1871

 

 

Dernière mise à jour : 1er décembre 2018

 

 

Chroniques générales de la place forte de Strasbourg.

 

Voici les chroniques de la place forte de Strasbourg. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications et de la garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services. Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et de l'actualité qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement.

Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire de cette année 1871, mais prenez garde à gratter la couche de nationalisme que l’on retrouve dans la presse allemande et française.

Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour.

 

Abréviations et termes allemand couramment utilisés :

A.K.O. = Allerhöchste Kaiserliche Order = Ordre du cabinet impérial / Ordonnance impériale.

IR = Infanterie-Regiment = Régiment d’infanterie (généralement suivi de son numéro).

Reichsland = Terre d’Empire = partie annexée de l’Alsace-Lorraine.

 

Les grades :

General der Infanterie, General der Kavalerie = équivalent au général de corps d’armée.

Generallieutenant = équivalent au général de division.

Generalmajor = équivalent au général de brigade.

Oberst = colonel.

Oberstlieutenant = lieutenant-colonel.

Major = chef de bataillon, chef d’escadron, commandant.

Hauptmann ou Rittmeister (pour les troupes montées) = capitaine.

Oberleutnant = lieutenant

Leutnant = sous-lieutenant.

 

Remarque : l’orthographe allemande diffère de celle d’aujourd’hui. Par exemple pour les portes on note la présence d’un h « Thor » qui a disparu ultérieurement (Tor), et de nombreux mots s’écrivent encore avec un c, alors que quelques années plus tard on utilisera le k, comme pour Fortification écrit ultérieurement Fortifikation qui désigne également le service qui gère les fortifications. On germanise les mots d’origine française. J’emploi autant que possible l’orthographe d’origine.

 

Chroniques 1871

Mise en chantier des forts et ouvrages suivants :

 

Allemagne Front Nord & fortifications côtières

A la suite à la crise du Luxembourg, renforcement des fortifications côtières allemandes.

Fort Kugelbake (1869-1879), à Cuxhaven.

Fort Langlütjen I (1869-1875), à Gestemünde, galerie cuirassée de 9 x 21 cm Ringkanone L/22.

 

Allemagne Front Ouest

 

Place forte de Metz

Après l’apparition en 1859 de l’artillerie rayée, qui permet un accroissement sensible de la précision, de la portée et de la puissance des tirs par l’adoption du projectile cylindro-ogival, le réaménagement des fortifications s’avère nécessaire. Il s’agit d’éloigner l’artillerie de l’assiégeant du noyau des places fortes par la construction de forts détachés et de batteries, qui sont éloignés de 2 à 10 km du noyau urbain, en fonction de la prise en compte des progrès de l’artillerie.

A Metz, ce n’est que vers 1867 que l’on commence les travaux de construction de forts détachés sous la direction du colonel Séré de Rivières, chef du Génie de la place de 1864 à 1869. Alors que la construction de 8 forts détachés avait été planifié, en juillet 1870, au déclanchement de la guerre franco-prussienne de 1870, seuls 4 forts détachés sont pratiquement terminés : les forts de Saint-Julien, Fort de Queuleu, Fort Diou et Fort de Plappeville. En mai 1870 on commence les travaux du Fort des Bordes, du Fort de Saint-Privat et du Fort de Saint-Eloy. Alors que ces derniers sont à peine commencés, ils ne servent que de batteries d’artillerie pendant le conflit. En effet dès le 19 août 1870 le maréchal Bazaine se laisse enfermer avec 170 000 hommes dans la place de Metz qui est assiégée. Il capitule le 27 octobre 1870. Après la chute de la place forte de Metz, ce sont les Allemands qui poursuivront les travaux de construction de cette première ceinture de fortifications détachées. D’après certains auteurs, les travaux des 4 forts initialement construits par les Français ont été poursuivis dès l’année 1871 par les Allemands. 

Rive gauche de la Moselle

Fort Alvensleben (1867-1870 puis 1871-1875) actuel Fort de Plappeville. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapets d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge.

Rive droite de la Moselle

Fort Manteuffel (1867 puis 1871-1875) actuel Fort de Saint-Julien. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge. Le parapet d’artillerie des fronts bastionné est destinné à la défense rapprochée et au flanquement tandis que le parapet du cavalier assure la défense éloignée. Il dispose d’une grande caserne de gorge avec caponnière sur la partie centrale et d’une caserne sous le centre du cavalier. Les Français avaient prévu un armement de 75 pièces d’artillerie et un effectif de 1 750 hommes. 1871-1890, les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charges à projectiles, traverses-abris, blindages des fenêtres et porte. Vers 1887-1890 : renforcement d’une partie des locaux du fort, batteries annexes de part et d’autre, mise en place de grilles et de réseaux de fils de fer.

Fort Goeben (1867-1870, puis 1871-1879) actuel Fort de Queuleu. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un vaste fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front large de 800m et profondeur de 450 m, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie et d’artillerie. A la gorge une grande caponnière centrale relie les 2 casernes. Au centre du fort un important cavalier polygonal ouvert à la gorge formant réduit avec une grande casernes, magasins et abris, très surélevé, qui forme la batterie haute pour la défense éloignée. L’artillerie des parapets des bastions est prévue pour le combat rapproché et le flanquement. Fort prévu d’après les plans français pour 122 pièces d’artillerie et une garnison de 2 000 hommes. 1871-1879, les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charges à projectiles, traverses-abris, blindage des fenêtes. Vers 1887-1890 : renforcement d’une partie des locaux du fort, 2 observatoires d’artillerie cuirassé modèle 1887 sur le cavalier, 3 observatoires cuirassés d’infanterie modèle 1890 sur la pointe de chaque bastion du front de tête, batteries annexes de part et d’autre et à la gorge, mise en place de grilles et de réseaux de fils de fer.

 

Belgique

 

Place forte d’Anvers

Fort de Zwinjdrecht (1870-1880), également dénommé Fort Brosius ou Fort Kolonel I.M.F.

Fort de Kruibeke (1870-1880), également dénommé Fort Van Eopoel ou Fort Kapitaen.

Fort de Merksem (1871-1882).

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Langres

Fort de la Bonnelle (1869-1875) Fort Decrès.

 

Place forte de Besançon

Batterie du Rosemont (1871). Batterie, intégrée vers 1877-1880 dans le centre de résistance de Planoise.

 

France Fortifications du centre

 

Place forte de Paris

Enceinte urbaine : la presse annonce le 22 septembre 1871 que la réparation des remparts est presque achevée.

Fort détachés : étude d’un nouveau système de fortifications pour Paris.

Fort d’Issy : consolidation des casemates.

Fort de Vanves : consolidation des casemates.

 

Pays-Bas

 

Ligne d’Utrecht « Waterlinie »

 

Place forte de Muiden – Vesting Muiden

Muizenfort (fort aux souris dans le language populaire) ou « Gebouw C » bâtiment C (1871 un ouvrage en terre, 1876-1879 fort). En 1871 construction d’un ouvrage en terre, puis en 1876-1879 d’un fort de type « Batterijfort ». En 1877 il comprend 90 hommes. Renforcé en 1939-1940 par un abri de groupe « Groepschuilplaats Type P » et une casemate avec couple de mitrailleuse de type G « Koepelkazemat Type G ». Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Position de Honswijk

Werk aan de Korte Uitweg (1871, puis 1876-1879). Ouvrage en terre dénommé Aanvankelijk (1871) avec remparts et positions d’artillerie, élargi en 1876-1879 en un ouvrage à fossé plein d’eau et muni d’une caserne d’une remise et d’un abri d’artillerie à l’épreuve des bombes, d’une maison de gardien et de positions d’artillerie pour 6 canons et 4 mortiers.

 

Position d’Utrecht

Fort bij Rijnauwen (1868-1871). Grand fort à fossé plein d’eau, plus grand fort de la Waterline (31 ha). En 1877-1885 il est modernisé, construction d’une grande caserne à l’épreuve des bombes et des batteries de flanquement n°3 et 4. En 1885 son équipage était de 675 hommes et 105 pièces d’artillerie. En 1918 installations d’abris de groupe en béton type 1918. En 1939 installation d’une casemate de mitrailleur « Koepelkazemat type G » et d’abris de groupe « Groepschuilplaats Type P ». 1942-1943 lieu de détention et d’exécution. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

Allemagne

1871 : Essai d’une tourelle cuirassée conçue par le Major (commandant) Schumann pour 2 canons de 15 cm rayé en bronze disposés sur affût Schumann pour embrasure minima « eisernen Schumann’schen Rahmenlafetten für Minimalscharten » au champ de tir de Tegel. La tourelle se composait d’un corps cylindrique tournant et il était alors recouvert par une coupole plate. Le matériel de cuirassement utilisé, composé de plusieurs couches superposées de fer laminé de l’usine Cammell en Angleterre, résistait aux tirs, mais le système d’entraînement de la tourelle nécessitait encore quelques améliorations. Cette tourelle est destinée à la Spreeschanze de la place forte de Spandau près de Berlin.

Belgique

Août 1871 : explosion accidentelle d’un petit tonneau de poudre au Fort Saint-Anne à Anvers.

 

Parution de livre et ouvrages divers ayant un rapport avec la fortification.

Auteur inconnu : Strasbourg, Verlag von J. Huber, Frauenfeld, 1871.

Hertzberg : Betrachtungen über die Befestigung grosser Städte, Halle, 1871.

M.Z. : Strasbourg. Sa description, ses fortifications, son role militaire avant la guerre de 1870 ; Ch. Tanera, Paris, 1871. S0706.

Tensini : Unsere gezogenes Geschützsystem und die Idee eines Einheitsgeschützes der Feld-Artillerie. Beiheft zum Militärwochenblatt, 1871.

Torfs L. : Les agrandissements et les fortifications d’Anvers, Librairie C. Muquardt, Bruxelles, 1871.

Viollet-Le-Duc E. : Mémoire sur la défense de Paris. Septembre 1870 – janvier 1871, Vve A. Morel & Cie, éditeurs, Paris, 1871.

Von einem schweitzerischen Artillerie-Offiziere : Artilleristische Notizen über die Belagerung von Strassburg im Jahre 1870, Verlag von J. Huber, Frauenfeld, 1871.

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : places fortes et garnisons.

Nous avons rassemblé ici la liste des autorités militaires, des états-majors et services, des unités et de l’infrastructure militaire, recensés dans les différents documents. Elle n’est certainement pas complète, mais apporte toutefois pas mal de renseignements. Pour les casernes les informations ne sont souvent que partielles, les unités pouvant être réparties dans différentes casernes ou baraquements provisoires, et certaines d’entre elles changent régulièrement de place.

Jusqu’à la création du 15e corps d’armée allemand, la liste des unités présentes en Alsace-Lorraine est encore très provisoire et les renseignements sont épars. Dès la création de ce corps d’armée, les unités se mettent en petit à petit en place dans leurs nouvelles garnisons.

 

15ème corps d’armée allemand - XV. Armee-Korps

Création : 20 mars 1871.

Général commandant : General der Infanterie von Fransecky, depuis le 20 mars 1871. Il est placé directement sous les ordres de l’Empereur d’Allemagne. Il commande non seulement les troupes du corps d'armée mais également toute la zone de responsabilité de ce corps d’armée qui couvrait initialement une grande partie du territoire annexé de l’Alsace-Lorraine, puis ultérieurement ce limitera à peu près à l'ancien territoire du Bas-Rhin. Le corps d’armée lui-même, devient petit à petit le plus puissant corps d’armée allemande jusqu’à la création du 16e corps d’armée à Metz. Il était notamment chargé de la répartition du budget annuel destiné à l’entretien des places fortes situées sur le territoire du corps.

Résidence du général commandant : réside avec son cabinet militaire au numéro 13 de la rue Brûlé « Brandgasse 13 », l’actuel Palais du gouverneur militaire.

Etat-major général « General-Commando » : 11, rue Brûlée, Strasbourg.

Composition de ce corps d’armée en 1871 à sa création. Elle change encore à plusieurs reprises jusqu’au début de la 1ère guerre mondiale en août 1914.

30. Infanterie Division : état-major à Metz, comprend 3 brigades d’infanterie et 1 brigade de cavalerie.

59. Infanterie Brigade : état-major à Metz, avec 2 régiments d’infanterie :

7. Brandenburgisches Infanterie-Regiment Markgraf Carl Nr. 60.

1er bataillon et le bataillon de Fusiliers, à Wissembourg et Lauterbourg (provisoirement).

2ème bataillon, à Bitche.

8. Ostpreußisches Infanterie-Regiment Nr. 45, garnison Metz.

60. Infanterie Brigade : état-major à Metz, avec 2 régiments d’infanterie :

5. Pommersches Infanterie-Regiment Prinz Moritz ion Anhalt-Dessau Nr. 42, garnison Metz.

Braunschweigisches Infanterie-Regiment Nr. 92, garnison Phalsbourg.

Bayerische Infanterie Brigade : état-major à Metz ; avec 2 régiments d’infanterie.

4. bayerisches Infanterie-Regiment König Karl von Wurttemberg, garnison Metz.

8. Bayerisches Infanterie-Regiment Pranckh, garnison Metz.

30. Cavalerie Brigade : avec 3 régiments de cavalerie.

1. Pommersche Ulanen-Regiment Nr. 4, garnison Thionville.

Ostpreussisches Dragoner-Regiment Nr. 10, garnison Metz.

5. Bayerisches Chevauléger-Regiment.

Etat-major « Stab » et 3. Eskadron, garnison Saarguemines.

2. Eskadron, garnison Saint-Avold.

31. Division : état-major à Strasbourg, comprend 2 brigades d’infanterie et 1 brigade de cavalerie.

Général commandant : Generallieutenant von Witrich.

61. Infanterie Brigade : état-major à Strasbourg.

6. Königliches sächsiches Infanterie-Regiment König Wilhelm II von Württemberg Nr. 105, en garnison à Strasbourg depuis le 11 septembre 1871.

Etat-major, 1er et 2ème bataillon, garnison Strasbourg (11 septembre 1871).

3ème bataillon, garnison Sélestat (1871).

1. Rheinisches Infanterie-Regiment von Lützow Nr. 25. Chef de la musique « Kappelmeister », Monsieur Manns (janvier 1872). Recrutement : Aachen (Aix-la-Chapelle) en 1872.

Etat-major « Stab », 1. Bataillon et Fusilier-Bataillon, garnison Strasbourg, Finkmattkaserne (1872).

2. Bataillon, garnison Haguenau.

62. Infanterie Brigade :  comprend 2 régiments d’infanterie.

2. Niederschlesisches Infanterie-Regiment König Ludwig III von Bayern Nr. 47

Etat-major « Stab », 1. et Fusilier-Bataillon, garnison Strasbourg (1871)

2. Bataillon, garnison Neuf-Brisach (1871).

Infanterie-Regiment Großherzog Friedrich von Baden 8. Königlisches württembergisches Infanterie-Regiment Nr. 126 : Strasbourg (1871) ; région de recrutement : Münsingen (1872).

31. Cavalerie Brigade : Strasbourg, comprend 2 régiments de cavalerie.

3. Schlesisches Dragoner-Regiment Nr.15 : garnison Haguenau.

Schleswig-Holsteinisches Ulanen-Regiment Nr.15 : garnison Strasbourg, Nikolaus-Kaserne (quartier Saint-Nicolas). Chef de corps du Schlesswigholsteinischen Ulanen Regiment Nr. 15 : Oberst von Alvensleben, muté à Hanovre en tant que commandant de brigade, vers le 23 avril 1873.

15. Artillerie Brigade :

Feld-Artillerie-Regiment Nr. 15 :

Etat-major « Stab », 1. Fussabteilung, Strasbourg.

2. Fussabteilung (2ème groupe), Metz.

Reitendeabteilung (Groupe attelé), Neuf-Brisach.

Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 15 (Artillerie de siège et de place) :

Etat-major « Stab », Festungs-Artillerie-Abteilung Nr. 10 (groupe d’artillerie de forteresse n°10), Metz (1871).

Festungs-Artillerie-Abteilung Nr. 11 (groupe d’artillerie de forteresse n°11), Strasbourg (1871).

Festungs-Artillerie-Abteilung Nr. 12 (groupe d’artillerie de forteresse n°12), : Metz (1871).

Divers :

Pionier-Bataillon Nr. 15.

königliches Train-Bataillon, garnison Strasbourg (1871).

Intendantur des XV. Armee-Corps - Intendance du 15e corps d’armée, Allerheiligen-Strasse Nr. 10.

 

Place de Strasbourg

Artillerie-Depot = dépôt d’artillerie.

Commandantur = commandant de la garnison et ses services.

Commando des Pferde-Depot für das General-Gouvernement im Elsaß.

Gouvernement (gouverneur militaire et son état-major) : Gouverneur militaire de la place forte : General-Lieutnant von Hartmann.

Festungshof - dépôt des fortifications.

Garnison Bau Direktion = direction des constructions de garnison, Brandgasse n°11 (11, rue Brûlée).

Garnison Verwaltung = Administration impériale de garnison, Schiffleutstaden 11 (11, quai des Bateliers).

Garnison Wachsanstalt = buanderie de garnison.

Fortification – Service impérial des fortifications : Ingénieur militaire de la place forte : Oberstlieutenant (lieutenant-colonel) Grund.

Proviant-Amt – service des subsistances.

 

1871 Chroniques

 

Dimanche 1er janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat d’Azey (nord-ouest de Vendôme).

Engagé au cours de la retraite par la colonne Jouffroy contre les poursuivants du Xe corps et de la 1re division de cavalerie.

France, guerre 1870-1871, place forte : Capitulation de Mézières.

Défenseurs : général de brigade Blondeau, 2 000 hommes. Assaillant : même corps de siège qu’à Montmédy, lieutenant-général von Kameke.

 

Lundi 2 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Nord : Combats de Sapignies - Achiet-leGrand - Béhagnies (au nord de Bapaume).

Faidherbe amène au secours de Péronne l’armée du Nord réorganisée. A notre droite, succès des divisions Derroja et du Bessol ; à notre gauche, insuccès de la division Payen, dans les combats d’avant-garde livrés au corps d’observation établi à Bapaume, 15e division d’infanterie et détachement mixte von Gröben, le tout aux ordres du lieutenant-général von Kümmer.

 

Mardi 3 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Nord : Bataille de Bapaume.

D’une part le corps allemand d’observation renforcé et comprenant alors : le VIIIe corps, la 3e division de cavalerie et la 3e division mixte de réserve du prince Albrecht (fils), en tout 25 000 hommes aux ordres du lieutenant général von Goeben. D'autre part, les 22e et 23e corps français, 32 000 hommes, aux ordres de Faidherbe. Notre droite, 22e corps, est victorieuse ; notre gauche, 23e corps, ne peut enlever Bapaume. Pendant la nuit, les deux adversaires battent simultanément en retraite, Faidherbe vers le nord, von Goeben vers le sud. Au jour, les reconnaissances de la cavalerie allemande découvrent notre mouvement rétrograde : le corps d'observation revient alors sur ses pas et réoccupe Bapaume, et le corps de siège reprend vigoureusement contre Péronne les opérations qu'il se disposait à abandon.

 

Mercredi 4 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Nord : Combat d’arrière-garde de Sapignies.

Succès de l'arrière-garde de la division du Bessol, commandant Hecquet, avec son 20° bataillon de chasseurs, contre deux escadrons du 8e cuirassiers allemand, qui l'ont voulu charger en terrain accidenté.

France, guerre 1870-1871, Mer : Combat de Robert-le Diable et de Bourtheroulde (au sud de Rouen, rive gauche).

Combat entre les troupes du général Roy et le gros de la 1re division prussienne, général-major von Bergmann. Cette fois, le général Roy est chassé de la boucle Rouen-Elbeuf-la Bouille, d'où il inquiétait jusque-là les Allemands de la rive droite.

 

Jeudi 5 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Paris : bombardement des fronts sud.

Commencement du bombardement des fronts sud de de Paris par la IIIe armée, prince royal de Prusse, sous la direction technique du général-major prince Kraft de Hohenlohe, pour l'artillerie, et du lieutenant-général von Kameke, pour le génie.

France, guerre 1870-1871, Place forte : Reddition de Rocroy.

Après une résistance passive de quelques heures à un bombardement peu efficace, la place se rend à la 28e brigade d'infanterie, général-major Woyna II, qui, se rendant de Mézières à l'armée du Sud, l'a, à tout hasard, bombardée en passant, avec quelques pièces de campagne.

France, guerre 1870-1871, Est : Escarmouches de Vesoul.

Escarmouches de Vesoul, entre les avant-gardes de Cremer et la division badoise.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combats de Villeporcher et Château-Renault (route Tours-Vendôme).

Combats entre la colonne mobile de Curlen et des fractions du Xe corps et de la 1re division de cavalerie. A cette époque, Frédéric-Charles, débarrassé de l'inquiétant voisinage de Bourbaki, revient d'Orléans et reprend l'offensive contre Chanzy, avec 100 000 hommes. Tous ses corps atteignent le Loir : les jours suivants, ils se dirigent concentriquement vers le Mans, en culbutant de proche en proche les colonnes mobiles françaises.

 

Jeudi 5 au vendredi 6 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combats de la Fourche (au nord de Nogent-le-Rotrou).

Combats entre la colonne mobile Rousseau et des fractions des XIIIe corps et 4e division de cavalerie, grand-duc de Mecklembourg. Les Français se replient.

 

Vendredi 6 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combats d’Azay-Mazangré (à l'ouest de Vendôme).

Engagés entre la colonne mobile de Jouffroy et le gros du IIIe corps allemand, lieutenant-général von Alvensleben II. Le général de Jouffroy se replie derrière la Bray.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Saint-Amand (au sud de Vendôme, route de Tours).

Succès remporté par la colonne mobile de Curten sur le prince Guillaume de Mecklembourg, 1re et 6e divisions de cavalerie, 38e brigade d'infanterie. Conséquence : la marche de l'aile gauche allemande, Xe corps, est considérablement retardée ; ce corps arrivera en retard sur le champ de bataille du Mans.

 

Samedi 7 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat d’Epuisay (entre Fréteval et Saint-Calais).

Au cours de la retraite française, entre la colonne de Jouffroy et les avant-gardes des IIIe et IXe corps.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Villechauve (entre Saint-Amand et Château-Renault).

Combats entre la colonne de Curten, qui se replie, et le détachement du général-major Baumgarth, du Xe corps. Chanzy envoie du Mans l'amiral Jauréguiberry prendre la direction supérieure de toutes les colonnes mobiles qui, jusque-là, ont opéré sans concordance entre elles, d'où leurs insuccès. Mais la mesure est tardive.

France, guerre 1870-1871, Nord : le général von Goeben est nommé commandant en chef de la Ire armée allemande.

Le général von Goeben est nommé commandant en chef de la Ire armée, en remplacement de Manteuffel, mis à la tête de l'armée du Sud, formée pour combattre Bourbaki dans la région du Jura (IIe et VIIe corps, auxquels s'ajoutera le corps Werder).

 

Dimanche 8 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Vancé é (entre Saint-Calais et la Chartre sur-Loir).

Combats entre les éclaireurs algériens du général de Jouffroy et le gros de la 6e division de cavalerie, général-major von Schmidt.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Chartre-sur-Loir.

Combats entre des fractions de l'amiral Jauréguiberry (des colonnes Barry, de Curten et de Jouffroy), et les avant-gardes du Xe corps et de la 1re.division de cavalerie.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Bellême (entre Nogent-le-Rotrou et Alençon).

La colonne Rousseau contient la 4e division de cavalerie, appuyée par des fractions du XIIIe corps, grand-duc de Mecklembourg.

France, guerre 1870-1871, Est : Combat de Montbard (sur la Brenne, au nord-ouest de Dijon).

Combats entre la brigade Ricciotli Garibaldi, qui se replie ensuite sur Dijon, et une brigade mixte (supplémentaire) du VIIe corps, colonel von Dannenberg.

 

Dimanche 8 au lundi 9 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combats de Chahaigne-Brives (rive droite du Loir, au nord-ouest de La Chartre).

Combats entre les colonnes mobiles Barry et de Jouffroy, d'une part, et le gros du Xe corps, général von Voigts-Rhetz, d'autre part.

France, guerre 1870-1871, Place forte : Sous Belfort ; surprise de Danjoutin.

A 1 heure du matin, les Allemands surprennent l'importante garnison de ce village, poste avancé de Belfort. La place n'envoyant pas de secours, nous perdons la localité et 800 prisonniers.

 

Lundi 9 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Château-Renault (route Tours-Vendôme).

Combats entre la colonne Curten, qui est battue, et la 1re division de cavalerie, lieutenant général von Hartmann.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat d’Ardenay (route Saint-Calais-le-Mans).

Combats entre la 2e division du 17e corps français, général Paris, qui se fait battre, et le gros du IIIe corps, von Alvensleben II.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combats de Connerre et Thorigné (rive gauche de l'Huisne).

Combats entre la colonne Rousseau et les avant-gardes du XIIIe corps, général-major von Rauch.

France, guerre 1870-1871, Est : Bataille de Villersexel.

Werder, d'abord concentré à Vesoul, se hâte de rétrograder vers Belfort dès qu'il a pu pressentir les projets de Bourbaki. Les deux adversaires se côtoient dans la vallée de l'Ognon, Bourbaki remontant les deux rives, Werder plus au nord, sur la rive droite. Afin de retarder notre marche, Werder jette sur nous, à Villersexel, la 4e division de réserve et la brigade mixte von der Goltz. Le combat dure tout le jour, et en outre, dans le bourg, la plus grande partie de la nuit. De grand matin, les Allemands se dégagent et filent vers Belfort, tandis que l'armée française, dans l'attente d'un retour offensif, s'immobilise sur le champ de bataille. 50 000 Français des 18e et 20e corps contre 25 000 Allemands.

France, guerre 1870-1871, Place : Capitulation de Péronne.

Le commandant supérieur, chef de bataillon du génie Garnier, désespère prématurément d'être secouru par Faidherbe ; garnison : 3 500 hommes. Assaillant : d'abord général-major Schüler von Senden, puis lieutenant général von Barnekow avec la 3e division de réserve et la 16e division d'infanterie.

 

Mardi 10 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de la Chapelle-Saint-Remy.

Combats entre la 2e division du 21e corps, général Collin et la 22e division allemande, général-major von Wittich.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Parigné-l’Evêque (route Tours-le-Mans, par Grand-Lucé).

Combats entre la division Deplanque et autres fractions du 16e corps, amiral Jauréguiberry, d'une part, et la 5e division allemande (du IIIe corps), lieutenant-général von Stülpnagel, d'autre part.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Pont-de-Gesnes (vallée de l’Huisne).

Combats entre la 1re division du 21e corps, général Rousseau, et la 17e division allemande et autres fractions du XIIIe corps, grand-duc de Mecklembourg.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Changé (à l'est et près du Mans).

Combats entre la division de Roquebrune, du 16e corps, et des fractions du IIIe corps allemand, dirigées par le commandant de corps, lieutenant général con Alvensleben II.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Saint-Hubert et Champagné (pied du plateau d’Auvours de l’Huisne).

Combats entre la division Gougeard, rattachée au 21e corps, et la 6e division allemande et autres fractions du IIIe corps, Alvensleben II. A lui seul, le IIIe corps allemand nous fait ce jour-là 5 000 prisonniers. Conséquences de nos combats malheureux des cinq derniers jours : le contact est immédiat sur tout le front ; les corps allemands, encore très espacés entre eux, pointent tous sur le Mans, autour duquel leur marche concentrique nous a resserrés, et ou ils espèrent pouvoir nous envelopper, vers le 12, comme à Sedan.

 

Mercredi 11 janvier 1871

Allemagne, Alsace-Lorraine : réunion des autorités allemandes à Versailles relative au rétablissement des droits publics dans les territoires nouvellement annexés.

Un journal régional a publié l’article suivant : « Alsace-Lorraine. La Nouvelle Gazette de Würzbourg rapporte la communication suivante : « Le président de la chancellerie de l’Union, le ministre d’Etat Delbrück, conféra hier, à son passage de Berlin à Versailles, avec le commissaire civil de l’Alsace, président du gouvernement impérial de Prusse, de Kühlwetter, et le préfet du Bas-rhin, président du gouvernement royal de Bavière, comte de Luxembourg, sur la régularisation des droits publics de la province Alsace-Lorraine. Ces débats, bien entendu, tenus secrets et ne seront rendus publics qu’au moment où la question allemande aura reçu une solution satisfaisante. On dit cependant généralement que la province Alsace-Lorraine formera un Etat immédiat sous l’administration d’un gouverneur impérial en résidence à Strasbourg, réunissant dans sa main tous les droits de la couronne et du ministère, ainsi que de l’autorité civile et militaire. C’est le roi de Prusse qui, en sa qualité d’empereur d’Allemagne, en nommerai le gouverneur. Cet Etat immédiat de l’Empire conserverait d’ailleurs la gestion de ses finances, de son administration et de sa jurisprudence particulière ; au bout de deux ou trois ans il nommera ses députés à la diète allemande ; elle entrera dans l’union douanière et sera régie d’après les lois de la confédération. La province Alsace-Lorraine n’étant pas incorporée à la Prusse, mais devenant un état indépendant de la confédération, il ne peut être question de savoir si telle ou telle portion pourrait être détachée en faveur de la Bavière, du Wurtemberg ou du pays de Bade. L’Etat d’Alsace-Lorraine, devenu partie intégrante de l’Allemagne du Nord et de l’Allemagne du Sud, leur restera assurée par l’exercice en commun de la puissance législative dans cet état par l’Allemagne entière, le Conseil fédéral de la Diète. Il est possible que le sort de la province Alsace-Lorraine soit définitivement fixé, même avant la conclusion de la paix, parce que la situation provisoire tient beaucoup d’intérêts en souffrance, et bien des abus pourront être écartés en réalisant aussitôt que possible l’organisation du nouvel état ». 

« Ce jour même, ainsi que l’annonce ladite feuille, le nouveau tribunal de Strasbourg a été installé ; il comprend provisoirement dans son ressort toute l’Alsace, de même que Metz comprend toute la Lorraine ; cependant plusieurs autres tribunaux doivent être créés prochainement. Jusqu’à nouvel ordre la justice criminelle sera rendue d’après le code pénal. Bientôt d’ailleurs le Code de l’Allemagne du Nord ne tardera pas à être introduit ».

 

Mercredi 11 et jeudi 12 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Bataille du Mans.

D'une part. Chanzy et 90 000 hommes de la 2e armée de la Loire : 16e, 17e et 21e corps, divisions de mobilisés de Bretagne Lalande et Le Bouedec. D'autre part, Frédéric-Charles et 75 000 Allemands : XIIIe corps, IIIe et Xe, 18e division ; cavalerie des 4e, 5e et 6° divisions. L'aile gauche sur l'Huisne, et le centre au plateau d'Auvours (général Gougeard) tiennent bon. Dans la soirée, la droite, mobilisés de Bretagne, est attaquée dans l'obscurité par le Xe corps, qui arrive seulement. Elle lâche pied, la panique gagne de proche en proche, les 16 et 17e corps s'enfuient vers le Mans, malgré les efforts désespérés de l'amiral Jauréguiberry. Avant le jour, 12 janvier 1871, Chanzy se résigne à ordonner la retraite, laquelle est préparée et entamée sans que Frédéric-Charles s'en aperçoive. Les 16° et 17ecorps traversent le Mans ; le 21e se dispose à franchir la rivière plus en amont, vers Beaumont.

 

Jeudi 12 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combats d’arrière-gardes de Saint-Corneille et Courceboeuf (au nord-est du Mans).

Combats entre la 2e division du 21e corps, général Collin, d'une part, et la 22e division allemande, renforcée par la 4e division de cavalerie, général-major von Wittich, d'autre part.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combats d’arrière-gardes de la Croix et Chanteloux (au nord du Mans).

Combats entre la 3e division du 21e corps, général Villeneuve, et la 17e allemande et autres fractions du XIIIe corps, grand-duc de Mecklembourg.

Allemagne, Strasbourg ville : Enquête sur la suppression du canal du Rhin.

La mairie de Strasbourg lance une enquête publique concernant la suppression du petit canal du Rhin « Rheincanal » entre le pont de l’Hôpital militaire “Militärspitalbrücke” et sa jonction avec l’Ill, a été ouvert. La liaison avec l’Ill au profit de la navigation fluviale, serait rétablie désormais par un canal, qui longerait la courtine (mur intermédiaire) “Zwischenwall” 18 – 22 de la Citadelle, et en amont de la lunette des fronts 17 – 16 du Fort Mutin. Ce communiqué signé par le Maire Küß a été publié le 12 et 13 janvier 1871 par la presse locale.

 

Jeudi 12 et vendredi 13 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combats d’arrière-gardes du Tertre, des Epinettes, de Pontlieue et dans les rues du Mans.

Combats entre les 16e et 17e corps français mélangés, amiral Jauréguiberry d'une part, et le gros des IIIe et Xe corps, dirigés par le général von Voigts-Rhetz, d'autre part. Le combat autour des ponts de l'Huisne et de la Sarthe, puis dans les rues du Mans, est soutenu surtout par la division de Roquebrune et par la brigade de gendarmes Bourdillon, spécialement chargées de couvrir la retraite. Le lendemain 13, l'armée de Chanzy, qui marchait d'abord vers Alençon, se dirige droit à l'ouest, vers la Mayenne et Laval. Dans cette direction, l'ennemi ne poursuit qu'au moyen de détachements mixtes, qu'il organise en conséquence ; les principaux de ces détachements sont ceux du général-major von Schmidt, sur la route de Laval à l'ouest, du colonel von Lehmann sur la route de Mayenne au nord-ouest.

 

Vendredi 13 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Chauffour (ouest du Mans, route de Laval).

Combats au cours de la retraite, entre le 16e corps et le détachement mixte, 6e division de cavalerie et fractions d'infanterie du IIIe corps, aux ordres du général major von Schmidt.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Ballon (au nord du Mans, route de Mamers).

Combats entre le 21e corps, général Jaurès, et les têtes de colonne du XIIIe corps, en marche sur Alençon.

France, guerre 1870-1871, Est : Combat d'Arcey - Sainte-Marie - Bart (à l'ouest et près de Montbéliard).

Combats entre les têtes de colonne des 15e et 24e corps français, et les arrière-gardes de la 4e division de réserve, colonel von Loos.

 

Samedi 14 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Combat de Montbéliard.

Combats entre les têtes de colonne du 15e corps, général Martineau, et le détachement mixte du général-major Debschitz, du corps de siège de Belfort.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Chassillé (sur la Vègre), route du Mans-Laval).

Combats entre les divisions Barryet et Le Bouedec, du 16e corps, d'une part, et le détachement de poursuite von Schmidt, d’autre part. Nous continuons la retraite.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat d’arrière garde de Beaumont-sur-Sarthe (au nord du Mans, route d'Alençon).

Combats entre le 21e corps, général Jaurès, et la 22e division, von Wittich.

 

Dimanche 15 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Saint-Jean-sur-Erve (ouest du Mans, route de Laval).

Combats entre le 16e corps, Jauréguiberry, et le détachement poursuivant von Schmidt. La retraite prématurée et mal justifiée du 17e corps, de Colomb, à notre gauche, oblige l'amiral à céder le terrain.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat de Sillé-le-Guillaume (au nord-ouest du Mans, route de Laval par le camp de Confie).

Combats entre le 21e corps, général Jaurès, et le détachement poursuivant fractions du Xe corps. La retraite du 17e corps, à notre droite, oblige le général Jaurès à reculer.

France, guerre 1870-1871, 2e Armée, Loire : Combat d’Alençon.

Combats entre la colonne du général Lipowski, francs-tireurs et fractions du 19e corps, d'une part, et la 22e division d'infanterie, 4e et 5e divisions de cavalerie, sous la direction du grand-duc de Mecklembourg, d'autre part. Le grand-duc occupe Alençon.

 

Dimanche 15 au lundi 16 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Bataille d'Héricourt (la Lisaine).

D'une part, janvier 100 000 Français de l'armée de l'Est, Bourbaki : 15e, 20e, 24e, 18e corps, divisions Cremer et Pallu de la Barrière. D'autre part, 45 000 Allemands sous Werder : division badoise, division de réserve Schmeling, brigade mixte de Goltz, détachement mixte Debsehitz. La lenteur de notre marche après Villersexel a donné à Werder le temps de se retrancher fortement sur les escarpements de la rive gauche de la Lisaine. La gauche française, division Cremer et 18e corps, chargée de tourner la droite allemande au nord, ne remplit pas sa mission. L'attaque de front ne réussit pas mieux. Après trois jours de combats pour nous infructueux, les troupes étant extraordinairement délabrées, Bourbaki ordonne la retraite vers Besançon, par les deux rives du Doubs.

 

Lundi 16 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Nord : Combat de Saint-Quentin.

La brigade du colonel Isnard, venant du Cateau, chasse de Saint-Quentin les troupes saxonnes (fractions d'infanterie et de cavalerie du XIIe corps), du lieutenant général comte zur Lippe. Pendant ce temps, notre armée du Nord, qui a repris l'offensive, fait une démonstration vers Amiens, puis elle essaye de revenir à marches forcées d'Albert sur Saint-Quentin. Très bien renseigné par sa cavalerie, von Goeben ne se laisse pas tromper : il nous suit aussitôt vers l'est et remonte les deux rives de la Somme, en ralliant chemin faisant toutes ses troupes disponibles ; il demande en outre que la IVe armée, sous Paris, lui envoie des renforts.

 

Lundi 16 au mercredi 18 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Combats devant Langres.

Combats entre des sorties de la garnison et les flanc-gardes du VIIe corps, aile gauche de Manteuffel, en marche sur Vesoul. Résultats insignifiants. La garnison, général Meyère, ne soupçonne pas la gravité de la situation, et n'agit pas comme elle le pourrait.

 

Lundi 16 au vendredi 20 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Traversée du plateau de Langres par Manteuffel.

Traversée du plateau par Manteuffel, avec les IIe et VIIe corps prussiens, qui marchent en toute hâte au secours de Werder. Manteuffel, commandant en chef de l'armée du Sud (IIe VIIe et XIVe corps), remonte les vallées de l'Aube et de la Seine, et traverse les montagnes en se glissant entre Langres et Dijon, qu'il masque par des flanc-gardes, et qui le laissent passer sans l'inquiéter sérieusement. Le 20 janvier 1871, ses deux corps sont sur la Saône, face à l'est. De là, Manteuffel apprenant notre insuccès d'Héricourt, va faire à-droite et marcher face au sud, afin de couper à Bourbaki la retraite à l'ouest et au sud de Besançon (routes de Dijon et celles de Lyon).

 

Mercredi 18 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Combats d'avant-postes aux abords de Laval.

Combats entre des fractions des 16e et 21e français, établis sur la Mayenne, et une forte reconnaissance exécutée par la 14e brigade de cavalerie, colonel von Alvensleben, du détachement de poursuite du général-major von Schmidt. Les Allemands rétrogradent sur l’Erve : ils semblent vouloir s’arrêter là.

France, guerre 1870-1871, Est : Combats de Clairegoutte-Montbéliard.

Combats entre les arrière-gardes de l'armée de l'Est et les reconnaissances très prudentes lancées par Werder.

France, guerre 1870-1871, Nord : Combats de Beauvois - Vermand (Tertry-Poeuilly).

Combats entre Saint-Quentin et Péronne), soutenus, au cours de la marche vers Saint-Quentin, par les arrière-gardes des 22e et 23e corps, Faidherbe, contre les têtes de colonnes très pressantes de l'armée de von Goeben (gros du VIIIe corps, division mixte von der Gröben, fractions du Ier corps). L'armée française se dégage péniblement et vient prendre position autour de Saint-Quentin, au sud et à l'ouest, sur les deux rives de la Somme et du canal.

Versailles : proclamation de l’Empire allemand.

Le roi Guillaume de Prusse est reconnu Empereur allemand par les princes et Etats des deux Confédérations du Nord et du Sud. Celles-ci cessent donc d'exister.

Ventes par le service des subsistances militaires.

Le service des subsistances de l'armée allemande « Preußisches Proviant-Amt » vend d'importantes quantités de farine à Strasbourg au magasin des Ponts-Couverts.

 

Mercredi 18 au mardi 24 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Expédition du pont de Fontenoy-sur-Moselle (entre Toul et Frouard).

Le corps franc « Chasseurs des Vosges, avant-garde de la Délivrance », commandant Bernard, environ 300 hommes, quitte son camp de Boene, ou de la Vacheresse, en forêt inaccessible, entre Lamarche et Neufchâteau; il se glisse de bois en bois dans la région entre Madon et Meuse infestée d'Allemands, franchit de nuit la Moselle à Pierre-la-Treiche, en amont de Toul, se jette dans la forêt de Haye, et le 22, au petit jour, fait sauter le pont de Fontenoy, passage de la grande voie ferrée Paris-Strasbourg, principale ligne de ravitaillement des grandes armées allemandes sous Paris. Le corps franc échappé aux Allemands des garnisons de la région, et rentre le 24 dans la forêt de Boene.

 

Jeudi 19 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Nord : Bataille de Saint-Quentin.

D'une part, 40 000 Français de l'armée du Nord, général Faidherbe. 35 000 Allemands, commandés par von Goeben : gros des Ier et VIIIe corps, 3e division mixte de réserve du prince Albrecht (fils), division von der Gröben, détachements de la garde et du corps saxon expédiés de Paris, en chemin de fer, par la IVe armée. Les deux partis sont à cheval sur la Somme : les Français face au sud et à l'ouest, étant adossés à la ville. Von Goeben veut envelopper les Français et répéter Sedan ; notre aile gauche, 22e corps, fléchit la première et se jette dans la ville ; l'aile droite, 23e corps et brigades Isnard et Pauly, lient plus longtemps et donne aux autres troupes le temps d'évacuer Saint-Quentin avant que l'aile mouvement enveloppant projeté. Faidherbe dégage tardivement, mais assez rapidement, ses troupes battues ; par une marche forcée durant la nuit et le jour suivant, il atteint les places de l'Escaut avant que von Goeben ait pu entamer sérieusement la poursuite.

France, guerre 1870-1871, Paris : Bataillé de Buzenval (Montretout-Mont-Valérien).

Dernière affaire engagée sous Paris afin de donner satisfaction à la population qui réclame une « sortie torrentielle ». D'une part, 90 000 Français, dont 42 000 gardes nationaux parisiens, commandés par Trochu en personne, et répartis entre les trois grosses colonnes Ducrot, Bellemarre et Vinoy. D'autre part, 25 000 Allemands engagés, prince royal de Prusse : Ve corps, division de landwehr de la garde, fractions des IIe bavarois et IVe corps prussien. Nos trois colonnes n'attaquent pas simultanément : celle de gauche, Vinoy, remporte au début quelques succès à Montretout ; les deux autres échouent dans les parcs de Buzenval et de la Malmaison. Notre artillerie n'ayant pu suivre dans les terres détrempées, nous nous brisons contre les positions retranchées de la ligne de résistance allemande. Les gardes nationaux lâchent pied de toutes parts. Le général Trochu ordonne la retraite ; celle-ci s'effectue durant la nuit dans le plus grand désordre. Heureusement les Allemands ne poursuivent pas.

France, guerre 1870-1871, Est : Combat d'Athesans (au nord-est de Villersexel).

Combats entre les arrière-gardes des généraux Cremer et Billot, gauche française, et la brigade de cavalerie badoise du colonel von Willisen.

France, guerre 1870-1871, Est : Combat de Sainte-Marie (à l'ouest et près de Montbéliard).

Combats entre les arrière-gardes des 24e et 15e corps et des fractions de la 4e division de réserve, général-major von Schmeling.

 

Vendredi 20 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Combats de Villers-la-Ville- Petit-Magny Marat-Esprels (autour de Villersexel).

Combats entre les arrière-gardes de l'aile gauche française (Cremer et Billot) et des fractions du XIVe corps dirigées par le général-major von Schmeling. Le corps Werder a repris le contact immédiat avec les arrière-gardes de Bourbaki.

 

Samedi 21 janvier 1871

Adjudication pour la livraison de vivres.

Adjudication de la livraison de vivres au profit de l'Hôpital militaire de la garnison « Militärhospital » : il s'agit d'une grande quantité de flocons d'avoines, semoule de blé, de raisins fins, de la farine de blé, de pruneaux, du café, du beurre, des œufs, des pâtes, du sucre et du sel.

 

endredi 20 au samedi 21 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Place : Sous Belfort : combat de Pérouse.

Nuit du 20-21 janvier 1871. Répétition contre ce village de l'opération du 8-9 janvier 1871 contre Danjoutin : succès analogue pour les Allemands.

 

Samedi 21 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Combat de Vrécourt (entre Neufchâteau et Lamarche).

Diversion exécutée, pendant l'expédition de Fontenoy-sur-Moselle, par les troupes laissées au camp de Boene (un bataillon de mobiles du Gard et un peloton de cavaliers volontaires), contre la garnison allemande sortie de Neufchâteau, lieutenant-colonel von Dobschütz. Nous nous replions dans la forêt, sans être poursuivis, après avoir perdu une centaine de tués, blessés ou prisonniers. Dobschütz rentre à Neufchâteau sans pousser plus loin la reconnaissance qu'il projetait vers Langres.

France, guerre 1870-1871, Paris : bombardement.

Commencement du bombardement de Saint-Denis, et des fronts nord de Paris par la IVe armée allemande, prince royal de Saxe.

 

Samedi 21 au dimanche 22 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Combats de Talant - Fontaine – Messigny - Pouilly (autour de Dijon).

Combats livrés par les troupes de Garibaldi (armée des Vosges) 40 000 hommes, postés à Dijon avec mission de garder la ligne d'opérations de Bourbaki, contre la brigade mixte du général-major von Kettler, chargée par Manteuffel d'observer Garibaldi et de le tromper en se multipliant. Kettler subit de grosses pertes, mais il atteint son but : Garibaldi ne bouge pas de Dijon. Tué : le général Bossak-Hauké (Polonais). Le 23, à Pouilly, la brigade Ricciotti Garibaldi s'empare d'un drapeau du 61e prussien.

 

Dimanche 22 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Destruction du pont de Fontenoy-sur-Moselle.

Destruction du pont de Fontenoy-sur-Moselle par le corps de partisans du commandant Bernard, parti du camp de Boene le 18 (voir à cette date).

France, guerre 1870-1871, Paris : émeute et nouvelles nominations.

Nouvelle émeute dans Paris, conséquence et de la défaite de Buzenval et de la perspective d'une capitulation. Suppression du titre et des fonctions de gouverneur de Paris. Trochu reste le chef du gouvernement, mais le général Vinoy est nommé commandant en chef de toutes les forces militaires.

 

Dimanche 22 et lundi 23 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : L'armée de l'Est atteint Besançon.

L'armée de l'Est atteint Besançon ; elle s'arrête autour de la ville, à cheval sur le Doubs, pendant que Manteuffel en prépare l'enveloppement.

 

Lundi 23 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Combat de Quingey (au sud de Besançon).

Affaire d'avant-garde entre des fractions du 15e corps, Martineau, et la 13e division allemande, lieutenant-général von Bothmer. Nous allons être en contact constant avec l'armée de Manteuffel.

France, guerre 1870-1871, Est : Combat de Vesoul.

Combats entre des détachements de corps, francs et de mobiles de Langres, et la brigade de cavalerie badoise, colonel von Willisen. Nous rétrogradons.

France, guerre 1870-1871, Est : Escarmouches de Montbozon (entre Beaume-les-Dames et Vesoul). Affaires d'arrière-gardes entre les attardés du 18e corps et les têtes de colonne du XIVe corps allemand.

France, guerre 1870-1871, Est : Combat de Beaume-les-Dames.

Combats entre les arrière-gardes du 15e corps et la brigade mixte von der Goltz.

 

Mardi 24 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Affaire de Dôle.

Combats entre les têtes de colonne du IIe corps arrivant sur le Doubs, général-major von Koblinski, et un millier de mobiles venus de Langres et commandés par le colonel Bombonnel : les Allemands s'emparent de Dôle et d'un riche convoi administratif de 230 wagons chargés qui était destiné à l’armée de Bourbaki.

 

Mardi 24 et mercredi 25 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Escarmouches de Mouchard – Salins - Arbois (entre Besançon et Lons-le-Saunier).

Combats entre le 15e corps français et la 3e division allemande, général-major von Hartmann.

France, guerre 1870-1871, Est : Affaires de Blâmont - Clerval (massif du Lomont).

Combats entre les troupes débandées du 24e corps, général Bressolles, et le détachement du général-major von Debschitz.

 

Mercredi 25 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Loire : Surprises de la Roche-sur-Yonne et Brienon (voie ferrée de Dijon à Sens).

Enlèvement des postes des deux gares (deux compagnies des troupes d'étapes allemandes, de la IIe armée), et destruction des ponts par un détachement du général de Pointe de Gévigny, qui à ce moment organise le 26e corps, entre l’Yonne et la Loire, à Nevers et Auxerre.

France, guerre 1870-1871, Est : Combat de Vorges et Busy (route de Quingey à Besançon).

Combats entre des fractions du 15e corps français et la brigade du général-major von Ostensacken, du VIIe corps.

France, guerre 1870-1871, Est : Combats au sud de Baume-les-Dames.

Combats entre les troupes débandées du 24e corps français et la 4e division de réserve von Schmeling ; celle-ci passe sur la rive gauche du Doubs. Le corps Bressolles, 24e, abandonne définitivement les positions du Lomont, qu'il était chargé de garder, et se jette en désordre vers Pontarlier.

France, guerre 1870-1871, Place : Capitulation de Longwy.

Défenseur : lieutenant-colonel Massaroli, 4 000 hommes. Assaillant : détachement mixte formé de troupes de landwehr et d'étapes, 10 bataillons, 2 escadrons et 90 pièces, aux ordres du colonel von Krenmsky.

Allemagne, Strasbourg garnison: passage du Roi du Wurtemberg.

La presse locale nous informe : « Strasbourg, le 25 février 1874. Hier après-midi à 16 heures, passait le roi de Wurtemberg qui venait de Versailles. Pour son accueil, un bataillon des soldats wurtembergeois stationné ici, à la tête duquel on trouvait un corps de musique bavarois, s’était rendu à la gare ». 

 

Jeudi 26 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Paris : suspension d’armes.

Suspension d'armes applicable à Paris seule et nient, en attendant le résultat des négociations engagées Politique à Versailles, entre Bismarck et Jules Favre, en vue de la conclusion d'un armistice général.

France, guerre 1870-1871, Est : L'armée de l'Est quitte Besançon.

L’armée de l’Est quitte Besançon, où elle est restée immobilisée depuis trois jours, et marche vers Pontarlier. Il est trop tard : Manteuffel, arrivé sur la rive gauche du Doubs, a exécuté un nouveau changement de direction, cette fois à gauche ; il fait maintenant face à l'est, tout en nous débordant au sud, tandis que Werder nous talonne au nord. Bourbaki désespéré tente de se suicider ; à ce moment même, la Délégation de Bordeaux le remplaçait par l'un de ses commandants de corps. Le général Clinchant prend le commandement en chef de l'armée de l'Est. Il tente d'accélérer le mouvement de retraite vers Pontarlier, dans l'espoir que nos colonnes pourront encore se glisser entre la frontière suisse et Manteuffel, pour atteindre la haute vallée du Rhône.

 

Jeudi 26 et vendredi 27 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Affaires de Salins.

Engagements entre les arrière-gardes du 15e corps français et la 3e division allemande, von Hartmann ; canonnade entre les forts Saint-André et Belin et l'artillerie du IIe corps, von Fransecky.

France, guerre 1870-1871, Place : Belfort combat des Hautes et Basses Perches.

Nuit du 26 au 27 janvier 1871, sous Belfort : combat des Hautes et des du Basses-Perches. Tresckow tente un assaut prématuré 26 au 27 contre les deux redoutes des Hautes et Basses-Perches. Ses troupes sont repoussées avec perte de 500 tués, blessés ou prisonniers.

 

Samedi 28 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Surprise de Prauthoy (au sud de Langres).

Un détachement d’un bataillon et d’un escadron (de la brigade mixte von Kettler), aux ordres du capitaine von Kriess, est surpris par une sortie de Langres : il perd une centaine de tués ou blessés, et son convoi.

France, guerre 1870-1871, Paris : Signature d'un armistice général de vingt et un jours, et capitulation de Paris.

Paris. Conditions : Reddition de la capitale, de ses forts et du matériel de guerre ; l'armée de Paris prisonnière de guerre, moins la garde nationale et une division de l'armée active ; payement d'une contribution municipale de 200 millions. Restrictions : l'armistice n'est valable pour les départements qu'à dater du 31 janvier 1871 ; il n'est pas applicable à la région de l'Est. Jules Favre omet de mentionner ces deux restrictions dans la communication télégraphique qu'il fait à la Délégation de Bordeaux, sous le contreseing de Bismarck.

France, guerre 1870-1871, Loire : Combat de Châtillon-sur-Loing.

Reconnaissance de la brigade de cavalerie hessoise, général-major von Rantzau, et rencontre avec des détachements du général de Pointe de Gévigny, lesquels se retirent après un engagement sans grande importance.

 

Dimanche 29 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Loire : Combat de Vienne (faubourg de Blois, rive gauche).

Combats entre une division du 25e corps (en formation à Vierzon), conduite par le Commandant de corps, général Pourcet, et des fractions mélangées du Xe corps, de la division hessoise (IXe corps) et de la 1re division de cavalerie. Les Allemands sont battus : ils repassent sur la rive droite et font sauter les ponts de Blois, afin d'arrêter les entreprises gênantes des pointes françaises.

France, guerre 1870-1871, Est : Combats de Nozeroy-les-Planches (hautes vallées de l'Ain).

Combats entre les troupes du général Cremer et des fractions du 24e corps, d'une part ; les avant-gardes du IIe corps prussien, von Fransecky, d'autre part.

France, guerre 1870-1871, Paris : les Allemands prennent possession des forts et du matériel.

Les Allemands prennent possession des forts et du matériel de guerre. L'armée prisonnière reste consignée dans Paris, où il est convenu que les Allemands n'entreront pas pendant la durée de l'armistice.

France, guerre 1870-1871, Est : Affaire de Chaffois (à l'ouest de Pontarlier).

Combats entre la division Thornton (du 20e corps), qui se débande et se laisse capturer 1 500 prisonniers, et la 13e division (VIIe corps), lieutenant général von Bothmer.

France, guerre 1870-1871, Est : Affaire de Sombacourt (au nord-ouest de Pontarlier).

Un bataillon et un peloton hanovriens de la 14e division (VIIe corps) surprennent le cantonnement de Sombacourt à la tombée de la nuit et y capturent 3 000 hommes avec les généraux Dastugue et Minot, lre division du 15e corps, l'artillerie et le convoi de cette division.

France, Paris : convocation des électeurs.

Décret du gouvernement (de Paris) qui convoque les électeurs pour le 8 février 1871, à l'effet d'élire, au scrutin de liste par département, les 753 députés appelés à former une Assemblée nationale.

 

Lundi 30 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Affaires de Frasnes (au sud-ouest de Pontarlier).

Combats entre des fractions débandées du 24e corps, qui se laissent enlever sans combat 1 200 prisonniers, et la 4e division d'infanterie (IIe corps), général-major von Trossel.

 

Mardi 31 janvier 1871

France, guerre 1870-1871, Est : Affaire de Vaux (au sud-ouest de Pontarlier).

Combats entre les débandés du 24e corps et la 3e division allemande, général-major von Hartmann. Les Allemands n'ont plus guère qu'à ramasser des prisonniers.

 

Mercredi 1er février 1871

France, guerre 1870-1871, Est : l’Armée de l’Est est autorisée à entre en Suisse.

Conclusion de la Convention de Verrier entre le général Clinchant et le général suisse Hans Herzog, à l'effet d'autoriser l'armée de l'Est, acculée à la frontière, à passer immédiatement avec armes et bagages sur le territoire helvétique.

France, guerre 1870-1871, Est : Combats de Pontarlier, de la Cluse, de Joux.

Combats d’une part, des fractions du 18e corps, puis la réserve Pallu de la Barrière, qui couvrent le défilé de l'armée vers la Suisse ; d'autre part, le IIe corps, général von Fransecky. 90 000 Français  entrent en Suisse. Environ 15 000hommes s'échappent au sud par les montagnes ; ils sont ralliés à Gex par Cremer, qui en forme le noyau du nouveau 24° corps.

 

Lundi 6 février 1871

France, politique : dissolution de la Délégation de Bordeaux et départ de Gambetta.

Démission de Gambetta. Le gouvernement de Paris, qui ne voyait que la capitale et voulait la paix, était en désaccord aigu avec la Délégation de Bordeaux, qui voulait la guerre à outrance, d'accord en cela avec les généraux les mieux placés pour juger. La Délégation est dissoute. Gambetta, quoique ministre de l'intérieur du gouvernement du 4 septembre 1870, résigne toutes ses fonctions et se retire en Espagne.

France, guerre 1870-1871, Place : Sous Belfort.

Le colonel Denfert abandonne volontairement les deux redoutes des Perches, qu'il juge ne plus pouvoir défendre.

 

Mercredi 8 février 1871

France, politique : Elections générales dans toute la France.

Thiers est élu dans 29 départements, Gambetta dans 9, Garibaldi dans 4, etc. Sont également élus deux des fils du roi Louis-Philippe : le prince de Joinville et le duc d'Aumale.

 

Dimanche 12 février 1871

France, Bordeaux, politique : Réunion de l’Assemblée Nationale.

Réunion de l'Assemblée nationale à Bordeaux.

 

Mercredi 15 février 1871

France, Bordeaux, politique : prorogation de l’armistice.

Prorogation de l'armistice jusqu'au 26 février 1871.

 

Jeudi 16 février 1871

France, guerre 1870-1871, Place : Convention portant reddition de Belfort.

Les troupes du colonel Denfert évacuent la place les 17 et 18 février 1871, en emmenant leur outillage de campagne.

 

Vendredi 17 février 1871

France, Bordeaux, politique : Thiers chef du pouvoir exécutif.

L'Assemblée nationale, présidée par Jules Grévy, confie à Thiers le titre et les fonctions de chef du Pouvoir exécutif, et le charge d'entamer et de poursuivre des négociations avec l'Allemagne, en vue du rétablissement de la paix.

 

Samedi 18 février 1871

France, guerre 1870-1871, Place : les Allemands entre dans Belfort.

Entrée des Allemands du corps de siège, lieutenant général von Tresckow II, le 18 février 1871.

 

Lundi 20 février 1871

Allemagne, Strasbourg garnison : Adjudication pour la livraison de matelas.

Adjudication de la livraison d’un nombre important de matelas au profit de l’Hôpital militaire de la garnison « Garnisons-Lazareth ».

 

Samedi 25 février 1871

Allemagne, Strasbourg garnison: passage du Roi du Wurtemberg.

La presse locale nous informe : « Strasbourg, le 25 février 1871. Hier après-midi à 16 heures, passait le roi de Wurtemberg qui venait de Versailles. Pour son accueil, un bataillon des soldats wurtembergeois stationné ici, à la tête duquel on trouvait un corps de musique bavarois, s’était rendu à la gare ». 

 

Dimanche 26 février 1871

France, Versailles : conclusion des préliminaires de la paix et seconde prorogation de l’armistice.

Conclusion des préliminaires de la paix, à Versailles, entre Thiers, assisté de Jules Favre, et le chancelier allemand von Bismarck. Clauses essentielles : cession de l'Alsace-Lorraine, payement d'une indemnité de 5 milliards, occupation du territoire comme garantie de ce payement, qui devra être complètement effectué en 1875, etc. Seconde prorogation de l'armistice, jusqu'au 12 mars 1871, avec cette clause spéciale que 30 000 Allemands entreront à Paris le 1er mars 1871 et y séjourneront jusqu'à l'échange des ratifications du traité préliminaire.

 

Mercredi 1er mars 1871

France, Bordeaux, politique : L'Assemblée nationale ratifie le traité préliminaire.

L'Assemblée nationale ratifie le traité préliminaire, malgré les protestations des députés alsaciens-lorrains, par 546 voix contre 107. Elle proclame solennellement la déchéance de Napoléon III et de sa dynastie, qu'elle déclare responsables du démembrement de la France. Les députés alsaciens-lorrains et quelques autres démissionnent.

 

Mercredi 1er au vendredi 3 mars 1871

France, guerre 1870-1871, Place : occupation partielle de Paris.

Occupation partielle de Paris par 30 000 Allemands qui ont été passés en revue le matin, même par l'empereur Guillaume, à Longchamps. « L'entrée dans la capitale de l'ennemi s'effectua drapeaux déployés, au bruit des musiques militaires jouant la marche déjà exécutée en semblable occasion en 1814 ».  

 

Lundi 6 mars 1871

Allemagne, Strasbourg garnison : prise d’arme pour le roi de Wurtemberg.

La presse locale a publié cet article : « Strasbourg, le 6 mars 1871. A l’occasion de l’avant fête de sa majesté le roi de Wurtemberg, une grande prise d’arme s’est déroulée hier. Le défilé se déplaçait sous la pression d’une foule nombreuse à travers les principales rues de la ville, et s’arrêtait devant les logements du gouverneur général, du gouverneur de la place forte et du colonel wurtembergeois von Hügel, pour jouer l’hymne national. Deux jeunes gens, qui essayèrent de pousser des cris de démonstration, ont été rapidement réduit au silence par les Allemands qui étaient à proximité. Aujourd’hui, à l’occasion de cette fête, une grande parade s’est déroulée sur la place Kléber, à laquelle participait également le gouverneur général « Generalgouverneur ». Son altesse royale le grand-duc « Grossherzog » von Mecklenburg-Schwerin und Oldenburg et le duc von Meiningen ainsi que le Landgraf von Hessen sont passés dans notre ville alors qu’ils étaient sur le chemin du retour en provenance des champs de bataille ».

 

Mardi 7 mars 1871

Allemagne, Strasbourg garnison: vente aux enchères de chevaux.

La presse locale a publié ce commmuniqué : « Mardi le 7 mars 1871, à 9 heures, doivent être vendus aux enchères dans la cour de la caserne Saint-Nicolas « Nicolai-Kaserne », 24 chevaux devenus inaptes au service. Strasbourg, le 26 février 1871. Le commandement du dépôt hippique pour le gouvernement général d’Alsace « Commando des Pferde-Depot für das General-Gouvernement im Elsaß ». Signé Schuman ».

Allemagne, Alsace-Lorraine : attribution de décorations allemandes.

La presse locale nous informe que l’empereur d’Allemagne a attribuées des décorations à de hautes autorités de la région : ainsi la croix de fer « Eiserne Kreuz » a été attribuée à son excellence le gouverneur général d’Alsace, Graf Bismarck-Bohlen, à plusieurs officiers de l’état-major général, ainsi qu’au commissaire civil « Civilcommissär », Monsieur von Kühlwetter, et aux préfets de Haute-Alsace, de Basse-Alsace et de la Lorraine allemande « Deutch-Lothringen ».

 

Mercredi 8 mars 1871

Allemagne, Strasbourg : obsèques de l’ancien maire de Strasbourg.

L’enterrement de l’ancien maire de Strasbourg, M. Kuss, s’est déroulé à Strasbourg le mercredi 8 mars 1871 à 14 heures.

 

Samedi 18 mars 1871

France, Paris & politique : Commune de Paris, le gouvernement quitte Paris pour Versailles.

Proclamation de la Commune à Paris. Le et gouvernement quitte la capitale et va s'établir à Versailles, où l'Assemblée, se trouvant mal placée à Bordeaux et ne voulant pas rentrer à Paris, doit venir s'installer le surlendemain.

 

Lundi 20 mars 1871

France, politique : l’Assemblée nationale s’installe à Versailles.

L’Assemblée nationale s’installe à Versailles.

Allemagne : Création du 15e corps d’armée allemand.

Ordonnance impériale « A.K.O. » relative à la création du 15e corps d’armée allemand « XV. Armee-Korps », stationné en Alsace-Lorraine. Les unités de ce nouveau corps d’armée allemand sont transférées au fur et à mesure dans les garnisons d’Alsace-Lorraine annexée. Le siège de l’état-major général appelé « General-Commando » est installé à Strasbourg, au 11 rue Brûlée. Le général von Fransecky, nommé le même jour en tant que commandant le 15e corps d’armée, est directement sous les ordres de l’Empereur d’Allemagne. Il résidait avec son cabinet militaire au numéro 13 de la rue Brûlé « Brandgasse 13 », l’actuel Palais du gouverneur. C’était un des personnages clef de la terre d’Empire « Reichsland » Alsace-Lorraine. Il commande non seulement les troupes mais également toute la zone de responsabilité de ce corps d’armée qui couvrait initialement une grande partie du territoire annexé de l’Alsace-Lorraine. Le corps d’armée lui-même, devient petit à petit le plus puissant corps d’armée allemande jusqu’à la création du 16e corps d’armée à Metz. Compte tenu de la proximité de la frontière française, les unités d’infanterie auront en permanence un effectif renforcé proche de l’effectif du temps de guerre. En temps de paix, le général commandant ce corps d’armée était donc un des acteurs incontournables de la place forte de Strasbourg. Il était notamment chargé de la répartition du budget annuel destiné à l’entretien des places fortes situées sur le territoire du corps. Le XVe corps d’armée a été formé initialement à partir de 8 régiments d’infanterie empruntés à différents corps d’armée allemands :

30. Infanterie Division : état-major à Metz.

59. Infanterie Brigade : état-major à Metz, avec :

7. Brandenburgisches Infanterie-Regiment Markgraf Carl Nr. 60, dont le 1er bataillon et le bataillon de Fusiliers sont stationnés à Wissembourg et Lauterbourg (provisoirement), et le 2ème bataillon à Bitche. Ce régiment a été emprunté au 3e corps d'armée.

8. Ostpreußisches Infanterie-Regiment Nr. 45, stationné à Metz, emprunté au 1er corps.

60. Infanterie Brigade : état-major à Metz, avec :

5. Pommersches Infanterie-Regiment Prinz Moritz ion Anhalt-Dessau Nr. 42, stationné à Metz, emprunté au 2e corps.

Braunschweigisches Infanterie-Regiment Nr. 92, stationné à Phalsbourg, emprunté au 10e corps.

Bayerische Infanterie Brigade : état-major à Metz.

4. Bayerisches Infanterie-Regiment König Karl von Wurttemberg à Metz.

8. Bayerisches Infanterie-Regiment Pranckh à Metz.

30. Cavalerie Brigade :

1. Pommersche Ulanen-Regiment Nr. 4 : Thionville.

Ostpreussisches Dragoner-Regiment Nr. 10 : Metz.

5. Bayerisches Chevauléger-Regiment : Stab et 3. Eskadron à Saarguemines ; 2. Eskadron à Saint-Avold.

31. Division : état-major à Strasbourg.

61. Infanterie Brigade : état-major à Strasbourg.

6. Infanterie-Regiment König Wilhelm II von Württemberg Nr. 105, état-major, 1er et 2ème bataillon en garnison à Strasbourg, 3ème bataillon
à Sélestat ; emprunté au 12e corps.

1. Rheinisches Infanterie-Regiment von Lützow Nr. 25 : Stab, 1. Bataillon et Fusilier-Bataillon : Strasbourg ; 2. Bataillon, Haguenau.

62. Infanterie Brigade :

2. Niederschlesisches Infanterie-Regiment König Ludwig III von Bayern Nr. 47 : Stab, 1. et Fusilier-Bataillon, Strasbourg ; 2. Bataillon, Neuf-Brisach, emprunté au 5e corps.

Infanterie-Regiment Großherzog Friedrich von Baden 8. Königlisches württembergisches Infanterie-Regiment Nr. 126 : Strasbourg, emprunté au 14e corps.

31. Cavalerie Brigade : Strasbourg.

3. Schlesisches Dragoner-Regiment Nr.15 : Haguenau.

Schleswig-Holsteinisches Ulanen-Regiment  Nr.15 : Strasbourg.

15. Artillerie Brigade :

Feld-Artillerie-Regiment Nr. 15 : Stab, 1. Fussabteilung, Strasbourg, 2. Fussabteilung, Metz ; Reitendeabteilung, Neuf-Brisach.

Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 15 : Stab, Festungs-Artillerie-Abteilung Nr. 10, Metz, Festungs-Artillerie-Abteilung Nr. 11, Strasbourg ; Festungs-Artillerie-Abteilung Nr. 12 : Metz.

Autres :

Pionier-Bataillon Nr. 15.

Train-Bataillon Nr. 15

La composition de ce corps d'armée change encore à plusieurs reprises jusqu'au début de la 1ère guerre mondiale en août 1914.

Allemagne, Strasbourg garnison : vente aux enchères de matériaux divers du dépôt d’artillerie.

La presse locale a publié ce communiqué : « Lundi 20 mars 1871, à 9 heures, doivent être cédés par voie d’adjudication au dépôt d’artillerie de Strasbourg : environ 16 000 quintaux de fonte provenant de munitions hors d’usage, 4 000 quintaux de fer forgé provenant de vieux cerclages de roues « Radereifen », d’axes « Achsen » et de fers à chevaux « Beschläge », 1 000 quintaux de fer forgé, provenant de fusils brûlés, 37 quintaux de cuivre provenant d’allumeurs brûlées « abgebrannten Zündhütchen », et 276 quintaux de plomb provenant de munitions. Les offres doivent être adressées jusqu’à la date limite au dépôt d’artillerie « Artillerie-Depot ». Les matériaux proposés à la vente peuvent être vu sur place et les conditions particulières peuvent y être consultés. Strasbourg, le 1 mars 1871. Artillerie-Depot ».

 

Dimanche 26 mars 1871

France, guerre 1870-1871, Place : la garnison de Bitche évacue la place.

La garnison française de Bitche, 2 000 hommes, commandant Teyssier, évacue la place, devenue allemande par traite. Celle-ci est remise aux Allemands du corps de blocus, colonel von Kohlermann.

 

Lundi 27 mars 1871

Lettre du général von Fransecky, 1ergénéral commandant le 15e corps d'armée.

Dès sa création, le commandement de ce nouveau corps d'armée a été confié au général von Fransecky. Une lettre qu'il a adressé à son épouse, écrite à Dôle le 27 mars 1871, nous apprend les conditions de sa désignation : « Alors que cela fait longtemps que tu as dû recevoir le télégramme que je t'ai envoyé hier, je t'informe par écrit que hier matin, alors que dans mes dans pensées j'étais partie à Stettin, à imaginer comment nous nous installerions là-bas, j'ai reçu l'ordonnance impériale suivante : Par cet ordre je vous mute de votre poste de général commandant le 2ème corps d'armée vers le poste de général commandant le 15ème corps d'armée nouvellement créé à Strasbourg et je vous exprime en même temps de par cette décision, la preuve de la grande confiance exceptionnelle que je porte en vous par votre vision des choses et votre énergie. Berlin, le 20 mars 1871.  Wilhelm...

Tu peux t'en douter, ce que j'éprouvais en lisant cet ordre. De la joie toutefois face à cette preuve de confiance de mon royal et impérial souverain, mais également la douleur de devoir me séparer de mon corps si vaillant, avec qui, au cours de la guerre qui vient juste de s'achever, j'ai vécu les meilleurs moments auxquels je tiens beaucoup, et finalement, le souci de réussir à la hauteur de la grande confiance que l'on m'accorde. Les conditions dans lesquelles je prends se commandement sont particulièrement difficiles : un nouvel état-major, dans lequel je ne connais personne, de toutes nouvelles troupes dont peu de chef de corps me sont connus, et finalement un pays avec essentiellement des éléments hostiles qu'il faut tout d'abord organiser et dont l'adhésion morale à l'Allemagne doit encore être acquise. Tout cela ne changera rien, je dois et je remplirai ma mission, avec les meilleurs moyens et avec l'adhésion de toutes les forces, et dans ses paroles de volonté et d'ardeur, Dieu me soutiendra -ceci est mon espérance ».

 

Mercredi 5 avril 1871

Nouvelles fortifications de Strasbourg.

La presse locale a publié l'article suivant au sujet du projet de construction des nouvelles fortifications : « Nous apprenons au sujet des nouvelles fortifications de Strasbourg que la ligne de défense s'étendra à une distance de 7 000 pas autour des remparts actuels jusqu'au Rhin et comprendra Kehl, Mittelhausbergen, d'où la ville a été bombardée, deviendra un point principal, et un des plus grand fort y sera établi. Au nord les fortifications s'étendront jusqu'à Hoenheim, au sud jusqu'à Illkirch. Les pièces actuelles n'ayant guère d'effet à une distance de plus de 8 000 pas, mais pouvant être rarement placées plus près qu'à 2 à 3 000 pas des forts, il sera impossible de bombarder Strasbourg. Quelques îles du Rhin seront également fortifiées, de sorte que l'investissement même de cette place de guerre serait très difficile. La ligne avancée se composera d'une vingtaine de forts et d'ouvrages. Ce serait alors au camp retranché, une place de guerre qui ne pourrait être comparée qu'à la place de Metz ».

 

Vendredi 5 mai 1871

Mémoire sur les fortifications de Strasbourg et de Neuf-Brisach.

Le Feldmarechal von Moltke, chef de l'état-major général de l'empire d'Allemagne, rédige un mémoire concernant les fortifications de Strasbourg et Neuf-Brisach. Avec ce mémoire on aurait pu croire que la place de Neuf-Brisach est aussi importante que Strasbourg, mais ce ne sera pas le cas. Dans ce mémoire Moltke opte à nouveau pour l'abandon de toutes les places fortes non indispensables pour transférer le maximum de forces à l'armée de campagne. Il souligne aussi, que d'après les enseignements tirés du dernier conflit, il est impératif de protéger les voies ferrées indispensables au ravitaillement de l'armée, par des places fortes, ce qui ne signifie pas qu'il faille construire des forts d'arrêts mais qu'il faut faire passer les lignes de chemin de fer par les grandes places fortes installées le long des cours d'eau, des places qu'il faudra agrandir en les dotant de forts détachés.

 

Mercredi 10 mai 1871

France-Allemagne : Traité de Frankfort.

Conclusion du traité de paix définitif à Francfort-sur-le-Main, sur les bases consenties dans le traité préliminaire. L’Alsace (hormis Belfort), une partie de la Lorraine et deux cantons Vosgiens sont annexés à l’Empire allemand et la France doit verser 5,316 milliards de franc-or au titre des indemnités de guerre. Les troupes allemandes occupent 22 départements français, qui sont évacués au fur et à mesure du règlement de la dette de guerre.

 

Jeudi 18 mai 1871

France, politique : l’Assemblée Nationale ratifie le Traité de Francfort.

L'Assemblée nationale ratifie le traité de Francfort, déjà ratifié le 16 par l'empereur allemand. L'échange officiel des ratifications a lieu le 20 mai à Francfort.

 

Samedi 20 mai 1871

Articles additionnels au traité de Francfort.

Le samedi 20 mai 1871, la France et l'Empire allemand on conclut des articles additionnels au traité de paix signé à Francfort le 20 mai 1871. Il s'agit là de modalités concernant le règlement de la dette de guerre, dont une grande partie transite par Strasbourg, et certaines sommes sont directement investies pour la construction des futurs forts détachés de Strasbourg. La presse locale et officielle a publié ce texte :

« Le Reichsanzeiger publie le texte de paix conclu entre la France et l'Allemagne. Nos lecteurs le connaissant depuis longtemps, nous ne reproduirons ici que les articles sur lesquels les négociateurs se sont entendus lors de la deuxième lecture.

Fait à Francfort s/M., le 20 mai 1871. Les soussignés, M. Jules Favre, ministre des affaires étrangères de la République française ; M. Augustin-Thomas-Joseph Pouyer-Quertier, ministre des finances de la République française, et M. Marc-Thomas-Eugène de Goulard, membre de l'Assemblée nationale, d'un côté ; de l'autre, le prince de Bismarck, chancelier de l'Empire germanique...

Les soussignés sont convenus et ont arrêté ce qui suit :

Suivant l'art. 7 du traité définitif conclu le 10 mai 1871 entre l'Empire germanique et la République française, les premiers 500 millions versés dans le délai de trente jours, à partir du rétablissement de l'autorité du gouvernement français dans la ville de Paris. Ce même
article fixe le mode de payement.
Cependant les soussignés sont convenus que pour cette seule fois les conditions fixées pour le paiement seront modifiées de telle façon qu'on prendra en payement 125 millions en billets de banque de France aux conditions suivantes : 1° 40
millions seront payés jusqu'au 1er juin prochain ; 40 autres millions jusqu'au 8 juin et les derniers 45 millions jusqu'au 15 juin ; la majeure partie s'effectuera en billets de 100, 50 ou 20 fr. ; les payements se feront à Strasbourg, Metz ou Mulhouse.

Une somme de 125 millions à-compte du deuxième versement d'un milliard, tel qu'il est arrêté dans l'art. 7 du traité de paix définitif à moins qu'une convention ultérieure en dispose autrement.

Fait en double à Francfort, le 21 mai 1871. De Bismarck, Jules Favre, Pouyer-Quertier ».

 

Vendredi 26 mai 1871

Allemagne, Colmar garnison : adjudication pour la réalisation d’armoires.

La presse régionale a publié ce communiqué : « La réalisation de : 40 armoires pour 1 homme fermant à clef et 380 armoires pour 2 hommes fermant à clef sera donnée par adjudication au plus offrant par le service local du casernement. Pour cela une date limite à été fixée à vendredi le 26 de ce mois, le matin à 10 heures, au bureau de l’administration signant cet avis, Schlüsselstrasse n° 50, au 2e étage pour les personnes, qui ont envoyées les offres fermées dans un pli cacheté et remis avec l’inscription « Armoires pour la garnison de Colmar » et qui voudrait assister à l’ouverture des offres. Colmar, le 20 mai 1871. Le service de garnison du royal ».

 

Jeudi 1er juin 1871

Versement de la dette de guerre par la France.

La France verse la première échéance de la dette de guerre. En effet les premiers 500 millions versés dans le délai de trente jours, à partir du rétablissement de l'autorité du gouvernement français dans la ville de Paris. Cependant les soussignés sont convenus que pour cette seule fois les conditions fixées pour le paiement seront modifiées de telle façon. 125 millions en billets de banque de France aux conditions suivantes : 40 millions seront payés jusqu'au 1er juin 1871 (en billets de banque de France).

Allemagne, Berlin : réunions du comte de Moltke avant son inspection des positions à fortifier en Alsace-Lorraine.

La presse régionale a publié cette information : « Dépêches télégraphiques. Berlin, 1er juin 1871. – Le chef du haut Etat-major de l’armée, comte de Moltke, avant son départ par Frankfort en Alsace-lorraine a eu plusieurs conférences avec le prince de Bismarck et le ministre d’Etat Delbruck. On résume que son voyage a pour but une inspection des positions à fortifier dans ces contrées ».

 

Jeudi 8 juin 1871

Versement de la dette de guerre par la France.

La France verse la première échéance de la dette de guerre. En effet les premiers 500 millions versés dans le délai de trente jours, à partir du rétablissement de l'autorité du gouvernement français dans la ville de Paris. Cependant les soussignés sont convenus que pour cette seule fois les conditions fixées pour le paiement seront modifiées de telle façon. 125 millions en billets de banque de France aux conditions suivantes : 40 millions seront payés jusqu'au 8 juin 1871 (en billets de banque de France).

 

Jeudi 15 juin 1871

 Versement de la dette de guerre par la France.

La France verse dans le cadre de la première échéance de la dette de guerre 45 millions en date du 15 juin 1871 (en billets de banque de France). La majeure partie est effectuée en billets de 100, 50 ou 20 fr. ; les payements transitent en règle générale par Strasbourg.

 

Samedi 5 août 1871

Belgique, Anvers place forte : explosion accidentelle au fort Saint Anne.

Le journal La Presse du mardi 8 août 1871 nous livre l’information suivante : « La ville d’Anvers a éprouvé, samedi, une panique qui avait pour cause une explosion au fort Saint Anne. Un instant on crut que le fort avait sauté. Une épaisse fumée empêchait de distinguer ce qui se passait. Voici ce qui avait eu lieu : Cinq artilleurs, trois soldats, un brigadier et un maréchal de logis avaient été les victimes de l’explosion d’un petit tonneau où ils déposaient la poudre qu’ils extrayaient de bombes. Le brigadier et le maréchal des logis sont affreusement brûlés. Leurs compagnons en sont quittes pour quelques contusions ».

 

Dimanche 6 août 1871

Allemagne, Colmar : considérations sur la conscription en Alsace-Lorraine et l’émigration.

Le journal « L’Alsacien journal du peuple et du commerce - Elsässische Volks und Handels-Zeitung » a presse régionale a publié cet article, qui est une critique de l’immigration à cause de la consription par les autorités allemandes dans le but d’inciter les jeunes gens à rester en Alsace-Lorraine :  « Conscription et émigration. Colmar, le 6 août 1871. Le bruit circule toujours dans le pays que le gouvernement allemand projette d’y faire prochainement une levée, ce bruit mensonger continu à trouver des gens qui y ajoutent foi, la frontière continue à être franchie par des fuyards, qui croient ne pouvoir assez vite se mettre leur personne en sûreté et hors d’atteinte de la loi militaire allemande. Ce mensonge se répand avec tant de persévérance et par des voies si secrètes, si incompréhensibles, qu’il faut avoir un grand fonds de courage pour y revenir, le mensonge paraissant avoir dans ce cas plus de force qu’aucune parole apportant les éclaircissements les plus sincères. Pourquoi cependant, revenons-nous sur cette question ? Ce n’est certainement pas parce que nous envions à la France ces malheureux Alsaciens et Lorrains, qu’elle envoie en Afrique pour combattre les indigènes portés au désespoir par l’avidité des bureaux arabes et poussés à l’insurrection par les fautes sans nombre de l’administration française. Ce n’est pas non plus que nous craignons de voir tarir pour nous la sève du pays, que nous voudrions retenir à tout prix les jeunes Alsaciens afin de renforcer par leur contingent la puissance militaire allemande. L’Allemagne a été assez forte et continue à l’être pour se suffire à elle-même ; elle ne songe pas non plus à faire la guerre, et la situation politique du monde entier permet d’espérer que respectée, et au besoin redoutée de ses voisins, elle pourra pendant longtemps jouir de la paix. Si nous l’essayons encore une fois de résumer les raisons propres à calmer les esprits, pour peu qu’on ne ferme pas les yeux à la vérité de parti pris, c’est pour qu’il n’y ait pas des gens qui, songeant plus tard avec d’amers regrets au tort qu’ils ne se sont fait à eux-mêmes et à l’heureuse vie qu’ils eussent pu mener au pays de leurs pères, puissent dire un jour : « C’est vrai, nous avons été trompés par des hommes sans foi, nous avons été assez crédules pour suivre leurs conseils ; mais vous, qui saviez mieux les choses, pourquoi ne nous avez-vous pas dit la vérité ? Afin donc de ne pas entendre plus tard de telles plaintes, nous répétons : le gouvernement allemand a la ferme résolution de garder les provinces nouvellement acquises et aucune puissance sur terre ne pourra les lui arracher de nouveau. L’idée que l’occupation allemande ne durera que peu d’années, et qu’alors la France viendra reprendre ces provinces, est de la démence. Il y également de la démence à croire que le gouvernement se hâte d’ordonner une levée aujourd’hui déjà, parce qu’en automne de 1872 il serait déjà trop tard de la faire. Le gouvernement français est bien éloigné de songer à faire la guerre à l’Allemagne, il exécutera le traité de paix et travaillera à la réorganisation du pays ; une telle besogne exige un temps si long, qu’une levée en Alsace pourra bien être reculée jusqu’au 1er octobre 1872. La députation alsacienne, à son retour de Berlin, a expressément rapporté que le prince de Bismarck a affirmé aux délégués qu’avant la fin de l’année prochaine il n’y aura pas de levée. Le gouvernement allemand exécute chaque article du traité de paix exactement et avec la plus grande loyauté, sachant bien d’ailleurs, à ce que nous croyons, que l’Europe entière observe ses actes. Or, l’article 2 du traité de paix dit : Les sujets français originaires des territoires cédés domiciliés sur ce territoire, qui entendront conserver leur nationalité française, jouiront jusqu’au 1er octobre 1872 et moyennant une déclaration préalable, faite à l’autorité compétente, de la faculté de transporter leur domicile en France et de s’y fixer, sans que ce droit puisse être altéré par les lois sur le service militaire, auquel cas la qualité de citoyen français leur sera maintenue. Que chacun, après lecture des termes si précis de cet article du traité de paix, voie maintenant à quoi il doit ajouter foi, aux engagements d’un traité de paix européen, ou aux excitations de ceux qui, obéissant à une haine sourde et impuissante, poussent à l’émigration, sans la moindre garantie de leur part du sort des émigrants. De plus, le Journal de Strasbourg et d’autres feuilles ont donné l’assurance que l’autorité compétente ne songe en aucune façon à ordonner une levée avant la fin de l’année 1872 ; et il fut même remarqué qu’une levée ne pouvait pas se faire du jour au lendemain, qu’elle exigeait la confection des listes matricules et d’autres mesures préparatoires qui ne sauraient passer inaperçues. Toutes ces paroles tomberont-elles sur un sol ingrat, et, si l’ardeur de la jeunesse se montre sourde aux conseils de vérité, les hommes plus âgés du pays, dont on vante le sens pratique et la netteté du jugement, ne s’efforceront-ils pas de retenir loin de la fausse route ces jeunes gens qui, tout en n’allant qu’en France, vont peut-être au-devant de toutes les misères du séjour en pays étranger ? L’Afrique française particulièrement offre toutes les insécurités d’un pays périodiquement ravagé par les incursions et les soulèvements des indigènes. Les journaux français en font un tableau sombre, au point qu’ils semblent désespérer de l’avenir de ces malheureux pays et qu’ils vont même jusqu’à parler de la nécessité où pourrait se trouver la France, après quarante ans d’occupation, de renoncer à sa possession ».

 

Mardi 8 août 1871

France : Valeur des matières première.

Matières d’or, etc. Or en barre à 1 000/1 000, le kg 3 434,44 francs. Argent d° à 1 000/1 000, le kg 218,89 francs.

 

Dimanche 10 septembre 1871

Allemagne, Wissembourg garnison : Installation de la nouvelle garnison permanente de Wissembourg.

Arrivée du 1er bataillon du 60ème régiment d’infanterie venant de Bitche, pour tenir garnison ici conjointement avec le bataillon de fusiliers du même régiment. Seulement, en attendant qu’on puisse les caserner tous, deux compagnies de ce nouveau bataillon seront provisoirement détachés à Lauterbourg. Pour le corps d’officiers, l’on a acheté l’hôtel Reinach, une des plus belles maisons de la ville, au prix de 70 000 francs. Ce sera pour ces Messieurs une sorte de maison de conversation, avec restauration, tables de jeu, billards, cabinet de lecture, etc. Le colonel du régiment y sera logé. La poste, qui jusqu’ici y avait ses bureaux, sera probablement transférée à la maison Goldschoen.

 

Dimanche 10 septembre 1871 

Versement de la dette de guerre par la France.

Le dimanche 10 septembre 1871 à 23 heures, sont arrivés en gare de Strasbourg 47 millions de francs, qui doivent expédiés à Berlin comme indemnité de guerre.

Allemagne, Wissembourg garnison : Installation de la nouvelle garnison permanente de Wissembourg.

La presse régionale a publié cet article : « Wissembourg, 9 septembre 1871. Demain arrivera ici le 1er bataillon du 60ème régiment d’infanterie venant de Bitche, pour tenir garnison ici conjointement avec le bataillon de fusiliers du même régiment. Seulement, en attendant qu’on puisse les caserner tous, deux compagnies de ce nouveau bataillon seront provisoirement détachées à Lauterbourg. Pour le corps d’officiers, l’on a acheté l’hôtel Reinach, une des plus belles maisons de la ville, au prix de 70 000 francs. Ce sera pour ces Messieurs une sorte de maison de conversation, avec restauration, tables de jeu, billards, cabinet de lecture, etc. Le colonel du régiment y sera logé. La poste, qui jusqu’ici y avait ses bureaux, sera probablement transférée à la maison Goldschoen ».

 

Lundi 11 septembre 1871

Allemagne, Strasbourg garnison : arrivée des premiers éléments du 105e régiment d’infanterie.

La presse régionale nous livre cette information : « Strasbourg, 11 septembre 1871. L’état-major et le 1er bataillon du 6ème régiment d’infanterie saxon (105e de l’armée allemande), sont arrivés à Strasbourg et ont été logés chez l’habitants ».

Allemagne, Alsace-Lorraine : les nouvelles garnisons de la région.

La presse régionale nous livre cette information : « Strasbourg, 11 septembre 1871. À la suite de la nouvelle répartition des troupes du temps de paix en Alsace-Lorraine, l’état-major de la 58ème brigade d’infanterie reste à Mulhouse, tout comme l’état-major du 17e régiment d’infanterie « 17. Infanterieregiment ». La garnison sera renforcée par le 2ème bataillon de ce même régiment, qui reste pour l’instant à Thann, ainsi que par l’état-major et le 1er bataillon du « 4. Badische Infanterie-Regiment », qui sera rejoint ultérieurement par son 2ème bataillon qui est stationné à Huningue ».

 

Jeudi 21 septembre 1871

France – Allemagne : Paris, le départ des Prussiens.

Le journal La Presse du 22 septembre 1871 nous livre les informations suivantes : « Tous les forts de la rive droite, ainsi que la plupart des localités occupées par les soldats de l’armée allemande, ont été évacués hier matin. Le matériel avait été depuis longtemps empaqueté, emballé et expédié en Allemagne. Aussitôt après le départ des Prussiens, la ville de Saint-Denis s’est, comme par enchantement, pavoisée de drapeaux tricolores. C’est de l’Hôtel-de-Ville qu’est parti le signal. L’hôtel de la sous-préfecture, qui a servi d’habitation au gouvernement prussien, est encore fermé. Pendant l’occupation, la police de la ville a été faite par des agents de la municipalité. Ce matin, les sergents de ville, claque en tête, épée au côté, ont repris leur service. Les habitants se sont répandus rapidement dans les rues de Saint-Denis, attendant avec impatience l’arrivée des soldats français qui doivent tenir garnison parmi eux. Voici, pour la remise des forts, comment les choses se sont passées : A neuf heure précise, un détachement de vingt-cinq soldats appartenant au 114e de ligne, de la division Faron, et commandé par un lieutenant, s’est présenté au fort de l’Est. Les Bavarois attendaient sous les armes, devant la porte d’entrée principale. Les deux officiers se sont avancés l’un vers l’autre ; le lieutenant bavarois a remis à M. Noisriel, l’officier commandant le détachement, les clefs du fort ; puis donnant l’ordre à sa compagnie, il l’a fait défiler devant le front de nos soldats et s’est éloigné. On n’avait pas de drapeau pour poser sur le fort. Une estafette a été envoyée à Saint-Denis. A neuf-heure un quart, elle débouchait sur la place : c’était le premier soldat français qui pénétrait en ville. En un instant, la foule s’est rassemblée devant la mairie, où il était entré. Il en sortit bientôt, emportant un immense drapeau tricolore qui flottait quelques minutes après sur le fort de l’Est. Auparavant, un officier du génie français, en compagnie d’un officier bavarois de la même arme, suivis de deux ordonnances, visitait tous ces forts et constatait l’état des matériels dans lequel on nous les rend. Nous avons parcouru le fort de l’Est quelques instants après son évacuation par les Bavarois. Il est dans un état de délabrement complet. Une eau stagnante, verdâtre, croupit dans les fossés, en répandant une odeur repoussante. Toutes ses embrasures, toutes ses meurtrières sont vides de canons ; nulle part, dans aucun coin, on ne saurait découvrir la trace d’une arme, si détériorée soit-elle, le moindre projectile. Tout a été enlevé consciencieusement. Il ne reste que les campements qui, la nuit dernière encore, servaient aux soldats bavarois. La chapelle avait été convertie en écurie et en magasin à fourrage. Quant à la ville, elle a pris presque soudainement une physionomie toute différente de celle qu’elle avait hier encore. Dans la rue, on ne voit que des visages souriant et radieux. Le drapeau allemand, que les Prussiens avaient plantés dès leur arrivée au haut de la basilique, a été enlevé, aux applaudissements de la foule, puis mis en lambeaux. Vers midi, on a ramené à la mairie les fusils vieux système de la garde sédentaire de Saint-Denis. Les Prussiens avaient généreusement abandonné ces armes couvertes de rouille, provenant du désarmement ordonné, le 1er février, par le général von Bradinsky, au moment où les Prussiens venaient d’occuper les forts. La remise des autres forts de la rive droite s’est faite à peu près de la même manière, sauf quelques différences de détail. Ainsi, à Romainville et à Aubervilliers, il y avait des centaines de personnes, qui, placées sur la pelouse des forts, ont assisté dans un morne et grave silence au départ des Prussiens. Ceux-ci, paraît-il, ont été surpris d’une attitude semblable su peu en harmonie avec le caractère des Français. A Nogent et à Charenton, au contraire, on a crié : Vive la France et vive la revanche ! sur le passage des Prussiens. Mentionnons également que les officiers de l’armée allemande n’ont pas été partout d’une égale courtoisie. Ainsi, au fort de Rosny, officiers saxons et officiers français se sont salués militairement de l’épée, en gens de bonne compagnie. Il n’en a plus été de même partout, et notamment à la redoute de Nogent, ou nos soldats, en arrivant, n’ont trouvé personne. Il va sans dire que les forts qui ont été occupés par les Prussiens ont été dépouillés de tous les objets qu’ils renfermaient. Ça été un déménagement général, et comme il n’est pas possible de l’imaginer. Ils ont emporté de vieilles planches, des bouts de cordes, des brouettes, des balais hors d’usage et jusqu’aux clous qui se trouvaient plantés sur les murs : une rafle complète. C’est le 114e de ligne qui a remplacé, dans tous les forts de la rive droite, les soldats allemands ».

 

Vendredi 22 septembre 1871

France – Allemagne : les difficultés de négociations.

Le journal La Presse du 22 septembre 1871 nous apporte dans deux articles quelques précisions sur les négociations entre la France et le nouvel Empire allemand :  « Courrier politique. Versailles, 20 septembre 1871. Les négociations avec la Prusse. L’opinion publique ont le tort de s’étonner des lenteurs apportées dans les négociations avec la Prusse. Les modifications apportées par l’Assemblée au projet primitif, ont rendu nécessaire une demande d’instruction nouvelles. M. de Bismarck a été mécontent de ce que les vaincus se permettaient de discuter une faveur si onéreuse ; il en a même profité, sans doute, pour formuler de nouvelles exigences. Quoi de plus simple et de plus naturel. On s’est demandé si M. Thiers ne serait point autorisé à s’entendre avec la commission de permanence pour modifier, si besoin est, le programme imposé par l’Assemblée. Cet accord ne pourrait être qu’officieux. Le Gouvernement à tout pouvoir pour traiter. L’Assemblée n’a qu’a ratifier, et sa ratification implicite existe déjà dans son vote du 16 septembre. Si des modifications étaient absolument nécessaires, le gouvernement pourrait les consentir sous sa responsabilité. La Chambre les apprécierait et donnerait son blanc-seing. Telles sont les véritables doctrines, bien connues d’ailleurs de la chancellerie prussienne. Elle se gardera bien de rompre des négociations qu’elle a su rendre indispensables, et dont elle veut tirer le meilleur parti possible ». 

« Les négociations avec l’Allemagne ne marchent pas aussi vite qu’on avait d’abord espéré vers leur conclusion. M. d’Arnim se rend tous les jours de Paris à Versailles pour conférer avec M. Thiers. Après chaque entrevue, il rend compte à son gouvernement des conversations qu’il a échangées avec le Président de la République. Ces télégrammes donnent naturellement lieu à Berlin à un examen sérieux et même à des délibérations en conseil des ministres. C’est ce qui explique les lenteurs de cette négociation où des questions d’amour-propre se trouvent malheureusement mêlées à des questions d’intérêt du caractère le plus grave. Nous ne devons pas oublier, d’ailleurs, que nous e traitons pas avec l’Allemagne d’égal à égal ; elle nous traite en vaincus, et l’on sait qu’elle ne perd pas une occasion pour nous le faire sentir. Quoi qu’il en soit, le nuage qui plane sur cet incident diplomatique ne peut pas tarder à se dissiper. Nous savons, du reste, que M. Thiers est plein de confiance sur l’issue favorable des négociations ».

France : prise de service du général Frossard directeur du comité des fortifications.

Le journal La Presse du jour nous informe : « M. le général Frossard, récemment nommé directeur du comité des fortifications, a pris hier possession de son service ».

France, Paris : réparation et projets de fortifications.

Le journal La Presse du 22 septembre 1871 nous livre les informations suivantes : « La réparation des remparts de Paris est presque achevée. Ils n’avaient guère souffert que de la porte d’Auteuil au Point-du-Jour et un peu vers la porte Maillot. Quant aux forts, on n’y a absolument rien fait depuis la prise de Paris, si ce n’est de consolider les casemates dans ceux d’Issy et de Vanves dont les casernes sont détruites. Mais nous savons positivement que le nouveau système de fortifications de Paris, à l’étude depuis plusieurs mois, est à la veille d’être adopté et que les travaux seront, immédiatement après, entamés avec la plus grande vigueur. La ligne de défense, surtout au sud, de Charenton à Issy, sera notamment reportée à une distance considérable en avant. Si l’on conserve les forts actuels, ils seraient plus qu’une seconde ligne. Châtillon et Champigny seraient les clefs du nouveau système ».

 

Lundi 2 octobre 1871

Allemagne, Strasbourg garnison : vente aux enchères de matériaux du dépôt d’artillerie.

La presse locale a publié à deux reprises ce communiqué : « Les matériaux suivants devenus inutiles et entreposés au « Festungshof »  doivent être cédés au plus offrant le lundi 2 octobre 1871 à 15 heures sur place, contre payement immédiat en liquide : un lot de vieux tonneaux, un lot de vieille caisse, un lot de vieille ferraille, un lot de vieux harnachements et de selles, un lot de vieilles vitres, un lot de vieux bois et un lot d’objet divers. Les amateurs sont priés de venir voir les lots sur place le matin du jour de la vente. Strasbourg, le 20 septembre 1871. Kaiserliche Fortification ».

Allemagne, Saverne garnison : le château de Saverne transformé en caserne.

Un journal de Strasbourg nous livre cette information : « Nouvelles locales et provinciales. Strasbourg, le 2 octobre 1871. Comme il est connu, sous l’Empire de Napoléon III, le château de Saverne qui avait été construit par la famille des de Rohan et qui servait ces vingt dernières années, après avoir été restauré pour 4 millions de francs, au logement de 80 veuves d’officiers. Le comte de Bismarck-Bohlen avait invité les veuves à rester au château. Mais le gouvernement français n’a pas approuvé cette mesure et ces dames furent invitées à partir. Le gouvernement allemand destine à présent ce château à accueillir le bataillon en garnison à Saverne, et qui est actuellement logé chez l’habitant, une mesure qui sera très appréciée par ces derniers. 

 

Mercredi 4 octobre 1871

Avis de recherche de déserteur du Train-Bataillon Nr. 15.

La presse locale publie un avis de recherche d'un déserteur du Train-Bataillon Nr. 15 : « Avis de recherche. Johann Hubert P., originaire de Kempen, Regierungsbezirk Düsseldorf, recrue au Train-Bataillon Nr. 15 à Strasbourg, a quitté les lieux le 26 septembre 1871 et n'est pas revenu, ce qui laisse présager une désertion. Habits : 1 Feldmütze, 1 Drillichjacke, 1 Stallhose, 1 blau gestreiftes Hemd, 1 paire de chaussures, 1 foulard "Halsbinde" ». Ces avis de recherche nous apportent des informations intéressantes concernant les unités stationnées dans la garnison et la provenance des recrues.

 

Vendredi 6 octobre 1871

Concert de la musique militaire par l'IR 105, place Broglie à Strasbourg.

Comme pour la garnison française, les unités allemandes vont également organiser des concerts gratuits en public ou des concerts privés réénumérés dans les brasseries ou leurs terrasses. Chaque unité dispose d'un orchestre. Le répertoire est souvent assez varié. Voici une annonce de la presse locale sur l'un de ces concerts : « Musique militaire sur la place Broglie. Vendredi 6 octobre, de 16 heures à 17 heures, la musique du "6. Königl. Sächsischen Infanterie-Regiment Nr. 105". Programm : Le Bourget, marche de von Paro, Ouverture de l'opéra Stradella de von Flotow, Chœur et Cavatine de l'opéra Die Schlacht bei Legnago de Verdi, Hochzeits-Klänge, valse de Zöphel, Normans Sang de Kücken, Sängerlust, une polka de Strauss ».

 

Samedi 7 octobre 1871

Avis de recherche de déserteur de l'IR25.

Avis de recherche d’un déserteur du régiment « Infanterie-Regiment Nr. 25 » : « Avis de recherche. Le Musquetier K., de la 4e compagnie du 1er bataillon du 1. Rheinischen Infanterie-Regiment Nr. 25, qui était en congé en Prusse à Moresnet, Kreis de Eupen, et qui n’est pas revenu à ce jour ; on suppose qu’il a déserté en Belgique…… Strasbourg, le 4 octobre 1871. Der Polizei-Director J. B. Mantz. Habits : Helm, Waffenrock, Tuchhose, Halsbinde, 1 paire de bottes « Lange Stiefel », Faschinenmesser (baïonnette) Nr. 27, un ceinturon blanc Weisse Koppel mit Schlatz ». 

 

Mercredi 11 octobre 2017

Allemagne, Strasbourg garnison : vente aux enchères par le service des subsistances militaires.

La presse locale a publié ce communiqué : « Vente aux enchères contre payement immédiat en liquide, le mercredi 11 octobre 1871 à 10 heures, au magasin Academiestrasse Nr. 3, de Roggen et Weizen-Kleie, Futtermehl et de vieux sacs du magasin. Strasbourg, le 7 octobre 1871. Königliches Proviant-Amt ».

 

Jeudi 12 octobre 1871

Allemagne, Lauterbourg garnison : 2ème bataillon de l’I.R. 60 hébergé provisoirement.

Un journal de Strasbourg nous livre cette information : « Wissembourg, le 12 octobre 1871. Le 2ème bataillon de l’Infanterie-Regiment 60 soit, d’après nos informations, être transféré à Lauterbourg ; dès que les réparations de la caserne auront bien avancé, les deux compagnies qui sont actuellement détachées à Lauterbourg, reviendront dans leur garnison. En conséquence, d’après cette information, Lauterbourg serait doté d’une garnison permanente ».

 

Samedi 14 octobre 1871

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de matériels divers au profit de l’administration de garnison.

Un journal de Strasbourg a publié à deux reprises ce communiqué : « Une adjudication se déroulera le 14 octobre 1871 à 11 heures, dans nos bureaux, Schiffleutgasse Nr. 11, avec l’autorisation de la königliche Intendantur des 15. Armeecorps, pour la livraison au profit de la garnison de 350 supports d’armes (à priori) « Gewehrmüggen » en fer forgé, avec les dés de granit « Granitwürfeln » allant avec, de 20 cadres de tambours « Trommelgestelle » en fer, avec les dés de granit « Granitwürfeln » allant avec, de 500 caisses à charbon « Kohlenkasten » en fonte, contenance 50 livres de charbon ; de 500 pelles à charbon « Feuerschippen » en fer forgé, de 500 tisonniers « Feuerhaken » en fer forgé, de 500 corbeilles à charbon « Kohlenkörbe » en osier brut « rohem Weidengeflecht 1 ½ Schilf ». Les conditions particulières de livraison peuvent être consultées à partir d’aujourd’hui. Strasbourg, le 8 octobre 1871. Garnison Verwaltung ». Remarque : cette adjudication contient des termes anciens difficiles à traduire ».

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de la confection d’uniformes.

Un journal de Strasbourg a publié à deux reprises ce communiqué : « Le 1. Rheinische Infanterie-Regiment Nr. 25 a encore besoin de plusieurs milliers de pantalon en toile « Tuchhosen », tuniques « Waffenröcke » et casquettes « Mützen », ainsi que des pantalons blancs en lin « weissleinene Drilichhosen ». Les entrepreneurs, pour les lots importants, ou les ouvriers tailleurs, peuvent offrir leurs services, s’ils sont munis de l’attestation de leur qualification et sérieux émise par les autorités de la police cantonale, à l’adresse suivante : Regenbogengasse Nr. 23, au 2ème étage. La commission d’habillement “Bekleidungs Commission” du 1. Rheinischen Infanterie-Regiment Nr. 25 ».

Allemagne, Strasbourg garnison : vente aux enchères de fer et de bois.

Un journal local a publié à deux reprises ce communiqué : « Une vente aux enchères publique se déroulera le vendredi 14 octobre 1871 à 9 heures, à la Manutention locale « Proviant-Magazin », Akademiestraße Nr. 3, concernant une importante quantité de fer et de bois. Strasbourg, le 9 octobre 1871. Proviant-Amt.

 

Mardi 17 octobre 1871

Allemagne, Strasbourg garnison : tirs d’artillerie au Polygone.

Un journal local a publié ce communiqué : « Le 17 et 26 octobre 1871, de 8 heures jusqu’aux environs de 11 heures, il sera procédé à des tirs avec des munitions réelles. En conséquence, le passage sur le Polygone sera interdit par les militaires, et les chemins situés entre le Rhin et le Polygone ne doivent pas être empruntés. Toute recherche de projectiles en vue de leur vente est punissable, leur manipulation est très dangereuse. Strasbourg, le 13 octobre 1871. Feld-Artillerie-Regiment Nr. 15 ».

Allemagne, Strasbourg garnison : avis de recherche de déserteur.

Un journal de Strasbourg a publié cet avis de recherche : « Le soir du 18 octobre 1871, le sous-officier H. a déserté de la Finkmatt-Kaserne à Strasbourg. Toutes les autorités militaires ou civiles sont priées de l’arrêté et de le faire ramener. Signalement : Age : 27 ans et 2 mois. Il portait comme habillement une casquette de service « Dienstmütze », une tunique en drap bleu « Blautuchenen Waffenrock » avec les galons de sous-officier, un pantalon en drap gris “grauen Tuchhose” avec un ruban rouge « rother Viese », une paire de bottes de service « Dienststieffel », un foulard « Halsbinde », un ceinturon blanc « weisse Koppel mit Schloss » avec système de fermeture, un couteau à fascine « Faschinenmesser » avec un « Unteroffizierstrobbel », une médaille souvenir de la guerre de 1870-71, une paire de gants en cuir. Strasbourg, le 17 octobre 1871. Zimmer, Premier-Lieutenant au 1. Rheinische Infanterie-Regiment Nr. 25 ».

 

Mercredi 18 octobre 1871

Allemagne, Alsace-Lorraine : projet d’introduction des obligations militaires allemandes.

Un journal de Strasbourg nous livre cet article : « Strasbourg, le 18 octobre 1871. Comme nous avons appris de source sûre il y a quelques jours, le règlement de la législation militaire en Alsace-Lorraine est envisagé. Le projet de loi a été présenté au Bundesrath, et d’après sa teneur, on prendra pour le Reichsland, quant à l’application des obligations militaires allemandes, toutes les précautions et délais nécessaires, autant qu’ils sont compatibles avec les intérêts de l’Etat. D’après le procès, en principe la loi doit entrer en application immédiatement hormis trois articles. Ces articles concernent le volume du contingent, qui au cours des deux premières années n’atteindra pas le volume normal, et le volet financier, qui ne peut pas encore être fixé d’après le volume du contingent et sur la nomination de nouveaux officiers. La conscription ne commencerait en effet qu’avec la classe de 1851, c’est-à-dire que le service militaire débutera le 1er octobre 1872, si bien que tous ceux qui sont nés avant le 1er janvier 1851, ne seront plus appelés à remplir leurs obligations militaires. Par ce projet de loi, on ne répond aux questions pressantes posées par les Alsaciens, et on satisfait également un de leur souhait, qui est d’instaurer le service militaire qu’après la date limite fixée pour l’option et le choix de leur nationalité, conformément au traité de paix. Personne n’a dû s’attendre à ce que le service militaire allemand soit encore repoussé pendant de nombreuses années ; mais ils sont nombreux ceux qui se sont laisser aller à émigrer trop vite, alors que malgré toutes les assurances ils croyaient le contraire, c’est-à-dire d’être surpris par l’obligation du service militaire. Des inquiétudes similaires existent au niveau des relations avec la Landwehr (réserve). Dans ce domaine, la loi allemande prendra la place de la loi française, et il n’y aura pas de rétroactivité. Pour tous ceux qui sont libérés des obligations militaires françaises, et qui ne sont seront pas concernés par les obligations militaires allemandes, seront naturellement exemptés de toutes autres obligations de service. Mais, même si la Landwehr d’Alsace-Lorraine ne sera constituée qu’au fur et à mesure, il est toutefois nécessaire de prendre les dispositions administratives, qui sont les conditions de fonctionnement de cet institut, surtout pour les Allemands de la rive droite du Rhin, qui s’établissent en Alsace-Lorraine. Conformément à ce besoin, l’Alsace-Lorraine a également été divisée en districts de Landwehr. De plus, on est en train de prendre les dispositions pour l’introduction du volontariat d’un an. Pour ceux qui veulent entrer comme volontaire d’un an au 1er octobre de l’année prochaine, doivent déjà préparer l’obtention de leur certificat auparavant, en conséquence, la commission doit déjà être constituée, devant laquelle ils passeront leur examen écrit. Aussi les établissements scolaires qui auront le droit d’établir l’examen de qualification au volontariat d’un an seront bientôt désignés. Nous ne savons pas comment la rumeur a pris naissance, que ces lycées seraient limités à ceux de Metz, Colmar et Strasbourg ; ces craintes sont totalement infondées, comme nous le démontre les pratiques en vigueur sur la rive droite de l’Allemagne. Toute établissement d’enseignement supérieur, dont le programme d’enseignement et les résultats présentent les garanties nécessaires, peut obtenir ces autorisations, et un gouvernement d’Empire n’a aucune raison, d’être plus contraignant en Alsace-Lorraine, que dans les autres états allemands. Aussi les communes, qui ont une attitude de belle-mère envers leurs collèges, vont grâce à cette sollicitude bientôt changer leur attitude. De toute façon, dans un premier temps, les exigences demandées aux volontaires Alsaciens-Lorrains seront modérées, comme nous l’avions fait à Hanovre, au Schleswig-Holstein, etc., après l’année 1866, et c’est seulement après une période transitoire, lorsque le système des cours supérieurs du système scolaire allemand aura pris sa pleine valeur, que le règlement allemand sera appliqué dans son intégralité. Nous voulons espérer, que le procédé modéré de mise en œuvre des obligations militaires mis en place par le gouvernement allemand sera apprécié par la population alsacienne. La raison essentielle, pourquoi l’instauration des obligations militaires est crainte et rebutée, est vraisemblablement le souci d’une nouvelle guerre avec la France. Mais nous osons espérer, qu’avec les années, cette crainte disparaîtra de plus en plus. La paix est bien consolidée, malgré les cris des anti-prussien sur le Rhône et la Seine, et même si certains hommes politique français voudraient s’adonner à cette chimère, ils recevront une bonne dose de remède par le discours du trône de l’Empereur Wilhelm ».

Allemagne, Strasbourg garnison : suicide d’une sentinelle.

Un journal local a publié ce fait divers : « Strasbourg, le 18 octobre 1871. Un planton de guérite « Schildwache » du régiment d’infanterie wurtembergeois en garnison ici s’est suicidé avec son arme, alors qu’il était de faction à la maison d’arrêt « Arresthause », hier vers midi. Le coup de feu est passé par la bouche et est ressorti par la partie arrière de la tête, si bien que la mort fut instantanée. Le motif de ce geste n’est pas connu ».

Allemagne, Strasbourg garnison : avis de recherche.

Un journal local a publié à deux reprises cet avis de recherche : « La recrue Mathias L., de la 11ème compagnie du 1. Rheinische Infanterie-Regiment Nr. 25, né le 7 février 1849 à Lascheidt, canton de Malmédy, Regierungsbezirk de Aachen, a quitté sa caserne à Strasbourg sans autorisation et n’est pas revenu. En conséquence le soupçon d’absence irrégulière sans autorisation et que l’intéressé essaye de se soustraire aux obligations militaires, c’est pour cette raison que toutes les autorités militaires et civiles sont priées de l’arrêter et de le faire ramener à l’autorité militaire la plus proche. Strasbourg, le 18 octobre 1871. Königliches Commando des Füsillier-Bataillons 1. Rhein. Infanterie-regiments Nr. 25. Signalement : Remarques particulières : parle français et allemand. Habillement et équipement : 1 Feldmütze avec tampon 25. J.R.F.B.11. Comp. III. G. ; 1 Halsbinde avec tampon illisible ; 1 Waffenrock avec tampon 25. J.R.F.B.11. Comp. III. G. avec des épaulettes bleues “Blauen Achselklappe” portant l’inscription le Nr. 25. ; 1 Tuchhose avec le tampon 25. J.R.F.B.11. Comp. III. G. ; 1 paire de Dientsstiefeln mit langen Schäften ; 1 blau gestreiften Diensthemd ; 1 Drillichjacke avec tampon illisible ; 1 Drillichhose ».

Allemagne, Strasbourg place forte : projet de construction de forts détachés.

Un journal local nous livre cette information : « Strasbourg, le 18 octobre 1871. La décision définitive vient d’être prise, au nord de la ville, près de Mundolsheim et de Hausbergen, entre la route et le chemin de fer sera érigé un grand fort, qui évitera un éventuel bombardement de la ville de ce côté. Des sondages du terrain sont effectués actuellement ; les travaux de constructions devraient commencer vraisemblablement au cours de l’hiver ».

Allemagne, Haguenau garnison : inspection du régiment de dragons.

Un journal de Strasbourg nous livre cette information : « Haguenau, le 18 octobre 1871. Le général commandant le 15e corps d’armée « General der Infanterie », Monsieur de Fransecky, qui était dans nos murs hier, a, en compagnie du Generalmajor et commandant la 31. Cavalerie-Brigade, Monsieur von Hontheim, inspecté le régiment de dragons local, ainsi que le bataillon d’infanterie et les installations de la garnison. Les deux généraux se sont informés sur l’attitude et l’équipement de toute la garnison, y compris les recrues ».

 

Jeudi 19 octobre 1871

Allemagne, Strasbourg place forte : réouverture après travaux à la porte de Pierre « Steinthor ».

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué : « Le passage par la porte de Pierre « Steinthor » est à nouveau ouvert à partir d’aujourd’hui. Strasbourg, le 19 octobre 1871. Le Festungs-Gouvernement. Von Hartmann Generallieutenant ».

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication pour la livraison de tonneaux à poudre.

Un journal local a publié à deux reprises ce communiqué : « Adjudication pour la livraison de 10 tonneaux à poudres pour le stockage des munitions d’exercice, au profit de la garnison de Strasbourg, le mercredi 25 octobre 1871 à 11 heures, dans notre bureau, Schiffleutgasse Nr. 11, “Badische Hofkaserne” ; les offres doivent parvenir avant ce délai. Les plans, descriptions et conditions particulières peuvent être consultés sur place. Strasbourg, le 19 octobre 1871. Garnison Verwaltung ».

 

Vendredi 20 octobre 1871

Allemagne, Strasbourg et Metz garnison : adjudication de couchages.

Un journal de Strasbourg publie à deux reprises ce communiqué : « Adjudication de la livraison de couchages pour les services de garnison de Strasbourg et de Metz par les services de l’intendance du 15e corps d’armée allemand « Intendantur des 15. Armee-Corps », Allerheiligen-Strasse Nr. 10 à Strasbourg. Il s’agit de la livraison de 470 draps de lits fins, 16 216 draps de lits ordinaires, 393 de fines housses de couettes blanches « feinen weissen Deckenbezüge », 9 309 housses de couettes colorées ordinaires « ordinäre bunte Deckenbezüge », 424 housses d’oreiller blanches et fines, 13 024 housses d’oreillers ordinaires de couleur et 833 serviettes fines ».

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication pour la livraison de produits d’entretien.

Un journal local a publié ce communiqué : « L’administration du « württembergische 8. Infanterie-Regiment » à l’intention de se procurer des produits d’entretien (cire, huile de lampe filtrée “gereinigtes Lampenöl”, « Abwerg », du savon et de l’amidon), ainsi que 30 quintaux de pétrole « Erdöl ». Les offres sont à déposer dès que possible à la « Kronenburger Kaserne », où les conditions particulières peuvent être consultées. Strasbourg, le 20 octobre 1871. Verwaltung des 8. Regiments ».

 

Lundi 23 octobre 1871

Allemagne, Strasbourg garnison : vente aux enchères de couvertures de manœuvre.

Un journal local a publié à deux reprises ce communiqué : « Sur ordre de la königliche Intendantur 15. Armee-Corps, l’administration de garnison va procéder à une vente aux enchères publique dans la cour du bureau de la Garnison-Verwaltung, Schiffleutgasse Nr. 11, le lundi 23 octobre 1871 à 10 heures, et si nécessaire les jours suivant à 10 heures, d’un grand nombre de couverture de campagne « Lagerdecken », qui ne sont pas adaptée au service de garnison, le tout est réparti en petits lots, le payement immédiat doit être fait en liquide ; tous les amateurs y sont invités. Strasbourg le 17 octobre 1871. Garnison-Verwaltung ».

 

Lundi 30 octobre 1871

Construction de baraques militaires à Strasbourg.

Lors du dernier conseil municipal de Strasbourg, le maire est intervenu au sujet de la construction de baraques militaires : d'après le rapport fait par l'architecte de la ville, certaines baraques sont achevées, et les autres pourront être transmises aux autorités militaires dans des délais très courts. Les entrepreneurs, qui avaient pris les engagements de livrer les baraques pour le 1er septembre 1871, se voient attribué une pénalité de 100 francs pour chaque journée de retard sur le prix d'adjudication.

Allemagne, Strasbourg : ouverture de l’école réservée aux élèves de la garnison.

Un journal local a publié ce communiqué : « Communiqué. L’école de garnison « Garnisonschule », rue « St. Helenenstraße Nr. 1 », ouvrira le lundi 30 octobre 1871 matin. Tous les enfants de militaires ayants-droit soumis à la scolarité obligatoire, doivent y être envoyés. L’école est également ouverte aux autres enfants. Festungs-Gouvernement ».

 

Dimanche 5 novembre 1871

Allemagne : demande de révision du nouveau projet de défense du territoire.

Le mémoire du comte de Moltke chef de l'état-major général allemand incite l'Empereur à publier une nouvelle ordonnance impériale « A.K.O. » le 5 novembre 1871 pour demander de réviser et de présenter à nouveau le projet de défense du territoire à la commission de défense du territoire.

 

Vendredi 17 novembre 1871

Ordonnance impériale pour la construction des nouvelles fortifications de Strasbourg.

L'urgence de l'extension des fortifications de Strasbourg a également été reconnue dès la fin de la guerre. Ici il s'agissait d'une transformation complète de l'ancienne fortification de Vauban, surchargée de nombreux ouvrages avancés, et aussi, de réaliser une ceinture de forts détachés qui avait été planifiée par les Français, mais dont les travaux n'ont jamais été réalisés. La réalisation et le caractère de ces nouvelles fortifications ont été précisées par l'A.K.O. du 17 novembre 1871 : « J'ordonne au Ministère de la Guerre de doter la place forte de Strasbourg d'une chaîne de forts détachés à une distance qui permette de préserver la ville de tout bombardement, et de réaliser la  construction de ces ouvrages dans les délais les plus brefs. Par ailleurs, l'agrandissement du front Nord de la forteresse elle-même doit être étudiée et réalisé ».

 

Dimanche 20 novembre 1871

Allemagne, Colmar : les jeunes Alsaciens se soustraient aux obligations militaires allemandes.

La presse régionale a publié cet article : « Colmar, le 20 novembre 1871. Malgré toutes les explications et avertissements, nous sommes informés que beaucoup de jeunes gens de Colmar et des environs se proposent de se rendre invisibles pour le jour du recensement général de la population et de faire dès la veille une excursion improvisée à Belfort, pour rentrer le lendemain du recensement, libres de toute obligation envers l’Etat, chez les leurs. Nous rappellerons à ces jeunes gens, dans leur propre intérêt, que l’exécution de leur projet n’aurait pas pour eux le résultat espéré. Ils dépenseraient inutilement leur argent à faire le voyage en question et n’en seraient pas moins, momentanément absents ou non, portés sur les listes de recensement, sans se dérober par conséquent aux obligations auxquelles est soumis tout sujet de l’empire allemand. Nous espérons toutefois que les bruits qui ont donné lieu à ces lignes, ne se confirmeront pas, et que la jeunesse d’Alsace-Lorraine saura se conformer à ses devoirs et à ses obligations avec la même sérénité qu’apporte dans leur accomplissement de jeunesse de toutes les contrées de l’empire ».

 

Lundi 21 novembre 1871

Concours du service militaire des volontaires d'un an en Alsace-Lorraine.

La presse locale a publié cet article qui essaye d'inciter les jeunes gens et surtout les Alsaciens à tenter à se présenter au concours d'admission des engagés volontaires d'un an : « Les engagés volontaires pour un an. En vertu d'une ordonnance du Chancelier de l'Empire, l'examen des engagés volontaires pour un an aura lieu le 29 novembre 1871. La commission d'examen se compose de deux officiers, MM les majors Masuch et Westernhagen, et de deux fonctionnaires, renommés dans le pays pour la part qu'ils ont prise à l'organisation des écoles supérieures, MM Baumeister, membre du conseil de l'instruction publique et Richter, conseiller d'Etat. Personne ne nous contredira, si nous prétendons que le service militaire obligatoire est une institution infiniment plus démocratique juste et utile, que le système des remplacements. Qui, en effet, oserait se faire l'apologie d'un système qui permet aux riches de se décharger, pour quelques milliers de francs, du devoir le plus pénible, mais aussi le plus sacré des devoirs, de la défense de la patrie, sur les épaules des déshérités de la fortune et de l'instruction ? C'est en Prusse que prit naissance l'institution des engagements volontaires pour un an, institution qui, nous pouvons le dire, est aussi devenue la plus populaire, depuis 1867, dans l'Allemagne du Sud. Cette institution impose à chacun le devoir de défendre le pays en cas de guerre, mais elle met tant d'équité dans la répartition de cette charge, que celui dont la culture intellectuelle est une garantie de la rapidité avec laquelle il pourra s'approprier les connaissances militaires, n'est enlevé à ses occupations que pendant le temps strictement nécessaire. Aussi voyons-nous dans toute l'Allemagne les jeunes gens prendre avec plaisir du service pour un an. Ce sont tous des jeunes gens, qui ont reçu des établissements d'instruction fixés par la loi des certificats d'aptitude, ou qui se sont soumis à l'examen. Il arrive souvent que des jeunes employés ou des étudiants font leur service d'un an dans l'endroit même où ils sont placés, ou bien dans la ville où est l'université ou l'école polytechnique, sans pour cela abandonner leurs bureaux ou négliger les cours. Mais ce ne sont pas seulement ceux qui ont fait des études, qui sont admis à l'examen, et qui profitent des égards tout particuliers des examinateurs, ce sont aussi des artistes, les marchands, les ouvriers, qui ont montré des capacités particulières chacun dans sa sphère. Si un ouvrier est indispensable à un établissement, il peut faire son service d'un an, sans qu'on exige de lui d'autres connaissances que celles qu'il peut avoir acquises à l'école primaire. Si un jeune homme remplissant les conditions voulues n'est pas à même de s'habiller, de s'équiper, de s'entretenir pendant son année de service, c'est l'Etat qui se charge des frais. L'engagé volontaire a même droit de choisir son arme, son régiment et la localité où il veut faire son service ; il peut aussi servir soit en qualité de chirurgien, de vétérinaire ou de pharmacien militaire.  L'examen du 29 novembre 1871 sera l'un des plus faciles qui ne se fera jamais. On se contentera de s'assurer que le candidat est un jeune homme de bonne tenue, et qui possède les connaissances nécessaires que l'on peut exiger d'un jeune homme bien élevé de 17 ans. En ce qui concerne la langue allemande, on se contentera aussi d'un minimum. Plus tard, l'examen sera plus sévère, on pourra requérir une connaissance solide de la langue allemande ; nous ne voulons pas dire par là que l'on exigera du candidat qu'il ait lu tel ou tel auteur classique allemand, mais on tiendra à ce qu'il puisse parler et écrire correctement et sans peine la langue allemande. Toutefois, comme nous l'avons dit, ces choses ne seront exigées que plus tard ; et les candidats à l'examen du 29 novembre 1871 n'auront pas trop à se plaindre de la sévérité des examinateurs ».

 

Vendredi 1erdécembre 1871

Recensement de la population en Alsace-Lorraine.

Recensement de la population de la Terre d'Empire Reichsland Alsace-Lorraine en 1871. Voici le résultat exact du recensement du 1er décembre 1871 :

Basse-Alsace « Unterlesaß » : 588 947 habitants « Bürger », 135 851 ménages, 100 294 maisons, 11 459 soldats.

Haute-Alsace « Oberelsaß » : 454 291 habitants, 101 167 ménages, 68 489 maisons, 4 689 soldats.

Lorraine « Lothringen » : 474 316 habitants, 119 497 ménages, 96 826 maisons, 16 143 soldats.

Total : 1 517 494 habitants, 856 515 ménages, 265 609 maisons, 82 244 soldats.

 

Samedi 9 décembre 1871

Création de la direction générale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine.

Signature de l'ordonnance impériale du 9 décembre 1871, relative à la création d'une administration appelée « kaiserliche Generaldirektion der Eisenbahnen in Elsass-Lothringen » (direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine) : « Suite à votre rapport du 5 de ce mois, je vous autorise à compléter le réseau, à gérer et mettre en œuvre les chemins de fer impériaux en Alsace-Lorraine, qui sont du ressort immédiat du service du chancelier de l'empire « Reichskanzler-Amt », à installer le siège à Strasbourg, et d'avoir dans leurs domaines tous les droits nécessaires à une administration publique. Cette ordonnance doit être portée à la connaissance du public par le Bulletin impérial des lois « Reichsgesetzblatt für Elsaß-Lothringen ». Fait à Berlin le 9 décembre 1871. (L.S.) Wilhelm. Fürst Bismarck ». 

 

Mercredi 13 décembre 1871

Allemagne, fortifications : le général Georg von Kamecke défend l’utilité des petites places fortes.

L’avis de Moltke qui n’avait que peu d’intérêt pour les petites places fortes se heurte néanmoins aux idées contradictoires du ministre de la guerre prussien, le général Georg von Kamecke qui, dans un exposé tenue le 13 décembre 1871, tente de montrer les avantages tirés par les français de ces petites places fortes Contre l’avis de Kamecke ont pouvait également citer d’autres exemples sur le dernier conflit, comme celui de la 14ème division qui en l’espace de 48 heures pris trois places fortes, tandis que la réparation du tunnel détruit de Montmédy nécessita 32 jours, celui de Nanteuil 44 jours et celui du viaduc de Xertigny 127 jours. C’est ainsi que l’on démontre que de petites et vieilles places fortes ne possédaient qu’une valeur de barrage très restreinte et que les ouvrages de voie ferrée pouvaient être détruit discrètement. Si on ne pouvait pas laisser tomber ce type de place, il faudrait penser à moderniser les défenses.

 

Vendredi 15 décembre 1871

Création de l'Université impériale de Strasbourg.

Un décret impérial du 15 décembre 1872 institue l'université de Strasbourg.

 

Lundi 18 décembre 1871

Indemnités de dmmage de guerre pour les personnes civiles.

La commission formée pour la fixation des indemnités relatives aux dommages de guerre pour le département du Bas-Rhin (hormis les arrondissements de Wissembourg et de la commune de Sélestat), conformément à l’article 1 de la loi du 14 juin 1871, a décidé ce qui suit : « Les personnes civiles, qui ont subies des dommages corporels suite au bombardement ou aux incendies provoqués par des moyens militaires lors de la dernière guerre (frais de cure, handicap, perte d’une personne subvenant à ses besoins,, etc.), doivent déposer leurs demandes écrite auprès de la préfecture pendant un délais de six semaines. S’ils ont déjà effectué une démarche semblable auprès du comité d’entre aide, il suffit d’écrire et de donner des précisions sur cette précédente déclaration. Strasbourg, le 18 décembre 1871. Au nom de la Commission, le préfet du Bas-Rhin von Ernshausen ».

 

Mercredi 20 décembre 1871

Strasbourg : décision de l'Empereur au sujet de l'agrandissement de la ville et de l'Université.

La presse locale a publié l'article suivant : « La Straßburger Zeitung a annoncé que l'Empereur a donné sanction à deux projets importants : la fondation de l'Université de Strasbourg et l'agrandissement de la ville. Au sujet de ce dernier projet, on dit qu'il va être mis immédiatement en exécution, et que le nouveau quartier de la ville, ne sera entouré que d'un simple mur d'enceinte. On dit que le futur curateur de l'Université, M de Roggenbach, a été autorisé à nommer des professeurs qui touchent des traitements montants jusqu'à 2 500 thalers ».

 

Jeudi 21 décembre 1871

Empire allemand : loi sur les servitudes militaires autour des fortifications.

Loi sur les servitudes militaires du 21 décembre 1871. Pour garantir l'absence d'obstacle au niveau des champs de tir autour des ouvrages de fortification, on a voté la loi du 21 décembre 1871 concernant la restriction des droits de propriétaires aux alentours des forteresses. Cette loi connue sous la dénomination de « Rayongesetz » (loi du rayon de fortification), fixe 3 rayons de fortification aux alentours des ouvrages, à 600, 975 et 2250 mètres, à l'intérieur desquels la construction était sévèrement réglementée voir même interdite. Les litiges concernant ces rayons, ainsi que le passage des routes et des voies ferrées ou l'aménagement de digues étaient soumis à l'examen de la commission impériale de rayon, à laquelle participait un officier prussien et un bavarois du corps du génie.


Samedi 30 décembre 1871

Reichsland : loi sur l’administration civile.

La loi relative à l’installation de l’administration d’Alsace-Lorraine date u 30 décembre 1871. En voici juste quelques extraits importants : « Nous Wilhelm, Empereur Loi relative à l’installation de l’administration (d’Alsace-Lorraine) du 30 décembre 1871.d’Allemagne par la volonté de Dieu, roi de Prusse, ordonnons au nom de l’Empire allemand, après accord du conseil fédéral “Bundesrath”, pour l’Alsace-Lorraine, ce qui suit :…. Voici une synthèse décrivant surtout l’organisation territoriale de l’Alsace-Lorraine annexée.

Organisation de l’Alsace-Lorraine annexée

L’organisation administrative des territoires annexés de l’Alsace-Lorraine est fixée par la loi du 30 décembre 1871, promulguée par le roi de Prusse au nom de l’empire allemand, avec l’accord de la diète fédérale « Bundesrath ».

Président impérial de Basse-Alsace « Unter-Elsass » (préfet) : von Ernsthausen (1871).

Le territoire de l’Alsace-Lorraine annexée est partagée en trois districts administratifs « Verwaltungsbezirke », qui correspondent à peu près aux anciens départements français.

Bezirk Unter-Elsaß (disctrict de Basse-Alsace), qui comprend l’ancien département du Bas-Rhin ainsi que les parties des cantons de Schirmeck et de Saales appartenant à l’Allemagne.

Bezirk Ober-Elsaß district de Haute-Alsace, qui englobe l’ancien département du Haut-Rhin, pour la partie qui appartient à l’Allemagne.

Bezirk Lothringen, district de Lorraine, qui comprend la partie allemande de l’ancien département de la Moselle et des anciens arrondissements de Château-Salins (Salzburg) et Sarrebourg.

Les « Bezirke » (districts) sont divisés en « Kreise » (arrondissements).

Le « Bezirk Unter-Elsaß » (Basse-Alsace) comprend 8 arrondissements :

« Stadtkreis Straßburg » (arrondissement de la ville de Strasbourg), c’est-à-dire le territoire de la commune de Strasbourg.

« Landkreis Straßburg » (l’arrondissement de Strasbourg campagne), avec les cantons de Brumath, Hochfelden, Schiltigheim et Truchtersheim.

Directeur impérial de l’arrondissement de Strasbourg – campagne : Kreis-Direktor Hasse (1872).

« Kreis Erstein » (arrondissement d’Erstein), avec les cantons de Benfeld, Erstein, Geispolsheim, « Rappoltsweiler » Ribeauvillé.

Directeur impérial de l’arrondissement d’Erstein : Kreis Direktor Hallen (1872).

« Kreis Haguenau » (arrondissement d’Haguenau), avec les cantons de Haguenau, Bischwiller, Niederbronn.

« Kreis Molsheim » (arrondissement de Molsheim), avec les cantons de Molsheim, Rosheim, Wasselonne, et les parties des cantons de Schirmeck et de Saales appartenant à l’Allemagne.

Kreis Schlettstadt » (arrondissement de Sélestat), les cantons de Barr, Marckolsheim, Sélestat et Villé.

« Kreis Weissenburg » (arrondissement de Wissembourg), avec les cantons de Lauterbourg, Seltz, Soultz, Wissembourg, Wörth.

« Kreis Zabern » (arrondissement de Saverne), avec les cantons de Bouxwiller, Drulingen, Lutzelbourg, Marmoutier, Saverne et Sarre-Union.

Le « Bezirk Ober-Elsaß » (district de Haute-Alsace) comprend 6 arrondissements :

« Kreis Colmar » (arrondissement de Colmar), avec les cantons de Colmar, Andolsheim, Munster, Neuf-Brisach et Winzenheim.

« Kreis Rappoltsweiler » (arrondissement de Ribeauvillé), avec les cantons de « Rappoltsweiler » (Ribeauvillé), Kaysersberg, « Markirch » (Sainte-Marie-aux-Mines), Lapoutroie.

« Kreis Gebweiller » (arrondissement de Gebwiller), avec les cantons de Ensisheim, Gebwiller, Ruffach, Soultz.

« Kreis Thann » (arrondissement de Thann), avec les cantons de Saint-Amarin, Thann, Sentheim, et la partie du canton de « Masmünster » (Masevaux) appartenant à l’Allemagne.

« Kreis Mülhausen » (arrondissement de Mulhouse), avec les cantons de « Mülhausen » Mulhouse, Habsheim, Landser, Huningue.

« Kreis Altkirch » (arrondissement d’Altkirch), avec les cantons de Altkirch, Hirsingue, Pfirst, et la partie des cantons de Dannemarie et de Fontaine appartenant à l’Allemagne.

Le « Bezirk Lothringen » (District de Lorraine) comprend :

« Stadtkreis Metz » (arrondissement de la ville de Metz), avec territoire de la commune de Metz.

« Landkreis Metz » (arrondissement de Metz campagne), avec les cantons de Metz I, II et III, à l’exception des communes de Bange, Verny, Bignat, avec les parties des cantons de Brien et Gorze appartenant à l’Allemagne.

« Kreis Diedenhofen » (arrondissement de Thionville), avec les cantons de « Diedenhofen » (Thionville), Kattenhofen, Metzerwiese, Sierk et les parties des cantons de Audun et de Longwy appartenant à l’Allemagne.

« Kreis Saarburg » (arrondissement de Sarrebourg), avec les cantons de « Saarburg » Sarrebourg, Finstingen, « Pfalzburg » Phalsbourg, et les parties des cantons de Lorquin et de Rechicourt appartenant à l’Allemagne.

« Kreis Château-Salins » (arrondissement de Château-Salins), avec les cantons de Delme, Albesdorf, Dieuze, et les parties des cantons de Château-Salins et de Vic appartenant à l’Allemagne.

« Kreis Bolchen » (arrondissement de Boulay), avec les cantons de « Bolchen » Boulay, Falkenberg, Busendorf.

« Kreis Saargemünd » (arrondissement de Sarreguemines), avec les cantons de « Saargemünd » Sarreguemines, « Wollmünster » (Volmunster), « Bitsch » (Bitche), Rohrbach.

« Kreis Forbach » (arrondissement de Forbach, avec les cantons de Forbach, Saint-Avold, Saaralbe, « Großtännchen » (Grostenquin).

Par ordonnance impériale les frontières des districts « Bezirke » et des cercles « Kreise » peuvent être modifiés, les cercles peuvent être fusionnés ou de nouveaux cercles peuvent être créés.

Les frontières des cantons « Cantone », leur fusion, ainsi que la création de nouveaux cantons relève du chancelier d’Empire.

Les lois qui mentionnent les termes de département ou d’arrondissement, sont à remplacer par les termes respectifs de « Bezirke » et de « Kreise ».

La plus haute autorité de l’administration de l’Alsace-Lorraine est le Président supérieur « Ober-Präsident », dont le siège « Amtsitz » est à Strasbourg. Il dépend directement du chancelier d’Empire. Il désigne son représentant en cas d’absence selon les instructions du chancelier.

Le président supérieur supervise les autorités de l’administration du pays « Landesverwaltung », ainsi que les fonctionnaires appartenant ou subordonnés à ces administrations. Il doit veiller à l’application des lois, ordonnances, ainsi que des ordonnances du chancelier d’Empire et il doit s’assurer, que l’administration agisse avec régularité et des principes de base communs.

Il arbitre en dernier ressort sur les opinions différentes provenant d’autorité placé sous ses ordres, au sujet d’un problème commun.

Il doit instruire les réclamations et prendre une décision, tant qu’elles sont de son ressort selon l’article

8, ou y joindre la décision du chancelier d’Empire.

Il doit veiller à l’établissement, conformément à la loi, de l’état annuel des dépenses et recettes du pays et il doit le présenter au début de l’année au chancelier de l’Empire.

Le président supérieur reçoit les attributions directes suivantes :

1) Toutes les affaires qui ne sont pas du ressort du chancelier d’Empire, qui concernent plusieurs districts ou des affaires que l’on ne peut pas régler localement au niveau d’un district ;

2) Tous les établissements publics qui relèvent de plusieurs districts ;

3) Les cours d’eau du Rhin et de la Moselle, ainsi que tous les canaux navigables, tant que ces derniers n’ont pas été transférés aux autorités de district par le chancelier d’Empire ;

4) Toutes les affaires qui sont du ressort commun des autorités militaires et des autorités civiles, et qui du côté militaire sont du ressort du général commandant.

De plus le chancelier d’Empire peut lui transférer partiellement ou complètement les attributions qui d’après les lois françaises étaient du ressort des ministères. Etc.

Le fameux paragraphe de dictature.

§ 10. En cas de menace sur l’ordre public, le Président Supérieur est autorisé, de prendre toutes les dispositions qu’il juge nécessaires, pour contenir la menace. Il est particulièrement autorisé, au sein du district soumis à la menace, d’user de la force nécessaire telle que le prévoit le § 9 de la Loi du 9 août 1849 (Bulletin des lois n°1511) qui concerne la mise en Etat de siège par les autorités militaires. Le chancelier d’Empire doit immédiatement être informé de la prise de telles dispositions.

« Fait à Berlin, le 30 décembre 1871. Wilhelm. Fürst Bismarck ».

 

Dénominations allemandes et françaises des noms des communes

 

Uniquement lorsque l’orthographe diffère de l’actuel

Bischweiler = Bischwiller

Bitsch = Bitche

Bolchen = Boulay

Buchsweiler = Bouxwiller

Diedenhofen = Thionville

Fröschweiler = Frœschwiller

Görsdorf = Goersdorf

Großtännchen = Grostenquin

Hölschloch = Hoelschloch

Ingweiler = Ingwiller

Kleeburg = Cleebourg

Kronenburg = Cronenbourg

Langensulzbach = Langensoultzbach

Lauterburg = Lauterbourg

Lützelstein – Lutzelbourg

Markirch = Sainte-Marie-aux-Mines

Masmünster = Masevaux

Mertzweiler = Mertzwiller

Mülhausen = Mulhouse

Münster = Munster

Neehweiler = Neewiller

Niederehnheim = Niedernai

Oberehnheim = Obernai

Pfalzburg = Phalsbourg

Rheinau = Rhinau

Rappoltsweiler = Ribeauvillé)

Röschwoog = Roeschwoog

Saarburg = Sarrebourg

Saargemünd = Sarreguemines

Schirmeck-Vorbruck = La Broque

Schlettstadt = Sélestat

Selz = Seltz

Straßburg = Strasbourg

Sufflenheim – Soufflenheim

Sulz = Soultz-sous-Forêts

Surburg – Surbourg

Walburg = Walbourg

Wanzenau = Wantzenau

Wasselnheim = Wasselone

Weissenburg = Wissembourg

Weiler = Villé

Wollmünster = Volmunster

Zabern = Saverne

 

Sources

 

Auteurs divers : L’Alsacien journal du peuple et du commerce - Elsässische Volks und Handels-Zeitung, 1871. S0215.

Auteurs divers : Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für das General-Gouvernement Elsaß, 1871, 1872.

Burger Matthias : Die Bundesfestung Ulm, Deutschland grösste Festungsensemble ; autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2006. S2830.

Burger Matthias : Bundesfestung Ulm, Ein Führer durch die Festungsanlagen, autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2010. S2551.

Dumsky Walter : Die deutschen Festungen von 1871 bis 1914 : Strategische Bedeutung und technische Entwicklung. Erlanger Historische Studien herausgegeben von Professor Dr. Karl-Heinz Ruffmann Professor Dr. Hubert Rumpel. Bd. / Vol. 11 ; Frankfurt am Main, New York, Paris ; 1987.

Frijns Marco, Malchair Luc, Moulin Jean-Jacques, Puelinckx Jean : Index de la fortification française 1874-1914, autoédition, 2008. S2757.

Frobenius H. : Unsere Festungen. Entwicklung des Festungswesens in Deutschland seit Einführung der gezogene Geschütze bis zur neusten Zeit. Band I : Die Ausgestaltung der Festung ; 1912.

Grabau A. : Das Festungsproblem in deutschland und seine Auswirkung auf die strategische lage von 1870-1914, Berlin, 1935.

Gosch Frank : Festungsbau an Nordsee und Ostsee ; Die Geschichte der Deutschen Küstenbefestigung bis 1918, Mittler & Sohn, Hamburg, Berlin, Bonn, 2003. S2938.

Lacoste W. : Neubreisach 1871 – 1916, Strassburg Vorfeld 1914-1916 in DAWA Sonderheft 29, 1997.

Lacoste W. : Die Weserforts. Beiträge zur Geschichte in DAWA Sonderheft 28. Deutschen Atlantikwall Archiv, 1999.

Le Halle Guy : Histoire des fortifications en Franche-Comté et pays d’Ain, Martelle Editions, 1991. S0360.

Le Hallé Guy : Le système Séré de Rivières ou le témoignage des pierres, Ysec, 2001. S1253.

Rolf Rudi : Die Deutsche Panzerfortifikation. Die Panzerfesten von Metz und ihre Vorgeschiche ;

1991 ; Biblio Verlag, Osnabrück. S0081.

Romagny Ch. : Tableau – memento chronologique des événements avec notices explicatives, L. Baudoin, Paris, 1891. S2786.

Tempelman Lex & Will Chris : De Nieuwe Hollandse Waterlinie, 2009.

Theile Markus : Das Fort Oberer Kuhberg, autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2014.

Torfs L., en collaboration avec A. Casterman : Les agrandissements et les fortifications d’Anvers ; Bruxelles, 1871.

 

 

Rédaction de la chronique 1871 et traductions : MJR 2018.