Fort VII – Fort Kronprinz von Sachsen - Fort Joffre

 

Dernière mise à jour / Letzte Änderung : 2 novembre 2019

 

Voici l’essentiel des informations disponibles concernant le Fort VII – Fort Kronprinz von Sachsen actuel Fort Joffre. Ces textes sont encore rédigés en langue française. Toutefois, petit à petit nous traduisons les différentes rubriques en langue allemande. Lorsque cela est possible nous utilisons les textes originaux avec l’orthographe de l’époque.

 

Hier finden Sie die Informationen zu Fort VII – Fort Kronprinz von Sachsen aktueler Fort Joffre. Die meisten Texte sind noch in französicher Sprache verfasst. Nach und nach übersetzen wir jedoch die verschiedene Abschnitte ins Deutsche. Soweit es möglich ist verwenden wir die Originaltexte mit der Schreibweise aus dieser Zeit.

Porche d’entrée du casernement de gorge. Eingangstor von der Kehlkaserne.

Source : photographie Matin Holtmann de 2005 (tous droits réservés).

 

Situation géographique et stratégique / Geographische und Strategische Lage

 

 

Commune / Gemeinde : Holtzheim.

Parcelle / Parzelle : cadastré section7, n°193/1 et 205/1, et section 31, n°121.

Superficie totale / Gesamt Fläche : 10 ha 72 a 32 ca.

Tableau général des propriétés de l’Etat / Nr. Staatlicher Besitz : inscrit sous le numéro 670-00807.

Propriétaire actuel / Aktueller Besitzer : Ministère de l’Education Nationale, Rectorat, 6 rue de la Toussaint, 67000 Strasbourg.

Carte des environs de Holtzheim – Lingolsheim vers 1870.

Karte der Gegend bei Hotzheim von 1870.

Source : collection Burtscher Philippe.

Situation stratégique 1872-1918 / Strategische Lage 1872 - 1918

 

Secteur Ouest de la place forte de Strasbourg. Le fort Prince-Royal de Saxe ou de fort Lingolsheim domine un vaste plateau traversé le chemin de fer de Mutzig et de Bâle et la chaussée de Schirmeck et vallée de la Bruche. D’après une notre française de renseignement, le secteur de Holtzheim avec le Fort Kronprinz von Sachsen et celui de Wolfisheim avec le Fort Fürst Bismarck constituent le point faible de la ceinture des forts de Strasbourg et peut être considéré comme le point d’attaque de la place forte.

Une autre note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte nous décrit l’emplacement et la mission du Fort n°7 de Strasbourg à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Le fort n°7 est à 100 mètres environs à droite du chemin de fer de Barr et en arrière de la station d’Holtzheim ; sa face et son flanc droit ont un grand commandement sur la position de la vallée de la Bruche comprise entre Wolfisheim et Holtzheim. Sa face gauche est un peu masquée par le faîte allongé qui commence dans les environs du fort et se continue parallèlement au chemin de fer de Barr. Le fort de Holtzheim est dominé à 3 000 mètres par les hauteurs de Hangenbieten dont le commandement relatif peut être évalué à 30 m. Son armement comprend 22 pièces dont 14 sur les faces.

Carte de 1904 représentant la zone de construction du fort, son emplacement a été marqué à l’encre noire « Sachsen ». Source : collection MJR.

Extrait du cadastre. Collection Philippe Burtscher.

 

Distances avec les autres ouvrages / Abstand zu den Nachbarwerke

 

Au Nord : Fort VI – Fort Wolfisheim - Fort Fürst Bismarck - Fort Kléber : 3,450 km (2,144 miles).

Au Sud : Zwischenwerk Sachsen-Tann – ouvrage intermédiaire Joffre-Lefèbvre : 1,715 km (1,066 miles).

Au Sud : Fort VII – Fort Holtzheim - Fort von der Tann – Fort Lefèbvre : 4,063 km (2,524 miles).

Enceinte urbaine / Stadtbefestigung : 5,1 km (3,2 miles).

Aile droite du casernement de gorge. Rechter Flügel der Kehlkaserne.

Source : © Photographie MJR de 2017 (tous droits réservés).

 

Caractéristiques / Spezifikationen

 

Le Fort Kronprinz von Sachsen, actuel fort Joffre, présente toutes les caractéristiques d’un fort détaché de ceinture à fossé sec de taille moyenne. C’est un ouvrage en forme de lunette pentagonale aplatie au tracé de gorge semi-bastionné, entouré d’un fossé sec à contrescarpe revêtue, escarpe détachés et système de défense du fossé modernisé en 1887-1888. La traverse en capitale divise l’ouvrage en deux parties globalement symétriques.

 

Das Fort Kronprinz von Sachsen, aktuelles Fort Joffre, hat alle Merckmale eines detachierten Gürtelfort mit trockenem Grabe von mittlerer Grösse. Es ist ein Werk in der Form einer flachen Fünfeckige Lünette mit halb bastionierte Kehle, umgeben von einem trockenen Graben mit bekleiderte Konterescarpe, eine detachierte Escarpe und ein Graben-Streich System das 1887-1888 modernisiert wurde. Die Haupttraverse teilt das Werk in zwei fast gleiche Teile.

La très belle façade de l’aile gauche du casernement de gorge du fort Joffre. L’aile gauche n’a pas fait l’objet de renforcements en 1887-1890, elle porte encore les volets coulissants d’origine.

Die sehr schöne Fassade vom linken Flügel der Kehlkaserne vom Fort Joffre. Der linke Flügel wurde nicht in den Jahre 1887-1890 verstärckt, und trägt noch die originale Schiebe-Fenster-Läden.

Source : © Photographie MJR de décembre 1998 (tous droits réservés).

Vue détaillée des volets coulissant des fenêtres sur l’aile gauche du casernement de gorge.

Detaillierte Ansicht der Schiebe-Fenster-Läden der linken Kehlkaserne.

Source : © Photographie MJR de décembre 1998 (tous droits réservés).

 

Le fossé est couvert par les feux d’un coffre double de contrescarpe, deux caponnières d’épaule d’escarpe et quatre chambres de tir placées de part et d’autre de la caserne de gorge, de part et d’autre de l’entrée.

Der Graben wird durch das Feuer vom doppelten Kontereskarpen-Koffer, von zwei Schulter-Kaponniere und vier Flankenkasematten auf beiden Seiten vom Eingangs der Kehlkaserne.

Angle de gorge et fossé de gorge gauche. Linker Kehlpunkt und linker Graben.

Source : © Photographie MJR de 2017 (tous droits réservés).

Le front de tête est doté d’un système de contremines comportant deux galeries à chaque angle d’épaule et de 4 galeries au niveau du saillant.

Un vaste corps de casemates à l’épreuve des bombes à deux niveaux (caserne de gorge) occupe la quasi-totalité du front de gorge. La partie centrale de la caserne de gorge abrite la poterne d’entrée avec son pont-levis à bascule et sa fosse et des locaux. Les deux ailes sont affectées essentiellement à la garnison de l’ouvrage, c’est-à-dire des chambres et une cuisine avec local pour les approvisionnements situés dans chaque aile.

Face au front de gorge, à l’entrée de l’ouvrage, on trouve un tambour, muni d’un mur d’enceinte surmonté de grilles défensives, derrière lequel est adossé un talus sur lequel peuvent prendre place des fantassins. Le tambour renferme un petit poste de garde indépendant et le magasin à poudre des batteries annexes avec les locaux de chargement des munitions. L’entrée est protégée par un grand portail blindé à deux vantaux.

Entrée du fort en janvier 1998. Eingang vom Fort in Januar 1998.

Source : © Photographie MJR (Tous droits réservés).

 

Mur extérieur entourant le tambour au niveau de l’entrée, en janvier 1998.

Aussenmauer vom Tambour neben dem Eingang, in Januar 1998.

Source : © Photographie MJR (Tous droits réservés).

La travée centrale de cette caserne abrite la poterne d’entrée, prolongée par la galerie principale logée sous la traverse en capitale ce qui permet de circuler à couvert entre les locaux du saillant et la caserne de gorge. Cette travée centrale abrite divers locaux de service ou techniques, comme la cantine, l’écurie, la salle du puits, les réservoirs d’eau potable et magasins à munitions. Elle est reliée à des poternes transversales et des escaliers d’accès au niveau inférieur de la caserne de gorge ou aux parapets d’artillerie du saillant.

Salle du puits, en janvier 1998. Brunnenhaus, in Januar 1998.

Source : © Photographie MJR (Tous droits réservés).

Le rempart du front de tête abrite plusieurs corps de casemates dont celui du saillant situé dans le prolongement de la galerie principale. Ouverts sur les deux cours intérieures, quatre petits corps de casemate de rempart indépendants comportent essentiellement les locaux réservés au service de l’artillerie.

La rue du rempart et la crête d’artillerie couronnent le rempart du front de tête. La communication entre la rue du rempart et les locaux à l’épreuve se fait par l’intermédiaire de traverses-abris, pourvus d’escaliers en vis.

Locaux d’artillerie de l’aile gauche du saillant. Artillerie-Kasematen im Linken Flügel der Saillant Kasemate.

Source : © Photographie Martin Holtmann 2009 (Tous droits réservés).

Sur les deux flancs, le rempart abrite les vastes magasins à poudre de guerre, ainsi que les communications enterrées et les poternes d’accès aux caponnières d’épaule chargée de battre le fossé sur chaque flanc. La capacité de stockage a été améliorée dans le cadre des renforcements postérieurs à 1887 par la construction de travées supplémentaires aux angles d’épaule. Le fort a en effet été renforcé à plusieurs reprises pour répondre aux crises successives traversées par les fortifications permanentes face au progrès constants de l’artillerie.

Magasin à poudre de travail sous le front droit. Verbrauchpuver-Magazin unter der rechten Front.

Photographie MJR 2017 (tous droits réservés).

Il porte partout les traces des programmes qui se sont échelonnés entre 1887 et 1905 : carapace de béton sur les organes essentiels du fort, obturation des portes et fenêtres, pose de ventilation mécanique, pose de circuits électriques, de plaques d’embrasure, de vantaux sur les portes ouvertes sur l’extérieur, mais aussi de cuirassement comme les postes d’observation cuirassés. On trouve également quelques traves de l’utilisation du fort entre 1918 et 1940 par l’armée française.

Vue intérieure du poste d’observation cuirassé modèle 1887 de l’usine Gruson à Magdebourg.

Das innere des Panzerbeobachtungsstand Model 1887 von den Grusonwerke in Mageburg.

Photographie MJR 2017 (tous droits réservés).

Les fondations sont en béton, les murs sont en fonction de leur position :

Tous les murs exposés au tir direct de l’artillerie sont initialement en pierres de taille et en moellons, maçonnés en grès des Vosges. Ultérieurement, lors du renforcement de 1887-1890, ces murs ont été doublés par un mur maçonné en briques d’une épaisseur d’environ un mètre, laissant jusqu’au mur d’origine en pierres de tailles un couloir rempli de sable.

Les murs non exposés au tir direct de l’artillerie et les murs intérieurs sont maçonnés en briques. Toutefois le mur de la façade de la caserne de gorge est recouvert en plus d’un plaquage en pierres de tailles en grès des Vosges imitant un appareil de pierres équarries à tête taillée, bouchardée pour le parement.

 

Source : l’essentiel du texte a été tiré de l’inventaires des ouvrages allemands de la place forte de Strasbourg, réalisé vers 1999-2001 par Philippe Burtscher au profit de la direction régionale des affaires culturelles. Le texte a toutefois mis à jour et modifié par MJR.

 

Déroulement de la construction / Verlauf vom Bau

 

1872-1875 : dates officielles de construction du fort.

21 novembre 1873 : une revue militaire française indique que la construction du Fort Kronprinz von Sachsen est sur le point d’être terminé.

1874 : presque complètement armé d’après une revue militaire française de 1875.

21 août 1874 : une note de renseignements du deuxième bureau français indique que la construction des forts à fossés secs de la rive gauche du Rhin est terminée.

1877 environ : aménagement de deux emplacements pour canon de 15 cm long fretté sur affût de côte, l’un sur la face droite et l’autre à l’angle entre la face et le flanc droit.

1881 : installation d’un four à pain.

1887-1890 : modernisation. Installation d’un poste d’observation cuirassé modèle 1887, en fonte durcie, de l’usine Gruson de Magdebourg.

1893 - 1894 : modernisation. Installation d’un observatoire tournant (poste de guet) cuirassé modèle 1890 « W.T. 90 ».

1904 : modernisation.

Dénominations successives / Bezeichnungen des Werkes

 

1872 : Fort VII

1873 : Fort Kronprinz von Sachsen

1875 : Fort de Lingolsheim (dénomination française de 1875)

1915 : Fort du Prince Royal de Saxe (dénomination française).

Avril 1919 : Fort du Maréchal Joffre, fort Joffre.

 

Biographie Kronprinz von Sachsen

Prince royal Albert de Saxe, ancien commandant du 12e corps d’armée allemand, réalisé vers 1870.

Kronprinz Albert von Sachsen, kommandierender General vom XII. Armee-Korps, Bild von 1870 ungefähr.

Prince royal de Saxe, ancien commandant du 12e corps d’armée allemand, réalisé après 1870.

Kronprinz von Sachsen, kommandierender General vom XII. Armee-Korps, Bild nach 1870.

 

Mission / Aufgabe

 
 

Fort VII – Kronprinz von Sachsen – (Fort Joffre) était le gardien de deux voies également très importantes : la voie ferrée qui relie Strasbourg aux Vosges ainsi que la grande route qui vient elle aussi des Vosges, en particulier de la vallée de la Bruche. Celle-ci traverse Lingolsheim avant d’arriver au pied des murs de Strasbourg, et d’en permettre l’accès par la porte de Schirmeck. Jusqu’à la construction du groupe fortifié de Mutzig à partir de 1893, le Fort Kronprinz von Sachsen et le Fort Fürst Bismarck constituent le point faible de la ceinture des forts détachés de strasbourg.

 

Accès et visites / Zugang und Besuche

 

Ouvrage appartenant au Ministère de l’Education Nationale.

Autorisation de visite à solliciter auprès du Rectorat de Strasbourg.

 

Etat de l’ouvrage et intérêt patrimonial / Zustand vom Werk und Denkmahlschutz Interesse

 

Malgré les périodes d’occupation successives qu’il a subies, le fort n’a pas été endommagé ni dénaturé. Quasiment abandonné par son actuel propriétaire, li souffre d’un manque d’entretien. La végétation se développe de façon anarchique et rend dorénavant la progression difficile sur les remparts.

Poudrière de guerre du flanc gauche. Cette grande poudrière n’a pas été renforcée en 1887-1890.

© Photographie MJR de 2017, tous droits réservés.

Le fort a conservé son aspect d’origine. Le fossé est intact. Les murs d’escarpe et de contrescarpe, les organes de défenses comme les caponnières et le système de contremines sont intacts. Les remparts en terre sont bien préservés, hormis une découpe pratiquée dans le rempart du front de tête pour permettre un passage direct entre le fort et la zone de stockage du glacis, couvert de baraques en tôles. Une travure métallique a été placée par l’armée pour permettre le franchissement du fossé. Les remparts du front de tête, des flancs, de la gorge, les rampes dans les cours intérieures et la traverse en capitale ont conservé leurs profils originaux. Les locaux à l’épreuve n’ont pas été affectés par des transformations postérieures à 1918. Le gros œuvre est intact. On ne constate pas de destruction ou de modifications importantes dans les maçonneries, en dehors de quelques dégâts provoqués par la chute d’arbres. Le pont en bois permettant de traverser le fossé de gorge, qui a été construit avant 1919, est en mauvais état, le bois est désormais pourri. Les façades conservent intégralement leur aspect d’origine. Elles sont particulièrement belles. La façade de la caserne de gorge est sans aucun doute celle dont la composition architecturale est la plus intéressante et se distingue de celle des autres forts de la ceinture de Strasbourg. On notera une ornementation plutôt soignée avec diverses oppositions (bossage rustique / bossage en table, couleur de pierres d’encadrement des baies et des pilastres tranchant avec le grès rouge). L’ensemble du fort est dans un état général de conservation somme toute très satisfaisant. Notons simplement l’apparition récente de diverses dégradations car le fort est régulièrement « visité » depuis sa session par l’armée. On constate l’apparition de graffitis et de traces de peinture résultant des tirs de paint-ball et d’incendies volontaires. Certains équipements commencent à être détruits, comme la destruction de planchers en bois et de la petite cuisinière maçonnée. Le fort conserve un certain nombre d’équipements d’origine comme le four de boulangerie, des grilles défensives, des vantaux et des volets blindés, des plaques d’embrasures, ses deux postes d’observation cuirassée. D’autres équipements ont malheureusement disparu comme les cuves des deux cuisines, la pompe du puits et une grande partie du système de ventilation. Par ailleurs au cours des dernières années, l’installation de parc au profit d’un centre d’élevage du hamster d’Alsace, projet rapidement abandonné, a contribué à la dégradation de l’ouvrage. Heureusement que l’ouvrage a fait l’objet de quelques travaux de réhabilitation dans le cadre des travaux d’une association de réinsertion.

Plan de masse du fort Joffre. Grundriss vom Fort Joffre.

Source : collection Philippe Burtscher

 

Le fort Kronprinz von Sachsen actuel fort Joffre est en définitive un fort très intéressant et bien préservé. Il constitue un exemple très complet d’un fort moyen à fossé sec appartenant à la plus ancienne génération des forts détachés allemands de ceinture dits de type « Biehler », construits au lendemain de la guerre de 1870-71. Il n’a d’équivalent que les forts Roon (actuel fort Desaix) et Moltke (actuel fort Rapp) qui appartiennent à sa catégorie, mais il peut être considéré comme l’un des plus beaux forts de la ceinture de Strasbourg. N’étant plus protégé par son statut de terrain militaire, son état actuel militerait pour une mesure de conservation.

 

Source : l’essentiel du texte a été tiré de l’inventaires des ouvrages allemands de la place forte de Strasbourg, réalisé vers 1999-2001 par Philippe Burtscher au profit de la direction régionale des affaires culturelles. Le texte a toutefois mis à jour et modifié par MJR.

 

Exemples de dégradations constatées au fil des années

 

Dégradation de la petite cuisinière et du four à pain

Lors de la première installation des deux cuisines des forts, on avait adjugé la construction d'un point de chauffe avec 4 grandes cuves et en complément, dans chaque cuisine, une petite cuisinière maçonnée sur place. A priori, le fort Joffre avait la seule petite cuisinière de ce type, encore présente dans le local de la boulangerie. Pour le four à pain, il en existe plus que deux exemplaires à Strasbourg, l’un au fort Rapp et l’autre au fort Joffre.

Four à pain et petite cuisinière maçonnée.

Photographie © MJR 1998-01 (tous droits réservés)

Photographie © MJR 2017 (tous droits réservés)

 

Chroniques / Zeittafel

 

 

Vendredi 21 novembre 1873 / Freitag den 21. November 1873

 

Allemagne, Strasbourg et Metz, places fortes : informations diverses concernant ces deux places.

Une revue militaire française a repris des articles de la presse allemande pour nous donner quelques informations diverses sur les places fortes de Strasbourg et de Metz : « Alsace-Lorraine. Forts de Strasbourg. On lit dans la Gazette d’Augsbourg et dans la Journal de l’Allemagne du Nord que le général Kameke, deuxième ministre de la guerre, et antérieurement inspecteur général du génie, a désigné, pendant son séjour à Strasbourg, les emplacements des trois nouveaux forts qui doivent être construits sur la rive droite du Rhin, autour de Kehl, à Bodersweier, Kork et Eckartsweier. Quant aux douze forts sur la rive gauche du Rhin, que l’Empereur a baptisé en septembre dernier, les sept premiers, Fransecky, Moltke, Roon, Prince Royal, Grand-Duc-de-Bade, Bismarck et Prince-Royal-de-saxe, sont sur le d’être terminés ; les cinq autres seront achevés plus tard, et probablement pas avant l’été de 1874. Tous les forts de Strasbourg sont placés à six kilomètres environ de la ville, avec un intervalle de trois kilomètres entre chacun d’eux. Le terrain entre les forts sera occupé par des batteries supplémentaires de 8 pièces (12 ou 24 rayé), dont les terrassements seuls seront exécutés en temps de paix. Le flanquement des fossés à eau sera obtenu par des caponnières étanches qui sont en ce moment en construction, et qui seront blindées avec des plaques de fer crénelées. Probablement, jusqu’en 1875, les forteresses d’Alsace-Lorraine conserveront leur armement en matériel français (24 de siège, 12 de place, se chargeant par la bouche), jusqu’à ce que l’on ait construit un matériel prussien suffisant pour pouvoir se passer du matériel français. Mais les forts détachés autour de Strasbourg et de Metz recevront tout de suite, outre les pièces de flanc et les mortiers français, du matériel exclusivement prussien ».

 

Mardi 13 janvier 1874 / Dienstag den 13. Januar 1874

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : point de situation français relatif au nouveau type de forts détachés allemands et à la construction des nouvelles fortifications.

Dans une note française du deuxième bureau, on retrouve un document allemand qui nous apporte quelques informations concernant la place forte de Strasbourg (note en allemand, incomplète, seule la partie la plus utile a été traduite) : « Avec l’amélioration conséquente de ces derniers des temps des performances des pièces d’artillerie, on a été obligé de prendre en compte la modification des objectifs qui seraient les cibles de cette artillerie en temps de guerre. Les cibles privilégiées de cette artillerie sont les forteresses et leurs ouvrages individuels. Alors qu’autrefois les parties des murs des ouvrages de fortification qui étaient les plus exposés ont été réalisés en grande masse compacte, ce qui leur permettaient de résister réellement au tirs lointains, alors que ces tirs provenant des nouvelles pièces d’artillerie a désormais une efficacité trois fois supérieure, en conséquence on était désormais obligé, de ne plus utiliser la pierre pour ces parties les plus exposées, mais simplement de la terre coulante, sous laquelle se cache la masse des murs compacts. Ce système, qui a été inventé récemment, même si les ouvrages du système de Vauban ont toutefois été gardés, dévie pour l’essentiel du dernier système.

Par ailleurs, comme les parties à nu des ouvrages exposées au tir direct sont désormais en terre, le but essentiel était aussi l’aménagement intérieur des ouvrages, que désormais les communications soient également protégées par des masses de terre, que les pièces d’artillerie tout comme l’équipage soient couverts par des masses de terre. D’autre part l’assiégé ne peut que procéder à des réparations des ouvrages endommagés, puisqu’il nécessite pour cela que de la terre, si les circonstances l’autorisent, de procéder à des travaux nocturnes sur les ouvrages endommagés en comblant la terre, toutefois si l’ennemi ne continue pas ces bombardements de nuit.

Les nouveaux ouvrages de fortifications et surtout les ouvrages détachés de Strasbourg, Cologne et Ingolstadt, ont été érigé ou sont encore en construction dans ce système.

Le nombre des forts de Strasbourg est de 12, auquel on doit encore en ajouter deux. Sur ces 12 la moitié sont situés sur des terrains secs, c’est-à-dire ceux de Reichstett, Mundolsheim, Niederhausbergen, Oberhausbergen, Wolfisheim et Lingolsheim, tandis que les forts de la Wantzenau, Grafenstaden, Illkirch, Sundheim, Auenheim et Neumühl – dont les trois derniers sont sur la rive droite du Rhin derrière Kehl – ont été construits sur des terrains humides et en conséquence sont dotés de fossés pleins d’eau. Des deux forts qui doivent encore être ajoutés, l’un sera érigé à l’extrémité de la colline des Hausbergen, sur la soi-disant tête de Mundolsheim « Mundolsheimer-Kopf », en tant que fort à fossé sec, alors que le second fort trouvera sa place à proximité du fort d’Illkirch, près du Altenheimerhof.

Dans l’ensemble les forts sont situés à une distance moyenne de 15 à 20 kilomètres du centre de la ville et de son enceinte. Cette dernière sera agrandie vers l’Ouest et le Nord-Ouest, et la ligne porte de Pierre « Steintor » à la Citadelle sera arasée et la nouvelle enceinte s’étendra à partir de ces points jusqu’au Contades, l’Orangerie et y compris tous les terrains situés entre ces points. Il s’agit surtout d’agrandir la partie nord-ouest de la ville sans toutefois trop s’approcher de la ligne des fort détachés.

Dans les prochains temps je ferais également de la même manière un compte-rendu de Cologne et d’Ingolstadt.

L’ensemble des forts détaché de Strasbourg sont en partie reliés par des routes renforcées, comme c’est le cas de celle partant à gauche du fort d’Oberhausbergen sur les hauteurs jusqu’à la Tête de Mundolsheim, également reliée en partie par une voie ferrée, même si actuellement ces voies ferrées ne sont pas en service, et que les installations de cette dernière sont déjà partiellement détruites et arrachées, mais la plate-forme reste en place, et peut être remis en place en cas d’urgence dans un délai de 24 heures.

La liaison technique des forts détachés avec la ville ainsi qu’avec le Gouvernement de la place forte, qui relie individuellement chaque fort, comprend une ligne télégraphique souterraine, comprenant des câbles qui ont été enterrées à une profondeur moyenne de 0,75 m. Ainsi chaque fort a un télégraphiste, auquel peut faire appel les fonctionnaires et les gardes du génie « Wallmeister » des forts. C’est grâce à ces liaisons télégraphiques que l’on peut en cas de siège, faire transiter e toute circonstances les ordres et les comptes rendus, sans que l’on soit obligé d’ouvrir une porte ».

Remarque : il s’agit d’une note assez précise hormis la distance des forts détachés par rapport au centre-ville.

 

Allemagne, Strasbourg, place forte : description du Fort 7, Kronprinz von Sachsen.

Dans une note française du deuxième bureau, on retrouve un document allemand qui nous apporte quelques informations concernant la description du Fort VII (note en allemand, incomplète, seule la partie la plus utile a été traduite) : « Le Fort n°VII, dénommé Kronprinz von Sachsen, près de Lingolsheim, est situé au sud-ouest de de Strasbourg c’est-à-dire exactement à 7 kilomètres de la cathédrale de Strasbourg, à proximité du chemin de fer de Strasbourg à Barr ; au sud du fort on trouve un chemin communal qui le relie la commune de Lingolsheim à celle de Holtzheim et ce chemin est coupé par la voie de chemin de fer citée précédemment à la station d’Holtzheim, qui est proche du fort, c’est-à-dire au sud de ce dernier, et le fort lui-même est érigé sur la pente d’une colline et il domine non seulement la voie ferrée et ce chemin, qui s’étend à droite et à gauche du fort jusqu’aux forts voisins de Wolfisheim et de Graffenstaden. L’horizon du fort est situé au niveau 145,05 m au-dessus du niveau de la mer et sa crête de feu à l’altitude de 156,00 m.

Le tambour construit à l’arrière du fort, qui comprend un magasin à poudre du temps de guerre sur le côté gauche et un blockhaus de garde « Wachtblockhaus » sur la droite, est séparé de l’ouvrage par un fossé installé devant la courtine d’une largeur de 17,40 m, par-dessus lequel mène un pont munie d’un garde-corps en fer, séparé du bâtiment principal du fort, en tant qu’unique chemin qui passe tout droit sur ce pont jusqu’à la traverse en capitale, jusqu’à la pointe du saillant, où l’on retrouve le fossé principal, qui sépare le fort des chambres de mines et de la contrescarpe. L’entrée dans le casernement de deux étages et ses latrines situé à droite et à gauche de l’entrée et ces étages sont reliés par les escaliers, qui sont également installés à droite et à gauche. Le fossé cité précédemment se rétrécie au niveau des flancs de l’ouvrage jusqu’à une largeur de 9,00 m, et s’étend tout autour du fort. Derrière le casernement de gorge, à droite et à gauche de la traverse en capitale, on trouve deux cours, qui sont fermées au niveau des flancs et des faces par le rempart principal « Hauptwall » jusqu’au niveau des angles d’épaule droit et gauche « Schulterpunkt » ; ces cours servent en partie au stockage des matériels d’artillerie du temps de paix, ainsi que pour la mise à l’abri des matériels et ustensiles du génie ; c’est dans le même sens que des rampes ont été installées, pour permettre de monter les pièces d’artillerie ; ces derniers sont hissés avec des treuils installés de façon spécifiques pour tirer les pièces d’artillerie sur les remparts ; chaque cour est dotée de trois de ces rampes. Les casemates situées dans les faces et les flancs ne comprennent qu’un étage, et sont destinées au logement des officiers commandant l’artillerie et le génie, au stockage des munitions ainsi qu’à la montée des munitions jusqu’aux traverses abris situées sur les remparts, et de là les servants peuvent les emmener facilement jusqu’aux pièces d’artillerie. Sur les faces droites et gauche se trouve une traverse abri, munie à son extrémité d’un escalier tournant « Wendeltreppe », et dont la partie supérieure n’est recouverte que d’une fine couche de terre ; cette couverture est enlevée en tant de guerre dans l’unique but d’y installer un poste d’observation en cas de siège ; cet escalier est repéré par (dessin) sur la dernière traverse abri.

Le premier local sous la traverse en capitale, derrière la caserne de gorge, est muni d’un puits d’une profondeur de 7,10, tandis que le local situé en face sert de réservoir à eau. Derrière ces deux locaux partent à droite et à gauche une poterne qui mène vers les cours, tandis que l’on trouve sur la même ligne divers locaux, qui sont des écuries et autres locaux de stockage des vivres.

Les rampes qui sont collées étroitement à la traverse en capitale sur le chemin du rempart, et sont reliée à la traverse en capitale par une poterne qui la traverse, d’où on peut se rendre d’une face à l’autre, sans être obligé de redescendre dans les cours. Derrière et sous ces poternes sont situées les casemates du rempart « Wallkasematten », qui sous la traverse en capitale sont désignées en tant que cantine, logements, etc.

En dehors des traverses abris et casemates des faces et des flancs, on trouve aux deux angles d’épaule, pour chacun un magasin à poudre du temps de guerre « Kriegs-Pulver-Magazin » ; d’après cela, on a trois magasins de ce type dans le fort. Les casemates de rempart « Wallkasematten » du saillant du fort servent à la mise en batterie de pièces d’artillerie destinées au flanquement du fossé, par ailleurs ces derniers sont munis de locaux de stockage…

Sur les angles d’épaule et sur la pointe du saillant du fort, au niveau de la contrescarpe on trouve les galeries enveloppe du système de contremine « Minenvorhäuser », d’où partent les galeries de mines « Minengallerien », dont 8 d’entre elles sont installées sous le glacis. Toutes les parties du fort susceptibles d’être soumise au tir direct sont en maçonnerie recouverte de terre. Les entrées principales « Haupt-Eingänge », les poternes, les sorties « Auslaüfer », les traverses abris « Hohltraversen », etc., sont munis de porte en fer, ainsi que les fenêtres et meurtrières, dotés de volets et grilles en fer ».

 

Vendredi 21 août 1874 / Freitag den 21 August 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte : état d’avancement de la construction des forts détachés.

Une note du deuxième bureau français nous apporte quelques précisions sur l’avancement des travaux à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Les nouveaux travaux exécutés par les Allemands à Strasbourg comprennent 12 forts, 3 sur la rive droite du Rhin, 9 sur la rive gauche. Les forts de la rive droite sont à peine commencés, ceux de la rive gauche au contraire sont terminés sauf toutefois ceux dont les dossés sont pleins d’eau ».

Allemagne, Strasbourg place forte : critiques françaises relatives à l’emplacement des forts détachés.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte quelques précisions le secteur sud à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Les Allemands dans la détermination de l’emplacement de ces forts semblent s’être préoccupés de les tenir à une distance moyenne de 6 kilomètres de la place et avoir reculé devant l’éloignement qu’aurait nécessité l’occupation des hauteurs dangereuses situées entre Ittenheim et Hangenbieten, à 1 900 et 3 000 mètres en avant des positions choisies par eux. Bien que le fort de Holtzheim voie suffisamment la vallée de la Bruche, le groupe de Wolfisheim – Holtzheim. Holtzheim voie suffisamment la vallée de la Bruche, le groupe de Wolfisheim – Holtzheim paraît constituer le point faible de la nouvelle enceinte des forts ».

Allemagne, Strasbourg place forte : description française des forts à fossés secs et pleins d’eau.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte nous décrit les forts détachés de Strasbourg à fossés secs ou pleins d’eau à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Les forts de Strasbourg tant à fossés secs qu’à fossés pleins d’eau sont conçus dans le même ordre d’idées ! Organisés exclusivement pour l’artillerie, devant être reliés par des tranchés-abris et des batteries intermédiaires que l’on construirait en temps de guerre, ces ouvrages constituent de grandes batteries servant de réduit à la ligne des tranchées et contenant de vastes logements, des nombreux abris et des magasins de munitions intérieurs et extérieurs. …

Mines s’étendent en avant de certains de ces forts, rien ne semble y avoir été prévu en ce qui concerne l’artillerie pied à pied qui, d’après les idées des Allemands sur la défense offensive des places, devrait être soutenue par les défenseurs des tranchée-abri avoisinantes et par les batteries intermédiaires.

Les forts à fossés secs sont tous semblables ; ils ne diffèrent que par leurs dimensions et par leur armement qui varie de 28 à 22 pièces.

Leur forme est celle d’une lunette aplatie, leur relief peut être évalué à 9 m au-dessus du terrain naturel.

Le fossé étroit et profond tire son flanquement d’une caponnière et à deux ailerons. L’escarpe détachée est tenue très basse, la contrescarpe que surmonte immédiatement le talus du glacis à 7 mètres de hauteur environ.

Une grande traverse en capitale sur laquelle se trouvent les principales communications divise le fort en deux parties et se prolonge jusqu’à la gorge. La gorge terrassée est brisée suivant un tracé bastionné de façon à assurer le flanquement de son fossé ; elle contient 2 étages de logements.

Les pièces sont traversées de deux en deux sur les faces et de pièce en pièce sur les flancs.

Les forts à fossés secs pleins d’eau sont construits sur le même type, seulement les flancs paraissent destinés à recevoir un armement moins considérable. Les logements à deux étages sont installés sous le parapet ; la gorge que ferme un tracé à profil bas de constructions voûtées servent de corps de garde et de logements s’élève à gauche et à droite de la porte d’entrée ; enfin, l’intérieur du fort est divisé par une grande traverse en capitale. On accède au terre-plein par deux rampes en maçonnerie aboutissant aux angles d’épaule ».

Allemagne, Strasbourg place forte : description de l’emplacement du Fort n°7.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte nous décrit l’emplacement et la mission du Fort n°7 de Strasbourg à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Le fort n°7 est à 100 mètres environs à droite du chemin de fer de Barr et en arrière de la station d’Holtzheim ; sa face et son flanc droit ont un grand commandement sur la position de la vallée de la Bruche comprise entre Wolfisheim et Holtzheim. Sa face gauche est un peu masquée par le faîte allongé qui commence dans les environs du fort et se continue parallèlement au chemin de fer de Barr. Le fort de Holtzheim est dominé à 3 000 mètres par les hauteurs de Hangenbieten dont le commandement relatif peut être évalué à 30 m. Son armement comprend 22 pièces dont 14 sur les faces.

Remarque : les reconnaissances faites par les officiers français ne leur permettent pas en principe d’accéder dans les ouvrages. Il en résulte souvent une description très approximative de l’armement ou des locaux non visibles de l’extérieur ».

Allemagne, Strasbourg place forte : le point d’attaque de la place forte.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte quelques renseignements sur le point d’attaque de la place forte de Strasbourg à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Il en résulte de l’examen détaillé de la position des forts que le point le plus favorable pour une attaque en règle est la ligne Wolfisheim Holtzheim. Le plateau de Hausbergen offrirait en effet des difficultés très considérables en raison des pentes qu’il faudrait descendre sous le feu de ces forts et de la petite quantité de couverts qu’offrent les plateaux de Dingsheim, Biblenheim. En attaquant par le Nord on serait obligé de marcher sur les trois forts de Mundolsheim, Reichstett et Wantzenau qui sont presque en ligne droite. Au contraire, en attaquant par Wolfisheim et Holtzheim qui forment saillant, on tourne le plateau des Hausbergen les hauteurs de Hangenbieten et Ittenheim permettant d’établir des batteries de combat, au moyen desquelles, on contrebattrait les forts, on ferait évacuer les villages occupés par l’ennemi et on pourrait prendre d’écharpe le fort n°5. On disposerait d’ailleurs sur ses dernières :

1°- De la route de Paris à la condition de la dévier à partir d’Ittenheim vers Breuchwickersheim,

2°- De la route de Wolxheim à Wasselonne et Saverne avec l’embranchement de Schirmeck,

3°- Du chemin de fer de Saverne à Wasselonne actuellement en construction.

L’une des attaques marcherait sur Holtzheim par la vallée de la Bruche, l’autre déboucherait du ravin d’Achenheim sur Oberschaeffolsheim… ».

 

Avril 1881 / April 1881

 

Allemagne, Strasbourg place forte : installation d’une boulangerie au Fort Kronprinz von Sachsen.

En avril 1881 le service des fortifications de Strasbourg établi une série de plans pour installer une boulangerie dans 7 forts de la rive gauche de Strasbourg. Il s’agit notamment des forts Moltke, Roon, Mundolsheimer-Kopf, Veste Kronprinz, Grossherzog von Baden, Fürst Bismarck et Kronprinz von Sachsen.

Dans ce dernier une boulangerie comportant un four à pain a été installée eu 1er étage de l’aile gauche du casernement de gorge.

Plan von dem Buro der Fortifikation in Strassburg. Schnitt Massstab 1/100.

Source : collection MJR.

Plan du service des fortifications de Strasbourg : Plan de masse au 1/100e.

Plan von dem Buro der Fortifikation in Strassburg. Grundriss Massstab 1/100.

Source : collection MJR.

 

Vendredi 22 mai 1914 / Freitag den 22. Mai 1914

 

Allemagne, Strasbourg place forte : édition de la carte de mise en état de défense de l’artillerie.

Sur l’extrait de carte suivant le Fort Kronprinz von Sachsen est situé au milieu de la page, juste en limite sud du secteur Ouest des fortifications de Strasbourg, entre Holtzheim et Lingolsheim. D’après ce plan il est doté d’un observatoire, d’un poste de mesure de l’artillerie « Messstelle », et l’ouvrage est entouré par un réseau de fil de fer surmonté de barbelé. La ligne de défense principale est située sur la ligne des forts et des ouvrages intermédiaires, toutefois précédée au niveau de Holtzheim par la branche sud de jonction avec les lignes de la Bruche.

Plan de mise en état de défense de l’artillerie de la place forte de Strasbourg.

Artillerie-Karte für die Armierung der Festung Strassburg.

Source : Geheimes Staatsarchiv für Preussischen Kulturbesitz, Berlin-Dalem. Collection CESFS / MJR.

 

1915

 

Allemagne, Strasbourg place forte : carte française des alentours du Fort Kronprinz von Sachsen.

Il s’agit d’un fond de carte allemande du service topographique prussien « Königlich Preussische Landes-Aufnahme » de 1883, éditée en 1884, corrigée en 1909 et utilisé par les services de renseignements français pour y indiquer en surcharge rouge toutes les batteries et installations militaires diverses qui étaient connus. Compte tenu du temps de guerre et sur le fait que ces renseignements proviennent dès fois de sources plus ou moins fiables, les éléments fournis doivent être traités avec prudence.

Extrait de la carte n°3623 Geispolsheim avec les environs du Fort Kronprinz von Sachsen (Fort Prince Royal de Saxe) au 1/20 000e.

Source : Service historique de la défense, Vincennes.

Extrait de la carte n°3623 Geispolsheim avec les environs du Fort Kronprinz von Sachsen (Fort Prince Royal de Saxe) au 1/20 000e. Sur cette deuxième carte les lignes de défense et les zones inondables ont été complétées.

Source : Service historique de la défense, Vincennes. 

 

Dimanche 2 février 1919 / Sontag den 2. Februar 1919

 

France, Strasbourg garnison : mission de reconnaissance photographique aérienne au-dessus d’une partie des forts de Strasbourg.

Grâce à ces photographies aériennes prises le 2 février 1919, il s’avère qu’à peine deux mois après la fin de la première guerre mondiale, les trois réseaux de fil de fer surmonté de barbelé qui entourent le fort dénommé par les Français fort Prince Royal de Saxe, sont encore présents tout comme les deux canons de 15 cm long fretté sur affût de côte. L’un est installé sur le front gauche et l’autre à l’angle entre le front et le flanc gauche.

Mardi 5 juillet 1927 / Dienstag den 5. Juli 1927

 

France, Strasbourg place forte : décret de classement du fort Joffre en 1ère zone des servitudes.

Le 5 juillet 1927, le Président de la République Gaston Doumergue, sur rapport du Ministre de la Guerre Paul Painlevé, signe le décret suivant classant le fort Joffre dans la 1ère zone de servitude. Voici le texte officiel : « Le Président de la République française, sur le rapport du Ministre de la Guerre, vue les lois des 10 juillet 1791, 17 juillet 1819 et 10 juillet 1851, concernant le classement et la conservation des places de guerre et postes militaires ainsi que les servitudes imposées à la propriété autour des fortifications pour la défense de l’Etat, vu le décret règlementaire du 10 août 1853 pour l’application des lois précitées, décrète : Article 1. Sont définitivement arrêtés et homologués les plans visés et approuvés par le Ministre de la Guerre et concernant les polygones exceptionnels créés par décrets des 18 et 29 août 1926 dans la 1ère zone des servitudes des forts Rapp, Kléber, Joffre et Lefèbvre dépendant de la place de Strasbourg. Article 2. Le Ministre de la Guerre est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal Officiel de la République Française. Fait à Paris, le 5 juillet 1927. Gaston Doumergue. Par le Président de la République Française. Le Ministre de la Guerre. Paul Painlevé ».

 

Vendredi 3 octobre 1997 / Freitag den 3. Oktober 1997

 

France, Strasbourg garnison : le terrain militaire du fort Joffre est affecté à l’Université de Strasbourg.

Arrêté du 3 octobre 1997 portant affectation d’un ensemble immobilier. Par arrêté du ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie et du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en date du 3 octobre 1997, est affecté à titre définitif au ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie et attribué à titre de dotation à l'université Strasbourg-I, établissement public national à caractère scientifique, culturel et professionnel, un ensemble immobilier domanial dénommé « Fort Joffre », sis à Holtzheim (Bas-Rhin), cadastré section 7, nos 193/1 et 205/1, et section 31, no 121, pour une superficie totale de 10 ha 72 a 32 ca, tel, au surplus, que ledit immeuble figure délimité par un liseré rouge sur les plans annexés audit arrêté. Cet ensemble est inscrit au tableau général des propriétés de l'Etat sous le numéro 670-00807, à la rubrique Forces armées (armée de l'air). En ce qui concerne ledit tableau, l'immatriculation nouvelle à titre définitif est établie au profit de l'université Strasbourg-I. L'indemnité prévue à l'article R. 88-1-II du code du domaine de l'Etat a été fixée à un million de francs (1 000 000 F) par le directeur des services fiscaux du Bas-Rhin. La dotation s'étendra, le cas échéant, aux constructions ou additions de constructions qui seraient édifiées ultérieurement sur le terrain précité. L'ensemble des immeubles sera remis gratuitement à l'Etat quand prendra fin la dotation.

 

 

 

 

 

 

Galerie de photos : Fort VII – Fort Kronprinz von Sachsen (Joffre)