Fort II - Fort MOLKTE - Fort Rapp

Dernière mise à jour : 10 février 2018



Fort 2 - Fort Reichstett - Fort Moltke - Fort Rapp


Situation géographique et stratégique


Ceinture des forts détachés de Strasbourg - Rive gauche du Rhin - Secteur Nord.

Le fort Rapp se situe au sud de la commune de Reichstett.


Caractéristiques

Fort détaché de taille moyenne à fossé sec de type « Biehler ». Son plan est globalement identique au cinq autres forts à fossés secs (grands forts et forts moyens), construits sur la rive gauche du Rhin.  

Tableau d'André Brauch représentant le fort vers 1900


Construction (gros œuvre)

Mai 1872 - 1874.


Dénominations successives

1872 - 1873 : Fort II, Fort Reichstett.

1er septembre 1873 - 1918 : Fort II, Fort Moltke.

Avril 1919 - juin 1940 : Fort Rapp.

Juillet 1940 - 1944 : Fort Moltke.

1945 - à nos jours : Fort Rapp.


Nom au-dessus de l'entrée de la poterne principale © MJR Novembre 2004


Mission

Le Fort II - Fort Moltke avec son voisin situé plus à l'ouest, le Fort III - Fort Roon sont l'ossature du front Nord et contrôlent la route de Haguenau, ainsi que l'importante voie de chemin de fer allant en direction de Paris et de Wissembourg et le canal de Marne au Rhin. Les feux de ce fort, soutenu par le fort Fransecky et le fort Roon, balayent toute la vallée du Rhin et protègent toute la pente du terrain qui s'étend de
ce côté jusqu'au Rhin.

Lors de la crise de la brisance les intervalles entre ces ouvrages sont considérablement renforcés vers 1887-1890 par des abris d'infanterie, abris d'artilleurs, abris à munitions, ainsi que par de nombreuses positions pour les batteries d'artillerie. Ce dispositif est complété par l'aménagement de zones inondables le long du cours de la Souffel et au début de la Première guerre mondiale par un complément d'abris et de positions construits entre août 1914 et avril 1916, qui prennent en compte le déplacement de la ligne principale de défense qui englobe désormais l'agglomération de Reichstett.


Accès et visites

Le fort Rapp a été racheté par la commune de Reichstett et a été mis à la disposition de diverses associations. Sa restauration actuelle a été confiée à la société Patrimoine et Histoire de Reichstett qui assure des visites guidées sur place. Il s'agit ici du premier fort détaché à avoir été restauré à Strasbourg. Il a donc bénéficié des équipements prélevés sur les autres ouvrages de Strasbourg. Les renseignements concernant les dates
et horaires des visites et les activités exceptionnelles peuvent être consultés sur le site de cette association. Nous vous invitons ici à consulter ces sites pour obtenir de plus amples informations et à vous rendre sur place pour visiter l'ouvrage.


Site Internet : https://www.fort-rapp-moltke.fr/index.php/fr/


Site Facebook : https://www.facebook.com/fortrappmoltke.reichstett


Chroniques

Zeittafel


Dimanche 26 février 1871

La guerre de 1870-71 s'est achevée par une défaite de la France et la signature du traité préliminaire de paix le 26 février 1871.

Lundi 20 mars 1871

Ordonnance impériale « A.K.O. » relative à la création du 15e corps d'armée allemand « XV. Armee-Korps », stationné en Alsace-Lorraine.

Mercredi 5 avril 1871

La presse locale a publié l'article suivant au sujet du projet de construction des nouvelles fortifications : « Nous apprenons au sujet des nouvelles fortifications de Strasbourg que la ligne de défense s'étendra à une distance de 7 000 pas autour des remparts actuels jusqu'au Rhin et comprendra Kehl, Mittelhausbergen, d'où la ville a été bombardée, deviendra un point principal, et un des plus grand fort y sera établi. Au nord les fortifications s'étendront jusqu'à Hœnheim, au sud jusqu'à Illkirch. Les pièces actuelles n'ayant guère d'effet à une distance de plus de 8 000 pas, mais pouvant être rarement placées plus près qu'à 2 à 3 000 pas des forts, il sera impossible de bombarder Strasbourg. Quelques îles du Rhin seront également fortifiées, de sorte que l'investissement même de cette place de guerre serait très difficile. La ligne avancée se composera d'une vingtaine de forts et d'ouvrages. Ce serait alors au camp retranché, une place de guerre qui ne
pourrait être comparée qu'à la place de Metz
 ».

Vendredi 5 mai 1871

Le Feldmarechal von Moltke, chef de l'état-major général du nouvel empire allemand, rédige un mémoire concernant les fortifications de Strasbourg et Neuf-Brisach. Avec ce mémoire on aurait pu croire que la place de Neuf-Brisach est aussi importante que Strasbourg, mais ce ne sera pas le cas. Dans ce mémoire Moltke opte à nouveau pour l'abandon de toutes les places fortes non indispensables pour transférer le maximum de forces à l'armée de campagne. Il souligne aussi, que d'après les enseignements tirés du dernier conflit, il est impératif de protéger les voies ferrées indispensables au ravitaillement de l'armée, par des places fortes, ce qui ne signifie pas qu'il faille construire des forts d'arrêts mais qu'il faut faire passer les lignes de chemin de fer par les grandes places fortes installées le long des cours d'eau, des places qu'il faudra agrandir en les dotant de forts détachés.

Jeudi 1erjuin 1871

Le 1er juin 1871, le général d'infanterie, chef d'état-major de l'armée, comte de Moltke, et le général de division "Generallieutnant" von Kamecke, directeur du génie, après avoir assisté à plusieurs conférences avec le chancelier, le prince de Bismarck et le ministre d'Etat Delbrück, se sont rendus en Alsace-Lorraine pour inspecter et désigner les positions à fortifier dans les provinces nouvellement acquises. Dans leur rapport ils évoquent le Fort II : « Compte tenu de la place disponible, il est impossible d'installer un très grand modèle. Afin de limiter le volume de terrassement et la surface de terrains nécessaires à l'installation du glacis, et pour pallier aux difficultés relatives à la construction des fondations des flancs, nous conseillons de déplacer l'implantation de l'ouvrage de 10 mètres vers l'avant et de 60 mètres
vers la droite. Sur cette nouvelle position, l'angle d'épaule est encore distant de 600 mètres des habitations les plus proches de Reichstett. Le fossé de gorge sera à une altitude de 134,50 mètres, c'est-à-dire encore suffisamment haut pour que le socle des casemates de gorges soit encore au-dessus du niveau de la nappe phréatique estimé à 134 mètres. De plus, cette nouvelle position de l'ouvrage apportera des avantages et sera plus économique pour reporter la route autour du flanc gauche de l'ouvrage, et la mise en place d'une déviation pour la
Souffel ne sera plus nécessaire. La ligne de feu sera au niveau + 162
 ». On constate donc que l'aspect économique du projet impose de modifier de quelques dizaines de mètres l'emplacement futur du Fort de Reichstett.

Mercredi 10 mai 1871

Conclusion de la paix entre la France et le nouvel Empire allemand. Signature du Traité de Francfort entre le gouvernement français et le nouvel Empire allemand. L'Alsace (hormis Belfort) et une partie de la Lorraine et deux cantons vosgiens sont cédés à l'Allemagne. L'Empire allemand doit désormais intégrer les forteresses des territoires nouvellement annexés dans son système de défense.

Samedi 20 mai 1871

Le samedi 20 mai 1871, la France et l'Empire allemand on conclut des articles additionnels au traité de paix signé à Francfort le 20 mai 1871. Il s'agit là de modalités concernant le règlement de la dette de guerre, dont une grande partie transite par Strasbourg, et certaines sommes ont directement investie pour la construction des futurs forts détachés de Strasbourg. La presse locale et officielle a publié ce texte : « Le Reichsanzeiger publie le texte de paix conclu entre la France et l'Allemagne. Nos lecteurs le connaissant depuis longtemps, nous ne reproduirons ici que les articles sur lesquels les négociateurs se sont entendus lors de la deuxième lecture. Fait à Francfort s/M., le 20 mai 1871. Les soussignés, M. Jules Favre, ministre des affaires étrangères de la République française ; M. Augustin-Thomas-Joseph Pouyer-Quertier, ministre des finances de la République française, et M. Marc-Thomas-Eugène de Goulard, membre de l'Assemblée nationale, d'un
côté ; de l'autre, le prince de Bismarck, chancelier de l'Empire germanique...
Les soussignés sont convenus et ont arrêté ce qui suit : Suivant
l'art. 7 du traité définitif conclu le 10 mai 1871 entre l'Empire germanique et la République française, les premiers 500 millions versés dans le délai de trente jours, à partir du rétablissement de l'autorité du gouvernement français dans la ville de Paris.
Ce même article fixe le mode de payement. Cependant les soussignés sont convenus que pour cette seule fois les conditions fixées pour le paiement seront modifiées de telle façon qu'on prendra en payement 125 millions en billets de banque de France aux conditions suivantes : 1° 40 millions seront payés jusqu'au 1er juin prochain ; 40 autres millions jusqu'au 8 juin et les derniers 45 millions jusqu'au 15 juin ; la majeure partie s'effectuera en billets de 100, 50 ou 20 fr. ; les payements se feront à Strasbourg, Metz ou Mulhouse. Une somme de 125 millions à-compte du deuxième versement d'un milliard, tel qu'il est arrêté dans l'art. 7 du traité de paix définitif à moins qu'une convention ultérieure en dispose autrement.

Fait en double à Francfort, le 21 mai 1871. De Bismarck, Jules Favre, Pouyer-Quertier ».

Jeudi 1erjuin 1871

La France verse la première échéance de la dette de guerre. En effet les premiers 500 millions versés dans le délai de trente jours, à partir du rétablissement de l'autorité du gouvernement français dans la ville de Paris. Cependant les soussignés sont convenus que pour cette seule
fois les conditions fixées pour le paiement seront modifiées de telle façon.  125 millions en billets de banque de France aux conditions suivantes :

40 millions seront payés jusqu'au 1erjuin 1871 (en billets de banque de France).

40 millions seront payés jusqu'au 8 juin 1871 (en billets de banque de France).

45 millions seront payés jusqu'au 15 juin 1871 (en billets de banque de France).

La majeure partie s'effectuera en billets de 100, 50 ou 20 fr. ; les payements se feront à Strasbourg, Metz ou Mulhouse.

Une somme de 125 millions à-compte du deuxième versement d'un milliard, tel qu'il est arrêté dans l'art. 7 du traité de paix définitif à moins qu'une convention ultérieure en dispose autrement.

Traité fait en double à Francfort, le 21 mai 1871. De Bismarck, Jules Favre, Pouyer-Quertier.

Vendredi 2 juin 1871

Le chef du Haut Etat-major de l'armée impériale allemande, le comte de Moltke commence sa visite en Alsace pour déterminer les positions à fortifier. D'ailleurs avant son départ par Frankfort en Alsace-Lorraine, il a eu plusieurs conférences avec le prince de Bismarck et le ministre d'Etat Delbrück. On résume que son voyage a pour but une inspection des positions à fortifier dans ces contrées.

Octobre 1871

Matérialisation de l'emplacement des forts par la mise en place de piquets et de perches en bois représentant le profil de chaque ouvrage.

Dimanche 5 novembre 1871

Le mémoire du comte de Moltke chef de l'état-major général allemand incite l'Empereur à publier une nouvelle ordonnance impériale « A.K.O. » le 5 novembre 1871 pour demander de réviser et de présenter à nouveau le projet de défense du territoire à la commission de
défense du territoire.

Jeudi 21 décembre 1871

Pour garantir l'absence d'obstacle au niveau des champs de tir autour des ouvrages de fortification, on a voté en Allemagne la loi du 21 décembre 1871 concernant la restriction des droits de propriétaires aux alentours des forteresses. Cette loi connue sous la dénomination de « Rayongesetz » (loi du rayon de fortification), fixe 3 rayons de fortification aux alentours des ouvrages, à 600, 975 et 2250 mètres, à l'intérieur desquels la construction était sévèrement réglementée voir même interdite. Les litiges concernant ces rayons, ainsi que le passage des routes et des voies ferrées ou l'aménagement de digues étaient soumis à l'examen de la commission impériale de rayon, à laquelle  participait un officier prussien et un officier bavarois du corps du génie.

Mercredi 7 février 1872

Le service des fortifications de Strasbourg « kaiserliche Fortification » publie un complément d'informations dans la presse locale au sujet de l'adjudication des forts II à VI à Strasbourg. Les matériaux pour la construction des forts doivent être récupérer à Phalsbourg démantèlement des anciennes fortifications) et dans les carrières de l'administration militaire. Cela fait l'objet d'une adjudication particulière, à laquelle pourront participer les consortiums, qui ont gagné l'adjudication de construction des forts. La construction d'une voie de chemin de fer de liaison permettra de transporter ces matériaux jusqu'aux chantiers. Pour l'adjudication future de l'exploitation de l'arasement de la place forte de Phalsbourg et pour l'éventuelle installation du chemin de fer de ceinture, aucune restriction n'est imposée, à part la nécessité de fournir des attestations de bonne exécution des contrats précédents délivrés par les autorités aux entrepreneurs.

Lundi 12 février 1872

Les travaux de construction des cinq premiers forts de Strasbourg ont été adjugés le 12 février 1872 à différents consortiums d'entrepreneurs. Il s'agit de la construction de cinq forts à fossés secs : le Fort Reichstett, le Fort Mundolsheim, le Fort Niederhausbergen, le Fort Oberhausbergen et le Fort Wolfisheim. Cette adjudication qui comporte trois grands forts et deux forts de taille moyenne comme le "Fort II", appelé "Fort Reichstett". La construction de chaque ouvrage nécessite environ 240 000 m3 de terrassement et 160 000 m3 de maçonnerie. La construction de ce fort a donc été adjugée au consortium d'entrepreneurs Pathe, Jerschke, Schneider.

Mars 1872

Les gardes du génie « Wallmeister » effectuent des relevés de terrain pour dresser des plans détaillés des communes soumises aux  servitudes du rayon des fortifications. Ces relevés concernent dans un premier temps les environs des futurs ouvrages de la ceinture des forts détachés de Strasbourg.

Jeudi 11 avril 1872

Pour permettre l'expropriation des terrains situés sur la rive gauche du Rhin, conformément aux lois françaises encore en vigueur, l'Empereur d'Allemagne Guillaume 1er signe une ordonnance autorisant les expropriations des terrains pour la construction des futurs forts détachés de Strasbourg sur la base de la loi sur les expropriations pour le bien public du 3 mai 1841 et de la loi sur l'expropriation et de la réquisition temporaire de bien privés dans le but de la construction urgente d'ouvrages de fortification du 30 mars 1831.

Vendredi 12 avril 1872

Le consortium d'entrepreneurs Pathe, Jerschke, Schneider, chargés de la construction du Fort Reichstett, a publié une annonce dans la presse locale pour acheter des brouettes et des rails usagés en bon état.

Mardi 16 avril 1872

La presse locale nous informe que la société chargée de la construction du Fort de Reichstett a commencée l'extraction des pierres entre Saverne et Lutzelbourg. Cette même société a également entrepris l'arasement du bastion n°2 de la place forte de Phalsbourg, qui doit être
démantelée. Les pierres de taille de ces fortifications seront employées à la construction des nouveaux forts détachés de Strasbourg.

Mercredi 17 avril 1872.

La société de construction Pathe, Jerschke & Schneider publie une annonce pour l'embauche de 1 000 maçons et tailleurs de pierre, qui trouveront un emploi bien réénuméré pour une durée de plusieurs années, dans les carrières de grès situées entre Saverne et Lutzelbourg et sur le chantier de construction du Fort de Reichstett : « Nous donnerons des lots de travaux de maçonnerie qui commenceront au début du mois de mai, ainsi que mes gigantesques travaux de terrassement, sous la forme de petits contrats de sous-traitance. Les entrepreneurs autorisés, qui souhaitent y participer avec un groupe de gens doués, auront de plus amples informations auprès de la société à Strasbourg ».

Compte tenu que le chantier du Fort de Reichstett est assez proche du canal de la Marne-au-Rhin, et qu'il ne nécessite d'attendre l'installation du chemin de fer de ceinture pour emmener les matériaux en lieu et place, il sera le premier chantier de construction de fort détaché à Strasbourg.

Mai 1872

En mai 1872 le général von Biehler a apporté des corrections au piquetage sur le terrain qui matérialise l'implantation des forts n°II à VII.

Vendredi 5 juillet 1872

La presse allemande nous informe que le chemin de fer de ceinture est désormais en service entre le canal de la Marne-au-Rhin près de Reichstett et la commune de Niederhausbergen. D'énormes masses de matériaux arrivent chaque jour par le canal et sont rapidement acheminés vers les chantiers de construction des forts.

Lundi 8 juillet 1872

Loi de l'Empire allemand répartissant les sommes payées par la France au titre des dommages de guerre : 19 millions de Thalers (soit 71 250 000 francs de l'époque) sont destinés aux travaux de fortification sur le territoire annexé d'Alsace-Lorraine, c'est-à-dire essentiellement pour les places de Metz et de Strasbourg.

Août 1872

Création provisoire à Strasbourg d'une commission spéciale dénommée Inspection impériale des nouvelles fortifications de Strasbourg, commandée initialement par le colonel Klotz, du corps des ingénieurs militaire allemand.

Lundi 22 juillet 1872

La presse locale nous livre quelques informations : "L'arasement de la place forte solide comme un roc de Phalsbourg est pour l'essentiel pratiquement achevé, bien qu'il faille compter encore quelques mois pour achever ce qui a été commencé. On peut encore signaler qu'une importante partie des maçonneries des fortifications qui ont été arasées, ont été transportées vers le canal près de Lutzelbourg à l'aide d'une voie ferrée spéciale et chargée dans les péniches pour être transporté à Strasbourg, où elle sera employée pour la construction des nouveaux forts".

Samedi 28 septembre 1872

La cérémonie de pose de la première pierre de l'ensemble des nouvelles fortifications de Strasbourg a été célébrée le 28 septembre 1872 sur
le chantier du Fort n°5 à Oberhausbergen. Il s'agit d'une date symbolique, celle du deuxième anniversaire de la chute de la place de Strasbourg et de l'entrée des troupes allemandes. Il y aura également des petites cérémonies de pose de la première pierre dans divers ouvrages.

Mardi 14 novembre 1872

La presse locale nous livre les renseignements suivants au sujet de la construction des nouveaux forts détachés de Strasbourg : « Le 14 novembre 1872. Ces derniers temps, les travaux de terrassement et de maçonnerie des forts de Strasbourg ont bien avancé. Plus de 1 800 travailleurs et charretiers œuvrent actuellement sur les forts de Niederhausbergen, Mundolsheim et Reichstett. Ce chiffre augmente tous les jours par la venue de journaliers et de valets de ferme, qui quittent les paysans pour percevoir un salaire plus conséquent. Ce rassemblement de force de travail permet d'espérer que les travaux de construction des forts seront achevés dans 6 mois, c'est-à-dire avant l'échéance qui a été fixée. Pour stimuler le rendement des travailleurs, ils ne sont pas payés au tarif journalier mais à la tâche. De cette  façon, un bon tailleur de pierre gagne jusqu'à 84 francs par semaine et récemment un charretier équipé de deux chevaux solides a gagné 235 F en deux semaines. Les mineurs quant à eux gagnent bien 7 à 8 F par jour. Pour ce travail ce sont plus particulièrement les Italiens qui démontrent leur assiduité au travail. Lors d'un tel rassemblement d'ouvriers en provenance de toutes les régions d'Europe, on trouve  également certains individus qui ont une attirance particulière pour les vêtements d'hiver qu'ils échangent contre leurs effets déchirés, et ces vols exécutés dans les cantines, sont fréquents. D'autres ont la même attirance pour les légumes plantés par les paysans. Espérons que l'hiver qui approche veuille nous épargner de ces rigueurs, sinon en cas d'un arrêt des travaux de nombreuses mains seraient sans emploi, ce qui aurait des conséquences fâcheuses pour les villages environnant ».

3 février 1873

Accident au Fort de Reichstett. Lors des travaux de terrassement exécutés au fort de Reichstett, à cause du dégel, une masse importante de terre s'est détachée et a enterré une personne. Malgré les secours immédiats, il n'a pas été possible de sauver le malheureux. Cette amas de terre gelée lui a écraser le bassin de cet ouvrier né en Bavière qui laisse une veuve avec six enfants.

Février 1873

Sur les chantiers des cinq premiers forts détachés de Strasbourg on a constaté le départ d'une partie des ouvriers italiens, qui préfèrent œuvrer sur le chantier du tunnel du Saint-Gothard qui vient de s'ouvrir.

Jeudi 13 février 1873

La société de construction « Baugesellschaft Pathe, Jerschke & Schneider » qui a sont bureau à Schiltigheim publie des annonces dans la presse locale entre le 13 et le 20 février 1873. Il s'agit de l'embauche de 30 à 40 tailleurs de pierres pour le chantier du Fort de Reichstett pour un salaire journalier élevé ou un travail payé à la pièce « Accord ».

Mardi 25 mars 1873

La société de construction « Baugesellschaft Pathe, Jerschke & Schneider » publie une annonce dans la presse locale entre le 25 et 29 mars 1873 pour embaucher 150 à 200 terrassiers pour le chantier du Fort de Reichstett.

Samedi 2 avril 1873

La société de construction "Pathe, Jerschke & Schneider" publie une annonce dans la presse locale entre le 2 et le 12 avril 1873 pour embaucher un "Machiniste" pour la conduite d'une machine à vapeur au Fort Reichstett. En effet, à cette époque le fond du fossé était très proche du plafond de la nappe phréatique, et il fallait vraisemblablement pomper l'eau pendant les travaux.

Lundi 1erseptembre 1873

Les 12 premiers forts détachés de Strasbourg seront baptisés par l'ordonnance impériale du 1er septembre 1873. Les noms des plus illustres personnages qui ont eu un rôle ou un commandement important pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871 seront utilisés à cet effet. Les personnages les plus importants pour les grands forts, et les autres pour les forts de taille moyenne. Ces noms seront en vigueur jusqu'en 1918 et pendant l'occupation de fait allemande de mi-juin 1940 au 23 novembre 1944. Initialement, le nom était inscrit au-dessus de l'entrée de la poterne principale, sur la façade de gorge, à l'aide de lettres métalliques, en étain doré à la flamme. Dans chaque fort, au niveau de la pièce du commandant du fort, on trouvait en règle générale le portrait offert par l'illustre personnage du nom qu'il portait.

30 Septembre 1873

Le Fort Reichstett a été armé dès le mois de septembre 1873, soit 17 mois après le début des travaux. A partir de cette date il reçoit un petit détachement de garde commandé par un officier.

Mercredi 1er octobre 1873

Le 1eroctobre 1873, la presse locale évoque la première manœuvre de forteresse exécutée au Fort Moltke en présence du général von Fransecky, commandant le XVème corps d'armée. A cette date, on peut estimer que le gros œuvre était achevé ; mais d'autres travaux de finition vont encore se dérouler au cours des années suivantes.

Janvier 1874

Une note française de renseignements nous livre les informations suivantes concernant le Fort Moltke à Reichstett : le Fort Moltke s'est effondré en partie, notamment la poudrière. On a également signalé des dégâts sur les autres forts détachés récemment construits, dont le plus grave est l'effondrement de l'aile droite de la caserne de gorge du Fort Fürst Bismarck à Wolfisheim. Les services français supposent que ces effondrements sont dus à la mauvaise qualité des matériaux, par exemple des briques mal cuites qui ont été fabriquées sur place dans des fours de campagne (Feldbrand), à l'inexpériences des entrepreneurs et officiers du génie allemands pour construire sur la terre glaise (en effet la hauteur des fondations a été doublée après ces incidents) et la hâte que l'on a mise à construire. Dès que les effondrements en question se furent produits (octobre et novembre 1873), leur accès fut rigoureusement interdit, des sentinelles, avec des armes approvisionnées ont été échelonnées avec ordre de tirer sur les curieux qui violeraient la consigne. Une Commission composée d'hommes compétents a été envoyée de Berlin pour juger de visu de la gravité des détériorations et y porter remède : cette Commission a cherché à cacher le but réel de son voyage, elle a fait répandre le bruit qu'elle avait pour mission de s'assurer si, aux point de vue sanitaire, les forts étaient en état de recevoir de la garnison. A l'occasion de cette visite, on attribue les propos suivants à un membre de cette Commission : « Puisqu'il en est ainsi, la tâche des Français se trouve simplifiée ; si une nouvelle venait à éclater, les voutes se réduisent déjà d'elles-mêmes ». On s'attend à un effondrement général au printemps prochain, lorsque la terre actuellement durcie et gelée aura été détrempée par les pluies et ramollie par la température. Depuis la visite faite par la Commission Berlinoise, les charrois de matériaux ont cessé et les travaux sont suspendus. On assure qu'un nouveau projet de construction est en ce moment à l'étude. Les journaux allemands et ceux d'Alsace-Lorraine sont restés muets sur les accidents des forts. Un sieur Fischbach, rédacteur d'un journal rédigé en Allemand paraissant à Strasbourg, pourrait écrire à ce sujet. Mais depuis l'effondrement du fort de Wolfisheim, l'autorité supérieure allemande a intimé l'ordre à ce journaliste de ne pas publier cette nouvelle. Par ailleurs, le télégraphe souterrain qui doit relier les forts entre eux et ensuite ces derniers à la ville de Strasbourg sera probablement établi d'ici trois mois, on y travaille sans relâche.

Mardi 1er décembre 1874

Stations de pigeons voyageurs militaires de l'Empire allemand. Le budget de 1875 comprendra pour la première fois, dit la Gazette de l'Allemagne du Nord, des crédits spéciaux pour l'établissement et l'entretien de stations de pigeons voyageurs à Cologne, Metz, Strasbourg. Cette demande de crédit, dont le total se monte à 4 400 francs, est motivée sur les faits d'acquisition et d'entretien des pigeons voyageurs, et les déplacements de plus en plus considérables des éleveurs chargés de leur dressage, en vue de leur emploi en temps de guerre. En temps de guerre ces pigeons peuvent également être employés à partir des forts détachés de Strasbourg.

31 décembre 1874

Ordonnance impériale instaurant le Reichsmark en Alsace-Lorraine à compter du 31 décembre 1874. Jusqu'à présent les ouvriers travaillant sur les chantiers des forts détachés de Strasbourg étaient payés en francs.

Lundi 29 mai 1878

Le service impérial des fortifications de Strasbourg a procédé à l'adjudication de la livraison et de l'installation des deux cuisines. Le nombre de cuves et de cuisinières permet d'équiper l'ensemble des forts détachés de Strasbourg situés sur la rive gauche du Rhin. Elles sont installées au rez-de-chaussée de chaque aile de la caserne de gorge du Fort Moltke. Chaque cuisine, est équipée d'un point de chauffe entouré d'un bâti construit en briques encadré par un cadre en fer, recevant quatre grandes cuves pour la cuisson en fer et le maintien au
chaud des aliments. Ce dispositif est complété par une petite cuisinière faite avec les mêmes matériaux, et surmontée par des plaques de cuisson en fonte.

26 juin 1886

Une note française de renseignement nous informe que les travaux de destruction des ponts par-dessus le fossé de gorge des forts à fossés secs viennent de commencer. Ils sont remplacés par des rampes d'accès. Ces travaux doivent être achevés dans un délai de six semaines.

Octobre 1901

Unité en garnison au Fort Moltke : 6ème compagnie du 2ème bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ».

Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-lieutenant "Leutnant" Schwedler Kurt.

Année 1902

Composition de la garde du Fort Moltke d'après le règlement de 1902 : l'effectif du détachement de garde était de 1 sergent et de 3 hommes du rang. Une sentinelle était postée durant la journée devant la porte, avec arme et munitions. Le détachement de garde du Fort Moltke était
fourni par la compagnie d'infanterie encasernée en permanence au fort. Cette unité fournissait également le détachement de garde de l'ouvrage intermédiaire Fransecky-Moltke, soit 1 caporal et 1 homme du rang. Un des officiers du fort était chargé de contrôler ces postes de gardes.

Octobre 1902

Unité en garnison au Fort Moltke : 4èmecompagnie du 1er bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ». Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-lieutenant "Leutnant" Dettinger.

Octobre 1903

Unité en garnison au Fort Moltke : 10ème compagnie du 3ème bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ».

Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-lieutenant "Leutnant" Grotowsky.

Octobre 1904

Unité en garnison au Fort Moltke : 8ème compagnie du 2ème bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ».

Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-lieutenant "Leutnant" Dettinger.

Octobre 1906

Unité en garnison au Fort Moltke : 2ème compagnie du 1er bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ».

Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-lieutenant "Leutnant Glässgen".

Octobre 1907

Unité en garnison au Fort Moltke : 7ème compagnie du 2ème bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ».

Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-lieutenant "Leutnant" Kraetke.

Juillet 1908

Unité en garnison au Fort Moltke : 7ème compagnie du 2ème bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ».

Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-lieutenant "Leutnant" Kraetke.

Décembre 1908

Unité en garnison au Fort Moltke : 4ème compagnie du 1er bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ».

Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-lieutenant "Leutnant" Pretzel.

Juillet 1909

Unité en garnison au Fort Moltke : 4ème compagnie du 1er bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ».

Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-lieutenant "Leutnant" Pretzel.

Décembre 1909

Unité en garnison au Fort Moltke : 10ème compagnie du 3ème bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ».

Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-lieutennat "Leutnant" Thedieck.

Juillet 1910

Unité en garnison au Fort Moltke : 10ème compagnie du 3ème bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ».

Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-Lieutenant "Leutnant" Thedieck.

Juillet 1911

Unité en garnison au Fort Moltke : 8ème compagnie du 2ème bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ».

Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-lieutenant "Leutnant" Jakob.

1912

Le plan des garnisons du XVème corps d'armée allemand de 1912 indique que le Fort est doté d'une écurie (repère Nr. 2) géré par l'administration de garnison, d'un terrain d'exercice de 52 ares appartenant au service des Domaines militaires « Fiskus », et d'un stand de tir installé dans le fossé de gorge droit. Le dépôt d'artillerie de Strasbourg gère sur le site du Fort Moltke les infrastructures suivantes : la remise à poudre « P.S.2 » ou « Pulverschuppen 2 », et les hangars à pièces d'artillerie n°16, 17 et 18 dénommés « G.S. Nr. 16, G.S. Nr. 17,
G.S. Nr. 18 
» ou « Geschützschuppen 16 - 17 - 18 ».

Juillet 1914

Unité en garnison au Fort Moltke : 11ème compagnie du 3ème bataillon du 132e régiment d'infanterie « Infanterie-Regiment 132 ».

Officier du même régiment logeant au Fort Moltke : Sous-lieutenant "Leutnant" Schreder.