1873

 

Dernière mise à jour : 21 novembre 2018

Chroniques de l’année 1872

 

Introduction

Dans cette chronique nous avons rassemblé l’essentiel des informations relatives aux fortifications, à l’évolution des techniques civiles et militaires, au développement des armées européennes et aux garnisons d’Alsace-Lorraine. Naturellement nous évoquons également quelques événements marquants du monde civil. Attention, de nombreux textes sont restés à l’état brut, c’est-à-dire tels qu’ils ont été publiés, et comportent quelques erreurs. Mais à travers la lecture de ces documents, jour après jour, je vous invite à vous replonger dans l’ambiance et les évènements de cette année, marqué par le début de construction des forts de Strasbourg, le début de l’installation définitive des états-majors et services de la garnison de Strasbourg et la mise en place de l’administration de l’empire allemand en Alsace-Lorraine annexée. Certains mots ont été transcrits avec l’orthographe de l’époque.

 

Année 1873 Divers

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction

 

Allemagne Front Nord & fortifications côtières

A la suite à la crise du Luxembourg, renforcement des fortifications côtières allemandes.

Fort Kugelbake (1869-1879), à Cuxhaven.

Fort Langlütjen I (1869-1875), à Gestemünde, galerie cuirassée de 9 x 21 cm Ringkanone L/22.

Fort Langlütjen II (1872-1880), à Gestemünde : 5 x 1 canons de 28 cm L/22 sous tourelle cuirassée individuelle et une tourelle de 2 canons jumelé de 15 cm L/23.

 

Allemagne, Front Ouest

 

Place forte de Köln Cologne

La construction de la nouvelle ceinture de la place forte de Cologne a été ordonné par l’empereur en 1872. En prenant pour référence le plan du Fort V de Strasbourg, c’est en septembre 1872 qu’est érigé le premier fort détaché de Cologne. De nombreux autres chantiers s’ouvrent au cours des années 1874-1877.

Fort VI (septembre 1873-1877) ancien Fort III avant 1882. Rive gauche du Rhin, ouest de Deckstein. Fort détaché de ceinture de type Biehler, taille moyenne. Dimensions largeur 285 m profondeur 190 m.

 

Place forte de Metz

Après l’apparition en 1859 de l’artillerie rayée, qui permet un accroissement sensible de la précision, de la portée et de la puissance des tirs par l’adoption du projectile cylindro-ogival, le réaménagement des fortifications s’avère nécessaire. Il s’agit d’éloigner l’artillerie de l’assiégeant du noyau des places fortes par la construction de forts détachés et de batteries, qui sont éloignés de 2 à 10 km du noyau urbain, en fonction de la prise en compte des progrès de l’artillerie.

A Metz, ce n’est que vers 1867 que l’on commence les travaux de construction de forts détachés sous la direction du colonel Séré de Rivières, chef du Génie de la place de 1864 à 1869. Alors que la construction de 8 forts détachés avait été planifié, en juillet 1870, au déclanchement de la guerre franco-prussienne de 1870, seuls 4 forts détachés sont pratiquement terminés : les forts de Saint-Julien, Fort de Queuleu, Fort Diou et Fort de Plappeville. En mai 1870 on commence les travaux du Fort des Bordes, du Fort de Saint-Privat et du Fort de Saint-Eloy. Alors que ces derniers sont à peine commencés, ils ne servent que de batteries pendant le conflit. En effet dès le 19 août 1870 le maréchal Bazaine se laisse enfermer avec 170 000 hommes dans la place de Metz et assiégée et il capitule le 27 octobre 1870. Après la chute de la place forte de Metz, ce sont les Allemands qui poursuivront les travaux de construction de cette première ceinture de fortifications détachées. D’après certains auteurs, les travaux des 4 forts initialement construits par les Français ont été poursuivis dès l’année 1871 par les Allemands. En effet le 11 avril 1872 une ordonnance impériale déclare l’urgence de la construction des fortifications de Metz pour permettre l’expropriation des terrains. D’après les informations révélées par la presse allemande, les travaux sur les divers chantiers des forts de Metz ont repris avec vigueur au printemps, dès le mois de mars 1872. Un autre article d’avril 1872 confirme que les travaux sont en cours notamment sur le futur Fort Goeben et Fort Manteuffel. Le 19 avril 1872 la presse nous informe que l’on vient d’adjuger des travaux de construction de deux nouveaux forts ; il s’agit du Fort Manstein qui sera installé sur le Mont Saint-Quentin et le Fort Prinz August von Württemberg près de Saint-Privat. D’autres articles du mois d’août 1872 nous confirment que les travaux sont menés avec vigueur sur ces nouveaux chantiers et que la construction du fort Manstein est fortement ralentie à cause de la présence de rocaille. En 1873 les travaux se poursuivent avec intensité. Il s’agit en effet de défendre les territoires nouvellement acquis avant l’évacuation complète du territoire français par les troupes allemandes d’occupation.

Fort Manteuffel (1867 puis 1871-1875) actuel Fort de Saint-Julien. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge. Le parapet d’artillerie des fronts bastionné destinné à la défense rapprochée et au flanquement et le parapet du cavalier à la défense éloignée. Une grande caserne de gorge avec caponnière sur la partie centrale et une caserne sous le centre du cavalier. Les Français avaient prévu un armement de 75 pièces d’artillerie et un effectif de 1 750 hommes. 1871-1890 les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme le monte-charge, traverses-abris, blindage des fenêtres, vers 1887-1890 renforcement d’une partie des locaux du fort, batteries annexes de part et d’autre, mise en place de grilles et de réseaux de fils de fer.

Fort Goeben (1867-1870, puis 1871-1879) actuel Fort de Queuleu. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un vaste fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front large de 800m et profondeur de 450 m, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapet d’infanterie et d’artillerie. A la gorge une grande caponnière centrale relie les 2 casernes. Au centre du fort un important cavalier polygonal ouvert à la gorge formant réduit avec une grande casernes, magasins et abris, très surélevé, qui forme la batterie haute pour le combat éloigné. L’artillerie des parapets des bastions est prévue pour le combat rapproché et le flanquement. Fort prévu d’après les plans français pour 122 pièces d’artillerie et une garnison de 2 000 hommes. 1871-1879 les travaux allemands : casemates de flanquement pour canons de 8 cm sur les bastions, ajout de locaux, galeries de contremines sur le front de tête, aménagement des parapets avec les équipements allemands comme les monte-charge, traverses-abris, blindage des fenêtes, vers 1887-1890 renforcement d’une partie des locaux du fort, 2 observatoires d’artillerie cuirassé modèle 1887 sur le cavalier, 3 observatoires cuirassés d’infanterie modèle 1890 sur la pointe de chaque bastion du front de tête, batteries annexes de part et d’autre et à la gorge, mise en place de grilles et de réseaux de fils de fer.

Fort Alvensleben (1867-1870 puis 1871-1875) actuel Fort de Plappeville. Construit initialement par les Français, d’après les plans d’un fort bastionné pentagonal (5 bastions) avec fossé sec, front d’une largeur de 550 m et 350 m de profondeur, escarpe et contrescarpe revêtue en maçonnerie avec parapets d’infanterie. Au centre un cavalier polygonal fortement surélevé ouvert à la gorge.

Ostfort (1867-1870 ouis 1872-1875) actuel Fort Diou. Intégré au groupe fortifié Feste Prinz Friedrich Karl actuel groupe fortifié du Mont Saint-Quentin. Le fort Diou est construit par les Français. Il est de forme trapézoïdale au tracé bastionné quadrangulaire (4 bastions), dont deux avec casemates d’artillerie, avec fossé sec taillé dans le roc, en partie maçonné. Artillerie disposée sur le tracé bastionné et sur un cavalier polygonal placé en équerre, avec caserne à 2 niveaux et un magasin à poudre. L’entrée est munie d’un pont-levis. Les Français avaient conçu le fort pour recevoir 38 pièces d’artillerie et 692 hommes. 1872-1879 : les Allemands installent à l’autre extrémité du plateau le Fort Mannstein et organisent puissament l’espace entre les deux forts pour former le groupe fortifié. Réaménagent du tambour couvrant l’entrée à la gorge avec un blockhaus de garde. 1887-1890 environ, renforcement d’une partie des locaux, installation d’une cloche lourde d’observation d’artillerie à priori du type P.B.St. 1896 au centre du cavalier central, monte-charge à munition avec panier rond et câble, cuisinières autoclaves, métallique, réseaux de fil, grilles défensives, coffres de contrescarpe avec chambres de tir munies de dispositif d’accrochage mural des canons-révolvers de 3,7 cm et volets blindés sur les créneaux de fusillade.

Fort Prinz August von Württemberg (Début 1870 puis 1872-1875) actuel Fort de Saint-Privat. 1870 Construction des terrassements par les Français. 1872-1875 Reprise des travaux par les Allemands selon leurs plans d’un Fort de type Biehler. Lunette élargie, à fossé sec, grand fort comportant une gorge pseudo bastionnée avec caserne brisée vers l’intérieur, 4 traverses-abris par face, 2 batteries annexes, 2 observatoires cuirassés. Modernisé vers 1887-1890 suppression des caponnières d’épaule remplacée chacune par un coffre de contrescarpe simple et campoonière du saillant remplacée par un coffre double de contrescarpe. Fort conçu pour 750 hommes et environ 44 pièces d’artillerie.

Fort Manstein (1872-1875) Fort, fort au tracé pentagonal, avec fossé sec taillé dans le roc sur le front et les flancs, caponnières du saillant et d’épaule, caserne de gorge avec caponnière et une petite caponnière sur l’aile gauche de la gorge et casemates d’artillerie sous le rempart des faces, un grand magasin à poudre sous chaque flanc, abris-traverses sur les remparts. 1887-1894 renforcement partiel, 1 poste d’observation d’artillerie cuirassé type « P.B.St. 87 » de Gruson, 2 coupoles d’observation tournantes type « W.T.90 », 3 coffres de contrescarpe à la place des caponnières, un double au saillant et un simple à chaque angle d’épaule.

Veste Prinz Friedrich Karl (1873-1880 environ) groupe fortifié du Mont Saint-Quentin. Groupe fortifié qui englobe tout le plateau du Mont Saint-Quentin, avec le Fort Mannstein et l’Ostfort avec deux branches de jonction surmontées de parapets d’artillerie. Cet espace a été transformé et modernisé jusqu’en 1914 et comprend : des positions pour canons de 15 cm fretté long sur affût de marine (installés vers 1877-1887), une grande caserne de guerre centrale à 2 niveaux, une batterie pour 2 obusiers de 21 cm avec observatoire cuirassé d’artillerie tournant, un emplacement pour 2 mortiers lourds, un grand magasin à poudre. La jonction Nord est flanquée par deux caponnières. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie des bâtiments.

 

Place forte de Strasbourg

Les préparatifs des futurs chantiers de constructions des forts détachés de Strasbourg sont menés depuis l’année 1871. Il s’agit de l’implantation des emplacements des futurs forts détachés, des relevés de terrain et de l’établissement de la cartographie, ainsi que la publication des ordonnances impériales concernant la construction des forts du 17 novembre 1871 et l’autorisation de procéder aux expropriations, et enfin au début de l’année 1872, et le 12 février 1872 l’adjudication de la construction des cinq premiers forts sur la rive gauche du Rhin (en réalité 6 forts seront construits à partir de 1872) et l’ordonnance impériale du 11 avril 1872 relative à l’urgence de la construction des forts de Strasbourg pour permettre les expropriations conformément aux lois française du 3 mai 1841 et du 30 mars 1831. D’après les informations livrées par la presse, à Strasbourg, les travaux de préparation des chantiers commencent dès le mois d’avril 1872, avec le début d’extraction des pierres dans les carrières entre Saverne et Lutzelbourg ainsi que l’arasement des anciennes fortifications de Phalsbourg avec l’extraction des pierres qui sont ramenées à Strasbourg par le canal de la Marne au Rhin. Sur les chantiers ont creuse les puits et on prépare les accès ainsi que l’installation des colonies de travailleurs. Les travaux du premier fort détaché, le Fort de Reichstett, commencent en mai 1872. Dès le mois de juin 1872 on procède à l’installation d’un chemin de fer de ceinture sur la rive droite du Rhin, desservant les divers chantiers et le port de souffelweyersheim sur le canal de la Marne au Rhin et au sud à Illkirch le canal de Rhône au Rhin. Les divers chantiers de la rive droite commencent leurs travaux au fur et à mesure de la mise en service de cette ligne. Pour les anciennes fortifications de la ceinture urbaine, il s’agit de travaux de réparation et de simplification des ouvrages. Les ouvrages à corne de la citadelle sont arasés, et les ponts levis des portes sont supprimés. En 1873, les trois chantiers des forts à fossés pleins d’eau sont lancés dès le printemps tandis que la construction des 6 forts à fossés sec se poursuit activement malgré les premiers effondrements du printemps 1873. L’Allemagne a donné la priorité aux ouvrages de la rive gauche du Rhin, pour mettre la place de Strasbourg à l’abri avant l’évacuation complète des départements français occupés par l’armée allemande.

Rive gauche du rhin

Fort I, Fort Wantzenau, Fort Fransecky (1873-1876) actuel Fort Ney. Grand fort détaché de ceinture à fossé plein d’eau de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 4 traverses par face, une grande poudrière de guerre sous chaque flanc. Gorge à tracé bastionné et caserne à deux niveaux comprenant à l’aile gauche 15 + 4 au saillant et à l’aile droite 14 casemates (2 cages d’escaliers par aile comprises) ; locaux d’artillerie également sous les faces et le saillant ; flanquement à partir du rempart et des deux caponnières d’épaule ; poterne principale sous traverse en capitale munie de 2 x 7 pièces de chaque côté ; latrines dans le bloc droit et gauche de la gorge (2 x 4 pièces) ; entrée protégée par un tambour avec blockhaus de garde et place d’armes de gorge. Caponnière du saillant esquissée mais à priori non construite. 1887-1890 environ : renforcement partiel de l’ouvrage, installation d’une caponnière double de saillant, obturation du premier couloir transversal gauche ; rampes de la cour transferrée le long du rempart de gorge.

Fort II, Fort Reichstett, Fort Moltke (mai 1872 – 1875) actuel Fort Rapp, construit par la société « Baugesellschaft Pathe, Jerschke & Schneider ». Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 6 + 5 + 5 + 6 casemates et des latrines à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par la caponnière double de saillant, les deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement des projectiles ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permet le franchissement du fossé de gorge ; système de contres mines sur les deux faces avec galerie enveloppe, magasins à poudre, latrines, comportant 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux par face. Vers 1877-1887 installation de 2 canons de 15 cm fretté long sur affût de marine. 1887-1894 environ : renforcement de la partie centrale et de l’aile gauche de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par un coffre double de constrescarpe, renforcement de la poudrière du flanc gauche, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face gauche, et de deux batteries annexes avec abris à munitions (M1 & M2) reliés au fossé de gorge par une poterne. 

Fort III, Fort Mundolsheim, Fort Roon (5 juillet 1872-1875), actuel Fort Desaix. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 9 + 4 + 4 + 9 casemates et des latrines à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par la caponnière double de saillant, les deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central pour le franchissement du fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux par face. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 », une batterie annexe sur le flanc droit.

Fort IV, Fort Niederhausbergen, Fort Veste Kronprinz (juillet 1872-1875) actuel Fort Foch. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 11 + 4 + 4 + 13 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, les deux caponnières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux sur chaque angle d’épaule. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage, remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant, baisse du profil des remparts, installation d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 », deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M23 et M24) reliés par une poterne au fossé de gorge.

Fort V, Fort Oberhausbergen, Fort Grossherzog von Baden (août 1872-1875) dénommé Fort Pétain en 1919 puis Fort Frère vers 1945. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 11 + 6 + 6 + 9 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux sur chaque angle d’épaule. Vers 1877-1887 installation de 4 canons de 15 cm fretté long sur affût de marine. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières du flanc gauche, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » sur la face gauche et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face droite, deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M30 et M31) reliés par une poterne au fossé de gorge.

Fort VI, Fort Wolfisheim, Fort Prinz Bismarck (août 1872 – 1875), actuel Fort Kléber. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Il comprend : 4 traverses-abris et 5 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 10 + 6 + 6 + 10 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux sur chaque angle d’épaule. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant et des caponnières d’épaule remplacées par une un coffre double de constrescarpe et deux coffres simples aux épaules, renforcement de la grande poudrière du flanc gauche, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, deux coupoles tournantes d’observation modèle « W.T.90 » un sur chaque face.

Fort VII, Fort Holtzheim, Fort Kronprinz von Sachsen (1872-1875). Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie de taille moyenne. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie simple par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 6 + 5 + 5 + 10 casemates et des latrines comportant 4 pièces à l’extrémité de chaque aile ; une grande poudrière sous chaque flanc ; flanquement des fossés par les remparts, par une caponnière double de saillant, deux caponières d’épaule et les 2 coffres de la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde et une grand poudrière de gorge avec locaux de chargement de l’artillerie ; un pont d’accès en maçonnerie avec pilier central permettant le franchissant le fossé de gorge ; système de contre mine sur les deux faces avec galerie enveloppe et magasins à poudre, 4 ramaux sur le saillant et 2 rameaux sur chaque angle d’épaule. 1887-1894 environ : renforcement d’une partie de l’ouvrage (partie centrale et aile gauche de la caserne, du front), remplacement du pont par des rampes, suppression de la caponnière du saillant remplacée par une un coffre double de constrescarpe, renforcement d’une des grandes poudrières, modification du blockhaus de garde de l’entrée, installation d’une nouvelle sortie troupe sur le saillant et les cours, baisse du profil des remparts, installation d’un poste cuirassé d’observation de l’artillerie « P.B.St. 87 » sur la face droite et d’une coupole tournante d’observation modèle « W.T.90 » sur la face droite, deux batterie annexes sur les angles de gorge avec magasins à munitions (M30 et M31) reliés par une poterne au fossé de gorge.

Fort VIII, Fort Ostwald ou Geispolsheim, Fort von der Tann (1873-1876) actuel Fort Lefèbvre. Grand fort détaché de ceinture à fossé plein d’eau de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 4 traverses-abris et 5 plates-formes d’artillerie doubles par face, 1 traverse-abri et 2 traverses en terre et 4 plates-formes d’artillerie simples par flanc, une grande poudrière de guerre sous chaque flanc. Vaste corps de casemates pour la caserne et les locaux d’artillerie, à deux niveaux, situé sous les plates-formes d’artillerie des faces et du saillant, comprenant de l’aile gauche, saillant à l’aile droite 14 + 4 + 14 au saillant (3 cages d’escaliers non comprises). Les deux façades de la caserne s’ouvrent sur deux cours intérieures. Le flanquement à partir du rempart, des deux caponnières d’épaule et des demies-bastion droit et gauche de la gorge ; poterne principale sous traverse en capitale munie de 2 x 7 pièces de chaque côté et d’une grande pièce de stockage à l’étage au-dessus de l’entrée dédiée aux subsistances ; latrines dans le bloc droit et gauche de la gorge (2 x 4 pièces) ; entrée protégée par un tambour avec blockhaus de garde et place d’armes de gorge. Caponnière du saillant esquissée mais à priori non construite. 1887-1890 environ : renforcement partiel de l’ouvrage, installation d’une caponnière double de saillant, obturation du premier couloir transversal gauche ; rampes de la cour transferrée le long du rempart de gorge, protection de la digue d’accès à l’entrée par des grillages. Autres modernisation 1895, 1904 : installation d’une coupole cuirassée tournante d’observation modèle « W.T.90 ». Après 1946 à priori : maison d’habitation édifier sur l’ancien blockhaus de gorge. Lors de la construction de la bretelle d’accès à l’autoroute A35, le fossé du flanc droit a été remblayé.

Fort IX, Fort Illkirch, Fort Werder (mai 1873-1876 ou 1877) actuel Fort Uhrich. Grand fort détaché de ceinture à fossé plein d’eau de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 4 traverses-abris et 5 plates-formes d’artillerie doubles par face, 1 traverse-abri et 2 traverses en terre et 4 plates-formes d’artillerie simples par flanc, une grande poudrière de guerre sous chaque flanc. Vaste corps de casemates pour la caserne et les locaux d’artillerie, à deux niveaux, situé sous les plates-formes d’artillerie des faces et du saillant, comprenant de l’aile gauche Les deux façades de la caserne s’ouvrent sur deux cours intérieures. Le flanquement à partir du rempart, des deux caponnières d’épaule et des demies-bastion droit et gauche de la gorge ; poterne principale sous traverse en capitale comportant des locaux de stockage et une écurie ; latrines dans le bloc droit et gauche de la gorge (2 x 4 pièces) ; entrée protégée par un tambour avec blockhaus de garde et place d’armes de gorge. Caponnière du saillant esquissée mais à priori non construite. 1887-1890 environ : renforcement partiel de l’ouvrage, installation d’une caponnière double de saillant ; rampes de la cour transferrée le long du rempart de gorge, protection de la digue d’accès à l’entrée par des grillages, installation de deux batteries annexes sur les angles de gorge droit et gauche avec l’abri à munitions M67a. Autres modernisations vers 1898-1899 : installation d’un observatoire cuirassé d’artillerie modèle « P.B.St.96 » au profit de la batterie n°38 pour 3 canons de 10 cm sur affûts à boucliers installée sur le glacis du flanc gauche du fort. Nuit du 23 au 24 novembre 1944 : l’ouvrage servant de dépôt de carburant est incendié par la Wehrmacht et endommage très fortement l’aile droite de la caserne sous le front droit. 30 juin 2012 inauguration d’un parc public par la commune d’Illkirch-Graffenstaden.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ingolstadt

Projet de construction d’une ceinture de forts détachés. Une revue militaire française a publiée cette information : On lit dans la Gazette d’Augsbourg : « Une somme de 7 millions de florins a été accordée sur les ressources financières de l’empire pour la construction autour d’Ingolstadt d’une ceinture de forts avancés qui permettra de mettre sous la protection de cette place d’armes les établissements techniques de l’armée bavaroise (de même pour l’Allemagne du Nord les grands établissements techniques de l’artillerie ont été réunis dans la forteresse de Spandau). Ces établissements sont en ce moment répartis comme il suit : ateliers de construction et laboratoire principal à Munich, fonderie de pièces à Augsbourg, fabrique d’armes à Amberg. En raison de l’activité extraordinaire que la fabrique d’armes d’Amberg doit déployer pendant quelques années encore, on ne peut songer à la transporter ailleurs en ce moment, il n’en est pas de même des ateliers, du laboratoire et de la fonderie, qu’on pourra transférer aussitôt que la construction poussée activement des ouvrages avancés d’Ingolstadt rendra la chose possible ».

 

Belgique

 

Place forte d’Anvers

Fort de Zwinjdrecht (1870-1880), également dénommé Fort Brosius ou Fort Kolonel I.M.F.

Fort de Kruibeke (1870-1880), également dénommé Fort Van Eopoel ou Fort Kapitaen.

Fort de Merksem (1871-1882).

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Langres

Fort de la Bonnelle (1869-1875) Fort Decrès.

 

Pays-Bas

 

Ligne d’Utrecht « Waterlinie

 

Place forte de Muiden – Vesting Muiden

Muiderslot – Château de Muiden (1285, détruit 1296, reconstruit 1373). Modernisé avec des remparts des demie-bastions par Adrian Anthoniz et une digue maritime, en 1741 extension des bastions, transformé en arsenal, en 1840-1860 transformé en réduit à l’épreuve des bombes et en 1873 construction de casernes avec remises à l’épreuve des bombes et une batterie de flanquement casematée. En 1955 les deux casernes sont arasées.

Place forte de Naarden

Fort Ronduit (1873-1874), sur l’emplacement d’une redoute construite en 1747, transformée en retranchements en 1786. Fort polygonal en terre levée, implanté sur le chemin couvert de la face Nord de l’enceinte de Naarden. Caserne de gorge et poste de garde maçonnée en briques.

Position de Honswijk

Lunet aan de Snel (1845, 1873-1874). Ouvrage en terre installé au nord du Fort buj Honswijk. En 1873-1874 renforcée par des remparts en terre et une caserne et une remise à canons à l’épreuve des bombes. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument ».

 

Déclassement et démolition des fortifications

 

Allemagne

Lauterbourg : la presse régionale nous informe : « Lauterbourg, 1er septembre 1873. Une convention est intervenue aujourd’hui entre l’Etat et la ville de Lauterbourg relativement à la cession de la propriété du terrain provenant des fortifications à la ville, moyennant l’obligation de faire exécuter à son compte plusieurs travaux de démolition ».

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

Allemagne

En 1873, le ministère de la guerre commande à la société Gruson de Buckau près de Magdebourg une galerie de casemates cuirassée en fonte durcie pour 9 pièces de 21 cm sur affût à embrasure minima « Hartguss-Kasemattengelerie für 9 21 cm Kanonen L/22 in Minimalscharten-Lafette » pour le Fort Langlütjen I, mais ce contrat est réalisé sous condition de l’installation de deux blocs d’essais au champ de tir d’essais de la firme Gruson à Buckau, pour étudier la résistance au tir d’obus de 28 cm en fonte durcie, non chargée. Les travaux de construction et d’installation quant à eux, se déroulent entre 1874 et 1875.

En 1873 : mise en servcie du canon de siège et de forteresse de 12 cm « 12-cm-Kanone C/73 »

Mercredi 14 mai 1873 : La première tourelle en fonte dure pour deux pièces de 15 cm des fortifications de terre « Hartguss-Drehturm für zwei 15 cm Ring-Geschütze der Landesbefestigung » du fabriquant Hermann Gruson est été testée au printemps 1873 sur le champ de tir de Tegel, mais à la suite d’une trop faible épaisseur du cuirassement de la tourelle, elle ne résistait pas aux épreuves de tir. Cependant l’avant-cuirasse a bien résisté aux tirs d’essais. La commission concluait donc le 14 mai 1873 que cette tourelle ne pouvait être mise en service et ordonne la poursuite des essais avec un blindage plus épais. Néanmoins la tourelle concurrente du Major Schumann résiste bien au tir et est validée.

30 octobre 1873. Tirs comparatifs des nouvelles pièces pour l’artillerie de campagne.

L’ouvrage « Les Armées françaises et étrangères en 1874 » a publié cet intéressant article dont nous vous reproduisons l’intégralité : « Dès le 30 octobre 1873, à la suite de tirs comparatifs faits en présence de l’empereur Guillaume, on s’était prononcé d’une façon définitive en faveur d’une nouvelle pièce légère de campagne ; l’usine Krupp travaille sans relâche depuis lors à ces nouveaux canons. La nouvelle pièce légère, du calibre de 7,85 cm, ressemble assez à l’ancienne pièce de 4 livres ou de 8 cm ; la grosse pièce, celle de 8,8 cm est, au contraire, d’un calibre un peu inférieur à celui de l’ancienne pièce de 9 livres, dont le calibre réel était de 9,15 cm. Les batteries à cheval, seules, seront armées de pièces de 7,85 cm, toutes les autres batteries n’auront que des pièces de 8,8 cm ; les deux espèces de pièces sont bâties de la même façon ; toutes deux sont frettées depuis la culasse jusqu’au tourillons et recouvertes dans toute cette portion par un manchon en acier et se resserre sur lui par le refroidissement. Les pièces ont chacune vingt-quatre rayures de cinquante calibres de long. Quant à l’affût, en tôle de fer, il est pour ainsi dire le même pour ces deux pièces. Les flasques, au lieu d’être parallèles, convergent vers leur extrémité. L’essieu est en acier, les roues seules, plus hautes de 6 pouces environ, sont encore faites avec du bois qui, au lieu d’être peint en bleu comme jadis, conservera sa couleur naturelle et sera simplement revêtu d’une couche d’huile de lin. L’avant-train est, lui aussi, monté sur des roues plus hautes ; les caissons d’avant-train sont en tôle de fer et, au lieu de s’ouvrir par le haut, sont divisés en quatre compartiments superposés. Ils renferment deux coups de mitraille et vingt obus ou shrapnels. De plus, dans des coffres disposés contre les flasques mêmes de l’affût, on placera deux charges à mitraille qui serviront dans les cas du besoin absolu.

Voici, du reste, différentes données sur les nouvelles pièces d’artillerie de campagne prussienne :

Ancienne pièce de 4 livres ou de 8 cm

Poids en kilogrammes : Poids de la pièce : 290 kg. Affût : 453 kg. Affût avec la pièce : 772 kg. Avant-train vide : 459 kg. Avant-train approvisionné en temps de guerre : 805 kg. Pièce et avant-train en temps de guerre : 1 579 kg. Poids à tirer par cheval (les pièces sont attelées de 6 chevaux) : 262 kg.

Nouvelle pièce de 7,85 cm

Poids en kilogrammes : Poids de la pièce : 391 kg. Affût : 473 kg. Affût avec la pièce : 890 kg. Avant-train vide : 472 kg. Avant-train approvisionné en temps de guerre : 830 kg. Pièce et avant-train en temps de guerre : 1 725 kg. Poids à tirer par cheval (les pièces sont attelées de 6 chevaux) : 290 kg.

Ancienne pièce de 6 livres ou de 9 cm

Poids en kilogrammes. Poids de la pièce : 433 kg. Affût : 520 kg. Affût avec la pièce : 1 016 kg. Avant-train vide : 459 kg. Avant-train approvisionné en temps de guerre : 822 kg. Pièce et avant-train en temps de guerre : 1 837 kg. Poids à tirer par cheval (les pièces sont attelées de 6 chevaux) : 305 kg.

Nouvelle pièce de 8,8 cm

Poids en kilogrammes : Poids de la pièce : 452 kg. Affût : 525 kg. Affût avec la pièce : 1 010 kg. Avant-train vide : 480 kg. Avant-train approvisionné en temps de guerre : 870 kg. Pièce et avant-train en temps de guerre : 1 890 kg. Poids à tirer par cheval (les pièces sont attelées de 6 chevaux) : 322 kg.

Les munitions, elles aussi, diffèrent beaucoup de celles des anciennes pièces. Les obus sont à doubles parois qui s’entrecroisent et se recouvrent l’une l’autre, disposition qui contribue à augmenter considérablement le nombre des éclats et l’effet du projectile. Le forcement du projectile ne s’obtient plus à l’aide d’un manteau en plomb, mais par deux anneaux en cuivre laminé de 5 millimètres, rivés et comprimés dans les rainures disposées à cet effet sur le projectile. Ces anneaux en cuivre laminé ne sont pas encore adoptés définitivement, et l’on vient, tout dernièrement encore, de faire à Tegel plusieurs expériences avec des projectiles revêtus d’un mantelet de plomb, établis d’après un nouveau système par la fabrique Gruson, à Buckau. Ce mantelet en plomb est également pourvu de deux anneaux d’une largeur de 2 centimètres.

Jusqu’à présent, cependant, l’avantage reste acquis aux anneaux en cuivre, qui, outre qu’ils impriment au projectile une vitesse initiale un peu plus considérable (10 mètres de plus), coûtent aussi meilleur marché que les mantelets de plomb.

L’obus du canon de 7,85 cm pèse 6,5 kg, le shrapnel 6,8 kg, l’obus du canon de 8,8 cm 7 kg, le shrapnel 7,6 kg. Les projectiles sont chargés d’une poudre qui ressemble beaucoup au pebble powder de l’artillerie anglaise. La charge de poudre pour le projectile de 7,85 cm, est de 1,26 kg, pour le projectile de 8,8 cm de 1,5 kg. Une charge aussi forte donne naturellement au projectile une vitesse initiale des plus grandes, et à la trajectoire une tension considérable.

L’impulsion imprimée à la fabrication a été telle que, l’on a déjà pu familiariser les officiers et les soldats avec les manœuvres et le tir des nouvelles pièces. De plus, on a rédigé pour l’artillerie prussienne une nouvelle instruction en vertu de laquelle les pièces devront être désormais enterrées d’un demi-mètre, tandis que des tranchées longitudinales serviront à mieux couvrir les hommes. La terre provenant de ces travaux servira à former un épaulement derrière lequel les pièces tireront à barbette. On a par suite augmenté sensiblement le nombre des outils attribués à chaque batterie, et l’on estime que dans les terrains les moins favorables il suffira de trois quarts d’heure ou de cinq quarts d’heure au plus pour établir ces épaulements ».

5 décembre 1873. Expériences de tir contre une tourelle d’artillerie tournante à Buckau.

Une revue militaire française nous livre ces informations : On lit dans le Journal de Strasbourg, du 12 décembre 1873 : « Le 5 décembre 1873 ont eu lieu à Buckau, un des faubourgs de Magdebourg, sur l’ancien champ de tir de la 4e brigade d’artillerie, appartenant aujourd’hui à M. Gruson, les dernières expériences de tir contre la tourelle tournante cuirassée présentée par ce constructeur. Ces expériences ont eu lieu en présence du président de la commission d’expériences d’artillerie, général de Kameke. Dans les semaines précédentes des expériences de tir concluantes avaient déjà eu lieu à Tegel contre cette tourelle et avaient permis de constater l’impossibilité de la détruire aux grandes distances avec des pièces en usage aujourd’hui. La tourelle avait été battue à 1 500 mètres avec des mortiers de 21 et de 28 centimètres, et avec des canons de 21, 24 et 26 centimètres ; mais présentant de tous côtés des surfaces convexes sur lesquelles glissaient les projectiles, elle n’avait subi que des dommages tout à fait insignifiants.

La tourelle a un diamètre intérieur de 7 mètres, une épaisseur de cuirasse de 7 pouces qui est portée à 9 pouces près des embrasures ; la partie bombée, qui la recouvre, a une épaisseur de 4 pouces. Elle est armée de deux canons frettés de 21 centimètres. La tourelle ne doit pas être enterrée, mais placée sur un sol surélevé et entouré d’une espèce de glacis s’élevant jusqu’à hauteur du fond des embrasures et ne laissant apercevoir que la partie supérieure sur une hauteur de six pieds. Les expériences de Buckau avaient surtout pour objet l’examen d’un nouveau perfectionnement apporté par M. Gruson ; ce perfectionnement consiste à pouvoir remplacer sous le feu de l’ennemi quelques plaques endommagées.

A la suite de cette dernière expérience, la fabrique de Buckau a reçu aussitôt une commande de deux de ces tourelles tournantes, dont l’une est destinée à Metz et l’autre au fort Langlütjensand sur la mer du Nord à l’embouchure du Geeste. En dernier lieu, on doit réunir une commission mixte d’officiers d’artillerie, du génie et de la marine pour examiner si pendant le tir des pièces de la tourelle, l’appareil de rotation fonctionne bien, si l’aération est suffisante, et pour proposer s’il y a lieu les perfectionnements nécessaires ».

Une autre source apporte les précisions suivantes : « Début des essais de tir sur une batterie cuirassée côtière fixe pour pièce de 21 cm de Gruson « Feste Panzerbatterie der Küstenbefestigung für 21 cm Geschütz », à Buckau. Deux blocs d’essais, installés au champ de tir d’essais de la firme Gruson à Buckau, sont soumis au tir d’obus de 28 cm en fonte durcie, non chargée. Essais menés le 05/12/1873, 27/07/1874 et le 21/08/1874 ».

 

Publications de l’année 1873

 

Auteurs divers : Le Monde Illustré, publications de l’année 1873, journal hebdomadaire, Paris, 1873. S3252.

Auteurs divers : Revue d’Artillerie – Tome 1er – Octobre 1872 – mars 1873, Berger-Levrault, Paris & Nancy, 1876. S2177.

Brialmont A. colonel d’état-major (belge) : Etude sur la fortification des capitales et l’investissement des camps retranchés ; J. Dumaine, Paris, 1873.

Blois, général de : L’artillerie du 15e corps pendant la campagne de 1870-1871, Dumaine, Paris, 1873 environ.

Ducrot, général : Réponse du Général Ducrot à l’état-major allemand, E. Dentu, Paris, 1873. S0882.

Geldern, capitaine de : Les sièges de Paris et de Belfort, Dejey, 1873.

Girard A., lieutenant au 91e de ligne : Le fusil Chassepot, son emploi comme arme de jet, comme arme de main, Amyot, Paris, 1873.

Goetze A., capitaine : Opérations du Corps du Génie allemand, 2 volumes, Dumaine, 1873.

Guérin Aurèle, ancien élève de l’Ecole polytechnique, sous-lieutenant d’artillerie à l’Ecole de Fontainebleau : Etude sur la télégraphie militaire et sur l’organisation du service télégraphique en campagne, Dumaine, Paris, 1873.

Neumann (von) (General-Lieutenant z. Disp.) & von Kirn (Oberst-Lieutenant a.D., früher im Ingenieur-Korps) : Archiv für die Artillerie und Ingenieur-Offiziere des deutschen Reichsheeres. 73. Band, Ernst Siegfried Mittler und Sohn, Berlin, 1873. S3271.

Sosthènes de la Laurencie, capitaine instructeur au 22e régiment d’artillerie : Etude technique sur le service de l’artillerie dans la place de Belfort pendant le siege de 1870-1871, Berger-Levrault et Cie, Paris & Nancy, 1873.

 

Chroniques de l’année 1873

 

Mercredi 1er janvier 1873

Allemagne, Metz : arrivée du régiment d’artillerie de forteresse « FAR 8 ».

Un journal de Strasbourg a publié l’annonce suivante : « Metz, 1 janvier 1873. Hier, sont arrivés dans la garnison : l’état-major et 2 compagnies du 2e bataillon du régiment d’artillerie à pied n°8 « Rheinische Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 8 » s’installent dans la garnison ».

Allemagne, Haguenau, garnison : départ des conscrits alsaciens pour effectuer leur service militaire à Mainz et Koblenz.

Un journal local de Strasbourg nous apporte quelques précisions sur le départ des premières recrues alsaciennes à Haguenau : « Haguenau, le 2 janvier 1872. La journée de hier a apporté beaucoup d’animation dans notre ville. Les recrues de notre arrondissement “Kreis”, tout comme celles des arrondissements de Wissembourg et de Saverne, soit environ 600, avait reçu l’ordre de se présenter pour effectuer leur service au sein de l’armée de terre allemande “Deutschen Reichsheer” et à l’aube ils passèrent les portes de notre ville. Le peu de liberté qui restait à ses vaillants garçons était utilisé pour boire un dernier verre d’adieu. C’est en chantant comme toutes les recrues qu’ils se dirigeaient ensuite vers la place du Théâtre, où en peu de temps il y avait pas mal d’agitation. Il n’y a eu que peu d’incidents, et seulement un petit incident a créé un attroupement. Une jeune recrue s’était présentée jusqu’à ce que l’on constate qu’il ne possédait aucune convocation « Einstellungsordre » et qu’il n’en avait encore pas le droit. Ce n’est qu’avec réticence qu’il quitta le groupe. Après l’appel et la formation de groupes, les jeunes se rendirent à la caserne. Les recrues destinées à Coblence partirent le soir même avec deux trains spéciaux, qui accueillirent 2 300 recrues alsaciennes, pour se rendre dans leur nouvelle garnison. De ce groupe, 1 500 hommes restent à Mayence et 800 à Coblence ». Naturellement la presse allemande n’évoque pas les incidents, mais uniquement que tout se passerai pour le mieux pour les recrues. Il s’agit de convaincre les jeunes Alsaciens-Lorrains de faire leur service militaire et de ne pas les inciter à s’expatrier en France.

 

Vendredi 3 janvier 1873

Allemagne, Metz : adjudication pour une livraison de madriers pour le dépôt d’artillerie.

Un journal de Strasbourg a publié cet avris d’adjudication qui concerne la garnison de Metz : « Metz. Artillerie-Depot, Bureau im Zeughaus I. Adjudication de livraison de bois (450 kieferne Rippen 5,66 m x 0;16 m, 1620 kiefernen Rippen 4,40 m x 0,16 m, 8350 kieferne Bohlen 2,80 m x 0,314 m x 0,08 m dont 400 seront livrés à Thionville, 322 kieferne Bohlen 1,27 m ou 1,15 m par 0,30 m x 0,085 m, 391 kieferne Bohlenstücke 1 m x 0,30 m x 0,085 m) au profit des dépôts d’artillerie des places de Metz et Thionville, le 15 janvier 1873, au bureau du dépôt d’artillerie « Artillerie-Depot – Zeughaus I ».

Allemagne, Mainz place forte et garnison : arrivée des premiers Alsaciens pour effectuer leur service militaire actif.

Une gazette de Strasbourg rend compte de l’arrivée des recrues alsaciennes dans les garnisons allemandes, comme Mayence : « Strasbourg, le 5 janvier 1872. On écrit de Mayence le 3 janvier 1873 : Hier, sont arrivés 1 700 Alsaciens avec deux trains spéciaux ; leur arrivée était annoncée depuis quelques temps. Pour la plupart ce sont des grands et costauds, en blouse bleue, avec des bagages contenus dans un sac en lin portés sur le dos, et qui portent des couvertures blanches en laine jetées sur leurs épaules ; ils traversèrent la ville par groupes, pour s’installer dans leurs quartiers. Une grande partie de ces recrues sont affectés aux régiments locaux, les autres ont été dirigés vers d’autres destinations à partir d’aujourd’hui ».

 

Dimanche 5 janvier 1873

Allemagne, Berlin : nouvelles attributions du comte de Roon et du général Kamecke au sein du Ministère de la Guerre.

La presse locale nous livre ces informations par dépêche télégraphique : « Berlin, 5 janvier 1873. Le bulletin officiel de l’armée « Armeeverordnungsblatt » contient une ordonnance impériale adressée au ministre de la guerre, où l’on évoque, que le Roi tient particulièrement que, le Graf Roon, en temps que ministre de la guerre et président de la commission de l’armée de terre et des forteresses « Auschusses für das Landheer und die Festungen », reste particulièrement impliqué dans la direction supérieure des affaires militaires. En tennant toutefois compte des tâches supplémentaires confiées à Roon, à la suite de la prise en compte du ministère de la guerre, le général Kamecke doit suppléer celui-ci en temps que ministre d’Etat du ministère de la guerre, tout en restant sous la direction de Roon qui reste le responsable, et il devra représenter le ministre de la guerre partout où cela s’avère nécessaire. Cette ordonnance demande à Roon de rendre compte du partage de la nouvelle répartition des tâches. Dans l’intérêt d’un service plus prompt et efficace, le général Kamecke est autorisé à remplacer le ministre de la guerre partout où cela s’avère nécessaire, si bien que les décisions qu’il aura prises ne pourront être contestées qu’auprès du roi ».

 

Mardi 7 janvier 1873

Allemagne, Strasbourg : installation du Gouvernement et de la Commandantur au 25 rue de la Nuée Bleue.

C’est par le journal officiel et local qu’a été diffusé le communiqué suivant : « Strasbourg : avis n°11, signé le 5 janvier 1873 par le gouverneur General-Leutnant Hartmann : le bureau du gouverneur « Gouvernement » et la « Commandantur » sera installé à compter du mardi 7 janvier 1873 au rez-de-chaussée, à gauche, de la « Blaue Wolkengasse » 25 (rue de la Nuée Bleue).

Le Gouvernement comprend l’état-major du gouverneur militaire de la place forte et la Commandantur les services du commandant de la garnison.

Un deuxième communiqué a été publié le même jour :

Avis officiel n° 11. Le bureau du „Gouvernement“ et de la « Commandantur » sont transféré à compter d’aujourd’hui au numéro 25 de la „Blaue Wolkengasse“, au niveau du rez-de-chaussée, à gauche. A Strasbourg, le 5 janvier 1873. Le gouverneur Hartmann, « General-Lieutnant ».

 

Jeudi 9 janvier 1873

Allemagne, Strasbourg : dispositions pour l’envoi de courrier, de colis et de virements d’argent au profit des Alsaciens-Lorrains effectuant leur service militaire dans les garnisons allemandes.

Un journal de Strasbourg apporte des précisions pour l’envoi de colis aux Alsaciens partis faire leur service militaire. Compte tenu que l’alimentation des militaires du rang allemands était largement insuffisante, il est important que les familles puissent envoyer des vivres de complément : « Strasbourg, le 8 janvier. Les familles des jeunes gens qui ont été incorporés aujoud’hui dans l’armée de terre allemande, la nouvelle suivante sera la bienvenue : les lettres et les paquets bénéficient des franchises postales suivantes :

1) Pour les lettres ordinaires adressées aux soldats, si la lettre porte la mention “Soldatenbrief” et “Eigene Angelegenheit des Empfängers”, et le poids ne dépasse pas 60 grammes, le courrier l’acheminement du courrier est gratuit.

2) Pour les virements postaux d’un montant allant jusqu’à 5 Thalers, le coût s’élèvera à 1 Groschen (13 centimes), sans tenir compte de la distance.

3) Pour les paquets adressés aux soldats sans indication de valeur et dont le poids n’éxède pas 6 livres, l’affranchissement à tarif réduit sera de 2 Groschen (25 centimes) sans tenir compte de la distance ou d’utilisation.

Les envois postaux, tout comme les lettres d’accompagnement doivent également être munis des mentions « Soldatenbrief - Eigene Angelegenheit des Empfängers ». Ces franchises postales ne sont pas valables pour les militaires en congés et les volontaires d’un an « Einjährige-Freiwillige ».

Allemagne, Strasbourg : affectation des Alsaciens-Lorrains effectuant leur service militaire au 11ème corps d’armée.

Strasbourg, le 8 janvier. Le journal de Cologne « Kölner Zeitung » nous écrit de Thuringe : « Chaque régiment d’infanterie du 11ème corps d’armée a reçu 12 recrues alsaciennes pour chaque bataillon, et elles seront réparties équitablement au sein des différentes compagnies. Des recrues alsaciennes ont également été affecté aux régiments de cavalerie de ce corps. Proportionnellement de nombreuses recrues de l’Alsace ont été affectées à la garde et surtout selon leurs désirs à la cavalerie de la Garde. Pratiquement toutes les recrues d’Alsace parlent et comprennent l’Allemand et au niveau physique ce sont des jeunes gens forts et doués ».

 

Samedi 18 janvier 1873

Allemagne, Strasbourg : méthode de conversion des monnaies en cours.

Un journal local nous livre l’article suivant : « Strasbourg, 17 janvier 1873. Dans le « Zaberner Wochenblatt » nous trouvons une formule simple, que finalement beaucoup de monde utilisera. Il s’agit de la conversion des francs en Thalers. Voici la procédure.

Divisez les francs par 2. Le résultat devient des Groschen. Redivisez ces Groschen par 2. Le résultat devient des Thalers. Exemple : pour 20 francs, combien de thalers ? Résultat : La moitié de 20 est 10. Donc 10 Groschen. Divisez 10 par 2. Le résultat est de 5, c’est à dire 5 Thalers. Donc, 20 francs nous donnes 5 Th. 10 Groschen ».

 

Mardi 21 janvier 1873

Allemagne, Alsace-Lorraine : modification de la loi pour l’acquisition de la nationalité allemande.

Un journal local et officiel a publié une synthèse de la loi relative à l’acquisition de la nationalité allemande. Le journal a en effet publié les modifications apportées à cette loi du 8 janvier 1873, concernant l’acquisition de la nationalité allemande ainsi que les modalités d’application de la loi initiale du 1er novembre 1867 à l’Alsace-Lorraine (article 1). Il s’agit essentiellement d’une énumération des droits et des devoirs.

 

Jeudi 23 janvier 1873

Allemagne : article du journal Le Temps relatif à M. de Bismarck.

Le journal français Le Temps a publié cert article tiré de la presse alelmande : « Berlin, 23 janvier 1873, soir. La Gazette de l’Allemagne du Nord publie le texte de la lettre autographe de l’Empereur, en date du 1er janvier 1873, laquelle confère à M. de Bismarck les insignes en brillants de l’ordre de l’Aigle Noir. Cette lettre constate que c’est à contre-cœur que l’Empereur a déféré au désir à M. de Bismarck d’être relevé de la présidence du ministère. Toutefois, la fatigue morale et physique que M. de Bismarck a dû s’imposer durant les dix dernières années, ne permettait pas de différer plus longtemps la satisfaction de ce vœu. La lettre insiste sur ce point, que durant cette période si grosse d’événements importants le conseil et l’activité de M. de Bismarck ont permis a sa majesté l’Empereur de développer la puissance de la Prusse et conduire l’Allemagne à son unité. Le nom de M. de Bismarck est écrit en caractères ineffaçables dans les annales de la Prusse et de l’Allemagne, et c’est à juste titre que la reconnaissance souveraine lui est acquise. Que si l’Empereur a consenti à le relever de la direction des affaires de la Prusse qu’il conduisait d’une main si sûre et si ferme. M. de Bismarck n’en demeurera pas moins en sa qualité de chancelier de l’Empire, chargé d’une mission étroitement liée à la direction politique prussienne. En lui conférant les insignes en brillants de l’ordre de l’Aigle Noir, l’Empereur veut lui donner un nouveau témoignage de sa haute gratitude et de son impérissable reconnaissance. La lettre impériale émet ensuite le vœu de voir l’allégement accordé à M. de Bismarck assurer le rétablissement complet de sa santé. L’Empereur souhaite, en conséquence, que M. de Bismarck puisse longtemps encore consacrer à l’intérêt de la grande patrie allemande et de la patrie restreinte prussienne, ses services éprouvés. La lettre se termine part ces mots: « Votre roi fidèle, dévoué et reconnaissant ».

 

Samedi 25 janvier 1873

Allemagne, Alsace-Lorraine : remise de décorations aux autorités militaires.

La presse locale a publié cet article : « Strasbourg, 25 janvier 1873. L’Empereur a conféré les décorations suivantes : Grosskreuz der kgl. kaiserlichen Militär-Verdienst-Orden au “General der Infanterie” von Fransecky commandant le 15e corps d’armée ; Grosskreuz des kgl. kaiserlichen Militär-Verdienst-Orden au “General-Leutnant” von Bertheim, gouverneur de la place de Metz ; Conthurkreuz des kgl. kaiserlichen Militär-Verdienst-Orden au colonel von Brandenstein, commandant “Commandanten” de la place de Metz ; Ritterkreuz erster Klasse des kgl. kaiserlichen Militär-Verdienst-Orden au “Major” Röhl, “Platzmajor” de Metz, à la suite du 8. Ostfriesischen Infanterie-Regiment Nr. 78 ».

Allemagne, Alsace-Lorraine : nouvelles militaires diverses.

La presse locale nous livre ces informations : « Strasbourg, 23 janvier 1873. Aux cérémonies militaires qui se sont déroulées à Potsdam le 19 janvier 1873, ont également participé des représentant de l’armée en provenance des régiments d’Alsace-Lorraine, notamment le général « Generallieutenant » von Sandrart, un officier d’état-major « Stabsoffizier », un capitaine « Rittmeister » et un sous-officier « Unteroffizier ».

Dans la citadelle locale, à laquelle le nouveau plan des fortifications ne donne plus d’importance particulière, quelques nouvelles casernes ont été érigées, dans lesquelles, des militaires extérieurs prisonniers sont hébergés. En ce qui concerne le recrutement du contingent 1853 « Aushebung des Jahrgangs 1853 », qui se déroulera en février et en mars de cette année, on a constaté une ressource de 8 000 recrues. Pour faciliter l’entrée des volontaires d’un an et de trois ans, l’allégement des conditions destinées aux recrues locales est maintenu ».

Allemagne, Strasbourg : instauration de la loi relative aux livrets des travailleurs.

La presse officielle et locale a publié des informations concernant la loi relative aux livrets des travailleurs « Arbeiterbücher ». Les Alsaciens-lorrains disposent d’un délai jusqu’à la fin du mois de février pour acquérir les livrets des travailleurs. Ces livrets doivent être perçus au bureau de la police, mais les travailleurs sont tenus de présenter les pièces justificatives concernant leur emploi actuel. Lorsqu’ils quittent un employeur, celui ci est tenu de viser le livret. Ce document peut être utilisé comme pièce d’identité à l’intérieur de l’Empire. Aucun employeur n’a le droit d’embaucher du personnel s’il n’est pas muni du livret réglementaire. Signé : directeur de la police « Polizei Director » Back. Cette mesure contraignante est mise en œuvre alors que les chantiers de construction des nouvelles fortifications de Strasbourg sont en cours.

Allemagne, Strasbourg : publications concernant le siège de Strasbourg.

La presse locale à publié cet article : « Strasbourg, 22 janvier 1873. D’après les nombreuses publications sur le siège de Strasbourg on pourrait croire qu’il ne reste plus rien à dire. Mais il n’en est pas ainsi. Il y a toujours de nouveaux récits relatifs à ces événements qui parraîssent chaque jour. Après l’étonnant rapport du général Uhrich qui s’est défendu avec bravoure contre la commission d’enquête parisienne, l’ancien rédacteur de « L’impartial du Rhin » (ancien journal dela préfecture) diffuse un récit très partial mais très prenant des événements qui se sont déroulés entre mi-juillet jusqu’à fin septembre 1870. Mr. Signouret est un Français qui nous éclaire encore beaucoup mieux sur les événements locaux que ses prédécesseurs Schneegans et Fischbach (deux anciens collaborateurs du Ried. Kur.) avec des feux de bengales rouges sang. Et l’on lit se récit très engagé avec attention. Il ne nous étonnera pas que des persones extérieures le fassent de même. Bien qu’il ne s’agît en grande partie que d’articles de journaux qui ont été rassemblés, que le rédacteur de l’Impartial diffusait tous les jours ; mais il apporte quand même des précisions à plusieurs épisodes qui demeuraient assez flous. Il évoque également la notice que lui avait transmis le préfet républicain Valentin, c’est-dire les obstacles qui se dressèrent devant cet homme héroique pour s’introduire dans la place de Strasbourg, car ces précisions n’étaient pas connues jusqu’à présent. L’audace, la présence d’esprit et le courage de Valentin est équivalente à celle d’un héros de roman d’aventure. Mais pour Strasbourg, son arrivée s’avéra être un véritable malheur ; la ville continua à résister sept jours de plus et agrave considérablement sa situation. Naturellement Mr. Signouret n’a que des remerciements et des louanges à exprimer à ce préfet très actif mais éphémaire. Il appartient à la classe des habitants strasbourgeois transvosgiens, qui aurait préférés que Strasbourg soit transformé en un tas de ruines et de cendres plutôt que capituler. Ils n’avaient rien d’autre à perdre que leur vie ».

Allemagne, Strasbourg : bilan financier de la commission internationale.

Le journal Le Temps du samedi 25 janvier 1873 a publié cet article : « La commission internationale siégeant à Strasbourg en vertu des traités de Francfort, pour régler les créances envers la France et envers l’Allemagne, vient d’établir un premier compte de liquidation de 27 millions de francs. Il comprend le solde définitif et complet des caisses d’épargne des deux provinces, s’élevant à 21 800 000 francs, celui de la justice et de l’administration, s’élevant à 2 millions, le remboursement des centimes des communes et des cautions et dépôts, s’élevant à 400 000 francs, enfin le remboursement de 3 millions de francs déposés dans le trésor français par les communes annexées. On s’occupera maintenant du règlement des pensions civiles et militaires, des masses et prêts arriérés des régiments, et des gratifications des militaires qui ont optés pour l’Allemagne ».

 

Jeudi 30 janvier 1873

Allemagne, Strasbourg : avis de recherche de déserteur.

La presse locale publie un avis de recherche concernant un déserteur originaire de la région de Aachen, de la 9. Compagnie 1. Rheinische Infanterie Regiment Nr. 25, qui s’est absenté de la caserne « Finkmattkaserne ».

 

Dimanche 2 février 1873

Allemagne, Strasboug, place forte : réparation du Metzger-Tor.

Communiqué du gouverneur militaire de Strasbourg, le General-Lieutenant von Hartmann : « Communiqué n°65 : à la suite d’une importante réparation, le passage sur le pont intérieur du Metzger-Thor sera interdit du lundi 3 au mardi 4, aux attelages, cavaliers et piétons. Strasbourg, le 1er février 1873 ».

 

Jeudi 6 février 1873

Allemagne, budget consacré aux fortifications allemandes.

Le journal français Le Temps a repris un article tiré de la Gazette de la Croix qui annonce : « Que la chancellerie de l’empire va soumettre au Bundesrath un projet de loi sur les sommes à affecter à la transformation des forteresses allemandes. De ce projet il résulte que les fortifications de Stettin, de Minden, d’Erfuhrt, de Wittenberg, de Kosel, de Graudenz et de Stralsund seront supprimées. Une somme de 65 millions de thalers est demandée pour étendre les fortifications d’un certain nombre d’autres villes ou pour en construire de nouvelles. On demande pour Cologne 9 159 000 thalers ; pour Coblentz 800 000 ; pour Mayence 922 000 ; dont 600 000 pour un fort détaché ; pour Rastatt 43 000 ; pour Ulm 1 210 000 ; pour Spandau 1 134 000 ; pour Custrin 1 741 000 ; pour Posen 7 023 000 ; pour Thorn 5 280 000 ; pour Dantzig 773 000 ; pour Koenigsberg 7 337 000 ; pour Glogau 278 000 ; pour Neisse 212 000 ; pour Memel 73 000 ; pour Pillau 60 000 ; pour Colberg 267 000 ; pour Swinemunde 1 426 000 ; pour Stralsund 275 000 ; pour Friedrichsort 1 822 000 ; pour Sonderbourg-Düppel 2 270 000 ; pour la fortification de l’Elbe inférieure 4 371 000 ; pour celle du Weser inférieur 5 061 000 ; pour Wilhelmshaven 10 177 000. Les travaux qui seront accomplis à Cologne seront des plus considérables. L’enceinte sera étendue, on élèvera en outre trois grands forts, neuf petits forts, sept grandes batteries intermédiaires, sept petites batteries intermédiaires ».

 

Vendredi 7 février 1873

France, Pont-à-Mousson, garnison allemande : incendie du mess des officiers.

Un journal de Strasbourg publie cette information : « Metz, 5 février 1873 : hier soir, le théâtre de Pont-à-Mousson qui servait de mess des offiicers « Offizierskasino » à brûlé entièrement ».

 

Samedi 8 février 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : accident au fort de Reichstett.

La presse locale et provinciale publie cette information : « Reichstett, 4 février. Lors des travaux de terrassement exécutés hier au fort de Reichstett, à cause du dégel, une masse importante de terre se détacha et enterra une personne. Malgré les secours immédiats, il n’a pas été possible de sauver le malheureux. Cet amas de terre gelée lui a écraser le bassin de cet ouvrier né en Bavière, il laisse une veuve avec six enfants ».

 

Dimanche 9 février 1873

Allemagne, Mulhouse, garnison : suicide d’un sous-officier allemand.

Un journal de Strasbourg publie cet article : « Mulhouse, 7 février. Le journal « L’industriel » nous informe que dans la nuit du lundi au mardi, un sous-officier « Unteroffizier » (équivalent au grade de sergent en France) de la garnison de Mulhouse s’est suicidé à l’aide d’un fusil ».

 

Mardi 11 février 1873

Allemagne, Strasbourg garnison : tirs d’artillerie au Polygone.

Communiqué n°77 du Directeur de police Kanz : « D’après un communiqué du dépôt d’artilerie « Artillerie-Depot », le 11 et 12 matin, des tirs d’essais des affûts d’artillerie seront effectués au niveau du rempart réceptacle Est « östlicher-Kugelfang » du Polygone. Signé le 10 janvier 1873 ».

Allemagne, Strasbourg place forte : rumeurs concernant le départ des ouvriers italiens des chantiers de construction des forts détachés.

La presse locale nous informe : « Strasbourg, 9 février 1873. La rumeur rapportée par plusieurs journeaux concernant le départ des italiens employés à la construction des forts de Strasbourg, pour aller en Espagne et combattre pour le roi Amadeus, est totalement fausse. Il est vrai qu’une partie des Italiens a quitté l’Alsace, mais pas pour récupérer les lauriers de la gloire au pays des châtaignes, mais pour travailler au percement du tunel du Saint-Gothard contre des espèces sonnates et trébuchantes. Cette nouvelle est certainement plus crédible que la première rumeur, et en plus, tous les travailleurs italiens que l’on a interrogés ont répondus dans ce sens ».

 

Mercredi 12 février 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : chantiers de construction des forts détachés.

La presse locale a publié un acticle évoquant la construction des trois forts détachés sur la rive droite du Rhin : « Kehl, 8 février. Alors que notre ville en ruine a été reconstruite en grande partie de bâtiments neufs et de plus beaux, et la vie des habitants est nettement plus sereine à la suite de la disparition de la menace du voisin français. On a commencé les travaux préparatoires à la construction des 3 forts, de ce côté ci du Rhin, des ouvrages qui vont également être intégrés à la place forte de Strasbourg, et les travaux de terrassement devraient commencés dans les prochains temps. Toutefois, un nouveau plan a été dévoilé, qui prévoit de remplacer la tête de pont virtuelle avec ses forts fantômes au sud et au nord du pont du Rhin, par un nouvel ouvrage adapté à l’importance de du lieu. C’est pour cette raison que les travaux de reconstruction des bâtiments en ruine de la gare et de l’ancienne douane ont été suspendus. La mission principale des trois forts de la rive droite du Rhin est de sécuriser le camp retranché constitué des forts de Reichstett, Souffelweyersheim, Niederhausbergen, et de Wolfisheim. Il sera difficile à un ennemi de constituer une armée capable de cerner la place de Strasbourg, et grâce au forts de la rive droite, cela sera impossible. Les localités badoises qui sont touchées par le rayon de fortification doivent respectée la police du bâtiment du gouvernement de la place forte de Strasbourg ».

 

Jeudi 13 février 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : embauche de tailleurs de pierres au Fort de Reichstett.

La presse locale a publié cette offre d’emploi à quatre reprises entre le 13 et le 20 février 1873 : « 30 à 40 tailleurs de pierres « Steinhauer » trouvent immédiatement une activité permanente au fort II à Reichstett pour un salaire journalier élevé ou un travail au rendement « Accord ». La société de construction « Baugesellschaft Pathe, Jerschke & Schneider » à Schiltigheim près de Strasbourg ».

 

Samedi 15 février 1873

Allemagne, Strasbourg garnison : examen pour les volontaires d’un an.

Communiqué publié par un journal de Strasbourg : « Communiqué n°82 concernant l’examen des volontaires d’un an, qui se déroulera les lundi 17 et mardi 18 à 9 heures, à la caserne Saint—Nicolas « Nikolaus-Kaserne ».

Allemagne, Strasbourg place forte : embauche de tailleurs de pierres au Fort de Reichstett.

La presse locale a publié cette offre d’emploi à quatre reprises entre le 13 et le 20 février 1873 : « 30 à 40 tailleurs de pierres « Steinhauer » trouvent immédiatement une activité permanente au fort II à Reichstett pour un salaire journalier élevé ou un travail au rendement « Accord ». La société de construction « Baugesellschaft Pathe, Jerschke & Schneider » à Schiltigheim près de Strasbourg ».

 

Lundi 17 février 1877

 

Allemagne, Strasbourg place forte : vente du bois du Beckenwoerth, terrain destiné à la construction du fort détaché n°1.

La presse locale publie ce communiqué : « Mairie de la ville de Strasbourg. Lundi 17 et mardi 18 février 1873, à 9 heures, vente aux enchères dans la maison communale de Strasbourg, en présence de l’adjudicateur municipal délégué de Strasbourg, de bois de la forêt du Rhin strasbourgeoise « Strassburger Rheinwald », parcelle « Beckenwoerth » à savoir : - 17 février : 1 090 troncs de chêne – Le 18 février : 384 troncs d’orme, 1 tronc de hêtre, 104 troncs de chêne, 3 érables, 1 tilleul, 3 cerisiers, 28 noyers, 1 pommier, et divers branchages. Le bois est entreposé sur les rives de l’Il, un fleuve navigable, il peut donc être transporté à destination par le Rhin, le canal de la Marne-au-Rhin ou le canal du Rhône-au-Rhin. Le transport doit être exécuté avant le 12 mars. Strasbourg, le 30 janvier 1873, au nom du maire, le 1er adjoint F. Imlin ».

 

Mercredi 19 février 1873

Allemagne, Strasbourg : suppression du péage sur le pont du Rhin.

La presse locale nous informe : « Strasbourg, 17 février. A compter du 1er janvier 1874, le péage sur le pont du Rhin sera supprimé ».

 

Mercredi 26 février 1873

Allemagne, Strasbourg : conseil de révision pour les hommes soumis aux obligations militaires.

La presse locale publie : « Communiqué n°100 : Opérations de recensement dans le cadre des obligations militaires, pour l’arrondissement de Strasbourg, vendredi 7 mars, pour les hommes nés en 1851 et 1852, le samedi 8 mars, pour les hommes nés à Strasbourg en 1853, le lundi 10 mars, pour les hommes nés en-dehors de Strasbourg en 1853, le mardi 11 mars, classement et tirage au sort des appelés. Ces opérations de conscription se dérouleront à la fonderie « Giesshause » place Broglie ».

 

Samedi 1er mars 1873

Allemagne, Metz : dîner d’adieux du commandant de la place de Metz.

Un journal de Strasbourg nous informe : « Metz, 26 février. En l’honneur du départ du commandant de place de Metz « Commandanten von Metz », le colonel « Oberst » von Brandenstein, on avait organisé hier soir un dîner d’adieux à l’hôtel de l’Europe, auxquels étaient conviés des représentants de tous les corps militaires et civils de la place ».

 

Dimanche 9 mars 1873

Allemagne, Strasbourg : festivités à l’occasion de l’anniversaire du roi Carl von Württemberg.

Un journal de Strasbourg nous livre cette information : « Strasbourg, 7 mars. Hier, les officiers du régiment d’infanterie wurtembergeois local fêtaient au restaurant « Englische Hofe » l’anniversaire du roi « Karl von Württemberg » lors d’un repas festif. Une invitation avait été transmise à tous les Wurtembergeois de la région. Monsieur le général von Fransecky porta le toast au roi Karl. La fête se déroula de façon très agréable. La salle était décorée de drapeaux prussiens, sachsons et wurtembergeois ».

 

Lundi 10 mars 1873

Allemagne, Metz : départ du gouverneur de la place forte.

Un journal de Strasbourg nous informe : « Metz, 10 mars. On avait déjà annoncé ces derniers jours que le gouverneur local, le « Generallieutenant » von Bentheim, avait demandé sa mise à la retraite. On avait annoncé comme remplaçant probable le général von Blümmer, mais aujourd’hui, il paraît que ce sera le général von Barnisom (difficilement déchiffrable), qui est déjà dans nos murs depuis hier. Le « Generallieutenant » von Bentheim avait commandé une division du corps Manteuffel lors de la bataille de Borny (la 1ère division du 1er corps d’armée de Manteuffel, source Bongrand Raymond : 1870 Alsace, Metz, Sedan, 1970), sous la direction de la 1ère armée commandée par Steinmetz, et il avait également commandé une division du 8° corps lors de la bataille de Mars la tour et de Saint-Privat ». 

 

Mercredi 12 mars 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : incident entre les contrebandiers et la garde des remparts.

La presse locale nous livre ce fait-divers : « Strasbourg, le 11 mars 1873. La nuit dernière, vers 1 heure du matin, lors de la ronde « Wisitirronde » du personnel du poste de l’ouvrage à corne « Hornwerk 80/82 », ils ont apperçu dans le fossé des remparts « Wallgraben » une embarquation avec un équipage de 4 à 5 hommes. Lorsque le personnel de ronde leur enjoigna de rejoindre immédiatement la rive, sous la menace d’ouvrir le feu, ils sautent et abandonnent l’embarcation. Après examen du contenu de la barque, il s’avère qu’elle contenait 12 tonneaux et 4 caisses de vin, ainsi qu’un tablier et un sac de marchandises diverses. Tout le contenu a été remis au fonctionnaire de l’Octroi dans la Citadelle ».

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de travaux au profit de la buanderie de garnison.

Un journal de Strasbourg publie cette adjudication : « Adjudication des travaux de réfection du magasin à couvertures de laines de la buanderie de garnison « Garnison Wachsanstalt » de Strasbourg, le 21 mars, au bureau de la direction des constructions de la garnison « Garnison Bau Direction », Brandgasse Nr. 11. A Strasbourg le 2 mars 1873, administration impériale de la garnison « kaiserliche Garnison Verwaltung ».

Allemagne, Strasbourg place forte : recherche de fournisseurs pour le transport de pierres au profit de la construction des forts détachés de Strasbourg.

Pour la construction des forts, un entrepreneur publie cette annonce : « Recherche des livreurs efficaces, pour le transport de quelques millions de pierres pour les fortifications, Rudolf Mosse, à Strasbourg ».

 

Samedi 15 mars 1873

Allemagne, Strasbourg : enquête publique pour l’ouverture d’une concession pour le futur tramway hippomobile.

Synthèse d’un article publié par un journal local : « Communiqué n° 119. Ouverture d’une enquête de 20 jours, allant du 17 mars 1973 au 5 avril 1873 sur le projet de mise en adjudication de la concession des lignes de tramway hippomobile Strasbourg – Kehl, Strasbourg – Koenigshofen, Eckbolsheim – Wolfisheim, Strasbourg – Schiltigheim, Bischheim, Hoenheim, Strasbourg – Illkirch, Graffenstaden, et éventuellement vers la Robertsau et Mittelhausbergen. Mise en adjudication du 17 mars au 5 avril 1873. Signé, à Strasbourg le 12 mars, le président de la Basse-Alsace « Unter-Elsass », von Ernsthausen ».

Il s’agit là de la construction des premières lignes de tramway, dont le rôle militaire a été important au début de la Première guerre mondiale.

 

Dimanche 16 mars 1873

Allemagne, Metz, garnison : deux officiers supérieurs désignés pour assister à Berlin aux essais de tir contre une tourelle cuirassée.

Un journal de strasbourg nous livre cette information : « Metz, 12 mars. Le commandant « Major » Meyer, de l’état-major du corps des ingénieurs et ingénieur de la place de Metz, et le « Major » Hoffmann, du régiment d’artillerie à pied « Fuss-Artillerie Nr. 15 » et officier d’artillerie de la place de Metz, ont reçu l’ordre de se rendre à Berlin, pour assister aux essais de tir contre une tourelle cuirassée, qui se dérouleront ces prochains jours sur le champ de tir local de l’artillerie. D’après nos informations, ce type de tourelles cuirassées devraient être installées à Metz dans le cadre des futurs travaux de fortification ».

Allemagne, Mulhouse : arivée de travailleurs migrants sur les chantiers de la ville.

Un journal de Strasbourg nous informe : « Mulhouse, le 14 mars. Les annonciateurs du printemps, c’est à dire les cigognes sont déjà arrivées dans le pays. Mais elles étaient suivies cette année par un autre type de migrateurs, une espèce qui comme la première n’est pas en mesure d’influencer la météo, mais qui annonce la reprise des nombreux chantiers interrompus en hiver, ce qui amène de l’animation et de la vie dans la ville. Nous parlons des ouvriers, qui viennent des pays limitrophes, et qui arrivent actuellement par hordes, pour trouver un travail pour l’été. Pratiquement chaque train ramène des gens venant du Wurtemberg, de Bavière et du pays de Bade ; les Autrichiens viennent surtout du Tyrol, en plus des Suisses, Italiens et Français, qui appartiennent généralement aux métiers du bâtiment et qui étaient pratiquement sûr de trouver un emploi par ici. Bientôt les chantiers retrouveront leurs activités, on ne manque guère de projets de construction. Il reste à achever le bassin au Nordfeld, ce qui demande beaucoup de personnels. L’agrandissement de la gare doit être commencé cette année. On a également planifié la construction d’une nouvelle caserne et de plusieurs bâtiments de fabrique, sans oublier la construction de logements privés, car la demande est importante cette année ».

 

Jeudi 20 mars 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : procédures d’expropriation pour les futurs forts détachés de la rive droite du Rhin.

La presse strasbourgeoise nous informe : « Strasbourg, 19 mars 1873. Comme nous l’a relaté la « Kehler Zeitung », les procédures d’expropriation des forts détachés des communes d’Auenheim, Kork-Neumuhl et Kehl-Sundheim ont été engagées par le conseiller ministériel badois Winter « badischen Ministerrath Winter ».

Allemagne, Metz garnison : arrivée du nouveau gouverneur militaire de la place.

Un journal de Strasbourg nous livre cette information : « Metz, 17 mars 1877. Le nouveau gouverneur de la place, le Generallieutenant von Blümer vient d’arriver et on lui a présenté tout le corps des officiers de la place. Comme nous l’avons appris par l’“Oberrheinsiche Courrier”, à Fribourg dans le Brisgau, ont était guère ravi de voir partir M. von Blümer de sa place de commandant de division car le général avait su se faire apprécier par les autorités civiles et les habitants ».

 

Vendredi 21 mars 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : procédure d’exproriation pour la construction des nouveaux forts détachés concernant la commune d’Eckbolsheim

La presse locale a publié ce communiqué : « Le contrat établit le 12 et 14 mars entre le directeur d’arrondissement (Kreis-Direktor) Hasse de Strasbourg, agissant pour le président impérial de la Basse-Alsace (Unter-Elsass) et entre les personnes susnommées, dont les parcelles situées sur le ban de la commune de Eckbolsheim ont été expropriées au profit de l’Empire allemand suite à la décision du tribunal régional (Landgericht) de Strasbourg du 17 juin de l’année précédente, pour l’extension des fortifications de la place de Strasbourg conformément à l’ordonnance impériale du 11 avril de l’année précédente, cèdent de leur plein gré leur terrain contre les indemnités énumérées ci-dessous. Les indemnités qui ont été fixées doivent être payées dès que les procédures prévues au chapitre III de la loi du 3 mai 1841, concernant la preuve de l’absence de privilèges et de gages, auront été remplies ». Ce communiqué concerne ordonnée le 12 et 14 mars 1873 sur le ban communal d’Eckbolsheim, soit 23 parcelles, pour une surface totale d’environ 59,72 ares, qui entraînera une indemnisation d’environ 8490,31 francs.

 

Dimanche 23 mars 1873.

Allemagne, Strasbourg : l’entraide au profit des habitants après le siège.

Le journal français Le Temps a publié cet article : « Chronique. Strasbourg est une des villes qui se sont toujours distinguées par leur esprit d’initiative et leur empressement à faire face, au moyen de leurs seules ressources, aux plus lourdes charges. On sait de quel poids la guerre a pesé sur cette malheureuse cité. Un comité dù à l’initiative locale n’en fut pas moins constitué, aussitôt après la capitulation, dans le but de venir immédiatement et efficacement en aide aux familles des nombreuses victimes du siège. « Après la lutte impuissante, contre les projectiles meurtriers », dit le rapport que j’ai sous les yeux, « il y a eut la lutte contre la misère ». C’est cette lutte que je vaix retracer en peu de mots. Elle se prolongea du mois d’octobre 1870 à la fin de l’année 1872. « C’est une occasion, dit très justement l’auteur de ce mémoire d’ensemble, de démontrer à ceux qui en voudraient douter encore ce que peut l’initiative personnelle comprise et pratiquée comme le savent faire depuis longtemps et nos fidèles voisins les Suisses, et les citoyens de la libre Amérique ». Les souscriptions recueillies dans les pays voisins ont atteint la somme totale de 487 908 fr. 78 c. ; la France, 58 359 fr. 75 c. ; l’Amérique, 112 151 fr. 80 c. Le comité s’occupa tout d’abord de créer des catégories parmi les familles qui sollicitaient son appui. Cinq catégories furent admises : 1° les décès causés par le bombardement ; 2° blessures ou maladies graves ; 3° captivité d’un chef ou soutien de famille ; 4° pertes matérielles ; 5° pertes de revenus. Du 2 octobre 1870 au 15 septembre 1871, c’est-à-dire pendant la première période, le nombre des familles secourues fut de 5 580 ; - l’assistance du comité s’étendit à 25 110 personnes sur une population d’environ 70 000 âmes. Les secours proprement dits en argent montèrent à 360 481 fr. 10 c. ; les prêts et avances à 167 134 fr. 60 c. ; les retraits du mont-de-piété à 5 181 fr. 90 ; les cartes de soupe à 7 909 fr. 55 c. La misère était extrême. Pendant le bombardement, une foule d’infortunés, privés d’asile, s’étaient réfugiés dans les édifices publics, soit dans les églises, soit dans les halles ou sous d’anciens marchés couverts. Les salles de l’Académie, les vieilles tours des ponts-couverts étaient encombrés de ces malheureux dénués de toute ressources et qui campaient là pêle-mêle, exténués de fatigue, mourant de faim, en proie au plus amer découragement. Voici le tableau que trace de ces scènes douloureuses, le docteur Kuntz, le médecin chargé du service des asiles. « Nous avons été témoin dit-il, de bien des misères humaines durant notre longue carrière de médecin des pauvres ; nous nous sommes trouvés en présence de criminels au moment où on leur annonça que leur dernière heure avait sonné ; mais jamais spectacle plus navrant ne s’était offert à nos yeux. Un grand nombre de femmes et d’enfants se désespéraient de la disparition de leur mari ou de leur père morts ou mourant dans les ambulances. Des hommes entourés d’enfants en bas âge pleuraient l’absence de leurs mères tuées ou blessées par des éclats d’obus, et au milieu de ces scènes de désolation, un manque absolu des choses les plus indispensables à l’existence. Tous ces pauvres gens étaient campés au milieu de quelques débris de leurs ménages et d’objet de literie qui traînés d’abri en abri, étaient sales et mouillés par l’action des pompes à incendie ». C’est à toutes ces misères que le comité sut porter secours. Le rapporteur, M.J. Flach, entre dans de minutieux et intéressants détails sur le mode de répartition des dons ; une pareille étude me mènerait trop loin. Il me suffira d’extraire de son rapport quelques nouveaux chiffres, qui sont assez éloquents en eux-mêmes. Voici d’abord le chiffre exact des victimes du siège. Le nombre des personnes tuées par le bombardement, et dont les familles ont élevé des réclamations s’élève à 231, il y a eu 54 amputés et 248 blessés. Mais ces chiffres sont loin de représenter l’étendue des pertes subies par la population civile. On peut affirmer qu’en se tenant aux estimations les moins exagérées, il y eut environ 800 personnes atteintes par les projectiles ; le chiffre de 2 000 fixé par certaines publications est excessif. Les pertes tant mobilières qu’immobilières ont atteint un chiffre voisin de 60 millions. Pendant la deuxième période, du 15 septembre 1871 au 30 septembre 1872, les secours distribués ne furent pas inférieurs à la somme de 257 265 fr. En résumé, dans l’espace de moins de deux années, le comité d’initiative privée a su tirer de la misère 5 606 familles, et répartir une somme de 797 972 fr. 25 c. Il a distribué dans ses magasins des effets d’habillement, des vivres et des meubles, d’une valeur d’estimation de 164 972 fr. ; il a logé dans les asiles construits par ses soins plus de mille personnes, et occupé pendant plus d’une année des centaines d’ouvrières sans travail. Ces faits se passent de commentaires. Je ne puis mieux conclure qu’en citant l’éloquente exclamation qu’arrache à l’auteur du rapport le minutieux examen des misères infinies que le comité a su adoucir : « Si maintenant, dit-il, nous jetons un dernier coup d’œil sur ces désastres que nous avons été à même de voir de si près, nous sentons un irrésistible désir d’élever du fond de notre âme pour éclater en ce cri suprême : Qu’une ère de justice s’ouvre enfin pour le monde et que les temps futurs ne voient plus le retour de ces actes dont on voudrait effacer la trace sanglante du livre de l’humanité ! ». J’ajouterais que cette intéressante brochure intitulée Strasbourg après le bombardement se vend chez tous les libraires alsaciens au profit de l’œuvre ».

France : point de situation sur les versements de la dette de guerre à l’Allemagne.

Le journal français nous fait un intéressant point de situation concernant les versements effectués par la France dans la cadre de la dette de guerre : « Nous trouvons dans le mémoire présenté au conseil fédéral de l’empire allemand par le prince de Bismarck, des renseignements sur ce que sont devenus nos milliards : La France a payé : en 1871, 1 500 millions ; de janvier à mars 1872, 500 millions en capital et 150 millions pour intérêts ; dans les trois derniers mois de 1872, 1 milliard ; dans les trois premiers mois de 1873, 500 millions, et son intérêt échus 128 millions ; en tout 3 milliards et demi et 278 millions pour intérêts ; somme totale 3 milliards et 778 millions. En outre, les contributions de guerre ont rapporté environ 256 millions ; par contre, la Prusse a restitué en remboursement 325 millions. Le trésor allemand a donc reçu en chiffres ronds 3 milliards et 722 millions. Jusqu’à présent les sommes suivantes (en thalers) ont été affectées : aux indemnités pour la marine commerciale, 5 600 000 ; indemnités de guerre, 36 millions 700 000 ; médailles commémoratives, 30 000 ; chemin de fer d’Alsace-Lorraine, 18 millions 412 000 ; indemnités aux Allemands expulsés de France, 2 millions ; dotations, 4 millions ; trésor de guerre de l’empire, 40 millions ; pension des invalides, 27 millions ; déficit des impôts remboursés, 13 millions 800 000 ; caisse de l’empire, 2 millions ; dépenses du grand-quartier général, 490 000 ; supplément pour les postes et télégraphes, 4 millions 215 ; pour le maintien au pied de guerre de l’armée d’ocupation, 24 millions ; occupation de l’Alsace, 3 millions ; remboursements des avances pour la marine, 10 millions 700 000. Total y compris diverses affectations spéciales : 291 millions 434 000 thalers. Il reste donc encoredisponibles, sur les sommes versées par la France, 698 millions, dont 500 millions sont mis en répartition au prorata entre les Etats confédérés. L’excédant a été employé en partie (25 millions) à l’émission des nouvelles pièces d’or ; le reste a été placé, en bonnes traites, à courte échéance et en billets du Trésor ».

France, Belfort : les troupes d’occupation allemandes réparent le fort des Perches.

Le journal français Le Temps a publié cet article : « Les travaux de défense entrepris aux Perches (Belfort) par les Prussiens ont dù nécessairement se ressentir du changement considérable qui s’est manifesté dans la situation. Cependant, le Journal de Belfort nous apprend que ces travaux ne sont pas tout à fait interrompus. Mais les escouades de terrassiers qui devaient être employés au printemps, ont reçu contrordre dès que la nouvelle d’une prochaine évacuation a été transmise à la place. Une dizaine d’ouvriers allemands tout au plus, sont encore occupés à mettre la main au régulement des talus ».

 

Lundi 24 mars 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : construction des forts de la rive droite.

Un journal de Strasbourg nous livre cette information : « Strasbourg, 24 mars 1873. Le journal de Rastatt écrit que pour éviter un éparpillement des travailleurs oeuvrant sur les chantiers des forts strasbourgeois, on propose de reporter la construction des forts de la rive droite, en attendant l’achèvement de ceux de la rive gauche. D’après nos sources d’information, les autorités locales de la rive droite auraient prouvé qu’ils disposaient du nombre suffisant de travailleurs et qu’elles ont transmis ce document et il se pourrait fort bien que Berlin lance les travaux. Le terrain concerné a été piqueté et les expropriations ont commencé. D’après nos informations, les autorités ont appliqué les normes suivantes pour la procédure : 110 à 140 francs l’are pour les parcelles qui ne sont concernée qu’en partie ».

 

Mardi 25 mars 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : embauche pour le chantier du Fort Reichstett.

La presse locale a publié cette offre d’emploi à deux reprises : « Au Fort Reichstett, 150 – 200 « Erdarbeiter » ouvrier chargé des travaux de terrassement trouve un emploi immédiat et durable. La société de construction « Baugesellschaft » Pathe, jerschke & Schneider ».

Allemagne, Metz : nouvelles diverses concernant la garnison.

Un journal de Strasbourg a publié ces informations : « Metz, 25 mars 1873. Le “Generallieutenant” von Blümer, gouverneur de la place est parti hier en congé à Berlin. Il s’absentera environ 14 jours. Comme le relate le « Militärwochenblatt », Monsieur le lieutenant-colonel Kampe, commandant de Metz a été nommé colonel “Oberst” et la “Major” Krause, commandant le groupement local d’artillerie de campagne, a été promu au grade de lieutenant-colonel “Oberstlieutenant”. Jeudi prochain, et les deux jours suivants, se déroule une deuxième série de tirs d’essais organisés par la direction de l’usine à poudres “Pulverfabrik” sur l’île de Saulcy ».

 

Samedi 30 mars 1873

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de travaux.

La presse locale a publié cette adjudication : « Mairie de Strasbourg. Adjudication de travaux, samedi 30 mars 1873 à 10 heures, dans les locaux de l’Hôtel de Ville : 1er lot : construction de baraques militaires, estimée à 30 000 francs ; 2ème lot : construction nouvelle des casernes près des Ponts-Couverts “Kaserne bei den gedeckten Brücken”, estimées à 30 000 francs. Les renseignements concernant ces travaux peuvent être consultés au bureau des constructions “Bau-Bureau” de la mairie. Strasbourg, le 24 mars 1873.

 

Mardi 1er avril 1873

Allemagne, Oberhoffen : adjudication pour la construction des baraques du camp.

Un journal local a publié cette adjudication : « Adjudication pour la livraison et l’installation de 67 portes en chênes et 25 portes d’écuries, 104 portes intérieures en sapin, 270 fenêtres à deux battants en sapins, 102 fenêtres d’écurie en chêne. Adjudication le 12 avril à 9 heures, au bureau de la “kaiserliche Garnison Verwaltung, Schiffleutstaden 11” à Strasbourg, pour le “Baraken-Casernement” de l’“Artillerie-Schiessplatz près de Bischwiller ».

« Adjudication le 12 avril 1873 à 10 heures, de la livraison et du montage de 532 garnitures « Garnituren » pour les emplacements des chevaux pour l’installation des écuries “Pferdeställe” des “Baraken bei Bischwiller”. Garnison Verwaltung, Schiffleutstaden 11” à Strasbourg, pour le “Baraken-Casernement” de l’“Artillerie-Schiessplatz près de Bischwiller ».

« Adjudication le 9 avril 1873 à 9 heures, des travaux d’étanchéité (goudronnage “Asphaltierung”) de l’intérieur des locaux, des murs, environ 3 800 m², pour le “Baraken-Casernement auf dem dem Artillerie-Schiessplatz près de Bischwiller ».

« Adjudication le 9 avril 1873 à 11 heures, des travaux de pose de vitres, environ 6 000 m² de vitrage simple, pour le “Baraken-Casernement auf dem dem Artillerie-Schiessplatz près de Bischwiller ».

« Adjudication le 12 avril 1873 à 11 heures, concernant la livraison de 1 000 m3 de gravier du Rhin pour faire du béton et améliorer les chemins du “Baraken-Casernement auf dem dem Artillerie-Schiessplatz près de Bischwiller ».

« Adjudication le 9 avril 1873 à 10 heures, concernant les travaux de peinture à l’huile des portes et fenêtres du “Baraken-Casernement auf dem dem Artillerie-Schiessplatz près de Bischwiller ».

 

Mercredi 4 avril 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : construction des forts détachés.

Un journal de Strasbourg a publié cet article : « Strasbourg, 1er avril. En relation avec l’article publié récemment par le journal « National Zeitung » et par nous même que les autorités locales des communes de la rive droite du Rhin qui tombent dans la zone de la place forte, auraient établie une expertise prouvant la disponibilité de personnels suffisants pour commencer les travaux et que cecis commenceraient incessamment, et finalement que les expropriations ont commencées, pour toutes ces informations ont nous précise d’Auenheim :

Que les autorités locales n’ont données aucun document concernant la disponibilité de travailleurs locaux ;

Que les expropriations n’ont pas encore commencées et ;

Que l’on n’a pas encore trouvé d’accord sur le prix. La commune d’Auenheim demande pour les parcelles tombant entièrement dans le domaine des fortifications 166 francs par are ».

Allemagne, Strasbourg place forte : construction des forts détachés.

La presse locale a publié cet article : « Strasbourg, 3 avril. Comme nous l’avons entendu, pour les prochains jours on annonce le passage pour hébergement privé de petits groupes de bavarois. Ces derniers temps on a vu passé fréquemment ce genre de petits groupes par notre ville ».

 

Vendredi 4 avril 1873

Allemagne, Metz place forte : éboulements au Fort Queuleu.

La presse à évoqué le 19 avril 1873, les éboulements qui sont survenus à Metz au Fort de Queuleu : « Metz, 16 avril 1873. Dans la nuit du 3 au 4 du mois, d’importants glissements de terrain ce sont produits à nouveau au Fort Queuleu. 80 mètres de maçonneries se sont effondrés et ont été emportées sur une distance de 4 mètres par la pression des terres. Lors des précédents éboulements ont eu pour cause, que les masses de terre se sont déplacées suite à des pluies incessantes qui a duré plusieurs semaines. Actuellement nous avons depuis une longue période sèche, et il semble donc que ce soit la nature du terrain qui est la cause de ces regrettables événements ».

 

Dimanche 6 avril 1873

Allemagne, Strasbourg garnison : recherche de déserteur.

Un journal de Strasbourg a publié cet avis de recherche concernant le Ulan (recrue) Johannes Reetserv, du 2ème escadron « 2. Eskadron », qui s’est absenté le 29 mars de la caserne « Nikolaus – Kaserne » ; il est originaire du Schleswig-Holstein, signé « kommando des Schlesswigholsteinischen Ulanen Regiment Nr. 15 ».

 

Jeudi 10 avril 1873

Allemagne, Haguenau-Oberhoffen : aménagement des baraques du champ de tir.

La presse locale publie cette adjudication : « Adjudication le 10 avril à 10 heures, pour la pause sur environ 14 000 m² de couverture en papier bituminé « Dachpape » pour deux baraques du casernement du champs de tir de l’artillerie de Bischwiller « Baracken-Casernement auf dem Artillerie Schiessplatze bei Bischweiler », au bureau de l’administration de garnison « kaiserliche Garnison Verwaltung », Schiffleutstrasse n°11, à Strasbourg. Strasbourg le 3 avril 1873 ».

 

Vendredi 11 avril 1873

Allemagne, Strasbourg garnison : construction d’une caserne.

La presse locale nous livre cette information : « Strasbourg, le 8 avril 1873. On a enfin commencé les travaux de démolition de la caserne situé à côté des Ponts-Couverts, pour en construire une nouvelle sur le même emplacement. Cette dernière sera sensiblement plus haute et elle aura 10 mètres de plus en longueur. Ce bâtiment est prévu pour l’hébergement des hommes de troupe de passage, et qui sont actuellement hébergés chez l’habitant. L’achèvement de cette construction contribuera réellement à la suppression d’un besoin ».

 

Samedi 12 avril 1873

Strasbourg, place forte : recherche machniste pour le chantier du Fort Reichstett.

La presse locale a publié cette offre d’emploi : « Machiniste est recherché pour la conduite d’une pompe à vapeur au Fort Reichstett à Strasbourg. Précisions sous l’adresse « Baumeister A. jerschke à Strasbourg, Steinstrasse n°2 ». 

Allemagne, Strasbourg garnison : concert de musique militaire au restaurant Thuringia.

Un journal local publie : « Thuringia, rue „Brudergasse“ n° 9. Grand concert militaire. Concert de la musique du 2. Niederschlesischen Inf. Reg. Nr. 4“. Début à 18 heures. Prix d’entrée : 50 centimes. Dès l’arrivée de la nuit, le jardin sera illuminé. W. Krüger ».

 

Dimanche 13 avril 1873 (Pâques).

Allemagne, Strasbourg ville : démolition du château de Schulmeister, ancien espion de Napoléon.

La presse locale nous informe : « Strasbourg, 13 avril : Le château de la Meinau, situé aux environs de Strasbourg, va être démoli parce qu’il est en ruine. D’après nos renseignements, aucun nouveau bâtiment ne sera reconstruit à sa place ».

 

Mardi 15 avril 1873

Strasbourg, place forte : décès accidentel d’un fils de surveillant de fort.

La presse locale nous livre cette information : « Strasbourg, le 15 avril 1873. Le fils du surveillant de fort « Fortaufseher » Eschbach à Cronenbourg, âgé de 4 ans, a été écrasé par une voiture samedi midi et a été gravement atteint à la tête et au dos. Le conducteur de l’attelage, un habitant du coin, s’est enfui au galop rapide et il n’a pas été possible de l’identifier ».

 

Vendredi 18 avril 1873.

Allemagne, Strasbourg garnison : concert de musique militaire au restaurant Thuringia.

Un journal local publie : « Thuringia. Brudergasse Nr. 9. Grosses Militär – Concert von der Kapelle des 2. Niederschlesischen Inf. Reg. Nr. 47. Anfang 6 Uhr. Entrée 50 Cts. Bei eintretender Dunkelheit Illumination des Gartens. W. Krüger ».

 

Samedi 19 avril 1873

Allemagne, Metz garnison : nomination à l’Ecole de guerre.

La presse locale de Strasbourg publie : « Metz, 16 avril 1873. Le capitaine « Hauptmann » von Blaniss du régiment d’infanterie n° 105 « königliches sächsiches Infanterie-Regiment Nr. 105 » est nommé instructeur à l’école de guerre « Kriegsschule » de Metz ». L’I.R. 105 est en garnison à Strasbourg.

 

Lundi 21 avril 1873

Allemagne, Haguenau-Oberhoffen : adjudication pour l’aménagement des baraques du champ de tir.

Un journal de Strasbourg a publié cette adjudication : « Adjudication le 21 avril, à 10 heures, de la livraison des équipements et ameublements pour les baraques du champ de tir de l’artillerie à Bischwiller « Artillerie Schiessplatz bei Bischweiler » : 162 tables, 1 secrétaire (bureau), 95 chaises, 850 tabourets de table ou de cuisine, 25 lanternes diverses, 50 grands bacs à nourriture en tôle zinguée, 50 louches, différents ustensiles de table ou de cuisine.... au bureau de l’administration de garnison « kaiserliche Garnison Verwaltung » de Haguenau. Haguenau, le 12 avril 1873 ». 

 

Mercredi 23 avril 1873

Allemagne, Strasbourg garnison : mutations diverses.

La presse locale nous livre ces informations : « Strasbourg, le 23 avril 1873 : L’actuel commandant de la 31ème division, le Generallieutenant von Witrich, a été conformément à sa demande, placé en disposition (retraite). A sa place, le Generalmajor von Schkopp a été placé à la tête de cette division. Le chef de corps du 15. Ulanenregiment, Oberst von Alvensleben, a été muté à Hanovre en tant que commandant de brigade ».

 

Vendredi 25 avril 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : procédure d’expropriation pour la construction des forts détachés concernant la commune de Geispolsheim.

La presse locale et officielle a publié entre le 25 et le 27 avril 1873 ce communiqué avec la liste des parcelels concernées : « Avis. Le contrat établit le 4 avril entre le directeur d’arrondissement (Kreis-Direktor) Hasse de Strasbourg, agissant pour le président impérial de la Basse-Alsace (Unter-Elsass) et entre les personnes susnommées, dont les parcelles situées sur le ban de la commune de Geispolsheim ont été expropriées au profit de l’Empire allemand suite à la décision du tribunal régional (Landgericht) de Strasbourg du 11 avril 1872, pour l’extension des fortifications de la place de Strasbourg conformément à l’ordonnance impériale du 11 avril de l’année précédente, cèdent de leur plein gré leur terrain contre les indemnités énumérées ci-dessous. Les indemnités qui ont été fixées doivent être payées dès que les procédures prévues au chapitre III de la loi du 3 mai 1841, concernant la preuve de l’absence de privilèges et de gages, auront été remplies ». Le bilan de l’expropriation ordonnée le 12 et 14 mars 1873 sur le ban communal d’Eckbolsheim concerne 207 parcelles.

 

Lundi 5 mai 1873

Allemagne, Strasbourg garnison : adjudication de travaux au profit du mess de garnison.

La presse locale publie : « Adjudication de travaux de platrier pour les travaux de transformation du bâtiment du mess Broglie “Casino am Broglie-Platz” à Strasbourg et de travaux décoratifs, pose d’ornementation en carton pâte “Steinpappe” et en plâtre, pour un montant de 13 000 francs. La date limite est fixée au 5 mai 1873, à 10 heures, au bureau de l’administration de garnison, Schiffleutstrasse Nr. 11….Les conditions particulières et les plans peuvent être consultés au bureau de construction de la garnison “Garnison-Baudirection”, rue Brûlée “Brandgasse” 11 à Strasbourg. Strasbourg, le 24 avril 1873. Kaiserliche Garnison-Verwaltung ».

 

Mercredi 7 mai 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : accident mortel au Fort Mundolsheim (Fort III).

La presse locale nous livre cette information : « Strasbourg, 7 mai (1873). Dans le proche village de Mundolsheim se déroula hier après-midi vers 15 heures un malheureux accident. Deux terrassiers alsaciens, qui participaient à la construction du fort, étaient entrain de pelleter de la terre vers le haut. Soudain, la masse de terre supérieure tomba vers le bas et enseveli les deux ouvriers. Les secours mis en œuvre avec très rapidement n’obtinrent malheureusement pas le résultat excompté. Les deux personnes retrouvées n’étaient plus que des cadavres. Les deux disparus étaient célibataires et ne laisse que leur renommée de travailleur assidut. L’enterrement est prévu aujourd’hui ». 

 

Vendredi 9 mai 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : adjudication pour le Fort Mundolsheim (Fort III).

La presse locale publie : « Adjudication, pour la livraison d’une pompe à colonne „ Säulenpumpe“ à Strasbourg, le 9 mai 1873 de cette année, le matin à 10 heures ».

 

Samedi 10 mai 1873

Allemagne, Strasbourg, place forte : recherches terrassiers pour le chantier du Fort Werder.

La presse locale publie à deux reprises cette annonce : « 300 à 400 terrassiers trouve un emploi bien rénuméré pour un travail à la cadence « Accord ». Se présenter chez le maître ouvrier « Schachtmeister » Hantle ».

Allemagne, Strasbourg, garnison : avis de recherche d’un déserteur du régiment d’infanterie I.R.60.

La presse locale publie : « Avis de recherche. Le fusillier Johann August Löthe du régiment d’infanterie n°60 « Infanterie-regiment Nr. 60 » s’est absenté le 6 mai 1873 matin du terrain d’exercice de la garnison de Wissembourg en Alsace, et n’est jusqu’à présent pas revenu. Il est soupçonné de désertion. Toute personen qui a une idée sur le lieu ou séjourne le Fusillier Löthe doit en rendre compte à la prochaine station de police ou de l’armée. Par ailleurs toutes les administrations du pays et de l’étranger doivent porter attention au Fusillier Löhte et e cas de rencontre de le mettre aux arrêts et de le transporter sous bonne escorte à Wissembourg et de le livrer au commandement de l’unité ci-dessous. Wisembourg, le 8 mai 1873. Kön. Commando des Fusilier-Bataillons 7. Brandenburg Inf. Rgt. Nr. 60. Signalement. Prénoms : Johan August.

Nom de famille : L. Né le 13 juin 1852. Lieu de naissance : Nieder-Häringsdorf. Arrondissement : Freistadt. Regierungs-Bezirk : Liegnitz. Profession : valet de ferme « Knecht ». Religion : protestant. Taille : 1,71 m. Couleur des cheveux : bond clair. Front : ordinaire. Bouche : lèvre inférieure très épaisse. Moustache : néant. Menton : ordinaire. Sourcils : blond. Yeux : bleus. Nez : ordinaire. Cou : ordinaire. Forme du visage : ordinaire. Couleur du visage : en bonne santé. Silouhette : mince. Langue : allemand. Signe particulier : démarche remarquablement trainante. Tenue : 1 veste d’arme « Waffenrock », un pantalon en toile bleue, 1 foulard, 1 pantalon de sous-vêtement, une chemise en laine rayée rouge et bleue, 1 paire de bottes ».

 

Jeudi 15 mai 1873

Allemagne, Strasbourg garnison : constructions à la citadelle.

La presse locale publie : « Adjudication le 15 mai à 10 heures, de la construction neuve de la caserne A « Kaserne A », bâtiment pour les sous-officiers mariés « Gebäude für verheiratete Unteroffiziere » et d’un logement pour officiers « Offizier-Wohngebäude » à la citadelle, au bureau de l’administration de garnison « Garnison Verwaltung », Schiffleutstrasse n° 11, signé le 18 avril 1873, à Strasbourg ».

 

Mardi 27 mai 1873

Allemagne, Mulhouse garnison ; vente aux enchères.

La presse locale de Strasbourg publie ce communiqué : « Le 27 mai 1873, le matin à 10 heures, seront mis en vente au plus offrant à la caserne « Fusilier-Kaserne » à Mulhouse, un grand nombre d’effets usagés, vestes et pantalons des tenues, des casquettes de campagne, des foulards, des casques et des tresses dorées, contre un payement immédiat en liquide. Commandement du 4ème régiment d’infanterie de Westphalie « 4. wesph. Infant.-Rgts. Nr. 17 ».

 

Mercredi 11 juin 1873

France : places fortes : élargissement du Comité de Défense (1872-1888) par décret.

Le 11 juin 1873, un second décret présidentiel élargit l’assiette du Comité de Défense et porte le nombre de membres à quatorze, tous militaires. De plus, le général Séré de Rivières, membre dès l’origine en tant que commandant du Génie du 2e corps de l’Armée de Versailles, est nommément désigné comme Secrétaire du Comité, assisté d’un secrétaire-adjoint, le commandant du Génie Langlois, son aide-de-camp lors du deuxième siège de Paris.

 

Lundi 30 juin 1873

Allemagne, Strasbourg et Neuf-Brisach places fortes : transfert de poudre en provenance de Belfort.

Un journal de Strasbourg nous livre cette information : « Mulhouse, le 30 juin. Tout le matériel de guerre évacué de Belfort n’est transporté vers Strasbourg, également Neuf-Brisach en reçoit une partie. Huit wagons contenant de la poudre ont stationné ici ces derniers jours, pour être chargés sur un bateau qui devait se rendre à Neuf-Brisach par le canal ».

 

Mardi 1er juillet 1873

Allemagne, Baden Baden : séjour de l’impératrice d’Allemagne.

Un journal d’Alsace-Lorraine nous informe : « L’impératrice d’Allemagne est partie le 1er juillet de Vienne pour se rendre à Bade ».

Allemagne, Alsace-Lorraine : chemins de fer.

Un journal régional nous informe : « Nouveaux chemins de fer en Alsace-Lorraine. En vertu de la loi sanctionnée le 18 de ce mois par Sa Majesté l’Empereur, concernant les chemins de fer de l’Empire en Alsace-Lorraine et les moyens extraordinaires alloués à cet effet, une première somme de 14 millions de thalers a été mise à disposition pour cet objet. Sur ce total 4 300 000 thalers seront employés pour le nouveau matériel livrable à la fin de l’année. Il restera donc disponible en 1874, pour l’établissement de nouveaux chemins de fer ainsi que pour l’agrandissement et l’amélioration des gares existantes et de leurs dépendances la somme de 9 700 00 thalers, sur l’emploi de laquelle on ne tardera pas à statuer. Il s’agira d’entrer en négociations avec les Etats voisins, en ce qui concerne quelques lignes approuvées. Ce n’est pas le cas quant aux lignes de Reding à Remilly, de Saverne à Wasselonne, de Barr à Schlestadt. On pourra donc accélérer autant que possible l’examen officiel présent des projets, ayant trait à ces lignes, et procéder à leur construction. Il n’est pas moins important de pousser l’établissement de nouvelles gares aux stations sur la frontière française et celle de la porte des Bouchers à Strasbourg ainsi que l’agrandissement des grandes gares de Metz, Colmar, Mulhouse, des principaux ateliers de réparation de Montigny près de Metz et enfin la création de pareils établissements à Mulhouse et Strasbourg. La construction d’une nouvelle gare centrale dans la partie ouest de Strasbourg paraissant assurée, rien ne s’opposera à l’adoption du projet du chemin de fer de Strasbourg à la Wantzenau comme tête de ligne de la nouvelle voie ferrée de Strasbourg à Lauterbourg. De même il n’y aura pas de difficultés à trouver un emplacement favorable pour établir les grands ateliers de réparations de Strasbourg. La prompte construction de ces ateliers est d’autant plus urgente que le matériel est sujet à une augmentation considérable dans un avenir très proche ». Remarque : nous rappelons l’importance pour l’Empire allemand de développer les réseaux de voies ferrées des territoires nouvellement annexé, officiellement dans un but économique, mais en réalité le but militaire est toujours prédominant. 

Allemagne, Alsace-Lorraine : introduction du code d’instruction criminelle militaire prussien.

Le chancelier de l’empire a proposé à la Diète d’introduire, en Alsace-Lorraine, le code d’instruction criminelle militaire prussien, c’est-à-dire les prescriptions concernant les formes de la poursuite des délits militaires, en attendant le code d’instruction criminelle militaire pour tout l’empire d’Allemagne. On sait que les pénalités applicables aux délits militaires sont déjà réglées par le code militaire allemand.

Allemagne, Strasbourg ville : l’Homme de fer.

Un journal régional a publié cet article : « Pendant toute la journée d’hier, le nouvel Homme-de-fer a reçu les hommages d’une foule innombrable de visiteurs et l’on ne tarissait pas d’éloges sur le talent que nos artistes strasbourgeois, M.M. Maehn et Ott frères ont déployé pour orner d’un tel éclat notre vieil et populaire gardien. Les aimables Strasbourgeoises de tout âge et de toute condition, qui avaient pris une part si enthousiaste à la souscription ouverte dans les Affiches de Strasbourg au profit du pauvre chevalier, stationnent avec un juste orgueil devant leur vieux favori, chacune se dit avec joie qu’à elle aussi revient une part de la magnificence de cette armure et de ce casque étincelant. … eujus quoque pars parva fui. Nous pouvons annoncer que les Affiches publieront dans leur numéro de mercredi le portrait de l’Homme-de-fer dans ses nouveaux atours et que ce portrait sera accompagné de couplets en idiome strasbourgeois, dans lesquels les lecteurs reconnaîtront bien vite la muse populaire et aimée d’un de nos plus chers poètes locaux ».

Allemagne, Strasbourg : pigeons voyageurs.

Un journal d’Alsace-Lorraine nous a livré ces informations : « Hier, les habitants de la place Clément ceux qui se lèvent de grand matin, bien entendu – ont d’un spectacle assez rare et fort intéressant. Tout près d’une entrée latérale qui conduit dans l’enceinte de la gare du chemin de fer, on a lâché à quatre heures et quart, dès l’aube, 500 pigeons voyageurs qu’on avait apportés d’Aix-la-Chapelle. Ces gracieux volatiles étaient renfermés dans douze grandes cages en bois, semblables à ces petites boîtes à claire-voie dans lesquelles on vend les canaris. Les portières ont été ouvertes lentement et les pigeons se poussant, se bousculant, comme les spectateurs, avides de sortir d’une salle de spectacle, par trente-cinq degrés de chaleur, ont tous pris leur essor, heureux d’essayer leurs ailes, après une captivité assez longue. D’abord, ils ont cherché à s’orienter, ont tournoyé sur eux-mêmes et puis tout à coup et en masse compacte, ils ont pris leur vol dans la direction du quai ».

France, Belfort : récupération des matériels par les troupes allemandes avant l’évacuation.

Un journal régional a publié cet article : « On continue énergiquement l’évacuation de Belfort. Même hier, dimanche, pendant toute la journée, des détachements militaires étaient occupés du déchargement de nombreux canons, parmi lesquels il s’en est trouvé de fort gros calibre. Ces canons sont transportés à l’arsenal de Strasbourg ».

France, Belfort : récupération des matériels par les troupes allemandes avant l’évacuation.

Un journal d’Alsace-Lorraine nous livre ces informations : « Belfort. Il a été souvent question dans ces derniers temps du projet qu’aurait eu le gouvernement allemand de construire dans la Haute-Alsace, une forteresse dont l’importance compenserait la forte position laissée à la France par la conservation de Belfort. L’emplacement de cette nouvelle forteresse était même exactement désigné déjà par les journaux, et c’est aux environs d’Altkirch qu’elle devait s’élever. Il paraît, d’après des renseignements certains, que toutes ces communications reposaient sur de pures suppositions. Le génie militaire allemand n’a pris aucune décision à ce sujet, ou, s’il en a pris une, il ne l’a point fait connaître, l’habitude étant, pour les travaux de ce genre, de les tenir absolument secrets jusqu’au jour même de leur exécution ».

France, Belfort : récupération des matériels par les troupes allemandes avant l’évacuation.

Un journal d’Alsace-Lorraine nous livre ces informations : « Une lettre de Belfort, adressée à l’Industriel alsacien, donne d’intéressants détails sur l’évacuation de cette place, commencée depuis le 27 juin 1873. Trois cent trente-deux wagons de munitions et de matériel de guerre de toute sorte ont précédé le départ du premier détachement de la garnison. Déjà les canons français ont pris le chemin de l’Allemagne, et il ne reste plus sur le chantier qui borde l’Ouest de la gare qu’un certain nombre d’obusiers, trois ou quatre grosses pièces historiques de siège, cinq ou six pièces de campagne rayées, un certain nombre d’affûts, et quelques pyramides de projectiles pleins et creux. Les arsenaux et les magasins se vident, les travaux de défense se démolissent aux Perches, à Bellevue, aux Barres ; partout enfin on opère méthodiquement, et l’on enlève avec non moins de régularité tout ce qui peut servir ou être utilisé aux nouvelles fortifications de Strasbourg ; bref, à la fin de juillet, il nous restera des casernes en mauvais état, un arsenal, des magasins et des poudrières vides, des rues défoncées, des fortifications ébréchées, des travaux de défense bouleversés sur les hauteurs que le génie chargé de la défense nationale avait, jusqu’à la veille de la guerre, dédaigné d’occuper. C’est la douleur dans l’âme, mais avec le calme le plus parfait, que la population assiste à ce dernier épisode de la guerre. Il fut un instant où elle se laissait aller, sans fougue, mais sans bonheur, au sentiment de fêter le jour de la délivrance. Il y avait alors une raison excellente pour justifier ce mouvement de l’opinion : c’est que l’on espérait que l’homme d’Etat à qui Belfort est redevable de rester français, accepterait l’invitation de nous visiter en cette circonstance. Depuis le 25 mai cette douce illusion a disparu, et la réalité s’est de nouveau emparée de nos esprits. Ce n’est pas à dire que l’on ait renoncé à toute manifestation pour le jour où le drapeau national fera sa réapparition dans nos murs : loin de là, mais il faut constater que le premier enthousiasme s’est totalement éteint, et que les Commissions instituées pour prendre les mesures nécessaire fonctionnent en parfaite conformité du sentiment public, et ne font que ce qui sera rigoureusement nécessaire pour recevoir dignement et modestement, avec les premières troupes françaises qui viendront prendre possession de nos ruines, les étrangers qui daigneront nous visiter ce jour-là. Nous ajouterons cependant que si ceux qui viendront à Belfort au jour qui sera fixé ultérieurement, n’auront pas la chance d’y voir M. Thiers, ils n’y verront pas non plus M. le duc de Broglie. Il ne lui sera envoyé aucune invitation, nous pouvons le garantir sans risquer de nous tromper ».

 

Mercredi 2 juillet 1873

Allemagne, Alsace-Lorraine : participation des Etats allemands au budget de l’Empire.

Un journal d’Alsace-Lorraine nous informe : « Pour l’année 1874 les divers Etat de l’Empire d’Allemagne auraient à fournir au budget général de l’empire la somme de 35 232 108 thalers. Il faut cependant déduire de cette somme les parts afférentes de l’excédent des recettes de 1872, soit 12 850 691 thalers, il reste donc à payer 22 381 417 thalers, et non 23 011 036 thalers, comme le portait le projet du budget de 1874, ou 24 047 867 thalers, et non 23 011 036 thalers, comme le portait le projet du budget de 1874, ou 24 047 867 thalers, comme le portait celui de 1873. Sur la somme de 22 381 417 thalers, la Prusse devra contribuer pour 10 964 510 thalers, la Bavière pour 4 914 437 thalers, le Wurtemberg pour 1 863 994 thalers, Bade pour 1 254 438 thalers, la Saxe pour 1 031 483 thalers, la Hesse pour 1 031 483 thalers, Hambourg pour 93 238 thalers, Brème pour 41 413 thalers, Lübeck pour 13 647 thalers, l’Alsace-Lorraine pour 583 172 thalers ».

Allemagne, Alsace-Lorraine : introduction de la Constitution de l’empire en Alsace-Lorraine.

Un journal régional nous informe : « La loi relative à l’introduction de la Constitution de l’empire en Alsace-Lorraine a été promulguée à Berlin le 2 juillet par l’Empereur ».

Allemagne, Strasbourg : travaux de reconstruction du théâtre.

Un journal d’Alsace-Lorraine nous informe : « Les travaux de construction du théâtre viennent d’entrer dans leur dernière période et sans qu’à jour fixe on puisse en déterminer la fin, il est à prévoir que l’inauguration du nouvel édifice aura lieu en septembre. D’après un bruit qui a cours parmi les initiés aux secrets de la direction, l’impressario Pollini, fort connu des anciens habitués du théâtre de Bade, aurait passé par Strasbourg et traité avec M. Hessler pour une série de représentations italiennes, qui ouvriraient ainsi sous d’agréables auspices la nouvelle phase d’existence du théâtre de Strasbourg ». Précision : il s’agit de la reconstruction de l’actuel opéra place Broglie.

 

Jeudi 3 juillet 1873

Allemagne, Strasbourg : enquête publique relative à la ligne de chemin de fer de Strasbourg à Lauterbourg.

Un journal d’Alsace-Lorraine a publié cet article : « Suivant un avis publié par la Straßburger-Zeitung, le président de Basse Alsace a ouvert une enquête publique, dont la durée est fixée à trente jours, du 7 juillet au 5 août, sur l’utilité générale de l’établissement d’un chemin de fer partant de la frontière bavaroise près de Lauterbourg et se dirigeant vers Strasbourg, avec un embranchement sur Bischwiller, en passant près des communes de Lauterbourg, Mothern, Münchhausen, Seltz et Beinheim (arrondissement de Wissembourg), de Roppenheim, Leutenheim, Roeschwoog, Rountzenheim, Auenheim, Sessenheim, Dalhunden, Drusenheim, Herrlisheim et Offendorf (arrondissement de Haguenau), enfin de Gambsheim et de Kilstett jusqu’aux limites de la Wantzenau (arrondissement rural de Strasbourg). Pendant ce délai de trente jours, le public pourra prendre connaissance des plans et devis à la présidence du district (préfecture) de Strasbourg, aux directions de cercle de Wissembourg, de Haguenau et de Strasbourg (arrondissement rural), où des registres seront ouverts, sur lesquels les intéressés pourront inscrire les observations qu’ils auront à faire. Après l’expiration du délai sus-indiqué, une commission de 9 membres donnera, au plus tard le 27 août prochain, un avis motivé sur les observations et propositions qui ont pu être faites pendant la durée de l’enquête. Cette commission est autorisée et il est même de son devoir de s’adjoindre des hommes compétents, d’interroger les autorités communales et des témoins ou de les faire interroger par l’entremise d’autorités administrative, et en général de faire sur les lieux mêmes les constatations qui lui sembleraient de quelques utilités. Le président du département a nommé come membres de cette commission : MM. Sam. AUscher, marchand en gros à Lauterbourg, Messner, propriétaire et fabricant, maire de Soufflenheim, Riehl, négociant à Bischheim ; Schaek, rentier à Geudertheim ; Schifferstein, meunier à Mommenheim ; Félix Schneider, propriétaire à Seltz ; Thannhausen, conseiller du gouvernement à Strasbourg, chargé de présider la commission ; Is. Wenger, propriétaire à Drusenheim, et Wünrschendorf, otaire à Roeschwoog ».

Allemagne, Neuf-Brisach : livraison d’une partie du matériel de guerre de Belfort.

Un journal régional nous informe : « Mulhouse. Le matériel de guerre de la place de Belfort ne sera pas uniquement transporté à Strasbourg, il en sera aussi livré à Neuf-Brisach ; huit wagons de poudre ont été ces jours passés déchargés ici et leur contenu a été embarqué dans un bateau pour être transporté à Neuf-Brisach ».

 

Vendredi 4 juillet 1873

Allemagne, Saverne : condamné pour l’incendie d’un bateau.

Un journal de la région a publié cette information : « Le tribunal correctionnel de notre ville vient de condamner à 8 jours de prison un garçon batelier prévenu d’incendie par imprudence. Il était endormi sur le bateau de son patron et avait suspendu dans l’écurie du bateau une lanterne cassée. Un coup de vent aura probablement chassé une étincelle sur le foin et le bateau est devenu la proie des flammes. Deux chevaux périrent dans le feu et l’auteur involontaire du sinistre eut lui-même beaucoup de peine à se sauver. Il avait été arrêté d’abord sous l’inculpation plus grave d’incendie volontaire, mais l’instruction démontra que ce n’était que de négligence qu’il était coupable ».

 

Mardi 8 juillet 1873

Allemagne, Strasbourg, place forte : Accident au Fort Wantzenau, Fort I.

La presse locale a publié cette information : « Strasbourg, 9 juillet (1873). Hier après-midi à 15 heures, au Fort Wantzenau, un ouvrier contracta un coup de soleil et une heure plus tard il était un cadavre. L’aide médicale n’a pas pu venir à temps, et aurait de toute façon été inutile. Le malheureux se nomme Johann Müller, il a 52 ans, et vient du district de Müllheim au Pays de Bade. Sa dépouille a été transférée à l’hôpital ».

 

Samedi 12 juillet 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : incendie de la cantine du fort de Wolfisheim le samedi 12 juillet 1873 vers 22h – 23h.

La presse régionale a publié ce fait divers : « Samedi soir, entre 10 et 11 heures, une vive lueur rouge, éclairait le ciel dans la direction de la porte Nationale, faisant croire à un violent incendie. Le sinistre qui, de loin, d’après ces reflets, semblait fort considérable, s’est borné heureusement à une cantine en planches, établie près du fort de Wolfisheim. La pompe de campagne s’est empressée d’accourir sur le lieu de l’incendie ».

Dans une autre édition le journal précise : « Vous avez succinctement raconté dans votre dernier numéro l’incendie de la cantine du fort de Wolfisheim. Permettez-moi de vous communiquer quelques détails sur ce sinistre. Le feu a éclaté samedi soir, à dix heures et demie et s’est propagé avec une telle rapidité qu’en un clin d’œil tout le bâtiment se trouva en flammes. Rien ne put être sauvé, et pour comble de malheur, un enfant du sieur Buchmann, le propriétaire de la cantine, un charmant enfant de dix ans, a trouvé la mort dans l’incendie. On a trouvé son corps carbonisé dans les décombres et aujourd’hui on lui a donné la sépulture ».

 

Dimanche 13 juillet 1873

Allemagne, Marckolsheim - Sasbach : inauguration du pont de bateaux.

Un journal de la région a publié cette information : « Le 13 juillet prochain aura lieu l’inauguration du pont de bateaux entre Marckolsheim et Sasbach ».

 

Lundi 14 juillet 1873

Allemagne, Ems : état de santé et séjour de l’empereur d’Allemagne.

La presse régionale nous informe : « Strasbourg, 14 juillet 1873. Bulletin politique. On mande d’Ems que la santé de l’empereur d’Allemagne est bonne et qu’il ne fera qu’un séjour de trois semaines dans cette ville.

Les nouvelles politiques de l’Allemagne sont rares aujourd’hui. Nous ne trouvons qu’une note de la Correspondance autographiée de Berlin, qui assure de la manière la plus positive qu’aucune décision n’a été prise relativement à la convocation du Parlement en automne. Le gouvernement ne s’est pas encore occupé de la question de savoir à quelle époque il réunira de nouveau le Parlement et les Chambres prussiennes ».

 

Vendredi 18 juillet 1873

Allemagne, Strasbourg garnison : tir d’artillerie au polygone.

Un journal de la presse régionale a publié de communiqué : « D’après une communication de l’Administration de la place du tir, les exercices du 15e régiment d’artillerie à pied auront lieu au polygone en deux séries : Dans la première : du 18 juillet au 7 août inclusivement, le tir aura lieu le lundi, le mercredi, le jeudi et le samedi de chaque semaine ; dans la seconde, du 1er au 9 septembre inclusivement, le tir aura lieu tous les jours, le dimanche, le 4 et le 7 exceptés. Le 6 et le 7 août, auront lieu des écoles de nuit. Pendant le tir, le passage sur la digue derrière les anciennes buttes et sur celle limitant la place du sud, est intercepté. Duc commencement à la fin du tir, deux pavillons sont hissés, l’un sur la butte du milieu, l’autre à l’entrée de la place, devant le corps de garde. On fait remarquer en outre, qu’il est dangereux de manier les projectiles que l’on pourrait trouver. On devra les laisser dans l’état où ils seront et les transporter avec les plus grands soins au dépôt de la place de tir, s’il est possible, ou au dépôt d’artillerie de Strasbourg. Les fers et le plomb provenant des exercices de tir devront également être remis aux dépôts que nous venons d’indiquer. On y paiera à ceux qui auront trouvé de ces métaux : pour 1 kilogramme de fer 4 pfennigs ; pour 1 kilogramme de plomb 6 pfennigs ; Les marchands de métaux qui achèteraient des métaux provenant des exercices de tir, seraient passibles des peines édictées par la loi. Strasbourg, le 11 juillet 1873. Pour le directeur de la police. Douglas ».

 

Vendredi 25 juillet 1873

Allemagne, Strasbourg, place forte : suicide au Bastion 14 « Judenbastion ».

La presse locale nous livre ce fait-divers : « Strasbourg, 26 juillet 1873. Hier vers midi, on a trouvé au bastion des Juifs n°14 « Judenbastion Nr. 14 » la dépouille d’un homme d’environ 25 à 28 ans, qui s’était suicidé d’un tir dans la tête. A coté de lui l’on a trouvé un révolver comportant encore 5 cartouches. En dehors d’un couteau d epoche et d’un porte-monaie vide, on a également trouvé un papier sur lequel il a écrit qu’il se dénomme Heinrich Schubert originaire de Elgersheim près de Kassel, et demande que l’on informe de son décès ses parents qui y résident. Après que le tribunal ai fait l’état sur place la dépouille a été transportée à l’hôpital ».

 

Vendredi 25 juillet 1873

Allemagne, Kehl : passage des troupes lors du repli de l’armée d’occupation allemande en France.

La presse locale a publié ce communiqué : « 25 juillet 1873. De notre ville voisine Kehl, écrit le Niederheinische Kurier : le repli de la 4ème et 6ème division prussienne par Kehl et Heidelberg s’effectuera de la manière suivante et durera jusqu’au 11 août : Tous les jours trois trains chargés, soit 36 au total, passerons par notre gare locale pour transporter à chaque fois 1 500 hommes. Un train arrivera vers midi, un second vers 18 heures et un troisième vers minuit. Dans la très volumineuse remise à voitures, la troupe sera ravitaillée, une prestation qui a été prise en bloc par un consortium de commercçants locaux. Les trains militaires s’arrêteront ici pour environ une heure ».

 

Dimanche 27 juillet 1873

Allemagne, Strasbourg place forte & garnison : communiqué de l’administrateur municipale demandant de préparer l’hébergement de stroupes du 2 au 10 août 1873.

La presse locale a publié ce communiqué : « Mairie de Strasbourg « Bürgermeisteramt Strassburg ».

Hébergement de militaires « Einquartierung ». Je porte à la connaissance des habitants de la ville que durant la période du 2 au 10 août 1873 de cette année, plusieurs unités de l’armée d’occupation « Occupationsarmee », sur leur chemin de retour en provenance de la France, seront hébergées et nourries pour une courte période à Strasbourg. L’effectif des troupes de passage n’est pour le moment pas encore connu, mais il est prévu qu’il n’y aura que très peu de maison qui resteront libres. Je demande à chaque propriétaire de maison de préparer à temps l’hébergement, et je me permets de faire remarquer, que l’hérbegement sera au maximum de deux hommes par maison, et que la charge durera au maximum trois jours. Pour les propriétaires des maisons qui doivent héberger de sofficiers, nous apporterons des consignes particulières avant l’arrivée des troupes. Les troupes doivent être nourries pour toute la durée de l’hébergement ; le remboursement (des 7,5 Hgr par homme par jour) sera remboursé par la mairie. Strasbourg, le 25 juillet 1873. L’administrateur municipal « Bürgermeister-Verwalter ». J. A. v. Reichlin ».

 

Mardi 12 août 1873

Allemagne, Strasbourg, place forte : vente aux enchères de la cantine du chantier du fort de Lingolsheim.

Paru dans la presse locale : « Vente aux enchères d’une cantine. Le mardi 12 août 1873 matin à 9 heures, le notaire impérial Metz de Strasbourg, dans son bureau, Schlossergasse n°23, procédera à la vente aux enchères d’une cantine, située près du Fort Lingolsheim, appartenant à Monsieur F. Schiehlé de Strasbourg, 18 mètres de long, 7 mètres de large, avec cave montée en maçonnerie, des chaises « Pression Stühle », des tables et tous les ustensiles qu’elle contient. 6394. Metz, kais. Notar ».

 

Lundi 25 août 1873

Allemagne : Mutzig, manufacture d’armes : mise en vente.

La presse régionale a publié cette information : « Chronique locale. Depuis le 25 août, une des plus importantes anciennes usines de France, la manufacture d’armes de Mutzig, a changé de propriétaire. Mis en vente à la demande de 20 créanciers, tout l’établissement, comprenant en treize lots, les manufactures de Mutzig et celle de Framont, a été adjugé par le ministère de Me Ritleng ainé, notaire à Strasbourg, pour la somme de 500 000 francs, représentant la mise à prix, à M. Edouard Stromeyer, banquier à Bade. On ne sait pas encore quelle sera la destination ultérieure de ces établissements ».

 

1er septembre 1873

Lauterbourg, fortifications : convention de cession du terrain des fortifications.

La presse régionale nous livre cette information : « Lauterbourg, 1er septembre 1873. Une convention est intervenue aujourd’hui entre l’Etat et la ville de Lauterbourg relativement à la cession de la propriété du terrain provenant des fortifications à la ville, moyennant l’obligation de faire exécuter à son compte plusieurs travaux de démolition ».

 

Mardi 2 septembre 1873

Strasbourg, garnison : obligations militaires des Alsaciens-Lorrains.

La presse régionale a publié cet article : « Chronique locale. Strasbourg. La Patrie consacre ce matin un article à la situation faite à toute une catégorie de jeunes gens d’Alsace-Lorraine, engagés depuis les derniers événements dans les rangs de l’armée française. Il s’agit des mineurs qui ont laissé leurs parents en Alsace-Lorraine et qui, en vertu d’un acte d’émancipation, ont opté pour la nationalité française et se sont enrôlés sous le drapeau français. Or l’Allemagne a déclaré qu’elle ne reconnaissait valable l’option des mineurs que lorsqu’elle était accompagnée de celle des parents ou des tuteurs de l’optant. Tous ces jeunes gens, dont les parents sont demeurés sur le sol alsacien-lorrain et n’ont pas opté, sont donc considérés comme Allemands et l’Allemagne peut réclamer d’eux qu’ils servent sous les drapeaux. S’ils ne répondent pas à son appel, ils peuvent être considérés comme déserteurs. Dans une récente circulaire, dit La Patrie (Versailles, 22 juillet 1873), M. le ministre de la guerre a eu la douleur d’être forcé de rappeler aux mineurs natifs d’Alsace-Lorraine, qui font partie de notre armée à un titre quelconque, que la chancellerie allemande ne considère comme valables que les options faites par leurs parents ou tuteurs légaux. L’autorité allemande, ajoute la circulaire, exige même que les parents ou tuteurs des mineurs aient eux-mêmes valablement opté pour la nationalité française et aient fixé en France leur domicile. La Partie attribue la pénible situation des jeunes Alsaciens-Lorrains engagés dans l’armée française à M. Dufaure, ministre de la justice sous M. Thiers. On se rappelle, dit-elle, que sur la foi des déclarations formelles de M. Dufaure, ministre de la justice et garde des sceaux, l’interprète le plus autorisé de la jurisprudence internationale (circulaire du 30 mars 1872 et du 15 mai), une foule de jeunes gens d’Alsace et de la Lorraine avaient cherché un refuge sous le drapeau français pour conserver leur nationalité. On pourrait citer des régiments entiers, presque exclusivement formés de pareils engagés, qui, pour la plupart, n’ont pas encore atteint l’âge de la majorité. L’Allemagne, il est vrai, avait déclaré qu’elle ne considérait pas comme valable la nationalité acquise par l’engagement volontaire, tandis qu’elle admettait l’option des militaires et des marins au service, même mineurs. Mais aucune explication de la part de M. Dufaure n’était venue atténuer ou modifier la portée de ses déclarations antérieures ; il avait fait le silence absolu sur cette question et son interprétation avait acquis force de loi. Vainement on le pressa, sous les formes les plis vives, de faire partager officiellement au gouvernement prussien sa manière de voir ; ou, si la résistance de l’Allemagne était invincible, de faire au moins connaître aux intéressés leur véritable situation ; M. le garde des sceaux avait assez fait en maintenant en apparence les droits des Alsaciens-Lorrains ; il en laissait dorénavant l’application arbitraire à la merci de la Prusse, qui répondait à cette complaisance par sa facilité à accorder la libération du sol. Nous ne savons ce qu’il y a de fondé dans ces assertions et surtout dans cette dernière phrase, d’après laquelle les jeunes gens Alsaciens-Lorrains, et que, comme le dit la Patrie : « la malédiction des familles poursuive partout l’homme d’Etat égoïste qui a sacrifié les droits de nationalité de l’Alsace-Lorraine aux intérêts de sa population ». Ce que nous savons, c’est que les mineurs alsaciens-lorrains de l’armée française ont été avertis de leur pénible situation par les chefs de corps et que cette nouvelle a produit sur eux et sur leurs parents la plus douloureuse impression. Certains de ces jeunes gens avaient obtenus des grades, et un nombre très satisfaisant d’entre eux occupe déjà le rang de sous-officier. Pour ceux-ci e fait est doublement grave. Ils n’ont pas été renvoyés encore jusqu’à présent, si nos informations sont exactes, mais ils s’attendent à l’être d’un jour à l’autre. Il est absolument indispensable que la lumière soit complète sur cette importante question et nous sommes certain de nous rendre l’interprète de nombreuses familles alsaciennes-lorraines en priant le gouvernement français et le gouvernement allemand de publier les instructions les plus détaillées et les plus circonstanciées sur ce grave sujet ».

 

Mercredi 3 septembre 1873

Allemagne : Strasbourg garnison : adjudication de travaux pour l’atelier de fabrication de l’artillerie.

La presse régionale a publié cette adjudication : « Adjudication publique pour la fixation de gouttières et de descentes de gouttières sur le nouveau local des réservoirs et machines à vapeur de l’atelier local de construction de l’artillerie, le vendredi 3 septembre 1873, le matin à 11 heures, au bureau de la direction des constructions de garnison « Garnison-Bau-Direction », Brandgasse 11. Strasbourg, le 28 août 1873 « Kaiserliche Garnison-Bau-Direction ».

 

Dimanche 14 septembre 1873

Allemagne, armée d’occupation en France : fin de l’évacuation.

Une revue militaire française nous livre cette information : « Armée d’occupation. Fin de l’évacuation. Nous n’aurons plus, grâce à Dieu, à nous occuper de l’armée d’occupation. Les cinq milliards étant payés, Verdun a été évacué samedi 13 septembre, et aujourd’hui l’arrière-garde prussienne, après s’être reposée avant-hier et avoir couché hier à Etain, repasse la frontière nouvelle que nos revers nous ont forcé à subir. Ainsi se termine une des plus tristes périodes de notre histoire militaire ; il est permis d’espérer qu’elle sera pour nous féconde en enseignements et en résultats, car dans l’armée nul des survivants ne l’oubliera sans doute. Les enfants eux-mêmes survivants de nos provinces de l’Est conserveront la mémoire de ces jours néfastes de l’occupation et ils en profiteront comme soldats ».

 

Vendredi 19 septembre 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : incendie dans la cantine du Fort Fransecky.

Un journal local nous livre ce fait divers : « Robertsau, 20 septembre (1873). Hier soir à 19h30, un incendie se déclara dans la cantine de Monsieur Geißler au Fort Fransecky, qui réduisit en l’espace d’une demi-heure tout le bâtiment en cendre, encore avant que l’on ait sous la main une pompe à incendie. Monsieur Geißler qui était à Strasbourg pour des raisons commerciales, n’est revenu qu’à 22 heures, après que tous ses biens aient brûlés. Heureusement qu’il est assuré pour un montant de 24 000 francs par la société « La Patrie ». Une enquête est en cours ».

 

Mardi 21 octobre 1873

Allemagne, Strasbourg ville : travaux divers.

La presse régionale nous livre cette information : « L’agrandissement de la gare d’Austerlitz, ont on parle depuis plusieurs mois, est sur le point de prendre corps. Avant-hier et hier, la haie qui longe la voie, sur la droite de la route hors de la porte de l’Hôpital, a été rasée sur une longueur de plus de cent mètres, c’est-à-dire sur toute l’étendue du pré connu sous le nom de pré Steiner. On sait que le nom populaire de cette belle prairie rappelle celui qui en fut le créateur en y faisant conduire d’innombrables charretées de décombres prises en ville, destinées à rehausser ce bas-fond, le colonel de notre garde nationale, M. Steiner. Dès aujourd’hui quelques convois de terre doivent être amenés de l’autre côté du Rhin pour mettre les terrains nouvellement acquis, destinés à l’agrandissement de la gare, au niveau de la voie actuelle. C’est un rehaussement d’au-delà d’un mètre ».

 

Jeudi 23 octobre 1873

Allemagne, Berlin : départ à la retraite du maréchal de Roon.

La presse régionale d’Alsace-Lorraine nous livre cette information : « Strasbourg, 22 octobre 1873. Bulletin politique. La retraite de M. de Roon, dont il a été question bien des fois déjà, parait être aujourd’hui une chose arrêtée ; il se démettra non-seulement de ses fonctions de président du ministère, mais aussi des celles de ministre de la guerre. Cependant il n’y a encore rien de décidé quant à l’époque où s’accomplira cette modification ministérielle. On ignore si elle aura lieu seulement après l’adoption de la loi militaire ou plus tôt. La Gazette de Francfort incline pour la dernière supposition, puisqu’il n’est pas question d’une convocation prochaine du Parlement et que, par conséquent, l’adoption de la loi militaire se fera encore attendre assez longtemps. Toutefois il n’est pas présumable, comme d’autres le disent, que M. de Roon prendra sa retraite immédiatement après le retour de l’empereur de Vienne. Il gardera probablement ses fonctions jusqu’à ce que tous les arrangements relatifs à la nouvelle organisation du ministère prussien soient définitivement pris. D’après les bruits en circulation, il serait question de M. de Camphausen, ministre des finances, ou du comte d’Eulenburg, ministre de l’intérieur, placé alors sous la direction du chancelier de l’empire, le prince de Bismarck ».

Allemagne, Strasbourg ville : projet de nouvelle gare.

La presse régionale a publié cet article : « Strasbourg. On s’occupe toujours beaucoup d’agrandissement de la gare de notre chemin de fer et la construction de gares nouvelles. D’après les renseignements que nous avons pu nous procurer, il serait question de modifier complètement et d’une façon radicale tout le système de notre chemin de fer. Toutes les lignes seraient reconstruites de telle façon, aux environs de Strasbourg, que notre gare ne serait plus, comme jusqu’à présent, une tête de ligne, mais une gare de transit. En d’autres termes, la gare, au lieu d’être construite perpendiculairement à la ligne, sera parallèle à celle-ci ; les trains entreront par un bout et ressortiront par l’autre, de telle sorte qu’il ne sera plus besoin des manœuvres très-longues et assez compliquées, nécessaires aujourd’hui pour tous les trains allant par exemple, de Luxembourg à Bâle ou de Bâle à Cologne. Pour obtenir ce résultat, il faudra reporter la gare en avant, sur l’emplacement du rempart, par exemple, lequel, nous dit-on, serait avancé de 300 mètres environ. La gare se développerait sur toute l’étendue des remparts depuis la porte de Saverne jusqu’à la porte Nationale. Naturellement il y aurait à entreprendre un très-grand travail de raccordement de toutes les lignes, et tous les tracés seraient modifiés à une distance assez considérable. En outre, une seconde gare serait construite du côté du rempart des Juifs ; c’est là aussi que l’on installerait les ateliers de construction, les remises du matériel, etc. La ligne de Lauterbourg, aboutirait à cette gare, se reliant à la grande gare, qu’elle rejoindrait par un circuit contournant les remparts actuels. Enfin une autre ligne relierait cette gare à celle d’Austerlitz. De cette manière, Strasbourg serait complètement entouré par une ligne de chemins de fer. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que ce sont là, jusqu’à présent, des projets ; mais nous pouvons affirmer que les lignes générales de ce projet sont à peu près arrêtées dès à présent telles que nous venons de les esquisser ».

Allemagne, Strasbourg garnison : suite de l’homicide de la Halle aux blés

La presse régionale nous livre cette information : « Strasbourg. Nous apprenons de bonne source que l’instruction ouverte par les autorités contre le soldat Krämer, de la 1ère compagnie du 105e régiment, est close. Ce militaire, dans la soirée du 13 octobre, on le sait, a mortellement blessé d’un coup de fusil, pendant qu’il était à son poste de la Halle aux blés, la nommée Marie Jost, domestique. Il a été établi que Krämer, qui se trouve maintenant en état d’arrestation, n’était pas pris de boisson pendant son service. Il a fait un usage illégal de son arme, et pour le fait d’homicide par imprudence il a été déféré à la juridiction militaire compétente ».

 

Vendredi 24 octobre 1874

Allemagne, Gerstheim : projet de consolidation des digues du Rhin.

Un journal d’Alsace-Lorraine nous livre cette information : « Les populations riveraines du Rhin voient avec plaisir que depuis un certain temps l’administration des travaux du Rhin s’occupe très-activement de l’importante question (déjà entamée sous la France et non achevée depuis la guerre) de la rectification et de l’exhaussement des digues de défense contre les inondations. Des ingénieurs spéciaux se trouvent dans ce but, dans certaines localités, et il faut espérer que dans un avenir peu éloigné on verra terminer les travaux si utiles pour les populations agricoles de cette partie de l’Alsace, souvent si cruellement éprouvée par des inondations dont nous avons été les témoins ».

Allemagne, Rhinau : circulation sur le pont de Rhinau - Kappel.

Un journal d’Alsace-Lorraine nous livre cette information : « On nous écrit : « Dans un de vos derniers numéros vous avez parlé de la grande circulation que l’on remarque sur le nouveau pont de bateau entre Gerstheim et Offenheim. Je puis vous assurer que le pont entre Rhinau et Kappel, établi à la même époque que celui de Gerstheim, et qui cependant n’est distant de ce dernier que de 8 kilomètres, fournit aussi un très-grand contingent au point de vue des nombreux transports qui passent par notre localité, et prouve une fois de plus combien ces ponts étaient tous nécessaires pour les communications, sans que les uns nuisent aux autres. A l’appui de ce que je vous écris, les résultats officiels que l’administration fait prendre sur la circulation des ponts donnerait, j’en suis convaincu, parfaitement raison ».

Allemagne, Metz : démission du gouverneur militaire.

La presse d’Alsace-Lorraine nous informe : « Metz. La démission du gouverneur de notre ville, le lieutenant-général de Glümer, a été acceptée ; il est mis en disponibilité avec le titre de général d’infanterie. Comme gouverneur, il est remplacé par le lieutenant-général de Schmidt, et jusqu’à l’arrivée de ce dernier les fonctions de gouverneur sont remplies par le colonel Campe ».

 

Samedi 25 octobre 1873

Allemagne, Strasbourg fortifications : armement des forts.

La presse d’Alsace-Lorraine a publiée cette information : « On adresse à la Gazette de Carlsruhe la correspondance intéressante qui suit : « Depuis quelques jours notre ville a repris un air guerrier. Pour l’armement de plusieurs forts extérieurs maintenant terminés, de longues files de bouche à feu, de voitures de munition et d’autres objets nécessaires à l’établissement de fortifications, parcourent les rues de notre ville. Parmi les canons destinés particulièrement à l’armement des remparts, on rencontre surtout dans nos rues le canon en bronze de 12 centimètres et à culasse. En général une grande activité règne chez nous dans les constructions militaires ; les ateliers de l’arsenal ont été agrandis et le seront encore ; déjà maintenant près de 800 ouvriers y sont occupés. Prochainement quatre nouvelles casernes seront mises sous toit dans notre citadelle, qui de la sorte offrira six grandes casernes, sans parler de la vaste prison militaire et d’un très-grand magasin. Tout le régiment wurtembergeois n°126 doit aller occuper la citadelle. En dehors de ces bâtiments, la citadelle offre encore la « caserne des pigeons » ; en effet, on y entretient environ 500 pigeons voyageurs, dont le nombre doit être porté successivement au-delà de 1 000, et qui sont destinés, en cas de siège, à faire le service de la poste. A diverses reprises déjà, on a fait des expériences avec ces messagers aériens. D’abord on les a fait rentrer du Polygone distant de 1 ½ lieu ( ?) dans leur pigeonnier ; plus tard, on les a fait revenir de Bühl et de Rastatt. Lors des premiers exercices, tous les pigeons sont revenus ; si dans les courses postérieures, quelques-uns ne sont pas rentrés, c’est probablement qu’ils ont été abattus par des chasseurs. En effet, on a trouvé dans les plumes de quelques-uns des messagers revenus des traces de petit plomb. Prochainement se fera une grande expérience à partir de Würzbourg. On est très-curieux du résultat qui s’obtiendra, car pour ces grands voyages il s’agit de décider si la perte de 30 % admise jusqu’à présent est exacte ou non. Chaque pigeon portant sur sa plume caudale un monogramme et un numéro d’ordre, le contrôle en est facile et leur rapidité au vol peut facilement être constatée. Les pigeons les plus rapides sont réservés à la reproduction ».

Allemagne, Strasbourg fortifications : désignation de l’emplacement des forts de la rive droite.

La Schlesische Presse annonce que le général Kameke, lors de son passage à Strasbourg, a désigné les emplacements pour les trois nouveaux forts à construire à Kork, Bodersweier et Eckartsweier. Elle ajoute que les sept premiers forts de la rive gauche (forts Fransecky, Moltke, Roon, Prince royal, grand-duc de Bade, Bismarck et Prince royal de Saxe sont à peu près terminés et que les cinq autres seront terminés en été 1874.

 

Samedi 22 novembre 1873

Allemagne, Marine : lancement de la frégate Preussen

Une revue militaire française nous livre ces informations : « Lancement de la frégate Preussen. La frégate cuirassée, à tourelles tournantes, construite dans les chantiers de la société dite Vulcan sur le modèle du cuirassé anglais Monarch, a été mise à l’eau dans l’Oder, à Stettin, le 22 novembre dernier, en présence du prince royal et de la princesse Victoria, de leurs deux fils aînés et du ministre de la marine, le général von Stosch. La princesse royale l’a baptisée du nom de Preussen, qui remplacera celui de Borussia, qu’elle a portée jusqu’ici. La frégate Preussen est le premier cuirassé sorti des chantiers de l’Allemagne. Elle portera deux tours tournantes casematées, armées chacune de deux canons de 26 cm, de récente construction et pouvant se mouvoir à la main ou au moyen de machines à vapeur appropriées à cet objet. Deux autres pièces, chacune de 17 cm, seront placée à l’avant et à l’arrière ».

 

 

 

Sources

 

Auteurs divers : Archives, Service Historique de la Défense à Vincennes, documents de l’année 1873.

Auteurs divers : Elsässer Journal - Journal d'Alsace, journaux de l’année 1873. S2932.

Auteurs divers : Le Monde Illustré, publications de l’année 1873, journal hebdomadaire, Paris, 1873. S3252.

Auteurs divers : Le Temps, publications de l’année 1873. S0569.

Auteurs divers : Les Armées françaises et étrangères en 1874, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1875. S0209.

Auteurs divers : Revue Militaire de l’Etranger de l’année 1873. S0474.

Auteurs divers : Straßburger Zeitung und Amtliche Narichten für Elsaß-Lothringen, journaux de l’année 1873. S0156.

Burger Matthias : Die Bundesfestung Ulm, Deutschland grösste Festungsensemble ; autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2006. S2830.

Burger Matthias : Bundesfestung Ulm, Ein Führer durch die Festungsanlagen, autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2010. S2551.

Doise Jean : Histoire militaire de l’Alsace militaire, La défense du pays in Saisons d’Alsace n°87 de mars 1985, pages 41-42. S2534.

Frijns Marco, Malchair Luc, Moulin Jean-Jacques, Puelinckx Jean : Index de la fortification française 1874-1914, autoédition, 2008. S2757.

Gosch Frank : Festungsbau an Nordsee und Ostsee ; Die Geschichte der Deutschen Küstenbefestigung bis 1918, Mittler & Sohn, Hamburg, Berlin, Bonn, 2003. S2938.

Lacoste Werner : Die Reichsfestung Straßburg 1871-1914 in Fortifikation Sonderausgabe 3, 4. Auflage, Studienkreis Interfest e.V., 1998.

Le Hallé Guy : Le système Séré de Rivières ou le témoignage des pierres, Ysec, 2001. S1253.

Rolf Rudi : Die Deutsche Panzerfortifikation. Die Panzerfesten von Metz und ihre Vorgeschiche ;

1991 ; Biblio Verlag, Osnabrück. S0081.

Schulze Manfred P. : Fort Hahneberg. Das einzige Aussenfort der Festung Spandau ; Heimatkindliche Vereinigung Spandau 1954 e.V. Förderkreis Museum Spandau, Berlin 2004. S1897.

Tempelman Lex & Will Chris : De Nieuwe Hollandse Waterlinie, 2009.

Theile Markus : Das Fort Oberer Kuhberg, autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2014.