Chroniques 1810 - 1814

 

Dernière mise à jour / Letzte Änderung : 29 / 08 / 2021

 

Page rédigée par : MJR.

 

 

Introduction

 

 

Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications, de l’attaque et de la défense des places, des techniques militaires et de la place forte et garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services.

Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire de cette année, mais prenez garde à gratter la couche de nationalisme que l’on retrouve dans la presse allemande et française. Afin d’éviter de retranscrire aux travers de ces lignes des extraits du roman national français ou allemand, nous vous présentons un maximum de documents d’origine pour que le lecteur puisse lui-même se faire son opinion. Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour, car l’histoire n’est pas figée. Les différentes recherches, études et analyses apportent régulièrement de nouveaux éléments.

Chaque année de cette chronique commence par un bilan de la construction ou de la modernisation des ouvrages de fortification en cours, sur l’essentiel des pays européens, en tenant compte du tracé des frontières de l’époque. Le volume des renseignements concernant les différents ouvrages est volontairement limité. Dès que possible, nous mettons en place des liens vers des sites Internet de l’association ou de la commune gérant l’ouvrage, ou vers un site très complet des ouvrages de ce type.

 

Ce bilan est certes incomplet, mais nous donne un bon apperçu de l’effort de défense de chaque pays cité.

 

Voici quelques traductions des termes allemands qui reviennent le plus souvent dans ces textes :

 

Abréviations et termes allemand couramment utilisés :

 

A.K.O. = Allerhöchste Kabinetts-Order = Ordre du cabinet impérial / Ordonnance impériale (ordre signé à priori par l’Empereur d’Allemagne).

IR = Infanterie-Regiment = Régiment d’infanterie (généralement suivi de son numéro).

Reichsland = Terre d’Empire = partie annexée de l’Alsace-Lorraine.

 

Les grades allemands et leur équivalence françaises actuelles :

 

General der Infanterie, General der Kavalerie, General der Artillerie = équivalent au général de corps d’armée.

Generallieutenant = équivalent au général de division.

Generalmajor = équivalent au général de brigade.

Oberst = = colonel.

Oberstlieutenant = lieutenant-colonel.

Major = chef de bataillon, chef d’escadron, commandant.

Hauptmann ou Rittmeister (pour les troupes montées) = capitaine.

Oberleutnant = lieutenant

Leutnant = sous-lieutenant.

 

Les fonctions :

 

Wallmeister = garde du génie.

 

Les services de l’armée impériale allemande :

 

Kaiserliche Garnison Verwaltung = administration impériale de garnison

 

Remarque : l’orthographe allemande diffère de celle d’aujourd’hui. Par exemple pour les portes on note la présence d’un h « Thor » qui a disparu ultérieurement (Tor), et de nombreux mots s’écrivent encore avec un c, alors que quelques années plus tard on utilisera le k, comme pour Fortification écrit ultérieurement Fortifikation. On germanise les mots d’origine française. J’emploi autant que possible l’orthographe d’origine.

 

Sources / Quellen :

 

Une grande partie des sources a été précisée. Chaque source est munie d’un numéro personnel précédé d’un S qui permets de ne pas répéter à chaque fois l’intégralité de la référence (S0001). La liste des sources est indiquée en bas de page.

 

Ein grosser Teil der Quellen wurde angegeben. Jede Quelle ist mit einem persönnlicher Nummer die mit S anfängt, versehen « S0001 ». Die Angaben zur Liste dieser Quellen sind am Ende der Seite.

 

Traduction en langue allemande / Deutsche Übersetzungen

 

Pour les chroniques, le volume à traduire est énorme. En conséquence la traduction ne sera que très partielle. Toutefois, lorsque le texte est d’origine allemande, nous essayerons de garder le texte original allemand.

 

Für die Zeittaffeln ist die Menge der Texten die zu übersetzen sind sehr gross. Infolgedessen wurde nu rein Teil übersetzt. Aber wenn es möglich ist, versuchen wir die original Texte anzegeben. 

 

 

Fortifications : ouvrages en cours de construction ou de modernisation

 

Belgique

 

Cette rubrique concerne les fortifications en cours de construction ou de modernisation du royaume de Belgique, conformément aux frontières de l’année en cours.

Il est extrêmement difficile de dater précisément la construction des ouvrages de fortification belges. Souvent les dates de construction correspondent à l’année de la loi du programme de fortification, et d’autres indications nous donne des dates diverses. A défaut de disposer de documents ou de dates de construction plus précise, j’utilise les différentes options.

 

Place forte d’Anvers

Ouvrage en cours de construction :

Fort de Lillo (1810), construit par les Français sous Napoléon Bonaparte.

 

France

 

Cette rubrique concerne les fortifications françaises en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

France : Front Ouest : Côtes de la Manche et de l’Atlantique

 

Place forte de Cherbourg

Ouvrage en cours de construction :

Redoute des Fourches (1813). 1846 : incendiée. 1865 : reconstruction de la redoute. 1899 : modernisation de la redoute pendant la crise de Fachoda.

 

Place forte de Brest

Ouvrage en cours de construction ou de modernisation :

Batterie de Cornouaille (1684-1696) fort de Cornouaille ou batterie basse de Cornouailles, commune de Roscanvel, presqu’île de Crozon, place forte de Brest. Batterie de défense, puis batterie lance-torpilles, qui défend l’entrée du goulet de Brest avec le fort Mengant situé de l’autre côté du goulet, exposant ainsi les navires à un redoutable tir croisé. Architecte initial : Vauban. Ouvrage installé sur une plateforme elliptique d’environ 250 m de long, adossée à la base de la falaise. Elle est bordée par un large parapet de pierre type bastion, escarpe et glacis, percé de 36 embrasures pour les pièces d’artillerie. Faute de financement stable, le chantier s’étend jusqu’en 1696. Le projet prévoyait l’installation d’une batterie haute, qui n’a pas été réalisé. Armement initial : 20 canons de 24 livres et 10 canons de 36 livres. A subie de nombreuses modifications. 1813 : ajout d’une tour modèle 1811, construite en haut de la falaise, capacité 60 hommes, en tant que poste d’observation et de protection contre un assaut terrestre. 1840-1870 : les embrasures sont comblées, les canons sont remplacés par un projecteur et des pièces à tir rapide de plus petit calibre. 1888 : creusement d’une cavité sous la falaise avec deux embrasures pour installer une batterie de rupture de très gros calibre : 2 canons de 32 cm modèle 1870-1884. Percement de deux cheminés pour l’évacuation de gaz. Installation d’un escalier sur le flanc nord, creusement de salles dans la falaise. 1942-1944 : troupes allemandes installent sur le haut de la falaise une batterie antiaérienne de Flak composée de 6 pièces de 105 mm. 21/07/2009 : batterie cédée par le ministère de la défense au Conservatoire du littoral. 25/04/2013 : arrêté de classement aux monuments historiques. Etat : abandonnée. Propriétaire : Conservatoire de l’espace littoral et des rivages. Etat : les infrastructures du dessus de la falaise détruite à la suite des bombardements de la Seconde guerre mondiale à l’exception des fortifications historiques de Vauban.

Poudrière de l’île des Morts (1808-1813). 1814 : achèvement de la caserne, de la jetée et du môle. 1878 : les poudrières sont encore mentionnées. 1940-1944 : les poudrières sont réactivées par l’armée allemande. 1945 : entreposage des munitions abandonnées. Années 1960 : déclassement.

 

Place forte de Rochefort

Ouvrages en cours de construction :

Fort du Chay (1812-1858) souvent appélé fort de Royan, équipé d’un corps de garde Mle 1846. 1914 : armement de six canons 95 mm, deux canons de 19 cm Mle 1878, quatre canons de 27 cm Mle 1870 M, quatre canons de 24 cm Mle 1876 sur affût GPC.

Fort d’Enet (1809-1812). 1863-1864 : sert de cible pour les tirs d’artillerie. 1889 environ : ouvrage réorganisé. 1905 : installation de plateformes et d’abris bétonnés.

 

Place forte de Rochefort – Île d’Aix

 

Batterie de Coudepont (1810), également orthographié Coup de Pont, pointe SE de l’île d’Aix, place de Rochefort. 1861 : corps de garde modèle 1846 type n°2. 1889 : déclassement.

 

Fort Liédot (1811-1834) fort de la Sommité, place de Rochefort, côtes NE de l’île d’Aix. Fort carré aux angles bastionnés. 1863-1870 : sert de cible pour les essais des nouveaux canons rayés. 1878-1880 : remaniement du fort. 1899 : installation d’une plateforme d’artillerie bétonnée sur chacun des 2 bastions face à la mer ; aménagement de magasins. 1914-1918 : sert de prison.

 

France Sud – Fortifications côtières de la Méditérannée

 

Place forte de Toulon

Ouvrage en cours de construction :

Position de la Croix des Signaux (1812) presqu’île de Saint-Mandrier. 1812 : installation d’une tour modèle 1811. 1849-1853 : construction d’un rempart avec casernement autour de la tour, en forme de fort au tracé pentagonal. 1877 : construction de batteries côtières, batterie Haute de la Caraque, batterie Nord. 1891 : construction d’un magasin sous roc. 1899 : installation d’une voie ferrée étroite. 1906 : construction d’une batterie avec 8 emplacements et une batterie avec 4 emplacements. 1912-1913 : destruction de la batterie de canons de 24 cm remplacée par une batterie moderne de canons de 240 mm.

 

Fortifications des îles d’Hyères

Ouvrage en cours de construction :

Batterie du Bon Renaud (1810), nord-ouest de Porqueroles. Batterie en service jusqu’en 1884. 2 canons de 30 rayé. Corps de garde crénelé modèle 1846 n°2. Déclassé 3 décembre 1888.

Batterie de Galéasson (1811), à l’Est de l’île de Porquerolles. 1841 : réorganisation de la batterie. En service jusqu’en 1884.

 

Chroniques / Zeittaffel 1810 – 1814

 

1810

 

Lundi 12 février 1810

 

France, Strasbourg : Nouveau du préfet du Bas-Rhin.

Le 12 février 1870, le baron Paul-Adrien-François-Marie Lezay-Marésia est est nommé préfet du Bas-Rhin à la place d’Henri Shée. Il reste à ce poste jusqu’au 9 août 1814.

Source : S1048, p. 171.

 

1811

 

Mercredi 20 février 1811

 

France, artillerie : nouveau 1er inspecteur général de l’artillerie.

Le 20 février 1811, Jean-Ambroise Baston, comte de La Riboisière, est nommé 1er inspecteur général de l’artillerie.

Source : S0189, p. 232.

 

1812

 

Lundi 21 décembre 1812

 

France, artillerie : nouveau 1er inspecteur général de l’artillerie.

Le 21 décembre 1812, Jean-Baptiste, comte Eblé, est nommé 1er inspecteur général de l’artillerie.

Source : S0189, p. 232.

 

1813

 

Lundi 29 mars 1813

 

France, artillerie : nouveau 1er inspecteur général de l’artillerie.

Le 29 mars 1813, Jean Barthélemot, comte de Sorbier, est nommé 1er inspecteur général de l’artillerie.

Source : S0189, p. 232.

 

Dimanche 26 décembre 1813

 

France, Strasbourg : nomination du commissaire extraordinaire de l’Empereur dans la 5e Division militaire.

Le 26 décembre 1813, Pierre-Louis, comte Roederer (1754-1845) a été nommé commissaire extraordinaire de l’Empereur dans la 5e division militaire. Il occupe ce poste jusqu’au 17 avril 1814. En effet, avec l’avènement de la royauté en France, il est remplacé dès le 8 avril 1814.

Source : S1048, p. 171.

 

1814

 

France : liberté de Presse.

En 1814, la Charte octroyée par Louis XVIII garantit la liberté de Presse.

Source : S3533 : L’Histoire n°484, juin 2021, art. Winock, Michael : Les journalistes en première ligne, p. 46-49.

 

France, Strasbourg place forte : nouveau gouverneur militaire.

Le maréchal Kellermann, duc de Valmy est nommé gouverneur militaire de Strasbourg.

Source : S0218, p. 6.

 

Mercredi 6 avril 1814

 

France, politique : nouveau chef d’Etat.

La royauté est rétablie en France. Louis XVIII (17/11/1755-16/09/1824) est nommé roi de France et de Navarre le 6 avril 1814 et reste sur le trône jusqu’au 20 mars 1815, au retour de Napoléon 1er. Il reprend le pouvoir après l’exil de Napoléon 1er le 22 juin 1815, et reste sur le trône jusqu’à son décès le 16 septembre 1824 à Paris.

Source : S1048, p. 169.

 

Lundi 8 avril 1814

 

France, Strasbourg : nomination du gouverneur général de la Lorraine, de l’Alsace et des Trois évêchés pour le Roi.

Compte tenu du rétablissement de la royauté en France, le 8 avril 1814 Roger Damas (1765-1823) est nommé gouverneur général de la Lorraine, de l’Alsace et des Trois évêchés pour le Roi. Il reste à ce poste jusqu’au 20 mars 1815.

Source : S1048, p. 171.

 

Dimanche 17 avril 1814

 

France, Strasbourg : nomination du commissaire extraordinaire de l’Empereur dans la 5e Division militaire.

Le 17 avril 1814, Pierre-Louis, comte Roederer (1754-1845) commissaire extraordinaire de l’Empereur dans la 5e division militaire quitte son poste après le retour de Napoléon Ier et la nomination de Roger Damas.

Source : S1048, p. 171.

 

Vendredi 22 avril 1814

 

France, Strasbourg : nomination du commissaire extraordinaire du Roi dans la 5e Division militaire.

Le 22 avril 1814, Charles Caillebot de La Salle (1769 -ap.-1830) est nommé commissaire extraordinaire du Roi dans la 5e Division militaire. Il quitte ce poste le 28 juin 1814 après le retour de l’empereur Napoléon Ier.

Source : S1048, p. 171.

 

Mardi 28 juin 1814

 

France, Strasbourg : départ du commissaire extraordinaire du Roi dans la 5e Division militaire.

Après le retour de l’empereur Napoléon 1er, Charles Caillebot de La Salle (1769 -ap.-1830) quitte son poste de commissaire extraordinaire du Roi dans la 5e Division militaire le 28 juin 1814.

Source : S1048, p. 171.

 

Jeudi 13 octobre 1814

 

France, Strasbourg : nouveau du préfet du Bas-Rhin.

Le 13 octobre 1814, Joseph-François-Pierre, comte de Kergariou (1779-1849) est nommé préfet du Bas-Rhin à la place du baron Paul-Adrien-François-Marie Lezay-Marésia. Il reste à ce poste jusqu’au 23 mars 1815.

Source : S1048, p. 172.

 

 

Sources / Quellen

 

 

Bibliographie

 

S0189

Général Suzanne : Histoire de l’artillerie française, J. Hetzel et Cie, Paris, 1874.

 

S0218

Place de Strasbourg ; annuaire de garnison, 1983.

 

S1048

Himly, François-J. : Chronologie de la Basse Alsace Ier – XXe siècle ; Strasbourg 1972.

 

S2757

Frijns Marco, Malchair Luc, Moulin Jean-Jacques, Puelinckx Jean : Index de la fortification française 1874-1914, autoédition, 2008.

 

Archives & Bibliothèques

 

AVES = Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg.

AD-67 = Archives départementales du Bas-Rhin ; Strasbourg.

BCGS = Bibliothèque du cercle de garnison de Strasbourg (fermée, ouvrages seront transférés).

BNF = Bibliothèque Nationale de France

BNUS = Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg

BMS = Bibliothèques Municipales de Strasbourg.

BA = Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

BA-MA = Bundesarchiv Abteilung Militärarchiv, Freiburg

GSTaPK = Geheimes Staatsarchive Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

GLAKa = Generallandessarchiv Karlsruhe

BA-St = Bundesarchiv, Stuttgart.

SHD = Service Historique de la Défense, Vincennes.