Chroniques 1894

 
 

Dernière mise à jour / Letzte Änderung : 31 / 03 / 2021 par MJR

 

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction

 

 

Empire allemand

 

Cette rubrique concerne les fortifications allemandes en cours de construction ou de modernisation, sur le territoire allemand, en tenant compte des frontières de l’année en cours.

 

Allemagne Front Ouest

 

Feste Kaiser Wilhelm II, groupe fortifié de Mutzig

Ouvrage en cours de construction :

Ost-FortFort Est (1893-1895) ; fort triangulaire, batterie n°2 avec 4 obusiers de 150 sous coupole cuirassée (15 cm H.P.T. 93), premiers exemplaires installés en Allemagne ; 6 tourelles cuirassée à éclipse avec un canon de 6 cm P.T. ; 1 observatoire d’artillerie cuirassée tournant (P.B.T. 94).

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ingolstadt.

Ouvrages en cours de construction :

Rive droite du Danube

Zwischenwerk Nr. 4 – Werk 224 (1894-1895 & 1904) à l’Est de Hepberg. Ouvrage intermédaire où seul un petit abri à l’épreuve des bombes et le glacis ont été érigé en 1894-1895 et en 1904 à l’occasion d’un exercice du génie, les remparts droit et gauche ont été aménagés. Cet ouvrage provisoire est resté dans un état non terminé. Son volume est très petit par rapport aux autres ouvrages. L’ouvrage a disparu hormis une ancienne borne.

Rive gauche du Danube

Zwischenwerk Nr. 5 – Werk 193 (23 mars 1891 – 22 mars 1894). Errigé au Nord de Großmehring. Ouvrage intermédiaire sous la forme d’une demi-redoute à fossé sec compètement différant des autres. Flanquement des fossés par deux coffres de constrescarpe relié à l’ouvrage par une poterne souterraine et une caponnière double à la gorge. L’ouvrage disposait de plus de casemates et d’une poterne sous traverse en capitale ; blockhaus de chemin couvert sur l’angle d’épaule droit. L’ouvrage a été détruit et quelques débris étaient encore visibles sur un terrain privé.

 

France

 

Cette rubrique concerne les fortifications françaises en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

France Front Ouest Mer du Nord – Manche – Atlantique

 

Place forte de Cherbourg

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de la digue de Querqueville (1890-1896), NO de Cherbourg. Tous les canons étaient sur affût à pivot central.

Batterie nouvelle des Couplets (1894-1895) 4 canons de 24 cm sur 2 plateformes.

 

Place forte de Le Havre

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de Dollemard (1892-1894), 4 plateformes et 1magasin sous roc.

 

Place forte de Saint-Nazaire

Ouvrage en cours de construction :

Fort de l’Eve (1891-1895) protégeait l’estuaire de la Loire. Casemates en béton, armé et équipé de 4 canons de 240 mm et 4 canons de 95 mm, 1 projecteur de 150 cm.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Lille

Ouvrages en cours de construction :

Ouvrage de Babylone (1891-1894)

Ouvrage de la Croix de Vallers (1891-1894) ouvrage intermédiaire pour une compagnie d’infanterie avec abris bétonnés. Actuellement ouvrage complètement remblayé.

Ouvrage d’Enchemont (1891-1894) ouvrage pour une compagnie d’infanterie.

Ouvrage de l’Entrepôt (1891-1894) ouvrage intermédiiare pour 1 compagnie. Situation actuelle : ouvrage détruit et disparu.

Ouvrage d’Houplin (1891-1894) ouvrage intermédiaire.

Ouvrage de la Jonchère (1891-1894) ouvrage intermédiaire.

Ouvrage de Lompret (1891-1894) ouvrage intermédiaire.

Ouvrage du Moulin Neuf (1891-1894).

Ouvrage de Noyelles (1891-1894), ouvrage intermédiaire pour une demi-compagnie, 1 cloche d’observation.

 

Place de Maubeuge

Ouvrages en cours de construction :

Batterie du Bourdiau (1894), 4 canons de 90 mm.

Batterie d’El Basse (1894).

Ouvrage de résistance de Ferrière-la-Petite (1894-1895) ouvrage intermédiaire d’infanterie. 1914 : à priori démoli à l’explosif par les troupes allemandes.

Ouvrage de Bersillies (1894-1895). A compter du 31 juillet 1914, Centre de résistance de Bersillies-La-Samagne qui englobe tous les ouvrages du même nom.

Ouvrage de Feignies (1894-1895) dès fois dénommé fort des Buots. Ouvrage intermédiaire d’infanterie disposant de : 1 observatoire cuirassé et 2 guérites observatoire. Etat recent : une décharge.

Ouvrage de Gréveau (1894-1895). 2001 : arrasé.

Ouvrage d’Héron-Fontaine (1894-1895) ouvrage intermédiaire d’infanterie.

Ouvrage de La Salmagne (1894-1895) ouvrage intermédiaire.

 

Place forte de Verdun

Ouvrage en cours de construction :

Abri caverne des Quatre Chemnées (1889-1894) N-NE de Verdun, E-NE de l’ouvrage de Froideterre. Point extrême de l’avence de l’offensive allemande de juillet 1916. Etat : Accès libre.

Batterie de la Carrière (1889-1894), 1ère batterie annexe gauche de la redoute de Belleville.

 

Place forte d’Epinal

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de Lonchamps (1894-1895).

 

Place forte de Belfort

Ouvrage en cours de construction :

Batteries de Bessoncourt (1890-1894).

 

France Front Sud-Est

 

Lyon place forte

Ouvrage en cours de construction :

Rive droite du Rhône :

Deuxième ceinture de forts détachés :

Magasin de Sathonay (1892-1894) au nord de Lyon, sur la rive droite du Rhône et la rive gauche de la Saône. Comprend trois galeries souterraines.

 

Place forte de Modane

Ouvrage en cours de construction :

Baraquement du Fréjus (1891-1895) comprend 7 baraques en maçonnerie et deux abris enterrés. Entretenues en partie jusqu’en 1930-1940.

 

Place forte de Bourg-Saint-Maurice

Ouvrage en cours de construction :

Blockhaus de la Platte (1892-1894) au SO de Bourg-Saint-Maurice, « Fort des deux milles », ouvrage de surveillance.

 

Place forte de Briançon

Ouvrages en cours de construction :

Baraquement du Granon (1885-1895), près du Col du Granon (2 404 m).

Position du Lenlon (1890-1900) position complémentaire du fort de l’Olive face aux principaux passages frontaliers.

 

Place forte de Tournoux

Ouvrage en cours de construction :

Tunnel du Parpaillon (1892-1900), NO de Tournoux. Ouvrage creusé sous le col de Parpaillon.

 

Place forte de Lanslebourg

Ouvrage en cours de construction :

Abri de la Beccia (1893-1894).

 

France Front Sud Corse

 

Fortifications de Bonifacio

Ouvrage en cours de construction :

Batterie n°2 de Bonifacio (1888-1895). Armement : 2 canons de 19 cm Mle 1878 sur affût G.P.C., à partir de 1894 4 pièces identiques. Batterie désarmée en 1928.

 

Pays-Bas

 

Cette rubrique concerne les fortifications néerlandaises en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

Ligne d’Utrecht « Waterlinie »

 

Secteur de Ouderkerk

Ouvrages en cours de construction :

Fort bij Nigtevecht (1894-1895). Construit sur l’emplacement d’un ouvrage en terre érigé en 1888-1890, renforcé en 1903-1904 par des casemates à l’épreuve des bombes. Commune De Runde Venen. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Fort byj Uithoorn (1894) également dénommé Werken aan de Mijdrechtse Zuwe, Fort beoosten Uithoorn, Fort aan de Mijdrechtse Zuwe bezuiden Uithoorn, Fort op de Mijdrechtse Zuwe, langage populaire Fort De Zuwe, Fort Amstelhoek. Construit sur l’emplacement d’un ouvrage en terre érigé en 1885, renforcé en 1911-1912 par des casemates à l’épreuve des bombes. Commune De Runde Venen. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Secteur de Sloten

Ouvrage en cours de construction :

Fort bij de Liebrug (1894-1895). Dénomé également Fort aan de Liebrug, Brinks’s-Gerlach, Fort Brink’s/ING. GTC. Haarlemmerliede, surnommé Fort Knox. Construit sur le site d’un ancien poste de la Ligne de la Hollande du Nord dénommé Posten van Krayenhoff en 1789, transformé en ouvrage en terre en 1886, et en ouvrage de défense en 1894-1895. Renforcé en 1899-1900 avec des casemates à l’épreuve des bombes. Classé aux Monuments historiques de la Province de Hollande du Nord « Provinciaal Monument Noord-Holland » et au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Secteur de Zaandam

Ouvrages en cours de construction :

Fort aan Den Ham ou Fort Den Ham (1894-1898), modernisé 1900-1903.

Fort aan de St. Aagtendijk (1894-1895), dénommé également Fort Beverwijk, Fort aan de Sint Aagtendijk, Fort Aagtendijk, et pendant l’occupation allemande 1940-1944 Munitionslager Monika ou Munitionsverteilungstelle Monika. Renforcé en 1897-1899 par des casemates à l’épreuve des bombes. Commune de Bewerwijk. Classé aux Monuments historiques de la Province de Hollande du Nord « Provinciaal Monument Noord-Holland » et au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Fort bij Spijkerboor (1894-1896), construit sur l’emplacement d’un ouvrage en terre de 1886-1887, renforcé en 1910-1913 par des casemates à l’épreuve des bombes et en 1911 installation d’une coupole d’artillerie jumelée Krupp pour 2 canons de 10,5 cm, unique exemplaire en Europe. Commune de Beemster. Classé aux Monuments historiques de la Province de Hollande du Nord « Provinciaal Monument Noord-Holland » et au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

 

 

Allemagne

1904 environ : Mise en service du Beobachtungswagen 04, une voiture d’observation de l’artillerie.

1889 : depuis 1889, l’artillerie à pied attelée comprend : les canons lourds de 12 cm (s. 12-cm-Kanone), l’obusier de 15 cm (15-cm-Haubitze) et le mortier de 21 cm (21-cm-Mörser).

Source: S0596 : Generalleutnant a.D. Schirmer : V. Teil : Das Gerät der schweren Artillerie ; Verlag Bernard & Graefe, Berlin ; 1937, p. 16.

Autriche-Hongrie

1894 : expériences de tir contre des ballons captifs.

Source : S0422 : Revue militaire des armées étrangères, 47e volume, janvier-juin 1895 et 48e volume, juillet-décembre 1895 ; L. Baudoin, imprimeurs-éditeurs, Paris.

 

 

Chroniques de l’année 1894

 

 

1894 divers

 

Allemagne, fortifications : le comité des ingénieurs propose d’installer des batteries d’intervalle avec obusiers de 15 cm.

En 1894, le comité des ingénieurs propose l’utilisation d’obusiers de 15 cm dans des batteries d’intervalle comprenant 2 à 6 tourelles cuirassées.

Source : S0083.

 

Allemagne, Mutzig-Molsheim : baptême du fort de Mutzig.

Les nouvelles fortifications sur la colline de Mutzig-Molsheim sont baptisées « Feste Kaiser Wilhelm II » en 1894.

Source : S0111 : Albert, Dr., Major a.D. : Das Festungsproblem in Deutschland und seine Auswirkung auf die strategische Lage von 1870-1914 ; Junker und Dünnhaupt Verlag Berlin ; 1933, p. 112. S0196.

 

Allemagne, fortifications : préparation des travaux sur les têtes de pont.

A côté des travaux de la colline de Molsheim on commença les travaux préparatoires pour l’installation des ouvrages des têtes de pont de Neuf-Brisach, Graudenz et Glocau et pour la protection de Breslau.

Source : S0111, p. 112.

 

Autriche-Hongrie, artillerie : expériences de tir contre les ballons captifs.

L’augmentation de la portée des armes, qui oblige souvent à entamer la lutte à des distances considérables, et l’adoption du principe de tir indirect ont conduit à la création d’observatoires élevés, transportables, d’où l’on peut découvrir les troupes, les batteries et les travaux de l’adversaire. De là l’introduction du ballon captif dans le matériel des armées de toutes les grandes puissances européennes.

En 1894, une série d’essais fut entreprise en Autriche : des tirs contre un ballon élevé de 400 m : au bout de 16 coups le ballon descendit lentement (atteint 10 fois) ; le même objectif : au bout de 20 coups, le ballon ne tombant pas, on le descendit avec les câbles (percé par 18 éclats) ; des tirs contre le même ballon réparé : au bout de 40 coups, l’aérostat touché gravement descendit rapidement ; des tirs contre un ballon à 3 750 m, hauteur 800 m, vent assez vif, l’aérostat oscillait beaucoup : au bout du 65e coup, il tomba avec rapidité.

Source : S0422.

 

Février 1894

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : manœuvres d’hiver.

La revue militaire des armées étrangères nous livre ces informations : « Les chasseurs à pied de Schletstadt et de Colmar étaient, pour la première fois, exercés à faire usage des « raquettes à neige » aussi bien pour la marche en terrain plat que pour la marche en montagne. Par groupes de 20 à 30 hommes, sous la conduite d’un officier, ils se dirigeaient fréquemment vers les hautes vallées et les cols des Vosges, aux jours où la couche de neige offrait la profondeur et la consistance désirable. Pour eux, toutefois, il s’agissait moins d’exercices tactiques que de dressage à un mode de locomotion depuis longtemps en usage dans les pays scandinaves, et expérimenté avec succès pendant l’hiver de 1892 par le bataillon de chasseurs d’Ortelsbourg et le bataillon d’infanterie de Goslar. Les manœuvres se bornèrent, pendant l’hiver 1893-94, aux exercices que nous venons d’énumérer et qui ont tous eu pour théâtre l’Alsace-Lorraine.

Source : S0422 : Revue militaire de l’étranger n°808, T 47, mars 1895, p. 237-238.

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : manœuvres d’hiver d’un détachement des garnisons du XVe corps d’armée.

Au mois de février 1894, le général commandant le XVe corps prescrivit de combiner les alertes à Strasbourg et Haguenau d’une part, à Sarrebourg, Saverne et Phalsbourg d’autre part, de manière à motiver une manœuvre à double action entre un parti supposé débouchant des Vosges pour menacer Strasbourg, et un parti représentant la défense des abords de la place. Les troupes mises en présence étaient formées d’éléments des trois armes et représentaient à peu près l’effectif de deux brigades.

Un engagement d’avant-garde dans les environs de Hochfelden marqua la première journée. Les deux partis établirent pour la nuit leurs avant-postes au bivouac. Le lendemain, l’action s’engagea entre Bilwisheim et Reitweiler. A la suite du combat, le resserrement des troupes rendant impossible leur installation complète au cantonnement, une bonne partie des éléments en présence dut faire usage de la tente-abri pour passer, sur le terrain, une nuit où la température descendit à 8° au-dessous de zéro.

Dans la matinée de la troisième journée, le parti de l’attaque poursuivant l’avantage acquis la veille continua son mouvement sur Vendenheim et Lampertheim.

Une canonnade entre les pièces du fort Podbielsky et le détachement d’artillerie à pied avec attelages dont disposait l’attaque, puis un combat d’infanterie marquèrent la fin de ces manœuvres : les troupes reprirent ensuite, par voies ordinaires, le chemin de leurs garnisons.

Pendant cette même période, les régiments du XVIe corps fréquemment « alarmés » avaient à exécuter, par fractions isolées, des marches ou manœuvres commençant en général vers 6 heures du soir et terminés de manière que les troupes fussent rentrées avant minuit dans leurs casernements.

Source : S0422 : Revue militaire de l’étranger n°808, T 47, mars 1895, p. 236-237.

 

Lundi 5 février 1894

 

France, faits divers : exécution d’un terroriste.

En France, le terroriste Vaillant condamné à mort le 10 janvier 1894, est exécuté.

Source : S0131 : Riegert, Henry : Le journal historique de l’Alsace, tome 5 : 1848-1913 ; Edition Alsace, Mulhouse,1982.

 

Mars 1894

 

France-Russie, politique : signature d’un traité d’alliance.

En mars 1894, un traité d’alliance défensive est signé entre la France et la Russie. Cet accord complète les accords de 1891 et la convention de 1892.

Source : S1230 : Marchand, A., inspecteur général à la compagnie des chemins de fer de l'Est : Plans de concentrations de 1870 à 1914 ; Berger-Levrault, Editeurs, Paris, 1926.

 

Dimanche 24 juin 1894

 

France, faits divers : assassinat du Président de la République.

Le Président de la République Carnot est assassiné à coups de couteau à Lyon. Le meurtier, un jeune italien, déclare avoir voulu venger Vaillant.

Source : S0131 : Riegert, Henry : Le journal historique de l’Alsace, tome 5 : 1848-1913 ; Edition Alsace, Mulhouse,1982.

 

Mercredi 27 juin 1894

 

France, politique : élection d’un nouveau président de la République.

Pour remplacer le président Carnot assassiné, l’Assemblé nationale élit Casimir-Périer, un républicain conservateur.

Source : S0131.

 

Vendredi 3 août 1894

 

Allemagne, fortifications : ordonnance impériale relative aux fortifications du Rhin Supérieur. L’ordonnance impériale « A.K.O. » du 3 août 1894 limite les fortifications du Rhin supérieur, à côté du service de garde du fleuve « Strombewachungsdienst » et de la mise en place des ponts flottants, à la protection des points de passage de Huningue et de Neuenburg. Néanmoins, les fortifications des têtes de ponts devaient être assurées par des préparatifs du temps de paix. D’autres fortifications sur le Rhin supérieur ne seraient réalisées que lorsque la situation financière le permettra. Des reconnaissances doivent être réalisées dans le cadre des travaux d’élaboration des projets de fortification.

Source : S0060 : Lacoste, Werner : DAWA, Sonderheft 29 : Neubreisach 1871-1916 & Strassburg-Vorfeld 1914-1916, Verlag Harry Lippmann, Köln & DAWA Deutsches Atlantikwall Archiv, Köln, 1997.

 

Octobre 1894

 

France, faits divers : affaire Dreyfus.

En France, l’affaire Dreyfus commence en octobre 1894.

Source : S1230 : Marchand, A., inspecteur général à la compagnie des chemins de fer de l'Est : Plans de concentrations de 1870 à 1914 ; Berger-Levrault, Editeurs, Paris, 1926.

 

Lundi 15 octobre 1894

 

France, faits divers : affaire Dreyfus.

Le 15 octobre 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, officier du 14e régiment d’artillerie, membre de l’Etat-major de l’armée, avait été arrêté sous la présomption de servir d’agent de renseignements à l’Allemagne. Malgré ses protestations d’innoncence, il est incarcéré à la prison du Cherche-Midi.

Source : S0131.

 

Novembre 1894

 

Allemagne, Metz : réalisation du plan de mise en état de défense de la Feste Friedrich Karl.

En novembre 1894, réalisation du plan de mise en état de défense « Armierungsplan » du groupe fortifié « Friedrich Karl » à Metz à l’échelle 1 :2 000, dimension 66,5 x 33 cm.

Source : S1940 : Bearbeitet von Wienfried Bließ : Die Festungspläne des preußischen Kriegsministeriums – Ein Inventar Teil 1 – Band 59,2 ; Veröffentlichungen aus den Archiven preußischer Kulturbesitz, Herausgegeben von Jürgen Klosterhuis und Dieter Heckmann, Böhlau Verlag, Köln, Weimar, Berlin, 2008 ; Festung Metz, p.1824, cote G-70553.

 

Russie, politique : décès du Tsar Alexandre III.

Le Tsar Alexandre III décède en novembre 1894. Le nouveau Tsar, Nicolas II affirme sa volonté de poursuivre la politique extérieure de son père.

Source : S1230 : Marchand, A., inspecteur général à la compagnie des chemins de fer de l'Est : Plans de concentrations de 1870 à 1914 ; Berger-Levrault, Editeurs, Paris, 1926.

 

Lundi 26 novembre 1894

 

France, faits divers : affaire Dreyfus.

Déjà avant l’instruction du procès, le 26 novembre 1894, l’accusation portée contre le capitaine Dreyfus suscite de violentes protestations du gouvernement allemand. Berlin démentit officiellement tout contact ou collusion avec le suspect. On s’empresse aussitôt de mettre l’ambassade d’Allemagne à Paris hos de cause.

Source : S0131.

 

Novembre 1894 – février 1895

 

Allemagne, Alsace-Lorraine : manœuvres d’hiver.

La revue militaire des armées étrangères nous livre les informations suivantes : Pendant l’hiver de 1894-95, nous voyons, au contraire, les exercices extérieurs se généraliser et avoir lieu indistinctement dans toutes les régions de l’Empire. Seul, toutefois, comme l’année précédente, le XVe corps procède à une manœuvre d’ensemble d’une durée de deux jours dans la région de Phalsbourg et de Mittelbronn. Dans les autres corps d’armée, les exercices s’effectuent par fractions isolées transportées le plus souvent en chemin de fer à quelque distance de la garnison. Arrivés à destination, bataillon, escadron ou batterie prennent part à une manœuvre à double action ou procèdent à des feux de guerre en terrain varié sur silhouettes ou sur tranchées de neige. Fréquemment, l’exercice consiste en une marche d’épreuve par temps de neige avec application de service en campagne, puis en installation au bivouac pour une durée variant de 4 heures à une nuit entière. Dans les Vosges, les quatre bataillons de chasseurs renouvellent les exercices de l’hiver précédent sur raquettes à neige.

Source : S0422, n°808, T 47, mars 1895, p. 238-243.

 

Allemagne, armée : manœuvres d’hiver.

La revue militaire des armées étrangères nous donne quelques informations sur les diverses manœuvres d’hiver et leurs conséquences sur la santé de la troupe : « Quelques citations empruntées aux comptes rendus de la presse sur les manœuvres d’hiver des régions de l’intérieur ou de la frontière orientale de l’Empire feront mieux ressortir la nature de ces exercices : Le 7 janvier dernier, dans l’après-midi, arrivait par chemin de fer à Neurode, venant de Breslau, une compagnie du régiment de grenadiers n°11, à l’effectif de guerre, avec le général commandant la division et son état-major. Aussitôt débarquée, la compagnie gagna Mölke et forma les faisceaux dans une prairie entourée de bois. Les hommes se mirent de suite au travail pour enlever la neige sur les bandes désignées comme emplacement des lignes de tentes. Le sol fut recouvert de paille et de branches de sapin et l’on procéda au montage des tentes, tandis que s’allumaient les feux pour la préparation du repas. Le général resta avec la compagnie et passa la nuit sous la tente : la température qui était de – 8° Réaumur dans la soirée descendit à – 13° vers le matin. Au jour, la troupe leva le bivouac et exécuta pendant la matinée des tirs sur un dispositif de panneaux. Dans l’après-midi, elle retourna à la gare de Neurode et fut ramenée à Breslau ». Vers la fin du même mois, la garnison de Potsdam est tout entière mise sur pied par une alerte et prend position vers Nedlitz pour une manœuvre à double action à laquelle l’empereur assiste en personne : lutte d’artillerie, charge de cavalerie, combat d’infanterie marquent les phases de l’action : « Les hommes sont en tunique, le manteau roulé sur le sac, les moufles suspendues à la poignée du sabre-baïonnette : la présence du souverain donne à tous ardeur et entrain, et à la tombée de la nuit les troupes rentrent d’un pas allègre, musique en tête, dans leurs chaudes casernes ».

Les armes spéciales ont aussi leurs manœuvres d’hiver : le 8 février, le 3e régiment de chemins de fer exécute près de Klausdorf, un exercice de pose de voie par un froid particulièrement rigoureux, et laisse au chantier, pour la nuit, un détachement de 40 hommes avec un officier campés sous la tente-abri.

Quelques jours plus tard le bataillon des pionniers de la garde et le régiment de grenadiers de la garde n°3 sont « alarmés » pour simuler un coup de main nocturne sur la citadelle de Spandau, dont les fossés sont gelés.

« Au signal donné, les pionniers suivis de près par l’infanterie descendent à l’aide d’échelles le long de la contrescarpe dans le fossé recouvert d’une épaisse couche de glace et de neige. Le fossé est vivement franchi sous le feu des défenseurs, malgré les faisceaux lumineux des projecteurs électriques qui dévoilent le mouvement de l’assaillant ; puis les échelles portées chacune par trois hommes se dressent contre l’escarpe, le pied maintenu par deux soldats, tandis qu’un troisième, gravissant rapidement les échelons, fixe le sommet à la crête au moyen de cordes et de crampons. Cette opération achevée, les fantassins, le fusil en bandoulière, s’élancent sur les échelles pour franchir le rempart. La manœuvre, arrêtée à ce moment, a montré aux troupes le parti d’un assiégeant audacieux peut tirer des circonstances ».

Au IXe corps, les troupes stationnées à Schleswig, Flensbourg, Rendsbourg et Sonderbourg sont « alarmées » et rassemblées par le général v. Waldersee pour exécuter, le 13 février, une manœuvre sur le terrain même du combat de 1864 entre les Danois et les Autrichiens.

Tels sont les faits, au moins tel est le résumé des citations de la presse allemande en ce qui concerne les exercices exécutés à titre de manœuvres d’hiver. En dehors de ces citations, les appréciations, les comptes rendus de l’état des troupes pendant ou après ces exercices présentent une telle diversité, souvent même des contradictions si manifestes, qu’il est difficile d’en dégager la vérité.

Selon les feuilles périodiques militaires et les grands journaux, les hommes auraient, à en juger par leur bonne mine et leur gaieté, supporté facilement les fatigues des exercices d’hiver ; les tentes-abris auraient donné les meilleurs résultats ; il serait établi que, avec un montage exécuté soigneusement et une couche de paille suffisamment épaisse étendue sur le sol, la température à l’intérieur des tentes est de 12° supérieure à celle du dehors.

En conséquence, des hommes préalablement réchauffés à la flamme des grands feux de bivouac entretenus pendant toute la durée du stationnement, ont pu passer la nuit sous la tente dans des conditions n’offrant aucun obstacle au sommeil, aucun danger pour la santé. Enfin les précautions hygiéniques auraient été scrupuleusement observées : les médecins constamment présents e à ces manœuvres auraient assuré de deux heures en deux heures des distributions de boissons chaudes, et particulièrement de café et de thé dont les hommes apprécient de plus en plus l’effet bienfaisant.

Mais la presse locale des différentes provinces de l’Empire est loin de s’exprimer dans un sans aussi optimiste.

Ainsi, au VIIe corps, une compagnie d’infanterie portée à l’effectif de guerre avait exécuté, en janvier dernier, par une température de 7° au-dessous de zéro, un exercice extérieur terminé par une nuit de bivouac. A son retour, un tiers des hommes auraient été malades à la chambre et plusieurs d’entre eux auraient dû être envoyés d’urgence à l’hôpital

De même, au XVe corps, la rentrée des manœuvres de trois jours en 1894 aussi bien que des manœuvres de deux jours de 1895 aurait offert le spectacle de nombreux éclopés et traînards, allongeant des colonnes où les rangs présentaient en majorité des hommes résignés, il est vrai, mais abattus, harassés et transis de froid. Dans les jours suivants, les infirmeries régimentaires et les hôpitaux se seraient remplis d’hommes atteints d’angines, bronchites et pleurésies ; puis seraient survenus, triste conséquence des expériences faites sur la santé des hommes en même temps que les avantages de la tente-abri, les décès dont l’autorité militaire aurait cherché à dissimuler le nombre.

Nous admettons qu’il y a une part d’exagération aussi bien dans ces comptes rendus poussés au noir que dans les récits tendant à faire croire que des soldats, dont les plus anciens avaient quinze mois de service et dont la moitié était formée de recrues arrivées au corps depuis deux mois à peine, ont supporté, sans en ressentir aucune atteinte, l’épreuve du froid pendant des nuits entières, ces manœuvres hivernales « leur offrant visiblement l’attrait d’une nouveauté et d’une distraction ».

Ce n’est pas d’un seul coup, le jour même où les hommes sont, à l’improviste, appelés hors de leur chambrée et de leurs lits chaudement couverts, que s’acquiert l’endurance à laquelle parviennent peu à peu les troupes au cours d’une campagne.

Or celles-ci, le resserrement des cantonnements accentue de jour en jour d’avantage la défectuosité des abris, et amène, par une transition non brusquée, le passage à l’installation au bivouac.

Il y a une loi naturelle à laquelle les ordres les plus formels ne sauraient soustraire les hommes quels qu’ils soient ; la loi d’accoutumance. Cette loi impose l’obligation de n’avancer que pas à pas dans l’effort, dans l’exercice que l’on veut mener au degré le plus voisin de la perfection. La « forme », pour employer l’expression sportive, ne se bâtit que pierre par pierre en constatant bien que le ciment sèche au fur et à mesure. Autrement dit, un entraînement méthodique sagement conduit peut seul mettre le corps humain à l’épreuve des rigueurs d’un milieu hostile.

Certes, la force morale, la foi en l’effort, le sentiment du devoir et l’amour propre, fruits d’une bonne éducation militaire, accéléreront d’une manière sensible cette « adaptation au milieu » ; mais encore faut-il laisser au corps humain le temps de se modeler, de s’adapter « à la forme » qu’on lui demande. La nature n’admet pas les transformations instantanées.

En résumé, nous devons considérer comme également vraisemblables, d’une part, les tristes conséquences de manœuvres d’hiver brusquement commencées et poursuivies jour et nuit pendant 48 ou 60 heures, et, d’autre part, le résultat pleinement satisfaisant d’exercices extérieurs n’excédant pas par les froids les plus intenses une journée ou une partie de la nuit, pourvu toutefois que ces exercices forment comme une simple continuation de marches ou d’applications de service en campagne fréquemment répétées pendant la période d’acheminement vers l’extrême rigueur de la température.

Ces résultats diamétralement opposés ne proviennent que de l’interprétation fausse et irréfléchie, ou logique et sensée, du principe indiscutable que le règlement allemand sur le service en campagne contient dans l’introduction, savoir :

« La force d’une armée réside dans sa préparation constante à une entrée immédiate en campagne, et cette condition impose de ne pas limiter à une période déterminée de l’année les exercices qui concernent ce que chaque arme est appelée à faire à la guerre ».

Rien n’est plus vrai, et c’est seulement en s’inspirant de ce principe qu’une troupe mérite d’arborer la fière devise : Jederzeit kampfbereit « Toujours prête au combat » ; mais les exemples que nous venons de citer montrent l’application bien ou mal entendue de ce sage principe conduit, soit au but poursuivi, soit au contraire aux plus déplorables résultats.

Source : S0422, n°808, T 47, mars 1895, p. 238-243.