Chroniques 1860-1865

 

 

Dernière mise à jour : 6 octobre 2020

 

Voici les chroniques de la fortification et de la place forte de Strasbourg. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications et de la garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services.

Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire des années 1860 – 1865.

Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour. Pour l’instant les chroniques antérieures à 1870 sont encore assez succinctes, car la priorité est donnée aux années 1870 – 1882, pendant lesquelles les nouvelles fortifications de Strasbourg ont été érigées.

 

 

Fortifications : ouvrages en cours de construction ou de modernisation

 

Allemagne

 

(Sous le terme générique Allemagne, il s’agit de tous les états allemands du futur empire).

 

Après la chute de Napoléon, les Etats allemands renforcent sensiblement leurs frontières à l’ouest puis au sud, avec ouvrages de fortification qui s’inspirent des théories émises par les ingénieurs français Montalembert et Carnot. On abandonne les fortifications bastionnées pour se lancer dans la fortification polygonale. Ce nouveau style est appelé fortification néoprussienne. On commence à construire des ceintures d’ouvrages détachés, certes encore assez proches du noyau urbain, et dont la dimension de certains ouvrages est encore assez imposante.

 

Allemagne Front Nord Côtes de la Mer du Nord et de la Baltique

 

Embouchure de la Geste

Ouvrage en cours de construction ou de modernisation :

Fort Wilhelm (1833-1877) tour en forme de demi-cercle « Halbrunde Turmfort », entre l’embouchure de la Geeste et Bremerhaven.

 

Place forte de Swinemünde

Ouvrage en cours de construction ou de modernisation :

Westbatterie (18 ?-1861). 1878-1887 : Réaménagement de la Westbatterie. 1905 : Renforcement du rempart de la Westbatterie. 1908-1910 : À la suite du progrès de l’artillerie une partie des pièces d’artillerie a été transférée. Construction d’une batterie sur les rives Est et Ouest ;

West-Retranchement (1854-1862). Westbatterie et Werk II sont reliés par le retranchement ouest « West-Retranchement » ce qui a créé une défense continue côté terre et précédé par une un fossé plein d’eau, et muni d’une porte avec pont-levis. 1880 : installation de traverses-abris sur le rempart. 1910 : installation d’un magasin à poudre « Pulvermagazin 13 » sur le rempart.

 

Côtes près de Hannovre

Ouvrage en cours de construction ou de modernisation :

Weser-Hauptbatterie (1860 environ – 1895), située au nord de la Dockbatterie. 1866 la batterie est transférée à la Prusse à la suite de la Paix de Prague.

 

Place forte de Wilhelmshaven

Ouvrage en cours de construction :

Heppenser Batterie (1863) aménagement provisoire remplacé ultérieurement par un ouvrage permanent. Elle était armée de 2 canons de 28 cm et 11 canons de 24 cm. 1864 : désarmement de la batterie. 1870-1871 : réarmement de la batterie pendant la guerre franco-prussienne.

 

Allemagne, Front Est

 

Place forte de Thorn

Eisenbahnfort Budak (1862-1865).

 

Allemagne (Prusse - Rhénanie), Front Ouest

 

Place forte de Koblenz

Ouvrages en cours de construction ou de modernisation :

Rive droite du Rhin

Werk Glockenberg (1822-1823 environ) érigé initialement en tant que magasin à poudre défensif et dénommé ouvrage « Werk » lorsqu’il a été muni d’une enveloppe L’ouvrage comprenait un rempart précédé d’un fossé maçonné, avec un front dirigé vers le sud. Le flanc ouest était relié à une tour de flanquement pentagonale qui servait de réduit et de casernement et un rempart court vers le nord. 1864-1868 : travaux d’agrandissement, renforcement du rempart avec de nombreuses traverses et installation d’un rempart bas sur le côté nord qui accueillait désormait les magasins à munitions. Un bâtiment a été ajouté devant la tour réduit, avec des magasins à munitions au rez-de-chaussée et des locaux de stockage de vivres à l’étage. La gorge de la tour a été munie d’un étroit fossé et de deux pont-levis. L’ouvrage a été relié du côté ouest au nouvelles défenses de la porte Horchheimer-Tor avec un mur avec meutrières à fusils. Du côté Est l’ouvrage a été relié à l’aide d’un rempart droit aménagé pour l’infanterie et l’artillerie précédé d’un fossé au Fort Rheinhell. 1906 : remodelage de ce dernier rempart en position de batterie. 1920 : arasement de l’ouvrage, il ne restait que le bâtiment logement de la tour de flanquement et quelques restes du rempart, qui ont également été arasés ultérieurement. Etat : arasé.

Fort Rheinhell (1859, 1864-1868) initialement un ouvrage en terre, transformé en Fort en 1864-1868. Lunette dont le front est orienté vers le sud-ouest, longue de 200 m avec face droite et gauche de 70 m, flanc droit de 10 m et fossé maçonné de 15 m de large et 7 mètres de profondeur entourant l’ouvrage. Gorge brisée vers l’arrière avec un blockhaus de défense de gorge faisant office de réduit. Accès à la cour par un pont fixe muni d’un pont-levis, entrée protégée par un mur muni de meutrières. Rempart aménagé pour l’artillerie et l’infanterie. Casemate à un niveau sur le chemin couvert devant la face gauche. Corps de casemate à un niveau sous le rempart principal servait à l’hébergement de la troupe. Fossé couvert par une caponnière d’épaule gauche, une caponnière double de saillant, une caponnière extérieure devant le flanc droit, et par le réduit pour la gorge. Système de contremines au niveau du saillant et de la face gauche.1864 : le fort est rattaché à l’ouvrage « Werk Glockenberg » par un ouvrage. 1920-21 environ : l’ouvrage est complètement arasé et remblayé. Etat : arasé et remblayé.

Horchheimer-Tor-Befestigung (1864-1867) ouvrage fortifié de la porte de Horchheim, aménagé à partir des deux positions de batterie de part et d’autre de la voie de chemin de fer sur les berges du Rhin. Il s’agit d’une batterie de porte « Torbatterie » casematée à 3 niveaux qui barrait la route d’Ehrenbreitstein à Horchheim et le croisement avec la ligne de chemin de fer vers Niederlahnstein et le mur de liaison Est allant jusqu’au port du Rhin. Ouvrage muni de meurtières et de bouches à canon, servant de caserne. 1920-1921 environ : dans le cadre du Traité de Versailles, inscrit dans la liste des ouvrages à détruire, cette destruction n’est que partielle. 1930-1939 environ : les reste de l’ouvrage sont arasés.

 

Belgique

 

 

Place forte d’Anvers

Fort n°3 ( ?), modernisé en 1863 par l’Installation de la première coupole cuirassée terrestre construite en Angleterre avec 2 canons de 15 cm.

 

France

 

 

France Front Ouest Côtes de la Mer du Nord - Manche - Atlantique

 

Place forte de Cherbourg

Ouvrages en cours de construction :

Batterie intermédiaire de la Digue (1860). 1899 : réorganisation complète : 6 plateformes, une usine électrique et 1 abri pour projecteur.

Batterie Hameau de la Mer (1860). 1881 : armée de 5 pièces. 2005 : arrasée.

Fort Central de la Digue (16 août 1804 inauguration) appelé également Batterie Bonaparte puis Batterie Napoléon. Février 1808 : détruite par une tempête. 1859 : Remaniement par la construction d’un fort à 2 niveaux casemates surmonté de pièces tirant à barbette, disposées autour d’une cour ovale. 1940-1944 : aménagements allemands.

Fort du Musoir Est (1851-1860), fort circulaire. 1893 : remodelage de l’étage supérieur, remplacé par une dalle de béton de 3 m d’épaisseur.

 

Fortifications de l’île d’Yeu

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de la Grande Conche (1859-1861). 1899 : déclassée.

Batterie de la Petite Conche (1860 environ). 1889 : déclassée.

Batterie de la Pointe Gauthier (1859-1861) à Port-Joinville, sur l’ïle d’Yeu, avec un corps de garde crénelé modèle 1846 n°2. 1889 : abandon de l’ouvrage.

Fort de Pierre-Levée (1859-1866) sur l’île Dieu au SO de Port-Joinville. Fort Carré à fossé sec creusé dans le granit, pour un effectif de 400 hommes. 1899 : déclassé. 1900-1903 : installation d’un poste de télégraphie optique. Novembre 1945 à juillet 1951 : prison du maréchal Pétain. 28 décembre 1984 : inscription à l’inventaire des Monuments historiques.

 

Place forte de Brest

Ouvrages en cours de construction ou de modernisation :

Batterie de Calgrach (1862), Ile d’Ouessant, baie de Béninou, corps de garde modèle 1846 n°3. 1876 : déclassée mais garnison jusqu’aux environs de 1898-1899.

Batterie de l’îlot des Capucins (1846), presqu’île de Roscanuel. En 1848 : construction d’un casernement ; 1861 : réalisation d’un pont de pierres qui la relie au continent ; 1888 transformée en batterie de rupture pour 2 canons de 31 cm et creusée à ras des flots, et installation de 2 casemates.

Batterie de Locqueltas (1862) île d’Ouessant, avec un corps de garde Mle 1846 n°3.

Fort de Guelmeur (1861-1868 inachevé). 1901, 1905, 1911 : mentionnée au plan d’armement. Fort actuellement disparu.

Fortin ou batterie de l’île d’Abert, construction d’un réduit modèle 1846 sur l’Anse de Margat (1962).

 

Place forte de Rochefort

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de Coudepont (1810), également orthographié Coup de Pont, pointe sud-est de l’île d’Aix. 1861 : corps de garde modèle 1846 n°2. 1889 : déclassement.

 

France Front Sud Côtes de la Méditérannée

 

Place forte de Toulon

Ouvrages en cours de construction :

Batterie du Mord’hui (1860) sur la presqu’île de Saint-Mandrier. Ancienne batterie avec corps de garde n°3. 16/12/1874 : déclassée par la commission de défense des côtes. 03/12/1888 : déclassement définitif. 1904 : construction d’un abri en béton pour un projecteur coulé à son emplacement.

Batterie Napoléon (1861) appellée parfois Batterie Centrale, située en avant du Fort Napoléon. 1877 : réorganisation de la batterie.

Fort de l’île des Embiez (1863) également dénommée Batterie Saint-Pierre-des-Embiez, près de la pointe Saint-Pierre. Batterie avec un corps de garde crénelé Mle 1846 n°3. 3 décembre 1888 : déclassement de la batterie.

 

Pays-Bas

 

 

Place forte de Muiden – Vesting Muiden

Muiderslot – Château de Muiden (1285, détruit 1296, reconstruit 1373). Modernisé avec des remparts des demi-bastions par Adrian Anthoniz et une digue maritime, en 1741 extension des bastions, transformé en arsenal, en 1840-1860 transformé en réduit à l’épreuve des bombes et en 1873 construction de casernes avec remises à l’épreuve des bombes et une batterie de flanquement casematée. En 1955 les deux casernes sont arasées.

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

 

 

Allemagne

 

1862 : Le capitaine prussien Schumann construit une tourelle en fer laminé reposant sur un disque mobile.

1864 : Le capitaine prussien Schumann construit une version améliorée d’une tourelle en fer laminé

 

Belgique

 

1863 : installation de la première coupole cuirassée terrestre construite en Angleterre avec 2 canons de 15 cm sur le fort n°3 à Anvers.

 

France

 

1860 : En France, toutes les bouches à feu de l’artillerie de terre sont coulées dans les trois fonderies séculaires et ex-royales de Douai, Strasbourg et Toulouse. Au fil des temps, en 1860, la décision est prise de les remplacer par une seule qui doit être édifiée à Bourges au sein d’un grand complexe d’armement, les « établissements militaires ».

Fin 1862 : Début de construction de la fonderie impériale de Bourges à la fin de l’année 1862. Aucune construction n’avait été commencée lors de la visite de Napoléon III à Bourges le 10 juillet 1862. La construction de la fonderie impériale est pratiquement terminée à la fin de l’année 1866 et son premier conseil d’administration est installé. Le plus ancien canon en bronze connu et fondu à Bourges porte la date du 3 juin 1867.

 

Chroniques des années 1860 - 1864

 

1861

 

Dimanche 11 mai 1861

 

France, Strasbourg place forte : ouverture de la voie ferrée de Strasbourg à Kehl.

Le tronçon de voie ferrée reliant Strasbourg à Kehl au Grand Duché de Bade est ouvert le 11 mai 1861.

 

1862

 

Allemagne, techniques cuirassements : Construction d’une tourelle en fer laminé.

Le capitaine prussien Maximilian Schumann a construit en 1862, une tourelle en fer laminée reposant sur un disque mobile, destiné à accueillir une pièce d’artillerie.

 

1863

 

Belgique, Anvers : Installation de la première coupole terrestre sur le fort n°3.

A Anvers la première coupole terrestre est placée en 1863 sur le réduit du Fort n°3. Les plans en avaient été demandés l’année précédente au capitaine Coles de la marine anglaise. Initialement on projetait l’établissement de coupoles à deux canons de 15 cm sur les réduits des forts n°1 à n°8 du camp retranché. Une seule de ces coupoles a été commandée en Angleterre en 1862 et installée en 1863.

 

France, Mulhouse – Thann.

En 1863 la logne de voies ferrées Mulhouse – Thann est prolongée jusqu’à Wesserling.

 

1864

 

Allemagne, technique cuirassements : Réalisation d’une version amliorée de la tourelle en fer laminé.

Le capitaine prussien Maximilian Schumann a construit en 1864, une version améliorée tourelle en fer laminée reposant sur un disque mobile, destiné à accueillir une pièce d’artillerie. Mais elle n’était toujours pas au point puisqu’elle se caractérisait par un créneau à débattement très limité, pour restreindre l’ouverture de cette pièce. C’est à cette époque que Schumann a élaboré ses premiers projets sur l’utilisation des cuirassements dans les ouvrages fortifiés.

 

France, Alsace : Mise en exploitation de voies ferrées.

En 1864, la ligne de voies ferrées Strasbourg à Barr, Mutzig et Wasselonne, la ligne de Sélestat à Sainte-Marie-aux-Mines, la ligne d’Haguenau à Niederbronn, et la ligne de Sarreguemines à Bening, ont été livré à l’exploitation.

 

Vendredi 25 novembre 1864

 

France, Lorraine : Mise en service de voies ferrées.

Le 25 novembre 1864, la ligne de voies ferrées Dieuze – Avricourt est incorporée au réseau de l’Est et livrée à l’exploitation.