Chroniques 1870

 

 

Dernière mise à jour : 19 octobre 2020

 

Voici les chroniques de la place forte de Strasbourg. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications et de la garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services. Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde souvent les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire de cette année 1870, mais prenez garde à gratter la couche de nationalisme que l’on retrouve dans la presse allemande et française.

Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour.

 

Abréviations et termes allemand couramment utilisés :

 

A.K.O. = Allerhöchste Kabinetts-Order = Ordre du cabinet impérial / Ordonnance impériale (ordre signé par l’Empereur d’Allemagne).

IR = Infanterie-Regiment = Régiment d’infanterie (généralement suivi de son numéro).

Reichsland = Terre d’Empire = partie annexée de l’Alsace-Lorraine.

 

Les grades allemands et leur équivalence françaises :

 

General der Infanterie, General der Kavalerie = équivalent au général de corps d’armée.

Generallieutenant = équivalent au général de division.

Generalmajor = équivalent au général de brigade.

Oberst = = colonel.

Oberstlieutenant = lieutenant-colonel.

Major = chef de bataillon, chef d’escadron, commandant.

Hauptmann ou Rittmeister (pour les troupes montées) = capitaine.

Oberleutnant = lieutenant

Leutnant = sous-lieutenant.

 

Remarque : l’orthographe allemande diffère de celle d’aujourd’hui. Par exemple pour les portes on note la présence d’un h « Thor » qui a disparu ultérieurement (Tor), et de nombreux mots s’écrivent encore avec un c, alors que quelques années plus tard on utilisera le k, comme pour Fortification écrit ultérieurement Fortifikation. On germanise les mots d’origine française. J’emploi autant que possible l’orthographe d’origine.

 

 

Fortifications : ouvrages en cours de construction ou de modernisation

 

Allemagne

 

 

Allemagne, Front Nord, côte de la mer du Nord « Nordsee »

 

A la suite à la crise du Luxembourg, puis de la guerre franco-allemande de 1870-1871, renforcement des fortifications côtières allemandes.

 

Embouchure de la Weser - Places fortes et fortifications côtières de Bremerhaven & Gestemündung

Ouvrages en cours de construction :

Fort Langlütjen I (1869-1872), à Gestemünde. Ouvrage au tracé elliptique sur une île artificielle, sur laquelle on a érigé une batterie cuirassée comprenant 9 canons frettés de 21 cm Ringkanone L/22 sur affûts à embrasure minima « Minimalschartenlafetten » alignés dans une galerie cuirassée en fonte durcie, conçue et construite par la société Gruson de Magdebourg. Au milieu de l’île a été erigé un ouvrage rectangulaire appelé « Kernwerk » qui était initialement prévu pour trois tourelles cuirassée tournante de Gruson, mais jamais installées. Elle abrite la cuisine, les locaux d’hébergement et la salle des machines pour les groupes électrogènes. La construction de cet ouvrage a été longue et très difficile à cause des nombreuses tempêtes et du sous-sol vaseux. Juillet 1870 : lors du déclanchement de la guerre franco-allemande de 1870-1871, l’ouvrage avait été mis provisoirement en état de défense.

Fort Brinkamahof I (1867-1872), Gestemünde :10 canons de 21 cm L/22, par paires dans des positions à ciel ouvert.

 

Place forte de Wilhelmshaven

Ouvrages en cours de construction ou de modernisation :

Heppenser Batterie (1863) aménagement provisoire remplacé ultérieurement par un ouvrage permanent. Elle était armée de 2 canons de 28 cm et 11 canons de 24 cm. 1864 : désarmement de la batterie. 1870-1871 : réarmement de la batterie pendant la guerre franco-prussienne.

Dauensfelder Batterie (1869-1870) comprenant 13 pièces à ciel ouvert entre les traverses.

 

Place forte de Cuxhaven

Ouvrage en cours de construction :

Fort Kugelbake (1869-1879) fort pentagonal, aux dimensions d’environ 250 m et 150 m. Comprend un mur d’escarpe maçonné en briques avec de nombreuses embrasures pour la défense rapprochée au fusil. Le fort est muni d’un fossé plein d’eau à la gorge et sur les flancs, et d’un fossé devant les deux faces. Flanquement du fossé par une caponnières d’épaule gauche, une caponnière de saillant et une caponnière de gorge. Entrée munie d’un blockhaus de garde en maçonnerie et d’un pont-levis aujourd’hui disparu. Armé initialement de 10 canons de 28 cm répartis en deux batteries de 5 pièces qui tenaient sous leur feu tout le chenal. Sur le flanc gauche 4 canons de 12 cm orientés vers la mer. 1899 : le fort est relié à la gare de Cuxhafen par une ligne de chemin de fer à voies étroites. 1909 : dotation d’un plus puissant projecteur du monde, qui éclairait jusqu’à 4,5 km de distance, était escamotable et abrité dans un ouvrage en béton. L’ouverture du canal de la Mer du Nord à la Baltique a accrue l’importance du fort qui a été modernisé jusqu’en 1911. 1914 : retrait de 5 pièces de 28 cm transférée vers les côtes de Flandres. 1937 : installation de batteries antiaériennes « Flak » 8,8 cm. 1941 : remplacement des canons par du 10,5 cm à chargement rapide et installation d’un poste de commandement et de tir et d’un poste de mesure de type Freya. 1947 : le fort retourne à un usage civil. 1992-1994 : restauré avec des fonds allemands et européens, il est le dernier exemplaire de forts de défense côtière.

 

Allemagne (Prusse - Rhénanie), Front Ouest

 

Place forte de Koblenz

Ouvrage en cours de construction :

Rive droite du Rhin

Arzenheimer Schanze (1866-1867, 1869-1873), initialement un ouvrage en terre, transformé en ouvrage de fortification permanente. Lunette comportant 2 faces de 60 m et 2 flancs de 40 m entourée d’un fossé. Remparts aménagés pour l’infanterie et l’artillerie. Sur la gorge une entrée avec pont-levis et une caserne de gorge casematée à un nivezau pour l’hébergement des troupes. 1875-1877 : relié aux fortifications principales par un chemin fortifié « Kolonnenweg ». 1920/1921 : ouvrage arasé complètement dans le cadre du traité de Versailles.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ingolstadt

Ouvrage en cours de construction :

Rive gauche du Danube

1ère ceinture d’ouvrages avancés permanents

Fort I – Werk 24 (octobre 1868-septembre 1872) Vorwerk Haslang - Fort Haslang. Lunette érigée à l’est de Samhof. Lunette « Hornwerk Haslang ». Elle devait être équipée de pièces d’artillerie en cas d’attaque. Troisième fort avancé érigé en fortification permanente. Lunette pentagonale avec une caponnière double de tête et deux caponnières simples sur les angles d’épaule. Caserne de gorge maçonnée à la gorge. Comprend 4 traverses-abris sur le flanc gauche et les fronts droit et gauche, et 3 sur le flanc droit. Le fort à été détruit à ‘explosif après la seconde guerre mondiale. Il y a quelques années le tas de débris a été couvert par une zone urbanisée. Lors des fouilles une partie du système de contremines a été mis mis à jour.

 

Belgique

 

Place forte d’Anvers

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Kruibeke (1870-1880), également dénommé Fort Van Eopoel ou Fort Kapitaen.

Fort de Zwinjdrecht (1870-1880), également dénommé Fort Brosius ou Fort Kolonel I.M.F.

 

France

 

France Front Ouest Côtes de la Mer du Nord Manche et de l’Atlantique

 

Place forte de Cherbourg

Ouvrage en cours de modernisation :

Batterie basse de Nacqueville (1817). 1870 : réorganisation. 1878-1881 : remodelage de la batterie pour 4 canons de 27 cm modèle 1881.

 

Place forte de Brest

Ouvrage en cours de construction :

Redoute de Pen Ar Creach (1870 environ) E de Brest. Redoute au tracé trapézoïdal destiné à la défense terrestre de la place. Etat actuel : disparu.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Metz

Après l’apparition en 1859 de l’artillerie rayée, qui permet un accroissement sensible de la précision, de la portée et de la puissance des tirs par l’adoption du projectile cylindro-ogival, le réaménagement des fortifications s’avère nécessaire. Il s’agit d’éloigner l’artillerie de l’assiégeant du noyau des places fortes par la construction de forts détachés et de batteries, qui sont éloignés de 2 à 10 km du noyau urbain, en fonction de la prise en compte des progrès de l’artillerie.

A Metz, ce n’est que vers 1867 que l’on commence les travaux de construction de forts détachés sous la direction du colonel Séré de Rivières, chef du Génie de la place de 1864 à 1869. Alors que la construction de 8 forts détachés avait été planifié, en juillet 1870, au déclanchement de la guerre franco-prussienne de 1870, seuls 4 forts détachés sont pratiquement terminés : les forts de Saint-Julien, fort de Queuleu, fort Diou et fort de Plappeville. En mai 1870 on commence les travaux du fort des Bordes, du fort de Saint-Privat et du fort de Saint-Eloy. Alors que ces derniers sont à peine commencés, ils ne servent que de batteries pendant le conflit. En effet dès le 19 août 1870 le maréchal Bazaine se laisse enfermer avec 170 000 hommes dans la place de Metz qui est assiégée. Il capitule le 27 octobre 1870. Après la chute de la place forte de Metz, ce sont les Allemands qui poursuivront les travaux de construction de cette première ceinture de fortifications détachées.

Ouvrages en cours de construction :

Rive gauche de la Moselle

Fort de Plappeville (1867-1870 puis 1871-1891) Fort Alvensleben. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge

Fort Diou (1867-1870 puis 1872-1892) Ostfort puis intégré au groupe fortifié Feste Prinz Friedrich Karl actuel groupe fortiifé du Mont Saint-Quentin. Le fort Diou est construit par les Français. Il est de forme trapézoïdale au tracé bastionné quadrangulaire (4 bastions), dont deux avec casemates d’artillerie, avec fossé sec taillé dans le roc, en partie maçonné. Artillerie disposée sur le tracé bastionné et sur un cavalier polygonal placé en équerre, avec caserne à 2 niveaux et un magasin à poudre. L’entrée est munie d’un pont-levis. Les Français avaient conçu le fort pour recevoir 38 pièces d’artillerie et 692 hommes. 1872-1892 : les Allemands installent à l’autre extrémité du plateau le Fort Mannstein et organisent puissament l’espace entre les deux forts pour former le groupe fortifié. Réaménagement du tambour couvrant l’entrée à la gorge avec un blockhaus de garde. 1887-1890 environ, renforcement d’une partie des locaux, installation d’une cloche lourde d’observation d’artillerie à priori du type P.B.St. 1896 au centre du cavalier central, monte-charge à munition avec panier rond et câble, cuisinières autoclaves, métallique, réseaux de fil, grilles défensives, coffres de contrescarpe avec chambres de tir munies de dispositif d’accrochage mural des canons-révolvers de 3,7 cm et volets blindés sur les créneaux de fusillade.

Rive droite de la Moselle

Fort de Queuleu (1867-1870, puis 1871-1875) Fort Goeben. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un vaste fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front large de 800m et profondeur de 450 m, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie et d’artillerie. A la gorge une grande caponnière centrale relie les 2 casernes. Au centre du fort un important cavalier polygonal ouvert à la gorge formant réduit avec une grande caserne, magasins et abris, très surélevé, qui forme la batterie haute pour le combat éloigné. L’artillerie des parapets des bastions est prévue pour le combat rapproché. 23 août 1869 : décision ministérielle fixe l’effectif à 2 000 hommes avec une dotation en artillerie de 122 pièces. 1871-1890 poursuite des travaux de construction par les Allemands avec quelques aménagements particuliers : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, 2 observatoires d’artillerie cuirassé modèle 1887 sur le cavalier, 3 guérites observatoires cuirassés d’infanterie modèle 1890 (WT 90) sur la pointe de chaque bastion du front de tête, batteries annexes de part et d’autre et à la gorge, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charge, traverses-abris, blindage des fenêtes, vers 1887-1890 renforcement d’une partie des locaux du fort, mise en place d’une réseau de fils de fer. Octobre 1943 : la Gestapo installe un camp de concentration dans la casemate A jusqu’en août 1944. Actuellement le fort est un parc public et un musée mémorial des internés déportés.

Fort de Saint-Julien (1867 puis 1871-1891) Fort Manteuffel. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge. Le parapet d’artillerie des fronts bastionné destiné à la défense rapprochée et au flanquement et le parapet du cavalier à la défense éloignée. Une grande caserne de gorge avec caponnière sur la partie centrale et une caserne sous le centre du cavalier. Les Français avaient prévu un armement de 75 pièces d’artillerie et un effectif de 1 750 hommes. 1871-1890 les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, batteries annexes de part et d’autre, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme le monte-charge, traverses-abris, blindage des fenêtes, vers 1887-1890 renforcement d’une partie des locaux du fort, mise en place d’un réseau de fils de fer.

Fort de Saint-Privat (Début 1870 puis 1872-1875) Fort Prinz August von Württemberg. 1870 Construction des terrassements par les Français. 1872-1875 Reprise des travaux par les Allemands selon leurs plans d’un Fort de type Biehler. Lunette élargie, à fossé sec, grand fort comportant une gorge pseudo bastionnée avec caserne brisée vers l’intérieur, 4 traverses-abris par face, 2 batteries annexes, 2 observatoires cuirassés. Modernisé vers 1887-1890 suppression des caponnières d’épaule remplacée chacune par un coffre de contrescarpe simple et campoonière du saillant remplacée par un coffre double de contrescarpe. Fort conçu pour 750 hommes et environ 44 pièces d’artillerie.

Fort des Bordes (1870 puis 1874-1875) Fort Zastrow. Les Français ont commencé le terrassement en 1870. Pendant le siège de Metz en 1870, on y a installé une batterie. Après la guerre les Allemands construisent un fort de forme trapézoïdale, comportant au centre une caserne pour 80 hommes, un magasin à poudre sous le rampart du flanc gauche et 3 abris à munitions sous les remparts. A la gorge une caserne pour 500 hommes. Le fort est muni d’un fossé sec battu par trois coffres de contrescarpe. 1887-1890 : installation de 2 batteries annexes avec 6 alvéoles et un abri à munition encadraient l’ouvrage de part et d’autre des angles de gorge. Armement : 16 pièces dont 6 du premier armement. L’essentiel du fort a été remblayé.

 

Place forte de Belfort

Ouvrage en cours de construction :

Fort des Barres (1865-1870) fort Hatry, profil bastionné.

 

Place forte de Langres

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de la Gare (1870-1871) aménagée en urgence pendant la guerre de 1870-1871.

Batterie des Franchises (1870-1871) aménagée en urgence pendant la guerre de 1870-1871.

Fort de la Bonnelle (1869-1875) fort Decrès.

Fort des Fourches (1870-1871) parfois dénommé fort du Mont des Fourches. Construit en urgence pendant la guerre de 1870-1871.

Fort de Peygney (1869-1875) fort Constance-Chlore, NE de Langres. 1870 : mise en état de défense.

 

Place forte de Besançon

Ouvrages en cours de construction :

Fort de l’Est des Bois (1870-1871) fort Montbarrey.

Fort des Justices (1870-1871) fort Pajol, construit pendant la guerre de 1870-1871.

Fort de l’Ouest des Bois (1870-1871) fort Michaud.

Redoute Benoît ou Redoute de Palente, puis Fort Benoît (1870-1871) redoute, puis Fort Benoit 1877-1880 Fort de Palente.

Redoute de Montfaucon (1870-1872) fort Donzelot, dénommé Vieux fort de Montfaucon. Ancienne redoute en terre sur laquelle on a construit des abris en maçonnerie.

 

Pays-Bas

 

Ligne d’Utrecht « Waterlinie »

 

Place forte de Naarden – Position avancée

Ouvrages en cours de construction :

Werk III - Ouvrage n°3 (1870) Aile droite (à l’ouest), commune de Bussum.

Werk IV - Ouvrage n°4 (1868-1870) ou batterie centrale « Fort Werk IV ».

Werk V - Ouvrage n°5 (1870) Aile gauche (à l’ouest), comune de Bussum.

 

Position d’Utrecht

Ouvrages en cours de construction :

Fort bij Vechten (1867-1870). Fort à fossé plain d’eau comprenant 5 bastions et un réduit de gorge. En 1877 construction d’une caserne à l’épreuve des bombes. 1950-1996 utilisé comme site de stockage par le ministère de la défense. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, actuel musée national de la Waterline.

Fort bij Rijnauwen (1868-1871). Grand fort à fossé plein d’eau, plus grand fort de la Waterline (31 ha). EN 1877-1885 il est modernisé, construction d’une grande caserne à l’épreuve des bombes et des batteries de flanquement n°3 et 4. En 1885 son équipage était d 675 hommes et 105 pièces d’artillerie. 1918 installations d’abris de groupe en béton type 1918. En 1939 installation d’une casemate de mitrailleur « Koepelkazemat type G » et d’abris de groupe « Groepschuilplaats Type P ». 1942-1943 lieu de détention et d’exécution. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Fort Ruigenhoek (1867-1870). Actuellement utilisé par l’administration forrestière, ouvert au public.

Fort Voordop (1867-1870). Actuellement propriété privée.

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

 

 

Allemagne : Prusse

 

1870 : mise en service du canon de 15 cm court « Kurze 15-cm-Kanone ».

1870 : mise en service du mortier de 21 cm « 21-cm-Mörser C/70 » (2 mortiers lourds d’expérimentation) dénommé « Vers. Mrs » ou « Versuchs-Mörser ».

 

Chroniques de l’année 1870

 

France, Strasbourg : La ville avant le siège.

 

Carte postale ancienne représentant Strasbourg : rue du Marais-Vert et le quai de la Station (ancienne gare) en 1870. Source : Collection MJR.

 

Mardi 25 janvier 1870

 

France, Strasbourg place forte : Etat général des magasins à poudre, souterrains et abris voûtés de la place.

Le 25 janvier 1870, le commandant du génie de Strasbourg adresse au directeur du Génie de la place un état général réalisé en date du 31 décembre 1869, accompagné d’une lettre datée du 25 janvier 1870. L’ensemble de ces documents est transmis à une instance supérieure par le directeur du génie de la place de Strasbourg, avec comme conclusion : « Il n’y a pas à vrai dire dans Strasbourg, une vraie caserne voûtée, et dans la Citadelle surtout une semblable construction est de première urgence », signé à Strasbourg le 28 janvier 1870.

 

Samedi 5 février 1870

 

France, Alsace voies ferréées : Ligne Bollwiller – Gebwiller.

La ligne de Bollwiller à Gebwiller est livrée à l’exploitation le 5 février 1870.

 

Samedi 2 juillet 1870

 

Prusse : annonce de la candidature de Léopold de Hohenzollern Sigmaringen au trône d’Espagne.

En septembre 1868, le général Joan Prim lance un soulèvement révolutionnaire en Espagne. Cette révolution est dénommée « La Gloriosa » (la glorieuse) ou « La septembrina » (la Septembrienne). Le général Joan Prim force la reine Isabelle II d’Espagne (1830-1904) à abdiquer. La reine s’exile en France et n’abdique qu’en 1870. En septembre 1869 l’Espagne entame de distrète négociations pour trouver un nouveau souverain en Europe. Elle a proposé la couronne à Léopold de Hohenzollern Sigmaringen, un lointain cousin du roi de Prusse Guillaume Ier. Après une longue réflexion, le roi de Prusse en tant que chef de famille donne son accord, ce qui est annoncé le 2 juillet 1870, ce qui provoque une énorme indignation en France. La Cour des Tuilleries charge donc l’ambassadeur de France à Berlin, le comte de Benedetti, de demander au roi de Prusse, de désavouer Léopold. Le 12 juillet 1870, le prince, face à l’émotion provoquée en France et face à la restistance aux Cortès, renonce spontanément. En Espagne, les six années qui suivent sont nommées « Sexenio Democratico » (les six ans démocratiques). Finalement le duc Amédée de Savoie est choisi pour lui succéder, mais il abdique en 1873. Devant cette situation inextricable, la République est proclamée le 11 février 1873. En 1874, les Bourbons sont restaurés dans la personne d’Alphonse XII, fils d’Isabelle II. A partir de 1876, c’est une monarchie constitutionnelle qui s’installe.

 

Dimanche 3 juillet 1870

 

France : la presse annonce la candidature de Léopold de Hohenzollern au trône d’Espagne.

Les journaux français annoncent que le prince Léopold de Hohenzollern, parent du roi de Prusse, est candidat au trône d'Espagne.

 

Mercredi 6 juillet 1870

 

France, politique : interpellation du ministre des Affaires étrangères.

Le ministre français des affaires étrangères, duc de Grammont, interpellé au sujet de cette candidature Hohenzollern, déclare à la tribune du Corps législatif que le gouvernement ne souffrira pas qu'une puissance étrangère place un de ses princes sur le trône de Charles-Quint et mette ainsi en péril les intérêts et l'honneur de la France.

 

Lundi 11 juillet 1870

 

Allemagne, Royaume de Prusse : Léopold de Hohenzollern Sigmaringen renonce à sa candidature au trône d’Espagne.

Après la démarche de l’ambassadeur de France, comte de Benedetti auprès du roi de Prusse Guillaume Ier, le Léopold de Hohenzollern Sigmaringen inquiet de l’émotion soulevée et soucieux de certaines résistances et du fait que son initiative risquait de rencontrer des résistances aux Cortès, renonçe à se porter candidat à la couronne d’Espagne. L’incident paraît donc clos et semblait satisfaire la France.

 

Mardi 12 juillet 1870

 

Prusse : annonce de la candidature de Léopold de Hohenzollern Sigmaringen au trône d’Espagne.

En septembre 1868, le général Joan Prim lance un soulèvement révolutionnaire en Espagne. Cette révolution est dénommée « La Gloriosa » (la glorieuse) ou « La septembrina » (la Septembrienne). Le général Joan Prim force la reine Isabelle II d’Espagne (1830-1904) à abdiquer. La reine s’exile en France et n’abdique qu’en 1870. En septembre 1869 l’Espagne entame de distrète négociations pour trouver un nouveau souverain en Europe. Elle a proposé la couronne à Léopold de Hohenzollern Sigmaringen, un lointain cousin du roi de Prusse Guillaume Ier. Après une longue réflexion, le roi de Prusse en tant que chef de famille donne son accord, ce qui est annoncé le 2 juillet 1870, ce qui provoque une énorme indignation en France. La Cour des Tuilleries charge donc l’ambassadeur de France à Berlin, le comte de Benedetti, de demander au roi de Prusse, de désavouer Léopold. Le 12 juillet 1870, le prince, face à l’émotion provoquée en France et face à la restistance aux Cortès, renonce spontanément. En Espagne, les six années qui suivent sont nommées « Sexenio Democratico » (les six ans démocratiques). Finalement le duc Amédée de Savoie est choisi pour lui succéder, mais il abdique en 1873. Devant cette situation inextricable, la République est proclamée le 11 février 1873. En 1874, les Bourbons sont restaurés dans la personne d’Alphonse XII, fils d’Isabelle II. A partir de 1876, c’est une monarchie constitutionnelle qui s’installe.

 

Mercredi 13 juillet 1870

 

Allemagne, Royaume de Prusse : l’ambassadeur de France à Berlin recontre le roi de Prusse qui est aux eaux à Ems.

L’opinion publique française étant toujours remontée par la presse, le gouvernement français souhaite obtenir des garanties pour empêcher toute nouvelle candidature du Léopold de Hohenzollern Sigmaringen.

Le 13 juillet 1870 l’ambassadeur de France, le comte de Benedetti rencontre à nouveau le roi Guillaume Ier à Ems, et lui demande de donner l’assurance qu’il n’autoriserait plus une candidature de son cousin au trône d’Espagne. Le roi de Prusse Guillaume Ier est fort étonné par cette nouvelle requête et se récuse de façon très conciliante en ajoutant qu’il comptait communiquer dans l’après-midi à l’ambassadeur la renonciation officielle de Léopold de Hohenzollern Sigmaringen.

En effet au cours de l’après-midi, la communication est faite par l’intermédiaire d’un aide de camp. Guillaume 1er a ajouté qu’il donnait à la renonciation « son approbation entière et sans réserve ». L’ambassadeur de France, le comte de Benedetti se déclara « satisfait ».

Une autre source indique : Le roi Guillaume approuve le désistement du prince Léopold, mais il refuse catégoriquement de prendre des engagements pour l'avenir. A l'ambassadeur français Benedetti, qui insiste pour obtenir une nouvelle audience, le roi fait répondre « qu'il n'a rien de plus à lui communiquer ».

Tout semblait donc pour la deuxième fois rentrée dans l’ordre quand, de Berlin, Bismarck, qui croyait –par malheur à juste titre- savoir où il allait, prit le parti de brouiller les cartes.

Informé par une dépêche de son souverain des conversations d’Ems, il en fit publier le soir même un résumé qui en dénaturait l’esprit et d’après lequel le roi, objet d’une démarche indiscrète et presque insolente de notre ambassadeur, avait purement et simplement éconduit celui-ci.

La nouvelle ainsi déformée eut les résultats qu’en attendait l’auteur : elle souleva la colère en Allemagne et acheva d’exaspérer la France.

 

Jeudi 14 juillet au vendredi 15 juillet 1870, nuit

 

France : Décision de venger l’affront par le Conseil des ministres.

Le Conseil des ministres se réunit à Saint-Cloud autour de Napoléon III, dans la nuit du 14 au 15 juillet 1870. Il décide de venger l’affront.

 

Vendredi 15 juillet 1870

 

Allemagne, Confédération de l’Allemagne du Nord : mobilistion des forces militaires.

Le roi de Prusse décrète la mobilisation des forces militaires de la Confédération de l'Allemagne du Nord.

 

France : le Corps législatif vote les premiers crédits de mobilisation.

Le 15 août 1870, tandis que la foule allait briser les vitres de l’ambassade de la Prusse, le Corps législatif l’Assemblée nationale d’aujourd’hui) vote avec enthousiasme, sur l’invitation d’Emile Ollivier, président du Conseil, les premiers crédits de mobilisation. Les dés étaient jetés. Ainsi, sans même vérifier l’authenticité de la dépêche d’Ems ainsi que Thiers l’avait pourtant demandé le 15 juillet 1870 au Corps législatif, le gouvernement français se jetait tête baissée dans un conflit qui avait été, qui à deux reprises aurait pu être évité !

 

Samedi 16 au mardi 19 juillet 1870

 

Allemagne, Etats du Sud : le Grand-duché de Bade, le Wurtemberg et la Bavière se joignent à la Confédération de l’Allemagne du Nord.

Les Etats du Sud, Bade, liesse, Bavière et 19 juillet. Wurtemberg, se joignent à la Confédération du Nord et mobilisent leurs troupes.

 

Samedi 16 juillet 1870

 

France, Alsace, Strasbourg place forte et garnison : la guerre de 1870-1871.

Le 16 juillet 1870, un jour avant la déclaration de guerre, à Strasbourg les cours des deux séminaires catholiques et protestant sont fermés, et les locaux sont transformés en ambulances. Sur le Rhin, le pont de bateaux entre Strasbourg et Kehl est replié et démonté. De nombreux convois militaires arrivent en ville et à la gare les trains déversent un régiment après l’autre qui vont former l’Armée du Rhin. Les gardes mobiles du Bas-Rhin sont mobilisés. Une grande partie de ces troupes campe sur les glacis et le terrain d’exercice du Polygone, au sud de Strasbourg. De nombreux badaux vient voir ces troupes aux uniformes très variés. Les rues de Strasbourg sont de plus en plus animées. Si certains étaient rassurés de voir toutes ces troupes, d’autres à l’œil plis avisés, à la vue de l’indiscipline des réservistes et des gardes mobiles, de la consommation excessive d’alcool de la troupe, de la fréquentation des maisons closes et de leur mendicité, restèrent plus inquiets.

 

France, Strasbourg – Metz : Mise en état de siège des départements de l’Est.

Lors de la déclaration de guerre, les départements de l’Est sont mis en état de siège.

16 juillet 1870 : Strasbourg ; Démontage du pont de bateaux entre Strasbourg et Kehl.

 

Dimanche 17 juillet 1870

 

Italie : Déclaration de neutralité.

Le 17 juillet 1870 l’Italie fait savoir qu’elle ne soutiendra la France que si l’Autriche fait de même et si les troupes françaises évacuent Rome.

 

Mardi 19 juillet 1870

 

Allemagne, Berlin : Remise de la déclaration de guerre française.

Le 19 juillet 1870, M. Le Sourd, premier secrétaire de l’ambassade de France et chargé d’affaires à Berlin, remet au gouvernement prussien la déclaration de guerre officielle du gouvernement français datée du 17 juillet 1870. La Bavière, la Hesse-Darmstadt, le Wurtemberg et le Grand-duché de Bade entrent ensuite en guerre aux côtés de la Confédération d’Allemagne du Nord.

 

Mercredi 20 juillet 1870

 

Autriche : Déclaration de neutralité.

Le 20 juillet 1870 l’Autriche se prononce pour la neutralité.

 

France, Paris : Troupes françaises.

 

Photographie représentant des troupes françaises aus Tuileries à Paris.

Source : Internet.

 

Mercredi 20 au Jeudi 21 juillet 1870   Nuit

 

France, environs de Forbach : Tirs fratricides français.

Dans la nuit du 20 au 21 juillet 1870, le lieutenant Landriau du 8e de ligne fait une ronde aux avant-postes accompagné du sergent-major Biron. En avant de Stiring ils sont la cible de tirs venant des avant-postes du 23e de ligne. Ce tir atteint mortellement le sergent-major Biron. Il est un des premiers morts français de la guerre, touché par un tir fratricide.

France, environs de Forbach : Incident de frontière.

Dans la nuit du 20 au 21 juillet 1870, le colonnel Thibaudin qui commande le 67e de ligne est envoyé en avant de Forbach avec un détachement de son régiment. Ils sont subitement pris à parti par les troupes allemandes. Deux soldats sont atteints, et l’un d’eux succombe à ses blessures peu de temps après. L’histoire n’a pas gardé le nom d’un des premiers morts français de la guerre.

France, environs de Spicheren : Autre indidents de frontière.

Quelques heures après le dernier incident, presque au même endroit, un peloton du 6e escadron de chasseurs à cheval, commandé par le colonel de Séréville, rencontre les troupes allemandes lors d’une reconnaissance effectuée ver Spicheren. Lors de cet accrochage, plusieurs coups de feu sont échangés et le chasseur Goudart est tué. Un peu plus loin, une autre reconnaissance du 5e escadron du 5e chasseurs à cheval dirigée par le commandant de Chabrillant, abat un soldat d’un régiment d’uhlans, qui est probablement la première victime allemande de cette guerre.

 

Jeudi 21 juillet 1870

 

France, Strasbourg : Arrivée du général Uhrich, nouveau gouverneur et commandant de la 6e division territoriale.

Le 21 juillet 1870, le général Uhrich, nouveau commandant de la 6e division territoriale et gouverneur militaire, arrive à Strasbourg. Il est né le 15 février 1802, à Phalsbourg, la vieille forteresse vosgienne, devient le défenseur de Strasbourg. Il a pris part aux guerres d’Espagne en 1823, 1824, 1825, 1826 ; il était en Afrique en 1839, 1840 et 1841 ; en Crimée en 1855, en Italie en 1859 et 1860. A la déclaration de guerre, il était alors âgé de 68 ans et depuis plusieurs années, il faisait partie du cadre de réserve depuis trois ans. Sur sa demande, il fut rappelé à l’activité et remplace le général Ducrot dans le commandement de la 6e division militaire. Quand il arriva dans notre ville, rien n’était fait, à peu près de ce que commandaient, en fait de préparatifs de défense, les règlements militaires et le bon sens le plus élémentaire. On se croyait si sûr, en haut lieu, d’aller à Berlin, qu’on n’avait pas songé seulement à déblayer les alentours immédiats de la place, encombrés de jardins et de maisons, pas plus qu’à conduire l’artillerie sur les remparts, à abattre les vieux arbres bordant les routes voisines des fortifications et les cachant à la vue. Le 21 juillet 1870, jour de l’arrivée du général dans son commandement, la garde nationale mobile n’avait pas encore été convoquée dans toute la division. Le général rassemble immédiatement les mobiles et fait aussitôt la répartition des bataillons et batteries entre les différentes places de la division, en faisant diriger sur ces places armement, habillement et équipement nécessaires, suivant l’effectif de chacune d’elle.

Aussitôt arrivé, le général Uhrich exprime au ministre de la guerre son intention de procéder immédiatement à la mise en défense de la place, et le prévint qu’il allait procéder aux démolitions des constructions et aux abatis des arbres dans tout le rayon de la zone de servitude militaire. Le ministre répondit : « Suspendez tous travaux de cette sorte jusqu’à la dernière extrémité, et encore ne faites rien sans vous être entendu au préalable avec l’autorité civile ». Par l’autorité civile il s’agit vraisemblablement du préfet baron Pron.

 

Vendredi 22 juillet 1870

 

Grand Duché de Bade, Kehl : démolition du pont de Kehl.

Les Badois font sauter le pont de Kehl, sur le Rhin, rive badoise, afin d'interdire aux troupes françaises un passage du fleuve qui aurait été protégé par la forteresse de Strasbourg.

Destruction du pont de Kehl, côté badois. Dessin de Kircher.

 

France, Alsace, Strasbourg place forte et garnison : la guerre de 1870-1871.

Le 22 juillet 1870, le colonel Ducasse, commandant la place, écrit un ordre du jour pour tenter de remettre de l’ordre et de la discipline dans la place forte. Mais compte tenu de l’inéfficacité de l’intendance militaire, qui n’avait pas préparé et assuré le ravitaillement de ces milliers de soldats sui arrivent dans la place, ces derniers survivent grâce à la solidarité de la population.

 

Samedi 23 juillet 1870

 

Allemagne, coatition des états allemands : Fin de la mobilisation et début de la concentration des troupes.

La mobilisation allemande est terminée dans chaque région territoriale de corps d'armée. Les transports de concentration commencent. Les trois armées se groupent entre la Moselle à droite, et le Rhin à gauche : à l'ouest, la 1re armée du général Steinmetz, à hauteur de Trèves ; à l'est, IIIe armée du Prince royal de Prusse, à hauteur de Landau ; au centre et un peu en arrière, la IIe armée du prince Frédéric-Charles, à hauteur de Kreuznach.

 

France, environs de Spicheren : Incident de frontière.

Le 23 juillet 1870, deux douaniers du poste frontière de Schreckling, hameau situé entre Thionville et Sarrelouis, essayent de s’opposer à une patrouille allemande de uhlans venant de Sarrelouis. Dans un premier temps les douaniers mettent en fuite la patrouille après une vive fusillade. Mais dans la soirée, un nouveau peloton allemand tire sur eux et le douanier Mouty, un ancien soldat d’active, succombe. Son collègue Lejust, blessé, arrive à se traîner jusqu’au hameau. Il est remené à Bouzonville où il est soigné. Il survit à ses 19 blessures.

 

Dimanche 24 juillet 1870

 

France, Alsace : Reconnaissance allemande en Alsace du Nord.

Le 24 juillet 1870 matin, une patrouile à cheval allemande quitte Hagenbach dans le Palatinat pour effectuer une reconnaissance en Alsace du Nord. Elle est commandée par le capitaine von Zeppelin, de l’armée du roi de Wurttemberg. Il s’agit tout simplement du futur comte de Zellepin, inventeur des fameux premiers dirigeables allemands. Ce détachement de cavalerie est composé de quatre officiers et de sept dragons. Une partie des hommes est francophone. Deux des lieutenants connaissent la région. Parmi les les dragons, l’un avait travaillé à Woerth et l’autre à Haguenau. Ils franchissent la frotière sans difficulté et traversent au galop Lauterbourg, une ancienne petite place forte dont les pont-levis sont abaissés. La garnison française avait quitté la place. A environ 500 m de Lauterbourg, ils abattent deux poteaux télégraphiques et passent ensuite par Neewiller, Croetwiller où a lieu un premier acrochage avec deux militaires français, puis par Hunspach. Au cours de la nuit ils bivouaquent dans un bois situé au nord de Schoenenbourg. Von Zeppelin détache deux hommes qui rejoignent Karlsruhe dans la nuit avec un rapport et certains documents français saisis au cours de cette première journée de reconnaissance.

 

France, Cherbourg : appareillage de la flotte en direction de la Baltique.

A Cherbourg, flotte du vice-amiral Bouët-Willaumez Cherbourg part pour la mer Baltique. Dans l'esprit du gouvernement français, cette flotte précédait de quelques jours seulement l'escadre de transport qui devait emporter un corps de troupe de débarquement aux ordres du prince Napoléon (12° corps).

 

Lundi 25 juillet 1870   Matin

 

France, Alsace : Escarmouche du Schirlenhof.

Le 25 août 1870 au matin, la patrouille du comte de Zeppelin se remet en route en partant de leur bivouac de la forêt située au nord de Schoenenbourg. Ces cavaliers allemands traversent successivements Kutzenhausen et Merkwiller et et traversent Woerth. La population locale est étonnée et reconnaît même certain des cavaliers. Elle s’empresse de prévenir les troupes françaises stationnées à Niederbronn. Un détachement du 12e régiment de chasseurs à cheval est immédiatement lancé à la recherche de cette patrouille allemande.

 

Lundi 25 juillet 1870   Journée

 

France, Strasbourg – Metz : Mise en état de siège des départements de l’Est.

Le 25 juillet 1870 paraît un décret qui maintient l’état de siège dans les campagnes et villes ouvertes et le convertit en état de guerre seulement dans les places fortes. Ces mesures sont mesures inexplicables !

 

Lundi 25 juillet 1870   Midi

 

France, Alsace : Escarmouche du Schirlenhof.

Le 25 juillet 1870, vers midi, la patrouille de reconnaissance allemande du comte de Zeppelin décide de faire une halte à Schirlenhof, situé au sud de Reichshoffen. Les cavaliers allemands mettent leurs chevaux à l’avoine dans une écurie voisine et s’installent pour déjeuner dans une petite auberge locale. C’est à ce moment qu’arrive un escadron français du 12e chasseurs à cheval, qui appartient à la cavelrie du 5e corps d’armée français). Lorsqu’ils entendent le bruit des cavaliers à cheval français qui entrent dans la cour, les Allemands ouvrent le feu. Le combat fait plusieurs blessés et entraîne le décès de deux cavaliers. Il s’agit du maréchal des logis Pagnier pour le côté français, qui décède de ses blessures cinq jours plus tard, et pour les Allemands, du sous-lieutenant Winsloe, qui décède dans la soirée du 25 juillet 1870 à la mairie de Niederbronn, alors qu’un médecin l’examinait. Trois officiers et trois dragons wurttembergeois sont faits prisonniers. Le capitaine von Zeppelin a réussi à sauter par la fenêtre et à s’emparer d’un cheval français. Il s’enfuit et rejoint la forêt toute proche et se dirige vers le nord, traverse le secteur de Froeschwiller puis de Lembach. Il passe la nuit dans une ferme isolée puis traverse la frontière allemande près de Schoenau au matin du 26 juillet 1870 pour regagner Karlsruhe pour informer son état-major du résultat de cette reconnaissance. Ces deux premières victimes, un Français et un Allemand, sont considérés comme les deux premiers morts officiels de la guerre. Mais en réalité, il y avait déjà eu d’autres victimes lors des incidents de frontière en Lorraine. Par ailleurs, cet événement est revendiqué par les deux camps comme une victoire. Pour la première victime allemande, il faut toutefois préciser que le sous-lieutenant Herbert von Winsloe est né en 1843 à Inverness en Ecosse, et était d’origine britannique. Sa famille s’était établie à Manheim puis à Karlsruhe. Il a suivi ses études à l’Académie des cadets de la ville et rejoint en 1862 l’armée grand-ducale. Pendant la guerre il commandait le 4e escadron du 3e régiment de dragons de Bade.

 

Mardi 26 juillet 1870   17h00

 

France, Wissembourg : Tentative d’entrée d’une patrouille bavaroise.

Le 26 juillet 1870, vers 17 heures, une patrouile de reconnaissance bavaroise essaye de pénéter dans la place forte par la porte d eLandau. Le pont-levis était abaissé à ce moment ; le commissaire de police Jeckel parvient à le faire relever au dernier moment grâce à l’aide de la garde civique. Il tire un coup de pistolet des remparts et la patrouille réplique par une salve de mousquets dont la décharge laboure le tablier du pont-levis. Puis la patrouille disparaît.

 

Mercredi 27 juillet 1870

 

France, politique : l’empereur quitte Paris, l’impératrice Eugénie nommée régente.

L'empereur Napoléon III quitte Paris. Il laisse la régence à l'impératrice Eugénie qui reste à Paris. Il est accompagné de son fils, le prince impérial.

France, Wissembourg : Arrivée d’un officier bavarois.

Après l’incident du 26 juillet 1870, un officier d’artillerie bavarois se présente à Wissembourg en tant que parlementaire. Parlant au nom du colonel von Weinrich, il informe le sous-préfet de Wissembourg, M. Hepp qu’en cas de récidive, des mesures de voilences seront prises sur-le-champ contre la ville.

 

Jeudi 28 juillet 1870

 

France, Metz : l’empereur arrive à Metz.

L'empereur Napoléon arrive à Metz et et prend le commandement de l'armée du Rhin. L’armée est en cours de concentration dans le plus grand désordre. Elle comprend deux masses, à Strasbourg avec le maréchal comte de Mac-Mahon (1808-1893), et à Metz 128 000 hommes, que doit commander Napoléon III. Le 5e corps du général de Failly (1810-1892) assure la liaison. En tout, les armées françaises compte environ 285 000 hommes (260 000 d’après une autre source) et 900 canons. Elle est composée de sept corps d’armées, plus la garde, éparpillés le long de la frontière, des deux côtés des Vosges, de Belfort à Thionville. Le 6e corps d’armée commandé par le maréchal Canrobert (1809-1895) est encore au camp de Châlons. Le Major général est le maréchal Le bœuf (1809-1888). Le plan de campagne français impliquait l'offensive par la vallée du Main, de manière à séparer les deux Confédérations. Mais pour l’instant l’armée française n’est pas prête pour une vaste offensive.

 

Vendredi 29 juillet 1870

 

France, Alsace, Strasbourg place forte et garnison : la guerre de 1870-1871.

Le 29 juillet 1870, un arrêté préfectoral invite les citoyens à se faire inscrire sur les listes de la garde nationale. Mais le préfet impérial, M. le Baron Pron se défiait profondément de la populations strasbourgeoise, et rien n’a été fait, au début, pour organiser ceux qui se présentaient à la Mairie ; encore moins il n’était question, pour le moment, de leur fournir des armes ; on se contente de distribuer les hauts grades des compagnies futures à certaines notabilités bien pensantes et qui n’inquiétaient personne.

 

La défense des frontières

 

Mardi 2 août 1870

 

Allemagne : arrivé du roi Guillaume Ier à Mayence.

Le roi Guillaume arrive à Mayence et prend le haut commandement des armées allemandes. Effectifs : 460 000 hommes, 1 500 canons. Les Allemands, ne nous voyant pas bouger, vont prendre l'offensive, à la fois sur la Lauter et sur la Sarre.

 

France, opérations militaires : reconnaissance offensive de Sarrebrück.

Ces opérations s’ouvrent donc par une initiative française, la seule de toute la campagne. En présence de l'Empereur Napoléon III et du prince Impérial, le IIe corps français, général Frossard, chasse facilement de Sarrebrück (située sur la rive gauche de la Sarre) les faibles fractions (4 bataillons) de la 31e brigade prussienne (VIIIe corps d’armée allemand) commandé par le général major von Gneisenau, habilement secondé par le lieutenant-colonel von Pestel (3 escadrons et une batterie).

 

Mercredi 3 août 1870   Matin

 

France, Haguenau : Départ de la 2ème division française en direction du Nord de l’Alsace.

Dans la matinée du 3 août 1870, la 2e division française commandée par le général Abel Douay a quitté Haguenau pour se rendre en une seule colonne à la frontière nord de l’Alsace. Après 16 kilomètres de parcourus, elle effectue une grande halte à Soutz-sous-Forêt pendant la période la plus chaude de la journée. Elle récupère également le 3e hussards et deux bataillons qui avaient été disposés pprécédemment à Woerth et à Oberbetschdorf. Au cours de cette grande halte, le général Douay reçoit des instructions de la part du général Ducrot, commandant le 1er corps d’armée qui compred deux divisions. Ce dernier venait de reconnaître la frontière et il n’y avat trouvé aucune trace de présence de l’ennemi. Il donne l’ordre au général Douay de s’établir au sud de la Lauter, en disposant à droite une brigade sur le Geisberg et à gauche une brigade sur le Vogelsberg et de placer dès le 3 août 1870 au soir un bataillon dans la place de Wissembourg, et de détacher à l’aube du 4 août 1870 un régiment à Climbach pour se relier à la 1ère division française, elle-même déployée plus à l’ouest, de Wingen à Climbach. La cavalerie du général de Septeuil doit être utilisée pour effectuer des reconnaissances au nord de Wissembourg et vers Lauterbourg.

 

Mercredi 3 août 1870   Journée

 

France, Alsace, Strasbourg place forte et garnison : la guerre de 1870-1871.

Quelques jours après le général Uhrich, on voit arriver dans les murs de la place forte le maréchal de Mac-Mahon lui-même, avec un nombreux état-major ; il venait y établir le quartier général de l’armée du Rhin. Rodolphe Reuss précise dans son ouvrage « Siège de Strasbourg en 1870 » « que tout semble être en fête ; l’animation des rues était extrême ; les cafés du Broglie regorgeaient de brillants uniformes et l’entrain public s’accentua davantage encore, quand le 3 août nous parvint la nouvelle du petit engagement de Sarrebrück, salué par les officieux comme une première victoire, où s’était manifesté le courage précoce du petit prince impérial. Mais subitement nous nous vîmes en présence de la terrible réalité ! ».

 

Mercredi 3 août 1870   16h00

 

France, Soultz-sous-Forêt : Départ de la 2ème division française en direction du Nord de l’Alsace.

Le 3 août 1870 à partir de 16 heures, la 2ème division du général Abel Douay reprend sa marche en direction de Wissembourg. Sa division a été renforcée par des hussards et deux bataillons du 50e de ligne. Cependant elle est toujours privée du 16e BCP (bataillon de chasseurs à pied), d’un bataillon du 50e de ligne et d’un escadron du 11e chasserus à cheval qui ont été détachés à Seltz. Par ailleurs, il laissera un demi-escadron de chasseurs à cheval à Soultz-sous-Forêt, qui reste dans cette agglomération avec un bataillon du 36e de ligne, qui est arrivé il y a quelques jours.

 

Mercredi 3 août 1870   20h00

 

France, Wissembourg : Arrivé de la 2ème division française.

Le 3 août 1870 vers 20 heures, sous une intense pluie d’orage qui commence à tomber, la tête de colonne de la 2e division arrive au niveau des crêtes sud de la Lauter. La 1re brigade du général de Montmarie installe ses bivouacs sur le Geisberg. La 2ème brigade du général Pellé installe les siens sur le Vogelsberg. Les artilleurs et les cavaliers s’établissent en arrière de la 2ème brigade, le long du ruisseau de Rott et autour de Steinseltz, ou s’installe le quartier général.

 

Mercredi 3 août 1870   23h00

 

France, Wissembourg : Arrivée d’un bataillon du 74e de ligne et du général Abel Douay.

Le 3 août 1870 à 23 heures, le général Abel Douay descend à Wissembourg où il a envoyé le 2e bataillon du 74e de ligne du commandant Liaud, qui appartient à la 1re brigade. Il rend visite au sous-préfet de Wissembourg qui lui apprend que depuis plusieurs jours, que l’on aperçoit à la jumelle les avant-postes bavarois, passent par Schweigen et les villages qui bordent la lisière nord du Bien-Wald. La place forte de Wissembourg a été déclassée en 1867. Cependant elle a conservé ses murs, remparts, portes, et ses fossés humides. Les portes ont été fermées.

Le général Abel Douay remonte à Steinseltz pour donner ses ordres : Le 4 à 5 heures le 78e de ligne doit se diriger sir Climbach et dès le début de la matinée, une reconnaissance doit être effectuée sur la Lauter. 

 

Jeudi 4 août 1870   5h00

 

France, Wissembourg : Départ du 78e de ligne.

Le 4 août 1870 vers 5h00, le 78e de ligne replie son bivouac et part à Climbach.

 

Jeudi 4 août 1870   Matin

 

France, Wissembourg : Départ des reconnaissances.

Dans la matinée le colonel d’Astugue, commandant le 14e chasseurs à cheval, fait partir la reconnaissance vers la Lauter qui lui avait été prescrite. Deux escadrons sont dirigés sur la vallée, aux ordres du commandant Bonne. Cette reconnaissance s’avance juqu’à la lisière Est de Wissembourg, puis prend la route de Lauterbourg et rejoint Altenstadt qu’il dépasse vers l’Est et constate qu’aucun poste bavarois ne se trouve en bordure de la Lauter. Il remonte sur le Geisberg en passant par la route de Seltz et la ferme du Guthleuthof et arrivé à 8 heures à Steinseltz pour rendre compte de sa mission.

 

Jeudi 4 août 1870   7h00

 

France, Wissembourg : Dépêche du maréchal de Mac Mahon

Le 4 août 1870, à 7h00, le général Abel Douay reçoit un message du maréchal de Mac-Mahon signé à 5h27 : « Avez-vous ce matin quelques renseignements vous faisant croire à un rassemblement nombreux devant vous ? Répondez immédiatement. Tenez-vous sur vos garde, prêt à vous rallier, si vous êtes attaqué par des forces supérieures, au général Ducrot par le Pigeonnier (col du Pigeonnier, au-dessus de Wissembourg). Fatites prévenir le général Ducrot, en route pour Lembach, d’être également sur ses gardes ». Le maréchal de Mac-Mahon informe également le général Abel Douay qu’il viendra le voir dans la matinée, mais qu’il ne quitte Strasbourg à 10h30.

 

Jeudi 4 août 1870   8h20

 

France, Wissembourg : Dépêche du maréchal de Mac Mahon

Le 4 août 1870, à 8h00, le général Abel Douay fait partir un message porté par les estafettes en direction des commandants de brigade : Dans le cas improbable, où elle la division est assaillie par des forces très supérieures, la 2e division se replierait sur Climbach en passant par le col du Pigeonnier, avec la 2e brigade du général Pellé en tête.

 

France, Wissembourg : Explosion du premier obus à Wissembourg.

Le 4 août 1870, à 8h20, le silence est déchiré par l’explosion du premier obus tiré vers Wissembourg. Il provient d’une batterie bavaroise qui s’est installée à 900 mètres à l’abri des vignes au nord de la ville, sur les pentes sud de Schweigen, encadrée par un bataillon d’infanterie. Le commandant Liaud, chef du 2e bataillon du 74e de ligne qui cantonne dans la ville, envoie immédiatement ses six compagnies sur les remparts, qui ouvrent le feu avec les fusils Chassepots sur les Bavarois. Peu de temps après intervient une seconde batterie placée à côté de la première. Le 2e bataillon du 74e de ligne est complètement isolé dans la place et n’a reçu qu’un seul caisson de munitions. Le 2e bataillon est renforcé sur les remparts par une quarantaine de volontaires de la ville.

Wissembourg : les combats près de la ville.

Source : Gallica / BNUS.

En réaction, le général Pelé qui commande la 2e brigade, envoye immédiatement au pas de course le 1er tirailleur (Turcos) dans la vallée, suivi par la batterie Didier. Cette dernière se met en place sur les pentes du Geissberg, d’où elle peut tirer à 1 500 m « en boulet » sur les artilleurs bavarois. Pendant ce temps les tirailleurs installent le 4e bataillon à l’ouest de la ville et déploient le 2e à l’Est, sur la Lauter. Le 3e bataillon reste en réserve, le long du chemin de fer et la gauche de la Gare. (Les turcos sont des tirailleurs algériens qui ont été dénommés par erreur par les Russes qui les ont pris pour des Turques à cause de leur tenue orientale lors de la guerre de Crimée). Les Bavarois on installé un deuxième bataillon face au 2e bataillon du 1er tirailleurs, et deux autres batteries à 800 m, au nord du Windhof. Pour l’instant ils n’osent pas franchir la frontière, et les deux premières batteries déployées dans les vignes quittent leur position sous les tirs de la batterie Didier et les tirs de mousquetterie.  Au bout d’une heure et demie les combats semblent être un accrochage d’avant-postes. Le général Abel Douay fait soutenir la deuxième brigade par la batterie Foissac qui se déploye au sud-ouest du carrefour entre la route de strasbourg et la route de Bitche. Il rejoint ensuite le général de Montmarie au Geissberg, qui s’est contenté de faire prendre les armes à sa brigade sans la déployer.

Carte du champ de bataille de Wissembourg – Altenstadt.

 

Jeudi 4 août 1870   10 heures

 

France, Altenstadt, Geissberg : Arrivée du maire de Schleithal.

Le 4 août 1870, à 10 heures, arrive le maire de Schleithal, un village situé à 8 kilomètres environ au sud-est. Il informe le commandement que depuis 7 heures du matin, des troupes ennemies ont commencé à arriver dans son village. Il s’agit de cavaliers et de fantassins et tous ont des casques à pointe. Il s’agit donc d’un autre corps d’armée, puisque les Bavarois portent des casques à chenille. Le général Douay demande au général de Septeuil de diriger immédiatement des reconnaissances de ce côté. C’est le 3e hussards qui est chargé de cette mission. Mais à peine a-t-il descendu les pentes du Geissberg et est arrivé au niveau du passage à niveau de la route de Schleithal, il est pris sous le feu de l’infenterie ennemie, qui s’est infiltré jusqu’aux lisières ouest de la forêt.

 

Jeudi 4 août 1870   10h20 – 11h

 

France, Altenstadt, Geissberg : Déploiement de la 1ère brigade.

Face à nouvelle menace en provenance de Schleithal, le général Abel Douay fait déployer la 1re brigade avec les deux bataillons du 50e de ligne dont elle dispose. Ils se placent en équerre autour du château du Geissberg, le 3e bataillon face au nord et le 1er bataillon en crochet défensif face à la ferme du Gutleuthof, couvert à 300 mètres par une compagnie de tirailleurs. Ce déploiement est à peine terminé qu’à 10h30 une batterie ennemie soutenue par un bataillon s’installe immédiatement à l’est de la bifurcation des deux voies ferrées de Strasbourg et de Landau. En même temps deux autres batteries s’installent un peu plus au sud, à 1 000 mètres environ de la ferme du Guthlethof et ouvre le feu sur le Geissberg. En même temps l’infanterie en casques à pointe surgit de la lisière ouest d’Altenstadt et l’attaque bavaroise sur Wissembourg se ranime. Face à l’attaque de deux corps d’armée, le général Abel Douay décide de renforcer sa position avant d’ordonner le repli. Il déploie le 1er bataillon du 74e de ligne face à l’est, en échelons refusés, et le 3e bataillon reste en arrière en réserve à l’ouest du château du Geissberg, à l’abri de ses murs. En mêe temps la batterie de mitrailleuses de Saint-Georges s’engage au nord-ouest dy château, contre les batterie allemandes déploiées sur notre droite. Puis il envoie à la brigade Pellé et au bataillon Liaud l’ordre de décrocher de Wissembourg. C’est ainsi que commence sous la protection de la brigade de Montmarie, la retraite sur le col du Pigeonnier qu’avait precrite le maréchal de Mac Mahon. Pour faciliter le repli du 1er tirailleurs et du 2e bataillon du 74e de ligne, le général Abel Douay déploie aussi sa cavalerie entre ses deux brigades d’infanterie et appelle la batterie Foissac au Geissberg pour soutenir la batterie de mitrailleuses qui est sous le feu croisé des deux batteries bavaroises du Windhof et des trois batteries à l’est du chemin de fer. Il est un peu moins de onze heures quand le général Abel Douay est blessé mortellement par l’éclat d’un caisson qui explose après avoir été touché par un obus. Il est éventré et à l’agonie, et transporté à la ferme du Schafbusch. Le général Pellé doit prendre alors le commandement de la division, mais il n’en sait rien, il est dans la vallée avec ses tirailleurs.

 

Jeudi 4 août 1870    13h

 

France, Altenstadt, Geissberg : La situation sur le Geissberg.

Le général Pellé n’accompagne pas les turcos qui se replie. Après avoir été informé de la blessure du général Abel Douay, il remonte sur le Geissberh accompagné par la batterie Didier qui a réussie a réatteler cinq pièces sur six. Il y retrouve vers 13 heures le général de Montmarie. Depuis 10h30 trois batteries ennemies étaient déployées face à l’ouest contre la droite française. Vers 11 heures ce sont six autres pièces ennemies qui se sont ajoutées. Elles se sont mises en batteries à proximité de l’embranchement du chemin de fer. Entre 11h et 12h, la valeur de six bataillons est sortie de la forêt d’Altenstadt et se sont établis à la hauteur de la ferme du Guthleuthof et dans la tranchée du chemin de fer. De 12h à 13h, une douzaine de compagnies se sont déploiées, suivies de plusieurs bataillons en colonne qui ont progressivement débouchés d’Altenstadt, franchi le chemin de fer et commence à monter en direction du Geissberg.

Wissembourg- Altenstadt : A l’assaut du Geisberg.

Source : BNUS / Gallica.

A 13h les quatres bataillons de la 1re brigade qui tiennent le Geissberg, font face à toute la 5e division du Ve corps d’armée prussien, soit l’équivalent de sept bataillons, et six bataillons de la 41e brigade du XIe corps d’armée prussien. Par ailleurs les sept batteries situées au nord de la Lauter se joignent désormais avec leur feu au quatre autres batteries situées devant la droite française. Ce sont donc 66 pièces qui tirent désormais sur le Geissberg. Les batteries françaises doivent se mettre à l’abri de la crête du Geissberg, un peu à l’est de la ferme du Schaffbusch, pour flanquer le château.

 

Jeudi 4 août 1870   13h30

 

France, Altenstadt, Geissberg : Le début du replie français.

Après avoir appris que les tirailleurs ont réussi à se désengager, le général de Montmarie décide de battre en retraite à son tour. Comme son front nord est moins en péril, il décide de replier le 3e bataillon du 50e de ligne en ne laissant en place qu’une seule compagnie déployée en tirailleurs. Avec ce bataillon il forme à la hauteur du Schaffbusch un échelon de repli renforcé par le 3e bataillon du 74e de ligne encore disponible. Pendant ce mouvement entre 13h et 13h30, l’ennemi a gagné du terrain et est parvenu à 600 mètres des lignes françaises et passe à l’attaque sur les deux bataillons français établis à l’est du château. Dans ces conditions, le 1er bataillon du 50e de ligne et le 1er bataillon du 74e de ligne n’ont plus de temps à perdre pour décrocher. Environ 600 officiers et soldats du commandant Cécille se barricade dans le château alors que les autres réussissent à rejoindre la ferme du Schaffbusch.

 

Jeudi 4 août 1870   Après-midi

 

France, Strasbourg : Départ du maréchal de Mac-Mahon.

Le maréchal de Mac Mahon venu par train spécial jusqu’à Soultz-sous-Forêts est monté dans l’après-midi au col du Pigeonnier. Il y rencontre le général Ducrot qui lui a appris la défaite du général Abel Douay. Il voit d’ailleur passer les débris de la 2e division. Il constate avec stupeur qu’au moins 80 000 envahisseurs plantent leurs bivouacs sur la rive droite de la Lauter. La nouvelle est immédiatement envoyée au grand quartier général français.

 

France, Foeschwiller : Installation de la 3e division d’infanterie française.

Le maréchal de Mac Mahon avait informé le général Raoult, commandant la 3e division, de ce qui se passait à Wissembourg. Ce dernier à pris l’initiative d’envoyer sa 3e division bivouaquer face à l’est sur le plateau de Froeschwiller. C’était une position reconnue avant la guerre par le général Frossard qui était propre à couvrir indirectement Strasbourg contre une offensive venue du nord.

 

Jeudi 4 août 1870   15h00

 

France, Altenstadt, Geissberg : Les derniers défenseurs se rendent.

Le commandant Cécille effectue monté sur son cheval, ouvre les portes du château et effectue une charge désespérée et est tué sur place. Les défenseurs du château résistent en tirant par les fenêtres. C’est finalement vers 15 heures qu’ils cessent le combat et se rendent alors qu’ils n’ont plus de munitions. Leur résistance a permis à sauver l’artillerie et la cavalerie repliée à Steinseltz et permet aux débris de la brigade de Montmarie de décrocher. En effet les deux bataillons de la ferme du Schaffbusch, avec les débris du 1er bataillon du 50e et du 74e de ligne peuvent s’échapper et se replier sur Haguenau, après avoir permis à l’artillerie et à la cavalerie de passer par Cleebourg et le col du Pfaffenschlik.

Wissembourg-Altenstadt : A l’assaut du Geisberg. Source: BNUS / Gallica.

Lorsque les troupes prussiennes arrivent à la ferme du Schaffbusch, ils ne trouvent que des blessés et le corps du général Abel Douay gardé par le médecin-chef de la 2e division, le docteur Dauvé.

A Wissembourg même, le commandant Liaud n’a été informé de l’ordre de replie que très tardivement. Compte tenu de l’impossibilité de quitter la ville il décide de résister sur place. Mais les Bavarois réussissent à rentrer dans la ville. Le conseil municipal s’interpose entre les combattants et après négociations obtient la reddition vers 15 heures. 

Wissembourg : La défense de la porte de Haguenau.

Source : Carte postale ancienne. Collection MJR.

Les troupes allemandes ont perdu leur élan. Seul le 4e régiment de dragons prussiens essaye de trouver le reste des troupes françaises sur la route de Strasbourg. Mais les débris de la brigade du général de Montmarie avaient pris la précaution de passer au travers des bois. Lorsque les hussards prussiens arrivent à Soultz-sous-Forêt, ils sont pris à parti par un bataillon du 36e de ligne, et ne poussent pas plus loin.

 

Jeudi 4 août 1870   16h00

 

France, Altenstadt, Geissberg : Derniers hommages du prince royal de Prusse au général Abel Douay.

Le prince royal de Prusse qui a assisté aux combats à partir des hauteurs de Schweigen depuis 9 heures du matin, se rend à la ferme du Schaffbusch pour saluer la dépouille du général Abel Douay. Il prononce ces mots : « Schade, es war ein tüchtiger General » (Dommage, c’était un vaillant général).

 

France, Wissembourg : Le bilan des combats.

La 2e division française s’est défendue avec acharnement, et a tenu tête pendant près de 7 heures face au gros de la IIIe armée allemande, c’est-à-dire le IIe corps d’armée Bavarois et les Ve et XIe corps d’armées prussiens, commandés par le prince royal de Prusse. Ces premiers combats à deux pas de la frontière ont engagé 7 000 Français contre 40 000 Allemands. La 2e division française est battue et son chef le général Abel Douay a été tué. Les troupes allemandes ont perdu 91 officiers et 1 460 sous-officiers et soldats, et compte parmi les blessés le général von Kirchbach. Les pertes françaises s’élèvent à environ 1 100 - 1 200 morts et blessés, soit 17% des effectifs engagés. Les troupes allemandes ont pris un canon qui n’était plus en état de tir et ont fait environ 500 prisonniers (900 pour une autre source), c’est-à-dire les derniers défenseurs du château et de la ville de Wissembourg.

 

France, Lauterbourg : Entrée des troupes allemandes le 4 août 1870.

Le journal Le Temps du 8 aout 1870 a publié cette dépêche reprise dans des journaux belges : « Carlsruhe, 5 août. La Gazette de Carlsruhe d’aujourd’hui annonce que, suivant des nouvelles reçues, une division bavaroise s’est avancée hier matin vers le Sud et a franchi la frontière française. Le quartier général se trouve à Lauterbourg. Une reconnaissance, faite sur la rive gauche du Rhin, près de Seltz, a constaté qu’il ne s’y trouve que peu de Français. Nos troupes ont pris trente nacelles ; elles ont perdu un lieutenant et on eu deux morts et un blessé ».

 

France, Alsace, Strasbourg : Situation de la place forte.

Dans la soirée du 4 août 1870, vaguement d’abord, puis de plus en plus précise, circule la nouvelle d’un grave échec de nos troupes, arrivé le jour même. La division d’Abel Douay, surprise à Wissembourg, avait été écrasée par des forces infiniment supérieures, habilement masquées dans leur marche par la forêt du Bienwald ; en vain le sous-préfet de Wissembourg, M. Edgar Hepp, avait-il averti le général et les autorités civiles et militaires ; la défaite certes glorieuse, était complète, et ce n’était, hélas, qu’un début ! Le maréchal de Mac Mahon a quitté Strasbourg pour se porter sur Haguenau, en emmenant avec lui toutes les troupes massées autour de la place et laissant, comme vous le pensez bien, la population civile dans un état de surexcitation indicible ; car les beaux projets d’invasion de l’France éclataient maintenant dans toute leur vanité, aux yeux des plus aveugles et c’était le sol de l’Alsace envahie qu’il s’agissait de défendre !

Pour faire face à un éventuel siège, la place forte de Strasbourg ne dispose que d’une seule unité organisée : le 87e de ligne du colonel Blot, laissé à Strasbourg le 4 août 1870 au matin, par le général de Lartigue, lorsque celui-ci était parti pour Haguenau avec la 4e division d’infanterie du 1er corps d’armée. Le reste des troupes d’active était formé d’un détachement de 130 marins, qui était initialement destiné à armer une flotille du Rhin, dont les bateaux ne viendront pas à temps, une poignée de sapeurs, 450 douaniers, quelques gendarmes et des personnels des dépôts et quelques jeunes soldats récemment incorporés provenant les 4e bataillons des 18e et 96e de ligne, les dépôts des 10e et 13e bataillon de chasseurs à pied, du 16e lanciers, des 5e et 20e régiment d’artillerie et du régiment des artilleurs-pontonniers. Pour la garde mobile qu’on venit de lever, elle comprenait quatre bataillons du Bas-Rhin, sans aucune instruction.

 

Vendredi 5 août 1870

 

Italie, Rome : Evacuation de la ville par les troupes françaises.

Le 5 août 1870, les troupes françaises évacuent la ville de Rome. Le journal Le Temps du 8 août 1870 précise : « Frontière romaine, 5 août. On mande de Civita-Vecchia, que le général Dumont s’embarquera ce soir, et que l’évacuation des Etats-Pontificaux par les troupes françaises sera probablement terminée dimanche prochain ».

 

France, Paris : Répartition des commandements des armées.

L'Empereur donne le commandement supérieur des troupes d'Alsace,1er,3e et 7e corps au maréchal de Mac-Mahon ; celui des 2e, 3e et 4° corps, en Lorraine, au maréchal Bazaine. Le 6e corps et la garde restent sous son commandement direct.

Carte de la situation le 5 août 1870 soir.

A Reichshoffen, château du comte de Leusse : Départ du maréchal de Mac-Mahon et de son état-major avant la bataille d’après un tableau de Touchemolin. Source : Carte postale ancienne. Collection MJR.

 

France, Châlons : Départ de trois divisions d’infanterie vers Nancy.

A Châlons, le maréchal de Canrobert est dirigé avec trois divisions d’infanterie en direction de Nancy. Le général de Failly reçoit l’ordre de concentrer son 5e corps d’armée à Bitche tout en gardant sa mission de liaison Lorraine – Alsace et en laissant une brigade à Sarreguemines.

Le 7e corps d’armée français qui est à Belfort, reçoit l’ordre de resserer sur Mulhouse tout en laissant au général Félix Douay le soin de protéger le Haut-Rhin.

 

Samedi 6 août 1870

 

France, Woerth & Reichshoffen : Bataille de Froeschwiller.

A Woerth et Froeschwiller le 1er corps d’armée français, commandé par le maréchal de Mac-Mahon, renforcé de la division Conseil Dumesnil du 7e corps d’armée, de la division de cavalerie de réserve de Bonnemains, et, à la fin de la journée, de la division Guyot de Lespart du 5°corps d’armée, est écrasé sur la rive droite de la Sauer par la IIIe armée, prince royal de Prusse, qui a débordé ses deux ailes tout en la contenant de front. Charges infructueuses, mais très meurtrières, des cuirassiers dits « de Reichshoffen » à Morsbronn de la brigade Michel et Elsasshausen par la division Bonnemains. Sont tués : général de division Raoult, les généraux de brigade Colson et Maire. Ces combats engagent 46 000 Français contre 123 000 Allemands. Suite et conséquences de cette défaite : les troupes d'Alsace reculent précipitamment jusqu'au camp de Châlons. La IIIe armée allemande franchit les Vosges et marche vers la Sarre et la Moselle, mais très lentement et en s'éclairant mal ; elle tend, la main par sa droite à la IIe armée.

 

France, Forbach : Bataille de Spicheren.

A Spicheren près de Forbach, le 2e corps d’armée français du général Frossard, est d'abord attaqué par des forces numériquement très inférieures, c’est-à-dire l’avant-garde du général major von François de la Ire armée allemande, puis enveloppé par des forces supérieures, des fractions des Ire et IIe armées allemandes mélangées qui accourent au canon. Il s’agissait du VIIe corps d’armée entier, de la moitié des VIIIe et IIIe corps d’armée, des 5e et 6e divisions de cavalerie, et des fractions d'artillerie du Ier corps d’armée et qui, à la fin de la journée, sont dirigées par le général Steinmetz. Le maréchal Bazaine ne secourt pas le corps du général Frossard ; celui-ci est battu de front, percé au centre et menacé d'être tourné à sa gauche. Ces combats engagent 30 000 Français contre 70 000 Allemands. Toutes les troupes françaises de Lorraine reculent jusque sous Metz, suivies par les Ire et IIe armées allemandes qui se rattachent vers le sud à la IIIe. Steinmetz, pivot, marche directement sur Metz ; Frédéric-Charles, centre vers Pont-à-Mousson ; le prince royal, aile marchante, sur Nancy : c'est une grande conversion à droite ayant pour objet de nous jeter vers le Nord.

 

France, Strasbourg : Etat de la place forte.

Le 6 août 1870, jour de la bataille de Woerth, la place forte de Strasbourg n’était pas armée, les arbres des glacis étaient debout et seulement on commençait à remplir d’eau les fossés. D’ailleurs un crrespondant de la Wehr-Zeitung (une gazette de l’armée prussienne), qui se trouvait ce jour-là à Strasbourg, dit : « Je n’ai pas vu de canons sur les remparts et la garnison flânait dans les rues comme chez nous les hommes qui sont en vacances après les exercices ». En effet quand éclata cette guerre qui fut le couronnement de la frivolité du gouvernement français, la forteresse de Strasbourg présentait l’image de la paix la plus profonde. Les Français étaient bien loin de se douter que des armées étrangères mettraient le pied sur le territoire, et c’est pour cela que l’on n’avait rien fait pour préparer Strasbourg à se défendre. Puisqu’il est admis qu’il faut au moins quatre semaines pour mettre une forteresse en état de défense, il eût fallu employer le mieux possible le temps qu’on avait, et l’on aurait dû s’occuper d’autant plus de préparer la défense de Strasbourg que cette ville, qui a une immense importance stratégique et politique, ne remplissait plus depuis longtemps ce que l’on devait attendre d’elle. Les fortifications de Strasbourg, ville de 80 000 habitants, furent construites d’après le système bastionné du célèbre ingénieur Daniel Speckle et furent complétées par Vauban qui fit construire la citadelle, le barrage de fortification et les ouvrages extérieurs.

 

Samedi 6 août 1870   Après-midi

 

France, Alsace, Strasbourg : élections municipales.

Le samedi 6 août 1870, les élections municipales devaient avoir lieu à Strasbourg, comme par toute la France. Mais le nombre des électeurs qui songèrent à se rendre au scrutin fut minime. Les autres et la ville tout entière tendaient l’oreille vers le nord, entendant ou croyant du moins entendre au loin, le bruit sourd du canon.

 

Samedi 6 août 1870   Soir

 

Italie, Florence : Crédit extraordinaire pour le budget de la guerre et de la marine.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié cette dépêche : « Florence, 6 août, soir. Le Sénat a approuvé la convention conclue avec la Banque et le crédit extraordinaire de 16 millions pour les budgets de la guerre et de la marine. M. de Banneville est arrivé à Florence ».

 

France, Alsace, Strasbourg : Arrivée de blessés de Woerth-Froeschwiller.

Le soir du samedi 6 août 1870, de grands chariots découverts couverts de blessés de Woerth-Froeschwiller entrent dans la ville.

 

Dimanche 7 août 1870

 

France, Paris : Convocation extraordinaire des Chambres.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué officiel : « Napoléon, etc. Art. 1er. Le Sénat et le Corps législatif sont convoqués pour le jeudi 11 août. Art. 2. Notre garde des sceaux, ministre de la justice et des cultes, est chargé de l’exécution du présent décret. Paris, 7 août. Eugénie ». Une autre source indique une date différente : « Les Chambres à Paris ont fait l’objet d’une convocation éxtraordinaire, d’abord pour le 14 août 1870, puis pour le 9 août 1870 ».

 

France, Paris : Etat de siège pour le département de la Seine.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué : « Napoléon, etc. Art. 1er. Le département de la Seine est déclaré en état de siège. Art. 2. Nos ministres sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret. Eugénie. Contresigné par tous les ministres ».

 

France, Paris : Bulletin du jour du journal Le Temps.

Le journal le Temps du 8 août 1870 a publié ce bulletin du jour daté du 7 août 1870 :

« Les nouvelles sont aujourd’hui d’une immense gravité. Les choses vont mal à la frontière ; nos troupes viennent d’y éprouver deux défaites considérables. Le corps du maréchal Mac-Mahon, dont une division avait été si cruellement entamée à l’affaire de Wissembourg, a été battu en arrière de cette ville, et ce qui rend ce dénouement encore plus grave, c’est que le maréchal se trouve coupé du centre de l’armée. Sur la Sarre, le corps du général Frossard s’est trouvé graduellement engagé contre une armée tout entière, et après une opiniâtre résistance, il a été débordé et forcé de se replier.

Ces tristes nouvelles, arrivées dans la nuit, sont portées ce matin, par une proclamation ministérielle, à la connaissance du public. Un décret, signé par l’impératrice et contresigné par le garde des sceaux, convoque en même temps le Sénat et le Corps législatif pour jeudi prochain 11 août. Par un autre décret, le département de la Seine est mis en état de siège. Il est une troisième mesure, non moins urgente que la première et beaucoup moins sujette à protestation que la seconde, dont nous avons vainement cherché l’annonce au Journal officiel : c’est celle de l’armement général de la population.

Les dépêches qui nous annoncent les événements que nous venons de signaler restent muettes. Mais le Times donne sur le plan de campagne et sur les mouvements de l’ennemi des détails qui peuvent aider à les expliquer : « Pendant plusieurs jours, dit-il, nous avons appelé l’attention sur le mouvement en avant des Allemands de leur seconde ligne sur le Rhin vers la première, entre la Sarre et Lauter.

Le prince Charles est venu de Cologne, à travers les monts Eifel et de Coblence, jusque sur la Moselle, Trèves et à Sarrelouis. Le prince royal a marché de Rastadt et de Mannheim, en traversant le Rhin, sur Germersheim et Landau, tandis que le roi ou le général Steinmetz, sous ses ordres, amenait l’armée centrale par Kaiserslautern et Birkenfeld sur Sarrebrück. La tactique prussienne, autant que nous pouvons l’entrevoir, tend à développer l’armée française devant Metz, dans les plis, pour ainsi dire, des trois grandes armées allemandes. C’est la force tout entière de l’Allemagne engageant une lutte corps à corps avec la force entière de la France ». L’article est signé par Ulysse Ladet. Chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret. Eugénie. Contresigné par tous les ministres ».

 

France, Paris : Manifestation pour demander des armes.

Le journal le Temps du 8 août 1870 a publié cette dépêche à priori daté du 7 août 1870 : « Des groupes nombreux se forment et se pressent sur le boulevard. Les manifestations se dessinent. Elles ont toutes le même caractère pacifique et le même but. Sur les écriteaux qui servent de bannière on lit : Les citoyens demandes des armes ! Vive la France ! ».

 

France, Paris : Affichage dune proclamation de l’impératrice régente Eugénie.

Le journal le Temps du 8 août 1870 a publié cette dépêche datée du 7 août 1870 : « On vient d’afficher la proclamation suivante : « Français, le début de la guerre ne nous est pas favorable ; nos armées ont subi un échec. Soyons fermes dans ce revers. Hâtons-nous de le réparer. Qu’il n’y ait parmi nous qu’un seul parti, celui de la France ; qu’un seul drapeau, celui de l’hooneur national. Je viens au milieu de vous, fidèle à ma mission et à mon devoir ; vous me verrez la première au danger pour défendre le drapeau de la France. J’adjure tous les bons citoyens de maintenir l’ordre. Le troubler, serait conspirer avec nos ennemis.

Fait au palais des Tuileries, le 7 août 1870, à onze heures du matin. L’impératrice régente, Eugénie. (Suivent les signatures des ministres) ».

 

France, Strasbourg : Rétablissement de l’état de siège par le gouverneur.

Le 7 août 1870, le gouverneur militaire de Strasbourg s’empresse de rétablir l’état de siège pour les places fortes de la division.

 

France, Strasbourg : Nomination des officiers de la garde nationale.

Le 7 août 1870, les officiers de la garde nationale sédentaire sont nommés par le général, sur la présentation du maire et la proposition du préfet.

 

France, Woerth - Froeschwiller : Nouvelles complémentaires.

Le journal le Temps du 8 août 1870 a publié cette dépêche vraisemblablement datée du 7 août 1870 : « Des renseignements particuliers qui nous arrivent de Strasbourg, disent que l’on se battait hier, à Woerth et à Haguenau, depuis le matin à trois heures. Haguenau est situé à six lieues au nord de Strasbourg, sur la ligne de chemin de fer qui conduit de Strasbourg à Wissembourg. Woerth est un gros bourg situé sur la Sauer, à trois ou quatre lieues, au nord-ouest de Haguenau, au pied des Vosges, à gauche de la ligne qui mène de Strasbourg à Wissembourg. Le champ de bataille s’étendait donc sur une ligne d’à peu près quatre lieues. A l’heure où ces renseignements nous étaient expédiés de Strasbourg, on n’avait pas dans cette ville de données positives sur les chances du combat, mais il s’agissait évidemment de la bataille livrée et perdue par le maréchal Mac-Mahon. J. Hébrard ».

 

Dimanche 7 août 1870   4 heures.

 

France, Metz : Situation des armées du Rhin, à 4 heures.

Message du major général au ministre de l’intérieur : « Après une série d’engagements dans lesquels l’ennemi a déployé des forces considérables, le maréchal Mac-Mahon s’est replié en arrière de sa première ligne. Le corps de Frossard a eu à lutter hier depuis deux heures contre une armée ennemie tout entière. Après avoir dans ses positions jusqu’à six heures il a opéré sa retraite en bon ordre. Les détails sur nos pertes manquent. Nos troupes sont pleines d’élan. La situation n’est pas compromise ; et un sérieux effort est nécessaire. Une bataille paraît imminente ». En présence de ces graves nouvelles notre devoir est tracé. Nous faisons appel au patriotisme et à l’énergie de tous. Les chambres sont convoquées. Nous mettons Paris en état de défense ; pour faciliter l’exécution des préparatifs militaires, nous déclarons l’état de siège. Pas de défaillance ! Pas de divisions ! Nos ressources sont immenses. Luttons avec fermeté, et la patrie sera sauvée. Publié à Paris, 7 août, 6 h. du matin ». Signé par tous les ministres.

 

Dimanche 7 août 1870   5 h.20

 

France, Forbach : Bombardement de l’ambulance de Forbach.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué dans la rubrique renseignements officiels : « Communiqué aux journaux par le gouvernement. Metz, 7 août, 5 h. 20, m. Le major général a S. Exc. Le ministre de l’intérieur. Dans l’affaire d’hier, les Prussiens ont tiré sur l’ambulance établie à Forbach. Ils ont mis le feu à la ville ».

 

Dimanche 7 août 1870   6 heures

 

France, Forbach : Situation militaire.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué dans la rubrique renseignements officiels : « Metz, 7 août, 6 h., matin. Dans l’affaire qui a eu lieu hier à Forbach, il n’y a eu que le 3e corps engagé, soutenu par deux divisions des autres corps. Le corps du général Ladmirault, celui du général de Failly et la garde n’ont pas combattu. Le combat a commencé à une heure et semblait sans importance. Mais bientôt de nombreuses troupes se sont embusquées dans les bois, essayant de tourner la position. A cinq heures, les Prussiens semblaient repoussés et renoncèrent à l’attaque ; mais un nouveau corps, arrivant de Werden sur la Sarre, obligea le général Frossard à se retirer. Aujourd’hui, les troupes qui se trouvaient divisées se concentrent sur Metz.

 

France, Froeschwiller - Woerth : Retour sur le déroulement de la bataille.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué dans la rubrique renseignements officiels : « Dans la bataille qui a eu lieu près de Froeschwiller le maréchal de Mac-Mahon avait cinq divisions ; le corps d’armée du général de Failly n’avait pas pu le rejoindre. On n’a que des détails très vagues. On dit qu’il y a eu plusieurs charges de cavalerie ; mais les Prussiens avaient des mitrailleuses qui nous firent beaucoup de mal. Napoléon. Pour copie conforme. Chevandrier de Valdrome ».

 

Dimanche 7 août 1870   8 h25

 

France, Metz : Situation militaire.

Le journal Le Temps du 8 août 1870 a publié ce communiqué dans la rubrique dernière dépêche : « Metz, 7 août, 8h.30, matin. Pour nous soutenir ici, il faut que Paris et la France consentent à de grands efforts de patriotisme. Ici on ne perd ni le sang-froid ni la confiance ; mais l’épreuve est sérieuse. Mac-Mahon, après la bataille de Reichshoffen s’est retiré en couvrant la route de Nancy. Le corps Frossard a été fortement atteint. On prend des mesures énergiques pour se défendre. Le major-général est aux avant-postes. Napoléon. Pour copie conforme. Chevandrier de Valdrome ».

 

Dimanche 7 août 1870   Après-midi

 

France, Strasbourg : vagues nouvelles sur l’issue de la bataille de Woerth - Froeschwiller.

En ce qui concerne la bataille de Woerth – Froeschwiller, il semble que les premières nouvelles arrivées dans l’après-midi à Strasbourg, étaient vagues et plutôt satisfaisantes.

 

Dimanche 7 août 1870   19h00 environ

 

France, Strasbourg : On bat la générale, la ville est mise en état de siège.

Par cette belle soirée d’été, alors que la foule endimanchée circulait par les rues, vers sept heures du soir, la générale est battue : les soldats de ligne et les moblots courent à leurs casernes ; Une panique effroyable saisit les promeneurs. De toutes parts, on entend les cris : « les Prussiens arrivent ! ». Les uns se sauvent chez eux, les autres courent à la gare, vers les portes, dont les ponts-levis sont relevés en toute hâte, laissant au dehors des centaines de promeneurs épouvantés. A ce moment même entrait en gare, puis étaient transportés à l’Hôpital militaire, ainsi qu’aux ambulances, les premiers convois de blessés, ceux de Wissembourg et quelques-uns uns de ceux de Woerth, spectacle nouveau et bien émouvant pour tous ceux qui ne savaient pas ce que c’est la guerre ! Les remparts de la place forte ne sont pas encore armés. Rien n’est prêt !

 

France, Haguenau et Brumath : Entrée de la cavalerie allemande.

Le 7 août 1870, la cavalerie allemande pénétre dans la ville de Haguenau puis à Brumath ; les troupes allemandes n’étaient plus qu’à trois lieues, à Brumath. 

 

Dimanche 7 au Lundi 8 août 1870   Nuit

 

France, Strasbourg : Arrivée des blessés des champs de bataille de Wissembourg, Woerth et Froeschwiller.

Dans la nuit du dimanche 7 au lundi 8 août 1870 on ne dormit guère à Strasbourg, cette nuit là. Par toutes les portes situées sur le front nord de la forteresse, la porte de Saverne, la porte des Juifs, la porte de Pierre surtout, on vit entrer, dès l’aube, un véritable torrent humain. L’armée de Mac Mahon, que nous avions contemplée, il y a quatre jours au polygone, nous envoie ses débris. Ces fuyards débandés, mêlés à des blessés étendus sur la paille des charrettes, à d’autres hissés sur des chevaux dételés des fourgons du train, marchaient, les uns avec leurs armes, en groupes encore plus compacts, les autres isolés, pêle-mêle étrange et lamentable de tous les uniformes, ayant jeté leurs armes et leur fourniment, image effrayante de la déroute ! Fiévreux, hagards, sanglants, ils marchaient d’un pas automatique, au milieu des voitures chargées de mobilier, de femmes et d’enfants, que les paysans d’alentour venaient en hâte, comme aux siècles passés, mettre nos murs, à l’abri de l’ennemi. Dans les faubourgs ont arrêtent au passage ces hommes qui se traînent à peine, ils n’ont pas mangé depuis le 5 au soir. On les attire dans les maisons, et l’on tend à ceux qui ne veulent pas s’arrêter un verre de vin, un morceau de pain, puis le soldat se remet en marche et se dirige vers la place. On dut fermer les portes, qui ne s’ouvrirent plus que toutes les deux heures, pendant quelques minutes, afin de régulariser un peu ce défilé lugubre. La dernière figure que nous apercevons est la tête bronzée d’un turco ; cet homme marche grave et solennel, son chassepot tout noirci est en bandoulière, et il porte sur ses bras tendus, come sur un coussin de parade, une épée d’officier, celle de son lieutenant tombé à côté de lui. Les yeux de l’Africain sont voilés, son esprit est encore sur le champ de bataille où est tombé son officier.

 

Lundi 8 août 1870

 

France, Bitche : Bombardement.

La place forte de Bitche est commandée par le chef de bataillon Teyssier. Le lundi 8 août 1870, elle est bombardée par une batterie de campagne du IIe corps bavarois.

 

France, Strasbourg : Entrée de deux derniers turcos avec un drapeau.

Le lundi 8 août 1870, il y eut en ville, un moment de joie, quand entrèrent les derniers turcos, rapportant en triomphe le drapeau du régiment qu’ils avaient si vaillamment défendu.

 

France, Strasbourg : Nomination des officiers de la garde nationale.

Dans la journée du 8 août 1870, les gardes nationaux touchent à l’arsenal 2 000 fusils à piston sans cartouches, ce qui montre très-clairement que la population était l’objet de méfiance de l’administration de l’empire. Et cependant, le soir même, le bruit s’étant répandu rapidement que les Allemands sont devant Strasbourg et que la ville a été sommée de se rendre, on voit ces gardes nationaux se réunir d’eux-mêmes à la mairie et demander à être employés.

 

France, Strasbourg : Message secret adressé à l’Impératrice par le préfet baron Pron

Le 8 août 1870, le préfet du Bas-Rhin, le baron Pron, adresse secrètement cette dépêche à l’Impératrice régente : « La situation de l’Alsace empire chaque heure. Les protestants donnent la main aux Prussiens. La défense de Strasbourg est impossible avec quelques centaines d’hommes. J’ai fait le sacrifice de ma vie. Je supplie Votre Majesté de nous envoyer des renforts qui rétabliraient la confiance et détruiraient les menées prussiennes ». Le baron Pron ne connaissait pas les Strasbourgeois, et il est triste de voir un préfet qui certes ne manquait pas des qualités qui fon le bon administrateur et qui pendant le siège donna de preuves de courage et d’énergie, lancer aussi légèrement un jugement complètement erroné.

 

France, Strasbourg : Description de l’état de la place forte par le capitaine de vaisseau du Petit-Thouars.

Vers le 8 août 1870, le capitaine de vaisseau du Petit-Thouars nous décrit la place forte : Nous empruntons le passage suivant au journal du capitaine de vaisseau du petit-Thouars : « Les portes étaient fermées depuis la veille. En dehors, parmi ces magnifiques avenues toutes bordées de jardins, de maisons de campagne, entourées de hautes palissades et d’un fouillis inextricable de plantes grimpantes, dans lesquelles les fortifications de Strasbourg se noyaient depuis longtemps, régnait le plus grand silence, et l’on arrivait ainsi jusqu’au Rhin, que les Prussiens n’avaient pas franchi la veille, ainsi que le bruit en avait couru. Le seul changement qui se fut opéré sur la rive badoise consistait en ce que la surveillance y était certainement plus active ; mais, je le répète, les terrains qui séparaient le fleuve de Strasbourg étaient si couverts, que les Allemands eussent pu opérer leur passage avant qu’on s’en aperçu. A la porte, où je rencontrais une longue file de voitures chargées d’effets de déménagement qu’on laissait pénétrer dans la ville d’heure en heure, j’eus quelque peine à me faire ouvrir, quoique je fusse muni d’un laissez-passer régulier, et je revins avec la conviction qu’à partir de ce moment tout était possible… ».

 

Lundi 8 août 1870   16 heures

 

France, Haguenau : un détachement badois part vers Strasbourg.

Le 8 août 1870 vers 16 heures, la brigade de cavalerie de la Roche, ainsi que toute l’artillerie, se mit en route en direction de Strasbourg ; en même temps partaient six compagnies d’infanterie, montées sur des chariots du train qu’on avait déchargés rapidement à cet effet ; quatre bataillons suivaient comme réserve.

 

France, Souffelweyersheim : un détachement badois part vers Strasbourg.

Le 8 août 1870 à six heures et demie du soir, ces troupes arrivaient à Souffelweyersheim, à une demi-lieue de la Porte de Pierre ; le général de Beyer, commandant la division badoise, se trouvait là avec tout son état-major. Des reconnaissances de cavalerie poussèrent aussitôt jusqu’aux glacis de la forteresse, mais les pont-levis étaient dressés et les cavaliers furent accueillis par des coup de feu. On n’apercevait cependant que très-peu de pièces d’artillerie en position.

 

France, Strasbourg : Les Badois somme la ville de se rendre.

Le lundi 8 août 1870 le major de Amerongen, de l’état-major de la division, est envoyé en tant que parlementaire afin de demander la reddition de la ville. Le major de Amerongen mit pied à terre et, un drapeau blanc à la main, s’avança vers la porte de Pierre, il appela et demanda à parler au général gouverneur. Le commandant de la place, colonel Ducasse, se trouvait là ; il se chargea de répondre : « Que voulez-vous ? - Je suis chargé de sommer Strasbourg de se rendre, sinon la ville sera bombardée. - Votre proposition n’est pas sérieuse, lui répondit le commandant de place ; Strasbourg ne se rend pas ; venez la prendre. - Au moins, protégez-moi contre le feu de vos hommes, répondit l’officier allemand déçu dans ses espérances. - Vous pouvez vous retirer sans crainte ».

 

France, Strasbourg-Geispolsheim : Destruction de la voie ferrée et du télégraphe.

Le commandant de la division badoise, voyant qu’une attaque de vive force n’avait pas de chance de réussir, décide d’attendre l’autorisation supérieure avant d’aller plus loin. Il se contente d’envoyer un détachement détruire, près de Geispolsheim, la voie ferrée et le télégraphe, et rétrograde sur Brumath, où la division devait rester provisoirement, d’après un ordre arrivé dans la nuit du 8 au 9 août 1870.

 

Lundi 8 au 9 août 1870   Nuit

 

France, Strasbourg : Le détachement de marins du capitaine de vaisseau du Petit-Thouars s’installe au bastion 11.

Dans son journal le capitaine de vaisseai du Petit-Thouars note : « Dans la nuit du 8, notre petit détachement de 43 hommes fut conduit au bastion 11, dans lequel une brèche fut plus tard pratiquée, et ils y armèrent les pièces avec l’adjonction de servants empruntés à la garde mobile. Nous nous y rendîmes par une de ces nuits noires et pluvieuses qui eut donné la tentation de faire un coup de main aux moins hardis, et nous les trouvâmes tout organisés, l’œil au guet, sondant l’horizon sur lequel on voyait mille lumières se mouvoir dans les villages environnants : ils nous montrèrent d’un air dépité qu’il n’y avait que trois coups par pièce. Mais, durent ces premiers temps, on passait sans cesse d’un excès de confiance à un excès de crainte, sentiment dont on ne saurait trop s’étonner, si l’on veut considérer les événements qui s’étaient accomplis dans l’espace de quelques heures ».

 

Mardi 9 août 1870

 

France, Paris : Réunion des Chambres.

A Paris les Chambres se réunissent. Chute du ministère Emile Ollivier. La séance est pénible. L'opposition attribue hautement nos défaites à l'incapacité de l'Empereur et de son major général, maréchal Le Bœuf. L'Empire est sérieusement ébranlé.

 

Mercredi 10 août 1870   Matin

 

France, Strasbourg : Une proclamation du gouverneur est affichée sur les murs de la ville.

Le 10 août 1870 au matin, la proclamation suivante du gouverneur militaire de Strasbourg est affichée sur les murs de la ville : « Aux habitants de Strasbourg, des bruits inquiétants, des paniques ont été répandus ces jours derniers, involontairement ou à dessein, dans notre brave cité. Quelques individus ont osé manifester la pensée que la place se rendrait sans coup férir. Nous protestons énergiquement, au nom de la population courageuse et française, contre ces défaillances lâches et criminelles. Les remparts sont armés de 400 canons. La garnison est composée de 11 000 hommes, sans compter la garde nationale sédentaire. SI Strasbourg est attaqué, Strasbourg se défendra tant qu’il restera un soldat, un biscuit, une cartouche. Les bons peuvent se rassurer ; quand aux autres, ils n’ont qu’à s’éloigner. Strasbourg, le 10 août 1870. Le général Uhrich, commandant supérieur ».

 

Mercredi 10 août 1870    Journée

 

France, Paris : Constitution d’un nouveau ministère.

Le 10 août 1870, constitution d’un nouveau ministère sous la présidence du Général de Montaubna, comte de Palikao.

France, La Petite-Pierre : occupation de la place par les troupes allemandes.

Le 10 août 1870 les Allemands occupent la Petite-Pierre, évacuée la veille par le petit détachement que commandait le sergent-major Boeltz, en l'absence du capitaine Mouton, du 96° de ligne.

France, Lichtenberg : Bombardement de la place forte.

Le 10 août 1870 la place forte de Lichtenberg est bombardée. Le sous-lieutenant Archer du 96e de ligne, ne pouvant plus résister, détruit son matériel militaire avant de négocier. Assaillant : la 3e brigade wurtembergeoise, commandée par le général von Hügel.

France, Phalsbourg : Bombardement de la place forte.

Le 10 août 1870 bombardement de Phalsbourg par l'artillerie de la division hessoise, aux ordres du général-major Haussmann. Ce bombardement n’obtient pas de résultat. La place forte de Phalsbourg est commandée par le chef de bataillon Taillant.

France, Strasbourg : Organisation de la place forte.

La place forte dispose d’un conseil de défense dont les membres sont les suivants : le général Uhrich, président, commandant supérieur ; le général Moréno, commandant la subdivision du Bas-Rhin ; le général Barral, commandant l’artillerie dans la 6e division militaire ; le contre-amiral Exelmans, commandant la flottille du Rhin ; le colonel Sabatier, directeur des fortifications ; le colonel Ducasse, commandant de place ; le lieutenant-colonel Mengin, commandant l’artillerie ; le lieutenant-colonel Martz, chef du génie et le colonel Fiévet, commandant le 16e d’artillerie-pontonniers, blessé le 16 août 1870 et remplacé par le colonel d’artillerie Petitpied ; le colonel Blot, commandant le 87e de ligne et de Lavalette, l’intendant militaire.

Pour la défense, la place est divisée en 4 arrondissements : 1er arrondissement, la citadelle sous le commandement du général de brigade Moréno, qui fut blessé le 25 août 1870 et remplacé par le lieutenant-colonel Rollet, également blessé le 7 septembre 1870 ; 2e arrondissement qui s’étend depuis le mur de jonction de droite jusqu’à la porte Nationale, commandé par le colonel d’artillerie Petitpied ; 3e arrondissement qui s’étend de la porte Nationale jusqu’au bastion 12, sur le front d’attaque, commandé par le colonel Blot du 87e de ligne, blessé le 13 septembre 1870 : 4e arrondissement qui s’étend du  bastion 12 au mur de jonction de gauche, commandé par le contre-amiral Exelmans.

Au lendemain de la bataille de Froeschwiller, la garnison de Strasbourg se composait d’un seul régiment, le 87e de ligne, et de quelques dépôts. Le lendemain de la défaite la garnison est renforcée par quelques détachements et s’accrue par quelques fuyards venus de Froeschwiller.

Voici la composition de la garnison de Strasbourg le 8 août 1870 :

Le 87e de ligne, avec 3 petits bataillons, commandé par le colonel Blot ;

Les dépôts du 18e et du 96e de ligne, les dépôts du 10e et 13e bataillon de chasseurs.

Les 43 marins qui devaient monter la flottille du Rhin, commandée par le contre-amiral Exelmans ;

Un bataillon du 21e de ligne, qui avait été laissé à Haguenau pour garder la gare, et qui fut séparé de l’armée par la bataille de Frœschwiller ; il fut obligé de se replier sur Strasbourg, où il arriva le 7 août.

Un détachement du 74e et un détachement du 78e de ligne, venant du Haut-Rhin, et destinés à rejoindre leurs régiments à Strasbourg le 7 août et y furent aussi retenus forcément.

L’artillerie de la place se composait des batteries de dépôt des 5e et du 20e, sans effectif appréciable, et d’une portion du 16e d’artillerie-pontonniers, qui avait reçu son ordre de départ et fut retenu par l’investissement.

La garde nationale mobile était composée de 4 bataillons d’infanterie et de 3 batteries.

La garde nationale sédentaire fit le service de la ville. Elle fournit en outre : 1 batterie d’artillerie, qui fut placée aux bastions 11 et 12, porte de Pierre, et 2 compagnies franches, les chasseurs volontaires et les tirailleurs de la garde nationale ; ces 2 compagnies furent employées à la défense des ouvrages avancés et prirent part aussi aux sorties. Enfin les douaniers firent aussi un service actif.

Création d’un régiment de marche, infanterie, et d’un escadron de marche. Aussitôt les fuyards arrivés, le général fit interner l’infanterie dans la citadelle et la cavalerie sur l’esplanade. Le lieutenant-colonel Rollet, du 47e, rentré blessé à Strasbourg, fut chargé de composer avec ces hommes provenant de régiments de ligne, zouaves, chasseurs, turcos, un régiment de marche de 3 bataillons. Le chef d’escadron de Serlay, du 2e lancier, fut chargé d’organiser un escadron de marche. Quelques jours après, afin de concentrer le commandement et de donner plus de solidité à ces éléments si divers, le bataillon du 21e fut adjoint au régiment de marche ; il en fut de même du bataillon qui avait été formé avec les détachements du 74e et du 78e, de sorte que le régiment de marche comptait, à la fin 5 bataillons. Pour l’infanterie, comme pour la cavalerie, le général nomma les officiers nécessaires pour compléter les cadres.

On voit, d’après tout cela, que le 87e fut la seule troupe compacte et solidement organisée possédée par Strasbourg.

 

Mercredi 10 août 1870    Soir

 

France, Brumath : Télégramme du roi de Prusse au général Beyer.

Le 10 août 1870, le général von Beyer qui commande la division badoise, reçoit un télégramme de Guillaume Ier, le roi de Prusse : « Ordre du roi d’empêcher tout arrivage des troupes et de matériels ennemis vers Strasbourg ; surveillez principalement le sud ; hâter l’investissement ; les renforts nécessaires sont en route ».

France, Strasbourg : Début d’encerclement par la division badoise.

La division badoise avait quitté la position de Brumath dans la soirée du 10 août lorsque l’ordre d’assiéger la place forte est arrivé. Pour exécuter cette nouvelle mission les ordres ont été immédiatement donnés. La structure du terrain situé devant la place forte était particulièrement favorable pour encercler la place par différents côtés. A l’est, le Rhin et au nord, l’Ill inférieure isolait la place forte du monde extérieur. Dans le sud, les inondations limitaient le trafic aux voies principales. Le terrain n’était ouvert qu’à l’ouest, entre le canal de la Marne-au-Rhin et la Bruche. La diviion badoise n’était pas encore assez informés sur le moral de la place forte, sur l’effectif et la composition de la garnison. En conséquence une certaine prudence s’imposait, puisque la divisionc badoise ne disposait pour encercler la place que de 12 bataillons, 12 escadrons, 9 batteries et 1 compagnie du génie, soit environ 10 000 hommes d’infanterie, 1 800 chevaux et 54 pièces d’artillerie.

Il a donc été décidé de renoncer temporairement à encercler la place forte entre l’Ill inférieure et le Petit Rhin, où la situation stratégique ne craignait pas grand-chose, et de limiter le siège au côté ouvert entre le canal de la Marne-au-Rhin et la Bruche, et de surveiller les points de franchissement de l’autre partie et de faire observer la zone sud par la cavalerie pour empêcher tout trafic avec la Haute-Alsace. Dans le même temps, ordre a été donné au gouverneur de d’occuper Kehl avec des troupes de la garnison locale et à prendre en charge la sécurité de la ligne d’étapes de Haguenau à Brumath.

La division badoise a été divisée en 3 détachements pour cerner la rive gauche du Rhin. La brigade de cavalerie du Generalmajor (général de brigade) von la Roche avec la batterie montée et un détachement de pionniers devait prendre position à Holtzheim et Hangenbieten ; la 3e brigade d’infanterie du Generalmajor Keller avec deux escadrons du 3e régiment de Dragons et les 4 batteries de l’artillerie divisionnaire au nord de la Bruche, du secteur d’Eckbolsheim (inclus) à Oberhausbergen ; de la 1ère brigade d’infanterie du Generallieutenant von la Roche avec deux escadrons du 3e régiment de Dragons et les 4 batteries de l’artillerie du corps d’armée occupent le secteur d’Oberhausbergen au canal de la Marne-au-Rhin près de Souffelweyersheim. Un détachement du service de santé est détaché auprès de chaque brigade.

 

Jeudi 11 août 1870

 

France, Strasbourg : Début de l’investissement de la place forte.

Début de l'investissement de Strasbourg d'abord par la division badoise von Beyer et les garnisons des places rhénanes. S'y joignent les jours suivants : la division de landwehr de la garde von Loen, la 1re division de réserve von Tresckow I, le tout aux ordres du lieutenant général von Werder. Effectifs allemands : 60 000 hommes. Défenseur : général de division Uhrich ; effectifs français : 23 000 hommes armés.

Pour la division badoise, la position suivante décrite a été ordonné pour le 11 août de manière que les trois colonnes puissent arriver aux nouvelles positions qui leur étaient assignées à peu près en même temps. La brigade de cavalerie a dû se rassembler à Vendenheim pour partir à une heure du matin et passer derrière le rideau des hauteurs de Hausbergen, via Griesheim et Oberschaeffolsheim jusqu’à Holtzheim, accompagné du détachement de pionniers monté sur des voitures. Elle a été suivie sur le même itinéraire par la 3e brigade d’infanterie, qui a quitté Brumath à 15 heures, tandis que la 1ère brigade d’infanterie a commencé sa marche à partir de la route de Strasbourg de la même localité à partir de 2 heures ; derrière aux vers 9 heures suivirent les pionniers et le train, et vers 4 heures le détachement des colonnes. Cette marche ne rencontra nulle part un obstacle. Avant la tombée de la nuit, le 11 août 1870 soir, les positions désignées avaient été atteintes.

La brigade de cavalerie reste avec son état-major et un escadron à Holtzheim, en compagnie de la 3e brigade d’infanterie et le bataillon de fusiliers n°3, détaché sur ordre auprès de cette dernière. Hangenbieten n’a été occupée que par un escadron, une batterie montée et un détachement de santé. La plus grande partie de la brigade, 6 escadrons avec le détachement du génie, avançait encore en direction du sud-est, avec 2 escadrons jusqu’à Entzheim, avec 2 escadrons jusqu’à Geispolsheim et 1 ½ escadron jusqu’à Fegersheim, pour barrer toutes les communications entre la Bruche et la rive gauche du secteur en amont.

Un demi-escadron est finalement poussé vers l’Ill jusqu’à Eschau, et la dernière route menant au sud vers Neuf-Brisach, sur la rive gauche du canal du Rhône au Rhin est désormais barrée.

 

Jeudi 11 août 1870   22h45

 

France, Fegersheim : Destruction du pont de chemin de fer.

Le détachement du génie composé d’un officier, quatre sous-officiers et trente hommes s’est rendu à Fegersheim pour y faire sauter le pont du chemin de fer, car il était entre-temps devenu clair que le 8 août au soir, le détachement de cavalerie envoyé pour détruire le chemin de fer n’avait pas atteint son but. Il est vraisemblable que la voie de chemin de fer vers Belfort a été barrée et détruite. Le pont a été détruit le soir vers 22h45 après trois heures de travail. Le pont avait trois travées longues de 6 mètres, avec une voûte épaisse de 0,60 m à la clef et des piliers d’une épaisseur de 1,25 m. La travée centrale a été détruite au moyen d’un fourneau de 50 livres, les deux travées extérieures à l’aide de fourneaux de 20 livres. Les trois travées ont donc été complètement détruite à l’aide de 170 livres de poudre noire.

 

Vendredi 12 août 1870

 

France, Pont-à-Mousson : Combat de cavalerie.

Le 12 août 1870 le général Margueritte avec le 1er chasseurs d'Afrique, enlève l'escadron de hussards de Brunswick, commandé par le capitaine von Thauvenay de la 5° division de cavalerie.

France, Metz, Ars-Laquenexy : Combats.

Le 12 août 1870, combats entre des avant-postes du 2° corps français et les reconnaissances de la 13e brigade de cavalerie allemande, général major von Rauch.

France, Metz : Maréchal Bazaine nommé commandant en chef de l’armée du Rhin.

Le 12 août 1870, le maréchal Bazaine est nommé commandant en chef de l'armée du Rhin qui est réunie sous Metz. Elle comprend les 2e, 3e,4e corps d’armée et la Garde, plus le 6° corps, qui arrive en grande partie, soit un total de 180 000 rationnaires. Bazaine exerce ce commandement à partir du lendemain 13 août 1870. L'opinion publique imputait nos défaites à l'incapacité militaire de Napoléon III et de son major général ; c'est en effet pour lui donner satisfaction que l'Empereur se démet en faveur de Bazaine, mais il impose à se dernier le général Jarras comme chef d'état-major général. La retraite à Verdun est résolue. Elle doit commencer le lendemain 14 août 1870 en deux grosses colonnes à partir de Gravelotte : 1° cavalerie de Forton, 2e, 6° corps et la garde au sud, route Gravelotte-Mars-la-Tour ; 2° cavalerie du Barail, 3e et 4e corps au nord, route Gravelotte-Conflans.

France, Strasbourg : Modification de la dislocation des unités cantonnées à Eckbolsheim.

La dislocation de la brigade de cavalerie badoise ne correspondait pas aux intentions du commandant de la division. En conséquence dans la nuit du 12 août 1870, un changement a été ordonnée pour que la brigade retrouve sa zone initiale. Il a été jugé nécessaire d’abandonner Eckbolsheim situé à 4 000 pas des premiers ouvrages, occupé à l’origine par 1 ½ bataillon et 1 escadron en cantonnement.

France, Diemeringen : Occupation allemande.

Le 12 août 1870, le premier corps bavarois bivouaque à Diemeringen.

 

Dimanche 14 août 1870

 

France, Marsal : Capitulation de la place forte.

A l'apparition des avant-gardes du IIe corps bavarois du général von Hartman, le capitaine Leroy commandant la place forte de Marsal, capitule.

France, Nancy : Occupation de la ville par les troupes allemandes.

Dès le 12 août 1870, l’escadron de hussards du capitaine von Kleist de la brigade von Redern, de la IIe armée allemande, avait déjà visité la ville sans y rencontrer un seul soldat français. Le 14 août 1870, la 4e division de cavalerie du prince Albrecht père de la IIIe armée allemande, occupe la ville.

France, Metz : Bataille de Borny près de Colombey – Nouilly.

Engagée à Metz, inopinément par l'avant-garde de la 26e brigade de von der Goltz, de la 1re armée allemande et livrée pendant que l'armée française se portait sur la rive gauche de la Moselle, combattent 60 000 Français des corps Decaen et Ladmirault contre 60 000 Allemands de la Ire armée et fractions de la IIe armée commandés par Steinmetz. L'ennemi est repoussé, mais il fait perdre aux Français une journée durant laquelle ses autres corps nous devancent et se portent vers les routes de Verdun pour nous couper la retraite. Le général Decaen est tué.

France, Alsace-Lorraine : constitution du gouvernement général allemand d’Alsace-Lorraine.

Entre août 1870 et novembre 1918, l’Alsace-Lorraine est dans un premier temps un Gouvernement général, puis un pays d’Empire dénommé « Reichsland » qui est gouverné par l’Empereur et son administration particulière. Les titres des chefs du gouvernement ont varié. Ainsi pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871, le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace qui est désormais occupé par les troupes allemandes, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le décret suivant : « Constitution du gouvernement général de l’Alsace. (Extrait du décret de Sa majesté le roi de Prusse, du 14 août 1870). J’ordonne par la présente que les territoires occupés de l’Alsace soient placés sous l’administration d’un Gouverneur général de l’Alsace, pour lequel mon ministère de la guerre est chargé d’élaborer et de me soumettre des instructions, de commun accord avec le chancelier de la Confédération du Nord. Je nomme Gouverneur général de l’Alsace le lieutenant général comte de Bismarck-Bohlen, commandant de Berlin et général en chef de la gendarmerie du royaume, etc... Au quartier général d’Herny, 14 août 1870. Signé Guillaume. Au Ministre de la guerre. Ce décret est paru tel quel dans le journal ».

C’est donc Friedrich Alexander von Bismarck-Bohlen qui est nommé gouveneur général « Generalgouverneur » du 14 août 1870 au 5 septembre 1871. Il est assisté du commissaire civil Zivilkommissar von Kühlwetter (1809 – 1882).

La guerre de 1870 à 1871 se poursuivait encore et déjà Bismarck instituait en Alsace une ébauche d’administration. Le général A. von Bismarck-Bohlen, nommé gouverneur, chargé de tous les pouvoirs, avait mission d’organiser le pays conquis dont les limites provisoires avaient été tracées. Le départ des cadres administratifs français imposait une organisation rapide du ravitaillement, des transports, des postes, de la sécurité. Il était clair que la Prusse entendait réaliser les convoitises qui s’étaient manifestées en 1813 et surtout en 1840 et en 1859. « Strasbourg désormais sera et restera une ville allemande ! » Telle était l’affirmation péremptoire des autorités occupantes.

 

Dimanche 14 au lundi 15 août 1870   Nuit

 

France, Thionville : Investissement de la place forte.

Dans la nuit du 14 au 15 août 1870, la brigade Gneisenau du VIIIe corps d’armée allemand essaye de prendre par surprise la place forte. Ils étaient guidés par un réserviste prussien qui avait travaillé les jours précédents aux fortifications. La place forte sous le commandement du colonel Turnier a repoussé les assaillants. À la suite de cet échec la place forte de Thionville est investie.

Tentative des Allemands sur Thionville exécutée du 14-13 par la brigade Gneisenau, du VIIIe corps, que guidait un août. Réserviste prussien ayant travaillé les jours précédents aux fortifications. Celle-ci, colonel Turnier, repousse l'assaillant,

 

Lundi 15 août 1870

 

France, Strasbourg : Premier bombardement de la place forte.

Le 15 août 1870, pour fêter ironiquement la Saint-Napoléon, l’artillerie de campagne badoise bombarde Strasbourg.

Metz, Montigny – Longeville : Canonnade sur les colonnes.

Le 15 août 1870, se déroule une canonnade réalisée par l’artillerie de la 6e division de cavalerie commandée par le colonel von Gröben sur les colonnes françaises en marche entre Metz et Gravelotte, sur l rive opposée de la Moselle.

Metz, canonnade de Tronville - Mars-la-Tour.

Le 15 août 1870, une canonnade est réalisée par l'artillerie de la 5e division de cavalerie du général-major von Redern, contre la division de cavalerie de Forton, qui est en tête de la colonne française de gauche, sur la route de Verdun. La cavalerie française se replie de Mars-la-Tour sur Vionville, sans riposter ni s'éclairer.

 

Mardi 16 août 1870

 

France, Metz : Départ de l’empereur Napoléon III.

L'Empereur quitte la place forte de Metz. Il est accompagné de son fils et escorté par la brigade Margueritte, des chasseurs d'Afrique. Il se rend au camp de Châlons en passant par Etain et Verdun.

France, Metz : Bataille de Rezonville près de Vionville et Mars- la-Tour.

Le matin du 16 août 1870, la colonne française du Sud, comprenant le 2e, 6e corps et la Garde, est au repos entre Vinville et Gravelotte ; elle attend que la colonne de gauche, retardée par la bataille du 14 août 1870, arrive à sa hauteur. Elle est inopinément heurtée dans son flanc gauche par le IIIe corps allemand et les 6e et 3e divisions de cavalerie, lieutenant-général von Alvensleben II. Célèbres charges de cavalerie : 1° françaises, cuirassiers de la garde et division Legrand ; 2° allemandes, brigade Redern, brigade Bredow, dragons de la garde. Les troupes françaises ne savent pas profiter de leur grande supériorité numérique, des débuts surtout. Les autres corps ennemis, Xe devant la droite française, la moitié des IXe et VIIIe corps d’armée devant la gauche française, arrivent successivement, ainsi que Frédéric-Charles de sa personne, au secours du général Alvensleben. La nuit venue, les deux armées adverses bivouaquent, avant d'avoir obtenu un résultat décisif, le long de la route, depuis Gravelotte jusqu'à Mars-la-Tour, les Français face au sud, les Allemands face au nord. 133,000 Français contre 90,000 Allemands. Sont tués : général de division Legrand, généraux de brigade de Brayer et Marguenat.

France, Toul : Début du siège de la place forte.

Le 16 aooût 1870, une tentative d’attaque de vice-force du IVe corps d’armée commandé par le général von Alvensleben et la cavalerie du IIe corps d’armée bavarois contre la place forte de Toul échoue. A l’issue la place forte est investie. Début des bombardements le 22 août 1870 soir.

France, Strasbourg : Combats du pont d’Illkirch-Graffenstaden.

Le 16 août 1870, combats du pont d’Illkirch.

 

Mardi 16 au mercredi 17 août 1870   Nuit

 

France, Metz : Bataille de Rezonville près de Vionville et Mars- la-Tour.

Dans la nuit du 16 au 17 août 1870, le maréchal Bazaine prescrit à l'armée, contre toute attente, d'évacuer le champ de bataille pour venir prendre position en arrière, entre la Mance et le ruisseau de Châtel. Le maréchal prétexte le besoin d'évacuer les blessés sur Metz et de ravitailler l'armée en vivres et en munitions.

 

Mercredi 17 août 1870

 

Metz, siège de la place forte : Combat des bois de Vaux.

Le 17 août 1870, une affaire traînante est engagée par le général Steinmetz, avec la 14e division prussienne, contre la division Metman du 3° corps français, qui couvrait à notre gauche le mouvement rétrograde ordonné par le maréchal Bazaine

France, Châlon : Constitution de l’Armée de Châlons.

Constitution de l'armée de Châlons : 4 corps, 1er, 5e, 7e et 12e, plus les deux divisions de cavalerie de réserve Margueritte et Bonnemains ; le maréchal de Mac-Mahon en est le commandant en chef. Bazaine est nommé généralissime des armées impériales et Trochu devient gouverneur militaire de Paris. Cette armée de Châlons doit en pr

France, Villé : Combats entre une compagnie de mobiles et deux escadrons badois.

Le 17 août 1870, une compagnie de mobiles du Bas-Rhin surprend deux escadrons badois et les rejette vers Strasbourg.

ncipe chercher à rejoindre Bazaine à Metz.

 

Jeudi 18 août 1870

 

France, Metz : Bataille de Saint-Privat.

Metz. Bataille de Saint-Privat (Gravelotte-Saint-Privat). — La veille, les Ire et IIe armées allemandes se sont concentrées presque tout entières sur le champ de bataille du 16. Le roi Guillaume et de Moltke les dirigent face au nord à la recherche de l'armée française dont elles ont perdu le contact, puis ils les rabattent à droite quand ils nous découvrent sur les hauteurs au-delà de la Mance. La Ire armée, Steinmetz, échoue devant notre gauche à Gravelotte, mais la IIe, Frédéric-Charles, réussit à Saint-Privat à déborder et à écraser, à la fin de la journée, notre aile droite, corps Canrobert, que Bazaine ne secourt pas et laisse manquer de munitions. 140,000 Français contre 200,000 Allemands. Fameux assauts de l'infanterie de la garde prussienne contre Sainte-Marie-aux-Chênes et Saint-Privat, défendus par le corps Canrobert. Recul de l'armée française sous les forts de Metz ; abandon implicite du projet de marche vers Verdun

 

Vendredi 19 août 1870

 

France, Metz : Les Allemands forment une IVe armée.

Les Allemands forment une IVe armée, dite de Metz la Meuse (IVe et XIIe corps, garde prussienne), aux ordres et du prince royal Albert de Saxe ; effectif : 90 000 hommes. Châlons. Les autres corps de la IIe armée, la Ire armée entière et les renforts arrivant d'Allemagne forment l'armée d'investissement de Metz, aux ordres du prince Frédéric-Charles. Les IIIe (130 000 h.) et IVe armées (en tout 240 000 h.) vont marcher de concert vers l'Argonne, sous la conduite du roi Guillaume et du général de Moltke. Le mouvement vers l'ouest commence dès le 19, l'aile gauche (IIIe armée) en avant. Celle-ci s'était arrêtée sur la haute Moselle pendant les grandes batailles sous Metz.

 

Samedi 20 août – 28 octobre 1870

 

France, Metz : Siège de la place forte.

La place forte de Metz, avec le maréchal Bazaine et environ 180 000 hommes, est assigée du 20 août au 28 octobre 1870.

 

Dimanche 21 août 1870

 

Pont-à-Mousson : ordonnance du roi de Prusse Guillaume 1er sur la délimitation du gouvernement général de l’Alsace.

La presse locale et officielle a publié cette information : « Délimitation du gouvernement général de l’Alsace.

Sur votre proposition j’ordonne que les arrondissements de Sarrebourg, Château-Salins, Sarreguemines et Thionville, soient séparés de la circonscription administrative du gouvernement de la Lorraine, pour être réunis à celle du gouvernement général de l’Alsace. De commun accord avec le Chancelier de la Confédération, vous donnerez aux deux gouvernements généraux les instructions nécessaires pour l’exécution de la présente. Pont-à-Mousson, 21 août 1870. Signé : Guillaume. Au Chancelier de la Confédération du Nord ».

 

Dimanche 21 août 1870

 

France, Châlons : L’armée de Mac Mahon quitte Châlons.

L'armée de Mac-Mahon quitte le camp de Châlons pour Reims. Décision bâtarde : on hésite entre la direction de Paris, la meilleure au point de vue purement militaire, et celle de Metz, préférable au point de vue politique.

 

Mardi 23 août 1870

 

France, Reims : Départ de l’armée de Châlons.

L'armée de Châlons quitte Reims et marche vers l'Argonne et la Meuse, à la rencontre de Bazaine. Effectif : 140 000 hommes. Mac Mahon a pris cette décision à la réception d'une dépêche de Bazaine datée du 19, l'informant que l'armée de Metz se dispose à marcher vers les places du nord, direction de Montmédy.

France, Strasbourg : Début du bombardement de la place forte.

Commencement du bombardement de Strasbourg par l'artillerie de siège de Werder.

France, Strasbourg : situation du corps de siège allemand.

Le 23 août il y avait déjà 28 compagnies d’artillerie de siège « Festungs-Artillerie-Compagnien » et 14 compagnies du génie « Pionier-Compagnien » sur place.

Lors de leur arrivée elles ont été réparties dans tous les villages situés autour du front d’attaque, entre l’Ill et la Bruche, de Bischheim à Wolfisheim. Plus éloignée à l’arrière, on ne trouvait que les compagnies d’artillerie affecté au service du parc.

 

Mercredi 24 août 1870

 

France, Verdun : La place forte est investie.

Le 24 août 1870, après l’échec de l’attaque de vive force lancée par le prince Georges de Saxe à la tête du 12e corps d’armée et de la 3e division de cavalerie, commence le siège de la place forte. Les divisions saxonnes franchissent alors la Meuse loin de la place, la 23e division à Bras en aval, la 24e en amont à Dieuze. La place forte de Verdun est sous le commandement du général de brigade Guérin de Waldersbach.

 

Mercredi 24 – jeudi 25 août 1870, nuit.

 

France, Strasbourg : Intense bombardement de la place forte.

Dans la nuit du 24 août 1870, le bombardement a entièrement incendié et détruit la bibliothèque et les archives de la Ville. Ce sont 300 000 volumes, manuscrits et documents, dont de précieux incunables, dont les planches originales du « Hortus delicarium » d’Herrade de Landsberg qui ont été détruits.

 

Jeudi 25 août 1870

 

France, Vitry : Reddition de la ville.

Reddition de Vitry, commandant Terquem, sans et combat, à la 4e division de cavalerie, prince Albrecht père.

France, Châlons : Départ des mobiles.

Châlons. Les mobiles de la garnison, environ un millier, ont quitté la place ; mais ils sont faits prisonniers, à Sivry, par la cavalerie ennemie. C'est la première rencontre entre mobiles et Allemands,

France, Passavant : Massacre des mobiles désarmés.

Massacre de Passavant. Le 13e uhlans et le 16e hussards, de la 6e division de cavalerie allemande, prince Guillaume de Mecklembourg, chargent les mobiles désarmés capturés à Sivry, sous prétexte que quelques-uns de ceux-ci ont voulu fuir ; ils en tuent ou blessent grièvement.

 

Vendredi 26 août 1870

 

France, Metz : Sortie de Lauvallier-Noisseville.

Le 26 août 1870, tentative peu sérieuse de Bazaine pour percer en direction de Thionville, sur la rive droite, et de là gagner Montmédy et les autres places du Nord. Un violent ouragan arrête le combat engagé entre les 3e et 4e corps français d'une part, et les troupes rie Manteuffel (Ier corps et division Kümmer), d'autre part.

France, Grimont : Grand conseil de guerre.

Le 26 août 1870, lors du grand conseil de guerre de Grimont Bazaine conclut que l'armée française doit rester à Metz. Les troupes sont en conséquence ramenées dans leurs bivouacs.

France, Châlon : les IIIe et IVe armées allemandes qui marchaient vers Paris changent de direction.

Châlons. Les IVe et IIIe armées allemandes font à droite et marchent face au nord, des deux côtés de l'Argonne. La veille, elles formaient face à l'ouest deux gros échelons qui marchaient vers Châlons et Paris : 1° la IVe à droite, sur l'Aire ; 2° la IIIe à gauche et en avant, à hauteur de Vitry. Les indiscrétions de la presse française, puis la cavalerie d'exploration, décèlent la marche de Mac-Mahon sur leur flanc droit. Elles font alors à droite, la IVe armée devenant échelon avancé entre l'Aire et la Meuse. Elles vont essayer de couper les devants, sur l'une ou l'autre rive de la Meuse, à l'armée de Châlons ; Marche ondoyante de Mac-Mahon : lenteurs causées par l'indiscipline et l'inexpérience des troupes, par la mauvaise administration et par les hésitations ou erreurs du commandement. Le 26, l'aile droite, Félix Douay, est en contact avec les coureurs de la cavalerie ennemie ; alarmes exagérées. L'armée se prépare à une bataille face au sud, puis elle reprend sa marche au nord.

Bar-le-Duc : le roi de Prusse Guillaume 1er nomme M. de Kuhlwetter en tant que commissaire civil de l’Alsace.

La presse locale et officielle a publié ce décret royal prussien : « Nomination du Commissaire civil : « Décret Royal. Sur votre proposition du 25 du mois courant, je nomme commissaire civil de l’Alsace, le Président de régence de Kuhlwetter, dont les attributions sont réglées par mon instruction pour les gouverneurs généraux en date du 25 de ce mois et par l’instruction ci-jointe, destinée aux commissaires civils auprès du gouvernement général de territoires ennemis occupés par nos troupes. Vous êtes chargés de l’exécution de la présente. Bar-le-Duc, 26 août 1870. Signé : Guillaume. Au Chancelier de la Confédération et au Ministre de la Guerre ».

France, Marckolsheim : Arrivée des troupes allemandes.

Le 26 août 1870 les troupes allemandes occupent Marckolsheim.

 

Samedi 27 août 1870

 

France, Châlons : Affaire de cavalerie de Buzancy.

Châlons. Affaire de cavalerie de Buzancy, entre le 12e chasseurs (de la division Brahaut, corps de Failly) et la 24e brigade saxonne, général-major Sennft von Filsach. Les cavaliers allemands sont repoussés, mais ils conservent contact, et n'en restent pas moins très entreprenants, tandis que nous piétinons sur place. Les mouvements de l'armée de Mac-Mahon sont de plus en plus lents et décousus. Pas de nouvelles de Bazaine. Ordre de marcher sur Mézières le lendemain ; contre-ordre le 28 août 1870 au matin.

 

Lundi 29 août 1870

 

France, Châlons : Combats de Nouart – Bois-des-Dames.

Châlons. Combats de Nouart-Bois-des-Dames, entre le corps de Failly en marche pour Stenay et le XIIe corps, prince Georges de Saxe, arrivant dans notre flanc droit entre l'Argonne et la Meuse. De Failly se replie au nord à travers bois, par une nuit orageuse et très noire, pour atteindre Beaumont. Les Allemands nous suivent à notre insu.

Haguenau : communiqué du Gouverneur général d’Alsace concernant les caisses publiques.

La presse locale et officielle a diffusé cette publication concernant les caisses publiques : « Il est sévèrement défendu par la présente de payer ou de déléguer, soit directement soit indirectement dans le territoire du Gouvernement général, à la liste civile du gouvernement, à l’armée, à des détachements de troupes ou à des administrations de l’empire français, des sommes quelconques provenant de caisses publiques sous n’importe quels prétextes.

Les receveurs et percepteurs des contributions, les administrateurs de caisses de l’Etat ou d’autres caisses publiques, toute personne autorisée à recevoir des sommes revenantes à l’Etat ou à des caisses publiques quelconques de même que tout autre individu qui agira contre la présente défense, en répondra avec toute sa fortune et devra en outre s’attendre à être poursuivi, le cas échéant, selon les lois de la guerre. Haguenau, le 29 août 1870.  Le Gouverneur de l’Alsace ».

 

Mardi 30 août 1870

 

France, Châlons : Combats de Stonne.

Le 30 août 1870, combats de Stonne, entre les arrière-gardes en désordre des divisions Dumont et Liébert, du corps Félix Douay, et la cavalerie de la IIIe armée allemande, prince royal de Prusse. La marche désordonnée du 7e corps ressemble à une déroute

France, Châlons : Combats de Beaumont et Warniforêt.

Le 30 août 1870, bataille de Beaumont et combat de Warniforêt, entre le corps de Failly, la division Conseil-Dumesnil, du 7e corps, et des fractions du 12e corps, d'une part ; la IVe armée, prince royal de Saxe, et le 1er bavarois (IIIe armée) d'autre part. Le corps de Failly a été surpris dans ses bivouacs en plein jour, à midi : il est désorganisé ; ses débris passent la Meuse en désordre à Mouzon, sous la protection peu efficace du 12e corps, qui est depuis la veille sur la rive droite. La division Conseil-Dumesnil, très éprouvée, est poursuivie par le Ier bavarois ; elle rejoint vers Raucourt son commandant de corps, Félix Douay, qui n'a pas jugé à propos d'intervenir dans la bataille livrée à quelques kilomètres sur sa droite. 30 000 Français contre 70 000 Allemands. Tué : général de brigade Morand. Dans la nuit du 30-31, toute l'armée française réussit à franchir la Meuse, tant à Mouzon qu'à Villers, Remilly et Torcy. Elle est hors d'état de combattre ; le 7° corps s'est enfui pour son compte jusqu'à Sedan. Mac-Mahon, déjà à Carignan avec les 3 autres corps, renonce au mouvement vers Metz et se replie sur Sedan par les deux rives du Chiers : il ignore la situation vraie et croit n'avoir à sa suite que des forces numériquement inférieures aux siennes

Haguenau : communiqué du Gouverneur général d’Alsace le Comte de Bismarck-Bohlen, lieutenant-général.

La presse locale et officielle a diffusé ce communiqué : « Proclamation du gouverneur général. Habitants d’Alsace ! Les événements de la guerre ayant amené l’occupation d’une partie du territoire français par les forces des Puissances alliées allemandes, ces territoires se trouvent par ce fait même soustrait à la Souveraineté impériale, en lieu et place de laquelle est établie l’autorité des Puissances allemandes. C’est en leur nom que je suis appelé à exercer le pouvoir dans les départements du Haut- et du Bas-Rhin ainsi que dans le nouveau département de la Moselle comprenant les arrondissements de Metz, Thionville, Sarreguemines, Château-Salins et Sarrebourg, en qualité de gouverneur général de l’Alsace.

Le maintien des existantes, le rétablissement d’un ordre de chose régulier, la remise en activité de toutes les branches de l’administration, voilà où tendront les efforts de mon gouvernement dans la limite des nécessités imposées par les opérations militaires. La Religion des habitants, les institutions et les usages du pays, la vie et la propriété des habitants jouiront d’une entière protection ; rien enfin ne sera négligé de ce qui pourra contribuer à rendre plus supportables à la population les charges aussi douloureuses qu’inévitables de la guerre.

Mais il ne sera possible d’arriver à ce but qu’à condition de voir les habitants à leur tour seconder dans leur propre intérêts les efforts de la nouvelle administration en venant au-devant d’elle avec confiance et en se soumettant spontanément à toutes les mesures qu’elle sera en lieu de décréter et pour lesquelles elle devra péremptoirement réclamer plus stricte obéissance.

Rien ne saurait mieux répondre à l’auguste volonté des Puissances alliées que le rétablissement prompt et le plus complet d’un ordre de choses normal, permettant à chacun de se livrer à ses occupations paisibles et de travailler ainsi avec l’aide de la divine Providence au retour du bien être de la population entière. Je suis décidé à poursuivre cette grande tâche avec tous les ménagements, mais en même temps avec toute la fermeté que m’impose ma haute mission et la nature extraordinaire des circonstances.

Haguenau, le 30 août 1870.  Le Gouverneur général de l’Alsace. Comte de Bismarck-Bohlen, lieutenant-général ».

Haguenau : communiqué du Gouverneur général d’Alsace relatif à la nomination de M. De Kuhlwetter en temps que Commissaire civil de l’Alsace.

La presse locale et officielle a diffusé ce communiqué : « Nr 2. Publication. Sa Majesté le roi de Prusse a daigné me nommer commissaire civil de l’Alsace. En vertu de cette nomination j’ai pris en main sous l’autorité du Gouverneur général, la direction de toutes les affaires civiles en Alsace. Tous les fonctionnaires du ressort administratif sont subordonnés à l’autorité hiérarchique et disciplinaire du commissaire civil, tous les rapports, communications et requêtes lui sont adressés.

Cette administration civile a été fondée en vue de maintenir les lois, institutions et règlements établis. L’administration continue à fonctionner dans les formes précédentes, les changements survenus n’ont modifié que l’administration supérieure.

Par conséquent toutes les autorités et tous les fonctionnaires sont maintenus dans leurs emplois, attributions et traitements, excepté les cas où leur propre attitude donnerait lieu à des exceptions. Il est entendu que tous les fonctionnaires continueront à remplir leur devoir loyalement et fidèlement, en agissant ainsi ils ne feront que se conformer aux exigences de la situation et en même temps aux intérêts du pays, indépendamment de toute question de sympathie politique. La fonction publique impose un devoir d’honneur. On ne fait appel qu’à l’honneur et à la conscience des fonctionnaires pour compter sur les observations strictes de leurs devoirs. Ce sentiment leur défendra tout acte contraire à l’intérêt de l’administration actuellement établie.

Ceux qui manqueraient à ce devoir ne seraient non-seulement personnellement responsable de tout préjudice, mais s’exposerait en même temps à toute espèce de répression disciplinaire et dans les cas de grave forfaiture, aux peines établies par les lois militaires.

Je m’adresse avec confiance aux fonctionnaires de toutes les catégories, à leur sentiment de devoir et d’honneur. Je réclame l’obéissance que chaque employé doit à ses supérieurs en leur promettant à mon tour aide et protection dans la limite de mes attributions. Ainsi nous joindrons nos efforts pour procurer à l’Alsace tous les soulagements possibles dans ces temps d’épreuve qu’elle est obligée de traverser. Haguenau, le 30 août 1870.  Le commissaire civil d’Alsace. De Kuhlwetter, président de régence ». 

Haguenau : communiqué du commissaire civil de l’Alsace, président de régence, M. de Kuhlwetter.

La presse locale et officielle a diffusé ce communiqué : « Publication. Le Gouverneur général réside provisoirement à Haguenau. Le comte Henckel de Donnersmarck a été chargé des fonctions de Préfet pour les arrondissements de Sarrebourg, Château-Salins, Sarreguemines, Metz et Thionville. Le siège de la préfecture est provisoirement établi à Sarreguemines. Le Gouverneur général. Sa Majesté le roi de Prusse a daigné me nommer commissaire civil de l’Alsace. En vertu de cette nomination j’ai pris en mains sous l’autorité du gouverneur général, la direction de toutes les affaires civiles en Alsace. Tous les fonctionnaires sont maintenus dans leurs emplois, attributions et traitements excepté les cas ou leur propre attitude donnerait lieu à des exceptions. Il est entendu que tous les fonctionnaires continueront a remplir leur devoir loyalement et fidèlement, en agissant ainsi ils ne feront que se conformer aux exigences de la situation et en même temps aux intérêts du pays, indépendamment de toute question de sympathie politique. La fonction publique impose un devoir d’honneur. On ne fait appel qu’à l’honneur et à la conscience des fonctionnaires pour compter sur l’observation stricte de leurs devoirs. Ce sentiment leur défendra tout acte contraire à l’intérêt de l’administration actuellement établie.

Ceux qui manqueraient à ce devoir ne seraient non seulement personnellement responsable de tout préjudice, mais s’exposeraient en même temps à toute espèce de répression disciplinaire et, dans les cas de grave forfaiture, aux peines établies par les lois militaires. Je m’adresse avec confiance aux fonctionnaires de toutes les catégories, à leur sentiment de devoir et d’honneur. Je réclame l’obéissance que chaque employé doit à ses supérieurs en leur promettant à mon tour aide et protection dans la limite de mes attributions. Ainsi nous joindrons nos efforts pour procurer à l’Alsace tous les soulagements possibles dans ces temps d’épreuve qu’elle est obligée de traverser. Haguenau, le 30 août 1870, le commissaire civil de l’Alsace, de Kuhlwetter, présidence de régence ».

Pays de Bade, Bad Bellingen : Les francs-tireurs coupe le chemin de fer et la ligne télégraphique.

Le 30 août 1870, des francs-tireurs de Neuf-Brisach et de Colmar ainsi que des membres de la garde nationale de Mulhouse passent le Rhin et coupent le chemin de fer et le télégraphe de Bâle à Fribourg.

 

Mercredi 31 août 1870

 

France, Châlons : Combats de Bazeilles.

Le 31 août 1870, premier combat de Bazeilles entre le 12e corps, Lebrun, établi entre la Meuse, Sedan et la Givonne, et le Ier bavarois, von der Thann, arrivant le long de la rive gauche. Von der Thann reste maître du pont de Bazeilles, que nous n'avons pas détruit, et des abords de la rivière.

Châlons. Combats de Flize et Yvernaumont, entre des pointes du 13e corps, Vinoy, qui commence à arriver à Mézières (venant de Paris), et des fractions de la division wurtembergeoise, lieutenant général prussien von Obernitz, et de la 6e division de cavalerie. Les Français réussissent à détruire le pont de Flize.

Châlons. Escarmouches de Carignan – Pouru – Douzy – Francheval - Rubécourt, entre le 1er corps, Ducrot, qui couvre la retraite le long du Chiers, et les avant-gardes du XIIe corps et de la garde prussienne (IVe armée).

 

Mercredi 31 août 1870 au jeudi 1er septembre 1870

 

France, Metz : Bataille de Noisseville.

Entre le 31 août et le 1er septembre 1870, bataille de Noisseville (Servigny-Sainte-Barbe). Metz. 1er sept. Bazaine renouvelle mollement sa tentative du 26. Il veut faire sa trouée par le plateau de Sainte-Barbe, à l'est, puis se rabattre de là au nord. Mesures préliminaires négligées ou mal prises : nous ne pouvons percer le premier jour. Pendant la nuit, les Allemands de la rive gauche (IIe armée) traversent la Moselle en amont et en aval, renforcent Steinmetz et Manteuffel (Ire armée) sur leurs deux flancs, et menacent nos propres ailes. Bazaine ordonne la retraite sous le canon du camp retranché. Tué le 31, le général de division Manèque. Le 1er septembre : 100 000 Français contre 70 000 Allemands. Bazaine renonce à tenter dorénavant de grandes sorties : il n'autorise plus que des actions partielles, des opérations secondaires de ravitaillement, des fourrages

 

Jeudi 1er septembre 1870

 

France, Sedan : Défaite française, Napoléon III est fait prisonnier.

Le 1er septembre 1870 se déroule la bataille de Sedan. Napoléon III fait hisser le drapeau blanc vers 16h30. L’empereur sera emmené comme prisonnier à Wilhelmshöhe, près de Cassel (Hesse), puis s’exilera en mars en Angleterre.

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : constitution du gouvernement général allemand d’Alsace-Lorraine.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publié le décret suivant : « Constitution du gouvernement général de l’Alsace. (Extrait du décret de Sa majesté le roi de Prusse, du 14 août 1870).

J’ordonne par la présente que les territoires occupés de l’Alsace soient placés sous l’administration d’un Gouverneur général de l’Alsace, pour lequel mon ministère de la guerre est chargé d’élaborer et de me soumettre des instructions, de commun accord avec le chancelier de la Confédération du Nord. Je nomme Gouverneur général de l’Alsace le lieutenant général comte de Bismarck-Bohlen, commandant de Berlin et général en chef de la gendarmerie du royaume, etc... Au quartier général d’Herny, 14 août 1870. Signé Guillaume. Au Ministre de la guerre. Ce décret est paru tel quel dans le journal ».

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : proclamation du gouvernement général allemand d’Alsace-Lorraine.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Proclamation du gouverneur général. Habitants d’Alsace ! Les événements de la guerre ayant amené l’occupation d’une partie du territoire français par les forces des Puissances alliées allemandes, ces territoires se trouvent par ce fait même soustrait à la Souveraineté impériale, en lieu et place de laquelle est établie l’autorité des Puissances allemandes. C’est en leur nom que je suis appelé à exercer le pouvoir dans les départements du Haut- et du Bas-Rhin ainsi que dans le nouveau département de la Moselle comprenant les arrondissements de Metz, Thionville, Sarreguemines, Château-Salins et Sarrebourg, en qualité de gouverneur général de l’Alsace.

Le maintien des existantes, le rétablissement d’un ordre de chose régulier, la remise en activité de toutes les branches de l’administration, voilà où tendront les efforts de mon gouvernement dans la limite des nécessités imposées par les opérations militaires. La Religion des habitants, les institutions et les usages du pays, la vie et la propriété des habitants jouiront d’une entière protection ; rien enfin ne sera négligé de ce qui pourra contribuer à rendre plus supportables à la population les charges aussi douloureuses qu’inévitables de la guerre.

Mais il ne sera possible d’arriver à ce but qu’à condition de voir les habitants à leur tour seconder dans leur propre intérêts les efforts de la nouvelle administration en venant au-devant d’elle avec confiance et en se soumettant spontanément à toutes les mesures qu’elle sera en lieu de décréter et pour lesquelles elle devra péremptoirement réclamer plus stricte obéissance.

Rien ne saurait mieux répondre à l’auguste volonté des Puissances alliées que le rétablissement prompt et le plus complet d’un ordre de choses normal, permettant à chacun de se livrer à ses occupations paisibles et de travailler ainsi avec l’aide de la divine Providence au retour du bien être de la population entière. Je suis décidé à poursuivre cette grande tâche avec tous les ménagements, mais en même temps avec toute la fermeté que m’imposent ma haute mission et la nature extraordinaire des circonstances. Haguenau, le 30 août 1870.  Le Gouverneur général de l’Alsace. Comte de Bismarck-Bohlen, lieutenant-général. Remarque de MJR : le comte de Bismark-Bohlen est un cousin du chancelier Bismark.

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : nomination du commissaire civil de l’Alsace par le gouvernement général allemand d’Alsace-Lorraine.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Nomination du Commissaire civil. Décret Royal. Sur votre proposition du 25 du mois courant, je nomme commissaire civil de l’Alsace, le Président de régence de Kuhlwetter, dont les attributions sont réglées par mon instruction pour les gouverneurs généraux en date du 25 de ce mois et par l’instruction ci-jointe, destinée aux commissaires civils auprès du gouvernement général de territoires ennemis occupés par nos troupes. Vous êtes chargés de l’exécution de la présente.    Bar-le-Duc, 26 août 1870. Signé : Guillaume. Au Chancelier de la Confédération et au Ministre de la Guerre ».

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : délimitation géographique du gouvernement général (allemand) d’Alsace-Lorraine.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Délimitation du gouvernement général de l’Alsace. Sur votre proposition j’ordonne que les arrondissements de Sarrebourg, Château-Salins, Sarreguemines et Thionville, soient séparés de la circonscription administrative du gouvernement de la Lorraine, pour être réunis à celle du gouvernement général de l’Alsace. De commun accord avec le Chancelier de la Confédération, vous donnerez aux deux gouvernements généraux les instructions nécessaires pour l’exécution de la présente. Pont-à-Mousson, 21 août 1870. Signé : Guillaume.

Au Chancelier de la Confédération du Nord ».

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : communiqué du gouvernement général (allemand) d’Alsace-Lorraine relatif aux différentes nominations.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Publication. Le Gouverneur général réside provisoirement à Haguenau. Le comte Henckel de Donnersmarck a été chargé des fonctions de Préfet pour les arrondissements de Sarrebourg, Château-Salins, Sarreguemines, Metz et Thionville. Le siège de la préfecture est provisoirement établi à Sarreguemines.

Le Gouverneur général. Sa Majesté le roi de Prusse a daigné me nommer commissaire civil de l’Alsace. En vertu de cette nomination j’ai pris en mains sous l’autorité du gouverneur général, la direction de toutes les affaires civiles en Alsace. Tous les fonctionnaires sont maintenus dans leurs emplois, attributions et traitements excepté les cas ou leur propre attitude donnerait lieu à des exceptions. Il est entendu que tous les fonctionnaires continueront a remplir leur devoir loyalement et fidèlement, en agissant ainsi ils ne feront que se conformer aux exigences de la situation et en même temps aux intérêts du pays, indépendamment de toute question de sympathie politique. La fonction publique impose un devoir d’honneur. On ne fait appel qu’à l’honneur et à la conscience des fonctionnaires pour compter sur l’observation stricte de leurs devoirs. Ce sentiment leur défendra tout acte contraire à l’intérêt de l’administration actuellement établie. Ceux qui manqueraient à ce devoir ne seraient non seulement personnellement responsables de tout préjudice, mais s’exposeraient en même temps à toute espèce de répression disciplinaire et, dans les cas de grave forfaiture, aux peines établies par les lois militaires. Je m’adresse avec confiance aux fonctionnaires de toutes les catégories, à leur sentiment de devoir et d’honneur. Je réclame l’obéissance que chaque employé doit à ses supérieurs en leur promettant à mon tour aide et protection dans la limite de mes attributions. Ainsi nous joindrons nos efforts pour procurer à l’Alsace tous les soulagements possibles dans ces temps d’épreuve qu’elle est obligée de traverser.

Haguenau, le 30 août 1870.   Le commissaire civil de l’Alsace, de Kuhlwetter, présidence de régence ».

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : communiqué du gouvernement général (allemand) d’Alsace-Lorraine relatif à la nomination du préfet (allemand) du Bas-Rhin.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Le Président de régence, comte Frédéric de Luxburg, nommé Préfet du département du Bas-Rhin, est entré en fonction. Il vaquera en même temps provisoirement aux fonctions de Préfet du Haut-Rhin. Pour le moment il a pris sa résidence à Haguenau. Le Gouverneur général. Les ordonnances et les dispositions émanant du Gouverneur général et du commissaire seront portées à la connaissance du public dans les Nouvelles officielles pour le gouvernement de l’Alsace. Le Gouverneur général ».

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : communiqué du gouvernement général (allemand) d’Alsace-Lorraine concernant les caisses publiques.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Publication concernant les caisses publiques. Il est sévèrement défendu par la présente de payer ou de léguer, soit directement soit indirectement, dans le territoire du gouvernement général, à la liste civile, au gouvernement à l’armée, à des détachements de troupes ou à des administrations de l’empire français, des sommes quelconques provenant de caisses publiques sous n’importe quel prétexte.

Les receveurs et percepteurs des contributions, les administrateurs de caisses de l’Etat ou d’autres caisses publiques, enfin toute personne autorisée à recevoir des sommes revenantes à l’Etat ou à des caisses publiques quelconques, de même que tout autre individu qui agira contre la présente défense, en répondra avec toute sa fortune et devra en outre s’attendre être poursuivi, le cas échéant, selon les lois de la guerre. Haguenau, 29 août 1870.  Le Gouverneur général de l’Alsace ».

France, Alsace-Lorraine, Haguenau : communiqué du préfet (allemand) du Bas-Rhin.

Le jeudi 1er septembre 1870, le nouveau journal allemand paraissant dans le Nord de l’Alsace, dénommé « Amtliche Narichten für das General Gouvernement Elsass. Nouvelles officielles pour le gouvernement général de l’Alsace n°1 » a publiée le communiqué suivant : « Proclamation. Le soussigné porte à la connaissance des habitants, qu’il vient d’être nommé Préfet du département du Bas-Rhin. Il leur promet une protection assidue de leurs intérêts, mais il compte aussi sur leur dévouement pour lui faciliter l’exercice de ses fonctions. Les citoyens ne pourront mieux sauvegarder la sécurité de leurs personnes et de leurs propriétés, qu’en prêtant un concours loyal et sincère à l’autorité civile. Le chef-lieu de la Préfecture est établi provisoirement à Haguenau. Le Préfet donnera des audiences chaque jour de 10 à 1 heure, excepté les jours de fête. Haguenau, 31 août 1870. Le Préfet du Bas-Rhin, Comte de Luxburg ».

France, Alsace, place forte de Strasbourg : extrait du journal du siège de la ville rédigé par Ernest Frantz : « Le bombardement continue toujours mais, comme depuis deux jours, les efforts de l’ennemi semblent se concentrer sur la citadelle, les barrages et les fortifications depuis la Porte nationale. Il va sans dire que ce côté de la ville déjà détruit en partie est devenu à peu près inhabitable. Chaque jour, plusieurs maisons des faubourgs sont incendiées ou démolies par les projectiles. On voit constamment des charrettes chargées de quelques meubles, de literie, etc., qui déménagent de ce quartier voué à la destruction pour se rendre à l'intérieur de la ville. On voit aussi, depuis hier, passer et repasser constamment les sinistres cacolets qui transportent les morts et des brancards sur lesquels sont étendus des blessés qu’on transporte aux ambulances.

Le moment est venu où la garnison de Strasbourg fait ses preuves de courage et de résignation, car les remparts sont devenus excessivement dangereux pour les soldats qui ont à les défendre. Certains ouvrages avancés sont tellement criblés de projectiles et de mitraille que les détachements désignés pour aller les occuper quittent leur caserne ou leur campement sans savoir s’ils ne reverront jamais leurs camarades dont ils serrent les mains avec effusion en leur disant adieu… Et combien n’en reviennent pas !

Il y a, au nombre des plus courageux défenseurs de notre cité, 60 matelots arrivés au commencement d’août, avant-garde de l’équipage des canonnières dont une flottille devait être lancée sur le Rhin ! Ces 60 marins avec leurs chefs, le contre-amiral Exelmans et le capitaine Dupetit-Thouars se distinguent parmi les plus braves ; pointeurs excellents, homme de courage et de résolution, ils rendent d’éminents services comme canonniers sur les remparts et, dans les sorties, ils sont toujours au premier rang, s’avancent souvent avec une audace et une témérité incroyable.

L’amiral Exelmans, qui devait commander la flottille, est un homme aussi capable que déterminé et courageux. Il est très aimé des soldats, qui le voient constamment autour d’eux dans la partie de la défense dont le commandement lui a été déféré par le général Uhrich.

Je dois mentionner aussi les ouvriers de marine arrivés à Strasbourg pour travailler à la mise en état et à l’armement de cette flottille de canonnières, qui devait faire merveille. Ces hommes ont rendu de biens grands services dans les incendies, dans les déménagements sous le feu de l’ennemi, etc. Ils sont infatigables et, sous le rapport du courage, ne le cèdent en rien aux matelots.

Ah, si notre garnison, composée en majeure partie de fuyards du combat de Frœschwiller et des gardes mobiles inexpérimentés, était renforcée de quelques milliers de ces marins, notre situation serait bien différente…

Aujourd’hui la Garde nationale a dû échanger ses vieux fusils à piston contre des carabines de chasseurs-à-pieds, transformées en Chassepots. Chaque homme a reçu en outre un sabre-baïonnette et dix-huit cartouches. Il a fallu aller chercher cela cet après-midi, à l’Arsenal, au milieu des éclats d’obus qui pleuvent littéralement dans le voisinage de la citadelle. On nous a fait poser deux heures dans la cour de l’Arsenal et heureusement personne n’a été atteint, que je sache. Un éclat d’obus a fracassé un fourgon contre lequel s’adossait notre lieutenant, un chançard ! Et d’autres nous ont plus d’une fois ronflée aux oreilles. Il était alors très drôle de voir toute la compagnie se baisser comme un seul homme. Précaution inutile mais irrésistiblement provoquée par l’instinct de conservation.

Il eût été si simple de commencer dès le début par donner de bons fusils à la Garde nationale. Aujourd’hui on aurait 6 000 hommes de plus, utiles à la défense, tandis qu’à présent il est bien tard… Et puis la Garde nationale, outre l’insuffisance de son premier armement, avait une autre cause de mécontentement générée dans le choix de ses chefs, nommés par l’autorité avec son discernement habituel… et dont la plupart n’ont pas répondu à l’appel au moment du danger.

On a bien échangé les fusils mais il fallait aussi nommer de meilleurs chefs. On y songera peut-être quand tout sera fini.

Au lieu de tenir compte de ces avis et de bien d’autres suggérés par la gravité des circonstances, tels que la nomination des officiers et sous-officiers de la Garde nationale par les citoyens qui en faisaient partie, etc., etc., on a nullement songé à l’équipement, on a lésiné pendant quinze jours pour délivrer de vieux fusils à piston (il n’y en a plus à silex, paraît-il), et on a donné à la Garde nationale de Strasbourg, le lendemain du désastre de Frœschwiller des chefs (dont les journaux donne la liste).

Il y a dans ce corps d’officiers beaucoup de cafetiers, de brasseurs, de marchands de vin ; il y a des avocats, des docteurs, des clercs de notaire, des employés, des représentants de commerce, un professeur de violon, un épicier : s’il y avait des ébénistes, on pourrait dire en chœur que c’est comme un bouquet de fleurs !

Malheureusement, tout ce monde ne connaît sinon rien, au moins très peu de chose en fait de théorie, et comme il est impossible d’enseigner à autrui ce que l’on a à apprendre soi-même, il en est résulté que les caporaux choisis parmi les hommes ayant servi dans l’armée sont les seuls chefs véritables de la Garde nationale. Il y a bien quelques capitaines très capables mais tous les autres officiers n’ont sollicité des grades que pour se mettre à l’abri des corvées désagréables et pour faire des beaux avec un képi à filets d’argent et un grand sabre au côté. Du reste, la même chose a eu lieu pour la Garde mobile.

Je me suis procuré, le jour où je me suis inscrit sur les contrôles de la Garde nationale, une théorie du fantassin avec planches explicatives. J’ai fait alors chaque jour l’exercice dans ma chambre pendant deux heures, armé d’un morceau de bois grossièrement façonné en fusil.

Je craignais de paraître trop gauche et trop maladroit la première fois qu’on nous ferait faire l’exercice. Quinze jours plus tard, je constatais avec stupéfaction que j’en savais assez pour en remontrer au lieutenant de ma compagnie dont le rôle s’est borné à répéter maladroitement les commandements du capitaine lequel, quoiqu’ayant été sergent-major, barbotait souvent lui-même dans l’ordre des mouvements qu’il commandait. Quel gâchis !

Malgré le sérieux de la situation, malgré les éclats d’obus qui tombaient de tous côtés, toute la compagnie partait par moments d’un éclat de rire provoqué par l’ineptie et la gaucherie des gardes nationaux ou leurs officiers.

Nous sommes toujours sans nouvelles certaines du dehors. Des bruits de toute nature se répandent depuis quelques jours, touchant la situation militaire et politique de la France. Tous ces bruits ne reposent, quand on arrive à les serrer de près, que sur des renseignements très vagues, sinon sur des fictions. La désillusion est toujours amère pour le grand nombre de personnes qui ajoutent si facilement foi au plébiscite du 8 mai dernier, l’humanité et les Français en particulier ont été si crédules qu’il n’y a pas lieu de s’étonner que les Strasbourgeois mettent tant de complaisance à gober toutes les inventions dont on leur farcit les oreilles. Maintenant encore, ceux qui se rendent un compte exact de la situation et qui, partant, conservent peu d’espoir, sont traités de Prussiens par la foule des optimistes qui voudraient pouvoir nier ou pour le moins mettre en doute le bombardement…

On attend toujours avec impatience et anxiété l’arrivée d’un renfort, d’un corps d’armée qui doit nous délivrer de l’horrible situation qui nous est faite, mais… on ne voit que les Prussiens qui poudroient et l’herbe qui verdoie ».

 

Dimanche 4 septembre 1870

 

France, Paris : Proclamation de la République.

Le 5 septembre 1870, à Paris, est proclamée la république. Un gouvernement de Défense nationale est constitué sous la présidence du général Trochu. La guerre se poursuit avec les républicains.

 

Lundi 5 septembre 1870   09h30

 

France, Montmédy : Le 5 septembre 1870 début de l’attaque de la place de Montmédy. Les bombardements furent exécutés de 9H30 à 14H00 le même jour.

 

Mercredi 7 septembre 1870

 

France, Sainte-Marie-aux-Mines : Escarmouches entre francs-tireurs et troupes allemandes.

Le 7 septembre 1870 des escarmouches ont lieu à Sainte-Marie-aus-Mines, entre les francs-tireurs et les troupes allemandes.

 

Vendredi 9 septembre 1870

 

Haguenau : 1èr décret des autorités allemandes, par le gouverneur général d’Alsace.

« Partie officielle. N°1. Décret. Concernant les Nouvelles officielles pour le gouvernement.

1° Toutes les ordonnances ou dispositions émanant du gouverneur général et du commissaire civil qu’elles soient publiées en langue française ou allemande auront force de loi absolue par la publication effectuée dans les Nouvelles officielles pour le gouvernement de l’Alsace.

2° Pour autant que lesdites prescriptions n’en disposeront pas autrement, elles seront valables dans les délais suivants :

Pour le département du Bas-Rhin, le lendemain du jour de la distribution des Nouvelles officielles dans la résidence du Gouverneur général.

Pour le département du Haut-Rhin, le jour qui suivra le jour de la distribution.

Pour le département de la Moselle, le surlendemain du jour de la distribution.

3° Chaque numéro portera l’indication de l’endroit et la date de la publication.

4° Toutes les autorités de l’Etat, de la province et de la commune, des tribunaux et des cours, les avoués, notaires, greffiers et huissiers dans l’étendue du gouvernement général sont tenus de s’abonner aux Nouvelles officielles. Ils les recevront franc de port.

5° Le prix d’abonnement des Nouvelles officielles est de 24 fr. par an, 6 fr. par trimestre. Les autorités publiques devront porter ce montant dans leur budget de dépenses et les mettre au compte du fond des Nouvelles officielles auprès du commissariat civil. Un règlement spécial fixera le mode de décompte et l’intervention des bureaux de poste pour les cas où ils pourront se charger de ce service.

6° jusqu’à la réouverture complète du service postal, les particuliers pourront faire inscrire leurs abonnements aux mairies de leurs domiciles, en payant d’avance par trimestre le prix de leur abonnement et le port.

Les maires sont tenus de

7° Les autorités judiciaires et administratives pourront faire publier les avis officiels de leur ressort dans les colonnes des Nouvelles officielles. A cette fin elles les communiqueront au commissariat civil. Des avis publiés dans l’intérêt de personnes privées ou en matière judiciaire seront sujets au paiement de frais d’insertion.

8° Pour autant que l’espace le permette, le journal pourra reproduire les annonces du public. Les frais d’insertion sont fixés à 20 centimes par ligne de 4 colonnes.

Haguenau, le 9 septembre 1870. Le gouvernement général d’Alsace. Comte de Bismarck-Bohlen ».

 

Samedi 10 septembre 1870

 

Haguenau : nomination du secrétaire général de Préfecture et des secrétaires de préfecture allemands.

Le journal local et officiel a publié ce communiqué : « Partie officielle. Ont été nommé et sont entrés en fonctions :

Secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin, avec faculté de remplacer M. le préfet en cas d’empêchement, en même temps chargé des fonctions de sous-préfet de l’arrondissement de Strasbourg :

M. Ouo Flad, grand-bailli à Kork (Bade) ;

Secrétaires de préfecture :

M. Ferd Geigel et M. Hugues baron de Bibra, secrétaires de régence à Würzbourg (Bavière) et M. Edgar Loening, docteur en droit à l’université de Heidelberg (Bade) ;

Sous-préfet de l’arrondissement de Wissembourg :

M. Charles Volkheimer, assesseur du grand bailliage à Kitzingen (Bavière) ;

Et secrétaire de la sous-préfecture :

M. Dr Louis Jolly, secrétaire de régence à spire (Bavière) ;

Sous-préfet de l’arrondissement de Saverne :

M. Louis de Hoermann, assesseur du grand bailliage à Würzbourg ;

Et secrétaire de la sous-préfecture :

M. Adolphe Uhl, secrétaire de régence à Würzbourg ;

Et sous-préfet de l’arrondissement de Schlettstadt :

M. Emile Bechert, bailli à Carlsruhe (Bade) ;

Et secrétaire de sous-préfecture :

M. Robert Beuckieser, référendaire de la cour d’appel à Mannheim (Bade) ».

 

Lundi 11 septembre 1870

 

France, Strasbourg place forte : Arrivée d’une délégation suisse.

Le 11 septembre 1870 une délégation suisse vient au secours de la ville de Strasbourg qui est assiégée.

 

Mercredi 13 septembre 1870

 

France, Marckolsheim : L’avant-garde allemande est attaquée.

Le 13 septembre 1870, l’avant-garde badoise du général von Keller est attaquée.

 

Mercredi 14 septembre 1870

 

France, Colmar : Arrivée d’une colonne mobile allemande.

Le 14 septembre 1870, escarmouches devant Colmar. Finalement une colonne mobile allemande, sous les ordres du général von Keller, occupe la ville de Colmar.

 

Jeudi 15 septembre 1870

 

Alscace occupée, Haguenau : Communiqué du Gouverneur général d’Alsace concernant les caisses publiques.

Le 15 septembre 1870, la presse locale et officielle a diffusé une seconde fois cette publication concernant les caisses publiques : « Il est sévèrement défendu par la présente de payer ou de déléguer, soit directement soit indirectement dans le territoire du Gouvernement général, à la liste civile du gouvernement, à l’armée, à des détachements de troupes ou à des administrations de l’empire français, des sommes quelconques provenant de caisses publiques sous n’importe quels prétextes.

Les receveurs et percepteurs des contributions, les administrateurs de caisses de l’Etat ou d’autres caisses publiques, toute personne autorisée à recevoir des sommes revenantes à l’Etat ou à des caisses publiques quelconques de même que tout autre individu qui agira contre la présente défense, en répondra avec toute sa fortune et devra en outre s’attendre à être poursuivi, le cas échéant, selon les lois de la guerre. Haguenau, le 29 août 1870.  Le Gouverneur de l’Alsace ».

 

Lundi 19 septembre 1870 au 28 janvier 1871

 

France, Paris place forte : Début du siège de la place.

Le siège de la place forte de Paris se déroule du 19 septembre 1870 au 28 janvier 1871.

 

Mardi 20 septembre 1870

 

France, Mutzig : un détachement allemand occupe la ville.

Le 20 septembre 1870 un détachement allemand occupe la ville.

 

Jeudi 22 septembre 1870

 

France, Dinsheim – Heiligenberg : Attaque des francs-tireurs.

Le 22 septembre 1870, les francs-tireurs attaquent un détachement badois près de Dinsheim et de Heiligenberg.

 

Vendredi 23 septembre 1870

 

France, Toul : Reddition de la place forte.

Reddition de la place forte de Toul le 23 septembre 1870.

France, Mutzig : Attaque des francs-tireurs.

Le 23 septembre 1870, les francs-tireurs attaquent le détachement allemand.

 

Mardi 27 septembre 1870 : 17h00

 

France, place forte de Strasbourg : capitulation de la place forte.

La capitulation. Le 27 septembre, à 17 heures, le général Uhrich fait hisser le drapeau blanc sur la cathédrale et sur les bastions 11 et 12. L’artillerie allemande cesse le feu aussitôt.

 

Mercredi 28 septembre 1870   2h00

 

France, place forte de Strasbourg : capitulation de la place forte.

Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1870, les parlementaires du général Uhrich, le colonel Ducasse et le lieutenant-colonel Magin, se sont rencontrés avec les représentants du Generalleutnant von Werder dans une tente dressée sous un arceau du pont de chemin de fer de Koenigshoffen. Cet endroit servait d’abri au commandant des avant-postes badois. Finalement une convention est conclue à Koenigshoffen, le 28 septembre à 2 heures du matin. La place forte capitule après 46 jours de siège.

 

Mercredi 28 septembre 1870   8h00

 

France, place forte de Strasbourg : capitulation de la place forte.

A 8 heures du matin, la citadelle, les portes Nationales, d’Austerlitz et des Pêcheurs doivent être évacuées. La garnison française et la garde mobile sont prisonnières de guerre. Les gardes nationaux et les francs-tireurs sont désarmés et restent libres.

Le bilan du siège de Strasbourg est lourd. Les pertes de la population civile se montent à 261 tués et environ 1 100 blessés. Les pertes militaires de la garnison s’élèvent à 310 tués, 2 076 blessés et 55 disparus pour une garnison de 19 730 hommes au 27 septembre 1870. Les pertes militaires allemandes comprennent 181 tués, 724 blessés et 44 disparus. Au point de vue matériel, la ville de Strasbourg a subi des pertes considérables. 202 112 projectiles ont été tirés sur la ville, soit une moyenne journalière de 5 770 obus depuis le début du bombardement. Sur 3 598 maisons de l’intérieur de la ville, 448 ont été complètement détruites, la plupart des autres sont endommagées. Le jour de la capitulation, il y a plus de 10 000 personnes sans abri, ce qui provoque une animosité de la population à l’égard des Allemands. La cathédrale a éprouvé de grands dommages. Le musée, l’hôtel de la préfecture, le théâtre, le palais de justice, la bibliothèque, le temple neuf, le gymnase protestant, l’hôtel de l’état-major et la gare de chemin de fer ont brûlé de fond en comble.

Après le siège, un certain nombre de critiques sont formulées par des spécialistes des fortifications à l’égard du haut-commandement français. Ils estiment que ce dernier, influencé par l’évolution de la portée et de l’efficacité de l’artillerie et ne croyant plus à l’avenir des fortifications, a négligé d’améliorer celles de Strasbourg et de construire les abris nécessaires à la protection de la garnison et de la population. Les critiques concernent également le général Uhrich qui aurait pu, par une défense énergique, tenir trois semaines supplémentaires et fixer ainsi plus longtemps le corps du général von Werder. Le lieutenant-colonel Prévost, de la direction des fortifications, estime que les brèches étaient « insignifiantes, impraticables et inabordables » le jour de la capitulation. Il cite le cas de Belfort qui résista 103 jours, dont 73 de bombardement, et qui reçut 410 000 projectiles, dont 120 000 sur la ville et déclare que le colonel Denfert a pu, a voulu et a su organiser la résistance et que tous les efforts ennemis pour s’emparer de la place ont échoués.

 

Mercredi 28 septembre 1870

 

Alsace occupée, Strasbourg : Nomination du gouverneur militaire allemand.

Le lieutenant-général von Ollech est nommé gouverneur militaire de la place forte de strasbourg.

 

Mercredi 28 septembre 1870

 

Alsace occupée, Strasbourg : Nomination du commandant du 14ème corps d’armée.

Le général von Werder est nommé commandant du 14ème corps d’armée. La capitulation de Strasbourg permet au 14ème corps de s’emparer du reste de l’Alsace. Ce corps d’armée est formé pour opérer en direction du sud de part et d’autre des Vosges et couper les communications entre Mulhouse et Paris, d’une part, entre Pontarlier et Paris, d’autre part.

 

Jeudi 29 septembre 1870

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Ordonnance impériale lançant les études de l’extension des fortifications de la place.

Dès l’entrée des troupes allemandes dans Strasbourg, une ordonnance impériale « A.K.O. » du 29 septembre 1870 demande l’étude d’une extension de la place forte de Strasbourg.

France, Rothau : Les francs-tireurs bloquent les troupes de reconnaissance badoises.

Fin septembre 1870, les francs-tireurs bloquent des troupes de reconnaissance badoises qui voulaient monter la vallée de la Bruche.

 

Dimanche 2 octobre 1870

 

France, Mulhouse : entrée des troupes allemandes.

Les troupes allemandes entrent le 2 octobre 1870 à Mulhouse.

 

Mercredi 5 octobre 1870

 

France, Versailles : Installation du quartier général du Roi de Prusse Guillaume Ier.

Guillaume 1er le roi de Prusse, établit son quartier général à Versailles.

 

Vendredi 7 octobre 1870

 

France, Tours : Léon Gambetta quitte Paris en ballon.

Le 7 octobre 1870 Léon Gambetta qui Paris assiégé en ballon et rejoint Tours pour réorganiser les armées françaises.

France, Neuf-Brisach ; Début du bombardement de la place forte.

Le 7 octobre 1870 la place de Neuf-Brisach est cernée.

 

Samedi 8 octobre 1870   09h00

 

France, Neuf-Brisach ; Début du bombardement de la place forte.

Le 8 octobre 1870 à 9h00 débute le bombardement de la place forte.

Allemagne, Strasbourg : Installation du gouvernement général d’Alsace.

Le 8 octobre 1870, le gouvernement général de l’Alsace est transféré à Strasbourg

 

Dimanche 9 octobre 1870

 

France, Vosges : A partir de cette date les troupes allemandes occupent les passages

Les troupes qui assiégeaient la place forte de Strasbourg, entreprennent l’occupation des passages des Vosges à partir du 9 octobre 1870. La résistance des francs-tireurs est anéantie dans ce secteur.

 

Lundi 10 octobre 1870

 

France, Sélestat : Investissement de la place forte.

Au cours de la guerre franco-allemande de 1870-71, la place forte de Sélestat est investie dès le 10 octobre 1870. Une autre source, S0126, indique le 20 octobre pour le début de l’investissement de la place.

 

Lundi 11 octobre 1870

 

France, Orléans : prise de la ville par les Allemands.

Le 11 octobre 1870 les troupes allemandes occupent la ville d’Orléans.

 

Lundi 24 octobre 1870

 

France, Sélestat : capitulation de la place forte.

La place forte de Sélestat capitule le 20 octobre 1870. Elle a été bombardée par 32 canons qui lancent 10 000 projectiles. Le bilan du siège : une cinquantaine de civils sont tués. Les troupes alelmandes y font 2 000 prisonniers et capturent 120 canons.

 

Mercredi 26 octobre 1870

 

France, Neuf-Brisach : début du siège de la place forte.

Le 26 octobre, Neuf-Brisach est assiégée et bombardée. La citadelle capitule le 11 novembre et les Prussiens y capturent 5 000 hommes et 108 canons. Le 31 octobre, le général von Werder reçoit la capitulation sans combat de la ville de Dijon que les troupes françaises ont évacué dans la nuit.

 

Jeudi 27 octobre 1870

 

France, Metz : La place forte capitule.

La place forte et la garnison de Metz capitulent le 27 octobre 1870.

 

Lundi 31 octobre 1870

 

France, Dijon : capitulation de la ville sans combat.

Le 31 octobre, le général von Werder reçoit la capitulation sans combat de la ville de Dijon que les troupes françaises ont évacué dans la nuit.

 

Mardi 8 novembre 1870

 

Allemagne, Metz place forte : ordre immédiat de compléter la construction des forts détachés commencés par les Français.

Après l’entrée des Allemands dans Metz le 29 octobre 1870 Moltke ordonne d’achever immédiatement et de compléter les forts, ouvrages intermédiaires et batteries commencés sous la domination française. Ces traaux comportent également l’aménagement des routes circulaires et radiales qui y mènent. Voici en détail l’ordre du cabinet royal de Prusse du 8 novembre 1870 relatif à la place forte de Metz : « Pour mettre en complet état de défense, il est nécessaire d’achever la construction du Fort permanent de Saint Privat ainsi que des autres forts permanents ; il est indispensable et souhaitable que ces travaux soient très rapidement entrepris. Les moyens nécessaires doivent être demandés auprès du ministère de la guerre ».

Alsace-Moselle : taux de change des différentes monnaies.

Le journal local et officiel a publié ce communiqué émanent du Gouverneur Général d’Alsace et de la Lorraine allemande : « Partie officielle. N°91. Pour enlever tous les doutes, j’ordonne ce qui suit pour le territoire du gouvernement général d’Alsace et de la Lorraine allemande « General-Gouvernement im Elsass und Deutsch-Lothringen » :

Art. 1. Pour tous les paiements le Thaler prussien doit être changer à 3 francs et 75 centimes, le franc français doit être accepté pour 8 Silbergroschen. En conséquence, 4 Thaler = 7 Gulden Reinisch = 15 Francs = 6 Gulden Östreichisch.

Art. 2. Cette ordonnance est applicable à ce jour.

Strasbourg, le 8 novembre 1870. Le General Gouverneur en Alsace : Graf von Bismarck-Bohlen, Generalliieutnant ».

 

Mercredi 9 novembre 1870

 

France, Orléans : Les troupes allemandes quittent la ville.

Le 9 novembre 1870, les troupes allemandes évacuent la ville d’Orléans pour la réoccuper début décembre.

France, Coulmiers : Victoire française.

Le 9 novembre 1870, vixtoire française à Coulmiers.

 

Vendredi 11 novembre 1870

 

France, Neuf-Brisach : capitulation de la place forte.

La place forte de Neuf-Brisach capitule le 11 novembre 1870 après 17 jours de siège. Les troupes allemandes y capturent 5 000 hommes et récupèrent 108 canons.

 

Samedi 12 novembre 1870

 

Strasbourg, place forte : interdiction d’accéder sur les remparts.

La presse locale et officielle a publié ce communiqué du gouverneur militaire de la place daté du 12 novembre 1870 : « Communiqué. Par suite d’arrestations répétées d’habitants de la ville, qui sont montés sur les remparts sans être munis de la carte d’autorisation d’accès, nous rappelons qu’il est sans exception strictement interdit d’utiliser les remparts comme lieu de promenade. Ceux qui enfreignent cet ordre, seront les seuls responsables de leur arrestation et de leur emprisonnement. Strasbourg, le 12 novembre 1870. Le gouverneur von Ollech, General-Lieutnant ».

 

Mardi 15 novembre 1870

 

Strasbourg, place forte : siège du gouverneur général.

La presse locale et officiele du 15 novembre 1870 a communiquée l’avis suivant : « Son excellence le gouverneur général Graf Bismarck-Bohlen a transféré sa résidence de l’hôtel de Paris au quai Kléber. Le bureau du gouvernement sera également installé à cet endroit ».

 

Vendredi 18 novembre 1870

 

Strasbourg, place forte et garnison : horaires d’accès du public chez le Gouverneur Général.

Le journal local et officiel a publié le communiqué suivant du chef d’état-major général : « Partie officielle. N° 115. Communiqué. À la suite du transfert du « General Gouvernement » aux maisons « Hecht’schen Haüser », quai Kléber n°3 et à la rue « Allerheiligengasse n°6 », nous portons à la connaissance du public, que son excellence Monsieur le Gouverneur General, est prêt à recevoir les personnes qui veulent s’entretenir avec lui, en règle générale, tous les jours entre 12h30 et 14 heures. Le bureau est installé « Allerheiligengasse n°6 », et les lettres et comptes-rendus doivent y être adressés. Strasbourg, le 18 novembre 1870. Le colonel, chef de l’état-major général « Oberst und Chef des Generalstabes » von Hartmann ».

Strasbourg, place forte et garnison : vente aux enchères de fourrage et de matériels par l’intendance allemande.

Le journal local et officiel a publié l’annonce suivante de l’intendance royale allemande (Königliches Proviant-Amt) : « Communiqué. Vendredi le 18 novembre 1870, doivent être vendus aux enchères contre règlement numéraire immédiat, dans la cour du magasin à fourrage « Fourrage Magazin » et à la boulangerie militaire « Militär Bäckerei », de la paille usagée, un grande quantitée de semence de foin, des vieux tonneaux, des vieilles caisses, ainsi que de la cendre de charbon de bois. La vente aux enchères commencera à la boulangerie militaire. Strasbourg, le 15 novembre 1870. 222. Königliches Proviant-Amt ».

 

Dimanche 20 novembre 1870

 

Strasbourg, place forte et garnison : réouverture de la ligne de voies ferrées Kehl – Strasbourg.

Le journal local et officiel a publié le communiqué suivant : « Le 20 novembre 1872, la ligne de chemin de fer allant de Kehl à Strasbourg sera réouverte au trafic courant, pour le transport des personnes et des bagages dans un premier temps. Les horaires des trains circulant sur ce tronçon ainsi qu’entre Kehl et Appenweier, sont affichés dans les stations. Karlsruhe, le 18 novembre 1870. Direction der Grossh. Verkehrs-Anstalten. Zimmer. 251. ½ ». 

 

Mercredi 23 novembre 1870

 

Strasbourg, place forte et garnison : vente aux enchères de vaches.

Le journal local et officiel a publié l’annonce suivante de l’intendance royale allemande (Königliches Proviant-Amt) : « Mercredi 23 novembre 1870, le matin à 10 heures, doivent être vendues aux enchères au plus offrant contre règlement liquide immédiat, 25 vaches, dans les remises situées près de la caserne Saint Nicolas. Strasbourg, le 17 novembre 1870. Königliches proviant-Amt ».

 

Lundi 28 novembre 1870

 

Allemagne : voies ferrées. Strasbourg.

La première commission allemande de chemin de fer appelée à fonctionner sur la partie de l’Alsace-Lorraine déjà occupée, pour assurer les transports de toute nature nécessaire aux armées d’opération, installée à Wissembourg, est transférée à Strasbourg après la reddition de la place. Elle forme le noyau de l’administration des chemins de fer d’Alsace-Lorraine.

 

Début décembre 1870

 

France, Orléans : Les troupes allemandes réoccupent la ville.

Les troupes allemandes réoccupent la ville d’Orléans le 9 novembre 1870.