Kavalier XIV – Cavalier 14

 

Dernière mise à jour : 27 mai 2019

 

 

Situation géographique et stratégique

 

Enceinte urbaine de Strasbourg – Front Ouest.

Le cavalier 14 a été érigé sur le tracé de la nouvelle ceinture urbaine, entre la porte de Saverne « Kronenburger-Tor » et la porte de Guerre n°2 « Kriegs-Tor II ».

Cette page concerne la description du cavalier 14 et de la courtine entre le cavalier 14 et la porte de Guerre n°2.

Le front Ouest de la nouvelle enceinte urbaine avec la porte de Pierre « Stein-Tor », la porte de voies ferrées Nord « Eisenbahn-Tor Nord », le Kavalier XIII, la porte de Saverne « Kronenburger-Tor », le Kavalier XIX, la porte de Guerre n°2 « Kriegs-Tor II », le Kavalier XV, le Kavalier XVI, la porte Nationale « Weissthurm-Tor », le Kavalier XVII, la porte de voies ferrées Sud « Einsenbahn-Tor Sud », le Kavalier XVIII, la porte de Schirmeck « Schirmecker-Tor » et le Kavalier XIX sur le plan des garnisons du 15e corps d’armée de 1912 (Collection Philippe Burtscher & MJR).

L’emplacement du cavalier 12, le la porte de Pierre « Stein-Tor », la porte de voies ferrées Nord, du cavalier XIII, de la porte de Saverne « Kronenburger-Tor » et du cavalier 14, de la porte de Guerre n°2 « Kriegs-Tor II » et du cavalier 15 sur le plan Blondel daté de 1920-1930 (collection BP).

 

Construction (gros œuvre)

 

Adjudications

 

20 juillet 1876 : adjudication de la construction du 1er tronçon de la nouvelle enceinte urbaine et de la démolition de l’ancienne enceinte correspondante au consortium d’entreprises « Wittkop-Jerschke & Walter » de Mayence pour un montant d’environ 8 millions de marks. Les travaux concernent la construction de la nouvelle enceinte urbaine, du fossé qui la précède, et le dérasement de l’ancienne enceinte sur ce tronçon.

 

23 mars 1878 : adjudication pour la livraison et l’installation des parquets des ouvrages du 1er tronçon de l’enceinte urbaine.

Vue aérienne prise par hélicoptère du cavalier 14 et des hangars du quartier des remparts en juin 1998. Le cavalier 14 renfermait encore le centre des transmissions militaires de Strasbourg. Devant le cavalier 14, le hangar métallique n°123 (aujourd’hui disparu) et le Wagenhaus 10, ancien dépôt de voitures et d’affûts de l’artillerie de forteresse et de siège allemande, construit vers 1902-1910 (Collection MJR).

 

Gros œuvre : les travaux de construction du 1er tronçon de l’extension de la nouvelle enceinte urbaine ce sont déroulées entre le 23 août 1876 et mars 1878. Il s’agit de la construction de la nouvelle enceinte urbaine, allant du front Nord, au front Ouest, jusqu’à l’entrée de l’Ill en amont, c’est-à-dire au sud de Strasbourg. Ce tronçon comporte les ouvrages les plus puissants. Son tracé commence au nord à la nouvelle porte de Pierre « Stein-Tor » située à peu près au niveau de l’actuelle place de Haguenau et rejoint les anciennes fortifications du front Sud, à l’entrée de l’Ill en amont. Cette enceinte est couverte par un large fossé qui la précède, et elle comporte du nord au sud, la porte de voie ferrée Nord, le cavalier XIII, la porte de Saverne « Kronenburger-Tor », le cavalier XIV, la porte de guerre II « Kriegs-Tor II », le cavalier XV, le cavalier XVI, la porte Nationale « Weißthurm-Tor », le cavalier XVII, la porte de voie ferrées Sud, le cavalier XVIII, le cavalier XIX et la porte de Schirmeck « Schirmecker-Tor ». En parallèle à ces travaux on perce à plusieurs endroits l’ancienne enceinte urbaine pour permettre la circulation des ouvriers et des matériaux, et entre la future enceinte et l’ancienne, sur le côté ouest, on installe la plateforme de la future gare de Strasbourg et des voies ferrées qui la connecte au réseau déjà existant. Dès que l’essentiel du nouveau rempart est érigé sur le front Ouest, commencent progressivement l’arasement de l’ancienne enceinte urbaine située à l’arrière de ce tronçon, ces derniers travaux dureront au-delà de l’année 1878.

Façade de gorge du cavalier XIV © Photographie Philippe Burtscher septembre 2001.

Description des travaux du 1er tronçon de la nouvelle enceinte urbaine :

Début des travaux :

En août 1876, le projet d’agrandissement de la ville de Strasbourg entre dans une phase concrète. Le mercredi 23 août 1876, est la date à garder en mémoire, où d’après la presse locale, on a donné le premier coup de bêche de ces importants travaux d’extension de l’enceinte urbaine et d’agrandissement de la ville de Strasbourg. En effet les travaux ont commencé sur le côté gauche de l’ancienne porte de Pierre « Stein-Tor ». On procède notamment au démantèlement de la maçonnerie du rempart, au nettoyage du glacis par enlèvement de toutes les broussailles et de tous les arbres, au piquetage du tracé du nouveau rempart et ultérieurement au traçage de la prolongation du faubourg de Pierre « Steinstrasse », c’est-à-dire la nouvelle route de Strasbourg à Wissembourg passant par le faubourg de Schiltigheim. Les travaux sont menés avec vigueur pour arrasé la célèbre lunette 52, dont ont a souvent parlé pendant le siège de la ville en 1870. Dès le 27 août 1876, le consortium Wittkopp, Jerschke et Walter publie une annonce dans la presse locale pour demander la livraison de gravier, de sable, de pierres de taille, de moellons « Hausteine », de pierres concassées « Bruchsteine » et de matériel de voie ferrée de étroites d’une largeur de de 0,50 ou de 0,90 m destinées à recevoir des wagonnets « Rollbahnmaterial ». Dès le 27 août s’ouvre déjà un deuxième chantier devant l’ancienne porte Nationale « Weissthurm-Tor ». L’ancien ouvrage de fortification appelé « Bastete » a été entièrement arasé et le comblement des fossés est en cours. De nombreux curieux assistent à ces travaux.

 

Cérémonie officielle de pose de la première pierre : le samedi 7 octobre 1876 au niveau de la porte de Schirmeck « Schirmecker-Tor », pour commémorer le début des travaux de construction de la nouvelle enceinte urbaine.

 

Modernisations : vers 1914, renforcement de deux travées de casemates avec installation d’un masque en béton et un renforcement du dessus pour la protection du central téléphonique et télégraphique de la place forte.

Façade de gorge du cavalier 14. Deux travées casematées ont été renforcées par un masque de béton, à priori en 1914 © photographie MJR mars 1999 (tous droits réservés). 

 

 

Dénominations successives

 

1880-1918 : Kavalier XIV.

 

Numérotation des ouvrages de l’enceinte urbaine : les autorités allemandes ont attribué des numéros en chiffre romain à chaque ouvrage hormis les portes, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, en partant du nord-est de la citadelle avec le Bastion I et en terminant pour le nouveau tronçon de l’enceinte au cavalier XIX qui était situé vers sur la rive gauche de l’entrée de l’Ill au sud de Strasbourg, et s’est poursuivi avec les anciens bastions jusqu’à la citadelle. Les autorités françaises quant à elle, jusqu’en 1870, avaient numérotés les ouvrages dans le sens des aiguilles d’une montre.

 

1919 : cavalier 14.

 

Vue aérienne prise par hélicoptère de la gare, du cavalier 14 et des hangars du quartier des remparts, de la porte de guerre et des cavalier 18 et 16, en juin 1998. Le cavalier 14 renfermait encore le centre des transmissions militaires de Strasbourg. (Collection MJR).

 

 

Mission

 

Défense du front Ouest de l’enceinte urbaine, entre la porte de Saverne et la porte de Guerre n°2.

 

Vue aérienne prise par hélicoptère du cavalier 14 qui comporte 5 traverses-abri sur ses dessus. Le porte de Saverne aujourd’hui disparue, était accolée au cavalier 14. (Collection MJR).

 

Caractéristiques - Description

 

Le cavalier XIV est un cavalier comprenant un grand casernement à l’épreuve des bombes érigé sur deux niveaux, comportant sur ses dessus cinq traverses-abris et des positions pour les canons de forteresse. La courtine entre le cavalier XIV et la porte de Guerre n°2, comporte des rampes d’accès, une plateforme d’artillerie munie comme le cavalier de traverses-abris et de positions d’artillerie. Sous le rempart de la courtine ont été installé un magasin à poudre du temps de guerre et un laboratoire d’artillerie, destiné au chargement des projectiles.