1872

Dernière mise à jour : 13 février 1872



Mardi 9 janvier 1872


Strasbourg, citadelle : travaux de reconstruction sur la porte intérieure.

Le gouverneur militaire de Strasbourg, le général von Hartmann interdit le passage des attelages en raison des travaux de transformation de la porte intérieure de la Citadelle « innere Citadell-Thor ».


Vendredi 12 janvier 1872


Strasbourg, IR 126 : annulation d'un avis de recherche de déserteur.

Le régiment d'infanterie wurttembergeois n°126 « königliches würtenbergische 8. Infanterie-Regiment Nr. 126 » annule l'avis de recherche du 8 décembre 1871 concernant le fusillier Johannes Eberhard de Mehrstetten près de Münsingen et l'avis du 22 décembre 1871 concernant le fusillier Christian Friedrich Hausch de Tübingen.


Samedi 13 janvier 1872


Strasbourg, citadelle : travaux de reconstruction sur la porte intérieure.

Le gouverneur militaire de Strasbourg, le général von Hartmann annonce que la reconstruction de la porte extérieure de la Citadelle et du pont qui la précède est achevée, si bien que le passage par la Citadelle est ouvert à ceux aux personnes munies d'une autorisation. La citadelle reste un domaine militaire où les civils ne peuvent accéder qu'avec une autorisation.


Mercredi 17 janvier 1872


Strasbourg, administration de garnison : adjudication pour la livraison de vaisselle.

L'administration de garnison « Garnison Verwaltung », Schiffleutgasse 11, procède à l'adjudication pour la livraison de vaisselle pour l'année 1872 au profit des casernes locales dont voici le détail : des poteries, de la faïences et de la vaisselle en verre, c'est-à-dire : environ 4 000 assiettes "Essnäpfe" ; environ 800 carafe à eau "Wassertrüge" (uniquement en poterie) ; environ 1 000 bassine à eau "Waschtrüge" ; de la vaisselle en faïence (en quantité limitée) ; de la vaisselle en verre (en quantité limitée).


Samedi 20 janvier 1872


Strasbourg, garnison : vol de tuiles sur un chantier de construction de baraquements militaires.

La presse locale publie le communiqué suivant : « Prime de 100 francs pour celui qui m'indiquera qui a enlevé les tuiles, fin novembre ou au cours des premiers jours de novembre (1872), qui étaient entreposées au niveau de la partie inférieure des baraquements militaires de la porte Blanche « Militärbaracken am Weissthurm-Thor ». Otto Back, Architeckt und Bau-Unternehmer, Langestrasse 136, Strasbourg ».


Strasbourg, Train-Bataillon 15 : adjudication pour la livraison de bottes de cavalerie.

Le königliches Train-Bataillon Nr. 15, dont le bureau est à la Kalbgasse n°18, procède à l'adjudication concernant la réalisation d'environ 1 000 paires de bottes longues de cavalerie « langschäftige Cavallerie-Stieffeln » ; tout le matériel sera livré prédécouper.


Strasbourg, projet de nouvelles fortifications : recherche d'un lieu de stockage par un entrepreneur.

L'annonce suivante est parue dans la presse locale : « Recherche location d'un lieu de stockage près du canal et du chemin de fer. La location d'un lieu de stockage est recherchée à proximité de la voie de chemin de fer et du canal ». Nota : il s'agit de l'annonce d'un entrepreneur probablement en lien avec les futurs travaux de constructions des forts détachés de Strasbourg.


Dimanche 21 janvier 1872


Reichsland : mise en application de la loi allemande sur le service militaire.

Mise en application de la loi relative aux obligations militaires en Alsace-Lorraine : « Loi relative aux obligations militaires "Verplichtung zum Kriegsdienst". Nous Wilhelm, roi de Prusse par la grâce de Dieu, ordonnons au nom de l'Alliance de l'Allemagne du Nord après accord de la Diète "Bundesrathes" et du Reichstag, ce qui suit : (Traduction des principaux articles).

§ 1. Chaque Allemand du Nord "Norddeutsche" est soumis aux obligations militaires, et dans le cadre de l'exécution de ces obligations, il ne peut se faire remplacer. Sont exemptés des obligations militaires :

a) Les membres des familles régnantes ;

b) les membres des anciennes familles médiatisées "mediatisirten" de l'Empire et des soi-disant maisons, à qui on a assuré l'exemption des
obligations militaires par des contrats, ou possèdent des titres de droits particuliers "oder auf Grund besonderer Rechtsplicht".

Les autres citoyens qui ne peuvent pas être appelés servir sous les armes, mais qui peuvent être appelés à d'autres services militaires, correspondant à leur profession civile, peuvent être également être appelés à faire leur service militaire.

§ 2. La puissance armée "bewaffnete Macht" est constituée de l'armée de terre "Heer", de la marine "Marine" et du "Landsturm".

§ 3. L'armée de terre "Heer" est réparti en :

1) L'armée de terre levée (d'active) "Stehendes Heer",

2) L'armée de terre de réserve "Landwehr",

La marine "Marine" est répartie en :

1) La flotte "Flotte",

2) La flotte de réserve "Seewehr".

L'armée de terre de réserve "Landsturm" est constitué de tous les hommes soumis aux obligations militaires à partir de l'âge de 17 ans révolu jusqu'à la fin de leur 42ème année, et qui n'appartiennent ni à l'armée de terre "Heer", ni à la marine "Marine".

§ 4. L'armée de terre levée "stehendes Heer" et la flotte "Flotte" sont en permanence prête au service de guerre "Kriegsdienst".

§ 5. L'armée de terre de réserve "Landwehr" et la flotte de réserve "Seewehr" sont destinées au soutien de l'armée de terre levée "stehendes Heer" et de la flotte "Flotte".

L'infanterie de l'armée de terre de réserve "Landwehr-Infanterie" formée en corps de troupe spécifiques de Landwehr "Landwehr-Truppenkörpern", pour la défense de la nation "Vaterland" en temps que réserve pour l'armée de terre levée "stehendes Heer".

Les hommes de troupe "Manschaften" des contingents les plus jeunes de l'infanterie de Landwehr "Landwehr-Infanterie" peuvent en cas de besoin, lors de la mobilisation, être employés dans des unités de remplacement "Ersatz-Truppentheile".

Les hommes de troupe de la cavalerie de l'armée de réserve "Landwehr-Cavallerie" peuvent, en temps de guerre et selon les besoins, être versé dans des corps de troupe particuliers "in besondere Truppenkörper".

Les hommes de troupes des autres armes peuvent, dès l'état de danger imminent de guerre "eintretender Kriegsgefahr", selon les besoins, être appelés sous les drapeaux de l'armée levée "stehendes Heer", et les hommes de troupe de la marine, versé dans la Flotte.

§ 6. Le service militaire obligatoire, dans l'armée de terre levée "stehendes Heer" ou dans la flotte, commence le 1er janvier, en règle générale, de l'année où s'achève sa vingtième année, et dure sept ans.

Pendant ses sept années, les hommes de troupe sont astreints à un service militaire actif au cours des trois premières années, sans interruption. La durée du service militaire actif est calculée de la manière suivante, pour que les hommes de troupe, qui ont été incorporés du 2 octobre au 31 mars, soit considérés comme étant entré au service actif à compter du 1eroctobre. La libération des hommes de troupe embarqués de la marine, peut être différée, si les circonstances l'exigent, jusqu'au retour effectif du navire dans un des ports de la Confédération. Pendant le restant du temps de leur sept années de service militaire, les hommes de troupe sont congédiés dans la réserve "zur Reserve beurlaubt", mais sont tenus aux ordres de mobilisation, en cas de nécessité de renforcer l'armée de terre, aux convocations annuelles pour les exercices, ou pour les armements de la flotte "Ausrüstungen der Flotte". Tout réserviste est, au cours de sa période d'affectation à la réserve, obligé de participer à deux exercices. Ces chacun de ces exercices, la durée de ceux-ci ne doit pas excéder huit semaines. Chaque convocation dans l'armée de terre ou dans la flotte compte comme un exercice.

§ 7. Les obligations militaires dans l'armée de réserve "Landwehr" ou la flotte de réserve "Seewehr" ont une durée de cinq ans. L'entrée dans
la Landwehr ou Seewehr s'effectue après avoir satisfait aux obligations du service militaire dans le "stehenden Heer" ou dans la "Flotte".
Les hommes de troupe de la "Landwehr" ou de la "Seewehr", qui ne sont pas convoqués, sont considérés comme étant en congé "beurlaubt".

Les hommes de troupe de l'infanterie de Landwehr peuvent être convoqués au sein de compagnie ou de bataillons particuliers, à deux reprises, à l'occasion d'exercices, d'une durée maximum de 8 à 14 jours. Les hommes de troupe des chasseurs "Jäger" et tirailleurs "Schützen", de l'artillerie, du génie et du train, s'entraîne de la même façon que l'infanterie, mais au sein des formations de ligne de leur arme d'origine. Les hommes de troupe de la cavalerie de la Landwehr ne sont pas convoqués en temps de paix.

§ 8. La mobilisation "Einberufung" de la réserve "Reserve", de l'armée de terre de réserve "Landwehr" et de la flotte de réserve "Seewehr",
est ordonnée par le chef des armées de la confédération "Bundesfeldherrn".
Les généraux commandants ordonnent les convocations :

a) pour les exercices annuels ;

b) quand une partie du territoire de la confédération "Bundesgebiet" est mis en état de défense "Kriegszustand".

§ 9 Le chef des armées de la confédération "Bundesfeldherrn" détermine chaque année, conformément aux prescriptions de la loi, le nombre de recrue à incorporer au profit de l'armée levée "stehendes Heer" et de la marine "Marine". L'ensemble des besoins en recrues est réparti au prorata de la population, par la commission de la Confédération pour l'armée de terre et les fortifications "Bundesausschuss für das Landheer und die Festungen", la commission identique pour les affaires maritimes "Bundesausschuss für das Seewesen", les différents états de la Confédération "Bundesstaaten". Lors des recensements de la population des différents états de la Confédération, ne sont comptabiliser que les étrangers résidant dans ces états sans hormis les membres des autres états de la Confédération. ............etc............

§ 19.   ....etc.

Pour l'application de cette loi, des directives particulières seront publiées par ordonnances. "Urkundlich unter Unter höchsteigenhändigen Unterschrift und beigedruckten Bundes-Insiegel". Ordonné à Berlin, le 9 novembre 1867.
Wilhelm.  Gr. v. Bismarck - Schönhausen.

Cette loi a été publiée dans les journaux n°28 et 53 de cette année, dans la rubrique des nouvelles officielles, et est applicable pour l'Alsace-Lorraine depuis le 21 janvier 1872 ».


Strasbourg, IR 25 : concert de musique militaire.

La presse locale annonce qu'un grand concert par l'orchestre du « 1. Rheinische Infanterie-Regiment Nr. 25 », sous la direction du chef d'orchestre Monsieur Manns se déroulera à l'Hôtel d'Angleterre le Dimanche 21 janvier 1872 à partir de 19h30. Entrée 60 centimes par personne.


Lundi 22 janvier 1872


Strasbourg, IR 25 : avis de recherche pour désertion.

Le « Füsilier » Mathias Esser, 11. Compagnie, 1. Rheinischen Infanterie-Regiment Nr. 25, né le 1er juin 1845 à Aachen, Kreis et Regierungsbezirck identique, a été déclaré déserteur et condamné à une amende de 50 Thaler lors des audiences du 17 au 22 janvier 1872
du tribunal militaire compétent. A Strasbourg, le 23 janvier 1872. « Königl. Gericht der 31. Division ».


Mercredi 24 janvier 1872


Reichsland : convention additionnelle au Traité de Francfort relative à la nationalité et à l'option.

Convention additionnelle du traité de paix du 10 mai 1871, entre la France et l'Allemagne, signé à Francfort s. M. le 11 décembre 1871 : « Sa Majesté l'Empereur d'Allemagne, d'une part, et le Président de la République Française, d'autre part, ayant résolu, conformément à l'article 17 du traité de paix conclu à Francfort, le 10 avril 1871, de négocier une convention additionnelle à ce traité, ont, à cet effet, nommé pour leurs Plénipotentiaires, savoir :

Sa Majesté l'Empereur d'Allemagne, Monsieur Weber, conseiller d'Etat de Sa Majesté le Roi de Bavière etc. et le Président de la République Française, etc. lesquels après s'être communiqué leurs pleins pouvoirs, trouvés en bonne et due forme, sont convenus des articles suivants...

Cette convention concerne le délai pour les individus des territoires cédés entre la nationalité française et allemande, qui est allongée jusqu'au 1er octobre 1873, pour les personnes résidant hors d'Europe et les modalités pour les personnes résidant hors d'Allemagne. La convention précise également les modalités de payement des pensions qui sont désormais acquittées par le Gouvernement allemand. On évoque aussi les modalités pour les jugements prononcés par la justice française sur les territoires annexés, qui deviennent définitif. Il y a également une convention pour transférer d'un pays à l'autre les personnes condamnées à la prison, ou internées dans des établissements psychiatriques, et l'échange des casiers judiciaires.  


Samedi 27 janvier 1872


Strasbourg, projet de nouvelles fortifications : un entrepreneur recherche des associés pour les futures adjudications.

Paru dans la presse locale : « Un entrepreneur local de construction de fortifications souhaite dans le cadre de la participation à l'adjudication
proposée par le service impérial des fortifications de s'associer avec des spécialistes du métier.


Dimanche 28 janvier 1872


Schiltigheim : concert de l'orchestre du régiment IR 25.

Schiltigheim (Maison Rouge « Rothes Haus »). Dimanche 28 janvier : Grand concert joué par l'orchestre du 1. Rheinischen Infanterie-Regiment Nr. 25, sous la direction du chef de musique « Kapellmeister » Monsieur Manns. Début 15 heures. Entrée 50 centimes.

Strasbourg :concert de l'orchestre de l'IR 25.

Concert. Café Amsterdam (dans la grande salle). Dimanche, le 28 janvier : Grand concert « Großes Concert », joué par l'orchestre du 25.
Infanterie-Regiment, sous la direction du chef de musique « Kappelmeister Manns ». Début le soir à 19h30. Entrée 50 cts. Müller, Schiffleutstaden N°9 (quai des Bateliers). N.B. La grande salle décorée avec élégance, est encore disponible en semaine pour être louée pour
des grandes assemblées.


Mardi 6 février 1872


Reichsland : article de la presse officielle et locale concernant l'instauration du service militaire en Alsace-Lorraine.

Voici une synthèse des arguments des autorités allemandes pour l'instauration du service militaire en Alsace-Lorraine. Le journal publie ici l'opinion des autorités allemandes. L'armée allemande n'a pas un besoin vital des 5 200 hommes levés chaque année dans le Reichsland ;

Le service militaire allemand fait partie de l'éducation des jeunes allemands, en tant qu'école de la nation en armes "Schule der Nation in Waffen", et, étant donné que l'Alsace-Lorraine fait partie de cette nation, il est tout à fait normal que ses jeunes en profitent également ;

Certains préconisaient d'attendre encore cinq ou six années avant d'instauré le service militaire dans le Reichsland : l'opinion allemande préfère que les jeunes générations rejoignent au plus vite cette école de la nation, pour clarifier leurs esprits et gagner leur confiance
"die Köpfe zu klären, die Gemühter zu gewinnen" ; En résumé, afin d'accélérer le "prussianisation" des jeunes Alsaciens-Lorrains, il est urgent de les soumettent aux obligations militaires.


Mercredi 7 février 1872


 Strasbourg, nouvelles fortifications : complément d'information du service des fortifications.

Le service des fortifications de Strasbourg « kaiserliche Fortification » publie au sujet de l'adjudication des forts II à VI à Strasbourg un complément d'informations. Les matériaux doivent être récupérer à Phalsbourg et dans les carrières de l'administration militaire et font l'objet d'une adjudication particulière, à laquelle pourront participer les consortiums, qui ont gagné l'adjudication de construction des forts du 12 de ce mois. Nous informons ces derniers que la construction d'une voie de chemin de fer de liaison permettra de transporter ces matériaux jusqu'aux chantiers. Pour l'adjudication future de l'exploitation de l'arasement de la place forte de Phalsbourg et pour l'éventuelle installation du chemin de fer de ceinture, aucune restriction n'est imposée, à part la nécessité de fournir des attestations de bonne exécution des contrats précédents délivrés par les autorités aux entrepreneurs. 


Vendredi 9 février 1872

 

Strasbourg, nouvelles fortifications : proposition commerciale privée.

(Tuilerie / briqueterie de campagne « Feldbrand-Ziegelei ». Un maître doué dans la fabrication de briques offre toute quantité de briques
avec ou sans livraison des matériaux au cours de cet été en fabrication sous le procédé de « Feldbrand ». Il entreprend aussi la seule cuisson des briques sous garantie. Les offres correspondantes sous B.H. poste restante à Eberfeld.


Lundi 12 février 1872


10H00 : Strasbourg, nouvelles fortifications : adjudication de la construction de 5 forts détachés.

Le service des fortifications de Strasbourg "Kaiserliche Fortifikation" organise une adjudication publique « Öffentliche Submission » pour la
construction des forts détachés II à VI à Strasbourg (soit cinq forts à fossés secs) le 12 février 1872 matin, à 10 heures. Ils doivent être adjugés à l'entreprise proposant le meilleur prix la construction en « General-Entreprise » de cinq grands forts. Ces entreprises devront être formées de 3 à 4 maîtres maçons ou architectes "Baumeister", qui sont capables de déposer de bonnes références avant le 6 février 1872 à Strasbourg ; avec ces dernières il faudra prouver, que les intéressés ont déjà satisfait les autorités lors de la construction de grandes fortifications ou de grands bâtiments publics. Pour l'adjudication, un minimum de trois participants de chaque consortium est suffisant, auquel il faudra ajouter un quatrième si c'est un fort de classe 1 « Fort Erster Klasse » qui est adjugé.

De grandes entreprises de travaux existant déjà, c'est-à-dire une société solide et bien organisée, qui s'allie à un bon maître maçon ou architecte « Maurer oder Bau-Meister », pourront également être candidates. Les conditions détaillées sont consultables au bureau local du service des fortifications, ainsi que la liste des prix, sur la base de laquelle tous les travaux ont été calculés. La fourniture de matériaux,
les moellons et les pierres concassées, est assurée, et les entrepreneurs doivent prendre connaissance auparavant des conditions particulières, car cela aura une importance particulière sur les offres. De toute façon nous répondrons rapidement à toutes les questions.

Les offres doivent être proposées individuellement pour chaque fort, car un consortium comportant trois à quatre associés ne se verra adjugé qu'un seul fort. Une entreprise de construction qui aura entre six et huit associés peut se voir adjugé deux forts, si elle est la moins chère. Pour un grand fort, il faudra environ : 240 000 m3 de terrassement et 160 000  m3 de maçonnerie. Pour un fort de taille plus petite, il faut environ 2/3 du volume précédent. La construction doit être achevée dans un délai de deux à trois ans, y compris l'installation intérieure et les travaux annexes. Les offres doivent être déposées sous plis bien cacheté comportant la mention « Offerte für die Forts bei Strassburg », au plus tard avant 10 heures du matin du jour de l'adjudication ; les offres ne sont acceptées que si elles sont exprimées en pourcentage, celles qui surpasse le prix proposé ne sont pas validées.  On n'a malheureusement pas d'informations à propos du résultat de cette adjudication. Toutefois, quelques noms d'entreprises apparaissent au travers des différentes annonces parues dans la presse, bien
que le risque d'avoir affaire à un sous-traitant persiste.


Jeudi 15 février 1872


Strasbourg, nouvelles fortifications : Le projet de construction de nouvelles fortifications présenté au conseil municipal.

Le journal « Karlsruher Zeitung » écrit sur Strasbourg : « Au cours de ces derniers jours, Monsieur le maire de la ville a présenté officiellement au conseil municipal les renseignements fournis sur le projet de construction des nouvelles fortifications ainsi qu'une carte, sur
laquelle est représentée le projet d'extension de la ceinture urbaine sur le front nord. Sur cette même carte est représenté un port, qui est relié à l'Ill par un canal, et desservi par un embranchement de voie ferrée. De plus, le projet à long terme de canal Strasbourg - Lauterbourg ainsi que la liaison avec le canal du Rhône au Rhin est esquissé sur ce plan. Ce plan comporte également un réseau de rues et de places publiques. Le conseil municipal doit statuer sur la direction projetée des rues
 ».


Mercredi 21 février 1872


Strasbourg, nouvelles fortifications : Réduction des projets des fortifications.

Dans les directives de l'inspection générale royale du 21 février 1872, signées par général von Biehler, les restrictions demandées sont encore plus importantes, comme avec les fonds prévus il faut également financer la construction de la route de liaison entre les forts eux-mêmes et l'enceinte, ainsi que les lignes télégraphiques. En tenant compte de ces nouvelles directives, les projets de construction doivent être revues à la baisse pour respecter les montants maximums suivants :

Pour un grand fort, de 550 000 à 560 000 thalers ;

Pour un petit fort, de 450 000 à 460 000 thalers.

Voici les directives particulières fixées par l'inspection générale et le département général de la guerre concernant les modifications à apporter au projet :

1). Réduction des effectifs de l'infanterie en tenant compte du fait que les personnels de l'artillerie de forteresse, qui sont équipés d'un fusil, peuvent également être employés pour une mission d'infanterie ;

2). Limitation par le service des fortifications des demandes de l'officier de la place, qui concernent la surface des locaux pour le stockage des réserves etc., de même que ceux de l'artillerie de forteresse et du service des fortifications ;

3). Réduction des capacités de stockage des magasins à poudre, et construction d'un seul laboratoire au lieu de deux prévus initialement ;

4). Remplacement du revêtement de l'escarpe par un mur d'escarpe détaché ;

5). Réductions éventuelles des locaux de stockage des vivres en prenant comme base de calcul une réserve de 6 semaines ;

6). Procéder à une modification structurelle du bâtiment en regroupant tous les locaux d'habitation en un corps de casemate à 2 étages au niveau de la gorge. A cela s'ajoute d'autres mesures que comme la réduction de l'effectif de l'infanterie.

Reichsland, fortifications : entrée en vigueur en Alsace-Lorraine de la loi concernant les restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresse.

Loi du 21 février 1872, relative à l'introduction et à l'application en Alsace-Lorraine de la loi impériale du 21 décembre 1871, concernant les restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresses. Le champ d'application de la loi impériale du 21 décembre 1871, concernant les restrictions à la propriété aux alentours des forteresses, sera étendue à l'Alsace-Lorraine à partir de sa date de publication. Signé et muni par du sceau impérial, à Berlin, le 21 février 1872. Wilhelm et Fürst von Bismarck. Voici quelques détails concernant cette loi.

Loi relative aux restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresses.

Le droit de propriété, sis à proximité d'ouvrages de fortifications existants ou à construire, est soumis à des restrictions permanentes énoncées dans la présente loi. Après avoir constaté la nécessité de ces restrictions, le terrain situé aux environs des fortifications est divisé en trois zones portant la dénomination suivante : « Erster, zweiter, dritter Rayon » (Premier, deuxième, troisième rayon).

Dans les forteresses qui ont plusieurs lignes de fortification, le terrain, compris entre deux lignes de fortification, constitue une zone intermédiaire dénommée « Zwischenrayon ». Dans les places munies d'une citadelle, le terrain, frappé de servitude en avant des ouvrages des fronts de la ville, prend le nom « Esplanade » (esplanade). Les rayons des zones se mesurent à partir des angles saillants du chemin couvert de la crête de glacis, de la crête du talus de contrescarpe ou, en l'absence de fossé, de la ligne de feu des parapets ou du pied du mur crénelé.

La première zone "Erster Rayon" embrasse :

1° dans toutes les places fortes et dans les forts détachés à construire, un espace de 600 mètres ;

2° dans les forteresses bâties le long d'un cours d'eau et dont la gorge est fortifiée, l'espace compris entre cette gorge et la berge.

La deuxième zone "Zweiter Rayon" comprend le terrain sis entre la limite de la première zone et une ligne située à 375  mètres en avant.

Les forts détachés n'ont pas de deuxième zone, mais le terrain, qui s'étend depuis la limite de la première zone jusqu'à une distance de 1 650  mètres, est soumis aux servitudes propres à la troisième zone "Dritter Rayon".

La troisième zone "Dritter Rayon" comprend, dans toutes les places fortes, le terrain situé au-delà de la limite de la deuxième zone et jusqu'à une distance de 1 275  mètres.

Les zones intermédiaires "Zwischenrayon" se subdivisent en zones simples "Einfache" et zones rigoureuses "Strenge". La zone rigoureuse embrasse le terrain situé entre l'enceinte intérieure et une ligne menée à 75 mètres en avant. La zone simple commence au-delà.

Lors de l'établissement de nouvelles fortifications, les deux premières zones, les esplanades ou zones intermédiaires sont mesurées par le commandant de la place, avec le concours des agents de la police, en présence des autorités locales et des propriétaires. Les limites sont indiquées par des bornes.

A partir de ce moment, les terrains sont soumis aux servitudes indiquées dans la présente loi. Aussitôt après l'arpentage des zones  "Absteckung der Rayonlinie", le commandement doit établir un plan terrier (Rayonplan) et une matrice cadastrale « Rayon Kadaster » des zones. Le plan terrier donne la délimitation exacte des zones, la position et le numéro des bornes, ainsi que la nature et le genre d'exploitation des parcelles englobées.

La matrice comprend :

1° Les noms des propriétaires des parcelles.

2° La description de l'état des lieux, la date de l'établissement des bâtisses et constructions situées dans les deux premières zones et dans les zones intermédiaires.

3° Des notes sur les droits des propriétaires à une indemnité en cas de démolition. Etc.

En résumé, pour un fort détaché nous avons :

Un premier rayon jusqu'à 600 mètres autour du fort. Un troisième rayon, allant jusqu'à 1 650 mètres de la limite précédente.


Lundi 26 février 1872

 

Reichsland, nouvelles fortifications : application de la loi du « rayon de fortification » aux places fortes de Metz et de Strasbourg.

Sur la base de l'article 35 de la loi impériale concernant les restrictions apportées aux propriétés aux alentours des fortifications, du 21 décembre 1871 (Bulletin des lois impériales, 1871, n°51, paragraphe 459, bulletin de loi d'Alsace-Lorraine 1872, n°8, paragraphe 133),
nous portons à la connaissance du public que l'agrandissement des places fortes de Metz et de Strasbourg et la mise en application des servitudes est prévue. Berlin, le 26 février 1872. Le Chancelier d'empire Fürst v. Bismarck.


Samedi 2 mars 1872


Strasbourg, Festungs-Artillerie-Abteilung 11 : avis de recherche d'un déserteur.

Le canonnier Conrad Philipp Jacob Bürger de la 3e compagnie « 3. Compagnie hessischer Festungs-Artillerie-Abteilung Nr. 11 », né le 8 avril 1850 à Wiesbaden, c'est absenté le 26 février 1872, après-midi, de la caserne « Artillerie Kaserne » de Strasbourg, est n'est pas revenu jusqu'à présent et soupçonné de désertion. Toutes les autorités civiles et militaires sont priées de rechercher ce citoyen, et si nécessaire de l'arrêter et de le faire transporter ici. Strasbourg, le 29 janvier 1872. « Königliches Commando der hessischen Festungs-Artillerie-Abteilung Nr. 11 ». Signalement : taille 171 centimètres. Les effets militaires que l'intéressé à emmener : une vareuse « Waffenrock », un pantalon en toile bleue, une chemise de service « Diensthemd », une casquette de service « Dienstmütze », un foulard et un couteau à fascines de l'artillerie avec son fourreau.


Vendredi 8 mars 1872


Strasbourg, nouvelles fortifications : la presse allemande publie un article sur le projet.

Les journaux extérieurs à la ville ont écrit : « Comme nous l'avions déjà annoncé, la construction des nouveaux forts va bientôt commencer. En liaison avec ce remodelage des fortifications, il y a l'agrandissement de la ville, qui sera mené en même temps que les projets de nouveau canal et d'installations de voies ferrées. Les plans de ces projets sont examinés en ce moment par l'administration municipale, et en général ils devraient obtenir une approbation unanime. Que se projet prévu sur les plans prévoit de commencer par la construction des ouvrages de fortification dans un premier temps n'est pas surprenant ! Car c'est seulement lorsque les ouvrages de fortification chargés d'assurer la sécurité contre un bombardement de la ville seront achevés que l'on pourra démolir l'étroit corset de fortification qui enserre la ville. Les
chantiers pour les cinq forts détachés les plus importants, c'est-à-dire ceux de Wolfisheim, Niederhausbergen, Oberhausbergen et Reichstett sont désormais prêt, d'ailleurs les adjudications pour la construction de ces ouvrages ont été attribuées le 12 février 1872. Au cours des années suivantes, l'adjudication des autres forts sera réalisée, on parle d'ailleurs que ce sont 12 forts qui seront érigés et ils seront reliés entre eux par une ligne de chemin de fer. Naturellement la réalisation de tels ouvrages va mobiliser d'énormes moyens : ce sera l'occasion de vérifier si la fameuse pingrerie allemande est toujours d'actualité "deutsche Sparsamkeit". De temps en temps, ce système économique s'est avéré efficace, en arrivant à réaliser des ouvrages de fortification aux prix fixés sans surcoût. Les personnels concernés peuvent
être fier de ce résultat alors que l'on avait préconisé le contraire. L'administration civile a projeté la construction d'un canal de Strasbourg à
Lauterbourg ainsi que des travaux pour rendre le Rhin navigable en amont de Strasbourg, ce qui permettrait d'augmenter sa de défense et facilitera son agrandissement, et grâce à cette coopération la main dans la main que l'on a les meilleurs espoirs pour la sécurité et le développement de Strasbourg
 ».


Mardi 19 mars 1872


Strasbourg et Metz, nouvelles fortifications : la presse allemande publie un article sur les projets.

Article de presse de la Lorraine allemande. « La construction des forts de Strasbourg commencera bientôt à grande échelle, ceux de Metz - où il s'agit d'achever les travaux commencés par les Français en 1866 et 1867, et qui n'ont pas été achevés- sont menés avec vigueur depuis le début de l'année. Pour ce faire une idée sur le volume de ces travaux, les entrepreneurs qui ont reçu le droit d'exploiter des carrières de grès, font extraire chaque jour 100 charrettes de pierres de taille qui sont acheminées à partir des Vosges vers les chantiers avec le chemin de fer. De plus, on procède également à la reconstruction des maisons endommagées, alors qu'à Strasbourg, de nombreux bâtiments ne sont encore que des tas de gravats, mais peut-être que l'agrandissement de cette ville commencera bientôt. Mais également dans les autres villes, comme Mulhouse par exemple, où les chantiers de construction dureront de nombreuses années si bien que les salaires ont rapidement augmenté et sont d'ailleurs toujours à la hausse. Par contre rien n'a été décidé pour la construction de fortifications qui feraient le contrepoids face à Belfort, par contre il semble que les matériaux qui seront utilisés à Strasbourg ne viendront pas seulement de Phalsbourg mais également de Sélestat ». Remarque : la place forte de Sélestat n'est arasée qu'à partir de 1874. Jusqu'à présent nous  n'avons trouvé aucun document qui confirme l'utilisation des pierres de Sélestat pour les nouvelles fortifications de Strasbourg.


Vendredi 22 mars 1872


Strasbourg, citadelle : démolition des ouvrages extérieurs.

Le presse nous livre les informations suivantes : « On a commencé les travaux de démolition des murs de la citadelle ; et d'après ce que l'on peut juger comment les travaux ont été commencés, il semble que l'on veuille les achever rapidement. Deux lunettes ont déjà disparu c'est-à-dire celles qui s'avançaient le plus vers le Petit-Rhin. La terre enlevée sur place est utilisée pour le comblement des fossés, si bien que l'arasement correspond au nivellement. Sur une surface d'environ 400 m² nous avons dénombré au moins 200 ouvriers. On voit ici que les projets de transformation et d'agrandissement des fortifications sont vraiment pris au sérieux. Je vais d'ailleurs vous donner quelques prix concernant les terrains vendus à l'intérieur de la ville afin de vous persuader qu'il n'y a pas de spéculation à l'occasion de ce projet. Le prix des terrains a augmenté cinq fois en moyenne ; pour un jardin en face du Jardin Lips, qui a été acheté il y a quelques années pour 10 000 francs, il fallait récemment payer 60 000 francs. Une petite parcelle qui coûtait l'année dernière 1 200 francs, vaut actuellement 12 000 francs. En complément du projet d'agrandissement de notre ville, on projette la construction de quatre ponts sur l'Ill entre la Roberstau et la ville ».


Samedi 23 mars 1872


Strasbourg, porte des Juifs : fermeture de la porte pour le tir d'un feu d'artifice.

Le gouverneur militaire de Strasbourg, le « General-Lieutenant » von Hartmann a publié le communiqué suivant : La porte des Juifs « Judenthor » sera fermée et l'accès aux remparts sera interdit entre le « Judenthor » et la caserne Finkmatt « Finkmatt-Kaserne », le 23 mars 1872, de 19 heures à 21 heures, pendant le tir du feu d'artifice. Dans le nouvel Empire allemand, l'anniversaire de l'empereur Guillaume 1er est en sorte la fête nationale. Il est né le 29 mars, et à priori, pour des raisons pratiques, on reporte ces festivités au samedi 23 mars soir et à la journée du dimanche 24 mars 1872.


Dimanche 24 mars 1872


Reichsland : conseil de révision pour les futurs conscrits.

Communiqué. Conformément au § 2 relatif à l'introduction de la loi sur les obligations militaires « Reichs-Kriegs-Wesen » en Alsace-Lorraine du 26 janvier 1872, le conseil de révision « Musterung » des futurs conscrits ne se fera qu'après le 1er octobre 1872, et les jeunes gens appartenant aux autres états fédéraux, résidant au Reichsland, peuvent également remplir leurs obligations sur place. Les autorités de
recrutement des corps voisins, le 8ème (Rhénanie) et le 14ème (Grand-duché de Bade), ont été avisés sur la possibilité offerte au cas précédents, conformément au § 20, article 5 de l'instruction militaire « Militär Erlass-Instruction ». Les intéressés doivent se présenter auprès des autorités de recrutement locales pour mettre leurs papiers à jour.

Strasbourg : festivités de l'anniversaire de l'Empereur.

Strasbourg, 29 mars 1872. Les hautes festivités de la journée précédente ont également été célébrées ici. Une prise d'armes a été organisée la veille, le matin le réveil « Reveille », exécuté par trois corps de musique, pour commencer les festivités. Après l'office religieux officiel à la Cathédrale et à l'église Saint Thomas, une grande parade s'est déroulée place Broglie, au cours de laquelle son excellence le gouverneur de la place von Hartmann a porté un hurra à l'Empereur, auquel répondirent les spectateurs. Au cours de l'après-midi, un repas a été organisé pour les officiers n'appartenant pas à un régiment et pour les fonctionnaires, dans la salle des fêtes et la cour du « Englische Hof ». A cette occasion, Monsieur le président supérieur « Oberpräsident » von Möller, a fait le discours suivant : « Toute l'Allemagne, tout le peuple allemand jusqu'au-delà des océans, fête aujourd'hui l'anniversaire de sa majesté l'Empereur. Mille fois aujourd'hui on le remerciera d'avoir recréé l'Empire allemand, ce qui lui vaut le respect de tout le Monde. Même les Alsaciens fêteraient également aujourd'hui de tout leur cœur cette journée, s'ils s'étaient rapprochés un peu plus de l'Empereur. Ils le vénéreraient comme un grand seigneur, qui ne vit que pour ces devoirs envers son peuple, alors qu'il possède les meilleures valeurs humaines que l'on puisse posséder, et que dans son grand Empire, il n'oublie jamais le bonheur même du plus petit de ces sujets, etc. ».


Lundi 25 mars 1872


Réduction des projets des fortifications de Strasbourg.

Comité des ingénieurs. Section 3. Berlin, le 25 mars 1872. Expertise concernant la réduction des projets des fortifications de Strasbourg pour les forts II à VI. Rendu suite à la disposition du département royal général de la guerre (Allgemeinen Kriegs Departements) et de l'inspection
générale royale du corps des ingénieurs et des fortifications. Suite aux données fournies par le département général royal de la guerre, de la somme initiale de 10 millions de thaler pour les forts de Strasbourg, il ne reste plus que 7 millions de thaler, y compris pour l'acquisition des terrains, si bien qu'il est nécessaire de procéder à des réductions conséquentes sur le base des directives présentées ci-dessous, et d'autant plus qu'avec cette somme, il faudra également couvrir les coûts des batteries intermédiaires qui devaient être érigées en construction permanente. Le département royal a calculé en tenant compte de ces impératifs, que le montant maximum à accorder pour la construction d'un grand fort s'élève à 750 000 thalers au lieu des 1 million de thalers prévu initialement dans le projet, et de 500 000 thalers pour un petit fort.


Mercredi 28 mars 1872


Strasbourg : Tentative d'évasion avortée par un sapeur du 15e bataillon de pionniers.

Strasbourg, 29 mars 1872. Hier, un gardien de la paix « Schutzmann » voulait emmener une femme à la prison « Arresthaus », lorsque celle-ci sauta à l'eau par-dessus la courtine du pont. Elle a rapidement regretté cette audacieuse tentative d'évasion, puisqu'elle appela au
secours, et attrapa un objet tendu par le « Pionier » Wilhelm Matter, de la 2ème compagnie du 15. Pionier-Bataillon, qui la ramena rapidement à la rive. Elle a été accompagnée avec ces vêtements trempés par deux gardiens de la paix à la rue du Fil « Fadengasse », pour être mise au sec au « Neuen Thurm ».


Jeudi 29 mars 1872


Strasbourg : Cambriolage à l'hôpital militaire.

Strasbourg, 29 mars 1872.Comme nous l'avions déjà évoqué, on a essayé à plusieurs reprises de cambrioler l'hôpital militaire « Militär-Lazareth » au niveau du côté arrière « Rückfront ». Hier, il a été possible de retrouver la trace des cambrioleurs, et toute une famille, le père, les fils et même la belle-fille, ont été arrêté.


Mardi 2 avril 1872


Lutzelbourg : Augmentation du trafic sur le canal et projet de transporter les pierres des fortifications de Phalsbourg vers Strasbourg.

Du canton de Lutzelbourg, 2 avril 1872. Le 30 mars 1872, un feu de forêt s'était déclaré dans la forêt communale de "Büst", mais il a été circonscrit dès le début par les habitants. La circulation fluviale sur le canal est déjà très soutenue comme jamais, et cela risque encore d'augmenter puisque les pierres de taille prélevées lors de l'arasement des fortifications de Phalsbourg seront acheminées à Strasbourg pour servir de matériaux de construction pour la construction des nouveaux ouvrages de fortification.

Strasbourg : Projet de nouvelle gare centrale.

Strasbourg, 2 avril 1872. Le trafic voies ferrées augmente d'une façon incroyable. Pendant les jours fériés, le transport des passagers était difficilement maîtrisable. Afin d'améliorer le confort des voyageurs en direction de Barr, un guichet central sera érigé près de l'endroit du départ de ce train. D'autres constructions prévues au niveau de la gare, comme l'installation d'un second étage, ont été abandonnées, puisque l'on a conclu que le secteur de la gare était trop étroit, un terrain doit être acquis devant les fortifications entre les portes "Kronenburgerthor" et "Weissthurmthor", pour y installer une gare centrale adaptée au trafic.


Dimanche 7 avril 1872 (Pâques)


Strasbourg : Concert de la musique militaire du régiment IR 25.

Schiltigheim. Maison Rouge "Rothes-Haus", dimanche et lundi de Pâques, grand concert exécuté par la fanfare du « 1. Rheinische Infanterie-Regiment 25 » sous la direction du "Kappelmeister" Monsieur Manns. Début 15 heures, entrée 50 centimes.


Jeudi 11 avril 1872


Strasbourg : Déclaration de l'urgence de la construction des nouvelles fortifications dans le cadre de la procédure d'expropriation.

 « Nous Wilhelm, Empereur d'Allemagne et Roi de  Prusse par la grâce de Dieu, nous ordonnons pour l'Alsace-Lorraine au nom de l'Empire d'Allemagne, à la requête du Chancelier d'Empire et sur la base de la loi sur les expropriations pour le bien public du 3 mai 1841 (Bulletin des lois 9, série n°9285) et de la loi sur l'expropriation et de la réquisition  temporaire de bien privés dans le but de la construction urgente d'ouvrages de fortification du 30 mars 1831 (Bulletin des lois 9, série n°98), ce qui suit : Conformément à l'intérêt public de la nécessité urgente d'agrandir les fortifications de Strasbourg, conformément au plan qui nous est présenté, les autorités chargées des travaux peuvent, par cette ordonnance, acquérir les parcelles de terrain nécessaires par des expropriations. Avec notre haute signature manuscrite et le cachet impérial ; A Berlin, le 11 avril 1872. Signé Wilhelm ». Par ordre pour le Chancelier d'Empire, signé Delbrück. Ordonnance rendue publique, à Strasbourg le 17 avril 1872. Signé von Möller.

Metz : Déclaration de l'urgence de la construction des nouvelles fortifications dans le cadre de la procédure d'expropriation.

« Nous Wilhelm, Empereur d'Allemagne et Roi de Prusse par la grâce de Dieu, nous ordonnons pour l'Alsace-Lorraine au nom de l'Empire d'Allemagne, à la requête du Chancelier d'Empire et sur la base de la loi sur les expropriations pour le bien public du 3 mai 1841 (Bulletin des lois 9, série n°9285) et de la loi sur l'expropriation et de la réquisition temporaire de bien privés dans le but de la construction urgente d'ouvrages de fortification du 30 mars 1831 (Bulletin des lois 9, série n°98), ce qui suit : Conformément à l'intérêt public de la nécessité urgente d'agrandir les fortifications de Metz, conformément au plan qui nous est présenté, les autorités chargées des travaux peuvent, par
cette ordonnance, acquérir les parcelles de terrain nécessaires par des expropriations.
Avec notre haute signature manuscrite et le cachet impérial ; A Berlin, le 11 avril 1872. Signé Wilhelm ». Par ordre pour le Chancelier d'Empire, signé Delbrück. Ordonnance rendue publique, à Strasbourg le 17 avril 1872. Signé von Möller.

Strasbourg : Fermeture de la porte de Pierre pour des travaux de pose de conduites de gaz.

Communiqué du gouverneur militaire de Strasbourg, General-Lieutenant von Hartmann du « Kaiserliches Festungs-Gouvernement ». La porte de Pierres "Steinthor" est interdite aux attelages le jeudi 11 avril 1872, en raison de la pose de conduites de gaz.


Vendredi 12 avril 1872


Strasbourg : Construction des forts détachés.

Annonce parue dans la presse locale : « Pour les chantiers locaux de construction des forts nous recherchons des brouettes et des rails usagés mais en bon état. Les offres avec les prix doivent être déposées à l'adresse suivante : Pathe, Jerschke, Schneider, General-Entrepreneurs für das Fort Reichstett, Strasbourg "Rothes Haus" (Hôtel de la Maison Rouge) ».

Strasbourg : Construction des nouvelles fortifications.

Du canton de Schiltigheim, par le Niederrh. Kurier du 12 avril 1872 : « La construction des forts de Strasbourg n'a pas encore commencé et les terrains sur lesquels ils doivent être érigés ont été labourés et ensemencés comme d'habitude. Mais à causes de différentes raisons, on peut conclure que les travaux vont bientôt commencer. Le garde du génie "Wallmeister" qui est chargé de la surveillance des travaux des entrepreneurs, s'est installé à Mundolsheim avec sa famille. Il procède actuellement à dresser un plan détaillé des villages qui sont soumis aux servitudes du Rayon de fortification, et il a informé les propriétaires concernés qu'à l'avenir ils ne pouvaient plus ériger de constructions ni procéder à des réparations sur les constructions existantes sans en demander l'autorisation au service du génie. Le piquetage du chemin de fer de ceinture, qui doit relier les différents forts est terminé depuis quelques jours. Cette ligne qui dérivera de la ligne ouest au bas du fort de Mundolsheim, reliera le canal de la Marne au Rhin au canal de la Bruche, et elle servira au début au transport des nombreux matériaux de construction. Cette ligne aura une largeur de 16 mètres avec le fossé et sa clôture "Einfriedigung" ; elle coupera les belles terres au détriment des agriculteurs des environs de Souffelweyersheim, Mundolsheim, des trois Hausbergen et de Wolfisheim. En  conséquence, les exigences des propriétaires ne cessent de croître ».

Strasbourg : Construction des nouvelles fortifications.

Nouvelles locales et provinciales. Strasbourg le 12 avril 1872. De Strasbourg, d'après la « Spener'schen Ztg. » à propos de la construction des ouvrages de fortifications : « La ville doit être munie d'une ceinture de 18 forts distants en moyenne d'environ d'une lieu "Meile" de l'enceinte de la ville. Dans un premier temps la construction de 5 forts au nord-ouest va être commencée, et l'exécution de ces travaux à été adjugée à plusieurs consortiums de maître maçons. La construction de ces 5 premiers forts doit être complètement achevée au 1er avril 1875. Les plans délivrés aux entrepreneurs sont assez succins, la réalisation des dessins de détail reste à leur charge, bien que les plans délivrés soient déjà de grande qualité. Ces consortiums commencent à présent à ériger sur les emplacements des futurs chantiers un certain nombre de logements et même des cantines pour les colonies de travailleurs d'une capacité d'environ 800 à 1 000 personnes. Ces derniers
viendront essentiellement de l'ancienne Allemagne « Alt-Deutschland », puisque les Alsaciens ne veulent pas s'adonner librement à ces travaux. Seulement après l'achèvement de ces 5 forts que l'on commencera la construction des 13 autres, et là seulement, lorsqu'ils seront tous terminés, alors que le coût global est estimé entre 30 et 40 millions de Thaler, commencera la démolition des anciennes fortifications 
».

Remarque : on ne construira que 14 forts détachés autour de Strasbourg.


Mardi 16 avril 1872


Strasbourg : Construction du Fort II, Fort de Reichstett.

La presse locale nous livre quelques renseignements concernant l'extraction et la récupération des pierres de taille : « Strasbourg, 16 avril 1872. Comme nous venons de l'apprendre, la société chargée de la construction du fort de Reichstett a commencé l'extraction des pierres entre Saverne et Lutzelbourg, et elle va mener ces travaux à grande échelle. Cette même société a également entrepris avec la même vigueur l'arasement du bastion n°2 de Phalsbourg, si bien que cette fortification sera bientôt complètement démontée ».


Mercredi 17 avril 1872.


Strasbourg : Construction du Fort II, Fort de Reichstett.

Annonce parue dans la presse locale : « 1 000 maçons « Maurer » et tailleurs de pierres « Steinmetzen » trouvent immédiatement un emploi
bien rémunéré pour trois et plusieurs années sur les carrières de grès « Sandsteinbrüchen » de Saverne et de Lutzelbourg pour la construction du Fort de Reichstett.
Nous donnerons des lots des travaux de maçonnerie qui commenceront au début du mois de mai, ainsi que mes gigantesques travaux de terrassement, sous la forme de petits contrats de sous-traitance. Les entrepreneurs autorisés, qui souhaitent y participer avec un groupe de gens doués, auront de plus ample information auprès de la société de construction Pathe, Jerschke & Schneider à Strasbourg ».


Lundi 29 avril 1872


Strasbourg : Concession d'utilisation des herbages des terrains de fortification.

Communiqué. Les concessions d'utilisation des herbages pour une période de trois années, 1872, 1873 et 1874, sera mise aux enchères publiques le lundi 29 et en cas de besoin le mardi 30 avril 1872. Les séances commencent à 8 heures sur le rempart principal du bastion 1 "Bastion 1", près de l'écluse « Capuziner-Schleuse », les personnes intéressées, peuvent voir les parcelles concernées mercredi 24 après-midi, les gardes de fortification « Wallmeister » en ont été avisé. La répartition des parcelles est identique à l'ancienne administration ; la location de la première année est encaissée immédiatement, les modalités concernant les autres années seront communiquées le jour des enchères des concessions.

 

Mai 1872


Strasbourg : Corrections apportées à l'emplacement des forts détachés.

En mai 1872 le général von Biehler aurait apporté des corrections au piquetage sur le terrain de l'implantation des forts n°II à VII.


Vendredi 3 mai 1872


Strasbourg : Livraison de gravier à la société chargée de la construction du chemin de fer de ceinture.

Annonce parue dans la presse locale : « Gravier « Kies ». Pour la livraison d'une grande quantité de gravier à Wolfisheim, Reichstett et
Holtzheim, nous recherchons des livreurs efficaces.
Faites vos offres chiffrées par mètre cube livrés pour chaque site, et déposer les chez
Becker & Rauchert, entrepreneur de construction « Bauunternehmer », Broglie n°8
 ».


Mardi 14 mai 1872


Strasbourg : Vols sur les remparts de la ceinture urbaine de fortification.

Communiqué du gouverneur militaire le General-Lieutenant Von Hartmann « Kaiserliches Festungs-Gouvernement » : Suite aux vols répétés de matériels provenant des pièces d'artillerie mises en batterie ou stockée sur les remparts, j'ordonne et informe le public que l'accès aux remparts de la place forte n'est autorisé que sur le tronçon du rempart principal entre les portes Fischerthor et Steinthor. Les sentinelles « Posten » et les patrouilles de rempart « Wallpatrouilleurs » ont reçu pour consigne de chasser ou éventuellement d'arrêter toute personne qui pénètrerait dans cette zone des remparts et qui ne serait pas porteuse d'une autorisation d'accès du gouvernement de la place ou de la Commandantur. Strasbourg, le 11 mai 1872.


Samedi 18 mai 1872


Strasbourg : Installation d'écuries au profit du bataillon du Train.

Adjudication de l'installation d'écuries au profit de l'artillerie et du bataillon du train à Strasbourg, se déroulera le 18 mai 1872 à 11 heures, au bureau de la direction des travaux de la garnison « Garnison Bau-Direktion », Schiffleutstaden n°11. Les conditions particulières peuvent être consultées à ce même bureau et les offres doivent être envoyées sous pli cachetés portant la mention « Offerte für die Einrichtung der Pferdeställe für die Artillerie und das Train-Bataillon zu Strassburg » jusqu'à la date fixée. Strasbourg, le 6 mai 1872 « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

Strasbourg : Installation des stands de tir de l'Ochsenwörth.

Adjudication de l'installation de stands de tir au profit de la garnison de Strasbourg, sur l'Ochsenwörth, près de Strasbourg, pour un montant fixé à 39 120 francs, le 18 mai 1872 à 9 heures, au bureau de la direction des travaux de la garnison « Garnison Bau-Direktion », Schiffleutstaden n°11 ; ce rendez-vous a été fixé aux entrepreneurs, pour qu'ils présentent leurs offres sous pli cachetés portant la mention « Offerte für die Anlage der Schiessstände », a envoyer ou à porter pour la date fixée. Les conditions particulières peuvent être consultées à ce même bureau. Strasbourg, le 6 mai 1872. « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».


Mercredi 22 mai 1872


Strasbourg : Démolition des ruines de la caserne Finckmatt.

Pour les travaux de déblaiement des pierres de taille et la démolition des fondations restantes de la caserne Finkmatt, nous avons fixés un rendez-vous au 22 mai prochain, à 10 heures, au bureau de la direction des travaux de la garnison « Garnison Bau-Direktion »,  Schiffleutstaden n°11, où les entrepreneurs sont invités à présenter leurs offres sous pli cacheté portant la mention suivante « Offerte über Wegräumung des Bruchstein-Materials pp. der Finkmatt-Kaserne » avant le rendez-vous fixé. Strasbourg, le 10 mai 1872 « Kaiserliche
Garnison Verwaltung
 ».


Mercredi 29 mai 1872


Strasbourg : Chemin de fer de ceinture pour la construction des nouvelles fortifications.

Cherche travailleurs. 200 terrassiers et poseurs de rails, travailleurs consciencieux, qui trouveront un emploi pour une durée assez longue sur le chantier du chemin de fer de ceinture « Ringbahn », allant du canal de la Marne au Rhin « Marne Canal » à Souffelweyersheim, Mundolsheim, Oberhausbergen et Niederhausbergen, pour un très bon salaire. L'entrepreneur Rauschert & Becker.

Strasbourg : Convocations de déserteurs du régiments IR 47 au tribunal.

Avis de convocation publique "Oeffentliche Aufforderung" concernant les affaires suivantes : contre le "Musquetier" Ernst Traugott Menzel de la 6e compagnie du "2. Niederschlesischen Infanterie-Regiment Nr. 47", né le 25 décembre 1849 à Barbisdorf, arrondissement de Schönau ; contre le "Gefreiter" Jacob Beerbaum de la 10e compagnie du même régiment, né le 1er janvier 1850 à Vendenheim, canton de Brumath, pour désertion. Le "Musquetier" Ernst Traugott Menzel et le "Gefreite" Jacob Beerbaum convoqués à cette cession, sont condamnés en cas d'absence, à une amende de 50 à 100 Thaler et déclarés déserteurs.

Strasbourg : Concert de musique militaire du régiment IR 47.

Jardins Lips. Mercredi, 29 mai 1872, ainsi que tous les dimanches et mercredi. Grand concert militaire par la fanfare du "2. Niederschlesischen Infanterie-Regiment 47", sous la direction du chef de fanfare "Kappelmeister" A. Kraeling.

Thann : Bénédiction du drapeau du régiment IR 17.

Thann, 29 mai 1872. Comme nous le supposons, la bénédiction du drapeau décoré de la croix de fer du 2e bataillon de "Infanterie-Regiment Nr. 17" stationné ici, se déroulera vendredi prochain à 14h30 en ce lieu. Cette cérémonie sera suivie d'un spectacle pour lequel les officiers donnent rendez-vous dans les ruines du château.


Jeudi 30 mai 1872


Strasbourg, garnison : Intervention du génie pour contrer les inondations.

Kehl, 30 mai 1872. Le niveau du Rhin commence à baisser sérieusement et il retourne au fur et à mesure dans son lit et la population de la ville et du village de Kehl est soulagée des soucis qui pesaient sur elle. C'est grâce à des efforts conséquents qu'on a pu éviter l'écroulement de la digue juste en face de Kehl. Des deux Kehl, tout le monde était à pied d'œuvre. Les matériaux ont été amenés par des charrettes mais sur place, on peut regretter que les autorités techniques n'aient mis en place qu'un seul spécialiste de l'aménagement des digues "Dammmeister", qui était chargé de la mise en place des matériaux sur une distance de plus d'une demi-heure, et pour l'aider il ne disposait que des deux maires, puis ultérieurement du "Amtsvorstandt" Sonntag pour diriger les travaux ce qui représentait une tâche bien énorme. Suite à un ordre télégraphique qui a entraîné l'inspection des digues par Monsieur le lieutenant-colonel "Oberstlieutenant" Grund, qu'une compagnie du génie est arrivée de l'autre rive vers 15 heures, qui sous le commandement d'excellents officiers est intervenue rapidement et avec efficacité si bien qu'à l'arrivée de l'obscurité, l'essentiel du danger était écarté. Les parties les plus menacées de la digue étaient les emplacements des batteries lors du siège, ce qui a entraîné une fragilisation de l'ouvrage.


Vendredi 31 mai 1872


Strasbourg : Crue de l'Ile et du Rhin.

Strasbourg, 31 mai 1872. Crues de l'Ill et du Rhin. Comme d'habitude, le Rhin baisse plus doucement qu'il ne monte... Une complète dérivation des crues de l'Ill au profit de la ville de Strasbourg serait faisable en amont d'Erstein, où on a dérivé l'Ill vers le Rhin lors du siège de Strasbourg (près de Kraft).

Strasbourg : Exercice de tir d'artillerie au Polygone.

D'après un communiqué de la "15. Artillerie Brigade", des exercices de tir se dérouleront du 31 mai au 27 juin 1872, hormis les dimanches, sur le champ de tir du Polygone à Strasbourg. Il est porté à la connaissance du public que, pendant les tirs, les chemins traversant le champ de tir seront fermés. Strasbourg, le 27 mai 1872. "Polizeidirector" J.A. Manz.


Samedi 1er juin 1872


Strasbourg : Installation du chemin de fer de ceinture pour la construction des nouvelles fortifications.

Cherche travailleurs. 200 terrassiers et poseurs de rails, travailleurs consciencieux, qui trouveront un emploi pour une durée assez longue sur le chantier du chemin de fer de ceinture « Ringbahn », allant du canal de la Marne-au-Rhin « Marne Canal » à Souffelweyersheim, Mundolsheim, Oberhausbergen et Niederhausbergen, pour un très bon salaire. L'entrepreneur : Rauschert & Becker.

Strasbourg : Concert militaire au restaurant « Zum Lammle ».

Aujourd'hui, samedi soir du 1er juin : Concert militaire dans le jardin « Gartenwirtschaft » « Zum Lammle », Fegergasse Nr. 11. Entrée à partir de 19 heures. Entrée gratuite.

Strasbourg : Abonnement aux concerts militaires du régiment IR 25 au Tivoli.

Tivoli. Abonnements aux concerts du « Tivoli ». Jardin à concerts de l'ancien marché aux vins « Concertgarten des Alten Weinmarktes ». Le sousigné a l'intention, au cours des mois d'été de juin, juillet août et septembre, de donner des concerts pour les abonnés tous les mercredis dans le local nommé, dont la liste des abonnés est à présent ouverte. Par ailleurs des listes d'émargement sont disponibles au restaurant « Zum Alten Weinmarkt » et au « Tivoli ». Abonnement pour une famille : 10 francs ; Abonnement pour une personne : 5 francs ; valables pour tous les concerts d'abonnement. Nous vous y invitons cordialement. « Manns. Capellmeister im 1. Rhein. Inf.-Regiment Nr. 25 ».


Dimanche 2 juin 1872


Strasbourg : Installation du chemin de fer de ceinture pour la construction des nouvelles fortifications.

Cherche travailleurs. Sur le chantier du chemin de fer de ceinture allant du canal de la Marne au Rhin « Marne Canal » jusqu'à Souffelweyersheim, Mundolsheim, Oberhausbergen et Niederhausbergen, 200 terrassiers et poseurs de rails consciencieux, trouveront un emploi pour sur une période de longue durée et pour un très bon salaire, 3,50 francs par jour ou 4 à 5 francs pour un travail au rendement « Accord ». L'entrepreneur : Rauschert & Becker.

Strasbourg : Rappel des consignes pour le passage des portes.

Communiqué. Conformément à l'article 16 de l'arrêté du 30 août 1867, les attelages doivent rouler au pas lors du franchissement des
pont-levis des portes de la Ville. Les contrevenants seront sanctionnés conformément au paragraphe 366, alinéa 10 du code pénal « Strafgesetzbuch », par une amende allant jusqu'à 20 Thalers ou d'une peine d'emprisonnement allant jusqu'à 14 jours. Par ce communiqué nous appelons le public au plus strict respect de ce règlement, et nous soulignons que tous les contrevenants seront effectivement
sanctionnés. Strasbourg, le 28 mai 1872. Le directeur de la police. Back.

Strasbourg : Concert de la musique du régiment de Ulans n°15.

Schiltigheim "Rothes Haus". Dimanche 2 juin 1872, grand concert militaire du corps des trompettes du régiment de Ulans "Schleswigholsteinische Ulanen-regiment Nr. 15" sous la direction du "Stabstrompeter" (trompette-major) B.Schwesler. Après le concert, bal paré.


Lundi 3 juin 1872


Strasbourg : adjudication pour de nouvelles constructions de garnison.

Construction d'un hangar d'instruction « Übungs Schuppen ». Deux grands hangars « Schuppen » et un abri transportable « transportable Bude » doivent être construits sur le terrain d'exercice des pontonniers « Pontonnier Übungsplatz vor dem Kronenburger Thore » situé devant la porte de Saverne « Kronenburger Thor » ; ces travaux et la livraison des matériaux doivent seront adjugés. Les conditions particulières, début des travaux, coût maximum et les plans peuvent être consultés par les entrepreneurs au bureau du bataillon. Strasbourg, le 19 mai 1872. « Königl. Pionier-Bataillon Nr. 15 ».


Mardi 4 juin 1872


Strasbourg, garnison : Recherche de déserteur du bataillon du Train n°15.

Avis de recherche : le soldat du Train Christian Leuther du Train Bat. 15, originaire de Wallerode dans l'arrondissement de Malmedy, a été déclaré déserteur par le tribunal de guerre, le 28 ce mois. Strasbourg, le 1er juin 1872 "königl. Gericht des 15. Armee-Corps".


Jeudi 6 juin 1872


Allemagne, armée : Nouveaux insignes des brancardiers.

Un ordre de cabinet, en date du 6 juin 1872, décide qu'à l'avenir les brancardiers auxiliaires des corps de troupe, au lieu de porter le brassard de la convention de Genève (bande blanche et croix rouge), porteront au bras gauche une simple bande rouge. On sait que dans chaque compagnie quatre hommes étaient désignés pour faire le service de brancardiers auxiliaires et, en cette qualité, étaient couverts par l'insigne de neutralité qui vient d'être supprimé. Ces hommes, au lieu de marcher sans armes, à la gauche de leur compagnie, portaient le fusil et faisait le coup de feu quand ils n'avaient personne à transporter. De là des accusations de violation de la Convention de Genève. Ces accusations s'élevèrent non-seulement en France, mais même en Allemagne, et cela par l'organe des médecins militaires les plus éminents
(Loeffler, Beck et autres). C'est probablement pour rentrer dans la légalité que le gouvernement allemand a rendu l'ordonnance du 6 juin.


Jeudi 13 juin 1872


Alsace-Lorraine : Retour des Alsaciens venant des régiments français.

Presse locale, Strasbourg le 13 juin 1872. Tous les jours des hordes de jeunes Alsaciens, quittent leurs régiments en France et à Alger pour retourner au pays natal. Ceux qui cherchent du travail ont toutes les occasions de trouver un emploi bien rémunéré. Beaucoup d'entre eux sont à présent en activité dans les chemins de fer. Remarque : Est-ce la réalité ou de la propagande ?


Strasbourg, place forte :  Travaux des nouvelles fortifications.

Strasbourg le 13 juin 1872. On vient de publier dans le journal Niederrheinische Courrier, sur Hausbergen : Depuis plusieurs jours les travaux du chemin de fer de ceinture ont commencé ; sur la colline on a commencé à creuser un puit pour le fort et à ériger des baraquements pour les ouvriers. Les terrains destinés au fort sont débarrassés de leurs récoltes. Les propriétaires espèrent être indemnisés bientôt, puisque suite à l'expropriation le nouveau propriétaire vient d'en prendre possession. Précisions : les travaux que l'on vient de décrire concerne à priori le Fort IV, futur Fort Kronprinz.


Vendredi 14 juin 1872


France, Paris - Allemagne : Négociations pour un retour prématuré des troupes d'occupation allemandes.

Paris. La nouvelle transmise par les journauxlocaux et également par le Times que les négociations entamées avec l'Allemagne pour l'avancement de la date du départ des troupes d'occupation allemandes seraient à ces points avancés que l'Allemagne est prête à faire une
déclaration, n'est à notre avis pas fondée. Jusqu'à présent aucune déclaration n'a été faite à ce sujet par l'Allemagne.


Samedi 15 juin 1872


Strasbourg : Travaux d'aménagement à la caserne de la Porte des Juifs « Judenthor Kaserne ».

Adjudication, le 15 du mois, à 9 heures, concernant les travaux d'aménagement de la caserne « Judenthor Kaserne » au bureau de la « Garnison Bau - Direction », Schiffleutstrasse 11. Strasbourg le 4 juin 1872, « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

Strasbourg : Construction d'une écurie à la Nikolaus Kaserne.

Adjudication, le 15 du mois, à 10 heures, concernant l'aménagement d'une écurie pour le refroidissement des chevaux « Kühlstall » à la caserne « Nikolaus Kaserne » au bureau de la « Garnison Bau - Direction », Schiffleutstrasse 11. Strasbourg le 4 juin 1872, « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

Strasbourg : Travaux d'aménagement des caves à l'Artillerie Kaserne et la Nikolaus Kaserne.

Adjudication, le 15 du mois, à 11 heures, concernant l'aménagement de caves dans les casernes « Nikolaus Kaserne » (quartier Saint-Nicolas) et « Artillerie Kaserne » (quartier d'Austerlitz) au bureau de la « Garnison Bau - Direction », Schiffleutstrasse 11. Strasbourg le 4 juin 1872, « kaiserliche Garnison Verwaltung ».


Mardi 18 juin 1872


Strasbourg : Consignes du service des fortifications concernant l'enceinte urbaine.

Strasbourg, le 18 juin 1872. On vient de publier dans le journalNiederrheinische Currier, de Strasbourg : Suite à l'arrêté pris par le gouvernement impérial de la place « Festungsgouvernement », appuyé par un avis du gouvernement et du conseiller santé « Medicinalrath » Dr. Wassersuhr, le service des fortifications vient d'ordonner le 12 de ce mois, que pour des raisons de santé publique, tous les tas d'herbe en décomposition déposés dans les fossés des remparts doivent être enlevés par les personnes qui ont loués les droits d'herbage. Mais étant donné que ces derniers ne louent l'herbage que jusqu'à quelques distances du bord, puisque les rives couvertes de roseaux sont du ressort de ceux qui ont loué la pêche, nous leurs conseillons dans leur intérêt, de procéder à l'enlèvement des tas et au nettoyage des roseaux qui y
poussent massivement et qui bouchent généralement les fossés d'évacuation qui ne sont pas nettoyés.


Jeudi 20 juin 1872


Allemagne, armée : Le nouveau code pénal militaire.

L'introduction du nouveau code pénal militaire, sanctionné le 20 juin dernier, ainsi que des modifications conformes dans le domaine du droit pénal, dit le Reichsanzeiger, nécessitent une nouvelle rédaction des stipulations concernant les peines disciplinaires dans l'armée et des articles de guerre : les premières datent du 21 juillet 1867, et les derniers du 9 décembre 1852. En vertu d'un ordre suprême, ces stipulations et ces articles doivent être révisés et rédigés à nouveau ; et, à cet effet, une commission immédiate se réunira le 15 août au ministre de la guerre, à Berlin, afin d'unifier autant que possible la législation sur les peines disciplinairesdans l'armée allemande, lesquelles  présentent encore, à l'heure qu'il est, en Wurtemberg, surtout, maintes déviations des principes généralement mis en pratique. Cette commission, dont les travaux dureront trois ou quatre semaines sera composée du président, le lieutenant-général de Budritzky, commandant la 2e division d'infanterie de la garde, et de onze membres, dont un pour la Saxe, un pour le Wurtemberg et huit pour la Prusse (y compris les pays dont les contingents sont incorporés dans l'armée prussienne ». (Journal de Saint-Pétersbourg, 26 juillet - 7 août).


Samedi 22 juin 1872


Strasbourg : Visite du chef de l'inspection du génie.

Strasbourg, le 22 juin 1872. Son Excellence Monsieur le général "General-Lieutenant" von Kamecke est arrivé hier matin à 8h43 et est
descendu à l'hôtel "Englischer Hof".


Dimanche 23 juin 1872


Strasbourg : Construction du Fort II, Fort de Reichstett.

Fort Reichstett près de Strasbourg. 500 terrassiers sont embauchés immédiatement pour la construction du fort à Reichstett, un travail durable et rétribué par un bon salaire. La société de construction Pathe & Comp. Cette annonce a été publiée le 23, 24 et 27 juin 1872.

Lundi 24 juin 1872


Neuf-Brisach place forte : La place forte est classée en 2e ligne.

Ordonnance impériale « A.K.O. » du 24 juin 1872 reléguant la place en place forte de 2e ligne. D'après cet ordre de l'empereur Kaiser Wilhelm I : « la place devait être dotée de moyens mis en place ou planifiés pour résister à une attaque brusquée ». Une note complémentaire du GFM von Moltke précise la mission de la place : « La place forte doit rendre plus difficile l'action ennemie vers l'aval du Rhin, empêché tout franchissement ennemi du fleuve dans son rayon d'action, et facilité tous le franchissement de notre armée ».

Cologne « Köln » : Ordonnance impériale lançant l'extension de la place forte.

Ordonnance impériale « A.K.O. » du 24 juin 1872 ordonnant l'extension de la place forte de Cologne.


Jeudi 27 juin 1872


Strasbourg : Travaux des nouvelles fortifications.

Strasbourg le 27 juin 1872. Le journal de Vienne Neue Freihe Presse écrit d'ici : « Des forts qui doivent transformer notre ville en place forte de 1errang, depuis quelques temps les travaux de certains d'entre eux ont été pris à bras le corps, et plus précisément les deux, qui couronnent les Hausbergen, une croupe de terrain allongée fort imposante, situé environ sur la ligne entre Strasbourg et Saverne.

C'est seulement après l'achèvement des forts que l'on commencera l'extension de la ville qui est d'ailleurs fort attendue, une date surveillée par l'association de promotion de la construction « Bauverein » qui vient d'être créé. Cette association d'entre aide doit aider les familles dans l'acquisition des logements, en leur permettant de payer par fractions ces investissements. D'ailleurs, le manque de logements actuel sera bientôt résorbé, puisque dès cet automne on aura reconstruit la plupart des immeubles détruits lors du siège ».


Lundi 1er juillet 1872


Europe, alimentation des armées : Adoption de la marmite à vapeur comme appareil de coction dans quelques armées étrangères.

« Voulez-vous bâtir une Armée ? Commencez par le ventre, c'est là le fondement ». Avec cette citation de Frédéric-le-Grand comme épigraphe, le docteur Froelich, mécedin-major du corps d'armée saxon, publie un article sur la cuisson des aliments dans les appareils à vapeur comprimée (Deutsche Militairaerztliche Zeitschrift n°5 1872). Comme récemment, en France, par les expériences et des travaux publiés par la presse compétente, on a étudié l'application de ce mode de coction aux armées en campagne, il nous a paru intéressant de faire connaître les éléments que la presse militaire apporte aux débats de cette question. Commençons par constater,avec l'un des auteurs que nous analysons, que, depuis assez longtemps déjà ; la marmite de Papin, la marmite suédoise et plusieurs autres appareils analogues reposant tous sur le principe de la possibilité d'élever la température de l'eau à une température supérieure à 100°, sous une pression supérieure à 0,76 m, sont en usage dans la vie commune des peuples, qui comme les Anglais et les Américains, savent apprécier la valeur du temps.

En ce qui concerne l'emploi de ces appareils dans les armées, nous voyons d'abord, en Suisse, les médecins divisionnaires réunis en conférence, émettre le vœu d'adopter, pour la préparation des aliments de l'armée en campagne, la marmite de Papin ou tout autre appareil analogue (Bericht der divisionaertzlichen Conferenz an das Schweiz. Militaer-Departement (Berne 11-14 octobre 1871). La Russie, s'il faut en croire le Journal de la Médecine militaire allemande, serait également sur le point de décider de l'emploi de cet ustensile pour son armée.

Dans l'armée allemande, on propose de réunir une commission d'officiers de toutes armes, de médecins et d'employés du service des subsistances, à l'effet de statuer sur la question de savoir s'il y a ou non avantage à faire adopter par l'administration la marmite à vapeur, soit pour l'armée entière, soit pour certaines fractions, les lazarets principalement. En Austro-Hongrie, cette adoption est un fait accompli. Sur le nouvel état de l'équipement des ambulances, figure, comme appareil de coction, une marmite à vapeur d'un modèle spécial, imaginé par un ingénieur viennois, M. Beuerle. Cette mesure paraît même n'être qu'un essai, des résultats duquel dépend l'adoption des marmites à
vapeur sur une plus vaste échelle. Nous empruntons au travail du docteur Froelich la description de la marmite à vapeur.  La capacité varie selon le but auquel on utilise la marmite. La forme est doublement conique, avec fond convexe en dedans. L'appareil est construit avec de la tôle à chaudières, de 1 à 2 lignes viennoises d'épaisseur, et est revêtu à l'intérieur d'une fine couche d'étain. L'appareil résiste à une pression de 5 atmosphères (la pression à produire s'élève au plus à 2 atmosphères ½). Le couvercle est fixé sur la marmite à l'aide de quatre vis ; entre le couvercle et le bord de la marmite, on obtient une très exacte occlusion à l'aide d'un anneau en feutre, en chanvre, en caoutchouc ou en carton. Dans la masse du couvercle, se trouve une soupape d'un demi-pouce viennois de diamètre ; cette soupape, chargée d'un poids de 2,5 livres s'ouvre quand, dans la marmite, la pression dépasse d'une atmosphère la pression extérieure. Un arrêt qui traverse la soupape
permet de la maintenir fermée dans la marmite est éloignée du feu. Le prix d'une marmite ainsi construite, suffisante pour 8 personnes, se monte à 5 thalers ½. Pour faire servir l'appareil en campagne, Beuerle a fabriqué un trépied, lequel, muni de ses barres, suffit pour maintenir au-dessus du feu 4 marmites, d'une capacité de 22 litres d'eau chacune, d'un poids de 26 livres, et suffisantes pour 25 personnes. 8 marmites suffiraient pour un lazaret de campagne de la contenance normale de 200 malades ; 10 suffisent pour une compagnie de 250 hommes. Pour préparer les aliments à l'aide de cet appareil, il suffit de dévisser le couvercle, d'introduire dans la marmite la viande, le sel, etc., et de l'eau en quantité suffisante pour la faire affleurer à trois travers de doigt du bord ; l'espace qui reste est destiné à recevoir la vapeur. En employant une mesure viennoise d'eau pour 2 livres ½ de viande, on obtient un bouillon si chargé qu'il devient nécessaire de l'étendre d'eau. Quand l'eau, la viande et les condiments sont introduits dans la marmite, on applique sur le rebord l'anneau de feutre destiné à boucher hermétiquement l'appareil, on ferme le couvercle et l'on le visse sur le rebord. Quand le tout à été placé 15 à 20 minutes sur le feu, la vapeur commence à se produire, ce dont on s'assure en soulevant la soupape. On peut alors se contenter de chauffer modérément. La marmite ne sera ouverte qu'après complète coction de son contenu, ce qui dure en moyenne 1 heure ½. Quand on veut cuire la viande sans obtenir de bouillon, on la suspend dans l''intérieur de la marmite à l'aide d'un vase en fer blanc qu'on peut y adapter, et on y remplit d'eau le vase qu'au tiers de sa hauteur.  On en fait de même pour la cuisson des légumes. Pour le transport des aliments dans cette marmite, il suffit de fermer la soupape et d'envelopper l'appareil dans la paille, de l'étoupe, une couverture, etc.

Les avantages qui résultent de ce mode de coction sont les suivants :

1° La fermeture hermétique du vase préserve, en plein air, les aliments contre la poussière, la pluie, etc., et en facilite le transport ;

2° La coction s'obtient plus rapidement, et les aliments conservent leur température élevée ;

3° A l'aide de cette marmite, il est déjà possible de manger le bœuf après 1 heure ½ de coction, le mouton et le porc au bout d'une heure, des lentilles au bout de trente minutes, du riz au bout de 22 et des pommes de terre après 20 minutes de cuisson ;

4° Grâce à l'action exercée par la vapeur, il y a économie de 50% de combustible ;

5° La viande cuite dans la marmite à vapeur est plus succulente et plus tendre ; le bouillon est plus concentré et à meilleur goût.

L'auteur ne parle pas des inconvénients résultants, pour le transport du poids de ces appareils. Cette difficulté peut-elle être éludée ou les avantages de cet appareil en compensent-ils les défauts ? Nous l'ignorons. Toujours est-il que cette question mérite d'être étudiée, car la nourriture est la masure du travail ; pour obtenir du soldat les efforts les plus considérables possibles, il faut lui donner l'alimentation, la meilleure possible. « Deutsche Militairaerztliche Zeitschrift » n°5 de 1872.

Strasbourg : Travaux des nouvelles fortifications.

De l'Alsace le journal « Deutsche Presse » publié à Francfort a écrit sur les fortifications de Strasbourg : « Au Strasbourg, 1er juillet (1872). Au nord entre l'Ill et le Rhin l'enceinte de la ville, qui reliera à 3 kilomètres l'actuel front jusqu'au canal, sera avancée de telle façon, que les belles promenades entre la Robertsau et la place de la Robertsau seront incluses dans l'enceinte. C'est à cet endroit que l'on construira un port et canal, qui vient du Rhin et passe par Kehl, et permette un meilleur approvisionnement. A l'ouest, au-delà du front qui regarde vers la France, le côté qui nécessite naturellement une meilleure défense, la Prusse érige un vaste camp retranché « verschanztes Lager » qui peut accueillir une armée de 200 000 hommes, qui avec Strasbourg et cinq grands forts en forme d'étoile (sternformige Forts) qui seront érigés sur les points suivants, en commençant par le nord : le Fort Reichstett, à environ 8 kilomètres au nord-est de la nouvelle enceinte, qui contrôle face à l'ouest la route vers Lauterbourg et vers l'est le chemin de fer vers Paris et ultérieurement deux lignes de chemin de fer projetées dont l'une relie la ville et les forts et l'autre qui relie les forts entre eux. Plus au sud à environ 3 kilomètres de ce premier Fort
Reichstett où se trouve d'une part la route vers Wissembourg, et d'autre la grande ligne de voies ferrées vers Paris, le Fort  Souffelweyersheim, à un kilomètre au sud-ouest le Fort Niederhausbergen près de la grande route de Strasbourg à Bouxwiller et enfin, les ouvrages d'Oberhausbergen et de Wolfisheim qui commandent la route allant à Saverne, Paris et le canal de la Bruche. Les emplacements de ces cinq forts ont été astucieusement choisis. Tous dominent le terrain dans la plaine de Strasbourg, qui est située à une hauteur
de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le Fort Reichstett est à une hauteur de 150 mètres, celui de Souffelweyersheim a une hauteur identique, ceux de Niederhausbergen et d'Oberhausbergen respectivement à 191 et 173 mètres, et enfin celui de Wolfisheim à 160 m au-dessus du niveau de la mer. Le premier, situé au nord du camp retranché, s'appuie sur les marais de la Souffel, et le cinquième au sud, sur les bras confluents de l'Ill. Sur le Rhin, en passant par Kehl, il est toujours possible d'amener de l'aide de toute sorte en provenance
d'Allemagne
 ».


Mercredi 3 juillet 1872


Strasbourg : Construction des nouvelles fortifications de Strasbourg.

Un correspondant strasbourgeois de la Presse allemande de Francfort donne à ce journal des détails sur les nouvelles fortifications de Strasbourg ; ces renseignements sont reproduits par la Gazette de Strasbourg. Du côté de la France on construira un vaste camp retranché pouvant contenir 200 000 hommes et relié la ville par cinq forts ; le fort de Reichstett, à 8 kilomètres au nord de la nouvelle enceinte ; le fort de Souffelweyersheim ; le fort de Niederhausbergen ; celui de Oberhausbergen et celui de Wolfisheim. Le fort de Reichstett dominera la route de Lauterbourg et le chemin de fer de Paris ; celui de Souffelweyersheim dominera également cette dernière ligne ; celui de Niederhausbergen, la route de Bouxwiller ; les deux autres forts, la route de Saverne et le canal de la Bruche.


Jeudi 4 juillet 1872


France, troupes d'occupation allemandes : Plans de renforcement des troupes du territoire français en cas de problèmes.

On écrit de Darmstadt, 4 juillet 1872 : « Il a été prescrit à tous les Etats de l'Empire allemand, au cas où des complications se produiraient pendant l'occupation du territoire français, d'envoyer directement à Metz, et sans attendre aucun ordre, tous les officiers et hommes de troupe du Beurlaubtenstand, c'est-à-dire de la réserve et de la Landwehr, qui sont classés pour leur service militaire dans des sections de chemins de fer. Ils devront être arrivés quatre jours au plus tard après avoir reçu leur ordre. Ils voyageront par les trains de poste et de grande vitesse. S'ils n'ont pas d'argent pour payer leurs billets, afin d'éviter tout retard, les autorités locales sont autorisées à leur faire des avances ».


Vendredi 5 juillet 1872


Strasbourg : Construction du Fort III, Fort de Mundolsheim et chemin de fer de ceinture.

Mundolsheim, 5 juillet 1872. A propos du Fort de Mundolsheim, le journal allemand publié les informations suivantes : « Cet après-midi s'est déroulé une petite fête à l'endroit où le fort doit être érigé. Les officiers du génie de Strasbourg, en compagnie de leurs épouses et de différents civils, ont participés à la cérémonie de pose de la première pierre du fort. C'est pour cette raison que l'entrepreneur Uffinger c'est servi d'une truelle et d'un marteau en argent, que son père et son grand-père utilisaient déjà pour ce genre d'occasions. Après la pose de la première pierre vint le tour des vins, des toasts et des trois coups de marteau que chacun des participants à la cérémonie frappe sur la pierre. Les 300 ouvriers reçoivent un bon pour un litre de bière chacun. Cette cérémonie d'inauguration simple et exceptionnelle sera suivie d'une grande fête organisée à l'occasion de la pose de la première pierre du fort d'Oberhausbergen. Comme on dit : La garnison de Strasbourg doit exécuter diverses manœuvres si bien que le tonnerre des canons remplacera le silence légèrement troublé par le crissement des charrues qui règnent encore sur ces hauteurs. Les travaux du Fort de Mundolsheim sont menés avec vigueur. Plusieurs galeries de mines profondes ont déjà été installées ; une route pavée de moellons reposant sur un lit de gravier relie le fort à la route de Brumath. Le chemin de fer de ceinture est déjà en service entre le canal près de Reichstett et Niederhausbergen. Les énormes masses de matériaux qui arrivent
chaque jour par le canal à Reichstett sont facilement et très rapidement amenés à l'intérieur du fort
 ». Le fort de Mundolsheim est le Fort III, Fort Roon, ou actuel Fort Desaix.


Alsace-Lorraine : Projet de voyage de l'état-major général prussien en 1872.

La Strassburger-Zeitung, journal créé par la Prusse, et qui, d'après son sous-titre, contient les nouvelles officielles pour l'Alsace-Lorraine, enregistre celle-ci : « Mulhouse, 5 juillet (1872). D'après ce qui ressort d'un avis de la direction impériale de cercle (traduction possible de Kreisdirektion, c'est à dire direction d'arrondissement), publié dans le Sundgauer Boten, le voyage d'étude des officiers du grand état-major général aura lieu cette année, pendant la seconde moitié du mois d'août, dans la zone de Belfort-Colmar ».


Lundi 8 juillet 1872


Reichsland Alsace-Lorraine : Loi sur la répartition des indemnités de guerre versées par la France et utilisées pour la construction des nouvelles fortifications.

La loi du 8 juillet 1872, en vertu de laquelle l'indemnité de guerre payé par la France a été répartie, avait consacré une somme de 19 000 000 thalers (71 250 000 fr.) aux travaux de fortification à élever en Alsace-Lorraine. Sur cette somme, 3 750 000 fr. étaient réservés pour l'agrandissement de la ville de Strasbourg. Restaient donc, pour être employés à la construction de nouveaux ouvrages, 67 500 000 fr. La portion de ce crédit, à dépenser en 1872 et en 1873, devait s'élever à 51 181 875 fr. : un reliquat de 16 318 125 fr. restait donc disponible pour les exercices suivants et était destiné à compléter le système de défense de Strasbourg et de Metz, les gros œuvres devant être achevés grâce aux crédits consacrés aux années 1872 et 1873.


Jeudi 11 juillet 1872


Strasbourg : Généralités sur les travaux des nouvelles fortifications.

Strasbourg, 11 juillet 1872. La presse allemande a publié l'article suivant : « Au "Reichsland" (Terre d'Empire) on entreprend de grands travaux publics, on accélère l'installation des voies de chemin de fer tout comme les autres voies de communication, grâce auxquels le pays est déjà plus riche que la plupart des autres provinces allemandes, au niveau des installations déjà achevées ou celles qui sont projetées.

La fortification à grande échelle de la capitale de la Terre d'Empire est menée rondement et nécessite des sommes colossales pour réaliser une place d'armes qui lorsqu'elle sera achevée n'aura pas d'égal au monde. Elle est prévue pour une population de plus de 300 000 habitants, entourée par 16 forts détachés, qui sera également un camp retranché capable d'accueillir une armée forte de 200 000 hommes. Avec deux nouvelles gares, dont une gare centrale, une liaison par bateau à vapeur avec Mannheim et Rotterdam, sur le canal projeté du Rhin au Neckar ou sur le Rhin rectifié, Strasbourg voit son avenir avec confiance ».


Lundi 22 juillet 1872


Strasbourg : Arasement des fortifications de Phalsbourg et transport des matériaux vers Strasbourg.

La presse locale publie: "L'arasement de la place forte solide comme un roc de Phalsbourg est pour l'essentiel pratiquement achevé, bien qu'il faille compter encore quelques mois pour achever ce qui a été commencé. Ces travaux ont entraîné une pénurie d'eau dans la place, puisque la population de cette petite place enclavée était déjà obligée de chercher péniblement de l'eau à l'extérieur à cette période de l'année. Deux bataillons de "Braunschweiger" sont encore en garnison dans la ville. La population se montre très réticente à leur départ.

On peut encore signaler qu'une importante partie des maçonneries des fortifications qui ont été arasées, ont été transportées vers le canal près de Lutzelbourg à l'aide d'une voie ferrée spéciale et chargée dans les péniches pour être transporté à Strasbourg, où elle sera
employée pour la construction des nouveaux forts extérieurs. Les bâtiments de Phalsbourg endommagés lors du bombardement sont systématiquement remplacés par de nouvelles constructions".


Mardi 23 juillet 1872


Strasbourg et Metz, place forte : Travaux des nouvelles fortifications.

Metz, 23 juillet 1872. Les travaux sur les nouveaux forts avancent rapidement et les anciens forts sont pratiquement achevés. Lors de la construction de ces derniers, les Français n'ont pas été en mesure d'abandonner complètement le système Vauban, et quelques ouvrages qui avaient été construit sur de la terre argileuse, n'avaient pas de fondations assez solides et avaient souffert des pluies des dernières années, ce qui avait entraîné pas mal de dégâts et ils ont dû être fortement remaniés. Mais le corps du génie allemand a réussi à augmenter la résistance de tous ces ouvrages et de les adapter aux exigences du nouveau système de fortification. Des travaux encore plus importants sont menés actuellement à Strasbourg, et à Phalsbourg sont entreposées d'énormes masses de pierres provenant des fortifications locales, et qui n'attendent que le transport pour être employées aux travaux de construction. Depuis peu de temps, on a également érigé ici une nouvelle briqueterie - tuilerie et elle est d'ailleurs déjà en fonction, si bien que cet établissement est déjà en mesure de livrer les briques nécessaires à ces travaux.