Chroniques 1881

 
 
 

Dernière mise à jour : 30 décembre 2020 par MJR

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction

 

 

Allemagne (Empire)

 

 

Allemagne Front Nord & fortifications côtières.

 

Embouchure de la Weser - Places fortes et fortifications côtières de Bremerhaven & Gestemündung

Ouvrage en cours de construction :

Fort Brinkamahof II (1875-1881), érigé sur une île artificielle, 3 tourelles jumelées, 3 x 2 canons 28 cm Hb L/22 ; 1 tourelle jumelée de 2 x 15 cm L/23 SK.

 

Place forte de Swinemünde

Ouvrage en cours de construction ou de modernisation :

Westbatterie (18 ?-1861). 1878-1887 : réaménagement de la Westbatterie. 1905 : renforcement du rempart de la Westbatterie. 1908-1910 : à la suite du progrès de l’artillerie une partie des pièces d’artillerie a été transférée. Construction d’une batterie sur les rives Est et Ouest.

 

Allemagne Front Est

 

Place forte de Königsberg

Königsberg est l’ancienne ville allemande et capitale de la Prusse-Orientale, est actuellement située dans une enclave russe qui est dénommée Kaliningrad. En effet elle a été annexée à la Russie à l’issue de la seconde guerre mondiale.

La place forte de Königsberg est une tête de pont située sur la Pregel (un cours d’eau actuellement dénommée Prégolia), un cours d’eau long de 123 km, qui débouche dans la mer Baltique, dans la lagune de la Vistule en l’aval de Kaliningrad. Elle se distingue à un haut degré par des conditions locales très favorables à la défense. Les cours d’eau de la Prégel, de la Deima (actuel Deïma), une grande forêt infranchissable et les deux Haf font de tout ce pays une grande forteresse naturelle. Les ingénieurs prussiens ont admirablement tiré parti de ces avantages. Au centre de cette vaste position s’élève le camp retranché de Königsberg à la construction duquel on a consacré 7 837 000 thalers (près de 30 000 000 de francs de l’époque) en 1873. L’enceinte continue de la place à une étendue de 11 kilomètres. Tout autour, sur une circonférence d’environ 40 kilomètres de développement, sont répartis douze forts détachés érigés entre 1874 et 1885. La durée de construction des forts détachés de Königsberg est nettement plus longue que celle des forts détachés de Strasbourg qui a été menée dans l’urgence. Elle dure entre 4 et 6 ans, avec une durée de cinq ans pour la plupart des ouvrages. Neufs grandes routes, importantes au point de vue militaire, et trois voies ferrées, sans compter le chemin de fer de Pillau, aboutissent à la ville. En 1875, on trouve à Königsberg le quartier général du 2e corps d’armée allemand.

En 1881, une revue militaire française a publié un article russe qui analyse en détail la défense du front Est de l’Allemagne et les éventuelles options stratégiques de l’armée russe. Une armée de droite, réunie à Vilna ou Kovno, qui se portera sur la Prusse-Orientale, ayant pour première mission d’assiéger Königsberg. Sur cette partie du théâtre de guerre, les opérations ne seront pas décisives, l’objectif principal de l’action des troupes russes devant être Berlin, et par suite, la ligne principale d’opérations, celle de Varsovie-Berlin. Le rôle de l’armée russe de droite doit consister surtout à couvrir la voie principale de communication : Pétersbourg-Varsovie, contre toute attaque possible de l’ennemi réuni près de Königsberg. La défense de la Prusse-Orientale devrait se concentrer sur la moyenne Prégel. Les conditions avantageuses du pays, le développement de ses voies de communication, les défenses naturelles et artificielles de Königsberg, conduisent les auteurs allemands à croire que l’Allemagne pourra, même avec des forces relativement faibles, défendre cette province avec succès. En effet, Königsberg doit immobiliser longtemps les troupes assiégeantes ; le parc de siège russe stationné à Dunabourg, ne peut être amené par le chemin de fer que jusqu’à la frontière ; et par suite il faudra le traîner pendant encore environ 20 milles (150 km) sur les routes ordinaires. Cette analyse a été réalisée en se référant aux écrits d’auteurs militaires allemands de l’époque.

Ouvrages en cours de construction :

Fort V, König Friedrich Wilhelm III (1876-1881).

Fort VI, Königin Louise (1876-1881).

Fort VIII, Fort König Friedrich I (1878-1883).

Fort IX, Fort Dohna (1878-1882).

Fort X, Fort Kanitz (1877-1882).

Fort XI, Fort Dönhoff (1877-1882).

Fort XII, Fort Eulenburg (1879-1885).

 

Place forte de Posen, actuel ville de Poznan en Pologne.

Posen est une ville de l’ancienne province de Prusse, une ville située sur les rives de la rivière Warta. La ville est rattachée à la Pologne par le traité de Versailles du 28 juin 1919. Elle est désormais appelée Poznan. Elle est la capitale historique de la province de la Grande Pologne. Le 1er novembre 1939 la ville est à nouveau appelée Posen et annexée par l’Allemagne. En 1945 la ville est assiégée par les forces soviétiques qui finissent par se rendre maître de la ville en février 1945. Elle reprend son nom polonais de Poznan.

Ouvrages en cours de construction :

Rive gauche de la Warta

Zwischenwerk IVa (1878-1881) Fort Waldersee II, ouvrage intermédiaire.

Fort V (1879-1883) Fort Waldersee I, fort détaché de ceinture. 1940-1944 : utilisé comme dépôt de munitions. Etat actuel : il ne resterait que la caponnière du saillant et quelques fragments.

Fort VI (1879-1883) Fort Tietzen, fort détaché de ceinture. Après 1945 : utilisé par les militaires et a survécu dans de bonnes conditions.

Zwischenwerk VI a (1879-1882) Zwischenwerk Stockhausen, ouvrage intermédiaire polygonal à fossé sec, caserne avec caponnière double de gorge, caponnière double épaule G, caponnière simple épaule D, 2 cours intérieures. Etat actuel : inconnu.

Fort VII (1876-1881) Fort Colomb, fort détaché de ceinture, modernisé 1887-1888. 1940-1944 : premier camp de concentration nazi en Pologne ; environ 20 000 Polonais sont décédés dans ce camp. Etat actuel : transformé en mémorial des martyrs.

Fort VIII (1876-1881) Fort Grolman, fort détaché de ceinture.

Fort IX (1876-1881) Fort Brünnek, fort détaché de ceinture.

Zwischenwerk IXa (1877-1881) Fort Witzleben, ouvrage intermédiaire.

Rive droite de la Wartha

Fort II (1877-1882) Fort Stülpnagel, fort détaché de ceinture. 1944 : ouvrage utilisé en tant qu’usine de construction d’avions Focke Wulf.

Fort III (1877-1881) Fort Gröber, fort détaché de ceinture. Etat actuel : parc zoologique. 

Fort IV (1878-1882) Fort Hake, fort détaché de ceinture.

 

Place forte de Thorn, actuelle ville de Torun en Pologne.

Ancienne ville allemande située sur la Vistule. De 1815 à 1918 elle est rattachée à la Prusse. En 1918 elle devient une ville polonaise, dénommée Torun.

Ouvrages en cours de construction :

Fort I, Fort Bülow, (1877-1881).

Fort II, Fort Yorck, (1879-1882).

Fort III, Fort Scharnhorst, (1879-1882).

Fort IV, Fort Friedrich der Grosse, (1880-1885).

Fort V, Fort Grosser Kurfürst, (1877-1881).

Fort Va, Fort Ulrich von Jungingen, (1881-1885).

Fort VI, Fort Winrich von Kniprode, (1881-1885).

Fort VIa, Fort Hermann Balk, (1881-1885).

Fort VII, Fort Harmann von Salza, (1881-1885).

 

Allemagne Front Ouest

 

Place forte de Strasbourg

Ouvrages en cours de construction :

Ceinture des forts détachés

Fort IIIa, Fort Mundolsheimerkopf, Fort Podbielski (1879-1882) actuel fort Ducrot.  

La troisième tranche de l’extension de l’enceinte urbaine de Strasbourg concerne le front Est, entre la Citadelle et la sortie de l’Ill en aval de Strasbourg.

Citadelle & Bastion I und Wall bis Kehler-Tor (20 mai 1880- 16 septembre 1881) citadelle & bastion I et la courtine jusqu’à la porte de Kehl. 20 mai 1880 : travaux adjugés à L. Heydt – Schöttle et Schuster. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Kehler-Tor und Wall bis Bastion II (20 mai 1880- 16 septembre 1881) porte de Kehl et courtine jusqu’au bastion II. 20 mai 1880 : travaux adjugés à L. Heydt – Schöttle et Schuster. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Bastion II und Wall bis Bastion III (20 mai 1880- 16 septembre 1881) bastion II et courtine jusqu’au bastion III. 20 mai 1880 : travaux adjugés à L. Heydt – Schöttle et Schuster. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Bastion III und Wall bis Bastion IV (20 mai 1880- 16 septembre 1881) bastion III et rempart jusqu’au bastion IV. 20 mai 1880 : travaux adjugés à L. Heydt – Schöttle et Schuster. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Bastion IV und Wall bis Kavalier V (20 mai 1880- 16 septembre 1881) bastion IV et courtine jusqu’au cavalier V. 20 mai 1880 : travaux adjugés à L. Heydt – Schöttle et Schuster. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Kavalier V und Wall bis Kanal-Tor (20 mai 1880- 16 septembre 1881) cavalier V et courtine jusqu’à la Porte du Canal. 20 mai 1880 : travaux adjugés à L. Heydt – Schöttle et Schuster. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Kanal-Tor und Wall bis Kavalier VI (20 mai 1880- 16 septembre 1881) porte du Canal et rempart jusqu’au cavalier VI. 20 mai 1880 : travaux adjugés à L. Heydt – Schöttle et Schuster. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Kavalier VI und Wall bis Ruprechtsauer-Tor (20 mai 1880- 16 septembre 1881) cavalier VI et courtine jusqu’à la porte de la Robertsau. 20 mai 1880 : travaux adjugés à L. Heydt – Schöttle et Schuster. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

Ruprechtsauer-Tor und Wall bis Kavalier VII (20 mai 1880- 16 septembre 1881) porte de la Robertsau et courtine jusqu’au cavalier VII. 20 mai 1880 : travaux adjugés à L. Heydt – Schöttle et Schuster. 21/07/1922 : déclassement de l’enceinte urbaine.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ulm

Ouvrage en cours de construction :

Werk XXXVIFort Oberer Eselsberg Hauptwerk (1881-1887), fort détaché de type Biehler à fossé sec de taille moyenne, 3 traverses-abris par front, à tracé modernisé avec rempart bas pour l’infanterie, lunette aplatie, gorge rentrante bastionnée, caserne de gorge sur l’aile gauche. 1903 : il est modernisé et transformé en fort d’infanterie. Vers août 1914 : il est renforcé avec du béton lors des travaux de mise en état de défense. 1944 : la caserne est très détériorée à la suite de la destruction d’explosifs. 1971 ; il est démoli en grande partie malgré les nombreuses protestations pour l’installation d’un centre logistique de l’université. Etat actuel : il ne reste que les fossés et une partie des fronts.

 

Place forte d’Ingolstadt

Ouvrages en cours de construction :

Rive gauche du Danube

Fort II – Werk 145 (19 juillet 1877 – 27 juillet 1888) Fort Hartmann, érigé au nord-ouest de Hummelberg. La fin des travaux a été retardée par l’effondrement de la contrescarpe. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Comprend 3 traverses-abris par face ; caserne de gorge à deux niveaux, brisée vers l’intérieur, comprenant de gauche à droite environ 3 + 6 + 6 + 5 casemates et 2 coffres de flanquement de part et d’autre de l’entrée ; un grand magasin à poudre sous chaque flanc ; une caponnière double à feux de revers sur le saillant et une caponnière simple sur chaque angle d’épaule. Alors que les forts de la rive gauche du Danube ont des fossés pleins d’eau, le Fort II est l’exception avec son fossé sec. 17 septembre 1888 – 18 avril 1891 : renforcement partiel de l’ouvrage. 1888-1897 : aménagement des batteries annexes. Etat actuel : le fort a été détruit et le site avait été utilisé comme décharge. Quelques restes sont encore présents sous un monticule en herbe comme une partie de la batterie annexe gauche.

Fort III – Werk 146 (4 avril 1877 – 1er août 1887) Fort Von der Tann érigé sur le Kraiberg au sud-est de Gaimersheim. La construction a duré plus longtemps que prévu à cause des difficultés liées au terrain qui ont entraîné des éboulements. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 4 traverses-abris par face ; caserne de gorge à deux niveaux, brisée vers l’intérieur, comprenant de gauche à droite environ 6 + 6 + 6 + 8 casemates et 2 coffres de flanquement de part et d’autre de l’entrée ; un grand magasin à poudre sous chaque flanc ; une caponnière double à feux de revers sur le saillant et une caponnière simple sur chaque angle d’épaule. C’était le plus grand fort de la rive gauche du Danube. 18 septembre 1888 – 18 juin 1891 : renforcement partiel de l’ouvrage. 1888-1892 : construction des batteries annexes droite et gauche. 1940-1945 : utilisé comme dépôt de munitions. Après 1945 : le glacis et les batteries annexes avaient servi après la guerre à l’installation de réfugiés. 1946 : Le fort a été détruit à l’explosif. Etat actuel : actuellement ce site est un parc public et seuls quelques débris sont encore visibles.

Fort IIIa – Werk 150 (août 1879 – 29 août 1882) érigé sur le Ochsenthomerberg au sud-ouest de Wettstetten. Petit fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne qui est doté d’une traverse-abri par face, d’une petite caserne de gorge droite avec caponnière double de gorge. Ce petit ouvrage situé à un angle de la ceinture qui n’avait qu’une petite dotation en pièces d’artillerie, a été renforcé par l’installation d’une tourelle d’artillerie cuirassée tournante de Gruson avec 2 canons de 15 cm sur le saillant. A Ingolstadt seuls les deux petits forts IIIa et Va ont été dotés de ce type de tourelle cuirassée d’artillerie. Ce fort était initialement appelé ouvrage intermédiaire à la place de fort. 26 janvier 1889 – 25 janvier 1891 : renforcement partiel de l’ouvrage. 1888-1892 installation des deux batteries annexes. Etat actuel : le fort a été détruit et son emplacement est situé aujourd’hui au milieu d’une zone urbanisée, où les anciens remparts du fort et un tas de débris de béton du saillant sont encore en partie visibles. 

Fort V – Werk 147 (13 juillet 1878 – 29 août 1882) Fort Orff, érigé sur le Rauhen Buckel à l’ouest de Hepberg. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Comprend 3 traverses-abris par face ; la caserne de gorge, brisée vers l’intérieur comprend de gauche à droite 6 + 7 + 7 + 6 casemates. 15 octobre 1889 – 14 mai 1892 : renforcement partiel de l’ouvrage. 1889-1891 : installations de deux batteries annexes intérieures. 1896 : installation de la batterie annexe gauche à l’angle de gorge. La batterie annexe droite n’aurait pas été installée bien qu’elle soit visible sur la carte des fortifications de la place. Etat actuel : le fort a été détruit et son emplacement est actuellement situé sur un terrain d’exercice de l’armée de terre allemande.

Fort Va – Werk 151 (17 décembre 1879 – juillet 1883) érigé sur le Waidhausberg à l’ouest de Kösching. Petit fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, proche du plan du Fort IIIa. Installé à Kösching. Une traverse-abri par front et par face. Caserne de gorge droite avec caponnière double de gorge sur l’aile gauche, comportant de gauche à droite 5 + 4 casemates. 11 juin 1889 – 31 juin 1891 : renforcement partiel de l’ouvrage. Date inconnue : installation d’une batterie annexe sur les angles de gorge droit et gauche. 1889 – 1891 : installations de 2 batteries annexes intérieures. L’ouvrage a pratiquement disparu sous les installations sportives et seuls les remparts de la batterie annexe gauche sont encore visibles.

Fort VI – Werk 148 (avril 1877 – décembre 1881) Fort Prinz Karl, érigé sur le Weinberg au sud de Katharinenberg. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Comprend 2 traverses-abris par face ; la caserne de gorge à deux niveaux, brisée vers l’intérieur comprend de gauche à droite 6 + 6 + 6 + 6 casemates. Mur d’escarpe détaché sur les fronts et les flancs et murs de contrescarpe revêtus. Le fort a été conçu pour 600 hommes et 22 pièces d’artillerie. 14 septembre 1889 – 31 mai 1892 : renforcement partiel de l’ouvrage, installation d’une dalle en béton et de grilles. 1889-1890 : installations de deux batteries annexes intérieures. 1889-1890 : installation de la batterie annexe gauche avec un abri à munitions relié par une poterne à l’angle du fossé de gorge. Sur le flanc droit la forte déclivité du terrain n’a pas permis d’installer de batterie annexe. 1894-1895 : installation de deux observatoires tournant de Gruson modèle « W.T. 90 ». 1896 : installation de la batterie annexe gauche à l’angle de gorge. Date inconnue : installation de la batterie annexe droite. 1914-1918 : sert de camp de prisonniers de guerre français puis entre deux guerres sert de dépôt de munitions. Septembre 1921 : utilisé comme camp d’internement des étrangers. 1935-1945 : redevient un dépôt de munitions. Après 1945 : utilisé comme centre de destruction des anciennes munitions par l’armée de terre allemande. 1973 : utilisé par une entreprise privée de démolition de munitions. Vers 2000 : le fort est en partie restauré. Etat actuel : il est l’unique fort d’Ingolstadt à ne pas avoir été détruit. Il est classé aux monuments historiques « Denkmalschutz ».

 

Belgique

 

Il est extrêmement difficile de dater précisément la construction des ouvrages de fortification belges. Souvent les dates de construction correspondent à l’année de la loi du programme de fortification, et d’autres indications nous donne des dates diverses. A défaut de disposer de documents ou de dates de construction plus précise, j’utilise les différentes options.

 

Place forte d’Anvers

 

Généralités relatives à la place forte d’Anvers

La place forte d’Anvers avant 1830, indépendance de la Belgique

Avant l’indépendance de la Belgique en 1830, Anvers était une place forte espagnole qui était munie d’une enceinte fortifiée. Les murs espagnols de la vieille ville suivaient les boulevards actuels « lei » en ancien flamand, d'Italie, de France et d'Amérique « Italielei, Frankrijklei, Amerikalei », limités au sud par le château du Sud « Zuidkasteel », juste au nord de l'actuel Palais de justice et limités du côté nord par le « Noorderfort », au lieu de l’actuel « Kattendijkdok ». Les forts du « Liefkenshoek », « De Perel », « Sainte-Marie » et « Saint-Philippe » ont été construits en 1584 par le duc de Parme (Alexandre Farnèse) avec l'intention de bloquer le ravitaillement d'Anvers par les hollandais. Ces forts ont été construits dans le coude de l'Escaut à Kallo.

Après 1830, indépendance de la Belgique

Depuis 1830 et jusqu'au milieu du XIXe siècle, la défense de la Belgique contre la France se composait d’une vingtaine de cités fortifiées, qui devaient constituer une défense (Barrière Wellington). La défense d'Anvers avait également pour but de défendre l'Escaut. Cette fonction était effectuée par les forts De Perel, Fort Burcht, Fort Isabelle, Fort Sainte-Marie. La défense de l'Escaut a été complétée par le développement du fort Tête de Flandre « Vlaams Hoofd » situé au lieu de l'actuel terminus du Tunnel Sainte-Anne.

Loi belge de 1851

Au milieu du XIXe siècle, après l'émergence de Napoléon III en 1851, il était clair que l'armée belge n'aurait pas la capacité de résister à une attaque française. Il était nécessaire de centraliser la défense. Il fut alors décidé de rajouter une première ceinture de forts située autour d'Anvers, les petits forts numérotés de 1 à 7. À l'origine les petits forts consistaient en des remparts en terre surmontés de palissades, mais ultérieurement ils ont été renforcés par des structures de pierre.

Loi belge du 7 septembre 1859

Au milieu du XIXe siècle, la notion d'une défense entière de la Belgique n'a pas été jugé réalisable. Anvers était l'endroit le plus approprié comme dernier bastion de résistance en tant que « Réduit national » jusque à l’arrivée de l'aide d'alliée, c’est-à-dire la Grande Bretagne. Le choix d'Anvers comme « Réduit national » était motivé par les possibilités d'approvisionnement et par une position bien défendable.

Le Réduit national prévu par la loi du 7 septembre 1859 sera composé d’une enceinte urbaine, d’une deuxième ceinture de forts et de zones inondables.

La deuxième ceinture des forts est composée de huit forts de type « Brialmont », construits à partir de 1859 et plus tard, dans une ceinture d’ouvrages longue 18 km, de Wijnegem à Hoboken. Les ouvrages construits entre 1859 et 1870 sont : Fort I, II, III, IV, V, VI, VII, et VIII.

Loi belge de 1870

Les enseignements de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 avait montré que l'artillerie allemande était en mesure de bombarder Paris à une distance de 7 km. La première ceinture des forts détachés de type Brialmont devenait était désormais trop proche de la ville d'Anvers. Dans un premier temps il a été décidé de construire les forts Merksem, Zwijndrecht et Kruibeke. En outre, la défense de l'Escaut contre des navires de guerre ennemis a été étendue aux forts Saint-Philippe et De Perel. Ces petits forts blindés ont été allongés et devaient être équipés d'un armement lourd de canons de calibre 240 et 280. Néanmoins le fort De Perel n’a jamais été armé.

Travaux de fortification de 1878 à 1905

En 1872 on envisage de créé une ligne de défense primaire avec les polders inondables, dénommée la ligne Nete-Rupel. Cependant les moyens pour les constructions des nouveaux forts ne sont pas disponibles. A partir de 1878, trois nouveaux ouvrages sont construits : Fort de Walem, Fort de Lier (1882) et le Fort Steendorp. En 1885 on lance la construction du Fort Schoten et en 1886 c’est la redoute de Duffel qui est construite pour défendre la ligne de chemin de fer d’Anvers à Bruxelles. Par ailleurs, les redoutes Oorderen, Berendrecht et Kapellen ont été construites pour défendre respectivement les polders inondables et le chemin de fer vers les Pays-Bas.

Rive droite de la Schelde (Escaut)

1ère ceinture des forts (loi du 7 septembre 1859)

Une ceinture de huit forts détachés construits à une distance moyenne de 4 km de la ville d’Anvers, se flanquant réciproquement à une distance d’environ 2 km, protège l’enceinte urbaine de fortification d’Anvers. Ultérieurement un neuvième fort a été construit sur la butte NE de Mersem. Tous les forts détachés ont un tracé d’après le système polygonal, conformément au projet du capitaine Henri Alexis Brialmont, qui a été approuvé le 8 septembre 1859, par M. Chazal, ministre de la guerre. Les ouvrages ont été construits par l’entrepreneur M. Pauwels. La construction de ces ouvrages a nécessité 13 millions de m3 de terre, 1 million de m3 de maçonnerie et le travail de 13 000 personnes tous les jours. La construction a durée jusqu’en 1866 et d’après d’autres sources jusqu’en 1868. Etat actuel : aujourd’hui les forts détachés sont encore en bon état hormis le fort 1 qui n’a pas survécu au redressement de la chaussée de Turnout.

Fort Sint-Filips – Fort Saint-Philippe (1584), au NO d’Anvers, rive D de la Schelde (Escaut), sur ordre du duc de Parme, Alexandre Farnèse, dans le coude de l’Escaut à Kallo. 1870 ou 1877-1882 : Reconstruction du fort. Etat actuel : l’ouvrage existe encore, mais il ne reste plus que l’entrée du fort. Le reste a été arasé à cause de l’extension du port. Le terrain a été pollué par les raffineries.

2ème ceinture d’ouvrages détachés

Rive droite de la Schelde (Escaut)

Compléments d’ouvrages construits suite à la loi de 1870

Constructions de 1877-1883

Fort de Lier (1876-1893) Fort de Lierre, SE d’Anvers, 2e ceinture, rive D de la Schelde (Escaut). 2 octobre 1914 : l’armée belge évacue le fort. Etat actuel : occupé par l’entreprise Tech Space Aero. Le site est surveillé et n’est pas visitable.

Fort de Merksem (1870 ou 1871-1882) Fort de Mersem, N-NE d’Anvers, 2ème ceinture, rive D de la Schelde (Escaut). 1911-1912 : partiellement modernisé avec du béton. 12 octobre 1914 : abandonné et détruit par l’armée belge. 1946 : après la 2° guerre mondiale il devient un dépôt de carburant pour l’armée belge. 1972 : abandon de l’ouvrage. Etat actuel ; l’ouvrage existe encore, la municipalité l’a transformé en zone de loisirs, cependant le réduit a été détruit.

Rive gauche de la Schelde (Escaut)

Constructions de 1877-1883

Fort de Walem (1877ou 1878-1893) Fort de Waelhem, S-SE d’Anvers, 2ème ceinture, rive G de la Schelde (Escaut). 28 septembre 1914 : début du bombardement par des canons de 305 mm. 30 septembre 1914 : l’artillerie allemande détruit le fort. 2 octobre 1914 : l’armée belge évacue le fort. 1992 : le fort est abandonné. Etat actuel : le fort existe encore. Cependant il est l’un des forts qui porte le plus les traces des combats de 1914. En hiver il est utilisé comme lieu de protection des chauves-souris. Il est encombré par de nombreux déchets.

 

France

 

France Front Ouest Côte de la Mer du Nord de la Manche et de l’Atlantique

 

Place forte de Calais

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de Fort Lapin (1881 environ) batterie côtière.

 

Place forte de Boulogne

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de la Crèche (1878-1882) construite sur l’ancien emplacement du fort de Terclinthun déclassé en 1874, ouvrage pentagonal à fossé sec.

 

Place forte de Cherbourg

Ouvrages en cours de construction ou de modernisation :

Batterie Basse de Nacqueville (1817). 1870 : réorganisation. 1878-1881 : remodelage de la batterie pour 4 canons de 27 cm modèle 1881.

Batterie de Bretteville-Bas (reconfigurée 1878-1881). Batterie érigée en 1817, modernisée en 1869 et 1878-1881.

Batterie du Marquet (1878-1881) fort de Saint-Vaast-la-Hougue. Installée au sein du bastion 21 du fort de la Hougue.

Batterie Haute de Nacqueville (1878-1881). 1907 : réorganisation de la batterie.

Fort des Flamands (1847-1854). 1877-1881 : réorganisation du fort, ajout de 2 grands magasins à poudre au profit de la Marine.

 

Place forte de Lorient

Ouvrages en cours de construction ou de modernisation :

Batterie de Puis RamonetteFort de la Ramonette (1692), parfois orthographiée « Ramonet », place de Lorient, à Belle-Île au S du Palais. Remaniée à plusieurs reprises jusqu’en 1861. 1877-1881 : réorganisation de la batterie conformément à la décision de la Commission de défense des côtes du 11/07/1874. Entrée de la batterie porte le chronogramme de 1882. Armement : 4 canons de 19 cm. 27/05/1889 : classée en deuxième importance. 1914 : batterie toujours opérationnelle. Etat actuel : propriété privée.

 

Fort du Haut Grognon (1878-1881) Ile de Groix. Fort rectangulaire à cavalier. 1893 : construction de magasins d’artillerie à l’épreuve.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Lille.

Ouvrages en cours de construction :

Batterie du Camp Français (1880-1884), batterie maçonnée comprenant 3 traverses-abri et un casernement.

Fort de Bondues (1879-1883) fort Lobau. Comporte une tourelle Mougin Mle 1876.

Fort d’Englos (1879-1883) fort Pierquin.

 

Place forte de Maubeuge

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Boussois (1881-1883), également dénommé fort Kilmaine.

Fort de Cerfontaine (1878-1881) fort Rostaing. Comprend une tourelle Mougin modèle 1876.

Fort d’Hautmont (1878-1881) fort Davout. Grand fort pentagonal modernisé : 1 tourelles pour 2 canons de 75 Mle 05, 1 observatoire cuirassé, 1 tourelle de mitrailleuses, 2 guérites observatoires. Septembre 1914 : partiellement détruit pas les troupes allemandes.

 

Position de La Fère – Laon – Soissons – Vallée de l’Ailette.

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de Bruyères (1878-1882).

Fort de Condé sur Aisne (1877-1883 ou 1882) fort Pille, 2 casemates Mougin pour 1 canon de 155 L, non modernisé. 17 juillet 1912 : déclassé.

Fort de Liez (1879-1881) fort Maison, non modernisé, déclassé en 1912, partiellement détruit.

Fort de la Malmaison (1878-1882) fort Dumas, non modernisé. 1886 : endommagé par les essais de tir avec projectiles à la mélinite. 01/10/1888 : déclassement de l’ouvrage. 1911 : vendu à un particulier.

Fort Mayot (1879-1881), non modernisé. 1912 : déclassé.

Fort de Montbérault (1878-1882), fort Vincence non modernisé, désarmé en 1903.

 

Place forte de Charlemont (Ardennes)

Ouvrage en cours de construction :

Fort de Charlemont (1555 environ) Citadelle. 1678 : agrandissement par Vauban. 1876-1882 environ : travaux de modernisation, d’après le cartouche sur un bâtiment. 1888 : élevé au rang de fort d’arrêt.

 

Place forte de Montmédy

Ouvrage en cours de modernisation :

Citadelle de Montmédy (16e siècle) sous Charles Quint. Remaniée par Vauban. 1874-1882 : travaux de modernisation, aménagement de casernements, d’abris, de magasins sous roc et d’un four à pain.

 

Place forte de Reims

Ouvrages en cours de construction :

Fort de la Pompelle (1880-1883). 1917-1918 : installation d’un réseau de galeries souterraines. Etat actuel : musée.

Ouvrage de la Vigie de Berru (1880-1881) réduit Dode.

 

Place forte de Verdun

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de Bourvaux (1881) Batterie Lebon-Desmottes.

Batterie du ou du Chênois (1881).

Batterie de Damloup (1881) batterie Dufour, ouvrage en terres levées.

Batterie de l’Hôpital (1881) batterie Bardet, batterie 8-5, 8 emplacements.

Batterie de Mardi-Gras (1881).

Batterie du Tunnel (1881).

Fort de Bois-Bourru (1881-1887) fortin de Caurra, fort ; modernisé 1891-1894, 1904-1907, 1913-1914, 3 tourelles de mitrailleuses, 1 observatoire, 2 casemates de Bourges.

Fort Les Sartelles (1881-1884), fort, modernisé 1894-1897, 1904-1906, 2 tourelles de mitrailleuses, 2 observatoires, 2 casemates de Bourges.

Fort de Vaux (1881-1884), fort, modernisé 1888-1895, 1904-1906, 1910-1912, 1 tourelle de 75, 3 observatoires, 2 casemates de Bourges.

 

Position de La Fère – Laon - Soissons

Ouvrages en cours de construction :

Batterie des Bruyères (1878-1882). Batterie déclassée en 1912.

Batterie de Condé-sur-l’Aisne (1877-1888). 16 février 1932 : déclassée.

Fort de Condé sur Aisne (1877-1883), 2 casemates Mougin pour 1 canon de 155 L, non modernisé, déclassé en 1912.

Fort de Lanicourt (1879-1883) fort Sérurier, parfois dénommé Fort de Mons-en-Laonnois. 17/07/1912 : déclassé.

Fort de Liez (1879-1881), non modernisé, déclassé en 1912.

Fort de la Malmaison (1878-1882), non modernisé. En 1886 il sert de cible pour les essais des obus chargés à la mélinite. 1898 : ouvrage déclassé. 1912 : le fort est vendu.

Fort Mayot (1879-1881), non modernisé, déclassé en 1912.

Fort de Montbérault (1878-1882), non modernisé, désarmé en 1903.

 

Rideaux de Hauts de Meuse

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Pont-Saint-Vincent (1878-1881) en Meurthe-et-Moselle (54) au SE de Toul et au S-SO de Nancy, fort Pélissier. Fort d’arrêt pour un effectif de 816 hommes et 53 pièces d’artillerie. 1893-1894 : modernisé. 1907 : modernisé : 1 T155 Mougin modèle 1876, 1 T155 Galopin Mle 1890, 1 T projecteur et 5 observatoires cuirassés. Magasin sous roc implanté sous le casernement. 1999 : propriété privée, location de chambres dans le fort.

 

Place forte de Toul

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de l’Eperon (1879-1883), batterie de forme triangulaire, annexe du fort de Frouard, comprend un fossé avec une caponnière simple et une caponnière double. Modernisé en 1894, 1901-1907, 1912 : 1 tourelle Galopin Mle 1890 et observatoires cuirassés ; 2 tourelles Mougin comportant chacune un canon de 155 mm L de Bange, 2 casemates cuirassées en fonte dure modèle 1878 avec canon de 155 L, installation de grilles défensives au sommet de la contrescarpe et magasin sous roc.

Fort de Frouard (12 mai 1879-15 octobre 1883) fort Drouot, fort d’arrêt à massif central doté d’une tourelle Mougin Mle 1876 avec 2 canons 155 L de Bange. 1887 : modernisation. 1890 : un magasin sous roc, citernes bétonnées et caserne de guerre. 1907-1914 : 1 tourelle de 75 Mle 05, 3 tourelles de mitrailleuses, 7 observatoires, 1 tourelle de projecteur.

 

Trouée de Charmes

Batterie de Pagny-la-Blanche-Côte (1879-1883) batterie Prost. Batterie au tracé trapézoïdal avec 6 plates formes.

Fort de Pagny-la-Blanche-Côte (1879-1883) fort Dejean. Fort d’arrêt prolongeant l’action du camp retranché de Toul, jouxté par la batterie d’Uruffe et la batterie de Pagny-la-Blanche-Côte. Tracé en forme de losange, armement : 1 tourelle Mougin Mle 1876 2 x 155L. 1901 : expériences sur la résistance des cuirassements. 1912 : déclassement du fort. 1914 : réarmement d’urgence. 1998 : propriété privée, porche et poste de garde rasé.

Fort de Manonviller (1879-1882) fort Haxo, c’était le fort le plus cuirassé de France : 2 tourelles Mougin Mle 1876, 2 tourelles Galopin Mle 1890 pour 2 canons long de 155 mm, 2 tourelles pour 2 canons de 57 mm, 1 tourelle de mitrailleuses Gatling, 2 tourelles pour projecteurs, 9 observatoires cuirassés, 2 tourelles pour projecteur, 1 centrale électrique. 23-27/08/1914 : troupes allemandes bombarde le fort avec environ 17 000 projectiles. 12/09/1914 : abandon par les troupes allemandes après destructions à l’explosif. 1935 : revendu à un particulier.

 

Place forte d’Epinal

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Girancourt (1879-1881) fort Reynier. 1889-1893 : modernisé, caserne bétonnée.

Fort Le Bambois (1880-1882), non modernisé.

Fort Le Roulon (1879-1881), non modernisé.

 

Trouée de Belfort, frontière suisse, Montbéliard - Pontarlier

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Joux (1879-1887) comprend 2 casemates cuirassées Mle 1878 en fonte dure.

Fort du Larmont Supérieur (1879-1883) fort Catinat. 1891 : installation de 2 abris sous roc.

 

Place forte de Dijon

Ouvrages en cours de construction :

Batterie annexe d’Asnière (1876-1881), non modernisé.

Fort d’Asnière (1876-1878) fort Brulé, non modernisé.

Fort de Beauregard (1877-1881) fort Fauconnet, non modernisé.

Fort de Varois (1877-1880) fort Charlet, non modernisé.

Redoute Sainte-Apolinaire (1876-1878), non modernisé.

Réduit du Mont-Afrique (1878-1879) réduit Lambert, composé d’un réduit et de 4 batteries annexes, batterie de la Pointe Nord, batterie de la Pointe sud, batterie de Flavignerot, batterie du Camp romain.

 

Place forte de Besançon

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de mortiers du fort de Planoise (1881) au SO de Besançon. Seule batterie conçue pour mortier de 220 mm de Bange mle 1880 (portée 7 100 m).

Fort de la Planoise (1877-1880) fort Moncey situé au SO de Besançon, avec magasin sous roc. Réduit et poste de commandement du centre de résistance de Planoise.

 

 

France Front Sud-Est

 

Place forte de Lyon

Ouvrages en cours de construction :

Rive droite du Rhône :

Deuxième ceinture de forts détachés :

Fort de Bruissin (1878-1881) à l’ouest de Lyon sur la rive droite du Rhône. Ouvrage entière construit en béton. Etat actuel : appartient à la commune de Francheville qui a aménagé un centre d’Art contemporain.

Fort de la Côte Lorette (1878-1882) au sud-ouest de Lyon, sur la rive droite du Rhône. Etat actuel : fossés remblayés, appartient à la commune de Saint-Genis-Laval.

 

Place forte d’Albertville

Ouvrage en cours de construction :

Fort de Lestal (1875-1881) fort Duc d’Epernon, érigé au N d’Albertville, sur la commune de Marthod, à 794 m d’altitude. Ouvrage non modernisé.

Fort de Tamié (1876-1881) fort Brissac à l’Ouest d’Albertville, sur la commune de Mercury, altitude 1 021 m. Grand fort type Séré de Rivières dont l’enceinte s’adapte au terrain avec une surface intérieure d’environ 10 ha. Dispose d’un abri-caverne et de 3 magasins sous-roc. 1967 : acquisition par le syndicat intercommunal, et ouverture au public.

 

Place forte de Briançon

Ouvrage en cours de construction :

Fort de l’Olive (1880-1882) (autre source 1881-1882). Juin 1940 : bombardé par le fort italien du Chaberton.

 

Fortifications de la Vallée de l’Ubaye

Ouvrage en cours de construction :

Batterie des Clos des Caures (1879-1881). En 1800-1883 percement d’une galerie reliant la batterie au fort de Tournoux. 1913-1914 : installation de 2 casemates de flanquement et d’une caserne casematée.

 

Place forte de Chamousset

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de Foyatiet (1881-1882). Conservée et entretenue jusqu’en 1940.

Batterie de Plachaux (1881-1883 environ) SE de Chamousset. Conservée et entretenue jusqu’en 1940.

Fort de Montgilbert (1877-1882).

Fort de Montperché (1875-1881) construit sur la commune d’Aiton. Non modernisé.

 

Place forte de Saint-Vincent

Ouvrages en cours de construction :

Caserne défensive de Chaudon (1879-1883) caserne de Courtigis, située entre le Fort de Saint-Vincent et la redoute du Chadon. Caserne monobloc à 3 niveaux dont deux à l’épreuve des bombes.

Redoute du Chaudon (1879-1883), surplombe la caserne défensive de Chaudon. Actuel domaine privé avec gîte.

 

France Sud-Est – Front sud Côtes de la Méditérannée

 

Place forte de Nice

Ouvrage en cours de construction :

Casernement de Peïra Cava (1876-1887) caserne Crénan, avancée NE de Nice. Important casernement de montagne. 1939-1940 : occupée jusqu’en 1940 par les troupes alpines. Après 1945 : colonie de vacances.

Fort de la Drête (1879-1881) fort Créqui, petit fort.

Fort de la Tête de Chien (1879-1884). Comprend une casemate cuirassée pour canon de 155 mm.

 

Place forte de Toulon

Ouvrages en cours de construction :

Batteries de la Carraque (1881-1883) comprend une batterie basse qui est une batterie de rupture, une batterie haute, une tour crénelée modèle 1846 n°3 et un poste photoélectrique.

Batterie des Musoirs (1877-1881).

Batterie de la Piastre (1881-1882) au S de Toulon, sur l’emplacement d’une batterie plus ancienne et abandonnée.

Fort du Coudon (1879-1884).

Fortin de la Gavaresse (1880-1881) parfois dénommé batterie de la Gavaresse. Batterie côtière pour 4 pièces. 1893 : installation d’un magasin caverne.

 

Place forte de Marseille

Ouvrage en cours de construction :

Batterie annexe de la batterie Haute du Niolon (1881-1884) petite batterie.

Batterie du Cap Caveaux (1880-1883), Ile de Pomègues, également dénommée batterie Cavau. 1901 : la batterie est remaniée.

Batterie Haute du Niolon (1881-1884).

 

Italie

 

Place forte de Rome

Ouvrages en cours de construction :

Forte Bravetta (1877-1883), fort détaché de ceinture.

Forte Casilino (1881-1882), fort détaché de ceinture.

Forte Monte Mario (1877-1882), fort détaché de ceinture.

Forte Pietralata (1881-1885), fort détaché de ceinture.

Forte Prenestino (1880-1884), fort détaché de ceinture.

Forte Tiburtino (1880-1884), fort détaché de ceinture.

Pays-Bas

 

Ligne d’Utrecht « Waterlinie »

 

Place forte d’Utrecht

Ouvrage en cours de modernisation :

Fort bij Rijnauwen (1868-1871). Grand fort à fossé plein d’eau, plus grand fort de la Waterline (31 ha). En 1877-1885 il est modernisé, construction d’une grande caserne à l’épreuve des bombes et des batteries de flanquement n°3 et 4. En 1885 son équipage était de 675 hommes et 105 pièces d’artillerie. 1918 : installations d’abris de groupe en béton type 1918. En 1939 installation d’une casemate de mitrailleur « Koepelkazemat type G » et d’abris de groupe « Groepschuilplaats Type P ». 1942-1943 : lieu de détention et d’exécution. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Position de Honswijk

Ouvrage en cours de construction :

Fort bij Honswijk (1842-1848, 1878-1881). Ouvrage en terre à 4 bastions pour couvrir la grande écluse d’inondation. 1848 : muni d’une porte à l’épreuve des bombes. 1878-1881 : transformé en fort à fossé plein d’eau avec des locaux à l’épreuve des bombes, d’une galerie de contrescarpe, première tour-fort aux Pays-Bas, diamètre 43,3 m. Modernisé en 1881-1885 : à la suite de la crise des explosifs brisants, la hauteur de la grande tour d’artillerie est réduite d’un étage, installation d’un local de garde et d’une poterne d’accès, avec des magasins, couvert par une dalle de béton. Armement 1880 : 15 canons 15 cm long, 12 canons de 12 cm long, 12 canons de 12 cm courts, 16 obusiers de 15 cm ; Equipage 323 hommes, 18 sous-officiers et 6 officiers. Etat actuel : classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Abandon, déclassement, dérasement des fortifications

 

Belgique

5 octobre 1881 : arrêté royal ordonnant le déclassement des forts d’Austruweel, de Burght et de la Tête de Flandre de la place forte d’Anvers.

 

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

 

Angleterre :

Octobre 1881 : expériences de tir à Woolwich des canons de 80 et de 100 tonnes. Le canon de de 80 tonnes a tiré un projectile pesant 1 760 livres (797 kg) et la pièce de 100 tonnes un projectile de plus de 2 000 livres (903 kg).

Pays-Bas

1882 : expériences sur la résistance des locaux, sur une batterie près de Jutfaas en Hollande. Mise en œuvre d’obus en fonte du mortier rayé de 21 cm placés au-dessus des voûtes en béton, couverte de 2 m de terre ; la résistance du béton est de beaucoup supérieure à celle de la maçonnerie ordinaire.

 

 

Chroniques de l’année 1881

 

 

Allemagne, Strasbourg, fortifications : note de renseignement française de 1881 : caponnières métalliques de l’enceinte urbaine.

« La réponse quant aux caponnières métalliques de l’enceinte est très difficile ; on fera tout ce qui est possible pour obtenir avec le temps les renseignements demandés à ce sujet ».

 

Allemagne, Strasbourg, fortifications : note de renseignement française de 1881 : Fort Podbielski – actuel fort Ducrot : « En ce qui concerne les détails intérieurs du Fort de Mundolsheim, on ne peut pas les avoir pour le moment. Ce fort commencé en 1879, n’est pas encore terminé. La main d’œuvre est faite par un bataillon du génie dont tous les Alsaciens ont été exclus des travaux. Même les paysans sont obligés de faire un détour pour aller aux champs, afin d’éviter la rencontre des patrouilles et des sentinelles ».

 

Avril 1881

 

Allemagne, Strasbourg place forte : ouvrage de protection de l’écluse Nord.

Le service des fortifications de Strasbourg a réalisé un plan destiné à l’échelle 1 :400e de l’ouvrage de protection de l’écluse 88 actuelle écluse Nord « Deckwerk der Schleuse 88 » daté d’avril 1881. Cette écluse est située à l’embouchure du canal de la Marne-au-Rhin dans l’Avant-port Nord de Strasbourg.

Vue du plan décrit ci-dessus (collection BA)

Vue détaillée de la coupe

Source : Geheimes Staatarchive preußischer Kulturbesitz, collection André Brauch.

 

Jeudi 21 avril 1881

 

Allemagne, Strasbourg place forte : construction d’un ouvrage de protection de l’Ecluse Nord.

La presse locale parle de la décision de construire un ouvrage destiné à protéger les écluses du canal de l’Ill au Rhin ; cet ouvrage serait établi sur la rive gauche du canal, sur le territoire de la Robertsau, et les travaux commenceraient cette année.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : réalisation d’un plan projet pour l’installation des fours à pain des boulangeries de forts à fossés secs pour le rapport du 20 avril 1881.

Le service impérial des fortifications de Strasbourg fait réaliser un plan de masse à l’échelle 1/100e sur deux feuilles pour l’installation des fours à pain des boulangeries des forts détachés à fossé sec de la rive gauche du Rhin à Strasbourg. La page 1 comporte les inscriptions suivantes : « Fortifikation Strassburg » service des fortifications de Strasbourg ; « Entwurf für die Anlage von Backöffen in den Forts : Moltke, Roon, Mundolsheimerkopf, Veste Kronprinz, Grossherzog v. Baden, Fürst Bismarck und Kronprinz von Sachsen » projet d’installation de four à pain dans les forts : … » ; « Zum Bericht von 20. April 1881 gehörig » appartenant au rapport du 20 avril 1881, « Blatt II » feuille II ; pour chaque fort mentionné ce plan présente une coupe et un plan de masse de l’implantation détaillée des deux pièces, l’une avec le four à pain et l’autre voisine en tant que dépôt de vivres, pour chaque fort. Le plan comporte plusieurs signatures : « B illisible », « Major und Ingenieur vom Platz » chef de bataillon du génie et ingénieur de la place ; « Hoelzer » « Major im Stabe des Ingenieur Corps » chef de bataillon du génie à l’état-major du Corps des Ingénieurs ; « gelesen » lu, « Krieger », reste illisible ; « gelesen » lu, et illisible.

 

Dimanche 11 septembre 1881

 

Allemagne, armée : modifications au service en campagne et à l’équipement de la cavalerie.

Une revue militaire française nous informe de ces modifications : « L’Armee-Verordnungs-Blatt prussien du 11 septembre 1881 publie la modification suivante au règlement du 17 juin 1870 sur l’instruction pratique des troupes dans le service en campagne et sur les grandes manœuvres : « De jour et en terrain découvert, les pointes et les vedettes peuvent conserver la carabine à la grenadière et le révolver dans son étui, ou le sabre au fourreau ». Le même numéro de la feuille officielle prescrit l’adoption d’un nouveau modèle d’étui de revolver par les sous-officiers de dragons, de ulans et de hussards, ainsi que d’une giberne nouvelle pour les cartouches du revolver. Ces changements sont la suite nécessaire de la substitution du revolver au pistolet dans l’armement de la cavalerie ».

 

Mardi 27 septembre 1881

 

Allemagne, Ingolstadt place forte : construction des nouvelles fortifications.

Une revue militaire française nous a livré cet article : « La revue a déjà entretenu ses lecteurs, à différentes reprises, des travaux exécutés autour de cette ville ; la Gazette de Darmstadt du 27 septembre 1881 fournit encore, à ce sujet, les renseignements suivants : « L’organisation des défenses d’Ingolstadt, entreprise durant ces dernières années, sera prochainement terminée ; cette place, la plus importante de la Bavière, sera donc bientôt complètement à la hauteur du rôle capital qu’elle doit remplir : constituer le réduit central de la Bavière, ou la place d’armes principale de l’Allemagne du Sud, et assurer en même temps la protection des établissements techniques de l’armée. Ingolstadt était autrefois une citadelle très forte dont il est souvent question dans l’histoire militaire. Sa construction doit remonter à l’année 1250. Elle a servi de camp retrancher à l’Empereur Charles-Quint en 1546 pendant la guerre de Schmalkalden (On sait que, vers la fin de 1530, les Etats protestants allemands formèrent, à Schmalkalden (petite ville située entre Gotha et Meiningen), une ligue puissante contre Charles-Quint. Elle fut dissoute en 1547 après la bataille de Mühlberg, mais elle prit sa revanche et contraignit Charles-Quint à signer successivement la convention de Passau (1152) et la paix d’Augsbourg (1555) ; elle fut assiégée en vain par Gustav Adolphe lors de la guerre de Trente Ans. En 1704, elle tomba entre les mains des Impériaux après la bataille d’Höchstädt (Les Impériaux étaient commandés par le prince Eugène de Savoie et Malborough. Les Français et les Bavarois étaient commandés par le maréchal de Tallart et l’Electeur de Bavière. L’année précédente, les Impériaux avaient été défaits au même endroit par les Français et les Bavarois alliés sous les ordres du maréchal de Villars et de l’Electeur de Bavière.). Pendant la guerre de la succession d’Autriche, cette place, occupée par la Bavarois et les Français, fut assiégée par les Impériaux et forcée de se rendre après un long siège en 1743 (Les Français commandés par Grandville obtinrent de sortir avec les honneurs de la guerre (3 octobre 1743). Les Impériaux étaient sous les ordres du comte de Palfi et du maréchal Berenclau). En 1800, à la suite d’un armistice, elle fut remise par les Autrichiens aux Français commandés par Moreau, et ensuite démantelée (Trêve de Parsdorf). Pendant trente ans ces fortifications restèrent dans cet état ; puis elles furent relevées par le roi Louis 1er de Bavière qui les fit entourer de tours du système de Montalembert. A la suite de la dernière guerre de 1870-71, on résolut de renforcer les défenses de la place en se conformant à toutes les exigences de l’art moderne et, à cet effet, l’Empire allemand alloua la somme de 12 millions de marks. La ville est située au point où la Schutter se jette dans le Danube. Actuellement, les principaux forts élevés sur la rive gauche de ce grand fleuve sont presque achevés. Les quelques lacunes qui existent encore vont être comblées au moyen de coupoles cuirassées tournantes, dont deux sont déjà complètement terminées et armées. L’armement consiste, pour chaque coupole déjà installée ou à établir, en deux canons du plus fort calibre ; le service de ces pièces se fait au moyen d’une machine hydraulique. Ainsi à Ingolstadt, se trouvera bientôt organisé un grand camp retranché comparable à toute autre grande place de guerre, tant au point de vue de son importance que de la valeur de ses moyens défensifs ».

 

Mercredi 28 septembre 1881

 

Autriche-Hongrie, fortifications de Malborghetto : amélioration des ouvrages.

Une revue militaire française nous a livré ces informations : « Fortifications de Malborghetto. Une correspondance adressée de Villach à la Vedette, numéro du 28 septembre 1881 donne les renseignements suivants au sujet des travaux que l’on exécute à Malborghetto sur la frontière italienne de l’Autriche : On procède en ce moment à une transformation des défenses de Malborghetto. Les anciennes casemates à l’abri de la bombe ne présentent plus qu’une protection insuffisante contre les projectiles Krupp ou Armstrong, aussi a-t-on entrepris de faire transporter aux points les plus exposés d’énormes plaques de blindage. Des chemins et des ponts ont été établis dans le but de faciliter cette opération. On travaille d’autre part à l’établissement de batteries situées en dehors des anciens ouvrages de fortification ; elles seront armées de pièces à longue portée destinées à battre la vallée ». Remarque : après la Première guerre mondiale, à la conclusion du traité de Saint-Germain en 1919, le val Canale et la commune Malborghetto-Valbruna ont été intégré à l’Italie.

 

Allemagne, communications stratégiques : réseau télégraphique souterrain, tableau d’ensemble des lignes terminées.

Une revue militaire française a publié l’article suivant repris d’un journal officiel allemand du 28 septembre 1881, sur une série de données numériques relatives au réseau télégraphique souterrain allemand.

Le réseau télégraphique souterrain met en communication 221 villes de l’Empire allemand ; son établissement a duré environ 58 mois et a coûté, en nombre rond, la somme de 38 millions de francs. Voici l’énumération des différentes lignes et de la durée des travaux de leur construction :

1° Berlin-Halle, du 14 mars au 24 juin 1876 ;

2° Leipzig-Halle-Cassel-Francfort-le-Main-Mayence, du 6 mars au 14 juillet 1877 ;

3° Berlin-Hambourg-Kiel, du 1er avril au 31 octobre 1877 ;

4° Berlin-Magdebourg, du 3 septembre au 29 octobre 1877 ;

5° Francfort-sur-le-Main, Strasbourg, du 1er avril au 5 août 1878 ;

6° Magdebourg-Hanovre-Cologne (y compris la ligne Cologne-Elberfeld-Barmen), du 1er avril au 23 septembre 1878 ;

7° Hambourg-Harbourg-Cuxhaven, du 16 septembre au 20 novembre 1878 ;

8° Cologne-Coblence-Trèves-Metz, du 1er avril au 26 juin 1879 ;

9° Hambourg-Brême-Oldenbourg-Emden (y compris les tronçons Bremen-Bremerhaven et Sande-Wilhelmshaven), du 1er avril au 25 juillet 1879 ;

10° Metz-Strasbourg, du 25 juin au 14 août 1879 ;

11° Coblence-Mayence, du 18 août au 27 septembre 1879 ;

12° Berlin-Dresde, du 11 septembre au 15 novembre 1879 ;

13° Berlin-Breslau, du 12 avril au 7 août 1880 ;

14° Thorn-Dantzig-Königsberg, du 1er mai au 7 août 1880 ;

15° Stettin-Dantzig, du 9 août au 7 novembre 1880 ;

16° Thorn-Münchenberg, du 9 août au 20 novembre 1880

17° Berlin-Stettin, du 25 avril au 8 juin 1881 ;

18° Cologne-Aix-la-Chapelle, du 9 mai au 26 juin 1881.

Les lignes désignées sous les numéros n°1, 2, 4, 6, 8, 10, 11, 14, 15 et 18 ont été établi par la maison Felten et Guillaume, de Cologne, et les autres par la maison Siemens et Halske, de Berlin.

La longueur totale de câble posé est de 5 463, 950 km ; elle comprend un développement de fil de 37 372,871 km répartis ainsi :

Berlin-Halle-Cassel-Francfort-sur-le-Main-Mayence (ligne à 7 fils) : 795,374 km de câble, 4 166,218 km de fils.

Halle-Leipzig (lignes à fils) : 35,460 km de câble, 141,840 km de fils.

Berlin-Hambourg (câble I, 7 fils) : 297,988 km de câble, 2 083,916 km de fils.

Berlin-Hambourg (câble II, 7 fils) : 297,939 km de câble, 2 085,573 km de fils.

Hambourg-Kiel (7 fils) : 100,292 km de câble, 701,834 km de fils.

Francfort-sur-le-Main-Strasbourg (7 fils) : 262,677 km de câble, 1 838,739 km de fils.

Berlin-Magdebourg-Hanovre-Cologne (7 fils) : 693,186 km de câble, 4 852, 302 km de fils.

Barmen-Cologne (4 fils) : 54,985 km de câble, 219,940 km de fils.

Hambourg-Cuxhaven (4 fils) : 130,764 de câble, 526,056 km de fils.

Hambourg-Brême-Oldenbourg-Emden (7 fils) : 284,575 km de câble, 1 992,025 km de fils.

Bremen-Bremerhaven (4 fils) : 59,198 km de câble, 236,592 km de fils.

Sande-Wilhelmshaven (4 fils) : 11,186 km de câble, 44,733 km de fils.

Cologne-Coblence-Trèves-Metz (7 fils) : 325,882 km de câble, 2 281,174 km de fils.

Coblence-Mayence (7 fils) : 91,783 km de câble, 642,481 km de fils.

Metz-Strasbourg (7 fils) : 185,615 km de câble, 1 209,298 m de fils.

Berlin-Dresde (7 fils) : 236,291 km de câble, 1 654,037 km de fils.

Thorn-Dantzig (7 fils) : 229,573 km de câble, 1 607,011 km de fils.

Dantzig-Königsberg (7 fils) : 189,344 km de câble, 1 325,408 km de fils.

Berlin-Thorn (7 fils) : 418,031 km de câble, 2 926,217 km de fils.

Berlin-Breslau (7 fils) : 369,346 km de câble, 2 585,422 km de fils.

Stettin-Dantzig (7 fils) : 368,341 km de câble, 2 578,387 km de fils.

Berlin-Stettin (7 fils) : 155,230 km de câble, 1 086,610 km de fils.

Cologne-Aix-la-Chapelle (7 fils) : 71,121 km de câble, 497,847 km de fils.

Totaux : 5 463,650 km de câble et 37 372,871 km de fils.

Le poids total de câble employé est de 12 829,408 kg répartis ainsi comme il suit : Fer : 10 169,932 kg ; Fils de cuivre : 823,001 kg ; Enveloppe gutta-percha : 1 836,475 kg ; Total : 12 829,408 kg.

On s’est servi, pour le passage des rivières, de 70 tronçons de câble, dont 62 à 7 fils et 1 à 14 fils ; la longueur totale de câble immergé est de 11,116 km, répartis de la manière suivante : 9 166 m à 7 fils ; 1 450 m à 4 fils ; 500 m à 14 fils.

 

Lundi 1er octobre 1881

 

Allemagne, fortifications : Le voyage-manœuvre du grand état-major allemand dans le Schleswig-Holstein.

Une revue militaire française nous a livré ces informations : « Nous avons annoncé, dans notre dernier numéro, le voyage-manœuvre que le grand état-major allemand devait exécuter dans le Schleswig-Holstein, sous la direction personnelle du feld-maréchal de Moltke. S’il faut croire la Gazette de Cologne, il ne s’agissait pas cette année, comme à l’ordinaire, d’un simple voyage d’étude comportant uniquement la discussion sur le terrain et la solution platonique d’un certain nombre de problèmes stratégiques ou tactiques, c’était en même temps une grande reconnaissance militaire d’une importance immédiate et considérable. Le gouvernement tenait à avoir l’avis personnel et motivé de la première autorité militaire du pays sur le tracé du canal maritime de la mer du Nord à la Baltique et sur les fortifications de Kiel du côté de la terre. Il y tenait d’autant plus que jusqu’à présent le maréchal de Moltke se montrait assez contraire aux deux projets et opposait surtout de graves objections à celui du canal. L’opinion du grand stratégiste s’est, parait-il, modifiée favorablement au cours du voyage ; on dit surtout qu’il s’est rallié complètement au projet de fortification de Kiel. Le bruit court dans les cercles militaires, que le rapport sur le voyage du grand état-major sera fertile en conclusions intéressantes. Cet article de la Gazette de Cologne se trouve confirmé par une lettre adressée de Sonderburg à la Gazette d’Alsace-Lorraine. L’aviso le Ziethen, ayant à bord le grand état-major général est arrivé le 1er octobre 1881 à Sonderburg, où il lui a été fait une brillante réception. Le maréchal de Moltke, accompagné de tous les officiers, s’est immédiatement rendu à pied sur les hauteurs de Düppel. L’inspection du terrain a duré de dix heures du matin à une heure de l’après-midi ».

 

Mercredi 5 octobre 1881

 

Belgique, Anvers place forte : déclassement des forts d’Austruweel, de Buurgth et de la Tête de Flandres.

Le journal militaire officiel belge d’octobre 1881 nous informe que l’organisation des défenses d’Anvers vient de subir une importante modification : par arrêté royal en date du 5 octobre 1881, les forts d’Austruweel, de Burght et de la Tête de Flandre sont déclassés. D’après la revue militaire française qui a publié cet article, les considérants qui déterminent l’adoption de cette mesure peuvent se résumer ainsi : les forts de Zwyndrecht et de Cruybeke étant achevés, les ouvrages précités peuvent être déclassés sans nuire à la défense de la position d’Anvers.

 

Samedi 8 octobre 1881

 

Italie, Mont-Cenis place forte : Travaux de fortification exécutés au Mont-Cenis.

Une revue militaire française a publié ces deux articles : « On sait que plusieurs années déjà le gouvernement italien fait exécuter sur les frontières françaises et autrichienne des travaux de fortification destinés à barrer les principaux passages des Alpes. Sur le Mont-Cenis en particulier, trois forts situés à peu de distance les uns des autres ont été entrepris ; d’après le Diritto du 8 octobre 1881, ces ouvrages seraient terminés et armés, et ils auraient reçu une petite garnison ».

 

Italie Monte-Argentaro place forte : Projet de construction d’un fort à Monte-Argentaro.

D’après le même journal, on entreprendrait prochainement les travaux de construction d’un fort sur le littoral à Monte-Argentaro, non loin d’Orbetello.

 

Jeudi 20 octobre 1881

 

Allemagne, voies ferrées : ouverture de nouvelles lignes.

Une revue militaire française nous livre ces informations : « Les derniers numéros du Journal officiel des chemins de fer annoncent l’ouverture d’un certain nombre de voies ferrées. Quelques-unes de ces lignes ne sont pas sans importance militaire ; Le tronçon Erfurt-Artern, ouvert le 20 octobre 1881, complète la ligne Sangerhausen-Erfurt que l’on peut considérer comme un embranchement de la grande voie stratégique Berlin à Wetzlar. Lorsque la ligne d’Erfurt à Ritschenhausen actuellement en construction sera terminée, l’Allemagne possédera une nouvelle ligne stratégique allant de Berlin au Rhin moyen et supérieur. La ligne entière Sangerhausen-Ritschenhausen appartient à l’Etat ; elle est construite à une voie. L’Allemagne du Nord est plus intimement reliée à l’Allemagne du sud par l’ouverture complète des lignes de Friedberg à Hanau et de Lohr à Wertheim. Mentionnons aussi la mise en exploitation de quelques voies utiles à la défense des côtes, telles que :

1° Le tronçon de Stade à Cuxhafen, qui complète la ligne de la rive gauche de l’Elbe, de Harbourg Harbourg à Cuxhafen, et dessert les redoutes et les batteries de l’embouchure de l’Elbe ;

2° Le chemin de fer de Neustadt à Oldenbourg (Holstein) ;

3° La ligne de Kiel à Eckernförde, dont le prolongement jusqu’à Flensbourg est presque achevé.

Les autres tronçons ouverts ont moins d’importance : nous citerons cependant celui de Wittenberge à Peleberg (Brandebourg), qui relie au réseau ferré la garnison d’un régiment de cavalerie ; ceux de Wermelskirchen à Opladen (province du Rhin), de Scheidemühl à Deutsch-Crone (Prusse occidentale), de Dinkelsbühl à Feuchtwangen (Bavière) et d’Opalenica à Grätz (Posnanie) ».

 

Vendredi 21 octobre 1881

 

Allemagne, Thorn et Mainz places fortes : exercices d’état-major de forteresse.

 

Une revue militaire française nous livre cet article : « Exercices d’état-major appliqués à la guerre de forteresse. La Revue a déjà parlé des voyages d’état-major exécutés cette année dans un certain nombre des corps d’armée allemands et plus récemment du voyage d’étude du grand état-major général. Des travaux analogues, d’après ce que nous apprend l’Unter-Offizier Zeitung du 21 octobre 1881, ont été poursuivis au point de vue spécial de la guerre de forteresse. « Du 14 septembre au 2 octobre 1881 ont eu lieu à Thorn, sous la direction du général-major von Lewinski, commandant la 2e brigade d’artillerie de campagne, des exercices d’état-major appliqués à la guerre de forteresse ; d’autres ont été exécutés aux environs de Mayence. Ces exercices trouvent leur raison d’être dans le développement du système de fortification néo-prussien, qui a reporté au loin en avant la défense principale des places et dans le réseau de forts d’arrêt dont les divers Etats, la France notamment, ont couvert leurs frontières et les lignes de communication qui y aboutissent. Ils ont été inaugurés presque immédiatement après la guerre de 1870-71, aux environs de Strasbourg et de Metz, sous la direction du général von Verdy du Vernois ; chaque groupe de manœuvre comprend généralement vingt-cinq officiers de tous grades, depuis celui de capitaine, et de toutes armes, moins la cavalerie. Le but est de former des chefs pour la guerre de forteresse et d’apprendre à faire fonctionner de concert les armes et les services divers dont la guerre réclame la coopération. Le rôle prépondérant qu’y joue l’artillerie, l’immense appareil technique que doivent déployer les ingénieurs rendent, on le comprend, cet accord beaucoup plus difficile à réaliser que dans la guerre de campagne. Il est intéressant de constater l’importance que l’armée allemande attache à ces études théorico-pratiques, manœuvres, exercices ou voyages d’état-major, et la tendance de plus en plus accentué à en augmenter et à en varier le champ ».

 

Jeudi 27 octobre 1881

 

Angleterre, artillerie : essais des canons de 80 et 100 tonnes.

Une revue militaire française nous a livré cet article : « Angleterre. Expériences comparatives sur les canons de 80 tonnes de Woolwich et de 100 tonnes d’Elswick. Nous lisons au sujet de ces expériences, dans le Times du 27 octobre 1881 : « On vient d’exécuter à Woolwich un essai comparatif entre le canon de 80 tonnes fabriqué à l’arsenal et le canon de 100 tonnes construit à Elswick. Tous les membres du comité de l’artillerie étaient présents. Les deux bouches à feu étaient placées sur des lignes de tir parallèles à 50 yards (45,72 mètres) l’une de l’autre ; celle de 80 tonnes, à ciel ouvert, reposait sur le railway en pente, dit plate-forme Maitland ; celle de 100 tonnes était monté dans la casemate modèle qui a été construite près des buttes par les soins du Works Departement, pour servir de type à celles qu’on doit établir dans les ports de Malte et de Gibraltar. Les deux canons furent tirés alternativement avec de la poudre de Westphalie et avec celle de Waltham-Abbey, toutes deux prismatiques. La charge employée à chaque coup fut la battering charge de 450 livres (204 kg) ; la différence entre les poids des projectiles était considérable, car celui de la pièce de 80 tonnes pesait 1 760 livres (797 kg), celui de la pièce de 100 tonnes plus de 2 000 livres (903 kg). Les résultats, relevés et calculés par le major d’artillerie Downes, sont en faveur de la poudre anglaise. En effet, pour le canon de 100 tonnes, la poudre allemande donna une vitesse de 1 535 pieds (468 m), avec une pression sur le fond de l’âme de 14 tonnes par pouce carré (2 200 kg par centimètre carré) ; avec la poudre de Waltham-Abbaye, les nombres correspondants sont 1 545 pieds (471 m) et 12 tonnes (1 880 kg kg par centimètre carré). Dans les expériences concernant le canon de 80 tonnes, la vitesse initiale fut de 1 580 pieds (482 m) ; mais malgré cette supériorité de vitesse, le pouvoir destructif du projectile lancé par cette pièce est notablement inférieur à celui du projectile tiré par la pièce de 100 tonnes et dont la masse est bien plus grande. En résumé, les épreuves ont été considérés comme très satisfaisantes ».

 

Mardi 1er novembre 1881

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : ouverture de nouvelles voies ferrées.

A la date du 1er novembre 1881, le réseau des chemins de fer d’Alsace-Lorraine doit s’augmenter de trois nouvelles lignes :

1° Château-Salins à Sarralbe ;

2° Bouxwiller à Haguenau ;

3° Audun-le-Tiche à Rédange.

Il nous semble inutile d’insister sur l’importance militaire de la ligne de Château-Salins à Sarralbe, au moyen de laquelle une communication directe est établie entre Nancy et le nœud de chemin de fer si remarquable de Sarreguemines. Cette ligne, dont l’ouverture semble avoir été retardée par suite des difficultés que la nature du terrain apportait à la solidité de certains remblais, comprend les stations de Château-Salins, Hampont, Haboudange, Conthil, Benestroff, Lening-Albestroff, Insming, Kappelkinger, Audwiller et Sarralbe.

Elle est à une voie sur tout son parcours ; la section de Sarralbe à Sarreguemines, qui lui fait suite, doit être pourvue d’une seconde voie. Le Reichstag, dans sa séance du 19 mai dernier, a voté les fonds nécessaires à la pose de cette seconde voie, ainsi qu’au rachat non seulement du tronçon de Sarreguemines à Sarralbe, mais de la ligne entière de Sarreguemines à Sarrebourg. Ce chemin appartenait jusqu’ici à une compagnie privée ; mais l’exploitation en était confiée à l’administration impériale des chemins de fer d’Alsace-Lorraine.

Le gouvernement allemand a été autorisé, par la même loi, à racheter les deux lignes de Château-Salins à la frontière française et de Burthecourt à Vic, appartenant à une compagnie privée et exploitée par la Compagnie française de l’Est. A dater du 1er novembre 1881, ces deux tronçons passeront aux mains de l’administration impériale des chemins de fer d’Alsace-Lorraine, dont le service s’étendra jusqu’à Chambrey. Cette station a reçu, à cet effet, l’extension nécessaire.

Le chemin de fer de Château-Salins à Sarralbe coupe à Benestroff, la grande ligne à deux voies de Remilly à Sarrebourg, qui constitue la communication la plus directe entre Metz et Strasbourg. Le point de croisement de Benestroff acquerra encore une plus grande importance, lors de l’ouverture de la ligne de Dieuze à Nebestroff. Ce tronçon paraît devoir être livré à l’exploitation au printemps 1882.

Ajoutons enfin que la ligne Château-Salins-Sarralbe-Sarreguemines va être reliée aux lignes de Sarreguemines à Haguenau et de Sarreguemines à Einöd, près de Deux-Ponts, au moyen d’un raccordement direct aux abords de la station de Sarreguemines. Les transports militaires venant de la direction du Palatinat pourront ainsi arriver à la frontière française, vers Nancy, sans encombrer la station de Sarreguemines.

La ligne de Bouxwiller à Haguenau est à une voie ; elle s’embranche sur la ligne de Haguenau à Sarreguemines à la station de Schweighausen et comprend les stations de Neubourg, Pfaffenhoffen, Niedermodern et Bouxwiller. Le tronçon de Bouxwiller à Steinbourg étant exploité depuis plusieurs années, la ligne de Bouxwiller à Haguenau ouvre une communication directe entre Haguenau et Saverne. La nouvelle voie a donc une certaine importance militaire, mais elle serait appelée à en acquérir une beaucoup plus considérable, si certains projets auquel la presse allemande s’est intéressée venaient à se réaliser. Il s’agirait de prolonger la ligne de Bouxwiller à Haguenau jusqu’à Rastatt, où elle rencontrerait la grande ligne de Bâle à Francfort. Si l’on s’en rapporte aux journaux d’Alsace-Lorraine, les travaux de la première section, Haguenau-Roeschwoog, seraient bientôt poussés avec activité. Cette section mettrait Haguenau en communication directe avec la grande ligne de Strasbourg à Lauterbourg et à Germersheim Le prolongement jusqu’à Rastatt comporterait un pont sur le Rhin ; ce serait le cinquième pont de chemin de fer reliant l’Alsace au pays de Bade.

Il a été également question de prolonger la ligne Haguenau-Bouxwiller dans la direction de Reding ; la future voie partirait de la station Dossenheim, située entre Bouxwiller et Steinbourg, remonterait la vallée de la Zinsel et rejoindrait, vers Reding, la grande ligne de Strasbourg à Paris. L’utilité de cette seconde percée des Vosges est indiscutable ; en effet, la seule ligne existant actuellement dans la direction de Strasbourg à Paris est considérée, à tort ou à raison, comme particulièrement exposée à être coupée en temps de guerre. Les nombreux ouvrages d’art que l’on y rencontre semblent se prêter facilement à des tentatives de ce genre. L’ouverture de la ligne entière de Rastatt à Redding ouvrirait un nouveau débouché, vers la frontière française, aux lignes de concentration venant de l’intérieur de l’Allemagne ; cette ligne aurait en outre l’avantage de diminuer l’encombrement de la gare d Strasbourg et de ses environs immédiats.

La troisième des lignes qui doivent être ouvertes à la circulation le 1er novembre 1881 est à une voie ; elle va de Audun-le-Tiche à Rédange. Elle n’a pas l’importance militaire des précédentes ; ce n’est qu’un rameau nouveau ajouté dans le quadrilatère Longwy-Arlon-Luxembourg-Ottange. Le tracé des nombreuses lignes de cette région paraît, du reste, fortement influencé par le voisinage des frontières de quatre Etats : la France, la Belgique, le Luxembourg et l’Empire allemand.

La ligne d’Audun-le-Tiche à Rédange, construite par la Compagnie Guillaume-Luxembourg, sera exploitée, comme tout le réseau de cette Compagnie, par l’administration impériale des chemins de fer d’Alsace-Lorraine.

Terminons en rappelant que la ligne de Thionville à Carling, dont la concession est antérieure à 1870, est actuellement en construction. Elle semble devoir être livrée à l’exploitation dans le courant de l’année 1882. Cette ligne coupe à Hartgarten le chemin de fer de Courcelles à Bouss et le suit ensuite jusqu’à Teterchen, point d’où elle s’en détache, pour se diriger vers Thionville par Bouzonville, Dalstein et Kédange. Une loi votée le 19 mai 1881 autorise le gouvernement allemand à racheter la portion de la ligne de Courcelles à Bouss comprise entre Courcelle et Teterchen. Ce tronçon appartenait à une société privée. Par suite de ce rachat, il ne restera plus en Alsace-Lorraine une seule ligne de chemin de fer qui ne soit la propriété de l’Etat allemand, sauf les fractions de lignes suivantes :

1° Frontière luxembourgeoise à Audun-le-Tiche et à Rédange, appartenant à la Compagnie Guillaume-Luxembourg ;

2° Frontière prussienne vers Hannweiler à Sarreguemines appartenant à l’Etat prussien et exploité par lui.

3° Frontière bavaroise vers Nieder-Gailbach à Sarreguemines, appartenant à la Compagnie des chemins de fer du Palatinat et exploitée par elle.

Cependant, la direction impériale des chemins de fer d’Alsace-Lorraine possède et exploite, en dehors de la frontière, le tronçon de Saint-Louis à Bâle, situé en territoire helvétique.

 

Mercredi 2 novembre 1881

 

Autriche-Hongrie, armée & fortifications : Le budget de la guerre pour 1882.

Le projet de budget de la guerre pour 1882 vient d’être déposé devant les délégations : il s’élève au chiffre total de 105 742 868 florins, soit un excédent de 1 606 353 florins pour l’année précédente. Cet excédent se répartit ainsi : 1 074 039 florins sur le budget ordinaire et 532 754 florins sur le budget extraordinaire : le crédit spécial affecté à l’entretien du corps d’occupation de la Bosnie est inférieur de 500 florins à celui de l’année précédente. Les augmentations du budget ordinaire proviennent de la réduction du nombre d’homme envoyés en congé, du prix plus élevé de diverses denrées composant l’ordinaire (Menage-Artikeln), et du crédit demandé pour la remonte des capitaines d’infanterie ; en outre, les recettes du ministère de la guerre ont été moins fortes qu’en 1850. Quant aux nouveaux crédits du budget extraordinaire, ils doivent pour la plupart être appliqués à la continuation des travaux de mise en état de défense de la frontière. Nous relevons, d’après la Wehr Zeitung du 2 novembre 1881, les crédits les plus importants du budget extraordinaire :

1° Acquisition de pièces de gros calibre pour l’armement de Pola (642 762 florins). On se souvient qu’au commencement de cette année, le gouvernement austro-hongrois avait acheté à l’usine Krupp quatre pièces de côte de 25 c (Voir la Revue militaire de l’étranger, n°522 (1881) destinées à Pola ; le crédit demandé en 1882 a pour objet l’acquisition de quatre nouvelles pièces semblables, avec l’approvisionnement minimum de munitions. En raison de l’importance capitale du port de Pola, et de la nécessité de le doter d’un armement qui réponde aux exigences de la guerre moderne, le gouvernement insistera tout particulièrement pour l’adoption de ce crédit ;

2° Continuation des travaux de défenses de la frontière du Tyrol et de la Dalmatie méridionale (200 000 florins). La mise en état de défense de la frontière au moyen d’ouvrages de fortification passagère ou permanente est en effet un devoir essentiel du ministère. Si, dans certaines localités qui ne sont pas trop exposés, l’établissement d’ouvrage de campagne peut être retardé jusqu’à l’époque où commencent les hostilités, il est d’autres points qu’on n’aurait pas le temps de fortifier au dernier moment, et dont la mise en état de défense doit être préparée dès le temps de paix.

Dans cette catégorie on peut ranger en première ligne le port de guerre de Cattaro et Castelnuovo, en Dalmatie, qui ne communique que par mer avec le reste de la Monarchie ; on élèvera quelques ouvrages pour le protéger du côté terre contre un débarquement, et du côté mer pour garantir la ligne des torpilles.

A Sbeenico, on couvrira également la ligne des torpilles.

Dans le Tyrol méridional, l’entrée de la plupart des passes étant encore ouverte, on complétera le système défensif de Trente.

Les crédits votés pour 1881 ayant été affecté au front sud de la place, les travaux seront dirigés cette année du côté nord ;

3° Construction des ouvrages permanent de Pola (1 million 500 000 florins). Le crédit total demandé à cet effet est évalué à 4 millions, mais il doit être réparti sur plusieurs exercices, et l’année précédente, il a déjà été alloué par les délégations une somme de 750 000 florins ;

4° construction du camp retranché de Cracovie (700 000 florins). C’est la même somme que celle qui avait été accordée sur le budget de 1881. Le total des dépenses prévues pour l’achèvement de ce camp est évalué à 3 millions de florins.

5° Construction du camp retranché de Przemysl (600 000 florins). La mise en état de défense de Przemysl a été commencée cette année et 400 000 florins ont déjà été dépensés dans ce but ; le devis total s’élèvera à 5 500 000 florins.

6° Reconstruction des forts d’arrêt des vallées de Ponteba e de Predil (250 000 florins).

7° Armement en artillerie des ouvrages défensifs du Tyrol et des forts d’arrêt des routes de Ponteba et de Predil (219 000 florins) ;

8° Achèvement de la transformation de l’armement de l’infanterie (1 285 000 florins). On sait qu’une partie de l’infanterie austro-hongroise a déjà reçu le fusil Werndl transformé pour recevoir la cartouche à charge renforcée ; le gouvernement espère terminer entièrement l’armement de l’infanterie dans le courant de 1882.

La totalité de ces crédits n’a pas été votée par la Délégation cisleithane ; les réductions ont porté sur les points suivants :

1° Pour l’armement de Pola, la Délégation n’a voté que 320 000 florins, soit l’achat de deux pièces au lieu de quatre ;

2° Les crédits qui devaient être appliqués à la mise en état de défense de la frontière sud de la Monarchie et à la construction des ouvrages de Pola ont été réduits de moitié ;

3° Il n’a été accordé pour le camp retranché de Przemysl que 400 000 florins au lieu de 600 000.

 

Samedi 26 novembre 1881

 

Allemagne, Kiel place forte : début des travaux préliminaires pour la construction des forts.

Une revue militaire française nous a livré cet article : « D’après une correspondance de Kiel, publiée par la Gazette de Silésie du 26 novembre 1881, les travaux préliminaires tels que levers, reconnaissances de terrain, etc., nécessaires pour l’établissement des forts de Kiel, ont commencé dans les différentes communes du district de Ploen. La revue a déjà mentionné à différentes reprises les projets de fortification à l’étude, en vue d’assurer la défense continentale des établissements maritimes de Kiel. On voit que l’on s’occupe activement de cette question et que la période d’exécution n’est pas éloignée.

 

Vendredi 2 décembre 1881

 

Allemagne, Strasbourg place forte : la construction de la 3ème tranche des fortifications urbaines s’achève bientôt et suppression de l’inspection des nouvelles fortifications de Strasbourg.

Une revue militaire française nous a livré cet article : « D’après une correspondance adressée à la Gazette de Cologne du 2 décembre 1881, la construction du troisième tiers de la nouvelle enceinte de Strasbourg serait sur le point d’être terminée. Le même journal annonçait d’autre part, dans son numéro du 26 novembre 1881, qu’en prévision du prochain achèvement des grands travaux de fortification entrepris à Strasbourg, l’inspection spéciale des fortifications créée dans cette place serait vraisemblablement supprimée le 1 février 1882. A partir de cette date, les deux places de Strasbourg et de Neuf-Brisach ressortiraient à la sixième inspection des fortifications (Metz) ; En même temps, Sarrelouis passerait à la cinquième inspection des fortifications (Mayence), de sorte que l’inspection de Metz aurait dans ses attributions toutes les places fortes de l’Alsace-Lorraine et n’en aurait pas d’autres. La cinquième inspection des fortifications (Mayence) et la sixième (Metz) continueraient à dépendre de la troisième inspection du génie dont le siège est à Mayence ».

 

Mercredi 7 décembre 1881

 

Angleterre, places fortes : Inspection des travaux de défense des colonies.

Une revue militaire française a publié cet article : « On lit dans la Naval and Military Gazette du 7 décembre 1881 : La commission des travaux de défense des colonies a décidé qu’il serait procédé à une enquête minutieuse sur les ressources que possèdent, au point de vue défensif, nos différents ports de l’étranger. Le lieutenant-colonel Grossman du génie, a été chargé en conséquence d’exécuter un voyage d’inspection à la suite duquel il fera connaître, dans un rapport, les meilleures dispositions à adopter pour mettre nos possessions de l’extérieur en état complet de défense, à l’aide de fortifications et de torpilles sous-marines. Dans son voyage, le colonel Grossman visitera Bombay, Sydney, les Barbades, la Jamaïque, les îles Bermudes, Le Cap, l’île Maurice, Trincomalee (Trincomalee est un port de l’île de Ceylan), Hong-Kong et Singapour ».

 

Mardi 27 décembre 1881

 

Allemagne, Strasbourg place forte : achèvement du fort de Mundolsheim (Podbielski)

Une revue militaire française nous a livré cet article : « D’après une correspondance reproduite par le Journal d’Alsace du 27 décembre 1881, les derniers travaux du fort de Mundolsheim ont été terminés le 24 du même mois, à quatre heures du soir. La Revue a plusieurs fois parlé de la construction de cet ouvrage entrepris en 1878, et dont le but est de compléter l’organisation défensive permanente de la ligne de hauteurs comprise entre les villages d’Oberhausbergen et de Mundolsheim ; cette ligne était déjà occupée par le fort IV (Prince Royal) et par le fort V (Grand-Duc de Bade) ».