre de portions et le poids de la nourriture. La réception se fait toujours quelques jours auparavant. L’installation des points de cuisson « Kochstellen » et la préparation des repas est à la charge individuelle des autorités ou réalisé en commun conformément à l’annexe 9 des mesures de mobilisation. Des marmites pour la cuisson « Kochkessel » sont disponibles en nombre suffisant dans les communes. Il suffit de les demander à la mairie (Bürgermeisteramt). La modification des listes de dépôts « Speisezettel » peut être nécessaire. Les accords de ce type doivent être coordonnés avec les différents comités des dépôts, et les souhaits doivent y être soumis.

La nourriture pour les chevaux de la mise en état de défense doit être perçue aux mêmes endroits. Les dépôts de vivres seront en mesure de distribuer la nourriture à compter du 3e jour de mobilisation.

V. s. d. G. Signature ».

 

Jeudi 6 août 1914

 

Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement aux bataillons de travailleurs.

« Strasbourg, le 6 août 1914. Gouvernement. ?? 1b 177/14 M.

Les propriétaires de terrains agricoles doivent si possible être immédiatement libérés pour qu’ils puissent rentrer leurs récoltes. Les forgerons « Schmiede » doivent être transférés à l’atelier d’artillerie « Artillerie-Werkstatt ». De la part du Gouvernement. Signé von Böckmann. A transmettre à tous les bataillons de travailleurs ».

« Ordre particulier du Gouvernement.

5) Les voitures nécessaires au transport des vivres des bataillons de mise en état de défense « Armierungs-Bataillon », des compagnies de remplaçants de réserve « Ersatz-Reserve Kompanie » et des bataillons du Landsturm. Les bataillons de travailleurs du Landsturm « Landsturm Arbeiter-Bataillonen » doivent donner des personnels confirmer pour soigner les chevaux en tant que remplaçants jusqu’à la remise à niveau de l’effectif prévu. De la part du gouvernement. Signé von Böckmann ».

Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

« Strasbourg, le 6 août 1914. Gouvernement. ?? 1b 178/14 M.

Ordre concernant l’utilisation des bataillons de travailleurs « Arbeiter-Bataillon » et des parcs de voitures « Armierungsfuhrpark » pour la mise en état de défense.

1) Les bataillons de travailleurs et les parcs de voitures ne peuvent être utilisés que dans les secteurs « Abschnitten », conformément aux annexes 3 et 4 de la Mobilisation ».

Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

« Strasbourg, le 6.8.14. (5e jour de mobilisation).

Service des Fortifications de Strasbourg « Fortifikation Srassburg ».

…B. N°. 7088 / 14. Mob.

Ordre de fortification n°1 « Fortifikationsbefehl Nr. 1 »

1) Tous les jours arrivent en complément de l’Ordre de fortification n°1 des directives valables pour les bataillons de travailleurs – l’ordre de Fortification n°2 « Fortifikationsbefehl Nr. 2 – des directives de nature techniques.

La transmission de l’ordre de Fortification n°1 aux commandants des bataillons de travailleurs est ordonnée par les officiers ingénieurs des secteurs « Ing. Offiz. Der Abschnitte ».

2) Les Officiers de Poste « Postenoffiziere », les gardes des fortifications « Wallmeister » et les chefs de chantiers « Leiter der Arbeitstellen » doivent recevoir leur habillement. La première moitié doit être envoyée aujourd’hui après le travail à l’I.R. 136 Manteuffelkaserne au Steinring, et l’autre moitié demain (l’ordre a déjà été transmis par télégraphie).

3) Seront équipés d’armes de frappe « Hiebwaffen » (matraques)

a) Les Officiers de Poste « Postenoffiziere », les gardiens des fortifications « Wallmeister » et les chefs de chantiers « Leiter der Arbeitstellen »

b) Les gradés des bataillons de travailleurs « Dienstgraden der Arbeiterbataillone »

Les officiers ingénieurs des secteurs transmettent aux bataillons de travailleurs leur dotation, et ces derniers peuvent percevoir leurs armes contre un reçu à l’arsenal et elles doivent être transmises contre un reçu. Signé Wennhain ».

Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

« Strasbourg, le 6 août 1914. Gouvernement. Points de dislocation des commandants des bataillons de travailleurs

Secteur Sud

Arbeiter-Bataillon VI: Plobsheim, école, Hauptmann Wiedenhöfer

Arbeiter-Bataillon XVII: Grafenstaden, mairie, Major von Görschen

Arbeiter-Bataillon XVIII: Ohnheim, provisoirement Leutnant Wägner

Arbeiter-Bataillon V: Ostwald, mairie, Hauptmann Donath.

 

Vendredi 7 août 1914

 

Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

Strasbourg, le 7 août 1914. Concerne l’utilisation des bataillons de travailleurs et des parcs de voitures de la mise en état de défense « Armierungsfuhrparks ».

Les bataillons de travailleurs et les parcs de voitures ne doivent être employés que dans leur secteur, conformément à la répartition faite dans les annexes 3 et 4 de la Mobilisation. Tout emploi en dehors de leur secteur nécessite l’autorisation du Gouvernement.

Cette consigne est également valable pour les bataillons de Landsturm et les compagnies de complément de réserve « Ersatz-Reserve-Kompagnien ».

Toutes les voitures et les chevaux d’un secteur sont affectées à la compagnie du train de forteresse du Landsturm « Festungs-Train-Kompagnie ».

Secteur Sud : un demi 3. Landsturm-Festungs-Train-Kompagnie, affecté au bataillon de travailleurs XVII Grafenstaden.

Les besoins en voitures pour le transport des vivres au profit des bataillons de travailleurs, des compagnies de complément de réserve « Ers. Res. Komp. » et des bataillons de Landsturm doivent être prélevés dans leur parc de voitures.

Les bataillons de travailleurs doivent détachés des personnels chargés de soigner les chevaux « Pferdepfleger » jusqu’à ce que les militaires du rang manquants soient complété conformément à l’effectif de l’état de guerre.

179.14 Mob.

Lieu de déploiement et commandant des bataillons de travailleurs. Secteur Sud :

Arbeiter-Bataillon VI : Plobsheim (école) ; (Hptm. Wiedenhöfer)

Arbeiter-Bataillon XVII : Grafenstaden (mairie) ; (Major v. Görschen)

Arbeiter-Bataillon XVIII : Ohnheim (mairie) ; (provisoirement Major v. Feder – Lt. Wägner)

Arbeiter-Bataillon V : Ostwald (mairie) ; (Hptm. Donath)

 

1915

 

France, Strasbourg place forte : carte du front sud d’après les renseignements acquis par l’armée française.

Voici un extrait d’une carte topographique de 1909 surchargée des indications faites par le 2e bureau français en 1915, représentant le front sud de la place forte de Strasbourg. Cette édition est datée de 1915 et comporte en rouge la position des défenses et batteries allemandes telles qu’elles ont été recensées d’après les renseignements acquis. Attention cette carte peut comporter des erreurs pour les indications en couleur. Elle comporte la position des abris d’infanterie « Inf. » et abris à munitions « Mun. » installés à partir de 1887. Si la position des anciens abris est correcte, en réalité les abris d’artillerie ont souvent été confondus avec les abris d’infanterie. En bleu les zones inondables du front sud. Sur cette carte ont été représentés les des ouvrages du fronts sud de Strasbourg, avec de gauche à droite le Fort Werder et le Zwischenwerk Werder-Schwarzhoff.

Source / Quelle : archives MJR.

 

1936

 

France, Strasbourg fortifications : renforcement des défenses.

De 1936 à 1940, les moyens de défense dans le secteur de Strasbourg sont renforcés. Seul une série de casemates de berges a été érigée. Il s’agit de petits ouvrages de fortifications destinés à renforcer les passages à travers la forêt du Rhin, et d’une série de petits ouvrages qui protègent les hauteurs des Hausbergen. Il s’agit de blockhaus, de barrières antichars, de position d’armes anti-char ou de mitrailleuses, d’observatoires et d’abri et postes de commandement.

 

Mercredi 4 mars 1936

 

Allemagne : la Reichswehr s’installe en Rhénanie.

En Allemagne, le 4 mars 1936, le chancelier Hitler, dénonçant le pacte de Locarno, fait occuper par la Reichswehr les pays rhénans ainsi que la zone neutre de la rive droite du Rhin.

 

Samedi 7 mars 1936

 

Allemagne, Strasbourg place forte : les défenses de Strasbourg.

Après ce coup de force, en France, M. Albert Sarraut Président du Conseil prononce cette phrase dans une allocution radiodiffusée le 7 mars 1936 : « La France ne saurait admettre de voir Strasbourg sous le canon allemand ». Mais après des discussions passionnées, après de vaines tentatives auprès des puissances garantes du traité de Versailles, le silence s’est fait…

En 1936, la Ligne Maginot est terminée et armée, mais les ouvrages qui la composent ne sont pas occupés en permanence. Néanmoins on y pratique la formation de l’encadrement. Sur les bords du Rhin, les casemates de berge sont désertes et soigneusement verrouillées. Avec cette première alerte, la Ligne Maginot est alors occupée par ses équipages dont la plupart des hommes prennent la première fois contact avec la fortification y compris sur les bords du Rhin où l’on s’organise avec hâte. Mais les canons de 47 mm et les mitrailleuses de 13,2 n’ont pas encore été installées. Après quelques semaines, l’alerte est levée. Cette première alerte va entraîner une l’accélération de la formation des troupes de forteresse.

 

Samedi 28 mars 1936

 

France, politique : réunions des chefs militaires.

Après ce coup de force de Hitler, les chefs militaires ont été consultés et leurs conclusions sont formelles : toute action militaire peut déclencher la guerre et « celle-ci ne semble pas pouvoir, hors du cadre d’une coalition, amener des résultats décisifs et rapides » (Note du Général Gamelin du 28 mars 1936 remise au ministre de la Guerre et aux Chefs d’Etat-major Généraux).

 

Vendredi 11 mars 1938.

 

France, Strasbourg place forte : nouvel état d’alerte.

L’annexion « Anschluss » de l’Autriche au Reich allemand provoque un nouvel état d’alerte. Début mai, la situation se détend et les équipages quittent à nouveau les bords du fleuve.

 

Septembre 1938.

 

France, Strasbourg place forte : nouvelle d’alerte.

Une nouvelle crise se déclenche en septembre 1938 lors de l’affaire des Sudètes qui provoque l’entrée de la Wehrmacht en Tchécoslovaquie sous couvert de la protection des minorités allemandes de ce pays. En septembre 1938 Hitler exige le rattachement des Sudètes à l’Allemagne.

A cette occasion les ouvrages sont réoccupés. Comme la situation s’aggrave, un plan de mobilisation partiel est mis en place et les équipages seront alors au complet. La paix de Munich amène la détente et une démobilisation rapide.

 

1939-1940

 

France, Strasbourg place forte : installation d’un poste de commandement à l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche.

Vers 1939-1940, un poste de commandement pour un bataillon d’infanterie est installé dans l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche, pour assurer la défense du secteur. La ligne télégraphique souterraine allemande qui relie les forts Hoche et Uhrich est réutilisée. A proximité de l’ouvrage, une chambre de coupure de cette communication, dénommée K1 a été installée à priori au cours de la même période.

 

Dimanche 3 septembre 1939

 

Allemagne, Angleterre, France : déclaration de guerre.

La France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939.

 

Samedi 15 juin 1940

 

France, Alsace : franchissement du Rhin par les troupes allemandes.

Le 15 juin 1940 les troupes allemandes franchissent le Rhin et attaque dans le secteur de Schoenau, Marckolsheim et Neuf-Brisach.

 

Dimanche 16 juin 1940

 

France, Strasbourg place forte : les dernières défenses.

Dès le 16 juin 1940, le PC de la 103ème division d'infanterie de forteresse est à Mutzig et le LCL Le Mouel, commande à Strasbourg « la croûte », c'est-à-dire les quelques équipages d'ouvrages restant à Strasbourg le long du Rhin, chargés de couvrir le repli de la division. La situation est relativement calme hormis quelques tirs sporadiques.

 

Lundi 17 juin 1940

 

France, Strasbourg place forte : ordre de repli et de sabotage.

Le 17 juin 1940 les chefs de casemates sont priés de préparer le repli et le sabotage des matériels et des armes qu'ils ne peuvent emporter.

 

Mardi 18 juin 1940

 

France, Strasbourg : départ des dernières troupes françaises.

Le 18 juin 1940, à 1h30 du matin, le LCL Le Mouel reçoit l'ordre de se replier immédiatement sur Mutzig. Les équipages des casemates et mes dernières troupes du 172e RIF et du 226e RI exécutent les ordres reçus la veille. A 5h30 le LCL Le Mouel et son état-major quittent le fort Ducrot. Au petit matin toutes les troupes françaises ont quitté Strasbourg.

 

Mercredi 19 juin 1940

 

France, Strasbourg place forte : arrivée des troupes allemandes.

L'armée allemande, entre à Strasbourg une journée après, sans combat, le matin du 19 juin 1940. A 12h30 le drapeau à croix gammée est hissé sur la cathédrale. Les forts détachés de la place reprennent leur dénomination d'origine. Le fort Maréchal Pétain reprend son nom d’origine : Fort Grossherzog von Baden. Au cours des premières semaines, l'armée allemande fait revenir à Strasbourg un certain nombre de prisonniers français qui ont occupés les positions de défense face au Rhin. Ils les chargent de déminer et de retirer les pièges que les derniers défenseurs français avaient laissés sur place. Les nombreuses munitions abandonnées sont rassemblées dans certains forts et ouvrages de la place. Nous n'avons que très peu de renseignements sur le devenir des ouvrages pendant cette période. Certains ouvrages deviennent des dépôts de munitions, de carburant, ou de matériels, d'autres grands forts serviront de camps de prisonniers provenant essentiellement du front Est et des Balkans.

 

1945

 

France, Strasbourg place forte : l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche devient un terrain d’exercice.

A priori, à partir de 1945, l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche perd son rôle défensif et devient un terrain d’exercice. Il reprend son nom français de 1918.

 

Mercredi 13 septembre 1950

 

France, Strasbourg place forte : Photographie aérienne de l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche.

Le 13 septembre 1950 le fort Hoche et l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche font l’objet de photographies aériennes.

Source / Quelle : Internet site Geoportail.

 

Mercredi 7 novembre 1979

 

France, Strasbourg place forte : l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche devient un terrain de mise en œuvre d’explosifs.

A priori, aux cours des années 1970, le terrain d’exercice de l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche est transformé en terrain de mise en œuvre des explosifs, essentiellement au profit du 1er régiment du génie. Il s’agit là de la mise en œuvre de petites charges d’explosifs dans le cadre de la formation des sapeurs du régiment. D’après ce dossier de consignes la mise en œuvre d’explosif pouvait être fait en semaine, sauf les samedis, dimanches et jours fériés de 7h30 à 17h en hiver et jusqu’à 18h en été. Il n’y a qu’un point de mise en œuvre et la charge maximum ne devait pas dépasser 250 grammes. Aucun véhicule n’était autorisé à entrer dans l’ouvrage.

 

Plan du polygone de mise en œuvre d’explosifs extrait du dossier de consignes évoqué ci-dessus.

 

Mercredi 17 juillet 1996

 

France, Strasbourg, garnison : le 1er régiment du génie interdit l’usage d’explosifs sur le polygone de mise en œuvre de l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche.

Le 17 juillet 1996 la garnison de Strasbourg interdit la mise en œuvre d’explosifs sur le polygone de l’ouvrage Uhrich-Hoche pour des raisons de sécurité.

 

2006

 

France, Strasbourg, garnison : le CESFS effectue une étude détaillée de l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche.

En 2006 les membres du Cercle d’Etudes et de Sauvegarde des Fortifications de Strasbourg (CESFS) effectue plusieurs journées d’étude sur l’ouvrage Uhrich-Hoche et la batterie 39 attenante. Grâce à ses relevés, André Brauch a pu réaliser une série de dessins en trois dimensions sur l’ouvrage et la batterie. Nous avons également réalisé un relevé photographique complet de l’ouvrage et de la batterie.

Philippe Burtscher examine en détail la maçonnerie de la façade de gorge de la traverse-abri droite.

Philippe Burtscher überprüft den Bestand von Mauerwerk der Kehlfassade von der rechten Hohl-Traverse.

Photographie / Foto © MJR de 26/03/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).

 

Samedi 28 février 2009

 

France, Strasbourg garnison : journée d’étude de la batterie n°39 par le CESFS.

Les membres du Cercle d’Etudes et de Sauvegarde des Fortifications de Strasbourg ont passé la journée à étudier dans le détail la batterie n°39. Ces mesures et les relevés photographiques ont permis à André Brauch, ci-dessus sur la photo, de réaliser des dessins en trois dimensions.

André Brauch et les membres du CESFS effectue des relevés détaillés sur la batterie n°38.

André Brauch und die Mitglieder vom CESFS machen Messungen und fotographieren die Batterie Nr. 39.

Photographies / Fotos © MJR de 28/02/2006 (Tous droits réservés / Alle Rechte vorbehalten).