Chroniques 1845-1849

 

 

Dernière mise à jour : 6 octobre 2020

 

Voici les chroniques de la fortification et de la place forte de Strasbourg. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications et de la garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services.

Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire des années 1845 – 1849.

Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour. Pour l’instant les chroniques antérieures à 1870 sont encore assez succinctes, car la priorité est donnée aux années 1870 – 1882, pendant lesquelles les nouvelles fortifications de Strasbourg ont été érigées.

 

 

Fortifications : ouvrages en cours de construction ou de modernisation

 

Allemagne

 

 

(Sous le terme générique Allemagne, il s’agit de tous les états allemands du futur empire).

 

 

Allemagne Front Nord Côtes de la Mer du Nord et de la Baltique

 

Embouchure de la Geste

Construction en cours :

Fort Wilhelm (1833-1877) tour en forme de demi-cercle « Halbrunde Turmfort », entre l’embouchure de la Geeste et Bremerhaven.

 

Bremerhaven

Reichsbatterie (1848), au nord de Bremerhaven.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ulm

Constructions en cours :

Werk I – Obere Donaubastion (1843-1855). Ouvrage de l’enceinte urbaine, rempart avec plate-formes d’artillerie, avec réduit.

Werk II – Courtine mit dem Ehinger Tor (1843-1855). Ouvrage de l’enceinte urbaine, rempart, ravelin, caponnière et porte.

Werk III – Ravelin beim Ehinger Tor (1843-1855). Ouvrage de l’enceinte urbaine, ravelin.

Werk IV – Mittelbastion (1843-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, bastion.

Werk V – Blaueflêche (1843-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, flêche.

Werk VI – Courtine zum Blauberer Tor (1843-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine.

Werk VII – Ravelin vor dem Blauberer Tor (1843-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, ravelin.

Werk VIII – Courtine zum Kienlesberg (1843-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine.

Werk IX – Contregarde am Kienlesberg (1843-1852), ouvrage de l’enceinte urbaine, contregarde.

Werk X – Kienlesbergbastion (1843-1852), ouvrage de l’enceinte urbaine, bastion.

Werk XI – Anschlusslinie zur Wilhelmsburg (1843-1852), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine de jonction.

Werk XII – Wilhelmsburg (18 octobre 1842-1849), ouvrage de l’enceinte urbaine, citadelle.

Werk XIII à XVII – Wilhelmsfeste (1842-1857), ensemble de 5 ouvrages de l’enceinte urbaine.

Werk XIII – Anschlusslinie zur linken Redoute (1842-1849), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine de jonction.

Werk XIV – Linke Redoute (1842-1849), ouvrage de l’enceinte urbaine, redoute.

Werk XV – Courtine zwischen den Redouten (1842-1849), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine.

Werk XVI – Rechte Redoute (1842-1849), ouvrage de l’enceinte urbaine, redoute.

Werk XVII – Anchlusslinie zur Wilhelmsburg (1842-1849), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine de jonction.

Werk XVIII – Anchlusslinie zum Oberen Gaisenberg (1843-1858), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine de jonction.

Werk XIX – Oberen Gaisenbergbastion (1843-1858), ouvrage de l’enceinte urbaine, bastion.

Werk XX – Courtine zum unteren Gaisenberg (1843-1858), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine.

Werk XXI – Untere Gaisenbergbastion (1843-1858), ouvrage de l’enceinte urbaine, bastion.

Werk XXII – Courtine zur Untere Donaubastion (1845-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine.

Werk XXIII – Contregarde der Untere Donaubastion (1845-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, contregarde.

Werk XXIV – Untere Donaubastion (1845-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, bastion.

Werk XXV – Untere Donauturm (1845-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine, tour.

Werk XXVI – Untere Stadtkehle (1845-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine.

Werk XXVII – Obere Stadtkehle (1845-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine.

Werk XXVIII – Obere Donauturm (1843-1855), ouvrage de l’enceinte urbaine.

Werk XXIX – Fort Unterer Kuhberg (1846-1858), fort détaché avec réduit de gorge.

Werk XXX – Honrwerk des Forts Unterer Kuhberg (1846-1858), ouvrage à corne relié au fort détaché.

Werk XXXII – Fort Oberer Kuhberg (1848-1857), fort détaché avec deux tours de flanquement aux angles d’épaule et réduit de gorge.

Werk XXXVII – Fort Prittwitz (1847-1854), fort avec réduit de gorge, ouvrage avancé.

Werk XXXIX – Fort Albeck (1846-1859), grand fort avec réduit de gorge, ouvrage avancé.

Halbastion 1 mit dem Donauanchluss und Augsburger Tor (1844-1850). Ouvrage de l’enceinte urbaine, demi-bastion courtine et porte.

Courtine mit Caponniere 2 (1844-1850). Ouvrage de l’enceinte urbaine, courtine et caponnière.

Bastion 3 (1844-1850). Ouvrage de l’enceinte urbaine, bastion.

Courtine mit Caponniere 4 und Mittleren Durchfahrt (1844-1850). Ouvrage de l’enceinte urbaine.

Bastion 5 und Kriegsspital (1844-1850). Ouvrage de l’enceinte urbaine.

Courtine mit Caponniere 6 (1844-1850). Ouvrage de l’enceinte urbaine.

Bastion 7 (1844-1850). Ouvrage de l’enceinte urbaine.

Courtine mit Caponniere 8 (1844-1850). Ouvrage de l’enceinte urbaine.

Halbbastion 9 mit Donauanschluss & Memminger Tor (1844-1850). Ouvrage de l’enceinte urbaine.

 

France

 

 

France Front Ouest Côtes de la Mer du Nord Manche et de l’Atlantique

 

Place forte de Cherbourg

Ouvrage en cours de construction :

Fort des Flamands (1847-1854). 1877-1881 : réorganisation du fort, ajout de 2 grands magasins à poudre au profit de la Marine.

 

Place forte de Brest

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de l’îlot des Capucins (1846), presqu’île de Roscanuel. En 1848 : construction d’un casernement ; 1861 : réalisation d’un pont de pierres qui la relie au continent ; 1888 transformée en batterie de rupture pour 2 canons de 31 cm et creusée à ras des flots, et installation de 2 casemates.

 

Place forte de Lorient

Ouvrages en cours de construction :

Fort d’Houat (1847-1855) sur l’île d’Houat. Entretenu jusqu’en 1884.

 

Place forte de Royan

Construction en cours :

Fort du Chay (1812-1858) souvent appélé Fort de royan, équipé d’un corps de garde Mle 1846. 1914 : armement 6 x 95 mm, 2 x 19 cm Mle 1878, 4 x 27 cm Mle 1870 M, 4 x 24 cm Mle 1876 sur affût GPC.

 

Place forte de Rochefort

Ouvrage en cours de construction :

Fort Boyard (1848-1859), entre l’île d’Aix et l’île d’Oléron. Déclassé en 1913.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Langres

Construction en cours :

Citadelle de Langres (1842-1850) derniere fortification bastionnée construite en France (8 bastions).

 

Place forte de Salin-les-Bains (Jura)

Ouvrage en cours de construction ou de modernisation :

Fort Belin (vers 1676). 1815 en ruines. En 1844 construction d’une caserne. En 1846 construction d’un corps de garde de contrescarpe.

 

Place forte de B

France Front Sud-Est

 

Place forte de Lyon

Construction de 17 forts et ouvrages proches de l’enceinte urbaine à partir de 1831.

Construction en cours :

Fort de Sainte-Foy (1842-1848).

Fort de la Vitriolerie (1843-1846).

Fort de la Duchère (1844-1851).

esançon

Construction en cours :

Le Fort du Grand Chaudanne - Forts de Chadanne (1837-1842 ou 1841-1845) Fort Baudran. Erigé à la place d’une lunette, grand polygone à cinq bastions.

 

France Front Sud Côtes de la Méditérannée

 

Place forte de Toulon

Construction ou modernisation en cours :

Batterie Basse du Cap Brun (1695), modernisée 1841 puis 1847, avec corps de garde crénelé modèle 1846 n°1.

Batterie du Cap Nègre (1846-1850) existe depuis le 17e siècle. Tour crénelée n°2, modèle 1846. 3 décembre 1888 : déclassement par le conseil supérieur de la guerre.

Batteries de Carqueirane (1847) ou batteries Carqueyranne, avec corps de garde crénelé modèle 1846. Après 1886 : refonte complète en 3 batteries. 1911 : 4 canons de 19 cm Mle 1875-1876, 6 canons de 95 mm et 6 canons de 24 cm modèle 1876. Magasin à projectiles modèle 1879, un magasin sous roc, un projecteur. 1940-1944 réaménagements allemands.

Caserne du Pas de la Masque (1843-1846) centre de la crête du Mont Faron près de Toulon, désigné « Centrale » ou encore « du centre ». Une des premières créations du capitaine Raymond Adolphe Séré de Rivières. Caserne défensive à deux niveaux.

Fort du Cap Brun (1845).

Fort de Palaquier (1636), réorganisé 1846-1849, déclassé 1877.

Position de la Croix des Signaux (1812) presqu’île de Saint-Mandrier. 1812 : installation d’une tour modèle 1811. 1849-1853 : construction d’un rempart avec casernement autour de la tour, en forme de fort au tracé pentagonal. 1877 : construction de batteries côtières, batterie Haute de la Caraque, batterie Nord. 1891 : construction d’un magasin sous roc. 1899 : installation d’une voie ferrée étroite. 1906 : construction d’une batterie avec 8 emplacements et une batterie avec 4 emplacements. 1912-1913 : destruction de la batterie de canons de 24 cm remplacée par une batterie moderne de canons de 240 mm.

 

Pays-Bas

 

 

Place forte de Muiden – Vesting Muiden

Construction et modernisation en cours :

Muiderslot – Château de Muiden (1285, détruit 1296, reconstruit 1373). Modernisé avec des remparts des demi-bastions par Adrian Anthoniz et une digue maritime, en 1741 extension des bastions, transformé en arsenal, en 1840-1860 transformé en réduit à l’épreuve des bombes et en 1873 construction de casernes avec remises à l’épreuve des bombes et une batterie de flanquement casematée. En 1955 les deux casernes sont arasées.

 

Position de Honswijk

Constructions en cours :

Fort bij Honswijk (1842-1848, 1878-1881). Ouvrage en terre à 4 bastions pour couvrir la grande écluse d’inondation, puis muni d’une porte à l’épreuve des bombes en 1848. En 1878-1881 transformé en fort à fossé plein d’eau avec des locaux à l’épreuve des bombes, d’une galerie de contrescarpe, première tour-fort aux Pays-Bas, diamètre 43,3 m. Modernisé en 1881-1885 à la suite de la crise des explosifs brisants, la hauteur de la grande tour d’artillerie est réduite d’un étage, installation d’un local de garde et d’une poterne d’accès, avec des magasins, couvert par une dalle de béton. Armement 1880 : 15 canons 15 cm long, 12 canons de 12 cm long, 12 canons de 12 cm courts, 16 obusiers de 15 cm ; Equipage 323 hommes, 18 sous-officiers et 6 officiers. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Lunet aan de Snel (1845, 1873-1874). Ouvrage en terre installé au nord du Fort buj Honswijk. En 1873-1874 renforcée par des remparts en terre et une caserne et une remise à canons à l’épreuve des bombes. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument ».

 

Place forte d’Utrecht

Constructions ou modernisations en cours :

Fort Aan de Klop (1820) ouvrage rectangulaire en terre. 1848-1849 : important agrandissement du fort. Un canal d’inondation passe à côté du fort et assure alimentation du fossé plein d’eau. Des haies d’aupépine sont utilisées comme obstacle. 1851-1852 : construction du blockhaus de garde à l’épreuve des bombes. 1878, 1898 et 1914 : installation de 3 entrepôts d’artillerie. 1891 : modification du pont d’accès au fort. 1939-1940 environ : installation de 4 abris de groupe en béton. Jusqu’en 1980 le fort appartient au ministère de la défense. 1997 : installation d’un petit terrain de camping par la municipalité, d’une auberge et d’un café ouverts entre 2004 - 2007.

 

Position de Honswijk

Fort bij Honswijk (1842-1848, 1878-1881). Ouvrage en terre à 4 bastions pour couvrir la grande écluse d’inondation, puis muni d’une porte à l’épreuve des bombes en 1848. En 1878-1881 transformé en fort à fossé plein d’eau avec des locaux à l’épreuve des bombes, d’une galerie de contrescarpe, première tour-fort aux Pays-Bas, diamètre 43,3 m. Modernisé en 1881-1885 à la suite de la crise des explosifs brisants, la hauteur de la grande tour d’artillerie est réduite d’un étage, installation d’un local de garde et d’une poterne d’accès, avec des magasins, couvert par une dalle de béton. Armement 1880 : 15 canons 15 cm long, 12 canons de 12 cm long, 12 canons de 12 cm courts, 16 obusiers de 15 cm ; Equipage 323 hommes, 18 sous-officiers et 6 officiers. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Chroniques des années 1845 - 1849

 

 

1845

 

France, voies ferrées : Formation de la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Strasbourg.

En 1845 formation de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg en vue d’achever la construction et d’assurer son exploitation. Toute l’infrastructure de la voie et en même temps la construction du canal de la Marne au Rhin, dont l’exécution est poussée parallèlement, étaient faites aux frais de l’Etat ; la superstructure de la voie et la création de matériels d’exploitation étaient à la charge de la compagnie qui entretenait en même temps la construction de l’embranchement de Frouard à Metz, et à la frontière prussienne, près de Sarrebruck

 

1847

 

Janvier 1847

 

France, voies ferrées : Prolongation la ligne de Bâle jusqu’à l’intérieur de Strasbourg.

Le 13 juin 1844, la ligne de Strasbourg (gare extérieure aux fortifications) à Bâle est achevée. Mais ce n’est qu’au mois de janvier 1847 que la ligne est prolongée jusqu’à la gare intérieure de Strasbourg.

 

Mardi 18 mai 1847

 

France : Strasbourg : Rapport relatif au projet pour l’année 1847.

Le service du génie a rédigé le 18 mai 1847 le rapport relatif aux projets de l’année 1947 adressé au Comité des Fortifications.

 

1848

 

Mardi 29 février 1848

 

France, Strasbourg : Changement de préfet du Bas-Rhin.

Le 29 février 1848 Louis Lichtenberger (1789-1880) est nommé en qualité de Commissaire de la République. Il reste à ce poste jusqu’au 23 avril 1848.

 

Samedi 15 avril 1848

 

France, Strasbourg : Changement de préfet du Bas-Rhin.

Vers le 15 avril 1848 Napoléon Fanjat est nommé commissaire général pour le Bas-Rhin et pour le Haut-Rhin. Il reste à ce poste jusqu’en juin 1848.

 

Jeudi 4 mai 1848

 

France, Strasbourg : Changement de préfet du Bas-Rhin.

Le 4 mai 1848 Edouard Eissen (1805-1875) est nommé préfet intérimaire. Il reste à ce poste jusqu’au 4 septembre 1848.

 

Dimanche 10 septembre 1848

 

France, Strasbourg : Changement de préfet du Bas-Rhin.

Le 10 septembre 1848 Charles Renauldon est nommé préfet du Bas-Rhin. Il reste à ce poste jusqu’en juin 1849.

 

1849

 

Vendredi 9 mars 1849

 

France, Strasbourg place forte : Rapport relatif au projet pour 1849 et 1850.

Le service du génie a rédigé un rapport daté du 9 mars 1848 relatif au projet pour l’année 1849 et 1850, adressé au Comité des Fortifications.

 

Jeudi 28 juin 1849

 

France, Strasbourg : Changement de préfet du Bas-Rhin.

Le 28 juin 1849 François Chanal ( ?-1881) est nommé préfet du Bas-Rhin. Il reste à ce poste jusqu’en mai 1850.