Chroniques 1855-1859

 
 

Dernière mise à jour : 6 octobre 2020

 

Voici les chroniques de la fortification et de la place forte de Strasbourg. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications et de la garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services.

Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire des années 1855 – 1859.

Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour. Pour l’instant les chroniques antérieures à 1870 sont encore assez succinctes, car la priorité est donnée aux années 1870 – 1882, pendant lesquelles les nouvelles fortifications de Strasbourg ont été érigées.

 

Fortifications : ouvrages en cours de construction ou de modernisation

 

Allemagne

 

 

(Sous le terme générique Allemagne, il s’agit de tous les états allemands du futur empire).

 

Allemagne Front Nord Côtes de la Mer du Nord et de la Baltique

 

Embouchure de la Geste

Ouvrage en cours de construction :

Fort Wilhelm (1833-1877) tour en forme de demi-cercle « Halbrunde Turmfort », entre l’embouchure de la Geeste et Bremerhaven.

 

Place forte de Swinemünde

Ouvrage en cours de construction :

Werk II (1854-1858) derrière la Westbatterie. Comprend un réduit circulaire à 3 étages au niveau de la cour, dont le toit était crénelé. Le réduit est entouré par une enceinte pentagonale et par un fossé plein d’eau. 1854-1862 : Westbatterie et Werk II sont reliés par le retranchement ouest « West-Retranchement » ce qui a créé une défense continue côté terre et précédé par une un fossé plein d’eau, et muni d’une porte avec pont-levis.

West-Retranchement (1854-1862). Westbatterie et Werk II sont reliés par le retranchement ouest « West-Retranchement » ce qui a créé une défense continue côté terre et précédé par une un fossé plein d’eau, et muni d’une porte avec pont-levis. 1880 : installation de traverses-abris sur le rempart. 1910 : installation d’un magasin à poudre « Pulvermagazin 13 » sur le rempart.

 

Prusse – Front Ouest Rhénanie

 

Place forte de Koblenz

Ouvrages en cours de construction ou de modernisation :

Rive droite du Rhin

Rive gauche du Rhin – Rive droite de la Moselle

Schanze Grossfürst Alexander (1830-1831) construit sous la forme d’une lunette sur le côté Sud-Est de la Feste Kaiser Alexander. 1831-1832 : équipé d’un blockhaus carré maçonné sur la partie arrière et ouverte des faces, qui sert de réduit. Ouvrage couvrant l’accès au glacis et avant-terrain de la Feste, il n’était pas occupé par la troupe en temps de paix. 23 septembre au 8 octobre 1856 : sert de cible pour des expériences de tir de l’artillerie. Pour cette expérience le réduit avait été pour moitié équipée de voûtes casematées et pour l’autre moitié de blindage en poutre recouverts de terre. Il s’agissait d’essayer les nouveaux projectiles de 25 et 50 livres tirés par la nouvelle artillerie à canons rayés. 1858 : début de la reconstruction de l’ouvrage. 1861 : le blockhaus est transformé en magasin à poudre. 1867-1868 : agrandissement de l’ouvrage, la face gauche est rallongée. 27/01/1903 : ordonnance impériale pour l’abandon de l’ouvrage. Après 1920 : dans la cadre du traité de Versailles, l’ouvrage est détruit à l’explosif et remblayé.

Rive droite du Rhin

Fort Rheinhell (1859, 1864-1868) initialement un ouvrage en terre, transformé en Fort en 1864-68. Lunette dont le front est orienté vers le sud-ouest, longue de 200 m avec face droite et gauche de 70 m, flanc droit de 10 m et fossé maçonné de 15 m de large et 7 mètres de profondeur entourant l’ouvrage. Gorge brisée vers l’arrière avec un blockhaus de défense de gorge faisant office de réduit. Accès à la cour par un pont fixe muni d’un pont-levis, entrée protégée par un mur muni de meutrières. Rempart aménagé pour l’artillerie et l’infanterie. Casemate à un niveau sur le chemin couvert devant la face gauche. Corps de casemate à un niveau sous le rempart principal servait à l’hébergement de la troupe. Fossé couvert par une caponnière d’épaule gauche, une caponnière double de saillant, une caponnière extérieure devant le flanc droit, et par le réduit pour la gorge. Système de contremines au niveau du saillant et de la face gauche.1864 : le fort est rattaché à l’ouvrage « Werk Glockenberg » par un ouvrage. 1920-21 environ : conformément au Traité de Versailles, l’ouvrage est complètement arasé et remblayé. Etat : arasé et remblayé.

Bienhornschanze (1859) aménagé initialement en tant qu’ouvrage provisoire en terre au sud de l’ouvrage Werk Rheinhell. Ouvrage entouré d’un fossé muni d’un blockhaus intérieur faisant office de réduit et d’une poudrière. 27/01/1903 : ordonnance impériale pour l’abandon de l’ouvrage. 12/10/1920 : dans le cadre du Traité de Versailles, fin d’arasement des restes de l’ouvrage en ruine. Etat : arasé.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ulm

Ouvrages en cours de construction :

Werk I – Obere Donaubastion (1843-1855). Ouvrage de l’enceinte urbaine, rempart avec plate-formes d’artillerie, avec réduit.

Werk II – Courtine mit dem Ehinger Tor (1843-1855). Ouvrage de l’enceinte urbaine, rempart, ravelin, caponnière et porte.

Werk III – Ravelin beim Ehinger Tor (1843-1855). Ouvrage de l’enceinte urbaine, ravelin.

Werk IV – Mittelbastion (1843-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, bastion.

Werk V – Blaueflêche (1843-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, flêche.

Werk VI – Courtine zum Blauberer Tor (1843-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine.

Werk VII – Ravelin vor dem Blauberer Tor (1843-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, ravelin.

Werk VIII – Courtine zum Kienlesberg (1843-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine.

Werk XIII à XVII – Wilhelmsfeste (1842-1857), ensemble de 5 ouvrages de l’enceinte urbaine.

Werk XVIII – Anchlusslinie zum Oberen Gaisenberg (1843-1858), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine de jonction.

Werk XIX – Oberen Gaisenbergbastion (1843-1858), ouvrage de l’enceinte urbaine, bastion.

Werk XX – Courtine zum unteren Gaisenberg (1843-1858), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine.

Werk XXI – Untere Gaisenbergbastion (1843-1858), ouvrage de l’enceinte urbaine, bastion.

Werk XXII – Courtine zur Untere Donaubastion (1845-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine.

Werk XXIII – Contregarde der Untere Donaubastion (1845-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, contregarde.

Werk XXIV – Untere Donaubastion (1845-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, bastion.

Werk XXV – Untere Donauturm (1845-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, tour.

Werk XXVI – Untere Stadtkehle (1845-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine.

Werk XXVII – Obere Stadtkehle (1845-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine.

Werk XXVIII – Obere Donauturm (1843-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine.

Werk XXIX – Fort Unterer Kuhberg (1846-1858), fort détaché avec réduit de gorge.

Werk XXX – Honrwerk des Forts Unterer Kuhberg (1846-1858), ouvrage à corne relié au fort détaché.

Werk XXXI – Fort Mittlerer Kuhberg (1855-1857), fort détaché avec réduit de gorge.

Werk XXXII – Fort Oberer Kuhberg (1848-1857), fort détaché avec deux tours de flanquement aux angles d’épaule et réduit de gorge.

Werk XXXIII – Fort Söflinger Turm (1855-1856), fort détaché avec réduit de gorge.

Werk XXXIV – Fort Unterer Eselsberg (1848-1856), fort détaché avec réduit de gorge.

Werk XXXIX – Fort Albeck (1846-1859), grand fort avec réduit de gorge, ouvrage avancé.

Werk XL – Fort Safranberg (1855-1858), fort avec tour réduit de gorge, ouvrage avancé.

 

France

 

France Front Ouest Côtes de la Mer du Nord, de la Manche et de l’Atlantique

 

Place forte du Havre

Ouvrage en cours de construction :

Batterie Haute de la Hève (1859) ancien ouvrage côtier. 1877-1879 : réorganisation complète avec 6 cuves pour canons de 24 cm te magasins à munitions.

 

Place forte de Cherbourg

Ouvrage en cours de construction ou de modernisation :

Fort Central de la Digue (16 août 1804 inauguration) appelé également Batterie Bonaparte puis Batterie Napoléon. Février 1808 : détruite par une tempête. 1859 : Remaniement par la construction d’un fort à 2 niveaux casemates surmonté de pièces tirant à barbette, disposées autour d’une cour ovale. 1940-1944 : aménagements allemands.

Fort du Musoir Est (1851-1860), fort circulaire. 1893 : remodelage de l’étage supérieur, remplacé par une dalle de béton de 3 m d’épaisseur.

 

Place forte de Lorient

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de Béniguet (1857). Ile d’Houat. Corps de garde modèle 1846 n°1.

Batterie de la Biche (1858). Corps de garde modèle 1846 n°3.

Batterie d’Ental (1857). 11 juillet 1874 : abandon de la position.

Fort d’Houat (1847-1855) sur l’île d’Houat. Entretenu jusqu’en 1884.

 

Fortifications de l’île d’Yeu

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de la Grande Conche (1859-1861). 1899 : déclassée.

Batterie de la Pointe Gauthier (1859-1861) à Port-Joinville, sur l’ïle d’Yeu, avec un corps de garde crénelé modèle 1846 n°2. 1889 : abandon de l’ouvrage.

Fort de Pierre-Levée (1859-1866) sur l’île Dieu au SO de Port-Joinville. Fort Carré à fossé sec creusé dans le granit, pour un effectif de 400 hommes. 1899 : déclassé. 1900-1903 : installation d’un poste de télégraphie optique. Novembre 1945 à juillet 1951 : prison du maréchal Pétain. 28 décembre 1984 : inscription à l’inventaire des Monuments historiques.

 

Place forte de Royan

Ouvrage en cours de construction :

Fort du Chay (1812-1858) souvent appélé Fort de royan, équipé d’un corps de garde Mle 1846. 1914 : armement 6 x 95 mm, 2 x 19 cm Mle 1878, 4 x 27 cm Mle 1870 M, 4 x 24 cm Mle 1876 sur affût GPC.

 

Place forte de Rochefort

Ouvrage en cours de construction :

Fort Boyard (1848-1859), entre l’île d’Aix et l’île d’Oléron. Déclassé en 1913.

 

France Sud-Est – Front sud Côtes de la Méditérannée

 

Place forte de Marseilles

Ouvrage en cours de construction :

Batterie du Pharo (1859) au S de Marseilles. Vieille batterie, sise à l’entrée du port. 1877-1878 : réorganisation de la batterie. En réduit une tour modèle 1846 n°1. 1940-1944 : installation par les Allemands d’une batterie d’artilelrie sous casemates dès fois appelée « Batterie de la Désirade ».

 

Pays-Bas

 

 

Place forte de Muiden – Vesting Muiden

Muiderslot – Château de Muiden (1285, détruit 1296, reconstruit 1373). Modernisé avec des remparts des demi-bastions par Adrian Anthoniz et une digue maritime, en 1741 extension des bastions, transformé en arsenal, en 1840-1860 transformé en réduit à l’épreuve des bombes et en 1873 construction de casernes avec remises à l’épreuve des bombes et une batterie de flanquement casematée. En 1955 les deux casernes sont arasées.

 

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse et du génie

 

 

Allemagne

 

23 septembre au 8 octobre 1856 à Coblence sur la Schanze Grossfürst Alexander (1830-1831) : l’ouvrage sert de cible pour des expériences de tir de l’artillerie. Pour cette expérience le réduit avait été pour moitié équipée de voûtes casematées et pour l’autre moitié de blindage en poutre recouverts de terre. Il s’agissait d’essayer les nouveaux projectiles de 25 et 50 livres tirés par la nouvelle artillerie à canons rayés. L’ouvrage est reconstruit à partir de 1858.

18 février 1858 : Par l’ordre du cabinet royal « A.K.O. » du 18 février 1858, la Prusse met en service des pièces à canons rayés pour l’artillerie de siège et de place.

 

France

 

1858 : L’artillerie française est désormais celle du système dit « de 1858 », se caractérisant toujours par des bouches à feu en bronze se chargeant par la bouche, mais dont les tubes comportent 6 rayures hélicoïdales. Les canons du système « 1858 » seront construits pendant un demi-siècle jusqu’en 1870.

 

 

Chroniques des années 1855 - 1859

 

1855

 

Mardi 23 octobre 1855

 

France, voies ferrées ; Tronçon Thionville – frontière du Luxembourg.

La ligne de voies ferrées Strasbourg – Thionville – frontière luxembourgeoise : Cette ligne, dont la construction fut retardée au 23 octobre 1855 par suite de divergences d’opinion qui s’étaient manifestées dans l’exécution du tracé, n’est livrée à l’exploitation que dans le courant de l’année 1859.

 

1857

 

Mercredi 13 mai 1857

 

France, Strasbourg place forte : Rapport relatif au projet pour 1857 et 1858 au Comité des Fortifications du Génie.

Le service du génie de Strasourg établit un rapport daté du 13 mai 1857 relatif aux projets pour les années 1857 et 1858 au Comoité du Génie.

S1058

 

Jeudi 15 octobre 1857

 

France, voies ferrées : ouverture du tronçon Mulhouse - Dannemarie.

La ligne de voies ferrées de Paris – Mulhouse : le tronçon Mulhouse – Dannemarie est livré à l’exploitation le 15 octobre 1857.

 

1858

 

Lundi 15 février 1858

 

France, voies ferrées : ouverture du tronçon Dannemarie – Belfort.

La ligne de voies ferrées Paris – Mulhouse : le tronçon Dannemarie - Belfort est livré à l’exploitation le 15 février 1858.