Sa construction

1871 : à peine la guerre franco-allemande terminée, les ingénieurs s'intéressent déjà à la position de la colline d'Hausbergen. La commune d'Oberhausbergen figure dans les rapports des premiers tracés des nouvelles fortifications. La colline est une position stratégique : elle domine l'axe principal d'attaque que constitue la route de Paris. Le 8 novembre, les autorités allemandes procèdent à l'estimation de la valeur des parcelles à exproprier. Le maire d'Oberhausbergen y est convié. A partir de ce moment, les propriétaires terriens doivent faire une demande d'indemnisation auprès du service des fortifications. Les indemnités ne seront perçues qu'à partir de février 1873.

Le chantier de construction du fort en 1872.

 

1872 : un crédit de 3 millions de Marks est débloqué pour commencer les travaux des 5 premiers forts. Le 12 février, les travaux du fort sont adjugés au consortium d'entreprises August Pasdach & Comp. Afin de pouvoir acheminer tout le matériel nécessaire à la construction, un réseau de voie ferrée ceinture la ville ; on appelle ce réseau la Ringbahn. Les matériaux transitent principalement par le canal de la Marne au Rhin et sont déchargés à Souffelweyersheim. Le 8 juillet, le financement du projet est défini par une loi impériale. A la fin du mois de juin, le chantier débute : 240.000 m3 de terrassement et 160.000 m3 de maçonnerie. Les pierres de taille proviennent des carrières de Lutzelbourg. Les ouvriers proviennent des environs et d'autres régions : Wurtemberg, Bade, Suisse, Italie, Autriche et Bavière. Pour loger ces ouvriers, une route et des baraquements sont mis en place. Les paysans locaux sont aussi mobilisés : ils effectuent le plus souvent du transport de matériel avec leur propre charrette.
Première opération : le terrassement. Des échafaudages en bois de 56 pieds (17 mètres) servent à profiler les remblais. La réalisation des parapets de front de tête (face à l'ennemi) est urgente afin de pouvoir installer des canons en cas d'une possible attaque française. Le 28 septembre 1872, on célèbre la pose de la première pierre du fort. C'est aussi la première cérémonie officielle sur la place de Strasbourg en l'honneur des nouvelles fortifications allemandes.

Une cérémonie est célébrée pour la pose de la première pierre du Fort V.
 

1873 : le fort, comme les autres de Strasbourg, est d'abord désigné par un numéro : celui d'Oberhausbergen porte le numéro V. Le 1er septembre, une ordonnance impériale baptise le fort du nom d'un illustre militaire de la guerre de 1870. Le fort V s'appelle désormais Fort Großherzog von Baden (Fort du grand duc de Bade). A la fin du mois de septembre, les premières pièces d'artillerie sont mises en place. Sur le papier, sa garnison de guerre doit atteindre les 930 hommes et disposer de 44 pièces d'artillerie dont 8 mortiers.

1875 : les travaux terminés, les ingénieurs militaires du chantier font graver leur nom sur l'arc de l'entrée principale de la caserne. Ce sont les officiers ingénieurs von Oildmann et Neumann.

1875 : le fort accueille le Niedersächsisches Fussartillerie-Regiment 10. Des spécialistes d'autres unités viennent se greffer à la garnison comme les télégraphistes, les services de santé, etc.