Chroniques 1830-1834

 

 

Dernière mise à jour / Letzte Änderung : 20 / 04 / 2021

 

Voici les chroniques de la fortification et de la place forte de Strasbourg. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications et de la garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services.

Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire des années 1830 – 1834.

Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour. Pour l’instant les chroniques antérieures à 1870 sont encore assez succinctes, car la priorité est donnée aux années 1870 – 1882, pendant lesquelles les nouvelles fortifications de Strasbourg ont été érigées.

 

Fortifications : ouvrages en cours de construction ou de modernisation

 

Allemagne

 

(Sous le terme générique Allemagne, il s’agit de tous les états allemands du futur empire).

Cette rubrique concerne les fortifications allemandes en cours de construction ou de modernisation, sur le territoire

Après la chute de Napoléon, les Etats allemands renforcent sensiblement leurs frontières à l’ouest puis au sud, avec ouvrages de fortification qui s’inspirent des théories émises par les ingénieurs français Montalembert et Carnot. On abandonne les fortifications bastionnées pour se lancer dans la fortification polygonale. Ce nouveau style est appelé fortification néoprussienne. On commence à construire des ceintures d’ouvrages détachés, certes encore assez proches du noyau urbain, et dont la dimension de certains ouvrages est encore assez imposante.

 

Allemagne, Front Nord, côte de la mer du Nord « Nordsee »

 

Place forte de Bremerhaven

Ouvrage en cours de construction :

Fort Wilhelm (1830-1834 ou 1833-1837), petit ouvrage chargé de la protection du port de Bremerhaven qui a été installé entre l’embouchure de la Geeste et Bremerhaven par les autorités militaires de Hanovre à partir de 1827. Effectif dans l’ouvrage : 2 officiers, 44 soldats. Fort de forme circulaire « Halbrunde Turmfort » avec trois caponnières et fossé sec.

Source : S2938 : Gosch Frank : Festungsbau an Nordsee und Ostsee ; Die Geschichte der Deutschen Küstenbefestigung bis 1918, Mittler & Sohn, Hamburg, Berlin, Bonn, 2003.

 

Prusse – Front Ouest Rhénanie

 

Place forte de Koblenz

Ouvrages en cours de construction :

Rive droite du Rhin

Feste Ehrenbreitsein. Niederehrenbreitstein (1815-1832) construit sur les débris des anciennes fortifications du plateau supérieur détruites par les troupes françaises en 1801 des ouvrages de la pente ouest d’Ehrenbreitstein. Reconstruction de la partie Nord avec la porte Neuwieder-Tor, jonction avec la partie supérieure Oberehrenbreitstein avec un mur de jonction et la tour Johannisturm, jonction jusqu’au Rhin avec 3 bastions et vers le sud avec un mur et un fossé plein d’eau à l’extrémité près de la ville et vallée Thal-Ehrenbreitstein, englobant ainsi les bâtiments préservés de l’ancien château granducal ainsi que le port. 1864 : nombreux travaux de modernisation du Niederehrenbreitstein. 1869-1871 : modernisation par ajoût de diverses constructions. 1882 : démolition du Neuwieder-Tor à cause de la construction de la ligne de chemins de fer de la rive droite du Rhin. 1887 : comblement du port transformé en terrain d’exercice. 1902-1903 : élargissement de la voie ferrée entraîne la démolition d’une partie des ouvrages sécurisant la montée à la partie supérieure ; il ne reste du Niederehrenbreitstein que la tour Johanisturm et la partie supérieure du chemin d’accès fortifié dénommé Felsenweg, les blockhaus de garde de la partie supérieure et quelques murs de la berge du Rhin.

Werk Nöllenköpfchen – Fort Rheineck (1827-1838 environ). Installé sur l’emplacement d’anciennes redoutes françaises du siège de 1799, d’abord sous la forme d’un magasin à poudre défensif en 1827 muni d’une enveloppe en 1831 et agrandit jusque vers 1838. Ouvrage terrassé qui défendait l’avant-terrain devant la Feste Ehrenbreitstein. Ouvrage constamment modernisé. 1859 : installation d’une citerne. 1867-1868 : installation d’un blockhaus en tant que réduit, élargissement du fossé principal, d’une caponnière, de plateformes pour 3 batteries d’artillerie. 1875-1881 : remodelage complet de l’ouvrage gâce au fond issu de la dette de guerre française, il a désormais la forme d’une lunette, face gauche de 110 m et face droite de 60 m, flanc droit de 50 m, avec rempart aménagé pour l’artillerie et l’infanterie. Sous le rempart une caserne à deux niveaux. 1880 : baptisé Fort Rheineck. 1877-1878 : l’ouvrage est relié à l’ouvrage Werk Pleitenberg à la place de la batterie intermédiaire. 1882-1883 : effondrement du rempart ui a été reconstruit. 1899 : mise en service de la station télégraphique relié au réseau de la place forte. 1920-1921 : arasement complet de l’ouvrage dans le cadre du Traité de Versailles. Etat : arasé.

Rive gauche du Rhin – Rive droite de la Moselle

Fort Grossfürst Konstantin (1821/22-1832) ouvrage à fossé sec construit sur un plateau à l’emplacement d’un monastère, sous la direction du Ingenieurleutnant Gärtner, relié par une communication souterraine de 550 m à la Feste Kaiser Alexander. Il comporte au pied de la colline une tour à plusieurs étages type Montalembert pour le flanquement de la route en contrebas. 1831 : occupation par la troupe. Après 1860 : installation d’une boulangerie de guerre et d’un magasin à poudre. 1879-1882 : travaux de renforcement des pentes rocheuses à la suite d’effondrements. 27/01/1903 : AKO ordonnant l’abandon de l’ouvrage. 1918 : Ouvrage non concerné par les mesures d’arasement du Traité de Versailles. 1940-1945 : poste de commandement de la défense anti-aérienne. Le fossé a été comblé et l’ouvrage conservé. Ouvrage restauré et géré par une association.

Schanze Grossfürst Alexander (1830-1831) construit sous la forme d’une lunette sur le côté Sud-Est de la Feste Kaiser Alexander. 1831-1832 : équipé d’un blockhaus carré maçonné sur la partie arrière et ouverte des faces, qui sert de réduit. Ouvrage couvrant l’accès au glacis et avant-terrain de la Feste, il n’était pas occupé par la troupe en temps de paix. 23 septembre au 8 octobre 1856 : sert de cible pour des expériences de tir de l’artillerie. Pour cette expérience le réduit avait été pour moitié équipée de voûtes casematées et pour l’autre moitié de blindage en poutre recouverts de terre. Il s’agissait d’essayer les nouveaux projectiles de 25 et 50 livres tirés par la nouvelle artillerie à canons rayés. 1858 : début de la reconstruction de l’ouvrage. 1861 : le blockhaus est transformé en magasin à poudre. 1867-1868 : agrandissement de l’ouvrage, la face gauche est rallongée. 27/01/1903 : ordonnance impériale pour l’abandon de l’ouvrage. Après 1920 : dans la cadre du traité de Versailles, l’ouvrage est détruit à l’explosif et remblayé.

Batterie auf dem Hübeling (1828-1830) installée en tant que batterie de flanquement de la Feste Kaiser Alexander et aménagé en tant que magasin à poudre défensif du temps de paix. C’était une petite redoute avec un blockhaus. L’ouvrage comportait une tour casematée pour pièces d’artillerie à deux niveaux.  Il était entouré d’un fossé sec avec la partie arrière qui était revêtue. Aucune troupe n’occupait l’ouvrage en temps de paix. Armement : 8 à 10 pièces d’artillerie. 1903 : abandon de la Feste Kaiser Alexander et de la batterie auf dem Hübeling, des terrains qui sont remis à la ville. Une partie du terrain est utilisé comme cimetière.

 

Allemagne Front Est

 

Place forte de Posen actuel Poznan

Ouvrage en cours de construction :

Rive gauche de la Warta - Enceinte urbaine

Fort Winiary (1828-1842) Forto Winiary, ouvrage avancé de l’enceinte urbaine, comprend 5 bastions et un réduit de gorge. En 1828 construction des deux écluses du fort ; 1828-1834 construction de la redoute du fort ; 1832-1842 construction de l’enceinte urbaine du fort.

 

France

 

Cette rubrique concerne les fortifications françaises en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

France Front Ouest Côtes de la Mer du Nord Manche et de l’Atlantique

 

 

Place forte de Royan

Ouvrages en cours de construction :

Fort du Chay (1812-1858) souvent appélé Fort de Royan, équipé d’un corps de garde Mle 1846. 1914 : armement 6 x 95 mm, 2 x 19 cm Mle 1878, 4 x 27 cm Mle 1870 M, 4 x 24 cm Mle 1876 sur affût GPC.

Fort Liédot (1811-1834) Fort de la Sommité. Fort carré aux angles bastionnés. 1863-1870 : sert de cible pour les essais des nouveaux canons rayés. 1878-1880 : remaniement du fort. 1899 : installation d’une plateforme d’artillerie bétonnée sur chacun des 2 bastions face à la mer ; aménagement de magasins. 1914-1918 : sert de prison.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Belfort

Ouvrage en cours de construction :

Fort de la Justice (1825-1842).

 

Place forte de Besançon

Ouvrage en cours de construction :

Fort Breguille (1820-1832) Fort Morand, fort bastionné (5 bastions).

 

France Front Sud-Est

 

Place forte de Lyon

Construction de 17 forts et ouvrages proches de l’enceinte urbaine à partir de 1831. Ces ouvrages sont réalisés sous la direction du baron Hubert Rohault de Fleury vers 1831-1847.

Ouvrages en cours de construction :

Enceinte urbaine de Lyon (1831 à ?), enceinte mixte avec forts détachés.

Fort des Brotteaux (1831-1835).

Fort de Caluire (1831-1835) dès dénommé fort de Cuire.

Fort du Colombier (1931-1835).

Fort de Montessuy (1931-1836) et ses deux batteries annexes

Fort de Sainte Irenée (1831-1841).

Fort de La Motte (1832-1835).

Fort de Vaise (1834).

Redoute de la Tête d’Or (1832).

 

Progrès techniques de l’artillerie de siège et de forteresse, et du génie

 

Dans cette rubrique nous vous présentons les différents événements relatifs aux techniques de l’artillerie de siège et de forteresse, et du génie militaire, classés par pays et par date.

 

Prusse

1830 : Prinz August von Preussen, en tant qu’inspecteur général de l’artillerie (General-Inspecteur der Artillerie) ordonne la conception d’un obusier de 15 cm court.

Source : S0596 : Schirmer, Hermann, Generalleutnant a.D. : Das Gerät der Artillerie vor, in und nach dem Weltkrieg, V. Teil : Das Gerät der schweren Artillerie, Verlag Bernard & Graefe, Berlin, 1937, p. 35.

1832 : mise en service de l’obusier de 15 cm court dénommé « 24 Pfünder », canon de 24 livres. La longueur de son âme a été conçue pour que l’on puisse introduire la charge dans le tube à la main par l’avant. Lors de sa conception, le poids de cette pièce ne devait pas dépassé le poids du canon de 12 livres « 12-Pfünder-K. ». Cette pièce sera modifiée en 1869.

Source : S0596 : Schirmer, Hermann, Generalleutnant a.D. : Das Gerät der Artillerie vor, in und nach dem Weltkrieg, V. Teil : Das Gerät der schweren Artillerie, Verlag Bernard & Graefe, Berlin, 1937, p. 35.

 

Chroniques des années 1830 - 1834

 

Lundi 5 juillet 1830

 

Algérie : capitulation de la régence d’Alger face aux troupes françaises.

A la suite d’un conflit entre le dey Hussein et le roi de France Charles X, la régence d’Alger, capitule face aux troupes française, le 5 juillet 1830. La régence d’Alger est une province autonome de l’Empire ottoman.

Source : S3509 : Le Figaro Histoire n°53, décembre 2020 – Janvier 2021. Ce qu’était l’Algérie française. De la conquête à la rébellion ; le Figaro, Paris, p. 43-44.

 

Mardi 27, mercredi 28 et jeudi 29 juillet 1830

 

France, politique : révolution de juillet 1830.

La révolution de Juillet 1830 est la seconde révolution française. Elle porte sur le trône le roi Louis-Philippe Ier. Cette révolution se déroule les 27, 28 et 29 juillet 1830, journées dites de « Trois Glorieuses ». Après une longue période d’agiattion ministérielle, parlementaire et journalistique, le roi Charles X tente par un coup de force constitutionnel de freiner les ardeurs des députés libéraux par ses ordonnances de Sint-Cloud du 25 juillet 1830. En réponse à ses ordonnances, les Parisiens se soulèvent et dressent des barricades dans les rues, et affrontent les forces armées commandées par le maréchall de Marmont, duc de Raguse. L’émeute se transforme en une insurrection et le roi Charles X et sa famille sont contraints de fuir Paris. Les députés libéraux, prennent en main la révolution populaire. Au terme d’une hésitation, ils optent finalement pour une monarchie constitutionnelle plus libérale à l’aide d’un changement de dynastie. La maison d’Orléans, branche cadette de la maison de Bourbon, succède à la branche aînée : le duc d’Orléans est proclamé roi des Français et non plus roi de France, sous le nom de Louis-Philippe Ier. Cette nouvelle révolution française entraîne d’autres mouvements de protestation en Europe.

Eugène Delacroix : La liberté guidant le peuple. Un tableau qui commémore les Trois Glorieuses de la Révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830.

 

Lundi 9 août 1830

 

France, politique : chef d’Etat, le roi Charles X.

Après la mort de Louis XVIII, son frère ainé, le comte d’Artois, lui succède le 9 août 1830 sous le nom de Charles X, roi de France et de Navarre. Ce dernier est né le 9 octobre 1757 au château de Versailles. Il reste sur le trône jusqu’au 24 février 1848. En effet la Restauration prend fin avec la révolution de 1830 qui met sur le trône un roi élu par les députés ; Louis-Philippe. Charles X part en exil et meurt à l’âge de 79 ans le 6 novembre 1836 à Goritz en Autriche.

Source : S1048 : Himly, François-J. : Chronologie de la Basse Alsace Ier – XXe siècle ; Strasbourg 1972, p. 169. S1000 : Wikipédia.

 

Mardi 30 août 1830

 

France, Strasbourg : changement de préfet du Bas-Rhin.

Le 30 août 1930 le baron Claude-Elisabeth Naude Champlouis (1788- ?) est nommé préfet du Bas-Rhin. Il reste à ce poste jusqu’en septembre 1831.

Source : S1048 : Himly, François-J. : Chronologie de la Basse Alsace Ier – XXe siècle ; Strasbourg 1972, p. 172.

 

Jeudi 30 septembre 1830

 

France, Strasbourg : changement de préfet du Bas-Rhin.

Le 30 septembre 1930 Augustin Choppin d’Arnouville (1776-1857) est nommé préfet du Bas-Rhin. Il reste à ce poste jusqu’en juillet 1837.

Source : S1048 : Himly, François-J. : Chronologie de la Basse Alsace Ier – XXe siècle ; Strasbourg 1972, p. 173.

 

Dimanche 27 mai 1832

 

Allemagne, Palatinat, château de Hambach : rassemblement révolutionnaire.

Sous le règne de Napoléon Bonaparte, le Palatinat appartenait à la France et tous les citoyens bénéficiait des droits de la personne et des biens stipulés par le code Napoléon. Les juges étaient indépendants et les procès étaient publics. En 1815 le Congrès de Vienne attribue le Palatinat au royaume de Bavière. Les droits acquis par les citoyens sont considérablement restreints. De lourdes taxes et impôts freine l’activité économique. En 1830 éclate la révolution de Juillet en France, et les Polonais se révoltent contre la domination russe. De nombreux Polonais aux idées rvolutionnaires émmigrent au Palatinat. Face à ces mouvements, le royaume de Bavière restreint sensiblement la liberté de la presse. Cela entraîne la création de l’association de la Presse allemande et de l’Etat allemand « Deutsche Presse- und Vaterlandsverein ». Ce sont 32 citoyens de Neustadt dont une partie appartiennent à cette association, appelent, à l’occasion de la journée de la Constitution de Bavière du 26 mai 1832, à une fête qui doit se tenir au château de Hambach, le 27 mai 1832. A Neustadt les cloches annoncent le début des festivités. Un important cortège, musique en tête, se dirige vers les ruines du château de Hambach. Les participants portaient une écharpe aux couleurs noir rouge et or, avec l’inscription « pour une Allemagne réssucité ». La fête du château de Hambach devient une fête des nationalistes. On revendique l’unification des états allemands, la création d’une monarchie constitutionnelle, les Allemands ne doivent plus s’incliner devant les nobles. Ils prédisent une Europe unie des citoyens. En réaction à cette fête, le roi de Bavière envoie d’importants contigents de troupe dans le Palatinat. De nombreux organisateurs partent en exil et d’autres sont condamnés. Le château de Hambach est désormais devenu le symbole de la démocratie allemande. Les orateurs y avaient parlé pour la première fois d’une république européenne fédérale, de la liberté d’opinion et de la presse, et de l’égalité de traitement des femmes. Ce lieu est considéré comme le bercau de la démocratie allemande.

 

Lundi 11 février 1833

 

France, Strasbourg place forte : mémoire du colonel Laurent Directeur des Fortifications sur la place de Strasbourg.

Le mémoire du 11 février 1833, signé par le colonel Laurent, directeur des fortifications de la place de Strasbourg, décrit la situation de la place, son importance, les considérations générales et idées sommaires sur le cours des eaux et les manœuvres qu’on peut faire pour la défense.

Source : S1062 : Mémoire du colonel Laurent Directeur des Fortifications sur la place de Strasbourg (daté du 11 février 1833) ; Service historique de la défense, Vincennes.