1870

 

Chroniques de l’année 1870

 

 

Dernière mise à jour : 13 mars 2020

 

 

Voici les chroniques de la place forte de Strasbourg. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications et de la garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services. Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire de cette année 1870, mais prenez garde à gratter la couche de nationalisme que l’on retrouve dans la presse allemande et française.

Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour.

 

Abréviations et termes allemand couramment utilisés :

 

A.K.O. = Allerhöchste Kabinetts-Order = Ordre du cabinet impérial / Ordonnance impériale (ordre signé par l’Empereur d’Allemagne).

IR = Infanterie-Regiment = Régiment d’infanterie (généralement suivi de son numéro).

Reichsland = Terre d’Empire = partie annexée de l’Alsace-Lorraine.

 

Les grades allemands et leur équivalence françaises :

 

General der Infanterie, General der Kavalerie = équivalent au général de corps d’armée.

Generallieutenant = équivalent au général de division.

Generalmajor = équivalent au général de brigade.

Oberst = = colonel.

Oberstlieutenant = lieutenant-colonel.

Major = chef de bataillon, chef d’escadron, commandant.

Hauptmann ou Rittmeister (pour les troupes montées) = capitaine.

Oberleutnant = lieutenant

Leutnant = sous-lieutenant.

 

Remarque : l’orthographe allemande diffère de celle d’aujourd’hui. Par exemple pour les portes on note la présence d’un h « Thor » qui a disparu ultérieurement (Tor), et de nombreux mots s’écrivent encore avec un c, alors que quelques années plus tard on utilisera le k, comme pour Fortification écrit ultérieurement Fortifikation. On germanise les mots d’origine française. J’emploi autant que possible l’orthographe d’origine.

 

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction.

 

 

Allemagne, Front Nord, côte de la mer du Nord « Nordsee »

 

A la suite à la crise du Luxembourg, puis de la guerre franco-allemande de 1870-1871, renforcement des fortifications côtières allemandes.

 

Embouchure de la Weser - Places fortes et fortifications côtières de Bremerhaven & Gestemündung

Ouvrages en cours de construction :

Fort Langlütjen I (1869-1872), à Gestemünde. Ouvrage au tracé elliptique sur une île artificielle, sur laquelle on a érigé une batterie cuirassée comprenant 9 canons frettés de 21 cm Ringkanone L/22 sur affûts à embrasure minima « Minimalschartenlafetten » alignés dans une galerie cuirassée en fonte durcie, conçue et construite par la société Gruson de Magdebourg. Au milieu de l’île a été erigé un ouvrage rectangulaire appelé « Kernwerk » qui était initialement prévu pour trois tourelles cuirassée tournante de Gruson, mais jamais installées. Elle abrite la cuisine, les locaux d’hébergement et la salle des machines pour les groupes électrogènes. La construction de cet ouvrage a été longue et très difficile à cause des nombreuses tempêtes et du sous-sol vaseux. Juillet 1870 : lors du déclanchement de la guerre franco-allemande de 1870-1871, l’ouvrage avait été mis provisoirement en état de défense.

Fort Brinkamahof I (1867-1872), Gestemünde :10 canons de 21 cm L/22, par paires dans des positions à ciel ouvert.

 

Place forte de Wilhelmshaven

Ouvrages en cours de construction ou de modernisation :

Heppenser Batterie (1863) aménagement provisoire remplacé ultérieurement par un ouvrage permanent. Elle était armée de 2 canons de 28 cm et 11 canons de 24 cm. 1864 : désarmement de la batterie. 1870-1871 : réarmement de la batterie pendant la guerre franco-prussienne.

Dauensfelder Batterie (1869-1870) comprenant 13 pièces à ciel ouvert entre les traverses.

 

Place forte de Cuxhaven

Ouvrage en cours de construction :

Fort Kugelbake (1869-1879) fort pentagonal, aux dimensions d’environ 250 m et 150 m. Comprend un mur d’escarpe maçonné en briques avec de nombreuses embrasures pour la défense rapprochée au fusil. Le fort est muni d’un fossé plein d’eau à la gorge et sur les flancs, et d’un fossé devant les deux faces. Flanquement du fossé par une caponnières d’épaule gauche, une caponnière de saillant et une caponnière de gorge. Entrée munie d’un blockhaus de garde en maçonnerie et d’un pont-levis aujourd’hui disparu. Armé initialement de 10 canons de 28 cm répartis en deux batteries de 5 pièces qui tenaient sous leur feu tout le chenal. Sur le flanc gauche 4 canons de 12 cm orientés vers la mer. 1899 : le fort est relié à la gare de Cuxhafen par une ligne de chemin de fer à voies étroites. 1909 : dotation d’un plus puissant projecteur du monde, qui éclairait jusqu’à 4,5 km de distance, était escamotable et abrité dans un ouvrage en béton. L’ouverture du canal de la Mer du Nord à la Baltique a accrue l’importance du fort qui a été modernisé jusqu’en 1911. 1914 : retrait de 5 pièces de 28 cm transférée vers les côtes de Flandres. 1937 : installation de batteries antiaériennes « Flak » 8,8 cm. 1941 : remplacement des canons par du 10,5 cm à chargement rapide et installation d’un poste de commandement et de tir et d’un poste de mesure de type Freya. 1947 : le fort retourne à un usage civil. 1992-1994 : restauré avec des fonds allemands et européens, il est le dernier exemplaire de forts de défense côtière.

 

Allemagne (Prusse - Rhénanie), Front Ouest

 

Place forte de Koblenz

Ouvrage en cours de construction :

Rive droite du Rhin

Arzenheimer Schanze (1866-1867, 1869-1873), initialement un ouvrage en terre, transformé en ouvrage de fortification permanente. Lunette comportant 2 faces de 60 m et 2 flancs de 40 m entourée d’un fossé. Remparts aménagés pour l’infanterie et l’artillerie. Sur la gorge une entrée avec pont-levis et une caserne de gorge casematée à un nivezau pour l’hébergement des troupes. 1875-1877 : relié aux fortifications principales par un chemin fortifié « Kolonnenweg ». 1920/1921 : ouvrage arasé complètement dans le cadre du traité de Versailles.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ingolstadt

Ouvrage en cours de construction :

Rive gauche du Danube

1ère ceinture d’ouvrages avancés permanents

Fort I – Werk 24 (octobre 1868-septembre 1872) Vorwerk Haslang - Fort Haslang. Lunette érigée à l’est de Samhof. Lunette « Hornwerk Haslang ». Elle devait être équipée de pièces d’artillerie en cas d’attaque. Troisième fort avancé érigé en fortification permanente. Lunette pentagonale avec une caponnière double de tête et deux caponnières simples sur les angles d’épaule. Caserne de gorge maçonnée à la gorge. Le fort à été détruit à ‘explosif après la seconde guerre mondiale. Comprend 4 traverses-abris sur le flanc gauche et les fronts droit et gauche, et 3 sur le flanc droit. Il y a quelques années le tas de débris a été couvert par une zone urbanisée. Lors des fouilles une partie du système de contremines a été mis mis à jour.

 

Belgique

 

Place forte d’Anvers

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Kruibeke (1870-1880), également dénommé Fort Van Eopoel ou Fort Kapitaen.

Fort de Zwinjdrecht (1870-1880), également dénommé Fort Brosius ou Fort Kolonel I.M.F.

 

France Front Ouest Côtes de la Mer du Nord Manche et de l’Atlantique

 

Place forte de Cherbourg

Ouvrages en cours de modernisation :

Batterie basse de Nacqueville (1817). 1870 : réorganisation. 1878-1881 : remodelage de la batterie pour 4 canons de 27 cm modèle 1881.

 

Place forte de Brest

Ouvrages en cours de construction :

Redoute de Pen Ar Creach (1870 environ) E de Brest. Redoute au tracé trapézoïdal destiné à la défense terrestre de la place. Etat actuel : disparu.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Metz

Après l’apparition en 1859 de l’artillerie rayée, qui permet un accroissement sensible de la précision, de la portée et de la puissance des tirs par l’adoption du projectile cylindro-ogival, le réaménagement des fortifications s’avère nécessaire. Il s’agit d’éloigner l’artillerie de l’assiégeant du noyau des places fortes par la construction de forts détachés et de batteries, qui sont éloignés de 2 à 10 km du noyau urbain, en fonction de la prise en compte des progrès de l’artillerie.

A Metz, ce n’est que vers 1867 que l’on commence les travaux de construction de forts détachés sous la direction du colonel Séré de Rivières, chef du Génie de la place de 1864 à 1869. Alors que la construction de 8 forts détachés avait été planifié, en juillet 1870, au déclanchement de la guerre franco-prussienne de 1870, seuls 4 forts détachés sont pratiquement terminés : les forts de Saint-Julien, Fort de Queuleu, Fort Diou et Fort de Plappeville. En mai 1870 on commence les travaux du Fort des Bordes, du Fort de Saint-Privat et du Fort de Saint-Eloy. Alors que ces derniers sont à peine commencés, ils ne servent que de batteries pendant le conflit. En effet dès le 19 août 1870 le maréchal Bazaine se laisse enfermer avec 170 000 hommes dans la place de Metz qui est assiégée. Il capitule le 27 octobre 1870. Après la chute de la place forte de Metz, ce sont les Allemands qui poursuivront les travaux de construction de cette première ceinture de fortifications détachées.

Ouvrages en cours de construction :

Rive gauche de la Moselle

Fort de Plappeville (1867-1870 puis 1871-1891) Fort Alvensleben. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge

Fort Diou (1867-1870 ouis 1872-1892) Ostfort puis intégré au groupe fortifié Feste Prinz Friedrich Karl actuel groupe fortiifé du Mont Saint-Quentin. Le fort Diou est construit par les Français. Il est de forme trapézoïdale au tracé bastionné quadrangulaire (4 bastions), dont deux avec casemates d’artillerie, avec fossé sec taillé dans le roc, en partie maçonné. Artillerie disposée sur le tracé bastionné et sur un cavalier polygonal placé en équerre, avec caserne à 2 niveaux et un magasin à poudre. L’entrée est munie d’un pont-levis. Les Français avaient conçu le fort pour recevoir 38 pièces d’artillerie et 692 hommes. 1872-1892 : les Allemands installent à l’autre extrémité du plateau le Fort Mannstein et organisent puissament l’espace entre les deux forts pour former le groupe fortifié. Réaménagent du tambour couvrant l’entrée à la gorge avec un blockhaus de garde. 1887-1890 environ, renforcement d’une partie des locaux, installation d’une cloche lourde d’observation d’artillerie à priori du type P.B.St. 1896 au centre du cavalier central, monte-charge à munition avec panier rond et câble, cuisinières autoclaves, métallique, réseaux de fil, grilles défensives, coffres de contrescarpe avec chambres de tir munies de dispositif d’accrochage mural des canons-révolvers de 3,7 cm et volets blindés sur les créneaux de fusillade.

Rive droite de la Moselle

Fort de Queuleu (1867-1870, puis 1871-1875) Fort Goeben. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un vaste fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front large de 800m et profondeur de 450 m, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie et d’artillerie. A la gorge une grande caponnière centrale relie les 2 casernes. Au centre du fort un important cavalier polygonal ouvert à la gorge formant réduit avec une grande casernes, magasins et abris, très surélevé, qui forme la batterie haute pour le combat éloigné. L’artillerie des parapets des bastions est prévue pour le combat rapproché. 23 août 1869 : décision ministérielle fixe l’effectif à 2 000 hommes avec une dotation en artillerie de 122 pièces. 1871-1890 poursuite des travaux de construction par les Allemands avec quelques aménagements particuliers : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, 2 observatoires d’artillerie cuirassé modèle 1887 sur le cavalier, 3 guérites observatoires cuirassés d’infanterie modèle 1890 (WT 90) sur la pointe de chaque bastion du front de tête, batteries annexes de part et d’autre et à la gorge, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charge, traverses-abris, blindage des fenêtes, vers 1887-1890 renforcement d’une partie des locaux du fort, mise en place d’une réseau de fils de fer. Octobre 1943 : la Gestapo installe un camp de concentration dans la casemate A jusqu’en août 1944. Actuellement le fort est un parc public et un musée mémorial des internés déportés.

Fort de Saint-Julien (1867 puis 1871-1891) Fort Manteuffel. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge. Le parapet d’artillerie des fronts bastionné destiné à la défense rapprochée et au flanquement et le parapet du cavalier à la défense éloignée. Une grande caserne de gorge avec caponnière sur la partie centrale et une caserne sous le centre du cavalier. Les Français avaient prévu un armement de 75 pièces d’artillerie et un effectif de 1 750 hommes. 1871-1890 les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, batteries annexes de part et d’autre, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme le monte-charge, traverses-abris, blindage des fenêtes, vers 1887-1890 renforcement d’une partie des locaux du fort, mise en place d’un réseau de fils de fer.

Fort de Saint-Privat (Début 1870 puis 1872-1875) Fort Prinz August von Württemberg. 1870 Construction des terrassements par les Français. 1872-1875 Reprise des travaux par les Allemands selon leurs plans d’un Fort de type Biehler. Lunette élargie, à fossé sec, grand fort comportant une gorge pseudo bastionnée avec caserne brisée vers l’intérieur, 4 traverses-abris par face, 2 batteries annexes, 2 observatoires cuirassés. Modernisé vers 1887-1890 suppression des caponnières d’épaule remplacée chacune par un coffre de contrescarpe simple et campoonière du saillant remplacée par un coffre double de contrescarpe. Fort conçu pour 750 hommes et environ 44 pièces d’artillerie.

Fort des Bordes (1870 puis 1874-1875) Fort Zastrow. Les Français ont commencé le terrassement en 1870. Pendant le siège de Metz en 1870, on y a installé une batterie. Après la guerre les Allemands construisent un fort de forme trapézoïdale, comportant au centre une caserne pour 80 hommes, un magasin à poudre sous le rampart du flanc gauche et 3 abris à munitions sous les remparts. A la gorge une caserne pour 500 hommes. Le fort est muni d’un fossé sec battu par trois coffres de contrescarpe. 1887-1890 : installation de 2 batteries annexes avec 6 alvéoles et un abri à munition encadraient l’ouvrage de part et d’autre des angles de gorge. Armement : 16 pièces dont 6 du premier armement. L’essentiel du fort a été remblayé.

 

Place forte de Belfort

Ouvrage en cours de construction :

Fort des Barres (1865-1870) fort Hatry, profil bastionné.

 

Place forte de Langres

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de la Gare (1870-1871) aménagée en urgence pendant la guerre de 1870-1871.

Batterie des Franchises (1870-1871) aménagée en urgence pendant la guerre de 1870-1871.

Fort de la Bonnelle (1869-1875) fort Decrès.

Fort des Fourches (1870-1871) parfois dénommé fort du Mont des Fourches. Construit en urgence pendant la guerre de 1870-1871.

Fort de Peygney (1869-1875) fort Constance-Chlore, NE de Langres. 1870 : mise en état de défense.

 

Place forte de Besançon

Ouvrages en cours de construction :

Fort de l’Est des Bois (1870-1871) fort Montbarrey.

Fort des Justices (1870-1871) fort Pajol, construit pendant la guerre de 1870-1871.

Redoute Benoît ou Redoute de Palente, puis Fort Benoît (1870-1871) redoute, puis Fort Benoit 1877-1880 Fort de Palente.

Redoute de Montfaucon (1870-1872) fort Donzelot, dénommé Vieux fort de Montfaucon. Ancienne redoute en terre sur laquelle on a construit des abris en maçonnerie.

 

Pays-Bas

 

Ligne d’Utrecht « Waterlinie »

 

Place forte de Naarden – Position avancée

Ouvrages en cours de construction :

Werk III - Ouvrage n°3 (1870) Aile droite (à l’ouest), commune de Bussum.

Werk IV - Ouvrage n°4 (1868-1870) ou batterie centrale « Fort Werk IV ».

Werk V - Ouvrage n°5 (1870) Aile gauche (à l’ouest), comune de Bussum.

 

Position d’Utrecht

Ouvrages en cours de construction :

Fort bij Vechten (1867-1870). Fort à fossé plain d’eau comprenant 5 bastions et un réduit de gorge. En 1877 construction d’une caserne à l’épreuve des bombes. 1950-1996 utilisé comme site de stockage par le ministère de la défense. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, actuel musée national de la Waterline.

Fort bij Rijnauwen (1868-1871). Grand fort à fossé plein d’eau, plus grand fort de la Waterline (31 ha). EN 1877-1885 il est modernisé, construction d’une grande caserne à l’épreuve des bombes et des batteries de flanquement n°3 et 4. En 1885 son équipage était d 675 hommes et 105 pièces d’artillerie. 1918 installations d’abris de groupe en béton type 1918. En 1939 installation d’une casemate de mitrailleur « Koepelkazemat type G » et d’abris de groupe « Groepschuilplaats Type P ». 1942-1943 lieu de détention et d’exécution. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Fort Ruigenhoek (1867-1870). Actuellement utilisé par l’administration forrestière, ouvert au public.

Fort Voordop (1867-1870). Actuellement ropriété privée.

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

 

 

Allemagne : Prusse

1870 : mise en service du canon de 15 cm court « Kurze 15-cm-Kanone ».

1870 : mise en service du mortier de 21 cm « 21-cm-Mörser C/70 » (2 mortiers lourds d’expérimentation) dénommé « Vers. Mrs » ou « Versuchs-Mörser ».

S0596 : Generalleutnant a.D. Schirmer : V. Teil : Das Gerät der schweren Artillerie ; Verlag Bernard & Graefe, Berlin ; 1937.

 

 

Parution de livre et ouvrages divers ayant un rapport avec la fortification

 

Cochet de Savigny M. : Dictionnaire de la gendarmerie à l’usage des officiers, sous-officiers et gendarmes, 11ème édition, Léautey éditeur, Paris, 1870.

Destrait M. : Conseil municipal : Revendication de la caserne vieille des Ponts-Couvert et des écuries de la place d’armes. Rapport présenté par M. destrait dans la séance du vendredi 13 mai 1870, Strasbourg, 1870.

 

 

Chroniques de l’année 1870

 

 

Mardi 25 janvier 1870

France, Strasbourg place forte : Etat général des magasins à poudre, souterrains et abris voûtés de la place.

Le 25 janvier 1870, le commandant du génie de Strasbourg adresse au directeur du Génie de la place un état général réalisé en date du 31 décembre 1869, accompagné d’une lettre datée du 25 janvier 1870. L’ensemble de ces documents est transmis à une instance supérieure par le directeur du génie de la place de Strasbourg, avec comme conclusion : « Il n’y a pas à vrai dire dans Strasbourg, une vraie caserne voûtée, et dans la Citadelle surtout une semblable construction est de première urgence », signé à Strasbourg le 28 janvier 1870.

 

Samedi 5 février 1870

France, Alsace voies ferréées : Ligne Bollwiller – Gebwiller.

La ligne est livrée à l’exploitation le 5 février 1870.

 

Samedi 2 juillet 1870

Prusse : annonce de la candidature de Léopold de Hohenzollern Sigmaringen au trône d’Espagne.

En septembre 1868, le général Joan Prim lance un soulèvement révolutionnaire en Espagne. Cette révolution est dénommée « La Gloriosa » (la glorieuse) ou « La septembrina » (la Septembrienne). Le général Joan Prim force la reine Isabelle II d’Espagne (1830-1904) à abdiquer. La reine s’exile en France et n’abdique qu’en 1870. En septembre 1869 l’Espagne entame de distrète négociations pour trouver un nouveau souverain en Europe. Elle a proposé la couronne à Léopold de Hohenzollern Sigmaringen, un lointain cousin du roi de Prusse Guillaume Ier. Après une longue réflexion, le roi de Prusse en tant que chef de famille donne son accord, ce qui est annoncé le 2 juillet 1870, ce qui provoque une énorme indignation en France. La Cour des Tuilleries charge donc l’ambassadeur de France à Berlin, le comte de Benedetti, de demander au roi de Prusse, de désavouer Léopold. Le 12 juillet 1870, le prince, face à l’émotion provoquée en France et face à la restistance aux Cortès, renonce spontanément. En Espagne, les six années qui suivent sont nommées « Sexenio Democratico » (les six ans démocratiques). Finalement le duc Amédée de Savoie est choisi pour lui succéder, mais il abdique en 1873. Devant cette situation inextricable, la République est proclamée le 11 février 1873. En 1874, les Bourbons sont restaurés dans la personne d’Alphonse XII, fils d’Isabelle II. A partir de 1876, c’est une monarchie constitutionnelle qui s’installe.

 

Dimanche 3 juillet 1870

France : la presse annonce la candidature de Léopold de Hohenzollern au trône d’Espagne.

Les journaux français annoncent que le prince Léopold de Hohenzollern, parent du roi de Prusse, est candidat au trône d'Espagne.

 

Mercredi 6 juillet 1870

France, politique : interpellation du ministre des Affaires étrangères.

Le ministre français des affaires étrangères, duc de Grammont, interpellé au sujet de cette candidature Hohenzollern, déclare à la tribune du Corps législatif que le gouvernement ne souffrira pas qu'une puissance étrangère place un de ses princes sur le trône de Charles-Quint et mette ainsi en péril les intérêts et l'honneur de la France.

 

Lundi 11 juillet 1870

Allemagne, Royaume de Prusse : Léopold de Hohenzollern Sigmaringen renonce à sa candidature au trône d’Espagne.

Après la démarche de l’ambassadeur de France, comte de Benedetti auprès du roi de Prusse Guillaume Ier, le Léopold de Hohenzollern Sigmaringen inquiet de l’émotion soulevée et soucieux de certaines résistances et du fait que son initiative risquait de rencontrer des résistances aux Cortès, renonçe à se porter candidat à la couronne d’Espagne. L’incident paraît donc clos et semblait satisfaire la France.

 

Mardi 12 juillet 1870

Prusse : annonce de la candidature de Léopold de Hohenzollern Sigmaringen au trône d’Espagne.

En septembre 1868, le général Joan Prim lance un soulèvement révolutionnaire en Espagne. Cette révolution est dénommée « La Gloriosa » (la glorieuse) ou « La septembrina » (la Septembrienne). Le général Joan Prim force la reine Isabelle II d’Espagne (1830-1904) à abdiquer. La reine s’exile en France et n’abdique qu’en 1870. En septembre 1869 l’Espagne entame de distrète négociations pour trouver un nouveau souverain en Europe. Elle a proposé la couronne à Léopold de Hohenzollern Sigmaringen, un lointain cousin du roi de Prusse Guillaume Ier. Après une longue réflexion, le roi de Prusse en tant que chef de famille donne son accord, ce qui est annoncé le 2 juillet 1870, ce qui provoque une énorme indignation en France. La Cour des Tuilleries charge donc l’ambassadeur de France à Berlin, le comte de Benedetti, de demander au roi de Prusse, de désavouer Léopold. Le 12 juillet 1870, le prince, face à l’émotion provoquée en France et face à la restistance aux Cortès, renonce spontanément. En Espagne, les six années qui suivent sont nommées « Sexenio Democratico » (les six ans démocratiques). Finalement le duc Amédée de Savoie est choisi pour lui succéder, mais il abdique en 1873. Devant cette situation inextricable, la République est proclamée le 11 février 1873. En 1874, les Bourbons sont restaurés dans la personne d’Alphonse XII, fils d’Isabelle II. A partir de 1876, c’est une monarchie constitutionnelle qui s’installe.

 

Mercredi 13 juillet 1870

Allemagne, Royaume de Prusse : l’ambassadeur de France à Berlin recontre le roi de Prusse qui est aux eaux à Ems.

L’opinion publique française étant toujours remontée par la presse, le gouvernement français souhaite obtenir des garanties pour empêcher toute nouvelle candidature du Léopold de Hohenzollern Sigmaringen.

Le 13 juillet 1870 l’ambassadeur de France, le comte de Benedetti rencontre à nouveau le roi Guillaume Ier à Ems, et lui demande de donner l’assurance qu’il n’autoriserait plus une candidature de son cousin au trône d’Espagne. Le roi de Prusse Guillaume Ier est fort étonné par cette nouvelle requête et se récuse de façon très conciliante en ajoutant qu’il comptait communiquer dans l’après-midi à l’ambassadeur la renonciation officielle de Léopold de Hohenzollern Sigmaringen.

En effet au cours de l’après-midi, la communication est faite par l’intermédiaire d’un aide de camp. Guillaume 1er a ajouté qu’il donnait à la renonciation « son approbation entière et sans réserve ». L’ambassadeur de France, le comte de Benedetti se déclara « satisfait ».

Une autre source indique : Le roi Guillaume approuve le désistement du prince Léopold, mais il refuse catégoriquement de prendre des engagements pour l'avenir. A l'ambassadeur français Benedetti, qui insiste pour obtenir une nouvelle audience, le roi fait répondre « qu'il n'a rien de plus à lui communiquer ».

Tout semblait donc pour la deuxième fois rentrée dans l’ordre quand, de Berlin, Bismarck, qui croyait –par malheur à juste titre- savoir où il allait, prit le parti de brouiller les cartes.

Informé par une dépêche de son souverain des conversations d’Ems, il en fit publier le soir même un résumé qui en dénaturait l’esprit et d’après lequel le roi, objet d’une démarche indiscrète et presque insolente de notre ambassadeur, avait purement et simplement éconduit celui-ci.

La nouvelle ainsi déformée eut les résultats qu’en attendait l’auteur : elle souleva la colère en Allemagne et acheva d’exaspérer la France.