Chroniques 1909

 
 

Dernière mise à jour / Letzte Änderung : 26 / 07 / 2021

 

 

Page rédigée par : MJR.

 

 

Chroniques générales de la place forte de Strasbourg

 

 

Introduction

 

 

Dans cette chronique nous avons rassemblé l’essentiel des informations relatives aux fortifications, à l’évolution des techniques civiles et militaires, à l’évolution des armées européennes et aux garnisons d’Alsace-Lorraine. Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

A travers la lecture de ce document, nous vous invitons à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire de cette année, mais pour les textes originaux retranscrits sur cette page, il est dès fois nécessaire de gratter la couche de nationalisme que l’on retrouve dans la presse allemande et française de cette époque.

Cette chronique n’est pas définitive et évolue constamment pour être complétée et mise à jour. Avant d’aborder les chroniques de l’année, nous commençons par vous présenter succinctement la liste des fortifications principalement européennes en cours de construction ou de modernisaation et l’évolution des techniques militaires de cette année.

 

 

Abréviations et termes allemand couramment utilisés :

 

A.K.O. = Allerhöchste Kabinetts-Order = Ordre du cabinet impérial / Ordonnance impériale (ordre signé par l’Empereur d’Allemagne).

IR = Infanterie-Regiment = Régiment d’infanterie (généralement suivi de son numéro).

Reichsland = Terre d’Empire = partie annexée de l’Alsace-Lorraine.

 

Les grades allemands et leur équivalence françaises :

 

General der Infanterie, General der Kavalerie = équivalent au général de corps d’armée.

Generallieutenant = équivalent au général de division.

Generalmajor = équivalent au général de brigade.

Oberst = = colonel.

Oberstlieutenant = lieutenant-colonel.

Major = chef de bataillon, chef d’escadron, commandant.

Hauptmann ou Rittmeister (pour les troupes montées) = capitaine.

Oberleutnant = lieutenant

Leutnant = sous-lieutenant.

 

Remarque : l’orthographe allemande diffère de celle d’aujourd’hui. Par exemple pour les portes on note la présence d’un h « Thor » qui a disparu ultérieurement (Tor), et de nombreux mots s’écrivent encore avec un c, alors que quelques années plus tard on utilisera le k, comme pour Fortification écrit ultérieurement Fortifikation. On germanise les mots d’origine française. J’emploi autant que possible l’orthographe d’origine.

 

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction

 

 

Dans cette rubrique je recense l’essentiel de l’activité de construction des fortifications en Europe. Elle permet de comparer les ouvrages érigés à Strasbourg à ceux qui ont étaient en construction à la même période. Certes, cette liste comporte certainement des lacunes, quelques erreurs ou dates de construction divergentes en fonction des sources. Ces informations peuvent évoluer et être complétées par des informations analyses complémentaires. L’ensemble des informations est tiré des sources citées en fin de page et complétées par les relevés effectués sur le terrain.

 

Empire allemand

 

Cette rubrique concerne les fortifications allemandes en cours de construction ou de modernisation, sur le territoire allemand, en tenant compte des frontières de l’année en cours.

 

 

Allemagne Front Nord – Côtes de la Mer du Nord (Nordsee) et de la Baltique (Ostsee)

 

Place forte de Swinemünde

Ouvrages en cours de construction :

Plantagenbatterie (1908-1910). Initialement les abris à munitions et les abris à l’épreuve étaient installés entre les pièces d’artillerie. Armement initial : 6 x 21 cm Bronzemörser, qui sont enlevés avant la guerre 1914-18 et remplacé par de nouveaux emplacements de pièces pour 3 x 24 cm Geschütze auf Mittelpivot-Lafette. 1914-1918 : construction d’abris à munitions devant le pont-levis du « Westretranchement » pour qu’une explosion ne détruise pas la batterie. Ajout d’une quatrième pièce.

Strandbatterie (1909-1910) sur le côté Est du front de mer, près de l’eau, avec vue sur la mer. Armement : 4 x 15 cm Schnellfeuerkanonen in Verschwindlafetten. Contrairement à orkum cette batterie n’était qu’une position de tir sans mitrailleuses et abris.

Forstbatterie (1909-1910) sur le côté Est du front de mer.

Source : S2938 : Gosch, Franck : Festungsbau an der Nordsee und Ostsee, Mittler & Sohn GmbH, Hamburg, 2003, p. 140.

 

Allemagne Front Ouest

 

Place forte de Metz

Ouvrages en cours de construction :

Infanterie-Werk Meyouvrage d’infanterie Champagne (10/1907-1912) ouvrage entouré d’un fossé sur le front et les flancs à contrescarpe bétonnée et escarpe à terre croulante avec grilles défensives, blockhaus de chemin couvert relié à la galerie de contrescarpe, un coffre de contrescarpe double avec amorces de galeries de contremines au point d’épaule droit et un coffre simple au point d’épaule gauche, 1 caserne bétonnée à 2 niveaux avec caponnière centrale, équipé de chauffage central au charbon, au sous-sol 1 usine électrique 4 moteurs diesels 22 CV avec dynamos de 14 kW et des citernes à eau, casemate de flanquement à l’aile droite avec 2 canons de 7,7 cm sur affût de forteresse, 1 observatoire cuirassé fixe sur la casemate de flanquement et 3 observatoires cuirassés d’infanterie, parapet avec tranchées bétonnées et 12 emplacements pour mitrailleuses, un abri de piquet avec cloche de guet et un abri avec cloche de guet sur chaque flanc.

Source : S0075 : Christian Dropsy : Les fortifications de Metz et Thionville, autoédition, Bruxelles, 1995, p. 69, 71.

Infanterie-Werk Belle-Croix - ouvrage d’infanterie de Lauvallières (09/1908-1914). Ouvrage cerné d’un fossé sur le front et les flancs à contrescarpe bétonnée et escarpe à terre croulante avec grilles défensives, blockhaus de chemin couvert relié à la galerie de contrescarpe, un coffre de contrescarpe double au point d’épaule droit et un coffre simple au point d’épaule gauche, 1 caserne bétonnée à 2 niveaux avec caponnière centrale, équipé de chauffage central au charbon, au sous-sol 1 usine électrique, 3 observatoires cuirassés d’infanterie, parapet avec tranchées bétonnées et des emplacements pour mitrailleuses, des abris de piquet avec cloche de guet. Organisation sensiblement identique à l’ouvrage Infanterie-Werk Mey. Etat : ouvrage inondé, accès impossible.

Source : S0075 : Christian Dropsy : Les fortifications de Metz et Thionville, autoédition, Bruxelles, 1995, p. 69, 71.

Feste Wagner - groupe fortifié de l’Aisne (07/1904-1912) au centre du front S, à la lisière du bois d’Avigy, à 800 m environ au NO du village de Verny. Le groupe fortifié comprend les ouvrages suivants : ouvrage d’infanterie de Verny, le point d’appui de Lamencé, une batterie pour 2 canons de 15 cm sur affût protégé installée entre 1907 et 1913, une batterie cuirassée pour 4 tourelles pour obusiers de 15 cm, une centrale électrique, un batterie cuirassée pour 4 tourelles de canons de 10 cm à tube long renforcé, 3 observatoires cuirassés d’artillerie devant la batterie cuirassée pour canons de 10 cm, l’ouvrage d’infanterie Avigy, le point d’appui de la Seille, un observatoire cuirassé d’artillerie. Garnison : environ 1 250 hommes. 1903 : décision pour la désignation de l’emplacement.

Source : S0075 : Christian Dropsy : Les fortifications de Metz et Thionville, autoédition, Bruxelles, 1995, p.69, 71, 124-129.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ulm

Ouvrages en cours de construction :

Infanteriestützpunkt Lehr (1905-1907), point d’appui d’infanterie en béton, arasé en 1945-1946 par les armées Alliées.

Infanteriestützpunkt Kappellenberg (1907-1909), point d’appui d’infanterie en béton, actuellement enseveli.

 

France

 

Cette rubrique concerne les fortifications française en cours de construction ou de modernisation, sur le territoire français, en tenant compte des frontières de l’année en cours.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Toul

Ouvrages en cours de construction :

Fort du Vieux-Canton (1906-1910), 2 tourelles de 75, 2 tourelles de mitrailleuses, 3 observatoires.

Ouvrage Ouest du Vieux-Canton (1906-1908).

Ouvrage Le Mordant (1907-1911), 1 tourelle de 75 mm, 1 tourelle de mitrailleuses, 2 observatoires, 1 casemates de Bourges.

 

Place forte d’Epinal

Ouvrages en cours de construction :

Magasin de Bois le Duc (1908-1909), magasin à poudre de secteur sous roc.

Ouvrage de Deyvillers (1906-1910), ouvrage en béton construit sur l’emplacement d’une ancienne redoute qui comprend : 1 tourelle de 75 mm, 2 tourelles de mitrailleuses, 3 observatoires, 2 casemates de Bourges. 1940-1944 : ouvrage entièrement ferraillé.

 

France Sud-Est, Alpes, frontière italienne.

 

Place forte de Tournoux

Ouvrage en cour de construction :

Blockhaus de RoirAlp (1909-1910) E-NE de Tournoux, altitude 2 642 m. Petit poste pour un effectif de 10 hommes. Etat : le poste a été à priori restauré.

Source : S2747, p. 442.

 

Italie

 

Cette rubrique concerne les fortifications italiennes en cours de construction ou de modernisation, sur le territoire italien, en tenant compte des frontières de l’année en cours.

 

Ouvrage en cours de construction :

Fort du Mont Chaberton (1898-1910 autre source 1915), défendant le col du Mont de Montgenèvre. 1906 : il est armé de comprend 8 tours de 12 m de haut supportant chacune une coupole blindée Armstrong avec un canon de 149 mm de 36 calibres. Les canons pouvaient atteindrent la gare de Briançon. 1947 : le territoire est transféré à la France.

 

Chroniques / Zeittaffel

 

 

Chronique 1909 Divers

 

Allemagne, Strasbourg place forte : renforcement des dispositifs de la zone d’inondation du front sud.

Le gouverneur militaire avait décidé le 8 janvier 1903 d’intégrer la position la position avancée de Plobsheim, située au sud de Strasbourg, dans le plan de mise en état de défense de la place forte. Il demande en conséquence que les travaux préparatoires à sa réalisation soient lancés. Toutefois, la base des renseignements tirés lors du voyage d’état-major de 1905, il s’avère que la zone inondable devant le front sud de la ceinture des forts de Strasbourg présente des points faibles : en effet la suppression de la zone inondable peu être réalisée soit par le détournement des cours d’eau qui l’alimentent, soit par la destruction de l’endiguement. En amont de strasbourg, tous les cours d’eau sont reliés au Rhin par le canal des hautes eaux. En cas de destruction des barrages qui les régulent, l’eau pourrait être détournée en direction du Rhin et assécher petit à petit la zone inondable. C’est une opération qui avait déjà été réalisée par les troupes allemandes qui assiégeaient Strasbourg en 1870. Les Allemands reviennent donc une nouvelle fois sur l’organisation de cette grande zone inondable du front sud par des travaux réalisés entre 1909 et 1910. Ils améliorent la résistance du dispositif contre les tirs d’artillerie. Les digues sont élargies et la circulation est facilitée sur certaines portions de route, surtout en direction de la position avancée de Plobsheim (Ordre du ministère de la guerre allemand du 12 juin 1908).

Source : S0175 : Philippe Burtscher : De la ceinture fortifiée de Strasbourg à la position de la Bruche ; Cercle d’Etude des Fortifications de Strasbourg & Société d’Histoire de Mutzig et environs, 1999.

 

France, armée : création du plan de mobilisation XVI.

Le plan XVI, plan de mobilisation des armées françaises, a été mis en vigueur en 1909. L’état-major français prend en partie en compte les menaces d’attaque allemande passant par la Belgique et concentre ces forces entre l’Oise au nord et la frontière allemande à l’est.

Source : S0367 : Garros, Louis, capitaine : Préludes aux invasions de la Belgique in Revue historique de l’armée n°1-1919, mars 1949, p. 19.

Février 1909

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : motion Kubler au Landesausschuss.

En février 1909, lors de la session du Landesausschuss, présentation de la motion Kubler, président du conseil général du Haut-Rhin, sur l’enseignement du français à l’école primaire.

Source : S0419.

 

Juillet 1909

 

Allemagne : démission du chancelier.

En juillet 1909 le chancelier de Bulow démissionne ; il est remplacé par le Secrétaire d’Etat impérial à l’Intérieur Bethmann-Hollweg.

Source : S0419.

 

Dimanche 3 octobre 1909

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : élections cantonales.

Lors des éléections cantonales du 3 octobre 1909 en Alsace-Lorraine, la majorité du conseil général du Haut-Rhin va aux « nationalistes cléricaux », le centre n’arrive pas à emporter la majoritédans le Bas-Rhin.

Source : S0419.

 

Lundi 11 octobre 1909

 

Allemagne : l’Alsace-Morraine n’obtient pas de voix délibératives au conseil fédéral.

Le 11 octobre 1909 le Conseil des ministres de Prusse conclut que l’on ne peut accorder à l’Alsace-Lorraine de voix délibératives au conseil fédéral.

Source : S0419.

 

Vendredi 10 décembre 1909

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : élection des députés des conseils généraux à la Délégation Landesausschuss.

Le 10 décembre 1909 ont lieu les élections des députés des conseils généraux à la Délégation Landesausschuss. Malgré l’appui du gouvernement, M. Peirotes est battu au conseil général du Bas-Rhin.

Source : S0419.