Chroniques 1870

 

 

Dernière mise à jour / Letzte Änderung : 10 / 06 / 2021 par MJR

 

Voici les chroniques de la place forte de Strasbourg. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications et de la garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services. Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde souvent les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire de cette année 1870, mais prenez garde à gratter la couche de nationalisme que l’on retrouve à cette époque dans la presse allemande et française. L’histoire n’est pas figée. Les différentes recherches, études et analyses apportent régulièrement de nouveaux éléments. Cette chronique n’est donc pas définitiveet elle est régulièrement complétée et mise à jour. Chaque année de cette chronique commence par un bilan de la construction ou de la modernisation des ouvrages de fortification en cours, sur l’essentiel des pays européens, en tenant compte du tracé des frontières de l’époque. Ce bilan est certes incomplet, mais nous donne un bon apperçu de l’effort de défense de chaque pays cité.

 

Abréviations et termes allemand couramment utilisés :

 

A.K.O. = Allerhöchste Kabinetts-Order = Ordre du cabinet impérial / Ordonnance impériale (ordre signé par l’Empereur d’Allemagne).

IR = Infanterie-Regiment = Régiment d’infanterie (généralement suivi de son numéro).

Reichsland = Terre d’Empire = partie annexée de l’Alsace-Lorraine.

 

Les grades allemands et leur équivalence françaises :

 

General der Infanterie, General der Kavalerie = équivalent au général de corps d’armée.

Generallieutenant = traduit à l’époque lieutenant-général, équivalent actuel au général de division

Generalmajor = traduit à l’époque major-général, équivalent actuel au général de brigade.

Oberst = = colonel.

Oberstlieutenant = lieutenant-colonel.

Major = chef de bataillon, chef d’escadron, commandant.

Hauptmann ou Rittmeister (pour les troupes montées) = capitaine.

Oberleutnant = lieutenant

Leutnant = sous-lieutenant.

 

Remarque : l’orthographe allemande diffère de celle d’aujourd’hui. Par exemple pour les portes on note la présence d’un h « Thor » qui a disparu ultérieurement (Tor), et de nombreux mots s’écrivent encore avec un c, alors que quelques années plus tard on utilisera le k, comme pour Fortification écrit ultérieurement Fortifikation. On germanise les mots d’origine française. J’emploi autant que possible l’orthographe d’origine.

 

 

Fortifications : ouvrages en cours de construction ou de modernisation

 

Allemagne

 

Cette rubrique concerne les fortifications allemandes en cours de construction ou de modernisation, sur le territoire

 

Allemagne, Front Nord, côte de la mer du Nord « Nordsee »

 

A la suite à la crise du Luxembourg, puis de la guerre franco-allemande de 1870-1871, renforcement des fortifications côtières allemandes.

 

Embouchure de la Weser - Places fortes et fortifications côtières de Bremerhaven & Gestemündung

Ouvrages en cours de construction :

Fort Langlütjen I (1869-1872), à Gestemünde. Ouvrage au tracé elliptique sur une île artificielle, sur laquelle on a érigé une batterie cuirassée comprenant 9 canons frettés de 21 cm Ringkanone L/22 sur affûts à embrasure minima « Minimalschartenlafetten » alignés dans une galerie cuirassée en fonte durcie, conçue et construite par la société Gruson de Magdebourg. Au milieu de l’île a été erigé un ouvrage rectangulaire appelé « Kernwerk » qui était initialement prévu pour trois tourelles cuirassée tournante de Gruson, mais jamais installées. Elle abrite la cuisine, les locaux d’hébergement et la salle des machines pour les groupes électrogènes. La construction de cet ouvrage a été longue et très difficile à cause des nombreuses tempêtes et du sous-sol vaseux. Juillet 1870 : lors du déclanchement de la guerre franco-allemande de 1870-1871, l’ouvrage avait été mis provisoirement en état de défense.

Fort Brinkamahof I (1867-1872), Gestemünde :10 canons de 21 cm L/22, par paires dans des positions à ciel ouvert.

Source : S0081 : Rudi Rolf : Die Deutsche Panzerfortifikation. Die Panzerfesten von Metz und ihre Vorgeschiche ; 1991 ; Biblio Verlag, Osnabrück. S1091.

Fort Wilhelm (1833-1877) tour en forme de demi-cercle « Halbrunde Turmfort », entre l’embouchure de la Geeste et Bremerhaven.

 

Place forte de Wilhelmshaven

Ouvrages en cours de construction ou de modernisation :

Heppenser Batterie (1863) aménagement provisoire remplacé ultérieurement par un ouvrage permanent. Elle était armée de 2 canons de 28 cm et 11 canons de 24 cm. 1864 : désarmement de la batterie. 1870-1871 : réarmement de la batterie pendant la guerre franco-prussienne.

Dauensfelder Batterie (1869-1870) comprenant 13 pièces à ciel ouvert entre les traverses.

 

Place forte de Cuxhaven

Ouvrage en cours de construction :

Fort Kugelbake (1869-1879) fort pentagonal, aux dimensions d’environ 250 m et 150 m. Comprend un mur d’escarpe maçonné en briques avec de nombreuses embrasures pour la défense rapprochée au fusil. Le fort est muni d’un fossé plein d’eau à la gorge et sur les flancs, et d’un fossé devant les deux faces. Flanquement du fossé par une caponnière d’épaule gauche, une caponnière de saillant et une caponnière de gorge. Entrée munie d’un blockhaus de garde en maçonnerie et d’un pont-levis aujourd’hui disparu. Armé initialement de dix canons de 28 cm répartis en deux batteries de cinq pièces qui tenaient sous leur feu tout le chenal. Sur le flanc gauche quatre canons de 12 cm orientés vers la mer. 1899 : le fort est relié à la gare de Cuxhaven par une ligne de chemin de fer à voies étroites. 1909 : dotation avec me plus puissant projecteur du monde, qui éclairait jusqu’à 4,5 km de distance, qui était escamotable et abrité dans un ouvrage en béton. L’ouverture du canal de la Mer du Nord à la Baltique a accrue l’importance du fort qui a été modernisé jusqu’en 1911. 1914 : retrait de cinq pièces de 28 cm transférée vers les côtes de Flandres. 1937 : installation de batteries antiaériennes « Flak » 8,8 cm. 1941 : remplacement des canons par des pièces de 10,5 cm à chargement rapide et installation d’un poste de commandement et de tir et d’un poste de mesure de type Freya. 1947 : le fort retourne à un usage civil. 1992-1994 : restauré avec des fonds allemands et européens, il est le dernier exemplaire de fort allemand de défense côtière.

 

Allemagne (Prusse - Rhénanie), Front Ouest

 

Place forte de Koblenz

Ouvrage en cours de construction :

Rive droite du Rhin

Arzenheimer Schanze (1866-1867, 1869-1873), initialement un ouvrage en terre, transformé en ouvrage de fortification permanente. Lunette comportant 2 faces de 60 m et 2 flancs de 40 m entourée d’un fossé. Remparts aménagés pour l’infanterie et l’artillerie. Sur la gorge une entrée avec pont-levis et une caserne de gorge casematée à un nivezau pour l’hébergement des troupes. 1875-1877 : relié aux fortifications principales par un chemin fortifié « Kolonnenweg ». 1920/1921 : ouvrage arasé complètement dans le cadre du traité de Versailles.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ingolstadt

Ouvrage en cours de construction :

Rive gauche du Danube

1ère ceinture d’ouvrages avancés permanents

Fort I – Werk 24 (octobre 1868-septembre 1872) Vorwerk Haslang - Fort Haslang. Lunette érigée à l’est de Samhof. Lunette « Hornwerk Haslang ». Elle devait être équipée de pièces d’artillerie en cas d’attaque. Troisième fort avancé érigé en fortification permanente. Lunette pentagonale avec une caponnière double de tête et deux caponnières simples sur les angles d’épaule. Caserne de gorge maçonnée à la gorge. Comprend 4 traverses-abris sur le flanc gauche et les fronts droit et gauche, et 3 sur le flanc droit. Le fort à été détruit à ‘explosif après la seconde guerre mondiale. Il y a quelques années le tas de débris a été couvert par une zone urbanisée. Lors des fouilles une partie du système de contremines a été mis mis à jour.

 

Belgique

 

Cette rubrique concerne les fortifications belges en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cour

 

Place forte d’Anvers

Ouvrages en cours de construction :

Rive droite de la Schelde (Escaut)

Compléments d’ouvrages construits suite à la loi de 1870

Fort de Zwinjdrecht (1870-1880), O d’Anvers, 2ème ceinture, rive D de la Schelde (Escaut), également dénommé Fort Brosius ou Fort Kolonel I.M.F. Etat actuel : l’ouvrage existe encore mais demeure inaccessible. Il est occupé par la SIPEG, le service d’inspection des poudres et explosifs de guerre et le site est dénommé « Kwartier Colonel Brisius ».

Rive gauche de la Schelde (Escaut)

Fort de Kruibeke (1870-1880), également dénommé Fort de Cruibecke, Fort van Steendorp, Fort Van Eopoel ou Fort Kapitaen, O-SO d’Anvers, 2ème ceinture, rive gauche de la Schelde (Escaut). Etat actuel : l’ouvrage existe encore mais la caponnière de tête a été arasée. Terrain militaire utilisé par le 11ème bataillon du génie.

 

France

 

Cette rubrique concerne les fortifications françaises en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

France Front Ouest Côtes de la Mer du Nord Manche et de l’Atlantique

 

Place forte de Cherbourg

Ouvrage en cours de modernisation :

Batterie basse de Nacqueville (1817). 1870 : réorganisation. 1878-1881 : remodelage de la batterie pour 4 canons de 27 cm modèle 1881.

 

Place forte de Brest

Ouvrage en cours de construction ou de modernisation :

Batterie de Cornouaille (1684-1696) fort de Cornouaille ou batterie basse de Cornouailles, commune de Roscanvel, presqu’île de Crozon, place forte de Brest. Batterie de défense, puis batterie lance-torpilles, qui défend l’entrée du goulet de Brest avec le fort Mengant situé de l’autre côté du goulet, exposant ainsi les navires à un redoutable tir croisé. Architecte initial : Vauban. Ouvrage installé sur une plateforme elliptique d’environ 250 m de long, adossée à la base de la falaise. Elle est bordée par un large parapet de pierre type bastion, escarpe et glacis, percé de 36 embrasures pour les pièces d’artillerie. Faute de financement stable, le chantier s’étend jusqu’en 1696. Le projet prévoyait l’installation d’une batterie haute, qui n’a pas été réalisé. Armement initial : 20 canons de 24 livres et 10 canons de 36 livres. A subie de nombreuses modifications. 1813 : ajout d’une tour modèle 1811, construite en haut de la falaise, capacité 60 hommes, en tant que poste d’observation et de protection contre un assaut terrestre. 1840-1870 : les embrasures sont comblées, les canons sont remplacés par un projecteur et des pièces à tir rapide de plus petit calibre. 1888 : creusement d’une cavité sous la falaise avec deux embrasures pour installer une batterie de rupture de très gros calibre : 2 canons de 32 cm modèle 1870-1884. Percement de deux cheminés pour l’évacuation de gaz. Installation d’un escalier sur le flanc nord, creusement de salles dans la falaise. 1942-1944 : troupes allemandes installent sur le haut de la falaise une batterie antiaérienne de Flak composée de 6 pièces de 105 mm. 21/07/2009 : batterie cédée par le ministère de la défense au Conservatoire du littoral. 25/04/2013 : arrêté de classement aux monuments historiques. Etat : abandonnée. Propriétaire : Conservatoire de l’espace littoral et des rivages. Etat : les infrastructures du dessus de la falaise détruite à la suite des bombardements de la Seconde guerre mondiale à l’exception des fortifications historiques de Vauban.

Redoute de Pen Ar Creach (1870 environ) E de Brest. Redoute au tracé trapézoïdal destiné à la défense terrestre de la place. Etat actuel : disparu.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Metz

Après l’apparition en 1859 de l’artillerie rayée, qui permet un accroissement sensible de la précision, de la portée et de la puissance des tirs par l’adoption du projectile cylindro-ogival, le réaménagement des fortifications s’avère nécessaire. Il s’agit d’éloigner l’artillerie de l’assiégeant du noyau des places fortes par la construction de forts détachés et de batteries, qui sont éloignés de 2 à 10 km du noyau urbain, en fonction de la prise en compte des progrès de l’artillerie.

A Metz, ce n’est que vers 1867 que l’on commence les travaux de construction de forts détachés sous la direction du colonel Séré de Rivières, chef du Génie de la place de 1864 à 1869. Alors que la construction de 8 forts détachés avait été planifié, en juillet 1870, au déclanchement de la guerre franco-prussienne de 1870, seuls 4 forts détachés sont pratiquement terminés : les forts de Saint-Julien, fort de Queuleu, fort Diou et fort de Plappeville. En mai 1870 on commence les travaux du fort des Bordes, du fort de Saint-Privat et du fort de Saint-Eloy. Alors que ces derniers sont à peine commencés, ils ne servent que de batteries pendant le conflit. En effet dès le 19 août 1870 le maréchal Bazaine se laisse enfermer avec 170 000 hommes dans la place de Metz qui est assiégée. Il capitule le 27 octobre 1870. Après la chute de la place forte de Metz, ce sont les Allemands qui poursuivront les travaux de construction de cette première ceinture de fortifications détachées.

Ouvrages en cours de construction :

Rive gauche de la Moselle

Fort de Plappeville (1867-1870 puis 1871-1891) Fort Alvensleben. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge

Fort Diou (1867-1870 puis 1872-1892) Ostfort puis intégré au groupe fortifié Feste Prinz Friedrich Karl actuel groupe fortifié du Mont Saint-Quentin. Le fort Diou est construit par les Français. Il est de forme trapézoïdale au tracé bastionné quadrangulaire (4 bastions), dont deux avec casemates d’artillerie, avec fossé sec taillé dans le roc, en partie maçonné. Artillerie disposée sur le tracé bastionné et sur un cavalier polygonal placé en équerre, avec caserne à 2 niveaux et un magasin à poudre. L’entrée est munie d’un pont-levis. Les Français avaient conçu le fort pour recevoir 38 pièces d’artillerie et 692 hommes. 1872-1892 : les Allemands installent à l’autre extrémité du plateau le Fort Mannstein et organisent puissament l’espace entre les deux forts pour former le groupe fortifié. Réaménagement du tambour couvrant l’entrée à la gorge avec un blockhaus de garde. 1887-1890 environ, renforcement d’une partie des locaux, installation d’une cloche lourde d’observation d’artillerie à priori du type P.B.St. 1896 au centre du cavalier central, monte-charge à munition avec panier rond et câble, cuisinières autoclaves, métallique, réseaux de fil, grilles défensives, coffres de contrescarpe avec chambres de tir munies de dispositif d’accrochage mural des canons-révolvers de 3,7 cm et volets blindés sur les créneaux de fusillade.

Rive droite de la Moselle

Fort de Queuleu (1867-1870, puis 1871-1875) Fort Goeben. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un vaste fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front large de 800m et profondeur de 450 m, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie et d’artillerie. A la gorge une grande caponnière centrale relie les 2 casernes. Au centre du fort un important cavalier polygonal ouvert à la gorge formant réduit avec une grande caserne, magasins et abris, très surélevé, qui forme la batterie haute pour le combat éloigné. L’artillerie des parapets des bastions est prévue pour le combat rapproché. 23 août 1869 : décision ministérielle fixe l’effectif à 2 000 hommes avec une dotation en artillerie de 122 pièces. 1871-1890 poursuite des travaux de construction par les Allemands avec quelques aménagements particuliers : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, 2 observatoires d’artillerie cuirassé modèle 1887 sur le cavalier, 3 guérites observatoires cuirassés d’infanterie modèle 1890 (WT 90) sur la pointe de chaque bastion du front de tête, batteries annexes de part et d’autre et à la gorge, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charge, traverses-abris, blindage des fenêtes, vers 1887-1890 renforcement d’une partie des locaux du fort, mise en place d’une réseau de fils de fer. Octobre 1943 : la Gestapo installe un camp de concentration dans la casemate A jusqu’en août 1944. Actuellement le fort est un parc public et un musée mémorial des internés déportés.

Fort de Saint-Julien (1867 puis 1871-1891) Fort Manteuffel. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge. Le parapet d’artillerie des fronts bastionné destiné à la défense rapprochée et au flanquement et le parapet du cavalier à la défense éloignée. Une grande caserne de gorge avec caponnière sur la partie centrale et une caserne sous le centre du cavalier. Les Français avaient prévu un armement de 75 pièces d’artillerie et un effectif de 1 750 hommes. 1871-1890 les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, batteries annexes de part et d’autre, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme le monte-charge, traverses-abris, blindage des fenêtes, vers 1887-1890 renforcement d’une partie des locaux du fort, mise en place d’un réseau de fils de fer.

Fort de Saint-Privat (Début 1870 puis 1872-1875) Fort Prinz August von Württemberg. 1870 Construction des terrassements par les Français. 1872-1875 Reprise des travaux par les Allemands selon leurs plans d’un Fort de type Biehler. Lunette élargie, à fossé sec, grand fort comportant une gorge pseudo bastionnée avec caserne brisée vers l’intérieur, 4 traverses-abris par face, 2 batteries annexes, 2 observatoires cuirassés. Modernisé vers 1887-1890 suppression des caponnières d’épaule remplacée chacune par un coffre de contrescarpe simple et campoonière du saillant remplacée par un coffre double de contrescarpe. Fort conçu pour 750 hommes et environ 44 pièces d’artillerie.

Fort des Bordes (1870 puis 1874-1875) Fort Zastrow. Les Français ont commencé le terrassement en 1870. Pendant le siège de Metz en 1870, on y a installé une batterie. Après la guerre les Allemands construisent un fort de forme trapézoïdale, comportant au centre une caserne pour 80 hommes, un magasin à poudre sous le rampart du flanc gauche et 3 abris à munitions sous les remparts. A la gorge une caserne pour 500 hommes. Le fort est muni d’un fossé sec battu par trois coffres de contrescarpe. 1887-1890 : installation de 2 batteries annexes avec 6 alvéoles et un abri à munition encadraient l’ouvrage de part et d’autre des angles de gorge. Armement : 16 pièces dont 6 du premier armement. L’essentiel du fort a été remblayé.

 

Place forte de Belfort

Ouvrage en cours de construction :

Fort des Barres (1836 ?, 1865-1870 ?, 1868-1870) fort Hatry, profil bastionné. Il s’agit du dernier fort bastionné construit en France. 1941-1944 : utilisé par les nazis comme lieu de détention. 21/03/1945 : découverte d’un charnier de 25 corps exécutés par les nazis. 07/06/2020 : une barrière en bois cède entraînant une chute mortelle. Etat : visitable.

Source : S1000. S2045 : Oberlé Raymond : Alsace 1870 : l’année terrible ; Bataille d’Alsace tome 3, éditions G4J, 2000, p. 100.

Redoute de Bellevue (1868-1870 inachevé) redoute Denfert-Rochereau, Belfort. Redoute terrassée pour l’infanterie. Etat : disparue, site occupé actuellement par le cimetière de Bellevue.  

Source : S1000. S2045 : Oberlé Raymond : Alsace 1870 : l’année terrible ; Bataille d’Alsace tome 3, éditions G4J, 2000, p. 100.

Redoute des Perches puis Fort des Basses Perches (1868-1870 inachevé, 1874-1877) fort Valmy, initialement une redoute d’infanterie terrassée sur la colline des Perches à Belfort, puis fort au tracé rectangulaire.

Source : S1000. S2045 : Oberlé Raymond : Alsace 1870 : l’année terrible ; Bataille d’Alsace tome 3, éditions G4J, 2000, p. 100.

 

Place forte de Langres

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de la Gare (1870-1871) aménagée en urgence pendant la guerre de 1870-1871.

Batterie des Franchises (1870-1871) aménagée en urgence pendant la guerre de 1870-1871.

Fort de la Bonnelle (1869-1875) fort Decrès.

Fort des Fourches (1870-1871) parfois dénommé fort du Mont des Fourches. Construit en urgence pendant la guerre de 1870-1871.

Fort de Peygney (1869-1875) fort Constance-Chlore, NE de Langres. 1870 : mise en état de défense.

 

Place forte de Besançon

Ouvrages en cours de construction :

Fort Benoît ancienne redoute Benoît ou redoute de Palente (1870-1871) redoute, puis fort Benoit 1877-1880 : Fort de Palente.

Fort de l’Est des Bois (1870-1871) fort Montbarrey.

Fort des Justices (1870-1871) fort Pajol, construit pendant la guerre de 1870-1871.

Redoute de Montfaucon (1870-1872) fort Donzelot, dénommé Vieux fort de Montfaucon. Ancienne redoute en terre sur laquelle on a construit des abris en maçonnerie..

 

Front Sud-Ouest – Pyrénées

 

Fortifications des Pyrénées Atlantique

Fort du Portalet (1838), autre source (22 juillet 1842-1870), fort de montagne, construit sur une falaise sur l’instruction du roi Louis-Philippe, parfois appelé Fort Urdos, situé dans le département des Pyrénées Atlantiques (64), dans la commune d’Etsaut. Il protège la route du col de Somport. 1871-1925 : Garnison 18e régiment d’infanterie de Pau. 1914 : Etat de l’armement : 4 canons de 90, en cas de mobilisation en plus 6 canons de 90 mm et 3 mortiers. 1941-1943 : Durant le régime de Vichy, sert de prison pour les hommes politiques de la IIIe République. 15 août – 16 novembre 1945 : Le maréchal Pétain y est détenu pendant quelques mois. 1962 : Le fort est démilitarisé. 1966 : Le fort est acheté par un particulier qui n’arrive pas à concrétiser son projet et l’ouvrage n’est pas entretenu. 1999 : Racheté par le Comunauté de communes de la Vallée de l’Aspe. 30 novembre 2005 : Classé et inscrit à la liste des monuments historiques. 2006 : Début des travaux de restauration et des expériences de réinsertion. Site Internet.

 

Pays-Bas

 

Cette rubrique concerne les fortifications néerlandaises en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

Ligne d’Utrecht « Waterlinie »

 

Place forte de Naarden – Position avancée

Ouvrages en cours de construction :

Werk III - Ouvrage n°3 (1870) Aile droite (à l’ouest), commune de Bussum.

Werk IV - Ouvrage n°4 (1868-1870) ou batterie centrale « Fort Werk IV ».

Werk V - Ouvrage n°5 (1870) Aile gauche (à l’ouest), comune de Bussum.

 

Position d’Utrecht

Ouvrages en cours de construction :

Fort bij Vechten (1867-1870). Fort à fossé plain d’eau comprenant 5 bastions et un réduit de gorge. En 1877 construction d’une caserne à l’épreuve des bombes. 1950-1996 utilisé comme site de stockage par le ministère de la défense. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, actuel musée national de la Waterline.

Fort bij Rijnauwen (1868-1871). Grand fort à fossé plein d’eau, plus grand fort de la Waterline (31 ha). EN 1877-1885 il est modernisé, construction d’une grande caserne à l’épreuve des bombes et des batteries de flanquement n°3 et 4. En 1885 son équipage était d 675 hommes et 105 pièces d’artillerie. 1918 installations d’abris de groupe en béton type 1918. En 1939 installation d’une casemate de mitrailleur « Koepelkazemat type G » et d’abris de groupe « Groepschuilplaats Type P ». 1942-1943 lieu de détention et d’exécution. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Fort Ruigenhoek (1867-1870). Actuellement utilisé par l’administration forrestière, ouvert au public.

Fort Voordop (1867-1870). Actuellement propriété privée.

 

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

 

 

Allemagne : Prusse

 

1870 : mise en service du canon de 15 cm court « Kurze 15-cm-Kanone C/70 » muni d’un tube en bronze. Le tube long de 12,6 calibres, pesait avec la fermeture 1 500 kg.

Source : S0596 : Schirmer, Hermann, Generalleutnant a.D. : Das Gerät der Artillerie vor, in und nach dem Weltkrieg, V. Teil : Das Gerät der schweren Artillerie, Verlag Bernard & Graefe, Berlin, 1937, p. 35.

1870 : mise en service du mortier de 21 cm « 21-cm-Mörser C/70 » (2 mortiers lourds d’expérimentation) dénommé « Vers. Mrs » ou « Versuchs-Mörser ».

Source : S0596 : Schirmer, Hermann, Generalleutnant a.D. : Das Gerät der Artillerie vor, in und nach dem Weltkrieg, V. Teil : Das Gerät der schweren Artillerie, Verlag Bernard & Graefe, Berlin, 1937.

 

Chroniques de l’année 1870

 

Année 1870

 

 

France, Strasbourg : la ville avant le siège.

 

Carte postale ancienne représentant Strasbourg : rue du Marais-Vert et le quai de la Station (ancienne gare) en 1870. Source : collection MJR.

 

Mardi 25 janvier 1870

 

France, Strasbourg place forte : état général des magasins à poudre, souterrains et abris voûtés de la place.

Le 25 janvier 1870, le commandant du génie de Strasbourg adresse au directeur du Génie de la place un état général réalisé en date du 31 décembre 1869, accompagné d’une lettre datée du 25 janvier 1870. L’ensemble de ces documents est transmis à une instance supérieure par le directeur du génie de la place de Strasbourg, avec comme conclusion : « Il n’y a pas à vrai dire dans Strasbourg, une vraie caserne voûtée, et dans la Citadelle surtout une semblable construction est de première urgence », signé à Strasbourg le 28 janvier 1870.

Source : S1062 : Service historique de la Défense : Génie – Place de Strasbourg - Etat général des magasins à poudre, souterrains et abris voûtés de la place avec indication de leur contenance en munitions et en hommes (au 31 décembre 1869) ; Copie partielle faite au service historique de la défense.

 

Samedi 5 février 1870

 

France, Alsace voies ferréées : ligne Bollwiller – Gebwiller.

La ligne de Bollwiller à Gebwiller est livrée à l’exploitation le 5 février 1870.

Source : S0422 : Revue militaire de l’étranger, 47e volume, janvier-juin 1895 et 48e volume, juillet-décembre 1895.

 

Samedi 2 juillet 1870

 

Prusse : annonce de la candidature de Léopold de Hohenzollern Sigmaringen au trône d’Espagne.

En septembre 1868, le général Joan Prim lance un soulèvement révolutionnaire en Espagne. Cette révolution est dénommée « La Gloriosa » (la glorieuse) ou « La septembrina » (la Septembrienne). Le général Joan Prim force la reine Isabelle II d’Espagne (1830-1904) à abdiquer. La reine s’exile en France et n’abdique qu’en 1870. En septembre 1869 l’Espagne entame de distrète négociations pour trouver un nouveau souverain en Europe. Elle a proposé la couronne à Léopold de Hohenzollern Sigmaringen, un lointain cousin du roi de Prusse Guillaume Ier.

Après une longue réflexion, le roi de Prusse en tant que chef de famille donne son accord, ce qui est annoncé le 2 juillet 1870, ce qui provoque une énorme indignation en France. La Cour des Tuilleries charge donc l’ambassadeur de France à Berlin, le comte de Benedetti, de demander au roi de Prusse, de désavouer Léopold. Le 12 juillet 1870, le prince, face à l’émotion provoquée en France et face à la restistance aux Cortès, renonce spontanément. En Espagne, les six années qui suivent sont nommées « Sexenio Democratico » (les six ans démocratiques). Finalement le duc Amédée de Savoie est choisi pour lui succéder, mais il abdique en 1873. Devant cette situation inextricable, la République est proclamée le 11 février 1873. En 1874, les Bourbons sont restaurés dans la personne d’Alphonse XII, fils d’Isabelle II. A partir de 1876, c’est une monarchie constitutionnelle qui s’installe.

Sources : S0007 : Bongrand Raymond : 1870, Alsace, Metz, Sedan ; Editions des Dernières Nouvelles d’Alsace, Strasbourg, 1970. S1000 : Wikipédia.

 

Dimanche 3 juillet 1870

 

France : la presse annonce la candidature de Léopold de Hohenzollern au trône d’Espagne.

Les journaux français annoncent que le prince Léopold de Hohenzollern, parent du roi de Prusse, est candidat au trône d'Espagne.

Source : S2786 : Romagny Ch. : Tableau – memento chronologique des événements avec notices explicatives, L. Baudoin, Paris, 1891.

 

Mercredi 6 juillet 1870

 

France, politique : interpellation du ministre des Affaires étrangères.

Le ministre français des affaires étrangères, duc de Grammont, interpellé au sujet de cette candidature Hohenzollern, déclare à la tribune du Corps législatif que le gouvernement ne souffrira pas qu'une puissance étrangère place un de ses princes sur le trône de Charles-Quint et mette ainsi en péril les intérêts et l'honneur de la France.

Source : S2786.

 

Lundi 11 juillet 1870

 

Allemagne, Royaume de Prusse : Léopold de Hohenzollern Sigmaringen renonce à sa candidature au trône d’Espagne.

Après la démarche de l’ambassadeur de France, comte de Benedetti auprès du roi de Prusse Guillaume Ier, le Léopold de Hohenzollern Sigmaringen inquiet de l’émotion soulevée et soucieux de certaines résistances et du fait que son initiative risquait de rencontrer des résistances aux Cortès, renonçe à se porter candidat à la couronne d’Espagne. L’incident paraît donc clos et semblait satisfaire la France. Remarque : S0007 parle du 12 juillet 1870.

Source : S2786.

 

Mardi 12 juillet 1870

 

Prusse : annonce de la candidature de Léopold de Hohenzollern Sigmaringen au trône d’Espagne.

En septembre 1868, le général Joan Prim lance un soulèvement révolutionnaire en Espagne. Cette révolution est dénommée « La Gloriosa » (la glorieuse) ou « La septembrina » (la Septembrienne). Le général Joan Prim force la reine Isabelle II d’Espagne (1830-1904) à abdiquer. La reine s’exile en France et n’abdique qu’en 1870. En septembre 1869 l’Espagne entame de distrète négociations pour trouver un nouveau souverain en Europe. Elle a proposé la couronne à Léopold de Hohenzollern Sigmaringen, un lointain cousin du roi de Prusse Guillaume Ier. Après une longue réflexion, le roi de Prusse en tant que chef de famille donne son accord, ce qui est annoncé le 2 juillet 1870, ce qui provoque une énorme indignation en France. La Cour des Tuilleries charge donc l’ambassadeur de France à Berlin, le comte de Benedetti, de demander au roi de Prusse, de désavouer Léopold. Le 12 juillet 1870, le prince, face à l’émotion provoquée en France et face à la restistance aux Cortès, renonce spontanément. En Espagne, les six années qui suivent sont nommées « Sexenio Democratico » (les six ans démocratiques). Finalement le duc Amédée de Savoie est choisi pour lui succéder, mais il abdique en 1873. Devant cette situation inextricable, la République est proclamée le 11 février 1873. En 1874, les Bourbons sont restaurés dans la personne d’Alphonse XII, fils d’Isabelle II. A partir de 1876, c’est une monarchie constitutionnelle qui s’installe.

 

Mercredi 13 juillet 1870

 

Allemagne, Royaume de Prusse : l’ambassadeur de France à Berlin recontre le roi de Prusse qui est aux eaux à Ems.

L’opinion publique française étant toujours remontée par la presse, le gouvernement français souhaite obtenir des garanties pour empêcher toute nouvelle candidature du Léopold de Hohenzollern Sigmaringen.

Le 13 juillet 1870 l’ambassadeur de France, le comte de Benedetti rencontre à nouveau le roi Guillaume Ier à Ems, et lui demande de donner l’assurance qu’il n’autoriserait plus une candidature de son cousin au trône d’Espagne. Le roi de Prusse Guillaume Ier est fort étonné par cette nouvelle requête et se récuse de façon très conciliante en ajoutant qu’il comptait communiquer dans l’après-midi à l’ambassadeur la renonciation officielle de Léopold de Hohenzollern Sigmaringen.

En effet au cours de l’après-midi, la communication est faite par l’intermédiaire d’un aide de camp. Guillaume 1er a ajouté qu’il donnait à la renonciation « son approbation entière et sans réserve ». L’ambassadeur de France, le comte de Benedetti se déclara « satisfait ».

Une autre source indique : Le roi Guillaume approuve le désistement du prince Léopold, mais il refuse catégoriquement de prendre des engagements pour l'avenir. A l'ambassadeur français Benedetti, qui insiste pour obtenir une nouvelle audience, le roi fait répondre « qu'il n'a rien de plus à lui communiquer ».

Tout semblait donc pour la deuxième fois rentrée dans l’ordre quand, de Berlin, Bismarck, qui croyait –par malheur à juste titre- savoir où il allait, prit le parti de brouiller les cartes.

Informé par une dépêche de son souverain des conversations d’Ems, il en fit publier le soir même un résumé qui en dénaturait l’esprit et d’après lequel le roi, objet d’une démarche indiscrète et presque insolente de notre ambassadeur, avait purement et simplement éconduit celui-ci.

La nouvelle ainsi déformée eut les résultats qu’en attendait l’auteur : elle souleva la colère en Allemagne et acheva d’exaspérer la France.

Source : S0007 ; S2786 ; S3477 : Les saisons d’alsace n°84, juin 2020 : 1870 L’Alsace déchirée ; SA Editions des Dernières Nouvelles d'Alsace, Strasbourg, p. 11.

 

Jeudi 14 juillet au vendredi 15 juillet 1870, nuit

 

France : décision de venger l’affront par le Conseil des ministres.

Le Conseil des ministres se réunit à Saint-Cloud autour de Napoléon III, dans la nuit du 14 au 15 juillet 1870. Il décide de venger l’affront.

Source : S00070 : L’Histoire n°201, juillet – août 1996, spécial : L’explosion des nationalismes, p. 18.

 

Vendredi 15 juillet 1870

 

Allemagne, Confédération de l’Allemagne du Nord : mobilisation des forces militaires.

Le roi de Prusse décrète la mobilisation des forces militaires de la Confédération de l'Allemagne du Nord.

Source : S2786.

 

France : le Corps législatif vote les premiers crédits de mobilisation.

Le 15 juillet 1870, tandis que la foule allait briser les vitres de l’ambassade de la Prusse, le Corps législatif l’Assemblée nationale d’aujourd’hui) vote avec enthousiasme, sur l’invitation d’Emile Ollivier, président du Conseil, les premiers crédits de mobilisation. Les dés étaient jetés. Ainsi, sans même vérifier l’authenticité de la dépêche d’Ems ainsi que Thiers l’avait pourtant demandé le 15 juillet 1870 au Corps législatif, le gouvernement français se jetait tête baissée dans un conflit qui avait été, qui à deux reprises aurait pu être évité !

Sources : S0007, p. 18-19 ; S0091 : Historia spécial n°58. Bimestriel Mars – Avril 1999. 1870, enquête sur une guerre perdue d’avance, Tallandier, Paris : Article Battesti Michèle : Chronologie des opérations, p. 56-61.

 

Samedi 16 au mardi 19 juillet 1870

 

Allemagne, Etats du Sud : le Grand-duché de Bade, le Wurtemberg et la Bavière se joignent à la Confédération de l’Allemagne du Nord.

Les Etats du Sud, Bade, liesse, Bavière et 19 juillet. Wurtemberg, se joignent à la Confédération du Nord et mobilisent leurs troupes.

Source : S2786.

 

Samedi 16 juillet 1870

 

France, Alsace, Strasbourg place forte et garnison : la guerre de 1870-1871.

Le 16 juillet 1870, un jour avant la déclaration de guerre, à Strasbourg les cours des deux séminaires catholiques et protestant sont fermés, et les locaux sont transformés en ambulances. Sur le Rhin, le pont de bateaux entre Strasbourg et Kehl est replié et démonté. De nombreux convois militaires arrivent en ville et à la gare les trains déversent un régiment après l’autre qui vont former l’Armée du Rhin. Les gardes mobiles du Bas-Rhin sont mobilisés. Une grande partie de ces troupes campe sur les glacis et le terrain d’exercice du Polygone, au sud de Strasbourg. De nombreux badaux vient voir ces troupes aux uniformes très variés. Les rues de Strasbourg sont de plus en plus animées. Si certains étaient rassurés de voir toutes ces troupes, d’autres à l’œil plis avisés, à la vue de l’indiscipline des réservistes et des gardes mobiles, de la consommation excessive d’alcool de la troupe, de la fréquentation des maisons closes et de leur mendicité, restèrent plus inquiets.

Source : S0332, p.12.

 

France, Strasbourg – Metz : Mise en état de siège des départements de l’Est.

Lors de la déclaration de guerre, les départements de l’Est sont mis en état de siège.

Source : S0914 : Auteurs divers : Strasbourg ; Paris, 1871, p. 13.

16 juillet 1870 : Strasbourg ; Démontage du pont de bateaux entre Strasbourg et Kehl.

Source : S1583 : Fehleisen, Egmond : Deutsch-Französiche Krieg 1870-71 in Wort und Bild, Zweiter Band, 1885.

 

Dimanche 17 juillet 1870

 

Italie : Déclaration de neutralité.

Le 17 juillet 1870 l’Italie fait savoir qu’elle ne soutiendra la France que si l’Autriche fait de même et si les troupes françaises évacuent Rome.

Source : S0091 : Historia spécial n°58. Bimestriel Mars – Avril 1999. 1870, enquête sur une guerre perdue d’avance, Tallandier, Paris : Article Battesti Michèle : Chronologie des opérations, p. 56-61.

 

Mardi 19 juillet 1870

 

Allemagne, Berlin : remise de la déclaration de guerre française.

Le 19 juillet 1870, M. Le Sourd, premier secrétaire de l’ambassade de France et chargé d’affaires à Berlin, remet au gouvernement prussien la déclaration de guerre officielle du gouvernement français datée du 17 juillet 1870. La Bavière, la Hesse-Darmstadt, le Wurtemberg et le Grand-duché de Bade entrent ensuite en guerre aux côtés de la Confédération d’Allemagne du Nord.

Sources : S0007, p. 19 ; S0091, p. 56-61 ; S2786 ; S3477, p. 11.

 

Grand-Duché de Bade, Kehl : le pont de chemin de fer est replié.

Le 19 juillet 1870, la travée tournante de la rive badoise du pont de chemin de fer Strasbourg – Kehl est replié et la ligne est coupée. Les dispositifs de mine sont chargés avec 2,6 tonnes de poudre.

Source : S3532 ; Neumühl, Ein Dorf im Westwall ; Förderverein Tarnbunker Neumühl e. V. et Explorate-Verlag, Königsfeld, 2021, p. 6.

 

Mercredi 20 juillet 1870

 

Autriche : Déclaration de neutralité.

Le 20 juillet 1870 l’Autriche se prononce pour la neutralité.

Source : S0091, p. 56-61.

 

France, Paris : troupes françaises.

 

Photographie représentant des troupes françaises aus Tuileries à Paris.

Source : Internet.

Jeudi 21 juillet 1870

 

Allemagne, Berlin, chef d’état-major général : Correspondance adressée au commandant en chef de la IIIe armée allemande.

Le général von Moltke, chef d’état-major général des armées a adressé la correspondance suivante au commandant de la IIIe armée allemande : « Au commandant en chef de la IIIe armée, Berlin. Berlin, le 21 juillet 1870. J’ai l’honneur, enfin d’orienter le Commandant en chef sur la situation, etc., des troupes sous son commandement, de porter à sa connaissance les renseignements suivants : Les Ve et XIe corps prussiens sont en voie de mobilisation, et seront mis en mouvement conformément aux tableaux de transport et de marche transmis à leur chef. Le Ve corps sera amené par voie ferrée, à Landau, par Leipzig, Hof et Mayence et débarquera le 12e au 18e jour de mobilisation inclusivement. Le XIe corps atteindra la ligne Germersheim, Landau du 10e au 12e jour de la mobilisation inclus, partie par voie ferrée, par Franckfort-sur-le-Main, Mannheim, ou par Fulda, Aschaffenbourg, Mayence, et une partie par voie de terre. La plupart des troupes de ce corps d’armée seront concentrées dès le 10e jour au soir. Seul le régiment de dragons rhénan n°5 arrive dès aujourd’hui à Mayence, et se portera le 22 juillet à Alzey, le 23 dans la région de Winnweiler, le 24 à Kaiserslautern. Il doit assurer la surveillance de la frontière ennemie, entre un détachement du VIIIe corps établi à Sarrebrück et une brigade bavaroise commandée par le général major Maillinger, qui se trouve à Spire. Cette dernière a, d’après ce que nous savons ici, un bataillon placé à Winden (nœud de voies ferrées entre Landau et Wissembourg) et soutenu par un escadron badois et une compagnie de pionniers à Maxau.

La situation de la division badoise, presque mobilisée, était la suivante, le 18 juillet au soir : Etat-major, Carlsruhe. 2e bataillon du 2e régiment de grenadiers et un escadron de dragons n°1 à Hagenbach (Bavière rhénane, au sud du pont de Maxau) patrouilles sur Lauterbach. Un escadron à Winden (voir plus haut) : patrouilles sur Wissembourg. Une compagnie à Maxau. Le régiment de dragons n°3 observe le Rhin de Maxau à Steinmauern (embouchure de la Murg). Le régiment de dragons n°2 observe le Rhin de Steinmauern à Lichtenau. A Rastatt, se trouvent, en outre du régiment des fusiliers de Poméranie n°34 et d’une compagnie de mineurs prussiens, les 2e et 3e brigades d’infanterie badoise (12 bataillons) ainsi que de l’artillerie de forteresse et des pionniers. Kehl est occupé par une compagnie et demie du régiment n°3, 40 artilleurs, quelques pionniers et 20 chevaux.

Les troupes non indiquées ci-dessus sont dans les garnisons du Nord. Un hôpital de réserve de 300 lits est établi à Heidelberg. On a fait des préparatifs pour barrer le lit du Rhin près de Steinmauern : 19 grands bateaux et 70 chalands y sont rendus et prêts à être coulés. La division wurtembergeoise sera, le 26 juillet au soir, complètement mobilisé et prête à être transportée. Sa destination est Carlsruhe. Dix escadrons sont dès aujourd’hui prêts à marcher et pour le moment mis à la disposition de la division badoise.

Quant aux corps bavarois, les troupes ci-dessous seront à Germersheim et Spire prêtes à combattre : Le 1er août, les 2e, 3e et 4e divisions : 2 août, la 1re division ; 3 août, la cavalerie de réserve des 2 corps ; 7 août, l’artillerie de réserve du IIe corps. Les corps bavarois ne seront munis de tous leurs convois que le 8 août au soir ».

Source : S3471, p. 196-198.

 

France, Strasbourg : Arrivée du général Uhrich, nouveau gouverneur et commandant de la 6e division territoriale.

Le 21 juillet 1870, le général Uhrich, nouveau commandant de la 6e division territoriale et gouverneur militaire, arrive à Strasbourg. Il est né le 15 février 1802, à Phalsbourg, la vieille forteresse vosgienne, devient le défenseur de Strasbourg. Il a pris part aux guerres d’Espagne en 1823, 1824, 1825, 1826 ; il était en Afrique en 1839, 1840 et 1841 ; en Crimée en 1855, en Italie en 1859 et 1860. A la déclaration de guerre, il était alors âgé de 68 ans et depuis plusieurs années, il faisait partie du cadre de réserve depuis trois ans. Sur sa demande, il fut rappelé à l’activité et remplace le général Ducrot dans le commandement de la 6e division militaire. Quand il arriva dans notre ville, rien n’était fait, à peu près de ce que commandaient, en fait de préparatifs de défense, les règlements militaires et le bon sens le plus élémentaire. On se croyait si sûr, en haut lieu, d’aller à Berlin, qu’on n’avait pas songé seulement à déblayer les alentours immédiats de la place, encombrés de jardins et de maisons, pas plus qu’à conduire l’artillerie sur les remparts, à abattre les vieux arbres bordant les routes voisines des fortifications et les cachant à la vue. Le 21 juillet 1870, jour de l’arrivée du général dans son commandement, la garde nationale mobile n’avait pas encore été convoquée dans toute la division. Le général rassemble immédiatement les mobiles et fait aussitôt la répartition des bataillons et batteries entre les différentes places de la division, en faisant diriger sur ces places armement, habillement et équipement nécessaires, suivant l’effectif de chacune d’elle.

Aussitôt arrivé, le général Uhrich exprime au ministre de la guerre son intention de procéder immédiatement à la mise en défense de la place, et le prévint qu’il allait procéder aux démolitions des constructions et aux abatis des arbres dans tout le rayon de la zone de servitude militaire. Le ministre répondit : « Suspendez tous travaux de cette sorte jusqu’à la dernière extrémité, et encore ne faites rien sans vous être entendu au préalable avec l’autorité civile ». Par l’autorité civile il s’agit vraisemblablement du préfet baron Pron.

Sources : S0332, p. 12-13.

 

Jeudi 21 juillet 1870   11h30

 

Allemagne, Berlin, chef d’état-major général : télégramme adressée à la division royale wurtembergeoise.

Le général von Moltke, chef d’état-major général des armées a adressé le télégramme suivant à la division wurtembergeoise : « Au commandant de la division royale wurtembergeoise à Stuttgart. Télégramme.

Berlin, 21 juillet 1870, 11h30 matin. Mettre provisoirement à la disposition badoise toute la cavalerie prête à marcher, et mettre celle-ci en mouvement au plus tôt, si possible par voie ferrée ». (1 Avis télégraphique en fut donné au commandant de la division badoise).

Source : S3471, p. 198.

 

Jeudi 21 juillet 1870   21h30

 

Allemagne, Berlin, chef d’état-major général : télégramme adressée au commandant de la division badoise.

Le général-lieutenant de Beyer, commandant de la division badoise avait demandé télégraphiquement s’il pouvait laisser à Mannheim inoccupé. D’après son compte rendu, des mouvements de troupes françaises étaient signalés près de Stollhofen ; l’ennemi faisait reconnaître le lit du Rhin. Le général de Moltke écrit : « Au lieutenant-général de Beyer, Carlsruhe. Télégramme. Berlin, 21 juillet 1870, 9h30 soir. Hagenbach, Spire et Landau étant occupés, il est sans inconvénient de retirer les bataillons qui sont à Mannheim. La réunion de la division badoise auprès de Rastatt est chose désirable. Le général de Moltke s’exprima comme il suit au sujet de la nécessité de reporter sur le Rhin les débarquements de la IIe armée ».

Source : S3471, p. 199.

 

Vendredi 22 juillet 1870

 

Allemagne, Berlin, chef d’état-major général : Rapport adressé au roi de Prusse.

A Berlin, le 22 juillet 1870, le général von Moltke, chef d’état-major général, adresse se rapport au roi de Prusse : « Rapport à S. M. le Roi. Berlin, 22 juillet 1870. Les Français jusqu’à hier n’avaient pas encore franchi la frontière, mais ils peuvent le faire d’un moment à l’autre. Si donc dès aujourd’hui, 7e jour de notre mobilisation, ils prennent l’offensive avec 142 000 hommes, qu’ils ont rassemblés, ils peuvent, le 13e jour, en se portant résolument en avant, atteindre la région de Kircheimbolanden. A la rigueur ils atteindraient le Rhin, le 15e jour de la mobilisation, et se heurteraient aux IIIe, IVe et IXe corps… 100 000 h., près de Mayence, au XIe corps, à la division badoise et à une partie de la division wurtembergeoise, environ 50 000 h., près de Worms. Au VIIIe corps 20 000 hommes, près de Kreuznach. Total 170 000 h. Par suite, l’offensive ennemie, même dans le cas le plus favorable pour elle, se trouvera arrêté. Dès le 17e jour de la mobilisation nous sommes renforcés à Mayence par la garde et le Xe corps ; à Worms, par les Ve et XIIe.

1er août. A cette date peuvent déboucher simultanément, par Kreuznach, 30 000 hommes, de Mayence 130 000 hommes, de Worms 90 000 hommes. Total sans les bavarois : 250 000 hommes. Le VIIe corps reste disponible entre les communications de l’ennemi. Il se peut, toutefois, que les Français retardent encore leur mouvement d’invasion. 52 000 hommes sont en voie de réunion derrière les corps complètement prêts, 70 000 hommes de réserve rejoignent les dépôts le 23 juillet, et les troupes le 28. Mais il n’est ni certain ni même vraisemblable qu’on attende tout cela. Nous pourrions, même si les Français ne commençaient leur marche en avant que le 9e jour de la mobilisation (24 juillet), les recevoir vers Kircheimbolanden ou même en avant ce point avec les IIIe et IVe corps, 60 000 hommes seulement. Nous livrerions des combats en retraite. J’ai l’honneur par suite de proposer de prendre dès maintenant la décision de faire débarquer la IIe armée sur le Rhin. Cela n’empêchera pas, dès le 12e jour de la mobilisation, d’envoyer deux divisions en avant-garde au-delà de Mayence, et, selon les circonstances, de porter la IIe armée en avant par voie de terre. Aucune modification pour le moment dans les tableaux de transport et de marche des autres parties de l’armée ».

Source : S3471, p. 200-201.

 

Allemagne, Berlin, chef d’état-major général : correspondance adressée au commandant du VIe corps d’armée allemand.

Le général von Moltke, commandant l’état-major général, a adressé cette corresponance au commandant du VIe corps d’armée, à Breslau : « Berlin, 22 juillet 1870. J’envoie ci-joint au commandant du VIe corps d’armée en deux exemplaires le tableau d’instruction (Non reproduit) pour les troupes de garnison du VIe corps, en le priant d’en assurer la transmission ultérieure. En même temps, prière de prescrire : à la 11e division de se rassembler par voie de terre, et de s’établir en cantonnements larges à l’est et près de Goerlitz ; à la 12e division, à l’artillerie de corps et aux convois de se réunir dans les mêmes conditions auprès de Breslau. Les régiments de cavalerie marcheront jusqu’à nouvel ordre avec les divisions dont ils relèvent en temps de paix ».

Source : S3471, p. 202.

 

Grand Duché de Bade, Kehl : démolition du pont de Kehl.

Les Badois font sauter la culée du pont de chemin de fer de Kehl, sur le Rhin, rive badoise, afin d'interdire aux troupes françaises un passage du fleuve qui aurait été protégé par la forteresse de Strasbourg.

Source : S2786. S3532, p. 6.

 

Destruction du pont de Kehl, côté badois. Dessin de Kircher.

 

France, Alsace, Strasbourg place forte et garnison : la guerre de 1870-1871.

Le 22 juillet 1870, le colonel Ducasse, commandant la place, écrit un ordre du jour pour tenter de remettre de l’ordre et de la discipline dans la place forte. Mais compte tenu de l’inéfficacité de l’intendance militaire, qui n’avait pas préparé et assuré le ravitaillement de ces milliers de soldats sui arrivent dans la place, ces derniers survivent grâce à la solidarité de la population.

Source : S0332, p. 12.

 

Vendredi 22 juillet 1870   9h00

 

Allemagne, Berlin, état-major général : ordre adressé à la direction de la Ludwigsbahn, à Mayence, relatif au transfert d’un corps d’armée.

Le 22 juillet 1870 à 9h00, l’état-major général à Berlin adresse un message à la direction de la Ludwigsbahn à Mayence, en réponse à une demande : « Berlin, 22 juillet 1870, 9 heures matin. Le corps d’armée serait ainsi en situation de continuer son transport par voie ferrée, dès que les lignes vers l’ouest seraient devenues libres. Les prescriptions seront envoyées en temps utile, et il serait bon à cet égard que j’eusse le plus tôt possible connaissance du tableau de marche des unités du corps d’armée à partir de Hansdorf, Goerlitz et de Dresde. Communication des prescriptions ci-dessus a été donnée préalablement, à titre confidentiel, au ministre de la guerre saxon. Il appartiendra au commandant du corps d’armée de se mettre de son côté et spécialement en communication avec cette autorité, au sujet de l’installation, etc., des troupes qui passeront par le territoire saxon ». Cet ordre est modifié le 23 juillet 1870.

Source : S3471, p. 201-202.

 

Vendredi 22 juillet 1870   Soir

 

Allemagne, Etat-major général : règles pour le débarquement, l’installation et la sécurité des troupes, pendant la concentration.

Le 22 juillet 1870 soir, à Berlin, le général von Moltke diffuse l’ordre relatif aux règles pour le débarquement, l’installation et la sécurité des troupes, pendant la concentration : « La décision de Sa Majesté, prescrivant d’effectuer la concentration de l’armée d’abord sur le Rhin, semble devoir entraîner les prescriptions spéciales suivantes :

I. Sur la ligne A (IIIe, puis Xe corps), Bingen doit être fixé comme point de débarquement de la tête. Le 3e corps poussera une avant-garde au-delà de Kreuznach et cantonnera à l’est de la ligne Bingen-Kreuznach. A l’arrivée du Xe corps, le IIIe se rapprochera de Mayence.

II. Sur la ligne C (IVe corps, puis garde), Mannheim sera pris comme point de débarquement de la tête. Le IVe corps poussera au-delà de Dürkheim une avant-garde qui entrera en liaison avec celle du IIIe corps par l’intermédiaire du régiment de dragons n°5, placé à Kaiserslautern. Le gros du IVe corps cantonnera autour de Mannheim. Le corps d’armée sera donc prêt à se porter sur Mannheim, soit sur Mayence par l’une ou l’autre rive du Rhin. Il se trouvera à portée de soutenir le XIe corps et les Bavarois vers Landau-Germersheim, ou bien les Badois et les Wurtembergeois près de Rastatt.

Quant à savoir si le débarquement de la garde pourra se faire dès Darmstadt même, c’est une question dont la solution dépendra ultérieurement des circonstances.

III. La division hessoise (25e) (appartenant au IXe corps d’armée mobilisé) ne doit être poussée que jusqu’à Worms.

IV. Le reste du IXe corps (18e division d’infanterie, artillerie de corps et convois) et le XIIe corps ‘saxon) qui débarquent à Mosbach ou Kastel doivent être établis en cantonnement près de Mayence.

V. Le commandement de la IIe armée est chargé du soin de régler les dispositions relatives au cantonnement et aux étapes des deux corps de réserve IXe et XIIe, près de Mayence ».

 

Allemagne, Berlin, état-major général : ordre adressé au commandant du VIe corps d’armée.

Le 22 juillet 1870, l’état-major général à Berlin adresse ce message au commandant du VIe corps d’armée, à Breslau : « J’envoie ci-joint au commandant du VIe corps d’armée en deux exemplaires le tableau d’instruction pour les troupes de garnison du VIe corps, en le priant d’en assurer la transmission ultérieure. En même temps, prière de prescrire : à la 11e division de se rassembler par voie de terre, et de s’établir en cantonnements larges à l’est et près de Goerlitz ; à la 12e division, à l’artillerie de corps et aux convois de se réunir dans les mêmes conditions auprès de Breslau. Les régiments de cavalerie marcheront jusqu’à nouvel ordre avec les divisions dont ils relèvent en temps de paix ».

Source : S3471, p. 202.

 

Samedi 23 juillet 1870

 

Allemagne, coatition des états allemands : fin de la mobilisation et début de la concentration des troupes.

La mobilisation allemande est terminée dans chaque région territoriale de corps d'armée. Les transports de concentration commencent. Les trois armées se groupent entre la Moselle à droite, et le Rhin à gauche : à l'ouest, la 1re armée du général Steinmetz, à hauteur de Trèves ; à l'est, IIIe armée du Prince royal de Prusse, à hauteur de Landau ; au centre et un peu en arrière, la IIe armée du prince Frédéric-Charles, à hauteur de Kreuznach.

Source : S2786.

 

Allemagne, Etat-major général : mise en place des état-majors et commandements allemands.

Le 23 juillet 1870 à Berlin, le général von Moltke, chef d’état-major général diffuse l’ordre suivant : « Aux commandant en chef des Ire, IIe et IIIe armées, Berlin. Sa Majesté prescrit l’entrée en fonction immédiate de tous les états-majors et commandements fixés par l’organisation des armées ou par l’ordre de bataille. Ils ne disposeront directement des troupes qu’à partir du moment où celles-ci auront quitté les voies ferrées ».

Source : S3471, p. 204.

 

Allemagne, Etat-major général : diffusion de l’organigramme et des mouvements des armées allemandes au profit de la Ière armée.

Le 23 juillet 1870 à Berlin, le général von Moltke, chef d’état-major général diffuse l’ordre suivant : « Par ordre de Sa Majesté, j’envoie ci-joint au commandant en chef de la Ire armée, un tableau des mouvements de l’armée qui doivent être prochainement exécutés. Ce document est strictement secret et ne doit pas être reproduit. J’ai en même temps à lui faire connaître qu’il sera transporté par voie ferrée sur Coblence le 26 juillet au soir (s’informer ici de l’heure). Prière, enfin, d’adresser ici le plus tôt possible un tableau de marche indiquant les quartiers généraux ultérieurs du commandant en chef et des commandants des VIIe et VIIIe corps d’armée ». Remarque : Le texte complet de cet ordre est visible dans l’ordre à la IIe armée allemande du 25 juillet 1870.

Source : S3471, p. 204.

 

Allemagne, Etat-major général : diffusion de l’organigramme et des mouvements des armées allemandes au profit de la Ière armée.

Le 23 juillet 1870 à Berlin, le général von Moltke, chef d’état-major général diffuse l’ordre suivant : « Par ordre de Sa Majesté, j’envoie ci-joint au commandant en chef de la Ire armée, un tableau des mouvements de l’armée qui doivent être prochainement exécutés. Ce document est strictement secret et ne doit pas être reproduit. J’ai en même temps à lui faire connaître qu’il sera transporté par voie ferrée à Coblence le 26 juillet au soir (s’informer ici de l’heure). Prière, enfin, d’adresser ici le plus tôt possible un tableau de marche indiquant les quartiers généraux ultérieurs du commandant en chef et des commandants des VIIe et VIIIe corps d’armée ». Remarque : Le texte complet de cet ordre est visible dans l’ordre à la IIIe armée allemande du 25 juillet 1870.

Source : S3471, p. 209.

 

Allemagne, Etat-major général : correspondance adressée au commandant du Ier corps d’armée à Königsberg.

La général von Moltke, chef de l’état-major général a adressé la correspondance suivante au général commandant le Ier corps d’armée : « Au commandant du Ier corps d’armée, Könisgberg. Berlin, 23 juillet 1870. Sa Majesté a prescrit, contrairement aux indications précédemment données, de transporter le Ier corps par voie ferrée sur Berlin, et de s’établir en cantonnement auprès de cette ville jusqu’au moment où les lignes de transport allant vers l’ouest seront devenues libres. J’ai l’honneur, en réponse au télégramme du 22 courant (Le commandant du Ier corps demandait s’il avait à attendre des ordres au sujet de l’installation des troupes aux points terminus du transport).

, de prier le commandant du Ier corps d’armée de bien vouloir pour l’installation des troupes de s’adresser à Berlin, au gouvernement général des territoires des IIIe et IVe corps (Le IIe corps fut, dans les mêmes conditions, amené à Berlin, et invité à s’adresser au gouvernement général. Ce dernier fut prévenu du projet de concentration des Ier et IIe corps auprès de Berlin).

Source : S3471, p. 210.

 

Allemagne, Berlin, état-major général : ordre de transporter les troupes du Ier corps d’armée à Berlin.

Le 23 juillet 1870, l’état-major général allemand à Berlin a transmis l’ordre suivant au commandant du Ier corps d’armée à Koenigsberg : « Berlin, 23 juillet 1870. Sa Majesté a prescrit, contrairement aux indications précédemment données, de transporter le Ier corps par voie ferrée sur Berlin, et de s’établir en cantonnement auprès de cette ville jusqu’au moment où les lignes de transport allant vers l’ouest seront devenues libres. J’ai l’honneur, en réponse au télégramme du 22 courant (Le commandant du Ier corps demandait s’il avait à attendre des ordres au sujet de l’installation des troupes aux points terminus du transport.), de prier le commandant du Ier corps d’armée de bien vouloir pour l’installation des troupes de s’adresser à Berlin, au gouvernement général des territoires des IIIe et IVe corps ». Le IIe corps fut, dans les mêmes conditions, amené sur Berlin, et invité à s’adresser au gouvernement général. Ce dernier fut prévenu du projet de concentration des Ier et IIe corps auprès de Berlin.

Source : S3471, p. 210.

 

Allemagne, Berlin, état-major général : ordre pour le stationnement des troupes du IXe corps d’armée à Mayence.

Le 23 juillet 1870, l’état-major général allemand à Berlin a transmis l’ordre suivant au commandant du IXe corps d’armée à Schleswig : « Berlin, 23 juillet 1870. Sa Majesté a prescrit que le IXe corps aurait à s’adresser provisoirement au commandant en chef de la IIe armée, pour la détermination de sa zone de cantonnement auprès de Mayence et l’organisation de ses étapes. La division hessoise (25e) a reçu directement d’ici l’ordre de se porter le 25 août sur Gernsheim, le 26 sur Worms, et de cantonner en ce dernier point et environs. Je vous prie par suite d’en référer à ce sujet au commandant en chef de la IIe armée (à Berlin, jusqu’au 26 août soir, à Mayence à partir du 28 à midi) [Erreur sur le mois vraisemblable !] et d’envoyer le plus tôt possible au dernier des points précités un officier d’état-major et un fonctionnaire de l’intendance ». Le XIIe corps fut de même placé sous les ordres de la IIe armée, pour la délimitation de ses cantonnements et le règlement de ses services d’étapes.

Source : S3471, p. 210.

 

France, environs de Spicheren : incident de frontière.

Le 23 juillet 1870, deux douaniers du poste frontière de Schreckling, hameau situé entre Thionville et Sarrelouis, essayent de s’opposer à une patrouille allemande de uhlans venant de Sarrelouis. Dans un premier temps des douaniers mettent en fuite la patrouille allemande après une vive fusillade. Mais dans la soirée, un nouveau peloton allemand tire sur eux et le douanier Mouty, un ancien soldat d’acticce, succombe. Son collègue Lejust, blessé, arrive à se traîner jusqu’au hameau. Il est emmené à Bouzonville où il est soigné. Il survit à ses 19 blessures.

Source : S2786.

 

Dimanche 24 juillet 1870   10 heures

 

Allemagne, Berlin : message du chef d’état-major général au commandant des pionniers prussiens à Mannheim.

Le 24 juillet 1870 à 10 heures du matin à Berlin, le général von Moltke, chef de l’état-major général, envoi ce télégramme à la commandanture grand-ducale hessoise et au commandant des pionniers prussiens à Mannheim : « Conserver en toute éventualité les ponts de chemin de fer sur le Rhin. Destruction absolument inadmissible ».

Sources : S0091 : Historia spécial n°58. Bimestriel Mars – Avril 1999. 1870, enquête sur une guerre perdue d’avance, Tallandier, Paris : Article Battesti Michèle : Chronologie des opérations, p. 56-61. S2786.

 

Allemagne, Berlin, état-major général : ordre pour le débarquement des troupes du IVe corps d’armée à Mannheim.

Le 24juillet 1870, à 10h00 du matin, l’état-major général allemand à Berlin a transmis le télégramme suivant au commandant du IVe corps d’armée à Magdebourg : « Berlin, 24 juillet, 10 heures du matin. Les premiers échelons du IVe corps débarqueront à Mannheim et y cantonnerons. Mesures prises au point de vue des chemins de fer. Aviser les troupes ».

Source : S3471, p. 212.

 

Dimanche 24 juillet 1870   10h30

 

Allemagne, Berlin, état-major général : ordre de télégraphier les numéros des régiments des prisonniers.

Le 25 juillet 1870 à 10h30 l’état-major général à Berlin transmets le télégramme suivant au lieutenant-colonel de Pestel à Sarrebrück : « Berlin, 25 juillet 1870, 10h30 matin. Télégraphier ici immédiatement le numéro des régiments des prisonniers, déserteurs. Envoyer compte rendu de la destruction opérée le 24, et le nom du technicien qui y a pris part ». Une copie de ce télégramme fut adressée au commandant du VIIIe corps, en le priant de prescrire aux troupes placées sur la frontière de rendre compte du numéro des régiments des prisonniers, etc.

Source : S3471, p. 213.

 

Mardi 26 juillet 1870   Matin

 

Allemagne, Landau : arrivée de la 22e division d’infanterie.

Le 26 juillet 1870 matin, le commandant de la 22e division d’infanterie, général-lieutenant de Gersdorf, rendit-compte, le 26 juillet matin, qu’il était arrivé à Landau, et que, par suite de renseignements qui venaient de lui parvenir et qui annonçaient un mouvement prochain de l’ennemi sur Pirmasens, il comptait ressembler au nord-ouest de Landau toutes les troupes prussiennes déjà arrivées. Le général de Moltke répondit aussitôt par télégramme : « Au général-lieutenant de Gersdorf, Landau. Reçu votre télégramme de ce matin. J’approuve votre intention et recommande l’attention du côté d’Annweiler. Les divisions badoise et wurtembergeoise ont reçu à Carlsruhe d’ici même l’ordre direct de rallier la IIIe armée, si l’ennemi ne s’avance que par la rive gauche. Jusqu’à l’arrivé du général Werder et ensuite du commandant en chef de la IIIe armée, le général le plus ancien aura le commandement. On disposera éventuellement pour vous soutenir du IVe corps d’armée près de Mannheim. A communiquer par vous au général Bose (Commandant le XIe corps) et au général Bothmer (Commandant la 4e division bavaroise) ».

Source : S3471, p. 214.

 

Allemagne, Berlin, état-major général : informations relatives à l’ennemi (troupes françaises) dans le Nord de l’Alsace et la situation des forces allemandes.

Le 26 juillet 1870 matin l’état-major général à Berlin transmets le télégramme suivant aux commandants des divisions grand-ducale badoise et royale wurtembergeoise à Carlsruhe : « Aux commandants des divisions grand-ducale badoise et royale wurtembergeoise, Carlsruhe. Berlin, 26 juillet 1870, matin. Il n’est pas vraisemblable que 60 000 hommes se portent de Bitche, Strasbourg et Belfort sur Wissembourg. Si des fractions importantes s’avancent sur la Lauter, sans qu’auparavant ou en même temps, on effectue le passage du Rhin, la division badoise et les Wurtembergeois rallieront immédiatement la IIIe armée par Maxau ou Germersheim. Le XIe corps débarque le 25 à Germersheim, le Ve le 27 à Landau ; les Bavarois doivent être le 3 août à Spire et Germersheim. Si les Français s’avançaient plutôt par la rive droite, les divisions badoise et wurtembergeoises seraient soutenues à temps près d’Ettlingen. Accuser réception du télégramme ».

Source : S3471, p. 215.

 

Dimanche 24 juillet 1870

 

France, Alsace : escarmouche Escarmouche du Schirlenhof.

Escarmouche de Schirlenhof (au sud de Reichshoffen), entre une reconnaissance du 12e chasseurs français (cavalerie du 5e corps) et celle du capitaine wurtembergeois von Zeppelin. Là est frappée mortellement la première victime française de la guerre, le maréchal des logis Pagnier, chevalier de la Légion d'honneur, médaillé militaire, du 12° chasseurs.

Sources : S2786. S3477 : Les saisons d’alsace n°84, juin 2020 : 1870 L’Alsace déchirée ; SA Editions des Dernières Nouvelles d'Alsace, Strasbourg, p. 11.

 

France, Cherbourg : appareillage de la flotte en direction de la Baltique.

A Cherbourg, départ de de la flotte du vice-amiral Bouët-Willaumez Cherbourg pour la mer Baltique. Dans l'esprit du gouvernement français, cette flotte précédait de quelques jours seulement l'escadre de transport qui devait emporter un corps de troupe de débarquement aux ordres du prince Napoléon (12° corps).

 

Dimanche 24 juillet 1870   13h15

 

Allemagne, Berlin, état-major général : ordre d’exécuter des reconnaissances vers la frontière.

Le 24 juillet 1870 à 13h30 l’état-major général à Berlin transmets le télégramme suivant au lieutenant-colonel Wrigth à Kaiserslautern : « En avant, mais tenez-vous aussi en liaison avec la gauche ».

Source : S3471, p. 213.

 

Dimanche 24 juillet 1870   16h00

 

Allemagne, Berlin, état-major général : ordre de ne pas détruire des ouvrages importants.

Le 24 juillet 1870 à 16h00 l’état-major général à Berlin transmets le télégramme suivant au lieutenant-colonel de Pestel à Sarrebrück : « Berlin, 24 juillet 1870, 4 heures soir. En territoire national, ne pas détruire d’ouvrages importants. Si votre retraite devient nécessaire, effectuer sur les deux lignes des interruptions peu importantes, mais répétées ».

Source : S3471, p. 213.

 

Dimanche 24 juillet 1870   21h45

 

Allemagne, Berlin, état-major général : information relative au déplacement de la flotte française.

Le 25 juillet 1870 à 21h45 l’état-major général à Berlin transmets le télégramme suivant au vice-amiral Hachmann à Wilhelmshaven : « Berlin, 25 juillet 1870, 9h45 soir. L’ambassade de Londres télégraphie : « Douvres, 25 juillet 1870. La flotte française, forte de 10 navires en fer, vient de franchir le détroit dans la direction de l’est ».

Source : S3471, p. 214.

 

Lundi 25 juillet 1870

 

Allemagne, Etat-major général : ordres au commandant en chef de la IIe armée allemande.

A Berlin, le 25 juillet 1870, le général von Moltke, chef d’état-major général, donne les ordres suivants : « Au commandant en chef de la IIe armée, à Berlin. Sa Majesté a prescrit de porter à la connaissance du commandant en chef de la IIe armée, les prescriptions ci-dessous : Les renseignements qui nous sont parvenus au sujet de la mobilisation et de la concentration de l’armée impériale française font regarder comme possible que, d’ici peu de jours, des forces ennemies importantes passent la frontière entre Trèves et le Rhin.

En conséquence, Sa Majesté a décidé que les unités des IIIe et Xe corps, qui doivent être transportés par la ligne Cologne, Coblence, Bingen, commenceront les débarquements en ce dernier point. Elles iront cantonner dans la direction de Kreuznach et Mayence, sous la protection d’une avant-garde poussée en avant au-delà de la première de ces deux villes.

De même, le IVe corps et la garde ne seront transportés par voie ferrée que jusqu’à Mannheim, par Francfort-sur-le-Main ; l’avant-garde du IVe corps sera porté du Dürckheim. Le régiment de dragons n°5, qui est à Kaiserslautern, établira provisoirement la liaison entre les avant-gardes des IIIe et IVe corps, mais devra le plus tôt possible être relevé par un autre régiment de cavalerie de la IIe armée. Le gros du IVe corps cantonnera autour de Mannheim. Sa Majesté a d’autre part daigné confier au commandant en chef de la IIe armée le soin de régler le cantonnement des IXe et XIIe corps dans la région de Mayence et ce qui a trait à leur service des étapes. Le quartier général de la IIe armée sera transporté à Mayence par voie ferrée le 26 juillet au soir (demander ici l’heure). Rendre compte de l’éventualité où il deviendrait à bref délai nécessaire de changer cet emplacement. Les IXe et XIIe corps sont avisés d’envoyer au plus vite à Mayence un officier d’état-major et un fonctionnaire de l’intendance.

La surveillance immédiate de la frontière est actuellement assurée :

a) de Trèves à Sarrebrück par des fractions du VIIIe corps, actuellement en mouvement pour se concentrer dans la direction de Sarrelouis ;

b) de Sarrebrück au Rhin par des troupes bavaroises sous le commandement du général-major Maillinger (quartier général : Spire).

Le 24 de ce mois arrivera à Kaiserslautern, ainsi qu’on l’a vu plus haut, le régiment de dragons rhénan n°5, chargé de venir se relier avec les détachements d’observation fournis par le VIIIe corps. Les troupes bavaroises pourront ainsi serrer étroitement vers la gauche.

Enfin sur la rive droite du Rhin, la division badoise, complètement mobilisée et renforcée par 10 escadrons wurtembergeois, se trouve au sud de Karlsruhe. Le XIe corps prussien est en mouvement vers Landau, Germersheim par voie ferrée et voie de terre.

L’annexe ci-jointe, qui devra être tenue strictement secrète et ne pas être reproduite, donne une idée générale des mouvements de l’armée les jours suivants.

Indications générales des premiers mouvements de l’ensemble de l’armée.

Ire armée.

VIIe corps :

La 13e division atteindra Call par voie ferrée du 24 au 27 juillet, et Trèves par voie de terre les 31 juillet et 1er août ;

La 14e division, Aix-la-Chapelle et Stolberg par voie ferrée du 24 au 26 juillet, et Trèves par voie de terre les 1er et 2 août.

VIIIe corps :

Il marche en général par la rive droite de la Moselle (les troupes venant du nord passant par Bernkastel), et peut éventuellement être échelonné le 2 août de Sarrelouis à Hermeskeil ou être réuni vers Kirchberg du 28 au 31 juillet.

IIe armée.

IIIe corps arrive par voie ferrée du 25 au 28 juillet à Bingen.

Xe corps arrive par voie ferrée du 29 juillet ay 5 août à Bingen.

IVe corps arrive par voie ferrée du 26 au 29 juillet à Darmstadt ou Mannheim.

IIIe armée.

Le XIe corps atteint du 25 au 27 juillet Germersheim et Landau.

Le Ve corps atteint du 27 juillet au 3 août Landau.

Bavarois.

Le Ier corps à Spire.

Le IIe corps à Germersheim, sont prêts à combattre le 3 août et prêts à entrer ne opérations le 9.

Wurtembergeois.

Les troupes wurtembergeoises sont rassemblées près de Karlsruhe les 27 et 28 juillet inclusivement. 10 escadrons y ont été transportés dès hier 22 juillet.

Badois.

La division badoise est dès maintenant au nord de Rastatt.

Réserves.

IXe corps combiné. La 25e division se porte le 26 juillet sur Worms ;

La 18e division débarque du 28 juillet au 2 août à Mayence.

XIIe corps. Débarque du 27 juillet au 2 août à Mayence.

Corps restés dans l’Est de la Monarchie.

Ier corps. Sera du 27 juillet au 5 août, transporté jusque dans la région de Berlin.

IIe corps, atteint du 26 au 31 juillet Berlin.

VIe corps, se rassemble en général par voie de terre à partir du 25 et du 26 juillet, avec la 11e division à Goerlitz, la 12e division à Breslau.

17e division et divisions de Landwehr.

17e division, arrive à Hambourg du 26 au 28 juillet.

Division de landwehr de la garde, arrive à Hanovre du 29 juillet au 3 août.

2e division de landwehr, arrive à Brême du 28 juillet au 1er août.

1re division de landwehr,

3e division de landwehr,

Sont échelonnées sur les lignes ferrées le 5 août.

Les garnisons des places sont au complet (Sarrelouis est prêt dès maintenant),

A Mayence, le 28 juillet ; A Coblence, le 1er août ; Dans les places des côtes menacées, le 28 et le 30 juillet. N.B. Sur toutes les lignes de transport il est tenu compte, dans l’indication des dates précitées, des premiers échelons des colonnes et des convois ».

Source : S3471, p. 205-209.

 

France, Strasbourg – Metz : Mise en état de siège des départements de l’Est.

Le 25 juillet 1870 paraît un décret qui maintient l’état de siège dans les campagnes et villes ouvertes et le convertit en état de guerre seulement dans les paces fortes. Ces mesures sont mesures inexplicables !

Source : S0914, p. 13.

 

Mardi 26 juillet 1870   19h30

 

Allemagne, Berlin, état-major général : informations relatives à l’ennemi (troupes françaises) dans le Nord de l’Alsace et la situation des forces allemandes.

Le 26 juillet 1870 à 19h30 l’état-major général à Berlin transmets le télégramme suivant au lieutenant-colonel de Pestel à Sarrebrück : « Berlin, 26 juillet, 7h30 soir. La mission qui vous a été confiée est considérée comme remplie ».

Le lieutenant-colonel Wright reçut les prescriptions suivantes en réponse à une demande relative à la conduite à tenir par lui : « Télégramme. AU lieutenant-colonel Wrigth, Hombourg en Palatinat. Observez et tenez-vous en liaison sur les deux flancs, jusqu’à ce que vous ayez été relevé ».

Source : S3471, p. 215-216.

 

Mercredi 27 juillet 1870

 

France, politique : l’empereur quitte Paris, l’impératrice Eugénie nommée régente.

L'empereur Napoléon III quitte Paris. Il laisse la régence à l'impératrice Eugénie qui reste à Paris. Il est accompagné de son fils, le prince impérial.

Source : S2786. S3477 : Les saisons d’alsace n°84, juin 2020 : 1870 L’Alsace déchirée ; SA Editions des Dernières Nouvelles d'Alsace, Strasbourg, p. 10.

 

Jeudi 28 juillet 1870

 

France, Metz : l’empereur arrive à Metz.

L'empereur Napoléon arrive à Metz et et prend le commandement de l'armée du Rhin laissant la régence à l’impératrice Eugénie. L’armée est en cours de concentration dans le plus grand désordre. Elle comprend deux masses, à Strasbourg avec le général Mac-Mahon, et à Metz 128 000 hommes que doit commander Napoléon III. Le 5e corps (général de Failly) assure la liaison. Elle compte 285 000 hommes (260 000 d’après une autre source) et 900 canons. Elle est composée de sept corps d’armées, plus la garde, éparpillés le long de la frontière, des deux côtés des Vosges, de Belfort à Thionville qui sont péniblement rassemblés. Le 6e corps d’armée commandé par Canrobert est encore au camp de Châlons. Le Major général est le maréchal Le Boeuf. Le plan de campagne français impliquait l'offensive par la vallée du Main, de manière à séparer les deux Confédérations. Mais pour l’instant l’armée française n’est pas prête pour une vaste offensive.

Sources : S0091, p. 56-61. S2786. S3477, p. 10.

 

Vendredi 29 juillet 1870

 

France, Alsace, Strasbourg place forte et garnison : la guerre de 1870-1871.

Le 29 juillet 1870, un arrêté préfectoral invita bien les citoyens à se faire inscrire sur les listes de la garde nationale ; mais le préfet impérial, M. le Baron Pron –dont j’aurai à vous reparler plus d’une fois dans la suite,- se défiait profondément de la populations strasbourgeoise, et rien ne fut fait, au début, pour organiser ceux qui se présentaient à la Mairie ; encore moins fut-il question, pour ce moment, de leur fournir des armes ; on se contentera de distribuer les hauts grades des compagnies futures à certaines notabilités bien pensantes et qui n’inquiétaient personne.

Quelques jours après Uhrich nous vîmes arriver dans nos murs le maréchal de Mac-Mahon lui-même, avec un nombreux état-major ; il venait y établir le quartier général de l’armée du Rhin. C’est alors que tout sembla en fête ; l’animation des rues était extrême ; les cafés du Broglie regorgeaient de brillants uniformes et l’entrain public s’accentua davantage encore, quand le 3 août nous parvint la nouvelle du petit engagement de Sarrebrück, salué par les officieux comme une première victoire, où s’était manifesté le courage précoce du petit prince impérial. Mais subitement nous nous vîmes en présence de la terrible réalité !

Source : S0332, p. 13.

 

La défense des frontières

 

Lundi 1er au 4 août 1870

 

France-Allemagne : situation des armées

Carte de la situation générale des armées françaises et allemandes publiée dans l’ouvrage du général Niox : La guerre de 1870, Ch. Delagrave, Paris, 1896, planche II. Cette carte anticipe toutefois les mouvements du 1er corps d’armée français, qui n’est pas encore arrivé en Alsace du Nord à cette date.

Source : Niox, général : La guerre de 1870 ; Simple récit ; Librairie Ch. Delagrave, Paris, 1896, planche II.

 

Mardi 2 août 1870

 

Allemagne : arrivé du roi Guillaume Ier à Mayence.

Le roi Guillaume arrive à Mayence et prend le haut commandement des armées allemandes, assisté par le chef d’état-major général, le général von Moltke. Les armées allemandes disposent d’un effectif d’environ 460 000 hommes et de 1 500 canons. Les Allemands, ne voyant pas bouger les troupes françaises se décident à prendre l'offensive, à la fois sur la Lauter et sur la Sarre.

Source : S2786 : Romagny Ch. : Tableau – memento chronologique des événements avec notices explicatives, L. Baudoin, Paris, 1891.  

 

France, opérations militaires : reconnaissance offensive de Sarrebrück.

Les opérations s’ouvrent par une initiative française, la seule de toute la campagne. En présence de l'Empereur et du prince Impérial, le IIe corps français, général Frossard, chasse facilement de Sarrebrück (rive gauche de la Sarre) les faibles fractions (4 bataillons) de la 31e brigade prussienne (VIIIe corps) qu'y commandait le général major von Gneisenau, habilement secondé par le lieutenant-colonel von Pestel (3 escadrons et une batterie).

Source : S0091 : Historia spécial n°58. Bimestriel Mars – Avril 1999. 1870, enquête sur une guerre perdue d’avance, Tallandier, Paris : Article Battesti Michèle : Chronologie des opérations, p. 56-61. S2786 : Romagny Ch. : Tableau – memento chronologique des événements avec notices explicatives, L. Baudoin, Paris, 1891. S3477 : Les saisons d’alsace n°84, juin 2020 : 1870 L’Alsace déchirée ; SA Editions des Dernières Nouvelles d'Alsace, Strasbourg, p. 10.

 

Mardi 2 au 6 août 1870

 

France-Allemagne : Situation des armées

Carte du déroulement général des opérations du 2 au 6 août 1870 publiée dans l’ouvrage du général Niox : La guerre de 1870, Ch. Delagrave, Paris, 1896, planche II.

Source : Niox, général : La guerre de 1870 ; Simple récit ; Librairie Ch. Delagrave, Paris, 1896, planche III.

 

Mercredi 3 août 1870   Matin

 

France, Haguenau : départ de la 2ème division française en direction du Nord de l’Alsace.

Dans la matinée du 3 août 1870, la 2e division française commandée par le général Abel Douay a quitté Haguenau pour se rendre en une seule colonne à la frontière nord de l’Alsace. Après 16 kilomètres de parcourus, elle effectue une grande halte à Soutz-sous-Forêt pendant la période la plus chaude de la journée. Elle récupère également le 3e hussards et deux bataillons qui avaient été disposés pprécédemment à Woerth et à Oberbetschdorf. Au cours de cette grande halte, le général Douay reçoit des instructions de la part du général Ducrot, commandant le 1er corps d’armée qui compred deux divisions. Ce dernier venait de reconnaître la frontière et il n’y avat trouvé aucune trace de présence de l’ennemi. Il donne l’ordre au général Douay de s’établir au sud de la Lauter, en disposant à droite une brigade sur le Geisberg et à gauche une brigade sur le Vogelsberg et de placer dès le 3 août 1870 au soir un bataillon dans la place de Wissembourg, et de détacher à l’aube du 4 août 1870 un régiment à Climbach pour se relier à la 1ère division française, elle-même déployée plus à l’ouest, de Wingen à Climbach. La cavalerie du général de Septeuil doit être utilisée pour effectuer des reconnaissances au nord de Wissembourg et vers Lauterbourg.

Source : S0007 : Bongrand, Raymond : 1870 Alsace Metz Sedan, Edition des Dernières Nouvelles d’Alsace, 1970, pages 119-120.

 

Mercredi 3 août 1870   Journée

 

Situation générale des armées allemandes le 3 août 1870.

Source : Collection MJR.

 

France, Alsace, Strasbourg place forte et garnison : la guerre de 1870-1871.

Quelques jours après le général Uhrich, on voit arriver dans les murs de la place forte le maréchal de Mac-Mahon lui-même, avec un nombreux état-major ; il venait y établir le quartier général de l’armée du Rhin. Rodolphe Reuss précise dans son ouvrage « Siège de Strasbourg en 1870 » « que tout semble être en fête ; l’animation des rues était extrême ; les cafés du Broglie regorgeaient de brillants uniformes et l’entrain public s’accentua davantage encore, quand le 3 août nous parvint la nouvelle du petit engagement de Sarrebrück, salué par les officieux comme une première victoire, où s’était manifesté le courage précoce du petit prince impérial. Mais subitement nous nous vîmes en présence de la terrible réalité ! ».

Source : S0332 : Rodolphe Reuss : Siège de Strasbourg en 1870.  Conférence et Chronique strasbourgeoise Juillet – Août 1870 ; Librairie Istra, 1971, Strasbourg, page 13.

 

Mercredi 3 août 1870   16h00

 

France, Soultz-sous-Forêt : départ de la 2ème division française en direction du Nord de l’Alsace.

Le 3 août 1870 à partir de 16 heures, la 2ème division du général Abel Douay reprend sa marche en direction de Wissembourg. Sa division a été renforcée par des hussards et deux bataillons du 50e de ligne. Cependant elle est toujours privée du 16e BCP (bataillon de chasseurs à pied), d’un bataillon du 50e de ligne et d’un escadron du 11e chasserus à cheval qui ont été détachés à Seltz. Par ailleurs, il laissera un demi-escadron de chasseurs à cheval à Soultz-sous-Forêt, qui reste dans cette agglomération avec un bataillon du 36e de ligne, qui est arrivé il y a quelques jours.

Source : S0007 : Bongrand, Raymond : 1870 Alsace Metz Sedan, Edition des Dernières Nouvelles d’Alsce, 1970, p. 120.

 

Mercredi 3 août 1870   20h00

 

France, Wissembourg : arrivé de la 2ème division française.

Le 3 août 1870 vers 20 heures, sous une intense pluie d’orage qui commence à tomber, la tête de colonne de la 2e division arrive au niveau des crêtes sud de la Lauter. La 1re brigade du général de Montmarie installe ses bivouacs sur le Geisberg. La 2ème brigade du général Pellé installe les siens sur le Vogelsberg. Les artilleurs et les cavaliers s’établissent en arrière de la 2ème brigade, le long du ruisseau de Rott et autour de Steinseltz, ou s’installe le quartier général.

Source : S0007, p. 120.

 

Mercredi 3 août 1870   23h00

 

France, Wissembourg : Arrivée d’un bataillon du 74e de ligne et du général Abel Douay.

Le 3 août 1870 à 23 heures, le général Abel Douay descend à Wissembourg où il a envoyé le 2e bataillon du 74e de ligne du commandant Liaud, qui appartient à la 1re brigade. Il rend visite au sous-préfet de Wissembourg qui lui apprend que depuis plusieurs jours, que l’on aperçoit à la jumelle les avant-postes bavarois, passent par Schweigen et les villages qui bordent la lisière nord du Bien-Wald. La place forte de Wissembourg a été déclassée en 1867. Cependant elle a conservé ses murs, remparts, portes, et ses fossés humides. Les portes ont été fermées.

Le général Abel Douay remonte à Steinseltz pour donner ses ordres : Le 4 à 5 heures le 78e de ligne doit se diriger sir Climbach et dès le début de la matinée, une reconnaissance doit être effectuée sur la Lauter. 

Source : S0007, p. 120-121.

 

Jeudi 4 août 1870   5h00

 

France, Wissembourg : départ du 78e de ligne.

Le 4 août 1870 vers 5h00, le 78e de ligne replie son bivouac et part à Climbach.

 

Jeudi 4 août 1870   Matin

 

France, Wissembourg : départ des reconnaissances.

Dans la matinée le colonel d’Astugue, commandant le 14e chasseurs à cheval, fait partir la reconnaissance vers la Lauter qui lui avait été prescrite. Deux escadrons sont dirigés sur la vallée, aux ordres du commandant Bonne. Cette reconnaissance s’avance juqu’à la lisière Est de Wissembourg, puis prend la route de Lauterbourg et rejoint Altenstadt qu’il dépasse vers l’Est et constate qu’aucun poste bavarois ne se trouve en bordure de la Lauter. Il remonte sur le Geisberg en passant par la route de Seltz et la ferme du Guthleuthof et arrivé à 8 heures à Steinseltz pour rendre compte de sa mission.

Source : S0007, p. 121.

 

Jeudi 4 août 1870   7h00

 

France, Wissembourg : dépêche du maréchal de Mac Mahon

Le 4 août 1870, à 7h00, le général Abel Douay reçoit un message du maréchal de Mac-Mahon signé à 5h27 : « Avez-vous ce matin quelques renseignements vous faisant croire à un rassemblement nombreux devant vous ? Répondez immédiatement. Tenez-vous sur vos garde, prêt à vous rallier, si vous êtes attaqué par des forces supérieures, au général Ducrot par le Pigeonnier (col du Pigeonnier, au-dessus de Wissembourg). Fatites prévenir le général Ducrot, en route pour Lembach, d’être également sur ses gardes ». Le maréchal de Mac-Mahon informe également le général Abel Douay qu’il viendra le voir dans la matinée, mais qu’il ne quitte Strasbourg à 10h30.

Source : S0007, p. 121.

 

Jeudi 4 août 1870   8h20

 

France, Wissembourg : dépêche du maréchal de Mac Mahon

Le 4 août 1870, à 8h00, le général Abel Douay fait partir un message porté par les estafettes en direction des commandants de brigade : Dans le cas improbable, où elle la division est assailliie par des forces très supérieures, la 2e division se replierait sur Climbach en passant par le col du Pigeonnier, avec la 2e brigade du général Pellé en tête.

Source : S0007, p. 121.

 

France, Wissembourg : explosion du premier obus à Wissembourg.

Le 4 août 1870, à 8h20, le silence est déchiré par l’explosion du premier obus tiré vers Wissembourg. Il provient d’une batterie bavaroise qui s’est installée à 900 mètres à l’abri des vignes au nord de la ville, sur les pentes sud de Schweigen, encadrée par un bataillon d’infanterie. Le commandant Liaud, chef du 2e bataillon du 74e de ligne qui cantonen dans la ville, envoye immédiatement ses six compagnies sur les remparts, qui ouvrent le feu avec les fusils Chassepots sur les Bavarois. Peu de temps après intervient une seconde batterie placée à côté de la première.

Wissembourg : les combats près de la ville.

Source : Gallica / BNUS.

En réaction, le général Pelé qui commande la 2e brigade, envoye immédiatement au pas de course le 1er tirailleur dans la vallée, suivi par la batterie Didier. Cette dernière se met en place sur les pentes du Geissberg, d’où elle peut tirer à 1 500 m « en boulet » sur les artilleurs bavarois. Pendant ce temps les tirailleurs installent le 4e bataillon à l’ouest de la ville et déploient le 2e à l’Est, sur la Lauter. Le 3e bataillon reste en réserve, le long du chemin de fer et la gauche de la Gare. Wissembourg : Les Turcos (Les turcos sont des tirailleurs algériens qui ont été dénommés par erreur par les Russes qui les ont pris pour des Turques à cause de leur tenue orientale lors de la guerre de Crimée).

Les Bavarois on installé un deuxième bataillon face au 2e bataillon du 1er tirailleurs, et deux autres batteries à 800 m, au nord du Windhof. Pour l’instant ils n’osent pas franchir la frontière, et les deux premières batteries déployées dans les vignes quittent leur position sous les tirs de la batterie Didier et les tirs de mousquetterie.  Au bout d’une heure et demie les combats semblent être un accrochage d’avant-postes. Le général Abel Douay fait soutenir la deuxième brigade par la batterie Foissac qui se déploye au sud-ouest du carrefour entre la route de strasbourg et la route de Bitche. Il rejoint ensuite le général de Montmarie au Geissberg, qui s’est contenté de faire prendre les armes à sa brigade sans la déployer.

Source : S0007, p. 123.

Carte du champ de bataille de Wissembourg – Altenstadt.

 

Jeudi 4 août 1870   10 heures

 

France, Altenstadt, Geissberg : arrivée du maire de Schleithal.

Le 4 août 1870, à 10 heures, arrive le maire de Schleithal, un village situé à 8 kilomètres environ au sud-est. Il informe le commandement que depuis 7 heures du matin, des troupes ennemies ont commencé à arriver dans son village. Il s’agit de cavaliers et de fantassins et tous ont des casques à pointe. Il s’agit donc d’un autre corps d’armée, puisque les Bavarois portent des casques à chenille. Le général Douay demande au général de Septeuil de diriger immédiatement des reconnaissances de ce côté. C’est le 3e hussards qui est chargé de cette mission. Mais à peine a-t-il descendu les pentes du Geissberg et est arrivé au niveau du passage à niveau de la route de Schleithal, il est pris sous le feu de l’infenterie ennemie, qui s’est infiltré jusqu’aux lisières ouest de la forêt.

Source : S0007, p. 123-124.

 

Jeudi 4 août 1870   10h20 – 11h

 

France, Altenstadt, Geissberg : déploiement de la 1ère brigade.

Face à nouvelle menace en provenance de Schleithal, le général Abel Douay fait déployer la 1re brigade avec les deux bataillons du 50e de ligne dont elle dispose. Ils se placent en équerre autour du château du Geissberg, le 3e bataillon face au nord et le 1er bataillon en crochet défensif face à la ferme du Gutleuthof, couvert à 300 mètres par une compagnie de tirailleurs. Ce déploiement est à peine terminé qu’à 10h30 une batterie ennemie soutenue par un bataillon s’installe immédiatement à l’est de la bifurcation des deux voies ferrées de Strasbourg et de Landau. En même temps deux autres batteries s’installent un peu plus au sud, à 1 000 mètres environ de la ferme du Guthlethof et ouvre le feu sur le Geissberg. En même temps l’infanterie en casques à pointe surgit de la lisière ouest d’Altenstadt et l’attaque bavaroise sur Wissembourg se ranime. Face à l’attaque de deux corps d’armée, le général Abel Douay décide de renforcer sa position avant d’ordonner le repli. Il déploie le 1er bataillon du 74e de ligne face à l’est, en échelons refusés, et le 3e bataillon reste en arrière en réserve à l’ouest du château du Geissberg, à l’abri de ses murs. En mêe temps la batterie de mitrailleuses de Saint-Georges s’engage au nord-ouest du château, contre les batterie allemandes déploiées sur notre droite. Puis il envoie à la brigade Pellé et au bataillon Liaud l’ordre de décrocher de Wissembourg. C’est ainsi que commence sous la protection de la brigade de Montmarie, la retraite sur le col du Pigeonnier qu’avait precrite le maréchal de Mac Mahon. Pour faciliter le repli du 1er tirailleurs et du 2e bataillon du 74e de ligne, le général Abel Douay déploie aussi sa cavalerie entre ses deux brigades d’infanterie et appelle la batterie Foissac au Geissberg pour soutenir la batterie de mitrailleuses qui est sous le feu croisé des deux batteries bavaroises du Windhof et des trois batteries à l’est du chemin de fer. Il est un peu moins de onze heures quand le général Abel Douay est blessé mortellement par l’éclat d’un caisson qui explose après avoir été touché par un obus. Il est éventré et à l’agonie, et transporté à la ferme du Schafbusch. Le général Pellé doit prendre alors le commandement de la division, mais il n’en sait rien, il est dans la vallée avec ses tirailleurs.

Source : S0007, p. 123-124.

 

Jeudi 4 août 1870   13h

 

France, Altenstadt, Geissberg : la situation sur le Geissberg.

Le général Pellé n’accompagne pas les turcos qui se replie. Après avoir été informé de la blessure du général Abel Douay, il remonte sur le Geissberh accompagné par la batterie Didier qui a réussie a réatteler cinq pièces sur six. Il y retrouve vers 13 heures le général de Montmarie. Depuis 10h30 trois batteries ennemies étaient déployées face à l’ouest contre la droite française. Vers 11 heures ce sont six autres pièces ennemies qui se sont ajoutées. Elles se sont mises en batteries à proximité de l’embranchement du chemin de fer. Entre 11h et 12h, la valeur de six bataillons est sortie de la forêt d’Altenstadt et se sont établis à la hauteur de la ferme du Guthleuthof et dans la tranchée du chemin de fer. De 12h à 13h, une douzaine de compagnies se sont déploiées, suivies de plusieurs bataillons en colonne qui ont progressivement débouchés d’Altenstadt, franchi le chemin de fer et commence à monter en direction du Geissberg.

A 13h les quatres bataillons de la 1re brigade qui tiennent le Geissberg, font face à toute la 5e division du Ve corps d’armée prussien, soit l’équivalent de sept bataillons, et six bataillons de la 41e brigade du XIe corps d’armée prussien. Par ailleurs les sept batteries situées au nord de la Lauter se joignent désormais avec leur feu au quatre autres batteries situées devant la droite française. Ce sont donc 66 pièces qui tirent désormais sur le Geissberg. Les batteries françaises doivent se mettre à l’abri de la crête du Geissberg, un peu à l’est de la ferme du Schaffbusch, pour flanquer le château.

Source : S0007, p. 127-128.

 

Jeudi 4 août 1870   13h30

 

France, Altenstadt, Geissberg : le début du replie français.

Après avoir appris que les tirailleurs ont réussi à se désengager, le général de Montmarie décide de battre en retraite à son tour. Comme son front nord est moins en péril, il décide de replier le 3e bataillon du 50e de ligne en ne laissant en place qu’une seule compagnie déployée en tirailleurs. Avec ce bataillon il forme à la hauteur du Schaffbusch un échelon de repli renforcé par le 3e bataillon du 74e de ligne encore disponible. Pendant ce mouvement entre 13h et 13h30, l’ennemi a gagné du terrain et est parvenu à 600 mètres des lignes françaises et passe à l’attaque sur les deux bataillons français établis à l’est du château. Dans ces conditions, le 1er bataillon du 50e de ligne et le 1er bataillon du 74e de ligne n’ont plus de temps à perdre pour décrocher. Environ 600 officiers et soldats du commandant Cécille se barricade dans le château alors que les autres réussissent à rejoindre la ferme du Schaffbusch.

Source : S0007, p. 127-128.

 

Jeudi 4 août 1870   Après-midi

 

France, Strasbourg : départ du maréchal de Mac-Mahon.

Le maréchal de Mac Mahon venu par train spécial jusqu’à Soultz-sous-Forêts est monté dans l’après-midi au col du Pigeonnier. Il y rencontre le général Ducrot qui lui a appris la défaite du général Abel Douay. Il voit d’ailleur passer les débris de la 2e division. Il constate avec stupeur qu’au moins 80 000 envahisseurs plantent leurs bivouacs sur la rive droite de la Lauter. La nouvelle est immédiatement envoyée au grand quartier général français.

Source : S0007, p. 143.

 

France, Foeschwiller : installation de la 3e division d’infanterie française.

Le maréchal de Mac Mahon avait informé le général Raoult, commandant la 3e division, de ce qui se passait à Wissembourg. Ce dernier à pris l’initiative d’envoyer sa 3e division  bivouaquer face à l’est sur le plateau de Froeschwiller. C’était une position reconnue avant la guerre par le général Frossard qui était propre à couvrir indirectement Strasbourg contre une offensive venue du nord.

Source : S0007, p. 145.

 

Jeudi 4 août 1870   15h00

 

France, Altenstadt, Geissberg : les derniers défenseurs se rendent.

Le commandant Cécille monté sur son cheval, ouvre les portes du château et effectue une charge désespérée et est tué sur place. Les défenseurs du château résistent en tirant par les fenêtres. C’est finalement vers 15 heures qu’ils cessent le combat et se rendent alors qu’ils n’ont plus de munitions. Leur résistance a permis à sauver l’artillerie et la cavalerie repliée à Steinseltz et permet aux débris de la brigade de Montmarie de décrocher. En effet les deux bataillons de la ferme du Schaffbusch, avec les débris du 1er bataillon du 50e et du 74e de ligne peuvent s’échapper et se replier sur Haguenau, après avoir permis à l’artillerie et à la cavalerie de passer par Cleebourg et le col du Pfaffenschlik.

Wissembourg-Altenstadt : A l’assaut du Geisberg. Source : S0936.

Lorsque les troupes prussiennes arrivent à la ferme du Schaffbusch, ils ne trouvent que des blessés et le corps du général Abel Douay gardé par le médecin-chef de la 2e division, le docteur Dauvé.

A Wissembourg même, le commandant Liaud n’a été informé de l’ordre de replie que très tardivement. Compte tenu de l’impossiblité de quitter la ville, il décide de résister sur place. Mais les Bavarois réussissent à rentrer dans la ville. Le conseil municipal s’interpose entre les combattants et après négociations obtient la reddition vers 15 heures.

Wissembourg : La défense de la porte de Haguenau.

Source : Carte postale ancienne. Collection MJR.

 

Les troupes allemandes ont perdu leur élan. Seul le 4e régiment de dragons prussiens essaye de trouver le reste des troupes françaises sur la route de Strasbourg. Mais les débris de la brigade du général de Montmarie avaient pris la précaution de passer au travers des bois. Lorsque les hussards prussiens arrivent à Soultz-sous-Forêt, ils sont pris à parti par un bataillon du 36e de ligne, et ne poussent pas plus loin.

Source : S0007, p. 131-132.

 

Jeudi 4 août 1870   16h00

 

France, Altenstadt, Geissberg : derniers hommages du prince royal de Prusse au général Abel Douay.

Le prince royal de Prusse, qui a assisté aux combats à partir des hauteurs de Schweigen depuis 9 heures du matin, se rend à la ferme du Schaffbusch pour saluer la dépouille du général Abel Douay. Il prononce ces mots : « Schade, es war ein tüchtiger General » (Dommage, c’était un vaillant général).

Source : S0007, p. 132-133.

 

Altenstadt, hameau du Schaffbusch (au pied de la colline du Geisberg). Le prince héritier de Prusse « Kronprinz Friedrich Wilhelm » au chevet du corps du général Abel Douay.

Source : Carte postale ancienne, collection MJR.

 

Jeudi 4 août 1870   18h00

 

France, Schweighofen : arrivé du quartier général de la IIIe armée.

Le prince royal de Prusse a transféré son quartier général de Spire à Schweighofen près de Wissembourg le 4 août 1870 vers 18 heures et diffusé son ordre de mouvement pour le lendemain.

Source : S0007, p. 147.

 

France, Wissembourg : le bilan des combats.

La 2e division française s’est défendue avec acharnement, et a tenu tête pendant près de 7 heures face au gros de la IIIe armée allemande, c’est-à-dire le IIe corps d’armée Bavarois et les Ve et XIe corps d’armées prussiens, commandés par le prince royal de Prusse. Ces premiers combats à deux pas de la frontière ont engagé 7 000 Français contre 40 000 Allemands. La 2e division française est battue et son chef le général Abel Douay a été tué. Les troupes allemandes ont perdu 91 officiers et 1 460 sous-officiers et soldats, et compte parmi les blessés le général von Kirchbach. Les pertes françaises s’élèvent à environ 1 100 - 1 200 morts et blessés, soit 17% des effectifs engagés. Les troupes allemandes ont pris un canon qui n’était plus en état de tir et ont fait environ 500 prisonniers (900 pour une autre source), c’est-à-dire les derniers défenseurs du château et de la ville de Wissembourg.

Sources : S0091, p. 56-61. S2786.

 

France, Lauterbourg : entrée des troupes allemandes le 4 août 1870.

Le journal Le Temps du 8 aout 1870 a publié cette dépêche reprise dans des journaux belges : « Carlsruhe, 5 août. La Gazette de Carlsruhe d’aujourd’hui annonce que, suivant des nouvelles reçues, une division bavaroise s’est avancée hier matin vers le Sud et a franchi la frontière française. Le quartier général se trouve à Lauterbourg. Une reconnaissance, faite sur la rive gauche du Rhin, près de Seltz, a constaté qu’il ne s’y trouve que peu de Français. Nos troupes ont pris trente nacelles ; elles ont perdu un lieutenant et on eu deux morts et un blessé ».

Source : S3484 : journal Le Temps n°3449, du 08/08/1870, p.1.

 

France, Alsace, Strasbourg : situation de la place forte.

Dans la soirée du 4 août 1870, vaguement d’abord, puis de plus en plus précise, circule la nouvelle d’un grave échec de nos troupes, arrivé le jour même. La division d’Abel Douay, surprise à Wissembourg, avait été écrasée par des forces infiniment supérieures, habilement masquées dans leur marche par la forêt du Bienwald ; en vain le sous-préfet de Wissembourg, M. Edgar Hepp, avait-il averti le général et les autorités civiles et militaires ; la défaite certes glorieuse, était complète, et ce n’était, hélas, qu’un début ! Le maréchal de Mac Mahon a quitté Strasbourg pour se porter sur Haguenau, en emmenant avec lui toutes les troupes massées autour de la place et laissant, comme vous le pensez bien, la population civile dans un état de surexcitation indicible ; car les beaux projets d’invasion de l’France éclataient maintenant dans toute leur vanité, aux yeux des plus aveugles et c’était le sol de l’Alsace envahie qu’il s’agissait de défendre !

Pour faire face à un éventuel siège, la place forte de Strasbourg ne dispose que d’une seule unité organisée : le 87e de ligne du colonel Blot, laissé à Strasbourg le 4 août 1870 au matin, par le général de Lartigue, lorsque celui-ci était parti pour Haguenau avec la 4e division d’infanterie du 1er corps d’armée. Le reste des troupes d’active était formé d’un détachement de 130 marins, qui était initialement destiné à armer une flotille du Rhin, dont les bateaux ne viendront pas à temps, une poignée de sapeurs, 450 douaniers, quelques gendarmes et des personnels des dépôts et quelques jeunes soldats récemment incorporés provenant les 4e bataillons des 18e et 96e de ligne, les dépôts des 10e et 13e bataillon de chasseurs à pied, du 16e lanciers, des 5e et 20e régiment d’artillerie et du régiment des artilleurs-pontonniers. Pour la garde mobile qu’on venit de lever, elle comprenait quatre bataillons du Bas-Rhin, sans aucune instruction.

Sources : S0007, p. 332. S0332, p. 13.

 

Vendredi 5 août 1870

 

France, Alsace du Nord : la IIIe armée allemande repend sa marche en direction de Strasbourg.

Le 5 août 1870, conformément à l’ordre de mouvement du prince royal de Prusse, la IIIe armée reprend son mouvement en direction générale de Strasbourg, couverte par la 4e division de cavalerie.

Source : S0007, p. 147.

 

France, Rome : évacuation de la ville par les troupes françaises.

Le 5 août 1870, les troupes françaises évacuent la ville de Rome.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 précise : « Frontière romaine, 5 août. On mande de Civita-Vecchia, que le général Dumont s’embarquera ce soir, et que l’évacuation des Etats-Pontificaux par les troupes françaises sera probablement terminée dimanche prochain ».

Source : S0091, p. 56-61.

 

France, Paris : répartition des commandements des armées.

L’Empereur donne le commandement supérieur des troupes d’Alsace,1er,3e et 7e corps au maréchal de Mac-Mahon ; celui des 2e, 3e et 4° corps, en Lorraine, au maréchal Bazaine. Le 6e corps et la garde restent sous son commandement direct.

Source : S3484, n°3449, du 08/08/1870, p.1.

 

Vendredi 5 août 1870   Après-midi

 

France, Alsace du Nord : positions de la IIIe armée allemande.

Le 5 août 1870 après midi, en fin d’étape la IIIe armée allemande arrive sur les positions suivantes : Le premier échelon composé par le Ve corps d’armée, le XIe corps d’armée et le corps d’armée wurtembergeois-badois, s’aligne face au sud, sur la route de Reichshoffen à Seltz, le Ve corps d’armée est à Preuschdorf, le XIe corps d’armée à Soultz-sous-Forêts et les Wurtembergeois-Badois sont à Aschbach. En deuxième échelon, le IIe corps d’armée bavarois opère son regroupement à Lembach et le Ier corps d’armée bavarois a poussé jusqu’à Lingolsheim, en suivant le XIe corps d’armée. Les reconnaissances de la 4e division de cavalerie ont pu sans encombre contourner et traverser la forêt de Haguenau et n’ont rencontrer de résistance qu’aux abords nord de cette ville. La ville de Haguenau a été occupé dès le matin par un bataillon du 21e de ligne de la division d’infanterie Conseil Dumesnil. C’est bien ce bataillon qui a arrêté la progression des uhlans de la 4e division de cavalerie. Par ailleurs, les reconnaissances de cette même division de cavalerie n’ont pas pu dépasser ni Woerth ni le pont de Gunstett. En conséquence le général von Kirchbach juge plus prudent de couvrir à sa droite en déployant sa 20e brigade du général Walter de Montbarry de Goersdorf à Gunstett. Il a la conviction que les Français se sont installés en force au-de-là de la Sauer, sur le flanc droit de la IIIe armée allemande.

Le prince royal de Prusse porte son quartier général à Soultz-sous-Forêt. Il décide de faire face au danger et de s’en débarrasser par la bataille. Mais il prévoit que la journée du lendemain sera consacrée à faire aux positions françaises et donc de faire pivoter son armée autour de Soultz-sous-Forêts.

Source : S0007, p. 147-148.

Carte de la situation le 5 août 1870 soir. Source : S0936.

A Reichshoffen, château du comte de Leusse : Départ du maréchal de Mac-Mahon et de son état-major avant la bataille d’après un tableau de Touchemolin.

Source : Carte postale ancienne, collection MJR.

 

France, Châlons : départ de trois divisions d’infanterie vers Nancy.

A Châlons, le maréchal de Canrobert est dirigé avec trois divisions d’infanterie en direction de Nancy. Le général de Failly reçoit l’ordre de concentrer son 5e corps d’armée à Bitche tout en gardant sa mission de liaison Lorraine – Alsace et en laissant une brigade à Sarreguemines.

Le 7e corps d’armée français qui est à Belfort, reçoit l’ordre de resserer sur Mulhouse tout en laissant au général Félix Douay le soin de protéger le Haut-Rhin.

Source : S0007, p. 144.

 

Samedi 6 août 1870   Aube

 

France, Alsace du Nord : troupes françaises à Woerth - Froeschwiller.

Le 6 août 1870, au point du jour, les troupes françaises mènent leurs chevaux en avant de leur ligne, dans la Sauer et partent faire des provisions à Woerth sans se soucier des quelques casques à pointe qu’ils voient à l’horizon. 

Source : S0007, p. 150.

 

Samedi 6 août 1870   Matin

 

France, Alsace du Nord : la IIIe armée allemande pivote face à Woerth - Froeschwiller.

Le 6 août 1870, le XIe corps d’armée allemand a reçu l’ordre de se rendre à Hoelschloch et d’envoyer son avant-garde sur la Sauer, le corps d’armée wurtembergeois-badois de von Werder est chargé de couvir l’armée vers le sud jusqu’au lisières nord de la forêt de Haguenau et le Ier corps d’armée bavarois doit rejoindre Lampersloch, en poussant des avant-postes jusqu’à la Sauer, en amont de Woerth. Le Ve corps d’armée et le IIe corps d’armée bavarois du général von Hartmann restent sur place et le Ier corps d’armée bavarois reçoit la mission de jeter une division sur Froeschwiller au cas ou les Français réagiraient lors de la convertion de la IIIe armée allemande. Dans son intention initiale le commandant de la IIIe armée allemande ne comptait pas engager la bataille le 6 août 1870, mais les circonstances en décideront autrement. Source : S0007, p. 148.

Woerth : Vue général de Woerth datant de 1920 environ.

Source : Carte postale ancienne, collection MJR.

 

Samedi 6 août 1870   7h30

 

France, Woerth-Froeschwiller : premiers tirs de l’artillerie du Ve corps d’armée allemand.

Le général Walther de Montbarry qui commande les avant-postes du Ve corps d’armée prussien avait à sa disposition quatre batteries de l’artillerie divisionnaire de la 10e division d’infanterie. Vers 7h30 il fait tirer la batterie Caspari sur Woerth et y jette un bataillon. Alors que ce n’est qu’un incident, conformément aux ordres reçus, les Bavarois interviennent également. Sur ordre du général von Hartmann commandant le IIe corps d’armée bavarois, la 4e division d’infanterie bavaroise du général von Bothmer, qui avait déjà attaquée Wissembourg, avait été dirigée dès 4 heures du matin sur Langensoultzbach. Sa brigade de tête venait de se déployer face à ce village lorsque retentissent les canons du général von Montbarry. Croyant à une réaction française, les Bavarois reprennent leur marche et arrivent devant la lisière du bois de Froeschwiller, à la soudure de la division Raoult et de la division Ducrot, laquelle engage son artillerie.

Simultanément, à 4 kilomètres au sud, le général de Lartique, également alerté par les tirs d’artillerie, déploye sa 4e division d’infanterie.

Source : S0007, p. 150-151.

 

Samedi 6 août 1870   8h30

 

France, Woerth-Froeschwiller : engagement du Ve corps d’armée allemand.

Face à ses actions discontinues, vers 8h30 arrive sur les hauteurs de Diffenbach le chef d’état-major du Ve corps d’armée allemand, le colonel von der Esch. Renseigné par le général de Montbarry il constate que les Bavarois sont accrochés plus au nord. Il juge qu’il est urgent de leur venir en aide et sans prévenr con chef, le général von Kirchbach qui est encore à Preuschdorf, il fait engager son corps d’armée.

Source : S0007, p. 150-151.

 

France, Woerth-Froeschwiller : l’armée française prend place sur le futur champ de bataille.

Le maréchal de Mac-Mahon arrive également sur le terrain. Face aux combats qui commencent, il fait face avec sa petite armée. Comme à son habitude, ils se porte en première ligne au calvaire de Woerth et porte ses trois divisions sur la ligne de bataille. A sa gauche, de Nehwiller aux abords de Froeschwiller, la division du général Ducrot (ancien gouverneur de Strasbourg), avec la 2e brigade dy général Houlbec faite du 45e de ligne de Belfortet du 1er zouaves. En réserve il garde sa 1ère brigade du général Wolff avec le 13e bataillon de chasseurs à pied, le 18e et le 96e de ligne, venus tous les trois de Strasbourg.

Au centre le général Raoult qui dispose de la quasi-totalité de la 3e division d’infanterie en premier échelon, depuis le bois de Froeschwiller inclus jusqu’au sud du chemin qui va de Woerth à Elsasshausen.

A sa gauche, sa 2e brigade du général Lefebvre qui occupe le bois avec le 2e tirailleurs et les pentes est de Froeschwiller avec le 48e de ligne de Marseille. A sa droite la 1re brigade du général l’Hérillier qui barre la route de Woerth à Froeschwiller avec le 3e bataillon du 36e de ligne, lui aussi de Marseille, que prolonge jusqu’au Calvaire inclus le fameux 2e zouaves. Seuls restent en retrait le 8e bataillon de chasseurs à pied et deux bataillons du 36e de ligne. Ces deux bataillon (1er et 2e bataillon) de retour de Seltz en passant par Haguenau, étaient encore en marche sur la route de Reichshoffen à Froeschwiller au début de l’action.

La 1re brigade du général de Kerleadec, demeurée complète, venait d’engager le plus gros du 1er bataillon de chasseurs à pied contre le Brückmühle. Elle avait établ le 3e régiment de zouaves dans le Niederwald et laissé disponible, à l’abri de la cote 236, le 56e de ligne de Toulon. La 2e brigade du général Lacretelle, avait déployée son unique régiment, le 3e tirailleurs, du Niederwld à Morsbronn, un peu à l’est du chemin qui unit ce village à Froeschwiller.

Ce dispositif assez distendu, comprenait cependant une brèche entre le Calvaire et le Niederwald qui est aveuglée par la 1re brigade de la division Conseil Dumesnil qui s’y échelonnait en profondeur : le 21e de ligne, qui était privé de 2 bataillons, l’un était à Haguenau et l’autre escortait l’artillerie de la division, et le 17e bataillon de chasseurs à pied en tête, et le 3e de ligne en arrière.

Il reste à la disposition du maréchal Mac-Mahon, la 2e brigade du général Maire de la division Conseil Dumesnil, avec le 47e et le 99e de ligne, ainsi que la 2e division d’infanterie du général Pellé, très entamée à Wissembourg, soit tout au plus l’équivalent de quatre bataillons, qu’on poste en arrière du centre, un peu à l’ouest de la crête qui va de Froeschwiller à la cote 236. Hormis cette réserve d’infanterie, l’armée n’avait d’autres ressources que l’artillerie du 1er corps d’armée et la cavalerie.

Quatre batteries de la réserve d’artillerie sont immédiatement employées à renforcer l’artillerie divisionnaire du général Raoult, étalée sur un front de 2 kilomètres.

La cavalerie garde ses emplacements de la veille : la brigade de cuirassiers Michel et deux escadrons du 6e lanciers dans le vallon d’Eberbach en soutien de la droite, la division de Bonnemains au sud-ouest de Froeschwiller, la brigade légère de Septeuil près d’elle, le reste des lanciers en détachement auprès des divisions d’infanterie. Source : S0007, p. 150-153.

 

Samedi 6 août 1870   8h30 – 10h30

 

France, Woerth-Froeschwiller : entrée en action de l’armée allemande.

Pendant que s’achevait la mise en place des troupes françaises, les Prussiens marchent au combat. Le Ve corps d’armée allemand a été alerté le premier. Il est déjà couvert par la 20e brigade (37e et 50e régiment d’infanterie), les deux artilleries divisionnaires et de corps d’armée, soit quatorze batteries, s’est déployé en moins d’une heure sur les hauteurs à l’est de la Sauer, de Goersdorf à Dieffenbach.

Le XIe corps d’armée est parti à 6 heures de Soultz-sous-Forêt pour Hoelschloch, la 41e brigade (80e et 87e régiment d’infanterie), en avant-garde, était arrivée vers 8h30 à la lisière ouest du bois de Kreuzhecke. Le général von Schachtmeyer, commandant la 21e division d’infanterie qui l’accompagne, a alors appris que le Ve corps d’armée n’avait à Gunstett d’un bataillon (2e bataillon du 50e régiment d’infanterie) que la 4e division d’infanterie venait d’accrocher au Brückmühle. Il a aussitôt dirigé la 41e brigade vers la Sauer, partie sur le Brückmühle, partie sur le Spachbach et lancé dans ses traces son artillerie divisionnaire qui s’installe sur les hauteurs nord de Gunstett. Dès 9h30, 108 pièces prussiennes ont achevé d’entrer en action contre les 48 canons et 12 mitrailleuses du côté des troupes françaises. Les deux artilleries étaient distantes de 2 500 mètres, et à cette distance les mitrailleuses françaises et les obus fusants français étaient inefficace. Ecoeurés, les artilleurs français réattellent leurs avant-trains. A ce moment l’artillerie allemande reporte ses tirs sur l’infanterie française. Pendant cet engagement de l’artillerie, la division de tête du Ve corps d’armée et celle du XIe corps d’armée ont continué d’arriver sur les rives est de la Sauer. Au nord, le général von Schmidt, commandant la 10e division d’infanterie, avait à l’abri de sa 20e brigade déjà en ligne, poussé en direction de Woerth sa 19e brigade d’infanterie (6e et 46e régiment d’infanterie). Au sud le général von Schachtmeyer a été rejoint à Gunstett par le 11e bataillon de chasseurs hessois, tête du gros du XIe corps d’armée, et il voyait débouché du bois de Kreuzhecke les premiers éléments de sa 42e brigade d’infanterie (82e et 88e régiment d’infanterie). De 10 heures à 10h30 six compagnies du 87e régiment d’infanterie, surgies de Spachbach, avaient réussi à pénétrer dans la corne est du Niederwald.

Source : S0007, p. 153-155.

 

Samedi 6 août 1870   11h00 – 12h00

 

France, Woerth-Froeschwiller : début d’attaque de l’armée allemande et contre-attaque française.

Vers 11 heures, presque simultanément, six bataillons prussiens passent la Sauer, de Woerth au Brückenmühle, et ils s’élancent vers les positions françaises. Au nord, on voit deux bataillons du 37e régiment d’infanterie sortir de Woerth et commencer à gravir les pentes du Calvaire tandis que deux bataillons du 50e régiment d’infanterie, utilisent des passerelles de fortune pour franchir la rivère plus à gauche, et l’un des bataillons se dirige sur le Regersgraben et Elsasshausen, et l’autre sur la lisière nord du Niederwald. Au sud, à l’endroit où le 2e bataillon du 5e régiment d’infanterie et des éléments du 80e régiment d’infanterie avaient résussis à empêcher le 1er bataillon de chasseurs à pied à s’approcher de la Brückmühle, le 11e bataillon de chasseurs hessois, traverse le fond de la vallée puis la route de Woerth à Haguenau, et refoule les chasseurs français jusqu’à la ferme de Lausberg pendant qu’un bataillon du 80e régiment d’infanterie envahi à son tour le Niederwald par le côté est.

Le dispositif français n’a pas été disloqué par les tirs de l’artillerie ennemie. Partout les chassepots crépitent et les assaillants ralentissent sous la violence du feu. Certains comme le 37e régiment d’infanterie allemand se replient dans Woerth. Puis les troupes françaises passent à la contre-attaque. A partir du Calvaire, le 37e et e 6e régiment allemand sont ramené jusque dans Woerth à la baïonnette par le 2e zouaves. Au Niederwald, un bataillon du 50e régiment allemand, 6 compagnies du 87e régiment et un bataillon du 80e régiment allemand sont rejetés dans la Sauer par le 3e zouaves et un bataillon du 56e de ligne. Le 11e chasseurs hessois est attaqué de flanc par une charge du 3e tirailleurs, et ils s’enfuient les turcos aux trousses jusqu’au delà de la Brückmühle, entraînant la débâcle des 50e et 8e régiments allemands.

La 20e brigade du Ve corps d’armée allemand, la 41e brigade et le 11e chasseurs du XIe corps d’armé ont été si durement étrillés qu’à midi ils étaient tous réduits à l’état de débris à peu près inutilisables. Les troupes françaises on repris leurs positions et criblaient de balles Woerth, Spachbach et le Brückmühle. De cette première vague allemande, seul subsistait le 1er bataillon du 50e, un régiment silésien, qui s’est cramponé en bas du Regersgraben, dans les fossés de la route de Woerth à Haguenau et était neutralisé par les feux des Français, du 21e de ligne et du 17e bataillon de chasseurs à pied.

Plus au nord, la 4e division d’infanterie bavaroise, orientée face au sud, a été arrêtée par la fusillade partie de la lisière nord du bois de Froeschwiller. Etant donné que cette division état mal soutenue par son artillerie à cause de la nature forrestière du terrain, et prise en écharpe par les mitrailleuses du général Ducrot qui enfilaient la clairière qui séparait le bois de Froeschwiller du bois de Langensoultzbach, vers 10 heures elle est chassée de son emplacement par une contre-attaque du 1er zouaves. Depuis 20h30 elle s’est repliée au sud de Langensoutzbach. Source : S0007, p. 153-156.

 

Samedi 6 août 1870   11h00 – 12h00

 

France, Woerth-Froeschwiller : début d’attaque de l’armée allemande et contre-attaque française.

Situation des troupes françaises. Pour défendre les lisières nord de Froeschwiller, le général Raoult a dû engager à côté du 2e tirailleurs, les deux bataillons encore frais du 36e de ligne et il ne lui restait plus en réserve que le 8ème bataillon de chasseurs à pied. La brigade de la division Conseil Dumesnil qui combattait au sud du Calvaire gardait en deuxième échelon son 3e de ligne encore peu éprouvé. Chez le général de Lartigue, le 56e de ligne avait été dépensé, partie dans le Niederwald avec le 3e zouaves, partie en soutien de la contre-attaque du 3e tirailleurs, et à l’extème droite française, Morsbronn n’était plus tenu que par deux compagnies de Turcos. Le général Ducrot après avoir prêté son 13e bataillon de chasseurs à pied au général Raoult, conservait encore intact deux régiments, le 18e et le 96e de ligne. La réserve d’armée était quant à elle passée de 14 à 11 bataillons. En effet vers 11 heures il avait fallu envoyer aussi dans le bois de Froeschwiller le 78e de ligne de la 2ème division d’infanterie.

Situation des troupes allemandes. Au Ve corps d’armée allemand, le général von Kirchbach avait cassé sa 20e brigade mais il lui en restait trois autres, la 19e brigade d’infanterie, presque indemne, occuper à se barricader dans Woerth, et les deux brigades de la 9e division d’infanterie du général von Sandrart. Ses deux brigades se trouvaient à moins de 2 kilomètres de la Sauer, la 17e (5e bataillon de chasseurs silésiens, 58e et 59e régiments d’infanterie) au nord de la route de Woerth à Soultz, la droite à Goersdorf, la 18e brigade (7e et 47e régiments d’infanterie) entre Dieffenbach et le petit bois à l’ouest.

Au XIe corps d’armée allemand, la 41e brigade d’infanterie, était brûlée et le 11e chasseurs hessois ne valait guère mieux, mais la 42e brigade est arrivée à Gunstett et à Spachbach et n’avait guère encore souffert. La 22e division d’infanterie (43e et 44e brigade d’infanterie), entièrement fraîche, commençait à déboucher du bois de Kreuzhecke sous la conduite du général von Gersdorf. En même temps, le général von Bose commandant le XIe corps d’armée allemand, avait achevé de déployer son artillerie au nord de Gunstett, si bien que 156 pièces prussiennes, toujours à l’abri des représaillent françaises, se trouvait désormais en ligne et contrôlaient mieux que jamais le champ de bataille. Le 1er corps d’armée bavarois du général von der Tann, était en mesure de se diriger de Lampersloch vers le bois de Froeschwiller. Tout à fait au sud, la division d’infanterie wurtembergeoise, d’abord chargée de couvrir l’armée ou le XIe corps d’armée en direction de Haguenau, se détourne de sa mission initiale pour accourir au combat. En effet vers 11 heures, le général von Werder donne l’ordre au général von Oberitz, commandant la division d’infanterie wurtembergeoise, de diriger sur Gunstett ses 2e et 3e brigade d’infanterie ainsi que sa réserve de cavalerie. Dans ces conditions les succès français n’étaient qu’éphémaires et la fortune va changer de camp. Source : S0007, p. 157-158.

Situation sur le champ de bataille le 6 août 1870 à 10 heures du matin.

Source : Carte postale ancienne, collection MJR.

 

Samedi 6 août 1870   11h00 – 12h30

 

France, Woerth-Froeschwiller : l’attaque débordante du XIe corps d’armée allemand.

Vers 11h00 le général von Bose informe le générl von Kirchbach qu’il ne se considérait pas come autorisé à l’s’engager à fond et pendant ce temps, le Prince Royal encore à Soultz-sous-Forêt et mal informé, lui a confirmé son intention de ne rien hasarder avant le 7 août 1870. Vers 12h00 sur les hauteurs de Dieffenbach, le général von Kirchbach était bien loin d’apprécier la situation du moment. Il devinait derrière la division d’infanterie Raoult la réserve d’armée française dont il tendait à surestimer l’importance. Le Ve corps d’armée allemand trop engagé n’était plus en mesure d’arrêter les frais. Le général von Kirchbach obligé à poursuivre la lutte fait appel de nouveau au général von Bose. Entre temps celui-ci avait déployé sa 42e brigade et sa 41e brigade et ses chasseurs ont été sacagés. Il était à son tour trop en prise pour temporiser. Il décide donc de secourir le général von Kirchbach en attaquant à nouveau la droite française. Sa 22e division commençait a intervenir. Son commandant, le général von Gersdorf, qui l’avait précédé en arrivant à 11h30 sur les lieux, donne comme objectif à la brigade de tête, la 43e brigade d’infanterie (32e et 95e régiment d’infanterie), les villages de Gunstett et de Durrenbach. Le 95e régiment est dirigé sur Gunstett et le 32e régiment sur Durrenbach. Ceci revient à étendre la gauche du XIe corps d’armée au-delà de la limite sud de la droite française et à préparer le débordement de cette dernière. Le général von Schkopp envoye le 83e régiment à Gunstett et prend la tête du 94e régiment pour rejoindre Gunstett où se trouvait déjà le 32e régiment. Ce dernier vient de récupérer son 3e bataillon, qui chargé de couvrir la gauche du XIe corps d’armée allemand, a laissé une seule compagnie dans cette localité et a rejoint son régiment. En outre le 13e hussards, de la cavalerie de la 22e division d’infanterie, avait imité cet exemple et revenait lui aussi du sud avec trois escadrons sur quatre. Le général von Schkopp, réunissant le tout sous son commandement en fait un groupement tactique de six bataillons et de trois escadrons, qui n’avait devant lui que deux compgnies de tirailleurs à Morsbronn. Il pouvait ainsi avancé sur le flanc droit français et mettre la division de Lartigue en grand péril.

Lorsque à 12h30 le général von Bose lance une nouvelle attaque frontale contre les positions française, il la vit prolongé à sa gauche par une attaque débordante due exclusivement à l’initiative de ses subordonnés.

Tandis que deux bataillons du 88e régiment parti de Sprbach se jetaient à nouveau sur le Niederwald et que deux bataillons du 95e régiment (43e brigade d’infanterie) s’élance avec des débris du 11e chasseurs, de la Brückmühle vers la ferme Lausberg, le général von Schkopp et son groupement surgit de Durrenbach et marche sur Morsbronn. Compte tenu que la petite garnison française est trop restreinte pour assurer la défense de ce village le général Lacretelle qui commande la 2e brigade de la division d’infanterie Lartigue, la replie dans le petit bois situé un peu au sud-ouest de la cote 236. Le général von Schkopp peut donc aborder Morsbronn et l’occuper et s’y préparer à marcher vers le nord-ouest pour envelopper la droite française.

Source : S0007, p. 158-160.

Carte du champ de bataille de Woerth-Froeschwiller. Source : S0936.

 

Samedi 6 août 1870   13h20 – 13h30

 

France, Woerth-Froeschwiller : la charge de la brigade de cavalerie Michel et du 6e lanciers.

Pour parer à ce danger mortel, le général de Lartigue n’avait plus sous sa main que la brigade de cuirassiers Michel et deux escadrons du 6e lanciers, qui depuis le matin, attendaient dans le vallon d’Eberbach. A l’appel du commandant de la 4e division d’infanterie, tous les cavaliers s’élancent, le 8e cuirassiers en tête, suivi du 9e cuirassiers et des lanciers. Le 8e cuirassiers monte en colonne d’escadrons vers la cote 236, puis oblique à droite pour foncer sur la corne est de Mosbronn. Malheureusement la charge est partie trop tôt. Les troupes prussiennes du général von Schkopp n’avaient pas encore dépassé Morsbronn et ont pu se réfugier dans les jardins et les maisons de la lisière nord du village. Malheureusement, le 95e régiment arrivait du Brückmühle et venait d’atteindre le chemin creux qui dessert Morsbronn au nord. Il s’y jette et ouvre le feu. Les cavaliers français sont fusillés de front et sur leur flanc gauche, et bombardés par les batteries de Gunstett. Les escadrons sont hachés en un clin d’œil, et réussissent finalement à s’échapper par les abords est de Morsbronn et la route de Haguenau. Le 9e cuirassiers et les lanciers prennent un peu plus à droite et dès qu’ils ont franchi la crête, se dirigent et sengouffrent dans Morsbronn. Là en tête ils sot bloqués par une voiture tirée en travers de la rue principale, criblés de coups de toutes les fenêtres et de tous els jardins, ils sont pratiquement anéantis. A l’issue le 8e cuirassiers ne comportait plus de 15 officiers et 280 cavaliers tués, blessés ou pris, le 9e cuirassiers a perdu son colonel, prisonnier, ainsi que 28 officiers et 338 cavaliers. Les lanciers n’avaient plus qu’un dixième de leur effectif dont deux officiers sur treize. Les survivants de la charge, ont rallié le colonel Guyot de la Rochère et réussissent à rejoindre l’armée en retraite à Reichhoffen. Le 9e cuirassiers ne gardait qu’un escadront intact qui était chargé de la garde des bagages de la brigade. Les cavaliers de ce régiment sont versés au 8e cuirassiers et les cadres sont envoyé à l’intérieur pour former de nouvelles unités. Il allait être 13h30 et l’affaire avait duré dix minutes.

Cette charge n’a pas été tout à fait inutile. Sur le flanc droit du 95e régiment prussien qui s’était déployé face à l’est sur le chemin nord de Morsbronn, est attaqué sur sont flanc droit par une contre-attaque française du 3e tirailleurs, du 56e de ligne et du 1er bataillon de chasseurs à pied. Sous le choc le 95e et le 11e chasseurs hessois se replièrent, et reperdirent la ferme de Landsberg et reculent jusqu’à la Sauer. Mais les forces françaises sont à bout de force, harcelées par l’artillerie prussienne, alors que du côté allemand, on avait encore des bataillons frais. Trois bataillons allemands, l’un du 95e régiment et deux du 83e régiment reprennent immédiatement l’attaque et le groupement von Schkopp dépasse Morsbronn et marche sur Eberbach. Source : S0007, p. 158-161.

Charge des cuirassiers à Mosbronn. Source : Niox : La guerre de 1870, Ch. Delagrave, Paris, 1896.

Mosbronn : Charge de la brigade Michel, tableau d’Edouard Detaille. Source : Internet.

 

Samedi 6 août 1870   13h20 – 13h30

 

France, Woerth-Froeschwiller : anéantissement de la droite française.

Les restes du 3e tirailleurs et une partie du 56e de ligne se replient avec le général de Lartigue sur Eberbach puis sur Gundershoffen, couverts par les dernières salves de l’artillerie de la 4e division d’infanterie. Sur la gauche française, ce qui subsiste du 3e zouaves, du 2e bataillon du 56e de ligne et du 1er bataillon de chasseurs à pied ainsi que quelques éléments du 3e tirailleurs s’accrochèrent un moment encore aux lisières sud du Niederwald, tentèrent même une dernière contre-attaque, puis ils s’engagent dans un combat sous bois. Les troupes allemandes mettrons plus d’une heure pour vaincre cette suprême résistance de sorte que c’est seulement vers 14h30 que le 95e régiment et le 83e régiment, marchand du sud au nord, peuvent enfin atteindre la lisière nord du Niederwald et y rejoindre deux bataillons du 88e régiment qui sont venus de Spachbach. Pendant ce temps là le général von Schlopp avait fait suivre la droite de la division Lartigue, en direction de Gundershoffen, par le 32e régiment d’infanterie et s’était élevé vers le nord avec le 94e régiment en remontant le vallon d’Eberbach. Ce mouvement en arrière du centre français va provoquer l’effondrement de celui-ci. Le XIe corps d’armée vainqueur tenait le Niederwald. Le général von Bose, jette au feu ses trois derniers bataillons frais, et les oriente sur le Regersgraben et Elsasshausen en les faisant suivre par toute son artillerie. Dès lors le centre français est débordé. Il était 13h30 lorsque le centre français est assailli par tout le Ve corps d’armée, appuyé plus au nord par une division d’infanterie du Ier corps d’armée bavarois. La division française du général Guyot de Lespart venant de Bitche, n’était toujours pas arrivée. Source : S0007, p. 161-162.

 

Samedi 6 août 1870   Après-midi

 

France, Alsace, Strasbourg : élections municipales.

Le samedi 6 août 1870, les élections municipales devaient avoir lieu à Strasbourg, comme par toute la France. Mais le nombre des électeurs qui songèrent à se rendre au scrutin fut minime. Les autres et la ville tout entière tendaient l’oreille vers le nord, entendant ou croyant du moins entendre au loin, le bruit sourd du canon. Source : S0332, p.13.

 

Samedi 6 août 1870   13h30 – 15h30

 

France, Woerth-Froeschwiller : l’attaque frontale du Ve corps d’armée allemand.

En faisant appel vers midi au concours du XIe corps d’armée allemand, le général von Kirchbach avait envoyé un officier de liaison auprès du Prince Royal pour lui exposer sa situation et la nécessité de poursuivre le combat. A 13h00, le Prince royal est arrivé de Soultz-sous-Forêt sur les hauteurs de Dieffenbach et prend la direction de la bataille. Son chef d’état-major, le général von Blumenthal, appelle assitôt à la ressecousse le Ier corps bavarois du général von der Tann et la division d’infanterie wurtembergeoise du général von Obernitz. Une demi-heure plus tard la 1re division d’infanterie bavaroise vient ranger ses quatre batteries à la droite de l’artillerie prussienne et diriger sa brigade de tête par le sud de Goersdorf, contre la corne est du bois de Froeschwiller. Le général von Kirchbach qui voyait le XIe corps d’armée allemand engagé sur les pentes ouest de la Sauer et dans le Niederwald, juge le moment opportun d’attaquer à nouveau le centre français, cette fois ci avec toutes ses forces. A 13h30, la 18e brigade d’infanterie (7e et 47e régiment d’infanterie) débouche au nord de Spachbach et pénètrent de nouveau dans la Regersgraben, tandis que deux bataillons du 58e (17e brigade) sortaient de Woerth et remontaient les pentes du Calvaire. Cette nouvelle tentative échoue dans un premier temps. Contre-attaqué sur toute la ligne, le 58e est ramené jusque dans Woerth et le 7e régiment est jeté dans la Sauer pendant que le 47e régiment réussissait de justesse à s’accrocher à la route de Woerth à Haguenau où, depuis midi, s’abritait déjà le 1er bataillon du 50e. Mais ce nouvel effort a fini par épuiser le 17ème bataillon de chasseurs à pied français et le 21e de ligne et le 2e zouaves sont au feu depuis le début de l’action, soit plus de 4 heures. Aussi la 19e brigade d’infanterie allemande qui avait tenue Woerth et qui venait de chasser les zouaves, a pu derrière eux gravir les pentes du Calvaire et réussir cette fois à s’emparer de celui-ci, de concert avec le 17e régiment d’infanterie et le 1er bataillon du 50e régiment d’infanterie. En même temps le 48e de ligne qui occupait au sud du bois de Froeschwiller, des pentes découvertes faiblissait et la droite des 17e et 19e brigades commençaient à s’infiltrer dans les fonds qui séparent le Calvaire du bois de Froeschwiller. A 14h30 le centre français venait d’être emtamé et c’était précisément le moment où les premiers éléments du XIe corps d’armée atteignaient les lisières nord du bois du Niederwald. Il aurait été opportun pour le maréchal Mac-Mahon d’ordonner la retraite. Mais il avait encore espoir de voir arriver la division Guyot de Lespart pour éventuellement faire basculer la situation. Les restes du 17e bataillon de chasseurs à pied, du 21e de ligne et de la droite du 2e zouave, il les renforce de deux bataillons de la brigade Maire (2e brigade de la division Conseil Dumesnil qui fait partie de la réserve d’armée, formée par les 47e et 99e de ligne), les accroche d’une part au Petit Bois, d’autre part à Elsasshausen, puis ayant reconstitué son front, il passe à la contre-attaque. Le plus urgent est d’arracher le Calvaire aux Allemands. Le 3e de ligne du colonel Champion reçoit l’ordre de reprendre la position perdue. Il se déploye en bataille, à gauche un peut en arrière d’Elsasshausen, puis est conduit d’est en ouest jusqu’à la crête où il est instantanément pris sous une grêle de balles et d’obus. Après une brève et violente préparation, le colonel fait sonné la charge. Mais à faible distance le fusil prussien était aussi redoutable que le fusil français. Arrivés tout près du Calvaire, les hommes sont cloués au sol par la mousqueterie. Mais compte tenu qu’aucune réserve n’est disponible pour appuyer l’attaque, le 3e de ligne est écrasé par la mitraille et son chef est frappé de trois blessures, finit par rétrograder sur le nouveau front, Petit-Bois - Elsasshausen. Par ailleurs les quatres derniers bataillons de la réserve d’armée, ceux de la brigade Maire, venaient de leur côté d’être lancés contre les éléments des 17e et 19e brigades prussiennes qui envahissaient les vallons situés entre le bois de Froeschwiller et le Calvaire. Ils débouchèrent au nord d’Elsasshausen en direction de Woarth en colonnes serrées par division. Dans cette formation vulnérable, ils subirent en quelques instants des pertes considérables, mais réussissent toutefois à atteindre le fond du vallon. Malheureusement ils échouent aux lisières de Woerth sous la terrible fusillade des Prussiens réfugiés dans les vignes, dans les jardins et les vergers. Les 1er et 2e bataillons du 36e de ligne, récupérés par le général Raoult dans le bois de Froeschwiller où ils combattaient depuis plusieurs heures, essayèrent eux aussi de se jeter sur Woerth, mais sans plus de succès. Finalement le général Maire est tué, le colonel de Gramont a un bras arraché, la plupart des officiers sont tombés, et ce qui restait de ces braves a du se résigner à reculer pas à pas vers Froeschwiller avec les débris du 48e de ligne, du 3e bataillon du 36e de ligne et de la gauche du 2e zouaves.

Le 8e bataillon de chasseurs à pied dernière ressource du général Raoult avait été absorbé par le bois de Froeschwiller, assailli maintenant par plus de dix bataillons bavarois. A la 1ère division d’infanterie française, le 13ème bataillon de chasseurs à pied était parti dans le bois de Froeschwiller, mais les deux régiments de la brigade wolff, les 18e et 96e de ligne n’avaient pas encore donné. Sur la demande du maréchal de Mac-Mahon, le général Ducrot les mets à sa disposition pour essayer de dégager le centre français. Celui-ci était maintenant de plus en plus menacé à sa droite par les troupes du XIe corps d’armée allemand, qui affluent aux lisières nord du Niederwald et lie sont action à l’effort frontal du Ve corps d’armée. Le 96e de ligne, parti des abords ouest de Froeschwiller emprunte le vallon qui descend sur Eberbach et peut ainsi arriver à l’insu de l’ennemi jusqu’à la hauteur d’Elsasshausen. Faisant alors face à gauche, il jette un bataillon dans ce hameau et deux autres dans le Petit Bois. Puis sa droite s’élance vers les pentes nord du Niederwald semant la panique chez les Prussiens. Mais c’est exactement à cet instant que le général von Schkopp et le 94e régiment d’infanterie, venus de Morsbronn, font irruption dans les lieux. Prenant de flanc la contre-attaque française, il redonne courage au XIe corps d’armée allemand qui avait commenceé à reculer et rejettent tambour battant les Français dans le Petit-Bois dont ils réussissent alors à s’emparer.

Presque en même temps le général Wolff, parti avec le 18e de ligne de la lisière est de Froeschwiller, tente un suprême effort sur Woerth en lieison avec le 3e bataillon du 96e régiment parti d’Elsasshausen. Mais les Prussiens des 17e et 19e brigades avaient eu le temps de s’implanter davantage dans le vallon qu’ils s’acharnaient à envahir depuis 14h30. Après un peit moment de confusion, ils dirigent un tel déluge de balles sur les lignards français qu’à leur tour leur élan est brisé, alors qu’il était un peu plus de 15 heures.

Les trois derniers bataillons intacts du XIe corps d’armée, escortés de huit batteries débouchent du Regersgraben tandis qu’à leur droite les éléments du Ve corps d’armée allemand commencent à déborder d’Elsasshausen par le nord. Hormis ce hameau qui crache encore le feu, les positions françaises, anéanties au sud, envahies au centre, ne tenaient plus qu’à gauche, dans le bois de Froeschwiller. Mais ce dernier est attaqué sur trois faces par treize bataillons bavarois et deux bataillons prussiens, et exposé au feu de one batteries, n’était plus qu’un bastion environné de flammes d’où surgissait de brêves et vigoureuses contre-attaques, mais dont l’admirable résistance ne servait qu’à couvrir le repli des forces françaises. Sentant qu’il n’était plus possible dans ces conditions de disputer plus longtemps la partie sans risquer la destruction complète de l’armée, le maréchal de Mac-Mahon voulait d’abord se donner de l’air pour faciliter le décrochage. C’est à ce moment qu’il jette dans le brasier ses dernières ressources. Source : S0007, p. 164-167.

 

Samedi 6 août 1870   15h30 – 17h00

 

France, Woerth-Froeschwiller : le dénouement de la bataille.

Le maréchal de Mac-Mahon ne disposait plus que de la division de cuirassiers de Bonnemains et de la réserve d’artillerie commandée par le colonel de Vassart d’Andernay. Ce dernier avait regroupé ses deux batteries de 12, ses deux batteries montées de 4 et ses quatre batteries à cheval de 4. Le maréchal de Mac-Mahon donne l’ordre d’engager toutes ses pièces contre la lisière nord du Niederwald, partie face aux troupes prussiennes qui montaient de Woerth entre le Calvaire et le bois de Froeschwiller. Mais les canons du général von Bose avait poussés vers le plateau et venaient, avec un grand courage, de se mettre en batterie à faible distance d’Elsasshausen qu’ils écrasaient maintenant de leur feu en y allumant partout l’incendie et l’infanterie du XIe corps d’armée allemand, s’apprête a donner l’assaut à ce dernier point d’appui du centre français. Pour permettre l’engagement de la réserve d’artillerie française, il fallait à tout prix dégager le terrain. Alors que le général Colson chef d’état-major du maréchal de Mac-Mahon venait d’être tué à côté de lui, le maréchal donne l’ordre au général de Bonnemains de charger. Par brigades successives et par demi-régiments, ils s’élancent droit sur Woerth en partant du voisinage du Grosser Wald avec une sauvage impétuosité et un héroïque esprit de sacrifice. Mais au fur et à mesure qu’ils franchissent la crête qui court de Froeschwiller à Morsbronn, le 1er, le 4e et le 2e et enfin 3e cuirassiers subirent tous le même sort. Surgis dans un amphithéâtre d’où on les fusillait de front et sur les deux flancs, les escadrons de tête s’éffondrèrent et semèrent le terrain de chevaux abattus et sur lesquels les autres escadrons éclatèrent, se dispersent et perdirent en un instant toute puissance de choc avant d’avoir réussi à joindre l’ennemi. Moins d’un quart d’heure après le départ de la charge, le vallon n’était plus qu’une arène où la mousqueterie allemande massacrait impunément un tourbillon de cavaliers emballés. L’inutilité de cette hécatombe était si évidente que le général de Bonnemains ordonna le ralliement avant même que le dernier demi-régiment du 3e cuirassiers ne prit le galop. Tandis que les survivants de cette infernale chevauchée se repliaient sur le Grosser Wald, le général von Bose jette pêle-mêle sur Elsasshausen toute son infanterie, de concert avec la gauche du Ve corps d’armée, qui réussit enfin à enlever ce hameau. C’est précisément à ce moment qu’arrive la réserve d’artillerie au galop sur le terrain. Elle se joignait à l’artillerie de la division de Bonnemains, soit soixante pièces. Hélas comme le coup de balais de la division de cavalerie n’avait pas fonctionné, la totalité du XIe corps d’armée et le plus gros du Ve corps d’armée déferlent maintenant sur le plateau tandis que rententi la sonnerie prussienne « das Ganz schnell avancieren », l’assaut final. C’est à peine si les artilleurs arrivent à réatteler une partie de leurs pièces. Ce sont 18 pièces d’artillerie qui restent sur le terrain et le corps agonisant du colonel de Vassart d’Andernay. Source : S0007, p. 166-168.

Mitrailleuse française avec son caisson, capturée par les troupes bavaroises à Woerth.

Source : Illustration extraite d’une carte postale ancienne, collection MJR.

 

Samedi 6 août 1870   16h00 – 17h00

 

France, Woerth-Froeschwiller : la charge du 1er tirailleurs.

Le reste des troupes françaises du Calvaire, du Niederwald, du Petit-Bois et d’Elsasshausen reflue sur Froeschwiller. Dès lors les troupes allemandes n’avaient plus qu’à foncer sur cette localité, mais c’était sans compter sur le 1er tirailleurs du colonel de Morandy. Il avait subi de telles pertes à Wissembourg le 4 août 1870 que l’on n’avait pas encore songé à faire appel à lui. C’est alors que, sans en avoir reçu l’ordre, il surgit en bataille des abords du Grosser Wald et se rue, ses trois chefs de bataillons en tête, de Laumerz, Sermenson et de Coulanges, en hurlant le cri de guerre des turcos. Il déclanche du côté allemand la débandade générale et ils reprennent dans la foulée une partie des canons perdus, Elsasshausen et le Petit Bois. Ils étaient à peine 1 500 hommes. Malheureusement il ne restait plus personne pour soutenir cette charge héroïque. Réfugiés dans le Niedewald, repris en main par leurs officiers, les Prussiens dirigent un feu d’enfer sur les Français, que le 94e régiment du général von Schkopp se met aussi à fusiller de flanc. En quelques instants 800 officiers et tirailleurs jonchent le sol. Mais l’attaque a été si rude que les survivants ont quand même pu se retirer fièrement sur le Grosser Wald. Ils venaient de réaliser ce que les artilleurs et les cavaliers n’avaient pas réussis à obtenir. Les troupes allemandes avaient un moment lachée prise, permettant au débris de l’armée française qui couvraient le plateau, de décrocher, pour atteindre Reichshoffen sans garder l’ennemi à ses trousses. Source : S0007, p. 168-169.

 

Samedi 6 août 1870   16h00 – 17h00

 

France, Woerth-Froeschwiller : la chute de Froeschwiller et de son bois.

Les troupes françaises qui battaient en retraite n’étaient plus qu’un mélange indescriptible d’unités émiettées et de soldats débandés. Mais ils gardaient leurs armes et ne prennent pas tous le chemin assigné de Reichshoffen. Certains espèrent trouver un moment de répit derrière le bois de Froeschwiller, une partie d’entre eux tentent encore de se cramponner à Froeschwiller. Depuis le matin Froeschwiller n’avait fait qu’abriter quelques réserves, des bagages et des ambulances. A ce moment de l’après-midi il ne restait plus, autour de chirurgiens et d’infirmiers débordés, qu’un grand poste de secours gorgé de blessés que des habitants essayaient autant que possible d’assister. La seule troupe en état de combattre qui s’y trouvait était la compagnie du génie de la 3e division française. Autour d’elle quelques éléments des 78e, 48e et 36e de ligne et de nombreus isolés qui ne se résigne pas à céder et garnissent les lisières de l’agglomération et ouvrent le feu. Les troupes allemandes exténuées mais rejointe par la 2e brigade wurtembergeoise reprennent la marche en avant et il faudra encore un puissant effort pour vaincre cette résistance. Une partie de l’artillerie du Ve corps d’armée a franchi la Sauer et a rejoint les huit batteries du général von Bose autour d’Elsasshausen. Ce sont 90 pièces qui se mettent à tirer sur Froeschwiller, en plus des 66 canons restés à Goersdorf qui avaient déjà commencé à tirer sur l’agglomération. Grâce à cette formidable préparation, la 2e brigade wurtembergeoise et le XIe corps d’armée venant du sud, le Ve corps d’armée venant de l’ouest et les Bavarois débordant enfin le bois de Froeschwiller par le nord, peuvent donner l’assaut. C’est là que tombe le général Raoult, mortellement blessé. Quelque part au sud du village, le général von Bose, déjà blessé, est frappé à nouveau très grièvement cette fois ci, alors qu’il obéissait au signal des clairons, de l’assaut final « Ganz schnell avancieren ». Ces violents combats duraient plus d’une demi-heure car l’assaut se prolonge par un combat de rue, de maisons en maisons et c’est seulement après 16h30 que Froeschwiller est emporté, alors que son église et ses maisons sont en flamme. Sa défense a permis à une partie des survivants du bois de Froeschwiller. Mais à l’est des éléments du 2e tirailleurs, du 8e et 13e bataillon de chasseurs à pied, et des 48e et 78e de ligne tenaient encore. Comprenant que tout est perdu, un peu avant 16 heures, le colonel Suzzoni du 2e tirailleurs envoie vers l’arrière son drapeau qui allait arrivé le lendemain à Strasbourg. Un quart d’heure plus tard le colonel Suzonni est tué, tout comme um peu plus tard le commandant Boyer du 8e bataillon de chasseurs à pied. Après que le lieutenant Anglade du 2e tirailleurs, suivi par une trentaine de turcos sans cartouches se jette au travers d’un bataillon bavarois et tue son chef de sa main, le restant des troupes est massacré. A Froeschwiller la chasse à l’homme sans quartier ne finit que vers 17 heures.

Source : S0007, p. 169-171.

 

Samedi 6 août 1870   16h00 – 17h00

 

France, Woerth-Froeschwiller : la retraite des troupes françaises.

Le temps que Froeschwiller et son bois s’effondrent, le général Ducrot est revenu du nord avec son 1er zouaves, deux bataillons du 45e de ligne et son artillerie. Ramassant aussi un bataillon du 50e de ligne, il commence à établir un échelon de recueil à la lisière est du Grosser Wald, en travers de la route de Reichshoffen. Peu avant que Froeschwiller ne tombe il lance dans le flanc des Wurttembergeois et du XIe corps d’armée prussien une contre-attaque qui est brisée par le feu tout comme une dernière charge du 6e lanciers contre deux batteries allemandes aventurées au nord d’Elsasshausen. A l’ouest de Froeschwiller une des batteries du général Ducrot ne cesse le feu qu’après avoir été enlevée à la baïonnette. Les dernières troupes françaises parviennent à se retrirer du champ de bataille couverts par les derniers bataillons et canons du général Ducrot. Le commandant de la IIIe armée allemande, soucieux de garder la cohésion de ses troupes, n’ordonne pas la poursuite. Seul quelques rares éléments essayent de poursuivre le reste des troupes françaises, mais renoncent dès les premiers coups de feu des arrières-gardes. Par exemple les cavaliers wurttembergeois réussissent à capture une partie des bagages de la 4e division d’infanterie française aux Forges près de Reichshoffen, et prennent la direction de Niederbronn où ils sont accueillis par les tirs du 16e bataillon de chasseurs à pied et par la division d’infanterie du général Guyot de Lespart qui vient d’arriver de Bitche. Dans la nuit les restes de l’armée française ont pu s’écouler vers Saverne couverts par deux brigades de la division du général de Lespart et la brigade du général de Fontanges. Quelques milliers d’hommes ignorant le point de ralliement rejoignent, les uns Bitche avec le gros de la division de Lespart, et les autres Haguenau et Strasbourg. Source : S0007, p. 171-173.

 

France, Forbach : bataille de Spicheren.

Le 6 août 1870, à Spicheren près de Forbach, le 2e corps d’armée français du général Frossard, est d’abord attaqué par des forces numériquement très inférieures, c’est-à-dire l’avant-garde du général major von François de la Ire armée allemande, puis enveloppé par des forces supérieures, des fractions des Ire et IIe armées allemandes mélangées qui accourent au canon. Il s’agissait du VIIe corps d’armée entier, de la moitié des VIIIe et IIIe corps d’armée, des 5e et 6e divisions de cavalerie, et des fractions d’artillerie du Ier corps d’armée et qui, à la fin de la journée, sont dirigées par le général Steinmetz. Le maréchal Bazaine ne secourt pas le corps du général Frossard ; celui-ci est battu de front, percé au centre et menacé d’être tourné à sa gauche. Ces combats engagent 30 000 Français contre 70 000 Allemands. Toutes les troupes françaises de Lorraine reculent jusque sous Metz, suivies par les Ire et IIe armées allemandes qui se rattachent vers le sud à la IIIe. Steinmetz, pivot, marche directement sur Metz ; Frédéric-Charles, centre vers Pont-à-Mousson ; le prince royal, aile marchante, à Nancy : c’est une grande conversion à droite ayant pour objet de nous jeter vers le Nord. Sources : S2786. S3477, p.10.

 

France, Strasbourg : état de la place forte.

Le 6 août 1870, jour de la bataille de Woerth, la place forte de Strasbourg n’était pas armée, les arbres des glacis étaient debout et seulement on commençait à remplir d’eau les fossés. D’ailleurs un correspondant de la Wehr-Zeitung (une gazette de l’armée prussienne), qui se trouvait ce jour-là à Strasbourg, dit : « Je n’ai pas vu de canons sur les remparts et la garnison flânait dans les rues comme chez nous les hommes qui sont en vacances après les exercices ». En effet quand éclata cette guerre qui fut le couronnement de la frivolité du gouvernement français, la forteresse de Strasbourg présentait l’image de la paix la plus profonde. Les Français étaient bien loin de se douter que des armées étrangères mettraient le pied sur le territoire, et c’est pour cela que l’on n’avait rien fait pour préparer Strasbourg à se défendre. Puisqu’il est admis qu’il faut au moins quatre semaines pour mettre une forteresse en état de défense, il eût fallu employer le mieux possible le temps qu’on avait, et l’on aurait dû s’occuper d’autant plus de préparer la défense de Strasbourg que cette ville, qui a une immense importance stratégique et politique, ne remplissait plus depuis longtemps ce que l’on devait attendre d’elle.

Les fortifications de Strasbourg, ville de 80 000 habitants, furent construites d’après le système bastionné du célèbre ingénieur Daniel Speckle et furent complétées par Vauban qui fit construire la citadelle, le barrage de fortification et les ouvrages extérieurs. Source : S0914, p.8-9.

 

Samedi 6 août 1870   19h00

 

France, Woerth & Reichshoffen : le bilan de la bataille.

Les combats de Woerth, Reichoffen et Froeschwiller ont engagé environ 46 000 Français contre 123 000 Allemands. La bataille a commencé vers 7h30 avec les premiers coups de canon tirés dans les environs de Dieffenbach et s’est terminée avec les derniers coups de canons tirés à Niederbronn vers 19 heures par la division de Lespart.

La défense farouche des troupes françaises a entraîné des pertes allemandes qui s’élèvent à environ 11 000 officiers et soldats hors de combat, soit 25% des effectifs, les pertes françaises représentent également 25% de l’effectif. Ce taux de perte est une proportion hallucinante, et en fait une des batailles les plus sanglante du siècle. Les troupes françaises laissent sur le terrain 28 canons, 5 mitrailleuses et plus de 100 caissons ou fourgons à munitions ainsi que 9 000 prisonniers. Trois généraux français sont tués lors des combats : le général de division Raoult, les généraux de brigade Colson et Maire.

Sources : S0007, p. 183-184. S2786. S3477, p.10.

Les monuments commémorant la bataille de Woerth-Froeschwiller érigés après le conflit.

Source : carte postale ancienne écrite en 1907, collection MJR.

 

Dimanche 7 août 1870   4h00.

 

France, Metz : situation des armées du Rhin, à 4 heures.

Message du major général au ministre de l’intérieur : « Après une série d’engagements dans lesquels l’ennemi a déployé des forces considérables, le maréchal Mac-Mahon s’est replié en arrière de sa première ligne. Le corps de Frossard a eu à lutter hier depuis deux heures contre une armée ennemie tout entière. Après avoir dans ses positions jusqu’à six heures il a opéré sa retraite en bon ordre. Les détails sur nos pertes manquent. Nos troupes sont pleines d’élan. La situation n’est pas compromise ; et un sérieux effort est nécessaire. Une bataille paraît imminente ». En présence de ces graves nouvelles notre devoir est tracé. Nous faisons appel au patriotisme et à l’énergie de tous. Les chambres sont convoquées. Nous mettons Paris en état de défense ; pour faciliter l’exécution des préparatifs militaires, nous déclarons l’état de siège. Pas de défaillance ! Pas de divisions ! Nos ressources sont immenses. Luttons avec fermeté, et la patrie sera sauvée. Publié à Paris, 7 août, 6 h. du matin ». Signé par tous les ministres. Source : S3484, n°3449 du 08/08/1870, p.1.

 

Dimanche 7 août 1870   5 h.20

 

France, Forbach : bombardement de l’ambulance de Forbach.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué dans la rubrique renseignements officiels : « Communiqué aux journaux par le gouvernement. Metz, 7 août, 5 h. 20, m. Le major général a S. Exc. Le ministre de l’intérieur. Dans l’affaire d’hier, les Prussiens ont tiré sur l’ambulance établie à Forbach. Ils ont mis le feu à la ville ». Source : S3484, n°3449 du 08/08/1870, p.1.

 

Dimanche 7 août 1870   6 heures

 

France, Forbach : situation militaire.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué dans la rubrique renseignements officiels : « Metz, 7 août, 6 h., matin. Dans l’affaire qui a eu lieu hier à Forbach, il n’y a eu que le 3e corps engagé, soutenu par deux divisions des autres corps. Le corps du général Ladmirault, celui du général de Failly et la garde n’ont pas combattu. Le combat a commencé à une heure et semblait sans importance. Mais bientôt de nombreuses troupes se sont embusquées dans les bois, essayant de tourner la position. A cinq heures, les Prussiens semblaient repoussés et renoncèrent à l’attaque ; mais un nouveau corps, arrivant de Werden sur la Sarre, obligea le général Frossard à se retirer. Aujourd’hui, les troupes qui se trouvaient divisées se concentrent sur Metz ».

 

Dimanche 7 août 1870   8h25

 

France, Metz : situation militaire.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué dans la rubrique renseignements officiels : « Metz, 7 août, 8 h.25 du matin. Le moral des troupes est excellent ; la retraite des troupes s’effectuera en très bon ordre. On n’a pas de nouvelles de Frossard, qui parait s’être retiré cette nuit en bon ordre.

Napoléon. Pour copie conforme. Chevandrier de Valdrome ». Source : S3484, n°3449 du 08/08/1870, p.1.

 

Dimanche 7 août 1870   8h30

 

France, Metz : situation militaire.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué dans la rubrique dernière dépêche : « Metz, 7 août, 8h.30, matin. Pour nous soutenir ici, il faut que Paris et la France consentent à de grands efforts de patriotisme. Ici on ne perd ni le sang-froid ni la confiance ; mais l’épreuve est sérieuse. Mac-Mahon, après la bataille de Reichshoffen s’est retiré en couvrant la route de Nancy. Le corps Frossard a été fortement atteint. On prend des mesures énergiques pour se défendre. Le major-général est aux avant-postes. Napoléon. Pour copie conforme. Chevandrier de Valdrome ». Source : S3484, n°3449 du 08/08/1870, p.1.

 

Dimanche 7 août 1870   Matin

 

France, Woerth-Froeschwiller : à la poursuite des restes des troupes françaises.

Le matin du 7 août 1870, la 4e division de cavalerie prussienne, qui est enfin arrivée à pied d’’œuvre, entreprend la poursuite très prudente des troupes françaises en retraite. Le maréchal de Mac-Mahon réussi à quitter Saverne en direction de Phalsbourg. Source : S0007, p. 174.

 

Dimanche 7 août 1870   Journée

 

France, Paris : convocation extraordinaire des Chambres.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué officiel : « Napoléon, etc. Art. 1er. Le Sénat et le Corps législatif sont convoqués pour le jeudi 11 août. Art. 2. Notre garde des sceaux, ministre de la Justice et des Cultes, est chargé de l’exécution du présent décret. Paris, 7 août. Eugénie ».

Source : S3484, n°3449, du 08/08/1870, p.1.

Une autre source indique une date différente : « Les Chambres à Paris ont fait l’objet d’une convocation éxtraordinaire, d’abord pour le 14 août 1870, puis pour le 9 août 1870 ». Source : S2786.

 

France, Paris : état de siège pour le département de la Seine.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué : « Napoléon, etc. Art. 1er. Le département de la Seine est déclaré en état de siège. Art. 2. Nos ministres sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret. Eugénie. Contresigné par tous les ministres ».

 

France, Paris : bulletin du jour du journal Le Temps.

Le journal le Temps du 8 août 1870 a publié ce bulletin du jour daté du 7 août 1870 :

« Les nouvelles sont aujourd’hui d’une immense gravité. Les choses vont mal à la frontière ; nos troupes viennent d’y éprouver deux défaites considérables. Le corps du maréchal Mac-Mahon, dont une division avait été si cruellement entamée à l’affaire de Wissembourg, a été battu en arrière de cette ville, et ce qui rend ce dénouement encore plus grave, c’est que le maréchal se trouve coupé du centre de l’armée. Sur la Sarre, le corps du général Frossard s’est trouvé graduellement engagé contre une armée tout entière, et après une opiniâtre résistance, il a été débordé et forcé de se replier.

Ces tristes nouvelles, arrivées dans la nuit, sont portées ce matin, par une proclamation ministérielle, à la connaissance du public. Un décret, signé par l’impératrice et contresigné par le garde des sceaux, convoque en même temps le Sénat et le Corps législatif pour jeudi prochain 11 août. Par un autre décret, le département de la Seine est mis en état de siège. Il est une troisième mesure, non moins urgente que la première et beaucoup moins sujette à protestation que la seconde, dont nous avons vainement cherché l’annonce au Journal officiel : c’est celle de l’armement général de la population.

Les dépêches qui nous annoncent les événements que nous venons de signaler restent muettes. Mais le Times donne sur le plan de campagne et sur les mouvements de l’ennemi des détails qui peuvent aider à les expliquer : « Pendant plusieurs jours, dit-il, nous avons appelé l’attention sur le mouvement en avant des Allemands de leur seconde ligne sur le Rhin vers la première, entre la Sarre et Lauter.

Le prince Charles est venu de Cologne, à travers les monts Eifel et de Coblence, jusque sur la Moselle, Trèves et à Sarrelouis. Le prince royal a marché de Rastadt et de Mannheim, en traversant le Rhin, sur Germersheim et Landau, tandis que le roi ou le général Steinmetz, sous ses ordres, amenait l’armée centrale par Kaiserslautern et Birkenfeld sur Sarrebrück. La tactique prussienne, autant que nous pouvons l’entrevoir, tend à envelopper l’armée française devant Metz, dans les plis, pour ainsi dire, des trois grandes armées allemandes. C’est la force tout entière de la Prusse engageant une lutte corps à corps avec la force entière de la France ». L’article est signé par Ulysse Ladet. Source : S3484, n°3449 du 08/08/1870, p.1.

 

France, Paris : manifestation pour demander des armes.

Le journal le Temps du 8 août 1870 a publié cette dépêche à priori daté du 7 août 1870 : « Des groupes nombreux se forment et se pressent sur le boulevard. Les manifestations se dessinent. Elles ont toutes le même caractère pacifique et le même but. Sur les écriteaux qui servent de bannière on lit : Les citoyens demandes des armes ! Vive la France ! ». Source : S3484, n°3449 du 08/08/1870, p.1.

 

France, Paris : affichage d’une proclamation de l’impératrice régente Eugénie.

Le journal le Temps du 8 août 1870 a publié cette dépêche datée du 7 août 1870 : « On vient d’afficher la proclamation suivante : « Français, le début de la guerre ne nous est pas favorable ; nos armées ont subi un échec. Soyons fermes dans ce revers. Hâtons-nous de le réparer. Qu’il n’y ait parmi nous qu’un seul parti, celui de la France ; qu’un seul drapeau, celui de l’honneur national. Je viens au milieu de vous, fidèle à ma mission et à mon devoir ; vous me verrez la première au danger pour défendre le drapeau de la France. J’adjure tous les bons citoyens de maintenir l’ordre. Le troubler, serait conspirer avec nos ennemis.

Fait au palais des Tuileries, le 7 août 1870, à onze heures du matin. L’impératrice régente, Eugénie. (Suivent les signatures des ministres) ».

Source : S3484, n°3449 du 08/08/1870, 9.1.

 

France, Strasbourg : rétablissement de l’état de siège par le gouverneur.

Le 7 août 1870, le gouverneur militaire de Strasbourg s’empresse de rétablir l’état de siège pour les places fortes de la division. Source : S0914, p.13.

 

France, Strasbourg : Nomination des officiers de la garde nationale.

Le 7 août 1870, les officiers de la garde nationale sédentaire sont nommés par le général, sur la présentation du maire et la proposition du préfet.

Source : S0914, p.6.

 

France, Woerth – Froeschwiller : nouvelles complémentaires.

Le journal le Temps du 8 août 1870 a publié cette dépêche vraisemblablement datée du 7 août 1870 : « Des renseignements particuliers qui nous arrivent de Strasbourg, disent que l’on se battait hier, à Woerth et à Haguenau, depuis le matin à trois heures. Haguenau est situé à six lieues au nord de Strasbourg, sur la ligne de chemin de fer qui conduit de Strasbourg à Wissembourg. Woerth est un gros bourg situé sur la Sauer, à trois ou quatre lieues, au nord-ouest de Haguenau, au pied des Vosges, à gauche de la ligne qui mène de Strasbourg à Wissembourg. Le champ de bataille s’étendait donc sur une ligne d’à peu près quatre lieues. A l’heure où ces renseignements nous étaient expédiés de Strasbourg, on n’avait pas dans cette ville de données positives sur les chances du combat, mais il s’agissait évidemment de la bataille livrée et perdue par le maréchal Mac-Mahon. J. Hébrard ». Source : S3484, n°3449 du 08/08/1870, p.1.

 

France, Froeschwiller – Woerth : retour sur le déroulement de la bataille.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué dans la rubrique renseignements officiels : « Dans la bataille qui a eu lieu près de Froeschwiller le maréchal de Mac-Mahon avait cinq divisions ; le corps d’armée du général de Failly n’avait pas pu le rejoindre. On n’a que des détails très vagues. On dit qu’il y a eu plusieurs charges de cavalerie ; mais les Prussiens avaient des mitrailleuses qui nous firent beaucoup de mal. Napoléon. Pour copie conforme. Chevandrier de Valdrome ». Source : S3484, n°3449 du 08/08/1870, p.1.

Les monuments commémorant la bataille de Woerth-Froeschwiller érigés après le conflit.

Source : carte postale ancienne de 1920 environ, collection MJR.

 

Dimanche 7 août 1870   Après-midi

 

France, Strasbourg : vagues nouvelles sur l’issue de la bataille de Woerth – Froeschwiller.

En ce qui concerne la bataille de Woerth – Froeschwiller, il semble que les premières nouvelles arrivées dans l’après-midi à Strasbourg, étaient vagues et plutôt satisfaisantes. Source : S0332, p.13.

 

France, Woerth-Froeschwiller : replie des restes de l’armée de Mac-Mahon.

Le matin du 7 août 1870, le maréchal de Mac-Mahon avait réussi à quitter Saverne et arrive en début d’après-midi, avec le reste de ses troupes, à Phalsbourg. Les cavaliers de la 4e division de cavalerie prussienne lancé à sa poursuite, n’atteignent même pas Saverne, et retournent bivouaquer autour de Bouxwiller. Source : S0007, p.174.

 

Dimanche 7 août 1870   19h00 environ

 

France, Strasbourg : on bat la générale, la ville est mise en état de siège.

Par cette belle soirée d’été du 7 août 1870, alors que la foule endimanchée circulait par les rues, vers 19 heures, la générale est battue : les soldats de ligne et les moblots courent à leurs casernes ; Une panique effroyable saisit les promeneurs. De toutes parts, on entend les cris : « les Prussiens arrivent ! ». Les uns se sauvent chez eux, les autres courent à la gare, vers les portes, dont les ponts-levis sont relevés en toute hâte, laissant au dehors des centaines de promeneurs épouvantés. A ce moment même entrait en gare, puis étaient transportés à l’Hôpital militaire, ainsi qu’aux ambulances, les premiers convois de blessés, ceux de Wissembourg et quelques-uns uns de ceux de Woerth, spectacle nouveau et bien émouvant pour tous ceux qui ne savaient pas ce que c’est la guerre ! Les remparts de la place forte ne sont pas encore armés. Rien n’est prêt ! Sources : S0332, p.13. S0914, p.1.

 

France, Haguenau et Brumath : entrée de la cavalerie allemande.

Le 7 août 1870, la cavalerie allemande pénétre dans la ville de Haguenau puis à Brumath ; les troupes allemandes ne sont plus qu’à trois lieues, à Brumath. Source : S0914, p.2.

 

Dimanche 7 au lundi 8 août 1870   Nuit

 

France, Strasbourg : arrivée des blessés des champs de bataille de Wissembourg, Woerth et Froeschwiller.

Dans la nuit du dimanche 7 au lundi 8 août 1870 on ne dormit guère à Strasbourg, cette nuit là. Par toutes les portes situées sur le front nord de la forteresse, la porte de Saverne, la porte des Juifs, la porte de Pierre surtout, on voit entrer, dès l’aube, un véritable torrent humain. L’armée de Mac Mahon, que nous avions contemplée, il y a quatre jours au polygone, nous envoie ses débris. Ces fuyards débandés, mêlés à des blessés étendus sur la paille des charrettes, à d’autres hissés sur des chevaux dételés des fourgons du train, marchaient, les uns avec leurs armes, en groupes encore plus compacts, les autres isolés, pêle-mêle étrange et lamentable de tous les uniformes, ayant jeté leurs armes et leur fourniment, image effrayante de la déroute ! Fiévreux, hagards, sanglants, ils marchaient d’un pas automatique, au milieu des voitures chargées de mobilier, de femmes et d’enfants, que les paysans d’alentour venaient en hâte, comme aux siècles passés, mettre nos murs, à l’abri de l’ennemi. Dans les faubourgs ont arrêtent au passage ces hommes qui se traînent à peine, ils n’ont pas mangé depuis le 5 au soir. On les attire dans les maisons, et l’on tend à ceux qui ne veulent pas s’arrêter un verre de vin, un morceau de pain, puis le soldat se remet en marche et se dirige vers la place. On a dû fermer les portes, qui ne s’ouvrent plus que toutes les deux heures, pendant quelques minutes, afin de régulariser un peu ce défilé lugubre. La dernière figure que nous apercevons est la tête bronzée d’un turco ; cet homme marche grave et solennel, son chassepot tout noirci est en bandoulière, et il porte sur ses bras tendus, comme sur un coussin de parade, une épée d’officier, celle de son lieutenant tombé à côté de lui. Les yeux de l’Africain sont voilés, son esprit est encore sur le champ de bataille où est tombé son officier. Sources : S0332, p.13. S0914, p.2.

A Strasbourg : arrivée des blessés des champs de bataille de l’Alsace du Nord.

Source : tableau de E. Schweitzer.

 

Lundi 8 août 1870

 

France, Bitche : bombardement.

La place forte de Bitche est commandée par le chef de bataillon Teyssier. Le lundi 8 août 1870, elle est bombardée par une batterie de campagne du IIe corps bavarois.

La forteresse de Bitche après la guerre de 1870-1871.

Source : carte postale ancienne écrite en 1928, collection MJR.

 

France, Strasbourg : entrée de deux derniers turcos avec un drapeau.

Le lundi 8 août 1870, il y eut en ville, un moment de joie, quand entrèrent les derniers turcos, rapportant en triomphe le drapeau du régiment qu’ils avaient si vaillamment défendu. Source : S0332, p.13.

 

France, Strasbourg : nomination des officiers de la garde nationale.

Dans la journée du 8 août 1870, les gardes nationaux touchent à l’arsenal 2 000 fusils à piston sans cartouches, ce qui montre très-clairement que la population était l’objet de méfiance de l’administration de l’empire. Et cependant, le soir même, le bruit s’étant répandu rapidement que les Allemands sont devant Strasbourg et que la ville a été sommée de se rendre, on voit ces gardes nationaux se réunir d’eux-mêmes à la mairie et demander à être employés.

Source : S0914, p.6.

 

France, Strasbourg : description de l’état de la place forte par le capitaine de vaisseau du Petit-Thouars.

Vers le 8 août 1870, le capitaine de vaisseau du Petit-Thouars nous décrit la place forte : Nous empruntons le passage suivant à son journal : « Les portes étaient fermées depuis la veille. En dehors, parmi ces magnifiques avenues toutes bordées de jardins, de maisons de campagne, entourées de hautes palissades et d’un fouillis inextricable de plantes grimpantes, dans lesquelles les fortifications de Strasbourg se noyaient depuis longtemps, régnait le plus grand silence, et l’on arrivait ainsi jusqu’au Rhin, que les Prussiens n’avaient pas franchi la veille, ainsi que le bruit en avait couru. Le seul changement qui se fut opéré sur la rive badoise consistait en ce que la surveillance y était certainement plus active ; mais, je le répète, les terrains qui séparaient le fleuve de Strasbourg étaient si couverts, que les Allemands eussent pu opérer leur passage avant qu’on s’en aperçu. A la porte, où je rencontrais une longue file de voitures chargées d’effets de déménagement qu’on laissait pénétrer dans la ville d’heure en heure, j’eus quelque peine à me faire ouvrir, quoique je fusse muni d’un laissez-passer régulier, et je revins avec la conviction qu’à partir de ce moment tout était possible… ». Source : S0914, p.7.

 

Lundi 8 août 1870   16 heures

 

France, Haguenau : un détachement badois part vers Strasbourg.

Le 8 août 1870 vers 16 heures, la brigade de cavalerie de la Roche, ainsi que toute l’artillerie, se met en route en direction de Strasbourg ; en même temps partaient six compagnies d’infanterie, montées sur des chariots du train qu’on avait déchargés rapidement à cet effet ; quatre bataillons suivaient comme réserve.

 

France, Haguenau : un détachement badois part vers Strasbourg.

Le 8 août 1870 vers 16 heures, la brigade de cavalerie badoise de la Roche, ainsi que toute l’artillerie, se met en route en direction de Strasbourg ; en même temps partaient six compagnies d’infanterie, montées sur des chariots du train qu’on avait déchargés rapidement à cet effet ; quatre bataillons suivaient comme réserve. Source : S0914, p.2.

 

France, Strasbourg : les Badois somment la ville de se rendre.

Le lundi 8 août 1870 le major de Amerongen, de l’état-major de la division, est envoyé en tant que parlementaire afin de demander la reddition de la ville. Le major von Amerongen a mis pied à terre et, un drapeau blanc à la main, et s’est avancé vers la porte de Pierre, où il a appelé et demander à parler au général gouverneur. Le commandant de la place, le colonel Ducasse, qui se trouvait là ; s’était chargé de lui répondre : « Que voulez-vous ? – Je suis chargé de sommer Strasbourg de se rendre, sinon la ville sera bombardée. – Votre proposition n’est pas sérieuse, lui répondit le commandant de place ; Strasbourg ne se rend pas ; venez la prendre. – Au moins, protégez-moi contre le feu de vos hommes, répondit l’officier allemand déçu dans ses espérances. – Vous pouvez vous retirer sans crainte ». Source : S0914, p.2.

 

France, Strasbourg-Geispolsheim : destruction de la voie ferrée et du télégraphe.

Le commandant de la division badoise, voyant qu’une attaque de vive force n’avait pas de chance de réussir, décide d’attendre l’autorisation supérieure avant d’aller plus loin. Il se contente d’envoyer un détachement détruire, près de Geispolsheim, la voie ferrée et le télégraphe, et rétrograde à Brumath, où la division devait rester provisoirement, d’après un ordre arrivé dans la nuit du 8 au 9 août 1870. Sources : S0332, p.13. S0914, p.5-6.

 

Lundi 8 au 9 août 1870   Nuit

 

France, Strasbourg : le détachement de marins du capitaine de vaisseau du Petit-Thouars s’installe au bastion 11.

Dans son journal le capitaine de vaisseau du Petit-Thouars note : « Dans la nuit du 8, notre petit détachement de 43 hommes fut conduit au bastion 11, dans lequel une brèche fut plus tard pratiquée, et ils y armèrent les pièces avec l’adjonction de servants empruntés à la garde mobile. Nous nous y rendîmes par une de ces nuits noires et pluvieuses qui eut donné la tentation de faire un coup de main aux moins hardis, et nous les trouvâmes tout organisés, l’œil au guet, sondant l’horizon sur lequel on voyait mille lumières se mouvoir dans les villages environnants : ils nous montrèrent d’un air dépité qu’il n’y avait que trois coups par pièce. Mais, durent ces premiers temps, on passait sans cesse d’un excès de confiance à un excès de crainte, sentiment dont on ne saurait trop s’étonner, si l’on veut considérer les événements qui s’étaient accomplis dans l’espace de quelques heures ». Source : S0914, p.7.

 

Mardi 9 août 1870

 

France, Paris : réunion des Chambres.

A Paris les Chambres se réunissent. Chute du ministère Emile Ollivier. La séance est pénible. L’opposition attribue hautement nos défaites à l’incapacité de l’Empereur et de son major général, le maréchal Le Bœuf. L’Empire est sérieusement ébranlé. Source : S2786.

 

Mercredi 10 août 1870   Matin

 

France, Strasbourg : une proclamation du gouverneur est affichée sur les murs de la ville.

Le 10 août 1870 au matin, la proclamation suivante du gouverneur militaire de Strasbourg est affichée sur les murs de la ville : « Aux habitants de Strasbourg, des bruits inquiétants, des paniques ont été répandus ces jours derniers, involontairement ou à dessein, dans notre brave cité. Quelques individus ont osé manifester la pensée que la place se rendrait sans coup férir. Nous protestons énergiquement, au nom de la population courageuse et française, contre ces défaillances lâches et criminelles. Les remparts sont armés de 400 canons. La garnison est composée de 11 000 hommes, sans compter la garde nationale sédentaire. Si Strasbourg est attaqué, Strasbourg se défendra tant qu’il restera un soldat, un biscuit, une cartouche. Les bons peuvent se rassurer ; quand aux autres, ils n’ont qu’à s’éloigner. Strasbourg, le 10 août 1870. Le général Uhrich, commandant supérieur ». Source : S0914, p.11.

 

Mercredi 10 août 1870    Journée

 

France, Paris : constitution d’un nouveau ministère.

Le 10 août 1870, constitution d’un nouveau ministère sous la présidence du Général de Montauban, comte de Palikao.

 

France, La Petite-Pierre : occupation de la place par les troupes allemandes.

Histoire succincte du château. Le château de la Petite-Pierre a été érigé au début du XIIIe siècle et cité en 1205. Il a été fondé par le comte Hugues Ier de la Petite-Pierre. Mais à priori un château aurait déjà existé sur ce site vers à la fin du IXe siècle construit par l’évêque Drogon, fils naturel de Charlemagne. Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, le château est reconstruit par Georges-Jean Ier de Veldenz, surnommé Jerrihans. Au XVIIe siècle, le château sert de camp militaire et ses défenses sont améliorées, et il devient une place forte française après les victoires de Louis XIV. Suivent jusqu’au milieu du XIXe siècle, des réaménagements multiples ininterrompus. 27/04/1922 : Inscription à la liste des monuments historiques et publication au journal officiel. 1977 : Rénovation du château qui devient le siège du Syndicat mixte du parc naturel régional des Vosges du Nord.

Guerre de 1870-1871. Une compagnie du 96e de ligne de Strasbourg occupe la place forte de Lichtenberg et le château de la Petite-Pierre, soit une section par place. Cette compagnie est commandée par le capitaine Mouton, qui réside à la Petite-Pierre. Le 7 août 1870 le Ve corps d’armée français, qui bat en retraite, arrive sur place. Le 8 août 1870, le commandant de compagnie, le capitaine Mouton, est tombé gravement malade et est évacué. C’est le sergent-major Boetz qui prend le commandement de cette petite garnison. Ce dernier, n’ayant même pas assez de monde pour occuper toutes les postes nécessaires à la défense, demande du renfort au général de Failly. Mais ce dernier ne donne pas suite à cause de l’insignifiance de cette place. Dès que le 5e corps d’armée quitte la place, le sergent-major Boetz fait noyer les poudres et jette dans la citerne ses huit vieux canons de place. Puis au matin du 9 août 1870 il évacue avec la garnison la place de la Petite-Pierre, en circulant au milieu des colonnes allemandes, il réussi à rejoindre sans dommage la place forte de Phalsbourg. Enfin à partir du 10 novembre 1870, la place est occupée par les troupes allemandes.

Sources : S0003 : Collectif d’auteurs : Alsace. Dictionnaire des monuments historiques ; Edition la Nuée Bleue, Strasbourg, 1995, p. 321-322. S0135 : Le patrimoine des communes du Bas-Rhin ; Tome 2 ; page 948-953, Flohic editions, 94220 Charenton-le-Pont, 1999, p. 322-323.

 

France, Lichtenberg : bombardement de la place forte.

Histoire succincte de la forteresse de Lichtenberg. Cette place se composait du château et d’une petite ville fortifiée. Le château a été construit sur la colline du Schlossberg au début du XIIIe siècle et cité pour la première fois en en 1206. En 1286 le château modifié par Conrad de Lichtenberg, évêque de Strasbourg. D’après les fouilles le château comprenait initialement un donjon quadrangulaire. Du XIIIe siècle à 1580 deux tours en forme de U reliée par un haut mur légèrement brisé sont érigées. Un mur d’enceinte entourant l’agglomération est érigé au XIVe siècle. En 1570, après l’extinction de la famille de Lichtenberg en 1480, le château passe en totalité aux Hanau. Au XVIe siècle les deux tours sont rabaissées d’un niveau et l’étage supérieur est élargi pour constituer une plate-forme d’artillerie. 1575 (1577 pour une autre source) : Le comte Philippe IV de Hanau fait édifier un nouveau bâtiment formé d’une grande salle au rez-de-chaussée et d’un étage d’habitation au 1er étage. Vers 1580 le comte Philippe IV de Hanau fait reconstruire et adapter le château à l’artillerie, en confiant ses travaux au célèbre architecte strasbourgeois Daniel Specklin. Installation d’un mur d’enceinte bastionné qui est pourvu de caponnières à redans qui couvrent le pied de la colline au sud et à l’ouest et de meutrières dans une tour pentagonale au centre de la face sud, qui gardent le chemin couvert. Il retaille le plateau et élargie le fossé. En 1590 c’est une chapelle de style gothique tardif qui est construite pour remplacer de l’ancienne chapelle. Puis en 1678 la place forte subie un difficile siège et est enlevée par les troupes de Louis XIV. 09/08/1870 : Place assiégée, bombardée et prise par les troupes wurtembergeoise. 01/05/1878 : Classé aux Monuments Historiques. 16/02/1930 : Classé aux Monuments Historiques au journal officiel.

Guerre de 1870-1871. Une compagnie du 96e de ligne de Strasbourg occupe la place forte de Lichtenberg et le château de la Petite-Pierre, soit une section par place. Cette compagnie est commandée par le capitaine Mouton, qui réside à la Petite-Pierre. En août 1870, la petite place forte de Lichtenberg est gardée par le sous-lieutenant Archer et une section du 96e de ligne. Son artillerie comprenait sept canons et cinq artilleurs qui seront renforcés par quelques rescapés de la bataille de Froeschwiller. Au matin du 9 août 1871, la 3e brigade de la division d’infanterie wurttembergeoise, commandée par le général von Hügel, qui passait par là, jugea que cette forteresse était si négligeable qu’il était inutile de la contourner. Le résultat est que deux bataillons et trois batteries d’artillerie ont dû être engagés. Un parlementaire est éconduit et un assaut est repoussé. En s’aventurant près de cette petite place forte, la division wurtembergeoise a perdu un lieutenant-colonel qui a été tué, un capitaine a été blessé, et 36 hommes ont été mis hors de combat. Ce n’est que vers 21 heures, que le sous-lieutenant Archer, dont le fort croulait sous les obus et dans les flammes, consentit à négocier et à se rendre après avoir détruit son matériel et encloué ses pièces. Ce dernier reçu après la guerre les félicitations du conseil d’enquête. La forteresse incendiée est abandonnée après le siège.

Sources : S0003, p. 213-214. S0007, p. 321-322. S0135, Tome 2, p. 948-953.

La forteresse de Lichtenberg en ruine après la guerre de 1870-1871.

Source : carte postale ancienne de 1920 environ, collection MJR.

 

France, Phalsbourg : bombardement de la place forte.

Le 10 août 1870 bombardement de la place forte de Phalsbourg par l’artillerie de la division hessoise, aux ordres du général-major Haussmann. Ce bombardement n’obtient pas de résultat. La place forte de Phalsbourg est commandée par le chef de bataillon Taillant.

Source : S2786.

 

France, Strasbourg : organisation de la place forte.

La place forte dispose d’un conseil de défense dont les membres sont les suivants : le général Uhrich, président, commandant supérieur ; le général Moréno, commandant la subdivision du Bas-Rhin ; le général Barral, commandant l’artillerie dans la 6e division militaire ; le contre-amiral Exelmans, commandant la flottille du Rhin ; le colonel Sabatier, directeur des fortifications ; le colonel Ducasse, commandant de place ; le lieutenant-colonel Mengin, commandant l’artillerie ; le lieutenant-colonel Martz, chef du génie et le colonel Fiévet, commandant le 16e régiment d’artillerie-pontonniers, blessé le 16 août 1870 et remplacé par le colonel d’artillerie Petitpied ; le colonel Blot, commandant le 87e de ligne et de Lavalette, l’intendant militaire.

Pour la défense, la place est divisée en 4 arrondissements : 1er arrondissement, la citadelle sous le commandement du général de brigade Moréno, qui fut blessé le 25 août 1870 et remplacé par le lieutenant-colonel Rollet, également blessé le 7 septembre 1870 ; 2e arrondissement qui s’étend depuis le mur de jonction de droite jusqu’à la porte Nationale, commandé par le colonel d’artillerie Petitpied ; 3e arrondissement qui s’étend de la porte Nationale jusqu’au bastion 12, sur le front d’attaque, commandé par le colonel Blot du 87e de ligne, blessé le 13 septembre 1870 : 4e arrondissement qui s’étend du bastion 12 au mur de jonction de gauche, commandé par le contre-amiral Exelmans.

Au lendemain de la bataille de Froeschwiller, la garnison de Strasbourg se composait d’un seul régiment, le 87e de ligne, et de quelques dépôts. Après la défaite la garnison est renforcée par quelques détachements et s’accrue par quelques fuyards venus de Froeschwiller. Voici la composition de la garnison de Strasbourg le 8 août 1870 : le 87e de ligne, avec 3 petits bataillons, commandé par le colonel Blot ; les dépôts du 18e et du 96e de ligne, les dépôts du 10e et 13e bataillon de chasseurs ; les 43 marins qui devaient monter la flottille du Rhin, commandée par le contre-amiral Exelmans ; un bataillon du 21e de ligne, qui avait été laissé à Haguenau pour garder la gare, et qui fut séparé de l’armée par la bataille de Frœschwiller ; il fut obligé de se replier sur Strasbourg, où il arriva le 7 août ; un détachement du 74e et un détachement du 78e de ligne, venant du Haut-Rhin, et destinés à rejoindre leurs régiments à Strasbourg le 7 août et y furent aussi retenus forcément ; l’artillerie de la place se composait des batteries de dépôt des 5e et du 20e, sans effectif appréciable, et d’une portion du 16e d’artillerie-pontonniers, qui avait reçu son ordre de départ et fut retenu par l’investissement ; la garde nationale mobile était composée de 4 bataillons d’infanterie et de 3 batteries ; la garde nationale sédentaire fit le service de la ville. Elle fournit en outre : 1 batterie d’artillerie, qui fut placée aux bastions 11 et 12, porte de Pierre, et 2 compagnies franches, les chasseurs volontaires et les tirailleurs de la garde nationale ; ces 2 compagnies furent employées à la défense des ouvrages avancés et prirent part aussi aux sorties. Enfin les douaniers firent aussi un service actif.

Aussitôt les fuyards arrivés, le général fit interner l’infanterie dans la citadelle et la cavalerie sur l’esplanade. Le lieutenant-colonel Rollet, du 47e, rentré blessé à Strasbourg, fut chargé de composer avec ces hommes provenant de régiments de ligne, zouaves, chasseurs, turcos, un régiment de marche de 3 bataillons. Le chef d’escadron de Serlay, du 2e lancier, fut chargé d’organiser un escadron de marche. Quelques jours après, afin de concentrer le commandement et de donner plus de solidité à ces éléments si divers, le bataillon du 21e de ligne fut adjoint au régiment de marche ; il en fut de même du bataillon qui avait été formé avec les détachements du 74e et du 78e de ligne, de sorte que le régiment de marche comptait, à la fin 5 bataillons. Pour l’infanterie, comme pour la cavalerie, le général nomma les officiers nécessaires pour compléter les cadres. On voit, d’après tout cela, que le 87e de ligne fut la seule troupe compacte et solidement organisée possédée par Strasbourg. Source : S0914, p.15.

 

Mercredi 10 août 1870    Soir

 

France, Brumath : télégramme du roi de Prusse au général Beyer.

Le 10 août 1870, le général von Beyer qui commande la division badoise, reçoit un télégramme de Guillaume Ier, le roi de Prusse : « Ordre du roi d’empêcher tout arrivage des troupes et de matériels ennemis vers Strasbourg ; surveillez principalement le sud ; hâter l’investissement ; les renforts nécessaires sont en route ». Source : S0914, p.11.

 

France, Strasbourg : début d’encerclement par la division badoise.

La division badoise avait quitté la position de Brumath dans la soirée du 10 août 1870 lorsque l’ordre d’assiéger la place forte est arrivé. Pour exécuter cette nouvelle mission les ordres ont été immédiatement donnés. La structure du terrain situé devant la place forte était particulièrement favorable pour encercler la place par différents côtés. A l’est, le Rhin et au nord, l’Ill inférieure isolait la place forte du monde extérieur. Dans le sud, les inondations limitaient le trafic aux voies principales. Le terrain n’était ouvert qu’à l’ouest, entre le canal de la Marne-au-Rhin et la Bruche. La division badoise n’était pas encore assez informée sur le moral de la place forte, sur l’effectif et la composition de la garnison. En conséquence une certaine prudence s’imposait, puisque la division badoise ne disposait pour encercler la place que de 12 bataillons, 12 escadrons, 9 batteries et 1 compagnie du génie, soit environ 10 000 hommes d’infanterie, 1 800 chevaux et 54 pièces d’artillerie.

Il a donc été décidé de renoncer temporairement à encercler la place forte entre l’Ill inférieure et le Petit Rhin, où la situation stratégique ne craignait pas grand-chose, et de limiter le siège au côté ouvert entre le canal de la Marne-au-Rhin et la Bruche, et de surveiller les points de franchissement de l’autre partie et de faire observer la zone sud par la cavalerie pour empêcher tout trafic avec la Haute-Alsace. Dans le même temps, ordre a été donné au gouverneur de la place forte de Rastatt d’occuper Kehl avec des troupes de la garnison locale et à prendre en charge la sécurité de la ligne d’étapes de Haguenau à Brumath.

La division badoise a été divisée en 3 détachements pour cerner la rive gauche du Rhin. La brigade de cavalerie du Generalmajor (général de brigade) von la Roche avec la batterie montée et un détachement de pionniers devait prendre position à Holtzheim et Hangenbieten ; la 3e brigade d’infanterie du Generalmajor Keller avec deux escadrons du 3e régiment de dragons et les 4 batteries de l’artillerie divisionnaire au nord de la Bruche, du secteur d’Eckbolsheim (inclus) à Oberhausbergen ; de la 1ère brigade d’infanterie du Generallieutenant von la Roche avec deux escadrons du 3e régiment de Dragons et les 4 batteries de l’artillerie du corps d’armée occupent le secteur d’Oberhausbergen au canal de la Marne-au-Rhin près de Souffelweyersheim. Un détachement du service de santé est détaché auprès de chaque brigade. Source : S0910, p.135-136.

 

Jeudi 11 août 1870

 

France, Strasbourg : début de l’investissement de la place forte.

Début de l’investissement de Strasbourg d’abord par la division badoise von Beyer et les garnisons des places rhénanes. S’y joignent les jours suivants : la division de landwehr de la garde von Loen, la 1re division de réserve von Tresckow I, le tout aux ordres du lieutenant général von Werder. Effectifs allemands : 60 000 hommes. Défenseur : général de division Uhrich ; effectifs français : 23 000 hommes armés.

Pour la division badoise, la position suivante décrite a été ordonné pour le 11 août de manière que les trois colonnes puissent arriver aux nouvelles positions qui leur étaient assignées à peu près en même temps. La brigade de cavalerie a dû se rassembler à Vendenheim pour partir à une heure du matin et passer derrière le rideau des hauteurs de Hausbergen, via Griesheim et Oberschaeffolsheim jusqu’à Holtzheim, accompagné du détachement de pionniers monté sur des voitures. Elle a été suivie sur le même itinéraire par la 3e brigade d’infanterie, qui a quitté Brumath à 15 heures, tandis que la 1ère brigade d’infanterie a commencé sa marche à partir de la route de Strasbourg de la même localité à partir de 2 heures ; derrière aux vers 9 heures suivirent les pionniers et le train, et vers 4 heures le détachement des colonnes. Cette marche ne rencontra nulle part un obstacle. Avant la tombée de la nuit, le 11 août 1870 soir, les positions désignées avaient été atteintes.

La brigade de cavalerie reste avec son état-major et un escadron à Holtzheim, en compagnie de la 3e brigade d’infanterie et le bataillon de fusiliers n°3, détaché sur ordre auprès de cette dernière. Hangenbieten n’a été occupée que par un escadron, une batterie montée et un détachement de santé. La plus grande partie de la brigade, 6 escadrons avec le détachement du génie, avançait encore en direction du sud-est, avec 2 escadrons jusqu’à Entzheim, avec 2 escadrons jusqu’à Geispolsheim et 1 ½ escadron jusqu’à Fegersheim, pour barrer toutes les communications entre la Bruche et la rive gauche du secteur en amont.

Un demi-escadron est finalement poussé vers l’Ill jusqu’à Eschau, et la dernière route menant au sud vers Neuf-Brisach, sur la rive gauche du canal du Rhône au Rhin est désormais barrée. Sources : S0910, p.136-137, S2786.

Carte des environs de la place forte de Strasbourg en 1870. Source : S1881.

 

Jeudi 11 août 1870   22h45

 

France, Fegersheim : destruction du pont de chemin de fer.

Un détachement du génie composé d’un officier, quatre sous-officiers et trente hommes s’est rendu à Fegersheim pour y faire sauter le pont du chemin de fer, car il était entre-temps devenu clair que le 8 août 1870 au soir, le détachement de cavalerie envoyé pour détruire le chemin de fer n’avait pas atteint son but. Il est vraisemblable que la voie de chemin de fer vers Belfort a été barrée et détruite. Le pont a été détruit le soir vers 22h45 après trois heures de travail. Le pont avait trois travées longues de 6 mètres, avec une voûte épaisse de 0,60 m à la clef et des piliers d’une épaisseur de 1,25 m. La travée centrale a été détruite au moyen d’un fourneau de 50 livres, les deux travées extérieures à l’aide de fourneaux de 20 livres. Les trois travées ont donc été complètement détruite à l’aide de 170 livres de poudre noire. Source : S0910, p.137.

 

Vendredi 12 août 1870

 

France, Pont-à-Mousson : combat de cavalerie.

Le 12 août 1870 le général Margueritte avec le 1er chasseurs d'Afrique, enlève l'escadron de hussards de Brunswick, commandé par le capitaine von Thauvenay de la 5° division de cavalerie. Source : S2786.

 

France, Metz, Ars-Laquenexy : combats.

Le 12 août 1870, combats entre des avant-postes du 2° corps français et les reconnaissances de la 13e brigade de cavalerie allemande, général major von Rauch.

 

France, Metz : le Maréchal Bazaine nommé commandant en chef de l’armée du Rhin.

Le 12 août 1870, le maréchal Bazaine est nommé commandant en chef de l'armée du Rhin qui est réunie sous Metz. Elle comprend les 2e, 3e,4e corps d’armée et la Garde, plus le 6° corps, qui arrive en grande partie, soit un total de 180 000 rationnaires. Bazaine exerce ce commandement à partir du lendemain 13 août 1870. L'opinion publique imputait nos défaites à l'incapacité militaire de Napoléon III et de son major général ; c'est en effet pour lui donner satisfaction que l'Empereur se démet en faveur de Bazaine, mais il impose à se dernier le général Jarras comme chef d'état-major général. La retraite à Verdun est résolue. Elle doit commencer le lendemain 14 août 1870 en deux grosses colonnes à partir de Gravelotte : 1° cavalerie de Forton, 2e, 6° corps et la garde au sud, route Gravelotte-Mars-la-Tour ; 2° cavalerie du Barail, 3e et 4e corps au nord, route Gravelotte-Conflans. Source : S2786.

 

France, Strasbourg : modification de la dislocation des unités cantonnées à Eckbolsheim.

La dislocation de la brigade de cavalerie badoise ne correspondait pas aux intentions du commandant de la division. En conséquence dans la nuit du 12 août 1870, un changement a été ordonnée pour que la brigade retrouve sa zone initiale. Il a été jugé nécessaire d’abandonner Eckbolsheim situé à 4 000 pas des premiers ouvrages, occupé à l’origine par 1 ½ bataillon et 1 escadron en cantonnement. Source : S0910, p.137.

 

France, Strasbourg : avis du maire relatif à l’éclairage municipal.

Le 12 août 1870, le maire de Strasbourg, M. Human, publie l’avis suivant : « Eclairage municipal. Mesures extraordinaires. Avis. L’administration a prescrit au directeur de l’usine de faire évacuer, en cas de nécessité, tout le gaz de l’éclairage municipal, les habitants sont invités à se munir dès à présent d’appareils d’éclairage et à accrocher aux façades de leurs maisons aussitôt que les gazomètres cesseront de fonctionner ». Source : S0914, p. 309.

 

France, Diemeringen : occupation allemande.

Le 12 août 1870, le premier corps bavarois bivouaque à Diemeringen. Source : S3477, p.11.

 

Samedi 13 août 1870

 

France, Strasbourg : avis du général Uhrich, commandant supérieur de la place et le préfet du Bas-Rhin.

Le 13 août 1870, le général de division Uhrich, commandant supérieur de la place et le baron Pron, préfet du Bas-Rhin, ont publié cet avis : « Sixième division militaire. Des bruits qui ont pris une certaine consistance semblent indiquer que quelques personnes préparent une manifestation hostile pour le 15 août. Il n’y a que deux positions possibles dans les graves circonstances où nous sommes ; Ami de la France ou son ennemi ; tout le reste est effacé. Le général commandant supérieur croit de son devoir de prévenir plutôt que de sévir. En conséquence, il fait savoir que toute personne qui tenterait de troubler l’ordre serait arrêté et traduite devant un conseil de guerre qui rendrait son jugement dans les quarante-huit heures. Cet avis et le patriotisme de l’immense majorité de la population strasbourgeoise suffiront sans doute pour faire abandonner des projets coupables autant qu’insensés. Fait au quartier général de Strasbourg, le 13 août 1870. Le général de division, commandant supérieur, Uhrich. Le préfet du Bas-Rhin, Baron Pron ».

Source : S0914, p. 309.

 

France, Strasbourg : avis du général Uhrich, commandant supérieur de la place relatif aux festivités du 15 août.

Le 13 août 1870, le général de division Uhrich, commandant supérieur de la place, a publié cet avis : « Le 15 août, après le Te Deum, les autorités religieuses sont invitées à faire des prières publiques pour le soulagement de nos braves soldats blessés et pour le repos de l’âme de ceux qui ont glorieusement succombé devant l’ennemi. Fait au quartier général de Strasbourg, le 13 août 1870 ». Source : S0914, p. 310.

 

France, Strasbourg : avis du maire de Strasbourg relatif à la garde nationale.

Le 13 août 1870, M. Human, maire de Strasbourg, a publié l’avis suivant : « Les habitants sont informés que demain matin les tambours de la garde nationale battront le rappel pour la réunion de chaque bataillon sur son lieu de rassemblement respectif. Cette réunion a pour but de reconnaître les officiers, sous-officiers et caporaux ». Source : S0914, p. 310.

 

Dimanche 14 août 1870

 

France, Marsal : capitulation de la place forte.

A l'apparition des avant-gardes du IIe corps bavarois du général von Hartman, le capitaine Leroy commandant la place forte de Marsal, capitule. Source : S2786.

 

France, Nancy : occupation de la ville par les troupes allemandes.

Dès le 12 août 1870, l’escadron de hussards du capitaine von Kleist de la brigade von Redern, de la IIe armée allemande, avait déjà visité la ville sans y rencontrer un seul soldat français. Le 14 août 1870, la 4e division de cavalerie du prince Albrecht père de la IIIe armée allemande, occupe la ville. Source : S2786.

 

France, Metz : bataille de Borny près de Colombey – Nouilly.

Le 14 août 1870, engagée à Metz, inopinément par l'avant-garde de la 26e brigade de von der Goltz, de la 1re armée allemande et livrée pendant que l'armée française se portait sur la rive gauche de la Moselle, combattent 60 000 Français des corps Decaen et Ladmirault contre 60 000 Allemands de la Ire armée et fractions de la IIe armée commandés par Steinmetz. L'ennemi est repoussé, mais il fait perdre aux Français une journée durant laquelle ses autres corps nous devancent et se portent vers les routes de Verdun pour nous couper la retraite. Le général Decaen est tué. Sources : S2786. S3477, p.10.

 

France, Alsace-Lorraine : constitution du gouvernement général allemand d’Alsace-Lorraine.

Entre août 1870 et novembre 1918, l’Alsace-Lorraine est dans un premier temps un Gouvernement général, puis un pays d’Empire dénommé « Reichsland » qui est gouverné par l’Empereur et son administration particulière. Les titres des chefs du gouvernement ont varié. Ainsi pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871, le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace qui est désormais occupé par les troupes allemandes, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le décret suivant : « Constitution du gouvernement général de l’Alsace. (Extrait du décret de Sa majesté le roi de Prusse, du 14 août 1870). J’ordonne par la présente que les territoires occupés de l’Alsace soient placés sous l’administration d’un Gouverneur général de l’Alsace, pour lequel mon ministère de la guerre est chargé d’élaborer et de me soumettre des instructions, de commun accord avec le chancelier de la Confédération du Nord. Je nomme Gouverneur général de l’Alsace le lieutenant général comte de Bismarck-Bohlen, commandant de Berlin et général en chef de la gendarmerie du royaume, etc... Au quartier général d’Herny, 14 août 1870. Signé Guillaume. Au Ministre de la guerre. Ce décret est paru tel quel dans le journal ».

C’est donc Friedrich Alexander von Bismarck-Bohlen qui est nommé gouveneur général « Generalgouverneur » du 14 août 1870 au 5 septembre 1871. Il est assisté du commissaire civil Zivilkommissar von Kühlwetter (1809 – 1882).

La guerre de 1870 à 1871 se poursuivait encore et déjà Bismarck instituait en Alsace une ébauche d’administration. Le général A. von Bismarck-Bohlen, nommé gouverneur, chargé de tous les pouvoirs, avait mission d’organiser le pays conquis dont les limites provisoires avaient été tracées. Le départ des cadres administratifs français imposait une organisation rapide du ravitaillement, des transports, des postes, de la sécurité. Il était clair que la Prusse entendait réaliser les convoitises qui s’étaient manifestées en 1813 et surtout en 1840 et en 1859. « Strasbourg désormais sera et restera une ville allemande ! » Telle était l’affirmation péremptoire des autorités occupantes. Sources : S0008. S0148, p.86. S0572, n°1, du 01/09/1870, p.1. S3477, p.11.

 

Dimanche 14 au lundi 15 août 1870   Nuit

 

France, Thionville : investissement de la place forte.

Dans la nuit du 14 au 15 août 1870, la brigade Gneisenau du VIIIe corps d’armée allemand essaye de prendre par surprise la place forte. Ils étaient guidés par un réserviste prussien qui avait travaillé les jours précédents aux fortifications. La place forte sous le commandement du colonel Turnier a repoussé les assaillants. À la suite de cet échec la place forte de Thionville est investie. Sources : S1471. S2786.

 

Lundi 15 août 1870

 

France, Metz, Montigny – Longeville : canonnade sur les colonnes françaises.

Le 15 août 1870, se déroule une canonnade réalisée par l’artillerie de la 6e division de cavalerie commandée par le colonel von Gröben sur les colonnes françaises en marche entre Metz et Gravelotte, sur la rive opposée de la Moselle. Source : S2786.

 

France, Metz : canonnade de Tronville - Mars-la-Tour.

Le 15 août 1870, une canonnade est réalisée par l'artillerie de la 5e division de cavalerie du général-major von Redern, contre la division de cavalerie de Forton, qui est en tête de la colonne française de gauche, sur la route de Verdun. La cavalerie française se replie de Mars-la-Tour sur Vionville, sans riposter ni s'éclairer.

Source : S2786.

 

France, Strasbourg : premier bombardement de la place forte.

Le 15 août 1870, pour fêter ironiquement la Saint-Napoléon, l’artillerie de campagne badoise bombarde Strasbourg. Source : S2786.

 

France, Strasbourg : arrêté du préfet du Bas-Rhin relatif à la prorogation des pouvoirs du conseil municipal.

Le 15 août 1870, M. le baron Pron, préfet du Bas-Rhin, a publié l’arrêté suivant : « Arrêté. Au nom de l’Empereur, Nous, le préfet du Bas-Rhin, vu les lois du 5 mai 1855 et 22 juillet 1870 ; Vu l’Etat de siège ; Considérant que les circonstances de la guerre n’ont permis ni aux citoyens de procéder aux élections municipales de la ville de Strasbourg, ni la ville de Strasbourg, ni au gouvernement de réorganiser l’administration, Arrêtons :

Art. 1er : Les pouvoirs du corps municipal de la ville de Strasbourg sont prorogés jusqu’à nouvel ordre.

Art. 2. M. le maire est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Fait à Strasbourg, le 15 août 1870. Le préfet, baron Pron. Vu et approuvé : Le général de division, commandant supérieur, Uhrich ». Source : S0914, p. 311.

 

France, Strasbourg : lettre remise au préfet du Bas-Rhin relatif à proposition de formation d’une compagnie de Francs-tireurs strasbourgeois.

Le 15 août 1870, la lettre suivante a été remise à M. le baron Pron, préfet du Bas-Rhin : « Monsieur le préfet, Les habitants de Strasbourg qui sont habitués au tir au fusil et de la carabine demandent à se constituer en une compagnie de tireurs volontaires et à concourir à la défense de la place. Ne pourront entrer dans cette compagnie que les personnes qui font ou ont fait partie d’une société de tir à la carabine, ou qui peuvent justifier de leurs habitudes de chasse. Cette compagnie sera donc exclusivement formée de tireurs expérimentés, habitués à ne tirer qu’avec précision. Leur spécialité comme tir ajusté mettra les francs-tireurs de Strasbourg à même de rendre des services à la défense. Ces francs-tireurs seront placés sous la direction de l’autorité militaire. On armera cette compagnie de chassepots avec sabre baïonnette. Un signe de ralliement sera donné à chaque tireur. Point de solde, point de corvées. Les engagements seront contractés pour la durée de la guerre. Les chasseurs et tireurs à la carabine de Strasbourg espèrent qu’on prendra en considération leur demande de formation en une compagnie de tireurs. Ils croient que leur projet répond aux intentions du dernier règlement du ministre de la Guerre concernant la création de corps de francs-tireurs chargés spécialement de concourir à la défense de leurs foyers, ainsi qu’à la circulaire du 5 août de M. le préfet aux maires du département. Veuillez agréer, Monsieur le préfet, l’expression de mes sentiments les plus distingués. Strasbourg, le 14 août 1870. René Serrand ».

Source : S0914, p. 311-312.

 

Mardi 16 août 1870

 

France, Metz : départ de l’empereur Napoléon III.

L'Empereur quitte la place forte de Metz. Il est accompagné de son fils et escorté par la brigade Margueritte, des chasseurs d'Afrique. Il se rend au camp de Châlons en passant par Etain et Verdun. Source : S1471.

 

France, Metz : bataille de Rezonville près de Vionville et Mars- la-Tour.

Le matin du 16 août 1870, la colonne française du Sud, comprenant le 2e, 6e corps et la Garde, est au repos entre Vinville et Gravelotte ; elle attend que la colonne de gauche, retardée par la bataille du 14 août 1870, arrive à sa hauteur. Elle est inopinément heurtée dans son flanc gauche par le IIIe corps allemand et les 6e et 3e divisions de cavalerie, lieutenant-général von Alvensleben II. Célèbres charges de cavalerie : 1° françaises, cuirassiers de la garde et division Legrand ; 2° allemandes, brigade Redern, brigade Bredow, dragons de la garde. Les troupes françaises ne savent pas profiter de leur grande supériorité numérique, des débuts surtout. Les autres corps ennemis, Xe devant la droite française, la moitié des IXe et VIIIe corps d’armée devant la gauche française, arrivent successivement, ainsi que Frédéric-Charles de sa personne, au secours du général Alvensleben. La nuit venue, les deux armées adverses bivouaquent, avant d'avoir obtenu un résultat décisif, le long de la route, depuis Gravelotte jusqu'à Mars-la-Tour, les Français face au sud, les Allemands face au nord. 133 000 Français contre 90 000 Allemands. Sont tués : général de division Legrand, généraux de brigade de Brayer et Marguenat. Sources : S1471. S3477.

Carte de la bataille de Rezonville près de Metz le 16 août 1870.

Source : S0311, planche 4.

 

France, Toul : début du siège de la place forte.

Le 16 août 1870, une tentative d’attaque de vive-force du IVe corps d’armée commandé par le général von Alvensleben et la cavalerie du IIe corps d’armée bavarois contre la place forte de Toul échoue. A l’issue la place forte est investie. Début des bombardements le 22 août 1870 soir. Sources : S1471. S2786.

 

France, Strasbourg : combats du pont d’Illkirch-Graffenstaden.

Le 16 août 1870, combats du pont d’Illkirch. Source : S3477, p. 11.

 

France, Strasbourg : avis du préfet du Bas-Rhin relatif à l’interdiction de monter dans les clochers et plates-formes des édifices publics.

Le 16 août 1870, M. le baron Pron, préfet du Bas-Rhin, a publié l’avis suivant : « Il est expressément interdit, sous aucun prétexte, de monter ou stationner sur les tours des églises ou sur les plates-formes des édifices publics de la ville, à moins d’une permission personnelle délivrée par le général commandant supérieur ou par le préfet. Tout individu surpris en contravention au présent ordre sera incarcéré ». Source : S0914, p. 311.

 

Mardi 16 au mercredi 17 août 1870   Nuit

 

France, Metz : bataille de Rezonville près de Vionville et Mars- la-Tour.

Dans la nuit du 16 au 17 août 1870, contre toute attente, le maréchal Bazaine prescrit à l'armée, d'évacuer le champ de bataille pour venir prendre position en arrière, entre la Mance et le ruisseau de Châtel. Le maréchal prétexte le besoin d'évacuer les blessés à Metz et de ravitailler l'armée en vivres et en munitions.

Source : S2786.

 

Mercredi 17 août 1870

 

Metz, siège de la place forte : combat des bois de Vaux.

Le 17 août 1870, une affaire traînante est engagée par le général Steinmetz, avec la 14e division prussienne, contre la division Metman du 3° corps français, qui couvrait à notre gauche le mouvement rétrograde ordonné par le maréchal Bazaine. Source : S2786.

 

France, Châlon : Constitution de l’Armée de Châlons.

Constitution de l'armée de Châlons : 4 corps, 1er, 5e, 7e et 12e, plus les deux divisions de cavalerie de réserve Margueritte et Bonnemains ; le maréchal de Mac-Mahon en est le commandant en chef. Bazaine est nommé généralissime des armées impériales et Trochu devient gouverneur militaire de Paris. Cette armée de Châlons doit en principe chercher à rejoindre Bazaine à Metz. Source : S2786.

 

France, Villé : Combats entre une compagnie de mobiles et deux escadrons badois.

Le 17 août 1870, à Villé, une compagnie de mobiles du Bas-Rhin surprend deux escadrons badois et les rejette vers Strasbourg. Source : S3477, p.11.

 

France, Strasbourg : lettre publiée par le journal Courrier du Bas-Rhin relatif à proposition de formation d’une compagnie de Francs-tireurs strasbourgeois.

Le 17 août 1870, le journal Courrier du Bas-Rhin a publié la lettre suivante adressée au rédacteur en chef du journal : « A M. le rédacteur en chef du Courrier du Bas-Rhin. Monsieur le rédacteur, déjà un bon nombre de nos concitoyens chasseurs et tireurs de carabine se sont fait inscrire à la mairie sur le registre de la compagnie des francs-tireurs. Demain jeudi à quatre heures du soir, le registre d’inscription sera fermé, et il y aura de suite à la mairie une réunion des tireurs inscrits pendant ces deux jours. Voici en quelques mots les bases sur lesquelles sera établi ce corps : Ne pourront entrer dans cette compagnie que les personnes qui font ou ont fait partie d’une société de tir à la carabine ou qui peuvent justifier de leurs habitudes de chasse. Cette compagnie, placée sous la direction de l’autorité militaire, ne sera donc composée que de tireurs expérimentés, habitués au tir de précision. Maintenant, monsieur, laissez-moi vous remercier pour la publicité que vous avez déjà accordée à ce projet ; grâce à votre aide, Strasbourg aura demain un corps de volontaires francs-tireurs. Les francs-tireurs de Strasbourg ont de beaux exemples à imiter, ils n’ont pas oublié la noble conduite de leurs pères, qui rendirent célèbre le corps des chasseurs-tirailleurs de Strasbourg, comme eux ils vont défendre leur patrie, leur ville ; les francs-tireurs de 1870 vont prouver qu’ils sont dignes fils des chasseurs-tirailleurs de 1815. Nous prévenons les tireurs que demain jeudi à quatre heures le registre sera fermé. Veuillez agréer, monsieur, l’expression de mes sentiments les plus distingués. Strasbourg, le 17 août 1870. René Serrand ». Source : S0914, p. 312-313.

 

France, Strasbourg : lettre publiée par le journal Courrier du Bas-Rhin relatif l’organisation d’un poste de pompiers auxiliaires par les habitants du faubourg de Pierre.

Le 17 août 1870, le journal Courrier du Bas-Rhin a publié la lettre suivante adressée au rédacteur en chef du journal : « A M. le rédacteur en chef du Courrier du Bas-Rhin. M. le rédacteur, les habitants du faubourg de Pierre viennent de prendre l’initiative d’une mesure importante, en organisant dans leur quartier, pendant l’état de siège, un service de surveillance et de premiers secours en cas d’incendie. A cet effet, 140 citoyens, répartis en sections de 15 hommes, ont établi un poste de volontaires dans la maison de l’un d’eux, M. Lipp, où sont déposées plusieurs pompes et une voiture chargée de tonneaux remplis d’eau. Plusieurs des associés se sont engagés à tenir également prêtes à être attelées des voitures chargées de tonneaux d’eau, et ceux qui possèdent des pompes à incendie, que le relevé a fait connaître au nombre de 14, les ont mises à la disposition du poste. Chaque nuit un piquet de 15 hommes non armés se réunit, et surveille par de fréquentes patrouilles tout ce qui pourrait donner lieu à un sinistre. En cas d’incendie, il se transporte immédiatement sur les lieux avec une ou plusieurs pompes, donne l’éveil, et est remplacé au poste par un nouveau piquet. A l’arrivée des pompiers de la ville, l’association s’efface pour ne plus agir que sous la direction du chef de ce corps. Voici la circulaire que le comité organisateur a fait distribuer.

Strasbourg le 15 août 1870. Les habitants du faubourg de Pierre se sont organisés en corps de volontaires pour le service des incendies du quartier pendant l’état de siège. Un poste de quinze hommes est établi chaque nuit, de 8 heures du soir à 5 heures du matin, chez M. Lipp, et un piquet de 15 hommes se tient prêt à remplacer le poste en cas de danger. Des patrouilles circulent pendant toute la nuit entre les remparts et la rue du Fil, d’une part, et le chemin de fer et la caserne Finckmatt, d’autre part. Ce service entraîne à certains frais que nous nous proposons de couvrir par une souscription. A cet effet, un des organisateurs se présentera chez vous pour recueillir votre offrande. L’excédant des recettes, s’il y a lieu, sera consacré, soit à soulager des familles malheureuses, soit à se procurer quelque matériel de pompes. Agréez, monsieur, l’expression de notre considération très-distinguée. Le Comité organisateur.

Dans l’association du faubourg de Pierre, les initiateurs de cette organisation n’ont pas perdu leurs temps ; ils se sont souvenus de la devise : Aide-toi et le ciel t’aidera ; et imitant l’exemple de leurs pères, ils ont commencé par agir, par organiser.  On nous apprend que l’exemple donné par les habitants du faubourg de Pierre a déjà trouvé des imitateurs et que des services analogues sont en voie d’organisation dans le faubourg de Saverne et la rue d’Austerlitz. Agréez, etc. Un habitant du faubourg de Pierre ». Source : S0914, p. 313-314.

 

Jeudi 18 août 1870

 

France, Metz : bataille de Saint-Privat.

Bataille de Saint-Privat (Gravelotte-Saint-Privat). La veille, les Ire et IIe armées allemandes se sont concentrées presque tout entières sur le champ de bataille. Le roi Guillaume et de Moltke les dirigent face au nord à la recherche de l'armée française dont elles ont perdu le contact, puis ils les rabattent à droite quand ils nous découvrent sur les hauteurs au-delà de la Mance. La Ire armée, Steinmetz, échoue devant notre gauche à Gravelotte, mais la IIe, Frédéric-Charles, réussit à Saint-Privat à déborder et à écraser, à la fin de la journée, notre aile droite, corps Canrobert, que Bazaine ne secourt pas et laisse manquer de munitions. 140 000 Français contre 200 000 Allemands. Fameux assauts de l'infanterie de la garde prussienne contre Sainte-Marie-aux-Chênes et Saint-Privat, défendus par le corps Canrobert. Recul de l'armée française sous les forts de Metz ; abandon implicite du projet de marche vers Verdun. Source : S2786.

 

Vendredi 19 août 1870

 

France, Metz : les Allemands forment une IVe armée.

Les Allemands forment une IVe armée, dite de Metz la Meuse (IVe et XIIe corps, garde prussienne), aux ordres et du prince royal Albert de Saxe ; effectif : 90 000 hommes. Châlons. Les autres corps de la IIe armée, la Ire armée entière et les renforts arrivant d'Allemagne forment l'armée d'investissement de Metz, aux ordres du prince Frédéric-Charles. Les IIIe (130 000 h.) et IVe armées (en tout 240 000 h.) vont marcher de concert vers l'Argonne, sous la conduite du roi Guillaume et du général de Moltke. Le mouvement vers l'ouest commence dès le 19, l'aile gauche (IIIe armée) en avant. Celle-ci s'était arrêtée sur la haute Moselle pendant les grandes batailles sous Metz. Source : S2786.

 

Samedi 20 août – 28 octobre 1870

 

France, Metz : Siège de la place forte.

La place forte de Metz, avec le maréchal Bazaine et environ 180 000 hommes, est assiégée du 20 août au 28 octobre 1870. Source : S3477, p.10.

 

Samedi 20 août 1870

 

France, Strasbourg : arrêté du maire de Strasbourg relatif aux cimetières et aux inhumations.

Le 20 août 1870, M. Human, maire de Strasbourg, a publié l’arrêté suivant : « Nous le maire de la ville de Strasbourg, vue l’état de siège, considérant que le cimetière de Sainte-Hélène est occupé pour la défense de la ville ; que le cimetière de Saint-Gall vient d’être rempli par les eaux d’inondation et qui n’offre pas beaucoup de terrains disponibles pour de nouvelles tombes, est également exposé à être occupé par l’ennemi ; Que dans ces circonstances il y a lieu de recourir à une mesure exceptionnelle et de faire provisoirement des inhumations à l’intérieur de la ville ; Avons arrêté ce qui suit :

Art. 1er : Les inhumations se feront provisoirement au Jardin botanique. Toutes les précautions seront prises à l’effet de prévenir les exhalaisons insalubres. Après la cessation de l’état de siège, les corps pourront être exhumés et transportés aux anciens cimetières.

Art. 2. Le présent arrêté sera soumis à l’approbation de M. le préfet et de M. le général de division commandant l’état de siège.

Fait à Strasbourg, à l’hôtel de ville, le 20 août 1870. Le maire, Humann, vu et approuvé : le général de division, commandant supérieur, Uhrich ; le préfet du Bas-Rhin, Baron Pron ». Source : S0914, p. 314.

 

France, Strasbourg : arrêté du maire de Strasbourg relatif aux ventes de bétail.

Le 20 août 1870, M. Human, maire de Strasbourg, a publié l’arrêté suivant : « Arrêté. Nous le maire de la ville de Strasbourg, vu l’état de siège, vue la dépêche par laquelle M. l’intendant militaire informe l’autorité que des courtiers vont au-devant des cultivateurs qui amènent du bétail en ville, les engageant à leur vendre à des prix très-modérés et le revendent ensuite à des prix exagérés ; Considérant que ces procédés constituent de véritables manœuvres qui, dans les circonstances actuelles, auraient pour résultat de faire accaparer par quelques intermédiaires le monopole du commerce du bétail, et qu’il appartient à l’administration de les faire cesser ; Arrêtons :

I. Tout le bétail amené dans l’intérieur de la ville, pendant la durée du blocus, sera conduit directement sur le marché public établi aux abords de l’abattoir. Ce marché aura lieu provisoirement tous les jours, de huit heures du matin à six heures du soir. Défense expresse est faite à qui que ce soit d’aller au-devant des cultivateurs qui amènent du bétail en ville, dans le but de les engager à traiter pour la vente de leurs animaux, à ne pas se rendre au marché public ou à ne vendre qu’à un certain prix.

II. Le présent arrêté sera soumis à l’approbation de M. le général de division commandant supérieur.

M. le commissaire central est chargé d’en assurer l’exécution ». Source : S0914, p. 315.

 

France, Strasbourg : arrêté du maire de Strasbourg relatif à la fermeture des lieux publics.

Le 20 août 1870, M. Human, maire de Strasbourg, a publié l’arrêté suivant : « Arrêté. Nous le maire de Strasbourg, vu les lois qui établissent le pouvoir règlementaire de l’autorité municipale ; vu l’état de siège, Arrêtons :

I. Les lieux publics seront fermés à dix heures du soir.

Les contrevenants seront poursuivis conformément au lois et règlements en vigueur.

II. Le présent arrêté sera soumis à l’approbation de M. le général de division, commandant supérieur.

M. le commissaire central est chargé d’en assurer l’exécution ». Source : S0914, p. 315-316.

 

Dimanche 21 août 1870

 

Pont-à-Mousson : ordonnance du roi de Prusse Guillaume 1er sur la délimitation du gouvernement général de l’Alsace.

La presse locale et officielle a publié cette information : « Délimitation du gouvernement général de l’Alsace.

Sur votre proposition j’ordonne que les arrondissements de Sarrebourg, Château-Salins, Sarreguemines et Thionville, soient séparés de la circonscription administrative du gouvernement de la Lorraine, pour être réunis à celle du gouvernement général de l’Alsace. De commun accord avec le Chancelier de la Confédération, vous donnerez aux deux gouvernements généraux les instructions nécessaires pour l’exécution de la présente. Pont-à-Mousson, 21 août 1870. Signé : Guillaume. Au Chancelier de la Confédération du Nord ». Source : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.1.

 

Dimanche 21 août 1870

 

France, Châlons : l’armée de Mac Mahon quitte Châlons.

L'armée de Mac-Mahon quitte le camp de Châlons pour Reims. Décision bâtarde : on hésite entre la direction de Paris, la meilleure au point de vue purement militaire, et celle de Metz, préférable au point de vue politique. Source : S2786.

 

Lundi 22 aout 1870

 

France occupée, Pont-à-Mousson, quartier général allemand : télégramme envoyé aux armées allemandes avec ordre de fusillier les francs-tireurs.

Le 22 août 1870 le quartier général allemand stationné à Pont-à-Mousson a envoyé ce message aux commandants en chef de l’armée de Metz, des Ire et IIIe armées, à S.A.R. le Prince Royal de Saxe, et au général-lieutenant de Werder : « Quartier général, Pont-à-Mousson, 22 août 1870. Dans tous les départements on s’occupe de la création de corps francs. Ils portent le nom de « francs-tireurs ». Uniforme :

Képi bleu avec passepoils rouges : Léger vêtement civil (blouse) ; Ceinture rouge de laine ; Pantalons de toile dans les guêtres blanches. Musette. Armement : Carabine (à tabatière) ; baïonnette. Ces gens, d’après les renseignements reçus, ont mission de surprendre et de tuer les soldats isolés. Les francs-tireurs n’étant pas des soldats, tombent, conformément à l’article 2 de la Proclamation, sous le coup des lois de la guerre et son passibles de mort ». Source : S3471, p. 307.

 

Mardi 23 août 1870

 

France, Reims : départ de l’armée de Châlons.

L'armée de Châlons quitte Reims et marche vers l'Argonne et la Meuse, à la rencontre de Bazaine. Effectif : 140 000 hommes. Mac Mahon a pris cette décision à la réception d'une dépêche de Bazaine datée du 19, l'informant que l'armée de Metz se dispose à marcher vers les places du nord, direction de Montmédy. Source : S2786.

 

France, Strasbourg : début du bombardement de la place forte.

Commencement du bombardement de Strasbourg par l'artillerie de siège de Werder. Source : S2786.

 

France, Strasbourg : situation du corps de siège allemand.

Le 23 août il y avait déjà 28 compagnies d’artillerie de siège « Festungs-Artillerie-Compagnien » et 14 compagnies du génie « Pionier-Compagnien » sur place.

Lors de leur arrivée elles ont été réparties dans tous les villages situés autour du front d’attaque, entre l’Ill et la Bruche, de Bischheim à Wolfisheim. Plus éloignée à l’arrière, on ne trouvait que les compagnies d’artillerie affecté au service du parc.

Source : S0910 : Reinhold Wagner, Hauptmann im Ingenieur-Korps : Geschichte der Belagerung von Straßburg im Jahre 1870 – Erster Teil ; F. Schneider & Co, Berlin, 1874, p. 194.

 

France, Strasbourg : avis de la société de secours aux blessés de guerre relatif aux séjours en cave.

Le 23 août 1870, le Comité auxiliaire de la société de secours aux blessés de guerre de Strasbourg, a publié l’avis suivant : « Société de secours aux blessés militaires. Comité auxiliaire de Strasbourg. La section médicale de la Société de secours aux blessés croit de son devoir d’attirer l’attention du public sur le danger du séjour prolongé dans les caves, danger résultant du défaut d’aération, de l’humidité et de l’encombrement. Les caves ne doivent servir de refuge que momentanément et en cas de bombardement. Au nom de la section médicale. Le secrétaire, Dr F. Monoyer. Le comité central a, en outre, l’honneur d’informer le public que, vu les difficultés toujours croissantes qui s’opposent à ses relations avec l’extérieur, il est contraint de ne plus accepter d’autre correspondance que celle des blessés ». Source : S0914, p. 316.

 

France, Strasbourg : avis de ville de Strasbourg relatif aux pompiers auxiliaires et veilleurs sauveteurs.

Le 23 août 1870, la ville de Strasbourg a publié l’avis suivant : « Ville de Strasbourg. Pompiers auxiliaires et veilleurs-sauveteurs. Les habitants de la rue des Arcades jusqu’à la rue de l’Outre, du Vieux-Marché-aux-Grains, des rues de la Lanterne, de la Demi-Lune, des Fribourgeois, Sainte-Barbe, des Chandelles, du Vieux-Seigle, du Saumon, de Pelletiers, des Sept-Hommes, des Incendiaires et de la place Kléber jusqu’à la rue du Pilot, se sont entendus pour former un corps de pompiers auxiliaires, à l’effet de porter les premiers secours à un incendie qui pourrait éclater dans leur circonscription. Un corps de dix-sept hommes fera un service de ronde de 9 heures du soir à 5 heures du matin. Le dépôt de pompes et le corps de garde sera établi maison Piton. Les compagnies d’assurance n’étant plus responsables en cas de pareilles circonstances, ces mesures sont d’une véritable urgence ; aussi le comité compte sur le concours de tous les habitants valides de ce quartier ; une réunion générale est convoquée maison Piton, pour ce soir mardi, à 8 heures précises. Strasbourg, ce 23 août 1870. Le Comité d’organisation ».

D’autres quartiers irganisent également des corps de pompiers et sauveteurs volontaires. « Les habitants du quartier des Pêcheurs viennent de se constituer en corps de volontaires pour le service des incendies pendant l’état de siège. L’organisation de volontaires pour le service des incendies pendant l’état de siège. L’organisation de la Société est semblable à celle des sociétés qui existent déjà dans différents quartiers de la ville. Fondée hier matin, la Société a fonctionné dès la nuit dernière. Le comité invite ceux des citoyens du quartier qui n’auraient pas encore adhéré à se faire inscrite au plus tôt chez M. Frick, à la Tête-Noire, 9, quai des Pêcheurs. Circonscription de la Société : quai des Pêcheurs, ruelle de la Carpe, rue Traversière, rue des Pêcheurs, rue du quartier Saint-Nicolas, impasse du Loup, rue Saint-Guillaume. Un corps de 20 hommes fera un service de ronde, de 9 heures du soir à 5 heures du matin. Le poste sera établi à la Tête-Noire. Le Comité d’organisation ».

« Les habitants des quartiers qui s’étendent de la rue de l’Esprit à la rue des Serruriers d’un côté, et la rue des Tonneliers de l’autre, jusqu’au pont du Corbeau, ont formé une Société de secours volontaires, constituée sur les bases de ses devancières. Fondée hier matin, la Société a fonctionné dans la nuit dernière. Les personnes de ce quartier qui n’ont pas encore signé sont invitées à la faire, au local de M. Oppermann, agent d’assurance, rue de la Douane. La réunion générale de tous les signataires est convoquée pour demain jeudi soir, à 8 heures, à la Hache, siège de la Société.

Le Comité d’organisation ».

« Les habitants du quartier compris entre la rue des Juifs, la rue des Pucelles, la place Saint-Etienne, la rue des Veaux, la place du Sable, la rue du Bain-aux-Roses, la rue de Ecrivains, et la rue des Frères, se sont organisés en corps libre, comme corps auxiliaire des pompiers, dans le but d’assurer dans ce quartier, pendant l’état de siège, une surveillance active pour prémunir la propagation des incendies. Un poste de 12 hommes, immédiatement remplacé par un nombre égal de veilleurs, lorsque les premiers sont appelés sur les lieux du danger, est établi à la halle couverte du marché Gayot ; le service se fera de 9 heures du soir à 5 heures du matin. Le Comité d’organisation ». Source : S0914, p. 316-318.

 

Mardi 23 au Mercredi 24 août 1870   Nuit

 

Vue d’une batterie de siège tirant sur Strasbourg dans la nuit du 23 au 24 août 1870.

Source : S1583.

 

Mercredi 24 août 1870

 

France, Verdun : la place forte est investie.

Le 24 août 1870, après l’échec de l’attaque de vive force lancée par le prince Georges de Saxe à la tête du 12e corps d’armée et de la 3e division de cavalerie, commence le siège de la place forte. Les divisions saxonnes franchissent alors la Meuse loin de la place, la 23e division à Bras en aval, la 24e en amont à Dieuze. La place forte de Verdun est sous le commandement du général de brigade Guérin de Waldersbach. Sources : S1471. S2786.

 

Mercredi 24 – jeudi 25 août 1870, nuit.

 

France, Strasbourg : intense bombardement de la place forte.

Dans la nuit du 24 août 1870, le bombardement a entièrement incendié et détruit la bibliothèque et les archives de la Ville. Ce sont 300 000 volumes, manuscrits et documents, dont de précieux incunables, dont les planches originales du « Hortus delicarium » d’Herrade de Landsberg qui ont été détruits.

 

Jeudi 25 août 1870

 

France, Vitry : reddition de la ville.

Reddition de Vitry, commandant Terquem, sans et combat, à la 4e division de cavalerie, prince Albrecht père. Source : S2786.

 

France, Châlons : départ des mobiles.

Châlons. Les mobiles de la garnison, environ un millier, ont quitté la place ; mais ils sont faits prisonniers, à Sivry, par la cavalerie ennemie. C'est la première rencontre entre mobiles et Allemands. Source : S2786.

 

France, Passavant : massacre des mobiles désarmés.

Massacre de Passavant. Le 13e uhlans et le 16e hussards, de la 6e division de cavalerie allemande, prince Guillaume de Mecklembourg, chargent les mobiles désarmés capturés à Sivry, sous prétexte que quelques-uns de ceux-ci ont voulu fuir ; ils en tuent ou blessent grièvement. Source : S2786.

 

Vendredi 26 août 1870

 

France, Metz : sortie de Lauvallier-Noisseville.

Le 26 août 1870, tentative peu sérieuse de Bazaine pour percer en direction de Thionville, sur la rive droite, et de là gagner Montmédy et les autres places du Nord. Un violent ouragan arrête le combat engagé entre les 3e et 4e corps français d'une part, et les troupes de Manteuffel (Ier corps et division Kümmer), d'autre part.

 

France, Grimont : le Grand conseil de guerre.

Le 26 août 1870, lors du grand conseil de guerre de Grimont, le maréchal Bazaine conclut que l'armée française doit rester à Metz. Les troupes sont en conséquence ramenées dans leurs bivouacs.

 

France, Châlons : les IIIe et IVe armées allemandes qui marchaient vers Paris changent de direction.

Châlons. Les IVe et IIIe armées allemandes font à droite et marchent face au nord, des deux côtés de l'Argonne. La veille, elles formaient face à l'ouest deux gros échelons qui marchaient vers Châlons et Paris : 1° la IVe à droite, sur l'Aire ; 2° la IIIe à gauche et en avant, à hauteur de Vitry. Les indiscrétions de la presse française, puis la cavalerie d'exploration, décèlent la marche de Mac-Mahon sur leur flanc droit. Elles font alors à droite, la IVe armée devenant échelon avancé entre l'Aire et la Meuse. Elles vont essayer de couper les devants, sur l'une ou l'autre rive de la Meuse, à l'armée de Châlons ; Marche ondoyante de Mac-Mahon : lenteurs causées par l'indiscipline et l'inexpérience des troupes, par la mauvaise administration et par les hésitations ou erreurs du commandement. Le 26, l'aile droite, Félix Douay, est en contact avec les coureurs de la cavalerie ennemie ; alarmes exagérées. L'armée se prépare à une bataille face au sud, puis elle reprend sa marche au nord. Source : S2786.

 

Bar-le-Duc : le roi de Prusse Guillaume 1er nomme M. de Kuhlwetter en tant que commissaire civil de l’Alsace.

La presse locale et officielle a publié ce décret royal prussien : « Nomination du Commissaire civil : « Décret Royal. Sur votre proposition du 25 du mois courant, je nomme commissaire civil de l’Alsace, le Président de régence de Kuhlwetter, dont les attributions sont réglées par mon instruction pour les gouverneurs généraux en date du 25 de ce mois et par l’instruction ci-jointe, destinée aux commissaires civils auprès du gouvernement général de territoires ennemis occupés par nos troupes. Vous êtes chargés de l’exécution de la présente. Bar-le-Duc, 26 août 1870. Signé : Guillaume. Au Chancelier de la Confédération et au Ministre de la Guerre ». Source : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.2.

 

France, Marckolsheim : arrivée des troupes allemandes.

Le 26 août 1870 les troupes allemandes occupent Marckolsheim. Source : S3477, p.11.

 

Samedi 27 août 1870

 

France, Châlons : affaire de cavalerie de Buzancy.

Châlons. Affaire de cavalerie de Buzancy, entre le 12e chasseurs (de la division Brahaut, corps de Failly) et la 24e brigade saxonne, général-major Sennft von Filsach. Les cavaliers allemands sont repoussés, mais ils conservent contact, et n'en restent pas moins très entreprenants, tandis que nous piétinons sur place. Les mouvements de l'armée de Mac-Mahon sont de plus en plus lents et décousus. Pas de nouvelles de Bazaine. Ordre de marcher sur Mézières le lendemain ; contre-ordre le 28 août 1870 au matin. Source : S2786.

 

France, Strasbourg : note de remerciements du directeur de l’hôpital civil.

Une note destinée à remercier les pompiers et autres intervenants lors du bombardement et incendie des hospices civils de Strasbourg, publiée dans le journal Courrier du Bas-Rhin du 27 août 1870 : « M. le directeur-économe de l’hôpital civil de Strasbourg nous a adressé la lettre suivante ; nous nous associons de tout cœur aux sentiments de gratitude qui y sont exprimés. Strasbourg, le 25 août 1870. Monsieur le rédacteur, je remplis un devoir impérieux en vous prient d’être l’interprète des sentiments de reconnaissance de l’administration des hospices aux pompiers commandés par M. le lieutenant Schott, aux militaires de la garnison, aux élèves en médecine civils et militaires qui ont contribué avec un zèle et un dévouement à toute épreuve à soutenir les efforts des agents de l’établissement pendant deux malheureux incendies qui ont dévasté l’hôpital pendant la nuit du 25 au 26 août. Ce concours bienveillant et dévoué a sauvé notre population de malades et de vieillards d’une catastrophe qui aurait pu prendre des proportions incalculables. Des faits de cette nature ne trouvent leur récompense que dans la conscience et l’estime d’une population cruellement éprouvée. Veuillez agréer, monsieur le rédacteur, etc. Le directeur-économe de l’hôpital. Kieffer ». Source : S0914, p. 318.

 

France, Strasbourg : avis de la Caisse d’épargne.

Le 27 août 1870 la Caisse d’épargne de Strasbourg a fait publier l’avis suivant : « Avis. L’administration de la Caisse d’épargne de Strasbourg ayant dû prendre des mesures conservatoires pour ses registres, et ne voulant pas exposer au feu de l’ennemi les personnes qui ont dénoncé les fonds le 23 de ce mois, prévient le public que les opérations de la Caisse sont remises à huitaine et que le remboursement des sommes dénoncées aura lieu le lundi 5 septembre. Strasbourg, le 27 août 1870 ». Source : S0914, p. 318.

 

Samedi 27 au 31 août 1870

 

La marche sur Sedan : les opérations entre le 24 et 31 août 1870.

Source : Niox : La guerre de 1870, Ch. Delagrave, Paris, 1896.

 

Lundi 29 août 1870

 

France, Châlons : combats de Nouart – Bois-des-Dames.

Châlons. Combats de Nouart-Bois-des-Dames, entre le corps de Failly en marche pour Stenay et le XIIe corps, prince Georges de Saxe, arrivant dans notre flanc droit entre l'Argonne et la Meuse. De Failly se replie au nord à travers bois, par une nuit orageuse et très noire, pour atteindre Beaumont. Les Allemands nous suivent à notre insu. Source : S2786.

 

Haguenau : communiqué du Gouverneur général d’Alsace concernant les caisses publiques.

La presse locale et officielle a diffusé cette publication concernant les caisses publiques : « Il est sévèrement défendu par la présente de payer ou de déléguer, soit directement soit indirectement dans le territoire du Gouvernement général, à la liste civile du gouvernement, à l’armée, à des détachements de troupes ou à des administrations de l’empire français, des sommes quelconques provenant de caisses publiques sous n’importe quels prétextes.

Les receveurs et percepteurs des contributions, les administrateurs de caisses de l’Etat ou d’autres caisses publiques, toute personne autorisée à recevoir des sommes revenantes à l’Etat ou à des caisses publiques quelconques de même que tout autre individu qui agira contre la présente défense, en répondra avec toute sa fortune et devra en outre s’attendre à être poursuivi, le cas échéant, selon les lois de la guerre. Haguenau, le 29 août 1870.  Le Gouverneur de l’Alsace ». Source : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.3.

 

France, Strasbourg : avis du maire relatif à l’éclairage des rues.

Le 29 août 1870 la mairie de Strasbourg a publié l’avis suivant : « Avis. Le maire rappelle à ses concitoyens les dispositions de l’arrêté pris au sujet de l’éclairage de rues par chaque propriétaire de maison. Les habitants auront donc, dès la tombée de la nuit, à y pourvoir au moyen de lanternes accrochées aux façades des maisons. Strasbourg, le 29 août 1870. Le maire, Human ». Source : S0914, p. 319.

 

France, Strasbourg : dissolution du conseil municipal et institution de la commission municipale.

Le 29 août 1870 le préfet a publié l’arrêté suivant : « Préfecture du Bas-Rhin. Arrêté. Vue l’état de siège, vu notre arrêté du 16 août, par lequel les pouvoirs du corps municipal de la ville de Strasbourg sont prorogés ; Considérant qu’un certain nombre de conseillers municipaux sont absents ou empêchés ; que dès lors il importe, eu égard à la gravité des circonstances, de réorganiser la représentation de la cité, arrêtons :

Art. 1er. Le conseil municipal est dissous.

Art. 2. Il est institué, pendant la durée du siège, une commission municipale, composée de 47 membres, en vue de gérer et de défendre les intérêts de la ville.

Art. 3. Sont nommés membres de la commission : MM. Boersch, Charles, docteur en médecine, ancien conseiller municipal. Burger, Jean, brasseur (Ville de Paris). Cailliot, Amédée, professeur à la Faculté de médecine, ancien conseiller municipal. Clog, propriétaire, idem. Destrais, professeur à la Faculté de droit, idem. Flach, notaire, idem. Gérard, président honoraire du tribunal civil, idem. Goerner, entrepreneur. Grün, Charles, négociant. MM. Hatt, brasseur, ancien conseiller municipal. Hatt, Guillaume, propriétaire, ancien commandant de la garde nationale. Henri, fils, pâtissier. Hirtz, professeur de la Faculté de médecine, ancien conseiller municipal. Hoerter, marchand de bois, ancien conseiller municipal. Huck, marchand de bois, ancien conseiller municipal. Humann, Théodore, ancien conseiller municipal. Imlin, propriétaire, ancien conseiller municipal. Kablé, directeur d’assurance. Kampmann, fabricant, ancien conseiller municipal. Klein, pharmacien. Klose, Edmond, banquier. Kolb, constructeur-mécanicien. Kratz, ancien notaire, ancien conseiller municipal. Küss, professeur à la Faculté de médecine. Lauth, Ernest, banquier. Lauth, Jean-Jacques, ancien brasseur, ancien conseiller municipal. Lauer fils, entrepreneur. Lemaistre-Chabert, propriétaire, ancien conseiller municipal. Leuret, ancien médecin principal des armées. Lichtenfelder fils, serrurier. Lipp, brasseur. Mallarmé, avocat, ancien conseiller municipal. Momy, notaire, ancien conseiller municipal. Oberlin, professeur à l’Ecole de pharmacie, ancien conseiller municipal. Petiti, entrepreneur, ancien conseiller municipal. Ruhlmann, syndic des jardiniers cultivateurs. Saglio, Alphonse, propriétaire. Schott, brasseur, à la Chaîne. Schmitt, boulanger, quai des Bateliers. Schützenberger, Charles, brasseur. Segenwald, Jules, négociant, ancien conseiller municipal. Silbermann, imprimeur, ancien conseiller municipal. Staehling, négociant, ancien conseiller municipal. Stoltz, professeur à la Faculté de médecine, ancien conseiller municipal. Stromeyer, négociant, ancien conseiller municipal. Wenger, entrepreneur, ancien conseiller municipal.

Art. 4. M. le maire et MM. les adjoints sont maintenus dans leurs fonctions.

Art. 5. M. le maire est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Fait à Strasbourg, le 29 août 1870. Le préfet du Bas-Rhin, A. Pron. Vu et approuvé par nous. Le général de division, commandant supérieur. Uhrich ».

Source : S0914, p. 319-320.

 

Mardi 30 août 1870

 

France, Châlons : combats de Stonne.

Le 30 août 1870, combats de Stonne, entre les arrière-gardes en désordre des divisions Dumont et Liébert, du corps Félix Douay, et la cavalerie de la IIIe armée allemande, prince royal de Prusse. La marche désordonnée du 7e corps ressemble à une déroute

 

France, Châlons : combats de Beaumont et Warniforêt.

Le 30 août 1870, bataille de Beaumont et combat de Warniforêt, entre le corps de Failly, la division Conseil-Dumesnil, du 7e corps, et des fractions du 12e corps, d'une part ; la IVe armée, prince royal de Saxe, et le 1er bavarois (IIIe armée) d'autre part. Le corps de Failly a été surpris dans ses bivouacs en plein jour, à midi : il est désorganisé ; ses débris passent la Meuse en désordre à Mouzon, sous la protection peu efficace du 12e corps, qui est depuis la veille sur la rive droite. La division Conseil-Dumesnil, très éprouvée, est poursuivie par le Ier bavarois ; elle rejoint vers Raucourt son commandant de corps, Félix Douay, qui n'a pas jugé à propos d'intervenir dans la bataille livrée à quelques kilomètres sur sa droite. 30 000 Français contre 70 000 Allemands. Tué : général de brigade Morand. Dans la nuit du 30-31, toute l'armée française réussit à franchir la Meuse, tant à Mouzon qu'à Villers, Remilly et Torcy. Elle est hors d'état de combattre ; le 7° corps s'est enfui pour son compte jusqu'à Sedan. Mac-Mahon, déjà à Carignan avec les 3 autres corps, renonce au mouvement vers Metz et se replie sur Sedan par les deux rives du Chiers : il ignore la situation vraie et croit n'avoir à sa suite que des forces numériquement inférieures aux siennes

Sources : S2786. S3477, p.10.

 

Haguenau : communiqué du Gouverneur général d’Alsace le Comte de Bismarck-Bohlen, lieutenant-général.

La presse locale et officielle a diffusé ce communiqué : « Proclamation du gouverneur général. Habitants d’Alsace ! Les événements de la guerre ayant amené l’occupation d’une partie du territoire français par les forces des Puissances alliées allemandes, ces territoires se trouvent par ce fait même soustrait à la Souveraineté impériale, en lieu et place de laquelle est établie l’autorité des Puissances allemandes. C’est en leur nom que je suis appelé à exercer le pouvoir dans les départements du Haut- et du Bas-Rhin ainsi que dans le nouveau département de la Moselle comprenant les arrondissements de Metz, Thionville, Sarreguemines, Château-Salins et Sarrebourg, en qualité de gouverneur général de l’Alsace.

Le maintien des existantes, le rétablissement d’un ordre de chose régulier, la remise en activité de toutes les branches de l’administration, voilà où tendront les efforts de mon gouvernement dans la limite des nécessités imposées par les opérations militaires. La Religion des habitants, les institutions et les usages du pays, la vie et la propriété des habitants jouiront d’une entière protection ; rien enfin ne sera négligé de ce qui pourra contribuer à rendre plus supportables à la population les charges aussi douloureuses qu’inévitables de la guerre.

Mais il ne sera possible d’arriver à ce but qu’à condition de voir les habitants à leur tour seconder dans leur propre intérêts les efforts de la nouvelle administration en venant au-devant d’elle avec confiance et en se soumettant spontanément à toutes les mesures qu’elle sera en lieu de décréter et pour lesquelles elle devra péremptoirement réclamer plus stricte obéissance.

Rien ne saurait mieux répondre à l’auguste volonté des Puissances alliées que le rétablissement prompt et le plus complet d’un ordre de choses normal, permettant à chacun de se livrer à ses occupations paisibles et de travailler ainsi avec l’aide de la divine Providence au retour du bien être de la population entière. Je suis décidé à poursuivre cette grande tâche avec tous les ménagements, mais en même temps avec toute la fermeté que m’impose ma haute mission et la nature extraordinaire des circonstances.

Haguenau, le 30 août 1870.  Le Gouverneur général de l’Alsace. Comte de Bismarck-Bohlen, lieutenant-général ». Source : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.1.

 

Haguenau : communiqué du Gouverneur général d’Alsace relatif à la nomination de M. De Kuhlwetter en temps que Commissaire civil de l’Alsace.

La presse locale et officielle a diffusé ce communiqué : « Nr 2. Publication. Sa Majesté le roi de Prusse a daigné me nommer commissaire civil de l’Alsace. En vertu de cette nomination j’ai pris en main sous l’autorité du Gouverneur général, la direction de toutes les affaires civiles en Alsace. Tous les fonctionnaires du ressort administratif sont subordonnés à l’autorité hiérarchique et disciplinaire du commissaire civil, tous les rapports, communications et requêtes lui sont adressés.

Cette administration civile a été fondée en vue de maintenir les lois, institutions et règlements établis. L’administration continue à fonctionner dans les formes précédentes, les changements survenus n’ont modifié que l’administration supérieure.

Par conséquent toutes les autorités et tous les fonctionnaires sont maintenus dans leurs emplois, attributions et traitements, excepté les cas où leur propre attitude donnerait lieu à des exceptions. Il est entendu que tous les fonctionnaires continueront à remplir leur devoir loyalement et fidèlement, en agissant ainsi ils ne feront que se conformer aux exigences de la situation et en même temps aux intérêts du pays, indépendamment de toute question de sympathie politique. La fonction publique impose un devoir d’honneur. On ne fait appel qu’à l’honneur et à la conscience des fonctionnaires pour compter sur les observations strictes de leurs devoirs. Ce sentiment leur défendra tout acte contraire à l’intérêt de l’administration actuellement établie.

Ceux qui manqueraient à ce devoir ne seraient non-seulement personnellement responsable de tout préjudice, mais s’exposerait en même temps à toute espèce de répression disciplinaire et dans les cas de grave forfaiture, aux peines établies par les lois militaires.

Je m’adresse avec confiance aux fonctionnaires de toutes les catégories, à leur sentiment de devoir et d’honneur. Je réclame l’obéissance que chaque employé doit à ses supérieurs en leur promettant à mon tour aide et protection dans la limite de mes attributions. Ainsi nous joindrons nos efforts pour procurer à l’Alsace tous les soulagements possibles dans ces temps d’épreuve qu’elle est obligée de traverser. Haguenau, le 30 août 1870.  Le commissaire civil d’Alsace. De Kuhlwetter, président de régence ». 

Source : S0572 : Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass n°3, jeudi 15 septembre 1870, p. 2.

 

Haguenau : communiqué du commissaire civil de l’Alsace, président de régence, M. de Kuhlwetter.

La presse locale et officielle a diffusé ce communiqué : « Publication. Le Gouverneur général réside provisoirement à Haguenau. Le comte Henckel de Donnersmarck a été chargé des fonctions de préfet pour les arrondissements de Sarrebourg, Château-Salins, Sarreguemines, Metz et Thionville. Le siège de la préfecture est provisoirement établi à Sarreguemines. Le Gouverneur général. Sa Majesté le roi de Prusse a daigné me nommer commissaire civil de l’Alsace. En vertu de cette nomination j’ai pris en mains sous l’autorité du gouverneur général, la direction de toutes les affaires civiles en Alsace. Tous les fonctionnaires sont maintenus dans leurs emplois, attributions et traitements excepté les cas ou leur propre attitude donnerait lieu à des exceptions. Il est entendu que tous les fonctionnaires continueront a remplir leur devoir loyalement et fidèlement, en agissant ainsi ils ne feront que se conformer aux exigences de la situation et en même temps aux intérêts du pays, indépendamment de toute question de sympathie politique. La fonction publique impose un devoir d’honneur. On ne fait appel qu’à l’honneur et à la conscience des fonctionnaires pour compter sur l’observation stricte de leurs devoirs. Ce sentiment leur défendra tout acte contraire à l’intérêt de l’administration actuellement établie.

Ceux qui manqueraient à ce devoir ne seraient non seulement personnellement responsable de tout préjudice, mais s’exposeraient en même temps à toute espèce de répression disciplinaire et, dans les cas de grave forfaiture, aux peines établies par les lois militaires. Je m’adresse avec confiance aux fonctionnaires de toutes les catégories, à leur sentiment de devoir et d’honneur. Je réclame l’obéissance que chaque employé doit à ses supérieurs en leur promettant à mon tour aide et protection dans la limite de mes attributions. Ainsi nous joindrons nos efforts pour procurer à l’Alsace tous les soulagements possibles dans ces temps d’épreuve qu’elle est obligée de traverser. Haguenau, le 30 août 1870, le commissaire civil de l’Alsace, de Kuhlwetter, présidence de régence ».

Source : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.1.

 

Pays de Bade, Bad Bellingen : les francs-tireurs coupent le chemin de fer et la ligne télégraphique.

Le 30 août 1870, des francs-tireurs de Neuf-Brisach et de Colmar ainsi que des membres de la garde nationale de Mulhouse passent le Rhin et coupent le chemin de fer et le télégraphe de Bâle à Fribourg. Source : S3477, p.11.

 

Mercredi 31 août 1870

 

France, Châlons : combats de Bazeilles.

Le 31 août 1870, premier combat de Bazeilles entre le 12e corps, Lebrun, établi entre la Meuse, Sedan et la Givonne, et le Ier bavarois, von der Thann, arrivant le long de la rive gauche. Von der Thann reste maître du pont de Bazeilles, que nous n'avons pas détruit, et des abords de la rivière.

Châlons. Combats de Flize et Yvernaumont, entre des pointes du 13e corps, Vinoy, qui commence à arriver à Mézières (venant de Paris), et des fractions de la division wurtembergeoise, lieutenant général prussien von Obernitz, et de la 6e division de cavalerie. Les Français réussissent à détruire le pont de Flize.

Châlons. Escarmouches de Carignan – Pouru – Douzy – Francheval - Rubécourt, entre le 1er corps, Ducrot, qui couvre la retraite le long du Chiers, et les avant-gardes du XIIe corps et de la garde prussienne (IVe armée). Source : S2786.

 

France, Strasbourg : interdiction de tout attroupements et réunions publiques.

Le 31 août 1870, le général commandant supérieur de la place a publié cet arrêté : « Sixième division militaire. Arrêté. Nous le général de division, commandant supérieur, vu l’Etat de siège ; Sur le rapport qui nous a été fait qu’une réunion de 300 personnes aurait été tenue hier matin, place Gutenberg, et que des motions illégales y auraient été formulées, arrêtons :

Art. 1er. Tous attroupements ou réunions publiques quelconques sont interdits.

Art. 2. Les contrevenants seront déférés au conseil de guerre.

Fait au quartier général, le 31 août 1870. Uhrich ». Source : S0914, p. 322.

 

France, Strasbourg : interdiction de tout attroupements et réunions publiques.

Le 31 août 1870, le préfet du Bas-Rhin a publié cet arrêté : « Préfecture du Bas-Rhin. Nous préfet du Bas-Rhin, vu l’Etat de siège ; Attendu que les bâtiments et collections de l’Académie sont propriétés municipales, que les locaux sont dépourvus de surveillance et de garde, arrêtons :

Art. 1er : Conformément à l’ordre donné par M. le maire de Strasbourg, les deux conservateurs du musée sont chargés de la garde de l’Académie. Tout autre personne qui voudra s’immiscer dans le service sera expulsée.

Art. 2. Les individus qui se sont introduits dans les locaux et caves de l’Académie sont tenus de déguerpir immédiatement.

Art. 3. Les gendarmes casernés dans le local prêteront au besoin main forte aux conservateurs.

M. le maire de Strasbourg est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Fait à Strasbourg, le 31 août 1870. Le préfet, baron Pron. Approuvé : Le général de division, commandant supérieur, Uhrich ». Source : S0914, p. 322.

 

Mercredi 31 août 1870 au jeudi 1er septembre 1870

 

France, Metz : bataille de Noisseville.

Entre le 31 août et le 1er septembre 1870, bataille de Noisseville (Servigny-Sainte-Barbe). Metz. 1er sept. Bazaine renouvelle mollement sa tentative du 26 août 1870. Il veut faire sa trouée par le plateau de Sainte-Barbe, à l'est, puis se rabattre de là au nord. Mesures préliminaires négligées ou mal prises : nous ne pouvons percer le premier jour. Pendant la nuit, les Allemands de la rive gauche (IIe armée) traversent la Moselle en amont et en aval, renforcent Steinmetz et Manteuffel (Ire armée) sur leurs deux flancs, et menacent nos propres ailes. Bazaine ordonne la retraite sous le canon du camp retranché. Tué le 31, le général de division Manèque. Le 1er septembre : 100 000 Français contre 70 000 Allemands. Bazaine renonce à tenter dorénavant de grandes sorties : il n'autorise plus que des actions partielles, des opérations secondaires de ravitaillement, des fourrages. Source : S2786.

 

Jeudi 1er septembre 1870

 

France, Sedan : défaite française, Napoléon III est fait prisonnier.

Le 1er septembre 1870 se déroule la bataille de Sedan qui engage 123 000 Français contre 230 000 Allemands. Les Bavarois qui sont à droite de la IIIe armée allemande sont à Bazeilles, pendant que les autres corps franchissent la Meuse à Donchery pour barrer l’espace entre la frontière belge et la rivière ; la IVe armée exécute à l’est une opération analogue le long de la Givonne. L’armée de Mac Mahon est antassée sous la place forte de Sedan, encerclée par la IVe armée allemande sur la rive droite et la IIIe armée allemande sur la rive gauche de la Meuse. L’armée française, commandée successivement par Mac-Mahon, Ducrot puis Wimpfen livre bataille sans direction ni but, et est finalement écrasée par l’armée allemande. L’empereur Napoléon III fait négocier puis fait hisser le drapeau blanc vers 16h30. Napoléon III sera emmené comme prisonnier à Wilhelmshöhe, près de Cassel (Hesse), puis s’exilera en mars en Angleterre. Au cours de cet engagement les généraux de brigade français Margueritte et Guyot de Lespart sont tués. A l’issue de la bataille, l’armée allemande reprend sa progression en direction de Paris. Sources : S2786 : Romagny Ch. : Tableau – memento chronologique des événements avec notices explicatives, L. Baudoin, Paris, 1891, p. 10. S3477, p.10.

La bataille de Sedan le 1er septembre 1870.

Source : Niox : La guerre de 1870, Ch. Delagrave, Paris, 1896.

Bataille de Sedan, lithographie allemande.

Source : Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg / Gallica.

 

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : constitution du gouvernement général allemand d’Alsace-Lorraine.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publié le décret suivant : « Constitution du gouvernement général de l’Alsace. (Extrait du décret de Sa majesté le roi de Prusse, du 14 août 1870).

J’ordonne par la présente que les territoires occupés de l’Alsace soient placés sous l’administration d’un Gouverneur général de l’Alsace, pour lequel mon ministère de la guerre est chargé d’élaborer et de me soumettre des instructions, de commun accord avec le chancelier de la Confédération du Nord. Je nomme Gouverneur général de l’Alsace le lieutenant général comte de Bismarck-Bohlen, commandant de Berlin et général en chef de la gendarmerie du royaume, etc... Au quartier général d’Herny, 14 août 1870. Signé Guillaume. Au ministre de la Guerre. Ce décret est paru tel quel dans le journal ». Source : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.1.

 

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : proclamation du gouvernement général allemand d’Alsace-Lorraine.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée la proclamation du gouverneur général d’Alsace : « Habitants d’Alsace ! Les événements de la guerre ayant amené l’occupation d’une partie du territoire français par les forces des Puissances alliées allemandes, ces territoires se trouvent par ce fait même soustrait à la Souveraineté impériale, en lieu et place de laquelle est établie l’autorité des Puissances allemandes. C’est en leur nom que je suis appelé à exercer le pouvoir dans les départements du Haut- et du Bas-Rhin ainsi que dans le nouveau département de la Moselle comprenant les arrondissements de Metz, Thionville, Sarreguemines, Château-Salins et Sarrebourg, en qualité de gouverneur général de l’Alsace. Le maintien des existantes, le rétablissement d’un ordre de chose régulier, la remise en activité de toutes les branches de l’administration, voilà où tendront les efforts de mon gouvernement dans la limite des nécessités imposées par les opérations militaires. La Religion des habitants, les institutions et les usages du pays, la vie et la propriété des habitants jouiront d’une entière protection ; rien enfin ne sera négligé de ce qui pourra contribuer à rendre plus supportables à la population les charges aussi douloureuses qu’inévitables de la guerre. Mais il ne sera possible d’arriver à ce but qu’à condition de voir les habitants à leur tour seconder dans leur propre intérêts les efforts de la nouvelle administration en venant au-devant d’elle avec confiance et en se soumettant spontanément à toutes les mesures qu’elle sera en lieu de décréter et pour lesquelles elle devra péremptoirement réclamer plus stricte obéissance. Rien ne saurait mieux répondre à l’auguste volonté des Puissances alliées que le rétablissement prompt et le plus complet d’un ordre de choses normal, permettant à chacun de se livrer à ses occupations paisibles et de travailler ainsi avec l’aide de la divine Providence au retour du bien être de la population entière. Je suis décidé à poursuivre cette grande tâche avec tous les ménagements, mais en même temps avec toute la fermeté que m’imposent ma haute mission et la nature extraordinaire des circonstances. Haguenau, le 30 août 1870. Le Gouverneur général de l’Alsace. Comte de Bismarck-Bohlen, lieutenant-général ». Remarque : le comte de Bismark-Bohlen est un cousin du chancelier Bismark. Le nouveau gouverneur général dirige l’ensemble du territoire français qui sera annexé au futur empire allemand. En effet la décision d’annexer ce territoire a déjà été prise et les autorités allemandes préparent déjà l’administration de cette future terre d’empire.

Sources : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.1. S0914, p. 343-344.

 

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : nomination du commissaire civil de l’Alsace par le gouvernement général allemand d’Alsace-Lorraine.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Nomination du Commissaire civil. Décret Royal. Sur votre proposition du 25 du mois courant, je nomme commissaire civil de l’Alsace, le Président de régence de Kuhlwetter, dont les attributions sont réglées par mon instruction pour les gouverneurs généraux en date du 25 de ce mois et par l’instruction ci-jointe, destinée aux commissaires civils auprès du gouvernement général de territoires ennemis occupés par nos troupes. Vous êtes chargés de l’exécution de la présente.    Bar-le-Duc, 26 août 1870. Signé : Guillaume. Au Chancelier de la Confédération et au ministre de la Guerre ». Source : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.1.

 

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : délimitation géographique du gouvernement général (allemand) d’Alsace-Lorraine.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Délimitation du gouvernement général de l’Alsace. Sur votre proposition j’ordonne que les arrondissements de Sarrebourg, Château-Salins, Sarreguemines et Thionville, soient séparés de la circonscription administrative du gouvernement de la Lorraine, pour être réunis à celle du gouvernement général de l’Alsace. De commun accord avec le Chancelier de la Confédération, vous donnerez aux deux gouvernements généraux les instructions nécessaires pour l’exécution de la présente. Pont-à-Mousson, 21 août 1870. Signé : Guillaume. Au Chancelier de la Confédération du Nord ». Source : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.1.

 

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : communiqué du gouvernement général (allemand) d’Alsace-Lorraine relatif aux différentes nominations.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Publication. Le Gouverneur général réside provisoirement à Haguenau. Le comte Henckel de Donnersmarck a été chargé des fonctions de préfet pour les arrondissements de Sarrebourg, Château-Salins, Sarreguemines, Metz et Thionville. Le siège de la préfecture est provisoirement établi à Sarreguemines.

Le Gouverneur général. Sa Majesté le roi de Prusse a daigné me nommer commissaire civil de l’Alsace. En vertu de cette nomination j’ai pris en mains sous l’autorité du gouverneur général, la direction de toutes les affaires civiles en Alsace. Tous les fonctionnaires sont maintenus dans leurs emplois, attributions et traitements excepté les cas ou leur propre attitude donnerait lieu à des exceptions. Il est entendu que tous les fonctionnaires continueront a remplir leur devoir loyalement et fidèlement, en agissant ainsi ils ne feront que se conformer aux exigences de la situation et en même temps aux intérêts du pays, indépendamment de toute question de sympathie politique. La fonction publique impose un devoir d’honneur. On ne fait appel qu’à l’honneur et à la conscience des fonctionnaires pour compter sur l’observation stricte de leurs devoirs. Ce sentiment leur défendra tout acte contraire à l’intérêt de l’administration actuellement établie.

Ceux qui manqueraient à ce devoir ne seraient non seulement personnellement responsables de tout préjudice, mais s’exposeraient en même temps à toute espèce de répression disciplinaire et, dans les cas de grave forfaiture, aux peines établies par les lois militaires.

Je m’adresse avec confiance aux fonctionnaires de toutes les catégories, à leur sentiment de devoir et d’honneur. Je réclame l’obéissance que chaque employé doit à ses supérieurs en leur promettant à mon tour aide et protection dans la limite de mes attributions. Ainsi nous joindrons nos efforts pour procurer à l’Alsace tous les soulagements possibles dans ces temps d’épreuve qu’elle est obligée de traverser. Haguenau, le 30 août 1870.   Le commissaire civil de l’Alsace, de Kuhlwetter, présidence de régence ». Source : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.1.

 

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : communiqué du gouvernement général (allemand) d’Alsace-Lorraine relatif à la nomination du préfet (allemand) du Bas-Rhin.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Le Président de régence, comte Frédéric de Luxburg, nommé Préfet du département du Bas-Rhin, est entré en fonction. Il vaquera en même temps provisoirement aux fonctions de Préfet du Haut-Rhin. Pour le moment il a pris sa résidence à Haguenau.

Le Gouverneur général. Les ordonnances et les dispositions émanant du Gouverneur général et du commissaire seront portées à la connaissance du public dans les Nouvelles officielles pour le gouvernement de l’Alsace. Le Gouverneur général ». Source : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.1.

 

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : communiqué du gouvernement général (allemand) d’Alsace-Lorraine concernant les caisses publiques.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Publication concernant les caisses publiques. Il est sévèrement défendu par la présente de payer ou de léguer, soit directement soit indirectement, dans le territoire du gouvernement général, à la liste civile, au gouvernement à l’armée, à des détachements de troupes ou à des administrations de l’empire français, des sommes quelconques provenant de caisses publiques sous n’importe quel prétexte.

Les receveurs et percepteurs des contributions, les administrateurs de caisses de l’Etat ou d’autres caisses publiques, enfin toute personne autorisée à recevoir des sommes revenantes à l’Etat ou à des caisses publiques quelconques, de même que tout autre individu qui agira contre la présente défense, en répondra avec toute sa fortune et devra en outre s’attendre être poursuivi, le cas échéant, selon les lois de la guerre. Haguenau, 29 août 1870.  Le Gouverneur général de l’Alsace ». Source : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.1.

 

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : communiqué du préfet (allemand) du Bas-Rhin.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Proclamation. Le soussigné porte à la connaissance des habitants, qu’il vient d’être nommé préfet du département du Bas-Rhin. Il leur promet une protection assidue de leurs intérêts, mais il compte aussi sur leur dévouement pour lui faciliter l’exercice de ses fonctions. Les citoyens ne pourront mieux sauvegarder la sécurité de leurs personnes et de leurs propriétés, qu’en prêtant un concours loyal et sincère à l’autorité civile. Le chef-lieu de la Préfecture est établi provisoirement à Haguenau. Le préfet donnera des audiences chaque jour de 10 à 1 heure, excepté les jours de fête. Haguenau, 31 août 1870. Le Préfet du Bas-Rhin, Comte de Luxburg ». Sources : S0572, n°1, du 01/09/1870, p.1. S0914, p. 343-344.

 

France, Alsace, place forte de Strasbourg : extrait du journal du siège de la ville rédigé par Ernest Frantz : « Le bombardement continue toujours mais, comme depuis deux jours, les efforts de l’ennemi semblent se concentrer sur la citadelle, les barrages et les fortifications depuis la Porte nationale. Il va sans dire que ce côté de la ville déjà détruit en partie est devenu à peu près inhabitable. Chaque jour, plusieurs maisons des faubourgs sont incendiées ou démolies par les projectiles. On voit constamment des charrettes chargées de quelques meubles, de literie, etc., qui déménagent de ce quartier voué à la destruction pour se rendre à l'intérieur de la ville. On voit aussi, depuis hier, passer et repasser constamment les sinistres cacolets qui transportent les morts et des brancards sur lesquels sont étendus des blessés qu’on transporte aux ambulances.

Le moment est venu où la garnison de Strasbourg fait ses preuves de courage et de résignation, car les remparts sont devenus excessivement dangereux pour les soldats qui ont à les défendre. Certains ouvrages avancés sont tellement criblés de projectiles et de mitraille que les détachements désignés pour aller les occuper quittent leur caserne ou leur campement sans savoir s’ils ne reverront jamais leurs camarades dont ils serrent les mains avec effusion en leur disant adieu… Et combien n’en reviennent pas !

Il y a, au nombre des plus courageux défenseurs de notre cité, 60 matelots arrivés au commencement d’août, avant-garde de l’équipage des canonnières dont une flottille devait être lancée sur le Rhin ! Ces 60 marins avec leurs chefs, le contre-amiral Exelmans et le capitaine Dupetit-Thouars se distinguent parmi les plus braves ; pointeurs excellents, homme de courage et de résolution, ils rendent d’éminents services comme canonniers sur les remparts et, dans les sorties, ils sont toujours au premier rang, s’avancent souvent avec une audace et une témérité incroyable.

L’amiral Exelmans, qui devait commander la flottille, est un homme aussi capable que déterminé et courageux. Il est très aimé des soldats, qui le voient constamment autour d’eux dans la partie de la défense dont le commandement lui a été déféré par le général Uhrich.

Je dois mentionner aussi les ouvriers de marine arrivés à Strasbourg pour travailler à la mise en état et à l’armement de cette flottille de canonnières, qui devait faire merveille. Ces hommes ont rendu de biens grands services dans les incendies, dans les déménagements sous le feu de l’ennemi, etc. Ils sont infatigables et, sous le rapport du courage, ne le cèdent en rien aux matelots.

Ah, si notre garnison, composée en majeure partie de fuyards du combat de Frœschwiller et des gardes mobiles inexpérimentés, était renforcée de quelques milliers de ces marins, notre situation serait bien différente…

Aujourd’hui la Garde nationale a dû échanger ses vieux fusils à piston contre des carabines de chasseurs-à-pieds, transformées en Chassepots. Chaque homme a reçu en outre un sabre-baïonnette et dix-huit cartouches. Il a fallu aller chercher cela cet après-midi, à l’Arsenal, au milieu des éclats d’obus qui pleuvent littéralement dans le voisinage de la citadelle. On nous a fait poser deux heures dans la cour de l’Arsenal et heureusement personne n’a été atteint, que je sache. Un éclat d’obus a fracassé un fourgon contre lequel s’adossait notre lieutenant, un chançard ! Et d’autres nous ont plus d’une fois ronflée aux oreilles. Il était alors très drôle de voir toute la compagnie se baisser comme un seul homme. Précaution inutile mais irrésistiblement provoquée par l’instinct de conservation.

Il eût été si simple de commencer dès le début par donner de bons fusils à la Garde nationale. Aujourd’hui on aurait 6 000 hommes de plus, utiles à la défense, tandis qu’à présent il est bien tard… Et puis la Garde nationale, outre l’insuffisance de son premier armement, avait une autre cause de mécontentement générée dans le choix de ses chefs, nommés par l’autorité avec son discernement habituel… et dont la plupart n’ont pas répondu à l’appel au moment du danger.

On a bien échangé les fusils mais il fallait aussi nommer de meilleurs chefs. On y songera peut-être quand tout sera fini.

Au lieu de tenir compte de ces avis et de bien d’autres suggérés par la gravité des circonstances, tels que la nomination des officiers et sous-officiers de la Garde nationale par les citoyens qui en faisaient partie, etc., etc., on a nullement songé à l’équipement, on a lésiné pendant quinze jours pour délivrer de vieux fusils à piston (il n’y en a plus à silex, paraît-il), et on a donné à la Garde nationale de Strasbourg, le lendemain du désastre de Frœschwiller des chefs (dont les journaux donne la liste).

Il y a dans ce corps d’officiers beaucoup de cafetiers, de brasseurs, de marchands de vin ; il y a des avocats, des docteurs, des clercs de notaire, des employés, des représentants de commerce, un professeur de violon, un épicier : s’il y avait des ébénistes, on pourrait dire en chœur que c’est comme un bouquet de fleurs !

Malheureusement, tout ce monde ne connaît sinon rien, au moins très peu de chose en fait de théorie, et comme il est impossible d’enseigner à autrui ce que l’on a à apprendre soi-même, il en est résulté que les caporaux choisis parmi les hommes ayant servi dans l’armée sont les seuls chefs véritables de la Garde nationale. Il y a bien quelques capitaines très capables mais tous les autres officiers n’ont sollicité des grades que pour se mettre à l’abri des corvées désagréables et pour faire des beaux avec un képi à filets d’argent et un grand sabre au côté. Du reste, la même chose a eu lieu pour la Garde mobile.

Je me suis procuré, le jour où je me suis inscrit sur les contrôles de la Garde nationale, une théorie du fantassin avec planches explicatives. J’ai fait alors chaque jour l’exercice dans ma chambre pendant deux heures, armé d’un morceau de bois grossièrement façonné en fusil.

Je craignais de paraître trop gauche et trop maladroit la première fois qu’on nous ferait faire l’exercice. Quinze jours plus tard, je constatais avec stupéfaction que j’en savais assez pour en remontrer au lieutenant de ma compagnie dont le rôle s’est borné à répéter maladroitement les commandements du capitaine lequel, quoiqu’ayant été sergent-major, barbotait souvent lui-même dans l’ordre des mouvements qu’il commandait. Quel gâchis !

Malgré le sérieux de la situation, malgré les éclats d’obus qui tombaient de tous côtés, toute la compagnie partait par moments d’un éclat de rire provoqué par l’ineptie et la gaucherie des gardes nationaux ou leurs officiers.

Nous sommes toujours sans nouvelles certaines du dehors. Des bruits de toute nature se répandent depuis quelques jours, touchant la situation militaire et politique de la France. Tous ces bruits ne reposent, quand on arrive à les serrer de près, que sur des renseignements très vagues, sinon sur des fictions. La désillusion est toujours amère pour le grand nombre de personnes qui ajoutent si facilement foi au plébiscite du 8 mai dernier, l’humanité et les Français en particulier ont été si crédules qu’il n’y a pas lieu de s’étonner que les Strasbourgeois mettent tant de complaisance à gober toutes les inventions dont on leur farcit les oreilles. Maintenant encore, ceux qui se rendent un compte exact de la situation et qui, partant, conservent peu d’espoir, sont traités de Prussiens par la foule des optimistes qui voudraient pouvoir nier ou pour le moins mettre en doute le bombardement…

On attend toujours avec impatience et anxiété l’arrivée d’un renfort, d’un corps d’armée qui doit nous délivrer de l’horrible situation qui nous est faite, mais… on ne voit que les Prussiens qui poudroient et l’herbe qui verdoie ». Source : S2673, p.151-153.

 

France, Strasbourg place forte : sanction pour les pilleurs.

Le commandant supérieur de la place a publié le 1er septembre 1870 l’arrêté suivant : « Sixième division militaire. Arrêté. Nous général de division, commandant supérieur, vu l’Etat de siège ; Considérant que des malfaiteurs profitent des incendies allumés par l’ennemi et de l’infortune des habitants pour voler et piller les propriétés particulières, Arrêtons : Tout individu surpris en flagrant délit de vol ou de pillage sera immédiatement jugé selon les lois militaires. Fait au quartier général de Strasbourg, le 1er septembre 1870. Uhrich ». Source : S0914, p. 323.

 

France, Strasbourg place forte : les portes des maisons doivent rester ouvertes.

La ville de Strasbourg a publié le 1er septembre 1870 l’avis suivant : « Mairie de la Ville de Strasbourg. Avis. Le maire de la ville de Strasbourg recommande à ses administrés de ne pas fermer les portes de leurs maisons pendant le jour. Les incendies allumés par les projectiles de l’ennemi sont très fréquents ; l’intérêt général exige dès lors que l’accès des maisons ne soit pas entravé et que les secours puissent être apportés sans le moindre retard. Fait à Strasbourg, à l’hôtel de ville, le 1er septembre 1870. Le maire, Humann ». Source : S0914, p. 323.

 

France, Strasbourg place forte : restrictions appliquées aux portes.

La ville de Strasbourg a publié le 1er septembre 1870 l’avis suivant : « Avis. La porte d’Austerlitz ne s’ouvrira plus que pour un service militaire. La porte de Saverne est également condamnée. Le passage par la porte de Pierre sera interdit aux piétons, aux chevaux et aux voitures pendant les journées du 1er au 2 septembre, pour cause de réparation aux pont-levis. Strasbourg, le 1er septembre 1870. Le maire, Humann ». Source : S0914, p. 323.

 

Jeudi 1er septembre 1870   19h15

 

France occupée, Frénois, quartier général allemand : télégramme envoyé au commandant de la IIIe armée allemande et à son Altesse Royale le Prince Royal de Saxe.

Le télégramme suivant a été envoyé le 1er septembre 1870 soir du quartier général allemand stationné à Frénois au commandant de la IIIe armée et au Prince Royal de Saxe : « Au Commandant en chef de la IIIe armée et à S.A.R. le Prince Royal de Saxe. Des pourparlers sont engagés ; aucun mouvement offensif ne devra, cette nuit, être prononcé par nous, mais on repoussera les armes à la main toute tentative faite par l’ennemi pour percer nos lignes. Si les négociations échouaient, on reprendrait les hostilités, mais seulement après avis donné d’ici. On considérera comme tel l’ouverture du feu d’artillerie sur les hauteurs à l’est de Frénois ». Source : S3471, p. 340.

 

France occupée, Frénois, quartier général allemand : télégramme envoyé à son Altesse Royale le prince Frédéric-Charles.

Le télégramme suivant a été envoyé le 1er septembre 1870 à 19h15 du quartier général allemand stationné à Frénois au prince Frédéric-Charles dont l’état-major est à Malancourt : « Quartier général, Frénois, 1er septembre 1870, 7h15 soir. L’armée française a été aujourd’hui enveloppée près de Sedan et complètement battue. Environ 20 000 prisonniers, nombres de canons et d’aigles sont en notre pouvoir. Napoléon dans Sedan a offert de remettre son épée au Roi. Les négociations pour la capitulation sont en cours. Vous apprécierez s’il n’y a pas lieu par suite d’adresser des sommations à Bazaine ». Ce télégramme comprend également le texte intérgral de la convention conclue lors de la capitulation des troupes françaises à Sedan.

« Convention entre les soussignés, le chef d’état-major général de S.M. le Roi de Prusse, chef suprême des armées allemandes, et le commandant en chef de l’armée française, tous deux munis des pleins pouvoir du roi Guillaume et de l’empereur Napoléon, a été conclu l’accord suivant :

Art. 1er. L’armée française, placée sous les ordres de Wimpffen, se trouvant actuellement cernée dans sedan par des forces supérieures, est prisonnière de guerre.

Art. 2. Eu égard à la valeureuse défense de cette armée, il est fait exception pour tous les généraux et officiers, ainsi que pour les fonctionnaires ayant rang d’officier qui engageront leur parole d’honneur par écrit de ne pas porter les armes contre l’Allemagne et de n’agir d’aucune autre manière contre ses intérêts jusqu’à la fin de la guerre actuelle. Les officiers et fonctionnaires qui accepteront ces conditions conserveront leurs armes et les objets qui sont leur propriété personnelle.

Art. 3. Toutes les autres armes, ainsi que le matériel de l’armée consistant en drapeaux (aigles et étendards), canons, chevaux, caisses de guerre, équipage de l’armée, munitions, etc., seront remis à Sedan à une commission militaire instituée par le commandant en chef français, pour être livrés immédiatement au commissaire allemand.

Art. 5. Les officiers qui n’auront pas souscrit l’engagement mentionné à l’article 2 et les hommes, après avoir été désarmés, seront rangé par régiment et conduits en bon ordre dans la presqu’île formée par la Meuse près d’Iges. Les groupes ainsi constitués y seront remis entre les mains des commissaires allemands par les officiers, qui cèderont ensuite le commandement aux sous-officiers. Cette disposition commencera à recevoir son exécution le 2 septembre et devra être terminée le 3.

Art. 6. Les médecins militaires, sans exception, resteront en arrière pour donner leurs soins aux blessés.

Fait à Frénois, le 2 septembre 1870. Signé : De Moltke. Signé : De Wimpffen ». Source : S3471, p. 340-341.

 

France occupée, Frénois, quartier général allemand : télégramme envoyé au commandant de la IIIe armée allemande et à son Altesse Royale le Prince Royal de Saxe.

Le télégramme suivant a été envoyé le 1er septembre 1870 vers 19h15 du quartier général allemand stationné à Frénois au commandant de la IIIe armée et au Prince Royal de Saxe : « Au commandant en chef de la IIIe armée et à S.A.R. le Prince Royal de Saxe. L’armée française qui se trouve actuellement à Sedan et aux environs a capitulé. Les officiers sont laissés libres sur parole. Les sous-officiers et soldats sont prisonniers de guerre. Les armes et le matériel seront livrés. Ci-joint le texte de la convention. Les troupes prisonnières de guerre, dont on ne peut encore apprécier l’effectif, seront réunies dans la presqu’île que forme la Meuse près de Villette et d’Iges, et de là, emmenées par groupes. Le XIe corps et le Ier corps bavarois, réunis sous le commandement du général von der Tann, sont chargés d’en assurer la garde. Cet officier général règlera également le ravitaillement des prisonniers, pour lesquels, d’après la promesse du commandant en chef français, des vivres seront amenés par chemin de fer de Mézières jusque près de Donchery. Veiller avec soin à ce qu’aucune difficulté n’entrave l’arrivée du train en question. Dans le courant de la journée de demain, après que Sedan aura été évacué par les troupes françaises, le XIe corps fera occuper la forteresse par un régiment d’infanterie. Pour le reste, la IIIe armée et la subdivision d’armée de S.A.R. le Prince Royal de Saxe, se retireront demain à l’ouest et au sud de Sedan, la route de Remilly, La Besace, Le Chesne devant servir de limite ouest à la zone affectée à la subdivision d’armée. Les trains des corps bavarois devront avoir évacué cette route en temps utile. L’évacuation des prisonniers aura lieu par deux routes, l’une passant par Stenay, Etain, Gorze et Remilly, l’autre par Busancy, Clermont, Saint-Mihiel et Pont-à-Mousson. Elle sera assurée, suivant le cas, par la subdivision d’armée de S.A.R. le Prince Royal de Saxe ou par le commandant en chef de la IIIe armée. Afin d’éviter toute incertitude, il y a lieu de noter que tous les officiers français faits prisonniers, soit dans le combat d’hier, soit aujourd’hui avant 11 heures du matin, heure de la signature de la capitulation, devront être traités d’après les règles précédemment appliquées. La IIIe armée désignera immédiatement un commandant de place pour Sedan et un général chargé de recevoir les armes et autre matériel qui seront Versés dans cette ville. Il y aura lieu de mettre à la disposition de cet officier général un nombre suffisant d’officiers et de fonctionnaires. Les deux officiers précités devront se présenter au plus tôt au quartier-maître général. Les chevaux livrés par l’armée française doivent, par décision de Sa Majesté, être attribués à l’ensemble des forces allemandes mobilisées. Les commandants d’armée seront informés de la part proportionnelle qui leur doit être affectée.

L’inspection générale des étapes de la subdivision d’armée de S.A.R. le Prince Royal de Saxe assurera l’évacuation du champ de bataille. L’enterrement des morts devra être accéléré au moyen de réquisitions adressées aux autorités civiles. Source : S3471, p. 341-344.

 

Samedi 2 septembre 1870

 

France occupée, Donchery, quartier général allemand : ordre adressé commandant de la IIIe armée allemande.

Le télégramme suivant a été envoyé le 2 septembre 1870 du quartier général allemand installé à Donchery : « Au commandant en chef de la IIIe armée, Donchery. Quartier général, Donchery, 2 septembre 1870. Prière de vouloir bien faire connaître où en est la situation devant Toul, et si lon peut compter sur la reddition prochaine de la place ». Source : S3471, p. 346.

Après la bataille de Sedan, le prince héritier de Prusse « Kronprinz » remet la Croix de fer de 1ère classe « Eisernekreuz 1. Klasse » au chef d’état-major général des armées allemandes le général von Moltke. Au cours du mois d’octobre il est élevé au rang de comte et en juin 1871 il est promu au rang de maréchal « Feldmarechal ». Source : S1523.

 

Samedi 3 septembre 1870

 

Paris : nouvelles diverses.

Le 2 septembre 1870, un 3e convoi d’œuvres d’art part du musée du Louvre à Paris en direction de l’arsenal et le bagne de Brest. A cet effet les œuvres d’art sont enlevés de leur cadre et roulé. Ce sont 17 caisses qui partent après le dîner par le chemin de fer. Les Parisiens assiègent les quiosque pour obtenir des nouvelles. Dans Pris retentisait des cris des marchands de journaux : « La défaite de Mac-Mahon, la captivité de l’Empereur ! ». Le président Schneider convoque les députés pour minuit au Palais-Bourbon.

Source : S2002 : Sée, Geneviève, D. : Aujourd’hui Paris ou les 133 jours de siège 1870-71, par ceux qui les ont vécus, éditions Les 7 vents, Versailles, 1988, p. 29.

 

Dimanche 4 septembre 1870

 

Paris : nouvelles diverses.

A Paris, au Palais-Bourbon la séance s’ouvre le 4 septembre 1870 à 1 heure du matin. On décerne d’une commune voix la présidence au général Trochu, que l’empereur avait nommé sous la pression publique, gouverneur de Paris. Vers 4 heures du matin, la foule se presse devant le Palais-Bourbon. Soudain, une main se lève au-dessus de toutes les têtes, et écrit sur une colonne, en grandes lettres rouges, la liste des membres du gouvernement provisoire et sur une autre colonne : « La République est proclamée ! ». Fusent-t-alors des cris et des acclamations, et les chapeaux volent en l’air, ponctuer de « Vive la République ».

En effet, dès la connaissance de la nouvelle de la défaite de Sedan, les députés de Paris forment un gouvernement de Défense nationale, qui comprend 11 membres. Il s’agit de : Emmanuel Arago, Crémieux, Jules Favre, Ferry, Gambetta, Garnier-Pagès, Giais-Bizoin, Pelletan, Picard, Rochefort et Jules Simon. Le général Trochu accepte la présidence, tout en restant gouverneur de Paris et commandant des forces militaires. La République est proclamée et les Chambres sont dissolues ; l’Impératrice-Régente s’enfuie en Angleterre. La guerre se poursuit avec les républicains.

Dès le matin, tout Paris est dans la rue. Près d’un million de personnes, une foule joyeuse qui semble oublier que les Prussiens ne sont qu’à trois marches de Paris. Vers 17 heures la place de l’Hôtel de Ville fourimille de monde.

Source : S2002 : Sée, Geneviève, D. : Aujourd’hui Paris ou les 133 jours de siège 1870-71, par ceux qui les ont vécus, éditions Les 7 vents, Versailles, 1988, p. 31-35. S2786, p. 11. S3477, p.10.

 

France occupée, Rethel, quartier général allemand : ordre adressé au général-lieutenant de Werder à Mundolsheim.

Le télégramme suivant a été envoyé le 4 septembre 1870 à 18h00 du quartier général allemand installé à Rethel : « Au général lieutenant de Werder, Mundolsheim près Strasbourg. Quartier général, Rethel, 4 septembre 1870, 6 heures soir. L’armée de Mac-Mahon a capitulé près de Sedan après un sanglant combat. L’empereur Napoléon se rend à Cassel comme prisonnier de guerre. Les tentatives de sortie de Bazaine à Metz ont été repoussées. Adressez des sommations à Strasbourg en vous appuyant sur ces événements. Le grand quartier général sera à Reims à partir de demain ». Source : S3471, p. 348.

 

Lundi 5 septembre 1870   09h30

 

France, Montmédy : début de l’attaque de la place forte.

Le 5 septembre 1870 à 9h30, infructueuse attaque de la place de Montmédy. Les bombardements sont exécutés de 9H30 à 14H00 le même jour. Défenseur : capitaine Reboul ; Assaillant : général-major prince Kraft de Hohenlohe. Source : S1471. S2786, p. 11.

 

Mardi 6 septembre 1870

 

Paris : nouvelles diverses.

A l’aube du 6 septembre 1870, on assiste au retour des proscrits. Ainsi Victor Hugo arrive de Bruxelles. Dè qu’il arrive à la gare du Nord, on assiste à une véritable ovation, et la foule chantit la Marseillaise et le Chant du Départ et criait : « Vive Victor Hugo ! ».

Jules Favre adresse un message aux agents diplomatiques : « Nous avons hautement condamné la guerre… De son côté le roi de Prusse a déclaré qu’il faisait la guerre non à la France, mais à la dynastie impériale. La dynastie est à terre. La France libre se lève. Le roi de Prusse veut-il continuer une lutte impie ? Libre à lui qu’il assume cette responsabilité devant le monde et devant l’histoire. Si c’est un défi, nous l’acceptons. Nous ne céderons ni un pouce de notre territoire, ni une pierre de nos forteresses. Une paix honteuse serait une guerre d’extermination à courte écheance. Nous avons une armée résolue, des forts bien pourvus, une enceinte bien établie mais surtout la poitrine des trois cent mille combattants décidés à tenir jusqu’au dernier. Quand ils vont pieusement déposer des couronnes au pied de la statue de Strasbourg… Ils prennent leur héroïque mot d’ordre, ils jurent d’être dignes de leurs frères d’Alsace et de mourir comme eux. Après les forts, les remparts, les barricades. Paris peut tenir trois mois et vaincre, s’il succombait, la France, debout à son appel, le vengerait. Elle continuerait la lutte… ».

Source : S2002 : Sée, Geneviève, D. : Aujourd’hui Paris ou les 133 jours de siège 1870-71, par ceux qui les ont vécus, éditions Les 7 vents, Versailles, 1988, p. 38-40.

 

Paris : communiqué du générl Trochu.

Le 6 septembre 1870, le général Trochu publie le communiqué suivant : « République française. Ministère de l’Intérieur. L’ennemi est en marche sur Paris. La défense de la capitale est assurée. Chaque citoyen s’inspirer de grands devoirs que la Patrie lui impose. Le Gouvernement de la défense nationale compte sur le courage et le patriotisme de tous. 6 septembre 1870. Le président du Gouvernement de la défense nationale, gouverneur de Paris. Général Trochu ».

Source : S2002, p. 41.

 

Mercredi 7 septembre 1870

 

France, Sainte-Marie-aux-Mines : escarmouches entre francs-tireurs et troupes allemandes.

Le 7 septembre 1870 des escarmouches ont lieu à Sainte-Marie-aux-Mines, entre les francs-tireurs et les troupes allemandes. Source : S3477, p.11.

Embuscade par les francs-tireurs. Source : site CRDP-Strasbourg.

 

Jeudi 8 septembre 1870

 

Paris : divers pays reconnaissent la République française.

Le jeudi 8 septembre 1870, la République française, après à peine 4 jours d’existence, a été reconnue par les Etats-Unis, l’Angleterre, l’Autriche, La Russie, l’Espagne, la Suisse, l’Italie et le Portugal.

 

Vendredi 9 septembre 1870

 

Laon : capitulation de la place forte.

Le 9 septembre 1870, la place forte se rend sans combat à la suite de la pression de la population. Défenseur : général Théremin d’Hame. Assaillant : prince Guillaume de Mecklembourg. La poudrière de la citadelle explose pour une raison inconnue, entrainant de nombreux blessés : 200 Français et 100 Allemands, dont les deux généraux, le général Théremin succombe à ses blessures. Source : S2786, p. 11.

 

Haguenau : 1èr décret des autorités allemandes, par le gouverneur général d’Alsace.

« Partie officielle. N°1. Décret. Concernant les Nouvelles officielles pour le gouvernement.

1° Toutes les ordonnances ou dispositions émanant du gouverneur général et du commissaire civil qu’elles soient publiées en langue française ou allemande auront force de loi absolue par la publication effectuée dans les Nouvelles officielles pour le gouvernement de l’Alsace.

2° Pour autant que lesdites prescriptions n’en disposeront pas autrement, elles seront valables dans les délais suivants :

Pour le département du Bas-Rhin, le lendemain du jour de la distribution des Nouvelles officielles dans la résidence du Gouverneur général.

Pour le département du Haut-Rhin, le jour qui suivra le jour de la distribution.

Pour le département de la Moselle, le surlendemain du jour de la distribution.

3° Chaque numéro portera l’indication de l’endroit et la date de la publication.

4° Toutes les autorités de l’Etat, de la province et de la commune, des tribunaux et des cours, les avoués, notaires, greffiers et huissiers dans l’étendue du gouvernement général sont tenus de s’abonner aux Nouvelles officielles. Ils les recevront franc de port.

5° Le prix d’abonnement des Nouvelles officielles est de 24 fr. par an, 6 fr. par trimestre. Les autorités publiques devront porter ce montant dans leur budget de dépenses et les mettre au compte du fond des Nouvelles officielles auprès du commissariat civil. Un règlement spécial fixera le mode de décompte et l’intervention des bureaux de poste pour les cas où ils pourront se charger de ce service.

6° jusqu’à la réouverture complète du service postal, les particuliers pourront faire inscrire leurs abonnements aux mairies de leurs domiciles, en payant d’avance par trimestre le prix de leur abonnement et le port.

Les maires sont tenus de

7° Les autorités judiciaires et administratives pourront faire publier les avis officiels de leur ressort dans les colonnes des Nouvelles officielles. A cette fin elles les communiqueront au commissariat civil. Des avis publiés dans l’intérêt de personnes privées ou en matière judiciaire seront sujets au paiement de frais d’insertion.

8° Pour autant que l’espace le permette, le journal pourra reproduire les annonces du public. Les frais d’insertion sont fixés à 20 centimes par ligne de 4 colonnes.

Haguenau, le 9 septembre 1870. Le gouvernement général d’Alsace. Comte de Bismarck-Bohlen ». Source : S0572, n°3, du 15/09/1870, p.1-2.

 

Samedi 10 septembre 1870

 

Haguenau : nomination du secrétaire général de Préfecture et des secrétaires de préfecture allemands.

Le journal local et officiel a publié ce communiqué : « Partie officielle. Ont été nommé et sont entrés en fonctions :

Secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin, avec faculté de remplacer M. le préfet en cas d’empêchement, en même temps chargé des fonctions de sous-préfet de l’arrondissement de Strasbourg :

M. Ouo Flad, grand-bailli à Kork (Bade) ;

Secrétaires de préfecture :

M. Ferd Geigel et M. Hugues baron de Bibra, secrétaires de régence à Würzbourg (Bavière) et M. Edgar Loening, docteur en droit à l’université de Heidelberg (Bade) ;

Sous-préfet de l’arrondissement de Wissembourg :

M. Charles Volkheimer, assesseur du grand bailliage à Kitzingen (Bavière) ;

Et secrétaire de la sous-préfecture :

M. Dr Louis Jolly, secrétaire de régence à Spire (Bavière) ;

Sous-préfet de l’arrondissement de Saverne :

M. Louis de Hoermann, assesseur du grand bailliage à Würzbourg ;

Et secrétaire de la sous-préfecture :

M. Adolphe Uhl, secrétaire de régence à Würzbourg ;

Et sous-préfet de l’arrondissement de Schlettstadt :

M. Emile Bechert, bailli à Carlsruhe (Bade) ;

Et secrétaire de sous-préfecture :

M. Robert Beuckieser, référendaire de la cour d’appel à Mannheim (Bade) ». Source : S0572, n°2, du 10/09/1870, p.1.

 

Dimanche 11 septembre 1870

 

France, Strasbourg place forte : arrivée d’une délégation suisse.

Le 11 septembre 1870 une délégation suisse vient au secours de la ville de Strasbourg qui est assiégée. Source : S3477, p.11.

 

Lundi 12 septembre 1870

 

France, politique : le gouvernement reste à Paris mais envoie une délégation à Tours.

Le gouvernement est résolu à rester dans Paris dont le siège est imminent, mais une délégation chargée d’administrer les départements s’établit à Tours. La délégation de Tours est composée de Crémieux, Glais-Bizoin et du vice-amiral Fourichon. Ce dernier, assisté par le général Lefort (délégué de guerre) est à la fois ministre de la Guerre et de la Marine. Source : S2786, p. 11.

 

France, Alsace, territoires occupés, Strasbourg : règlement relatif aux conseils de guerre allemands.

Le gouverneur général de l’Alsace a publié à la population l’avis suivant : « Règlement concernant les conseils de guerre. Le gouverneur général de l’Alsace, en vertu de l’autorité que lui a délégué Sa Majesté le roi Guillaume, en sa qualité de généralissime des armées allemandes, a pris les mesures suivantes pour le maintien de la sûreté intérieure et extérieure dans les départements du gouvernement général :

Art. 1er. Est punie de mort toute personne qui de propos délibéré aura occasionné un incendie, une inondation, ou tenté de vive force, avec des armes ou des instruments dangereux, une attaque contre le gouvernement général ou des délégués des autorités civiles ou militaires, ou leur aura opposé de la résistance. Est passible de la même peine toute personne convaincue de révolte, de pillage, de vol, ou qui aura délivré des prisonniers et cherché à détourner les soldats de leur devoir.

En cas de circonstances atténuantes, la peine de mort sera commuée en celle de vingt années de détention.

Art.2. Les excitations aux crimes prévus dans l’art. 1er, même si elles restent sans effet, sont punies de dix ans de détention ; si, au contraire, ces excitations sont suivies d’un effet quelconque, la peine portée à l’art. 1er est applicable.

Art. 3. Est punie d’un emprisonnement d’un an au plus et d’une amende de 500 thalers (1 875 fr.) au maximum, toute personne qui affirmerait ou propagerait des faits, des nouvelles, des bruits faux ou dénaturés.

Si de cette affirmation ou propagation il résultait un désavantage pour les troupes des puissances alliées ou pour les autorités et les fonctionnaires institués par elles, le coupable sera puni de dix ans de détention, sauf le cas où l’art. 9 de ce règlement est applicable.

Art. 4. Est punie d’un emprisonnement de 5 ans au plus et d’une amende qui peut s’élever jusqu’à 1 000 thalers (3 750 fr.) toute personne qui s’arroge l’exercice d’un emploi public ou se permet des actes qu’on ne peut faire qu’en vertu d’un emploi public.

Art. 5. Est punie d’un emprisonnement de 2 ans au plus et d’une amende de 1 000 thalers (3 750 fr.) au maximum toute personne qui de propos délibéré détruirait ou mettrait de côté des documents, des registres, des actes ou d’autres objets qui se trouvent déposés en un lieu public destiné à leur conservation, ou qu’un employé doit garder ou gérer en vertu de son emploi ou des instructions qui lui ont été données.

Art. 6. Est punie d’une amende de 100 thalers (375 fr.) au maximum ou d’un emprisonnement de six mois au plus quiconque arrache, endommage, souille ou défigure les arrêtés, les ordres, les patentes ou les avis des autorités publiques ou des fonctionnaires, placardés aux murs pour être portés à la connaissance du public.

Art. 7. Est passible d’un emprisonnement d’un an au plus ou d’une amende de 500 thalers (1 875 fr.) au maximum toute personne contrevenant aux arrêtés pris dans l’intérêt de la sûreté publique par un commandant militaire ou toute autre autorité compétente, à moins que l’arrêté lui-même ne porte une peine plus forte.

Art. 8. Tous les crimes et délits prévus dans les articles 1 à 7 seront renvoyés devant le conseil de guerre.

Art. 9. Sont déférés, en outre, aux conseils de guerre tous les autres crimes et délits contre la sûreté intérieure et extérieure d’un des Etats allemands alliés ou contre le pouvoir institué par eux dans les parties du territoire français occupées par l’armée allemande ; plus les crimes et délits de la résistance par voie de fait contre les autorités militaires et civiles ou leurs délégués, les meurtres, le faux-monnayage, la concussion, et tous les crimes et délits commis par les employés militaires et civils dans l’exercice de leurs fonctions, à moins qu’ils n’encourent qu’une peine disciplinaire.

Art. 10. A côté de ces conseils de guerre, la loi martiale déjà proclamée restera en vigueur pour tous ceux qui sciemment préparent des dangers ou des obstacles aux troupes allemandes, ou qui donnent sciemment à l’armée et au gouvernement de la France.

En conséquence, sont passibles de peine de mort, et nous le recommandons de nouveau fortement par le présent article, tous ceux qui ne font pas partie des troupes françaises et qui

a) Servent d’espions à l’armée française ou au gouvernement français, ou reçoivent, logent des espions français ou leur donnent assistance.

b) servent volontairement de guides aux troupes françaises ou induisent en erreur les troupes de l’armée allemande,

c) Tuent, blessent ou volent des personnes qui font partie de l’armée allemande ou de la suite de cette armée,

d) Détruisent des ponts et les canaux, entravent les communications par chemin de fer ou par télégraphe, rendent impraticable les chemins, mettent le feu aux munitions, approvisionnements ou autres objets de guerre, ou aux logements des troupes,

e) Prennent les armes contre les troupes allemandes.

Art. 11. L’organisation des conseils de guerre, dont il est question dans les art. 8 et 9, et la procédure devant ces conseils seront réglées par un règlement spécial, tandis que la procédure sommaire des cours martiales dans les cas prévus par l’art. 10, l’ordonnance de S.M. le roi de Prusse du 21 juillet, concernant la procédure martiale vis-à-vis des étrangers, est toujours de règle.

Art. 12. Sont abrogés toutes dispositions contenues dans les lois du pays qui seraient contraires à ce règlement, et celui-ci entrera en vigueur dans chaque canton passé le jour où il aura été affiché au chef-lieu du canton et enregistré.

Haguenau, le 12 septembre 1870. Le gouverneur général de l’Alsace, De Bismarck-Bohlen, lieutenant-général ». Source : S0914, p. 344-346.

 

Mardi 13 septembre 1870

 

Paris : début du service aux remparts.

Le 13 septembre 1870 soir, à Paris, débute le service aux remparts, à raison de 200 hommes par bastion. Mais il n’y a encore ni tentes, ni baraques pour les loger. Il faut requérir à la hâte les maisons qui bordent la route militaire. Il faut trouver des caves où les approvisionnements de cartouches puissent être remisés à l’abri. 

Source : S2002, p. 56.

 

France, Marckolsheim : l’avant-garde allemande est attaquée.

Le 13 septembre 1870, l’avant-garde badoise du général von Keller est attaquée.

Source : S3477, p.11.

 

Mercredi 14 septembre 1870

 

France, Soissons : infructueuse attaque allemande.

Le 14 septembre 1870, une infructueuse attaque est exécutée par la IVe armée allemande commandée par le prince royal de Saxe qui est en route pour Paris. Source : S2786, p. 11.

 

France, Colmar : arrivée d’une colonne mobile allemande.

Le 14 septembre 1870, escarmouches devant Colmar. Finalement une colonne mobile allemande, sous les ordres du général von Keller, occupe la ville de Colmar. Source : S3477, p.11.

 

Jeudi 15 septembre 1870

 

Alscace occupée, Haguenau : communiqué du Gouverneur général d’Alsace concernant les caisses publiques.

Le 15 septembre 1870, la presse locale et officielle a diffusé une seconde fois cette publication concernant les caisses publiques : « Il est sévèrement défendu par la présente de payer ou de déléguer, soit directement soit indirectement dans le territoire du Gouvernement général, à la liste civile du gouvernement, à l’armée, à des détachements de troupes ou à des administrations de l’empire français, des sommes quelconques provenant de caisses publiques sous n’importe quels prétextes.

Les receveurs et percepteurs des contributions, les administrateurs de caisses de l’Etat ou d’autres caisses publiques, toute personne autorisée à recevoir des sommes revenantes à l’Etat ou à des caisses publiques quelconques de même que tout autre individu qui agira contre la présente défense, en répondra avec toute sa fortune et devra en outre s’attendre à être poursuivi, le cas échéant, selon les lois de la guerre. Haguenau, le 29 août 1870.  Le Gouverneur de l’Alsace ». Source : S0572, n°3, du 15/09/1870, p.2.

 

Jeudi 15 septembre 1870   Soir

 

Paris : début du service aux remparts.

Le 15 septembre 1870 soir, le gouverneur de Paris télégraphie à tous les forts : « L’ennemi est en vue : la cavalerie ennemie apparaît dans la forêt de Sénart et devant Juvisy et même sous les canons de Charenton et de Vincennes en suivant les contours de la Seine et de la Marne ».

Source : S2002, p. 58.

 

Samedi 17 septembre 1870

 

France, Paris : début de l’investissement de la place et ville.

Le 17 septembre 1870, arrivée des IIIe et IVe armées allemandes sous Paris et début de l’investissement. Au début de l’investissement : Défenseurs, 330 000 hommes armés, dont 90 000 troupes d’actives, 133 000 mobiles et 320 000 gardes nationaux sédentaires, corps francs, etc., deux corps d’armées à peu près comlètement organisés, le 13e corps du général Vinoy et le 14e corps du général Renault ; Assaillants : 130 000 hommes. Le siège de Paris durera du 17 septembre 1870 au 28 janvier 1871.

Sources : S2786, p. 11. S3477, p.10.

 

France, Paris : combats de Montmeely.

Le 17 septembre 1870 se déroule les combats de Montmeely près de Paris.

Carte des diverses opérations du siège de Paris du 17 septembre 1870 au 1er mars 1871.

Carte des diverses opérations du siège de Paris du 17 septembre 1870 au 1er mars 1871.

Source : S0311, planche XI.

 

Lundi 19 au mardi 20 septembre 1870.

 

France – Prusse, politique : négociations de Ferrières.

Du 19 au 20 septembre 1870 ont lieu les négociations de Ferrières, une localité située au sud de Lagny-sur-Marne. Le ministre des Affaires étrangères, Jules Favre, prend l’initiative de se rendre au quartier général allemand pour offrir de traiter. Bismarck exige : la cession de territoires, la reddition des places fortes du pays envahi et une grosse indemnité de guerre. Source : S2786, p. 12.

 

Lundi 19 septembre 1870

 

Paris : élection des officiers de la garde nationale.

Le 19 septembre 1870, à Paris, on procède à l’élection des officiers de la garde nationale. Ce procédé de nomination issue des procédés de la Révolution, sera abrogé le 19 décembre 1870.  Source : S2786, p. 12.

 

Paris : combats de Châtillon.

Le 19 septembre 1870 se déroulent près de Paris, les combats de Châtillon entre le 14e corps français du général Renault et et le Prince royal de Prusse qui engage le Ve corps, le IIe corps bavarois, la 2e division de la Garde et la 2e division de cavalerie. Résultat : défaite française, abandon des redoutes de Châtillon, des Hautes Bruyères et du Moulin-Saquet. Retraite précipitée française derrière les fortifications permanentes. Six divisions allemandes, celle de la Garde, la 2e, 3e, 4e, 6e et 12e rayonnent à grande distance autour de Paris, pour protéger l’investissement contre les tentatives de l’extérieur. Source : S2786, p. 12.

 

Paris : escarmouches de Stains-Perrefitte.

Le 19 septembre 1870 ont lieu de escarmouches entre les corps francs établis dans le camp retranché de Saint-Denis et la 8e division d’infanterie de l’avant-garde du Prince royal de Saxe. Source : S2786, p. 13.

 

Mercredi 21 septembre 1870

 

Paris, politique : proclamation du gouvernement français.

À la suite des négociations de Ferrières, le gouvernement français proclamme le 21 septembre 1870 qu’il ne cédera « ni un pouce de notre territoire, ni une pierre de nos forteresses ». Source : S2786, p. 12.

 

Jeudi 22 septembre 1870

 

Paris, le siège : convocation des aéronautes.

Le 22 septembre 1870, à Pari, M. Rampont, directeur des Postes, a convoqué tout ce que Paris compte d’aéronautes. Compte tenu que tous les courriers à pied ont été faits prisonniers ou obligés de rebrousser chemin sous le feu ennemi, la seule solution est de recourir aux aérostats. Nadar, Godard et Wilfrid de Fonvielle sont là. Le courrier doit partir, et il partira ! On discute sur le type de ballon-poste à créer et sur les délais de construction probables. Une cadence de production soutenue permettrait un envol tous les deux ou trois jours. Mais cette fabrication nécessite beaucoup de place. Compte tenu que les gares sont désormais désertes, la gare d’Orléans est affectée aux Godard et la gare du Nord à Nadar. Nadar propose le Neptune, un ballon vieilli et usé et c’est Duruof qui est le premier volontaire pour partir avec.

Source : S2002, p. 76-77.

 

Metz : combats de Lauvallier et de la Grange-aux-Metz.

Le 22 septembre 1870 ont lieu des combats à Lauvallier et à la Grande-aux-Metz, entre le 3e corps français et des fractions des Ier et VIIe corps d’armée allemands, dirigés par le maréchal Manteuffel. Source : S2786, p. 13.

 

France, Dinsheim – Heiligenberg : attaque des francs-tireurs.

Le 22 septembre 1870, les francs-tireurs attaquent un détachement badois près de Dinsheim et de Heiligenberg. Source : S3477, p.11.

 

Jeudi 22 au vendredi 23 septembre 1870

 

Paris : combats de Villejuif.

Les 22 et 23 septembre 1870 se déroulent les combats de Villejuif. La division Maud-huy rencontre les troupes avancées du VIe corps d’armée allemand et de la 12e division du lieutenant-général von Hoffmann. L’issue est victorieuse pour les Français, qui récupère les Hautes-Bruyères et le Moulin-Sauel, qui avait été évacué prématurément le 19 septembre 1870. Source : S2786, p. 13.

 

Vendredi 23 septembre 1870

 

Paris assiégé : envol du ballon Neptune.

Le 23 septembre 1870, Paris est assourdi par le fracas d’une violente canonnade. Ballon poste : un grand nombre de Parisiens se sont réunis place Saint-Pierre. Le 23 septembre 1870, on assiste à l’envol du vieux ballon ballon Neptune de Nadar, avec Duruof qui est le premier volontaire pour partir avec. Théophile Gautier nous décrit la scène : « Au milieu de la place, dans un terrain vague entouré d’une corde, s’élèvent trois tentes : l’une pour les soldats, l’autre pour les marins, la troisième pour les aéronautes. Un tuyau se raccordant avec la grande artère du gaz trace sa ligne à fleur de terre. Quelques bouts de planches, quelques tonneaux vides, voilà tout l’outillage. On ne saurait imaginer rien de plus simple. Le ballon gonflé, de couleur blanche, semblable à une énorme perle bossuée, palpite sous le vent, qui est encore d’une violence extrême. Un cercle d’homme d’’équipe, marins, soldats aérostiers, gens du quartier, prêtent leurs bras robustes, se suspendent aux cordages d’amarre et retiennent à terre l’énorme sphère impatiente de prendre son vol. Le ballon s’envole à 8 heures, il emporte 125 kg de lettres. Au cri de « Lâchez tout ! », le ballon, libre de ses liens, s’élance, oscille deux ou trois fois, et monte avec une prodigieuse rapidité, comme s’il était aspiré par un tourbillon. Dès le départ, Duruof a opéré au délestage massif pour donner au Neptune une grande force d’impulsion. De ce fait, le ballon s’éleva jusqu’à trois mille mètres. Poussé par le vent d’Est dans la direction de l’Arc de Triomphe, il est aussitôt repéré par l’ennemi et salué par l’artillerie prussienne. Le Neptune a disparu ». Le Neptune navigue à 3 000 m ayant déversé une pluie de cartes cornées sur les lignes allemandes. Duruof entend crépiter les balles et voit se former un petit nuage de fumée. Son esquif suit le cours du fleuve. Duruof atterit à 11 heures dans le parc du château de Cracouville, propriété de l’amiral de La Roncière. L’étoffe du balon arrivé au dernier point d’usure, craque de toutes parts, lorsqu’il a falut la plier. Le Neptune a effectué son dernier voyage, mais la poste aérienne est créée.

Source : S2002, p. 76-80.

 

France, Toul : reddition de la place forte.

Reddition de la place forte de Toul le 23 septembre 1870. Déenseurs : Major Hück avec 2 300 hommes. Assaillant : Grand-duc de Meklembourg avec le XIIIe corps (17e division et 2e division de réserve). Source : S1471. S2786, p. 13.

 

France, Mutzig : attaque des francs-tireurs.

Le 23 septembre 1870, les francs-tireurs attaquent le détachement allemand. Source : S3477, p.11.

 

Samedi 24 septembre 1870

 

Metz assiégé : envoi du courrier par ballon.

La Guerre Illustrée du 24 septembre 1870 annonce qu’un petit ballon libre était tombé à la lisière de la forêt du Mureau, à 16 km de Neufchâteau, dans le département des Vosges. Sa nacelle contenait des billets datés du 16 septembre 1870 adressés par les soldats assiégés de Metz, à leurs familles.

Source : S2002, p. 84.

 

Dimanche 25 septembre 1870

 

Paris assiégé : envol du ballon poste Ville-de-Florence.

Le 25 septembre 1870, à 11 heures, Paris voit partir le ballon-poste la Ville-de-Florence qui emporte les premiers pigeons-poste du siège. Le ballon s’elève au-dessus d’un champ d’expériences, dit la Glacière, situé le long de la Bièvre, près du boulevard d’Enfer. L’aérostat la Ville de Florence est poursuivi par les hussards saxons. Il atterrit à 14 heures au nord de Médan, au lieu-dit l’Abîme. Mangin et les paysans accourus à son secours font disparâitre toute trace de l’aérostat et de son contenu avant l’arrivé des Prussiens.

Source : S2002, p. 82-83.

 

Lundi 26 septembre 1870

 

Verdun : deuxième bombardement de la place forte.

La garnison de Verdun s’est renforcée par l’arrivée des nombreux échappés de Sedan. La place forte de Verdun est assiégée par des détachements de la Ire armée et des troupes d'étapes aux ordres du lieutenant-général von Bothmer. Les assiégés ripostent vigoureusement et la défense ne faiblit pas. Source : S2786, p. 13.

 

Mardi 27 septembre 1870

 

Paris assiégé : ordre du Gouverneur de Paris.

Le 27 septembre 1870, le gouverneur militaire de Paris diffuse l’ordre suivant : « Ordre. En raison de la diminution des jours, les portes de la Place de Paris seront, jusqu’à nouvel ordre, ouvertes à 7 heures du matin et fermées à 7 heures du soir. Cette disposition sera exécutoire à partir du 1er octobre au matin. Paris, le 27 septembre 1870. Le Gouverneur de Paris, P.O. le général chef d’état-major général Schmitz ».

Source : S2002, p. 93.

 

Mardi 27 septembre 1870 : 17h00

 

France, place forte de Strasbourg : capitulation de la place forte.

La capitulation. Le 27 septembre, à 17 heures, le général Uhrich fait hisser le drapeau blanc sur la cathédrale et sur les bastions 11 et 12. L’artillerie allemande cesse le feu aussitôt. Source : S0126, p.90-91.

Carte du siège de Strasbourg en 1870.

 

France, place forte de Strasbourg : lettre de demande de capitulation écrite par le général Uhrich au général von Werder.

Le général Uhrich écrit au lieutenant général de Werder la lettre suivante : « Strasbourg, le 27 septembre 1870. Monsieur le lieutenant général, la résistance de Strasbourg est arrivée à son terme. Je suis disposé à entrer en négociations pour la capitulation. J’ai l’honneur de demander, pour la ville de Strasbourg qui a déjà tant souffert, un traitement aussi doux que possible et la conservation de ses propriétés. Pour les habitants, la vie et les biens saufs, le droit de s’éloigner. Pour la garnison, rien, que le traitement dû à des soldats qui ont fait leur devoir. Général Uhrich ». Source : S0914, p. 201.

 

France, place forte de Strasbourg : réponse du général von Werder à la lettre de demande de capitulation écrite par le général Uhrich.

Le lieutenant général de Werder a répondu immédiatement : « Monsieur, Je viens de recevoir votre écrit ce jour, et je m’empresse d’envoyer à Koenigshoffen le lieutenant-colonel de Leszcynski, mon chef d’état-major, le capitaine de cavalerie comte Henkel de Donnersmark et le premier lieutenant de La Roche, pour traiter des autres détails relatifs à la remise de la place. Vous voudrez être persuadé que, rendant pleinement justice à votre valeureuse et honorable défense, non-seulement je remplirai les désirs exprimés par vous de la façon la plus étendue, mais encore je prendrai toutes les mesures pour alléger le sort de vos valeureux officiers et pour guérir les plaies de la ville. Je me réjouis de pouvoir vous exprimer ma haute considération personnelle et ma sincère estime avec laquelle je reste, monsieur, votre dévoué. Le lieutenant général von Werder ». Source : S0914, p. 201-202.

 

Mercredi 28 septembre 1870   2h00

 

France, place forte de Strasbourg : capitulation de la place forte.

Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1870, les parlementaires du général Uhrich commandant la place forte se sont rencontrés avec les représentants du Generalleutnant von Werder commandant les troupes assiégeantes dans une tente dressée sous un arceau du pont de chemin de fer de Koenigshoffen. Cet endroit servait d’abri au commandant des avant-postes badois. Finalement une convention est conclue à Koenigshoffen, le 28 septembre à 2 heures du matin. La place forte capitule après 46 jours de siège. Voici le protocole de la capitulation conclue le 28 septembre 1870 vers 2 heures du matin à Koenigshoffen : « Le comte de Werder, lieutenant général de S.M. le roi de Prusse, commandant l’armée assiégeante de Strasbourg, ayant été requis par M. le général de division français Uhrich, gouverneur de Strasbourg, de faire cesser les hostilités contre la place, est convenu avec lui de conclure la capitulation dont les termes qui suivent, en considération de la défense honorable et courageuse de cette place de guerre.

Article 1. Le 28 septembre 1870, à huit heures du matin, M. le général de division Uhrich évacuera la citadelle, la porte d’Austerlitz, la porte Nationale, celle des Pêcheurs. En même temps, ces divers points seront occupés par les troupes allemandes.

Article 2. Le même jour, à onze heures, la garnison française et la garde mobile quitteront la place par la porte nationale, se placeront entre les lunettes 44 et le réduit 37, et déposeront les armes.

Article 3. Les troupes de ligne et la garde mobile seront prisonnières de guerre et se mettront immédiatement en marche avec leurs bagages. Les gardes nationaux et les francs-tireurs resteront libres au moyen d’un revers (déclaration écrite de ne pas servir pendant la guerre) ; ils devront déposer les armes à la mairie avant onze heures du matin. A la même heure, les listes nominatives des officiers de ces troupes devront être transmises à M. le général de Werder.

Article 4. Les officiers et les fonctionnaires ayant rang d’officiers, de tous les corps de troupe de l’armée française, pourront se rendre à la résidence qu’ils choisiront, charge de fournir un revers dont la formule est annexée au présent document. Les officiers qui refuseront de signer ce revers seront conduits en Allemagne avec la garnison comme prisonniers de guerre. Tous les médecins militaires français conserveront leurs fonctions jusqu’à nouvel ordre.

Article 5. M. le général de division Uhrich s’engage, dès que les armes auront été déposées, à remettre tous effets militaires, caisse du trésor, etc., par l’intermédiaire des agents que cette remise concerne, aux fonctionnaires allemands, dans la forme usitée.

Les officiers et fonctionnaires, qui, des deux côtés, seront chargés de cette mission, se trouveront, le 28 septembre à midi, sur la place Broglie à Strasbourg. La présente capitulation été rédigée et signée par les fondés de pouvoirs suivants : du côté allemand, le lieutenant-colonel de Leszcynski, chef de l’état-major de l’armée de siège ; du côté français, le colonel Ducasse, commandant de Strasbourg, et le lieutenant-colonel Mengin, sous-directeur d’artillerie.

Lu et approuvé et signé : L. Mengin, Ducasse. Henkel de Donnersmark, Leszcynski. Le secrétaire : Baron de La Roche. Pour copie conforme : le général commandant supérieur, Uhrich ». Sources : S0126, p.90-91. S0131. S0914, p. 202-203.

 

Mercredi 28 septembre 1870 : matin

 

France, place forte de Strasbourg : proclamations du commandant de la place forte et du maire affichées dans les rues de Strasbourg.

Le 28 septembre 1870 au matin, les deux proclamations suivantes étaient affichées à Strasbourg :

Proclamation du général Uhrich aux habitants de Strasbourg.

« Habitants de Strasbourg, ayant reconnu aujourd’hui que la défense de la place de Strasbourg n’est plus possible, et le Conseil de défense ayant unanimement partagé mon avis, j’ai dû recourir à la triste nécessité d’entrer en négociations avec le général commandant l’armée assiégeante. Votre mâle attitude pendant ces longs jours de douloureuses épreuves m’a permis de retarder jusqu’à la dernière limite la chute de votre cité. L’honneur civil, l’honneur militaire sont saufs, grâce à vous, merci ! Merci à vous aussi, préfet du Bas-Rhin et magistrats municipaux, qui par votre énergie et par votre union m’avez prêté un concours si précieux, qui avez su venir en aide à la population malheureuse, et maintenir haut son attachement à notre patrie commune. Merci à vous, chefs militaires et soldats, à vous surtout, membres de mon Conseil de défense, qui avez toujours été si unis de vues, si énergiques, si dévoués à la grande mission que nous avions à accomplir ; qui m’avez soutenu dans les instants d’hésitation que faisaient naître la lourde responsabilité qui pesait sur moi, et l’aspect des malheurs publics qui m’environnaient. Merci à vous, représentants de notre armée de mer, qui avez su faire oublier votre petit nombre par l’énergie de votre action ; merci enfin à vous, enfants de l’Alsace ; à vous, garde nationaux mobiles ; à vous, francs-tireurs et compagnies franches, à vous aussi, artilleurs de la garde nationale sédentaire, qui avez si noblement payé le tribut du sang à notre grande cause aujourd’hui perdue ; et à vous douaniers, qui avez aussi donné des preuves de courage et de dévouement. Je dois les mêmes remerciements à l’intendance pour le zèle avec lequel elle a su parer aux exigences d’une situation difficile, tant pour le service hospitalier que pour celui des vivres. Où trouverai-je des expressions suffisantes pour dire à quel point je suis reconnaissant envers les médecins civils et militaires qui se sont consacrés aux soins de nos blessés et de nos malades militaires, envers ces nobles jeunes gens de l’Ecole de médecine, qui ont accepté avec tant d’enthousiasme le poste périlleux des ambulances dans les ouvrages avancés et aux portes ? Comment remercier assez les personnes charitables, les maisons religieuses, les établissements publics qui ont ouvert des asiles à nos blessés, qui les ont entourés de soins si touchants, et qui en ont arraché beaucoup à la mort ? Je conserverai jusqu’à mon dernier jour le souvenir des deux mois qui viennent de s’écouler, et le sentiment de gratitude et d’admiration que vous m’avez inspiré ne s’éteindra qu’avec ma vie. De votre côté, souvenez-vous, sans amertume de votre vieux général, qui aurait été si heureux de vous épargner les malheurs, les souffrances et les dangers qui vous ont frappés, mais qui a dû fermer son cœur à se sentiment, pour ne voir devant lui que le devoir, la patrie en deuil de ses enfants. Fermons les yeux, si nous le pouvons, sur le triste et douloureux présent et tournons-les vers l’avenir ; là nous trouverons le soutien des malheureux ; l’espérance ! Vive la France à jamais ! Fait au quartier général, le 27 septembre 1870. Le général de division, commandant supérieur de la 6e division militaire. Uhrich ».

Proclamation du maire de Strasbourg.

« Chers concitoyens ! Après une résistance héroïque, et qui, dans les fastes militaires, ne compte que de rares exemples, le digne général qui a commandé la place de Strasbourg vient, d’accord avec son Conseil de défense, de conclure avec le commandant en chef de l’armée assiégeante une convention pour la reddition de la place. Cédant aux dures nécessités de la guerre, le général a dû prendre cette détermination en présence de l’existence des deux brèches, de l’imminence d’un assaut qui nous eût été fatal, des pertes irréparables subies par la garnison et par ses vaillants chefs. La place n’était plus tenable, il est entré en pourparlers pour capituler. Sa détermination, écartant la loi martiale qui livre une place prise d’assaut aux plus rudes traitements, vaut à la ville de Strasbourg de ne pas payer de contributions de guerre et d’être traitée avec douceur. A onze heures, la garnison sortira avec les honneurs militaires, et aujourd’hui l’armée allemande occupera la ville. Vous qui avez supporté avec patience et résignation les horreurs du bombardement, évitez toute démonstration hostile à l’encontre du corps d’armée qui va entrer dans nos murs ! Rappelez-vous que le moindre acte agressif empirerait notre situation et attirerait sur la population entière de terribles représailles. La loi de la guerre dit que toute maison, d’où il aurait été tiré un coup de feu, sera rasée et ses habitants passés au fil de l’épée. Que chacun s’en souvienne, et s’il était parmi vous des hommes assez oublieux de ce qu’ils doivent à leurs concitoyens, pour méditer d’impuissantes tentatives de résistance, empêchez-les d’y donner suite. L’heure de la résistance est passée. Résignons-nous à subir ce qui n’a pu être évité. Vous, chers concitoyens, qui, durant ce long siège, avez déployé une patience, une énergie que l’histoire admirera, restez dignes de vous-mêmes à cette heure douloureuse. Vous tenez dans vos mains le sort de Strasbourg et le vôtre. Ne l’oubliez pas ! Strasbourg le 28 septembre 1870. Le maire, Küss ». Source : S0914, p. 204-205.

 

Mercredi 28 septembre 1870   8h00

 

France, place forte de Strasbourg : capitulation de la place forte.

A 8 heures du matin, la citadelle, les portes Nationales, d’Austerlitz et des Pêcheurs doivent être évacuées. La garnison française et la garde mobile sont prisonnières de guerre. Les gardes nationaux et les francs-tireurs sont désarmés et restent libres.

Le bilan du siège de Strasbourg est lourd. Les pertes de la population civile se montent à 261 tués et environ 1 100 blessés. Les pertes militaires de la garnison s’élèvent à 310 tués, 2 076 blessés et 55 disparus pour une garnison de 19 730 hommes au 27 septembre 1870. Les pertes militaires allemandes comprennent 181 tués, 724 blessés et 44 disparus. Au point de vue matériel, la ville de Strasbourg a subi des pertes considérables. 202 112 projectiles ont été tirés sur la ville, soit une moyenne journalière de 5 770 obus depuis le début du bombardement. Sur 3 598 maisons de l’intérieur de la ville, 448 ont été complètement détruites, la plupart des autres sont endommagées. Le jour de la capitulation, il y a plus de 10 000 personnes sans abri, ce qui provoque une animosité de la population à l’égard des Allemands. La cathédrale a éprouvé de grands dommages. Le musée, l’hôtel de la préfecture, le théâtre, le palais de justice, la bibliothèque, le temple neuf, le gymnase protestant, l’hôtel de l’état-major et la gare de chemin de fer ont brûlé de fond en comble.

Après le siège, un certain nombre de critiques sont formulées par des spécialistes des fortifications à l’égard du haut-commandement français. Ils estiment que ce dernier, influencé par l’évolution de la portée et de l’efficacité de l’artillerie et ne croyant plus à l’avenir des fortifications, a négligé d’améliorer celles de Strasbourg et de construire les abris nécessaires à la protection de la garnison et de la population. Les critiques concernent également le général Uhrich qui aurait pu, par une défense énergique, tenir trois semaines supplémentaires et fixer ainsi plus longtemps le corps du général von Werder. Le lieutenant-colonel Prévost, de la direction des fortifications, estime que les brèches étaient « insignifiantes, impraticables et inabordables » le jour de la capitulation. Il cite le cas de Belfort qui résista 103 jours, dont 73 de bombardement, et qui reçut 410 000 projectiles, dont 120 000 sur la ville et déclare que le colonel Denfert a pu, a voulu et a su organiser la résistance et que tous les efforts ennemis pour s’emparer de la place ont échoués. Source : S0126, p.90-91.

 

Mercredi 28 septembre 1870

 

Alsace occupée, Strasbourg : nomination du gouverneur militaire allemand.

Le lieutenant-général von Ollech est nommé gouverneur militaire de la place forte de strasbourg. Source : S0126, p.90-91.

 

France, teritoire occupé, Strasbourg : nomination du commandant du 14ème corps d’armée.

Le général prussien von Werder est nommé commandant du 14ème corps d’armée. La capitulation de Strasbourg permet au 14ème corps de s’emparer du reste de l’Alsace. Ce corps d’armée est formé pour opérer en direction du sud de part et d’autre des Vosges et couper les communications entre Mulhouse et Paris, d’une part, entre Pontarlier et Paris, d’autre part. Source : S0126, p.90-91.

 

France, territoires occupés, Strasbourg : consignes du général allemand commandant la place forte.

La commune de Strasbourg a publié l’avis du nouveau général commandant la place forte occupée par les troupes allemandes : « L’administration municipale porte à la connaissance du public les ordres qui lui ont été transmis par M. le général de Mertens, commandant supérieur de la place :

1. L’état de guerre et de siège continue à subsister, et toute espèce de délits et de crimes, principalement les infractions aux ordres de Mr. le général commandant supérieur de la place, quelle que soit la qualité des contrevenants, sont justiciables des conseils de guerre et punis en conformité de la loi martiale.

2. Les habitants de la ville sont tenus de livrer au quartier général toutes les armes et munitions qui sont en leur possession, sans en rien excepter. La dénomination d’armes comprend les armes de tir, sabres, épées, poignards, cannes à épée. Les propriétaires de maisons sont responsables de l’exécution du présent ordre ; dans les bâtiments dont les propriétaires sont absents, l’administration municipale est chargée de faire des visites domiciliaires minutieuses et de requérir, le cas échéant, l’assistance de l’autorité militaire.

3. Sont interdits jusqu’à nouvel ordre, tous journaux, gazettes, proclamations et, en général, tous imprimés, à l’exception des dispositions qui auront été autorisées par le général commandant supérieur de la place.

4. Les habitants sont informés que, dans le cas où les troupes allemandes seraient, d’un bâtiment quelconque ou d’un lieu quel qu’il soit, l’objet d’une agression armée, les troupes sont autorisées à entrer dans le bâtiment et à passer par le fil de l’épée tous les hommes adultes.

5. Par contre, les troupes respecteront la propriété privée, et les réquisitions n’auront lieu qu’avec l’autorisation de M. le général commandant supérieur de la place.

6. Tous les lieux publics devront être fermés à 9 heures du soir. Toutes les personnes qui seront rencontrées dans les rues après 9 heures du soir seront arrêtées par les hommes de garde ou les patrouilles et conduites au siège du commandement. Il n’y a exception que pour les officiers des troupes allemandes. Des exceptions à cette mesure ne peuvent être accordées qu’en faveur des médecins civils qui ont à visiter d’urgence des malades, et même dans ce cas seulement à la demande des autorités municipales et au vu d’une autorisation écrite qui sera délivrée par M. le général commandant supérieur de la place.

7. Les autorités municipales ont à soigner un éclairage suffisant de toutes les rues et places pendant l’obscurité. Dans le cas où un éclairage convenable ne pourrait être fourni immédiatement, chaque habitant qui circulera dans les rues et sur les places, depuis la tombée de la nuit jusqu’à 9 heures, est tenu d’être porteur d’une lanterne.

8. Les consignes des portes de la ville ont reçu l’ordre de ne laisser entrer ni sortir aucun habitant, à partir d’aujourd’hui à midi jusqu’à demain matin à 10 heures, à moins d’une autorisation spéciale et écrite de M. le général commandant supérieur de la place.

A partir de demain matin à 10 heures, les femmes et les enfants de la population civile sont seuls admis à passer librement.

9. Provisoirement, les magasins pourvoiront à l’entretien des troupes allemandes ; les autorités municipales auront, dans le plus bref délai possible, à prendre des mesures à l’effet de préparer des logements, sans nourriture, pour 8 000 hommes dans les maisons particulières, dans les dépôts à incendie et dans les casernes encore habitables.

Strasbourg, le 28 septembre 1870. Signé : Mertens ». Source : S0914, p. 346-347.

 

Jeudi 29 septembre 1870

 

Paris assiégé : envol du ballon les Etats-Unis.

Le 29 septembre 1870, à Paris à l’usine de gaz de La Vilette, on attend le départ d’un ballon-poste. Cet aérostat est le mariage de deux vieux ballons usagés, le Napoléon et l’Hirondelle. L’Hirondelle dont l’enveloppe pirifome cubait 500 m3 servait aux spectacles aéronautiques de l’Hippodrome ainsi qu’aux tournées en province et à l’étranger. Le Napoléon cubait 800 m3. Son enveloppe de soie était peinte. Son décor se composait de divers emblèmes et d’aigles impériaux. Il avait été construit pour une entreprise qui organisait des fêtes publiques. L’imagination des aéronautes aboutit à l’accouplement des deux ballons. L’ensemble est baptisé les Etats-Unis, et piloté par Louis Godard. A 10h30 du matin, sous un soleil radieux, l’aéronef s’envole et le vent l’emporte dans la direction du Mont-Valérien. Il s’élève de 800 à 1 500 m et reste longtemps immobile au-dessus de la forêt de Saint-Germain-en-Laye, puis porté par un léger vent, il dépasse Mantes et atterit près du vollage de Magnanville.

Source : S2002, p. 90.

 

France, teritoire occupé, Strasbourg place forte : ordonnance impériale lançant les études de l’extension des fortifications de la place.

Dès l’entrée des troupes allemandes dans Strasbourg, une ordonnance impériale « A.K.O. » du 29 septembre 1870 demande l’étude d’une extension de la place forte de Strasbourg. Source : S0111.

 

France, Rothau : les francs-tireurs bloquent les troupes de reconnaissance badoises.

Fin septembre 1870, les francs-tireurs bloquent des troupes de reconnaissance badoises qui voulaient monter la vallée de la Bruche. Source : S3477, p.11.

 

Vendredi 30 septembre 1870

 

Paris : combats de l’Hay – Chevilly – Thiais – Choisy.

Le 30 septembre 1870, le général Vinoy lance une grande reconnaissance offensive avec le 13e corps d’armée, entre la Seine et la Bièvre. Son objectif était de détruire le pont qu’on supposait établit sur la Seine à Choisy. Les avant-postes sont enlevés, mais les troupes françaises se heurtent à une ligne de résistance plus en arrière, avec le VIe corps d’armée allemand et des fractions du IIe corps d’armée bavarois. Les Français effectuent une retraite sur le plateau de Villejuif. Le général de brigade Guilhem est tué devant Chevilly. Source : S2786, p. 14.

 

Paris : combats de Maule.

Le 30 septembre 1870 se déroulent les combats de Maule, une agglomération située près de Saint-Germain-en-Laye. Il s’agit de combats entre des corps francs d’une part et le gros de la 3e division de cavalerie du général-major von Bredow et des éléments d’infanterie du Ier corps bavarois d’autre part. Source : S2786, p. 14.

 

Paris assiégé : envol du ballon le Céleste.

Le 30 septembre 1870, à l’aube, sous une aurore toute rouge, le canon tonne toujours à Paris. Vers 9h00, le ballon-poste Céleste s’envole de l’usine à gaz de Vaugirard. Gaston Tissandier, pilote du Céleste, passe au-dessus de Versailles et déverse sur le parc une partie des proclamations qu’il a emportées. A 11h50 il atterit sans difficulté à Saint-Denis-de-Moronval à 3 km à l’est de Dreux. Le soir même, deux pigeons voyageurs partis le matin avec le ballon-poste Céleste, sont rentrés.

Source : S2002, p. 90-92.

 

Paris assiégé : communiqué de la Commission des barricades

Le 30 septembre 1870, la Commission des barricades publie l’avis suivant : « République française. Liberté, égalité, fraternité. Commission des Barricades. Avis. Un certain nombre de citoyens, dans le but patriotique de renforcer la défense de la capitale, ont cru devoir élever spontanément des barricades sans avoir pris la précaution de s’entendre préalablement avec la Commission spécialement chargée de ce travail par le Gouvernement. Il en résulte que les plans dus à l’initiative privée peuvent être contrariés par ceux qui auront été arrêtés par le Commission. Ce fait s’est déjà produit dans un des secteurs, où les barricades, commencées si près de la rue du rempart, qu’elles obstruent la défense des fortifications vont être forcément démolies. Nous n’avons pas besoin d’insister sur le danger qui pourrait résulter de ce défaut d’entente. Tout le monde comprendra que le manque d’unité dans le système d’obstacles à opposer à l’ennemi présenterait les plus grands périls. Nous rappelon donc aux citoyens que, décidés à recevoir et à accueillir toutes les communications et tous les conseils, nous ne pourront admettre que personne puisse mettre, de sa propre autorité, a l’exécution un plan qui n’aurait pas été accepté par le Gouvernement de la défense nationale. Le président de la Commissions des barricades, Henri Rochefort ».

Source : S2002, p. 91.

 

France, territoires occupés, Strasbourg : réquisition de travailleurs au profit de la place et garnison.

La commune de Strasbourg a publié vers le 30 septembre 1870 cet avis émanent du colonel du génie allemand : « Commune de Strasbourg. Réquisition. Par ordre de M. le colonel du génie, la ville est mise en réquisition pour fournir demain samedi, à six heures du matin, 750 travailleurs civils. MM. Les entrepreneurs et chefs ouvriers en bâtiment sont tenus d’envoyer leurs ouvriers à l’heure indiquée sur la place Broglie, près du théâtre, pour les mettre à la disposition de l’autorité militaire. Les ouvriers qui refuseraient de se rendre à ce travail ou les personnes qui emploieraient des ouvriers à des travaux de déblayement ou autres de cette nature pour leur propre compte, s’exposeraient à toutes les conséquences de la contravention. Les maçons, charpentiers, menuisiers, recevront 2,50 fr par jour ; les manœuvres, 2,00 fr. Pour le maire, l’adjoint délégué, A. Zopff ». Remarque : il est fort probable que ces travailleurs requis servent à exécuter les travaux de déblaiement des remparts et ouvrages de fortification endommagés. Source : S0914, p. 347-348.

 

Samedi 1er octobre 1870

 

Paris assiégé : Gambetta s’adresse aux Parisiens.

Le 1er octobre 1870, Gambetta s’adresse aux Parisiens : « Citoyens, le Gouvernement vous doit la vérité. Toul et Strasbourg viennent de succomber. Cinquante jours durant, ces deux héroïques cités ont essuyé une véritable pluie de boulets et d’obus. Epuisées de munitions et de vivres, elles défiaient encore l’ennemi. Elles ont, en tombant, jeté un regard vers Paris, pour affirmer une fois de plus l’unité et l’intégrité de la Patrie, l’indivisibilité de la République, et nous léguer, avec le devoir de la délivrer, l’honneur de les venger. Vive la France ! Vive la République ! ».

Source : S2002, p. 94.

 

Metz : combats de Lessy.

Le 1er octobre 1870, la divison française Lorencez du corps d’armée Ladmirault tente une percée sans succès vers Châtel contre les avant-postes du IXe corps d’armée allemand. Source : S2786, p. 14.

 

Samedi 1er au dimanche 2 octobre 1870, nuit

 

Metz : combats de Ladonchamps.

Au cours de la nuit du 1er au 2 octobre 1870, la division française Levas – Sorval, dirigée par Canrobert, enlève le château de Ladonchamps à la division allemande de réserve Kümmer. Source : S2786, p. 14.

 

France, territoires occupés, Strasbourg : interdiction de faire sortir des chevaux provenant de l’armée française.

La commune de Strasbourg a publié le 1er octobre 1870 cet avis provenant du commandant de place : « Avis. Par ordre de M. le lieutenant-colonel Kraus, 2e commandant de place, il est interdit sous les peines les plus sévères de faire sortir de la ville des chevaux provenant de l’armée française. Strasbourg, le 1er octobre 1870. Pour le maire, l’adjoint délégué, A. Zopff ». Source : S0914, p. 349.

 

France, territoires occupés, Strasbourg : inscription au prochain convoi d’émigration vers la Suisse.

La commission municipale a publié vers le 1er octobre 1870 cet avis approuvé par l’état-major allemand : « Convoi d’émigration pour la Suisse. Avis. Les personnes qui, par suite des malheurs éprouvés dans ces derniers temps ou qui, dans le but d’améliorer l’état de santé, voudraient, sous la protection de MM. Les hauts délégués de la Suisse, jouir de quelques semaines de repos dans ce beau et généreux pays, sont priés de se faire inscrire à l’hôtel du Commerce, bureau du Conseil des prud’hommes, à partir de ce jour, jusqu’au mardi 4 octobre, dernière limite d’inscription. Pour la commission municipale, l’adjoint délégué, A. Zopff. Approuvé : Etat-major de Strasbourg, A. B. Wolff, premier lieutenant adjudant ». Source : S0914, p. 349.

 

France, territoires occupés, Strasbourg : interdiction aux officiers français de parâitre avec leurs armes.

Avis communiqué par la ville de Strasbourg et le commandant de la place : « Avis à MM. les officiers français séjournant en ville. MM. les officier français, laissés libres sur parole, qui séjourneront encore dans cette ville, sont invités à ne plus paraître en public avec leurs armes. Ceux qui ne tiendraient pas compte de cette invitation s’exposeraient à être mis en arrestation. Il est porté à la connaissance qu’ils ne pourront pas prolonger leur séjour à Strasbourg au-delà du 6 courant. Si d’ici là ils jugent convenable de sortir en uniforme, ils sont priés de saluer militairement les officiers allemands qu’ils rencontrent. Après le 6 octobre, il leur sera loisible de se rendre au lieu de résidence de leur choix, mais il ne sera plus permis de rester à Strasbourg même. En n’observant pas cette recommandation, ils s’exposent au désagrément d’être arrêtés et conduits hors de la ville. Strasbourg, le 1er octobre 1870. Par ordre du commandant de place, De Wangenheim, lieutenant-colonel et chef d’état-major ». Source : S0914, p. 349.

 

France, territoires occupés, Strasbourg : obligation de logement et de fourniture de la nourriture aux troupes allemandes.

Le 1er octobre 1870 le général commandant en chef de la place signe et publie l’avis suivant : « Délibéré à Strasbourg, le 1er octobre 1870, concernant l’organisation du mode d’entretien des officiers, employés et hommes qui font partie de la garnison ; a été arrêté à :

A. Officiers et employés.

1. Les officiers et employés seront logés et nourris par les habitants.

2. Ils ont droit à :

a) Le matin, un déjeuner composé de café ou de thé avec petit pain ;

b) Un second déjeuner composé de bouillon et d’un plat de viande avec légumes ;

c) Un dîner composé de soupe ; deux plats de viande avec légumes ou salade, dessert et café ;

d) Pour la journée, deux litres de bon vin de table et cinq bons cigares.

3. Selon le désir des officiers ou employés logés, le dîner pourra être porté à midi, et, dans ce cas, on leur servira un souper conformément à l’art. 2b, lequel remplacera le second déjeuner.

4. Si le propriétaire ne veut donner la nourriture en nature, il est libre de la leur faire donner, à ses frais, dans un des bons hôtels ou restaurants de la ville, autant que possible dans les environs de sa maison.

5. Pour les jours écoulés depuis l’entrée des troupes à Strasbourg jusqu’au 1er octobre inclusivement, il sera fait un arrangement en argent pour l’entretien des officiers et employés, dont il sera présenté un règlement de compte spécial à la mairie.

B. Sous-officiers et soldats.

6. Les soldats qui seront logés en ville et qui ne seront pas logés dans les casernes ou dans les postes ont le droit de demander ce qui suit :

a) Un déjeuner composé de café ;

b) Un dîner composé de soupe, une livre de viande avec légumes (riz gruau, haricots, pois, pommes de terre, etc.) ;

c) Souper composé d’un plat chaud ;

d) Pour toute la journée : une livre et demie (750 grammes) de pain, un demi-litre de vin, ou un litre de bière, ou un décilitre d’eau de vie, plus cinq cigares ou une quantité de tabac correspondante.

7. L’entretien des troupes logées dans les casernes ou dans les postes aura lieu par des impositions spéciales qui seront mises à la charge de la ville.

8. Les mesures d’entretien simple stipulées par les précédents articles entrent en vigueur à partir du 2 octobre courant.

9. M. le Maire est invité, après en avoir pris connaissance, à les publier immédiatement.

Strasbourg, le 1er octobre 1870. De par le commandant supérieur, Le chef d’état-major, De Lesczynski, lieutenant-colonel. Source : S0914, p. 349-350.

 

Dimanche 2 octobre 1870

 

France, Mulhouse : entrée des troupes allemandes.

Les 

troupes allemandes entrent le 2 octobre 1870 à Mulhouse. Source : S3477, p.11.

 

Lundi 3 octobre 1870

 

Paris assiégé : arrivée du général américain Burnside.

Le 3 octobre 1870, le général américain Burnside arrive à Paris. Il a rendu visite à M. de Bismarck puis vient à Paris par le pont de Sèvres, accompagnés par des Prussiens munis du drapeau blanc. Il traverse la Seine en barque car tous les ponts ont été détruits.  

Source : S2002, p. 100.

 

France, territoires occupés, Strasbourg : invitation à livrer les projectiles.

Avis du 3 octobre 1870 du général von Mertens, commandant la place forte, publié par la ville de Strasbourg : « Invitation à livrer les projectiles. Les habitants de Strasbourg sont invités par la présente à continuer à avertir la mairie s’ils ont dans leurs maisons des projectiles, afin que, pour éviter des malheurs, des soldats expérimentés viennent les retirer et les décharger. Strasbourg, le 3 octobre 1870. Le maire, Küss. Approuvé avec l’observation que les habitants qui cacheraient des projectiles, de quelque nature qu’ils soient, ou des effets militaires français ou allemands, seraient punis selon la sévérité des lois militaires. Strasbourg, le 3 octobre 1870. Le commandant, signé : De Mertens ». Source : S0914, p. 350.

 

Mardi 4 octobre 1870

 

Loire : affaire d’Epernon.

Le 4 octobre 1870, se déroule l’affaire d’Epernon, sur la route de Rambouillet à Chartres, entre les gardes nationaux et mobiles d’une part et la 13e brigade de cavalerie allemande du colonel von Alvensleben, soutenu par des éléments d’infanterie du Ier corps d’armée bavarois d’autre part.

Source : S2786, p. 14.

 

Mercredi 5 octobre 1870

 

France, Versailles : installation du quartier général du Roi de Prusse Guillaume Ier.

Guillaume 1er le roi de Prusse, établit son quartier général à Versailles. Source : S3477, p.11.

 

Loire : combats de Pacy-sur-Eure.

Le 5 octobre 1870 se déroulent les combats de Pacy-sur-Eure. Troupes françaises : les mobiles du général Delarue, commandant du corps de l’Eure qui est en cours de formation à Vernons et Evreux. Toupes allemandes : des fractions de la 3e division de la cavalerie commandée par le général-major von Bredow.

Source : S2786, p. 14.

 

Loire : escarmouches de Toury.

Le 5 octobre 1870 se déroulent les escarmouches de Toury, sur la route de Paris à Orléans. Il s’agit d’une simple canonnade sans résultat apprécialble. Troupes françaises : éléments du 13e corps d’armée français, qui est en cours de formation autour et au sud d’Orléans, commandé par le général Reyau. Toupes allemandes : 4e division de la cavalerie commandée par le prince Albrecht. ource : S2786, p. 14.

 

Est, Vosges : combats de Raon-l’Etape.

Le 5 octobre 1870 se déroulent les combats de Raon-l’Etape dans les Vosges. A l’issue des combats les troupes françaises se replient et sont suivient par le XIXe corps d’armée du général von Werder. Troupes françaises : troupes du corps des Vosges commandées par le général Dupré, 2 brigades de mobiles et des corps francs. Toupes allemandes : brigade badoise du général-major von Degenfeld et éléments du XIVe corps d’armée du général von Werder. Source : S2786, p. 14.

 

France, territoires occupés, Strasbourg : avis de ville de Strasbourg relatif à la réquisition de travailleurs.

Le 5 octobre 1870, la ville de Strasbourg et le commandant allemand de la place ont publié l’avis suivant : « Commune de Strasbourg. Travaux de construction. Réquisition. Tous les manœuvres, charpentiers, maçons, bateliers et autres ouvriers valides du bâtiment sont requis dans un délai de deux jours et jusqu’au 7 de ce mois au plus tard, à 6 heures du soir, à la mairie, dans les bureaux de M. l’architecte de la ville Conrath. Jusqu’à nouvel ordre, il est défendu à tout le monde d’employer des ouvriers tailleurs de pierres, maçons, charpentiers, manœuvres. Tous ces ouvriers sont requis par la ville et par les administrations militaires. La journée de 10 heures sera payé provisoirement comme suit : tailleurs de pierres : 4 fr ; maçon, charpentiers et bateliers de : 1re classe : 3,50 fr. ; 2e classe : 3,00 fr. ; manœuvres et terrassiers : 1,80 fr à 2,50 fr. Les propriétaires, les entrepreneurs et les ouvriers seront punis pour chaque contravention. Le maire, Küss.

Approuvé, en ajoutant que j’expulserai de la ville tous les ouvriers valides qui ne se seront pas présentés à l’endroit indiqué le 7 de ce mois vers 6 heures du soir. En dehors des portes de la ville, tous ces gens qui fuient le travail seront arrêtés par les postes militaires, les gendarmes et les agents de police, et seront punis comme vagabonds. Strasbourg, le 5 octobre 1870. Le commandant, général de Mertens ». Source : S0914, p. 353-354.

 

Jeudi 6 octobre 1870

 

Est, Vosges : combats d’Etival – Nompatelize – La Bourgonce.

Le 6 octobre 1870 se déroulent les combats d’Etival, Nompatelize et la Bourgonce dans les Vosges. A l’issue des combats les troupes françaises se replient et sont suivient par le XIXe corps d’armée du général von Werder. Troupes françaises : troupes du corps des Vosges commandées par le général Dupré, 2 brigades de mobiles et des corps francs. Toupes allemandes : brigade badoise du général-major von Degenfeld et éléments du XIVe corps d’armée du général von Werder. Source : S2786, p. 14.

Les opérations de l’Armée française des Vosges. Source : S0311, planche X.

 

Vendredi 7 octobre 1870

 

Paris assiégé : Léon Gambetta quitte Paris en ballon.

Le 3 octobre 1870, Gambetta qui Paris en ballon. Victor Hugo nous raconte la scène : « Ce matin sur le boulevard de Clichy, j’ai aperçu, au bout d’une rue entrant à Montmartre, un ballon. J’y suis allé. Une certaine foule entourait un grand espace carré, muré par les falaises à picc de Montmartre. Dans cet espace se gonflaient trois ballons, un grand, un moyen et un petit. Le grand, jaune, le moyen, blanc, le petit, à côtés, jaune et rouge. On chuchotait dans la foule : « Gambetta va partir ! ». J’ai aperçu, en effet, dans un gros paletot, sous une casquette de loutre, près du ballon jaune, dans un groupe, Gambetta. Il est assis sur un pavé et a mis des bottes fourrées. Il avait un sac de cuir en bandouillère. Il l’a ôté, est entré dans le ballon, et un jeune homme, l’aéronaute, a attaché le sac aux cordages au-dessus de la tête de Gambetta. Il était dix heures et demie. Il faisait beau. Un vent du sud faible. Un doux soleil d’automne. Lorsque Nadar cria : « Lâchez tout ! ». Une immense clameur retentit sur la butte. … Le ballon jaune s’est enlevé avec trois hommes dont Gambetta. Puis le ballon blanc, avec trois hommes aussi, dont un agitait le drapeau tricolore. Au-dessus du ballon de Gambetta pendait une flamme tricolore. On a crié : « Vive la République ! ». Les deux ballons ont monté, le blanc plus haut que le jaune, puis ont les a vus baisser. Ils ont jeté du lest, mais ils ont continué de bisser. Ils ont disparu derrière la butte de Montmartre. Ils ont dû descendre plaine Saint-Denis. Ils étient trop chargés, ou le vent manquait ». Le grand ballon jaune dans lequel avait pris place Gambetta, était dénommé l’Armand-Barbes, le ballon moyen de couleur blanche, le Georges-Sand et le petit ballin jaune et rouge, le Ballon de Piper. Le Georges-Sand fait un voyage heureux jusqu’à Crémery, à 6 km de Roye où il atterit à 16 heures. L’Armand-Babes, avec Gambetta, était plusieurs fois en difficulté jusqu’à son point d’arrivée à un kilomètre au sud d’Epineuse dans l’Oise. Sa nacelle se trouve accrochée aux branches d’un arbre dans le bois d’Epineuse. Il en ressort que si Gambetta ne fut pas capturé par les cavaliers prussiens partis à bride abattue de Chantilly, c’est simplement un miracle. Gambetta arrivera à rejoindre Tours. Le Ballon de Piper, au bout de 5 km de vol, tombe dans une mare entre Dugny et le Fort de L’Est, à cause de l’ouverture accidentelle de la soupape qui fit dégonfler brusquement le ballon.

Source : S2002, p. 102-105. S3477, p.11.

 

Metz : combats des Maxes, des Tapes, de Ladonchamps, de Sainte-Agathe et de Bellevue.

Déroulé : opération française de ravitaillement très importante. Une diversion est lancée à droite sur Vany – Mey et Lauvallier et à gauche vers Woippy - Vigneules. Après les premiers succès contre les avant-postes, les troupes françaises échouent devant les lignes fortifiées et les positions organisées allemandes. La retraite est ordonnée et l’opération reste sans résultats appréciable. C’était la dernière tentative, dans environ 20 jours les vivres seront épuisés. Troupes françaises : la Garde et le corps Canrobert, dirigés par le maréchal Bazaine et la diversion à droite du corps Le Bœuf et à gauche du corps Ladmirault. Troupes allemandes : Ier, IIIe, VIIe et Xe corps d’armée. Bilan : général de brigade Gibon est tué. Source : S2786, p. 15.

 

France, territoires occupés, Strasbourg : demande le retour des ouvriers émigrés en Suisse.

Les autorités allemandes ont fait publié vers le 7 octobre 1870  dans le journal local de Bâle « Baseler Nachrichten » un appel au retour des ouvriers strasbourgeois : « Il serait à désirer que les autorités municipales en Suisse et en Allemagne fissent des appels aux ouvriers charpentiers, maçons, menuisiers, serruriers, vitriers, qui trouveraient de l’ouvrage à Strasbourg pour toute la durée de l’hiver ; on devrait même, si faire se peut, provoquer leur affluence, en leur payant, moyennant des collectes, le voyage ; ce serait un véritable bienfait pour cette ville qui a été tant éprouvée ». Source : S0914, p. 354.

 

France, territoires occupés, Strasbourg : le préfet allemand du Bas-Rhin demande un relevé des dommages occsionnés pendant le siège de la place forte.

Avis du 7 octobre 1870 publié par le préfet allemand du Bas-Rhin : « Avis. Son excellence M. le gouverneur général de l’Alsace m’a chargé de faire le relevé des dommages que le siège de Strasbourg a causé à cette ville et de les constater officiellement. Quoique ce soit affaire de la commune et de ses habitants de réparer les dégâts occasionnés dans les différents quartiers de la ville par le bombardement, l’administration allemande considère comme une de ses obligations les importantes à y contribuer autant que possible. Dans l’intérêt des incendiés, il faut que les pertes subies tant en meubles qu’en immeubles soient constatés vite et d’une manière uniforme ; à cet effet chaque intéressé doit se procurer à la mairie un formulaire qu’il remplira et signera de sa main. Ce formulaire doit être renvoyé à la maison au plus tard le 17 octobre, 6 heures du soir. Ce délai passé, nulle réclamation ne sera plus admise. Des sous-commissions, dont je me réserve de faire connaître plus tard les membres, procéderont dans les différents quartiers à une évaluation impartiale des dommages, et soumettront ensuite leurs rapports à la commission générale instituée pour tout le périmètre de la forteresse. J’engage en conséquence toutes les personnes qui ont souffert du bombardement faire connaître sans délai et consciencieusement le montant de leurs pertes. Haguenau, le 7 octobre 1870. Le préfet du Bas-Rhin, Comte de Luxbourg ». Source : S0914, p. 354.

 

Vendredi 7 et samedi 8 octobre 1870

 

Loire : affaire d’Ablis

Déroulé : les 7 et 8 octobre 1870, un parti de francs-tireurs surprend à Ablis au nord-est de Chartres, un détachement fort d’une compagnie bavaroise et d’un escadron, et emmène 70 prisonniers. Le lendemain, le général-major von Schmidt à la tête de la 6e division de cavalerie, réoccupe et incendie Ablis. Source : S2786, p. 15.

 

Samedi 8 octobre 1870

 

Nord : attaque de Saint-Quentin.

La colonne allemande du colonel von Kahlden, composée d’un régiment de cavalerie et de deux compagnies d’infanterie lance une attaque sur Quentin. L’attaque reste infructueuse. La ville est défendue par la garde nationale sédentaire que dirige le préfet de l’Aisne, Anatole de la Forge. Source : S2786, p. 15.

 

Paris assiégé : essai d’un projecteur.

A Paris au Moulin de la Galette, le soir du 8 cotobre 1870, a lieu l’essai d’un appareil électrique inventé par Bazin. Il projette la lumière à 300 mètres.

Source : S2002, p. 106.

 

France, Neuf-Brisach ; début du bombardement de la place forte.

Le 8 octobre 1870 à 9h00 débute le bombardement de la place forte. Source : S1471.

 

France, territoire occupé, Strasbourg : installation du gouvernement général d’Alsace.

Le 8 octobre 1870, le gouvernement général de l’Alsace est transféré à Strasbourg. A cette occasion la proclamation suivante est publiée : « Proclamation. Habitants de Strasbourg. Nommé gouverneur général de l’Alsace par la grâce de Sa Majesté le roi de Prusse, en sa qualité de généralissime des armées allemandes, je prends aujourd’hui possession de mon poste dans l’ancienne capitale de ce pays, réunie de nouveau à la patrie allemande et soustraite à la domination française, après qu’elle a dû se soumettre aux armes victorieuses de l’Allemagne. En vertu de l’autorité qui m’a été conférée, je donne aux habitants l’assurance que, dans les limites des conditions de la guerre, on fera tout ce qui est possible pour rétablir un ordre de choses régulier et légal et faire oublier les maux de la guerre. Ce but élevé sera plus vite atteint si la bourgeoisie se montre confiante envers le nouveau gouvernement, si chacun se garde d’entretenir des relations coupables, mais surtout si chacun se garde d’entretenir des relations coupables avec l’ancien gouvernement ou de lui prêter secours, et ne refuse pas aux mesures du gouvernement général l’obéissance que celui exige sans ménagement. Conformément à la volonté auguste de Sa Majesté le roi, des mesures seront prises pour aider la ville à réparer les dommages causés par un rude siège. Notre grande patrie allemande y contribuera avec joie, et de toutes parts, comme offrande pour la réunion, des dons considérables sont déjà arrivés ou annoncés. Il dépend donc la population de faciliter la transition à un nouvel état de chose inéluctable et amené par les desseins de la Providence, car de ce jour Strasbourg est et restera une ville allemande. Strasbourg, le 8 octobre 1870. Le gouverneur général de l’Alsace, Copte Bismarck-Bohlen, lieutenant général ». Sources : S0914, p. 351. S3477, p.11.

 

Dimanche 9 octobre 1870

 

Nord : combats de Gisor.

Le 9 octobre 1870, la défense de la ville de Gisor reste infructueuse. Assaillants : colonne du général-major Prince Albrecht (fils) avec deux brigades de cavalerie soutenues par des fractions d’infanterie. Défense : habitants de Gisor et quelques compagnies de mobiles du corps Gudin, en formation à Rouen.

Source : S2786, p. 15.

 

Paris assiégé : manifestation aux cris de Vive la Commune.

Le 9 octobre 1870, trois à quatre mille gardes nationaux, les uns en blouse et les autres en vareuse, descendent de Belleville en portant des pancartes sur lesquelles est inscrits, en lettres énormes, le mot de ralliement de l’émeute, et ils crient ensemble « Vive la Commune ! Vive la Commune ! ». Immédiatement le rappel bat dans tout Paris. Plusieurs bataillons arrivent au pas de course, pénètrent dans la place, et se forment en carré, contraignant la foule de reculer. Jules Favre, suivi de la plupart de ses collègues, sort de l’Hôtel-de-Ville, tandis que Trochu, accompagnié du général Tamisier, se promène de rang en rang. Ils sont accueillis tous par des cris longuement répétés : « Vive la République ! A bas la Commune ! ». A 18 heures, l’insurrection est calmée.

Source : S2002, p. 107.

 

Est : affaires de Rambervilliers.

Le 9 octobre 1870, la garde nationale, commandée par le major Petitjean, distpute l’entrée de la ville à la colonne du major von Markfeld, avec une fraction du XIVe corps.

Source : S2786, p. 15.

 

Dimanche 9 au lundi 10 octobre 1870

 

Loire : combats d'Angerville-Creusy - Artenay-la Croix et Briquet.

Du 9 au 10 octobre 1870, le grand état-major alelmand croyant avoir affaire à une organisation plus sérieuse de l’armée de la Loire, dirige sur Orléans le général von der Thann avec une fraction d’armée détachée du siège de Paris avec : le Ier corps bavarois, la 22e division d'infanterie, les 2e et 4e divisions de cavalerie. Le général de la Motterouge, commandant le 13e corps, ne s’attend pas à cette offensive. Il n’a pas ses troupes sous la main. Les divisions d'infanterie Peytavin et de cavalerie Reyau cèdent à la poussée enveloppante de l'adversaire en se défendant très mollement. Source : S2786, p. 15.

 

France, Vosges : à partir de cette date les troupes allemandes occupent les passages

Les troupes qui assiégeaient la place forte de Strasbourg, entreprennent l’occupation des passages des Vosges à partir du 9 octobre 1870. La résistance des francs-tireurs est anéantie dans ce secteur. Source : S3477, p.11.

 

Lundi 10 octobre 1870

 

Tours : arrivée de Gambetta.

Gambetta, ministre de l’Intérieur, parti en ballon le 7 octobre de Paris, arrivé à Tours le 10 octobre 1870. Il supplante en fait ses vieux collègues Crémieux et Glais-Bizoin. Compte tenu que Fourichon avait démissionné, il se charge du ministère de la guerre. Il s’adjoint M. de Freyein et comme délégué à la guerre. Pendant quatre mois, il va exercer dans les départements une véritable dictature, lever, équiper et armer près d'un million d'hommes qui, malheureusement, ne sont pas des soldats.  Source : S2786, p. 16.

 

France, Sélestat : investissement de la place forte.

Au cours de la guerre franco-allemande de 1870-71, la place forte de Sélestat est investie dès le 10 octobre 1870. Une autre source, S0126, indique le 20 octobre pour le début de l’investissement de la place. Source : S0126, p.90-91. S1471.

 

France, territoire occupé, Strasbourg : les courriers adressés au gouveneur militaire doivent être rédigés en langue allemande.

La mairie de Strasbourg a publié l’avis suivant : « Mairie de la ville de Strasbourg. Le maire informe les habitants qu’en vertu d’une décision de Son Exc. Le général d’Ollech, gouverneur de la place, toutes les lettres, pétitions, réclamations, etc., adressées au gouvernement royal devront, à l’avenir, être rédigées en langue allemande, sinon elles seront écartées d’office. Cette mesure a pour but de prévenir les conséquences fâcheuses que la traduction du français en allemand de documents écrits illisiblement occasionnent nécessairement. Strasbourg, le 10 octobre 1870 ». Source : S0914, p. 351.

 

Lundi 10 au mardi 11 octobre 1870, nuit

 

Est : coup de main de Stenay.

Dans la nuit du 10 au 11 octobre 1870, la garnison de la place forte de Montmédy effectue un heureux coup de main sur Stenay. Trois petites colonnes, conduites par les lieutenants Camiade, Pillières et de Lort-Sérignan, en tout 230 hommes environ, surprennent la garnison allemande de Stenay et font prisonniers 230 Allemands, parmi lesquels le colonel commandant d'étapes et 4 autres officiers. Source : S2786, p. 16.

 

Mardi 11 octobre 1870

 

Paris assiégé : ballons-poste.

Le 11 octobre 1870 à 8h30, dans un vent de tempête, le ballon-poste Washington s’envole de la gare d’Orléans. Le Washington emporte 300 kg de dépêches et 25 pigeons. Emporté par une forte rafale de vent, le Washington, très vite assailli par une fusillade, monte à mille mètres. Il navigue à une vitesse moyenne de 65 km/h et survolle Chantilly, Senlis, Compiègne et Noyon avant de subir un traînage périlleux à 9 km à l’est de Cambrai, à 165 km de Paris.

Cette gare, désaffectée momentanément, a été transformée par M. et Mme Godard en usine aérostatique où cent-vingt couturières cousent à la main les 40 fuseaux de calicot de chaque ballon. Les 20 douaniers de la gare participent au sèchage et au vernissage. Les marins, futurs aéronautes, confectionnent les filets. Le même jour à 9 heures, le ballon-poste Louis-Blanc, un ballon fabriqué à l’Elysée-Montmartre par les aérostiers de Nadar, quitte la place Saint-Pierre avec 125 kg de dépêches et 8 pigeons. Le Louis-Blanc navigue dans un vent violent au-dessus de Mantes, d’Amiens et des villes du Nord, jusqu’à Chimay en Belgique. L’atterrissage fut dangereux, car le ballon bondissait parmi les haies et les buissons à un train d’enfer. Vers 12h30, le Louis-Blanc finit par s’éventrer sur un arbre isolé. C’était le premier ballon du siège qui atterrissait à l’étranger et il reçut un accueil enthousiaste.

Source : S2002, p. 110-112.

 

Loire : combats autour d’Orléans et première occupation allemande.

Le 11 octobre 1870, les troupes du général de la Molterouge, dispersées et mal dirigées, sont refoulées par celles du général von der Thann au cours d'une multitude de petites affaires engagées sur la route, dans la forêt et jusque dans les faubourgs nord de la ville. Finalement, le 13e corps français abandonne Orléans et continue sa retraite sur la rive gauche de la Loire, dans la direction de Salbris. Les troupes allemandes occupent une première fois la ville d’Orléans. Sources : S2786, p. 16. S3477, p.11.

 

Est : combats de Brouvelieures et Bruyères.

Le 11 octobre 1870 se déroulent les combats de Brouvelieures et de Bruyères dans les Vosges entre le corps des Vosges du général Cambriels, avec 3 brigades de mobiles et de francs-tireurs et la brigade badoise du général-major Keller. Le général Cambriels est battu, il quitte la région vosgienne et se replie vers Besançon, où il va renforcer et réorganiser son armée des Vosges. Le XIVe corps allemand du général von Werder, le suit et descend dans la vallée de la Saône. Source : S2786, p. 16.

 

France, territoire occupé, Strasbourg : un habitant tué par un soldat allemand.

Le 11 octobre 1870, le gouverneur militaire a publié l’avis suivant : « Avis. La nuit dernière, un ouvrier serrurier nommé Alexis Roild a été tué d’un coup de feu par un soldat de première classe du 57e régiment, qui était chargé de maintenir l’ordre dans les rues, parce que leit Roild s’était porté à des voies de fait envers ce militaire. Une information est commencée sur cet accident. Mais j’engage les habitants de la ville à s’abstenir de toute violence envers les militaires prussiens, car tout fait de ce genre les exposeraient à des dangers dont ils ne pourraient s’attribuer qu’à eux-mêmes les suites funestes. Le gouverneur royal de la place, d’Ollech, lieutenant-général ». Source : S0914, p. 352.

 

Mercredi 12 octobre 1870

 

Est : combats d’Epinal.

Le 12 octobre 1870 se déroulent des combats à Epinal entre l’arrière garde du général Cambriels et le le gros de la division badoise, commandée par le lieutenant-général von Glümer. Source : S2786, p. 16.

 

Loire : changement de commandement des troupes françaises de la Loire.

Le 12 octobre 1870 le général d'Aurelle de Paladines prend à Salbris le commandement des troupes de la Loire, en remplacement du général de la Motterouge, destitué par Gambetta. Les 13e et 16e corps sont réorganisés et l’on commence les préparatifs pour reprendre l'offensive par la rive droite de la Loire, sur la direction Blois – Coulmiers - Artenay. L’objectif exclusif et direct des armées de province jusqu'à la fin de 1870 est de débloquer Paris. Source : S2786, p. 16.

 

France, territoire occupé, Strasbourg : avis du gouverneur militaire relatif aux mesures de rétortions.

Avis du commandant en chef de la 3e armée allemande : « Avis. Un coup de feu est parti hier soir de la maison n°26, au faubourg de Saverne. La population masculine de cette maison a été arrêtée et passera devant un conseil de guerre. Les femmes ont été expulsées de la maison, et M. le maire est chargé de leur trouver un asile. La maison, complètement vidée ainsi, est provisoirement abandonnée aux troupes en guise de caserne. Ce deuxième attentat me détermine à faire pratique des perquisitions par la police et par l’autorité militaire dans toutes les maisons de la ville. Les habitants chez lesquels, à partir de ce moment, on trouvera encore des armes, sont punissables et justiciables d’un conseil de guerre. Strasbourg, le 12 octobre 1870. Le gouverneur de la place, d’Ollech ».Source : S0914, p. 352.

 

Jeudi 13 octobre 1870

 

Paris : combats de Bagneux – Châtillon et Clamart.

Le 13 octobre 1870, une reconnaissance conduite par le général Vinoy avec la division Blanchard du 13e corps et la brigade la Charrière du 14e corps, ne réussie pas à vaincre la résistance du IIe corps d’armée bavarois commandé par le général von Hartmann, installé dans ses trois localités. Finalement la retraite des troupes françaises est ordonnée par le général Trochu. Ce combat inutile laisse 200 morts français sur le terrain. Sources : S2002, p. 113. S2786, p. 17.

 

Paris assiégé : incendie du château de Saint-Cloud.

Le 13 octobre 1870, l’artillerie française du Mont-Valérien bombarde le château de Saint-Cloud, qui était devenu le séjour favori des Prussiens. Les projectiles mettent le feu aux communs, un incendie hatisé par un vent violent qui se propage au reste de l’édifice.

Source : S2002, p. 113-114.

 

Paris assiégé : a la recherche de vivres.

Le 13 octobre 1870, on nous décrit les scènes suivantes : « Par toutes les portes des foules de gens sortent et s’éparpillent aussitôt en quête de légumes oubliés dans les champs. Il y a peut être vingt mille personnes dans la plaine de Saint-Denis à Noisy. Des hommes rapportent des choux et des pommes dans leurs blouses et les femmes dans leur jupon. Chacun s’y met. Les voitures vont attendre les maraudeurs aux portes et rapportent les sacs pour quelques sous ».

Source : S2002, p. 116.

 

Paris assiégé : a la recherche de vivres.

Le 13 octobre 1870, on nous décrit l’ambiance à Saint-Denis : « Ce pays abandonné et vide, à part quelques maisons occupées par l’infanterie de marine ou les mobiles est impressionnant, comme ce silencs ponctué par quelques coups de fusils dans la plaine. Toutes les rues sont barricadées. Une de ces tranchées est couronnée par une superbe baignoire.

Source : S2002, p. 113-114.

 

Jeudi 13 au vendredi 14 octobre 1870

 

Verdun : poursuite du siège et bombardement de la place forte.

Du 13 au 14 octobre 1870, Verdun subi un troisième bombardement de la place forte. Assaillants : les troupes sont sous les ordres du général von Bothmer. Lorsque le bombardement est suspendu, les batteries ne sont pas désarmées. Défenseurs : la place continue de résister à ce siège. Source : S2786, p. 17.

 

Vendredi 14 octobre 1870

 

Paris assiégé : ballons-poste.

Le 14 octobre 1870 à 9h45 s’élève de la gare d’Orléans, par un vent d’ouest, le Godefroy-Cavaignac, qui passe au-dessus du bois de Vincennes, à 1 000 m d’altitude. Le Godefroy-Cavaignac se maintient à bonne hauteur. Il atterrit après un traînage d’environ 40 m. Deux charetiers allant au marché viennent au secours des voyageurs, qui eurent la chance d’échapper à la cavalerie ennemie qui était à leurs trousses. Ils se trouvaient à Brillon, commune de Bar-le-Duc.

A 13h15 le Jean-Bart I quitte l’espace d’envol de la gare d’Orléans et semble avoir atteint une altitude de 1 000 m lorsqu’il passe la ligne des forts. Au-dessus de la nacelle du Jean-Bart I les balles prussiennes bourdonnent comme des mouches. Ultérieurement, apercevant le ballon, des paysans arrivent en criant qu’il n’y a pas de Prussiens. Ils sont à Montpothier près de Nogent-sur-Seine, à 95 km de Paris, à 17h00.

Source : S2002, p. 117-118.

 

Paris assiégé : armistice pour enlever les blessés et les morts

Le 14 octobre 1870, de 13 heures à 17 heures, il a été conclu un armistice pour enlever les blessés et les morts des combats du 13 octobre 1870.

Source : S2002, p. 117.

 

Samedi 15 octobre 1870

 

Paris assiégé : arrivée du colonel anglais Lindsay.

A Paris, le 15 octobre 1870, arrive le colonel anglais Lindsay. Il apporte une somme de 500 000 francs au ministre de la Guerre, destinée au soulagement de militaires français blessés ou malades, en traitement dans nos ambulances. Cette somme est le produit de souscriptions recueillies en Angleterre.

Source : S2002, p. 118.

 

Paris assiégé : nouveaux horaires d’ouverture et de fermeture des portes.

Le 15 octobre 1870, le décret suivant est publié : « En raison de la diminution croissante des jours, les portes de la place de Paris seront, à partir du 15 octobre, ouvertes dès l’aube et fermées à 6 heures du soir ». Voici la description du cérémonial de fermeture d’une porte : « Le poste tout entier est sous les armes, venant se ranger en arrière du fossé, dans la cour palissadée. Trois hommes sans armes ! crie le capitaine. Trois gardes nationaux s’avancent, et saisissent la chaîne du pont. Les tambours battent « aux champs ». Les soldats présentent les armes et, lentement, majestueusement, les lourds tabliers se relèvent venant fermer les ouvertures. Et les poutres délivrées se dressent vers le ciel comme deux bras désespérés ».

Source : S2002, p. 118.

 

Soissons : capitulation de la ville.

Après une résistance mal dirigée et trop peu protégée, la ville de Soissons capitule le 15 octobre 1870. Défenseurs : lieutenant-colonel de Noue avec 3 000 hommes. Assaillants : grand-duc de Mecklembourg et le gros du XIIIe corps. Source : S2786, p. 17.

 

Dimanche 16 octobre 1870

 

Paris assiégé : ballons-postes.

A Paris, le 16 octobre 1870, sous une pluie fine et continue, amenée par un petit vent du sud-ouest, le Jules-Favre I s’envole de la gare d’Orléans à 7h20. Le Jules-Favre I est piloté par Patit-Louis Godard, pendant cinq heures à une altitude moyenne de deux mille mètres. La ballon atterit sans le moindre incident au bord de Chimay, dans le Hainaut belge où il reçut un accueil enthousiaste.

Un second ballon, le Jean-Bart II, part du même endroit à 9h50. Après avoir plafonné à 1 100 m, le Jen-Bart II descendit brusquement à 400 m près de Soissons qui venait de capituler. Puis un délestage le porte à 2 500 m à l’abri des nuages. Labadie maintint cette altitude en jetnt régulièrement du lest jusqu’à épuisement. Il ne resta plus qu’à se laisser descendre. Un vent violent provoqua un contact violent avec le sol, ejectant Dary et Barthélémy. Labadie fut traîné avant de parvenir à trancher les cordages qui retenaient le ballon. Celui-ci s’échappa et fut retrouvé à plusieurs kilomètres alors que Labadie gisait au sol à demi assommé.

Source : S2002, p. 120-122.

 

Mardi 18 octobre 1870

 

Paris assiégé : ballon-poste.

A Paris, le 18 octobre 1870, le ballon-poste Victor-Hugo part des Tuileries vers 11 heures. Les assistants criaient « Vive la République ». Le vent était aussi faible qu’au bout de cinq heures quarante-cinq le ballon n’avait parcouru que 82 km. Il atterit au lieu-dit La-Croix-du-Murger près des villages de Mortefontaine et de Coeuvres, à huit km au sud de Vic-sur-l’Aisne. Nadal, aidé de quelques paysans fit disparaître les agrès et la nacelle du ballon, car un détachement de Uhlans se trouvait à 9 km de là.

Source : S2002, p. 124-126.

 

Loire : défense de Châteaudun.

Le 18 octobre 1870, la ville de Châteaudun est défendue par un millier de francs-tireurs et gardes nationaux,

Commandé par le lieutenant-colonel Lipowsky. Assaillant : la colonne du général-major von Wittich, avec la 22e division d'infanterie et la 4e division de cavalerie. Pour punir la ville de sa résistance, le général-major von Wittich la saccage de sang-froid après le combat, et l'incendie en partie au pétrole.Source : S2786, p. 17.

 

Allemagne, Grand duché de Bade, Palatinat, Allemagne du Nord : collecte de livres et de dons au profit de la blibliothèque de Strasbourg.

Le 18 octobre 1870 le journal Strassburger Zeitung a publié l’article suivant « Bade, 18 octobre. On prépare un appel aux universités, aux académies, aux sociétés savantes, aux éditeurs, aux auteurs de l’Allemagne, et en général à toute personne qui s’intéresse à la littérature allemande, pour les engager à contribuer par leurs donc à la reconstitution de la bibliothèque de Strasbourg. Les présidents de toutes les bibliothèques de l’Allemagne du Sud se sont déclarés prêts à signer cet appel, et nous ne doutons pas que leurs collègues de l’Allemagne du Nord ne répondent favorablement à la circulaire qui leur sera adressée. D’après cette circulaire, les signataires de l’appel recevront les dons et les garderont jusqu’après la conclusion de la paix. De temps en temps on publiera une liste des dons reçus, et toutes ces listes seront adressées au bibliothécaire de la cour à Donaueschingen, M. le docteur Burack, qui a l’initiative de cette entreprise méritoire. Le conseil municipal de la ville de Mayence a voté, le 19 octobre, une somme de 300 fl. en faveur de Strasbourg. La bourgeoisie de Brême a également accordé la somme de 4 000 thalers proposée par le Sénat de cette ville pour Strasbourg, en y ajoutant toutefois la clause qu’une partie de cette somme serait remise à d’autres communes aussi en détresse ». Source : S0914, p. 353.

 

Mercredi 19 octobre 1870

 

Paris assiégé : ballon-poste.

A Paris, le 19 octobre 1870 à 9h15, s’est envolé de la gare d’Orléans un ballon-poste qui en l’honneur de Garibaldi a été nommé La République universelle. Emporté par un vent d’ouest, il a pris rapidement de la hauteur. Navigant à une grande hauteur il atterit à Lonny près de Rocroy à 11h30.

Source : S2002, p. 126, 129.

 

Jeudi 20 octobre 1870

 

Paris assiégé : approvisionnement en vivres.

A Paris, le 20 octobre 1870 il y a des queues interminables à la porte des boucheries. Cependant, les marchés aux légumes sont bien approvisionnés, les petites tables sont chargées de choux, céleris, de choux-fleurs, que l’on se dispute. 

Source : S2002, p. 130.

 

Verdun : combats de la côte de Saint-Michel.

Le 20 octobre 1870, deux compagnies sortent de la place forte et surprennent sur la côte de Saint-Michel la grand’garde allemande, chargée de surveiller des batteries qui avaient assurée le dernier bombardement de la place forte. Les troupes françaises enclouent 15 pièces d’artillerie et font 50 prisonniers. Source : S2786, p. 17.

 

Vendredi 21 au lundi 24 octobre 1870

 

Est : combats de l’Ognon près de Besançon.

Du 21 au 24 octobre 1870, ont lieu les combats de l’Ognon, aux abords nord de la place forte de Besançon, à Etuz, Voray, Châtillon-le-Duc, Auxon, Ecole. Il s’agit de combats entre l’armée des Vosges commandée par le général Cambriels et le gros du XIVe corps d’armée allemand, commandé par le général von Werder. Ce dernier, ne prévoyant pas une résistance aussi énergique, avait cru pouvoir enlever Besançon d'un coup de main. Après cet échec, il se reporte dans la vallée de la Saône et vers Dijon. Le mois suivant, le général Cambriels, malade, est remplacé par Crouzat ; le gros de l'armée des Vosges devient le 20e corps, lequel est appelé vers la Loire. Deux autres corps indépendants se forment dans la région : division Cremer à Beaune, corps Garibaldi à Autun. Ce dernier corps reprendra plus tard la dénomination d'armée des Vosges, en décembre. Source : S2786, p. 17.

 

Vendredi 21 octobre 1870

 

Nord : retour offensif allemand à Saint-Quentin.

Le 21 octobre 1870, la colonne renforcée du colonel von Kahlden, comportant des fractions de la 2e division de landwehr et de la 17° division, en tout 3 régiments de cavalerie et 3 bataillons, effectue un retour offensif et occupe finalement la ville de Saint-Quentin. Source : S2786, p. 18.

 

Paris : combat de la Malmaison.

Le 21 octobre 1870, le général Ducrot engage avec les meilleurs éléments du 14° corps, colonnes Berthaut, Noël et Cholleton, des combats contre le Ve corps d’armée allemand commandé par le général von Kirchbach, et la division de la landwehr de la garde. Comme d'habitude, premiers succès sur la ligne des avant-postes, échec sur la ligne de résistance, puis retraite des troupes françaises. Source : S2786, p. 18.

 

Paris assiégé : approvisionnement en vivres.

A Paris, le 21 octobre 1870 la ration de viande est diminuée. 

Source : S2002, p. 131.

 

Paris assiégé : ballon-poste.

A Paris, le 22 octobre 1870 à 11h, la foule s’aglutine aux Tuileries pour assister au départ d’un ballon-poste Garibaldi. Il emporte six paquets très précieux : des cartes d’état-major de la province destinées à nos armées. Au début de la guerre, les armées françaises ne s’étaient guère embarrassées de cartes françaises, puisqu’il n’était question que d’aller à Berlin ! L’envol est retardé par un vent violent qui cesse brusquement et c’est par un vent presque nul que le Garibaldi s’élève et prend la direction de l’Est. Il volait lentement en direction de Meaux lorsqu’il fut précipité à terre à toute vitesse. La fusillade ennemie a dû crever l’enveloppe. Lorsqu’il fut à 200 m du sol, les habitants accoururent en criant » « Nous sommes Français, venez à nous ! ». Le voyage se termina à 13h30 entre Quincy et Voisins, à 7 km au sud de Meaux.

Source : S2002, p. 133.

 

Samedi 22 octobre 1870

 

France, territoire occupé, Wissembourg : otages placés sur les locomotives.

Avis du commandant en chef de la 3e armée allemande : « Avis. Par ordre du commandant en chef de la 3e armée, les habitants sont prévenus qu’à dater de ce jour chaque convoi partant pour l’intérieur du pays emmènera sur la locomotive deux personnes notables de la ville. Cette mesure a été nécessitée par les fréquents dégâts commis sur les lignes du chemin de fer et sera portée à la connaissance de tout le monde, afin que chacun sache que si un convoi déraille, ses propres compatriotes seront les premières victimes de l’accident. Wissembourg, le 22 octobre 1870. Le commandant militaire bavarois de la ville, Scheidlin, major ». Source : S0914, p. 352.

 

Lundi 24 octobre 1870

 

France, Sélestat : capitulation de la place forte.

Le 20 octobre 1870, le chef de bataillon de Reinach, commandant supérieur de la place forte, cesent précipitamment la capitulation de la place forte, à cause d'une sédition populaire et militaire. La place forte, assiégée par le gros de la 4e division de réserve allemande et des fractions de la 1re division de réserve, sous les ordres du général-major von Schmelling, a été bombardé par par 32 canons qui lancent 10 000 projectiles. Le bilan du siège : une cinquantaine de civils sont tués. Les troupes allemandes y font 2 000 prisonniers et capturent 120 canons. Sources : S0126, p. 90-91. S2786, p. 18.

 

Mardi 25 octobre 1870

 

Paris assiégé : ballon-poste.

A Paris, le 25 octobre 1870, le ballon-poste Montgolfier d’élance de l’espace d’envol de la gare d’Orléans et disparaît dans la brume. Hervé Sané, un gabier de la marine a été chargé de faire naviguer cet aérostat. Le vent d’ouest a emporté le Montgolfier dans la direction de Verdun. Une première descente fut accueillie par une vive fusillade. N’ayant plus de lest, il a fallu jeter un sac de dépêches, puis un second. Aussitôt l’aérostat fut enlevé comme une plume dans un tourbilon d eneige et de vent. A 12h15 Sané tenta une deuxième descente et jeta l’ancre sur le village de Heiligenberg dans le Bas-Rhin dont les habitants, maire et curé en-tête, se portèrent à leur secours, cahchères les sacs et les dépêches et le ballon dégonflé. Ils apportèrent aux voyageurs des habits de paysans et les firent entrer dans la forêt.

Source : S2002, p. 136.

 

Loire : combats de Binas.

Le 25 octobre 1870 se déroule les combats de Binas, à la lisière de la forêt de Marchenoir, derrière laquelle se concentrent les troupes de l’armée de la Loire. Il s’agit d’une affaire d’avant-postes de la compagnie des francs-tireurs de Saint-Denis, 38 hommes, commandant Liénard, contre une forte reconnaissance de la 2e division de cavalerie, lieutenant général von Stolberg. Les francs-tireurs sont tous, ou tués, ou grièvement blessés, à leur poste. Source : S2786, p. 18.

 

Mercredi 26 octobre 1870

 

Paris assiégé : départ des étrangers.

Le 26 octobre 1870 on voit partir bon nombre d’étrangers par Creil, suivis d’un nombre considérable de voiture.

Source : S2002, p. 138.

 

Loire : escarmouche d’Anet.

Le 26 octobre 1870 a l’escarmouche d’Anet, situé au nord de Dreux, entre entre des corps irréguliers et la 6e division de cavalerie, général-major von Schmidt. Source : S2786, p. 18.

 

France, Neuf-Brisach : début du siège de la place forte.

Le 26 octobre, Neuf-Brisach est assiégée et bombardée. La citadelle capitule le 11 novembre et les Prussiens y capturent 5 000 hommes et 108 canons. Le 31 octobre, le général von Werder reçoit la capitulation sans combat de la ville de Dijon que les troupes françaises ont évacué dans la nuit. Source : S0126, p.90-91.

 

Jeudi 27 octobre 1870

 

Paris assiégé : ballon-postes.

A Paris, le 27 octobre 1870 à 9h, le ballon-poste Vauban quitte l’espace d’envol de la gare d’Orléans. Il est piloté par un marin dénommé Guillaume, qui n’a aucune idée de la navigation aérienne. Le vent redouble de violence. Le Vauban est poussé vers l’est. Des balles siffaient. Dans la tempête, le ballon faisait des bonds fantastiques, puis tombait comme une pierre. Il s’agit d’une chute terrible, suivi d’un traînage effrayent au-dessus d’une forêt. Le ballon projeté sur un chêne éclate en lambeaux. Il pleuvait à torrent. Les villageois de Vigneulles, une aglomération située à 14 km au nord-est de Saint-Mihel en euse, virent au secours des aéronautes vers 13 heures.

A 14h10 s’envole le ballon-poste la Bretagne à partir de l’usine à gaz de la Vilette, piloté par Camille Daros. Aussitôt lâché, la bretagne traverse le brouillard, et il voyagea à si basse altitude qu’elle risquait de toucher les toits avec le guide-rope. Vers 17 heures l’atterrissage fut décidé. Tout à coup on entendit une explosion puis un sifflement d’ininterrompu de balles. Sous le feu de Prussiens le ballon descendait. Il heurta la surface d’un champ labouré et Worth tomba de la nacelle. Le ballon délesté s’éleva à 100 mètres. Les balles sifflaient toujours. Ballot et Cuzon tombèrent à terre et le ballon s’envola emportant Manceau à trois mille mètres dans une zone de pluie torrentielle. Le ballon atterit dans un marécage. Manceau enjamba la nacelle et s’en alla dans l’obscurité épuisé. Soudain il entendit une cloche sonner l’angélus. Le son venait de l’église de Hennemont dont le curé, l’abbé Thinon, fut l’héroïque sauveur de Manceau. Mais le lendemain, Manceau dénoncé pr un paysan, fut emmené prisonnier au quartie général du prince Frédéric-Charles. Les trois compagnons de Manceau tombés à Dugny-sur-Meuse, furent fait prisonniers et incarcérés en Allemagne.

Source : S2002, p. 139, 141, 145.

 

France, Metz : la place forte capitule.

La place forte de Metz capitule le 27 octobre 1870 à Frescaty, au sud de la place forte, au quartier général du prince Frédéric-Charles. La capitulation est signée dans un premier temps entre les deux chefs d’état-major, le général Jarras et le général-major von Stiehle. Elle est ratifiée le lendemain par les deux commandants en chef, le maréchal Bazaine et le prince Frédéric-Charles. Cette capitulation impose les conditions suivantes : la reddition de la place, des forts et de tout le matériel de guerre, y compris les drapeaux ; l'armée, prisonnière de guerre, sera emmenée en captivité en Allemagne. Bilan : l’armée française de Metz a perdu environ 4 000 hommes depuis le début de la campagne. Sources : S0081. S2786, p. 18.

Carte des combats du siège de Metz. Source : S0311, planche IV.

 

Vendredi 28 octobre 1870

 

Metz : désarmement de la place forte.

Le 28 octobre 1870, au lendemain de la capitulation de la place forte de Metz, l’armée de Metz entre en captivité et est emmenée en Allemagne. Source : S2786, p. 18.

 

Verdun : combats de Belleville et de Glorieux.

Le 28 octobre 1870, se déroulent les combats de Belleville et de Glorieux. Il s’agit d’une nouvelle sortie de la garnison de la place forte de Verdun, menée simultanément par les deux rives de la Meuse. Les postes-avancés des troupes allemandes ont définitivement chassés de Belleville et Glorieux. Bilan : les troupes allemandes perdent une centaine d’hommes et 12 pièces d’artillerie sont mis hors service. Source : S2786, p. 18.

 

Paris : premier combat du Bourget.

Le 28 octobre 1870 se déroule les premiers combats du Bourget. Le bataillon parisien des francs-tireurs de la Presse dirigé par le commandant Roland, du corps de Saint-Denis du général Carré de Bellemarre, surprend les postes du Bourget et chasse de cette localité les grand'gardes de la 4e brigade de la gardé prussienne. Source : S2786, p. 18.

 

Nord : combats de Formerie.

Le 28 octobre 1870 se déroulent les combats de Formerie, une localité située entre Amiens et Rouen. Le corps de l'Andelle, commandé par le général Briand, remporte un petit accès sur le détachement du général-major Sennft von Pilsach qui comprend une brigade de cavalerie saxonne et des fractions d'infanterie et d'artillerie de la garde prussienne, de la IVe armée allemande. Source : S2786, p. 18.

 

Metz, la place forte est occupée par els troupes allemandes.

Le 28 octobre 1870, la place forte de Metz est ocupée par les troupes allemandes. Le lieutenant-général von Kümmer est nommé gouverneur militaire de la place forte. Cependant la IIe armée du prince Frédéric-Charles est immédiatement dirigée vers le centre de la France, contre les formations nouvelles de la Défense nationale. La Ire armée du maréchal von Manteuffel, évacue d'abord les prisonniers, puis elle assiège les places du Nord-Est, et marche vers le Nord, en traversant l'Argonne et la Champagne. Source : S2786, p. 19.

 

Dimanche 30 octobre 1870

 

Paris : deuxième combat du Bourget.

Le 30 octobre 1870 se déroule le deuxième combat du Bourget. Les troupes du général Carré de Bellemare sont attaquées et presque enveloppées dans le Bourget par trois brigades de la Garde, commandées par le prince Auguste de Wurtemberg. Les troupes allemandes reprennent Le Bourget. En cette circonstance, la garde prussienne, se souvenant sans doute de Saint-Privat, inaugure la nouvelle méthode de combat : en ordre dispersé, avec tirailleurs, renforts et soutiens, et action débordante vers les flancs de l'adversaire. Côté français on dénombre 34 officiers et 449 soldats tués.

Source : S2002, p. 148. S2786, p. 19.

 

Dimanche 30 au lundi 31 octobre 1870

 

Est : combats de Saint-Apollinaire et de Dijon.

Du 30 au 31 cotobre 1870 se déroulent les combats de Saint-Apollinaire et de Dijon, livrés par le gros de la division badoise commandée par le lieutenant-général von Beyer, face aux défenseurs de Dijon, gardes nationaux ou mobiles, commandés par le colonel de gendarmerie Fauconnet ; ce dernier est tué et les Badois occupent Dijon. Sources : S0126, p.90-91. S2786, p. 19.

 

Lundi 31 octobre 1870

 

Paris : proclamation de la Commune, des émeutes éclatent.

A Paris, la Commune est un instant proclamé, à la suite des mauvaises nouvelles comme l’insuccès du Bourget, capitulation de Metz, bruits d'armistice, fondés sur les allées et venues de Thiers au quartier général allemand de Versailles. Trochu et les ministres sont, durant plusieurs heures, prisonniers des bandes de Flourens, à l'Hôtel de Ville. Quelques bataillons fidèles de la garde nationale délivrent le gouvernement. Celui-ci n'ose sévir et se soumet au contraire à un plébiscite parisien. Sources : S2002, p. 149-157. S2786, p. 19.

 

Lundi 31 octobre au dimanche 6 novembre 1870

 

Versailles : négociations entre Thiers et Bismarck.

Des négociations entre Thiers et Bismarck se déroulent du 31 octobre au 6 novembre 1870. Le but est d’obtenir un armistice pour le 6 novembre 1870. Bismarck consent à l'armistice, mais refuse le ravitaillement de Paris pour une durée proportionnelle. L'émeute du 31 octobre 1870, en discréditant le gouvernement français, motive de nouvelles exigences comme garanties : les négociations sont donc rompues.

Source : S2786, p. 19.

 

Mercredi 2 novembre 1870

 

Est, Belfort : combats de Rougement et de Petit-Magny.

Le 2 novembre 1870 se déroulent à l’Est les combats de Rougemont et de Petit-Magny, entre les avant-gardes des 1re et 4e divisions de réserve allemande du général-major von Tresckow, qui débouchent de la plaine d'Alsace sur Belfort, et les troupes avancées de la garnison. Ces dernières se replient.

Source : S2786, p. 19.

 

Jeudi 3 novembre 1870

 

France, Paris : organisation du plébiscite parisien.

Le 3 novembre 1870 le plébiscite orgnisé à Paris assiégé, pour le maintien des pouvoirs du Gouvernement de la Défense Nationale est approuvé avec 560 000 oui contre 60 000 non. Source : S2002, p. 159-162. S2786, p. 20.

 

France, Paris : réorganisation des forces militaires.

Le 3 novembre 1870, le généraal Trochu, gouverneur de Paris et commandant des forces militaires, réorganise l’ensemble des forces militaires en trois armées distinctes : la garde nationale sous les ordres du général Clément Thomas ; l’armée d’active proprement dite, destinée aux grandes sorties, sous les ordres du général Ducrot ; les mobiles, affectés aux diversions, sous les ordres du général Vinoy ; Il y a en plus le corps de Saint-Denis, sous les ordres du vice-amiral la Roncière le Noury.

Le gouverneur et Ducrot préparent minutieusement une grande sortie par la Basse-Seine, rive droite. Leur projet sera modifié, sous la pression de l'opinion publique, à la nouvelle du succès de Coulmiers : l'armée de sortie du général Ducrot se reportera alors de l'ouest à l'est, de Gennevilliers à Charenton-Vincennes, afin de tendre plus directement la main à l'armée de la Loire qu'on suppose arriver par Fontainebleau.

Source : S2786, p. 20.

 

Est, Belfort : investissement de la place forte.

Le 3 novembre 1870, la place forte de Belfort est investie. Assaillants : le major von Tresckow, avec la Ire division de réserve et des fractions de la 4e division de réserve. Ultérieurement ces troupes sont renforcées par le gros de la 4e division de réserve et les bataillons de landwehr du général-major Debschitz. Défenseurs : colonel du génie Denfert-Rochereau, avec 17 500 hommes de garnison, 16 200 hommes d’après la source S2045.

Sources : S2045 : Oberlé Raymond : Alsace 1870 : l’année terrible ; Bataille d’Alsace tome 3, éditions G4J, 2000, p. 100. S2786, p. 19.

 

Est, Belfort : siège de la place forte.

Le 4 novembre 1870, le colonel Denfert commandant la place forte de Belfort annonce à la population et à la garnison que l’ennemi a termibé hier l’investissement de la place forte. Il déclare : « Nous ferons tous nos efforts pour tenir l’ennemi le plus éloigné de la place forte ».

Le même jour un parlementaire prussien se présente à la porte du Vallon avec une lettre du général von Treskow. Ce dernier adresse au colonel Denfert une invitation à se rendre afin de préserver autant que possible, la population. Le colonel Denfert répond par un refus catégorique et il propose à l’armée prussienne de se retirer pour épargner la population. Le début du mois est consacré aux travaux de défense.

Jusqu’au 4 décembre 1870, se déroulent divers combats d’infanterie. Les troupes assiégeantes allemandes subissent le harcèlement des francs-tireurs. Les mobiles du Rhône réussissent à arrêter l’avance des troupes allemandes aux Errues et à Roppe, vant d’être refoulés sur Eloie. Le cordon d’investissement allemand passe par Roppe, Chèvremeont, Vézelois, Méroux, Sévenans, Buc, Chalonvillan, le Mont Evette et Eloie. Le colonel Denfert cherche à tenir les assaillants éloignés autant qu’il peut, pour retarder le bombardement de la place.

Sources : S2045, p. 108-109.

 

Vendredi 4 novembre 1870

 

Paris assiégé : ballons-postes.

Le 4 novembre 1870 le ballon-poste Ferdinand-Flocon, piloté par un écuyer de l’hippodrome, Georges Vidal-Loisset, s’envole à 9h30 de la gare du Nord. Un vent très faible le pousse vers l’ouest. Pendant 40 minutes il plane à environ 300 mètres. Il disparaît au-delà des remparts, dans la direction de Versailles et les balles sifflent autour de lui. Le Ferdinant-Flocon dépasse le Mont-Valérien et Ruel. Des balles prussiennent déchiquetaient l’osier de la nacelle. Aussitôt un délestage envoya le ballon à 800 m, puis à 1 800 m. Il navigua au-dessus de Chartres, le Mans, Saint-Calais, Montdoubleau, la Flèche. Il a touché terre à 15h30 à Nort-sur-Erdre à 320 km de Paris. Les voyageurs entourés d’une foule enthousiastes durent se rendre à l’église où le curé prononça une allocution patriotique.

Le ballon-poste le Gallilée était prêt à s’envoler. Mais il a dû attendre les résultats du vote. Il décolle à 14 heures et s’élève d’un coup à 1 800 mètres échappant ainsi aux balles prussiennes. Le Gallilée survola Versailles puis Rambouillet et amorça une descente vers 17h00 à l’ouest de Chartres, pour remonter au plus vite car l’ennemi était aux environs. Une seconde descente, permit aux aéronautes de confier les précieux sacs de dépêches à un paysan mais très vite les cavaliers prussiens étaient sur place et les firent prisonniers. Source : S2002, p. 162-163.

 

Dimanche 6 novembre 1870

 

Paris assiégé : ballon-poste.

Le 6 novembre 1870 le ballon-poste La Ville-de-Châteaudun s’élève le matin de la gare du Nord. Il emporte un ballot du Journal Officiel publiant l’article sur le rejet de l’armistice, du courrier et des pigeons. Pour échapper aux balles prussiennes, il s’élève d’un bond jusqu’à 2 000 m. Son pilote est Philippe Bosc, maître charpentier. Le ballon-poste La Ville-de-Châteaudun naviguant par beau temps et vent au nord-est se posa en fin d’après-midi à proximité du hameau de Villeneuve, à 800 m de Reclainville à 27 km au sud-est de Chartres. Source : S2002, p. 164-165.

 

Est, Belfort : siège de la place forte.

Entre le 6 et 10 novembre 1872, des parlementaires allemands se présentent à chaque fois à un endroit différent pour des motifs futiles. Le colonel Denfert fait savoir au commandant allemand qu’il est décidé de ne lui donner aucun renseignement et que les parlementaires devront à l’avenir se présenter toujours par la porte du Vallon, faute de quoi ils seraient traités comme des ennemis.

Sources : S2045, p. 108-109.

 

Dimanche 6 au lundi 7 novembre 1870   Nuit

 

Est, Belfort : siège de la place forte.

Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1870, la garnison de la place effectue une petite sortie, menée par le capitaine Bornèque. Il parvient à remener deux wagons de fonte de coque depuis l’usine Page de Valdoie.

Sources : S2045, p. 109.

 

Lundi 7 novembre 1870

 

Loire : combat de Vallière.

Le 7 novembre 1870 se déroule le combat de Vallière, à la lisière est de la forêt de Marchenoir. Il s’agit d’un petit succès d'avant-garde remporté par le général Chanzy avec le 16e corps d’armée, avec la brigade d'infanterie Bourdillon et la brigade de cavalerie Abdelal  du 16e corps, contre la 2e division de cavalerie allemande commandée par le lieutenant-général von Stolberg, soutenue par des fractions d'infanterie du Ier corps d’armée bavarois, de la IIIe armée allemande.

Source : S2786, p. 20.

 

Mardi 8 novembre 1870

 

Est, Verdun : capitulation de la place forte.

Le 8 novembre 1870, la chute de Metzet et l'imminence d'un quatrième bombardement déterminent le général Guérin de Waldersbach à négocier. Il est stipulé que « la place et le matériel de guerre feront retour à la France à la conclusion de la paix ». La garnison, successivement renforcée par les évadés de Sedan et de Metz, s'élevait à 6 000 hommes.

Source : S2786, p. 20.

 

France, teritoire occupé, Metz place forte : ordre immédiat de compléter la construction des forts détachés commencés par les Français.

Après l’entrée des Allemands dans Metz le 29 octobre 1870 Moltke ordonne d’achever immédiatement et de compléter les forts, ouvrages intermédiaires et batteries commencés sous la domination française. Ces traaux comportent également l’aménagement des routes circulaires et radiales qui y mènent. Voici en détail l’ordre du cabinet royal de Prusse du 8 novembre 1870 relatif à la place forte de Metz : « Pour mettre en complet état de défense, il est nécessaire d’achever la construction du Fort permanent de Saint Privat ainsi que des autres forts permanents ; il est indispensable et souhaitable que ces travaux soient très rapidement entrepris. Les moyens nécessaires doivent être demandés auprès du ministère de la guerre ».

Sources : S0081. S0111, p.114.

 

France, teritoire occupé, Alsace-Moselle : taux de change des différentes monnaies.

Le journal local et officiel a publié ce communiqué émanent du Gouverneur Général d’Alsace et de la Lorraine allemande : « Partie officielle. N°91. Pour enlever tous les doutes, j’ordonne ce qui suit pour le territoire du gouvernement général d’Alsace et de la Lorraine allemande « General-Gouvernement im Elsass und Deutsch-Lothringen » :

Art. 1. Pour tous les paiements le Thaler prussien doit être changer à 3 francs et 75 centimes, le franc français doit être accepté pour 8 Silbergroschen. En conséquence, 4 Thaler = 7 Gulden Reinisch = 15 Francs = 6 Gulden Östreichisch.

Art. 2. Cette ordonnance est applicable à ce jour.

Strasbourg, le 8 novembre 1870. Le General Gouverneur en Alsace : Graf von Bismarck-Bohlen, Generalliieutnant ».

Source : S0572, n°29, du 09/11/1870, p.1.

 

Mercredi 9 novembre 1870

 

Loire : bataille de Coulmiers.

Le 9 novembre 1870 se déroule la bataille de Coulmiers. Troupes françaises : le général d'Aurelle de Paladines avec deux divisions provenant chacune des 15e et 16e corps d’armée, et la forte division de cavalerie Reyau, soit un total de 65 000 hommes. Troupes allemandes : le général von der Thann, avec son Ier corps bavarois et la 2e division de cavalerie bavaroise, soit un total de 22 000 hommes. Circonstances : les troupes bavaroises sont battues, mais la victoire française ne reste pas décisive, car la division de cavalerie Reyau reste inactive, et ne poursuit pas les troupes allemandes. Le général von der Than évacue la ville d’Orléan et rétrograde au nord sur les routes de Paris. Le grand état-major allemand le fait recueillir par le grand-duc de Mecklembourg, qui amène, en outre, les 17e et 22e divisions d'infanterie, les 4e et 6e divisions de cavalerie, et prend le commandement supérieur de la subdivision d'armée ainsi formée.

Source : S2786, p. 20.

 

Mercredi 9 au jeudi 10 novembre 1870   Nuit

 

Est, Belfort : siège de la place forte.

Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1870, la garnison de la place effectue une petite sortie sous les ordres du capitaine Deffayet et met le feu à la ferme Lang, où l’ennemi se ravitaille en fourrage.

Sources : S2045, p. 109.

 

Jeudi 10 novembre 1870

 

Est, Belfort : siège de la place forte.

Le 10 novembre 1870, la garnison de la place effectue une petite sortie en direction de Chalonvillan afin de délivrer d’éventuels prisonniers français qui y seraient détenus depuis la veille. Une reconnaissance de gendarmes à cheval avait confirmé ces renseignements. Le 1er bataillon du 65e de mobiles du Rhône quitte son cantonnement à 11 heures en direction de Chalonvillan. Ils sont malheureusement aperçus par des troupes allemandes qui occupent le village d’Essert, qui donnent l’alerte. Lorsque les hommes du lieutenant-colonel Desgarets arrivent au village, ils sont arrêtés par le feu ennemi et contraints à la retraite.

Sources : S2045, p. 109.

 

Est, Neuf-Brisach : capitulation de la place forte.

Le 10 novembre 1870, après 17 jours de siège, à cause du mauvais vouloir de la garnison, bien plus que par le bombardement, le lieutenant-colonel Lostie de Kerhor se décide à rendre la place forte à la 4e division de réserve alelmande commandée par le général-major von Schmeling. Résultat : les troupes allemandes capturent 5 000 hommes et récupèrent 108 canons.

Source : S0126, p. 90-91, S2786, p. 20.

 

Loire, Orléans : les troupes françaises réoccupent la ville.

Le 10 novembre 1870, à la suite de la victoire de Coulmiers, les troupes françaises réoccupent Orléans. Il s’agit de l’unique résultat de la victoire de Coulmiers.

Source : S2786, p. 20.

 

Samedi 12 novembre 1870

 

Mer des Antilles : combat naval.

La canonnière prussienne relâchait à Cuba, qui était alors une colonie espagnole. Cette cannonière était armée à priori d’un canon de 150 mm et de 2 canons de 120 mm. Elle est découverte le 8 novembre 1870 par l’aviso français le Bouvet. Il s’agit d’un navire de la classe Guichen, armé d’un canon de 120 mm et de 2 canons de 120 mm. Le capitaine de frégate Alexandre Franquet, commandant du Bouvet, a lancé un défit à son homologue, e Kapitänleutnant von Knorr, qui le releva ; alors que des bâtiments espagnols s’assuraient que le combat ne se déroulerait pas dans les eaux espagnoles neutres. Le 12 novembre 1870, le combat entre les deux navires commence à 14h30. Après quelques bordées de canons, le capitaine de frégate Alexandre Franquet lance le Bouvet en pleien vitesse en direction du Meteor, pour l’éperonner. La manœuvre échoue à cause de l’angle d’atatque qui est mauvais.

se déroule un combat naval entre le Bouvet et le Meteor dans la mer des Antilles, au large de la Havane. Les deux navires, à peu près également avariés à la suite de quelques coups de canon, sont contraints de rentrer dans le port neutre espagnol de la Havane. Le mat du Meteor s’est éffondré dans le choc et les cordages s’emmèlent dans l’hélice. Alors que le Bouvet s’était reculé pour aborder une seconde fois le Meteor, celui-ci tire sur le Bouvet et pulvérise le surchauffeur qui est placé sans protection sur le pont. L’aviso est immobilisé à son tour. Le Bouvet hisse les voiles et bénéficiant d’un vent favorable s’éloigne tandis que les marins allemands s’activent pour libérer leur hélice. Le Bouvet parvient à rejoindre les eaux cubaines et les Espagnols interviennent pour séparer les bélligérants qui rentrèrent à La Havane. Le combat naval d’un autre âge s’achève sans vainqueur et laisse une dizaine de victimes sur les deux navires.

Source : S2786, p. 21.

 

France, teritoire occupé, Strasbourg, place forte : interdiction d’accéder sur les remparts.

La presse locale et officielle a publié ce communiqué du gouverneur militaire de la place de Strasbourg daté du 12 novembre 1870 : « Communiqué. Par suite d’arrestations répétées d’habitants de la ville, qui sont montés sur les remparts sans être munis de la carte d’autorisation d’accès, nous rappelons qu’il est sans exception strictement interdit d’utiliser les remparts comme lieu de promenade. Ceux qui enfreignent cet ordre, seront les seuls responsables de leur arrestation et de leur emprisonnement. Strasbourg, le 12 novembre 1870. Le gouverneur von Ollech, General-Lieutnant ».

Source : S0572, p.3.

 

Lundi 14 novembre 1870

 

Loire : le général d’Aurelle de Paladines nommé général en chef de l’armée de la Loire.

Le 14 novembre 1870, le général d'Aurelle de Paladines est nommé général en chef de l'armée de la Loire, en récompense de son succès de Coulmiers. L'accord entre la Délégation et le général dure peu de temps : la Délégation aurait voulu profiter de la victoire pour marcher aussitôt sur Paris ; le général d'Aurelle ne croit pas que cela soit possible. Il s'immobilise dans un vaste camp retranché qu'il organise autour d'Orléans. La délégation forme successivement les 18e et 20e corps d’armée à droite ; le 17e et plus tard le 21e corps d’armée à gauche. Effectifs sur la Loire à la fin du mois : environ 200 000 hommes

Source : S2786, p. 21.

 

Lundi 14 au mardi 15 novembre 1870, nuit

 

Loire : surprise des troupes allemandes à Viabon.

Au cours de la nuit du 14 au 15 novembre 1870, à Viabon, une localité située au nord-est de Châteaudin, sur la route de Chartres, le colonel Lipowski, avec deux compagnies de francs-tireurs et un peloton de chasseurs, surprend dans cette localité, quartier général de la 4° division de cavalerie alelmande, occupée par un régiment de uhlans et 2 bataillons d'infanterie. L'infanterie ennemie s'échappe en se débandant, mais les cavaliers sont presque tous capturés. Le commandant de la division, prince Albrecht, est lui-même serré de si près qu'il abandonne tous ses papiers dans son logement.

Sources : S2786, p. 21.

 

Mardi 15 novembre 1870

 

France, teritoire occupé, Strasbourg, place forte : siège du gouverneur général.

La presse locale et officiele du 15 novembre 1870 a communiquée l’avis suivant : « Son excellence le gouverneur général Graf Bismarck-Bohlen a transféré sa résidence de l’hôtel de Paris au quai Kléber. Le bureau du gouvernement sera également installé à cet endroit ».

Source : S0572, p.3.

 

Jeudi 17 novembre 1870

 

Loire : combats de Dreux et de Levaville.

Le 17 novembre 1870 se déroulent les combats de Dreux et de Levaville. Après Coulmier, ne voyant pas les troupes françaises reprendre l’offensive en direction de Paris, le grand-duc de Mecklembourg a repris l'offensive vers l'ouest, nous croyant passés de ce côté. Il escarmouche avec les bandes encore mal organisées du général Fiéreck, qui formeront le futur 21e corps d’armée français, que ce dernier fait rayonner à très grande distance autour du Mans. Il va les refouler dans une série de combats successifs, à la suite desquels nos soldats improvisés abandonnent invariablement le terrain.

Source : S2786, p. 21.

 

Vendredi 18 novembre 1870

 

Loire : combat de Châteauneuf.

Le 18 novembre 1870 se déroule le combat de Châteauneuf entre les bandes de Fiérek et le gros des forces du grand-duc de Mecklembourg.

Source : S2786, p. 21.

 

Loire : combats de Bonneval et Illier.

Le 18 novembre 1870 se déroulent les combats de Bonneval et de Illiers sur le Haut-Loir, entre les bandes de Fiéreck et la 4e division allemande du prince Albrecht.

Source : S2786, p. 21.

 

France, teritoire occupé, Strasbourg, place forte et garnison : horaires d’accès du public chez le Gouverneur Général.

Le journal local et officiel a publié le communiqué suivant du chef d’état-major général : « Partie officielle. N° 115. Communiqué. À la suite du transfert du « General Gouvernement » aux maisons « Hecht’schen Haüser », quai Kléber n°3 et à la rue « Allerheiligengasse n°6 », nous portons à la connaissance du public, que son excellence Monsieur le Gouverneur General, est prêt à recevoir les personnes qui veulent s’entretenir avec lui, en règle générale, tous les jours entre 12h30 et 14 heures. Le bureau est installé « Allerheiligengasse n°6 », et les lettres et comptes-rendus doivent y être adressés. Strasbourg, le 18 novembre 1870. Le colonel, chef de l’état-major général « Oberst und Chef des Generalstabes » von Hartmann ».

Source : S0572, p.1.

 

France, territoire occupé, Strasbourg, place forte et garnison : vente aux enchères de fourrage et de matériels par l’intendance allemande.

Le journal local et officiel a publié l’annonce suivante de l’intendance royale allemande (Königliches Proviant-Amt) : « Communiqué. Vendredi le 18 novembre 1870, doivent être vendus aux enchères contre règlement numéraire immédiat, dans la cour du magasin à fourrage « Fourrage Magazin » et à la boulangerie militaire « Militär Bäckerei », de la paille usagée, un grande quantitée de semence de foin, des vieux tonneaux, des vieilles caisses, ainsi que de la cendre de charbon de bois. La vente aux enchères commencera à la boulangerie militaire. Strasbourg, le 15 novembre 1870. 222. Königliches Proviant-Amt ».

Source : S0572, p.4.

 

Samedi 19 novembre 1870

 

Châtillon-sur-Seine : surprise allemande.

Le 19 novembre 1870, un coup de main heureux exécuté contre les troupes d'étapes du colonel von Lettgau, un bataillon de landwehr et un escadron de hussards de réserve, par la brigade Ricciotti Garibaldi du corps d'Autun, dans le but de détourner l'attention des Allemands de l'attaque préparée contre Dijon par le général Garibaldi, alors à Autun avec trois autres brigades. Les Allemands perdent 200 prisonniers.

Source : S2786, p. 21.

 

Dimanche 20 novembre 1870

 

France, teritoire occupé, Strasbourg, place forte et garnison : réouverture de la ligne de voies ferrées Kehl – Strasbourg.

Le journal local et officiel a publié le communiqué suivant : « Le 20 novembre 1872, la ligne de chemin de fer allant de Kehl à Strasbourg sera réouverte au trafic courant, pour le transport des personnes et des bagages dans un premier temps. Les horaires des trains circulant sur ce tronçon ainsi qu’entre Kehl et Appenweier, sont affichés dans les stations. Karlsruhe, le 18 novembre 1870. Direction der Grossh. Verkehrs-Anstalten. Zimmer. 251. ½ ». 

Source : S0572, p.4.

 

Lundi 21 novembre 1870

 

Loire : combats de la Fouche.

Le 21 novembre 1870 se déroulent les combats de la Fourche, une localité située au nord de Nogent-le-Retrou, entre les bandes Fiéreck et le gros du 1er corps bavarois, commandé par le lieutenant-général von der Thann.

Source : S2786, p. 22.

 

Loire : combat de la Madeleine.

Le 21 novembre 1870 se déroule le combat de la Madeleine, une localité située au nord de Nogent-le-Retrou, entre les bandes de Fiéreck et la 17e division prussienne, commandée par le général von TresckowI.

 

Loire : combat de Bretoncelles.

Le 21 novembre 1870 se déroule le combat de Bretoncelles, une localité située au nord de Nogent-le-Rotrou, entre les bandes Fiéreck et la 22e division allemande, commandée par le général von Wittich, renforcée par des fractions de la 6e division de cavalerie.

Source : S2786, p. 22.

 

Loire : combats de la Ferté-Bernard.

Le 21 novembre 1870 se déroulent les combats de la Ferté-Bernard, entre les bandes de Fiéreck, d'une part, et des fractions de la 5e division de cavalerie et la 3e brigade d'infanterie bavaroise, commandée par le général-major von Schumacher, d'autre part.

Source : S2786, p. 22.

 

Loire : combat de Bellême.

Le 21 novembre 1870 se déroulent le combat de Bellême, une localité située sur la route de Nogent-le-Rotrou à Alençon, entre les bandes de Fiéreck et la 34e brigade allemande, commandée par Manteuffel. Les jours suivants, le grand-duc de Mecklembourg, enfin mieux éclairé sur l'emplacement de la véritable armée de la Loire, revient vers l'est et fait sa jonction à Toury et Janville avec le prince Frédéric-Charles, lequel prend ainsi, avec environ 110 000 soldats aguerris, la direction supérieure des opérations contre le général d'Aurelle.

Source : S2786, p. 22.

 

Nord : occupation de Ham par les troupes allemandes.

Le 21 novembre 1870 se déroulent le combat de Ham qui a été évacué volontairement par les troupes françaises à l'approche de la 3e division de cavalerie, lieutenant-général von Gröben. Cette dernière précède et éclaire la Ire armée allemande, le général en chef Manteuffel, qui arrive sur l'Oise, et va entamer les opérations contre les forces françaises organisées dans le nord-par les généraux Bourbaki et Farre, sur la Basse-Seine par le général Briand.

Source : S2786, p. 22.

 

Mercredi 23 novembre 1870

 

France, teritoire occupé, Strasbourg, place forte et garnison : vente aux enchères de vaches.

Le journal local et officiel a publié l’annonce suivante de l’intendance royale allemande (Königliches Proviant-Amt) : « Mercredi 23 novembre 1870, le matin à 10 heures, doivent être vendues aux enchères au plus offrant contre règlement liquide immédiat, 25 vaches, dans les remises situées près de la caserne Saint Nicolas. Strasbourg, le 17 novembre 1870. Königliches proviant-Amt ».

Source : S0572, p.4.

 

Jeudi 24 novembre 1870

 

Loire : combats de Chilleurs et de Neuville-aux-Bois.

Le 21 novembre 1870 se déroulent les combats de Chilleurs et Neuville-aux-Bois, une localité aux débouchés nord de la forêt d'Orléans. La IIe armée allemande commandée par le prince Frédéric-Charles, venant de Metz à l'appui du grand-duc de Mecklembourg, arrive sur le Loing et se dirige par Montargis, Beaune et Pithiviers à la rencontre du grand-duc. Les troupes avancées de la lre division du 15e corps français, commandé par le général Martin des Pallières, se heurtent aux avant-gardes et flanc-gardes du IIIe corps allemand, Alvensleben II.

Source : S2786, p. 22.

 

Loire : combats de Ladon et de Maizière.

Le 21 novembre 1870 se déroulent les combats de Ladon et Maizières une localité située au débouchés ouest de la forêt d'Orléans, entre les têtes de colonne du 20e corps d’armée commandé par le général Crouzat, et les flanc-gardes du Xe corps d’armée allemand, commandé par le général von Voigts-Rhetz, en marche de Montargis vers Beaune. Résultats insignifiants.

Source : S2786, p. 22.

 

Nord-Est : combat de Mézières.

Le 21 novembre 1870 se déroule le combat de Mézières, une localité sur la route d'Amiens à Roye. La petite armée française organisée dans le Nord veut défendre la ligne de la Somme : elle se porte sur la rive gauche et au sud, de façon à protéger Amiens. Composition : la garnison d'Amiens, Paulze d'Ivoy, et les trois brigades Lecpinte, Derroja et du Bessol. Total : 26 000hommes que commande par intérim le chef d'état-major, général Farre, en attendant l'arrivée du général Faidherbe, appelé de Constantine. Une reconnaissance, conduite par le général du Bessol, refoule vers Roye l'avant-garde du VIIIe corps allemand, commandée par le colonel von Lüdéritz.

Source : S2786, p. 23.

 

Est : capitulation de Thionville.

Le 21 novembre 1870, la place forte de Thionville capitule. Défenseurs : colonel Turnier, 4 200 hommes. Assaillants : lieutenant-général von Kameke, avec sa 14e division d'infanterie et des fractions de la 3° division de réserve.

Source : S2786, p. 23.

 

Vendredi 25 au samedi 26 novembre 1870

 

Loire : combats de Châteaudun et Brou.

Du 25 au 26 novembre 1870 se déroulent les combats de Châteaudun et Brou, dans lesquels le 17e corps, français commandé par le général de Sonis, a l'avantage contre les détachements du grand-duc de mecklembourg. Mais le 17e corps d’armée est ensuite pris d'une panique inexplicable, se débande et ne peut être rallié que le 28 novembre 1870, derrière la forêt de Marchenoir.

Source : S2786, p. 23.

 

Samedi 26 novembre 1870

 

Nord : combat de Moreuil.

Le 26 novembre 1870 se déroule le combat de Moreuil, une localité située sur la route d'Amiens à Montdidier. La 30°brigade allemande, commandée par le général-major von Strubberg, refoule vers la Luce les avant-postes de l’armée française du Nord.

Source : S2786, p. 23.

 

Loire : combat de Lorcy.

Le 26 novembre 1870 se déroule le combat de Lorcy, une localité située entre Beaune-la-Rolande et Montargis, entre les têtes de colonne du 18° corps français et les flanc-gardes et reconnaissances du Xe corps allemand.

Source : S2786, p. 23.

 

Est : combats de Pasques, Velars, Prénois et Hauteville.

Le 26 novembre 1870 se déroulent les combats de Pasques, de Velars, de Prénois et de Hauteville. Sans vouloir attendre la coopération de la division Cremer, qui est à Beaune, Garibaldi part d'Autun avec 3 de ses 4 brigades et vient aborder Dijon en le tournant par la région montagneuse, à l'ouest de la ville. Il refoule de position en position la brigade du général-major von Degenfeld, et n'est arrêté qu'à Talant.

Source : S2786, p. 23.

 

Samedi 26 au dimanche 27 novembre 1870

 

Est : combats de Talant et Fasques.

Dans la nuit du 26 au 27 et la journée du 27 novembre 1870, se déroulent les combats de Talant et Fasques. Le lieutenant-général von Beyer amène au combat toute la division badoise. Garibaldi est forcé de se replier sur Pasques ; le 27 novembre il est rejetté ensuite sur la route d'Autun, talonné par la brigade Keller.

Source : S2786, p. 23.

 

Dimanche 27 novembre 1870

 

Nord : capitulation de la place forte de La Fère.

Le 27 novembre 1870, après un court bombardement, malgré les protestations des habitants, le commandant supérieur de la place, le capitaine de frégate Planche, capitule et livre la place, au détachement mixte du général-major von Zglinitski, commandant de la 4e brigade d'infanterie allemande. La garnison était forte de 2 500 hommes. Source : S2786, p. 25.

Les combats de l’Armée française du Nord. Source : S0311, planche IX.

 

Lundi 28 novembre 1870

 

Nord : bataille d’Amiens.

Le 28 novembre 1870 se déroule la bataille d’Amiens, près de Villers-Bretonneux. La petite armée du Nord, aux ordres du général Farre, protège Amiens, conjointement avec la garnison de cette ville, sous le commandement du général Paulze d'Ivoy. Avec le gros des Ier et VIIIe corps et de la 3e division de cavalerie, Manteuffel presse sur nos deux ailes et les chasse de Villers-Bretonneux à notre gauche, de Dury à notre droite. Bataille est restée indécise. Néanmoins Farre ordonne la retraite, laquelle s'effectue la nuit par Corbie et Amiens vers les places du Nord ; les Allemands ne s'aperçoivent de notre mouvement rétrograde que dans la matinée du lendemain 28 novembre 1870. Effectifs engagés : 26 000 Français contre 35 000 Allemands.

Source : S2786, p. 25.

 

Loire : bataille de Beaune-la-Rollande.

Le 28 novembre 1870 se déroule la bataille de Beaune-la-Rollande. La Délégation a décidé de faire marcher l'armée de la Loire à la rencontre du général Ducrot, de l’armée de Paris, par Pithiviers et Fontainebleau. L'aile droite, 18e et 20e corps d’armée français, sous le commandement supérieur de Crouzat, commencent la manœuvre et attaque le Xe corps allemand, commandé par le général von Voigts-Rhetz, solidement retranché dans Beaune. Crouzat obtient quelques succès à Beaune même, avec son 20e corps d’armée, mais il est mal secondé à sa droite par le 18e corps d’armée, mal protégé sur son flanc gauche par Cathelineau et des Pallières. Le prince Frédéric-Charles renforce, avec le IIIe corps et la lre division de cavalerie appelés de Pithiviers, l'aile droite de Voigts-Rhetz, qui alors menace de tourner l'aile gauche de Crouzat. Celui-ci doit céder et reculer vers les lisières de la forêt d'Orléans. Effectifs engagés : 50 000 Français contre 25 000 Allemands.

Source : S2786, p. 25.

 

Nord : occupation d’Amiens par les troupes allemandes.

Le 28 novembre 1870, à la suite de la retraite des Français, les troupes allemandes occupent Amiens. Mais la ds, à la suite de la retraite des Français. La citadelle, sous le commandement du capitaine Vogel, tient bon. Les Allemands s'apprêtent à la bombarder, de l'intérieur même de la ville. Manteuffel laisse un gros détachement, von Gröben, à la garde de la ligne de la Somme, et emmène le gros de la Ire armée vers la basse Seine.

Source : S2786, p. 24.

 

France, territoire occupé, Strasbourg : voies ferrées.

La première commission allemande de chemin de fer appelée à fonctionner sur la partie de l’Alsace-Lorraine déjà occupée, pour assurer les transports de toute nature nécessaire aux armées d’opération, installée à Wissembourg, est transférée à Strasbourg après la reddition de la place. Elle forme le noyau de l’administration des chemins de fer d’Alsace-Lorraine.

Source : S0422.

 

Mardi 29 novembre 1870.

 

Paris : combat de l’Hay.

Le 29 novembre 1870 se déroule le combat d’Hay. Il s’agit d’une diversion inutile exécutée par la brigade Valentin, du corps d’armée du général Blanchard, contre le VIe corps allemand, commandé par le général von Tümpling. Cette opération devait faciliter la grande opération que le général Ducrot devait entamer ce jour même à Champigny, mais qui, au dernier moment, a été remise au lendemain. Contre-ordre tardif : le 110e régiment, colonel Mimerel, a perdu à lui seul un millier d'hommes.

Source : S2786, p. 25.

 

Loire : défense du pont de Varize.

Le 29 novembre 1870 se déroule la défense pont de Varize, situé à l'ouest de Châteaudun, par les francs-tireurs de Lipowski, que les troupes voisines ne soutiennent pas, contre la 4e brigade bavaroise, commandée par le général-major von der Thann, et des fractions de la 4e division de cavalerie. Lipowski doit reculer : la ligne de la Conie est perdue pour les troupes françaises.

Source : S2786, p. 25.

 

Loire : affaires de Villamblain et de Tournoisis.

Le 29 novembre 1870, se déroule les affaires de Villamblain et de Tournoisie, sur la route de Châteaudun à Orléans, entre la brigade de cavalerie Digard, du 16° corps d’armée, et la 4e division de cavalerie, commandé par le prince Albrecht père, soutenue par des fractions d'infanterie bavaroise.

Source : S2786, p. 25.

 

Mardi 29 au mercredi 30 novembre 1870, nuit.

 

Nord : surprise des Saxons à Etrépagny.

Dans la nuit du 29 au 30 novembre 1870, s’est droulé la surprise des Saxons à Etrépagny, une localité située à l'ouest de Gisors, par le corps de l'Andelle, commandé par le général Briand, qui leur enlève cent prisonniers et un canon. Pour se venger échec, le général-major zur Lippe revient le lendemain avec le gros de sa division de cavalerie et incendie de sang-froid une partie des maisons.

Source : S2786, p. 25.

 

Mercredi 30 novembre 1870

 

Nord : reddition de la citadelle d’Amiens.

Le 30 novembre 1870, le capitaine Vogel commandant de la citadelle d’Amiens ayant été tué d’une balle sur les remparts, l’officier de mobiles qui le remplace, le commandantWoirhaye, remet la citadelle au lieutenant-général von der Gröben.

Source : S2786, p. 25.

 

Loire : escarmouches de Maizières, Boiscommun, Nancray.

Le 30 novembre 1870 se déroulent les escarmouches de Maizières, de Boiscommun, de Nancray, aux débouchés de la forêt d'Orléans, entre les arrière-gardes de Crouzat et les reconnaissances des vainqueurs de Beaune.

Source : S2786, p. 24.

 

Paris : combats de Thiais, Choisy-le-Roi, la Gare-aux-Bœufs.

Le 30 novembre 1870 se déroulent les combats de Thiais, de Choisy-le-Roi et de la la Gare-aux-Boeufs. Il s’agit d’une diversion exécutée par la division Pothuau, de la 3e armée, contre la 11e division allemande, commandée par le lieutenant-général von Gordon.

Source : S2786, p. 25.

 

Paris : combat de Montmesly et Créteil.

Le 30 novembre 1870 se déroule les combats de Montmesly et Créteil. Ils ‘agit d’une diversion, très meurtrière pour les troupes françaises, exécutée par la division Susbielle, détachée du 2e corps d’armée de la 2e armée, contre des fractions du IIe corps et de la division wurtembergeoise dirigées par le général von Fransecky. Tué : général de brigade Ladreit de la Charrière.

Source : S2786, p. 25.

 

Paris : combat d’Epinay-les-Saint-Denis.

Le 30 novembre 1870 se déroule le combat d'Epinay-les-Saint-Denis. Il s’agit d’une diversion heureuse exécutée par la brigade Hanrion et dirigée par le vice-amiral la Roncière le Noury contre la 8e division allemande, commandée par le lieutenant-général von Schöler. La nouvelle de ce petit succès est transmise à la légère dans les départements, où l'on croit dès lors à une victoire remportée par le général Ducrot à Epinay, près de Longjumeau, sur les routes d'Orléans, d'où la fâcheuse précipitation des armées de la Loire dans leurs mouvements vers Paris.

Source : S2786, p. 25.

 

Paris : bataille de Villiers-Coeuilly.

Le 30 novembre 1870 se déroule la bataille de Villiers-Coeuilly. L'armée du général Ducrot sort de Paris et marche au-devant des armées de la Loire : elle veut percer la ligne d'investissement dans le secteur entre Marne et Seine ; les deux rivières protégeront ainsi ses deux flancs. Le 30 novembre 1870, à Joinville, laborieux passage, manqué la veille, du gros des troupes : aussi l'ennemi est en éveil. Le gros de la division wurtembergeoise et du corps saxon, prince Georges de Saxe, arrête, sur les positions organisées des parcs de Villiers et de Coeuilly, l'attaque de front de nos 1er et 2e corps, tandis que le 3e corps, d'Exea, reste d'abord inactif, puis n'exécute pas la manœuvre tournante par Noisy, qui lui a été ordonnée. Nous bivouaquons sur la position de Champigny - Bry occupée le matin par les avant-postes ennemis, mais la grande opération projetée est manquée. Effectifs : 70 000 Français contre 40 000 Allemands. Tué : général de division Renault, commandant le 2e corps.

Source : S2786, p. 25.

 

Jeudi 1er décembre 1870

 

Loire : combat de Villepion.

Le 1er décembre 1870, se déroule le combat de Villepion. La Délégation a reçu par ballon, avis de la sortie du général Ducrot. Elle croit ce dernier arrivé à Epinay et Longjumeau. Elle fait reprendre hâtivement l’offensive et tente d'obtenir avec l'aile gauche le résultat vainement cherché à Beaune avec l'aile droite. L'aile gauche du 16e corps, division Jauréguiberry, culbute à Villepion la 1re division bavaroise de von der Thann et la rejette au nord au-delà de Loi.

Source : S2786, p. 25.

 

Est : combat de Nuits.

Le 1er décembre 1870 se déroule le combat de Nuits. Le général Cremer, avec deux légions de mobilisés du Rhône, s'est précipitamment porté en avant pour aider à Garibaldi, malgré ce dernier, aventuré seul vers Dijon (combats de Pasques). Il chasse de Nuits la garnison badoise.

Source : S2786, p. 26.

 

Est : combat d’Autun.

Le 1er décembre 1870, se déroule le combat d’Autun. Garibaldi, revenant de Dijon, fait subir un échec à la brigade badoise Keller, qui le serrait de trop près. A la nouvelle des mouvements de Cremer, le général vpn Werder rappelle Keller à Dijon.

Source : S2786, p. 26.

 

Vendredi 2 décembre 1870

 

Loire : escarmouches de Bazoches-les-Gallerandes.

Le 2 décembre 1870, se déroulent les escarmouches de Bazoches-les-Gallerandes entre les avant-postes du 15e corps français, Martin des Pallières, et des fractions de la 2e division de cavalerie, lieutenant général von Stolberg.

Source : S2786, p. 26.

 

Loire : bataille de Loigny – Lumeau et combat de Poupry.

Le 2 décembre 1870 se déroulent les batailles de Loigny-Lumeau et le combat de Poupry. La Délégation tente d'exécuter à l'aile gauche, avec le 16e corps d’armée, commandé par le général Chanzy, suivi du 17e corps d’armée et flanqué du gros du 15e corps d’armée, la manœuvre qui a échoué à l'aile droite le 28 novembre 1870. Même insuccès pour des causes analogues : décousu des engagements, manque de haute direction. La fraction d'armée du grand-duc de Mecklembourg, 1er corps bavarois, XIIIe corps, 2e et 4e divisions de cavalerie, écrasent à Loigny et Lumeau les divisions du 16e corps d’armée et les têtes de colonne du 17e corps d’armée, à Poupry, les divisions Peytavin et Martineau du 15e corps que le général d'Aurelle en personne dirige et amène en retard. La retraite s'impose. Efefctif engagé : 60 000 Français contre 50 000 Allemands. Tous les corps allemands, disposés en un vaste demi-cercle, pointent alors sur Orléans, centre français.

Source : S2786, p. 26.

 

Vendredi 2 au samedi 3 décembre 1870

 

Paris : bataille de Champigny – Bry.

Le 1er décembre 1870 se déroule la bataille de Champigny – Bry. Craignant une insurrection, le général Trochu n'a osé faire rentrer à Paris l'armée du général Ducrot à la suite de l'insuccès du 30 novembre 1870. Le 1er décembre 1870, les troupes françaises restent immobiles. Les Allemands utilisent cette journée pour renforcer le secteur entre Seine et Marne et y appeler les troupes voisines de droite et de gauche. Commandant supérieur du secteur pour le 2 : le général von Fransecky. Le 2 décembre 1870, avant le jour, l'ennemi attaque brusquement sur tout le front. Nos avant-postes sont partout surpris : le centre se débande et s'enfuit ; l'artillerie de la presqu'île de Saint-Maur reste inactive au moment le plus critique. Nouvelle défaite pour les troupes françaises ; néanmoins, l'adversaire ne parvient pas à nous pousser jusqu'à la Marne. Mais nos jeunes troupes sont brisées par le froid, les fatigues ; elles manquent de vivres, aux portes de Paris, après trois jours d'absence. Le 3 décembre 1870 au matin, le général Ducrot se résigne à ordonner la retraite définitive, que l'ennemi n'inquiète pas : la 2e armée revient sur la rive droite de la Marne.Effectif engagé : 65 000 Français contre même nombre d'Allemands des IIe et XIIe corps et de la division wurtembergeoise.

Source : S2786, p. 26.

 

Samedi 3 décembre 1870

 

Est : combat de Châteauneuf.

Le 3 décembre 1870 se déroule le combat de Châteauneuf, sur la route de Beaune à Semur. De sa position de Nuits, Cremer lance à l'ouest un fort détachement dans le flanc de la brigade badoise Keller, rappelée d'Autun à Dijon, et inflige à cette brigade un nouvel échec.

Source : S2786, p. 27.

 

Nord : le général Faidherbe prend le commandement de l’armée du Nord.

Le 3 décembre 1870, le général Faidherbe prend le commandement de l'armée du Nord en remplacement de Bourbaki, parti le 19 novembre pour la Loire. Il réorganise sa petite armée en deux corps, 22e et 23e, et s'apprête à prendre l'offensive afin de reconquérir Amiens et la ligne de la Somme.

Source : S2786, p. 27.

 

Loire : combats d’Artenay, Chevilly, Cercottes, Gidy et Saran.

Le 3 décembre 1870 se déroulent les combats d'Artenay, Chevilly, Cercottes, Gidy et Saran, sur la route de Paris à Orléans. Ces très violents combats d'arrière-garde soutenus surtout par les divisions Peytavin et Martineau, du 15e corps français, au cours de la retraite vers Orléans, contre le IXe corps prussien et autres fractions du prince Frédéric-Charles.

Source : S2786, p. 27.

 

Dimanche 4 décembre 1870

 

Loire : affaire de Patay.

Le 4 décembre 1870 se déroule l’affaire de Patay. Il s’agit de combats des arrière-gardes des 17e et 16e corps français, commandés par le général Chanzy, contre la 4e division de cavalerie, commandé par le prince Albrecht, et autres fractions.

Source : S2786, p. 27.

 

Loire : bataille autour d’Orléans.

Le 4 décembre 1870 se déroule la bataille autour d'Orléans. Il s’agit d’une série d'engagements dans la forêt et autour de la ville, soutenus par d'Aurelle avec le 15e corps et des fractions des 16e et 17e corps, contre le gros des forces du prince Frédéric-Charles qui marchent concentriquement sur Orléans. La retraite française se transforme en déroute : le centre s'enfuit sur la rive gauche de la Loire ; l'aile gauche, Chanzy, gros des 16e et 17e corps, aux environs de Coulmiers, est séparée du général en chef ; l'aile droite, de Bourbaki, 18e et 20e corps d’armée, n'intervient pas et rétrograde pour son compte vers Gien, par la rive droite.

Source : S2786, p. 27.

 

Nord : combats de Forges-les-Eaux, Buchy, Boscle, Hard.

Le 4 décembre 1870 se déroulent les combats de Forges-les-Eaux, Buchy, Boscle - Hard. Après la bataille d'Amiens, Manteuffel marche avec le gros de la Ire armée allemande vers Rouen. Le général Briand, avec le corps de l'Andelle, ne lui oppose que des forces éparpillées et partout insuffisantes. Il est battu dans une suite d'engagements, se replie prématurément sur Rouen, qu'il renonce à défendre, y franchit la Seine et va s'embarquer à Honfleur, pour regagner le Havre, où commande le capitaine de vaisseau Mouchez ; le corps Briand passe sous les ordres du général Peletingeas.

Source : S2786, p. 27.

 

Dimanche 4 au lundi 5 décembre 1870, nuit.

 

Loire : réoccupation d’Orléans par les troupes allemandes.

 

La nuit du 4 au 5 décembre 1870 vers 11h30 du soir, les troupes allemandes réoccupent Orléans, en vertu d’une convention de suspension d’armes conclue entre Martin des Pallières, de l’arrière-garde française et le lieutenant-général von Tresckow I, de l’avant-garde ennemie, afin d'éviter à la ville les horreurs d'une bataille de rues pendant la nuit.

Sources : S2786, p. 27. S3477, p.11.

 

Lundi 5 décembre 1870

 

Nord : occupation de Rouen par les troupes allemandes.

Le 5 décembre 1870, les troupes allemandes occupent la ville de Rouen. Manteuffel envoie la 7e brigade de cavalerie, général von Dohna, occuper Dieppe ; les Allemands touchent ainsi à la Manche, le 9 décembre 1870.

Source : S2786, p. 28.

 

Mardi 6 décembre 1870

 

Armée de la Loire et 2e armée de la Loire : formation de 2 armées de la Loire.

Le 6 décembre 1870, sont formés 2 armées de la Loire et après Orléans, les débris du 15e corps se rallient à Salbris. Les troupes allemandes ne poursuivent que faiblement dans cette dernière direction, et seulement avec leur cavalerie. Le général d'Aurelle rappelle à lui, derrière la Sauldre, les 18e et 20e corps d’armée, qui viennent par Sully et Jargeau. Mais un décret de la Délégation supprime le commandement de d'Aurelle et forme deux armées de la Loire : 1° sur la rive gauche, lre armée, Bourbaki, 15e, 18e et 20e corps ; 2° sur la rive droite, Chanzy, 16e et 17e corps, que le 21e corps commaandé par Jaurès, appelé du Mans, vient renforcer dans la forêt de Marchenoir ; en plus, division Camô du 19e corps d’armée, qui arrive à Meung, sur la rive droite.

Source : S2786, p. 28.

 

Mardi 6 au mercredi 7 décembre 1870

 

2e armée de la Loire : combats de Meung.

Du 6 au 7 décembre 1870 se déroulent les combats de Meung sur la rive droite. D'une part, l'aile droite de la 2e armée française, 16e corps et division Camô, dirigée par le général Chanzy ; d'autre part, la fraction d'armée du grand-duc de Mecklembourg (1er bavarois, 17e et 22e divisions d'infanterie et 2e division de cavalerie), que le prince Frédéric-Charles, restant à Orléans, a chargé de suivre la 2e armée. Les troupes françaises se replient sur Beaugency, tandis que le IXe corps, descendant la rive gauche, canonne notre aile droite par-dessus le fleuve.

Source : S2786, p. 28.

 

Mercredi 7 au jeudi 8 décembre 1870

 

Loire ; escarmouches de Salbris, Vierzon, Gien, Briare.

Du 7 au 8 décembre 170 se déroulent les escarmouches de Salbris, Vierzon, Gien et Briare, entre les arrière-gardes de la 1re armée, commandée par Martin des Pallières, par intérim, puis par Bourbaki, et les reconnaissances de la cavalerie de Frédéric-Charles, 1re et 6e divisions, soutenues par des fractions d'infanterie des IIIe et IXe corps d’armée.  

Source : S2786, p. 28.

 

Jeudi 8 décembre 1870

 

France : la Délégation quitte Tours et va s’installer à Bordeaux.

Le 8 décembre 1870, la Délégation quitte Tours et va s'installer à Bordeaux, afin de n'être plus à la merci d'un coup de main de l'ennemi.

Source : S2786, p. 28.

 

Mercredi 7 au samedi 10 décembre 1870

 

2e Armée de la Loire : combats de Vollorceau, Cravant, Beaugency, Travers, Origny et Josne.

Du 7 au 10 décembre 1870 se déroulent les combats de Villorceau, Cravant, Beaugency, Tavers, Origny et Josnes, entre la Loire et la forêt de Marchenoir. Il s’agit d’une série de combats incessants et très meurtriers pour les deux partis. D'une part, toute l'armée de Chanzy ; d'autre part, la fraction d'armée du grand-duc de Mecklembourg, renforcée encore du Xe corps, envoyé d'Orléans le 9 décembre 1870, et appuyée par l'artillerie du IXe corps, qui continue de descendre le long de la rive gauche de la Loire. A la droite des troupes françaises, la division Camô fléchit la première ; le IXe corps va atteindre Blois sur nos derrières ; on ne peut plus compter sur un prochain secours de Bourbaki. Chanzy ordonne pour le 11 décembre 1870 la retraite sur Vendôme et le Loir.

Source : S2786, p. 28.

 

Vendredi 9 au samedi 10 décembre 1870, Nuit.

 

Nord. Surprise pour les troupes allemandes à Ham.

La nuit du 9 au 10 décembre 1870, l'armée du Nord du général Faidherbe a repris l'offensive. Après une démonstration infructueuse sur La Fère, la division Lecointe descend la rive gauche de la Somme. Elle surprend et capture la petite garnison de Ham, une demi-compagnie hessoise et un détachement d'ouvriers de chemins de fer, en tout 210 hommes.

Source : S2786, p. 28.

 

2e Armée de la Loire : surprise de Chambord.

La nuit du 9 au 10 décembre 1870, la division Maurandy, du 16e corps d’armée, sur la rive gauche de la Loire, est surprise dans le parc par un détachement de 2 compagnies hessoises. Elle se débande et s'enfuit jusqu'à Blois, laissant à l'ennemi 300 prisonniers et une batterie.

Source : S2786, p. 29.

 

Samedi 10 décembre 1870

 

2e Armée de la Loire : combats de Vienne.

Le 10 décembre 1870 se déroulent les combats de Vienne, sur la rive gauche, devant Blois, entre la division Barry (du 16e corps) et les troupes avancées du IXe corps allemand, commandée par le général von Manstein. La division française repasse prématurément la Loire, sans même détruire les ponts de Blois, et bat en retraite dans la direction de Vendôme, malgré les ordres réitérés de Chanzy de défendre Blois à outrance. Les Allemands de la rive gauche ont dès lors la possibilité de déboucher sur nos derrières.

Source : S2786, p. 29.

 

Dimanche 11 décembre 1870

 

2e Armée de la Loire : retraite pour gagner la ligne du Loir.

Le 11 décembre 1870, la 2e armée de la Loire se met en retraite pour gagner la ligne du Loir, qu'elle atteint péniblement les 13 et 14 décembre 1870, sans cependant que l'ennemi l'ait inquiétée sérieusement. Le prince Frédéric-Charles quitte Orléans avec les IIIe et Xe corps et vient prendre la direction supérieure des opérations contre Chanzy.

Source : S2786, p. 29.

 

Lundi 12 décembre 1870

 

Est. Reddition de Phalsbourg.

Le 12 décembre 1870, ayant épuisé ses vivres, le commandant Taillant détruit son matériel de guerre, fait ouvrir les portes et prévient l'ennemi qu'il se rend à discrétion. Défenseurs : une garnison de 1 300 hommes. Assaillants : depuis les grandes batailles d'août 1870, la place n'était plus que bloquée par des troupes d'étapes, 3 bataillons, 1 escadron, commandées par le major von Giese.

Source : S2786, p. 29.

 

Mardi 13 décembre 1870

 

2e Armée de la Loire : affaire de Châteaudun.

Le 13 décembre 1870 se édroule l’affaire de Châteaudun sur le Loir. Il s’agit d’escarmouches entre partis francs et les reconnaissances de la 5° division de cavalerie allemande.

Source : S2786, p. 29.

 

Armée de la Loire : affaire de Vierzon.

Le 13 décembre se déroule l’affaire de Vierzon entre des fractions du 15e corps d’armée, commandé par le général Martineau des Chenez, et la 6e division de cavalerie, général-major von Schmidt.

Source : S2786, p. 29.

 

Est : capitulation de la place de Montmédy.

Le 13 décembre 1870, la place forte de Montmédy capitule. Défenseurs : commandant Tessier, successeur du capitaine Reboul ; garnison restante après les détachements fournis à l'armée du Nord, moins de 2 000 hommes. Assaillant : lieutenant-général von Kameke, avec sa 14e division et des troupes d'étapes.

 

Mercredi 14 décembre 1870

 

2e Armée de la Loire : combats de Fréteval et de Morée.

Le 14 décembre 1870 se déroulent les combats de Fréteval et de Morée sur le Loir, entre le 21°corps d’armée, commandé par le général Jaurès, et le XIIIe corps d’armée allemand avec les 17e et 22e divisions, commandé par le grand-duc de Mecklembourg ; celui-ci voulait nous tourner par le nord, mais il ne réussit pas à franchir la rivière.

Source : S2786, p. 29.

 

Jeudi 15 décembre 1870

 

2e Armée de la Loire : bataille de Vendôme.

Le 15 décembre 1870, le général Chanzy est attaqué : 1° à gauche par la fraction d'armée du grand-duc de Mecklembourg, lequel est contenu par le corps d’armée Jaurès ; 2° au centre et à sa droite par les corps aux ordres directs du prince Frédéric-Charles. La droite se maintient, mais le centre, hauteurs de Bel-Essort, en avant de Vendôme, est percé. Dans la nuit, Chanzy ordonne la retraite, se dégage avant que l'ennemi s'en aperçoive et dirige ses trois corps par les routes du Mans, vers l'Huisne et la Sarthe. Le prince Frédéric-Charles retourne à Orléans ; le grand-duc de Mecklembourg, resté seul, ne nous fait poursuivre que très mollement, et par des détachements seulement.

Source : S2786, p. 29.

 

Vendredi 16 décembre 1870

 

Est : combat de Longeau.

Le 16 décembre 1870 se déroule le combat de Longeau, au sud de Langres. Il s’agit d’un coup de main exécuté contre les partis avancés de la garnison de Langres, afin de les refouler dans la place, par un détachement mixte du corps Werder, aux ordres du général-major von der Goltz. Succès pour les troupes allemandes.

Source : S2786, p. 30.

 

Samedi 17 décembre 1870

 

2e Armée de la Loire : combat d'Epuisay.

Le 17 décembre 1870 se déroule le combat d’Epuisay, une localité située entre Fréteval et Saint-Calais. Il s’agit d’un combat d'arrière-garde entre le 17e corps d’armée, commandé par le général de Colomb, et le Xe corps d’armée allemand, commandé par le général von Voigts-Rhetz, renforcé par des fractions du XIIIe corps d’armée.

Source : S2786, p. 30.

 

2e Armée de la Loire : combats de Droué-la-Fontenelle.

Le 17 décembre 1870 se déroulent les combats de Droué-la-Fontenelle, au nord-nord ouest d'Epuisay, entre la division Gougeard du corps d’armée de Bretagne, rattachée au 21e corps d’armée, et la 5e division de cavalerie allemande du général-major von Barby.

Source : S2786, p. 30.

 

Dimanche 18 décembre 1870

 

Est : bataille de Nuits.

Depuis le 1er décembre 1870, la division Cremer attend vainement à Nuits la coopération de Garibaldi, qui reste immobile à Autun. Le 18 décembre 1870, Cremer est attaqué par toute la division badoise du lieutenant-général von Glümer. Il se maintient tout le jour, mais il a épuisé toutes ses munitions d'artillerie. Les deux adversaires retournent à leur point de départ respectif : Glümer, à Dijon, Cremer, à Beaune, ayant perdu chacun un millier de tués ou blessés.

Source : S2786, p. 30.

 

Lundi 19 décembre 1870

 

2e Armée de la Loire : nouvel arrêt de la retraite.

Le 19 décembre 1870, la 2e armée atteint ses nouvelles positions autour du Mans. Chanzy lance à grande distance, en avant de son front et jusqu'au Loir à l'est, et à la Loire au sud, de nombreuses colonnes mobiles, détachements mixtes qui, malheureusement, vont opérer chacun pour leur compte sans se relier entre eux. Les principales colonnes mobiles sont, de la gauche à la droite, les colonnes Rousseau, de Jouffroy, de Curten, Ferri-Pisani, Barry, Cléret, etc...

Source : S2786, p. 30.

 

Mardi 20 décembre 1870

 

Est : la 1re armée de la Loire.

Le 20 décembre 1870, Bourbaki, devient armée de l'Est et entame son mouvement vers la Saône. La Délégation a renoncé à la faire rallier Chanzy, dans l'ouest, ou à la diriger seule vers Paris, par Montargis. Chemin faisant, cette armée se renforcera du 24e corps, général Bressolles, formé à Lyon, et de la division Cremer ; elle comptera ainsi 140 000 hommes. Objectifs : faire lever le siège de Belfort et menacer les lignes d'opérations des armées qui assiègent Paris. Préparation imparfaite et extrême lenteur des transports par voies ferrées.

Source : S2786, p. 30.

 

2e Armée de la Loire : combat de Monnaie.

Le 20 décembre 1870 se déroule le combat de Monnaie, au nord de Tours, entre la colonne mobile Ferri-Pisani, qui est battue, et le gros du Xe corps allemand, général von Voigts-Rhetz, renforcé de la 1re division de cavalerie allemande.

Source : S2786, p. 30.

 

Mercredi 21 décembre 1870

 

2e Armée de la Loire : combats devant Tours.

Le 21 décembre 1870 se déroulent les combats devnt Tours, entre la colonne Ferri-Pisani et la 19e division d'infanterie allemande, lieutenant-général von Schwarzkoppen. A la suite de cette affaire, l'ennemi jette quelques obus dans la ville de Tours, puis s'éloigne sans chercher à entrer.

Source : S2786, p. 31.

 

Paris : troisième combat du Bourget.

Le 21 décembre 1870 se déroule le troisième combat du Bourget. Il s’agit d’une nouvelle tentative de sortie dirigée au nord-est par le général Trochu lui-même. L'aile gauche, corps de Saint-Denis, vice-amiral la Roncière le Noury, attaque le Bourget avec les trois colonnes Lavoignet, Lamothe-Thenet et Hanrion. Elle échoue devant la résistance de la garde prussienne, commandée par le prince Auguste de Wurtemberg. Par la suite, l'opération est arrêtée, avant que la 2e armée française, commandée par le général Ducrot, soit sérieusement engagée : elle n'est pas poussée plus loin. Les troupes françaises reculent et bivouaquent dans la plaine de Saint-Denis. On ébauche des travaux réguliers contre les positions fortifiées de l'assiégeant. Quelques jours plus tard, l'extrême rigueur de la température oblige à ramener les troupes dans les cantonnements, sur la ligne des forts et en arrière.

Source : S2786, p. 31.

 

Paris : combat d'Epinay.

Le 21 décembre 1870 se déroulent les combats d’Epinay. Il s’agit d’une diversion insignifiante exécutée par des fractions de mobiles du corps de Saint-Denis contre les avant-postes du IVe corps.

Source : S2786, p. 31.

 

Mercredi 21 à jeudi 22 décembre 1870

 

Paris : combats de Maison-Blanche et Ville-Evrard.

Du 21 au 22 décembre 1870 se déoulent les combats de Maison-Blanche et Ville-Evrad. Il s’agit de diversions plus sérieuses, dirigées par Vinoy contre le gros du corps saxon, prince Georges de Saxe. La brigade Biaise enlève Ville-Evrard, et la brigade Salmon, la Maison Blanche. Pendant la nuit du 21-22, les Saxons reviennent à la charge, nous surprennent et nous chassent des deux localités. Le général Biaise est tué dans cette échauffourée de nuit, qui nous coûte, en outre, 700 prisonniers.

Source : S2786, p. 31.

 

Vendredi 23 décembre 1870

 

Nord : bataille de Pont-Noyelles.

Le 23 décembre 1870 se déroule la bataille de Pont-Noyelles, sur l’Hallue. En approchant d'Amiens par la rive gauche, Faidherbe apprend que Manteuffel accourt de Rouen avec le gros de son armée. Faidherbe passe alors sur la rive droite et prend une position défensive derrière l'Hallue, avec les 22e et 23e corps. Manteuffel débouchant d'Amiens attaque de front et veut en même temps tourner la droite de l’armée française (manoeuvre de Saint-Privat). Résultat indécis de la bataille. Les troupes françaises bivouaquent ; l'ennemi cantonne ; nuit très glaciale. Aussi nos soldats, mal vêtus et mal nourris, souffrent beaucoup. Le 24 décembre 1870 au matin, Faidherbe décampe et se retire sous les places de la Scarpe, sans être poursuivi. Effectif engagé : 35 000 Français contre 28 000 Allemands (VIIIe corps, 3e division de cavalerie, fractions du 1e rcorps et de la garde prussienne). Les Allemands entament vigoureusement le siège de Péronne.

Source : S2786, p. 31.

 

Lundi 26 à mardi 27 décembre 1870

 

2e Armée de la Loire : combats de Sougé, Troo, Saint-Quentin, Montoire.

Du 26 au 27 décembre 1870 se déroulent les combats de Sougé, Troo, Saint-Quentin et Montoire dans la vallée du Loir. Il s’agit d’un succès de la colonne mobile Jouffroy contre un détachement mixte du Xe corps d’armée allemand, aux ordres du colonel von Boltenstern.

Source : S2786, p. 31.

 

Mardi 27 décembre 1870

 

Paris : début du bombardement du Mont-Avron.

Le 27 décembre 1870, au siège de Paris, commence le bombardement du Mont-Avron, puis des forts du secteur Est par la IVe armée, du prince royal de Saxe. Trochu fait désarmer et évacuer le Mont-Avron dans la nuit du 28 décembre 1870 ; l’opération est habilement conduite et exécutée par le colonel Stoffel (l'auteur des fameux rapports militaires écrits de Berlin.

Source : S2786, p. 32.

 

Est : les troupes allemandes évacuent Dijon.

Le 27 décembre 1870, à la nouvelle que Bourbaki marche vers l'Est, le général von Werder rappelle autour de Vesoul tous ses détachements épars, et évacue la ville de Dijon.

Source : S2786, p. 32.

 

Mercredi 28 au jeudi 29 décembre 1870

 

2e Armée de la Loire : combats de Château-Renault.

Du 28 au 29 décembre 1870 se déroulent les combats de Château-Renault, sur la route Tours - Vendôme, entre la colonne mobile de Curten et de fortes reconnaissances du Xe corps d’armée allemand. De Curten s'installe à Château-Renault.

Source : S2786, p. 32.

 

Samedi 31 décembre 1870

 

2e Armée de la Loire : combats de Vendôme-Bel-Air-Danzé.

Le 31 décembre 1870, se déroulent les combats de Vendôme, Bel-Air et Danzé. Il s’agit d’une vigoureuse attaque concentrique des troupes de la colonne Jouffroy, exécutée contre Vendôme, que défend le lieutenant général von Kraatz-Koschlau avec la moitié du Xe corps d’armée allemand et de la 1re division de cavalerie. Victorieux à Bel-Air et aux abords de Vendôme, mais inquiet à cause de l'insuccès de Danzé, sur son flanc gauche, le général Jouffroy bat prématurément en retraite pendant la nuit.

Source : S2786, p. 32.

 

Nord : combats de Robert-le-Diable et Orival.

Le 31 dcembre 1870 se déroulent les combats peu décisifs de Robert-le-Diable et Orival, au sud de Rouen, sur la rive gauche de la Seine, entre les troupes du général Roy, ancien corps d’armée de l'Eure, et la lre division prussienne du général-major von Falkenstein.

Source : S2786, p. 32.

 

Est : la division Cremer réoccupe Dijon.

Le 31 décembre 1870, la division Cremer réoccupe la ville de Dijon. Elle est destinée à former l'extrême gauche de l'armée française de l'Est. A cet effet, elle sera remplacée à Dijon par le corps Garibaldi, appelé d'Autun, et qui marchera sur Belfort en passant successivement par Gray, Vesoul et Luré.

Source : S2786, p. 32.