Zwischenwerk Neu-Empert - Ouvrage intermédiaire Neuf-Empert

 

 

 

Dernière mise à jour : 6 juin 2018


 

Situation géographique et stratégique

L'ouvrage a été construit sur le ban de la commune de La Wantzenau, entre l'Ill et la route de Strasbourg-Robertsau à la Wantzenau à l'ouest et le bras du Rhin dénommé Steingiessen à l'Est.

En 1887-1918 : Ceinture des forts détachés de Strasbourg - Rive gauche du Rhin - Secteur Nord, intervalle entre le Fort Fransecky et le Rhin.

En 1939-1940 : Secteur Fortifié du Bas-Rhin. Sous-secteur de Strasbourg.

Situation actuelle : lieu-dit « Durspalt », impasse Fort Neuf-Empert, 67610 La Wantzenau, cadastré section 78 numéro 23.

Superficie du terrain : 7 563 m².

 

Distances avec les autres ouvrages :

Fort Blumenthal à l'Est sur la rive droite du Rhin : 3,756 km (2.334 miles).

Fort I - Fort Fransecky - Fort Ney à l'Ouest : 1,896 km (1,178 miles)

Enceinte urbaine au sud : 5,8 km (3,6 miles).

 

Carte des environs du Fort Fransecky de 1904. L'emplacement des ouvrages a été ajouté à la plume à l'époque. Source : collection MJR.

 

 

Construction (gros œuvre)

1887 - 1888

Dénominations successives

Contrairement aux autres ouvrages intermédiaires qui prennent le nom des forts situés de part et d'autre, son nom est emprunté au patrimoine local (lieudit Altembert ou Vieil-Empert et Neuembert) et il fut conservé après la guerre par les Français. Il a pris le nom de « Neu-Empert » en allemand ou « Neuf-Empert » en français.

Extrait d'une carte française éditée vers 1870 par Vve Berger-Levrault & Fils, avec les environs de l'emplacement du futur ouvrage Neuf-Empert. Collection BP.

 

Mission

1888-1918 Construit lors des travaux de renforcement de la place par suite de la crise de l'obus torpille ou crise de la brisance, il renforce initialement l'intervalle entre le Fort Fransecky et le Rhin, pour empêcher toute infiltration par la forêt épaisse et humide ou par la digue du Rhin. Ultérieurement sa mission sera d'autant plus importante puisqu'il assure la sécurité des approches du pont de guerre n°1 dont l'établissement était prévu dès la mise en état de défense. Avec la planification de l'édification de batteries dans les intervalles en cas de mise en état de défense, il n'est plus doté d'artillerie quelques années avant le déclenchement de la Première guerre mondiale.

1935-1940 Compte tenu de sa proximité avec le Rhin, l'ouvrage été intégré dans le plan de défense du secteur fortifié du Bas-Rhin. Il servait de point d'appui destiné à couvrir les chemins menant aux berges du Rhin. De nombreux petits blockhaus sont installés dans le secteur. Il est également en mesure de fournir un abri et une cuisine aux troupes chargées de la défense du secteur.

 

Caractéristiques

L'ouvrage intermédiaire Neuf-Empert est un petit ouvrage de forme trapézoïdal muni d'un fossé plein d'eau, dont le plan et l'organisation générale est similaire à l'ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche, érigé au sud de Strasbourg. Un massif de terre quasi-rectangulaire et non revêtu abrite une cour intérieure dont le centre est occupé par une caserne à l'épreuve des bombes, flanquée par deux abris de piquets. La caserne comportait 8 travées casematées, avec un couloir de desserte au niveau de la gorge.

Plan de masse établi par le service du génie français en 1946.

L'ouvrage comportait des casemates à l'épreuve des bombes destinées à l'hébergement de la troupe et des officiers, une cuisine moderne qui était équipée de deux cuves à bain marie et d'une rôtissoire et d'un percolateur, des locaux de stockage et des locaux d'artillerie. Le front de tête comporte deux traverses-abris. Cinq plates-formes dévolues à la mise en place de pièces d'artillerie permettaient essentiellement le déploiement de canons de flanquement des intervalles. Un état de 1905 précise que les deux ouvrages intermédiaires à fossé plein d'eau ne devaient compter qu'un armement de 4 pièces de 9 cm dans le cadre de la mise en état de défense. De taille trop réduite pour justifier la présence d'un système de défense contre l'infanterie, les ouvrages sont donc dépourvus de caponnières de tête ou de flancs et cette mission est assurée à partir du rempart lui-même. La gorge et l'entrée de l'ouvrage est défendue par deux blocs de défense rapprochée encadrant le portail d'accès, qui est défendu par des grilles. Chaque bloc de défense est muni d'une pièces dont l'une servait de poste de garde et l'autre de latrines. Toutefois les deux pièces sont munies de meurtrières. Un pont enjambe le fossé au niveau de l'entrée.

Coupe A - B, du plan de masse établi par le service du génie français en 1946.

 

Modernisation 1890-1918.

La caserne centrale a été dotée de trois systèmes de ventilation forcée et les portes et fenêtres ont été partiellement murées. Sur la façade interne du couloir de gorge on a installé des meurtrières en face des deux portes extrêmes, pour la défense rapprochée des entrées. Ces dernières ont été munies de volets blindés à glissière. Deux postes d'observation légers en tôle zinguée types « guérite escargot » ont été installés sur chaque angle du front de tête. Les portes des deux traverses-abris ont été partiellement murées.

Coupe C - D, du plan de masse établi par le service du génie français en 1946.

Modernisation 1935-1940.

Installation d’un poste de tir pour arme d’infanterie en béton dans la traverse-abri droite, d’un poste de surveillance en briques et béton sur le flanc droit et d’un masque en béton pour canon de 25 mm sur l’angle d’épaule gauche. Près de l’entrée, on a érigé un blockhaus couvrant le bras mort du Rhin dénommé "Steingiessen" sur le flanc droit. Le pont avait été muni de sacs de sables pour protéger l’accès à l’ouvrage.

Détail du bloc d'entrée gauche, du plan de masse établi par le service du génie français en 1946. Ce local était vraisemblablement utilisé comme poste de garde. Le bloc d'en face comprenait les latrines tout en étant équipé de meurtrières pour la défense rapprochée.

 

Données chiffrées concernant l'ouvrage Neuf-Empert.

Ces données se réfèrent sur le plan français de 1946. En l’absence de plan allemand d’origine, elles nous donnent une idée approximative des dimensions de l’ouvrage, qui naturellement ont dû subir des modifications au fil des années. 

Largeur du plan d'eau du fossé : front : 15 m, flanc droit 15 m, flanc gauche environ 20 m, gorge 8,20 m. Profondeur du fossé : 3,75 m. Depuis la nappe phréatique s'est enfoncée avec le lit du Rhin et la vase liée à la végétation recouvre le fond du fossé.

Banquette d'artillerie du front de tête : est à 3,30 m au-dessus du terrain naturel et la crête de feu est à 5,50 m au-dessus du terrain naturel.

Banquettes d’artillerie des flancs droit et gauche : chaque flanc comporte deux banquettes d’artillerie séparées par une traverse pleine en terre. Les banquettes sont 3,90 m au-dessus du terrain naturel et leur crête de feu à 4,50 m au-dessus du terrain naturel.

Dessus de l'abri : à 7,70 m au-dessus du terrain naturel. La crête du rempart de gorge est à 4,50 m au-dessus du terrain naturel.

Armement

D'après le plan d'armement de 1905, il devait être doté de 4 pièces de 9 cm lourdes sur affût de forteresse. Mais à peine quelques années plus tard, il ne sera plus question de leur affecter des pièces d'artillerie puisque le plan de mise en état de défense ne prévoyait même pas de l'armer.

Accès et visites

L’ouvrage est situé sur un terrain militaire dont l’accès est interdit. Le fossé est utilisé par une association de pêche dénommée « A.P.S.O. » (https://apsogs.com/). L’abri est vide et n’est plus utilisé comme station de sismologie. L’essentiel de l’ouvrage est géré par le ministère de l’Education nationale et l’extérieur de l’ouvrage, c’est-à-dire le fossé et la berge extérieure par le ministère de la Défense.  

Cession en cours de l'ouvrage Neuf-Empert.

Le 16 avril 2016, le ministère de l'éducation nationale a pris un arrêté portant d'inutilité, déclassement public de l'Etat et remise au service France Domaine de l'ouvrage Neuf-Empert. France Domaines a publié sur son site l'annonce suivante : « Bâtiment technique. 67-Rhin (Bas). Lieudit « Durspalt » - Impasse Fort Neuf-Empert - 67610 La Wantzenau. Année prévisionnelle de cession : 2018. Occupant : Ministère de l'éducation nationale ».

Intérêt patrimonial de l'ouvrage

L’ouvrage Neuf-Empert, malgré quelques modifications des locaux de la caserne pour l’installation des appareils de sismologie, est encore en très bon état et représente le parfait exemple d’un ouvrage intermédiaire. Même s’il présente une structure sensiblement identique à l’ouvrage intermédiaire Uhrich-Hoche qui est situé au sud de Strasbourg, la caserne à l’abri des bombes présente des particularités, et il mérite d’être conservé tout comme les installations complémentaires réalisées vers 1939-1940. Cet ouvrage devrait être conservé et protégé au titre du patrimoine. Espérons qu’un futur propriétaire tiendra compte de son intérêt patrimonial. Sur l’ancienne ceinture fortifiée de Strasbourg, Il ne reste plus que deux ouvrages intermédiaires à fossé plein d’eau de ce type, qui sont un héritage de notre patrimoine européen.

Plan de garnison datant du 15 mars 1989

 

Vue satellite complétée par le CESFS (source Wikimapia 2017). Les ouvrages situés à proximité : à l'ouest, le fort Ney, les positions et abris d'infanteries I-34 et I33, ainsi que la maison du garde du génie « Wallmeisterhaus », la casemate d'infanterie 18/3 et à l'est la position et l'abri d'infanterie I-32.

 

 

Chroniques succinctes de l'ouvrage Neuf-Empert

Zeittafel

Voici les chroniques de l’ouvrage Neuf-Empert. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière de cet ouvrage, nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire franco-allemande. Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour. 

 

Début juin 1871

Le Maréchal comte de Moltke se rend à Strasbourg pour désigner les emplacements des futurs forts détachés.

26 juin 1886

Une note de renseignement française nous livre les informations suivantes : « Des éboulements se sont produits au Fort Fransecky Wantzenau, on construit en ce moment des murs de soutènements dans cet ouvrage. Le fort se trouvant à une trop grande distance de celui de Blumenthal - Auenheim rive droite il est question de construire un fortin sur une île formée par un bras du Rhin entre la Wantzenau et Auenheim ». Il s'agit de l'ouvrage intermédiaire dénommé Neu-Empert ».

30 décembre 1886

Un ordonnance impériale « A.K.O. » daté du 30 décembre 1886 ordonne la construction de cinq ouvrages intermédiaires « Zwischenwerke » sur la ceinture des forts détachés à Strasbourg. Il s'agit des futurs ouvrages intermédiaires Neu-Empert, Fransecky-Moltke, Baden-Bismarck, Sachsen-Tann, Werder-Schwarzhoff (ces ouvrages prennent en effet le nom des deux ouvrages dont ils renforcent l'intervalle.

1887-1888

Construction de l'ouvrage.

1912

Le plan des garnisons du XVème corps d'armée allemand de 1912 indique l'ouvrage comporte également une remise à charbon et un bâtiment provisoire avec des latrines.

Mai 1914

L'officier d'artillerie de la place fait éditer un nouveau plan de mise en état de défense de l'artillerie. Naturellement, tout ce qui est prévu sur ce plan n'a pas été réalisé et dès fois des ouvrages complémentaires ont été construits durant le début de la Première guerre mondiale. Toutefois il comporte des renseignements assez précis sur l'organisation de l'artillerie, la position des ouvrages, les observatoires, les batteries, les zones inondables, les tranchées et les réseaux de fils.

Extrait de la zone de l'ouvrage Neuf-Empert du plan d'artillerie de mai 1914 (Coll. CESFS).

 

Etat des travaux de défense prévus autour de l'ouvrage Neuf-Empert, en cas de mise en état de défense. Ce plan nous indique que l'ouvrage est dans le secteur Nord de la place forte. A l'est de l'ouvrage on distingue une importante zone inondable, qui peut être tendue entre la digue située à la gorge de l'ouvrage et le Rhin et le chemin et la digue qui part sur la droite de l'ouvrage en direction de la Wantzenau. La mise en œuvre des zones inondables ne ce fait que sur ordre en cas d'approche de l'ennemi. Un réseau de fils de fer couvert de barbelé doit être installé le long de la digue située au sud le long de la zone inondable, jusqu'au Rhin et sur sa gauche, c'est uniquement un réseau de fil qui doit couvrir le secteur, certainement que le creusement de tranchées n'était pas possible à cause de la proximité du toit de la nappe phréatique. La couleur bleue indique que ces aménagements doivent être réalisés dès la mise en état de défense, et achevés avant le 20e jour de mise en état de défense. La zone comprise entre l'ouvrage Neuf-Empert et le Rhin est un des rares endroits de la place-forte où l'on n'installe pas de tranchées.

Au niveau de l'angle droit et gauche de la gorge, à l'extérieur de l'ouvrage, on programme l'installation de deux batteries de flanquement. Ces batteries de flanquement comportent en règle générale deux emplacements de pièces par batterie et un abri à canons et à munitions, réalisé selon les endroits, soit en fortification provisoire (bois et terre), soit en fortification permanente (béton). Aucune trace n'a été trouvée à proximité.

La batterie de flanquement n°1 est une batterie double qui devait tirer en direction est-sud-est, dans le prolongement de la digue sud, en direction du Rhin et de l'agglomération de Leutesheim située sur la rive droite du Rhin (Bade) et en direction du nord-nord-est, par-dessus la zone inondable.

La batterie de flanquement n°2 située à gauche de l'entrée de l'ouvrage devait couvrir la lisière de la forêt en direction de l'ouest, c'est-à-dire en direction du Fort Fransecky.

Ces batteries sont dotées dès la mise en état de défense de deux anciens canons de 9 cm par batterie. Ils sont servis par l'infanterie, et la dotation de munition des batteries de flanquement est intégralement positionnée dans ces batteries.

Le poste de commandement du secteur de défense est installé au Englischerhof (Château d'Angleterre). A remarquer également que sur la rive droite le village de Leutesheim est une des agglomérations qui doit être mise en état de défense sur le côté nord du village en tant qu'avant-poste et le gros trait rouge situé devant le village indique qu'il s'agit d'une position éventuelle de l'artillerie de campagne. Les routes et chemins surlignés de rouge sont les itinéraires d'approche ventuelles de l'ennemi. Le village est également muni d'un poste d'observation avec liaison téléphonique, en règle générale ils sont installés dans les clochers.

Mardi 28 juillet 1914

Le chancelier, sur la demande du Ministère de la Guerre prussien, fait appliquer les mesures prévues pour la période de tension politique : surveillance renforcée des voies ferrées par les agents des chemins de fer, dans les régions frontières et dans le district ferroviaire de Berlin.

12h00 : L’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie.

Vendredi 31 juillet 1914

14h00 : A Strasbourg, vers 14 heures, arrive l’ordre de Berlin de construire le Pont de Guerre n°IV sur le Rhin, au port du Rhin, au nord du pont-route. Celui-ci devrait pouvoir augmenter les capacités de franchissement du fleuve, complétées ultérieurement par l’édification d’autres ponts du même type.

14h30 : A Strasbourg arrive un nouveau télégramme du ministre de la guerre : « Danger de guerre imminent » ! Bien que cette missive ait été attendue du ministère de la guerre, elle permet enfin au Gouverneur militaire de disposer des pleins pouvoirs et de prendre toutes les dispositions jugées urgentes.

19h30 : Wantzenau (à proximité du Fort Fransecky), journal de l’Abbé Aloys Postina : « Deux voitures avec deux sous-officiers arrivèrent chez le maire ce soir et ramenèrent les affiches sur la mise en état de guerre de l’Alsace-Lorraine. Les voitures poursuivirent ensuite leur route, accompagnée pour chacune, d’un soldat et d’un citoyen de la Wantzenau, vers Kilstett, Gambsheim, Hoerdt et Weyersheim, pour transmettre les ordres. Vers 19h30, l’annonceur municipal informe les habitants du passage en état de guerre, et les avis sont collés sur les murs. Partout on aperçoit des groupes d’hommes qui parlent de la guerre. Des femmes sanglotant se mêlent à ses groupes. Au même moment, une troupe de jeunes de 15 à 17 ans, passe dans les rues du village, criant plus qu’ils ne chantaient. Quel paradoxe ! Encore au cours de la même soirée, les passages à niveaux sont gardés par l’armée ». La Wantzenau est un des villages situés juste devant la ligne principale de défense, qui doit être mis en état de défense et muni d'un obseratoire. Compte tenu qu’il est situé devant l’ouvrage Neu-Empert, nous allons régulièrement suivre les informations données par cet abbé.

Samedi 1er août 1914

A Strasbourg, le journal Strassburger Bürger-Zeitung nous livre cet article : « La décision concernant la guerre européenne est tombée ! ». « Hier, la Russie a lancé l’ordre de mobilisation générale. Dans la foulée, conformément à l’article 68, l’empereur Guillaume II a immédiatement l’état de danger imminent de guerre. L’Allemagne a lancé un ultimatum à la Russie pour qu’elle précise sa position et ordonne l’arrêt de sa mobilisation dans un délai de 12 heures et une demande à la France sur sa position en cas de guerre entre l’Allemagne et la Russie ».

18h00, place forte de Strasbourg : L’ordre de mobilisation générale était donné pour le 1er août 1914, à 18 heures. Cette mobilisation préparée laborieusement et avec minutie, allait pouvoir commencer. Avec leurs effectifs du temps de paix, les troupes de couverture de la frontière reçurent l’ordre de mouvement et gagnèrent leurs secteurs, ainsi que les détachements chargés de la protection des lignes de chemin de fer et des principaux ponts.

La Wantzenau, extrait du journal de l’Abbé Aloys Postina « La nuit était calme. La population est démunie de toute volonté de travailler, et pourtant il a encore tant à faire ! Le soir, entre 18 et 19 heures, l’appariteur municipal diffuse ce communiqué : Le 2 août 1914 est le premier jour de mobilisation générale ».

19h00 : l’Allemagne déclara la guerre à la Russie.

Soir : La Wantzenau, extrait du journal de l’Abbé Aloys Postina : « Hier soir (samedi) et ce matin (dimanche), les barques de pêcheurs ont été ramenées à Gambsheim, le pont du Rhin a été coupé au cours du dimanche après-midi et transféré en aval sur le Rhin ».

23h30 : La Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Cette nuit, dès 23h30, des jeunes hommes, et parmi eux quelques hommes mariés, quittèrent le village. Douloureux adieux à la gare ! Par affichage, le communiqué suivant a été rendu public aujourd’hui : Tous les jeunes hommes et hommes de 17 à 45 ans relèvent de l’obligation d’entrer dans le Landsturm », et le soir l’appariteur municipal communique : « Tous les hommes du Landsturm qui n’ont pas fait leur service et ceux du Landsturm sans arme doivent se présenter lundi vers 13 heures à Brumath et les hommes du Landsturm avec armes à 14 heures à la caserne Saint-Nicolas (Nikolauskaserne) à Strasbourg ».

Dimanche 2 août 1914

Matin : les troupes allemandes occupent le Grand-Duché de Luxembourg.

Place forte de Strasbourg : Le commandant en chef de l’armée allemande, le Generaloberst von Moltke, a transmis au Gouvernement militaire un extrait de l’organisation de marche de l’armée. La place forte était placée sous l’autorité de la VII. Armee commandée par le Generaloberst von Heeringen, avec le XIV. Armeekorps du général von Huene, le XV. Armeekorps du général d’infanterie von Deimling et le XIV. Reserve AK, ainsi que la 7ème division de cavalerie. Les XIV. Et XV. AK sont des corps d’active, ils seront prêts en quelques jours, tandis que le XIV. Res. AK, en cours de constitution dans le pays de Bade sous les ordres du général d’artillerie von Schubert, mettra plus de temps à rejoindre ses positions.

La Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « 120 hommes ont reçu les Saints Sacrements. Beaucoup ont versé des larmes. Aujourd’hui l’église était comble, et le silence et le recueillement prédominaient, une ambiance que je n’observais que très rarement. Le curé donna l’autorisation de rentrer les récoltes cet après-midi, puis de nombreux hommes devront partir prochainement et que les chevaux doivent être conduits mardi à Schiltigheim ».

Lundi 3 août 1914

La presse locale publie dans le cadre de l’état de siège le communiqué officiel du gouvernement de la place :

Interdiction d’envoyer des missives privées contenant des renseignements sur les mouvements de troupe et les ouvrages de fortification ;

Interdiction de monter sans autorisation sur la plate-forme de la Cathédrale ;

Interdiction de posséder des pigeons, tous les pigeons détenus doivent immédiatement être tués ;

Toutes les personnes qui n’ont pas le statut de fonctionnaire d’Etat ou d’officier doivent immédiatement remettre toutes leurs armes au bureau de police ;

Interdiction d’exporter des vivres et des matériaux stratégiques.

10h00 : La Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Ce matin, 300 hommes ont reçu les Saints Sacrements. Vers 10 heures, une grande partie d’entre eux a quitté le village. Les jeunes gens chantaient : « O Strassburg, O Strassburg, etc. », « A présent adieux, mon pays bien aimé, etc. », mais au ton de la chanson on constatait qu’il ne chantait pas avec cœur. Le pharmacien est également parti aujourd’hui alors que le médecin a déjà été incorporé hier. Cette nouvelle locale a encore plus aggravé l’anxiété des habitants ».

18h40 : l’ambassadeur Allemand remet une lettre déclarant l’état de guerre avec la France.

Soir : le gouvernement belge refuse l’ultimatum allemand demandant le libre passage de ses troupes. 

Mardi 4 août 1914

5h30 : La Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Ce matin vers 5h30, les chevaux ont été emmenés à Schiltigheim, 92 chevaux et 10 voitures ont été réquisitionnés, pour lesquels ont été payé 150 000 M. C’est vrai, il s’agit d’une belle somme, mais avec cela on ne pourra pas rentrer la récolte dont la moitié est encore dehors ! A présent, environ 400 personnes du sexe masculin ont quitté le village. Le pharmacien est revenu ce matin, il a droit de rester ici ».

10h00 : La Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « L’appariteur municipal a fait le communiqué suivant : Le service des subsistances militaires « Proviantamt » de Strasbourg achète des moutons et des porcs, et aujourd’hui, l’administration militaire à Brumath, achète des animaux à abattre ».

12h00, Strasbourg place forte : ordre secret du Gouvernement de la place adressé aux bataillons de travailleurs : « Strasbourg, le 4 août 1914. Gouvernement. En ce qui concerne l’annexe des mesures de mobilisation du Gouvernement de la place forte du 25 mars 1914, « Secret », les ordres complémentaires suivants sont donnés. Pour le ravitaillement des travailleurs des vivres ont été entreposés conformément à la liste suivante. La perception de ce fait contre un reçu, comme suit :

Pour le secteur Nord au dépôt de Schiltigheim….

Si les travailleurs sont en mesure d’assurer eux-mêmes leur subsistance ou si des restaurateurs prennent en charge leur alimentation contre une somme de 1,20 M par personne, cela est naturellement souhaité. Les factures doivent mentionner le nombre de portions et le poids de la nourriture. La réception se fait toujours quelques jours auparavant. L’installation des points de cuisson « Kochstellen » et la préparation des repas est à la charge individuelle des autorités ou réalisé en commun conformément à l’annexe 9 des mesures de mobilisation. Des marmites pour la cuisson « Kochkessel » sont disponibles en nombre suffisant dans les communes. Il suffit de les demander à la mairie (Bürgermeisteramt). La modification des listes de dépôts « Speisezettel » peut être nécessaire. Les accords de ce type doivent être coordonnés avec les différents comités des dépôts, et les souhaits doivent y être soumis.

La nourriture pour les chevaux de la mise en état de défense doit être perçue aux mêmes endroits. Les dépôts de vivres seront en mesure de distribuer la nourriture à compter du 3e jour de mobilisation… ». Les bataillons de travailleurs sont en effet chargés de mettre la place forte de Strasbourg, les lignes de la Bruche, le fort de Mutzig et ses annexes, en état de défense.

22h00 : La Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Encore tard le soir (22 heures), des groupes de soldats cherchèrent des hébergements d’urgence ».

Jeudi 6 août 1914

6h00 : La Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Dans le village circulait ce matin la rumeur suivante : trois hommes auraient poignardé un soldat suite à une querelle. Les faits étaient les suivants : au cours de la nuit, un homme du bataillon de travailleurs « Arbeiterbataillon », né à Andlau, a donné un coup de couteau conséquent à jeune homme de 17 ans de Strasbourg. L’auteur du coup, d’après son audition, était un malade mental". Depuis hier, il est nécessaire de prendre sa carte d’identité « Ausweiss » pour aller aux champs. De nombreux attelages cherchent du gravier toute la journée pour la construction des ouvrages de fortification près du Fort Fransecky ».

12h00 : Strasbourg, ordres du Gouvernement de la place forte aux bataillons de travailleurs : « Strasbourg, le 6 août 1914. Gouvernement. Les propriétaires de terrains agricoles doivent si possible être immédiatement libérés pour qu’ils puissent rentrer leurs récoltes. Les forgerons « Schmiede » doivent être transférés à l’atelier d’artillerie « Artillerie-Werkstatt ».

De la part du Gouvernement. Signé von Böckmann.

« Ordre particulier du Gouvernement. Les voitures nécessaires au transport des vivres des bataillons de mise en état de défense « Armierungs-Bataillon », des compagnies de remplaçants de réserve « Ersatz-Reserve Kompanie » et des bataillons du Landsturm.

Les bataillons de travailleurs du Landsturm « Landsturm Arbeiter-Bataillonen » doivent donner des personnels confirmer pour soigner les chevaux en tant que remplaçants jusqu’à la remise à niveau de l’effectif prévu. De la part du gouvernement. Signé von Böckmann ».

« Strasbourg, le 6 août 1914. Gouvernement. Ordre concernant l’utilisation des bataillons de travailleurs « Arbeiter-Bataillon » et des parcs de voitures « Armierungsfuhrpark » pour la mise en état de défense.

Les bataillons de travailleurs et les parcs de voitures ne peuvent être utilisés que dans les secteurs « Abschnitten », conformément aux annexes 3 et 4 de la Mobilisation ».

« Strasbourg, le 6.8.14. (5e jour de mobilisation). Service des Fortifications de Strasbourg « Fortifikation Strassburg ». Ordre de fortification n°1 « Fortifikationsbefehl Nr. 1 »

1) Tous les jours arrivent en complément de l’Ordre de fortification n°1 des directives valables pour les bataillons de travailleurs – l’ordre de Fortification n°2 « Fortifikationsbefehl Nr. 2 – des directives de nature techniques.

La transmission de l’ordre de Fortification n°1 aux commandants des bataillons de travailleurs est ordonnée par les officiers ingénieurs des secteurs « Ing. Offiz. Der Abschnitte ».

2) Les Officiers de Poste « Postenoffiziere », les gardes des fortifications « Wallmeister » et les chefs de chantiers « Leiter der Arbeitstellen » doivent recevoir leur habillement. La première moitié doit être envoyée aujourd’hui après le travail à l’I.R. 136 Manteuffelkaserne au Steinring, et l’autre moitié demain (l’ordre a déjà été transmis par télégraphie).

3) Seront équipés d’armes de frappe « Hiebwaffen » (matraques)

a) Les Officiers de Poste « Postenoffiziere », les gardiens des fortifications « Wallmeister » et les chefs de chantiers « Leiter der Arbeitstellen »

b) Les gradés des bataillons de travailleurs « Dienstgraden der Arbeiterbataillone »

Les officiers ingénieurs des secteurs transmettent aux bataillons de travailleurs leur dotation, et ces derniers peuvent percevoir leurs armes contre un reçu à l’arsenal et elles doivent être transmises contre un reçu. Signé Wennhain ».

« Strasbourg, le 6 août 1914. Gouvernement. Points de dislocation des commandants des bataillons de travailleurs

Secteur Nord

Arbeiter-Bataillon I : Reichstett (école) Mairie, Hauptmann Heitz

Arbeiter-Bataillon III: Reischtett, Rittmeister Ruland, (rayé dans le texte d’origine) provisoirement Hauptmann Heitz… ».

Ces ordres successifs permettent de se faire une idée de l’organisation des bataillons de travailleurs pour la mise en état de défense de la place forte de Strasbourg. Les lignes de la Bruche et le Fort de Mutzig sont également sous les ordres du gouverneur et du commandant de la place forte. Les travaux de défense à l’ouvrage Neu-Empert et dans ses alentours sont assurés initialement par les bataillons de travailleurs n°1 et 3 stationnés dont le poste de commandement est à Reichstett. 

Vendredi 7 août 1914

Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement. Strasbourg, le 7 août 1914. Concerne l’utilisation des bataillons de travailleurs et des parcs de voitures de la mise en état de défense « Armierungsfuhrparks ». « Les bataillons de travailleurs et les parcs de voitures ne doivent être employés que dans leur secteur, conformément à la répartition faite dans les annexes 3 et 4 de la Mobilisation. Tout emploi en dehors de leur secteur nécessite l’autorisation du Gouvernement. Cette consigne est également valable pour les bataillons de Landsturm et les compagnies de complément de réserve « Ersatz-Reserve-Kompagnien ». Toutes les voitures et les chevaux d’un secteur sont affectées à la compagnie du train de forteresse du Landsturm « Festungs-Train-Kompagnie ».

Secteur Nord : 1. Landsturm-Festungs-Train-Kompagnie (Reichstett), affecté au bataillon de travailleurs I Reichstett…. Les besoins en voitures pour le transport des vivres au profit des bataillons de travailleurs, des compagnies de complément de réserve « Ers. Res. Komp. » et des bataillons de Landsturm doivent être prélevés dans leur parc de voitures. Les bataillons de travailleurs doivent détachés des personnels chargés de soigner les chevaux « Pferdepfleger » jusqu’à ce que les militaires du rang manquants soient complété conformément à l’effectif de l’état de guerre.

Lieu de déploiement et commandant des bataillons de travailleurs.

Secteur Nord :

Arbeiter-Bataillon I : Reichstett (mairie) ; (Hptm. Heitz)

Arbeiter-Bataillon III : Reichstett ; (Hptm. Heitz) ».

Jeudi 13 août 1914

La Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Aujourd’hui, dix barques ont été remises à la disposition des pêcheurs. De partout arrivent des cartes de la poste militaire de campagne « Feldpostkarten » qui annoncent que tout va bien pour l’instant. Les journaux diffusent la dernière liste des pertes : 3 Alsaciens sont morts ».

Vendredi 14 août 1914

8h00 : Offensive française en Lorraine et dans les Vosges. Les Français passent à l’offensive. C’est le 21e corps d’armée (CA) français du général Legrand-Girarde prend l’offensive dans la vallée de la Bruche à partir de 8 heures. 

La Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Cet après-midi, les hommes hébergés ici du régiment n°137 et du bataillon de Landsturm n°60, ont été mis en état d’alerte. Ils doivent immédiatement venir à Strasbourg. Les Français doivent être en train d’avancer (combats de la vallée de la Bruche). La population s’inquiète du départ précipité des troupes, et cette crainte est encore accrue, lorsque les gens, qui rentraient des champs du Wörtel, ont été arrêtés par les soldats en faction au pont de l’Ill, pour leur demander leur laissez passer ».

Samedi 15 août 1914

Offensive française de la 1ère armée : la 25e brigade française s’est emparée du Donon. Sur l’ordre du général Dubail le 21e corps français emploie la journée du 15 août à se fortifier sur les positions conquises. Des patrouilles ennemies sont signalées à l’ouest de Heiligenberg et au sud de Saverne.

Après-midi : La Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « L’affluence pour recevoir les sacrements était très grande. La procession habituelle de l’après-midi a été annulée. Toute l’après-midi, des attelages chargés de ciment partirent de la gare vers les ouvrages de fortification. Même des bovins ont été conduits à partir de la gare pour être abrité dans des étables. Jusqu’à présent il s’agit de 65 bêtes, qui restent à la disposition du service des subsistances « Proviantamt » de Schiltigheim. Hier et aujourd’hui on entendait le grondement des canons au loin. Les habitants vivent dans la peur à cause du risque de siège de Strasbourg ». 

1915

Extrait (zone de l'ouvrage intermédiaire Neuf-Empert) d'une carte allemande de 1909, n°3618 Schiltigheim, échelle 1/20000, avec les indications du Service Géographique des Armées françaises (SGA) indiquant l'organisation des défenses allemandes. Carte éditée en France en 1915. Naturellement ce type de document réalisé avec l'aide des services de renseignements français peut comporter un certain nombre d'erreurs.

 

 

6 juillet 1933

D'après la loi du 6 juillet 1933 relative aux fortifications de Strasbourg, publiée au Journal Officiel du 7 juillet 1933, l'ouvrage Neuf-Empert est classé en première série au tableau de classement des places de guerre. Voici une partie de ce texte de loi : Art. 1er. - Sont classé en première série et figureront désormais à ce titre au tableau de classement des places de guerre et ouvrages défensifs de la France les ouvrages détachés indiqués ci-après : ouvrage de Neuf-Empert, fort-Ney, ouvrage Rapp-Ney, fort Rapp, fort Desaix, fort Ducrot, batterie des Cerisiers, fort Foch, fort Pétain, fort Lefebvre, fort Uhrich, ouvrage Uhrich-Hoche, fort Hoche, batterie d'Altenheim, batterie des Paysans, ouvrage du kilomètre 119, abris à munitions M69 et M70.

Art. 3. Sont maintenus non classés, sans démolition, les ouvrages détachés de Strasbourg indiqués ci-après : ouvrage Pétain-Kléber, fort Kléber, fort Joffre, ouvrage Joffre-Lefebvre, ainsi que les ouvrages bétonnés divers compris entre les forts Pétain (exclu) et Lefebvre (inclus).

1936.

De 1936 à 1940, les moyens de défense dans le secteur de Strasbourg sont renforcés. Seul une série de casemates de berges a été érigée.
Il s'agit de petits ouvrages de fortifications destinés à renforcer les passages à travers la forêt du Rhin, et d'une série de petits ouvrages qui
protègent les hauteurs des Hausbergen. Il s'agit de blockhaus, de barrières antichars, de position d'armes anti-char ou de mitrailleuses, d'observatoires et d'abri et postes de commandement.

4 mars 1936

En Allemagne, le 4 mars 1936, le chancelier Hitler, dénonçant le pacte de Locarno, fait occuper par la Reichswehr les pays rhénans ainsi que la zone neutre de la rive droite du Rhin.

7 mars 1936

Après ce coup de force, en France, M. Albert Sarraut Président du Conseil prononce cette phrase dans une allocution radiodiffusée le 7 mars 1936 : « La France ne saurait admettre de voir Strasbourg sous le canon allemand ». Mais après des discussions passionnées, après de vaines tentatives auprès des puissances garantes du traité de Versailles, le silence s'est fait... En 1936, la Ligne Maginot est terminée et armée, mais les ouvrages qui la composent ne sont pas occupés en permanence. Néanmoins on y pratique la formation de l'encadrement. Sur les bords du Rhin, les casemates de berge sont désertes et soigneusement verrouillées. Avec cette première alerte, la Ligne Maginot est alors occupée par ses équipages dont la plupart des hommes prennent la première fois contact avec la fortification y compris sur les bords du Rhin où l'on s'organise avec hâte. Mais les canons de 47 mm et les mitrailleuses de 13,2 n'ont pas encore été installés. Après quelques semaines, l'alerte est levée. Cette première alerte va entraîner une l'accélération de la formation des troupes de forteresse.

28 mars 1936

Après ce coup de force de Hitler, les chefs militaires ont été consultés et leurs conclusions sont formelles : toute action militaire peut déclencher la guerre et « celle-ci ne semble pas pouvoir, hors du cadre d'une coalition, amener des résultats décisifs et rapides » (Note du Général Gamelin du 28 mars 1936 remise au ministre de la Guerre et aux Chefs d'Etat-major Généraux).

11 mars 1938.

L'annexion « Anschluss » de l'Autriche au Reich allemand provoque un nouvel état d'alerte. Début mai, la situation se détend et les équipages quittent à nouveau les bords du fleuve.

Septembre 1938.

Une nouvelle crise se déclenche en septembre 1938 lors de l'affaire des Sudètes qui provoque l'entrée de la Wehrmacht en Tchécoslovaquie sous couvert de la protection des minorités allemandes de ce pays. En septembre 1938 Hitler exige le rattachement des Sudètes à l'Allemagne. A cette occasion les ouvrages sont réoccupés. Comme la situation s'aggrave, un plan de mobilisation partiel est mis en place et les équipages seront alors au complet. La paix de Munich amène la détente et une démobilisation rapide.

3 décembre 1938

Fin 1938, quelques semaines après l'invasion de la Tchécoslovaquie, le général Gamelin, après avoir exposé l'ampleur de l'effort militaire allemand tant terrestre qu'aérien, écrit à M. Daladier, président du Conseil : « On peut dire que, dès le printemps prochain, l'Allemagne sera en état de faire la guerre à la fois contre la Pologne et contre la France. L'Allemagne pourra à son heure allumer l'incendie au point qu'elle jugera le plus favorable. Pour ce qui est de la France, on doit reconnaître que, d'ores et déjà, elle est hors d'état d'attaquer initialement
l'Allemagne avec chances de succès
 ».

1939

En 1939, à l'est du fort Ney, on construit 10 blocs de type C, dont l'essentiel assure le flanquement de la digue du Rhin entre le port aux pétroles à l'ouvrage de Neuf-Empert.

1er septembre 1939

Le 1er septembre 1939 au matin, les armées allemandes entrent en Pologne.

3 septembre 1939

La France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939.

24-25 juillet 1944

Un bombardier anglais de type Avro-Lancaster s'est écrasé au milieu de la forêt de la Robertsau. Les 7 membres d'équipage ont été enterrés au cimetière militaire de Cronenbourg.

15 avril 2016

Le journal officiel JORF n°0109 du 11 mars 2016, texte 13, a publié l'arrêté suivant : « Arrêté du 15 avril 2016 portant déclaration d'inutilité, déclassement du domaine public de l'Etat et remise au service France Domaine d'un ensemble immobilier situé à la Wantzenau (Bas-Rhin). Par arrêté de la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en date du 15 avril 2016, est déclaré inutile au ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche et déclassé du domaine public de l'Etat un ensemble immobilier dénommé « Fort Neuf-Empert », cadastré section 78 numéro 23, d'une superficie de 7 563 mètres carrés, sis lieu-dit Durspalt à La Wantzenau (Bas-Rhin), tel que cet ensemble figure sur le plan annexé au présent arrêté (Ce plan peut être consulté au ministère de
l'éducation nationale, de l'enseignement supérieure et de la recherche, direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion
professionnelle, 1, rue Descartes, 75231Paris Cedex 05). Le recteur de l'académie de Strasbourg est autorisé à remettre l'ensemble immobilier précité au service France Domaine pour aliénation
 ». Voir le site de legifrance : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2016/4/15/MENS1610047A/jo/texte

2018

Projet de cession de l'ouvrage Neuf-Empert par France Domaines qui a publié l'article suivant : « Bâtiment technique. 67-Rhin (Bas). Lieudit « Durspalt » - Impasse Fort Neuf-Empert - 67610 La Wantzenau. Année prévisionnelle de cession : 2018. Occupant : Ministère de l'éducation nationale ».

 

Photographies

 

Auteurs des photographies

1er RG = 1er régiment du génie

BP = Burtscher Philippe

MJR = Richard

Août 2005 : Entrée de l'ouvrage protégé par une grille © MJR.

 

Décembre 2000 : Entrée de l'ouvrage © BP.

 

 

Avril 2006 : Entrée de l'ouvrage © 1° RG

Juin 2013 : Le pont a été rénové par l'association de pêche © MJR

 

 

Décembre 2000 : Façade de gorge de la caserne à l'épreuve © BP.

 

 

 

 

Décembre 2000 : vue intérieure de la caserne à l'épreuve, ancien magasin à poudre © BP.

 

Décembre 2000 : local de stockage de la poudre dans la caserne à l'épreuve © BP.

 

Décembre 2000 : ancienne cuisine © BP.

 

Décembre 2000 : graffitis français de 1939-1940 dans la caserne © BP.

 

Décembre 2000 : installations de la station de sismologie dans la caserne © BP.

 

Décembre 2000 : traverses-abri © BP.

 

Décembre 2000 : guérite escargot © BP.

 

Décembre 2000 : aménagement de postes de combat en 1939-1940 © BP.

Août 2012 : Blockhaus situé près de l'entrée de l'ouvrage © MJR. 

Le blockhaus de Neuf-Empert est pourvu de deux créneaux pour fusil ou fusil-mitrailleur. En 1939-1940 il avait pour mission de couvrir et surveiller les berges du Steingiessen.

 

Août 2012 : Balisage de la piste des forts à côté de l'entrée du site © MJR. Le panneau réalisé par le CESFS a été arraché et volé depuis cette prise de vue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gallerie photos : aucune photo à l'heure actuelle

Galerie de photos : Zwischenwerk 1 Neu-Empert (Ouvrage intermédiaire Neuf-Empert)