1874

Dernière mise à jour : 2 mars 2019

 

Chroniques générales de la place forte de Strasbourg.

Voici les chroniques de la place forte de Strasbourg. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications et de la garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services. Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque. Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire de cette année 1871, mais prenez garde à gratter la couche de nationalisme que l’on retrouve dans la presse allemande et française. Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour.

 

Abréviations et termes allemand couramment utilisés :

A.K.O. = Allerhöchste Kabinetts-Order = Ordre du cabinet impérial / Ordonnance impériale (ordre signé par l’Empereur d’Allemagne).

IR = Infanterie-Regiment = Régiment d’infanterie (généralement suivi de son numéro).

Reichsland = Terre d’Empire = partie annexée de l’Alsace-Lorraine.

 

Les grades :

General der Infanterie, General der Kavalerie = équivalent au général de corps d’armée.

Generallieutenant = équivalent au général de division.

Generalmajor = équivalent au général de brigade.

Oberst = = colonel.

Oberstlieutenant = lieutenant-colonel.

Major = chef de bataillon, chef d’escadron, commandant.

Hauptmann ou Rittmeister (pour les troupes montées) = capitaine.

Oberleutnant = lieutenant

Leutnant = sous-lieutenant.

 

Les fonctions :

 Wallmeister = garde du génie.

 

Les services de l’armée impériale allemande :

 Kaiserliche Garnison Verwaltung = administration impériale de garnison

 

Remarques : l’orthographe allemande diffère de celle d’aujourd’hui. Par exemple pour les portes on note la présence d’un h « Thor » qui a disparu ultérieurement (Tor), et de nombreux mots s’écrivent encore avec un c, alors que quelques années plus tard on utilisera le k, comme pour Fortification écrit ultérieurement Fortifikation. On germanise les mots d’origine française. J’emploi autant que possible l’orthographe d’origine.

 

Année 1874 : généralités

 

Fortifications : ouvrages en cours de construction.

 

Allemagne Front Nord & fortifications côtières.

 

A la suite à la crise du Luxembourg puis de la guerre franco-allemande de 1870-1871, renforcement des fortifications côtières allemandes.

 

Embouchure de la Weser - Places fortes et fortifications côtières de Bremerhaven & Gestemündung

A la suite à la crise du Luxembourg puis de la guerre franco-allemande de 1870-1871, renforcement des fortifications côtières allemandes.

Fort Langlütjen I (1869-1872 ou 1876), à Gestemünde. Ouvrage au tracé elliptique sur une île artificielle, sur laquelle on a érigé une batterie cuirassée comprenant 9 canons frettés de 21 cm Ringkanone L/22 sur affûts à embrasure minima « Minimalschartenlafetten » alignés dans une galerie cuirassée en fonte durcie, conçue et construite par la société Gruson de Magdebourg. Au milieu de l’île a été erigé un ouvrage rectangulaire appelé « Kernwerk » qui était initialement prévu pour trois tourelles cuirassée tournante de Gruson, mais jamais installées. Elle abrite la cuisine, les locaux d’hébergement et la salle des machines pour les groupes électrogènes. La construction de cet ouvrage a été longue et très difficile à cause des nombreuses tempêtes et du sou-sol vaseux. 1870 : lors du déclanchement de la guerre franco-allemande de 1870-1871, l’ouvrage avait été mis provisoirement en état de défense.

Fort Langlütjen II (1872-1880), à Gestemünde. Ouvrage installé sur une île artificielle qui comprend un bâtiment central allongé et entouré d’un fossé sec précédé d’une enveloppe en terre, couverte côté mer par des pierres en grès qui forment le glacis de l’ouvrage. L’envelope en terre comprend des parapets d’infanterie et un chemin couvert. La construction centrale comporte 6 tourelles cuirassées tournantes « Grusonpanzertürme » : 5 tourelles comprenant 1 canons de 28 cm L/22 sous tourelle cuirassée individuelle et une tourelle avec 2 canons jumelé de 15 cm L/23. Deux tourelles cuirassées supplémentaires étaient programmées, mais non jamais été installée par mesure d’économie. Système de communication entre le poste de commandement et les tourelles par tuyaux accoustiques. Citerne avec filtre à sable pour les eaux de ruissellement.

 

Place forte de Cuxhaven

Fort Kugelbake (1869-1879) fort pentagonal, aux dimensions d’environ 250 m et 150 m. Comprend un mur d’escarpe maçonné en briques avec de nombreuses embrasures pour la défense rapprochée au fusil. Le fort est muni d’un fossé plein d’eau à la gorge et sur les flancs, et d’un fossé devant les deux faces. Flanquement du fossé par une caponnières d’épaule gauche, une caponnière de saillant et une caponnière de gorge. Entrée munie d’un blockhaus de garde en maçonnerie et d’un pont-levis aujourd’hui disparu. Armé initialement de 10 canons de 28 cm répartis en deux batteries de 5 pièces qui tenaient sous leur feu tout le chenal. Sur le flanc gauche 4 canons de 12 cm orientés vers la mer. 1899 : le fort est relié à la gare de Cuxhafen par une ligne de chemin de fer à voies étroites. 1909 : dotation d’un plus puissant projecteur du monde, qui éclairait jusqu’à 4,5 km de distance, était escamotable et abrité dans un ouvrage en béton. L’ouverture du canal de la Mer du Nord à la Baltique a accrue l’importance du fort qui a été modernisé jusqu’en 1911. 1914 : retrait de 5 pièces de 28 cm transférée vers les Flandres. 1937 : installation de batteries antiaériennes « Flak » 8,8 cm. 1941 : remplacement des canons par du 10,5 cm à chargement rapide et installation d’un poste de commandement et de tir et d’un poste de mesure de type Freya. 1947 : le fort retourne à un usage civil. 1992-1994 : restauré avec des fonds allemands et eurpéens, il est le dernier exemplaire de forts de défense côtière.

 

Allemagne Front Est 

 

Place forte de Königsberg

Fort I, Fort Stein (1874-1880), fort détaché de ceinture.

Fort III, Feste König Friedrich III (1874-1880), fort détaché de ceinture.

 

Allemagne, Front Ouest

 

Place forte de Köln - Cologne

La place forte de Cologne est une importante tête de pont sur le Rhin. Le renforcement de cette place forte a commencé avec la construction de la ceinture extérieure des forts détachés. Le premier chantier de fort détaché a été lancé en septembre 1873 sur la rive gauche. Au cours de l’année 1874 ce n’est pas moins de 7 autres chantiers qui s’ouvrent. Le modèle des forts détachés de Cologne s’inspire du plan du fort V de Strasbourg.

Rive gauche du Rhin

Fort VI (septembre 1873-1877) ancien Fort III avant 1882. Rive gauche du Rhin, ouest de Deckstein. Fort détaché de ceinture de type Biehler, taille moyenne. Dimensions largeur 285 m profondeur 190 m.

Fort V (janvier 1874-1877) ancien Fort IV avant 1882. Rive gauche du Rhin, ouest de Müngersdorf. Grand Fort détaché de ceinture de type Biehler à fossé sec. Caserne de gorge brisée vers l’intérieur avec coffres de flanquement et de gauche à droite 13 + 3 + 3 + 13 pièces. Dimensions 340 m de large et 205 m de profond. 1887-1874 environ : deux batteries annexes avec abri à munitions sur les angles de gorge.

Fort IV (mars 1874-1877) ancien Fort V avant 1882. Rive gauche du Rhin, Ouest de Bocklemund. Grand fort détaché de ceinture de type Biehler, largeur 330 m, profondeur 210 m.

Fort VII (mars 1874-1877) ancien Fort II avant 1882. Rive gauche du Rhin, Sud de Klettenberg. Grand fort détaché de ceinture de type Biehler, largeur 345 m profondeur 200 m.

Fort VIII (mars 1874-1877) ancien Fort I avant 1882. Rive gauche du Rhin, ouest de Rodenkirchen. Fort détaché de ceinture de type Biehler de taille moyenne à fossé sec. Comporte 3 traverses-abri par face, caponnière double de saillant et 2 caponnières d’épaule. Caserne de gorge rentrante avec de gauche à droite 8+3+3+8 casemates et 2 coffres de flanquement.

Fort I (octobre 1874-1877) Fort Niehl, ancien Fort VIII avant 1882. Rive gauche du Rhin, Nord de Niehl. Fort détaché de ceinture de type Biehler de taille moyenne, à fossé sec. Comprend 3 traverses-abris par face, caponnière double de saillant et 2 caponnières d’épaule, casernement de gorge brisée vers l’intérieur à un niveau avec coffres de flanquement. Dimensions largeur 280 m profondeur 170 m. Partiellement renforcé 1887-1891, 3 traverses-abri par face. Il est doté d’une batterie annexe.

Fort II (octobre 1874-1877) Fort Longerich, ancien Fort VII avant 1882. Rive gauche du Rhin, Nord de Longerich. Fort détaché de ceinture de type Biehler de taille moyenne à fossé sec. Comprend 3 traverses-abris par face, caserne de gorge brisée vers l’intérieur à un niveau avec coffres de flanquement, de gauche à droite 8+3+3+8 casemates. Dimension 280 m de large et 185 m de profond. Partiellement renforcé 1887-1891, 3 traverses-abri par face. Il est doté de deux batteries annexes. Arasé partiellement 1921 sauf caserne de gorge qui est détruite en 1966.

Fort III (octobre 1874-1877) Fort Nüssenberg, ancien Fort VI avant 1882. Rive gauche du Rhin, Sud-Est de Pesch. Fort détaché de ceinture de type Biehler de taille moyenne à fossé sec. Dimensions largeur 280 m profondeur 220 m. Comprend une caserne de gorge à deux niveaux, brisée vers l’intérieur avec coffres de flanquement. Partiellement renforcé vers 1887. Installation d’une tourelle d’artillerie cuirassée et d’un observatoire sur le saillant. Il est doté de deux batteries annexes. Arasé partiellement 1920-1921 sauf caserne de gorge qui est détruite en 1965.

 

Place forte de Metz

Le renforcement de la place forte de Metz par la construction d’une première ceinture de forts détachés, que les autorités allemandes mènent depuis 1871, se poursuit au cours de l’année 1874.

Rive gauche de la Moselle

Fort Alvensleben (1867-1870 puis 1871-1875) actuel Fort de Plappeville. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapets d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge.

Ostfort (1867-1870 puis 1872-1875) actuel Fort Diou. Intégré au groupe fortifié Feste Prinz Friedrich Karl actuel groupe fortifié du Mont Saint-Quentin. Le fort Diou est construit par les Français. Il est de forme trapézoïdale au tracé bastionné quadrangulaire (4 bastions), dont deux avec casemates d’artillerie, avec fossé sec taillé dans le roc, en partie maçonné. Artillerie disposée sur le tracé bastionné et sur un cavalier polygonal placé en équerre, avec caserne à 2 niveaux et un magasin à poudre. L’entrée est munie d’un pont-levis. Les Français avaient conçu le fort pour recevoir 38 pièces d’artillerie et 692 hommes. 1872-1879 : les Allemands installent à l’autre extrémité du plateau le Fort Mannstein et organisent puissament l’espace entre les deux forts pour former le groupe fortifié. Réaménagent du tambour couvrant l’entrée à la gorge avec un blockhaus de garde. 1887-1890 environ, renforcement d’une partie des locaux, installation d’une cloche lourde d’observation d’artillerie à priori du type P.B.St. 1896 au centre du cavalier central, monte-charge à munition avec panier rond et câble, cuisinières autoclaves, métallique, réseaux de fil, grilles défensives, coffres de contrescarpe avec chambres de tir munies de dispositif d’accrochage mural des canons-révolvers de 3,7 cm et volets blindés sur les créneaux de fusillade.

Fort Manstein (1872-1875) Fort, fort au tracé pentagonal, avec fossé sec taillé dans le roc sur le front et les flancs, caponnières du saillant et d’épaule, caserne de gorge avec caponnière et une petite caponnière sur l’aile gauche de la gorge et casemates d’artillerie sous le rempart des faces, un grand magasin à poudre sous chaque flanc, abris-traverses sur les remparts. 1887-1894 renforcement partiel, 1 poste d’observation d’artillerie cuirassé type « P.B.St. 87 » de Gruson, 2 coupoles d’observation tournantes type « W.T.90 », 3 coffres de contrescarpe à la place des caponnières, un double au saillant et un simple à chaque angle d’épaule.

Veste Prinz Friedrich Karl (1873-1880 environ) groupe fortifié du Mont Saint-Quentin. Groupe fortifié qui englobe tout le plateau du Mont Saint-Quentin, avec le Fort Mannstein et l’Ostfort avec deux branches de jonction surmontées de parapets d’artillerie. Cet espace a été transformé et modernisé jusqu’en 1914 et comprend : des positions pour canons de 15 cm fretté long sur affût de marine (installés vers 1877-1887), une grande caserne de guerre centrale à 2 niveaux, une batterie pour 2 obusiers de 21 cm avec observatoire cuirassé d’artillerie tournant, un emplacement pour 2 mortiers lourds, un grand magasin à poudre. La jonction Nord est flanquée par deux caponnières. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie des bâtiments.

Rive droite de la Moselle

Fort Manteuffel (1867 puis 1871-1875) actuel Fort de Saint-Julien. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge. Le parapet d’artillerie des fronts bastionné destinné à la défense rapprochée et au flanquement et le parapet du cavalier à la défense éloignée. Une grande caserne de gorge avec caponnière sur la partie centrale et une caserne sous le centre du cavalier. Les Français avaient prévu un armement de 75 pièces d’artillerie et un effectif de 1 750 hommes. 1871-1890 les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme le monte-charge, traverses-abris, blindage des fenêtres, vers 1887-1890 renforcement d’une partie des locaux du fort, batteries annexes de part et d’autre, mise en place de grilles et de réseaux de fils de fer.

Fort Goeben (1867-1870, puis 1871-1879) actuel Fort de Queuleu. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un vaste fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front large de 800m et profondeur de 450 m, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie et d’artillerie. A la gorge une grande caponnière centrale relie les 2 casernes. Au centre du fort un important cavalier polygonal ouvert à la gorge formant réduit avec une grande casernes, magasins et abris, très surélevé, qui forme la batterie haute pour le combat éloigné. L’artillerie des parapets des bastions est prévue pour le combat rapproché et le flanquement. Fort prévu d’après les plans français pour 122 pièces d’artillerie et une garnison de 2 000 hommes. 1871-1879 les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charge, traverses-abris, blindage des fenêtes, vers 1887-1890 renforcement d’une partie des locaux du fort, 2 observatoires d’artillerie cuirassé modèle 1887 sur le cavalier, 3 observatoires cuirassés d’infanterie modèle 1890 sur la pointe de chaque bastion du front de tête, batteries annexes de part et d’autre et à la gorge, mise en place de grilles et de réseaux de fils de fer.

Fort Zastrow (1870 puis 1874-1875) actuel Fort des Bordes. Les Français ont commencé le terrassement en 1870. Pendant le siège de Metz en 1870, on y a installé une batterie. Après la guerre les Allemands construisent un fort de forme trapézoïdale, comportant au centre une caserne pour 80 hommes, un magasin à poudre sous le rempart du flanc gauche et 3 abris à munitions sous les remparts. A la gorge une caserne pour 500 hommes. Le fort est muni d’un fossé sec battu par trois coffres de contrescarpe. 1887-1890 : installation de 2 batteries annexes avec 6 alvéoles et un abri à munition encadraient l’ouvrage de part et d’autre des angles de gorge. Armement : 16 pièces dont 6 du premier armement. L’essentiel du fort a été remblayé.

Fort Prinz August von Württemberg (Début 1870 puis 1872-1875) actuel Fort de Saint-Privat. 1870 Construction des terrassements par les Français. 1872-1875 Reprise des travaux par les Allemands selon leurs plans d’un Fort de type Biehler. Lunette élargie, à fossé sec, grand fort comportant une gorge pseudo bastionnée avec caserne brisée vers l’intérieur, 4 traverses-abris par face, 2 batteries annexes, 2 observatoires cuirassés. Modernisé vers 1887-1890 suppression des caponnières d’épaule remplacée chacune par un coffre de contrescarpe simple et campoonière du saillant remplacée par un coffre double de contrescarpe. Fort conçu pour 750 hommes et environ 44 pièces d’artillerie.

 

Place forte de Strasbourg

Rive gauche du Rhin

Fort I, Fort Wantzenau, Fort Fransecky (1873-1876) actuel Fort Ney. Grand fort détaché de ceinture à fossé plein d’eau de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 4 traverses par face, une grande poudrière de guerre sous chaque flanc. Gorge à tracé bastionné et caserne à deux niveaux comprenant à l’aile gauche 15 + 4 au saillant et à l’aile droite 14 casemates (2 cages d’escaliers par aile comprises) ; locaux d’artillerie également sous les faces et le saillant ; flanquement à partir du rempart et des deux caponnières d’épaule ; poterne principale sous traverse en capitale munie de 2 x 7 pièces de chaque côté ; latrines dans le bloc droit et gauche de la gorge (2 x 4 pièces) ; entrée protégée par un tambour avec blockhaus de garde et place d’armes de gorge. Caponnière du saillant esquissée mais à priori non construite. 1887-1890 environ : renforcement partiel de l’ouvrage, installation d’une caponnière double de saillant, obturation du premier couloir transversal gauche ; rampes de la cour transferrée le long du rempart de gorge.

Fort II, Fort Reichstett, Fort Moltke (mai 1872 – 1875) actuel Fort Rapp, construit par la société « Baugesellschaft Pathe, Jerschke & Schneider ». Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 6 + 5 + 5 + 6 casemates et des latrines à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par la caponnière double de saillant, les deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement des projectiles ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permet le franchissement du fossé de gorge ; système de contres mines sur les deux faces avec galerie enveloppe, magasins à poudre, latrines, comportant 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux par face. Vers 1877-1887 installation de 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de marine. 1887-1894 environ : renforcement de la partie centrale et de l’aile gauche de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par un coffre double de constrescarpe, renforcement de la poudrière du flanc gauche, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face gauche, et de deux batteries annexes avec abris à munitions (M1 & M2) reliés au fossé de gorge par une poterne. Edifice protégé dans le cadre des monuments historiques.

Fort III, Fort Mundolsheim, Fort Roon (5 juillet 1872-1875), actuel Fort Desaix. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 9 + 4 + 4 + 9 casemates et des latrines à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par la caponnière double de saillant, les deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central pour le franchissement du fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux par face. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 », une batterie annexe sur le flanc droit. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques.

Fort IV, Fort Niederhausbergen, Fort Veste Kronprinz (juillet 1872-1875) actuel Fort Foch. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 11 + 4 + 4 + 13 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, les deux caponnières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux sur chaque angle d’épaule. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 », deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M23 et M24) reliés par une poterne au fossé de gorge. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques.

Fort V, Fort Oberhausbergen, Fort Grossherzog von Baden (août 1872-1875) dénommé Fort Pétain en 1919 puis Fort Frère vers 1945. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 11 + 6 + 6 + 9 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux sur chaque angle d’épaule. Vers 1877-1887 installation de 4 canons de 15 cm fretté long sur affût de marine. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc gauche, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » sur la face gauche et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face droite, deux batteries annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M30 et M31) reliés par une poterne au fossé de gorge. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques.

Fort VI, Fort Wolfisheim, Fort Prinz Bismarck (août 1872 – 1875), actuel Fort Kléber. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 10 + 6 + 6 + 10 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux sur chaque angle d’épaule. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant et des caponnières d’épaule remplacées par une un coffre double de constrescarpe et deux coffres simples aux épaules, renforcement de la grande poudrière du flanc gauche, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, deux coupoles tournantes d’observation modèle « W.T.90 » un sur chaque face.

Fort VII, Fort Holtzheim, Fort Kronprinz von Sachsen (1872-1875). Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 6 + 5 + 5 + 10 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux sur chaque angle d’épaule. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » sur la face droite et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face droite, deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M30 et M31) reliés par une poterne au fossé de gorge. Edifice non protégé dans le cadre des monuments historiques.

Fort VIII, Fort Ostwald ou Geispolsheim, Fort von der Tann (1873-1876) actuel Fort Lefèbvre. Grand fort détaché de ceinture à fossé plein d’eau de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 4 traverses-abris et 5 plates-formes d’artillerie doubles par face, 1 traverse-abri et 2 traverses en terre et 4 plates-formes d’artillerie simples par flanc, une grande poudrière de guerre sous chaque flanc. Vaste corps de casemates pour la caserne et les locaux d’artillerie, à deux niveaux, situé sous les plates-formes d’artillerie des faces et du saillant, comprenant de l’aile gauche, saillant à l’aile droite 14 + 4 + 14 au saillant (3 cages d’escaliers non comprises). Les deux façades de la caserne s’ouvrent sur deux cours intérieures. Le flanquement à partir du rempart, des deux caponnières d’épaule et des demies-bastion droit et gauche de la gorge ; poterne principale sous traverse en capitale munie de 2 x 7 pièces de chaque côté et d’une grande pièce de stockage à l’étage au-dessus de l’entrée dédiée aux subsistances ; latrines dans le bloc droit et gauche de la gorge (2 x 4 pièces) ; entrée protégée par un tambour avec blockhaus de garde et place d’armes de gorge. Caponnière du saillant esquissée mais à priori non construite. 1887-1890 environ : renforcement partiel de l’ouvrage, installation d’une caponnière double de saillant, obturation du premier couloir transversal gauche ; rampes de la cour transferrée le long du rempart de gorge, protection de la digue d’accès à l’entrée par des grillages. Autres modernisation 1895, 1904 : installation d’une coupole cuirassée tournante d’observation modèle « W.T.90 ». Après 1946 à priori : maison d’habitation édifier sur l’ancien blockhaus de gorge. Lors de la construction de la bretelle d’accès à l’autoroute A35, le fossé du flanc droit a été remblayé.

Fort IX, Fort Illkirch, Fort Werder (mai 1873-1876 ou 1877) actuel Fort Uhrich. Grand fort détaché de ceinture à fossé plein d’eau de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 4 traverses-abris et 5 plates-formes d’artillerie doubles par face, 1 traverse-abri et 2 traverses en terre et 4 plates-formes d’artillerie simples par flanc, une grande poudrière de guerre sous chaque flanc. Vaste corps de casemates pour la caserne et les locaux d’artillerie, à deux niveaux, situé sous les plates-formes d’artillerie des faces et du saillant, comprenant de l’aile gauche Les deux façades de la caserne s’ouvrent sur deux cours intérieures. Le flanquement à partir du rempart, des deux caponnières d’épaule et des demies-bastion droit et gauche de la gorge ; poterne principale sous traverse en capitale comportant des locaux de stockage et une écurie ; latrines dans le bloc droit et gauche de la gorge (2 x 4 pièces) ; entrée protégée par un tambour avec blockhaus de garde et place d’armes de gorge. Caponnière du saillant esquissée mais à priori non construite. 1887-1890 environ : renforcement partiel de l’ouvrage, installation d’une caponnière double de saillant ; rampes de la cour transferrée le long du rempart de gorge, protection de la digue d’accès à l’entrée par des grillages, installation de deux batteries annexes sur les angles de gorge droit et gauche avec l’abri à munitions M67a. Autres modernisations vers 1898-1899 : installation d’un observatoire cuirassé d’artillerie modèle « P.B.St.96 » au profit de la batterie n°38 pour 3 canons de 10 cm sur affûts à boucliers installée sur le glacis du flanc gauche du fort. Nuit du 23 au 24 novembre 1944 : l’ouvrage servant de dépôt de carburant est incendié par la Wehrmacht et endommage très fortement l’aile droite de la caserne sous le front droit. 30 juin 2012 inauguration d’un parc public par la commune d’Illkirch-Graffenstaden.

Rive droite du Rhin

Fort X, Fort Kirchbach (1874-1878). Fort détaché de ceinture à fossé plein d’eau de type Biehler, de taille moyenne, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 3 traverses par face, une grande poudrière de guerre sous chaque flanc. Caserne de gorge à un niveau comprenant de gauche à droite environ 9 + 7 + 7 + 9 casemates ; locaux d’artillerie également sous les faces et le saillant ; flanquement à partir du rempart et des deux caponnières d’épaule et par une caponnière de revers sur le saillant ainsi qu’à partir des coffres de la caserne de gorge ; poterne principale sous traverse en capitale ; entrée protégée par un tambour avec blockhaus de garde et place d’armes de gorge, accès à l’ouvrage par une digue traversant le fossé de gorge. 1887-1890 environ : renforcement partiel de l’ouvrage, installation de grilles au niveau de la digue d’accès à l’ouvrage et sur le mur d’enceinte du tambour. Vers 1930 : démolition de l’ouvrage.

Fort XI, Fort Bose (1874-1878). Fort détaché de ceinture à fossé plein d’eau de type Biehler, de taille moyenne, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 3 traverses par face, une grande poudrière de guerre sous chaque flanc. Caserne de gorge à un niveau comprenant de gauche à droite environ 10 + 7 + 7 + 10 casemates ; locaux d’artillerie également sous les faces et le saillant ; flanquement à partir du rempart et des deux caponnières d’épaule et par une caponnière de revers sur le saillant ainsi qu’à partir des coffres de la caserne de gorge ; poterne principale sous traverse en capitale ; entrée protégée par un tambour avec blockhaus de garde et place d’armes de gorge, accès à l’ouvrage par une digue traversant le fossé de gorge. 1887-1890 environ : renforcement partiel de l’ouvrage, installation de grilles au niveau de la digue d’accès à l’ouvrage et sur le mur d’enceinte du tambour. Vers 1930 : démolition de l’ouvrage.

Fort XII, Fort Blumenthal (1874-1878). Fort détaché de ceinture à fossé plein d’eau de type Biehler, de taille moyenne, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 3 traverses par face, une grande poudrière de guerre sous chaque flanc. Caserne de gorge à un niveau comprenant de gauche à droite environ 10 + 7 + 7 + 10 casemates ; locaux d’artillerie également sous les faces et le saillant ; flanquement à partir du rempart et des deux caponnières d’épaule et par une caponnière de revers sur le saillant ainsi qu’à partir des coffres de la caserne de gorge ; poterne principale sous traverse en capitale ; entrée protégée par un tambour avec blockhaus de garde et place d’armes de gorge, accès à l’ouvrage par une digue traversant le fossé de gorge. 1887-1890 environ : renforcement partiel de l’ouvrage, installation de grilles au niveau de la digue d’accès à l’ouvrage et sur le mur d’enceinte du tambour. Vers 1930 : démolition de l’ouvrage.

 

Belgique

 

Place forte d’Anvers

Fort de Kruibeke (1870-1880), également dénommé Fort Van Eopoel ou Fort Kapitaen.

Fort de Merksem (1871-1882).

Fort de Zwinjdrecht (1870-1880), également dénommé Fort Brosius ou Fort Kolonel I.M.F.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Verdun

Fort de Tavannes (décembre 1874-décembre 1879), modernisé 1889-1890.

 

Rideaux des Hauts de Meuse

Fort de Gironville (1874-1875), ouvrage peu modernisé, 1890 un magasin sous roc et 1900-1910 réseau de fil et grilles.

 

Place forte de Toul

Fort Domgermain (1874-1877) Fort Brune, modernisé 1894 et 1907-1910 ; 1 caserne bétonnée, refonte et bétonnage des locaux, 1 tourelle de 75, 1 tourelle de mitrailleuse, 3 observatoires, 1 casemate de Bourges. 1914-1915 : 2 cuves pour canons de 75 mm antiaériens.

Fort d’Ecrouves (1874-1876), modernisé 1892 et 1906 : caserne de guerre en béton, coffres de contrescarpe, 1 tourelle de 75, 1 tourelle de mitrailleuses, 2 observatoires, 1 casemate de Bourges.

Fort Saint-Michel (1874-1877 ou -1878), modernisé vers1892 : 2 tourelles de 75, 1 tourelle de mitrailleuses, 3 observatoires et 1 casemate de Bourges.

Fort Villey-le-Sec (1874-1880), modernisé 1890, 1906-1912 ; 2 tourelles de 75, 1 tourelle de 155, 1 tourelle de mitrailleuse, 8 observatoires.

Redoute de Chaudeney (1874-1875) redoute Charton, redoute en terre au tracé pentagonal. Vers 1914-1918 : installation d’une cuve bétonnée pour canon de 164,7 de marine.

Redoute de la Justice (1874-1875) redoute Dujard, redoute en terre avec caserne.

 

Forts de rideau de la Haute Moselle

Fort du Parmont (1874-1876), fort à massif central et batterie basse. 1877-1878 une casemate Mougin en fer laminé, 1879-1880 une tourelle Mougin modèle 1876, 1888-1889 un magasin sous roc, et diverses modifications jusqu’en 1915.

Fort de Rupt (1874-1876), fort à massif central, à batterie basse, peu modernisé. 1889-1891 un magasin sous roc.

 

Place forte de Belfort

Fort des Basses Perches (1874-1877) Fort Valmy, fort au tracé rectangulaire.

Fort des Hautes Perches (1874-1877) Fort Rapp, fort au tracé pentagonal.

Fort des Basses Perches – Fort Valmy (1874-1877), forme rectangulaire.

Réduit du Bosmont (1874-1875), dénommé ouvrage Amey.

 

Place forte de Dijon

Fort de la Motte-Girond (1874-1876), renforcé par la batterie de La Motte-Girond, non modernisé.

 

Place forte de Langres

Fort de la Bonnelle (1869-1875) Fort Decrès.

Fort de Cognelot (1874-1877) Fort Vercingétorix, également appelé Fort de Chalindrey. 1915 : le fort est désarmé et les pièces d’artillerie sont transférée.

Fort de Dampierre (1874-1878) Fort Magalotti, fort à enveloppe, 52 ha, 142 pièces d’artillerie, 43 officiers et 1 496 hommes.

 

Place forte de Besançon

Fort de Châtillon-le-Duc (1874-1878).

Fort de Fontain (1874-1877) Fort Marulaz. Fort à cavalier construit à la place d’une redoute de 1870.

Position de Fontain (1874-1877). Comprend le Fort de Fontain, le magasin sous roc et diverses positions et batteries.

 

France Front Sud-Est

 

Place forte de Lyon

Batterie des Carrières (1874-1877), 6 emplacements.

 

Place forte de Briançon

Fort de la Croix de Bretagne (1874-1879) Position de la Croix de Bretagne ; importante position de montagne comprenant 5 batteries et un fort doté de 500 hommes et 44 pièces d’artillerie.

 

France Front Sud Côtes de la Méditérannée

 

Place forte de Toulon

Fort de la Croix Faron (1872-1875), englobe une tour datant de 1845. Après 1944 : baptisé Fort Commandant Ducuing.

 

France Centre

 

Place forte de Paris

Batterie du Bois d’Arcy (1874-1880).

Fort de Cormeilles en Parisis (1874-1877).

Fort de Domont (1874-1878), grand fort à cavalier. 1884 : 1 tourelle Mougin Mle 1876 comprenant 2 pièces.

Fort du Haut Duc (1874-1880) grand fort trapézoïdal à cavalier. Août 1944 : fort endommagé pendant les combats.

Redoute des Hautes Bruyères (1874-1878) ancienne redoute en terre érigée en 1870 près du fort de Kremlin-Bicêtre.

 

Pays-Bas

 

Ligne d’Utrecht « Waterlinie »

 

Place forte de Naarden

Fort Ronduit (1873-1874), sur l’emplacement d’une redoute construite en 1747, transformée en retranchements en 1786. Fort polygonal en terre levée, implanté sur le chemin couvert de la face Nord de l’enceinte de Naarden. Caserne de gorge et poste de garde maçonnée en briques.

 

Place forte de Muiden

Muizenfort ou Gebouw C (1874-1877), renforcé en 1939-1940 par un abri de groupe et une casemate de mitrailleurs type G. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument ».

 

Place forte d’Utrecht

Fort Blauwkapel (1818-1821), construit autour d’un village existant, il tire son nom de la chapelle du village. Plus grand fort de la ligne de Waterlinie. Ouvrage en terre à 4 bastions avec réduit de gorge. 1849-1852 : élévation et renforcement des remparts, construction d’un blockhaus de garde. 1860 environ : renforcement du blockhaus de garde par de la terre. 1874 : construction de deux casernes, d’abris et de magasins à l’épreuve des bombes. 1914-1918 : fort transformé en un point d’appui d’infanterie avec un effectif mobilisé de 300 hommes, muni de tranchées, abris en bois, d’observatoires, de mitrailleuses et de réseaux de fils de fer barbelé. 1918 : construction de 3 abris en béton. 1939-1940 : installation d’un réseau d’obstacles antichars (dénommés asperges) et de quelques abris de groupe en béton. Mars – avril 1940 : construction d’une tranchée bétonnée. 1940-1944 : démolition des installations militaires du bastion Nord et excavation des remparts. 2003-2008 : travaux de restauration de la chapelle, des fortifications, et de tout le village pour le rendre accessible et fonctionnel.

Caserne à l’épreuve des bombes construite au Fort Blauwkapel en 1874

Photographie : © MJR de juillet 2012, tous droits réservés.

 

Position de Honswijk

Lunet aan de Snel (1845, 1873-1874). Ouvrage en terre installé au nord du Fort buj Honswijk. En 1873-1874 renforcée par des remparts en terre et une caserne et une remise à canons à l’épreuve des bombes. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument ».

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

 

Allemagne

1874 : constitution d’un parc de siège réparti entre les places de Spandau, Posen, Magdebourg et d’un autre parc réparti entre les places de Coblence et de Strasbourg. On a déterminé en 1874 l’effectif et la composition des parcs de siège. On a décidé en effet de constituer deux parcs, chacun de 400 pièces dont l’un sera réparti en temps de paix entre les places de Spandau, Posen et Magdebourg, et l’autre entre celles de Coblence et de Strasbourg. Chacun de ces parcs comprend 40 canons de 9 centimètres (en bronze), 120 canons de 12 centimètres (en bronze), 120 de 15 centimètres courts (en acier fondu), 40 canons longs de 15 centimètres frettés (en acier fondu), 40 mortiers rayés de 21 centimètres et 40 mortiers lisses de 15 centimètres (en bronze). Cette dernière pièce est la seule pièce lisse du parc de siège allemand dans la composition duquel doivent encore entrer des pièces frettées de 21 centimètres et des mortiers rayés de 28 centimètres.

 

Publications de l’année 1874

 

Auteurs divers : Le Spectateur militaire Quatrième série. 48e année. 34e volume. Janvier, février, mars 1874, Paris, 1874 :

X. V. : Le 1er janvier 1874 ; pages 5-23 ;

L.G. : Etude sur le siège de Belfort pendant la campagne de 1870-1871 ; pages 22-49 ;

R.H. : Etude sur le rôle stratégique et l’organisation défensive de la région de Paris ; pages 50-66 ;

Poncelet : Réflexions sur l’artillerie ; pages 101-119 ;

L.G. : Etude sur le siège de Belfort pendant la campagne de 1870-1871 ; pages 213-247 ;

X. V. : Chronique mensuelle ; pages 265-274 ;

D. : Revue de la presse militaire étrangère ; pages 275-280 ;

X. Y. : Revue bibliographique ; pages 281-302 ;

L.G. : Etude sur le siège de Belfort pendant la campagne de 1870-1871 ; pages 229-351 ;

Poncelet : Quelques mots sur l’artillerie de campagne ; pages 398-413 ;

R.H. : Quelques mots sur le système de défense, proposé par M. le Colonel Brialmont, pour la région de Paris (20 février 1874) ; pages 439-451 ;

D. : Revue militaire étrangère ; pages 452-461 ;

X. Y. : Revue bibliographique ; pages 462-470 ;

Auteurs divers : Revue d’Artillerie, Tome 3, Octobre 1873 – mars 1874, Berger-Levrault et Cie, Paris & Nancy, 1874 :

Petit, P. : Des effets du tir des batteries allemandes sur les ouvrages défensifs de Paris, pendant le siège de 1870-71 (Extrait d’une Note de M. le capitaine du génie Petit, insérée au n°21 du mémorial de l’officier du génie) ; pages 121-142 ;

A. Jouart, P. Huter, capitaines d’artillerie : L’artillerie à l’exposition de Vienne. Matériel Krupp. Canon de côte et de marine (Extrait du Rapport adressé au Ministre de la guerre par les capitaines Jouart et Huter à la suite de leur mission à Vienne) ; pages 177-189 ;

A. Aron, capitaine au régiment d’artillerie-pontonnier : Description des principaix équipages de pont étrangers. Equipage de pont allemand ; pages 489-511 ;

Général Susane : Histoire de l’artillerie française, J. Hetzel et Cie, Paris, 1874.

Capitaine du génie Thiers Edouard : De l’influence exercée par l’artillerie rayée sur la défense des places d’après l’exposé de la défense de Belfort en 1870-1871, Vh. Tanera, Paris, 1874.

Capitaine Wagner Reinhold, traduit de l’allemand par le capitaine du génie Marmier : Cours de fortification de l’académie militaire de Berlin, 1874.

Wille : Leitfaden der Waffenlehre, Berlin, 1874.

 

Chroniques de l’année 1874

 

Allemagne, Strasbourg place forte : déplacement de la chaussée de Haguenau près du Fort Moltke.

En 1874, un plan colorié est établi aux échelles 1/100 et 1/1 000 pour le transfert de la chaussée de Haguenau à proximité du Fort Moltke à Reichstett et dénommé « Verlegung der Hagenauer Chaussee bei Fort Moltke ». Ce plan a été signé par le lieutenant ingénieur « Ingenieur-Leutnant » Volkmann. Il comprend la situation, les profils des tuyaux et des passages des eaux.

Allemagne, Strasbourg place forte : établissement de plans projets pour l’extension de l’enceinte urbaine.

En 1874, le génie militaire allemand établi plusieurs plans projets relatifs à l’extension de l’enceinte urbaine :

Un plan projet général pour les fronts Nord et Ouest de la nouvelle enceinte, en couleur, sur papier calque, comprenant sur la première feuille un plan de situation à l’échelle 1/5 000e, sur la 2e feuille les profils à l’échelle 1/500e et sur la 3e feuille un plan projet général pour l’extension de l’enceinte urbaine, en couleur, sur papier calque, à l’échelle 1/5 000e.

Allemagne, Strasbourg place forte : établissement de plans projet pour une route d’accès au Fort Fransecky.

En 1874, le génie militaire allemand établi les deux plans projets pour l’accès au Fort Fransecky :

Un plan d’une route à installer entre le pont de l’Ill et l’entrée au niveau du tambour de gorge du Fort Fransecky « Straßenanlage von der Illbrücke nach dem Kehl-Tambour ». Il s’agit d’un plan en couleur de situation, de nivellement et de profils aux échelles 1/100e et 1/500e, signé par le lieutenant ingénieur « Ingenieurleutnant Hübschmann ».

Un plan en couleur pour l’installation d’une route du tambour de gorge à la route de la Wantzenau « Straßenanlage vom Kehl-Tambour nach der Wanzenauer Straße » aux échelles 1/500e et 1/100e, avec un plan de situation, le nivellement et les profils.

Allemagne, Strasbourg place forte : établissement d’un plan projet pour une route stratégique sur les hauteurs de Hausbergen.

Le génie militaire établit un plan concernant la route stratégique reliant les forts sur les hauteurs de Hausbergen. Il s’agit d’un profil longitudinal le long des hauteurs de Hausbergen, un plan en couleur aux échelles 1 :2 500e et 1 :250e établi sur deux feuilles dénommé « Längenprofil der Verbindungsstraße längs dem Hausberger Höhenkamm ».

 

Janvier 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : compte rendu concernant l’installation des lignes de télégraphies souterraines entre les forts détachés de Strasbourg.

Les renseignements suivants datés de janvier 1874 ont été communiqués par le 2e Bureau de l’Etat-major général au Ministère : « Forts de Strasbourg : Télégraphie souterraine. Le télégraphe souterrain qui doit relier les forts entre eux et ensuite ces derniers à la ville de Strasbourg sera probablement établi d’ici trois mois, on y travaille sans relâche ».

Allemagne, Haguenau : installation du camp d’Oberhoffen.

Les renseignements suivants datés de janvier 1874 ont été communiqués par le 2e Bureau de l’Etat-major général au Ministère : « Camps. Depuis quelques temps les Allemands procèdent à l’installation d’un camp entre Oberhoffen et Kaltenhausen, 30 baraques sont déjà construites et il en est question d’en construire 30 autres dans le courant de cet hiver, il existe à proximité de ce camp un polygone d’une longueur d’environ 8 kilomètres, dans les directions d’Oberbetschdorf, ce polygone est affecté aux exercices de tir et aux grandes manœuvres : le camp en question pourra recevoir et loger une grande quantité de troupe ».

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : construction de voies ferrées stratégiques.

Les renseignements suivants datés de janvier 1874 ont été communiqués par le 2e Bureau de l’Etat-major général au Ministère : « Voies ferrées stratégiques. Il est question de construire une ligne ferrée de Steinbourg (près Saverne) à Bouxwiller, avec prolongement sur Bitche et Deux-Ponts, où il doit déjà exister un embranchement sur Sarrebruck (Prusse Rhénane) : avant la guerre de 1870-71, la ligne ferrée de Steinbourg à Bouxwiller avait été décidée, mais on s’arrêtait là, tandis qu’aujourd’hui cette ligne sera reliée à celle du Palatinat et de la Prusse ; cette nouvelle ligne facilitera énormément, à un moment donné, le transport des troupes.On parle aussi, dans un but stratégique, de l’établissement prochain d’une ligne ferrée longeant la rive gauche du Rhin, dans la direction de Neuf-Brisach ».

Allemagne, Strasbourg place forte : compte rendu d’espionnage concernant les problèmes liés à la construction des forts Moltke à Reichstett et Bismarck à Wolfisheim.

Les renseignements suivants datés de janvier 1874 ont été communiqués par le 2e Bureau de l’Etat-major général au Ministère : « Forts de Strasbourg. Nouveaux renseignements précis, sur les éboulements des forts de Strasbourg. Au fort de Wolfisheim, deux étages de casemates se sont écroulés sur une longueur de 75 mètres. Au fort de Reichstett, le même fait s’est produit sur une longueur de 45 m. Les briques employées dans la construction, sont tellement mauvaises, mal cuites, que d’autres éboulements sont attendus, non-seulement dans ces deux forts mais dans d’autres. Ces briques imprégnées d’eau, vont se défaire complètement après de fortes gelées. Les deux éboulements ci-dessus indiqués n’ont d’autre cause que la mauvaise qualité des briques ».

 

Jeudi 1er janvier 1874

Allemagne, Strasbourg : suppression du péage sur le pont du Rhin.

La presse locale nous informe : « Strasbourg, 17 février. A compter du 1er janvier 1874, le péage sur le pont du Rhin sera supprimé ».

 

Dimanche 4 janvier 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : concert par une musique militaire.

La presse locale publie : « Dimanche 4 et mardi 6 janvier 1874, au Tivoli, l’après-midi à partir de 15h30, grand concert exceptionnel du corps de musique « Musikcorps des kön. Sächs. 6. Infanterie-Regiments Nr. 105 ».

 

Jeudi 8 janvier 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : vente de ferraille par le dépôt d’artillerie.

Un journal local a publié cette annonce : « Communiqué daté à Strasbourg du 18 septembre 1874 et signé par le dépôt d’artillerie « Kaiserliches Artillerie-Depot » : « Au dépôt d’artillerie “Artillerie-Depot” de Strasbourg seront vendus au plus offrant : 491 719,38 kg de fonte morcelée provenant de munitions « Gußeisen aus zerschlagener Eisenmunition » ; 1 225 kg de fonte en petites rondelles « Gußeisen in kleinen Scheiben » ; 4 638 kg de vieux fer de forge en gros éléments « altes Schmiedeeisen in großen Beschläge » ; 8 647 kg de vieux fer de forge en petits éléments « altes Schmiedeeisen in kleinen Beschläge » ; Le tout est entreposé à Strasbourg. Ainsi que de 27 470 kg de fonte de fer, entreposée à Neuf-Brisach. L’adjudication est fixée au 8 janvier 1874, à 9 heures, au bureau local de la place Broglie 18, les offres peuvent être proposés sur papier timbré par les acheteurs ».

 

Dimanche 11 janvier 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : concert par une musique militaire.

La presse locale publie : « Casino. (Kinderspielgasse). Dimanche 11 janvier 1874, grand concert de l’orchestre du « 1. Rhein. Infanterie-Regiments Nr. 25 », sous la direction du “Kapellmeister” Monsieur Manns. Début 14h30, entrée 50 centimes ».

 

Mardi 13 janvier 1874

Allemagne, Strasbourg, place forte : point de situation français relatif au nouveau type de forts détachés allemands et à la construction des nouvelles fortifications.

Dans une note française du deuxième bureau, on retrouve un document allemand qui nous apporte quelques informations concernant la place forte de Strasbourg (note en allemand, incomplète, seule la partie la plus utile a été traduite) : « Avec l’amélioration conséquente de ces derniers des temps des performances des pièces d’artillerie, on a été obligé de prendre en compte la modification des objectifs qui seraient les cibles de cette artillerie en temps de guerre. Les cibles privilégiées de cette artillerie sont les forteresses et leurs ouvrages individuels. Alors qu’autrefois les parties des murs des ouvrages de fortification qui étaient les plus exposés ont été réalisés en grande masse compacte, ce qui leur permettaient de résister réellement au tirs lointains, alors que ces tirs provenant des nouvelles pièces d’artillerie a désormais une efficacité trois fois supérieure, en conséquence on était désormais obligé, de ne plus utiliser la pierre pour ces parties les plus exposées, mais simplement de la terre coulante, sous laquelle se cache la masse des murs compacts. Ce système, qui a été inventé récemment, même si les ouvrages du système de Vauban ont toutefois été gardés, dévie pour l’essentiel du dernier système. Par ailleurs, comme les parties à nu des ouvrages exposées au tir direct sont désormais en terre, le but essentiel était aussi l’aménagement intérieur des ouvrages, que désormais les communications soient également protégées par des masses de terre, que les pièces d’artillerie tout comme l’équipage soient couverts par des masses de terre. D’autre part l’assiégé ne peut que procéder à des réparations des ouvrages endommagés, puisqu’il nécessite pour cela que de la terre, si les circonstances l’autorisent, de procéder à des travaux nocturnes sur les ouvrages endommagés en comblant la terre, toutefois si l’ennemi ne continue pas ces bombardements de nuit. Les nouveaux ouvrages de fortifications et surtout les ouvrages détachés de Strasbourg, Cologne et Ingolstadt, ont été érigé ou sont encore en construction dans ce système. Le nombre des forts de Strasbourg est de 12, auquel on doit encore en ajouter deux. Sur ces 12 la moitié sont situés sur des terrains secs, c’est-à-dire ceux de Reichstett, Mundolsheim, Niederhausbergen, Oberhausbergen, Wolfisheim et Lingolsheim, tandis que les forts de la Wantzenau, Grafenstaden, Illkirch, Sundheim, Auenheim et Neumühl – dont les trois derniers sont sur la rive droite du Rhin derrière Kehl – ont été construits sur des terrains humides et en conséquence sont dotés de fossés pleins d’eau. Des deux forts qui doivent encore être ajoutés, l’un sera érigé à l’extrémité de la colline des Hausbergen, sur la soi-disant tête de Mundolsheim « Mundolsheimer-Kopf », en tant que fort à fossé sec, alors que le second fort trouvera sa place à proximité du fort d’Illkirch, près du Altenheimerhof. Dans l’ensemble les forts sont situés à une distance moyenne de 15 à 20 kilomètres du centre de la ville et de son enceinte. Cette dernière sera agrandie vers l’Ouest et le Nord-Ouest, et la ligne porte de Pierre « Steintor » à la Citadelle sera arasée et la nouvelle enceinte s’étendra à partir de ces points jusqu’au Contades, l’Orangerie et y compris tous les terrains situés entre ces points. Il s’agit surtout d’agrandir la partie nord-ouest de la ville sans toutefois trop s’approcher de la ligne des fort détachés. Dans les prochains temps je ferais également de la même manière un compte-rendu de Cologne et d’Ingolstadt. L’ensemble des forts détaché de Strasbourg sont en partie reliés par des routes renforcées, comme c’est le cas de celle partant à gauche du fort d’Oberhausbergen sur les hauteurs jusqu’à la Tête de Mundolsheim, également reliée en partie par une voie ferrée, même si actuellement ces voies ferrées ne sont pas en service, et que les installations de cette dernière sont déjà partiellement détruites et arrachées, mais la plate-forme reste en place, et peut être remis en place en cas d’urgence dans un délai de 24 heures. La liaison technique des forts détachés avec la ville ainsi qu’avec le Gouvernement de la place forte, qui relie individuellement chaque fort, comprend une ligne télégraphique souterraine, comprenant des câbles qui ont été enterrées à une profondeur moyenne de 0,75 m. Ainsi chaque fort a un télégraphiste, auquel peut faire appel les fonctionnaires et les gardes du génie « Wallmeister » des forts. C’est grâce à ces liaisons télégraphiques que l’on peut en cas de siège, faire transiter e toute circonstances les ordres et les comptes rendus, sans que l’on soit obligé d’ouvrir une porte ». Remarque : il s’agit d’une note assez précise hormis la distance des forts détachés par rapport au centre ville.

Allemagne, Strasbourg, place forte : description du Fort 7, Kronprinz von Sachsen.

Dans une note française du deuxième bureau, on retrouve un document allemand qui nous apporte quelques informations concernant la description du Fort VII (note en allemand, incomplète, seule la partie la plus utile a été traduite) : « Le Fort n°VII, dénommé Kronprinz von Sachsen, près de Lingolsheim, est situé au sud-ouest de de Strasbourg c’est-à-dire exactement à 7 kilomètres de la cathédrale de Strasbourg, à proximité du chemin de fer de Strasbourg à Barr ; au sud du fort on trouve un chemin communal qui le relie la commune de Lingolsheim à celle de Holtzheim et ce chemin est coupé par la voie de chemin de fer citée précédemment à la station d’Holtzheim, qui est proche du fort, c’est-à-dire au sud de ce dernier, et le fort lui-même est érigé sur la pente d’une colline et il domine non seulement la voie ferrée et ce chemin, qui s’étend à droite et à gauche du fort jusqu’aux forts voisins de Wolfisheim et de Graffenstaden. L’horizon du fort est situé au niveau 145,05 m au-dessus du niveau de la mer et sa crête de feu à l’altitude de 156,00 m.

Le tambour construit à l’arrière du fort, qui comprend un magasin à poudre du temps de guerre sur le côté gauche et un blockhaus de garde « Wachtblockhaus » sur la droite, est séparé de l’ouvrage par un fossé installé devant la courtine d’une largeur de 17,40 m, par-dessus lequel mène un pont munie d’un garde-corps en fer, séparé du bâtiment principal du fort, en tant qu’unique chemin qui passe tout droit sur ce pont jusqu’à la traverse en capitale, jusqu’à la pointe du saillant, où l’on retrouve le fossé principal, qui sépare le fort des chambres de mines et de la contrescarpe. L’entrée dans le casernement de deux étages et ses latrines situé à droite et à gauche de l’entrée et ces étages sont reliés par les escaliers, qui sont également installés à droite et à gauche. Le fossé cité précédemment se rétrécie au niveau des flancs de l’ouvrage jusqu’à une largeur de 9,00 m, et s’étend tout autour du fort. Derrière le casernement de gorge, à droite et à gauche de la traverse en capitale, on trouve deux cours, qui sont fermées au niveau des flancs et des faces par le rempart principal « Hauptwall » jusqu’au niveau des angles d’épaule droit et gauche « Schulterpunkt » ; ces cours servent en partie au stockage des matériels d’artillerie du temps de paix, ainsi que pour la mise à l’abri des matériels et ustensiles du génie ; c’est dans le même sens que des rampes ont été installées, pour permettre de monter les pièces d’artillerie ; ces derniers sont hissés avec des treuils installés de façon spécifiques pour tirer les pièces d’artillerie sur les remparts ; chaque cour est dotée de trois de ces rampes. Les casemates situées dans les faces et les flancs ne comprennent qu’un étage, et sont destinées au logement des officiers commandant l’artillerie et le génie, au stockage des munitions ainsi qu’à la montée des munitions jusqu’aux traverses abris situées sur les remparts, et de là les servants peuvent les emmener facilement jusqu’aux pièces d’artillerie. Sur les faces droites et gauche se trouve une traverse abri, munie à son extrémité d’un escalier tournant « Wendeltreppe », et dont la partie supérieure n’est recouverte que d’une fine couche de terre ; cette couverture est enlevée en tant de guerre dans l’unique but d’y installer un poste d’observation en cas de siège ; cet escalier est repéré par (dessin) sur la dernière traverse abri. Le premier local sous la traverse en capitale, derrière la caserne de gorge, est muni d’un puits d’une profondeur de 7,10, tandis que le local situé en face sert de réservoir à eau. Derrière ces deux locaux partent à droite et à gauche une poterne qui mène vers les cours, tandis que l’on trouve sur la même ligne divers locaux, qui sont des écuries et autres locaux de stockage des vivres. Les rampes qui sont collées étroitement à la traverse en capitale sur le chemin du rempart, et sont reliée à la traverse en capitale par une poterne qui la traverse, d’où on peut se rendre d’une face à l’autre, sans être obligé de redescendre dans les cours. Derrière et sous ces poternes sont situées les casemates du rempart « Wallkasematten », qui sous la traverse en capitale sont désignées en tant que cantine, logements, etc.

En dehors des traverses abris et casemates des faces et des flancs, on trouve aux deux angles d’épaule, pour chacun un magasin à poudre du temps de guerre « Kriegs-Pulver-Magazin » ; d’après cela, on a trois magasins de ce type dans le fort. Les casemates de rempart « Wallkasematten » du saillant du fort servent à la mise en batterie de pièces d’artillerie destinées au flanquement du fossé, par ailleurs ces derniers sont munis de locaux de stockage… Sur les angles d’épaule et sur la pointe du saillant du fort, au niveau de la contrescarpe on trouve les galeries enveloppe du système de contremine « Minenvorhäuser », d’où partent les galeries de mines « Minengallerien », dont 8 d’entre elles sont installées sous le glacis. Toutes les parties du fort susceptibles d’être soumise au tir direct sont en maçonnerie recouverte de terre. Les entrées principales « Haupt-Eingänge », les poternes, les sorties « Auslaüfer », les traverses abris « Hohltraversen », etc., sont munis de porte en fer, ainsi que les fenêtres et meurtrières, dotés de volets et grilles en fer ».

 

Mardi 15 janvier 1874

Allemagne, Strasbourg : emprisonné pour offense de l’Empereur d’Allemagne.

Un journal régional a publié ces informations : « Chronique locale. Strasbourg. Samedi, dans la matinée, M. Paul Ristelhuber, auteur de la Bibliographie alsacienne, qui s’imprimait en Suisse, a été mandé devant le juge d’instruction Hoseus, qui lui a communiqué un mandat de dépôt et l’a fait immédiatement mettre en état d’arrestation. Le délit reproché à M. Ristelhuber est celui « d’offenses envers l’Empereur », résultant de certains passages de Victor Hugo publiés dans le livre l’Offrande et reproduits dans la Bibliographie alsacienne. Quelques jours auparavant déjà la police avait fait saisir les exemplaires de cet ouvrage (année 1874) dans les librairies de la ville. M. Ristelhuber, détenu à la prison rue du Fil, a comparu hier, à 3 heures de l’après-midi, devant le tribunal correctionnel, qui l’a condamné à 4 mois de forteresse ; il a été défendu par Me Blumstein, bâtonnier de l’ordre des avocats de Strasbourg ».

 

Vendredi 16 janvier 1874

Strasbourg, place forte : projet d’extension de l’enceinte urbaine.

Un journal régional a publié cet article : « Chronique locale. Strasbourg. Depuis quelques jours il n’est bruit dans notre bonne ville que d’agrandissement, d’élargissement, de reculement de l’enceinte fortifiée, et nous croyons, à notre tour, devoir communiquer à nos lecteurs la dépêche de Berlin qui a produit chez nous une si grande sensation : « Le Conseil fédéral vient d’être saisi d’un projet de loi autorisant le chancelier de l’Empire à consacrer une somme de 17 millions de marcs à l’élargissement des fortifications de Strasbourg. Pour couvrir les frais de construction, les terrains qui deviendront disponibles par l’éloignement des remparts seront vendus à la ville pour 17 millions de marcs ». Nous apprenons que les dépenses de ce projet d’agrandissement ont été évalués à 20 millions, dont 3 millions déjà alloués antérieurement. Une partie de ces terrains serait destinée à la construction d’une nouvelle gare et de divers bâtiments militaires ; le restant serait, moyennant 17 millions de marcs, recédé à la ville, avec la faculté de les revendre à l’Etat d’Alsace-Lorraine, qui les destinerait aux constructions de la nouvelle Université, du port, du canal, etc ».

 

Mercredi 21 janvier 1874

Allemagne, Strasbourg : la presse locale publie la liste des récipiciendaires locaux pour les décorations.

La presse locale a publié cet article daté de Strasbourg, le 20 janvier 1874 : « A l’occasion de la publication de la loi relative au décorations et couronnement “Ordens- und Krönungsgesetses” du 18 janvier, ont obtenus : L’ordre de l’aigle rouge de troisième classe avec feuille de chêne et épées à l’anneau “Rothen Adler-Orden dritter Klasse mit Eichenlaub und Schwerten am Ringe” : Monsieur le général “General-Major” Stein von Kaminski ; L’ordre de l’aigle rouge de troisième classe avec ruban “Rothen Adler-Orden dritter Klasse mit Schleife” : Monsieur le directeur supérieur de la poste Hase de Metz, Monsieur le directeur de la poste de Sarrebourg ; L’ordre royal de troisième classe “Königliches Kronen-Orden dritter Klasse Monsieur “Freiherr von Ausseß, chargé d’affaires du “Zollverrein-Bevollmächtiger” à Strasbourg, Monsieur le “Major” Feller, en service, à Strasbourg, Monsieur le colonel “Oberst und Ingenieur” et ingénieur Grund de Strasbourg, Monsieur le commandant “Major” Hein du régiment d’artillerie à pied “Fuß-Artillerie Reg. 15) de Strasbourg. La médaille d’honneur générale “Allgemeine Ehrenzeichen” : Georg Baumeister, gendarme à pied “Fuß-Gendarm” à Benfeld, Wilhelm Lang, “Fuß-Gendarm” à Schiltigheim ».

 

Dimanche 1er février 1874

Allemagne : nouveau fusil Mauser pour l’infanterie.

Une revue militaire française nous livre cette information : « L’infanterie prussienne a commencé cette année à recevoir son nouvel armement, et dès le 1er février 1874, chacun des régiments d’infanterie de la garde, des 1er, 3e, 5e, 8e et 10e corps, était déjà pourvu de 556 fusils Mauser. L’introduction dans l’armée du nouveau fusil a eu pour conséquence plusieurs modifications à l’instruction sur le tir à la cible, modifications que, sur la proposition du ministre de la guerre, l’empereur Guillaume a approuvées à titre d’essai, le 24 décembre 1873 ».

Allemagne, Strasbourg garnison : la presse locale évoque la conclusion du procès concernant le soldat Krämer qui a abattu la servante Marie-Jost.

La presse locale a publié cet article daté à Strasbourg du 20 janvier 1874 : « Nous sommes en mesure de compléter l’article du 21 octobre 1873 concernant l’examen par le tribunal militaire de l’affaire concernant le « Soldat » Krämer de la « 11. Compagnie » du « 6. Sächsischen Infanterie-Regiment Nr. 105 », qui, le 13 octobre 1873 soir, en tant que sentinelle en poste dans la cour le la halle aux fruits “Fruchthalle”, a tiré un coup de feu, contrairement aux consignes reçues, sur la servante Marie Jost, et la blessée mortellement. Monsieur Krämer a été condamné par le tribunal militaire, le 10 novembre 1873, à 5 années de prison, une peine qu’il subi à la prison militaire de Dresde ».

 

Mercredi 4 février 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : établissement d’un plan projet de reconstruction du Fort Fürst Bismarck.

Le service des fortifications de Strasbourg a établi un plan projet de reconstruction de l’aile droite de la caserne de gorge du Fort Fürst Bismarck. Ce plan en couleur dénommé « Entwurf zum Wiederaufbau der rechte Face der Kehlkaserne im Fort Fürst Bismarck » est établi sur deux feuilles : la première comprend le plan de masse et la coupe longitudinale à l’échelle 1 :100e et la deuxième feuille la façade et les profils à l’échelle 1 :100e. Ce plan a été réalisé en tant que pièce jointe du devis du 4 février 1874. Il a été visé Grund, par le colonel et ingénieur de la place forte de Strasbourg, par le colonel Rehn de l’inspection des fortifications de Strasbourg.

Vue du plan projet décrit ci-dessus (collection MJR).

Source : Geheime Staatsarchiv preußischer Kulturbesitz.

Détail de la façade à reconstruire (collection MJR)

Détail du plan de masse (collection MJR)

Jeudi 12 février 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : la presse locale évoque le voyage en Egypte du général commandant la 62e brigade d’infanterie.

La presse locale a publié cet article daté à Strasbourg du 9 février 1874 : « Fin décembre de l’année dernière, le général von Cranach, commandant la 62e brigade d’infanterie locale « 62. Infanteriebrigade », accompagné des Messieurs les frères von Bermuth, s’était rendu au Caire, et de là en Haute-Egypte. Aujourd’hui nous tirons d’une correspondance adressée à la « Kölnische Zeitung », daté du Caire du 24 janvier 1874, que ces Messieurs ont été présentés au « Rhedive » par le consul général de l’Empire au Caire et qu’ils ont été accueillis avec beaucoup d’attention par du coté du roi. Le “Rhedive” a mis à la disposition de ses hôtes allemands sont bateau à vapeur personnel, afin qu’ils puissent se rendre en Haute-Egypte, en compagnie du vice-consul e l’Empire allemand, Monsieur Travers, pour ce voyage jusqu’à Assouan, qu’ils viennent de commencer ».

 

Lundi 16 février 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : vente aux enchères de bois par le service des fortifications.

Un journal local publie ce communiqué : « Communiqué du service des fortifications de Strasbourg du 7 février 1874 : la vente aux enchères de bois divers se déroulera le 16 février 1874 à 9 h00 à la « Kaiserliche Fortifikation ».

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication pour la construction d’un logement de Wallmeister à Grafenstaden.

Communiqué du service des fortifications du 2 mars 1874 concernant l’adjudication pour la construction d’un logement de garde du génie (Wallmeister) à Grafenstaden, pour un montant de 15 000 frs, qui se déroulera le 1874 à 9h00 à la « Kaiserliche Fortifikation ».

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication pour l’achat d’ustensiles par l’administration de garnison.

La presse locale publie ce communiqué : « L’acquisition des ustensiles nécessaires à l’amélioration des casernements des sous-officiers doit être adjugée lundi 16 février 1874, à 10 heures, au bureau de l’administration de garnison Garnison-Verwaltung, Schiffleutgasse 11. Les conditions particulières peuvent être consultées au bureau. Strasbourg, le 13 février 1874. Kaiserliche Garnison-Verwaltung ».

 

Vendredi 20 février 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : vente de poudre de chasse par le dépôt d’artillerie.

Un journal local publie ce communiqué du 29 janvier 1874 du dépôt d’artillerie de Strasbourg : « Vente par aux enchères de 4 183 kg de poudre de chasse, le vendredi 20 février 1874 à 9h00 au « Artillerie-Depot ».

 

Mars 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : ceinture de forts détachés : le futur fort Podbielski.

Evocation projet établissement d’une batterie près de Mundolsheim (futur Fort Podbielski).

 

Dimanche 1er mars 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : renseignements relatifs aux nouveaux forts de Strasbourg d’après une revue militaire française.

Une revue militaire française nous livre ces informations : « Alsace-Lorraine. Les forts de Strasbourg. Nous pensons intéresser les lecteurs de la Revue en rassemblant les renseignements publiés déjà en France sur les travaux qu’exécutent les Allemands autour de Strasbourg et en complétant par quelques détails empruntés à la Gazette de Silésie et aux journaux de Metz et d’Alsace. Douze forts ont été construits ou sont actuellement en cours de construction : le fort Fransecky, situé dans la forêt de la Wantzenau, a exigé le déboisement d’une partie des bois communaux de la ville. Commencé au printemps dernier, ce fort ne doit pas être terminé maintenant ; il est probable, en effet, que les ingénieurs allemands ont rencontrés des difficultés à asseoir un fort sur ces terrains d’alluvions à demi inondés. Le fort aura ses fossés pleins d’eau. Il est destiné à commander, avec le fort Blumenthal, le cours inférieur du Rhin. Il bat, d’ailleurs, la chaussée de Lauterbourg et la vallée. Le fort Moltke, situé sur la hauteur, un peu en arrière de Reichstett, croise ses feux avec ceux du fort Fransecky sur toute la vallée et assure avec ce fort la défense du secteur limité par le canal de la Marne au Rhin et par le Rhin. Le fort Moltke est maintenant armé ; il est relié à la ville par une ligne télégraphique souterraine. Le fort Roon est avantageusement placé à droite de la voie ferrée commune aux lignes de Wissembourg et de Nancy, entre Mundolsheim et Souffelweyersheim. Plus à l’ouest, les hauteurs de parallèles au Rhin, qui s’étendent de Mundolsheim à Oberhausbergen sont couronnées de deux forts, le fort Kronprinz, ou de Niederhausbergen, et le fort Grossherzog von Baden, ou d’Oberhausbergen, qui possèdent déjà, une partie de leur armement. Les casernes de ces forts vont être terminées ce printemps ainsi que celle du fort Bismarck. Une route de ceinture, qui suit la crête des collines, part de Mundolsheim et conduit aux deux forts. L’on parle d’établir, en outre, une batterie près de l’église de Mundolsheim pour mieux battre les vallons de la Leisbach et de la Kolbsenbach. Commencé en même temps que les quatre derniers forts susnommés, le fort Bismarck, soit par suite de malfaçon, soit plutôt à cause de la nature argileuse du terrain, a subi des tassements qui ont déterminé l’automne dernier des éboulements considérables et singulièrement retardés son achèvement. Ce fort est établi dans la plaine près de Wolfisheim, à gauche de la route de Paris qu’il commande, au débouché de la vallée de la Bruche, et en face des hauteurs d’Oberschaeffolsheim. Le fort Kronprinz von Sachsen, ou de Lingolsheim, commande un vaste plateau que traversent la voie ferrée de Mutzig et la chaussée de Schirmeck. Il doit être maintenant armé. Les forts von der Thann, ou de Graffenstaden, et Werder, ou d’Illkirch, qui commandent la partie supérieure de la rive gauche du Rhin, sont loin d’être aussi avancés. Ils ont été entrepris seulement l’an dernier ; ils auront des fossés pleins d’eau de même que les forts de la rive droite.

La construction de ces derniers ne fait que commencer. Le premier d’entre eux, le fort Kirchbach, situé entre Marlen et Sundheim, commande la route Altenheim-Lahr et la vallée de la Kinsig. Le fort Bose, situé près de la voie ferrée Strasbourg-Kehl-Appenweier, couvre les communications avec le Wurtemberg par la vallée de la Renchen. Enfin le fort Blumenthal, situé tout près d’Auenheim, bat la route de Rastadt.

Deux batteries et un fort doivent encore, d’après la Nouvelle Presse de Francfort, compléter la défense de la rive droite du Rhin. Les batteries doivent être établies, l’une près de Bodersweier pour couvrir la route de Carlsruhe et le chemin d’Offenbourg ; l’autre, près de Kork, pour protéger la voie ferrée Kehl-Appenweier et la route Kehl-Offenbourg ; enfin le fort doit être établi presque au confluent de l’Ill et du Rhin, à Diersheim, à une distance de 11 à 12 kilomètres de Strasbourg. Il est destiné à agrandir la zone de la vallée du Rhin comprise sous le canon de la place, et à mettre Strasbourg en communication intime avec Rastadt. Le terrain entre les forts sera rempli par des batteries d’annexion ou intermédiaires, chacune de huit pièces, probablement, dit la Gazette de Silésie, des canons de 12 c. et des mortiers de 21 c. Les forts sont éclairés au gaz ; ils sont pourvus d’appareils pour l’éclairage électrique ; presque tous communiquent avec la ville par des lignes télégraphiques souterraines et quelques-uns auraient, dit-on, un dépôt de pigeons voyageurs. Un chemin de fer de ceinture, dès maintenant achevé, même sur la rive droite du Rhin, met en relation les différents forts. On a renoncé à l’intention de caserner en permanence, pendant la paix, des troupes dans les forts, à cause de leur éloignement de la ville. Comme conséquences de l’établissement des forts, les Allemands se proposent d’agrandir la ville dès que les travaux extérieurs auront été terminés. Cet agrandissement commencerait par la Finkmatt, avancerait de près d’un kilomètre tout le front nord jusqu’à la citadelle et engloberait encore l’Orangerie et le Contades ».

 

Lundi 2 mars 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : construction d’un logement de garde du génie.

Un journal local a publié un communiqué du service des fortifications du 2 mars 1874 concernant l’adjudication pour la construction d’un logement de garde du génie (Wallmeister) à Grafenstaden, pour un montant de 15 000 frs, qui se déroulera le vendredi 16 février 1874 à 9h00 à la « Kaiserliche Fortifikation ».

 

Mardi 3 mars 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : vente d’une cantine sur un des chantiers de forts détachés.

La presse locale a publié cette annonce d’un propriétaire privé anonyme : « vente d’une cantine sur un des forts commencés récemment ».

 

Jeudi 12 mars 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : vente aux enchères de copeaux de bois.

La presse locale a publié un communiqué annonçant la vente aux enchères de copeaux de chêne à l’atelier de construction de l’artillerie de Strasbourg le jeudi 12 mars 1874 à 10 heures. Ce communiqué est signé à Strasbourg par la « Kaiserliche Direktion der Artillerie-Werkstatt ».

 

Lundi 16 mars 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de travaux à la caserne de la Porte des Pêcheurs.

Un journal local a publié un communiqué annonçant l’adjudication des travaux de transformation et d’agrandissement d’une latrine pour 628 Reichsmark et d’un pissoir pour 384 Reichsmark dans la cour de la caserne « Fischerthor-Kaserne », le lundi 16 mars à 10h30, à l’administration impériale de la garnison « Kaiserliche Garnison Verwaltung », bureau situé « Schiffleutgasse Nr. 11 ».

 

Vendredi 19 mars 1874

Empire allemand, Strasbourg : vente aux enchères de traverses du chemin de fer de ceinture.

La presse locale du jeudi 19 mars 1874 a publié le communiqué suivant : « Communiqué. Vendredi, le 19 mars (1874) matin à 9 heures, à Oberhausbergen, et le matin à 11 heures à Wolfisheim, sur le chemin de fer de ceinture « Ringbahn », seront vendu aux enchères publiques au plus offrant, 580 vieilles traverses de chemin de fer, contre payement immédiat en liquide. Strasbourg, le 18 mars 1874. Le service impérial des fortifications « Kaiserliche Fortifikation ».

 

Lundi 23 mars 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de livraison de cuir par l’atelier de l’Artillerie.

La presse locale a publié ce communiqué : « Adjudication pour la livraison des matériaux suivants à « kaiserliche Artillerie-Werkstatt » à Strasbourg : 20 000 kg de cuir brut « Blankleder », 800 kg de cuir de veau « Kalbleder », 500 kg de cuir blanc ? « Weissgarleder », le lundi 23 mars 1874 matin à 10h00 au Bureau de « Artillerie-Werkstatt » Strasbourg, Zeughausgasse Nr. 2 où doivent également être déposé les offres et les échantillons. Les conditions de livraison peuvent être consultées dans ce bureau. Strasbourg, le 27 février 1874. Kaiserliche Direction der Artillerie-Werkstatt ».

 

Mardi 24 mars 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : ordonnance impériale déclarant le caractère d’urgence pour la construction de la nouvelle gare ferroviaire.

Un journal local a publié cette ordonnance impériale : « Ordonnance impériale concernant la déclaration d’urgence de l’extension de la gare de Strasbourg intra et extra muros. Nous Wilhelm, empereur allemand et roi de Prusse par la grâce de Dieu, à la demande du chancelier d’empire, conformément à la loi relative aux expropriations à but public du 3 mai 1841 (bulletin des lois XI, série n°17875), l’extension de la gare de Strasbourg intra et extra muros est déclarée comme une affaire de bien public. Document de référence, muni de notre haute et propre signature manuscrite et du cachet impérial. Fait à Berlin, le 24 mars 1874. Wilhelm. Au nom de l’empereur, signé Delbrück ».

 

Jeudi 2 avril 1874

Allemagne, Strasbourg place forte, ceinture des forts détachés : vente de traverses du chemin de fer de ceinture.

La presse locale a publié de communiqué : « Le 2 avril, matin à 9 h00 à Oberhausbergen, à 11h00 à Wolfisheim, près du chemin de fer de ceinture, seront mises aux enchères publiques au plus offrant avec règlement en liquide sur place, de 580 vieilles traverses. Strasbourg, le 18 février 1874. 3074. Le service impérial des fortifications « Kaiserl. Fortifikation ».

Allemagne, Metz garnison : adjudication de livraison de cerclage en osier pour tonneaux de poudres.

Un journal de strasbourg a publié ce communiqué : « L’adjudication pour la livraison de 50 000 cerclages en osier pour tonneaux de poudre « Pulvertonnenreifen » à la meilleure offre aura lieu le 2 avril (1874) matin à 10 heures. Les conditions de livraison seront transmises gratuitement. Metz, le 7 mars 1874. La direction du moulin à poudres « Direction Pulverfabrik ».

 

Mardi 7 avril 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : contrôle de printemps des personnels soumis aux obligations militaires.

La presse locale a publié ce communiqué : « Ordonnance pour le rassemblement du contrôle de printemps du 7 avril 1874, sur la place Broglie, des réservistes et des personnels congédiés en position à la disposition, résidant dans les quartiers du cercle de Strasbourg et le canton de Schiltigheim. Sont convoqués :

1) Le matin, à 9 heures :

a) Tous les personnels en congé dit « Dispositions-Urlauber ».

b) Les réservistes des régiments d’infanterie de province « Reserven von der Provinzial-Infanterie » des années 1873, 1872 et 1871.

c) Les réservistes de tous les contingents des régiments de fusiliers « Fusilier-Regimenter », des bataillons de gardes du corps « Garde-Corps » et des bataillons de chemin de fer.

d) Tous les réservistes de la cavalerie de ligne « Linien-Cavallerie », de l’artillerie, du génie, des chasseurs, du train et de la marine, ainsi que tous les réservistes des différents services, les médecins “Unterärzte”, pharmaciens, les aides-soignants « Lazareth-Gehilfe », les infirmiers, artisans, boulangers militaires et les ouvriers soldats « Arbeitssoldaten ».

Le matin, à 10h30 :

Les réservistes des régiments d’infanterie de province “Reserven von der Provinzial-Infanterie” des années 1869, 1868 et 1867.

Pendant le rassemblement de contrôle, les décorations doivent être portées, les papiers militaires doivent être présentés en lieu et place, et il est encore rappelé, que toute demande de dispense, doit être envoyée avant le contrôle ; en ce qui concerne les fonctionnaires …. Toute absence à ce contrôle sera punie conformément à la loi. Pour les hommes de troupe résidant dans les cantons de Brumath, Hochfelden et Truchtersheim, devront se présenter aux contrôles spéciaux se dérouleront le 9 avril 1874 à 10 h sur la place du marché à Truchtersheim, le 9 avril 1874 à 12 h à la gare de Brumath, le 9 avril 1874 à 10 h à la gare de Hochfelden. Nous vous informerons des éventuelles cessions de contrôle complémentaire et nous vous informons que le commandement du district de levée « Bezirks-Commando » est à la fonderie place Broglie « Broglie-Platz Nr. 16 im Giesshause ». Le colonel commandant du district de levée « Oberst und Bezirks-Commandeur » Menzing ».

 

Mercredi 8 avril 1874

Allemane, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : diffusion dans la presse locale du communiqué officiel annonçant la dissolution du conseil municipal de Strasbourg et la nomination de Back chargé de l’administration municipale.

Un journal local a publié ce communiqué officiel : « Nous Wilhelm, empereur allemand et roi de Prusse par la grâce de Dieu, à la demande du chancelier d’empire, conformément à l’article 13 de la loi relative la constitution des communes du 5 mai 1855, ordonnons pour l’Alsace-Lorraine, au nom de l’empire allemand, ce qui suit :

Article 1. Le conseil municipal de Strasbourg, de la circonscription du Bas-Rhin, est dissous.

Article 2. Notre chancelier d’empire est chargé de l’exécution de cette décision.

Document de référence, muni de notre haute et propre signature manuscrite et du cachet impérial.

Fait à Berlin, le 3 avril 1874. Wilhelm.  Au nom de l’empereur, signé Delbrück.

En conséquence de l’ordonnance impériale ordonnant la dissolution du conseil municipal de Strasbourg, je porte à la connaissance de tous, que je décide, conformément aux dispositions prévues par la loi du 24 février 1872, §§1 et 4 (loi pour l’Alsace-Lorraine “Gesetzsammlung für Elsaß-Lothringen page 147”), ce qui suit :

1). Je confirme que par la décision du 12 avril 1873, le « Polizeidirktor » Back est chargé de l’administration de la municipalité de Strasbourg et qu’il a été nommé commissaire extraordinaire “ausserordentlicher Commissar”, que par la décision du 26 mai 1873 (“Amtsblatt” page 85) par laquelle le “Regierungs-Assessor” Freiherr von Reichlin-Meldeg s’est vu confié la place d’adjoint au maire, est nommé commissaire extraordinaire “ausserordentlicher Commissar”.

2). Le commissaire extraordinaire « ausserordentlicher Commissar » « Polizeidirektor » Back reste en charge de toutes ses prérogatives et droits dans le cadre du conseil municipal.

Strasbourg, le 6 avril 1874. Le président de Basse-Alsace von Ernsthausen ».

Allemagne, Strasbourg garnison, dépôt d’artillerie : adjudication d’étagères pour stocker les projectiles.

La presse locale a publié ce communiqué : « Adjudication le 8 avril matin à 9 heures, au dépôt d’artillerie local, Broglieplatz 18, de la livraison de 178 étagères en bois destinées au stockage des projectiles. Les conditions particulières peuvent être consultées au bureau concerné. Strasbourg le 18 mars 1874. « Kaiserliches Artillerie-Depot ».

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : la presse locale annonce installation d’un monument dans la cour de l’atelier de construction de l’artillerie en mémoire des artilleurs allemands tombés pendant le siège.

La presse locale a publié cet article : « Strasbourg, le 8 avril 1874. (Monument aux Morts). La semaine dernière, un monument a été érigé à la mémoire des artilleurs du 27e bataillon tombé pendant le siège par leurs compagnons d’armes de la 13e compagnie de l’artillerie de forteresse de la garde prussienne “13. Companie der preuß. Garde Festungs-Artillerie” dans la grande cour de l’arsenal d’artillerie “Artillerie Zeughaus”. Ce monument était érigé depuis trois ans à Schiltigheim, à l’endroit où ses artilleurs étaient enterrés. Un des cotés porte l’inscription des noms des soldats morts au combat, et de l’autre, le texte suivant de Th. Körner : « Mag der Staub gefall’ner Helden motern, Die dem großen Tode sich geweiht, Ihrer Namen Flammenzüge fördern, In dem Tempel der Unsterblichen ».

 

Jeudi 9 avril 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : vente aux enchères de matériels divers.

Un journal local a publié ce communiqué concernant une vente aux enchères d’une cuve en fer de 50 quarts, élément de tentes, sac à manteaux, courroies à manteaux, support à paquetages « Packgestelle », seaux d’eau, courroies à seaux, grappins, etc. qui se déroulere le jeudi 9 avril 1974 à 9 heure au dépôt du Train « Train-Depot 15. Armee-Corps, Broglieplatz Nr. 16 ». Le communiqué a été signé à Strasbourg par le « Königliches Train-Depot 15. Armee-Corps ».

Allemagne, Strasbourg garnison : vente aux enchères de matériels divers.

Un journal de Strasbourg a publié un communiqué signé à Strasbourg le 25 mars 1874 par la direction impériale des ateliers de construction de l’artillerie « Kaiserliche Direction der Artillerie-Werkstatt » concernant la vente aux enchères de déchets de cuirs et de brelages, de copeaux de bois et de vieux tuyaux à l’atelier de construction de l’artillerie le jeudi 9 avril à 9 heures.

Allemagne, Strasbourg place forte : cas de variole au chantier du Fort Reichstett.

Nous avons extrait de l’article relatif à l’état de santé de la Basse-Alsace « Unter-Elsaß » pendant la deuxième moitié de l’année 1873 publié par un journal de Strasbourg l’information suivante publiée le jeudi 9 avril 1874 : « Nous n’avons constaté qu’un cas de variole « Blattern » en décembre sur un travailleur, qui est hébergé dans de mauvaises installations de logement des baraques mal aérées du Fort Moltke à Reichstett ». Remarque : les cas de maladies contagieuses sont très suivis par les autorités civiles et militaires pour essayer d’enrayer les épidémies.

 

Vendredi 10 avril 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : la presse locale annonce installation d’un monument dans la cour de l’atelier de construction de l’artillerie en mémoire des artilleurs allemands tombés pendant le siège, rectificatif.

La presse locale apporte ces précisions : « Strasbourg, le 10 avril 1874. On a attiré notre attention à propos de l’article publié dans notre n°83 concernant le monument aux morts de la compagnie “13. Garde-Festungs-Kompagnie”, qu’une erreur s’est glissée dans le texte : « en souvenir des artilleurs du 27e bataillon “27. Bataillon” par leurs camarades de la 13. Kompagnie etc. ». Le monument avait été érigé par la “13. Garde-Festungs Kompagnie” à l’emplacement de la brasserie “Keller’schen Bierbrauerei” (l’Houblonnière) à Schiltigheim, c’est à dire à l’emplacement où la batterie n°27 avait été construite et occupée en permanence. Après la capitulation, le monument avait été érigé avec l’autorisation de Monsieur Keller, et il avait été inauguré officiellement en sa présence - (inauguration avec le « Prediger » Frommel) – et il avait été certifié à la compagnie, que le monument pourra y rester. Le déplacement récent a été réalisé à la demande de Monsieur Keller, qui est le locataire de ce terrain, qui appartient à Monsieur Volz qui réside à Châlons-sur-Marne ».

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : la presse locale annonce qu’un budget complémentaire a été alloué pour la reconstruction du bâtiment de la Préfecture.

La presse locale nous livre ces informations : « Le bâtiment de la préfecture « Bezirkspräsidium ». Dans le compte-rendu concernant le budget supplémentaire de la ville de Strasbourg pour l’exercice 1873, l’article 35 stipule une recette supplémentaire de 150 000 Francs sous l’intitulé « reconstruction du bâtiment de la préfecture « Präfekturgebäude ». Pour la reconstruction du bâtiment de la préfecture on avait porté dans le budget principal de 1872 les recettes relatives aux indemnisations pour les dégâts des tirs (lors du siège) :

Chapitre II, article 10 : 100 000 Francs ;

Chapitre II, article 47 : 200 000 Francs.

Comme on peut le constater dans le compte-rendu de gestion de 1873, de cette somme n’a été versé que le montant de 50 000 Francs, si bien qu’il restait 150 000 Francs à verser. Le bâtiment de la préfecture “Präsidialgebäude” a une situation juridique bien particulière. Erigé sur un terrain communal au frais de la ville lors de la deuxième moitié du dix-huitième siècle, en 1791, par les autorités et n’a jamais été acquis sur une base légale, et a été utilisé pendant longtemps par les autorités départementales sans compensation particulière pour la ville. C’est seulement en 1845 que la ville engagea une procédure qui aboutie à la conclusion d’un bail entre la ville et le département du Bas-Rhin, sur une durée de 99 années, contre un loyer annuel de 4 000 Francs.

Pendant le siège, le bâtiment principal a été détruit. La reconstruction de ce dernier, après de longues négociations entre le président “Bezirkspräsident” et la commune, est assurée par la commune après la conclusion d’un contrat qui a reçu l’aval du conseil municipal lors de la séance du 9 septembre 1871. La ville prenait donc en charge les frais de reconstruction qui s’élevait à 650 000 Francs, sous la condition suivante, que le district « Bezirk », au cas ou les frais de reconstruction dépassent ce montant, prenne en charge le montant complémentaire sous la forme d’un prêt sans intérêt, que la commune rembourserait à la fin du contrat de 99 ans, c’est à dire en 1951. Pour le nouveau bâtiment, la situation juridique sera la même que pour l’ancien, le district de Basse-Alsace « Bezirk Unterelsaß » a simplement remplacé le département du Bas-Rhin dans le bail. Dans le budget principal de l’exercice 1874, sous l’article 9 des recettes extraordinaires, est répertorié sous le libéllé remboursement des frais de reconstruction de la préfecture la somme de 300 000 Francs. Ce même montant est également inscrit aux dépenses exceptionnelles, puisque la reconstruction doit s’achever cette année ».

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : la presse locale annonce un accord sur le site choisi pour la construction de la nouvelle université.

Un journal local a publié l’article suivant : « Strasbourg, le 10 avril 1874. D’après nos suppositions, les négociations menées à Berlin ont abouti au résultat suivant : les nouveaux bâtiments de l’Université seront érigés sur le terrain de construction situé sur le front nord de notre place forte, et une prise en main énergique de la préparation de ce projet a été décidé ».

 

Dimanche 12 avril 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : la presse locale annonce le décès de M. Edoauard de Billy qui avait récupéré une ancienne pierre tombale dans l’église de la Citadelle.

La presse locale nous a livré ces informations : « Strasbourg, le 11 avril 1874. Monsieur Edouard de Billy, inspecteur général français à la retraite, qui est décédé de façon tragique dans un train samedi dernier à Dijon ; il est né à Strasbourg en 1802, et malgré ses soixante-douze ans, il était un homme robuste qui avait encore de longues années devant lui. L’été dernier il a fait des randonnées dans les Alpes suisses qui duraient dix à douze heures par jour. Il a été en service pendant de longues années et il a accumulé de nombreuses fatigues lors de ces déplacements en locomotive, dans les mines ou les montagnes, mais sans perdre un brin de la vigueur de sa jeunesse ; si bien que sa famille – une veuve, une fille et deux fils hauts-placés – pensaient que leur père respecté et aimé vivrait encore longtemps. Il y a maintenant vingt-quatre ans que Monsieur Edouard Billy, ingénieur des mines du département du Bas-Rhin a été appelé à Paris et s’y était installé ; mais il revenait pratiquement tous les ans au moins deux fois dans sa ville natale de Strasbourg, ou il a laissé dans différents cercles de nombreux amis fidèles et de la famille. Il était propriétaire par héritage du la superbe maison située au quai Saint-Thomas (n°3), ou se sont noués de multiples souvenirs depuis le quatorzième siècle. L’ancien comité de la société d’histoire alsacienne en avait fait un long exposé, qui a été publié dans le bulletin de cette société archéologique locale (le journal Straßburger-Zeitung en a également publié de larges extraits). Monsieur de Billy tenait particulièrement à ses souvenirs alsaciens. De l’église détruite de la Citadelle, il fit récupérer avant sa démolition, une pierre tombale centenaire de sa famille, pour l’installer dans sa maison sur le quai Saint-Thomas. Sa séparation de l’Alsace devait lui peser; il ne pouvait pas se faire à l’idée d’être séparé de ses amis de jeunesse et de ces concitoyens par une ligne de démarcation politique; aussi soulageait-il de toutes ses forces de sort des expatriés alsaciens en France. Son père était un général de division remarquable, qui est tombé lors de la bataille sanglante d’Iéna. Son nom est gravé sur l’Arc de Triomphe à la place de l’Etoile, et son souvenir est perpétré à quartier de Paris par le quai de Billy. Sur le niveau professionnel il a acquis beaucoup de mérites. En tant que haut-fonctionnaire et en tant que scientifique, il a tenue des postes qui lui font honneur. Pendant de nombreuses années il fournissait des rapports détaillés au département du Bas-Rhin ; il a également établi une carte des Vosges, qui fait encore référence. Etc. ».

 

Mardi 14 avril 1874

Allemagne : vote de la nouvelle loi militaire de 7 ans.

L’ouvrage Les Armées françaises et étrangères en 1874 nous apporte les informations suivantes : « Le 14 avril le Reichstag votait à une majorité de 224 voix contre 116 l’article premier de la loi militaire fixant pour une période de sept ans, c’est-à-dire jusqu’au 1er janvier 1881 l’effectif de paix de l’armée allemande à 401 659 hommes. Trois jours après le Parlement avait terminé la discussion en seconde lecture de la loi entière et parachevé ainsi l’organisation militaire de l’empire d’Allemagne. Le projet de loi voté par le Reichstag comprend cinq chapitres : le premier porte sur l’organisation de l’armée impériale, le deuxième, sur le recrutement, le troisième, sur l’armée d’active, la quatrième sur la libération du service actif, le cinquième, sur la position de congé. Lors de ces discussions préalables au vote, le feld-maréchal de Moltke, chef de l’état-major général de l’armées allemandes, a prononcé ces éloquentes paroles, dont je vous propose quelques extraits forts intéressants : « J’estime que chaque citoyen, même le plus humble, doit fournir sa part contributive à l’Etat, ne fût-ce, que pour qu’il n’oublie pas qu’il y a un Etat qui veille sur lui et qu’en retour il a le devoir de protéger ; l’expérience démontre qu’en général l’homme ne sait pas apprécier même les plus grands bienfaits, lorsqu’ils lui arrivent à titre gratuit ». Un peu plus loin le feld maréchal se demande en vue de quoi sera faite l’éducation de la nation et il conclut ainsi cette première partie de son remarquable discours en abordant la défense de l’Alsace-Lorraine annexée : « Ce que nous avons conquis par les armes en un mois, nous devons le protéger par les armes durant un demi-siècle afin qu’on ne nous l’arrache pas de nouveau ». Il insiste sur la nécessité de fixé l’effectif de l’armée allemande pour les prochaines années : « Quand vous aurez reconnu que, vu notre situation intérieure, nous ne pouvons pas entretenir en temps de paix une armée de moins de 400 000 hommes, vous renoncerez certainement à discuter chaque année les sommes nécessaires, à les accorder ou à les refuser chaque année. Il faut nécessairement que le chiffre normal de l’effectif de paix ne varie pas chaque année. En soumettant ce chiffre à des variations vous mettez de l’incertitude dans tous les grands préparatifs qui doivent être opérés longtemps à l’avance et fixés jusque dans leurs plus petits détails afin que nous puissions envisager avec calme et confiance toute attaque provenant du dehors. Songez que toute diminution de ce chiffre produit ses effets pendant douze ans et qu’aucun de nous ne peut prévoir su nous aurons dans douze ans la paix ou la guerre ».

Allemagne, augmentation des effectifs en officiers.

L’ouvrage Les Armées françaises et étrangères en 1874 nous apporte les informations suivantes : « Une des conséquences de l’adoption le 14 avril 1874 de la loi militaire de 7 ans par le Reichstag, est l’augmentation de l’effectif des officers de l’empire allemand. Chaque compagnie, escadron ou batterie comprendra un lieutenant de plus. Depuis 1861 chaque compagnie, escadron ou batterie comptaient 1 capitaine, 1 premier lieutenant et 2 lieutenants. L’infanterie comptera donc 1 316 sous-lieutenants de plus, la cavalerie 216 et l’artillerie 190 : ce qui porterait le total des officiers allemands à environ 16 000. Enfin, on créerait 148 quatrièmes bataillons qui, en cas de guerre, seraient appelés à faire un service actif, et 128 nouveaux bataillons de garnison, en outre des 148 bataillons affectés à ce service et existant actuellement. Pour ces nouvelles créations, on aurait besoin de 1 522 officiers. Lorsque ces nouveaux bataillons seront formés, l’Allemagne disposera d’une armée de 1 262 810 hommes. En 1874, l’effectif total de l’armée allemande est de 135 000 hommes, supérieur à ce qu’il était en 1870 et l’Allemagne peut à toute heure mobiliser en quelques jours une armée de 711 370 hommes, avec 232 170 chevaux et 2 082 canons ».

Allemagne, Strasbourg place forte : travaux au niveau de la porte d’Austerlitz.

Un journal local a publié ce communiqué : « En raison de la remise en état du pavage de la route au niveau de la porte d’Austerlitz « Metzgerthor », le passage par cette dernière sera interdit aux attelages et aux cavaliers le mardi 14 avril 1874 de 5 heures à 19 heures. Le gouverneur von Hartmann « General der Cavalerie ».

 

Mercredi 15 avril 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : réparation du pont-levis de la porte intérieure de la Porte Nationale « Weissturmtor ».

Un journal local a publié ce communiqué : « En raison de la réparation du pont-levis de la porte intérieure de la porte Nationale “Weißthurmthor”, le passage par cette dernière sera interdit aux attelages et aux cavaliers le mercredi 15 avril 1874. Le gouverneur von Hartmann General der Cavalerie ».

 

Jeudi 16 avril 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de constructions pour l’atelier de construction de l’artillerie.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué de la direction impériale des constructions de garnison, signé à Strasbourg le 1er avril 1874. Il s’agit de l’adjudication pour la construction d’un bâtiment de gestion des matériaux « Materialien-Verwaltungs-Gebäude », d’un bâtiment de séchage du bois et d’une buanderie avec cave « Wachsküche mit Keller » à l’atelier de construction de l’artillerie, le jeudi 16 avril 1874 à 10 heures.

 

Samedi 18 avril 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place forte : simplification des rues accédant à la porte de l’Hôpital.

Un journal de Strasbourg a publié cet article : « Strasbourg, le 18 avril 1874. Le journal “Ind. Alg” écrit d’ici : Permettez-moi de vous parler d’un plan qui est évoqué actuellement, et qui mérite de vifs encouragements. Il s’agit du pont « St. Nikolausbrücke » qui doit être déplacé de telle façon, que l’on obtienne un itinéraire pratiquement rectiligne entre le pont, la rue « Schiffsgasse », la porte de l’Hôpital « Spitalthor » et la rue “Schlosserstrasse”. Cette voie de communication pourrait devenir très importante plus tard, lorsque l’on élargira la « Schiffsgasse » et la « Drusengasse », et son avantage se voit immédiatement lorsque l’on jette un coup d’œil au plan de la ville. En arasant la maison qui est accolée à l’église Saint-Nicolas, cette église serait dégagée de tous les cotés, ce qui est dans l’intérêt de tous, et cela serait bien vu par ses visiteurs. Le résultat le plus important serait une simplification de l’accès à la porte de l’Hôpital « Spitalthor » à partir de l’intérieur de la ville, alors que l’agrandissement de la gare de la porte d’Austerlitz « Metzgerthorbahnhof » entraînera beaucoup plus d’animation dans ce quartier de la ville ».

 

Mardi 21 avril 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place forte : simplification des rues accédant à la porte de l’Hôpital.

Un journal de Strasbourg a publié ces informations : « Strasbourg, le 21 avril 1874. En ce qui concerne le projet de transfert du pont « St. Nikolausbrücke » et de la réalisation de la nouvelle rue entre la porte de l’Hôpital et la rue « Schlosserstrasse », le correspondant du journal « Industriel d’Alsace » a une opinion bien particulière. Et comme il nous semble, et non à tort, que l’agrandissement de la rue très étroite « Schiffgasse » et de la ruelle encore plus étroite « Drusengässchen », entrainerait en réalité des coûts considérables. Et s’il fallait encore élargir la rue « St. Nikolausgasse », qui est également resserrée vers la place « Spitalplatz » ? Le meilleur chemin de la gare « Metzgerthorbahnhof » vers le centre ville reste toujours la porte du « Metzgerthor ». Et si quelque chose devait se passer pour améliorer les conditions de circulation, c’est bien à cet endroit que cela se passera. Le journal « Els. Journal » tout comme le courrier qui nous a été adressé, plébiscite cette opinion ».

 

Mercredi 22 avril 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : la presse locale donne des renseignements concernant la reconstruction de l’Aubette.

Un journal local nous livre ces informations : « La reconstruction de l’Aubette. Dans le budget principal de la ville de Strasbourg, exercice 1874, une somme de 150 000 Francs est réservée à cette fin. Voici quelques précisions à ce propos : comme il est connu, après de longues négociations, lors de la séance du 15 novembre 1872, le conseil municipal a été consulté à propos du projet de reconstruction de l’Aubette réalisé par l’architecte de la ville. Au rez-de-chaussée seront installés des commerces, sur la partie non réservée à la garde principale “Hauptwache”, le tout étant traversé par deux passages couverts allant de la place Kléber vers le hall du marché couvert “gedeckte Markthalle”. Un escalier monumental mènera au 1er étage, dans lequel, hormis la grande et la petite salle de concert, seront installés une série de petites salles destinées au Conservatoire de musique. Le 2ème étage sera réservé aux logements hormis la place prise par la grande salle de concert qui s’étend sur deux étages. Le projet est estimé à 350 000 Francs, dont 250 000 Francs sont couverts par les indemnisations du bombardement “Bombardement-Entschädigung” ; on espère que le montant financé par la ville, c’est-à-dire 280 000 Francs, sera un investissement qui sera rentabilisé par les loyers. Le projet, lors de sa présentation par la commission qui en avait la charge initialement, avait été rejeté en avril par l’ancien conseil municipal qui a été dissous depuis. Lors des débats il s’avérait que le conseil municipal avait adopté l’essentiel du projet, mais que les points d’achoppement concernaient surtout le relogement à la suite de l’agrandissement de l’Aubette, des locataires qui y résidaient, et l’installation d’un marché couvert. La population se montrait également favorable au projet, si bien que l’on pourra et l’on devra commencer les travaux, puisque la ville a perçu l’indemnisation et qu’elle à l’obligation de reconstruire immédiatement ce bâtiment. Dernièrement il restait deux obstacles qui ont été résolus – l’un par le contrat avec l’administration militaire concernant le transfert de la garde principale “Hauptwache” – et l’autre concernant le relogement des locataires. En ce qui concerne le premier problème, il apporte un double avantage à la ville. La surface consacrée à la nouvelle garde principale “Hauptwache” ne sera que le 320 m², c’est-à-dire quelle a été réduite d’un tiers par rapport à autrefois. De plus, la garde ne prendra qu’un petit bout de façade en direction de la place Kléber, alors qu’autrefois elle occupait une partie conséquente avec la garde et ses étables, ce qui permet de transférer cette partie aux commerces rapportant des loyers, ce qui est très important. En ce qui concerne les locataires des étals de viande “Fleischbänke”, en tenant compte de la préservation de leurs intérêts commerciaux, un délai un peu plus long pour le transfert de leurs activités a été accordé, c’est-à-dire jusqu’au 15 mai 1874, le jour où les travaux pourront commencer. Ces travaux commenceront par l’installation de l’ossature du bâtiment et surtout par l’aménagement des commerces qui rapporteront des loyers, tandis que l’aménagement des locaux des étages supérieurs sera réalisé par la suite. Le montant de 150 000 Francs inscrit à l’exercice 1874 du budget est nécessaire à l’exécution de ces premiers travaux ».

 

Vendredi 24 avril 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : vente aux enchères de diverses céréales.

Un journal local a publié dans un communiqué signé à Strasbourg par l’administration impériale de garnison « Kaiserliche Garnison-Verwaltung » le 20 avril 1874 : Vente aux enchères de son de seigle « Roggenkleie », de farine pour animaux, de déchets de seigles « Roggenkass » et d’avoine « Haferkass », de fleurs de foin et de sacs inutilisés, le vendredi 24 avril 1874 à 10 heures à la « Kaiserliche Garnison-Verwaltung, Akademiestrasse Nr. 3 ».

 

Mercredi 29 avril 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place forte : enbauche de maçons et de terrassiers pour les forts de Cologne.

Un journal de Strasbourg a publié cette offre d’emploi : « Annonces diverses. Recherches de bons maçons « tüchtige Backstein-Maurer » pour constructions en briques (mais uniquement de cette catégorie) et des terrassiers « Erdarbeiter » pour travail au rendement « Accord » pour les chantiers de construction des forts de Cologne. La société de construction « Baugesellschaft » Haguemann, Jerschke & Cie, Weyerstrasse 2 ».

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg garnison : concert militaire au Jardin Lips.

Un journal de Strasbourg a publié cette annonce : « Jardin Lips. Mercredi le 29 avril 1874 : Grand concert militaire de l’orchestre du « 1. Rheinischen Infanterie-Regiments Nr. 25 ». Début à 13h00 ».

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg ville : recherche pigeon échappé.

Un journal de Strasbourg a publié cette annonce : « Un pigeon brun dressé avec tête blanche s’est échappé dimanche après-midi. A remettre contre une bonne récompense à Judengasse14 ».

 

Jeudi 30 avril 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : la presse locale annonce le nivellement de la place Broglie.

Un journal local a publié cette information : « Strasbourg, 30 avril 1874. Sur la place Broglie, on est entrain de niveler le terrain à la suite de la suppression des arbres, et l’ensemble de la promenade est recouverte de gravier. Pour éviter que la terre autour des arbres ne soit trop tassée, on installe des plaques grillagées en acier ».

 

Mai 1874

Allemagne, fortifications : technique cuirassements pour les fortifications.

En mai 1874, on a procédé aux essais d’une version améliorée de Gruson, qui a résisté aux tirs directs, tandis que sous les tirs indirects, la plaque du couvercle a été détruite. Pour la période avenir, on considérait qu’une coupole en fonte dure avec un couvercle en fer forgé était la solution la plus avantageuse. Déjà après les essais de la coupole Schumann, la commission des expérimentations avait tiré les conclusions sur l’importante capacité de résistance de la coupole cuirassée.

 

Vendredi 1er mai 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : la presse locale annonce le nivellement de la place Broglie.

Un journal local a publié cette information : « Strasbourg, 30 avril 1874. Sur la place Broglie, on est entrain de niveler le terrain suite à la suppression des arbres, et l’ensemble de la promenade est recouverte de gravier. Pour éviter que la terre autour des arbres ne soit trop tassée, on installe des plaques grillagées en acier ».

 

Samedi 2 mai 1874

Allemagne, armée : promulgation de la loi militaire applicable le 2 mai 1874.

L’ouvrage du capitaine d’état-major S. Rau, capitaine d’état-major : Aperçu sur l’état militaire des principales puissances étrangères au printemps 1877, nous livre les informations suivantes : « Allemagne. Chapitre II.

Recrutement et réserves. La loi militaire, applicable à tous les pays qui composent l’empire allemand, a été promulguée le 2 mai 1874. Aux termes de cette loi, le service militaire est obligatoire et personnel de l’âge de 17 ans jusqu’à celui de 42 ans. Il n’est admis ni remplacement ni exonération. En temps de paix, les jeunes gens sont appelés dans l’année où ils atteignent l’âge de vingt ans révolus ; ils sont incorporés au 1er octobre de cette même année, à 20 ans et 3 mois, par conséquent, en moyenne. Leurs années de service sont comptées à partir de cette date. …

Les hommes compris dans le contingent de l’armée active doivent passer 3 ans sous les drapeaux ; puis ils sont versés dans la réserve où ils restent 4 ans. Au bout de ce temps, ils entrent dans la Landwehr et y comptent pendant 5 ans, jusqu’à l’âge de 32 ans et 3 mois, par conséquent, en moyenne.

Tout ce qui reste des classes annuelles, après le prélèvement du contingent de l’armée d’active, forme une seconde portion qui est appelée réserve de recrutement “Ersatz-Reserve”. La réserve de recrutement comprend ainsi différentes catégories d’individus, savoir :

1. Ceux qui ont fait valoir des cas de dispenses ou d’exemption du service actif prévus par la loi. Il n’est admis aucune exemption complète du service, pas même en faveur des membres du clergé ;

2. Les hommes reconnus entièrement bons pour le service, mais qui, en raison de l’élévation de leur numéro de tirage, n’ont pas été compris dans le contingent de l’armée d’active ;

3. Les hommes qui n’ont pas été reconnus bons pour le service, mais dont la constitution n’est cependant pas assez mauvaise pour qu’ils aient été déclarés définitivement impropres.  …. ».

 

Dimanche 3 mai 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : pétition pour l’agrandissement de la ville.

Un journal local a publié cet article : « Strasbourg, 2 mai 1874. Comme le journal Straßburger Bürgerzeitung l’a relaté, dans notre ville ont est en train de préparer une pétition à adresser au service du Chancelier de l’Empire « Reichskanzleramt » relative à une accélération de l’agrandissement de la ville ».

Allemagne, Strasbourg place forte : mutation du colonel du génie Grund.

Un journal de Strasbourg a publié cette nouvelle : « Le colonel du génie « Genieoberst » Grund, l’ancien directeur des constructions de fortifications, a été muté à Königsberg, et à sa place nous trouvons le commandant « Major » Herfarth ».

 

Lundi 4 mai 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg garnison : la presse locale annonce une adjudication concernant des râteliers à fusils.

Communiqué publié par un journal de Strasbourg : « L’administration impériale de la garnison publie une adjudication qui aura lieu le 4 mai 1874, à 10 heures. Il s’agit de la livraison de 178 mètres linéaires de râteliers à fusils « Gewehrgerüsten ».

 

Mercredi 6 mai 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : la presse locale annonce que la ville indemnise le fisc militaire pour l’abandon du droit d’usage de la caserne Kageneck ou Kronenburger-Kaserne.

Un journal local nous livre ces informations : « La caserne de Kageneck « Kronenburger Kaserne ». L’exercice 1873 du budget complémentaire de la ville de Strasbourg comportait une somme de 400 000 Francs, destinée à l’indemnisation de l’administration militaire allemande « Militär-Fiskus », relative à l’abandon de son droit d’usage de la caserne Kageneck « Kronenburger-Kaserne ». L’explication à ce sujet est la suivante : lors des débats du conseil municipal du 17 février, du 12 et du 18 mars 1871, relatifs à la reconstruction du nouveau quartier Kageneck, le conseil décida à l’unanimité d’acquérir et de faire araser la caserne Kageneck “Kronenburger Kaserne”, qui obstrue le passage vers Cronenbourg, et dont la surface conséquente, doit être utilisée pour la construction de nouveaux bâtiments. Sur la base de ces décisions et du décret du 7 juin 1871 autorisant le plan d’alignement, de nombreux accords ont été signés et même de nouvelles constructions ont été entreprises, qui avec l’élimination de la caserne, et de ce fait, permettait le prolongement de la rue “Kuhngasse” jusqu’au rempart, ainsi que la jonction de la rue “Feuergasse” avec la « Mollengasse ». Mais la réalisation du projet se heurte à d’importants obstacles. Les négociations avec les autorités militaires, qui avaient l’intention d’échanger la caserne contre l’Aubette située sur la place Kléber, et ceci sans aucune compensation. Ce projet à néanmoins été rejeté par le conseil municipal, bien que le maire n’y fût pas opposé, et lors de la séance du 14 février 1872, il demanda au conseil de gestion « Verwaltungsrath » de reprendre de nouvelles négociations. Ces pourparlers concernaient le montant d’une éventuelle indemnisation, mais ils n’aboutirent pas. Lors de cette première requête, les autorités militaires estimaient, conformément à l’ordonnance du 5 août 1818 qui leur attribuait un droit d’usage, que le montant de l’indemnisation devait s’élever à 827 000 Francs destinés à la construction d’une nouvelle caserne. Compte tenu de la situation financière précaire de l’époque, cette somme était un montant astronomique pour la ville ; mais les négociations ultérieures, au cours desquelles la ville évoqua le montant exorbitant de cette indemnité, n’aboutirent à aucun résultat et la situation restait bloquée malgré la pression des particuliers, qui menaçaient de poursuivre la ville devant les tribunaux, et l’issue d’un tel procès ne faisait aucun doute ; cela se terminerait par une condamnation de la ville, puisqu’elle avait vendu des parcelles qui empiétaient sur le terrain de la caserne. C’est dans cette situation que l’adjoint au maire Imlin a repris les négociations (le maire était tombé malade) ; ces pourparlers ont été poursuivis par l’administrateur municipal, et elles ont abouti au contrat du 5 août 1873, confirmé par le ”Bezirkspräsident” et le ministre de la guerre. Conformément à ce contrat, le service des domaines de l’administration militaire allemande « Militär-Fiskus » renonçait à son droit d’usage de la « Kronenburger-Kaserne » et, s’engageait à vider la partie sud de la caserne pour le 1er octobre 1873, la partie nord pour le 1er avril 1875, et de céder définitivement la propriété de la caserne à la ville. L’indemnisation à payer par la ville de Strasbourg à l’administration militaire allemande pour l’abandon de son droit d’usage, s’élevait à 400 000 Francs à verser le 2 octobre 1873. De plus, la ville s’engageait à effectuer un certain nombre de réparations sur la partie nord, qui ne sera cédée que le 1er avril 1875, et continuera d’être utilisée par les troupes jusqu’à cette date. Lors des débats du conseil municipal, ont s’est accorde de vendre les 4 675,82 m² de la caserne et de sa cour pour 30 Francs / m² ; le mobilier et les matériels de la caserne ont été estimés à 50 000 Francs. Ces estimations se sont avérées relativement justes après la vente, et cette opération d’embellissement du quartier coûta finalement 200 000 Francs net à la ville ».

 

Jeudi 7 mai 1874

Allemagne, armée allemande : réorganisation de l’artillerie à pied (artillerie de siège et de forteresse).

L’artillerie à pied qui a été complètement réorganisée par l’ordre de cabinet du 7 mai 1874 dont nous voici les dispositions principales : « L’artillerie à pied cesse de relever des quatre inspections d’artillerie, qui prennent désormais le titre d’inspections d’artillerie de campagne. L’artillerie à pied constituera à l’avenir deux inspections de deux brigades chacune. Les inspecteurs d’artillerie à pied auront les mêmes droits et les mêmes pouvoirs que les inspecteurs du génie ; les commandants de brigades sont assimilés aux autres brigadiers. A partir du 1er octobre 1874, les commandants de brigade d’artillerie constitueront, pour tout ce qui a trait à l’armement des places, à la gestion des dépôts d’artillerie, des autorités territoriales administratives et relèveront, à cet égard, du ministère de la guerre. C’est de ces commandements que dépendront directement les officiers d’artillerie des places et les directeurs des dépôts d’artillerie.

Chaque inspecteur aura pour adjudants deux capitaines ; chaque comandant de brigade un lieutenant ; de plus, chaque brigade possédera deux capitaines, un certain nombre d’ouvriers d’artillerie et un officier artificier. Les inspecteurs visiteront au printemps, toutes les garnisons de leur inspection ; ils les visiteront également au cours des exercices à feu. Les brigadiers devront inspecter leurs troupes au printemps et pendant les exercices, les places et enfin les dépôts d’artillerie de leur brigade, soit en même temps que les troupes, soit à l’automne. Les généraux commandant en chef et les divisionnaires devront s’occuper de l’état et de l’instruction tactique des régiments d’artillerie de campagne et devront faire connaître leur avis dans le rapport qu’ils adressent à l’empereur ». Quant à l’artillerie de campagne, elle a été organisée complètement d’une façon conforme aux dispositions contenues dans l’ordre de cabinet du 18 juillet 1872.

Allemagne, armée allemande : création de deux inspections d’artillerie à pied.

Une revue militaire françaises a publié ces renseignements :

Un ordre de cabinet, du 7 mai 1874, vient d’apporter quelques changements importants dans la répartition de l’artillerie à pied. Toute l’artillerie était répartie entre quatre inspections ; dorénavant, les régiments d’artillerie à pied ne ressortiront plus à ces inspections, qui porteront dès lors le nom de : Inspection d’artillerie de campagne.

En outre, les modifications suivantes auront lieu dans la composition de ces inspections : la 4ème brigade d’artillerie de campagne qui ressortissait à la 3ème inspection passera à la seconde. La 11ème brigade d’artillerie de campagne qui ressortissait à la 4ème inspection passera à la 3ème.

Les régiments d’artillerie à pied seront groupés en deux inspections qui seront dénommées : inspections d’artillerie à pied, et qui seront composes ainsi qu’il suit :

1ère inspection d’artillerie à pied : siège à Berlin.

1ère Brigade d’artillerie à pied, à Berlin :

Garde Fuss-Artillerie Regiment.

5. Fuss-Artillerie Regiment (Niederschlesiches).

6. Fuss-Artillerie Regiment (Schlesiches).

2ème brigade d’artillerie à pied, à Berlin :

1. Fuss-Artillerie Regiment (Prusse orientale).

2. Fuss-Artillerie Regiment (Poméranie).

Fuss-Artillerie Bataillon Nr. 9 (Schleswig).

2ème inspection d’artillerie à pied : siège à Mainz.

3ème brigade d’artillerie à pied, siège à Mainz :

3. Fuss-Artillerie Regiment (Brandebourg).

4. Fuss-Artillerie Regiment (Magdebourg).

7. Fuss-Artillerie Regiment (Westphalie).

4ème brigade d’artillerie à pied, siège à Metz :

8. Fuss-Artillerie Regiment (rheinisches).

12. Fuss-Artillerie Regiment (saxon).

Fuss-Artillerie Bataillon Nr. 14 (Badisches).

15. Fuss-Artillerie-Regiment.

Le bataillon d’artillerie à pied, n°9, fera corps avec le régiment d’artillerie à pied, n°2. La bataillon d’artillerie à pied n°14, fera corps avec le régiment d’artillerie à pied n°15 ; les officiers de ces régiments formeront, avec ceux du bataillon qui leur est respectivement attaché, un seul corps d’officiers au point de vue de l’avancement.

Ces inspections et brigades seront chargées de l’administration du territoire en ce qui concerne l’armement des places et les établissements d’artillerie. A partir du 1er octobre 1874, les commandements de brigade d’artillerie constitueront, pour cet objet, les organes du ministère de la guerre ; à cet effet, le territoire sera réparti, entre les quatre brigades, de la façon suivante :

1ère brigade d’artillerie à pied : terroitoire des 3ème, 5ème et 6ème corps d’armée, places de Thorn, Graudenz, Wittemberg.

2ème brigade d’artillerie à pied : territoire des 1er (sauf Thorn et Graudenz), 2ème, 9ème et 10 ème corps d’armée.

3ème brigade d’artilelrie à pied : territoire du 4ème ‘sauf Wittemberg), 7ème et 11ème corps d’armée, places de Cologne-Deutz et Ulm.

4ème brigade d’artillerie à pied : 8ème (sauf Cologne-Deutz, 14ème et 15ème corps d’armée.

Les inspecteurs et les commandants de brigade d’artillerie à pied auront droit aux mêmes allocations que les inspecteurs du génie et les commandants des autres brigades de troupes. Les officiers d’artillerie des places et les directeurs des dépôts d’artillerie leur seront directement subordonnés. A chaque régiment d’artillerie à pied étaient attachés un certain nombre d’officiers d’arsenaux et d’officiers d’artificiers. Ils cesseront dorénavant de faire partie de ces régiments et seront attachés aux commandements de brigade d’artillerie à pied. Seront attachés comme adjudants (chefs de cabinets) : à chaque inspection d’artillerie à pied : un capitaine en premier et un capitaine en second ; à chaque brigade, un lieutenant en premier.

Les inspecteurs d’artillerie à pied pourront faire, tous les printemps, une tournée dans les garnisons occupées par les troupes sous leurs ordres et, en outre, ils passeront l’inspection de ces troupes tous les ans, à l’époque des exercices de tir. Ils pourront faire coïncider cette inspection avec celle de l’inspecteur général d’artillerie. Les commandants de brigade d’artillerie à pied inspecteront les troupes sous leurs ordres au printemps et pendant l’époque des exercices de tir. Ils inspecteront les plans et les dépôts d’artillerie de leurs territoires respectifs, partie au printemps, partie en automne.

L’ordre dont nous nous occupons règle le mode d’action au point de vue des inspections, des généraux commandants de corps et de division, sur les troupes d’artillerie sous leurs ordres en prescrivant que « les généraux commandants de corps et de division devront faire chaque année une tournée pour assister pendant quelques jours aux exercices de tir de l’artillerie, à moins que ces exercices n’aient lieu dans leur résidence. Lors des manœuvres d’automne, les généraux commandants de corps devront porter leur attention sur l’état et l’emploi tactique de l’artillerie de campagne et faire de leurs observations l’objet de rapports spéciaux. L’ordre se termine en prescrivant que les régiments d’artillerie de campagne prendront désormais les numéros qui leur ont été assignés par l’ordre, en date du 18 juillet 1872 (voir n°112 de la Revue). En conséquence, les nouveaux numéros seront portés désormais sur les pattes d’épaule des sous-officiers et soldats, et sur les pattes d’épaules et épaulettes des officiers.

Remarque : l’auteur semble avoir oublier d’évoquer la place forte de Strasbourg.

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : la presse locale nous livre des renseignements sur les indemnités relatives au bombardement de Strasbourg.

Un journal local a publié cet article : « Indemnités de bombardement à Strasbourg. Dans la rubrique des recettes de l’exercice 1874 du budget de la ville de Strasbourg, un montant de 941 069 Francs est inscrit sous l’intitulé “Beschießungs Entschädigungen“ (indemnités de bombardement). A ce sujet, nous vous donnons les précisions suivantes : le rapport final concernant l’exercice du budget 1872 contient toute une série de demandes, que la ville, conformément à la loi impériale du 14 juin 1871 “Reichsgesetz”, a demandé pour les prestations de guerre “Kriegsleistungen” et les dommages de guerre “Kriegsschäden” concernant le parc immobilier de la ville qui a été détruit (à l’exception de la Préfecture qui est soumise à un statut particulier que nous avons déjà évoqué). Aussi nous connaissons les montants des indemnités fixés le 31 mars de cette année, qui ont été réglés à la caisse de la ville.

Demandes émises par la ville :

a) Pour la destruction du mobilier et des immeubles, ainsi que pour les dommages causés aux terrains : 3 376 436,13 Francs.

Montant des indemnités perçues au 31 mars 1873 : 2 111 997,60 Francs.

Montant des demandes non couvertes : 1 264 468,53 Francs.

b) Pour les destructions occasionnées routes locales et leur reconstruction : 1 378 229 Francs.

Suite à la décision de la commission mise en œuvre conformément à la loi citée précédemment, le montant de ces indemnités n’a pas été accepté, la ville s’est vue attribué une indemnisation de 900 000 Francs. Cette somme a été payée et inscrite au budget supplémentaire de 1873. De plus, sur les 1 264 468 Francs demandés, 309 095 Francs ont été payés.

Le somme de 941 069 Francs cité ci-dessous, concerne les indemnités, dont la commission des dommages de guerre “Kriegsschäden-Kommission” n’a pas encore payé jusqu’à présent, et dont le règlement est attendu actuellement pour l’année 1874, et dont la répartition est la suivante :

a) Pour le Musée (montant résiduel pour la galerie de peintures) : 250 000 Francs.

b) Pour la destruction des ponts et des routes (montant résiduel) : 53 537 Francs.

c) Pour le Théâtre (montant résiduel) : 124 360 Francs.

d) Pour la bibliothèque du Théâtre : 84 400 Francs.

e) Pour le cimetière Sainte-Hélène (montant résiduel) : 8 772 Francs.

f) Pour la Bibliothèque municipale (montant résiduel) : 420 000 Francs.

Montant global : 941 069 Francs.

En ce qui concerne la rubrique f, la somme a été approuvée par la commission. Mais comme le “Landesregierung” a introduit un recours concernant le montant alloué pour la Bibliothèque municipale, cette somme a la société par actions du crédit foncier et municipal “Action-Gesellschaft für Boden-und Communal-Credit”, en attendant une décision. Du coté de l’administration municipale, on a entrepris les démarches pour récupérer la totalité de ce montant, et l’on espère que les obstacles pour le versement ce cette somme seront bientôt levés.

Les indemnisations pour prestations de guerre.

Pour ces prestations, le budget 1874 mentionne les recettes suivantes :

D’après les comptes-rendus de gestion des budgets de la ville :

-          en 1871 : 490 767,98 Francs ;

-          en 1872 : 280 753,90 Francs ;

qui ont été versés pour les indemnisations des prestations de toutes natures. Au budget 1873, un montant de 250 000 Francs a été inscrit sous la même rubrique, dont on a déjà perçu 215 651,82 Francs, à la fin de l’année. Les autres demandes, considérées comme infondées, ont été rejetées par la commission.

L’administration municipale est entrain de revoir l’argumentation de ces demandes, en fournissant les pièces justificatives, pour obtenir le montant résiduel. En conséquence de ces efforts, un montant de 80 000 Francs devrait être approuvé ».

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg-garnison : la presse locale nous livre des renseignements sur la reconstruction de la vieille caserne près des glacières “alten Kaserne bei den Eisgruben” et son aménagement en Maison des ordonnances « Ordonnanzhaus ».

A cette fin le budget supplémentaire 1873 de la ville de Strasbourg a prévu un montant de 43 000 Francs. Voici quelques précisions à ce sujet : la caserne située entre les glacières et les Ponts-couverts a été très endommagé lors du siège, et l’administration militaire avait renoncée à son droit d’usage qu’elle avait conformément à l’ordonnance royale du 5 août 1818. Lors de la séance du conseil municipal du 21 mars 1874, la décision de la reconstruction de cette caserne et son aménagement en Maison des ordonnances “Ordonnanzhaus”, c’est-à-dire pour l’hébergement des troupes de passage, qui jusqu’à présent sont hébergées dans les auberges, a été approuvé. Les coûts de construction et d’ameublement ont été évalués à 37 000 Francs, et ont été approuvés par le conseil.

Le 25 avril 1874 l’architecte de la ville a fait son rapport, dans lequel il précise que l’on croyait, lors du devis initial, pouvoir garder les fondations de l’ancien bâtiment ; mais suite à la démolition du vieux bâtiment, il s’avère que cela ne sera pas possible à cause du manque de stabilité du bâtiment. De plus on avait pris en compte la valeur de la vente des matériaux que l’on allait récupérer, mais étant donné de leur état, cela n’a pas été possible. Pour ces raisons, un montant complémentaire de 6 000 Francs est nécessaire. Ce montant a été approuvé par une décision de l’administrateur municipal du 29 avril 1874. Pour les bâtiments concernés, la ville avait touché une indemnité de 5 000 Francs comme dommages de guerre. La maison des ordonnances est utilisée depuis le 1er décembre 1873.

 

Dimanche 10 mai 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : décision de reconstruction de l’Aubette.

La presse locale a publié cet article concernant la reconstruction de l’Aubette : « Partie officielle. N°190. Reconstruction de l’Aubette qui a été détruite lors du siège. Décision du 27 avril 1874. L’administrateur de la ville de Strasbourg, après avoir examiné le projet de reconstruction du bâtiment de l’Aubette qui a été détruit lors du siège, et conformément aux délibérations du conseil municipal du 22 mai 1872, 24 juillet 1872 et 15 novembre 1872, et après la dissolution de ce dernier, fait le point suivant : Lors de la séance du conseil municipal du 22 mai 1872, la question de la reconstruction de l’Aubette a été examinée pour la première fois. L’administration municipale a présenté un rapport de l’architecte municipal concernant deux projets, afin d’obtenir une décision du conseil sur la nature de l’utilisation de la future Aubette, ainsi que pour débattre des plans et du financement de ce nouveau programme de construction. Les deux projets proposèrent de transférer la garde principale situé dans la partie ouest vers la partie est du bâtiment. Dans les locaux restants disponibles au niveau du rez-de-chaussée, devait être installé des magasins, tandis qu’au premier étage, une grande salle de concert et toute une série de petites salles de concert devait y être aménagés au profit du conservatoire de musique, au troisième étage, hormis la place réservée à la grande salle de concert, et les locaux disponibles devaient être aménagés en logements. La différence entre les deux projets était, que l’un des projet maintenait les étals de bouchers situés derrière l’Aubette, tandis que l’autre projet prévoyait leur suppression, et ceci pas seulement pour l’embellissement du bâtiment alors que le premier projet comportait des formes très irrégulières, mais également pour créer deux passages couverts entre la place Kléber et le marché couvert « gedeckten Markthalle », ce qui nécessitait une nouvelle répartition adaptée des locaux du rez-de-chaussée. Le conseil municipal confia les projets à une commission accompagné de l’expertise de l’architecte municipal, et lors de la séance du conseil municipal du 24 juillet 1872, il a été décidé qu’il fallait développer les plans du deuxième projet, celui qui prévoyait la disparition des étals de bouchers « Metzgerbänke ». De plus on posa la question s’il était nécessaire de conserver la façade de la place Kléber. Enfin, le conseil décida de transformer la place entre le hall de marché couvert et l’Aubette en marché couvert. Les nouveaux plans, les rapports de l’architecte de la ville et les prévisions de coûts ont été présentés au conseil le 15 novembre 1872 et à la commission, qui avait déjà reçue les avant-projets. On décida également de fournir à cette commission les plans élaborés pour le marché couvert afin qu’elle se prononce. Ces plans ont été livrés le 18 mars 1873. Mais cette commission ne se prononcera pas, puisque le 14 avril 1873, le conseil municipal a été dissous. L’actuelle administration municipale, lorsqu’elle examina ce dossier, pensait que le meilleur moyen pour avancer était de régler les différents obstacles, sans lesquels la réalisation des décisions du conseil municipal n’était pas possible. Les négociations menées dans ce sens avec les autorités militaires ont abouti au contrat signé le 16 août 1873, qui permet le transfert de la garde vers l’aile est de l’Aubette, et entre temps, les travaux inhérents à cette opération ont commencé. Dans deuxième temps, il fallait obtenir la suppression des étals de boucher situés derrière l’Aubette. Les négociations avec les locataires ont permis de fixer la date du 15 mai 1874 pour le départ de ces derniers, si bien que dans ces prochains jours, il n’y aura plus d’obstacle au début des travaux. Après avoir examiné les plans proposés par l’architecte de la ville et son plan de financement, conformément aux décisions du conseil municipal du 24 juillet 1872, en tenant compte du programme de construction établi lors du conseil municipal du 24 juillet 1872, qui a été présenté en détail précédemment, et dont tous les éléments seront réalisés, et en tenant compte que dans cette affaire il faudra éviter toute dépense superflue et autant que possible réemployer les anciens matériaux, et que dans la question adressée au conseil municipal, concernant la conservation de la façade nous répondons par oui, étant donné que celle-ci sera munie de décorations complémentaires, pour que le bâtiment dans son aspect extérieur apporte un complément de décoratif à la ville, qu'étant donné que le bâtiment est principalement destiné à la promotion du grand Art et de l’enseignement, et que lors de la réalisation du plan l’aspect financier n’a pas été le premier paramètre, mais que l’on reste dans ce qui est possible de réaliser, et en prenant en compte les revenus attendus des loyers des magasins et des logements, tout comme les bénéfices des concerts et le loyer qui sera réglé par la fondation « Apffel’sche Stifftung » pour les locaux laissés à la disposition du Conservatoire, et du fait à ce que l’on prévoit un faible taux d’intérêt pour le capital emprunté, que la prévision des coûts de construction et d’aménagement des locaux intérieurs est fixé à 530 000 Francs, qui sera couvert en partie par l’indemnité de bombardement d’un montant de 250 000 Francs, et qu’il semble possible de couvrir le restant du montant, si l’opération se répartie sur plusieurs exercices budgétaires, avec les fonds dont la ville dispose et ceci sans recours à des moyens extraordinaires, en évoquant la suppression des obstacles qui entravaient autrefois le projet, plus particulièrement l’évacuation pour ces prochains temps des étals de bouchers si bien que plus rien n’empêche le début immédiat des travaux, et étant donné que la ville à l’obligation de reconstruction en acceptant l’indemnité évoquée précédemment, et en tenant compte que l’éventualité de la construction d’un marché couvert tel qu’il avait été examiné par le conseil municipal continuera à être étudier, je décide, conformément aux droits qui me sont conférés suite à la dissolution du conseil municipal :

I. Les plans et le rapport présentés par l’architecte de la ville lors du conseil municipal du 15 novembre 1872, ainsi que le devis, concernant la reconstruction du bâtiment de l’Aubette qui a été détruit lors du siège, sont approuvés. Les travaux doivent commencés dès que possible, et il faut réaliser en priorité la réalisation de l’ossature du bâtiment, son toit, tout comme les magasins prévus au rez-de-chaussée, tandis que l’équipement intérieur et la décoration pourront être réalisés au fur et à mesure.

II. Pour couvrir les coûts de construction qui s’élèvent à 530 000 Francs, on utilisera en priorité les 250 000 Francs versés du fond des dommages de liés aux bombardements, et le restant sera payé à partir des recettes des prochaines années. Si ce montant ne pourrait pas être réalisé, je me réserve les moyens pour procurer ce financement.

III. Cette décision doit être inscrite au cahier du protocole des délibérations du conseil municipal, et tous les documents réalisés par l’architecte de la ville devront être soumis à l’autorisation de Monsieur le président de district « Bezirkspräsidenten ». Décidé à Strasbourg, à la Mairie, le 27 avril 1874. L’administrateur municipal “Bürgermeisterverwalter” Back. Lors de la séance du 6 mai 1874, le projet a été adopté en grande partie par la commission de construction du district “Bezirksbaucommission”, si bien que l’on pourra bientôt commencer les travaux ».

 

Mardi 12 mai 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de travaux à l’hôpital militaire de garnison.

Un journal local a publié le communiqué suivant : « Adjudication pour la peinture des façades des 4 bâtiments et la livraison de 18 fenêtres au profit de l’hôpital militaire de garnison « Garnison-Lazareth » le mardi 12 mai 1874 à 10 heures au bureau de l’hôpital ».

 

Mercredi 13 mai 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : avis indemnisation pour les expropriations de la fondation Saint-Thomas.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué : « Sur la base de l’acte établi le 4 avril 1874 par le directeur impérial du Cercle de Strasbourg (Kreisdirector) Hasse agissant à la demande du président impérial du district de Basse-Alsace, l’administration des hospices civils de Strasbourg, propriétaire des parcelles citées qui ont été en partie exproprié conformément à l’ordonnance impériale relative à l’agrandissement des fortifications de Strasbourg du 1 avril 1872, cèdent librement leur terrain à l’empire allemand contre indemnisation.

Ban d’Oberhausbergen

Lieu-dit :

Section A, n°213 : lieu-dit Dingsheimerpfad : 11,90 ares pour 2092,50 F.

Section A, n°232 : lieu-dit Im Gansen : 9,54 ares pour 1 621,80 F.

Section A, n°287-288 : lieu-dit In der kurzen Streng : 6,37 ares pour 1 247,66 F.

Section C, n°404 : lieu-dit In den 20 Aeckern über Wolfisheimer Pfad : 3,58 ares pour 572,80 F.

Section C, n°406 : lieu-dit In den 20 Aeckern über Wolfisheimer Pfad : 2,66 ares pour 425,60 F.

Section C, n°4020/421 : lieu-dit In den 20 Aeckern über Wolfisheimer Pfad : 4,72 ares pour 1 274,40 F.

Section C, n°575 : lieu-dit Im hofacker : 0,98 ares pour 171,50 F.

Section C, n°613 : lieu-dit Im hofacker : 2,87 ares pour 502,25 F.

Ban de Niederhausbergen.

Ban de Mundoslheim.

Ban de la Wantzenau.

Ban de Griesheim. Etc.

Conformément aux l’article 15 et 19 de la loi du 3 mai 1841, le communiqué est porté à la connaissance du public. A Strasbourg, le 5 mai 1874. Service des fortifications impériales (Kaiserliche Fortification)

Herrfahrdt, Major und Ingenieur vom Platz (Commandant et Ingénieur militaire de la place) ».

Remarque : pour les expropriations des terrains des fondations, des listes récapitulaitves sont généralement publiées après celles des expropriations des terrains privés.

 

Jeudi 14 mai 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg garnison : concert militaire au Jardin Lips.

Un journal local a publié cette annonce : « Jardin Lips. Jeudi 14 mai 1874. Grand concert, exécuté par la musique du « 1. Rheinischen Infanterie-Regiment Nr. 25 », sous la direction du chef d’orchestre « Kapellmeister » Monsieur Manns. Début à 15 heures ».

 

Samedi 16 mai 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : vente d’un cheval déclassé.

La presse locale a publié ce communiqué : « Le samedi 16 mai 1874 à 11 heures se déroulera la vente aux enchères d’un cheval classé hors service « ausrangirtes Dienstpferd » sur la place devant la caserne « Nicolaus-Kaserne » par le « königliches Schleswig-holteinisches Ulanen-Regiment Nr. 15 ». Ce communiqué a été signé à Strasbourg le 14 mai 1874 ».

 

Vendredi 22 mai 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de travaux de garnison.

La presse locale a publié ce communiqué : « Les travaux suivant au profit de la garnison :

1. Le système d’égouts dans la cour de la caserne « Nikolaus-Kaserne », pour un montant de 1 720 Thalers ;

2. Pour la construction d’une cuve « Kessel » pour la caserne « Nikolaus-Kaserne » et la caserne « Artillerie-Kaserne », pour 3 680 Thalers ;

3. La construction local à bois et à charbon “Holz- und Kohlen-Gelassess” à la caserne des Pontoniers « Pionier-Kaserne », pour 293,10 Thalers ;

4. L’aménagement du rez-de-chaussée de la tour entre la « Pionier-Kaserne » et la « Königs-Brücke », pour 52 Thalers.

Par adjudication publique. Les entrepreneurs noteront leurs offres sur papier timbré, en précisant le pourcentage, le tout sous pli fermé, remis avant l’adjudication à la direction des constructions de la garnison « Garnison Bau-Direktion », Brandgasse Nr. 11. L’adjudication est fixée au 22 mai 1874, à 10 heures, au bureau de l’administration de garnison “Garnison-Verwaltung”. Strasbourg, le 12 mai 1874 ».

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de travaux au profit du mess de garnison et de la citadelle.

Un journal local a publié ce communiqué signé à Strasbourg le 15 mai 1874 : « Le vendredi 22 mai 1874 à 10h30 se déroulera l’adjudication au bureau de l’administration de garnison « kaiserliche Garnison-Verwaltung », « Schiffleutstrasse Nr. 11 » des travaux suivants : pour le mess de garnison « Militär-Casino am Broglie » : pose d’environ 150 m² de vitrage simple de fenêtre et 15 m² de double vitrage pour les portes ; confection du revêtement de deux portails « vollständige Beschlag von 2 Portalthüren » et leur installation ; travaux de peinture pour un montant de 3 075 francs. Pour la Citadelle : transfert de la route traversant la citadelle de Strasbourg ».

 

Mercredi 27 mai 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication des travaux de reconstruction de l’Aubette et du poste principal de garde de la garnison.

Un journal local a publié ce communiqué : « Le mercredi 27 mai 1874 à 10 heures aura lieu à la mairie l’adjudication des travaux suivants au profit de l’Aubette : un lot relatif à la reconstruction de l’Aubette, les murs extérieurs et l’aménagement intérieur du rez-de-chaussée et de l’entresol, pour un montant de 250 000 francs et l’aménagement intérieur du 1er et 2ème étage ainsi que celui de la « Hauptwache » sont encore sous réserve. Ce communiqué a été signé le 11 mai 1874 par l’administrateur municipal « Bürgermeister-Verwalter » Back ».

 

Samedi 30 mai 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : cours de natation ouverts aux civils.

Un journal local publie ce communiqué : « Etablissement de bains du Génie « Pionier-Schwimm-Anstalt ». Un couloir de natation « Schwimmbahn » est ouvert aux personnes civiles de 12h à 14h et de 17h à 20h. Des cours de natations sont dispensés sur place. Les conditions d’abonnement peuvent être consultées sur place, au couloir de natation devant la porte des Pêcheurs « Fischerthor » au Canal des Français. Königliches Kommando des Badischen Pionier-Bataillons Nr. 14 ».

Allemagne, Strasbourg garnison : concert militaire au Jardin Lips.

La presse locale a publié cette annonce : « Concert de la fanfare du 25e régiment d’infanterie « Kapelle des Rheinische Infanterie-Regiments Nr. 25 » sous la direction du chef de musique « Kapellmeister » Maans le samedi 30 mai 1874 à 15h00. Prix de l’entrée : 5 sous (1 sou = 5 centimes) ».

 

Dimanche 31 mai 1874

Allemagne, Saverne garnison : concert militaire au Jardin Lips.

Un journal de Strasbourg a publié cette annonce : « Concert au château du Haut-Barr près de Saverne le dimanche 31 mai 1874 à 15h00 par la fanfare des trompettes « Trompeter-Corps des 1. Hannoverschen Dragonner-Regiments Nr. 9 » sous la direction du chef de musique « Stabstrompeter » W. Heffter. Prix de l’entrée : 5 sous (1 sou = 5 centimes) ».

 

Mardi 2 juin 1874

Allemagne, Strasbourg place-forte : vente d’une cantine près d’un fort détaché.

Un journal local de Strasbourg a publié cette annonce : « Cantine à vendre. Une cantine en bon état (à deux étages), construite avec des briques, de 90 pieds de long et 30 pieds de large, installée près d’un fort à proximité de Strasbourg), avec installation pour loger 100 personnes, est à vendre immédiatement à un prix très compétitif. Voir avec le journal sous le numéro 4398 ».

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg place-forte : le roi Carl von Württemberg visite la garnison et les forts détachés.

La presse locale nous livre quelques renseignements sur la visite du roi de Wurtemberg à Strasbourg : « Strasbourg, le 2 juin (1874). Sa Majesté le roi Carl von Württemberg est arrivé aujourd’hui à 17H05 et réside à l’auberge « Stadt Paris » Ville de Paris, où il a été accueilli par les autorités civiles et militaires locales. Pour son séjour ici, d’après ce que nous avons entendus, il suivra le programme suivant : le matin à 8H30, parade des régiments d’infanterie n°25 et 126 à l’Esplanade ainsi que la visite des casernes du régiment d’infanterie à la Citadelle. Puis déjeuner chez le général commandant von Fransecky. L’après-midi, vers 14h00, un parcours passant par la ceinture des forts extérieurs de notre place forte. Le soir à 18h00 dîner chez sa Majesté. Son départ est prévu jeudi matin à 8h40. Demain, mercredi soir, sera organisé également une grande prise d’armes en l’honneur de sa Majesté ». 

 

Samedi 6 juin 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : manœuvres et exercices de l’armée allemande d’après une revue militaire française.

Une revue militaire française a publié ces informations : « Alsace-Lorraine. Manœuvres de cavalerie et exercice du génie. D’après une correspondance adressée de Strasbourg à la Gazette de Cologne, les manœuvres de cavalerie du 15ème corps auront lieu près de Brumath ; l’on espère voir l’empereur y assister.

Il y aura cette année à Marsal, qui a été déclassé comme forteresse, des exercices de mineurs, auxquels prendront part les compagnies de mineurs des bataillons de pionniers hessois, badois et du 15ème corps. On fera sauter avec la poudre par divers procédés les fronts de l’ancienne fortification ; les petits forts détachés d’Harraucourt et d’Orléans seront détruits avec différentes préparations de dynamite et de nitroglycérine ».

 

Mardi 16 juin 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : vente aux enchères de tonnelets de ciment vides sur les chantiers des forts de la rive gauche.

Un journal local a publié ce communiqué : « Les tonnelets de ciment vides stockés près des forts nommés ci-dessous, seront mis aux enchères au plus offrant en lieu et place et remis contre payement immédiat en liquide, le mardi 16 du mois (juin), le matin à 8 heures, au Fort près de Mundolsheim, environ 300pièces ;

Le mardi 16 du mois (juin), le matin à 10 heures, au Fort près de Niederhausbergen, environ 400 pièces ;

Le mardi 16 du mois (juin), le matin à 11h30, au fort près d’Oberhausbergen, environ 227 pièces ;

Le mercredi 17 du mois (juin), le matin à 8 heures, au fort près de Lingolsheim, environ 174 pièces ;

Le mercredi 17 du mois (juin), le matin à 10 heures, au fort près de Ostwald, environ 400 pièces ;

Le mercredi 17 du mois (juin), le matin à 11h30, au fort près de Grafenstaden, environ 123 pièces.

Nous informons les acheteurs intéressés que les conditions d’achat et les points de rendez-vous peuvent être consultés au bureau du service impérial des fortifications. Kaiserliche Fortification. Signé Herrfahrt ».

 

Vendredi 26 juin 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : avis indemnisation pour les expropriations de la fondation Saint-Thomas.

La presse locale a publié ce communiqué officiel : « Sur la base de l’acte établi le 1er juin 1872 par le directeur impérial du Cercle de Strasbourg (Kreisdirector) Hasse agissant à la demande du président impérial du district de Basse-Alsace, la Fondation Saint-Thomas de Strasbourg (St. Thomas-Stift) représenté par le directeur de son administration, Monsieur le professeur Eduard Reuss, domicilié dans la même localité, propriétaire des parcelles citées qui ont été en partie exproprié par décision du tribunal local de Strasbourg (Landgericht) du 28 mai 1873, soumis à la procédure d’expropriation conformément à l’ordonnance impériale relative à l’agrandissement des fortifications de Strasbourg du 1 avril 1872, cèdent librement leur terrain à l’empire allemand contre indemnisation.

Ban communal d’Eckbolsheim

Du lieu-dit Resselhirsch, section A, n°660 : 4 centiares et du n°679 : 1,91 ares.

Le tout pour un montant global de : 286,58 F.

Ban d’Oberhausbergen

Lieu-dit :

In der kurzen Streng, section A, n°284 : 9,25 ares.

Auf dem Eckbolsheimer Bann, section C, n°417/419 : 4,51 ares.

Auf dem Eckbolsheimer Bann, section C, n°423 : 2,43 ares.

Im kalten Grund, section C, n°469 : 2,84 ares.

Im Hofacker, section C, n°549/550 : 0,32 ares.

Im Hofacker, section C, n°564 : 0,6 ares.

Im Hofacker, section C, n°579 : 2,02 ares.

Im Hofacker, section C, n°581 : 1,81 ares.

Auf dem Hofackerweg, section C, n°597 : 2,97 ares.

Auf dem Hofackerweg, section C, n°598/599 : 8,38 ares.

Auf dem Hofackerweg, section C, n°600 : 6,15 ares.

Auf dem Hofackerweg, section C, n°609 : 2,39 ares.

Stoeckelacker, section B, n°65 : 2,78 ares.

In den Mühlzweitel, section B, n°64p : 3,50 ares.

In den Mühlzweitel, section B, n°63/62 : 4,89 ares.

Mittelbreit, section B, n°46 : 3,83 ares.

Mittelbreit, section B, n°42/38 : 23,83 ares.

Mittelbreit, section B, n°37 : 9,75 ares.

In der untern Breit, section B, n°10 : 6,61 ares.

In der untern Breit, section B, n°6 à 9 : 11,53 ares.

Le tout pour un montant global de : 29 106,03 F.

Ban de Niederhausbergen

Lieu-dit :

Oben an der Hütte, section A, n°210 : 4,90 ares.

Auf dem Bremmerthal, section B, n°293 : 2,83 ares.

Auf dem Bremmerthal, section B, n°296 : 0,71 ares.

Thomasbreit, section B, n°59 : 21,66 ares.

Auf Mundolsheimer Weg, section A, n°431/434 : 76,36 ares.

Auf Mundolsheimer Weg, section A, n°422 : 1,27 ares.

Auf Mundolsheimer Weg, section A, n°413 : 3,08 ares.

Auf Mittelhausberger Weg, section A, n°397 : 4,28 ares.

Auf Mittelhausberger Weg, section A, n°390 : 22,13 ares.

Le tout pour un montant global de : 35 296,66 F.

Ban de Mundoslheim

Lieu-dit :

In den Dellern, section C, n°980 : 5,83 ares.

Langzweitel, section C, n°958 : 6,90 ares.

In den lagen Aeckern, section C, n°1035 : 0,20 ares.

Neben dem Weyersheimer Weg, so ein halb zweitel gross, section C, n°1047/1049 : 28,44 ares.

Neben dem Weyersheimer Weg, so ein halb zweitel gross, section C, n°1060 : 0,34 ares.

Thal in der langen, section C, n°336 : 0,52 ares.

Thal in der langen, section C, n°388 : 0,52 ares.

Auf dem Bühl in den 4 Ackerstücken, section C, n°567 : 0,06 ares.

Unten auf dem Schleiling, section C, n°782 : 2,84 ares.

Le tout pour un montant global de : 8 858,14 F.

Conformément à l’article 15 et 19 de la loi du 3 mai 1841, le communiqué est porté à la connaissance du public, qui conformément aux articles 17 et 18 de la loi citée précedemment que toutes les hypothèques et transcription concernant ces terrains ou toutes les plaintes de revendication doivent être déclarées dans un délai de 15 jours. A Strasbourg, le 23 juin 1874. Service des fortifications impériales (Kaiserliche Fortification) Herrfahrdt, Major und Ingenieur vom Platz (Commandant et Ingénieur militaire de la place) ».

 

Mardi 30 juin 1874

Allemagne, Strasbourg place-forte : pétition pour l’agrandissement de la ville.

Un journal local a publié ces informations : « Strasbourg, le 30 juin 1874. En ce qui concerne la pétition au sujet de la demande de réalisation plus rapide de l’agrandissement de la ville, Monsieur le président supérieur d’Alsace-Lorraine “Oberpräsident von Elsaß-Lothringen” a fait aujourd’hui les déclarations suivantes : Strasbourg, le 29 avril 1874. En complément de mon communiqué du 28 avril 1874, sur ordre de Monsieur le chancelier d’empire, j’informe Messieurs les signataires de la pétition du 12 avril 1874, que sa majesté l’empereur a pris connaissance de la pétition et qu’il a montré le plus grand intérêt aux demandes présentées. Monsieur le ministre de la guerre s’est déclaré prêt, de promouvoir autant que possible le début des travaux d’extension de la ville. Nous avons l’intention, de demander les crédits nécessaires à l’opération, encore à la séance d’automne au Reichstag. Dès que cet argent sera disponible, et même avant le début de la construction de la nouvelle enceinte, nous feront enlever les contraintes liées aux zones de servitudes de l’ancienne enceinte, et ces terrains deviendront constructibles. L’ancienne enceinte devra être conservée jusqu’à ce que la nouvelle puisse remplir sa mission. Monsieur le président supérieur d’Alsace-Lorraine « Oberpräsident von Elsaß-Lothringen » (signé) von Möller ».

 

Juillet 1874

Allemagne, Lorraine fortifications : démolition de la place forte de Marsal.

Démolition de l’ancienne place française de Marsal par le génie allemand, à l’aide de nouvelles poudres brisantes.

 

Jeudi 2 juillet 1874

Allemagne, Strasbourg place-forte : pétition pour l’agrandissement de la ville.

Un journal local a publié ces informations : « Strasbourg, le 30 juin 1874. En ce qui concerne la pétition au sujet de la demande de réalisation plus rapide de l’agrandissement de la ville, Monsieur le président supérieur d’Alsace-Lorraine “Oberpräsident von Elsaß-Lothringen” a fait aujourd’hui les déclarations suivantes : Strasbourg, le 29 avril 1874. En complément de mon communiqué du 28 avril 1874, sur ordre de Monsieur le chancelier d’empire, j’informe Messieurs les signataires de la pétition du 12 avril 1874, que sa majesté l’empereur a pris connaissance de la pétition et qu’il a montré le plus grand intérêt aux demandes présentées. Monsieur le ministre de la guerre s’est déclaré prêt, de promouvoir autant que possible le début des travaux d’extension de la ville. Nous avons l’intention, de demander les crédits nécessaires à l’opération, encore à la séance d’automne au Reichstag. Dès que cet argent sera disponible, et même avant le début de la construction de la nouvelle enceinte, nous feront enlever les contraintes liées aux zones de servitudes de l’ancienne enceinte, et ces terrains deviendront constructibles. L’ancienne enceinte devra être conservée jusqu’à ce que la nouvelle puisse remplir sa mission. Monsieur le président supérieur d’Alsace-Lorraine « Oberpräsident von Elsaß-Lothringen » (signé) von Möller ».

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de livraison de bois pour les exercices de mineurs à Marsal.

Un journal de Strasbourg nous a livré ce communiqué : « Adjudication relative à la livraison de planches en sapin, de bois rond, de lattes et de hêtre, pour l’exercice de mineurs qui se déroulera à Marsal. Les offres peuvent être adressés sous plis cachetés portant la mention suivante “Submission auf Lieferung von Holzmaterialien” au Pionier Bataillon signant ce communiqué, jusqu’au 2 juillet 1874. Ce jour là, l’ouverture des plis se fera au bureau du bataillon devant les adjudicataires. Metz, le 23 juin 1874. Pionier-Bataillon Nr. 15 ».

 

Samedi 4 juillet 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : concert militaire au Europäische Hof.

Un journal local a publié cette annonce : « Jardins Lips. Dimanche le 5 juillet 1874. Concert de la musique du régiment d’infanterie « 25. Inf. Regiment ». Début à 16 heures. Le programme contient “Grosser Börsen-Krach” (nouveau).

Europäischer Hof. Aujourd’hui, samedi le 4 juillet 1874, concert, début à 19h30. Le programme contient “Grosser Börsen-Krach” (avec chant obligatoire). Avec l’orchestre du régiment d’infanterie « 25. Inf. Regiment ».

 

Lundi 6 juillet 1874

Allemagne, Strasbourg place-forte : adjudication des réparations des postes de garde des portes de la ville.

Un journal de Strasbourg publie : « Travaux de réparation. Des réparations doivent être effectuées dans de nombreux postes de garde des portes de la ville ; ces travaux sont adjugés pour un montant de 618,20 Thaler. L’adjudication est fixée au lundi 6 juillet 1874, à 10h00 heures, dans nos bureaux locaux, Schiffleutgasse Nr. 11, où les modalités concernant ces travaux peuvent être consultées. Strasbourg, le 24 juin 1874. « Kaiserliche Garnison-Verwaltung ».

Autriche : projet de voyage de l’impératrice d’Autriche par Strasbourg et Le Havre.

Le journal La Presse a publié dans son numéro du 19 juillet 1874 cet article : « Le Vaterland de Viene, du 6 juillet, assure que l’impératrice d’Autriche ne s’arrêtera, dans son voyage à l’île de Wight, qu’à Strasbourg et au Havre ».

 

Mardi 7 juillet 1874

France, places fortes : Loi relative à l’amélioration des défenses des frontières de l’est.

Voici une courte synthèse de cette loi qui concerne la réorganisation et la constructiondes des fortifications en France. A l’ussue de la guerre de 1870-1871, la France a perdu ses principales places fortes sur la frontière Est lors de l’annexion de l’Alsace et de la Mosele au nouvel empire allemand. Il était donc nécessaire de reconstituer une nouvelle ceinture de fortification et de remodelé les fortifications à l’intérieur du pays et des autres frontières.

Art. 1er. Il sera construit de nouveaux ouvrages autour des places de Verdun, Toul, Epinal, dans la vallée de la haute Moselle, autour de Belfort, de Besançon, à Dijon, Chagny, Reims, Epernay, Nogent-sur-Seine, autour de Langres, de Lyon, de Grenoble, dans la vallée de l’Isère, à Albertville et à Chamouset, autour de Briançon, sur les emplacements indiqués par la Commission de défense

Ces travaux sont déclarés d’utilité publique et d’urgence.

(Les propositions émises par la Commission de défense peuvent se résumer de la manière suivante :

1° Frontières du nord-est.

1e Verdun. Occuper les hauteurs de la rive droite de la Meuse, et notamment la position de Bois-Brûlé, entre la route et le chemin de fer d’Etain.

2e Toul. Occuper les positions du mont Saint-Michel, de Villey-le-Sec, de Dongermain et d’Ecrouves.

3e Belfort. Etendre, du côté du ballon d’Alsace, les défenses avancées de la position de Belfort. Restaurer les ouvrages des hautes et basses Perches et de Bellevue. Occuper les positions du mont Salbert, du mont Vaudois, de Roppe et de Vézelois ; occuper la hauteur du mont Bart.

S’établir sur les positions du Pont de Roide et de Blamont.

Occuper la position d’Epinal et défendre l’accès des trois routes principales conduisant par Saint-Loup, Luxeuil et Lure de la Haute-Moselle, dans la Franche-Comté.

4e Langres. Création de trois forts à Dampierre, beauchemin et Cognelot. Achèvement des ouvrages de la Bonnelle, de Peigné et de Bruzon ; construction de batteries sur les positions de Saint-Menge et de la Pointe-de-Diamant.

5e Besançon. Occupation des positions de Fontain, de Montfaucon et de Tailenay-Châtillon.

2e Frontières du sud-est.

1° Lyon. Occuper les positions du Mont-Verdun, de Vanzia, de Bron et de Feyzin.

2° Grenoble. Couronner par des ouvrages les hauteurs du mont Eynard et des Quatre-Seigneurs ; construire les batteries de Murier, de Bourcet et de Montavie ; compléter la défense de la vallée de l’Isère par l’occupation des positions de Chamouset et d’Alberville.

3° Briançon. Construire des ouvrages sur les positions de l’Infernet, du Condran et sur celle de la Croix-de-Bretagne).

(Annexe à la loi).

Art. 2. Sur le montant de l’énumération de ces ouvrages, s’élevant à quatre-vingt-huit millions cinq cent mille francs, il sera affecté à leur établissement, en 1874, un premier à-compte de vingt-neuf-millions à prélever sur les crédits ouverts au département de la guerre, au titre du compte de liquidation.

Les crédits ou portions de crédit qui n’auront pu être employés dans l’exercice seront reportés sur l’exercice suivant.

 

Mercredi 8 juillet 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : concert militaire au Jardin Lips.

Un journal local a publié cette annonce : « Jardins Lips. Aujourd’hui, mercredi 8 juillet 1874. Grand concert militaire. Début 19 heures, fin à 22 heures. Thuringia, Brudergasse Nr. 9. Mercredi 8 juillet 1874 : Harmonie Musik de la musique du régiment d’infanterie “2. Niederschl. Inf. Reg. 47”. Début à 13h30 heures. Entrée 40 centimes. Excellente bière de Munich…. W. Krüger ».

Allemagne, Strasbourg garnison : avis de recherche d’un déserteur de l’I.R.126.

Communiqué publié par un journal de Strasbourg : « Garnison de Strasbourg. Avis de recherche, à l’encontre du “Musketier” Arthur H. de la « 8. Compagnie » (né à Thorn, « königl. Preuß. Regierungsbezirk Marienwerder »), qui s’est volontairement absenté de son corps de troupe le 2 juillet 1874 à midi, avec son uniforme et sa baïonnette « Seitengewehr ». Signalement : maigre, yeux, sourcils et cheveux bruns. Front : haut. Nez : arrondi. Bouche : normale. Menton : pointu. Forme du visage : large. Moustache : noire. Traits particuliers : néant. Strasbourg, le 4 juillet 1874. Le commandement du régiment « kgl. 8. Württemb. Infanterie-Regiment Nr. 126 ».

Allemagne, Strasbourg garnison : vente de chevaux du Train-Bataillon 15.

Un journal local a publié ce communiqué : « Vente de chevaux. Le 8 juillet 1874, à 9 heures, le bataillon signataire de ce communiqué mettra en vente au plus offrant, devant la caserne d’Artillerie (ancienne caserne Austerlitz) « Artillerie-Kaserne », un surnombre de chevaux de service. Les conditions particulières seront précisées avant la vente. « Kön. Train-Bataillon Nr. 15 ».

 

Jeudi 9 juillet 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : tir d’essais d’artillerie au Polygone.

La presse locale a publié ce communiqué : « N°261. Communiqué. Conformément au communiqué de la commission de révision de l’artillerie “Artillerie-Revisions-Commission”, le 9 juillet 1874 matin, à partir de 6 heures, seront effectués des tirs d’artillerie sur le champ de tir du Polygone, cet avis tient lieu d’avertissement publique. Strasbourg, le 7 juillet 1874 ».

Allemagne, Strasbourg garnison : concert militaire au Jardin Lips.

Annonce parue dans la presse locale : « Europäischer Hof. Aujourd’hui, jeudi soir, Concert de jardin avec la musique du régiment d’infanterie « 25. Inf. Reg. ». A. Hilss ».

 

Mardi 14 juillet 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : plan du rayon du Fort Fransecky peut être consulté pendant 6 semaines à la mairie de Strasbourg.

Un journal local a publié ce communiqué à deux reprises : « Mairie de la Ville de Strasbourg « Bürgermeisteramt der Stadt Strassburg ». Conformément au §11 de la loi impériale du rayon « Reichs-Rayon-Gesetz » du 21 décembre 1871, les plans du rayon et le cadastre du rayon établi pour le fort Fransecky sera visible dans les communes concernées pour une durée de six semaines. En conséquence, le plan du rayon n°1 « Rayonplan des 1. Rayons » le plan du rayon n°3 « Rayonplan des 3. Rayon » ainsi qu’un répertoire de toutes les parcelles concernées du ban communal de Strasbourg ont été déposés au secrétariat général de la mairie et peuvent y être consulté du 15 juillet 1872 au 1er septembre 1872. Il est rappelé que toute contestation éventuelle doit être strictement faite dans ce délai de 6 semaines, en rapport avec le cadastre. Strasbourg, le 14 juillet 1874. L’administrateur municipal « Bürgermeister-Verwalter » Back ».

 

Jeudi 16 juillet 1874

Allemagne, armée allemande : Etude des moyens de répression dans les armées allemandes d’après une revue militaire française.

1. De la législation réglant les moyens de répression dans les armées allemandes avant 1870 ; de la législation actuelle.

Depuis 1656, époque à laquelle le grand électeur Frédéric-Guillaume donna à ses troupes le Kriegesrecht ou Artikulus brief, l’armée prussienne a toujours été renommée pour sa discipline. C’est à celle-ci, en partie, qu’elle a été redevable de ses succès dans les dernières guerres, et il suffit, pour témoigner de l’importance que ses chefs attribuent à son maintien, de citer les paroles que prononçait au Reichstag le feld-maréchal de Moltke dans la séance du 7 juin 1872 : Autorité en haut, obéissance en bas, c’est là la discipline, le souffle de l’armée ; elle seule la fait ce qu’elle doit être. Une armée sans discipline ne saurait être qu’une institution coûteuse, insuffisante pendant la guerre, dangereuse pendant la paix ». Aussi ne fallut-il pas s’étonner de voir le gouvernement prussien imposer aux Etats entrant après les événements de 1866 dans la Confédération du Nord, la législation militaire prussienne, dans le double but d’augmenter la valeur intrinsèque de chaque contingent particulier et d’amener par l’unification des moyens de répression l’unification de l’armée. L’article 61 de constitution renfermant cette clause spéciale était conçu ainsi : « Aussitôt la promulgation de cette constitution, toute la législation militaire prussienne sera mise en œuvre sans délai sur tout le territoire de la Confédération du Nord, en comprenant sous cette dénomination non seulement les lois elles-mêmes, mais tous les règlements, instructions et ordonnances parus en vue, soit de les faire appliquer, soit de les expliquer, soit de les modifier. Devront être notamment adoptés : le code pénal militaire du 3 avril 1845, la loi du 3 avril 1845 portant organisation de la justice militaire, l’ordonnance sur les tribunaux d’honneur du 20 juillet 1843, etc. ».

Il y était ajouté « qu’au fur et à mesure de l’organisation de l’armée de la Confédération du Nord, le président de la Confédération présenterait au Reichstag une série de lois militaires fédérales (Bundes militair Gesetz) ».

Pour tous les Etats dont le contingent particulier fut absorbé complètement dans l’armée prussienne, ces différents règlements promulgués par le président de la Confédération le 29 décembre 1867 conservèrent la désignation prussienne ; pour la Saxe, dont le corps d’armée gardait une certaine autonomie, ils étaient modifiés sur quelques points de détail et prenaient la date du 4 novembre 1867.

Dans le courant de cette même année 1867, le roi de Prusse, auquel l’article 63 de la constitution donnait en temps de paix comme en temps de guerre les pouvoirs de généralissime de l’armée, publiait en cette qualité, à la date du 21 juillet 1867, une ordonnance réglant les peines disciplinaires de l’armée et ne différant que peu de l’ordonnance de 1841 précédemment en vigueur dans l’armée prussienne.

Le promulgation des articles de guerre édictés en 1852, sorte de résumé des devoirs du soldat et des peines auxquelles il s’expose en y manquant, acheva l’unification complète au point de vue de la discipline militaire de tous les contingents de l’armée de la Confédération du Nord.

Les Etats de l’Allemagne méridionale, le grand-duché de Bade, les royaumes de Wurtemberg et de Bavière conservèrent, au contraire, leur législation militaire spéciale. Mais tandis que le Wurtemberg gardait ses règlements de 1818, la Bavière modifiait en 1869 son Code pénal militaire et son Code de procédure qui étaient fort anciens, et le grand-duché de Bade cherchait, conformément aux clauses du traité d’alliance conclu le 17 août 1866 avec le royaume de Prusse, à rapprocher de plus en plus ses institutions des institutions prussiennes. Le grand-duc rencontra toutefois une vive opposition dans la seconde chambre, et ce fut qu’en 1870 qu’il put promulguer successivement, le 14 mai 1870 un nouveau Code pénal militaire et un Code de procédure, le 28 juin 1870 une nouvelle ordonnance sur les peines disciplinaires. Le tout différait peu des règlements en vigueur dans la Confédération du Nord, et, en outre, il y était spécifié qu’en cas de guerre, S.M. le roi de Prusse, sous le commandement duquel passeraient les forces badoises, pourrait y faire les modifications qu’il jugera convenables.

Aussi lorsque, pendant la guerre de 1870, le 15 novembre le grand-duché entra définitivement dans la Confédération du Nord, adopta-t-il sans restriction les dispositions des articles de la constitution ayant trait à l’organisation de l’armée, et prescrivant la promulgation des règlements prussiens ; mais il n’en fut pas de même du Wurtemberg et de la Bavière.

L’article 10 de la convention militaire, conclue, le 25 novembre 1870, entre la Prusse et le Wurtemberg, tout en spécifiant que les règlements prussiens seraient applicables à l’organisation du corps d’armée wurtembergeois jusqu’à la promulgation des lois militaires fédérales, exceptait le code pénal et le code de procédure militaire.

Quant à la Bavière, elle conservait, par son traité du 23 novembre 1870 (§1), toute sa législation spéciale, jusqu’à ce que le Reichstag ait pu décider quels étaient les points qui devaient être réglés par la législation fédérale, ou qu’il y ait eu une entente entre son gouvernement et celui de la Prusse, pour l’adoption des lois et autres règlements promulgués avant l’entrée de la Bavière dans la Confédération.

Il y avait donc, à la fin de 1870, en usage dans les armées allemandes, quatre codes différents :

1° Le code prussien, du 3 avril 1845 ;

2° Le code saxon, du 4 novembre 1867 ;

3° Le code wurtembergeois, du 20 juillet 1818 ;

4° Le code bavarois, du 1er janvier 1870.

Cet état de choses présentait des inconvénients sérieux, surtout pendant l’occupation d’une partie du territoire de la France par une armée formée de contingents appartenant à diverses nationalités. Aussi, sur la proposition du ministre de la guerre, comte de Roon, le Reichstag décidait-il, dans sa séance du 3 mars 1870, qu’il serait rédigé un Code pénal militaire allemand.

L’auditeur général de l’armée prussienne, M. Fleck, était chargé, en collaboration avec un conseiller intime de justice, de préparer un projet de loi.

Déposé, le 12 juin 1871, au ministère de la guerre, ce projet était soumis, le 9 octobre 1871, à l’examen d’une commission mixte placée sous la présidence du général von Voigts-Rehtz et composée de sept membres militaires et de sept légistes.

Ce second projet, soumis le 10 mars 1872 au Bundesrath, était présenté, le 8 avril 1872, au Reichstag, après avoir subi quelques nouvelles modifications.

Après une discussion préalable, ce projet de loi, dont il a été question dans le numéro 33 de la Revue militaire de l’étranger, était renvoyé à une commission formée de vingt-un membres, sous ma présidence du feld-maréchal comte de Moltke.

Celle-ci déposait, le 7 juin 1872, un nouveau projet, différant du premier par le système de pénalité e par une moins grande sévérité dans la répression ; la peine de mort n’était plus appliquée que dans neuf cas, au lieu de vingt-quatre ; le maximum des arrêts de rigueur était réduit de six semaines à quatre. Il était adopté, le 8 juin 1872, à une grande majorité et promulgué, le 20 juin 1872, sous le titre de Code pénal militaire allemand, avec force de loi à partir du 1er octobre 1872.

Mais si la pénalité devenait ainsi uniforme pour tout l’Empire, les codes de procédures spéciaux n’étaient pas modifiés dans ce qu’ils ne contenaient pas de contraire à la nouvelle loi, et les différents Etats conservaient sous ce rapport, ainsi que sous celui de l’organisation du corps chargé de rendre la justice militaire, leurs règlements distincts. C’est ainsi qu’actuellement :

La Prusse, la Hesse, etc, ont le règlement sur la procédure militaire (Strafgerichts Ordnung) du 3 avril 1845 ;

La Saxe celui du 4 novembre 1867 ;

Le Wurtemberg celui du 20 juillet 1818 ;

La Bavière celui du 29 avril 1869, modifié par une loi du 27 septembre 1872.

Les codes wurtembergeois et bavarois présentent avec le code de justice militaire de la Prusse étudié dans les n°32 et 34 de la Revue militaire de l’étranger, ce point de ressemblance, qu’ils admettent tous trois deux juridictions différentes, suivant la nature du crime ou du délit, ou le grade de l’accusé ; mais il en diffèrent, le code wurtembergeois en ce que le nombre et la composition des juges sont différents, le code bavarois en ce que les conseils de guerre se composent d’un jury de douze ou six membres qui se prononcent sur la culpabilité de l’accusé, sur l’admission de circonstances atténuantes et d’un tribunal qui fixe la peine d’après la loi et la décision du jury.

En outre, les codes bavarois et wurtembergeois prescrivent dans certains cas spéciaux la formation de cours sommaires, ne jugeant que des crimes déterminés et ne pouvant prononcer d’autres peine que la peine de mort. Une disposition analogue ne se retrouve ni dans le code prussien de 1845, ni dans la loi du 4 juin 1851 sur l’état de siège et l’ordonnance du 31 juillet 1867 sur la procédure des tribunaux militaires en temps de guerre, qui le complètent.

Un code de procédure militaire applicable à tout l’empire allemand est actuellement soumis à l’examen d’une commission et doit-être, si l’on croit les feuilles allemandes, déposé sur le bureau du Reichstag à la prochaine session. Aussitôt qu’il aura été voté, l’unification sera complète, pour tout ce qui concerne la répression judiciaire.

Quant à la répression disciplinaire, qu’il était au moins aussi important d’uniformiser que la répression judiciaire, l’empereur fit, en 1872, ce qu’il avait fait en 1867. Il promulgua, le 31 octobre 1872, en sa qualité de généralissime des armées allemandes, une ordonnance sur les peines disciplinaires dans l’armée et des articles de guerre qui furent adoptés le 13 novembre 1872, dans tout l’empire sauf la Bavière, les troupes de ce dernier Etat n’étant placées sous les ordres de l’Empereur d’Allemagne comme Bundesfeldherr qu’au commencement d’une mobilisation. A la suite d’une entente préalable, le roi de Bavière promulguait à son tour dans ses Etats, le 12 décembre 1872, en remplacement de l’ordonnance du 8 avril 1868, l’ordonnance sur les peines disciplinaires et les articles de guerre du 31 octobre, de sorte qu’actuellement les moyens de répression sont les mêmes dans toux les contingents de l’armée allemande.

On sait qu’en Allemagne on retrouve, à côtés des conseils de guerre, une autre sorte de tribunaux militaires, les tribunaux d’honneur, qui sont destinés à maintenir intacts l’honneur et la réputation du corps d’officiers. Les règlements sur l’organisation et les attributions de ces tribunaux d’honneur, sont encore différents dans les divers Etats de l’empire ; la Prusse, le grand-duché de Bade, la Hesse, ont le règlement prussien du 20 juillet 1843, adopté également en Saxe à la date du 4 novembre 1867, le Wurtemberg un règlement du 7 février 1858, la Bavière un autre daté du 15 février 1870. Par suite, la composition et les fonctions de ces tribunaux ne sont pas identiques pour tous les contingents de l’armée allemande. En Prusse, ils peuvent prononcer l’exclusion du service ; en Bavière et en Wurtemberg, ils n’ont à exprimer qu’un avis qui est transmis à l’autorité compétente, celle-ci restant d’autre part juge de la suite à donner (Il vient d’être publié, dans les derniers jours de juin, une nouvelle ordonnance sur les tribunaux d’honneur, approuvée à la date du 2 mai 1874 par l’Empereur. Nous y reviendrons prochainement).

Allemagne, Strasbourg garnison : concert de la fanfare du régiment « Infanterie-Regiment 25 ».

Un journal local a publié ces annonces : « Europäischer Hof. Aujourd’hui, jeudi soir, Concert de jardin avec la musique du régiment d’infanterie « 25. Inf. Reg. ». A. Hilss ». 

« Tivoli. Théâtre d’été à Strasbourg « Sommer-Theater zu Strassburg ». Jeudi, 16 juillet 1874. Grande fête de jardin et concert double « Grosses Gartenfest – Doppel-Concert » réalisé par l’orchestre du k. sächsich. Inf.-Regt. Nr. 105 (Chef d’orchestre Kappelmeister Zöphel et par la fanfare « Musikchor » du K. Ulanen-Reg. Nr. 15 (chef d’orchestre monsieur le Stabstrompeter Beister) et présentation dès l’arrivée de l’obscurité de l’illumination du jardin. 1ère partie. Concert début 18h30. 2ème partie. « Die Liebe im Einkaufe », comédie originale et théâtre. 1 franc. Ouverture de la caisse 18h30. Début 19h30 ».

 

Vendredi 17 juillet 1874

Allemagne : le président de la République française a adressé un télégramme au prince de Bismarck.

Dans son numéro du 19 juillet 1874, le journal La Presse a publié l’article suivant : « Dépêches télégraphiques. Allemagne. Berlin, 17 juillet 1874. La Gazette de l’Allemagne du Nord annonce que le maréchal de Mac Mahon, président de la République française, a adressé directement une dépêche de félicitation au chancelier de l’empire d’Allemagne à Kissingen ».

Allemagne, Kisssingen : à la suite de l’attentat rétablissement progressif du prince de Bismarck.

Dans son numéro du 19 juillet 1874, le journal La Presse a publié les articles suivants :

« Dépêches télégraphiques. Allemagne. Kissingen, 17 juillet 1874. Le bulletin de la santé du prince de Bismarck aujourd’hui, est ainsi conçu : « La guérison de la blessure fait des progrès. L’articulation se meut plus librement. Les compresses ont pu être supprimées et ont été remplacées par un bandage. Les médecins ont défendu au prince de Bismarck, pour éviter toute fatigue, de répondre soit oralement, soit par écrit, aux nombreux témoignages de sympathie dont il est l’objet. Docteur Durruff ainé ».

« Kissingen, 17 juillet 1874. Aujourd’hui, à une heure et quart, le prince de Bismarck, accompagné du comte de Limbourg, s’est rendu aux bains pour la première fois, depuis l’attentat. Il a été salué partout par des acclamations enthousiastes ».

 

Samedi 18 juillet 1874

France, Paris, Assemblée nationale : discussions sur le projet de loi relatif à l’amélioration des défenses des frontières de l’Est.

Dans son numéro du 19 juillet 1874, le journal La Presse a publié les articles suivants :

« Assemblée nationale. L’ordre du jour appelle la discussion du projet de loi relatif à l’amélioration des défenses des frontières de l’Est.

M. le colonel Denfert-Rochereau examine les dispositions du projet de loi. Le système des camps retranchés qu’on propose d’appliquer autour de Verdun, de Toul et de Belfort a l’inconvénient d’immobiliser les armées d’actives et les expose à se trouvées coupées de leurs communications avec le pays. L’expérience l’a prouvé, à Paris et ailleurs.

On obtient les mêmes avantages avec les places fortes qu’avec, les camps retranchés, sans s’exposer aux mêmes inconvénients.

L’orateur critique les emplacements choisis pour les nouvelles défenses à élever, et notamment l’omission d’Epinal et des places des Ardennes.

Les travaux au sud de Lyon pourraient être ajournées ; mais il importe surtout de modifier le système de défense proposé par la commission. (Très bien ! a gauche).

M. Jean Brunet dit que, depuis quatre ans, notre frontière de l’Est est dans un état misérable ; il est urgent d’y créer de nouveaux points de résistance et d’action. La perte de Metz a rendu indispensable les travaux projetés à Verdun et à Toul.

Il faudrait aussi faire quelque chose pour la défense de Nancy. Quant à Belfort, qui est appelé à devenir une place de première importance d’en compléter les travaux. Mais il ne suffit pas de défendre notre frontière contre l’invasion allemande, mais nous avons peut-être aussi à craindre du côté de l’Italie et de la Suisse (interruption) et les crédits demandés pour la région au sud de Lyon ne sauraient être refusés.

C’est parce que la vallée de l’Oignon est dépourvue de défenses que le général de Manteuffel a pu, à la fin de la dernière guerre, tourner l’armée du général Bourbaki. Il faut aussi fortifier notre seconde ligne de défense, et les demandes de la commission sont aussi modérées que possible. Après l’exécution de ces travaux, la France pourra vivre en paix, dans le sentiment de sa force.

M. Berlet dit que le système de défense projeté laisse en dehors Saint-Dié, Lunéville et Nancy n’y aurait-il pas des mesures à prendre de ce côté ? D’autre part, il est probable que l’armée territoriale n’existe encore que sur le papier.

M. le général baron de Chabaud-Latour, rapporteur, dit que les études se poursuivent sur les positions à occuper, pour couvrir sérieusement Saint-Dié, Lunéville et Nancy. Le projet actuel ne concerne que les travaux les plus urgents. Il ne s’agit pas d’appliquer un système de camps retranchés ; on veut seulement mettre les places en état de supporter un siège, en occurrence par des ouvrages les points culminants dans un certain rayon.

Une armée peut, à l’occasion se réunir autour d’une place forte ; mais la place doit pouvoir se défendre avec sa propre garnison. A Briançon, à Grenoble, quoique l’Italie et son illustre chef soient pleins de sympathie pour la France, les travaux sont indispensables pour mettre notre frontière en état dans toute son étendue.

La commission s’est bornée à proposer les travaux les plus nécessaires suivant des études faites par les autorités les plus compétentes ; mais le projet actuel n’est qu’un commandement ; il y aura lieu de compléter plus tard ces premiers travaux.

Le patriotisme de l’Assemblée ne doit pas hésiter à en prendre l’engagement. (Appleudissements).

L’Assemblée, consultée, passe à la discussion des articles.

Un amendement de M. Denfert sur l’art. 1er est mis aux voix et n’est pas pris en considération.

Les trois articles du projet de loi sont successivement adoptés.

L’ensemble du projet est ensuite mis aux voix, et à la majorité de 692 voix contre 1, sur 693 votants, est adopté ».

« Paris, le 18 juillet 1874. (Assemblée Nationale). Dans la seconde partie de la séance on a discuté le projet de loi relatif à l’amélioration des frontières de l’Est. MM. Le général Chareton, le colonel Denfert, Brunet, Berlet et le général Chabaud-Latour, rapporteur du projet de loi, ont successivement pris la parole. Nous avons consacré aux fortifications des frontières de l’Est de longs développements : disons seulement ici que tous les articles du projet de loi ont été adoptés et que nos représentants tous réunis dans une pensée de patriotisme, ont voté à l’unanimité l’ensemble de la loi. Une seule voix s’est égarée et c’est évidemment par suite d’une erreur ».

 

Dimanche 19 juillet 1874

France, Paris Assemblée nationale : vote de la loi relative à l’amélioration des frontières.

« Hier a été votée à l’unanimité des membres présents la loi relative à l’amélioration des défenses des frontières de l’Est. Nous tenons à constater d’une façon spéciale ce résultat. Chaque fois qu'il s'agit des moyens les plus propres à défendre notre malheureux pays à hâter sa régénération, à guérir ses blessures, l'Assemblée se retrouve unanime, animée de sentiments semblables, unie dans une pensée commune, ayant devant elle le même but. Ce sont là des manifestations salutaires ; c'est là, un accord touchant tout à fait de nature à faire oublier tant de divisions profondes et irrémédiables sur d'autres questions. Plus nous avons été francs et sincères en ce qui concerne les fautes récentes de l'Assemblée, plus nous devons lui rendre justice pour des séances semblables à la séance d’hier. La discussion a été lumineuse autant que brève. On y a dit ce qu’il fallait, rien de plus, rien de moins. On ne s’y est pas égaré dans des récriminations superflues. Les représentants de la France ont été dignes d’elle. La Presse a commencé hier, elle continue aujourd’hui et achèvera demain une étude approfondie sur la question des défenses de l’Est, étude dans laquelle nos lecteurs reconnaîtront certainement une plume fort compétente, et qui leur démontrera l’importance capitale du vote d’hier ».

« Dans un premier article nous avons exposé les principes généraux qui ont servi de base à la loi sur les défenses de la France, votée hier par l’Assemblée nationale. Trois grands camps retranchés à Verdun, Toul et Belfort sont destinés à servir d’appui au développement stratégique des armées françaises ; trois grandes places de refuge, Laon ou Soissons, Langres et Besançon abriteraient, en cas d’échec, ces armées vaincues et obligées de battre en retraite ; Paris et le massif du Morvan, en arrière d’Autun, seraient des réduits centraux. Cette disposition permettra aux généraux français de suivre à leur gré des lignes de retraite perpendiculaires ou parallèles, c’est-à-dire de reculer en faisant face à l’ennemi ou de se placer sur le flanc de l’envahisseur et menacer ainsi ses lignes de communication. Pour empêcher celui-ci de tourner facilement les camps retranchés et de les négliger, comme il l’a fait dans la campagne d e1870, ces forts, ainsi que nous l’avons dit précédemment, rendront de très grands services s’ils couvrent bien des voies ferrées importantes, des défilés, des passages de rivières, des tunnels difficiles à contourner par des chemins de fer de campagne. Le général Brialmont un des grands maîtres de la fortification moderne recommande de donner à tous ces forts d’arrêts une grande solidité de les armer de batteries puissantes, d’y construire des logements blindés ou casematés munis d’un bon système d’aération, avec des magasins en nombre suffisant pour les vivres et les munitions. On peut être certain que si les emplacements de ces forts sont bien choisis, l’ennemi fera des efforts vigoureux pour s’en emparer. C’est ainsi qu’au début de la campagne de 1870, les Allemands ont sur-le-champ réuni un matériel de siège pour prendre la petite place de Toul qui les empêchait de faire usage de la grande ligne de Paris à Strasbourg. Les garnisons de ces forts devront donc être choisies avec soin et toujours commandées par des gouverneurs énergiques, appartenant à l’armée active, jamais par des vieillards tirés de leur retraite et arrivés au terme de leur carrière.

Les écrivains compétents soutiennent que, pour remplir les conditions de résistance et d’opiniâtreté indispensables, toutes les garnisons des forts d’arrêt devront également être fournies par l’armée d’active ; il ne faut donc pas en multiplier le nombre et le réduire au strict nécessaire pour ne pas affaiblir les corps appelés à tenir campagne. La question est sérieuse et nous allons voir si le projet du gouvernement l’a résolue à l’avantage des finances et des forces d’actives de la nation. Pour nous former une opinion en quelque sorte impersonnelle, nous avons étudié avec une minutieuse attention l’intéressant article du général Berthaut (Journal des sciences militaires d’avril 1873) ainsi que la très remarquable brochure du commandant Ferron, Considérations sur le système défensif de la France et nous n’hésitons pas à dire que, malgré la similitude apparente des conclusions posées par ces deux écrivains, elles diffèrent essentiellement en un point capital, celui du nombre des forts à construire.

M. Berthaut, officier général sorti du corps d’état-major, commandant depuis quatre ans une division d’infanterie, rompu au service de toutes les armes et habitué depuis des années à traiter des questions d’organisation générale, a étudier notre système défensif à un point de vue aussi large que rationnel. Il affirme que le nombre des camps retranchés et des forts d’arrêt devra être strictement limité, pour éviter l’éparpillement des troupes et du matériel, et ne dissimule pas son appréhension de voir le gouvernement et la Chambre entraînés, pour nos fortifications, à des dépenses que l’Etat ne saurait supporter en ce moment. Le général les prie de ne pas se laisser glisser sur cette pente dangereuse et de ne pas oublier que les besoins de la défense ne se bornent pas uniquement à la création de forteresses ; qu’il nous faut aussi constituer des approvisionnements en effets d’habillement, d’équipement et de campement nécessaires à la mobilisation immédiate des quinze cent mille hommes composant l’armée active et l’armée territoriale, refaire notre matériel d’artillerie, transformer le fusil d’infanterie, organiser des docks et des magasins, etc.

Après avoir développé ces considérations avec sa merveilleuse lucidité, M. Berthaut propose de ne construire, quant à présent, d’autres forts permanents que ceux qui seraient placés sur les lignes stratégiques les plus importantes ; de compléter peu à peu le reste du système, qui pourrait ne constituer qu’en ouvrages de campagne exécutés au moment de la guerre, mais dont le tracé serait étudié dès maintenant et pour la construction desquels on réunirait à l’avance tous les outils et matériaux nécessaires, de l’argent et du personnel employés à l’organisation d’une résistance passive. Si nos renseignements sont exacts, la direction du génie serait ralliée au projet de M. Ferron qui a l’inconvénient d’être couteux quoique réellement séduisant en théorie ; mais l’argent lui faisant un peu défaut, elle se contente d’appliquer d’abord le projet du général Berthaut. Dans ce but elle demande huit millions pour construire des forts d’arrêt à Epinal et sur les trois routes qui, par Saint-Loup, Luxeuil et Lure, conduisent du bassin de la Moselle dans celui de la Saône. L’armée française concentrée dans ce quadrilatère sera prête à se jeter sur l’ennemi au moment où il débouchera des montagnes ; si on lui en laisse le temps, elle construira les ouvrages de campagne dont le tracé aura été déterminé à l’avance comme le demande le général Berthaut. En résumé, en ce qui concerne la défense des Vosges, nous sommes partisans des idées du général, parce que le projet Ferron nous paraît trop cher et en outre de nature à compromettre à tout jamais l’instruction militaire de la division de Nancy, obligée de fournir des garnisons à une quinzaine de petites places où les régiments seraient fractionnés par groupes d’une, deux ou trois compagnies. Ces fortins ont fait leurs temps, la multiplicité des voies de communication permet toujours de les tourner, et la faiblesse de leurs garnisons enlève tout danger à cette opération. Pour achever de faire comprendre le projet de loi voté hier par l’Assemblée, nous consacrons un troisième et dernier article à Belfort et annexes, ainsi qu’aux fortifications projetées autour de Lyon, de Grenoble, de Briançon et dans la vallée de la Haute-Isère ».

France Suisse : projet d’envoyer un attaché militaire à Berne.

Le journal la Presse du 19 juillet 1874 a publié cet article : « M. le duc Decazes s’est, d’après la Partie, entendu avec M. le général de Cissey pour envoyer à Berne un attaché militaire chargé d’étudier le système de l’armée territoriale suisse, en vue de profiter pour notre organisation des avantages que pourra contenir le système fédéral ».

 

Dimanche 26 juillet 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : expérience et démolition des fortifications de Marsal.

Une revue militaire française a publié cet article : « Alsace-Lorraine. Expériences de Marsal. Nous avons déjà annoncé, dans le n°176 de la Revue, que l’on devait entreprendre cette année à Marsal, qui a été déclassé comme forteresse, une série d’expériences sur les diverses poudres brisantes que le génie militaire a actuellement à sa disposition. La Gazette de Cologne, à laquelle nous avions déjà emprunté ces premiers renseignements, les complète dans l’un de ses derniers numéros par quelques détails intéressants à connaître. Les travaux de démolition de la forteresse de Marsal sont commencés depuis l’an dernier ; les digues et écluses destinées à tendre l’inondation de la Seille ont déjà été détruites, et deux ouvertures de 30 mètres de largeur pratiquées dans deux fronts. L’on se propose actuellement de raser complètement ces deux fronts, en ne laissant intactes que les portes, et de faire sauter toutes les maçonneries des deux forts détachés d’Harraucourt et d’Orléans. Les frais sont évalués à 6 000 thalers. La compagnie de mineurs du bataillon du huitième corps, en garnison à Metz, qui avait été jusqu’à présent chargée spécialement de poursuivre une série d’essais sur les effets des poudres brisantes, enverra à Marsal un détachement de quelques hommes choisis ; le gros des travaux seront exécutés par les compagnies de mineurs des 11e, 14e et 15e bataillons de pionniers, qui seront cantonnées à Vic, Moyenvic et Marsal. Le commandant du 15e bataillon de pionniers dirigera l’ensemble des expériences, qui dureront du 26 juillet au 8 août 1874. L’importance des questions à résoudre, l’intérêt capital que présentera la comparaison des résultats obtenus au moyen de la poudre de mine ordinaire, et des autres préparations explosibles, a déterminé l’envoi à Marsal d’un grand nombre d’officiers du génie, choisis, soit parmi les spécialistes, soit parmi ceux qui ont assisté l’an dernier aux expériences de Graudenz. L’on attend, en outre, pour les premiers jours d’août 1874, où se feront les expériences les plus intéressantes, des officiers du génie d’un haut grade ».

 

Mercredi 29 juillet 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : avis indemnisation pour les expropriations pour la construction des forts détachés.

Un journal local a publié ce communiqué officiel : « Sur la base de l’acte établi le 29 juillet 1872 par le directeur impérial du Cercle de Strasbourg (Kreisdirector) Hasse et celui établi le 24 juillet 1872 par le directeur impérial du Cercle d’Erstein Monsieur Boehm agissant à la demande du président impérial du district de Basse-Alsace, les personnes suivante propriétaires des parcelles citées qui ont été en partie exproprié par décision du tribunal local de Strasbourg (Landgericht) du 28 mai 1873, soumis à la procédure d’expropriation conformément à l’ordonnance impériale relative à l’agrandissement des fortifications de Strasbourg du 1 avril 1872, cèdent librement leur terrain à l’empire allemand contre indemnisation. Les indemnités doivent être payées dès que les conditions imposées par le titre III de la loi du 3 mai 1841, c’est-à-dire que les terrains sont libres de droit et de privilèges, sont accomplis.

Ban communal d’Oberhausbergen

1) Adelheid Zimmer, veuve première union de Karl Ludwig Weyherr, deuxième union de Moritz Ehrmann, habitant à Paris. Section B, n°44, lieu-dit (Gewand) : Mittelbreit, 5,41 ares pour 1000,85 F.

2) Eva Seiter, veuve de Ludwig Zimmer, habitant Strasbourg. Section B, n°44, lieu-dit Mittelbreit, 6,26 ares pour 1 158,10 F.

Ban communal de Griesheim

3) La personne nommée en n°1. Section C, n°467, lieu-dit Im Lerchenberg, 3,50 ares pour 525 F.

Ban d’Illkirch-Graffenstaden.

4) a. Hippolyt Billot, jardinier et son épouse Margareth, née Görtz, veuve de la première union de Georg Münch ; puis sa fille Marie Münch, épouse de l’agriculteur et journalier Michel Hück, ainsi que ce dernier. Toutes les personnes nommées résident à Illkirch-Graffenstaden. Section G, n°80, lieu-dit Feldscheib, 0,13 ares pour 19,50 F.

Conformément à l’article 15 et 19 de la loi du 3 mai 1841, le communiqué est porté à la connaissance du public, qui conformément aux articles 17 et 18 de la loi citée précedemment que toutes les hypothèques et transcription concernant ces terrains ou toutes les plaintes de revendication doivent être déclarées dans un délai de 15 jours. A Strasbourg, le 20 juillet 1874. Service des fortifications impériales (Kaiserliche Fortification) Herrfahrdt, Major und Ingenieur vom Platz (Commandant et Ingénieur militaire de la place) ».

 

Août 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : état d’avancement de la construction des forts détachés.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 nous apporte quelques précisions sur l’avancement des travaux à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 :

« Les nouveaux travaux exécutés par les Allemands à Strasbourg comprennent 12 forts, 3 sur la rive droite du Rhin, 9 sur la rive gauche. Les forts de la rive droite sont à peine commencés, ceux de la rive gauche au contraire sont terminés sauf toutefois ceux dont les dossés sont pleins d’eau ».

« Le nœud de la défense est le plateau de Hausbergen qui est très-peu dominé par les hauteurs éloignées (5 000 à 6 000 m) de Ittenheim, Reitwiller et Truchtersheim, et d’où l’on commande l’ancienne route de Paris. Ce plateau qui est couvert sur son front par la vallée assez profondément encaissé de la Souffel est occupé par les deux forts de Niederhausbergen et d’Oberhausbergen, distants l’un de l’autre de 1 000 mètres ». 

« Au Nord le fort de Mundolsheim tient la route d’Haguenau ainsi que le chemin de fer de Paris, tandis que les ouvrages de Reichstett et de la Wantzenau battent la plaine qui s’étend entre la forêt de Brumath et le Rhin ».

« Au Sud les deux forts à grand relief de Grafenstaden et de Illkirch situés au milieu de la plaine marécageuse de l’Ill, commandent au loin la route de Colmar, le canal du Rhône au Rhin et le chemin de fer d’Alsace. La lacune comprise entre le fort de Grafenstaden et le plateau de Hausbergen, est comblé par les forts de Holtzheim et de Wolfisheim, distants entre eux de 3 000 m environ ».

« Les Allemands dans la détermination de l’emplacement de ces forts semblent s’être préoccupés de les tenir à une distance moyenne de 6 kilomètres de la place et avoir reculé devant l’éloignement qu’aurait nécessité l’occupation des hauteurs dangereuses situées entre Ittenheim et Hangenbieten, à 1 900 et 3 000 mètres en avant des positions choisies par eux. Bien que le fort de Holtzheim voie suffisamment la vallée de la Bruche, le groupe de Wolfisheim – Holtzheim. Holtzheim voie suffisamment la vallée de la Bruche, le groupe de Wolfisheim – Holtzheim paraît constituer le point faible de la nouvelle enceinte des forts ».

« Les forts de Strasbourg tant à fossés secs qu’à fossés pleins d’eau sont conçus dans le même ordre d’idées ! Organisés exclusivement pour l’artillerie, devant être reliés par des tranchés-abris et des batteries intermédiaires que l’on construirait en temps de guerre, ces ouvrages constituent de grandes batteries servant de réduit à la ligne des tranchées et contenant de vastes logements, des nombreux abris et des magasins de munitions intérieurs et extérieurs. …

Mines s’étendent en avant de certains de ces forts, rien ne semble y avoir été prévu en ce qui concerne l’artillerie pied à pied qui, d’après les idées des Allemands sur la défense offensive des places, devrait être soutenue par les défenseurs des tranchée-abri avoisinantes et par les batteries intermédiaires.

Les forts à fossés secs sont tous semblables ; ils ne diffèrent que par leurs dimensions et par leur armement qui varie de 28 à 22 pièces.

Leur forme est celle d’une lunette aplatie, leur relief peut être évalué à 9 m au-dessus du terrain naturel.

Le fossé étroit et profond tire son flanquement d’une caponnière et à deux ailerons. L’escarpe détachée est tenue très basse, la contrescarpe que surmonte immédiatement le talus du glacis à 7 mètres de hauteur environ.

Une grande traverse en capitale sur laquelle se trouvent les principales communications divise le fort en deux parties et se prolonge jusqu’à la gorge. La gorge terrassée est brisée suivant un tracé bastionné de façon à assurer le flanquement de son fossé ; elle contient 2 étages de logements.

Les pièces sont traversées de deux en deux sur les faces et de pièce en pièce sur les flancs.

Les forts à fossés secs pleins d’eau sont construits sur le même type, seulement les flancs paraissent destinés à recevoir un armement moins considérable. Les logements à deux étages sont installés sous le parapet ; la gorge que ferme un tracé à profil bas de constructions voûtées servent de corps de garde et de logements s’élève à gauche et à droite de la porte d’entrée ; enfin, l’intérieur du fort est divisé par une grande traverse en capitale. On accède au terre-plein par deux rampes en maçonnerie aboutissant aux angles d’épaule ».

« Le fort n°1 de la Wantzenau est situé dans une boucle formée par l’Ill au Nord du jardin d’Angleterre et au milieu de la forêt de la Wantzenau qui a été rasée sur une assez grande surface. Ce fort dont les fossés sont pleins d’eau a des faces armées de 18 pièces et des flancs de 6 seulement. Son relief est de 10 m environ au-dessus du terrain naturel. La caserne construite sous le parapet n’a qu’un étage. Ce fort bat très bien la route de Lauterbourg et la plaine de l’Ill, il est légèrement dominé à 2 000 mètres sur sa gauche par les hauteurs qui s’élèvent en avant de Reichstett ».

« Le fort n°2 se trouve à moitié distance environ entre le pont du canal de la Marne au Rhin et le village de Reichstett sur la droite de la route qui a été déviée. Il s’élève à l’extrémité d’un contrefort du coteau sur lequel est bâti le village et possède un commandement considérable sur la plaine de l’Ill. Son flanc gauche enfile la vallée de la Souffel et bat les approches du fort de Mundolsheim. Les vues des faces sont gênées par le village qui masque une partie du front et est distant de 500 à 600 mètres seulement du pied des glacis. L’armement se compose de 22 pièces, 14 sur les faces et 8 sur les flancs. Le sol se relève au-delà du village dans la forêt de Brumath à 3 500 m. Sur la gauche à 4 000 m se trouvent les hauteurs des Vendenheim et de Lampertheim ».

« Le fort n°3 occupe la crête de la vallée de la Souffel dont le versant lui sert de glacis entre le chemin de fer de Paris et la route de Haguenau. Ce fort bat à une grande distance le chemin de fer qui se prolonge en ligne droite jusqu’au-delà de Vendenheim. Le plateau des Hausbergen le défile des hauteurs qui s’élèvent sur sa gauche. Son armement est de 22 pièces, 14 sur les faces, 8 sur les flancs ».

« Le fort n°4 est situé entre les deux chemins qui partent de Mittelhausbergen et de Niederhausbergen viennent converger un peu en avant de Griesheim. Son armement se compose de 22 pièces, 14 sur les faces, 8 sur les flancs ».

« Le fort n°5 est construit à l’extrémité sud du plateau d’où l’on domine la plaine de Wolfisheim, ses vues sur les coteaux en avant sont très étendues et les pentes du plateau sont bien battues ; ses faces sont armées de 18 pièces, les flancs de 10. De chaque côté de la gorge il existe des épaulements qui sont les amorces des tranchées par lesquelles on doit plus tard relier les forts entre eux. Il paraît qu’outre ces ouvrages on doit construire à Mundolsheim à l’extrémité Nord du plateau, et sur l’éperon par lequel se termine une batterie fermée destinées à battre les ravins de Pfettisheim et de Pfuhlgriesheim à l’époque où a été faite la reconnaissance, il n’y avait encore rien de commencé sur ce point ».

« Le fort n°6 est situé tout près du village de Wolfisheim, à 200 m environ à droite de la route de Wolfisheim et à 100 m en avant du chemin de Dingsheim. Ce fort est du grand type, les faces armés de 18 pièces et ses flancs de 10. Il est dominé à 1 900 m de distance par le cercle de hauteur qui s’étend de Oberschaeffolsheim à Oberhausbergen., ses abords sont bien vus par le fort de Oberhausbergen ».

« Le fort n°7 est à 100 mètres environs à droite du chemin de fer de Barr et en arrière de la station d’Holtzheim ; sa face et son flanc droit ont un grand commandement sur la position de la vallée de la Bruche comprise entre Wolfisheim et Holtzheim. Sa face gauche est un peu masquée par le faîte allongé qui commence dans les environs du fort et se continue parallèlement au chemin de fer de Barr. Le fort de Holtzheim est dominé à 3 000 mètres par les hauteurs de Hangenbieten dont le commandement relatif peut être évalué à 30 m. Son armement comprend 22 pièces dont 14 sur les faces ».

« Le fort n°8 est à fossés pleins d’eau ; il est situé entre les stations de Graffenstaden et de Geispolsheim, à 300 m environ à gauche du chemin de fer d’Alsace. Son relief est de 15 m au-dessus du terrain naturel. Des logements voûtés à 2 étages sont établis sous le rempart. L’armement comprend …. Couvert en partie par les lits marécageux de l’Alsbach et de l’Eigelsenbach ».

« Le fort n°9 se trouve tout auprès de l’écluse 87 du canal du Rhône, à droite du canal et dans la boucle formée par le chemin carrossable de Graffenstaden et par le chemin de traverse. Son relief est également de 15 mètres. Une caserne voûtée à 2 étages règne sous le rempart des faces. L’armement est le même que celui du fort précédent. Le front est couvert par les prairies marécageuses de l’Ill ».

« Chemin de fer de ceinture. A l’époque de la construction des forts leurs emplacements ont été reliés par un chemin de fer de ceinture s’embranchant à la station d’Holtzheim sur le chemin de fer Barr, et aboutissant au canal de la Marne au Rhin. Ce chemin de fer était destiné au transport des matériaux ; bien que la construction des forts soient terminés, on ne le démolit pas ; il est probable que les Allemands l’utiliseront pour le ravitaillement de leurs forts ».

« Les forts 10 et 12 n’étaient pas commencés à l’époque où l’on a fait la reconnaissance et il n’a pas été possible de relever exactement leur position. Quant au fort n°11 qui était tracé, son emplacement peut être déterminé à peu près ainsi à 60 m à gauche du chemin de fer de Bade et à 200 m en avant de …. Bien inférieures à celles des ouvrages de la rive droite. Les fossés seront pleins d’eau ».

« Il en résulte de l’examen détaillé de la position des forts que le point le plus favorable pour une attaque en règle est la ligne Wolfisheim Holtzheim. Le plateau de Hausbergen offrirait en effet des difficultés très considérables en raison des pentes qu’il faudrait descendre sous le feu de ces forts et de la petite quantité de couverts qu’offrent les plateaux de Dingsheim, Biblenheim. En attaquant par le Nord on serait obligé de marcher sur les trois forts de Mundolsheim, Reichstett et Wantzenau qui sont presque en ligne droite. Au contraire, en attaquant par Wolfisheim et Holtzheim qui forment saillant, on tourne le plateau des Hausbergen les hauteurs de Hangenbieten et Ittenheim permettant d’établir des batteries de combat, au moyen desquelles, on contrebattrait les forts, on ferait évacuer les villages occupés par l’ennemi et on pourrait prendre d’écharpe le fort n°5. On disposerait d’ailleurs sur ses dernières :

1°- De la route de Paris à la condition de la dévier à partir d’Ittenheim vers Breuchwickersheim,

2°- De la route de Wolxheim à Wasselonne et Saverne avec l’embranchement de Schirmeck,

3°- Du chemin de fer de Saverne à Wasselonne actuellement en construction.

L’une des attaques marcherait sur Holtzheim par la vallée de la Bruche, l’autre déboucherait du ravin d’Achenheim sur Oberschaeffolsheim… ».

Remarque : les reconnaissances faites par les officiers français ne leur permettent pas en principe d’accéder dans les ouvrages. Il en résulte souvent une description très approximative de l’armement ou des locaux non visibles de l’extérieur.  

Allemagne, Strasbourg place forte : description du fort n°5 à Oberhausbergen.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée nous apporte quelques précisions sur l’avancement des travaux à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 (document incomplet d’oû les passages incomplets) : « Détail du fort n°5 d’Oberhausbergen. … La forme générale est celle d’un pentagone très allongé, les faces forment entre elles un angle assez obtus qui peut être évalué à 150 ou 155°, tandis que les flancs sont inclinés de 10° environ sur la capitale. Le relief est de 9,00 m au-dessus du terrain naturel et de 6,00 m au-dessus de la crête du glacis. Le plan général des crêtes a une légère inclinaison que l’on a estimé à 0,75 m. Le parapet de la gorge est coté 5,00 m soit 2,70 m au-dessus de la crête du glacis. Le ressaut qui résulte de cette différence de niveau entre l’extrémité du flanc et le parapet de la gorge est racheté par une traverse formant parados pour la dernière pièce du flanc et pour les défenseurs de la gorge. Une grande traverse divise le fort en deux et se termine dans le plan du talus extérieur de la gorge. Elle a 2,00 m environ de relief au-dessus des crêtes. Les faces sont traversées de deux en deux pièces, les traverses sont au nombre de 4 pour chaque face. Leur espacement n’a pas pu être déterminé exactement, on l’a évalué à 20,00 mètres en supposant que l’on construirait en temps de guerre… manque la fin. … au sommet de 7,50 m et leur relief de 1,50 m au-dessus de la crête intérieure et 2,50 m au-dessus de la crête extérieure. Les traverses sont d’ailleurs prolongées jusqu’au talus extérieur dans lequel elles se profilent. Sur le flanc des traverses au nombre de 4 également, couvrent chacune une pièce. Leurs dimensions paraissent sensiblement les mêmes que sur les faces.

Escarpe. L’escarpe des faces et des flancs est détachée : elle a une hauteur totale de 5,00 m environ, et le chemin de ronde de 3,00 m de largeur est à 2,00 m au-dessus du fond du fossé. Les contrescarpes revêtues à 7,00 m de hauteur, elle est surmontée immédiatement par le talus du glacis. Les forts n’ayant ni chemin couvert ni chemin de ronde extérieur. La largeur du fossé est de 10,00 m environ ; cette largeur correspond exactement aux dimensions des ailerons et de la caponnière dont il tire son flanquement. Les ailerons et la caponnière contiennent à chaque étage deux casemates ; l’étage inférieur est organisé pour l’artillerie ; deux poternes donnent accès au chemin de ronde à l’étage supérieur. Un fossé diamant met les étages inférieurs à l’abri de l’escalade.

Le fossé de la gorge est flanqué par une brisure ménagée dans la caserne et dont la longueur est suffisante pour deux casemates abritant deux pièces légères.

Le terre-plein de l’ouvrage … manque la fin. … deux côtés de chaque traverse avec le terre-plein inférieur qui est à 1,50 m plus bas, et sur lequel s’ouvrent les abris traverse. Les traverses des faces sont toutes creuses ; il paraît en être de même des traverses des flancs. Leurs abris communiquent par un escalier avec des locaux voûtés établis au niveau de la cour. C’est ce que fait supposer du moins la construction des forts à fossés plein d’eau dans lesquels cette disposition est évidente. Un couloir donne accès aux magasins à projectiles et aux magasins à poudre, qui sont situés sous les angles d’épaule et à l’extrémité des flancs comme l’indiquent les cheminées d’aérage placées en ces points.

Terre-plein. Le terre-plein bas et le terre-plein communiquent par des passages ménagés sous la traverse en capitale. D’autres passages plus larges établis, l’un au pied du talus du terre-plein, l’autre à la gorge, permettent de passer d’une moitié de la cour à l’autre.

C’est probablement de chaque côté de la traverse en capitale que sont construits sous le terre-plein les abris que les Allemands organisent toujours dans leurs forts pour les troupes de piquet et auxquels ils donnent le nom de « hangars ». C’est également là que doit se trouver le monte-charge au moyen duquel on fait arriver sur le terre-plein bas les munitions nécessaires.

Casernement de la gorge. Les logements sont installés … manque la fin. … de 5,00 m de largeur environ non défensives, mais dont les fenêtres en cas de besoin se ferment au moyen de volets en fer. On accède à ces logements par deux poternes situées à chaque extrémité de la gorge près des flancs et dont l’entrée est couverte par une saillie du terre-plein formant traverse ; Le cordon de la caserne est côté 1,50 m, il se raccorde avec l’escarpe du flanc par une position inclinée. 

Communication. Les communications se font par la traverse en capitale dont le massif abrite un passage susceptible en temps de siège de servir de logement. Ce passage d’une part donne accès à la caponnière, de l’autre aboutit à a gorge à un niveau supérieur à celui du 2ème étage de la caserne. Un pont levis intérieur parfaitement abrité est flanqué par les casemates voisines, permet d’interrompre les communications entre le fort et le pont en pierres au moyen duquel on traverse le fossé. Ce pont consiste en deux arches assez surbaissées, qui viennent s’appuyer sur l’escarpe et sur la contrescarpe du fossé de gorge.

Ainsi qu’on l’a dit, le fort n’a ni chemin couvert ni chemin de ronde. Cependant le débouché du pont est couvert par une place d’armes organisée pour la fusillade et dans laquelle se trouvent d’un côté un bâtiment contenant deux casemates, de l’autre un abri à l’épreuve formant l’entrée. Du magasin des munitions des batteries …. manque la fin. … fossés de la gorge on a construit des épaulements de 2,50 m de relief environ destinés à flanquer les abords du fort ou les pentes du plateau. Ces épaulements dont la longueur est de 100 m environ sont des amorces de la ligne de tranchée qui doit relier les ouvrages.

D’après les renseignements recueillis sur place des galeries de mine s’étendent en avant du saillant et des angles d’épaule des forts. Le terrain se prête en effet à la défense souterraine, la colline sur laquelle sont ainsi les ouvrages de Hausbergen étant constitués par le lœss.  Paris, en août 1875 ».

 

Lundi 3 août 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : adjudication de la construction des forts n°X, XI et XII sur la rive droite du Rhin.

Un journal strasbourgeois a publié ce communiqué officiel : « Lundi le 3 août 1874, à 10 heures du matin, les travaux et livraisons suivantes seront adjugés au profit de la construction des trois forts de la rive droite, Fort X, XI et XII, au bureau signataire de ce communiqué, par adjudication publique. Les conditions générales et particulières peuvent être consultés au bureau du service des fortifications, aux heures de bureau ou être envoyés contre l’envoi de 3 Francs. Strasbourg, le 6 juillet 1874, « Kaiserliche Fortifikation ».

 

Mercredi 5 août 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : adjudication de la livraison de 100 brouettes.

La presse locale a publié ce communiqué : « Une adjudication publique concernant la livraison de 100 brouettes complètes au moins offrant se déroulera le mercredi 5 août (1874) matin à 10h00 au bureau du Service des Fortifications « Fortification ». Les conditions particulières peuvent être consultées pendant les heures de bureau. Strasbourg le 27 juillet 1874. « Kaiserliche Fortification ».

Allemagne, Strasbourg garnison : travaux de reconstruction de la garde principale de l’Aubette.

Un journal local publie : « Strasbourg, le 5 août 1874. En ce qui concerne les chantiers en cours dans notre ville, le journal “Elsässer Journal” écrit : « Les petites boucheries “kleine Merzig” sont à présent complètement démolies ; de cette série d’étal de vente on ne voit plus aucun » trace. Des voûtes intérieures, du côté du bâtiment de l’Aubette où on installera la garde principale “Hauptwache”, c’est-à-dire vers la rue “Gewerbslaubstraße”, deux d’entre elles sont à présent achevée et les autres sont en cours de construction ».

 

Jeudi 6 août 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : vente de copeaux de bois.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué : « Vente aux enchères. Jeudi 6 août 1874 matin à 9 heure aura lieu dans la cour de l’atelier de réparation de l’artillerie « kaiserliche Artillerie-Werkstatt », une vente aux enchères de plusieurs tas de déchets de chêne « Eichen-Abfällen », et de copeaux « Spähne und Schwarten » contre règlement et enlèvement dans un délai de 5 jours, au plus offrant. Strasbourg, le 29 juillet 1874. « Kaiserliche Direction der Artillerie-Werkstatt ».

 

Vendredi 7 août 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : travaux de reconstruction de la garde principale de l’Aubette.

Un journal local publie : « Strasbourg, le 7 août 1874. Nous avons appris que les entrepreneurs chargés de la reconstruction de l’Aubette ont reçu l’ordre d’achever la garde principale “Hauptwache” pour le prochain mois. D’ailleurs les travaux de ce côté ci du bâtiment qui est à présent muni de sont toit, sont très intenses. Une partie incontournable du poste de garde principal, les locaux d’arrêt “Arreststube” est à présent achevé ; ces locaux sont divisés en deux parties, l’une pour les hommes et l’autre pour les femmes ».

 

Samedi 8 août 1874

Allemagne, Seltz et Chalampé : inauguration d’un nouveau pont sur le Rhin.

Le journal de Haguenau a annoncé récemment que le 8 août 1875 aurait lieu l’inauguration solennelle du nouveau pont du Rhin, construit entre Drusenheim (Alsace, canton de Bischwiller) et Greffern (Bade). C’est le septième pont établi, depuis la guerre, par les Prussiens, pour relier l’Alsace au pays de Bade. Les deux premiers, de Chalampé et de Seltz, furent ouverts en mai 1874. Les quatre autres plus récents, placés à Marckolsheim, Schoenau, Rhinau et Gerstheim, sont exploités depuis environ un an.

 

Mercredi 12 août 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : passage de l’inspecteur de l’artillerie

Un journal de strasbourg a publié : « Strasbourg, le 12 août 1874. Son excellence le général « Generallieutenant » et inspecteur de l’artillerie « Inspekteur der Artillerie », Monsieur von Podbielsky, est arrivé hier après-midi à 17h30 avec le train en provenance de Wissembourg. Il a pris ses quartiers au « Europäischen Hof ».

 

Jeudi 13 août 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : réafectation des locaux du château après le déménagement de la garde principale.

Un journal local nous livre ces informations : « Strasbourg, le 12 août 1874. La garde principale locale “Hauptwache”, qui est installée au château, du côté de la terrasse, sera transféré en automne dans ses nouveaux locaux à la place Kléber, dans une partie de l’ancienne Aubette, vers la rue “Gewerbslaube”. Comme nous venons de l’apprendre, les locaux de la garde principale dans le château seront affectés en tant que logements au profit de simples fonctionnaires “Unterbeamten” de l’Université et pour sa Bibliothèque, étant donné que les étages supérieurs du château, où étaient installés ces logements, seront de plus en plus affectés au stockage des livres ».

Allemagne, Strasbourg garnison : travaux de garnison.

Un journal de Strasbourg a publié cet article : « Strasbourg, le 12 août 1874. En ce qui concerne les chantiers qui de jour en jour transforment notre ville, le journal « Elsässer Journal » à publié la notice suivante : « Dans la rue de Zurich « Züricherstaße » on voit à présent une brèche dans le mur, qui de jour en jour devient de plus en plus grande, c’est-à-dire dans le mur situé à coté de la nouvelle maison de Monsieur Jung et qui appartient au même propriétaire. Par l’arasement d’une partie de ce vieil ouvrage des fortifications de Strasbourg, on a créé une grande place vide, sur laquelle on doit ériger un immeuble important. C’est ainsi que la rue de Zurich « Züricherstaße » prendra de plus en plus l’aspect d’un beau boulevard, lorsque le plan qui a été élaboré sera réalisé, et qu’à la place des écuries militaires « Militärpferdeställe », du « Badischen Hof » et sur la place attenante destinée au stockage du bois, on installe un bâtiment pour l’administration militaires « Militärverwaltung », et lorsque sur ce coté ci de la rue on reconstruit sur une ligne droite, ce qui n’a pas été le cas de l’autre coté.

Dans un numéro plus ancien, ce journal écrivait à propos des nouvelles sculptures de palais de la Préfecture qui est pratiquement achevé, qui sont réalisées des mains du sculpteur local, Monsieur E. Dod. Sur le frontispice qui a survécu au bombardement (l’observateur est dans la cour), on peut apercevoir les nouveaux emblèmes de l’empire allemand. Entre les lumières du jour « Taglichtern », on aperçoit des génies représentant les quatre saisons. De plus, on remarque la présence vases d’un beau style. Les deux faites « Giebel » des deux pavillons latéraux sont restés dans leur état d’origine. Le premier et le deuxième étage ont été ornés par des bordures ornementées « ornamentirte Gewölbesimsen » et des pierres clefs de voûte « Schlußsteine », dont les visages ont été prodigieusement bien réalisés. Du coté du théâtre, les éléments de liaison « Bindeglieder » et les supports de fenêtres « Fensterstützen » ont été refait à l’ancienne. La façade vers le quai, en face de la porte des Juifs « Judenthor », montre une image sur le faîte « Giebelbield » complètement reconstruite avec les emblèmes de l’empire et de la ville. Entre les éléments de liaison décorés « verzierten Bindeglieder », les lumières du jour décorés « geschmückten Taglichtern », l’artiste a installé quatre grands vases qui font un bel effet dans la cour. Les deux faites latéraux « Seitengiebel » sont comme autrefois. Au niveau du premier étage de cette façade tournée vers les quais, on remarque quatre pierres d’extrémités ornée de têtes, sous lesquelles ont aperçoit la flore avec des contours particulièrements fins « Flora von besonders reinem Umriß ». Par-dessus la porte, qui mène à un escalier à l’air libre permettant l’accès au jardin, l’artiste à installé un écu de très grande dimension, portant l’emblème de la Basse-Alsace. Les masques décorant les pierres de liaison « Bindesteine » des fenêtres du rez-de-chaussée sont également une nouveauté. Entrons à présent dans le bâtiment et nous apercevons dans le premier vestibule « Vorraum » les voûtes ornées d’écussons, dont on aperçoit sur les premiers les têtes de Jupiter, Mars, Venus, Juno, Cybele, Diana, Bacchus, Mercure et Neptune. Des pierres de liaison « Bindesteine » finement ciselées rehaussent les portes et les fenêtres ovales de ce vestibule. Nous remarquons particulièrement le grand escalier dont le pilier de maintien « Stützpfeiler » est orné de panneaux comportant de grandes fleurs et plantes ornementales eOrnamentgeschmücke », qui mène au vestibule du premier étage, où l’on aperçoit les têtes de colonnes ioniques « ionische Kopftälen » et leurs décorations florales torsadées « Blumengewinde ». Dans la grande salle de réception, on aperçoit quatre chapitaux « Kapitälen » identiques, en marbre blanc. Enfin, dans la cour, de grands vases décoratifs complètent les travaux artistiques ».

Remarque : j’ai eu quelques difficultés à trouver les bonnes traductions des termes d’architecture. Des erreurs peuvents substsister, c’est pour cette raison que j’ai laissé les termes allemands.

 

Dimanche 16 août 1874

Allemagne, armée allemande : l’organisation des pontonniers prussiens et leurs exercices d’instruction à Harbourg.

Une revue militaire française a publié cet rticle : « En Allemagne, les bataillons de pionniers, qui constituent les troupes du génie, sont seules chargées de la construction et de l’établissement des ponts mobiles ou des passages en bateaux. Anciennement, une compagnie de pionniers du bataillon de chaque corps d’armée était spécialement affectée à ce service : elle prenait le nom de compagnie de pontonniers. Le bataillon de pionniers comprenait alors sur le pied de paix 4 compagnies, dont 1 de pontonniers, 2 de sapeurs et 1 de mineurs. Les trois premières étaient seules immédiatement mobilisée lors du passage au pied de guerre. D’après la nouvelle organisation, qui date de 1873, les trois premières compagnies du bataillon sont toutes également exercées au service des ponts et au service du sapeur ; elles prennent le nom de compagnies de campagne (Feldcompagnien). La quatrième compagnie conserve sa spécialité et reste compagnie de mineurs. Lors d’une mobilisation, elle fournit un certain nombre de mineurs exercés aux trois autres compagnies et des cadres aux compagnies de pionniers de forteresse.

Afin d’assurer une grande indépendance à chacune des divisions du corps d’armée, on a également modifié l’organisation des équipages de pont, qui, on se le rappelle, comprenait dans chaque corps un équipage de pontons et un équipage de pont léger. Aux termes du règlement du 12 février 1874, le train des équipages de pont d’un corps d’armée allemand se compose désormais de deux équipages divisionnaires et d’un équipage de corps d’armée. Chaque équipage divisionnaire est affecté à une compagnie de pionniers attachés à la division. L’équipage de corps reste à la disposition du commandant du corps d’armée, sous la garde d’un détachement de pionniers.

Le train divisionnaire attelé par le bataillon du train du corps d’armée se compose de :

2 haquets à chevalets, à 6 chevaux ;

2 haquets à ponton chargés de poutrelles à griffes, à 6 chevaux ;

4 haquets à ponton chargés de poutrelles de travées, à 6 chevaux ;

1 voiture d’agrès et d’outils de pontage, à 6 chevaux ;

1 voiture à ridelles, à 4 chevaux ;

3 voitures d’outils de pionnier, à 4 chevaux ;

1 voiture de bagages, à 2 chevaux.

Total : 14 voitures

Le train de corps d’armée, également attelé par le train, se compose de :

2 haquets à chevalets, à 6 chevaux ;

2 haquets à ponton chargés de poutrelles à griffes, à 6 chevaux ;

24 haquets à ponton chargés de poutrelles de travées, à 6 chevaux ;

2 voitures d’agrès et d’outils de pontage, à 6 chevaux ;

2 voitures à ridelles, à 4 chevaux ;

1 chariot de bagages, à 2 chevaux.

Total : 33 voitures

Chaque train d’équipage de pont divisionnaire comprend en personnel et chevaux :

2 officiers du train,

7 sous-officiers,

2 trompettes,

43 soldats du train (dont 5 comme réserve et 2 ordonnances).

Total : 52 hommes de troupe et 88 chevaux (dont 4 haut le pied et 3 chevaux d’officiers).

Le train de corps comprend :

3 officiers du train,

1 médecin,

1 payeur,

1 vétérinaire,

14 sous-officiers,

2 trompettes,

110 soldats du train (dont 10 comme réserve et 5 ordonnances pour les officiers, le médecin et le payeur).

Total : 156 hommes de troupe et 222 chevaux (dont 8 haut le pied et 7 chevaux pour les officiers, le médecin et le payeur.

Le détachement de pionniers qui sert d’escorte au train de corps se compose de :

2 officiers du génie,

7 sous-officiers,

1 clairon,

53 pionniers,

2 soldats du train.

Total : 63 hommes de troupe et 2 chevaux.

Toutes les voitures de même genre des équipages de divisionnaire et de l’équipage de corps sont construites sur le même modèle pour la plus grande commodité du service. Les haquets à ponton de l’ancien équipage de pontons ont été conservés dans le nouveau matériel, tandis que ceux de l’équipage de pont léger ont été transformés. Les haquets à chevalets ne diffèrent pour ainsi dire pas du haquet à ponton. Les voitures d’outils renferment tout le matériel des pionniers, les voitures à ridelles portent le fourrage et les harnais.

L’équipage divisionnaire ne diffère donc de l’équipage de corps que par le nombre de pontons qu’il comprend. Avec celui-là, on peut établir des ponts de 36,50 m – 39 m ; avec celui-ci, un pont de 122 mètres à 132,60 mètres ; les trois équipages réunis donnent une longueur de tablier de 200 m - 210,60 m de long.

Si l’on examine le détail de ces chiffres, ont voit que chaque train divisionnaire contient 39 mètres courant de tablier (150 madriers), 4 travées de poutrelles à griffes de 5 m, 4 travées de poutrelles ordinaires (la longueur réelle des poutrelles à griffes est de 5,50 m celles des poutrelles de travée est de 6,60 m) de 4,50 m, et, comme supports, 6 pontons et 4 chevalets ; on voit encore qu’on obtient un pont de 36,50 m, avec 2 chevalets et 5 pontons seulement, en faisant 2 travées de culée de 5 m, 2 travées de 4,25 m de poutrelles à griffes, reposant d’une part sur le château d’un chevalet et de l’autre sur le bordage d’un ponton, et 4 travées normales de 4,50 m. En faisant un guindage de circonstance avec des perches de batelier ou autres, on a encore un nombre suffisant de poutrelles pour une travée.

Chaque équipage de corps possède 132,60 m courants de tablier (510 madriers), 24 travées de poutrelles ordinaires et 4 travées de poutrelles à griffes, et comme supports, 26 pontons employés à mouiller les ancres, et que l’on doit se ménager une réserve pour parer aux accidents, on ne construit d’ordinaire que des ponts de 27 travées.

Mais en réalité, si l’on admet que l’on pourra trouver dans le pays quelques barques de pêcheur, des perches pour le guindage, des madriers et des poutrelles, on voit qu’on peut franchir avec les pontons et les chevalets de l’équipage divisionnaire un cours d’eau de 51 mètres, avec ceux de l’équipage de corps une rivière de 141 mètres, et enfin avec ceux des trois équipages réunis une rivière de 141 mètres, et enfin avec ceux des trois équipages réunis une rivière de 218 mètres de largeur.

Nous avons cru devoir, au moyen des détails sommaires qui précèdent, mettre nos lecteurs au courant de la nouvelle organisation allemande avant de leur faire, d’après le Militair Wochenblatt, l’exposé des grands exercices de pontonniers qui viennent d’avoir lieu à Harbourg. Les détails que renferme le compte rendu du journal prussien nous dispensent de parler également du nouveau règlement du pontonnier allemand ».

Allemagne, armée impériale allemande : Manœuvres spéciales de cavalerie.

Une revue militaire française a publié : « La Gazette de l’Allemagne du Nord a donné, dans son numéro du 28 juillet 1874, une série de détails sur les manœuvres de cavalerie qui doivent avoir lieu, comme nous l’avons déjà annoncé à nos lecteurs, dans les 3e, 4e et 15e corps. Ces manœuvres se feront dans chaque corps, d’abord par brigade, puis par division, d’après les bases posées par le nouveau règlement de la cavalerie qui vient d’être révisé par la commission de cavalerie présidée par le général von Schmidt, et en tenant compte des nouvelles nécessités tactiques imposées à la cavalerie par les modifications partielles apportées à son armement. Les batteries à cheval (voir la Revue militaire de l’étranger n°172) seront pourvues du nouveau matériel, et l’artillerie attache, pour ce motif, une grande importance à ces manœuvres, qui permettront de porter un jugement définitif sur le degré de mobilité et la facilité de manœuvre des nouvelles pièces dont le poids excède de quelques quintaux celui des anciennes.

Les manœuvres auront lieu dans la seconde moitié de septembre 1874, autour de Francfort sur l’Oder pour le 3e corps, aux environs de Magebourg et de Burg pour le 4e, dans la plaine entre Haguenau et Brumath pour le 15e. Le 5e régiment de chevau-légers bavarois, détaché à Metz, prendra part aux manœuvres de ce dernier corps. Pour ne pas imposer aux communes se trouvant dans le rayon des manœuvres de trop grandes livraisons de fourrages, on établira à l’avance dans certaines localités et même en rase campagne des magasins de fourrages spéciaux ».

 

Septembre 1874

Allemagne : stratégie & système de fortification : Metz.

Dans les années 70, après la fin des expérimentations des coupoles Gruson, on a commandé et installé quelques exemplaires de ce type à cause de leur prix qui était inférieur au modèle de Schumann, en compagnie de quelques postes d’observation cuirassés, au niveau de la ceinture fortifiée de Metz.

Une coupole est installée au Fort Manstein à Metz vers le mois de septembre 1874.

Allemagne, Marckolsheim, Schoenau, Rhinau et Gerstheim : inauguration de nouveaux ponts sur le Rhin vers septembre 1874.

Le journal de Haguenau a annoncé récemment que le 8 août 1875 aurait lieu l’inauguration solennelle du nouveau pont du Rhin, construit entre Drusenheim (Alsace, canton de Bischwiller) et Greffern (Bade). C’est le septième pont établi, depuis la guerre, par les Prussiens, pour relier l’Alsace au pays de Bade. Les deux premiers, de Chalampé et de Seltz, furent ouverts en mai 1874. Les quatre autres plus récents, placés à Marckolsheim, Schoenau, Rhinau et Gerstheim, sont exploités depuis environ un an.

 

Lundi 5 octobre 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : établissement d’un plan projet pour le Fort Fransecky.

En 1874, le service des fortifications de Strasbourg établi un plan projet du Fort Fransecky destiné à être joint en que pièce-jointe au devis du 5 octobre 1874. Ce plan de masse est à l’échelle 1 :500e. Ce plan comporte les signatures suivantes : Major und Ingenieur vom Platz : Herrfahrdt, Premier Lieutenant Hübschmann et d’autres autorités.

Vue du plan décrit ci-dessus (collection MJR)

Source : Geheimes Staatarchive preußischer Kulturbesitz.

Détail du flanc gauche (collection MJR)

Jeudi 8 octobre 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : établissement de plans pour la construction du Fort von der Tann.

Le service des fortifications de Strasbourg a réalisé un plan destiné à être utilisé comme pièce jointe au devis du 8 octobre 1874. Il s’agit du plan de masse du Fort von der Tann, à l’échelle 1 :500e, signé et visé par le chef de bataillon et ingénieur de la place « Major und Ingenieur vom Platz » Erfahrt et d’autres autorités.

Vue du plan décrit ci-dessus (collection MJR)

Source : Geheimes Staatarchive preußischer Kulturbesitz.

Détail de l’épaule droite (collection MJR)

Dimanche 11 octobre 1874

Allemagne, armée impériale allemande : Création d’un bataillon d’infanterie.

Une revue militaire française a publié ces informations : « Parmi tous les régiments de l’armée allemande, un seul était encore formé à deux bataillons, savoir : le 7e régiment d’infanterie wurtembergeois n°125. Néanmoins, le 3e bataillon qui devait compléter ce régiment figurait sur le livret d’emplacement des troupes, avec cette annotation : « sera constitué le 1er novembre 1874 ».

On lit dans la Gazette de l’Allemagne du Nord, du 29 septembre 1874, que l’on s’occupe actuellement de la formation de ce bataillon. Il sera constitué à Ulm où il tiendra garnison jusqu’à ce que la caserne qui doit lui être affecté à Tübingen soit achevée.

Tous les régiments d’infanterie allemands sont donc maintenant à trois bataillons : le nombre de ces bataillons est de 444. Si l’on ajoute les 26 bataillons de chasseurs, on obtient 470 pour le nombre des bataillons d’infanterie de l’armée d’active de l’empire allemand ».

Allemagne, Strasbourg place forte : embauche de tailleurs de pierre pour la construction du Fort IV à Niederhausbergen.

Un journal de Strasbourg a publié cette offre d’emploi : « 10 tailleurs de pierre expérimentés « tüchtige Steinhauer » trouvent un emploi au Fort Niederhausbergen. Se présenter auprès de Monsieur l’ingénieur Widmayer ». 

 

Jeudi 15 octobre 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de la livraison de vivres pour l’hôpital militaire.

La presse locale a publié ce communiqué : « La livraison des vivres pour l’année 1875 au profit de l’hôpital militaire de garnison « Garnison-Lazareth » sera adjugée à l’offre la moins chère, c’est pour cette raison que l’adjudication est fixée au jeudi 15 octobre, le matin à 10 h, dans le bureau du Lazareth, où les conditions peuvent également être consultées. Strasbourg, le 7 octobre 1874. 335, 2.1. « kais. Garnison-Lazareth ».

 

Dimanche 18 octobre 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : fermeture du passage de la Citadelle.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué : « Communiqué. Le passage par la Citadelle sera interdit aux attelages le dimanche 18 octobre 1874, de 10 heures à 14 heures. Strasbourg, le 15 octobre 1874. Le gouverneur von Hartmann, « General der Cavalerie ».

 

Lundi 19 octobre 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : inauguration du monument dans la Citadelle.

Un journal de Strasbourg a publié ces deux articles forts intéressants : « Strasbourg, le 17 octobre 1874. Comme nous venons de l’apprendre, l’inauguration du monument dans la Citadelle, commémorant les camarades du génie tombés au champ d’honneur lors de la dernière guerre, se déroulera demain matin, entre 10 h et 11 h. Les troupes qui participent à cette inauguration, se rendront au pas, à l’issue de la cérémonie, à l’église Saint-Thomas, où se déroulera un service religieux ».

« L’inauguration du monument de la Citadelle. Strasbourg, 18 octobre 1874. L’inauguration du monument de la Citadelle que nous avions annoncée dans notre numéro de jeudi dernier, c’est déroulé ce matin sous une météo clémente. A partir de 11 heures, un long convoi de voitures se mis en mouvement vers l’emplacement où allait se dérouler cette festivité, où se rassemblait petit à petit une prestigieuse assemblée. Devant le monument couvert par un voile, entre celui-ci et le pavillon des officiers « Offizier-Pavillon », on a formé un carré, au milieu duquel on a placé un autel, encadré de chaque coté par deux compagnies du bataillon du génie en garnison ici, et en face du monument, était alignés les officiers qui avaient été conviés à la cérémonie, ainsi que les autorités civiles, et sur les cotés du monument, des députations de tous les corps de troupe de la garnison. Dès la sonnerie de 11 h 30 du pavillon des officiers, le commandant du bataillon du génie ordonna le garde à vous “Still gestanden”, et c’était le point de départ de la cérémonie. Elle commença par un chant choral, suivi par une messe basse dite par l’aumônier catholique de la garnison, suivi d’un nouveau chant choral et du sermon de l’aumônier protestant. Ce dernier rappela dans un discours remarquable, qu’en ce jour de la commémoration de la bataille des nations à Leipzig et de l’anniversaire du prince héritier, on allait commémorer un événement encore important. Il poursuit son discours émouvant en y mêlant des citations de la bible, et il précisa que les personnes en l’honneur desquels on avait érigé ce monument, ne sont pas mortes, mais poursuivent leur vie dans le souvenir de leurs proches et de leurs camarades, ainsi que du peuple et de leur pays. Lorsque le prédicateur fini son sermon, la troupe présenta les armes, et un chœur entama le chant : « Wie sie so sanft ruhen alle die Seeligen » tandis que le voile était abaissé petit à petit. L'assemblé était venu ici pour vous quelque chose de beau, à présent ils étaient carrément étonnés par ce qu’ils voyaient. Sur un socle, qui portaient sur la face avant une inscription, sur la face opposée les noms des officiers morts au combat, sur les faces droites et gauches les noms des sapeurs tombés au combat, s’élevait une colonne sobre et mince, mais toutefois majestueuse. Sur son sommet trône un aigle, les ailes déployées, à l’image de la puissance allemande, dans ses serres, il tient une croix de fer. A sa base, aux quatre coins, sont représentés quatre lions, qui représentent les héros qui se reposent. Les 26 noms des officiers inscrits sur le socle, sont les suivants : Oberst-Lieutenant Robert von Gans, Oberts-Lieutenant Gustav von Rohrschreibt, Major Cuno von Dunssor, Major Friedrich von Otusilten, Major Adolph Engels, Hauptmann Otto Kirchgessner, Hauptmann Adolph Erssberg, Hauptmann Willhelm Richter, Hauptmann Alwin Ledibour, Hauptmann Otto von Hossn und Boniensisstz, Hauptmann Emil Kammtab, Hauptmann Adolph Kalimann, Lieutenant Georg Jacobi, Lieutenant Julius Muller I, Lieutenant Paul Muller II, Lieutenant Georg Hoffmann II, Lieutenant Hans von Schlieben, Lieutenant Berhardt Janke, Lieutenant Herrmann Remiz II, Lieutenant Wilhelm Burckhard, Lieutenant Leopold Froben, Lieutenant Ludwig Schosse, Porteepeefähnrich August Rothert, Porteepeefähnrich Adolph Wendel, Vicefeldwebel Beno Wellenkamp, Vicefeldwebel Menn.

Nous contons également 260 noms d’homme de troupe. De ces noms, ont nous a précisé que 12 sont tombés devant l’ennemi, 13, à la suite des fatigues de la campagne, et un, en service, le lieutenant Jacobi, lors du démontage d’une torpille « Torpedo ».

L’inscription de la face avant est la suivante : « Dem Andenken seiner im Feldzuge 1870-71 gefallenen und gestorbenen Kameraden. Das königlich preussische Ingenieur-Corps. ». Dès que le voile était entièrement tombé, l’aumônier a bénit le monument et l’assemblée entama le chant « Nun danket alle Gott ». Après cela, le « Generallieutenant » von Biehler (Monsieur le ministre de la guerre n’a pas pu se libérer) entama un hourra à sa Majesté et roi, qui fut suivit de l’hymne national joué par la musique. La cérémonie s’est terminée avec l’hymne, et les troupes se retirèrent. Une foule très dense entoura le monument pour l’admirer, c’était à la fois un chef d’œuvre et un monument commémoratif. Dans la cour de la caserne « Pionier-Kaserne » qui était décorée par de nombreux drapeaux, se déroulait un repas festif destiné aux hommes de troupe, ainsi que pour les députations venues de l’extérieur. Vers 15 heures, commença un dîner des officiers au mess, qui, en raison des circonstances, resta digne, sans chant et musique, où, hormis les deux toasts portés à la santé de sa Majesté et du prince héritier, on leva également son verre en l’honneur des morts ».

 

Mardi 20 octobre 1874

Allemagne, Altkirch et Tann : absences au conseil de révision.

Un journal de Strasbourg a publié cet article : « Cent jeunes gens soumis aux obligations militaires, des cercles de Altkirch et de Tann, qui ne se sont pas présentés à la commission de révision « Militär-Revision » et qui ont quittés le territoire allemand sans autorisation, ont été condamnés par contumace, conformément à l’article 40, à une amende de Thaler ou éventuellement à un mois de prison. Leurs biens ont été amputés de ce montant ».

 

Mercredi 21 octobre 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication pour la livraison de balles en zinc.

Un journal local a publié ce comuniqué : « Adjudication. Adjudication publique pour la livraison de : 115 000 balles en zinc diamètre 23,5 mm ; 609 000 balles en zinc diamètre 26,5 mm ; Ainsi que 48 plaques en zinc (1 850 mm de long et 880 mm de large et épaisse de 1,8 mm) pour les obus à balles « Kartäschen » au profit de l’arsenal d’artillerie de Strasbourg « Artillerie-Werkstatt » le 21 octobre 1874 matin à 10 heures dans les locaux de la direction de l’arsenal d’artillerie et les offres doivent être déposées sous plis cacheté avant l’adjudication avec la mention « Offerte auf Lieferung von Zinkkugeln und Zinkblech » (offre pour la livraison de balles et de plaques en zinc). Les conditions peuvent être consultées tous les jours à l’arsenal d’artillerie pour être envoyées contre payement des frais postaux. A Strasbourg, le 29 septembre 1874.  La direction de l’arsenal d’artillerie « Die Direction der Artillerie-Werkstatt ». 

 

Lundi 26 octobre 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de la vente de moellons à la Citadelle.

La presse locale a publié à deux reprises ce communiqué : « Dans la Citadelle, à l’est du pavillon des officiers « Offizier-Gebäude », doivent être vendus aux enchères environ 81 m² de vieux moellons, répartis en trois lots ; les amateurs sont priés de venir à la vente qui se déroulera le lundi 26 octobre 1874 à 10 heures. Strasbourg, le 19 octobre 1874. « Kaiserliche Garnison-Verwaltung ».

 

Mercredi 28 octobre 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : adjudication de la construction de la route stratégique que les hauteurs de Hausbergen par le service des fortifications.

La presse locale a publié le communiqué suivant à trois reprises : « Mercredi le 28 octobre matin à 10h, au bureau du service des fortifications, aura lieu l’adjudication publique de la construction d’une route sur les hauteurs de Hausbergen, c’est-à-dire pour les travaux et la livraison des matériaux sous le régime de « General-Entreprise ». Les candidats devront être de grandes sociétés ayant des moyens importants et nous faire parvenir les certificats correspondants au moyen quatre jours avant l’adjudication. La caution a déposé est de 30 000 marks. Les offres seront notifiées sur papier timbré et déposées sous plis cachetés jusqu’au 28 octobre à 9h00 du matin, au bureau du servie des fortifications. A Strasbourg, le 8 octobre 1874. Le service impérial des fortifications « Kaiserliche Fortifikation ».

 

Mercredi 11 novembre 1874

Allemagne, Mayence place forte et garnison : construction de la fabrique de conserves.

Une revue militaire française a publié cet intéressant article concernant la fabrique de conserves militaires à Mayence : « Le journal la Deutsche Militär-Verwaltung, du 12 octobre courant, donne les détails suivants sur la fabrique de conserves militaires qui est en construction à Mayence, et dont il a été question, à plusieurs reprises déjà, dans la Revue militaire de l’étranger. Les travaux avancent avec une grande rapidité. Le corps de bâtiment principal, qui a une longueur de 320 mètres et trois ailes, est presque terminé, et sera relié par une voie ferrée avec la gare principale de la ville. En avant de ce bâtiment principal se trouve un grand réservoir d’eau de la contenance de 320 000 litres. La force motrice sera fournie par trois machines à vapeur de 200, de 150 et de 100 chevaux, dont les chaudières seront installées dans un local spécial. Ces machines et celles du moulin à vapeur, qui ont été demandées à l’industrie anglaise, doivent être montées pour la fin de l’année courante ; l’abattoir sera achevé à la même époque. On construira des logements pour 16 employés et 600 ouvriers. En temps de guerre, on pourra abattre, dans cette usine, jusqu’à 170 têtes de gros bétail par jour, et la fabrique entière sera en mesure de pourvoir à l’alimentation journalière de 50 000 hommes ; en outre, elle fournira une quantité importante de conserves d’avoine (Haferconserven) pour la nourriture des chevaux. L’idée première de cette création vient du général Manteuffel. L’exécution et la mise en œuvre en ont été confiées aux intendants militaires Eichberg et Engelhardt. Il serait question, dit-on, si ce premier essai donne de bons résultats, de doter chaque corps d’armée d’une fabrique analogue ».

 

Samedi 14 novembre 1874

Allemagne, armée impériale allemande : des améliorations récentes apportées au matériel de l’armée allemande.

Une revue militaire allemande nous livre diverses informations concernant l’armée impériale allemande : « La Gazette d’Augsbourg a inséré dans son numéro du 14 novembre, sous un titre analogue au précédent, un article d’un certain intérêt, et qui, par la manière dont les questions techniques y sont exposées, semble émaner d’un homme du métier. Il est assurément fort possible que la publication de semblables renseignements dans une des feuilles les plus répandues de l’Allemagne méridionale, ait été faite avec intention, mais comme les indications données par le journal bavarois concordent avec la majeure partie de celles qui circulent sur le même sujet, et qu’elles forment un tout assez instructif, nous les reproduisons ci-dessous, en nous bornant à indiquer leur origine et à les accompagner de quelques notes complémentaires.

Artillerie de campagne.

L’artillerie de campagne se montre très satisfaite des résultats obtenus, dans le courant des derniers exercices de tir, avec les nouvelles pièces. On s’était opposé de soumettre à un dernier examen les détails de construction du matériel ainsi que les fusées des obus à double paroi. Chaque brigade d’artillerie, y compris les brigades bavaroises, avait reçu, dans ce but, deux batteries de campagne (montées) et une batterie à cheval (on sait que les nouvelles pièces de l’artillerie allemande sont de deux calibres différents : les unes de 8,8 c exclusivement destinées aux batteries de campagne (montées) et les autres de 7,85 c servant à l’armement des batteries à cheval. Les pièces du nouveau matériel sont comme celles de l’ancien attelées de six chevaux) ; l’expérience n’a point heureusement justifié les appréhensions de nombreux officiers d’artillerie qui craignaient, d’une part, que les nouvelles pièces ne fussent trop difficiles à manœuvrer en raison, soit de leur poids trop considérable, soit de cette particularité que le nouvel affût est en tôle d’acier et, d’autre part, que la forte détonation produite par l’augmentation extraordinaire de la charge, portée d’une à trois livres de poudre à gros grains, n’eût un résultat fâcheux pour l’ouïe des hommes. Les fusées n’ont pas toutefois justifié au même degré les espérances : on a constaté, pendant les écoles, un assez grand nombre de ratés d’éclatements prématurés. Le champ de tir créé à Dulmen, près Essen, par M. Krupp (on termine, en ce moment, dans la forêt royale située près de Zossen, non loin de Berlin, l’installation d’un vaste champ de tir réservé, principalement à la commission d’expérience), a permis d’entreprendre, au mois de septembre dernier, avec les nouvelles pièces de 7,85 c et 8,8 c, une série d’expériences de tir aux grandes distances (8 000 mètres, plus d’un mille allemand, par conséquent), que l’exiguïté du polygone de Tegel n’eût pas permis de faire à Berlin. Aux distances supérieures à 7 000 mètres, les projectiles restaient enfoncés dans le sol ou bien ne couvraient pas de leurs éclats qu’une faible étendue de terrain ; mais à 4 000 mètres ils avaient encore une puissance terrible (une correspondance de Berlin en date du 10 octobre dernier, publiée par les Oestereichisch6ungarische Militärische Blätter, signale également les expériences de tir à grandes distances exécutées au polygone de Dulmen avec les nouvelles pièces de campagne et ajoute que les affûts ont, en général, mal résisté au tir sous de grands angles. Lorsque les pièces étaient en batterie sur un sol uni et résistant, ou des plates-formes, le recul était extrêmement considérable, et les percussions sur l’affût tellement violentes qu’après quelques coups, des dégradations sensibles apparaissent sur ce dernier. Lorsqu’on tirait sur un sol mou, la queue de l’affût labourait profondément la terre : le recul était ainsi limité, mais les percussions n’en étaient que plus violentes et les dégradations à l’affût plus rapides). Quatre officiers d’artillerie bavarois suivent actuellement les cours de l’Ecole de tir d’artillerie à Berlin, afin d’apprendre à connaître pratiquement la construction et le service des pièces nouvelles.  ….

Artillerie cuirassée.

La fonderie Gruson à Buckau, près Magdebourg, vient de fondre des plaques destinées à protéger les parapets des batteries de côte placées à l’embouchure du Weser et de l’Oder. Ces plaques ont une épaisseur de 50 à 60 centimètres en leur milieu, et de 70 cm sur leurs bords ; elles ne doivent revêtir que le talus extérieur ; le reste du parapet sera en béton. On ne doit placer dans ces batteries que des pièces du plus gros calibre (28 centimètres), dont les affûts sont munis d’un mécanisme particulier permettant à un homme seul de mettre la pièce en batterie. La manœuvre de la pièce pour le pointage en hauteur se fait à l’aide d’une pompe hydraulique. Le projectile, qui pèse 300 livres, est élevé à une hauteur convenable pour le chargement à l’aide d’une grue. Huit hommes exercés peuvent tirer 5 coups par minute. Les expériences exécutées sur le champ de tir de l’usine Gruson ont établi, sans doute possible, l’énorme force de résistance de ces plaques. Les projectiles tirés sur elles à une distance de 150 m ne firent que de légères empreintes sur la surface extérieure et ne compromirent nullement leur solidité. On voit aussi à la fonderie Gruson des modèles de tourelles cuirassées mobiles qui doivent être placées, soit à terre, en des points élevés des côtes, soit sur des bâtiments cuirassés. Chacune de ces tourelles renferme deux canons frettés de 28 cm. Les tourelles tournantes qui sont destinées aux nouvelles fortifications sont plus petites et ont des cuirasses plus faibles, parce qu’elles n’ont à résister qu’aux pièces de siège ; elles reçoivent chacune deux canons frettés de 15 cm. Les nouveaux forts de Metz et de Strasbourg doivent en être bientôt armés.

L’administration générale de l’armée ne s’est pas donné moins de peine pour l’infanterie et pour la cavalerie que pour l’artillerie.

Carabine Chassepot.

La carabine Chassepot adoptée pour la cavalerie de ligne et la cavalerie légère semble s’être tout à fait bien comportée sous le rapport de la facilité du maniement. Les fusils Chassepots français ont dû, pour devenir l’arme à feu de cavalerie, être raccourcis de 12 cm ; on a dû aussi remplacer le levier de manœuvre droit qui aurait gêné le cavalier, par un levier recourbé qui vient, lorsqu’on ferme la culasse, s’appliquer contre le bois de la carabine. Le calibre, la cartouche, la culasse, le système de fermeture n’ont pas été modifiés. Néanmoins, la cavalerie allemande n’est pourvue de la nouvelle arme à feu que d’une façon provisoire, celle-ci sera plus tard remplacée par une carabine Mauser. Quoi qu’il en soit, l’armement de la cavalerie allemande avec la carabine Chassepot est déjà, en grande partie terminé (le fusil d’infanterie français modèle 1866, modifié comme il vient d’être indiqué, est distribué à toute la cavalerie légère ; il doit également servir à l’armement des régiments de réserve. Quant au fusil de cavalerie, modèle 1866, il est donné aux régiments de Ulans, à raison de 32 hommes par escadron (8 par peloton).

Fusil Mauser.

Dans l’infanterie, les quatorze jours d’exercice de tir que doivent exécuter les réservistes des corps armés du Mauser sont en train d’avoir lieu. L’armement des bataillons de chasseurs a été retardé parce que la nouvelle carabine avait d’abord été établie dans double détente. Mais les récentes instructions supérieures données aux chasseurs relativement au tir de précision, ont paru rendre nécessaire l’addition d’une double détente. La carabine Mauser est très soigneusement travaillée, elle a trois pouces de moins que le fusil d’infanterie et est plus légère ; d’ailleurs sa construction est identique (Les armes portatives du système Mauser comprendront : 1° Fusil d’infanterie modèle 1871, pour toute l’infanterie de ligne et les fusiliers ; 2° carabine de chasseurs (avec double détente), pour les chasseurs ; Fusils de pionniers, pour les pionniers et l’artillerie à pied ; 4° Carabine de cavalerie (avec levier de manœuvre recourbé), pour toute la cavalerie légère et les ulans (trente-deux hommes par escadron). Les bataillons de fusiliers, armés exclusivement autrefois du sabre-baïonnette, seront maintenant armés du nouveau fusil et du sabre-baïonnette commun au reste de l’infanterie ; les chasseurs conserveront le couteau de chasse (Hirschfänger ; ce genre de sabre peut se fixer au canon comme le sabre-baïonnette). Les corps de troupe qui avaient reçu le fusil Mauser ont exécuté pour la première fois les manœuvres d’automne avec cette arme. Les commandants de corps ont été invités à présenter un rapport sur l’expérience faite des armes nouvelles pendant ces manœuvres. En général, les résultats obtenus ont dépassé les espérances. On n’a guère signalé que quelques petits inconvénients pour le maniement de l’arme ; leur correction, qui sera facile, mettra encore mieux en valeur les avantages du fusil. Les ateliers de confection de cartouches, qui ont été installés en grand nombre dans d’importantes localités, ont reçu, pour activer la fabrication, dix-neuf machines à charger les étuis, achetées en Angleterre. Ces machines travaillent avec beaucoup plus de rapidité ; un atelier de quatre ouvriers instruits est à même de charger 150 000 cartouches par jour.

Ecoles.

Depuis le commencement d’octobre, les cours de l’Académie de guerre ont commencé. L’Ecole d’artillerie et du génie a reçu 155 officiers d’artillerie et 101 du génie sur toute l’armée allemande ; 62 officiers suivent les cours de l’Ecole centrale de gymnastique.

Torpilles de terre.

Les essais de « torpilles de terre » qui ont été tentés au commencement de cette année, n’ont pas donné de résultat important. On sait que ces torpilles ont été proposées comme engin de guerre utile à la défense des forteresses ou localités fortifiées. Ces torpilles sont des obus de 30 cm de longueur, à double paroi de 1,5 cm d’épaisseur, et dont la charge intérieure est de 2 kg de poudre ou de fulmicoton. On s’en sert en plaçant une double rangée d’obus isolés, mais reliés entre eux par un fil souterrain sur le terrain que l’ennemi est obligé de traverser. La facilité avec laquelle on peut apercevoir ou découvrir ces torpilles qui, d’ailleurs, ressemblent fort aux anciennes mines, a empêché jusqu’à présent de les admettre au rang des engins de guerre véritablement utiles. Néanmoins on n’a pas encore définitivement abandonné les expériences ».

 

Lundi 16 novembre 1874

Allemagne, armée allemande : augmentation de l’effectif du train de chaque corps d’armée.

Une revue militaire française a publié ces informations : « D’après la Gazette de l’Allemagne du Nord du 3 novembre 1874, le train de chaque corps d’armée va être augmenté de six colonnes de convoi (Fuhrpark-Kolonnen), et chaque détachement sanitaire va recevoir deux voitures en plus. Pendant la dernière guerre, chaque corps d’armée avait cinq colonnes de convoi composée chacune de quatre-vingts voitures, et chaque détachement sanitaire comptait dix voitures. D’après le même journal, les voitures nécessaires pour cinq divisions de Landwehr seront tenues constamment prêtes, et l’on augmentera d’une façon notable les approvisionnements en grandes tentes destinées à emmagasiner les provisions ».

 

Mardi 1er décembre 1874

Empire allemand, organisation de l’armée : stations de pigeons voyageurs.

Une revue militaire française nous livre ces informations : « Stations de pigeons voyageurs. Le budget de 1875 comprendra pour la première fois, dit la Gazette de l’Allemagne du Nord, des crédits spéciaux pour l’établissement et l’entretien de stations de pigeons voyageurs à Cologne, Metz, Strasbourg. Cette demande de crédit, dont le total se monte à 4 400 francs, est motivée sur les faits d’acquisition et d’entretien des pigeons voyageurs, et les déplacements de plus en plus considérables des éleveurs chargés de leur dressage, en vue de leur emploi en temps de guerre ».

 

Dimanche 6 décembre 1874

 

Empire allemand, organisation de l’armée : emploi des sommes consacrées au rétablissement de l’armée.

Une revue militaire française a publié ces informations : « On désigne en Allemagne, sous le nom de Rétablissement de l’armé, l’action de remettre après une guerre l’armée dans l’état où elle se trouvait avant d’avoir subi les pertes de matériels occasionnés par la guerre. L’indemnité de guerre payée par la France à l’Allemagne a atteint, tout compris, capital et intérêts, la somme de 5 558 296 995 fr, soit 1 482 212 532 thalers. Cette indemnité a été répartie entre les Etats de l’Empire, et la part de la Prusse et des Etats qui formaient la Confédération du Nord a été de 643 500 000 thalers. Sur cette somme, 106 846 810 thalers ont été consacrés, par une loi du 2 juillet 1873, au rétablissement de l’armée prussienne et des contingents des Etats de l’ancienne Confédération du Nord. Nous trouvons dans les journaux allemands sur l’emploi de cette somme des détails tellement précis, qu’on est tenté de les croire authentiques et qui, dans cette hypothèse, ne sont pas sans intérêt. Jusqu’à l’expiration de l’année 1874, le remplacement des effets d’habillement et d’équipement, l’approvisionnement en draps auront coûté une somme de 13 108 500 thalers. Une somme de 1 665 000 thalers a été consacrée au service du casernement. Il reste encore sur cette somme 1 500 000 thalers disponibles pour les années 1875 et 1876, qui serviront d’abord à l’établissement de nouveaux champs de tir. On aura dépensé à la fin de 1874 la somme de 448 566 thalers en frais de traitement des malades et blessés, qui se trouvaient encore dans les hôpitaux après le 1er juillet 1871. On a consacré 33 172 thalers à l’achat de membres artificiels pour amputés, 20 000 thalers pour l’achat de livres de cantiques et de prière perdus pendant la campagne. Sur les 4 090 000 thalers affectés au rétablissement des ustensiles de campagne, 203 551 thalers sont encore disponibles. L’achat des tentes destinées à abriter les soldats français prisonniers a coûté 18 255 thalers, dépense également comprise dans les frais de rétablissement. Sur les 500 000 thalers destinés à des envois aux eaux thermales des officiers et employés blessés, 230 000 thalers sont encore disponibles. On avait consacré 80 119 400 thalers à l’armement ; sur cette somme, 42 133 116 thalers sont encore disponibles. En résumé, sur les 106 846 810 thalers consacrés au rétablissement de l’armée par la loi du 2 juillet 1873, la somme de 46 550 168 thalers est encore disponible. Les dépenses que l’on se propose de faire en 1875 et en 1876 réduiront ce reliquat à 8 575 574 thalers. Le journal auquel nous empruntons ces renseignements donne en outre, les détails suivants sur l’armement de l’infanterie : en Prusse, 679 329 fusils à aiguille, dont 549 535 fusils M/62 et 200 000 fusils chassepot ont été transformés. Le prix de la transformation est revenu à 37,75 fr par arme. En Saxe, 50 374 fusils à aiguille et 8 600 chassepots ont été transformés ; 1 196 649 fusils modèle 1871 (Mauser) doivent être livrés à la Prusse, savoir : 810 000, par des fabriques particulières, au prix de 82 fr, par fusil, et 386 649 par des fabriques de l’Etat, au prix de 77,50 fr seulement. Seront consacré à l’achat de ces armes : 7 millions de thalers en 1874, 13 500 000 thalers en 1875 et 3 250 000 thalers en 1876. Il faut ajouter à ces fusils l’achat de 1 166 649 sabres-baïonnettes à 11,25 fr chacun, et de 30 000 couteaux de chasse (Hirsch Fänger), sabre des chasseurs. Les achats des munitions se montent à :

1 150 000 kg de poudre à fusil (78 fr les 50 kg).

266 000 000 d’étuis métalliques pour cartouches (68,45 fr le mille).

267 000 000 de capsules (5,75 le mille)

La Saxe ferait, en outre, fabriquer :

128 000 fusils Mauser.

4 000 révolvers. (41,35 fr par arme).

84 000 kg de poudre à fusil.

16 000 000 d’étuis à cartouches (78,75 fr le mille).

16 000 000 de capsules (7,50 fr le mille).

16 000 000 de balles (25 fr le mille).

 

Jeudi 31 décembre 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : ordonnance instaurant le Reichsmark en Alsace-Lorraine à compter du 31 décembre 1874, mais publiée uniquement le 9 janvier 1875.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué officiel : « Annonces légales. N°15. Ordonnance relative à l’instauration du Reichsmark du 31 décembre 1874. Nous Wilhelm, Empereur allemand par la volonté divine, Roi de Prusse, ordonnons pour l’Alsace-Lorraine, au nom du peuple allemand, sur la base de l’article 1 de la loi du 15 novembre 1874 (Gesetzbl. S 39), et conformément à la loi monétaire pour l’Alsace-Lorraine du 9 juillet 1873, ce qui suit : La monnaie du Reichsmark est mise en circulation auprès de toutes les caisses publiques et est instaurée officiellement. Par document signé personnellement de notre main, muni du cachet impérial. A Berlin, le 31 décembre 1874. Signé Wilhelm. Signé Fürst von Bismarck ».

 

Sources

 

Bibliographie

 

Auteurs divers : Archiv für die Artillerie und Ingenieur-Offiziere des deutschen Reichsheeres. 75. Band. 38e année, Tome 75, 1874. Ernst Siegfried Mittler und Sohn, königliche Hofbuchhandlung, Kochstrasse 69, Berlin. S3272.

Auteurs divers : Central Anzeiger für Elsaß – Indicateur Central d’Alsace, journaux de l’année 1874. S0662.

Auteurs divers : La Presse, journaux de l’année 1874. S3259

Auteurs divers : Le Monde illustré, journaux de l’année 1874. S3248.

Auteurs divers : Le Spectateur militaire Quatrième série. 34e volume. Janvier, février, mars 1874, Paris, 1874 :

X. V. : Le 1er janvier 1874 ; pages 5-23 ;

L.G. : Etude sur le siège de Belfort pendant la campagne de 1870-1871 ; pages 22-49 ;

R.H. : Etude sur le rôle stratégique et l’organisation défensive de la région de Paris ; pages 50-66 ;

Poncelet : Réflexions sur l’artillerie ; pages 101-119 ;

L.G. : Etude sur le siège de Belfort pendant la campagne de 1870-1871 ; pages 213-247 ;

X. V. : Chronique mensuelle ; pages 265-274 ;

D. : Revue de la presse militaire étrangère ; pages 275-280 ;

X. Y. : Revue bibliographique ; pages 281-302 ;

L.G. : Etude sur le siège de Belfort pendant la campagne de 1870-1871 ; pages 229-351 ;

Poncelet : Quelques mots sur l’artillerie de campagne ; pages 398-413 ;

R.H. : Quelques mots sur le système de défense, proposé par M. le Colonel Brialmont, pour la région de Paris (20 février 1874) ; pages 439-451 ;

D. : Revue militaire étrangère ; pages 452-461 ;

X. Y. : Revue bibliographique ; pages 462-470 ;

Auteurs divers : Les Armées françaises et étrangères en 1874 ; Librairie Hachette et Cie, Paris, 1875. S0209

Auteurs divers : Militär-Wochenblatt 1874. S3286.

Auteurs divers : Revue d’Artillerie, Tome 3, Octobre 1873 – mars 1874, Berger-Levrault et Cie, Paris & Nancy, 1874. S2193 :

Petit, P. : Des effets du tir des batteries allemandes sur les ouvrages défensifs de Paris, pendant le siège de 1870-71 (Extrait d’une Note de M. le capitaine du génie Petit, insérée au n°21 du mémorial de l’officier du génie) ; pages 121-142 ;

A. Jouart, P. Huter, capitaines d’artillerie : L’artillerie à l’exposition de Vienne. Matériel Krupp. Canon de côte et de marine (Extrait du Rapport adressé au Ministre de la guerre par les capitaines Jouart et Huter à la suite de leur mission à Vienne) ; pages 177-189 ;

A. Aron, capitaine au régiment d’artillerie-pontonnier : Description des principaix équipages de pont étrangers. Equipage de pont allemand ; pages 489-511 ;

Auteurs divers : Revue militaire de l’étranger, année 1874. S0340.

Auteurs divers : Straßburger Zeitung, journaux de l’année 1874. S0191

Bließ Wienfried (Bearbeitet von) : Die Festungspläne des preußischen Kriegsministeriums – Ein Inventar Teil 1, Böhlau Verlag, Köln, Weimar, Berlin, 2008. S1940.

Burger Matthias : Die Bundesfestung Ulm, Deutschland grösste Festungsensemble ; autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2006. S2830.

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Burtscher Philippe : De la ceinture fortifiée de Strasbourg à la Position de la Bruche, Editeur : Cercle d’Etudes des Fortifications et Société d’Histoire de Mutzig et environs, 1999. S0175.

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Gosch Frank : Festungsbau an Nordsee und Ostsee ; Die Geschichte der Deutschen Küstenbefestigung bis 1918, Mittler & Sohn, Hamburg, Berlin, Bonn, 2003. S2938.

Lacoste Werner : Die Weserforts in DAWA Sonderheft 28, Verlag Harry Lippmann, Köln, 1999. S1091.

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Baurath Dr. Oscar Mothes, Architekt : Illustriertes Bau-Lexikon. Erstes Band. 1874. S0648.

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Rolf Rudi : Die Deutsche Panzerfortifikation. Die Panzerfesten von Metz und ihre Vorgeschiche ;

1991 ; Biblio Verlag, Osnabrück. S0081.

Schulze Manfred P. : Fort Hahneberg. Das einzige Aussenfort der Festung Spandau ; Heimatkindliche Vereinigung Spandau 1954 e.V. Förderkreis Museum Spandau, Berlin 2004. S1897.

Susane (Général) : Histoire de l’artillerie française, J. Hetzel et Cie, Paris, 1874.

Tempelman Lex & Will Chris : De Nieuwe Hollandse Waterlinie, 2009.

Theile Markus : Das Fort Oberer Kuhberg, autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2014.

Thiers Edouard (Capitaine du génie) : De l’influence exercée par l’artillerie rayée sur la défense des places d’après l’exposé de la défense de Belfort en 1870-1871, Vh. Tanera, Paris, 1874.

Truttmann Philippe : La barrière de Fer ; L’architecture des Forts du Général Séré de Rivières (1872-1914) ; Gérard Klopp éditeur, 2000. S2480.

Wagner Reinhold (capitaine), traduit de l’allemand par le capitaine du génie Marmier : Cours de fortification de l’académie militaire de Berlin, 1874.

 

Archives & Bibliothèques

 

Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg.

Archives départementales du Bas-Rhin ; Strasbourg.

Bibliothèque du mess de garnison de Strasbourg

Bibliothèque Nationale de France

Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg

Bibliothèques Municipales de Strasbourg.

Bundesarchiv Abteilung Militärarchiv, Freiburg

Geheimes Staatsarchive Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Generallandessarchiv Karlsruhe et Bundesarchiv, Stuttgart.

Service Historique de la Défense, Vincennes.

 

Sites Internet

 

https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/content/accueil-fr?mode=desktop

 

 

 

Traductions et rédactions des articles : MJR Décembre 2018 - mars 2019