Les personnalités qui ont donné leur nom au fort

Friedrich I. Großherzog von Baden (Frédéric Ier Grand Duc de Bade)

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Fils du grand-duc Léopold Ier de Bade et de Sophie de Suède.

Frédéric Ier de Bade épousa en 1856 la princesse Louise de Prusse (1838-1923), nièce du roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse et fille du prince de Prusse Guillaume (le futur Kaiser) et d'Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach).

Prince protestant partisan d'une "Petite Allemagne", Frédéric Ier prit naturellement parti pour la Prusse contre l'Autriche en 1866 et participa également à la guerre contre la France en 1870.
Aussi lors de la proclamation de l'Empire allemand dans la galerie des glaces du château de Versailles le 18 janvier 1871, Frédéric Ier, gendre du nouvel empereur allemand Guillaume Ier, fut-il personnellement présent.

 
Nonobstant, il fut considéré par ses contemporains comme un défenseur de la monarchie constitutionnelle opposé au conservatisme et à l'autoritarisme militariste prussien et politiquement proche de son beau-frère le prince héritier Frédéric-Guillaume.


 

Le maréchal Philippe Pétain


 
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- Sa jeunesse :

1856 : naissance de Philippe Pétain à Cauchy-à-la-Tour dans le Pas-de-Calais. il est issu d'une famille d'agriculteurs et éduqué dans un collège religieux à Saint Omer.

1871 : la défaite de la France face à l'Allemagne reste un traumatisme.

1876 : il fait son entrée à l'Ecole militaire de Saint-Cyr.

1878 : il sort de cette école comme sous-lieutenant de chasseurs à pied.

 

- Sa carrière militaire :

1883 : il passe lieutenant.

1888 : il intègre l'Ecole supérieure de la guerre.

1890 : il en ressort breveté d'état-major et passe capitaine.

1901 : il enseigne à l'Ecole de guerre, mais ses positions opposées à la doctrine de l'état-major retardent son avancement. Il n'est pas favorable à la guerre à outrance mais plutôt à une position défensive soutenu par une puissance de feu.

1910 : il est promu colonel. Après avoir commandé le 33e Régiment d'Infanterie à Arras, il prend le commandement de la 4e Brigade d'infanterie à Saint-Omer.

 

- La Première Guerre mondiale :

1914 : la guerre commence le 2 août. Le colonel Pétain se bat dans la Meuse. Dès le 31 août, sa réussite est récompensée par les étoiles de général de brigade. En septembre, il passe général de division et en octobre il prend le commandement du 33e Corps d'Armée.

1915 : il reçoit le commandement de la IIe Armée et il acquiert déjà une bonne réputation auprès des soldats.

1916 : il est nommé en février chef du front de Verdun. Par sa tenacité, il remporte la bataille d'usure face au Kronprinz. Cette victoire de Verdun va créer le mythe du "Vainqueur de Verdun".

1917 : il devient chef d'état-major en avril. Mais des vagues de mutineries se développent au sein des rangs français. Il tente d'éviter au maximum les exécutions capitales et prend des mesures pour rendre la vie du soldat plus supportable, notamment par la multiplication des permissions.

1918 : Le 11 novembre, l'armistice est signé. Il se voit remettre le 12 décembre le bâton de maréchal de France.

 

- L'entre-deux guerres :

1919 : il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques

1920 : il est vice-président du Conseil supérieur de la guerre jusqu'en 1931

1922 : il est nommé inspecteur général des armées

1928 : le service militaire est abaissé à 1 an avec le soutien du maréchal Pétain. Son rôle politique dans la IIIe République est bien réel

1929 : il est élu à l'Académie française. C'est le dernier survivant des grands chefs militaire de la dernière guerre. Il est favorable au projet de construction d'une ligne de défense fortifiée sur les frontières

1931 : alors qu'il ne croît pas dans l'utilisation des nouvelles armes comme les chars et les avions, il est nommé inspecteur général de la Défense aérienne

1936 : les émeutes de février entraînent la nomination du maréchal Pétain au ministère de la Guerre. Il engage les premières réductions de crédit militaire qui freine la modernisation de l'armée

1939 : il accepte le poste d'ambassadeur en Espagne afin de négocier la neutralité du pays dirigé par le général Franco si un conflit devait éclater entre la France et l'Allemagne.

 

- La Seconde Guerre mondiale :

1940 : le 10 mai les hostilités entre l'Allemagne et la France débutent. Le 17 mai, le maréchal est rappelé en France pour occuper la fonction de vice-président du conseil. Il soutient le général Weygand, favorable à un arrêt des combats et à un armistice. Mais la majorité des hommes politiques veulent poursuivre la lutte jusqu'en Afrique du Nord s'il le faut. Le maréchal est conscient que la défaite est inévitable et qu'elle est la conséquence du régime républicain. Il pense que c'est l'occasion de redonner un nouveau souffle à la nation qui tombe de haut. Le 16 juin, il remplace Paul Reynaud à la tête du gouvernement. Le lendemain, il annonce à la France par les ondes qu'il faut "cesser le combat". Le 22 juin, l'armistice est signée. La France est alors coupée en deux zones : occupée au nord et libre au sud. C'est dans la zone libre que le maréchal installe les bases de son nouveau gouvernement dans la ville d'eau de Vichy. Le 10 juillet, la IIIe République est remplacée par le régime de Vichy. C'est par le vote de l'Assemblée Nationale que ce changement de constitution s'opère dans la légalité. Dès le lendemain, les Actes constitutionnels nomment le maréchal Pétain chef de l'Etat français et investit du pouvoir législatif. Ces mesures devaient être temporaire jusqu'à la nomination d'une nouvelle Assemblée. Le gouvernement de Vichy est composé d'hommes politiques d'horizons diverses : parlementaires, syndicalistes pacifistes, technocrates, etc. Le programme poitique est résumé par l'appellation : "Révolution nationale". L'immense prestige auprès des Français et la crise engendrée par la défaite laissent les mains libres au maréchal Pétain pour diriger l'Etat


 
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Le 24 octobre, la rencontre de Montoire avec Hitler entérine la position de la France dans le collaborationnisme. Néanmoins, il garde des contacts avec les Etats-Unis par l'intermédiaire de son ambassadeur à Vichy qui restera tout au long du conflit.

1941 : le maréchal poursuit la réalisation de la Révolution nationale. Les lois antisémites sont votées, la franc-maçonnerie est interdite et la lutte contre le communisme est un combat commun mené avec les Allemands

1942 : c'est le tournant de la position du maréchal Pétain. Les Allemands lui imposent le retour de Laval dans le gouvernement. Puis l'invasion de la zone libre est réalisée sans résistance. Le maréchal sent bien que son pouvoir devient de plus en plus restreint.D'ailleurs Laval obtient l'ensemble des pouvoirs exécutif et législatif

1943 : il ne contrôle plus la destinée de l'Etat français. Il est obligé d'admettre la création de la Milice

1944 : devant l'avancée des troupes alliées en Europe, il préfère se faire prisonnier des Allemands qui l'envoient à Sigmaringen

1945 : il se réfugie en Suisse et en avril, il se rend aux autorités françaises. Son procès se déroule du 23 juillet au 15 août par la Haute Cour. Il est condamné à mort, privé de ses biens et frappé de l'indignité nationale. Il obtient la grâce du général De Gaulle


 
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Le procès du Maréchal Pétain mis à mal le mythe du "Vainqueur de Verdun".

 

1951 : il meurt emprisonné à l'Ile d'Yeu


 

Le général Aubert Frère

Citation du général Revers en 1965 : "Modèle de citoyen, modèle de soldat, il est une très grande figure qui, dépassant l'histoire, atteint la légende. Il est bon que justice soit rendue à celui qui sut être un très grand chef et un très grand Français."

- Sa jeunesse :

1881 : naissance d'Aubert Frère à Grévilliers dans le Nord-Pas-de-Calais. Il est issu d'une famille de onze enfants. Son père est un propriétaire terrien et agriculteur. Il entre à l'Ecole militaire de Saint-Cyr en étant quatrième sur les cinq cents candidats. Ses premières années de terrain se passent en Afrique du Nord (Algérie et Maroc). On lui décerne la Légion d'honneur.

1913 : il rejoint les rangs du 1er Régiment d'Infanterie

- La Première Guerre mondiale :

Il participe à cette guerre au sein du 1er RI à l'exception de deux fois où il prend le commandement du 6e Bataillon de Chasseurs Alpins. Il progresse dans la hiérarchie militaire pour sortir du conflit avec le grade de lieutenant-colonnel. Il est fait commandeur de la Légion d'honneur et reçoit sept citations

- L'entre-deux guerres :

Il prend le commandement du 1er RI

1927 : il dirige le Centre d'étude des chars de combats

1931 : il devient général et prend la direction de l'Ecole militaire de Saint-Cyr

1935 : il commande la 11e Division à Nancy

1939 : il est nommé gouverneur de Strasbourg

- La Seconde Guerre mondiale :

1939 : à la déclaration de guerre de la France, le général Frère prend le commandement du VIIIe Corps d'Armée implanté sur le secteur fortifié des Vosges

1940 : le 17 mai le général Frère est convoqué au GQG de Vincennes. Le général Gamelin lui donne pour mission de remettre sur pied la 7e Armée, disparue aux Pays-Bas. Cette nouvelle 7e Armée doit couper la progression allemande sur la Somme afin de protéger l'accès à Paris. Après deux jours de combats, le général Frère doit se replier sur la Seine, puis sur la Loire pour enfin arriver sur Limoges. Il prend le commandement de la région et tente de rassembler toutes les troupes éparpillées ainsi que le matériel. L'armistice est signée le 28 juin. La première mesure militaire prise par le nouveau gouvernement, celui du maréchal Pétain, est de dissimuler le matériel militaire afin de ne pas le livrer aux Allemands.
Le général Frère est désigné à la présidence du tribunal militaire qui doit juger les fautifs de la "Débâcle" de la nation. Il en est malade et désemparé. Le tribunal condamne à mort par contumace le général De Gaulle mais le général Frère vote contre. Le 23 août, il est nommé commandant de la 14e Division à Lyon. Il s'attache alors à organiser une mobilisation clandestine. C'est ainsi que Lyon devient la plaque tournante des premiers foyers de la Résistance.

1942 : le chef de gouvernement Laval propose au général Frère le porte-feuille de minitère de la Guerre. Il accepte l'offre à la condition de rompre avec le collaborationisme avec l'Allemagne ; condition que Laval n'envisage pas. Le 25 août, il reçoit du maréchal Pétain la grand-croix de la Légion d'honneur. Le 1er septembre, il intégré dans la 2e section de l'Etat-Major général mais en tant que réserviste. En fait en réaction à son opposition à la politique collaborationiste, le général se voit écarté par l'abaissement de la limite d'âge. Le 8 novembre, les Alliés débarquent en Afrique du Nord. Le général Frère mobilise ses troupes en métropole contre l'invasion allemande de la zone libre française. Mais cette armée ne peut mener campagne seule : c'est une armée de soutien dans le cadre d'un débarquement allié sur les terres métropolitaines. Le général Frère veut éviter toutes pertes inutiles et abandonne la mission de s'opposer aux troupes allemandes.

1943 : le 13 juin, le général Frère est arrêté par les autorités allemandes à Royat. C'est à cette période qu'une série d'arrestation a lieu dont les plus célèbres sont celles de Jean Moulin et du général Delestraint. Les interrogatoires sont nombreux mais pas de torture pour le général Frère. Il passe par Vichy, puis à Fresnes

1944 : le 5 mai il est interné au camp de concentration du Struthof (Alsace). Ne supportant pas les conditions de vie du camp, il meurt le 13 juin atteint par la maladie (diphtérie et dysentrie). Plus tard, le général De Gaulle lui rend hommage comme faisant partie des premiers résistants de France.