Juillet 1914

Dernière mise à jour : 13 mars 2018


Mercredi 1er juillet 1914

France : Début de manœuvres navales. Les manœuvres navales du Nord se déroulent du 1er au 10 juillet 1914. 

Allemagne, Reichsland, place forte de Strasbourg : pas de mesures particulières suite à l'assassinat du prince héritierdd'Autriche. Le 28 juin 1914, le gouverneur de la place forte, le général von Eberhardt apprend du conseiller municipal Pauli une nouvelle qui allait bientôt se répandre comme une traînée de poudre : le prince héritier d'Autriche et sa femme ont été assassinés à Sarajevo. Les premières semaines de juillet n'allaient pas changer grand-chose à la vie de la garnison de Strasbourg. Aucune instruction ne parvient pour une quelconque mesure préparatoire à la défense de la place. Dans ses mémoires, le gouverneur ne relate qu'une seule décision : la réalisation de 40 000 brassards blancs, destinés à être tamponnés et distribués aux formations de travailleurs affectés aux travaux de mise en état de défense. 

Jeudi 2 juillet 1914

Autriche-Hongrie, Vienne : L'ambassadeur de France écrit au sujet des conditions imposées par l'Autriche-Hongrie : « L'enquête sur les origines de l'attentant qu'on voudrait exiger du gouvernement de Belgrade, dans des conditions intolérables pour sa dignité, fournirait à la suite d'un refus le grief permettant de procéder à une exécution militaire », (M. Dumaine, ambassadeur de France à Vienne. Lettre à M. Viviani, 2 juillet 1914).

Mardi 7 juillet 1914

Soir : Bitche : les manœuvres de la 60ème brigade d'infanterie s'achèvent. Les manœuvres de la "60. Infanteriebrigade" se sont achevés par une revue des troupes. Les régiments strasbourgeois IR.105 et IR.138 sont arrivés dans le camp hier après-midi pour participer aux manœuvres de division. Les exercices de division doivent s'achever le mercredi 8 juillet 1914 soir.

Soir : Strasbourg-Metz : passage de l'inspecteur volant. Le 7 juillet 1914 soir, le Major Siegert, commandant le "Fliegerbataillon Nr. 4" accompagné par un sous-officier, en provenance de Strasbourg, a atterri à Metz avec un biplan, afin d'inspecter la compagnie d'aviateurs "Fliegercompagnie" de Metz. Les aviateurs avaient été contraints de faire un atterrissage d'urgence dans les Vosges à cause de deux orages, ce qui n'a pas entraîné de dégâts. Dès que les orages s'éloignèrent, le vol avait été poursuivi à partir de Phalsbourg.

Mercredi 8 juillet 1914

Strasbourg, Fort Tann, accident mortel.

Un grave accident s'est déroulé mercredi soir vers 17 h au Fort Tann près de Grafenstaden. Une sentinelle du régiment IR132 a pour rigoler, mis en joue son camarade comme s'il allait lui tirer dessus. Celui-ci a également pris cela à la rigolade et simula un blessé grave. C'est à cet instant que le coup de feu mortel est parti - la sureté du fusil n'était pas mise - et atteignit son camarade dans la poitrine. Les deux soldats sont originaires de Posen.

Jeudi 9 juillet 1914

18h00 : Colmar : Fuite du dessinateur alsacien Hansi.

Le dessinateur Waltz, dénommé Hansi, n'est pas revenu à Colmar à 18 h, le délai qui lui avait été fixé. De toute façon il ne devait pas se présenter à Colmar mais à Cottbus pour commencer sa peine de prison.

Vendredi 10 juillet 1914

Strasbourg : Fête de l'anniversaire du grand-duc de Bade.

L'anniversaire du grand-duc de Bade a été fêté hier par la mise en place de drapeaux sur tous les bâtiments militaires, suivi d'un service religieux dans les églises de garnison des deux croyances, auxquels participaient le régiment d'infanterie n°126 "Grand-duc de Bade" ainsi que le régiment badois d'artillerie à pied n°14 stationné ici. Au service religieux qui s'est déroulé dans l'église de garnison protestante, a également participé entre autres, le Statthalter von Dallwiz. Après les services religieux, les deux régiments se mirent en place sur le "Kaiserplatz" (place de la République), où venait d'arriver les généraux rassemblés devant le palais impérial avec les officiers de la garnison qui n'étaient pas de service, pour écouter le discours. Le court discours adressé aux troupes par le gouverneur le général de division "Generalleutnant" von Eberhardt est suivi d'un défilé des deux régiments, devant le gouverneur représentant le général commandant le XVe corps, le général von Deimling, qui était absent pour raison de service.

Reichsland Alsace-Lorraine : interdiction des couleurs françaises. Les couleurs françaises interdites dans la rue d'après une information parue dans la presse locale : « Dans la rue Schlüsselstraße" à Colmar, d'après le  Els. Kurier", un homme appartenant à la classe ouvrière a été arrêté, parce qu'il portait sur les épaules un grand et beau bouquet de fleurs, qui paraît-il, comportait les dangereuses couleurs françaises bleu, blanc et rouge, et a donc enfreint la loi en montrant ces couleurs en public. Ce bouquet composé de fleurs des champs assemblé avec goût a été confisqué et emporté au commissariat de police. Cette procédure a entraîné de l'étonnement mais également pas mal de d'hilarité. Espérons que le bouquet ne comportait pas quelques chardons. Ceci pourrait facilement piquer un fonctionnaire de police et se serait une entrave à une opération de police ».

Mercredi 15 juillet 1914

France - Russie : visite du Président de la République français et du Président du Conseil. Tandis que se déroulait les événements de la crise des Balkans, le Président de la République française, M. Raymond Poincaré, et le chef du gouvernement, M. René Viviani, président du conseil et ministre des Affaires étrangères. Ils avaient en effet, quitté Paris le 15 juillet pour Cronstadt en Russie.

Paris : déclaration du dessinateur alsacien Hansi. Le Figaro a publié un article du caricaturiste Hansi titré « Pourquoi je ne me suis pas rendu », dans lequel il attaque de la façon la plus vigoureuse le tribunal impérial « Reichsgericht » et il dit ceci : « Je sais, j'avais promis de ne pas fuir. Je me suis présenté loyalement à Leipzig, dans l'espoir d'y trouver des juges. Mais dès le début de l'audience du procès, j'ai constaté que j'étais tombé dans un guet à pans. Je me suis fait attaquer par le procureur supérieur de l'Empire "Oberreichsanwalt" comme le dernier des apaches et les juges ne trouvèrent ni dans mon album ni dans ma vie la moindre circonstance atténuante. Le combat était si inégal. J'ai peut-être vu l'Alsace-Lorraine pour la dernière fois. J'ai laissé à l'Allemagne une somme qui représente plus que toute ma fortune. Mais je suis libre, et je veux devenir français comme l'étaient mes pères ! ».

Strasbourg : zone interdite aux avions. « Für Flieger verboten ». Le président du district « Bezirkspräsident » pense qu'il est opportun de rappeler l'interdiction de survol de la place forte : les vols avec des dirigeables, des ballons à air libres et aéronefs de toutes sortes au-dessus des zones interdites ou le décollage dans de telles zones, sont prohibés s'ils n'ont pas fait l'objet d'une autorisation écrite du « Generallkomando ». Les zones interdites sont comprises à l'intérieur des limites suivantes : le Rhin au sud, à partir du pont du Rhin à Drusenheim jusqu'à la limite du district, le long de cette limite jusqu'à la frontière de l'Empire, en longeant la frontière vers le Nord jusqu'à la limite de la Lorraine, près le ligne de voie ferrée Sarrebourg - Saverne, le long de cette ligne par Saverne - Hochfelden - Brumath, puis la route de Weyersheim - Bischwiller - Drusenheim au pont du Rhin.

Lundi 20 juillet 1914

France - Russie :  visite du Président de la République et du Président du Conseil. Le Président de la République française, M. Raymond Poincaré, et le chef du gouvernement, M. René Viviani, président du conseil, ministre des Affaires Etrangères, ont débarqué le 20 juillet 1914 à Cronstadt, où ils étaient les hôtes de la Russie. Nota : Cronstadt ou Kronstadt est une ville portuaire russe située à environ 20 km de Saint-Pétersbourg. 

Mardi 21 juillet 1914

Berlin, ambassadeur de France : le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères déclare ne pas connaître le contenu de la note que l'Autriche s'apprête à remettre à la Serbie. Le 21 juillet 1914, M. Jules Cambon, ambassadeur de France à Berlin, soulignait l'attitude ambiguë du secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères von Jagow, qui déclarait ignorer absolument le contenu de la note que l'Autriche se préparait à remettre à la Serbie au sujet de l'attentat. « Il m'a été assuré d'ailleurs, écrivait M. Cambon, que dès maintenant les avis préliminaires de mobilisation, qui doivent mettre l'Allemagne dans une sorte de « garde à vous » pendant les périodes de tension, ont été adressés ici aux classes qui doivent les recevoir en pareil cas » (M. Jules Cambon, ambassadeur à Berlin. Lettre à M. Viviani, 21 juillet 1914).

Allemagne : consignes transmises aux ambassadeurs allemands en Russie, en France et en Grande-Bretagne, au sujet de l'ultimatum austro-hongrois à la Serbie. Deux jours déjà avant l'envoi de la note autrichienne à la Serbie, le gouvernement allemand avait transmis à ses ambassadeurs en poste dans les capitales européennes des indications, des éléments de langage et des consignes. On ne pouvait donc parler de surprise face à la dureté de la note autrichienne. Les exigences austro-hongroises envers Belgrade devaient uniquement être décrites comme « équitables et modérées ». Si le royaume serbe les refusait, ce qui était malheureusement probable, la monarchie danubienne devrait, le cas échéant, les faire prévaloir en recourant à des « mesures militaires ». Le choix des moyens adéquats relevait exclusivement de Vienne.

Jeudi 23 juillet 1914

Autriche-Hongrie : L'Autriche lance un ultimatum à la Serbie. Par une note remise le 23 juillet l'Autriche-Hongrie exige le châtiment des militants austrophobes et la collaboration de la police autrichienne à l'enquête sur l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand. Ainsi s'ouvre une période aiguë de tension politique entre les puissances européennes. Dans cette note, le gouvernement de Vienne formulait, entre autres exigences, l'insertion au Journal Officiel de Belgrade d'une déclaration, dont les termes étaient dictés au gouvernement serbe et comportaient, de la part de ce dernier, réprobation formelle de toute menée antiautrichienne. Un délai expirant le 25 juillet à 18 heures était imparti à la Serbie, pour répondre à cette note, qui présentait tous les caractères d'un ultimatum.

Après-midi : France - Russie : visite du Président de la République et du Président du Conseil en Russie. Au moment où les chancelleries européennes apprenaient la remise de la note à la Serbie, MM. Poincaré et Viviani s'étaient remis en route pour la France ; ils avaient quitté la Russie le 23 juillet 1914 dans l'après-midi. Leur itinéraire de retour devait passer par Stockholm ; mais la gravité de la situation, dont ils furent informés en mer, les obligea à rentrer sans délai (d'autres sources préconisent une escale à Stockholm).

Vendredi 24 juillet 1914

Paris : ambassadeur d'Allemagne. Le 24 juillet 1914, le baron von Schoen, ambassadeur d'Allemagne à Paris, communiquait à M. Bienvenu-Martin, ministre des Affaires étrangères par intérim, une note verbale qui, après des considérations menaçantes sur l'agitation panserbe, se terminait par cette déclaration : « Le gouvernement allemand désire ardemment que le conflit soit localisé, toute intervention d'une autre puissance devant, par le jeu naturel des alliances, peut provoquer des conséquences incalculables » (Lettre de M. Bienvenu-Martin, ministre des Affaires Etrangères par intérim aux ambassadeurs et ministre de France à Belgrade, Londres, Saint-Pétersbourg, Berlin, Vienne, Rome, 24 juillet 1914).

Samedi 25 juillet 1914

17h50 : Serbie : Acceptation de l'ultimatum avec demande d'explications. La Serbie accepte l'ultimatum mais demande quelques explications sur des points touchant à sa souveraineté. Un délai expirant le 25 juillet 1914 à 18 h était imparti à la Serbie, pour répondre à cette note, qui présentait tous les caractères d'un ultimatum.

18h30 : Autriche-Hongrie - Serbie : rupture des relations diplomatiques. L'Autriche-Hongrie rompt ses relations diplomatiques avec la Serbie.

Soir : France : mesures préparatoires à une éventuelle mobilisation. En France dès que l'on avait appris qu'en Allemagne certaines mesures préparatoires avaient été prises dès le 25 juillet 1914. En conséquence, dès le soir on procède : Au rappel des officiers permissionnaires ; A la mise en place de la garde de certains ouvrages d'art ; Aux travaux et aux mouvements de troupes pour la mise en état de défense des places de la frontière. Aussi le ministre de la Guerre, M. Messimy, prescrivait par télégramme dans la soirée du 25 juillet une première mesure de précaution, le rappel à leur poste des officiers généraux et des chefs de corps absents de leur garnison.

21h00 : Autriche-Hongrie. L'Autriche-Hongrie ordonne la mobilisation d'une partie de son Armée contre la Serbie.

Dimanche 26 juillet 1914

Autriche-Hongrie - Serbie : diffusion de la nouvelle concernant la réponse inacceptable de la Serbie. La Serbie dans sa réponse, remise dans le délai fixé, acceptait de se soumettre presque sans réserve aux conditions de la note autrichienne ; mais, après un examen de quelques minutes, le ministre d'Autriche à Belgrade déclarait la réponse inacceptable et rompait les relations diplomatiques. Cette nouvelle parvenait le 26 juillet 1914 aux cabinets de Paris, Londres et Saint-Pétersbourg.

France : arrestation d'un espion à Dijon. Le journal l'Humanité, nous informe qu'il y a quelques jours un individu a été arrêté avec une inculpation d'espionnage. Il a été mené au centre d'aviation et confronté aux militaires de de centre. Il y a quelques semaines une autre arrestation avait été menée. Mais elle visait surtout des faits d'espionnage concernant l'artillerie. Un des personnages arrêté est un Allemand.

France : titre de l'Humanité : Le conflit Austro-Serbe : Les relations diplomatiques sont rompues. Le gouvernement serbe ordonne la mobilisation. La cour quitte Belgrade pour Kragujevatz. Les socialistes autrichiens manifestent contre la guerre. Article de Jean Jaurès.

Metz : Le général commandant le XVIe corps d'armée prend des mesures militaires de sûreté. Dès le 26 juillet 1914, le général commandant le XVIe corps d'armée, dont le territoire confinait à la frontière française, avait prescrit, de lui-même, sur celui-ci, quelques mesures militaires de sûreté sans grande importance ; elles s'étaient, d'ailleurs, sous des formes analogues, pendant les périodes de tension politique des années précédentes, montrées indispensables pour la protection de Metz : occupation des ouvrages du front Ouest de cette forteresse et de Thionville par de l'artillerie à pied et des mitrailleuses, en outre des compagnies de garde ordinaires ; patrouilles de nuit sur les routes passant entre les ouvrages ; interdiction de nouvelles permissions pour la troupe.

Thionville : mesures préparatoires à la mobilisation. Du côté allemand, les mesures préparatoires à la concentration sont prescrites aux chemins de fer. Le chargé d'affaires de France à Luxembourg signale que, dans la région de Thionville, les quatre dernières classes libérées ont reçues l'ordre de se tenir à la disposition de la Kommandantur.

Mutzig : Le 3e bataillon de l'IR 143 fait renforcer la garde au Fort de Mutzig. Le 26 juillet, le Major von Kuhn commandant du IIIème bataillon de l'IR 143 stationné à Mutzig informe le gouverneur qu'il a donné l'ordre de renforcer la garde de la Feste à la suite d'une information qui fait état de la mobilisation en Russie. En réponse, il lui est annoncé que cette mesure n'était pas fondée, mais cela provoque tout de même une visite du gouverneur désireux de fixer les mesures de protection indispensables, même si, officiellement, elles ne sont pas applicables.

13h00 : France : premières directives de l'état-major général. Le 26 juillet 1914, une série de télégrammes lancés par l'état-major de l'armée, entre 13 h et 21 h, prescrit les mesures suivantes : Sursis aux déplacements de troupes projetés ; Suspension des autorisations d'absences pour les officiers et la troupe ; Convocation à l'état-major de l'armée des officiers de liaison des armées ; Rapatriement dans leurs garnisons des troupes de couverture en déplacement sur les territoires des 1er, 6e, 7e, 20e et 21e corps d'armées ; Ordre au gouverneur militaire de Paris et à tous les commandants de corps d'armée d'appliquer le dispositif restreint de sécurité, réduit provisoirement à la participation de l'élément civil ; Ordre au général commandant le 19e corps d'étudier d'urgence la constitution du plus grand nombre possible d'unités de réservistes des tirailleurs en Algérie et en Tunisie ; Demande adressée au ministre de l'Intérieur d'inviter les préfets à agir confidentiellement sur la presse pour obtenir le silence et la discrétion au sujet des dispositions d'ordre militaire qu'imposent les circonstances.

Soir : Paris : article du journal l'Humanité : « Bagarres et arrestations lors de la retraite exécuté par la musique du 5e RI à Paris ». La musique du 5ème régiment d'infanterie a été huée, des cris de à bas les trois ans et l'Internationale a été entonnée. En effet le service militaire venait de passer à une durée de trois ans en France.

Lundi 27 juillet 1914

Autriche-Hongrie - Serbie : la Grande-Bretagne propose une réunion diplomatique. Berlin et Saint-Pétersbourg refusent.

Matin : Strasbourg : retour du secrétaire d'Etat comte de Rödern à Strasbourg.

Metz, le général commandant le XVIe corps d'armée : Dans son compte rendu au ministère de la Guerre relatif à ces mesures, le 27 juillet, le général s'exprimait ainsi : « Provisoirement, je n'ai pas considéré comme nécessaire de prendre d'autres dispositions : en  particulier, je n'ai pas cru devoir rappeler les officiers et hommes de troupe en permission, en raison de l'émotion que causerait une telle mesure ; cela, malgré le nombre élevé de permissionnaires agricoles, au contingent Royal bavarois, et surtout puisque la Section III b du grand état-major m'a fait connaître, hier matin, que la situation n'était pas inquiétante ».

Allemagne : rappel des troupes absentes. Le ministère de la Guerre a ordonné le rappel des troupes absentes de leurs garnisons et qui, en cas de mobilisation, devaient, pour la protection des frontières et pour des missions spéciales, être « immédiatement » mises sur pied. Il prescrit aussi la surveillance des grandes stations de T.S.F. par la Sûreté Générale.

Après-midi : France : directives de l'état-major général. Le 27 juillet 1914, les ordres suivants sont envoyés dans l'après-midi par télégramme : Aux commandants de corps d'armée et au gouverneur militaire de Paris : application intégrale du dispositif restreint de sécurité. Aux corps de couverture sur la frontière allemande (2e, 6e, 7e, 20e, 21e corps) et au gouverneur militaire de Paris, rappel des permissionnaires. De plus, le ministre de la Guerre télégraphie au commissaire résident général au Maroc l'avisant que, dans le cas de guerre continentale, il n'y a lieu de maintenir dans le protectorat que le minimum de forces indispensables : le général Lyautey adressera ses propositions en conséquence.

Allemagne :préparation de la mobilisation. Du côté allemand, nous avons la certitude que le rappel des permissionnaires a commencé depuis plusieurs jours et que les effets de la collection de guerre sont distribués. Ce même jour, le 27 juillet 1914, l'Allemagne effectue des réquisitions et met en place ses troupes de couverture. Le consul général de France à Bâle signale que les officiers allemands en déplacement dans cette partie de la Suisse ont reçu depuis plusieurs jours l'ordre de regagner l'Allemagne ; d'autre part, avis a été donné aux propriétaires de voitures automobiles du grand-duché de Bade de se préparer à les mettre à la disposition des autorités militaires, deux jours après un nouvel ordre. Le secret, sous peine d'amende, a été recommandé sur cet avis.

Nuit : Autriche-Hongrie, France : préparation de la mobilisation. On apprend également que la mobilisation d'un certain nombre de corps d'armée austro-hongrois est ordonnée pour le 28 juillet 1914. En France, en présence de ces événements, l'ordre prescrivant le rappel des permissionnaires est télégraphié, dans la nuit, à tous les corps d'armée qui n'ont pas encore été touchés par cette mesure.

Mardi 28 juillet 1914

Allemagne - Russie : télégramme de l'Empereur d'Allemagne au Tsar de Russie. « Je déploie sur l'Autriche-Hongrie toute mon influence pour la pousser à s'entendre ouvertement et pacifiquement avec la Russie. J'espère que tu m'aideras ».

Matin : France : préparation de la mobilisation. Le 28 juillet 1914, dans la matinée, les corps d'armée de l'intérieur reçoivent l'ordre de rapatrier toutes les troupes de leurs garnisons, et d'aviser par les brigades de gendarmerie les permissionnaires n'ayant pas été touchés par l'ordre de leur chef de corps d'avoir à rejoindre sans délai.

Allemagne : surveillance des installations des chemins de fer. Le 28 juillet 1914, le chancelier, sur la demande du Ministère de la Guerre prussien fait appliquer les mesures prévues pour la période de tension politique : surveillance renforcée des voies ferrées par les agents des chemins de fer, dans les régions frontières et dans le district ferroviaire de Berlin. C'était là la première mesure de sécurité prise à la demande de l'autorité centrale militaire.

12h00 : Autriche-Hongrie : L'Autriche déclare la guerre à la Serbie. Dans la journée, la nouvelle parvient à Paris que l'Autriche-Hongrie a déclaré officiellement la guerre à la Serbie, le 28 juillet 1914 à midi.

Strasbourg : Le journal Strassburger-Bürger-Zeitung titre : « Der Krieg zwischen Östreich-Ungarn und Serbien. Was tut Russland ? » La guerre entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie. Que fait la Russie ?

Russie : La Russie décide une mobilisation partielle.

13h30 : Suisse, Berne, attaché militaire français. A une demande de renseignements faite par notre attaché militaire à Berne, au sujet de l'occupation possible par les Allemands de la gare de Bâle et de l'enclave de Porrentruy, la Suisse a répondu qu'elle s'opposerait par tous les moyens à la violation de son territoire (Attaché militaire à Berne. Télégramme à Affaires Etrangères, 13H30, 28 juillet 1914).

Après-midi : France : Dans l'après-midi, ordre est donné au gouverneur militaire de Paris de prendre les mesures de protection. Ces mesures de protection concernent la garde des établissements civils. Ordre est également adressé aux généraux commandant les 2e, 6e, 7e, 20e et 21e corps d'armée d'exécuter les mesures prévues pour la surveillance de la frontière ; ne seront placées sur les routes que les barrières pouvant être surveillées par les douaniers ; jusqu'à nouvel ordre, il ne sera pas fait appel aux réservistes territoriaux. Les travaux préparatoires aux manœuvres de forteresse qui devaient avoir lieu sont ajournés. Le ministre de la Guerre demande au ministre des Postes et Télégraphes d'assurer un service permanent de jour et de nuit dans les bureaux des départements ci-après : Ardennes, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Vosges, Haute-Saône, Doubs, territoire de Belfort.

Après-midi : France, Allemagne : L'attitude de la diplomatie allemande, tant à Berlin qu'à Paris, devient de plus en plus inquiétante.

En Allemagne, les appels individuels de réservistes ont commencé et des éléments éloignés de la frontière en ont été rapprochés. L'approvisionnement et le renforcement des forts de Metz et de Thionville se poursuivent. Les batteries installées entre Château-Salins et Delme, en Lorraine annexée, ont reçues leur personnel.

Soir : Strasbourg : retour du Statthalter d'Alsace-Lorraine : le Dr. von Dallwitz, est arrivé le soir, après avoir abrégé ses vacances à Tarasp.

Mercredi 29 juillet 1914

Allemagne : la mise en place du dispositif de couverture se poursuit. En Allemagne, la mise en place du dispositif de couverture se poursuit. Il se confirme que les réservistes des trois dernières classes auraient reçu leur feuille de mobilisation. La réquisition des chevaux et des automobiles est commencée ; les wagons de la région frontière sont évacués sur l'arrière. Les renseignements parvenus dans la journée font connaître les mesures prises du côté allemand, ainsi que les nouvelles suivantes : les réservistes allemands habitant le grand-duché de Luxembourg ont reçu l'ordre, le 29 juillet 1914, de rejoindre immédiatement leurs régiments respectifs. Les routes sont barrées autour de Metz, les troupes portées à la frontière se fortifient. Les réquisitions continuent.

Allemagne, Francfort : Le Consul de France signale d'importants mouvements de troupe. Le consul de France à Francfort signale d'importants mouvements de troupe, l'arrivée de régiments en tenue de campagne, les routes remplies de militaires, les ponts et les chemins de fer gardés sous prétexte de préparer les manœuvres d'automne.

Strasbourg : Le Ministre de France à Munich signale des mouvements de troupe. Le ministre de France à Munich signale de Strasbourg des transports de canons automobiles, le rappel des permissionnaires des régiments de la brigade d'infanterie bavaroise en garnison à Metz, et relate que les moulins d'Illkirch (Alsace-Lorraine) ont été invités à réserver toute leur production pour l'armée.

Strasbourg : mise en place de dispositifs de sûreté. Le 29 juillet 1914 parvient l'ordre du ministère de la guerre de faire garder les hangars d'aviation et des ballons avec munitions réelles, contre toute action terrestre ou aérienne.

Strasbourg : l'autorité militaire dément les rumeurs de pénurie de farine. Il n'y a pas de blocage du dépôt du moulin de l'Ill. Diverses rumeurs qui ont fait le tour de la Ville lors de la journée précédente, affirment que les autorités militaires ont procédées à la réquisition de l'entrepôt du moulin d'Illkirch « Illkircher Mühlenwerke ». D'après les renseignements que nous avons obtenus, cette nouvelle est absolument erronée. L'entreprise continue de satisfaire ses clients comme à l'accoutumé.

Strasbourg : le tribunal militaire siège au sujet de l'accident mortel du Fort Tann. Le tribunal de la 31ème division a siégé à l'occasion du procès à l'encontre du « Musketier » Emil Bajonschal, de la 8ème compagnie du régiment IR132, qui est accusé d'homicide par personne détenant de l'autorité. L'accusation lui reprocha d'avoir tué par négligence, son ami, le « Musketier » Potzahnn du même régiment, de faction au Fort, alors qu'il s'entretenait avec lui. L'audience conclue, que le coup est parti alors que Potzahnn essayait, pour blaguer, de retirer le fusil de ses bras. C'est pour cette raison que l'accusé a été acquitté.

Strasbourg : Trafic postal et monétaire. Le milieu du commerce se plaint du fait qu'il est très difficile de changer de l'argent au niveau des guichets postaux ; ce sont surtout les billets de banques qui ne sont acceptés qu'avec grande difficulté par les fonctionnaires. Cette attitude est en relation avec l'actuelle situation particulière. D'après les renseignements que nous avons obtenus par les autorités concernées, ces fonctionnaires n'ont pas reçu de consignes particulières, et les transactions doivent se dérouler comme d'habitude. Si certains fonctionnaires devaient agir autrement, ce ne serait que des initiatives personnelles. Dans ce cas, le public est invité à déposer une réclamation auprès de la poste concernée.

11h00 : Strasbourg : Accident lors des exercices de pontonniers sur le Rhin. Le sapeur Karl Stark de la 1ère compagnie du « Württembergischen Pionierbataillon Nr. 13 » (Ulm), qui était en train de faire des exercices à Kehl, est tombé dans le Rhin et s'est noyé, ce matin vers 11 h au niveau de Kehl, lors du démontage d'un pont. Stark est le fils d'un maître tailleur de Gründelhardt près de Krailsheim.

13h00 : France : activation de l'écoute permanente aux postes TSF des places fortes. Le 29 juillet, à 13 h, le message suivant est transmis aux postes de T.S.F. de Maubeuge, Verdun, Toul, Epinal, Belfort : « Le service d'écoute sera permanent à partir de la réception de ce radiotélégramme ».

13h00 : Allemagne - Russie : réponse par télégramme du Tsar de Russie à son cousin Guillaume II l'empereur d'Allemagne. « L'indignation soulevée en Russie par les procédés de l'Autriche est énorme et je la partage. Fais ton possible pour empêcher ton allié d'aller trop loin ».

13h00 : Strasbourg : Retour des unités en exercice. Depuis mardi après-midi à 13 h, les quatre régiments d'infanterie locaux, qui étaient sur les terrains d'exercice, reviennent à Strasbourg. La presse précise : « Mais il ne faut pas en conclure qu'il s'agit d'une mobilisation, puisque de toute façon, toutes les troupes devenaient revenir pour le 28 juillet 1914 ».

Après-midi : France : mesures de protection des ouvrages fortifiés. Dans l'après-midi, des ordres prescrivent l'application des mesures de protection concernant la garde des ouvrages fortifiés, des  établissements militaires et des postes de T.S.F. (télégraphie sans fils) dans le 7e corps d'armée pour Belfort et les forts de la Haute-Moselle, dans le 2e corps d'armée pour Longwy, Charlemont, Montmédy, les Ayvelles, dans les 20e corps et 6e corps pour les places fortes et forts isolés à l'exception de Reims, dans le 1er corps pour Maubeuge et dans le 21e corps pour Epinal. Réserve est faite momentanément pour les consignes relatives à l'occupation des stations de tir contre aéronefs. L'ordre est transmis à tous les corps de couverture de procéder à l'exécution des travaux de défense prévus dans les places.

18h30. Allemagne - Russie : réponse par télégramme le l'empereur d'Allemagne au Tsar de Russie. « L'Autriche a raison, ses demandes sont justes et modérées. Une entente directe entre toi et l'Autriche est possible et je l'appuierai. Naturellement toutes mesures militaires pourraient être considérées comme une menace et rendre impossible la médiation que j'ai assumée ».

Soir : Allemagne, rappel des troupes absentes. Le 29 juillet 1914, tard dans la soirée, suivirent les ordres de rappel dans leurs garnisons pour tous les corps de troupe se trouvant encore en marche et dans les camps, ainsi que celui d'assurer militairement la protection des installations de dirigeables, et des principaux ouvrages d'art sur les voies ferrées et cours d'eau des territoires frontières.

Nuit : Allemagne, ordre de construction de fortifications. Dans la nuit du 29 au 30 juillet 1914, l'ordre a également été donné de construire, pour les fortifications de la frontière, tous les emplacements de troupes et de batteries, dont la construction était prévue en deçà de la frontière.

Jeudi 30 juillet 1914

France : nouvelles de Russie et de Belgique. On apprend que la Russie mobilise les quatre arrondissements militaires voisins de la frontière autrichienne et que le ministre des Affaires étrangères belge a déclaré que tout sera mis en œuvre pour la défense de la neutralité de la Belgique.

Allemagne - Russie : échanges télégraphiques entre l'Empereur d'Allemagne et le Tsar de Russie. Le 30 juillet 1914, Guillaume II adresse à Nicolas une dépêche dont le ton menaçant semble calculé pour le pousser à des résolutions extrêmes : « Si la Russie, comme c'est le cas d'après ce que j'apprends par toi et par ton gouvernement, mobilise contre l'Autriche, le rôle de médiateur dont tu m'as chargé amicalement, et que j'ai accepté sur ta demande expresse, sera bien difficile, sinon même impossible. Le lourd fardeau de la décision repose maintenant sur tes épaules ; elles ont à porter la responsabilité de la paix et de la guerre ». Le Tsar répond au Kaiser immédiatement, et son télégramme est d'une si belle franchise de ton, d'une telle probité d'allures qu'il aurait ébranlé des résolutions moins ancrées. « Je te remercie de tout cœur pour ta rapide réponse. Je t'envoie ce soir Tatichev avec mes instructions. Les mesures militaires qui s'exécutent étaient déjà décidées depuis cinq jours, uniquement pour nous défendre contre les préparatifs de l'Autriche. J'espère de tout cœur qu'elles ne t'arrêteront en rien dans ton rôle de médiateur auquel j'attache un grand prix. Nous avons besoin que tu pèses sérieusement sur l'Autriche pour qu'elle consente à une entente avec nous ». A cet appel presque douloureux, le Kaiser ne répond pas.

Allemagne : disposition de sûreté pour la flotte. Le 30 juillet 1914, la flotte allemande a reçu l'ordre de prendre les dispositions de sûreté. Pour l'armée de terre, cette mesure ne nécessite que la mise en place des troupes actives destinées à la garde des îles de Borkum, Pellworn et Sylt - en tout : cinq bataillons et quart d'infanterie, une compagnie de pionniers, un bataillon d'artillerie à pied, avec matériel, munitions et approvisionnements.

Allemagne : Poursuite des préparatifs de mobilisation. Préparation de la mobilisation : on ne laisse plus rentrer les automobiles en France. Les Alsaciens-Lorrains ont interdiction de passer la frontière. Une patrouille de cavalier allemands viole notre frontière à Xures. La frontière du Luxembourg est garnie de troupes allemandes. Allemands et Autrichiens quittent Paris en masse.

Metz : Reichsland, XVIe corps : annulation de la mise en place du dispositif de couverture. L'exécution, prévue par le commandant du XVIe corps, pour le 31 juillet 1914, de la prise du dispositif de couverture, est suspendue, sur l'intervention du ministère de la Guerre.

Strasbourg : Poursuite des préparatifs de mobilisation. Le 30 juillet 1914, un décret du ministère ordonne que les travaux de mise en état de défense de la place de Strasbourg soient entamés par la troupe à des fins d'exercice, sur les terrains militaires uniquement. Il est encore hors de question de réquisitionner les terrains privés. Il était déjà possible d'entamer les travaux de déboisement des glacis des forts des secteurs défensifs nord-ouest, ouest et sud. A Strasbourg les préparatifs vont bon train. En début d'après-midi la circulation sur les ponts du Rhin est maintenant sévèrement contrôlée par les fantassins du IR II/105 (2ème bataillon du 105e régiment d'infanterie). Des mitrailleuses sont postées sur les tours du pont en défense contre avion. Des pièces d'artillerie sont aussi déployées en DCA sur le nœud ferroviaire des lignes Kehl - Appenweier et Auenheim sur la rive droite du Rhin, car il est capital pour l'acheminement des troupes.

16h00 : La Wantzenau : extrait du journal de l'abbé Aloys Postina. « Déjà hier, vers 16 heures, suite aux rumeurs de guerre, les maçons qui posaient l'enduit dans le cadre de la rénovation de l'église, arrêtèrent les travaux ».

16h55 : France : Mise en alerte des corps d'armées de couverture. Le 30 juillet 1914, le président de la République et M. Viviani étant rentrés de leur voyage en Russie, le conseil des ministres se réunit dans la matinée et, considérant l'aggravation de la situation diplomatique, décide une importante mesure de précaution : la mise en place partielle de la couverture, mais en apportant une restriction formelle aux dispositions prévues par le plan. L'ordre, expédié par télégramme à 16h55 aux corps d'armée de couverture, prescrit l'alerte et la mobilisation des garnisons d'extrême frontière, mais, jusqu'à nouvel ordre, aucun appel de réservistes ne devra être fait. Les troupes de couverture faisant mouvement par voie de terre gagneront sans délai les emplacements prévus en cas d'attaque brusquée. Toutefois, pour des raisons diplomatiques, il est indispensable qu'aucun incident ne se produise de notre fait. En conséquence, aucun élément, aucune patrouille ne devra sous aucun prétexte dépasser une ligne dont le tracé est indiqué entre Hussigny et Delle par une énumération précise des localités, ligne qui se trouve en moyenne à 10 kilomètres en deçà de la frontière. Quant aux troupes de couverture devant faire mouvement par voie ferrée, elles se tiendront prêtes à embarquer (Ministère de la guerre. Télégramme aux généraux commandant les 2e, 6e, 7e 20e et 21e C.A. 129 3/11 T, 16H55, 30 juillet 1914).

France : autres mesures prises dans la journée : En même temps que le télégramme précité, les commandants des corps d'armée intéressés reçoivent l'avis qu'ils exerceront provisoirement le commandement de leur secteur de couverture sans quitter le siège de leur quartier général. Les gouverneurs des quatre grandes places de l'Est sont avisés d'avoir à commencer la mise en place du matériel et de l'armement, ainsi que les travaux de mise en état de défense. Diverses autres mesures sont prescrites par le Ministre de la Guerre : Ordre aux commandants de corps d'armée, de vérifier les affectations comportant des missions spéciales au moment de la mobilisation ; Autorisation donnée au corps de couverture du Nord-Est d'acheter ou de louer des animaux nécessaires aux unités d'infanterie et d'artillerie ; Dans les régions de corps d'armée et dans le gouvernement militaire de Paris, convocation pour une période d'exercice des maréchaux ferrants de la réserve et de la territoriale, qui ne sont pas affectés aux commissions de réquisition des chevaux ; Convocation des présidents de commission de réquisition au siège de leur commission, en vue de prévoir sur place toutes dispositions nécessaires au bon fonctionnement de leurs opérations en cas de mobilisation ; Ordre donné aux maires d'aviser discrètement les propriétaires d'animaux de se tenir prêt à conduire les animaux et les voitures classés dans les centres désignés, dès que l'ordre en sera donné ; Convocation pour une période d'exercices anticipée des gendarmes réservistes territoriaux ; Ordre aux officiers détachés pour accomplir un stage dans les autres armes de rejoindre leur corps d'affectation ; Application des mesures concernant la transmission des renseignements par pigeons voyageurs, dans les villes frontières.

France : lettre à l'ambassadeur de France à Londres. Dans une lettre adressée le jour même à M. Paul Cambon, ambassadeur à Londres, M. Viviani justifie ainsi cette précaution exceptionnelle pour la couverture des frontières : « Vous attirerez l'attention de sir Edward Grey sur la décision prise par le conseil des ministres ce matin. Bien que l'Allemagne ait pris ses dispositifs de couverture à quelques centaines de mètres de la frontière sur tout le front du Luxembourg au Vosges et porté ses troupes de couverture sur leurs positions de combat, nous avons retenu nos troupes à 10 kilomètres de la frontière, en leur interdisant de s'en approcher davantage. En livrant ainsi une bande de territoire sans défense à l'agression soudaine de l'ennemi, le gouvernement de la République tient à montrer que la France, pas plus que la Russie, n'ont la responsabilité de l'attaque » (Ministère des Affaires Etrangères. Lettre à ambassadeur à Londres, 30 juillet 1914).

19h25, Strasbourg : Ordre d'entamer les préparatifs de construction de la Position de la Bruche. Un télégramme de l'inspection générale du corps des ingénieurs et du génie arrive de Berlin : « Entamer les préparatifs pour la construction de la Position de la Bruche, de manière à ce que les travaux puissent commencer dans les meilleurs délais » ! Les tensions politiques devenaient de plus en plus perceptibles ; Le Gouverneur voudrait bien prendre davantage d'initiatives pour préparer la défense de la ville en raison de la dégradation rapide des relations entre la France et l'Allemagne et faire face à la guerre qui est, on le sent bien, désormais inéluctable. Le gouverneur de la place, le général von Eberhardt reste cependant lié aux autorités civiles de Strasbourg et ne souhaite pas compliquer la situation. Des négociations sont entamées en vue de d'anticiper les mesures d'approvisionnement à prendre en cas de mobilisation. Celles-ci sont déjà entamées en vue d'anticiper les mesures d'approvisionnement à prendre en cas de mobilisation. Celles-ci sont déjà planifiées pour la garnison, mais il reste à déterminer si des stocks suffisants sont disponibles pour la population civile en cas d'investissement de la place forte.

Soir : France, envoi d'un télégramme au commissaire résident général du Maroc. Dans la soirée, le ministre de la Guerre prescrit par télégramme au commissaire résident général au Maroc de diriger immédiatement sur les ports d'embarquement et sans attendre l'ordre de mobilisation : 1 bataillon de chasseurs, 3 bataillons de zouaves, 3 bataillons d'infanterie coloniale ; de prévoir le prélèvement, en cas de mobilisation, de 29 autres bataillons, de 2 régiments de chasseurs d'Afrique, de 3 batteries montées et d'éléments divers. « Quelque précaire puisse devenir dans ces conditions la situation au Maroc, il importe avant toute autre considération de présenter le maximum de forces sur le théâtre principal ».

A minuit : Allemagne : ultimatum à la Russie : M. de Pourtalès somme la Russie de commencer sa démobilisation à la fois contre l'Allemagne et l'Autriche avant douze heures et d'en donner à l'Allemagne l'assurance formelle. Faute de quoi, l'Allemagne sera forcée de mobiliser.

Vendredi 31 juillet 1914

Matin : France, mesures de préparation de la mobilisation. Dans la matinée, les 1er, 2e, 6e, 7e, 20e et 21e corps d'armée ont reçu l'ordre d'appliquer les mesures de surveillance prévues, concernant le fonctionnement des bureaux télégraphiques et téléphoniques pour la transmission des renseignements d'ordre militaire. En vue d'aplanir les difficultés que pourraient rencontrer les corps de couverture du Nord-Est pour l'achat ou la location des animaux nécessaires, le ministre a autorisé les généraux intéressés à exercer les réquisitions par application de la loi du 3 juillet 1877, en renouvelant journellement les opérations et en les limitant au nombre d'animaux prévu pour le premier échelon.

Allemagne : préparation de la mobilisation. Le 31 juillet 1914, la situation diplomatique s'est encore aggravée et les renseignements d'ordre militaires indiquent que les Allemands accentuent leurs mesures préparatoires de guerre. Les communications télégraphiques traversant la frontière sont interrompues du côté allemand. La voie ferrée a été coupée entre Pagny et Novéant, le trafic s'arrête partout ; des locomotives françaises sont retenues à Montreux-Vieux et à Amanvillers. Les employés allemands des gares frontières sont rappelés.