1879

 

Chroniques générales de la place forte de Strasbourg.

 

 

Dernière mise à jour : 16 octobre 2019

 

 

Année 1879

 

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction.

Allemagne Front Nord & fortifications côtières.

 

Embouchure de la Weser - Places fortes et fortifications côtières de Bremerhaven & Gestemündung

Ouvrages en cours de construction :

Fort Langlütjen II (1872-1880), à Gestemünde. Ouvrage installé sur une île artificielle qui comprend un bâtiment central allongé et entouré d’un fossé sec précédé d’une enveloppe en terre, couverte côté mer par des pierres en grès qui forment le glacis de l’ouvrage. L’envelope en terre comprend des parapets d’infanterie et un chemin couvert. La construction centrale comporte 6 tourelles cuirassées tournantes « Grusonpanzertürme » : 5 tourelles comprenant 1 canons de 28 cm L/22 sous tourelle cuirassée individuelle et une tourelle avec 2 canons jumelé de 15 cm L/23. Deux tourelles cuirassées supplémentaires étaient programmées, mais non jamais été installée par mesure d’économie. Système de communication entre le poste de commandement et les tourelles par tuyaux accoustiques. Citerne avec filtre à sable pour les eaux de ruissellement.

Fort Brinkamahof II (1875-1881), érigé sur une île artificielle, 3 tourelles jumelées, 3 x 2 canons 28 cm Hb L/22 ; 1 tourelle jumelée de 2 x 15 cm L/23 SK.

 

Place forte de Wilhelmshaven

Ouvrages en cours de construction :

Fort Rüstersiel – Fort I (1876-1880) armé de 2 canons de 15 cm / L22, 10 canons de 15 cm fretté « Ringkanone » et de 11 canons de 12 cm et 9 cm. Ouvrage destiné à la défense côté terres.

Fort Schaar – Fort II (1876-1880) armé de 9 canons de 15 cm / L22 et de 9 canons de 12 cm. Ouvrage destiné à la défense côté terres.

Fort Mariensiel – Fort III (1876-1880) armé de 10 canons de 15 cm / L22 et de 8 canons de 12 cm. Ouvrage destiné à la défense côté terres.

 

Place forte de Cuxhaven

Ouvrage en cours de construction :

Fort Kugelbake (1869-1879) fort pentagonal, aux dimensions d’environ 250 m et 150 m. Comprend un mur d’escarpe maçonné en briques avec de nombreuses embrasures pour la défense rapprochée au fusil. Le fort est muni d’un fossé plein d’eau à la gorge et sur les flancs, et d’un fossé devant les deux faces. Flanquement du fossé par une caponnières d’épaule gauche, une caponnière de saillant et une caponnière de gorge. Entrée munie d’un blockhaus de garde en maçonnerie et d’un pont-levis aujourd’hui disparu. Armé initialement de 10 canons de 28 cm répartis en deux batteries de 5 pièces qui tenaient sous leur feu tout le chenal. Sur le flanc gauche 4 canons de 12 cm orientés vers la mer. 1899 : le fort est relié à la gare de Cuxhafen par une ligne de chemin de fer à voies étroites. 1909 : dotation d’un plus puissant projecteur du monde, qui éclairait jusqu’à 4,5 km de distance, était escamotable et abrité dans un ouvrage en béton. L’ouverture du canal de la Mer du Nord à la Baltique a accrue l’importance du fort qui a été modernisé jusqu’en 1911. 1914 : retrait de 5 pièces de 28 cm transférée vers les Flandres. 1937 : installation de batteries antiaériennes « Flak » 8,8 cm. 1941 : remplacement des canons par du 10,5 cm à chargement rapide et installation d’un poste de commandement et de tir et d’un poste de mesure de type Freya. 1947 : le fort retourne à un usage civil. 1992-1994 : restauré avec des fonds allemands et européens, il est le dernier exemplaire de forts de défense côtière.

Tableau représentant le Fort Kugelbacke vers 1915 par André Brauch.

Source : site Internet de Cuxhaven.

Allemagne Front Est

 

Place forte de Königsberg

Königsberg est l’ancienne ville allemande et capitale de la Prusse-orientale, est actuellement située dans une enclave russe qui est dénommée Kaliningrad. En effet elle a été annexée à la Russie à l’issue de la seconde guerre mondiale. La place forte de Königsberg est une tête de pont située sur la Pregel (un cours d’eau actuellement dénommée Prégolia), un cours d’eau long de 123 km, qui débouche dans la mer Baltique, dans la lagune de la Vistule en l’aval de Kaliningrad. Elle se distingue à un haut degré par des conditions locales très favorables à la défense. Les cours d’eau de la Prégel, de la Deima (actuel Deïma), une grande forêt infranchissable et les deux Haf font de tout ce pays une grande forteresse naturelle. Les ingénieurs prussiens ont admirablement tiré parti de ces avantages. Au centre de cette vaste position s’élève le camp retranché de Königsberg à la construction duquel on a consacré 7 837 000 thalers (près de 30 000 000 de francs de l’époque) en 1873. L’enceinte continue de la place à une étendue de 11 kilomètres. Tout autour, sur une circonférence d’environ 40 kilomètres de développement, sont répartis douze forts détachés érigés entre 1874 et 1885. La durée de construction des forts détachés de Königsberg est nettement plus longue que celle des forts détachés de Strasbourg qui a été menée dans l’urgence. Elle dure entre 4 et 6 ans, avec une durée de cinq ans pour la plupart des ouvrages. Neufs grandes routes, importantes au point de vue militaire, et trois voies ferrées, sans compter le chemin de fer de Pillau, aboutissent à la ville. En 1875, on trouve à Königsberg le quartier général du 2e corps d’armée allemand. En 1881, une revue militaire française a publié un article russe qui analyse en détail la défense du front Est de l’Allemagne et les éventuelles options stratégiques de l’armée russe. Une armée de droite, réunie à Vilna ou Kovno, qui se portera sur la Prusse-Orientale, ayant pour première mission d’assiéger Königsberg. Sur cette partie du théâtre de guerre, les opérations ne seront pas décisives, l’objectif principal de l’action des troupes russes devant être Berlin, et par suite, la ligne principale d’opérations, celle de Varsovie-Berlin. Le rôle de l’armée russe de droite doit consister surtout à couvrir la voie principale de communication : Pétersbourg-Varsovie, contre toute attaque possible de l’ennemi réuni près de Königsberg. La défense de la Prusse-Orientale devrait se concentrer sur la moyenne Prégel. Les conditions avantageuses du pays, le développement de ses voies de communication, les défenses naturelles et artificielles de Königsberg, conduisent les auteurs allemands à croire que l’Allemagne pourra, même avec des forces relativement faibles, défendre cette province avec succès. En effet, Königsberg doit immobiliser longtemps les troupes assiégeantes ; le parc de siège russe stationné à Dunabourg, ne peut être amené par le chemin de fer que jusqu’à la frontière ; et par suite il faudra le traîner pendant encore environ 20 milles (150 km) sur les routes ordinaires. Cette analyse a été réalisée en se référant aux écrits d’auteurs militaires allemands de l’époque. Ouvrages en cours de construction :

Fort I, Fort Stein (1874-1880).

Fort II, Fort Bronsart (1875-1880).

Fort III, Feste König Friedrich III (1874-1880).

Fort IV, Fort Gneisenau (1876-1882).

Fort V, König Friedrich Wilhelm III (1876-1881).

Fort VI, Königin Louise (1876-1881).

Fort VIII, Fort König Friedrich I (1878-1883).

Fort IX, Fort Dohna (1878-1882).

Fort X, Fort Kanitz (1877-1882).

Fort XI, Fort Dönhoff (1877-1882).

Fort XII, Fort Eulenburg (1879-1885).

 

Place forte de Posen - Poznan

Ouvrages en cours de construction :

Rive gauche de la Warta

Zwischenwerk IVa (1878-1881) Fort Waldersee II, ouvrage intermédiaire.

Fort V (1879-1883) Fort Waldersee I, fort détaché de ceinture. En 1940-1944 utilisé comme dépôt de munitions. Il ne resterait que la caponnière du saillant et quelques fragments.

Fort VI (1879-1883) Fort Tietzen, fort détaché de ceinture. Après 1945 utilisé par les militaires et a survécu dans de bonnes conditions.

Zwischenwerk VIa (1879-1882) Zwischenwerk Stockhausen, ouvrage intermédiaire polygonal à fossé sec, de forme trapézoïdale, avec une traverse-abri par face et flanc, caserne de gorge avec caponnière double, coffre de contrescarpe aux angles d’épaule, deux cours intérieures.

Fort VII (1876-1881) Fort Colomb, fort détaché de ceinture, modernisé 1887-1888. 1940-1944 : premier camp de concentration nazi en Pologne : environ 20 000 Polonais sont décédés dans ce camp. Actuellement transformé en mémorial des martyrs.

Fort VIII (1876-1881) Fort Grolman, fort détaché de ceinture.

Fort IX (1876-1881) Fort Brünnek, fort détaché de ceinture.

Zwischenwerk IXa (1877-1881) Fort Witzleben, ouvrage intermédiaire.

Rive droite de la Wartha

Fort I (1878-1880) Fort Röder, fort détaché de ceinture. En 1944 ouvrage utilisé en tant qu’usine de construction d’avions Focke Wulf.

Fort II (1877-1882) Fort Stülpnagel, fort détaché de ceinture. En 1944 ouvrage utilisé en tant qu’usine de construction d’avions Focke Wulf.

Fort III (1877-1881) Fort Gröber, fort détaché de ceinture. Actuel parc zoologique. 

Fort IV (1878-1882) Fort Hake, fort détaché de ceinture.

 

Place forte de Thorn

Ouvrages en cours de construction :

Fort I, Fort Bülow, (1877-1881).

Fort II, Fort Yorck, (1879-1882).

Fort III, Fort Scharnhorst, (1879-1882).

Fort V, Fort Grosser Kurfürst, (1877-1881).

 

Allemagne Front Ouest

 

Place forte de Köln (Cologne)

Ouvrages en cours de construction :

Rive droite du Rhin

Fort IX (1877-1880) ancien Fort XII avant 1883. Situé sur la rive droite du Rhin, au Nord de Westhoven.

Zwischenwerk IXb (1877-1879) ancien Zwischenwerk 22 avant 1883. Situé sur la rive droite du Rhin, au Gremberger Wäldchen.

Zwischenwerk Xa (1877-1879) ancien Zwischenwerk 21 avant 1883. Situé sur la rive droite du Rhin, au Sud-Est de Vingst.

Fort X (1877-1879) ancien Fort XI avant 1883. Situé sur la rive droite du Rhin, à l’Est de Höhenberg.

Zwischenwerk Xb (1877-1879) ancien zwischenwerk 20 avant 1883. Situé sur la rive droite du Rhin, à l’Est de Merheim.

Zwischenwerk Xc (1877-1879) ancien zwischenwerk 19 avant 1883. Situé sur la rive droite du Rhin, à l’Est de Haus Herl.

Zwischenwerk XIa (1877-1879) ancien zwischenwerk 18 avant 1883. Situé sur la rive droite du Rhin, au Sud-Est de Hohlweide.

Fort XI (1877-1880) ancien Fort X avant 1883. Situé sur la rive droite du Rhin, au Nord-Est de Hohlweide.

Zwischenwerk XIb (1877-1879) ancien zwischenwerk 17 avant 1883. Situé sur la rive droite du Rhin, au Nord-Est de Mülheim.

Zwischenwerk XIIa (1877-1879) ancien zwischenwerk 16 avant 1883. Situé sur la rive droite du Rhin, au Bruder-Klaus-Siedlung.

Fort XII (1877-1880) ancien Fort IX avant 1883. Situé sur la rive droite du Rhin, au Nord-Est de Stammheim.

 

Place forte de Metz

Ouvrages en cours de construction :

Rive gauche de la Moselle

Fort Kameke (1875-1879), actuel fort Déroulède. Version particulière d’un fort de type Biehler, avec lunette aplatie, avec caserne de gorge avec caponnière et casemates sous le rempart du front qui n’est développé que sur l’aile gauche ; galeries de contremines ; 2 tourelles cuirassée Gruson Panzerturm avec deux canons de 15 cm, une au saillant et l’autre à l’angle d’épaule gauche et une poudrière du temps de guerre sur le flanc gauche. 1887-1890 environ : renforcement de l’ouvrage, les caponnières d’escarpe d’origine ont été remplacées par 3 coffres de contrescarpe, 1 coffre double au saillant, 1 coffre simple à chaque angle d’épaule et à l’angle de gorge gauche ; 1 cloche de guet, 2 cloches de guet tournante « W.T.90 » et un observatoire cuirassé d’artillerie « P.B.St.87 », un blockhaus de chemin couvert sur le saillant et une batterie annexe avec abri à munition sur le flanc gauche.

Fort Hindersin (1879-1880) fin 1881 d’après une autre source, actuel fort Gambetta, renommé après 1918 fort de Saint-Eloy puis fort Gambetta. Petit fort qui a un tracé de lunette irrégulière, remparts organisés pour l’infanterie et l’artillerie, comportant 5 traverses abris, un magasin à munitions sur le front de tête communiquant avec la caserne, l’escarpe et la contrescarpe en terre croulante avec fossé plein d’eau, avec un casernement de gorge pour un efefctif de 150 hommes. 1887-1894 environ : 1 poste d’observation blindé léger « W.T. 90 ».

Fort Schwerin (1878-1880) autrefois Zwischenwerk Tignomont, actuel fort Decaen.

Petit fort à fossé sec à terre croulante comprenant une caserne de gorge pour environ 50 hommes, et des parapets d’artillerie et des traverses-abris, d’un hangar sous traverse, d’un magasin à poudre et de 2 batteries annexes de part et d’autre.

Veste Prinz Friedrich Karl (1873-1880) groupe fortifié du Mont Saint-Quentin. Groupe fortifié qui englobe tout le plateau du Mont Saint-Quentin, avec le Fort Manstein et l’Ostfort avec deux branches de jonction surmontées de parapets d’artillerie. Cet espace a été transformé et modernisé jusqu’en 1914 : 1877 : installation de 11 positions pour canons de 15 cm fretté long sur affût de côte ; Ultérieurement une grande caserne de guerre centrale à 2 niveaux, une batterie pour 2 obusiers de 21 cm avec observatoire cuirassé d’artillerie tournant, un emplacement pour 2 mortiers lourds et un grand magasin à poudre. La jonction Nord est flanquée par deux caponnières. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie des bâtiments.

 

Place forte de Strasbourg

Ouvrages en cours de construction :

Ceinture des forts détachés

Rive gauche du Rhin

Fort IIIa, Fort Mundolsheimerkopf, Fort Podbielski, actuellement fort Ducrot, (1879-1882).

Fort IXa, Fort am Altenheimer Hof, Fort Schwarzhoff, dénommé actuellement fort Hoche (1877-1879).

Ceinture urbaine de fortification agrandie

La deuxième tranche de l’extension de la ceinture urbaine de fortification concerne essentiellement le front Nord de la place, entre la nouvelle porte de Pierre et la sortie de l’Ill en aval.

Ill-Tor und Wall bis Kavalier VIII (1877- 1880 environ) porte de l’Ill et rempart jusqu’au cavalier VIII. 7 août 1877 : travaux adjugés à Schöttle, Hend et Cie. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Kavalier VIII und Wall bis Kavalier IX (1877- 1880 environ) cavalier VIII et rempart jusqu’au cavalier IX. 7 août 1877 : travaux adjugés à Schöttle, Hend et Cie. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Kavalier IX und Wall bis Schiltigheimer-Tor (1877- 1880 environ) cavalier IX et rempart jusqu’à la porte de Schiltigheim. 7 août 1877 : travaux adjugés à Schöttle, Hend et Cie. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Schiltigheimer-Tor und Wall bis Kavalier X (1877- 1880 environ) porte de Schiltigheim et rempart jusqu’au cavalier X. 7 août 1877 : travaux adjugés à Schöttle, Hend et Cie. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Kavalier X und Wall bis Kriegs-Tor I (1877- 1880 environ) cavalier X et rempart jusqu’à la porte de guerre n°1. 7 août 1877 : travaux adjugés à Schöttle, Hend et Cie. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Kriegs-Tor I und Wall bis Kavalier XI (1877- 1880 environ) porte de guerre n°1 et rempart jusqu’au cavalier XI. 7 août 1877 : travaux adjugés à Schöttle, Hend et Cie. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Kavalier XI und Wall bis Kavalier XII und Stein-Tor (1877- 1880 environ) cavalier XI et rempart jusqu’au cavalier XII et la porte de Pierre. 7 août 1877 : travaux adjugés à Schöttle, Hend et Cie. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ingolstadt

Ouvrages en cours de construction :

Rive gauche du Danube

Fort II – Werk 145 (19 juillet 1877 – 27 juillet 1888) Fort Hartmann, érigé au nord-ouest de Hummelberg. La fin des travaux a été retardée par l’effondrement de la contrescarpe. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Comprend 3 traverses-abris par face ; caserne de gorge à deux niveaux, brisée vers l’intérieur, comprenant de gauche à droite environ 3 + 6 + 6 + 5 casemates et 2 coffres de flanquement de part et d’autre de l’entrée ; un grand magasin à pourdre sous chaque flanc ; une caponnière double à feux de revers sur le saillant et une caponnière simple sur chaque angle d’épaule. Alors que les forts de la rive gauche du Danube ont des fossés pleins d’eau, le Fort II est l’exception avec son fossé sec. 17 septembre 1888 – 18 avril 1891 : renforcement partiel de l’ouvrage. 1888-1897 aménagement des batteries annexes. Le fort à été détruit et le site avait été utilisé comme décharge. Quelques restes sont encore présents sous un monticule en herbe comme une partie de la batterie annexe gauche.

Fort III – Werk 146 (4 avril 1877 – 1er août 1887) Fort Von der Tann érigé sur le Kraiberg au sud-est de Gaimersheim. La construction a durée plus longtemps que prévu à cause des difficultés liées au terrain qui ont entraîné des éboulements. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 4 traverses-abris par face ; caserne de gorge à deux niveaux, brisée vers l’intérieur, comprenant de gauche à droite environ 6 + 6 + 6 + 8 casemates et 2 coffres de flanquement de part et d’autre de l’entrée ; un grand magasin à pourdre sous chaque flanc ; une caponnière double à feux de revers sur le saillant et une caponnière simple sur chaque angle d’épaule. C’était le plus grand fort de la gauche du Danube. 18 septembre 1888 – 18 juin 1891 : renforcement partiel de l’ouvrage. 1888-1892 construction des batteries annexes droite et gauche. 1940-1945 utilisé comme dépôt de munitions. Le glacis et les batteries annexes avaient servis parès la guerer à l’installation des réfugiers. Le fort a été détruit à l’explosif en 1946. Actuellement ce site est un parc public et quelques débris sont visibles.

Fort IIIa – Werk 150 (août 1879 – 29 août 1882) érigé sur le Ochsenthomerberg au sud-ouest de Wettstetten. Petit fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne qui est doté d’une traverse-abri par face, d’une petite caserne de gorge droite avec caponnière double de gorge. Ce petit ouvrage situé à un angle de la ceinture qui n’avait qu’une petite dotation en pièces d’artillerie, a été renforcé par l’installation d’une tourelle d’artillerie cuirassée tournante de Gruson avec 2 canons de 15 cm sur le saillant. A Ingolstadt seuls les deux petits forts IIIA et Va ont été dotés de ce type de tourelle cuirassée d’artillerie. Ce fort était initialement appelé ouvrage intermédiaire à la place de fort. 26 janvier 1889 – 25 janvier 1891 : renforcement partiel de l’ouvrage, et en 1888-1892 installation des deux batteries annexes. Le fort a été détruit et son emplacement est situé aujourd’hui au milieu d’une zone urbanisée, où les anciens remparts du fort et un tas de débris de béton du saillant sont encore en partie visibles. 

Fort V – Werk 147 (13 juillet 1878 – 29 août 1882) Fort Orff, érigé sur le Rauhen Buckel à l’ouest de Hepberg. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Comprend 3 traverses-abris par face ; La caserne de gorge, brisée vers l’intérieur comprend de gauche à droite 6 + 7 + 7 + 6 casemates. 15 octobre 1889 – 14 mai 1892 : renforcement partiel de l’ouvrage, et 1889-1891 installations de deux batteries annexes intérieures. En 1896 installation de la batterie annexe gauche à l’angle de gorge. La batterie annexe droite n’aurait pas été installée bien qu’elle soit visible sur la carte des fortifications de la place. Le fort a été détruit et son emplacement est actuellement situé sur un terrain d’exercice de l’armée de terre allemande.

Fort Va – Werk 151 (17 décembre 1879 – juillet 1883) érigé sur le Waidhausberg à l’ouest de Kösching. Petit fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, proche du plan du Fort IIIa. Installé à Kösching. Une traverse-abri par front et par face. Caserne de gorge droite avec caponnière double de gorge sur l’aile gauche, comportant de gauche à droite 5 + 4 casemates. 11 juin 1889 – 31 juin 1891 : renforcement partiel de l’ouvrage. Date inconnue : installation d’une batterie annexe sur les angles de gorge droit et gauche. 1889 – 1891 installations de 2 batteries annexes intérieures. L’ouvrage a pratiquement disparu sous les installations sportives et seuls les remparts de la batterie annexe gauche sont encore visibles.

Fort VI – Werk 148 (avril 1877 – décembre 1881) Fort Prinz Karl, érigé sur le Weinberg au sud de Katharinenberg. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Comprend 2 traverses-abris par face ; La caserne de gorge à deux niveaux, brisée vers l’intérieur comprend de gauche à droite 6 + 6 + 6 + 6 casemates. Mur d’escarpe détaché sur les fronts et les flancs et murs de contrescarpe revêtus. Le fort a été conçu pour 600 hommes et 22 pièces d’artillerie. 14 septembre 1889 – 31 mai 1892 : renforcement partiel de l’ouvrage, installation d’une dalle en béton et de grilles. 1889-1890 installations de deux batteries annexes intérieures et en 1889-1890 installation de la batterie annexe gauche avec un abri à munitions relié par une poterne à l’angle du fossé de gorge. Sur le flanc droit la forte déclinivité du terrain n’a pas permis d’installer de batterie annexe. 1894-1895 installation de deux observatoires tournant de Gruson modèle « W.T. 90 ». En 1896 installation de la batterie annexe gauche à l’angle de gorge. Date inconnue : installation de la batterie annexe droite. 1914-1918 : sert de camp de prisonniers de guerre français puis entre deux guerres sert de dépôt de munitions. Septembre 1921 camp d’internement des étrangers puis en 1935-1945 redevient un dépôt de munitions ; après la guerre il a été utilisé comme centre de destruction des anciennes munitions par l’armée de terre allemande en 1973 puis par une entreprise privée de démolition de munitions. Vers 2000 le fort est en partie restauré. Il est l’unique fort d’Ingolstadt à ne pas avoir été détruit. Il est classé aux monuments historiques « Denkmalschutz ».

Rive droite du Danube

Zwischenwerk Nr. 8 – Werk 142 (25 août – 20 septembre 1879) au sud-est de Zuchering. A été érigé en tant que petit ouvrage intermédiaire en terre à fossé sec pendant un grand exercice de siège et du génie. Il n’a jamais été transformé en ouvrage permanent. Aujourd’hui l’ouvrage a entièrement disparu sous une zone urbanisée.

 

Belgique

 

Place forte d’Anvers

La place forte d’Anvers a été transformée en réduit national. Ce réduit devait permettre de se défendre en attendant l’arrivée des troupes britaniques. Après avoir constaté que l’artillerie prussienne atteint une portée de 7 km pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871, les autorités militaires belges constatent que la première ceinture de forts détachés érigée autour d’Anvers est trop proche de la ville. En conséquence ont fait érigés trois nouveaux forts détachés et l’on renforce la défense de l’embouchure de l’Escaut avec trois forts côtiers aptes à combattre les nouveaux navires cuirassés. A partir de 1876, trois autres forts détachés sont érigés.

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Kruibeke (1870-1880), également dénommé Fort Van Eopoel ou Fort Kapitaen.

Fort de Lier (1876-1893), également dénommé Fort de Lierre.

Fort de Merksem (1871-1882).

Fort de Sint-Filips (1877-1882).

Fort de Walem (1878-1893 ou 1876-1893 ?), également dénommé Fort de Waelhem.

Fort de Zwinjdrecht (1870-1880), également dénommé Fort Brosius ou Fort Kolonel I.M.F.

 

France Front Ouest Côte de la Mer du Nord, de la Manche et de l’Atlantique

 

Place forte de Boulogne

Ouvrages en cours de construction :

Batterie d’Alprech (1877-1879).

Batterie de la Crèche (1878-1882) construite sur l’ancien emplacement du Fort de Terclinthun déclassé en 1874, ouvrage pentagonal à fossé sec.

 

Place forte de Dunkerque

Ouvrage en cours de construction :

Fort des Dunes 1878-1880 parfois dénommé Fort de l’Est ou fort de Leffrinckoucke. Juin 1940 : bombardement allemand. 1940-1944, installations allemandes : blockhaus R680, radar Würzburg et encuvements de Flak (artillerie antiaérienne).

 

Place forte de Cherbourg

Ouvrages en cours de construction ou de modernisation :

Batterie Basse de Nacqueville (1817). 1870 : réorganisation. 1878-1881 : remodelage de la batterie pour 4 canons de 27 cm modèle 1881.

Batterie de Bretteville-Bas (reconfigurée 1878-1881). Batterie érigée en 1817, modernisée en 1869 et 1878-1881.

Batterie de Bretteville-Haut (1878-1880). Grande batterie côtière, modernisée 1910. 4 canons de 240 mm T.R.

Batterie du Marquet (1878-1881) Fort de Saint-Vaast-la-Hougue. Installée au sein du bastion 21 du Fort de la Hougue.

Batterie Haute de Nacqueville (1878-1881). 1907 : réorganisation de la batterie.

Fort des Flamands (1847-1854). 1877-1881 : réorganisation du fort, ajout de 2 grands magasins à poudre au profit de la Marine.

 

Place forte de Lorient

Ouvrage en cours de construction :

Fort du Haut Grognon (1878-1881) Ile de Groix. Fort rectangulaire à cavalier. 1893 : construction de magasins d’artillerie à l’épreuve.

 

Place forte de Rochefort

Ouvrages en cours de construction :

Batterie des Fougères (1878-1880).

Batterie de Jamblet (1878-1880) sur l’île d’Aix.

Batterie Neuve de Boyardville (1877-1880). Pointe Nord-Est de l’île d’Oléron. Batterie de bombardement équipée de pièces de 24 cm sur affût P.C.

Batterie de l’île Madame (1877-1879) construite sur le chemin couvert du fort de l’île Madame.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Lille.

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Bondues (1879-1883) Fort Lobau. Comporte une tourelle Mougin Mle 1876.

Fort d’Englos (1879-1883) Fort Pierquin.

 

Place forte de Valencienne

Fort de Curgie (1878-1880) Fort Rochambeau. Fort au tracé trapézoïdal. Actuellement ensevelie sous une décharge.

 

Place forte de Maubeuge

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Cerfontaine (1878-1881) fort Rostaing. Comprend une tourelle Mougin modèle 1876.

Fort d’Hautmont (1878-1881) fort Davout. Grand fort pentagonal modernisé : 1 tourelles pour 2 canons de 75 Mle 05, 1 observatoire cuirassé, 1 tourelle de mitrailleuses, 2 guérites observatoires. Septembre 1914 : partiellement détruit pas les troupes allemandes.

 

Place forte de Montmedy

Ouvrage en cours de modernisation :

Citadelle de Montmédy (16e siècle) sous Charles Quint. Remaniée par Vauban. 1874-1882 : travaux de modernisation, aménagement de casernements, d’abris, de magasins sous roc et d’un four à pain.

 

Place forte de Reims

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Fresne (1878-1880 environ) fort Souhan. Petit fort au tracé rectangulaire. 1913 : désarmé. 1918 : démolition à l’explosif lors de la retraite allemande. 1940 : Bombardé par les troupes françaises. Etat actuel : a pratiquement disparu.

Fort de Montbré (1er octobre 1877 - octobre 1879) fort Ségur, au sud de Reims. 1914-1918 : seule destruction du conflit, le pont-levis. Superficie : 3 ha. Etat actuel : appartient à la commune de Montbré, utilisé par l’association Rèmes Brigade pour des activités d’airsoft qui nettoye, entretien et sécurise le site.

Fort de Nogent-l’Abesse (1875-1879) Fort Kellermann, fort à massif central. 1901 : visite du Tsar Nicolas II. 1918 : importantes destructions lors du retrait des troupes allemandes. 9 juin 1940 : bombardé par l’aviation allemande.

Reduit de Chenay

(1879-1880), réduit ou batterie Ronzier, au tracé en forme de trapèze irrégulier, prévu pour 138 hommes et 8 pièces d’artillerie.

 

Position de La Fère – Laon – Soissons – Vallée de l’Ailette.

Ouvrages en cours de construction :

Batterie des Bruyères (1878-1882). Batterie, déclassée en 1912.

Batterie de Classon (1878), prévue pour 9 pièces d’artillerie.

Batterie de Condé-sur-l’Aisne (1877-1888). 16 février 1932 : déclassée.

Batterie du Manège (1879).

Batterie annexe de la Vigie de Berru (1876-1879) Batterie Burcy.

Fort de Condé sur Aisne (1877-1883 ou 1882) Fort Pille, 2 casemates Mougin pour 1 canon de 155 L, non modernisé. 17 juillet 1912 : déclassé.

Fort de Lanicourt (1879-1883) Fort Sérurier, parfois dénommé Fort de Mons-en-Laonnois. 17/07/1912 : déclassé.

Fort de Liez (1879-1881) Fort Maison, non modernisé, déclassé en 1912, partiellement détuit.

Fort de la Malmaison (1878-1882) Fort Dumas, non modernisé. 1886 : endommagé par les essais de tir avec projectiles à la mélinite. 01/10/1888 : déclassement de l’ouvrage. 1911 : vendu à un particulier.

Fort Mayot (1879-1881), non modernisé, déclassé en 1912.

Fort de Montbérault (1878-1882), fort Vincence non modernisé, désarmé en 1903.

Fort de Vendeuil (1878-1880), non modernisé, déclassé en 1912.

 

Forts d’arrêt entre Maubeuge et Verdun

Ouvrages en cours de construction :

Batterie des Ayvelles (1877-1880), batterie annexe du Fort des Ayvelles, une casemate Mougin avec 1 canon de 155 L, non modernisé.

Fort des Ayvelles (1877-1880), fort d’arrêt, 1 casemate Mougin avec 2 canons de 155 L. Modernisé 1888-1890.

Fort de Charlemont (1555 environ) Citadelle. 1678 : agrandissement par Vauban. 1876-1882 environ : travaux de modernisation, d’après le cartouche sur un bâtiment ; 1888 : Elevée au rang de fort d’arrêt.

Fort d’Hirson (1877-1880) fort Dubois. Fort d’arrêt à massif central et trois batteries annexes, non modernisé. 1 tourelle Mougin avec 2 canons de 155 L. 1912 : déclassement de l’ouvrage. 1914-1918 : très endommagé pendant l’occupation allemande.

 

Place forte de Verdun

Ouvrages en cours de construction :

Fort d’Haudainville (fin 1876-mai 1879) Fort Curely, fort type Séré de Rivières modèle 1874-1875 à massif central, modernisé 1900-1902, 2 tourelles de mitrailleuses, 2 observatoires, 2 casemates de Bourges.

Fort du Rozelier (1877-1879), fort type Séré de Rivières modèle 1874-1875 à massif central, modernisé 1890-1904, 1902-1913, 1 tourelle de 155, 3 tourelles de mitrailleuses, 4 observatoires, 2 casemates de Bourges.

Fort de Souville (1875-1879), fort avec batteries annexes, modernisé 1888-1889, 1890-1891, 1 tourelle de 155 L, 1 observatoire.

Fort de Tavannes (1874-1879), fort, modernisé 1889-1890.

 

Rideaux de Hauts de Meuse

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de Saint Agnant (1878-1880), batterie annexe du Fort de Liouville de forme triangulaire, modernisée 1895, 1900-1910, 1916-1918.

Fort de Génicourt (mars 1878-mai 1880) Fort de la Moskowa, fort type Séré de Rivières modèle 1874-1875 à massif central, non modernisé. 1914-1918 : creusement de galeries profondes et installation de 8 cloches Pamart.

Fort de Troyon (octobre 1877-juin 1880), fort type Séré de Rivières modèle 1874-1875 à massif central, non modernisé.

 

Place forte de Toul

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de l’Eperon (1879-1883), batterie de forme triangulaire, annexe du Fort de Frouard, comprend un fossé avec une caponnière simple et une caponnière double. Modernisé 1894, 1901-1907, 1912 : 1 tourelle Galopin Mle 1890 et observatoires cuirassés ; 2 tourelles Mougin comportant chacune un canon de 155 mm L de Bange, 2 casemates cuirassées en fonte dure modèle 1878 avec canon de 155 L, installation de grilles défensives au sommet de la contrescarpe et magasin sous roc.

Fort de Blenod-les-Toul (1879-1883) Fort Charles Martel, modernisé 1908-1914, 1 tourelle de 75, 2 tourelles de mitrailleuses, 3 observatoires.

Fort de Frouard (12 mai 1879-15 octobre 1883) Fort Drouot, fort d’arrêt à massif central doté d’une tourelle Mougin Mle 1876 avec 2 canons 155 L de Bange. 1887 : modernisation. 1890 : un magasin sous roc, citernes bétonnées et caserne de guerre. 1907-1914 : 1 tourelle de 75 Mle 05, 3 tourelles de mitrailleuses, 7 observatoires, 1 tourelle de projecteur.

Fort de Lucey (1876-1880), modernisé 1904-1907 ; 2 tourelles de 75, 4 tourelles de 155 Mougin dont 1 au fort, 1 tourelle tournante extérieure et 2 tourelles à éclipses extérieures, 8 observatoires.

Fort Villey-le-Sec (1874-1880), modernisé 1890, 1906-1912 ; 2 tourelles de 75, 1 tourelle de 155, 1 tourelle de mitrailleuse, 8 observatoires.

Position ou Poudrière de la Justice (1879) magasin recouvert de terre.

 

Trouée de Charmes

Ouvrage en cours de construction :

Fort de Manonviller (1879-1882) Fort Haxo, c’était le fort le plus cuirassé de France : 2 tourelles Mougin Mle 1876, 2 tourelles Galopin Mle 1890 pour 2 canons long de 155 mm, 2 tourelles pour 2 canons de 57 mm, 1 tourelle de mitrailleuses Gatling, 2 tourelles pour projecteurs, 9 observatoires cuirassés, 2 tourelles pour projecteur, 1 centrale électrique. 23-27/08/1914 : troupes allemandes bombarde le fort avec environ 17 000 projectiles. 12/09/1914 : abandon par les troupes allemandes après destructions à l’explosif. 1935 : revendu à un particulier.

 

Place forte d’Epinal

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Girancourt (1879-1881) Fort Reynier. 1889-1893 : modernisé, caserne bétonnée.

Fort Le Roulon (1879-1881), non modernisé.

 

Fort de rideau de la Haute Moselle

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Gyromagny (1875-1879) Fort Dosner, modernisé 1889-1913. 2 tourelles Mougin modèle 1876, 1888 deux petits magasins sous roc, 1913, 1914-1916 deux abris-cavernes 100 places, renforcement de la couverture en béton.

Fort de Servance (1877-1879), fort à massif central, peu modernisé, 1890 un magasin sous roc. Le fort de Servance décrit par un cours de fortification permanente de 1885, organisation des Etats : « Un cinquième ouvrage enfin, placé au Ballon de Servance, bat la route de Saint-Maurice au col de Bussang et celle qui passant par le ballon d’Alsace descend sur Giromagny et Belfort ».

 

Trouée de Belfort, frontière suisse, Montbéliard - Pontarlier

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de la Citadelle (1879-1880), les travaux non pas été achevés. Elle était prévue pour 6 canons de 95 mm.

Fort de Joux (1879-1887) comprend 2 casemates cuirassées Mle 1878 en fonte dure.

Fort du Larmont Supérieur (1879-1883) Fort Catinat. 1891 : installation de 2 abris sous roc.

 

Place forte de Dijon

Ouvrages en cours de construction :

Batterie du Camp des Romains (1878-1879), batterie annexe du Mont Afrique.

Batterie annexe d’Asnière (1876-1881), non modernisé.

Fort de Beauregard (1877-1881) Fort Fauconnet, non modernisé.

Fort d’Hauteville (1877-1880) Fort Carnot, non modernisé.

Fort de Varois (1877-1880) Fort Charlet, non modernisé.

Réduit du Mont-Afrique (1878-1879) Réduit Lambert, composé d’un réduit et de 4 batteries annexes, Batterie de la Pointe Nord, batterie de la Pointe sud, batterie de Flavignerot, batterie du Camp romain.

 

Place forte de Besançon

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de la Ferme de l’Hôpital (1878-1880) batterie Bouchet.

Centre de résistance de Planoise (1877-1880). Ensemble qui comprend le Fort de la Planoise en tant que réduit et poste de commandement, la batterie du Rosemont (1871), les ouvrages de Chaudanne.

Fort de Montboucons (1877-1880) construit sur l’emplacement d’une redoute de la guerre de 1870.

Fort de la Planoise (1877-1880). Réduit et poste de commandement du centre de résistance de Planoise.

 

Redoute Benoît ou Redoute de Palente, puis Fort Benoît (1870-1871) redoute, puis Fort Benoit 1877-1880 Fort de Palente.

 

France Front Sud-Est

 

Place forte de Lyon

Ouvrages en cours de construction :

Rive droite du Rhône :

Deuxième ceinture de forts détachés :

Batterie de Sermenaz (1878-1879) au nord nord-est de Lyon, sur la rive droite du Rhône.

Fort de Bruissin (1878-1881) à l’ouest de Lyon sur la rive droite du Rhône. Ouvrage entière construit en béton. Etat actuel : appartient à la commune de Francheville qui a aménagé un centre d’Art contemporain.

Fort de la Côte Lorette (1878-1882) au sud-ouest de Lyon, sur la rive droite du Rhône. Etat actuel : fossés remblayés, appartient à la commune de Saint-Genis-Laval.

Fort de Montcorin (1877-1879) au sud de Lyon sur la rive droite du Rhône, ouvrage non modernisé. Etat actuel : propriétaire commune d’Irigny.

Ouvrage ou batterie de Champvillars (1878-1879) au sud de Lyon sur la rive droite du Rhône. Etat actuel : propriétaire commune d’Irigny.

Rive gauche du Rhône :

Fort de Corbas (1878-1880) au sud sud-est de Lyon, rive gauche du Rhône, sur la rive gauche du Rhône. Cuirassement : 1 tourelle Mougin Mle 1876 pour 2 canons de 155 L. 1998 : ouvrage transféré au ministère de l’intérieur.

 

Place forte d’Albertville

Ouvrage en cours de construction :

Fort de Lestal (1875-1881) fort Duc d’Epernon, érigé au N d’Albertville, sur la commune de Marthod, à 794 m d’altitude. Ouvrage non modernisé.

Fort de Tamié (1876-1881) fort Brissac à l’Ouest d’Albertville, sur la commune de Mercury, altitude 1 021 m. Grand fort type Séré de Rivières dont l’enceinte s’adapte au terrain avec une surface intérieure d’environ 10 ha. Dispose d’un abri-caverne et de 3 magasins sous-roc. 1967 : acquisition par le syndicat intercommunal, et ouverture au public.

 

Place forte de Briançon

Ouvrages en cours de construction :

Batterie du Col (1877 ou 1879), élément constitutif de la position de la Grande Maye.

Batterie de la Grande Maye (1879).

Batterie de la Lauze (1877 ou 1879) dès fois orthographié Lause, fait partie de la position de la Grande Maye.

Fort de la Croix de Bretagne (1874-1879) Position de la Croix de Bretagne ; importante position de montagne comprenant 5 batteries et un fort doté de 500 hommes et 44 pièces d’artillerie.

 

Place forte de Grenoble

Ouvrage en cours de construction :

Batterie basse du Mûrier (1875-1879).

Fort du ou de Bourcet (1875-1879).

Fort de Montavie (1875-1879) fort Clermont-Tonnerre.

Fort du Mûrier (1875-1879) fort Randon, fort à cavalier.

 

Fortifications de la Vallée de l’Ubaye

Ouvrage en cours de construction :

Batterie des Clos des Caures (1879-1881). En 1800-1883 percement d’une galerie reliant la batterie au Fort de Tournoux. 1913-1914 : instalation de 2 casemates de flanquement et d’une caserne casematée.

 

Place forte de Saint-Vincent

Ouvrages en cours de construction :

Caserne défensive de Chaudon (1879-1883) Caserne de Courtigis, située entre le Fort de Saint-Vincent et la redoute du Chadon. Caserne monobloc à 3 niveaux dont deux à l’épreuve des bombes.

Redoute du Chaudon (1879-1883), surplombe la caserne défensive de Chaudon. Actuel domaine privé avec gîte.

 

Place forte de Chamousset

Ouvrages en cours de construction :

Fort d’Aiton (1875-1880). 1984 : achat par la commune.

Fort de Montgilbert (1877-1882).

Fort de Montperché (1875-1881) construit sur la commune d’Aiton. Non modernisé.

 

France Front Sud Côtes de la Méditerranée

 

Place forte de Nice

Ouvrages en cours de construction :

Fort de la Drête (1879-1881) Fort Créqui, petit fort.

Fort de la Tête de Chien (1879-1884). Comprend une casemate cuirassée pour canon de 155 mm.

 

Place forte de Toulon

Ouvrages en cours de construction :

Batterie des Musoirs (1877-1881).

Batterie du Cap Cépet (1878-1879), souvent appelé Fort du Cap Céret, presqu’île de Saint-Mandrier.

Fort de la Colle Noire (1878-1880).

Fort du Coudon (1879-1884).

 

Fortifications de l’île d’Hyères

Ouvrage en cours de modernisation :

Batterie du Cap Léoube (1852) face à l’île Bagaud, parfois orthographié Batteries Léoubes. 1879 : réorganisation avec ajout d’un mur d’enceinte, armé de 3 canons de 24 cm sur plateforme avec abris sous traverses.

 

Place forte de Port-Vendres

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de Brégançon (1878-1879), île d’Hières, aménagée sur le vieux fort du même nom ; 2 canons de 24 cm et 2 canons de 19 cm. 1892 aménagement d’un magasin sous caverne.

Fort du Cap Béar (1877-1880). Etait armé de 8 pièces de 12 cm Mle 1878 et 4 canons 120 mm de Bange.

 

France Centre

 

Place forte de Paris

Ouvrages en cours de construction :

Batterie des Arches (1879-1880).

Batterie de Bièvres (1875-1879).

Batterie du Bois d’Arcy (1874-1880).

Batterie de Bouviers (1879), complément du fort du Haut Duc.

Batterie de la Châteigneraie (1875-1879). Actuel : arrasée et remblayée.

Batterie des Gâtines (1875-1879) armée de 16 pièces.

Batterie d’Igny (1875-1879).

Batterie de Limeil (1876-1880).

Fort de Champigny (1878-1880), tracé en forme de trapèze régulier.

Fort de Chelles (1876-1879), fort au tracé pentagonal prévu pour un effectif de 363 hommes et 22 pièces d’artillerie.

Fort du Haut Duc (1874-1880) grand fort trapézoïdal à cavalier. Août 1944 : fort endommagé pendant les combats.

Fort de Montlignon (1875-1879).

Fort de Montmorency (1875-1879).

Redoute du Moulin (1878-1879).

 

Italie Centre

 

Place forte de Rome

Ouvrages en cours de construction :

Forte Appio (1877-1880), fort détaché de ceinture.

Forte Ardeatino (1879-1882), fort détaché de ceinture.

Forte Aurelio (1877-1881), fort détaché de ceinture.

Forte Boccea (1877-1881), fort détaché de ceinture.

Forte Braschi (1877-1881), fort détaché de ceinture.

Forte Bravetta (1877-1883), fort détaché de ceinture.

Forte Monte Mario (1877-1882), fort détaché de ceinture.

Forte Portuense (1877-1881), fort détaché de ceinture.

 

Pays-Bas

 

Ligne d’Utrecht « Waterlinie »

 

Place forte de Naarden – Position avancée

Ouvrages en cours de construction :

Ouvrage n°1 (1879) « Batterie aan de Koedijk » (traduction : batterie de la digue de la vache).

Ouvrage n°2 (1879) ou batterie devant Bussum.

 

Place forte de Muiden – Vesting Muiden

Ouvrage en cours de construction :

Muizenfort (fort aux souris dans le language populaire) ou « Gebouw C » bâtiment C (1871 un ouvrage en terre, 1876-1879 fort). En 1871 construction d’un ouvrage en terre, puis en 1876-1879 d’un fort de type « Batterijfort ». En 1877 il comprend 90 hommes. Renforcé en 1939-1940 par un abri de groupe « Groepschuilplaats Type P » et une casemate avec couple de mitrailleuse de type G « Koepelkazemat Type G ». Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Place forte d’Utrecht

Ouvrages en cours de construction :

Fort Hoofddijk (1877-1879). Actuellement utilisé comme jardin botannique de l’université d’Utrecht.

Fort bij Rijnauwen (1868-1871). Grand fort à fossé plein d’eau, plus grand fort de la Waterline (31 ha). En 1877-1885 il est modernisé, construction d’une grande caserne à l’épreuve des bombes et des batteries de flanquement n°3 et 4. En 1885 son équipage était de 675 hommes et 105 pièces d’artillerie. 1918 installations d’abris de groupe en béton type 1918. En 1939 installation d’une casemate de mitrailleur « Koepelkazemat type G » et d’abris de groupe « Groepschuilplaats Type P ». 1942-1943 lieu de détention et d’exécution. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Position de Honswijk

Ouvrages en cours de construction :

Werk aan de Korte Uitweg (1871, puis 1876-1879). Ouvrage en terre dénommé Aanvankelijk (1871) avec remparts et positions d’artillerie, élargi en 1876-1879 en un ouvrage à fossé plein d’eau et muni d’une caserne d’une remise et d’un abri d’artillerie à l’épreuve des bombes, d’une maison de gardien et de positions d’artillerie pour 6 canons et 4 mortiers.

Fort bij Honswijk (1842-1848, 1878-1881). Ouvrage en terre à 4 bastions pour couvrir la grande écluse d’inondation, puis muni d’une porte à l’épreuve des bombes en 1848. En 1878-1881 transformé en fort à fossé plein d’eau avec des locaux à l’épreuve des bombes, d’une galerie de contrescarpe, première tour-fort aux Pays-Bas, diamètre 43,3 m. Modernisé en 1881-1885 à la suite de la crise des explosifs brisants, la hauteur de la grande tour d’artillerie est réduite d’un étage, installation d’un local de garde et d’une poterne d’accès, avec des magasins, couvert par une dalle de béton. Armement 1880 : 15 canons 15 cm long, 12 canons de 12 cm long, 12 canons de 12 cm courts, 16 obusiers de 15 cm ; Equipage 323 hommes, 18 sous-officiers et 6 officiers. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

Allemagne :

1879 : mise en service du canon lourd de 9 cm avec tube en bronze durci « Schwere-9-cm-Kanone » ayant les mêmes capacités que le canon de 9 cm « 9-cm-Kanone C/73)

 

Publications de l’année 1879

Michel Georges : Histoire de Vauban ; E. Plon et Cie, Paris, 1879. S1277.

 

Chroniques 1879

 

Lundi 6 janvier 1879

 

Allemagne, places fortes : réseau télégraphique souterrain.

Une revue militaire française a publié cet article concernant l’installation du réseau télégraphique souterrain qui relie es principales places fortes, garnisons et ports de guerre à Berlin : « La « National Zeitung » annonçait, au mois d’octobre dernier, que l’on entreprendrait au mois de mars prochain la construction de la ligne télégraphique souterraine destinée à relier Cologne à Metz. La « Kölnische Zeitung » du 6 janvier 1879 donne, à ce sujet, les renseignements qui suivent : « Cette année, aussitôt que l’on disposera des ressources nécessaires, on continuera la construction du réseau télégraphique souterrain, en s’occupant tout d’abord de ligne de Cologne à Metz. Cette ligne passera par Koblentz, Ehrang, Trèves et Thionville, tandis qu’on emploiera un câble immergé pour traverser la Sieg à Siegburg.  Au point de vue de la construction, le câble souterrain de cette nouvelle ligne sera identique à celui dont on s’est servi pour les lignes de Berlin à Halle et de Berlin à Francfort-sur-le-Main ; il renfermera sept conducteurs isolés, dont chacun sera composé de cinq fils de cuivre fin. Pour le préserver des accidents provenant de causes extérieures, le câble est entouré d’une forte armature de fils métalliques tordus ensemble, qui est lui-même recouverte de gutta-percha. On va faire une proposition au Reichstag pour l’allocation des fonds nécessaires ». Le « Deutsche Reichs-Anzeiger », dans son numéro du 6 décembre dernier, a résumé d’ailleurs, d’après la Correspondance provinciale, les travaux exécutés jusqu’à présent pour l’organisation du télégraphe souterrain en Allemagne. Voici les données les plus importantes qui ressortent de l’article de journal allemand : « Le développement des lignes télégraphiques souterraines atteint actuellement 2 487 kilomètres ; la plupart de ces lignes sont à sept conducteurs et quelques-unes à quatre ; l’ensemble de ces fils a une longueur totale de 16 744 kilomètres. La distance la plus considérable qui sépare le réseau souterrain, se trouve entre Kiel et Strasbourg : elle est de 1 219 kilomètres. Pour franchir les cours d’eau et les canaux, on a employé 3 642 mètres de câble immergé d’une construction spéciale ; cette longueur se répartit en trente parties différentes. On prépare pour 1879 l’exécution de six nouvelles lignes, et il en restera encore quelques unes pour réaliser le plan général d’un réseau souterrain desservant les grandes voies commerciales et militaires de l’Empire. Les sommes dépensées jusqu’ici, au moyen de crédits extraordinaires, s’élèvent à 12 155 969 marks (15 194 961 francs 25) ».

 

Samedi 15 février 1879

Allemagne, artillerie : Nouveaux canons de siège en bronze dur.

Une revue militaire française nous livre ces informations : « Nos lecteurs savent que, depuis plusieurs années déjà, la fonderie de Spandau s’occupe de la fabrication des bouches à feu, d’après le procédé du général autrichien Uchatius. Les essais entrepris dans cet établissement ont conduit à l’adoption, par l’artillerie allemande, de trois nouvelles bouches à feu de siège, dites en bronze dur (Hartbronze). Un ouvrage technique qui vient de paraître à Berlin (Leitfaden für den Unterricht in der Waffenlehre, von Neumann, Berlin, 1879), fait mention pour la première fois de ces bouches à feu, qu’il indique comme étant actuellement en cours de fabrication. Les seuls renseignements qu’il donne, d’ailleurs, à leur sujet, sont les suivants : La première des bouches à feu en question est un canon de 9 c., construit sur le modèle du canon lourd de campagne, et destiné à tirer les mêmes projectiles à la même charge. La deuxième est un canon de 12 c., mod. 1873. Enfin, la troisième est un canon court de 21 c., destiné à servir pour le tir indirect et le tir vertical. Ces deux dernières bouches à feu doivent lancer des projectiles munis de ceintures de cuivre (trois à l’arrière et une à l’avant), tandis que les projectiles du canon de 9 c. seront, comme ceux des pièces de campagne, pourvus d’une enveloppe en plomb dur ».

 

Mardi 25 février 1879

Allemagne, Alsace-Lorraine : Prochain achèvement de la ligne ferrée de la Moselle.

Une revue militaire française a publié cet article : « Depuis le 15 mai dernier (1878), date de l’ouverture de la première partie, Thionville-Ehrang, du chemin de fer de la Moselle, les travaux ont été menés, sur la section Ehrang-Coblence restant à achever, avec une activité telle que l’on compte pouvoir la livrer à l’exploitation au mois de mai prochain. Cette nouvelle qu’on a donné, dans ces dernières semaines, plusieurs journaux, tant de l’Allemagne que d’Alsace-Lorraine, est confirmée dans la Gazette de Metz du 25 février 1879, dans les termes suivants : « Les 14 et 15 de ce mois, la nouvelle ligne de la Moselle a été parcourue, pour la première fois, de Trèves à Oberlahnstein (sur la rive droite du Rhin, au sud de Coblence, à l’embouchure de la Lahn et à l’intersection de deux chemins de fer) par le président et les membres de la direction de chemin de fer de Sarrebrück (cette compagnie doit exploiter provisoirement la nouvelle ligne), auxquels s’était adjoint l’officier supérieur de la section des chemins de fer du grand état-major, détaché auprès de cette compagnie. Toutes les constructions, telles que stations, ponts, etc., ont été l’objet d’une visite détaillée. La ligne est assez avancée pour être livrée à l’exploitation le 15 mai prochain, ainsi qu’on en avait l’intention ». A cette occasion, disons que, d’après la Deutsche-Heeres-Zeitung du 12 février 1879, « la commission spéciale des lignes de chemins de fer (Linien-Kommission), composée d’officiers supérieurs de tous les états-majors de corps d’armée, devait se réunir prochainement à Wilhelmshöhe, pour prendre d’importante décisions concernant le transport des troupes en cas de guerre ». Il s’agit, sans doute ici, de la conférence tenue annuellement par des officiers d’état-major, pour mettre à jour le plan de transport des troupes ».

 

Mercredi 26 février 1879

Allemagne, armée : Deuil général, prescrit aux officiers de l’armée pour la mort du maréchal de Roon.

Une revue militaire française nous livre ces informations : « Le Feld-maréchal de Roon est mort le 23 février 1879. Le lendemain, rendant un suprême hommage aux mânes de celui qui « forgea le glaive » auquel le Roi de Prusse doit la couronne impériale, l’Empereur Guillaume adressait, au général von Kameke, l’ordre de cabinet suivant : « Je remplis avec mon armée un devoir de reconnaissance, en prescrivant ce qui suit, pour honorer la mémoire du général feld-maréchal comte de Roon, décédé dans la journée d’hier, après avoir rendu de si éminents services :

1° Tous les officiers de l’armée porteront, à son intention, à partir du 26 courant, et pendant huit jours, une crêpe à l’avant-bras gauche ;

2° Ce deuil durera dix jours, pour les officiers du régiment de fusiliers de la Prusse orientale n°33 ;

3° Il durera quatorze jours, pour les officiers du ministère de la guerre, auquel celui qui n’est plus, a particulièrement attaché son nom, en des temps fort agités.

Le ministre de la guerre est chargé de faire, à cet effet, les notifications nécessaires. Berlin, le 24 février 1879. Guillaume ».

La carrière militaire du feld-maréchal de Roon est résumée, dans la National-Zeitung du 24 février 1879, de la manière suivante : « Albert de Roon naquit, le 30 avril 1803, à Pleushagen, près de Kolberg ; il fit son éducation aux Ecoles des Cadets de Kulm (1816) et de Berlin (1818), et entra comme officier, en 1821, dans le 14e régiment d’infanterie. Désigné pour suivre les cours de l’Ecole de guerre (1824-1827), il s’adonna à l’étude des sciences militaires, et particulièrement à celle de la géographie. En 1827, il devint instructeur et, en 1829, professeur à l’Ecole des cadets de Berlin. Sur les conseils du célèbre géographe Charles Ritter, son maître, il publia avec grand succès ses “Principes élémentaires de la connaissance de la Terre”, ouvrage qui, sous la désignation de “Petit Roon”, lui valut une popularité bien méritée. Pendant les années 1833-35, il fut employé aux travaux topographiques de l’état-major général ; en 1835, il devint professeur à l’Ecole de guerre ; en 1836, il passa comme capitaine au grand Etat-major général et fut nommé membre de la commission militaire supérieure d’examens. Il travaillait alors à son ouvrage capital, qui parut en trois volumes, pendant les années 1837 à 1840, sous le titre : “Principes de la connaissance de la Terre, des Peuples et des Etats”. On lui doit encore une “Description militaire de l’Europe” (1837) et une étude de géographie militaire intitulée : “La presqu’île ibérique” (1839). Nommé major en 1842, il passa à l’état-major général du 7e corps, fut rappelé dès 1843, à Berlin, et devint le précepteur militaire du prince Frédéric-Charles, qu’il accompagna à l’Université de Bonn, et, plus tard, dans ses voyages en Italie et en France. En 1848, chef d’état-major général du 8e corps d’armée, il prit part, en cette qualité, à la campagne de 1849 dans le grand-duché de Bade. Lieutenant-colonel et commandant du 33e régiment d’infanterie en 1850, colonel en 1851, il obtint, en 1856, celui de la 14e division d’infanterie à Düsseldorf. Un mémoire qu’il rédigea en 1858, sur les Imperfections de l’organisation défensive et sur les améliorations indispensables qu’elle exigeait, attira particulièrement du prince-régent, et eut une influence décisive sur la suite de sa carrière. Nommé général-lieutenant en mai 1859, M. de Roon fut appelé à faire partie de la commission de réorganisation de l’armée, et lorsque le ministre, général de Bonïn, ne partageant pas toutes les idées de la commission, se fut retiré, le général de Roon devint ministre de la guerre le 5 décembre 1859, et, le 16 avril 1861, cumula ses fonctions avec celles de ministre de la marine. La résolution avec laquelle le général von Roon engagea la lutte pour cette réorganisation de l’armée, que l’Empereur et Roi a dit tant de fois être l’œuvre propre de son ministre, le rendit particulièrement cher à son souverain. A la Chambre des députés, qui ne pouvait se défendre de rendre justice à la compétence, à la droiture de caractère et à l’énergie de son adversaire, les paroles très dures qui échappaient parfois au général causèrent de vives émotions et même de bruyants conflits. Plus tard, quand le général eut acquis l’habitude de la tribune, il devint un des premiers orateurs du Parlement. C’était l’aire des conflits, qu’il ne prit fin qu’avec la guerre de 1866 ; le général von Roon put alors s’appuyer sur les succès de cette campagne pour démontrer le bien-fondé de ses projets de réorganisation. Pour le récompenser, le Roi nomma le général von Roon, qui l’avait accompagné pendant la campagne, général d’infanterie, le 8 juin 1866, lui conféra l’ordre de l’Aigle Noir, et le Parlement le comprit dans la liste des généraux qui devaient recevoir des dotations. Le ministre de la guerre accompagna également le Roi pendant la guerre de 1870, et c’est à Versailles, le 9 janvier 1871, qu’il fêta son jubilé militaire (50e année de service). A sa rentrée en Allemagne, l’Empereur et Roi conféra an général de Roon le titre de comte et lui fit une nouvelle dotation. Le 31 décembre 1871, le comte von Roon cessa d’être ministre de la marine. Lorsque le prince de Bismarck déposa momentanément les sceaux de l’Empire, le comte von Roon fut nommé le 1er janvier 1873 général-feldmaréchal et président du conseil des ministres de Prusse, et le général von Kameke le remplaça au ministère de la guerre. L’Empereur, s’adressant le 1er janvier au chancelier de l’Empire, lui dit : “J’ai dû prendre à votre égard des mesures qui me coûtent beaucoup, mais elles étaient nécessaires pour que pusse vous garder”. Il en est de même pour vous, continua-t-il en se tournant vers le comte von Roon. Ce nouvel emploi fut de courte durée… L’état de santé du comte von Roon l’obligea à demander le repos qu’il obtint le 9 novembre 1873, par une lettre où le Roi se plaisait à relever encore une fois les services rendus par son ministre… La National-Zeitung termine sa notice nécrologique par les lignes suivantes : « Avec l’organisateur de notre victorieuse armée, descend dans la tombe le premier de cette pléiade d’hommes qui ont fait la grandeur de l’Empire allemand. Son souvenir vivra éternellement dans l’histoire et dans la mémoire du peuple prussien. La perte du feld-maréchal comte von Roon sera vivement ressentie sur tous les points du globe où habitent des Allemands ».

 

Samedi 1er mars 1879

Allemagne, AlsaceèLorraine : Ouverture de la ligne Deux-Ponts-Sarreguemines.

Une revue militaire française nous a livré cet article : « A la date du 1er avril 1879, on vient d’ouvrir au service des voyageurs la ligne Deux-Ponts-Sarreguemines qui était exploitée, depuis le 1er mars 1879, pour le trafic des marchandises seulement. Ce chemin de fer se détache, à l’est de Sarreguemines, de la ligne de Haguenau, suit la vallée de la Blies, d’où son nom de Bliesthalbahn, et rejoint Laufkirchen, le réseau du Palatinat bavarois, qu’il relie ainsi aux lignes de la Lorraine. Nous avions déjà publié le développement des chemins de fer allemands en Alsace-Lorraine au point de vue militaire, d’après des documents allemands, l’importance stratégique de cette nouvelle section, qui appartient à une grande diagonale dirigée presque en ligne droite de Mayence sur Sarreguemines, Sarralbe et Château-Salins ; elle est destinée à former, avec la ligne Sarralbe-Château-Salins actuellement en construction, « une nouvelle communication indépendante et qui sera en même temps la plus courte et la plus commode, entre le Palatinat et le sud-ouest de la Lorraine ». On sait, d’ailleurs, que la nouvelle voie ferrée sera reliée, sans passer par Sarreguemines, à la ligne Sarreguemines-Sarralbe, au moyen d’un raccordement exécuté pour l’Etat ».

 

Jeudi 6 mars 1879

Allemagne, Alsace-Lorraine : Manœuvres royales du XVe corps d’armée en 1879.

Une revue militaire française a publié cet article : « La Straßburger-Zeitung publie dans son numéro du 6 mars 1879, les renseignements qui suivent sur les manœuvres que le XVe corps doit exécuter cette année devant l’Empereur : « Strasbourg, le 5 mars 1879. L’arrivée de l’Empereur pour assister aux manœuvres d’automne du XVe corps d’armée, est fixée au 18 septembre 1879. Son quartier général sera établi à la préfecture. L’Empereur retournera à Berlin le 24 septembre 1879, après avoir séjourné pendant cinq jours à Strasbourg. Le 19 septembre aura lieu la grande parade, à laquelle prendront part toutes les troupes du corps d’armée, formant un total de dix régiments d’infanterie (y compris la brigade bavaroise), huit régiments de cavalerie, un bataillon de chasseurs, un régiment d’artillerie de campagne, un régiment d’artillerie à pied, un bataillon de pionniers et bataillon du train. On choisira probablement, pour la grande parade, le terrain situé derrière la chaîne de collines de Hansberg, entre les forts et la ville ». D’autre part, la Deutsche Heeres-Zeitung donnait, à la date du 15 février 1879, relativement au théâtre des manœuvres, de premières indications que nous reproduisons ci-après : « … On présume que le terrain des manœuvres sera celui qui avait déjà été choisi pour les manœuvres de l’année dernière (la ligne Hochfelden – Willgotheim – Marlenheim). Dans le voisinage de Strasbourg aurait lieu seulement la grande parade impériale et la manœuvre de corps contre un ennemi marqué, celle-ci toutefois dans la direction de Marlenheim ».

Nouvelles militaires. Empire allemand. Dates des manœuvres royales en 1879.

Une revue militaire française a publié cet article : « La Metzer-Zeitung du 6 mars 1879 contient les indications sur les grandes manœuvres d’automne : « L’emploi du temps, pendant les manœuvres d’automne de cette année, vient d’être réglé ; les manœuvres du Ier corps auront lieu du 5 au 9 septembre 1879, celles du IIème corps, du 12 au 16, enfin celles du XVème corps, du 19 au 23 septembre 1879. L’Empereur arrivera à Strasbourg le 18 septembre 1879. Les manœuvres de trois corps d’armée commenceront par une grande parade, et les six jours consacrés aux exercices comprendront un jour de repos, placé entre les manœuvres de corps d’armée et celles de division ».

 

Mercredi 19 mars 1879

Allemagne, armée : Fabrique de conserves militaires de Mayence (Mainz).

Une revue militaire a publié cet article sur la fabrique de conserves militaires de Mayence : « La Revue a signalé, à plusieurs reprises déjà, les travaux entrepris à Mayence pour la création d’une fabrique spéciale de conserves alimentaires. La correspondance suivante, extraite de la Deutsche Heeres-Zeitung du 19 mars 1879, complète, au point de vue du fonctionnement et des aménagements de ce grand établissement, les renseignements déjà connus du lecteur. « En vertu des ordres du ministre de la guerre de Prusse, la fabrique royale de conserves entrera en pleine activité à dater du 1er mai prochain, attendu que les moulins fonctionnent avec avantage depuis deux ans déjà. Les produits se composeront d’abord de conserves de viande et de préparation de soupes, que la fabrique livre en cylindres comprimés et recouverts d’une feuille de zinc. De cette façon on arrive, selon la Gazette de Cologne, à une simplification considérable. Le nombre de rations fabriquées journellement sera de 20 à 26 000, que les corps de troupe de l’armée prussienne sont seuls appelés jusqu’ici à recevoir et à consommer. Il ne sera pas sans intérêt de compléter aujourd’hui les renseignements donnés antérieurement déjà sur l’installation intérieure de l’établissement important créé en vue d’assurer et de modifier le service des subsistances militaires et, par suite, de contribuer à la valeur physique et à la mobilité des armées. Le moulin se compose de neuf paires de meules, des meilleures pierres de France, dont sept paires fixes et deux portatives. Elles font les moulures habituelles, décortiquent et moudent aussi les légumes secs, etc. Les appareils mécaniques accessoires comportent toutes les machines auxiliaires en usage, comme les tire-sacs qui font passer les céréales de la cour dans les greniers disposés au-dessus du moulin ; des engins mécaniques destinés à pelleter et à nettoyer le grain, des propulseurs mécaniques pour l’amener dans les meules, pour conduire la mouture dans les magasins à farine, etc. Près de ces derniers se trouvent huit fours continuellement chauffés à la vapeur, pourvus de pétrins, etc., et une boulangerie organisée pour la fabrication du biscuit. De grande bassines à échauder, un puissant condensateur en cuivre martelé, quatre grandes chaudières pour la cuisson des viandes et des légumes de conserve, des machines à hacher et à couper de bonne construction, de grands chaudrons en cuivre hermétiquement clos, des presses et des machines à mélanger, forment les principaux appareils des divers ateliers auxquelles en est annexé un autre destiné à la confection des tablettes de café. (Les grains, après avoir été torréfiés dans de grands brûloirs cylindriques, sont moulus en poudre et puis mis en tablette sous une presse). Des machines à transporter relient ces divers locaux avec les salles d’emballage et d’arrivage situées au-dessus. L’abattoir pour le gros bétail est établi dans un bâtiment spécial faisant saillie sur la façade ouest. Le sol est recouvert d’une couche d’asphalte, les murs sont revêtus de pierre polies, et tous les autres aménagements sont établis d’après les modèles les meilleurs et les plus récents. Deux grandes ouvertures supérieures laissent arriver la lumière du jour. Une cave destinée à conserver les approvisionnements de viande est située immédiatement au-dessous ; elle communique avec les glacières du bâtiment principal. Deux grandes machines à vapeur fournissent la force motrice, la vapeur pour le chauffage des locaux et des machines, la force nécessaire à l’alimentation des conduites d’eau qui circulent en tout sens dans les bâtiments. Celles-ci se rattachent aux points où elles cessent d’être utilisées à un système de canalisation ramifié également dans tout le bâtiment et qui déverse toutes les eaux impures de la fabrique, à l’aide d’un grand tuyau de conduite, directement dans le Rhin. Une usine à gaz pour l’éclairage, le grand bâtiment construit au nord et qui renferme l’administration et les bureaux, enfin les étables pour le bétail, composent les autres bâtiments de cet important établissement. Jusqu’ici un peu plus de la moitié seulement des terrains acquis est couvert de constructions, l’autre moitié est destinée à recevoir cinquante logements d’ouvriers ». Remarque : les conserves et les soupes sous forme de poudres concentrées étaient à cette époque une nouveauté et pour l’armée un formidable moyen de simplifier le ravitaillement pendant les phases de combat et d’alléger la charge du fantassin.

 

Lundi 24 mars 1879

Allemagne, places fortes : Réseau télégraphique souterrain.

Une revue militaire française nous livré cet article : « Dans son numéro du 6 février 1879, la Gazette d’Augsbourg donnait les indications suivantes, au sujet des sommes qui sont affectées aux travaux du réseau télégraphique souterrain dans le budget 1879-80 : « Pour la seconde et dernière allocation de fonds destinés à l’exécution de la ligne souterraine de Hambourg à Emden et Wilhelmshaven, en passant par Brême et Oldenbourg, on trouve 2 866 000 marks (ainsi, 1 066 000 marks de plus que l’année précédente) ; pour la ligne souterraine de Brême à Bremerhaven, 340 000 marks ; pour celles de Strasbourg à Metz, de Berlin à Breslau, en passant par Müncheberg, de Berlin à Müncheberg (en vue d’une prolongation ultérieure sur Posen et Thorn), et enfin pour la ligne de Berlin à Stettin (qui sera prolongée jusqu’à Königsberg par Colberg et Dantzig), 1 830 000 marks. La Gazette d’Allemagne du Nord a fait connaître, dans son numéro du 24 mars 1879, que le Reichstag a voté à une faible majorité les propositions du gouvernement énumérées ci-dessus ».

 

Jeudi 1er mai 1879

Allemagne, Metz place forte : Garnison des forts de Metz.

Une revue militaire française a livré ces informations : « Le Soldaten-Freund donne, dans sa livraison du mois de mai 1879, les indications suivantes au sujet de l’occupation, en temps de paix, des forts qui entourent la ville de Metz : « Les forts détachés ont, en temps de paix, une garnison permanente composée d’infanterie et d’artillerie à pied ; il y a environ 4 350 hommes de troupe logés dans les casernes des forts. Les détachements qui constituent ces garnisons sont relevés tous les six mois ; chaque régiment occupe des forts déterminés où ses bataillons se succèdent à tour de rôle. Au fort Prince Auguste de Wurtemberg (Saint-Privat), il n’y a que 3 compagnies du 45° régiment ; la 4° compagnie doit être installée, près du grand champ de manœuvres, au château de Frescaty acheté l’année dernière, aussitôt que les travaux nécessaires pour y organiser un casernement seront terminés. Le fort Kameke (Woippy) n’est actuellement occupé que par un poste, mais il ne tardera pas à recevoir une garnison permanente. C’est le 1er mai 1879 que les troupes casernées dans les forts ont été relevées ».

Allemagne, Strasbourg place forte : La défense de Strasbourg.

Une revue militaire française nous a livré ces informations : « Sous ce titre, l’Express de Mulhouse publie dans son numéro du 1er mai 1879, sur l’organisation défensive de Strasbourg, quelques considérations qu’elle termine par l’évaluation suivante de la garnison de guerre de cette place : « Avec les forts qui entourent Strasbourg, avec les nouveaux ouvrages, les nouveaux fossés, les bastions plats et les abris dont son enceinte a été garnie, cette ville, d’après la Badische Landes-Zeitung, peut être considérée désormais comme imprenable , si l’effectif de défense est porté à 35 000 hommes d’infanterie, 1 300 chevaux, 40 pièces de campagne, 7 000 hommes d’artillerie, 1 000 pionniers, et 900 à 1 000 pièces d’artillerie de siège ».

 

Samedi 7 juin 1879

Allemagne, armée : Les manœuvres d’attaque et de défense des places de l’artillerie à pied allemande.

Une revue militaire française nous livre les informations suivantes : « En 1878, l’artillerie à pied allemande n’a pas été jusqu’ici appelée à prendre part aux grandes manœuvres de campagne ; elle exécute cependant, pour son propre compte, des exercices spéciaux d’attaques et de défense des places qui sont, comme dans les autres armes, le couronnement de l’instruction annuelle…… Mais l’occasion ne s’était pas présentée d’entrer dans quelques détails sur l’exécution de semblables manœuvres ; cette occasion nous est aujourd’hui offerte par un article que consacre à l’artillerie de siège et de place le cinquième volume, récemment paru, des Jahresberichte, de Löbell, publication intéressante, à laquelle nous avons l’habitude de faire annuellement quelques emprunts. En raison de l’utilité que ses renseignements nous ont paru présenter, nous croyons devoir reproduire intégralement la partie de l’article dans laquelle est traité ce sujet : « Bien que deux années se soient déjà écoulées depuis la publication de notre dernier compte rendu relatif à l’artillerie de siège et de place, nous sommes obligés de reconnaître, en considérant les progrès réalisés dans cette branche de l’arme, que les résultats acquis, pendant ce laps de temps, sont encore moins considérables que ceux naguère signalés par nous. Les raisons de ce fait sont absolument les mêmes qu’à cette époque ; dans les artilleries de toutes les armées, la question du matériel prime toutes les autres et la construction d’un matériel réalisant les conditions qu’impose aujourd’hui la puissance des armes à feu entraîne à des dépenses si considérables que les questions d’organisation et d’instruction du personnel doivent être provisoirement tenues au second plan. Ajoutons enfin que, pour réaliser des progrès sous ce dernier rapport, il faut de nouveaux et sérieux sacrifices pécuniaires qu’il est impossible de faire en ce moment, vu le mode actuel de répartition des crédits. Malgré tout, l’Allemagne a obtenu des résultats remarquables sur ce terrain, négligé au contraire et, pour ainsi dire, encore en friche dans les autres Etats, soit que la guerre absorbât toutes les facultés de l’armée, comme en Russie, en Autriche et en Angleterre, soit que, motif plus puissant encore, les questions concernant l’organisation de l’armée tout entière fussent l’objet des premières préoccupations, comme en France, en Italie et en Espagne. Pour l’Allemagne, nous pouvons, tout d’abord, constater, en jetant un coup d’œil sur l’année écoulée, que les manœuvres d’attaque et de défense des places ont reçu une extension considérable ; d’ailleurs, depuis la séparation de l’artillerie à pied et de l’artillerie de campagne, ces manœuvres ont été, chaque année, exécutées par la première de ces deux armes sur une échelle de plus en plus grande et ont pris des proportions dont l’artillerie autrichienne seule jusqu’ici a pu se rapprocher, sans cependant les atteindre. Dans les années précédentes, les compagnies ou les bataillons de l’artillerie à pied commençaient pour opérer isolément dans les places fortes où ils tiennent garnison, puis on terminait par un exercice d’armement « Armirungsübung » dans lequel un bataillon se bornait à figurer l’assaillant, tandis que l’autre, renforcé par les hommes du premier, était chargé de la défense et exécutait réellement certains travaux d’armement de la place. L’année dernière ont eu lieu, en dehors des exercices dont il vient d’être question, trois grandes manœuvres d’attaque et de défense des places qui avaient pour but de préparer mieux encore l’artillerie à pied au rôle qu’elle est appelée à jouer en temps de guerre et de fournir, en outre, des données pratiques sur le service de cette arme et sur l’emploi du matériel. Par opposition aux exercices exécutés à Strasbourg, dont on a parlé dans un précédent chapitre, ces manœuvres embrassaient tout spécialement la partie de l’attaque et de la défense des places, qui est du ressort particulier de l’artillerie ».

L’auteur fait ici allusion aux exercices d’attaque et de défense des places qui ont eu lieu l’année dernière à Strasbourg, sous la forme d’un voyage d’état-major. Comme l’auteur insiste à propos de ces exercices, sur la nécessité d’exécuter, d’une façon analogue aux manœuvres de campagne, de grandes manœuvres de siège, auxquelles prendraient part toutes les armes, il a paru intéressant de mettre sous les yeux de nos lecteur le passage qu’il consacre à ce sujet dans le chapitre relatif à la tactique de la guerre de siège : « Nous croyons devoir, en terminant, appeler sur les exercices pratiques d’attaque et de défense des places qui ont été exécutés à Strasbourg, dans le courant de l’année dernière, bien que très peu de renseignements à ce sujet aient été jusqu’ici publiés. Ces exercices, qui témoignent de l’importance, bien méritée d’ailleurs, que l’on attache à cette question, ont eu lieu sous la direction du général Verdy du Vernois, et avec la participation d’un grand nombre d’officiers des plus hauts grades. Comme l’on sait, ils ont présenté le caractère d’un voyage d’état-major et, sans en connaître les détails d’exécution, on peut affirmer qu’ils ont prouvé la nécessité de ne pas s’arrêter dans cette voie et qu’en conséquence ce premier pas sera suivi de beaucoup d'autres. Nous croyons que le temps n’est pas éloigné où l’on exécutera, sur le modèle des manœuvres de campagne, de grandes manœuvres d’attaque et de défense des places, de manière à former des chefs capables de diriger de semblables opérations. Ce résultat n’a jusqu’ici été atteint ni par les exercices exécutés annuellement par les garnisons des places fortes, ni par les manœuvres spéciales des pionniers et de l’artillerie à pied, bien que, dans ces dernières années, celles-ci aient reçu une grande extension. Il faut absolument aborder de plus près le côté pratique de la question pour voir clairement quel organisme immense et compliqué représente une grande place pourvue de tout son armement, quelles exigences s’imposent à eux qui sont chargés de conduire la défense et quels secours ces derniers peuvent trouver dans la présence d’officiers d’état-major compétents, dans la création d’états-majors en nombre suffisant et dans une organisation judicieuse des différentes branches du service. Quoi qu’il en soit, nous comptons que de semblables manœuvres contribueront à hâter l’heure où satisfaction complète sera donnée au vœu tant de fois exprimé par nous au sujet de la guerre de siège qui réclame, à notre avis, une sérieuse préparation, analogue à celle de la guerre de campagne, et nous avons l’espoir que l’armée tout entière prendra de plus en plus intérêt aux questions relatives et à la défense des places ».

A Posen et Custrin on s’était proposé, en premier lieu, d’exécuter réellement et le transport du matériel de siège, opérations que l’on n’avait jamais, jusqu’alors, entreprises dans les manœuvres annuelles. Un exercice de ce genre permettait tout d’abord de réunir des données pratiques sur l’embarquement des différentes parties constitutives d’un équipage de siège, sur leur transport par les voies ferrées et par les voies ordinaires, ainsi que sur l’utilité d’un certain nombre de voitures, engins, etc.…, adoptés depuis la dernière guerre ; il était en même temps destiné à montrer comment seraient organisés le service d’état-major de l’artillerie devant une place assiégée et celui des troupes d’artillerie à pied dans le par cet les batteries. D’un autre côté, la défense reçut un développement qu’elle n’avait jamais eu jusqu’alors ; on construisit des batteries-annexes ; on organisa le service dans ces batteries ainsi que dans les batteries intermédiaires (Les batteries-annexes sont des batteries situées dans le voisinage immédiat d’un ouvrage permanent dont elles sont une dépendance, tandis que les batteries intermédiaires sont des batteries analogues aux batteries de siège construites dans les intervalles des forts) et l’on s’occupa surtout de l’installation des postes d’observation. Dans beaucoup de cas, on se servit utilement du téléphone, dans d’autres on fit usage de sémaphores transmettant des signaux correspondant à l’alphabet Morse et visibles jusqu’à 3 000 mètres à l’aide d’une lunette.

Pour les manœuvres exécutées à Custrin, on supposa qu’un équipage de siège moyen de 200 bouches à feu était mobilisé ; en réalité, on employa seulement le matériel suivant : 6 canons de 12 c., 6 canons de 15 c. courts, 6 canons de 15 c. frettés, 4 mortiers rayés de 21 c., avec tous leurs accessoires et un approvisionnement en munitions de 200 coups par pièces. On mobilisa, en outre, une demi-colonne de parc. Tout ce matériel fut transporté par les voies ferrées jusqu’à la station de Furstenfelde, et, de là, par les voies ordinaires, au parc de siège installé près de Zorndorf. Le premier échelon de la première position d’artillerie fut établi dans une très bonne situation sur les hauteurs de Tamsel. On put utiliser une dépression de terrain qu’il n’était pas possible d’apercevoir des clochers de la ville, ce qui permit d’exécuter la construction des batteries pendant le jour. Au moyen de postes d’observation organisés à l’une des ailes de la ligne de batteries, à 200 mètres environ en avant de cette ligne, on aurait pu très facilement se rendre compte de l’effet du tir. En ce qui concerne les données pratiques, ces manœuvres montrèrent que l’embarquement et le débarquement du matériel n’offre aucune difficulté et que les rampes en fer récemment adoptées rendent d’excellents services ; on constata une fois de plus, à ce propos, qu’il est plus facile d’opérer l’embarquement par le petit côté des trucs que par leur grand côté. Le transport par les voies ordinaires des bouches à feu de gros calibre, montées sur leurs affûts, ou placées sur des chariots porte-corps, ne présenta également aucune difficulté ; même par des chemins assez mauvais, ces transports purent être effectués sans encombre à l’aide de six chevaux et de seize à vingt hommes tirant sur un cordage. On peut conclure de là que, dans les cas où il est nécessaire pour la bonne exécution du tir, d’installer des bouches à feu de gros calibre à une certaine distance de bonnes routes, il ne fait pas craindre de le faire ; on devra néanmoins s’en abstenir, en principe, lorsque les circonstances le permettront. Les voitures en fer adoptées depuis la dernière guerre pour le transport des munitions ont donné lieu, pendant les manœuvres, à quelques critiques, bien qu’avant leur adoption ces voitures aient été soumises à des épreuves très sérieuses dans lesquelles elles s’étaient très bien comportées lorsqu’elles n’étaient pas surchargées.

Les manœuvres du même genre, exécutées à Posen et à Coblence, ont eu lieu sur une plus grande échelle ; dans chacune d’elles, un régiment d’artillerie à pied avait été désigné pour l’attaque et un autre pour la défense.

A Cologne, deux lignes de chemins de fer (Trèves – Coblence - Sechtem et Trèves - Euskirchen) avaient été mises à la disposition de l’assaillant ; cependant, la navigation du Rhin était supposée interrompue par des estacades. L’attaque était dirigée sur trois forts et sur les quatre ouvrages intermédiaires qui en dépendent. Le terrain, plat en général, présentait cependant quelques dépressions, parfois assez larges, qui s’étendant dans une direction à peu près parallèle à la route de ceinture des forts, étaient éminemment propres à dérober à la vue du défenseur les rassemblements et les mouvements de troupe, ainsi que la construction des batteries et l’installation des dépôts. Des villages et des fermes, en nombre suffisant, permettaient au défenseur de cantonner ses troupes sans la moindre difficulté et étaient, en outre, d’un grand secours pour l’exécution du siège. Le sol était partout très meuble et se prêtait parfaitement à la construction des batteries ; en aucun point on ne craignait de rencontrer de l’eau. Le terrain des attaques était également assez favorable pour l’organisation des communications ; car nulle part, on n’était sérieusement arrêté par des cours d’eau et, de plus, quelques très bonnes routes traversaient ce terrain ou y conduisaient. Toutefois, les chemins communaux existants s’étendaient sur un sol argileux et, par la pluie, devenaient en partie peu praticables. La station de débarquement (Sechtem) avait été choisie de façon à obliger à parcourir, par les voies ordinaires, un asse long trajet pour arriver au parc de siège ; il existait un emplacement excellent pour ce dernier auprès du château de Bruhl ; on préféra cependant l’installer un peu plus en arrière, près de Badorf, à un mille environ des ouvrages de la place. Le transport du matériel, du parc aux batteries, ne présenta aucune difficulté ; toutefois, on doit dire que le temps fut favorable et que le sol était résistant. Après avoir repoussé, le 13 août 1879, une sortie de la garnison et forcé le défenseur à évacuer ses batteries avancées, on entreprit la construction des batteries de premières positions d’artillerie, qui ouvrirent le feu le 15 au matin. Le 18, on réussit à établir la première parallèle, ainsi que les batteries de la deuxième position d’artillerie ; on fut, dès lors, en état d’entamer la lutte décisive d’artillerie. Du côté de la défense, on devait supposer la place complètement en état de soutenir un siège et, au moment de l’arrivée de l’ennemi, on avait terminé l’organisation de la première ligne d’artillerie. Comme bouches à feu, le défenseur disposait, en dehors de celles qui composaient l’armement des ouvrages attaqués, de plus de 100 pièces, dont la plupart étaient des canons de 12 cm, de la réserve générale d’artillerie ; toutefois, il lui était interdit d’utiliser les bouches à feu des fronts non attaqués. En fait de troupes d’artillerie à pied, la garnison était supposée comprendre deux régiments de ligne et six bataillons de Landwehr ; on put constater, dans le cours de la manœuvre, que ces chiffres n’étaient, en aucune façon, trop élevés. En réalité, il n’y avait que deux bataillons de guerre. Les forts à défendre étaient construits d’après les types les plus nouveaux ; ils possédaient tous des abris nécessaires pour les hommes, les munitions, etc. ; il est regrettable que les troupes n’y aient pas réellement été installées et n’aient pu, par suite, s’y établir comme elles l’auraient fait en temps de guerre. Au lieu de cela, elles étaient cantonnées dans les villages et avaient souvent un chemin assez long à parcourir pour atteindre le point où s’exécutaient les travaux. Le front d’attaque était divisé en deux secteurs, commandés chacun par un officier supérieur ; un troisième officier supérieur avait, d’ailleurs, le commandement du fort sur lequel était dirigé l’attaque principale. Le premier officier d’artillerie de la place remplissait les fonctions de chef d’état-major auprès du commandant supérieur de la défense, tandis que le deuxième officier d’artillerie avait le commandement du dépôt d’artillerie. De plus, un officier avait le commandement de la réserve générale d’artillerie ; un autre était chargé du service des renseignements, un troisième avait pour mission d’installer un observatoire sur un clocher et d’organiser, à l’aide de fanions, un service de signaux entre le parc et les différents ouvrages de la place. Comme on ne pouvait utiliser une ligne télégraphique souterraine, on mit à la disposition du défenseur un détachement de télégraphie de campagne.

Le 10 et 12 août 1879, le défenseur occupa sa première ligne d’artillerie et y exécuta les travaux d’armement nécessaires. Le transport et la mise en batterie des bouches à feu se firent sans difficultés, excepté cependant pour les canons de 15 cm longs, frettés, montés sur affûts de côte, que l’on eu quelque peine à installer sur les plates-formes permanentes construites pour les recevoir. En outre, on mit en état de d’être immédiatement utilisées, les bouches à feu des réserves générales ; enfin, les avant-postes ayant été poussés jusqu’à 2 000 mètres en avant des forts, on construisit des batteries afin de pouvoir se maintenir sur ce terrain. Comme il avait été décidé que les autres troupes de la garnison pourraient prendre part aux manœuvres pendant les premiers jours, on entreprit une sortie le 13 août. Grâce aux renseignements recueillis dans cette sortie, bien qu’elle ait été repoussée, ainsi qu’à ceux fournis par les patrouilles et les observatoires, le défenseur crut être suffisamment fixé au sujet du front d’attaque choisi par l’assaillant ; aussi l’ordre fut-il immédiatement donné d’organiser quelques batteries annexes et de faire les préparatifs nécessaires pour la construction de quatre batteries intermédiaires. Toutefois, afin de ne plus laisser subsister de doute à cet égard, on exécuta le 14 au soir, une nouvelle sortie pendant laquelle on remarqua, du côté de l’ennemi, des transports de bouches à feu et de munitions. On procéda aussitôt à la construction et à l’armement des batteries intermédiaires ; l’assaillant réussit cependant, malgré le tir dirigé sur ses communications et sur les emplacements de ses batteries, à ouvrir le feu le lendemain au matin. Le commandant supérieur de la défense établit, à l’aide des renseignements recueillis sur la position des troupes de batteries ennemies, un plan directeur sur lequel ces batteries étaient reportées ; pour compléter ces indications, il envoyait, chaque jour, un ordre relatif a l’exécution du feu aux commandants de secteurs qui étaient autorisés, en cas de besoin, à y apporter les modifications qu’ils jugeraient utiles.

Pour renforcer sa première ligne d’artillerie, le défenseur fit successivement entrer en action onze batteries intermédiaires ; malgré tout, le 17 au matin, l’assaillant ouvrit le feu des batteries du deuxième échelon de sa première position d’artillerie et organisa, peu après, sa deuxième position ; le défenseur lui répondit alors, en construisant quelques nouvelles batteries annexes et intermédiaires de sorte que, le 19, il existait, sur le front d’attaque, 7 batteries annexes avec 38 bouches à feu de gros et de moyen calibres et 17 batteries intermédiaires avec 98 bouches à feu de moyen calibre ; en outre, l’armement des forts avait été renforcé par des canons de 15 cm courts et par des mortiers lisses de gros calibre. En ce moment, la manœuvre avait pris, du côté de la défense, une extension telle, que le personnel et le matériel dont on disposait, ne suffisaient plus pour l’exécution pratique et que l’on dut se contenter de marquer sur le terrain l’emplacement d’un grand nombre de travaux, ou même de les indiquer simplement sur le papier. Le 20 août 1879 eut lieu le combat d’artillerie proprement dit ; la plus lourde tâche, qui jusqu’alors avait incombé à la troupe, retombait maintenant sur les états-majors qui durent s’occuper de la transmission des ordres et des rapports, du renouvellement des munitions, de la confection et de la distribution des croquis, de l’exécution des reconnaissances, etc. Les mesures prises ultérieurement, qui, ainsi qu’on l’a fait observer, ne sortirent pas pour la plupart de la théorie, n’ont pas paru par cela même présenter un intérêt suffisant pour trouver place dans ce compte-rendu.

En terminant cet aperçu, nous croyons devoir insister encore sur quelques points au sujet desquels les manœuvres ont, une fois de plus, confirmé les idées que nous avons toujours exprimées. Nous mettrons en première ligne la nécessité d’une bonne préparation pour les différents éléments constitutifs des formations de guerre. Aussi bien pour les garnisons des places fortes que pour les corps de siège, il est nécessaire de songer, dès le temps de paix, à l’organisation des états-majors qui leur sont nécessaires et de préparer ces états-majors au rôle qu’ils sont appelés à jouer en temps de guerre, de façon qu’ils puissent, le moment venu, le remplir immédiatement, sans la moindre hésitation. En cas contraire, on s’expose à bien des mécomptes ; on a eu un exemple, pendant la dernière campagne, au siège de Strasbourg.

Dans un ordre d’idées différent, les manœuvres ont montré les bons résultats obtenus par la séparation partielle de l’administration et du service des troupes et prouvé, en même temps, l’utilité de la rendre plus complète encore, car jusqu’ici les officiers d’artillerie des places avaient non seulement pour mission de diriger l’emploi tactique de l’artillerie, mais ils étaient également chargés de l’administration du matériel, et, de l’autre côté, les brigades d’artillerie à pied ont maintenant encore sous leurs ordres non – seulement des corps de troupes, mais aussi un grand nombre de dépôts d’artillerie.

En ce qui concerne l’artillerie de siège, on put constater une fois de plus que les préparatifs pour sa mise en œuvre prennent toujours beaucoup de temps et qu’en conséquence, avec le cours rapide des guerres modernes, il est nécessaire de les commencer aussitôt que possible si l’on veut faire agir cette arme en temps opportun. Un vice d’organisation que nous avons déjà signalé consiste en ce que l’artillerie à pied qui, en temps de guerre, doit toujours employer des chevaux, n’a actuellement aucune occasion, en temps de paix, d’apprendre à s’en servir, et ne possède pas déjà un certain nombre de chevaux à son effectif au moment où elle passe du pied de paix au pied de guerre. Les manœuvres ont également fait ressortir les difficultés que l’on rencontre à monter les officiers, et cependant l’expérience prouve qu’il est indispensable, en cas de guerre, de donner des chevaux aux officiers et à quelques sous-officiers. En outre, on a pu se convaincre que le transport des bouches à feu est singulièrement facilité si l’on dispose, au moins pour les gros calibres, de bons chevaux de trait des races les plus fortes ; c’est ainsi que dans les manœuvres, deux de ces chevaux suffisaient pour traîner sur des routes bien entretenues une pièce de 15 cm frettée, et que quatre d’entre eux étaient capables, même dans des terrains mous, d’enlever une semblable pièce à une allure vive.

Il ne nous reste plus maintenant qu’à signaler une mesure qui aujourd’hui a une grande importance pour l’artillerie de siège et de place, et qui, pour ce motif, a déjà été prise en sérieuse considération dans l’établissement des polygones, mais n’a pu être appliquée, pendant les manœuvres à cause des dégâts qui en résulteraient pour les cultures. Nous voulons parler de l’installation de voies ferrées conduisant des parcs et des dépôts aux batteries, et capables de rendre de grands services pour les opérations de l’armement et surtout pour le réapprovisionnement en munitions. Bien que de semblables voies ne puissent être employées partout et qu’on n’ait réellement intérêt à les établir que si l’on prévoit qu’on en fera usage pendant un temps assez long, ils nous paraissent très utile de faire entrer, dans les équipages de siège et dans les approvisionnements des places, le matériel nécessaire à leur construction. Nous pensons que le mieux serait de faire usage d’un dispositif semblable à celui qui, dans ses grands travaux de terrassement est employé pour le transport des terres, c’est-à-dire d’un chemin de fer à voies étroites, d’une installation des plus simples, sur lequel roulerait des wagonnets montés sur quatre roues basses et aménagés pour le transport des munitions ; il serait, d’ailleurs, facile de construire les wagonnets de façon qu’ils puissent également servir au transport des bouches à feu et autres objets de matériel. Dans bien des cas, la configuration du terrain des attaques permettrait de donner à la voie une légère pente, de sorte que les wagonnets chargés pourraient parcourir, sous l’action de leur propre poids, le chemin nécessaire ; elle permettrait aussi d’établir le tracé de manière à la dérober, au moins en grande partie, aux vues de l’ennemi.

Si, dans le compte rendu qui précède, nous avons montré que, d’année en année, l’attention se porte de plus en plus sur la partie de l’instruction concernant l’attaque et la défense des places, nous devons également signaler de semblables efforts entrepris dans le but de perfectionner une autre branche non moins importante de l’instruction et de la pratique du service. Nous voulons parler du tir qui a toujours été, il est vrai, tenu en grand honneur, mais pour lequel on se prépare, à l’imitation de ce qui s’est fait dans l’infanterie, à réaliser un réel progrès. On a en effet, l’intention d’organiser à l’école de tir d’artillerie deux cours successifs, de six semaines chacun, pour les officiers supérieurs, et, en particulier, pour ceux qui se trouvent dans les corps de troupe. Il n’est pas besoin de faire ressortir l’influence favorable qu’une semblable mesure exercera, pendant longtemps, sur l’instruction de la troupe ».

 

Mercredi 11 juin 1879

Allemagne, Ingolstadt place forte : Simulacre de siège.

Une revue militaire française nous a livré les informations suivantes : « On a, dans le précédent numéro de la revue, fait connaître, d’après la Metzer-Zeitung, le simulacre de siège qui doit avoir lieu cette année à Ingolstadt. La Deutsche Heeres-Zeitung annonce, dans son numéro du 11 juin 1879, que les troupes désignées pour prendre part à ces manœuvres, sont les suivantes : les 2e, 10e et 13e régiments d’infanterie, le 5e escadron du 2e régiment de chevau-légers, le 1er régiment d’artillerie à pied, le 1er et le 2e bataillons de pionniers, la compagnie de chemins de fer, un détachement de chacun des deux bataillons du train. L’attaque sera dirigée contre une partie du périmètre sud de la place, sur la rive droite du Danube, non loin de la gare centrale ».

 

Mardi 17 juin 1879

Allemagne, places fortes : Réseau télégraphique souterrain.

Une revue militaire française a publié cet article : « Les journaux allemands de la semaine dernière contiennent quelques nouveaux détails relatifs à la construction de la ligne télégraphique souterraine Cologne – Coblence – Metz, dont on a déjà entretenu le lecteur à différentes reprises. Voici comment la Straßburger Zeitung rend compte de l’état d’avancement des travaux d’après une correspondance de Metz insérée dans son numéro du 17 juin 1879 : « Le câble souterrain de Cologne à Metz, dont la pose est confiée à la maison Felten et Guillaume de Cologne, s’avance rapidement vers notre ville. Les travaux sont terminés jusqu’à Perl (Ce point est situé entre Trèves et Thionville, près de Sierck et de l’ancienne frontière française). Depuis quelques jours il est arrivé ici seize voitures d’une construction spéciale, qui renferment le matériel nécessaire pour les opérations de pose du câble. Cette ligne sera dans la suite prolongée d’ici à Strasbourg ». On lit d’autre part dans la Metzger Zeitung du 19 juin 1879 : « Le développement total de la ligne télégraphique souterraine de Cologne à Metz est à peu près de 310 kilomètres ; elle est actuellement terminée jusqu’à Thionville, c’est-à-dire sur une longueur de 282 kilomètres. Il faut compter encore une dizaine de jours pour les 28 kilomètres qui restent à parcourir, de sorte que les travaux commencés le 1er avril auront exigé environ trois mois. ….. Pour procéder à l’opération de la pose du câble, on l’enroule par parties de 1 000 mètres de longueur sur des tambours à grand diamètre, disposés sur des voitures d’un modèle spécial que l’on fait avancer le long de la tranchée préparée à l'avance ; le câble se déroule, on l’établit au fond de la tranchée, puis on le recouvre de terre que l’on dame fortement. On réunit les extrémités des différentes parties du câble en soudant les fils de cuivre entre eux et en les recouvrant d’une couche isolante de gutta-percha ; puis on chasse autour de ces points de jonction un manchon en fonte. Près de 500 ouvriers, la plupart polonais, sont employés à ce travail ; la moitié de ces ouvriers exécute la tranchée, une centaine d’entre eux est chargée de la combler, et les autres ont différentes fonctions pour rétablir spéciales, soit près des voitures qui porte le câble, soit pour rétablir le terrain dans son état primitif après l’opération, etc. ; à l’exception de ces derniers qi sont payés à la journée, tous les autres ouvriers sont à la tâche. Cette organisation paraît excellente ; tout ce monde travaille régulièrement et en silence, et sur toute l’étendue des ateliers qui, dans certains cas atteignent un développement de 7 ou 8 kilomètres, on n’entend que le bruit des outils. Deux ou trois ouvriers se charge du travail sur une longueur de 10 mètres ; lorsqu’il est terminé et qu’il a été contrôlé, ces hommes reçoivent un coupon qu’ils présentent à la caisse de l’entreprise générale, et que cette caisse paye à certains intervalles. Un conseiller des postes est chargé par l’administration des télégraphes de la direction de tout le travail ; il est assisté par quatre employés des télégraphes. Ajoutons enfin, d’après la Straßburger Zeitung du 25 juin 1879, que la tranchée destinée à recevoir le câble a, dans ce parcours de Cologne à Metz, été creusé dans le roc sur une longueur de 60 kilomètres et que, de plus il a fallu franchir le Rhin, la Moselle et un certain nombre de cours d’eau importants. La feuille allemande signale le temps relativement court employé à ce travail, malgré toutes les difficultés qu’il présentait ».

 

Vendredi 27 juin 1879

Allemagne, Strasbourg place forte : Inspection des places fortes et des bataillons de pionniers, travaux d’agrandissement de la place forte. 

Une revue militaire française a publié cet article : « Agrandissement de Strasbourg. La Metzer Zeitung du 27 juin 1879 annonçait l’arrivée à Metz du général-lieutnant von Biehler, chef du corps des ingénieurs et des pionniers, venant de Thionville pour inspecter les fortifications de la place et le bataillon des pionniers n°15. De Metz, cet officier général s’est rendu à Strasbourg et, après y avoir inspecté également les fortifications et le bataillon de pionniers n°14, il doit, d’après le Straßburger Zeitung du 4 juillet 1879, terminer sa tournée sur la rive gauche du Rhin par la visite de Neuf-Brisach. C’est sans doute à la présence de cet inspecteur général à Strasbourg que se rattache l’opinion émise par un correspondant de l’Express ( !) au sujet de la prochaine conclusion des études relatives à l’agrandissement de cette ville. On croit intéressant de reproduire cette correspondance en raison des renseignements qu’elle donne sur les travaux d’agrandissement en question : « L’adjudication des travaux relatifs à la troisième et dernière section de l’agrandissement de la ville, depuis longtemps attendue, ne peut plus tarder à présent. L’étude des constructions militaires qui devront être élevées sur ce périmètre de la nouvelle enceinte fortifiée, lequel s’étend de la rive droite de l’Ill jusqu’à la citadelle, a vivement préoccupé jusqu’ici le ministère de la guerre à Berlin ; mais, si nous sommes bien informés, ces études touchent à leur fin. L’enceinte de la troisième section entamera plusieurs propriétés communales, notamment à la Robertsau, une partie de l’Orangerie et de la promenade Le Nôtre. Une commission, formée par l’administration municipale de Strasbourg, et prise parmi nos concitoyens, a été appelée à estimer la valeur des terrains ci-dessus, qui ont ensemble une superficie de 12 à 13 hectares. L’estimation s’est élevée au chiffre de 866 202 marcs. Mais l’administration des fortifications, ayant trouvé cette somme trop élevée et ayant demandé une réduction considérable, la question est, en ce moment en litige. S’il fallait en venir à une expropriation, la ville prévoit qu’elle n’obtiendra pas au-delà de 600 000 marks pour les terrains dont il s’agit. C’est dans cette hypothèse qu’une somme pareille figure au budget des recettes extraordinaires de l’exercice courant. Cette rentrée sera employée à solder le premier million de marks payable en 1879 pour les terrains cédés à la ville pour l’agrandissement de l’enceinte. Le premier à-compte de 500 000 marcs payé à l’heure qu’il est, laissant dans la caisse municipale un vide assez respectable ».

 

Vendredi 4 juillet 1879

Allemagne, Alsace-Lorraine : Manœuvres de forteresse à Thionville.

Une revue militaire française nous a livré ces informations : « Une correspondance de Thionville, que la Metzer Zeitung reproduit dans son numéro du 10 juillet 1879, rend compte de la manière suivante d’une manœuvre exécutée à Thionville, il y a quelques jours : « Le 4 et le 5 de ce mois, a eu lieu ici la manœuvre annuelle de forteresse, en vue de laquelle on avait fait de grands préparatifs les jours précédents. La manœuvre commença dans la matinée du 4, entre Hayange et Fontoy, par des exercices de cavalerie auxquels succédèrent des exercices d’infanterie à Garsch et Hettange-la-Grande. Le 5 juillet, à six heures du matin, la garnison fut mise sur pied par alerte ; les canons commencèrent leur vacarme et arrachèrent à leurs rêves du matin les habitants encore endormis. Les exercices se terminèrent par la manœuvre principale qui eut lieu dans la soirée, entre Scheuren et Momom, et dura jusqu’à dix heures ; pendant cette dernière période, on éclaira les fossés devant la porte de Luxembourg, au moyen de balles à feu et de lumières produites avec du pétrole. Un nombreux public assistait à cet imposant spectacle ».

 

Dimanche 6 juillet 1879

Allemagne, Alsace-Lorraine : Exercices d’armement de l’artillerie à pied à Metz et manœuvres diverses.

Une revue militaire française a publié cet article : « La Revue a récemment entretenu ses lecteurs des exercices d’attaque et de défense des places exécutés par l’artillerie à pied allemande. Des manœuvres de ce genre ont lieu dans un certain nombre de places de guerre ; en ce qui concerne celle de Metz, la Metzer Zeitung du 6 juillet 1879 donne des renseignements précis, que nous reproduisons : « Les exercices d’armement de l’artillerie à pied à Metz seront exécutés par le régiment d’artillerie à pied rhénan n°8, y compris la 8e compagnie détachée à Thionville, du 16 au 24 juillet 1879, dans le secteur du fort Manteuffel ; les exercices analogues du 1er bataillon du 2ème régiment d’artillerie à pied bavarois auront lieu du 26 juillet au 5 août 1879, dans le secteur du fort Goeben, et ceux du régiment d’artillerie à pied saxon n°12, du 17 au 26 août 1879, au fort Kameke. Pendant la durée de ces manœuvres, des détachements de ces différentes troupes seront cantonnés dans les villages voisins des forts précités ; ils seront répartis de la manière suivante : du 15 au 24 juillet 1879 à Saint-Julien, Saint-Pierre, Malroy, Charly, de forts détachements du régiment d’artillerie n°8 ; du 17 au 20 août 1879 à Hagondange, du 17 au 26 août 1879 à Woippy, Semécourt et Maizières, du 21 au 26 août 1879 à Saulny, des détachements du régiment d’artillerie à pied n°12 ; enfin, du 26 juillet au 5 août 1879, au village de Montoy, des détachements du 1er bataillon du 2e régiment d’artillerie à pied bavarois ».

Allemagne, Metz place forte : Manœuvres de pontonniers du bataillon de pionniers n°15 à Metz.

Une revue militaire française nous rapporte ces informations : « On lit dans la Metzer Zeitung du 6 juillet 1879 : « Une compagnie du bataillon de pionniers n°15, portée à l’effectif de guerre, s’est rendue ce matin au Sablon pour y faire des exercices d’embarquement de troupes et de matériel. Les grandes manœuvres de pontonniers de ce bataillon auront lieu cette année à Königsmachern et non à Uckange. Les trois premières compagnies du bataillon qui prendront part à ces manœuvres partiront à la fin de cette semaine pour Königsmachern, et le commencement des exercices est fixé au 21 de ce mois ; leur durée totale sera de quatorze jours ».

 

Lundi 7 juillet 1879

Allemagne, Duché de Bade : Manœuvres du XIVème corps badois.

Une revue militaire française nous informe : « On lit dans la Gazette de Cologne du 8 juillet 1879 : « Bade, le 7 juillet 1879.- D’après les dispositions déjà arrêtées, les manœuvres d’automne que la 28e division du XIVe corps d’armée exécutera cette année auront lieu sur le terrain compris entre Buchen, Wertheim et Boxberg. Le 9 septembre 1879, toute la division sera réunie à Buchen, en l’honneur de l’anniversaire de la naissance du grand-duc ». La Revue a fait connaître, dans son n°441, les dispositions arrêtées par l’ordre sur les manœuvres pour l’autre division badoise, la 27e ; la 57e brigade d’infanterie, venant de Fribourg, viendra occuper Strasbourg, pendant les manœuvres du XVe corps d’armée, et fera de petites manœuvres combinées pendant la marche et pendant son séjour sur la rive gauche du Rhin ; la 58e brigade d’infanterie, qui est à Mulhouse et Colmar, ne pouvant exécuter ses manœuvres de division, fera sept jours de manœuvres de détachements ».

 

Vendredi 11 juillet 1879

Allemagne, fortifications de l’Embouchure de l’Elbe : Achèvement des travaux de défense.

Une revue militaire française nous a livré ces informations : « Les travaux de fortification entrepris ces dernières années pour la défense de différents points des côtes allemandes de la mer du Nord sont poussés activement et semblent toucher à leur fin sur quelques-uns de ces points. La Revue a signalé récemment, d’après diverses feuilles allemandes, l’achèvement des forts cuirassés à l’embouchure du Weser ; on annonce maintenant que les forts de l’embouchure de l’Elbe seraient terminés à la fin de l’année courante. Nous reproduisons la nouvelle publiée à ce sujet par la Gazette de l’Allemagne du Nord, dans son numéro du 11 juillet 1879 : « On aura complètement terminé à la fin de cette année les fortifications de l’Elbe, telles que les comportent les projets actuels. On travaille en ce moment au fort Grimmerhören, en peu en aval de Kuxhaven, et le nombre des ouvriers qui y sont employés atteint 80 ou 100. Ces derniers travaux seront bientôt achevés ; d’après le marché passé, l’ouvrage tout entier doit être terminé et livré au mois de décembre prochain. Cet ouvrage est semblable à celui de Kugelbaak, mais il a été établi dans des proportions beaucoup plus restreintes ; il doit être prochainement armé de huit canons de places lourds. Vendredi dernier, le général-major Oppermann, inspecteur général de la 4e inspection du génie, dont le siège est à Cologne, a visité ce fort ainsi que les ouvrages de Grauerort et le fort Kugelbaak ». Ajoutons, au sujet de ces travaux, quelques indications relevées dans la Deutsche Heeres-Zeitung (numéro du 20 septembre dernier) : « Le fort dont on a entrepris la construction au printemps de 1877, à la place d’un ancien ouvrage provisoire en bois et en terre, a été tellement avancé, que, selon toutes les prévisions, le gros œuvre en sera terminé à la fin de cette année ; il est situé à Grimmerhören, en dedans de la digue, à peu près à égale distance du Kuxhaven et du fort Kugelbaak. C’est un ouvrage fermé à deux faces comme celui de Grauerort. Les ouvrages de Groda et de Osterhörnerstad, établis en amont de Kuxhaven au moment de la dernière guerre avec la France, ont été depuis longtemps transformés ; cependant on pense que, dans cette région, l’on construira plus tard un ouvrage important organisé avec des casemates ».

 

Jeudi 24 juillet 1879

Allemagne, Cologne (Köln) place forte : Manœuvres de forteresses à Cologne.

Une revue militaire française a publié cet article : « La revue a dernièrement signalé les exercices d’attaque et de défense des places qui ont eu lieu à Metz et à Thionville. Nous donnons aujourd’hui, d’après la Gazette de Cologne du 25 juillet, quelques indications sur les manœuvres du même genre que l’on exécute autour de cette dernière ville : « La manœuvre de forteresse de cette année a commencé hier dans l’après-midi. Pour cette manœuvre, on suppose que les nouveaux ouvrages sont terminés et que la place a reçu son armement et sa garnison de guerre. En réalité on a borné au front d’attaque, en y comprenant la partie correspondante de l’enceinte de la ville, les opérations de la mise en état de défense, ou tout au moins le simulacre de ces opérations ; c’est ainsi que l’on a palissadé les ouvrages près des portes qui limitent le secteur en question. Dans l’hypothèse adoptée pour ces exercices, l’ennemi s’est emparé d’un certain nombre de localités relativement éloignées, Lövenich, Widdesdorf, Anweiler, et son objectif est maintenant Mengenich. C’est de la prise de ce village qu’il s’agissait dans la journée d’hier, et c’est encore autour de ce point important que le bruit du combat se fera entendre ces jours-ci ».

 

Samedi 2 août 1879

Allemagne, armée : Adoption d’un revolver pour la cavalerie.

Une revue militaire française nous a livré cette information : « La Metzger-Zeitung a publiée, à la date du 2 août 1879, d’après la Gazette de Magdebourg, la nouvelle suivante : « L’adoption depuis si longtemps attendue d’une arme répondant aux besoins actuels et destinée à remplacer, dans l’armée allemande, l’ancien pistolet lisse de cavalerie, est paraît-il un fait accompli. Au lieu du pistolet, on aurait un revolver, comme dans le XIIe corps (saxon), où une arme de ce type est depuis plusieurs années en service ; ce revolver serait du modèle 1878. On a opéré pour sa construction, comme on avait fait antérieurement pour le fusil modèle 1871 ; on a emprunté à différents types de revolvers leurs dispositions. D’après les mêmes informations, la fabrication sera probablement confiée sinon exclusivement, du moins en très grande partie, aux manufactures de Suhl, auxquelles l’Empereur a depuis longtemps déjà promis cette commande ».

 

Lundi 4 août 1879

Allemagne, Strasbourg place forte : Alertes militaires.

Une revue militaire française nous livre ces informations puisées dans la presse : « Le Journal d’Alsace rend compte, dans les termes suivants, de deux simulacres d’alertes qui auraient eu lieu à Strasbourg les 4 et 6 août dernier : « Strasbourg. - Hier soir (4 août 1879), entre cinq et sept heures, les sons de la générale ont subitement retenti dans nos murs. Des trompettes de cavalerie parcouraient les rues au trot en sonnant l’alarme, tandis que des pelotons de tambours sillonnaient la ville en faisant rouler leurs caisses. Il s’agissait de donner à la garnison le simulacre d’une « prise d’armes » imprévue, et de les habituer à occuper rapidement les postes qui leur sont assignés en cas d’alarme. C’est ainsi que des détachements sont venus prendre position dans la gare, à la poterne de Kronenbourg, aux diverses portes de la ville, et sur différents points des remparts. Tous ces détachements ont ensuite été inspectés par des rondes d’officiers supérieurs, qui se sont assurés de la stricte exécution des prescriptions militaires. Vers neuf heures du soir, toutes les troupes étaient rentrées dans leurs quartiers. Cette opération pourra se renouveler plusieurs fois encore. »

« Une nouvelle alerte militaire a été donnée ce matin (6 août 1879) à l’aube. Des clairons et des tambours ont parcouru les rues au coup de quatre heures, sonnant et battant la générale, et, comme la première fois, des trompettes à cheval ont donné l’alarme dans toute la ville. Comme lundi, les troupes ont pris les armes et se sont rendues à leur poste ; mais cette fois, le simulacre de prise d’armes s’est doublé d’un simulacre d’attaque contre la place. La fusillade a retenti hors la porte d’Austerlitz, et le canon du rempart a tonné contre l’ennemi imaginaire qui tentait l’assaut ». D’autre part, l’Express du 7 août 1879 annonce que ces prises d’armes font partie des manœuvres d’automne dont les exercices préliminaires devaient commencer le 4 août 1879. La même feuille ajoute que « ces alertes auront lieu pendant cinq jours, durant lesquels il ne sera permis à aucun soldat de sortir de la caserne ».

 

Jeudi 14 août 1879

Allemagne, Alsace-Lorraine : Alsace-Lorraine. Réseau télégraphique souterrain.

Une revue militaire française nous livre ces informations : « La Revue a fait connaître à ses lecteurs que Metz était relié, par un câble souterrain, à Cologne et à l’ensemble des lignes télégraphiques. Depuis cette époque, les travaux ont continué sans interruption entre Metz et Strasbourg, et cette dernière ville, déjà en communication avec le centre de l’Empire, par le câble souterrain Strasbourg-Francfort-Berlin, à la fin du mois de juillet de l’année dernière, se trouverait aujourd’hui réunie de même avec Metz et, par suite, avec la lige Coblence-Cologne-Berlin. Voici en effet, ce que rapporte à ce sujet le Journal d’Alsace (numéro du 14 août 1879) : « Le câble souterrain de Berlin-Metz-Strasbourg est aujourd’hui complètement achevé. Hier, à cinq heures du matin, une équipe de 450 ouvriers a entamé la dernière section de cette ligne télégraphique, située dans le parcours même de notre ville, depuis la porte de Pierres jusqu’au bureau télégraphique. Le câble qui suit la route de Haguenau jusqu’à la porte de Pierres, traverse le faubourg de ce nom, longe ensuite le quai Kléber, passe le canal des Faux-Remparts au pont de la Gare et arrive à l’hôtel Neuwiller par le quai de Paris. Le soir à six heures, la pose du câble était terminée. Tous les travaux, depuis Berlin jusqu’à Strasbourg, ont été exécutés sous la direction de M. Gründens, représentant de la maison Felten et Guillaume, de Cologne, chargée de l’entreprise. Berlin est aujourd’hui relié avec les grandes places fortes de l’ouest de l’Allemagne par deux lignes télégraphiques souterraines qui passent, l’une part Magdebourg et Cologne, l’autre par Cassel et Francfort ».

La Gazette de Haguenau donne, à la date du 7 août, les très intéressants détails suivants sur la pose du câble souterrain dans cette ville, sur l’organisation du travail et sur la composition du câble même : « Depuis hier, écrit ce journal, il règne hors la porte de Bitche et dans les rues principales de notre ville une activité tout à fait insolite. L’équipe de travailleurs composée de 400 têtes, qui depuis deux ans s’occupe de la pose du câble télégraphique souterrain de Berlin à Strasbourg, par Magdebourg, Cologne et Metz, est arrivée à Haguenau, où elle a continué son travail gigantesque avec une habilité et un ordre remarquable. Dans trois jours, sa tâche sera terminée ici. La répartition du travail peut passer pour exemplaire. Quand le gros des ouvriers est encore éloigné de quelques kilomètres de son champs d ‘activité, l’avant-garde arrive déjà sur les lieux et, sous la conduite d’un contre-maître, elle creuse, avec une rapidité surprenante, sur les routes ou dans les rues des localités que doit passer le câble souterrain, des tranchées étroites d’environ un mètre de profondeur. S’il y a une rivière à franchir, comme c’est le cas pour la Moder, près de la porte de Bitche, le travail devient plus compliqué. On creuse un fossé dans le lit de la rivière, et on y enfonce le câble qui est entouré de manchons en fer ; on comble ensuite le fossé. Cet intéressant travail a été terminé ce matin, quelques minutes après huit heures, après que la colonne de travailleurs eut achevé dans la journée d’hier la pose du câble sur une étendue de 11 kilomètres, résultat qu’elle a rarement atteint dans les deux ans que dure ce travail ; car on ne compte en moyenne que cinq à sept kilomètres de longueur de câble posés par jour. Le câble lui-même se compose de sept fils de cuivre contenus dans une gaine de caoutchouc. Chaque fil est formé à son tour de sept fils de cuivre plus fins. Les fils principaux sont entourés d’une couche de chanvre goudronné qui, elle-même, est enveloppée de dix-huit fils de fer. Le tout est revêtu d’un manteau de toile à voile très forte. Le câble, avant d’être posé dans le sol, est enroulé autour de tambours énormes montés sur des voitures très solides. Chacune de ces voitures peut être chargée de 1 000 mètres de câble, représentant le poids respectable de 60 quintaux. Parmi les ouvriers se trouvent une cinquantaine d’Italiens et beaucoup de Polonais. Les premiers excellent dans les travaux de mine que l’on est obligé d’exécuter dans les rochers. Les salaires varient de trois à neuf marcs par jour, selon les distances. La dérivation jusqu’au bureau télégraphique de notre ville a été faite sur la place d’Armes, tandis que le câble principal se dirige de là sur la porte de Strasbourg ».

La Strassburger Zeitung (numéro du 22 juillet) nous apprend, d’autre part, que la ligne de Metz à Strasbourg passe par Sarreguemines, Neunkirchen, Bitche et Haguenau, et d’après la Metzer Zeitung (numéro du 25 juillet), cette ligne sera prolongée plus tard jusqu’à Neuf-Brisach. Ainsi à l’exception de cette dernière section, l’organisation des lignes télégraphiques souterraines serait terminé en Alsace-Lorraine et les deux places fortes de cette province se trouveraient sur un circuit qui vient se fermer dans la capitale du même de l’Empire. C’est maintenant vers l’Est que le gouvernement allemand va porter son attention à ce point de vue, et c’est dans cette direction que l’on va faire rayonner autour de Berlin un certain nombre de lignes souterraines. La deutsche Heeres-Zeitung annonce, en effet, dans son numéro du 2 août, que toutes les dispositions sont prises pour établir rapidement le câble télégraphique de Berlin à Dresde, de Berlin à Breslau, enfin de Berlin à Stettin. Après avoir constaté les divers perfectionnements introduits dans les opérations de la pose du câble et en particulier les avantages de la machine à vapeur inventée par le Dr Siemens pour creuser la tranchée sur un mètre de profondeur et dix pouces de largeur, la revue allemande ajoute : « La ligne Berlin-Dresde sera prolongée les années prochaines sur Hof, Nuremberg et Munich ; celle de Berlin à Breslau sera continuée sur Oderburg avec embranchement sur Posen, enfin la ligne Berlin-Stettin atteindra Dantzig et Königsberg en passant par Köslin, Schlawe, Stolp et Lauenburg.... Ainsi, de Berlin, point central de l’Empire, considéré comme un cercle, partiront une série de rayons formés par le câble souterrain et se dirigeant sur Königsberg et Strasbourg-Metz, sur Oderberg et Hambourg-Kiel, sur Magdebourg-Cologne et Dresde-Munich. Il reste comme but idéal à réaliser l’établissement d’une ligne parcourant la circonférence pour couvrir les frontières de l’Empire ». Indiquons, en terminant, d’après la Gazette de Silésie du 15 août, l’itinéraire que doit suivre la ligne souterraine sur le terrain dépendant de la ville de Liegnitz : chaussée de Lüben, rue Neuve de Glogau, rue de Glogau, rue de la Gare, rue des Tilleuls, rie Neuve de Breslau et chaussée Parchwitz ».

 

Mardi 19 août 1879

Allemagne, Alsace-Lorraine : Inspections et manœuvres du XVème corps.

Une revue militaire française nous livre ces informations : « Dans son numéro du 23 août 1879, la Deutsche Heeres-Zeitung a publié les renseignements suivants sur les inspections et les manœuvres en cours d’exécution sur le territoire de l’Alsace-Lorraine. Afin de permettre au lecteur de bien voir l’ensemble des opérations de tout genre qui terminent chez nos voisins la période annuelle de l’instruction militaire, nous reproduisons in extenso les indications de la feuille allemande, bien que les premières se rapportent à des exercices déjà exécutés.

Metz, le 19 août 1879. Une grande activité règne en ce moment parmi les corps de troupe de notre garnison : l’infanterie et la cavalerie sont en pleins exercices de régiment ; avant de partir aux manœuvres impériales, les deux armes seront inspectées par le général commandant en chef von Fransecky, ainsi que par le grand-duc de Bade en sa qualité d’inspecteur général de la Vème inspection d’armée. Les corps de troupes ont complété leurs cadres pour les exercices de régiment, par l’appel d’hommes à la disposition ou de la réserve, de manière à pouvoir déjà se présenter à ces exercices avec l’effectif ordinaire aux manœuvres, c’est-à-dire avec l’effectif complet du pied de paix.

Le général commandant en chef arrivera ici le 20 août 1879 pour se rendre d’abord à Thionville, où il inspectera le 4ème régiment de ulans ; il sera de retour à Metz le 21, à midi, et assistera le 22 aux exercices de régiment du 45ème régiment et des 9ème et 10ème régiment de dragons ; le 23, le général inspectera les deux régiments bavarois et retournera le même jour à Strasbourg.

Le 24, le 45ème régiment partira de Metz pour exécuter des exercices de brigade avec le 60ème régiment sur le champ de tir de Haguenau. Les autres corps de troupe quitteront notre garnison, en partie le 31 août 1879, en partie le 2 septembre 1879.

Le grand-duc de Bade arrivera ici le 27 août 1879 au soir pour les inspecter avant leur départ, et le 28 il assistera aux exercices de la 30ème brigade de cavalerie (le régiment de ulans de Thionville arrivera ici le 24 courant à cet effet), le 29 août 1879 à ceux de la 60ème brigade d’infanterie, et le 30 août 1879 à ceux de la brigade d’occupation bavaroise.

Dimanche, 31 août 1879, Son Altesse Royale assistera au service divin dans l’église de garnison évangélique provisoire, et le même jour, à midi, il partira avec sa suite militaire pour Altkirch en Haute-Alsace, d’où les autres troupes en garnison en Alsace-Lorraine seront inspectées jusqu’au commencement des grandes manœuvres.

Nous pouvons fournir les renseignements suivants sur les exercices de la 31ème brigade d’infanterie : le 69ème régiment part de Trèves le 21 août 1879 et va directement à Metz pour exécuter des exercices de régiment et de brigade avec le 29ème régiment en garnison ici. Un des bataillons du 69ème occupera le fort Prince Auguste de Wurtemberg, les deux autres bataillons, la caserne de l’Empereur Guillaume ; le 8ème bataillon de chasseurs (Saverne) est affecté à la brigade.

Les exercices de brigade qui seront exécutés sur le champ de manœuvre de Frescaty dureront du 2 au 6 septembre 1879, inclusivement.

Le 7 septembre 1879, repos ; le 8, marche dans les cantonnements pour les exercices de détachements ; le 9 repos ; le 8ème régiment d’artillerie de campagne venu de Coblence (à l’exception de l’Abtheilung à cheval de Saarlouis qui prend part aux manœuvres impériales du XVème corps d’armée) et deux compagnies du 8ème bataillon de pionniers participent, à dater de ce moment, aux exercices.

10 – 13 septembre 1879, exercices de détachement à Metz ; 14, repos ; du 15 – 20 inclusivement, manœuvres de division entre la Seille et le chemin de fer de Metz – Sarrebrück ; la division entière bivouaquera deux fois ; il en est de même des avant-postes ; 21 repos ; 22, 23 et 24, à la disposition de Sa Majesté ; 24, grande parade impériale de la 16ème division à Frescaty.

Dans le cas où l’accroissement de la maladie des chevaux empêcherait le 9ème hussard de marcher, le 7ème dragon ferait seul le service auprès de la division.

Le 70ème régiment arrive ici le 1er septembre 1879. Un de ses bataillons occupera le fort Prince Auguste de Wurtemberg et les deux autres la caserne du roi Louis.

On prétend d’outre que la 16ème division, les troupes de la garnison de Metz qui ne prennent pas part aux manœuvres d’automne du XVème corps d’armée seront appelées à assister à la parade impériale. Ces troupes sont : le 8ème régiment d’artillerie à pied, le 12ème régiment d’artillerie à pied et le 1er bataillon du 2ème régiment d’artillerie à pied. Le commencement de la parade est fixé à dix heures du matin ; les troupes de la 16ème division (à l’exception du 29ème régiment) ne rentreront plus à Metz après la parade, mais logeront aux environs chez l’habitant, pour regagner, le 25 au matin, à pied ou par chemin de fer, leurs garnisons ».

 

Dimanche 24 août 1879

Allemagne, Thorn place forte : Construction des forts détachés.

Une revue militaire française nous a livré cet article : « La Gazette de Silésie donnait, dans son numéro du 24 août 1879, la nouvelle suivante au sujet des précautions militaires que l’on semble prendre de part et d’autre de la frontière russo-allemande : « Il s’est répandu dernièrement une nouvelle de Russie qui, au début, avait passé à peu près inaperçue : le gouvernement aurait ordonné la construction d’ouvrages de fortification considérables sur les territoires russo-polonais qui confinent à la Prusse. Les Russes auraient projeté de vastes armements à Grodno, à Bielostok et dans quelques autres places. Comme contrepartie de cette nouvelle, on dit que maintenant il faudrait terminer d’ici un an et demi les travaux de fortification de Thorn, dont l’achèvement ne devait primitivement avoir lieu que dans quatre ans.

On affirme, d’après des sources compétentes, que les conditions défensives de notre frontière nord-est, au point de vue de la fortification, seront, dans peu de temps, presque à la hauteur de celles de notre frontière occidentale ». Le même journal, revenant sur ce sujet, dans son numéro du 29 août, ajoute les explications suivantes : « Un grand nombre de journaux ont reproduit ces jours derniers une correspondance de Thorn, d’après laquelle les travaux des huit nouveaux forts projetés pour cette ville seraient poussés avec une étonnante rapidité, et devraient être terminés dans un an et neuf mois au lieu de quatre ans. La Thorner Ostdeutsche Zeitung a fait la remarque suivante au sujet de cette nouvelle à sensation, plusieurs fois rapprochés des dissentiments que l’on craint de voir s’élever entre les cabinets de Berlin et de Saint-Pétersbourg. « D’après nos informations, il n’y a qu’un fait vrai dans toute cette affaire, c’est l’accélération des travaux de construction ; c’est d’ailleurs ce qui a lieu généralement après que l’on a arrêté définitivement les conditions à remplir et les plans des ouvrages, que l’on a conclu le règlement des acquisitions de terrain, etc. Si l’on a manifesté le désir de voir l’un des forts se terminer plus rapidement, il peut se faire que cela ait eu lieu par ce fait qu’il a paru à souhaiter, dans l’intérêt du commerce et de l’agrandissement de notre ville, d’éloigner le plus tôt possible l’enceinte intérieure dans la région correspondante à l’ouvrage en question. Du reste, on vient seulement d’entreprendre la construction de quelques-uns de ces forts, et, si nous sommes bien informés, deux d’entre eux ne sont pas encore commencés. En ce qui concerne le prétendu déplacement de la gare, nous croyons savoir qu’il s’agit seulement de l’établissement d’une gare destinée à la ligne secondaire de Thorn à Graudenz, gare qui d’ailleurs serait également utilisée pour la ligne de l’Est. Dans tous les cas, on conserve la gare située de l’autre côté de la Vistule, car elle est absolument indispensable pour les relations commerciales avec la Russie ».

Remarques : les agglomérations citées et leur nom actuels :

Bielostok = Bialystok, plus grande ville du nord-est de la Pologne, située actuellement aux frontières biélorusse et lituanienne.

Graudenz = ancienne place forte allemande, actuelle Grudziądz en Pologne.

Grodno = Hrodna en biélorusse. Actuelle ville de Biélorussie.

Thorn = Toruń en Pologne, ancienne place forte allemande située sur la Vistule.

 

Mercredi 27 août 1879

Allemagne, armée : Modifications apportées à l’instruction sur le tir.

Une revue militaire française a publié l’article suivant : « Le ministre de la guerre dans le but de rendre uniforme pour toutes les armes l’emploi des signaux de tir, a prescrit à la date du 27 août 1879 (Armee-Verordnungs-Blatt du 21 septembre 1879), d’adopter d’une façon générale les règles en usage à ce sujet dans l’artillerie. Il résulte de cette décision que le fanion rouge et blanc, dont la disparition annonçait que le feu pouvait commencer devra au contraire rester élevé pendant toute la durée du tir ; le marqueur ne sortira de son abri qu’après avoir fait abaisser lentement le fanion. Le fanion est fixé sur un cadre (dans le règlement du 15 novembre 1877, ce n’était que pour les distances supérieures à 600 mètres que l’étoffe devait être tendue sur un cadre fixe) et le ministre recommande, au lieu des fanions en étoffe, l’usage des panneaux en bois ou en fer blanc, percés à jour, afin d’offrir moins de prise au vent. Il est en outre prescrit rigoureusement à l’homme chargé de manœuvrer le fanion de ne jamais le lâcher ; afin de diminuer la fatigue qui résulterait pour lui de cette disposition, on pourra installer un système qui l’aide à soutenir le fanion pendant qu’il doit rester levé ».

 

Samedi 20 septembre 1879

Allemagne, Metz place forte : Construction d’un nouveau fort détaché

Une revue militaire française a publié cet article : « Nos lecteurs savent que depuis longtemps déjà il est question d’élever un nouveau fort près de Saint-Eloy dans la plaine qui s’étend entre les hauteurs de Woippy et la Moselle. Ces travaux seraient sur le point de commencer ; un certain nombre de pièces de l’armement de cet ouvrage, situé sur un terrain relativement bas, serait abrité dans des coupoles cuirassées. Voici la reproduction d’une nouvelle publiée à ce sujet par la Gazette de Silésie dans son numéro du 20 septembre : On sait que les sorties dans la direction de Thionville, entreprises dans les premiers jours du mois d’octobre 1870 par les troupes assiégées de Bazaine contre la division Kümmer, restèrent sans résultat et que ce fait tint principalement à ce que les forts voisins ne pouvaient, à cause de leur éloignement, soutenir efficacement la marche en avant de ces troupes. L’administration militaire allemande a cherché à remédier à cet état de choses en construisant le fort Kameke entre Plappeville et Saint-Julien. C’est pour concourir à ce même résultat que l’on a dernièrement résolu d’établir un nouveau fort près de Saint-Eloy, non loin de la Moselle. Les plans approuvés sont tout récemment arrivés de Berlin. Le terrain nécessaire est déjà acheté, de telle sorte que l’on pourra commencer ces jours-ci les travaux de terrassement. On espère avoir terminé dans trois ans le gros œuvre de ce fort qui doit être pourvu de coupoles cuirassées, de même que le fort Manstein et le fort Kameke ; la ceinture des forts détachés autour de Metz se trouvera ainsi complétée ».

 

Jeudi 9 octobre 1879

Allemagne, Armée : Création d’exercices de brancardiers dans la cavalerie.

Une revue militaire française nous a livré ces informations : « On sait avec quel soin il est procédé dans l’armée allemande à l’instruction des brancardiers chargés de relever les hommes blessés pendant le combat et les diriger sur la station de pansement. Jusqu’à présent les troupes d’infanterie ont eu seules des brancardiers à instruire. Mais il paraît que cette instruction a été étendue aux troupes à cheval. Voici en effet, ce que l’on lit dans la Metzger-Zeitung du 12 octobre 1879 : « Berlin, 9 octobre 1879. Les exercices pratiques de brancardiers ont commencé le 2 de ce mois dans les régiments de cavalerie de la garde. Cette instruction, qui est donnée cette année dans la cavalerie pour la première fois, a pour but d’enseigner à des hommes de la cavalerie les méthodes pratiques pour donner les premiers secours aux blessés sur le champ de bataille, pour les descendre de cheval, pour améliorer les voitures nécessaires au transport des blessés et pour appliquer à ces derniers des appareils à fractures improvisés avec de la paille. Ce sont des médecins de régiment secondés par leurs médecins assistants qui ont été chargés de diriger l’instruction de ces brancardiers ».

 

Mardi 30 septembre 1879

Allemagne, Alsace-Lorraine : Le voyage du Grand Etat-major en Alsace-Lorraine.

Une revue militaire française a publié cet article : « Le Journal d’Alsace publiait à la date du 13 septembre la nouvelle suivante : On annonce comme devant commencer le 25 de ce mois un voyage d’études stratégiques qu’entreprendrait en Alsace l’état-major général de l’armée allemande, sous la direction du feldmaréchal de Moltke. Le personnel ce cette expédition comprendrait, outre le feld-maréchal lui-même, 2 adjudants, dont un colonel, ayant rang de chef de division et un capitaine, 5 chefs de division ou commandeurs de régiments, 13 officiers d’état-major, 10 fonctionnaires militaires, 1 chef de bureau, 3 sous-officiers, 43 simples soldats, 23 brosseurs et domestiques et 60 chevaux ». Finalement ce n’est que le 30 septembre 1879 que le Grand Etat-Major arrive à Colmar. La même revue a publié à ce sujet article suivant : « Toutes les feuilles du Rhin on fait connaître, pour ainsi dire jour par jour, l’itinéraire du voyage, exécuté par le grand état-major allemand sous la direction du maréchal de Moltke. Arrivé le 30 septembre 1879 à Colmar, le maréchal, avec les officiers qui l’accompagnaient, était le 2 octobre 1879 à Sélestat, le 5 à Vieux-Brisach, le 9 à Fribourg. Après avoir rayonné autour de ces différents points, il est parti pour Berlin le 14 octobre 1879 ; la veille, M. de Moltke s’était rendu à Baden Baden, où il avait été reçu par l’empereur Guillaume. La Straßburger Zeitung du 2 octobre 1879 donnait au sujet de ce voyage les indications suivantes, dont nous lui laissons la responsabilité : « Le voyage d’état-major de cette année paraît avoir un but important ; il s’agit, dit-on, d’examiner de plus près les conditions dans lesquelles, en cas d’une invasion française, la défense de la Haute Alsace et du Haut pays de Bade aurait lieu. Le chef de l’état-major général doit porter son attention sur les ponts fixes du Rhin construits dans les dernières années à Brisach, Müllheim et Huningue. Peu de temps après la guerre, le maréchal de Moltke a parcouru la frontière de la haute Alsace, pour décider s’il n’y aurait pas lieu de faire des travaux de fortification pour sa défense. La nécessité n’en a pas été reconnue ; cependant il a semblé nécessaire de relier la haute Alsace à la rive droite du Rhin au moyen de trois lignes de chemin de fer ». La Metzger Zeitung du 9 octobre 1879 a, de son coté, cherché à compléter ces renseignements de la manière suivante : « Ainsi qu’on l’écrit à la Gazette du Weser, on a souvent discuté de la nécessité de fortifier le pont du Rhin, à Huningue ; on se serait une nouvelle fois prononcé contre ce projet. Les communications entre le haut pays de Bade et la haute Alsace sont insuffisantes pour le cas de guerre, parce que la ligne badoise Singen-Waldshut-Bâle passe sur le territoire suisse près de Schaffhouse et de Bâle et ne peut par la suite, être utilisée pour des transports de troupes. Il est possible de remédier en partie cet inconvénient en se servant de la ligne ferrée de la Forêt Noire, par laquelle des troupes venant du sud du pays de Bade, de Wurtemberg et de Bavière, peuvent être si bien assurées qu’une nouvelle ligne devient nécessaire ».

 

Mardi 21 octobre 1879

Allemagne, Strasbourg place forte : projet d’édification d’un nouveau fort.

Une revue militaire française nous a livré cette information : « La Gazette de Silésie fait connaître, dans ce même numéro du 21 octobre 1879, que l’on doit élever un nouveau fort au nord-ouest de Strasbourg, sur la hauteur de Mundolsheim ».

 

Mercredi 12 novembre 1879

Autriche-Hongrie : Fortifications de la frontière méridionale du Tyrol.

Une revue militaire française a publié cet article qui nous apporte quelques informations sur la défense de la frontière austro-hongroise face à l’Italie : « Le budget extraordinaire de la guerre pour 1880 prévoit l’allocation (chap. IV, titre 6) d’une somme de 100 000 florins destinés à l’organisation de fortifications provisoires en Transylvanie, à Przemyel en Gallicie, ainsi qu’à Trente et à Riva, sur la frontière sud du Tyrol. Ces derniers travaux auraient déjà reçu un commencement d’exécution en 1879 : le Journal d’Alsace donnait à ce sujet les indications suivantes dans son numéro du 12 novembre dernier : « Sur la frontière méridionale du Tyrol on élève en ce moment seize forts de différentes grandeurs. Plusieurs de ces ouvrages consistent en des redoutes enfoncées dans la terre, construites en style tout à fait moderne et destinées à servir éventuellement de base pour la construction de retranchements passagers. On vient d’achever le fort qui défend l’entrée de la vallée de Sardaro, dans la Judicarie. En ce moment, le chef du génie militaire du commandement d’Insbruck, général de Keil, fait exécuter de vastes ouvrages fortifiés sur le Monte-Brione, entre Tortola et Riva. Sur la route de Roveredo on construit des forts qui dominent le lac de Garde ; de même dans la vallée de Primiero, qui doit son importance stratégique à ses défilés aboutissant à la Vénétie et qui est reliée par une nouvelle route à la ville de Fleims. Les délégations, qui vont se réunir sous peu, auront à voter les crédits nécessaires pour ces travaux ».

 

Jeudi 18 décembre 1879

Allemagne, fortification : la fortification des côtes.

Une revue militaire française de 1880 a publié cet article tiré de la Deutsche Krieger-Zeitung, qui se publie à Sonderhausen, numéro du 18 décembre 1879 : « Il paraît que, dans les années prochaines, on s’occupera beaucoup de la fortification des côtes de la Baltique. Déjà, l’été dernier, on y a fait des sondages très étendus, principalement sur la côte mecklembourgeoise et la côte sud-ouest du Holstein ; et, en automne encore, des officiers d’état-major ont parcouru ces zones côtières. D’après ce que l’on dit, on semble songer surtout à mettre en état de défense suffisante Wismar, ainsi que l’île de Poël, situé en avant du port de cette ville. A plusieurs reprises déjà l’on a fait ressortir l’importance de ce port de la Baltique. Il a été reconnu que sa profondeur et son étendue le rendent au plus haut degré propre à recueillir une flotte de guerre, même très considérable, tout en lui laissant la plus grande liberté de mouvements pour les retours offensifs. D’un autre coté aussi, et pour les mêmes raisons, Wismar, avec la baie de Wohlenberg, présente le point de toute la côte allemande de la Baltique le plus favorable à une prise de possession par l’adversaire et à un débarquement de troupes ennemies. Pour ces deux raisons, Wismar, une mise en état de défense suffisante du port et de ses deux entrées paraît être d’une urgente nécessité. Par parenthèse, Wismar est aussi le seul point de la côte allemande de la Baltique sur lequel la Suède, qui autrefois possédait de si grands territoires dans cette région, pourrait élever des prétentions basées sur une apparence de droit. En 1801, la ville et le port contigu furent, en effet, abandonnés par hypothèque au Mecklembourg, pour une durée de cent ans, c’est-à-dire jusqu’en 1901. Cette situation est d’autant plus bizarre que tout près de là la rade et ses deux entrées sont complètement propriété allemande ».

 

Lundi 22 décembre 1879

Grande-Bretagne, Chatham, fortifications : achèvement de la construction des batteries côtières.

Une revue militaire française de 1880, a emprunté cet article à la Gazette de Cologne du 22 décembre 1879 : « Travaux de défense à l’embouchure de la Medway : « La construction des batteries de côte destinées à la défense de l’entrée e la Medway (près Chatham) touche à sa fin. Ces travaux qui ont duré plusieurs années, et dont le prix de revient atteint près de 100 000 livres, semblent devoir assurer, dans de bonnes conditions, la défense du port situé à l’embouchure de cette rivière ».

 

 

Sources

 

Bibliograhie

 

Auteurs divers : Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß, 1879.

Burger Matthias : Die Bundesfestung Ulm, Deutschland grösste Festungsensemble ; autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2006. S2830.

Burger Matthias : Bundesfestung Ulm, Ein Führer durch die Festungsanlagen, autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2010. S2551.

Burtscher Philippe : De la ceinture fortifiée de Strasbourg à la Position de la Bruche, Editeur : Cercle d’Etudes des Fortifications et Société d’Histoire de Mutzig et environs, 1999. S0175.

Dumsky Walter : Die deutschen Festungen von 1871 bis 1914 : Strategische Bedeutung und technische Entwicklung. Erlanger Historische Studien herausgegeben von Professor Dr. Karl-Heinz Ruffmann Professor Dr. Hubert Rumpel. Bd. / Vol. 11 ; Frankfurt am Main, New York, Paris ; 1987.

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Frobenius H. : Unsere Festungen. Entwicklung des Festungswesens in Deutschland seit Einführung der gezogene Geschütze bis zur neusten Zeit. Band I : Die Ausgestaltung der Festung ; 1912.

Grabau A. : Das Festungsproblem in deutschland und seine Auswirkung auf die strategische lage von 1870-1914, Berlin, 1935.

Gosch Frank : Festungsbau an Nordsee und Ostsee ; Die Geschichte der Deutschen Küstenbefestigung bis 1918, Mittler & Sohn, Hamburg, Berlin, Bonn, 2003. S2938.

Lacoste W. : Neubreisach 1871 – 1916, Strassburg Vorfeld 1914-1916 in DAWA Sonderheft 29, 1997.

Lacoste W. : Die Weserforts. Beiträge zur Geschichte in DAWA Sonderheft 28. Deutschen Atlantikwall Archiv, 1999.

Le Halle Guy : Histoire des fortifications en Franche-Comté et pays d’Ain, Martelle Editions, 1991. S0360.

Le Hallé Guy : Le système Séré de Rivières ou le témoignage des pierres, Ysec, 2001. S1253.

Rolf Rudi : Die Deutsche Panzerfortifikation. Die Panzerfesten von Metz und ihre Vorgeschiche ;

1991 ; Biblio Verlag, Osnabrück. S0081.

Tempelman Lex & Will Chris : De Nieuwe Hollandse Waterlinie, 2009.

Theile Markus : Das Fort Oberer Kuhberg, autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2014.

Torfs L., en collaboration avec A. Casterman : Les agrandissements et les fortifications d’Anvers ; Bruxelles, 1871.

Truttmann Philippe : La barrière de Fer ; L’architecture des Forts du Général Séré de Rivières (1872-1914) ; Gérard Klopp éditeur, 2000. S2480.

Weinsberg Alexandre : Le fort de Queuleu in Fortifications & Patrimoine, Association Le Mur, Année 2000. S0530.

 

Archives & Bibliothèques

 

Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg.

Archives départementales du Bas-Rhin ; Strasbourg.

Bibliothèque du mess de garnison de Strasbourg

Bibliothèque Nationale de France

Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg

Bibliothèques Municipales de Strasbourg.

Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

Bundesarchiv Abteilung Militärarchiv, Freiburg

Geheimes Staatsarchive Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Generallandessarchiv Karlsruhe et Bundesarchiv, Stuttgart.

Service Historique de la Défense, Vincennes.

 

Sites Internet

 

Accès aux ouvrages en ligne de la BNF et de la BNUS :

https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/content/accueil-fr?mode=desktop

 

Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

https://www.bundesarchiv.de/DE/Navigation/Home/home.html

 

Site très complet recensant les fortifications françaises 1874-1918 environ :

https://www.fortiffsere.fr/

 

Arme du Génie et fortifications diverses

https://franchissement.forumgratuit.org/

 

Fortifications allemandes de l’ancien territoire d’Alsace-Lorraine :

 

Fort de Mutzig – FKWII (Feste Kaiser Wilhelm II)

https://www.fort-mutzig.eu/desk/smart/smart_menu.php?langue=fr

 

Fortifications et artillerie (site du Dr Balliet)

https://fortifications-neuf-brisach.blogspot.com/

 

Fort Ducrot à Mundolsheim

https://www.fortpodbielski-ducrot-mundolsheim.fr/

https://www.facebook.com/Fort-IIIa-PODBIELSKI-fort-Ducrot-152901354769096/

 

Fort Rapp à Reichstett

https://www.facebook.com/fortrappreichstett/

 

Fort Kléber à Wolfisheim : Association des Amis du fort Kléber :

https://www.fortkleber.fr/index.php

 

AVES Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg

https://archives.strasbourg.eu/

 

 

Traductions et rédactions des articles : MJR 2018 - 2019