Chroniques 1914-08

 
 

Dernière mise à jour / Letzte Änderung : 06 / 08 / 2021

 

Page rédigée par : MJR

 

 

Chroniques générales de la place forte de Strasbourg

 

 

Introduction

 

 

Dans cette chronique nous avons rassemblé l’essentiel des informations relatives aux fortifications, à l’évolution des techniques civiles et militaires, à l’évolution des armées européennes et aux garnisons d’Alsace-Lorraine. Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

A travers la lecture de ce document, nous vous invitons à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire de cette année, mais pour les textes originaux retranscrits sur cette page, il est dès fois nécessaire de gratter la couche de nationalisme que l’on retrouve dans la presse allemande et française de cette époque.

Cette chronique n’est pas définitive et évolue constamment pour être complétée et mise à jour. Avant d’aborder les chroniques de l’année, nous commençons par vous présenter succinctement la liste des fortifications principalement européennes en cours de construction ou de modernisaation et l’évolution des techniques militaires de cette année.

 

Abréviations et termes allemand couramment utilisés :

 

A.K.O. = Allerhöchste Kabinetts-Order = Ordre du cabinet impérial / Ordonnance impériale (ordre signé par l’Empereur d’Allemagne).

Bau = bâtiment

IR = Infanterie-Regiment = Régiment d’infanterie (généralement suivi de son numéro).

Reichsland = Terre d’Empire = partie annexée de l’Alsace-Lorraine.

IR = Infanterie-Regiment = Régiment d’infanterie (généralement suivi de son numéro).

AK = Armee-Korps = corps d’armée.

Adjudant = chef de cabinet, il s’agit d’une fonction, tenue par un militaire du grade allant de Leutnant à Feldartillerie = artillerie de campagne.

Fliegerkompagnie = compagnie d’aviateurs.

Freiherr = titre de noblesse non attaché à un territoire.

Fußartillerie = artillerie à pied, artillerie de siège et de forteresse

General en fonction de la personnalité pour qui il exerce cette fonction. Ce terme n’a rien avoir avec le grade d’adjudant usité en France.

Generalstab = état-major général.

Geschäftszimmer : bureau de l’état-major, du service ou de l’unité.

Infanterie-Regiment = régiment d’infanterie.

Kavalier – cavalier, ouvrage de fortification que l’on trouve sur l’extension de l’enceinte urbaine de Strasbourg.

Kommando = commandement.

Kommandeur = commandant de grandes unités ou service, chef de corps.

M.G.K. = Maschinen-Gewehr-Kompagnie = compagnie de mitrailleurs.

Pioniere = génie.

Stabsgebäude = batiment état-major.

Stube = pièce, chambre.

 

Les grades allemands et leur équivalence françaises :

 

General der Infanterie, General der Kavalerie = équivalent au général de corps d’armée.

Generallieutenant = équivalent au général de division.

Generalmajor = équivalent au général de brigade.

Oberst = = colonel.

Oberstlieutenant = lieutenant-colonel.

Major = chef de bataillon, chef d’escadron, commandant.

Hauptmann ou Rittmeister (pour les troupes montées) = capitaine.

Oberleutnant = lieutenant.

Leutnant = sous-lieutenant.

 

Remarque : l’orthographe allemande diffère de celle d’aujourd’hui. Par exemple pour les portes on note la présence d’un h « Thor » qui a disparu ultérieurement (Tor), et de nombreux mots s’écrivent encore avec un c, alors que quelques années plus tard on utilisera le k, comme pour Fortification écrit ultérieurement Fortifikation. On germanise les mots d’origine française. J’emploi autant que possible l’orthographe d’origine.

 

Les sources sont indiquées par un numéro commençant par S « S0000 ». Le détail concernant ces sources est indiqué en fin de page.

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction

 

 

Dans cette rubrique je recense l’essentiel de l’activité de construction des fortifications en Europe. Elle permet de comparer les ouvrages érigés à Strasbourg à ceux qui ont étaient en construction à la même période. Certes, cette liste comporte certainement des lacunes, quelques erreurs ou dates de construction divergentes en fonction des sources. Ces informations peuvent évoluer et être complétées par des informations analyses complémentaires. L’ensemble des informations est tiré des sources citées en fin de page et complétées par les relevés effectués sur le terrain. Compte tenu que l’année 1914 est traitée en plusieurs pages, compte tenu du début de la première guerre mondiale, la rubrique relative aux fortifications concerne toutefois l’année 1914 entière.

 

Compte tenu de l’actualité très riche à l’approche du début de la première guerre mondiale, la rubrique est entièrement traitée dans la page précédente 1914 01-05.

 

 

Chroniques générales de la place forte de Strasbourg

 

 

Voici les chroniques de la place forte de Strasbourg. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications et de la garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services. Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement.

Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire de cette année, mais prenez garde à gratter la couche de nationalisme que l’on retrouve dans la presse allemande et française.

Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour.

 

 

Août 1914 / August 1914

 

 

L’année 1914 est marqué par le début de la 1ère guerre mondiale. Aussi nous allons élargir un peu le sujet pour ce début de guerre en sortant du cadre de la place forte de Strasbourg, pour essayer de vous présenter cette spirale qui entraîne dans un premier temps une grande partie de l’Europe dans une guerre sanglante. Toutefois pour comprendre la perception des événements dans la place forte, nous allons recourir à quelques extraits de journaux personnels rédigés au jour le jour au cours de cette période.

 

 

Samedi 1er août 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 21 minutes

 

 

0h00 environ : Belgique, Bruxelles, récit de Hugh Gibson, Premier Secrétaire de la Légation Américaine.

« Hier, en rentrant chez moi, vers minuit, j’ai vu la police aller de porte en porte, sonner et remettre les ordres de mobilisation. Chacun devait sauter du lit, s’habiller à la hâte et courir à son régiment. Cette nuit a dû voir bien des adieux déchirants, et cette image ne prépare pas à un sommeil tranquille ».

Source : S2362, p. 2-3.

 

01h00 : France, mesure de préparation de la mobilisation.

Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1914, vers 1 heure, l’avertissement suivant est adressé par télégramme à tous les commandants de corps d’armée : « Vraisemblablement l’ordre de mobilisation sera lancé aujourd’hui le 1er août dans l’après-midi. Faites procéder immédiatement à toutes les opérations intérieures de nature à faciliter la mobilisation ».

Source : S1234, p. 80.

 

2h00. Allemagne – Russie : échanges télégraphiques entre l’empereur d’Allemagne et le Tsar de Russie.

Le Tsar, ainsi que l’y obligeait le souci le plus élémentaire de sa dignité, laisse expirer le délai qui a été fixé à la Russie par le Chancelier, et le 1er août 1914, à 2 heures, il télégraphie au Kaiser.

« Je comprends que tu sois obligé de mobiliser, mais j’aimerais recevoir de toi la même promesse que je t’ai donnée, que ces mesures ne signifient pas la guerre et que nous continuerons à négocier pour le bien de nos deux pays, de la paix générale qui est si chère à nos cœurs. Avec l’aide de Dieu, il doit être possible à notre amitié éprouvée d’éviter l’effusion du sang. J’attends avec pleine confiance une prompte réponse ».

Source : S1318, p. 85 ; Livre blanc, p. 13.

 

Allemagne, titre du journal Strassburger Bürger-Zeitung : « La décision concernant la guerre européenne est tombée ! ».

« Hier, la Russie a lancé l’ordre de mobilisation générale. Dans la foulée, conformément à l’article 68, l’empereur Guillaume II a immédiatement l’état de danger imminent de guerre. L’Allemagne a lancé un ultimatum à la Russie pour qu’elle précise sa position et ordonne l’arrêt de sa mobilisation dans un délai de 12 heures et une demande à la France sur sa position en cas de guerre entre l’Allemagne et la Russie ».

Source : S0442.

 

Belgique, modification de la concentration des troupes.

Le 1er août 1914, on se décida à laisser à chacune des forteresses de Liège et de Namur, en outre de leurs garnisons de guerre, une division (les 3e et 4e). (Source allemande).

Source : S2527, p. 138.

 

6h00 : Mulhouse, IR 112, Allemagne, récit de Dominique Richert.

« On nous donna l’ordre de faire notre paquetage au plus vite, et alors qu’il faisait toujours nuit, on se mit en marche vers la gare de Hausen, dans la vallée du Danube. Comme il n’y avait pas de train pour nous, nous sommes retournés au camp jusqu’au prochain soir, avant de rentrer à Mulhouse, notre vieille ville de garnison, dans un train bondé, serrés les uns contre les autres comme des harengs saurs dans un tonneau. On arriva à destination le matin du 1er août 1914, à six heures, et on se mit en marche vers la caserne.

On devait être au repos jusqu’à midi, mais dès neuf heures, je fus réveillé avec d’autres camarades pour aller percevoir un équipement de guerre tout neuf. Chacun de nous reçu cent-vingt cartouches. Après cela, on dut passer à l’armurerie pour aiguiser nos baïonnettes.

Mon père et ma sœur me rendirent une dernière visite, pour me donner de l’argent et me faire leurs adieux. L’ordre fut donné aux civils de quitter la cour de caserne. J’obtins cependant la permission de parler à ma famille devant le portail. Ce fut une séparation pénible, puisque nous ne savions pas si l’on se reverrait un jour. Nous pleurions tous les trois. En s’en allant, mon père me recommanda d’être toujours très prudent et de ne jamais me porter volontaire pour quoi que ce soit. Cet avertissement était superflu, car mon amour pour la patrie n’était pas considérable, et l’idée de « mourir en héros », comme on dit, me faisait frémir d’horreur. Je reçus alors l’ordre de monter la garde avec huit camarades, près du guichet de la gare. D’autres soldats faisaient le guet devant le bâtiment, d’autres encore patrouillaient dans toutes les directions, le long des quais ».

Source : S0620.

 

8h00 : Belgique, Bruxelles, récit de Hugh Gibson, Premier Secrétaire de la Légation Américaine.

« Ce matin, j’arrivai à la chancellerie dès huit heures. Omer, le garçon de bureau, n’était pas là. Mais je trouvais un mot de lui m’informant qu’il avait reçu son ordre de rejoindre. Il aurait cependant pu se faire exempter, car il a été malade ; mais, quand je lui en ai parlé, il y a quelques jours, il m’a dit simplement, sans enthousiasme mais sans grands mots héroïques non plus, que son tour était venu. Que de passeports nous avons délivrés aujourd’hui et combien n’en délivrerons-nous pas demain ! ».

Source : S2362, p. 3.

 

Journée : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Mutzig, chroniques scolaires du directeur d’école Monsieur Koehly.

« Sombre journée. Les cours ont bien lieu comme d’habitude ».

Source : S0192.

 

Journée : Allemagne, Strasbourg : le district du 15ème corps d’armée allemand placée en Etat de guerre.

Je journal local « Der Elsässer » du samedi 1er août 1914 publie un communiqué du vendredi 31 juillet 1914, signé par le général von Deimling commandant le 15ème corps d’armée : « An die Bevölkerung des Bezirks des XV. Armeekorps. Seine Majestät der Kaiser hat das Reichsgebiet in Kriegszustand erklärt. Für diese Maßregeln ist nicht die Besorgniss, daß die Bevölkerung die vaterländische haltung werden vermissen lassen, maßgebend gewesen, sondern es haben lediglich Gründe der raschen und gleichmäßigen Durchführung aller notwendigen Maßnahmen dazu geführt. Die Schnelligkeit und Sicherheit der Durchführung unserer Maßnahmen erfordert einheitliche Leitung der gesamten vollziehenden Gewalt. Wenn durch die Durchführung Erklärung des Kriegszustandes die Gesetze verschärft werden, so wird niemand, der das Gesetz beachtet un den Anordnungen der Behörden Folge leistet, in seinem Tun und Wirken beschränkt. Ich vertraue, daß die gesamte Bevölkerung alle Militär- und Zivilbehörden freudig und rückhaltlos unterstützen und uns die Erfüllung unserer hohen vaterländischen Pflichten erleichtern wird. Straßburg, den 31. Juli 194. Der kommandierende General von Deimling ».

Traduction : A la population du district du 15ème corps d’armée. Sa Majesté l’Empereur a placé le territoire de l’Empire en Etat de guerre. Ces mesures n’ont pas été prises dans le souci que la population n’aurait pas une attitude patriotique, mais dans le but de permettre une exécution rapide de toutes les mesures nécessaires.

La réalisation de nos mesures de défense sous une direction unique, dépendent de la rapidité et de leur sécurité. Si par la déclaration de l’Etat de guerre les lois deviennent plus contraignantes, ces contraintes ne concernent guerre les personnes qui respectent les lois et se conforment aux directives des autorités civiles et militaires, et nous facilitent l’exécution de hauts devoirs patriotiques. Strasbourg, le 31 juillet 1914. Le général commandant le 15e corps d’armée. General von Deimling.

Source : S3253, n°384 du samedi 1er août 1914.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Communiqué relatif à l’Etat de guerre par le gouverneur militaire.

Le communiqué concernant l’Etat de guerre diffusée par le Gouverneur de la place forte de Strasbourg est le suivant :

« I. Sa Majesté l’Empereur a placé la place forte de Strasbourg en Etat de guerre.

II. L’autorité exécutive pour l’ensemble du secteur de la place forte de Strasbourg « Befehlbereich der Festung Straßburg » est passée sous mon commandement et comprend : L’arrondissement de Strasbourg-ville « Stadtkreis Straßburg » : Grüneberg (Montagne-Verte) avec l’Elsau, Königshofen, Kronenburg, Musau, Neudorf, Neuhof, Ruprechtsau, Straßburg.

L’arrondissement de Strasbourg-campagne « Landkreis Strassburg » : Achenheim, Avenheim, Behlenheim, Berstett, Bietenheim, Bilwisheim, Bischheim, Breuschwickerheim, Brumath, Dingsheim, Donnenheim, Dossenheim, Dürmingen, Eckbolsheim, Eckwersheim, Fessenheim, Fürdenheim, Gambsheim, Geudertheim, Gimbrett, Griesheim, Handschuhheim, Hangenbieten, Hohatzenheim, Holtzheim, Höhnheim, Hördt, Hürtigheim, Ittenheim, Ittlenheim, Kienheim, Kilstett, Klein Frankenheim, Kolbsheim, Küttolsheim, Lampertheim, Mitterhausbergen, Mittelhausen, Mittelschäffolsheim, Mundolsheim, Niederhausbergen, Oberhausbergen, Oberschäffolsheim, Offenheim, Olwisheim, Osthofen, Pfettisheim, Pfulgriesheim, Quatzenheim, Reichstett, Reitweiler, Rumersheim, Schiltigheim, Schnersheim, Stützheim, Suffelweyersheim, Wanzenau, Weyersheim, Wingersheim, Wiwersheim, Wolfisheim.

Arrondissement « Kreis Erstein » : Bläsheim, Düppigheim, Düttlenheim, Entzheim, Erstein, Eschau mit Wiebolsheim, Fegersheim, Geispolsheim, Hindisheim, Hipsheim, Ichtratzheim, Illkirch-Graffenstaden, Innenheim, Kraft, Krautergerstheim, Limersheim, Lingolsheim, Lipsheim, Nordhausen, Oberehnheim, Ohnheim, Ostwald, Plobsheim.

Arrondissement « Kreis Molsheim » : Altdorf, Avolsheim, Balllbronn, Bergbieten, Bischofsheim, Börsch, Dachstein, Dahlenheim, Dangolsheim, Dinsheim, Dorlisheim, Ergersheim, Ernolsheim, Flerburg, Greßweiler, Griesheim, Heiligenberg, Irmstett, Kirchheim, Klingenthal, Koßweiler, Marlenheim, Molltkirch, Molsheim, Mutzig, Niederhaslach, Nordheim, Oberhaslach, Scharrachbergheim, Still, Sulzbad, Tränheim, Wangen, Wasselnheim, Westhofen, Wolsheim.

Disctrict de Kehl « Bezircksamt Kehl » : Auenheim, Bobersweier, Diersheim, Eckartsweier, Alt-Freistett, Neu-Freistett, Grauelsbaum, Hausgereuth, Helmlingen, Hesselhurst, Hohnhurst, Holzhausen, Honau, Kehl, Kork, Legelshurst, Leutesheim, Lichtenau, Linz, Memprechtshofen, Mullenschopf, Neumühl, Odolshofen, Querbach, Rheinbischofsheim, Sand, Schnerzheim, Sundheim, Willstätt, Zierolshofen.

District d’Offenbourg « Bezirksamt Offenburg » : Altenheim, Appenweier, Bohlsbach, Bühl, Griesheim, Goldscheuer, Höfen, Kittersburg, Marlen, Müslen, Schutterwald, Urhoffen, Waltersweier, Weser, Windschläg.

District de Lahr (Bezirksamt Lahr) : Dudenheim, Ichenhehm, Meißenhaim.

District d’Achen « Bezirksamt Achen » : Waashurst.

III. L’administration civile et les autorités municipales restent active, mais doivent suivrent mes directives et mes demandes.

IV. Avec la présente, je suspends l’application des lois suivantes :

a) les §§ 98 à 104, 110, 114 (Abs.1), 115, 127 et 128 du code de procédure pénal « Strafgesetzornung » du 1er février 1877 relatifs à la protection des libertés personnelles, l’inviolabilité des domiciles, l’interdiction des juridictions d’exception, la confiscation de courriers et de documents ;

b) les §§ 1 et 23 (Abs.2) de la loi impériale sur les associations « Reichsvereingesetz » du 19 avril 1908, relative au droit de création et de rassemblement des associations ;

c) le § 1 de la loi impériale sur la presse du 7 mai 1874, relatif à la liberté de presse et la loi relative à la presse en Alsace-Lorraine du 8 août 1898 ;

d) pour la partie badoise du secteur de commandement de la place forte, en plus les §§ 13, 15, 17 de la Constitution de Grand-Duché de Bade « Großherzogtum Baden » du 22 août 1818 relatifs aux tribunaux d’exception et aux libertés individuelles et à la liberté de presse.

V. J’ordonne :

1. Les autorités civiles et municipales ne peuvent quitter leur zone de responsabilité qu’avec mon autorisation ou si elles sont chassées par l’ennemi.

2. Les journaux : « Journal d’Alsace-Lorraine, « Freie Presse », le « Nouvelliste d’Alsace-Lorraine », arrêtent leur diffusion à partir d’aujourd’hui.

3. L’instruction et pour le jugement conforme au §4 concernant les délits et crimes cités par la loi introductive du code pénal « Strafgesetzbuch für das deutsche Reich » du 31 mai 1870 et des paragraphes §§ 9 et 10 de la loi prussienne sur l’état de siège « Preußische Gesetz über den Belagerungszustand » du 4 juin 1851 sont mis en vigueur à partir de demain et un tribunal de guerre entre en service à Strasbourg.

4. Les autorités compétentes peuvent mener des perquisitions et des arrestations à toute heure.

5. Tous les débits de boissons, restaurants, cafés et établissements semblables, doivent être fermés le soir à 22 heures jusqu’au lendemain à 5 heures.

6. Tous les étrangers ou personnes qui n’ont pas de légitimité à résider dans le secteur de la place forte, doivent quitter celui-ci dans un délai de 24 heures.

7. Tous les clubs ou associations à buts politiques ou toutes les réunions à caractère politique sont dissoutes.

J’interdit :

1. La vente d’armes, de cartouches, de poudre et autres explosifs. Les explosifs détenus doivent immédiatement être déclarés, à Strasbourg, au chef de la police militaire « Militärpolizeimeister », en dehors de Strasbourg aux autorités locales. Ces derniers confisquent les explosifs et rendent immédiatement compte au service des fortifications de Strasbourg ou au service des fortifications de la Feste Kaiser-Wilhelm II.

2. Port d’armes par des civils. Le directeur d’arrondissement « Kreisdirektor », directeur de district « Bezircksamtmann » et le directeur de la police militaire « Militärpolizeimeister » peuvent autoriser à titre exceptionnel le port d’armes pour quelques individus.

3. Le rassemblement de plus de 5 personnes est interdit sur la rue et places publiques.

4. Réunion dans des locaux fermés. Les autorisations doivent être demandées au directeur de l’arrondissement « Kreisdirektor », Bezirksamtmanns ou au Militärpolizeimeister.

5. Les journaux, suppléments de journaux, affiches et autres écrits, ne peuvent pas être imprimés sans l’autorisation des Kreisdirektor, Bezirksamtmanns ou au Militärpolizeimeister, ou être vendu en public ou diffusé sous une autre forme. Pour les journaux en langue allemande hormis ceux cités sous le paragraphe V, 2, peuvent être imprimés pour l’instant jusqu’à nouvel ordre.

6. Interdiction de communiquer dans la presse, dans les courriers privés ou tous moyens analogues, des informations relatives aux mouvements de troupe et à leur transport des troupes et matériels de guerre, sur les fleuves rivières et canaux, sur les travaux de fortification ou autres mesures militaires.

7 Interdiction de communiquer avec des pigeons voyageurs ou d’héberger des pigeons voyageurs étrangers.

Celui qui possède des pigeons ou héberge des pigeons étrangers, doit immédiatement le signaler à l’autorité militaire la plus proche et au maire, en indiquant le nombre, la couleur, leur identification, lieu de détention ainsi que la ligne pour laquelle ces pigeons ont été entraînés.

Celui qui arrive en possession d’un pigeon voyageur étranger, doit immédiatement l’apporter sans toucher à un éventuel message, à l’autorité militaire le plus proche, ou au maire de la commune. Ce dernier doit immédiatement le remettre à l’autorité militaire la plus proche, pour Strasbourg au service des fortifications Jacob Sturm Staden 7, ou à la Feste Kaiser Wilhelm II ;

8. L’utilisation de véhicules ou de deux roues à moteur, par des civils en dehors de district de la ville de Strasbourg et de Kehl ;

Exceptions : cet usage est autorisé si cela est réalisé dans le cadre de la mobilisation avec une autorisation écrite du commandement général « General-Kommando » du corps d’armée correspondant ou si l’usager a un certificat de réquisition de l’autorité militaire pour le véhicule même et s’il se rend sans détour sur le lieu de restitution.

9. L’utilisation d’aéronefs.

L’atterrissage d’aéronefs doit immédiatement, être signalé, en même temps aux autorités civiles et militaires du lieu. L’équipage doit être retenu jusqu’à la prise en compte par les autorités civiles ou militaires. Il faut éviter d’endommager autant que possible l’aéronef et ses équipements ; mais une poursuite du voyage doit à tout ris être évité. Les autorités concernées arrêtent l’équipage, autant qu’ils ne s’identifient pas en tant que travaillant au service de l’Etat allemand, et confisquent tous les documents, cartes, appareils photographiques (sans les ouvrir) etc.

L’aéronef et son contenu sont réquisitionnés. Un compte rendu sera adressé au Gouvernement Strasbourg et à l’officier communication « Verkehrsoffizier vom Platz », Buchsweilerstraße 2, Strasbourg. Les autorités civiles font également un compte rendu à l’autorité militaire la plus proche. Les aéronefs inconnus sont également traités de la sorte.

10. Usage de signaux lumineux et autres moyens de communication sans autorisation des autorités militaires.

11. S’approcher sans autorisation des voies de chemin de fer, des télégraphes, des lignes de téléphonie ou électriques, des centrales électriques, des usines à gaz et des installations d’eau potable, des ponts, des écluses et de toutes les constructions pour la circulation en dehors des chemins publics.

12. La navigation fluviale avec toute sorte d’objets flottants, y compris les bateaux bacs et les bacs :

a) sur le Rhin, en amont de Strasbourg et du pont de chemin de fer de Kehl,

b) sur tout le Rhin dans la zone de commandement de la place de Strasbourg et lors de brouillard ;*c) sur l’Ill du barrage le plus en aval jusqu’à son embouchure dans le Rhin.

13. Les communes seront rendues responsables, hormis pour les dégâts qui sont prévus d’être remboursés, de tous les dégâts éventuels et les désordres de toute sorte, surtout des dommages portés aux voies de chemin de fer, télégraphes, ouvrages d’art, ponts et canaux, y compris les attaques sur des personnes et leurs biens, la présentation dans les délais prévus des chevaux et la fourniture des voitures et pour le séjour des personnes non autorisées (voir V, 6).

14. La règlementation concernant la poste, les télégraphes et téléphones sera diffusée par les autorités postales.

15. Pour l’arrondissement de la ville de Strasbourg, le directeur de la police militaire de Strasbourg (jusqu’à présent le président de police de Strasbourg) et pour les arrondissements Landkreis Straßburg, Kreisdirektion Strassburg, Erstein, Molsheim et les Bezircksämter Kehl, Offenburge, Lahr et Achern, sont responsable de faire appliquer ces mesures, Strasbourg, le 31 juillet 1914. Le Gouverneur ».

Source : S3253, n°384 du samedi 1er août 1914.

 

9h00 : France : Le général Joffre demande au gouvernement de mobiliser.

Le 1er août 1914, dans la matinée, le général Joffre, par une lettre personnelle adressée au ministre de la Guerre, signale à nouveau le danger de l’avance prise par l’Allemagne grâce à une mobilisation déguisée. « Les graves inconvénients signalés hier en ce qui concerne le retard apporté à la mise en place des troupes de couverture se font jour avec plus de valeur encore, si l’on retarde l’ordre de mobilisation générale. Les préparatifs allemands continuent en effet suivant un plan bien établi… ».

Après l’énumération de quelques-unes de ces dispositions, le chef d’état-major général conclut ainsi : « On peut donc dire que le 4 août, même sans ordre de mobilisation, l’armée allemande sera entièrement mobilisée réalisant sur la nôtre une avance de quarante-huit heures, et peut-être de trois jours ».

Sources : S1070. S1234, p. 80 ; Général Joffre. Note pour le ministre de la Guerre, 9 heures, 1er août 1914, Annexe 22.

 

15h55 : France, diffusion du décret de mobilisation générale.

Le décret, ordonnant la mobilisation générale des armées de terre et de mer, est soumis à la signature du président de la République, et contresigné par les ministres de la Guerre et de la Marine

L’ordre de mobilisation est signé par le ministre de la Guerre à 15h30 et à 15h55 le télégramme de mobilisation est remis au bureau central des postes et télégraphes de la rue de Grenelle. Il est ainsi libellé : « Extrême urgence. Circulaire recommandée. Ordre de mobilisation générale. Premier jour de la mobilisation est le 2 août 1914 ». Ce télégramme est aussitôt expédié à tous ses destinataires prévus. Dans la soirée, l’ordre de mobilisation est publié et affiché sur tout le territoire.

Sources : S1070. S1234, p. 81 ; Décret de mobilisation, Annexe 21.

 

16h30 : France : 4 heures 30 après-midi : la France ordonne la mobilisation. (Source allemande).

Source : S2527, p. 50.

 

16h50 : France, ordre de mobilisation des chemins de fer.

En ce qui concerne les chemins de fer, l’ordre de mobilisation est transmis à 16h50 à toutes les commissions de réseau, qui déclenchent aussitôt les mesures prévues pour les transports de mobilisation.

Source : S1234, p. 81.

 

17h00 : France / Allemagne : Le gouvernement lance l’ordre de mobilisation générale pour le 2 août. L’Allemagne suit une heure plus tard.

Source : S1070.

 

17h00 : Allemagne, mobilisation générale.

La mobilisation de l’armée et de la flotte fut décrétée le 1er août, à 5 heures de l’après-midi. En même temps, on convoqua le Landsturm sur le territoire de 15 Corps d’armée (1e, 2e, 5e, 6e, 8e, 9e, 10e, 11e, 15e, 16e, 17e, 18e, 20e, 21e, 2e bavarois). La couverture de la concentration sur le front occidental incombait, aux corps frontières (8e, 16e, 21e, 15e et 14e corps), conformément aux instructions établies, en temps de paix, pour la protection des frontières et des voies de communication, par le chef d’état-major général de l’armée.

Source : S2527, p. 50 & 143.

 

17h00 : France : consignes aux troupes de couverture.

Bien que l’ordre de mobilisation ait été lancé, le ministère de la Guerre juge nécessaire de confirmer, à 17 heures, par télégramme, les ordres déjà donnés les 30 et 31 juillet aux corps d’armée frontières relativement aux précautions à prendre par les troupes de couverture.

« En vue de nous assurer la collaboration de nos voisins anglais, il demeure toujours indispensable de ne pas faire dépasser par les patrouilles ou détachements ligne générale fixée par télégramme n°129-3/11 du 30 juillet, sauf en cas d’attaque caractérisée ».

Source : S1234, p. 83. Ministre de la Guerre. Télégramme à généraux commandants les 2e, 6e, 7e, 20e et 21e C.A. 197 9/11, 17 heures, 1er août 1914, Annexe 25.

 

18h00 : Allemagne, Reichsland, place forte de Strasbourg.

Enfin, l’ordre de mobilisation générale était donné pour le 1er août 1914, à 18 heures. Cette mobilisation préparée laborieusement e avec minutie, allait pouvoir commencer. Avec leurs effectifs du temps de paix, les troupes de couverture de la frontière reçurent l’ordre de mouvement et gagnèrent leurs secteurs, ainsi que les détachements chargés de la protection des lignes de chemin de fer et des principaux ponts. Les premiers groupes d’hommes arrivaient en ville, de tous côtés.

Source : S0175, p. 172.

 

18h00 : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Mutzig, chroniques scolaires du directeur d’école Monsieur Koehly.

Le soir à six heures, la mobilisation générale est proclamée officiellement.

Source : S0192.

 

18h00-19h00 : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, extrait du journal de l’Abbé Aloys Postina.

« La nuit était calme. La population est démunie de toute volonté de travailler, et pourtant il a encore tant à faire ! Le soir, entre 18 et 19 heures, l’appariteur municipal diffuse se communiqué : Le 2 août est le premier jour de mobilisation générale ».

Texte original / Original-Text : Tagebuch von A. Postina, Pfarrer von der Wantzenau, nördlich von Strassburg.

1. August. Die Nacht verlief ruhig. Bei der Bevölkerung herrscht keine Arbeitslust, und doch gibt es soviel zu arbeiten ! Abends zwischen 6 und 7 Uhr verkündet die Ortsschelle : Am 2. August ist der 1. Mobilmachungstag. Bereits um 11,30 Uhr nachts verliessen einige junge Männer, darunter auch verheiratete, das Dorf. Schmertzlicher Abschied am Bahnhof ! Durch Maueranschlag wurde heute bekannt gemacht : Alle Jünglingen und Männer vom 17. – 45. Lebensjahr sind landsturmpflichtig, un dam Abend durch die Ortsschelle : Alle nicht gedienten Mannschaften und der Landsturm ohne Waffe haben sich am Montag um 1 Uhr in Brumath und die Landsturmleute mit Waffe um 2 Uhr in der Nikolauskaserne zu strassburg zu stellen.

Source : S0216.

 

Soir : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, extrait du journal de l’Abbé Aloys Postina.

« Hier soir (samedi) et ce matin (dimanche), les barques de pêcheurs ont été ramenées à Gambsheim, le pont du Rhin a été coupé au cours de dimanche après-midi et transféré en aval sur le Rhin ».

Source : S0216.

 

19h00 : Allemagne : déclaration de guerre à la Russie.

Dans la soirée, parviennent les nouvelles suivantes : l’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie à 19 heures. L’ambassadeur d’Angleterre à Berlin, ayant demandé au secrétaire d’état aux Affaires Etrangères si l’Allemagne s’engageait, comme venait de le faire la France, à ne pas violer le territoire belge, reçoit une réponse dilatoire.

Source : S1070 ; S1234, p. 83 ; M. Viviani. Télégramme aux ambassadeurs de France, 1er août 1914. Livre Jaune, 1914, pièce n°122.

 

Soir : Belgique : mobilisation.

La Belgique, de son côté, a décidé la mobilisation générale et l’amirauté anglaise donne l’ordre de mobilisation des flottes britanniques.

Source : S1234, p. 83.

 

Soir : Suisse, mobilisation.

La Suisse informe le gouvernement français qu’elle mobilise son armée, mais qu’elle fera une déclaration officielle de neutralité.

Source : S1234, p. 83.

 

22h30 : France, nouvelles directives.

A 22h30, un télégramme renouvelle la même interdiction en termes plus impératifs : « Le ministre de la Guerre insiste encore de la part du Président de la République, et pour des raisons diplomatiques sérieuses, sur la nécessité absolue de ne pas franchir la ligne de démarcation indiquée le 30 juillet et rappelée aujourd’hui. Cette interdiction s’applique aussi bien à la cavalerie qu’aux autres armes. Aucune patrouille, aucune reconnaissance, aucun poste, aucun élément ne doit se trouver à l’est de ladite ligne. Quiconque l’aurait franchie serait passible du conseil de guerre et ce n’est qu’en cas d’attaque bien caractérisée qu’il sera permis de transgresser cet ordre ».

Source : S1234, p. 82. Ministre de la Guerre. Télégramme à généraux commandants les 2e, 6e, 7e, 20e et 21e C.A. 209 3/11, 22h30, 1er août 1914, Annexe 26.

 

23h30 : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Cette nuit, dès 23h30, des jeunes hommes, et parmi eux quelques hommes mariés, quittèrent le village. Douloureux adieux à la gare ! Par affichage, le communiqué suivant a été rendu public aujourd’hui : « Tous les jeunes hommes et hommes de 17 à 45 ans relèvent de l’obligation d’entrer dans le Landsturm », et le soir l’appariteur municipal communique : « Tous les hommes du Landsturm qui n’ont pas fait leur service et ceux du Landsturm sans arme doivent se présenter lundi vers 13 heures à Brumath et les hommes du Landsturm avec armes à 14 heures à la caserne Saint-Nicolas (Nikolauskaserne) à Strasbourg ».

Texte original / Original-Text : Tagebuch von A. Postina, Pfarrer von der Wantzenau, nördlich von Strassburg.

Bereits um 11.30 Uhr nachts verliessen einige junge Männer, darunter auch verheiratete, das Dorf. Schmerzlicher Abschied am Bahnhof ! Durch Maueranschlag wurde heute bekannt gemacht : Alle Jünglingen und Männer vom 17. – 45. Lebensjahr sind landsturmpflichtig un dam Abend durch die Ortsschelle : Alle nicht dedienten Mannschaften und der Landsturm ohne Waffe haben sich am Montag 1 Uhr in Brumath und die Landsturmleute mit Waffe um 2 Uhr in der Nikolauskaserne zu Strassburg zu stellen.

Source : S0216, p. 8-9.

 

Nuit : Allemagne, interdiction d’entrer en territoire ennemi.

Les hostilités ne pouvant commencer que sur ordre de la direction suprême, il fut sévèrement interdit, même aux patrouilles et aux petits détachements, de pénétrer sur le territoire français ou sur le territoire belge, et aux aéronefs d’effectuer des vols au-delà de la frontière. Mais l’interdiction devait automatiquement cesser, dès que l’ennemi pénètrerait sur le sol allemand ou survolerait celui-ci. En plus de ces dispositions, déjà prévues en temps de paix, le chef d’état-major général de l’armée, dans la nuit du 1er au 2 août 1914, insista de nouveau personnellement, au cours d’une conversation téléphonique avec le général commandant le XVIe corps, sur l’attitude réservée que devait observer les troupes de couverture, et, en particulier, sur la nécessité absolue d’éviter, de façon absolue, tout franchissement de la frontière et tout acte d’hostilité.

Source : S2527, p. 143.

 

Bilan de la mobilisation des Alsaciens-Lorrains dans l’armée et la marine impériale allemande.

Environ 220 000 Alsaciens-Lorrains ont été mobilisés dès le mois d’août 1914 : de 20 à 38 ans dans l’armée, de 17 à 20 ans et de 38 à 45 ans dans le Landsturm, une sorte de troupe territoriale, dont 8 000 engagés volontaires : 3 000 insoumis ont quitté clandestinement le pays pour rejoindre la France avant la mobilisation.

A la fin de la guerre, 380 000 Alsaciens-Lorrains, soit plus de 20% de la population totale de la terre d’Empire se trouvaient sous les armes. 12 000 Alsaciens-Lorrains résidant en France, mais ayant conservés leur nationalité d’origine, se sont engagés dans l’armée française, au cours des deux premiers jours de mobilisation. 50 000 Alsaciens-Lorrains mourront sous l’uniforme allemand et 150 000 seront blessés ; à peu près 25 000 seront faits prisonniers, soit 7,6%, un pourcentage pratiquement identique à celui des états allemands (7,5%) ce qui témoignerait d’un comportement loyal, ou résigné, de la masse des combattants alsaciens-lorrains. Il est vrai que les soldats originaires du Reichsland étaient l’objet d’une surveillance particulière et l’objet de mesures discriminatoires viassant à décourger les désertions.

Source : S0132 ; S2484.

 

Dimanche 2 août 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 18 minutes

 

2h25 : Grande-Bretagne : mobilisation de la flotte.

A 2h25 du matin : l’Angleterre ordonne la mobilisation de la flotte. (Source allemande).

Source : S2527, p. 50.

 

Matin : Luxembourg : l’Allemagne occupe le grand-duché du Luxembourg.

Au mépris des traités signés à Londres le 11 mai 1867 pour garantir la neutralité du Luxembourg, l’Allemagne occupe le grand-duché le 2 août 1914. Depuis si longtemps, elle accumulait des forces près des frontières luxembourgeoises et belges ! Elle y avait construit les camps d’Elsenborn et de Wasserliesch. Ses voies ferrées, toujours plus nombreuses, convergeaient vers nos départements du Nord et des Ardennes, indiquant clairement la direction des prochaines attaques.

Une quarantaine d’automobiles chargées d’officiers allemands traversèrent la Moselle, sans que personne ne tentât de les arrêter. Derrière elles venaient plusieurs régiments de cavalerie. Le consul de France à Luxembourg se retira en territoire français. Immédiatement M. Eyschen, ministre d’Etat du gouvernement du Luxembourg, adressé à M. Viviani, président du Conseil, la déclaration suivante : « Dimanche 2 août, de grand matin, les troupes allemandes ont pénétré sur le territoire luxembourgeois par les ponts de Wesserbillig et de Remich, se dirigeant spécialement vers le sud du pays vers la ville de Luxembourg, où l’on attend de les voir arriver d’un instant à l’autre. Ces faits impliquent des actes manifestement contraires à la neutralité du grand-duché. Le gouvernement luxembourgeois n’a pas manqué de protester énergiquement contre cette agression auprès des représentants de S.M. l’empereur d’Allemagne à Luxembourg. Une protestation identique va être transmise télégraphiquement au secrétaire d’Etat pour les Affaires étrangères à Berlin ».

Dans sa protestation, le gouvernement luxembourgeois rappelait particulièrement l’article 2 du traité de Londres : « Le grand-duché de Luxembourg, dans les limites déterminées par l’acte annexé au traité du 19 avril 1839, sous la garantie de la France, de l’Autriche, de la Grande-Bretagne, de la Prusse et de la Russie, formera désormais un Etat perpétuellement neutre. Il sera tenu d’observer cette même neutralité envers tous les autres Etats. Les hautes puissances contractantes s’engagent à respecter le principe de neutralité stipulé par le présent article. Le principe est et demeure placé sous la sanction de la garantie collective des puissances signataires du présent traité, à l’exception de la Belgique qui est elle-même un Etat neutre ».

A Luxembourg, la grande-duchesse s’associa à la protestation de son ministre contre l’invasion. Le major qui commandait les troupes allemandes, répondit à la grande-duchesse : « Vous n’avez qu’à rentrer chez vous tranquillement ». Le commandant de l’armée luxembourgeoise ayant protesté, lui aussi, le major allemand lui mit le revolver sur la poitrine.

La ville, autrefois si puissamment fortifiée, était entièrement ouverte, et l’armée du grand-duché se composait uniquement d’une compagnie de cent soixante-dix volontaires. Les Allemands s’emparèrent du ministère luxembourgeois et expulsèrent le ministre de France, M. Mollard. Parmi les envahisseurs, on reconnaissait des commerçants établis à Luxembourg et qui venaient de revêtir leur uniforme de soldat, de sous-officier ou d’officier allemand. Plusieurs maisons furent pillées et détruites, plusieurs habitants fusillés.

Pendant toute la journée du dimanche 2 août 1914, passèrent sans cesse de la cavalerie, de l’infanterie, de l’artillerie. Dans la nuit, les pas des chevaux et le bruit des roues de fer ne s’interrompirent pas. Toutes ces troupes prenaient la route d’Arlon.

La presse allemande, sans doute afin de donner un prétexte à l’invasion du pays par les armées allemandes, annonça que les Français avaient incendié Arlon et se préparaient à violer le territoire du grand-duché. Le gouvernement luxembourgeois fit observer qu’ils étaient si peu disposés à pénétrer dans le grand-duché que, dès la veille au soir, ils avaient enlevé les rails de la voie ferrée entre Mont-Saint-Martin et la frontière, seule voie d’accès dans le Luxembourg.

Source : S1741, p. 351-353.

 

France : La France découvre les affiches de mobilisation. 

Source : S1070.

 

France, armée : état de la motorisation de l’armée.

En août 1914, l’armée française ne dispose que de 170 automobiles militaires. Les services automobiles des différentes armées sont rattachés au service des étapes dénommés ultérieuremment 4e bureau. Ils dépendent d’un officier directeur des services automobiles (D.S.A.) affecté à l’état-major de la Direction de l’Arrière (D.A.) du Grand Quartier général (G.Q.G.). Les unités organiques sont les sections de transport de matériel (T.M.), les sections de transport de personnel (T.P.), les sections sanitaires automobiles (S.S.A.) et les sections de ravitaillement de viande fraîche (R.V.E.). L’entretient des véhicules est assuré par les sections de parc (S.P.), regroupées au sein de chaque armée en un parc automobile de réserve. Cette organisation initiale est complétée par la création de groupes et groupements, une réserve immédiatement disponible au niveau du commandant en chef, ce qui lui permet d’intervenir ponctuellement sur tel ou tel front. Lorsque la mobilisation est décrétée le 2 août 1914, le système de réquisition se immédiatement en place et permet grâce aux commissions régionale de réquisition de voir transiter quelque 7 000 véhicules de réquisition dans les centres d’organisation de Versailles, Reims, Dijon et Lyon.

Source : S1190 ; p. 34-41.

 

Italie : L’Italie annonce qu’elle restera neutre. 

Source : S1070.

 

Allemagne / Turquie : L’Allemagne et la Turquie signe un traité d’alliance dirigé contre la Russie. 

Source : S1070.

 

Allemagne : mobilisation de la Landwehr et du Landsturm

Source : S0419.

 

Allemagne, Reichsland, place forte de Strasbourg.

Le 2 août 1914 comptait pour le premier jour de mobilisation. Nombre de renseignements arrivaient sur les rassemblements de troupes françaises et les positions des troupes de couverture à la frontière. Une visite de la Feste KWII, fort de Mutzig s’imposait, car le Generalleutnant bavarois Ipfelkofer, nommé commandant du groupe fortifié en cas de mobilisation, ne pouvait gagner son poste que le 3 août 1914 au soir.

Le gouverneur de Strasbourg, avec son état-major, le général von Eberhardt prend la route pour Molsheim vers midi. La population alsacienne rencontrée au cours du voyage ne lui donne pas l’impression d’être consciente de la gravité de la situation, et ceci plus particulièrement dans les villages. Lorsqu’il rencontre le commandant adjoint de la Feste, l’Oberstleutnant Karbe et ses officiers, il est parti en rassuré car aucune mauvaise nouvelle ne lui est communiquée. La route d’accès au groupe fortifié est barrée par des abattis et du barbelé, sous la surveillance d’un poste de garde.

Une grande tranquillité règne sur la Feste à la grande surprise des deux visiteurs : on n’y travaille pas ! A la question du Gouverneur, on lui répond « qu’aujourd’hui c’est dimanche » ! Le général ne doit sûrement pas cacher son mécontentement, et il rappelle à ses interlocuteurs médusés que la mobilisation vient de commencer et que des patrouilles françaises pourraient bien approcher de la Feste dans les prochaines heures. Il leur enjoint de renforcer aussitôt les réseaux de barbelés, de couper les vignes qui s’étendent presque jusqu’aux bords des tranchées… A cela, on lui rétorque qu’on ne dispose pas encore d’unités de travailleurs pour ces travaux !

Le dialogue doit être édifiant, s’il se déroule tel qu’il a été décrit dans les mémoires du Gouverneur ! Von Eberhardt demande alors que soit aussitôt appelé au téléphone le maire de Mutzig et que celui-ci « se présente sur la Feste dans une heure, avec tous les habitants et qui peuvent encore utiliser leurs bras et leurs jambes » ! Il enjoint à ses subalternes de l’informer le lendemain matin au plus tard, que les zones boisées soient abattues sur les pentes au-dessus de Dinsheim, les vignes renversées et les réseaux de barbelés renforcés et étendus aux hauteurs de Dangolsheim. En dehors de cette mise au point, von Eberhardt note tout de même avec plaisir le bon état d’esprit de la garnison. Les craintes du gouverneur sont cependant infondées, les troupes françaises n’ont pas franchi la frontière malgré les bruits de moteurs qui prouvent l’arrivée des réserves au front. Les détonations entendues au-delà de la frontière ne sont que les explosions des destructions effectuées en vue de barrer les routes.

Le siège du Gouvernement militaire dans la rue de la Nuée-Bleue à Strasbourg est déjà devenu un vrai camp retranché. Une barrière a dû être établie pour contenir les groupes de requérants de toutes sortes. La cour ne désemplit pas d’officiers et de soldats venant chercher les ordres.

Le commandant en chef de l’armée, le Generaloberst von Moltke, avait transmis au Gouvernement militaire un extrait de l’organisation de marche de l’armée. La place forte était placée sous l’autorité de la VII. Armee commandée par le Generaloberst von Heeringen, avec le XIV. Armeekorps du général von Huene, le XV. Armeekorps du général d’infanterie von Deimling et le XIV. Reserve AK, ainsi que la 7ème division de cavalerie. Les XIV. Et XV. AK sont des corps d’active, ils seront prêts en quelques jours, tandis que le XIV. Res. AK, en cours de constitution dans le pays de Bade sous les ordres du général d’artillerie von Schubert, mettra plus de temps à rejoindre ses positions.

Il est même prévu que deux divisions de cavalerie italienne arrivent par chemin de fer pour constituer en Alsace un corps de cavalerie sous les ordres du général de cavalerie von Frommel, déjà présent à Strasbourg. Il partira pour une autre affectation, ce projet n’ayant pas abouti…

Source : S0175, p. 172.

 

Allemagne, interdiction d’entrer en territoire ennemi.

Les hostilités ne pouvant commencer que sur ordre de la direction suprême, il fut sévèrement interdit, même aux patrouilles et aux petits détachements, de pénétrer sur le territoire français ou sur le territoire belge, et aux aéronefs d’effectuer des vols au-delà de la frontière. La même recommandation fut envoyée, encore une fois, par télégraphe, dans la matinée du 2 août 1914, aux cinq commandants des corps d’armée de la frontière occidentale. Seul, le Grand-Duché de Luxembourg, qui appartenait au territoire douanier allemand, fut excepté de ces prescriptions. Son occupation était projetée dès le début de la mobilisation, et il devait être inclus dans la zone de concentration, de manière qu’on eût la main sur ses importants chemins de fer.

Source : S2527, p. 143.

 

Allemagne : entrée des troupes allemandes au Luxembourg.

L’armée allemande pénètre en Luxembourg au lue-dit des Trois-Vierges.

Source : S2548, p. 43.

 

France, Allemagne : mobilisation.

Avec la journée du 2 août 1914 commence pour les armées françaises la période de mobilisation. En Allemagne, cette opération est déjà en cours sans qu’on ait pu encore en déterminer la date officielle. A peine nos troupes de couverture sont-elles mises en place (mais maintenant à 10 kilomètres de la frontière) que les Allemands se livrent à des violations multiples, tant du sol français que de territoires neutres.

Source : S1234, p. 83.

 

6h20 : France : premières hostilités.

Le journal « Le Bien Public » publie les nouvelles suivantes : « Un combat à Nancy – premières hostilités – les Allemands repoussés. Londres, 2 août 1914 à 6h20 par télégramme. Des combats très violents ont eu lieu à Nancy. Les Allemands ont été repoussés avec de fortes pertes. On annonce qu’à Nuremberg des aviateurs français ont lancé des bombes du haut de leur aéroplane. Le cabinet anglais s’est réuni en conseil, mais jusqu’à présent n’a pris aucune décision ».

Source : S1951.

 

Matin : Belgique, Bruxelles, récit de Hugh Gibson, Premier Secrétaire de la Légation Américaine.

« Nous sommes accablés de besogne. J’arrive à la chancellerie plus tôt que de coutume et j’y trouve le ministre déjà au travail. Il n’est même pas rasé ni baigné. Un dimanche, les visiteurs arrivent deux fois plus nombreux que la veille et sont deux fois plus exigeants ».

Source : S2362, p. 3.

 

Journée : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Mutzig, chroniques scolaires du directeur d’école Monsieur Koehly.

« Première journée de mobilisation : dimanche 2 août. Réservistes et territoriaux se rendent à leurs unités sous le contrôle du commandement de Molsheim. Si certains ont les yeux rougis par les pleurs, d’autres puisent leur courage dans le vin… ».

Source : S0192.

 

10h00 : Belgique, Allemagne : ultimatum allemand à la Belgique.

Ce même jour, 2 août 1914, la Belgique a reçu, en effet, un ultimatum de l’Allemagne exigeant le libre passage des troupes allemandes sur le territoire belge. Jusqu’à ce que la réponse du gouvernement belge à cette sommation soit connue, la France se doit d’éviter tout ce qui pourrait, de sa part, constituer une atteinte à la neutralité d’un territoire garantie par les traités internationaux.

Mais, en ce qui concerne la frontière franco-allemande, le général Joffre, par une note adressée dans la matinée au ministre de la Guerre, fait remarquer les graves inconvénients qu’il il n’y aurait ne pas reprendre pied dans la zone de couverture réservée : « De ce fait, écrit le commandant en chef, nous avons dû abandonner le développement de notre plan de campagne. Nous serons obligés par la suite de reprendre ces positions, ce qui ne se fera pas sans pertes. Le commandant en chef estime qu’il a l’impérieux devoir de reprendre pied dans cette zone, au jour et à l’heure qu’il jugera utiles, sans d’ailleurs pénétrer sur le territoire allemand, à moins qu’une attaque caractérisée de nos adversaires ne nécessite une action offensive de notre part ».

Source : S1234, p. 84-85 ; Chef d’état-major général. Note pour le ministre, 10 heures, 2 août 1914, Annexe 28.

 

10h00 : Belgique, Allemagne : ultimatum allemand à la Belgique.

Le ministre d’Allemagne à Bruxelles, von Below, qui, la veille, avait assuré au ministre des Affaires étrangères Davignon : « Le toit de notre voisin brûlera peut-être, mais votre maison sera en sécurité », remet au même ministre un ultimatum exigeant le libre pasage des troupes impériales à travers le territoire belge, ultimatum rejeté dans la nuit avec indignation par le roi Albert.

Source : S2548, p. 43.

 

10h30 : France, état-major général.

Malgré ces violations caractérisées, le ministre de la Guerre, dans le but d’enlever toute apparence d’agression aux mouvements des troupes françaises, ordonne sur la frontière belge des précautions du même ordre que celles imposées le 30 juillet 1914 sur la frontière allemande.

Dans la matinée, le télégramme suivant est adressé au général commandant la 1ère région : « Il est absolument nécessaire en l’état diplomatique actuel de n’avoir aucun incident sur la frontière franco-belge et, par suite, de ne pas s’en approcher à moins de 2 kilomètres environ. Il ne sera recommandé au douaniers et forestiers d’éviter tout incident ». Même recommandation formelle est envoyée au général commandant le 2e corps d’armée : « En raison de l’entrée des Allemands dans le Luxembourg, il convient de reculer un peu à gauche de la ligne à ne pas dépasser et ce, afin de ne créer de notre part aucun incident de guerre. Cette ligne passerait par Villers-la-Montagne, Haucourt, Hersange, Longlaville et Mont-Saint-Martin ».

Un ordre analogue est envoyé au général commandant le corps de cavalerie et au commandant du 2e corps d’armée, sur le territoire duquel ce corps est stationné, délimite avec précision la ligne générale à ne pas dépasser le long de la frontière belge, entre Mont-Saint-martin et Signy-le-Petit Cette politique d’extrême circonspection s’explique par le fait que l’attitude de la Belgique est encore, à cette heure, une inconnue.

Source : S1234, p. 84 ; Ministre de la Guerre. Télégramme à généraux commandant corps de cavalerie et 2e C.A., 216 3/11, 10h30, 2 août 1914, Annexe 29.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« 120 hommes ont reçu les Saints Sacrements. Beaucoup ont versé des larmes. Aujourd’hui l’église était comble, et le silence et le recueillement prédominaient, une ambiance que je n’observais que très rarement. Le curé donna l’autorisation de rentrer les récoltes cet après-midi, puis de nombreux hommes devront partir prochainement et que les chevaux doivent être conduits mardi à Schiltigheim. Hier soir et ce matin, les barques de pêcheurs ont été ramenées à Gambsheim, le pont du Rhin a été coupé au cours de dimanche après-midi et transféré en aval sur le Rhin ».

Texte original / Original-Text : Tagebuch von A. Postina, Pfarrer von der Wantzenau, nördlich von Strassburg. 2. August. Sonntag. 120 Mann empfingen die hl. Sakramente. Viele vergossen Tränen. Die Kirche war heute überfüllt, und dabei machte sich eine Ruhe und eine innere Sammlung geltend, die man zu schauen nicht gewohnt war. Der Pfarrer gewährte die Erlaubniss, nachmittags die Ernte einzubringen, da viele Männer in den nächsten Tage fort müssen und die Pferde am Dienstag nach Schiltigheim zu führen sind.

Source : S0216, p. 8.

 

Matin : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« Hier soir (samedi) et ce matin (dimanche), les barques de pêcheurs ont été ramenées à Gambsheim, le pont du Rhin a été coupé au cours de dimanche après-midi et transféré en aval sur le Rhin ».

Texte original / Original-Text : Tagebuch von A. Postina, Pfarrer von der Wantzenau, nördlich von Strassburg. Gestern abend und heute morgen wurden die Schiffernachen nach Gamsheim gefahren, die Rheinbrücke daselbst wurde im Laufe des Sonntags abgebrochen und rheinabwärts gebracht.

Source : S0216, p. 8.

 

11h35 : France, Allemagne, incidents dans la zone frontalière.

Deux soldats, un caporal français, Jules André Peugeot, du 44e RI et un sous-lieutenant allemand, Albert Mayer, 5e Chasseur sà cheval, 3e escadron, de Mulhouse, se sont tués mutuellement, au cours d’un duel de patrouilles près de Delle dans le Territoire de Belfort alors que la guerre entre les deux pays n’est pas déclarée. La source S1234 nous livre les détails suivants : Le 2 août 1914, dans la matinée, au nord de Delle, deux patrouilles allemandes du 5e chasseurs à cheval pénètrent en territoire français jusqu’à Boron et Joncherey. L’officier qui commande un de ces éléments brûle la cervelle à un soldat français. Des cyclistes allemands tirent des coups de fusil sur les douaniers français à Petit-Croix. A Suarce, des cavaliers allemands surgissent au moment où le maire réunissait les chevaux pour la réquisition et s’emparent des animaux. Des patrouilles ennemies ont franchi la frontière des Vosges, au col de Sainte-Marie-aux-Mines. Des forces allemandes sont signalées à Longlaville, près de Longwy, et Bertrambois, près de Cirey. Enfin, on apprend que, de grand matin, les troupes allemandes ont pénétré en territoire luxembourgeois, par les ponts de Wasserbillig et Remich. Malgré ces violations caractérisées, le ministre de la Guerre, dans le but d’enlever toute apparence d’agression aux mouvements des troupes françaises, ordonne sur la frontière belge des précautions du même ordre que celles imposées le 30 juillet 1914 sur la frontière allemande.

Source : S0132. S1234, p. 83-84 ; Etat-major de l’armée. Note pour le Ministre. 217 3/11 T, 11h35, 2 août 1914, Annexe 30.

 

14h10 : France : gouvernement.

Dans l’après-midi du 2 août 1914, vers 14 heures, le gouvernement rend liberté de mouvement au commandant en chef par la communication suivante : « Le gouvernement français considère que les violations de la frontière française effectuées jusqu’à ce moment et en différents endroits par les troupes allemandes sont de nature à permettre de lever l’interdiction précédemment imposée de ne pas pénétrer dans la zone de 10 kilomètres précédant la frontière du côté français. Le gouvernement rend donc au général commandant en chef liberté absolue de mouvement pour l’exécution de ses prévisions, dussent-elles conduire au franchissement de la frontière allemande ».

Source : S1234, p. 85 ; Ministre de la Guerre. Communication téléphonique à chef d’état-major général, 14h10, 2 août 1914, Annexe 27.

 

Après-midi : Belgique, Bruxelles, récit de Hugh Gibson, Premier Secrétaire de la Légation Américaine.

« Cet après-midi, le bruit court que les Allemands ont violé la frontière sans déclaration de guerre préalable ; cela reste encore à vérifier. L’état de siège a été décrété la nuit dernière et, depuis lors, grenadiers et lanciers patrouillent dans la ville. La situation monétaire est mauvaise. Les petites pièces ont disparu de la circulation depuis la panique des derniers jours. Des gens ont été jusqu’à dire que les billets de banque ne seraient pas remboursés ; de nombreux magasins les refusent. La police maintient l’ordre autour des banques. Il y a des gens affolés qui s’y bousculent ».

Source : S2362, p. 3.

 

17h30 : France, état-major général.

Cependant, les opérations de la mobilisation n’en sont qu’au premier jour, et l’état de guerre n’existe pas encore entre la France et l’Allemagne. Aussi, tout en notifiant la décision du gouvernement, le général en chef entend que ses troupes demeurent pour le moment sur l’expectative. Dans un message téléphoné qu’il adresse à 17h30 aux commandants des secteurs de couverture, il fait connaître que les Allemands ont violé le matin même la frontière française en trois points et que, dans ces conditions, l’interdiction de dépasser vers l’est la ligne indiquée précédemment et distante de 10 kilomètres de la frontière est levée. « Cependant, pour des raisons nationales d’ordre moral et des raisons impérieuses d’ordre diplomatique », ajoute-t-il, « il est indispensable de laisser aux Allemands l’entière responsabilité des hostilités. En conséquence, et jusqu’à nouvel ordre, la couverture se bornera à rejeter au-delà de la frontière toute troupe assaillante sans la poursuivre plus loin et sans entrer sur le territoire adverse ».

Source : S1234, p. 86.

 

Soir : Belgique : Cette mobilisation se déroula rapidement : dès le soir du 2 août 1914, les troupes à pied mises sur le pied de paix renforcé étaient prêtes à marcher. (Source allemande).

Source : S2527, p. 135.

 

Soir : Belgique, Bruxelles, récit de Hugh Gibson, Premier Secrétaire de la Légation Américaine.

« Des touristes, venus ici les poches pleines de chèques express et de billets de banque ; ce soir, à mon restaurant habituel, le maître d’hôtel m’a refusé le change d’un billet. J’ai dû le lui abandonner comme avance sur des repas futurs. On vient d’apprendre que le Gouvernement réquisitionne tous les approvisionnements de pain, de riz et de haricots, et en fixera le prix de vente. J’ai été, du côté de la rue Ducale, voir ce qui se passait à la légation de France. Le drapeau tricolore flottait bien dans le vent et la foule l’acclamait à toute voix. Cette foule, composée d’hommes rappelés sous les armes ou prêts à s’enrôler, vibrait dans une atmosphère déjà électrisée, et, quand éclatait une Marseillaise, c’était du délire. Il y a des hommes qui sont restés des heures debout, sous le soleil, à attendre leurs ordres de marche et dont l’enthousiasme s’est maintenu au même diapason.

J’ai aperçu ce soir von Below, le ministre d’Allemagne, qui revenait en voiture des Affaires étrangères à sa légation. Il a passé si près de moi que j’ai pu voir des gouttes de sueur sur son front. Il tenait son chapeau à la main et fumait nerveusement sa cigarette par bouffées machinales. Il ne tourna la tête ni à droite ni à gauche, et omit de me faire son usuel et cérémonieux salut. Il ne doit pas se sentir rassuré sur la situation, bien qu’il fasse dire aux journaux que tout va pour le mieux, que l’Allemagne n’a aucune intention de mettre le pied sur le territoire belge, et que tout ce que la Belgique doit faire est de rester tranquille. Dans une interview au journal le Soir, il a résumé sas affirmations par cette phrase : « La maison de votre voisin brûlera peut-être, mais la vôtre restera indemne ».

Source : S2362, p. 3-4.

 

17h30 : France, état-major général.

Comme il se réserve de ne profiter qu’à son heure de la liberté de mouvement qui vient de lui être rendue, le général en chef juge nécessaire de préciser dès lors le rôle de chacun des corps d’armée de couverture. En conséquence, une Instruction générale pour la couverture est adressée par télégramme chiffré aux 1er, 2e, 6e, 7e, 20e et 21e corps d’armée et au corps de cavalerie

Après avoir, par surcroît de précaution, reproduit dans un premier paragraphe le message précité, l’Instruction oriente les commandants des corps d’armée intéressés sur la mission qui leur incombe.

« L’intention du commandant en chef est de ne passer à l’offensive générale que quand ses forces seront réunies. En vue du développement ultérieur du plan d’opérations, les divers éléments de couverture, en dehors de leur mission générale de protection de la mobilisation et de la concentration, se conformeront aux directives ci-après :

a. 7e corps d’armée, se préparer à exécuter une action offensive en Haute-Alsace, en direction de Colmar, lorsqu’il en recevra l’ordre.

b. 21e corps d’armée : tenir sur la Meurthe.

c. 20e corps d’armée : accélérer la constitution de la place du moment en voie d’organisation à l’est de Nancy, pour assurer le débouché de la Meurthe.

d. Place de Toul : pousser une avant-garde sur le plateau de Saizerais pour assurer la liaison entre le 20e et 6e corps.

e. 6e corps d’armée : maintenir la possession des Hauts-de-Meuse au sud de Verdun.

f. 2e corps d’armée : maintenir le plus longtemps possible la possession des positions fortifiées organisées et, de toute façon, le cours de la Meuse en aval de Verdun. La 3e division serait alors débarquée, suivant les événements, vers Stenay ou vers Sedan.

4e division de cavalerie : avec un soutien, couvrir la gauche de la 4e division d’infanterie dans la région de Montmédy, puis de Carignan.

g. Corps de cavalerie : se tenir en liaison avec le 2e corps d’armée pour l’appuyer au besoin.

Le grand quartier général fonctionnera à Vitry-le-François à partir du 5 août, 6 heures ».

D’autre part, en raison de la violation du Luxembourg et dans l’éventualité de plus en plus probable d’une violation du territoire belge, le général en chef prescrit la mise en application des variantes prévues au plan de concentration.

Source : S1234, p. 86 ; Instruction générale secrète pour la couverture, 1, 17h30, 2 août 1914, Annexe 31.

 

France, président de la République & gouvernement.

Enfin, ce même jour, 2 août 1914, le président de la République et le gouvernement tout entier, considérant la gravité de l’heure, adressent à la nation française une proclamation qui se termine par cet appel : « A cette heure, il n’y a plus de partis. Il y a la France éternelle, la France pacifique et résolue. Il y a la patrie du droit et de la justice, tout entière unie dans le calme, la vigilance et la dignité ». Cette proclamation est signée par le chef de l’état, le président du conseil et tous les ministres.

Source : S1234, p. 87.

 

France, témoignage du médecin Louis Maufrais : « 2 août 1914. C’est par une belle fin d’après-midi que j’ai entendu la petite cloche de la cathédrale. Elle tintait à un rythme inhabituel, précipité. Tout le monde s’est arrêté, comme pétrifié. On avait compris. Les femmes pleuraient, les hommes figés le long du trottoir regardaient, hébétés, le clocher sans rien dire. C’était le tocsin. Lorsque le tintement s’est arrêté, il y a eu un silence profond. Mais, au loin, on pouvait entendre en écho, le tocsin du Vivier, celui du Mont-Dol, de Carfentin ou de Baguer-Morvan, c’était poignant ».

Source : S2529, p. 27.

 

19h00 : Belgique, Allemagne : ultmatum.

Le journal « Le Bien Public » publie les nouvelles suivantes : « Le ministre d’Allemagne à Bruxelles avait remis à 7 heures à notre ministre des Affaires Etrangères M. Davignon, un ultimatum au nom du Gouvernement allemand ».

Source : S1951.

 

19h00 : Allemagne / Belgique : Les Allemands exigent le libre passage de leur armée en Belgique.

Source : S1070.

 

19h30 : France, état-major général.

En raison de la violation du Luxembourg et dans l’éventualité de plus en plus probable d’une violation du territoire belge, le général en chef prescrit la mise en application des variantes prévues au plan de concentration.

En vue de permettre à la IVe armée de passer toute entière par le nord de Verdun entre les IIIe et Ve armées, les zones de débarquement affectées à la Ve armée sont remontées vers le Nord et les zones de débarquement de la IVe armée modifiées en conséquence

La concentration des deux corps de droite de cette armée, initialement prévue dans la région de Toul, est reportée dans la région de Sainte-Menehould, tandis que l’autre corps reste vers Bar-le-Duc. La IVe armée prendra ainsi la place en première ligne entre la IIIe et Ve armées, couverte sur la rive droite de la Meuse par le 2e corps d’armée qui continue d’appartenir à la Ve armée. Les transports de concentration ne devant commencer que le 5e jour de la mobilisation, ces modifications ne risquent pas d’y apporter le trouble.

En outre, sur la demande du général en chef, le ministre met à sa disposition, conformément aux prévisions du plan, la 67e division de réserve qui continuera de se concentrer à Mailly.

Source : S1234, p. 86-87 ; Variante à la concentration de la Ve armée, 19h30, 2 août 1914, Annexe 33.

 

22h00 : Belgique : Bruxelles, 1er Conseil des ministres.

Le journal « Le Bien Public » publie les nouvelles suivantes : « En raison de l’extrême gravité de la situation, un Conseil des ministres a été tenu d’urgence, dimanche soir, à 10 heures à Bruxelles. Les ministres d’Etat y assistaient et notamment M. Paul Hymans, créé ministre d’Etat quelques heures auparavant. Le ministre d’Allemagne à Bruxelles avait remis à 7 heures à notre ministre des Affaires Etrangères M. Davignon, un ultimatum au nom du Gouvernement allemand. Celui-ci proposait à la Belgique une entente avec le Gouvernement Impérial pour faciliter à celui-ci ses opérations ; l’Allemagne donnerait le temps à la Belgique jusqu’à ce lundi matin à 7 heures pour lui donner sa réponse. Celle-ci sera évidemment négative.

Au Conseil des ministresassistait le lieutenan-général Sellier de Moranville et le général de Rijckel, respectivement chef et sous-chef d’état-major, de même que le général Hannotau, aide de camp du roi.

Le Conseil ne s’est terminé que vers minuit. Plusieurs membres du Gouvernement ainsi que MM. Paul Hymans et Yanden Heuvel se réuniront ensuite au ministère des Affaires Etrangères afin d’y rédiger un projet de réponse à l’Allemagne. Ce projet a été soumis à un nouveau Conseil des ministres présidé par le Roi, et qui a duré 1 heure à quatre heures du matin ».

Source : S1951.

 

22h00 : Belgique, concentration des troupes.

Au Conseil des ministres tenu dans la nuit du 2 au 3 août 1914, après la réception de l’ultimatum allemand, le chef d’état-major général ne dissimula pas que l’Armée, alors en pleine réorganisation, n’était pas en état, sans secours étranger, de livrer à l’adversaire une bataille même simplement défensive. Toutefois, les forts de Liège et de Namur pouvaient se défendre avec succès pendant une durée de temps appréciable, même après le forcement de leurs intervalles ; et la forteresse d’Anvers, avec l’appui de l’Armée de campagne, était capable de résister à un siège. (Source allemande).

Source : S2527, p. 138.

 

22h50 : Belgique : communications téléphoniques avec Londres interrompues.

Le journal « Le Bien Public » publie les nouvelles suivantes : Les communications téléphoniques avec Londres sont interrompues. L’administration des téléphones nous annonce, à 10h50 du soir, que les communications téléphoniques avec Londres sont totalement interompues. Seules les communications officielles pourront encore emprunter le câble anglo-belge.

Source : S1951.

 

Lundi 3 août 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 15 minutes

 

4h00 : Belgique : Bruxelles, 2e Conseil des ministres.

Le journal « Le Bien Public » publie les nouvelles suivantes : « Plusieurs membres du Gouvernement ainsi que MM. Paul Hymans et Yanden Heuvel se réuniront ensuite au ministère des Affaires Etrangères afin d’y rédiger un projet de réponse à l’Allemagne. Ce projet a été soumis à un nouveau Conseil des ministres présidé par le Roi, et qui a duré 1 heure à quatre heures du matin. La réponse du Gouvernement belge à l’Allemagne sera communiquée dans la matinée.

A 3h50 du matin un communiqué officiel annonce à Bruxelles que les troupes allemandes sont à Visé. L’alarme a été donnée immédiatement à toutes les garnisons du pays. P.S. Le gouvernement a réfusé. Le gouvernement dément que les Allemands soient à Visé ».

Source : S1951.

 

Allemagne : mobilisation de tous les chevaux

Source : S0419.

 

Belgique, Pays-Bas : Rumeurs.

Le journal « Le Bien Public » du lundi 3 et mardi 4 août 1914 publie les nouvelles suivantes : « L’invasion du Limbourg Hollandais. Démenti à Rotterdam. A Rotterdam, cette information était absolument inconnue. L’armée hollandaise se trouve concentrée à la frontière allemande et si celle-ci avait été violée, on en serait certainement informé à Amsterdam et à Rotterdam. Les Hollandais n’appréhendent d’ailleurs pas une surprise de ce côté. Ce qui les inquiète d’avantage, c’est la position de Flesingue, devant laquelle croise la flotte anglaise. Le bruit court à Liège et il a couru également à Bruxelles, que les Allemands, a un nombre de 40 000 environ, seraient entrés dans le territoire du Limbourg hollandais, à la partie où la frontière allemande est la plus rapprochée de la Meuse, dans l’étranglement situé à la hauteur de Ziltard, et se dirigeraient vers Maesyck pour passer la Meuse ».

Source : S1951.

 

Belgique, concentration des troupes.

Le 3 août 1914 furent donnés les ordres de rassemblement des 1e, 2e, 5e et 6e divisions, dans la zone Pervéze – Tirlemont – Louvain – Wavre, de la division de cavalerie dans la région de Waremme. Les cantonnements devaient être choisis de manière à faciliter une marche vers l’Est ou le Sud-Est. Les commandants des 3e et 4e divisions reçurent comme instruction de défendre Liège et Namur, de couvrir la concentration de l’Armée et de tenir les ponts de Huy, Ombret, Englis, Ramet et Visé. Auparavant, elles avaient été déjà autorisées à faire sauter, en cas de nécessité, les ouvrages d’art de la zone frontière (ponts, tunnels, etc.), à l’exception du pont de Masseick. (Source allemande).

Source : S2527, p. 138-139.

 

Allemagne, Strasbourg : ordre de mobilision générale.

Le titre du journal Strassburger Bürger-Zeitung : Annonce officielle et légale : « Ordre de mobilisation générale diffusé par le général commandant le XVe corps d’armée allemand : Le premier jour de mobilisation est le 2 aôut 1914 ».

Source : S0442.

 

Allemagne, Strasbourg : état de siège.

Le titre du journal Strassburger Bürger-Zeitung : Annonce officielle et légale : « Publication des dispositions de la loi concernant l’état de siège ».

Source : S0442.

 

Allemagne, Strasbourg : ordre du gouvernement de la place.

Le titre du journal Strassburger Bürger-Zeitung : Annonce officielle et légale, ordre du gouvernement de la place : Interdiction d’envoyer des missives privées contenant des renseignements sur les mouvements de troupe et les ouvrages de fortification ; Interdiction de monter sans autorisation sur la plate-forme de la Cathédrale ; Interdiction de posséder des pigeons, tous les pigeons détenus doivent immédiatement être tués ; Toutes les personnes qui n’ont pas le statut de fonctionnaire d’Etat ou d’officier doivent immédiatement remettre toutes leurs armes au bureau de police ; Interdiction d’exporter des vivres et des matériaux stratégiques.

Source : S0442.

 

Belgique : la situation est grave.

Le journal « Le Bien Public » du lundi 3 et mardi 4 août 1914 titre dans son numéro spécial : « Situation extrêmement grave pour la Belgique – Un ultimatum de l’Allemagne à la Belgique ».

Source : S1951.

 

Journée : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Mutzig, chroniques scolaires du directeur d’école Monsieur Koehly : « Le « Landsturm » (territoriaux armés ou non armés (âgés de plus de 45 ans), c’est-à-dire tous les jeunes gens entre 17 et 20 ans ainsi que tous les hommes de 39 à 45 ans, qui n’ont jamais porté les armes, est convoqué au Holzplatz à Molsheim (actuel terrain de sport de Molsheim). Une vive animation règne à Molsheim durant toute la journée. Ils sont des milliers à attendre là. Des colonnes sont formées qui, sous surveillance militaire, sont dirigés vers le fort. Certains groupes entonnent des chants patriotiques. Le temps est lourd ; vers le soir il pleuvra légèrement : les colonnes sont alors réparties dans les villages environnants. Mon fils me ramène quatre camarades d’études de Schirmeck. Pendant la journée ils travaillent au fort, le soir ils reviennent chez nous. On dégage les abords du fort : buissons, vignes, de nombreux arbres fruitiers sont coupés. On déboise même du côté du Felsbourg ».

Source : S0192.

 

10h00 : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « Ce matin, 300 hommes ont reçu les Saints Sacrements. Vers 10 heures, une grande partie d’entre eux a quitté le village. Les jeunes gens chantaient : « O Strassburg, o Strassburg, etc. », « A présent adieux, mon pays bien aimé, etc. », mais au ton de la chanson on constatait qu’il ne chantait pas avec cœur. Le pharmacien est également parti aujourd’hui alors que le médecin a déjà été incorporé hier. Cette nouvelle locale a encore plus aggravé l’anxiété des habitants ».

Texte original / Original-Text : Tagebuch von A. Postina, Pfarrer von der Wantzenau, nördlich von Strassburg. 3. August. Heute Morgen empfingen 200 Mann die hl. Sakramente. Um 10 Uhr verliess eine grosse Anzahl derselben das Dorf. Die jüngeren Leute sangen : O Strassburg, o Strassburg, usw., Nun ade, du mein lieb’Heimatland, usw., aber der Gesang, man merkte es, kam ihnen nicht so recht von Herzen. Auch der Apotheker ging heute früh weg, nachdem der Arzt bereits gestern eingerückt war. Die Kunde hiervon steigerte noch die schon herrschende Unruhe bei der Bevölkerung.

Source : S0216, p. 8.

 

10h30 : France : état-major général.

Le 3 août 1914, dans la matinée, par message téléphoné, le général en chef rappelle aux commandants des corps de couverture et du corps de cavalerie le premier paragraphe de son Instruction générale du 2 août 1914 pour la couverture ; il insiste sur l’impérieuse obligation de ne pas dépasser ma frontière. « S’il y a des incidents, ils ne doivent naître et se développer que sur le territoire français ».

Source : S1234, p. 87 ; Général Joffre. Message téléphoné à généraux commandant les 2e, 6e, 7e, 20e et 21e C.A. et C.C., 10h30, 3 août 1914, Annexe 37.

 

11h00 : Allemagne, Strasbourg : réunion du Conseil municipal.

Le titre du journal Strassburger Bürger-Zeitung : Le conseil municipal se réunit d’urgence aujourd’hui à 11h00 pour prendre les mesures dans le cadre de la mobilisation générale.

Source : S0442.

 

13h40 : Allemagne, France, Belgique : l’Allemagne déclare la guerre à la France et à la Belgique.

L’Allemagne se déclare en état de guerre avec la Belgique et la France.

Sources : S0132. S1070. S1344.

 

Grande-Bretagne : La Grande-Bretagne déclare garantir les frontières belges. 

Source : S1070.

 

Mulhouse, IR 112, Allemagne, récit de Dominique Richert.

« Le 3 août, un avion français survola très haut la ville, en décrivant de grands cercles. Tous les soldats tirèrent en l’air, et à chaque instant, on s’attendait à ce qu’il tombe, abattu ; mais il continuait tranquillement son chemin. Une foule de civils s’étaient rassemblée sur la place de la gare pour mieux voir. Soudain, l’un des badauds cria : « Une bombe ! » très vite, le groupe se dispersa, disparaissant dans la gare et dans les bâtiments environnants. Moi-même, je me précipitais dans la gare, dans l’attente de l’explosion imminente. Mais le calme persista. J’osai alors quelques pas sous l’auvent, regardai en l’air, et vis descendre un objet autour duquel flottait quelque chose. « Ca, ce n’est sûrement pas une bombe », pensais-je. En réalité, il s’agissait d’un beau bouquet de fleurs, de myosotis essentiellement (Vergiss mein nicht, « ne m’oublie pas »), maintenu par un ruban bleu, blanc, rouge. Un salut de la France à la population alsacienne ».

Source : S0620.

 

18h00 : France Lunéville : bombardement allemand.

Vers 18 heures, un aéroplane survole Lunéville et laisse tomber trois bombes sur la localité.

Source : S1234, p. 89.

 

18h45 : France : l’ambassadeur Allemand remet une lettre déclarant l’état de guerre avec la France.

Les minutieuses précautions prises le 30 juillet 1914 et multipliées les jours suivants pour éviter le moindre prétexte à toute violation de frontière adverse ou neutre n’empêchent pas le gouvernement allemand de nous reprocher les méfaits dont lui-même se rend délibérément coupable. L’Allemagne a décidé la guerre : il lui faut un prétexte.

C’est ainsi que le 3 août 1914 à 18h45, au cours de son audience de départ, l’ambassadeur d’Allemagne le baron de Schoen, remet à M. Viviani une lettre qui, arguant d’actes d’hostilités caractérisés qui auraient été commis sur le territoire allemand par des aviateurs français près de Wesel, dans le région de l’Eifel, à Karlsruhe et à Nuremberg, se termine par la déclaration suivante : « En présence de ces agressions, l’empire allemand se considère comme en état de guerre avec la France du fait de cette dernière puissance ». Dans la soirée, l’ambassadeur d’Allemagne recevait ses passeports et quittait aussitôt Paris.

Ces accusations mensongères ne sont qu’une nouvelle manifestation de la mauvaise foi germanique. Aussi, dans une lettre qu’il adresse le même jour à M. Paul Cambon, ambassadeur à Londres, M. Viviani signale « la campagne allemande de fausses nouvelles qui commence ». « Il me revient, écrit le président du conseil, que l’ambassadeur d’Allemagne aurait déclaré au Foreign-Office qu’hier matin 80 officiers français en uniforme prussien auraient essayé de traverser la frontière allemande dans douze automobiles à Walbeck, ouest de Geldern, et que ceci constituait une très sérieuse violation de neutralité par la France. Veuillez démentir cette nouvelle de pure invention ».

Ce même jour, les violations de territoires ont continué sur la frontière de Lorraine, qui est franchie en plusieurs endroits par des patrouilles de cavalier ou de cyclistes allemands. Des rencontres se produisent avec nos éléments avancés de couverture à Réméréville, Arrancourt, Leintrey et dans la région de Réchicourt.

Sources : S1234, p. 88 ; Lettre remise à M. Viviani par l’ambassadeur d’Allemagne, 3 août 1914 à 18h45. Livre Jaune, 1914, pièce n°147 ; M. Viviani. Lettre à M. Paul Cambon, ambassadeur à Londres. Livre Jaune, 1914, pièce n°146. S2548, p. 43.

 

Belgique : le gouvernement belge refuse l’ultimatum allemand. 

Source : S1070.

 

Soir : Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne & France : nouvelles diverses.

Dans la soirée parviennent les nouvelles suivantes : La Belgique repousse avec indignation l’ultimatum de l’Allemagne demandant le libre passage à travers son territoire. A la chambre des communes, sir Edward Grey a déclaré que si une flotte étrangère pénétrait dans la Manche et attaquait les côtes françaises, l’Angleterre ne saurait rester neutre et qu’en outre elle est intéressée à défendre le territoire de la Belgique.

Ainsi, le 3 août au soir, la France et la Russie se trouvent en état de guerre avec l’Allemagne.

Source : S1234, p. 88.

 

Nuit : Belgique, concentration des troupes.

Pendant la nuit du 3 au 4 août 1914, le gouvernement belge acquit la certitude que les Allemands étaient prêts à envahir, d’un instant à l’autre, le territoire belge avec des forces considérables. Alors, avant même le franchissement de la frontière par des troupes allemandes, les gouverneurs militaires des provinces furent avisés de ne pas avoir à considérer comme violation de la neutralité les mouvements de troupes françaises en Belgique. La 3e division fut rassemblée à Liège, sur l’ordre du Roi ; une brigade mixte de la 4e division, envoyée de Namur à Huy, fut également dirigée sur Liège. (Source allemande).

Source : S2527, p.139.

 

Mardi 4 août 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 13 minutes

 

Belgique, violation des frontières : L’armée allemande viole la neutralité de la Belgique

Source : S1344.

 

Grande-Bretagne : La Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne.

Source : S0132.

 

Italie : l’Italie se déclare neutre.

Source : S0132.

 

5h30 : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Dr. Aloys Postina.

« Ce matin vers 5h30, les chevaux ont été emmenés à Schiltigheim, 92 chevaux et 10 voitures ont été réquisitionnés, pour lesquels ont été payé 150 000 M. C’est vrai, il s’agit d’une belle somme, mais avec cela ont ne pourra pas rentrer la récolte dont la moitié est encore dehors ! A présent, environ 400 personnes du sexe masculin ont quitté le village. Le pharmacien est revenu ce matin, il a droit de rester ici ».

Texte original / Original-Text : Tagebuch von A. Postina, Pfarrer von der Wantzenau, nördlich von Strassburg. 4. August. Um 5,30 Uhr morgens wurden die Pferde nach Schiltigheim geführt, 92 Pferde und 10 Wagen wurden requiriert, wofür 150 000 M. ausbezahlt wurden. Gewiss eine schöne Summe, aber damit lässt sich die Ernte, welche noch zur Hälfte dreussen ist, nicht einbringen ! Gegen 400 männliche Personen haben nunmehr das Dorf verlassen. Heute Morgen kam der Apotheker wieder zurück, er darf hier bleiben. Noch in später Stunde (10 Uhr) suchten Gruppen von Soldaten Notquartiere.

Source : S0216, p. 8.

 

Journée : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Mutzig, chroniques scolaires du directeur d’école Monsieur Koehly.

« Réquisition des chevaux de Mutzig pour le « Bezirkskommando » de Molsheim. A cet effet je fus désigné comme secrétaire par la « Kaiserlische Kreisdirektion ». Un peu plus de 200 chevaux ont été amenés, rares sont ceux qui n’ont pas été réquisitionnés. Nos voituriers – même le livreur assurant le service de la gare à la ville – se voient privés de tous leurs chevaux. A elle seule, la part de la brasserie s’élève à environ 20 000 marks en chevaux et mulets réquisitionnés. On estime à 150 000 marks la valeur totale des bêtes emmenées ».

Source : S0192.

 

France : emploi du corps de cavalerie.

En raison de la menace qui résulte de la violation du Luxembourg par les troupes allemandes, le général Sordet est autorisé, s’il le juge opportun, à pousser le corps de cavalerie à l’est de Mézières, le lendemain 4 août 1914, dans les conditions prévues pour le 4e jour, dans les conditions prévues pour le 4e jour dans l’instruction du 9 mars 1914.

Source : S1234, p. 87 ; Général commandant le C.C. Instruction 14/3, 9 mars 1914, Annexe 9.

 

Belgique, concentration des troupes.

Tandis que les Allemands exécutaient déjà les mouvements préparatoires au coup de main sur Liège, les 1e, 2e, 5e et 6e divisions se concentraient, les 4 et 5 août 1914, partie à pied, partie par chemin de fer dans la zone qui leur avait été indiquée. (Source allemande).

Source : S2527, p. 139.

 

Allemagne, titre du journal Strassburger Bürger-Zeitung : « Attaque des troupes françaises – Mise en place de l’état de guerre – Violation de la neutralité belge ».

« Berlin 3 août 1914. Jusqu’à présent, les troupes alllemandes avaient reçues l’ordre de ne pas franchir la frontière française. Mais depuis hier, sans déclaration de guerre, des troupes françaises ont attaquées nos postes frontières. Bien que la France nous ait promis de mettre ses troupes en dehors de la zone tampon des dix kilomètres de la frontière, ses troupes ont franchi celle-ci à plusieurs endroits et occupés des villages allemands. Des bombardiers français s’attaquent à des installations au pays de Bade et en Bavière, et viollent la neutralité belge pour se rendre sur nos provinces du Rhin. La France a ainsi commencé les hostilités et installé un état de guerre. La sécurité de notre empire nous oblige à nous défendre. L’emprereur a donné les ordres en conséquence et notre ambassadeur à Paris à demandé ses passports ». (Source allemande).

Source : S0442.

 

Mulhouse, IR 112, Allemagne, récit de Dominique Richert.

« Le 4 août, deux trains remplis d’employés allemands quittèrent Mulhouse en direction du pays de Bade. Ils nous firent cadeau de plusieurs bouteilles de vin, aussitôt dégustées avec plaisir. C’est alors que l’on apprit que la guerre n’opposait pas seulement l’Allemagne à la France, mais l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et la Turquie d’un côté, à la France, la Russie, la Belgique, la Grande-Bretagne et la Serbie de l’autre. Alors là, il va y avoir du grabuge, pensais-je ».

Source : S0620.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : ordre secret du Gouvernement de la place adressé aux bataillons de travailleurs.

« Strasbourg, le 4 août 1914. Gouvernement. 1 C IVa 10/14 M.

En ce qui concerne l’annexe des mesures de mobilisation du Gouvernement de la place forte du 25 mars 1914, Ib. N° 180 « Secret », les ordres complémentaires suivants sont donnés.

Pour le ravitaillement des travailleurs des vivres ont été entreposés conformément à la liste suivante.

La perception de ce fait contre un reçu, comme suit : pour le secteur Nord au dépôt de Schiltigheim, pour le secteur Nord-Ouest au dépôt de Cronenbourg, pour le secteur Ouest au dépôt de Koenigshofen, pour le secteur Sud au dépôt de Grafenstaden, pour le secteur Est au dépôt de Kehl, pour le centre-ville intramuros à la nouvelle Manutention ou service des subsistances « Neues Proviantamt », pour la Feste K.W.II à Soultz-les-Bains « Sulzbad » et à la Feste K.W.II. Si les travailleurs sont en mesure d’assurer eux-mêmes leur subsistance ou si des restaurateurs prennent en charge leur alimentation contre une somme de 1,20 M par personne, cela est naturellement souhaité. Les factures doivent mentionner le nombre de portions et le poids de la nourriture. La réception se fait toujours quelques jours auparavant. L’installation des points de cuisson « Kochstellen » et la préparation des repas est à la charge individuelle des autorités ou réalisé en commun conformément à l’annexe 9 des mesures de mobilisation. Des marmites pour la cuisson « Kochkessel » sont disponibles en nombre suffisant dans les communes. Il suffit de les demander à la mairie (Bürgermeisteramt). La modification des listes de dépôts « Speisezettel » peut être nécessaire. Les accords de ce type doivent être coordonnés avec les différents comités des dépôts, et les souhaits doivent y être soumis. La nourriture pour les chevaux de la mise en état de défense doit être perçue aux mêmes endroits. Les dépôts de vivres seront en mesure de distribuer la nourriture à compter du 3e jour de mobilisation. V. s. d. G. Signature ».

Source : S2675.

 

Allemagne : extrait d’une chanson d’un bataillon de Landwehr : extrait d’une chanson de Friedrich SCHROPP du Strassburger Landsturm – I. Infanterie-Ersatz-Bataillon 61 – I. Kompagnie.

Lied über seine Erlebnisse während des Krieges 1914/15“ (une chanson sur les événements qu’il a vécu lors de la guerre 1914/15) :

Traduction française.

4 août

C’était le 4e jour d’août

Que j’ai dû partir sous le drapeau !

Moi ancien territorial

On mefait revêtir la tenue « Feldgrau »

 

Bientôt nous étions rassemblés en lignes et rangs

Et chantions maintes chansons de soldats.

De Strasbourg nous partîme bientôt,

Vers un lieu inconnu.

 

Avec la musique en tête que nous sortions par la porte

Chère mère était devant la maison.

Elle nous regarda très soucieuse,

Que maintes larmes courraient devant ses yeux.

 

Texte original en allemand / Original Text

4. Aug.

 

Um vierten Tag war’s im August,

Daß ich zur Fahne fortgemusst!

Als schon bejahrter Landsturmmann

Zieht man mir die „Feldgraue“ an.

 

Wir standen bald in Reih’ und Glied’

Und sangen manch Soldatenlied.

Von Straßburg zogen wir bald fort,

Uns unbekannt, an welchen Ort.

 

Mit Musik ging’s zum Tor hinaus ;

Lieb’ Mütterlein stand vor dem Haus.

Mit banger Sorg’ sah sie uns an,

Ihr manche Trän’ vom Auge rann.

Source: S1164.

 

16h00 : Grande-Bretagne : mobilisation de l’armée.

A 4 heures après-midi : l’Angleterre ordonne la mobilisation de l’Armée. (Source allemande).

Source : S2527, p. 50.

 

18h00 : Lunéville : bombardement.

On s’accorde à estimer que la guerre a été déclarée à la France le 4 août 1914, à 17h45. Or à 18 heures, soit un quart d’heure après que M. de Schoen avait prononcé les fatales paroles, un avion allemand, évoluant à 1 500 mètres, lançait trois bombes sur Lunéville. Un des projectiles tomba dans une rue du centre de la ville, endommageant la chaussée, un autre, à dix mètres de la sous-préfecture, détruisait en partie le toit d’un vaste hangar en brisant toutes les vitres, le troisième ne causait aucun dégât. (Source française).

Source : S0223.

 

22h00 : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« Encore tard le soir (22 heures), des groupes de soldats cherchèrent des hébergements d’urgence ».

Texte original / Original Text : Noch in später Stunde (10 Uhr) suchten Gruppen von Soldaten Notquartiere.

Source : S0216, p. 8.

 

Mercredi 5 août 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 10 minutes

 

Grande-Bretagne : le Royaume-Uni déclare la guerre à l’Allemagne

Source : S1344.

 

Serbie : la Serbie déclare la guerre à l’Autriche.

Source : S0132.

 

Montenegro : le Montenegro déclare la guerre à l’Autriche.

Source : S0132.

 

France : le général Joffre installe son G.Q.G. à Vitry-le-François

Source : S1344.

 

France, témoignage du médecin Louis Maufrais.

« Le lendemain, le 3 août, je reçus ma feuille de route. J’avais l’ordre de me rendre à la gare le 5 août avant sept heures, afin de rejoindre le dépôt du 136e régiment d’infanterie à Saint-Lô.

Les rues de Dol offraient deux sortes de distractions : les réquisitions des chevaux et de voitures attelées, emmenées en file à Fougères. Et les dragons (troupe de cavalerie, à l’origine infanterie montée. Les escadrons de dragons, pendant la Grande Guerre, furent adjoints à des divisions d’infanterie et des escadrons à pied pour participer à la guerre des tranchées) de Dinan qui, escadron par escadron, venaient s’embarquer à la gare de Dol. Ils avaient belle allure avec leur casque à cimier. Couverts de fleurs, bourrés de cigarettes, de cigares, beaucoup étaient éméchés. On leur donnait sans cesse à boire. Je me souviens d’un brigadier, lance en main, debout sur ses éperons, disant à un gamin dans la rue : Tu vois ça, avec ça, on enfile un Boche comme une merde.

Mes parents et ma sœur étaient désolés de me voir partir dans l’infanterie. J’essayai de les raisonner un peu en leur expliquant qu’après tout je faisais partie du service de santé et que, si je devais être dans l’infanterie un moment, rien ne disait que, un peu plus tard, je ne serais pas dans une autre arme ou dans une ambulance quelconque. Enfin, ce n’était pas à Saint-Lô que j’aurais beaucoup à souffrir des Allemands…».

Source : S2529, p. 28.

 

Belgique, l’armée de campagne est prête à marcher : Le 5, l’Armée de campagne était mobilisée avec toutes ses forces. Le même jour, la garde civique sédentaire, était « tant dans l’intérêt de la défense nationale » que pour le bien de « l’ordre public » appelée à l’activité. (Source allemande).

Source : S2527, p. 1353.

 

Belgique, concentration des troupes : Le Roi prend le commandement en chef et arrive, le 5 août 1914, à Louvain. (Source allemande).

Source : S2527, p. 139.

 

10h00 : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« Après la sainte messe, le curé averti les nombreux croyants, dont de nombreux soldats, sur l’état critique de la situation, et il demande que l’on double la générosité et que l’on s’entre aide pour renter les récoltes. A 10 heures se déroulent les obsèques de l’entrepreneur F. X. Roth, âgé de 83 ans. Ce vieillard très travailleur ne devait plus voir les vilains jours de la guerre. La paroisse perd beaucoup avec la disparition de cet homme très généreux, « dont tout ceux qui l’on connu avait beaucoup d’estime ». Qu’il repose en paix ! Hier (jeudi), l’appariteur municipal a fait le communiqué suivant : Le service des subsistances militaires « Proviantamt » de Strasbourg achète des moutons et des porcs, et aujourd’hui, l’administration militaire à Brumath, achète des animaux à abattre ».

Texte original : 5. August. Nach der heiligen Messe machte der Pfarrer die zahlreiche Gläubigen, unter denen auch viele Soldaten waren, auf die ernste Lage aufmerksam und forderte zum verdoppelten Gebetseifer und zu gegenseitiger Hilfeleistung betreffs Einführung der Ernte auf. Um 10 Uhr fand das Begräbnis des im alter von 83 Jahren verstorbenen Unternehmers F.X. Roth statt. Der arbeitsfrohe Greis sollte die bösen Tage des Krieges nicht mehr erleben. Die Kirchengemeinde verliert viel an diesem wohltätigen Mann, « dem alle, die ihn kennen lernen, ihre Hochachtung zollen mussten ». Er ruhe in Frieden !

Source: S0216, p. 8-9.

 

Mulhouse, IR 112, Allemagne, récit de Dominique Richert.

« Le 5 août, je me mis en route avec un petit détachement, en direction d’Exbrücke (Aspach-le-Pont). Nous sommes restés deux jours sur le Kolberg, au nord du village ».

Source : S0620.

 

Jeudi 6 août 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 7 minutes

 

Autriche : l’Autriche déclare la guerre à la Russie.

Source : S0132.

 

Serbie : la Serbie déclare la guerre à l’Allemagne.

Source : S0132.  

 

6h00-9h00 : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« De 6 heures à 9 heures, il y avait fort à faire au confessionnal. L’affluence des fidèles était très grande. Dans le village circulait ce matin la rumeur suivante : trois hommes auraient poignardé un soldat à la suite d’une querelle. Les faits étaient les suivants : au cours de la nuit, un homme du bataillon de travailleurs « Arbeiterbataillon », né à Andlau, a donné un coup de couteau conséquent à jeune homme de 17 ans de Strasbourg. L’auteur du coup, d’après son audition, était un malade mental.

Depuis hier, il est nécessaire de prendre sa carte d’identité « Ausweiss » pour aller aux champs.

De nombreux attelages cherchent du gravier toute la journée pour la construction des ouvrages de fortification près du Fort Fransecky ».

Texte original : 6. August. Von 6-9 Uhr morgens gab es im Beichtstuhle zut tun. Der Andrang der Gläubigen war ein sehr grosser. Im Dorfe verbreite sich in der Frühe das Gerücht : Drei Mann hätten im Streite einen Soldaten erstochen. Der Tatbestand aber war folgender : Ein Mann der Arbeiterbataillons, aus Andlau gebürtig, brachte starke Stichwunde bei. Der Täter war, wie eine Aussagen bewiesen, geistesgestört. Seit gestern ist es nur gestattet, mit einem Ausweis ins Feld zu gehen oder zu fahren. Zahlreiche Fuhrwerke holten dans ganzen Tag hindurch Kies zu Befestigungsarbeiten beim Fort Fransecky.

Source : S0216, p. 9.

 

Belgique, concentration des troupes.

Le 6 août 1914, les troupes, en ordre de marche, avec tous leurs convois, stationnaient : la 1e division dans la région de Tirlemont, la 5e dans celle de Pervéze, la 6e vers Wavre et la 2e vers Louvain.

Les bruits qui courraient, concernant la marche des Allemands sur Liège, surprirent le gouvernement belge. On avait bien compté sur l’invasion de forces allemandes et l’investissement de Liège, mais on croyait pouvoir admettre que ces événements ne se produiraient qu’après l’achèvement de la concentration allemande. Une attaque brusquée avec des unités rapidement mobilisées et poussées en avant – comme elle eut effectivement lieu – était restée en dehors des suppositions. Les premiers renseignements surestimèrent d’ailleurs passablement les forces allemandes. On les évalua à cinq corps d’armée et on supposa qu’elles s’étaient concentrées en secret. (Source allemande).

Source : S2527, p. 139.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement aux bataillons de travailleurs.

« Strasbourg, le 6 août 1914. Gouvernement. ?? 1b 177/14 M. Les propriétaires de terrains agricoles doivent si possible être immédiatement libérés pour qu’ils puissent rentrer leurs récoltes. Les forgerons « Schmiede » doivent être transférés à l’atelier d’artillerie « Artillerie-Werkstatt ». De la part du Gouvernement. Signé von Böckmann. A transmettre à tous les bataillons de travailleurs ».

« Ordre particulier du Gouvernement. 5) Les voitures nécessaires au transport des vivres des bataillons de mise en état de défense « Armierungs-Bataillon », des compagnies de remplaçants de réserve « Ersatz-Reserve Kompanie » et des bataillons du Landsturm. Les bataillons de travailleurs du Landsturm « Landsturm Arbeiter-Bataillonen » doivent donner des personnels confirmer pour soigner les chevaux en tant que remplaçants jusqu’à la remise à niveau de l’effectif prévu. De la part du gouvernement. Signé von Böckmann ».

Source : S2675.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

« Strasbourg, le 6 août 1914. Gouvernement. ?? 1b 178/14 M. Ordre concernant l’utilisation des bataillons de travailleurs « Arbeiter-Bataillon » et des parcs de voitures « Armierungsfuhrpark » pour la mise en état de défense. 1) Les bataillons de travailleurs et les parcs de voitures ne peuvent être utilisés que dans les secteurs « Abschnitten », conformément aux annexes 3 et 4 de la Mobilisation ».

Source : S2675.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

« Strasbourg, le 6.8.14. (5e jour de mobilisation). Service des Fortifications de Strasbourg « Fortifikation Srassburg ». …B. N°. 7088 / 14. Mob. Ordre de fortification n°1 « Fortifikationsbefehl Nr. 1 ».

1) Tous les jours arrivent en complément de l’Ordre de fortification n°1 des directives valables pour les bataillons de travailleurs – l’ordre de Fortification n°2 « Fortifikationsbefehl Nr. 2 – des directives de nature techniques. La transmission de l’ordre de Fortification n°1 aux commandants des bataillons de travailleurs est ordonnée par les officiers ingénieurs des secteurs « Ing. Offiz. Der Abschnitte ».

2) Les Officiers de Poste « Postenoffiziere », les gardes des fortifications « Wallmeister » et les chefs de chantiers « Leiter der Arbeitstellen » doivent recevoir leur habillement. La première moitié doit être envoyée aujourd’hui après le travail à l’I.R. 136 Manteuffelkaserne au Steinring, et l’autre moitié demain (l’ordre a déjà été transmis par télégraphie).

3) Seront équipés d’armes de frappe matraques « Hiebwaffen ».

a) Les Officiers de Poste « Postenoffiziere », les gardiens des fortifications « Wallmeister » et les chefs de chantiers « Leiter der Arbeitstellen »

b) Les gradés des bataillons de travailleurs « Dienstgraden der Arbeiterbataillone »

Les officiers ingénieurs des secteurs transmettent aux bataillons de travailleurs leur dotation, et ces derniers peuvent percevoir leurs armes contre un reçu à l’arsenal et elles doivent être transmises contre un reçu. Signé Wennhain ».

Source : S2675.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

« Strasbourg, le 6 août 1914. Gouvernement. N°?? 1b 179/14 M. Points de dislocation des commandants des bataillons de travailleurs

Secteur Nord

Arbeiter-Bataillon I : Reichstett (école) Mairie, Hauptmann Heitz

Arbeiter-Bataillon III: Reistett, Rittmeister Ruland, provisoirement Hauptmann Heitz.

Secteur Nord-Ouest

Arbeiter-Bataillon II: Dingsheim, Major Schniewind

Arbeiter-Bataillon XIII: Mundolsheim, école, Hauptmann Wündich

Arbeiter-Bataillon XIV: Mittelhausbergen, Rittmeister von Fiserne

Secteur Ouest

Arbeiter-Bataillon XV: Achenheim, école, Hauptmann Schreiber, Feldwebelleutnant Sellix

Arbeiter-Bataillon XVI: Ecbolsheim, mairie, Hauptmann Kramer.

Arbeiter-Bataillon III Wolfisheim, restaurant Trambahn, Hauptmann Wittmann

Arbeiter-Bataillon IV: Ittenheim, école, Hauptmann Schläger

Secteur Sud

Arbeiter-Bataillon VI: Plobsheim, école, Hauptmann Wiedenhöfer

Arbeiter-Bataillon XVII: Grafenstaden, mairie, Major von Görschen

Arbeiter-Bataillon XVIII: Ohnheim, provisoirement Leutnant Wägner

Arbeiter-Bataillon V: Ostwald, mairie, Hauptmann Donath.

Secteur Est

Arbeiter-Bataillon XXXI: Marlen, Hauptmann Neuerburg

Arbeiter-Bataillon XXXII: Kork, provisoirement Major von Feder

Arbeiter-Bataillon XXXIII: Kehl, Rittmeister von Hardenberg

Secteur K.W. II

Arbeiter-Bataillon VII: Molsheim, Hauptmann Hotop

Arbeiter-Bataillon VIII: Dinsheim, Hauptmann Przyrembel

Arbeiter-Bataillon IX: Wangen, Hauptmann Scheffen

Arbeiter-Bataillon XIX: Sulzbad, Oberleutnant Bertelsmann

Secteur Positions de la Bruche

Arbeiter-Bataillon X: Breuschwickersheim, provisoirement Leutnant von Papen, Feldwebelleutnant Schumann

Secteur de la ville

Arbeiter-Bataillon XI: Strasbourg-ville (Kdtr.), Artillerie-Depot IIe étage, Hauptmann Lieber

Arbeiter-Bataillon XX, Strasbourg-ville (Kdtr.), Major Collet ».

Source : S2675.

 

Journée : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Mutzig, chroniques scolaires du directeur d’école Monsieur Koehly.

« L’évêque de Strasbourg ordonne des prières pour la guerre. Une fébrile activité de la Caritas débute à Mutzig. Pour commencer, une souscription de 3 000 marks assurera à 200 enfants nécessiteux une nourriture suffisante pendant la guerre. Des réserves sont constituées à l’école, la salle d’asile est aménagée en réfectoire. Les provisions sont déposées en classe V. Puis suivent les quêtes pour la Croix Rouge. Grâce à des dons privés, la grande salle des enchères de la mairie est transformée en hôpital de campagne doté de 42 lits offerts par des particuliers. Des autorités militaires aménagent la Maison des Œuvres catholique. L’hôpital de Mutzig devient hôpital de campagne ».

Source : S0192

 

Soir & nuit : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« A partir de hier soir et pendant toute la nuit se déroulèrent des séances de prières devant le tabernacle ouvert. Jusqu’à 22 heures, l’église était bien pleine ; même de nombreux soldats sont venus ».

Source : S0216.

 

Vendredi 7 août 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 4 minutes

 

France, Alsace : Offensive française en Haute-Alsace.

Sources : S0132. S1344.

 

Allemagne, Russie : Les troupes russes pénètrent en Prusse-Orientale.

Source : S1344.

 

5h00 : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« Ce matin à 5 heures, il y avait déjà des croyants devant le confessionnal. 283 personnes, dont également quelques hommes, reçurent la communion de repentance « Sühnekommunion ». Le tabernacle resta ouvert toute la journée, et bien des soldats sont apparus, pour se repentir devant le tabernacle. Vers 20 h 30 le soir, se déroulait pour la première fois, la messe « Bittgottesdienst » prescrite par l’évêque. Malgré tout le travail qui restait à faire, l’église était comblée. A présent la citation suivante reprend de la valeur : « Not lehrt beten » (Le besoin apprend à prier) ».

Source : S0216.

 

Allemagne : les opérations en Haute Alsace.

Les événements se précipitent ! Le général qui commande le 7ème corps d’armée français de la 1ère armée du Général Dubail, donne l’ordre à ses 2 divisions de franchir la frontière le 7 août. Thann et Altkirch tombent entre leurs mains le même jour.

Source : S0175, p. 181.

Les troupes françaises viennent de prendre Thann.

Source : collection MJR.

Carte postale ancienne allemande illustrant les combats à Altkirch.

Source : collection MJR.

Carte des positions françaises les 6, 7 et 8 août 1914 près de Mulhouse.

Source : Les Armées Françaises dans la Grande Guerre.

Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

Strasbourg, le 7 août 1914. Concerne l’utilisation des bataillons de travailleurs et des parcs de voitures de la mise en état de défense « Armierungsfuhrparks ».

Les bataillons de travailleurs et les parcs de voitures ne doivent être employés que dans leur secteur, conformément à la répartition faite dans les annexes 3 et 4 de la Mobilisation. Tout emploi en dehors de leur secteur nécessite l’autorisation du Gouvernement.

Cette consigne est également valable pour les bataillons de Landsturm et les compagnies de complément de réserve « Ersatz-Reserve-Kompagnien ».

Toutes les voitures et les chevaux d’un secteur sont affectées à la compagnie du train de forteresse du Landsturm « Festungs-Train-Kompagnie ».

Secteur Nord : 1. Landsturm-Festungs-Train-Kompagnie (Reichstett), affecté au bataillon de travailleurs I Reichstett.

Secteur Nord-Ouest : 2. Landsturm-Festungs-Train-Kompagnie, affecté au bataillon de travailleurs II Dingsheim.

Secteur Ouest : un demi 3. Landsturm-Festungs-Train-Kompagnie, affecté au bataillon de travailleurs III Wolfisheim.

Positions de la Bruche : 4. Landsturm-Festungs-Train-Kompagnie, affecté au bataillon de travailleurs X, Breuchwickersheim.

Secteur Sud : un demi 3. Landsturm-Festungs-Train-Kompagnie, affecté au bataillon de travailleurs XVII Grafenstaden.

Secteur Ville : 5. Landsturm-Festungs-Train-Kompagnie, affecté à la Manutention « Proviantamt » et à l’Officier Communications de la place « Verkehrs-Offizier vom Platz ».

Secteur Ville : 6. Landsturm-Festungs-Train-Kompagnie, affecté au Dépôt d’artillerie « Artillerie-Depot » et au Gouvernement conformément aux directives particulières.

Les besoins en voitures pour le transport des vivres au profit des bataillons de travailleurs, des compagnies de complément de réserve « Ers. Res. Komp. » et des bataillons de Landsturm doivent être prélevés dans leur parc de voitures. Les bataillons de travailleurs doivent détachés des personnels chargés de soigner les chevaux « Pferdepfleger » jusqu’à ce que les militaires du rang manquants soient complété conformément à l’effectif de l’état de guerre.

Lieu de déploiement et commandant des bataillons de travailleurs.

Secteur Nord :

Arbeiter-Bataillon I : Reichstett (mairie) ; (Hptm. Heitz)

Arbeiter-Bataillon III : Reichstett ; (Hptm. Heitz)

Secteur Nord-Ouest:

Arbeiter-Bataillon II : Dingsheim (école) ; (Major Schniewind)

Arbeiter-Bataillon XIII : Mundolsheim ; (Hptm. Wündisch)

Arbeiter-Bataillon XIV : Mittelhausbergen (école) ; (Rittm. V. Fiserne)

Secteur Ouest :

Arbeiter-Bataillon XV : Achenheim (école) ; (Fw.Lt. Sellin)

Arbeiter-Bataillon XVI : Eckbolsheim (mairie) ; (Hptm. Kramer)

Arbeiter-Bataillon III : Wolfisheim (Trambahn) ; (Hptm. Wittmann)

Arbeiter-Bataillon IV : Ittenheim (école) ; (Hptm. Schläger)

Secteur Sud :

Arbeiter-Bataillon VI : Plobsheim (école) ; (Hptm. Wiedenhöfer)

Arbeiter-Bataillon XVII : Grafenstaden (mairie) ; (Major v. Görschen)

Arbeiter-Bataillon XVIII : Ohnheim (mairie) ; (provisoirement Major v. Feder – Lt. Wägner)

Arbeiter-Bataillon V : Ostwald (mairie) ; (Hptm. Donath)

Secteur Est :

Arbeiter-Bataillon XXXI : Marlen ; (Hptm. Neuerburg)

Arbeiter-Bataillon XXXII : Kork ; (provisoirement Major v. Feder)

Arbeiter-Bataillon XXXIII : Kehl ; (Rittm. V. Hardenberg)

Secteur KWII :

Arbeiter-Bataillon VII : Molsheim ; (Hptm. Hotop)

Arbeiter-Bataillon VIII : Dingsheim ; (Hptm. Prsyrembel)

Arbeiter-Bataillon IX : Wangen ; (Hptm. Scheffen)

Arbeiter-Bataillon XIX : Sulzbad (Soulz-les-Bains) ; (Oblt. Bertelsmann)

Secteur Positions de la Bruche :

Arbeiter-Bataillon X : Breuchswickersheim ; (Hptm. Provisoirement Lt. V. Papen)

Secteur Ville :

Arbeiter-Bataillon XI : Strasbourg-ville ; (Hptm. Lieber)

Arbeiter-Bataillon XX : Strasbourg-ville (caserne Friedrich-Kaserne, chambre 36, 37 près de l‘Esplanade – avant 1/143) ; (Major Collot)

Source : S2675.

 

Mulhouse, IR 112, Allemagne, récit de Dominique Richert.

« Le 7 août, je vis mes premiers Français ; il s’agissait de patrouilles qui progressaient dans les champs de blé. Nous nous sommes tirés dessus mutuellement, sans qu’il n’y ait de pertes d’un côté ou de l’autre. Ce baptême du feu me causa beaucoup d’émotions. On reçut l’ordre de se retirer au-delà du Rhin, jusqu’à Neuenburg. A la pointe du jour, on franchit le Rhin sur un pont de bateaux. Nous avons monté notre camp de toile près du cimetière de Neuenburg et nous sommes allongés, prêts à dormir, afin de récupérer de notre longue marche ».

Source : S0620.

 

Allemagne : extrait d’une chanson d’un bataillon de Landwehr : extrait d’une chanson de Friedrich Schropp du Strassburger Landsturm – I. Infanterie-Ersatz-Bataillon 61 – I. Kompagnie.

Lied über seine Erlebnisse während des Krieges 1914/15 (une chanson sur les événements qu’il a vécu lors de la guerre 1914/15).

Traduction française.

7 août

C’est devant Wolfisheim que retenti « Halte ! »

Pour le champ de bataille vous être trop vieux !

Ici nous prirent nos quartiers,

Détachés aux travaux de fortification.

 

Ici nous travaillons avec nos mains laborieuses

Dans les tranchées en bordure de la colline.

Avec bêches, pioche et fusil,

Nous réalisons le travail.

 

Avec du barbelé qu’elles sont couvertes

A installer par la 3e section.

Les journées étaient dès fois très torides,

Notre front était souvent en sueur.

 

Et lorsque le soir nous rentrons,

L’adjudant d’unité vient avec son regard sévère.

« Venez ici et écoutez tous ! » nous dit-il.

Et commence un discours interminable.

 

Cela ne le dérangeait pas, que nos femmes,

Fort longtemps durent le regarder,

Comme il nous chicane avec ses mots,

Comment on nettoye le cuir, et graisse les bottes.

 

Mais enfin il arrive quand même à la fin,

Parce qu’il penser au repas !

Il dit « c’est délicieux », est-ce bon pour vous,

Même si les flageollets ne sont pas bien cuits.

 

Au lieu du congé et de la femme dans les bras,

On nous dit souvent : « Ce soir nous avons une alarme ! »

Et le dimanche on nous appelle pour le rassemblement,

Tous les hommes sont présents !

 

C’est Messieurs prennnet leurs aises,

Dans des lits ont dort bien.

Sur la paille, on nous couche pour le repos,

Dans l’étable avec le cheval et la vache !

 

Et pour que nous ne perdions pas de temps,

On a également fait un peu d’exercie.

Se déplacer en groupe à droite et à gauche,

Et se déployer face au clocher.

 

Vers la Museau sur le stand de tir,

Plus d’une balle vole là dans le sable,

Cela devait être une punition,

Si l’on venait là réunit devant les cibles.

 

Version originale, en allemand.

7. Aug.

Vor Wolfisheim, da heißt es „Halt !“

Fürs Schlachtfeld seid Ihr schon zu alt !

Hier wurden wir dann einquartiert,

Zur Festungsarbeit kommandiert.

 

Da schaffen wir mit fleiß’ger Hand

Im Schützengraben am Bergesrand.

Mit Spaten, Pickel und Gewehr,

So stellten wir die Arbeit her.

 

Mit Stacheldraht sind die Verhaun

Vom dritten Zuge aufzubau’n.

Die Tage waren manchmal heiß,

Auf unsrer Stirn stand oft Schweiß.

 

Und kehren abends wir zurück,

Da kommt der „Spieß“ mit strengem Blick.

„Hierher hören !“ spricht er dann.

Und fängt ‚ne Dauerrede an.

 

Es rührt ihn nicht, wenn uns’re frau’n

Gar langen mussten ihm zuschau’n ;

Wie er mit Worten uns traktiert,

Wie Leder putzt man, Stiefel schmiert.

 

Doch endlich kam er doch zum Schluß,

Weil er ans Essen denken muß !

Er spricht, „vorzüglich“ schmeckt es Euch,

Wenn auch die Bohnen sind nicht weich.

 

Statt Urlaub und statt Frau im Arm,

Heißt’s stets : „Heut’ Abend ist Alarm !“

Und Sonntags ruft man zum Appell,

Es sind mir alle Mann zur Stell’ !

 

Die Herren machten sich’s bequem,

Im Bette schläft man angenehm.

Auf’s Stroh, da legt man uns zur Ruh’

Im Stall beim Pferd oder bei der Kuh !

 

Und dass man keine Zeit verliert,

Ward auch ein wenig exerziert.

In Gruppen link’s und rechts geschwenkt

Und nach dem Kirchturm ausgeschwärmt.

 

Zur Musau, auf dem Scheibenstand,

Manch’ Kugel flog da in den Sand.

Es sollte seine Straffe sein,

Wenn man da kam zum Zielverein.

Le stand de tir dénommé « Museau » est au bord de l’actuelle N4 à la sortie de Strasbourg, en haut de la colline sur la route en direction de Saverne, au lieud-it à l’époque « Schöne Ausicht ».

Source : S1164.

 

20h30 : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Dr. Aloys Postina.

« Vers 20 h 30 le soir, se déroulait pour la première fois, la messe « Bittgottesdienst » prescrite par l’évêque. Malgré tout le travail qui restait à faire, l’église était comblée. A présent la citation suivante reprend de la valeur : « Not lehrt beten ».

Source : S0216.

 

Samedi 8 août 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 1 minute

 

6h00 : Allemagne, Alsace-Lorraine : les opérations.

Le 10 août 1914, la situation dans le sud de la région et dans les Vosges encourage le général von Eberhardt à prendre de nouvelles dispositions pour la défense de la place forte. Il pense à mettre en œuvre la zone inondable du Bruch entre Blaesheim et Feggersheim. A 6 heures du matin, il ordonne à l’Oberst Fritsch, chef des ingénieurs et sapeurs (Ingenieure und Pioniere) de faire jouer les dispositifs de coupure et de préparer ceux aménagés sur le cours de la Bruche et le canal au pied de la Position de la Bruche. Les mesures sont efficaces et le Bruch devient rapidement une zone marécageuse impraticable. Ce même jour, le repli des Français autour de Mulhouse est annoncé à Strasbourg, ainsi que l’ordre d’annuler les transports des renforts. Il est trop tard, les unités sont parties et parfois déjà arrivées. Le détachement du général Knoerzer a atteint Sélestat et Châtenois où il prend du repos, et rencontre le flanc droit du XIV Res. AK. Qui vient franchir le Rhin.

Source : S0175, p.181.

 

7h00 : Allemagne, Mulhouse : Les troupes françaises entrent dans Mulhouse. En effet, Joffre a demandé dès 7 heures au général Dubail de s’emparer des cols au nord de la Schlucht. Le général Dubail est surpris, car cette opération entrave le déploiement qu’il prépare en vue de l’offensive dans le secteur de la vallée de la Bruche, programmée pour le 14 août, dans le cadre de l’offensive générale en Lorraine. Il ne discute pas les ordres et les transmet au 21ème corps. En fin de matinée, le 158ème RI s’élance vers le Bonhomme et le 31ème BCP sur le col de Ste-Marie-aux-Mines.

Sources : S0175, p. 179. S1344.

Carte postale ancienne allemande illustrant les combats à Mulhouse - Attention c'est également un moyen de propagande. Pour les illustrations allemandes, on ne repérésente que des morts et blessés français.

Source : collection MJR.

Carte postale ancienne de propagande illustrant l’entrée des troupes françaises en Alsace.

Source : collection MJR.

 

Allemagne, Alsace-Lorraine & Vosges : le déploiement de la 7ème armée allemande.

Le 8 août 1914, les ordres fixent les missions des grandes unités de la VII. Armee et donnent les directives pour leur déploiement conformément au plan de mobilisation. Le XV. AK a eu l’ordre de rejoindre la région de Colmar et de tenir les cols des Vosges sur la frontière. Le XIV. AK formé sur la rive badoise, est déployé entre Neuf-Brisach et Neuenburg. Le XIV. Res. AK dont le rassemblement des troupes se poursuit, est en mesure de rejoindre les ponts de Schoenau et de Marckolsheim le 9 août 1914, afin de passer en Alsace. Le Gouvernement militaire de Strasbourg – Gouvernement Strassburg – a pour mission de relever les unités du XV. AK et de barre la vallée de la Bruche. Il doit aussi rassembler un détachement mobile dans la région d’Obernai au pied des Vosges. Ces troupes doivent se tenir prêtes à fournir un appui aux troupes de couverture en cas d’attaque rapide des Français. Elles constituent une réserve pour la défense de la frontière.

Source : S0175, p. 179.

 

Allemagne, Alsace-Lorraine & Vosges : les missions du Gouvernement militaire de la place de Strasbourg.

Les premières relèves s’opèrent dans un contexte critique. Dans la vallée de la Bruche, l’IR 143 d’active du XV. AK est remplacé sur la frontière par le RIR 99 (sans son IVème bataillon) à peine mis sur pied. Ce régiment de réservistes appartient à la place de Strasbourg. Il constitue dorénavant un détachement de garde de la frontière. La place doit aussi constituer un détachement de réserve qui doit se rendre dans la région d’Obernai. Il sera formé par les troupes disponibles, celles qui viennent d’arriver. Elles étaient pourtant, à l’origine, affectées à la Position de la Bruche.

Ainsi le général von Eberhardt va se séparer des I, II, IIIème bataillons du bayerische RIR 14, des I et IIème bataillons du bayerische RIR 11 (2 régiments appartenant à la 10ème brigade d’infanterie bavaroise qui devait fournir la garnison de guerre de la Feste Kaiser Wilhelm II), ainsi que du IIIème bataillon du RIR 60. Ces bataillons, auxquels on va adjoindre les détachements cyclistes des RIR 60 et RIR 99, les Festungs-Maschinen-Gewehr-Komp. 2 et Reserve-Maschinen-Gewehr Abteilung 3, une section du Jäger-zu-Pferde 3 et un groupe d’artillerie constitué par une batterie du Ersatz-Feldartillerie-Regiment 80, le IIIème bataillon du Reserve Fuss-Artillerie-Regiment 10 (2 batteries de 15 cm), la 3ème batterie du Reserve Fuss-Artillerie-Regiment 14 (canons de 10 cm), ainsi que deux sections de transmissions vont être placés sous le commandement du Generalleutnant von Knoerzer.

Des unités de signalisation qui vont prendre position sur le Mont-National au-dessus d’Obernai vont permettre d’assurer la liaison entre le détachement Knoerzer, la place forte de Strasbourg et la Feste KWII à Mutzig. Comme le gouverneur a dû se séparer de la garnison de la Feste Kaiser Wilhelm II, il lui faut revoir l’organisation de ses troupes. Les unités disponibles vont se répartir comme suit : le Ier bataillon du RIR 60 doit tenir la Feste tandis que le IIème et l’état-major iront sur le Scharach. Le IVème bataillon du RIR 99 qui n’a pas suivi le reste du régiment au fond de la vallée de la Bruche, sur la frontière, doit occuper la Position de la Bruche.

Le 8 août 1914 toujours, le général von Heeringen rencontre le général von Eberhardt et l’informe de son intention d’accrocher les Français qui marchent sur Mulhouse. Il veut que le Gouverneur de Strasbourg couvre l’aile droite de la VII. Armee et place sous son commandement les troupes de couverture stationnées du Donon jusqu’à la vallée de Ste Marie-aux-Mines. Ce même jour, le général von Deimling et les derniers éléments du XV. AK quittent Strasbourg.

Pour le général von Eberhardt, il s’agit maintenant d’unifier sous son commandement les troupes chargées de la couverture de la frontière. Le RIR 99 est renforcé par la Festungs-Maschinen-Gewehr-Abteilung 9 et une batterie d’artillerie de campagne. Le 8ème bataillon de chasseurs – Jäger-Bataillon 8 – tient le Val de Villé avec des avant-postes à l’est de Saales, sur le Climont, à Urbeis et le col des Chaumes de Lusse au-dessus de Ste Marie-aux-Mines.

Autour du Col de Ste-Marie-aux-Mines sont déployés, au nord, le Resserve Jäger Bataillon 8, et au sud le Jäger-Bataillon 14. Dans la vallée de Lièpvre, se tiennent en réserve un bataillon du IR 172 et des batteries d’artillerie de campagne détachées du XV. AK.

Ces détachements sont bien trop faibles pour opposer une résistance efficace face aux Français qui tenteraient de marcher à travers les Vosges pour soutenir l’offensive du 7ème corps français dans le Haut-Rhin. D’autant plus que sur l’aile droite de son dispositif, le Gouverneur doit assurer la liaison avec la VI. Armee opérant sur le versant ouest des Vosges, où le I. bayerische AK est chargé de tenir la ligne Blâmont – Cirey sur Vezouze avec ses éléments les plus avancés. Pour ce faire, le général von Eberhardt ordonne à l’Oberstleutnant Rayle (RIR 99) stationné à Lutzelhouse de se porter sur Raon-sur-Plaine à l’est du Donon et d’occuper avec une compagnie St-Blaise où se rejoignent les routes du col du Hantz, du col de Saales et du Val de Villé. Avec le déploiement du RIR 99 est assuré le contrôle du massif du Donon, de la route de Badonviler à Schirmeck jusqu’au Col de Saales. Mais ce dispositif est fragile, et nous verrons les conséquences lors de l’offensive française dans le secteur.

Source : S0175, p. 179-180.

 

Allemagne, place de Strasbourg.

Pendant ce temps, dans la place forte, les sapeurs du II./Pi Batl 15 construisent le pont de guerre n°IV – Kriegsbrücke IV. Dans les secteurs défensifs, les travaux de déploiement de l’artillerie progressent et deux batteries sont bientôt opérationnelles dans chaque secteur, avec pièces et munitions. Sur le Scharrach l’implantation d’une batterie est achevée.

Source : S0175, p. 180.

 

Journée : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Mutzig, chroniques scolaires du directeur d’école Monsieur Koehly.

« La ligne Strasbourg – Mutzig – St-Blaise est interdite provisoirement au trafic des voyageurs. Seules les personnes munies d’autorisations militaires, peuvent utiliser les trains. (Pour aller à Lauterbourg, nos plus jeunes enfants voyagèrent du dimanche matin à 9 heures jusqu’au lundi à midi). Pas de journaux. ».

Source : S0192.

 

9h50 : Allemagne : les opérations en Haute Alsace.

Dès le 8 août 1914, les Français occupent une ligne Sentheim – Illfurt – Altkirch à l’ouest de Mulhouse et poussent déjà vers le nord, tandis que la 8ème division d’infanterie doit marcher vers le Rhin pour détruire les ponts sur le fleuve.

Un ordre du général von Heeringen, du 8 août 1914 à 9 heures 50, pousse en avant les XIV. et XV. AK qui doivent rétablir la situation. Celui-ci a pour conséquence de modifier le dispositif de défense en Alsace. Aussi le gouvernement de Strasbourg reçoit l’ordre de faire marcher le détachement du général von Knoerzer vers le sud, dans la direction de Dambach. Là, ce dernier est en mesure d’intervenir dans les combats qui vont s’engager en Haute-Alsace tout comme sur le flanc droit de la VII. Armee dans la vallée de Ste-Marie-aux-Mines ou dans le Val de Villé.

Un peu plus tard dans la journée, un nouveau télégramme de l’état-major arrive à Strasbourg. La situation autour de Mulhouse, ville dans laquelle les Français viennent d’entrer, impose que l’on y dépêche toute l’infanterie d’active de la place disponible, ainsi que des renforts en artillerie.

Le Gouverneur ordonne alors au Generalleutnant Müller commandant la 3ème brigade de réserve bavaroise de partir vers le sud avec le III. Bataillon du RIR 99, les 4 bataillons du bayerische RIR 4, les 2 batteries de 10 cm et une colonne de munitions.

Il faut aussi envoyer d’autres munitions vers la vallée de Ste-Marie, car on apprend en même temps que des chasseurs français ont franchi la frontière près de Ste-Marie-aux-Mines et que l’on se bat au col du Bonhomme !

Source : S0175, p. 181.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« Le calme règne dans le village. Les gens rentrent le blé ; quelques soldats apportent leur aide ».

Texte original. Im Dorfe herrcht Ruhe. Die Leute führen Weizen heim ; einige Soldaten helfen mit.

Source : S0216, p. 9.

 

Allemagne, Haute-Alsace : contre-attaque allemande

Source : S1344.

 

Autriche-Hongrie, Russie : Les Austro-Hongrois pénètrent en Pologne russe

Source : S1344.

 

Allemagne, Reichsland, offensive française en Lorraine et dans les Vosges : Tous ces événements se passent à la veille de l’offensive générale des armées de l’est par Joffre, dont l’axe de progression principal est la Lorraine. De brefs mais violents combats ont déjà eu lieu sur la frontière dans cette région.

Le Prince Ruprecht de Bavière a pris le commandement des VI. et VII. Armee qui deviennent le 10 août 1914 le groupe d’armée d’Alsace-lorraine. Il donne l’ordre à la VII. Armee du général von Heeringen de se concentrer dans la région de Strasbourg et de Sarrebourg, en vue d’une offensive de tout le groupe d’armée.

Le commandant en chef de l’armée allemande, le général von Moltke, surestimant les forces françaises qui se concentrent en Lorraine, demande au Prince Ruprecht de se replier. La VII. Armee doit se contenter d’interdire toute progression des Français vers Sarrebourg et Phalsbourg, et empêcher le franchissement des Vosges.

Source : S0175.

 

Allemagne, Reichsland, offensive française en Lorraine et dans les Vosges.

Avant le déclenchement de ce plan, le 10 août 1914, les premières difficultés surgissent. Sur leur aile droite les Français reculent face aux éléments de couverture de la frontière qui résistent opiniâtrement. Au nord, devant l’aile gauche, des combats meurtriers opposent déjà les chasseurs français et soldats bavarois autour le Montigny et d’Ancerviller. Enfin, au centre, les Allemands passent à l’attaque vers Provenchères. Il s’agit du RIR 99 qui subira là de lourdes pertes.

Source : S0175.

 

11h00 : Allemagne, Reichsland, Vallée de la Bruche, Saint-Blaise.

Dans la vallée de la Bruche, les Allemands sont aussi au contact des chasseurs français. Rayle arrivé le 10 août 1914 vers 11 heures à St. Blaise avec le gros du RIR 99.

Source : S0175.

 

Après-midi : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Mutzig, chroniques scolaires du directeur d’école Monsieur Koehly.

« L’après-midi, un avion français survole le fort, si haut, qu’il est impossible de le voir. On n’entend que le bruit de son moteur. Une sentinelle tire : plus tard suivent 4 coups de canons tirés du fort ». (Fort de Mutzig).

Source : S0192.

 

20h00 : Allemagne, Reichsland, Vosges.

Le général von Eberhardt apprend que les Bavarois du I. AK de la VI. Armee ont bien du mal à progresser. Les ravitaillements en munitions tardent et les chevaux de la 7e division de cavalerie sont fourbus. Celle-ci a dû faire halte autour de Badonviller. Il veut prendre l’initiative des opérations pour repousser les Français devant son dispositif et éviter ainsi l’ouverture d’une brèche entre ses troupes et la VI. Armee.

Le 10 août à 20 heures, il appelle l’état-major et demande l’autorisation de pousser vers St. Dié avec le détachement Knoerzer et les unités de couverture de la frontière. Après 20 minutes lui parvient la réponse, elle est négative. Cette réponse sera pourtant salutaire aux troupes de la place de Strasbourg. Une action dans le secteur eut été une catastrophique. L’offensive française dans la vallée de la Bruche est en cours de préparation. Le général von Eberhardt va alors se rendre avec son état-major dans les Vosges.

Les Français du 21ème bataillon de chasseurs rapportent qu’ils ont ramené dans leurs lignes plus de 900 prisonniers le 10 août 1914. Le Gouverneur de Strasbourg minimise nettement les faits dans ses mémoires.

Source : S0175.

 

23h00 : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Mutzig, chroniques scolaires du directeur d’école Monsieur Koehly.

« Vers 23 heures environ, 80 hommes du 1er bataillon du 143e vinrent prendre quartier dans les salles de classe, cherchant un abri pour quelques heures. Ils disposèrent leurs fusils en faisceaux dans la cour de l’école. Voilà trois jours et trois nuits qu’ils ne s’étaient pas reposés. Ils s’allongèrent sur le sol et sur les bancs. Le sous-lieutenant s’installa chez moi sur le divan, lui aussi restant habillé comme ses hommes. Pourtant avant de trouver le repos, certains écrivirent encore quelques cartes pour leurs familles – le dernier adieu (comme ils disaient) ; « La mort nous attend demain ». Malgré tout, le moral était bon. L’un d’entre eux qui savait jouer de l’harmonium m’en demanda la clé. Un groupe ne tarda pas à se former autour de lui. Ils chantèrent, entre autres, « Grosser Gott wir loben dich », Ins Feld des Morgen früh », « Morgenrot ». Pour éviter de troubler le calme de la nuit, le sous-lieutenant voulut leur imposer le silence, mais à ma demande, il les laissa faire. Les relations amicales entre supérieurs et inférieurs me frappèrent. Vers minuit tout était redevenu calme ».

Source : S0192.

 

Dimanche 9 août 1914

 

France : La France déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie.

Source : S0132.

 

Montenegro : Le Montenegro déclare la guerre à l’Allemagne.

Source : S0132.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place forte : extrait du journal de Jean Lechner, un Alsacien mobilisé et combattant dans l’armée allemande.

« Le 2 août dernier, l’Allemagne a déclaré la guerre à la France. Tous les hommes de 17 à 55 ans sont mobilisés. Je n’ai jamais fait de politique. Je n’ai aucun ennemi. Je suis au service militaire depuis plus d’un an affecté au 20e dépôt des recrues du 14e régiment d’artillerie et voilà que je vais partir à la guerre. Ma mère est effondrée. Mon frère Charles est déjà marié et a quatre enfants. Il ne sera pas mobilisé. Il n’y a aucun espoir pour moi. La machine de guerre semble se mettre en marche avec une rapidité prodigieuse. La plupart des Alsaciens comme moi vont être envoyés sur le front russe. En tout cas, c’est ce que prétend la rumeur. Il faut nous éloigner de la France. Car nos pères n’ont pas oublié l’annexion de leur terre alsacienne et française à l’Empire allemand en 1871, la germanisation de leurs institutions, et de leur code des impôts, l’abandon par la force de leur langue française. Cette guerre ne changera rien. La plupart des Alsaciens resteront francophiles sous l’uniforme allemand.

Je vais quitter mes sœurs Lucie, Anne et Jenny. Elles ont fait avec ma mère d’immenses réserves de café, de thé, de sel et de lard au cas où cette guerre devait durer plus longtemps que prévu. Je remercie le ciel que mon père puisse rester auprès d’elles. Il a 55 ans dans quelques mois et sera simplement affecté à la caserne de Strasbourg.

Il fait un temps magnifique. C’est le début des vacances. Il y a huit jours encore, j’étais à l’entrainement comme chaque semaine à société de natation où m’attendait Fernand Schwab. Ferdinand vient de rentrer de Paris où il travaillait comme apprenti chez un imprimeur. Considéré comme un Allemand, il a été extradé la semaine dernière vers l’Alsace, via la Suisse par la Croix-Rouge internationale à cause de la déclaration de guerre ».

Source : S2698 : Journal de Jean Lechner, un Alsacien mobilisé et combattant dans l’armée allemande in Catherine Lechner : Alsace Lorraine – Histoires d’une tragédie oubliée ; éditions Atlantika-Séguier, Anglet, 2004, p. 21.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« 9 août. Le nombre des communiants était de 300 aujourd’hui, parmi eux il y avait également quelques soldats. Du 2 au 9 août, 1 080 communions ont été distribuées, dont 380 données à des hommes. Lors de l’office d’aujourd’hui régnait un grand silence et le recueillement. Après la messe, le communiqué suivant a été fait devant l’église : l’administration de la commune reçoit de la farine du « Gouvernement » (de la place forte) et le cède aux familles contre un règlement numéraire. Les gens continuent d’assurer les transports de blé cet après midi, à cause du temps incertain ; des soldats apportèrent leur aide. Le journal – dans les premiers jours de la mobilisation générale - ne nous apporta aucune nouvelle sur les combats de la frontière près de Metz ».

Texte original. 9. August. Die Zahl der Kommunionen betrug heute 300, darunter waren auch einige Soldaten. Vom 2. – 9 August wurden 1 080 Kommunionen, davon 380 an Männer ausgeteilt. Beim Gottesdienst herrschte auch heute noch grosse Ruhe und innere Sammlung. Nach dem Hochamte wurde vor der Kirche verkündet : Die Gemeindeverwaltungen erhalten vom Gouvernement Mehl und geben es an die Familien gegen Barzahlung ab. Die Leute führen wegen der unbeständigen Witterung auch heute nachmittag Weizen ein, wobei Soldaten mithelfen. Die Zeitung – in den rsten Tagen der Mobilmachung erhielten wir überhaupt keine – bringt Narichten über Grenzgefechte bei Metz.

Source : S0216, pages 9-10.

 

Après-midi : Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

« Strasbourg, le 9 août 1914 après-midi. Gouvernement. Ordres du Gouvernement.

1) Télégramme de Berlin du 8 août 1914.

Quel que soit les circonstances, aucune nouvelle concernant les armées et flottes ennemies et les faits se déroulant sur les théâtres de guerre ne doivent être publiés, sauf elles sont transmises par le bureau du télégraphe de l’Agence Wolff à Berlin.

Le département de la presse de l’état-major général « Generalstabspresse-Abteilung ».

2) a. Les formations de compléments « Ersatzformationen » restés dans la place rendent compte pour le 11.8.14 au Gouvernement, la quantité des effets d’habillement et d’équipement usagés en chiffre ronds qu’ils ont encore en stock, pour les effets suivants :

Waffenröcke (vestes), Attila’s, Litewken, Tuchhozen (pantalons en toiles), Feldmützen (casquette de campagne), Schnürschuhe (brodequins) et Stiefel (bottes), Brotbeutel (sacs à pain), équipement pour les chevaux et harnachements.

b. Les unités et les autorités sont informées que toutes les questions relatives à l’administration doivent être posées au service concerné.

3) Le magasin de cigarettes von Böhle près du pont au Corbeaux à Strasbourg est à nouveau autorisé pour les militaires.

4) Toutes les unités doivent laisser en place les dotations en couvertures et linge dans les quartiers d’hébergement. Sinon le service de la garnison n’est pas en mesure de répondre aux besoins des autres unités.

5) J’ordonne que toutes les troupes commencent immédiatement l’instruction au combat et que cette activité soit développée. Signé von Eberhardt. Generalleutnant und Gouverneur.

6) Le bataillon de Landsturm « Landsturm-Bataillon Bitsch II » à Ostwald doit immédiatement détacher 3 sous-officiers et 30 hommes en tant que personnel d’encadrement au bataillon de travailleurs « Arbeiter-Bataillon 7 » d’Ostwald.

7) Les chefs de corps des bataillons d’artillerie et les autorités du service des fortifications sont autorisées à accepter et embaucher des travailleurs pour les employer immédiatement.

8) Les commandants de secteurs prennent en charge la surveillance des bataillons de travailleurs, prennent les décisions nécessaires concernant le ravitaillement en vivres et l’hébergement, et règlent les détachements de personnels de surveillance. Dans toutes les localités, il faut désigner des commandants de locaux « Ortskommandant ». Les ordres pour les bataillons d’artillerie « Art. Batle » sont diffusées à compter de maintenant par les commandants de secteurs.

9) Le Offizierstellvertreter (officier honoraire) Förtsch est muté de la 2e à la 3e compagnie du train de forteresse du Landsturm „Festungs-Trainkompagnie“.

Communications

Un porte-monnaie et son contenu a été trouvé au Gouvernement. Il peut être récupéré à la Registratur.

Du Gouvernement. Signature. Oberstleutnant ».

Source : S2675.

 

20h00 : Allemagne, Reichsland, Vallée de la Bruche.

Face à cette mauvaise nouvelle, il faut réagir vite et l’ordre est donné au bayer. RIR 15, encore disponible d’embarquer sur des trains à destination de Schirmeck. Il faut se souvenir que le bayerische RIR 15 appartient à la 3ème brigade bavaroise, avec le bayrische RIR 4 parti dans le sud. Le Ier bataillon du Major Stapf entre à Fouday à 20 heures. Les troupes sont placées sous l’autorité de la 60e brigade de réserve, le Generalleutnant von Hopfgarten.

En effet, le général von Eberhardt ne peut se servir du détachement Knoerzer qui a reçu l’ordre du haut-commandement de demeurer dans son secteur pour libérer des troupes en Haute-Alsace. Elles seraient ainsi disponibles pour les opérations en Lorraine. Les premières unités qui quittent le sud de la région, arrivent à Strasbourg, avant d’être transportées vers le nord-ouest.

Source : S0175.

 

Lundi 10 août 1914

 

Autriche-Hongrie, Serbie : Les Austro-Hongrois pénètrent en Serbie.

Source : S1344.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place forte : extrait du journal de Jean Lechner, un Alsacien mobilisé et combattant dans l’armée allemande.

« Je pars aujourd’hui à la guerre. J’ai 21 ans. Je reste alsacien malgré l’uniforme allemand. Un certain nombre de notables alsaciens sont passés du côté français. Moi je ne peux pas me soustraire à l’appel, puisque je suis au service militaire depuis plus d’un an. Je n’ai pas osé demander à mon père ce qu’il en pensait ».

Source : S2698, p. 22.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« 10 Août. Au village on relate les combats dans le Haut-Rhin. Qu’elle est la part de vérité à ces bavardages ? ».

Texte original. Im Dorfe erzählt man sichh von Kämpfen im Oberelsass. Was ist Wahres an diesen Gerede ?

Source : S0216, p. 10.

 

Mardi 11 août 1914

 

Allemagne, Reichsland, offensive française en Lorraine et dans les Vosges.

Le 11 août 1914, les chasseurs du 3e BCP délogent le RIR 99 de Provenchères, et la 13e DI progresse à l’ouest de Saales, dans le secteur de Bourg-Bruche. Une grosse opération française est préparée pour le lendemain afin de prendre le village de Saales.

Source : S0175.

 

Allemagne, Reichsland, Vosges.

Le général von Eberhardt va alors se rendre avec son état-major dans les Vosges. Les combats se poursuivent sur la frontière entre ses détachements et les Français qui font preuve de mordant. Les pertes sont déjà élevées. A son retour, le 11 août 1914 au matin, il apprend que les Français on engagé le combat face au RIR 99, appuyés par une artillerie entraînée et efficace. Le régiment a perdu quelques officiers, 40 hommes et compte 150 blessés mais plus grave, il a enregistré des désertions de réservistes alsaciens !

Source : S0175.

 

11h40 : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« 11 août. Avec le train de 11h40, des prisonniers français sont passés, installés dans trois wagons. Beaucoup de gens se sont précipités à la gare, mais ils ne purent voir un « Käppi » de ça et là. Les journaux confirment la rumeur de hier et annoncent une victoire des troupes allemandes près de Mulhouse. Cette nouvelle apporte de la tranquillité à la population et de la joie chez les soldats séjournant au village, qui fêtent la victoire avec le tintement de la musique et des gobelets jusqu’à la nuit. L’appariteur municipal communique : dans le cercle de Strasbourg, les animaux peuvent être vendus sans billet ».

Texte original. 11. August. Mit dem Zuge 11,40 Uhr wurden gefangene Franzosen in drei Wagen durchgeführt. Viele Leute eilten an den Bahnhof, konnten aber nur hie und da ein « Käppi » sehen. Die Zeitungen bestätigen das Gerücht von gestern und meldeten einen Sieg der deutschen Truppen bei Mülhausen. Die Narict wirkte beruhidend auf die Bevölkerung und rief jubelnde Freude bei den einquartierten Soldaten vor, die bei Becherklang und Musik bis in die Nacht hinein den Sieg feierten. Durch die Ortschelle : Im Landkreis – Strassburg darf Vieh ohne einen Schein verkauft werden.

Source : S0216, p. 10.

 

Après-midi : Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

« 1) Il s’avère nécessaire que rappeler la nécessité, que tous les membres de l’armée sont priés lors de leurs conversations dans les lieux publics, de rester très réservé sur les opérations militaires.

2) Pour les personnes soupçonnées d’espionnage et arrêté par des militaires, ces derniers doivent consigner les faits par écrit et les transmettent avec ces personnes aux fonctionnaires civils de la police.

3) Toutes les unités ou parties d’unités qui doivent embarquer dans les wagons doivent arriver à temps dans les gares. Il est strictement interdit aux unités d’emmener plus de chevaux, de voitures ou de bagages que ceux qui sont normalement en dotation règlementaire. Tout ce qui est en trop ne sera pas emmené.

4) Tous les « Regimentsadjudanten » (officier chef de cabinet des chefs de corps) et les « Adjudanten » des formations autonomes doivent participer sur place à la remise des ordres du Gouvernement tous les soirs à 18h00.

5) Tous les petits wagonnets du parc principal du Génie doivent être immédiatement vidés dès leur arrivée aux stations terminus. Les ordres nécessaires doivent immédiatement être donnés.

6) Les poste de commandement des secteurs doivent rendre compte demain matin directement à l’intendance du Gouvernement, s’ils ont des boulangers et combien dans les unités de leur zone de responsabilité, et combien d’entre eux peuvent être détachés au service des subsistances pour renforcer les boulangeries.

7) Le dépôt des remplaçants « Ersatz-Depot » du régiment d’infanterie « I.R. 136 » fournit demain matin à 7 heures trois ordonnances connaissant la ville pour l’intendance du Gouvernement, dont un personnel avec fusil.

8) Dans les annexes se trouve un ordre concernant le service de santé dans les secteurs.

9) Il est rappelé aux commandants de secteurs qu’ils doivent tenir à jour leur journal de marche et d’opérations « Kriegstagebuch ».

De la part du Gouvernement. Signature manuscrite. Oberstleutnant (lieutenant-colonel) ».

Source : S2675.

 

Mercredi 12 août 1914

 

France, Lorraine : offensive française.

Le 12 août 1914, le général Dubail, commandant la 1ère armée, réunit ses commandants de corps d’armée pour leur donner ses instructions en vue de l’offensive générale, qui doit être déclenchée le 14 août 1914 par les armées de l’Est. Le 21e C.A. du général Legrand-Girarde doit prendre l’offensive dans la vallée de la Bruche, en direction générale de Strasbourg. Le 21e corps comprend deux divisions d’infanterie, la 13e D.I. (25e et 26e brigades) et la 43e D.I. (85e et 86e brigades) ainsi que des éléments organiques de corps d’armée comme le 4e régiment de chasseurs à cheval, le 59e régiment d’artillerie et trois bataillons de chasseurs de réserve.

Source : S0008, p. 143.

 

Allemagne, Alsace : demande de volontaires pour la formation des combattants.

Appel du 12 août 1914 aux officiers et sous-officiers hors d’état de combattre, de se porter volontaires pour participer à l’instruction accélérée de renforts, une semaine après le début de la guerre, étant donné les pertes à prévoir parmi les combattants.

Source : S2484.

 

12 au 14/08/1914 : Allemagne, Reichsland, offensive française en Lorraine et dans les Vosges.

Le 12 août 1914, des effectifs de deux divisions françaises enlèvent le col de Saales et celui du Hantz, sans grands combats. Le général Legrand décide de ne pas poursuivre les Allemands et consacre la journée du 13 à préparer la suite de l’action, car il est prévu de s’emparer du massif du Donon dans la journée du 14.

Au sud, le 14e corps progressant vers Villé se heurte à une résistance sérieuse qui est solidement retranché dans ses positions en fortifications de campagne. Il ne peut dépasser le col de Ste Marie-aux-Mines et s’enterre sur place.

Source : S0175.

 

Allemagne, Reichsland, Vallée de la Bruche.

De nouvelles demandent arrivent au Gouverneur : la VI. Armee exige de l’artillerie lourde. La situation est cependant trop incertaine pour ponctionner davantage les réserves de la Place. D’autant qu’un ordre du 12 août 1914 confirme la mission de la garnison. Elle doit continuer à tenir les Vosges sur les positions actuelles et assurer le soutien des troupes de couverture avec sa réserve le plus au sud possible, jusqu’à la zone d’action du XIV. Res. AK, dont le PC est à Marckolsheim.

Les troupes de la garnison engagées dans la vallée de Ste-Marie-aux-Mines passent sous le commandement du XIV. Res. AK, mais la Place doit continuer à les approvisionner.

Von Heeringen, en remerciant le Gouverneur pour son soutien durant les opérations de Mulhouse préconise la réalisation d’une bretelle entre Colmar et Neuf-Brisach, en cas de percée des Français. Cette position de flanquement doit être tenue par le Württ. LdwIR 120 qui était en position sur le secteur est de la place de Strasbourg, renforcé par les compagnies de parc du III./RFussAR 10 et du II/RFussAR 14.

Source : S0175.

 

12 au 13/08/1914 : Allemagne, Reichsland, place de Strasbourg.

La place de Strasbourg doit subir presque chaque jour des déplacements d’unités entre ses secteurs défensifs. Les unités de réserve et de Landwehr encore disponibles doivent rester sur les fronts menacés, les unités de Landsturm occupant les secteurs les plus calmes.

Le LIR 80 rejoint le secteur ouest entre Avenheim (au pied du Kochersberg) et Handschuheim, et le RIR 70 s’installe autour de Hurtigheim. Les deux régiments sont alors placés sous l’autorité du Generalmajor Rekowski, commandant du secteur. Au soir du 13 août 1914, ils doivent tenir une ligne Hurtigheim – Furdenheim – Osthoffen. Le soutien d’artillerie est fourni par les Ersatz-Batterien des régiments d’artillerie de campagne 51 et 84. Le Reserve-Husaren-regiment 9 quitte Ittlenheim pour Marlenheim et continue d’assurer des patrouilles dans toute la zone.

Le 12 août 1914, le Landwehr Infanterie Regiment Nr. 81 reçoit l’ordre de quitter ses positions autour de Strasbourg pour gagner la Position de la Bruche. Le Ier bataillon doit tenir tout le secteur de Wolxheim à Kolbsheim, et le IIIe est regroupé sur le secteur sud, appuyé sur le fort Kronprinz von Sachsen. Une compagnie rejoint Hangenbieten. Le IIe bataillon reste en réserve à Oberschaeffolsheim et au Fort Bismarck. Dès que les compagnies sont en place, elles commencent à aménager leurs positions.

Pour ces hommes qui ne comprennent guère le sens de leurs travaux défensifs autour de Strasbourg, les nouvelles qui arrivaient et leurs conséquences en termes de nouveaux travaux ne manquaient guère de provoquer un certain effet. Le chroniqueur du régiment nous dit que loin de les inquiéter, ces événements donnèrent un nouvel élan et les chants rythmaient la journée. En effet, les quatre journées précédentes, passées dans les faubourgs de Strasbourg, avaient été calmes et plutôt monotones. Les hommes complétaient leur instruction, creusaient la terre et fortifiaient. Les officiers à cheval et leurs montures tentaient de s’habituer aux selles et les seules anecdotes qui circulaient étaient liées aux « rencontres brutales » avec le tramway ou un fossé de route.

Source : S0175.

 

Matin : Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

« Ordres du Gouvernement. 1) Nous demandons une application stricte des ordres du Gouvernement du 10.8.1914 matin et précisons, lors de préserver les lignes télégraphiques et téléphoniques lors de l’abattage des arbres. Aucune panne ne doit être occasionnée. Si cela se produit par inadvertance, le détachement de transmetteurs situé à la poste principale de Strasbourg doit immédiatement être prévenu de l’incident.

2) Les régiments et les bataillons autonomes rendent compte de leurs besoins en cartes topographiques auprès de l’officier arpenteur « Vermessungsoffizier » situé à la caserne « Kaiser Wilhelm-Kaserne ».

Les détachements qui ont déjà reçus des cartes, ne peuvent en percevoir d’autres.

3) Le régiment de réserve de l’artillerie à pied n°10 « Res. Fussa. R. 10 » (I. II. II. Batl.), le 1er bataillon du régiment de réserve de l’artillerie à pied n°13 « I./Res. Fussa. R. 13 » et les 1er et 2e bataillons du régiment de réserve de l’artillerie à pied n°14 « I. und II. Res. Fussa. R. 14) rendent immédiatement compte au gouvernement où ils sont cantonnés.

4) Les commandants de secteurs rendent compte jusqu’au 14.8. 6 heures de soir lors de la remise des ordres, le nombre d’officiers protestants et catholiques, ainsi que le nombre de sous-officiers et d’hommes de troupe. Ils feront une proposition où se dérouleront les offices religieux de campagne « Feldgottesdienst » dans les secteurs, le dimanche 16 août.

5) La station ferroviaire de Strasbourg se plaint que les transports de mobilisation arrivant en gare ne sont pas déchargés ou déchargés trop lentement. Les mesures doivent être prises pour que ces transports soient déchargés rapidement avec tous les moyens.

6) Les commandants de secteurs choisissent les caporaux de la Landwehr qui sont particulièrement aptes à rejoindre la prévôté des secteurs « Feldgendarmen », dans les conditions suivantes :

Secteur Nord : 9 hommes

Secteur Nord-Ouest : 7 hommes

Secteur Ouest : 33 hommes

Secteur Sud : 13 hommes.

Total : 53 hommes.

Ces hommes se présentent auprès des prévôts supérieurs « Obergendarmen » situés dans les mairies suivantes

Secteur Nord :

Commune de Hoerdt : 2 hommes

Commune de Gambsheim : 2 hommes

Commune de Souffelweyersheim (Suffelweyersheim) : 3 hommes

Commune de Roberstau (Ruprechtsau) : 2 hommes

Total : 9 hommes.

Secteur Nord-Est :

Commune de Wingersheim : 1 homme

Commune de Berstett : 1 homme

Commune de Offenheim : 1 homme

Commune de Dingsheim : 2 hommes

Commune de Mittelhausbergen : 2 hommes

Total : 7 hommes

Secteur Ouest :

Commune de Odratsheim : 2 hommes

Commune de Scharrachbergheim : 2 hommes

Commune de Soultz-les-Bains (Sulzbad) : 2 hommes

Commune de Avolsheim : 1 homme

Commune de Dangolsheim : 2 hommes

Commune de Mutzig : 2 hommes

Commune de Molsheim : 2 hommes

Commune de Osthofen : 1 homme

Commune de Egersheim : 1 homme

Commune de Küttolsheim : 1 homme

Commune de Ernolsheim : 2 hommes

Commune de Breuschwickersheim : 3 hommes

Commune de Hangenbieten : 2 hommes

Commune de Ittenheim : 1 homme

Commune de Hürtigheim : 1 homme

Commune de Handschuheim : 2 hommes

Commune de Oberschäffolsheim : 2 hommes

Commune de Königshofen : 4 hommes.

Total : 33 hommes.

Secteur Sud :

Commune de Ostwald : 1 homme

Commune de Neudorf : 1 homme

Commune de Enzheim : 1 homme

Commune de Geispolsheim : 1 homme

Commune de Lipsheim : 2 hommes

Commune de Ohnenheim : 2 hommes

Commune de Hipsheim : 1 homme

Commune de Eschau : 1 homme

Commune de Plobsheim : 1 homme

Commune de Hindisheim : 1 homme

Commune de Nordhausen : 1 homme

Total : 13 hommes

L’hébergement des personnels détachés doit être réalisé avec alimentation, sous réserve qu’ils ne puissent participer à l’alimentation des troupes.

7) Les commandants de secteurs doivent immédiatement rendre compte au Gouvernement quels sont les personnels aptes à être employés comme trésoriers « Zahlmeister ».

Communiqué du Gouvernement

A Schiltigheim, au n°28 de la route de Hausbergen « Heusbergerstrasse », un cas de scarlatine « Scharlach » a été détecté.

Liste des envois postaux qui ne peuvent pas être livrés et qu’il faut récupérer au Gouvernement :

HPTM Böhmer, Oberstlt. Graf Holnstein, Oberstlt. Frh. V. Liliencron J.R.14, HPTM. Engler, HPTM. Linke, Oberlandesgerichtsrat Finger, Landst. Bat. Colmar, Landwehrmann Ernst Heintz, Trigonometer Carl Ditrich, Fahrer Schütz, Motorbootführer Emil Rohrmann, Vizewachtm. M.A. Jaequel, Soldat Franz Muske.

De la part du Gouvernement. Signature manuscrite. Oberstleutnant ».

Source : S2675.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place forte : extrait du journal de Jean Lechner, un Alsacien mobilisé et combattant dans l’armée allemande.

« Je suis dirigé sur Kehl avec Christian Flieck et Mathis Biehler, mes camarades de l’école primaire. Dès notre arrivée, l’ordre strict nous impose l’interdiction formelle de parler français. Avec nous, Fernand Steibelt, un Alsacien militant pour le développement d’une Alsace-Lorraine allemande. Il prétend que le rattachement de l’Alsace à l’Allemagne se fera uniquement par la guerre. Nous le regardons causer. J’aime la France, je l’ai toujours aimée. La reprise de l’Alsace par les Allemands en 70 aura beaucoup perturbé les familles alsaciennes ».

Source : S2698.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina : « 12 août. Communiqué de l’appariteur municipal : un médecin militaire est à la disposition de la population locale dans le logement de médecin local. Les journaux annoncent aujourd’hui une victoire allemande près de Lagarde en Lorraine ».

Texte original. 12. August. Durch die Ortsschelle : In der Wohnung des Ortsarztes setht die Bevölkerung ein Militärarzt zur verfügung. Die Zeitungen meldeten heute einen Sieg der Deutschen bei Lagarde in Lothringen.

Source : S0216, pages 10.

 

Après-midi : Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

« Ordres du Gouvernement. 1) L’accès est à nouveau autorisé pour tous les bistrots de Strasbourg et de sa banlieue qui étaient interdits aux militaires.

2) Les commandants de secteur doivent procéder à la mise en état de défense de leur secteur sous leur entière responsabilité. Pour cela ils doivent employer tous les moyens pour permettre de faire avancer les travaux.

3) Tous les télégraphistes présents dans les stations de télégraphie et de téléphonie doivent être pris en charge pour l’alimentation par les unités auprès desquelles ils sont détachés.

4) Les autorités, les unités et les officiers, qui ont reçu un complément de véhicule léger ou poids lourd ou d’une moto pour une longue durée, doivent rendre compte à l’officier communication de la place « Verkehrsoffizier vom Platz » jusqu’au 15 août à 12h00, le numéro et la marque du véhicule, le nom et le grade du chef de bord et de ses accompagnants.

5) Les troupes placées sous l’autorité du général commandant l’artillerie à pied ou du général commandant les ingénieurs et le corps du génie, doivent fournir pour le 17 de ce mois une liste des officiers jusqu’au grade de lieutenant (Oberleutnant) inclus avec des informations concernant leur patente d’officier pour l’établissement de la liste des juges.

6) Tous les vétérinaires doivent adresser à la section IV du Gouvernement un compte-rendu de maladie et un rapport d’autopsie pour tous les chevaux qui décèdent.

L’équarisseur « Abdecker » doit immédiatement donner le montant d’argent prévu aux unités lors de la récupération des animaux.

L’équarisseur d’Eckbolsheim et l’Eckarisseur J. Noël Maier d’Elsau doivent régler sur place aux unités pour chaque cadavre de bovin une somme de 10 Mark au profit de la Manutention militaire (Proviantant).

8) Les selliers et les forgerons disponibles dans les bataillons de travailleurs doivent être transférés à l’atelier de construction de l’Artillerie (Artillerie-Werkstatt).

9) Il est rappelé que les colonnes groupées des bataillons de travailleurs ont l’autorisation de passer la chaîne des postes de contrôle sans document d’identité.

10) Le « Landwehr-Infanterie-Regiment 120 » de Kehl fournit les personnels suivant pour le chargement de munitions le 14 et le 15.8.14 :

8 sous-officiers et 40 hommes, se présenter au rapport à 7 heures du matin au « Puvlerhof » (Dépôt de munitions de la Ganzau)

8 sous-officiers et 40 hommes, se présenter au rapport à 8 heures du matin à la gare de marchandise de Neudorf (Güterbahnhof).

1 Officier, 1 sous-officier et 10 hommes, comme détachement d’accompagnement, se présentent au rapport le 15.8.14 à 6 heures de l’après-midi à la gare de marchandise de Neudorf.

De la part du Gouvernement. Signature manuscrite. Oberstleutnant ».

Source : S2675.

 

Jeudi 13 août 1914

 

Grande-Bretagne, Autriche-Hongrie : la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie.

Source : S0132.

 

France, Lorraine : offensive française.

1ère armée. L’ordre général d’opérations du 13 août 1914 fixe les objectifs à atteindre, la formation et les emplacements des troupes amies. Sur la gauche du 21e corps, le 13e C.A. doit attaquer en direction de Cirey-sur-Vezouse. Pour assurer la liaison entre les deux corps d’armées, le général Legrand-Girarde prescrit à la 25e brigade du général Barbade d’opérer dans la haute vallée de la Plaine et d’occuper le col de Prayée, puis le massif du Donon. Sur la droite du 21e corps, le 14e C.A. doit avancer dans le Val de Villé. Le 14 août 1914, le 21e corps doit progresser en trois colonnes. Celle de droite, formée par la 43e D.I., doit avancer sur l’axe Saales-Schirmeck. Elle doit se couvrir sur sa droite au moyen du 3e bataillon du 149e R.I., qui doit se porter au Haut-de-Steige par le col de Steige. En vue d’établir une liaison avec le 158e R.I. dans la région de La Salcée et de Ranrupt. Ainsi la plus grande partie de la 85e brigade (149e et 158e R.I.) est affectée à une mission de couverture face au sud au lieu de participer à l’effort principal.

Source : S0008, p. 143.

 

France, Lorraine : offensive française.

1ère armée. Dès le 13 août 1914, la 85e brigade a reconnu le Climont en le contournant par le sud. Au centre du 21e corps, la 13e D.I. est réduite à la 26e brigade. Elle franchit le col du Hantz et traverse Champenay. A gauche, la 25e brigade, renforcée de deux groupes d’artillerie, franchit le col de Prayé et se dirige vers le Donon. 

Source : S0008, p. 143.

 

7h30 : Allemagne, Reichsland, place de Strasbourg.

Le Gouverneur décide de continuer à renforcer la défense de la Place. Le 13 août 1914 à 7 h 30, il donne l’ordre à l’Oberst Fritsch de faire jouer les dispositifs qui conduiront à la mise en eau des zones inondables du front sud. Lentement, les terres avant du front sud vont se transformer en un terrain détrempé difficilement praticable.

Source : S0175.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« 13 août. Aujourd’hui, dix barques ont été remises à la disposition des pêcheurs. De partout arrivent des cartes de la poste militaire de campagne « Feldpostkarten » qui annoncent que tout va bien pour l’instant. Les journaux diffusent la dernière liste des pertes : 3 Alsaciens sont morts ».

Texte original. 13. August. Heute wurden den Fischern wieder 10 Nachen zur Benutzung freigegeben. Von allen Seiten kommen Feldpostkarten mit der Nachricht, dass es bis jetzt gut geht. Die Zeitungen bringen die letzte Verlustliste : 3 Elsässer tot.

Source : S0216, p. 10.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place forte : extrait du journal de Jean Lechner, un Alsacien mobilisé et combattant dans l’armée allemande.

« La mobilisation doit être terminée. Tous les Alsaciens ne seront pas forcément envoyés en Russie. Je suis malgré tout très inquiet. La guerre n’attend pas. Des convois militaires arrivaient déjà en Alsace avec des voitures de munitions avant même que je quitte Strasbourg. Dans la campagne, les champs de culture ont été fauchés pour en faire des espaces de tir et Christian Flieck me dit que certains villages près de Mulhouse auraient été la proie des flammes. Je n’en reviens pas. Tout se fait tellement vite. Les Français ont pour projet de libérer l’Alsace ».

Source : S2698, p. 22.

 

Allemagne, Reichsland, Vosges.

Le 7e corps français vient de subir un échec devant Mulhouse et Joffre décide de relever le général Bonneau de son commandement. Cette décision est suivie de la création d’une armée indépendante sous les ordres du général Pau, l’armée d’Alsace. Cet échec contrarie Joffre d’autant plus que le général Dubail doit entamer son offensive sur les cols vosgiens, et qu’il perd l’avantage de conduire cette opération avec le concours des troupes qui avançaient victorieusement en Haute-Alsace.

L’action principale de la 1ère armée française dans les Vosges est prévue pour le 14 août 1914, parallèlement à l’offensive de Lorraine, conduite de concert avec la 2e armée.

L’aile gauche de la 1ère armée constituée par les 8e et 13e corps, doit pousser vers Blâmont et Sarrebourg et poursuivre au-delà dans la trouée de Saverne, pendant que l’aile droite constituée du 21e corps doit descendre la vallée de la Bruche. Le 14e corps doit assurer la couverture du flanc de l’offensive et progresser parallèlement sur les deux axes principaux, sa 28e division en direction de Villé et Barr et sa 27e vers Kaysersberg.

L’objectif de cette offensive dans le massif vosgien étant d’assurer la liaison dans la plaine avec l’armée d’Alsace, venant du sud.

Si tout se passe selon les plans du général Dubail, son 21e corps devrait pouvoir déboucher de la vallée de la Bruche et déborder la Feste Kaiser Wilhelm II par le nord en passant par les routes de montagne, tandis que sur le flanc sud, des éléments du 14e corps arrivant par Villé et le Hohwald surgiraient au sud de la ligne fortifiée allemande.

Même si ce plan est plutôt ambitieux, car on peut penser que les Allemands défendront chèrement la frontière en attendant l’écrasement de l’armée française débordée dans le nord de la France, il garde un avantage certain aux yeux du haut-commandement. Les opérations en Alsace devraient maintenir le plus possible d’unités allemandes.

Source : S0175.

 

Vendredi 14 août 1914

 

France, Lorraine : offensive française.

Offensive des 1ère et 2e Armées françaises dans les Vosges et en Lorraine.

Source : S1344.

Carte de situation du front en Alsace-Lorraine le 14 août 1914 matin avant l’attaque des 6e et 7e armées allemandes.

 

France, Lorraine : offensive française.

1ère armée. Le 14 août 1914, le combat s’engage au lever du jour. A la 26e brigade (21e et 109e R.I.), le 109e R.I. se porte en direction de Plaine. A la sortie de Saulxures, il est pris sous des tirs d’artillerie et de mitrailleuses et subit des pertes sérieuses. Cependant il parvient à atteindre son objectif après plusieurs charges à la baïonnette. Sur sa gauche, le 21e R.I. est immobilisé pendant plusieurs heures avant de reprendre la marche en avant vers 16 heures. Les villages de Saint-Blaise et de Plaine ainsi que les hauteurs autour de Plaine sont entre les mains de la 26e brigade qui a subi des pertes importantes. Le colonel Fritsch, commandant le 21e R.I. a été grièvement blessé au cours de l’attaque du village de Plaine.

Source : S0008, p. 143-144.

Allemagne, Reichsland, offensive française en Lorraine et dans les Vosges.

Le 14 août 1914, le général von Heeringen reçoit le télégramme lui demandant d’accélérer le transport du XIX. AK vers Phalsbourg. Ce jour-là les Français passent à l’offensive !

Source : S0175.

 

8h00 : Allemagne, Reichsland, offensive française en Lorraine et dans les Vosges.

Les Français passent à l’offensive. C’est le 21e corps d’armée (CA) français du général Legrand-Girarde qui doit prendre l’offensive dans la vallée de la Bruche. Ce corps comprend deux divisions d’infanterie (DI), les 13e et 43e DI composées respectivement des 25e / 26e et 85e / 86e brigades, de 3 bataillons de chasseurs, de la cavalerie et de l’artillerie. Sur sa droite, le 13e CA doit attaquer au nord vers Cirey, et sur sa gauche le 14e CA doit forcer le passage dans le Val de Vîllé. En effet, toute progression dans la vallée de la Bruche doit s’accompagner du contrôle du Val de Vîllé et du massif montagneux qui s’étend entre ce dernier et la vallée de Ste Marie-aux-Mines. Les combats s’engagent le 14 août 1914 au matin entre des Français déterminés et un dispositif allemand trop léger, reposant sur des unités de réservistes dont la cohésion n’est pas encore éprouvée. St Blaise et Plaine sont attaquées au cours de l’après midi.

Nous avons vu que le général von Eberhardt apprend dès 8 heures du matin que les Français passent à l’attaque dans la vallée de la Bruche. Cependant, aucune information n’émane des unités déployées dans le Val de Vîllé. Aussi donne-t-il l’ordre à Knoerzer de passer le col de Steige et de soulager le RIR 99, tout en se couvrant au sud vers Urbeis. Par ailleurs, il faut s’assurer que le XIV. Res. AK peut aussi intervenir. Le IIIe bataillon du RIR 99 encore à Strasbourg est envoyé par voie ferrée dans la vallée.

La réponse allemande aux attaques française est rapide. Des unités du XIV. Res. AK, dont le RIR 180 et la Brigade Hammerstein se mettent en place pour couvrir le flanc gauche du détachement Knoerzer. Si les Français avancent encore dans la vallée de la Bruche, ce dernier menacera leurs arrières. La violence des combats est grandissante dans la vallée pendant cette journée du 14.

Les Allemands réunissent leurs troupes autour de Diespach et Fouday, au nord de St Blaise, pour bloquer les Français. Ils ont regroupé les I, II, et IVe bataillons du RIR 99, les I, II et IIIe bataillons du bayer. RIR 15 appuyés par une compagnie de mitrailleuses, deux batteries d’artillerie de campagne et une batterie d’obusiers.

Le général Knoerzer passe sous l’autorité du XIV. Res. AK pour une meilleure unité de commandement. Cette nouvelle est accueillie avec stupeur par le Gouverneur de Strasbourg qui n’est même pas consulté ! Il se rend alors à St Martin chez Knoerzer pour constater que les troupes éreintées par la chaleur et les marches successives ne sont plus en mesure de se porter vers St Blaise et Fouday. De toute façon, il est trop tard. Les Français ont bousculé le verrou et les troupes allemandes refluent vers Rothau et Schirmeck.

Une grave défaite à St Blaise.

En effet, la bataille de Diespach (appelée bataille de St Blaise par les Français) est perdue. Le détachement allemand a perdu 33 officiers et 1 700 hommes ainsi que 11 mitrailleuses sont restées sur le terrain. Des tirs français ont touché les chariots à munitions dont les explosions ont causé des pertes terribles aux artilleurs. Le drapeau du RIR 99, donné par le IVe bataillon du IR 132 d’active est aux mains des Français du 1er BCP. Il fait partie des premiers drapeaux pris et exposés à Paris. Dans le camp français ont parle de 1 200 prisonniers, dont 500 réservistes alsaciens qui passent dans les lignes françaises du 1er bataillon du 149e RI à la tombée de la nuit.

Les Français ne poursuivent pas au-delà de Diespach à la grande surprise de leur adversaire. Un avion d’observation allemand survole le secteur et voit arriver de longues colonnes de véhicules. Les villages de Fouday, Diespach et Plaine brûlent.

Source : S0175.

 

Allemagne, Reichsland, place de Strasbourg.

Le 14 août 1914 de nombreuses troupes remontent de Haute-Alsace et arrivent dans la zone de la Place de Strasbourg. Elles appartiennent aux XIV. et XV. AK et ces mouvements répondent aux ordres du Prince Ruprecht de Bavière qui veut concentrer les forces de la VII. Armee entre Strasbourg et Sarrebourg, en vue d’une offensive du groupe d’armée Alsace-Lorraine. Celle-ci doit anticiper l’offensive générale française, ce dont les Allemands sont maintenant convaincus. Cela rassure un peu le Gouverneur qui pense depuis plusieurs jours que les combats sur la frontière peuvent cacher des intentions plus ambitieuses de l’ennemi. En effet, le matin, aux environs de 8 heures, est parvenu un message de la poste de Fouday : « Violents combats depuis une demi-heure. Artillerie et infanterie. Le général Hopfgarten est blessé, le Kommandeur du bayer. RIR 15 prend le commandement ».

Source : S0175.

 

Matin : Allemagne, Strasbourg place forte : ordres du Gouvernement.

Le Gouvernement de la place forte de Strasbourg retransmet une directive concernant l’hébergement des troupes dans les grandes villes, émise par le ministère de la guerre, et transmise successivement aux différents commandements.

« 14 août 1914. Commandement par intérim du 15e corps d’armée « Stellvertr. Generalkommando 15. A.K. » IIb, N°15460. Copie. Nous demandons quelles sont les mesures qui ont été prises. V.s.d.st.G.K.

15.08.1914. Gouvernement. IIa. 1147. Copie. Une instruction spécifique doit être faite par les supérieurs à tous les militaires. V.s.d.G. – F.d.Ch. d.G.St. Major (de la place) signature manuscrite.

Document joint : « Kriegsministerium » (Ministère de la Guerre). Berlin le 6 août 1914. N°873/8 14. C1.

Les grandes villes du pays seront soumises les prochains temps à de grandes contraintes d’hébergement.

En conséquence, afin de préserver l’état de santé des appelés sous les drapeaux, la population doit prendre les mesures suivantes :

1) L’attention de la police locale doit être portée à la surveillance accrue de la prostitution ;

2) D’interdire l’accès de la troupe à certaines rues et d’interdire le séjour des prostituées dans les locaux ouverts au public comme les cafés.

3) Surveiller la qualité des boissons alcoolisées servies dans les débits de boissons.

4) Les tenanciers de bistro de la gare ont interdiction de servir des alcools forts aux troupes de passage. Cependant ils doivent veiller à avoir suffisamment de boissons fraîches aux fruits, d’eau gazeuse et autres boissons similaires.

5) Les hommes de troupe doivent être informés des consignes précitées.

6) Prévenir les hommes de troupe des risques des relations sexuelles hors mariage.

7) Avertir les troupes qu’elles ne doivent pas utiliser l’eau potable des puits avant le contrôle après prise de contact avec les médecins du cercle, les maires, etc.

8) L’accès aux maisons comportant des personnes atteintes de maladies infectieuses est interdit.

9) Attention lors de la consommation de fruits non cuits.

Le ministre de la Guerre. Von Falkenhayn ».

Source : S2675.

 

14h00 : Allemagne, Reichsland, place de Strasbourg : Agitation sur la place de Strasbourg.

Pendant ce temps, vers 14 h 30, le chef d’état-major de la place avait donné l’ordre de porter en avant la batterie installée sur le Scharrach, et de replier vers Stutzheim et Offenheim les unités de travailleurs employées sur la Feste Kaiser Wilhelm II et le Scharrach.

Le Generalleutnant Müller qui commande les troupes de la vallée prend des mesures pour recevoir la 60e brigade de réserve dont les premiers éléments arrivent à Lutzelhouse et Grendelbruch.

Le LIR 81 quitte ses positions de la Place de Strasbourg et se porte dans le secteur de la Feste Kaiser Wilhelm II. Le Ier bataillon occupait déjà la Position de la Bruche, mais les IIe et IIIe bataillons cantonnaient sur le secteur ouest, entre les forts Bismarck et von Sachsen. Ces derniers doivent rejoindre respectivement la Feste et le Scharrach.

Les hommes vont prendre le relais des unités de travailleurs et œuvrer d’arrache-pied pour mettre la Feste, la crête de Dangolsheim, le Scharrach et le Sulzberg en état de défense. Des détachements occupent les gares de Molsheim et de Wolxheim où passent les convois de blessés dirigés sur les hôpitaux de Strasbourg.

Source : S0175.

 

Allemagne : extrait d’une chanson d’un bataillon de Landwehr : extrait d’une chanson de Friedrich Schropp du Strassburger Landsturm – I. Infanterie-Ersatz-Bataillon 61 – I. Kompagnie.

„Lied über seine Erlebnisse während des Krieges 1914/15“ (une chanson sur les événements qu’il a vécu lors de la guerre 1914/15) :

Traduction française.

14 août

Un soir, fatigué par le travail,

On nous dit : « Préparez vous à marcher ! »

La compagnie entre dans

Le proche village de Breuschwickersheim.

 

Dans la vallée de la Bruche le diable s’est déchaîné,

Est entré par effraction le Français.

Pour chaque homme, on avait calculé,

Qu’ils reçoivent huit paquets de munitions !

 

C’est ici que nous étions couchés toute la nuit,

Après que nous avions mis en place la garde.

Et demain on nous dit que faites vous là,

Demi-tour ! Marche, marche ! Dans vos vieux quartiers !

 

Egalement des cadeaux arrivèrent

Chez nous, là-bas à Wolfisheim ;

Ils étaient là déjà éparpillés,

A voir cela, Ah ! cela nous réjouit.

 

Cinq semaines passèrent rapidement

Avec le travail et les exercices.

Puis nous sommes allés à Holtzheim, pas très loin,

Pour la garde nous nous préparons.

 

Là-bas nous avions souvent de l’instruction,

Comment garder la gare,

Le télégraphe et les voies ferrées,

Les ponts et les passages.

 

Sans répit je dois reconnaître

Et faire face à l’ennemi !

Halt ! Qui va là ! Nous interpellions tout le monde

Dès la tombée de la nuit !

 

Montrez-moi le passeport, qu’importe qui c’est,

Des civils honorés.

Et celui qui n’exécute pas les ordres,

Est emmené à la garde.

 

C’est ainsi que nous rejoignons nos postes,

Les patrouillent se déplacent silencieusements par là.

Les autres sont sur les hauteurs d’Achenheim,

Et creusent de profondes tranchées dans la terre glaise.

 

Rappelez-vous encore des mots très durs

« Personne ne sort de la localité ! »

C’est ainsi que parle l’adjudant d’unité soir et matin,

La première reste notre compagnie !

 

Tout à coup à midi,

On nous informa tous :

« Remballez rapidement vos affaires !

Vous devez être prêt à 15 heures ! »

 

Et ensuite un dernier mot d’adieux,

Qu’on dit aux habitants de la localité

« Adieux ! Nous vous remerçions,

Pour les 14 jours de bon quartier ! »

 

Texte original

 

14. Aug.

 

Ein Abend, müd von der Arbeit,

Da heißt es: „Macht euch marschbereit !“

Die Kompagnie, sie rücket ein

Ins nahe Dorf Breuschwickersheim.

 

Im Breuschtal war der Teufel los,

Es brach herein dort der Franzos.

Auf jeden Mann, berechnet schon,

Gab’s acht Pakete Munition !

 

Hier lagen wir die ganze Nacht,

Nachdem man ausgestellt die Wacht.

Um Morgen heiß’s, was tut Ihr hier,

Zurück ! Marsch, Marsch ! ins alt’ Quartier !

 

Auch Liebesgaben trafen ein

Bei uns, dort schon in Wolfisheim ;

Sie lagen da schön ausgestreut

Und anseh’n, ach ! das macht schon Freud’.

 

Fünf Wochen gingen schnell herum

Mit Arbeit, Exerzitium.

Dann gings nach Holtzheim, gar nicht weit,

Zum Wachtdienst macht man uns bereit.

 

Dort gab es öfter Instruktion,

Wie man bewacht die Bahnstation,

Den Telegraph und Schienenstrang,

Die Brücken und den Übergang.

 

Unausgesetzt müßt Ihr auspäh’n

Und nach dem Feind die Nase dreh’n !

Halt ! Wer da ! Wird denn jedermann

Bei Nachtanbruch gerufen an !

 

Den Ausweis zeigt Euch, sei’s wer will,

Das hochwohllöbliche Zivil.

Und wer der Ordre nicht pariert,

Wird auf die Wache abgeführt.

 

So mussten wir auf Posten zieh’n,

Patrouillen schreiten still dahin.

Der Rest stets auf den Ach’mer Höh’n

Gräbt tiefe Schanzen in den Lehm.

 

Gedenkt Euch noch das strenge Wort :

„Es geht mir keiner aus dem Ort !“

So sagt der „Spieß“ uns spät und früh,

‚Die erst’ bleibt unsre Kompagnie !’

 

Auf einmal in der Mittagsstund’,

Da wird gemacht uns allen kund :

„packt schleunig Eure Sachen ein !

Parad müßt Ihr um 3 Uhr sein !“

 

Und dann ein letztes Abschiedswort,

Sagt man den Bürgern hier im Ort :

„Lebt wohl ! Euch allen danken wir,

für vierzehn Tage gut’ Quartier !“

Source : S1164, p. 5-7.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 14 août. Cet après-midi, les hommes hébergés ici du régiment n°137 et du bataillon de Landsturm n°60, ont été mis en état d’alerte. Ils doivent immédiatement venir à Strasbourg. Les Français doivent être entrain d’avancer (combats de la vallée de la Bruche[1]). La population s’inquiète du départ précipité des troupes, et cette crainte est encore accrue, lorsque les gens, qui rentraient des champs du Wörtel, ont été arrêtés par les soldats en faction au pont de l’Ill, pour leur demander leur laissez passer ».

Texte original. 14. August. Heute nachmittag wurden die hier einquartierten Mannschaften des Regiments Nr. 137 und des Landsturmbataillon Nr. 60 alamiert. Sie mussten sofort nach Strassburg rücken. Die Franzosen sollen auf dem Vormarsch sein (Kämpfe im Breuschtal, spätter nachgetragen). Die Bevölkerung geriet durch das schnelle Ausrücken der Truppen in nicht gerunge Angst, die noch gesteigert wurde, da den Leuten, die vom Felde im Wörtel zurückkehrten, von dem Posten bei der Illbrücke ein Passierschein abverlangt wurde.

Source : S0216, p. 10.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place forte : extrait du journal de Jean Lechner, un Alsacien mobilisé et combattant dans l’armée allemande.

« Je suis logé chez un commerçant allemand, Monsieur Walter. Les Allemands sont enthousiastes. Ils veulent cette guerre. Je pense que chacun aura sa part ».

Source : S2698, p. 23.

 

15h00 : France, Lorraine : offensive française.

1ère armée. La 86e brigade (1er, 3e, 10e et 31e B.C.P.) attaque Saint-Blaise à partir de 15 heures, le 1er B.C.P. par l’ouest, le 3e B.C.P. par le nord, mais l’ennemi oppose une résistance acharnée dans la filature. Ensuite, le 3e B.C.P. poursuit sa progression et atteint Fouday à 19h30.

Source : S0008, p. 144.

 

16h00 : France, Lorraine : offensive française.

1ère armée. Sur sa gauche, le 21e R.I. est immobilisé pendant plusieurs heures avant de reprendre la marche en avant vers 16 heures. Les villages de Saint-Blaise et de Plaine ainsi que les hauteurs autour de Plaine sont entre les mains de la 26e brigade qui a subi des pertes importantes. Le colonel Fritsch, commandant le 21e R.I. a été grièvement blessé au cours de l’attaque du village de Plaine.

Source : S0008, p. 143-144.

 

17h30 : Metz : bombardement de Frescaty.

Le premier bombardement français a lieu le 14 août 1914. Son objectif est rigoureusement militaire. Deux avions, pilotés par le lieutenant Cesari et le caporal Prudhommeaux, partent de Verdun à 17h30, bombardent les hangars à dirigeables de Frescaty près de Metz et regagnent Verdun leur mission terminée.

Source : S0223.

 

19h30 : France, Lorraine : offensive française.

1ère armée - 86e brigade (1er, 3e, 10e et 31e B.C.P.). Ensuite, le 3e B.C.P. poursuit sa progression et atteint Fouday à 19h30.

Source : S0008, p. 144.

 

21h00 environ : France, Lorraine : offensive française.

1ère armée - 86e brigade (1er, 3e, 10e et 31e B.C.P.). A la tombée de la nuit, alors que le 1er bataillon du 149e R.I. occupe les hauteurs au nord-est de Saint-Blaise, plus de 500 réservistes du 99e R.I. et du 15e R.I. bavarois, qui avaient agité des chiffons blancs au cours de la journée, viennent rejoindre les soldats français. Après avoir été ravitaillés, ils sont dirigés sur Saales. Cet événement montre l’état d’esprit des Alsaciens-Lorrains incorporés dans l’armée allemande, qui n’ont pas hésité à passer « à l’ami ». A la suite de nombreuses désertions, le haut commandement allemand envisagera en transférer tous les militaires Alsaciens-Lorrains vers le front oriental.

Source : S0008, p. 144.

Carte postale française illustrant la prise du drapeau allemand du 132ème régiment d’infanterie.

 

Nuit du 14 au 15/08/1914 : Allemagne, Reichsland, Alsace-Lorraine : La réorganisation du commandement.

Dans la nuit du 14 au 15 août 1914, un ordre de la VII. Armee précise enfin l’organisation du commandement allemand en Alsace et sur le Rhin supérieur. De la zone de compétence de la Place de Strasbourg jusqu’à la frontière suisse, von Gaede, commandant du XIV. Res. AK sera responsable de ses troupes au sein d’un détachement d’armée – Armee-Abteilung von Gaede.

Le Gouverneur de Strasbourg conserve sous son autorité l’ancien Korpsbezirk du XV. A.K. Sont placés sous son commandement les places de Strasbourg et de Neuf-brisach, ainsi que les 1ère et 2e brigades de Landwehr bavaroises, exception faite des éléments qui restent sur les têtes de pont de Marckolsheim et Schoenau. S’y ajoutera ultérieurement la ligne de défense Colmar – Neuf-Brisach.

Restent dans la place de Strasbourg jusqu’à nouvel ordre, les unités d’aviation, de projecteurs lourds, de mitrailleurs de forteresse et de construction ferroviaire, toutes prêtes à partir, ainsi que l’artillerie lourde placée sous le commandement du Oberstleutnant Bansi.

La fin de la retraite allemande. Sur ordre de la VII. Armee, plusieurs détachements du XIV. et du XV. AK poursuivant ce vaste transfert vers le nord de la région, sont déjà arrivés dans la nuit du 14 au 15 août 1914 dans le secteur de la Feste Kaiser Wilhelm II. Le Generalmajor Freyer et des unités de la 56e brigade renforcée doivent gagner la région de Wasselonne et contrôler les routes dans le massif forestier. On craint les infiltrations françaises. Le Reserve-Husaren-Regiment 9 est déployé autour de Romanswiller et sur le Dürrenberg. Plus au sud, la 60e brigade d’infanterie du XV. AK sous le commandement de von Altrock, fortifie le Mont-National au-dessus d’Obernai.

Source : S0175.

 

Nuit du 14 au 15/08/1914 : France, Lorraine : offensive française.

Au cours de la nuit du 14 au 15 août 1914, le 1er B.C.P. pénètre dans Diespach. Au cours du combat de Saint-Blaise, l’ennemi a laissé sur le terrain, outre de nombreux tués, 1 200 prisonniers, 12 canons et le drapeau du 4e bataillon du 132e R.I. qui a été récupéré par le 1er B.C.P.

Source : S0008, p. 144.

 

Samedi 15 août 1914

 

Panama : Ouverture du Canal de Panama.

Source : S0132.

 

France, Lorraine : offensive française.

Au cours de la journée, la 25e brigade (17e, 20e, 21e et 57e B.C.P.) s’est emparée du Donon. Mais, au sud du dispositif, le 3e bataillon du 149e R.I. s’est heurté à des éléments fortement retranchés sur la croupe nord-est de Steige. Le chef de bataillon Didierjean est tué. En raison du retard apporté par le 14e corps dans son mouvement offensif, le 3e bataillon du 149e R.I. reçoit l’ordre de se maintenir sur ses emplacements autour de Steige et de s’y retrancher. Sur l’ordre du général Dubail le 21e corps emploie la journée du 15 août à se fortifier sur les positions conquises.

Source : S0008, p. 144.

 

Allemagne, Reichsland, Alsace-Lorraine.

Le 15 août 1914, des patrouilles ennemies sont signalées à l’ouest de Heiligenberg et au sud de Saverne.

Source : S0175.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 15 août. L’affluence pour recevoir les sacrements était très grande. La procession habituelle de l’après-midi a été annulée. Toute l’après-midi, des attelages chargés de ciment partirent de la gare vers les ouvrages de fortification. Même des bovins ont été conduits à partir de la gare pour être abrité dans des étables. Jusqu’à présent il s’agit de 65 bêtes, qui restent à la disposition du service des subsistances « Proviantamt » de Schiltigheim. Hier et aujourd’hui on entendait le grondement des canons au loin. Les habitants vivent dans la peur à cause du risque de siège de Strasbourg ».

Texte original. 15. August. Maria Himmelfahrt. Der Andrang zu den Sakramenten w rein grosser. Nachmittags fiel die übliche Prozession aus. Den ganzen Tag hindurch gingen Fuhrwerke mit Zement vom Bahnhof nach den Befestigungswerken. Auch Rindvieh wurden vom Bahnhof aus eingetrieben und in Ställen eingestellt. Bis jetzt sind es 65 Stück, die für das Proviantamt in Schiltigheim bereitstehen. Gestern und heute vernahm man Kanonendonner aus der Ferne. Die Bewohner leben in Angst und Furcht wegen einer Belagerung von Strassburg.

Source : S0216, p. 11.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place forte : extrait du journal de Jean Lechner, un Alsacien mobilisé et combattant dans l’armée allemande.

« Il paraît que Mulhouse a été complètement détruit ».

Source : S2698, p. 23.

 

Dimanche 16 août 1914

 

Belgique, Liège : fin de la résistance dans les forts belges de Liège.

Source : S1344.

 

France, Lorraine : offensive française.

Le 16 août 1914, le 21e C.A. reprend sa marche en avant en direction de Schirmeck tandis que le 14e corps doit occuper la Villé et le Champ du Feu, le 13e corps progressant vers Saint-Quirin. L’ennemi se replie devant le 21e corps qui occupe Schirmeck. L’ennemi se replie devant le 21e corps qui occupe Schirmeck.

Le général Dubail modifie le dispositif de la 1ère armée en raison de l’offensive qu’il a déclenchée en direction de Sarrebourg. Il décide de diriger le gros du 21e corps à travers le massif du Donon sur Saint-Quirin et Abreschwiller afin de couvrir son offensive face au sud-est. La 13e D.I. est réduite à la 26e brigade, renforcée du 17e R.I., est chargée de barrer la vallée de la Bruche à hauteur d’Herschbach et de Schwarzbach.

Source : S0008, p. 144-145.

 

Victoire allemande à Lagarde célébrée par cette carte postale ancienne.

Source : collection MJR.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau : journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 16 août. Après la messe, le maire a fait lire ce communiqué : les lampes à pétrole doivent être préparées au cas où la lumière électrique venait à faire défaut ; et au curé il communique personnellement que sur ordre du Gouvernement de Strasbourg, il est interdit de faire sonner les cloches dans le cercle de Strasbourg. C’est ainsi qu’au cours de l’après-midi, à l’occasion de l’office de guerre, nos cloches sonneront pour la dernière fois. Tout de suite après, les militaires montèrent dans le clocher pour y installer un poste de télégraphie.

Le soir, l’appariteur municipal fait le communiqué suivant : Celui qui veut abattre des arbres près des forts, doit se présenter demain avec hache et scie. Salaire journalier : 5 M. Les fusils doivent être remis demain dans la maison communale et tous les pigeons doivent immédiatement être abattus.

Hier et aujourd’hui il règne une animation colorée dans les rues. Des femmes et des enfants, chargés de corbeilles et de paquets, étaient venus ici pour rendre visite à leur mari et pères en uniformes. Qui peut décrire leurs sentiments lors de leurs retrouvailles et de leurs séparations ? ».

Texte original. 16. August. Nach dem Hochamt liess der Bürgermeister verkünden : Die Petroleumlampen sind instandzusetzen für den Fall, dass das elektrische Licht versagt ; dem Pfarrer aber teilt er persöhnlich mit, dass auf Anordnung des Gouvernement die Glocken im Landkreis Strassburg nicht mehr geläutet werden dürfen. So ertönen also unsere Glocken nachmittags bei der Kriegs-Andacht bis auf weiteres zu letztenmal. Gleich nachher aber bestieg Militär den Kirchturm, um eine Fernsprechhstelle einzurichten. Am Abend durch die Ortsschelle : Wer Bäume bei den Forts abhauen will, soll sich morgen daselbst melden und Axt und Säge mitbringen. Tageslohn 5 M. Die Gewehre sind morgen auf das Gemeindehaus zu bringen und sämtliche Tauben sind sofort zu schlachten. Heute und gestern herrschte ein bewegtes, buntes Leben auf den Strassen. Frauen und Kinder, beladen mit Körben und Paketen, waren in grosser Zahl hierhergekommen, um den Mann und Vater in « Uniform » zu Besuchen. Wer mag zu schildern ihre Gefühle beim Wiedersehen und bei der Trennung ?

Source : S0216, p. 11.

 

Lundi 17 août 1914

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 17 août. Pour la première fois les croyants viennent à l’église sans que l’on sonne les cloches. Comme cela paraît étrange, et comme cela touche les cœurs humains ! L’après-midi, un attelage apporta au poste de télégraphie dans le clocher des Lanternes et des jumelles ».

Texte original. 17. August. Zum erstenmal erschienen heute die Gläubigen in der Kirche, ohne dass vorher geläutet worden. Wie sonderbar erschien dies, und wie wehmütig stimmt nicht das Verstummen der Glocken das Menschenherz ! Nachmittags brachte ein Fuhrwerk aus STrassburg Laternen und Ferngläser für die Fernsprechstelle auf dem Turm.

Source : S0216, p. 11.

 

Allemagne : succès russe en Prusse Orientale

Source : S1344.

 

Serbie : Succès des Serbes contre les Austro-Hongrois

Source : S1344.

 

Mardi 18 août 1914

 

6h00 : France, Lorraine : offensive française.

Le 18 août 1914, tandis que le gros du 21e corps, renforcé de la brigade coloniale du colonel Simonin, fait mouvement vers la région d’Abreschwiller – Saint-Quirin, la 13e D.I. reçoit l’ordre de progresser jusqu’à Urmatt. Au lever du jour, le 109e R.I., un bataillon du 17e R.I. et un groupe d’artillerie stationnent à Hersbach et sur les hauteurs au nord-ouest de Wisches. Deux bataillons sont à Russ. Le 21e R.I. est en réserve successivement de Wisches, Lutzelhouse et Urmatt où elle doit organiser des positions défensives. Les combats débutent à 6 heures du matin. Au nord de la Bruche, le bataillon du 17e R.I. enlève Wisches tandis que le 109e R.I. progresse au nord de Lutzelhouse. Au sud de la Bruche où, face à un adversaire bien retranché, ils subissent des pertes importantes. Le général Bourderiat, commandant la 13e D.I., envoie à Schwarzbach le bataillon du 17e R.I. qui était à Wisches, tandis que six compagnies du 21e R.I. font mouvement sur Russ pour intervenir au profit du 17e R.I. Au début de l’après-midi, les Allemands passant à l’attaque, cherchant à déborder par les hauteurs le 109e et le 17e R.I. Le 21e R.I. doit déclencher une contre-attaque en direction de Grendelbruch pour dégager le 17e R.I. 

Source : S0008, p. 145.

Carte postale allemande illustrant les combats de rue dans la vallée de la Bruche.

Source : collection MJR.

 

France : ordre aux 1er et 2e armées française de prendre l’offensive.

Le général Joffre ordonne aux 1ère et 2e Armées françaises de pénétrer en Lorraine et aux 3e et 4e Armées françaises de marcher au nord et de pénétrer en Luxembourg belge, de la région de Mézières Monthermé à l’Ouest à celle de Longwy à l’Est.

Source : S1344.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 18 août. Après la messe, un capitaine et un lieutenant monte dans le clocher, pour voir le poste de télégraphie. Dans le village se diffusait la rumeur que l’Italie a déclarée la guerre à l’Autriche, ce qui entraîna une nouvelle agitation au sein de la population ».

Texte original. 18. August. Nach der Messe ging ein Hauptmann mit einem Leutnant auf den Turm, um die Fernsprechstelle zu besichtigen. Im Dorfe verbreite sich das Gerücht : Italien habe Östereich den Krieg erklärt, wodurch neue Unruhe bei der Bevölkerung entstand.

Source : S0216, p. 11.

 

17h00 : France, Lorraine : offensive française.

A partir de 17 heures, le 109e R.I. doit battre en retraite en direction d’Hersbach et le 17e R.I. sur Steinbach, au sud-ouest de Russ. La situation est critique et le général Bourderiat doit demander à la 25e brigade de lui envoyer des renforts.  

Source : S0008, p. 145.

Pièce d’artillerie de campagne bavaroise en position, dessins de A. Reich.

 

Mercredi 19 août 1914

 

Belgique : le replie vers le réduit national.

L’Armée belge se replie dans le camp retranché d’Anvers.

Source : S1344.

 

10h00 : France, Lorraine : offensive française en vallée de la Bruche.

Au lever du jour les combats reprennent et les troupes françaises se replient petit à petit en direction du Donon.

Source : S0008, p. 145.

Les combats autour du Donon.

Source : collection MJR.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 19 août. Par l’appariteur municipal : les puits doivent être maintenus ou remis en état. Les puits ouverts doivent être recouverts. Le samedi soir, les rues doivent être nettoyées ».

Texte original. 19. August. Durch die Ortsschelle : Die Brunnen müssen instandgesetzt werden. Offene Brunnen sind zu bedecken. Jeden Samstag abend sind die Strassen und Gassen zu reinigen.

Source : S0216, p. 12.

 

Soir : France, Lorraine : Vallée de la Bruche, offensive française.

Les troupes allemandes réoccupe Schirmeck et se réorganisent. Les positions françaises sur le Donon subissent de violents bombardements.

Source : S0008, p. 145.

 

Jeudi 20 août 1914

 

France, Lorraine : défaite française à Sarrebourg, Dieuze et Morhange.

Source : S1344.

Carte postale ancienne et une lithographie allemande relative à la bataille en Lorraine.

Source : collection MJR.

Lithographie représentant l’attaque allemande pendant la bataille de Lorraine.

 

Metz : bombardement de Frescaty.

Un avion français revient sur l’objectif de Frescaty le 20 août 1914 et y provoque un incendie. Dès lors le terrain de Frescaty aura souvent la visite des bombardiers français.

Source : S0223.

 

France : bombardement par les avions français.

Au cours de ce terrible mois d’août, il ne faut signaler qu’une opération importante, mentionnée au communiqué officiel français du 20 août 1914 : « Un avion français, rencontrant une division de cavalerie allemande, a jeté sur elle des projectiles qui ont mis dans ses rangs le plus grand désordre ».

Source : S0223.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 20 août. Il est interdit d’accueillir ou de chacher un espion. Celui qui va à l’encontre de cette prescription sera fusillé. Il est interdit de chasser ou de tirer sur les pigeons. Il est strictement interdit de s’approcher des forts. Les parents doivent en avertir les enfants ».

Texte original. 20. August. Es ist verboten, einen Spion aufzunehmen oder zu verbergen. Wer gegen diese Verordnung handelt, wird erschossen. Es ist verboten, zu jagen und Tauben zu schiessen. Es ist streng verboten, sich in die Nähe der Forts zu begeben. Die Eltern sollen die Kinder davor warnen.

Source : S0216, p. 12.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place forte : extrait du journal de Jean Lechner, un Alsacien mobilisé et combattant dans l’armée allemande.

« Nous avons été mis en formation pour six semaines. Tous les jours, nous nous exerçons aux canons de 15 centimètres que nous transportons à l’aide de carrioles, de l’Arsenal de Strasbourg jusqu’aux près de Kinzig ou de Sundheim en pays de Bade. Le service est assez facile. Nous marchons beaucoup.

La formation porte également sur les armes de projection : mitrailleuses, fusils, couteaux scies destinés en principe à détruire les obstacles, et grenades fabriquées avec une boîte métallique accrochée à un manche en bois ».

Source : S2698, p. 23.

 

19h00 : France, Lorraine : offensive française.

Le 20 août 1914, les Allemands passent à l’attaque du massif, qui est évacué à 19 heures par la 25e brigade. Le 21, le général Bourderiat déclenche une contre-attaque, qui échoue.

Source : S0008, p. 145.

Carte postale ancienne illustrant les combats du Donon.

Source : collection MJR.

 

Vendredi 21 août 1914

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 21 août. Par l’appariteur municipal : les cadeaux pour le XVe corps d’armée seront récupérés à la maison communale, aujourd’hui de 6 à 7 heures. La municipalité vendra ce soir à la maison des associations de la farine contre payement numéraire. Le soir, une rumeur relative à grande victoire des armées allemandes près de Metz se répandit rapidement ».

Texte original. 21. August. Durch die Ortsschelle : Auf dem Gemeindehaus werden heute von 6-7 Uhr Liebesgaben für das XV. Armeekorps angenommen. Im Vereinshaus wird heute Abend durch die Gemeindeverwaltung Mehl gegen Bezahlung verkauft. In den Abendstunden verbreitete sich das Gerücht von einem grossen Sieg der deutschen Armee bei Metz.

Source : S0216, p. 12.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place forte : extrait du journal de Jean Lechner, un Alsacien mobilisé et combattant dans l’armée allemande.

« Tout est si calme à Kehl. Il fait chaud. La femme de mon logeur m’offre de la bière et me prépare des gâteaux. Elle fait aussi du très bon café. J’ai de la chance ».

Source : S2698, p. 23.

 

France, Lorraine : offensive française.

Le 21, le général Bourderiat déclenche une contre-attaque, qui échoue. La 13e D.I. doit battre en retraite vers la vallée de la Plaine tandis que sur sa droite le 14e corps tient encore Plaine. Sur sa gauche, la 43e D.I. se replie sur Val et Châtillon.

Source : S0008, p. 145.

 

Samedi 22 août 1914

 

France, Lorraine : défaite française à Longwy

Source : S1344.

 

Belgique : échec des troupes françaises devant Charleroi.

Source : S1344.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 22 août. Ce matin le drapeau de l’Empire flottait sur la maison communale, puisque les Allemands avaient remporté leur première grande victoire sur les Français, entre Metz et Sarrebourg (20 août). Une ambiance plus calme s’installa puisque les Français ont été également repoussés en Alsace aux de ces derniers jours (19-24 août). Les Français se replient dans les vallées de Villé et de la Bruche. Le risque de devoir quitter la Wantzenau en cas de siège de Strasbourg apparaît à présent de plus en plus loin aux habitants. Par l’appariteur, à 21 heures le soir : personne ne doit se rendre sur les îles du Rhin le soir, car là-bas on court le risque d’être abattu ».

Texte original. 22. August. Heute früh wehte auf dem Gemeindehaus die Reichsfahne, da die Deutschen den ersten grossen Sieg zwischen Metz – Saarburg über die Franzosen errungen hatten (20. August). Eine ruhigere Stimmung machte sich sofort im Dorfe geltend, da die Franzosen auch im Elsass in den letzten Tagen zurückgeschlagen wurden (19.-24. August Zurückgehen der Franzosen im Weiler – und Breuschtal). Die Gefahr, Wanzenau wegen einer Belagerung von Strassburg verlassen zu müssen, erscheint den meisten Einwohner nunmehr in weite Ferne gerückt zu sein. Durch die Ortsschelle um 9 Uhr abends : Es soll sich niemand in den Rheininseln aufhhalten, denn es besteht die Gefahr, erschossen zu werden.

Source : S0216, p. 12.

 

12h00 : France, Lorraine : offensive française.

Le 22 août 1914 vers midi, les attaques allemandes rejettent la 13e D.I. vers Allarmont et sur Celles. 

Source : S0008, p. 145.

 

Dimanche 23 août 1914

 

Belgique : défaite des troupes britanniques à Mons.

Source : S1344.

 

France : la 4e Armée (Langle de Cary) et la 3e Armée françaises (Ruffey) ordonnent la retraite sur la Meuse.

Source : S1344.

 

Japon : Le Japon déclare la guerre à l’Allemagne.

Source : S0132.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 23 août. On était dimanche, mais aucune cloche du dimanche ne se fit entendre ! Lors des vêpres, ont fit la quête au profit de la croix rouge. Résultat : 673 M. A vraie dire, un bel élan de générosité en ces jours, où l’amour de la prochaine fête et de si grands triomphes ! A l’église, le calme du début de guerre commence à s’estomper. Malheureusement ! ».

Texte original.

Source : S0216, p. 12.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place forte : extrait du journal de Jean Lechner, un Alsacien mobilisé et combattant dans l’armée allemande.

« Pour le moment, la vie n’est pas trop désagréable. La population nous traite bien. J’ai même du mal à imaginer que je vais partir me battre. Peut-être que d’ici quelques mois tout sera réglé. Je reprendrai mes entraînements à la piscine de Strasbourg et les compétitions avec Emile, un garçon exceptionnellement sportif, le meilleur de notre équipe. Et il n’a que 15 ans ».

Source : S2698, p. 23.

 

Lorraine : retraite de la 5e armée.

Le 23 août 1914 au soir, les Allemands sont en bonne position pour envelopper, battre, voire détruire la 5e Armée française. Lanrezac perçoit la menace qui pèse sur son armée avant que von Bülow ne réalise la chance qui s’offre à lui. Il ordonne à son armée de battre en retraite sans délai en direction de Philippeville et de Givet. Lanrezac vient de sauver cette 5e Armée qui jourera un rôle central dans la bataille de la Marne.

Source : S1344.

 

Lundi 24 août 1914

 

12h45 : France, Lorraine : repli français.

Le 24 août 1914, la 13e D.I. doit céder du terrain et évacuer Celles en fin de matinée, malgré la vive résistance du 20e B.C.P. A 12h45, le général Bourderiat donne l’ordre à toutes ses unités de se replier à l’ouest de la Meurthe. Dans la journée l’ennemi prend pied sur la rive gauche de la Meurthe et de violents combats sont livrés autour de la Haute-Neuveville, à l’ouest de Raon-l’Etape. Le 21e R.I., qui constitue la réserve de la division, s’installe au col de la Chipotte.

Source : S0008, p. 145.

Patrouille automobile allemande dans les Vosges.

Source : collection MJR.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 24 août. Par l’appariteur municipal : celui qui porte un brassard sans autorisation, sera puni. Celui qui n’obtient pas le poids prescrit lors de l’achat du pain, doit en rendre compte au maire ».

Texte original. 24. August. Durch die Ortschelle : Wer ohne Berechtigung eine Armbinde trägt, wird gestraft. Wer beim Brotkaufen nicht das erforderliche Gewicht erhält, soll dies beim Bürgermeisteramt anzeigen.

Source : S0216, p. 12.

 

Soir : France : Le 24 août 1914, après trois semaines de guerre, le bilan de Joffre est catastrophique. Partout ses armées sont en posture d’échec.

Source : S1344.

 

Mardi 25 août 1914

 

Autriche-Hongrie : L’Autriche-Hongrie déclare la guerre au Japon.

Source : S0132.

 

Allemagne : Moltke fait envoyer des divisions du front occidental vers la Prusse Orientale.

Source : S1344.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 25 août. Aujourd’hui, une voiture chargée de fruits frais est partie à Strasbourg. Une infirmière accompagnait celle-ci et elle était heureuse de pouvoir distribuer ces dons aux blessés de quatre hôpitaux de guerre de Strasbourg « Lazaretten ».

A 8 heures du matin, la garde prenait position pour la première fois au clocher. Une sentinelle se tient à l’entrée du clocher et une autre au niveau des volets réflecteurs (Schallläden) ».

Texte original. 25. August. Heute fuhr ein Wagen frischen Obstes nach Strassburg. Eine Krankenschwester begleitete denselben und erfreute mit den Liebesgaben die Verwundeten in vier Lazaretten. Um 8 Uhr morgens zog die Wache das erste Mal zum Kirchturm. EIn Posten steht am Eingange zum Turm und eun zweiter bei den Schalläden.

Source : S0216, p. 13.

 

Mercredi 26 août 1914

 

France : défaite britannique au Cateau.

Source : S1344.

 

France : remaniement ministériel au sein du gouvernement Viviani.

Source : S1344.

 

France, Paris : Gallieni est nommé gouverneur de Paris.

Source : S1344.

 

Belgique : bombardement par un dirigeable français : D’autre part, le 26 août 1914, un dirigeable parti de Maubeuge, bombarde deux campements de cavalerie allemande en Belgique.

Source : S1344.

 

France, Lorraine : repli français. Le 26, de violents combats se déroulent dans la forêt de Sainte-Barbe et autour de Saint-Benoît-la-Chipotte, défendu par le 109e R.I.

Source : S0008, p. 145.

Carte postale allemande illustrant les combats contre les positions françaises.

Source : collection MJR.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 26 août. Aujourd’hui nous avons célébré un office pour l’âme du pape Pie X. Que le Pape de la Sainte Eucharistie repose en paix et demande à la chrétienté catholique un successeur, apte à ces temps difficiles ! Par l’appariteur municipal : les familles dans le besoin doivent amener leurs feuilles d’impôts à la mairie. Dernier délai ! Ceux qui ont prêté des pelles, des haches, etc. au bataillon de travailleurs, doivent chercher leur indemnisation cet après-midi à la mairie. Ceux qui veulent travaillés pour les militaires doivent se présenter cet après-midi au « Fuchs am Buckel ». Salaire : 50 Pfg. par heure.

Encore une fois par l’appariteur municipal, le soir : demain matin à 8 heures, toutes les voitures et harnachements pour les chevaux, et les lanternes, encore en état de servir pour la guerre, doivent être apportés à la mairie. Tout sera immédiatement payé.

Le soir vers 21 heures, une voiture fit un tonneau au niveau du virage près du moulin de la Wantzenau. Son propriétaire, l’huissier de justice Bohr de Molsheim, qui conduisait un médecin militaire par ici, était mort sur le coup. Son fils de 14 ans fut victime d’un traumatisme crânien. Le soldat qui l’accompagnait a également été blessé. Les deux blessés ont été amenés au Lazarett de la Robertsau ».

Texte original. 26. August. Für den Papst Pius X wurde heute ein Seelenmat gesungen. Der Papst der heiligen Eucharistie ruhe in Frieden und erbitte der katholoschen Christenheit einen Nachfolge, wie ihn die schweren Zeiten verlangen !

Durch die Ortsschelle : Die unterstützunsbedürftigen Familien sollen hre Steuerzettel auf das Gemeindehaus bringen. Letzter Termin ! Wer dem Abeiterbataillon Schauffeln, Äxte usw. Geliehen hat, soll heute nachmittag das Geld dafür beim Bürgermeisteramt holen. Wer für das Militär arbeiten will, soll sich heute nachmittag beim Fuchs am Buckel einfinden. Lohn 50 Pfg. Pro Stunde. Noch einmal durch die Ortschelle abends : Morgen früh um 8 Uhr, sollen alle kriegsbrauchbare Wagen mit Pferdegeschirr und Laterne vor das Gemeindehaus gebracht werden. Alles wird gleich bezahlt. Um 9 Uhr Abends überstürzte sic hein Auto auf der Strassenbiegung bei der Wanzenauer Mühle. Der Besitzer, Gerichtsvollzieher Bohr aus Molsheim, der einen Militärarzt hierhergeführt, blieb tot auf der Stelle. Sein 14 Jährigen Sohn erlitt eine Gehirnerschütterung. Verletzt wurde auch ein mitfahrender Soldat. Beide wurden ins Lazarett nach Ruprechtsau gebracht.

Source : S0216, p. 13.

 

Jeudi 27 août 1914

 

Russie : Les Russes sont battus par Hindenburg à Tannenberg.

Source : S0132.

 

France : Les Allemands avancent jusqu’à Meaux et menacent Paris.

Source : S0132.

 

France : bataille de la Meuse entre Dun et Mézières.

Source : S1344.

 

France, Lorraine : repli français. Le 27 août, l’ennemi parvient au col de la Chipotte, mais il ne peut en déboucher.

Source : S0008, p. 145.

 

Front Est, Gallicie-Occidentale : offensive russe.

Source : S1344.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 27 août. Par l’appariteur municipal : celui qui se fait interpeller par la sentinelle sur le pont de l’Ill doit immédiatement s’arrêter, sous risque d’être abattu sur place. Toutes les barques de pêche ont été récupérée par les militaires et mises sous séquestre au niveau du pont flottant de Gambsheim. Cette mesure a été prise à la suite de la dérive d’un peuplier au niveau de ce même pont, un incident que l’on impute injustement aux pêcheurs locaux.

L’enquête faite par le maire conclue que, l’arbre qui a été coupé à proximité du Fort Fransecky est tombé à l’eau et laissé à son sort par les soldats chargés de la mise en état de défense (Armierungssoldaten) ».

Texte original. 27. August. Durch die Ortsschelle : Wer über der Illbrücke von einem Posten angerufen wird, soll sofort halten, sonst setzt er sich der Gefahr aus, erschossen zu werden. Sämtliche Nachen mit Fischergeräten wurden vom Militär eingezogen und bei der Pontonbrücke zu Gambsheim in Gewahrsam gebracht. Diese Massregel wurde durch das Anschwemment eines Pappelbaumes bei der erwähnte Brücke veranlasst und danach, allein zu Unrecht. Die Untersuchung durch den Bürgermeister ergab, dass der Baum in der Nähe des Fort Fransecky gefällt, in die Ill gefallen und von den « Armierungssoldaten » seinem Schicksal überlassen worden war. Eine Tatsache mehr, dass Unschuldige oft statt der Schuldigen büssen müssen. Nach dem Kriege werden in dieser Hinsicht noch ganz andere Dingen ans Tageslicht kommen.

Source : S0216, p. 13-14.

 

Vendredi 28 août 1914

 

Autriche-Hongrie : L’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Belgique.

Source : S0132.

 

France, Lorraine : repli français. Le front se stabilise du 28 août au 3 septembre, date à laquelle la 13e division est regroupée à l’arrière. Au col de la Chipotte, la 13e D.I. est opposée à la 58e brigade (112e et 142e R.I.) du général Stenger, qui « a donné l’ordre abominable de ne pas faire de prisonniers, ordre que ses subordonnés ont exécuté » (général Legrand-Girarde, Opérations du 21e corps d’armée, Paris, 1922, p. 79-80).

L’échec de la vallée de la Bruche est dû à l’insuffisance des moyens mis en œuvre, aux excès de la doctrine offensive française et à ne mauvaise utilisation du terrain. Le général Dubail a cru pouvoir mener de front l’offensive principale en Lorraine et des offensives secondaires en Alsace.

Source : S0008, p. 146.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 28 août. Les alentours de la mairie avaient hier et aujourd’hui un aspect particulier. 62 voitures, plus ou moins bien équipées, avaient été placées ici. Mais comme l’administration militaire avait réussi à obtenir assez de voitures à Hoerdt, elles furent à nouveau remises à la disposition des propriétaires. Plus d’un était déçu de ne pas avoir pu céder sa charrette bonne pour les services de guerre (Kriegsbraubar) ».

Texte original. 28. August. Die Umgebung des Gemeindehauses war gestern und heute eine ganz eigenartige. 62 Wagen, mehr oder weniger gut ausgerüstet, waren angefahren. Da aber die Militärvewaltung genug solcher Fahrzeuge in Hoerdt erhalten, wurden dieselben wieder freigegeben. So erfuhr wohl manche reine Entäuschung : hatte er doch gehofft, seinen « kriegsbrauchbaren » Wagen gut anzubringen.

Source : S0216, p. 14.

 

Samedi 29 août 1914

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 29 août. Ce matin un détachement de soldats avec 8 mitrailleuses passa par le village, pour faire un exercice dans les environs ».

Texte original. 29. August. Heute morgen rückte eine Abteilung Soldaten mit 8 Maschinengewehren durch das Dorf und machte in der Nähe eine Übung.

Source : S0216, p. 14.

 

Dimanche 30 août 1914

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 30 août. Aujourd’hui on célébra pour la première fois un office militaire à l’église à 8 heures. Un aumônier militaire de place forte est venu à cette occasion. Un office religieux identique pour les soldats protestants s’est déroulé à la maison communale ».

Texte original. 30. August. Heute fand zum erstenmal ein Militärgottesdienst um 8 Uhr in der Kirche statt. Ein Festungsgarnisonspfarrer stand demselben vor. Im Vereinshaus war Gottesdients für die protestantischen Soldaten.

Source : S0216, p. 14.

 

Lundi 31 août 1914

 

France : effectif de l’armée.

Au 31 août 1914, Joffre peut compter sur 300 000 fantassins, 20 000 cavaliers et 30 000 artilleurs présents dans les dépôts et immédiatement disponibles, ainsi que sur les 194 000 hommes de la classe 1914 qui viennent d’être, peu auparavant appelés sous les drapeaux.

Source : S1344.

 

Allemagne, Strasbourg : Titre du journal Strassburger Bürger-Zeitung : « Une grande victoire à Tannenberg en Prusse Orientale ».

Communiqué officiel : « Lors des grands combats près de Tennenberg, Hohenstein et Ortelsburg en Prusse orientale, dans lesquels les armées russes ont été lancés, plus de 30 000 hommes avec parmi eux de nombreux officiers supérieurs ont été faits prisonniers ».

Source : S0442.

 

Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

Traduction : « 31 août. Le nombre de communiant s’élève pour le premier mois de la guerre à 2 320. Le monde des hommes à 620 communions. Aujourd’hui on a diffusé de nouvelles directives pour une garde plus sévère du pont de l’Ill. Un officier et 20 hommes du Landsturm-Bataillon Molsheim N°60 sont allés aujourd’hui dans la région de Schirmeck, pour fouiller le champ de bataille ».

Texte original : 31. August. Deer Kommunionempfang belief sich im ersten Kriegsmonat auf 2 320. Auf die Männerwelt kamen 620 Kommunionen. Heute wurden neue Verordnungen betreffs strengerer Bewachung der Illbrücke erlassen. Ein Offizier und 20 Mann des Landsturm-Bataillons Molsheim Nr. 60 gingen heute in die Gegend von Schirmeck, um das Schlatfeld abzuuchen.

Source : S0216, p. 14.

 

Sources / Quellen

 

S0008

Jean Nouzeville : Bataille d’Alsace ; Editions Contades, 1989.

 

S0132

Henry Riegert ; Journal Historique de l’Alsace ; Tome 6 (1914-1946) ; Edition l’Alsace, Mulhouse, 1981.

 

S0175

Burtscher, Philippe : 1870 – 1918 De la ceinture fortifiée de Strasbourg à la Position de la Bruche ; Cercle d’Etude des fortifications, Société d’Histoire de Mutzig et environs, 1999.

 

S0192

Koehly, directeur d’école de Mutzig de 1895 à 1924 : Mutzig 1914 – 1918 – Chronique des années de guerre tiré de la Schul-Chronik ; Société d’Histoire de Mutzig et environs, 1975.

 

S0216

Alois Postina: Wanzenauer Kriegschronik, ein Gedenkblatt aus dem Weltkrieg 1914-1918 ; I. Auflage, Société d’Edition de la Basse-Alsace (L’Alsacien), 1930.

 

S0223

René Martial : L’aviation française de bombardement ; Tome I : des origines à la fin de 1915. Préface du Général de Goÿs ; Maison Martin-Mamy, Crouan & Roques, Lille et Paris, 1937.

 

S0419

François Igersheim : L’Alsace des notables 1870-1914 ; La bougeoisie et le peuple alsacien ; Edition BF Strasbourg, 1981.

 

S0442

Strassburger Bürger Zeitung 1914 mit illustrierter wöchentlicher Gratisbeilage „Feierstunden“, journaux édités en 1914.

 

S0620

Richert Dominique : Cahiers d’un survivant. Un soldat dans l’Europe en guerre 1914-1918 ; Editions La Nuée Bleue, Strasbourg, 1994.

 

S1070

La Première Guerre Mondiale 1914 - 1918. Réalisé à partir de la collection de fascicules La Grande Guerre parus de 1996 – 1997 ; Volume I : Sur le front, à l'arrière, chronologie ; Nov’édit, 2001.

 

S1164

Friedrich Schropp : Der Strassburger Landsturm. I. Infanterie Ersatz-Bataillon 61; I. Kompagnie. Lied über seine Erlebnisse während des Krieges 1914/15. Gewidmet seinen Kameraden ; Druck von M. DuMont Schauberg, Strassburg i. Els.; 1915.

 

S1190

Porte, Rémy : La motorisation des Armées en 1914 (août-décembre), in 14-18 Le magazine de la Grande Guerre n°18, février mars 2004, p. 34-41.

 

S1234

Les Armées françaises dans la Grande Guerre ; Tome Premier ; Premier volume ; Ministère de la Guerre ; 1922.

 

S1318

Ernest Denis : La Guerre – Causes immédiates et lointaines – L’intoxication d’un peuple – Le traité ; Librairie Delagrave, Paris ; 1915.

 

S1344

Gelton, Frédéric : 14 - 18 Le Magazine de la Grande Guerre Hors série n°1 septembre 2004 : La bataille de la Marne ; SOTECA SARL, 2004.

 

S1741

Emile Hinzelin : 1914 Histoire illustrée de La Guerre du Droit – Tome 1 ; Librairie Aristide Quillet, 278, boulevard Saint-Germain, Paris ; 1916.

 

S1951

1914-1918 La Grande Guerre n°1 ; Magazine avec DVD et divers documents : affiches et extraits de journaux ; 2007.

 

S2362

Hugh Gibson, Premier Secrétaire de la Légation Américaine à Bruxelles : Le Belgique pendant la Guerre (juillet – décembre 1914); Ouvrage traduit de l’Anglais par le Lietenant Comte Louis d’Ursel, secrétaire de la légation de Belgique à Berne ; Librairie Hachette et Cie, 1918, Paris.

 

S2484

La vie quotidienne en Basse-Alsace pendant la guerre de 1914-1918 ; ancienne Bibliothèque du Cercle de Garnison de Strasbourg, cote D8145.B.

 

S2527

La Guerre mondiale. Ecole Supérieure de Guerre. Archives du Reich. Traduit à l’Ecole Supérieure de Guerre (cours d’Allemand) : Tome 1 (1ère, 2ème et 3ème partie) ; Ecole Supérieure de Guerre, Réunion des Officiers, Paris, 1928.

 

S2529

Maufrais Louis : J’étais médecin dans les tranchées 2 août 1914 – 14 juillet 1919 ; Présenté par Martine Veillet. ; ditions Robert Laffont, 2008.

 

S2548

Général J.E. Valluy avec la collaboration de Pierre Dufourcq : La Première guerre mondiale ; Tome 1 : 1914-1916 De Sarajevo à Verdun ; Librairie Larousse, Paris, 1968.

 

S2675

Ordre du Gouvernement de la place forte de Strasbourg du 04/08/1914 au 31/12/1914 « Parole Befehl » in Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg, cote 273MW37.

 

S2698 : Journal de Jean Lechner, un Alsacien mobilisé et combattant dans l’armée allemande in Catherine Lechner : Alsace Lorraine – Histoires d’une tragédie oubliée ; éditions Atlantika-Séguier, Anglet, 2004.

 

S3253

Der Elsässer 1914.

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Les notes insérées entre parenthèse sont des notices apportées après les événements ou des précisions.