Chroniques de l’année 1872

Dernière mise à jour : 25 novembre 2018

 

Introduction

Dans cette chronique j’ai rassemblé l’essentiel des informations relatives aux fortifications, à l’évolution des techniques civiles et militaires, à l’évolution des armées européennes et aux garnisons d’Alsace-Lorraine. Naturellement nous évoquons également quelques événements marquants du monde civil. Attention, de nombreux textes sont restés à l’état brut, c’est-à-dire tels qu’ils ont été publiés, et comportent quelques erreurs. Mais à travers la lecture de ce document, jour après jour, je vous invite à vous replonger dans l’ambiance et les évènements de cette année, marquée par le début de construction des forts de Strasbourg, le début de l’installation définitive des états-majors et services de la garnison de Strasbourg et la mise en place de l’administration de l’empire allemand en Alsace-Lorraine annexée. Certains mots ont été transcrits avec l’orthographe de l’époque.

 

1872 Divers

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction.

Dans cette rubrique je recense l’essentiel de l’activité de construction des fortifications en Europe. Elle permet de comparer les ouvrages érigés à Strasbourg à ceux qui ont étaient en construction à la même période. Certes, cette liste comporte certainement des lacunes, quelques erreurs ou dates de construction divergentes en fonction des sources. Toutefois elle permet en préambule de se faire une idée des zones géographiques où les différents pays portent leurs efforts pour la défense de leur territoire. Ces informations peuvent évoluer et être complétées par des informations analyses complémentaires. L’ensemble des informations est tiré des sources citées en fin de page et complétées par les relevés effectués sur le terrain.

 

Allemagne Front Nord & fortifications côtières

A la suite de la crise du Luxembourg, renforcement des fortifications côtières allemandes.

Fort Kugelbake (1869-1879), à Cuxhaven.

Fort Langlütjen I (1869-1875), à Gestemünde, galerie cuirassée de 9 x 21 cm Ringkanone L/22.

Fort Langlütjen II (1872-1880), à Gestemünde : 5 x 1 canons de 28 cm L/22 sous tourelle cuirassée individuelle et une tourelle de 2 canons jumelé de 15 cm L/23.

Fort Brinkamahof I (1867-1872), Gestemünde :10 canons de 21 cm L/22, par paires dans des positions à ciel ouvert.

 

Allemagne Front Ouest

 

Place forte de Köln (Cologne)

Ordonnance impériale du 24 juin 1872 relative à l’extension de la place forte.

 

Place forte de Metz

Après l’apparition en 1859 de l’artillerie rayée, qui permet un accroissement sensible de la précision, de la portée et de la puissance des tirs par l’adoption du projectile cylindro-ogival, le réaménagement des fortifications s’avère nécessaire. Il s’agit d’éloigner l’artillerie de l’assiégeant du noyau des places fortes par la construction de forts détachés et de batteries, qui sont éloignés de 2 à 10 km du noyau urbain, en fonction de la prise en compte des progrès de l’artillerie.

A Metz, ce n’est que vers 1867 que l’on commence les travaux de construction de forts détachés sous la direction du colonel Séré de Rivières, chef du Génie de la place de 1864 à 1869. Alors que la construction de 8 forts détachés avait été planifié, en juillet 1870, au déclanchement de la guerre franco-prussienne de 1870, seuls 4 forts détachés sont pratiquement terminés : les forts de Saint-Julien, Fort de Queuleu, Fort Diou et Fort de Plappeville. En mai 1870 on commence les travaux du Fort des Bordes, du Fort de Saint-Privat et du Fort de Saint-Eloy. Alors que ces derniers sont à peine commencés, ils ne servent que de batteries pendant le conflit. En effet dès le 19 août 1870 le maréchal Bazaine se laisse enfermer avec 170 000 hommes dans la place de Metz et assiégée, il capitule le 27 octobre 1870. Après la chute de la place forte de Metz, ce sont les Allemands qui poursuivront les travaux de construction de cette première ceinture de fortifications détachées. D’après certains auteurs, les travaux des 4 forts initialement construits par les Français ont été poursuivis dès l’année 1871 par les Allemands.

Le 11 avril 1872 une ordonnance impériale déclare l’urgence de la construction des fortifications de Metz pour permettre l’expropriation des terrains. D’après les informations révélées par la presse allemande, les travaux sur les divers chantiers des forts de Metz ont repris avec vigueur au printemps, dès le mois de mars 1872. Un autre article d’avril 1872 confirme que les travaux sont en cours notamment sur le futur Fort Goeben et Fort Manteuffel. Le 19 avril 1872 la presse nous informe que l’on vient d’adjuger des travaux de construction de deux nouveaux forts ; il s’agit du Fort Manstein qui sera installé sur le Mont Saint-Quentin et le Fort Prinz August von Württemberg près de Saint-Privat. D’autres articles du mois d’août 1872 nous confirment que les travaux sont menés avec vigueur sur ces nouveaux chantiers et que la construction du fort Manstein est fortement ralentie à cause de la présence de rocaille. 

Rive gauche de la Moselle

Fort Alvensleben (1867-1870 puis 1871-1875) actuel Fort de Plappeville. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapets d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge avec parapets d’artillerie.

Ostfort (1867-1870 puis 1872-1875) actuel Fort Diou. Intégré au groupe fortifié Feste Prinz Friedrich Karl actuel groupe fortifié du Mont Saint-Quentin. Le fort Diou est construit par les Français. Il est de forme trapézoïdale au tracé bastionné quadrangulaire (4 bastions), dont deux avec casemates d’artillerie, avec fossé sec taillé dans le roc, en partie maçonné. Artillerie disposée sur le tracé bastionné et sur un cavalier polygonal placé en équerre, avec caserne à 2 niveaux et un magasin à poudre. L’entrée est munie d’un pont-levis. Les Français avaient conçu le fort pour recevoir 38 pièces d’artillerie et 692 hommes. 1872-1879 : les Allemands installent à l’autre extrémité du plateau le Fort Manstein et organisent puissamment l’espace entre les deux forts pour former le groupe fortifié. Ils réaménagent du tambour couvrant l’entrée à la gorge avec un blockhaus de garde. 1887-1890 environ, renforcement d’une partie des locaux, installation d’une cloche lourde d’observation d’artillerie à priori du type « P.B.St. 1896 » au centre du cavalier central, monte-charge à munition avec panier rond et câble, cuisinières autoclaves, réseaux de fil, grilles défensives, coffres de contrescarpe avec chambres de tir munies de dispositif d’accrochage mural des canons-révolvers de 3,7 cm et volets blindés sur les créneaux de fusillade.

Fort Manstein (1872-1875) actuel Fort Gérardin, fort au tracé pentagonal, avec fossé sec taillé dans le roc sur le front et les flancs, caponnières du saillant et d’épaule, caserne de gorge avec caponnière et une petite caserne sur l’aile gauche de la gorge, casemates d’artillerie sous le rempart des faces, un grand magasin à poudre sous chaque flanc, abris-traverses sur les remparts. 1887-1894 renforcement partiel, 1 poste d’observation d’artillerie cuirassé type « P.B.St. 87 » de Gruson, 2 coupoles d’observation tournantes type « W.T.90 », 3 coffres de contrescarpe à la place des caponnières, un double au saillant et un simple à chaque angle d’épaule.

Rive droite de la Moselle

Fort Manteuffel (1867 puis 1871-1875) actuel Fort de Saint-Julien. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge. L’artillerie sur les parapets des fronts bastionnés est destinée à la défense rapprochée et au flanquement et celle du parapet du cavalier à la défense éloignée. L’ouvrage comporte une grande caserne de gorge avec caponnière sur la partie centrale et une caserne sous le centre du cavalier. Les Français avaient prévu un armement de 75 pièces d’artillerie et un effectif de 1 750 hommes. 1871-1890 les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charges à projectiles, traverses-abris, blindage des fenêtres. Vers 1887-1894 renforcement d’une partie des locaux du fort, batteries annexes de part et d’autre, mise en place de grilles et de réseaux de fils de fer.

Fort Goeben (1867-1870, puis 1871-1879) actuel Fort de Queuleu. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un vaste fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front large de 800 m et profond de 450 m, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie et d’artillerie. A la gorge une grande caponnière centrale relie les 2 casernes. Au centre du fort un important cavalier polygonal ouvert à la gorge formant réduit avec une grande casernes, magasins et abris, très surélevé, qui forme la batterie haute pour le combat éloigné. L’artillerie des parapets des bastions est dévolue pour le combat rapproché et le flanquement. Ce grand fort est prévu d’après les plans français pour 122 pièces d’artillerie et une garnison de 2 000 hommes. 1871-1879 les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charges à projectiles, traverses-abris, blindage des fenêtres, etc. Vers 1887-1894 renforcement d’une partie des locaux du fort, 2 observatoires d’artillerie cuirassé modèle 1887 « P.B.St.87 » sur le cavalier, 3 observatoires cuirassés tournants modèle 1890 « W.T.90 » sur la pointe de chaque bastion du front de tête, batteries annexes de part et d’autre et à la gorge, mise en place de grilles et de réseaux de fils de fer.

Fort Prinz August von Württemberg (début 1870 puis 1872-1875) actuel Fort de Saint-Privat. 1870 Construction des terrassements par les Français. 1872-1875 reprise des travaux par les Allemands selon leurs plans d’un Fort de type Biehler ; en août 1872 la presse précise que les travaux sont menés activement. Lunette élargie, à fossé sec, grand fort comportant une gorge pseudo bastionnée avec caserne brisée vers l’intérieur, 4 traverses-abris par face. Modernisé vers 1887-1890 suppression des caponnières d’épaule remplacée chacune par un coffre de contrescarpe simple et caponnière du saillant remplacée par un coffre double de contrescarpe, 2 batteries annexes, 2 observatoires cuirassés. Fort conçu pour 750 hommes et environ 44 pièces d’artillerie.

Enceinte urbaine

Französisches Thor porte des Français : avril 1872, aménagement des abords du porte de garde avec des arbres, chaises et bancs.

 

Place forte de Strasbourg

Les préparatifs des futurs chantiers de constructions des forts détachés de Strasbourg sont menés depuis l’année 1871. Il s’agit de l’implantation des emplacements des futurs forts détachés, des relevés de terrain et de l’établissement de la cartographie, ainsi que la publication des ordonnances impériales concernant la construction des forts du 17 novembre 1871 et l’autorisation de procéder aux expropriations, et enfin au début de l’année 1872, et le 12 février 1872 l’adjudication de la construction des cinq premiers forts sur la rive gauche du Rhin (en réalité 6 forts seront construits à partir de 1872) et l’ordonnance impériale du 11 avril 1872 relative à l’urgence de la construction des forts de Strasbourg pour permettre les expropriations conformément aux lois française du 3 mai 1841 et du 30 mars 1831. D’après les informations livrées par la presse, à Strasbourg, les travaux de préparation des chantiers commencent dès le mois d’avril 1872, avec le début d’extraction des pierres dans les carrières entre Saverne et Lutzelbourg ainsi que l’arasement des anciennes fortifications de Phalsbourg avec l’extraction des pierres qui sont ramenées à Strasbourg par le canal de la Marne au Rhin. Sur les chantiers ont creuse les puits et on prépare les accès ainsi que l’installation des colonies de travailleurs. Les travaux du premier fort détaché, le Fort de Reichstett, commencent en mai 1872. Dès le mois de juin 1872 on procède à l’installation d’un chemin de fer de ceinture sur la rive droite du Rhin, desservant les divers chantiers et le port de souffelweyersheim sur le canal de la Marne au Rhin et au sud à Illkirch le canal de Rhône au Rhin. Les divers chantiers de la rive droite commencent leurs travaux au fur et à mesure de la mise en service de cette ligne. Pour les anciennes fortifications de la ceinture urbaine, il s’agit de travaux de réparation et de simplification des ouvrages. Les ouvrages à corne de la citadelle sont arasés, et les ponts levis des portes sont supprimés. L’Allemagne a donné la priorité aux ouvrages de la rive gauche du Rhin, pour mettre la place de Strasbourg à l’abri avant l’évacuation complète des départements français occupés par l’armée allemande. 

Rive gauche du Rhin

Fort II, Fort Reichstett, Fort Moltke (mai 1872 – 1875) actuel Fort Rapp, construit par la société « Baugesellschaft Pathe, Jerschke & Schneider ». Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 6 + 5 + 5 + 6 casemates et des latrines à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par la caponnière double de saillant, les deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement des projectiles ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permet le franchissement du fossé de gorge ; système de contres mines sur les deux faces avec galerie enveloppe, magasins à poudre, latrines, comportant 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux par face. Vers 1877-1887 installation de 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de marine. 1887-1894 environ : renforcement de la partie centrale et de l’aile gauche de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par un coffre double de constrescarpe, renforcement de la poudrière du flanc gauche, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face gauche, et de deux batteries annexes avec abris à munitions (M1 & M2) reliés au fossé de gorge par une poterne.

Fort III, Fort Mundolsheim, Fort Roon (5 juillet 1872-1875), actuel Fort Desaix, construit par la société Uffinger. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 9 + 4 + 4 + 9 casemates et des latrines à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par la caponnière double de saillant, les deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central pour le franchissement du fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux par face. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 », une batterie annexe sur le flanc droit. 

Fort IV, Fort Niederhausbergen, Fort Veste Kronprinz (juillet 1872-1875) actuel Fort Foch, construit par la société Pathe - Jerschke - Schneider. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 11 + 4 + 4 + 13 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, les deux caponnières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux sur chaque angle d’épaule. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 », deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M23 et M24) reliés par une poterne au fossé de gorge.

Fort V, Fort Oberhausbergen, Fort Grossherzog von Baden (août 1872-1875) dénommé Fort Pétain en 1919 puis Fort Frère vers 1945, construit par la société August Pasdach & Compagnie. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 11 + 6 + 6 + 9 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux sur chaque angle d’épaule. Vers 1877-1887 installation de 4 canons de 15 cm fretté long sur affût de marine. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc gauche, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » sur la face gauche et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face droite, deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M30 et M31) reliés par une poterne au fossé de gorge.

Fort VI, Fort Wolfisheim, Fort Prinz Bismarck (août 1872 – 1875), actuel Fort Kléber, construit par la société August Pasdach & Compagnie. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 10 + 6 + 6 + 10 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux sur chaque angle d’épaule. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant et des caponnières d’épaule remplacées par une un coffre double de constrescarpe et deux coffres simples aux épaules, renforcement de la grande poudrière du flanc gauche, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, deux coupoles tournantes d’observation modèle « W.T.90 » un sur chaque face.

Fort VII, Fort Holtzheim, Fort Kronprinz von Sachsen (1872-1875). Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 6 + 5 + 5 + 10 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux sur chaque angle d’épaule. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » sur la face droite et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face droite, deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M30 et M31) reliés par une poterne au fossé de gorge.

 

Déclassement et démantèlement des anciennes fortifications

Place forte de Graudenz : en août 1872 la presse évoque un ordre de sursoir à tout travail de réparation à la suite du projet de déclassement.

Place forte de Kosel sur l’Oder : en août 1872 la presse évoque un projet de déclassement.

Place forte d’Erfurt : en décembre 1872 la presse évoque un projet de démantèlement. On a comméncé à déolir quelques ouvrages et à transférer le matériel à Magdebourg et à Coblence.

Place forte de Koblenz (Coblence) : par l’ordonnance impériale du 6 juin 1872, la place forte de Coblence est réléguée en place forte de 2e ligne.

Place forte de Rastatt : en août 1872 la presse évoque un projet de démantèlement qui est en cours de discussions.

Place forte de Metz : en mars 1872 la presse évoque le projet de démolition de la lunette devant le Bahnhofstor (Porte Serpenoise) dans le cadre de la construction de la nouvelle gare de Metz.

Place forte de Phalsbourg : démoition des ancienens fortifications avec comblement des fossés entre avril 1872 et juillet 1872.

Place forte de Bitche : en avril 1872 la presse annonce le projet de suppression des fortifications et de ne conserver que la Citadelle en tant que fort d’arrêt.

Place forte de Wissembourg : une commission mixte s’est rendue sur les lieux, à la fin du mois d’octobre 1872, pour étudier la question du démantèlement. En décembre 1872 la presse évoque un projet de démantèlement.

Place forte de Lauterbourg : une commission mixte s’est rendue sur les lieux, à la fin du mois d’octobre 1872, pour étudier la question du démantèlement. En décembre 1872 la presse évoque un projet de démantèlement.

Place forte de Strasbourg : en mars 1872 la presse annonce la démolition en cours des ouvrages extérieurs de la citadelle et le comblement des fossés.

Place forte de Sélestat : mai 1872 le colonel du génie Schott se concerte avec le conseil municipal pour le dérasement des remparts y compris les ouvrages extérieurs avec comblement des fossés dans un délai de trois ans.

Place forte de Neuf-Brisach : ordonnance impériale du 24 juin 1872 relègue cette place en place forte de 2e ligne.

 

Belgique

 

Place forte d’Anvers

Fort de Zwinjdrecht (1870-1880), également dénommé Fort Brosius ou Fort Kolonel I.M.F.

Fort de Kruibeke (1870-1880), également dénommé Fort Van Eopoel ou Fort Kapitaen.

Fort de Merksem (1871-1882).

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Langres

Fort de la Bonnelle (1869-1875) Fort Decrès.

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

 

Allemagne

1872 : Le fabriquant Hermann Gruson a construit en 1872, une coupole cuirassée en fonte dure.

1872 : Mise en service des nouveaux matériels d’artillerie suivants :

Mortier de 21 cm C/71 « 21-cm-Mörser C/71 ;

Canon de 15 cm frété (premier tube en acier) « 15-cm-Ringkanone » ;

Canon frété de 15 cm long sur affût de côte à pivot pour les batteries côtières « Lange 15 cm-Ringkanone in Pivotlafette für die Küste ». Il s’agit d’une pièce d’artillerie que l’on retrouvera ultérieurement sur les forts allemands.

1er janvier 1872 : Depuis le 1er janvier 1872, l’Allemagne emploie le système métrique, et le calibre des bouches à feu n’est plus désigné que par le diamètre de l’âme exprimé en centimètres. Mais pour faciliter la lecture des ouvrages militaires allemands écrits avant cette époque, on indique ici la valeur des mesures dont il y est fait usage. Longueurs et poids. L’unité de longueur qu’on trouve dans ces ouvrages est le pied du Rhin, valant 0,3138 m ; il est divisé en 12 pouces (‘’) et le pouce est divisé en cent centièmes ; les distances y sont généralement exprimées en pas de 2 pieds 4 dixièmes = 0,753 m ; 10 000 de ces pas font un mille prussien. L’unité de poids est la livre métrique adoptée en 1858 par le Zollverein allemand ; elle se divise en 30 loths, et 100 livres font un centner. Le calibre était le poids exprimé par un nombre rond de livres, du boulet en fonte pour les canons, et du boulet en pierre pour toutes les autres espèces de bouches à feu. Pour les canons, les calibres désignés dans ce système par les chiffres 3, 4, 6, 12, 24, 36, 72, 96 livres correspondent respectivement à ceux de 7, 8, 9, 12, 15, 17, 21, 24 centimètres, dans la nouvelle dénomination ; pour les mortiers, les calibres de 7, 25 et 50 livres correspondent à 15, 23 et 28 centimètres. L’artillerie prussienne comprend des bouches à feu de campagne, de siège, de place et de marine.

Juillet 1872 : une commission spéciale étudie les côtes de la Prusse entre Emden et Memel pour déterminer les mesures à prendre pour en assurer la défense.

Août 1872 : voyage d’état-major en Alsace présidé par le maréchal von Moltke, chef de l’état-major général de l’armée allemande.

Autriche-Hongrie

Octobre 1872 environ : Expériences sur un mortier rayé de 8 pouces (20,9 cm) en fonte se chargeant par la culasse. Les expériences commencées antérieurement sur cette bouche à feu, ont été continuées cette année. Les résultats obtenus, tant au point de vue de la précision du tir que des effets contre les abris blindés, ont été tout à l’avantage de cette pièce qui à pleinement justifié sa réputation. Au 4 octobre, une des bouches à feu, en essai, avait tiré 677 coups, avec des charges variant de 6 à 10 livres (3,360 kg à 5,600 kg) sans qu’on puisse reconnaître, sur la pièce elle-même, ou sur son affût, des dégradations sérieuses. L’affût en tôle, employé dans ces expériences, s’est montré bien supérieur à l’affût en bois qui, après 118 coups, avait été mis hors de service. Il sera, sans aucun doute, adopté d’une façon définitive après avoir subi de légères modifications destinées à rendre la manœuvre plus facile. Dans les différents tirs, les pénétrations obtenues avec des projectiles non chargés ont dépassé 70 pouces (1,80 m) et les ébranlements ont agi jusque sur les ciels des abris, tandis que les projectiles chargés, l’inflammation avait lieu avant qu’ils se fussent enfoncés complètement, et l’explosion ne pouvait produire tout son effet. Le comité a remédié à cet inconvénient, en modifiant convenablement la fusée. Pour corriger les dérivations et pointer, on se servait de deux appareils construits par les soins du comité et qui atteignent parfaitement le but. (Die Vedette).

21 décembre 1872 : essais du canon-révolver de Hotchkis au polygone de Steinfeld en Autriche-Hongrie. Il s’agit d’un modèle comportant six canons accolés du diamètre d’un pouce et demi avec obus explosifs.

France

Juillet 1872 : création du Conseil Supérieur de la Guerre qui va s’occuper de la réorganisation de l’armée française.

28 juillet 1872 : création du Comité de défense qui doit étudier l’installation de nouvelles fortifications pour boucher la brèche à la suite de l’annexion de l’Alsace et de la Moselle et remettre à niveau les autres fortifications.

5 août 1872 : première réunion du Comité de défense.

Grande-Bretagne

21 juin 1872 : expériences concernant la torpille’fusée à Shoeburyness, dont le résulat fut médiocre et les expériences avec le canon de 35 tonnes modifié qui ont paru satisfaisant. Exécution de tirs comparatifs entre les nouveaux canons anglais de 9 et d e16 livres et le canon de campagne prussien. Pour le tir des obus les canons anglais se sont avérés supérieurs cependant pour le tir de shrapnels se sont le canon prussien qui est supérieur.

Décembre 1872 : expériences d’artillerie à Plymouth, à la batterie Picklecombe. On a fait récemment à Plymouth une série d’expériences importantes, devant une commission présidée par le colonel du génie Inglis, et composée d’officiers d’artillerie et du génie. Ces expériences, exécutées à la batterie de Picklecombe, avaient pour but de constater pratiquement l’effet d’ébranlement produit sur les casemates de construction moderne à boucliers en fer, par le tir simultané de plusieurs canons de gros calibre, et d’apprécier la valeur des perfectionnements nouvellement introduits, pour faciliter le chargement ou la mise en batterie des canons : monte-charges, aménagement de magasins, mécanismes divers appliqués à la manœuvre ou au chargement des pièces. Picklecombe est une batterie à deux étages, construite en granit, briques et fer, avec bouclier en fer. Cet ouvrage, qui commande l’entrée occidentale du port de Plymouth, et qui n’est pas encore complètement armé, doit recevoir 32 pièces rayées se chargeant par la bouche, de 10 pouces (1,254 m, 18 tonnes), de 9 pouces (0,178 m, 7 tonnes). Les pièces qui servaient aux expériences étaient : au rez-de-chaussée, 3 canons de 0,254 m ; au premier étage, 3 canons de 0,229 m. Le champ de tir était limité de chaque côté, sur la mer, par des bouées portant pavillon bleu, tandis que les cibles, distinguées par des pavillons rouges, étaient disposées aux distances de 1 000, 2 000, 3 000, 4 000 yards (le yard est de 0,914 m). La première expérience a consisté à tirer dans l’obscurité trois coups à blanc avec chacun des canons de 10 pouces, afin de rechercher les dispositions à adopter pour éclairer les casemates pendant le tir de nuit. Le système de lanternes et de lampes à réflecteur qui avait été proposé, bien que satisfaisant dans une certaine mesure aux conditions du problème, à besoin d’être perfectionné. Dans les autres expériences, on tira les différentes pièces en faisant varier les charges et les hausses. Les deux dernières, septième et huitième, furent plus intéressantes. Dans la septième, on exécuta pendant dix minutes un feu à volonté avec les 6 pièces à la fois. Les charges de 31,700 kg pour les pièces de 10 pouces, et de 22,500 kg pour les canons de 9, étaient celles que l’on emploie dans le tir à courte distance pour percer les plaques (battering-charges) ; les projectiles étaient des obus Palliser. L’ébranlement qui, dans les précédentes expériences, était considérable, fut énorme dans la dernière ; mais l’ensemble de la construction présente tant de solidité, que rien ne bougea ni dans les boucliers, ni dans les maçonneries, et que tout le dommage se borne à la rupture de quelques carreaux d’une fenêtre de l’étage inférieur, située en arrière des grosses pièces. Les servants étaient protégés contre la flamme et la fumée, que le recul du canon ramène sur eux par l’embrasure, au moyen de masques en cordes imprégnés de chlorure de chaux. Les expériences ont permis de constater que les nouveaux affûts rendaient très facile la manœuvre des pièces, et que les monte-charges, placés pour élever les projectiles jusqu’à la bouche de la pièce, répondaient au but que l’on se proposait. En résumé, le résultat de ces essais doit être considéré comme satisfaisant. (Extrait du Times).

Italie

Décembre 1872 : La presse publie des renseignements concernant un canon de 38 tonnes : cette pièce du colonel Rosset aux proportions gigantesque d’un calibre supposé de 38 cm, a été coulée au grand arsenal de Turin. Il pèse 38 tonnes sans son affût. Le nouveau canon complètement terminé et équipé côute 70 000 francs.

 

Parution de livre et ouvrages divers ayant un rapport avec la fortification.

 

Berge : Mémoire sur la permanence de l'armement de défense et sur l'emploi des cuirasses métalliques dans les fortifications d'Anvers, Plymouth et Portsmouth ; Ch. Tanera, Paris, 1872.

Brialmont A. : La fortification à fossés secs ; 2 tomes, 1ère édition ; E. Guyot, Bruxelles, Paris, 1872.

Brialmont A. : La fortification improvisée ; Muquardt Merzbach, Falk Editeurs, 1872.

Collectif d’auteurs : L’artillerie au siège de Strasbourg en 1870 ; Notes recueillies par un officier d’artillerie suisse, Ch. Tanera, Paris, 1872.

Collectif d’auteurs : Le Spectateur militaire Troisième série, 26e volume, Paris, 1872.

Cosseron de Villenoisy : La fortification actuelle et les changements à y introduire, Dumaine, 1872.

Goeße, Adolph : Die Thätigkeit der deutschen Ingenieure und technische Truppen im deutsch-französischen Kriege 1870 - 71. Feldzug 1870 – 71 ; Ernst Siegfried Mittler und Sohn, Berlin, 1872.

Hohenlohe : Ideen über Belagerungen, Berlin, 1872.

Piron, F.-P-J : Le bombardement et la fortification moderne ; Ch. Tanera, Paris, 1872.

Prévost, F. : Les forteresses françaises pendant la guerre de 1870-71 ; Librairie de J. Dumaine, Paris, 1872.

Rochas d'Aiglun, Albert : Traité de fortification d'attaque et de défense des places par Philon de Bysance. Poliorcétique des Grecs, Ch. Tanera, Paris, 1872.

Stoffel : Rapports militaires écrits de Berlin 1866 – 1870 ; Garnier Frères, Paris, 1872.

Uhrich (général, ancien gouverneur de Strasbourg pendant le siège de 1870) : Documents relatifs au siège de Strasbourg ; E. Dentu, Paris, 1872.

 

Chronique de 1872

 

Mardi 9 janvier 1872

Strasbourg, citadelle : travaux de reconstruction sur la porte intérieure.

Le gouverneur militaire de Strasbourg, le général von Hartmann interdit le passage des attelages en raison des travaux de transformation de la porte intérieure de la Citadelle « innere Citadell-Thor ».

 

Vendredi 12 janvier 1872

Strasbourg, IR 126 : annulation d'un avis de recherche de déserteur.

Le régiment d'infanterie wurttembergeois n°126 « königliches würtenbergische 8. Infanterie-Regiment Nr. 126 » annule l'avis de recherche du 8 décembre 1871 concernant le fusillier Johannes E. de Mehrstetten près de Münsingen et l'avis du 22 décembre 1871 concernant le fusillier Christian Friedrich Hausch de Tübingen.

 

Samedi 13 janvier 1872

Strasbourg, citadelle : travaux de reconstruction sur la porte intérieure.

Le gouverneur militaire de Strasbourg, le général von Hartmann annonce que la reconstruction de la porte extérieure de la Citadelle et du pont qui la précède est achevée, si bien que le passage par la Citadelle est ouvert à ceux aux personnes munies d'une autorisation. La citadelle reste un domaine militaire où les civils ne peuvent accéder qu'avec une autorisation.

 

Mercredi 17 janvier 1872

Strasbourg, administration de garnison : adjudication pour la livraison de vaisselle.

L'administration de garnison procède à l'adjudication pour la livraison de vaisselle pour l'année 1872 au profit des casernes locales dont voici le détail : des poteries, de la faïences et de la vaisselle en verre, c'est-à-dire : environ 4 000 assiettes "Essnäpfe" ; environ 800 carafe à eau "Wassertrüge" (uniquement en poterie) ; environ 1 000 bassine à eau "Waschtrüge" ; de la vaisselle en faïence (en quantité limitée) ; de la vaisselle en verre (en quantité limitée).

 

Samedi 20 janvier 1872

Strasbourg, garnison : vol de tuiles sur un chantier de construction de baraquements militaires.

La presse locale publie le communiqué suivant : « Prime de 100 francs pour celui qui m'indiquera qui a enlevé les tuiles, fin novembre ou au cours des premiers jours de novembre (1872), qui étaient entreposées au niveau de la partie inférieure des baraquements militaires de la porte Blanche « Militärbaracken am Weissthurm-Thor ». Otto Back, Architeckt und Bau-Unternehmer, Strasbourg ».

Strasbourg, Train-Bataillon 15 : adjudication pour la livraison de bottes de cavalerie.

Le königliches Train-Bataillon Nr. 15, dont le bureau est à la Kalbgasse n°18, procède à l'adjudication concernant la réalisation d'environ 1 000 paires de bottes longues de cavalerie « langschäftige Cavallerie-Stieffeln » ; tout le matériel sera livré prédécouper.

Strasbourg, projet de nouvelles fortifications : recherche d'un lieu de stockage par un entrepreneur.

L'annonce suivante est parue dans la presse locale : « Recherche location d'un lieu de stockage près du canal et du chemin de fer. La location d'un lieu de stockage est recherchée à proximité de la voie de chemin de fer et du canal ». Nota : il s'agit de l'annonce d'un entrepreneur probablement en lien avec les futurs travaux de constructions des forts détachés de Strasbourg.

 

Dimanche 21 janvier 1872

Reichsland : mise en application de la loi allemande sur le service militaire.

Mise en application de la loi relative aux obligations militaires en Alsace-Lorraine : « Loi relative aux obligations militaires "Verplichtung zum Kriegsdienst". Nous Wilhelm, roi de Prusse par la grâce de Dieu, ordonnons au nom de l'Alliance de l'Allemagne du Nord après accord de la Diète "Bundesrathes" et du Reichstag, ce qui suit : (Traduction des principaux articles).

§ 1. Chaque Allemand du Nord "Norddeutsche" est soumis aux obligations militaires, et dans le cadre de l'exécution de ces obligations, il ne peut se faire remplacer. Sont exemptés des obligations militaires :

a) Les membres des familles régnantes ;

b) les membres des anciennes familles médiatisées "mediatisirten" de l'Empire et des soi-disant maisons, à qui on a assuré l'exemption des obligations militaires par des contrats, ou possèdent des titres de droits particuliers "oder auf Grund besonderer Rechtsplicht".

Les autres citoyens qui ne peuvent pas être appelés servir sous les armes, mais qui peuvent être appelés à d'autres services militaires, correspondant à leur profession civile, peuvent être également être appelés à faire leur service militaire.

§ 2. La puissance armée "bewaffnete Macht" est constituée de l'armée de terre "Heer", de la marine "Marine" et du "Landsturm".

§ 3. L'armée de terre "Heer" est réparti en :

1) L'armée de terre levée (d'active) "Stehendes Heer",

2) L'armée de terre de réserve "Landwehr",

La marine "Marine" est répartie en :

1) La flotte "Flotte",

2) La flotte de réserve "Seewehr".

L'armée de terre de réserve "Landsturm" est constitué de tous les hommes soumis aux obligations militaires à partir de l'âge de 17 ans révolu jusqu'à la fin de leur 42ème année, et qui n'appartiennent ni à l'armée de terre "Heer", ni à la marine "Marine".

§ 4. L'armée de terre levée "stehendes Heer" et la flotte "Flotte" sont en permanence prête au service de guerre "Kriegsdienst".

§ 5. L'armée de terre de réserve "Landwehr" et la flotte de réserve "Seewehr" sont destinées au soutien de l'armée de terre levée "stehendes Heer" et de la flotte "Flotte".

L'infanterie de l'armée de terre de réserve "Landwehr-Infanterie" formée en corps de troupe spécifiques de Landwehr "Landwehr-Truppenkörpern", pour la défense de la nation "Vaterland" en temps que réserve pour l'armée de terre levée "stehendes Heer".

Les hommes de troupe "Manschaften" des contingents les plus jeunes de l'infanterie de Landwehr "Landwehr-Infanterie" peuvent en cas de besoin, lors de la mobilisation, être employés dans des unités de remplacement "Ersatz-Truppentheile".

Les hommes de troupe de la cavalerie de l'armée de réserve "Landwehr-Cavallerie" peuvent, en temps de guerre et selon les besoins, être versé dans des corps de troupe particuliers "in besondere Truppenkörper".

Les hommes de troupes des autres armes peuvent, dès l'état de danger imminent de guerre "eintretender Kriegsgefahr", selon les besoins, être appelés sous les drapeaux de l'armée levée "stehendes Heer", et les hommes de troupe de la marine, versé dans la Flotte.

§ 6. Le service militaire obligatoire, dans l'armée de terre levée "stehendes Heer" ou dans la flotte, commence le 1er janvier, en règle générale, de l'année où s'achève sa vingtième année, et dure sept ans.

Pendant ses sept années, les hommes de troupe sont astreints à un service militaire actif au cours des trois premières années, sans interruption. La durée du service militaire actif est calculée de la manière suivante, pour que les hommes de troupe, qui ont été incorporés du 2 octobre au 31 mars, soit considérés comme étant entré au service actif à compter du 1eroctobre. La libération des hommes de troupe embarqués de la marine, peut être différée, si les circonstances l'exigent, jusqu'au retour effectif du navire dans un des ports de la Confédération. Pendant le restant du temps de leur sept années de service militaire, les hommes de troupe sont congédiés dans la réserve "zur Reserve beurlaubt", mais sont tenus aux ordres de mobilisation, en cas de nécessité de renforcer l'armée de terre, aux convocations annuelles pour les exercices, ou pour les armements de la flotte "Ausrüstungen der Flotte". Tout réserviste est, au cours de sa période d'affectation à la réserve, obligé de participer à deux exercices. Ces chacun de ces exercices, la durée de ceux-ci ne doit pas excéder huit semaines. Chaque convocation dans l'armée de terre ou dans la flotte compte comme un exercice.

§ 7. Les obligations militaires dans l'armée de réserve "Landwehr" ou la flotte de réserve "Seewehr" ont une durée de cinq ans. L'entrée dans la Landwehr ou Seewehr s'effectue après avoir satisfait aux obligations du service militaire dans le "stehenden Heer" ou dans la "Flotte". Les hommes de troupe de la "Landwehr" ou de la "Seewehr", qui ne sont pas convoqués, sont considérés comme étant en congé "beurlaubt".

Les hommes de troupe de l'infanterie de Landwehr peuvent être convoqués au sein de compagnie ou de bataillons particuliers, à deux reprises, à l'occasion d'exercices, d'une durée maximum de 8 à 14 jours. Les hommes de troupe des chasseurs "Jäger" et tirailleurs "Schützen", de l'artillerie, du génie et du train, s'entraîne de la même façon que l'infanterie, mais au sein des formations de ligne de leur arme d'origine. Les hommes de troupe de la cavalerie de la Landwehr ne sont pas convoqués en temps de paix.

§ 8. La mobilisation "Einberufung" de la réserve "Reserve", de l'armée de terre de réserve "Landwehr" et de la flotte de réserve "Seewehr",
est ordonnée par le chef des armées de la confédération "Bundesfeldherrn".
Les généraux commandants ordonnent les convocations :

a) pour les exercices annuels ;

b) quand une partie du territoire de la confédération "Bundesgebiet" est mis en état de défense "Kriegszustand".

§ 9 Le chef des armées de la confédération "Bundesfeldherrn" détermine chaque année, conformément aux prescriptions de la loi, le nombre de recrue à incorporer au profit de l'armée levée "stehendes Heer" et de la marine "Marine". L'ensemble des besoins en recrues est réparti au prorata de la population, par la commission de la Confédération pour l'armée de terre et les fortifications "Bundesausschuss für das Landheer und die Festungen", la commission identique pour les affaires maritimes "Bundesausschuss für das Seewesen", les différents états de la Confédération "Bundesstaaten". Lors des recensements de la population des différents états de la Confédération, ne sont comptabiliser que les étrangers résidant dans ces états sans hormis les membres des autres états de la Confédération. ............etc............

§ 19.   ....etc.

Pour l'application de cette loi, des directives particulières seront publiées par ordonnances. "Urkundlich unter Unter höchsteigenhändigen Unterschrift und beigedruckten Bundes-Insiegel". Ordonné à Berlin, le 9 novembre 1867.
Wilhelm.  Gr. v. Bismarck - Schönhausen.

Cette loi a été publiée dans les journaux n°28 et 53 de cette année, dans la rubrique des nouvelles officielles, et est applicable pour l'Alsace-Lorraine depuis le 21 janvier 1872 ».

Strasbourg, IR 25 : concert de musique militaire.

La presse locale annonce qu'un grand concert par l'orchestre du « 1. Rheinische Infanterie-Regiment Nr. 25 », sous la direction du chef d'orchestre Monsieur Manns se déroulera à l'Hôtel d'Angleterre le Dimanche 21 janvier 1872 à partir de 19h30. Entrée 60 centimes par personne.

 

Lundi 22 janvier 1872

Strasbourg, IR 25 : avis de recherche pour désertion.

Le « Füsilier » Mathias E., 11. Compagnie, 1. Rheinischen Infanterie-Regiment Nr. 25, né le 1er juin 1845 à Aachen, Kreis et Regierungsbezirck identique, a été déclaré déserteur et condamné à une amende de 50 Thaler lors des audiences du 17 au 22 janvier 1872
du tribunal militaire compétent. A Strasbourg, le 23 janvier 1872. « Königl. Gericht der 31. Division ».

Allemagne, Phalsbourg - Lutzelbourg garnison :

Vente aux enchères d’ustensiles du château de Lutzelbourg par l’administration de garnison.

Suite à la demande de l’intendance du XVe corps d’armée, le mercredi 22 janvier 1872 à 11 heures, l’administration royale de la garnison procède à une vente aux enchères de différents ustensiles de caserne, comme : tables, armoires, miroirs, bancs, échafaudages, poêles, etc., au château de Lutzelbourg, une vente au plus offrant contre règlement immédiat en liquide. Phalsbourg, le 6 janvier 1872. Königliche Garnison-Verwaltung. 

 

Mercredi 24 janvier 1872

Reichsland : convention additionnelle au Traité de Francfort relative à la nationalité et à l'option.

Convention additionnelle du traité de paix du 10 mai 1871, entre la France et l'Allemagne, signé à Francfort s. M. le 11 décembre 1871 : « Sa Majesté l'Empereur d'Allemagne, d'une part, et le Président de la République Française, d'autre part, ayant résolu, conformément à l'article 17 du traité de paix conclu à Francfort, le 10 avril 1871, de négocier une convention additionnelle à ce traité, ont, à cet effet, nommé pour leurs Plénipotentiaires, savoir :

Sa Majesté l'Empereur d'Allemagne, Monsieur Weber, conseiller d'Etat de Sa Majesté le Roi de Bavière etc. et le Président de la République Française, etc. lesquels après s'être communiqué leurs pleins pouvoirs, trouvés en bonne et due forme, sont convenus des articles suivants...

Cette convention concerne le délai pour les individus des territoires cédés entre la nationalité française et allemande, qui est allongée jusqu'au 1er octobre 1873, pour les personnes résidant hors d'Europe et les modalités pour les personnes résidant hors d'Allemagne. La convention précise également les modalités de payement des pensions qui sont désormais acquittées par le Gouvernement allemand. On évoque aussi les modalités pour les jugements prononcés par la justice française sur les territoires annexés, qui deviennent définitif. Il y a également une convention pour transférer d'un pays à l'autre les personnes condamnées à la prison, ou internées dans des établissements psychiatriques, et l'échange des casiers judiciaires.  

 

Samedi 27 janvier 1872

Strasbourg, projet de nouvelles fortifications : un entrepreneur recherche des associés pour les futures adjudications.

Paru dans la presse locale : « Un entrepreneur local de construction de fortifications souhaite dans le cadre de la participation à l'adjudication
proposée par le service impérial des fortifications de s'associer avec des spécialistes du métier.

 

Dimanche 28 janvier 1872

Schiltigheim : concert de l'orchestre du régiment IR 25.

Schiltigheim (Maison Rouge « Rothes Haus »). Dimanche 28 janvier : Grand concert joué par l'orchestre du 1. Rheinischen Infanterie-Regiment Nr. 25, sous la direction du chef de musique « Kapellmeister » Monsieur Manns. Début 15 heures. Entrée 50 centimes.

Strasbourg :concert de l'orchestre de l'IR 25.

Concert. Café Amsterdam (dans la grande salle). Dimanche, le 28 janvier : Grand concert « Großes Concert », joué par l'orchestre du 25. Infanterie-Regiment, sous la direction du chef de musique « Kappelmeister Manns ». Début le soir à 19h30. Entrée 50 cts. Müller, Schiffleutstaden N°9 (quai des Bateliers). N.B. La grande salle décorée avec élégance, est encore disponible en semaine pour être louée pour
des grandes assemblées.

 

Mardi 6 février 1872

Reichsland : article de la presse officielle et locale concernant l'instauration du service militaire en Alsace-Lorraine.

Voici une synthèse des arguments des autorités allemandes pour l'instauration du service militaire en Alsace-Lorraine. Le journal publie ici l'opinion des autorités allemandes. L'armée allemande n'a pas un besoin vital des 5 200 hommes levés chaque année dans le Reichsland ; Le service militaire allemand fait partie de l'éducation des jeunes allemands, en tant qu'école de la nation en armes "Schule der Nation in Waffen", et, étant donné que l'Alsace-Lorraine fait partie de cette nation, il est tout à fait normal que ses jeunes en profitent également ; Certains préconisaient d'attendre encore cinq ou six années avant d'instauré le service militaire dans le Reichsland : l'opinion allemande préfère que les jeunes générations rejoignent au plus vite cette école de la nation, pour clarifier leurs esprits et gagner leur confiance "die Köpfe zu klären, die Gemühter zu gewinnen" ; En résumé, afin d'accélérer le "prussianisation" des jeunes Alsaciens-Lorrains, il est urgent de les soumettent aux obligations militaires.

 

Mercredi 7 février 1872

Strasbourg, nouvelles fortifications : complément d'information du service des fortifications.

Le service des fortifications de Strasbourg « kaiserliche Fortification » publie au sujet de l'adjudication des forts II à VI à Strasbourg un complément d'informations. Les matériaux doivent être récupérer à Phalsbourg et dans les carrières de l'administration militaire et font l'objet d'une adjudication particulière, à laquelle pourront participer les consortiums, qui ont gagné l'adjudication de construction des forts du 12 de ce mois. Nous informons ces derniers que la construction d'une voie de chemin de fer de liaison permettra de transporter ces matériaux jusqu'aux chantiers. Pour l'adjudication future de l'exploitation de l'arasement de la place forte de Phalsbourg et pour l'éventuelle installation du chemin de fer de ceinture, aucune restriction n'est imposée, à part la nécessité de fournir des attestations de bonne exécution des contrats précédents délivrés par les autorités aux entrepreneurs. 

 

Vendredi 9 février 1872

 Strasbourg, nouvelles fortifications : proposition commerciale privée.

(Tuilerie / briqueterie de campagne « Feldbrand-Ziegelei ». Un maître doué dans la fabrication de briques offre toute quantité de briques avec ou sans livraison des matériaux au cours de cet été en fabrication sous le procédé de « Feldbrand ». Il entreprend aussi la seule cuisson des briques sous garantie. Les offres correspondantes sous B.H. poste restante à Eberfeld.

 

Lundi 12 février 1872

10H00 : Strasbourg, nouvelles fortifications : adjudication de la construction de 5 forts détachés.

Le service des fortifications de Strasbourg "Kaiserliche Fortifikation" organise une adjudication publique « Öffentliche Submission » pour la construction des forts détachés II à VI à Strasbourg (soit cinq forts à fossés secs) le 12 février 1872 matin, à 10 heures. Ils doivent être adjugés à l'entreprise proposant le meilleur prix la construction en « General-Entreprise » de cinq grands forts. Ces entreprises devront être formées de 3 à 4 maîtres maçons ou architectes "Baumeister", qui sont capables de déposer de bonnes références avant le 6 février 1872 à Strasbourg ; avec ces dernières il faudra prouver, que les intéressés ont déjà satisfait les autorités lors de la construction de grandes fortifications ou de grands bâtiments publics. Pour l'adjudication, un minimum de trois participants de chaque consortium est suffisant, auquel il faudra ajouter un quatrième si c'est un fort de classe 1 « Fort Erster Klasse » qui est adjugé. De grandes entreprises de travaux existant déjà, c'est-à-dire une société solide et bien organisée, qui s'allie à un bon maître maçon ou architecte « Maurer oder Bau-Meister », pourront également être candidates. Les conditions détaillées sont consultables au bureau local du service des fortifications, ainsi que la liste des prix, sur la base de laquelle tous les travaux ont été calculés. La fourniture de matériaux, les moellons et les pierres concassées, est assurée, et les entrepreneurs doivent prendre connaissance auparavant des conditions particulières, car cela aura une importance particulière sur les offres. De toute façon nous répondrons rapidement à toutes les questions. Les offres doivent être proposées individuellement pour chaque fort, car un consortium comportant trois à quatre associés ne se verra adjugé qu'un seul fort. Une entreprise de construction qui aura entre six et huit associés peut se voir adjugé deux forts, si elle est la moins chère. Pour un grand fort, il faudra environ : 240 000 m3 de terrassement et 160 000  m3 de maçonnerie. Pour un fort de taille plus petite, il faut environ 2/3 du volume précédent. La construction doit être achevée dans un délai de deux à trois ans, y compris l'installation intérieure et les travaux annexes. Les offres doivent être déposées sous plis bien cacheté comportant la mention « Offerte für die Forts bei Strassburg », au plus tard avant 10 heures du matin du jour de l'adjudication ; les offres ne sont acceptées que si elles sont exprimées en pourcentage, celles qui surpasse le prix proposé ne sont pas validées.  On n'a malheureusement pas d'informations à propos du résultat de cette adjudication. Toutefois, quelques noms d'entreprises apparaissent au travers des différentes annonces parues dans la presse, bien que le risque d'avoir affaire à un sous-traitant persiste.

 

Jeudi 15 février 1872

Strasbourg, nouvelles fortifications : Le projet de construction de nouvelles fortifications présenté au conseil municipal.

Le journal « Karlsruher Zeitung » écrit sur Strasbourg : « Au cours de ces derniers jours, Monsieur le maire de la ville a présenté officiellement au conseil municipal les renseignements fournis sur le projet de construction des nouvelles fortifications ainsi qu'une carte, sur laquelle est représentée le projet d'extension de la ceinture urbaine sur le front nord. Sur cette même carte est représenté un port, qui est relié à l'Ill par un canal, et desservi par un embranchement de voie ferrée. De plus, le projet à long terme de canal Strasbourg - Lauterbourg ainsi que la liaison avec le canal du Rhône au Rhin est esquissé sur ce plan. Ce plan comporte également un réseau de rues et de places publiques. Le conseil municipal doit statuer sur la direction projetée des rues ».

 

Mercredi 21 février 1872

Strasbourg, nouvelles fortifications : Réduction des projets des fortifications.

Dans les directives de l'inspection générale royale du 21 février 1872, signées par général von Biehler, les restrictions demandées sont encore plus importantes, comme avec les fonds prévus il faut également financer la construction de la route de liaison entre les forts eux-mêmes et l'enceinte, ainsi que les lignes télégraphiques. En tenant compte de ces nouvelles directives, les projets de construction doivent être revues à la baisse pour respecter les montants maximums suivants :

Pour un grand fort, de 550 000 à 560 000 thalers ;

Pour un petit fort, de 450 000 à 460 000 thalers.

Voici les directives particulières fixées par l'inspection générale et le département général de la guerre concernant les modifications à apporter au projet :

1). Réduction des effectifs de l'infanterie en tenant compte du fait que les personnels de l'artillerie de forteresse, qui sont équipés d'un fusil, peuvent également être employés pour une mission d'infanterie ;

2). Limitation par le service des fortifications des demandes de l'officier de la place, qui concernent la surface des locaux pour le stockage des réserves etc., de même que ceux de l'artillerie de forteresse et du service des fortifications ;

3). Réduction des capacités de stockage des magasins à poudre, et construction d'un seul laboratoire au lieu de deux prévus initialement ;

4). Remplacement du revêtement de l'escarpe par un mur d'escarpe détaché ;

5). Réductions éventuelles des locaux de stockage des vivres en prenant comme base de calcul une réserve de 6 semaines ;

6). Procéder à une modification structurelle du bâtiment en regroupant tous les locaux d'habitation en un corps de casemate à 2 étages au niveau de la gorge. A cela s'ajoute d'autres mesures que comme la réduction de l'effectif de l'infanterie.

Reichsland, fortifications : entrée en vigueur en Alsace-Lorraine de la loi concernant les restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresse.

Loi du 21 février 1872, relative à l'introduction et à l'application en Alsace-Lorraine de la loi impériale du 21 décembre 1871, concernant les restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresses. Le champ d'application de la loi impériale du 21 décembre 1871, concernant les restrictions à la propriété aux alentours des forteresses, sera étendue à l'Alsace-Lorraine à partir de sa date de publication. Signé et muni par du sceau impérial, à Berlin, le 21 février 1872. Wilhelm et Fürst von Bismarck. Voici quelques détails concernant cette loi.

Loi relative aux restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresses.

Le droit de propriété, sis à proximité d'ouvrages de fortifications existants ou à construire, est soumis à des restrictions permanentes énoncées dans la présente loi. Après avoir constaté la nécessité de ces restrictions, le terrain situé aux environs des fortifications est divisé en trois zones portant la dénomination suivante : « Erster, zweiter, dritter Rayon » (Premier, deuxième, troisième rayon).

Dans les forteresses qui ont plusieurs lignes de fortification, le terrain, compris entre deux lignes de fortification, constitue une zone intermédiaire dénommée « Zwischenrayon ». Dans les places munies d'une citadelle, le terrain, frappé de servitude en avant des ouvrages des fronts de la ville, prend le nom « Esplanade » (esplanade). Les rayons des zones se mesurent à partir des angles saillants du chemin couvert de la crête de glacis, de la crête du talus de contrescarpe ou, en l'absence de fossé, de la ligne de feu des parapets ou du pied du mur crénelé.

La première zone "Erster Rayon" embrasse :

1° dans toutes les places fortes et dans les forts détachés à construire, un espace de 600 mètres ;

2° dans les forteresses bâties le long d'un cours d'eau et dont la gorge est fortifiée, l'espace compris entre cette gorge et la berge.

La deuxième zone "Zweiter Rayon" comprend le terrain sis entre la limite de la première zone et une ligne située à 375  mètres en avant.

Les forts détachés n'ont pas de deuxième zone, mais le terrain, qui s'étend depuis la limite de la première zone jusqu'à une distance de 1 650  mètres, est soumis aux servitudes propres à la troisième zone "Dritter Rayon".

La troisième zone "Dritter Rayon" comprend, dans toutes les places fortes, le terrain situé au-delà de la limite de la deuxième zone et jusqu'à une distance de 1 275  mètres.

Les zones intermédiaires "Zwischenrayon" se subdivisent en zones simples "Einfache" et zones rigoureuses "Strenge". La zone rigoureuse embrasse le terrain situé entre l'enceinte intérieure et une ligne menée à 75 mètres en avant. La zone simple commence au-delà.

Lors de l'établissement de nouvelles fortifications, les deux premières zones, les esplanades ou zones intermédiaires sont mesurées par le commandant de la place, avec le concours des agents de la police, en présence des autorités locales et des propriétaires. Les limites sont indiquées par des bornes.

A partir de ce moment, les terrains sont soumis aux servitudes indiquées dans la présente loi. Aussitôt après l'arpentage des zones  "Absteckung der Rayonlinie", le commandement doit établir un plan terrier (Rayonplan) et une matrice cadastrale « Rayon Kadaster » des zones. Le plan terrier donne la délimitation exacte des zones, la position et le numéro des bornes, ainsi que la nature et le genre d'exploitation des parcelles englobées.

La matrice comprend :

1° Les noms des propriétaires des parcelles.

2° La description de l'état des lieux, la date de l'établissement des bâtisses et constructions situées dans les deux premières zones et dans les zones intermédiaires.

3° Des notes sur les droits des propriétaires à une indemnité en cas de démolition. Etc.

En résumé, pour un fort détaché nous avons :

Un premier rayon jusqu'à 600 mètres autour du fort. Un troisième rayon, allant jusqu'à 1 650 mètres de la limite précédente.

 

Lundi 26 février 1872

 Reichsland, nouvelles fortifications : application de la loi du « rayon de fortification » aux places fortes de Metz et de Strasbourg.

Sur la base de l'article 35 de la loi impériale concernant les restrictions apportées aux propriétés aux alentours des fortifications, du 21 décembre 1871 (Bulletin des lois impériales, 1871, n°51, paragraphe 459, bulletin de loi d'Alsace-Lorraine 1872, n°8, paragraphe 133), nous portons à la connaissance du public que l'agrandissement des places fortes de Metz et de Strasbourg et la mise en application des servitudes est prévue. Berlin, le 26 février 1872. Le Chancelier d'empire Fürst v. Bismarck.

 

Vendredi 1er mars 1872

Allemagne, place forte de Neuf-Brisach :

Germanisation des noms de rues.

Neuf-Brisach. 1er mars 1872. Sur ordre du ministre de la Guerre, les ouvrages de fortification et les bâtiments militaires ont reçu désormais une dénomination en langue allemande. Les noms des rues seront également renommés en allemand.

 

Samedi 2 mars 1872

Strasbourg, Festungs-Artillerie-Abteilung 11 : avis de recherche d'un déserteur.

Le canonnier Conrad Philipp Jacob B. de la 3e compagnie « 3. Compagnie hessischer Festungs-Artillerie-Abteilung Nr. 11 », né le 8 avril 1850 à Wiesbaden, c'est absenté le 26 février 1872, après-midi, de la caserne « Artillerie Kaserne » de Strasbourg, est n'est pas revenu jusqu'à présent et soupçonné de désertion. Toutes les autorités civiles et militaires sont priées de rechercher ce citoyen, et si nécessaire de l'arrêter et de le faire transporter ici. Strasbourg, le 29 janvier 1872. « Königliches Commando der hessischen Festungs-Artillerie-Abteilung Nr. 11 ». Signalement : taille 171 centimètres. Les effets militaires que l'intéressé à emmener : une vareuse « Waffenrock », un pantalon en toile bleue, une chemise de service « Diensthemd », une casquette de service « Dienstmütze », un foulard et un couteau à fascines de l'artillerie avec son fourreau.

 

Vendredi 8 mars 1872

Strasbourg, nouvelles fortifications : la presse allemande publie un article sur le projet.

Les journaux extérieurs à la ville ont écrit : « Comme nous l'avions déjà annoncé, la construction des nouveaux forts va bientôt commencer. En liaison avec ce remodelage des fortifications, il y a l'agrandissement de la ville, qui sera mené en même temps que les projets de nouveau canal et d'installations de voies ferrées. Les plans de ces projets sont examinés en ce moment par l'administration municipale, et en général ils devraient obtenir une approbation unanime. Que ce projet prévu sur les plans prévoie de commencer par la construction des ouvrages de fortification dans un premier temps n'est pas surprenant ! Car c'est seulement lorsque les ouvrages de fortification chargés d'assurer la sécurité contre un bombardement de la ville seront achevés que l'on pourra démolir l'étroit corset de fortification qui enserre la ville. Les chantiers pour les cinq forts détachés les plus importants, c'est-à-dire ceux de Wolfisheim, Niederhausbergen, Oberhausbergen et Reichstett sont désormais prêt, d'ailleurs les adjudications pour la construction de ces ouvrages ont été attribuées le 12 février 1872. Au cours des années suivantes, l'adjudication des autres forts sera réalisée, on parle d'ailleurs que ce sont 12 forts qui seront érigés et ils seront reliés entre eux par une ligne de chemin de fer. Naturellement la réalisation de tels ouvrages va mobiliser d'énormes moyens : ce sera l'occasion de vérifier si la fameuse pingrerie allemande est toujours d'actualité "deutsche Sparsamkeit". De temps en temps, ce système économique s'est avéré efficace, en arrivant à réaliser des ouvrages de fortification aux prix fixés sans surcoût. Les personnels concernés peuvent être fier de ce résultat alors que l'on avait préconisé le contraire. L'administration civile a projeté la construction d'un canal de Strasbourg à Lauterbourg ainsi que des travaux pour rendre le Rhin navigable en amont de Strasbourg, ce qui permettrait d'augmenter sa de défense et facilitera son agrandissement, et grâce à cette coopération la main dans la main que l'on a les meilleurs espoirs pour la sécurité et le développement de Strasbourg ».

 

Mardi 19 mars 1872

Strasbourg et Metz, nouvelles fortifications : la presse allemande publie un article sur les projets.

Article de presse de la Lorraine allemande. « La construction des forts de Strasbourg commencera bientôt à grande échelle, ceux de Metz - où il s'agit d'achever les travaux commencés par les Français en 1866 et 1867, et qui n'ont pas été achevés- sont menés avec vigueur depuis le début de l'année. Pour ce faire une idée sur le volume de ces travaux, les entrepreneurs qui ont reçu le droit d'exploiter des carrières de grès, font extraire chaque jour 100 charrettes de pierres de taille qui sont acheminées à partir des Vosges vers les chantiers avec le chemin de fer. De plus, on procède également à la reconstruction des maisons endommagées, alors qu'à Strasbourg, de nombreux bâtiments ne sont encore que des tas de gravats, mais peut-être que l'agrandissement de cette ville commencera bientôt. Mais également dans les autres villes, comme Mulhouse par exemple, où les chantiers de construction dureront de nombreuses années si bien que les salaires ont rapidement augmenté et sont d'ailleurs toujours à la hausse. Rien n'a été décidé pour la construction de fortifications qui feraient le contrepoids face à Belfort, par contre il semble que les matériaux qui seront utilisés à Strasbourg ne viendront pas seulement de Phalsbourg mais également de Sélestat ». Remarque : la place forte de Sélestat n'est arasée qu'à partir de 1874. Jusqu'à présent nous  n'avons trouvé aucun document qui confirme l'utilisation des pierres de Sélestat pour les nouvelles fortifications de Strasbourg.

 

Vendredi 22 mars 1872

Strasbourg, citadelle : démolition des ouvrages extérieurs.

La presse nous livre les informations suivantes : « On a commencé les travaux de démolition des murs de la citadelle ; et d'après ce que l'on peut juger comment les travaux ont été commencés, il semble que l'on veuille les achever rapidement. Deux lunettes ont déjà disparu c'est-à-dire celles qui s'avançaient le plus vers le Petit-Rhin. La terre enlevée sur place est utilisée pour le comblement des fossés, si bien que l'arasement correspond au nivellement. Sur une surface d'environ 400 m² nous avons dénombré au moins 200 ouvriers. On voit ici que les projets de transformation et d'agrandissement des fortifications sont vraiment pris au sérieux. Je vais d'ailleurs vous donner quelques prix concernant les terrains vendus à l'intérieur de la ville afin de vous persuader qu'il n'y a pas de spéculation à l'occasion de ce projet. Le prix des terrains a augmenté cinq fois en moyenne ; pour un jardin en face du Jardin Lips, qui a été acheté il y a quelques années pour 10 000 francs, il fallait récemment payer 60 000 francs. Une petite parcelle qui coûtait l'année dernière 1 200 francs, vaut actuellement 12 000 francs. En complément du projet d'agrandissement de notre ville, on projette la construction de quatre ponts sur l'Ill entre la Roberstau et la ville ».

 

Samedi 23 mars 1872

Strasbourg, porte des Juifs : fermeture de la porte pour le tir d'un feu d'artifice.

Le gouverneur militaire de Strasbourg, le « General-Lieutenant » von Hartmann a publié le communiqué suivant : La porte des Juifs « Judenthor » sera fermée et l'accès aux remparts sera interdit entre le « Judenthor » et la caserne Finkmatt « Finkmatt-Kaserne », le 23 mars 1872, de 19 heures à 21 heures, pendant le tir du feu d'artifice. Dans le nouvel Empire allemand, l'anniversaire de l'empereur Guillaume 1er est en sorte la fête nationale. Il est né le 29 mars, et à priori, pour des raisons pratiques, on reporte ces festivités au samedi 23 mars soir et à la journée du dimanche 24 mars 1872.

Allemagne, Colmar, garnison : Inspection du régiment IR 112.

Colmar, 23 mars 1872. Depuis hier, séjourne ici Monsieur le “General-Lieutenant” von Glümer, de Fribourg, pour inspecté le régiment d’infanterie “Infanterie-Regiment 112 qui stationne ici.

 

Dimanche 24 mars 1872

Reichsland : conseil de révision pour les futurs conscrits.

Communiqué. Conformément au § 2 relatif à l'introduction de la loi sur les obligations militaires « Reichs-Kriegs-Wesen » en Alsace-Lorraine du 26 janvier 1872, le conseil de révision « Musterung » des futurs conscrits ne se fera qu'après le 1er octobre 1872, et les jeunes gens appartenant aux autres états fédéraux, résidant au Reichsland, peuvent également remplir leurs obligations sur place. Les autorités de recrutement des corps voisins, le 8ème (Rhénanie) et le 14ème (Grand-duché de Bade), ont été avisés sur la possibilité offerte au cas précédents, conformément au § 20, article 5 de l'instruction militaire « Militär Erlass-Instruction ». Les intéressés doivent se présenter auprès des autorités de recrutement locales pour mettre leurs papiers à jour.

Strasbourg : festivités de l'anniversaire de l'Empereur.

Strasbourg, 29 mars 1872. Les hautes festivités de la journée précédente ont également été célébrées ici. Une prise d'armes a été organisée la veille, le matin le réveil « Reveille », exécuté par trois corps de musique, pour commencer les festivités. Après l'office religieux officiel à la Cathédrale et à l'église Saint Thomas, une grande parade s'est déroulée place Broglie, au cours de laquelle son excellence le gouverneur de la place von Hartmann a porté un hurra à l'Empereur, auquel répondirent les spectateurs. Au cours de l'après-midi, un repas a été organisé pour les officiers n'appartenant pas à un régiment et pour les fonctionnaires, dans la salle des fêtes et la cour du « Englische Hof ». A cette occasion, Monsieur le président supérieur « Oberpräsident » von Möller, a fait le discours suivant : « Toute l'Allemagne, tout le peuple allemand jusqu'au-delà des océans, fête aujourd'hui l'anniversaire de sa majesté l'Empereur. Mille fois aujourd'hui on le remerciera d'avoir recréé l'Empire allemand, ce qui lui vaut le respect de tout le Monde. Même les Alsaciens fêteraient également aujourd'hui de tout leur cœur cette journée, s'ils s'étaient rapprochés un peu plus de l'Empereur. Ils le vénéreraient comme un grand seigneur, qui ne vit que pour ces devoirs envers son peuple, alors qu'il possède les meilleures valeurs humaines que l'on puisse posséder, et que dans son grand Empire, il n'oublie jamais le bonheur même du plus petit de ces sujets, etc. ».

 

Lundi 25 mars 1872

Réduction des projets des fortifications de Strasbourg.

Comité des ingénieurs. Section 3. Berlin, le 25 mars 1872. Expertise concernant la réduction des projets des fortifications de Strasbourg pour les forts II à VI. Rendu suite à la disposition du département royal général de la guerre (Allgemeinen Kriegs Departements) et de l'inspection générale royale du corps des ingénieurs et des fortifications. Suite aux données fournies par le département général royal de la guerre, de la somme initiale de 10 millions de thaler pour les forts de Strasbourg, il ne reste plus que 7 millions de thaler, y compris pour l'acquisition des terrains, si bien qu'il est nécessaire de procéder à des réductions conséquentes sur le base des directives présentées ci-dessous, et d'autant plus qu'avec cette somme, il faudra également couvrir les coûts des batteries intermédiaires qui devaient être érigées en construction permanente. Le département royal a calculé en tenant compte de ces impératifs, que le montant maximum à accorder pour la construction d'un grand fort s'élève à 750 000 thalers au lieu des 1 million de thalers prévu initialement dans le projet, et de 500 000 thalers pour un petit fort.

 

Mercredi 28 mars 1872

Strasbourg : Tentative d'évasion avortée par un sapeur du 15e bataillon de pionniers.

Strasbourg, 29 mars 1872. Hier, un gardien de la paix « Schutzmann » voulait emmener une femme à la prison « Arresthaus », lorsque celle-ci sauta à l'eau par-dessus la courtine du pont. Elle a rapidement regretté cette audacieuse tentative d'évasion, puisqu'elle appela au secours, et attrapa un objet tendu par le « Pionier » Wilhelm Matter, de la 2ème compagnie du 15. Pionier-Bataillon, qui la ramena rapidement à la rive. Elle a été accompagnée avec ces vêtements trempés par deux gardiens de la paix à la rue du Fil « Fadengasse », pour être mise au sec au « Neuen Thurm ».

 

Jeudi 29 mars 1872

Strasbourg : Cambriolage à l'hôpital militaire.

Strasbourg, 29 mars 1872.Comme nous l'avions déjà évoqué, on a essayé à plusieurs reprises de cambrioler l'hôpital militaire « Militär-Lazareth » au niveau du côté arrière « Rückfront ». Hier, il a été possible de retrouver la trace des cambrioleurs, et toute une famille, le père, les fils et même la belle-fille, ont été arrêté.

 

Vendredi 30 mars 1872

Allemagne, Metz, garnison : Manœuvres du bataillon de pionniers et projet de cimetière militaire.

Metz, 30 mars 1872. Le bataillon de pionniers stationné dans notre ville partira le lundi de Pâques pour Ars pour y faire des exercices dénommés “Strauchübungen”.

On vient de réaliser le plan pour le cimetière militaire “Militärkirchhof” qui sera installé devant la porte de Thionville “Didenhofer-Thor”.

 

Samedi 31 mars 1872

Allemagne, fortifications d’Alsace-Lorraine :

Quelques mots sur la question de la défense des frontières Ouest de l’Allemagne et en particulier de l’Alsace-Lorraine.

Le Spectateur militaire de Janvier, février, mars 1872 a publié quelques lignes sur la question de la défense des frontières Ouest de l’Allemagne et en particulier de l’Alsace-Lorraine. Il évoque les places fortes de Strasbourg, Sélestat (dont l’abandon est déjà programmé par les autorités allemandes) et la place de Neuf-Brisach : « Place forte de Strasbourg. Strasbourg, autrefois une des villes impériales les plus importante de l’Allemagne, « le boulevard le plus résistant du Saint-Empire romain », suivant l’expression de l’empereur Maximilien Ier, a été une des places fortes les plus grandes et les plus solides de l’Europe et elle ne manquera pas de le redevenir entre nos mains. La ligne des Vosges perdues, Strasbourg, concurremment avec un camp retranché à établir au sud de l’Alsace, couvre le Rhin de Bâle à Lauterbourg et par suite le sud de l’Allemagne, qui jusqu’à présent était complètement à découvert. Rastadt peut, aussi peu que Germersheim, prétendre à une haute importance stratégique. Ces deux places, dans leur état actuel et sans forts détachés loin de l’enceinte, ne seraient que difficilement susceptibles d’une longue résistance ; c’est une nouvelle raison d’attacher encore plus d’importance à la transformation de Strasbourg. Il y aura lieu du reste autant que possible de la liberté à laisser au développement de la grande ville ; la politique même en fait un devoir. Dans peu d’années donc, Strasbourg se relèvera de ses ruines, et il est à présumer qu’après l’achèvement du canal projeté pour la relier avec Mannheim, elle jouera, au point de vue commercial, le même rôle pour l’Allemagne du Sud que Cologne pour le nord-ouest. L’enceinte de la place devra du reste être fortement simplifiée, et il est probable que dans peu d’année elle devra être poussée jusqu’au Rhin, et sa citadelle rasée.

Depuis nombre d’années, déjà, bien des ingénieurs de la nouvelle école, et ma dernière guerre a fait constater dans plusieurs cas la justesse de leur opinion, sont d’avis que « ce n’est pas le corps de place qui doit prendre la part principale au combat, mais que tout l’effort de la lutte doit être soutenu par des ouvrages détachés au loin ». Cette théorie, il faut l’espérer, gagnera de jour en jour du terrain, car elle donne le vrai moyen de satisfaire à la fois l’intérêt militaire et celui de la population et de résoudre ainsi ce problème des temps modernes. Strasbourg doit donc être protégé par des forts détachés, mais il n’en est pas de même pour cette place que pour les petites places de montagne, et il faut que sur son pourtour tout entier on élève des ouvrages indépendants, de dimension suffisante, pouvant faire front de tous les côtés, et situés au moins ¾ de mille (6 km environ) en avant. La ville sera par conséquent complètement à l’abri d’un bombardement, car on peut admettre que la présence de ces forts obligera l’attaque à tenir ses batteries à au moins ¼ de mille d’eux, et, en outre, on constituera ainsi un vaste camp retranché dans lequel une armée battue ou en formation se trouvera protégée et pourra attendre le moment de se jeter avec des forces nouvelles sur un point quelconque du théâtre de la guerre. Déjà la grande place d’Anvers nous offre un modèle général de la façon dont une grande ville et une grande place d’armes doivent être fortifiées. La science militaire doit bien de la reconnaissance au créateur de cette place, le colonel Brialmont ; c’est lui qui, avec un talent éminent et une infatigable énergie, a lutté le premier contre les vieilles traditions. La dernière guerre a confirmé d’une façon éclatante la théorie de Brialmont, et son nom sera pour toujours à la tête de ceux des réformateurs de la science militaire.

A Anvers tous les forts trouvent sur une circonférence ayant la cathédrale pour centre, un diamètre d’environ 25 000 pieds : cette disposition est très-convenable pour cette place où le terrain en avant est à peu près plan. Mais à Strasbourg le terrain des environs est si inégalement accidenté qu’il ne saurait être question de forts situés à des distances égale de la ville ou également espacés entre eux.

On peut diviser en quatre parties les terrains des environs de Strasbourg sur la rive gauche du Rhin.

1° L’espace entre le Rhin inférieur et l’Ill.

2° L’espace entre l’Ill inférieure et l’inondation de la Bruche (affluent de l’Ill).

3° L’espace entre la Bruche et l’Ill supérieure.

4° L’espace entre cette rivière et le Rhin supérieur.

Considérés au point de vue de leurs qualités défensives et au point de vue des chances que la possession de chacun d’eux donne à l’attaque, ces espaces donnent les résultats suivants :

Le premier qui n’a que 3 000 pas de largeur environ est occupé par des constructions qui forment le faubourg de la Robertsau ; plus en aval il est parsemé de nombreux cours d’eau et couvert de bois, en sorte qu’il ne se prêterait ni à une attaque régulière ni à l’établissement de batteries de bombardement. On n’aura donc pas à construire de ce côté, provisoirement au moins, de vaste fort permanent ; il suffira d’un ouvrage de terre de grande dimension avec une garnison de deux compagnies d’infanterie et environ huit pièces de canon, lequel servira d’appui aux avant-postes. Les ouvrages à construire dans l’espace entre l’Ill et l’inondation de la Bruche ainsi que sur la rive droite du Rhin auront mission de défendre ses approches et il faudra songer à démolir d’avance les constructions qui pourraient gêner cette action.

Dans l’espace n°2, le terrain est à peu près plan et dégagé dans le voisinage immédiat de Strasbourg ; il est traversé par six grandes routes, un chemin de fer et un canal. Plus loin, à une distance de 6 à 10 000 pas de la place, s’étend parallèlement à la ville une ligne de hauteurs dont l’altitude atteint jusqu’à 60 mètres au-dessus de la plaine du Rhin et qui n’est pas dominée, à portée efficace, par des hauteurs plus éloignées.

Cette ligne de hauteurs est la base naturelle de toute opération d’attaque venant de France, d’abord à cause des communications en arrière, ensuite parce que, une fois en possession de ces hauteurs, l’ennemi commande toute la plaine du Rhin et enfin parce que le sol y est très-favorable pour toute espèce de travaux d’attaque et que ces derniers trouvent dans l’inondation de la Bruche un excellent appui pour leurs flancs.

C’est affaire à la défense de disputer aussi longtemps que possible ces hauteurs à l’attaque. On peut préjuger à l’avance si l’ennemi se présentera contre Strasbourg dans une direction plus ou moins rapprochée du chemin de fer, etc. On devra donc se tenir prêt à être en mesure d’opposer une résistance suffisante quelle que soit la marche de l’ennemi.

Nous allons étudier de plus près les points culminants du terrain en question :

a. L’éperon au sud de Mundolsheim, qui s’élève à environ 30 mètres au-dessus de la plaine du Rhin sans être commandé par aucun des points en avant jusqu’à 4 000 pas. Il y aurait à y établir un ouvrage, le fort de Mundolsheim, qui se trouverait à 8 000 pas environ du corps de place. Comme il y a peu de place sur cet éperon et que ce point est d’une extrême importance, le fort devrait recevoir 8 coupoles cuirassées, qui toutes seraient armées des plus forts calibres de place : en outre il faudrait un nombre égal de pièces plus légères, en tout donc 16 pièces et 2 compagnies de garnison.

b. La hauteur à l’ouest de Niederhausbergen qui dépasse la plaine du Rhin d’environ 50 mètres et se trouve à environ 3 500 pas du fort de Mundolsheim et à 7 000 pas du corps de place. Il y aurait lieu d’y construire un ouvrage important pour une garnison de 3 compagnies d’infanterie et pour environ 60 pièces, dont une partie, formant des batteries volantes, irait agir jusqu’à la vieille route de Saverne ; 8 pièces de 24 rayé au moins seraient à installer sous coupole cuirassée. On pourrait désiger cet ouvrage sous le nom de fort Hausbergen.

c. Le plateau au sud de la nouvelle route de Saverne, distant de 11 000 pas du corps de place, et de 8 000 pas du fort de Hausbergen (60 mètres au-dessus de la plaine du Rhin). On ne peut nier que le fort à établir sur ce point ne soit un peu éloigné de la place, mais cette position est extrêmement dominante, et il est impérieusement nécessaire d’empêcher l’ennemi d’en prendre possession, ce que l’on ne pourrait faire ni du bas ni d’un fort établi entre les deux routes de Saverne.

Ce « fort de l’ouest », très-bien appuyé sur son flanc gauche, devrait recevoir le même armement en artillerie que le fort de Hausbergen, mais, en raison de sa grande distance à la place, il lui faudrait une garnison d’un bataillon (1 000 hommes) d’infanterie.

Entre les deux routes de Saverne on construirait un ouvrage plus petit, intermédiaire entre les deux grands forts, pour lequel, en raison de la protection efficace qu’il recevrait de leurs batteries volantes, il suffirait d’une garnison de deux compagnies (500 hommes), et d’un armement de 20 pièces, dont 4 de 24 rayé, à établir sous coupole tournante. On donnerait à cet ouvrage le nom de fort de Saverne.

Les 156 pièces des quatre forts dont nous venons de parler commandent tout le terrain en avant du côté de l’ouest, et une partie du terrain au nord et au sud. Pour relier le fort de Mundolsheim avec la redoute de l’espace n°1, il faudrait encore un solide ouvrage qui serait à construire au nord-est du village de Hoenheim (fort de Hoenheim), et qui se trouverait à environ 6 000 pas du fort de Mundolsheim, et à 7 000 pas du corps de place. Une garnison de 2 compagnies et un armement en artillerie de 30 pièces paraissent devoir suffire pour ce fort qui, du côté du nord et de l’est, est couvert par des bas-fonds ; mais 4 des pièces devraient être placées sous coupole cuirassée, pour ce que ses flancs conservent l’action la plus efficace possible : la meilleure installation à leur donner serait probablement de les placer en traditoires derrière la gorge du fort.

Pour couvrir la grande trouée entre les forts de Hoenheim et de Mundolsheim, on pourrait construire, près de la route de Wissembourg, à l’ouest de Souffelweyersheim, un fortin pour 1 compagnie et 6 pièces de canon ; cet ouvrage serait protégé sur son front par le ruisseau de Souffel-bach, dont on élèverait le niveau par un barrage.

Ainsi, les espaces désignés sous les numéros 1 et 2 nécessiteraient en tout, pour leur défense :

2 grands ouvrages ;

3 ouvrages plus petits ;

2 ouvrages provisoires (à construire ultérieurement), pour lesquels il faudrait une garnison de 16 compagnies ou 4 bataillons d’infanterie et 200 pièces de canons, dont 32 sous coupole tournante cuirassée. Avec ce nombre de bouches à feu, dans lequel sont naturellement comprises les pièces nécessaires pour l’armement de défense contre une attaque pied à pied, il est possible d’accepter et de mener à bonne fin la lutte, même avec un ennemi très-supérieur en nombre.

Il n’est pas nécessaire de déployer autant d’artillerie pour la défense des deux espaces de terrain, numéros 3 et 4, qui s’étendent au sud. De ce côté, ce dont il s’agit, c’est surtout d’empêcher l’ennemi d’établir des batteries de bombardement, car il est très-peu probable qu’une attaque régulière y sera jamais tentée, tant à cause des nombreux cours d’eau qui sillonnent le terrain et qui forcent l’attaque à se diviser, qu’à cause de la présence d’une inondation qui couvre le corps de place.

On peut donc admettre qu’il suffira, dans chacun de ces espaces, d’un solide ouvrage ayant une garnison de 1 000 hommes formée par un bataillon de ligne ou un bataillon et demie de Landwehr, avec 50 pièces de canon. La garnison de ces ouvrages peut être chargée en même temps de fournir le service d’avant-postes, comme aussi d’établir à droite et à gauche, sur des points convenablement choisis du terrain en arrière du fort, des batteries volantes qu’en cas de besoin on couvrirait par des blockhaus.

Ainsi, dans l’espace n°3, on aurait à construire, au sud-ouest du village du même nom, le fort de Lingolsheim, lequel serait à 7 000 pas du fort de l’ouest, et à environ 8 500 pas du corps de place. Quant à l’espace numéro 4, on pourrait trouver un emplacement convenable pour le fort à y construire au sud de la petite ville d’Illkirch, et à égale distance du fort de Lingolsheim et du corps de place. Il n’est pas besoin de dire qu’il faudrait faire, dans les bois qui sont à l’est d’Illkirch, des tranchées dans la direction des points à battre : dans ces conditions le fort d’Illkirch, concurremment avec les ouvrages à élever sur la rive droite du Rhin, protégerait suffisamment le sud de la place.

Ainsi donc, la garnison totale des forts détachés à élever sur la rive gauche du Rhin serait de : 6 000 hommes d’infanterie (environ 3 bataillons de ligne à 1 000 hommes et 5 bataillons de troupe de garnison à 600 hommes), et 300 pièces de canons servies par 2 400 canonniers (auxiliaires compris).

Ce n’est qu’après l’achèvement de ce camp retranché, qu’il y aurait lieu de songer à la construction des forts de la rive droite du Rhin.

En cas de mise en état de défense, la ville de Kehl devrait être entourée d’une enceinte provisoire, et il faudrait construire trois bons ouvrages qui pourraient être distants de la ville et entre eux, d’environ ½ mile (près de 4 kilomètres).

Cette distance serait suffisante pour mettre aussi Strasbourg à l’abri d’un bombardement venant de la rive droite du Rhin. En même temps, on procurerait à une armée entière la liberté de mouvements nécessaire pour déboucher sur un point quelconque.

Il suffirait pour Kehl, avec ses trois forts, d’une garnison de 4 bataillons de troupes de garnison à 600 hommes l’un, laquelle serait chargée du service d’avant-postes et de la garde des ponts du Rhin. 60 pièces environ et 400 canonniers suffiraient probablement pour cette rive droite du Rhin ; en cas de besoin, on augmenterait cet effectif à l’aide des ressources de la réserve d’artillerie.

La garde de ce camp retranché, situé à cheval sur les deux rives du Rhin, en y comprenant Kehl, exigerait donc avec les armes spéciales (cavalerie, pionniers, troupes d’administration, etc.) environ 11 500 hommes. En y ajoutant, pour la garnison du corps de place, y compris les armes spéciales, 4 500 hommes avec 100 pièces de canons (car dans les premières périodes du siège il suffit de peu de monde), et une division d’infanterie avec 225 bouches) feu de place, 4 escadrons de cavalerie, 4 batteries de campagne, etc., comme réserve générale, on arrive à évaluer la garnison totale, dans le cas d’une attaque imminente, à un corps d’armée combiné d’environ 30 000 hommes, avec 700 pièces de canon. Il y a lieu d’attacher une importance toute particulière à cette réserve générale qui doit être nombreuse et se composer, autant que possible, de troupes de line ; une défense active ne peut exister dans une pareille réserve.

On peut affirmer sans hésitation que la place, défendue énergiquement par l’effectif que nous venons d’indiquer, peut résister avec succès à une armée ennemie d’au moins 150 000 hommes. On l’a déjà dit à propos de Metz, c’est la famine qui est le plus à craindre pour une grande ville assiégée ; toutefois le ravitaillement de Strasbourg est beaucoup plus commode que celui de Metz, car il est difficile d’admettre que cette place pourra être attaquée dès le début de la guerre ».

Remarque : il ne s’agit là pas d’un document officiel, mais à priori d’une étude menée par un officier.

 

Mardi 2 avril 1872

Lutzelbourg : Augmentation du trafic sur le canal et projet de transporter les pierres des fortifications de Phalsbourg vers Strasbourg.

Du canton de Lutzelbourg, 2 avril 1872. Le 30 mars 1872, un feu de forêt s'était déclaré dans la forêt communale de "Büst", mais il a été circonscrit dès le début par les habitants. La circulation fluviale sur le canal est déjà très soutenue comme jamais, et cela risque encore d'augmenter puisque les pierres de taille prélevées lors de l'arasement des fortifications de Phalsbourg seront acheminées à Strasbourg pour servir de matériaux de construction pour la construction des nouveaux ouvrages de fortification.

Strasbourg : Projet de nouvelle gare centrale.

Strasbourg, 2 avril 1872. Le trafic voies ferrées augmente d'une façon incroyable. Pendant les jours fériés, le transport des passagers était difficilement maîtrisable. Afin d'améliorer le confort des voyageurs en direction de Barr, un guichet central sera érigé près de l'endroit du départ de ce train. D'autres constructions prévues au niveau de la gare, comme l'installation d'un second étage, ont été abandonnées, puisque l'on a conclu que le secteur de la gare était trop étroit, un terrain doit être acquis devant les fortifications entre les portes "Kronenburgerthor" et "Weissthurmthor", pour y installer une gare centrale adaptée au trafic.

 

Vendredi 5 avril 1872

Allemagne, Metz, fortifications : Aménagement de la porte Französiches Thor.

Metz, 5 avril 1872. Les autorités militaires ont fait aménager un petit carré avec des arbres, un banc et des chaises, pour améliorer le confort de la garde de la porte “Französischen Thor”.

 

Dimanche 7 avril 1872 (Pâques)

Strasbourg : Concert de la musique militaire du régiment IR 25.

Schiltigheim. Maison Rouge "Rothes-Haus", dimanche et lundi de Pâques, grand concert exécuté par la fanfare du « 1. Rheinische Infanterie-Regiment 25 » sous la direction du "Kappelmeister" Monsieur Manns. Début 15 heures, entrée 50 centimes.

 

Mardi 9 avril 1872

Allemagne, Metz, place forte : Construction des fortifications de la 1ère ceinture.

Metz, le 9 avril 1872. La construction des fortifications extérieures de Metz progresse de jours en jours, et c’est pour cela que c’est l’occasion, d’agrandir la ceinture de fortification intérieure. On a d’ailleurs déjà créé une commission, qui est chargée de voir les modalités d’une extension de la ville au-delà des fossés des fortifications.

Allemagne, Bitche, place forte : Projet de suppression des fortifications hormis la Citadelle.

Metz, le 9 avril 1872. Pour Bitche, on a également l’intention de supprimer sa qualité de ville fortifiée et de ne conserver que la Citadelle en tant que forteresse de montagne “Bergfeste” et fort d’arrêt “Sperrfort”.

 

Jeudi 11 avril 1872

Strasbourg : Déclaration de l'urgence de la construction des nouvelles fortifications dans le cadre de la procédure d'expropriation.

 « Nous Wilhelm, Empereur d'Allemagne et Roi de  Prusse par la grâce de Dieu, nous ordonnons pour l'Alsace-Lorraine au nom de l'Empire d'Allemagne, à la requête du Chancelier d'Empire et sur la base de la loi sur les expropriations pour le bien public du 3 mai 1841 (Bulletin des lois 9, série n°9285) et de la loi sur l'expropriation et de la réquisition  temporaire de bien privés dans le but de la construction urgente d'ouvrages de fortification du 30 mars 1831 (Bulletin des lois 9, série n°98), ce qui suit : Conformément à l'intérêt public de la nécessité urgente d'agrandir les fortifications de Strasbourg, conformément au plan qui nous est présenté, les autorités chargées des travaux peuvent, par cette ordonnance, acquérir les parcelles de terrain nécessaires par des expropriations. Avec notre haute signature manuscrite et le cachet impérial ; A Berlin, le 11 avril 1872. Signé Wilhelm ». Par ordre pour le Chancelier d'Empire, signé Delbrück. Ordonnance rendue publique, à Strasbourg le 17 avril 1872. Signé von Möller.

Metz : Déclaration de l'urgence de la construction des nouvelles fortifications dans le cadre de la procédure d'expropriation.

« Nous Wilhelm, Empereur d'Allemagne et Roi de Prusse par la grâce de Dieu, nous ordonnons pour l'Alsace-Lorraine au nom de l'Empire d'Allemagne, à la requête du Chancelier d'Empire et sur la base de la loi sur les expropriations pour le bien public du 3 mai 1841 (Bulletin des lois 9, série n°9285) et de la loi sur l'expropriation et de la réquisition temporaire de bien privés dans le but de la construction urgente d'ouvrages de fortification du 30 mars 1831 (Bulletin des lois 9, série n°98), ce qui suit : Conformément à l'intérêt public de la nécessité urgente d'agrandir les fortifications de Metz, conformément au plan qui nous est présenté, les autorités chargées des travaux peuvent, par
cette ordonnance, acquérir les parcelles de terrain nécessaires par des expropriations.
Avec notre haute signature manuscrite et le cachet impérial ; A Berlin, le 11 avril 1872. Signé Wilhelm ». Par ordre pour le Chancelier d'Empire, signé Delbrück. Ordonnance rendue publique, à Strasbourg le 17 avril 1872. Signé von Möller.

Strasbourg : Fermeture de la porte de Pierre pour des travaux de pose de conduites de gaz.

Communiqué du gouverneur militaire de Strasbourg, General-Lieutenant von Hartmann du « Kaiserliches Festungs-Gouvernement ». La porte de Pierres "Steinthor" est interdite aux attelages le jeudi 11 avril 1872, en raison de la pose de conduites de gaz.

 

Vendredi 12 avril 1872

Strasbourg : Construction des forts détachés.

Annonce parue dans la presse locale : « Pour les chantiers locaux de construction des forts nous recherchons des brouettes et des rails usagés mais en bon état. Les offres avec les prix doivent être déposées à l'adresse suivante : Pathe, Jerschke, Schneider, General-Entrepreneurs für das Fort Reichstett, Strasbourg "Rothes Haus" (Hôtel de la Maison Rouge) ».

Strasbourg : Construction des nouvelles fortifications.

Du canton de Schiltigheim, par le Niederrh. Kurier du 12 avril 1872 : « La construction des forts de Strasbourg n'a pas encore commencé et les terrains sur lesquels ils doivent être érigés ont été labourés et ensemencés comme d'habitude. Mais à causes de différentes raisons, on peut conclure que les travaux vont bientôt commencer. Le garde du génie "Wallmeister" qui est chargé de la surveillance des travaux des entrepreneurs, s'est installé à Mundolsheim avec sa famille. Il procède actuellement à dresser un plan détaillé des villages qui sont soumis aux servitudes du Rayon de fortification, et il a informé les propriétaires concernés qu'à l'avenir ils ne pouvaient plus ériger de constructions ni procéder à des réparations sur les constructions existantes sans en demander l'autorisation au service du génie. Le piquetage du chemin de fer de ceinture, qui doit relier les différents forts est terminé depuis quelques jours. Cette ligne qui dérivera de la ligne ouest au bas du fort de Mundolsheim, reliera le canal de la Marne au Rhin au canal de la Bruche, et elle servira au début au transport des nombreux matériaux de construction. Cette ligne aura une largeur de 16 mètres avec le fossé et sa clôture "Einfriedigung" ; elle coupera les belles terres au détriment des agriculteurs des environs de Souffelweyersheim, Mundolsheim, des trois Hausbergen et de Wolfisheim. En  conséquence, les exigences des propriétaires ne cessent de croître ».

Strasbourg : Construction des nouvelles fortifications.

Nouvelles locales et provinciales. Strasbourg le 12 avril 1872. De Strasbourg, d'après la « Spener'schen Ztg. » à propos de la construction des ouvrages de fortifications : « La ville doit être munie d'une ceinture de 18 forts distants en moyenne d'environ d'une lieu "Meile" de l'enceinte de la ville. Dans un premier temps la construction de 5 forts au nord-ouest va être commencée, et l'exécution de ces travaux à été adjugée à plusieurs consortiums de maître maçons. La construction de ces 5 premiers forts doit être complètement achevée au 1er avril 1875. Les plans délivrés aux entrepreneurs sont assez succins, la réalisation des dessins de détail reste à leur charge, bien que les plans délivrés soient déjà de grande qualité. Ces consortiums commencent à présent à ériger sur les emplacements des futurs chantiers un certain nombre de logements et même des cantines pour les colonies de travailleurs d'une capacité d'environ 800 à 1 000 personnes. Ces derniers viendront essentiellement de l'ancienne Allemagne « Alt-Deutschland », puisque les Alsaciens ne veulent pas s'adonner librement à ces travaux. Seulement après l'achèvement de ces 5 forts que l'on commencera la construction des 13 autres, et là seulement, lorsqu'ils seront tous terminés, alors que le coût global est estimé entre 30 et 40 millions de Thaler, commencera la démolition des anciennes fortifications ». Remarque : on ne construira que 14 forts détachés autour de Strasbourg.

 

Mardi 16 avril 1872

Strasbourg : Construction du Fort II, Fort de Reichstett.

La presse locale nous livre quelques renseignements concernant l'extraction et la récupération des pierres de taille : « Strasbourg, 16 avril 1872. Comme nous venons de l'apprendre, la société chargée de la construction du fort de Reichstett a commencé l'extraction des pierres entre Saverne et Lutzelbourg, et elle va mener ces travaux à grande échelle. Cette même société a également entrepris avec la même vigueur l'arasement du bastion n°2 de Phalsbourg, si bien que cette fortification sera bientôt complètement démontée ».

 

Mercredi 17 avril 1872.

Strasbourg : Construction du Fort II, Fort de Reichstett.

Annonce parue dans la presse locale : « 1 000 maçons « Maurer » et tailleurs de pierres « Steinmetzen » trouvent immédiatement un emploi bien rémunéré pour trois et plusieurs années sur les carrières de grès « Sandsteinbrüchen » de Saverne et de Lutzelbourg pour la construction du Fort de Reichstett. Nous donnerons des lots des travaux de maçonnerie qui commenceront au début du mois de mai, ainsi que mes gigantesques travaux de terrassement, sous la forme de petits contrats de sous-traitance. Les entrepreneurs autorisés, qui souhaitent y participer avec un groupe de gens doués, auront de plus ample information auprès de la société de construction Pathe, Jerschke & Schneider à Strasbourg ».

 

Vendredi 19 avril 1872

Allemagne, Metz, place forte et garnison : Casernement des troupes.

Metz, le 19 avril 1872. L’administration de garnison va faire procéder prochainement à la rénovation de toutes les casernes hormis la caserne “Genie-Kaserne” et l’actuelle “Wilhelm-Kaserne”. La caserne “Kaserne Chambière“ “König Johann-Kaserne” doit être complètement rénovée. Cette caserne avait été érigée au siècle dernier lors de la construction des ouvrages de fortification. Les autres casernes sont également de cette époque – la caserne “Kaserne Coilsin” (“König Ludwigs-Kaserne”), “Basse-Seille”, la manutention “Proviantamt” et d’autres. C’était le maréchal de Belle-Isle, le neveu de Fouquet, le fameux intendant de Louis XIV, qui a fait construire ces prestigieux bâtiments que l’on peut encore admirer aujourd’hui, au frais par de la ville. L’île de la Préfecture “Präfekturinsel”, sur laquelle est érigé notre beau théâtre, était autrefois une place appelée “place de Saulcy”, sans construction où les marchands stockaient le bois.

Le fort Moselle a également été construit à la demande du maréchal, les frais étant couvert pour une moitié par le Roi et l’autre moitié par la ville ; on appelait ce quartier la ville nouvelle “Neustadt”.

La “Kaserne Coislin”, une construction qui a été financée par l’évêque dont elle porte le nom, pour soulager la ville des frais d’hébergement des troupes, sera probablement abandonnée ; se quartier est particulièrement mauvais pour la santé ; mais on n’a pas encore pris de décision plus précise. La belle manufacture de tabacs situées près du “Rempart Belle-Isle”, sera transformée en caserne, et elle deviendra l’une des plus belles de Metz.

Au fort Bellecroix on doit également ériger un bâtiment destiné à l’hébergement de militaires. Le fort Saint-Privat près d’Augny sera considérablement agrandi. Les coûts de tous ces travaux de construction ou de rénovation sont estimés à environ 10 millions de Francs.

Allemagne, Metz, place forte : Adjudication pour la construction de deux forts détachés.

Metz, le 19 avril 1872. Les nouveaux forts. L’adjudication pour la construction de deux nouveaux forts s’est déroulée il y a quelques jours. La décision finale quant à l’adjudication sera donnée par Berlin.

Il s’agit tout d’abord de la construction d’un deuxième fort sur le Mont Saint-Quentin, plus précisément un plus au sud du fort existant, très visible et connu de tous les visiteurs de Metz, le fort Saint-Quentin. Le nouveau fort sera érigé à quelques centaines de mètres du précédent. Comme nous l’avons appris du déroulement du siège, l’encerclement de la place forte a été facilité par le fait que les hauteurs situées en à l’ouest et en partie au sud, tout comme les vallées, étaient aux mains de nos troupes, si bien qu’il a été possible de contenir avec peu de forces la tentative de sortie de l’armée française, de ce côté ci du terrain. A l’avenir une telle approche ne sera plus possible, puisque le nouveau fort commandera les vallées, et plus spécialement la route vers Verdun, tout comme les hauteurs ouest.

Le deuxième fort sera érigé au sud de Metz à environ 4 kilomètres, sur la rive droite de la Moselle, vers l’endroit où se trouve actuellement le petit ouvrage en terre de Saint-Privat. Ce fort est destiné à commander la vallée de la Moselle, en direction d’Ars et Jouy-aux-Arches.

On ne sait guère si ces nouveaux ouvrages achèvent la série des nouvelles fortifications, car certains stratèges bourgeois disent que l’on envisage également l’installation d’un fort, à environ 11 kilomètres au sud de Metz, la hauteur de Saint-Blaise sur lequel se trouvait l’observatoire du prince Friedrich Karl, bien qu’il faille bien admettre que le Graf von Moltke et son état-major sûrement déjà pris une décision à ce sujet.

Aux environs immédiats de Metz, les traces du siège disparaissent petit à petit, au fil des jours. Les jardins dévastés sont pour la plupart à nouveau aménagés, et un peu partout on voit, les petites maisons de jardin où de petites constructions à charpentes apparentes s’ériger petit à petit (Presse allemande).

 

Lundi 29 avril 1872

Strasbourg : Concession d'utilisation des herbages des terrains de fortification.

Communiqué. Les concessions d'utilisation des herbages pour une période de trois années, 1872, 1873 et 1874, sera mise aux enchères publiques le lundi 29 et en cas de besoin le mardi 30 avril 1872. Les séances commencent à 8 heures sur le rempart principal du bastion 1 "Bastion 1", près de l'écluse « Capuziner-Schleuse », les personnes intéressées, peuvent voir les parcelles concernées mercredi 24 après-midi, les gardes de fortification « Wallmeister » en ont été avisé. La répartition des parcelles est identique à l'ancienne administration ; la location de la première année est encaissée immédiatement, les modalités concernant les autres années seront communiquées le jour des enchères des concessions.

 

Mardi 30 avril 1872

Allemagne, Metz, place forte : Modernisation des fortifications.

Metz, le 30 avril 1872. En ce qui concerne le système de fortification de notre ville et sur les modifications qui y seront apportées, nous venons d’apprendre les informations suivantes : il est connu que notre ville qui est située à une altitude de 160 m au-dessus du niveau de la mer, est bordée sur le côté ouest de la vallée par le Mont Saint-Quentin qui culmine à 360 m, c’est à dire plus du double de la hauteur. Sur la partie est du plateau que forme le Saint-Quentin, les Français avaient érigés un fort qui avait une forme bastionnée rectangulaire ; mais les bastions sont si étroits, que l’on ne dispose pas de chemin de rempart “Wallgang”. Le fort lui-même est aménagé pour recevoir 40 pièces. Etant donné que le plateau est d’une importance extrême, puisqu’il domine tous les environs, il sera désormais encore mieux fortifié, c’est-à-dire de telle façon que l’extrémité sera dotée d’un nouveau fort, « Fort Lesin », un ouvrage qui aura la forme d’une lunette prussienne “preussische Lunette”, qui sera relié au “Ost-Fort”, par des lignes adaptées au terrain et par des batteries. De plus, le comité des ingénieurs “Ingenieur-Comité” envisage d’y installer aux endroits appropriés, des tourelles en fer “eiserne Thürme”. Le fort de Plappeville situé au nord de Saint-Quentin, qui est également situé sur un plateau à environ un kilomètre du premier, à une altitude de 30 m plus bas, est à présent en cours d’achèvement. Ce fort à la forme d’un grand rectangle bastionné, et il est prévu pour recevoir environ 70 pièces d’artillerie et 1 200 hommes. Sur la vallée de la Moselle qui est encore ouverte, au plus loin au nord, est érigé le fort Saint-Julien, à une altitude de 260 m. Ce dernier à la forme d’un hexagone bastionné, dont les côtés polygonaux ont une longueur de 300 m, et il est prévu pour recevoir 80 pièces d’artillerie et entre 1 200 et 1 500 hommes. C’est le fort le plus haut de la rive droite de la Moselle ; mais jusqu’à ce que sa construction soit achevée, il faudra bien encore compter deux ans, puisque de nombreux murs construits par les Français se sont écroulés, et qu’il est nécessaire de construire à l’intérieur du fort plusieurs casernes à l’abri des bombes. Le quatrième fort est le plus grand de tous, le fort Queuleu, un fort hexagone “Sechseck” bastionné, dont les côtés polygonaux ont une longueur de 300 m. La construction de ce fort est encore la plus inachevée, puisque presque tous les murs français s’écroulent, et qu’ils doivent être transformés en murs de revers “Reversmauern”. Les Français y avaient installé 102 pièces d’artillerie et environ 2 000 hommes. Le 14 août 1870, le fort n’était pas encore armé, si bien qu’il aurait été possible de le prendre par une attaque de vive force. Le cinquième fort est situé dans la plaine entre la Seille et la Moselle, le fort de Saint-Privat, qui était du temps des Français un rectangle bastionné construit provisoirement en terre ; à sa place doit être érigé à présent un fort sous la forme d’une lunette prussienne “Preussisiche Lunette”, avec de nombreuses tourelles en fer “eisernen Thürmen” sur chaque côté. La particularité des forts français de Metz sont les cavaliers colossaux, sous lesquels se trouvent des abris à l’épreuve des bombes. En dehors de ces cinq forts que l’on vient de nommer, il est nécessaire d’ériger encore des ouvrages intermédiaires “Zwischenposten”, par exemple pour combler le grand intervalle de 6 kilomètres entre le fort de Plappeville et de Saint-Julien. Mais comme on ne veut pas ériger, comme au temps des Français, un ouvrage permanent du côté de Saint-Eloy, on doit construire à l’est de Plappeville, sur les pentes de Woippy, une grande batterie permanente, peut-être également dotée de quelques tourelles en fer, et sur la rive opposée de la Moselle, à l’ouest de Saint-Julien, sur la pente, la large batterie de Chatillon installée provisoirement par les Français devrait être agrandie. Ultérieurement, on envisage de construire un petit fort entre Saint Juilien et Queuleu (4 kilomètres), les Bottes ou Les Bordes, qui a été aménagé par les Français, sous la forme d’une redoute permanente. C’est ainsi que l’on pourra considérer Metz comme une fortification unique en son genre.

Allemagne, Metz, place forte : Les nouvelles fortifications.

Metz, le 3 mai 1872. Le général von Biehler viendra dans nos murs avec son état-major du corps du génie, pour vérifier en lieu et place les projets de fortification et pour les fixer définitivement. Les projets de construction de forts, batteries, etc. sur les lieux prévus, seront tous maintenus, bien que certains seront déplacés de 20 à 30 mètres vers l’avant ou l’arrière. Hier, on a donné les premiers coups de pioches sur le chantier du “Westfort” de Saint-Quentin. Quelle activité règne sur les chantiers de fortification peut être évaluée par le fait que tous les 14 jours on dépense environ 80 000 Thaler. Egalement dans notre fabrique à poudres, bien qu’elle ait été construite avec pas mal de déficiences par les Français, on travaille à nouveau sans utiliser la presse, et l’on produit chaque jour 300 kg de poudres, une capacité qui doit être augmentée à 3000 à 4000 kg journalier. Mais cette usine à poudre ne sera maintenue que jusqu’au moment où l’usine qui doit être construite à Francfort sur le Main soit achevée, ce qui durera encore 4 à 5 années. Il est à noter, que nous n’utilisons pas comme les Français le salpêtre tel qu’il provient du commerce, mais nous procédons à un nettoyage méticuleux pour le débarrasser de tous les sels étrangers, ce qui nous permet d’obtenir une poudre de meilleure qualité, qui est moins sujette aux conditions atmosphériques. Des 6 magasins à poudre du temps de paix dont nous disposons ici, deux d’entre eux contiennent 2 000 tonnes de poudre stockée par quintal.

 

Mai 1872

Strasbourg : Corrections apportées à l'emplacement des forts détachés.

En mai 1872 le général von Biehler aurait apporté des corrections au piquetage sur le terrain de l'implantation des forts n°II à VII.

 

Vendredi 3 mai 1872

Strasbourg : Livraison de gravier à la société chargée de la construction du chemin de fer de ceinture.

Annonce parue dans la presse locale : « Gravier « Kies ». Pour la livraison d'une grande quantité de gravier à Wolfisheim, Reichstett et Holtzheim, nous recherchons des livreurs efficaces. Faites vos offres chiffrées par mètre cube livrés pour chaque site, et déposer les chez Becker & Rauchert, entrepreneur de construction « Bauunternehmer », Broglie n°8 ».

 

Dimanche 5 mai 1872

Allemagne, Sélestat, place forte : Projet d’arasement des fortifications.

Sélestat. La question de l’arasement de nos fortifications semble être entrée dans une nouvelle phase. Le colonel du génie “Genie-Oberst” Schott a visité notre ville dimanche dernier et a fait des propositions à nos autorités municipales, qui seront débattus ces prochains jours par le conseil municipal. La place forte de Sélestat doit être, dans un délai de trois années, réduite dans un état quelle ne puisse plus être considérée comme une place d’armes. Cela concernerait le nivellement des remparts jusqu’au niveau du chemin couvert, ainsi que l’arasement des cavaliers et des ouvrages extérieurs. Les matériaux et la terre serait utilisés pour le comblement des fossés, sans que l’on demande un parfait nivellement. Ces travaux seraient à la charge de la ville, qui en contrepartie deviendrait propriétaire des terrains, qui appartient au service des fortifications. Espérons que cette affaire sera rondement menée dans l’intérêt de la ville.

 

Mardi 14 mai 1872

Strasbourg : Vols sur les remparts de la ceinture urbaine de fortification.

Communiqué du gouverneur militaire le General-Lieutenant Von Hartmann « Kaiserliches Festungs-Gouvernement » : A la suite des vols répétés de matériels provenant des pièces d'artillerie mises en batterie ou stockée sur les remparts, j'ordonne et informe le public que l'accès aux remparts de la place forte n'est autorisé que sur le tronçon du rempart principal entre les portes Fischerthor et Steinthor. Les sentinelles « Posten » et les patrouilles de rempart Wallpatrouilleurs » ont reçu pour consigne de chasser ou éventuellement d'arrêter toute personne qui pénètrerait dans cette zone des remparts et qui ne serait pas porteuse d'une autorisation d'accès du gouvernement de la place ou de la Commandantur. Strasbourg, le 11 mai 1872.

 

Samedi 18 mai 1872

Strasbourg : Installation d'écuries au profit du bataillon du Train.

Adjudication de l'installation d'écuries au profit de l'artillerie et du bataillon du train à Strasbourg, se déroulera le 18 mai 1872 à 11 heures, au bureau de la direction des travaux de la garnison « Garnison Bau-Direktion », Schiffleutstaden n°11. Les conditions particulières peuvent être consultées à ce même bureau et les offres doivent être envoyées sous pli cachetés portant la mention « Offerte für die Einrichtung der Pferdeställe für die Artillerie und das Train-Bataillon zu Strassburg » jusqu'à la date fixée. Strasbourg, le 6 mai 1872 « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

Strasbourg : Installation des stands de tir de l'Ochsenwörth.

Adjudication de l'installation de stands de tir au profit de la garnison de Strasbourg, sur l'Ochsenwörth, près de Strasbourg, pour un montant fixé à 39 120 francs, le 18 mai 1872 à 9 heures, au bureau de la direction des travaux de la garnison. Strasbourg, le 6 mai 1872. « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

 

Mercredi 22 mai 1872

Strasbourg : Démolition des ruines de la caserne Finckmatt.

Pour les travaux de déblaiement des pierres de taille et la démolition des fondations restantes de la caserne Finkmatt, nous avons fixés un rendez-vous au 22 mai prochain, à 10 heures, au bureau de la direction des travaux de la garnison « Garnison Bau-Direktion »,  Schiffleutstaden n°11, où les entrepreneurs sont invités à présenter leurs offres sous pli cacheté portant la mention suivante « Offerte über Wegräumung des Bruchstein-Materials pp. der Finkmatt-Kaserne » avant le rendez-vous fixé. Strasbourg, le 10 mai 1872 « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

 

Mercredi 29 mai 1872

Strasbourg : Chemin de fer de ceinture pour la construction des nouvelles fortifications.

Cherche travailleurs. 200 terrassiers et poseurs de rails, travailleurs consciencieux, qui trouveront un emploi pour une durée assez longue sur le chantier du chemin de fer de ceinture « Ringbahn », allant du canal de la Marne au Rhin « Marne Canal » à Souffelweyersheim, Mundolsheim, Oberhausbergen et Niederhausbergen, pour un très bon salaire. L'entrepreneur Rauschert & Becker.

Strasbourg : Convocations de déserteurs du régiments IR 47 au tribunal.

Avis de convocation publique "Oeffentliche Aufforderung" concernant les affaires suivantes : contre le "Musquetier" Ernst Traugott Menzel de la 6e compagnie du "2. Niederschlesischen Infanterie-Regiment Nr. 47", né le 25 décembre 1849 à Barbisdorf, arrondissement de Schönau ; contre le "Gefreiter" Jacob Beerbaum de la 10e compagnie du même régiment, né le 1er janvier 1850 à Vendenheim, canton de Brumath, pour désertion. Le "Musquetier" Ernst Traugott Menzel et le "Gefreite" Jacob Beerbaum convoqués à cette cession, sont condamnés en cas d'absence, à une amende de 50 à 100 Thaler et déclarés déserteurs.

Strasbourg : Concert de musique militaire du régiment IR 47.

Jardins Lips. Mercredi, 29 mai 1872, ainsi que tous les dimanches et mercredi. Grand concert militaire par la fanfare du "2. Niederschlesischen Infanterie-Regiment 47", sous la direction du chef de fanfare "Kappelmeister" A. Kraeling.

Thann : Bénédiction du drapeau du régiment IR 17.

Thann, 29 mai 1872. Comme nous le supposons, la bénédiction du drapeau décoré de la croix de fer du 2e bataillon de "Infanterie-Regiment Nr. 17" stationné ici, se déroulera vendredi prochain à 14h30 en ce lieu. Cette cérémonie sera suivie d'un spectacle pour lequel les officiers donnent rendez-vous dans les ruines du château.

 

Jeudi 30 mai 1872

Allemagne, Metz, garnison : Manœuvres de brigade et de division.

Metz, le 30 mai 1872. Les grandes manœuvres d’automne de notre garnison ont été fixées et elles se dérouleront de la manière suivante : du 5 au 15 août 1872, exercices au niveau des régiments dans la région de Metz, du 15 au 20 août 1872, exercices au niveau des brigades également dans la région de Metz, du 20 au 27, exercices au niveau de la division, qui se dérouleront en commun avec les troupes de la garnison de Strasbourg, avec l’artillerie et la cavalerie, dans la région de Sarreguemines ou de Haguenau.

Allemagne, Metz et Thionville, place forte et garnison : Projets de travaux et de démolition dun ouvrage des fortifications urbaines.

Metz, le 30 mai 1872. On vient d’apprendre que l’on procèdera à de grands travaux dans la ville, c’est-à-dire que l’on commencera par mettre en chantier dans peu de temps la gare de Metz, un chantier important non seulement par la taille de l’édifice mais également par l’aménagement des voies de communication qui la desserviront. A ce titre, une lunette située devant la porte Serpenoise (Bahnhofsthor) sera arasée. La gare de Thionville sera également remaniée dans quelques temps.

Strasbourg, garnison : Intervention du génie pour contrer les inondations.

Kehl, 30 mai 1872. Le niveau du Rhin commence à baisser sérieusement et il retourne au fur et à mesure dans son lit et la population de la ville et du village de Kehl est soulagée des soucis qui pesaient sur elle. C'est grâce à des efforts conséquents qu'on a pu éviter l'écroulement de la digue juste en face de Kehl. Des deux Kehl, tout le monde était à pied d'œuvre. Les matériaux ont été amenés par des charrettes mais sur place, on peut regretter que les autorités techniques n'aient mis en place qu'un seul spécialiste de l'aménagement des digues "Dammmeister", qui était chargé de la mise en place des matériaux sur une distance de plus d'une demi-heure, et pour l'aider il ne disposait que des deux maires, puis ultérieurement du "Amtsvorstandt" Sonntag pour diriger les travaux ce qui représentait une tâche bien énorme. Suite à un ordre télégraphique qui a entraîné l'inspection des digues par Monsieur le lieutenant-colonel "Oberstlieutenant" Grund, qu'une compagnie du génie est arrivée de l'autre rive vers 15 heures, qui sous le commandement d'excellents officiers est intervenue rapidement et avec efficacité si bien qu'à l'arrivée de l'obscurité, l'essentiel du danger était écarté. Les parties les plus menacées de la digue étaient les emplacements des batteries lors du siège, ce qui a entraîné une fragilisation de l'ouvrage.

 

Vendredi 31 mai 1872

Strasbourg : Crue de l'Ile et du Rhin.

Strasbourg, 31 mai 1872. Crues de l'Ill et du Rhin. Comme d'habitude, le Rhin baisse plus doucement qu'il ne monte... Une complète dérivation des crues de l'Ill au profit de la ville de Strasbourg serait faisable en amont d'Erstein, où on a dérivé l'Ill vers le Rhin lors du siège de Strasbourg (près de Kraft).

Strasbourg : Exercice de tir d'artillerie au Polygone.

D'après un communiqué de la "15. Artillerie Brigade", des exercices de tir se dérouleront du 31 mai au 27 juin 1872, hormis les dimanches, sur le champ de tir du Polygone à Strasbourg. Il est porté à la connaissance du public que, pendant les tirs, les chemins traversant le champ de tir seront fermés. Strasbourg, le 27 mai 1872. "Polizeidirector" J.A. Manz.

 

Samedi 1er juin 1872

Strasbourg : Installation du chemin de fer de ceinture pour la construction des nouvelles fortifications.

Cherche travailleurs. 200 terrassiers et poseurs de rails, travailleurs consciencieux, qui trouveront un emploi pour une durée assez longue sur le chantier du chemin de fer de ceinture « Ringbahn », allant du canal de la Marne-au-Rhin « Marne Canal » à Souffelweyersheim, Mundolsheim, Oberhausbergen et Niederhausbergen, pour un très bon salaire. L'entrepreneur : Rauschert & Becker.

Strasbourg : Concert militaire au restaurant « Zum Lammle ».

Aujourd'hui, samedi soir du 1er juin : Concert militaire dans le jardin « Gartenwirtschaft » « Zum Lammle », Fegergasse Nr. 11. Entrée à partir de 19 heures. Entrée gratuite.

Strasbourg : Abonnement aux concerts militaires du régiment IR 25 au Tivoli.

Tivoli. Abonnements aux concerts du « Tivoli ». Jardin à concerts de l'ancien marché aux vins « Concertgarten des Alten Weinmarktes ». Le sousigné a l'intention, au cours des mois d'été de juin, juillet août et septembre, de donner des concerts pour les abonnés tous les mercredis dans le local nommé, dont la liste des abonnés est à présent ouverte. Par ailleurs des listes d'émargement sont disponibles au restaurant « Zum Alten Weinmarkt » et au « Tivoli ». Abonnement pour une famille : 10 francs ; Abonnement pour une personne : 5 francs ; valables pour tous les concerts d'abonnement. Nous vous y invitons cordialement. « Manns. Capellmeister im 1. Rhein. Inf.-Regiment Nr. 25 ».

 

Dimanche 2 juin 1872

Strasbourg : Installation du chemin de fer de ceinture pour la construction des nouvelles fortifications.

Cherche travailleurs. Sur le chantier du chemin de fer de ceinture allant du canal de la Marne au Rhin « Marne Canal » jusqu'à Souffelweyersheim, Mundolsheim, Oberhausbergen et Niederhausbergen, 200 terrassiers et poseurs de rails consciencieux, trouveront un emploi pour sur une période de longue durée et pour un très bon salaire, 3,50 francs par jour ou 4 à 5 francs pour un travail au rendement « Accord ». L'entrepreneur : Rauschert & Becker.

Strasbourg : Rappel des consignes pour le passage des portes.

Communiqué. Conformément à l'article 16 de l'arrêté du 30 août 1867, les attelages doivent rouler au pas lors du franchissement des
pont-levis des portes de la Ville. Les contrevenants seront sanctionnés conformément au paragraphe 366, alinéa 10 du code pénal « Strafgesetzbuch », par une amende allant jusqu'à 20 Thalers ou d'une peine d'emprisonnement allant jusqu'à 14 jours. Par ce communiqué nous appelons le public au plus strict respect de ce règlement, et nous soulignons que tous les contrevenants seront effectivement
sanctionnés. Strasbourg, le 28 mai 1872. Le directeur de la police. Back.

Strasbourg : Concert de la musique du régiment de Ulans n°15.

Schiltigheim "Rothes Haus". Dimanche 2 juin 1872, grand concert militaire du corps des trompettes du régiment de Ulans "Schleswigholsteinische Ulanen-regiment Nr. 15" sous la direction du "Stabstrompeter" (trompette-major) B.Schwesler. Après le concert, bal paré.

 

Lundi 3 juin 1872

Strasbourg : adjudication pour de nouvelles constructions de garnison.

Construction d'un hangar d'instruction « Übungs Schuppen ». Deux grands hangars « Schuppen » et un abri transportable « transportable Bude » doivent être construits sur le terrain d'exercice des pontonniers « Pontonnier Übungsplatz vor dem Kronenburger Thore » situé devant la porte de Saverne « Kronenburger Thor » ; ces travaux et la livraison des matériaux doivent seront adjugés. Strasbourg, le 19 mai 1872. « Königl. Pionier-Bataillon Nr. 15 ».

 

Mardi 4 juin 1872

Strasbourg, garnison : Recherche de déserteur du bataillon du Train n°15.

Avis de recherche : le soldat du Train Christian L. du Train Bat. 15, originaire de Wallerode dans l'arrondissement de Malmedy, a été déclaré déserteur par le tribunal de guerre, le 28 ce mois. Strasbourg, le 1er juin 1872 "königl. Gericht des 15. Armee-Corps".

Allemagne, Neuf-Brisach, garnison : Adjudication pour l’acquisition de mobilier.

Adjudication de la livraison de 52 bancs, 12 chaises tressées, une armoire et 2 tables, au moins offrant. Les offres doivent être déposées pour le mardi 4 juin à 15 heures au bureau local de la “kaiserliche Garnison-Verwaltung” (bureau de l’administration de garnison). Neuf Brisach, le 30 mai 1874.

 

Jeudi 6 juin 1872

Allemagne, Koblenz place forte : Rélégation en place forte de 2e ligne.

Ordonnance impériale « A.K.O. » du 6 juin 1872 reléguant la place en place forte de 2e ligne.

Allemagne, armée : Nouveaux insignes des brancardiers.

Un ordre de cabinet, en date du 6 juin 1872, décide qu'à l'avenir les brancardiers auxiliaires des corps de troupe, au lieu de porter le brassard de la convention de Genève (bande blanche et croix rouge), porteront au bras gauche une simple bande rouge. On sait que dans chaque compagnie quatre hommes étaient désignés pour faire le service de brancardiers auxiliaires et, en cette qualité, étaient couverts par l'insigne de neutralité qui vient d'être supprimé. Ces hommes, au lieu de marcher sans armes, à la gauche de leur compagnie, portaient le fusil et faisait le coup de feu quand ils n'avaient personne à transporter. De là des accusations de violation de la Convention de Genève. Ces accusations s'élevèrent non-seulement en France, mais même en Allemagne, et cela par l'organe des médecins militaires les plus éminents (Loeffler, Beck et autres). C'est probablement pour rentrer dans la légalité que le gouvernement allemand a rendu l'ordonnance du 6 juin.

 

Jeudi 13 juin 1872

Alsace-Lorraine : Retour des Alsaciens venant des régiments français.

Presse locale, Strasbourg le 13 juin 1872. Tous les jours des hordes de jeunes Alsaciens, quittent leurs régiments en France et à Alger pour retourner au pays natal. Ceux qui cherchent du travail ont toutes les occasions de trouver un emploi bien rémunéré. Beaucoup d'entre eux sont à présent en activité dans les chemins de fer. Remarque : Est-ce la réalité ou de la propagande ?

Strasbourg, place forte :  Travaux des nouvelles fortifications.

Strasbourg le 13 juin 1872. On vient de publier dans le journal Niederrheinische Courrier, sur Hausbergen : Depuis plusieurs jours les travaux du chemin de fer de ceinture ont commencé ; sur la colline on a commencé à creuser un puit pour le fort et à ériger des baraquements pour les ouvriers. Les terrains destinés au fort sont débarrassés de leurs récoltes. Les propriétaires espèrent être indemnisés bientôt, puisque à la suite de l'expropriation le nouveau propriétaire vient d'en prendre possession. Précisions : les travaux que l'on vient de décrire concerne à priori le Fort IV, futur Fort Kronprinz.

 

Vendredi 14 juin 1872

France, Paris - Allemagne : Négociations pour un retour prématuré des troupes d'occupation allemandes.

Paris. La nouvelle transmise par les journauxlocaux et également par le Times que les négociations entamées avec l'Allemagne pour l'avancement de la date du départ des troupes d'occupation allemandes seraient à ces points avancés que l'Allemagne est prête à faire une déclaration, n'est à notre avis pas fondée. Jusqu'à présent aucune déclaration n'a été faite à ce sujet par l'Allemagne.

 

Samedi 15 juin 1872

Strasbourg : Travaux d'aménagement à la caserne de la Porte des Juifs « Judenthor Kaserne ».

Adjudication, le 15 du mois, à 9 heures, concernant les travaux d'aménagement de la caserne « Judenthor Kaserne » au bureau de la « Garnison Bau - Direction ». Strasbourg le 4 juin 1872, « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

Strasbourg : Construction d'une écurie à la Nikolaus Kaserne.

Adjudication, le 15 du mois, à 10 heures, concernant l'aménagement d'une écurie pour le refroidissement des chevaux « Kühlstall » à la caserne « Nikolaus Kaserne » au bureau de la « Garnison Bau - Direction ». Strasbourg le 4 juin 1872, « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

Strasbourg : Travaux d'aménagement des caves à l'Artillerie Kaserne et la Nikolaus Kaserne.

Adjudication, le 15 du mois, à 11 heures, concernant l'aménagement de caves dans les casernes « Nikolaus Kaserne » (quartier Saint-Nicolas) et « Artillerie Kaserne » (quartier d'Austerlitz) au bureau de la « Garnison Bau - Direction ». Strasbourg le 4 juin 1872, « kaiserliche Garnison Verwaltung ».

 

Lundi 17 juin 1872

Allemagne, Metz, garnison : vente aux enchères de matériels du service des fortifications.

Vente aux enchères le 17 juin 1872, à 9 heures, de différents outillages, machines, une emboutisseuse, 24 étaux, une plieuse pour cerclage de roue, un grand pilon à vapeur, un petit pilon à vapeur, une machine à vapeur d’une puissance de 20 chevaux, etc. Metz “Kaiserliche Fortification”.

 

Mardi 18 juin 1872

Strasbourg : Consignes du service des fortifications concernant l'enceinte urbaine.

Strasbourg, le 18 juin 1872. On vient de publier dans le journalNiederrheinische Currier, de Strasbourg : Suite à l'arrêté pris par le gouvernement impérial de la place « Festungsgouvernement », appuyé par un avis du gouvernement et du conseiller santé « Medicinalrath » Dr. Wassersuhr, le service des fortifications vient d'ordonner le 12 de ce mois, que pour des raisons de santé publique, tous les tas d'herbe en décomposition déposés dans les fossés des remparts doivent être enlevés par les personnes qui ont loués les droits d'herbage. Mais étant donné que ces derniers ne louent l'herbage que jusqu'à quelques distances du bord, puisque les rives couvertes de roseaux sont du ressort de ceux qui ont loué la pêche, nous leurs conseillons dans leur intérêt, de procéder à l'enlèvement des tas et au nettoyage des roseaux qui y poussent massivement et qui bouchent généralement les fossés d'évacuation qui ne sont pas nettoyés.

 

Jeudi 20 juin 1872

Allemagne, armée : Le nouveau code pénal militaire.

L'introduction du nouveau code pénal militaire, sanctionné le 20 juin dernier, ainsi que des modifications conformes dans le domaine du droit pénal, dit le Reichsanzeiger, nécessitent une nouvelle rédaction des stipulations concernant les peines disciplinaires dans l'armée et des articles de guerre : les premières datent du 21 juillet 1867, et les derniers du 9 décembre 1852. En vertu d'un ordre suprême, ces stipulations et ces articles doivent être révisés et rédigés à nouveau ; et, à cet effet, une commission immédiate se réunira le 15 août au ministre de la guerre, à Berlin, afin d'unifier autant que possible la législation sur les peines disciplinairesdans l'armée allemande, lesquelles  présentent encore, à l'heure qu'il est, en Wurtemberg, surtout, maintes déviations des principes généralement mis en pratique. Cette commission, dont les travaux dureront trois ou quatre semaines sera composée du président, le lieutenant-général de Budritzky, commandant la 2e division d'infanterie de la garde, et de onze membres, dont un pour la Saxe, un pour le Wurtemberg et huit pour la Prusse (y compris les pays dont les contingents sont incorporés dans l'armée prussienne ». (Journal de Saint-Pétersbourg, 26 juillet - 7 août).

 

Vendredi 21 juin 1872

Grande-Bretagne, Shoeburyness : Expériences avec le canon de 35 tonnes.

Le 21 juin 1872 ont eut lieu à Shoeburyness, en présence des ducs d’Edimbourg et de Cambridge, ainsi que d’un grand nombre d’officiers appartenant principalement aux armes spéciales, les expériences déjà annoncées concernant la torpille-fusée. Le résultat a été fort médiocre. Les nouveaux essais concernant le canon de 35 tonnes modifié (on ne dit pas comment), ont paru plus satisfaisants. Pour terminer, on a exécuté un tir comparatif entre les canons anglais nouveaux de 9 et de 16 livres d’une part, et le canon de campagne prussien d’autre part. Les bouches à feu anglaises tiraient des shrapnels ; la pièce prussienne tirait des obus ordinaires. Comme l’année précédente, l’avis des spécialistes a été que, dans ces conditions, le système anglais s’était montré supérieur au système prussien. Ils ont toutefois changé d’avis pour ce qui concerne le tir de shrapnels dans les deux espèces de canons, et ils ont dû convenir, qu’avec ces projectiles, le canon prussien avait le premier rang. (Allgemeine-Zeitung).

 

Samedi 22 juin 1872

Strasbourg : Visite du chef de l'inspection du génie.

Strasbourg, le 22 juin 1872. Son Excellence Monsieur le général "General-Lieutenant" von Kamecke est arrivé hier matin à 8h43 et est descendu à l'hôtel "Englischer Hof".

 

Dimanche 23 juin 1872

Strasbourg : Construction du Fort II, Fort de Reichstett.

Fort Reichstett près de Strasbourg. 500 terrassiers sont embauchés immédiatement pour la construction du fort à Reichstett, un travail durable et rétribué par un bon salaire. La société de construction Pathe & Comp. Cette annonce a été publiée le 23, 24 et 27 juin 1872.

Lundi 24 juin 1872

Neuf-Brisach place forte : La place forte est classée en 2e ligne.

Ordonnance impériale « A.K.O. » du 24 juin 1872 reléguant la place en place forte de 2e ligne. D'après cet ordre de l'empereur Kaiser Wilhelm I : « la place devait être dotée de moyens mis en place ou planifiés pour résister à une attaque brusquée ». Une note complémentaire du GFM von Moltke précise la mission de la place : « La place forte doit rendre plus difficile l'action ennemie vers l'aval du Rhin, empêché tout franchissement ennemi du fleuve dans son rayon d'action, et facilité tous le franchissement de notre armée ».

Cologne « Köln » : Ordonnance impériale lançant l'extension de la place forte.

Ordonnance impériale « A.K.O. » du 24 juin 1872 ordonnant l'extension de la place forte de Cologne.

 

Jeudi 27 juin 1872

Strasbourg : Travaux des nouvelles fortifications.

Strasbourg le 27 juin 1872. Le journal de Vienne Neue Freihe Presse écrit d'ici : « Des forts qui doivent transformer notre ville en place forte de 1errang, depuis quelques temps les travaux de certains d'entre eux ont été pris à bras le corps, et plus précisément les deux, qui couronnent les Hausbergen, une croupe de terrain allongée fort imposante, situé environ sur la ligne entre Strasbourg et Saverne.

C'est seulement après l'achèvement des forts que l'on commencera l'extension de la ville qui est d'ailleurs fort attendue, une date surveillée par l'association de promotion de la construction « Bauverein » qui vient d'être créé. Cette association d'entre aide doit aider les familles dans l'acquisition des logements, en leur permettant de payer par fractions ces investissements. D'ailleurs, le manque de logements actuel sera bientôt résorbé, puisque dès cet automne on aura reconstruit la plupart des immeubles détruits lors du siège ».

 

Lundi 1er juillet 1872

Europe, alimentation des armées : Adoption de la marmite à vapeur comme appareil de coction dans quelques armées étrangères.

« Voulez-vous bâtir une Armée ? Commencez par le ventre, c'est là le fondement ». Avec cette citation de Frédéric-le-Grand comme épigraphe, le docteur Froelich, mécedin-major du corps d'armée saxon, publie un article sur la cuisson des aliments dans les appareils à vapeur comprimée (Deutsche Militairaerztliche Zeitschrift n°5 1872). Comme récemment, en France, par les expériences et des travaux publiés par la presse compétente, on a étudié l'application de ce mode de coction aux armées en campagne, il nous a paru intéressant de faire connaître les éléments que la presse militaire apporte aux débats de cette question. Commençons par constater,avec l'un des auteurs que nous analysons, que, depuis assez longtemps déjà ; la marmite de Papin, la marmite suédoise et plusieurs autres appareils analogues reposant tous sur le principe de la possibilité d'élever la température de l'eau à une température supérieure à 100°, sous une pression supérieure à 0,76 m, sont en usage dans la vie commune des peuples, qui comme les Anglais et les Américains, savent apprécier la valeur du temps.

En ce qui concerne l'emploi de ces appareils dans les armées, nous voyons d'abord, en Suisse, les médecins divisionnaires réunis en conférence, émettre le vœu d'adopter, pour la préparation des aliments de l'armée en campagne, la marmite de Papin ou tout autre appareil analogue (Bericht der divisionaertzlichen Conferenz an das Schweiz. Militaer-Departement (Berne 11-14 octobre 1871). La Russie, s'il faut en croire le Journal de la Médecine militaire allemande, serait également sur le point de décider de l'emploi de cet ustensile pour son armée.

Dans l'armée allemande, on propose de réunir une commission d'officiers de toutes armes, de médecins et d'employés du service des subsistances, à l'effet de statuer sur la question de savoir s'il y a ou non avantage à faire adopter par l'administration la marmite à vapeur, soit pour l'armée entière, soit pour certaines fractions, les lazarets principalement. En Austro-Hongrie, cette adoption est un fait accompli. Sur le nouvel état de l'équipement des ambulances, figure, comme appareil de coction, une marmite à vapeur d'un modèle spécial, imaginé par un ingénieur viennois, M. Beuerle. Cette mesure paraît même n'être qu'un essai, des résultats duquel dépend l'adoption des marmites à vapeur sur une plus vaste échelle. Nous empruntons au travail du docteur Froelich la description de la marmite à vapeur.  La capacité varie selon le but auquel on utilise la marmite. La forme est doublement conique, avec fond convexe en dedans. L'appareil est construit avec de la tôle à chaudières, de 1 à 2 lignes viennoises d'épaisseur, et est revêtu à l'intérieur d'une fine couche d'étain. L'appareil résiste à une pression de 5 atmosphères (la pression à produire s'élève au plus à 2 atmosphères ½). Le couvercle est fixé sur la marmite à l'aide de quatre vis ; entre le couvercle et le bord de la marmite, on obtient une très exacte occlusion à l'aide d'un anneau en feutre, en chanvre, en caoutchouc ou en carton. Dans la masse du couvercle, se trouve une soupape d'un demi-pouce viennois de diamètre ; cette soupape, chargée d'un poids de 2,5 livres s'ouvre quand, dans la marmite, la pression dépasse d'une atmosphère la pression extérieure. Un arrêt qui traverse la soupape permet de la maintenir fermée dans la marmite est éloignée du feu. Le prix d'une marmite ainsi construite, suffisante pour 8 personnes, se monte à 5 thalers ½. Pour faire servir l'appareil en campagne, Beuerle a fabriqué un trépied, lequel, muni de ses barres, suffit pour maintenir au-dessus du feu 4 marmites, d'une capacité de 22 litres d'eau chacune, d'un poids de 26 livres, et suffisantes pour 25 personnes. 8 marmites suffiraient pour un lazaret de campagne de la contenance normale de 200 malades ; 10 suffisent pour une compagnie de 250 hommes. Pour préparer les aliments à l'aide de cet appareil, il suffit de dévisser le couvercle, d'introduire dans la marmite la viande, le sel, etc., et de l'eau en quantité suffisante pour la faire affleurer à trois travers de doigt du bord ; l'espace qui reste est destiné à recevoir la vapeur. En employant une mesure viennoise d'eau pour 2 livres ½ de viande, on obtient un bouillon si chargé qu'il devient nécessaire de l'étendre d'eau. Quand l'eau, la viande et les condiments sont introduits dans la marmite, on applique sur le rebord l'anneau de feutre destiné à boucher hermétiquement l'appareil, on ferme le couvercle et l'on le visse sur le rebord. Quand le tout à été placé 15 à 20 minutes sur le feu, la vapeur commence à se produire, ce dont on s'assure en soulevant la soupape. On peut alors se contenter de chauffer modérément. La marmite ne sera ouverte qu'après complète coction de son contenu, ce qui dure en moyenne 1 heure ½. Quand on veut cuire la viande sans obtenir de bouillon, on la suspend dans l''intérieur de la marmite à l'aide d'un vase en fer blanc qu'on peut y adapter, et on y remplit d'eau le vase qu'au tiers de sa hauteur.  On en fait de même pour la cuisson des légumes. Pour le transport des aliments dans cette marmite, il suffit de fermer la soupape et d'envelopper l'appareil dans la paille, de l'étoupe, une couverture, etc.

Les avantages qui résultent de ce mode de coction sont les suivants :

1° La fermeture hermétique du vase préserve, en plein air, les aliments contre la poussière, la pluie, etc., et en facilite le transport ;

2° La coction s'obtient plus rapidement, et les aliments conservent leur température élevée ;

3° A l'aide de cette marmite, il est déjà possible de manger le bœuf après 1 heure ½ de coction, le mouton et le porc au bout d'une heure, des lentilles au bout de trente minutes, du riz au bout de 22 et des pommes de terre après 20 minutes de cuisson ;

4° Grâce à l'action exercée par la vapeur, il y a économie de 50% de combustible ;

5° La viande cuite dans la marmite à vapeur est plus succulente et plus tendre ; le bouillon est plus concentré et à meilleur goût.

L'auteur ne parle pas des inconvénients résultants, pour le transport du poids de ces appareils. Cette difficulté peut-elle être éludée ou les avantages de cet appareil en compensent-ils les défauts ? Nous l'ignorons. Toujours est-il que cette question mérite d'être étudiée, car la nourriture est la masure du travail ; pour obtenir du soldat les efforts les plus considérables possibles, il faut lui donner l'alimentation, la meilleure possible. « Deutsche Militairaerztliche Zeitschrift » n°5 de 1872.

Strasbourg : Travaux des nouvelles fortifications.

De l'Alsace le journal « Deutsche Presse » publié à Francfort a écrit sur les fortifications de Strasbourg : « Au Strasbourg, 1er juillet (1872). Au nord entre l'Ill et le Rhin l'enceinte de la ville, qui reliera à 3 kilomètres l'actuel front jusqu'au canal, sera avancée de telle façon, que les belles promenades entre la Robertsau et la place de la Robertsau seront incluses dans l'enceinte. C'est à cet endroit que l'on construira un port et canal, qui vient du Rhin et passe par Kehl, et permette un meilleur approvisionnement. A l'ouest, au-delà du front qui regarde vers la France, le côté qui nécessite naturellement une meilleure défense, la Prusse érige un vaste camp retranché « verschanztes Lager » qui peut accueillir une armée de 200 000 hommes, qui avec Strasbourg et cinq grands forts en forme d'étoile (sternformige Forts) qui seront érigés sur les points suivants, en commençant par le nord : le Fort Reichstett, à environ 8 kilomètres au nord-est de la nouvelle enceinte, qui contrôle face à l'ouest la route vers Lauterbourg et vers l'est le chemin de fer vers Paris et ultérieurement deux lignes de chemin de fer projetées dont l'une relie la ville et les forts et l'autre qui relie les forts entre eux. Plus au sud à environ 3 kilomètres de ce premier Fort Reichstett où se trouve d'une part la route vers Wissembourg, et d'autre la grande ligne de voies ferrées vers Paris, le Fort  Souffelweyersheim, à un kilomètre au sud-ouest le Fort Niederhausbergen près de la grande route de Strasbourg à Bouxwiller et enfin, les ouvrages d'Oberhausbergen et de Wolfisheim qui commandent la route allant à Saverne, Paris et le canal de la Bruche. Les emplacements de ces cinq forts ont été astucieusement choisis. Tous dominent le terrain dans la plaine de Strasbourg, qui est située à une hauteur de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le Fort Reichstett est à une hauteur de 150 mètres, celui de Souffelweyersheim a une hauteur identique, ceux de Niederhausbergen et d'Oberhausbergen respectivement à 191 et 173 mètres, et enfin celui de Wolfisheim à 160 m au-dessus du niveau de la mer. Le premier, situé au nord du camp retranché, s'appuie sur les marais de la Souffel, et le cinquième au sud, sur les bras confluents de l'Ill. Sur le Rhin, en passant par Kehl, il est toujours possible d'amener de l'aide de toute sorte en provenance d'Allemagne ».

 

Mercredi 3 juillet 1872

Strasbourg : Construction des nouvelles fortifications de Strasbourg.

Un correspondant strasbourgeois de la Presse allemande de Francfort donne à ce journal des détails sur les nouvelles fortifications de Strasbourg ; ces renseignements sont reproduits par la Gazette de Strasbourg. Du côté de la France on construira un vaste camp retranché pouvant contenir 200 000 hommes et relié la ville par cinq forts ; le fort de Reichstett, à 8 kilomètres au nord de la nouvelle enceinte ; le fort de Souffelweyersheim ; le fort de Niederhausbergen ; celui de Oberhausbergen et celui de Wolfisheim. Le fort de Reichstett dominera la route de Lauterbourg et le chemin de fer de Paris ; celui de Souffelweyersheim dominera également cette dernière ligne ; celui de Niederhausbergen, la route de Bouxwiller ; les deux autres forts, la route de Saverne et le canal de la Bruche.

 

Jeudi 4 juillet 1872

France, troupes d'occupation allemandes : Plans de renforcement des troupes du territoire français en cas de problèmes.

On écrit de Darmstadt, 4 juillet 1872 : « Il a été prescrit à tous les Etats de l'Empire allemand, au cas où des complications se produiraient pendant l'occupation du territoire français, d'envoyer directement à Metz, et sans attendre aucun ordre, tous les officiers et hommes de troupe du Beurlaubtenstand, c'est-à-dire de la réserve et de la Landwehr, qui sont classés pour leur service militaire dans des sections de chemins de fer. Ils devront être arrivés quatre jours au plus tard après avoir reçu leur ordre. Ils voyageront par les trains de poste et de grande vitesse. S'ils n'ont pas d'argent pour payer leurs billets, afin d'éviter tout retard, les autorités locales sont autorisées à leur faire des avances ».

 

Vendredi 5 juillet 1872

Allemagne, Phalsbourg, fortifications : Travaux de démolition des anciennes fortifications.

Metz, le 5 juillet 1872. Nous avons lu dans le journal Deutsche Allgemeine Zeitung : Lors d’une de mes récentes excursion à Phalsbourg j’ai pu constater l’avancement des travaux d’arasement de la place forte. Les murs hauts de 40 pieds sont pratiquement entièrement démolis et les gravats de ces derniers comblent les fossés sur une hauteur de 3 à 4 pieds. Le transport des pierres nécessaires aux autres travaux de fortification entraînera encore plus d’efforts et de frais que les travaux de démolition. Etant donné que l’installation d’une voie de chemin de fer est projetée entre Phalsbourg et Lutzelbourg et que le transport des pierres en voiture par-dessus la montagne est impossible, elles resteront sur place en attendant la construction de cette ligne. Les 41 maisons situées à l’intérieur de la ville qui ont été détruites par les bombardements ou par le feu, ont été, à part deux d’entre elles, toutes reconstruites et sont plus belles qu’avant ; en réalité la ville ne perd rien à l’arasement de ces ouvrages de fortification et à l’avenir elle n’est plus menacée par un bombardement. Phalsbourg doit recevoir une forte garnison, qui pourra être largement hébergée dans ces belles et grandes casernes.

Strasbourg : Construction du Fort III, Fort de Mundolsheim et chemin de fer de ceinture.

Mundolsheim, 5 juillet 1872. A propos du Fort de Mundolsheim, le journal allemand publié les informations suivantes : « Cet après-midi s'est déroulé une petite fête à l'endroit où le fort doit être érigé. Les officiers du génie de Strasbourg, en compagnie de leurs épouses et de différents civils, ont participés à la cérémonie de pose de la première pierre du fort. C'est pour cette raison que l'entrepreneur Uffinger c'est servi d'une truelle et d'un marteau en argent, que son père et son grand-père utilisaient déjà pour ce genre d'occasions. Après la pose de la première pierre vint le tour des vins, des toasts et des trois coups de marteau que chacun des participants à la cérémonie frappe sur la pierre. Les 300 ouvriers reçoivent un bon pour un litre de bière chacun. Cette cérémonie d'inauguration simple et exceptionnelle sera suivie d'une grande fête organisée à l'occasion de la pose de la première pierre du fort d'Oberhausbergen. Comme on dit : La garnison de Strasbourg doit exécuter diverses manœuvres si bien que le tonnerre des canons remplacera le silence légèrement troublé par le crissement des charrues qui règnent encore sur ces hauteurs. Les travaux du Fort de Mundolsheim sont menés avec vigueur. Plusieurs galeries de mines profondes ont déjà été installées ; une route pavée de moellons reposant sur un lit de gravier relie le fort à la route de Brumath. Le chemin de fer de ceinture est déjà en service entre le canal près de Reichstett et Niederhausbergen. Les énormes masses de matériaux qui arrivent chaque jour par le canal à Reichstett sont facilement et très rapidement amenés à l'intérieur du fort ». Le fort de Mundolsheim est le Fort III, Fort Roon, ou actuel Fort Desaix.

Alsace-Lorraine : Projet de voyage de l'état-major général prussien en 1872.

La Strassburger-Zeitung, journal créé par la Prusse, et qui, d'après son sous-titre, contient les nouvelles officielles pour l'Alsace-Lorraine, enregistre celle-ci : « Mulhouse, 5 juillet 1872. D'après ce qui ressort d'un avis de la direction impériale de cercle (traduction possible de Kreisdirektion, c'est à dire direction d'arrondissement), publié dans le Sundgauer Boten, le voyage d'étude des officiers du grand état-major général aura lieu cette année, pendant la seconde moitié du mois d'août, dans la zone de Belfort-Colmar ».

 

Samedi 6 juillet 1872

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : Nouvelles diverses concernant les places fortes d’Alsace-Lorraine.

On lit dans la “Metzer-Zeitung”, un des deux journaux allemands crées à Metz pour la garnison et la colonie : « Les fonctions de commandant et de major de place à Bitche viennent d’être supprimées. L’ensemble du réseau des places fortes de la nouvelle province allemande se réduit donc à Metz, Thionville, Strasbourg et Brisach. La direction générale des travaux de Strasbourg, comprenant l’achèvement de ceux qui sont commencés, les projets nouveaux à proposer, l’extension à donner, vient d’être confiée au colonel de génie Klotz. On assure que la construction des forts s’exécutera d’après des principes nouveaux. Il sera donné la plus grande attention aux travaux de communication, par télégraphe et chemins de fer, des forts avancés, soit entre eux, soit avec la ville ou les dépôts, magasins, quartier-général, etc., qu’elle renferme. Des systèmes nouveaux sont également appliqués à l’organisation des hôpitaux, et à l’établissement des abris pour les garnisons destinées à la défense de ces grandes places d’armes. La plus grande partie de l’armement de l’artillerie de ces forteresses consistera en pièces de plus gros calibre ».

 

Lundi 8 juillet 1872

Reichsland Alsace-Lorraine : Loi sur la répartition des indemnités de guerre versées par la France et utilisées pour la construction des nouvelles fortifications.

La loi du 8 juillet 1872, en vertu de laquelle l'indemnité de guerre payé par la France a été répartie, avait consacré une somme de 19 000 000 thalers (71 250 000 fr.) aux travaux de fortification à élever en Alsace-Lorraine. Sur cette somme, 3 750 000 fr. étaient réservés pour l'agrandissement de la ville de Strasbourg. Restaient donc, pour être employés à la construction de nouveaux ouvrages, 67 500 000 fr. La portion de ce crédit, à dépenser en 1872 et en 1873, devait s'élever à 51 181 875 fr. : un reliquat de 16 318 125 fr. restait donc disponible pour les exercices suivants et était destiné à compléter le système de défense de Strasbourg et de Metz, les gros œuvres devant être achevés grâce aux crédits consacrés aux années 1872 et 1873.

 

Jeudi 11 juillet 1872

Strasbourg : Généralités sur les travaux des nouvelles fortifications.

Strasbourg, 11 juillet 1872. La presse allemande a publié l'article suivant : « Au "Reichsland" (Terre d'Empire) on entreprend de grands travaux publics, on accélère l'installation des voies de chemin de fer tout comme les autres voies de communication, grâce auxquels le pays est déjà plus riche que la plupart des autres provinces allemandes, au niveau des installations déjà achevées ou celles qui sont projetées.

La fortification à grande échelle de la capitale de la Terre d'Empire est menée rondement et nécessite des sommes colossales pour réaliser une place d'armes qui lorsqu'elle sera achevée n'aura pas d'égal au monde. Elle est prévue pour une population de plus de 300 000 habitants, entourée par 16 forts détachés, qui sera également un camp retranché capable d'accueillir une armée forte de 200 000 hommes. Avec deux nouvelles gares, dont une gare centrale, une liaison par bateau à vapeur avec Mannheim et Rotterdam, sur le canal projeté du Rhin au Neckar ou sur le Rhin rectifié, Strasbourg voit son avenir avec confiance ».

 

Samedi 13 juillet 1872

Allemagne, armée : Le XIIIe corps d’armée wurtembergeois.

Par décision du 4 juillet dernier, trois officiers supérieurs prussiens, les colonels von Salviati, chef d’état-major du 7e corps d’armée, von Hertzberg, commandant le 6e régiment d’infanterie du Rhin n°68, et von Flatow, commandant le 3e régiment d’infanterie de Brandebourg n°20 ont été envoyés en Wurtemberg pour y prendre le commandement de brigades du 13e corps d’armée, le premier dans la cavalerie, les deux autres dans l’infanterie. Par décision du 13 juillet suivant, le colonel von Jagemann, inspecteur du train, prend le commandement de la 13e brigade d’artillerie (même corps d’armée). On voit que la prussification marche.

 

Mardi 16 juillet 1872

Allemagne, techniques de fortification : Du flanquement rasant des fossés pleins d’eau.

(D’après un article du Militär-Wochenblatt). La substitution des grands fronts et du flanquement rasant qui caractérisent la fortification polygonale, au système bastionné, avait réalisé un progrès décisif et on était en droit d’espérer, avec les moyens dont disposait alors l’artillerie, que les caponnières pourraient, à condition d’être bien couvertes, opposer une résistance énergique et opiniâtre. Il n’en est plus de même avec le tir plongeant. Les expériences de la dernière guerre ont montré avec quelle précision il est possible d’atteindre au but, même restreint et invisible (écluse de Strasbourg). L’ennemi serait bientôt renseigné sur la position exacte d’une caponnière, et son tir une fois réglé, il ne serait pas douteux que l’ouvrage attaqué ne fût promptement détruit. Il faut donc augmenter la résistance des caponnières. Deux moyens se présentent : les rendre invulnérables en les cuirassant, ou les rendre mobiles. Une caponnière qui réunirait ces deux conditions serait évidemment préférable, et l’on est conduit à adopter pour les fossés pleins d’eau, des batteries cuirassées flottantes. L’auteur examine les conditions dans lesquelles cette solution pourrait être appliquée à la défense d’une grande place. Dans les grandes places à manœuvres d’eau, la largeur des fossés varie généralement entre 45 à 60 mètres, tandis que la profondeur de l’eau est à peu près de 2 mètres 20. Le système adopté pour les batteries flottantes serait celui des monitors, qui découvre le moins de surface ; la forme serait ovale ; le monitor n’ayant pas à évoluer dans le fossé, sa longueur pourrait être inférieure à la largeur du fossé ; dans tous les cas, sa section devrait être aussi réduite que possible, afin d’augmenter la mobilité ; on pourrait arriver à ce résultat en portant jusqu’à 1,90 m le tirant d’eau, qui dans les monitors du Danube est de 1,10. La machine serait de petite dimension, de force telle que la vitesse de la batterie soit celle d’un piéton ; on gagnerait ainsi de l’espace et on aurait la possibilité d’augmenter le poids de la cuirasse. La cuirasse serait bornée aux coupoles et on fixerait son épaisseur à 0,21 m au moins ; le toit des coupoles serait convexe, de manière à résister aux feux verticaux ; quant au reste du pont, il recevrait un blindage spécial. Mais le meilleur moyen de protéger le monitor serait de se ménager, en y introduisant l’eau à volonté, les moyens de l’immerger, jusqu’à ce que les coupoles seules dépassent le niveau de l’eau. Le monitor aurait d’ailleurs des compartiments étanches, dans la prévision du cas où son pont serait traversé par une bombe. On n’installerait pas de tour pour le commandant, des ouvertures ménagées dans les coupoles devant suffire pour permettre de surveiller le passage du fossé. L’armement consisterait en 2 pièces de 12. La batterie pourrait être immergée jusqu’à 0,30 m des sabords des pièces ; il n’y a en effet, dans les fossés d’une place, ni vagues, ni ondulations qui puissent pénétrer par les sabords ou gêner le tir. L’auteur se demande comment il serait possible d’effectuer un passage de fossé sous le feu de quatre pièces de 12, tirant à petite distance, et par quel procédé l’ennemi arriverait à réduire un monitor au silence. La surface en prise aux projectiles n’a, en effet, que 1,20 m de hauteur et est protégée par la cuirasse ; le monitor peut d’ailleurs s’abriter de la contrescarpe en s’en rapprochant. Il suffirait d’un quart de tour pour dérober complètement les sabords aux vues de la contre-batterie ; enfin, l’ennemi s’exposerait beaucoup en employant des torpilles pour attaquer le monitor. En fait, en se reportant aux sièges précédents, et constatant la longue résistance (14 jours) opposée par de simples traverses voûtées, comme à Dantzig en 1807, l’auteur se demande s’il ne serait jamais possible à un assiégeant de surmonter un pareil obstacle. La construction et la mise en place de ces batteries ne présenteraient aucune difficulté dans les places fortes situées sur des cours d’eau navigables ; dans les autres, on serait obligé de construire les en dehors des fossés et de les y lancer. Les idées émises plus haut s’appliquent surtout aux places situées sur de grands cours d’eau ; mais le système proposé pourrait être modifié de différentes manières : en réduisant le tirant d’eau des monitors, faisant de leur coque en bois et ne les organisant que pour la mousqueterie ; ou encore en obtenant leur déplacement au moyen d’un câble placé dans le fond du fossé. 

 

Lundi 22 juillet 1872

Strasbourg : Arasement des fortifications de Phalsbourg et transport des matériaux vers Strasbourg.

La presse locale publie: "L'arasement de la place forte solide comme un roc de Phalsbourg est pour l'essentiel pratiquement achevé, bien qu'il faille compter encore quelques mois pour achever ce qui a été commencé. Ces travaux ont entraîné une pénurie d'eau dans la place, puisque la population de cette petite place enclavée était déjà obligée de chercher péniblement de l'eau à l'extérieur à cette période de l'année. Deux bataillons de "Braunschweiger" sont encore en garnison dans la ville. La population se montre très réticente à leur départ.

On peut encore signaler qu'une importante partie des maçonneries des fortifications qui ont été arasées, ont été transportées vers le canal près de Lutzelbourg à l'aide d'une voie ferrée spéciale et chargée dans les péniches pour être transporté à Strasbourg, où elle sera
employée pour la construction des nouveaux forts extérieurs. Les bâtiments de Phalsbourg endommagés lors du bombardement sont systématiquement remplacés par de nouvelles constructions".

 

Mardi 23 juillet 1872

Strasbourg et Metz, place forte : Travaux des nouvelles fortifications.

Metz, 23 juillet 1872. Les travaux sur les nouveaux forts avancent rapidement et les anciens forts sont pratiquement achevés. Lors de la construction de ces derniers, les Français n'ont pas été en mesure d'abandonner complètement le système Vauban, et quelques ouvrages qui avaient été construit sur de la terre argileuse, n'avaient pas de fondations assez solides et avaient souffert des pluies des dernières années, ce qui avait entraîné pas mal de dégâts et ils ont dû être fortement remaniés. Mais le corps du génie allemand a réussi à augmenter la résistance de tous ces ouvrages et de les adapter aux exigences du nouveau système de fortification. Des travaux encore plus importants sont menés actuellement à Strasbourg, et à Phalsbourg sont entreposées d'énormes masses de pierres provenant des fortifications locales, et qui n'attendent que le transport pour être employées aux travaux de construction. Depuis peu de temps, on a également érigé ici une nouvelle briqueterie - tuilerie et elle est d'ailleurs déjà en fonction, si bien que cet établissement est déjà en mesure de livrer les briques nécessaires à ces travaux.


Mercredi 24 juillet 1872

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : Budget pour les constructions des garnisons.

Berlin, le 24 juillet 1872. Le “deutsche Reischanzeiger” publie la loi du 8 juillet 1872, concernant les dommages de guerre français. Nous avions déjà parlé du contenu de la loi il y a quelques temps, mais revoyons ce qui intéresse plus spécifiquement l’Alsace-Lorraine dans les articles 1 et 2 :

Art. 1. Pour la remise en état, le recomplétèrent et l’équipement des fortifications situées en Alsace-Lorraine, ainsi que pour la construction ou le réaménagement des casernes, des hôpitaux militaires et des entrepôts qui sont nécessaires aux garnisons d’Alsace-Lorraine, il faut réserver des fonds versés par la France, la somme de 40 250 930 Thaler.

Cette somme doit être versée pour :

Pour l’équipement de l’artillerie et la construction de bâtiments d’artillerie : 9 000 000 Thaler.

Pour la reconstruction de l’arsenal d’artillerie de Strasbourg et le renouvellement des moyens de production de la fabrique de poudre de Metz : 210 000 Thaler.

Pour l’extension et la construction des fortifications de Strasbourg, Metz, Bitche, Neuf-Brisach et Thionville : 19 000 000 Thaler.

Pour l’équipement et l’ameublement des casernes, des écuries et de toutes les autres installations des garnisons : 9 500 000 Thaler.

Pour la construction, le remaniement et l’équipement des hôpitaux militaires de place forte : 386 100 Thaler.

Pour les mêmes opérations au profit des hôpitaux militaires de garnison : 348 000 Thaler.

Pour la construction et l’aménagement intérieur de nouveaux hangars à voitures “Wagenhäuser” du dépôt du Train à Strasbourg : 182 000 Thaler et pour l’extension et l’équipement de l’école de guerre de Metz “Kriegsschule” : 100 000 Thaler.

Pour la reconstruction des magasins de boulangerie et des moulins à grains : 906 950 Thaler.

Pour assurer les approvisionnements des places fortes en ingrédients pour le pain et en avoine : 442 900 Thaler.

La remise en état du Haras de Strasbourg “Montierungs-Depotgebäudes in Strassburg” : 25 000 Thaler.

Pour l’achat et l’aménagement et équipement de l’hôtel du gouvernement “Gouvernementgebäude” de Strasbourg : 180 000 Thaler.

Total : 40 250 950 Thaler.

Art. II. Des sommes prévues par l’article I de 40 250 950 Thaler, le chancelier de l’Empire aura a sa disposition pour l’année 1872 le montant de 15 817 328 Thaler et pour l’année 1873 le montant de 13 700 200 Thaler. Le restant sera inscrit au budget de l’Empire “Reichshaushalts-Etats” des années concernées.

 

Vendredi 26 juillet 1872

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : Chemin de fer stratégique.

Le chemin de fer destiné à réunir toutes les places fortes de la nouvelle frontière allemande est à l’étude, et la ligne principale, avec ses nombreux embranchements, sera bientôt concédée à des Compagnies déjà formées. La convention a été conclue par des commissions mixtes, composées d’officiers du génie et d’ingénieurs civils. Les stations sont des positions militaires protégées par des ouvrages de défense et des batteries cuirassées. Non-seulement le réseau mettra toutes les forteresses en communication, mais, en outre, elle les reliera au centre de l’Allemagne, grâce à des raccords avec les lignes existantes, de façon que les Allemands puissent concentrer en quelques jours de grandes masses de troupes devant la frontière française. Les travaux doivent commencer bientôt ; l’inauguration de la voie pourrait se faire en janvier 1874, c’est-à-dire avant l’évacuation complète du territoire français. (Esercito).

Allemagne, fortifications : Défense des côtes.

D’après la Gazette de l’Allemagne du Nord, une commission spéciale serait réunie avec la mission d’étudier attentivement les côtes de la Prusse d’Emden à Memel, et de déterminer les mesures qui seraient à prendre pour en assurer la défense en cas de guerre. Cette commission aurait déjà mis sous les yeux du ministre de la guerre des rapports concluant à la suppression de quelques petits postes côtiers.

Allemagne : Bavière, armée : Commissions d’habillement.

On vient de former en Bavière, sous la présidence du général-major K. von Dieti, une commission chargée d’examiner les changements utiles et pratiques qu’il y aurait lieu d’introduire dans l’habillement et l’équipement de l’armée bavaroise, et de faire s’il y a lieu les propositions convenables à ce sujet. La commission doit prendre pour base de son travail les expériences de la dernière campagne et les principes établis par la commission d’habillement prussienne. On songe, dit-on, à distinguer les régiments par des numéros sur les pattes d’épaule (au lieu des cols et parements de différentes couleurs), à donner aux officiers la capote de petite tenue (interimsjacke) en usage dans les autres contingents de l’empire, et à adopter partout les pantalons gris foncés. La couleur bleu-clair de la tunique et le casque à chenille serait conservée. (Gazette de Darmstadt).

 

Dimanche 28 juillet 1872

Allemagne, Strasbourg ville : Projet de nouvelle gare.

Le projet de transfert de la gare de Strasbourg, c’est-à-dire la transformation de l’actuelle station de tête de ligne “Kopfstation” en une station de passage “Durchfahrtstation” tout comme l’extension d’une grande partie de l’enceinte urbaine devient de plus en plus une certitude.

France : places fortes : Création du Comité de Défense (1872-1888) par décret.

La tâche énorme de réorganisation de la défense des frontières – toutes les frontières – terrestres et maritimes – était aussi urgente que celle du corps de bataille car l’armée convalescente ne pouvait se reconstituer qu’à l’abri d’une barrière solide qui, en cas de nouveau conflit, devait couvrir la mobilisation, servir d’ossature à la couverture, contrarier la manœuvre ennemie et favoriser les notres.

Son exécution comportait deux aspects :

-          Boucher la grande brèche créée par le traité de Francfort entre Longwy et Belfort, et où ne subsistaient plus sur les voies menant à Paris, que les enceintes archaïques de Verdun, Toul et Vitry-le-François.

-          Remettre à la hauteur tout le reste, soit en modernisant les places existantes, soit en créant de nouvelles. Pour concevoir et mener à bien dans le minimum de temps une entreprise d’une telle ampleur, il fallait un maître d’œuvre spécifique au niveau le plus élevé, mais distinct du Conseil Supérieur de la Guerre, créé en juillet 1872 et bien assez occupé avec la réorganisation générale de l’armée.

C’est le 3 mai 1872 que le général Ducrot, alors membre de l’Assemblée Nationale, dépose sur le bureau de la Chambre, le projet de loi relatif à la création d’un « Comité de Défense » qu’il vient défendre la semaine suivante en commission. Le projet est alors repris par Thiers, chef du pouvoir exécutif, et que l’on sait passionné par les affaires militaires. Bizarrement, par soucis de discrétion, et probablement pour ne pas irriter l’Allemagne, l’affaire ne fera pas l’objet d’un vote mais, simplement d’un décret présidentiel du 28 juillet approuvant un bref rapport du ministre, le général de Cissey. Cette procédure était en principe illégale, mais n’empêche pas le comité de fonctionner pendant seize ans.

Allemagne, Strasbourg ville : Projet de nouvelle gare.

Le projet de transfert de la gare de Strasbourg, c’est-à-dire la transformation de l’actuelle station de tête de ligne “Kopfstation” en une station de passage “Durchfahrtstation” tout comme l’extension d’une grande partie de l’enceinte urbaine devient de plus en plus une certitude.

 

Mardi 30 juillet 1872

Allemagne, Strasbourg, place forte : Construction du fort V Fort d’Oberhausbergen et du Fort VI Fort Wolfisheim.

Annonce parue dans a presse locale : « Les maçons compétents trouveront un emploi bien rémunéré sur les forts de Wolfisheim et d’Oberhausbergen, près de Strasbourg. Se présenter soit aux forts soit chez August Pasdach & Comp. à Strasbourg ».

Allemagne, Strasbourg, place forte : Briques pour la construction des forts V et VI.

Annonce parue dans a presse locale : « Briques de dimension règlementaire de 25 x 12 x 6 ½ peuvent être livrés tous les jours aux forts de Wolfisheim et d’Oberhausbergen. Cette annonce a été publié à 6 reprises.

 

Jeudi 1er août 1872

Allemagne, Neuf-Brisach : Rôle de la place de Neuf-Brisach dans la prochaine guerre.

La Gazette d’Augsbourg a publié, dans son numéro du 21 juin dernier, un article sur un projet de loi concernant les chemins de fer d’Alsace-Lorraine, et particulièrement sur la construction d’une ligne qui relierait Saint-Louis et Leopoldshoehe par Huningue. L’auteur a été amené à examiner quelle serait la meilleure voie à établir pour relier la haute Alsace à l’Allemagne du Sud ; s’il faudrait prolonger la ligne Saint-Louis-Leopoldshoehe jusqu’à Geisingen par Loerrach et Schopfheim, ou s’il n’y aurait pas avantage à construire une ligne directe de Neuf-Brisach à Donaueschingen par Fribourg. Il se prononce pour cette dernière direction et appuie son raisonnement sur ce fait que Neuf-Brisach deviendra par la suite le point de rassemblement indiqué des armées allemandes destinées à couvrir la haute Alsace, la base de leurs opérations dans le Sud et le Sud-Ouest de la France, et le dépôt général de leurs approvisionnements.

Cette assertion a provoqué quelques observations que la Gazette d’Augsbourg publie dans son numéro du 21 juillet. Les considérations sur lesquelles elles sont basées nous ont paru assez intéressantes pour être mises sous les yeux de nos lecteurs. Neuf-Brisach, dit l’auteur de ces observations, a pu servir pendant la dernière guerre de base au 14e corps d’armée et à la 13e division, pour couvrir du côté du Sud les communications de l’armée principale marchant sur Paris ; mais il est inexact d’affirmer que cette place pourra, par la suite, remplir le même rôle à l’égard d’une armée qui agirait dans la direction du Sud ou du Sud-Ouest, vers Besançon par exemple. La ligne directe de Neuf-Brisach à Besançon nous sera absolument fermée, tant que nous ne serons pas maîtres de Belfort, qui est resté à la France. Le siège de cette place a déjà offert de grandes difficultés en 1870-71 ; dans l’avenir, il en présenta de bien plus sérieuses encore, développer son système défensif. Une armée allemande du Sud ne pourrait, en tout cas, pas attendre la chute de cette place et, par suite, le libre accès de la route de Neuf-Brisach à Besançon pour assurer les communications d’une armée principale qui pénètrerait au cœur de la France, en opérant de son côté dans la direction de cette dernière place. Il serait, au contraire, très important de pouvoir lancer une armée dans cette direction dès le début des opérations.

Il nous paraît donc évident que cette armée du Sud ne devra pas se concentrer dans la haute Alsace. Sa concentration s’effectuera comme celle de l’armée principale dans les environs de Metz ; c’est de là qu’elle partira pour opérer dans la direction de Vesoul et de l’Ognon, par Nancy ou par Pont-à-Mousson et Commercy. Les Français, de leur côté, selon les combinaisons qu’ils adopteront, établiront à Langres une force plus ou moins considérable. Ce sera alors à l’armée du Sud à décider si elle doit éviter cette place, en marchant directement sur Vesoul par Epinal, ou si elle doit, avant tout, dans le cas où l’ennemi en aurait fait un point de concentration important, marcher sur cette place et y livrer bataille. Si elle s’avance près de Vesoul, à la suite de cette bataille, elle intercepte les communications entre Belfort et Besançon, inquiète les derrières de l’ennemi rassemblé à Belfort, et lui interdit toute entreprise contre l’Alsace.

Dans de pareilles conditions, l’armée du Sud ne saurait avoir son dépôt à Neuf-Brisach ; sa ligne d’étapes, suivant la direction des chemins de fer disponibles, passerait par Lunéville ; le dépôt principal serait à Strasbourg. Quand l’armée du Sud aura atteint Vesoul, elle devra employer tous les moyens à sa disposition pour rétablir la ligne de fer Vesoul-Epinal-Blainville, qui aura, sans nul doute, été détruite par l’ennemi. Ainsi, la place de Neuf-Brisach ne peut jouer un autre rôle que celui-ci : servir de base à la défense de la haute Alsace et au corps de siège chargé des opérations ultérieures contre Belfort. Nous avons expliqué plus haut comment la défense de la haute Alsace serait facilitée par l’apparition d’une armée allemande dans les environs de Vesoul. Même dans le cas où Belfort serait isolé et assiégée, il n’y aurait aucun avantage à faire passer la ligne d’étapes de l’armée du Sud par Mulhouse et les Vosges, parce que cette route, passant par Remiremont pour atteindre Vesoul, fait un long détour. La meilleure direction à assigner à cette ligne est Epinal, Strasbourg.Nous approuvons, du reste, la construction d’un chemin de fer de Neuf-Brisach à Donaueschingen. Nos objections ne portaient que sur le rôle assigné à Neuf-Brisach. Quoique le Rhin supérieur soit devenu un théâtre secondaire de la guerre depuis que l’Autriche ne fait plus partie de la Confédération des Etats allemands, il importe, pour la défense de la haute Alsace, de relier aussi directement que possible Neuf-Brisach à Ulm. Il faudra, en conséquence, établir un pont fixe sur le Rhin à Neuf-Brisach, faire passer une ligne de fer à travers la forêt Noire de Fribourg à Donaueschingen, et ouvrir une nouvelle section de Tuttlingen à Mengen par Sigmaringen. Par ce moyen, on mettra en communication les lignes de fer déjà existantes, et l’on obtiendra une liaison directe entre Neuf-Brisach et Ulm.

Allemagne, Alsace-Lorraine : Voyage d’état-major.

On lit dans la Gazette de l’Allemagne du Nord : « Les officiers supérieurs et les plus anciens capitaines du grand état-major se sont rendus en Alsace, pour prendre part au voyage d’état-major dirigé par le feldmaréchal de Moltke ».

Allemagne, Strasbourg, garnison : Course hippique des officiers.

Communiqué. La course des officiers « Offizier-Rennen » proposée aux officiers des garnisons de Neuf-Brisach, de Strasbourg, d’Haguenau et de Colmar, comportant une course de trot « Trabrennen », 1 course d’obstacles « Hürdenrennen » et 2 Steeplechases se déroulera sur l’hippodrome de Strasbourg le jeudi 1er août 1872, l’après-midi à 15 heures. La commission : Major Eggers, Hauptmann Zimmermann, Lieutenant Montû.

France, Armée d’occupation allemande : Démobilisation des réservistes qui ne seront pas remplacés.

On lit dans le Camarade, de Pirna, cette nouvelle qui a besoin de confirmation : « Les officiers et les hommes de l’armée d’occupation en France, qui appartiennent à la réserve, doivent être congédiés, et les vides qui en résulteront ne seront pas provisoirement remplis, afin de diminuer les charges des pays qui resteront occupés après l’évacuation de la Marne et de la Haute-Marne ».

 

Vendredi 2 août 1872

Allemagne, Strasbourg, garnison : Adjudication de livraison de bois, de fer et de tôle par l’administration de garnison.

Les établissements de la garnison locale demandent la livraison de bois, de fer et de tôle par voie d’adjudication pour un prix global fixé à 18 677 thalers : le vendredi 2 août de l’année, le matin à 9 heures, au bureau de l’administration de garnison. Strasbourg le 25 juillet 1872, l’administration impériale de garnison « Kaiserliche Garnison-Verwaltung ».

 

Lundi 5 août 1872

France : places fortes : 1ère réunion du Comité de Défense.

La première réunion s’est tenue le 5 août 1872, une semaine après le décret de création, la quarantième et dernière le 9 janvier 1888, quatre mois avant la suppression par décret de Freycinet, le 12 mai. Entre les deux, 78 membres s’y sont succédés, par le jeu normal du renouvellement, des disparitions, des mutations et des évictions.

Allemagne, Strasbourg, garnison : Travaux à l’ancienne prison militaire de la Kleine Schleuse Kaserne.

La presse locale a publié cet avis : « Les travaux de construction concernant les aménagements et les réparations de l’ancienne prison militaire utilisée en tant que caserne située à côté de la caserne près de l’écluse (barrage Vauban) vont être attribués par voie d’adjudication : Le lundi 5 août de l’année, le matin à 10 heures, au bureau de la direction des constructions de garnison. Strasbourg le 25 juillet 1872, Kaiserliche Garnison-Verwaltung ».

 

Mardi 6 août 1872

Allemagne, armée : Voyage d’état-major.

D’après la Gazette de l’Allemagne du Nord, des voyages d’état-major auront lieu cette année après les manœuvres d’automne dans les 1er, 5e, 6e, 8e, 9e, 11e, 13e, 14e, 15e corps d’armée et dans la garde.

 

Samedi 10 août 1872

Allemagne, armée : Commande de fusils Mauser.

On écrit de Munich, le 10 août, à la Wehr-Zeitung de Vienne : La fabrique d’armes bavaroise d’Amberg a été chargée, par le gouvernement de l’empire, de fabriquer 100 000 fusils Mauser pour l’armée impériale. L’armée bavaroise conservera l’excellent fusil Werder, qu’elle a actuellement.

 

Dimanche 11 août 1872

Allemagne, armée : Manœuvres de pontonniers à Neuwied.

On sait qu’en vertu de l’ordre en date du 29 février dernier, et qui a fait l’objet d’un article du numéro 20 de la revue, des exercices de pontonniers ont eu lieu cette année à Neuwied. La Gazette de Cologne, du 14 août, donne à ce sujet les renseignements suivants : « Les troupes commandées pour prendre part aux exercices de pontonniers ont quitté leurs garnisons respectives, Deutz, Coblentz, Metz, Kastell, Rastadt et Strasbourg, pour se réunir le 29 juillet dernier, en cantonnements à Neuwied, à Weissenthurm et dans d’autres localités des environs sur la rive gauche du Rhin. Ces troupes, conformément à l’ordre du 29 février, consistaient en six compagnies de pontonniers, celles des 7e, 8e, 9e 11e 14e et 15e bataillons de pionniers et en un détachement du 8e bataillon du train. Le colonel Maentell, chef du génie de la place de Cologne, avait le commandement des manœuvres, sous la direction du général-lieutenant von Kameke, inspecteur du corps du génie. En même temps que les compagnies dont il s’agit, on a réuni sur le théâtre de cette école pratique tout le matériel de ponts des 7e, 8e et 11e corps d’armée. Du 29 au 11 août, les exercices ont consisté dans la construction de ponts entre la rive gauche du Rhin et l’île qui sépare en deux le cours du Rhin en amont de Neuwied. Ces ponts ont été établis au moyen de pontons, de tonneaux, de radeaux, de chevalets ; puis on a procédé à la construction de ponts sur toute la largeur du Rhin en amont de Neuwied. Le fleuve a une profondeur moyenne de quatorze pieds à hauteur du point où un pont devait être jeté. En raison des hautes eaux, la rapidité du courant était très considérable (2,30 m à la seconde). Ces circonstances augmentaient la difficulté de la construction. L’opération, commencée à 9 heures du matin, était achevée à 11 heures 27 minutes. La longueur du pont, jeté sur 92 pontons, était de 434 mètres. Un deuxième pont, par portières, a jeté le lendemain en aval de Neuwied. Il comprenait 61 pontons, sa longueur était de 300 mètres. Il a été jeté en deux heures. Un troisième pont sera construit demain à hauteur d’Andernach ». Cette partie du cours du Rhin où ont lieu actuellement les manœuvres de pontonniers, a servi de point de passage à l’armée de Sambre-et-Meuse, une première fois le 15 septembre 1795 sous les ordres de Jourdan, et une deuxième fois le 18 août 1797 sous les ordres de Hoche. La Gazette de Cologne, du 17 août, donne les détails suivants sur la construction du pont jeté à hauteur d’Andernach, et qui a terminé la série des manœuvres de pontonniers : « Ce troisième pont a été jeté en amont d’Andernach, en face le village de Fahr. L’opération offrait quelques difficultés en raison de l’agitation exceptionnelle des eaux du Rhin ; le vent soufflait avec violence et soulevait des vagues de deux pieds de haut. Malgré cela, le pont d’une longueur de 300 mètres, a été construit en une heure cinquante minutes. Il a nécessité l’emploi de 72 pontons ; 24 ont été amenés isolément : les 48 autres ont été répartis en 12 portières de 4 pontons chacune, dont 6 furent amenées d’amont et les 6 autres d’aval. Parmi les officiers étrangers qui ont assisté à ces manœuvres, on cite le général Totleben ».

Allemagne, Strasbourg, place forte : Recherche d’associé pour la cantine du chantier du fort de Wolfisheim.

Recherche un associé. Pour ma grande baraque au Fort Wolfisheim je recherche un « Compagnon » suite à un changement. Pour plus de précisions par M. Kirchnick & Co., Langestrasse, 58.

 

Vendredi 16 août 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction des nouvelles fortifications de Strasbourg.

Une revue militaire française a publié un article tiré de journal militaire allemand et de la Gazette d’Augsbourg : « On vient de former une commission, sous le nom de : Inspection impériale des nouvelles fortifications de Strasbourg. Comme son nom l’indique, elle est spécialement chargée des travaux qui s’exécutent à Strasbourg ; le colonel Klotz, du corps des ingénieurs, est à sa tête. L’enceinte de Strasbourg sera avancée à 3 kilomètres au nord, entre l’Ill et le Rhin, jusqu’au canal qui unit ces deux cours d’eau. Ainsi, la promenade de Roberstau sera comprise dans la nouvelle enceinte. Un canal, qui communiquera avec de la Marne au Rhin, permettra de tirer facilement des approvisionnements de Kehl. Le front qui regarde la France recevra naturellement les plus fortes défenses. On établira à l’ouest de la place un camp retranché susceptible de recevoir 200 000 hommes et qui sera couvert par cinq grands forts, à savoir : Le fort de Reichstett, à 8 kilomètres nord-ouest de la nouvelle enceinte, commandant la route de Lauterbourg ; A 3 kilomètres au sud de ce premier fort, le fort de Souffelweyersheim, commandant la route de Wissembourg et le chemin de fer de Paris ; A 1 kilomètre au sud-ouest, le fort de Niederhausbergen commandant la route de Strasbourg à Bouxwiller, et enfin les forts d’Oberhausbergen et de Wolfisheim commandant les routes de Saverne et de Paris, et le canal de la Bruche. Tous ces forts dominent la plaine de Strasbourg. On se propose, en outre de construire une ligne de fer qui reliera tous ces forts entre eux avec la place ».

Nous ajoutons à ces renseignements la nouvelle suivante, tirée d’un des derniers numéros de la gazette d’Augsbourg : « Trois forts faisant partie du système général de Strasbourg seront construits sur le territoire du grand-duché de Bade : Le premier, entre Sundheim et Eckartsweier ; Le second, au sud de Neumühl ; Le troisième, à Altenheim ».

 

Vendredi 23 août 1872

Allemagne : Reichsland Alsace-Lorraine, armée : Voyage du Feldmarechal de Moltke.

Le Feldmarechal de Moltke, chef de l’état-major de l’armée, est arrivé à Colmar le 23 août, venant de Mulhouse par Soultz et Guebwiller, accompagné des officiers qui prennent part au voyage d’état-major dont il a la direction.

 

Lundi 26 août 1872

France, Armée d’occupation allemande : Prochaine concentration dans les quatre derniers départements occupés.

Par suite de la prochaine évacuation des départements de la Marne et de la Haute-Marne, l’emplacement des troupes de l’armée d’occupation va subir de notables modifications, que nous indiquerons prochainement en détail. Nous nous contenterons d’en donner aujourd’hui le résumé, en ajoutant que la composition de ces troupes ne changera pas, et qu’elles resteront composées des trois divisions prussiennes et de la division bavaroise, dont nous avons publié le tableau numéro 2 du Bulletin militaire de l’étranger, auquel nos lecteurs peuvent se reporter.

Voici les dispositions nouvelles :

La 2e division bavaroise rappellera les troupes qu’elle a au camp de Châlons, et continuera à occuper : le département des Ardennes, l’arrondissement de Montmédy (Meuse) et l’arrondissement de Briey (Meurthe-et-Moselle).

La 4e division prussienne évacuera le département de la Haute-Marne et se concentrera dans le département des Vosges, sauf les cantons de Neufchâteau et de Coussey, et l’arrondissement de Belfort.

La 6e division, qui occupait le département de la Marne, sera répartie dans le département de la Meuse, à l’exclusion de l’arrondissement de Montmédy, et dans les cantons de Neufchâteau et de Coussey, du département des Vosges.

Enfin, la 19e division, dont une partie était stationnée dans le département de la Meuse, sera toute entière concentrée dans le département de Meurthe-et-Moselle, non compris l’arrondissement de Briey.

Quant à l’artillerie de forteresse, elle continuera à occuper Belfort, Mézières, Toul et Verdun.

Allemagne, Posen place forte : projet de construction de forts détachés.

La place de Posen doit être renforcée par des forts détachés ; les travaux préparatoires sont déjà en train ; par contre Graudenz doit être déclassée, ou du moins ordre est donné de sursoir à tout travail de réparation. La petite place de Kosel sur l’Oder doit également être déclassée, tandis que Neisse, au confluent de la Neisse de Glatz et de la Viela de Moravie, acquerrait une résistance plus efficace contre les pièces à longue portée, grâce à des forts élevés sur les hauteurs environnantes. Ce cette façon, la Silésie, qui comptait sept places fortes n’en aura que trois : Glogau, place de l’Oder, - Glatz, place de montagne – et Neisse, en basse Silésie.

Allemagne, Rastatt place forte : Projet de démantèlement.

Il est question du démantèlement de Rastadt, mais la question n’est pas encore décidée.

 

Mardi 27 août 1872

Allemagne, Alsace-Lorraine, service militaire ; Epoque de l’incorporation du contingent.

Un ordre du 27 août 1872 fixe l’époque à laquelle cette incorporation devra avoir lieu. Dans la garde, dans les troupes stationnées en Alsace-Lorraine et dans les troupes à cheval, les recrues seront incorporées le 4 novembre prochain, en partie le 4 mai 1873. Les ouvriers des corps de toutes armes seront incorporés le 1er octobre 1872 ; toutes les autres catégories de recrues, le 27 novembre prochain.

Les chasseurs instruits, ainsi que les engagés volontaires pour trois ou pour quatre ans (dans la cavalerie) seront admis dans les corps, à partir du 1er octobre prochain.

 

Samedi 31 août 1872

Allemagne, Strasbourg, garnison : Passage d’une haute autorité militaire.

La presse locale a publié cette information : « Strasbourg, le 31 août 1872. Sa majesté royale le « General Feldmarschall Prinz » est passé ce matin avec le train de 6h21 pour se rendre à Belfort où il arrivera demain ».

 

Mercredi 11 septembre 1870

Allemagne, armée : Voyage d’état-major en Wurtemberg et en Schleswig-Holstein.

A la suite des manœuvres d’automne du 13e corps d’armée (Wurtemberg) qui ont été terminées le 5 de ce mois, un voyage d’état-major sera entrepris dans la Forêt-Noire, sous la direction du lieutenant-colonel Bronsart de Schellendorf, chef d’état-major du 13e corps d’armée. Quatorze officiers de toutes armes prendront part à ce voyage d’études.

D’après la Gazette de Cologne, le voyage d’état-major qui doit avoir lieu dans le 9e corps d’armée (Schleswig-Holstein) sera dirigé, cette année, par le Feldmarechal de Moltke. On sait qu’un pareil voyage a déjà été entrepris sous ses ordres en Alsace-Lorraine.

Allemagne, armée : Modifications dans l’armement de quelques catégories d’hommes du Train.

En vertu d’une décision du mois d’août dernier, les catégories suivantes d’hommes du Train seront armées de carabine au lieu de pistolet, savoir : les hommes à cheval des bataillons du Train et des administrations, les ouvriers, les conducteurs de réserve des colonnes d’approvisionnements et des colonnes d’équipages auxiliaire, les hommes des colonnes de boulangerie et les brancardiers des détachements sanitaires.

 

Lundi 16 septembre 1872

Allemagne, Strasbourg, garnison : Travaux de réparation des infrastructures de la garnison.

La presse locale a publié cette adjudication : « Hangar à pontons de la citadelle « Pontonwagenhaus in der Citadelle » à Strasbourg, pour des travaux de couverture (ardoise) le 16 septembre 1872 par la direction impériale de la construction de la garnison « kaiserliche Garnison-Bau-Direktion ».

 

Jeudi 19 septembre 1872

Allemagne, Strasbourg, garnison : Remerciements pour l’hébergement des troupes lors des exercices du 15e corps d’armée.

Communiqué du général commandant le 15e corps d’armée : « Lors des manœuvres d’automne qui viennent de s’achever et lors des exercices de tir de l’artillerie en cours des troupes du XVème corps d’armée, les officiers et hommes de troupe ont été bien accueillis lors de leur séjour dans les cantonnements ou leurs quartiers, si bien que je me sens obligé d’adressé mes remerciements particuliers et publics aux communes et aux autorités concernées. Le général commandant le XVème corps d’armée. Von Fransecky ».

 

Samedi 21 septembre 1872

Allemagne, Mayence place forte : Manœuvres d’attaque des places.

La garnison de Mayence s’est livrée récemment à une manœuvre consistant dans l’attaque de vive force d’un ouvrage extérieur de la place. La Gazette de Cologne a donné à ce sujet les renseignements suivants : « La défense ayant reçu avis que l’ennemi s’avançait sur le terrain fortement découpé qui s’étend entre le Rhin et la route fortement découpé qui s’étend entre le Rhin et la route dite Gaustrasse, dans le but de tenter une surprise, se mit en mesure d’armer sans retard le front sud de la place, ainsi que les ouvrages avancés qui couvrent ce front, savoir les forts de Weissenau, d’Heiligenkreuz et de Marienborn. Ils furent armés et palissadés dans l’espace de quarante-huit heures. Dans l’après-midi du 19 août l’ennemi se montra dans le rayon de la place. Le 21 au soir, il attaqua les avant-postes et s’établit sur la hauteur de Hechtsheim qui domine le front sud. Il y construit une batterie de campagne qui ouvrit le feu avec l’artillerie de la place. Favorisé par la nuit tombante et protégés par une forte canonnade dirigée spécialement sur le fort de Weissenau, les colonnes ennemies s’approchèrent de la place, profitant des abris que leur offrait un terrain accidenté, et parvinrent à repousser jusqu’à la contrescarpe la ligne de tirailleurs qui s’étendait en avant du glacis des glacis du fort d’Heiligenkreuz. Accueillies par un feu violent d’artillerie et de mousqueterie, elles ne purent continuer leur mouvement et furent même obligées à se retirer précipitamment. Mais en même temps une forte colonne ennemie se dirigeait vers le fort de Weissenau et approchait des glacis de cet ouvrage. La défense s’aperçut de ce mouvement, grâce à des fusées éclairantes qui répandaient la lumière sur le terrain de l’action. L’alarme est aussitôt donnée, et deux compagnies reçoivent ordre de sortir de la place pour soustraire au danger qui la menaçait la garnison du fort de Weissenau, qui n’était plus susceptible de se défendre contre une escalade qu’au moyen de son feu de mousqueterie et de l’arme blanche, ses munitions d’artillerie étant épuisées. Le fort d’Heiligenkreuz appuyait cette sortie par un feu dirigé sur l’aile gauche ennemie. L’assaillant repoussé regagna la hauteur d’Hechtsheim. Cette attaque simulée dura deux heures et demie. Les détails de cette manœuvre ont présenté un grand intérêt. On a surtout remarqué la tentative d’escalade du fort de Weisenau. Couvert par une ligne de tirailleurs bien fournie, un détachement de pionniers amena des échelles et l’infanterie descendit dans le fossé pour gravir l’escarpe. Cet épisode de l’action dura sept minutes. Cette manœuvre, à laquelle pris part le personnel de l’école des sous-officiers de Bieberich, a été dirigée par le général von Medem, commandant la place de Mayence. Un public nombreux suivait avec intérêt les diverses phases de l’opération. Il a surtout été frappé de la rapidité avec laquelle on a armé le front menacé, et il n’a pu s’empêcher d’évoquer le souvenir des jours de la Confédération. On opérait autrement à cette époque, et l’on se rappelait qu’il avait fallu quatre heures, le 27 juin 1866 pour disposer six pièces de campagne sur les remparts de Mayence, à la nouvelle de l’apparition à Bingen de deux compagnies de la landwehr prussienne ».

 

Mercredi 25 septembre 1872

Allemagne, Haute-Alsace – Suisse : Emigration entre Bâle et Mulhouse.

Un journal local a publié l’article suivant : « Mulhouse, 25 septembre 1872. Un grand nombre d’émigrants de la Haute-Alsace se rend à Bâle, pour se trouver à proximité de leur chez soi natal et sous la protection d’un gouvernement neutre à l’égard de l’Allemagne et ami avec la France ; et pour y attendre la marche des événements en Alsace. Là ils ont un œil sur la France, à laquelle ils n’osent encore se fier, et l’autre sur l’Allemagne, dans laquelle ins n’ont pas encore confiance ; ils pourront ainsi, dès que les affaires s’éclairciront, se trouver d’un bon en France ou bien dans leur Alsace chérie. Par cette affluence il y a eu à Bâle une grande rareté d’habitations, en divers quartiers les habitations ont augmenté de 75 jusqu’à 100 pour cent, sans que le revenu des locataires ait été accru proportionnellement, ce qui pèse non seulement sur la classe ouvrière, mais aussi sur la classe moyenne. Les Alsaciens qui se rendent à Bâle, y répandent le bruit que l’Alsace est dépeuplée et qu’à Mulhouse il y a plus de logements vacants que de logements occupés, ce qui fait que bon nombre de Bâlois viennent ici dans l’espoir de trouver du travail bien payé et des logements à bon marché ; s’ils se trompent sur ce dernier point, il n’en est pas ainsi quant au premier. C’est ainsi que les émigrants favorisent eux-mêmes l’immigration, car quiconque arrive chez nous trouve à gagner sa vie et à s’abriter. Les nouveaux arrivants sont des Suisses ; des Allemands fixés à Bâle voire même des Français nous arrivent en masse de Bâle ».  

 

Jeudi 26 septembre 1872

Allemagne, Metz, garnison : Inspection des réservistes troupes bavaroises par le général commandant le 2e corps d’armée bavarois.

Metz, le 23 septembre 1872. Son excellence le général commandant le 2e corps d’armée bavarois « II. Baierische Armeekorps », le général « Generallieutenant » von Hartmann, arrive ici jeudi prochain, pour procéder le jour suivant à l’inspection des réservistes de la brigade bavaroise locale, à l’issue de laquelle ces derniers seront renvoyés chez eux.

Samedi 28 septembre 1872

Allemagne, Strasbourg, place forte : Pose de la première pierre de la nouvelle ceinture de fortification au Fort V.

Les autorités allemandes ont choisi le samedi 28 septembre 1872, le jour anniversaire de la capitulation de Strasbourg, pour célébrer de manière festive la pose de la première pierre des nouvelles fortifications de Strasbourg, sur le chantier du Fort V – Fort Oberhausbergen – Fort Grossherzog von Baden, actuel fort Frère.

 

Lundi 30 septembre 1872

Allemagne, Strasbourg garnison : Cérémonies militaires à l’occasion du 61ème anniversaire de l’impératrice allemande.

Une gazette locale a publié cette nouvelle : « Strasbourg, 30 septembre 1872. A l’occasion du 61ème anniversaire de sa Majesté l’impératrice allemande, tous les musiques et groupes de tambours militaires des troupes en garnison ont participés au « Reveil » dénommé « Morgenreveille », et cet après-midi a lieu une grande parade militaire sur la place Broglie ».

 

Mardi 1er octobre 1872

Allemagne : Alsace-Lorraine, service militaire : Mise à exécution de la loi militaire prussienne.

On sait que l’Alsace-Lorraine est soumise, à partir du 1er octobre de cette année, aux exigences du service militaire. Une ordonnance spéciale dispose que l’instruction du 26 mars 1868 sur les opérations de recrutement, dont nous avons donné l’analyse dans le numéro 4 du Bulletin militaire de l’étranger, va entrer en vigueur dans les provinces conquises ; elle porte à la connaissance des intéressés les mesures transitoires suivantes :

Il sera tenu compte, pour l’admission au volontariat d’un an, de la disposition particulière des Alsaciens-Lorrains. On se montrera facile dans les appréciations des conditions requises, qui ne seront exigées dans toute leur rigueur qu’à partir de 1877. Les jeunes gens nés en 1851 et en 1852 pourront être admis à servir comme volontaires d’un an, jusqu’au 1er octobre 1872[1].

Les autorités de recrutement tiendront compte, dans une large mesure, des motifs d’exemption, invoqués par les jeunes gens de la classe de cette année, et pourront notamment dispenser du service militaire ceux d’entre eux qui étaient établis à l’étranger, ou qui étaient déjà mariés au moment de la publication de la loi du 26 mars 1872, qui a introduit le mode de recrutement allemand en Alsace-Lorraine. Seront également dispensés du service, les jeunes gens qui pourront prouver, par des pièces officielles, qu’ils ont servis dans les rangs de l’armée française, avant le 17 décembre 1870. Ces dispenses seront valables, même en cas de guerre. Le commandant du 15e corps d’armée et le président de province, qui constituent l’autorité de recrutement de troisième instance pour l’Alsace-Lorraine, prendront toutes les mesures nécessaires pour que les classes 1851 et 1852 puissent être incorporées le 1er octobre de cette année.

Allemagne, Strasbourg, place forte : Réparation du pont-levis de la porte Weissthurmtor.

Communiqué publié par la presse locale : « En raison de la réparation du pont-levis, la porte « Weissthurmtor » est interdite aux attelages, cavaliers et piétons le mardi 1er et mercredi 2 octobre 1872. Strasbourg, le 27 septembre 1872. Le Gouvernement de la place forte ».

 

Mercredi 2 octobre 1872

France, armée d’occupation allemande : Retard dans le processus d’évacuation.

L’évacuation projetée des deux départements de la Marne et de la Haute-Marne, qui devait s’effectuer le 15 octobre, parait devoir subir des retards. Le Journal des Débats dit à cette occasion : « Nous le disons à regret, mais ce n’est pas l’armée allemande qui est cause de ce retard. Elle était prête à partir le 22 septembre dans les délais prescrits et après le payement de la rançon de ces deux départements. Elle avait même ce jour-là, effectué presque entièrement une marche rétrograde pour prendre sas cantonnements dans les Vosges, les Ardennes, la Meuse et Meurthe-et-Moselle. Mais elle est obligée de faire volte-face et de retourner d’où elle était venue, au grand mécontentement de la population qui croyait déjà en être débarrassée. Les baraques destinées à leur logement ne sont pas encore achevées et on serait, par conséquent, obligé de les loger chez l’habitant ».

 

Lundi 7 octobre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Fort I, Fort Wantzenau, préparation des travaux de construction.

La presse locale a publié un article repris d’un journal allemand : « Depuis la pose festive de la première pierre de la nouvelle forteresse de Strasbourg, les travaux sur les forts dont la construction a commencé se poursuive comme on le constate avec vigueur. Les travaux de déboisement de la forêt communale sur le terrain du futur Fort n°1 « Fort I » à la Robertsau, au lieu-dit « Niederwald », doivent également être accélérés, si bien que dans quelques semaines les sept premiers forts soient déjà réalisés par des constructions en terre. Les projets de construction et les terrassements sont déjà très visibles, et dans une période plus courte que l’on aurait imaginé, la ceinture moderne de pierres cerner la vieille ville d’empire. Dès ce moment la ceinture urbaine tombera, pour que l’on puisse enfin procéder à l’agrandissement tant attendu de la ville, et que l’on puisse bénéficier des avantages de la navigation rhénane dans un nouveau quartier créé pour le commerce et l’industrie ».

 

Jeudi 31 octobre 1872

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, garnisons : Emplacement de troupes.

D’après une nouvelle répartition des troupes, ordonnées le 31 octobre 1872, et qui sera mise à exécution le 1er janvier 1873 :

La 5e compagnie du régiment d’artillerie n°2 doit se rendre de Colberg à Belfort.

Les 7e et 8e compagnies du régiment d’artillerie n°2 doit se rendre à Strasbourg.

La 3e compagnie du régiment d’artillerie n°6 doit se rendre de Neisse à Belfort.

Les 5e et 6e compagnies du régiment d’artillerie n°8 doivent se rendre de Sarrelouis à Metz.

La 7e compagnie du même régiment, qui se trouve actuellement faire partie de l’armée d’occupation, doit également, à la même date, prendre garnison à Metz. La 8e, en ce moment à Thionville, l’y rejoindra, quand les travaux d’armement de cette dernière place le permettront.

 

Vendredi 1er novembre 1872

Allemagne, armée : La nouvelle organisation de l’artillerie prussienne.

Une revue militaire française a publié les informations suivantes sur la nouvelle organisation de l’artillerie prussienne : « L’expérience de la guerre de 1870 avait révélé certaines imperfections de l’organisation de l’artillerie prussienne et, dès la fin de la campagne, on cherchait les moyens d’y remédier. Les études nombreuses faites sur ce sujet par les écrivains militaires ou dans la presse allemande en général témoignèrent de l’intérêt qu’on attachait à cette question. Un ordre de cabinet du 18 juillet 1872 avait déterminé les modifications à introduire ; un second ordre du 4 septembre 1872 les rend exécutoires à partir du 1er novembre et fixe la manière dont elles devront provisoirement s’accomplir.

D’après l’ordre du 18 juillet 1872, l’artillerie de campagne de la garde et celle des onze premiers corps comprendra une brigade composée de deux régiments. Dans chacun de ces corps, un des régiments comptera trois divisions à trois batteries, et l’autre deux divisions à quatre batteries, dont, jusqu’à nouvel ordre, deux sont armées de pièces de 9 centimètres et les deux autres de pièces de 8 centimètres.

Le régiment d’artillerie de campagne de la Hesse conservera son organisation actuelle et continuera d’appartenir au 11ème corps, qui comptera ainsi trois régiments.

L’artillerie de campagne du 14ème corps formera, pour le moment, une brigade de deux régiments. L’un d’eux doit comprendre une division à quatre batteries lourdes, une à trois batteries légères, et de plus une batterie à cheval ; l’autre comprendra deux divisions à quatre batteries.

L’artillerie de campagne du 15ème corps ne comptera qu’un régiment à deux divisions de quatre batteries. La division à cheval, attachée jusqu’ici à ce régiment, est dissoute, et les trois batteries qui la constituaient retournent aux 8ème, 9ème et 11ème corps, auxquels elles appartenaient précédemment.

D’après cela, il faudra donc créer deux batteries lourdes dans la garde et les 11 premiers corps, et transformer en batteries lourdes deux des batteries légères actuelles.

Le 14ème corps sera augmenté de 6 batteries nouvelles, dont trois seront créées à l’automne de l’année prochaine.

Le nombre réglementaire des batteries à cheval sera diminué de trois ; mais il faut remarquer que trois de ces batteries n’avaient pas encore été réellement constituées, en sorte que le chiffre réel reste le même que précédemment, savoir trente-huit.

En passant, notons que, contrairement à l’opinion répandue, une batterie à cheval ne coûte que 5 000 Thalers (18 750 fr.) de plus qu’une batterie montée, et non pas 20 000 (75 000 fr.).

La composition en hommes et en chevaux reste la même pour les batteries à cheval, et celle des batteries montées est modifiée. On supprime un sous-officier de troisième classe, un Gefreite et quatre hommes. Jusqu’à nouvel ordre, l’effectif de ces batteries comprendra trois chevaux en moins.

Les capitaines de troisième classe de l’artillerie de campagne et de l’artillerie de forteresse seront supprimés, ainsi que les directeurs des ateliers de l’artillerie de campagne. Le nombre des officiers supérieurs d’artillerie attachés aux places fortes ou directeurs des dépôts d’artillerie sera réduit de quarante-quatre à seize (pour les places les plus importantes), les autres emplois seront donnés par moitié aux capitaines de première classe et à ceux de la deuxième.

Chaque brigade d’artillerie recevra, au contraire, un officier supérieur de plu.

Tous les capitaines présents dans les régiments, ainsi que tous les lieutenants qui comptent à l’effectif, reçoivent pour leur service un cheval appartenant à la batterie et qui suit l’officier lorsque celui-ci change de position sans quitter le régiment. Le commandant de la batterie reçoit de plus une ration légère pour l’entretien d’un cheval à lui appartenant.

Les régiments et les divisions d’artillerie de forteresse conserveront l’organisation qu’ils possèdent actuellement et seront désignés par les dénominations de régiments ou bataillons d’artillerie à pied, en ajoutant le nom de la province, comme par le passé.

L’effectif actuel des compagnies à cent hommes sera augmenté de deux Gefreite et dix-sept canonniers, et celles qui comptent aujourd’hui cent quarante-six hommes seront réduites aussi à ce même effectif. Provisoirement, les compagnies détachées en Alsace-Lorraine, ainsi que les compagnies du bataillon d’artillerie à pied de Sleswig n°9, conserveront leur effectif de cent quarante-six hommes, et toutes les autres ne seront augmentées que de seize hommes.

L’effectif du personnel des artificiers comptera douze lieutenants en plus.

Jusqu’à nouvel ordre, l’artillerie de campagne continuera de dépendre d’un côté de l’inspection générale et de l’inspection d’artillerie, et de l’autre du commandant du corps d’armée.

Les régiments et les bataillons indépendants de l’artillerie cesseront de faire partie des brigades et dépendront directement de l’inspection de l’artillerie, à laquelle ils appartiennent.

Pour toute l’artillerie de campagne ou de forteresse, les commandants de régiments auront les mêmes droits et la même responsabilité, particulièrement au point de vue du recrutement des officiers, que les commandants des régiments des autres armes. Comme on sait, ces droits et ces devoirs étaient dévolus aux commandants des brigades d’artillerie, par suite de la réunion des artilleries de campagne et de forteresse.

La première répartition des officiers entre les deux espèces d’artillerie est réservée à la décision du roi. Dans la suite, les passages de l’artillerie de campagne dans l’artillerie à pied et réciproquement, pour les capitaines et les lieutenants, ne pourront se faire qu’avec l’assentiment du chef de l’Etat.

Les changements à introduire dans l’uniforme de l’artillerie de campagne ou de l’artillerie à pied seront l’objet de dispositions ultérieures.

Pendant toute la durée de ce provisoire, le nombre et les emplois des officiers, médecins et employés seront conformes à l’effectif entretenu de paix, d’après le budget actuel. Les places créées par suite de la nouvelle organisation seront données à des officiers comptant à l’effectif normal budgétaire. Ces officiers recevront, à titre d’indemnité extraordinaire, le supplément de solde et d’accessoires correspondant à leur nouvelle position, et toucheront les rations attribuées à leur nouvel emploi.

On ne nommera plus de capitaines de troisième classe. Les officiers de cette catégorie, qui n’auraient pas été classés comme commandant de batterie, de compagnie ou de dépôt d’artillerie, seront comptés à l’effectif des premiers lieutenants.

Les régiments, divisions, batteries d’artillerie, de nouvelle création, n’ont pas encore reçu de dénominations définitives. Les régiments d’artillerie de campagne seront désignés de la façon suivante :

Régiment d’artillerie de campagne de la garde, artillerie de corps.

Régiment d’artillerie de campagne de la garde, artillerie divisionnaire.

Régiment d’artillerie de campagne de la Prusse orientale n°1, artillerie divisionnaire, etc.

Les divisions de nouvelle formation seront appelées :

Division de campagne provisoire du régiment d’artillerie de campagne de la Prusse orientale n°1, artillerie de corps (ou divisionnaire).

Toutes les autres seront dénommées :

Première, deuxième, etc. division de campagne (ou à cheval) du régiment d’artillerie de campagne de la Prusse orientale n°1, artillerie de corps (ou divisionnaire).

Les batteries de nouvelle création seront appelées : « Première, deuxième, etc. batterie provisoire ».

En raison des conventions militaires qui existent entre la Prusse d’une part, et d’autre part la Saxe, le Wurtemberg et la Bavière, conventions dont nous avons eu plus d’une fois l’occasion de parler, l’ordre de cabinet du 4 septembre 1872 ne concerne pas l’artillerie des douzième et treizième corps ni celle des deux corps bavarois.

La Saxe ayant seize batteries, dont deux à cheval, le Wurtemberg douze batteries, et la Bavière trente-deux, dont quatre à cheval, on voit que, jusqu’à nouvel ordre, l’armée allemande comptera deux cent quatre-vingt-quatorze batteries, dont deux cent cinquante montées et quarante-quatre à cheval, soit au total 1 764 canons attelés ».

 

Vendredi 8 novembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de prestations par le service impérial des fortifications pour l’année 1873.

Avis. Adjudication pour la fourniture en 1873, au profit de la place forte, de matériaux et des prestations suivantes : des travaux de maçonnerie, des travaux de tailleurs de pierres, des travaux de couvreurs, des travaux de charpentiers, des travaux de menuisiers, des travaux de forge et de serruriers, des travaux de plomberie, des travaux de peinture, des travaux de vitrerie, des travaux de pavage et des prestation de transport, qui doivent être attribués par voie de soumission pour la date suivante du : Lundi le 9 décembre vers, le matin à 10 heures, au Bureau du service des fortifications locales, les conditions d’exécutions peuvent être consultés, pendant les heures de bureau. Strasbourg, le 8 novembre 1872. Le Service de Fortification impérial.

 

Lundi 11 novembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Procédures d’expropriation de la commune d’Oberhausbergen.

Dans les publications légales la presse locale a rendu public cet avis de l’officier ingénieur de la place forte : « Conformément à l’acte dressé à Strasbourg le 8 novembre 1872 par le directeur impérial du cercle Hasse « kaiserliche Kreisdirektor », mandaté par le président impérial du district de Basse-Alsace « kaiserliche Präsidenten des Unter-Elsas », les personnes nommées ci-dessous dont les parcelles sont situées sur le ban d’Oberhausbergen, qui ont été expropriées par la décision prononcée le 3 juin 1872 par le tribunal impérial de Strasbourg, conformément à l’ordonnance impériale du 11 avril 1872 ordonnant les expropriations au profit de l’agrandissement de la place forte de Strasbourg, ces parcelles sont cédées librement à l’Empire allemand contre dédommagements.

Le montant des dédommagements qui ont été fixés doivent être payés dès que les conditions prévues par le titre III de la loi du 3 mai 1841, en ce qui concerne la liberté de tout privilège ou hypothèque seront remplie ».

Synthèse : 34 parcelles situées sur 4 lieux-dits qui sont : Auf dem Dingsheimer Pfad, im Gansei, in der kurzen Streng, über dem Dingsheimer Pfad, im Schenkbecher. Il s’agit de 26 parcelles complètes d’une surface de 54 à 5 ares et de 8 morceaux de parcelles d’une surface de 4 ares à 69 centiares.

Le document site 34 propriétaires, dont 27 sont domiciliés à Oberhausbergen, 3 à Mittelhausbergen, 2 de Mundolsheim, 1 de Pfulgriesheim et 1 de Strasbourg. Les dédommagements proposés pour ces parcelles sont les suivants : 5 parcelles à 300 francs/are, 1 parcelle à 298 francs/are, 1 parcelle à 280 francs/are, 1 à 200 Fr. /are, 1 à 190 Fr. /are, 6 à 180 Fr./are, 20 à 175 Fr. /are. Par ailleurs 206 Fr. d’indemnité allant de 50 à 3 Fr. sont attribués pour la parte des arbres situés sur ces terrains.

« La liste des parcelles a été communiquée au public conformément aux articles 15 et 19 de la loi du 3 mai 1841, à Strasbourg, le 11 novembre 1872. Kaiserliche Fortifikation. Grund, Oberstleutnant und Ingenieur vom Platz ».  

 

Jeudi 14 novembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction de la ceinture des forts détachés.

La presse a publié cet article : « Strasbourg, le 14 novembre 1872. Ces derniers temps, les travaux de terrassement et de maçonnerie des forts de Strasbourg ont bien avancé. Plus de 1 800 travailleurs et charretiers œuvrent actuellement sur les forts de Niederhausbergen, Mundolsheim et Reichstett. Ce chiffre augmente tous les jours par la venue de journaliers et de valets de ferme “Bauernknächte”, qui quittent les paysans pour percevoir un salaire plus conséquent. Ce rassemblement de force de travail permet d’espérer que les travaux de construction des forts seront achevés dans 6 mois, c’est-à-dire avant l’échéance qui a été fixée. Pour stimuler le rendement des travailleurs, ils ne sont pas payés au tarif journalier mais à la tâche. De cette façon, un bon tailleur de pierre gagne jusqu’à 84 francs par semaine et récemment un charretier équipé de deux chevaux solides a gagné 235 F en deux semaines. Les mineurs quant à eux gagnent bien 7 à 8 F par jour. Pour ce travail ce sont plus particulièrement les Italiens qui démontrent leur assiduité au travail. Lors d’un tel rassemblement d’ouvriers en provenance de toutes les régions d’Europe, on trouve également certains individus qui ont une attirance particulière pour les vêtements d’hiver qu’ils échangent contre leurs effets déchirés, et ces vols exécutés dans les cantines, sont fréquents. D’autres ont la même attirance pour les légumes plantés par les paysans. Espérons que l’hiver qui approche veuille nous épargner de ces rigueurs, sinon en cas d’un arrêt des travaux de nombreuses mains seraient sans emploi, ce qui aurait des conséquences fâcheuses pour les villages environnants ».

 

Dimanche 17 novembre 1872

Allemagne, armée : Organisation de l’artillerie à pied.

Un journal local nous livre des informations relatives à l’organisation de l’artillerie à pied (artillerie de siège et de forteresse) : « Strasbourg, le 17 novembre 1872. En ce qui concerne les dislocations de l’artillerie à pied, les modifications suivantes, qui entreront en vigueur le 1er janvier, viennent d’être ordonnées. L’arrivée du “Pommerschen Fussartillerie-Regiment Nr. 2, son état-major du 2e bataillon, la 7e et 8e compagnie venant respectivement de Colberg et de Stralsund, viennent à Strasbourg ; la 5e compagnie passe de Colberg à Belfort, la 3e compagnie du “Schlessischen Fussartillerieregiment” quitte Neisse pour Belfort ; la 5e et 6e compagnie du 2e bataillon du “Rheinische Fussartillerieregiment Nr. 8” ainsi que son état-major du 2e bataillon quitte Sarrelouis pour Metz.

Au cours de la même période, Metz deviendra la garnison de temps de paix de la 7e compagnie du “Rheinische Fußartillerieregiment Nr. 8” de l’armée d’occupation en France, alors que la date du transfert de la 8e compagnie de ce régiment, de Thionville à Metz, en raison des impératifs de mise en état de défense de cette première place, sera décidée par le ministre de la guerre. En effet le ministère de la guerre doit se prononcer ultérieurement sur l’effectif des garnisons des places fortes de Sarrelouis et Thionville en ce qui concerne les détachements d’artillerie à pied. Pour la mise en route des détachements pour Belfort, les commandements concernés les mettront sur pied avec un effectif du temps de paix ».

 

Jeudi 21 novembre 1872

Allemagne, garnison de Strasbourg-Kehl : Exercices de destruction de voies ferrée.

Une note française de de renseignement nous livre cette information : « Renseignements sur la destruction des voies ferrées. 21 novembre 1872 : expériences de destruction des voies ferrées avec des cartouches de dynamite, près du port de Kehl, par le bataillon de pionniers de Strasbourg en présence du général bavarois Hartmann ».

Allemagne, Strasbourg garnison : Adjudication de travaux au profit du mess des Officiers.

La presse locale et officielle a publié cette adjudication : « Pour le bâtiment arrière du mess des officiers de la garnison « Hintergebäude des Offizier-Casinos » place Broglie à Strasbourg, les travaux suivants doivent être adjugé en procédure publique :

1. Couverture du toit avec des tuiles en couverture double.

2. Asphaltage de la buanderie et de la base de la cave « Kellersohle ».

3., 4., 5. Exécution des travaux nécessaires de menuiserie, de serrurerie et de plomberie.

La date de l’adjudication est fixée au 21 novembre (1872), le matin à 10 heures, au bureau de la direction des travaux de garnison « Garnison-Bau-Direction ». Strasbourg, le 6 novembre 1872. L’administration impériale de garnison « Kaiserliche Garnison Verwaltung ».

 

Vendredi 22 novembre 1872

Allemagne, Strasbourg garnison : Adjudication pour la livraison de matériaux pour le magasin des voitures de pont d’équipage.

La presse locale a publié cette adjudication : « Pour le magasin des voitures à ponts d’équipage « Ponton-Wagenhaus » à la Citadelle de Strasbourg doit être adjugé la livraison et le stockage des matériaux suivant :

1) 10 portes en fer forgé « schmiedeeiserne Thore » von Eisenblech en deux dimensions différentes ;

2) 129 fenêtres en fer forgé « schmiedeeiserne-Fenster » en « Façon-Eisen » en quatre dimensions différentes ;

3) 35 fenêtres de toit en fonte « Gußeiserne-Dachfenster ».

4) Environ 1 422 kg de fer forgé « Schmiedeeisen » (cornières ou fers plats) ;

5) Environ 714 kg de fonte « Gußeisen ».

L’adjudication est fixée au 22 novembre (1872), le matin à 10 heures, au bureau de la direction des travaux de la garnison de Strasbourg, Schiffleutstraße Nr. 11 et les artisans qualifiés ou les fabricants sont priés de déposer leurs offres avant l’adjudication. Strasbourg, le 5 novembre 1872. La direction impériale des constructions de garnison « Kaiserliche Garnison-Bau-Direction ».

 

Samedi 23 novembre 1872

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, armée : Destruction de voies ferrées par la cavalerie.

Les différents régiments de cavalerie de l’Alsace-Lorraine et ceux de l’Armée d’occupation viennent de s’exercer à la destruction des chemins de fer au moyen de cartouches de dynamite (Strassburger Zeitung, 23 novembre 1872).

 

Mercredi 4 décembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte. Réouverture du passage de la Citadelle.

La presse locale a publié cet avis : « Le public est averti par ce communiqué que le passage par la citadelle est dorénavant libre pour les piétons, les cavaliers et les attelages, à partir du “Reveille” jusqu’au “Zapfenstreich” (de la sonnerie du réveil à celle du couvre-feu), c’est-à-dire de 6 heures à 21 heures pour les mois de novembre, décembre et janvier, et de 5 heures à 21 heures pour les mois de février, mars, avril, août, septembre et octobre, et de 4 heures à 21 heures pour les mois de mai, juin, juillet. L’accès à la route militaire reste encore interdit au public. Strasbourg, le 4 décembre 1872. Le gouvernement de la place forte ”Festungs-Gouvernement”. Hartmann ».

Allemagne, Strasbourg place forte : Procédure d’expropriation des parcelles d’Oberhausbergen.

La presse officielle et locale a publié cet avis : « En conséquence de l’acte dressé à Strasbourg le 25 et 28 novembre 1872 par le directeur impérial d’arrondissement “kaiserliche Kreisdirektor” Hasse, mandaté par le président impérial de Basse-Alsace “kaiserliche Präsidenten des Unter-Elsas”, les personnes nommées ci-dessous dont les parcelles sont situées sur le ban d’Oberhausbergen, qui ont été expropriées par la décision prononcée le 3 juin 1872 par le tribunal impérial de Strasbourg, conformément à l’ordonnance impériale du 11 avril 1872 ordonnant les expropriations au profit de l’agrandissement de la place forte de Strasbourg, ces parcelles sont cédées librement à l’Empire allemand contre dédommagements.

Le montant des dédommagements qui ont été fixés doivent être payés dès que les conditions prévues par le titre III de la loi du 3 mai 1841, en ce qui concerne la liberté de tout privilège ou hypothèques seront remplies.

Synthèse : cette publication concerne 16 parcelles, sur les lieux-dits Über dem Dingsheimer Pfad, In der kurzen Streng, Im Gansei, Auf dem Dingsheimer Pfad, Im Schenkbecher, Hinten auf dem Neuenweg. Surface des parcelles entre 1,17 ares et 24,39 ares. Le prix de l’are varie entre 167 et 310 francs et les indemnités totales s’élèvent entre 986 et 5341 francs. Une seule parcelle comportait 2 arbres indemnisés pour un montant de 24 francs. Le total des indemnisations était de 33 033,37 francs ».

 

Jeudi 5 décembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Polémique au sujet de l’estimation de la forêt du Rhin au Beckenwoerth pour la construction du futur Fort N°1.

Strasbourg, le 5 décembre 1872. Dans les comptes rendus publiés ce jour des débats publics du conseil municipal de Strasbourg du 15 novembre 1872, nous trouvons le compte rendu de la commission de contrôle relative au déboisement du Beckenwoerth, dont le porte-parole, le notaire Flach, a trouvé quelques incohérences notoires, sur lesquelles nous allons apporter les précisions suivantes : En ce qui concerne le fait évoqué qu’il s’agit du plus beau coin de la forêt du Rhin, nous pouvons dire que hormis la zone déboisée, la forêt du Rhin a conservé sa beauté. Ce qui a vraiment été sacrifié, ce sont 22 hectares après expertise de l’Oberförster (chef garde forestier ?) et l’autorisation de l’adjoint Monsieur Meyer suite à la demande du service des fortifications de procéder au déboisement immédiat, pour que la construction du fort ne subisse pas de retard. Aucun obstacle juridique ne s’opposait à ce déboisement, puisque cette parcelle était déjà prévue au plan d’abattage de 1878. Le porte-parole évoque que l’on aurait déboisé plus que n’avait demandé l’ingénieur militaire de la place. Cette affirmation est également fausse, comme celle que l’ingénieur a pour projet de déboiser encore une surface plus grande que celle des 22 hectares. La déclaration de Monsieur Flach que le service des forêts n’avait pas défini de surface précise pour cette parcelle est fausse, puisqu’elle tombe d’elle-même par le fait qu’un contrat a été établi avec la municipalité, et qu’il est très difficile pour l’administration des forêts d’établir des mesures très précises dans la forêt du Rhin. Peut-être serait-il utile, si à l’avenir on ordonnait à de telles commissions, dont la mission est d’estimer des travaux forestiers, et qui font des estimations assez éloignées de la réalité, de faire une promenade en voiture dans la forêt du Rhin « Rheinwald », avec une contribution des autorités forestières à laquelle ils seront heureux de participer, pour que l’on puisse faire une estimation de façon plus rationnelle que celle sur laquelle repose celle de M. Flach.

 

Lundi 9 décembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de prestations par le service impérial des fortifications pour l’année 1873.

La presse locale a publié cet avis « Adjudication pour la fourniture en 1873, au profit de la place forte, de matériaux et des prestations suivantes : des travaux de maçonnerie, des travaux de tailleurs de pierres, des travaux de couvreurs, des travaux de charpentiers, des travaux de menuisiers, des travaux de forge et de serruriers, des travaux de plomberie, des travaux de peinture, des travaux de vitrerie, des travaux de pavage et des prestation de transport, qui doivent être attribués par voie de soumission pour la date suivante du : Lundi le 9 décembre vers, le matin à 10 heures, au Bureau du service des fortifications locales, les conditions d’exécutions peuvent être consultés, pendant les heures de bureau. Strasbourg, le 8 novembre 1872. Le Service de Fortification impérial ». Ce type d’adjudication est publié tous les ans.

 

Mercredi 11 décembre 1872

Allemagne, fortifications : Démantèlement d’Efurt, de Wissembourg et de Lauterbourg.

Il n’existe encore aucun ordre connu prescrivant le démantèlement d’Erfurt ; mais les faits tendent à prouver que la chose est décidée. On a en effet déjà commencé à démolir quelques ouvrages de fortification, et à transporter le matériel, partie vers Magdebourg, partie vers la province du Rhin, particulièrement sur Coblentz. Le génie a fait, avec l’administration du chemin de fer de Thuringe, un contrat d’après lequel cinq wagons au moins doivent être mis journellement à la disposition de l’autorité militaire pour enlever le matériel de la place. On s’attend aussi au démantèlement de Wissembourg et de Lauterbourg qui ont perdu toute valeur défensive. Une commission mixte s’est rendue sur les lieux, à la fin du mois d’octobre, pour étudier la question. (Allgemeine Zeitung).

Allemagne, Alsace-Lorraine, Metz : Travaux exécutés par les Allemands dans les forts de Metz.

Un journal local a publié cette information : « Les ouvrages extérieurs des forts de Metz, commencés par les Français en 1867, ont été considérablement augmentés par les Allemands. Le Saint-Quentin présente actuellement, par la grande quantité de terre qu’il a fallu remuer, l’aspect d’une immense fourmilière. Un chemin couvert le relie au fort de Plappeville.

Le Saint-Julien sera également bientôt terminé. Le fort de Queuleu exigera encore quelque temps pour son achèvement, quoique 1 300 hommes y aient travaillé chaque jour pendant l’été. Un chemin de fer atmosphérique le relie à Peltre, permettant ainsi d’y faire arriver facilement tous les matériaux de construction. On travaille activement au fort Saint-Privat. Une caserne est déjà terminée ».

 

Lundi 16 décembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Les forts de Strasbourg sur les deux rives du Rhin.

Les renseignements suivants sont empruntés aux Gazettes de Cologne et de Strasbourg : « On doit commencer, dans un bref délai, la construction des forts de la rive droite du Rhin ; les travaux de terrassements seront entrepris dans les premiers mois de l’année prochaine, sitôt que le temps le permettra.

Le fort du sud (Marlen) est situé au sud de la Kinzig, à environ une demi-lieue du Rhin, commandant la route du Rhin Altenheim-Laar. Le fort de l’Est (Neumühl) commande la route Kehl – Willstett –Appenweier – Oberkirch - Freudenstadt et, par conséquent, les communications avec le Wurtemberg, par la vallée de la Renchen. En outre, les forts de Marlen et de Neumühl rendent maîtres des communications principales de la vallée de la Kinzig. Le premier fort couvre la route Goldscheuer-Offenburg ; le second, les nœuds de communications entre les vallées de la Renchen et celles de la Kinzig (Villstett-sand-Hausach-Ulm). On défend ainsi deux des plus importants passages de la forêt Noire. Le fort du Nord est situé tout près du village d’Auenheim, commandant la route Kehl-Rastadt et correspondant au fort de Reichstett, construit sur la rive gauche. Le fort de Marlen est, en ligne droite, à 8 kilomètres de l’enceinte sud de la ville de Strasbourg, à 8 kilomètres du nœud de communications de Sand, à 10 kilomètres d’Appenweier (embranchement du chemin de fer) et à 3 kilomètres 5 du fort d’Auenheim. Le fort d’Auenheim, situé au nord-est du village de ce nom, est à une distance de 5 kilomètres 5 de la citadelle de Strasbourg, à 2 kilomètres 5 de Bodersweier (route du Rhin) et à 8 kilomètres du fort de Reichstett. Depuis quelques temps, la construction des forts de la rive gauche paraît très avancée. On aperçoit actuellement des échafaudages en bois, hauts de 55 à 65 pieds, servant à profiler les remblais. 2 000 travailleurs sont occupés aux trois forts de Niederhausbergen, Reichstett et Mundolsheim. Cet effectif augmente chaque jour. L’établissement des forts exige le défrichement d’une partie de la forêt communale de Strasbourg, dans la Wantzenau. On espère que la construction des forts sera terminée avant six mois, c’est-à-dire avant le délai fixé. Les murs d’enceinte tomberont dès que ces travaux seront achevés ».

 

Mercredi 18 décembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte ; Réalisation d’une carte des forts détachés n°1 à 9.

Réalisation de la carte de relevé de terrains sur la ligne des forts n°1 à 9 de la rive gauche du Rhin, à l’échelle 1/125 000e, dimension 152,5 cm x 123 cm, attachée au rapport du 18 décembre 1872.

 

Vendredi 20 décembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Adjudication de la construction de 3 forts à fossés en eau.

La presse locale et officielle a publié cette adjudication pour la construction de 3 forts dans les environs de Strasbourg : « Le 20 décembre 1872, le matin à 10 heures, doivent être soumissionné par entreprise générale au bureau du service de fortification de Strasbourg les trois forts situés sur la rive gauche du Rhin, près de la Wantzenau, Illkirch et au sud d’Ostwald.

La prise en charge d’un fort nécessite un consortium comportant au moins trois maîtres maçons, mais les grandes entreprises de travaux étant une société solidement organisée peuvent soumissionner pour la construction de plusieurs forts dans le cas où elles s’engagent à mettre sur chaque fort, en permanence, un maître maçon expérimenté dans la conduite d’un tel chantier. La durée de construction d’un fort est fixée à 3 ans.

La presse locale a également publié le résultat de cette adjudication : « Strasbourg, le 21 décembre 1872. Hier, la construction de trois nouveaux forts situés de ce côté-ci du Rhin, dont la date de soumission avait été publiée, a été adjugé aux entrepreneurs Messieurs Pathe, Jerschke et Schneider, en tant qu’offre la moins chère. Il s’agit de la construction des forts Fort Fransecky (Fort Ney), Fort von der Tann (Fort Lefebvre), Fort Werder (Fort Uhrich) ».

 

Samedi 21 décembre 1872

Autriche-Hongrie, armée : Essais du canon revolver de Hotchkiss.

Une revue militaire a publié cette information : « On a essayé récemment au polygone de Steinfeld un canon-revolver, système Hotchkiss perfectionné. Ce canon, qui ressemble aux canons Gatling, est formé de six canons accolés, d’un diamètre d’un pouce et demi. Il lance des projectiles explosifs d’un poids un peu plus grand que celui qui a été fixé comme minimum par la convention de Saint-Pétersbourg. Dans ses expériences on a trouvé le mécanisme du canon simple et commode, et la précision du tir suffisante lorsque l’on enflammait les cartouches successivement. Mais dans les deux d’ensemble les cartouches se sont montrées défectueuses, et un dérangement dans le mécanisme a forcé d’interrompre les expériences de cette nature ». Il s’agit là d’une arme qui équipera les forts allemands et français, pour la défense rapprochée des ouvrages.

 

Mardi 31 décembre 1873

Allemagne, Metz place forte et garnison : Arrivée d’une partie du Fuss.Art.-Rgt Nr 8.

La presse nous livre l’information suivante : « Metz, 1 janvier 1873. Hier, sont arrivés dans la garnison : l’état-major et 2 compagnies du 2e bataillon « Rheinische Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 8 » s’installent dans la garnison ».

 

Sources

 

Auteurs divers : L’Alsacien journal du peuple et du commerce - Elsässische Volks und Handels-Zeitung, 1871. S0215.

Auteurs divers : Revue d’Artillerie – Tome 1er – Octobre 1872 – mars 1873. S2177.

Auteurs divers : Revue militaire de l’étranger, tome 2, 2ème semestre 1872. S0476.

Auteurs divers : Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß, 1871, 1872.

Auteurs divers : Wehr-Zeitung, Autriche-Hongrie, 1872.

Burger Matthias : Die Bundesfestung Ulm, Deutschland grösste Festungsensemble ; autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2006. S2830.

Burger Matthias : Bundesfestung Ulm, Ein Führer durch die Festungsanlagen, autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2010. S2551.

Dumsky Walter : Die deutschen Festungen von 1871 bis 1914 : Strategische Bedeutung und technische Entwicklung. Erlanger Historische Studien herausgegeben von Professor Dr. Karl-Heinz Ruffmann Professor Dr. Hubert Rumpel. Bd. / Vol. 11 ; Frankfurt am Main, New York, Paris ; 1987.

Fontbonne Rémi : Les fortifications allemandes de Metz et de Thionville 1871-1918, Editions Serpenoise, 2006. S1587.

Frijns Marco, Malchair Luc, Moulin Jean-Jacques, Puelinckx Jean : Index de la fortification française 1874-1914, autoédition, 2008. S2757.

Frobenius H. : Unsere Festungen. Entwicklung des Festungswesens in Deutschland seit Einführung der gezogene Geschütze bis zur neusten Zeit. Band I : Die Ausgestaltung der Festung ; 1912.

Grabau A. : Das Festungsproblem in deutschland und seine Auswirkung auf die strategische lage von 1870-1914, Berlin, 1935.

Gosch Frank : Festungsbau an Nordsee und Ostsee ; Die Geschichte der Deutschen Küstenbefestigung bis 1918, Mittler & Sohn, Hamburg, Berlin, Bonn, 2003. S2938.

Lacoste W. : Neubreisach 1871 – 1916, Strassburg Vorfeld 1914-1916 in DAWA Sonderheft 29, 1997.

Lacoste W. : Die Weserforts. Beiträge zur Geschichte in DAWA Sonderheft 28. Deutschen Atlantikwall Archiv, 1999.

Le Halle Guy : Histoire des fortifications en Franche-Comté et pays d’Ain, Martelle Editions, 1991. S0360.

Le Hallé Guy : Le système Séré de Rivières ou le témoignage des pierres, Ysec, 2001. S1253.

Rolf Rudi : Die Deutsche Panzerfortifikation. Die Panzerfesten von Metz und ihre Vorgeschiche ;

1991 ; Biblio Verlag, Osnabrück. S0081.

Tempelman Lex & Will Chris : De Nieuwe Hollandse Waterlinie, 2009.

Theile Markus : Das Fort Oberer Kuhberg, autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2014.

Torfs L., en collaboration avec A. Casterman : Les agrandissements et les fortifications d’Anvers ; Bruxelles, 1871.

 

 

Rédaction de la chronique et traductions : MJR 2018.

 

 

 

 

 


[1] D’après l’instruction du 26 mars 1868, les jeunes gens qui veulent être admis au volontariat d’un an doivent, en règle générale, se présenter avant le 1er février de l’année où ils ont accompli leurs vingt ans.