1890

 

 

Dernière mise à jour : 29 juillet 2019

 

Année 1889 divers

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction ou de modernisation

 

Allemagne Front Est

 

Place forte de Graudenz

Ouvrage en cours de construction :

Grosser Pfaffenberg (1889-1907), 4 x 15 cm Hb. P.B.

 

Place forte de Königsberg

Ouvrages en cours de construction :

Zwischen Werk Ia, Fort Gröben (1887-1890).

Zwischen Werk IIa, Fort Barnekow (1887-1890).

Fort Va, Fort Lehndorff (1887-1890).

Fort VII, Fort Herzog von Holstein (1887-1890).

 

Place forte de Posen

Ouvrage en cours de construction :

Rive gauche de la Warta

Zwischenwerk VIIIa (1887-1890) Zwischenwerk Rohr, ouvrage intermédiaire.

Rive droite de la Warta

Zwischenwerk Ia (1887-1890) Zwischenwerk Boyen, ouvrage intermédiaire.

Zwischenwerk IIa (1887-1890) Zwischenwerk Thümen, ouvrage intermédiaire.

Zwischenwerk IIIa (1887-1890) Zwischenwerk Prittwitz, ouvrage intermédiaire.

 

Place forte de Thorn

Ouvrages en cours de construction :

Batterie Grünthalmühle (1888-1892).

Feste König Wilhelm I (Buchta-Fort, 1886-1891 ou 1887-1890 d’après une autre source), fortification cuirassée « Panzerfort », 4 obusiers de 21 cm. Il s’agit du 1er fort d’arrêt allemand.

Fort Dohna (1887-1891).

Zwischenwerk l’Estocq (1888-1890).

 

Allemagne Front Ouest

 

Place forte de Strasbourg

Ouvrages en cours de construction :

Rive gauche du Rhin

Zwischenwerk Fransecky-Moltke (1890-1891) actuel ouvrage intermédiaire Ney-Rapp (1890-1891) situé au N de Strasbourg. Demi-redoute au tracé irrégulier, à fossé plein d’eau. Comporte un abri central, armement initial 4 canons de 9 cm. 1892-1916 : renforcements divers. Guérites en tôle type « escargot », meutrières à fusil avec volet de blindage coulissant. 1939-1940 : installation d’une batterie de deux canons allemands de 10,5 cm à bouclier de type « 10 cm S.L.K. » transférés des batteries du sud de Strasbourg, dont une pièce reliée à l’abri par un couloir en béton. Juin 1940 : façade de gorge de l’ouvrage détruite à l’explosif. 2006-2015 : remblayé progressivement.

Infanterie-Stützpunkt bei KM 119 (1889-1891), point d’appui d’infanterie du kilomètre 119 situé au SE de Strasbourg. Demi-redoute aux angles arrondis avec fossé plein d’eau. Dispose d’un abri d’infanterie maçonné en briques et pierres de taille muni de parapets d’infanterie sur l’escarpe. 1892-1916 : modernisé par l’installation de deux systèmes de ventilation forcée et renforcement des ouvertures avec des portes blindées modèle 1914 à deux battants, dessus des casemates munies d’une couche de béton légèrement armée (système Monier) et renforcement des parties non voûtées par des tôles ondulées galvanisées. Installation de latrines dans l’aile droite.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ingolstadt.

Ouvrages en cours de construction :

Rive gauche du Rhin

Zwischenwerk Nr. 1 – Werk 191 (1er février 1890 – 31 janvier 1892), ouvrage intermédiaire érigé à la sortie ouest de Gerolfing. Lunette à fossé plein d’eau. L’ouvrage est pratiquement détruit hormis quelques petites ruines. 

Zwischenwerk Nr. 9 – Werk 192 (11 septembre 1890 – 9 novembre 1892) dénommé Fort Rosenschwaig dans le language populaire, situé près du Danube à Rosenschwaige. Ouvrage intermédaire sous forme de lunette à fossé plein d’eau. Ouvrage détruit mais le fossé, les remparts, et de nombreux débris sont encore visibles. La batterie annexe droite est encore visible.

 

Belgique

 

Place forte d’Anvers

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Lier (1876-1893), également dénommé Fort de Lierre.

Fort de Schoten (1885-1892), également dénommé Fort de Schooten.

Fort de Steendorp (1877-1892) ou Fort de Ruppelmonde : 1 coupole 2 x 15 cm.

Fort de Walem (1878-1893 ou 1876-1893 ?), également dénommé Fort de Waelhem.

 

Place forte de Liège

La nouvelle ceinture de forts détachés de Liège comprend 12 forts érigés entre 1888 et 1892. Il s’agit de 6 grands forts et six petits forts, construits en béton. Lors de leur conception, les forts conçus par le général Brialmont ont été construits de manière à résister à un bombardement d’artillerie au canon de 21 cm.

Ouvrages en cours de construction :

Rive droite de la Meuse

Fort de Barchon (1888-1892), grand fort au tracé triangulaire érigé au NE de Liège, sur la rive droite de la Meuse. 8 août 1914 : reddition du fort. 1914-1918 : améliorations faites par les troupes d’occupation allemandes, le débouché d’infanterie, le tambour d’entrée, la ventilation et la protection des fenêtres. 1928-1940 environ : modernisation, renforcement et réarmement ; installation d’une tour d’air, remplacement du générateur électrique et de l’armement comme les tourelles de 75 mm, dont la seule qui existe encore dans un fort. 18 mai 1940 : reddition du fort. Actuellement : fort équipé de pistes d’aventure et ouvert aux visites environ 6 fois par an.

Fort de Chaudfontaine (1888-1892), petit fort au tracé trapézoïdal, érigé au sud-est de Liège, sur la rive droite de la Meuse. Armement à longue portée : 1 coupole cuirassée Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec 2 canons Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 4 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 4 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposé dans le coffre de tête ; 4 canons identiques dans les casemates du fossé de gorge ; 1 canon identique dans la casemate défendant la rampe d’accès ; un phare sous coupole blindée servant également pour la communication. 12 août 1924 : premier bombardement allemand. 13 août 1914 : lors du siège un obus allemand explose dans un magasin à munitions et le fort explose entraînant environ 50 victimes. 1933 - 1940 : rénovation, consolidation et réarmement du fort : installation d’une tour de prise d’air ; rebétonnage des superstructures ; obturation des fenêtres du casernement ; construction d’une caserne du temps de paix à l’extérieur ; modernisation de l’armement ; instalation d’un groupe électrogène disel de 130 CV ; installation d’un réseau de téléphonie ; construction d’abris observatoires extérieurs. 17 mai 1940 : après un bombardement par la Luftwaffe, le fort est abandonné en fin de journée. 1983 : installation d’une société de tir. 1990 : le fort est rebaptisé fort Advendure et aménagé avec des parcours d’aventure pour adlutes et enfants.

Fort d’Embourg (1888-1892), petit fort au tracé tracé trapézoïdal, construit au sud-est de Liège, sur la rive droite de la Meuse. Plus petit des forts de Liège. Armement à longue portée : 1 coupole cuirassée Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 1 canon Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 4 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 1 tourelle d’observation équipée d’un projecteur ; 9 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 12 au 13 août 1914 : bombardement allemand, le fort se rend le soir. 1914-1915 : troupes allemandes d’occupation apportent quelques modifications. 1933-1940 : modernisation de l’armement : 4 tourelles remplacées par des tourelles équipées de canons de 75 mm et installation d’une batterie anti-aérienne ; amélioration de la ventilation et des réseau électrique et de téléphonie ; construction d’un casernement équipée d’une cloche pour fusil automatique et d’une tour prise d’air. 13 mai 1940 : le fort est encerlé par les forces allemandes. 17 mai 1940 : après un incessant bombardement d’artillerie et d’aviation, le fort se rend vers 20 heures. 1946 : création d’une association commémorative. Elle érige un monument et un musée et réalise les visites guidées au profit du public.

Fort d’Evegnée (1888-1892), petit fort érigé à l’Est de Liège, sur la rive droite de la Meuse. Armement à longue portée : 1 coupole cuirassée Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 1 canon Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 3 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 1 tourelle d’observation équipée d’un projecteur ; 6 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 10 au 11 août 1914 : attaque et bombardement du fort par les troupes allemandes ; il se rend à 15h30. 1915-1916 : durant l’occupation par les troupes allemandes, quelques améliorations sont apportées. 1933-1940 : amélioration de l’armement : nouveaux canons et une batterie antiaérienne ; amélioration de la ventilation, de la protection, des réseaux électriques et de communication ; construction d’un abri d’infanterie surmonté d’une cloche avec fusil automatique ; construction d’une tour d’aération et d’une sortie de secours. 16 mai 1940 : attaque du fort. 19 mai 1940 à 16h00 : reddition du fort. 1971 : le fort est propriété des Forges de Zeebrugge qui l’utilise comme dépôt et centre d’essais de roquettes. Tout l’équipement militaire avait été retiré avant sa reconversion.

Fort de Fléron (1888-1892) ; grand fort au tracé triangulaire érigé au SE de Liège, sur la rive droite de la Meuse. Armement à longue portée : 1 coupole cuirassée Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 2 canons Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 4 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 1 tourelle d’observation équipée d’un projecteur ; 8 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 11-14 août 1914 : bombardement et reddition du fort à 9h45. 1937-1940 : remplacement des canons de 21 cm par des 15 cm de plus grande portée ; remplacement des canons de 15 cm par des mitrailleuses et des lance-grenades ; canons de 12 cm remplacés par deux tourelles avec 2 canons de 105 mm ; ajout de 3 tourelles de 75 mm. Modernisation de la ventilation, des sanitaires, du réseau électrique et des moyens de communication. Ajout d’une tour prise d’air. 10-17 mai 1940 : bombardement et attaque du fort puis reddition. Après 1945 : fort enseveli et recouvert d’un parc arboré.

Rive gauche de la Meuse

Fort de Boncelles (1888-1892) ; grand fort triangulaire érigé au SE de Liège sur la rive gauche de la Meuse. Armement à longue portée : 2 coupoles cuirassées Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec 2 canons Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 4 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 9 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier disposé dans les coffres ; un phare sous coupole blindée à éclipse servant également pour la communication, 4 projecteurs à arc dans les coffres. 5-6 août 1914 : attaque et reddition du fort. 1928-1940 : réarmement du fort avec 4 tourelles pour canon de 75 mm et installation d’une tour de prise d’air. 16 mai 1940 : attaque et reddition du fort. Après 1945 : fort reste dans le domaine militaire et est transformé en dépôt puis abandonné. Vers 1980 : comblement des fossés et construction d’un lotissement autour de l’ouvrage. Seule la tour qui devient un centre d’interprètation touristique et l’entrée principale sont encore visibles. 2010 : installation d’une exposition de chars de combat.

Fort de Flemalle (1888-1892), grand fort au tracé quadrangulaire érigé au SO de Liège, sur la rive gauche de la Meuse. Armement à longue portée : 1 coupole cuirassée Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 1 canon Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 4 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 1 tourelle d’observation équipée d’un projecteur ; 11 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 16 août 1914 à 7h10 : reddition du fort de Fléron. 1914-1918 : les troupes allemandes d’occupation améliore la ventilation, du générateur électrique, et une casemate pour protéger le déboucher d’infanterie. 1937-1940 : renforcement de l’ouvrage, installation d’une tour prise d’air, remplacement des tourelles par 4 tourelles avec 1 canon de 75 mm, 1 tourelle avec 2 canons de 105 mm, 1 tourelle avec 1 canon de 150 mm, 1 tourelle avec 1 mitrailleuse maxi et 2 lance-grenades, 1 batterie antiaérienne et les canons de 57 mm sont remplacés par des mitrailleuses. Modernisation de la ventilation, des sanitaires et du réseau de communication et réseau électrique. 15 mai 1940 : bombardement et destruction des tourelles. 16 mai 1940 : reddition du fort. 1940-1945 : durant l’occupation les équipements sont enlevés. Années 1960 : ferraillage du reste de l’équipement. 1992 : une association prend en compte l’ouvrage, onstalle un musée et l’ouvre aux visites.

Fort d’Hollogne (1888-1892), petit fort au tracé triangulaire érigé à l’Ouest de Liège, sur la rive gauche de la Meuse. Armement à longue portée : 1 coupole cuirassée Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 1 canon Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 3 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 1 tourelle d’observation équipée d’un projecteur ; 7 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 13-16 août 1914 : bombardement et attaque du fort, puis reddition à 7h30. 1914-1917 : quelques modifications apportées pendant l’occupation allemande. Après 1918 : fort utilisé comme dépôt de munitions. Mai 1940 : bombardement aérien allemand. 1940-1944 : projet d’installation d’une base de V2. 1944-1945 : installation d’un hôpital américain. 1945 : Dépôt de munitions et jusqu’en 1991 poste de commandement de la force aérienne belges. 1997 : transféré et intégré à l’aéroport de Liège, restauré et géré par une association.

Fort de Lantin (1888-1892), petit fort au tracé triangulaire érigé au NO de Liège, sur la rive gauche de la Meuse. Armement à longue portée : 1 coupole cuirassée Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 1 canon Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 3 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 1 tourelle d’observation équipée d’un projecteur ; 6 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 10-15 août 1914 : bombardement, attaque puis reddition du fort vers 12h00. 1945 : après la guerre utilisé comme terrain de manœuvre et stand de tir. 1983 : acuiqition et restauration par une association qui organise les visites.

Fort de Liers (1888-1892), petit fort au tracé triangulaire situé au nord de Liège, sur la rive gauche de la Meuse. Armement à longue portée : 1 coupole cuirassée Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 1 canon Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : des coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; des canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 13-14 août 1914 : bombardement, attque et reddition du fort. Après 1918 : utilisé comme dépôt de munitions. 1949 : vendu au franc symbolique à la société FN qui est désormais nommé TechspaceAéro qui teste des moteurs d’avion.

Fort de Loncin (1888-1892), grand fort au tracé triangulaire érigé à l’Ouest de Liège, sur la rive gauche de la Meuse. Armement à longue portée : 1 coupole cuirassée Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 2 canons Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 4 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 1 tourelle d’observation équipée d’un projecteur ; 9 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 12-15 août bombardement violent. 15 août 1914 : explosition des magasins à poudre détruisant le fort et ensevelissant 350 des 550 soldats de l’équipage. 15 août 1923 : inauguration du monument en l’honneur des hommes toujours enterrés dans le fort. 2007 : installation d’un système d’audioguide de la nécropole nationale.

Fort de Pontisse (1888-1892), grand fort au tracé trapézoïdal érigé au NE de Liège, sur la rive gauche de la Meuse. Armement à longue portée : 2 coupoles cuirassées Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 2 canons Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 4 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 1 tourelle d’observation équipée d’un projecteur ; 8 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 13 août 1914 : reddition du fort après les bombardements. 1919 : réoccupé par l’armée belge. 1937-1940 environ : renforcement et modernisation : canon de 57 mm remplacés par des mitrailleuses ; construction d’un blockhaus de flanquement, installation d’une tour prise d’air, etc. 18 mai 1940 : reddition du fort après une attaque aérienne et épuisement de ses munitions. 1946 : utilisé comme dépôt de munitions puis par la Fabrique Nationale. Années 1950 : ferraillé. 1993 : abandon du fort. Actuellement refuge de chiroptères durant l’hiver.

 

Place forte de Namur

La nouvelle ceinture de forts détachés de Namur comprend 9 forts érigés entre 1888 et 1892. Il s’agit de grands forts et de petits forts, construits en béton non armé. Lors de leur conception, les forts conçus par le général Brialmont ont été conçu pour résister à un bombardement d’artillerie au canon de 21 cm. 3 forts ont été construits sur la rive droite de la Meuse et reliés par un chemin de fer militaire et 6 forts sur la rive gauche.

Ouvrages en cours de construction :

Rive droite de la Meuse :

Fort d’Andoy (1888-1892) grand fort au tracé triangulaire érigé à E-SE de Namur, sur la rive droite de la Meuse. Armement : à priori identique aux autres grands forts de type Brialmont. 21-23 août 1914 : attaque, bombardement etreddition du fort.1931-1940 : modernisation, renforcement et réarmement du fort avec des tourelles avec canon de 75 mm ; installation d’une tour d’aérage, modernisation des sanitaires. 13-23 mai 1940 : attaque, bombardement et reddition du fort.

Fort de Dave (1888-1892) petit fort au tracé triangulaire érigé au SE de Namur, sur la rive droite de la Meuse. Armement à longue portée : 1 coupoles cuirassées Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 2 canons Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 3 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 1 tourelle d’observation équipée d’un projecteur ; 8 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 20-25 août 1914 : attaque, bombardement et reddition du fort. 1930-1940 : modernisé, renforcé et réarmé : tourelle de 15 cm remplacée par une tourelle pour canon de 75, tourelles de canons de 12 cm remplacées l’une par une tourelle de mitrailleuses et l’autre par une tourelle avec un lance-grenades. Entrée renforcée par 2 positions de mitrailleuses et 1 lance-grenades. 15-24 mai 1940 : bombardement, attaque et réddition. Amélioration de la protection, de la ventilation avec une nouvelle prise d’aire camouflée dans les falaises surplombant la Meuse, des sanitaires, des communications et du réseau électrique. Aux environs du fort instalation de l’abri de la Relève armé de 2 mitrailleuses et d’une cloche d’observation et de l’abri du Troonois armée de 2 mitrailleuses et 1 canon antichar de 60 mm. Après 1945 : le fort a été ferraillé et a servi de polygone pour la mise en œuvre d’explosifs.

Fort de Maizeret (1888-1892) petit fort au tracé trapézoïdal érigé à l’Est de Namur, sur la rive droite de la Meuse. Armement à longue portée : 1 coupoles cuirassées Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 2 canons Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 4 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 1 tourelle d’observation équipée d’un projecteur ; 6 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 21-22 août 1914 : bombardement, attaque et reddition du fort. 1930-1940 : modernisation, renforcement et réarmement du fort ; tourelle de 15 cm remplacée par 1 tourelle avec 2 canons de 105 ; 4 tourelles éclipsable pour canon de 57 mm remplacées par des tourelles avec obusier de 75 mm ; 2 tourelles pour canon de 12 cm remplacées par une tourelle pour mitraillseuses et l’autre par une tourelle lance-mines. Tourelle de 21 cm comblée, installation de 2 positions de mitrailleuses à l’entrée et de 6 positions antiaériennes avec mitrailleuses maxim. Modernisation de la ventilation, de l’installation électrique, installation de postes d’observation autour du fort. 19-23 mai 1940 : attaque, bombardement et reddition du fort. Après 1945 : devient une propriété privée et une carrière est installée à proximité. Accès interdit.

Rive gauche de la Meuse :

Fort de Cognelée (1888-1892) petit fort triangulaire érigé au N-NE de Namur, sur la rive gauche de la Meuse. Armement à priori identique aux autres forts de type Brialmont. 21-23 août 1914 : bombardement, attaque et reddition du fort. 1919-1940 : un des 2 forts non renforcé, qui a servi de dépôt de munitions. Les tourelles ont été ferraillées. Après 1945 : acheté par un particulier, il est utilisé comme terrain de chasse ; Plus récemment, il sert également à l’organisation de soirées techo. Les traces des bombardements de 1914 sont encore visibles. Actuellement : domaine privé, rarement ouvert aux visites.

Fort Emines (1888-1892) fort érigé au NO de Namur, sur la rive gauche de la Meuse. Armement à priori identique aux autres forts de type Brialmont. 13-24 août 1914 : bombardement, attaque et reddition du fort. 1914-1918 : améliorations apportées par les troupes d’occupation allemandes : installation de tôles ondulées cintrées, d’anneaux en béton armée autour des tourelles, de guérites, de ventilation forcée, d’un tunnel reliant la contrescarpe au massif central, d’une génératrice diesel remplaçant la machine à vapeur d’origine. 1919-1940 : un des 2 forts non renforcé, hormis l’ajout de 2 blockhaus de défense rapprochée sur le massif central, puis utilisé comme dépôt de munitions. 1940 : le fort est peu endommagé. Février 1991 : un projet de transformé le fort pour l’entreposage de déchets inertes soulève des protestations. 1994 : le fort est racheté par un particulier pour l’exploitation de la surface boisée et de la chasse. 2014 : premier projet de revalorisation Accès des visiteurs autorisé à l’extérieur et dans les locaux de la contrescarpe. 2015 : rave party illégale entraînant de nombreuses dégradations y compris les derniers aménagements pour les visiteurs. Actuellement : organisation régulière de visites guidées et d’expositions artistiques, qui permettent de découvrir un fort Brialmont peu transformé depuis 1914.

Fort de Malonne (1888-1892) fort au tracé quadrangulaire érigé à O-SO de Namur, sur la rive gauche de la Meuse. Armement à longue portée : 1 coupoles cuirassées Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 2 canons Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 3 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 1 tourelle d’observation équipée d’un projecteur ; 8 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 24 août 1914 : non bombardé mais reddition du fort à une patrouille allemande. 1930-1940 : modernisation, renforcement et réarmement ; tourelle avec canon de 21 cm remplacée par des tourelles de canons de 15 cm à longue portées ; anciennes tourelles remplacées par des tourelles de mitrailleuses et de lance-grenades. Tourelles de canons de 12 cm remplacées par 2 tourelles à fusil automiatique. Rénovation des sanitaires, de la ventilation et installation d’un circuit d’alimentation électrique. 21 mai 1914 : reddition du fort après épuisement de ses capacités. 1991 : réserve réserve naturelle pour la protection des chiroptères, accès interdit.

Fort de Marchevolette (1888-1892) petit fort au tracé triangulaire érigé au NO de Namur, sur la rive gauche de la Meuse. Armement à priori identique aux autres petits forts de type Brialmont. 21 août 1914 : violent bombardement, fort en partie en flamme à la suite de l’explosion des munitions, la garnison évacue l’ouvrage. 1914-1918 : réparation et quelques aménagements sommaires par les occupants allemands. 1930-1940 : 1932-1940 : modernisation, renforcement et réarmement, installation d’une tour d’aérage. Actuellement : terrain militaire qui sert de polygone d’explosifs.

Fort de Suarlée (1888-1892) 1888-1892) grand fort triangulaire érigé au NO de Namur, sur la rive gauche de la Meuse. Armement : à priori semblable aux autres grands forts de type Brialmont. 20-25 août 1914 : bombardement du fort. 1914-1918 : réparation sommaire et installation de l’exlectricité par l’occupant. 1932-1940 : modernisation, renforcement en béton armé et installation de tôles ondulées, installation d’une tour d’aérage, transfert des sanitaires et de la boulangerie dans le massif central, réarmement. 10-19 mai 1940 : bombardement, atatque et reddition du fort. 1946 : utilisé pour des essais d’explosifs par le génie, comme terrain de chasse et ferraillé, 2 fossés du front de tête sont comblés, ouvrage vandalisé et dégradé. Eté 2013 : début des travaux de déboisement et de dépollution. Eté 2016 : élargissement du chemin entourant le fort pour l’utilisation de véhicules 4x4 et installation d’un grillage autour de l’ouvrage. Utilisation actuelle : ouvrage le plus endommagé de Namur, il est abandonné.

Fort de Saint-Héribert ou Fort de Wépion (1888-1892) grand fort au tracé triangulaire érigé au sud de Namur, sur la rive gauche de la Meuse. Armement à longue portée : 2 coupoles cuirassées Gruson avec un obusier Krupp de 21 cm ; 1 coupole cuirassée du Creusot avec 2 canons de 15 cm ; 2 coupoles cuirassées Châtillon-Comentry avec chacune 2 canons Krupp de 12 cm. Défense rapprochée : 4 coupoles à éclipse de Gruson, avec un canon de 5,7 cm à tir rapide ; 1 tourelle d’observation équipée d’un projecteur ; 8 canons de 5,7 cm à tir rapide sur affût à chandelier, disposés dans les coffres. 1930-1940 : modernisation, renforcement, réarmement ; tourelle de 2 canons de 15 cm remplacée par 2 tourelles pour canon de 75 mm. 21 mai-24 mai 1914 à 21h00 : bombardement, attaque et reddition du fort. 15 – 21 mai 12h10 : bombardement par l’artillerie et l’aviation, attaque et reddition du fort. Mai 1945 : le fort n’est pas réparé après la guerre mais utilisé par l’armée belge pour des essais d’explosifs qui entraînent de nombreux dégâts intérieurs. 1958 : vendu aux enchères à un ferrailleur qui extrait tous les métaux. Fossés comblés progressivement par des matériaux inertes. Le fort disparait progressivement mais peut encore être visité avec du matériel de spéléologie. Avril 2013 : acheté par un propriétaire privé pour l’exploitation du bois puis pris en compte par une fondation qui a commencé la restauration. Août 2014 : inauguration officielle, depuis le fort est visitable partiellement.

 

France Front Ouest Côtes de la mer du Nord Manche et de l’Atlantique

 

Place forte de Cherbourg

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de Grenneville (1890), batterie côtière.

Magasin de Grenneville (1890) au sud de la batterie de Grenneville.

 

Place forte de Brest

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de Kerbonn (1890-1891) sur la presqu’île de Crozon. 1890-1895 : un magasin sous roc. 1933 : armement 3 mortiers de 270 mm Mle 1879. 1940-1944 : aménagement d’une importante position allemande.

 

Place forte de Saint-Malo

Ouvrage en cours de modernisation :

Fort de la Cité (1759 environ) parfois dénommé Fort de la Citée d’Alet ou Aleth. Pentagone irrégulier avec 4 bastions d’angle. 1890 : installation d’une batterie de 4 canons de 95 mm. 1940-1944 : rombreux aménagements et cuirassements allemands.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Lille

Ouvrages en cours de construction :

Ouvrage du Haut Vinage (1890-1891) ouvrage intermédiaire. Etat actuel : arasé.

Ouvrage de Marchenelles (1890-1891) ouvrage intermédiiare avec abris bétonnés. Etat actuel : ouvrage arasé.

 

Place forte de Maubeuge

Ouvrage en cours de construction :

Magasin de Louvroil (1890) magasin à poudre de secteur bétonné situé en arrière du Fort du Bourdiau.

 

Position de La Fère – Laon - Soissons

Ouvrages en cours de construction :

Magasin d’Achery (1890-1892). Magasin à poudre sous roc en arrière du Fort Mayol, au NE de La Fère.

Magasin de Danisy (1890-1892) magasin à munitions sous terre.

 

Place forte de Verdun

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de la Carrière (1889-1894), 1ère batterie annexe gauche de la redoute de Belleville.

Fort de Douaumont (1885-1891) Fort Gérard, grand fort en forme de pentagone à gorge rentrante, modernisé 1887-1889, 1901-1903, 1907-1909, 1911-1913, 1 tourelle de 75, 1 tourelle de 155, 2 tourelles de mitrailleuses, 5 observatoires, 1 casemate de Bourges.

Ouvrage de Baleycourt (1888-1890), ouvrage intermédiaire, non modernisé.

Ouvrage de Bezonvaux (1889-1891), ouvrage intermédiaire, non modernisé.

Ouvrage d’Hardaumont (1887-1893), ouvrage intermédiaire, non modernisé.

Ouvrage de Jaulny (1889-1890), petit ouvrage intermédiaire, modernisé.

Ouvrage de Thiaumont (1887-1893), ouvrage intermédiaire, modernisé 1902-1905, 1 tourelle de mitrailleuses, 1 observatoire, 1 casemate de Bourges.

 

Vallée de la Moselle

Ouvrage en cours de construction :

Batteries d’Aingeray (1887-1892), 2 batteries à 4 km de Liverdun entre Nancy et Toul.

 

Place forte de Toul

Ouvrages en cours de construction :

Abri du Bois du Bulletin (1890), abri caverne.

Fort de Le Chanot (1888-1892) ou Fort du Chanot, momolithe de béton non armé. 1906-1911 : ouvrage complètement refondue : 1 tourelle de 75 Mle 05, 2 tourelles de mitrailleuses, 3 observatoires, 1 casemate de Bourges.

Ouvrage avancé de Charmes Nord (1890 environ) petit ouvrage d’infanterie.

Ouvrage avancé de Charmes Sud (1890 environ) petit ouvrage d’infanterie.

Ouvrage de Bouvron (1888-1892), ouvrage en béton simple, modernisé 1896, 1912-1913 ; 1 tourelle à éclipse 2 x 57 mm remplacée en 1909 par une tourelle de 2 x 75 mm raccourcis. Modernisé en 1912-1913 par une autre tourelle de 75 Mle 05, 3 observatoires.

Ouvrage de Charmes (1888-1890), non modernisé.

 

Fortifications des environs de Nancy - Vallée de la Moselle

Ouvrages en cours de construction :

Batteries d’Aingeray (1887-1892), 2 batteries à 4 km de Liverdun entre Nancy et Toul.

Epaulements de Ludres (1887-1890) au sud de Nancy, épaulement d’infanterie.

 

Place forte d’Epinal

Ouvrages en cours de construction :

Dépôt intermédiaire de Beau Site (1886-1892). Magasin souterrain.

Dépôt intermédiaire de Chaumousey (1886-1892) magasin sous roc devant alimenter la batterie M39 Batterie des Français ou ouvrage de Chamousey.

Dépôt intermédiaire de l’Etang de Bult (1890-1891), magasin souterrain.

Dépôt intermédiaire de Dogneville (1888-1890).

Magasin de la Camerelle (1886-1892), magasin sous roc.

Ouvrage de Conéfosse (1889-1890), 2 redoutes en terre et plusieurs batteries.

Réduit du Bois d’Arches (1889-1891), ensemble avec 1 réduit avec 6 batteries et 3 redoutes.

 

Place forte de Belfort

Ouvrages en cours de construction :

Abri du Haut Bois (1890 environ) abri-caverne relié par une galerie à l’ouvrage du Haut-Bois.

Batteries de Bessoncourt (1890-1894).

Magasin du Bosmont (1890), magasin de secteur sous roc.

Ouvrage du Bas du Mont (1890-1891), ouvrage d’infanterie.

Ouvrage du Bois des Esserts (1890-1891), petit ouvrage d’infanterie parfois orthographié Essarts.

Ouvrage de Chèvremont (1889-1890) ouvrage trapézoïdal qui était initialement un simple ouvrage d’infanterie. 1906 : complètement refondu avec caserne bétonnée, 2 tourelles de 75 mle 05.

Ouvrage de la Côte (1890-1892) batterie Edouard Thiers, ouvrage creusé dans le roc.

Ouvrage de Denney (1890-1891) petit ouvrage d’infanterie terrassé.

Ouvrage de l’Etang-Neuf (1890-1891) petit ouvrage d’infanterie.

Ouvrage de la Forêt (1890-1891) petit ouvrage d’infanterie.

Ouvrage de Fougerais (1889-1890) ouvrage intermédiaire. Armement : 1 tourelle de 75 modèle 05.

Ouvrage des Grands Bois (1890-1891, autre source 1911 en main d’œuvre militaire), dès fois appelé Ouvrage des Grands Bois de Vézeloi.

Ouvrage du Haut Bois (1889-1890) ouvrage de Banvillars. Ouvrage intermédiaire en béton. 1909 : modernisé : 1 tourelle de 75 Mle 05, 1 tourelle de mitrailleuses, 1 casemate de Bourges, 3 observatoires cuirassés.

Ouvrage du Haut d’Evette (1890-1891) petit ouvrage d’infanterie.

Ouvrage d’Héricourt (1890-1891) ouvrage d’infanterie.

 

Place forte de Besançon

Ouvrage en cours de construction :

Abri de Châtillon-le-Duc (1888-1892) creusé dans le roc.

 

Place forte de Langres

Ouvrages en cours de construction :

Magasin de Brévoines (1890 environ). Magasin à poudre sous roc.

Magasin de Chateney Mâcheron (1890 environ) magasin à poudre sous roc.

Magasin de Jorquenay (1890 environ) magasin à poudre sous roc.

Magasin de Manière (1890 environ) magesin à poudre sous roc.

 

France Front Sud-Est

 

Place forte de Lyon

Ouvrage en cours de construction :

Deuxième ceinture de forts détachés :

Rive gauche du Rhône :

Magasin de Saint Fons (1890) au sud de Lyon, sur la rive gauche du Rhône. Magasin caverne. Etat actuel : appartient à la commune de Saint Fons, il sert de boulodrome.

 

Place forte de Briançon

Ouvrages en cours de construction :

Baraquement du Granon (1885-1895), près du Col du Granon (2 404 m).

Magasin de l’Infernet (1890 environ) magasin sous roc.

Ouvrage du ou Fort du Gontrand (1888-1890).

Position du Lenlon (1890-1900) position complémentaire du fort de l’Olive face aux principaux passages frontaliers.

Redoute ou blockhaus du Gondrand (1888-1890).

 

Place forte de Grenoble

Ouvrage en cours de construction :

Batterie du Mûrier (1890 environ).

Magasin de Montavie (1890 environ).

 

Place forte de Tournoux

Ouvrage en cours de construction :

Poste de Cuguret (1890-1893) 3 postes de surveillance ou relais de communiction optiques.

 

Position du Tournairet

Ouvrage en cours de construction :

Poste des Granges de la Brasque (1890 environ), Alpes Maritimes, pentes du Tournairet.

 

Place forte de Nice

Ouvrages en cours de construction :

Batterie du Cimetière Russe (1889-1891) batterie de côte.

Batterie des Granges (1883-1890) parfois dénommée Batterie Basse.

Fort ou redoute de la Forca (1887-1890) sur le massif de l’Authion.

Fort du Mont Chauve de Tourette (1889-1891).

Forteresse du Mont Agel (1889-1892).

Réduit du Mont Agel (1889-1892) fort Catinat.

 

France Front Sud Côtes de la Méditerranée

 

Place forte de Toulon

Ouvrages en cours de construction :

Abri caverne du Mont Chauve (1890) 7 casemates creusées dans le roc.

Batterie de la Bayarde (1889-1890).

Ouvrage du Gros Cerveau (1890).

Position du Mont Caume (1887-1890) ensemble de deux ouvrages : ouvrage Ouest et ouvrage Est

Ouvrage du Mont Caume (1887-1890).

Ouvrage Ouest du Mont Caume (1887-1890).

Ouvrage Est du Mont Caume (1887-1890).

 

France Front Sud Corse

 

Fortifications de Bonifacio

Ouvrage en cours de construction :

Batterie n°2 de Bonifacio (1888-1895). Armement : 2 canons de 19 cm Mle 1878 sur affût G.P.C., à partir de 1894 4 pièces identiques. Batterie désarmée en 1928.

 

Italie Centre

 

Place forte de Rome

Ouvrages en cours de construction :

Forte Antenne (1882-1891), fort détaché de ceinture.

Forte Trionfale (1882-1891), fort détaché de ceinture.

 

Pays-Bas

 

Ligne d’Utrecht « Waterlinie »

 

Secteur Ilpendam

Ouvrage en cours de construction :

Fort aan de Middenweg ou Batterij bij de Middenweg (1889-1890), initialement un ouvrage en terre, renforcé en 1912-1913 par des casemates à l’épreuve des bombes. Commune de Beemster. Classé aux monuments historiques de la province de Hollande du Nord « Provinciaal Monument Noord-Holland » et au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Suisse

Ouvrage en cours de construction :

Forte di Airolo (1887-1890) située au-dessus du village d’Airolo dans le Tessin, altitude 1 300 m. Un des ouvrages le plus moderne d’Europe à l’époque, construit d’après les plans de Bündner Daniel Freiherr von Salis-Soglio, ancien Inspecteur général du Génie austro-hongrois ; coût de la construction : environ 1,5 millions de francs suisses. Armement : 1 coupole Gruson avec 2 canons jumelés de 12 cm fretté « Ringrohrkanone » modèle 1882 ; 2 mortiers à boule « Kugelmörser » modèle 1882 dans une casemate cuirassée « Panzerstand » ; 5 canons frettés 8,4 cm Ringrohrkanone modèle 1880, dont 3 sont orientés en direction de Leventina et 2 en direction de Bedrettotal (col de San Giacomo) ; 5 canons à tir rapide dans des Fahrpanzer du Grusonwerk de Buckau ; 12 canons en bronze 8,4 cm Bronzekanone Modèle 1871 dans les trois caponnières ; 3 tourelleaux d’observation cuirassés « Beobachtungspanzertürmschen ». Mission : protection du tunnel ferroviaire du Saint-Gothard mis en service en 1882, et de la route du Saint-Gothard et de la route vers la vallée de Val Bredetto. 1901 : les 2 mortiers boule de 12 cm sont remplacés par deux obusiers cuirassé « Panzerhaubitze » Modèle 1891. 1947 : déclassement en tant qu’ouvrage de défense. 1947-1953 : servait de fortification école « Schulfestung » et la plupart des pièces d’artillerie ont été démontées et fondues. 1989 : le casernement est toujours utilisé par l’armée suisse mais le bloc de combat a été transformé en musée ; 1999 : agrandissement du musée.

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

 

Allemagne

1890 environ : mise en service de l’obus shrapnell de 15 cm C/90 (15-cm-Schrapnell C/90), d’un de poids identique à l’obus mle 88, destiné aux canons longs de 15 cm (lg. 15 cm Kanone) ;

1890 environ : de l’obus de 21 cm Schrapnell C/89 (21 cm Schrapnell C./89).

Retrait du service courant :

1890 environ : Le mortier de 9 cm est retiré du service.

1890 : Les derniers canons à tubes lisses, hormis les canons de 9 cm C/61 (9 cm-Kanone C/61) en fer destiné à battre les fossés, sont retirés du service.

1890 environ : Mise en service de l’affût de côte à pivot pour mortier de 21 cm (Küstenpivotlafette für 21 cm Mörser).

1890 : Mise en service de la poudre sans fumée destinée à l’artillerie à pied.

1890 : mise en service d’une coupole cuirassée de guet servant d’observatoire dénommée Wachturm 90 ou « W.T. 90 ». De nombreux forts et ouvrages de Strasbourg, Metz et Neuf-Brisach en sot dotés.

Septembre 1890 :

Septembre 1890 : série d’expériences de l’usine Gruson de Bückau-Magdeburg concernant de nombreux matériels d’artillerie et de cuirassements. Ces expériences sont réalisées sur le polygone de Gruson à Tangerhütte (voir le détail sous la rubirque septembre 1890).

 

Parution de livre et ouvrages divers ayant un rapport avec la fortification

 

Auteurs : Auteurs divers.

Titre : Constructions. Composition d’un projet de bâtiment militaire.

Editeur : Cours d’une école militaire, source inconnue.

Date de l’édition : 1890 environ.

 

Auteurs : Auteurs divers.

Titre : Cours d’artillerie. Instruction sur le travail relatif à l’organisation d’une batterie de siège. Février 1890.

Complément au titre : Lithographie de l’Ecole d’Application de l’Artillerie et du Génie.

Editeur : Ecole d’Application de l’Artillerie et du Génie.

Date : 1890.

Nombre de pages : 33.

Référence MJR : S1626, original.

 

Auteurs : Auteurs divers.

Titre : Die 5 cm Kanone (5 cm K.) in 5 cm Panzerlafette (5 cm P.L.).

Editeur : Reichsdruckerei, Berlin.

Date de l’édition : 1890.

 

Auteurs : Auteurs divers.

Titre : Le Spectateur militaire.

Complément au titre : Recueil de science, d’art et d’histoire militaires. Fondé en 1826. Paraissant le 1 et le 15 de chaque mois. Sous la direction de M. Henri Noirot.

Editeur : A la Direction du Spectateur militaire, 15, rue Saint-Benoît, Paris.

Date de l’édition : 1890.

Nombres de pages : 256.

Auteurs et articles :

Auteur inconnu, La rédaction : Le Bilan de l’année 1889 ; pages 5-34 ;

X : Ponts stratégiques mobilisables en acier pour routes et chemins de fer ; pages 62-63

C. Boissonnet, sous-intendant en retraite : Militaires de troupe (1789-1889) ; pages 73-79 ; pages 141-153 ; 256-265 ; 334-342 ;

Auteur inconnu : Chronique de la quinzaine ; pages 80-89 ; 173-184 ; 278-287 ; 373-382 ; 473-480 ; 552-563 ;

N.D. : Revue de la presse militaire étrangère ; pages 90-92 ; 185-186 ; 564-565 :

S : Bibliographie ; pages 93-96 ; 187-192 ; 569-572.

W. de Fonvielle : La navigation aérienne à Berlin ; pages 130-140 ;

Gaugler de Campen : Huit jours d’aérostation in partibus ; pages 323-333.

 

Auteurs : Auteurs divers.

Titre : (Manque page titre). Titre sur préface : Ponts militaires.

Editeur : Cours d’une école militaire, source inconnue.

Date de l’édition : 1890 environ.

 

Auteurs : Auteurs divers.

Titre : Questionnaire du cours de Fortification permanente. 2ème division. 1890-1891.

Complément au titre : Lithographie de l’Ecole d’Application de l’Artillerie et du Génie.

Editeur : Ecole d’Application de l’Artillerie et du Génie.

Date : 1891.

 

Auteurs : Auteurs divers.

Titre : Revue militaire de l’étranger 1890.

Volume : 37e volume, Janvier – juin 1890 et 38e volume Juillet – décembre 1890.

Complément au titre : Publié par ordre du Ministre. Rédigée à l’état-major général du Ministère de la Guerre, Deuxième Bureau.

Editeur : L. Baudoin et Cie, imprimeurs-Editeurs, 30, rue et passage Dauphine, Paris.

Date de l’édition : 1890.

 

Auteur : Brialmont, Henri Alexis, lieutenant-Général.

Titre : Les régions fortifiées. Leur application à la défense de plusieurs Etats européens. Atlas.

Editeur : Librairie militaire de L. Baudoin & Cie, imprimeurs-éditeurs, 30, rue et passage Dauphine, Paris.

Date de l’édition : 1890.

 

Auteur : Corbin, A. chef de bataillon du Génie et professeur.

Titre : Ecole d’Application de l’Artillerie et du Génie. Cours de fortification permanente. 3e partie. Organisation des forteresses. 2e fascicule. Application de la fortification au terrain. Leçons professées à l’amphithéâtre par A. Corbin, chef de bataillon du Génie, professeur. Novembre 1890.

Editeur : Guyot Frères, imprimeurs - éditeurs, Bruxelles.

Date de l’édition : 1890.

Table de matières : De l’application de la fortification au terrain ; Etude du profil ; Choix du relief ; Organisation des glacis ; De la valeur relative des différents terrains au point de vue de l’adaptation d’un profil de fortification ; Etude du tracé ; Etude du défilement ; Règles du défilement – Méthode géométrique et méthode par tâtonnement ; Cas particulier.

 

Auteur : Delauney, chef d’escadron, de l’artillerie de la marine.

Titre : Napoléon et la défense des côtes.

Complément au titre : Extrait du mémorial de l’artillerie de la marine.

Editeur : Imprimerie Nationale, Paris.

Date de l’édition : 1890.

 

Auteur : Euting, Professeur Dr. Julius.

Titre : Beschreibung der Stadt Strassburg und des Münsters.

Complément au titre : Mit Plan, Panorama, Karte und 46 Holzschnitten gezeichnet von Herm. Nestel, Julius Euting, u. a. Sechste verbesserte und vermehrte Auflage.

Editeur : Verlag von Karl J. Trübner, am Münsterplatz, Strassburg.

Date de l’édition : 1890.

Nombre de pages : 29 pages et 2 cartes.

Document consultable : Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg, cote M.876.

Référence MJR : S0614, photocopie.

 

Auteurs : Hatin, G., capitaine d’artillerie.

Titre : Cours d’artillerie. 4ème partie. 1ère section. Organisation de l’artillerie. 1ère leçon Janvier 1890.

Complément au titre : Lithographie de l’Ecole d’Application de l’Artillerie et du Génie.

Editeur : Ecole d’Application de l’Artillerie et du Génie.

Date : 1890.

 

Auteur : Heim, Edouard.

Titre : Daniel Speckle.

Complément au titre : Extrait de la Revue Alsacienne, février 1890.

Editeur : A l’administration de la Revue Alsacienne, 5, rue des Beaux-Arts, Paris.

Date de l’édition : 1890.

 

Auteur : Hennebert, lieutenant-colonel.

Titre : La Guerre imminente (Défense du territoire).

Editeur : Ernest Kolb Editeur, 8, rue Saint-Joseph, Paris.

Date de l’édition : 1890.

 

Auteurs : Lager, L., capitaine du Génie, professeur-adjoint.

Titre : Cours de construction. 4ème partie. Détails des bâtiments. 1er fascicule. Janvier 1890.

Editeur : Ecole d’Application de l’Artillerie et du Génie.

Date : 1890.

 

Auteurs : Sandier, capitaine du Génie, professeur-adjoint.

Titre : Cours de fortification permanente. 3ème et 6ème parties. Organisation des Forteresses. Atatque et défense des places. Annexe n°1. Organisation défensive d’un secteur d’une place forte. 1891.

Editeur : Ecole d’Application de l’Artillerie et du Génie.

Date : 1891.

 

Auteurs : Simoutre, capitaine du Génie, professeur-adjoint.

Titre : Cours de fortification permanente. 2ème partie. 2ème section. Détail des fortifications construites ou réorganisées après 1885. Texte. 1890.

Editeur : Ecole d’Application de l’Artillerie et du Génie.

Date : 1890.

Nombre de pages : 165.

 

Auteur : Werner.

Titre : Das Buch von der deutschen Flotte.

Editeur : Bielefeld und Leipzig.

Date de l’édition : 1890.

 

Chroniques de l’année 1890

 

1890 divers

 

Allemagne, fortifications : technique cuirassements.

En 1890, l’inspecteur général du corps des ingénieurs, du génie et des fortifications, le général Maximilian Vogel von Falckenstein, a tenté d’imposer la mise en place de tourelles cuirassées pour des canons de 21 cm dans les intervalles, afin de remplacer les pièces lourdes des fort et il prévoyait également l’installation de pièces de 12 cm cuirassées dans les forts pour couvrir les intervalles, des forts dont il voulait particulièrement augmenter la capacité de résistance par l’installation de tourelles cuirassées mobiles et de postes d’observation cuirassés. Cette avancée est restée néanmoins sans succès.

 

Mercredi 1er janvier 1890

Allemagne, Berlin : renforcement de la garde du palais de l’Empereur Guillaume II.

La presse française a publié cette dépêche de l’agence Havas : « Par ordre de l’empereur, le poste du château où il réside, à Berlin, est renforcé considérablement depuis le nouvel An. Précédemment, ce poste se composait de trente-deux hommes commandés par un lieutenant ; il comprend maintenant un capitaine, deux lieutenants, six sous-officiers, quatre clairons et tambours et quatre-vingts soldats. Comme il y a quinze bataillons d'infanterie à Berlin, chaque bataillon devra fournir une compagnie tous les quinze jours. En partant pour le corps de garde, les soldats emportent des vivres pour vingt-quatre heures ».

 

Mercredi 8 janvier 1890

 Allemagne, Berlin : décès de l’impératrice Augusta.

La presse française relate les derniers instants et le décès de l’impératrice Augusta, ancienne épouse de l’empereur Guillaume Ier : « Berlin, 8 janvier, 8 heures. Le sommeil de l’impératrice avait été assez fréquemment interrompu par la toux dans la nuit du 6 au 7 janvier. Elle avait conservé la pleine lucidité de son esprit et, à diverses reprises, elle avait adressé des questions au personnes qui se trouvaient dans sa chambre à coucher et qui faisaient la veillée. Après trois heures du matin, la respiration devenait en plus en plus difficile ; les voies respiratoires se remplissaient de mucosité que la malade n’avait plus la force d’expectorer. La faiblesse générale s’accusait d’une manière inquiétante, et les médecins, MM. Les docteurs Velten et Schliep, jugeaient nécessaire, hier, vers six heures du matin, de prévenir l’empereur des appréhensions qu’ils commençaient à concevoir et qui d’heure en heure devenaient plus vives. L’empereur, qui avait reçu des nouvelles de demi-heure en demi-heure, jusqu’à minuit, se rendit immédiatement dans la chambre de sa grand-mère. L’impératrice régnante le suivit de près. Peu à peu, à mesure que la matinée s’avançait, les autres membres de la famille impériale virent les rejoindre, en faisant passer leurs voitures, non par la rampe du palais, mais par une sorte de porte donnant sur l’avenue des Tilleuls, afin de ne pas donner l’éveil à la population de Berlin. Cette précaution explique ce fait que les habitants de la capitale ne connurent que fort tard la gravité qu’avait prise la maladie de l’impératrice Augusta.

Ce n’est qu’à une heure avancée de l’après-midi que des masses assez compactes se groupèrent devant le palais, regardant le maréchal de Moltke, le général de Waldersee, les officiers, les diplomates qui pénétraient dans la demeure royale pour prendre des nouvelles de la malade. Celle-ci, qui avait réclamé à plusieurs reprises l’assistance de ses dames d’honneurs, se soutenait péniblement en avalant de petites gorgées de lait glacé. On avait cru qu’elle ne vivrait pas jusqu’à midi. A une heure, le comte Herbert de Bismarck vint rejoindre les hauts personnages qui veillaient près d’elle, et il resta au palais jusqu’à trois heures un quart.

Les journaux publiaient des suppléments annonçant que l’agonie avait commencé. Un diner, qui devait avoir lieu chez l’empereur, était décommandé, ainsi qu’une chasse à laquelle la cour devait prendre part aujourd’hui. La foule, assemblée devant le palais, se tenait là immobile, regardant fixement le pavillon royal flottant sur le toit du palais et qui devait annoncer, en se baissant, la catastrophe. Le signal fut donné à quatre heures quinze minutes.

A trois heures et demie, une très légère amélioration s’était produite dans l’état de la malade : c’était un signe trompeur, la mort approchait. L’amélioration avait consisté dans ce fait que la paralysie du côté gauche, qui s’était déclarée à midi, avait presque complètement disparu. Elle fit place à un état de faiblesse et de calme qui alla croissant jusqu’à la fin. A quatre heures un quart la malade s’endormit pour ne plus se réveiller. L’empereur, l’impératrice, la grande-duchesse de Bade, les princes et tous les personnages présents s’agenouillèrent au pied du lit. Le prédicateur de la cour, Koegel, prononça une prière et bénit les personnes présentes. L’impératrice Augusta est couchée sur un lit de parade, revêtue d’une robe blanche. Elle tient dans ses mains des branches de muguet.

Le Moniteur de l’empire publie une courte biographie de la souveraine : « L’année 1888 lui avait réservé de dures épreuves. La mort du mari bien aimé, aux côtés duquel elle était toujours fidèlement restée, la mort de son fils unique si plein de promesses, assombrirent les eux dernières années de sa vie qu’elle passa à Berlin, à Babelsberg, à Coblence, à Bade, avec une grande force d’âme. Elle s’était élevée au-dessus de toutes les douleurs. Jusqu’à son dernier souffle elle a infatigablement répandu ses bienfaits, soulagé les infortunes ; son souvenir vivra impérissable, dans la mémoire e la maison royale et du pays ».

L’empereur a télégraphié à sa mère l’impératrice Frédéric, qui est à Rome, et l’a prié de revenir immédiatement à Berlin. L’impératrice Frédéric quittera Rome aujourd’hui dans l’après-midi.

Allemagne, Berlin : article relatif à l’impératrice Augusta.

Le journal Le Temps consacre un article à l’imératrice Augusta : « Paris, 8 janvier 1890. Bulletin du jour. Marie-Louise-Augusta-Catherine, duchesse de Saxe, reine douairière de Prusse et première impératrice d’Allemagne, vient de s’éteindre à Berlin, dans ce modeste palais Sous-les-Tilleuls, où elle était entrée, il y a soixante ans, comme épouse du prince héritier de Prusse qui devint Guillaume Ier.

C’est encore une figure de l’ancienne Europe qui disparaît, un de ces esprits humains que la culture libérale ou chrétienne du dix-huitième siècle était également apte à produire et qui restent, malgré les ruines de l’âge, si attirants par leur contraste avec les esprits de ce temps-ci. La fille du grand-duc de Saxe-Weimar et de Maria-Pavlovna a eu autour de son berceau la grâce de Wieland, et, comme maître de ses premières impressions, initiateur de son premier éveil intellectuel, la lumineuse et compréhensive intelligence de Gœthe, la tradition de Schiller et de Herder. De sa mère, la fille du tsar Paul Ier, la jeune princesse Augusta avait les yeux perçants, les lèvres fines, et, si l'on en juge par ses portraits, le grand air d'autorité en miniature. Elle en avait aussi le sang vif, « ce sang russe » dont, un demi-siècle après, Guillaume Ier constatait encore en souriant les vivacités. L'homme universel que fut Gœthe se plaisait souvent à conter pendant des heures, aux deux filles de Charles-Frédéric, do bol les histoires qu'il brodait sur ses thèmes orientaux favoris. Le ministre d'Etat donnait des loisirs au poète et au naturaliste pour ces après-midi du Belvédère, paternel Décaméron, où le grand esprit faisait passer ses petites élèves d'un conte arabe à l'histoire naturelle des poissons merveilleux des mers des Indes. D'autres heures, elles dessinaient avec Meyer et faisaient de la musique avec Hummel. Chaque soir, le grand-duc et la grande duchesse lisaient en famille les œuvres nouvelles des poètes de Weimar. Telles sont les influences au milieu desquelles grandit l'esprit de la princesse Augusta. « Elle peut parler avec nous, car elle sait quelque chose » écrivait Gœthe, qui savait tout. Dans la suite des années, l'élève de Gœthe, de Hummel et de Meyer s'appliqua avec sa volonté opiniâtre, qui était le fond de son caractère, à se cultiver toujours.

A Coblence, à Bade, à Babelsberg, où elle passait la plus grande partie de l'année, elle gardait autour d'elle soigneusement l'atmosphère weimarienne, et ce n'était point sa faute si elle ne pouvait converser toujours avec un Humboldt ou un Curtius. Elle composait, elle peignait, elle écrivait des petites pages de littérature pour les familiers les plus intimes, pour elle-même, pour le perfectionnement de son style. On a d'elle la musique d'un petit ballet de cour, la Mascarade, et aussi des marches militaires. Il y a quelques années à peine, la main débile de cette femme de soixante-quinze ans s'appliquait encore à peindre des aquarelles pour les ventes de chanté.

Mais son goût dominant, le délassement de ses heures libres de la terrible complication de vie représentative et d'œuvres de bienfaisance au milieu desquelles vivait l'impératrice Augusta, c'était la littérature, surtout la littérature française. Pour une nouvelle œuvre d'un de nos écrivains, elle oubliait toute fatigue et toute préoccupation, celle de ses instituts de charité exceptée. Un nouveau volume de Coppée ou de Feuillet était un événement dans sa vie retirée. Depuis plus de trente ans elle avait auprès d'elle un lecteur français et, jusqu'aux derniers temps de sa vie, elle se faisait lire au moins une, souvent deux fois par jour les livres et les revues de France. Il est une autre marque d'intérêt pour laquelle, selon le mot de M. Rothan, « aucun Français ne peut songer à l'impératrice Augusta sans la plus respectueuse sympathie » : c'est le soin qu'elle fit prendre en 1870 des blessés français transportés en Allemagne. Reine et impératrice, elle avait eu pour ses sujets, dans les guerres qui se suivirent presque sans interruption depuis 1864 les soins d'une « mère du pays ». Mais un autre sentiment vivait dans cette' âme d'autrefois pour laquelle il n'y avait ni vainqueurs ni vaincus en face de la mort. C'est le même sentiment qui lui inspira ces représentations au sujet du bombardement de Paris qui mirent M. de Bismarck si fort en colère et lui firent dire en son style que « les jupons ne servent qu’à gâter les choses en politique ». L’esprit non seulement évangélique mais humain de la souveraine fut méconnu non seulement par les gens du métier, mais dans son entourage même on parla de partialité.

La princesse Augusta était encore enfant quand Gœthe lui écrivait à son anniversaire ce souhait, qui reflète sa propre conception de l'existence :« Puisse ta vie entière s'écouler ainsi magnifique à l'extérieur et joyeuse au-dedans ! » La moitié de ce souhait de poète s'est accompli. L'impératrice douairière meurt pleine de jours et rassasiée d'hommages. Mais elle a connu sinon les désenchantements, du moins les joies un peu froides et officielles d'un mariage d'Etat. La maladie a été sa compagne ; elle a connu les revers de fortune, les inquiétudes d'une souveraine qui voit par trois fois le sorti de sa maison et de son pays dépendre des « dés de fer du destin ». Sa dernière année même a été attristée des plus cruels deuils de famille. Sans ambition personnelle, mais non pas sans ambition pour le succès de certaines idées chères, elle a vu ses préférences politiques tenues pour nulles, ses amis écartés des affaires ou frappés, comme le comte d'Arnim, ses conseils péremptoirement écartés, son essai d'intervention morale pour conjurer le Kulturkampf, balayé par une volonté plus forte. Sur ce point aussi on lui prouva, et non sans rudesse, qu'elle n'avait pas l'esprit moderne, et, malgré sa volonté, elle se soumit et borna désormais sa curiosité et son activité infatigables à ses études, à ses œuvres de bienfaisance, à son hôpital, à sa section de la Croix-Rouge et à la direction du petit Saint-Cyr qu'elle avait fondé à Charlottenburg pour l'éducation des filles d'officiers tués à l'ennemi.

« La princesse Augusta, écrivait la veuve de Schiller, a un ferme vouloir ; elle n'abandonne rien de ce qu'elle entreprend ». Jusqu'à son dernier jours ses instituts ont vécu de son impulsion et de son esprit. Ils lui ont donné la seule de ces joies intérieures que lui souhaitait Gœthe. Esprit ouvert, volonté agissante et bienfaisante, la première impératrice d'Allemagne n'a pu avoir ni une Influence sur l’empire, ni une histoire, mais elle fut un caractère et laisse une physionomie ».

 

Jeudi 9 janvier 1890

 Europe : épidémie de grippe.

Le journal Le Temps publie dans sa rubrique « Au jour le jour » un article qui fait le point de l’importante épidémie de grippe, nommée influenza, qui sévit en Europe. En voici quelques extraits : « L'Union des femmes de France vient de faire appel à ses adhérents, pour organiser un service de secours en faveur des victimes de l'épidémie. Ce service sera installé dans six arrondissements de Paris. Quatre postes fonctionnent dès aujourd'hui, rue Bridaine, 7, rue de la Chaussée-d’Antin 29, rue Dauphine 20, rue Saint-Dominique 76. Outre les soins qui seront donnés dans ces postes, un service de visites à domicile, par les dames de l'Union et, s'il est nécessaire, par des médecins, est organisé pour tout le temps que durera l'épidémie. Les médecins et les dames de l'Union seront munis de carnets de bons sur lesquels seront inscrits les médicaments et les aliments qu'il y aura lieu de fournir. Les médicaments seront délivrés par les postes de secours de l'Union et les aliments par les fourneaux de la Société philanthropique. Des bons de chauffage seront également distribués. Comme, dans les circonstances actuelles, un encombrement des postes était à craindre, l'Union des femmes de France a décidé de n'admettre aux secours que les malades munis d'une fiche qui leur sera remise par l'hôpital le plus voisin de leur domicile. Le nombre des décès a été, à Paris, lundi, de 363 et hier, mardi, de 349. …..

A l’étranger. On dit que le prince de Bismarck est atteint par l'influenza, ainsi que le chef de son cabinet, le conseiller intime Rottenburg. La princesse de Bismarck va un peu mieux, mais ne peut pas encore quitter la chambre. Le professeur Schweninger est à Friedrichsruh. A Mannheim, toutes les écoles ont été fermées. Il y a 1 600 ouvriers malades à la fabrique d'armes d'Erfurt sur 2 500. Le nombre des morts a plus que doublé à Cologne depuis 4 jours (130 au lieu de 60). L'influenza prend une grande extension à Metz. Le nombre des malades est évalué à 8 000 environ. Le grand et le petit séminaire ont été licenciés. L'épidémie gagne la campagne. L'épidémie est stationnaire à Vienne. De Salzbourg, on annonce que le prince Albert de Thurn et Taxis est mort d'une pneumonie. Le corps diplomatique à Berne est très éprouvé par l’influenza : le ministre d’Autriche, l’attaché militaire français, le consul de France, deux secrétaires de la légation de Russie sont atteints. A Fribourg, la recette générale et la trésorerie sont fermées ; tous les employés sont malades. A Zurich, on a été obligé de fermer de nouveau toutes les écoles. Le nombre des cas d'influenza a encore fortement augmenté hier dans tous les quartiers de Londres. L'administration des postes et télégraphes a été ici comme partout la première et la plus éprouvée. On remarque que chez les malades jeunes la fièvre est souvent accompagnée d'éruptions ».

France, armée : mutations diverses.

Le journal Le Temps a publié dans sa rubrique « Affaires militaires » l’article suivant : Mutations. Le général de brigade Couston, adjoint au commandant en chef préfet du 5° arrondissement maritime de Toulon, est nommé gouverneur et commandant supérieur de la défense du groupe de la Corse. Le général de brigade Swiney est nommé au commandement de la brigade d'occupation de Tunisie à Tunis. Le général de brigade Ollivier, nouvellement promu, est nommé adjoint au commandant en chef préfet du 5e arrondissement maritime, à Toulon. Au 8e corps. Le général Galland, avant de quitter Bourges pour aller prendre le commandement du 5° corps, à Orléans, a adressé aux officiers, sous-officiers et soldats du 8° corps d'armée un ordre du jour où nous lisons Je me plais à dire que je laisse à mon successeur un commandement homogène à tous les degrés de la hiérarchie, un corps d'officiers animés au plus haut degré des sentiments du devoir, dégagés de toutes préoccupations personnelles, des soldats bien disciplinés, bien entraînés et prêts à affronter les dures épreuves de la guerre ».

France, armée : espionnage allemand.

Le journal Le Temps a publié dans sa rubrique « Tribunaux » l’article suivant : « L’espionnage. La 9° chambre a remis à huitaine son jugement sur les poursuites dirigées, par application de la loi sur l'espionnage, contre Paul Vanault, dit comte de Mahlberg, ingénieur civil. Le prévenu, qui était, d'après la prévention, en relation avec des espions prussiens, a été arrêté au ministère de la guerre, où, ayant pénétré en se faisant passer pour marchand de poêles mobiles, il essayait de se procurer des renseignements sur l’état de nos forces militaires ».

France – Autriche-Hongrie : rumeurs d’abdication de l’empereur d’Autriche-Hongrie.

Le journal Le Temps a publié dans sa rubrique « Dernières nouvelles » l’article suivant : « On sait que le bruit de l'abdication de l'empereur d'Autriche a couru, pour être, d'ailleurs, aussitôt démentie. L’Evénement a interrogé à ce sujet le comte Hoyos, ambassadeur d'Autriche-Hongrie à Paris, qui lui a confirmé l'inexactitude de cette nouvelle fantaisiste, en ajoutant que l'empereur François-Joseph était très aimé et très respecté en Autriche-Hongrie et que, de plus, contrairement aux renseignements fournis par les mêmes nouvellistes, il ne rencontrait aucune difficulté dans ses relations avec ses allies de la triple alliance. Sur la triple alliance même, et sur ses conséquences, le comte Hoyos a formulé son opinion dans des termes que notre confrère a un peu exagérés, si nous en croyons l'ambassadeur lui-même à qui nous en avons demandé la confirmation. Le comte Hoyos, tout en affirmant la profonde sympathie du peuple austro-hongrois pour la France, s'est borné à rappeler, en ce qui touche la triple alliance, les principales clauses du traité d'alliance conclu entre l'Autriche et l'Allemagne, d'après lesquelles, en cas de guerre entre la France et l'Allemagne, l'Autriche prêterait son aide à l'Allemagne, en assurant la sécurité de celle-ci sur la frontière de l'Est, c'est-à-dire sur la frontière russe. Il n'a jamais été question d'une action directe de l'Autriche contre la France. On voit qu'entre ce rôle et celui que notre confrère prête à l'Autriche qui se bornerait à assurer la sécurité de ses propres frontières, il y a une nuance qui n'échappera pas à nos lecteurs. Nous devons ajouter que le comte Hoyos, nous parlant en son nom personnel nous a déclaré qu'il croyait de moins en moins à l'éventualité d'une guerre, et qu'en tout cas, tout effort de la politique du gouvernement qu’il représente tendait à la consolidation de la paix ».

 

Vendredi 24 janvier 1890

Allemagne, politique : conseil de la couronne « Kronratsitzung ».

Bismarck s’oppose au projet du Kaiser concernant la protection des travailleurs « Arbeiterschutzgebung » qui concerne la limitation du travail des enfants et des femmes et le travail dominical.

 

Lundi 27 janvier 1890

Allemagne, armée : organisation de l’armée impériale.

Loi militaire du 27 janvier 1890 et du 15 juillet 1890, qui portent le nombre des corps d’armées allemands de 18 à 20. L’effectif de l’armée allemande passe de 427 000 à 486 000 hommes. En même temps un effort est fait pour améliorer le réseau ferré ; communications entre la Basse-Alsace et la Lorraine et agrandissements des installations de Sarrebrück.

 

Jeudi 13 mars 1890

Allemagne, Koblenz : abandon des fortifications urbaines.

On n’a pas trouvé de règle générale au sujet de cette question, bien que l’enceinte urbaine de Coblence a été abandonnée (A.K.O. du 13 mars 1890).

L’abandon de cette enceinte ne peut pas être considéré comme l’exemple type, puisque la mission très restreinte de la place de Coblence –barrer l’accès des ponts de la Moselle et du Rhin au niveau de la ville pouvait être pris en compte par les ouvrages situés sur les hauteurs.

 

Jeudi 20 mars 1980

Allemagne : démission de Bismarck et non renouvellements de l’accord de protection mutuelle avec la Russie.

Allemagne : Bismarck s’en va. De graves dissenssions entre Guillaume II et Otto von Bismarck au sujet de la politique sociale et du pacte d’alliance germano-russe ont abouti à la démission du chancelier qui a décidé de se retirer de la vie publique ; nomination de Caprivi en tant que Chancelier. Non renouvellement de l’accord de protection mutuelle avec la Russie.

 

Juillet 1890

Allemagne, Berlin : conférence sur la protection des travailleurs.

Conférence sur la protection des travailleurs « Arbeiterschutzkonferenz » à Berlin. Accueil d’une délégation française par l’empereur.

 

Mardi 1er juillet 1890

Allemage – Angleterre : Annexion d’Helgoland à l’empire d’Allemagne en échange de territoires coloniaux allemands de Zanzibar et de Witu.

La revue militaire de l’Etranger nous un article très intérssant concernant l’annexion de l’île d’Helgoland en mer du Nord, en échange de territoires colonniaux allemands en Afrique de l’ouest. L’article est assez long, mais nous en publions l’intégralité pour permettre une meilleure compréhension de ce traité : « Dès 1882, la Revue militaire de l’Etranger a eu l’occasion de signaler les tentatives faites par certains publicistes allemands pour appeler l’attention sur Helgoland et amener l’Angleterre à en faire la cession à l’Empire. Les arguments présentés à cette époque par le vice-amiral von Henk ont porté leur fruit, et il n’y a pas d’exagération à dire que le gouvernement allemand n’a reculé devant aucun sacrifice pour s’assurer la possession de cette petite île. A la date du 1er juillet dernier, les cabinets de Saint-James et de Berlin ont conclu un traité dont l’article final est rédigé en ces termes : « Le gouvernement britannique cède à l’Allemagne l’île d’Helgoland et ses dépendances. Le gouvernement allemand laisse aux habitants, jusqu’au 1er janvier 1892, la liberté d’opter pour l’une ou l’autre nationalité. Les enfants nés avant la signature du présent traité seront exempts du service militaire. Les lois et coutumes locales seront conservées. Les tarifs douaniers ne subiront aucune élévation avant le 1er janvier 1910. Les pêcheurs anglais conservent le droit d'aborder dans l'ile pour y vendre ou transborder leur poisson et pour sécher leurs filets »

L'île d'Helgoland a la forme d'un triangle dont le sommet est orienté au nord-ouest. Elle mesure 1 700 mètres dans le sens de la longueur et sa plus grande largeur atteint à peine 600 mètres ; sa superficie est évaluée à 0,55 km². Elle comprend une partie élevée dont la falaise, couronnée par la ville haute, domine la mer de 60 mètres ; au sud-est, une plage sert de débarquement aux barques de pêche, et un groupe d’habitation adossées à la falaise constitue la ville basse ou Unterland, reliée à la ville haute par un escalier escarpé de 193 marches et, depuis trois ou quatre ans, par un petit chemin e fer funiculaire. A l’est, une partie basse, une dune nommée Aade longue de 180 à 200 mètres et large de 80 mètres, émerge à peine au-dessus du niveau de l’eau. Un chenal sépare le rocher de la dune ; deux petits ports, Nord-Hafen et Sud-Hafen, à ses extrémités, servent de mouillage aux vapeurs de Cuxhaven ; sur le reste de son parcours, le chenal a tout au plus 4 mètres d’eau. Helgoland est entourée d’une zone de bas-fonds sur lesquels la profondeur varie entre 4 et 10 mètres, vestiges d’une ile assez considérable qui peu à peu se sera effondrée et au milieu desquels le rocher actuel reste seul debout.

Prise à Sleswig par les Danois en 1712, elle leur fut enlevée par les Anglais en 1807, et servit alors e foyer de contrebande pour déjouer les mesures prises sur le littoral de la mer du Nord par Napoléon, à l’époque du blocus continental. Depuis 1821, elle n’avait plus de garnison ; une station balnéaire la saison d’été lui donne depuis quelques années une certaine animation dans la saison d’été ; par ailleurs, sa population se réduit à 1 900 habitants vivant principalement de la pêche, comme ceux des autres îles frisonnes qui s’échelonnent jusqu’au Zuyderzée.

Helgoland se trouve au milieu du rentrant où le Gulf Stream dépose les sables qu’il entraîne ; ses rives, comme celles de la côte ouest du Sleswig-Holstein, s’ensablent d’année en année : aussi sont-elles absolument inabordables pour les bâtiments d’un moyen tonnage.

Si la constitution physique de la nouvelle acquisition de l’empire justifie l’opinion de lord Salisbury, qui l’a déclarée dénuée de toute importance pour l’Angleterre, sa situation géographique lui donne, selon les Allemands, une valeur considérable.

D‘après une étude récemment publiée et signée du contre-amiral Reinhold Werner, l’annexion d’Helgoland était absolument indispensable à l’organisation défensive du littoral allemand. La presse officieuse ne pouvait manquer de renchérir sur cette appréciation, et un journal bavarois, l’Allgemeine Zeitung, a déclaré que, à dater de la prise de possession d’Helgoland était absolument indispensable à l’organisation défensive du littoral allemand. La presse officieuse ne pouvait manquer de renchérir sur cette appréciation, et un journal bavarois, l’Allgemeine Zeitung, a déclaré que, à dater de la prise de possession d’Helgoland, l’Allemagne devenait une puissance maritime.

« Helgoland, dit l’amiral Werner, est non seulement la clef de nos deux principaux cours d’eau et des grandes artères commerciales que tracent l’Elbe et le Weser, mais elle est le rempart, la tête de pont du front de la Jade, de l’Ems et de l’Eider. Son occupation rend un blocus de nos côtes si difficile, qu’elle nous dispense d’apporter à notre flotte les accroissements onéreux qui dispense d’apporter à notre flotte les accroissements onéreux qui fatalement se seraient imposés en prévision d’une guerre avec la France ou contre une coalition franco-russe. La flotte française est triple de la nôtre ; en face d’elle, nos bâtiments seraient exactement suffisants pour protéger nos ports et nos arsenaux, mais ils ne pourraient empêcher le blocus si Helgoland ne nous appartenait pas. Ou bien, alors, il faudrait augmenter notre flotte de 10 à 15 vaisseaux de premier rang pour lui donner une force offensive réelle. Or, un seul de ces bâtiments représente une dépense de 10 à 12 millions ; la possession d’Helgoland exempte notre budget de cette lourde charge.

En 1870, on a pu voir 12 navires français, dont 8 cuirassés, se ravitailler constamment dans cette île, alors anglaise, pour menacer pendant des mois entiers la Jade et les bouches de l’Elbe et du Weser.

Aujourd’hui, la situation change u tout au tout : Helgoland, devenant allemand, peut tenir en respect, avec les batteries dont nous garnirons ses falaises, les cuirassés ennemis et les rejeter sous le feu et nos garde-côtes donneront la chasse aux embarcations que ces cuirassés pourraient envoyer vers l’ile pour y chercher des ravitaillements.

Un bâtiment du type le plus perfectionné porte tout au plus dix jours e charbon pour une navigation continue ; supposons-lui-même un approvisionnement de douze jours, nous pouvons nous rendre compte de la durée maxima du stationnement de l’escadre ennemie en face de nos côtes, dès lors qu’elle n’a à proximité aucun point de ravitaillement. De Brest ou de Cherbourg au littoral allemand, il faut au moins deux jours et demi de trajet et autant pour le retour.

Il reste donc sept jours au plus de charbon pour croiser de la Jade à Wilhelmshaven, et ce chiffre représente un maximum, puisque nos torpilleurs tiendront toujours sur le qui-vive les bâtiments ennemis et les forceront, soit à user de toute leur vitesse, soit à tenir leurs machines sous pression. Cet approvisionnement consommé, il ne leur reste, comme moyen de le renouveler, que les transports par bateau, sur lesquels on ne peut compter d’une manière absolue.

« A ce point de vue, la neutralité d’Helgoland offrait à l’adversaire un avantage réel, et cet îlot ne manquerait pas d’être, en cas de guerre, son premier objectif. Nous devons donc le rendre imprenable et l’armer de grosse artillerie, en même temps qu’y organiser une station de torpilleurs. La côte Est se prête particulièrement à des travaux d’aménagement pour un port, etc… ».

Après avoir fait ressortir que la possession ‘Helgoland épargne au budget allemand la construction d’une dizaine de navires, l’auteur de l’étude précitée est contraint de parler des travaux de fortification, de construction de port et d’armement en grosses pièces de côte, et, si l’on rapproche ces considérations de la description de l’île, il semble que ces travaux absorberont une bonne partie des sommes que l’on se vantait de pouvoir économiser, en admettant toutefois que leur utilité soit bien constatée. Or, il y a bon nombre de publicistes allemands qui, depuis l’annexion d’Helgoland, contestent la nécessité de transformer la paisible station balnéaire en un petit Gibraltar.

Selon les uns, Helgoland, séparé par une distance de 44 à 45 kilomètres de la côte, ne pourrait croiser les feux de ses batteries avec ceux du littoral ; entre les espaces battus par les unes et les autres, il resterait encore une passe largement suffisante pour laisser évoluer une escadre ; d’autre part, l’ensablement rendrait considérables les difficultés d’établissement d’un port : tout au plus peut-on faire de l’île une station de torpilleurs. Selon d’autres, la valeur d’Helgoland consiste réellement dans la position de sentinelle avancée qu’elle occupe au débouché du canal de la Baltique à la mer du Nord, actuellement en construction, mais il n’y a pas lieu de chercher à exagérer sa valeur intrinsèque au point de vue militaire. « On ne peut même pas en réalité parler de fortifier l’île (Illustrirte Welt, 26e livraison, 1890) ; des ouvrages peu importants seraient facilement anéantis par les feux des grands cuirassés, quant à des fortifications susceptibles de résister aux effets de leurs projectiles, elles entraîneraient des dépenses incalculables : Helgoland est et restera malgré tout très difficile à accoster, et la statistique enregistre chaque année un nombre considérable de sinistres maritimes dans les parages. Ce n’est point dans ses falaises argileuses et crayeuses que l’on pourrait trouver les matériaux assez solides pour construire des couverts efficaces ; il faudrait tout apporter du continent, et ces travaux dispendieux resteraient probablement inutiles, car Helgoland ne barre nullement l’entrée e l’Elbe et du Weser. En tant qu’observatoire et feu en mer, il est d’une incontestable utilité de l’avoir en notre possession, mais il n’y a pas lieu de lui chercher des avantages plus considérables ».

Le prélude des négociations qui ont abouti à la cession d’Helgoland à l’empire d’Allemagne coïncide précisément avec de nouveau succès obtenus dans l’Est africain par le major Wissmann. De même que ne Nord avait été complètement pacifié après la soumission de Buschiri en décembre 1889, de même la campagne de printemps en 1890 avait rétabli l’ordre dans les postes du sud. En janvier, le camp de Bana Heri avait été enlevé ; en mars, une colonne dirigée par le Dr. Schmidt dispersait à Massinde les indigènes soulevés, tandis qu’une autre livrait combat à Bana Heri, près de Palamaka et obtenait sa soumission. Le 30 avril le major Wissmann quittait Dar es Salaam avec 1 200 hommes embarqués sur les six bâtiments de la flottille, débarquait successivement à Kilwa (4 mai), à Lindi (12 mai), puis à Mikindani (14 mai), délogeant au moyen de quelques obus les indigènes, et installait dans chacun de ces ports un chef de station avec une petite garnison.

Tout semblait prêt pour étendre sur tout le territoire occupé l’organisation administrative déjà établie dans le Nord. Le commissaire impérial avait établi sa résidence à Zanzibar même auprès du sultan ; il centralisait dans cette sorte de Kommandantur les divers services de la colonie naissante. Une division purement administrative s’occupait de toutes les questions concernant l’administration des stations, l’entretien des troupes, les enrôlements d’indigènes, tandis que la division maritime, confiée à un officier de marine en retraite, avait dans son ressort tous les services se rapportant à la flottille et aux ports (La flottille de l’Est africain compte bâtiments : l’Harmonie (200 tonnes), le München (50 tonnes), le Max (40 tonnes) et le Vesuv (20 tonnes), plus un certain nombre de barques et de baleinières). Le service sanitaire réparti entre les hôpitaux de Zanzibar, de Bagamoyo et de Pangani était de même centralisé en résidence.

La région pacifiée du Nord a été organisée en un district dont l’administration est confiée à un fonctionnaire désigné par le commissaire impérial : elle embrasse les stations de Saadani, Bagamoyo, Dar es Salaam, Pangani et Tanga que commandent des chefs allemands à la disposition desquels est mise une garnison indigène avec cadres européens.

Carte publiée par la Revue militaire de l’Etranger en 1890.

Actuellement les forces militaires de l’Est africain comprennent 52 officiers, 21 officiers-mariniers et 134 sous-officiers ayant tous quitté le service actif et volontairement enrôlés par contrat directement conclu avec le commissaire impérial. Les troupes indigènes se composent de 1 200 soudanais, 380 zoulous et 120 askaris ou soldats de Zanzibar. Les Somalis enrôlés en 1889 n’ont fait, dit-on, preuve que d’une médiocre valeur et ne sont guère employés que comme police locale. Le fait d’avoir réprimé avec ces faibles ressources une série de soulèvements, et d’avoir amené à une soumission complète des tribus belliqueuses groupées sous deux chefs arabes redoutés, constitue évidemment dans l’esprit du sultan, aussi bien que dans celui des populations indigènes une manifestation de puissance qui impose le respect. Il est donc vraisemblable qu’il n’y a aucune exagération patriotique dans les correspondances des journaux allemands parlant du prestige obtenu par leurs compatriotes sur le territoire où les noirs les ont vu à l’œuvre.

L’organisation d’un service régulier et direct de bateaux à vapeur entre Hambourg et l’Est africain, décrétée à la date du 1er février 1890, ne pouvait manquer de favoriser puissamment le développement et la réussite de l’entreprise coloniale des Allemands, et il devenait certain que dans le conflit partout soulevé en Afrique entre l’influence allemande et l’influence anglaise, la première prenait une avance considérable à Zanzibar, c’est-à-dire sur le marché par excellence et au débouché le plus important du commerce africain.

L’Angleterre aurait dérogé à ses traditions de politique coloniale si elle avait laissé cette situation se prolonger davantage : les agissements des compagnies anglaises n’ayant pas produit l’effet attendu et n’ayant pu arrêter le cheminement des Allemands vers les grands lacs, le gouvernement britannique a coupé court au match, en intervenant officiellement. Il a conclu avec le cabinet de Berlin un arrangement diplomatique basé sur l’échange l’Helgoland contre la situation acquise de Zanzibar, et aussi contre des zones côtières déjà occupées dans l’Est africain par les Allemands.

Le traité signé le 1er juillet est rédigé ainsi qui suit : Art. 1er : Dans l’Est africain, le territoire soumis au protectorat allemand est limité : 1° au nord par une ligne qui, partant de l’embouchure du fleuve Umba, se dirige directement sur le lac Jipé et de là franchit le fleuve Lumi, traversant en leur milieu, les provinces de Taveta et de Dchagga. Elle circonscrit ensuite au nord les pentes du Kilimandjaro, pour aboutir sur la côte est du lac Victoria Nyanza à l’intersection du 1er degré de latitude sud, traverse le lac en suivant la direction de ce parallèle, et se prolonge jusqu’à la frontière de l’Etat libre du Congo, en contournant les pentes du mont Mfumbiro qu’elle laisse au territoire anglais ; 2e au sud, par une ligne qui, partant des bouches du fleuve Rovuma, suit ce cours d’eau jusqu’au confluent du Msinjé et gagne, parallèlement à l’équateur, le lac Nyassa : le tracé de délimitation s’infléchit ensuite au nord et nord-ouest pour suivre la rive du lac jusqu’à l’embouchure de la rivière de Songwé ; il longe ce fleuve jusqu’à sn intersection avec le 33e degré de longitude Est, gagne en ligne droite le confluent des 2 bras du Kilimbo et suit ce cours d’eau jusqu’à son embouchure dans le lac Tanganyka ; 3° à l’ouest, par une ligne qui, partant de l’embouchure du Kilimbo, longe le Tanganyka et marque en même temps la limite de l’Etat libre du Congo.

Art. 2. L’Allemagne cède à l’Angleterre sa souveraineté sur Vitu et la côte voisine jusqu’à Kismaju ; elle renonce en outre à toute prétention sur les îles Patta et Manda.

Nous avions déjà mentionné (voir la Revue militaire de l’Etranger, 2e semestre 1889, p. 27) les efforts des Anglais pour étouffer le germe d’une colonisation allemande dans le sultanat de Vitu et Lamu et créer à Monbasa et sur la côte voisine des établissements auxquels un bon port assurait les débouchés les plus favorables. L’article 2 du traité consacre la réussite de ces agissements, et les jalons posés par l’Allemagne au nord du fleuve de Tana, puis au nord des établissements anglais de Mombasa sont maintenant remplacés par le pavillon anglais.

Vers le sud, la délimitation adoptée laisse aux Anglais la route dite de Stephenson, c’est-à-dire la communication la plus suivie entre le lac Tanganyka et la mer.

Quoi qu’il en soit, la démarcation entre les possessions allemandes et les possessions anglaises est précise, là où le succès des Allemands s’affirmait d’une manière indéniable. Il n’en est pas ainsi sur les autres points du continent africain où les compagnies allemandes ont été laissées à leur seules ressources et où l’on n’a pas fait intervenir l’argument de force.

C’est ainsi que dans le sud-ouest, entre le Damaraland et le Betschualand, théâtre d’incessants conflits depuis cinq ans, la délimitation indiquée par le traité est imparfaitement définie ; le texte de l’article 3 permet de s’en convaincre :

Art. 3 : Dans le sud-ouest africain, le territoire allemand est borné au sud par une ligne qui commence à l’embouchure du fleuve Orange et suit le fleuve jusqu’au 20e degré de longitude Est, puis à l’est par ce méridien jusqu’à son intersection avec le 22e degré de latitude Sud ; elle longe ce parallèle jusqu’à son intersection avec le 21e degré de longitude Est, et suit ce méridien jusqu’au 18e parallèle sud. AU nord elle court parallèlement au fleuve Tschobi, englobant une zone de terre de 20 miles de large jusqu’au confluent de ce cours d’eau avec le Zambèse.

La délimitation vers le sud des possessions anglaises de la baie du Wahlfisch est réservée à un arbitrage ultérieur, s’il n’intervient pas dans le délai de deux années, à partir de la signature du traité, un arrangement consenti par les deux puissances à cet égard. En attendant, la zone en litige sera considérée comme neutre et ouverte au libre trafic et passage des marchandises appartenant aux compagnies anglaises et allemandes.

En somme, la baie de Wahlfisch reste comme une enclave anglaise en plein territoire allemand : elle est le seul mouillage avantageux dans la région et le Damaraland, possession allemande, se trouve dorénavant placé entre les Anglais, sur le littoral, et les Anglais vers l’intérieur ; le seul avantage obtenu de ce côté par les Allemands est l’accès assuré du Zambèse.

Nous n’insisterons pas sur les dispositions qui se rapportent aux territoires allemands de Cameroun et de Togo ; elles ne visent que des rectifications de frontière, provenant d’une connaissance plus précise de la région depuis la conclusion des traités de 1884.

L’article 10 autorise les missionnaires des deux puissances contractantes à évangéliser instinctivement sur les territoires appartenant à l’une et à l’autre.

Enfin l’article 11 impute au sultan de Zanzibar les frais de l’entente anglo-allemande. L’Angleterre emploiera toute son influence à décider par voie de persuasion le sultan de Zanzibar à céder définitivement à l’Allemagne ses états continentaux, sur le territoire desquels les compagnies allemandes ont créé des comptoirs ainsi que leurs dépendances, entre autres, l’ile de Mafia. Il va sans dire que sa Hautesse recevrait une compensation en échange.

L’Allemagne, d’autre part, consent au protectorat de l’Angleterre sur la partie insulaire du sultanat et notamment sur les îles de Zanzibar et de Pemba, de même que sur les Etats du sultan de Vitu et sur la région s’étendant jusqu’au Kismaju, limite antérieurement admise du protectorat anglais.

Si l’abandon aux Allemands du littoral qui borde leur protectorat n’est pas effectué avant que le protectorat anglais soit établi de fait à Zanzibar, le gouvernement de Sa Majesté britannique s’engage à employer toute son influence sur le sultan pour hâter cette cession moyennant une indemnité.

In ne nous appartient pas d’apprécier l’arrangement conclu entre l’Angleterre et l’Allemagne : nous devons toutefois mentionner que, le 27 juin dernier, la Gazette de Cologne publiait un manifeste émanent d’un comité indépendant, auquel une partie de la presse allemande reproche l’excès d’exaltation coloniale et qu’elle désigne, avec une pointe d’ironie, sous le nom de Kolonial Schwärmer. « D’un trait de plume, l’œuvre de Wissmann et de ses héros est anéantie, disait cette protestation ; d’un trait de plume, l’espérance de voir un puissant empire colonial allemand est détruite ».

Si certains publicistes allemands trouvent dans ces termes une emphase excessive, ils ne peuvent toutefois méconnaître la compétence avec laquelle le docteur Fabri, depuis longtemps connu pour ses études coloniales, a traité la question, dans une assemblée générale qui se tenait à Cologne le 1er juillet, le jour même de la signature du traité.

« Si nous jetons, disait-il, un coup d’œil sur les délimitations adoptées, nous voyons partout nos possessions enserrées par les Anglais, toute expansion nous semble interdite…

Deux clauses surtout nous sont fatales : l’abandon de Zanzibar aux Anglais, et la conservation, par eux, de la baie de Wahlfisch. Je ne vais pas jusqu’à ire que, sans Zanzibar, notre protectorat de l’Est africain perd toute valeur, mais Zanzibar est à la fois le débouché et le centre de tout commerce, de toute civilisation dans l’Afrique orientale : l’abandonnant, nous nous mettons dans l’obligation de créer, de faire de nos comptoirs des centres commerciaux, si nous voulons empêcher un rainage exclusif du trafic et des caravanes vers la nouvelle possession anglaise.

La baie de Wahmfisch, dénuée de valeur pour les Anglais, est le meilleur mouillage du Damaraland, et nous avons omis de la revendiquer. D’autre part, nous avons cédé Vitu et la côte des Somalis ; partout nous nous retirons.

Helgoland, direz-vous, certes, il y a une satisfaction d’amour propre national dans la légitime possession de cet îlot, voisin des bouches de l’Elbe, mais 3 000 fois plus petit que Zanzibar. Toutefois, si nous résumons en deux mots le traité, nous arrivons à la conclusion suivante : L’Angleterre, accoutumée aux bonnes affaires, vient d’en faire une meilleure qu’aucune autre et Stanley, qui est bien à même d’apprécier, la juge en disant : En échange d’un bouton de culotte, l’Angleterre se fait donner un costume complet ».

 

Lundi 18 août 1890

Russie : visite de l’empereur d’Allemagne en Russie.

Visite du Kaiser Wilhelm II à Narva. Entretien au sujet de la démission de Bismarck et du non-renouvellement du pacte avec la Russie.

 

Septembre 1890

Allemagne, polygone de Tangerhütte : expérimentation de matériel Gruson.

Au mois de septembre 1890, l’usine Gruson a fait exécuter, sur son polygone de Tangerhütte (près de Magdeburg), en présence d’un certain nombre d’officiers étrangers, une série d’expériences avec le matériel d’artillerie dont elle a le monopole, provenant de ses ateliers de Bückau-Magdeburg.

Pièces d’artillerie :

Démonstration de mise en batterie du canon à tir rapide de 37 mm 23 calibres conçu pour être monté sur un affût cuirassé mobile ;

Tir du canon à tir rapide de 37 mm 30 calibres conçu pour les batteries de montagne ou comme canon de débarquement pour la marine ;

Tir du canon à tir rapide de 47 mm 30 calibres, sur affût de campagne destiné à l’armement des batteries à cheval ou sur affût pivot « Bockpivot Lafette » avec bouclier, destiné au flanquement des fossés des ouvrages de fortification ;

Canon à tir rapide de 47 mm 40 calibres, utilisé sur les ponts des navires pour repousser les torpilleurs ;

Tir sur affût à chandelier du canon à tir rapide de 53 mm 24 calibres, destiné à être monté sur un affût cuirassé mobile ou à éclipse (supporté par un arbre vertical, qui repose à sa partie inférieure sur le petit bras d’un levier, dont le grand bras porte un contrepoids, ou pour la défense des fossés des ouvrages de fortification sur affût chandelier pour le service général des casemates (se distingue des autres canons par son dispositif de visée : le guidon et le canal de la hausse, au lieu d’être fixés à la bouche à feu même, sont supportés par une tige métallique appelée support de visée, qui est vissée d’une part sur le tourillon droit, de l’autre à la culasse ; longueur de ligne de mire de 500 mm ce qui est favorable à l’exactitude du pointage) ;

Canon à tir rapide de 53 mm 30 calibres, destiné à être monté sur affût de campagne ;

Canon à tir rapide de 53 mm 39 calibres destiné à la marine pour être employé contre les torpilleurs ;

Canon à tir rapide de 57 mm 25 calibres, employé comme canon de campagne ou pièce de flanquement, monté sur un affût cuirassé mobile, ou affût chandelier ou un affût cuirassé à éclipse ;

Canon à tir rapide de 57 mm 30 calibres, destiné aux batteries de campagne, ou éventuellement au flanquement des fossés, sur affût chandelier ;

Canon à tir rapide de 57 mm 40 calibres destiné à la marine ;

Canon à tir rapide de 75 mm 25 calibres, destiné au flanquement des fossés, avec affût chandelier pourvu d’un frein hydraulique ;

Canon à tir rapide de 75 mm 30 calibres destiné aux batteries de campagne ;

Canon à tir rapide de 80 mm destiné aux batteries de campagne ;

Canon à tir rapide de 82 mm 35 calibres destiné à l’armement des navires ;

Obusier à tir rapide de 12 cm 12 calibres destiné à être monté sur un affût de campagne à roues ;

Obusier à tir rapide de 12 cm 13 calibres destiné à être monté sur un affût de campagne ou un affût cuirassé spécial ;

Affûts cuirassés :

Affût à éclipse pour canon de 12 cm 22 calibres Gruson, contenant un approvisionnement de 600 coups et manœuvré par 5 hommes ; le temps nécessaire pour soulever l’affût, tirer et le ramener à la position éclipse est de 10 secondes ; 1 homme fait exécuter une révolution complète en 48 secondes ;

Affût cuirassé pour canon de 12 cm de 24 calibres, système Krupp, avec approvisionnement de 1300 coups ;

Affût cuirassé pour obusier de 15 cm de 12 calibres, système Krupp, avec des dispositions générales identiques au précédent ;

Affût cuirassé pour obusier de 21 cm de 12 calibres, système Krupp ;

Emplacement cuirassé pour mortier de 21 cm, système Gruson ;

Observatoire cuirassé qui se compose d’une cave cylindrique maçonnée surmontée d’un toit cuirassé percé d’une fenêtre à travers laquelle se font les visées ; il est mobile dans le ses horizontal ; pour effectuer ce mouvement de rotation, on soulève légèrement le toit au moyen d’un levier ;

Coupoles cuirassés et affût à embrasure minima :

Coupole pour 2 canons de 15 cm 25 calibres, système Krupp, sur affût sans recul ;

Affût à embrasure minima modèle 1884-87 pour canon de 15 cm de 25 calibres, système Krupp ;

Affût à embrasure minima modèle 1884 pour canon de 24 cm de 35 calibres, système Krupp.

 

Samedi 4 octobre 1890

Allemagne, politique : changement du ministre de la défense.

Une revue militaire française nous livre ces informations : « Depuis plusieurs mois, il était question en Allemagne du départ du général Verdy du Vernois, ministre de la guerre du royaume de Prusse. Ce bruit, dont l’origine remonte à l’époque de la discussion des derniers projets militaires devant le Reichstag, avait pris une plus grande consistance pendant ces dernières semaines. Le changement prévu est maintenant un fait accompli. En vertu d’un ordre de cabinet du 4 octobre, le général Verdy du Vernois est, sur sa demande, relevé de ses fonctions, et remplacé par le général-lieutenant von Kaltenborn-Stachau, commandant la 2 e division du corps de la Garde. Il est en même temps mis « à la disposition » avec pension, et nommé chef du 14 e régiment d’infanterie.

Le ministre démissionnaire n’occupait ce poste que depuis le 20 avril 1889. Son passage aux affaires paraîtra de courte durée, si on le compare à ceux de ses prédécesseurs depuis 1859. Le maréchal von Roon, les généraux von Kamecke et Bronsart de Schellendorf, avaient en effet occupé le ministère de la guerre pendant des périodes successives de quatorze, et dix et six années.

Le nouveau ministre est né en 1836. Après avoir fait son éducation dans le corps des cadets, il a été nommé second-lieutenant, en 1854, au 27 e régiment d’infanterie, et a accompli dans les troupes de cette arme là plus grande partie de sa carrière. Il a cependant été à diverses reprises affectés au service d’état-major, après avoir été suivi, de 1857 à 1860, les cours de l’Ecole générale de guerre (actuellement Académie de guerre). Il a fait la campagne de 1866 comme capitaine à l’état-major du 6 e corps, celle de 1870, avec le grade de major à celui du 7 e corps d’armée, auquel il est ensuite resté attaché jusqu’en 1873. Il a occupé aussi en 1884 et 1885, étant général-major, les fonctions de chef d’état-major de la Garde. Il reçut ensuite le commandement de la 2 e brigade d’infanterie de la Garde, puis celui de la 3 e division (2 e corps), peu de temps avant d’obtenir le grade de général-lieutenant, qui lui a été conféré le 4 août 1888. Depuis deux ans il commandait la 2 e division de la Garde ».

 

Mercredi 15 octobre 1890

Allemagne, armée : Le budget de la guerre en Allemagne pour l’exercice 1890-91.

Une revue militaire française nous livre un deuxième article concernant le budget de la guerre de l’empire d’Allemagne pour l’exercice 1890-1891 : « Budget ordinaire (suite). Dépenses pour le pain et le fourrage. Sous le titre II (b) sont comprises les dépenses pour l’achat des denrées nécessaires à la fabrication du pain (seigle et froment), les frais de mouture, de cuisson, l’achat des fourrages, l’entretien et le remplacement des denrées en magasin, de l’outillage et tous les frais généraux d’administration.

Ces dépenses s’élèvent pour la Prusse à la somme de 64 112 441 francs, en augmentation de 44 770 francs sur le budget précédent. Ce dernier chiffre est celui que fournit la comparaison des crédits figurant aux deux budgets ; mais, en réalité, ainsi qu’il sera expliqué plus loin, les dépenses sont grossies de 1 663 340 francs. L’augmentation signalée est le résultat de la création de nouvelles fonctions prévues au budget et donnant droit à des rations, du plus grand nombre de régiment devant prendre part aux manœuvres spéciales de la cavalerie (cette année 7 divisions de cavalerie participeront aux manœuvres, tandis qu’en 1889, 3 divisions seulement avaient exécuté des manœuvres spéciales. Dans le projet de budget établi pour 1887-88 le gouvernement allemand demandait, à nouveau, une augmentation de 500 gr d’avoine, et appuyait ses instances auprès du Reichstag d’un exposé économique de la question et d’un rapport scientifique du Dr Ellenberger, professeur à l’Ecole vétérinaire de Dresde. Le parlement accorda une augmentation permanente de 250 gr par cheval par jour. Une nouvelle augmentation de 250 grammes d’avoine est accordée cette année, ce qui donne entière satisfaction à la demande du gouvernement et aux desiderata du Dr Ellenberger. Quant à la faible augmentation (44,77 fr) que supporte le titre 4, par rapport à l’exercice précédent, elle résulte de la baisse de prix des fourrages calculée sur les dix dernières années et du report d’économie qui en résulte pour l’augmentation de la ration. (Décision du Reichstag du 1er décembre 1875, autorisant le gouvernement à faire bénéficier le taux de la ration de fourrage des économies qui pourraient dans la suite résulter de la baisse des prix). Actuellement les rations de fourrage de garnison sont réparties en quatre catégories :

Cavalerie lourde : 5 500 gr d’avoine, 2 500 gr de foin, 3 500 gr de paille.

Cavalerie légère de la garde : 5 250 gr d’avoine, 2 500 gr de foin, 3 500 gr de paille.

Cavalerie de ligne : 5 150 gr d’avoine, 2 500 gr de foin, 3 500 gr de paille.

Cavalerie légère : 4 750 gr d’avoine, 2 500 gr de foin, 3 500 gr de paille ».

Chapitre 27. Administration de garnison et indemnités de logement.

En Allemagne, tout ce qui a trait au logement, au couchage, au blanchissage, au chauffage et à l’éclairage est centralisé dans les mains d’une administration unique, dit l’administration de garnison, sous la direction de l’intendance. ….

Les dépenses matérielles se divisent en dépenses pour l’entretien des bâtiments et frais d’administration et frais d’administration ; dépenses pour l’acquisition et l’entretien du matériel, pour le chauffage, l’éclairage et l’entretien des approvisionnements ; dépenses pour l’entretien des logements fournis en nature ; dépenses pou l’entretien des terrains d’exercice et frais spéciaux occasionnés par les grandes manœuvres (chauffage, cuisson des aliments, paille de couchage, indemnités pour dégâts causés aux propriétés, etc..).

Les constructions dont la valeur, y compris l’achat du terrain ne dépasse pas 125 000 francs, et les terrains dont l’acquisition n’excède pas 37 500 francs peuvent figurer au budget ordinaire.

Ces augmentations, pour les sommes les plus importantes, résultent :

1° des frais de location d’établissements pour l’installation des troupes appelées à concourir à la formation des deux nouveaux corps d’armée ;

2° Des perfectionnements apportés aux moyens d’éclairage de la troupe des casernes

3° Des frais occasionnés par le développement donné aux manœuvres spéciales de cavalerie (indemnités pour dégâts causés aux cultures).

Le titre 27 comporte également les dépenses ayant trait à l’indemnité de logement. Ces allocations spéciales, qui prennent en Allemagne le nom de Servis, comprennent non seulement les indemnités personnelles de logement accordées aux officiers et employés militaires, mais encore celles qui sont destinées à rétribuer le logement des hommes chez l’habitant, la location des écuries, etc.

Chapitre 28. Bâtiments militaires.

Le service des bâtiments militaires (casernes, écoles, hôpital, magasins, etc.) est confié en Allemagne à un personnel technique, spécial, celui des employés du service des bâtiments militaires. En Saxe, c’est le génie qui en est chargé.

Chaque corps d’armée forme en Allemagne un arrondissement de constructions et est divisé en un certain nombre de districts de constructions. A la tête de chaque arrondissement est placé un conseiller de l’intendance et des constructions, et à la tête des districts un inspecteur des constructions. Ce personnel est chargé de l’étude des projets de construction en premier et en deuxième ressort, de leur exécution et des réparations importantes. Au point de vue économique, ce service est contrôlé par les intendants de corps d’armée. Quant aux projets de construction, ils sont soumis en dernier ressort à la 5ème section du département économique du Ministère de la guerre (Militär-Oekonomie-Departement, Bau-Abteilung).

Chapitre 30. Administration des dépôts du train et entretien du matériel de campagne.

Les dépôts du train ont une organisation indépendante des bataillons du train ; ceux-ci, comme les autres combattantes, sont inscrits au chapitre 24 du budget.

Les dépôts du train sont, en quelque sorte, des entrepôts chargés de la gestion et de l’entretien du matériel destiné à entrer en usage au jour de la mobilisation (matériel du train proprement dit et matériel sanitaire).

Chaque corps d’armée a son dépôt du train qui comporte 2 officiers et 3 sous-officiers secrétaires ou gardes-magasins.

L’inspection du train étant supprimée, il est créé au budget de cette année un inspecteur des dépôts du train, chargé spécialement de l’inspection du matériel. Il est créé, en outre, deux dépôts pour les corps de nouvelle formation.

Chapitre 36. Prisons militaires.

Les établissements pénitentiaires militaires sont inscrits au budget prussien pour une dépense (personnel et matériel) de 865 308 francs. Pour l’ensemble de l’empire ces dépenses s’élèvent à 1 124 931 fr. Mais il y a lieu d’observer qu’une somme de 109 127 francs, produit du travail des détenus, est défalquée des frais généraux d’entretien. Le total des dépenses s’élève en réalité à 1 234 038 fr.

Chapitre 38. Etablissements techniques de l’artillerie.

Etat comparatif des dépenses d’exploitation des établissements techniques de l’artillerie en Prusse et en Saxe (le Wurtemberg ne possède pas d’établissement de ce genre).

Ateliers de construction d’artillerie :

Spandau : exercice 1889-90 : 2 312 950 francs ; exercice 1890-91 : 3 156 712 francs ; différence en moins : 843 762 francs.

Dantzig : exercice 1889-90 : 776 487 francs ; exercice 1890-91 : 1 342 887 francs ; différence en moins : 566 400 francs.

Deutz : exercice 1889-90 : 805 325 francs ; exercice 1890-91 : 1 388 987 francs ; différence en moins : 583 975 francs.

Strasbourg : exercice 1889-90 : 800 325 francs ; exercice 1890-91 : 1 235 100 francs ; différence en moins : 434 775 francs.

Dresde : exercice 1889-90 : 437 500 francs ; exercice 1890-91 : 833 375 francs ; différence en moins : 395 875 francs.

Totaux : exercice 1889-90 : 5 132 274 francs ; exercice 1890-91 : 7 957 061 francs ; différence en moins : 2 824 787 francs.

Fonderie de canons :

Spandau : exercice 1889-90 : 2 494 000 francs ; exercice 1890-91 : 2 387 632 francs ; différence en plus : 106 338 francs.

Fabrique de projectiles :

Siegburg : exercice 1889-90 : 1 446 875 francs ; exercice 1890-91 : 1 425 687 francs ; différence en plus : 21 188 francs.

Dresde (cet établissement n’existait pas en 1889-90) : exercice 1890-91 : 625 000 francs.

Totaux : exercice 1889-90 : 2 071 875 francs ; exercice 1890-91 : 1 425 687 francs ; différence en plus : 646 188 francs.

Etablissement de pyrotechnie :

Spandau : exercice 1889-90 : 8 023 862 francs ; exercice 1890-91 : 6 287 775 francs ; différence en plus : 1 735 087 francs.

Poudreries (En Allemagne, les poudreries ne fabriquent pas pour l’industrie privée) :

Spandau : exercice 1889-90 : 12 555 000 francs ; exercice 1890-91 : 599 387 francs ; différence en plus : 11 955 613 francs.

Hanau : exercice 1889-90 : 6 975 000 francs ; exercice 1890-91 : 1 256 375 francs ; différence en plus : 5 718 625 francs.

Gnaschwitz : exercice 1889-90 : 625 000 francs ; exercice 1890-91 : 53 750 francs ; différence en plus : 571 250 francs.

Totaux : exercice 1889-90 : 20 155 000 francs ; exercice 1890-91 : 1 909 512 francs ; différence en plus : 18 215 488 francs.

Chapitre 39. Constructions et entretien des places fortes.

Au chapitre 39 sont inscrites les dépenses ayant trait au personnel subalterne du génie et à l’entretien des fortifications.

Jusqu’à présent, le personnel subalterne employé aux fortifications se composait, d’une part, d’employés non militaires (secrétaires de circonscriptions et adjoints au bureau de circonscription), et, d’autre part, les gardes des fortifications.

Le budget de cette année introduit une modification assez importante dans cette organisation. Dorénavant, le personnel subalterne comprendra des conducteurs de travaux de fortification (Festungs-Bauwarte), employés militaires ne comptant pas à l’effectif, n’ayant pas la qualité d’officier, mais assimilable cependant au personnel technique d’artillerie (Zeugpersonnal), et le personnel des gardes des fortifications comptant à l’effectif.

Dans le rapport justificatif déposé à l’appui du budget (Denkschrift betreffend des Festungs-Baupersonnal), le ministre de la guerre fait valoir les motifs pressants qui militent en faveur de cette organisation nouvelle. Parmi les raisons invoquées, nous relèverons les suivantes : nécessité pour les ingénieurs militaires de ne pas se laisser absorber par des travaux de détail au détriment d’études plus importantes sur la fortification[1], nécessité de supprimer le personnel civil, afin de diminuer les chances d’indiscrétion.

Le personnel à créer comprendra :

38 conducteurs principaux des travaux de fortification (1ère et 2ème classe) ;

94 conducteurs des travaux de fortification.

Total : 132 employés militaires subalternes.

La solde de cette catégorie d’employés variera, en dehors des accessoires (indemnité et supplément de l’indemnité de logement), entre 1 750 et 4 500 francs.

Le personnel des gardes des fortifications comprendra 264 titulaires.

Cette situation nouvelle, dont le principe a été coté au budget de cette année, ne sera pas immédiatement réalisée.

Le budget de l’exercice de 1890 – 91, pour la Prusse, comporte les crédits nécessaires à l’entretien de 64 employés civils, 45 conducteurs des travaux de fortification, 1 directeur du service des pigeons voyageurs et 224 gardes des fortifications.

Les augmentations de personnel, comparativement au budget précédent, se chiffrent donc par la création de :

45 conducteurs de travaux de fortification ;

2 gardes des fortifications.

Les dépenses sont augmentées de ce fait de 133 905 francs, mais elles sont compensées, en partie, par une économie de 76 937 francs résultant de la suppression de 22 employés civils.

L’ensemble des dépenses du personnel relevant du chapitre 39 s’élève en Prusse à la somme de 616 305 francs, et pour l’ensemble de l’empire à 683 635 francs.

Les dépenses pour l’entretien des fortifications s’élèvent en Prusse à 2 636 278 francs, et pour l’empire à 2 987 643 francs.

En somme, à la suite des délibérations et des votes du Reichstag, le budget ordinaire de la guerre, promulgué pour l’exercice 1890-91, s’élève pour l’empire à 474 197 480 francs.

Il résulte de ce budget qu’il a été créé dans l’armée allemande 279 officiers, 12 médecins et 78 sous-officiers nouveaux. L’effectif des chevaux a été augmenté de 19.

En résumé, la situation de l’armée allemande d’après le budget de 1890-91 est la suivante :

19 737 officiers ; 468 409 hommes de troupe ; 1 799 médecins, 856 payeurs et inspecteurs de musiques ; 534 vétérinaires ; 911 chefs ouvriers ; 88 302 chevaux de service.

Il y aurait lieu d’ajouter à ces chiffres environ 8 400 volontaires d’un an qui ne figurent pas à l’effectif budgétaire (La gendarmerie n’appartient pas au ministère de la guerre, elle ne figure donc pas dans les effectifs de l’armée) et 4 256 chevaux de supplément (Krümperpferde et chevaux des volontaires d’un an de la cavalerie).

Budget extraordinaire.

Comme il a été indiqué au commencement de cette étude, les dépenses extraordinaires forment, en Allemagne, deux groupes distincts, suivant qu’elles sont soldées sur les ressources ordinaires de l’impôt ou par voie d’emprunt.

Chapitre 5. Dépenses pour une fois sur ressources ordinaires.

Les dépenses du chapitre 5 du budget précité, déposé devant le Reichstag, s’élevaient, pour la Prusse, la Saxe et le Wurtemberg, à la somme totale de 45 354 397 francs, en augmentation de 22 363 135 francs sur l’exercice précédent.

L’ensemble des crédits demandés a pour objet de faire face aux dépenses nécessitées par la création de magasins militaires, de nouveaux casernements, d’hôpitaux, pour l’acquisition de terrains d’exercice, etc. En outre, une somme de 1 914 075 francs a été demandée pour apporter des modifications à l’équipement de la cavalerie.

Les crédits demandés au chapitre 5 ont subi, lors du vote en troisième lecture du budget, des réductions assez sensibles, qui s’élèvent à 9 215 286 francs. Ces réductions ne modifient que les crédits demandés pour de nouvelles constructions.

L’ensemble des dépenses du chapitre votées au budget de cette année s’élève pour l’empire à la somme de 41 127 082 francs.

Chapitre 12. Dépenses pour une fois sur ressources extraordinaires.

Les dépenses du budget extraordinaire, qui doivent être soldées par voie d’emprunt, s’élèvent pour l’empire, à la somme de 254 465 002 francs, soit 231 951 374 francs pour la Prusse, la Saxe et le Wurtemberg, et 22 513 618 francs comme part contributive de la Bavière. Les crédits demandés se décomposent de la manière suivante :

Habillement et équipement nécessaire pour les formations de guerre des 2 nouveaux corps d’armée : 2 860 750 francs.

Havresacs, cartouchières, etc. : 21 365 000 francs.

Construction de casernements : 8 882 621francs.

Dépenses nécessitées par l’application de la loi militaire (11 février 1888) : 63 363 750 francs.

Dépenses pour l’artillerie : 80 446 750 francs.

Dépenses nécessitées par les modifications à apporter aux formations de guerre : 3 440 750 francs.

Dépenses pour les fortifications : 43 500 000 francs (Cette somme forme le complément d’un crédit de 157 500 000 francs (accordé en principe par le vote du budget de 1887-88, pour les fortifications de l’empire).

Agrandissement et création de champs de tir : 1 596 875 francs.

Développement du réseau des voies ferrées au point de vue de la défense : 6 494 878 francs.

Total : 231 951 374 francs.

Au cours de la discussion du budget extraordinaire, les chiffres indiqués ci-dessus ont subi de légères modifications, par suite de la suppression de certains crédits destinés à la création de casernes, à l’aménagement de champs de tir, à la fourniture d’un nouveau modèle de havresac pour les contingents saxons, wurtembergeois, etc. Les crédits les plus importants, ceux ayant trait aux dépenses nécessitées par l’application de la loi militaire (63 363 750 francs), aux dépenses pour l’artillerie (80 446 750 francs), et aux dépenses pour les fortifications (43 500 000 francs), ont été votés sans débat, à la presque unanimité.

L’ensemble des dépenses du chapitre 12 s’élève pour l’empire à la somme de 252 772 500 francs.

 

Mardi 4 novembre 1890

Allemagne, Strasbourg garnison : changement du commandant du XVe corps d’armée.

Une revue militaire française vient de nous informer de c changement : « Une importante mutation vient encore de se produire dans le personnel des hauts commandements de l’armée allemande. Le général de la cavalerie von Heuduck, né en 1821, et qui exerçait depuis cinq ans le commandement du XVe corps d’armée (Strasbourg), a été, par ordre de cabinet du 4 novembre dernier, mis à la disposition avec pension, et remplacé par le général de l’infanterie von Lewinski II, gouverneur de Strasbourg.

Le nouveau commandant du XVe corps est né le 14 janvier 1831 à Münster. Il commença sa carrière militaire en 1848, en qualité d’avantageur au 3e régiment d’infanterie, dans lequel il reçut, un an et demi plus tard, le grade de second-lieutenant. Il suivit, de 1852 à 1855, les cours de l’Académie de guerre. La campagne du Danemark le trouva capitaine et commandant de compagnie au 64e régiment d’infanterie, avec lequel il prit part à plusieurs actions, notamment à l’attaque des lignes de Düppel et à l’occupation de l’île d’Alsen. Attaché ensuite à l’état-major du IIIe corps d’armée, puis, pendant la campagne de Bohême, au commandement de la 1re armée (prince Frédéric-Charles), il se distingua aux combats de Gitschin et de Münchengrätz et à la bataille de Sadowa. Promu au grade de major en 1867, il fut, la même année, attaché à l’état-major de la 5e division (IIIe corps, 2e armée), situation qu’il conserva jusqu’en 1872. Pendant la guerre de 1870, il prit part aux batailles de Spicheren, Rezonville, Gravelotte, Noisseville, ainsi qu’aux opérations autour d’Orléans, aux combats de Beaune-la-Rolande et de Changé, et à la bataille du Mans. A partir de 1872, il exerça successivement comme lieutenant-colonel et colonel, les fonctions de chef d’état-major du IXe corps, puis de commandant du 9e régiment d’infanterie et, enfin, de la 9e brigade. Lors de sa promotion au grade de général-major (1881), il fut maintenu dans cette dernière situation, qu’il conservera jusqu’en 1885. Général-lieutenant en décembre 1885, et investi du commandement de la 4e division d’infanterie, le général v. Lewinski fut appelé, en 1889, à remplacer, comme gouverneur de Strasbourg, le général v. Verdy du Vernois, nommé ministre de la guerre. Le grade de général d’infanterie lui a été conféré le 27 juin dernier.

Le général von Lewinski II est le frère cadet du commandant du VIe corps.

Le passage du général von Lewinski II, des fonctions de gouverneur de Strasbourg au commandement du XVe corps, a entraîné plusieurs autres mutations. Le gouvernement de Strasbourg est confié au général-lieutenant von Sobbe, commandant la 1re division d’infanterie de la garde, qui est remplacé par le général Holleben, quartier-maître général au grand état-major. Ce dernier poste est confié au général Oberhoffer, précédemment commandant de la 13e brigade d’infanterie, qui vient d’être promu au grade de général-lieutenant ».

 

Sources

 

Auteurs divers : Der Elsässer – L’Alsacien.

Auteurs divers : Landes-Zeitung Elsaß-Lothringen.

Auteurs divers : Revue Militaire de l’Etranger.

Auteurs divers : Straßburger Express.

Brauch Andre – Rudolf Büllesbach : Festungstadt Mainz von den Römer bis Heute, Morisel Verlag, München, 2018.

Burger Matthias : Die Bundesfestung Ulm, Deutschland grösste Festungsensemble ; autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2006.

Burger Matthias : Bundesfestung Ulm, Ein Führer durch die Festungsanlagen, autoédition Föderkreis Burtscher Philippe : De la ceinture fortifiée de Strasbourg à la Position de la Bruche, Editeur : Cercle d’Etudes des Fortifications et Société d’Histoire de Mutzig et environs, 1999.

Bundesfestung Ulm e.V., 2010.

Doise Jean : Histoire militaire de l’Alsace militaire, La défense du pays in Saisons d’Alsace n°87 de mars 1985, pages 41-42.

Dumsky Walter : Die deutschen Festungen von 1871 bis 1914 : Strategische Bedeutung und technische Entwicklung. Erlanger Historische Studien herausgegeben von Professor Dr. Karl-Heinz Ruffmann Professor Dr. Hubert Rumpel. Bd. / Vol. 11 ; Frankfurt am Main, New York, Paris ; 1987.

Frijns Marco, Malchair Luc, Moulin Jean-Jacques, Puelinckx Jean : Index de la fortification française 1874-1914, autoédition, 2008. S2757.

Frobenius H. : Unsere Festungen. Entwicklung des Festungswesens in Deutschland seit Einführung der gezogene Geschütze bis zur neusten Zeit. Band I : Die Ausgestaltung der Festung ; 1912.

Gosch Frank : Festungsbau an Nordsee und Ostsee ; Die Geschichte der Deutschen Küstenbefestigung bis 1918, Mittler & Sohn, Hamburg, Berlin, Bonn, 2003.

Grabau A. : Das Festungsproblem in deutschland und seine Auswirkung auf die strategische lage von 1870-1914, Berlin, 1935.

Lacoste Werner : Die Reichsfestung Straßburg 1871-1914 in Fortifikation Sonderausgabe 3, 4. Auflage, Studienkreis Interfest e.V., 1998.

Lacoste W. : Die Weserforts. Beiträge zur Geschichte in DAWA Sonderheft 28. Deutschen Atlantikwall Archiv, 1999.

Le Halle Guy : Histoire des fortifications en Franche-Comté et pays d’Ain, Martelle Editions, 1991.

Le Hallé Guy : Le système Séré de Rivières ou le témoignage des pierres, Ysec, 2001.

Muller H. (Major au grand Etat-major allemand. Traduit avec l’autorisation de l’auteur par Alfred Bertrang, capitaine-commandant attaché à l’état-major de l’artillerie belge) : Développement de l’artillerie de place et de siège prussienne sous le rapport du matériel, de l’organisation, et de l’instruction de 1815 à 1875, établi d’après les documents officiels ; Librairie militaire de J. Dumaine, Paris, 1876. 

Rolf Rudi : Die Deutsche Panzerfortifikation. Die Panzerfesten von Metz und ihre Vorgeschiche ;

1991 ; Biblio Verlag, Osnabrück.

Generalleutnant a.D. Schirmer : V. Teil : Das Gerät der schweren Artillerie ; Verlag Bernard & Graefe, Berlin ; 1937.

Richard Pierre : Fort du Mont-Bart, position stratégique, construction du fort, autoédition, 2000.

Schulze Manfred P. : Fort Hahneberg. Das einzige Aussenfort der Festung Spandau ; Heimatkindliche Vereinigung Spandau 1954 e.V. Förderkreis Museum Spandau, Berlin 2004.

Tempelman Lex & Will Chris : De Nieuwe Hollandse Waterlinie, 2009.

Theile Markus : Das Fort Oberer Kuhberg, autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2014.

Torfs L., en collaboration avec A. Casterman : Les agrandissements et les fortifications d’Anvers ; Bruxelles, 1871.

Truttmann Philippe : La barrière de Fer ; L’architecture des Forts du Général Séré de Rivières (1872-1914) ; Gérard Klopp éditeur, 2000.

Weinsberg Alexandre : Le fort de Queuleu in Fortifications & Patrimoine, Association Le Mur, Année 2000.

 

Archives & Bibliothèques

 

Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg.

Archives départementales du Bas-Rhin ; Strasbourg.

Bibliothèque du mess de garnison de Strasbourg

Bibliothèque Nationale de France

Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg

Bibliothèques Municipales de Strasbourg.

Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

Bundesarchiv Abteilung Militärarchiv, Freiburg

Geheimes Staatsarchive Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Generallandessarchiv Karlsruhe et Bundesarchiv, Stuttgart.

Service Historique de la Défense, Vincennes.

 

Sites Internet

Accès aux ouvrages en ligne de la BNF et de la BNUS :

https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/content/accueil-fr?mode=desktop

Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

https://www.bundesarchiv.de/DE/Navigation/Home/home.html

Site très complet recensant les fortifications françaises 1874-1918 environ :

https://www.fortiffsere.fr/

Arme du Génie et fortifications diverses

https://franchissement.forumgratuit.org/

 

Fortifications allemandes de l’ancien territoire d’Alsace-Lorraine :

Fort de Mutzig – FKWII (Feste Kaiser Wilhelm II)

https://www.fort-mutzig.eu/desk/smart/smart_menu.php?langue=fr

Fort Ducrot à Mundolsheim

https://www.fortpodbielski-ducrot-mundolsheim.fr/

https://www.facebook.com/Fort-IIIa-PODBIELSKI-fort-Ducrot-152901354769096/

Fort Rapp à Reichstett

https://www.facebook.com/fortrappreichstett/

 

Traductions et rédactions des articles : MJR 2019

 

 

 



[1] On sait déjà qu’en Allemagne les travaux de casernement ne sont pas confiés au corps des ingénieurs, mais aux employés du service des bâtiments militaires (voir chapitre 28).