Chronique historique du Fort Grossherzog von Baden - Fort Frère

 

Dernière mise à jour : 4 décembre 2019

 

Auteurs des photographies et source des documents, plans et illustrations :

 

1er régiment du génie = 1°RG

BA = Brauch André

BP = Burtscher Philippe

CESFS = Cercle d'études et de sauvegarde des fortifications de Strasbourg

MJR = M-J. Richard

 

Chroniques historiques du Fort V - Fort Baden - Fort Frère

 

L’histoire des forts de Strasbourg et plus particulièrement celle du Fort Frère vous est présentée ici sous la forme de chronique. En effet, l’état du fort en 1875 est tout à fait différent de celui de 1914. Son histoire évolue constamment, et est profondément modifiée environ tous les dix ans. Par ailleurs, au fil des recherches, des données nouvelles pouvant s’ajouter, il s’avère que c’était le moyen le plus simple de vous présenter les faits historiques plus détaillés ayant un rapport avec ce fort. Attention toutefois aux informations générales données par la presse qui comportent souvent des erreurs et des approximations. Seuls les communiqués officiels contiennent les informations les plus fiables. Par ailleurs, il ne faut pas oublier de gratter la couche de nationalisme de l'époque, autant du côté français qu’allemand. Mais je laisse volontairement ces textes qui vous permettent de plonger dans l’ambiance de l’époque. Bon voyage au XIXe et début du XXe siècles.

 

Dimanche 26 février 1871

Allemagne-France : conclusion du traité préliminaire de paix.

La guerre de 1870-71 s’est achevée par une défaite de la France et la signature du traité préliminaire de paix le 26 février 1871. Ce traité prévoit de céder les territoires de l’Alsace (hormis le territoire de Belfort), de la Moselle et de deux cantons des Vosges au nouvel empire allemand.

 

Lundi 20 mars 1871

Allemagne, Alsace-Lorraine : création du 15e corps d’armée allemand « XV. Armee-Korps ».

Ordonnance impériale « A.K.O. » relative à la création du 15e corps d’armée allemand « XV. Armee-Korps », stationné en Alsace-Lorraine. Ce sont des troupes de ce corps d'armée qui assurent la garde du Fort Grossherzog von Baden, actuel Fort Frère.

 

Mercredi 5 avril 1871

Allemagne, Strasbourg place forte : le projet de ceinture de forts détachés évoqué par la presse locale.

La presse locale a publié l’article suivant au sujet du projet de construction des nouvelles fortifications : « Nous apprenons au sujet des nouvelles fortifications de Strasbourg que la ligne de défense s’étendra à une distance de 7 000 pas autour des remparts actuels jusqu’au Rhin et comprendra Kehl, Mittelhausbergen, d’où la ville a été bombardée, deviendra un point principal, et un des plus grand fort y sera établi. Au nord les fortifications s’étendront jusqu’à Hœnheim, au sud jusqu’à Illkirch. Les pièces actuelles n’ayant guère d’effet à une distance de plus de 8 000 pas, mais pouvant être rarement placées plus près qu’à 2 à 3 000 pas des forts, il sera impossible de bombarder Strasbourg. Quelques îles du Rhin seront également fortifiées, de sorte que l’investissement même de cette place de guerre serait très difficile. La ligne avancée se composera d’une vingtaine de forts et d’ouvrages. Ce serait alors au camp retranché, une place de guerre qui ne pourrait être comparée qu’à la place de Metz ».

 

Vendredi 5 mai 1871

Allemagne, Alsace-Lorraine places fortes : Mémoire sur les fortifications de Strasbourg et de Neuf-Brisach.

Le général von Moltke, chef de l’état-major général de l’empire d’Allemagne, rédige un mémoire concernant les fortifications de Strasbourg et Neuf-Brisach. Avec ce mémoire on aurait pu croire que la place de Neuf-Brisach est aussi importante que Strasbourg, mais ce ne sera pas le cas. Dans ce mémoire Moltke opte à nouveau pour l’abandon de toutes les places fortes non indispensables pour transférer le maximum de forces à l’armée de campagne. Il souligne aussi, que d’après les enseignements tirés du dernier conflit, il est impératif de protéger les voies ferrées indispensables au ravitaillement de l’armée, par des places fortes, ce qui ne signifie pas qu’il faille construire des forts d’arrêts mais qu’il faut faire passer les lignes de chemin de fer par les grandes places fortes installées le long des cours d’eau, des places qu’il faudra agrandir en les dotant de forts détachés.

 

Mercredi 10 mai 1871

Allemagne-France : conclusion du traité de paix à Francfort.

Conclusion de la paix entre la France et le nouvel Empire allemand. Signature du Traité de Francfort entre le gouvernement français et le nouvel Empire allemand. L’Alsace (hormis Belfort) et une partie de la Lorraine et deux cantons vosgiens sont cédés à l’Allemagne. Le nouvel empire allemand doit désormais intégrer les forteresses des territoires nouvellement annexés dans son système de défense.

 

Jeudi 1er juin 1871

Allemagne, Alsace-Lorraine places fortes : Conférences au sujet des futurs emplacements à fortifier.

Le 1er juin 1871, le général d’infanterie, chef d’état-major de l’armée, comte de Moltke, et le général de division « Generallieutnant » von Kamecke, directeur du génie, après avoir assisté à plusieurs conférences avec le chancelier, le prince de Bismarck et le ministre d’Etat Delbrück, se sont rendus en Alsace-Lorraine pour inspecter et désigner les positions à fortifier dans les provinces nouvellement acquises.

 

Vendredi 2 juin 1871

Allemagne, Alsace-Lorraine places fortes : Inspections des futurs emplacements à fortifier.

Le chef du Haut Etat-major de l’armée impériale allemande, le comte de Moltke commence sa visite en Alsace pour déterminer les positions à fortifier. On résume que son voyage a pour but une inspection des positions à fortifier dans ces contrées.

 

Lundi 26 juin 1871 / Montag den 26. Juni 1871

 

Allemagne, Strasbourg place forte : Expertise de la commission de défense du territoire sur les fortifications de Strasbourg.

La commission de défense du territoire « Landes-Verteidigungs-Kommission » du nouvel empire allemand a publié le 26 juin 1871 une expertise relative aux nouvelles fortifications de Strasbourg. Ce mémoire a été évoqué en 1935 par le commandant « Major » en retraite Grabau dans l’ouvrage : Das Festungsproblem in Deutschland. Il avait trouvé cette information dans les anciennes archives à Berlin. Malheureusement nous n’avons pas connaissance du texte de cette expertise qui a entraîné la décision de l’empereur d’Allemagne de faire construire les nouvelles fortifications de Strasbourg.

Deutches Reich, Festung Straßburg : Gutachten der Landes-Verteidigungs-Kommission.

Die Landes-Verteidigungs-Kommission hat am 26. Juni 1871 ein Gutachten über die neue Festungen in Straßburg erstellt. Dieses Gutachten wurde in dem Buch von Grabau, Das Festungsproblem in Deutschland von 1933 erwähnt. Er hatte diese Information im ehemalige Reichsarchive in Berlin gefunden. Leider kennen wir nicht den Inhalt von diesem Gutachten mit dem die Entschaidung vom Bau der neuen Festungen von Straßburg vom Laiser genommen wurde.

 

Octobre 1871

Allemagne, Strasbourg place forte : piquetage des emplacements des futurs forts détachés.

Matérialisation de l’emplacement des forts par la mise en place de piquets et de perches en bois représentant le profil de chaque ouvrage.

 

Dimanche 5 novembre 1871

Allemagne, fortifications : révision du nouveau projet de défense du territoire.

Le mémoire du comte de Moltke chef de l’état-major général allemand incite le cabinet de l’empereur à publier une nouvelle ordonnance impériale « A.K.O. » le 5 novembre 1871 pour demander de réviser et de présenter à nouveau le projet de défense du territoire à la commission de défense du territoire.

 

Vendredi 17 novembre 1871

Allemagne, Strasbourg place forte : ordre impérial de construction des nouvelles fortifications.

L’acte de naissance officiel et secret à l’époque relatif à la construction des ouvrages de la ceinture fortifiée de Strasbourg est l’ordonnance impériale du 17 novembre 1871 : « J’ordonne au ministère de la guerre, conformément à l’expertise de la commission de défense du territoire du 26 juin, de ceinturer la forteresse de Strasbourg de forts détachés de telle sorte que la ville soit à l’abri d’un bombardement, et de réaliser ces ouvrages le plus rapidement possible. Entre autres, il faudra également planifier et entreprendre bientôt une extension de la forteresse, au niveau du front Nord. Pour débloquer les fonds nécessaires à ces nouveaux ouvrages, le ministre de la guerre doit entrer en contact avec le chancelier de l’Empire, à condition de financer l’agrandissement de la forteresse avec l’argent provenant de la vente des terrains de construction provenant des anciennes fortifications, mis à la disposition de la ville. Berlin, le 17 novembre 1871. Au ministère de la guerre. Wilhelm Graf von Roon ».

 

Vendredi 21 novembre 1873

Allemagne, Strasbourg et Metz, places fortes : informations diverses concernant ces deux places.

Une revue militaire française a repris des articles de la presse allemande pour nous donner quelques informations diverses sur les places fortes de Strasbourg et de Metz : « Alsace-Lorraine. Forts de Strasbourg. On lit dans la Gazette d’Augsbourg et dans la Journal de l’Allemagne du Nord que le général Kameke, deuxième ministre de la guerre, et antérieurement inspecteur général du génie, a désigné, pendant son séjour à Strasbourg, les emplacements des trois nouveaux forts qui doivent être construits sur la rive droite du Rhin, autour de Kehl, à Bodersweier, Kork et Eckardsweier. Quant aux douze forts sur la rive gauche du Rhin, que l’Empereur a baptisé en septembre dernier, les sept premiers, Fransecky, Moltke, Roon, Prince Royal, Grand-Duc-de-Bade, Bismarck et Prince-Royal-de-saxe, sont sur le d’être terminés ; les cinq autres seront achevés plus tard, et probablement pas avant l’été de 1874. Tous les forts de Strasbourg sont placés à six kilomètres environ de la ville, avec un intervalle de trois kilomètres entre chacun d’eux. Le terrain entre les forts sera occupé par des batteries supplémentaires de 8 pièces (12 ou 24 rayé), dont les terrassements seuls seront exécutés en temps de paix. Le flanquement des fossés à eau sera obtenu par des caponnières étanches qui sont en ce moment en construction, et qui seront blindées avec des plaques de fer crénelées. Probablement, jusqu’en 1875, les forteresses d’Alsace-Lorraine conserveront leur armement en matériel français (24 de siège, 12 de place, se chargeant par la bouche), jusqu’à ce que l’on ait construit un matériel prussien suffisant pour pouvoir se passer du matériel français. Mais les forts détachés autour de Strasbourg et de Metz recevront tout de suite, outre les pièces de flanc et les mortiers français, du matériel exclusivement prussien ».

 

Jeudi 21 décembre 1871

Allemagne, fortifications : loi concernant la restriction des droits de propriétaires aux alentours des forteresses.

Pour garantir l’absence d’obstacles au niveau des champs de tir autour des ouvrages de fortification, on a voté en Allemagne la loi du 21 décembre 1871 concernant la restriction des droits de propriétaires aux alentours des forteresses. Cette loi connue sous la dénomination de « Rayongesetz » (loi du rayon de fortification), fixe 3 rayons de fortification aux alentours des ouvrages, à 600, 975 et 2 250  mètres, à l’intérieur desquels la construction était sévèrement réglementée voir même interdite. Les litiges concernant ces rayons, ainsi que le passage des routes et des voies ferrées ou l’aménagement de digues étaient soumis à l’examen de la commission impériale de rayon, à laquelle participait un officier prussien et un bavarois du corps du génie.

 

Mercredi 7 février 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : complément d’informations concernant l’adjudication de la construction des forts détachés II à VI.

Le service des fortifications de Strasbourg « kaiserliche Fortification » publie un complément d’informations dans la presse locale au sujet de l’adjudication des forts II à VI à Strasbourg. Les matériaux pour la construction des forts doivent être récupérés à Phalsbourg (démantèlement des anciennes fortifications) et dans les carrières de l’administration militaire. Cela fait l’objet d’une adjudication particulière, à laquelle pourront participer les consortiums, qui ont gagné l’adjudication de construction des forts. La construction d’une voie de chemin de fer de liaison permettra de transporter ces matériaux jusqu’aux chantiers. Pour l’adjudication future de l’exploitation de l’arasement de la place forte de Phalsbourg et pour l’éventuelle installation du chemin de fer de ceinture, aucune restriction n’est imposée, à part la nécessité de fournir des attestations de bonne exécution des contrats précédents délivrés par les autorités aux entrepreneurs.

 

Lundi 12 février 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : adjudication de la construction des forts II à VI.

Les travaux de construction des cinq premiers forts de Strasbourg ont été adjugés le 12 février 1872 à 10 heures à différents consortiums d’entrepreneurs. Il s’agit de la construction de cinq forts à fossés secs : le Fort Reichstett, le Fort Mundolsheim, le Fort Niederhausbergen, le Fort Oberhausbergen et le Fort Wolfisheim. Cette adjudication qui comporte trois grands forts et deux forts de taille moyenne. Un grand fort comme le Fort V ou Fort Oberhausbergen nécessite environ 240 000 m3 de terrassement et 100 000 m3 de maçonnerie. La construction de ce fort a donc été à priori adjugé au consortium d’entrepreneurs August Pasdach & Cie. Au cours de l’année 1872, commencera également le chantier du Fort VII dont on a trouvé aucune adjudication. Les forts doivent être construit dans un délai de deux à trois ans.

Annonce officielle paru dans un journal local

Mercredi 21 février 1872

Allemagne, Alsace-Lorraine, fortifications : entrée en vigueur en Alsace-Lorraine de la loi concernant les restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresse.

Loi du 21 février 1872, relative à l'introduction et à l'application en Alsace-Lorraine de la loi impériale du 21 décembre 1871, concernant les restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresses. Le champ d'application de la loi impériale du 21 décembre 1871, concernant les restrictions à la propriété aux alentours des forteresses, sera étendue à l'Alsace-Lorraine à partir de sa date de publication. Signé et muni par du sceau impérial, à Berlin, le 21 février 1872. Wilhelm et Fürst von Bismarck. Voici quelques détails concernant cette loi.

Loi relative aux restrictions appliquées à la propriété aux alentours des forteresses.

Le droit de propriété, sis à proximité d'ouvrages de fortifications existants ou à construire, est soumis à des restrictions permanentes énoncées dans la présente loi. Après avoir constaté la nécessité de ces restrictions, le terrain situé aux environs des fortifications est divisé en trois zones portant la dénomination suivante : « Erster, zweiter, dritter Rayon » (Premier, deuxième, troisième rayon).

Dans les forteresses qui ont plusieurs lignes de fortification, le terrain, compris entre deux lignes de fortification, constitue une zone intermédiaire dénommée « Zwischenrayon ». Dans les places munies d'une citadelle, le terrain, frappé de servitude en avant des ouvrages des fronts de la ville, prend le nom « Esplanade » (esplanade). Les rayons des zones se mesurent à partir des angles saillants du chemin couvert de la crête de glacis, de la crête du talus de contrescarpe ou, en l'absence de fossé, de la ligne de feu des parapets ou du pied du mur crénelé.

La première zone « Erster Rayon » embrasse :

1° dans toutes les places fortes et dans les forts détachés à construire, un espace de 600 mètres ;

2° dans les forteresses bâties le long d'un cours d'eau et dont la gorge est fortifiée, l'espace compris entre cette gorge et la berge.

La deuxième zone « Zweiter Rayon » comprend le terrain sis entre la limite de la première zone et une ligne située à 375 mètres en avant.

Les forts détachés n'ont pas de deuxième zone, mais le terrain, qui s'étend depuis la limite de la première zone jusqu'à une distance de 1 650 mètres, est soumis aux servitudes propres à la troisième zone « Dritter Rayon ».

La troisième zone « Dritter Rayon » comprend, dans toutes les places fortes, le terrain situé au-delà de la limite de la deuxième zone et jusqu'à une distance de 1 275 mètres.

Les zones intermédiaires « Zwischenrayon » se subdivisent en zones simples « Einfache » et zones rigoureuses « Strenge ». La zone rigoureuse embrasse le terrain situé entre l'enceinte intérieure et une ligne menée à 75 mètres en avant. La zone simple commence au-delà.

Lors de l'établissement de nouvelles fortifications, les deux premières zones, les esplanades ou zones intermédiaires sont mesurées par le commandant de la place, avec le concours des agents de la police, en présence des autorités locales et des propriétaires. Les limites sont indiquées par des bornes.

A partir de ce moment, les terrains sont soumis aux servitudes indiquées dans la présente loi. Aussitôt après l'arpentage des zones « Absteckung der Rayonlinie », le commandement doit établir un plan terrier « Rayonplan » et une matrice cadastrale « Rayon Kadaster » des zones. Le plan terrier donne la délimitation exacte des zones, la position et le numéro des bornes, ainsi que la nature et le genre d'exploitation des parcelles englobées.

La matrice comprend :

1° Les noms des propriétaires des parcelles.

2° La description de l'état des lieux, la date de l'établissement des bâtisses et constructions situées dans les deux premières zones et dans les zones intermédiaires.

3° Des notes sur les droits des propriétaires à une indemnité en cas de démolition. Etc.

En résumé, pour un fort détaché nous avons :

Un premier rayon jusqu'à 600 mètres autour du fort. Un troisième rayon, allant jusqu'à 1 650 mètres de la limite précédente.

Allemagne, Strasbourg fortifications : Réduction des projets des fortifications.

Dans les directives de l'inspection générale royale du 21 février 1872, signées par général von Biehler, les restrictions demandées sont encore plus importantes, comme avec les fonds prévus il faut également financer la construction de la route de liaison entre les forts eux-mêmes et l'enceinte, ainsi que les lignes télégraphiques. En tenant compte de ces nouvelles directives, les projets de construction doivent être revues à la baisse pour respecter les montants maximums suivants :

Pour un grand fort, de 550 000 à 560 000 thalers ;

Pour un petit fort, de 450 000 à 460 000 thalers.

Voici les directives particulières fixées par l'inspection générale et le département général de la guerre concernant les modifications à apporter au projet :

1). Réduction des effectifs de l'infanterie en tenant compte du fait que les personnels de l'artillerie de forteresse, qui sont équipés d'un fusil, peuvent également être employés pour une mission d'infanterie ;

2). Limitation par le service des fortifications des demandes de l'officier de la place, qui concernent la surface des locaux pour le stockage des réserves etc., de même que ceux de l'artillerie de forteresse et du service des fortifications ;

3). Réduction des capacités de stockage des magasins à poudre, et construction d'un seul laboratoire au lieu de deux prévus initialement ;

4). Remplacement du revêtement de l'escarpe par un mur d'escarpe détaché ;

5). Réductions éventuelles des locaux de stockage des vivres en prenant comme base de calcul une réserve de 6 semaines ;

6). Procéder à une modification structurelle du bâtiment en regroupant tous les locaux d'habitation en un corps de casemate à 2 étages au niveau de la gorge. A cela s'ajoute d'autres mesures que comme la réduction de l'effectif de l'infanterie. Par ailleurs ce document émet des préconisations particulières pour chaque fort détaché. Pour le projet de Fort V il a été demandé que la face gauche soit légèrement reculée et ceci jusqu’au niveau de l’alignement du fort IV, pour réduire la position en pointe sur la vallée du « Morbach ». Remarque : il semble que certaines directives n’ont pas été appliquées à la lettre.

 

Lundi 26 février 1872

Allemagne, Strasbourg et Metz, fortifications : application de la loi du « rayon de fortification » aux places fortes de Metz et de Strasbourg.

La presse locale a publié ce communiqué officiel : « Sur la base de l’article 35 de la loi impériale concernant les restrictions apportées aux propriétés aux alentours des fortifications, du 21 décembre 1871 (Bulletin des lois impériales, 1871, n°51, paragraphe 459, bulletin de loi d’Alsace-Lorraine 1872, n°8, paragraphe 133), nous portons à la connaissance du public que l’agrandissement des places fortes de Metz et de Strasbourg et la mise en application des servitudes est prévue. Berlin, le 26 février 1872. Le Chancelier d’empire Fürst v. Bismarck ».

 

Mars 1872

Allemagne, Strasbourg fortifications : relevés de terrains sur la future ceinture de forts détachés.

Les gardes du génie « Wallmeister » effectuent des relevés de terrain pour dresser des plans détaillés des communes soumises aux servitudes du rayon des fortifications. Ces relevés concernent dans un premier temps les environs des futurs ouvrages de la ceinture des forts détachés de Strasbourg qui seront construits sur la rive gauche du Rhin.

 

Vendredi 8 mars 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : la presse publie un article sur le projet.

Les journaux extérieurs à la ville ont écrit : « Comme nous l’avions déjà annoncé, la construction des nouveaux forts va bientôt commencer. En liaison avec ce remodelage des fortifications, il y a l’agrandissement de la ville, qui sera mené en même temps que les projets de nouveau canal et d’installations de voies ferrées. Les plans de ces projets sont examinés en ce moment par l’administration municipale, et en général ils devraient obtenir une approbation unanime. Que ce projet prévu sur les plans prévoie de commencer par la construction des ouvrages de fortification dans un premier temps n’est pas surprenant ! Car c’est seulement lorsque les ouvrages de fortification chargés d’assurer la sécurité contre un bombardement de la ville seront achevés que l’on pourra démolir l’étroit corset de fortification qui enserre la ville. Les chantiers pour les cinq forts détachés les plus importants, c’est-à-dire ceux de Wolfisheim, Niederhausbergen, Oberhausbergen et Reichstett sont désormais prêt, d’ailleurs les adjudications pour la construction de ces ouvrages ont été attribuées le 12 février 1872. Au cours des années suivantes, l’adjudication des autres forts sera réalisée, on parle d’ailleurs que ce sont 12 forts qui seront érigés et ils seront reliés entre eux par une ligne de chemin de fer. Naturellement la réalisation de tels ouvrages va mobiliser d’énormes moyens : ce sera l’occasion de vérifier si la fameuse pingrerie allemande est toujours d’actualité « deutsche Sparsamkeit ». De temps en temps, ce système économique s’est avéré efficace, en arrivant à réaliser des ouvrages de fortification aux prix fixés sans surcoût. Les personnels concernés peuvent être fier de ce résultat alors que l’on avait préconisé le contraire. L’administration civile a projeté la construction d’un canal de Strasbourg à Lauterbourg ainsi que des travaux pour rendre le Rhin navigable en amont de Strasbourg, ce qui permettrait d’augmenter sa de défense et facilitera son agrandissement, et grâce à cette coopération la main dans la main que l’on a les meilleurs espoirs pour la sécurité et le développement de Strasbourg ».

 

Mardi 19 mars 1872

Allemagne, Strasbourg et Metz, places fortes : la presse allemande publie un article sur les projets.

Article de presse de la Lorraine allemande. « La construction des forts de Strasbourg commencera bientôt à grande échelle, ceux de Metz – où il s’agit d’achever les travaux commencés par les Français en 1866 et 1867, et qui n’ont pas été achevés- sont menés avec vigueur depuis le début de l’année. Pour ce faire une idée sur le volume de ces travaux, les entrepreneurs qui ont reçu le droit d’exploiter des carrières de grès, font extraire chaque jour 100 charrettes de pierres de taille qui sont acheminées à partir des Vosges vers les chantiers avec le chemin de fer. De plus, on procède également à la reconstruction des maisons endommagées, alors qu’à Strasbourg, de nombreux bâtiments ne sont encore que des tas de gravats, mais peut-être que l’agrandissement de cette ville commencera bientôt. Mais également dans les autres villes, comme Mulhouse par exemple, où les chantiers de construction dureront de nombreuses années si bien que les salaires ont rapidement augmenté et sont d’ailleurs toujours à la hausse. Rien n’a été décidé pour la construction de fortifications qui feraient le contrepoids face à Belfort, cependant il semble que les matériaux qui seront utilisés à Strasbourg ne viendront pas seulement de Phalsbourg mais également de Sélestat ».

Remarque : la place forte de Sélestat n’est arasée qu’à partir de 1874. Jusqu’à présent nous n’avons trouvé aucun document qui confirme l’utilisation des pierres de Sélestat pour les nouvelles fortifications de Strasbourg.

 

Lundi 25 mars 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Réduction des projets des fortifications de Strasbourg.

Comité des ingénieurs. Section 3. Berlin, le 25 mars 1872. Expertise concernant la réduction des projets des fortifications de Strasbourg pour les forts II à VI. 15 janvier 1872.

Rendu à la suite de la disposition du département royal général de la guerre « Allgemeinen Kriegs Departement » et de l’inspection générale royale du corps des ingénieurs et des fortifications. Suite aux données fournies par le département général royal de la guerre, de la somme initiale de 10 millions de thaler pour les forts de Strasbourg, il ne reste plus que 7 millions de thaler, y compris pour l’acquisition des terrains, si bien qu’il est nécessaire de procéder à des réductions conséquentes sur le base des directives présentées ci-dessous, et d’autant plus qu’avec cette somme, il faudra également couvrir les coûts des batteries intermédiaires qui devaient être érigées en construction permanente. Le département royal a calculé en tenant compte de ces impératifs, que le montant maximum à accorder pour la construction d’un grand fort s’élève à 750 000 thalers au lieu des 1 million de thalers prévu initialement dans le projet, et de 500 000 thalers pour un petit fort.

Allemagne, Strasbourg place forte : réalisation d’un plan de masse du Fort V.

Le Comité des Ingénieurs de l’empire allemand à Berlin fait réaliser un plan de masse à l’échelle 1/500e du Fort V portant l’inscription : « Ingénieur Comité » Comté des ingénieurs, « Fort V Oberhausbergen », « Gehörig zum Gutachten vom 25. März 1872 ». Il s’agit d’un plan projet accompagnant l’expertise du 25 mars 1872. Le plan ne comporte aucune signature. Nous avons constaté que ce plan présente quelques différences notables avec ce qui a été réellement construit, notamment au niveau du nombre de pièces de la caserne de gorge.

Extraits du plan susnommé : aile droite du bloc de casemates du saillant.

Collection CESFS. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Extraits du plan susnommé, détail : aile droite du bloc de casemates du saillant.

Collection CESFS. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Extraits du plan susnommé, détail : bloc de casemates d’artillerie sous la face gauche.

Collection CESFS. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Extraits du plan susnommé, détail : aile droite de la caserne de gorge.

Collection CESFS. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Mardi 2 avril 1872

Allemagne, Lutzelbourg : Augmentation du trafic sur le canal et projet de transporter les pierres des fortifications de Phalsbourg vers Strasbourg.

Un journal de Strasbourg nous livre ces informations : « Du canton de Lutzelbourg, 2 avril 1872. Le 30 mars 1872, un feu de forêt s’était déclaré dans la forêt communale de “Büst”, mais il a été circonscrit dès le début par les habitants. La circulation fluviale sur le canal est déjà très soutenue comme jamais, et cela risque encore d’augmenter puisque les pierres de taille prélevées lors de l’arasement des fortifications de Phalsbourg seront acheminées à Strasbourg pour servir de matériaux de construction pour la construction des nouveaux ouvrages de fortification ».

 

Jeudi 11 avril 1872

Allemagne, Strasbourg, place-forte : Déclaration de l’urgence de la construction des nouvelles fortifications dans le cadre de la procédure d’expropriation.

Pour permettre l’expropriation des terrains situés sur la rive gauche du Rhin, conformément aux lois françaises encore en vigueur en Alsace-Lorraine, l’empereur Allemand Guillaume 1er signe une ordonnance autorisant les expropriations des terrains pour la construction des futurs forts détachés de Strasbourg sur la base de la loi sur les expropriations pour le bien public du 3 mai 1841 et de la loi sur l’expropriation et de la réquisition temporaire de bien privés dans le but de la construction urgente d’ouvrages de fortification du 30 mars 1831. Voici la traduction intégrale de ce texte : « Nous Wilhelm, Empereur d’Allemagne et Roi de Prusse par la grâce de Dieu, nous ordonnons pour l’Alsace-Lorraine au nom de l’Empire d’Allemagne, à la requête du Chancelier d’Empire et sur la base de la loi sur les expropriations pour le bien public du 3 mai 1841 (Bulletin des lois 9, série n°9285) et de la loi sur l’expropriation et de la réquisition temporaire de bien privés dans le but de la construction urgente d’ouvrages de fortification du 30 mars 1831 (Bulletin des lois 9, série n°98), ce qui suit : Conformément à l’intérêt public de la nécessité urgente d’agrandir les fortifications de Strasbourg, conformément au plan qui nous est présenté, les autorités chargées des travaux peuvent, par cette ordonnance, acquérir les parcelles de terrain nécessaires par des expropriations. Avec notre haute signature manuscrite et le cachet impérial ; A Berlin, le 11 avril 1872. Signé Wilhelm. Par ordre pour le Chancelier d’Empire, signé Delbrück. Ordonnance rendue publique, à Strasbourg le 17 avril 1872. Signé von Möller ».

 

Vendredi 12 avril 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction des nouvelles fortifications.

Nouvelles locales et provinciales. Strasbourg le 12 avril 1872. De Strasbourg, d’après la « Spener’schen Ztg. » à propos de la construction des ouvrages de fortifications” : « La ville doit être munie d’une ceinture de 18 forts distants en moyenne d’environ d’une lieue « Meile » de l’enceinte de la ville. Dans un premier temps la construction de 5 forts au nord-ouest va être commencée, et l’exécution de ces travaux à été adjugée à plusieurs consortiums de maître maçons. La construction de ces 5 premiers forts doit être complètement achevée au 1er avril 1875. Les plans délivrés aux entrepreneurs sont assez succins, la réalisation des dessins de détail reste à leur charge, bien que les plans délivrés soient déjà de grande qualité. Ces consortiums commencent à présent à ériger sur les emplacements des futurs chantiers un certain nombre de logements et même des cantines pour les colonies de travailleurs d’une capacité d’environ 800 à 1 000 personnes. Ces derniers viendront essentiellement de l’ancienne Allemagne « Alt-Deutschland », puisque les Alsaciens ne veulent pas s’adonner librement à ces travaux. Seulement après l’achèvement de ces 5 forts que l’on commencera la construction des 13 autres, et là seulement, lorsqu’ils seront tous terminés, alors que le coût global est estimé entre 30 et 40 millions de Thaler, commencera la démolition des anciennes fortifications ». Remarque : on ne construira que 14 forts détachés autour de Strasbourg.

 

Mai 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Corrections apportées à l’emplacement des forts détachés.

En mai 1872 le général von Biehler a apporté des corrections au piquetage sur le terrain de l’implantation des forts n°II à VII.

 

Mercredi 29 mai 1872

Allemagne, Strasbourg, place forte : Chemin de fer de ceinture pour la construction des nouvelles fortifications.

La presse locale a publié à plusieurs reprises cette offre d’emploi : « Cherche travailleurs. 200 terrassiers et poseurs de rails, travailleurs consciencieux, qui trouveront un emploi pour une durée assez longue sur le chantier du chemin de fer de ceinture « Ringbahn », allant du canal de la Marne au Rhin « Marne Canal » à Souffelweyersheim, Mundolsheim, Oberhausbergen et Niederhausbergen, pour un très bon salaire. L’entrepreneur Rauschert & Becker ».

 

Jeudi 27 juin 1872

Allemagne, Strasbourg, place forte : Travaux des nouvelles fortifications.

Un journal de Strasbourg a repris et publié cet article : « Strasbourg le 27 juin 1872. Le journal de Vienne Neue Freihe Presse écrit d’ici : « Des forts qui doivent transformer notre ville en place forte de 1er rang, depuis quelques temps les travaux de certains d’entre eux ont été pris à bras le corps, et plus précisément les deux, qui couronnent les Hausbergen, une croupe de terrain allongée fort imposante, situé environ sur la ligne entre Strasbourg et Saverne. C’est seulement après l’achèvement des forts que l’on commencera l’extension de la ville qui est d’ailleurs fort attendue, une date surveillée par l’association de promotion de la construction « Bauverein » qui vient d’être créé. Cette association d’entre aide doit aider les familles dans l’acquisition des logements, en leur permettant de payer par fractions ces investissements. D’ailleurs, le manque de logements actuel sera bientôt résorbé, puisque dès cet automne on aura reconstruit la plupart des immeubles détruits lors du siège ».

 

Lundi 1er juillet 1872

Allemagne, Strasbourg, place forte : Travaux des nouvelles fortifications.

De l’Alsace le journal « Deutsche Presse » publié à Francfort a écrit sur les fortifications de Strasbourg : « Au Strasbourg, 1er juillet 1872. Au nord entre l’Ill et le Rhin l’enceinte de la ville, qui reliera à 3 kilomètres l’actuel front jusqu’au canal, sera avancée de telle façon, que les belles promenades entre la Robertsau et la place de la Robertsau seront incluses dans l’enceinte. C’est à cet endroit que l’on construira un port et canal, qui vient du Rhin et passe par Kehl, et permette un meilleur approvisionnement. A l’ouest, au-delà du front qui regarde vers la France, le côté qui nécessite naturellement une meilleure défense, la Prusse érige un vaste camp retranché « verschanztes Lager » qui peut accueillir une armée de 200 000 hommes, qui avec Strasbourg et cinq grands forts en forme d’étoile (sternformige Forts) qui seront érigés sur les points suivants, en commençant par le nord : le Fort Reichstett, à environ 8 kilomètres au nord-est de la nouvelle enceinte, qui contrôle face à l’ouest la route vers Lauterbourg et vers l’est le chemin de fer vers Paris et ultérieurement deux lignes de chemin de fer projetées dont l’une relie la ville et les forts et l’autre qui relie les forts entre eux. Plus au sud à environ 3 kilomètres de ce premier Fort Reichstett où se trouve d’une part la route vers Wissembourg, et d’autre la grande ligne de voies ferrées vers Paris, le Fort Souffelweyersheim, à un kilomètre au sud-ouest le Fort Niederhausbergen près de la grande route de Strasbourg à Bouxwiller et enfin, les ouvrages d’Oberhausbergen et de Wolfisheim qui commandent la route allant à Saverne, Paris et le canal de la Bruche. Les emplacements de ces cinq forts ont été astucieusement choisis. Tous dominent le terrain dans la plaine de Strasbourg, qui est située à une hauteur de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le Fort Reichstett est à une hauteur de 150 mètres, celui de Souffelweyersheim a une hauteur identique, ceux de Niederhausbergen et d’Oberhausbergen respectivement à 191 et 173 mètres, et enfin celui de Wolfisheim à 160 m au-dessus du niveau de la mer. Le premier, situé au nord du camp retranché, s’appuie sur les marais de la Souffel, et le cinquième au sud, sur les bras confluents de l’Ill. Sur le Rhin, en passant par Kehl, il est toujours possible d’amener de l’aide de toute sorte en provenance d’Allemagne ».

 

Mercredi 3 juillet 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction des nouvelles fortifications de Strasbourg.

Un journal local a repris et publié cet article : « Un correspondant strasbourgeois de la Presse allemande de Francfort donne à ce journal des détails sur les nouvelles fortifications de Strasbourg ; ces renseignements sont reproduits par la Gazette de Strasbourg. Du côté de la France on construira un vaste camp retranché pouvant contenir 200 000 hommes et relié la ville par cinq forts ; le fort de Reichstett, à 8 kilomètres au nord de la nouvelle enceinte ; le fort de Souffelweyersheim ; le fort de Niederhausbergen ; celui de Oberhausbergen et celui de Wolfisheim. Le fort de Reichstett dominera la route de Lauterbourg et le chemin de fer de Paris ; celui de Souffelweyersheim dominera également cette dernière ligne ; celui de Niederhausbergen, la route de Bouxwiller ; les deux autres forts, la route de Saverne et le canal de la Bruche ».

 

Vendredi 5 juillet 1872

Allemagne, Phalsbourg, fortifications : Travaux de démolition des anciennes fortifications.

Un journal de Strasbourg a publié l’article suivant : « Metz, le 5 juillet 1872. Nous avons lu dans le journal Deutsche Allgemeine Zeitung : Lors d’une de mes récentes excursion à Phalsbourg j’ai pu constater l’avancement des travaux d’arasement de la place forte. Les murs hauts de 40 pieds sont pratiquement entièrement démolis et les gravats de ces derniers comblent les fossés sur une hauteur de 3 à 4 pieds. Le transport des pierres nécessaires aux autres travaux de fortification entraînera encore plus d’efforts et de frais que les travaux de démolition. Etant donné que l’installation d’une voie de chemin de fer est projetée entre Phalsbourg et Lutzelbourg et que le transport des pierres en voiture par-dessus la montagne est impossible, elles resteront sur place en attendant la construction de cette ligne. Les 41 maisons situées à l’intérieur de la ville qui ont été détruites par les bombardements ou par le feu, ont été, à part deux d’entre elles, toutes reconstruites et sont plus belles qu’avant ; en réalité la ville ne perd rien à l’arasement de ces ouvrages de fortification et à l’avenir elle n’est plus menacée par un bombardement. Phalsbourg doit recevoir une forte garnison, qui pourra être largement hébergée dans ces belles et grandes casernes ».

 

Samedi 6 juillet 1872

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : Nouvelles diverses concernant les places fortes d’Alsace-Lorraine.

On lit dans la « Metzer-Zeitung », un des deux journaux allemands crées à Metz pour la garnison et la colonie : « Les fonctions de commandant et de major de place à Bitche viennent d’être supprimées. L’ensemble du réseau des places fortes de la nouvelle province allemande se réduit donc à Metz, Thionville, Strasbourg et Brisach. La direction générale des travaux de Strasbourg, comprenant l’achèvement de ceux qui sont commencés, les projets nouveaux à proposer, l’extension à donner, vient d’être confiée au colonel de génie Klotz. On assure que la construction des forts s’exécutera d’après des principes nouveaux. Il sera donné la plus grande attention aux travaux de communication, par télégraphe et chemins de fer, des forts avancés, soit entre eux, soit avec la ville ou les dépôts, magasins, quartier-général, etc., qu’elle renferme. Des systèmes nouveaux sont également appliqués à l’organisation des hôpitaux, et à l’établissement des abris pour les garnisons destinées à la défense de ces grandes places d’armes. La plus grande partie de l’armement de l’artillerie de ces forteresses consistera en pièces de plus gros calibre ».

 

Lundi 8 juillet 1872

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : Loi sur la répartition des indemnités de guerre versées par la France et utilisées pour la construction des nouvelles fortifications.

La presse locale nous livre ces informations : « La loi du 8 juillet 1872, en vertu de laquelle l’indemnité de guerre payé par la France a été répartie, avait consacré une somme de 19 000 000 thalers (71 250 000 francs de l’époque.) aux travaux de fortification à élever en Alsace-Lorraine. Sur cette somme, 3 750 000 francs étaient réservés pour l’agrandissement de la ville de Strasbourg. Restaient donc, pour être employés à la construction de nouveaux ouvrages, 67 500 000 francs. La portion de ce crédit, à dépenser en 1872 et en 1873, devait s’élever à 51 181 875 francs : un reliquat de 16 318 125 francs restait donc disponible pour les exercices suivants et était destiné à compléter le système de défense de Strasbourg et de Metz, les gros œuvres devant être achevés grâce aux crédits consacrés aux années 1872 et 1873 ».

 

Jeudi 11 juillet 1872

Allemagne, Strasbourg, place forte : Généralités sur les travaux des nouvelles fortifications.

La presse locale a publié cet article : « Strasbourg, 11 juillet 1872. On lit dans le journal Frankfurter Zeitung : Au « Reichsland » (Terre d’Empire) on entreprend de grands travaux publics, on accélère l’installation des voies de chemin de fer tout comme les autres voies de communication, grâce auxquels le pays est déjà plus riche que la plupart des autres provinces allemandes, au niveau des installations déjà achevées ou celles qui sont projetées. La fortification à grande échelle de la capitale de la Terre d’Empire est menée rondement et nécessite des sommes colossales pour réaliser une place d’armes qui lorsqu’elle sera achevée n’aura pas d’égal au monde. Elle est prévue pour une population de plus de 300 000 habitants, entourée par 16 forts détachés, qui sera également un camp retranché capable d’accueillir une armée forte de 200 000 hommes. Avec deux nouvelles gares, dont une gare centrale, une liaison par bateau à vapeur avec Mannheim et Rotterdam, sur le canal projeté du Rhin au Neckar ou sur le Rhin rectifié, Strasbourg voit son avenir avec confiance ».

 

Lundi 22 juillet 1872

Allemagne, Strasbourg, place forte : Arasement des fortifications de Phalsbourg et transport des matériaux vers Strasbourg.

La presse locale publie : « Strasbourg, 22 juillet 1872. L’arasement de la place forte solide comme un roc de Phalsbourg est pour l’essentiel pratiquement achevé, bien qu’il faille compter encore quelques mois pour achever ce qui a été commencé. Ces travaux ont entraîné une pénurie d’eau dans la place, puisque la population de cette petite place enclavée était déjà obligée de chercher péniblement de l’eau à l’extérieur à cette période de l’année. Deux bataillons de « Braunschweiger » sont encore en garnison dans la ville. La population se montre très réticente à leur départ. On peut encore signaler qu’une importante partie des maçonneries des fortifications qui ont été arasées, ont été transportées vers le canal près de Lutzelbourg à l’aide d’une voie ferrée spéciale et chargée dans les péniches pour être transporté à Strasbourg, où elle sera employée pour la construction des nouveaux forts extérieurs. Les bâtiments de Phalsbourg endommagés lors du bombardement sont systématiquement remplacés par de nouvelles constructions ».

 

Mardi 30 juillet 1872

Allemagne, Strasbourg, place forte : Construction du fort V Fort d’Oberhausbergen et du Fort VI Fort Wolfisheim.

La presse locale publie cette annonce : « Les maçons compétents trouveront un emploi bien rémunéré sur les forts de Wolfisheim et d’Oberhausbergen, près de Strasbourg. Se présenter soit aux forts soit chez August Pasdach & Comp. à Strasbourg, Goldgiessen Nr. 3 ». Remarque : La construction effective du gros œuvre des forts détachés de Strasbourg commence effectivement en fonction de la mise en service progressive du chemin de fer de ceinture. Ainsi les travaux de construction du Fort Oberhausbergen et du Fort Wolfisheim, réalisés par le consortium August Pasdach & Compagnie ne commencent à priori qu’au début du mois d’août 1872, ce qui explique la publication a plusieurs reprises de ces annonces.

Annonce parue dans la presse locale à plusieurs reprises

Allemagne, Strasbourg, place forte : Briques pour la construction des forts V et VI.

Un journal de Strasbourg a publié : « Briques « Backsteine » de dimension règlementaire de 25 x 12 x 6 ½ peuvent être livrés tous les jours aux forts de Wolfisheim et d’Oberhausbergen. Cette annonce a été publié les 30 et 31 juillet et les 1er, 2, 3 et 6 août 1872 ». Remarque : la dimension des briques utilisées pour la construction des forts de Strasbourg est celle du format règlementaire de l’empire allemand, aux dimensions de 25 cm x 12 cm x 6,5 cm.

Annonce publiée reprises dans la presse locale

Vendredi 16 août 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction des nouvelles fortifications de Strasbourg.

Une revue militaire française a publié un article tiré de journal militaire allemand et de la Gazette d’Augsbourg : « On vient de former une commission, sous le nom de : Inspection impériale des nouvelles fortifications de Strasbourg. Comme son nom l’indique, elle est spécialement chargée des travaux qui s’exécutent à Strasbourg ; le colonel Klotz, du corps des ingénieurs, est à sa tête. L’enceinte de Strasbourg sera avancée à 3 kilomètres au nord, entre l’Ill et le Rhin, jusqu’au canal qui unit ces deux cours d’eau. Ainsi, la promenade de Roberstau sera comprise dans la nouvelle enceinte. Un canal, qui communiquera avec de la Marne au Rhin, permettra de tirer facilement des approvisionnements de Kehl. Le front qui regarde la France recevra naturellement les plus fortes défenses. On établira à l’ouest de la place un camp retranché susceptible de recevoir 200 000 hommes et qui sera couvert par cinq grands forts, à savoir : Le fort de Reichstett, à 8 kilomètres nord-ouest de la nouvelle enceinte, commandant la route de Lauterbourg ; A 3 kilomètres au sud de ce premier fort, le fort de Souffelweyersheim, commandant la route de Wissembourg et le chemin de fer de Paris ; A 1 kilomètre au sud-ouest, le fort de Niederhausbergen commandant la route de Strasbourg à Bouxwiller, et enfin les forts d’Oberhausbergen et de Wolfisheim commandant les routes de Saverne et de Paris, et le canal de la Bruche. Tous ces forts dominent la plaine de Strasbourg. On se propose, en outre de construire une ligne de fer qui reliera tous ces forts entre eux avec la place ».

Nous ajoutons à ces renseignements la nouvelle suivante, tirée d’un des derniers numéros de la gazette d’Augsbourg : « Trois forts faisant partie du système général de Strasbourg seront construits sur le territoire du grand-duché de Bade : Le premier, entre Sundheim et Eckartsweier ; Le second, au sud de Neumühl ; Le troisième, à Altenheim ».

 

Samedi 28 septembre 1872

Allemagne, Strasbourg, place forte : Pose de la première pierre de la nouvelle ceinture de fortification au Fort V à Oberhausbergen.

Les autorités allemandes ont choisi le samedi 28 septembre 1872, le jour anniversaire de la capitulation de Strasbourg, pour célébrer de manière festive la pose de la première pierre des nouvelles fortifications de Strasbourg, sur le chantier du Fort V – Fort Oberhausbergen – Fort Grossherzog von Baden, actuel fort Frère. Grâce aux articles parus dans la presse locale, nous avons réussi à reconstituer l’essentiel du déroulement de cette cérémonie.

Les autorités allemandes ont choisi le samedi 28 septembre 1872, le jour anniversaire de la capitulation de Strasbourg, pour célébrer de manière festive la pose de la première pierre des nouvelles fortifications de Strasbourg, sur le chantier du Fort V – Fort Oberhausbergen – Fort Grossherzog von Baden, actuel fort Frère. A cette occasion, ils ont invité, au moyen du rapport de garnison « Parolebefehl », tous les officiers, médecins et fonctionnaires de l’armée, et des cartons d’invitation ont également été envoyés aux représentants des diverses branches de l’administration civile et à leurs épouses. Grâce aux articles publiés par la presse, nous avons reconstitué le déroulement de cette cérémonie.

Les alentours du fort ont été piquetés de drapeaux noir, blanc et rouge sur un large rayon, et la place de la cérémonie a été ornée de sapins, de guirlandes qui virevoltaient gaiment dans le vent. Du haut de la crête des parapets du front, sur lesquels les invités civils avaient pris place, parmi lesquels on trouvait de nombreuses dames, la place offrait à leur vue une image idyllique en arrière-plan, avec la tour de la cathédrale éclairée par le soleil et les sommets bleus des hauteurs des Vosges et de la Forêt-Noire. Parmi les invités ont été aperçus en plus de l’intégralité des autorités militaires et civiles, le conseiller du gouvernement von Quast, conservateur des monuments historiques de Prusse et de nombreuses dames alsaciennes des environs, reconnaissables à leur couvre-chef traditionnel.

La solennité a été ouverte ponctuellement à 10 heures, lorsque son excellence le général commandant le 15e corps d’armée von Fransecky pénètre dans le carré formé par des détachements de troupes de toutes les armes, et dès cet instant la fanfare de trompettes du régiment d’Uhlans annonce l’ouverture officielle de la cérémonie.

Sur cela, le gouverneur de la place von Hartmann prononce le discours officiel ; ce discours est certes assez long, mais nous le publions en intégralité car il reflète bien l’opinion des dirigeants allemands de l’époque : « Après que Strasbourg ait ouvert ses portes à Louis XIV, le roi reconnu que sa première mission était de sécuriser ce bien précieux par la modernisation des fortifications. Il chargea de cette mission son ingénieur le plus célèbre et le plus doué, Vauban. Les anciens bastions et redoutes, auxquels avaient œuvré les architectes militaires Specklin et Rimpler, ont été renforcés, les fossés ont été approfondis et régulés, un grand nombre d’ouvrages avancés ont été construits, la citadelle qui a été érigée était un modèle du genre reflétant l’art de la fortification de l’époque, sa jonction à l’enceinte urbaine de la ville a été réalisée, une ingénieuse zone inondable a été installée et protégée, tous les fronts de la forteresse étaient préparés contre toute attaque ennemie. Strasbourg était considérée comme une place imprenable. Cette ville d’Empire qui a gardé sa culture germanique derrière ses murs crénelés et préservée son indépendance grâce à l’appui de ses bastions, bien que l’Alsace eût été perdue, était devenue une place d’armes française, c’est-à-dire une place avancée base de départ des conflits contre l’Allemagne.

Les successeurs de Louis XIV ont renforcé Strasbourg, des plans dirigés contre l’Allemagne et sa puissance. Le fabuleux arsenal qui a été érigé contenait de nombreuses armes destinées à combattre l’Allemagne ; on a créé une fonderie de canons, des ateliers et des écoles militaires, qui avaient acquis très rapidement une réputation européenne. C’est de Strasbourg que partirent de nombreuses armées pour soumettre et dévaster l’Allemagne. Les portes de Strasbourg ont été baptisées des noms des victoires françaises.

Strasbourg était considérée comme une sentinelle inquiétante, avec laquelle le voisin menaçait la réunification et le déploiement de la puissance allemande. Les guerres de libération et les accords de paix de 1814 et 1815 avaient laissé l’Alsace et Strasbourg à la France. Avec la reconstitution de la puissance de la France, Strasbourg a repris le rôle qu’elle jouait auparavant. Les vieilles traditions françaises ont été reprises, les hommes politiques et les historiens français ont pour but permanent d’abaisser le développement de l’Allemagne, ce qui était le guide permanent de la politique française. Le deuxième empire estimait que son existence était compromise en cas d’unification allemande. Génial ! Pendant que la politique française prônait les anciens souvenirs et objectifs, elle délaissait sa défense, qui était très efficace auparavant. On oublia que la défense nécessite des moyens extraordinaires pour rester au niveau des progrès techniques de l’armement et des techniques militaires. On ne fit que très peu pour la défense de Strasbourg. La pensée que Strasbourg pourrait être assiégée était absente de l’esprit français. C’est ainsi que Strasbourg aborda la guerre de 1870 sans aucune préparation sur le plan matériel ou humain. Toutefois, cela engendra une longue lutte et dure lutte : du sang noble a coulé, d’importantes parties de Strasbourg ont été ruinées, avant que le drapeau tricolore français, défendu par un commandant courageux et valeureux n’ai été abaissé. Le 28 septembre 1870, les bannières allemandes flottaient à nouveau sur les bastions de Strasbourg.

Deux années se sont écoulées à présent, la paix a uni définitivement l’Alsace et la Lorraine au nouvel Empire allemand. C’était deux années de durs labeurs et de grande activité ; ce qui a été détruit devait être réparé, ce qui était trop vieux devait être renforcé. Par-dessus cela il fallait construire du nouveau. La nouvelle importance de Strasbourg en tant que capitale et point central d’une terre allemande située sur la rive gauche du Rhin, il fallait revoir à grande échelle sa sécurité et ses fortifications ; elles devaient être adaptées à la volonté énergique de l’empire uni, pour prouver qu’elle sera désormais inséparable de la nouvelle alliance ; elle devait avec la mise en œuvre des moyens phénoménaux par l’empire allemand, assurer sa défense. Les fortifications devaient donner de l’espace à la ville, nécessaire à sa nouvelle prospérité ; la ville doit allier son aisance avec sa sécurité ; ses admirables monuments et les locaux scientifiques ne doivent pas à nouveau être exposés à un bombardement, si la furie de la guerre devait à nouveau revenir par ici. C’est ainsi qu’a été réalisé le plan de ses fortifications, et nous nous sommes réunis ici pour la pose de la première pierre.

Sa Majesté l’Empereur a choisi ce jour pour procéder à cette cérémonie de pose de la première pierre, le jour de la capitulation de la place forte française de Strasbourg. C’est ainsi que cette cérémonie allie le passé avec l’avenir. Oui, nous commémorons aujourd’hui le jour où la place forte est tombée, nous nous souvenons des actions des contingents de l’armée allemande, qui nous a rendu notre vieille ville de l’empire allemand ; nous commémorons nos chers camarades, qui ont dû mettre en jeu leur sang et leur vie pour réussir cette œuvre, et ceux qui a présent reposent dans leur tombe sur cette nouvelle terre d’empire ; nous commémorons la valeur symbolique de la prise de Strasbourg qui a influencée la poursuite de la guerre ; nous nous rappelons qu’avec la prise de cette capitale, l’espoir de la rattacher avec l’Alsace à l’empire allemand est revenu ; nous rappelons encore une fois que la conquête de Strasbourg a permis de délivrer la ville de ses liens, et permet son développement dans une Allemagne libre.

Mais laissons le passé, et tournons notre regard vers l’avenir ; du nouveau renait, fort et puissant, et pour que vous saisissiez l’importance de ce nouveau, que l’on peut voir aux alentours, que la fête de ce jour a été transférée ici dans cette forteresse. A présent regardez vers le bas à partir de ce parapet, et vous voyez devant vous tout étendu la montagne frontière, qui sépare depuis 1 500 ans la langue allemande de celle de l’ouest. Là-haut sur les hauteurs et les cols, commence la vie française ; derrière la croupe de ces montagnes, s’arme, soustraite à nos yeux, l’attaque ennemie ; de chaque vallée qu’ils aperçoivent, entreront les armées ennemies avides de vengeance, auxquelles ont devra crier halte à partir de cette forteresse. Et regardez plus loin, là est étalée la joyeuse Alsace, une perle de l’empire, avec ses champs cossus, avec ses nombreux villages et masures, ses nombreuses églises dans lesquelles retentissent les vieux chants religieux allemands à la gloire de Dieu, et maintenant vous voyez l’étendue de la construction de cette forteresse, qui doit pour la germanité de l’Alsace, assurer l’appartenance de l’Alsace à l’empire allemand. Là juste derrière nous est Strasbourg, le symbole de l’art allemand, et c’est ici devant cette forteresse que doit être repoussée la marée qui tenterait d’arracher Strasbourg à l’empire. Plus loin reluit la bande cristalline du Rhin. Les remparts qui se dressent ici doivent rendre tout leur sens à ces mots de poète : le Rhin n’est pas la frontière de l’Allemagne, non, mais le fleuve de l’Allemagne !

Ici les passages d’un côté ou de l’autre doivent à nouveau se faire en sûreté, que ce soit en temps de paix comme en temps de guerre. Mais pour que l’on sache ce qu’il y a derrière nous, lorsque nous installons ici le fondement de la sécurité allemande, nous saluent de l’autre côté du Rhin ses gardiens fidèles, les montagnes allemandes, très étendues, du nord au sud ; ils nous apportent les salutations de l’empereur et de l’empire, de ses contes et de ses nombreuses tribus, qui nous disent, qu’ils allaient venir tous derrière les remparts, avec leur garde et tout leur savoir ; ils nous adressent les salutations du pays, et c’est pour sa liberté et son honneur que nous sommes ici dans cette forteresse.

Ce ne sont que peu de lunes qui sont allées dans le pays, depuis que nous étions à Strasbourg, le lieu de naissance d’une nouvelle création allemande ; la cérémonie d’aujourd’hui complète la première. A l’époque il s’agissait d’arriver à un lieu de mémoire de l’instruction et de la science allemande ; aujourd’hui nous inaugurons une place d’armes de la capacité de défense allemande.

Pour les deux, que ce soit la science ou la capacité de défense allemande, culmine la vie de notre peuple. Le peuple des penseurs est devenu, appelé par nos rois prussiens des Hohenzollern, un peuple en armes ! Où ils règnent dominent les créations de la science et l’honneur de l’homme. Et c’est ainsi qu’ils nous laissent aller à l’ouvrage de ce jour, à la pose de la première pierre de cette forteresse ; et nous y entreposons notre nouvelle promesse de fidélité ! Nous voulons être derrière notre empereur et notre empire ; nous y entreposons nos espoirs et nos souhaits ; que cette première pierre devienne une pierre angulaire de la sécurité et de la paisible vie allemande en l’honneur de notre empereur et la vie éternelle de notre patrie, et enfin nous y entreposons nos souhaits. Et si l’exubérance de l’ennemie devait s’en prendre à cette forteresse, alors que des hommes fiers au cœur vaillant se tiennent ici, qu’ils interviennent au risque de leurs biens, leur sang et leur amour, pour le pays qu’on leur a confié. Ainsi la forteresse et son pays resteront immuablement la propriété de l’empire allemand ! ».

 

Monsieur le lieutenant-colonel Grund, ingénieur de la place, a lu sur ceux le texte impérial du 7 novembre 1871, par lequel le plan de la construction des nouvelles fortifications de Strasbourg a obtenu l’approbation impériale.

Après cela le document est signé par les invités les plus prestigieux qui s’avancent. Ensuite le document est inséré dans le cylindre en fer blanc qui était préparé à proximité, en même temps que les plans du fort, l’annuaire prussien 1870-71 et d’autres documents. L’ensemble des invités rentre par la suite à l’intérieur du local, où tout avait été prévu pour la pose de la première pierre, et c’est là que son Excellence le général commandant frappe les trois coups de marteau symboliques. Les paroles qu’il prononça n’étaient pas très audibles à cause d’une météo avec beaucoup de vent, mais il a dit à peu près cela : « Ici s’érige sûrement et fidèlement la garde sur le Rhin ».

Son excellence le président supérieur von Möller prononce les paroles suivantes : « Que ce beau pays qui s’étend sous nos regards puisse évoluer favorablement sous la protection de ces remparts dans sa particularité et qu’il puisse être reconnaissant à l’Allemagne, qui l’a délivré il y a quelques semaines ».

Monsieur le Gouverneur : « Pour les amis une protection pour les ennemis un rempart ».

Monsieur le président du cercle Monsieur von Ernsthausen : « Vivat Floreat Crescat Germania ».

Monsieur le lieutenant-colonel Grund, ingénieur de la place : « Le premier coup pour celui qui ordonna la construction de l’ouvrage. Le deuxième pour celui qui l’a conçu. Le troisième, pour ceux qui ont réalisés l’ouvrage ».

Pendant que les troupes présentèrent les armes et que les drapeaux sont abaissés, le général commandant entonne un « Hurrah » à sa majesté l’empereur d’Allemagne, auxquels répond avec enthousiasme toute l’assemblée présente. La cérémonie se termina vers 12 heures par l’hymne national, suivi de « Heil dir im Sieggeskranze » (Soit loué celui qui porte les lauriers de la victoire) et par « Die Wacht am Rhein » (La garde au Rhin), puis par 21 coups de canons tirés par une batterie du détachement à pied du régiment d’artillerie de campagne n°15.

Remarque : il s’agit là de la pose de la première pierre, en quelque sorte une inauguration officielle de l’ensemble de la nouvelle ceinture des forts de Strasbourg. La presse locale a également décrit quelques cérémonies particulières qui se sont déroulées, souvent à l’initiative des entrepreneurs, sur les chantiers de certains forts ou ouvrages de la ceinture urbaine.

 

Lundi 11 novembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Procédures d’expropriation de la commune d’Oberhausbergen.

Dans les publications légales la presse locale a rendu public cet avis de l’officier ingénieur de la place forte : « Conformément à l’acte dressé à Strasbourg le 8 novembre 1872 par le directeur impérial du cercle Hasse « kaiserliche Kreisdirektor », mandaté par le président impérial du district de Basse-Alsace « kaiserliche Präsidenten des Unter-Elsas », les personnes nommées ci-dessous dont les parcelles sont situées sur le ban d’Oberhausbergen, qui ont été expropriées par la décision prononcée le 3 juin 1872 par le tribunal impérial de Strasbourg, conformément à l’ordonnance impériale du 11 avril 1872 ordonnant les expropriations au profit de l’agrandissement de la place forte de Strasbourg, ces parcelles sont cédées librement à l’Empire allemand contre dédommagements. Le montant des dédommagements qui ont été fixés doivent être payés dès que les conditions prévues par le titre III de la loi du 3 mai 1841, en ce qui concerne la liberté de tout privilège ou hypothèque seront remplie ».

Synthèse : 34 parcelles situées sur 4 lieux-dits qui sont : Auf dem Dingsheimer Pfad, im Gansei, in der kurzen Streng, über dem Dingsheimer Pfad, im Schenkbecher. Il s’agit de 26 parcelles complètes d’une surface de 54 à 5 ares et de 8 morceaux de parcelles d’une surface de 4 ares à 69 centiares.

Le document site 34 propriétaires, dont 27 sont domiciliés à Oberhausbergen, 3 à Mittelhausbergen, 2 de Mundolsheim, 1 de Pfulgriesheim et 1 de Strasbourg. Les dédommagements proposés pour ces parcelles sont les suivants : 5 parcelles à 300 francs/are, 1 parcelle à 298 francs/are, 1 parcelle à 280 francs/are, 1 à 200 Fr. /are, 1 à 190 Fr. /are, 6 à 180 Fr./are, 20 à 175 Fr. /are. Par ailleurs 206 Fr. d’indemnité allant de 50 à 3 Fr. sont attribués pour la parte des arbres situés sur ces terrains.

« La liste des parcelles a été communiquée au public conformément aux articles 15 et 19 de la loi du 3 mai 1841, à Strasbourg, le 11 novembre 1872. Kaiserliche Fortifikation. Grund, Oberstleutnant und Ingenieur vom Platz ».

 

Mardi 14 novembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Construction de la ceinture des forts détachés.

La presse locale nous livre les renseignements suivants au sujet de la construction des nouveaux forts détachés de Strasbourg : « Le 14 novembre 1872. Ces derniers temps, les travaux de terrassement et de maçonnerie des forts de Strasbourg ont bien avancé. Plus de 1 800 travailleurs et charretiers œuvrent actuellement sur les forts de Niederhausbergen, Mundolsheim et Reichstett. Ce chiffre augmente tous les jours par la venue de journaliers et de valets de ferme, qui quittent les paysans pour percevoir un salaire plus conséquent. Ce rassemblement de force de travail permet d’espérer que les travaux de construction des forts seront achevés dans 6 mois, c’est-à-dire avant l’échéance qui a été fixée. Pour stimuler le rendement des travailleurs, ils ne sont pas payés au tarif journalier mais à la tâche. De cette façon, un bon tailleur de pierre gagne jusqu’à 84 francs par semaine et récemment un charretier équipé de deux chevaux solides a gagné 235 F en deux semaines. Les mineurs quant à eux gagnent bien 7 à 8 F par jour. Pour ce travail ce sont plus particulièrement les Italiens qui démontrent leur assiduité au travail. Lors d’un tel rassemblement d’ouvriers en provenance de toutes les régions d’Europe, on trouve également certains individus qui ont une attirance particulière pour les vêtements d’hiver qu’ils échangent contre leurs effets déchirés, et ces vols exécutés dans les cantines, sont fréquents. D’autres ont la même attirance pour les légumes plantés par les paysans. Espérons que l’hiver qui approche veuille nous épargner de ces rigueurs, sinon en cas d’un arrêt des travaux de nombreuses mains seraient sans emploi, ce qui aurait des conséquences fâcheuses pour les villages environnant ».

 

Mercredi 4 décembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Procédure d’expropriation des parcelles d’Oberhausbergen.

La presse officielle et locale a publié cet avis : « En conséquence de l’acte dressé à Strasbourg le 25 et 28 novembre 1872 par le directeur impérial d’arrondissement « kaiserliche Kreisdirektor » Hasse, mandaté par le président impérial de Basse-Alsace « kaiserliche Präsidenten des Unter-Elsas », les personnes nommées ci-dessous dont les parcelles sont situées sur le ban d’Oberhausbergen, qui ont été expropriées par la décision prononcée le 3 juin 1872 par le tribunal impérial de Strasbourg, conformément à l’ordonnance impériale du 11 avril 1872 ordonnant les expropriations au profit de l’agrandissement de la place forte de Strasbourg, ces parcelles sont cédées librement à l’Empire allemand contre dédommagements. Le montant des dédommagements qui ont été fixés doivent être payés dès que les conditions prévues par le titre III de la loi du 3 mai 1841, en ce qui concerne la liberté de tout privilège ou hypothèques seront remplies ».

Synthèse : cette publication concerne 16 parcelles, sur les lieux-dits Über dem Dingsheimer Pfad, In der kurzen Streng, Im Gansei, Auf dem Dingsheimer Pfad, Im Schenkbecher, Hinten auf dem Neuenweg. Surface des parcelles entre 1,17 ares et 24,39 ares. Le prix de l’are varie entre 167 et 310 francs et les indemnités totales s’élèvent entre 986 et 5341 francs. Une seule parcelle comportait 2 arbres indemnisés pour un montant de 24 francs. Le total des indemnisations était de 33 033,37 francs.

 

Lundi 16 décembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte : Les forts de Strasbourg sur les deux rives du Rhin.

Les renseignements suivants sont empruntés aux Gazettes de Cologne et de Strasbourg : « Depuis quelques temps, la construction des forts de la rive gauche paraît très avancée. On aperçoit actuellement des échafaudages en bois, hauts de 55 à 65 pieds, servant à profiler les remblais. 2 000 travailleurs sont occupés aux trois forts de Niederhausbergen, Reichstett et Mundolsheim. Cet effectif augmente chaque jour. L’établissement des forts exige le défrichement d’une partie de la forêt communale de Strasbourg, dans la Wantzenau. On espère que la construction des forts sera terminée avant six mois, c’est-à-dire avant le délai fixé. Les murs d’enceinte tomberont dès que ces travaux seront achevés ».

 

Mercredi 18 décembre 1872

Allemagne, Strasbourg place forte ; Réalisation d’une carte des forts détachés n°1 à 9.

Le service des fortifications a fait réaliser une carte de relevés de terrains sur la ligne des forts n°1 à 9 de la rive gauche du Rhin, à l’échelle 1/125 000e, dimension 152,5 cm x 123 cm, attachée au rapport du 18 décembre 1872.

 

Samedi 18 janvier 1873

Allemagne, Strasbourg : méthode de conversion des monnaies en cours.

Un journal local nous livre l’article suivant : « Strasbourg, 17 janvier 1873. Dans le « Zaberner Wochenblatt » nous trouvons une formule simple, que finalement beaucoup de monde utilisera. Il s’agit de la conversion des francs en Thalers. Voici la procédure.

Divisez les francs par 2. Le résultat devient des Groschen. Redivisez ces Groschen par 2. Le résultat devient des Thalers. Exemple : pour 20 francs, combien de thalers ?

Résultat : La moitié de 20 est 10. Donc 10 Groschen.

Divisez 10 par 2. Le résultat est de 5, c’est à dire 5 Thalers.

Donc, 20 francs nous donnes 5 Th. 10 Groschen ».

 

Samedi 25 janvier 1873

Allemagne, Strasbourg : instauration de la loi relative aux livrets des travailleurs.

La presse officielle et locale a publié des informations concernant la loi relative aux livrets des travailleurs « Arbeiterbücher ». Les Alsaciens-lorrains disposent d’un délai jusqu’à la fin du mois de février pour acquérir les livrets des travailleurs. Ces livrets doivent être perçus au bureau de la police, mais les travailleurs sont tenus de présenter les pièces justificatives concernant leur emploi actuel. Lorsqu’ils quittent un employeur, celui-ci est tenu de viser le livret. Ce document peut être utilisé comme pièce d’identité à l’intérieur de l’Empire. Aucun employeur n’a le droit d’embaucher du personnel s’il n’est pas muni du livret réglementaire. Signé : directeur de la police « Polizei Director » Back. Cette mesure contraignante est mise en œuvre alors que les chantiers de construction des nouvelles fortifications de Strasbourg sont en cours.

Publicité pour la vente de livrets de travailleurs parue dans un journal local. D’après cette annonce il existe également des livrets de travailleurs bilingues allemand – français.

Mardi 11 février 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : rumeurs concernant le départ des ouvriers italiens des chantiers de construction des forts détachés.

La presse locale nous informe : « Strasbourg, 9 février 1873. La rumeur rapportée par plusieurs journaux concernant le départ des italiens employés à la construction des forts de Strasbourg, pour aller en Espagne et combattre pour le roi Amadeus, est totalement fausse. Il est vrai qu’une partie des Italiens a quitté l’Alsace, mais pas pour récupérer les lauriers de la gloire au pays des châtaignes, mais pour travailler au percement du tunnel du Saint-Gothard contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Cette nouvelle est certainement plus crédible que la première rumeur, et en plus, tous les travailleurs italiens que l’on a interrogés ont répondus dans ce sens ». Remarque : le tunnel ferroviaire du Saint-Gothard, long de 15 km, a été construit entre 1873 et 1881. Ce chantier a provoqué la mort de 307 ouvriers et d’après les informations disponibles il n’est pas certains que les ouvriers aient été mieux payé qu’à Strasbourg !

 

Lundi 1er septembre 1873

Allemagne, Strasbourg place forte : baptême des 12 premiers forts détachés.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué officiel : « Sa Majesté l’Empereur et Roi a ordonné par l’ordonnance du cabinet impérial du 1er septembre 1873, pour commémorer le jour anniversaire où il y a trois ans les troupes allemandes ont remporté une si grande victoire, en baptisant les nouveaux forts de Strasbourg avec les noms de ces hauts personnages qui ont œuvrés à la victoire par leurs actions au cours de cette guerre, qui sont remis désormais à la postérité : Nr. 1 : Fort Fransecky ; Nr. 2 : Fort Moltke ; Nr. 3 : Fort Roon ; Nr. 4 : Veste Kronprinz ; Nr. 5 : Fort Großherzog von Baden ; Nr. 6 : Fort Fürst Bismarck ; Nr. 7 : Fort Kronprinz von Sachsen ; Nr. 8 : Fort Tann ; Nr. 9 : Fort Werder. Pour les forts de la rive droite dont la construction n’a pas encore commencé, il reste les noms suivants : Kirchbach pour le Fort 10 ; Bose pour le Fort 11 ; Blumenthal pour le fort 12. Strasbourg, le 20 septembre 1873. Le Gouverneur signé « von Hartmann, General der Cavalerie ».

Les noms des plus illustres personnages qui ont eu un rôle ou un commandement important pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871 seront utilisés à cet effet. Les personnages les plus importants pour les grands forts, et les autres pour les forts de taille moyenne. Ces noms seront en vigueur jusqu’en avril 1918 et pendant l’occupation de fait allemande de mi-juin 1940 au 23 novembre 1944. Initialement, le nom était inscrit au-dessus de l’entrée de la poterne principale, sur la façade de gorge, à l’aide de lettres métalliques, en étain doré à la flamme. Dans chaque fort, au niveau de la pièce du commandant du fort, on trouvait en règle générale le portrait offert par l’illustre personnage du nom qu’il portait. Le Fort V, Fort Oberhausbergen est baptisé Fort Grossherzog von Baden, dénommé à l’époque par les Français Fort Grand-Duc de Bade. Il s’agit du deuxième personnage le plus important, le gendre de l’empereur d’Allemagne.

 

Dimanche 14 septembre 1873

Allemagne, armée d’occupation en France : fin de l’évacuation.

Une revue militaire française nous livre cette information : « Armée d’occupation. Fin de l’évacuation. Nous n’aurons plus, grâce à Dieu, à nous occuper de l’armée d’occupation. Les cinq milliards étant payés, Verdun a été évacué samedi 13 septembre, et aujourd’hui l’arrière-garde prussienne, après s’être reposée avant-hier et avoir couché hier à Etain, repasse la frontière nouvelle que nos revers nous ont forcé à subir. Ainsi se termine une des plus tristes périodes de notre histoire militaire ; il est permis d’espérer qu’elle sera pour nous féconde en enseignements et en résultats, car dans l’armée nul des survivants ne l’oubliera sans doute. Les enfants eux-mêmes survivants de nos provinces de l’Est conserveront la mémoire de ces jours néfastes de l’occupation et ils en profiteront comme soldats ». Remarque : cette nouvelle est importante. Les autorités militaires allemandes ont accéléré les travaux des premiers forts détachés des fronts Nord et ouest de Strasbourg ou toutefois ont donné la priorité à la construction des parapets d’artillerie pour les moins avancés, pourque la place puisse être mise en état de défense au cas où la France essayerait de récupérer les territoires perdus.

 

Mardi 16 septembre 1873

France : départ des dernières troupes allemandes d’occupation.

La presse locale a également publié cette nouvelle : « Les dernières troupes allemandes d'occupation quittent la France et repassent la nouvelle frontière. Ce dernier corps d'occupation était commandé par Manteuffel ; il avait évacué Verdun, gage extrême, trois jours auparavant, le 13 septembre 1873 ».

 

Samedi 25 octobre 1873

Allemagne, Strasbourg fortifications : armement des forts.

La presse d’Alsace-Lorraine a publié cette information : « On adresse à la Gazette de Carlsruhe la correspondance intéressante qui suit : Depuis quelques jours notre ville a repris un air guerrier. Pour l’armement de plusieurs forts extérieurs maintenant terminés, de longues files de bouche à feu, de voitures de munition et d’autres objets nécessaires à l’établissement de fortifications, parcourent les rues de notre ville. Parmi les canons destinés particulièrement à l’armement des remparts, on rencontre surtout dans nos rues le canon en bronze de 12 centimètres et à culasse. En général une grande activité règne chez nous dans les constructions militaires ; les ateliers de l’arsenal ont été agrandis et le seront encore ; déjà maintenant près de 800 ouvriers y sont occupés. Prochainement quatre nouvelles casernes seront mises sous toit dans notre citadelle, qui de la sorte offrira six grandes casernes, sans parler de la vaste prison militaire et d’un très-grand magasin. Tout le régiment wurtembergeois n°126 doit aller occuper la citadelle. En dehors de ces bâtiments, la citadelle offre encore la « caserne des pigeons » ; en effet, on y entretient environ 500 pigeons voyageurs, dont le nombre doit être porté successivement au-delà de 1 000, et qui sont destinés, en cas de siège, à faire le service de la poste. A diverses reprises déjà, on a fait des expériences avec ces messagers aériens. D’abord on les a fait rentrer du Polygone distant d’une lieu et demie dans leur pigeonnier ; plus tard, on les a fait revenir de Bühl et de Rastatt. Lors des premiers exercices, tous les pigeons sont revenus ; si dans les courses postérieures, quelques-uns ne sont pas rentrés, c’est probablement qu’ils ont été abattus par des chasseurs. En effet, on a trouvé dans les plumes de quelques-uns des messagers revenus des traces de petit plomb. Prochainement se fera une grande expérience à partir de Würzbourg. On est très-curieux du résultat qui s’obtiendra, car pour ces grands voyages il s’agit de décider si la perte de 30 % admise jusqu’à présent est exacte ou non. Chaque pigeon portant sur sa plume caudale un monogramme et un numéro d’ordre, le contrôle en est facile et leur rapidité au vol peut facilement être constatée. Les pigeons les plus rapides sont réservés à la reproduction ». Remarque : à peine un mois après le départ des troupes allemandes d’occupation du territoire français, on arme déjà une partie des forts de la rive gauche du Rhin. Les autorités allemandes essayent de mettre très rapidement la place forte à l’abri d’un éventuel retour des Français.

 

Année 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : établissement d’un plan projet pour une route stratégique sur les hauteurs de Hausbergen.

Le génie militaire établit un plan concernant la route stratégique reliant les forts sur les hauteurs de Hausbergen. Il s’agit d’un profil longitudinal le long des hauteurs de Hausbergen, un plan en couleur aux échelles 1 :2 500e et 1 :250e établi sur deux feuilles dénommé « Längenprofil der Verbindungsstraße längs dem Hausberger Höhenkamm ». En effet, la plupart des forts de la ceinture de fortification sont reliés à une route, en fait le plus souvent un chemin empierré qui permet le passage des attelages de l’artillerie lourde, qui passe à l’arrière des forts. Dans la mesure du possible, on a utilisé les anciens chemins qui ont été modernisés et élargis.

 

Mois de janvier 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : compte rendu français relatif aux malfaçons liées à la construction des forts détachés : Fort Moltke à Reichstett, Fort Baden à Oberhausbergen, Fort Bismarck à Wolfisheim.

Les renseignements suivants datés de janvier 1874 ont été communiqués par le 2e Bureau de l’Etat-major général au Ministère : « Forts de Strasbourg. Le fort de Wolfisheim s’est presque totalement effondré, celui de Reichstett s’est effondré en partie, notamment la poudrière et enfin celui d’Oberhausbergen et les autres forts ont été légèrement endommagés, on a été obligé d’étayer leurs murs. Les causes de ces effondrements sont les suivants :

1° La mauvaise qualité des matériaux de toute nature employés à la construction des voutes, tels que pierres gélives, moellons, mortier, briques mal cuites à la méthode allemande, c’est-à-dire en plein vent, la matière première servant à la fabrication des briques n’étant pas la même que celle employée en Allemagne, a besoin d’une cuisson plus forte et doit être faite dans des fours clos, les tuileries en Alsace ne possèdent que des fours de ce genre, les frais de fabrication dont il est vrai plus onéreux, mais on obtient des produits qui résistent et durcissent en vieillissant tandis que la brique allemande, celle fabriquée pour les forts de Strasbourg se dissous, se désagrège.

2° L’inexpérience des entrepreneurs et officiers du Génie allemand dirigeants les travaux, de construire sur une terre glaise. Pareils inconvénients s’est produit d’ailleurs de 1850 à 1857, lorsque les brasseurs Strasbourgeois voulurent construire des caves voutées et des glacières pour les bières de conserve hors les portes de Saverne, Nationale et de Pierre dans la direction de Koenigshoffen, Eckbolsheim, Oberhausbergen, Mittelhausbergen et Schiltigheim, localités dont le terrain est identique à celui sur lequel on vient de construire les forts. Eh bien, les entrepreneurs d’alors virent s’effondrer plusieurs fois les voûtes et les murs qu’ils avaient élevés, ce n’est qu’après plusieurs années d’expériences et d’essais qu’ils parvinrent à construire solidement et à établir des voutes résistantes.

3° La hâte que l’on a mise à construire : on prétend que la plupart des voutes n’ont pas de mur de soutènement ou culées. Dès que les effondrements en question se furent produits (octobre et novembre 1873), leur accès fut rigoureusement interdit, des sentinelles, armes chargées furent échelonnées avec ordre de tirer sur les curieux qui violeraient la consigne, et une Commission composée d’hommes compétents fut envoyée de Berlin pour juger de visu de la gravité des détériorations et y porter remède : cette Commission chercha à cacher le but réel de son voyage, elle fit répandre le bruit qu’elle avait pour mission de s’assurer si, aux point de vue sanitaire, les forts étaient en état de recevoir de la garnison. A l’occasion de cette visite, on attribue les propos suivants à un membre de cette Commission : « Puisqu’il en est ainsi, la tâche des Français se trouvera simplifiée ; si une nouvelle venait à éclater, les voutes se réduisant déjà d’elles-mêmes ».

On s’attend à un effondrement général au printemps prochain, lorsque la terre actuellement durcie et gelée aura été détrempée par les pluies et ramollie par la température. Depuis la visite faite par la Commission Berlinoise, les charrois de matériaux ont cessé et les travaux suspendus, on assure qu’un nouveau projet de construction est en ce moment à l’étude. Les journaux allemands et ceux d’Alsace-Lorraine sont restés muets sur les accidents des forts. Un sieur Fischbach, rédacteur d’un journal rédigé en Allemand, paraissant à Strasbourg pourrait à ce sujet, car, lors de l’effondrement du fort de Wolfisheim, l’autorité supérieure allemande (intima l’ordre à ce journaliste de ne pas publier cette nouvelle) ». En examinant les plans de l’installation des fours à pain, on constate que les ingénieurs allemands ont sensiblement augmenté les dimensions des fondations sous les pieds droits du dernier fort construit à Strasbourg. Ils avaient certainement trop économisé sur la hauteur de ces fondations. A priori il y a eu des travaux correctifs, mais nous n’avons aucun document précis hormis un compte rendu d’accident attestant des travaux sur les fondations.

Allemagne, Strasbourg place forte : compte rendu concernant l’installation des lignes de télégraphies souterraines entre les forts détachés de Strasbourg.

Les renseignements suivants datés de janvier 1874 ont été communiqués par le 2e Bureau de l’Etat-major général au Ministère : « Forts de Strasbourg : Télégraphie souterraine. Le télégraphe souterrain qui doit relier les forts entre eux et ensuite ces derniers à la ville de Strasbourg sera probablement établi d’ici trois mois, on y travaille sans relâche ». En effet, les forts sont généralement reliés à leur voisin par une ligne circulaire et directement à la place forte par une ligne directe passant par l’une des portes de l’enceinte urbaine de la ville. Seul le fort Fransecky, n’est pas relié à la ligne circulaire à cause de la présence de l’Ill et du Rhin. Par ailleurs les trois forts construits sur la rive droite, n’auront à la fin qu’une seule ligne directe passant le Rhin entre Kehl et Strasbourg. Donc en principe à cette époque, la plupart des forts ont la possibilité de communiqué par télégraphie à l’aide de trois lignes souterraines.

 

Mardi 13 janvier 1874

Allemagne, Strasbourg, place forte : point de situation français relatif au nouveau type de forts détachés allemands et à la construction des nouvelles fortifications.

Dans une note française du deuxième bureau de l’état-major, on retrouve un document allemand qui nous apporte quelques informations concernant la place forte de Strasbourg (note en allemand, incomplète, seule la partie la plus utile a été traduite) : « Avec l’amélioration conséquente de ces derniers des temps des performances des pièces d’artillerie, on a été obligé de prendre en compte la modification des objectifs qui seraient les cibles de cette artillerie en temps de guerre. Les cibles privilégiées de cette artillerie sont les forteresses et leurs ouvrages individuels. Alors qu’autrefois les parties des murs des ouvrages de fortification qui étaient les plus exposés ont été réalisés en grande masse compacte, ce qui leur permettaient de résister réellement au tirs lointains, alors que ces tirs provenant des nouvelles pièces d’artillerie a désormais une efficacité trois fois supérieure, en conséquence on était désormais obligé, de ne plus utiliser la pierre pour ces parties les plus exposées, mais simplement de la terre coulante, sous laquelle se cache la masse des murs compacts. Ce système, qui a été inventé récemment, même si les ouvrages du système de Vauban ont toutefois été gardés, dévie pour l’essentiel du dernier système. Par ailleurs, comme les parties à nu des ouvrages exposées au tir direct sont désormais en terre, le but essentiel était aussi l’aménagement intérieur des ouvrages, que désormais les communications soient également protégées par des masses de terre, que les pièces d’artillerie tout comme l’équipage soient couverts par des masses de terre. D’autre part l’assiégé ne peut que procéder à des réparations des ouvrages endommagés, puisqu’il nécessite pour cela que de la terre, si les circonstances l’autorisent, de procéder à des travaux nocturnes sur les ouvrages endommagés en comblant la terre, toutefois si l’ennemi ne continue pas ces bombardements de nuit. Les nouveaux ouvrages de fortifications et surtout les ouvrages détachés de Strasbourg, Cologne et Ingolstadt, ont été érigé ou sont encore en construction dans ce système. Le nombre des forts de Strasbourg est de 12, auquel on doit encore en ajouter deux. Sur ces 12 la moitié sont situés sur des terrains secs, c’est-à-dire ceux de Reichstett, Mundolsheim, Niederhausbergen, Oberhausbergen, Wolfisheim et Lingolsheim, tandis que les forts de la Wantzenau, Grafenstaden, Illkirch, Sundheim, Auenheim et Neumühl – dont les trois derniers sont sur la rive droite du Rhin derrière Kehl – ont été construits sur des terrains humides et en conséquence sont dotés de fossés pleins d’eau. Des deux forts qui doivent encore être ajoutés, l’un sera érigé à l’extrémité de la colline des Hausbergen, sur la soi-disant tête de Mundolsheim « Mundolsheimer-Kopf », en tant que fort à fossé sec, alors que le second fort trouvera sa place à proximité du fort d’Illkirch, près du Altenheimerhof. Dans l’ensemble les forts sont situés à une distance moyenne de 15 à 20 kilomètres du centre de la ville et de son enceinte. Cette dernière sera agrandie vers l’Ouest et le Nord-Ouest, et la ligne porte de Pierre « Steintor » à la Citadelle sera arasée et la nouvelle enceinte s’étendra à partir de ces points jusqu’au Contades, l’Orangerie et y compris tous les terrains situés entre ces points. Il s’agit surtout d’agrandir la partie nord-ouest de la ville sans toutefois trop s’approcher de la ligne des fort détachés. Dans les prochains temps je ferais également de la même manière un compte-rendu de Cologne et d’Ingolstadt. L’ensemble des forts détaché de Strasbourg sont en partie reliés par des routes renforcées, comme c’est le cas de celle partant à gauche du fort d’Oberhausbergen sur les hauteurs jusqu’à la Tête de Mundolsheim, également reliée en partie par une voie ferrée, même si actuellement ces voies ferrées ne sont pas en service, et que les installations de cette dernière sont déjà partiellement détruites et arrachées, mais la plate-forme reste en place, et peut être remis en place en cas d’urgence dans un délai de 24 heures. La liaison technique des forts détachés avec la ville ainsi qu’avec le Gouvernement de la place forte, qui relie individuellement chaque fort, comprend une ligne télégraphique souterraine, comprenant des câbles qui ont été enterrées à une profondeur moyenne de 0,75 m. Ainsi chaque fort a un télégraphiste, auquel peut faire appel les fonctionnaires et les gardes du génie « Wallmeister » des forts. C’est grâce à ces liaisons télégraphiques que l’on peut en cas de siège, faire transiter e toute circonstances les ordres et les comptes rendus, sans que l’on soit obligé d’ouvrir une porte ». Remarque : il s’agit d’une note assez précise hormis la distance des forts détachés par rapport au centre-ville.

 

Dimanche 1er mars 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : renseignements relatifs aux nouveaux forts de Strasbourg d’après une revue militaire française.

Une revue militaire française nous livre ces informations : « Alsace-Lorraine. Les forts de Strasbourg. Nous pensons intéresser les lecteurs de la Revue en rassemblant les renseignements publiés déjà en France sur les travaux qu’exécutent les Allemands autour de Strasbourg et en complétant par quelques détails empruntés à la Gazette de Silésie et aux journaux de Metz et d’Alsace. Douze forts ont été construits ou sont actuellement en cours de construction : le fort Fransecky, situé dans la forêt de la Wantzenau, a exigé le déboisement d’une partie des bois communaux de la ville. Commencé au printemps dernier, ce fort ne doit pas être terminé maintenant ; il est probable, en effet, que les ingénieurs allemands ont rencontrés des difficultés à asseoir un fort sur ces terrains d’alluvions à demi inondés. Le fort aura ses fossés pleins d’eau. Il est destiné à commander, avec le fort Blumenthal, le cours inférieur du Rhin. Il bat, d’ailleurs, la chaussée de Lauterbourg et la vallée. Le fort Moltke, situé sur la hauteur, un peu en arrière de Reichstett, croise ses feux avec ceux du fort Fransecky sur toute la vallée et assure avec ce fort la défense du secteur limité par le canal de la Marne au Rhin et par le Rhin. Le fort Moltke est maintenant armé ; il est relié à la ville par une ligne télégraphique souterraine. Le fort Roon est avantageusement placé à droite de la voie ferrée commune aux lignes de Wissembourg et de Nancy, entre Mundolsheim et Souffelweyersheim. Plus à l’ouest, les hauteurs de parallèles au Rhin, qui s’étendent de Mundolsheim à Oberhausbergen sont couronnées de deux forts, le fort Kronprinz, ou de Niederhausbergen, et le fort Grossherzog von Baden, ou d’Oberhausbergen, qui possèdent déjà, une partie de leur armement. Les casernes de ces forts vont être terminées ce printemps ainsi que celle du fort Bismarck. Une route de ceinture, qui suit la crête des collines, part de Mundolsheim et conduit aux deux forts. L’on parle d’établir, en outre, une batterie près de l’église de Mundolsheim pour mieux battre les vallons de la Leisbach et de la Kolbsenbach. Commencé en même temps que les quatre derniers forts susnommés, le fort Bismarck, soit par suite de malfaçon, soit plutôt à cause de la nature argileuse du terrain, a subi des tassements qui ont déterminé l’automne dernier des éboulements considérables et singulièrement retardés son achèvement. Ce fort est établi dans la plaine près de Wolfisheim, à gauche de la route de Paris qu’il commande, au débouché de la vallée de la Bruche, et en face des hauteurs d’Oberschaeffolsheim. Le fort Kronprinz von Sachsen, ou de Lingolsheim, commande un vaste plateau que traversent la voie ferrée de Mutzig et la chaussée de Schirmeck. Il doit être maintenant armé. Les forts von der Thann, ou de Graffenstaden, et Werder, ou d’Illkirch, qui commandent la partie supérieure de la rive gauche du Rhin, sont loin d’être aussi avancés. Ils ont été entrepris seulement l’an dernier ; ils auront des fossés pleins d’eau de même que les forts de la rive droite.

La construction de ces derniers ne fait que commencer. Le premier d’entre eux, le fort Kirchbach, situé entre Marlen et Sundheim, commande la route Altenheim-Lahr et la vallée de la Kinsig. Le fort Bose, situé près de la voie ferrée Strasbourg-Kehl-Appenweier, couvre les communications avec le Wurtemberg par la vallée de la Renchen. Enfin le fort Blumenthal, situé tout près d’Auenheim, bat la route de Rastadt.

Deux batteries et un fort doivent encore, d’après la Nouvelle Presse de Francfort, compléter la défense de la rive droite du Rhin. Les batteries doivent être établies, l’une près de Bodersweier pour couvrir la route de Carlsruhe et le chemin d’Offenbourg ; l’autre, près de Kork, pour protéger la voie ferrée Kehl-Appenweier et la route Kehl-Offenbourg ; enfin le fort doit être établi presque au confluent de l’Ill et du Rhin, à Diersheim, à une distance de 11 à 12 kilomètres de Strasbourg. Il est destiné à agrandir la zone de la vallée du Rhin comprise sous le canon de la place, et à mettre Strasbourg en communication intime avec Rastadt. Le terrain entre les forts sera rempli par des batteries d’annexion ou intermédiaires, chacune de huit pièces, probablement, dit la Gazette de Silésie, des canons de 12 c. et des mortiers de 21 c. Les forts sont éclairés au gaz ; ils sont pourvus d’appareils pour l’éclairage électrique ; presque tous communiquent avec la ville par des lignes télégraphiques souterraines et quelques-uns auraient, dit-on, un dépôt de pigeons voyageurs. Un chemin de fer de ceinture, dès maintenant achevé, même sur la rive droite du Rhin, met en relation les différents forts. On a renoncé à l’intention de caserner en permanence, pendant la paix, des troupes dans les forts, à cause de leur éloignement de la ville. Comme conséquences de l’établissement des forts, les Allemands se proposent d’agrandir la ville dès que les travaux extérieurs auront été terminés. Cet agrandissement commencerait par la Finkmatt, avancerait de près d’un kilomètre tout le front nord jusqu’à la citadelle et engloberait encore l’Orangerie et le Contades ».

 

Vendredi 19 mars 1874

Empire allemand, Strasbourg : vente aux enchères de traverses du chemin de fer de ceinture.

La presse locale du jeudi 19 mars 1874 a publié le communiqué suivant : « Vendredi, le 19 mars 1874 matin à 9 heures, à Oberhausbergen, et le matin à 11 heures à Wolfisheim, sur le chemin de fer de ceinture « Ringbahn », seront vendu aux enchères publiques au plus offrant, 580 vieilles traverses de chemin de fer, contre payement immédiat en liquide. Strasbourg, le 18 mars 1874. Le service impérial des fortifications « Kaiserliche Fortifikation ».

 

Jeudi 2 avril 1874

Allemagne, Strasbourg place forte, ceinture des forts détachés : vente de traverses du chemin de fer de ceinture.

La presse locale a publié de communiqué : « Le 2 avril 1874, matin à 9 h00 à Oberhausbergen, à 11h00 à Wolfisheim, près du chemin de fer de ceinture, seront mises aux enchères publiques au plus offrant avec règlement en liquide sur place, de 580 vieilles traverses. Strasbourg, le 18 février 1874. 3074. Le service impérial des fortifications « Kaiserliche Fortifikation ».

 

Mercredi 8 avril 1874

Allemagne, Strasbourg garnison, dépôt d’artillerie : adjudication d’étagères pour stocker les projectiles.

La presse locale a publié ce communiqué : « Adjudication le 8 avril matin à 9 heures, au dépôt d’artillerie local, Broglieplatz 18, de la livraison de 178 étagères en bois destinées au stockage des projectiles. Les conditions particulières peuvent être consultées au bureau concerné. Strasbourg le 18 mars 1874. « Kaiserliches Artillerie-Depot ». Remarque : ce type d’étagères destinées à stocker les projectiles d’artillerie est également utilisé dans les casemates d’artillerie des forts détachés. Compte tenu du nombre, cette adjudication concerne vraisemblablement également l’équipement les forts détachés qui viennent d’être construits.

 

Lundi 4 mai 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg garnison : adjudication concernant des râteliers à fusils.

Communiqué publié par un journal de Strasbourg : « L’administration impériale de la garnison publie une adjudication qui aura lieu le 4 mai 1874, à 10 heures. Il s’agit de la livraison de 178 mètres linéaires de râteliers à fusils « Gewehrgerüsten ». Remarque : cette adjudication peut concerner les casernes de Strasbourg tout comme les forts récemment construits.

 

Jeudi 7 mai 1874

Allemagne, armée allemande : réorganisation de l’artillerie à pied (artillerie de siège et de forteresse).

L’artillerie à pied qui a été complètement réorganisée par l’ordre de cabinet du 7 mai 1874 dont nous voici les dispositions principales : « L’artillerie à pied cesse de relever des quatre inspections d’artillerie, qui prennent désormais le titre d’inspections d’artillerie de campagne. L’artillerie à pied constituera à l’avenir deux inspections de deux brigades chacune. Les inspecteurs d’artillerie à pied auront les mêmes droits et les mêmes pouvoirs que les inspecteurs du génie ; les commandants de brigades sont assimilés aux autres brigadiers. A partir du 1er octobre 1874, les commandants de brigade d’artillerie constitueront, pour tout ce qui a trait à l’armement des places, à la gestion des dépôts d’artillerie, des autorités territoriales administratives et relèveront, à cet égard, du ministère de la guerre. C’est de ces commandements que dépendront directement les officiers d’artillerie des places et les directeurs des dépôts d’artillerie.

Chaque inspecteur aura pour adjudants deux capitaines ; chaque commandant de brigade un lieutenant ; de plus, chaque brigade possédera deux capitaines, un certain nombre d’ouvriers d’artillerie et un officier artificier. Les inspecteurs visiteront au printemps, toutes les garnisons de leur inspection ; ils les visiteront également au cours des exercices à feu. Les brigadiers devront inspecter leurs troupes au printemps et pendant les exercices, les places et enfin les dépôts d’artillerie de leur brigade, soit en même temps que les troupes, soit à l’automne. Les généraux commandant en chef et les divisionnaires devront s’occuper de l’état et de l’instruction tactique des régiments d’artillerie de campagne et devront faire connaître leur avis dans le rapport qu’ils adressent à l’empereur ». Quant à l’artillerie de campagne, elle a été organisée complètement d’une façon conforme aux dispositions contenues dans l’ordre de cabinet du 18 juillet 1872.

 

Mercredi 13 mai 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : avis indemnisation pour les expropriations de la fondation Saint-Thomas.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué : « Sur la base de l’acte établi le 4 avril 1874 par le directeur impérial de l’arrondissement de Strasbourg (Kreisdirector) Hasse agissant à la demande du président impérial du district de Basse-Alsace, l’administration des hospices civils de Strasbourg, propriétaire des parcelles citées qui ont été en partie exproprié conformément à l’ordonnance impériale relative à l’agrandissement des fortifications de Strasbourg du 1 avril 1872, cèdent librement leur terrain à l’empire allemand contre indemnisation.

Ban d’Oberhausbergen. Lieu-dit :

Section A, n°213 : lieu-dit Dingsheimerpfad : 11,90 ares pour 2092,50 F.

Section A, n°232 : lieu-dit Im Gansen : 9,54 ares pour 1 621,80 F.

Section A, n°287-288 : lieu-dit In der kurzen Streng : 6,37 ares pour 1 247,66 F.

Section C, n°404 : lieu-dit In den 20 Aeckern über Wolfisheimer Pfad : 3,58 ares pour 572,80 F.

Section C, n°406 : lieu-dit In den 20 Aeckern über Wolfisheimer Pfad : 2,66 ares pour 425,60 F.

Section C, n°4020/421 : lieu-dit In den 20 Aeckern über Wolfisheimer Pfad : 4,72 ares pour 1 274,40 F.

Section C, n°575 : lieu-dit Im hofacker : 0,98 ares pour 171,50 F.

Section C, n°613 : lieu-dit Im hofacker : 2,87 ares pour 502,25 F.

Ban de Niederhausbergen.

Ban de Mundoslheim.

Ban de la Wantzenau.

Ban de Griesheim. Etc.

Conformément aux l’article 15 et 19 de la loi du 3 mai 1841, le communiqué est porté à la connaissance du public. A Strasbourg, le 5 mai 1874. Service des fortifications impériales (Kaiserliche Fortification)

Herrfahrdt, Major und Ingenieur vom Platz (Commandant et Ingénieur militaire de la place) ».

Remarque : pour les expropriations des terrains des fondations, des listes récapitulatives sont généralement publiées après celles des expropriations des terrains privés.

 

Mardi 2 juin 1874

Allemagne, Strasbourg place-forte : le roi Carl von Württemberg visite la garnison et les forts détachés.

La presse locale nous livre quelques renseignements sur la visite du roi de Wurtemberg à Strasbourg : « Strasbourg, le 2 juin 1874. Sa Majesté le roi Carl von Württemberg est arrivé aujourd’hui à 17H05 et réside à l’auberge « Stadt Paris » Ville de Paris, où il a été accueilli par les autorités civiles et militaires locales. Pour son séjour ici, d’après ce que nous avons entendus, il suivra le programme suivant : le matin à 8H30, parade des régiments d’infanterie n°25 et 126 à l’Esplanade ainsi que la visite des casernes du régiment d’infanterie à la Citadelle. Puis déjeuner chez le général commandant von Fransecky. L’après-midi, vers 14h00, un parcours passant par la ceinture des forts extérieurs de notre place forte. Le soir à 18h00 dîner chez sa Majesté. Son départ est prévu jeudi matin à 8h40. Demain, mercredi soir, sera organisé également une grande prise d’armes en l’honneur de sa Majesté ». 

Remarque : lors de la construction des forts détachés de Strasbourg, de nombreuses autorités allemandes feront le parcours des chantiers, ainsi que l’Empereur d’Allemagne, Guillaume 1er, en 1877.

 

Mardi 16 juin 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : vente aux enchères de tonnelets de ciment vides sur les chantiers des forts de la rive gauche.

Un journal local a publié ce communiqué : « Les tonnelets de ciment vides stockés près des forts nommés ci-dessous, seront mis aux enchères au plus offrant en lieu et place et remis contre payement immédiat en liquide, le mardi 16 juin 1874, le matin à 8 heures, au Fort près de Mundolsheim, environ 300 pièces ;

Le mardi 16 du mois (juin), le matin à 10 heures, au Fort près de Niederhausbergen, environ 400 pièces ;

Le mardi 16 du mois (juin), le matin à 11h30, au fort près d’Oberhausbergen, environ 227 pièces ;

Le mercredi 17 du mois (juin), le matin à 8 heures, au fort près de Lingolsheim, environ 174 pièces ;

Le mercredi 17 du mois (juin), le matin à 10 heures, au fort près de Ostwald, environ 400 pièces ;

Le mercredi 17 du mois (juin), le matin à 11h30, au fort près de Grafenstaden, environ 123 pièces.

Nous informons les acheteurs intéressés que les conditions d’achat et les points de rendez-vous peuvent être consultés au bureau du service impérial des fortifications. Kaiserliche Fortification. Signé Herrfahrt ».

 

Vendredi 26 juin 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : avis indemnisation pour les expropriations de la fondation Saint-Thomas.

La presse locale a publié ce communiqué officiel : « Sur la base de l’acte établi le 1er juin 1872 par le directeur impérial de l’arrondissement de Strasbourg (Kreisdirector) Hasse agissant à la demande du président impérial du district de Basse-Alsace, la Fondation Saint-Thomas de Strasbourg (St. Thomas-Stift) représenté par le directeur de son administration, Monsieur le professeur Eduard Reuss, domicilié dans la même localité, propriétaire des parcelles citées qui ont été en partie exproprié par décision du tribunal local de Strasbourg (Landgericht) du 28 mai 1873, soumis à la procédure d’expropriation conformément à l’ordonnance impériale relative à l’agrandissement des fortifications de Strasbourg du 1 avril 1872, cèdent librement leur terrain à l’empire allemand contre indemnisation.

Ban communal d’Eckbolsheim. Du lieu-dit Resselhirsch, section A, n°660 : 4 centiares et du n°679 : 1,91 ares. Le tout pour un montant global de : 286,58 F.

Ban d’Oberhausbergen. Lieu-dit :

In der kurzen Streng, section A, n°284 : 9,25 ares.

Auf dem Eckbolsheimer Bann, section C, n°417/419 : 4,51 ares.

Auf dem Eckbolsheimer Bann, section C, n°423 : 2,43 ares.

Im kalten Grund, section C, n°469 : 2,84 ares.

Im Hofacker, section C, n°549/550 : 0,32 ares.

Im Hofacker, section C, n°564 : 0,6 ares.

Im Hofacker, section C, n°579 : 2,02 ares.

Im Hofacker, section C, n°581 : 1,81 ares.

Auf dem Hofackerweg, section C, n°597 : 2,97 ares.

Auf dem Hofackerweg, section C, n°598/599 : 8,38 ares.

Auf dem Hofackerweg, section C, n°600 : 6,15 ares.

Auf dem Hofackerweg, section C, n°609 : 2,39 ares.

Stoeckelacker, section B, n°65 : 2,78 ares.

In den Mühlzweitel, section B, n°64p : 3,50 ares.

In den Mühlzweitel, section B, n°63/62 : 4,89 ares.

Mittelbreit, section B, n°46 : 3,83 ares.

Mittelbreit, section B, n°42/38 : 23,83 ares.

Mittelbreit, section B, n°37 : 9,75 ares.

In der untern Breit, section B, n°10 : 6,61 ares.

In der untern Breit, section B, n°6 à 9 : 11,53 ares.

Le tout pour un montant global de : 29 106,03 F.

Ban de Niederhausbergen. Lieu-dit :

Oben an der Hütte, section A, n°210 : 4,90 ares.

Auf dem Bremmerthal, section B, n°293 : 2,83 ares.

Auf dem Bremmerthal, section B, n°296 : 0,71 ares.

Thomasbreit, section B, n°59 : 21,66 ares.

Auf Mundolsheimer Weg, section A, n°431/434 : 76,36 ares.

Auf Mundolsheimer Weg, section A, n°422 : 1,27 ares.

Auf Mundolsheimer Weg, section A, n°413 : 3,08 ares.

Auf Mittelhausberger Weg, section A, n°397 : 4,28 ares.

Auf Mittelhausberger Weg, section A, n°390 : 22,13 ares.

Le tout pour un montant global de : 35 296,66 F.

Ban de Mundoslheim. Lieu-dit :

In den Dellern, section C, n°980 : 5,83 ares.

Langzweitel, section C, n°958 : 6,90 ares.

In den lagen Aeckern, section C, n°1035 : 0,20 ares.

Neben dem Weyersheimer Weg, so ein halb zweitel gross, section C, n°1047/1049 : 28,44 ares.

Neben dem Weyersheimer Weg, so ein halb zweitel gross, section C, n°1060 : 0,34 ares.

Thal in der langen, section C, n°336 : 0,52 ares.

Thal in der langen, section C, n°388 : 0,52 ares.

Auf dem Bühl in den 4 Ackerstücken, section C, n°567 : 0,06 ares.

Unten auf dem Schleiling, section C, n°782 : 2,84 ares.

Le tout pour un montant global de : 8 858,14 F.

Conformément à l’article 15 et 19 de la loi du 3 mai 1841, le communiqué est porté à la connaissance du public, qui conformément aux articles 17 et 18 de la loi citée précedemment que toutes les hypothèques et transcription concernant ces terrains ou toutes les plaintes de revendication doivent être déclarées dans un délai de 15 jours. A Strasbourg, le 23 juin 1874. Service des fortifications impériales (Kaiserliche Fortification) Herrfahrdt, Major und Ingenieur vom Platz (Commandant et Ingénieur militaire de la place) ».

 

Mercredi 29 juillet 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : avis indemnisation pour les expropriations pour la construction des forts détachés.

Un journal local a publié ce communiqué officiel : « Sur la base de l’acte établi le 29 juillet 1872 par le directeur impérial de l’arrondissement de Strasbourg (Kreisdirector) Hasse et celui établi le 24 juillet 1872 par le directeur impérial du Cercle d’Erstein Monsieur Boehm agissant à la demande du président impérial du district de Basse-Alsace, les personnes suivante propriétaires des parcelles citées qui ont été en partie exproprié par décision du tribunal local de Strasbourg (Landgericht) du 28 mai 1873, soumis à la procédure d’expropriation conformément à l’ordonnance impériale relative à l’agrandissement des fortifications de Strasbourg du 1 avril 1872, cèdent librement leur terrain à l’empire allemand contre indemnisation. Les indemnités doivent être payées dès que les conditions imposées par le titre III de la loi du 3 mai 1841, c’est-à-dire que les terrains sont libres de droit et de privilèges, sont accomplis. Ban communal d’Oberhausbergen :

1) Adelheid Zimmer, veuve première union de Karl Ludwig Weyherr, deuxième union de Moritz Ehrmann, habitant à Paris. Section B, n°44, lieu-dit (Gewand) : Mittelbreit, 5,41 ares pour 1000,85 F.

2) Eva Seiter, veuve de Ludwig Zimmer, habitant Strasbourg. Section B, n°44, lieu-dit Mittelbreit, 6,26 ares pour 1 158,10 F.

Ban communal de Griesheim

3) La personne nommée en n°1. Section C, n°467, lieu-dit Im Lerchenberg, 3,50 ares pour 525 F.

Ban d’Illkirch-Graffenstaden.

4) a. Hippolyt Billot, jardinier et son épouse Margareth, née Görtz, veuve de la première union de Georg Münch ; puis sa fille Marie Münch, épouse de l’agriculteur et journalier Michel Hück, ainsi que ce dernier. Toutes les personnes nommées résident à Illkirch-Graffenstaden. Section G, n°80, lieu-dit Feldscheib, 0,13 ares pour 19,50 F.

Conformément à l’article 15 et 19 de la loi du 3 mai 1841, le communiqué est porté à la connaissance du public, qui conformément aux articles 17 et 18 de la loi citée précedemment que toutes les hypothèques et transcription concernant ces terrains ou toutes les plaintes de revendication doivent être déclarées dans un délai de 15 jours. A Strasbourg, le 20 juillet 1874. Service des fortifications impériales (Kaiserliche Fortification) Herrfahrdt, Major und Ingenieur vom Platz (Commandant et Ingénieur militaire de la place) ».

 

Août 1874

Allemagne, Strasbourg garnison : passage de l’inspecteur de l’artillerie

Un journal de Strasbourg a publié : « Strasbourg, le 12 août 1874. Son excellence le général « Generallieutenant » et inspecteur de l’artillerie « Inspekteur der Artillerie », Monsieur von Podbielski, est arrivé hier après-midi à 17h30 avec le train en provenance de Wissembourg. Il a pris ses quartiers au « Europäischen Hof ».

Allemagne, Strasbourg place forte : état d’avancement de la construction des forts détachés.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 nous apporte quelques précisions sur l’avancement des travaux à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Les nouveaux travaux exécutés par les Allemands à Strasbourg comprennent 12 forts, 3 sur la rive droite du Rhin, 9 sur la rive gauche. Les forts de la rive droite sont à peine commencés, ceux de la rive gauche au contraire sont terminés sauf toutefois ceux dont les dossés sont pleins d’eau ».

Allemagne, Strasbourg place forte : description du secteur du plateau de Hausbergen.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte quelques précisions le secteur du plateau de Hausbergen à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Le nœud de la défense est le plateau de Hausbergen qui est très-peu dominé par les hauteurs éloignées (5 000 à 6 000 m) de Ittenheim, Reitwiller et Truchtersheim, et d’où l’on commande l’ancienne route de Paris. Ce plateau qui est couvert sur son front par la vallée assez profondément encaissé de la Souffel est occupé par les deux forts de Niederhausbergen et d’Oberhausbergen, distants l’un de l’autre de 1 000 mètres ».

Allemagne, Strasbourg place forte : description française des forts à fossés secs.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte nous décrit les forts détachés de Strasbourg à fossés secs ou pleins d’eau à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Les forts de Strasbourg tant à fossés secs qu’à fossés pleins d’eau sont conçus dans le même ordre d’idées ! Organisés exclusivement pour l’artillerie, devant être reliés par des tranchés-abris et des batteries intermédiaires que l’on construirait en temps de guerre, ces ouvrages constituent de grandes batteries servant de réduit à la ligne des tranchées et contenant de vastes logements, des nombreux abris et des magasins de munitions intérieurs et extérieurs. …

Mines s’étendent en avant de certains de ces forts, rien ne semble y avoir été prévu en ce qui concerne l’artillerie pied à pied qui, d’après les idées des Allemands sur la défense offensive des places, devrait être soutenue par les défenseurs des tranchée-abri avoisinantes et par les batteries intermédiaires.

Les forts à fossés secs sont tous semblables ; ils ne diffèrent que par leurs dimensions et par leur armement qui varie de 28 à 22 pièces.

Leur forme est celle d’une lunette aplatie, leur relief peut être évalué à 9 m au-dessus du terrain naturel.

Le fossé étroit et profond tire son flanquement d’une caponnière et à deux ailerons. L’escarpe détachée est tenue très basse, la contrescarpe que surmonte immédiatement le talus du glacis à 7 mètres de hauteur environ.

Une grande traverse en capitale sur laquelle se trouvent les principales communications divise le fort en deux parties et se prolonge jusqu’à la gorge. La gorge terrassée est brisée suivant un tracé bastionné de façon à assurer le flanquement de son fossé ; elle contient 2 étages de logements.

Les pièces sont traversées de deux en deux sur les faces et de pièce en pièce sur les flancs.

Les forts à fossés secs pleins d’eau sont construits sur le même type, seulement les flancs paraissent destinés à recevoir un armement moins considérable. Les logements à deux étages sont installés sous le parapet ; la gorge que ferme un tracé à profil bas de constructions voûtées servent de corps de garde et de logements s’élève à gauche et à droite de la porte d’entrée ; enfin, l’intérieur du fort est divisé par une grande traverse en capitale. On accède au terre-plein par deux rampes en maçonnerie aboutissant aux angles d’épaule ».

Allemagne, Strasbourg place forte : description de l’emplacement du Fort n°5.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte nous décrit l’emplacement et la mission du Fort n°5 de Strasbourg à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 : « Le fort n°5 est construit à l’extrémité sud du plateau d’où l’on domine la plaine de Wolfisheim, ses vues sur les coteaux en avant sont très étendues et les pentes du plateau sont bien battues ; ses faces sont armées de 18 pièces, les flancs de 10. De chaque côté de la gorge il existe des épaulements qui sont les amorces des tranchées par lesquelles on doit plus tard relier les forts entre eux. Il paraît qu’outre ces ouvrages on doit construire à Mundolsheim à l’extrémité Nord du plateau, et sur l’éperon par lequel se termine une batterie fermée destinées à battre les ravins de Pfettisheim et de Pfulgriesheim à l’époque où a été faite la reconnaissance, il n’y avait encore rien de commencé sur ce point ».

Remarque : les reconnaissances faites par les officiers français ne leur permettent pas en principe d’accéder dans les ouvrages. Il en résulte souvent une description très approximative de l’armement ou des locaux non visibles de l’extérieur, il fut donc prendre la description du nombre de pièces d’artillerie avec précaution. Toutefois cette description atteste de la présence effective des pièces sur les parapets des forts.

Allemagne, Strasbourg place forte : description du fort n°5 à Oberhausbergen.

Une note du deuxième bureau français datée du 21 août 1874 et signée par un capitaine du génie nous apporte quelques précisions sur l’avancement des travaux à la suite d’une reconnaissance effectuée en août 1874 (document incomplet) : « Détail du fort n°5 d’Oberhausbergen. … La forme générale est celle d’un pentagone très allongé, les faces forment entre elles un angle assez obtus qui peut être évalué à 150 ou 155°, tandis que les flancs sont inclinés de 10° environ sur la capitale. Le relief est de 9,00 m au-dessus du terrain naturel et de 6,00 m au-dessus de la crête du glacis. Le plan général des crêtes a une légère inclinaison que l’on a estimé à 0,75 m. Le parapet de la gorge est coté 5,00 m soit 2,70 m au-dessus de la crête du glacis. Le ressaut qui résulte de cette différence de niveau entre l’extrémité du flanc et le parapet de la gorge est racheté par une traverse formant parados pour la dernière pièce du flanc et pour les défenseurs de la gorge. Une grande traverse divise le fort en deux et se termine dans le plan du talus extérieur de la gorge. Elle a 2,00 m environ de relief au-dessus des crêtes. Les faces sont traversées de deux en deux pièces, les traverses sont au nombre de 4 pour chaque face. Leur espacement n’a pas pu être déterminé exactement, on l’a évalué à 20,00 mètres en supposant que l’on construirait en temps de guerre… manque la fin. … au sommet de 7,50 m et leur relief de 1,50 m au-dessus de la crête intérieure et 2,50 m au-dessus de la crête extérieure. Les traverses sont d’ailleurs prolongées jusqu’au talus extérieur dans lequel elles se profilent. Sur le flanc des traverses au nombre de 4 également, couvrent chacune une pièce. Leurs dimensions paraissent sensiblement les mêmes que sur les faces.

Escarpe. L’escarpe des faces et des flancs est détachée : elle a une hauteur totale de 5 m environ, et le chemin de ronde de 3 m de largeur est à 2 m au-dessus du fond du fossé. Les contrescarpes revêtues à 7 m de hauteur, elle est surmontée immédiatement par le talus du glacis. Les forts n’ayant ni chemin couvert ni chemin de ronde extérieur.

La largeur du fossé est de 10 m environ ; cette largeur correspond exactement aux dimensions des ailerons et de la caponnière dont il tire son flanquement. Les ailerons et la caponnière contiennent à chaque étage deux casemates ; l’étage inférieur est organisé pour l’artillerie ; deux poternes donnent accès au chemin de ronde à l’étage supérieur. Un fossé diamant met les étages inférieurs à l’abri de l’escalade.

Le fossé de la gorge est flanqué par une brisure ménagée dans la caserne et dont la longueur est suffisante pour deux casemates abritant deux pièces légères.

Le terre-plein de l’ouvrage … manque la fin.

… deux côtés de chaque traverse avec le terre-plein inférieur qui est à 1,50 m plus bas, et sur lequel s’ouvrent les abris traverse. Les traverses des faces sont toutes creuses ; il paraît en être de même des traverses des flancs. Leurs abris communiquent par un escalier avec des locaux voûtés établis au niveau de la cour. C’est ce que fait supposer du moins la construction des forts à fossés plein d’eau dans lesquels cette disposition est évidente. Un couloir donne accès aux magasins à projectiles et aux magasins à poudre, qui sont situés sous les angles d’épaule et à l’extrémité des flancs comme l’indiquent les cheminées d’aérage placées en ces points.

Terre-plein. Le terre-plein bas et le terre-plein communiquent par des passages ménagés sous la traverse en capitale. D’autres passages plus larges établis, l’un au pied du talus du terre-plein, l’autre à la gorge, permettent de passer d’une moitié de la cour à l’autre. C’est probablement de chaque côté de la traverse en capitale que sont construits sous le terre-plein les abris que les Allemands organisent toujours dans leurs forts pour les troupes de piquet et auxquels ils donnent le nom de « hangars ». C’est également là que doit se trouver le monte-charge au moyen duquel on fait arriver sur le terre-plein bas les munitions nécessaires. Casernement de la gorge. Les logements sont installés … manque la fin.

… de 5 m de largeur environ non défensives, mais dont les fenêtres en cas de besoin se ferment au moyen de volets en fer. On accède à ces logements par deux poternes situées à chaque extrémité de la gorge près des flancs et dont l’entrée est couverte par une saillie du terre-plein formant traverse ; Le cordon de la caserne est côté 1,50 m, il se raccorde avec l’escarpe du flanc par une position inclinée.

Communication. Les communications se font par la traverse en capitale dont le massif abrite un passage susceptible en temps de siège de servir de logement. Ce passage d’une part donne accès à la caponnière, de l’autre aboutit à a gorge à un niveau supérieur à celui du 2ème étage de la caserne. Un pont levis intérieur parfaitement abrité est flanqué par les casemates voisines, permet d’interrompre les communications entre le fort et le pont en pierres au moyen duquel on traverse le fossé. Ce pont consiste en deux arches assez surbaissées, qui viennent s’appuyer sur l’escarpe et sur la contrescarpe du fossé de gorge. Ainsi qu’on l’a dit, le fort n’a ni chemin couvert ni chemin de ronde. Cependant le débouché du pont est couvert par une place d’armes organisée pour la fusillade et dans laquelle se trouvent d’un côté un bâtiment contenant deux casemates, de l’autre un abri à l’épreuve formant l’entrée. Du magasin des munitions des batteries …. manque la fin. … fossés de la gorge on a construit des épaulements de 2,50 m de relief environ destinés à flanquer les abords du fort ou les pentes du plateau. Ces épaulements dont la longueur est de 100 m environ sont des amorces de la ligne de tranchée qui doit relier les ouvrages. D’après les renseignements recueillis sur place des galeries de mine s’étendent en avant du saillant et des angles d’épaule des forts. Le terrain se prête en effet à la défense souterraine, la colline sur laquelle sont ainsi les ouvrages de Hausbergen étant constitués par le lœss. Paris, le 21 août 1875. Le Capitaine du Génie. Signature illisible ».

 

Vendredi 4 septembre 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : arrivée de l’inspecteur des fortifications, le général von Biehler.

La presse locale annonce l’arrivée du général von Biehler : « Nouvelles locales et provinciales. Strasbourg, le 4 septembre 1874. Le général von Biehler, Inspecteur des fortifications, est arrivé hier à 16 h en provenance de Metz et à pris une chambre à l’auberge « Zum rothen Hause » de la Maison Rouge ».

 

Mercredi 28 octobre 1874

Allemagne, Strasbourg place forte : adjudication de la construction de la route stratégique que les hauteurs de Hausbergen par le service des fortifications.

La presse locale a publié le communiqué suivant à trois reprises : « Mercredi le 28 octobre matin à 10h, au bureau du service des fortifications, aura lieu l’adjudication publique de la construction d’une route sur les hauteurs de Hausbergen, c’est-à-dire pour les travaux et la livraison des matériaux sous le régime de « General-Entreprise ». Les candidats devront être de grandes sociétés ayant des moyens importants et nous faire parvenir les certificats correspondants au moyen quatre jours avant l’adjudication. La caution a déposé est de 30 000 marks. Les offres seront notifiées sur papier timbré et déposées sous plis cachetés jusqu’au 28 octobre à 9h00 du matin, au bureau du servie des fortifications. A Strasbourg, le 8 octobre 1874. Le service impérial des fortifications « Kaiserliche Fortifikation ».

 

Mardi 1er décembre 1874

Allemagne, Cologne, Metz, Strasbourg place forte : stations de pigeons voyageurs.

Stations de pigeons voyageurs militaires de l’Empire allemand. Le budget de 1875 comprendra pour la première fois, dit la Gazette de l’Allemagne du Nord, des crédits spéciaux pour l’établissement et l’entretien de stations de pigeons voyageurs à Cologne, Metz, Strasbourg. Cette demande de crédit, dont le total se monte à 4 400 francs, est motivée sur les faits d’acquisition et d’entretien des pigeons voyageurs, et les déplacements de plus en plus considérables des éleveurs chargés de leur dressage, en vue de leur emploi en temps de guerre. En temps de guerre ces pigeons peuvent également être employés à partir des forts détachés de Strasbourg.

 

Jeudi 31 décembre 1874

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : ordonnance instaurant le Reichsmark en Alsace-Lorraine à compter du 31 décembre 1874, mais publiée uniquement le 9 janvier 1875.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué officiel : « Annonces légales. N°15. Ordonnance relative à l’instauration du Reichsmark du 31 décembre 1874. Nous Wilhelm, Empereur allemand par la volonté divine, Roi de Prusse, ordonnons pour l’Alsace-Lorraine, au nom du peuple allemand, sur la base de l’article 1 de la loi du 15 novembre 1874 (Gesetzbl. S 39), et conformément à la loi monétaire pour l’Alsace-Lorraine du 9 juillet 1873, ce qui suit : La monnaie du Reichsmark est mise en circulation auprès de toutes les caisses publiques et est instaurée officiellement. Par document signé personnellement de notre main, muni du cachet impérial. A Berlin, le 31 décembre 1874. Signé Wilhelm. Signé Fürst von Bismarck ».

 

Lundi 25 janvier 1875

Allemagne, Alsace-Lorraine : augmentation du budget alloué aux fortifications allemandes.

Une revue militaire française nous apporte ces précisions : « La loi du 8 juillet 1872, en vertu de laquelle l’indemnité de guerre payé par la France a été répartie, avait consacré une somme de 19 000 000 thalers (71 250 000 francs) aux travaux de fortification à élever en Alsace-Lorraine. Sur cette somme, 3 750 000 francs étaient réservés pour l’agrandissement de la ville de Strasbourg. Restaient donc, pour être employés à la construction de nouveaux ouvrages, 67 500 000 francs. La portion de ce crédit, à dépenser en 1872 et en 1873, devait s’élever à 51 181 875 francs : un reliquat de 16 318 125 francs restait donc disponible pour les exercices suivants et était destiné à compléter le système de défense de Strasbourg et de Metz, les gros œuvres devant être achevés grâce aux crédits consacrés aux années 1872 et 1873. Mais ces crédits ont été dépassés et cela pour diverses causes parmi lesquelles on peut citer : les travaux supplémentaires occasionnés par les écroulements qui ont eu lieu dans les principaux forts de Metz, l’obligation de payer à des propriétaires des indemnités dues pour expropriation par l'administration française, obligation passée à la charge du gouvernement allemand, et enfin la hausse subite de la main-d’œuvre et des matériaux de construction occasionnée par la précipitation apportée dans les premiers travaux. L’administration allemande voulant en effet parer au plus pressé, a fait exécuter à tout prix, avant l’automne de 1873, les travaux qui avaient été reconnus indispensables à la défense du territoire. Il est résulté de ces divers motifs d’augmentation de dépenses que, 62 590 875 francs se trouvaient dépensés à la fin de 1874, et qu’il ne restait plus qu’un reliquat de 4 909 125 francs absorbé lui-même en partie, par de nouvelles dépenses imprévues causées par des écroulements considérables qui se seraient récemment produits au fort Saint-Quentin. Le Reichstag, reconnaissant la nécessité d’un nouveau crédit, a voté le 25 janvier 1875 une nouvelle allocation de 10 412 432 francs, à prélever sur le restant de l’indemnité de guerre ».

 

Jeudi 25 mars 1875

Allemagne, Strasbourg place-forte : adjudication de la réalisation et de la livraison de collecteurs en fonte et de tuyaux d’évacuation des fumées pour le service des fortifications.

Un journal de Strasbourg a publié à trois reprises ce communiqué : « La réalisation et la livraison de 151 entonnoirs collecteurs en fonte de fer « gußeiserne Trausschachttrichtern » et de 12 tuyaux d’évacuation des fumées « Dampfabzugsröhren » doit être adjugée publiquement au moins offrant, le délai de la soumission est fixé au jeudi 25 mars 1875 à 10 heures, au bureau du service des fortifications « Bureau der Fortifikation ». Les plans et les conditions de livraisons peuvent être consultés à ce bureau et les offres doivent parvenir avant le délai fixé. Strasbourg, le 2 mars 1875. Kaiserliche Fortification ». Remarque : ces équipements sont vraisemblablement destinés à des forts de la rive gauche du Rhin qui viennent d’être achevés.

 

Samedi 3 avril 1875

Nouvelles militaires. Empire allemand. Occupation permanente des forts de la rive gauche à Strasbourg.

Une revue militaire française qui puise ses informations dans la presse allemande nous livre ces informations : « Les casemates sont maintenant complètement terminées dans les forts de la rive gauche à fossés pleins d’eau, c’est-à-dire dans les forts Fransecky, Tann et Werder, et assez sèches pour pouvoir être habitées. En conséquence, à dater du 1er avril 1875, ces forts ont été occupés par une garnison permanente, et non plus par des détachements relevés chaque jour ».

 

Lundi 5 au mercredi 7 avril 1875

Allemagne, Strasbourg place forte : adjudication de la démolition et vente au plus offrant des équipements du chemin de fer de ceinture situés entre le Fort Moltke et le Fort Großherzog von Baden.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué : « Les diverses constructions établies sur le chemin de fer de ceinture « Ring-Eisenbahnstrecke » entre les forts II / VII et VIII / IX, tel les stations « Stationsgebäude », les châteaux d’eau « Wasserstationshäuser », les postes d’aiguillages « Weichenstellerbuden », les postes des patrouilleurs « Patrouilleurstuben », les latrines « Latrinengebäude », les remises à charbon « Kohlenschuppen » et une baraque en bois « Holzbude » pour le mécanicien contrôleur des wagons « Wagenrevisor », doivent vendus aux enchères à la démolition, au plus offrant, contre payement immédiat en liquide en lieu et place, la vente se déroulera le lundi 5 avril 1875 pour la ligne entre le Fort Moltke et le Fort Großherzog von Baden”, le mardi 6 avril 1875, pour la ligne entre le Fort Großherzog von Baden au Fort Kronprinz von Sachsen inclus, le mercredi 7 avril 1875 pour la ligne entre le Fort Tann jusqu’au Fort Werder. La vente aux enchères commencera pour les trois jours, à 9 heures, à la station de départ, c’est-à-dire, respectivement à la gare de Reichstett, à la gare d’Oberhausbergen et au Fort IX, et les intéressés seront informés des conditions particulières, le jour même de la vente. Strasbourg, le 20 mars 1875. Kaiserliche Fortification ».

 

Vendredi 30 avril 1875

Allemagne, Strasbourg place forte : adjudication de la démolition de la ligne du chemin de fer de ceinture.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué : « Les travaux de démolition « zum Abruch » du chemin de fer militaire de ceinture « militärischen Ringbahn » à Strasbourg, doivent être adjugés pour l’ensemble ou en trois lots : a) entre le canal de la Marne au Rhin et environ 200 mètres à l’est de la route de Wissembourg ; b) entre la gare de Mundolsheim et la gare de Holzheim ; c) entre Graffenstaden et le fort IX. L’adjudication est fixée au vendredi 30 avril 1875 à 10 heures, au bureau du service des fortifications. Strasbourg, le 5 avril 1875. Kaiserliche Fortification ».

 

Lundi 19 juin 1876

Allemagne, Strasbourg place forte : adjudication de la livraison d’asphalte et de fourniture de lettres en étain pour les noms des forts.

Un journal local a publié à deux reprises ce communiqué : « Le lundi 19 juin 1876 seront adjugés publiquement au bureau du service des fortifications local la livraison et l’application de 8 000 m² d’asphalte et la fourniture de 35 lettres en étain fondu et doré au feu. Les deux objets seront adjugés séparément. Les conditions peuvent être consultées sur place et une copie peut être fournie pour une somme de 0,75 marcs. Strasbourg, le 6 juin 1876. Le service impérial des fortifications « Kaiserliche Fortification ». Strasbourg, le 6 juin 1876 ». Nota : 35 lettres correspondent à priori à la fourniture des lettres destinée au forts Bose, Kirchbach et Blumenthal sur la rive droite du Rhin.

 

Vendredi 7 juillet 1876

Allemagne, Strasbourg place forte : exercice de l’artillerie à pied pour la mise en état de défense de la place forte.

La presse locale a publié un article relatant cet exercice : « Strasbourg, 12 juillet (1876). Cette correspondance écrit plusieurs nouvelles récentes et déjà plus anciennes : après que le régiment d’artillerie à pied n°15 « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 15 est revenu le 3 de ce mois (juillet)des exercices de tir près de Haguenau, ce dernier à commencer les exercices de mise en état de défense annuels le 7 de ce mois (juillet). Pour cet exercice, l’idée générale est la suivante : la France a déclaré la guerre à l’Allemagne ; Des troupes concentrées à Nancy et à Belfort se dirige sous la forme de groupes d’armées en direction de Strasbourg et ont rejetées les troupes mobiles allemandes envoyées pour assurer la défense des frontières ; ces dernières sont parties de Saverne le 6 du mois, pour encercler Strasbourg le 7 du mois au nord et à l’ouest, un encerclement qui est également achevé à l’est et sud à partir du 8 du mois. Il est admis que l’attaquant connaît bien l’avant terrain et les ouvrages de la place forte et il a entrepris l’attaque du Fort Kronprinz ainsi que les hauteurs de Mundolsheim, ce qui veut dire que pour les défenseurs la mission principale sera la mise en état de défense des deux forts Roon et Feste Kronprinz, au nord-est de Strasbourg, entre les chaussées de Haguenau et de Mittelhausbergen, ainsi que la mission particulière de la construction et l’armement des batteries sur les hauteurs de Mundolsheim. Pour soulager les troupes assujetties à ces lourds travaux de faire des allers-retours journaliers à leur caserne située à environ 14 à 17 km, et également pour tirer les enseignements pour plus tard sur l’occupation des forts par un équipage de guerre, le ministère impérial de la guerre a autorisé l’occupation des forts. L’état-major du régiment et ceux des bataillons, ainsi que divers officiers individuels, sont hébergés chez l’habitant à Mundolsheim et à Oberhausbergen, et les troupes jouant l’attaque à Rumersheim. Le Bataillon badois d’artillerie à pied n°14 « badische Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 14 » qui est rattaché au Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 15, et participe également à cet exercice, qui est dirigé par le chef de corps, le lieutenant-colonel « Oberstlieutenant » Saltbach. Peut-être qu’ultérieurement nous trouveront encore de quoi rende compte ».

 

Samedi 22 juillet 1876

Allemagne : stratégie & système de fortification allemand. Classement des places fortes.

D’après une décision prise récemment par le ministre de la guerre prussien et rapportée par l’Allgemeine Miltair Zeitung du 22 juillet 1876, les places fortes allemandes sont classées ainsi qu’il suit :

1° Forteresses avec armement de première classe : Strasbourg, Rastadt, Mayence, Metz, Coblence, Cologne, Wesel, Ulm, Magdebourg, Glogau, Neisse, Custrin, Spandau, Thorn, Posen, Dantzig, Koenigsberg.

2° Forteresses avec armement de deuxième classe : Neuf-Brisach, Thionville, Bitche, Sarrelouis, Torgau, Koenigstein, Glatz, Marienburg, Boyen.

3° Ouvrages de défense des côtes : Wilhelmshaven, Frederichsort, Pillau, Memel, Colberg, Swinemünde, Stralsund, Sinederbourg, Bouches de l’Elbe et du Weser.

Les places de Glogau, Custrin, Thorn et Spandau, qui comptaient autrefois dans la deuxième classe, passent dans la première classe. Les motifs de ce changement de classe sont les suivants : Spandau est un grand centre d’approvisionnements militaires ; c’est dans cette place qu’on mettrait à l’abri, en cas de besoin, les caisses, les autorités et les documents de la capitale. Thorn et Glocau constituent d’importantes têtes de pont sur la Vistule et sur l’Oder ; elles servent à la fois de places d’armes et de places de dépôt pour l’est et le sud de l’Empire ; Custrin protége le passage de l’Oder et de la Wartha.

Les changements apportés à l’ancienne organisation nous paraissent plus considérables que ne semble le supposer l’écrivain de l’Allgemeine militair Zeitung. Les forteresses allemandes étaient anciennement divisées en trois classes. On a compris dans les forteresses avec armement de premier ordre toutes les places de première classe, à l’exception de Koenigstein, les places de deuxième classe de Wesel, de Magdebourg, de Glogau, de Neisse, de Spandau et de Thorn et la place de Custrin, qui était jusqu’ici de troisième classe. Parmi les forteresses avec armement de deuxième ordre se trouvent rangées la petite place de Königstein (première classe), les places de deuxième classe de Thionville, De Sarrelouis, de Torgau et de Glatz, les places de troisième classe de Bitche et de Neuf-Brisach et les places anciennement non classées de Marienburg et Boyen.

On voit que sur la frontière occidentale de l’Allemagne la valeur de la place de Wesel est de plus en plus appréciée, tandis qu’à la frontière orientale on semble disposé à remanier complètement les fortifications, afin de préparer de ce côté aux armées allemandes un terrain d’opérations avantageux.

 

Mardi 26 septembre 1876

Allemagne, Strasbourg place forte : adjudication de la livraison et du montage de couvercles de puits de lumière et de ponts levis pour les forts détachés de Strasbourg.

La presse locale a publié cette adjudication : « Mardi le 26 septembre 1876, à 10 heures, seront adjugés publiquement et à montant illimité, au bureau du service des fortifications, la livraison et le montage de 36 couvercles pour puits de lumière « Lichtschachthaube » en fer forgé et grillage, d’un poids d’environ 100 kg par pièce, ainsi que de 3 pont-levis métalliques « Eiserne Zugbrücken », comprenant environ 2 800 kg de fer forgé et de fer laminé « Schmiede –und Walzeisen », 950 kg de fonte et 1 700 kg de plomb durci « Hartblei ». Les conditions générales et particulières ainsi que les plans peuvent être consultés au bureau, ou par la poste contre l’envoie de 6 marks. Strasbourg, le 8 septembre 1876. “Kaiserliche Fortification” ». Remarque : compte tenu qu’il n’y a que trois pont-levis, ces équipements sont vraisemblablement destinés aux trois forts à fossé plein d’eau, les Fort Fransecky, Fort von der Tann et Fort Werder, dont la construction s’achève sur la rive gauche du Rhin.

 

Mardi 21 au lundi 27 novembre 1876

Allemagne, Strasbourg, construction des forts détachés de Strasbourg. Revente des matériels du chemin de fer de ceinture.

La presse locale a publié ce communiqué à deux reprises : Les matériels rendus disponibles par le démontage des lignes de voies ferrée de ceinture « Ring-Eisenbahnstrecke » et par la fin des chantiers des forts de la rive gauche, seront vendus au plus offrant immédiatement contre payement immédiat sur place en liquide. Les matériels sont les suivants : environ 28 aiguillages, 23 800 traverses de chemin de fer, 800 traverses d’aiguillages, 10 770 clous pour rails « Schienennägel », 39 780 sièges de rails « Schienenstühle », 24 260 clous pour sièges de rails « Stühlnägel », 6 750 cales de sièges pour rails « Stühlkeile », 2 440 « Laschen » ?, 180 plaques de sous-bassement « Unterlags’platen », ainsi que des vieilles portes, fenêtres, planches, bois à brûler « Brennholz » ; 2 remises à planches « Bretterschuppen » ainsi que d’autres matériaux, qui ne sont plus nécessaire sur cette rive. Il est nécessaire de tenir compte des rendez-vous suivants qui ont été fixés le :

Mardi 21 novembre 1876 : pour les forts Fransecky, Moltke et la station Reichstett de la « Ringbahn ».

Mercredi 22 novembre 1876 : Veste Kronprinz et gare près de Niederhausbergen.

Jeudi 23 novembre 1876 : Grossherzog von Baden et gare d’Oberhausbergen.

Vendredi 24 novembre 1876 : Fürst Bismarck.

Samedi 25 novembre 1876 : les forts Kronprinz von Sachsen et Tann ;

Lundi 27 novembre 1876 : le Fort Werder.

La vente aux enchères commence à chaque fois pour les 7 journées, le matin à 9 heures, aux forts Fransecky, Roon, Veste Kronprinz, Grossherzog von Baden, Fürst Bismarck, Kronprinz von Sachsen et Werder, et les acheteurs potentiels sont informés que les conditions sont évoquées sur place et qu’ils peuvent également les consulter au bureau des Fortifications pendant les heures de bureau. Strasbourg le 9 novembre 1876. Kaiserliche Fortification ».

 

Décembre 1876

Allemagne, Strasbourg place forte : élargissement et aménagement du chemin rural de la route stratégique sur les hauteurs jusqu’au village d’Oberhausbergen.

En 1876 le génie militaire allemand établit deux plans pour la réalisation de la route stratégique reliant les différents forts de la colline d’Oberhausbergen. Il s’agit des plans suivants :

Un plan à l’échelle 1/2 500 sur un calque pour l’élargissement et l’aménagement du chemin rural de la route stratégique des hauteurs jusqu’au village d’Oberhausbergen dénommé « Verbreiterung und Chaussierung des Feldweges vom südlichen Ende der Verteidigungsstraße auf dem Hausberger Höhenkamm bis in das Dorf Oberhausbergen » avec le plan de masse du Fort Großherzog von Baden, édité en décembre 1876.

Un plan à l’échelle 1/100e et 1/200e relatif au projet de modification du chemin rural en une route défensive, édité en décembre 1876, comprenant un plan de situation et le nivellement.

 

1877

Allemagne, Strasbourg place forte : aménagement de 4 emplacements pour canons longs de 15 cm sur affût de côte.

Compte tenu que les canons longs frettée de 15 cm sur affût de côte des batteries côtières de l’Allemagne du Nord n’étaient plus assez efficaces contre les nouveaux cuirassements des navires de guerre, une centaine de ces canons a été transférée pour équiper les fortifications terrestres en 1877. Les plans d’installation de ces canons à Metz, sur le groupe fortifié du Mont Saint-Quentin et le Fort Manteuffel, et à Mayence, sont effectivement datés de 1877. Compte tenu qu’aucun plan concernant Strasbourg n’a été sauvegardé et que la presse n’en parle pas, il est fort probable que ce type de canons a été installé à Strasbourg à partir de 1877. Voici la répartition sur les forts à fossé sec du front Nord et du Front Ouest de la ceinture des forts détachés de Strasbourg :

Fort II, Fort Moltke, fort Rapp : 2 emplacements sur la face droite.

Fort III, Fort Roon, fort Desaix : 2 emplacements sur la face droite.

Fort IV, Fort Veste Kronprinz : à priori 4 emplacements, 2 par face. Etant donné des aménagements des cages pour les primates sur les parapets d’artillerie, les emplacements ne sont pas tous visibles.

Fort V, Fort Grossherzog von Baden, fort Frère : 2 emplacements sur chaque face.

Fort VII, Fort Kronprinz von Sachsen, fort Joffre : 1 emplacement sur la face droite et un emplacement à l’angle d’épaule de la face droite.

A Strasbourg, ces 14 pièces apportent l’avantage de la précision et de la portée accrue grâce à la présence d’un frein hydraulique. Ces canons de 15 cm peu mobiles, sont restés en place, au moins jusqu’en avril 1919, à Metz, certains étaient encore en batterie lors des combats de la libération à la fin de l’année 1944.

Vue d’un canon long fretté de 15 cm sur affût de côte modifié pour la fortification terrestre, sur le groupe fortifié du Mont Saint-Quentin « Feste Friedrich-Karl » à Metz, date inconnue, source Internet, tous droits réservés.

 

Samedi 3 mars 1877

Allemagne, Strasbourg place forte & garnison : Strasbourg. Présentation des recrues et relèves des détachements de garde des forts.

Informations tirées d’une revue militaire allemande : « Le dernier hiver s’est fait remarquer par sa douceur relative, qui était en contraste avec le froid vif de l’Est de l’Allemagne ; et comme nous avons également été épargné par les fortes pluies, la météo s’est montrée très favorable sur l’instruction des jeunes recrues faite au mois de décembre. Les présentations des recrues, qui a été faite en présence de leur supérieurs respectifs, sont désormais terminées pour les régiments prussiens, saxons et wurtembergeois locaux. En conséquence, on arrive à nouveau à faire tourner les services de garde de la garnison. Alors qu’avant la formation des recrues ont formait les détachements de garde de la garnison avec un mélange provenant de divers bataillons, il y a désormais un seul bataillon qui fournit les détachements de garde. Le gardiennage des forts par des détachements de garde « Wacht-Commandos », qui sont relevés tous les mois, est poursuivis de cette façon ».

Allemagne, Strasbourg place forte : Cadeau du portait de son Excellence Monsieur le général von Werder pour le Fort Werder.

Informations tirées d’une revue militaire allemande : « Son Excellence Monsieur le général de l’infanterie « General der Infanterie » von Werder a offert son portrait au Fort Werder ; comme nous l’apprenons, désormais tous les forts de la rive gauche du Rhin, hormis le Fort Grossherzog von Baden à Oberhausbergen, ont reçu en cadeau le portait de la personnalité dont ils portent le nom et conformément aux directives du gouverneur, ce portait est accroché en temps de paix dans la chambre de l’officier du détachement de garde, et en cas de mise en état de défense il doit trouver sa place dans la chambre du commandant du fort ».

 

Vendredi 28 décembre 1877

Allemagne, Strasbourg place forte : allongement de la route de défense à Oberhausbergen.

La presse locale a publié ce communiqué : « Compte tenu que le résultat concernant l’adjudication concernant les travaux de construction de chaussée pour le prolongement de la route de défense « Verteidigungsstrasse » à son extrémité sud n’a pas obtenu l’autorisation, une nouvelle adjudication est ainsi fixée pour une nouvelle date fixée au vendredi 28 décembre 1877, le matin à 8 heures au bureau du service des fortifications. Chaque soumissionnaire tant qu’il n’en a pas été spécifiquement exempté par le service des fortifications, doit déposer les certificats attestant de sa qualification pour la prise en charge de ces travaux ainsi que les preuves qu’il possède l’argent nécessaire – minimum 5 000 Marks- avant l’adjudication. Les offres des soumissionnaires qui ne se sont pas conformés à ces obligations seront écartés. Les conditions générales et particulières peuvent être consultées au bureau du service des fortification pendant les heures de bureau. Strasbourg, le 17 décembre 1877. « Kaiserliche Fortification ». 

 

Lundi 29 mai 1878

Allemagne, Strasbourg place forte : installation de cuisines dans les forts à fossé sec de la rive gauche du Rhin.

Le service impérial des fortifications de Strasbourg a procédé à l’adjudication de la livraison et de l’installation des cuisines. Le nombre de cuves et de cuisinières permet d’équiper l’ensemble des forts détachés de Strasbourg situés sur la rive gauche du Rhin. Deux cuisines sont installées au rez-de-chaussée de la caserne de gorge du Fort Grossherzog von Baden, une dans chaque aile. Chaque cuisine, est équipée d’un point de chauffe entouré d’un bâti construit en briques encadré par un cadre en fer, recevant quatre grandes cuves en fer pour la cuisson et le maintien au chaud des aliments. Ce dispositif est complété par une petite cuisinière faite avec les mêmes matériaux, et surmontée par des plaques de cuisson en fonte.

Voici le texte de ce communiqué : « Adjudication. Lundi le 29 mai 1878 de l’année en cours, à 10 heures, une adjudication illimitée sera faite pour la livraison de 72 cuves de cuisine en fer forgé « schmiedeeiserner Koch-Kessel » ainsi que les plaques de cuissons en fonte et fours pour 18 cuisinières « Kochherde » pour un poids total de 16 700 et 21 600 kg. Les conditions de livraison et les plans peuvent être consultés tous les jours pendant les heures de bureau et une copie peut être transmise contre un règlement de 5 marks pour les frais de reproduction. Kaiserliche Fortifikation ».

 

Septembre 1878

Allemagne, Strasbourg place forte : projet d’élargissement des remparts d’artillerie et d’installation de gardes corps.

Le service des fortifications a établi un plan projet daté de septembre 1878, pour l’élargissement des communications des remparts et de l’installation de gardes corps en fer au Fort Grossherzog von Baden à Oberhausberge « Entwurf zur Verbreiterung der Wallgänge und Aufstellung eiserne Geländer im Fort Großherzog von Baden ». Ces plans sont à l’échelle 1 :100e et 1 :500e, et comportent des plans de masse, et de profils.

 

Octobre 1879

Allemagne, Strasbourg place forte : réalisation d’un plan pour les travaux de réparation des malfaçons du Fort Grossherzog von Baden.

Le service impérial des fortifications de Strasbourg fait réaliser un plan de masse à l’échelle 1/100e des différentes parties du Fort V qui doivent faire l’objet de travaux de réparation vraisemblablement à la suite des différents mouvements du terrain qui ont entraînés des fissures après sa construction. Ce plan comporte les inscriptions suivantes : « Fortification Strassburg », « Aufgrabungen nasser Stellen des Fort Grossherzog von Baden » excavation des zones humides, « Strassburg im Oktober 1879 » Strasbourg en octobre 1879, « M = 1 :100 » échelle 1/100e, signé par : « Major und Ingenieur vom Platz » chef de bataillon du génie et ingénieur de la place, signature illisible « B…. », « Hauptmann in der Ingenieur-Inspektion » capitaine de l’inspection des Ingénieurs « Betzhold », « Gelesen Krüger, Oberst und Ingenieur » Krüger colonel et ingénieur, « Gelesen » reste illisible. Ce plan comporte les détails et les coupes suivantes : « Fig. 1 Saillant-Casematten links » aile des casemates du saillant, « Fig. 2. Saillant-Casematten rechts » aile droite des casemates du saillant, « Fig. 3 Facen-Kasematten rechts » casemates de la face droite.

Apparemment ce sont surtout les casemates du saillant et celle de la face droite qui comportent des fissures entraînant l’entrée de l’humidité, ce qui est fort gênant pour des casemates d’artillerie. Le plan indique par différentes couleurs et dessins les zones à excaver « Aufgrabungen », le manque sur les voûtes des casemates « Fehlende undersetzte Dosdanirung », les fissures à combler « aussgegossene Rissen », les zones à munir d’enduit au ciment « Cement Verputz des Erdparements », les enduits à la chaux « Schwarzkalk Verputz » et la nouvelle maçonnerie « neues Mauerwerk ». Remarque : toutefois nous avons trouvé des colliers métalliques qui cercles la maçonnerie du pied droit d’extrémité de la façade de l’aile gauche de la caserne de gorge. A priori ce renforcement a également été mis en place vers cette époque, voir un peu plus tard.

 

Extraits du plan susnommé : aile droite du bloc de casemates du saillant.

Collection CESFS. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Extraits du plan susnommé : face droite.

(Collection CESFS. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Extraits du plan susnommé : aile gauche du bloc de casemates du saillant.

(Collection CESFS. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Extraits du plan susnommé : Coupe.

(Collection CESFS. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Extraits du plan susnommé : Détail.

(Collection CESFS. Source : Geheimes Staatsarchive Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

1880

Allemagne, artillerie : essais avec une nouvelle poudre brisante et mise en service de nouveaux matériels d’artillerie.

Au cours de l’année 1880 essais avec de nouveaux explosifs brisants, le coton poudre pour obus « Schiessbaumwolle für Granate » et mise en service du mortier de 9 cm « 9-cm-Mörser » et du canon lourd de 9 cm « schwere-9-cm-Kanone ».

 

Jeudi 21 avril 1881

Allemagne, Strasbourg place forte : réalisation d’un plan projet pour l’installation des fours à pain des boulangeries de forts à fossés secs pour le rapport du 20 avril 1881.

Le service impérial des fortifications de Strasbourg fait réaliser un plan de masse à l’échelle 1/100e sur deux feuilles pour l’installation des fours à pain des boulangeries des forts détachés à fossé sec de la rive gauche du Rhin à Strasbourg. La page 1 comporte les inscriptions suivantes : « Fortifikation Strassburg » service des fortifications de Strasbourg ; « Entwurf für die Anlage von Backöffen in den Forts : Moltke, Roon, Mundolsheimerkopf, Veste Kronprinz, Grossherzog v. Baden, Fürst Bismarck und Kronprinz von Sachsen » projet d’installation de four à pain dans les forts : … » ; « Zum Bericht von 20. April 1881 gehörig » appartenant au rapport du 20 avril 1881, « Blatt II » feuille II ; pour chaque fort mentionné ce plan présente une coupe et un plan de masse de l’implantation détaillée des deux pièces, l’une avec le four à pain et l’autre voisine en tant que dépôt de vivres, pour chaque fort. Le plan comporte plusieurs signatures : « B illisible », « Major und Ingenieur vom Platz » chef de bataillon du génie et ingénieur de la place ; « Hoelzer » « Major im Stabe des Ingenieur Corps » chef de bataillon du génie à l’état-major du Corps des Ingénieurs ; « gelesen » lu, « Krieger », reste illisible ; « gelesen » lu, et illisible.

Extraits du plan susnommé : plan de masse de l’implantation d’un four de boulangerie au premier étage de l’aile gauche de la caserne de gorge

Collection CESFS. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Extraits du plan susnommé : plan de coupe de l’implantation d’un four de boulangerie au premier étage de l’aile gauche de la caserne de gorge

Collection CESFS. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

 

1883

Allemagne, fortifications : expériences de Kosel.

On a tiré avec le mortier rayé de 21 cm sur de vieilles voûtes en bonne maçonnerie de briques de 1 m d’épaisseur, recouvertes d’une couche de béton de 0,80 m et d’une couche de terre de 1 m à 1,50 m. Des obus torpilles de 6 calibres de longueur, avec charge d’éclatement de 19 kg de coton-poudre, ont percé les voûtes et éclaté à l’intérieur.

Allemagne, artillerie : mise en service de projectiles chargés de poudre brisante.

Depuis les essais menés en 1880, dont le but était de remplacé les charges de poudre des obus par de nouveaux explosifs, on a mis en service en 1883 les obus chargés de coton poudre « Schiesswollgranaten ». A cela est lié le bond dans l’amélioration de l’efficacité de l’artillerie qui a dévalorisé les fortifications déjà existantes ainsi que toutes celles qui viennent à peine d’être achevée de tous les états et amena à la crise des obus à explosif brisant « Brisanzgranatenkrise » ou crise de l’obus torpille en France et à une remise en question générale de la valeur des fortifications.  (voir chapître 4).

 

Mai 1883

Le service des fortifications de Strasbourg a établi un plan projet à l’échelle 1 :100e pour un abri à munitions à établir dans la batterie annexe droite du Fort Grossherzog von Baden. Ce plan a été établi comme annexe du rapport du 6 juin 1883. Le titre de ce plan est le suivant : « Zeichnungen der Munitions Raüme für die Anschluss Batterien – Fort Grossherzog von Baden – Rechte Flanke ». Il a été visé par Krüger, général de brigade à l’inspection des Ingénieurs « Generalmajor der Ingenieur-Inspektion », signature illisible, lieutenant-colonel et inspecteur des fortifications « Oberstlieutnant und Festungs Inspekteur », et approuvé par Hilly, commandant et 1er officier d’artillerie de la place « Major und 1. Artillerie-Offizier vom Platz ». Il s’agit là d’un premier projet pour ce type d’abri. L’abri qui sera à priori construit vers 1887-1890, comporte trois niveaux, dont deux souterrains, ce qui n’est pas le cas ici. Toutefois on avait déjà prévu une poterne basse assurant la liaison entre l’angle de gorge droit du fort et l’abri pour assurer le ravitaillement de la batterie en munitions avec un voie ferrée étroite. A priori il s’agit là d’une première étude pour ce type de batterie.

Extraits du plan susnommé : plans d’un abri à munitions pour la batterie annexe droite du Fort Baden : vue globale de la feuille de plans. Collection MJR. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Extraits du plan susnommé : plans d’un abri à munitions pour la batterie annexe droite du Fort Baden, coupes en profil. Collection MJR. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Extraits du plan susnommé : plans d’un abri à munitions pour la batterie annexe droite du Fort Baden, plan de masse. Collection MJR. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Extraits du plan susnommé : plans d’un abri à munitions pour la batterie annexe droite du Fort Baden, plan des dessus de l’ouvrage. Collection MJR. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

 

Mardi 24 février 1885

Allemagne, fortifications : un catalogue de questions est adressé à la Commission de la défense du territoire.

Le 24 février 1885, le directeur du département général de la guerre, le général Karl von Hänisch a demandé à la Commission de la défense du territoire de présenter un catalogue de questions concernant l’organisation du futur système fortifié. Hänisch a rappelé que les forts aménagés en position d’artillerie n’étaient guère aptes à une défense de l’infanterie et que pour cette raison il était favorable à leur réaménagement au profit de l’infanterie. Dans les intervalles, considérés comme le vrai champ de bataille, il était nécessaire de réaliser des abris, des merlons (ou remparts de protection), des liaisons et des dépôts de façon permanente, cependant au niveau de l’enceinte urbaine, il fallait réaliser de sérieuses économies.

 

Jeudi 23 avril 1885

Allemagne, fortifications : Questions posées à la Commission de défense du territoire par l’ordonnance impériale du 23 avril 1885.

Les questions posées par le général Hänisch, confiées par ordonnance impériale (AKO) du 23 avril 1885 à la Commission de défense du territoire pour y être étudié, devaient clarifier : s’il était permis de réduire l’artillerie des forts à quelques rares points et de transformer ces ouvrages pour une défense énergique par l’infanterie ; s’il fallait garder les batteries annexes dans leur volume actuel ; s’il faut réaliser un cuirassement complet pour quelques pièces ou s’il valait mieux favoriser une domination de l’artillerie des défenseurs par la masse, par une meilleure disponibilité au combat et par la protection des magasins à munitions ; de combien peut-on réduire l’équipement des ceintures urbaines sans que cela n’affecte la ceinture de défense extérieure ; La Commission de défense du territoire a transmis les trois premières questions à une sous-commission composée d’ingénieurs et d’officiers de l’artillerie et elle a cependant répondue à la question concernant l’équipement des enceintes urbaines, en préconisant qu’il fallait également maintenir une capacité à contenir une attaque pour celle-ci.

 

Mai 1885

Allemagne, fortifications : réponse de la sous-commission chargée des trois premières questions adressées à la Commission de défense du territoire.

En mai 1885, la sous-commission chargée des trois premières questions a décidé, que l’armement en artillerie des forts ne devait être réduit qu’avec parcimonie. La seule grande modification que l’on a accordé est la suppression des pièces légères abrités dans les traverses - abris et destinées à contrer un assaut, il fallait en effet en cas de besoin, les sortir des abris pour les faire entrer en action sur les remparts à ciel ouvert. On estimait que ce procédé n’était plus réalisable.

La grande masse de l’artillerie devait être maintenue sur ces positions à ciel ouvert, mais toutefois, on estimait que la mise en place de quelques exemplaires de pièces sous cuirassement pouvait entraîner une action décisive dans le déroulement d’un siège. On a accordé un poids certain à l’équipement des places fortes avec des ballons d’observation et à la réalisation de poste d’observation cuirassés dans les forts. Dans l’ensemble, on n’a pas réussi à trouver une solution suffisante concernant la forme des futures fortifications.

 

Jeudi 3 décembre 1885

Allemagne, fortifications : Réponses aux questions posées à la Commission de défense du territoire par l’ordonnance impériale du 23 avril 1885.

Le 3 décembre 1885, les décisions suivantes ont été prises par A.K.O. : « Conformément aux propositions de la commission de défense du territoire... sont classés dans les places fortes à conserver et à renforcer en première ligne : Metz, Strasbourg, Neuf-Brisach, les fortifications projetées près de Sarrebourg – Molsheim, Bitche, Thionville, Cologne, Königsberg, Boyen, Thorn, Posen, Pillau, Weichselmünde, Swinemünde, Friedrichsort, les fortifications de l’Elbe inférieure et de l’embouchure de la Weser ainsi que les fortifications côtières de Wilhelmshaven. Sarrelouis est, comme l’avait déjà indiqué, à abandonner dès les fortifications de Sarrebourg – Molsheim sont pratiquement achevées. Sonderburg doit être abandonné complètement dès que les ouvrages construits sur la baie de Kiel, près de Pries et de Robsdorf sont achevés. Le projet d’une autre extension des fortifications terrestres de Kiel doit être abandonné. Toutes les autres places fortes et ouvrages doivent être maintenus, et les projets agréés doivent être construits, mais pour Stralsund et Colberg, il n’est pas utile d’y garder l’armement et les matériels de mise en état de défense ».

 

Samedi 1er mai 1886

Le service des fortifications de Strasbourg a établi un plan projet à l’échelle 1 :100e et 1 :200e pour remplacer par des rampes d’accès le pont fixe enjambant le fossé de gorge du Fort Grossherzog von Baden. Ce plan a été établi comme annexe du rapport du 1er mai 1886. Le titre de ce plan est le suivant : « Entwurf zum Ersatz der massiven Kehlgraben Brücke durch Rampen des Fort Grossherzog von Baden ». Il a été visé par Keller, colonel et ingénieur « Oberst und Ingenieur », Hofmann, lieutenant-colonel et ingénieur « Oberstlieutnant und Ingenieur », et approuvé par signature illisible, commandant et 1er officier d’artillerie de la place « Major und 1. Artillerie-Offizier vom Platz ». Il s’agit du plan projet de transformation de l’entrée et du tambour avec établissement de rampes d’accès de part et d’autre du fossé de gorge. Ces travaux seront à priori réalisés à partir de 1887. La suppression du pont fixe permet de dégager le champ de tir des deux blocs de flanquement du fossé de gorge situés de part et d’autre de l’entrée, qui doivent être muni de canons révolvers au niveau du 1er étage. Ces travaux entraînent un abaissement de l’entrée, et une modification complète du blockhaus de garde au niveau du tambour.

Extraits du plan susnommé : remplacement du pont fixe par-dessus le fossé de gorge par des rampes au Fort Baden, plan de masse. Collection BA. Source : Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

 

Lundi 17 mai 1886

Allemagne, Strasbourg place forte : projet de remplacement des ponts des forts à fossé sec par des rampes.

Une note française de renseignement nous apprend ceci : « Dans une quinzaine de jours, on doit commencer les travaux d’établissement des rampes dans tous les forts à fossés secs de Strasbourg. Dans une note du 17 mai 1886, j’ai fait connaître que ce travail avait été fait, à titre d’essais au Fort Bismarck.

Des éboulements se sont produits au Fort Fransecky Wantzenau, on construit en ce moment des murs de soutènements dans cet ouvrage. Le fort se trouvant à une trop grande distance de celui de Blumenthal - Auenheim rive droite il est question de construire un fortin sur une île formée par un bras du Rhin entre la Wantzenau et Auenheim ».

 

Samedi 26 juin 1886

Une note française de renseignement nous informe que les travaux de destruction des ponts par-dessus le fossé de gorge des forts à fossés secs viennent de commencer. Ils sont remplacés par des rampes d’accès. Ces travaux doivent être achevés dans un délai de six semaines.

 

Lundi 19 juillet 1886

Allemagne, Strasbourg place forte : début de la démolition des ponts des forts à fossé sec.

Une note française de renseignement nous apprend : « Hier 19 juillet 1886, on a commencé la démolition des ponts dans les forts à fossés secs, et à construire des rampes d’accès ; ces travaux devront être terminés dans six semaines ».

 

Jeudi 22 juillet 1886

Allemagne, Strasbourg place forte : installation des rampes d’accès dans les forts à fossé sec.

Une note française de renseignement nous apprend : « Le projet d’établissement des rampes dans les forts à fossés secs de Strasbourg est approuvé. Dans les bureaux du génie à Strasbourg on est actuellement occupé à faire des croquis d’exécution. La modification dont il s’agit existe déjà au Fort Bismarck, elle reste à exécuter dans les cinq autres forts à fossés secs. Les travaux seront commencés dans un délai de deux mois ».

 

Samedi 9 octobre 1886

Allemagne, Strasbourg place forte : projet de modification des murs d’escarpe et des glacis des forts à fossé sec.

Une notre française de renseignement nous livre les informations suivantes : « Etude sur la fortification des murs de contrescarpe et des glacis aux saillants des forts. La Direction du génie de Strasbourg vient de recevoir l’ordre de Berlin d’avoir à élaborer et sur de nouvelles bases un projet de modification des murs de la contrescarpe et des glacis aux saillants des forts ; les fossés ne seront plus élargis, ils seront au contraire rétrécis, les murs de la contrescarpe seront plus élevés ainsi que les parapets des glacis, qui auront au moins 3 mètres d’élévation en plus. Les travaux de modification qu’on veut exécuter seront considérables. On parle aussi de la démolition des caponnières maçonnées pour les remplacer par des caponnières cuirassées. La Direction du Génie vient aussi de louer une bande de terrain autour des forts et notamment au fort Bismarck, terrain qui confine aux glacis des saillants et des épaules, à raison de 10 marks l’are. Ces travaux seront exécutés aussitôt que les projets seront élaborés et ratifiés ».

 

18 octobre 1886

Allemagne, Strasbourg, fortifications : remplacement des portes et volets de casemates.

Une note française de renseignement nous livre les informations suivantes : « Remplacement des volets des casemates jugés insuffisants et rectification du tracé des forts de Strasbourg. Il paraît que l’on a constaté que la porte et les volets des casemates des forts et de l’enceinte de la place de Strasbourg ne pourraient pas résister aux balles du fusil à répétition français. Pour ce motif, on va les remplacer dans le courant de cet hiver par d’autres en acier Bessemer. Un correspondant de Strasbourg nous a également fait savoir qu’à la suite de récentes expériences, le tracé des forts de Strasbourg serait modifié : la ligne brisée au milieu de laquelle se trouve la caponnière serait changée en ligne droite ou tout au moins le saillant serait-il sensiblement aplati. Notre correspondant n’a que des renseignements très vagues à ce sujet, renseignements qui lui ont été donnés par un garde du génie ».

Une autre note française de renseignement nous livre les informations suivantes : « Rectification des profils des glacis et des fossés aux saillants. Dans une récente correspondance il a été dit que le génie allemand venait d’établir des projets en vue de changer les profils du glacis et des fossés aux saillants. L’ordre d’en faire les devis est arrivé de Berlin à Strasbourg. Mais depuis, tout a été ajourné. Le 14 octobre 1886, l’ordre est arrivé de Berlin de suspendre le travail et d’attendre l’arrivée de nouveaux projets qu’on est en ce moment en train d’élaborer à Berlin. Les changements prévus dans les premiers projets ont été trouvé insuffisants. Il paraît que les fossés seront en partie déplacés, d’après les nouveaux projets, les glacis seront plus élevés, enfin les profils seront complètement changés ». Remarque : l’indication de changement du tracé ne sera pas réalisée, il s’agit plutôt du projet de suppression des caponnières du saillant dans les forts à fossés secs. Indications intéressantes, ces renseignements proviennent d’un garde du génie « Wallmeister » travaillant vraisemblablement au service des fortifications de Strasbourg. Cependant le glacis sera effectivement modifié.

 

Jeudi 30 décembre 1886

Allemagne, Strasbourg place forte : ordonnance impériale pour la construction de 5 ouvrages intermédiaires.

Signature d’une ordonnance du cabinet de l’empereur pour la construction de cinq ouvrages intermédiaires « Zwischenwerke » à Strasbourg. L’ouvrage intermédiaire « Zwischenwerk Baden-Bismarck » actuellement dénommé ouvrage Frère-Kléber est l’un des ouvrages qui sera construit au sud du Fort Grossherzog von Baden sur le ban de la commune d’Oberhausbergen.

 

Lundi 10 janvier 1887

Allemagne, Strasbourg place forte : armement en pièces d’artillerie et travaux de renforcement de la place forte.

Une notre française de renseignement du 10 janvier 1887 évoque les informations suivantes concernant l’artillerie et les travaux de renforcement de la place forte. Informations concernant l’artillerie de la place : « Depuis quelques jours il arrive ici des pièces de siège en bronze toutes neuves de 15 cm. Ces pièces viennent de Spandau et seront transportées dans les forts pour y remplacer les pièces de 12 cm. Ces dernières pièces seront toutes remplacées par des pièces de 15 cm. Plusieurs wagons de poudre et autres munitions sont également arrivés ces jours derniers à la gare d’Austerlitz. Le tout a été transporté dans les magasins de la nouvelle enceinte du côté de la citadelle ».

Début des travaux de renforcement de la ceinture des forts détachés en conséquence de la crise de l’obus torpille : « Au 1er avril prochain, tous les forts et cavaliers de l’enceinte qui ont des casernes seront garnis de troupes. La direction des fortifications est actuellement en pourparlers avec les propriétaires pour l’achat des terrains servant de champs d’exercices. Tous ces forts sont munis de tout ce qui sera nécessaire pour recevoir leurs garnisons au complet.

Aujourd’hui même, la fortification a commencé à faire poser les grillages barrières sur les murs de la contrescarpe aux saillants des forts à fossés secs. Il n’est donc plus question quant à présent de modifications de profils dans les saillants ; tout reste dans l’état actuel. La fortification fait faire encore pour 70 000 marks de grillages en plus afin de pouvoir garnir toute la contrescarpe des faces et des flancs des forts à fossés secs. Ces travaux devront être terminés sans faute dans un délai de deux mois. Je tiens tous ces renseignements de sources certaines. Le personnel de la fortification croit que la guerre éclatera bientôt ; car, dit-il, si la guerre n’était pas prévue, on aurait certainement procédé aux modifications projetées, des profils, qu’on aurait pu terminer, dans le courant de l’été prochain ».

 

Jeudi 27 janvier 1887

Allemagne, places fortes : ordonnance impériale relative au renforcement des intervalles entre les forts détachés.

On a décidé par l’ordonnance impériale « A.K.O. » du 27 janvier 1887, qu’il fallait, à la hauteur des forts, aménager une position d’infanterie dont les points d’appui principaux devaient être les forts, qui devaient également servir de position à quelques pièces d’artillerie lourde. Pour les intervalles on a ordonné la construction d’ouvrages intermédiaires aptes à résister à un assaut et à des abris pour l’infanterie, tandis que la masse de l’artillerie prendra place derrière les forts, il fallait aménager des remparts de protection, des voies d’accès pour les pièces, des abris pour les munitions et les servants, prendre des mesures pour le camouflage et préparer le matériel pour la réalisation des obstacles. Les abris d’infanterie « A-Räume » et les abris à munitions « M-Räume » ont été construits dans un premier temps en maçonnerie (en briques) et plus tard, le plus souvent en béton avec une épaisseur de 1,50 à 3 mètres. Avec tout cela, les intervalles ont reçu un treillis d’ouvrages qui devaient être complétés lors de la mise en état de défense.

 

Lundi 7 février 1887

Allemagne, Strasbourg place forte : travaux de renforcement de la ceinture des forts détachés.

Une notre française de renseignement du 7 février 1887 nous livre les informations suivantes concernant les travaux de renforcement de la place forte.

Installation du chemin de fer de ceinture : « Belfort, le 7 février 1887. Sur un ordre télégraphique arrivé tout récemment de Berlin à Strasbourg, le génie militaire a mis immédiatement en œuvre la construction d’un chemin de fer de ceinture destiné à relier entre eux les forts extérieurs qui entourent la place. L’établissement de ce chemin de fer est prévu depuis longtemps, mais son exécution, d’après les renseignements antérieurs, ne devait se faire qu’au moment d’une guerre. La ligne se composera d’une voie étroite, pour servir au transport des matériaux, et d’une voie normale, devant servir à l’armement des ouvrages ; cette voie sera raccordée avec le chemin de fer de l’Etat ».

Travaux de renforcement des forts détachés :

« L’entreprise des travaux a été donnée à la société Heydt et Cie, maison avec laquelle on a traité de gré à gré, et qui est la même que celle chargée des travaux de revêtement au ciment et au béton à exécuter dans les forts. Les travaux, commencés immédiatement sur plusieurs chantiers, doivent être terminés dans le délai de deux mois. Le génie vient de charger M.M. Heydt et Schuster, sans adjudication et au prix du devis, de tous les travaux de renforcement des casemates. Les casemates, abris etc., seront découverts afin qu’on puisse les recouvrir d’une couche de béton. Ce béton sera formé de mortier-ciment et de silex cassé. On conduit déjà du matériel et des matériaux dans les forts pour l’exécution de ces travaux, qui devront être terminés sans faute le 1er avril prochain. A cet effet l’administration militaire, vient de commander 900 wagons de ciment Portland et 1 000 wagons de silex-pierre bleue. Elle vient aussi de commander à M. Schaeffer, tuilier à Achenheim, près Strasbourg, 400 000 briques pour les forts. Il y aura donc aussi beaucoup de maçonnerie, ce qui est tout naturel, car si l’on veut couler du béton, il faut que les côtés soient fermés par des murs. Les travaux en question sont évalués à 1 million ».

 

Mercredi 23 février 1887

Allemagne, places fortes : ordonnance relative à la transformation des remparts des fortifications.

Le 23 février 1887, le ministère de la guerre a émis une ordonnance donnant l’ordre de transformer toutes les portions de rempart non indispensables à l’artillerie, au profit de la défense de l’infanterie, et en même temps, de commencer la construction de batteries annexes qui avaient été planifiées mais non réalisées et de les doter d’abris à munition à l’épreuve des bombes.

 

Samedi 5 mars 1887

Allemagne, Strasbourg place forte : installation du chemin de fer de ceinture.

Une notre française de renseignement du 5 mars 1887 nous livre les informations suivantes concernant les travaux de renforcement de la place forte.

Installation du chemin de fer de ceinture : « A la date du 12 février 1887, le Gouverneur de Strasbourg a décidé l’établissement d’un chemin de fer à voie étroite passant du pont du canal près de Hœnheim en prenant ensuite la chaussée du chemin de fer de ceinture, la route de ceinture derrière le Fort Roon, puis le chemin vicinal n°63 à partir du kilomètre 12.000 jusqu’au kilomètre 13.100, ensuite la route vers le fort Podbielski et là par le chemin vicinal n°11 du kilomètre 14.700 au kilomètre 14.870 jusqu’au fort Grand-Duc de Bade. Ce chemin de fer est destiné à transporter les matériaux dans les divers forts sur son passage. Par ordre subséquent, et pour le même objet, un chemin de fer doit être établi de la gare de Holtzheim au fort Prince de Bismarck ».

 

Vendredi 1er avril 1887

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

A partir du 1er avril 1887, tous les grands forts de la ceinture fortifiée de Strasbourg, sont doté d’une garnison permanente comprenant une ou deux compagnies d’infanterie, qui s’installent pour une durée d’un an. Ce système est appelé « Bataillons-Wechsel ». Tout simplement, un des trois bataillons de chaque régiment d’infanterie est chargé d’assurer pendant un an tous les services de garde attribués au régiment. Ainsi, ce bataillon détache en règle générale deux compagnies dans chaque grand fort dont il doit assurer la garde. Au Fort Grossherzog von Baden, c’est le régiment d’infanterie « Infanterie-Regiment Nr. 105 » de Strasbourg qui détache en permanence deux compagnies du 1er bataillon qui s’installent au fort Frère pour une période d’un an. Elle détache tous les jours, pour une période de 24 heures, un petit détachement de garde. Toutefois, quelques années après, les deux compagnies du régiment d’infanterie 105 sont remplacés par deux compagnie du 2ème groupement d’artillerie du « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ». Les 4 batteries de ce groupe d’artillerie vont se succéder deux par deux, jusqu’au début de la guerre en août 1914.

 

Mercredi 31 août 1887

Allemagne, Strasbourg place forte : procédure d’expropriation dans le cadre du renforcement de la ceinture de forts détachés.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué officiel : « Extrait de l’arrêt du tribunal local de Strasbourg du 1er juillet 1887, concernant l’expropriation pour motifs militaires. Conformément aux procès-verbaux du juge-commissaire « Richterkommissar » et des chargés d’affaires juridiques du 27 juin 1887. Conformément à l’acte établit par le procureur impérial de Strasbourg du 30 juin 1887, qui prend en compte la demande. Conformément à la loi du 30 mars 1831. Après concertation est conforme aux dispositions préconisées par la loi, que l’expertise du chargé d’affaires juridiques est entièrement à exécuter dans tous les points. Pour ces raisons le tribunal impérial local III chambre civile « Kaiserliche Landgericht III, Civilkammer » conformément à l’article 10, la procédure fixe la prise de propriété définitive comme suit :

Ban de la commune d’Oberhausbergen ». Total : 26 lots en 26 jugements. Section C. In den zwanzig Ackern. Parcelles n°352, 369, 370, 371, 372, 373, 374, 373p, 375, 376, 377, 378, 379, 380, 381, 382, 383, 384p, 385p, 386, 387, 393, 384, 385, 394, 395, 396, 397, 398, 399, 400, 401, 402, 403, 405, 407. Total : 505,41 ares expropriés, 1 parcelle au prix de 130 M / are, 12 parcelles au prix de 120 M / are et 15 parcelles au prix de 110 M / are.

« Le président de Basse-Alsace est autorisé à prendre possession des terrains ci-dessus avec les conditions de l’arrêt du tribunal avec la fixation provisoire des dédommagements. Ordonne finalement que les propriétaires des terrains vide immédiatement les terrains dès exécution de leurs obligations. La communication de cet arrêt est conforme aux articles 15 et 19 de la loi du 3 mai 1841 avec les remarques, que les articles 17 et 18 de la loi précise que les contrats de cession sont établis après l’absence d’hypothèque et de privilèges. Tous les recours doivent être déposés dans les délais prescrits. Strasbourg, le 31 août 1887. Kaiserliche Fortifikation ».

 

Jeudi 13 octobre 1887

Allemagne, Strasbourg place forte : procédure d’expropriation dans le cadre du renforcement de la ceinture de forts détachés.

Un journal de Strasbourg a publié ce communiqué officiel : « Extrait de l’arrêt du tribunal local de Strasbourg du 26 août 1887, concernant l’expropriation pour motifs militaires. Conformément à la loi du 30 mars 1831.

Conformément aux procès-verbaux du juge-commissaire « Richterkommissar » et des chargés d’affaires juridiques du 17 et 18 août 1887. Conformément à l’acte établit par le procureur impérial de Strasbourg du 23 août 1887, qui prend en compte la demande. Après concertation est conforme aux dispositions préconisées par la loi, que l’expertise du chargé d’affaires juridiques est entièrement à exécuter dans tous les points. Pour ces raisons le tribunal impérial local III chambre civile « Kaiserliche Landgericht III, Civilkammer » conformément à l’article 10, la procédure fixe la prise de propriété définitive comme suit : Ban de la commune d’Oberhausbergen ».

Total : 18 lots en 3 jugements. Section D. Dorf. Parcelles n°87, 88, 89.

Section A. In der Klamm. Parcelle n°653.

Section C. Über den Eckbolsheimerweg. Parcelles n°609p, 610p, 611p, 612p, 613p, 614p, 660, 661, 662, 663, 664.

Bei den Marlenheimer Pfädel. Parcelles 718, 720, 721.

Total : 62 ares expropriés, 1 lot au prix de 180 M / are, 2 lots au prix de 140 M / are,1 lot au prix de 120 M / are, 6 lots au prix de 100 M / are, 8 lots au prix de 90 M / are.

« Ordonne finalement que les propriétaires des terrains vide immédiatement les terrains dès exécution de leurs obligations. La communication de cet arrêt est conforme aux articles 15 et 19 de la loi du 3 mai 1841 avec les remarques, que les articles 17 et 18 de la loi précise que les contrats de cession sont établis après l’absence d’hypothèque et de privilèges. Tous les recours doivent être déposés dans les délais prescrits. Strasbourg, 13 octobre 1887. Kaiserliche Fortifikation ».

 

Mercredi 7 mars 1888

 Allemagne, Strasbourg place forte : éboulement mortel au Fort Grossherzog von Baden.

Différents journaux de la presse régionale et de la presse française évoquent un grave accident survenu à Oberhausbergen, au fort Grossherzog von Baden. Alors que huit ouvriers effectuaient des travaux de terrasement, ils ont été surpris par un éboulement. Cinq d’entre eux sont morts. Le nom des ouvriers ensevelis lors du glissement de terrain sont les suivants : Kilian Weil de Dingsheim (marié) ; Franz Jund d’Oberbetschdorf (marié) ; Adam Stilzenbauer de Duntzenheim (marié) ; Michael Fir d’Oberhausbergen (15 ans) ; Joseph Rußkern, de Mittelhausbergen (15-16 ans).

 

Samedi 7 juillet 1888

Allemagne, Strasbourg place forte : règlement du service incendie de garnison et les forts.

Deutsches Reich, Festung Straßburg : Feuerlösch-Ordnung der Festung Straßburg vom 7. Juli 1888

Le règlement du service incendie de garnison « Feuerlösch-Ordnung der Festung Straßburg » a été signé et diffusé le 7 juillet 1888. En ce qui concerne les forts, il précise dans sa conduite à tenir en cas d’incendie dans un fort ou à proximité : « Le commandant du détachement de garde du fort rend compte par le télégraphe au Gouverneur, au Commandant de place, à l’officier ingénieur de la place, au 1er officier d’artillerie de la place en précisant s’il est nécessaire de faire intervenir les pompiers de garnison. En même temps, tout en faisant intervenir tous les hommes de troupe disponibles, il demande l’aide des proches agglomérations. Ces dernières sont dotées des consignes correspondantes ».

Voici le texte original en allemand :

« Verhalten bei einem Brande auf einem Fort oder in der Nähe deselben.

42) Feuer auf einem Fort oder Brand eines fiscalischen Gebäudes in der Nähe eines solchen meldet der Fortwachtkommandant telegraphisch dem Gouverneur, dem Kommandanten, dem Ingenieuroffizier vom Platz und dem 1. Artillerieoffizier vom Platz mit dem hinzufügen, ob ein Eingreifen der Garnison-Feuerwehr erforderlich wird.

Gleichzeitig erbittet er unter heranziehung der zur Verfügung stehenden Mannschaften Hülfe von den nächsten Ortschaften. Letzteren sind mit entsprechender Anweisung versehen ».

 

Lundi 21 février 1889

Allemagne, Strasbourg place forte : travaux de renforcement de la ceinture des forts détachés.

Une française de renseignement nous livre ces informations : « Suite d’un rapport communiqué le 21 février 1889, concernant les nouveaux travaux de défense élevés autour de la place de Strasbourg : « Depuis le commencement du printemps ces travaux ont repris avec une grande activité. Les villages de Souffelweyersheim et Niederhausbergen sont reliés par une route coupée par le chemin de fer et la route de Paris. A l’ouest du chemin de fer, les travaux suivants ont été exécutés le long de cette route. Derrière la rangée nord des arbres qui la bordent a été plantée une haie vive très fournie et très haute, à quelques mètres au nord de cette haie on a creusé un fossé de 1,50 m de profondeur environ, dont les terres ont été rejetées au nord. Entre la haie et ces terres rejetées, c’est-à-dire dans le fossé même, ont été construits 4 magasins du type 2, décrit dans le rapport du 21 février. Ces magasins, désignés dans le croquis sous les n°26, 30, 31, 32, se trouvent donc protégés au nord par la levée de terre, qui est trop considérable pour provenir seulement de celle extraite du fossé. Les dimensions sont environ les suivantes : 4,50 m de hauteur sur 10 m de base. Ces dimensions prouvent bien qu’on a dû rapporter des terres en quantité assez considérable. La plus grande activité règne de nouveau dans les forts de Strasbourg. On a amené de grandes quantités de moellons qui ont été déposés sur les revêtements - ? – de ces forts ; on y conduit également du sable et du ciment. Il y a un mois environ, le Sieur Zeitz, entrepreneur allemand, a ramené de Metz un chariot destiné au transport de grosses pièces, des affûts, et autres matériaux qu’il serait impossible de conduire sur d’autres véhicules. Ce chariot supporterait une charge de 18 000 kilogrammes, mais on n’a pas connaissance qu’il ait été utilisé à Strasbourg depuis qu’il y est arrivé ». Remarque : le chariot qui vient d’être décrit est vraisemblablement destiné au transport des éléments des postes d’observation cuirassés de l’artillerie, en fonte durcie, modèle 1887 de Gruson.

 

Jeudi 25 avril 1889

Allemagne, Strasbourg, fortifications : Note de renseignement n°11.986 du 25 avril 1889

Une note française de renseignements nous livre les renseignements suivants : « Strasbourg, 25 avril 1889. Suite d’un rapport communiqué le 21 février dernier, concernant les nouveaux travaux de défense élevés autour de la place de Strasbourg. Depuis le commencement du printemps ces travaux ont repris avec une grande activité. Les villages de Souffelweyersheim et Niederhausbergen sont reliés par une route coupée par le chemin de fer et la route de Paris. A l’ouest du chemin de fer, les travaux suivants ont été exécutés le long de cette route. Derrière la rangée nord des arbres qui la bordent a été plantée une haie vive très fournie et très haute, à quelques mètres au nord de cette haie on a creusé un fossé de 1,50 m de profondeur environ, dont les terres ont été rejetées au nord. Entre la haie et ces terres rejetées, c’est-à-dire dans le fossé même, ont été construits 4 magasins du type 2, décrit dans le rapport du 21 février. Ces magasins, désignés dans le croquis sous les n°26, 30, 31, 32, se trouvent donc protégés au nord par la levée de terre, qui est trop considérable pour provenir seulement de celle extraite du fossé. Les dimensions sont environ les suivantes : 4,50 m de hauteur sur 10 m de base. Ces dimensions prouvent bien qu’on a dû rapporter des terres en quantité assez considérable. La plus grande activité règne de nouveau dans les forts de Strasbourg. On a amené de grandes quantités de moellons qui ont été déposés sur les revêtements - ? – de ces forts ; on y conduit également du sable et du ciment. Il y a un mois environ, le Sieur Zeitz, entrepreneur allemand, a ramené de Metz un chariot destiné au transport de grosses pièces, des affûts, et autres matériaux qu’il serait impossible de conduire sur d’autres véhicules. Ce chariot supporterait une charge de 18 000 kilogrammes, mais on n’a pas connaissance qu’il ait été utilisé à Strasbourg depuis qu’il y est arrivé ».

 

Octobre 1896

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

En automne 1896, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 7ème et 8ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ». Les mêmes unités sont encore mentionnées en automne 1898.

 

Samedi 10 juillet 1897

Allemagne, Strasbourg place forte : description de la place forte et de la garnison.

Le journal français et catholique La Croix a publié un article intéressant concernant la place forte de Strasbourg : « Le camp retranché de Strasbourg. L’Univers illustré publie, sous la signature du commandant X., des détails intéressants sur le camp retranché de Strasbourg. L’enceinte de la ville est plus du double de ce qu’elle était en 1870. Des promenades publiques, des terrains vagues, des bâtiments officiels construits à grands frais en couvrent la plus grande partie. Par suite de l’immigration incessante de l’élément germanique, la population allemande s’élève à 40 %. La place est protégée par des fortifications formidables. Les remparts sont entourés d’un fossé qui peut être rempli d’eau en cas de siège. Les portes, percées dans l’enceinte, sont voûtées, crénelées. A chacune est un poste devant lequel sont disposés sur des supports les Mauser des hommes qui prendront la garde tour à tour. Dans l’épaisseur même des fortifications, environ à tous les 400 mètres, sont pratiquées des casernes pouvant loger 200 soldats. La garnison de Strasbourg se compose, d’après les chiffres officiels de 15 493 hommes, Prussiens, Saxons, Wurtembergeois, fantassins, uhlans, artilleurs, hussards, soldats du génie se coudoient dans les rues de la ville transformée en un vaste camp. Les troupes disposent des anciennes casernes françaises et de nombreuses casernes construites depuis 1870. L’une d’elle, la caserne Manteuffel, énorme monument aux proportions élancées, a coûtée 2,5 millions. On remarquera en outre les casernes Margarethen, von Decker, la caserne du Train qui ont, à elles trois, coûté près de 4 millions. Mieux payé, mieux habillé que le soldat français, le soldat allemand est moins bien nourri. L’autorité militaire a fait construire un temple gothique en grès rouge pour la garnison de Strasbourg. La dépense s’est élevée à plus de 1 700 000 francs. Les soldats catholiques n’ont pas encore d’église spéciale, mais tous les dimanches ils sont conduits à l’église Saint-Etienne. Les abords de la place sont défendus par 14 forts. Ce sont :

Le fort Fransecky, près de Wanzenau ; le fort Moltke, près de Reichstett ; le fort Roon, près de Vendenheim ; le fort Podbielsky, près de Mundolsheim ; le fort Kronprinz, près de Niederhausbergen ; le fort Grand-Duc de Bade, près d’Oberhausbergen ; le fort Prince-Bismarck, près de Wolfisheim ; le fort Kronprinz von Sachsen, près de Lingolsheim ; le fort Von der Tann, près de Geispolsheim ; le fort Von Werder, près d’Illkirch-Graffenstaden ; le fort Schwarzhoff, près de Altenheimerhof ; le fort Blumenthal, près d’Auenheim ; le fort Bose, près de Kork ; le fort Kirchbach, près de Sundheim. Sur les glacis de quelques-uns de ces ouvrages se dressent une quantité de perches, le long desquelles grimpe le houblon et du haut de leurs remparts, les fantassins allemands les plus insensibles peuvent suivre d’un œil attendri la croissance de la plante qui donne la bière. Ce qu’il y a de plus remarquable à noter au sujet de ces forts, dit le commandant X., ce sont les travaux de mine très développés, par lesquels ils sont protégés souterrainement. Sur une très vaste étendue en avant, le sol est perforé de galeries dites « écoutes », sur lesquelles s’embrancheraient, en temps de guerre, des ramifications allant à la rencontre des travaux de l’assaillant. En outre, entre ces forts et à divers endroits dans la campagne, sont dissimulés des abris voûtés pouvant, en cas de besoin, recevoir un certain nombre d’hommes. La défense de Strasbourg, complétée par la présence du fort d’arrêt, baptisé du nom de Guillaume II et situé près de Molsheim, à une vingtaine de kilomètres de la grande ville alsacienne, vers l’Ouest. Ce fort arrêterait une armée passant par le col de Schirmeck pour envahir l’Alsace. Strasbourg est le seul obstacle contre une invasion de l’Allemagne par la vallée supérieure du Rhin. Il est vrai que derrière cet obstacle formidable, la Forêt Noire oppose une barrière presque infranchissable à l’armée française qui, débouchant des Vosges, aurait forcé le passage du Rhin. Il est probable qu’en ces de guerre nos armées ne pourraient tenter de ce côté que de puissantes diversions ».

 

Octobre 1899

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

En automne 1899, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 5ème et 6ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ».

 

Octobre 1900

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

En automne 1900, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 7ème et 8ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ».

 

Mai 1901

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

Au printemps 1901, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 7ème et 8ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ». Deux officiers résident au fort : les sous-lieutenants « Leutnant » Lenssen et Schwacke.

 

Octobre 1901

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

En automne 1901, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 7ème et 8ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ».

 

Octobre 1902

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

En automne 1902, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 5ème et 6ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ».

Allemagne, Strasbourg place forte : évocation du Fort Baden dans le règlement de garnison de 1902.

Le règlement de garnison de 1902 évoque le Fort Grossherzog von Baden dans plusieurs rubriques. Les dispositions préconisées par ce règlement sont les suivantes :

Garde

Composition de la garde du fort Baden qui est relevée toutes les 24 heures et dont le personnel provient de la garnison du fort. Elle est composée d’un sergent, chef de poste « Unteroffizier » et de 3 hommes du rang.

Le poste de jour « Tagesposten » est composé d’une sentinelle placée devant la porte, avec cartouches.

Le poste de nuit se compose de 2 sentinelles, chargées de garder la remise de matériels « Materialschuppen ».

Patrouilles des auberges « Wirthshaus-Patrouilleure »

Le but de la patrouille dans les auberges est d’empêcher, que des militaires fassent du tapage dans les bistrots et dans les rues, ou aillent dans les établissements interdits. Ces patrouilles des auberges sont mises en place pour les dimanches et jours fériés, ou à l’occasion de festivités particulières. Les personnels affectés à ces patrouilles gardent leur coiffure, même à l’intérieur des bâtiments. Ces patrouilles ont autorité sur tous les sous-officiers, avec ou sans porte épée, et sur les hommes de troupe. Des querelles qui éclatent entre militaires, ou avec des civils, doivent être maîtrisée dès le début, les personnes à l’origine de la querelle ou les principaux participants doivent être appréhendé. Les patrouilles des auberges circulent pendant leur service dans les rues de leur secteur, pénètrent également dans les auberges dans lesquelles l’accès est autorisé aux militaires, dans le cas où ils sont fréquentés par des militaires, essentiellement dans établissements où l’on peut danser « Tanzlokale ».

Le régiment d’artillerie à pied n°10 « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 » est chargé d’effectuer les patrouilles à Oberhausbergen. A Il est fort vraisemblable que le personnel de ces patrouilles est fourni par la garnison du Fort Großherzog von Baden. La patrouille se compose d’un sous-officier et d’un caporal « Gefreiter ».

Travaux avec la poudre

Dans les forts et ouvrages de fortification, lors des travaux avec la poudre, l’accès à la cour ou au local où se déroulent les travaux doit être limité au personnel désigné pour ce service. Le chef du poste de garde « Wachthabender » doit être avisé avant le début des travaux, de prévenir toutes les personnes entrant dans le fort. Cette mesure tout comme les mesures ultérieures comme l’interdiction de fumer, etc. doivent être ordonnées par le commandant du fort « Fortkommandant » qui doit être averti par le dépôt d’artillerie « Artilleriedepot » avant le début des travaux.

Ordonnances cyclistes

Les forts envoient le courrier qui ne transite pas par le télégraphe au moyen d’ordonnances cyclistes. Ces derniers avant de quitter le fort se présentent au garde du génie « Wallmeister », au sous-officier de l’arsenal d’artillerie « Zeugunteroffizier » et au télégraphiste dans le cadre de la collecte du courrier. Tous les samedis matin vers 9 heures, ils passent dans les bureaux de la Kommandantur, du dépôt d’artillerie « Artilleriedepot », du service des fortifications « Fortifikation » et de leur unité. Cette tournée doit être faite le plus rapidement possible par les ordonnances cyclistes pour qu’elles soient de retour au plus tard à midi.

Service de télégraphie

Pour tous les forts disposant d’une garnison permanente, un télégraphiste est détaché par le Gouvernement, pour être mise à la disposition du commandant du fort. Le télégraphiste loge dans le local du télégraphe, où, en plus de l’ordonnance, logent également autant que possible, deux soldats instruit dans le service du télégraphe provenant du détachement du fort. Aucun autre personnel n’a l’autorisation de loger dans ce local. Une ordonnance est détachée à partir du détachement du fort, pour transmettre des télégrammes et pour aider au nettoyage du local de la station du télégraphe, mais ce dernier suit le service courant du détachement du fort tel que les rassemblements pour les ordres, les consultations médicales, les heures de formation. Si au cours de ces absences un télégramme doit être remis, le télégraphiste fait appeler l’ordonnance. C’est pour cette raison que le lieu où se trouve l’ordonnance doit être connu dans le local du télégraphe. En dehors des personnels cités précédemment, personne ne doit séjourner dans ce local. Il est interdit de fumer dans le local de la station. Le télégraphiste de service est responsable pour l’appareil et ces accessoires et dans ce cadre il reçoit des directives particulières. Lorsque le temps est sec il doit aérer le local du télégraphe. Pendant cette opération, tout comme lors du nettoyage journalier du local avant la prise de service, l’appareil doit être muni de son couvercle de protection. En temps de paix, les heures de service de la station de télégraphie du fort Grossherzog von Baden sont les suivantes : en semaine de 7 heures (Hiver 8 heures) à 12 heures, l’après-midi de 14 heures à 19 heures ; le dimanche et les jours fériés de 7 heures (Hiver 8 heures) jusqu’à 12 heures et l’après-midi de 13 heures à 14 heures. Le télégraphiste doit se tenir en permanence dans le local de station pendant les heures de service ; mais si doit quitter son poste pour faire ses besoins, pour une durée maximum de 10 minutes, il doit rendre compte à la station du Gouvernement. Après son service, il peut quitter son local de service (mais pas le fort), mais il doit mettre en route le réveil ou sonnerie d’alarme « Wecker » et donner sa position dans le fort. Le local du télégraphe doit être occupé en permanence (ordonnance, pour que le télégraphiste puisse être rappelé). Le commandant du fort peut donner un congé d’une durée maximum de 6 heures en dehors des heures de service, mais ce congé ne doit pas dépasser l’heure du couvre-feu « Zapfenstreich », si un remplaçant peut être désigné au sein du détachement du fort. Tout congé ou remplacement doit être signalé à la station Gouvernement. Pour un congé d’une durée supérieure, le commandant du fort ou le chef du détachement de garde doit en faire la demande au service des fortifications sous réserve de le remplacer par un télégraphiste de forteresse « Festungstelegraphisten ». Le service des fortifications règle le problème du remplacement, rend compte à l’unité d’origine du télégraphiste sollicitant le congé et au Gouvernement. Pendant les exercices des télégraphistes de réserve, les télégraphistes des forts peuvent obtenir des congés par les commandants des forts les dimanches et jours fériés, sans toutefois dépasser l’heure du couvre-feu et sans être remplacés. Si un télégraphiste tombe malade de telle façon qu’il ne peut plus exercer son service, il doit, dans la mesure du possible, en avertir par télégraphe la station Gouvernement et oralement le commandant du fort pour qu’il demande un remplacement. Sinon il doit envoyer l’ordonnance, pour qu’il rende compte de la maladie à un gradé.

Personnel du service des fortifications, du dépôt d’artillerie, du service de garnison et du service des vivres

Pour la gestion et la maintenance des ouvrages de fortifications est placé sous la responsabilité du service des fortifications, pour le matériel d’artillerie, le dépôt d’artillerie, et d’autre part, le service de garnison et le service des vivres sont responsables pour les matériels et instruments entreposés dans le fort. Mais tous ces personnels qui interviennent dans le cadre de leur service sont placés dans le cadre de la police militaire sous la responsabilité du commandant du fort ou du chef de détachement de la garde. En conséquence, ils doivent prouver de la légitimité de leur mission en présentant leurs papiers d’identité au chef du détachement de garde, et en précisant le but et le lieu de leur intervention. Par ailleurs, ce personnel est chargé de soutenir le détachement de garde dans sa mission de surveillance, en signalant au chef du détachement de garde ou au commandant du fort pour les cas les plus graves, de tous ce qui n’est pas règlementaire ou qui paraît suspect.

Alimentation en vivres

L’alimentation des équipages des forts est du ressort de leur unité. Les primes complémentaires d’alimentation suivantes sont payés : à chaque capitaine ou commandant de compagnie, ou personnel commandant la compagnie encasernée dans un fort : 0,50 Mark par jour ; pour tous lieutenants affecté à une compagnie désigné des équipages des forts et qui loge dans le fort ou dans un village à proximité : 1,00 Mark ; pour chaque sous-officier marié, logé au fort et séparé de sa famille : 0,50 Mark par jour ; pour les sous-officiers et hommes du rang des détachements de garde : 0,10 M par jour et par tête. Les détachements de la garnison perçoivent le pain tous les quatre jours. Le pain est livré par le service des subsistances « Proviantamt » au profit de la garnison du Fort Großherzog von Baden et du Fort Fürst Bismarck est perçu les 3, 7, 11, 15, 19, 23, 27 et dernier jour du mois hormis en février. Si cette date de perception tombe sur un jour férié, elle est reportée au jour précédent. Il doit être perçu en présence d’un officier. Le détachement fournit une voiture propre et un homme de troupe pour cette mission.

Alimentation en eau potable

En règle générale, le pompage de l’eau par des personnels de l’équipage désignés par le sous-officier de jour après requête du garde du génie « Wallmeister » auprès du commandant du fort, doit être fait sous le contrôle de ce dernier. Si subitement il y avait un manque d’eau, le sous-officier de jour peu percevoir les clés auprès de la garde et faire mettre en route les pompes sous sa surveillance. L’alimentation en eau des forts Moltke, Roon, Feste kronprinz, Grossherzog von Baden, Kronprinz von Sachsen et Fürst Bismarck est réalisé à l’aide de moteurs par le responsable de l’entretien des casernes « Kasernenwärter », qui détient également les clés pour les locaux correspondants (local du moteur, du puits et des réservoirs). Dans ces derniers forts, l’entretien de l’ensemble des tuyaux d’eau potable et des installations est du ressort du servie de garnison « Garnisonverwaltung ». En dehors des pannes éventuelles, les pompes sont démontées et inspectées minutieusement une fois par an vers les mois d’avril-mai. A cette occasion les cylindres de pompe sont démontés, nettoyés et remontés, les pièces défectueuses sont réparées ou changées ; la graisse durcie doit être enlevée et tout le mécanisme doit être huilé et remis dans un état impeccable.

Soutien médical

Le service médical au profit des équipages des forts est du ressort du commandement du service médical. Sur chaque fort, sur lequel est encasernée une compagnie, le corps de troupe dont il relève doit détacher un sous-officier du service médical « Sanitätsunteroffizier ». Le médecin de garde de l’hôpital militaire de garnison n°2 « Garnison Lazaret II » est chargé du soutien médical du Fort Grossherzog von Baden et du Fort Fürst Bismarck. Les médecins concernés ont obligation d’assurer une consultation des malades de l’infirmerie tous les matins, dans les forts disposant d’au moins une compagnie, et pour les autres forts ils sont appelés en cas de besoin. Cette activité concerne : les soins des malades de l’infirmerie, de donner les consignes relatives à l’hébergement approprié de ces derniers, le maintien des conditions de santé dans les infirmeries, le contrôle du rangement et de la propreté de la chambre et le contrôle des soins prodigués par les soldats du service de santé. Si l’officier commandant le fort est présent, le médecin doit lui rendre compte de sa sortie. Les médecins des Forts sont soumis aux règles du service de garnison, et à ce titre sont détachés sous l’autorité militaire et disciplinaire du Gouverneur, et sur le plan médical sous l’autorité du médecin en chef de la Division.

Courriers

Les lettres ordinaires, cartes postales, imprimés, bons de livraison pour envoie de valeurs et lettres recommandées, ainsi que les directives de la poste, etc., sont récupérés pour tous les forts dans l’agence postale la plus proche par une ordonnance. Les officiers doivent rédigés une autorisation de chercher leur courrier et la déposée dans l’agence concernée. Les détachements doivent s’assurer que le nom du fort ne manque pas sur l’adresse. Les autres prestations postales non citées comme les envois urgent etc., sont ramené par le facteur local au poste de garde. Un registre de réception postal doit être créé. Une ordonnance du Fort Großherzog von Baden récupère le courrier à l’agence postale d’Oberhausbergen.

Changement du linge et du matériel des forts

Le changement de linge de lits est effectué tous les mois. Les détachements du Fort Großherzog von Baden, du Fort Fürst Bismarck et du Fort Feste Kronprinz échangent leur linge au dépôt du Großherzog von Baden. Les détachements du Fort Werder et Kronprinz von Sachsen échangent leur linge au dépôt du Fort Tann. Les détachements du Fort Moltke et Roon échangent leur linge au dépôt du Fort Moltke. Les serviettes sont échangées directement à la buanderie de garnison « Garnison-Waschanstalt » tous les samedis. Les forts qui n’ont qu’un détachement de garde changent leurs serviettes lors de la relève.

Stand de tir des forts

Le stand de tir dans le fossé du Fort Großherzog von Baden est réservé au régiment d’artillerie à pied n°10 « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ». Le régiment d’infanterie n°105 « Infanterie-Regiment Nr. 105 » peut utiliser ce stand lorsqu’il est disponible.

 

Octobre 1903

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

En automne 1903, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 5ème et 6ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ».

 

Octobre 1904

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

En automne 1904, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 7ème et 8ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ».

 

Octobre 1906

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

En automne 1906, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 7ème et 8ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ».

 

Octobre 1907

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

En automne 1907, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 5ème et 6ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ».

 

Eté 1908

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

En été 1908, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 5ème et 6ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ».

 

Hiver 1908-1909

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

En hiver 1908 - 1909, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 7ème et 8ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ».

 

Année 1912

Allemagne, Strasbourg place forte : inventaire de l’infrastructure complémentaire.

Le XVe corps d’armée allemand édite une série de plans de toutes les garnisons et infrastructures occupés par ces unités. Ce plan nous informe qu’au Fort VI Fort Grossherzog von Baden, nous trouvons l’infrastructure complémentaire suivante :

P.S. 4 « Pulverschuppen 3 » (remise à poudres n°4)

G.S. 4. « Geschützschuppen 4 » (hangar à pièces d’artillerie n°4)

Nr. 1. « Schleppdach » (appenti n°1)

Nr. 1a. « Uebungsgeräteschuppen II/10 » (hangar d’attelage et matériels d’exercice du 2e bataillon du 10 régiment d’artillerie à pied n°1a).

 

Eté 1914

Allemagne, Strasbourg place forte : garnison du Fort Grossherzog von Baden.

En été 1914, sont en garnison permanente au Fort Grossherzog von Baden : 7ème et 8ème Batterie du 2e groupe d’artillerie du régiment d’artillerie de forteresse « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ».

 

1936

France, Strasbourg fortifications : renforcement des défenses.

De 1936 à 1940, les moyens de défense dans le secteur de Strasbourg sont renforcés. Seul une série de casemates de berges a été érigée. Il s’agit de petits ouvrages de fortifications destinés à renforcer les passages à travers la forêt du Rhin, et d’une série de petits ouvrages qui protègent les hauteurs des Hausbergen. Il s’agit de blockhaus, de barrières antichars, de position d’armes anti-char ou de mitrailleuses, d’observatoires et d’abri et postes de commandement.

 

Mercredi 4 mars 1936

Allemagne : la Reichswehr s’installe en Rhénanie.

En Allemagne, le 4 mars 1936, le chancelier Hitler, dénonçant le pacte de Locarno, fait occuper par la Reichswehr les pays rhénans ainsi que la zone neutre de la rive droite du Rhin.

 

Samedi 7 mars 1936

Allemagne, Strasbourg place forte : les défenses de Strasbourg.

Après ce coup de force, en France, M. Albert Sarraut Président du Conseil prononce cette phrase dans une allocution radiodiffusée le 7 mars 1936 : « La France ne saurait admettre de voir Strasbourg sous le canon allemand ». Mais après des discussions passionnées, après de vaines tentatives auprès des puissances garantes du traité de Versailles, le silence s’est fait…

En 1936, la Ligne Maginot est terminée et armée, mais les ouvrages qui la composent ne sont pas occupés en permanence. Néanmoins on y pratique la formation de l’encadrement. Sur les bords du Rhin, les casemates de berge sont désertes et soigneusement verrouillées. Avec cette première alerte, la Ligne Maginot est alors occupée par ses équipages dont la plupart des hommes prennent la première fois contact avec la fortification y compris sur les bords du Rhin où l’on s’organise avec hâte. Mais les canons de 47 mm et les mitrailleuses de 13,2 n’ont pas encore été installées. Après quelques semaines, l’alerte est levée. Cette première alerte va entraîner une l’accélération de la formation des troupes de forteresse.

 

Samedi 28 mars 1936

France, politique : réunions des chefs militaires.

Après ce coup de force de Hitler, les chefs militaires ont été consultés et leurs conclusions sont formelles : toute action militaire peut déclencher la guerre et « celle-ci ne semble pas pouvoir, hors du cadre d’une coalition, amener des résultats décisifs et rapides » (Note du Général Gamelin du 28 mars 1936 remise au ministre de la Guerre et aux Chefs d’Etat-major Généraux).

 

Vendredi 11 mars 1938.

France, Strasbourg place forte : nouvel état d’alerte.

L’annexion « Anschluss » de l’Autriche au Reich allemand provoque un nouvel état d’alerte. Début mai, la situation se détend et les équipages quittent à nouveau les bords du fleuve.

 

Septembre 1938.

France, Strasbourg place forte : nouvelle d’alerte.

Une nouvelle crise se déclenche en septembre 1938 lors de l’affaire des Sudètes qui provoque l’entrée de la Wehrmacht en Tchécoslovaquie sous couvert de la protection des minorités allemandes de ce pays. En septembre 1938 Hitler exige le rattachement des Sudètes à l’Allemagne.

A cette occasion les ouvrages sont réoccupés. Comme la situation s’aggrave, un plan de mobilisation partiel est mis en place et les équipages seront alors au complet. La paix de Munich amène la détente et une démobilisation rapide.

 

Dimanche 3 septembre 1939

Allemagne, Angleterre, France : déclaration de guerre.

La France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939.

 

Samedi 15 juin 1940

France, Alsace : franchissement du Rhin par les troupes allemandes.

Le 15 juin 1940 les troupes allemandes franchissent le Rhin et attaque dans le secteur de Schoenau, Marckolsheim et Neuf-Brisach.

 

Dimanche 16 juin 1940

France, Strasbourg place forte : les dernières défenses.

Dès le 16 juin 1940, le PC de la 103ème division d'infanterie de forteresse est à Mutzig et le LCL Le Mouel, commande à Strasbourg « la croûte », c'est-à-dire les quelques équipages d'ouvrages restant à Strasbourg le long du Rhin, chargés de couvrir le repli de la division. La situation est relativement calme hormis quelques tirs sporadiques.

 

Lundi 17 juin 1940

France, Strasbourg place forte : ordre de repli et de sabotage.

Le 17 juin 1940 les chefs de casemates sont priés de préparer le repli et le sabotage des matériels et des armes qu'ils ne peuvent emporter.

 

Mardi 18 juin 1940

France, Strasbourg : départ des dernières troupes françaises.

Le 18 juin 1940, à 1h30 du matin, le LCL Le Mouel reçoit l'ordre de se replier immédiatement sur Mutzig. Les équipages des casemates et mes dernières troupes du 172e RIF et du 226e RI exécutent les ordres reçus la veille. A 5h30 le LCL Le Mouel et son état-major quittent le fort Ducrot. Au petit matin toutes les troupes françaises ont quitté Strasbourg.

 

Mercredi 19 juin 1940

France, Strasbourg place forte : arrivée des troupes allemandes.

L'armée allemande, entre à Strasbourg une journée après, sans combat, le matin du 19 juin 1940. A 12h30 le drapeau à croix gammée est hissé sur la cathédrale. Les forts détachés de la place reprennent leur dénomination d'origine. Le fort Maréchal Pétain reprend son nom d’origine : Fort Grossherzog von Baden. Au cours des premières semaines, l'armée allemande fait revenir à Strasbourg un certain nombre de prisonniers français qui ont occupés les positions de défense face au Rhin. Ils les chargent de déminer et de retirer les pièges que les derniers défenseurs français avaient laissés sur place. Les nombreuses munitions abandonnées sont rassemblées dans certains forts et ouvrages de la place. Nous n'avons que très peu de renseignements sur le devenir des ouvrages pendant cette période. Certains ouvrages deviennent des dépôts de munitions, de carburant, ou de matériels, d'autres grands forts serviront de camps de prisonniers provenant essentiellement du front Est et des Balkans.

 

Sources

 

 

Bibliographie

 

Auteur divers : Dienst-Anweisung für die Benutzung, den Betrieb und die Verwaltung des Festungs-Telegraphen von Strassburg i. E., 1899.

Auteurs divers : Fortification. Fortification permanente. 3ème partie. Organisation défensive des Etats. Chapitre I. Comment a été comprise à diverses époques l’organisation défensive des Etats ; Ecole supérieure de Guerre ; 1884 – 1885.

Auteurs divers : L’Alsacien journal du peuple et du commerce - Elsässische Volks und Handels-Zeitung, 1871. S0215.

Auteurs divers : Le Monde Illustré.

Auteurs divers : Le Spectateur militaire.

Auteurs divers : Le Temps.

Auteurs divers : Militär-Wochenblatt.

Auteurs divers : Revue d’Artillerie.

Auteurs divers : Revue militaire de l’étranger.

Auteurs divers : Straßburger Zeitung.

Auteurs divers : Taschenbuch für den Standort Strassburg.

Auteurs divers : Wehr-Zeitung, Autriche-Hongrie.

Brialmont A., colonel d’état-major : La fortification à fossés secs. Tome premier, E. Guyot, imprimerie militaire, 12, rue de Pachéco, Bruxelles et J. Dumaine, libraire militaire, rue et passage Dauphine, Paris. 1872. S0718.

Brialmont A., colonel d’état-major : La fortification à fossés secs. Tome second, E. Guyot, imprimerie militaire, 12, rue de Pachéco, Bruxelles et J. Dumaine, libraire militaire, rue et passage Dauphine, Paris. 1872. S0719.

Burtscher Philippe : De la ceinture fortifiée de Strasbourg à la Position de la Bruche, Editeur : Cercle d’Etudes des Fortifications et Société d’Histoire de Mutzig et environs, 1999. S0175.

Dumsky Walter : Die deutschen Festungen von 1871 bis 1914 : Strategische Bedeutung und technische Entwicklung. Erlanger Historische Studien herausgegeben von Professor Dr. Karl-Heinz Ruffmann Professor Dr. Hubert Rumpel. Bd. / Vol. 11 ; Frankfurt am Main, New York, Paris ; 1987.

Fontbonne Rémi : Les fortifications allemandes de Metz et de Thionville 1871-1918, Editions Serpenoise, 2006. S1587.

Frobenius H. : Unsere Festungen. Entwicklung des Festungswesens in Deutschland seit Einführung der gezogene Geschütze bis zur neusten Zeit. Band I : Die Ausgestaltung der Festung ; 1912.

Grabau A. : Das Festungsproblem in deutschland und seine Auswirkung auf die strategische lage von 1870-1914, Berlin, 1935.

Hennebert (LCL) : L’Europe sous les armes. Troisième édition ; Librairie Furne. Jouvet et Cie, éditeurs, Paris ; 1884.

Lacoste W. : Neubreisach 1871 – 1916, Strassburg Vorfeld 1914-1916 in DAWA Sonderheft 29, 1997.

Rolf Rudi : Die Deutsche Panzerfortifikation. Die Panzerfesten von Metz und ihre Vorgeschiche ;

1991 ; Biblio Verlag, Osnabrück. S0081.

Speckel (Ch. capitaine du génie) et G. Foliot (lieutenant du génie) : L’Armée allemande ; Berger-Levrault et Cie ; 1895.

 

 

Archives & Bibliothèques

 

Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg.

Archives départementales du Bas-Rhin ; Strasbourg.

Bibliothèque du mess de garnison de Strasbourg

Bibliothèque Nationale de France

Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg

Bibliothèques Municipales de Strasbourg.

Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

Bundesarchiv Abteilung Militärarchiv, Freiburg

Geheimes Staatsarchive Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Generallandessarchiv Karlsruhe et Bundesarchiv, Stuttgart.

Service Historique de la Défense, Vincennes.

 

Sites Internet

 

Accès aux ouvrages en ligne de la BNF et de la BNUS :

https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/content/accueil-fr?mode=desktop

 

Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

https://www.bundesarchiv.de/DE/Navigation/Home/home.html

 

Site très complet recensant les fortifications françaises 1874-1918 environ :

https://www.fortiffsere.fr/

 

Arme du Génie et fortifications diverses

https://franchissement.forumgratuit.org/

 

Fortifications allemandes de l’ancien territoire d’Alsace-Lorraine :

 

Fort de Mutzig – FKWII (Feste Kaiser Wilhelm II)

https://www.fort-mutzig.eu/desk/smart/smart_menu.php?langue=fr

 

Fort Ducrot à Mundolsheim

https://www.fortpodbielski-ducrot-mundolsheim.fr/

https://www.facebook.com/Fort-IIIa-PODBIELSKI-fort-Ducrot-152901354769096/

 

Fort Rapp à Reichstett

https://www.facebook.com/fortrappreichstett/

 

 

Traductions et rédactions des articles : MJR Décembre 2018 - avril 2019